House Proceedings — 5 June 2014 (41st Legislature, 1st Session)
2014-06-05
Quebec — Debates (Hansard)
Je tenais à
adresser mes plus vives et sincères félicitations à l'ensemble
des membres du CSSS de Laval pour leur brillante
distinction et l'obtention du prix Leadership Administrateur, décerné au
président du conseil d'administration,
M. Gaston Joly, et du prix Innovation dans
la catégorie Accessibilité et continuité des services, décerné à l'équipe du
projet Suivi étroit jeunesse en prévention du suicide. L'attribution de ces
récompenses vient ici couronner les efforts d'un succès largement mérité, et c'est
là le juste aboutissement de leur application. En réitérant toutes mes
félicitations, je leur adresse tous mes voeux de réussite future. Merci
beaucoup, M. le Président.
Vice-Président (M. Gendron) :
On vous remercie. Je cède maintenant la parole à M. le député de Granby
pour sa déclaration d'aujourd'hui. M. le député de Granby, à vous.
Bonnardel : Merci,
M. le Président. Les membres du Club Richelieu de Granby ont de quoi être
fiers. En effet, lors de leur congrès qui s'est
tenu à Welland, en Ontario, en mai dernier, le club a été reconnu comme
étant le plus performant des clubs Richelieu mondialement. Grâce à une
saine gestion et le dynamisme de ses membres lors des campagnes de financement,
le Club Richelieu de Granby a réussi à remettre à la communauté des profits
totalisant presque 250 000 $ au cours des quatre dernières années.
Comme si cela ne suffisait pas, le
club a trouvé une façon originale de faire la promotion du français par le
biais d'un projet créatif du nom de Jamais trop tôt. Ce concours littéraire
pancanadien a lieu dans le cadre du Festival international
de la chanson de Granby et vise les étudiants de 14 à 17 ans vivant partout au
Canada. Et, sous la supervision d'un formateur professionnel et de leurs
professeurs, les jeunes écrivent des textes chansonniers dont 12 sont ensuite
sélectionnés et mis en chansons par d'anciens semi-finalistes du Festival
international de la chanson de Granby.
Je tiens à féliciter
tous les membres du Club Richelieu de Granby pour leur travail extraordinaire
et je salue leurs présidents actuel et sortant, MM. Michel Rosa et Yvon
Lessard. Merci. Bravo!
Le Vice-Président (M. Gendron) : On vous remercie, M. le député, de votre
déclaration. Je cède maintenant la parole à M. le député des
Îles-de-la-Madeleine pour sa déclaration d'aujourd'hui. À vous.
Chevarie : Merci, M. le Président. Depuis 2007, se tient la Journée de
la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine. Cette année, c'est sous le thème Fiers de notre région, fiers de
notre culture! que nous soulignons et célébrons, cette année, sur
trois jours, notre grande fierté d'être Gaspésiens et Madelinots.
collègue le député de Rivière-du-Loup—Témiscouata, ministre délégué aux Transports et à
l'Implantation de la stratégie maritime, se
joint à moi afin de souligner notre fierté et notre appartenance à ces
magnifiques régions que sont la
Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine. Nous vous invitons, chers collègues et
tous les Québécois, à venir rencontrer, cet été ou à tout autre moment de l'année, des gens de coeur. Venez
découvrir ou redécouvrir la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine.
Aujourd'hui,
Gaspésiens et Madelinots d'origine, de coeur ou d'adoption, que vous soyez ici,
ailleurs au Québec ou dans le monde, célébrons notre fierté. Merci, M. le
Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Merci, M. le député. On va procéder à la
déclaration du député de Fabre et, après ça, ce sera à vous. M. le
député de Fabre, pour votre déclaration d'aujourd'hui.
Ouimet
(Fabre) : Merci, M. le Président. J'aimerais rendre hommage,
aujourd'hui, à Mme Rose Marie Mullen, qui a fondé l'école de danse portant son
nom en 1993 et qui est devenue, depuis, un incontournable dans ma
circonscription pour tous ceux qui veulent s'initier à cette forme d'expression.
Depuis 20 ans, Mme
Mullen a mis sur pied et s'est entourée d'une équipe de professeurs dynamiques
et professionnels à son image. Elle transmet
sans relâche sa vocation à des novices dans le domaine, et ce, à compter de
l'âge de 3 ans. La réputation d'excellence de son école est largement reconnue.
Deux troupes de danseurs participent à des événements
spéciaux, en plus d'offrir leurs prestations dans des célébrations privées. Je
tiens à mentionner que ses élèves présenteront leur spectacle Alors
on danse!! , fruit du labeur de la dernière année, devant des salles combles
les 6, 7 et 8 juin à la Salle André-Mathieu à Laval.
Merci,
Mme Rose Marie Mullen, de développer nos talents d'ici et de permettre à notre
jeunesse d'acquérir de bonnes valeurs à travers une si belle activité.
Continuez de nous inspirer.
Vice-Président (M. Gendron) : Alors, M. le député de Fabre, merci pour
votre déclaration. Je cède maintenant la parole à M. le député de
Verchères pour sa déclaration d'aujourd'hui. M. le député de Verchères, à vous.
Bergeron : Mardi, en réponse à une question que j'adressais
au premier ministre, la ministre de la Sécurité publique s'est permis un
amalgame inapproprié et lourd de sens. Elle a déclaré : «Je comprends que
lui — faisant
référence à moi alors que j'occupais les
mêmes fonctions — il a été
[...] rencontrer l'Unité permanente anticorruption sur place,
possiblement parce que sa manière de faire, c'était de s'ingérer dans les
affaires policières…»
Dans les semaines
suivant mon assermentation à
titre de ministre de la Sécurité publique, je me
suis employé à saluer les membres du personnel des services et organisations
relevant de mes responsabilités. C'est ainsi que, le 11 octobre 2012, je me suis effectivement rendu aux bureaux de l'UPAC,
en compagnie du sous-ministre, pour échanger les civilités d'usage, mais
aussi pour dire aux membres de l'équipe de travailler de concert afin de faire
échec au crime et de le faire sans contrainte ou influence, puisque personne n'est
au-dessus des lois.
ministre sait pertinemment que je ne me suis jamais mêlé de la moindre enquête
policière. Dans les circonstances, elle n'a
que deux choix : ou bien elle présente les preuves de ce qu'elle avance ou
bien elle fait la seule chose qu'une femme d'honneur doive faire en
cette Chambre, c'est-à-dire retirer ses paroles et s'excuser.
Vice-Président (M. Gendron) : Alors, je vous remercie, M. le député de
Verchères, pour votre déclaration. Je cède maintenant la parole à M. le
député de Champlain pour sa déclaration d'aujourd'hui. M. le député de Champlain,
à vous.
M. Auger :
Merci, M. le Président. C'est avec fierté que je représente l'une des premières
municipalités du Québec, soit la municipalité de Champlain, qui célèbre cette
année son 350e anniversaire de fondation.
Champlain a vu le
jour le 8 août 1664, lorsqu'Étienne Pézard, sieur de La Tousche et
militaire de carrière, fit construire un
manoir et des bâtiments de ferme sur une terre qu'il s'était vu offrir par
Augustin de Saffray et François de Laval.
Champlain, c'est une municipalité aux multiples attraits, avec sa voie
navigable sur le Saint-Laurent, son église classée monument historique
et toutes ses maisons ancestrales pleines d'histoire. D'ailleurs, Champlain
fait
partie de l'Association des plus beaux villages du Québec.
Pour son 350e,
Champlain offre une programmation riche et variée : activités familiales,
projection de courts métrages, visite et
exposition de photos historiques, spectacles, symposiums de peinture et de
sculpture, et j'en passe. Je vous invite à venir découvrir cette
magnifique municipalité. Merci.
Vice-Président (M. Gendron) : Alors, je vous remercie de votre
déclaration. Je cède maintenant la parole à M. le député de Borduas pour
sa déclaration d'aujourd'hui. M. le député de Borduas, à vous.
Jolin-Barrette : M. le Président, à
titre de député de Borduas, j'aimerais
souligner aujourd'hui le 75e anniversaire du Cercle des fermières de
Beloeil, qui a fait l'objet d'une célébration il y a quelques jours dans ma
circonscription. Je tiens d'ailleurs à féliciter les organisatrices qui ont
fait de cet événement un succès, notamment Mme Cécile Vaillant, présidente du
comité organisateur.
Cercle des fermières de Beloeil a été fondé en 1939. Il s'agit du premier
organisme à avoir été reconnu par la ville
de Beloeil. Le cercle des fermières constitue un lieu de réunion pour les
femmes de la région, qui réalisent des actions concrètes pour la
communauté, notamment en soutenant la Fondation Mira, la Fondation OLO ainsi
que les enfants de la DPJ en leur préparant
des doudous et des baluchons. À cet effet, l'implication du Cercle des
fermières de Beloeil est remarquable pour la communauté. Par ailleurs,
le Cercle des fermières de Beloeil a pour mission de transmettre notre culture,
notre patrimoine et notre savoir ainsi qu'une vision d'entraide aux futures
générations.
Je veux donc profiter
de cette tribune pour souhaiter à Mme Huguette Tessier, présidente du Cercle
des fermières de Beloeil, ainsi qu'à tous les membres de son organisation de
belles célébrations pour le 75e anniversaire. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Merci, M. le député de Borduas. Je cède maintenant la
parole à M. le député de Vimont pour sa déclaration d'aujourd'hui. À vous.
M. Rousselle : Il me fait plaisir, M. le Président,
de souligner en cette Chambre la 15e édition
du Coup de chapeau de l'Association de Laval
pour la déficience intellectuelle. Cet organisme organise des événements afin
de divertir et de venir en aide aux personnes touchées de près ou de
loin par cette déficience. Elles trouvent enfin un moyen de souffler et de s'amuser, d'où l'existence d'une
partie de hockey avec des personnalités du Québec contre l'équipe des Différents. J'ai
eu la chance de faire
partie de cette équipe de personnalités et je tiens à
remercier de leur implication sociale MM. Emmanuel Auger, Carl Marotte, Jean
Fayolle, Jean-Michel Anctil, Joey Scarpellino, Sébastien
Gauthier, Éric Lupien, et M. Maurais,
et Daniel Lavoie. Merci à tous Les Différents,
à leurs familles
et amis ainsi qu'à Mme Locas, Mme Touimi, Mme Harrison,
qui sont les piliers de l'Association de Laval pour la déficience
intellectuelle. Félicitations aux lauréats du Coup de chapeau : Louis Charbonneau, Catherine Wells, Mélanie
Paré, Alexandre Jodoin et Pascal Saint-Vincent!
Merci beaucoup.
Vice-Président (M. Gendron) : Merci,
M. le député, de votre déclaration. Je cède maintenant la parole à M. le député
de Huntingdon pour sa déclaration d'aujourd'hui. À vous.
Billette : Merci beaucoup, M. le Président. More than 100 years ago, people from the Châteauguay
Valley decided to promote agriculture. They had the idea to create a regional fair, the Ormstown Fair. MM. McEachran,
Sangster, Ness, McCormick, Cunningham et
McClintock, depuis 100 ans, votre projet
a fait du chemin pour devenir un incontournable
dans la région. Ces 100 premières années auront permis de promouvoir le moteur
économique de notre région, soit l'agriculture,
mais surtout de créer un sentiment d'appartenance à cette magnifique région. M. le Président, je ne peux passer sous silence les milliers de bénévoles
qui se sont succédé année après année pour
assurer une expérience à la hauteur
des citoyennes et citoyens de la région. To all of you, thank you
and congratulations! Joyeux
100e anniversaire à la foire d'Ormstown!
Le Vice-Président (M.
Gendron) : Alors, merci, M. le
député. Cette dernière déclaration de député ce matin met fin à la rubrique
Déclarations de députés.
suspends les travaux pour quelques instants. Les travaux sont suspendus.
(Suspension de la séance à
9 h 58)
Le Président :
Alors, nous allons nous recueillir quelques instants. Merci, veuillez vous
asseoir. Et bonne journée, chers collègues.
Nous
poursuivons les affaires courantes. Aujourd'hui, il n'y
a pas de déclarations ministérielles ni de
présentation de projets de loi.
À la rubrique Dépôt
de documents, M. le ministre des Transports.
M. Poëti :
M. le Président, il me fait plaisir de déposer le rapport annuel de gestion
2013 de la Société d'assurance automobile du Québec.
Le Président :
Le document est déposé. M. le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale.
M. Blais :
M. le Président, j'ai le plaisir de déposer le rapport annuel de gestion 2013
de la Régie des rentes du Québec.
Le Président :
Ce document est déposé.
Il n'y a pas de dépôt
de rapports de commissions ni de dépôt de pétitions.
n'y a pas de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une
violation de droit ou de privilège.
Nous
en sommes donc à la période de questions et de réponses, et je cède la parole à
M. le chef de l'opposition officielle.
Bédard :
Merci, M. le Président. Hier, la coalition libéralo-caquiste a déposé son
premier budget. Hier, on en a appris, M. le Président, un peu plus sur l'effet libéral qui devait créer,
souvenez-vous, en campagne
électorale, plus de croissance.
Souvenez-vous, le premier ministre et le ministre
des Finances nous promettaient sans
rire que, pour 2014, la simple arrivée d'un gouvernement libéral ferait
passer la croissance de 1,9 % à 2,1 %. Eh bien, en ouvrant le budget,
on constate hier qu'il y a effectivement eu un effet libéral puisque la
croissance économique n'est pas plus forte, elle est plus faible, à 1,8 %.
Pendant
la campagne électorale, le premier ministre niait les chiffres de création d'emplois
pour l'année 2013 et promettait que l'effet
libéral allait créer plus d'emplois en 2014. Quelle ne fut pas, M. le
Président, notre satisfaction de lire,
à la page C.21, du budget que le premier ministre reconnaît enfin et finalement
qu'il y a eu 47 800 emplois crées par le Parti québécois l'année passée. Or, M. le Président, il y a, par
contre, une mauvaise nouvelle. Cette année, on prévoit 31 300
emplois nouveaux pour les Québécois.
le Président, le premier ministre peut-il nous expliquer, à nous et aux
Québécois, pourquoi l'effet libéral s'est traduit par moins de
croissance et moins de création d'emplois?
Le Président :
M. le premier ministre.
Couillard : M. le Président, je vais, bien sûr, répondre aux questions
de mon collègue, mais je voudrais très
brièvement faire allusion aux événements tragiques qui se déroulent
actuellement à Moncton. Il y a trois membres des forces policières qui ont quitté leur maison ce matin pour aller au
travail et qui ne reviendront pas ce soir. On espère que tout ça va arriver à un dénouement le plus rapide
possible, et, dans les intervalles, si on rencontre des gens des forces
policières, c'est le temps aujourd'hui, je pense, de leur manifester notre
solidarité et notre appréciation pour le travail qu'ils font et qu'elles font,
M. le Président.
Maintenant,
ce budget, c'est le budget, M. le Président, du redressement et de la relance.
Je comparais ce matin la situation du Québec à la situation d'une
famille qui se dit, le soir, autour de la table de dîner : Bien, peut-être
qu'on aura moins souvent à aller au
restaurant, on aura moins souvent à aller en vacances ou, si on y va, on ira
moins loin. Le changement de l'automobile,
on va le déplacer d'un an, parce que je viens de recevoir la facture de la
carte de crédit, que les propriétaires précédents ont bien remplie, et
puis le banquier nous téléphone. Et puis le banquier nous téléphone, et on veut
garder la maison en ordre non seulement pour nous, M. le Président, mais pour
nos enfants et les générations qui suivront.
Maintenant, sur l'emploi,
moi, je préfère de loin et je crois que la population également préfère de loin
un gouvernement qui sous-promet, mais qui surréussit. Ce sera le cas de notre
gouvernement, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle.
Bédard :
M. le Président, le premier ministre est effectivement très dur sur la gestion libérale
des neuf dernières années. Par contre, le premier ministre, en campagne
électorale, promettait 250 000 emplois en investissant 15 milliards dans le béton. Or, dans le
budget, il n'y a plus de 15 milliards parce que, finalement, on a constaté
que cet engagement ne respectait pas la capacité de payer des Québécois.
Les 15 milliards étaient faux, les 250 000 emplois, malheureusement,
aussi.
Est-ce
que le premier ministre peut nous dire et dire aux Québécois pourquoi il a
renié sa principale promesse électorale?
Le Président :
M. le premier ministre.
Couillard : Alors, je vais être obligé de rappeler à notre collègue
une équation très simple, que je lui ai décrite
il y a quelques jours à peine : Si on prend le déficit de 3 milliards
de l'année qui vient de se terminer, qu'on ajoute celui de
5 milliards et plus de l'année en cours si nous n'étions pas intervenus et
celui de 7 milliards pour l'année suivante, devinez quoi, ça fait
15 milliards de déficit, dû au gouvernement précédent, qui va directement
sur la dette.
Alors,
il y a clairement, M. le Président, un manque de liberté d'agir.
Cependant — cependant — nous avons décidé de devancer les investissements à l'année 2014‑2015
pour qu'il soit, en fait, question de 11,5 milliards d'investissements
partout au Québec, dans toutes nos régions...
Le Président :
En terminant.
Couillard : …des projets prioritaires pour la population du Québec.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle.
Bédard :
À l'évidence, le premier ministre a mal lu son budget, hier. Ce que nous
prévoit le ministre des Finances, à moins
que ça ne soit pas vrai, c'est que, l'an prochain, il n'y en a plus, de
déficit; on arrive à l'équilibre. Donc, il y a de la place, il y a le
15 milliards, il peut le mettre.
Alors,
pourquoi le premier ministre a-t-il renié sa promesse? Est-ce que c'est
simplement parce qu'on l'avait mis en garde
que cette hausse de 15 milliards des immobilisations allait amener le
Québec vers le chemin de la décote, tout simplement?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, je pense qu'il faudrait être quand même prudent du
côté des deux collègues d'en face qui ont présidé, pour la première fois
depuis bien des années, à un virage négatif de la cote de crédit du Québec.
faut quand même rappeler, M. le Président, qu'en 2007… 2006, pardon, la cote de
crédit a été augmentée au Québec et que la perspective négative sur la
cote de crédit du Québec, elle est provenue de la paralysie de la création d'emplois, de la croissance économique anémique et
surtout — et
surtout — M. le
Président, de la perte de confiance des investisseurs nationaux et
internationaux envers ce gouvernement qui a divisé les Québécois plutôt que les
unir vers la croissance.
Le Président :
Troisième complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Bédard :
Si 46 800 emplois étaient une mauvaise performance, imaginez-vous
31 000 nouveaux emplois. Imaginez-vous!
Non, dans les faits, ce qui est plus grave, M. le Président, c'est que le
gouvernement a baissé les bras. Sa stratégie, elle reposait sur le
béton. Or, il n'y a plus de béton. Il n'y a plus de béton, donc il n'y a plus
de croissance. Il n'y a plus de croissance,
il n'y a plus de plan. Puis il n'y a plus de plan, il y a moins d'emplois. C'est
ça, la tragédie pour les Québécois actuellement.
Alors, j'aimerais
savoir du premier ministre, maintenant qu'il est en poste, à quoi attribue-t-il
sa prévision de plus faible création d'emplois au Québec cette année?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard :
M. le Président, je vais commencer par répéter ce que, d'ailleurs, notre
collègue ministre des Finances a dit hier, c'est
que nous gardons fermement le cap sur la création de 250 000 emplois au
cours du mandat. Et les outils sont en place. Il y a, bien sûr, les
infrastructures; il y a des mesures très importantes pour les PME, notamment
nos PME de région; et un ensemble d'autres mesures, dans la forêt et dans d'autres
secteurs, qui vont faire relancer l'emploi très rapidement, M. le Président, et
à court terme.
Maintenant, quand on
parle de 40 000 emplois créés l'année précédente, il faut juste se
rappeler…
Couillard : 47 000. On va vous laisser le 47 000. Je vous
rappelle une réalité sombre de ce chiffre, M. le Président, c'est que la quasi-totalité de ces emplois était dans le
secteur public et dans le secteur de la construction largement public.
Paralysie de l'emploi dans le secteur privé, qui est le moteur de…
Le Président :
En terminant.
M. Couillard :
…l'économie.
Le Président :
Principale, M. le député de Rousseau.
Marceau : M. le Président, le dépôt du premier budget du
gouvernement libéral est, en soi, une recette pour renier ses engagements. Le cadre financier
présenté en campagne électorale contenait une prévision de revenus que
nous avions qualifiée de farfelue. L'élection de ce gouvernement devait amener
un effet libéral qui se traduirait par une hausse
soudaine des revenus. Pourtant, dans le budget présenté hier, les prévisions de
revenus sont essentiellement les mêmes
que dans le budget déposé en février
dernier, ce qui confirme que nous avions les bons chiffres. La différence
entre ce qui a été présenté hier et le cadre
financier libéral de campagne électorale dépasse 8,8 milliards de dollars à terme. Ce 8,8 milliards de dollars, le Parti libéral s'en
est servi pour faire des promesses qui seront maintenant brisées une à
une. Le gouvernement recule sur ce qu'il a promis aux Québécois.
Alors,
M. le Président, comment le ministre des Finances explique-t-il l'écart très
important entre ses prévisions de campagne électorale, d'une part, et ce
qui nous a été présenté hier?
Président : M. le ministre des Finances.
M. Leitão :
M. le Président, pour répondre à la question de notre cher collègue, juste
rappeler, c'est écrit, d'ailleurs, ici,
devant nous, nous sommes en juin, juin 2014, donc la première moitié de l'année
est déjà pratiquement derrière nous.
Alors, ce que nous avons fait hier, par le budget, en ce qui concerne la
croissance économique, c'est ce que nous
anticiperons, oui, en effet, une bonne reprise dans la deuxième moitié de l'année,
parce que la première moitié de l'année
est extrêmement faible, dans la continuation de ce qu'on avait vu en 2013 où la
création d'emplois, la création d'emplois
était anémique. Vous continuez à calculer les emplois en moyenne annuelle; ça
ne marche pas. On sait très bien que
ce n'est pas comme ça qu'on calcule la création d'emplois. Et, en plus, la
plupart de ceux qui ont été créés, comme le ministre a fait remarquer, c'était
dans la construction et les secteurs public et parapublic.
dans notre budget, nous avons établi un cadre financier qui est extrêmement
prudent, qui est réaliste et qui va tenir la route. La dernière chose
que j'aimerais faire, M. le Président, c'est me tenir ici, devant vous, d'ici
un an, et être forcé d'admettre…
Le Président :
En terminant.
M. Leitão :
…qu'il n'avait pas été très bon.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Rousseau.
Marceau : M. le Président, il y a trois personnages qui s'incarnent
dans le ministre des Finances : il y a celui qui était économiste à
la Banque Laurentienne, celui qui était candidat au Parti libéral pendant la
dernière campagne et celui qui nous a
présenté un budget hier. Celui qui était à la Banque Laurentienne et celui qui
nous a présenté un budget hier avaient
des prévisions équivalentes, mais il y a celui de campagne électorale qui nous
a présenté des prévisions farfelues, qui
nous a présenté des chiffres qui ne tenaient pas la route pour financer des
promesses que le Parti libéral a dispersées tout au long de la campagne.
Le Président :
M. le ministre des Finances.
Leitão : Comme je venais de dire, M. le Président, la croissance
économique pour cette année, en effet, la moyenne annuelle arrive à 1,8 %. Encore une fois, la première
moitié de l'année était très difficile, la création d'emplois, en première moitié de l'année, était quasi nulle,
même voire négative. Les choses vont tourner dans la deuxième moitié de l'année. Pour ce qui est du cadre financier
présenté en campagne électorale, à ce moment-là, à ce moment-là, on s'attendait
à avoir un déficit, en 2013‑2014, de zéro. Jusqu'au mois de septembre 2013, on
nous annonçait avec grande pompe que tout allait bien et que les cibles
budgétaires de M. Bachand, d'avant, auraient été rencontrées en mars 2014…
Le Président :
En terminant.
M. Leitão :
…ça n'a pas été le cas, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Rousseau.
Marceau : M. le Président, le cadre financier présenté hier est
essentiellement le même que celui que j'avais présenté le 20 février dernier, mais il y a une aberration entre les
deux : il y a des promesses et des prévisions irréalistes qui ont été présentées dans le cadre financier libéral
en campagne électorale. La promesse d'un effet libéral sur la croissance
et les emplois, on a vu que ça n'a pas
résisté longtemps à l'analyse des fonctionnaires du ministère des Finances du
Québec qui ont dû rappeler leur ministre à l'ordre.
Alors,
M. le Président, peut-il nous dire, le ministre des Finances, pourquoi il a
gonflé ses revenus en campagne électorale?
Le Président :
M. le ministre des Finances.
> 15391 M. Leitão : Encore une fois, M. le Président, c'est très simple, 5 juin 2014, la première
moitié de l'année est derrière nous, qui était une première moitié de l'année extrêmement
difficile, très peu de création d'emplois, activité économique très faible. Dans la deuxième moitié de
l'année, oui, oui, nous nous attendons à une reprise assez importante
qui viendra des mesures que nous avons mises en place pour la relance des PME,
pour le Plan Nord, la stratégie maritime et
une amélioration de la confiance des investisseurs locaux et étrangers et de
notre capacité de bien gérer l'économie, M. le Président.
Le Président : Principale, Mme la députée de
Richelieu.
Zakaïb : M. le Président, l'entente signée par
les quatre médecins libéraux qui nous gouvernent fait en sorte qu'il n'y a, cette année, pratiquement aucun
argent neuf pour les patients en Santé. Tout
va aux augmentations de salaire des médecins, M. le Président. Le budget
a été déposé hier et le ministre de la Santé n'a pas encore réussi à s'entendre
avec les médecins sur l'étalement. Sans cet étalement, il y aura des coupures
additionnelles dans les soins.
Est-ce
que le président du Conseil du trésor confirme que le chiffre de
285 millions inscrit aux crédits est le seul montant qui sera
dépensé cette année pour l'augmentation de salaire des médecins?
Le Président : M. le président du Conseil du trésor.
Coiteux : M. le Président, l'exercice
qui a été présenté hier avec le budget et le budget de dépenses ont un point de départ qui est malheureux, mais qui est très simple à comprendre, les gens
qui ont administré le Québec, qui sont en face, ici, pendant 18 mois, étaient censés, en premier lieu, nous
ramener à l'équilibre budgétaire en 2013‑2014. Le ministre des Finances
de l'ancien gouvernement a dit : Je n'ai
pas été bon. Je vais faire 2,5, et je ferai ensuite 1,75, et, dans les faits,
il savait qu'il avait une impasse budgétaire de 4 milliards de dollars. Ce
4 milliards, il n'a pas donné l'accès au Vérificateur général pour aller vérifier toutes les choses, en
particulier du côté des dépenses. Ce 4 milliards était connu entre
le point et le budget de février. Ils n'ont
pas déposé les crédits, ils n'ont pas déposé un vrai budget. Ça, c'est notre
point de départ.
Alors, maintenant,
tout le monde doit faire des efforts, les médecins aussi doivent faire des
efforts parce que, voyez-vous, on n'a pas l'intention
de financer les programmes à crédit. Je ne sais pas, de l'autre côté de la
Chambre, si l'équité entre les générations, c'est une valeur, si c'est
une valeur péquiste...
Le Président : En terminant.
M. Coiteux : ...mais moi, je peux vous dire une
chose, c'est une valeur libérale.
Le Président : Première complémentaire, Mme la
députée de Richelieu.
Zakaïb : M. le Président, j'en
déduis qu'on ne sait toujours pas quelle sera l'augmentation salariale
des médecins cette année. J'en déduis que,
dans le budget et dans les crédits qu'on nous a déposés hier, on ne sait pas
quel est le montant. Donc, on doit avoir un
plan b, j'imagine, pour couper encore plus.
question au président du Conseil du trésor : Qu'est-ce
que vous allez couper? Quels
programmes vous allez couper pour faire
en sorte de faire rentrer cette augmentation salariale
médicale dans votre budget…
Le Président : M. le ministre de la Santé.
M. Barrette : M. le Président, alors, il y a des
choses qui ont été dites très clairement hier, et je l'ai dit, le discours du budget est très clair là-dessus, nous
n'avons pas l'intention de couper des services
en santé ou en éducation, par exemple,
et je vais donner un ou deux exemples à l'opposition qu'ils connaissent très
bien parce que je suis habitué maintenant à avoir des questions qui sont posées
dont ils connaissent la réponse. Alors, je donne la
réponse suivante. En 2012, par exemple,
le gouvernement libéral d'alors avait envoyé un accompagnateur au CUSM pour
vérifier, par exemple, le mode de
fonctionnement de l'hôpital. Qu'a-t-il fait? Il a économisé, dans cette année
et l'année prochaine, plus de 8 %
du budget d'opération, M. le Président, sans couper un seul service. On peut le
faire, retrouver l'équilibre budgétaire…
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée… Complémentaire? Complémentaire, Mme la
leader de l'opposition.
Maltais : M. le
Président, nous avons posé une question à laquelle deux ministres se sont
levés, différents, et nous n'avons toujours
pas la réponse. Il y a un quatuor médicolibéral qui a signé une entente avec
laquelle il est empêtré aujourd'hui. Et je
nomme le secrétaire général exécutif, je l'ajoute à votre petit trio
médicolibéral, j'ajoute le Dr Roberto Iglesias. Aujourd'hui, les
contribuables québécois paient le prix de l'entente qui a été signée par les
trois ministres qui sont devant moi.
Ce qu'on veut savoir : Hier, il y a un
budget qui a été déposé, le président du Conseil du trésor…
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
M. Barrette : M. le Président, comme
tout le monde le sait, nous sommes actuellement en négociation. Les
négociations vont bon train, les fédérations médicales ont clairement dit qu'elles
étaient prêtes à faire leur part.
Et je rappellerai que la problématique
fondamentale est la problématique budgétaire qui nous a été léguée par le
dernier gouvernement, par le dernier gouvernement, qui n'a pas respecté
lui-même les ententes qui étaient signées, M. le Président. Alors, je dirai une
chose…
Le Président : S'il vous
plaît!
Barrette : Ça fait deux à trois jours, M. le Président, que tout ce
que l'on entend, c'est : Vous échouez, vous n'avez pas réussi, et
ainsi de suite. Je dirai ceci, M. le Président… Je dirai ceci, M. le Président…
Le Président : Veuillez
terminer, monsieur.
Barrette : …le seul échouage qui est important pour nous, c'est le
Godzilla budgétaire du Parti québécois qui s'est échoué…
Le Président : Principale, M.
le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault :
M. le Président, durant la campagne électorale, la Coalition avenir Québec a
répété à plusieurs reprises qu'on
avait deux problèmes majeurs au Québec : les dépenses augmentent trop
rapidement, puis les revenus n'augmentent pas assez rapidement. On a proposé deux plans : un plan pour régler
le problème des dépenses puis un plan pour régler le problème des
revenus.
M. le
Président, du côté des dépenses, on a vu un gouvernement libéral, comme vient de
le dire le président du Conseil du trésor, qui s'est beaucoup inspiré
des valeurs caquistes et qui, donc, prévoit une croissance des dépenses plus
modeste. On est d'accord. On va suivre ça de près, on va espérer que ce ne sera
pas comme en 2003.
Du côté des
revenus, M. le Président, on a de sérieux problèmes. On a, au Québec, un écart
de richesse qui est passé, en
10 ans, de 18 % à 24 %. Québec est beaucoup plus pauvre, quand
on regarde le revenu moyen, que le reste du Canada.
Or, dans son
budget, le ministre des Finances prévoit qu'au cours des deux prochaines années
l'écart de richesse avec le reste du Canada va augmenter, va augmenter.
Le premier ministre ne semble pas pressé de déposer un plan de relance
économique.
Moi, je voudrais, ce matin, lui poser une
question toute simple, là : Est-ce qu'il reconnaît qu'au cours des deux
prochaines années l'écart de richesse entre le Québec et le reste du Canada...
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Couillard : M. le Président, je
voudrais d'abord remercier la deuxième opposition pour le ton constructif de la réplique d'hier à travers l'intervention du député de
Lévis et j'ai bien saisi la main tendue pour travailler avec nous sur
des mesures de contrôle des dépenses structurelles, révision de programmes.
Vous êtes bienvenus, vous en aurez le crédit. On est très contents de partager
les actions communes et les idées communes également.
Maintenant, pour ce
qui est des revenus, oui, la croissance économique du Québec doit augmenter. Il
y a déjà plusieurs mesures — après
six semaines de gouvernement, quand
même, M. le Président, il faut
noter que c'est rapide : les PME, le Plan Nord, la stratégie
maritime et d'autres mesures, en forêt et ailleurs, qui vont relancer l'économie
à court terme. C'est déjà en marche, ça va se poursuivre au cours des prochains
mois et des prochaines années. Mais la base même de la croissance économique du Québec et du fait de combler ce
retard dont il parle, c'est d'avoir enfin, au Québec, de façon
structurelle, des finances publiques saines, équilibrées et solides.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, contrairement à ce qu'a dit le premier
ministre, ce n'est pas suffisant d'avoir des finances publiques saines.
Il faut aussi avoir un plan, puis on n'a pas le même plan. Lui, son plan, c'est
des immobilisations; nous, ce sont des
baisses de taxes des contribuables puis un projet Saint-Laurent où on crée des
zones d'innovation importantes pour créer des emplois payants.
Le premier ministre
reconnaît-il que, durant les deux prochaines années, on va continuer à creuser
l'écart? Quand va-t-on réduire l'écart? Dans trois ans? Dans un deuxième
mandat? Quand?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, il arrive parfois que notre collègue chef de la
deuxième opposition trahisse ses origines politiques. Le modèle dont il
vient de nous parler, c'est de désigner des subventions géographiques aux entreprises pour aller s'établir à tel endroit. Va
là puis tu vas être récompensé. Ce n'est pas la façon moderne de gérer
le développement économique. En fait, c'est contre-productif, puis je passe
sous silence le fait que ça met en jeu des territoires
agricoles. Puis il y a à peu près pour 1 milliard d'investissements
publics, les fameuses infrastructures, juste pour décontaminer, dans son plan, l'Est de Montréal. Ça
fait que c'est la contradiction totale. Il y a un point certainement où
on est en désaccord.
pense qu'on est en accord sur le côté des dépenses, je suis heureux de le voir.
Moi, je ne crois pas que c'est le moment actuellement. Et on veut le
faire, on veut tous baisser le fardeau fiscal des Québécois, en commençant par
la taxe santé, mais quand l'équilibre budgétaire sera atteint, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, son plan ne fonctionne pas. Ce n'est
pas moi qui le dis. Le ministre des Finances, dans son budget, là, c'est
noir sur blanc, durant les deux prochaines années le ministre prévoit que l'écart
de richesse va grandir. C'est sûr que, si on fait toujours la même recette, on
va avoir toujours le même résultat, M. le Président.
Est-ce
qu'il n'est pas gêné, avec le potentiel qu'on a au Québec, qu'on continue de
creuser l'écart? Il a copié notre plan pour les dépenses. Qu'est-ce qu'il
attend pour copier notre plan pour les revenus?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Alors, M. le Président, je vais quand même répéter que nous, on n'adoptera
pas une approche dépassée, là, de subventions géographiques pour le
développement économique du Québec.
Ceci
dit, ce n'est pas du tout le même dossier dont on parle, M. le Président. Ce qu'il
faut faire ensemble, c'est aller vers
l'assainissement des finances publiques. Et je crois, moi, qu'effectivement cet
écart de richesse va se combler, mais le fera à partir du moment où nous
aurons des finances publiques saines et équilibrées. C'est la condition sine
qua non.
Alors,
M. le Président, je suis convaincu que notre collègue est d'accord avec nous et
qu'à la réflexion il va dire, comme nous, oui à la réduction du fardeau
fiscal enfin pour les Québécois après l'équilibre budgétaire.
Le Président :
Principale, M. le député de Lévis.
M. Dubé :
M. le Président, dans son discours inaugural, le premier ministre disait qu'un
des objectifs de son gouvernement était la
réduction du fardeau fiscal des familles de la classe moyenne. Dans l'espoir d'atteindre
l'équilibre budgétaire en 2015‑2016, le ministre des Finances prévoit dans son
plan budgétaire la création d'une commission d'examen
sur la fiscalité québécoise dont les recommandations seront déposées avant le
prochain budget. Alors que cette commission
n'est pas encore créée, on apprend qu'elle permettra au gouvernement d'obtenir
des fonds supplémentaires de 150 millions en 2014‑2015, mais de 650 millions
en 2015‑2016.
M. le Président, ma question
est simple et la suivante : Comment le ministre prévoit-il une hausse des
revenus de la fiscalité de 650 millions alors que la commission n'est même
pas créée? Et, deuxièmement, comment elle va faire pour nous amener ça sans
avoir des augmentations d'impôt?
Le Président :
M. le ministre des Finances.
Leitão : Je remercie, M. le Président, le député de Lévis parce que ça nous permet de clarifier quelque
chose que beaucoup d'autres commentateurs
ont aussi mentionné. Les fameux 650 millions, ça va venir des dépenses fiscales. Il ne
s'agit pas d'une augmentation future, en pensée, sur la fiscalité de la classe
moyenne, des familles, des ménages québécois. Ce sont… Ça va venir
essentiellement exclusivement des dépenses fiscales, de la révision du
programme de crédit d'impôt.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Lévis.
M. Dubé :
Alors, M. le Président, je suis content de ne pas être le seul à me poser la
question. J'aimerais cependant dire que ce qu'on aimerait avoir avant… parce
que le mandat n'a pas été encore tout à fait défini.
J'aimerais
bien comprendre le mandat qui est donné à M. Godbout et à l'équipe à être
formée. Est-ce qu'il va être très clair que ça ne peut pas donner une
augmentation aux contribuables? Parce que, d'un côté, on dit : On va avoir
des revenus supplémentaires ou des dépenses, mais est-ce qu'il y a un
engagement de ce gouvernement de ne pas augmenter encore la charge fiscale des
contribuables?
Le Président :
M. le ministre des Finances.
Leitão : M. le Président, ça me fait plaisir de redire ce qu'on avait dit en campagne
électorale, et ce qu'on a dit depuis, et ce qu'on a dit encore dans le
budget : Nous nous engageons à ne pas hausser le fardeau fiscal de la
classe moyenne au Québec. Ça, c'est clair, c'est
un engagement formel. Nous n'allons pas le faire. Maintenant, pour ce qui
est de… encore une fois, pour ce qui est des
fameux 650 millions, ça va venir des crédits d'impôt. D'ailleurs, une
mesure que… aux entreprises… une mesure que
nous sommes… le deuxième groupe d'opposition était aussi favorable à ce
qu'on revoie toute la structure de cette partie-là. Nous avons fait un premier
pas avec le budget. Après quelques mois de réflexion et d'analyse…
Le Président :
En terminant.
M. Leitão :
…on arrivera à la deuxième partie. Merci.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Lévis.
Dubé : Écoutez, M. le Président, je dirais que les contribuables, dans le discours qui a été hier, ont
quand même la confirmation qu'il y a
des hausses de tarifs d'électricité qui sont beaucoup plus hautes que l'inflation.
On a confirmé que non seulement il n'y aurait pas les crédits de taxe
scolaire, mais qu'il y aurait une augmentation des taxes scolaires. On l'a entendu encore ce matin. Alors, je dois
vous dire qu'on a une inquiétude, et donc l'engagement qu'il n'y aura
pas d'augmentation nette des taux des contribuables, bien, je dirais qu'on ne l'a
pas vu dans le budget. Alors, je voudrais que vous nous le reconfirmiez…
Le Président :
M. le ministre des Finances.
M. Leitão :
Dans le budget, le gouvernement fait état de ce qu'il peut faire, des champs d'activité
où il peut intervenir directement. Les tarifs
d'hydroélectricité sont établis par une régie. Nous n'allons pas, quand même,
commencer à changer les procédures de la régie. Ce à quoi nous nous sommes
engagés, c'est de minimiser l'impact de 15391 cette hausse sur les ménages plus défavorisés pour
que le choc tarifaire ne soit pas aussi élevé, mais les tarifs sont
déterminés par la régie, monsieur…
Le Président :
Principale, M. le député de Rosemont.
Lisée : M. le Président, nous étions très attentifs hier, lorsque le ministre des Finances a déclaré, pendant son discours, et je
cite : «Le gouvernement accroît l'aide aux plus vulnérables», un rayon de
soleil dans un budget qui a été plutôt intitulé par un chroniqueur, ce matin,
le budget des «années de plomb».
Alors, voulait-il
dire qu'il allait répondre à la demande unanime de cette Assemblée — libéraux,
caquistes, solidaires et péquistes — de
rehausser — de
rehausser — le
financement des 4 000 organismes
qui s'occupent au quotidien des plus démunis? Non. Non. Il a dit non
pour ces organismes. Les années libérales seront des années de plomb.
Voulait-il
dire qu'il allait répondre à la demande de la ville de Montréal et de tous les
groupes d'avoir une vraie politique
de l'itinérance, 600 000 $ pour les femmes itinérantes,
1 million pour les autochtones, 4 millions pour les autres?
Non. C'est non. Donc, pour les itinérants au Québec, les années libérales
seront des années de plomb.
Lorsque
le premier ministre a déclaré qu'il allait consacrer une attention particulière
aux démunis, voulait-il dire qu'il allait, avec une attention
particulière, éteindre l'espoir des jours meilleurs?
Le Président :
Mme la ministre déléguée à la Réadaptation.
Charlebois : Merci beaucoup, M. le Président. Tout d'abord,
je veux dire à mon collègue, M. le Président, que les organismes
communautaires, il le sait, sont très importants pour nous, de ce côté-ci de la
Chambre, et on ne soulignera jamais assez l'importance de leur travail.
Ceci
étant, je veux rappeler que c'est sous un gouvernement libéral… quand nous
étions arrivés, nous avions haussé le
financement à 274 millions, et, quand nous avons quitté en 2013, le
financement était rendu à tout près de 500 millions. Je veux
rassurer mon collègue pour lui dire que, cette année, il y a une augmentation
dans le budget, si vous avez regardé les
crédits comme il faut, et nous aurons l'occasion, à l'étude des crédits, de
tout vous expliquer ça, mais il y a déjà
une augmentation de 5 millions, concrètement. Dans le contexte budgétaire
difficile, M. le Président, non seulement on a maintenu le budget, mais
on l'a augmenté.
Ceci étant, nous
avons aussi agi pour l'itinérance, et je ne comprends pas, je crois qu'il n'a
pas suivi ces pages-là à la lecture du ministre des Finances, parce qu'il a été
clairement dit qu'il a été annoncé des ressources de 8 millions de dollars
par année réservées pour la lutte à l'itinérance...
Le Président :
En terminant.
Charlebois :
…et il y a aussi été dit que 500 logements sociaux étaient réservés pour les
personnes itinérantes.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Rosemont.
M. Lisée :
M. le Président, nous saluons les 500 logements dont la moitié...
Lisée : …malheureusement seront pris à d'autres Québécois
vulnérables. Les 8 millions dont il est question sont des 8 millions qui ont déjà été budgétés
et qui n'ont rien à voir avec les 6 millions supplémentaires que la
société québécoise voulait, que la ville de
Montréal trouvait trop peu, et qui auraient fait en sorte de faire reculer
l'itinérance. Et donc ce qu'on nous a
annoncé hier, au-delà de ces logements et d'une indexation, c'est le cran d'arrêt,
le cran d'arrêt pour l'espoir de faire reculer l'itinérance au Québec.
Le Président :
Mme la ministre déléguée à la Réadaptation.
Charlebois :
M. le Président, on peut faire les choix de tout voir noir, comme le député le
fait, ou on peut faire les choix d'aider les
personnes en situation vulnérable. Nous avons fait le choix non seulement de
maintenir, mais d'augmenter le budget des organismes communautaires. Nous avons
fait le...
Puis d'ailleurs je
vous rappelle que les annonces, M. le Président, qui avaient été faites par le
précédent gouvernement n'avaient pas été
budgétées. C'est beau de susciter de l'espoir, mais encore faut-il que les argents
soient budgétés pour pouvoir vraiment le créer, l'espoir.
Alors, dans le contexte difficile, M.
le Président, je crois que nous avons fait des efforts importants non
seulement pour les organismes communautaires qui donnent des services...
Le Président :
En terminant.
Charlebois :
...mais aussi pour les personnes itinérantes.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Rosemont.
Lisée : C'est difficile de ne pas voir les choses en noir
lorsque le premier ministre a choisi la couleur du livre du budget, mais
je suis content de voir que la ministre confirme qu'il n'y a pas la hausse
demandée par l'unanimité, et donc les membres de son caucus.
la question de budgéter ces mesures, c'est de la volonté politique pure. Le
ministre des Finances a annoncé un budget de dépenses de 86 milliards et
il n'avait pas la volonté politique de trouver les 80 millions qui
faisaient...
Le Président :
Mme la ministre de la Réadaptation.
Charlebois : M. le Président, je veux encore me faire rassurante pour les groupes communautaires et pour les personnes qui vivent l'itinérance. Et je veux rappeler aux groupes communautaires qu'il y
a eu un rapport du Vérificateur
général hier qui nous a démontré pourquoi nous n'avions pas eu les cahiers de crédits quand
ils ont présenté un budget, avant de
quitter le gouvernement. S'il y
avait eu examen par le Vérificateur général à cette époque, les groupes
communautaires auraient pu voir que le montant dont parle le député n'avait
pas été budgété.
Moi,
ce que je dis aux groupes communautaires, et je leur parle en ce moment :
Nous avons maintenu les budgets, nous les avons même augmentés dans le
contexte budgétaire difficile…
Le Président :
En terminant.
Charlebois :
…et nous nous occupons également des personnes en situation d'itinérance.
Le Président :
Principale, M. le député de Terrebonne.
M. Traversy :
Merci, M. le Président. Ce n'est pas des très bonnes nouvelles que nous avons
reçues hier du gouvernement libéral. Dans
son budget, celui-ci a décidé de faire le choix, le choix de faire payer le
prix de l'austérité aux jeunes
familles du Québec. Il a choisi de suivre l'idéologie du président du Conseil
du trésor, qui, comme vous le savez, considère
les services de garde à tarif réduit comme étant une dépense plutôt qu'un outil
de développement économique et social pour le Québec.
Cette idéologie va
faire en sorte, M. le Président, que le réseau ne sera pas complété avant au
moins sept ans. C'est complètement
aberrant. Dans sept ans, les enfants qui ont besoin d'une place l'année
prochaine seront déjà rendus en deuxième
année du primaire. Imaginez. Dans sept ans, les milliers de gens qui ont
investi de l'argent, des énergies et des efforts pour essayer de
construire des projets, de faire des offres d'achat sur des terrains pour
réussir à monter tout ça vont peut-être tout perdre. C'est complètement
intolérable.
Pourquoi la ministre
de la Famille a-t-elle accepté qu'on sacrifie l'avenir de nos enfants dans le
cadre de ce budget? Pourquoi la ministre de la Famille n'a-t-elle pas pris la défense
des parents du Québec et celle du
réseau des garderies?
Le Président :
Mme la ministre de la Famille.
Charbonneau :
Merci, M. le Président. Une chance que déchirer sa chemise, c'est juste une
expression, parce que je vous dirais que mon
collègue de Terrebonne serait juste en veston. La peur qu'on essaie de créer,
elle est terrible, elle est terrible.
Le budget qui a été déposé hier a été un budget sérieux et responsable. Les
places créées en garderie ont été annoncées : il y en aura, pour l'année
prochaine, 6 300, M. le Président.
Mais, si on recule un peu… Reculons juste un peu
pour le plaisir. 2010‑2011, M. le…
Le Président :
C'est beau. Que cela ne se reproduise plus. Mme la ministre.
Charbonneau :
C'est vrai que ce mot-là les excite un peu. 2010‑2011, création de
places : 4 785. Gouvernement au
pouvoir : libéral. 2011‑2012, création de places :
2 530 places. 2012‑2013, M. le Président, restez assis :
1 750 places.
Alors, que le député
de Terrebonne se lève pour nous accuser de ne faire que 6 300 places…
Le Président :
En terminant.
Charbonneau :
…c'est un peu triste.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Terrebonne.
Traversy : Merci, M. le Président. Les seules personnes qui se
font déshabiller en cette Chambre, c'est les familles du Québec par la ministre actuellement. Moi, je demande à la
ministre de revenir à la raison, M. le Président, et de prendre la
défense des familles. C'est ça, son travail.
Le Parti libéral
peut-il mettre de côté son idéologie et essayer de développer le plus
rapidement possible les 28 000 places
en garderie que nous avions mises sur la table depuis plusieurs mois, plusieurs
années? Est-ce qu'elle entend la population lorsqu'elle voit ce matin
dans le journal…
Le Président :
Mme la ministre de la Famille.
Charbonneau :
Prendre pour les familles du Québec et les défendre, c'est de faire des vraies
places, M. le Président, pas en faire… d'en
annoncer et pas capable de livrer. Le Parti libéral du Québec a annoncé
6 300 places l'année prochaine, et c'est exactement les places qui
seront créées, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Terrebonne.
Traversy : Merci, M. le Président. Donc, c'est près de
9 000 places qui devaient être créées l'an prochain. Les projets ont déjà été approuvés et sont bien
enclenchés dans la plupart des régions du Québec. Seulement
4 000 places seront donc débloquées au cours de la prochaine
année.
Comment la ministre
va-t-elle décider qui peut continuer et qui va être sabré? Sur quels critères
va-t-elle se baser? Dans quelles régions ça va faire mal? Qui va écoper, M. le
Président? Les familles du Québec veulent savoir.
Le Président :
Mme la ministre de la Famille.
Charbonneau : M. le
Président, c'est un peu gênant pour
un parti qui n'a pas déposé de crédits pour nous dire où ils prenaient leurs sous pour créer leurs places. Il aurait été
encore plus gênant d'empêcher des places d'ouvrir parce qu'il n'y avait pas de fonds pour le faire.
Les 6 300 places qui seront créées l'année prochaine seront faites, et puis ensuite
ce sera 4 000 places pour chaque année qui va suivre. Merci, M. le
Président.
Le Président : Principale, M. le député de Chambly.
M. Roberge : M. le Président, ce matin, les Québécois
se réveillent avec un méchant mal de tête. Le budget d'hier va pénaliser les contribuables avec une nouvelle hausse de taxe de 8 % dans au
moins 26 commissions scolaires. Le Parti libéral poursuit le fiasco du
Parti québécois commencé l'an dernier. Non seulement les contribuables ne seront pas remboursés, mais
en plus ils vont subir de
nouvelles hausses de taxe de 20 %... de hausses de taxe par-dessus les hausses de 20 %, 30 %, 40 % de l'an
dernier. Pourtant, pas plus tard que la semaine dernière, le ministre de l'Éducation
a dit, dans cette Chambre, que les augmentations de taxe seraient limitées à
l'inflation. Ça, ça veut dire 2 %. 2 %, plus petit que
8 %.
M. le Président, le
ministre peut-il respecter sa parole et limiter les
hausses de taxe scolaire à l'inflation?
Président : M. le ministre de
l'Éducation.
Bolduc
(Jean-Talon) : Je veux
rassurer le député, il n'y aura pas d'augmentation de
20 % et 30 % comme il y a
eu l'année dernière. Par contre, M. le Président, il faut d'abord préserver les
services aux étudiants. C'est notre première
priorité et j'espère que le député accepte cela, comme ancien enseignant, de
préserver les services aux étudiants.
va y avoir une augmentation, comme à chaque année, il y a des augmentations par
rapport à la valeur foncière et, parce que le Parti québécois a éliminé la
péréquation et qu'actuellement, compte tenu du contexte budgétaire créé
par le Parti québécois, c'est difficile de le redonner,
nous allons essayer de limiter l'augmentation à l'augmentation de la valeur foncière. Il peut y avoir quelques
ajustements mineurs dans quelques commissions scolaires, mais je peux
vous assurer, M. le Président, on ne fera pas comme
le Parti québécois, on va travailler avec les commissions scolaires, on
va avoir leur collaboration et on va s'entendre avec eux autres qu'on va
protéger le contribuable.
Le Président : Première complémentaire, M. le député
de Chambly.
M. Roberge : M. le Président, à un moment donné, là,
il faut assumer. C'est vous qui êtes au gouvernement. Lors de la dernière
campagne électorale, le Parti libéral a diffusé une publicité mentionnant que
la mauvaise gestion péquiste, selon eux, avait mené à l'augmentation des taxes
scolaires. Ça, c'est votre publicité.
Alors,
si le Parti libéral renie sa parole et augmente les taxes scolaires de
8 %, est-ce que… parce que vous
aussi, vous avez un problème de mauvaise
gestion?
Le Président : M. le ministre de l'Éducation.
Bolduc
(Jean-Talon) :
M. le Président, je confirme, c'est vrai que c'est
nous qui sommes au gouvernement et la population du Québec est très contente de cela parce qu'ils voient
qu'on est responsables. On veut protéger le contribuable, faire du développement économique, essayer de
réparer les erreurs qu'il y a eu dans les 18 derniers
mois, parce que l'annonce qui avait été
faite par eux autres au niveau budgétaire démontre aujourd'hui que c'était
irréaliste. Mais la première chose que le contribuable demande, M. le
Président, c'est d'être responsable. La responsabilité, c'est de protéger les services directs aux étudiants, aux
élèves, aux patients, à tous les gens qui ont besoin de services du gouvernement et deuxièmement, M. le Président, c'est
d'abord aussi de préserver le budget, mais surtout de garder notre
capacité financière pour, par la suite, être capables d'avoir…
Le Président : En terminant.
Bolduc
(Jean-Talon) : …un meilleur
Québec.
Le Président : Deuxième complémentaire, M. le député
de Chambly.
M. Roberge : M. le Président, j'écoute le ministre de
l'Éducation et les gens en face de moi. J'aimerais bien les croire, mais, ce qu'ils ont dit au mois de mars, ils l'ont renié en
mai. Ce qu'ils ont dit en mai, ils l'ont renié en
juin. Les hausses de taxe
supposément raisonnables et basées sur l'inflation
vont être de 8 %; pas 2 %, 8 %.
le Président, est-ce que le ministre peut respecter sa parole? Est-ce que le
gouvernement peut se tenir debout et respecter sa parole et limiter…
Le Président : M. le ministre de l'Éducation.
Bolduc
(Jean-Talon) :
Merci, M. le Président. Je rappellerais au député que le député de Lévis, hier,
a été favorable à notre budget. Il a dit qu'on fait des bonnes
décisions. D'ailleurs… D'ailleurs…
Le Président : M. le ministre de l'Éducation.
Bolduc
(Jean-Talon) :
Bien, par les… M. le Président, par les applaudissements, on penserait que le
Parti québécois
semblait aussi penser que c'est
raisonnable, également.
Mais, M. le Président, il y a un mot que j'ai aimé dans la bouche
du député, c'est le mot «raisonnable». Être raisonnable aujourd'hui, c'est
quoi? C'est préserver les services aux étudiants, c'est préserver également la
capacité du contribuable. Être raisonnable, M. le Président, c'est surtout
être responsable. Le contexte budgétaire actuel nous demande d'être
responsable, et, M. le Président…
Le Président :
En terminant.
Bolduc
(Jean-Talon) : …comme ministre de l'Éducation, j'ai l'intention
de l'être, surtout préserver les services aux étudiants.
Le Président :
Principale, M. le député de Verchères.
Bergeron : M. le Président, hier, la vice-première ministre
a affirmé que l'existence d'un 127e comté virtuel pour le financement sectoriel était tout à fait
normale pour un parti politique. Soyons clairs, cette pratique n'existe
qu'au Parti libéral, M. le Président. C'est dans ce comté, ce 127e comté, que l'argent
du financement sectoriel, dont les fonds
collectés par, par exemple, Marc Bibeau et Joël Gauthier, se serait retrouvé.
Hier, la vice-première ministre a, pour ainsi dire, cautionné l'existence
du 127e comté, sur lequel enquête l'UPAC, M. le Président.
premier ministre est-il d'accord avec la vice-première ministre? Pour lui, l'existence
d'un 127e comté, donc d'une comptabilité parallèle, est-elle normale et
légitime?
Le Président :
Mme la vice-première ministre.
Mme Thériault :
M. le Président, nous sommes 125 députés à l'Assemblée nationale. M. le député,
le comté d'Anjou est le quatrième sur 125, le comté de Westmount—Saint-Louis
est le 125 sur 125, n'est-ce pas? Vous en conviendrez tous. Et le comté de
Verchères doit être dans les 120 quelques.
le Président, lorsqu'un parti politique fait des écritures comptables et qu'il
y a des dons qui sont faits dans les comtés ou pour les députés pour
leurs comtés, on dit : Voici la ligne, le comté 04, quand le don est fait
dans le comté d'Anjou. S'il est fait dans le
comté de Westmount—Saint-Louis, ça sera sur la ligne 125 parce
que le don s'en va dans votre
comté. Il faut comprendre également, M. le Président, qu'il y a d'autres types d'activité
de financement. Il y a…
Le Président :
S'il vous plaît! S'il vous plaît! On se calme. On se calme. Mme la ministre, s'il
vous plaît, veuillez continuer.
Thériault : Oui. M. le Président, on a tous compris qu'il y a également des gens qui font des contributions aux
partis politiques sans les attribuer à un comté. C'est ce qu'on appelle, au Parti
québécois, le financement national, M. le
Président. Et je suis convaincue que, si le député avait bien fait son travail,
il aurait vu que Mme Boivin connaissait très bien, elle, c'est quoi, du
financement national qui n'est pas attaché à aucun comté…
Le Président :
En terminant.
Mme Thériault :
…M. le Président, donc qui est comptabilisé ailleurs.
Le Président :
Ceci met fin à la période de questions et de réponses orales.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : C'est correct, là, la période de questions est
terminée.
Alors, nous en sommes
aux motions sans préavis, et je reconnais un membre formant l'opposition
officielle pour sa motion sans préavis.
Bérubé :
M. le Président, je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée
afin de présenter, conjointement avec la
ministre de la Sécurité publique, le député de Chutes-de-la-Chaudière et la
députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques,
la motion suivante :
«Que l'Assemblée
nationale rende hommage aux trois policiers qui ont sacrifié leurs vies pour
protéger les citoyens de Moncton, hier.»
Vice-Président (M. Gendron) : Oui, c'est exact, par exemple — parce que je n'aime pas quand je fais
une erreur, là — que j'aurais dû commencer par un membre du
deuxième groupe d'opposition, selon ce qui avait été indiqué. Ça fait qu'on
y reviendra. Non, je veux respecter l'ordre quand il y a une erreur. Alors, je
reconnais M. le député de Granby pour sa présentation.
Bonnardel :
M. le Président, je demande le consentement pour déposer la motion suivante
conjointement avec le leader du gouvernement et la députée de Gouin :
«Que l'Assemblée
nationale exige de tous ses membres qu'ils réaffirment leur confiance envers le
Vérificateur général.»
Le Vice-Président (M. Gendron) : S'il
vous plaît! On ne commente pas en collectif.
Vice-Président (M. Gendron) :
Un instant, là. Normalement, pour les gens qui nous écoutent, on attend
la fin de la présentation de la motion. Le président demande s'il y a
consentement, puis, s'il n'y a pas consentement, on l'indique et on ne discute
pas. Alors, on a indiqué qu'il n'y avait pas consentement.
Je suis rendu
à la deuxième motion sans préavis, un membre du groupe formant le gouvernement,
un membre formant le gouvernement comme présentation de la deuxième…
Le Vice-Président (M. Gendron) : Ah!
Le gouvernement, excusez, le gouvernement… Oui, oui, il n'y a pas de problème. Alors, M. le ministre du
Développement durable, de l'Environnement, et ainsi de suite, pour la
présentation de votre motion.
M. Heurtel : Et tout le reste, M. le
Président. Global, cohérent, rigoureux et intégré, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) : C'est
indiqué, c'est bien ça qui était marqué.
M. Heurtel : C'est ça. Merci, M. le
Président. Je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter la
motion suivante conjointement avec le député de Marie-Victorin, la députée de
Mirabel et la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques :
«Que l'Assemblée nationale souligne la Journée
mondiale de l'environnement, qui se tient aujourd'hui le 5 juin, et qu'elle invite tous les Québécois
à intégrer dans leur quotidien des gestes pour diminuer les émissions de
gaz à effet de serre et ainsi permettre aux générations futures de vivre dans
un environnement sain.»
Le Vice-Président (M. Gendron) : Y
a-t-il consentement de débattre de cette motion? M. le leader adjoint du
gouvernement.
Sklavounos :
Oui, M. le Président. Il y aurait consentement pour des interventions d'une à
deux minutes. C'est le ministre qui commencerait, suivi du député de
Marie-Victorin, la députée de Mirabel et finalement la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Le Vice-Président (M. Gendron) : On
peut-u s'entendre, lorsqu'il y a consentement, pour des interventions de deux minutes? Parce qu'une à deux, là, c'est
trop différent, là. Alors, deux minutes par intervenant. Parce que, si
on décide de le fixer, on devrait le suivre. Alors, M. le ministre de l'Environnement,
allez.
M. Heurtel : Je comprends que ce n'est
pas le
titre complet cette fois-ci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Bien, ça va faire, là. On s'en rappelle tous, on s'en rappelle tous.
M. Heurtel : Merci, M. le Président.
Chaque année depuis 1972, le 5 juin se veut la Journée mondiale de l'environnement. Cette initiative des Nations
unies est un appel à la mobilisation, tant citoyenne que politique,
envers les différents enjeux
environnementaux. Le thème, cette année, est Élevez votre voix pas le niveau
de la mer. Celui-ci fait référence
à tous les efforts que nous devons déployer, ici comme ailleurs, pour lutter
contre les changements climatiques.
derniers constats scientifiques sur le réchauffement planétaire sont alarmants.
Si la tendance se maintient, la planète
pourrait subir une hausse de quatre à cinq degrés d'ici 2100, selon le groupe
intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat. La lutte contre
les changements climatiques est un enjeu planétaire incontournable puisqu'ils
engendreront des bouleversements environnementaux, économiques et sociaux.
Le Québec a
réagi à cette réalité. La mise en oeuvre du plan d'action 2013-2020 sur les
changements climatiques permettra de
soutenir plusieurs actions visant à améliorer la résilience de la société
québécoise et à favoriser la réduction de notre consommation énergétique. Le Québec a fait le pari que l'instauration
d'un prix de carbone constituerait la voie à suivre pour atteindre nos
objectifs et pour nous développer durablement. En 2012, le Québec a atteint la
cible de réduction de 6 % de réduction de GES, sous le niveau de 1990 qu'il
s'était fixé.
Nous pouvons concilier un environnement en santé
et une économie en santé. En plus de nous donner un avantage concurrentiel mondial, la lutte contre les changements
climatiques nous permet de générer l'innovation et créer des emplois. Les défis sont de taille, il importe de
les relever pour assurer la qualité de vie de la population actuelle et
des générations futures. Cela nécessite d'inscrire
le développement durable dans l'ensemble de nos actions, et nous devons
intensifier nos actions pour lutter contre les changements climatiques.
Profitons de
cette journée pour prendre conscience de l'environnement dans lequel nous
évoluons. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Gendron) :
Je vous remercie, M. le ministre. Je suis prêt à céder la parole au
prochain intervenant. Alors, M. le député, à vous la parole.
Drainville : Merci,
M. le Président. Alors, c'est mon
collègue de Jonquière qui devait se
joindre au ministre. Comme il est dans l'impossibilité de le faire, je prends
le relais, M. le Président.
Alors :
«l'Assemblée nationale souligne la Journée mondiale de l'environnement», ça
fait consensus, bien entendu. C'est un défi planétaire que de lutter
contre les changements climatiques, M. le Président, et le Québec a fait preuve
de leadership dans ce domaine-là. Je pense qu'il faut s'en réjouir.
La deuxième
partie de la motion dit «qu'elle invite tous les Québécois à intégrer dans leur
quotidien des gestes pour diminuer les émissions de gaz à effet de
serre». Là-dessus aussi, M. le Président, tout le monde s'entend, il faut poser de plus en plus de gestes pour faire, chacun
d'entre nous, notre part. Et, quand on ne la fait pas suffisamment, nos
enfants nous le rappellent, M. le Président, hein, nos enfants qui sont de plus
en plus conscientisés à la lutte contre les changements climatiques.
La troisième
partie de la motion dit «et ainsi permettre aux générations futures de vivre
dans un environnement sain». Là-dessus aussi, on s'entend, bien entendu,
M. le Président, mais j'aimerais quand même ajouter juste un petit quelque chose à l'intention du ministre, qui, effectivement, nous ressasse beaucoup, ces
temps-ci, son approche globale, rigoureuse et intégrée, ce qui ne l'a
pas empêché, M. le Président, de ramener dans le portrait le débat sur les gaz
de schiste dans la vallée du Saint-Laurent.
Je pense que de rouvrir la filière sur le gaz de schiste dans la vallée du
Saint-Laurent, ça ne va pas
contribuer à un environnement sain, ça ne va pas contribuer à rendre les
générations futures particulièrement heureuses.
Alors, je l'invite, encore une fois, M. le
Président, comme on l'a fait à de multiples reprises, à reconsidérer la
décision de son gouvernement de rouvrir la filière des gaz de schiste. Ce n'est pas une bonne idée, et j'espère qu'il va faire preuve de leadership en la matière, M.
le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Alors, je vous remercie de votre
intervention. Et je suis prêt à entendre maintenant Mme la députée de Mirabel
pour son intervention.
Mme D'Amours :
Merci, M. le Président. La Journée mondiale de l'environnement, initiée par l'ONU
en 1972, sert à se questionner, à sensibiliser les acteurs politiques et les
citoyens du monde entier pour qu'ensemble ils entreprennent des actions visant
à réduire les conséquences de l'activité humaine sur la biodiversité mondiale.
Hier, la Journée
mondiale de l'environnement était célébrée en l'honneur des petits États
insulaires en développement, dont les
600 millions d'habitants sont confrontés, année après année, aux
conséquences toujours plus importantes des dérèglements climatiques, causés en grande
partie par les gaz à effet de
serre émis par les pays développés, comme le nôtre.
Si le Québec
peut se féliciter de son programme de plafonnement et d'échange de droits d'émission
de gaz à effet de serre, nous pouvons
également nous questionner quant à la cohérence de certaines décisions du
nouveau gouvernement. En effet, en
plus de dilapider des fonds publics dans un projet déloyal et inéquitable pour
les Québécois, le gouvernement propose une augmentation de plus de
2 % de gaz à effet de serre en investissant dans le projet de la
cimenterie de Port-Daniel.
M. le
Président, comment le député de Viau peut-il cautionner ce projet pour ensuite
demander aux Québécois d'intégrer dans leur quotidien les gestes pour
diminuer des émissions de gaz à effet de serre? M. le Président, pour reprendre le slogan retenu par l'ONU cette
semaine, je crois qu'il est juste de dire que
les Québécois ne veulent pas voir le niveau de la mer monter, pas plus
que celui de notre dette publique.
Aujourd'hui,
pour notre environnement, pour la biodiversité mondiale, pour les États
insulaires menacés par la montée des eaux, élevons
notre voix, pas notre niveau de la mer. Le Québec peut devenir un agent de
changement, il s'agit d'en avoir le
courage. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Alors, je vous remercie, Mme la députée de
Mirabel, pour votre intervention sur
cette motion. Je cède maintenant la parole à Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques pour son intervention. À vous
la parole.
Mme Massé : Merci, M. le Président. Québec solidaire
joint, bien sûr, sa voix à celle de tous les
partis pour souligner cette grande journée
qui nous rappelle à chaque année qu'on a une
responsabilité face à l'environnement
et surtout, cette année, face à l'urgence d'agir pour la question
environnementale.
La motion qui nous
est présentée ce matin invite la population du Québec à poser des gestes au
quotidien. Personne ne peut être contre la
vertu, nous avons tous et toutes à contribuer pour ce travail. Mais j'aimerais
souligner ici que, pour que les changements se fassent en profondeur,
il faut que les comportements des citoyens et citoyennes soient inspirés
par les comportements de nos élus, et
notamment de nos gouvernements.
le gouvernement, dans les dernières semaines, pour ne pas dire les dernières
années, envoie des messages bien contradictoires.
Depuis une semaine, notamment, le nouveau gouvernement a posé deux gestes qui
auront un impact très néfaste sur le
bilan québécois d'émissions de gaz à effet de
serre. Je parle, bien sûr, du projet de la mégacimenterie
de Port-Daniel, financé à même les
fonds publics alors qu'on coupe auprès des
plus pauvres; et le feu vert, bien sûr, sur l'île d'Anticosti.
Pour être en
cohérence, on ne peut pas demander aux autres de faire ce que nous-mêmes, on n'est
pas prêts de faire. Québec solidaire presse
donc le gouvernement du Québec à se doter d'un
plan ambitieux, et un vrai plan, de lutte aux changements climatiques.
Pour agir en toute cohérence, nous pressons également le gouvernement à
déployer tous les moyens à sa disposition pour sortir le Québec du pétrole.
Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, je vous remercie, Mme la
députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques. Nous en sommes maintenant
rendus à l'opposition officielle sur ses…
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Oui, la motion. Est-ce que la motion est adoptée? La
motion est adoptée.
Alors, M. le député
de Matane-Matapédia.
Bérubé :
M. le Président, je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée
afin de présenter, conjointement avec la ministre de la Sécurité publique, le député des Chutes-de-la-Chaudière et la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques,
la motion suivante :
«Que l'Assemblée
nationale rende hommage aux trois policiers qui ont sacrifié leur vie pour
protéger les citoyens de Moncton[, hier].»
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Alors, M. le leader adjoint du gouvernement, y a-t-il
consentement pour débattre de cette motion?
Sklavounos : Il y a consentement pour adopter sans débat, et
je vous demande une minute de silence, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Alors, la motion est-elle adoptée?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Adopté.
Nous allons observer,
compte tenu du type de motion, une minute de silence en l'honneur de ces gens.
• (11 h 11
h 12) •
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Alors, merci. Veuillez vous asseoir.
Alors,
toujours à la rubrique des motions sans préavis, y a-t-il d'autres motions à
être présentées? Alors, oui. Oui, ça
va. Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques… Un instant, cependant, puisque vous
en avez déjà fait présenter une, ça
prend… un instant, il faut solliciter. Y a-t-il consentement pour la
présentation d'une deuxième motion par une même formation politique? Y
a-t-il consentement de le faire?
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Bon, un instant, je veux… il semble y avoir une intervention sur la précédente.
Je veux vous entendre, M. le leader.
Sklavounos :
Est-ce qu'on pourrait ajouter M. le député de Chomedey conjointement à la
précédente motion? C'était un oubli de ma part, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Est-ce qu'il y a consentement d'ajouter le député de Chomedey? Il y a
consentement, c'est fait.
Alors, Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mais, avant, là, parce que je n'ai pas entendu, y a-t-il consentement qu'on
présente une deuxième motion? Il y a consentement?
Vice-Président (M. Gendron) : Oui, c'est toujours ça que je demande.
Il y a consentement pour la présentation. À vous.
Massé : Il n'y avait pas de problème, M. le Président, puisque c'était
la première aujourd'hui. Alors, ça me fait plaisir.
M. le
Président, je demande le consentement de la Chambre pour débattre de la motion
suivante conjointement avec la députée de Taschereau :
«Que l'Assemblée nationale demande au ministre
de l'Environnement de faire preuve de transparence en dévoilant l'ensemble des données quotidiennes sur la qualité de l'air
produites par la station d'échantillonnage des Sables depuis mars 2013 dans le quartier Limoilou à
Québec et qu'il rende public le rapport commandé par son ministère à
Josée Duchesne, géochimiste de l'Université
Laval, qui analyse la composition du minerai de nickel trouvé dans
Limoilou.»
Le Vice-Président (M. Gendron) : Y
a-t-il consentement de débattre de cette motion?
Sklavounos : …les
enquêtes menant les procédures judiciaires en cours, M. le Président, il n'y a
pas de consentement.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, il n'y a pas de consentement. Et là ça met vraiment fin…
Le Vice-Président (M. Gendron) : Bien,
on va le solliciter, un instant. Est-ce qu'il y a consentement pour présenter
une deuxième motion de la part d'un membre de l'opposition officielle?
Sklavounos : Juste
avoir la précision… les éleveurs de porc. Oui, consentement.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Alors, il y a consentement. Il n'y a pas d'opposition.
Il y a consentement. Alors, M. le député de Berthier, il y a
consentement pour la présentation de votre motion. Allez.
M. Villeneuve : Merci, M. le
Président. Alors, je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement
avec le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation,
avec la députée de Mirabel et avec la députée de Gouin. La motion se lit comme
suit :
«Que l'Assemblée
nationale félicite Les Éleveurs de porcs du Québec d'avoir été la première
production porcine au monde à utiliser l'outil de l'Organisation des
Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture visant à évaluer la
performance en matière de développement durable dans le domaine agricole.»
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Merci pour la présentation. Y a-t-il consentement d'en débattre?
Sklavounos : Oui,
M. le Président, il y aurait consentement pour des interventions d'une minute
par intervenant, et nous suggérons l'ordre
suivant : le député de Berthier, l'auteur de la motion, la députée de
Mirabel, la députée de Gouin et le ministre, finalement, le ministre de
l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
…des interventions d'une minute. Je cède la parole au député de Berthier pour
son intervention d'une minute.
M. Villeneuve : Merci, M. le
Président. Les Éleveurs de porcs du Québec annonçaient récemment qu'ils constituaient la seule production porcine à l'échelle
mondiale à avoir participé à un important projet de l'Organisation des Nations
unies pour l'alimentation et l'agriculture, ce qui les a amenés à produire leur
premier rapport portant sur la responsabilité sociale. Le rapport des éleveurs,
le premier au Canada, porte sur la responsabilité sociale et s'ajoute à d'autres actions innovatrices, puisqu'en 2012 Les
Éleveurs devenaient les premiers au monde à effectuer l'analyse complète
du cycle de vie de leur activité en dressant un bilan environnemental
socioéconomique.
Donc, M. le
Président, c'est pour souligner ces actions exceptionnelles qu'il m'apparaissait
important — et
je pense que ça apparaissait important à l'ensemble
des membres de l'Assemblée nationale — de souligner ce travail exceptionnel
fait par Les Éleveurs de porcs du Québec. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Gendron) :
Merci, M. le député. Merci, M. le député de Berthier, de votre
intervention. Je cède maintenant la parole à Mme la députée de Mirabel pour son
intervention sur cette motion.
Mme D'Amours : Merci, M. le
Président. C'est un plaisir pour moi de me lever ici, en cette Chambre, pour
féliciter tout le travail accompli par Les Éleveurs de porcs du Québec.
On sait tous que les agriculteurs et agricultrices
sont des gens travaillants, rigoureux et dotés d'un sens de débrouillardise.
Fondés en 1966, Les Éleveurs de porcs du Québec représentent les intérêts de
plus de 3 496 éleveurs répartis
dans 12 syndicats régionaux, un apport important et majeur à l'agriculture
mais aussi à l'économie du Québec. Avec
leur outil de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture visant à évaluer la
performance en matière de développement durable, ils prouvent que le monde agricole doit être en constante
innovation et surtout user d'imagination. C'est, pour moi, une autre
occasion de dire, avec une immense fierté, M. le Président, que je suis fière d'être
une députée agricultrice du Québec. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Gendron) :
Merci, Mme la députée. Je cède maintenant la parole à Mme la députée de
Gouin pour son intervention. Allez, vous avez la parole.
Mme David (Gouin) : Merci, M. le
Président. Je joins ma voix à celles de mes collègues pour féliciter Les
Éleveurs de porcs du Québec, qui ont fait un pas de plus pour que l'agriculture
au Québec se tourne vers l'avenir et respecte l'environnement.
participant au projet de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation
et l'agriculture, Les Éleveurs de porcs
du Québec acceptent de prendre leurs responsabilités sociales. Nous ne pouvons
que nous en réjouir, d'autant plus qu'ils
montrent l'exemple en étant les premiers à le faire mondialement. Je les invite
à poursuivre ce travail qui prend racine dans des actions concrètes pour l'environnement et le bien-être animal,
mais je les incite aussi à continuer leurs actions pour le bien-être des
communautés dans lesquelles ils vivent, des gestes qui se traduisent, entre
autres, par un soutien aux organismes communautaires qui luttent contre la
faim. Vous m'en voyez ravie, et j'ose espérer que d'autres secteurs agricoles
auront envie d'imiter Les Éleveurs de porcs à cet égard. Donc, bravo aux
électeurs de porcs!
Des voix : Ha, ha, ha!
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, celle-là est déjà classée, elle est déjà classée. Vous allez la revoir,
la réentendre. Non, mais prenez le temps de le faire comme il faut, là, parce
qu'on ne l'a pas entendu. Alors, Mme la députée de Gouin.
Le Vice-Président (M. Gendron) : S'il
vous plaît!
Mme David
(Gouin) : Je veux simplement dire à mes amis rencontrés la semaine
dernière, Les Éleveurs de porcs, que j'ai bien compris qui ils étaient.
Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, M. le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation,
toujours sur cette même motion, pour sa minute.
Paradis : Oui. M.
le Président, ces éleveurs sont également nos électeurs.
Aujourd'hui, l'Assemblée nationale souligne l'apport
des Éleveurs de porcs au développement économique durable du Québec. Ces
éleveurs participent à la création et au maintien de plus de 30 000 emplois
dans toutes les régions
du Québec. Ils sont responsables d'exportations de viande d'une valeur de plus
de 1 250 000 000 $ par année, ce qui équivaut à l'ensemble
de nos exportations d'hydroélectricité.
Et cette activité économique, M. le Président, progresse
dans un cadre de plus en plus vert. C'est avec fierté que le président des
Éleveurs de porcs du Québec, M. David Boissonneault, que vous connaissez
bien, a dévoilé le premier rapport de
responsabilité sociale de son organisation. Comme souligné par les collègues,
il s'agit d'une première au Canada,
une première au Québec. D'ailleurs, ils deviennent la seule organisation porcine à travers le monde à participer à une évaluation de leur performance en matière de développement durable dans le secteur agricole. M. le Président, ils contribuent ainsi à
améliorer le bien-être animal, et je les en félicite. Merci de faire
rayonner la filière porcine québécoise ici comme ailleurs et, pourquoi
pas, jusqu'au paradis.
Vice-Président (M. Gendron) :
Y avait-il consentement d'ajouter cette dernière phrase? Ce n'est pas
requis.
Nous en sommes maintenant à la rubrique Avis
touchant les travaux des commissions, et je cède la parole à M. le leader adjoint
du gouvernement.
Sklavounos : M. le
Président, oui, j'avise cette Assemblée que la Commission de l'aménagement du
territoire poursuivra l'étude détaillée à l'égard du projet de loi n° 1, Loi
concernant l'inspecteur général de la Ville de
Montréal, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures et par la suite de 15 h 30 à 18 heures ainsi que
de 19 h 30 à 22 h 30, à la salle du Conseil législatif;
La Commission des finances publiques
entreprendra, elle, l'étude détaillée à l'égard du projet de loi n° 4, Loi
modifiant la Loi autorisant la conclusion de
conventions collectives d'une durée supérieure à trois ans dans les
secteurs public et parapublic, aujourd'hui, de 15 heures à 18 heures,
à la salle Louis-Joseph-Papineau.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, merci, M. le leader adjoint.
Nous en
sommes maintenant à la rubrique Renseignements sur les travaux de cette
Assemblée. Est-ce qu'il y a des questions concernant les renseignements
sur les travaux? Je n'en vois pas.
Alors, nous en sommes maintenant rendus à la
rubrique des affaires courantes... aux affaires du jour, pardon, nous allons passer aux affaires du jour, et je
cède la parole à M. le leader. Indiquez-nous, M. le leader, qu'est-ce que
nous allons faire aux affaires courantes.
Fournier : Merci, M. le Président. Je vais vous l'indiquer.
Mais, si vous permettez, je vais prendre 15 secondes pour expliquer le plan de la journée, parce que c'est
une journée un peu spéciale, un peu particulière, notamment parce que
nous allons appeler dès maintenant l'article 7 qui concerne le projet de
loi sur les soins de fin de vie. C'est ce que nous
allons entreprendre. Ce ne sera probablement pas terminé à 13 heures. Si
jamais c'était terminé à 13 heures, j'annonce qu'il y aura une
suspension pour le retour à 15 heures. Déjà prévu pour le retour à
15 heures : le chef de l'opposition officielle,
le premier ministre, je crois que la députée de Joliette... j'en manque
peut-être. Mais ce qui est un peu prévu, je le dis pour que tout le
monde le sache, donc, en après-midi, il est prévu qu'il y ait le vote sur le
projet de loi des soins de fin de vie. Par
la suite, nous devrions appeler l'article 6, qui est le projet de loi
n° 190 de la députée de Gouin.
Alors, je
prends le temps d'expliquer le processus de la journée, d'une part, parce que
le projet de
loi sur les soins de vie demande quand même... projet de
loi conjoint, demande qu'on ait une préparation à ce vote. Et, deuxièmement,
puisqu'il y a un projet de loi qui est étudié de la part d'un député de l'opposition,
on s'aperçoit qu'aujourd'hui c'est une journée symbolique, qui démontre que l'Assemblée
nationale est capable de travailler dans l'harmonie.
Donc, l'article 7, M. le Président.
Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, à l'article 7 — c'est aussi l'harmonie, probablement — l'Assemblée
reprend le débat ajourné le 4 juin 2014 sur l'adoption du projet de
loi n° 52, loi concernant les soins de vie.
Et je sais qu'il y a des interventions et je
reconnais... Le premier intervenant, c'est M. le ministre des Affaires
municipales et de l'Occupation du territoire. M. le ministre, à vous la parole
sur ce projet de loi là.
M. Moreau : Merci, M. le
Président. Comme le premier ministre se plaît à le rappeler souvent, nous sommes, d'abord et avant tout — et tous — des députés, et c'est à
titre de député de
Châteauguay, d'abord et avant tout, que je fais cette
intervention-là, non pas pour vous réprimander d'aucune façon, M. le Président,
mais pour vous dire que le discours que j'entends
faire ce matin s'adresse à mes contribuables, à mes concitoyens, à mes
électeurs de Châteauguay. D'abord et
avant tout et pour une raison très simple, c'est parce que j'ai pris un
engagement solennel à leur égard concernant le projet de
loi sur les soins de fin de vie. Et donc, ce matin, je veux
leur livrer les raisons qui expliqueront le vote que je ferai en leur
nom lorsque le vote sera appelé sur cet important projet de loi.
Avant d'arriver aux motifs et avant d'arriver au
vote, je veux saluer le travail exceptionnel qui a été fait par tous les
membres de cette Assemblée nationale sur un projet de loi fort important, qui
montre — et
je le reprends puis on le reprend dans d'autres
dossiers et dans d'autres débats — que, lorsqu'on s'y met, on peut faire de la
politique autrement et on peut faire une
politique qui, au-delà de la ligne des partis, au-delà des orientations
politiques, je dirais, de gestion,
nous amène à ouvrir les horizons, lorsqu'il s'agit de débats de société, de
débats qui sont à la fois philosophiques, à la fois, je dirais même, passionnels, et, dans le cas qui nous occupe, c'est
certainement un de ces débats-là. Alors, je veux saluer d'emblée tous
les membres de l'Assemblée nationale qui ont participé aux commissions
parlementaires, aux commissions
parlementaires itinérantes, à ceux qui ont présidé les commissions, aux ministres
qui ont porté ces projets de loi et
qui nous permettent aujourd'hui, comme parlementaires, de nous exprimer sur ce
qui dépasse, je pense, le cadre normal d'un projet de loi ou le cadre,
je dirais, régulier d'un projet de loi.
Ce dont on parle, c'est de la fin de la vie, et
je suis convaincu… Je me souviens de mon collègue le député de Verdun, à l'époque, qui disait — Henri-François Gautrin : Vous savez, la
fin de vie, ça commence à la naissance. Parce que, dès le moment où l'on respire de façon autonome,
on entame la fin de notre vie. Et évidemment, entre les deux, il y a un
parcours absolument fascinant qui s'applique à tous et à toutes,
malheureusement avec des chances bien souvent inégales.
Parce que, bien que notre planète soit petite, les disparités sont très
grandes, et qui nous permettent de réaliser à quel point, lorsqu'on a la chance de vivre dans une société comme la
nôtre, avec tous les défauts mais avec surtout les immenses qualités qu'elle
a, que nous avons, par le don de la vie, un privilège absolument
extraordinaire.
Et l'engagement
que j'ai pris auprès des contribuables et mes électeurs de Châteauguay, c'était
d'avoir un vote qui reflète l'opinion
majoritaire qu'ils m'apporteraient. Et je sais très bien, en disant cela, qu'un
peu partout les députés de cette Assemblée ont été visités par toutes
sortes de groupes, souvent des groupes qui, au nom d'une croyance religieuse, estimaient qu'il fallait voter à l'encontre du
projet de loi, d'autres qui, pour des expériences personnelles qu'ils
avaient vécues, voyaient qu'une maladie qui
était incommodante, peut-être pas terminale, avait provoqué chez eux des
sentiments qui les avaient amenés à vouloir
mettre fin à leurs jours et qui, au jour où on découvrait, par l'avancement de
la science, la possibilité d'apaiser les souffrances et de les ramener à
une vie normale, étaient très heureux de ne pas avoir mené à terme le projet
qui leur avait traversé l'esprit à ce moment-là.
Mais ce qui
est important pour moi, ce n'est pas tellement l'approche religieuse, à savoir
si on devrait avoir ou non le
contrôle sur sa vie en raison de ce qui, pour nous, correspond à une croyance
de l'origine de la vie ou une croyance scientifique de l'origine de la
vie. Moi, ce qui me motive le plus et qui rejoint les commentaires qui m'ont
été faits de façon majoritaire dans mon
comté, mais pour des raisons bien différentes, c'est la valeur que l'on apporte
à la capacité d'un individu de véritablement décider de l'avenir des
choses, de la suite des choses. Et, en disant ça, M. le Président, j'ai l'impression qu'on pourrait être appelés à
conclure que je vais voter de façon favorable à l'adoption du projet de loi,
alors que je vais voter contre le projet de loi. Et je vais vous dire pourquoi,
je vais l'expliquer dans une approche qui est peut-être plus juridique que
scientifique pour vous dire que je me suis inspiré de ce que les gens m'ont
dit, je me suis inspiré d'expériences personnelles.
Moi, j'ai vécu, comme probablement la plupart d'entre
nous, des gens qui sont arrivés en fin de vie dans des conditions assez difficiles. Et on parle beaucoup des gens qui ont
souffert du cancer, et ici, à La Maison Michel Sarrazin, je me rappelle, il y a une quinzaine d'années,
avoir vécu la fin de vie d'un des membres de la famille qui était atteint
d'une tumeur au cerveau. Il avait eu une
rémission, pendant sept longues années, qui lui avait permis de vivre une vie à
peu près normale, mais, en récidive, la tumeur s'est avérée fulgurante.
Et, lorsqu'il était évident que ses jours étaient comptés, lorsqu'il est arrivé à la maison Sarrazin, l'environnement
de cette maison de soins palliatifs absolument extraordinaire a fait en
sorte qu'il a pu, alors que ses souffrances physiques étaient apaisées, vivre
les derniers moments de sa vie d'une façon qui était tout à fait correcte.
Et ce qui est ironique en votant contre ce
projet de loi là, c'est que je pourrais dire, moi, que je suis favorable, au plan personnel, à 99,9 % de ce que le
projet de loi comporte. Reconnaître l'importance et accroître l'importance
des soins et des mesures palliatives pour accompagner les gens en fin de vie, c'est
quelque chose auquel tout le monde doit adhérer
et auquel moi-même j'adhère. Et donc toute la question qui entoure la sédation palliative,
dans le projet de loi, ce n'est pas un concept qui me rebute. Là où j'ai
une difficulté particulière, c'est sur l'aide médicale à mourir ou l'administration d'une médication létale qui va
provoquer la fin de vie non pas parce que ce serait incorrect si la
personne qui le demande le fait d'une façon tout à fait correcte et éclairée,
et je sais que le projet de loi conduit à ça et crée un encadrement qui est absolument spécifique et scientifique avec l'approche
de deux médecins qui suivent la personne en fin de vie, mais dans quel
environnement social vivons-nous?
Je vais vous faire un parallèle immédiat. Lorsqu'on
regarde notre système de droit pénal, puis je ne suis pas sur les juridictions, entre le fédéral puis les
provinces, sur le fait que ce geste-là pourrait être qualifié différemment,
on a choisi, dans l'approche du droit criminel, de dire : Il faut que l'ensemble
de nos gestes soient posés de façon à libérer un
criminel plutôt que de condamner un coupable. Je fais le parallèle en droit civil.
En droit civil, on sait que les gens qui arrivent en fin de vie, ou les
gens qui sont plus âgés, ou les gens qui vivent des conditions qui les
diminuent au plan physique ont une fragilité
et une perméabilité que la jeunesse ne fait pas, n'a pas, que des gens en
pleine forme n'ont pas. Et, dans notre droit civil, on a reconnu cette
situation-là pour le capital financier dont disposent les personnes. En droit civil, il y a un
concept qui s'appelle la captation. Qu'est-ce que c'est, la captation? C'est l'ensemble
des manoeuvres qui sont répréhensibles dans le but d'amener quelqu'un à
consentir une libéralité qu'elle n'aurait pas autrement consentie. Pourquoi est-ce qu'on a prévu la captation en droit civil?
Parce qu'on sait très bien que parfois des personnes âgées peuvent se faire convaincre que ce qui est
bon pour eux n'est pas nécessairement ce qui véritablement est bon pour eux et que des gens malveillants et mal
intentionnés réussissent à convaincre des personnes fragilisées de les
avantager au plan économique. Hein, quand on dit, dans le bon vieux
temps : Couche-moi donc sur ton testament, je vais prendre soin de toi.
Et donc, si
le législateur a créé le concept de la captation pour protéger le patrimoine
économique d'un individu, est-ce que nous ne devrions pas avoir
exactement le même sentiment, la même attention et la même précaution pour sauvegarder le capital humain et donc ce qui est
le plus précieux chez un individu au-delà de sa capacité économique, qui
est sa capacité de vivre encore, quelles que
soient les conditions dans lesquelles il vit, de vivre encore? Et moi, je ne
peux me résoudre à penser que, malgré l'encadrement
que prévoit le projet de loi, on mettra à l'abri des individus qui se
feraient, de façon insidieuse, malveillante
et avec des intentions inqualifiables… se faire convaincre, pour des raisons
économiques, que ça serait bien mieux pour
eux de décider de devancer le moment où leur vie prendrait fin. Et je n'ai pas
retrouvé d'erreur dans le projet de loi, mais je ne peux me… comme il n'y
a pas d'erreur non plus dans l'environnement économique des individus dans le
contexte du droit civil. Mais la captation, ça existe, et le fait est qu'il y a
des individus qui sont poursuivis pour ça, parce que, dans notre société, il n'y
a pas que des gens qui veulent du bien aux autres. Et ça n'a rien à voir avec l'économie du projet de loi puis,
je le répète, avec lequel je suis en accord avec les dispositions
relatives à la sédation palliative.
Et qu'est-ce
que c'est que la sédation palliative? J'avais, il y a cela de très courts
instants, une conversation avec mon collègue le député de
La Pinière qui me disait essentiellement : La sédation palliative va
t'endormir, et il y aura une combinaison de
cette médication-là qui va faire en sorte qu'avec l'évolution de la maladie un
jour on va arriver à la fin de vie.
Alors, ça, c'est très bien parce que ça nous empêche de souffrir. Et je termine
là-dessus. Et je ne peux me convaincre à penser qu'il n'y aura pas des
situations où un individu ne sera pas influencé indûment, alors qu'il n'aura
pas véritablement fait un choix éclairé. Et
je reviens au parallèle que je faisais au droit criminel. Je préfère sauver
quelqu'un que de me convaincre qu'un jour
une personne aurait fait un choix irréversible sans qu'il ne soit véritablement
le sien.
Vice-Président (M. Gendron) :
Merci, monsieur, beaucoup… le député de
Châteauguay parce
que… Merci, M. le député de Châteauguay, parce que vous vouliez, à ce
titre, faire votre intervention.
Je n'avais pas l'information que je vous
communique, là. Il semblerait qu'on avait convenu que c'étaient les 10 minutes,
maximum, alors…
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Non, non, je sais. Alors, j'ai erré en permettant un peu plus, là.
Vice-Président (M. Gendron) : Alors, je vais vous rappeler, dès l'instant,
que c'est des 10 minutes parce que nous sommes sur la dernière étape.
Alors, je reconnais maintenant Mme la ministre
du Tourisme pour son intervention. À vous la parole.
Mme Vien :
Oui. Merci beaucoup, M. le Président. Alors, c'est avec un peu d'émotion quand
même qu'on prend la parole sur un sujet comme celui-là, le projet de loi
n° 52, qui est la Loi concernant les soins de fin de vie.
Alors, je me
rappelle très bien, à l'autre session parlementaire, M. le Président, d'avoir
donné mon accord pour le principe du projet de loi, essentiellement pour
donner la chance, justement, au projet d'être étudié en commission. Il s'agit effectivement d'un sujet qui soulève plein
de réflexions, d'émotions parfois, certains jours, contradictoire, et
qui prouve effectivement la complexité du sujet, et qui fait appel, disons-le,
aux valeurs qu'il soulève. J'ai un petit peu de difficultés, chose qui arrive.
C'est rare, mais ça arrive.
C'est un
sujet qui ne me laisse pas indifférente parce que je suis une femme croyante et
que ça fait… donc, ça vient nous ébranler, ce sujet, et je suis… Comme
plusieurs d'entre nous, je souhaite qu'il y ait plus de soins palliatifs dans notre société. Je pense que c'est une avenue qui
est positive et une avenue qui devrait susciter beaucoup de travail de
notre part. Par ailleurs, en marge de ce que
je viens de vous dire, M. le Président, je voterai pour le projet de loi
n° 52, pour, parce que j'ai confiance dans ce que nous retrouvons
dans le projet de loi n° 52. Je trouve qu'il y a là — d'ailleurs,
mon collègue l'a souligné un peu avant moi — un encadrement rassurant. On
parle bien qu'on peut avoir de la sédation palliative continue ou encore de l'aide
médicale à mourir et que ça, ça se fera via un formulaire qui sera prescrit par
le ministre, que la personne doit être
informée du pronostic du caractère terminal irréversible de la maladie qui
l'accable, que l'aide médicale à mourir, à sa demande, doit notamment faire
référence à certains critères très sérieux. D'abord, la personne doit être majeure et apte à consentir aux soins. Elle doit
être en fin de vie — voilà un
élément important qui a été donc,
nommément, inscrit au projet de loi; être atteinte d'une maladie grave et
incurable; avoir une situation médicale qui se caractérise par un déclin
avancé et irréversible de ses capacités; éprouver des souffrances physiques ou
psychiques constantes, insupportables et qui ne peuvent être apaisées dans des
conditions qu'elle juge tolérables.
Je tiens aussi à souligner, M. le
Président, que le médecin a l'obligation de s'assurer que la personne
consentant à ces soins a fait un choix libre
et éclairé. Je soutiens également dans la même foulée que deux médecins devront
être au dossier et accompagner la personne qui fait une telle demande,
que la personne qui en a déjà fait la demande peut en tout temps retirer ce souhait et qu'il ne pourra y avoir de directive
médicale anticipée, comme cela avait été soumis ou en tout cas élaboré
en tout début de processus. Je pense qu'il est utile aussi de rappeler que
toute personne du corps professionnel, qu'elle soit médecin, ou encore
infirmière, ou autre… ces personnes ne seront pas obligées d'accéder à une
demande d'un patient dans ce sens-là.
le Président, il y aura aussi une commission sur les soins de fin de vie qui
sera instaurée, qui aura pour mandat d'évaluer
l'application de la loi. Et je pense qu'ici on a un outil qui devrait venir
rassurer les gens sur les risques de dérapage qui sont soulevés par certaines personnes dans notre société et
certainement aussi dans cette enceinte, donc, commission qui aura pour
mandat d'évaluer l'application de la loi, de surveiller l'application de ces
exigences et de saisir le ministre de toute question relative à ces soins et
qui mérite, bien entendu, l'attention du gouvernement et qu'on lui soumette des recommandations.
M. le Président, je fais ce choix-là aujourd'hui, je le fais dans l'humilité et dans le respect
pour l'idée contraire, également. Très honnêtement, là, jamais je ne pourrais
essayer de convaincre quiconque de penser comme moi. Je ne serais pas capable de faire ça. Nous avions une
discussion entre amis il n'y a pas si longtemps, et des personnes s'exprimaient librement, et il y avait des opinions
contraires à la mienne, et on sentait, tout un chacun, que… on ne se sentait pas investis d'une permission d'essayer de
rallier l'autre à sa position. Parce que j'ai aussi jonglé avec la
possibilité de voter contre le projet de loi n° 52. Si au départ j'ai eu un
sentiment favorable, dès le départ je me suis aussi
laissé le temps — et c'est ce
que j'ai dit aux gens dans mon entourage — de réfléchir, de poser des questions, de
relire le projet de loi, d'écouter d'éminents collègues et pour en arriver finalement aujourd'hui à cette position qui
est la mienne. M. le Président, moi, je veux faire confiance au jugement des personnes qui
font cette demande-là parce que j'ai le
sentiment que ces personnes le feront dans
un environnement respectueux et dans un encadrement qui va leur permettre,
justement, de prendre une décision libre et éclairée.
le Président, je sais qu'il y a des personnes qui se réjouiront. Beaucoup de
personnes se réjouiront de ma position aujourd'hui dans le comté de
Bellechasse. M. le député l'a dit… de
Châteauguay, on s'adresse particulièrement à
nos citoyens aujourd'hui, à nos citoyens de nos comtés, hein, c'est eux qui nous
élisent. Mais je sais aussi que ma position va décevoir, va attrister
aussi certaines personnes de Bellechasse. Je tiens à
m'en excuser. J'en suis désolée. Je ne peux pas faire autrement. Merci.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Alors, je
vous remercie, Mme la députée… Mme la ministre du
Tourisme. Je cède maintenant
la parole à M. le député de Verchères pour son intervention. M. le député de Verchères, à vous la parole.
Bergeron : M. le Président, j'aimerais faire une
très brève intervention. J'ai été un peu interpellé par les interventions de
mes deux collègues, le député de Châteauguay
et la députée de Bellechasse.
D'abord,
je tiens à rappeler à cette Chambre et aux gens qui nous écoutent que le projet
sur les soins de fin de vie ne concerne pas que l'aide médicale à mourir, M. le Président, je dirais, la majeure
partie de
ce projet de loi porte au contraire sur l'importance
d'accroître et d'étendre les soins palliatifs. Et je crois que nous sommes, sur
cette question, tous et toutes solidaires, M. le Président. Il y a bien
sûr cette portion du projet de
loi sur l'aide médicale à mourir, qui nous interpelle, chacune et chacun d'entre nous,
quant à nos valeurs fondamentales. Et c'est,
somme toute, ce qui est peut-être un peu dommage, puisque le jugement se
portera, en finalité, ultimement, M. le
Président, sur cette portion du projet de
loi portant sur l'aide médicale à mourir — laissant peut-être de côté cette importance
qu'il nous faut accorder à la mise en place de soins palliatifs plus étendus, plus accessibles,
M. le Président — en
dernière analyse, ce qui nous amènera à voter
pour ou probablement même à voter
contre, c'est ce qui nous interpelle dans nos
valeurs morales par rapport à l'aide médicale à mourir.
Et je ne veux pas
revenir sur la description très détaillée que vient de faire ma collègue de
Bellechasse sur les mécanismes d'encadrement très
rigoureux qui ont été prévus par le projet de loi quant à cette portion
portant sur l'aide médicale à mourir, mais je
veux revenir, cependant, sur les préceptes
moraux, du moins ceux qui sont les miens et ceux qui vont soutenir ma décision
de voter en faveur de ce projet de loi, M. le Président.
l'instar de ma collègue de Bellechasse, je suis croyant, M. le Président. Je
suis croyant et je crois que ma foi m'amène à devoir faire preuve de compassion et à me
préserver de tout jugement, M. le
Président. S'il est vrai que
le fait de mettre fin à ses jours ou de souhaiter qu'on ait une aide pour
pouvoir mettre à ses jours constitue une violation ou un «péché», pour
reprendre le terme généralement reconnu dans ce genre de situation là, eh bien,
qu'on laisse à la personne, M. le Président, le soin de régler ça avec son créateur. Ce n'est pas à moi de juger de
ce qu'une personne qui est en fin de
vie peut faire ou ne peut pas faire. Si cette personne en est venue à se
dire : L'issue est inéluctable, M.
le Président, je n'en puis plus, je suis au bout de mes forces, je veux
partir, je pense que nous devons, par compassion, permettre, voire même aider cette personne à partir. M. le Président, j'ai connu trois personnes — vous allez me dire que, dans la loi des probabilités, c'est assez élevé — trois personnes qui ont souffert de la
sclérose latérale amyotrophique, et la perspective terrifiante,
terrifiante, M. le Président, de finir ses jours étouffé dans ses propres
fluides nous amène effectivement à comprendre le souhait que peut ressentir,
que peut avoir une personne de ne pas vivre cela et de partir plus vite.
M. le Président, à l'instar
de ma collègue de Bellechasse, je ne porterai aucun jugement sur le choix qu'aura
fait chacun de nos collègues ici, en cette
Chambre, mais c'est avec une profonde conviction que je vais voter en
faveur de ce projet de loi.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Merci, M. le député de Verchères. M. le ministre.
M. Coiteux : M. le Président, si j'ai
souhaité m'exprimer à propos du projet de
loi sur les soins de fin de vie, c'est par respect puis par obligation envers mes
électeurs, pas seulement ceux qui ont voté pour moi, bien sûr, mais
envers les citoyens de mon comté, du comté de Nelligan. Je suis un nouveau
parlementaire, je viens tout juste d'arriver à l'Assemblée nationale.
Je sais que vous avez fait tous un travail
absolument extraordinaire dans le cheminement qui a mené à cette version du projet de loi. Je sais que vous avez
travaillé tous dans un esprit non partisan et je sais que vous avez
apporté beaucoup d'amendements à un projet de loi qui suscitait de grandes
inquiétudes dans la population et de grandes inquiétudes en cette même enceinte
chez beaucoup d'entre vous. Je veux quand même, aussi, donner des éléments de contexte parce que, lorsque je suis arrivé à l'Assemblée
nationale, et que j'ai appris à ce moment-là qu'effectivement le projet de loi revenait, et qu'on aurait à voter et
lorsque j'ai su en particulier que nous avions la liberté de voter selon
notre propre conscience, qu'on aurait un
vote libre de l'arbitrage du caucus, si on veut dire les choses en termes
techniques, j'ai su que je ne pouvais pas me
défiler à cette obligation morale d'expliquer à mes électeurs pourquoi je
ferais un choix qui, nécessairement, nécessairement, en heurterait un
certain nombre. Et d'ailleurs, au cours des dernières semaines, j'ai reçu beaucoup, beaucoup, beaucoup de courriels, d'appels,
de représentations de certains des citoyens de mon comté qui m'ont fait
part de leurs appréhensions et j'ai le devoir de m'adresser à eux.
Mais il y a un autre élément de contexte qui est
important, puis c'est personnel, mais ça fait
partie de ma démarche, puis je pense que je dois le partager
avec tout le monde et avec mes citoyens aussi : mon père est décédé à
la fin de la campagne électorale. Mon père en fait est décédé dans la nuit qui
a suivi l'élection du 7 avril.
Mon père se
trouvait en situation de fin de vie telle qu'elle est décrite par ce projet de
loi. Mon père a eu accès à des soins palliatifs de très grande qualité,
à domicile, qui lui ont été prodigués avec l'assistance, bien entendu, du CLSC local, avec toute l'aide médicale, les
infirmières, le médecin, mais qui lui ont été ultimement prodigués par ma mère
et, dans les derniers jours, assistée de ma soeur. Ça a été le choix de mon
père. Ça a été le choix de ma mère, ça a été le choix de ma famille. Mais ça a été son choix personnel, ultimement, et c'est
le choix que je souhaite à tous, lorsque c'est possible. Aussi, lorsque c'est dans un établissement qui offre des
soins palliatifs, c'est le choix que je privilégie. Et j'aurais aimé que
finalement ce projet de loi soit à propos d'améliorer beaucoup les soins
palliatifs et je pense que c'est notre intention puis qu'on va devoir aller
dans cette voie, mais il y a des avenues qui sont dans le projet de loi qui
sont beaucoup plus sensibles : la sédation palliative continue et, encore
plus sensible, l'aide médicale à mourir. Ce ne serait pas, à ce stade-ci, de ma
propre conscience et mon propre choix. Ça n'a pas été le choix de mon père.
Mais, si je remonte un petit peu en arrière, j'ai connu d'autres personnes qui se
sont trouvées exactement dans la même situation et qui, selon
ce qu'ils m'ont exprimé à l'époque… des gens de ma famille qui ont vécu aussi
une période difficile avec un cancer, et qui sont entrés en phase terminale, ou
une autre maladie dégénérative. J'en ai connu certains qui auraient voulu avoir
cette liberté de choix et d'opter pour l'aide médicale à mourir.
Alors, lorsque j'ai pris connaissance du
dossier, lorsque j'ai commencé à en parler, bien entendu, avec ma famille, bien entendu, avec mes amis, bien
entendu, avec vous, collègues parlementaires, j'en ai parlé beaucoup aussi avec Gaétan Barrette, le ministre de la Famille, parce
qu'il avait aussi... le ministre de la Santé, pardon, parce qu'il est
porteur, avec Mme Hivon, du projet de loi... la députée de Joliette. Pardon.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Ce
n'est pas grave.
Coiteux : J'ai posé des questions, j'ai posé beaucoup de questions et
j'ai été rassuré, j'ai été rassuré sur le travail qui a été fait en
cette enceinte pour baliser les conditions dans lesquelles cette liberté de
choix pouvait s'exprimer. Et j'ai été rassuré.
Maintenant, si vous me permettez, je vais
adresser quelques mots en anglais pour mes concitoyens du comté de Nelligan. Beaucoup d'entre eux parlent anglais.
Ultimately,
this bill is about a person's right to chose, and my vote, essentially, sharing
their concerns, is about not depriving anybody from his
or her right to chose. And I know that several citizens from my riding
expressed their concerns regarding the application of this bill, and they
helped me along my reflection. I understand their concerns. I understand that this bill will never be approved
by the entire population, it's not possible. This is a very complex
question, a personal one. But on my side, at
least, circumstances by the work that has been done here, in the National
Assembly, to make sure that this
right to chose will be expressed in the best possible circumstances, with all
the possible limits that have to be
done. I received advices from my friends and family, and I would mention again
that I received especially an advice
from my mother, who worked most of her life as a nurse in palliative care and
was confronted with the suffering of all the patients she treated. And
the ultimate one was my father.
So, I feel comforted to see the
extent of the consultation process, I think that all of us here did a
magnificent work, in dignity also, and this
is why I will ultimately... I have decided to vote in favor of this bill. I don't do it lightly.
ne fais pas ça avec légèreté. Je sais que je vais heurter les convictions de
certains de mes concitoyens, je les comprends, j'ai moi-même hésité
longuement, mais je vais le faire avec la conscience que c'est la chose que je
dois faire. Merci.
Vice-Président (M. Gendron) :
Merci, M. le président du Conseil du trésor. Je cède la parole, toujours
sur ce même projet de loi, à M. le député de Maskinongé. M. le député de
Maskinongé, à vous.
M. Plante:
Merci, M. le Président. Vous savez, en tant que nouvel élu, c'est peut-être le
vote le plus important que j'aurai à faire dans ma vie, le vote où il y
a le plus d'incidences sur mes valeurs profondes et aussi sur les valeurs de
mes électeurs et de mes collègues ici, en Chambre.
C'est avec une grande émotion puis avec
beaucoup, je vous dirais, de fébrilité que je prends la parole sur ce projet de loi là parce que je souhaitais ne pas la
prendre, et finalement, par respect pour mes électeurs, je me dois
présentement d'expliquer mon choix et… non pas de justifier, mais d'expliquer
le choix qui m'a convaincu puis qui bouleverse
le moins, si on veut, mes valeurs profondes. Mais je dois vous dire
premièrement que ce qui a orienté
mon choix et qui m'a aidé à orienter mon
choix, c'est tout le travail non partisan qui
a été fait dans cette Chambre. Peu importe la formation politique, je tiens
à les féliciter. Pour moi, ça a été un exemple et, je crois,
c'est un exemple de parlementarisme et
de projet de loi, tout le travail qui a été fait autour du projet de loi
n° 52.
Je tiens à vous féliciter, tant la députée de
Joliette que le ministre de la Santé et député de
La Pinière.
Donc, vous savez, je suis quelqu'un de
profondément croyant aussi, et, dans ma circonscription, plusieurs personnes m'ont interpellé. Et, je vais vous dire,
une chance que j'ai eu le privilège d'en prendre conscience un peu avant
d'être élu. Plusieurs personnes m'ont
interpellé, m'ont expliqué leurs motifs qui faisaient qu'ils étaient soit
fortement en accord ou soit fortement
en opposition. Avec un projet de loi comme celui-ci, on ne peut pas être dans
la zone grise, on ne peut pas dire : Bien, c'est
bien, je ne sais pas, peut-être. Tu es fortement en accord ou fortement en
désaccord. Et il y a des parties du
projet de loi qui, je crois, font l'unanimité. Tout
ce qui est au niveau des soins palliatifs, de l'aide aux soins palliatifs, je crois que c'est
ce qui rassemble le plus de gens ici, dans cette Chambre, et qui rassemble
aussi beaucoup la population. Alors, dans mon questionnement, dans les
discussions avec les citoyens, avec certains collègues, je me disais toujours :
Est-ce qu'on a une assurance? Quelle sera l'assurance, au niveau de l'aide médicale à mourir, que ça sera fait dans les règles, que ça sera justifié et
surtout que ça ne sera pas, exemple, moi, je dirais, une espèce de porte
ouverte trop grande?
Et mes discussions, mes recherches m'ont permis de me rassurer et surtout de me
convaincre de dire que ça va être fait dans une manière très stricte, que ça
ne serait pas ouvert à tous et que ceux qui le
voudront auront le choix.
Alors, au bout de mon raisonnement, c'est pour cette raison que je vais voter pour,
notamment à cause des critères serrés qui
ont été mis, soit d'être majeur, apte à consentir aux soins, être en fin de
vie, être atteint d'une maladie grave et incurable, et connaître un
déclin avancé et irréversible de ses capacités,
et éprouver, surtout, des souffrances
physiques et psychiques constantes.
Vous savez,
ce qui me fait plus voter en faveur, c'est ce
dernier paragraphe-là, en disant :
Éprouver des souffrances physiques et psychiques constantes et
insupportables. Vous savez, on passe notre vie à bâtir notre réputation, à
bâtir notre carrière, à courir pour nos
familles, nos enfants, tout ça, on essaie tous d'être dignes, faire des choix
libres, éclairés, et tout ça, et,
quand on arrive à un moment le plus difficile, le plus difficile dans notre
vie, qui est soit en grande période de souffrances,
tout ça, je me dis : Pourquoi n'aurions
pas… nous, le choix de choisir comment nous voulons finir nos jours? Pourquoi n'aurions-nous pas le choix de dire : J'ai assez souffert? Et pourquoi n'aurions-nous
pas le choix de choisir de mettre
fin, oui, à cette souffrance-là ou à ces maladies? Vous savez, ma conjointe est
atteinte d'une maladie dégénérative aussi, et, quand on parle de ces
sujets-là, on n'a pas nécessairement la même opinion ou les mêmes idées au
niveau du projet de loi. Par contre, quand
on est près des personnes qu'on aime, que c'est
des personnes qui nous touchent et qu'à chaque jour on voudrait que leur
santé s'améliore, que ça aille bien et surtout qu'on
ne les voie pas dépérir, mais malheureusement parfois la vie fait
autrement, on se dit : Je me dois
de pouvoir aujourd'hui voter en faveur du projet de loi pour lui donner
ce choix-là, le choix de dire : Bien, je
vais moi-même choisir quand la souffrance pourra terminer.
Donc, vous
savez, je tiens aussi à spécifier que l'importance du projet de loi au niveau
des soins palliatifs me touche aussi beaucoup et je trouve que c'est très important de
maximiser au niveau des soins palliatifs. On
a tous vu… moi, je pense à mes
grands-parents, et tout ça, qu'on a dû accompagner, et tout ça. Et investir au niveau des soins palliatifs,
c'est merveilleux. Donner des meilleurs soins,
leur permettre d'avoir une meilleure fin de vie. Je crois que, dans ce bout de
projet de loi, on fait tous l'unanimité.
Donc, je tiens,
moi aussi, à exprimer à mes électeurs qui sont en faveur du projet de loi, de
leur dire : Voici pourquoi j'ai
dit que j'étais en faveur. Et ceux qui n'étaient pas
en faveur, je respecte énormément leur position, parce que, vous savez, que ça soit pour des motifs religieux
ou des croyances personnelles, je respecte totalement leur décision et
je leur dis… Oui,
je tiens aussi à m'excuser parce que peut-être qu'ils vont me dire : Tu n'as pas fait le bon choix. Mais
je leur dis aujourd'hui : Je crois faire le meilleur des choix parce
que c'est un travail formidable qui a été fait
ici, en cette Chambre.
Le projet de loi a été resserré et profondément,
selon mes valeurs profondes et selon aussi l'information que j'ai pu avoir, je
vote pour le projet de loi. Donc, M. le Président, ce sera mon choix. Merci.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Alors, je vous remercie, M. le député de
Maskinongé, de votre intervention. Et,
toujours sur le même sujet, je cède la parole à Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve
pour son intervention. À vous la parole.
Mme Poirier : Merci, M. le
Président, et merci au leader du gouvernement. Il y a quelques semaines, j'étais
assise à votre fauteuil et j'ai entendu la majorité des interventions sur ce
projet de loi d'à peu près la majorité de nos collègues ici. Et vous aviez de l'émotion,
M. le Président, tout à l'heure, et j'en ai beaucoup, beaucoup, beaucoup parce
que j'ai entendu à peu près l'histoire de chacun d'entre vous, vos histoires
personnelles, et c'était dans une émotion importante.
Quelle belle
société sommes-nous! Nous avons la chance d'avoir ce débat-là, nous avons la
chance de l'avoir dans le respect de chacun. Nous avons eu la chance de
le faire en étant capables de se parler ensemble, et ça, ça démontre vraiment une qualité profonde des Québécois. Oui,
on n'aime pas la chicane, les Québécois, mais on est capables de se parler. Et, dans un sujet aussi difficile que la
mort, on a été capables de le faire avec dignité. Et moi, je veux nous
féliciter comme parlementaires. C'est une
belle société qu'est le Québec, et, aujourd'hui encore, le Québec vient faire
la démonstration que nous sommes vraiment, vraiment une société