Public Finance — 24 May 2016 (41st Legislature, 1st Session)
CFP 2016-05-24
Quebec — Committees
Alors, premièrement, le projet de loi vise à
ajuster les critères d'admissibilité à une rente sans réduction. Le participant au RREGOP a droit à une rente
immédiate sans réduction dès qu'il cesse de participer au régime et qu'il
répond à l'un des deux critères d'admissibilité suivants : être âgé d'au
moins 60 ans ou avoir 35 ans de service aux fins d'admissibilité. Le projet de loi ferait passer le
critère d'âge de la retraite sans réduction de 60 à 61 ans au
1er juillet 2019. De plus, il vise à introduire un nouveau critère
d'admissibilité à la retraite sans réduction. Ainsi, les participants dont la somme de l'âge et des
années de service aux fins d'admissibilité totalisera au moins 90 pourraient se
prévaloir d'une retraite sans réduction, à condition d'avoir
minimalement 60 ans d'âge.
Deuxièmement,
le projet de loi propose de majorer de 4 % à 6 % la réduction applicable lors de
la prise de retraite anticipée. Les
dispositions actuelles du RREGOP permettent au participant d'anticiper la prise
de sa retraite avant d'avoir atteint
un critère de rente sans réduction, et ce, moyennant une réduction de sa
pension. Ainsi, celui qui prend sa retraite à partir de 55 ans reçoit une rente réduite de 4 % par année d'anticipation.
Cette réduction s'applique pour chaque année précédant l'atteinte d'un
critère de retraite sans réduction. Le projet de loi ferait donc passer de
4 % à 6 % par année la réduction
de la rente lors d'une retraite anticipée, et ce, à compter du 1er juillet
2020. La retraite anticipée demeurerait toujours possible, mais une réduction de 6 % par année se
rapprocherait davantage du coût réel du... de l'anticipation, pardon, de
la rente de retraite pour les participants qui désirent quitter plus tôt.
Troisièmement, le nombre maximal d'années de
service créditées aux fins du calcul de la rente passerait graduellement de 38 à 40 ans. Cette augmentation
s'effectuerait toutefois sous réserve de certaines conditions. À compter
du 1er janvier 2017, le nombre d'années
de service excédant 38 devrait correspondre à du service postérieur au 31
décembre 2016. Aucune application
rétroactive n'étant prévue, le service antérieur au 1er janvier 2017 et
excédant à cette date la limite de 38
ans ne pourrait pas être reconnu. Le service antérieur au 1er janvier 2017
pourrait continuer à être racheté dans la
mesure où ce rachat ne ferait pas en sorte qu'un employé cumule à cette date
plus de 38 années de service créditées aux fins du calcul de sa rente.
Cette mesure de rétention permettrait aux employés d'expérience désirant
prolonger leur carrière d'y retrouver un avantage financier.
Quatrièmement, certaines des modifications
proposées visent à ajouter l'utilisation de la banque de congés de maladie parmi les modes de paiement autorisés pour
tous les types de rachat, et ce, dans la mesure où les conditions de travail le permettent. Le rachat de service est
une disposition permettant à un participant de faire reconnaître
notamment des périodes d'absence sans
salaire ou de service antérieur à l'adhésion. Le coût payé par le participant
varie notamment selon le type de
rachat en cause et son âge. Le fait d'ajouter une méthode de paiement de ces
rachats donnerait plus de flexibilité aux participants.
Ce projet de... de loi, pardon, contient
également des modifications transitoires et de concordance nécessaires à sa mise en oeuvre et assurant une administration
cohérente des régimes de retraite. Ainsi, des ajustements de concordance
sont proposés à la
Loi sur régime de
retraite du personnel d'encadrement, le RRPE; à la
Loi sur le régime de
retraite des fonctionnaires, le RRF;
à la
Loi sur le régime de retraite des enseignants, le RRE; et à la
Loi sur le
régime de retraite de certains
enseignants, le RRCE. À l'égard du RRPE, certains participants à ce régime
peuvent dans certaines circonstances demeurer
visés par des dispositions équivalentes à celles du RREGOP. Il s'agit des
dispositions régissant l'admissibilité à la retraite et la prise d'une retraite anticipée. Comme le projet de loi
propose de modifier ces dispositions pour les participants du RREGOP, des modifications de concordance
devaient être apportées à la
Loi sur le RRPE. Pour les trois régimes, le
RRF, le RRE et le RRCE, il s'agit de trois
régimes fermés n'accueillant pas de nouveau participant mais pour
lesquels certaines dispositions doivent
évoluer en concordance avec celles du RREGOP. C'est le cas du nombre maximal
d'années de service aux fins du calcul de la
retraite. Il est donc proposé d'appliquer à ces régimes les modifications
proposées à ce sujet.
Le projet de
loi prévoit également des dispositions transitoires pour les participants ayant
débuté ou désirant débuter des
ententes de mise à la retraite de façon progressive. Ces dispositions feraient
en sorte que les modifications à l'âge de retraite sans réduction et à la retraite anticipée ne s'appliqueraient
pas aux personnes dont la retraite progressive aurait débuté avant le 11 mai 2016, donc, date du
dépôt du projet de loi à l'Assemblée nationale. De plus, ces nouvelles
dispositions ne s'appliqueraient pas non plus aux personnes dont la retraite
progressive aurait débuté dans les 100 jours
suivant cette date. Toutefois, dans ce cas, la réduction de leur temps de
travail devrait correspondre au moins à 20 % du temps régulier d'un
employé à temps plein.
Maintenant,
enfin, le projet de loi contient une modification qui ne découle pas des
négociations collectives mais qui est apparue nécessaire dans les
circonstances. Pour certains participants du Régime de retraite de
l'administration supérieure, le RRAS,
provenant des secteurs de l'éducation ou de la santé et des services sociaux,
le calcul de la rente de retraite
devrait tenir compte de leur participation au RREGOP avant leur adhésion au
RRAS. Or, il existe présentement un décalage
entre le texte légal et ce principe reconnu par les parties et qui est mis en
pratique par l'administrateur du régime. Ainsi, le projet de loi propose de valider l'utilisation des
dispositions du RREGOP pour le calcul de la rente liée aux années de
service accomplies dans ce régime.
Alors, en terminant, M. le Président, je réitère
que l'objectif premier de ce projet de loi est de traduire au plan législatif
le résultat des ententes intervenues entre le gouvernement et les principaux
syndicats des secteurs public et parapublic.
Avec ces ententes, les deux parties ont fait des compromis pour finalement
s'entendre sur l'importance de travailler
ensemble de façon proactive pour assurer la pérennité du RREGOP. Il revient maintenant
aux parlementaires d'examiner la mise
en oeuvre de ces ententes et il me fera plaisir de collaborer avec mes
collègues de l'Assemblée nationale dans cet exercice. Merci, M. le
Président.
Président (M. Bernier) : Merci, M. le ministre. M. le député de
Beauharnois, porte-parole de l'opposition officielle.
M. Leclair : Alors, tout d'abord, bonsoir, M. le
Président, ainsi que le secrétariat de la commission, les gens qui nous accompagnent, de l'Assemblée nationale, bien entendu,
M. le ministre et toute l'équipe du ministère qui vous accompagne, les collègues de la
partie gouvernementale ainsi
que de la deuxième opposition, ainsi que mon recherchiste, Mathieu.
C'est sûr que, le projet de loi,
encore une fois, pour certaines personnes, c'est très, très complexe, les
régimes de rentes. Alors, ici, une
chose est certaine, je pense que le ministre en a parlé dans son introduction,
le projet de loi semble faire affaire
avec autant les représentants des travailleurs que les modifications qu'on va
apporter, et on va finir par avoir une concordance dans les régimes de
retraite face au personnel du gouvernement.
Il y a des petits
reculs versus quelques gains, mais c'est ce qu'on appelle une négociation.
Donc, je n'ai pas l'intention de rajouter...
Je pense que les gens ont déjà travaillé en amont du projet de loi pour
s'assurer que le projet de loi puisse
arriver à bon port. J'aurai sûrement quelques questions, puis le ministre
décidera, là, comment il veut procéder. Moi, tout ce qu'on parle, parce que le projet
de loi, il est quand même
complexe et simple en même temps, il y a
beaucoup, beaucoup de concordances. Bien entendu, il y a
des chiffres qui parlent d'eux-mêmes, donc ils ne sont pas très questionnables.
Lorsqu'on parle justement... le ministre en a glissé un mot, mais le personnel d'encadrement qui n'ont pas participé au régime
pendant sept ans, ça semble assez complexe, alors j'aimerais avoir peut-être
une explication générale, encore
une fois, de ce bout-là, là, qu'on dit qu'on veut calculer les dispositions, que ce soit équivalent à ceux du
RREGOP. Alors, j'aimerais qu'on
prenne le temps, là, de regarder ça peut-être dans un ensemble juste pour qu'on
fixe bien le problème. Puis aussi,
lorsqu'on parlait... encore là, le ministre en a parlé lors de son
introduction, les participants qui viennent du secteur de l'éducation, qui cotisaient au RREGOP puis là qu'on souhaite
que les acquis du RREGOP se reflètent justement au régime de retraite du
RRAS. Donc, versus les écrits actuels, donc, juste avoir un topo de ça pour
bien comprendre. Pour moi, c'est les deux complexités que je maîtrise un peu
moins, que j'aimerais qu'on m'explique.
Autre
que ça, mais, bien entendu, comme qu'on avait déjà dit au ministre, bien, qu'on
fonctionne
article par
article ou par
blocs, ça m'est égal. Je n'ai pas de réticence dans ce projet de loi là. Je
pense que fonctionner en bloc peut avoir un...
Leclair : Exact.
Donc, moi, je ne vois pas de problématique, sauf que j'aimerais comprendre quand même les deux questionnements que j'ai, parce que je sais que ça,
c'est assez complexe pour bien les comprendre, puis je laisse ça au bon
gré du ministre de décider, là, à quand il voudra, soit au début ou soit tout
au long de l'article par article.
Alors,
pour mes remarques préliminaires, M. le
Président, je m'en tiendrai à cela,
puis bon travail à tout le
monde.
Le Président (M.
Bernier) : Merci, M. le député de Beauharnois. M. le député de Chutes-de-la-Chaudière,
porte-parole de la deuxième opposition.
M. Picard :
Merci, M. le Président. Dans un premier temps, je salue le président du Conseil
du trésor, tous les parlementaires qui sont ici pour cet important projet de
loi et ainsi que tout le personnel qui nous accompagne dans ce cheminement.
C'est
certain que c'est un projet de loi technique. Il y a eu des négociations. Là, on doit traduire le résultat
des négociations, le faire entrer dans le cadre législatif. Tout simplement, je vous dirais qu'on va peut-être avoir certaines questions pour bien comprendre
les dispositions, mais, sur le fond, comme disait mon collègue de
Beauharnois, les dés ont été jetés, et c'est ça, l'entente. J'aurais peut-être
une petite question tout de
suite. Je suppose que les différents
syndicats ont vu le projet de loi, puis on n'a pas eu d'écho... en
tout cas, moi, je n'ai pas eu d'écho
des différents syndicats. Donc, ça doit être conforme pour éviter les problèmes
ultérieurs.
Donc,
moi aussi, M. le Président, je n'ai pas de problème à peut-être travailler en
bloc si ça peut accélérer, parce que c'est très technique aussi, là,
comme projet de loi. Je dois dire aussi qu'on a eu un briefing technique, là,
on nous a expliqué de long en large les dispositions. Donc, sur ce, M. le
Président, je nous souhaite une bonne soirée de travail.
Le Président (M.
Bernier) : Merci beaucoup. Donc, comme vous avez annoncé tout à
l'heure, il y a effectivement une
possibilité de travailler par titres, si on veut, ou par blocs, O.K., ou par
lois. Disons qu'on en a six, blocs potentiels.
Et, à ce moment-là, ça implique qu'on y va bloc par bloc. S'il y a des
questions sur les articles à l'intérieur des blocs, bien, à ce moment-là, vous les posez ou, s'il y