Transportation and the Environment — 2 February 2015 (41st Legislature, 1st Session)
CTE 2015-02-02
Quebec — Committees
Donc,
les quatre cibles à fixer pour atteindre nos objectifs d'électrification, bien,
c'est sensibiliser la population, puis
c'est obtenir une meilleure disponibilité des véhicules électriques, améliorer
les incitatifs financiers et sociaux, et améliorer les infrastructures.
De quelle façon?
Bien,
la sensibilisation, c'est l'éducation du public. Premièrement, il nous faut un programme
provincial de sensibilisation à l'électromobilité, sensibiliser la population
aux gaz à effet de serre et leur impact sur la santé puis les coûts du système de santé aussi. Il nous faut des kiosques publics
où les consommateurs vont pouvoir discuter avec un expert des véhicules électriques. Au Québec,
on vous a présenté déjà... l'Institut de l'évolution du transport vous
a présenté le projet HERVE, qui est
un peu calqué sur ce qui se fait déjà en Hollande. Ça fonctionne très bien
en Europe. Je ne vous le présenterai
pas au complet, mais c'est un des points où on pourra en parler par la suite. Même à Vancouver, il y a un programme
qui s'appelle Emotive — émotion,
mobilité — qui
est là pour expliquer aux gens qu'est-ce
que le véhicule électrique. On
doit mettre de l'emphase là-dessus.
Il faudrait avoir des
affiches distribuées aux concessionnaires sur le programme d'incitatifs du
ministère de l'Énergie et des Ressources
naturelles qui parlent qu'il y a un rabais gouvernemental de 8 000 $
à l'achat d'un véhicule électrique
dans les vitrines des concessionnaires. Les gens vont entrer pour s'acheter un
véhicule, ils vont voir 8 000 $ de rabais, ça va les inciter
rapidement.
Il faudrait un
calculateur officiel du gouvernement qui pourrait être mis à la disposition des
vendeurs chez les concessionnaires, qui
pourrait comparer un coût d'acquisition versus un coût mensuel d'utilisation
sur la période d'achat ou de location, qui démontre les avantages
financiers sur la période d'achat ou de location.
Puis
aussi il faudrait avoir des brochures gouvernementales chez les
concessionnaires pour, encore là, démontrer que le gouvernement est
actif, il veut l'électrification des transports et il est présent là où les
véhicules se vendent.
faudrait aussi une visibilité des véhicules électriques grâce à leur
utilisation par les municipalités, par les élus, où ces véhicules sont clairement identifiés avec le logo de la voiture
électrique, qu'on voit en vert ici, qui a été créé par le Bureau de l'efficacité énergétique. Il faudrait
les identifier parce que les gens ne reconnaissent pas toujours qu'est-ce qu'un
véhicule électrique parmi la flotte disponible sur nos routes.
deuxième chose, c'est la disponibilité des véhicules électriques. Il faut augmenter
l'inventaire des véhicules électriques,
des concessionnaires et leur nombre, des manufacturiers. Donc, il y a certains
véhicules électriques qui sont disponibles
à l'extérieur du Québec. On va penser à Volkswagen, par exemple, qui ont la
e-Up, ils ont la e-Golf, la Golf électrique.
C'est un véhicule très populaire, la Golf à essence. On ne l'a pas au Québec,
pourquoi? On a demandé à Volkswagen
Canada, ce n'est pas dans leurs plans présentement, le Québec n'est pas une
priorité. Il faudrait peut-être leur prouver qu'on est une priorité, que
le gouvernement dépense beaucoup d'argent pour les infrastructures, pour les incitatifs, on veut que ça arrive. Peut-être
qu'une Mitsubishi va moins plaire à un consommateur, mais la Golf va lui plaire.
Il faut penser à ces choses-là.
Donc,
la loi zéro émission, pour une de ces raisons, est nécessaire au Québec. C'est
souligné, c'est important, il faut
s'y attarder. Comment le faire? Bien, il faudrait l'établir à travers la bourse
du carbone qu'on a déjà entre la Californie et le Québec, et on espère aussi que l'Ontario va s'y joindre. On doit
encourager l'électrification, et non les piles à hydrogène. Donc, cette loi zéro émission doit s'appliquer
strictement aux véhicules entièrement électriques ou aux véhicules hybrides
rechargeables avec une pile d'une certaine grosseur. On a déjà discuté que
l'hydrogène n'est pas d'avenir pour le Québec,
c'est un frein présentement au développement d'autres avantages des batteries
qui s'en viennent, haute définition. Donc, on aimerait qu'on se
concentre sur nos avantages avec l'hydroélectricité.
Il faudrait qu'il y
ait un inventaire de 90 jours chez les concessionnaires, comme pour tous les
véhicules d'ailleurs. Et une des choses qui
est importante, c'est qu'il faut
éviter de forcer les concessionnaires à faire des achats groupés. Ça, vous n'êtes peut-être
pas au courant, c'est quoi. Mais un achat groupé, c'est que, si je veux une
Volt dans ma concession, bien, je
dois acheter un Yukon, je dois acheter un Escalade, je dois acheter différents
véhicules de GM, puis, dans le
groupe, je peux avoir une Volt. Donc, à chaque fois que je veux cinq, 10 Volt,
il faut que j'achète tous les autres
véhicules. Puis ça, ça s'appelle un achat groupé, puis ça arrive chez les
concessions, puis il faudrait que les véhicules électriques n'embarquent pas dans ce système-là puis que le
concessionnaire puisse en acheter tant qu'il veut sans les avoir
groupés. Très important.
Troisième
point, les incitatifs financiers et sociaux. Donc, les incitatifs qu'on a
présentement de 8 000 $ à
l'achat ou à la location d'un
véhicule électrique, bien, ils viennent à échéance le 31 décembre 2016. Il ne
faut pas une date, ce n'est pas la
bonne façon de faire, il faut un nombre de véhicules électriques sur nos
routes. On envisage 1 % des véhicules qui soient électrifiés, ça veut dire qu'il faut viser pour 50 000
véhicules électriques. Ça veut dire qu'il faut viser, pour un budget qui va sortir du Fonds vert qui va
équivaloir à 50 000 véhicules électriques, un incitatif de
8 000 $ chacun. Avec les
augmentations qu'il y a sur la taxe sur l'essence pour le Fonds vert, qu'il y a
eu en janvier, qu'il va y avoir dans les prochaines années, ça comble
facilement ces chiffres-là.
Aussi,
il faudrait penser au gouvernement, 10 % du parc des véhicules du
gouvernement qui serait à électrifier. Mettre
des incitatifs pour les entreprises — on les oublie toujours — pour qu'ils puissent viser, eux aussi,
10 % de leur flotte automobile
et de livraison. Ça se fait déjà à Vancouver, puis ça fonctionne très bien. On
voit des véhicules même de Postes
Canada, de Federal Express, de Frito-Lay, de Pepsi qui sont électrifiés.
Pourquoi pas au Québec? Qu'est-ce qui nous empêche de les avoir?
faudrait avoir un incitatif social comme les accès aux voies réservées, des
stationnements gratuits. Donc, s'il y a une borne sur rue, bien, qu'on
offre le stationnement gratuit aussi. Des péages gratuits. Donc, c'est des
mesures incitatives sociales qui vont aider.
Il y a des gens qui n'ont pas besoin... le 8 000 $, ça va moins les
inciter, mais le fait qu'ils vont
pouvoir aller plus rapidement au travail, ça, ça va être beaucoup plus
important pour eux. C'est des mesures incitatives qui sont temporaires
aussi dans le temps. Et puis continuer les incitatifs et programme Branché au
travail
Le dernier
point, c'est les infrastructures, l'électrification des corridors routiers
financée par le MTQ; des bornes aux
entreprises, qu'on puisse faire autant le 240 volts que les bornes rapides; des
bornes dans les condos et aussi les bornes rapides, il faut penser à une
tarification particulière d'Hydro-Québec. Résumer en...
Président (M. Reid) :
...alors, si vous voulez vous arrêter, peut-être qu'on aura l'occasion de... en
répondant à des questions dans les échanges.
M. Rioux (Simon-Pierre) : Très bien.
Le Président (M. Reid) :
Alors, nous allons commencer les échanges avec M. le ministre.
Heurtel : Merci, M. le Président. Bonjour. Merci pour votre mémoire
ainsi que votre présentation. Puis je suis
sûr que vous pourrez conclure dans les questions que je vais poser, n'ayez crainte. Premièrement, juste nous placer quand même dans le contexte dans lequel nous
sommes. On regarde la stratégie gouvernementale de développement durable,
comment l'améliorer, comment améliorer le projet qui est devant nous, comment
bonifier. Et ça vise principalement l'action
gouvernementale, donc les quelque 122 ministères
et organismes gouvernementaux qui sont visés spécifiquement par la stratégie. Ça ne veut pas dire, évidemment,
qu'on ne veut pas regarder à l'extérieur puis quelles actions le gouvernement...
allant vers la population, allant vers l'entreprise, vers la société civile, on
peut le faire.
Moi,
j'aimerais ça, essayer de ramener vos quatre points à l'intérieur du giron gouvernemental, voir, par
exemple, quand on parle de
sensibilisation dans un contexte de lutte contre les changements climatiques... De votre point
de vue, je crois que c'est évident que l'électrification
des transports... Puis le gouvernement l'a déjà dit, ça fait depuis 2011 qu'on le dit, et même avant, à quel point c'est fondamental dans la lutte contre les changements
climatiques, mais, de votre point de
vue, à quel point faut-il intégrer
dans la stratégie de développement
durable du gouvernement l'importance de l'électrification
des transports dans l'action gouvernementale et, plus particulièrement, la nécessité de mieux communiquer, de plus faire encore pour éduquer, faire de la pédagogie, s'assurer que
l'ensemble de la communication gouvernementale traduise
l'action en matière de lutte contre les changements climatiques et, plus particulièrement, en matière
d'électrification des transports, que vous visez?
M. Rioux
(Simon-Pierre) : Bien, pour
nous, c'est important, très important
même, c'est le point principal, c'est la sensibilisation. Si les gens ne
sont pas au courant, ils n'iront pas pour chercher un véhicule électrique. On
doit être capable d'orienter les gens, on
doit être capable de fournir cette information-là parce que ce n'est pas à
travers des petits organismes que les
gens vont avoir cet éclair de génie qui va venir vers eux en se disant :
Bien, oui, finalement, l'électrification
des transports, il y a un avantage pour notre société au niveau de la
diminution des gaz à effet de serre, il y a une importance majeure au niveau de la diminution des coûts de santé. Il
faut être capable de mieux éduquer la population puis éduquer même les
gens du gouvernement, que les élus et les gens qui travaillent pour le peuple
puissent montrer l'exemple à la population.
Donc, une des
choses que certaines personnes ont faite, dont vous, bien, c'était se procurer
un véhicule électrique. Il y a déjà
des véhicules qui sont disponibles à travers le CGER, mais il faudrait
peut-être qu'il y ait d'autres gens aussi qui soient au courant de ça. Parce qu'à l'intérieur du gouvernement je
ne crois pas que c'est très connu, sinon il y a des gens qui auraient
déjà sauté sur tous les véhicules qui ont été achetés, et il y en a qui
traînent dans la cour.
Heurtel : D'ailleurs, merci beaucoup d'avoir participé, justement, à
l'annonce d'aujourd'hui. Je suis justement très fier, justement, comme ministre, d'utiliser un véhicule électrique
branchable, et en espérant, justement, que c'est un petit geste vers une
exemplarité de l'État dans ce domaine-là. Mais justement, si on va plus loin au
niveau de cette exemplarité-là, si je vous
lance l'idée, bon, qu'il faut modifier les politiques d'achat du gouvernement,
qu'il faut s'assurer, justement, que
ce soit en matière d'appels d'offres ou en matière d'achat d'équipement, il
doive y avoir un geste véritablement affirmatif vers le véhicule électrique,
vous dites quoi à ça?
M. Rioux
(Simon-Pierre) : Bien, à ce niveau-là, il faut toujours regarder les
besoins de chacun des gouvernements. On
pourrait dire : Bon, bien, ça s'applique seulement aux voitures parce que
c'est ce qu'il y a chez les concessionnaires. Il faut être capable de regarder un petit peu à l'extérieur de ça.
Présentement, le gros du dollar de l'électrification des transports en Amérique du Nord n'est pas sur les véhicules
des particuliers, c'est sur les flottes. C'est sur des flottes de livraison,
ça va être sur les camionnettes, ça va être sur différentes choses. Et puis les
utilités comme Hydro-Québec, mais dans différents
États et dans différents pays, s'associent souvent avec des compagnies qui font
l'électrification des véhicules. On a déjà un exemple avec le MTQ, qui s'est
associé dernièrement avec l'ETS, l'École de technologie supérieure, à Montréal pour prendre des anciennes camionnettes et
puis les électrifier, enlever le moteur, enlever le groupe
motopropulseur et les électrifier.
Maintenant,
qu'est-ce qui doit être fait directement, je pense, c'est ce qui est déjà fait
en projet pilote, mais il faut être
capable de le pousser un peu plus loin. Donc, il faut regarder, comme je le
mentionne, les besoins des gouvernements puis des individus qui vont utiliser ces véhicules-là. Donc, on peut
avoir un pourcentage de flotte qui va osciller entre le véhicule entièrement électrique et puis le
véhicule hybride rechargeable. Puis ce n'est pas seulement pour des
déplacements de courtoisie, mais
aussi c'est pour l'utilité. On va regarder les municipalités, qui auraient fort
à gagner, pour les transports des
élus, d'avoir des voitures, mais aussi, pour les voiries, d'avoir des
camionnettes électriques. On pense, par exemple, à des véhicules qui sont disponibles présentement où on peut même
brancher du 240 volts sur le véhicule puis faire des travaux sur place. À la place de prendre, par
exemple, un banc de parc qui est brisé puis de le ramener à l'atelier, le
réparer, le ramener sur place et
l'installer, on pourrait tout faire directement sur place en branchant une
soudeuse sur le camion. Donc, le véhicule qui est électrifié peut
subvenir à des nouveaux besoins qu'on n'aurait peut-être pas anticipés aussi.
Donc, c'est vers ça que je penche pour les municipalités.
Puis
je pense que vous, vous vous adressez directement à ce que le gouvernement doit
faire, mais je pense que le
gouvernement doit encourager les autres aussi, et non pas s'encourager
lui-même. On parle d'un 10 % sur quelques milliers de véhicules, alors qu'en encourageant le particulier on parle
de dizaines de milliers de véhicules sur des millions. Il faut essayer
de voir un peu où est le plus gros chiffre puis quoi influencer.
Heurtel : Sur la loi zéro émission, j'aimerais vous entendre parce
que plusieurs en ont parlé durant
nos travaux, plusieurs groupes, et on n'a pas tout à fait le même son de
cloche, dépendant à qui on parle. Il y en a qui sont pour, il y en a
qui sont contre, il y en a qui ne savent pas trop. De votre point de vue... J'aimerais ça, avoir votre impression sur pourquoi,
justement, il y a une opposition à la loi zéro émission. De votre point de vue, vous, vous êtes clairement pour, on
comprend pourquoi vous l'êtes, vous l'expliquez bien, mais c'est
quoi, l'argumentaire qui fait en sorte qu'on n'y est pas encore? Pourquoi,
selon vous, on n'y est pas?
M. Rioux
(Simon-Pierre) : C'est très
simple. Avant d'avoir des relations avec les manufacturiers puis avec les
responsables des relations gouvernementales de ces manufacturiers-là, moi non
plus, je ne croyais pas vraiment que la loi zéro émission était nécessaire.
J'avais l'impression que les manufacturiers allaient de leur gré... parce
qu'ils voyaient un potentiel au niveau des
ventes d'amener les véhicules au Québec. Je croyais que c'était vraiment
évident, on a une électrification...
50 % des véhicules se vendent dans notre province, puis le reste se vend à
l'extérieur de notre province, dans
le Canada. Donc, pourquoi il y aurait un frein comme ça? Bien, c'est en parlant
aux responsables des manufacturiers
que j'ai eu cet éclair-là, il n'y a aucun incitatif, pour eux, financier
L'incitatif le plus important pour eux,
ce n'est pas la vente du véhicule, c'est les crédits de carbone qu'il y a en
Californie. Ils vont toujours essayer de remplir la demande parce que c'est beaucoup plus intéressant pour eux... Et
c'est même plus intéressant pour Tesla, Tesla qui font le gros de leur argent pas sur la vente du
véhicule, mais sur ces crédits de carbone là. Puis, si on n'offre pas... puis
on ne travaille pas avec la bourse du carbone en échange avec la Californie, ça
ne fonctionnera jamais.
Et ce qui a été évident aussi, c'était dans les
derniers travaux de la commission sur la pollution — je ne me souviens plus
du nom — en
Californie... le CARB...
M. Rioux (Simon-Pierre) : ...C-A-R-B.
Eux, ce qu'ils ont découvert, c'est qu'il y avait d'autres États qui avaient signé, c'étaient des cosignataires. Il y avait
le Vermont, New Hampshire, New York, etc. Et puis il y a un des États qui a levé sa main, il a dit : C'est
incroyable, je suis content d'avoir été invité en Californie, je vois des
véhicules qui ne sont même pas disponibles dans notre État, et pourtant
on a signé cette loi zéro émission. Mais c'est qu'il n'y a pas de collaboration
avec le marché du carbone. Donc, on pourrait avoir une loi zéro émission, mais,
s'il n'y a pas un incitatif pour le manufacturier ou que ça soit un malus...
bien, dans ce temps-là, on n'aura absolument aucun poids, aucun poids. Il faut vraiment être capable de
comprendre ça et puis d'appliquer les choses proprement faites pour qu'on
puisse avoir cet impact-là, pour que les
véhicules puissent arriver, pour qu'on puisse avoir des modèles qui vont plaire
aux consommateurs, qui vont être utilisés...
Même les gens du gouvernement, vous avez eu de la difficulté à vous trouver
un véhicule qui pouvait remplir à vos
demandes... à vos besoins et qui puisse être entièrement électrique, on n'en a
pas trouvé. Il y en a ailleurs.
Désolé, il y en a ailleurs, mais on n'a pas pu les apporter parce qu'on n'a pas
de loi zéro émission. Donc, il va falloir attendre très longtemps.
J'ai parlé à
Hyundai Canada dernièrement. Je leur ai demandé : Ah! c'est... Je leur ai
dit : C'est super, vous amenez certains
de vos véhicules électriques au Canada. Ils ont dit : Bien,
malheureusement, le marché canadien n'est pas une priorité parce qu'il
n'y a pas vraiment d'intérêt. Pourquoi il n'y a pas d'intérêt? C'est pas
d'intérêt de leur part parce qu'ils n'ont
rien à gagner. Ils aiment mieux amener ces véhicules-là directement à un
endroit où ils vont avoir un échange, où
ça va les aider à subvenir au marché du carbone. Puis j'espère que vous
comprenez c'est quoi, le marché du carbone, où on va donner des crédits à ceux qui offrent des véhicules qui sont
non polluants. Et ceux qui ont des véhicules polluants, bien, on va leur enlever des crédits ou il faut
qu'ils aillent acheter des crédits à ceux qui en ont, point à la ligne. C'est
un échange qui se fait.
Heurtel : Alors, si je vous suis bien, pour qu'une loi zéro
émissionait du succès au Québec, il faut absolument que ça soit lié à
une certaine forme de bonus-malus.
M. Rioux (Simon-Pierre) : Oui.
Heurtel : On ne peut pas,
tout simplement, adapter une loi qui s'inspirerait de la législation
californienne, qui, elle, a inspiré déjà, là, huit ou neuf autres États
aux États-Unis?
M. Rioux
(Simon-Pierre) : Elle les a
inspirés, mais il n'y a pas ce lien-là au niveau des échanges de crédits
de carbone. C'est simplement ça.
Donc, si on est capables d'avoir ça, si on est capables de se rallier avec des
provinces qui, en ce moment, avec
leur gouvernement, sont très... On parle du gouvernement de Kathleen Wynne en Ontario, puis on parle du Nouveau-Brunswick puis
de la Nouvelle-Écosse aussi qui sont émergents en ce moment, ils commencent à comprendre c'est quoi puis ils mettent beaucoup
d'incitatifs, d'emphase, surtout... désolé, d'emphase pour 2015-2016,
ont un peu de retard, mais ils veulent
essayer de rattraper le retard. Je pense que, si on peut se rallier avec ces
provinces-là puis travailler de
concert avec eux, on va avoir un poids beaucoup plus important. Donc, il faut travailler... on ne
peut pas faire
ça tout seul. On a la Californie avec nous, il faut bien travailler avec la
Californie. La Californie, déjà, est en train d'offrir des crédits de carbone plus importants pour des véhicules
hydrogène, mais le besoin en infrastructures est tellement coûteux...
Puis, juste
pour que vous compreniez c'est quoi, un incitatif au niveau des
infrastructures, si on achète une pompe à essence, c'est 13 000 $. On achète une borne de recharge
haute vitesse, c'est 30 000 $. On achète une borne à hydrogène
pour remplir un véhicule à hydrogène, c'est
1 million. C'est énormément d'argent. Donc, on est mieux de
s'orienter vers des technologies qui
sont disponibles, qui sont en train de grandement s'améliorer puis qui offrent
le meilleur aspect au niveau de la diminution des gaz à effet de serre. Parce que, si on veut utiliser de l'hydrogène, ça utilise
40 litres d'eau par
1,6 kilomètre de parcouru, alors que même l'essence va utiliser
4 litres d'eau par 1,6 kilomètre de parcouru, et l'électricité,
bien, ça fait tourner des turbines.
Heurtel : Pour terminer, il
reste, quoi, à peine deux minutes, votre dernier point, sur les
infrastructures, j'aimerais ça, vous
entendre davantage sur... Parce que vous l'avez effleuré dans votre
présentation, là, je voudrais, rapidement, là, vous permettre d'approfondir votre point sur les infrastructures,
surtout quand vous parlez du ministère
des Transports, de la RBQ.
M. Rioux
(Simon-Pierre) : Dans les
infrastructures, on parle des bornes qui vont être disponibles autant pour
des condos, donc il faudrait changer
certains des règlements pour la Régie du bâtiment. On peut s'inspirer d'un des
règlements de Novoclimat 2.0 qui
offre, justement, cette certification-là en installant
l'infrastructure ou la possibilité de créer cette infrastructure-là en
passant des fils directement, oui, en créant cette facilité-là. Donc, ça, c'est
important.
Au niveau du ministère des Transports du Québec,
la chose qui est importante, c'est qu'il puisse devenir un partenaire d'Hydro-Québec. Ce n'est pas
juste à St-Hubert ou à l'AMT de devenir partenaires d'Hydro-Québec et son circuit électrique,
c'est le MTQ aussi qui doit devenir un partenaire, un partenaire sérieux qui va
faire plus qu'un projet pilote sur
l'autoroute 40, mais qui va vraiment s'y investir. Parce que ça retombe sur le gouvernement. S'il y a une demande parce qu'on a sensibilisé, s'il
y a une disponibilité des véhicules,
puis les gens ont acheté ces véhicules-là, mais il n'y a aucun endroit pour
aller se recharger... Ou ils veulent faire le Montréal-Québec, comme j'ai fait,
aujourd'hui en me rendant ici, bien, on a besoin d'infrastructures, on a besoin que les gens
puissent recharger, puissent se sentir en sécurité et que ça devienne
juste une seconde nature, comme ça l'est avec une pompe à essence.
Donc, c'est
ça. Les quatre cibles, c'était que le consommateur, on le sensibilise qu'il y a
des véhicules efficaces au Québec
qui peuvent remplir les bonnes fonctions; une fois qu'il est convaincu, il peut
en retrouver chez les concessionnaires; il ne doit pas être découragé
par le surcoût parce qu'il y a un incitatif de 8 000 $...
Le Président (M. Reid) :
Merci.
M. Rioux
(Simon-Pierre) : ...qui
continue; et puis qu'on puisse recharger à la maison, au travail, au condo ou
sur les autoroutes.
Le Président (M. Reid) :
Merci. Nous allons maintenant passer au bloc de l'opposition officielle, avec
le porte-parole, M. le député de Jonquière.
Gaudreault : Oui. Merci beaucoup, M. le Président. Alors,
bienvenue à cette commission. Ça me fait plaisir de vous entendre. Je
vais avoir, évidemment, plusieurs, plusieurs questions.
Je veux juste
revenir sur ce que vous avez dit avec le ministre concernant la loi zéro
émission, dont vous parlez à la page 13 de votre mémoire. Vous
l'associez de façon intrinsèque, je dirais, au marché du carbone. Vous avez
fait référence à un genre de malus,
autrement dit, relié à l'échange de crédits carbone, mais, pour vous, est-ce
qu'il faut faire un pas de plus et aussi avoir un bonus-malus pour les
consommateurs comme tels, comme il y a en France, là? Vous connaissez le
principe du bonus-malus, là.
M. Rioux
(Simon-Pierre) : C'est très certainement souhaitable. C'est très certainement souhaitable. Maintenant, est-ce qu'on veut commencer à diriger de force les consommateurs? C'est toujours
une question qui est sensible. Je ne suis pas la personne qui est là pour vous influencer à ce niveau-là, mais ce qui a été fait dans le passé puis dans d'autres pays
fonctionne très bien. Puis est-ce que ça va faire que certaines des ventes vont
être faites à l'extérieur de la province à cause
qu'il y a des gens qui ne sont pas d'accord
avec ça parce que les véhicules vont se vendre plus cher? Que ça
soit au niveau de l'essence ou que ça
soit au niveau du véhicule, bien, ce qu'on a remarqué en Norvège puis les gens qui sont sur la frontière Norvège-Suède, où les... tout est moins cher en Suède,
de toute façon, c'est que non, les véhicules sont enregistrés dans le pays, et ils ne sont pas
achetés à l'extérieur, il n'y a pas de transfert qui se fait. Les gens le font.
Au début, il y a eu une grogne, mais,
par la suite, en ayant tous les autres avantages sociaux — on parlait des péages, etc. — dans ce temps-là ils ont un intérêt, puis, je pense, 55 % de toutes les
familles qui ont deux véhicules et plus ont un véhicule électrique. Donc, ça rentre tout de suite dans les
moeurs. Ça se vend très rapidement, ils sont en avance sur leur programme.
Ils vont être obligés de l'arrêter dans quelques mois parce que ça a trop bien
fonctionné.
M. Gaudreault : ...bonus-malus.
M. Rioux (Simon-Pierre) : Pour
bonus-malus avec des incitatifs financiers et des incitatifs sociaux.
Gaudreault : J'aimerais ça, vous entendre un peu par rapport à
la conjoncture, je dirais... Parce qu'on est en train de travailler sur une stratégie 2015-2020, on a une conjoncture
économique avec un prix du pétrole et un prix de l'essence à la pompe qui est plutôt bas. Et je vois M. Langlois
hocher du bonnet, là, est-ce que vous avez une... c'est quoi, votre perspective? Comment vous pensez qu'on doit
se positionner dans la stratégie 2015-2020? Considérant ce qui se passe
présentement sur les marchés internationaux de pétrole, ça sera quoi, l'impact
sur les véhicules électriques?
M. Rioux
(Simon-Pierre) : Bien, présentement, on le sait tous, c'est
temporaire. C'est une guerre de prix, c'est géopolitique. Ça va peut-être durer quelques mois, peut-être un an.
Est-ce que ça a un impact sur les ventes de véhicules électriques? C'est là où la sensibilisation est
importante parce qu'aussitôt que... J'ai eu à parler à des journalistes qui me
disaient : Ah! le prix de l'essence a
baissé, ça va être la mort des véhicules électriques, hein? Qu'est-ce que vous
avez à dire là-dessus? Bien, ce que
j'ai à leur dire là-dessus, c'est que ça me coûte quand même juste 250 $
d'électricité pour faire rouler mon
auto électrique pendant un an sur 20 000 kilomètres, alors que, si
j'ai un véhicule à essence, avant ça me
coûtait 2 500, là, avec la superbe baisse, ça me coûte 2 000 $.
Donc, est-ce que je suis affecté par ça? On parle de 250 $ d'électricité. Mesdames et messieurs, excusez-moi,
mais c'est mort dans l'oeuf, ça, là. Ce n'est pas un problème, il faut l'expliquer clairement. Si c'est clairement
expliqué, les gens vont voir tout de suite la logique. La journaliste
financière du Canal Argent à qui j'en
ai parlé a changé son ton complètement et a fait un reportage extrêmement
positif là-dessus parce qu'elle se
disait : Mais c'est extraordinaire, les ventes devraient décoller au
Québec. Pourquoi? Pourquoi? Bien, parce
qu'on n'en parle pas assez, parce que les gens ne sont pas éduqués. On retourne
au point numéro un, la sensibilisation.
Gaudreault : On va aller chercher l'extrait que vous venez de
faire, là, puis on va le faire rouler sur les réseaux sociaux en viral.
Je voudrais vous entendre aussi sur... Ah oui! M. Langlois, allez-y, oui.
M. Langlois (Pierre) : Oui, je
voulais dire un mot. En Californie, l'essence est beaucoup moins chère qu'au Québec, et l'électricité est plus chère, puis ça
fonctionne quand même. Donc, le rapport qu'on a ici est encore favorable pour le Québec.
Il ne faut pas penser, parce que l'essence est à 1 $ le litre, que ça ne
fonctionnera pas. En Californie, je pense qu'elle est rendue à 0,75 $, je ne me souviens plus. L'électricité,
c'est 0,15 $ le kilowattheure. Je me trompe peut-être, là, j'avais
déjà regardé. Ici, on est à 0,085 $, taxes incluses. En tout cas, moi,
c'est ce que je paie, les derniers kilowattheures. C'est
rentable quand même, là, de beaucoup, de beaucoup, de beaucoup. Alors, il
faudrait comparer un petit peu avec ça, puis ça nous aide à comprendre.
Gaudreault : Je voulais vous entendre concernant les régions.
Vous avez parlé tout à l'heure qu'un des éléments importants de la sensibilisation pour que les
consommateurs embarquent dans le produit, il faut, au fond, qu'ils ne sentent pas
une grande différence par rapport à ce qu'ils achètent présentement, qu'il y ait un sentiment de sécurité, qu'il y ait autant de bornes rapides
disponibles sur la route qu'il y a de stations-services à l'heure actuelle.
J'aimerais ça, vous entendre un peu plus sur
les régions parce que, juste avant que je prenne la parole, à votre
dernière réponse au ministre, vous
disiez : Il faut qu'il y
ait des bornes le long des
autoroutes, et qu'est-ce que vous faites des régions où, par exemple, il y a des travailleurs autonomes qui ont besoin de la F-150 pour aller dans la forêt parce que
c'est des travailleurs forestiers qui sont à contrat avec des compagnies forestières, pour convaincre le député
de Rimouski de s'acheter un véhicule électrique...
Une voix : Trois heures de
route.
Gaudreault : ... — trois
heures de route — le député
de Jonquière, qui en a deux? Bon, là, je joue l'avocat
du diable. Alors, qu'est-ce que vous avez à dire aux gens des régions?
Puis j'ai vu
aussi, dans votre page 16 de votre mémoire, vous parlez d'élargir aux municipalités...
en tout cas, de faire
participer les municipalités, là, à l'électrification. J'essaie juste de
retrouver ce que vous proposez exactement. Le n° 11 à la
page 16 : «S'assurer qu'une politique municipale est en place via l'UMQ...» Il faudrait penser à la FQM aussi, qui représente plus les
municipalités rurales. Alors, je voudrais vous entendre sur cette réalité-là du
territoire.
M. Gélinas (Michel) : Bonjour. Au
niveau des bornes de recharge rapides, je vous entendais mentionner qu'éventuellement... C'est une croyance populaire aussi qu'on dirait que les bornes rapides,
ça en prendrait autant que des
stations d'essence. Alors, ça, c'est un point qu'on veut clarifier. En partant,
on veut informer les gens de ça. Une borne de recharge, ce n'est pas une station de service, ça n'a pas les mêmes
fonctions. En partie, mais pas complètement,
à savoir que le plus gros des
recharges d'une voiture électrique, comme tous les conducteurs automobiles
électriques le savent, c'est à la
maison que ça se passe et dans notre environnement immédiat. Donc, on ne va pas
quelque part pour mettre du courant. On se lève le matin, la voiture est
pleine toujours, toujours.
Donc, les
bornes de recharge rapides servent au niveau des autoroutes pour se déplacer
sur des longues distances. Mais, une
fois qu'on a atteint la région qu'on veut aller, on va continuer avec des
bornes normales aux commerces où on allait,
à l'hôtel où on allait, chez les commerçants qu'on allait et les partenaires
d'affaires. Alors, des bornes rapides, ça en prend à des endroits stratégiques, mais pas autant qu'on pourrait penser
parce que ça peut couvrir une très, très grande distance. On peut se promener d'une région à l'autre, et ces régions-là
sont souvent déjà approvisionnées en bornes qu'on appelle de niveau 2, des bornes de 220 volts,
contrairement à des bornes rapides. Alors, voilà, c'était pour mettre... faire
un...
M. Rioux (Simon-Pierre) : Et une des
choses aussi pour l'électrification des régions, on parle d'un F-150. Bien, il
y a une compagnie qui s'appelle Via Motors qui offre un véhicule qui est
hybride rechargeable, qui va faire comme une Volt, une Chevrolet Volt, 60 kilomètres
tout électrique, qui a sa génératrice, donc, comme j'ai mentionné tout à l'heure, pour pouvoir alimenter des outils
électriques, une soudeuse, etc. Le véhicule va fonctionner à l'essence par la suite puis va quand même avoir une
consommation de peut-être 1,5 litre par 100 kilomètres parce que,
lorsqu'il est utilisé à l'intérieur
du périmètre de la municipalité, le 60 kilomètres... Puis, pendant l'heure
du dîner, ils vont se recharger. Ils
peuvent se recharger à haute vitesse sur des bornes haute vitesse. Donc, tout
ça fait que ce n'est pas vraiment un frein. Les véhicules sont là, il
faut être capable de les amener dans notre province pour pouvoir les utiliser.
Les gens qui
ont, justement, à faire beaucoup de voyagement, bien, souvent ont deux
véhicules. Donc, si vous êtes une de ces
familles qui ont deux véhicules, vous pouvez quand même avoir un véhicule qui
est hybride rechargeable, qui va
avoir une pile pour se promener pendant une distance restreinte, mais, par la
suite, va utiliser de l'essence. Vous allez
utiliser ce véhicule-là surtout dans votre région, vous allez rouler
certainement surtout à l'électricité. Puis, lorsque vous allez faire des plus longues distances, vous
roulez à l'essence. Donc, c'est un «stopgap», c'est une façon de faire pour le moment jusqu'à temps que les technologies
se rattrapent puis qu'il y ait des piles haute définition qui puissent être
offertes. Sinon, pour le deuxième véhicule, bien, c'est un véhicule entièrement
électrique qui va faire environ 160 kilomètres sur une charge.
Président (M. Reid) : Merci. Alors, nous allons passer
maintenant au porte-parole du deuxième groupe d'opposition, donc au
député de Groulx? Député de Groulx.
M. Surprenant : Merci, M. le
Président. Bonjour, messieurs. Alors, selon moi, les trois items qui pourraient
encourager l'utilisation des véhicules
électriques, là, les trois éléments clés, c'est le coût, l'autonomie, également
il y aurait besoin, d'après moi,
d'une démonstration, là, des gouvernements... en fait, de la visibilité au parc
électrique, de montrer aux gens que ça se fait, c'est simple, pas
compliqué.
Alors donc, au niveau des coûts, j'ai une
expression, là, le «payback», le retour sur l'investissement, je pense qu'actuellement il y a beaucoup de gens qui ne
vont pas vers le véhicule électrique parce qu'ils considèrent qu'il n'y a pas
de retour suffisant, c'est encore trop cher,
les véhicules électriques, par rapport aux véhicules à essence. Alors, est-ce
que vous considérez que le Fonds
vert, en fait, devrait être plus mis à contribution pour réduire l'écart de
coût entre l'acquisition d'un
véhicule électrique et l'acquisition d'un véhicule à essence? Donc, est-ce
qu'on devrait être plus agressif au niveau des incitatifs fiscaux ou des
subventions?
M. Rioux
(Simon-Pierre) : Un des
points qu'on a mis de l'avant dans mémoire, c'était le fait que oui, on peut avoir
l'incitatif de 8 000 $ du gouvernement, mais on pourrait aussi avoir
un congé sur la taxe de vente provinciale. C'est
un petit montant, mais qui s'accumule, qui va être quand même un gros
incitatif. Donc, on peut arriver à un 10 000 $ avec ça. Là, ça devient très intéressant. Là, on
arrive à un point comme dans l'État de Géorgie où ils ont 7 500 $ du
fédéral puis ils ont un
5 000 $ du provincial. Ça fait un gros montant en bout de ligne, et
c'est un marché en ébullition aux États-Unis.
On regarde les incitatifs qu'on a autant en Chine qu'en Europe, c'est des gros
incitatifs, puis les gens changent très
rapidement à ce niveau-là. Nous, on avait calculé qu'en enlevant la taxe de
vente provinciale ce serait un très petit manque à gagner qui va être récupéré par la suite dans la vente
d'électricité et le retour de cet argent-là qui est économisé parce que, là, on ne prend plus de l'argent qui va
acheter de l'essence, qui va sortir du pays, l'argent reste toujours. On va
faire travailler les gens, on va
l'économiser, mais ça va être réutilisé par la suite, de toute façon. On a
quand même un potentiel de 14 milliards de dollars à garder dans
notre province, c'est énorme.
Ça fait que
le petit 2 000 $ que vous allez avoir sur 50 000 véhicules,
là, il va être retrouvé très rapidement. Puis je pense que ça, ce n'est pas seulement un retour sur l'investissement pour
le consommateur, mais c'est pour le gouvernement aussi, qui représente
le peuple. Donc, il faut être capable de voir «the big picture » à ce
niveau-là.
Surprenant : Mon deuxième point, c'est au niveau de l'autonomie.
Actuellement, là, il y a... Bon, d'abord, il y a
300 000 véhicules sur les routes. Et puis l'objectif était de
300 000 véhicules, on est rendu à 7 200. Donc, il va augmenter
beaucoup ça, puis je pense que la crainte des gens, c'est l'autonomie au niveau
des véhicules électriques. Alors là, il y a
une implantation qui se fait de bornes, là, de 240 volts, 360, selon vos
chiffres, où on est rendu à peu près actuellement, et puis il y a le
projet pilote de huit de 400 volts.
Donc, vous dites dans vos documents que, pour
les gens, c'est important de ne pas perdre de temps lors de la recharge du
véhicule électrique. Même le 400 volts, dans ce que vous dites, ça prend
30 minutes, la recharge. Alors, est-ce
que vous pensez que le 400 volts serait suffisant et qu'on ne devrait pas
aller peut-être plus loin que ça? Je ne connais pas l'électricité. Et
puis, à tout événement, est-ce qu'on fait grandement erreur avec le
240 volts présentement, là?
M. Rioux (Simon-Pierre) : Bien,
justement, on ne fait pas erreur du tout parce que c'est à des points très stratégiques qu'on va placer ces bornes-là, à des
endroits de fin de trajet. Mais le trajet complet doit être fait avec des
bornes de 400 volts. C'est ce
que la technologie nous permet présentement. Donc, on ne peut pas aller vers du
800 volts ou plus que ça, c'est
le 400 volts qui est en ce moment la norme. Puis, quand on parle de
30 minutes, bien, on l'a expérimenté, nous, aujourd'hui à moins 23 °C, c'était 30 minutes. Lorsque
c'est l'été, lorsque c'est l'automne ou le printemps, c'est 15 à
20 minutes.
Donc, ce
n'est pas un gros temps. Puis, si les gens sont sensibilisés au fait que ce
n'est pas juste le temps, mais c'est le fait qu'ils ont un impact, ce
petit 15 minutes là va avoir un gros impact sur les gaz à effet de serre,
sur leur environnement, sur les effets sur
la santé... Je vais vous dire, les gens qui sont en région, là, puis qui
arrivent à Montréal, puis qui arrivent dans les grandes villes, là, ils
la sentent, la pollution, puis ils sentent le smog, puis ils ont des effets secondaires, puis ils
sont obligés de se procurer des médicaments. Donc, il faut être capable de
sensibiliser les gens puis qu'ils
voient un gros avantage à le faire, puis se sentir fier, avoir une fierté
d'aller de l'avant avec un projet de société comme ça.
Surprenant : Une question rapide maintenant, peut-être un peu puérile
au niveau électricité, là, mais je suis allé au salon de l'auto, puis il y a des gens, des professionnels qui me
parlaient qu'eux autres, la vision qu'ils ont de la recharge des véhicules, c'est que les batteries
n'appartiennent pas aux propriétaires des autos, que ce soient des centres
d'échange de batteries, ça prendrait quatre
minutes, changer une batterie électrique, et les gens pourraient reprendre la
route et rouler plus rapidement. Est-ce que c'est utopique de penser d'aller
vers un système comme ça?
M. Rioux (Simon-Pierre) : Oui.
M. Surprenant : Oui? Bon.
Rioux (Simon-Pierre) : Première chose, les batteries qui ne sont pas
la propriété de l'acheteur, du consommateur, ça a déjà été essayé ailleurs, puis les consommateurs demandent d'être
le propriétaire, ils ne veulent pas acheter le véhicule et puis payer un frais de location à chaque fois.
Ceux qui l'ont fait se sont fait revirer de bord, on a demandé l'appui du
gouvernement pour changer ces méthodes-là
pour qu'on puisse devenir propriétaire. Pourquoi? Parce que la technologie
change tellement vite qu'on ne peut pas se
permettre de dire : Bon, bien, tu vas nous payer un... Sur
8 000 $ d'une batterie, tu
vas nous payer des frais 50 $, 75 $ par mois, mais la technologie,
dans deux ans, va faire que cette batterie-là va être la moitié du prix,
puis on se ramasse avec un boulet.
Ce n'est pas une bonne idée, puis, deuxième
chose, l'échange de batteries, ça a été des faillites pour des compagnies qui l'ont fait. On veut le faire juste
pour avoir certains crédits de carbone en Californie. C'est juste pour ça
qu'on veut le faire. Les technologies de
recharge de très haute vitesse s'en viennent. Donc, en ce moment, on répond à
une demande pour le consommateur. Il y a certains consommateurs qui vont
être très satisfaits de faire une recharge en 15
minutes. Puis il va y avoir une deuxième génération de consommateurs qui vont
avoir besoin de faire une recharge plus rapidement, puis ces
batteries-là, haute définition, s'en viennent, de toute façon. Donc, tout
évolue.
Le Président (M. Reid) :
Merci. Merci beaucoup à tous les trois de votre contribution aux travaux de la
commission.
Je suspends maintenant les travaux pour
permettre à nos prochains invités de prendre place.
(Suspension de la séance à 14 h 46)
Président (M. Reid) : À l'ordre, s'il vous plaît! Alors, nous
recevons maintenant le groupe Roulez électrique. Je vous demanderais de prendre une dizaine de minutes pour faire votre
présentation — j'essaierai
de vous donner un petit signal à la
dernière minute pour atterrir — et de commencer votre présentation par vous
présenter et présenter les gens qui vous accompagnent. Et, par la suite, nous
aurons un échange avec les membres de la commission pendant une période
de 35 minutes. Alors, je vous donne la parole.
M. Juteau
(Sylvain) : Bien, merci
beaucoup de nous recevoir aujourd'hui. C'est avec entrain que nous sommes
ici. Moi, je me présente, Sylvain Juteau,
cofondateur de Roulez électrique , le blogue; Daniel Breton, qui n'a pas
besoin trop de présentation, que je
pense que vous connaissez bien, consultant en énergie et en électrification des
transports; et Hans Tremblay, qui est
administrateur au Club Tesla Québec, qui se joignent avec nous pour faire la
présentation, étant un organisme à
but non lucratif en bonne et due forme et qui représente une
part importante
des propriétaires de voitures électriques.
Donc, Roulez électrique , un blogue qui
existe depuis janvier 2012, donc déjà plus de trois ans, qui a comme mission de faire la promotion de l'électrification
des transports en général au Québec. Évidemment, il y a une page Web, Facebook , donc c'est une communauté qui est très bien connue. Il y a plusieurs
collaborateurs, dont moi, Jacques Duval, François Boucher, Vincent Dussault, qui apporte le visage urbain, qui
reste sur Le Plateau—Mont-Royal,
qui n'a pas sa propre voiture, mais qui veut utiliser des moyens de
transport diversifiés et zéro émission, évidemment.
Donc, Daniel, je vais te laisser faire la
partie
qui présente...
M. Breton
(Daniel) : En fait, bonjour,
messieurs. Bonjour, M. le ministre. Dans le cadre de la stratégie de développement durable, nous avons l'intention de
nous concentrer sur un aspect bien spécifique qui est celui de
l'électrification des transports individuels, collectifs, de
marchandises et spécialisés.
Je suis allé
sur le site du ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la
Lutte aux changements climatiques.
Pour que les choses soient claires, on dit de la définition du développement durable
qui est tirée des documents officiels du ministère qu'«au Québec, le
développement durable s'entend donc d'"un développement qui répond aux besoins du présent sans
compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Le
développement durable s'appuie sur
une vision à long terme qui prend en compte le caractère indissociable des
dimensions environnementale, sociale et économique des activités de
développement."» Là, on dit : Les trois objectifs, c'est maintenir
l'intégrité de l'environnement, assurer l'équité sociale et viser l'efficience
économique.
Nous
sommes d'avis que l'électrification des transports sera un domaine qui
contribuera de façon concrète au développement
durable en contribuant à : d'abord, maintenir l'intégrité de l'environnement
en diminuant les émissions polluantes
et les émissions de gaz à effet de serre; ensuite, assurer l'équité sociale en
contribuant à une meilleure qualité de
l'air et en participant à l'essor des communautés des régions, entre autres;
et, trois, à viser l'efficience économique en développant un créneau
industriel, de recherche et d'expertise québécois sur le transport
partiellement et entièrement électrifié.
Cela créera un grand nombre d'emplois de qualité dans toutes les régions du
Québec dans les domaines liés à l'électrification
des transports, des mines à la fabrication et l'assemblage, en passant par la
recherche et à la commercialisation. Ainsi,
contrairement au Conseil du patronat du Québec, nous proposons une réelle
vision de développement durable pour les régions.
est important de noter que le transport routier électrique est énergétiquement
de quatre à cinq fois plus efficace que le transport routier qui
fonctionne au pétrole, ce qui témoigne de l'efficience économique, environnementale
et énergétique de l'électrification des transports.
Nous
tenons aussi à souligner que nous sommes conscients que l'électrification des
transports, à elle seule, ne pourra
faire en sorte que le Québec atteigne ses objectifs de réduction de ses émissions
de gaz à effet de serre pour 2020. Mais
il faut voir plus loin que cette date. En effet, la mise en place
d'infrastructures et d'un créneau de développement économique en ce domaine amènera le Québec de 2030
vers une société plus verte, plus riche et moins dépendante du pétrole
et des pétrolières.
Prochain point, mon
ami Sylvain.
M. Juteau
(Sylvain) : La loi zéro émission permettant d'augmenter l'offre et
l'accessibilité de la voiture électrique. L'offre et le choix aussi, parce
qu'il y a plusieurs types de véhicules qu'on ne peut pas avoir, comme, par exemple, la RAV4 électrique. Donc, quelqu'un qui
veut un VUS, bien, s'il n'y en a pas dans son choix, bien, il est obligé
de se tourner vers un véhicule thermique.
C'est notre premier point. En termes de priorités, c'est le prioritaire. Et
c'est la priorité unique du Club
Tesla Québec, et je vous rappelle que Club Tesla Québec, c'est principalement
des propriétaires de Tesla. La Tesla,
il n'y a pas de problème, il y a une disponibilité des véhicules Tesla au
Québec. Donc, c'est par altruisme qu'ils
font ça, parce qu'il faut qu'il y ait d'autres véhicules, pas juste des Tesla,
parce qu'évidemment c'est une bracket de prix qui n'est pas...
Donc,
lors du dévoilement de la Stratégie d'électrification des transports, le 1er
novembre 2013, des représentants du
gouvernement ont contacté les constructeurs automobiles afin de leur demander
s'ils comptaient avoir des véhicules partiellement et entièrement
électriques en quantité suffisante pour les automobilistes du Québec, et ce à
quoi ils ont répondu oui. En effet, le
gouvernement a beau avoir bonifié et prolongé les rabais à l'achat et la
location de ces véhicules, si,
lorsque les consommateurs se présentent chez les concessionnaires, O.K., il n'y
a aucun véhicule disponible pour essai et
qu'en plus il y a attente de plusieurs semaines, voire plusieurs mois, pour se
les procurer, cela décourage bien des gens.
Quelques mois après
le lancement de la stratégie, des élus et des gens du milieu, dont Roulez
électrique, ont demandé à des consommateurs et certains représentants du
gouvernement d'aller chez les concessionnaires afin de vérifier si la promesse
des constructeurs était tenue. La réponse a été non. En effet, plusieurs
concessionnaires n'en avaient aucun ou très
peu en inventaire. Vous essaierez d'avoir la Kia Soul électrique ou une
BMW i3, bonne chance. Premièrement, la i3, elle est disponible chez un
seul concessionnaire au Québec, à Laval. Même ici, à Québec, le concessionnaire
BMW, il ne peut pas vous vendre la BMW i3. O.K.?
Donc, certains ont confié à l'équipe de Roulez
électrique qu'ils auraient pu en vendre plusieurs unités, mais, faute
de disponibilité,
ils orientaient alors les consommateurs vers d'autres modèles afin de ne pas
perdre la vente. C'est pourquoi nous
plaidons en faveur d'une loi zéro émission inspirée de la loi
californienne — sans le
volet hydrogène, évidemment, parce que
l'hydrogène est extrait du gaz naturel, donc c'est une continuité de l'approvisionnement des ressources thermiques — O.K.,
qui obligera les constructeurs à offrir et vendre une quantité suffisante et croissante de tels véhicules au cours des prochaines années. Cette loi rendra
les véhicules partiellement électriques et entièrement électriques plus
accessibles et aussi plus abordables parce qu'ils vont être obligés d'en vendre
un certain nombre, ça fait qu'ils vont baisser
leurs prix. En Californie, vous pouvez avoir une Nissan Leaf pour 199 $
par mois. O.K.? Donc, non seulement les consommateurs auront-ils accès à
un plus grand nombre de véhicules, ils auront par ailleurs accès à un plus
grand choix de modèles vendus juste à côté de chez nous.
Vermont, par exemple, mais non disponible ici, il y a la Chevrolet Spark
électrique. Au Québec, c'est juste les flottes, les propriétaires de
flottes, les entreprises qui ont accès à la Spark, mais le consommateur n'y a
pas accès.
La Volkswagen Golf,
on s'entend-tu que la Golf, c'est une voiture abordable et une sous-compacte
connue et abordable? Et on ne peut pas
l'avoir, mais à Burlington, avec 40 000 de population, vous pouvez aller
vous en acheter une. Mais, si vous n'êtes pas un résident du Vermont,
vous n'avez pas le droit de l'acheter. Ça fait que l'ALENA ne s'applique pas
dans ces types de véhicules là. O.K.?
Mercedes B200, je
tiens à mentionner, la Mercedes B200, c'est l'entrée de gamme chez Mercedes.
C'est une petite cinq places, O.K., «hatch back», et c'est vendu seulement au
Canada. Aux États-Unis, ils ne la vendent pas. La version à essence, ils ne la vendent pas parce que les Américains n'en
veulent pas, ils veulent des grosses voitures. Mais au Québec, dans la «middle class», la classe
moyenne, c'est une voiture qui est très populaire. Ils ont sorti le modèle
100 % électrique, qui a plus de
200 kilomètres d'autonomie, mais on ne peut pas l'avoir parce qu'on n'a pas de
loi zéro émission. Mais, au Vermont, ils peuvent se l'acheter, O.K., ils
peuvent faire l'achat.
Cette
loi n'a rien de révolutionnaire. Ça fait déjà 25 ans que c'est en place en
Californie, donc on ne réinvente pas la
roue. Puis n'oubliez pas que nos voisins proches, dont le Vermont, New York,
ils ont déjà cette loi. Ce n'est pas juste la Californie, là, c'est le
Nord-Est des États-Unis aussi, dont on fait partie, c'est notre marché. Point
2, Daniel.
M. Breton
(Daniel) : Rabais
gouvernementaux à l'achat et à la location de véhicules partiellement et
entièrement électriques. Nous
proposons que le gouvernement prolonge d'au moins deux ans les rabais offerts
actuellement dans le cadre de la
Stratégie d'électrification des transports, vu le faible nombre disponible qui
a ralenti le déploiement de ces véhicules
sur le territoire du Québec. Auquel j'ajouterais que nous proposons aussi de
créer un bonus supplémentaire de 500 $
par véhicule rechargeable, 100 % électrique ou hybride rechargeable qui
serait offert aux vendeurs de tels véhicules chez les concessionnaires. Ce bonus compenserait pour le temps
supplémentaire nécessaire à la fois pour la vente de tels véhicules et qui demande aussi plus de temps
d'apprentissage. En québécois, ce que ça veut dire, c'est que les vendeurs
d'automobiles ne sont pas, pour la plupart,
intéressés à vendre des voitures électriques parce que c'est plus de trouble, ça
leur demande une formation, ça leur demande
de l'équipement. Donc, comme je sais qu'il reste peu de temps, peut-être
qu'ils vont nous laisser prolonger un petit peu...
Le Président (M. Reid) :
Malheureusement, je dois vous arrêter, il ne reste plus de temps, mais vous
aurez probablement l'occasion, avec les questions
et l'échange de 35 minutes que nous avons, de pouvoir terminer ce que vous
avez commencé.
M. Breton
(Daniel) : O.K. Bien,
écoutez, je vais finir sur ce point-là très brièvement, 30 secondes. L'idée du
bonus supplémentaire, c'est d'arriver à égalité avec le bonus de
8 500 $ des Ontariens, mais aussi c'est de faire en sorte d'avoir un incitatif pour que les concessionnaires
puissent en vendre. Les Californiens ont les mêmes problèmes chez les
concessionnaires que nous avons, donc l'idée c'est d'avoir un bonus pour les
concessionnaires. Voilà.
Le Président (M. Reid) :
Merci. Alors, nous allons commencer notre échange avec M. le ministre.
Heurtel : Merci, M. le Président. Bonjour, messieurs. Merci beaucoup
pour votre présentation ainsi que votre mémoire. Je serais tenté de vouloir vous laisser continuer, je veux
juste encadrer un peu peut-être, là, préciser... Moi, ce que j'essaierais d'approfondir, c'est... Bon, là,
vous parlez d'incitatifs financiers. Alors, la première question qu'on va
poser, c'est : Comment on paie ça? Comment ça se paie? Alors, pouvez-vous
expliquer comment on retrouverait cet investissement-là,
on récupérerait ou comment même on y serait gagnant de mettre sur pied... non
seulement les prolonger, les incitatifs existants, mais d'en ajouter,
comme vous le proposez?
M. Breton (Daniel) : O.K. Ah! il y a plusieurs
manières. D'abord, l'idée d'encourager l'électrification des transports, ce n'est pas, tout simplement, pour qu'il y ait plus de voitures électriques sur les routes,
c'est pour encourager un créneau de développement industriel québécois. On a appuyé financièrement les Bombardier de ce
monde, les entreprises de multimédias.
Bien, l'idée d'avoir une masse critique de véhicules électriques, ce n'est pas
juste pour importer des voitures électriques
d'ailleurs qui viennent au Québec, on n'est pas gagnants là-dedans.
Et ça, si vous regardez dans le point 4, Créneau industriel et commercial, ce dont on parle, c'est que le déficit
commercial lié aux importations de pétrole a presque doublé depuis le début des années 2000. Et, en
2013, si on prend l'importation de pétrole plus l'importation de véhicules,
c'est un déficit de 27 milliards de dollars.
Donc,
regardez à la page 2 du point 3, O.K., dans l'électrification des transports, il y a
une étude de Secor-KPMG en 2013 qui disait qu'il était beaucoup plus
payant en revenus et en emplois, pour le Québec, d'investir en électricité, science et transport que dans les mines et le
pétrole, que, pour chaque investissement de 100 millions
de dollars, on avait 490 millions de retombées pour le scientifique, 202 millions pour l'électrique, 77 millions pour le transport et 42 millions pour l'extraction minière et
pétrolière.
Page
suivante, ça dit que, par ailleurs, les investissements nécessaires
pour créer 1 000 emplois sont de
13 millions pour les services
scientifiques, 49 millions pour l'électrique et 912 millions pour le
minier et le pétrolier. Donc, ce que ça
veut dire, c'est que d'investir dans l'électrification des transports, que ce
soit pour mettre un bonus, que ce soit pour avoir plus de voitures électriques, c'est aussi et surtout pour créer
une masse critique pour avoir des véhicules électriques, des
technologies électriques faites au Québec.
Il ne faut
pas oublier une chose, c'est que, quand vous dites : Comment est-ce qu'on
va financer ça?, d'abord, on a la
bourse du carbone et on a le Fonds vert. Mais, en plus de ça, on a un malus qui
existe déjà. Avant que le malus sur les
véhicules d'une cylindrée de quatre litres et plus existe, O.K... c'est-à-dire
avant que le malus soit bonifié récemment par votre gouvernement, ce malus-là procurait déjà 60 millions de
dollars par année au gouvernement. Ça fait que, si on calcule 60 millions fois 2015, 2016, 2017,
2018, 2019, 2020, ça fait six ans, ça fait 360 millions de dollars, ce qui
couvre plus qu'amplement l'argent qui
est dépensé en bonus. Donc, le malus existant, même s'il n'est pas un
désincitatif à l'achat de véhicules énergivores, donne plus qu'assez
d'argent pour financer le bonus.
Ça fait qu'il
y a ça plus, comme je vous dis, le Fonds vert, plus la bourse du carbone, ça se
finance amplement. Mais, comme je
vous dis, le but principal, à mon avis, de favoriser l'électrification des
transports, c'est de favoriser un créneau
de développement industriel parce que l'avenir du Québec, à mon avis, à notre
avis, à l'avis de Roulez électrique et de plein de gens autour de cette
table, j'en suis persuadé, c'est de faire en sorte que notre prochain grand
projet économique — parce que le développement durable inclut
l'aspect économique — ce soit
l'électrification des transports. Et ça, ça va se financer avec des
jobs.
M. Heurtel : Ça, nous
sommes d'accord avec ça. Je veux dire, le premier ministre a été clair, notre
gouvernement a été clair, un des
trois piliers de notre plan de relance économique, c'est la lutte contre les
changements climatiques, puis ça inclut, justement, l'électrification
des transports et tout le volet de... une transition de notre économie vers une
économie beaucoup plus sobre en carbone.
Alors, ça, le volet
développement économique, c'est clair. Moi, ce que j'aime, c'est entendre,
justement, des experts comme vous venir nous
dire, nous expliquer justement... Parce que, souvent, tout ce qu'on entend,
c'est le côté négatif de la lutte
contre les changements climatiques ou du développement durable, ça coûte, ça
coûte, ça coûte... Mais c'est un
investissement, c'est pour, justement, développer cette transition-là. Tout
comme on l'a fait dans les années 60 et 70 avec l'hydroélectricité, tout
comme on l'a fait avec l'aéronautique, tout comme on a fait des choix
stratégiques pour développer l'économie du
Québec, on en est maintenant à développer... la prochaine phase de l'avenir
économique du Québec passe par, justement, ce que vous dites. Ça, on est
d'accord là-dessus.
ce que j'essaie d'approfondir, c'est de voir... Bon, il faut qu'on ramène ça à
la stratégie de développement durable
du gouvernement. Souvent, on a eu plusieurs groupes qui sont venus puis qui
nous ont présenté leur point de vue, certains,
semblable au vôtre, puis ils nous disaient... Bien, l'inconvénient, c'est
qu'ils n'avaient pas nécessairement une connaissance approfondie du gouvernement pour nous aider sur comment
transformer la machine de l'État, comment faire ce virage. Là, cette
fois-ci, on a quelqu'un ici qui a, justement, vécu l'expérience gouvernementale,
n'est-ce pas?
M. Breton (Daniel)
: J'ai d'ailleurs écrit là-dessus.
Heurtel : Et donc ce que j'aimerais, c'est voir si on ramène ça aux
ministères et organismes gouvernementaux, qui est quand même le but principal de nos travaux, tu sais, parce que
la stratégie vise, d'abord et avant tout, ministères et organismes... Ça n'exclut pas l'idée de l'action
gouvernementale à l'extérieur du périmètre
gouvernemental, mais ce que moi, j'aimerais approfondir
avec vous, c'est quels sont les gestes, justement. On a vu la première
stratégie, on essaie maintenant de mettre en place une nouvelle stratégie.
Beaucoup nous parlent d'exemplarité, de cohérence, de moyens de contraindre l'appareil gouvernemental à poser des gestes proactifs dans le sens que vous suggérez. Alors,
vous, si je vous demande le comment,
comment vous voyez ça? Quels gestes doit-on poser pour s'assurer que ça ne soit
pas seulement des voeux pieux,
comme certains pensent que ça pourrait devenir?
M. Breton (Daniel) : Bien, en matière d'électrification des transports, vous avez quelques
outils qui sont assez puissants. Et
un de ces outils-là, c'est Hydro-Québec, qui est une société d'État qui a déjà une
expertise en électrification des transports,
qui a développé des technologies de batteries et de moteurs. Ensuite de ça, je
veux dire, travailler pour que le gouvernement ait des véhicules gouvernementaux faits au Québec,
électriques, modulables, c'est tout à
fait faisable, et ça s'est
déjà fait. Pour Hydro-Québec, entre autres
Ensuite
de ça, quand on parle d'exemplarité, les municipalités sont des créatures du gouvernement. Je veux dire, par décret gouvernemental, vous pouvez faire en
sorte que, d'ici 2030, les flottes de véhicules municipaux soient partiellement ou entièrement électrifiées de façon
croissante. À partir de ces outils-là, vous développez une masse critique
de véhicules électriques faits au Québec
qui créent des emplois dans toutes les régions du Québec,
une expertise et vous diminuez la
dépendance au pétrole, et là vous êtes capables de vous servir, comme je vous
disais tout à l'heure, des mines, de l'aluminium, de l'électricité, des moteurs, des batteries. Et tout
ça, ça part d'une volonté gouvernementale pour se servir aussi bien de ces
véhicules-là pour le gouvernement que pour les municipalités. Pour moi, c'est
un outil qui peut très facilement se faire, mais ça demande une volonté
politique.
Après
ça, évidemment, comme je l'ai déjà dit, ce n'est pas tous les
fonctionnaires dans tous les ministères qui vont être d'accord avec ça, mais moi, je pense qu'il y a
des gens... J'ai rencontré dans tous les ministères des gens qui étaient
volontaires pour aller de l'avant avec une vision comme ça, mais c'est sûr que
ça part d'une volonté politique.
Heurtel : Une autre question
qui a été soulevée, c'est la question de, justement, s'assurer qu'au
niveau des politiques d'achat, des appels d'offres, il y ait un geste concret qui aille dans le sens de
favoriser ou de s'assurer qu'on intègre
dans le processus décisionnel gouvernemental une question d'électrification,
que ça soit la même chose aussi sur des
questions d'aménagement. Parce que c'est beaucoup plus loin que
simplement acheter des véhicules électriques, là, on parle de questions d'aménagement. Qui dit transport,
on parle aussi de toute la question des régions. On en a parlé avec le groupe précédent puis avec d'autres groupes,
l'électrification des transports, la mobilité durable, l'aménagement durable,
c'est une chose dans les grands centres urbains, c'est une totale autre chose
en région éloignée.
Alors
là, je vous lance plusieurs concepts, là, mais, encore une fois, dans un
contexte où on veut mettre en oeuvre des
mesures concrètes applicables au gouvernement puis à la machine de l'État pour que, justement,
les principes de lutte contre les
changements climatiques et de développement durable soient intégrés
concrètement, alors, dans cette optique-là, quels gestes... ou comment
vous voyez s'opérationnaliser ça?
M. Breton (Daniel) : Question un peu complexe, mais il
y a une couple de statistiques que je
voudrais citer. Parce qu'on parlait
des régions, il y a un texte que j'ai fait, il y a
quelques mois, sur une analyse faite par le Centre national du transport
avancé et Mobilité électrique Canada qui disait que 89 % des Canadiens
parcourent moins de 60 kilomètres aller-retour
par jour. Et, quand tu restes en région — on
a pris un exemple qui s'appelle Rivière-du-Loup,
M. le député va s'y reconnaître — je disais que 83 % des habitants de Rivière-du-Loup parcourent moins de 10 kilomètres pour se rendre au travail
par jour.
Donc,
cette notion-là comme quoi on aurait besoin d'une grande autonomie pour se
déplacer en véhicule électrique, c'est une
fausse notion complètement. Vous avez souligné ce point-là, M. le député de Groulx, si je ne me trompe pas — c'est ça? — vous avez souligné cette notion-là
d'autonomie. En fait, la très grande majorité des déplacements qui sont faits au Canada ou au Québec
sont faits sur des distances qui sont relativement courtes. Donc, d'intégrer ça
dans les services municipaux, comme
je vous disais, on peut très bien faire ça, c'est beaucoup
plus facile que les gens peuvent se
l'imaginer. Moi, maintenant, je suis moi-même un habitant d'une région qui
s'appelle La Présentation, et je peux vous dire que la réalité, c'est que 90 % du temps, je me promène en
véhicule électrique, à 100 % électrique. Ma conjointe a, elle
aussi, une voiture 100 % électrique. Donc, tout ça, c'est dans le domaine
du faisable.
Il ne faut pas
oublier une chose, c'est qu'il va y avoir des consultations dans les prochaines
semaines sur la nouvelle stratégie énergétique. Bien, pour moi, les deux sont
interreliées, c'est-à-dire qu'on parle de développement durable, on parle de stratégie énergétique. On parle beaucoup
de pétrole et de pipelines, de l'avenir du pétrole et de la baisse du prix du pétrole, c'est évident que le gouvernement a les outils pour faire en sorte de diminuer sa dépendance au pétrole par réglementation et aussi par
exemplarité. Je pense que le débat sur l'avenir de la stratégie
énergétique va devoir nécessairement
inclure la stratégie de développement
durable que vous allez mettre de
l'avant, c'est incontournable, et vous allez voir que ça va être un
débat cornélien. Mais c'est clair que vous avez des outils très forts.
M. Heurtel :
Ça, c'est une question complexe, puis oui, c'est un débat cornélien, mais je
crois qu'on en est justement... on est à une croisée des chemins parce qu'on
doit trouver des solutions. Je ne crois pas qu'on puisse, justement, pelleter par en avant et remettre ça à plus tard. Il y a une question
de cohérence, question d'exemplarité. Moi, ce que je suis tenté de vous demander, c'est : Pourquoi
on n'est pas plus avancés, finalement, dans cette question-là? Qu'est-ce qui
bloque? Que ça soit une norme ZEV, qui a l'air d'être une évidence quand on
entend les experts, puis il y a... Les opposants
ne sont pas vraiment des opposants, tu sais, ce n'est pas comme s'il y
a une vaste opposition. On parle de certains concessionnaires ou de l'industrie, mais ce n'est pas, généralement, mis
de l'avant. Là, quand on va plus loin, on a des questions... que ce soient des
questions d'aménagement, de mobilité, on est tous à peu près
à la même place, là, au niveau du principe.
Alors, là où le bât blesse semble être comment on concrétise ça. Alors, c'est
quoi, le problème, de votre point de vue?
M. Breton (Daniel) : Premier problème, éducation, sensibilisation, communication. Moi, j'ai
commencé à écrire des articles sur
les voitures électriques il y a 15 ans et j'ai eu une entrevue à la radio, il y
a un mois et demi, où on m'a posé les mêmes questions qu'il y a 15 ans,
c'est-à-dire : Quelle est l'autonomie de ces voitures-là? Ça doit se
vendre 40 000 $ et plus. Est-ce
que ça va sur l'autoroute? Est-ce que, l'hiver, ça démarre? Je veux dire, c'est
clair, clair, clair qu'il y a un
problème très sérieux. Là, on est entre nous, là, ça semble facile, mais, quand
on était au Salon de l'auto... Vous
allez au Salon de l'auto, 95 % des gens sont peu familiers avec ces
voitures-là. Il y en a un 5 % qui sont très, très familiers, ils connaissent ça mieux que les
vendeurs. Il y en a un 20 % à 30 % qui s'y intéressent, mais qui ne
savent pas trop. Puis il y en a un
autre 60 % qui s'abreuvent de désinformation, de préjugés et, en bon
québécois, de conneries qui sont
dites dans les médias sur les véhicules électriques. Donc, il y a ça aussi. Il
y a ça qui est un réel problème. Il y a un problème d'éducation et de
communication très sérieux en matière d'électrification des transports.
Ensuite
de ça, vous savez, il y a environ 1 000 entreprises qui travaillent dans
le domaine du transport au Québec, il y en a plusieurs qui ont un volet
électrification des transports. Je veux le dire parce que je pense que le
message est important, il y a des
entreprises, tu sais, comme Nova Bus, comme Bombardier, comme Prévost Car,
comme TM4 qui poussent
l'électrification des transports qui ont les reins solides. Mais les PME, les
inventeurs, les patenteux qu'on a au Québec,
ces gens-là, il y en a qui commencent à avoir la langue longue, qui
disent : On veut faire en sorte que ces projets-là avancent, que ces programmes-là avancent. Que ce
soient des Lito Green Motion qui ont inventé une moto extraordinaire 100 % électrique, pourquoi est-ce qu'on
n'aurait pas des projets pilotes avec des policiers, par exemple, qui se
promèneraient avec des motos électriques?
Pareil
comme je sais la résistance que les gardes du corps ont eue à l'Assemblée
nationale et ont encore par rapport aux
voitures branchables. Bien, je le sais, je l'ai entendu. Mais ce que je peux
vous dire, c'est que, si le gouvernement du Québec utilise les bateaux électriques de LTS Marine, par exemple,
qui sont des bateaux développés avec des technologies québécoises, et
les motos de Lito Green Motion, ça, ça va aider ces petites entreprises là à
peut-être devenir du futur Bombardier. Ces
gens-là ont bien plus besoin du gouvernement que Bombardier a besoin du
gouvernement. Donc, il y a ça aussi
qui entre en ligne de compte. Le gouvernement peut utiliser et aider ces
petites entreprises là à devenir les futurs Bombardier du Québec.
Heurtel : On est dans... On commence. Je sais bien que ce n'est pas
assez vite, mais là, bon... Là, vous m'avez fait l'honneur de participer
avec moi... Aujourd'hui, on a annoncé, justement, je suis le premier ministre à
utiliser un véhicule, justement,
rechargeable, branchable, et donc on commence, là, on est dans cette voie-là.
Pas assez vite, vous allez me dire,
mais on avance. Ensuite, on a des compagnies comme e-Lion, bon, l'autobus
scolaire entièrement québécois, entièrement
électrique. Donc, on avance, là. On voit, justement — puis ça, c'est grâce au Fonds vert, c'est
grâce au marché du carbone — on est dans ce sens-là. Mais, encore une
fois, là ce dont on parle, finalement, c'est véritablement intégrer dans le processus décisionnel, en amont, au tout
début... Que ça soit des décisions d'investissement, des décisions de prêt,
des décisions de prise de participation de
quelque forme, politique d'achat, appels d'offres, il faut intégrer ces
principes-là de façon contraignante à l'État.
Le Président (M.
Reid) : 10 secondes pour répondre, M. Breton.
Breton (Daniel) : Bien,
rapidement, c'est que vous ajoutez à
ça tout l'argent pour les flottes de véhicules pour les municipalités,
ça fait que la somme est considérable. Et là, si vous ajoutez à ça l'argent qui
est sauvé quand il est question de pétrole, la somme est importante de ce qu'on
peut faire comme investissement en véhicules électriques.
Président (M. Reid) :
Merci. Je passe maintenant la parole, pour la poursuite de nos échanges, à l'opposition officielle, premier groupe de
l'opposition, et au député de Jonquière.
Gaudreault : Oui.
Merci, M. le Président. Alors, merci
beaucoup, M. Juteau, M. Tremblay et, évidemment, Daniel. On s'ennuie de votre franc-parler à l'Assemblée nationale. Bienvenue comme ancien ministre
aussi de l'Environnement.
Première question.
Parce qu'on a entendu l'Association des véhicules
électriques du Québec juste avant vous, je pense que vous les
avez entendus en partie. On n'a pas eu le temps d'aller au fond de tout ce
qu'ils avaient à nous présenter, mais je voudrais bien comprendre la différence
que vous faites au niveau des incitatifs. Parce que l'AVEQ proposent, à leur page 15, là, de leur mémoire... Augmenter les incitatifs à un équivalent de 10 000 $ par véhicule électrique en abolissant la taxe de vente provinciale
jusqu'en 2017 et garder l'incitatif initial de 8 000 $ jusqu'à
l'atteinte d'un objectif de 50 000 véhicules électriques sur les
routes.
Tandis que vous, vous proposez que le
gouvernement prolonge d'au moins deux ans les pleins rabais offerts actuellement dans le cadre de la Stratégie
d'électrification des transports et de le bonifier de 500 $ par véhicule
rechargeable, donc un bonus supplémentaire de 500 $ par véhicule
rechargeable.
Je voudrais juste bien comprendre. Parce que,
là, on a différentes propositions, et j'aimerais ça, qu'on soit capables de
bien s'entendre éventuellement, là, puis de faire des recommandations justes.
M. Juteau
(Sylvain) : Bien,
premièrement, si vous décidez de le bonifier de 2 000 $, jusqu'à
50 000 véhicules, on ne sera pas contre ce que... O.K.?
M. Gaudreault : ...consensus.
M. Juteau
(Sylvain) : Bon, nous, on
pense qu'il faut le maintenir au moins deux ans. Puis on s'entend que, si
c'est maintenu pendant deux ans, le 50 000 qu'ils parlent, je pense que la
quantité est valide. Actuellement, il y a 5 200
véhicules branchables, là, qui roulent sur les routes au Québec, puis, de toute
façon, même si tout le monde voudrait s'en acheter demain, il n'y a pas
de disponibilité. O.K.? Il y a un concessionnaire, actuellement, qui a vendu
plus de 200 véhicules rechargeables au
Québec à Rawdon, dans une municipalité au nord de Montréal de 15 000
habitants environ, mais la moitié de ces véhicules, il les a importés
des États-Unis légèrement usagés. Des Spark électriques parce que GM Canada ne veut pas en vendre, puis des Volt
parce que GM Canada, ils ne fournissaient pas un quota suffisamment
élevé de Volt. O.K.?
Donc, je
pense que ce que nos confrères de l'AVEQ disent, je pense que ça se tient. Puis
nous, on parle aussi de la taxe de
luxe. C'est qu'on y va peut-être un peu différent, mais je pense qu'on revient
au même. C'est que le gouvernement donne de la main droite, puis il prend de la
main gauche. Vous savez, il y a une taxe sur les véhicules de luxe qui était
pour celui qui s'achetait une
Cadillac Escalade à 100 000 $ avec un gros V-8, bien, qu'il paie une
taxe sur l'immatriculation, que,
quand tu dépasses 40 000 $ sur le prix d'achat du véhicule, bien, je
pense, c'est 1 %. Ça fait que, si le véhicule coûte 100 000 $, bien, c'est
60 000 $ de plus, ça coûte... tes immatriculations annuelles sont
augmentées de 600 $ dans cet exemple-là.
M. Breton
(Daniel) : Par exemple, moi, j'ai
eu un rabais puis j'ai payé une taxe de luxe en achetant une Volt.
M. Juteau
(Sylvain) : C'est ça. Parce
que la Volt, il y a un an ou deux, c'était environ 42 000 $,
43 000 $ avant rabais. Mais
c'est évalué sur le prix d'achat avant rabais, donc il a payé une taxe de luxe.
Les propriétaires de Tesla aussi, ils
paient une taxe de luxe. Je pense à la BMW i3 qui... c'est facilement
50 000 $. Une BMW i3, là, c'est une quatre places, là. O.K.?
Donc, nous,
on pense qu'il faut être conséquent. La taxe de luxe, ça devrait être plus sur
les véhicules énergivores thermiques qui ne roulent pas au pétrole bleu
du Québec, l'hydroélectricité. Donc, en tout cas, à mon avis, c'est nécessaire de le maintenir. Puis le
8 000 $ est adéquat comme rabais, à notre avis, parce qu'avec le
rabais ça revient au prix d'une
voiture équivalente à essence. Ça revient au même prix. O.K.? Une Volt revient
à à peu près 30 000 $. Bien, achetez-vous
une Camry, là, 30 000 $, elle ne sera pas très bien équipée, puis
c'est un véhicule à peu près équivalent, donc...
Gaudreault : Maintenant, faites-vous plaisir puis
expliquez-moi, le 500 millions du gouvernement fédéral pour l'innovation
dans le secteur automobile, là, qu'est-ce qu'on devrait faire là-dessus?
M. Breton
(Daniel) : Bien, en fait, moi,
j'ai tenu à ce qu'on parle de ça parce que... Attendez un petit peu.
Voilà : «Comme vous pouvez le voir plus bas, le gouvernement
fédéral a annoncé en janvier 2014 la reconduction de leur programme
d'innovation dans le secteur automobile. Or, lors du lancement de ce programme
en 2009...» C'est-à-dire qu'ils ont donné, en pleine crise automobile, en 2009...
le gouvernement fédéral a donné 500 millions de dollars dans l'innovation automobile, et 100 % de l'argent
est allé en Ontario. Si on regarde les objectifs du programme, c'est marqué :
Bâtir la capacité de recherche et développement
dans le secteur de l'automobile, sauvegarder des emplois, élargir les plans
d'action du gouvernement pour les sciences
et la technologie, favoriser le développement et la mise en place de
technologies, de procédés innovateurs et axés sur l'efficacité énergétique.
Moi,
je considère que les élus du Québec devraient interpeler le gouvernement
fédéral en disant : Écoutez, il n'y a pas aucune raison qu'au
prorata on n'ait pas notre juste part pour investir dans l'innovation
automobile. On parle d'électrification des
transports. L'endroit où est-ce qu'il se fait le plus de recherche et de
développement en électrification des transports au Canada, c'est au
Québec. Pourquoi est-ce que 100 % de l'argent devrait continuer à aller en Ontario? Donc, moi, j'interpelle et le
gouvernement, et l'Assemblée nationale, et les élus de l'opposition pour
dire : Il y a une
partie de cet
argent-là qui doit revenir aux Québécois pour, justement, encourager les
petites, moyennes et grandes
entreprises qui travaillent dans l'innovation dans l'efficacité énergétique. On
est dans un processus... on est exactement là-dedans, et c'est ça, du
développement durable. Voilà.
M. Gaudreault : M. le député
de Rimouski, vite, vite?
Le Président (M. Reid) : M.
le député de Rimouski.
LeBel : Oui. Question... Moi, je suis pour l'auto électrique,
l'électrification des transports, mais c'est sûr qu'en région c'est difficile, ça, souvent, à expliquer.
C'est vrai que, comme tu le disais tantôt, quand tu es à Rivière-du-Loup,
10 kilomètres, ça se peut bien. Mais,
quand tu es dans les paroisses autour, dans le monde rural, ce n'est pas vrai,
c'est beaucoup plus. L'autre jour,
j'ai rencontré un de mes amis, il est encore dans mon village dans le
Témiscouata, je l'ai rencontré dans
un aréna. Lui, juste promener son jeune au hockey, du gros hockey, c'est
Rimouski, Mont-Joli, Matane, des fois
Gaspé toutes les fins de semaine parce que... Écoutez, il y en a plusieurs,
familles comme ça. Quand tu es dans le monde rural en région, tu es
toujours en auto à te promener partout.
C'est la même
chose pour le transport des personnes. On voit ce qui arrive avec Orléans, qui
coupe du transport en région, ça
inquiète beaucoup de monde. L'intermodalité des transports avec la stratégie
maritime, comment on peut connecter,
tu sais, le développement rural, nos villages, tu sais? Le Conseil du patronat
qui vient dire l'autre jour, tu sais : On va donner des subventions pour déplacer le monde, les amener en
ville, ça va coûter moins cher, ça a fessé fort chez nous, là. Le monde n'est pas content de tout ça,
les gens veulent demeurer dans le monde rural. Mais, dans le monde rural, il faut que tu te déplaces. Le développement
touristique, tu sais, on veut développer des routes, la route du grand air, on
veut amener le monde sur les routes un peu
partout, aller voir nos villages, aller dans des réserves, aller voir notre
monde, comment... C'est un gros défi.
Il faut asseoir tout le monde autour de la table, il faut que... Comment vous
pensez qu'on peut relever ce défi de
l'électrification des transports avec les autres défis de développement
économique, de qualité de vie dans nos régions?
Le Président (M. Reid) :
1 min 30 s.
M. Juteau (Sylvain) :
1 min 30 s, je vais essayer d'être court.
M. LeBel : Excusez-moi, là.
M. Juteau
(Sylvain) : M. le député, savez-vous que Tesla va installer... Tesla a annoncé qu'ils allaient
installer des «superchargers», O.K.,
qui sont en... C'est du 400 volts, mais encore plus puissant que les
bornes rapides d'Hydro-Québec.
O.K.? Ils vont en mettre six talles, O.K.,
six d'un coup au même endroit, à Rivière-du-Loup. Ça va probablement être
à l'Hôtel Universel. O.K.? Et vous savez que
ça veut dire que des propriétaires de Tesla qui viennent de la Floride — parce que les propriétaires de Tesla,
ils ont accès à un réseau — ils
vont venir vous visiter.
La clé, à mon
avis, en région... Puis, en passant, à Rimouski, je vous invite à prendre une
application qui montre le nombre de
bornes publiques, puis Rimouski est impressionnante au niveau des bornes de
recharge publiques. La clé, c'est
d'utiliser, O.K., l'infrastructure qu'Hydro-Québec est en... et de bornes
publiques qui est en train de se mettre en place puis le programme Branché au travail. Parce que le métro-boulot-dodo — appelons ça comme ça, là — c'est pour aller travailler puis revenir. O.K.? Donc, si ces infrastructures-là
sont mises en place, la recharge au travail, parce que la personne est là huit heures pour travailler
habituellement, sa voiture est tellement chargée, elle vient de doubler
l'autonomie de sa voiture. Donc, une
voiture comme la Mercedes B200, qu'on ne peut pas avoir, mais qu'on va
peut-être avoir un jour, qui a 200 kilomètres d'autonomie, elle
vient d'avoir 400 kilomètres d'autonomie.
Président (M. Reid) : Merci beaucoup. Nous allons passer
maintenant au deuxième groupe d'opposition, et je donne la parole au
député de Groulx.
Surprenant : Merci, M. le Président. Bonjour, messieurs. Écoutez,
j'adore ce que vous mentionniez au niveau, là, de la fabrication, la commercialisation et l'exportation au niveau
de l'auto électrique. Actuellement, je pense que les Québécois sont intéressés par l'auto électrique et
puis je pense qu'il y a un effort qui doit être fait, d'une part, au niveau
marketing pour expliquer aux gens c'est
quoi, puis de simplifier les choses, puis de gérer les attentes au niveau des
gens, les appréhensions qu'ils ont,
mais je pense que les gens pourraient être également intéressés encore plus à
acquérir des voitures électriques si elles étaient fabriquées ici. Je
pense que ça pourrait être un incitatif intéressant.
Je ne pense
pas qu'on puisse, actuellement, au Québec, s'immiscer dans le marché des
voitures à essence. Il y a des très, très, très gros joueurs, et il n'y a pas
de place facile pour nous là-dedans. Mais peut-être qu'il pourrait y avoir
de la place pour les voitures électriques.
C'est un nouveau marché, et puis on a vu... Vous parlez de Tesla, qui sont
partis de zéro, et ils ont créé cette
entreprise-là. Alors, on a subventionné les entreprises au Québec dans d'autres
domaines au niveau
du transport, on parle de sociétés comme Bombardier, Nova Bus, et autres, tout
ça. Il n'y aurait pas lieu d'être plus agressif
au Québec au niveau de la création d'emplois de qualité? On a perdu beaucoup au
niveau des ingénieurs. Le revenu moyen
au Québec des citoyens, c'est de 25 % inférieur à ceux de l'Ontario et du
reste du Canada. On a une démarche à faire
pour rétablir la situation, on doit supporter les emplois de qualité, puis je
pense que c'est une belle occasion pour nous si on faisait quelque chose au niveau de fabrication peut-être pas
de véhicules à très grande diffusion, mais de créneaux.
Vous dites
dans votre document qu'il y a des entreprises qui font des véhicules dans
différents créneaux qui sont en difficultés financières pour certaines, qui ont
besoin d'être mieux supportées. Alors, j'aimerais vous entendre là-dessus.
Je pense qu'il y a quelque chose à faire.
C'est un nouveau marché, puis je pense, si on peut être là les premiers, on
pourra même faire de l'exportation aussi avec ça, là.
M. Breton
(Daniel) : Bien, écoutez, le
Québec fait des avions, et ce n'est pas parce qu'à 8 millions d'habitants
qu'on est capables de supporter bien, bien
l'achat d'avions, on s'entend? On fait des trains, on fait des bateaux, on fait
des camions, on fait des véhicules
spécialisés. Il n'y a pas de raison qu'on ne fasse pas des véhicules de niche
comme des véhicules électriques, comme je parlais, justement, comment
qu'il y en a qui pouvaient être des véhicules de service municipaux. Les véhicules de services municipaux,
c'est des véhicules qui font du kilométrage assez court en général. Il y
a 1 100 municipalités au Québec, tu viens de te créer un marché
instantané.
Et, avec un
leader qui est comme l'IREQ, l'Institut de recherche en électricité du Québec,
qui a développé les meilleures technologies de chimie, parmi les
meilleures au monde, avec un chercheur comme Karim Zaghib, qui est reconnu mondialement pour la qualité de ses
chimies de batterie... Le jour où on a dévoilé notre stratégie
d'électrification des transports, il
a reçu un prix à San Francisco comme un des meilleurs chercheurs au monde en
chimie des batteries, et ça, c'est un
gars de Boucherville. TM4 fait parmi les meilleurs moteurs au monde. Et il faut
ajouter à ça le fait que le premier produit d'exportation du Québec,
c'est les lingots d'aluminium. Ça, là, c'est, honnêtement, quelque chose de totalement périmé comme vision. Ça veut dire qu'on
prend de l'électricité pas chère, là, on en fait des lingots, eux autres,
ils le transforment puis ils nous le
revendent tout fait. Il faut qu'on fasse de la transformation d'aluminium, et
il y a là un marché pour faire des voitures électriques avec notre
aluminium, notre électricité, notre expertise.
Donc, je suis
totalement d'accord avec vous, il y a un marché là, et c'est à nous de le
développer. Vous avez raison de dire
qu'on n'est pas encore au niveau des Toyota, Mazda, Honda de ce monde. Mais la
réalité, c'est que les Toyota, Mazda,
Honda ne sont pas là, en électrification des transports. Donc, nous, on peut
développer un marché de niche dans lequel on peut être parmi les
meilleurs au monde avec, en plus, de l'électricité à 99 % renouvelable.
Tout est là.
M. Surprenant : Absolument.
M. Juteau (Sylvain) : Si vous
permettez que j'ajoute...
M. Surprenant : Allez-y.
M. Juteau
(Sylvain) : ...peut-être un
petit exemple concret, bon, on parle de... Il y a des manufacturiers de bornes
au Québec, AddÉnergie, Elmec. Pour Elmec,
pour les bornes, il faut parfois des piédestaux, des pieds, puis Elmec a donné
un mandat à l'entreprise Métal Laroche, qui
est à Lac-Mégantic. Cette entreprise-là, là, ils reviennent de loin parce
qu'ils étaient à 100 mètres de
la zone rouge à Lac-Mégantic. Là, ils font des piédestaux pour bornes en
aluminium du Québec. O.K.? Oui, là, dans les trois prochains mois, ils
vont peut-être en faire juste une centaine. Mais, dans trois à cinq ans, combien de piédestaux, ça va prendre pour brancher
toutes les 500 000 voitures électriques qu'on va avoir au Québec?
C'est un petit exemple.
M. Surprenant : Une dernière
question.
Le Président (M. Reid) : Oui,
il vous reste encore 1 min 30 s.
Surprenant : Au niveau d'Hydro-Québec, bon, on est producteurs
d'électricité au Québec, il y a déjà eu des projets de moteur-roue, et puis est-ce que vous pensez qu'Hydro-Québec
en fait suffisamment pour supporter l'industrie?
M. Breton (Daniel) : Écoutez, comme
fournisseurs d'électricité puis installateurs de bornes, je trouve qu'ils font vraiment du bon travail. Parce que, quand on
se compare, on se console, je peux vous le dire. On est allés en Ontario,
là, puis il y a plein de pancartes où ils disent qu'un jour il va
s'installer des bornes. Ça fait trois ans que les pancartes sont là, il
n'y a toujours pas de bornes.
Ceci dit, en
matière d'électrification des transports, c'est-à-dire des véhicules, il y a
TM4 qui fait des moteurs, qui est une
créature d'Hydro-Québec, mais je
pense qu'Hydro-Québec pourrait faire plus parce qu'il y a des chercheurs et des
ingénieurs vraiment, absolument brillants qui sont là. Le cas du moteur-roue,
c'est un rendez-vous manqué, c'est un rendez-vous manqué, mais je pense qu'avec la volonté qu'il y
a présentement à Hydro-Québec, je pense qu'on peut aller plus loin.
M. Juteau
(Sylvain) : Si vous
permettez que j'ajoute, au sujet de notre Hydro-Québec, O.K., saviez-vous
que, le Vermont, 60 % de son approvisionnement en électricité
provient d'Hydro-Québec. Vous savez que l'électricité qu'on exporte est environ à 0,04 $ du kilowattheure,
alors qu'au réseau de vente, au réseau de détail, au Québec, c'est environ 0,08 $ à
0,09 $ du... au résidentiel, là, c'est huit virgule quelques cents du
kilowattheure. O.K.? Le Vermont s'est doté
d'une loi zéro émission, ils ont plus de véhicules que nous autres per capita
enregistrés. Au Québec, on est très
bons par rapport au Canada, mais, quand on se compare au reste de l'Amérique du
Nord, O.K., donc, imaginez, eux, ils profitent de notre électricité
propre, à bas prix, donc...
Le Président (M. Reid) :
Merci. Merci à tous les trois, M. Juteau, M. Breton, M. Tremblay.
Je vais lever
la séance pour quelques instants, le temps, nos prochains invités, le groupe
PIT de FPInnovations, de s'installer.
(Suspension de la séance à 15 h 32)
Président (M. Reid) : À l'ordre, s'il vous plaît! Nous allons
maintenant entendre le groupe PIT de FPInnovations,
représenté par M. Yves Provencher. Vous avez 10 minutes pour faire votre
présentation. J'essaierai de vous
donner une petite indication à la dernière minute. Par la suite, nous
procéderons à un 35 minutes d'échange avec les membres de la commission.
Alors, à vous la parole.
Provencher (Yves) : Bien,
merci beaucoup. Merci beaucoup de me donner l'occasion de venir vous entretenir
de notre vision sur le verdissement du transport au Québec.
Alors, notre
groupe, on est un groupe — rapidement, là — d'ingénierie à but non lucratif dont la
mission, c'est d'évaluer les technologies
vertes et d'accélérer l'implantation de ces technologies-là auprès des flottes,
que ce soient des flottes de
transport de marchandises, de personnes ou les flottes municipales. Plusieurs
ministères québécois sont membres de notre organisation. On conseille
aussi plusieurs ministères. Nos activités traitent de l'ingénierie, de la
recherche et développement, du transfert technologique.
Donc, notre
mémoire va toucher aujourd'hui brièvement, là, l'importance des camions dans le
bilan des émissions de GES, la
stratégie mise en place actuellement pour réduire les émissions de GES dans le
transport des marchandises en particulier, le transport lourd de façon
particulière. Ensuite, on va regarder les atouts qu'on a au Québec. On en a
entendu parler un petit peu dans la
présentation précédente, puis je vais renchérir là-dessus, et on va y aller
avec quelques recommandations.
Un petit
point, quand je vais parler de véhicules verts, ça peut vouloir dire des
véhicules connectés, des véhicules innovants. Vous allez voir un petit
peu, là, je vais toucher à différents aspects des véhicules verts.
Donc, ça, ce
n'est sans doute pas étranger à vous, cette diapositive-là, alors, mais ce que
je voulais faire, je voulais surtout
insister sur les camions de façon générale, les camions légers, les camions
lourds. On voit les émissions, dans les 20 années qui couvrent cette étude-là, qui ont presque doublé durant
cette période-là. Donc, alors que, dans l'automobile, les émissions réduisaient ou, du moins, étaient...
bon, ont été réduites, dans le camion ça a continué d'augmenter presque
de deux fois.
Donc, qu'est-ce qu'on fait au Québec actuellement dans le transport des marchandises pour réduire
nos émissions et notre consommation
de carburant? Bien, première des choses, la première approche, c'est
l'efficacité énergétique. La bonne
nouvelle, c'est que l'efficacité énergétique, c'est bon pour l'environnement et c'est bon aussi pour celui qui paie le carburant dans le véhicule. L'autre bonne
nouvelle, c'est que c'est bon dans toutes les sources d'énergie. On est porté à
l'oublier, mais l'efficacité énergétique, ça
ne fait pas juste réduire la quantité de diesel dans un camion, mais c'est bon
pour un camion de gaz naturel et c'est bon
pour un véhicule électrique parce
qu'on va pouvoir aller plus loin avec
la même recharge si on fait de
l'efficacité énergétique dans ces véhicules-là. Et ce qu'il y a de bien aussi,
c'est qu'ici, au Québec, on
encourage l'acquisition de technologies en efficacité énergétique, dont avec le
programme Écocamionnage, que vous connaissez probablement.
Une chose
aussi qu'on fait, c'est qu'on travaille beaucoup avec le gaz naturel
de plus en plus. Il y a des avantages au niveau des coûts, il y a
des avantages au niveau des GES. Malheureusement, les flottes tardent à prendre le virage du
gaz naturel. Et ça, je pense
que c'est une stratégie qui est... On parlait de stratégie tout à l'heure pour
les véhicules électriques, je pense qu'il y
a une stratégie à revoir aussi pour
les gens qui travaillent au niveau du gaz naturel. On pourra en reparler plus
tard si ça vous intéresse.
On est porté à l'oublier, mais l'électrification
des transports, ce n'est pas juste l'affaire des automobiles, c'est aussi l'affaire des camions au Québec.
Vous savez qu'à Sainte-Thérèse, chez Paccar, on construit des véhicules
hybrides, et la flotte de la SAQ, c'est une des plus grandes flottes de
véhicules hybrides au Canada.
On travaille
aussi avec des flottes comme transport Robert ou avec d'autres flottes où il y a
des panneaux solaires qui sont
installés sur les véhicules pour alimenter les batteries qui vont servir, par exemple, pour toute la couchette et tous les équipements qui sont à
l'intérieur de la couchette, ce qui
fait qu'on n'a pas besoin de faire rouler le camion au ralenti durant la nuit, les batteries sont rechargées en
temps réel. C'est une entreprise de Saint-Jean-sur-Richelieu qui fournit ces
panneaux solaires là.
Il y a aussi des camions qui sont construits par
une compagnie québécoise qui est basée à Blainville, qui s'appelle Convelsys, et qui sont totalement
électriques, 100 % électriques.
Des camions de classe 8, là, donc des camions semi-remorques, classe 8, qui sont totalement
électriques, mais ils ne sont pas construits actuellement au Québec pour
des histoires de subventions. On pourra
aussi en rediscuter, il y a une demande de subvention qui traîne depuis deux
ans, à peu près, dans un ministère. Donc, on pourra en reparler, de ça
aussi.
Ensuite,
si on regarde aussi au niveau de la capacité de recherche et développement et
de la capacité industrielle au
Québec, bien, on est gâtés. On a, première des choses, la plus belle piste
d'essai en Amérique du Nord, elle est située chez nous, au Québec. Il y
a un paquet de monde. On est portés à penser parfois que, quand GM est partie,
l'industrie automobile s'est écroulée, bien,
ce n'est pas vrai, il y a un paquet de fournisseurs qui sont restés. Il y a des
Novabus, des Autobus Lion, on en a
parlé tout à l'heure, des Prévost Car, Paccar, et tout ça. Et ensuite il y a un
paquet de groupes de recherche et
développement, on l'a dit tout à l'heure aussi. Le Québec, c'est l'endroit où
il se fait le plus de recherche et développement
en véhicules électriques au Canada. Donc, il y a beaucoup d'infrastructures,
beaucoup de matière grise aussi qui travaille là-dessus.
Alors,
petite mise en contexte. Allons-y maintenant avec les cinq recommandations que
je voulais vous proposer. Première
des choses, on n'ira pas très loin là-dessus, le gouvernement doit montrer la
voie. On l'a vu tout à l'heure, on doit le faire aussi avec les
municipalités. Et ça, c'est clair, il faut sortir du plus bas soumissionnaire.
Je pourrai vous raconter l'histoire de Metro
Vancouver, qui, eux autres, vont utiliser même la quantité de particules pour
établir la valeur d'un véhicule
lorsqu'ils vont en appel d'offres. Donc, il y a moyen de focaliser pour aller
chercher des véhicules verts, et sans aller, justement, à la politique,
là, du plus bas soumissionnaire.
Acheter
des véhicules verts, c'est bien. On était le groupe qui a évalué l'utilisation
des véhicules verts dans la flotte gouvernementale.
Je peux vous dire qu'il y a des véhicules verts qui sont parfois achetés, ils
sont moins souvent utilisés. Alors, il faut encourager l'utilisation de ces
véhicules-là aussi dans la flotte du gouvernement. Et il faut aussi essayer d'encourager des véhicules qui sont faits le plus
possible au Québec. Il y en a, des véhicules, qui sont faits au Québec. Je porte votre attention sur la petite navette qui
est là, électrique, qui est utilisée au Jardin botanique. Alors, rappelez-vous de son allure, je vais vous en
montrer une autre bientôt.
Il faut aussi retirer
les barrières législatives à l'utilisation des technologies vertes. Souvent, le
Québec est l'Administration la plus
restrictive en termes de technologies vertes, dans le transport des
marchandises en particulier. Je vous
donne l'exemple ici de ce déflecteur arrière de la remorque là qui est utilisé
partout en Amérique du Nord, partout aux
États-Unis, il est utilisé au Nouveau-Brunswick, dans les Maritimes, il est
utilisé en Ontario, mais, au Québec, on attend encore pour le rendre légal. Donc, ça pénalise nos flottes
québécoises. Et, évidemment, c'est un problème important pour les flottes québécoises parce que les flottes
des autres régions viennent chez nous puis ils ferment ces panneaux-là pendant qu'ils sont chez nous, ils retournent,
puis, après ça, ils économisent tout le long du reste du voyage. Nous, on
n'a pas cette possibilité-là.
faut être un catalyseur dans le développement de véhicules verts en finançant
des projets porteurs, mais pas des projets...
Je ne parle pas de financer des projets de recherche ici, là, je parle de
financer l'acquisition de véhicules verts, d'encourager l'acquisition de véhicules verts. On a parlé tout à l'heure
au niveau des municipalités, bien, c'est vrai aussi à plusieurs niveaux. Donc, moi, je vous dis :
Si, par exemple... On a parlé d'Autobus Lion — c'est un très bel exemple — tout à l'heure. L'Autobus Lion, c'est un projet où on a financé la
fabrication d'autobus Lion, la recherche et développement. On aurait pu se prendre autrement puis dire :
On va commander 300 autobus scolaires au Québec, et maintenant on va en
appel d'offres, ça nous prend une entreprise québécoise qui la développe.
C'est
ce que l'aéroport de Calgary a fait. L'aéroport de Calgary a décidé qu'il avait
besoin de navettes électriques et ils
ont fait un appel d'offres pour des navettes électriques dans l'aérogare à Calgary.
20 navettes à livrer d'ici deux ans, et ils ont fait un appel d'offres à l'échelle nord-américaine. Bien, c'est
quatre entreprises du Québec qui se sont rassemblées. On avait 40 jours pour déposer l'appel d'offres
et, en 40 jours, on a fait l'alliance entre un collège d'enseignement, un
centre de recherche, un constructeur qui est
ici, à Québec, Precicad, et Deutschman, qui est un groupe de design. On est
arrivé à construire une petite navette
électrique qui, vous pourrez voir... Vous voyez qu'elle ressemble drôlement à
celle qui est fabriquée en Chine que je vous ai montrée tout à l'heure. Cette
navette-là va rouler à l'aéroport de Calgary dans moins d'un an.
n'a coûté rien à l'aéroport de Calgary, cette affaire-là, parce que ça va être
une navette qui va être... Ça n'a coûté
rien en recherche et développement parce qu'eux autres, ils ont acheté des
navettes, ils ont juste passé une commande assez grosse pour pouvoir justifier la recherche et développement de
notre côté. Et ces navettes-là vont être couvertes de publicité, et, à ce moment-là, ça va devenir des
centres de profit pour l'aéroport de Calgary. Alors, drôlement intéressant.
Je vous invite à penser à des modèles
d'affaires comme ça aussi. Et, quand on y pense, on pourrait voir plein de
places où on pourrait voir des
navettes comme ça. Et ma diapositive n'est pas assez grande pour vous en
montrer plus, là, mais il pourrait y
avoir plein d'endroits où on pourrait voir des navettes comme ça. C'est un
exemple, on a vu tout à l'heure que ça pourrait se faire au niveau des
municipalités aussi.
Quand
on développe des véhicules électriques, des véhicules connectés, des véhicules
nouveau genre, on les fait d'abord en
laboratoire, ensuite sur la piste d'essai, et enfin on doit les tester en
pleine grandeur dans la vraie vie. Nous autres, on vous suggère que ça
prendrait un endroit au Québec où on pourrait faire ces essais-là en pleine
grandeur, ce qui fait qu'on aurait un
quartier, une ville, un secteur dans une ville qui serait dédié à ces essais-là
en pleine grandeur. Ça pourrait être près de la piste à Blainville, par
exemple, et on pourrait, à ce moment-là, faire converger les chercheurs chez
nous.
Le Président (M.
Reid) : Merci. Alors, nous allons passer maintenant à la
période d'échange. Vous aurez peut-être l'occasion
de prolonger dans des réponses que vous aurez. Alors, je passe la parole au
ministre pour commencer.
M. Heurtel : Merci. Je me demandais...
Bon, premièrement, merci pour votre mémoire, là, je suis déjà...
M. Provencher
(Yves) : Non, non, c'est bon.
Heurtel : Vous avez suscité beaucoup de questions, mais, un, je veux
vous remercier pour votre mémoire ainsi que votre présentation. C'est très intéressant parce que ce que je
trouvais, j'aimais bien la notion de meilleures pratiques, là, que vous amenez, là. Dans bien des cas, vous nous
montrez, bon, Calgary a fait ceci, Vancouver a fait cela. Je me demandais,
premièrement, si vous aviez d'autres
exemples, là, qui vous venaient comme ça, là, qui pourraient nous aider, mais
plus particulièrement au niveau
gouvernemental. Est-ce que vous avez des cas, justement, où la question...
Parce que la grosse question qui
revient régulièrement, c'est la question au niveau des politiques d'achat puis
des appels d'offres. Bien des cas, là, on en a parlé dans nos travaux,
bien des cas, là, c'est le nerf de la guerre, là, à bien des égards.
Alors, la question que je me pose, c'est de voir
si vous avez vu à travers votre expérience de quelle façon des gouvernements, d'autres gouvernements ont pu intégrer néanmoins dans leur politique
d'achat des principes liés, bon, donc
au développement durable, à la lutte contre les changements climatiques
qui ont permis, justement, d'aller au-delà de ce qui se fait de façon conventionnelle depuis trop longtemps, qui
ont permis, justement, d'ouvrir la porte à, justement, des cas comme
vous l'avez mentionné.
Provencher (Yves) : Bien, en
fait, il n'y a pas tant d'exemples que ça qui existent actuellement, mais l'idée, c'est beaucoup par le regroupement d'achats qu'on pourrait susciter assez d'intérêt
pour que des fournisseurs puissent se mettre ensemble et produire un
véhicule. On a le CGER ici qui est un bel exemple. On travaille beaucoup avec
le CGER parce que, justement, ça nous
permet d'aller... Eux autres, quand vient le temps d'implanter un certain
nombre de véhicules, ils ont accès à
plusieurs municipalités et, à
ce moment-là, ils ont la masse
critique pour pouvoir développer un
carnet de commandes assez gros pour dire : Bon, maintenant,
on intéresse, par exemple, le type qui fabrique des panneaux solaires, on dit : Bon, bien là, maintenant,
tous les appareils qui vont planter des poteaux maintenant, pendant qu'ils
sont... ou des véhicules nacelles qui
sont utilisés par les municipalités, bien, ils pourraient tous être alimentés de
façon hybride ou avec des batteries.
Si on disait que toutes les municipalités, maintenant, vont commander ce genre de véhicule là à
l'avenir, un fournisseur peut
facilement savoir : O.K. Je vais en avoir tant dans les prochains cinq
ans, ça vaut la peine de mettre une équipe en arrière de ça pour
développer un nouveau produit électrique.
Heurtel : Si on intégrait,
justement, des mesures qui forçaient le gouvernement au niveau de ses politiques
d'achat, au niveau de ses appels d'offres,
de considérer, bon, des principes d'écoconditionnalité, des principes de lutte
contre les changements climatiques, d'avoir
une certaine cohérence avec tous les objectifs qu'on s'est donnés en matière
d'électrification des transports, de
mobilité durable, d'aménagement durable, vous, de votre côté, de votre
expérience, l'impact économie
que ça pourrait avoir sur, justement, les entreprises que vous avez
présentées et la création peut-être
d'autres développements du secteur industriel, pensez-vous que ce serait un
positif?
Provencher (Yves) : Bien,
oui, parce que c'est clair qu'il y a moyen de le faire sans que
ça exige des investissements importants supplémentaires — j'ai envie de dire — pour le gouvernement. Les villes vont devoir acheter des véhicules, de toute façon. Il s'agit maintenant
de dire : Ils doivent avoir un contenu québécois électrique et...
Bref, il y a un certain nombre de critères à établir, puis, à ce moment-là, on va de l'avant, puis on va en appel d'offres, et les groupes s'organisent. S'il y a un contenu québécois
qui est spécifié, à ce moment-là ce sera une entreprise québécoise
qui va prendre la responsabilité du projet.
Mais ça ne
veut pas dire qu'on connaît tout au Québec, là. On est bons, là, mais on ne connaît pas tout
encore. Alors, je pense qu'il y a
moyen... il ne faut pas limiter ces partenariats-là à des groupes québécois
seulement. Il y a trop, actuellement,
d'organismes québécois
qui forcent des partenariats entre des universités, entre des entreprises privées, et
puis là il faut tout faire à l'intérieur du Québec sans nécessairement aller
chercher parfois un expert à l'extérieur du Québec qui pourrait nous apprendre, puis, que la
prochaine fois, on n'en aura plus besoin, on l'aura appris, mais, au moins
la première fois, on a besoin de son expertise.
Donc, moi, je suggère qu'il y a moyen, en
définissant comme il faut ce genre d'appel d'offres là, de s'assurer qu'on va avoir un contenu local québécois.
Je vous donne l'exemple de Metro Vancouver. Je reviens là-dessus parce qu'eux autres, dans leurs appels d'offres, il y a des points qui sont donnés
sur la proximité du fournisseur, il y a des points qui sont donnés même... Je parlais tantôt des
émissions, c'est intéressant parce que Metro Vancouver, à un moment donné,
disait... les gens qui travaillent en santé
disaient : Bien là, les émissions, les particules fines dans l'atmosphère,
ça nous coûte une fortune en soins de santé. Et le défi, c'était :
Bien, combien ça coûte en soins de santé? Et là ils ont été capables d'établir qu'un kilo de particules fines
dans l'atmosphère, ça vaut combien en soins de santé, et là ça faisait
partie
maintenant des critères de l'appel d'offres aussi dans l'évaluation du coût de
l'équipement.
Le Président (M. Reid) :
Merci. M. le député de Mégantic.
Bolduc
(Mégantic) : Merci, M. le Président. Écoutez, moi, j'ai une
couple de questions parce que vous
nous indiquez que non seulement la
nouvelle stratégie de développement
durable devrait s'appliquer aux ministères et organismes, mais aussi aux municipalités, surtout avec le cas
de CGER, qui dessert principalement les municipalités du Québec. Mais, là où j'ai un petit problème, c'est... Avec les
groupes précédents, on a parlé beaucoup, vous savez, des véhicules électriques,
puis on n'a pas tellement parlé des
véhicules lourds, puis on a parlé aussi des technologies de bornes 2 et 3.
Est-ce qu'il n'y a pas une crainte
qu'à un moment donné les camions, ça va prendre trop de temps les recharger?
Comment vous voyez cette problématique-là pour que ces camions-là soient
efficaces en utilisation de réseau, par exemple?
Provencher (Yves) : Bien,
écoutez, les trois exemples que j'ai donnés, là, bon, il y en a un, dans un
cas, c'est un camion hybride, là,
donc on n'a pas besoin de le recharger, là. Mais on économise quand même
35 % de carburant avec ce camion-là.
Dans le cas
des panneaux solaires, bien, ça évite, tout simplement, que le camion roule
toute la nuit pour recharger ses batteries,
puis pour chauffer la cabine, puis alimenter le téléviseur pour le conducteur
le soir. Donc, c'est huit litres de carburant qu'on sauve à l'heure.
Donc, c'est encore là un avantage au niveau du véhicule lourd.
Pour le véhicule 100 % électrique, bien, ce
ne sera pas dans toutes les applications. Comme on le disait tout à l'heure, même pour les voitures électriques,
Daniel disait : 90 % des déplacements se font en véhicule électrique,
il reste toujours un 10 %. Je
vous dirai que, dans le camion lourd, ce ne sera probablement pas 90-10, mais
ça sera peut-être un 20 % qui se
fait 100 % électrique. Et il y a du transport régional, il y a du
transport local qui peut se faire complètement en camions électriques qui peuvent se recharger. Les
camions dont je vous ai parlé, des véhicules 100 % électriques, circulent
actuellement. Ils font à peu près une
tournée d'à peu près 300 kilomètres par jour avec une recharge à mi-chemin
durant le déchargement du véhicule, et ça fonctionne.
Donc il y a des applications. Je ne suis pas
prêt à dire qu'on est rendu à dire : On va pouvoir avoir 100 % des camions lourds électriques, là, on n'est pas là.
Mais, si on en avait 20 % seulement, ce serait déjà pas mal, d'autant plus
que ces 20 % là, ce seront ceux qui sont en ville, ceux qui font du
déplacement court.
Bolduc
(Mégantic) :
Est-ce que votre objectif principal,
à ce moment-là, est de développer de la compétence québécoise qui va nous amener ailleurs, aux autos
électriques, etc.? Est-ce que c'est ça, l'idée derrière l'approche que
vous préconisez là?
Provencher (Yves) : Tout à
fait. Tout à fait. La navette, par exemple, dont je vous ai parlé, bien,
écoutez, c'est la première qui se
construit pour un aéroport, une aérogare au Canada. Il y a plein de gens qui
sont venus voir cette navette-là depuis
qu'on la construit parce que c'est fait pour les grands aéroports et pour les
personnes à mobilité réduite. On va en avoir
de plus en plus, de ça, sur notre planète, des gens à mobilité réduite puis des
grands aéroports. Donc, il y a un marché extraordinaire pour ça. On en a construit 20 pour Calgary. On en a déjà
pas mal, des gens qui viennent de l'étranger qui viennent nous voir pour
voir si on peut en construire pour eux autres.
Bolduc
(Mégantic) : Dans la nouvelle stratégie de développement
durable, quelle serait votre fenêtre, votre horizon de développement? Parce que l'ensemble des ministères et
organismes et les municipalités, ça représente quand même un volume considérable, donc, sur quel échéancier,
vous verriez l'implémentation de l'ensemble de ces groupes-là dans...
Est-ce qu'on pourrait faire ça d'ici 2020, plus, moins? C'est quoi, votre point
de vue?
Provencher (Yves) : Bien, la
navette électrique, là, on va en produire commercialement à partir de l'année
prochaine. Alors, ça, c'est déjà un cas. Il
y a déjà le parc Jean-Drapeau à Montréal qui nous dit : Ça nous intéresse.
Donc, de plus en plus de gens
s'intéressent à ça. Puis ça, on parle juste du Québec. Ça, c'est à part des
groupes à l'étranger aussi. Donc, ça,
c'est déjà commercial. À partir de l'année prochaine, ça va déjà être rentable.
Ça va se faire avec Précicad et Kargo, une entreprise de Québec et qui
va être rentable à ce moment-là.
Bolduc
(Mégantic) :
Non, mais vous n'avez pas vraiment répondu. Est-ce qu'on peut mettre ça dans la
stratégie 2015-2020 puis dire : En
2020, on aura un contenu électrique de, je ne sais pas, 50 %, 70 %,
90 %? Comment vous voyez ça, là?
M. Provencher (Yves) : Pour le
camion lourd, vous voulez dire?
Bolduc
(Mégantic) : Oui. Bien, l'ensemble de la flotte du
gouvernement, là, ministères, organismes et municipalités.
Provencher (Yves) : Mettons
que j'irais, de façon conservatrice, à 20 % de la flotte. C'est parce que
c'est sûr que, si on parle de
voitures, bien, on peut les acheter demain matin, là. Moi, je parle de
véhicules spécialisés parce que c'est
vraiment là qu'on va tirer notre épingle du jeu. Comme le groupe avant moi le
disait, ce n'est pas essayer de battre
Toyota puis Nissan sur des véhicules de promenade, là. Ce n'est pas là notre
gain, là, c'est sur les véhicules de niche. C'est ça que...
Bolduc
(Mégantic) : Mais vous me dites qu'on a déjà un gros
pourcentage ou une capacité technologique. Quel serait le pourcentage de
contenu québécois de ces véhicules-là, 100 %, 90 %? Je ne sais pas,
moi.
M. Provencher (Yves) : Mettons
80 % de contenu québécois parce que, même la navette, il a fallu aller
s'approvisionner un petit peu à l'étranger, là.
Bolduc
(Mégantic) :
80 % et plus. O.K.
Provencher (Yves) : Mais
elle est toute fabriquée ici. Elle est conçue, fabriquée, pensée ici, au
Québec, mais il y a quelques pièces qui viennent de l'étranger.
Bolduc
(Mégantic) :
Combien de temps, là?
Le Président (M.
Reid) : Oui, encore quatre minutes.
Bolduc
(Mégantic) : O.K. Moi, j'ai un autre débat que j'aimerais faire avec vous parce que
c'est bien beau, des véhicules lourds, mais, vous savez, ça devient...
Puis je ne suis pas contre ça, je suis absolument en faveur de ça, une des problématiques... Puis, si vous êtes dans
l'est du Québec, entre autres, vous allez voir rapidement que tous les camions
lourds se retrouvent sur la 91, sur la 87,
et on va sur le réseau américain. Là, il y a une question de coordination, là,
qui va être éventuellement nécessaire. C'est toujours difficile pour un
transporteur d'avoir trois, quatre technologies de camions — électrique,
hybride, diesel, etc., là — parce qu'il y a un coût d'entretien lié à ça. Puis moi, j'ai un
problème de fond parce qu'au Québec ça va bien, on est 100 %
électrique. Mais, aux États-Unis, où on est 20 % hydro, gaz, charbon, etc., est-ce que ce n'est pas un mythe,
un peu, de charger un véhicule avec de l'électricité qui est faite au minimum
60 % avec des hydrocarbures? Comment vous voyez cette espèce de mythe là,
M. Provencher (Yves) : Oui. Bien, moi, je suis d'accord avec vous, là,
quant à moi, ce n'est pas un mythe, là, le transport longue distance, on est encore loin du véhicule électrique.
O.K.? Quand on descend sur la 91, là,
je ne pense pas
qu'on voie de véhicules électriques avant très, très, très longtemps. Ça pourrait être du gaz naturel, par
exemple, ça pourrait être d'autres
combustibles. Ça pourra être éventuellement aussi de l'hydrogène parce que ça
aussi, ça se recharge assez rapidement. Il y a des véhicules à l'hydrogène qui
fonctionnent actuellement, mais, encore là, là, on comprend, là, que c'est... Parce que, l'hydrogène, je ne le vois
pas comme étant le combustible principal, mais je le vois comme — les anglophones utilisent ça — un
«range extender», là, excusez-moi, mais ça allonge le trajet qu'on peut faire
avec un moteur électrique. En fait, recharge...
c'est une batterie à l'hydrogène, là, qui va pouvoir allonger le trajet. Donc,
moi, je le vois comme ça plus que
comme... Descendre en Floride en camion électrique, là, je ne le vois pas avant...
je ne suis pas sûr que je vais voir ça.
Bolduc
(Mégantic) : Donc, on doit développer une
infrastructure pour du marché régional à court terme, dans les
prochaines décennies, quelque chose comme ça, là.
M. Provencher
(Yves) : Oui.
Bolduc
(Mégantic) : Au minimum.
M. Provencher (Yves) : Oui, tout à fait. Puis, vous savez, à partir du
moment où il va y avoir des véhicules, puis on est capable de les construire, comme je vous disais tout à l'heure,
au Québec, ces véhicules-là, bien, les flottes vont s'organiser, là. Les municipalités vont être
capables de recharger chez eux, la SAQ va être capable de recharger chez eux.
On travaille beaucoup avec la SAQ, ils sont
déjà prêts, eux autres, là. Ils attendent ça, un véhicule électrique, là, parce
qu'ils ne font pas des grandes tournées, ces
gens-là. Il y a plein de monde, là. Hector Larivée a des véhicules... qui fait
de la livraison de légumes en ville et qui a
des véhicules hybrides, il attend juste ça, des véhicules électriques, lui.
Alors, il y a plein de monde qui ont
besoin de ça. Et, comme je dis, c'est en ville que ça va se passer, et c'est là
qu'on a besoin de réduire le plus
possible nos émissions. Du CO 2 , c'est partout, mais les émissions...
particules fines, c'est surtout en ville.
Bolduc
(Mégantic) : Donc, si je comprends bien, il
faut que vous basiez toutes nos soumissions sur des critères de
performance exclusivement, et non sur le plus bas soumissionnaire, mettre les
critères...
M. Provencher (Yves) : Oui. Ça, c'est clair. Ça, il n'y a rien de pire
pour tuer l'innovation que d'aller au plus bas soumissionnaire.
Bolduc
(Mégantic) : O.K. Ça me va.
Le Président (M.
Reid) : ...il reste encore un peu moins d'une minute.
Bolduc
(Mégantic) : Une minute?
Le Président (M. Reid) :
Rapidement.
Bolduc
(Mégantic) : O.K. Donc, moi, j'aurais aussi
une autre évolution à vous faire... Parce qu'on a parlé du gouvernement, des organismes, parce que c'est
vraiment l'objectif de notre stratégie, qu'est-ce que vous pensez de l'objectif du 50 000 véhicules électriques d'ici 2020? Puis, en même temps, j'ai un petit problème,
moi, avec ça. Rapidement, c'est que les subventions...
Le Président (M.
Reid) : ...on va se limiter à cette question-là.
Bolduc
(Mégantic) : Pardon?
Le Président (M. Reid) : On
va se limiter à cette question-là parce qu'il lui reste 15 secondes pour
répondre.
Bolduc
(Mégantic) : On va écouter. Puis les
subventions qui vont être utilisées par les vendeurs au lieu d'aller aux
acheteurs.
Le Président (M. Reid) :
Malheureusement, il vous reste cinq secondes pour répondre.
M. Provencher (Yves) : Je n'ai pas
beaucoup d'opinions là-dessus. Malheureusement, ça va être court.
Président (M. Reid) : Très bien. Alors, je passe maintenant la
parole au porte-parole de l'opposition officielle, M. le député de
Jonquière.
Gaudreault : Oui. Merci beaucoup, M. Provencher, de votre
présence et de votre mémoire. Écoutez, moi, j'aimerais ça, vous amener ailleurs. On va un peu sortir de votre
mémoire. Si vous trouvez qu'on en sort trop, vous me le direz, puis on y reviendra, je comprends. Parce
que le Groupe PIT, dont vous faites partie,
est une branche, si on veut, de FPInnovations, FPInnovations, comme vous
le dites dans votre présentation, qui se spécialise dans la création de solutions scientifiques pour les secteurs
forestiers, entre autres, et j'ai constaté par votre mémoire, là, dans
votre présentation, que vous êtes
vous-même ingénieur forestier, vous avez une formation en génie forestier.
Alors, je voudrais qu'on sorte un
petit peu du volet strictement
transport — mais
pas tant que ça non plus — pour
aller voir ce qui se fait au niveau forêts. Puis
avez-vous l'impression... là, je sais que vous avez des membres à
FPInnovations, et tout, mais qu'il
pourrait y avoir encore plus de
recherche et développement en matière forestière qui soutiendrait le
développement durable, qui soutiendrait en même temps des emplois, des communautés qui en vivent et qui irait
ailleurs que dans la production de papier, de carton, de circulaires, qui permettrait même — et là il y a un lien avec les transports,
évidemment — de
produire des biocarburants, par exemple, qui pourraient alimenter les
véhicules lourds ou d'autres types de véhicules?
Moi, je suis
extrêmement préoccupé, dans une politique de stratégie de développement
durable, mais aussi dans une
politique de développement économiq