Public Administration — 17 April 2013 (40th Legislature, 1st Session)
CAP 2013-04-17
Quebec — Committees
(Quinze
heures deux minutes)
Président (M. Marcoux) : À l'ordre, s'il vous plaît! Bienvenue à toutes et à tous. Et je
voudrais simplement vous dire que nous vous remercions d'avoir accepté l'invitation de la
Commission de l'administration publique de venir discuter avec nous d'un sujet fort important qui touche le déficit d'entretien
des infrastructures publiques suite au rapport du Vérificateur général.
M. le secrétaire, nous
avons quorum, je pense. Alors, je déclare officiellement la séance ouverte. Et,
avec une précaution habituelle, parfois, si certaines ou certains l'avaient
oublié, d'éteindre vos appareils ou de les placer en mode silencieux.
Donc, j'ai donné l'objet
de la commission, de cette séance, c'est de procéder à l'audition portant sur
le déficit d'entretien des infrastructures publiques.
M. le secrétaire,
est-ce qu'il y a des remplacements ou encore des membres temporaires?
Secrétaire : Oui,
M. le Président. M. Cardin (Sherbrooke) est remplacé par M. Pelletier
(Rimouski); M. Chapadeau (Rouyn-Noranda—Témiscamingue) est remplacé par M. Villeneuve (Berthier)
et, comme membre temporaire, nous avons Mme Charbonneau (Mille-Îles).
Président (M. Marcoux) : Alors, merci. Comme il est prévu à l'ordre du jour — j'imagine que vous en
avez reçu des copies — après les remarques d'ouverture de nos invités, il y aura
un échange avec les membres de la commission
qui sera à peu près d'une durée de 2 h 20 min jusque vers les 18
heures. Et puis, comme pour celles ou ceux qui êtes déjà venus à la commission,
nous allons procéder en alternance en termes de questions, par blocs d'à peu
près 10 minutes, là, à peu près, mais
pour qu'à la fin ça arrive avec un temps qui est équilibré à la fois pour les
parlementaires membres du gouvernement et les parlementaires membres de l'opposition
officielle ou du deuxièmement groupe d'opposition.
Dans
un premier temps, j'invite le Vérificateur général à nous faire un résumé de
ses observations sur le
chapitre de son
rapport de l'automne dernier. M. le Vérificateur général. Et, en même temps,
vous pouvez peut-être présenter les personnes de votre bureau qui vous
accompagnent.
M. Samson
(Michel) : Merci, M. le Président. Je
vous présente tout de suite les gens qui m'accompagnent. À ma gauche, M. Marc
Ouellet, qui est vérificateur général adjoint chez nous, et à l'arrière de
vous, M. le Président, trois personnes qui
feront
partie de mon équipe : Sarah Leclerc, à la gauche, qui était
chargée de projet, Sylvie Laflamme,
au centre, qui était directrice principale, et Mme Véronique Boily qui était la
directrice responsable du dossier.
Donc,
M. le Président, MM. et Mmes les membres de cette commission, M. le secrétaire
du Conseil du trésor, Mmes et MM. les sous-ministres, c'est avec intérêt que je participe à
cette séance de la Commission de l'administration publique portant sur
le déficit d'entretien des infrastructures publiques.
Le 18 décembre 2007, l'Assemblée
nationale adopte la Loi favorisant le maintien et le renouvellement des
infrastructures publiques. Cette loi contribue à apporter des changements
majeurs dans la gestion des infrastructures publiques puisque, dans le passé,
les investissements pour le maintien d'actifs n'ont pas été à la hauteur des
besoins.
Cette
loi a pour objectif notamment de s'assurer qu'il y a une répartition adéquate
des investissements de l'État entre ceux relatifs à l'entretien des
infrastructures et ceux relatifs à leur développement. Il exige qu'un budgetd'investissement comprenne, entre autres,
les sommes allouées permettant la résorption, dans un délai de 15 ans, du
déficit d'entretien établi au 1er avril 2008.
Notre vérification a
été menée auprès du Secrétariat du Conseil du trésor, du ministère de la Santé
et des Services sociaux, du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport et
du ministère des Transports du Québec.
Par ailleurs, le
réseau collégial, qui a aussi fait l'objet de notre vérification, relève,
depuis septembre 2012, du ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche,
de la Science et de la Technologie. Notre vérification s'est déroulée
principalement de mars à octobre 2012.
Pour s'acquitter de
ses responsabilités, le Secrétariat du Conseil du trésor doit s'assurer d'avoir
une estimation du déficit d'entretien reflétant l'état des infrastructures. Au
Québec, la loi implique que cette notion soit définie
et que les principaux paramètres soient établis. Or, le Secrétariat du Conseil
du trésor n'a pas précisé la portée du déficit
d'entretien pour lequel il souhaitait avoir une estimation. Comme il n'a pas
élaboré de lignes directrices expliquant la façon de le calculer, les ministères vérifiés
ont fourni des estimations initiales qui sont divergentes, théoriques et,
dans la plupart des cas, peu documentées.
Ainsi, le secrétariat n'a pas l'assurance d'avoir un portrait juste du déficit
d'entretien.
Nous avons également
constaté que, quatre ans après l'adoption de la loi, les ministères vérifiés ne
peuvent toujours pas estimer de déficit d'entretien,
notamment en raison de l'absence de directives à cet effet. Le secrétariat
n'en connaît pas l'ampleur réelle, même si, au 31 mars 2011, il avait alloué
près de 1,3 milliard de dollars à ces entités.
plus, le secrétariat n'a pas l'assurance que les sommes investies permettent de
maintenir les infrastructures en bon état et de résorber le déficit d'entretien.
Les sommes distribuées dans les réseaux de la santé et des services
sociaux et de l'éducation pour le maintien d'actifs sont inférieures à la norme
de 2 % de la valeur de remplacement qu'il avait préalablement retenue.
Celles relatives à la résorption du déficit d'entretien sont également
inférieures au montant initialement prévu.
plus, au 31 mars 2011, près de 34 % des sommes allouées depuis le 1er
avril 2008 au ministère de la Santé et des Services sociaux à la résorption du déficit d'entretien
et au maintien d'actif n'étaient pas dépensés. Par ailleurs, des
ministères vérifiés ignorent à quel point les investissements réalisés de 2008
à 2011 ont permis de résorber le déficit d'entretien.
Enfin, l'information
transmise à l'Assemblée nationale ne permet pas aux parlementaires d'avoir un
portrait de la résorption du déficit d'entretien.
En terminant, j'aimerais
souligner l'excellente collaboration des représentants des entités vérifiées
que nous avons rencontrés. Je vous remercie de votre attention.
Le Président (M.
Marcoux) : Merci, M. le Vérificateur
général. Maintenant, j'invite M. Yves Ouellet, et le secrétaire du Conseil du
trésor, à nous présenter son exposé puis également, M. Ouellet, les personnes
qui vous accompagnent.
M. Ouellet
(Yves) : M. le Président, Mmes et MM.
les membres de la Commission de l'administration publique, M. le Vérificateur
général, chers collègues, je vous remercie de cette invitation à participer aux
travaux de la commission portant sur le mandat du Vérificateur général sur le
déficit d'entretien.
Je suis accompagné
aujourd'hui par M. François Tardif, secrétaire associé aux infrastructures
publiques, et M. Jean Léveillé, directeur de
la planification et du suivi des investissements en infrastructures. Avec votre
permission, M. le Président, M. Tardif et M. Léveillé m'assisteront aux fins de
la présente séance.
D'entrée de jeu, je
tiens à vous indiquer que le secrétariat accueille favorablement les
recommandations du Vérificateur général.
Elles sont pertinentes et orientées de façon à améliorer la gestion du déficit
d'entretien des infrastructures publiques. Dans un premier temps, j'aimerais
faire un bref rappel des responsabilités du secrétariat en matière d'infrastructures
publiques.
façon spécifique, la mission du nouveau Sous-secrétariat aux infrastructures
publiques, mis en place en janvier dernier,
porte, d'une part, sur la planification et le suivi des investissements et, d'autre
part, sur la gouvernance des projets d'infrastructures publiques.
Les actions
prioritaires de ce sous-secrétariat concernent l'élaboration et la mise en
oeuvre du nouveau Plan québécois des infrastructures, les réalisations du plan d'action sur la résorption du déficit d'entretien, la révision des cadres de gestion, le développement et l'implantation
d'un nouveau processus de gestion et d'approbation des projets d'infrastructures
publiques et le soutien aux autorités dans l'élaboration et l'implantation d'un
projet de
loi sur les infrastructures.
Ainsi,
vous êtes à même de constater que les infrastructures publiques sont prioritaires
pour le secrétariat. Nos actes découlent du
plan d'action du gouvernement publié en novembre 2012 et intitulé Mieux
gérer nos infrastructures, avoir les bons
prix, faire les bons choix . Ce
plan d'action donne suite aux 16 recommandations formulées par la firme
Secor-KPMG sur la gestion du Plan québécois des infrastructures et sur le
processus de planification des projets.
Ce plan démontre d'ailleurs
l'importance accordée par le gouvernement pour assurer de meilleurs processus de planification des investissements en
infrastructures ainsi que de gestion des projets, pour uniformiser les
définitions, les concepts et les normes applicables en maintien d'actif, pour
entreprendre les travaux afin de dresser un inventaire précis des
infrastructures et évidemment pour améliorer la reddition de comptes, dont
celle faite aux parlementaires.
Or, les constats et
les recommandations du Vérificateur général vont en grande
partie dans le même
sens. Je me permets de souligner que d'importantes
actions ont été apportées depuis 2007. En effet, la Loi favorisant le
maintien et le renouvellement des
infrastructures publiques a été adoptée, et des budgets importants ont été
alloués. Le rattrapage pour mettre en état les infrastructures publiques
a été amorcé par les ministères et les organismes. Beaucoup de travail a été
fait au cours des dernières années, mais nous convenons tous qu'il reste encore
beaucoup de travail à accomplir.
Ainsi,
notre plan d'action met l'emphase sur le caractère structurant de la mise en
oeuvre des recommandations du Vérificateur général. De plus, il tient compte de
la complexité des travaux à faire, de leur aspect novateur, de l'ampleur
de la tâche et de la pertinence d'échelonner ces travaux selon un calendrier
raisonnable.
Nos derniers échanges
avec les représentants du Vérificateur général confirment d'ailleurs ces
éléments. Il importe donc de bien se
préparer, de mesurer le déficit d'entretien avec rigueur et d'orienter
judicieusement nos actions pour résorber le déficit d'entretien.
Je vous signale qu'un rapport d'étape de l'estimation du
déficit d'entretien sera produit en mars 2014 et qu'il est prévu que l'opération se complète en mars 2015. Un
bilan sera déposé à l'Assemblée nationale à ce moment. Nous serons alors en
mesure de considérer l'état réel des infrastructures dans l'allocation des
sommes pour résorber le déficit d'entretien.
conclusion, nous partageons l'avis du Vérificateur général visant à informer
les autres ministères et organismes des problèmes soulevés et à mettre en place les
correctifs nécessaires. Le Secrétariat du Conseil du trésor, les
ministères et les organismes, la Société
immobilière du Québec et Infrastructure Québec sont d'ailleurs engagés en ce
sens. Dans ce contexte, je tiens à vous indiquer que le Secrétariat du
Conseil du trésor est entièrement mobilisé pour relever ce défi et pour assumer
le leadership de ces travaux.
le Président, Mmes et MM. les membres de la commission, je vous remercie pour
cette période de présentation et je demeure
disponible pour répondre à vos questions.
Le Président (M.
Marcoux) : Je vous remercie, M.
Ouellet. J'invite maintenant Mme Lise Verreault, qui est sous-ministre au
ministère de la Santé et des Services sociaux, à nous présenter son exposé puis
également les personnes de v