CRC — 27 May 2021 (42nd Legislature, 1st Session)
CRC 2021-05-27
Quebec — Committees
Alors donc, ce
que ça vient faire, à l'alinéa trois, c'est dire que le rapport est déposé
par le ministre devant l'Assemblée
nationale dans les 30 jours de sa production au gouvernement ou, si elle
ne siège pas, dans les 30 jours de la reprise des travaux. Il est également publié, à cette occasion, sur le
site Internet du ministère, et je souhaite qu'en plus le rapport soit
étudié en commission parlementaire.
Alors, je vais essayer d'aller droit au but et
je sais que le ministre est sensible, pas parce que moi, je l'ai convaincu,
mais parce que les familles nous en ont parlé, les groupes que nous avons
consultés étaient unanimes sur la question,
il n'y aura pas de réconciliation entre les Premières Nations, les premiers
peuples, et le peuple québécois, tant
et aussi longtemps qu'il n'y aura pas la reconnaissance du peuple québécois ou,
à tout le moins, de l'État, parce que c'est les représentants, comme quoi ce
qu'ont vécu les familles, ça n'avait pas de bon sens. Ça n'avait pas de bon
sens.
Et donc, dans
ce sens-là, j'essaie de voir. On a fait la bataille sur... la bataille, c'est
un grand mot, là, on a abordé la
question, à l'article 1, sur la question des causes, qui aurait été une
façon de dire aux Premières Nations : Écoutez, on ne va pas juste ramasser
des papiers, là, on va essayer de comprendre comment se fait-il qu'à cette
époque-là on vous a donné ce papier-là, ou on ne vous a pas donné de
papier, ou votre enfant est disparu, puis vous n'avez pas eu de nouvelles.
Comment ça se fait, ça? Comment ça a été possible? C'est ça, la notion de
cause.
Bon, on a eu la discussion, par le truchement
de... je ne sais trop quel truchement, on n'a pas retrouvé le mot «cause» à
l'intérieur du projet de loi. Bien oui, je le sais par quel truchement, c'est une blague. Mais,
bref, le fait d'avoir trouvé le mot «cause» et surtout... pas juste
d'avoir trouvé le mot, ce n'est pas ça, l'idée, là, c'est l'esprit qu'il y a derrière. Le fait de ne pas avoir acquiescé, à ce
moment-là, bien, moi, fait en sorte que je reviens à l'article 21
et je dis : O.K., on ne l'a pas eu, à ce moment-là, mais, à un
moment donné... Ce n'est pas pour rien que tous les groupes qu'on a rencontrés
nous ont demandé une enquête publique, pas pour aller exposer, sur la place
publique, les situations, c'est pour être capables de répondre à cette question :
Comment se fait-il? Pourquoi?
Et donc on va
échanger avec le ministre. C'est pourquoi, comme parlementaire, comme personne de l'opposition, s'il y a
une place où moi, j'ai un petit peu de pogne pour poser ces questions-là qui sont
essentielles, à mon sens, pour la société québécoise, pas juste pour les autochtones... Oui, pour les autochtones parce qu'eux et elles veulent comprendre
comment ça, ça a été possible, mais moi, comme Québécoise allochtone, je veux
aussi comprendre comment ça a été possible. Alors, ma façon de pouvoir faire
ça, bien, ce n'est pas juste de lire un rapport sur Internet, ce n'est pas
juste d'être impliquée dans un comité de suivi qui nous
est proposé... qu'on a adopté déjà, pardon, dans des articles précédents. C'est aussi en étant capable de
discuter entre quatre yeux avec les gens qui ont été touchés par la situation
et d'essayer de comprendre, ensemble, pourquoi c'est arrivé, ça, comment se
fait-il que c'est arrivé.
Alors, c'est pourquoi
je souhaite enclencher, avec le ministre, une discussion à l'effet... parce
que, déjà, il a, dans son amendement, ajusté
des éléments, puis on l'apprécie, en termes de contenu, en termes de régularité
de dépôt, bon, etc., du rapport, j'entends. Mais moi, comme parlementaire, il me
manque une étape qui est celle que, lorsque tout ça est, annuellement, bouclé, qu'on a
le rapport, bien, qu'on crée dans une commission parlementaire.
C'est à ça que ça sert, un espace
pour discuter, délibérer, accueillir des gens pour venir ensemble réfléchir sur
le pourquoi et, M. le Président,
réussir à créer les premiers pas vers une réconciliation.
Alors, c'est pourquoi
je dépose le sous-amendement qui viendrait ajouter... puis je ne suis pas très
restrictive, là, je dis «en commission parlementaire», parce
que je sais que le gouvernement, tu sais, il veut avoir un
peu de lousse, là, pour dire : Ah! c'est-tu mieux, à cette
étape-là, telle commission ou telle autre? Bon, alors, moi, je ne vais pas
pointu, je laisse ça très ouvert. Mais ce que je n'ai pas envie de
laisser ouvert, c'est l'absence de cette discussion-là qui peut se faire correctement pour essayer de comprendre les causes de ce qui
s'est passé avec les enfants. Alors, voilà pourquoi, M. le ministre, je
vous propose cet amendement.
Le Président (M. Tremblay) : Merci,
Mme la députée. Je rappelle que nous
sommes sur le sous-amendement de la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques
sur l'amendement du ministre à l'article 21. M. le ministre, la parole est
à vous.
M. Lafrenière :
Oui. Merci beaucoup, M. le Président. Merci à ma collègue pour son sous-amendement,
puis je reconnais, je reconnais très bien ce qu'elle veut lorsqu'elle dit que
c'est l'occasion, le rendez-vous qu'on a de rapprochement,
de repartir ensemble avec les Premières
Nations. Je comprends très bien ce qu'elle illustre, M.
le Président. Puis je vais prendre la peine, si vous me le permettez, M.
le Président, de prendre quelques instants pour faire retour sur certaines
notions qu'on a adoptées ensemble au cours des derniers jours.
Et effectivement, lorsque
ma collègue parle de notion de cause, on avait eu cette discussion-là... puis
je ne veux même pas parler d'un débat parce que c'est vraiment une belle discussion
qui nous a amenés à réfléchir puis à amener beaucoup de changements à notre projet
de loi, M. le Président. Puis moi, aujourd'hui, je peux vous confirmer devant
les gens qui nous écoutent qu'il y a plusieurs éléments qui ont été apportés
par les oppositions qui nous ont... permettent d'avoir aujourd'hui un projet de
loi qui est beaucoup plus solide que ce qu'on avait au début. Ça fait que c'est vraiment un travail ensemble,
puis je vais aborder l'article 21 dans cette même vision-là de travailler
ensemble, de trouver la meilleure solution.
En matière de cause,
on avait eu ce petit échange là où on avait dit que «circonstances» était plus
large. Parce qu'effectivement les familles ont parlé des causes, vous avez bien
raison, on a parlé de notion de vérité, et on se rappellera qu'on en a parlé
avant notre semaine en circonscription, et les collègues, bien amicalement,
m'avaient suggéré de passer une semaine à y réfléchir et à faire un peu d'insomnie
là-dessus. Et on avait trouvé une voie de passage,
que j'ai proposée hier aux collègues des oppositions, pour l'inclure dans le préambule, parce qu'effectivement la notion de vérité est
importante, M. le Président.
a beaucoup d'ouverture. Lorsqu'on... Là, ce que je comprends
dans l'amendement... dans le sous-amendement, pardon, qui
est proposé par ma collègue, c'est que le rapport, en plus d'être déposé à l'Assemblée nationale, en plus d'être mis sur le site Web, il
soit étudié par une commission parlementaire, donc de ramener, de façon
annuelle, le sujet dans l'actualité. Et ça,
M. le Président, avant de quitter pour la semaine en circonscription, on avait
commencé l'échange là-dessus, où
j'avais tenté de trouver une voie de passage, parce que je comprenais très bien
ce que la collègue demandait, puis c'est une demande des familles.
Et j'étais arrivé
avec cette proposition-là, M. le Président, qui était de dire : Étant
donné qu'on cherche une solution par et pour les Premières Nations, étant donné
qu'on veut aller dans une approche qui est culturellement adaptée, qui répond
beaucoup moins à notre réalité à nous, nos besoins à nous, de parlementaires,
mais plus aux familles, on avait fait la
suggestion de se rendre dans les communautés. On avait dit : Pourquoi pas,
la première communauté, d'aller à
Manawan, avec les Attikameks, de déposer le rapport avec eux? Donc, on va y
aller dans les détails, parce qu'on ne peut pas écrire tous les détails dans le
projet de loi, M. le Président, mais, si on voulait prendre un engagement
ensemble de dire qu'on se déplace ensemble à Manawan, avec les Attikameks, on
fait rapport de ce qui a été fait comme actions. On se rappellera ce qu'on a
mis aussi dans notre rapport, c'est-à-dire lorsqu'il y a eu des manquements,
lorsqu'il y a eu des suggestions qui ont été faites par le comité de suivi.
Puis ma collègue, tantôt, parlait de ce comité de suivi
qui se rencontrera, on espérait, de façon hebdomadaire... mensuelle,
pardon, pour faire le suivi de ce qui se passe là-dedans. On a déjà plusieurs
personnes, M. le Président, qui ont levé la main, qui nous ont dit être
disposées à participer à ce comité-là pour s'assurer qu'il y a une grande transparence. Je pense, entre autres, à Femmes
autochtones, à la CDPDJ, à Awacak aussi, le Regroupement des familles,
qui serait vraiment au coeur de cette action-là. Et on se disait ensemble, M.
le Président... Donc, le rapport annuel ne sera pas une formalité, mais
logiquement il ne devrait pas y avoir grand surprises parce que ce comité-là
devrait avoir levé la main, là, avec les problématiques puis les améliorations
à apporter. On devrait déjà le savoir, ça ne devrait pas être une surprise,
annuellement. Et j'avais même dit à ma collègue : Le premier dépôt se
ferait en mars 2022, même si ça ne fait
pas un an qu'on a mis l'application de la loi. Parce que vous vous rappellerez,
M. le Président, qu'on débuterait le 1er septembre, si, toutefois,
le projet de loi est adopté, en somme.
Alors, une fois que
tout ça est dit, on cherchait une solution qui était le plus proche de la
réalité des Premières Nations, et pour aller, justement, à cet objectif que ma
collègue évoque aujourd'hui, qui est fort à propos, c'est
de dire : Comment avoir une reddition de comptes? Comment faire en sorte
qu'annuellement on se donne un rendez-vous pour ne pas laisser ça dans l'oubli?
Vous savez, on a le devoir de mémoire, dans ce dossier-là. Et ce que j'avais
proposé, je le repropose encore une fois aujourd'hui, M. le Président, c'est de
dire : Déplaçons-nous en communauté, commençons par... puis je donne
l'exemple de Manawan parce que c'est ce que les familles m'ont invoqué, déplaçons-nous
en communauté, parlons de ce qu'il y a eu comme échange, parlons de ce qui est
arrivé dans le comité de suivi. Parce que vous allez comprendre, M. le
Président, ce ne seront pas tous les membres des familles qui vont être avec nous, mais là ce sera un grand rendez-vous.
Et j'évoquais le premier endroit comme Manawan, mais, par la suite, aller du
côté Anishnabe, on peut se déplacer ensuite avec les Innus, mais annuellement de faire cette rencontre-là avec les membres des Premières
Nations dans des endroits distincts, donc on se déplace à la rencontre des
familles.
Et ma prétention...
je dis que c'est ma prétention, parce que j'ai parlé aux familles, mais les
arguments de la collègue, je les comprends très bien, c'est que les familles
appréciaient le fait que nous nous déplacions vers eux et non pas leur demander de venir vers nous. Et
c'était l'argument que j'avais, la dernière fois. Et je crois encore aujourd'hui, M. le Président, que, lorsqu'on dit de s'adapter... C'est vrai
qu'on peut avoir un débat ici, M. le
Président, puis je vous le dis, je ne rejette pas du revers de la main ce
que ma collègue propose. Moi, je propose une voie de passage qui serait,
je crois, adaptée, culturellement
sécuritaire pour eux, de se déplacer en communauté, présenter ce rapport-là.
Et, quand on parle d'avoir un échange direct, on serait sur place avec eux,
alors les gens n'auraient pas à s'adapter à notre façon de faire, à la
façon de faire des parlementaires. Puis vous avez raison, collègue, quand vous
dites que la commission parlementaire, c'est notre façon de faire ici. C'est
vrai. Moi, je propose quelque chose qui serait adapté.
je rappellerais qu'il existe une autre possibilité, M. le
Président, c'est-à-dire qu'il y a toujours la possibilité
d'avoir un mandat d'initiative, de
demander à ce qu'une commission soit saisie du rapport. C'est une autre possibilité qu'il nous reste. Et pourquoi je l'évoque, M. le Président? C'est que, depuis le début de nos travaux, on se dit ensemble
qu'on fait la législation pour les prochaines années, on s'est dit que c'était
minimum 10 ans renouvelable. Il est possible que certains d'entre nous ne
soient plus assis ici, à ce moment-là. Ça fait qu'il faut laisser des traces de
notre intention, de ce qu'on veut faire. Et d'écrire qu'on veut le déposer en
communauté, on l'a rajouté dans le projet de loi, à l'article 21, parce qu'on veut que les gens
comprennent quelle était l'intention du législateur, d'y aller. Mais je vous
rappellerai que, dans nos règles parlementaires, il y a toujours la possibilité aussi d'y aller avec le mandat d'initiative, qui répondrait en
partie à ce que ma collègue a évoqué, là, pour le travail parlementaire
ici.
Le Président (M. Tremblay) : Merci,
M. le ministre. D'autres
interventions? Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Massé : Oui. C'est clair que
le mandat d'initiative, c'est un des outils parlementaires que les oppositions ont pour faire la demande, mais ce n'est pas
nous autres qui décident. C'est toujours un peu... Oui, c'est un outil, parfait, je l'entends. C'est vrai que
d'aller sur les communautés, c'est définitivement souhaitable. Mais, comme
j'expliquais au ministre la semaine dernière... ou la dernière fois qu'on en a
parlé, ça fait plus qu'une semaine, lorsqu'on
va aller sur les communautés, je pense que ça va être un geste important, c'est
certain. (Interruption) Pardon, j'ai un chat dans la gorge.
Je réitère que
l'idéal, ça aurait été l'enquête publique, mais on a compris, depuis le début,
qu'il n'y en aura pas, ou, ou, ou, peut-être
que le ministre pourrait nous le dire,
ou que, si toutefois on arrivait à
avoir bien, bien, bien des bouts de
papier, les familles auraient bien, bien, bien des bouts de papier, mais ils ne
comprennent toujours pas pourquoi c'est comme ça, si j'ai bien compris, puis le
ministre pourrait peut-être le redire ou m'éclairer là-dessus, c'est que,
de par les pouvoirs d'enquête qui lui sont conférés à l'article, je ne me
souviens plus trop lequel... que le ministre à titre... avec cet article-là, pourrait, à un moment donné, décider de déclencher
une enquête publique. Si, à un moment donné, c'est ça qui devient une
évidence, moi, j'ai compris que la compréhension du ministre de
l'interprétation de l'article, dont j'oublie le numéro, 13, je crois, mais je
ne fais pas confiance à ma mémoire, sur les pouvoirs d'enquête...
Je comprends que le
ministre dit : Bien, si, à un moment donné, ça ne marche pas, là, puis
qu'à un moment donné on ne réussit pas à répondre à la question : Bien,
comment ça se fait que mon enfant ne m'est pas revenu?, bien, que là le
ministre pourrait déclencher une enquête publique. Est-ce que j'avais bien
compris ça, M. le ministre?
Le Président (M. Tremblay) : M. le ministre, attendez juste une petite
seconde. M. le député de Jacques-Cartier, souhaitiez-vous intervenir
tout de suite? Alors, M. le ministre, à vous la parole. On revient après.
Lafrenière : Oui, merci, M. le Président. Plusieurs points qui ont été
mentionnés, puis, je pense, ça va être
important de clarifier tout ça. Ma collègue a raison lorsqu'elle a dit que j'ai déjà
mentionné que je n'étais pas fermé à
aucun outil. Et je pense, vous me connaissez, j'ai une approche étapiste. Moi,
je crois qu'il faut commencer à quelque part, qu'il faut aller chercher
cette information-là, avoir des données probantes.
Présentement, vous
savez, on parle, M. le Président, de 200 familles, c'est ce qu'on croit,
on a à Awacak, une soixantaine de familles déjà avec eux, mais on se l'est dit,
hein, puis, tout le long de la législation, tout le long qu'on a travaillé ensemble, on a dit : On prend des
cas d'espèce, on ne le sait pas ce qui nous attend. Est-ce qu'il y a plusieurs
familles qui ont eu des adoptions sans le
consentement parental? On ne le sait pas. Alors, moi, ce que j'avais dit, je
l'avais dit clairement, je le dis
encore aujourd'hui, on doit commencer à quelque part. Pour nous, le projet de
loi n° 79 n'est pas une fin en soi, c'est un début. Si on a besoin
d'autres outils, on ira.
Cependant, là où je veux être très clair avec
vous, lorsque ma collègue... pardon, lorsque ma collègue parle du pouvoir de
demander une enquête publique, on n'a pas besoin d'un
article dans la loi pour
le demander. À tout moment, on pourrait demander une
enquête publique. Alors, je veux juste le mettre clairement, on n'a pas besoin
de l'inscrire dans notre projet de loi, on peut le demander à tout moment.
Alors, si on ne l'a pas inscrit aujourd'hui, là, il n'y a pas de mal à ça, on
n'a pas besoin d'un outil législatif de plus.
Cependant, ce que j'avais dit clairement au
micro, puis c'est dans nos discussions passées, c'est que, si on a besoin d'autres outils par la suite, on ira, mais il faut
commencer en quelque part. Et je me rappelle très bien que l'allusion que
j'avais faite, c'était une dame qui m'avait écrit en disant : Ma maman est
rendue âgée, elle va décéder sans savoir ce qui est arrivé de ma soeur, vous devez répondre à cette question-là. Et
je sais que ça ne réglera pas tout, M. le Président, je sais qu'une
grande
partie de la question est : Comment ça a pu se faire et pourquoi on
est arrivés là? On verra, dans notre première étape, comment on va y répondre,
M. le Président.
Parce que vous savez, quand on disait que, dans
le préambule, on veut rajouter la quête de vérité, et on s'est dit, hein, quand
on le met dans le préambule, ça nous guide tout le long de notre projet de loi,
bien, dans cette quête de vérité, s'il nous
manque des outils pour y arriver, on se dotera de ces outils-là. C'est ce que
je vous dis aujourd'hui, M. le Président.
Le Président (M. Tremblay) : M. le
député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Merci, M. le
Président. J'entends bien le ministre, mais, en même temps, bien, on revient
juste parce qu'on a commencé à parler de l'enquête publique, mais peut-être
aussi les deux peuvent aller main en main, que... quand même, oui, je comprends
que la madame a écrit que ma mère veut savoir la vérité, mais on peut avoir le projet de loi, qui va éventuellement être adopté ici, à l'Assemblée
nationale, mais aussi avoir une
enquête publique pour faire d'autres
volets, puis aussi de répondre à une recommandation
dans le rapport des femmes disparues. Alors, bref, je pense qu'il y a
une façon de faire les deux.
Et je veux juste ajouter un petit peu. Un mandat
d'initiative, comme opposition, on sait très bien... parce qu'on propose souvent des mandats d'initiative, et
souvent le gouvernement dit non. Alors, je sais que le ministre ne peut pas prendre un engagement de dire que, oui, on va
faire un mandat d'initiative, parce que ce n'est pas lui, malheureusement,
qui prend cette décision-là, c'est le leader. Et, quand même, ils discutent ça
comme en équipe, mais bref, c'est juste de faire ce point-là que, quand même,
c'est un outil qui existe pour les parlementaires.
Moi, j'ai eu le plaisir de travailler sur un
mandat d'initiative qui a bien fonctionné, qui est rendu avec un projet de loi qui a été adopté par toutes les
formations politiques ici, à l'Assemblée nationale, c'était sur la consigne puis le recyclage
du verre. Mais je sais que plusieurs de mes collègues ont fait plusieurs
propositions de faire des mandats d'initiative sur des enjeux très importants
pour notre société qui étaient rejetés par les commissions.
Bref, je veux juste revenir sur la suggestion et
l'amendement de ma collègue. Je pense que c'est un bon ajout à notre projet de
loi d'avoir une opportunité d'avoir une séance où le rapport est étudié en commission
parlementaire, où nous, comme des élus, on peut poser des questions, avoir un
bon portrait de la situation.
Parce qu'aussi, quand même, si le ministre
travaille avec les groupes autochtones... Puis on va voir, parce que le projet de loi ici, quand même, ne va pas
faire l'affaire de tout le monde, il y a déjà des gens qui disent ils sont
déçus. Ça, c'est une opinion qu'ils ont partagée avec un journaliste,
mais juste dire que les gens veulent qu'on fasse plus, mais, bref, quand même, peut-être avec un rapport, quand
même, si c'est bien fait, puis il y a des voyages faits en communauté.
Il arrive toujours avec des groupes autochtones qui disent : Ce n'est pas
notre affaire, là, ça, on a des problématiques. Puis le ministère dit... bien,
le ministre et le secrétariat disent : Bien non, je pense que ça va bien.
Bref, il y a toujours le rôle pour l'opposition
d'être présent aussi pour faire les démarches, et être la voix d'une opposition
des citoyens qui ont des craintes et des suggestions pour le gouvernement, de
porter leurs voix ici, et mettre ça aussi dans les records des débats de
l'Assemblée nationale. Je pense, ça, c'est aussi un autre élément qui est
important, c'est vraiment... Oui, les démarches et les éléments que le ministre
a ajoutés ont aidé vraiment à la transparence, mais, je pense, ça, c'est un
ajout très important pour la transparence, parce que c'est vraiment public,
c'est vraiment des discussions au micro. Puis c'est peut-être une façon aussi,
peut-être, de rassurer des gens que les causes
sont au coeur de qu'est-ce qu'on fait, que la vérité, c'est qu'est-ce qu'on
recherche. Et ça, c'est les choses qui guident le projet de loi, qui
vont guider des actions du gouvernement après.
Alors, je pense que c'est positif, cet
amendement, c'est un bon ajout au projet de loi, et ça reflète aussi l'esprit
de collaboration que nous avons eu ici, en commission. On a fait les
suggestions, le ministre a réfléchi, et il revient avec des propositions. Et je
pense que ça, c'est une place, peut-être, le ministre peut avoir une discussion
avec le leader du gouvernement pour dire : Juste, donnez-nous cet
élément-là, ajoutez cette partie-là que le rapport va être étudié en
commission. On peut encadrer ça dans un débat d'une heure, deux heures, je ne
sais pas, mais bref, je pense, c'est une
excellente idée puis c'est sûr que je vais appuyer l'amendement de ma collègue.
Alors, merci beaucoup.
Le Président (M. Tremblay) : Merci,
M. le député. Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques? M. le ministre?
Mme Massé : Oui, oui, moi, je vais
vouloir revenir.
Le Président (M. Tremblay) :
Parfait.
Lafrenière : Ça va nous permettre d'avancer ensemble, merci. Merci
beaucoup, cher collègue. Plusieurs points importants que vous avez
mentionnés, mon collègue de Jacques-Cartier. Vous avez parlé de l'enquête
publique. Effectivement,
je trouve que votre point est totalement à propos qu'on peut avoir le projet de
loi qui deviendra, peut-être, si on
l'adopte ensemble, une loi, un jour, avec... on avait parlé d'une direction de
soutien aux familles. Donc, on peut déjà être en place puis avoir une
enquête publique, vous avez raison. C'est pour ça qu'on n'est pas fermés.
Ce qu'on dit cependant, M. le Président, aujourd'hui,
c'est qu'il faut commencer quelque part. Et je fais un lien avec ce que mon
collègue a dit quand il a dit qu'il y a certains groupes, certaines familles
qui vont être déçues, qui vont rester sur
leur appétit aujourd'hui, vous avez raison qu'il y a beaucoup
de méfiance aussi, beaucoup, beaucoup de méfiance. Puis je vous l'ai dit
à plusieurs reprises, on a un déficit de crédibilité pour eux. C'est clair, la
pente est haute, on doit la remonter
ensemble, puis c'est pour ça qu'on s'est donné plusieurs moyens. Vous avez
parlé de transparence, puis je l'apprécie beaucoup, bien, c'est ce qu'on
veut faire, on veut être le plus transparent possible. Et je vous le dis, M. le Président, lorsque je parlais de la direction de soutien aux familles, un des
premiers enjeux, puis je l'ai dit à plusieurs reprises, ça va être de choisir des gens qui sont crédibles pour les
membres des Premières Nations, pour les familles, parce que c'est là que
ça va commencer, c'est là que les gens vont avoir confiance ou pas.
Est-ce qu'avec le projet de loi, M. le Président,
je viens vous dire, aujourd'hui, au micro, qu'on va répondre à toutes les
demandes des familles? La réponse, c'est non, je n'en suis pas certain, M. le
Président. Je n'en suis pas certain. Je suis
certain d'une chose cependant, c'est qu'on va commencer à quelque part, on va
voir où ça va nous guider. Et, s'il y
a besoin d'autres outils par la suite, M.
le Président, on se dotera de ces
outils-là ensemble comme parlementaires, mais il faut commencer à quelque part. Puis oui, effectivement, il y a des familles qui attendent la première
partie de la
réponse, savoir ce qui est arrivé de leurs enfants.
Et mon
collègue a apporté plusieurs points importants, quand on parlait du rapport
annuel, de se déplacer en communauté, comment on veut le faire. Et je crois que
l'importance... puis on s'entend qu'on parle de beaucoup de choses qui sont fictives
pour l'instant. On ne l'a pas encore fait. Une fois qu'on va se déplacer en
communauté, le premier engagement que j'aimerais prendre au micro, ici... parce
que vous savez, il y a une grande tristesse, M. le Président, c'est... un jour, on va avoir terminé notre projet de loi n° 79 puis on ne se verra plus aussi souvent, alors
on va s'ennuyer, les porte-parole des oppositions et moi, on va
s'ennuyer un de l'autre. Moi, je pense qu'on pourrait se donner un rendez-vous annuel, puis je le dis avec une petite
blague mais avec beaucoup de sérieux en vous disant : Je crois que ce
dépôt-là et la main tendue que je vous fais,
puis ça sera à vous de voir si vous l'acceptez, c'est de le déposer ensemble
dans les communautés.
Parce que vous l'avez bien dit, il ne faut pas
que ça devienne une opération de relations publiques non plus. Puis j'en suis très conscient puis j'en suis... je
suis très transparent dans ce que je vous dis. Et moi, de faire face aux
familles, d'aller dans les
communautés, quand on parle de réaction directe, on ne peut pas inventer ça, M. le Président. On ne pas aller en communauté puis croire que les gens vont
nous dire qu'on est bien beaux, qu'on est fins. En tout cas, si c'est le cas,
je ne l'ai pas encore vécu, M. le Président. On se fait dire notre vérité assez
rapidement. Et moi, d'avoir les porte-parole des oppositions avec nous, parce
que je les vois comme des partenaires, des partenaires qui vont nous aider à s'assurer que ce qui est fait comme
travail, bien, ça correspond à la réalité... Puis on s'entend, on prend des
décisions pour les 10 prochaines années. On verra qui sera assis
dans la chaise puis ce que la personne fera, mais d'avoir ce contre-pouvoir, de
s'assurer que c'est bien fait...
Et j'avais même dit, M. le Président, que, dans
ce comité de suivi, il y avait une place de choix pour les porte-parole des
oppositions aussi, M. le Président, pour en être témoin, pour amener des
ajustements, puis je n'aime pas le terme
chien de garde, prenez-le pas de façon péjorative, mais d'être là, de s'assurer,
justement, que ce qui est fait, ça correspond à la volonté qu'on a
exprimée aujourd'hui. Je crois qu'on se donne beaucoup d'outils, M. le
Président, pour la transparence. Puis d'avoir un contrepoids qui est important,
plan de communication, de donner l'opportunité aux familles aussi, lors de ces événements-là...
Parce que j'ai déjà dit que ce qui me faisait le
plus peur, moi, pour la commission publique en partant, c'était d'obliger
certaines familles, puis ça, je me l'ai fait dire, à passer au travers le processus
public. Ce n'est pas tout le monde qui a cette volonté-là, mais a contrario, si
on fait nos sorties annuelles puis qu'on offre aux familles, parce qu'il y a des familles qui vont avoir appris
certaines choses, qui vont vouloir en témoigner, de donner toute la place à ces
familles-là qui vont décider d'aller public
parce que ça fera
partie de leur processus de guérison, je pense, M. le Président, qu'ensemble on est capable de leur donner toute cette place-là,
de respecter leurs volontés.
Pour ce qui est des mandats d'initiative,
j'apprécie mon collègue qui l'a dit, dans certains cas, ça a donné de très bons
résultats. Puis vous savez, je ne fais pas de politique partisane, je serais
menteur de vous dire que tous les mandats d'initiative ont été acceptés. Ce
n'est pas vrai. Il y en a eu plusieurs, ça a donné des bons résultats. On
verra, dans le futur, quelles seront les
décisions qui seront prises. Moi, je ne suis pas en position, aujourd'hui, pour vous dire... de vous
donner un engagement comme ça. Je ne suis pas en position de le faire,
pas en position parce qu'il y a trop d'inconnu.
Cependant, je tenais à rappeler que c'est un
outil qui existe, c'est vrai, et ça a été accepté. Moi-même, tout comme vous,
j'ai participé à certaines commissions avec des mandats d'initiative qui nous
ont permis d'aller dans des dossiers vraiment
importants. Et on se disait, entre collègues,
voilà pas très, très longtemps, que, bon, peut-être les premières
années du projet de loi, ça va être important, on va juger opportun de le
faire, peut-être que, par la suite, le processus va bien aller par lui-même, on
le verra.
Alors, au lieu d'aller vers un automatisme de
dire : À chaque année, on s'impose ce débat-là, nous, on dit : Laissons l'opportunité selon les années,
selon ce que les collègues des oppositions seront à même de voir. Puis je vous dis, M.
le Président, en donnant un rôle de
première... de premier plan, pardon, sur le comité, en leur donnant un rôle
aussi, leur rôle... ce n'est pas de donner un rôle, je m'excuse, je me corrige,
en leur donnant leur rôle, parce que c'est leur rôle, d'être là
annuellement pour voir ce qui a été fait, de questionner le gouvernement
aussi...
Puis
je vous dis, a contrario, M. le Président, c'est périlleux aussi, quand même,
de dire qu'on va faire face aux familles, on va faire face à la communauté. Ce
n'est pas une opération de relations publiques, là. On va avoir en plein visage
ce qui fonctionne ou ce qui ne fonctionne pas, mais, quand ma collègue, plus
tôt, disait que c'était important, justement, d'être proche des communautés,
d'être avec eux, je suis entièrement d'accord avec elle. Moi, ce que je lui
propose, c'est un exercice de grande transparence devant les communautés, avec
les familles, avec les membres des oppositions. Je pense qu'on va avoir...
j'étais pour utiliser l'anglicisme «reality check». On va peut-être avoir une
mise à jour de ce qu'on fait puis on va se dire en plein visage nos quatre
vérités si on n'est pas corrects. Et je pense, c'est ma collègue ou mon collègue,
je ne m'en rappelle pas, qui parlait de se dire les vraies choses en quatre
yeux. Je vous dis qu'en communauté il va y avoir plus que quatre yeux qui vont
exprimer leur mécontentement, si ça ne convient pas, ou ce qui a échappé.
Et ça permettra aussi
au public, M. le Président... parce qu'aujourd'hui on a tous cette discussion-là
devant le public, mais je pense qu'on aurait
la même approche si on se déplace dans la communauté. Les médias seront
témoins de nos échanges. Puis là je suis dans la technicalité, mais on
regardera avec les familles, est-ce qu'on fait une
partie entre nous parce que
les familles... Est-ce qu'on fait une
partie entre nous parce que les familles
voudront en parler? Est-ce qu'on fait une
partie avec les médias pour que ça
soit transparent, que les gens le voient?
Et aussi, M. le
Président, puis je vais terminer là-dessus, je vous parlais du devoir de
mémoire. Je pense que cet exercice annuel là
nous obligerait annuellement de se rappeler de ça, parce que
c'est un danger, puis je pense que les communautés nous l'ont dit à plusieurs
reprises. Mon collègue de Jacques-Cartier parlait de l'importance de la
commémoration, puis je reviens là-dessus. Oui, j'ai déjà dit oui, puis je
voulais rassurer mon collègue, je suis déjà avec
des partenaires financiers qui sont prêts à embarquer avec nous pour faire
des... je ne veux pas dire des lieux, appelons ça une commémoration quelconque,
ça peut être une sculpture, quelque
chose d'artistique, pour qu'on
s'en rappelle.
Mais je pense
qu'annuellement, si on va dans une communauté, on invite les porte-parole des
oppositions, les gens qui ont constitué le
comité consultatif, les médias, ça va nous forcer, comme nation, de se rappeler
ce qui est arrivé. Je pense qu'on va y répondre de cette façon-là,
M. le Président.
Le Président (M.
Tremblay) : Merci, M. le ministre. Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé :
Oui, vous avez raison, M. le ministre, on a un devoir de mémoire, mais on a un
devoir encore plus important que ça parce
que le Québec et ses institutions ont été amnésiques pendant des décennies.
Alors, ce n'est pas juste de se rappeler que les enfants sont disparus,
c'est de comprendre comment se fait-il qu'au Québec il y a des parents qui
n'avaient pas de nouvelles de leurs enfants. Et donc, par conséquent,
aujourd'hui, le projet de loi, et j'en suis,
là, c'est deux étapes différentes, mais vous me parlez de devoir de mémoire,
alors que ces gens-là, ce de quoi ils nous parlent, c'est qu'ils veulent
qu'on entende leur douleur parce que ça n'a pas de bon sens, ce qu'on leur a
fait vivre, et donc qu'il n'y ait pas juste
une reconnaissance que le système québécois ou les communautés religieuses ont
échappé leurs enfants, mais comment ça se fait qu'un enfant n'a pas été
retourné chez lui par une communauté religieuse parce qu'ils se disaient : Il va mourir de faim. Comment ça se fait
qu'on était capable de dire ça? C'est ça, l'idée de la reconnaissance.
Mais, bref, on n'est
pas dans le préambule, ça fait que je me reprendrai au moment du préambule,
mais c'est juste, quand vous me dites ça,
qu'on va avoir la vérité entre quatre yeux, je suis d'accord avec vous, mais je
ne sais pas pourquoi, mais moi, j'entends déjà ces choses-là. J'entends
déjà, par exemple, Mme Echaquan dire : C'est de perdre un enfant dans des circonstances inconnues, j'ai
besoin de connaître les circonstances, c'est une chose. Puis l'autre dame qui dit : J'ai besoin
de comprendre pourquoi...
Ça fait que, donc, je
ne sais pas trop quoi vous dire sinon que j'entends bien. Et peut-être, oui,
j'aurais juste un élément. Si le premier pas qui est fondamental pour vous, et
moi aussi, je l'ai entendu très bien, on l'a entendu en commission
parlementaire, ils sont venus nous le dire, c'est d'au moins comprendre les circonstances,
mais que vous avez tous entendu, comme moi
aussi, que ce soient les enquêtes antérieures, que ce soient les gens qui sont venus
nous... qui sont venus aux auditions, que ce soient les familles aussi, ils
veulent comprendre pourquoi, bien, qu'est-ce
que ça va nous prendre, M. le
ministre, pour enclencher cette enquête publique? On le sait déjà, je n'ai pas
besoin d'avoir des papiers, là, on le sait déjà qu'il y a quelque chose qui ne
marche pas. Alors, elle est où, vous... Tu sais, quand vous dites : Si
on se rend compte que... Bien, c'est parce que les gens, ils le disent déjà,
là. Ça fait que ça va être quoi, l'élément déclencheur?
Le Président (M.
Tremblay) : M. le ministre. J'ai ensuite le député de René-Lévesque.
Lafrenière : Oui, merci beaucoup, M. le Président. C'est vrai, ce que
dit ma collègue quand elle parle des douleurs que les familles ont vécues et
vivent toujours, et vivent toujours parce que... Je suis d'accord avec elle sur
la majorité de ce qu'elle a dit. Il y a juste un petit point que je veux
apporter, puis c'est juste dans la sémantique, pour moi, mais il y a beaucoup d'inconnu encore aujourd'hui. C'est vrai
qu'on connaît la souffrance, on sait qu'il y a eu des manques, mais il y
a encore beaucoup d'inconnu, comment ça s'est passé, comme vous avez dit. Dans
certains cas, c'est à la base même. Puis, pour ceux qui nous écoutent, qui
n'ont peut-être pas suivi tous nos travaux, c'est de savoir : Mais où est mon enfant? Écoutez, on ne peut pas être plus
à la base que ça. On ne peut pas comprendre, en 2021, qu'une famille
puisse se demander où est son enfant. S'il est décédé, il est enterré à quel
endroit? Là, vous allez me dire : Je viens à la base. Vous avez raison,
ça, c'est la base pour moi.
Est-ce que, dans la recherche documentaire, on
va trouver des réponses pour les familles? Est-ce qu'on va tout trouver? Je ne
le sais pas. Est-ce qu'on peut trouver une
partie des réponses? Moi, je le
crois, M. le Président. Et pourquoi je le crois? Je vais
donner un exemple, puis je pense qu'on a entendu les mêmes reportages, où des
familles se sont rendues à Blanc-Sablon, à
l'hôpital. Ils ont pu avoir accès aux documents, M. le Président. Puis je vous
l'avais dit dès le départ, si on se
donnait un outil en disant aux familles : Voici, vous allez avoir accès
aux documents, on l'échappe complètement,
M. le Président. Ce n'est pas de donner accès aux documents, ça, ce n'est pas
culturellement sécuritaire, ce n'est pas adapté du tout, du tout.
Parce que je
vous l'ai dit à plusieurs reprises, ces documents-là, même moi, aujourd'hui, je
ne serais pas capable de vous dire
que je comprends ce qui est écrit là-dedans en terme médical. Il faut être avec
eux. Et je pense que ce qu'une des familles nous avait expliqué, c'est
qu'ils sont rendus là. Ils ont été... La dame était seule dans un local pendant
30 minutes avec un rapport médical, et
c'est comme ça qu'elle devait comprendre ce qui est arrivé. Alors, on est très,
très loin d'être adaptés, de bien l'expliquer.
Puis, depuis le début, M. le Président, ce que
je vous envoie comme message, c'est que nous, on va avoir une direction de soutien aux familles qui va être en
place dès le 1er septembre. Puis ce qu'on veut faire, ce n'est pas de dire
aux gens du référencement, dire : Voici
où aller faire votre demande. On veut les accompagner de a à z. Et, M. le Président, je vous le répète encore une fois, j'ai des spécialistes, que
ce soient des médecins, des légistes, qui nous on dit qu'ils étaient disponibles pour nous aider, pour être
capable de vulgariser cette information-là aux familles. Grâce à nos
discussions ensemble, on s'est dit
aussi : On va mettre Awacak au centre de nos travaux pour qu'ils puissent
supporter les familles.
Alors, je
suis d'accord avec la collègue que peut-être on ne répondra pas à tout. Moi, je pense qu'on va
découvrir des choses, M. le Président. Moi, j'ai vraiment espoir.
Vous savez, c'est un terme que j'aime beaucoup. Moi, j'ai vraiment espoir
qu'on va découvrir des choses et que ça va nous guider sur la suite à donner.
Moi, encore aujourd'hui, M. le Président,
malgré tout ce que j'ai entendu... Puis je pense qu'il n'y a pas personne dans
cette salle, puis il n'y a pas personne même au niveau d'Awacak qui peut nous
dire combien d'enfants ont été donnés en adoption sans le consentement parental.
On ne le sait pas. Est-ce qu'il y a des enfants... parce qu'on parle d'enfants
qui sont disparus, puis je le sais, c'est horrible de parler de ça aujourd'hui,
mais, pour plusieurs familles, elles ne savent même pas s'il est décédé et,
s'il est décédé, il est enterré à quel
endroit. Il y a beaucoup de questions dans la tête de ces familles-là à
savoir : Qu'est-ce qui est arrivé de mon enfant? Moi, je pense que ces
données-là, cette information-là va être la base, M. le Président. On va
commencer par ça, c'est vrai, puis là il y a une réalité qu'on va avoir en
plein visage.
Et moi, quand
je vous disais tout à l'heure... juste pour corriger ce que je dis, quand je
vous disais qu'annuellement on va être dans les communautés avec les
familles, avec les parents mais avec la communauté, la réalité qu'on va avoir
au visage... c'est-à-dire que les parents, si ce qu'on a mis en place ne
convient pas, ils vont nous le dire en plein visage, il n'y aura pas de filtre,
M. le Président. Ça ne sera pas un communiqué, là, on va être face à face avec
eux, on va se dire les vraies choses. Et, dans certains cas, il y a des
familles qui vont avoir appris des choses soit sur le traitement de leur enfant
soit sur ce qui est arrivé dans le passé, qui vont vouloir l'extérioriser, le
dire. Et nous, on va les supporter avec les communications et tout, mais au
lieu de partir, à l'inverse, en disant que ça va être public pour tout le
monde, parce qu'il y a des familles qui nous ont déjà dit qu'elles n'avaient
pas l'intention de revivre ça de façon publique, on va offrir la possibilité,
donc ça va être au choix des parents.
Moi, je pense qu'on peut arriver à quelque
chose, mais je le dis encore une fois, je sais que j'ai une approche étapiste,
mais je pense qu'il faut commencer à quelque part. Je n'ai pas la prétention
qu'on règle tout, mais il faut commencer à quelque part.
Le Président (M. Tremblay) : M. le
député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Oui, merci beaucoup, M.
le Président. J'ai entendu les échanges et le ministre nous indique : Ce
qui sera important, c'est de se rendre dans les communautés pour être capables
d'avoir des échanges. L'amendement de la
collègue, que le rapport soit déposé dans une commission parlementaire, ne nous
limite pas à siéger en commission parlementaire à l'Assemblée nationale.
Nous pouvons, si nous le décidons... d'être une commission parlementaire itinérante
et donc de déplacer les débats de l'Assemblée nationale à même le lieu que les
communautés auraient choisi. Donc, ce n'est pas limitatif.
Ce que la collègue
nous propose, c'est d'inscrire dans la loi, minimalement, qu'une commission parlementaire sera saisie du rapport, et qu'il y aura des
discussions, et que, si, effectivement, il y a des modifications à apporter, le débat
puisse se faire, et qu'ensuite les parlementaires puissent trancher. C'est là
qu'on est rendus, M. le Président.
La commission parlementaire, même si on lui évoque l'essence même que c'est
une place de débats, bien, c'est aussi une place de décisions.
Alors, sans
rien enlever à la démarche du ministre de nous emmener avec lui, avec son comité de
coordination sur le territoire des
Premières Nations pour discuter de ce qui s'est passé, de ce qui pourrait être
fait, malheureusement, pour
nous, la capacité d'action, elle est limitée, à savoir de mettre des enjeux sur
la place publique avec la pression parlementaire de prendre une décision pour
la suite à donner. Or, cette commission parlementaire... Puis je pense que le ministre
n'est pas dupe non plus. Il le sait que, si on ensache ça, au final, c'est
qu'il y a... à la fin du débat, il peut y avoir, effectivement, un vote pour
décider quelle est la suite qu'on peut donner. Et cette suite peut contraindre
tout gouvernement à aller de l'avant si, effectivement, les parlementaires en commission
le veulent.
Aujourd'hui, on a un gouvernement majoritaire.
La situation pourrait être tout à fait différente dans le futur, ce qui
pourrait amener la commission à décider, puisqu'elle sera majoritaire, d'une
voie qui ne serait pas celle privilégiée par le gouvernement en place,
puisqu'il n'est pas majoritaire. Donc, pour moi, c'est essentiel de garder
l'espace au débat mais surtout l'espace à l'action. Et une commission
parlementaire nous permet, à la fin des débats, de dicter la suite à donner.
Donc, j'entends la volonté du ministre de dire : Soyons à l'écoute et au
rendez-vous pour discuter
avec les Premières Nations de ce qui
aura été fait, de ce qui pourrait être fait, mais je pense qu'une commission
parlementaire va beaucoup plus loin, elle lie les 125 députés de
l'Assemblée nationale à donner une réponse à ce que les gens s'attendent.
Donc,
je vais appuyer, effectivement, l'amendement de la collègue. J'invite le
ministre à considérer la commission parlementaire comme étant une
commission qui peut être itinérante et de décider... et laisser la commission
décider de l'ampleur de son mandat. Mais ce n'est pas le député de
René-Lévesque, là, je ne sais pas si je serai membre de cette commission qui sera saisie de ce mandat-là, mais je sais que les
parlementaires qui y siégeront auront la profondeur et la vision de
faire le tour de la question et de proposer au gouvernement la suite, et, par
la suite, le vote décidera des actions.
Donc,
je supporte, j'appuie et je pense que c'est minimalement d'inscrire, dans la loi,
une volonté de continuité. Et ça, je pense, M. le Président, ça pourrait
effectivement sécuriser ce que les Premières Nations nous ont demandé et qu'ils n'obtiennent pas présentement, soit l'enquête publique ou de déterminer les causes. On a quelque chose d'ancré, aujourd'hui, qui nous permet minimalement que, lorsque
le projet de loi sera adopté, il y aura un autre rendez-vous pour débattre et
de décider des prochaines actions. Merci.
Le Président
(M. Tremblay) : Merci, M. le député. M. le député de
D'Arcy-McGee... M. le ministre?
M. Lafrenière :
Je vais laisser mon collègue.
Le Président
(M. Tremblay) : M. le député de D'Arcy-McGee, à vous la parole.
M. Birnbaum :
Oui, merci, M. le Président. Nous parlons évidemment, à juste titre,
constamment du sort des familles et de comment réparer ces injustices d'une
profondeur presque inimaginable. En même temps, je crois qu'on va en convenir que le fardeau est plus grand
que ça. Ce n'est pas juste aux familles que nous avons à rendre compte.
L'Assemblée nationale, quelque gouvernement du Québec que ce soit, a à répondre
sur la nature du problème, sur les gestes
palliatifs qui auraient été pris dans la première année, deuxième année,
troisième année, ainsi de suite, de rendre compte au Québec à l'entier
et surtout aux communautés des Premières Nations et Inuits de l'état du
cheminement en accompagnant les familles. J'en conviens.
Le ministre nous
parle des engagements, des procédures qui vont être mises en place, qui sont
essentielles. On risque d'être devant des documents perdus, un manque de
volonté, une méfiance auprès de certaines gens dans les établissements qui doivent être impliqués dans ces enquêtes, un
processus très difficile, et, comme le ministre lui-même a dit, on doit
l'assumer, avec raison, un écart énorme en termes de crédibilité de l'État au
complet en tout ce qui a trait à ce genre de geste.
Donc, déjà, le
fardeau est énorme. Déjà, les outils sont nouveaux. Et le ministre lui-même a
décrit plusieurs de ces outils proposés dans le projet de loi comme
exceptionnels et nécessaires, et il les propose. Donc, le fardeau de transparence est davantage important dans le
processus devant nous, et les opportunités pour le bien faire sont restreintes,
en quelque part.
Là, la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques
propose quelque chose qui, en plus d'être intéressant pour les raisons qu'elle a évoquées... et les arguments que
je vais vous mettre de l'avant aussi, pas si exceptionnels que ça. Il y a
Hydro-Québec, il y a les universités du
Québec... de faire son statutaire, qui ont à comparaître devant une commission
parlementaire. Et le danger de ne pas le faire, on le sait tous que, oui, une
commission peut être saisie d'un mandat d'initiative, mais tout ça est
facultatif.
Alors, il me semble
que, si je suivais avec respect les voeux et les intentions du ministre, je
vois en quelque part une proposition, ici, qui est en continuité avec sa
volonté, pas juste, comme on dit en anglais «to get the right thing done, but
to see it to be seen to be done». Et je répète et j'insiste que voilà
l'obligation qui ne se limite pas aux familles qui ont subi les conséquences de
ces tragédies, mais à la fois aux communautés des Premières Nations et Inuits
ainsi qu'aux Québécois de toutes origines. Nous avons... La justice est
aveugle, il faut que ça soit aveugle de façon égale pour tout le monde. Alors,
voilà, un geste tout à fait, en quelque part, normal des parlementaires, qui
est proposé et un geste que je trouve raisonnable.
Donc, j'aimerais
inviter le ministre, de façon concrète, à nous offrir quelques arguments sur,
soit un danger, un risque, un problème sur
le plan légal ou aux yeux des règles parlementaires, qui ferait en sorte que ça
serait difficile d'adopter un tel amendement.
Le Président (M.
Tremblay) : Merci, M. le député. M. le ministre.
Lafrenière : Oui. Merci beaucoup, M. le Président. Puis merci pour mes
deux collègues, qui ont apporté des points
très intéressants de notre discussion. Et je pense qu'il y a une chose qui est
claire, M. le Président, c'est que,
sur le fond, on s'entend. Là, on est dans la forme, c'est hyperimportant
aussi, là. C'est quand même rassurant de savoir que, sur le fond, on veut la même chose, c'est juste le chemin pour y
arriver. Et, M. le Président, je nous rappellerais que, voilà deux semaines, quand mes collègues m'ont
envoyé réfléchir là-dessus, de façon très gentille, en disant : Trouvons
une solution, c'est ce que j'ai fait en disant : Comment on peut arriver,
sur le fond, à ce désir commun qu'on a, un, de
laisser les familles s'exprimer? Puis mon collègue, à juste part, quand il a
dit que ce n'est pas juste pour les familles, c'est pour la nation, les
nations, connaître ce qui est arrivé... et c'est un petit peu ce que je disais
tout à l'heure, M. le Président, quand je
parlais du devoir de mémoire. Je trouve qu'on a l'obligation de se rappeler ce
qui est arrivé pour s'assurer que, dans le futur, ça ne se reproduise
plus, d'apprendre de ces erreurs-là.
Alors, M. le Président, ce
qu'on a proposé, premièrement — tout à l'heure, le collègue de
René-Lévesque disait, à juste part, qu'on ne
sait pas, dans le futur, quel genre de gouvernement nous aurons — on a proposé le mandat d'initiative en
disant que c'est une possibilité. Par mandat d'initiative, une commission peut
être saisie du rapport. Mon collègue
me demandait : Est-ce qu'il y a un problème légal? Est-ce qu'il y a un
problème législatif avec cette proposition? En toute honnêteté, la
réponse, c'est non, il n'y a pas de problème législatif. Cependant, le seul
chemin différent qu'on a, c'est de
dire : Dans l'approche que je propose, l'approche qui est centrée vraiment
sur les familles, sur Awacak, de se déplacer en communauté, ne nous empêche
pas, à juste part, comme l'a dit le député de René-Lévesque, de faire
une demande en même temps, que ce soit un mandat d'initiative. On pourrait
demander à une commission d'être saisie aussi.
Moi, ce que je propose aujourd'hui, c'est une
vision qui est vraiment centrée sur les familles en communauté, avec de la
transparence, parce que j'ai invité les collègues, les porte-parole des
oppositions à être présents sur place. Je ne
veux vraiment pas que ce soit considéré comme une opération de relations
publiques. Je veux que ce soit vraiment transparent.
Alors, c'est pour ça que je vous dis, M. le
Président, je pense qu'on a... de part et d'autre, on veut la même chose sur le fond, c'est juste dans la forme. Je
respecte très bien ce que ma collègue a présenté, ce n'est pas la voie que
je vous propose, mais je comprends très bien qu'on veut la même chose. M. le
Président, moi, ce que je propose, c'est
qu'on se déplace en communauté, avec le comité qui sera constitué des porte-parole
des oppositions, parce que je pense que ça va être transparent, un. Et
l'autre point qui est vraiment important, et je sais que tout le monde veut la même chose, c'est de se rapprocher le plus de la
réalité des familles, et je crois, en tout respect, que notre institution...
que, présentement, les commissions parlementaires ne sont pas nécessairement
l'outil, le modèle le plus proche de la volonté des familles quand on parle...
puis je n'ose même pas parler de cercle de guérison, parce qu'une famille m'a dit aussi : On n'est pas encore rendu à la
guérison. On a encore beaucoup trop de choses à savoir. On a d'autres étapes
à faire, on n'est pas rendu au cercle de la guérison, mais ce cercle de
discussion, qui se rapproche beaucoup de la réalité autochtone... Je ne crois
pas que la commission parlementaire soit le meilleur outil, de venir, de
demander aux gens de se déplacer ici, à Québec.
Alors, voilà pourquoi je nous propose et je nous
impose ce rapprochement d'aller dans les communautés, tout en étant présents. Et je vous le dis encore une fois, M. le
Président, à chaque fois qu'on a parlé de cette loi-là, on a parlé d'un
10 ans renouvelable, alors cette décision-là sera prise pour les
prochaines années. On ne sait pas qui sera le gouvernement qui sera au pouvoir,
on ne sait pas qui sera au pouvoir.
Alors,
l'outil, là, du mandat d'initiative sera toujours possible, si c'est nécessaire,
mais moi, ce que je nous impose comme engagement, c'est de se déplacer
en communauté pour les familles, M. le Président.
Le Président (M. Tremblay) : Merci, M.
le ministre. Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Oui, vous avez raison, M. le ministre, ce n'est pas la commission parlementaire qui est la meilleure façon,
c'est l'enquête publique. La commission parlementaire, pour moi, c'est un
succédané, c'est ça que j'ai dit d'entrée de jeu, c'est-à-dire que, considérant
que vous avez été très clair, d'entrée de jeu, qu'il n'y aurait pas d'enquête
publique, j'essaie de voir comment on peut
s'y rapprocher le plus possible. Et donc c'est à mon tour d'être d'accord avec
vous, ce n'est pas la meilleure façon, mais c'est celle qui nous reste.
C'est celle qui nous reste puis je pense que le député de René-Lévesque était assez éloquent sur, bien, une commission parlementaire ça peut
être itinérant, et, à preuve, j'en ai déjà fait dans l'ancienne... dans
la 42e législature. Donc, c'est possible. Ça fait que, bref, on s'entend
là-dessus.
Je comprends que vous avez réussi à identifier
le chemin par lequel vous pouvez passer pour essayer de nous convaincre que c'est la voie de passage. Je ne
suis pas encore convaincue, d'autant plus que, lorsque le ministre dit :
Il faut se rappeler ce qui est arrivé, le fameux devoir de mémoire... Il faut
se rappeler ce qui est arrivé, oui, mais ce que les
Premières Nations nous demandent, c'est de comprendre pourquoi c'est
arrivé.
Alors, si ce
n'est pas... puis là c'est moi qui demande à être rassurée, parce que, moi
aussi, je vais me retrouver demain matin, là, devant des gens des
Premières Nations qui sont venus en audition puis qui vont dire :
Comment ça se fait, Manon, tu n'as pas réussi
à gagner une commission indépendante? C'est ça qu'on voulait, commission
publique indépendante. Comment ça se
fait que tu n'as pas réussi à faire inscrire «cause»? Parce que c'est ça qu'on
voulait. Comment ça se fait que... Mais là, un moment donné, il faut que
j'aie des réponses. Puis là un bout de réponse que je suis capable de faire, puis le ministre vient de le
dire, c'est de dire : Écoutez, il y a comme des familles qui ont besoin
que, rapidement, on facilite l'accès à de l'information. Et c'est ça que
la pièce législative 79 vient faire, elle vient donner les moyens de
pouvoir agir rapidement pour aller chercher les informations qui, avant, avaient
des verrous, hein? On ne pouvait pas
questionner une communauté religieuse, elle partait se cacher puis elle
était protégée par la
loi sur l'accès
à l'information. On ne pouvait pas pousser dans le coin le service de santé et
services sociaux parce qu'un coup qu'on avait eu une réponse, bien, il fallait
vivre avec. Bon. Ça fait que ça, je le comprends, ça fait que ça, je suis
capable de le répondre.
Mais là,
quand ils vont me demander : Mais oui, mais, madame, je ne veux pas juste
savoir, je veux comprendre... Puis là je vais dire : Bien, écoutez,
une fois par année, on va aller sur les communautés, vous pourrez, là, nous
dire ce qui va, ce qui ne va pas. Ça fait
que c'est cette dimension-là... et c'est pourquoi j'ai posé au ministre
la question de dire : O.K., si c'est deux choses
différentes, s'il ne veut pas ou il ne peut pas donner la notion de dépôt en commission
parlementaire, bien, il reste juste une question, c'est : O.K., à ce
moment-là, ça va être quoi, les critères ou ça va être quoi, l'élément déclencheur qui va faire : Ah! Là, je pense qu'il
est nécessaire d'avoir une commission d'enquête, ou une
enquête publique ou... en tout cas, bref, ça va être quoi, le déclencheur, si
tout ce qu'on a actuellement comme information n'est pas assez pour déclencher ça, y
compris, je le rappelle, une recommandation d'un des rapports assez
complets qu'on a eus par le passé, c'est-à-dire ENFFADA? S'il n'y a pas ça, ça
va être quoi, le déclencheur?
Le Président (M. Tremblay) : M. le
ministre.
M. Lafrenière : Oui. Merci beaucoup,
M. le Président. Merci à ma collègue. En passant, je veux la rassurer.
Lorsqu'elle disait : Je vais faire face à des familles demain, qu'est-ce
que je vais leur dire? Je pense qu'avec beaucoup de fierté elle va être capable
de leur dire tous les points que les porte-parole de l'opposition ont pu amener
aux changements du p.l. n° 79. Je regardais encore
hier ce qui avait été proposé puis ce qui a été amendé. Grâce au travail des oppositions, M. le Président, on a pu
avancer énormément. Je pense qu'elle peut être très fière. On a même
ajouté la notion de vérité que... J'ai passé une semaine à me demander comment
on le ferait. On a réussi. Ça fait que, je pense, M. le Président, on a avancé
sur beaucoup de points.
Petit point technique que je veux
corriger : Ce n'est pas vrai qu'on va dire aux familles : Une fois
par année, on va t'entendre. Mensuellement,
on a un comité de suivi, et Awacak, les porte-parole d'opposition vont en faire
partie. C'est un petit point technique, mais je trouvais important de le
mentionner. Et une fois par année, M. le Président, ce qu'on veut faire aussi, on pourrait... Parce que si on se rappelle, dans
21, à l'article 21 où on est présentement, on y va avec un rapport, un
rapport annuel. Et on se l'est déjà dit, hein, le rapport annuel n'aura pas d'information
nominative. On ne saura pas que la famille x a vécu une situation y. On
va y aller avec des recommandations, on va y aller avec le nombre de plaintes,
l'état d'avancement.
Alors, moi, je vais être bien honnête avec vous,
M. le Président, là, a contrario, puis je comprends très bien où ma collègue veut aller, mais moi, a contrario, moi, j'aurais
peur de causer beaucoup plus de déception que de répondre à leurs
besoins. Et en allant en communauté et en entendant les familles là où elles
sont, moi, j'ai l'impression qu'elles vont pouvoir, elles vont pouvoir
dire ce qu'elles ont vécu, ce qui leur manque.
Et ma collègue disait : Comment on peut
avoir ce devoir de mémoire si on ne sait même pas? Et elle a raison, présentement, dans certains cas, les familles ne
savent même pas ce qui est arrivé. Non seulement elles ne savent pas si leur
enfant est vivant ou non, mais elles ne savent même pas ce qui est arrivé. Et
j'ai encore espoir, M. le Président, avec la preuve documentaire qu'on va aller
chercher, qu'on pourrait répondre à une
partie de cette question-là.
Ma collègue me demande par la suite : Ian,
à quel moment vous allez prendre la décision de faire une enquête publique? Je
ne peux pas vous le dire aujourd'hui, M. le Président. Mais je peux vous dire
une chose, c'est que c'est des cas qui
remontent aux années 50, 60, 70, qui ont été connus, qui ont été connus au
grand public, il faut se le dire, en
2015. Par la suite, il y a eu l'ENFFADA qui nous a remis ça en plein visage,
puis aujourd'hui, comme parlementaires, on agit.
Alors, on agit, M. le Président, mais je ne vois
pas ça comme une fin, mais pas du tout. C'est le début, ce sont des étapes.
S'il y a un besoin d'avoir d'autres outils, on ira, mais on peut-tu commencer à
quelque part, M. le Président? C'est vraiment le cri du coeur que je vous fais aujourd'hui.
J'entends les familles, et c'est vrai qu'il y a
des familles qui vont être déçues, M. le Président, qui vont avoir des attentes. Mais, pour l'instant, c'est dur pour
elles d'être vraiment déçues sur une base factuelle. Elles ne savent pas
comment ça va se passer, elles ne savent même pas ce qu'il y a devant eux.
On va voir les rapports, on va voir ce qu'on va aller chercher comme preuves, peut-être
ça va répondre. Je le souhaite. Je le souhaite de tout coeur. Mais sinon, on ne
se ferme pas la porte.
Et rappelez-vous, M. le Président, tout le long
de ce projet de loi, on a ouvert, on est allés chercher... on a englobé plus
large, hein? Si on regarde la première version, elle est très différente d'aujourd'hui,
et tant mieux, tant mieux parce que ça
démontre qu'on a réussi à faire un bon travail ensemble. On a rajouté les
communautés religieuses, on a rajouté beaucoup, beaucoup de points pour
ratisser le plus large possible, pour utiliser mon expression de ceinture, bretelles, pour être vraiment, vraiment
sûrs de ce qu'on va aller chercher pour les familles, parce que ce qu'on fait, M. le Président, ce n'est pas pour un parti politique, ce n'est pas pour nous faire plaisir, c'est pour
les familles, M. le Président.
Ça fait que je pense vraiment qu'on commence à quelque part.
vous savez, la raison pour laquelle c'est sorti en 2015, c'est justement grâce
aux médias, grâce à un pouvoir qui est extrêmement important dans notre
société. Je sais que les gens vont être très critiques face à notre travail. Ça fait que moi, je vous dis, M. le Président, ça ne peut pas se passer en portes closes. On s'est donné beaucoup
de moyens. On fait un comité de suivi, les gens sont invités, les médias seront
là lors de notre dépôt annuel pour poser les questions aux familles. Ça
va se faire sans filtre. Je continue de croire, M. le Président, que c'est le
meilleur outil.
Et je termine en vous disant : Je n'ai
jamais mentionné que c'est un non catégorique à une enquête publique. Je vous
dis qu'aujourd'hui on ne le sait pas.
Le Président (M. Tremblay) : Merci,
M. le ministre. D'autres interventions?
Mme Massé : Peut-être juste une
petite dernière.
Président (M. Tremblay) :
Pour vous situer, Mme la députée, vous disposez encore de trois minutes pour
le sous-amendement. À vous la parole.
Massé : Oui, je vais prendre
le petit trois minutes, bien, ou presque. C'est important, ce que vous venez
de dire, M. le ministre, puis je pense que l'échange aura valu la peine juste
pour ça. C'est-à-dire que les gens savent, parce que
c'est ça, c'est leur demande... ce n'est pas moi qui le demande, là, c'est eux autres qui
le demandent. Tu sais, quand vous
dites : Les familles ne veulent pas ça... il y a des familles qui ne
veulent pas, puis moi, je pense qu'en
aucun moment on aurait imposé à une famille de venir témoigner, si elle ne
voulait pas. Mais ce que vous venez de dire, c'est important,
c'est-à-dire que, pour le moment, vous dites non, mais vous ne dites pas non
pour toujours et que, donc, vous avez cette ouverture-là.
Je pense que c'est ça qu'ils ont besoin
d'entendre. En fait, non, ils auraient eu besoin d'entendre qu'on le fait, on
fait le p.l. n° 79 puis, en même temps, on
enclenche un processus de réconciliation. Parce que le p.l. n° 79,
il vient donner... il vient fournir des données, mais le processus de
réconciliation nécessite de comprendre pourquoi. Et donc c'est probablement ça,
l'idéal que le monde aurait souhaité entendre. Mais ce que vous venez de dire,
pour moi, en tout cas, c'est important.
Et puisque vous l'avez dit, je n'hésiterai pas à
le répéter, sauf si vous voulez le nuancer, là, je... Mais, bref, je comprends bien, puis ce n'est pas la première fois
que vous nous le dites, que, pour le moment, c'est non, mais ce n'est pas un non pour toujours et que vous n'hésiterez
pas, si besoin il y a, de... j'ai juste l'anglicisme, de lever le «flag»... de
caller la shot. Ah non! ce n'est pas plus français. Bref, j'entends ça. Voilà.
Le Président (M. Tremblay) : Merci,
Mme la députée. M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui, juste
rapidement. On va très bien se souvenir de la déclaration du ministre où il a
dit il n'est pas fermé. Je partage ou je
garde la même opinion qu'on est peut-être capable de faire les deux en même
temps, mais, bref, on verra. Comme ma
collègue, j'ai toujours des questions : C'est à quel moment est-ce qu'on
va déterminer que c'est nécessaire de déclencher ça?
Et oui, moi,
je peux dire sur le micro que je suis satisfait. Mais moi, je parle pour le
député de Jacques-Cartier, je ne parle pas pour les familles qui vont peut-être
avoir... et pas toutes les familles, mais certaines des familles, qui ne
vont pas avoir la même opinion que moi. Alors, moi, je sais que je suis ici, on
est en commission, on essaie d'être pragmatiques, trouver des solutions, mais,
bref, oui, je salue l'ouverture du ministre, mais, quand même, je ne sais pas si les familles ont le même avis. Alors, moi,
je vais toujours garder ça en tête, parce que ça, c'est... Au bout de la ligne,
quand je parle de la nécessité d'une enquête publique, j'essaie de parler pour
les familles qui disent que c'est nécessaire, j'essaie de parler pour
les gens qui ont travaillé sur le rapport ENFFADA, qui ont mis une recommandation
très claire et nette pour le Québec dans le rapport.
Alors, ça,
c'est pourquoi j'exprime ça, puis on verra la suite des choses.
Et, comme je dis, l'ouverture, c'est une bonne chose, mais ce n'est pas... Tout le chemin n'est pas complètement fait encore. Alors, c'est tout. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Tremblay) : Merci,
M. le député. M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci
beaucoup, M. le Président. Puis je ne vais pas nuancer mes propos, je vais en
ajouter une couche pour ma collègue.
Ce que j'ai dit, j'ai dit clairement, c'est que,
présentement, aujourd'hui, on va se doter d'un premier outil, qui est le projet
de loi n° 79. C'est un outil. Et j'ai dit que, dans le futur, M. le
Président, selon ce qu'on va découvrir, si on a besoin d'autres outils, on va y
aller. Mais on ne l'imposera pas, on va le faire avec les familles.
Puis je pense que, depuis le début du projet de
loi, à chaque étape, on en a rajouté un peu pour être bien, bien sûr que les
familles soient au centre de ce qu'on fait. Puis mon collègue de Jacques-Cartier
vient tellement de bien le résumer en disant : On ne parle pas en notre
nom ici, là, on parle pour des familles, pour des gens qui sont sans voix aujourd'hui
parce qu'ils sont en attente d'informations ultra-importantes. Alors, c'est un processus
qu'on va faire ensemble puis on s'ajustera avec les familles. Moi, je pense
que ça va être vraiment la meilleure solution, M. le Président.
Et, quand on se demande : Est-ce que, vraiment,
l'article 21, le fait de le déposer en communauté, est-ce que ça répond à
toutes les familles?, je ne peux pas vous le dire. Je n'ai pas parlé à toutes
les familles, mais je me suis donné le
devoir de contacter des familles avant de vous le proposer lors de notre
dernier échange, et elles étaient emballées de savoir qu'on s'ajustait à
leur réalité, à leur volonté.
Laissons-nous la chance par un processus
d'étapes. Allons voir puis on corrigera, s'il faut. Je pense que ce premier geste est un geste qui est très évocateur.
Ça envoie tout un message qu'on s'adapte à elles. Mais, encore une fois, merci pour cet échange, M. le Président.
Le Président (M. Tremblay) :
Parfait. D'autres interventions?
Alors, Mme la secrétaire, si nous n'avons pas
d'autre intervention, veuillez procéder à l'appel nominal pour le vote sur le sous-amendement proposé par la députée
de Sainte-Marie—Saint-Jacques à l'amendement proposé par le ministre à l'article 21,
s'il vous plaît.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques)?
La Secrétaire : M. Lafrenière
(Vachon)?
La Secrétaire : Pour les membres du groupe parlementaire formant
le gouvernement, Mme Picard
(Soulanges)?
La Secrétaire :
Pour les membres de l'opposition officielle, M. Kelley (Jacques-Cartier)?
La Secrétaire :
M. Ouellet (René-Lévesque)?
La Secrétaire :
M. Tremblay (Dubuc)?
Le Président
(M. Tremblay) : Abstention. Le sous-amendement est donc rejeté.
On revient donc à l'amendement
du ministre sur l'article 21. M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci
beaucoup, M. le Président. Alors, on a déjà eu des échanges sur l'article 21.
Donc, il y a plusieurs éléments, je ne referai pas la liste, là, mais plusieurs
éléments qu'on proposait dans cet article.
Premièrement, il y
avait la date. On se rappellera aussi qu'on parlait du rapport, puis on vient
d'en parler longuement, là, du rapport qui était déposé en communauté. Alors,
c'étaient des points qui étaient importants. Et on ajoutait que ça incluait justement l'article... ce qu'on a créé à
l'article 20.1, le comité, le suivi qui était pour
être inclus, justement. Dans ce rapport annuel, on va savoir qui en fait
partie, quelles seront les recommandations. Et ça, c'est suite à des discussions avec les oppositions,
là, des propositions des oppositions qu'on retrouve à l'article 21,
M. le Président.
Le Président (M.
Tremblay) : M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Oui. J'aimerais quelques précisions puis je vais jaser... peut-être, si ça serait possible de remettre l'amendement du ministre à
l'écran, ça serait apprécié.
tout dernier paragraphe de l'amendement, M. le ministre, c'est indiqué : «Le rapport
est, en outre, présenté au comité de suivi et aux communautés autochtones
concernées.» Je vous ai entendu tout
à l'heure dire qu'on va se
rendre dans les communautés, mais je ne le vois pas dans l'amendement...
«présenté aux communautés concernées», ça pourrait, puis je ne vous prête pas
de mauvaises intentions, demander aux communautés de venir à l'Assemblée
nationale, ou de venir à Montréal, ou à Québec, peu importe, pour qu'on leur
présente ce rapport.
Donc,
est-ce qu'on ne pourrait pas être plus clair dans cette volonté de présenter,
aux communautés autochtones concernées, le rapport en indiquant que ça
se fera chez eux, en indiquant que ça sera à leur choix de l'endroit pour être
certain que ça soit très clair? «Présenté au comité de suivi», évidemment, vous
allez siéger, donc on prend pour acquis que les gens seront autour de la table,
à l'endroit qu'ils auront décidé et accepté de siéger. Mais «présenté aux communautés autochtones concernées»,
j'essaie de voir comment est-ce qu'on pourrait être plus précis pour qu'effectivement...
dans votre volonté d'indiquer le désir assumé d'être près d'eux et de le faire
pour eux.
Parce que je vous ai
entendu parler, tout à l'heure, l'Assemblée nationale, c'est un lieu fixe,
physique, qui n'est peut-être pas le lieu
idéal, dans certains cas, pour les
communautés pour obtenir des réponses. Là, vous invoquez la nécessité que ce rapport sera présenté aux
communautés autochtones concernées, mais je ne le vois pas textuellement,
cette volonté de le présenter sur les territoires des communautés autochtones
concernées. Puis je suis bien conscient que
ce n'est pas d'indiquer qu'il sera présenté dans toutes les communautés sur
l'ensemble du territoire. Je pense qu'il faut se donner peut-être une
marge de manoeuvre en fonction de l'évolution du dossier, en fonction des
volontés aussi des communautés de nous recevoir pour le dépôt de ce
rapport-là et ses discussions. Mais je ne vois pas, dans cet amendement... en tout cas, je crois qu'il manque
quelques précisions quant à la volonté d'y aller dans une présentation
chez les communautés autochtones concernées.
Le Président (M.
Tremblay) : M. le ministre.
Lafrenière : Écoutez... Merci beaucoup, M. le Président, puis merci à
mon collègue parce qu'effectivement on inscrit, de façon très large, la
volonté, mais sans donner les détails, ce qu'on appelle la quincaillerie, ce
que certains pourraient appeler la poutine aussi. Et, M. le Président, on l'a
déjà dit, hein, la volonté qui est exprimée au micro va être reprise, et c'est correct, c'est comme ça qu'on le fait.
La volonté, c'est de le faire par et pour les familles. Et à ce
moment-ci, quand j'ai contacté les familles, elles étaient à l'aise. Selon
elles, c'était une bonne idée, exemple, de le faire à Manawan en communauté
attikamek. Ça, c'est aujourd'hui.
Dans quelques
semaines, quelques mois... et tantôt mon collègue parlait du fait que je vais
siéger sur le comité de suivi. Je veux lui rappeler que les porte-parole des
oppositions sont invités à faire
partie en permanence de ce comité de suivi,
puis je pense que c'est ensemble qu'on sera capables de déterminer le lieu.
Parce que, je vous dis, l'idée aujourd'hui, les familles étaient à l'aise avec
ça, c'est ce qu'elles voulaient, mais je vous donne un exemple comme ça au hasard, elles pourraient nous dire
qu'elles préféreraient de le faire à Drummondville dans un endroit x, y, z.
Je veux vraiment qu'on s'ajuste le
plus près de leurs réalités et de leur volonté. C'est pour ça qu'aujourd'hui au micro, ce que je veux dire, ce qu'on veut, c'est, avec le
comité de suivi, établir ce qui est à propos.
Aujourd'hui,
ce qui semble une très bonne idée et qui passait le test avec certaines
familles, c'est de dire : Faisons-le
dans un lieu qui est significatif, puis Manawan, communauté attikamek, c'était
bien reçu, mais laissons-nous la chance de s'ajuster d'une année à l'autre,
selon les événements. Puis on ne souhaite pas... je vais toucher du
bois, mais, selon les événements,
les familles pourraient nous demander de faire un lieu xyz qui serait significatif pour eux. Et moi, l'engagement que je peux prendre au micro aujourd'hui,
c'est de le faire dans cette volonté de le faire par et pour les familles, et non pas par et pour nous, selon nos agendas, nos
habitudes, nos lieux, mais de le faire par et pour les familles.
Alors, je ne sais pas
si c'est assez engageant comme... j'étais pour dire comme «statement», je
m'excuse, moi aussi, j'utilise des anglicismes, mais comme engagement aujourd'hui
de dire : Moi, ce que je veux, là, avec le comité, c'est de le faire par et pour les familles, selon leurs
volontés, ce qui sera à propos à ce
moment-là. Le premier rendez-vous,
on se le donne en mars 2022, après le dépôt du rapport, ça va peut-être être en
avril, dans les semaines qui vont suivre, de
le faire avec et pour les familles. Et comme le collègue le disait, peut-être
que, la première année, ce sera... ma
volonté serait avec les Attikameks à Manawan, mais, selon ce qu'ils
exprimeront, on pourrait le faire ailleurs sous une autre forme. Je veux
vraiment être... que l'intention soit claire, mais qu'on soit très flexibles
sur la forme pour répondre aux besoins des familles et non pas les besoins de
nous comme parlementaires, mais pour les familles, M. le Président.
Le Président (M.
Tremblay) : Merci, M. le ministre. M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Dans ce cas-là, seriez-vous à l'aise de rajouter le mot suivant :
«le rapport est, en outre, présenté au comité
de suivi et au choix des communautés autochtones concernées»? La notion de
«choix» leur donne l'opportunité de lever la main sur l'endroit, le
moment et donc donne toute, effectivement, la légitimité à votre volonté
indiquée au microphone que cette présentation-là se fera au choix des
communautés concernées.
Le Président (M.
Tremblay) : M. le ministre
Lafrenière : Oui. Merci, M. le Président. Je le dis souvent au micro,
mais je vous écoute. On cherche une porte de sortie en même temps. Puis
pourquoi je parle de porte de sortie? Parce que le danger, puis de la manière
que vous l'avez exprimé, le danger que j'y
verrais, communautés, on en a 44 au Québec, je ne suis pas sûr que je me
lancerais dans un exercice en disant : Est-ce que toutes les
communautés sont d'accord?
Je réfléchis avec
vous, mais je comprends très bien ce que vous voulez. Vous voulez être sûr que
le comité de suivi soit au coeur de notre décision, je l'ai exprimé au micro de
quelle façon... puis, encore là, on regardait des exemples législatifs parce
que c'est l'autre élément qui nous reste. Est-ce que normalement on l'inscrit?
Non, mais jusqu'à date on a fait plein de choses qu'on ne fait pas d'habitude.
Ça fait que ce n'est pas que je suis fermé à l'idée, mais, vous comprenez, je ne veux pas nous lancer dans une fausse bonne
idée où on se dit... Comme on écrit «les communautés» de façon très
large, est-ce que ça voudrait dire que les 44 communautés au Québec... les
41, pardon, devraient être d'accord?
y a peut-être un danger là-dessus, parce qu'au final, ce qui est important,
c'est les familles qui sont touchées. Est-ce
que le comité de suivi est plus à propos? Est-ce que, présentement, c'est assez
engageant? C'est ce que je crois, mais
je continuerais la réflexion. Je vous laisserais continuer cette réflexion-là,
qu'on continue à chercher de notre côté, M. le Président.
M. Ouellet :
Est-ce qu'on peut rajouter «choix par» selon... Ce qu'on cherche, là, ce que je
cherche et ce que nous devons tous rechercher, dans le fond, c'est de trouver
le libellé qui, au-delà de vous avoir entendu aujourd'hui, à 12 h 58,
sur cette volonté d'être en contact direct avec les Premières Nations quant à
la présentation du rapport, ces choses-là peuvent évoluer. Donc, si, dans la
loi, on trouve un mot qui est capable d'exprimer, au nom du législateur, l'obligation qu'il a ou qu'il s'est donné d'être
près des communautés et d'être, dans certains cas, dans les communautés
ou à l'endroit où les communautés auront choisi, c'est ça qu'il faut trouver
ensemble. Parce que, je vous le dis, là, en 2022,
un autre ministre s'assit, un autre gouvernement, peu importe, là, puis là il voit
l'obligation, moi, c'est au... et je dois le présenter aux communautés autochtones concernées, parfait. Palais des
Congrès à Montréal, tout le monde, je vous convoque, c'est là. Je
respecte l'esprit de la loi, mais on est très loin de votre volonté dite au
micro aujourd'hui.
Ça fait que moi, ce
que je cherche, là, c'est qu'à travers ces années-là il y a des individus qui
vont passer aussi au travers ces années, mais il faut que le texte de loi
continue à vivre au-delà des individus, et je ne suis pas convaincu, indiqué ainsi, M. le ministre, que cette volonté d'être près des communautés est clairement indiquée.
C'est ce que je cherche avec vous, aujourd'hui, et avec les collègues,
Le Président (M. Tremblay) : Merci, M.
le député. Je prends quelques
secondes, bien simplement, pour vous rappeler qu'on a une séance de travail
tout de suite après. Je vous inviterai, en toute amitié, à sortir, à quitter,
pour qu'il y ait la désinfection et puis on reviendra pour la séance de
travail. M. le ministre, écoutez, compte tenu de l'heure, vouliez-vous quand
même ajouter quelques mots?
Lafrenière : ...secondes,
oui, M. le Président, juste pour nous aider, pendant le repas, à
réfléchir chacun de notre côté. Ce n'est pas dans le côté législatif.
On ne le met pas, normalement, dans une loi, ça se fait de façon réglementaire.
Ce que je propose, puis on
en discutera après le dîner, on pourrait le mettre dans le mandat de la
direction de soutien aux familles, de façon réglementaire, de dire : Voici comment on veut le faire. Mais on ne l'écrit pas
dans un texte de loi habituellement, mais pensons-y pendant le dîner. On
s'en reparle tout à l'heure, M. le Président.
Le Président (M. Tremblay) :
Parfait. Merci pour la précieuse collaboration.
Compte tenu de l'heure, la commission suspend
ses travaux quelques instants avant de se réunir à nouveau pour une séance de
travail. Merci.
(Suspension de la séance à 13 h 01)
Le Président (M. Tremblay) : Alors,
la Commission des relations avec les citoyens reprend ses travaux.
Nous poursuivons l'étude détaillée du projet de
loi n° 79, Loi autorisant la communication de renseignements personnels
aux familles d'enfants autochtones disparus ou décédés à la suite d'une
admission en établissement.
Alors, lors de la suspension de nos travaux, cet
avant-midi, nous en étions à l'amendement de M. le ministre à
l'article 21. La parole est à vous, M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui. Merci beaucoup,
M. le Président. Puis, avant de quitter pour le dîner, on avait eu un échange
avec le collègue de René-Lévesque, à savoir de quelle façon on pourrait être
plus engageants, disons-le comme ça, là,
dans l'article, à savoir, la volonté d'aller en communauté, de
le faire par et pour les familles. Et on a fait la vérification, au niveau
des légistes, à savoir si c'est normalement une information qu'on retrouve dans
les articles de loi.
Vous allez me dire que ça ne sera pas la première fois, dans ce projet de loi, qu'on va inventer des nouvelles règles. Cependant, ce serait une
belle voie de passage, parce que c'est important de l'écrire au bon endroit.
Vous savez, je vous ai souvent parlé de la
création d'une direction de soutien aux familles et je crois que ça pourrait être un mandat clair qu'on pourrait
donner, dès la création, d'établir, pour l'an 1, c'est-à-dire le 31 mars 2022, mais quelques jours après, comment
sera le dépôt avec le comité et, par la suite, nous faire un plan annuel. Parce
que peut-être les familles, suite au premier dépôt, vont demander des
changements, un ajustement. Ça fait qu'encore là d'être très flexibles, mais, comme c'est une information plus
administrative, qu'on ne retrouve pas normalement dans un projet de loi,
ce que je propose aux collègues des oppositions, c'est de le mettre dans le
mandat de la Direction de soutien aux familles qui sera en place dès le
1er septembre de cette année.
Le Président (M. Tremblay) : Merci,
M. le ministre. M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Oui. Évidemment, le ministre
ne sera pas surpris d'entendre les partis d'opposition dire que, quand c'est par règlement, on aime moins ça parce qu'on constate un état de fait et non pas on remet en question
l'état de cause.
Dans le projet de loi en question, donc, on n'a
pas indiqué cette volonté-là de la création de la direction. Vous nous l'avez dit à plusieurs reprises, vous
nous avez parlé des moyens qui seraient à la disposition du comité de suivi.
Vous nous avez dit qu'effectivement vous vouliez qu'on chemine quand
même de façon adéquate, mais
promptement, dans ce projet de loi
là, pour que, le plus rapidement
possible, cette structure-là soit mise en place. Vous vous étiez fixé le
1er septembre comme date pour aller de
l'avant. Je le constate. Il faut aller quand
même au bon endroit et à la bonne
vitesse pour ce projet de loi là.
Donc, évidemment,
là, vous dites au micro aujourd'hui : On s'engage à ce que, lorsque la direction sera
créée, dans son mandat, ça sera convenu. Je ne dis pas que je n'ai pas envie de
vous croire, là, j'essaie de voir de quelle façon... parce qu'on a convenu, dans le projet de
loi, ce qu'on
voulait voir apparaître de façon assez générale dans le rapport annuel.
On s'était fait dire qu'il ne faudrait pas le mettre puis on a trouvé une façon
de le mettre.
Tu sais, je réfléchis à voix haute, là, par
règlement, est-ce que ça, on pourrait... puis je réfléchis,
là. Est-ce que, dans l'amendement en question,
on pourrait inscrire que, par règlement, le gouvernement conviendra
effectivement des modalités quant à la volonté d'être présent selon les
attentes des communautés pour la présentation des rapports? Est-ce que ça, les
légistes peuvent nous indiquer que ça serait contre-indiqué, dans le fond,
d'inscrire dans la loi que par... parce
qu'on peut le faire, hein? Puis, de mémoire, j'ai déjà vu dans d'autres projets
de loi que telle, telle, telle chose sera convenue par règlement. Est-ce
que, ça, on pourrait le voir apparaître, que, par règlement, lors de la
composition de la direction, seront
incluses, effectivement, la volonté et les discussions qui auront lieu, à
savoir de quelle façon cette transmission ou cette livraison de rapport
et d'information sera faite directement aux communautés autochtones concernées?
Le Président (M. Tremblay) : M. le
ministre.
M. Lafrenière : Oui. Merci beaucoup,
M. le Président, puis merci au collègue pour ses commentaires. Puis il a
raison, tu sais, quand il dit : Je veux bien y croire, mais quelle forme
d'engagement ça va être? Je ne connais pas grand-chose, ça ne fait pas
extrêmement longtemps que je suis ici, mais il y a une chose que j'ai
apprise : quand c'est budgété, c'est toujours bon signe.
Puis je vais vous rassurer pour la
Direction de soutien aux familles, parce qu'on dit qu'on n'a pas fait allusion,
parce qu'effectivement, M. le
Président, on s'est fait dire qu'on ne retrouvait pas ça dans un projet de loi.
Mais la direction, le budget est déjà
voté, il a déjà été annoncé, le 2 millions a déjà été énoncé. Ça fait que
c'est une des fatalités, quand on sait que le budget est là, ça va bien.
Première des choses.
Deuxième des choses,
pour ce qui est du mandat de la Direction de soutien aux familles, M. le
Président, sans présager de l'adoption
du projet de loi, une fois que ce sera fait, ce sera la première
priorité, oui, de nommer des gens, des enquêteurs
qui seront connus, reconnus par les Premières Nations, mais de mettre un mandat
clair pour la Direction de soutien
aux familles. Et à ce moment-là, bien, mes collègues seront à même de
voir qu'on a respecté cet engagement-là.
Écoutez, on le dit, aujourd'hui,
on parle d'un délai de temps qui est quand même très court. Je comprends très,
très bien la préoccupation de mon collègue, en disant : Est-ce que, dans
le futur, ça va être suivi? Là, je parle vraiment d'une très courte période de
temps. Parce que n'oubliez pas que la Direction de soutien aux familles... je
ne veux pas prendre encore un anglicisme,
d'«up and running», mais serait en place, serait pleinement opérationnelle pour
le 1er septembre.
M. Ouellet :
Est-ce que vous y voyez un enjeu d'inscrire dans cette loi que, par règlement,
le mandat sera convenu, les modalités
relatives au mandat seront édictées et que les volontés exprimées dans le projet de loi, quant à la nécessité... et l'obligation, plutôt, de rendre rapport aux communautés autochtones concernées devront être convenues
aussi?
Donc, j'essaie de
voir, puis ce n'est peut-être pas à l'article 21, là. On est sur le bord
de terminer. Mais j'ai déjà vu, par le passé, mes collègues me corrigeront si
j'ai tort, que, dans certains projets je loi, on convient que telle et telle
chose se fera par règlement. Donc, je ne sais pas si les légistes peuvent me
dire que je suis hors champ en évoquant cette possibilité-là. Je ne pense pas,
puisque, par règlement, ça vous donne le pouvoir de mettre ce que vous avez à
mettre dedans, mais ça vous donne l'obligation de publier un règlement sur une
question en particulier. Et je pense que c'est ça qui nous manque dans le
projet de loi.
Le Président (M.
Tremblay) : M. le ministre.
Lafrenière : Vous me donnez 30 secondes avant d'enlever mon
masque?
Le Président (M.
Tremblay) : Oui.
Lafrenière : Merci, M. le Président. Vous avez posé une question
ouverte, cher collègue. Je vais être obligé
de vous répondre oui. La légiste vous dirait qu'on ne le fait pas comme ça,
mais c'est parce que ça nous demanderait de créer des règlements, puis
c'est ça qu'on avait comme échange, pour très peu de choses, parce que, dans le
fond, le mandat ne serait pas nécessairement réglementaire.
Ça fait que ce qu'on
regardait, c'est de quelle façon... Encore là, on cherche toujours la même
chose, hein, des solutions qui soient
crédibles, puis ce qu'on regardait comme possibilité, c'était
d'inscrire, à la fin de mon amendement,
donc : «Le rapport est, entre autres, présenté au comité de suivi et aux communautés
autochtones concernées, et les modalités de présentation de ce rapport seront
établies avec le comité.» C'est une des possibilités qu'on regardait, qui
serait claire. Ça s'en va dans la direction que vous avez proposée.
Parce
que, sinon... Puis je n'aime pas pelleter par en avant, je n'aime pas aller
dire : Écoutez, on va s'embarquer dans un processus réglementaire où finalement... parce
que, vous avez vu, le projet de loi, on a 25 articles. Avec le 20.1, de créer des règlements pour appuyer ça, on ne trouvait pas que c'était
à propos. Parce que, oui, le mandat de la direction va être établi clairement, mais on n'y va pas
en processus réglementaire. Ça
fait que je sais que je vous l'ai dit
verbalement, là, on y travaille pour
arriver avec un écrit, mais j'aimerais qu'on en discute avant de mettre nos
équipes là-dessus, là.
M. Ouellet :
...c'est juste que c'est vous qui avez abordé la notion de règlement. Donc là, je
comprends que vous ne l'abordez plus, ça ne sera pas par règlement. C'est ce
que je comprends, là.
M. Lafrenière :
Je me corrige moi-même. Puis, encore une fois, c'est nouveau en législation, on
n'a pas de règlement à faire dans notre projet de loi. Présentement, c'est un
mandat qu'on mettrait par écrit. J'aurais pu le transmettre rapidement. On n'est pas en processus réglementaire. Ça fait que, pour bien répondre à votre interrogation,
on regardait pour l'ajouter à la fin du paragraphe, là. Donc, on dit que les modalités
seraient établies avec le comité. On vient se menotter avec eux pour trouver
une solution avec eux. On dit : On le fait par et pour eux.
M. Ouellet :
Oui, effectivement, ça répond à une bonne partie, à savoir que la volonté
énoncée dans le projet de loi que les communautés prennent connaissance... les communautés
concernées prennent connaissance du rapport, la façon d'en rendre compte
pourrait être convenue à l'intérieur du comité de suivi. Et c'est là que les
arbitrages se feraient en fonction du nombre de communautés visées ou de
l'endroit choisi. Et ça, ça peut être différent à chaque année, là, et c'est ça
qu'on veut. Je ne voulais pas figer une communauté ou des communautés plus que
d'autres dans le projet de loi.
M. Ouellet : C'est à être envisagé. J'aimerais peut-être...
je ne sais pas si mes collègues veulent peut-être discourir à ce
sujet-là, mais peut-être avoir votre réponse puis, après ça, peut-être
laisser les collègues discourir sur le sujet, là.
Le Président
(M. Tremblay) : M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui. Merci, M.
le Président. Comme vous voyez, on avance, tout le monde, dans la même
direction. Au niveau du règlement, ça existe. On aurait pu, en passant, juste
mettre ça clair, on aurait pu aller du côté réglementaire, mais on n'en a pas
de besoin. Il y a tellement peu de règlements avec l'article... Avec le projet
de loi, on a 25 articles. On n'avait pas prévu faire un cadre réglementaire.
Cependant, ceci étant dit, comme on a bien entendu
la volonté puis surtout la volonté de l'inscrire pour le futur, pour qu'il y ait une trace de nos
échanges aujourd'hui, ce qu'on vous propose, ce serait que je retire
cet amendement, je vous en
présente un nouveau qui inclut le fait que le processus de diffusion du rapport
soit établi avec le comité.
Alors, M. le Président, à ce moment-ci, moi, je propose à mes collègues de retirer mon amendement
et de vous en proposer un. Mais je sais que j'ai mon collègue qui
voulait parler.
Le Président (M. Tremblay) : On
va suspendre deux petites minutes, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 14 h 18)
Président (M. Tremblay) :
Alors, nous reprenons les travaux. D'abord, j'aurais besoin d'un consentement. Ce que
je comprends, c'est que, M. le ministre, vous souhaitez retirer l'amendement
à l'article 21?
M. Lafrenière : Absolument, M. le
Président, pour en présenter un nouveau.
Président (M. Tremblay) : Est-ce que
j'ai le consentement des collègues? Consentement. Alors, on retire l'amendement
à l'article 21. Je comprends que vous souhaitez présenter un nouvel amendement, M. le ministre.
Lafrenière : Oui. Merci beaucoup, M. le Président. Alors, remplacer
l'article 21 du projet de loi par le suivant :
21. Le ministre responsable des Affaires
autochtones rend compte au gouvernement de l'application de la présente loi dans un rapport annuel au plus tard
le 31 mars 2022 et, par la suite, au plus tard le 31 mars de chaque
année.
Ce rapport
fait notamment état du nombre de plaintes formulées en application du premier
alinéa de l'article 19 et de leur nature, des améliorations
apportées aux pratiques ainsi que des mesures de sensibilisation utilisées, le
cas échéant. Il fait également état du
nombre de demandes reçues et du nombre d'enquêtes effectuées en application de
la loi, ainsi que de leur nature, de leur état d'avancement et du nombre
d'enfants concernés. Il comprend aussi la liste des personnes qui composent le comité de suivi créé en vertu de
l'article 20.1 et énonce les recommandations formulées par ce
dernier.
Le rapport est déposé par le ministre devant
l'Assemblée nationale dans les 30 jours de sa production au gouvernement ou, si elle ne siège pas, dans les 30 jours
de la reprise des travaux. Il est également publié, à cette occasion,
sur le site Internet du ministère.
Le rapport
est, en outre, présenté au comité de suivi et aux communautés autochtones
concernées. Les modalités de présentation de ce rapport seront établies
avec le comité de suivi.
Et ça, M. le Président, c'est pour faire suite à
l'échange qu'on a eu avec le collègue de René-Lévesque. Et à la fin, donc, de cet amendement-là,
ce qu'on propose, c'est d'inscrire le fait que les modalités de présentation
vont être établies avec le comité.
Donc, ça ne sera pas le ministre ou les gens en poste qui pourront le décider de
façon unilatérale.
Pour
répondre, cependant, à une préoccupation de mon collègue de D'Arcy-McGee, je dirais que, dans le français qui a été utilisé, c'est-à-dire :
«Les modalités de présentation de ce rapport seront établies avec le comité de
suivi», je crois que c'est implicite que ça
a été établi avant la présentation, comme on dit «les modalités de
présentation». Je pense que ça répond à cette préoccupation, mais,
encore là, place au débat.
Le Président (M. Tremblay) : Merci, M.
le ministre. M. le député de D'Arcy-McGee.
M. Birnbaum : Oui. Merci, M. le
Président. Je veux assurer de bien exprimer ma petite préoccupation, parce que
c'est hors ondes aussi, en bonne foi, et nous assurer que ça serait réglé par l'amendement
tel que présenté.
Je me souviens, lors de nos discussions et peut-être
même hors micro, quand on parlait du comité de suivi, une des alternatives pour
assurer une transparence et un rôle accru, j'avais songé à cette modalité, c'est-à-dire
que le comité soit... reçoive le rapport annuel.
La notion qui me préoccupe ici, c'est la
séquence des choses. Je comprends que les modalités vont être convenues avec le
comité, mais qui laissent un aspect très facultatif. Juste avant, à juste
titre, comme arrive souvent dans les projets de loi, évidemment, on impose un
échéancier, qui est tout à fait normal. Dans les 30 jours, bon, le rapport
va être déposé devant l'Assemblée nationale. Alors, l'idée de préciser un
échéancier est tout à fait normale. La chose
qui me préoccupe, c'est qu'admettons la possibilité que, sans mettre dans
l'amendement la notion que le comité de
suivi voit le rapport de façon préalable, on risque d'être devant le contraire,
qui, en quelque part, viderait l'amendement de tout son sens, que ce débat
sur un rapport annuel à l'Assemblée nationale ait tout son sens, et je crois
que c'est ça, l'intention du comité de suivi ainsi que le ministre, ait tout
son sens.
Les députés de toutes
formations confondues aimeraient comprendre comment ce comité de suivi, qui se rencontrerait, j'imagine, en public, ou ses
délibérations seraient rendues publiques, de toute façon... les députés
seraient sûrement alimentés dans leurs réflexions, leur façon de
recevoir ce rapport annuel à l'aube des délibérations de ce comité de suivi.
Et, comme je dis, j'ai tendance à croire que c'est les intentions du ministre.
Par contre,
pour moi, c'est une condition assez importante, et, de façon tout à fait normale, ce n'est
pas le sujet d'un règlement.
Ce serait tout à fait recevable, de ma lecture, et normal que cette
condition soit énumérée de façon claire dans la loi. Et comme je dis, bien, il me semble que ça se fait par deux
mots, un amendement éventuel, à
titre d'exemple : Le rapport, en outre, est préalablement présenté au comité. Alors, comme je dis, je
trouve ça une condition importante, et, pour moi, la nécessité est évidente
que ça soit clairement indiqué dans l'amendement.
Le Président (M.
Tremblay) : Merci, M. le député. M. le ministre.
Lafrenière : Oui. Merci beaucoup, M. le Président. Je relis une
partie de notre
article 21, on
dit justement que ce rapport
annuel va inclure... Bon, on parlait de la composition du comité, donc les gens
qui vont être sur le comité, ce ne sera pas
caché, ça va être suite à une recommandation que les collègues de l'opposition avaient apportée. On dit «énonce les recommandations
formulées par ce dernier». Ça fait que je ne veux pas... Puis je pense que
c'est vous, M. le Président, hier, qui avez sorti votre expression, l'arbre est
dans ses feuilles, mais je crois que, dans le cas présent, on est un petit peu
à la même place aussi, en tout respect avec mon collègue. J'ai l'impression que
notre rapport annuel va faire état de ce que le comité de suivi va faire de
façon mensuelle.
Alors, je comprends
ce que vous dites en disant : Est-ce que le comité ne sera pas laissé
complètement dans les limbes? Est-ce qu'il va savoir ce qui va sortir? Comme je
vous disais clairement hier, pour moi, il ne devrait pas y avoir de surprise à
ce rapport annuel, parce que logiquement, mensuellement, le comité va se
réunir, puis, dans le rapport annuel, on va émettre les recommandations du
comité. Alors, je comprends l'interrogation de mon collègue.
si on... parce que ce qui nous a aidés, jusqu'à présent, on a pris des cas
d'espèce puis on s'est fait un scénario. Prenons un scénario du
31 mars 2022. Notre comité de suivi se rencontre à chaque mois. Il y a des
recommandations, puis on l'écrit. S'il y a des recommandations ou des plaintes
qui sont formulées, ça va être dans le rapport annuel. Le rapport est déposé à l'Assemblée nationale, donc les collègues des oppositions
y ont accès. Notre comité décide à quel endroit le rapport va être présenté, devant qui, et tout ça. Donc, je pense que, logiquement, si les collègues des oppositions sont là, dans ce comité-là qui se réunit
mensuellement, ils vont déjà avoir cette information.
J'entends la préoccupation
du collègue, mais j'ai comme l'impression qu'étant donné qu'on a dit... Puis
j'aime beaucoup le ceinture, bretelles, mais là je suis rendu à deux ceintures.
J'ai l'impression que les gens vont faire
partie
du comité, mensuellement, ils vont se rencontrer, ils vont voir ce qui se
passe. Puis c'est effectivement ce qu'on
va retrouver dans le rapport annuel, c'est vraiment
ce qu'on va retrouver, c'est le nombre de plaintes, les recommandations. Moi, j'ai comme l'impression... Encore une fois, comme je vous
dis, je comprends très, très bien la préoccupation, puis on veut la même chose,
mais j'ai l'impression que, normalement, le rapport annuel va faire état de ce
qui est discuté mensuellement.
Le Président (M.
Tremblay) : M. le député de D'Arcy-McGee.
M. Birnbaum :
Oui. M. le Président, deux choses. Dans un premier temps, je crois que, dans
chacune de nos interventions, il y a une présomption de bonne foi derrière nos interventions,
et la perspective tout à fait normale que chaque mot dans un projet de loi a
son sens, et est mesurable, et assure une imputabilité, qui n'est pas
redondant, si sa redondance n'est pas nécessaire.
Dans ce cas, si je
peux, avec respect... il y a deux façons de prendre l'argument du ministre.
Dans une première façon, ça serait de dire : En quelque part, l'amendement
comme tel n'est pas nécessaire, superflu, que le comité va se rencontrer chaque mois, et c'est une évidence que le
rapport annuel ne serait pas une surprise. Je comprends. Je
n'accepte pas nécessairement cette logique, mais, si c'est cohérent, l'amendement
comme tel est redondant. Si ce n'est pas le cas, et je soumets que ce n'est jamais
le cas... Moi, j'ai eu à diriger des organismes, et il y a souvent des
discussions assez plates, aux réunions annuelles générales, sur le rapport
annuel. Sauf que ça a un poids légal, ça a un poids historique, ça a un poids
sérieux sur les conséquences et l'avenir d'une implantation d'une telle loi.
Alors, ça a tout son sens.
Alors,
pour moi, comme je dis, la suggestion que je fais est, en quelque part, normale. Ça risque d'opérationnaliser l'amendement comme il faut.
Et, sinon, j'aimerais entendre en quoi l'ajout d'une telle spécification risque
de nuire, une autre fois, sur le plan législatif et opérationnel, le
sens de cet article-là.
Lafrenière : Pour nous aider, M. le Président, je vais demander à mon collègue
juste de nous rappeler à quel endroit... juste de nous rappeler exactement son
idée puis je pense que ça va nous aider. Parce que, comme je vous dis, j'ai l'impression qu'on discute puis on
veut la même chose. Ça fait que, pour nous aider à faire ce bout de chemin
ensemble, juste me rappeler à quel endroit
il voulait faire son ajout, puis on va prendre bien le temps, là, d'y répondre
pour voir ce qui est bon.
M. Birnbaum : Avec plaisir, M. le
Président. Et, si moi, j'ai manqué un endroit où les assurances que je cherche sont comblées, je m'en excuse d'avance.
Moi, je parle de l'alinéa où on dit : «Le rapport est, en outre, présenté
au comité de suivi et
aux communautés autochtones concernées. Les modalités de présentation de ce
rapport seront établies avec le comité de suivi.»
Ma préoccupation, c'est que, si on lit ça comme
tel, et je ne crois pas que je fais... je parle d'un petit détail, la possibilité qui serait permise par cet amendement,
c'est que, de façon subséquente, le comité de suivi se prononcerait ou aurait devant eux le rapport annuel. Il n'y a
rien, dans l'amendement comme tel, qui assure que le comité aurait
délibéré sur le rapport annuel avant que ça soit déposé devant l'Assemblée
nationale.
Alors, je
propose tout simplement qu'un éventuel amendement se lirait que : «Le rapport est, en outre et
préalablement, présenté au comité de suivi.» Maintenant, je n'ai aucune
prétention de croire que... et je crois qu'il n'y a aucun danger, si je peux...
qu'un tel amendement ferait en sorte que le rapport soit rerédigé après ce
comité-là, aucunement, aucunement. Mais je trouve que, si l'amendement est pour
avoir sa portée, il faut que l'Assemblée nationale et les députés de chaque formation soient en
mesure de comprendre comment le comité de suivi aurait reçu ce rapport
annuel. Alors, c'est ça, ma préoccupation.
Le Président (M. Tremblay) : Merci,
M. le député. M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci. Merci,
M. le Président. Puis je pense que ça m'a aidé parce qu'encore une fois je
pense qu'on veut tous la même chose. Mais là, si on recule puis on se donne cet
exemple bien, bien, bien précis, ça voudrait dire que le rapport annuel, M. le
Président, serait présenté dans les communautés, serait présenté au comité de
suivi avant d'être déposé à l'Assemblée nationale. Est-ce que je comprends bien
le...
M. Birnbaum : Oui, et je crois que
je vois où vous irez avec ça, mais oui.
M. Lafrenière : Non, mais ce n'est
pas méchant, mais c'est...
M. Birnbaum : Non, non, non...
M. Lafrenière : On est très, très
honnêtes entre nous.
M. Birnbaum : Oui, oui, oui,
justement.
M. Lafrenière : C'est là que...
c'est là le problème en soi. Mais je comprends ce que vous voulez, puis c'est
pour ça, je voulais vous entendre. Puis continuons, puis je pense qu'ensemble
on va arriver à une solution, parce que ce
qu'on veut... Puis je comprends ce que mon collègue apporte comme point
depuis tantôt, puis c'est pour ça, je voulais être sûr de bien le
comprendre. Il veut que les collègues des oppositions soient bien outillés pour
faire leur travail, c'est-à-dire de questionner le rapport annuel, puis je suis
entièrement d'accord avec lui.
C'est pour ça que, si je revenais au cas précis...
Revenons, reculons un instant, M. le Président. Rapport annuel pour le
31 mars prochain, parce que ça arrive vite, il est déposé à l'Assemblée
nationale, donc tous les collègues y ont accès. On s'entend, il est public, les collègues
y ont accès. Avec le comité de suivi, il est décidé, par exemple, c'est une décision qui est prise avec les familles, qu'on le
présente à Manawan devant la communauté attikamek. Ça peut être 30 jours plus tard, peu importe le temps qui sera décidé
avec les familles. Je crois, M. le
Président... puis c'est pour ça, je vous dis, je pense qu'on n'a pas le même
discours, mais on arrive à la même place, je pense que les collègues
des oppositions auraient le rapport en main, auraient eu le temps de le questionner,
poser des questions eux-mêmes aux gens en
disant : Écoute, est-ce que ça tient la route ou pas?, et, par la suite, le rendez-vous qu'on aurait ensemble devant les membres de la communauté, de le
présenter, de l'expliquer.
Parce que, je pense, mon collègue a raison, le
rapport annuel lui-même, ce n'est pas une fin en soi. Puis on l'a dit tantôt,
hein, ça va prendre des échanges. Il y a des familles qui vont vouloir partager
ce qu'elles ont vécu. On veut les supporter avec des communications. Alors, je
comprends très, très bien l'interrogation de mon collègue, mais moi, je pense qu'a contrario il y a
l'importance de le déposer devant l'Assemblée
nationale, quand on fait un rapport
annuel. Par la suite, le comité de suivi va décider avec les familles ce qui
est le plus à-propos, l'endroit, la forme. Mais
je pense, M. le Président, que ça va laisser le temps aux collègues
des oppositions de bien l'analyser pour être capables de
le questionner, parce qu'on va devoir répondre à des questions. Et, encore une
fois, je rappelle, pour les gens qui nous
écoutent, que le comité de suivi laisse une place de choix, la place qui leur
revient, aux membres des oppositions pour le questionner mensuellement aussi.
Président (M. Tremblay) :
Bien, écoutez... M. le
député de D'Arcy-McGee. Après, il y aura notre collègue
de Sainte-Marie—Saint-Jacques,
sans problème.
M. Birnbaum : Oui, je comprends et
j'apprécie, M. le Président, et c'est une précision juste pour m'assurer que le
tout a été considéré. Est-ce que je peux comprendre que, clairement, aux yeux
de nos règles parlementaires, de faire
ainsi, d'insérer ma proposition, serait, en quelque part, de l'outrage au
Parlement, clairement et spécifiquement? Parce que je tiens à noter que je maintiens mes arguments, si ce n'est pas le
cas; si c'est le cas, j'imagine que notre discussion est terminée.
Le Président (M. Tremblay) : M. le
ministre.
Lafrenière : Oui. Merci, M. le Président. Je veux rassurer mon
collègue, en aucun moment, je n'ai pensé à l'outrage au Parlement. C'était
juste dans une logique administrative où on dépose ce rapport-là, premièrement,
au gouvernement, parce qu'on en fait état au gouvernement, et on s'assure par
la suite, comme il est publié, bien, que les collègues des oppositions y ont
accès. Mais il n'y avait pas... puis on a vérifié, pour être bien sûrs, il n'y
a pas vraiment de notion d'outrage au Parlement.
Puis je vais être
bien transparent avec mon collègue, comme on a été depuis le début. C'est
vraiment dans cette logique de dire : On le dépose, donc officiel, on l'a
déposé, tout le monde peut en prendre connaissance. Je trouvais même, a
contrario, que ça laissait le temps aux oppositions de se préparer pour venir
questionner, bien, le gouvernement qui sera en place, qui devra répondre à ces
questions-là face aux familles, face aux communautés. C'est juste ça, la
précision que je voulais apporter. Mais rassurez-vous, là, il n'y avait pas
de... on ne parlait pas d'outrage du tout, du tout.
Le Président
(M. Tremblay) : Ça va? Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé :
Merci. En fait, là, on discute de quelque chose qui n'est pas là, dans le sens
où l'amendement que vous avez apporté, avec lequel on travaille présentement,
n'inclut pas cette notion de... Puis moi, je vais vous dire comment je le
comprends, puis, M. Birnbaum, vous me direz si je suis en affaires.
Ce que je comprends,
c'est : C'est qui qui dépose le rapport à l'Assemblée nationale? C'est-tu
le SAA ou c'est le comité de suivi? Si c'est le SAA, bien... et ça me semble
être la réponse que vous donnez, je comprends pourquoi c'est écrit comme ça. Si
c'est le comité de suivi, bien là, je comprends la préoccupation du député de
D'Arcy-McGee, parce que le comité de suivi, qui inclut les oppositions, ne peut
pas se mettre à critiquer, après, un rapport
qu'il a lui-même déposé, puisqu'il est le comité de suivi. Alors, je pense que
c'est peut-être là, un peu, la confusion.
Et, dans ce sens-là,
je distinguerais, à mon sens... si je comprends bien, David, je distinguerais
«comité de suivi» et «communautés
concernées». Dans le sens... dans le comité de suivi, il y aura des
représentants, représentantes des
autochtones, là. Je suis retournée voir, là, l'article 20.1, où on a créé
ce comité-là. Ça parle qu'il va être représenté... pardon, qu'il va être
composé de différentes personnes, différents groupes, bon, qui vont suivre
l'application de la loi. Et ça ne veut pas
nécessairement dire que, dans le comité de suivi, il y a les communautés qui sont
affectées par la disparition des enfants. Il y a des représentants, mais
pas nécessairement des communautés.
Alors, bref, je suis
en train de vous dire ça parce que je pense que... et vous saurez me le dire,
cher collègue de D'Arcy-McGee, qu'il est là, l'enjeu, c'est-à-dire que, si
c'est le SAA qui dépose, bien, nous, on va accueillir ça puis là on fera ce qu'on a à faire. Si c'est le
comité... parce qu'il y a un autre endroit où on dit que le rapport, c'est un
petit peu plus haut, va inclure les
recommandations — oups!
j'ai fermé ma fenêtre au lieu de l'ouvrir, ça ne va pas bien — va inclure
les recommandations, c'est dans le deuxième alinéa, en vertu de 20... «et
énonce les recommandations formulées par ce dernier», par le comité en
question.
Donc là, on est dans
une situation où il y a un rapport qui va être, si je comprends bien, présenté
par le SAA, qui va inclure des
recommandations du comité de suivi, mais ce n'est pas le comité de suivi qui va
le déposer à l'Assemblée nationale. Le comité de suivi va le recevoir.
Et donc je pense que c'est là qu'on est un peu mêlés dans notre affaire. Je ne
sais pas si ça fait du sens, ce que je vous dis, là, hein? On continue à
avancer là-dedans. Ça fait que, voilà, c'est ma contribution pour éclaircir, M.
le ministre.
Le Président (M.
Tremblay) : M. le ministre.
Lafrenière : Merci beaucoup. Merci, M. le Président. Merci pour cette
collégialité qui nous permet d'avancer. Effectivement, je pense que c'est
important, vous avez raison, on va prendre un pas de recul puis on va revenir à la base. Alors, si on regarde le
troisième paragraphe : «Le rapport est déposé par le ministre devant
l'Assemblée nationale», alors c'est
le ministre qui est responsable du rapport, clairement, puis c'est lui qui va
assumer ce rapport-là. Puis je veux
être bien clair, ce n'est pas une façon de menotter les gens en disant :
Vous avez fait
partie du rapport, vous ne pouvez pas le critiquer. Ma collègue
a bien raison. Donc, le rapport est présenté par le ministre, ça, c'est clair.
Autre point qu'il est
important de mentionner, quand on regarde au deuxième paragraphe, et ça, c'est
suite à nos échanges qu'on avait eus ensemble, quand on a fait le 20.1, on
disait : Le rapport... «il comprend aussi la liste des personnes qui
composent le comité de suivi — donc, on s'assure que ça soit
transparent, les membres du comité de suivi sont sur ce rapport-là — et
énonce les recommandations formulées par ce dernier.» Puis là c'est là que vous
avez raison, que ça pourrait être interprété de différentes façons.
Mensuellement, le
comité de suivi se rencontre, les familles font
partie du comité de suivi, les
oppositions, plusieurs personnes qui ont
offert de participer à ce comité de suivi, et, pendant ces rencontres-là
mensuelles, un groupe, disons les familles, pourrait recommander quelque
chose de... un changement à faire, ou quoi que ce soit, ça va être inscrit dans ce rapport, mais ce n'est pas les
recommandations sur le rapport annuel. Et c'est là que je vous... vous comprenez? Je pense que le point est bon, là. Le
rapport annuel va inclure des recommandations, mais ce n'est pas les
recommandations sur le rapport annuel.
Alors,
vous avez raison, ce qui laisse le loisir, la place aux gens de faire leur
travail, les membres des oppositions, les
familles, parce que c'est un rapport qui sera annuel, qui va inclure, oui,
plusieurs choses qui se sont passées dans l'année, mais ce n'est pas un résultat collectif où on dit : Tout
le monde était d'accord avec ça, puis maintenant on ne peut plus le critiquer.
Je vous rejoins.
Alors,
de faire ça très clair, pour les gens qui nous écoutent, c'est un rapport
annuel qui est présenté par le ministre à l'Assemblée nationale. Une fois que
c'est déposé, avec le comité de suivi, on établit ensemble quelles sont les
modalités de présentation dans les communautés, avec les communautés, parce
qu'on a cette volonté-là de se déplacer, non pas de demander aux gens de venir
ici. Mais c'est vraiment un rapport annuel qui est présenté par le ministre
puis c'est lui qui en assume la responsabilité aussi.
Le Président (M. Tremblay) : Merci, M.
le ministre. D'autres interventions? Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé :
Bien, je suis contente, là, je pense qu'on a démêlé les morceaux. Mais la question
de mon collègue de D'Arcy-McGee n'était pas mauvaise, à savoir : Est-ce que
ça serait un outrage au... pas au tribunal, mais au Parlement, si le comité de suivi recevait... Et
moi, je distingue vraiment comité de suivi des communautés.
Ça, c'est... parce que, dans la
phrase, ils sont tous ensemble, là, mais, si le comité de suivi recevait le
rapport antérieurement au dépôt, qui est la préoccupation de mon collègue, et là je ne veux pas présumer de ce que lui voulait dire, mais l'idée
est...
À partir du moment où
on dit : O.K., ce n'est pas le rapport du comité de suivi, c'est le
rapport du ministre, un coup qu'on se dit ça, là, à cause, justement, de... tel
que formulé dans le troisième alinéa, un coup qu'on se dit ça, bien, peut-être, la préoccupation qui reste... ou on fait le débat pour que ce soit
le comité de suivi qui rédige le rapport. Moi, je n'en suis pas là du
tout, du tout. J'aime cette liberté.
Mais, ceci étant dit,
est-ce que... puisque ces gens-là sont impliqués, puisque ces gens-là suivent
la démarche, puisque ces gens-là sont les gens qui auront à le critiquer, un
coup qu'il sera déposé officiellement à l'Assemblée nationale par le ministre, est-ce
qu'il ne serait pas acceptable pour le ministre que le rapport soit déposé
auprès du comité de suivi avant d'être déposé au Parlement du Québec, sauf, bien
sûr, si ça créait un problème quelconque? Je pense que c'est peut-être ça qui
pourrait être une piste, là.
Le Président (M.
Tremblay) : M. le ministre.
Lafrenière : Oui. Merci beaucoup, M. le Président. Puis, encore une
fois, pour mettre ça clair, là, on a vérifié au niveau légal, ce n'est pas un
outrage de le remettre aux groupes. Ce n'est pas l'enjeu du tout. Moi, je pense
que c'est plutôt l'autre enjeu que vous
avez soulevé tout à l'heure, quand on parle d'indépendance des gens de
critiquer le rapport. De la façon qu'on l'a vu, puis, encore une fois,
on garde nos visions, le ministre est responsable de ce rapport-là et le
dépose, donc reddition de comptes. Et par la suite, bien, les gens... même le
comité de suivi, les gens qui font
partie du
comité de suivi, pourront le critiquer. Vous comprenez, on ne les attache pas
en disant : C'est notre comité, c'est
notre rapport à nous tous et toutes, c'est le rapport du ministre. Cependant,
le rapport va contenir des recommandations, des plaintes formulées, la
liste des membres du comité. Moi, je pense que ça laisse une plus grande
liberté aux gens de venir le critiquer par la suite.
Mais,
encore là, j'entends très bien votre vision puis peut-être que... Comme je vous
disais, je reviens à la base, si notre comité se rencontre
mensuellement, fait état des choses, il ne devrait pas y avoir tant de choses
qui vont être apprises dans le rapport annuel. Mais, je pense, ça laisse une
petite distance aux gens, justement, pour être capables de le critiquer et critiquer le travail aussi. Et le but du comité n'est
pas d'attacher les gens puis de faire en sorte que tout le monde soit d'accord, c'est vraiment de leur
transmettre de l'information, mais je pense qu'il faut leur laisser une petite
distance pour être capables de le critiquer aussi.
Le Président (M.
Tremblay) : M. le député de D'Arcy-McGee.
Birnbaum : Merci, M. le
Président. J'ai posé la question sur
la possibilité d'outrage, avec raison, parce que, si la réponse a été
oui, l'idée que je mets de l'avant serait non recevable, et je comprendrai.
Je reviens au sens de
mon intervention et je comprends le rôle clé, les réunions régulières qui
vont... que va avoir le comité. Nous sommes dans un autre geste, si j'ai bien
compris, qui a comme objectif de vraiment instaurer un climat de confiance, de transparence, de collaboration, et, pour moi,
ce n'est pas anodin. Et, j'en conviens, ça risque d'être peut-être un petit peu exceptionnel, mais
ça ne serait pas la première fois. Le ministre lui-même a noté à quelques
reprises l'importance des gestes qui sortent
de l'ordinaire. Je me souviens, le ministre a noté qu'il y a des articles
là-dedans qui vont jusqu'à la ligne légale, en tout ce qui a trait au
rôle de coroner, et tout ça, donc les efforts exceptionnels nécessaires et
évidemment recevables sur le plan légal.
Donc, moi, j'ai
tendance à comprendre que ce que je propose est, dans l'ordre, un tout petit
peu exceptionnel, parce que le document appartient,
en quelque part, au ministre, est déposé devant le Parlement, et j'imagine que
ça ne serait pas, comme le ministre lui-même a dit, une grande surprise,
dans sa totalité, aux yeux des membres du comité de suivi. Et je tiens à préciser, je n'ai pas vraiment nécessairement en
tête juste les législateurs, sur le comité.
Par contre, c'est un geste important, un rapport annuel. C'est un des
piliers, une des étapes à franchir, dans le processus devant nous, qui va
témoigner d'une transparence, d'une imputabilité, d'une reddition de comptes.
Je comprends que
le... comme je dis, le souhait de cet amendement, de cet alinéa-là sur le
rapport est justement de souligner la nature participative de l'exercice,
l'implication des familles, des communautés, oui, les députés des autres form