Health and Social Services — 23 March 2022 (42nd Legislature, 2nd Session)
CSSS 2022-03-23
Quebec — Committees
(Onze
heures vingt et une minutes)
La Présidente (Mme
Charbonneau) : Bonjour à tous. Après avoir constaté le quorum, je
déclare la séance de la Commission de la santé et des services sociaux ouverte.
La commission est
réunie afin de procéder à l'étude détaillée du projet de loi modifiant la... le
projet de loi modifiant la
Loi sur la protection de la jeunesse et d'autres
dispositions législatives.
M. le secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire :
Oui, Mme la Présidente. Mme Blais (Abitibi-Ouest) est remplacée par Mme Boutin (Jean-Talon);
Mme Guillemette (Roberval) est remplacée par M. Jacques (Mégantic); M. Derraji
(Nelligan) est remplacé par Mme Weil
(Notre-Dame-de-Grâce); M. Marissal (Rosemont) est remplacé par M. Fontecilla (Dorion);
et M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine) est remplacé par M. Ouellet (René-Lévesque).
La Présidente (Mme
Charbonneau) : Merci. Lors de l'ajournement de nos travaux hier, la
commission venait de suspendre l'étude de l'article 33 du projet de loi.
Nous en sommes donc à l'article 34. M. le ministre, veuillez nous faire la
lecture, s'il vous plaît.
La Présidente (Mme
Charbonneau) : Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme Weil : Nous
avons un amendement.
La Présidente (Mme Charbonneau) : Est-ce
que l'amendement est parvenu au secrétaire? Oui. Alors, Mme la... Est-ce
que tout le monde l'a reçu? Oui. Ça vous va?
La Présidente (Mme Charbonneau) : Ah! il
sera déposé incessamment. C'est une bonne phrase à dire. Est-ce que je
dois suspendre ou le «incessamment» est assez pour me garder sous cette caméra
trop longtemps?
Mme Weil :
Peut-être arrêter, c'est ce qu'on fait d'habitude, là, le temps...
La Présidente
(Mme Charbonneau) : Alors, nous allons suspendre.
Suspension de la séance à 11 h 23)
La Présidente (Mme Charbonneau) : Alors,
le nouvel
article a été déposé. Mme la députée, voulez-vous nous en
faire la lecture?
Mme Weil :
Oui. Alors : Insérer, après l'article 33 du projet de loi, l'article
suivant :
33.1. Cette loi est
modifiée par l'insertion, après l'article 57.2.1, du suivant :
«57.2.1.1.
En vue de préparer et faciliter le passage à la vie adulte de tout enfant
confié à un milieu de vie substitut dont le directeur a la charge, le ministre
doit instituer un programme de transition prévoyant un accompagnement
personnalisé de tout enfant qui consent à y participer.
programme prévoit l'accès aux services de santé physique et mentale, le soutien
social et communautaire, le logement, le soutien à la scolarisation et à
l'insertion à l'emploi et un soutien financier adéquat.
«Le ministre de la
Santé et des Services sociaux doit déposer à l'Assemblée nationale, une étude
mesurant l'implantation et les impacts du
programme de transition sur les aspects relatifs à la santé physique et mentale,
le soutien social et communautaire,
le logement, la scolarisation, l'emploi, et les conditions de vie des enfants,
et le cas échéant, recommander des modifications à la loi.»
La Présidente
(Mme Charbonneau) :
Merci, Mme la députée. Maintenant, vous... vous voulez en faire une courte
explication?
Mme Weil :
Oui. Alors, s'il y a un enjeu où on a eu beaucoup, beaucoup, beaucoup
d'interventions, et ça fait depuis
longtemps, et des études qui ont été apportées, c'est bien sûr cet enjeu-là.
C'est qu'après... À 18 ans, oui, légalement, c'est l'âge adulte,
mais, on le sait, surtout pour des jeunes qui ont un parcours difficile, qui
ont eu un parcours très difficile, ça leur prend des années supplémentaires. Et
beaucoup, beaucoup de juridictions, même au Canada... La Colombie-Britannique
l'a mis dans sa loi, donc, oui, et il y a un programme qui accompagne. D'autres
provinces, c'est un peu comme le ministre propose, c'est un programme où on
verra... dans le napperon, on le trouve.
Mais la commission Laurent,
tous les experts... Et d'ailleurs cet amendement est basé sur l'opinion d'un
expert, deux experts, une en protection de la jeunesse, mais retraitée... et je
pense qu'ils vont déposer, d'ailleurs, leur proposition dans le Greffier. Et ce
qu'on remarque, c'est que c'est une mesure qui est non seulement bon pour l'individu... parce que, sinon, ils se retrouvent
souvent dans la rue, dans la rue, beaucoup d'entre eux. Ceux qui, peut-être,
ont eu un passage moins difficile dans leur vie vont peut-être être capables,
avec le soutien... ceux qui ont le soutien. Et là on aura des questions à poser
au ministre quand on... le ministre aura l'occasion d'aborder le sujet.
Bien,
moi, ce que je voulais vraiment mettre de l'avant, c'est que d'enchâsser ça
dans la loi et, quand il y aura le... D'ailleurs, il y en a certains qui
recommandent même que ça soit le commissaire qui l'aurait... le commissaire qui
est proposé par la commission, mais ce n'est pas certain que ce serait le
commissaire. Je pense que c'est plus le ministère et la DPJ pour l'accompagner,
mais, en tout cas, c'est une autre discussion.
Mais le principe
que... et... Donc, je parlais du bien pour la personne, mais le bien pour la
société, donc ils pourront... toute la
question de la scolarisation. Évidemment, je n'ai pas à convaincre le ministre,
parce qu'ils ont mis un programme, ils connaissent, mais d'avoir ce
droit enchâssé, et ensuite, évidemment, c'est tout ce qui accompagne.
Je ne sais pas si
j'ai apporté le mémoire avec moi, mais les jeunes... l'organisation qui
représente les jeunes... Oui, ici.
C'est vraiment un plaidoyer vibrant,
vibrant. C'est le mémoire de... du Comité
Jeunes et familles vulnérables
de la région de Montréal, qui a été présenté à la commission Laurent, et...
Écoutez, la liste... C'est une
annexe avec des recommandations, et il y a
20 recommandations, donc c'est toute une page. Et c'est sûr que ça va être
important dans la discussion qu'on ait de voir quel est l'impact de cette
présentation sur le ministre et qu'est-ce qu'il en retient pour modifier
éventuellement peut-être même son programme.
Mais, d'entrée de
jeu, ce qu'eux veulent... Quand on est dans la loi, c'est une prise de conscience
sociale de la société en entier, donc ces gens-là, ces enfants-là, ces
jeunes-là, adultes... Et tous ceux qui ont des enfants, ont eu des enfants,
même quand ils sont grands, ils ont toujours besoin d'un coup de pouce, hein,
quand ils vont sur... bon, l'éducation, à l'université, ensuite le marché du
travail, leur donner des conseils quand ils font leur C.V., etc. Donc, c'est
continu, et même plus tard dans la vie. Alors, c'est de voir à ce qu'on
inscrive ça dans la loi, et donc on rallie l'ensemble de la société.
Moi, je trouve que ce
serait un des gestes les plus forts que le ministre pourrait faire, un des plus
forts. Parce qu'on a parlé du budget hier, là, et tout ça, et les gens
vulnérables, mais c'est les plus vulnérables des vulnérables, ces enfants-là, ces jeunes-là. Mais ce n'est
pas... c'est comme ceux qui vont au cégep... et il y a des cégeps qui... C'est
toujours le cégep ou l'université, il y en a certains... Peut-être que l'enfant
a des difficultés d'apprentissage ou quoi que ce soit, mais il y a certains
cégeps qui se sont adaptés à ça pour que l'enfant sorte avec un diplôme, même
des universités que je connais qui font ça aussi. On s'est adapté pour que...
parce que, des fois, ça vient tard, ce succès-là, mais, si tu n'as personne et tu
n'as pas les organismes pour t'accompagner, bien, c'est le contraire qui va
arriver.
Et donc j'ai passé la
soirée à revoir... parce que c'est un dossier qui me passionne, et je l'avais
monté, ce dossier-là, au fil des mois et
j'ai relu la revue de presse. J'ai relu les témoignages, et il y a des
histoires tellement tristes et ensuite, il y a des histoires remplies
d'espoir. Il y a une femme qui... et ça, ça a été médiatisé, qui a été
abandonnée par sa mère, un père alcoolique,
violence familiale. La mère avait pris sa soeur aînée mais pas elle. Elle se
sentait rejetée. J'ai l'impression que c'était une fille super avec un
gros coeur, parce qu'elle cherchait des attachements ici et là. Et elle parle, dans son parcours, d'une intervenante
que, si ça n'avait été de cette intervenante... mais qui est venue plus tard
dans son parcours, là, mais un ou deux
intervenants dans son voyage à l'intérieur de la DPJ qui ont vraiment été à
l'écoute. Et elle souligne que, sans ces intervenants, elle aurait... ça
aurait été fini pour elle, la vie. Alors, ça, ça l'a aidée.
Mais, quand ils
l'ont... lui ont annoncé — et
c'est pour ça que j'avais mis ça dans mon dossier 18 ans et plus, là — la...
le passage à la vie adulte, elle a dit... elle avait tellement peur. Elle avait
tellement peur de quitter le milieu. C'était devenu son milieu de sécurité.
Elle ne voulait pas l'exprimer. Elle ne voulait pas montrer qu'elle était
faible, qu'elle était vulnérable. Donc, on voit un peu la personnalité. Elle a
gardé ça à l'intérieur, et le pire est arrivé, le pire est arrivé par la suite. Elle s'est retrouvée dans la rue. Elle s'est
retrouvée abusée dans les mauvais endroits à Montréal. Bon, alors, ça a
été catastrophique, mais ensuite elle a eu... elle a contacté son ancienne
intervenante de la DPJ, parce qu'ils avaient eu une relation, qui a commencé à
l'orienter, etc., trouver une place pour elle. Et elle l'a trouvée, donc,
éventuellement dans un organisme communautaire.
Je décris tout ça,
là, pour voir... pour que... pour bien expliquer pourquoi c'est tellement
important d'être dans la loi, ce principe.
Parce qu'on reviendra à la comparaison avec une loi qui enchâsse ce droit-là et
des programmes où... Bon, on parlera de ça. Donc, la suite des choses,
c'est qu'avec un organisme communautaire elle a pu vraiment se replacer. Elle est allée au cégep. Elle est
allée à l'université, elle a joué des rôles importants où elle s'est impliquée
dans la société et elle est bien, elle est bien dans sa vie, donc. Mais ça
aurait pu virer autrement.
Donc, c'était la... moi, je voulais vraiment
mettre l'accent sur la peur, quand on leur dit : Vous quittez cette
enceinte ou : Vous ne serez plus là. Donc, pour la société, c'est un gain
énorme, un gain énorme. Premièrement, c'est des gens qu'on n'aura pas besoin de s'en soucier,
là. Parce que les services sociaux, c'est difficile, hein? Les gens qui
sont dans la rue, ce n'est pas évident, il n'y a pas vraiment... Il y a
certains organismes communautaires qui s'en occupent, mais ce n'est pas... Je
ne veux pas dire que c'est un fardeau, mais c'est un enjeu important, et le
gouvernement, les gouvernements, les institutions, les organismes, les villes
doivent gérer ce phénomène-là. Et c'est en
croissance, aussi, d'ailleurs, on le remarque un peu partout, même à Montréal.
Ce n'est pas comme certaines villes au Canada, mais ça commence à être
très, comment dire, inquiétant.
Donc, par une mesure comme ça, qui serait bien
définie — parce
qu'évidemment, une fois dans la loi, c'est bien défini et c'est le principe — et
que tout le monde adhère, et tout le monde devient mobilisé autour de ce droit
qu'on donnerait à ces jeunes-là... On a eu beaucoup d'organismes communautaires
qui sont venus, intervenants qui sont venus, et ça aussi, le recommander. Il y
a une autre recommandation, amendement, que je viendrai... plus tôt, qui touche les familles d'accueil, qui a été aussi
proposée, dépendant de la réaction du ministre. Alors, c'est ça, je plaide
pour, donc, que le droit soit enchâssé dans la loi. Et ça, c'est la formule,
honnêtement, qu'on a concoctée, mais avec l'aide d'experts.
La Présidente (Mme Charbonneau) : Merci,
Mme la députée. M. le ministre.
Carmant : Oui. Bien, en fait, je suis d'accord avec le
principe énoncé par la députée de Notre-Dame-de-Grâce, parce que, par exemple,
on a inclus la table dans le projet de loi justement parce que le député de La
Pinière, à l'époque, avait fait disparaître l'Association des centres
jeunesse, donc je n'aimerais pas non plus qu'on fasse disparaître le programme
Qualification jeunesse dans le futur. Je vais juste vérifier avec les
fonctionnaires, comme le programme existe déjà, si c'est recevable. Mais il y a
peut-être le dernier paragraphe que j'aimerais discuter après, mais...
Mme Weil : ...qu'on mettrait?
Carmant : Oui, je suis très... Le programme existe, tout le
monde? Oui, c'est... Je veux juste m'assurer que c'est recevable.
Mme Weil : Et c'est à 21 ans,
c'est ça? Et jusqu'à 21 ans, c'est ça?
M. Carmant : C'est ça, c'est 16 à
21 ans, PQJ?
M. Carmant : De suivi. Est-ce qu'on
pourrait... l'âge limite? On va vérifier si c'est recevable et puis on vous
revient pour la discussion. Parce que le dernier paragraphe, cependant, je
pense, ça va un peu trop loin.
Mme Weil : Il y en a qui proposent
25, je pense que les jeunes proposent 25. Dans votre napperon, c'est 21, dans
votre programme d'accompagnement. Bien, ça, ça serait tellement une bonne
nouvelle.
M. Carmant : O.K. est-ce qu'on peut
suspendre deux minutes?
La Présidente (Mme Charbonneau) : Bien,
je vais faire un petit tour de table, avant, pour vous donner toutes les
informations et le questionnement qui peut venir des collègues, puis, au moment
de la suspension, ça va peut-être aider dans les discussions. M. le député de
Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Merci, Mme la
Présidente. Bienvenue dans cette commission. C'est une
partie névralgique, là, donc c'est la sortie des jeunes de la direction de la protection de la jeunesse, là, et, jusqu'à présent, c'est 18 ans, là.
La tendance mondiale, là, c'est d'offrir du support jusqu'à beaucoup plus tard
dans l'âge du jeune. Hier, on parlait, M. le
ministre, que le développement du cerveau s'achevait à 25 ans, là, et, à
18 ans, il manque sept ans de développement du cerveau. Et les données qu'on a, c'est qu'au Québec, là, 50 %
des jeunes qui sortent de la DPJ connaissent l'itinérance. Et la
commission Laurent a recommandé d'étendre la possibilité pour qu'un jeune
demeure avec sa famille d'accueil jusqu'à 21 ans
à la seule condition, et je cite le rapport Laurent : «...à la seule
condition [que le jeune fasse ce] choix.» Je me pose la question, M. le ministre : Pourquoi vous avez choisi de
ne pas suivre cette recommandation-là, d'étendre l'âge à laquelle les jeunes
pouvaient rester dans une famille d'accueil.
M. Carmant : Écoutez, nous, on veut
travailler pour aller jusqu'à... comme on dit, le soutien jusqu'à l'âge de 25 ans. On ne l'a pas inclus dans le
projet de loi parce qu'on veut aller... on veut faire les choses en étapes.
Mais, par exemple, comme j'ai déjà
dit, dans la loi, il est permis déjà de rester après l'âge de 21 ans...
après l'âge de 18 ans, et j'ai reformulé
cette recommandation au début de la pandémie, que les jeunes peuvent rester en
famille d'accueil, en centre de réadaptation après l'âge de 18 ans,
s'ils le désirent.
Maintenant,
il y a des enjeux, dans la vraie vie, de disponibilité de places, puis je pense
que c'est ça qui explique le fait que, souvent, ce n'est pas retenu. Donc, souvent,
les jeunes doivent partir, il y a vraiment une majorité de jeunes...
bien, un certain groupe de jeunes qui veut partir, qui ne veut pas rester,
puis, souvent, il y a des enjeux de disponibilité
de places qui entraînent le fait que, eh oui, les jeunes partent, même si la
famille d'accueil aimerait les garder.
Fontecilla : Donc, en ce moment, c'est prévu que les jeunes peuvent
rester en famille d'accueil, là, ou, en tout cas, plus tard que 18 ans?
M. Fontecilla :
Et est-ce qu'il y a un enjeu de disponibilité de places pour ces jeunes-là?
M. Carmant : Oui.
Oui, c'est sûr. C'est le principal problème.
Fontecilla : O.K. Très bien.
La Présidente (Mme
Charbonneau) : Est-ce qu'avant la suspension j'ai d'autres personnes
qui veulent intervenir? Ça vous va?
Alors, nous allons
suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à
11 h 38)
La Présidente (Mme Charbonneau) : Merci.
Donc, nous allons reprendre. Nous allons revenir sur l'amendement qui a été déposé, le nouvel
article 33.1. Nous nous sommes arrêtés pour faire une réflexion. M. le
ministre, je vous cède la parole.
M. Carmant : Oui.
Bien, alors, malgré l'intérêt que j'avais pour le concept, les juristes me font
mention que l'amendement n'est pas recevable parce qu'il implique des sommes
budgétaires. Mais je propose à la députée de Notre-Dame-de-Grâce,
peut-être, de reprendre la discussion dans le prochain article. On va justement
parler de la transition de nos jeunes vers la vie adulte.
La Présidente (Mme
Charbonneau) : Je fais juste nous rappeler qu'habituellement on dit à
la présidence qu'on questionne la
recevabilité, mais je comprends que la réflexion, on l'a faite à l'extérieur du
principe média. C'est surtout pour ne
pas inquiéter les gens qui travaillent aux leaders de chacun des bureaux, pour
ne pas qu'ils se présentent ici pour
nous chicaner. Alors, je fais juste vous dire qu'on a eu la discussion hors
contexte. Je vais laisser la parole à la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme Weil : Merci,
Mme la Présidente. Donc, parce que ça engage, parce que ça met un fardeau sur
la DPJ, essentiellement, pour offrir tout un
panier de services qui ne sont pas offerts actuellement. C'est à dire, c'est
vraiment des sommes additionnelles, ce n'est pas comme un programme qui existe.
Et puis, bon, des fois, on est chanceux lors du budget puis, des fois, on n'est pas chanceux, on a moins d'argent. Donc,
c'est parce que c'est engagé... c'est le DPJ, c'est l'institution qui
serait engagée à offrir tout ça, alors que ça n'existe pas encore, ces
programmes.
Mais donc vous, vous
faites l'accompagnement. Parce que le programme que vous annoncez ici, c'est
parce que c'est un programme dont vous allez
chercher l'argent pour le programme, mais, parce que c'est dans une loi, ça
vous empêche de le faire, là? Donc,
juste créer le programme... Mais on peut créer un programme de transition, vous
le faites déjà. Mais c'est dans la loi, ce programme de transition.
M. Carmant : Non,
mais il existe déjà depuis quelques années.
Mme Weil : Mais
par règlement ou par...
M. Carmant : Mais
je pense qu'on va parler de la transition...
Mme Weil : Mais, dans la loi, c'est enchâssé, donc il n'y a
pas de... on ne parle pas de... Bien, vous allez en parler...
M. Carmant :
De la transition.
Mme Weil :
...de la transition, mais il n'y a pas de service, là, c'est vraiment... on
l'avise, c'est ça? Mais il n'y a rien, dans la loi, qui supporte cette
transition. Mais, parce que ce n'est pas dans votre mandat, c'est comme ça que c'est vu. Parce que ça existe comme en...
bien, dans le sens que ce n'est pas décrit dans le mandat de la DPJ, légalement,
que vous avez aussi l'obligation, au-delà de
protéger l'enfant, vous avez aussi l'obligation de le préparer pour ce qui
suit. Votre obligation, c'est vraiment sur la situation de l'enfant.
C'est bien ça, la logique de ça?
M. Carmant : Mme
la Présidente, je passerai la parole, si vous acceptez, à la juriste.
Mme Weil : Ou la directrice, aussi.
C'est dans ce sens que... c'est ça, ce n'est pas dans le mandat de préparer la
transition.
La Présidente
(Mme Charbonneau) : Ça va me faire plaisir d'entendre votre réponse,
mais, au premier lieu, il faut vous identifier, donner votre poste, et
puis après ça vous pourrez prendre la parole.
Mme Mathieu
(Jessica) : Oui. Merci du rappel...
La Présidente
(Mme Charbonneau) : Est-ce qu'il y a consentement pour laisser la
réponse venir de cette gentille dame?
La Présidente
(Mme Charbonneau) : Allez-y.
Mme Mathieu
(Jessica) : Jessica Mathieu, avocate au ministère de la Justice. Donc,
j'apporterais quelques nuances. L'objet de
la loi, comme vous le dites, c'est vrai qu'il est vraiment de mettre fin à la
situation de compromission, tout ça, mais ça n'empêche pas qu'il y a des
dispositions qui existent qui parlent de cette transition-là.
on va avoir un amendement, au prochain article, qui a déjà été déposé au
Greffier, que... Vous avez peut-être pu en prendre connaissance,
peut-être pas, mais je vous en... je vous l'annonce, il va y avoir l'obligation
de préparer un plan de transition, par le
DPJ, dans l'année qui va précéder ses 18 ans ou même avant, si le jeune
est prêt à ça. Et donc, là, on vient
justement mettre des obligations pour le DPJ de préparer cette transition-là
avec le jeune vers la vie adulte, en
plus de ce qu'il y avait déjà de déposé, là, à l'article 34 actuellement,
où on parlait qu'il faut l'informer des services puis faire une rencontre aussi
avec le jeune, ces services-là, pour le préparer. Donc, c'est quand même déjà
couvert, là, cet aspect-là, là, dans la loi.
Mme Weil :
...c'est moins service ou vous
considérez que c'est un service? Bien, je dis ça juste parce que j'essaie
de voir s'il y a des éléments dans ce qui a été préparé comme amendement.
Mme Weil :
C'est-à-dire, quand on arrive là...
Carmant : ...plutôt
qu'informer. En tout cas... Mme la Présidente, peut-être que je passerais la
parole, avec votre permission, à la directrice nationale sur l'aspect
information versus offre de service?
La Présidente (Mme Charbonneau) : Comme
on l'a demandé à la personne précédente, vous vous identifiez, donnez
votre titre, et puis après ça vous pouvez répondre.
Mme Lemay
(Catherine) : Alors, Catherine Lemay, sous-ministre adjointe au
bien-être, au développement et à la protection de la jeunesse et directrice
nationale de la protection de la jeunesse.
Alors,
non seulement le passage à la vie adulte est crucial pour les jeunes qui
sont... qui sortent du dispositif de protection de la jeunesse, mais
c'est une responsabilité des intervenants de la protection de la jeunesse de
s'assurer que les jeunes sont préparés à affronter leur avenir.
Alors, la question
des services dont les jeunes auront besoin... Parce qu'il faut se rappeler, là,
que ce n'est pas tous les jeunes qui arrivent à 18 ans qui ont besoin des
services au-delà du 18 ans. Mais, pour ceux qui en ont besoin, il existe
déjà un programme-phare qui a cours au moins depuis les 15 dernières
années dans les anciens centres jeunesse puis maintenant dans les CISSS et les
CIUSSS, qui s'appelle Programme de qualification jeunesse, qui vise au moins
trois choses spécifiques : le premier, que les jeunes qui sortent de la
protection de la jeunesse aient un toit sur
la tête; le deuxième, qu'ils puissent avoir une qualification, alors soit un
emploi ou qu'ils soient aux études; et, le troisième, qu'ils aient au moins une
personne significative, un adulte bienveillant, qui va pouvoir les accompagner
au-delà de la majorité, mais... puis pour le restant de leurs jours, s'ils en
ont besoin. Donc, ce programme-là vise ces trois aspects-là.
Le programme est
démarré plus petit, mais, dans les derniers investissements qui ont été faits
dans les dernières années par M. le ministre, maintenant, tout jeune qui a
besoin d'être accompagné dans son passage à la vie adulte par ce programme-là
peut l'être. Et, même si, arrivés à 18 ans, ils nous disent : Non,
merci, je n'en veux plus, ils peuvent revenir par après et ils vont pouvoir
bénéficier du soutien et de l'appui pour les mener jusqu'à leur installation, avec un toit, avec une personne
bienveillante et avec une qualification, soit un métier ou la poursuite de
leurs études. Voilà.
La Présidente
(Mme Charbonneau) : Merci. Mme la...
Mme Weil :
...Mme la Présidente...
La Présidente
(Mme Charbonneau) : Allez-y, allez-y.
Mme Weil : ...inscrire, donc,
justement comme... C'est C.A.R.E. Jeunesse... Ou je ne sais pas si on dit «Care
Jeunesse». J'imagine que oui. Il faudrait corriger ça. On va parler au ministre
responsable de la Langue française. Et donc eux, ils
recommandent que «la province du Québec — oh! "province" — que
[le] Québec introduise dans la loi une disposition permettant au jeune de
continuer à recevoir des services de soutien après avoir atteint l'âge de la
majorité». Dans les faits, vous dites que c'est ça qui se passe? Donc, ça
continue après 18 ans?
Mme Lemay (Catherine) : ...
Mme Weil : Mais donc eux, ils
recommandent... Et c'est beaucoup la recommandation des jeunes qui... les
jeunes qui sont allés en commission parlementaire... bien, à la commission Laurent.
Donc, cette recommandation, on pourrait le mettre dans la loi? Bien, ça, c'est
à la juriste, peut-être, de voir. Vous le faites déjà, mais on pourrait faire
un amendement là qui peut prendre cette recommandation?
La Présidente (Mme Charbonneau) : Je
comprends qu'il y a toujours une facilité, mais mon contact visuel avec la
charmante personne qui fait la technique a de la difficulté à savoir qui va
prendre la parole la prochaine fois. Est-ce que c'est la juriste? Est-ce que
c'est la sous-ministre ou le ministre? Donc, j'ai vu son questionnement...
Mme Weil : Mme la Présidente,
on a pris des mauvaises habitudes.
La Présidente (Mme Charbonneau) : Mais
c'est tout à fait correct, je ne suis ici que de façon partielle, je vous l'ai déjà annoncé. Donc, je veux juste
m'assurer que chacune des personnes qui prend la parole puisse avoir le même
micro et la même opportunité. Donc, soyez juste un petit peu patients avec nous
pour s'assurer qu'on donne la parole à la bonne personne. Donc, si j'ai bien
compris, votre question se dirigeait vers le ministre mais pourrait aller vers
la juriste, si le ministre en choisit ainsi?
Mme Weil : C'est bien ça.
M. Carmant : Il me fait plaisir
de passer la parole à la juriste, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Charbonneau) : Alors,
Mme la juriste.
M. Carmant : Avec votre
permission.
La Présidente (Mme Charbonneau) : Avec
plaisir.
Mme Mathieu (Jessica) : Ça ne
serait pas possible de prévoir ça dans la loi, parce que l'objet de la loi, ça
vise vraiment les enfants. Là, si on parle de services pour des personnes qui
sont devenues majeures, on n'est plus dans le cadre de la loi. Donc, c'est
possible, administrativement, il y a des programmes qui existent, qui
permettent aux jeunes d'avoir les services. Mais là on regarde vraiment la Loi
sur la protection de la jeunesse, on ne peut pas venir inscrire, dans la Loi
sur la protection de la jeunesse, qu'on offre des services à des enfants qui
sont maintenant majeurs, qui ne sont plus des enfants.
Mme Weil : Mme la Présidente,
j'aurai une autre question. Donc, comme la Colombie-Britannique, l'Espagne, il
y a beaucoup de pays qui ont enchâssé le droit, et c'était la même chose,
c'était pour des jeunes jusqu'à l'âge adulte, 18 ans, et qui ont modifié
leurs lois parce qu'ils disaient : C'est trop jeune, et ils l'ont mis,
certains, jusqu'à 21 ans, d'autres encore plus. Donc, c'est ça qu'il
faudrait faire pour avoir le panier de services.
Donc, ça, ça,
on ne peut pas empêcher. Donc, il faut d'abord qu'il y ait... que ce soit
inscrit dans la loi qu'il y a des services. Et je pense que c'était la
résistance depuis le début, parce que la loi dit que c'est jusqu'à 18 ans.
Mais eux, ils ont trouvé une façon. Alors, il va falloir que je revienne,
là, pour regarder leurs lois, mais c'est sûr que, dans toutes les provinces et
les pays, c'est 18 ans, là, la plupart, l'âge d'adulte. Mais ils ont
prévu, dans leurs lois, la transition qui
dure plus longtemps que leurs lois, donc ils ont trouvé une façon de le faire.
C'est un principe. J'imagine qu'on se ressemble en matière de
législation.
Écoutez, pour l'instant, je dis : Il va
falloir travailler là-dessus, peut-être même qu'on échange hors micro, comme on
fait souvent, Mme la Présidente, d'ailleurs, pour essayer de trouver et
comprendre les enjeux. Donc, ils ont inscrit, dans leurs lois, jusqu'à
21 ans, donc la panoplie de services jusqu'à 21 ans, c'est ça qui est
demandé. Donc, une fois que la loi est changée, il n'y a plus de problème, là,
parce que ça fait
partie de la loi. Donc, ça, c'est leur recommandation, mais on n'est pas encore là, on reviendra. C'est
parce que la loi ne le dit pas. La loi, c'est 18 ans. Donc, il faut
changer ça avant de pouvoir dire ce qu'on offre.
La Présidente (Mme Charbonneau) : Merci,
Mme la députée. J'ai... j'avais, je crois, la députée d'Iberville qui avait une
question, puis après ça je vais aller au député de Laurier-Dorion. Mme la
députée.
Mme Samson : Merci, Mme la
présidente. Ma question a été partiellement répondue, mais je vais la réitérer parce que c'est une réelle inquiétude. Moi, j'ai
pu constater, dans mon comté au cours des dernières années, que l'itinérance
rajeunit beaucoup, et beaucoup des gens
qu'on retrouve sur la rue sont des enfants de la DPJ, et c'est assez
préoccupant. Et ma question était la suivante : Quand on parle de
prévoir «un accompagnement personnalisé de tout enfant qui consent
à y participer», est-ce que, d'emblée, cet accompagnement-là est offert aux
enfants de la DPJ, ou c'est à la direction
du directeur, ou si c'est d'autres critères externes qui viennent déterminer
s'il fera l'objet d'un accompagnement personnalisé ou non?
La Présidente
(Mme Charbonneau) : Merci, Mme la députée. M. le ministre.
M. Carmant :
Oui, Mme la Présidente, je passerai la parole à la directrice nationale,
avec votre permission.
La Présidente
(Mme Charbonneau) : Avec plaisir, Mme la directrice.
Mme Lemay
(Catherine) : Alors bien entendu, ce ne sont pas tous les jeunes qui
sont suivis jusqu'à 18 ans par la protection de la jeunesse qui ont besoin
de soutien, parce que certains d'entre eux ont encore le contact avec leurs
parents, certains autres ont l'appui d'adultes significatifs, qui fait en sorte
qu'ils n'ont pas besoin d'être accompagnés par un intervenant ou par une
ressource professionnelle. Mais, pour ceux qui en ont besoin, ça leur est
offert dès leur 16e anniversaire et ça peut continuer à être offert plus tard,
jusqu'à 18 ans. Et, même pour ceux qui arrivent
à 18 ans et qui disent : Je ne veux plus rien savoir de la protection
de la jeunesse, ils peuvent revenir quelques mois plus tard et demander de pouvoir être accompagnés et d'avoir les
services du programme de qualification jeunesse.
Mme Samson :
...c'est à la discrétion d'un responsable de la DPJ d'offrir le service?
Mme Lemay
(Catherine) : Bien, c'est à la discrétion... Ça fait
partie de
l'accompagnement quand on arrive proche de la...
Mme Samson :
Ça fait
partie d'évaluations?
Mme Lemay
(Catherine) : Oui. Ça fait
partie des outils de travail...
Mme Lemay
(Catherine) : ...de dire : Bien, quand j'approche de la majorité,
que je prévois que...
Mme Lemay
(Catherine) : ...ce jeune-là va devoir s'occuper de lui par lui-même,
il faut que je puisse lui dire : Bien,
regarde, tu peux avoir un programme spécial qui s'appelle «qualification
jeunesse», où tu as un éducateur qui va t'accompagner au moins jusqu'à
son... ton 19e anniversaire et, si tu le désires, plus longtemps.
Mme Samson :
Je comprends. O.K. Merci.
La Présidente
(Mme Charbonneau) : Merci. Je céderais la parole au député de
Laurier-Dorion.
M. Fontecilla :
Bien, on... je viens de... on vient d'entendre que la loi de la DPJ s'arrête à
18 ans, et après ça je crois avoir compris que l'État n'a plus aucune
obligation envers ces jeunes-là, et, voilà, c'est 18 ans et c'est la fin,
alors que, semble-t-il, ailleurs dans le monde, en Amérique du Nord, là, ils
n'ont pas compris la même chose, là, ils ont une vision... une vision qui étend
la responsabilité de l'État et au-delà de 18 ans, là. Moi, j'aimerais
connaître la vision... la vision du
ministre. Est-ce que vous pensez que la DPJ s'arrête à 18 ans et que
l'État n'a plus de responsabilité envers ces jeunes-là après 18 ans
ou que, oui, l'État a une responsabilité, et, si ça appartient... et, si c'est
le cas, ça appartient à la loi de la DPJ d'en tenir compte?
M. Carmant : Bien, Mme la Présidente,
je suis sûr... moi, c'est que c'est... je suis convaincu, là, de... que ce...
la responsabilité des directeurs de la protection de la jeunesse s'étend après
18 ans. Ça, il n'y a pas d'enjeu là-dedans. L'enjeu est vraiment juridique, et ce que je comprends, c'est :
Est-ce qu'on peut enchâsser dans la loi des responsabilités après l'âge
de 18 ans? Mais ce qu'il faut, c'est développer des programmes qui
accompagnent ces jeunes après l'âge de 18 ans et les rendre disponibles à
tous, et, dans le prochain article, là, sans vouloir anticiper, on va... on va
venir ajouter une obligation aux DPJ de
présenter ces programmes-là, et je pense que c'est là qu'il faut travailler.
Moi, si on me dit que, dans la loi,
la loi... à cause de la définition du mot «enfant», ça arrête à 18 ans,
ça, je l'accepte, mais il faut trouver d'autres moyens de s'assurer que
les services soient prolongés après l'âge de 18 ans.
M. Fontecilla :
... enchâssés législativement, au point de vue... Dans la loi?
M. Carmant : Bien, ce qu'on peut faire
avant l'âge de 18 ans, justement. Donc, c'est pour ça que, si on peut...
Fontecilla : Pardon?
M. Carmant :
...passer au prochain article...
M. Carmant : ...on pourrait
regarder...
M. Fontecilla : Là,
on est avant 18 ans, et là vous nous dites qu'au prochain
article on peut
voir... on va considérer...
M. Carmant : Ce qu'on peut
faire avant 18 ans pour intégrer les enfants dans ces programmes, qui vont
les suivre après.
M. Fontecilla : Très bien.
Présidente (Mme Charbonneau) : ...M. le député? Mme la
députée de Notre-Dame-de-Grâce, vous m'aviez demandé de suspendre pour
pouvoir faire une... certaines recherches.
Mme Weil : Recherches, oui,
et j'ai trouvé ma réponse, en fait.
La Présidente (Mme Charbonneau) :
Est-ce que vous voulez garder le micro ouvert?
Mme Weil : Oui,
à micro ouvert, oui, c'est important. Parce qu'on a un modèle, c'est la
Colombie-Britannique. En plus de ça, il y a la Finlande, un peu, qui
font la même chose, Royaume-Uni, Norvège. Il y a beaucoup de pays.
Alors, voici ce que c'est. Je
vais le dire en anglais parce qu'il n'y a pas de version française :
«Subject to the regulations, a director may
make a written agreement with a person 19 years or older who, before the
person's nineteenth birthday, was :
«
b) the subject of an order for
custody under this act, other than as described in paragraph (a), or
«
c) the subject of, or a party
to, an agreement under this act.
«The agreement may provide for
support services or financial assistance, or both, to assist the person while
«
a) enrolled in an education or
vocational training program, or
«
b) taking
part in a life
skills or rehabilitative program.
«Subject to the regulations,
the agreement may be renewed or, after an interval, another agreement under
this
section may be made.»
Donc, ça, c'est une province qui a trouvé une
façon d'enchâsser dans la loi une entente. Donc, on peut imaginer que
l'entente... Il faudrait que je regarde le règlement, et tout, mais le principe
est là. D'autres États l'ont fait différemment,
mais tous ont fait l'observation qu'ils trouvaient que leur âge adulte,
18 ans, c'était insuffisant et qu'ils avaient besoin d'enchâsser
dans la loi. Alors...
M. Carmant : ...la Présidente.
La Présidente (Mme Charbonneau) : Madame...
M. le ministre.
M. Carmant : Mais on parle de
19 ans pour la Colombie-Britannique, qui est l'âge légal, là.
Mme Weil : ...après, pour
après. Donc, ils disent...
M. Carmant : Puis, en plus, c'est le
mot...
Mme Weil : Dans la colonne,
c'est jusqu'à 24 ans.
M. Carmant : O.K. Puis c'est le
mot «may», en plus, qui... qui n'est... qui est loin d'être une obligation, là.
Mme Weil : ...modèle, c'est un
modèle. Je dis ça, là, parce que la discussion maintenant, c'est... j'espère qu'on... c'est de trouver une solution pour voir
l'État, qui prend le mandat, déjà de bien préparer ces jeunes-là pour cette
transition, qui est tellement périlleuse
pour ces jeunes les plus vulnérables, sachant qu'il y a certaines limites
peut-être légistiques, mais... mais
de toute façon on peut modifier la loi, comme mon collègue l'a souligné. Donc,
ça, c'est un modèle.
Pendant la pause, on verra ce qu'on peut faire.
J'aimerais mieux suspendre pour l'instant, donner le temps de regarder les
autres modèles, comment ils l'ont fait. Mais je pense que ça explique
l'objectif. Je pense que c'est habile aussi,
la façon qu'ils l'ont fait. Donc, il y a un jugement qui est porté, hein, par
la DPJ : «peut», il y a cette question de «peut», et pour le jeune
aussi.
M. Carmant : Mais je crois
sincèrement que ce qu'on vous propose au prochain article...
Mme Weil : D'accord. Alors, moi...
donc, je voulais juste...
M. Carmant : ...est plus consistant
que ce que vous venez de me lire.
Présidente (Mme Charbonneau) : ...je vais répondre à la demande de la députée de
Notre-Dame-de-Grâce et je vais suspendre quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 08)
La Présidente (Mme Charbonneau) : Mme
la députée, il vous reste trois minutes d'intervention, puis nous allons passer
au vote.
Mme Weil : Oui. Alors, Mme la
Présidente, suite aux échanges, j'appellerais le vote par appel nominal.
La Présidente (Mme Charbonneau) : Par
appel nominal.
Mme Weil : Je le demanderais,
oui.
La Présidente (Mme Charbonneau) :
Merci. M. le secrétaire.
Est-ce qu'il reste des interventions? Mon Dieu!
Je... je... Là, j'étais trop rapide. Ça vous va? Alors, le vote est appelé sur
l'amendement,
article ajouté : 33.1. M. le secrétaire.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Weil (Notre Dame de Grâce)?
Le Secrétaire : M. Carmant
(Taillon)?
Le Secrétaire : Mme Picard
(Soulanges)?
Le Secrétaire : Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac)?
Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac) :
Contre.
Le Secrétaire : Mme Boutin
(Jean-Talon)?
Le Secrétaire : M. Asselin (Vanier-Les Rivières)
Le Secrétaire : M. Fontecilla
(Dorion)?
Le Secrétaire : Et Mme
Charbonneau (Mille-Îles)?
Présidente (Mme Charbonneau) : Abstention. Le... Alors, l'article est reconnu
comme rejeté. L'amendement, désolée. On va y arriver, on va s'en sortir.
Nous serions rendus à l'article 34. M. le ministre.
M. Carmant : Parfait. Merci, Mme la
Présidente.
L'article 34 de la... de la... se lit comme suit :
Cette loi est modifiée par l'insertion, après l'article
57.2.1, du suivant :
«57.2.2. En vue du passage d'un enfant à la vie
adulte, le directeur qui intervient auprès de lui doit, dans l'année précédant
ses 18 ans, l'informer des services de soutien offerts par des personnes,
des établissements ou des organismes.
«Le directeur doit tenir une rencontre avec
l'enfant et le personnel du prestataire de services concerné si l'enfant y
consent.».
Donc, le texte proposé se lit... Bien, c'est
exactement la même chose. Les commentaires. Ce nouvel
article vise à assurer
une meilleure transition vers la vie adulte des enfants suivis en protection de
la jeunesse qui atteindront bientôt la majorité. Ainsi, cet
article prévoit
l'obligation du directeur d'informer l'enfant des services qui pourront lui être offerts en vue de son passage à la vie adulte,
puis, si l'enfant y consent, le directeur doit tenir une rencontre avec le
prestataire concerné. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Charbonneau) : Je me trompe, M. le ministre, ou vous avez un amendement?
M. Carmant : Ah!
j'avais un amendement à présenter, oui. Woups!
La Présidente (Mme
Charbonneau) : Il n'y a pas de souci.
M. Carmant : Donc,
l'amendement se lit comme suit :
Remplacer l'article
57.2.2 de la
Loi sur la protection de la jeunesse, proposé par l'article 34 du
projet de loi, par le suivant :
«57.2.2. En vue du
passage d'un enfant à la vie adulte, le directeur qui intervient auprès de lui
doit, dans l'année précédant ses 18 ans [...] au moment qu'il estime
approprié, convenir avec cet enfant d'un plan pour assurer cette transition.
directeur doit également l'informer des services de soutien offerts par des
personnes, des établissements ou des organismes et tenir une rencontre avec
l'enfant et le personnel du prestataire de services concerné si l'enfant y
consent.»
Cet amendement vise
encore plus à prévoir que le directeur de la protection de la jeunesse doit
convenir avec un enfant d'un plan visant à faciliter son passage à la vie
adulte dans l'année qui précède ses 18 ans ou avant, si cela est approprié. De plus, il vise à clarifier que le
directeur peut tenir plus d'une rencontre avec les prestataires de services
offrant des services de soutien et l'enfant
dans le but de faciliter son passage à la vie adulte. Ces modifications
répondent à des propositions entendues lors des consultations
particulières du projet de loi. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Charbonneau) : Merci,
M. le ministre. Vous n'avez pas d'autre commentaire à ajouter? Est-ce
que j'ai quelqu'un qui prend la parole?
La Présidente (Mme Charbonneau) : Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme Weil : Donc, «ou au moment», donc, ce n'est pas... l'ajout,
c'est «ou au moment qu'il estime approprié», c'est ça?
M. Carmant : Non,
il y a le plan. C'est surtout le plan.
Mme Weil : ...ici...
ici, «l'année précédant ses 18 ans», «l'informer des services», c'est tout
ce qu'on a ici, «en vue du passage [...] la vie adulte», «intervient».
M. Carmant :
Dans sa 18e année.
Weil : Soulignez en
noir, là, si vous pouvez, je ne sais pas. L'amendement touche donc la phrase
dans votre amendement. Vous amendez l'amendement... l'amendement que
vous...
M. Carmant :
Alors... Oui, c'est ça. Alors...
Mme Weil :
Bien, la... pas l'amendement, excusez-moi, le... le... le nouveau texte.
M. Carmant : Si vous permettez, l'amendement modifie que...
juste de l'informer des services offerts, à s'asseoir avec lui et
convenir d'un plan. Donc, les enfants auront un plan de vie à la sortie de la
DPJ, ce qui est ce qu'on visait tout à l'heure, là.
Mme Weil :
Mais «ou au moment...
M. Carmant :
Et c'est le «il doit»...
Mme Weil :
Excusez-moi.
M. Carmant :
...donc il y a obligation. Ce n'est pas «peut», on utilise le mot «devoir».
Mme Weil : Mais
«ou au moment qu'il estime approprié», je ne le vois pas dans le 57.2.2.
Mme Weil : Mais c'est ça que je dis.
Parce qu'on avait un amendement qui touchait cette question-là. C'est pour ça
que je pose la question. C'est que ce que vous dites, là... Parce que nous, Mme
la Présidente, on cherchait un amendement justement pour
dire ça, c'est-à-dire... Et qu'est-ce que vous entendez par «au moment
approprié», «ou au moment qui»... Comme...
Nous, on pensait que 16 ans, ce serait bien, par exemple, parce qu'on
arrive quand même à une maturité à 16 ans, mais ça donne quand même
deux ans de plus de préparation. C'est la discussion que... qu'on a eue...
bien, que... qu'on a eue ensemble, avec moi-même. Donc, est-ce que vous
pensez... Vous ne pensez pas que ce serait mieux, M. le ministre, de le mettre
dans la loi, un âge, pour que ça soit vraiment...
La Présidente (Mme Charbonneau) : Je
vais vous permettre de répondre, M. le ministre.
Mme Weil : Oui, là, parce
qu'on aurait un amendement, là, mais je voulais juste...
M. Carmant : Au lieu de «au moment
qu'il estime approprié», dire...
Mme Weil : Oui, parce que c'est
flou. Nous, on... je vais vous dire...
M. Carmant : ...«dans l'année»?
La Présidente (Mme Charbonneau) : Bien,
je veux juste vous indiquer qu'on travaille sur un amendement en ce moment.
Donc, si vous voulez amender l'amendement, c'est un sous-amendement.
La Présidente (Mme Charbonneau) :
Mais, en même temps, je vous suis dans la volonté que vous avez en ce moment,
avant de le modifier, d'avoir la discussion.
Mme Weil : Oui, c'est...
La Présidente (Mme Charbonneau) : Ça
vous va? Je veux juste être sûre.
Mme Weil : ...c'est
exactement très bien.
Présidente (Mme Charbonneau) :
J'ai... j'ai... j'ai une... J'ai une main levée du député de Laurier-Dorion.
Donc, pendant que la réflexion se fasse, je peux vous entendre.
Fontecilla : Oui. J'ai une question et je voudrais tout... je
veux savoir... Je lis les deux passages rapidement et j'ai de la misère
à voir qu'est-ce qui change entre les deux. Si vous pouvez me... m'en
informer...
La Présidente (Mme Charbonneau) : ...paragraphe
de 57.2.2.
M. Fontecilla : «...convenir avec
cet enfant d'un plan pour assurer cette...»
M. Carmant : Au lieu de l'informer
des services, on convient d'un plan maintenant.
M. Fontecilla : Au lieu de
l'informer, on convient d'un plan.
La Présidente (Mme Charbonneau) :
C'est ça.
Fontecilla : O.K. Première
question : Quelles sont les implications du mot «convient», là? Est-ce qu'il
y a une obligation contractuelle entre les deux parties?
Carmant : Bien, l'obligation vient de «doit», de «qui
intervient auprès de lui doit», tu sais. Alors là, c'est... c'est là que
vient l'obligation.
M. Fontecilla : O.K. La personne qui
intervient... «...convenir avec cet enfant — cet enfant — ...
M. Carmant : Doit convenir.
M. Fontecilla : ...d'un plan pour
assurer cette...» Parfait. La question qui me vient à l'esprit : Est-ce
que, lors de cette conversation-là, l'enfant, c'est un peu... ou le jeune, là,
est informé de sa possibilité... de la possibilité qu'il a de rester dans sa
famille d'accueil, là, par exemple?
M. Carmant : On parlait surtout des
services, là. Je ne sais pas. Je passe... Monsieur... Mme la Présidente, je
passerais la parole à la... Je ne sais pas si c'est à ce moment-là que la
discussion est faite, là.
La Présidente (Mme Charbonneau) : Merci,
M. le... Mme la directrice.
Lemay (Catherine) : Alors, votre question, pour être bien sûre, là,
que j'ai bien compris, vous demandez si, dans le cadre des... de la
planification, là, du passage à la vie adulte, si c'est à ce moment-là qu'on
parle de la possibilité de rester en famille d'accueil. C'est bien ça?
Mme Lemay (Catherine) : Alors, oui,
ça peut être fait dans ce cadre-là, mais il est possible qu'au moment où on fasse le plan le jeune, lui, ne se projette
pas nécessairement dans rester dans sa famille d'accueil. Tu sais, il peut
avoir le rêve, par exemple, de dire :
Bien non! Moi, à 18 ans, je m'en vais en appartement. Donc, oui, ça peut
être abordé, c'est une belle
opportunité de le faire lors de la conclusion du plan, mais ça se peut que le
jeune ne soit pas disponible pour ça, donc que ça se fasse plus tard.
Ça fait qu'il faut se laisser la marge de
manoeuvre requise pour conclure le plan le plus tôt possible lorsque... lorsque
le jeune se montre disponible. Par exemple, quand on pense qu'il va pouvoir
bénéficier du programme de qualification jeunesse, à 16 ans, le plan peut
se faire à ce moment-là, le plan peut être révisé un peu plus tard. Mais il
faut pouvoir saisir les opportunités que... dès que le jeune est disponible,
qu'on puisse conclure le plan avec lui. Et ça se
peut qu'il ne soit pas disponible avant 17 ans, 17 ans et demi, parce
que, notamment pour plusieurs jeunes qui sont pris en charge par la
protection de la jeunesse depuis de nombreuses années, pour eux, c'est un peu
l'Eldorado, là, 17 ans, quand tu es plus... 18 ans, quand tu es plus
jeune, et de dire : Je vais avoir la liberté, je vais être en appartement,
il n'y a plus personne qui va me contrôler. Ça fait que c'est important de
pouvoir accompagner le jeune là-dedans, dans son autonomie, le plus tôt possible,
mais il faut aussi accompagner dans où il est rendu dans son niveau de
maturité. Puis des fois il y a des jeunes pour lesquels on ne peut pas, avant
17 ans, même 17 ans et demi, aborder cette question-là avec eux.
Présidente (Mme Charbonneau) : M. le député de Laurier-Dorion, réponse
satisfaisante? Ou on poursuit?
Fontecilla : Oui. J'aurais une question d'ordre d'organisation,
là, parce qu'on connaît le chiffre : 50 % des jeunes sortant de la
DPJ connaissent des épisodes d'itinérance, là. C'est extrêmement grave, quand
même, et ça suscite, ça provoque, ça
cause beaucoup de coûts pour la société, là, à court, moyen et long terme.
Est-ce que... Est-ce que la DPJ a
effectué davantage... connaît un peu plus ce phénomène, au-delà du chiffre,
50 %, là? Et... Voilà. Et comment... Pour éviter autant que
possible cette part de... Je pose la question.
La Présidente (Mme Charbonneau) : M.
le ministre.
M. Carmant : ...celle-là, parce que
je pense que c'est quelque chose qui... sur lequel on travaille très fort. En fait, ce qui arrive... ce qu'on veut éviter... Il
y a deux choses. C'est... Ceux qui quittent essaient de... par exemple,
trouvent un appartement, et puis se désorganisent, et ensuite arrivent
dans la rue quand ils perdent l'appartement parce que, justement, ils ne
peuvent pas retourner à la DPJ. Donc, c'est pour ça que le programme
qualification jeunesse ouvre cette porte jusqu'à l'âge de 25 ans.
Comme... Comme la directrice nationale l'a
mentionné, beaucoup ont cependant ce besoin d'autonomie là et qu'ils veulent
quitter, ne veulent... ne veulent pas rester avec la... avec le... dans
l'environnement de la protection de la
jeunesse, et l'option qu'on... qu'on... qu'on tente jusqu'à présent, qui semble
être efficace, c'est les... c'est de les aider avec des suppléments en
logement et, avec ces suppléments-là ou en... et en valorisant l'hébergement
jeunesse, là, ce qu'on a fait dans le...
dans le budget d'hier. Ce qu'on veut faire, c'est s'assurer qu'ils puissent
habiter, à leur sortie, dans les
environnements un peu plus protégés où ils auront... pourront garder un lien
avec la DPJ de façon beaucoup plus facile.
Donc, on pense qu'avec ces deux méthodes-là on
va être capables de s'assurer de diminuer l'itinérance à la sortie de la DPJ. Puis, effectivement, c'est un...
c'est un point névralgique, ça, pour... pour le dossier itinérance, que je...
qui est sous ma gouverne aussi, là.
Fontecilla : ...comprends bien, vous n'avez pas intérêt que de nouvelles
cohortes s'ajoutent à... à la population itinérante. Mais vous avez parlé de... Je profite de l'opportunité, là.
Vous avez parlé qu'il y a eu des annonces concernant l'hébergement
jeunesse dans le budget d'hier. Pourriez-vous spécifier, s'il vous plaît?
M. Carmant : Non. Pour le moment, je
ne dirais pas plus. Mais on va... on va... on va clarifier les choses. Pour le
moment, je laisse... je vais laisser le...
Une voix : Dans les crédits, c'est à
vous de...
M. Carmant : Oui. Je vais laisser le
ministre des Finances prendre des questions sur le budget.
La Présidente (Mme Charbonneau) : Il
y a quand même la période de crédits où vous allez pouvoir avoir...
La Présidente (Mme Charbonneau) :
...des échanges fort intéressants sur le sujet aussi.
Carmant : Merci de lui indiquer.
Fontecilla : Bien, je... je...
La Présidente (Mme
Charbonneau) : Allez-y. Oui.
M. Fontecilla : ...je reviens à la question centrale, là, qu'on a évoquée tantôt,
là : Est-ce que... Vous avez parlé du napperon, etc., là. Est-ce qu'à terme il est dans votre intention
d'inscrire dans la loi la possibilité pour le jeune, s'il le désire, évidemment, là, de
rester jusqu'à 21 ans, quelque chose qui se fait administrativement, là,
en ce moment, là?
M. Carmant :
...il y a déjà un
article qui existe dans la loi qui... puis permet de
rester, en fait, l'article 64. Mme la Présidente, je passerais la parole à
la juriste, avec votre permission.
La Présidente
(Mme Charbonneau) : Bien, ça va me faire plaisir de l'entendre.
Mme la juriste.
Mme Mathieu
(Jessica) : Merci. C'est l'article 64.1 de la loi qui prévoit
que, lorsque l'enfant, il a 18 ans, s'il le souhaite, il peut rester dans
sa famille d'accueil. C'est un
article qui fait le pont entre la LPJ et la Loi
sur les services de santé et les services
sociaux. Donc, on indique, là, à ce moment-ci à l'article : «...lorsque
l'enfant est confié à une famille d'accueil ou à un établissement qui
exploite un centre de réadaptation ou un centre hospitalier, l'hébergement peut
se poursuivre conformément à la
Loi sur les services de santé et les services
sociaux[...], si cette personne y consent.» Donc, on a déjà cette voie-là de
passage dans la LPJ qui est prévue, qui prévoit ce pont-là et qui permet, là, à
l'enfant, là, de... de pouvoir rester dans... dans sa famille d'accueil pour
le... pour un temps.
M. Fontecilla : Merci. Je vois qu'il n'y
a pas d'âge limite, ce n'est pas inscrit dans le... dans l'article 64.1.
O.K. Très bien. Et la question que je me pose : Est-ce qu'il y a...
Est-ce que les jeunes sont informés de cette possibilité-là et s'il y a
beaucoup de jeunes en ce moment qui s'en... qui s'en prévalent?
M. Carmant :
Je n'ai pas de statistiques là-dessus, mais, de ce qu'on me dit, c'est que
c'est une minorité qui veulent rester après
leurs 18 ans, la plupart veulent quitter. Mais je sais qu'effectivement il
y en a qui aimeraient rester, mais, pour des raisons de disponibilité de
places... Ça, c'est un enjeu sur lequel on travaille, d'avoir plus de familles
d'accueil, d'avoir...
M. Fontecilla :
... dire, M. le ministre, qu'il y aurait des enfants qui voudraient rester
dans les familles d'accueil au-delà de 18 ans, mais, pour des raisons de
places, ce n'est pas possible?
M. Carmant :
Exactement.
M. Fontecilla :
Malgré la loi?
M. Fontecilla :
Parfait. Et donc la solution, c'est travailler à davantage de disponibilité
de familles d'accueil, là, davantage de recrutement, un autre, un autre...
M. Carmant :
Et ce qu'on fait en amont pour diminuer la... les enfants qui vont en
protection de la jeunesse. Tu sais, je pense qu'il faut augmenter l'offre, mais
également diminuer le... l'influx de jeunes à la protection de la jeunesse.
Donc, nous, on travaille sur les deux... aux deux niveaux.
M. Fontecilla :
Très bien.
La Présidente
(Mme Charbonneau) : Merci, M. le député. Je vais maintenant céder
la parole à la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme Weil :
Oui. Bien, juste par rapport à cette dernière question, parce que le
ministre dit que les services se... se... se... de pouvoir demeurer, ça
existe... dans... dans la famille d'accueil existe déjà. Pourtant — puis
on saute à plus loin quand on sera sur l'article 35, 62.1 — le
comité public de suivi de... commission Laurent, ils font la demande de
permettre au jeune de demeurer dans sa famille d'accueil jusqu'à l'âge de
21 ans dans la mesure où c'est son choix. J'en parle maintenant parce
que... à cause de... parce qu'on a eu la réponse. Donc, la réponse à ça, c'est que ça, ça existe déjà dans la loi. Bon, quand on
sera sur l'article, quand même, on reviendra sur... parce... c'est... c'est
le comité public, donc, quand même... qui fait le suivi. On y reviendra. Mais
je n'avais pas compris ça. D'accord.
La Présidente
(Mme Charbonneau) : Est-ce qu'il y a, de votre côté, une
question?
Présidente (Mme Charbonneau) : Oui. Allez-y.
Mme Weil :
Il y a un sous-amendement à l'amendement...
La Présidente
(Mme Charbonneau) : ...déposer un sous-amendement?
Mme Weil :
...à l'amendement du ministre.
La Présidente
(Mme Charbonneau) : Je vais suspendre.
(Suspension de la séance à
12 h 26)
La Présidente (Mme Charbonneau) : Alors,
le sous-amendement a été déposé par la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Voulez-vous en nous faire la lecture, s'il vous plaît?
Mme Weil :
Oui, Mme la Présidente. Donc,
article 34 : L'amendement à
l'article 57.7.2 de cette loi, proposé par l'article 34 du projet de
loi, est modifié :
par le remplacement, dans le premier alinéa, des mots «l'année précédente» par
«les deux années précédant»;
2° par la suppression
des mots «ou au moment qu'il estime approprié».
Alors, l'article tel
que proposé :
«57.2.2. En vue du
passage d'un enfant à la vie adulte, le directeur qui intervient auprès de lui
doit, dans les deux années précédant ses 18 ans, convenir avec cet enfant
d'un plan pour assurer cette transition.
directeur doit également l'informer des services de soutien offerts par des
personnes, des établissements ou des organismes et tenir une rencontre avec
l'enfant et le personnel du prestataire de services concerné si l'enfant y
consent.»
Alors, Mme la
Présidente, le commentaire que je ferais, c'est qu'à 18 ans «le moment
approprié», je trouvais ça vague. Qu'est-ce que ça veut dire? Et le mot
«approprié», c'est un mot qui est un peu... peut être interprété de différentes
façons, alors qu'il y a vraiment... pas un impératif, là, il y a un jugement à
porter à ce que, vraiment, l'enfant, dans ce cas-ci, on veut entamer la
discussion, mais, au moins, il sait qu'ils ont cette obligation. Mais il y a
des enfants, des jeunes, à 16 ans, ils sont prêts, là. Alors, ça me...
J'ai pensé au marché du travail. Beaucoup d'entre nous... Moi, dès l'âge de
16 ans, j'étais sur le marché du travail des vacances de Noël, l'été,
etc., et c'est des occasions extraordinaires. Puis on continue. Alors, je
poserais la question, peut-être... Donc l'idée, c'est ça, c'est qu'il y a des jeunes qui sont prêts déjà
à16 ans. Et donc, c'est ça. On aura la discussion sur qu'est ce que vous
constatez déjà à 16 ans, vous, les experts en protection de la
jeunesse, vos constats. Mais moi, je me disais, de notre propre... ma propre
expérience, les gens que j'ai connus... Et j'ai connu des gens qui ont eu
beaucoup de problèmes, même certains qui
avaient un background DPJ, là, et qui étaient bien organisés, donc, plus
jeunes. Donc, c'est une évaluation. Et on trouvait que, déjà à 16 ans, ils
sont assez matures, généralement, pour avoir cette discussion-là, et ça leur
permet de cogiter, ça a... Aussi, je trouve que c'est très respectueux dans le
sens qu'on présume l'enfant a déjà une... ce jeune, une maturité. On le
traite comme quelqu'un qui a un avenir, qui a un avenir. Et, déjà, le jeune...
parce qu'un jeune commence à penser déjà, beaucoup, bon, le cégep, où est-ce
que je veux aller, bon, l'université, etc., quel genre d'emploi. Maintenant, on comprend qu'on parle de jeunes qui ont beaucoup
de difficultés, mais il y en a, et on le sait, on le voit dans les
témoignages, qui, déjà, même ceux à la DPJ, il y a plusieurs groupes là-dedans,
et certains... et c'est toujours un jugement de la DPJ de voir qui serait prêt.
Alors, j'ai proposé ça comme ça dans les deux années précédentes pour montrer
que ça peut commencer plus tôt que juste un an avant.
La Présidente (Mme
Charbonneau) : Merci. M. le ministre.
M. Carmant : Bien,
écoutez, moi, ce qui est important pour moi, là, l'intention du législateur,
c'était vraiment cette obligation. Je crois qu'on s'accorde là-dessus. Moi,
l'important, c'est que ça commence avant 17 ans. Nous, déjà, on pensait que c'était implicite que ça pouvait commencer
avant l'âge de 17 ans. Donc, je suis très à l'aise avec
l'amendement de la collègue. Merci.
La Présidente (Mme
Charbonneau) : Merci, M. le ministre. Ça va pour tout le monde? Je
sens qu'il y a... Mme la députée de Soulanges.
Mme Picard : ...une
erreur, 57.2.2, je crois, juste en haut, là, oui.
La Présidente (Mme Charbonneau) : Pouvez-vous
spécifier l'erreur que vous voyez, juste pour nous assurer qu'on peut
vous suivre dans votre réflexion?
Mme Picard : Oui. Bien, juste la première
ligne, l'amendement à l'article 57, je crois que c'est .2.2, là.
La Présidente (Mme Charbonneau) : Oui,
tout à fait. Donc, c'est dans les chiffres qui ont été identifiés pour
l'article. Merci de nous l'avoir souligné. Ça vous va? On on peut modifier la
formule, là, modification de formulation, à partir du moment où j'ai le consentement de cette salle. Ça vous va?
Merci, M. le ministre. Ça vous va, Mme de Notre-Dame-de-Grâce?
Mme Weil : ...l'orthographe
des mots de l'«année précédente» et par «les deux années précédant».
La Présidente (Mme
Charbonneau) : Bien, on comprend, Mme la députée, que, quelquefois, on
écrit les sous-amendements un peu rapidement, et, de ce fait, on essaie... on
se bouscule mutuellement, mais on va corriger l'aspect orthographe, j'en suis
certaine. Ça vous va pour la correction? Le fond reste le même. Tout le monde
est d'accord avec le fond. Et, si vous êtes d'accord, puis je n'ai pas
d'intervention, je vais passer au vote. Ça vous va ça?
Mme Weil : Par
apppel nominal.
La Présidente (Mme Charbonneau) : Par
appel nominal, Mme la députée, avec plaisir. Donc, M. le secrétaire.
Secrétaire : Pour, contre, abstention. Mme Weil
(Notre-Dame-de-Grâce)?
Le Secrétaire :
M. Carmant (Taillon)?
Secrétaire : Mme Lecours... Mme Picard (Soulanges)?
Secrétaire : Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac)?
Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac) : Pour.
Secrétaire : Mme Boutin (Jean-Talon)?
Le Secrétaire :
M. Asselin (Vanier-Les Rivières)?
Secrétaire : M. Girard (Lac-Saint-Jean)?
M. Girard
(Lac-Saint-Jean) : Pour.
Le Secrétaire :
M. Tremblay (Dubuc)?
Secrétaire : M. Fontecilla (Laurier-Dorion)
Le Secrétaire :
Mme Charbonneau (Mille-Îles)?
La Présidente (Mme
Charbonneau) : Abstention. Donc, le sous-amendement est adopté. Nous
revenons à l'amendement déposé par le ministre. Est-ce que j'ai... M. le député
de Laurier-Dorion.
Fontecilla : Oui, merci, Mme la Présidente. J'aurais un amendement...
un sous-amendement, pardon, à proposer. Donc, nous avons appris qu'à
l'article 64.1 il y a, dans la loi actuelle, il y a la possibilité que...
La Présidente (Mme Charbonneau) : Je
vous arrête. Juste par technicalité, nous devons recevoir le sous-amendement.
Mon secrétaire signifie qu'il n'y a pas eu de réception. Donc, je comprends,
quelquefois, que, malgré la proximité, ça ne va pas aussi vite par Internet que
physiquement. Alors, je laisse le...
M. Fontecilla : ...suspendre pendant
une minute?
Présidente (Mme Charbonneau) : Ça va me faire plaisir. Parce que vous
avez compris qu'au moment où je le dis ça, ça suspend.
Donc, nous allons
suspendre.
(Suspension de la séance à 12 h 43)
La Présidente (Mme
Charbonneau) : Alors, le sous-amendement de notre collègue de
Laurier-Dorion a été déposé. Voulez-vous nous en faire la lecture et une courte
explication, s'il vous plaît?
Fontecilla : Très bien. Merci, Mme la Présidente. C'est un
sous-amendement apporté à l'article 34. Donc, l'amendement à
l'article 57.2.2 de la
Loi sur la protection de la jeunesse, proposé à
l'article 34, est modifié, au deuxième alinéa, par l'insertion, après
«organismes», du texte suivant : «y compris de l'informer de la
possibilité de rester dans son milieu substitut tel que prévu à
l'article 64.1».
deuxième alinéa se lirait ainsi : «Le directeur doit également l'informer
des services de soutien offerts par des personnes, des établissements ou des
organismes y compris la possibilité de rester dans son milieu substitut tel que
prévu à l'article 64.1 et tenir une rencontre avec l'enfant et le
personnel du prestataire de services concerné si l'enfant y consent.»
Donc, nous avons
appris... on nous a informés de l'existence de la possibilité qu'un jeune qui
sort de la DPJ puisse, selon l'article 64.1 de la
Loi sur la protection de
la jeunesse, puisse — attendez
une minute, je veux utiliser le terme précis — l'hébergement peut se
poursuivre si cette personne y consent. Donc, un jeune, par exemple, qui est
dans une famille d'accueil pourrait rester dans une famille d'accueil ou un
centre d'accueil... rester dans un centre d'accueil, etc. Et donc la loi
prévoit déjà cette possibilité-là si le jeune y consent, là. Et l'amendement
vise à formaliser l'information, le devoir d'information de la part de l'État,
finalement, d'informer le jeune de cette possibilité-là.
C'est fondamentalement cela, parce qu'une chose... quelque chose est prévu à la
loi, mais, autre chose, c'est l'obligation d'en informer les
bénéficiaires. Voilà.
La Présidente (Mme
Charbonneau) : Merci, M. le député. Je soulève juste une petite
coquille, c'est-à-dire qu'on dit le mot
«enfant» à deux reprises. Je ne sais pas si vous voulez le corriger pour
celui-ci ou quelque chose comme ça, mais c'est un principe de français,
là, pour s'assurer qu'on ne répète pas les mêmes mots dans une phrase, mais...
Fontecilla : Si vous voulez modifier mon sous-amendement, je ne veux
pas embarquer dans des sous-sous-amendements...
La Présidente (Mme
Charbonneau) : Non, non, non, mais c'est juste pour... c'est une
petite coquille de... il n'y a pas de souci de ce côté-là.
M. Fontecilla :
...mais, si M. le ministre le désire, je suis prêt à le modifier pour que
ça se lise correctement.
La Présidente (Mme Charbonneau) : Ce
n'est pas nécessaire. On me dit que ce n'est pas nécessaire. M. le ministre.
M. Carmant : Bien, moi, je suis tout à fait d'accord avec le
principe évoqué par le député de Laurier-Dorion. Je n'ai pas d'enjeu
avec son amendement.
La Présidente (Mme
Charbonneau) : Donc, deux sous-amendements et deux bons coups.
M. Carmant : On
bonifie la loi.
La Présidente (Mme
Charbonneau) : Exactement, M. le ministre, vous avez raison. M. le
député.
Fontecilla : Donc, on change la formulation, donc, que vous avez
mentionnée.
La Présidente (Mme
Charbonneau) : On me dit qu'il n'y a pas de souci.
La Présidente (Mme
Charbonneau) : Ah! c'est dans le commentaire. Donc, ce n'est pas dans
le projet de loi, on est corrects. Non, c'est ça, c'est dans le commentaire.
Tout va bien. Tout va bien, puis le ministre vient de nous dire qu'il est
d'accord avec le sous-amendement. Donc, j'aurais besoin de savoir s'il y a
d'autres commentaires. Est-ce que ça vous va?
Mme Weil : Pour
le principe...
La Présidente (Mme Charbonneau) : Mme
la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Weil : ...c'est sur 64.1. Donc, on dit qu'en vertu de 64 — j'ai
eu cette réponse-là aussi — ça
existe déjà, c'est la légiste ou la juriste
qui a dit ça. Ce qu'il faudrait clarifier — on n'est pas rendu sur cet article-là — c'est
que le premier alinéa de 64.1 parle d'une
ordonnance confiant un enfant à un milieu de vie substitut. Donc, le principe
de mon collègue, je suis d'accord, c'est juste que je veux clarifier quelque
chose suite à une réponse qu'on a eue de la
légiste. Donc, on parle d'«une ordonnance confiant un enfant à un milieu de vie
substitut cesse d'avoir effet lorsque l'enfant atteint l'âge de
18 ans». Donc, le contexte, c'est une ordonnance. Est-ce que ça, c'est...
Est-ce que tout le reste, c'est parce qu'il y a eu une ordonnance ou est-ce que
le deuxième ou troisième paragraphe, qui dit qu'il peut rester dans cette
famille d'accueil, etc., n'est pas dépendante du fait qu'il y a eu une
ordonnance? C'est-à-dire que la construction de 64.1 ne dit pas : Pour
tous les jeunes, ils peuvent rester, bon, plus longtemps dans un environnement
de substitut, ils le mettent dans un contexte d'une ordonnance.
Mais ce qu'on nous a
confirmé, c'est que, non, c'est dans toute situation. Parce qu'on ne parlait
pas de «suite à une ordonnance», moi, quand j'ai évoqué cette question de
pouvoir... de 16 à 18 ans, etc. Alors, c'est juste une clarification à cet
égard. Est-ce que 64.1, c'est limité à une situation où il y a eu une
ordonnance confiant un enfant à un milieu de vie substitut qui cesse d'avoir
effet? Est-ce que c'est juste ces jeunes-là qui ont ces droits-là ou c'est tous
les jeunes?
M. Carmant : Je
passerais la parole à la juriste.
La Présidente (Mme
Charbonneau) : Avec plaisir. Madame.
Mme Mathieu
(Jessica) : Effectivement, le premier alinéa parle de l'ordonnance.
Par contre, lorsqu'on est dans le deuxième,
troisième alinéa, c'est plus général, on parle que, lorsque l'enfant est confié
à une famille d'accueil ou à un établissement qui exploite, là, un
centre de réadaptation, on capte, à ce moment-là, tous les enfants, là. Ils sont tous aussi admissibles au programme, là, peu
importe s'il y a une ordonnance ou pas, là, de... à ma connaissance,
c'est bien ça.
Mme Weil : Et
c'est le «toutefois», Mme la Présidente, c'est le «toutefois» qui fait la
différence. Donc, on est en train de dire, «lorsque»... Mais on dit «l'enfant».
Donc, est-ce qu'on parle de cet enfant-là en particulier? C'est juste de la
façon que c'est écrit, on dirait que c'est très spécifique dans la façon que
c'est écrit.
Mme Mathieu
(Jessica) : Mais l'hébergement peut se...
Mme Weil : Nous,
normalement, on dit «un enfant», mais là ils sont en train de parler de
l'enfant qui était sujet à une... bien, le sujet de l'ordonnance. Normalement,
on dirait «lorsqu'un enfant est confié».
M. Carmant : Mais je pense que ça s'applique... Est-ce que ça
s'applique vraiment à ce qu'on... à l'amendement du député de
Laurier-Dorion? Parce que moi, j'aime bien la formule du député de
Laurier-Dorion.
Mme Weil : C'est
très bien, mais c'est très bien. Très, très favorable à ça, mais... Parce que
j'ai eu une réponse qui disait que ça existe déjà, mais, quand je le lis, ça a
l'air être plus restreint, auquel cas, il faudrait le réitérer de façon plus
claire ailleurs. C'est vraiment une question de comment on fait une
législation. C'est sûr que les gens peuvent écouter nos échanges, et puis,
quand un juriste confirme l'interprétation de 64.1, ça peut aider, mais ça veut
dire qu'il faut que tout le monde le comprenne dans ce sens-là. Et il y a des
groupes qui sont venus faire des recommandations, ils ne semblaient pas
nécessairement avoir vu que ça existe déjà dans la loi. Je pense que les gens ont vu que c'était limité à une situation où
l'enfant... Parce qu'on dit «un enfant» puis on se dit... Ensuite, le deuxième
paragraphe parle de «l'enfant», donc, l'enfant dont on parlait. Il doit y avoir
une raison pour cette... la façon que c'est écrit.
mets ça sur la table, mais, pour l'instant, auquel cas, on peut y revenir
après, mais, pour l'instant, oui, c'est sûr que je vote pour, mais
peut-être qu'il y a lieu de regarder cette question-là, oui, entre
13 heures et...
La Présidente (Mme
Charbonneau) : Il reste deux minutes, Mme la députée.
M. Carmant : Bien,
je pense qu'on a le temps de passer au vote, non?
Mme Weil : Bien
non, mais, souvent, ce qu'on fait, Mme la Présidente, c'est qu'on peut après,
quand on revient... juste, peut-être, revenir de façon informelle, là, sans
micro. On fait souvent ça, puis ça nous permet de clarifier avec tous les
juristes et tout ce qui entoure le ministre si c'est possible. Mais qu'on ait
ça en tête pendant qu'on mange notre lunch, d'avoir une clarification sur cette
question.
La Présidente
(Mme Charbonneau) : Merci. Par contre, si vous me permettez, je
mettrais aux voix le sous-amendement puisque tout le monde semblait être à
l'aise, à moins qu'il n'y ait eu d'autre commentaire à faire. Sinon, je mettrais aux voix. Ça vous va? Je peux appeler
le vote pour l'amendement proposé par le député de Laurier-Dorion.
Est-ce que les gens sont pour?
M. Carmant : Qu'est-ce qu'il se
passe là? O.K. Est-ce qu'on peut suspendre, s'il vous plaît?
Présidente (Mme Charbonneau) : Ça va. Je vais demander une
suspension, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à
12 h 58)
Le Président (M.
Provençal)
: Bonjour à tous! La Commission
de la santé et des services sociaux reprend ses travaux. Je tiens à remercier
ma collègue de Mille-Îles, qui a pris le relais ce matin. Merci beaucoup.
Nous poursuivons
l'étude détaillée du projet de loi n° 15, Loi modifiant la
Loi sur la
protection de la jeunesse et d'autres dispositions législatives.
Avant de poursuivre,
est-ce qu'il y a consentement afin de permettre au député de Jean-Lesage de
remplacer le député de Rosemont pour la deuxième
partie de la séance?
Consentement?
Une voix :
Consentement.
Le Président (M.
Provençal)
: Merci beaucoup.
Lors de la suspension
de nos travaux, cet avant-midi, nous en étions rendus à l'étude du
sous-amendement du député de Laurier-Dorion
sur l'amendement proposé par le ministre à l'article 34 du projet de loi.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Oui, M. le député de
Jean-Lesage.
M. Zanetti :
Oui. Bien, j'ai convenu avec mon collègue de Laurier-Dorion de retirer ce
sous-amendement-là pour en redéposer un relativement similaire.
Le Président (M.
Provençal)
: Très bien. Consentement pour
retirer le sous-amendement du député de Laurier-Dorion?
M. Carmant :
Sur la tête à Papineau, je consens.
M. Zanetti :
C'est sérieux?
Le Président (M. Provençal)
Alors, ça va me prendre un consentement pour qu'il n'y ait pas de... 100
propositions pour le nouveau sous-amendement, compte tenu que c'était
quelque chose qui avait été annoncé par votre collègue, M. le député de
Jean-Lesage.
Le Président (M.
Provençal)
: Ça va,
mais c'est... vous allez le déposer, là?
Le Président (M. Provençal)
: Mais, d'un point de vue
technique, ça prend un consentement. Consentement? Merci. Alors, on est
en mesure maintenant de recevoir votre sous-amendement.
M. Zanetti :
Il sera envoyé. Un instant. Il est envoyé.
Le Président (M.
Provençal)
: Est-ce que vous avez besoin
qu'on suspende? Non?
M. Zanetti :
Je pense que, si...
Le Président (M.
Provençal)
: Parce que nous, on ne l'a pas
reçu.
M. Zanetti :
Pas encore? O.K. Alors, suspendons tranquillement.
Le Président (M.
Provençal)
: Merci,
M. le député.
(Suspension de la séance à
15 h 10
Le Président (M. Provençal)
: Nous reprenons nos
travaux. J'invite donc le député de Jean-Lesage à nous faire part du
sous-amendement à l'article 34.
M. Zanetti : Volontiers.
Alors :
L'amendement à l'article 57.2.2 de la Loi
sur la protection de la jeunesse, proposé à l'article 34, est modifié, au
deuxième alinéa, par l'intersection après... l'insertion, pardon, après
«organismes» du texte suivant :
«ainsi que de
l'informer de la possibilité de rester dans son milieu de vie substitut
conformément à l'article 64.1».
Le deuxième alinéa se lirait ainsi : «Le
directeur doit également l'informer des services de soutien offerts par des personnes, des établissements ou des
organismes ainsi que de l'informer de la possibilité de rester dans son milieu
de vie substitut conformément à
l'article 64.1 et tenir une rencontre avec l'enfant et le personnel du
prestataire de services concerné si l'enfant y consent.»
L'objectif, donc, du sous-amendement est de
mettre une obligation dans la loi pour le directeur d'informer la personne, l'enfant, que... bien, l'adolescent, en
tout cas, le jeune adulte que, là, il est possible pour lui de rester dans ce
milieu de vie là, évidemment, s'il y
consent, si c'est ce dont il a envie, pour assurer une transition vers, disons,
l'autonomie adulte, qui est meilleure.
Le Président (M. Provençal)
: Excellent. M. le ministre.
M. Carmant : Bien,
c'est conforme aux discussions qu'on avait eues ce matin. Donc, je n'ai
aucun... J'approuve cet amendement, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
: Ça va. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions sur le sous-amendement du député Jean Lesage? S'il n'y a pas
d'autre intervention, est-ce que le sous-amendement est adopté?
Le Président (M. Provençal)
: Adopté. Excellent.
Maintenant,
nous revenons à l'amendement de base. Est-ce qu'il y a des discussions sur
l'amendement de base qui avait été déposé par M. le ministre? S'il n'y a
pas d'autre discussion, est-ce que l'amendement est adopté?
Le Président (M. Provençal)
: Adopté. Donc, cela veut dire que nous
serions rendus à l'article 35.
Président (M. Provençal)
Oui. Excusez. Merci. J'ai déjà
perdu la main, comme on dit. Alors, est-ce que l'article 34, tel
qu'amendé, est adopté?
Président (M. Provençal)
Adopté. Merci beaucoup. Maintenant,
vous pouvez aller à l'article 35, M. le ministre.
M. Carmant : Merci, M. le
Président.
L'article 35 se lit comme suit :
L'article 62.1 de
cette loi est modifié par l'ajout, à la fin, de l'alinéa suivant :
«En vue de préparer l'enfant au passage à la vie
adulte, le directeur ou la personne ainsi autorisée peut, dans les six derniers
mois d'une telle ordonnance prenant fin à la majorité de l'enfant, autoriser
des séjours prolongés de l'enfant dans un milieu visé au deuxième alinéa ou dans
un autre milieu prévu par le plan d'intervention.».
Donc, le texte proposé est identique à ce que je
viens de lire, M. le Président. Cet ajout à l'article 62.1 actuel de la
Loi sur la protection de la jeunesse vise à permettre à un enfant confié à un
milieu de vie substitut de bénéficier de séjours prolongés dans certains
milieux, par exemple chez ses parents ou organismes, dans les six derniers mois
avant l'atteinte de la majorité.
L'objectif est de donner plus de temps pour
préparer le passage de l'enfant vers la vie adulte. Actuellement, ce type de
séjour prolongé est possible uniquement dans les 60 derniers jours de
l'ordonnance.
Donc, on vient de l'allonger à six mois pour
s'assurer d'une meilleure intégration. M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup. Ça va pour vos commentaires, M. le
ministre? Oui? Oui. Est-ce qu'il y a des interventions concernant
l'article 35? Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme Weil : Là, je suis en train
juste de lire pour bien comprendre l'amendement.
Le Président (M. Provençal)
:
L'article.
Mme Weil : Écoutez, c'est
vraiment un
article qui a suscité beaucoup, beaucoup de commentaires. Puis j'aurai une question, donc, pour le ministre.
Donc, beaucoup de commentaires à l'article 35, 62.1, lors de la commission.
Il y avait la Centrale des syndicats démocratiques, CSD. Donc, ils parlent du
troisième alinéa de l'article 62.1 tel que rédigé. Troisième alinéa?
Donc, c'est ça, juste pour voir
comment le ministre voit tout ça, là. Leur commentaire, c'est que «le troisième
alinéa de l'article 62.1, tel que rédigé, continue de donner l'impression
que le directeur de la protection de la jeunesse n'accordera ses autorisations qu'au compte-gouttes — c'est
ça que je me souviens, là, cette expression — alors que, selon l'expérience de nos
ressources, c'est loin d'être l'exception puisque tout parent sait ou devrait
savoir que le rôle de parent et l'accompagnement ne cessent pas à 18 ans
moins un jour. Dans le cas des enfants qui ont dû être retirés de leur milieu
familial, les familles d'accueil ne peuvent se résoudre à les jeter à la rue à
18 ans parce qu'elles pensent que c'est tout simplement inhumain.»
Ensuite,
on verra si c'est semblable l'autre, mais peut-être une réaction du ministre
par rapport à ça. Il n'y a pas de recommandation, là. Ensuite, il y a le
comité public de suivi de la commission Laurent. Ajout,
article 62.1 :
«Permettre au jeune qui le souhaite de demeurer en famille d'accueil jusqu'à
21 ans.» C'était leur recommandation. Explication. «L'autorisation de
séjours prolongés dans un milieu prévu par le plan d'intervention peut aider le
jeune à faciliter le passage à la vie
adulte. Permettre au jeune de demeurer dans sa famille d'accueil jusqu'à [...]
21 ans dans la mesure où c'est son choix.»
Et le troisième...
Ah! il y en a encore d'autres. Mais je ne sais pas si, peut-être... Oui, on va
voir si ça se rejoint. Nous recommandons que
soient clairement précisées ici la possibilité et l'étendue d'un séjour
prolongé lorsque le jeune est en transition vers la vie adulte, et ce,
malgré une ordonnance. Explication. Pour le jeune qui franchit le cap de ses 18 ans, d'entrée de jeu, les
apprentissages au niveau de l'autonomie et de l'insertion professionnelle
demeurent un défi de tous les jours. S'il doit de plus quitter l'univers
de la protection de la jeunesse, il se voit contraint de vivre alors une transition à la vie adulte de façon
accélérée. La coupure des soins et de l'encadrement assurés par les services
publics ajoutée au vécu de maltraitance qui
affecte pour une bonne part son cheminement impose qu'on ne l'abandonne
pas à son sort.
Les recommandations
de la commission, la CSDEPJ, rappellent clairement la nécessité de soutenir ces
jeunes lors de leur transition par
différentes mesures : soutien au logement, scolarisation et qualification
professionnelle, revenu, soutien social et communautaire, accès aux services de
santé et services sociaux. Afin d'y arriver, elle recommande un
programme de soutien postplacement jusqu'à l'âge de 25 ans. Ce programme
doit être conçu avec la participation des jeunes, viser le développement de
leur pouvoir d'agir et prendre en compte la multiplicité de leurs besoins.
Et donc, de son côté,
la proposition du p.l. n° 15 pour faciliter cette
transition est de modifier l'article 62.1 de la LPJ par l'ajout de
l'alinéa suivant à la fin, donc :
vue de préparer l'enfant au passage [de] la vie adulte, le directeur ou la
personne ainsi autorisée peut, dans les six premiers mois d'une telle
ordonnance prenant fin à la majorité de l'enfant, autoriser des séjours
prolongés de l'enfant dans un milieu visé au deuxième alinéa ou dans un autre
milieu prévu par le plan d'intervention.»
On allonge... Et je
continue à citer, donc : «On allonge la période déjà prévue de
60 jours à une période de six mois. Nous saluons cette proposition. Il
s'agit d'une avancée importante pour les jeunes en fin de parcours en
protection de la jeunesse, où nous devons faire preuve de toute l'agilité
nécessaire afin de gérer ces situations pour le moins complexes. Une réflexion de notre part sur les balises cliniques à
prendre en compte à propos des séjours prolongés viendrait par ailleurs
bonifier cette préparation au passage à la vie adulte.» Ils n'ont pas fait de
recommandation, mais ils demandent des balises.
Donc, la question,
c'est : Est-ce que vous prévoyez, donc, des balises cliniques à prendre en
compte à propos des séjours prolongés, bonifier cette préparation au passage à
la vie adulte? Il n'y a pas de... ils ne demandent pas un changement législatif
ici, mais est-ce que vous allez prévoir des balises? Moi, je me disais :
Ce serait important d'avoir une réponse à ça. Est-ce que c'est déjà prévu qu'il
y ait des balises, mais parce que c'est nouveau?
M. Carmant : Mais
je pense que c'est justement le programme qualification jeunesse, justement,
là, qu'on annonce le 25 ans, puis je pense que c'est... on vient de faire
un grand pas dans tout ce que vous avez mentionné en obligeant le DPJ à faire
un plan de vie pour nos jeunes à la sortie dès l'âge de 16 ans.
Mme Weil : Donc, c'est bien. J'aime ça faire ça, là, parce
qu'il y a une rétroaction assez rapide quand on fait ce travail-là puis juste
de confirmer, donc, les commentaires qu'il y avait avant les modifications,
avant les amendements, etc. Il y a les modifications déjà à la loi qui
est dans le projet loi n° 15, mais ensuite d'autres
modifications qui ont été acceptées. Donc, comme je vous le dis, il y a quand
même un débat public parmi eux qui continue, on le sait, hein, peut-être que
vous avez aussi des gens qui cognent à votre porte, et ils suivent avec
beaucoup d'intérêt. Alors, j'aime ça leur dire, surtout quand c'est les bonnes
nouvelles.
«Nous
recommandons...» ensuite, le prochain, c'est les directeurs de protection de la
jeunesse et des directeurs provinciaux : «Nous recommandons que soit
assuré un soutien financier équitable pour les enfants en protection de
la jeunesse afin que ceux-ci puissent poursuivre leur parcours académique, peu
importe qu'ils aient été hébergés en famille d'accueil ou en centre de
réadaptation.»
Donc, ils
expliquent : «Par ailleurs, nous sommes préoccupés par la question du
paiement des familles d'accueil, ci-après
les familles d'accueil, FA, qui offrent aux jeunes poursuivant leurs études
secondaires la possibilité de demeurer dans leur famille d'accueil, bien
que ce ne soit pas le cas pour les jeunes qui vont au cégep. On observe la même
chose pour les jeunes en centre de réadaptation qui n'ont pas accès à ce
soutien. Bien que ce qui touche le paiement des familles d'accueil se fasse par
directive ministérielle, il nous apparaît important de soulever ce point
particulier.»
Ici aussi, ils recommandent... il n'y
a pas de libellé de recommandation. Est-ce que, M. le ministre, vous pourriez
nous expliquer qu'est-ce qui se passe comme support qu'on donne aux jeunes
pendant cette période-là pour poursuivre? Est-ce que...
Le Président (M. Provençal)
: M. le ministre.
M. Carmant : Oui. Alors, il y a
clairement un support pour ceux qui poursuivent leurs études secondaires, ce qui est quand même... parmi ceux qui continuent
leurs études, c'est quand même un bon pourcentage. Évidemment, nous, notre objectif, c'est de l'élargir à plus d'élèves,
à plus de jeunes, quel... où est-ce... quel que soit l'endroit dans lequel
ils sont rendus à leur parcours scolaire. Mais c'est encore ça, c'est un autre
des volets qu'on doit bonifier dans le programme qualification jeunesse.
Mme Weil : Mais eux ils parlent du
cégep.
Carmant : C'est ça, c'est le plus évident. Par exemple, on
l'a pour le secondaire, mais on ne l'a pas pour le cégep.
Mme Weil : Parce que vous avez parlé
du secondaire, donc vous dites que, oui, c'est votre intention.
M. Carmant : Ce serait la prochaine
étape.
Weil : La prochaine étape, donc c'est important de le
noter, donc. Et ça, on le trouverait dans vos programmes éventuellement.
M. Carmant : Dans le programme PQJ,
oui.
Mme Weil : Dans le programme PQJ,
qualification jeunesse, et ça, ce serait nouveau?
M. Carmant : De l'étendre, oui.
Weil : Et donc, est-ce qu'on le trouve dans un document
quelconque? Éventuellement, ça prendrait quelle forme, cette... cette nouvelle...
M. Carmant : Ce serait une directive
dans le programme.
Mme Weil : Une directive. Ce
serait une directive.
M. Carmant : Un élargement du
programme.
Weil : Parmi toutes les directives que vous avez, ce
serait un rajout, cette directive, hein? Mais c'est quand même
intéressant, là, d'avoir cet appui à cet âge-là, c'est très important.
M. Carmant : Tout à fait, je veux
dire, le taux de réussite scolaire est très faible, on le sait, les enfants de
la DPJ, on veut l'améliorer, ça, c'est sûr,
puis c'est sûr que, pour eux, de sortir du milieu de vie, de continuer à
l'école, etc., c'est un enjeu, hein?
Président (M. Provençal)
: Mais vous démontrez, M. le ministre, votre
préoccupation aussi pour le profil de sortie académique de ces gens...
de ces jeunes-là aussi de par ce que vous venez de dire.
M. Carmant : Tout à fait.
Weil : Ensuite, le prochain touche aussi 35. Non, non.
Donc, c'était juste pour faire le tour de toutes les recommandations ou
les... En fait, il n'y avait pas de recommandation, plus ou moins, là,
c'était...
M. Carmant : Commentaires.
Mme Weil : Ils ne demandaient
pas que ça soit nécessairement dans la loi, mais qu'on le confirme. Merci, M.
le Président.
Le Président (M. Provençal)
: Est ce qu'il y a d'autres
interventions sur l'article 35? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux
voix. Est-ce que l'article 35 est adopté? Adopté. Merci beaucoup. M. le
ministre,
article 30.
Mme Weil : ...une suspension
parce qu'on aurait un amendement pour le prochain. On suspend avant de
présenter l'amendement?
Le Président
(M. Provençal)
: Est
ce que c'était...
Mme Weil : C'était à 35.1.
Le Président (M. Provençal)
: O.K. Donc qui va introduire, alors on
va suspendre.
(Suspension de la séance à 15 h 28)
Le Président (M. Provençal)
: Nous reprenons nos travaux. Je vais
céder la parole à la députée de Notre-Dame-de-Grâce pour qu'elle puisse nous
présenter l'amendement qui... pour l'article 35.1. Mme la députée.
Mme Weil : Donc :
L'article 64.1 de cette loi...
L'article 35.1 :
L'article 64.1 de cette loi est modifié par l'ajout, après le
deuxième alinéa, l'alinéa suivant :
«De même, afin d'assurer la stabilité des liens
du jeune et de faciliter sa transition à la vie adulte, le directeur doit
prévoir pour cet enfant, la possibilité de demeurer au sein de sa famille
d'accueil jusqu'à 21 ans s'il y consent. Les modalités d'un tel séjour
sont déterminées par entente avec le gouvernement.»
Article tel que proposé :
«64.1 Une
ordonnance confiant un enfant à un milieu de vie substitut cesse d'avoir effet
lorsque l'enfant atteint l'âge de 18 ans.
«De même, afin d'assurer la stabilité des liens
du jeune et de faciliter sa transition à la vie adulte, le directeur doit
prévoir pour cet enfant, la possibilité de demeurer au sein de sa famille
d'accueil jusqu'à 21 ans s'il y consent. Les modalités d'un tel séjour
sont déterminées par entente avec le gouvernement.
«Toutefois, lorsque l'enfant est confié à une
famille d'accueil ou à un établissement qui exploite un centre de réadaptation
ou un centre hospitalier, l'hébergement peut se poursuivre conformément à la
Loi sur les services de santé et les
services sociaux ou [...] la
Loi sur les services de santé et les services
sociaux pour les autochtones cris, si cette personne y consent.
établissement doit continuer d'héberger une personne qui a atteint l'âge de
18 ans si cette personne y consent et si l'état de celle-ci ne permet pas
son retour ou son intégration à domicile. Cet hébergement doit se continuer jusqu'à
ce qu'une place lui soit assurée auprès d'un [...] établissement ou de l'une de
ses ressources intermédiaires ou d'une ressource de type familial où elle
pourra recevoir les services que requiert son état.»
Donc, c'est
essentiellement le... La portée des recommandations qui venaient... c'est de
poursuivre jusqu'à 21 ans. Certains
parlent de 24 ans ou 25, mais généralement 21 ans. Avec toutes les
modifications qu'on a apportées, je voulais maintenir... parce que ce n'était pas... jamais on n'a entendu l'âge de
21 ans. Dans votre napperon, vous parlez, je pense, de 25 ou 24 ans de services, mais, dans la
loi... Ça, c'est vraiment la loi. C'est... Ça serait à la bonne place pour
confirmer. Vous le faites par
ailleurs, mais c'est de confirmer que ces services... C'est la demande qui
vient de... de... d'à peu près tous les groupes qui sont venus, qu'à
18 ans... et la commission Laurent. À 18 ans, les jeunes ne sont pas
prêts.
Alors, c'est dans la... les recommandations de
la commission Laurent : «Permettre aux jeunes de demeurer [en] famille
d'accueil jusqu'à l'âge de 21 ans, à la seule condition [qu'ils en fassent
le] choix.» Il y a d'autres points là-dedans, mais c'est ça, l'important.
Donc,
j'aimerais entendre le ministre sur cette proposition. Et des familles
d'accueil l'ont fait, etc. Donc, le jeune est bien dans cette famille,
il veut rester, puis on pourrait le garantir, s'il le veut.
Le Président (M. Provençal)
: Monsieur... M. le ministre.
M. Carmant : Bien,
c'est sûr, j'ai certaines inquiétudes. Premièrement, l'entente avec le
gouvernement, là, je pense que, dans la loi actuelle, la modalité est
que les... c'est transféré à la LSSSS.
Donc, je ne suis pas sûr que je suis à l'aise
avec le texte qui nous est soumis, là. Peut-être que la députée pourrait nous
expliquer un peu plus, mais c'est déjà présent. 64.1 donne déjà cette
possibilité-là, donc je ne vois pas pourquoi le gouvernement viendrait...
Mme Weil : C'est déjà... mais on
n'a... on ne le voit pas dans nos textes, là, 21 ans.
M. Carmant : Non, parce qu'on
n'y a pas touché à... le... le 64.1.
Mme Weil : Bien, c'est pour ça qu'on
le mettait là, parce que ça rend ça très clair.
Carmant : Mais dans... dans l'amendement qui a été passé par
le député, on y dit : Y compris la discussion sur l'hébergement tel
que spécifié dans la loi.
Mme Weil : Donc, c'est ça que vous
voulez clarifier. Donc, est-ce que, donc, cet amendement couvre ça, donc...
Carmant : Oui, absolument.
Mme Weil : ...et
on a mis le... Écoutez, je...
M. Carmant : Bien,
il a indiqué 64.1 dans son amendement.
Mme Weil : O.K.
Parce que je n'ai pas le texte devant moi. On parlait de 21 ans.
M. Carmant : Il
a dit... Il a parlé du 64.1.
Mme Weil : Ce
n'est pas indiqué, 21 ans, dans 64.1. Donc, c'est... c'est vraiment... Si
l'intention, c'était ça, il faut le dire.
C'est ça qui serait vraiment une bonne nouvelle, que tous les groupes...
Honnêtement, je vous dis, M. le ministre, si vous êtes à l'aise avec ça,
moi, je pense que c'est une très bonne nouvelle de l'inscrire dans la loi.
C'est le... C'est l'âge... et ça viendrait
confirmer exactement ce que la commission demande. Et tous ont... Et moi, j'ai
parlé avec beaucoup de gens. Ils ne
l'ont pas vu. Ils ne l'ont pas compris, honnêtement. Et là on n'a pas dit
«21 ans» dans... dans l'autre amendement. Vous l'avez compris.
C'est pour ça que je le présentais, parce que je voulais être sûre. Moi aussi,
je pensais l'avoir compris. Mais la bonne nouvelle, c'est de... c'est de le
dire, «21 ans».
M. Carmant : Oui.
Bien, la commission nous demande 25 ans, en fait.
Mme Weil :
...oui, j'avais vu ça.
M. Carmant :
Donc, moi, je suis vraiment...
Mme Weil : Mais...
Mais je vous dis, donc...
M. Carmant : Moi,
l'entente avec le gouvernement, là, je... je ne peux pas aller là.
Mme Weil :
Mais nous, on a...
Carmant : Mais... Mais non,
mais, encore une fois... bien, encore une fois, il y a des modalités
financières associées avec cet amendement. J'ai un malaise à aller là,
M. le Président.
Le Président (M.
Provençal)
: S'il y a
des modalités financières qui sont associées à... à cet amendement-là,
l'amendement pourrait être non recevable, parce que le... les amendements ne
doivent pas avoir pour effet d'ajouter un impact financier qui n'a pas déjà été
prévu à la loi.
Mme Weil : Sauf qu'ici, ici, on dit tout simplement... Tout
ce qu'on dit ici, c'est la possibilité de rester. Tout ce qui est dit
ici, c'est la possibilité de rester dans la famille d'accueil, mais...
Le Président (M.
Provençal)
: L'amendement
qui a été déposé...
Le Président (M.
Provençal)
: Excusez-moi, là, si je vous
interromps.
Mme Weil :
Oui. Non, non.
Le Président (M. Provençal)
: C'est parce que le sous-amendement qui a été déposé par le député de Jean-Lesage et qui a été adopté
mentionnait : «ainsi que de l'informer de la possibilité de rester dans
son milieu de vie substitut conformément à l'article 64.1».
M. Carmant : ...en
fait, on serait peut-être plus restrictifs, parce que, dans 64.1, on permet de
rester après...
Mme Weil :
Ça pourrait aller plus loin.
M. Carmant :
Oui, après 21 ans.
Mme Weil : ...tout l'autre plan qui... qui avait des...
des... des conséquences financières, etc., c'est vraiment dans... dans
votre plan, c'est-à-dire le...
Mme Weil : ...napperon. Excuse-moi. J'ai oublié le fameux...
le fameux napperon. Mais ici, au moins, on garantit... C'est sûr que, dans les autres juridictions, c'est
plus... c'est plus... ils n'ont pas cet argument de dire qu'on ne peut pas
mettre dans une loi
quelque chose avec des conséquences. Au contraire, ils disent : C'est bien
important, justement, parce qu'il a besoin... cette personne a besoin d'appui.
Et je comprendrais mal que... qu'une province peut le faire puis une autre
province ne peut pas le faire, honnêtement. Quand on regarde, là, c'est assez
précis tout ce qu'on peut lui offrir.
Mais la... l'autre chose, c'est qu'on peut
toujours par règlement ou directive, hein? On peut dire ça aussi dans la loi, sans... Donc, dans... dans ce cas-là, il
n'y aurait pas de contrainte. Bien, si... Oh! il n'y a plus de député! J'aurais
voulu... Bon, vous... Donc, on... on va
peut-être juste regarder... parce qu'on n'a pas le... Est-ce que tu peux me
montrer l'amendement qu'on a déjà adopté? Juste pour être sûr que c'est
le même esprit.
Le Président (M. Provençal)
: Oui.
M. Carmant : L'exemple que vous
m'avez donné pour la Colombie-Britannique, c'était mentionné 19 ans, qui
est l'âge légal au... en Colombie-Britannique.
Mme Weil : ...extraordinaires, là,
qu'ils offrent, là. C'est... On a pris un... (panne de son) ...était là. Donc,
ça ne les a pas empêchés... Puis il y a des coûts additionnels, mais ça ne les
a pas empêchés d'aller de l'avant. Et... Et surtout quand on voit le nombre de
recommandations qui vont dans ce sens-là...
M. Carmant : ...je pense qu'on est
au bon endroit. Sinon, je serais prêt à voter, peut-être.
Mme Weil : Bien... Mais, si vous
confirmez — vous
l'avez dit — verbalement
quels types de services, là... donc si... On
parle de ça. C'est déjà fait, là, les types... Donc, ils peuvent rester dans la
famille d'accueil. Quels seraient les services? En restant dans la
famille d'accueil, qu'est-ce qui vient avec ça? Est-ce qu'il y a un support? Où
est-ce que c'est explicité?
M. Carmant : Ça, je passerais
la parole à la directrice nationale. Ça, je... je ne peux pas vous donner les
détails, là, de tous les services qui viennent avec...
Mme Weil : Mais... Mais...
Donc, il y a des services...
Mme Weil : ...employabilité,
accompagnement dans ce sens-là et accompagnement éducation. On s'en était parlé
un peu ce matin.
Mme Lemay (Catherine) : ...distingue
le placement en famille d'accueil et le travail sur le passage à la majorité pendant cette période-là, y compris
au-delà du 18 ans. Lorsqu'il est dans le programme de qualification
jeunesse et que le jeune y consent, il reçoit des services de soutien
d'éducateurs. Et l'objectif, c'est vraiment qu'il devienne autonome,
donc qu'il puisse éventuellement se trouver un lieu où il va pouvoir être
autonome, s'assurer qu'il continue sa formation académique. Et ça, de rester
dans sa famille d'accueil, c'est une bonne stratégie pour continuer l'école
puis s'assurer d'aller se qualifier pour avoir un emploi où il va pouvoir
gagner sa vie ou encore travailler... travailler... aller se chercher une
formation et travailler Mais c'est important de savoir qu'il n'est plus sous le
couvert de la Loi de la protection de la jeunesse puisque sa majorité est
atteinte.
Donc, c'est en fonction de la LSSSS qu'il
consent à recevoir des services, ce n'est plus la LPJ qui s'applique.
Mme Weil : Donc... Mais la demande de la commission Laurent,
ça allait dans le sens... l'autre sens, c'est-à-dire de vraiment garantir que c'est une suite logique,
ou qu'il y a un appui, ou est-ce que c'est juste le gouvernement... Donc, je
vais juste regarder encore la commission Laurent, là, leurs recommandations,
d'offrir toute la panoplie de services...
Donc, c'est... c'est le soutien à tous les
acteurs, et l'argent viendra du gouvernement, tous les acteurs dans ce
processus, dans la recommandation de la commission Laurent, parce qu'ils
disent, bon : Soutenir financièrement, par exemple, des organismes communautaires qui ont pour mission
l'hébergement des jeunes et développer de tels organismes dans les
régions.
Mais... Mais donc il n'y a rien de nouveau dans
le sens que vous, vous dites... vous le faites déjà. Bien, leur recommandation, c'est : «Permettre aux jeunes de demeurer en famille d'accueil jusqu'à 21 ans.» Ça... Ça,
apparemment, c'était peut-être déjà possible, mais là ce serait inscrit dans la
loi, c'est-à-dire... bien, on vous a... on vous a... on n'a pas mis
d'âge, hein, dans... dans la modification.
Donc, ça...
ça pourrait aller jusqu'à quel âge? C'est ouvert. Alors, est-ce qu'on... on l'a
remis... On va le regarder ici.
Mme Weil : Oui, mais c'est
juste les services qu'ils donnent. On n'est pas en train de dire qu'on va
vraiment donner des services de... de transition à la vie adulte, hein? C'est
des services d'hébergement, de nourriture, des... ça peut être juste ça. Mais
je pense que...
M. Carmant : ...plan... d'un
plan de... un plan d'intervention, un plan de vie.
Mme Weil : Un
plan de vie.
M. Carmant :
Donc, ça inclut tout.
Mme Weil :
O.K. On va regarder ça. «...convenir avec cet enfant d'un plan pour assurer
cette transition.» Mais ça va... ce n'est pas dans le gros sens de vraiment
quelque chose de structuré, comme vous faites, je... d'après ce que je
comprends, de toute façon, déjà. Mais cette vision-là se trouve dans un
napperon, pas nécessairement dans la... Moi, quand je le lis, je ne le... je ne
le vois pas aussi fort que ce que je vois aux États-Unis, en... dans les autres
pays, parce que je... j'ai toute la pile.
C'est... C'est vraiment très, très, très clair. Ils ne disent pas «protection
de la jeunesse», ils disent : Le... C'est le gouvernement qui prend
le...
M. Carmant :
Mais la transition, c'est un concept universel, là, tu sais, que... santé
mentale, protection de la jeunesse...
Mme Weil :
Non, mais éducation...
M. Carmant :
...maladies chroniques. C'est... C'est...
Mme Weil :
...employabilité, tout ça...
M. Carmant :
Oui, c'est... c'est tout inclus, ça.
Mme Weil :
Tout ça, c'est compris dans la transition.
M. Carmant :
Ça, c'est la transition, oui.
Mme Weil :
Et jusqu'à quel âge?
M. Carmant :
Jusqu'à l'autonomie, donc ça peut... Nous... Nous, ce qu'on vise, c'est
d'aller...
M. Carmant :
...jusqu'à 25 ans, mais ça, c'est... ça peut être variable, évidemment,
d'une personne à l'autre.
Mme Weil :
Et ça, vous ne pouvez pas le
mettre... On revient à ça, là, mais je veux juste le confirmer. Vous ne
pouvez pas mettre ça dans la loi à cause des contraintes d'argent.
M. Carmant : De
programmes, c'est ça, qui... et... et... et de...
Mme Weil :
Bien, c'est-à-dire, contraintes dans le sens que vous ne pouvez...
M. Carmant :
...qui sont liés... qui sont liés à du financement.
Mme Weil : ...vous
ne pouvez pas garantir. C'est un peu ça.
M. Carmant : Le
fait que ce soit lié à du financement, c'est ça.
Mme Weil : Et puis de parler d'une directive, ou de parler
d'autre chose, ou un règlement, ça ne pourrait pas aider? C'est-à-dire,
on l'inscrit parce que ça revient constamment. Et même l'étude... monsieur...
l'étude qui a été faite, qui montrait tous
les bienfaits de cet accompagnement, lui aussi a recommandé, donc, monsieur...
de l'académie, qui a fait ses études...
Mme Weil : M. Goyette. Tout... Tout le travail qu'il a
fait... Je pourrais le sortir, mais lui, il dit carrément : Il faut que
ça soit inscrit dans la loi, de ce que j'ai compris, là, mais peut-être que
non. Mais il dit très détaillé... mais qu'en somme c'est le gouvernement, là...
Il demande... Il dit que c'est la société québécoise qui doit appuyer. Mais,
dans l'amendement qu'on avait apporté, il a fait sa contribution à cet
amendement. Ils vont le déposer. Et j'ai l'impression que ce n'est pas clair
pour beaucoup de gens qu'il y a un engagement du gouvernement d'aller vers,
disons, 21 ans. Vous, vous parlez de
25 ans, là, mais de... 21... Non, c'est soit 21 ou c'est 25. Mais, si tant
de personnes sont revenues avec cette recommandation, on dirait que ce
n'est pas su, là, qu'il y a l'engagement du gouvernement.
M. Carmant : ...que
le DPJ doit... Ce n'était pas là avant.
Carmant : Développer un plan, pas juste... En fait, on a modifié
«informer»...
Mme Weil : Bien,
jusqu'à quel... Le plan va jusqu'à quel âge?
M. Carmant : Jusqu'à
la transition vers la vie adulte.
Mme Weil : Bien,
la transition, c'est... c'est vague, ça, là. C'est quoi?
M. Carmant : ...de
18 à 25 ans.
Mme Weil : Bien,
le plan de transition, ça... c'est toute cette période, donc il y a une
garantie?
M. Carmant : Il
y en a qui seront prêts à 20 ans. Il y en a qui sont prêts à 21 ans.
Mme Weil :
Mais la DPJ...
Carmant : Il y en a qui sont
prêts à 23 ans. Il y en a qui sont prêts à 25 ans. Je crois, c'est...
ça varie vraiment d'une... d'une personne à l'autre.
Mme Weil : Bien,
c'est juste que ce qui est écrit, c'est que... de «convenir avec cet enfant
d'un plan pour assurer cette transition». Un plan, mais qui s'assure que le
plan se fait après ça? Parce qu'on me dit que la DPJ, après ça, n'est plus dans
le dossier vraiment, là, parce que ce n'est pas son mandat.
Alors,
comment est-ce qu'on garantit que... que ce qui est dans le plan est suivi?
Qui... Qui a le... l'obligation de... de faire ce travail?
M. Carmant : ...qui
est régi par la LSSSS.
Mme Weil : Donc, pourquoi vous... vous ne... vous ne
pouvez... mais vous ne pouvez pas le mettre dans la loi, le 25 ans,
parce que...
M. Carmant : Je
l'ai dit.
Mme Weil :
Bien, même si...
M. Carmant :
J'ai déjà répondu.
Mme Weil : O.K.
Je comprends. Bien, même si... Pour bien comprendre, là, parce que j'ai
l'impression qu'il y aura beaucoup de questions sur cet... cet enjeu quand
on... pour... pour tous ceux à l'extérieur, là, qui ne voient pas qu'il y a
cet... Et surtout le mémoire... itinérance jeunesse, là, qui... qui demandait
ça, vraiment une... que ça soit bien compris par tout le monde, que la société
québécoise dorénavant, là, parce que c'est comme ça qu'ils le voient, va
vraiment accompagner tous ces jeunes.
Donc,
M. le ministre me dit : Le plan, c'est ça, vraiment, qui fait en sorte...
Il y aura un plan pour la transition. Et ça, c'est inscrit dans la loi. Et ce plan de transition, finalement,
vous l'avez dit publiquement, va jusqu'à 25 ans. C'est ça, la... le
résumé, bon.
Donc, c'est pour ça
que je voulais l'amener, juste pour avoir clarté avec tous les amendements qui
ont été apportés, l'interprétation qu'on doit donner, avec le cumul non
seulement de ces articles qui existaient déjà, mais les changements qu'on a faits ici et là. La compréhension de tous, c'est
qu'on va accompagner ce jeune alors qu'il sera adulte. C'est ça qui est
important.
Donc,
je pense que ça répondrait, là. On... je veux dire, on verra la réaction de...
de l'extérieur, là, mais le ministre, il l'a dit, et... et c'est
important que le ministre l'ait confirmé.
Le Président (M.
Provençal)
: Il l'a
confirmé.
Mme Weil : Il
l'a confirmé.
Le Président (M.
Provençal)
: C'est
Mme Weil : Alors,
merci, M. le Président.
Le Président
(M. Provençal)
: Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'amendement déposé par la
députée de Notre-Dame-de-Grâce? S'il n'y a pas d'autre intervention...
Le Président (M.
Provençal)
: Oui,
oui, par appel nominal. M. le secrétaire, s'il vous plaît.
Secrétaire : Pour, contre, abstention. Mme Weil
(Notre-Dame-de-Grâce)?
Le Secrétaire :
M. Carmant (Taillon)?
Le Secrétaire :
Mme Picard (Soulanges)?
Le Secrétaire :
Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac)?
Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac) : Contre.
Le Secrétaire :
Mme Boutin (Jean-Talon)?
Le Secrétaire :
M. Asselin (Vanier-Les Rivières)?
Le Secrétaire :
M. Jacques (Mégantic)?
Le Secrétaire :
M. Tremblay (Dubuc)?
Le Secrétaire :
Et M. Provençal (Beauce-Nord)?
Le Président (M.
Provençal)
: Abstention.
L'amendement déposé par la députée de Notre-Dame-de-Grâce est rejeté.
M. Zanetti : M.
le Président, je n'ai pas voté.
Le Président (M.
Provençal)
: Ah!
Secrétaire : Je pense qu'il était absent au moment de l'appel du vote.
Le Président (M.
Provençal)
: ...
Le Secrétaire :
Excusez-moi. Mon erreur.
M. Zanetti :
Oui, oui, je n'ai pas bougé.
Secrétaire : M. Zanetti (Jean-Lesage)?
M. Zanetti :
Abstention.
Le Président (M. Provençal)
: Alors, je reprends que
l'amendement déposé par la députée de Notre-Dame-de-Grâce est rejeté.
Alors, M. le
ministre, 36, s'il vous plaît.
M. Carmant : Oui.
Merci, M. le Président.
L'article 36 se lit comme suit : La
section V du
chapitre IV de cette loi, comprenant l'article 65,
est abrogée.
L'abrogation
de cet
article est justifiée en raison de l'abolition de la contribution
financière au placement d'enfants mineurs du 1er septembre 2021. Juste
mentionner que c'est quelque chose qui nous était demandé par le Protecteur du
citoyen depuis plusieurs années, qu'on a fait en 2021. Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Provençal)
: Y a-t-il
des interventions sur l'article 36? S'il n'y a... S'il n'y a pas
d'autre... d'intervention, est-ce que l'article 36 est adopté?
Le Président (M.
Provençal)
: Adopté.
Article 37, M. le ministre.
M. Carmant : Oui.
L'article... Merci, M. le Président.
L'article 37 se lit comme suit : La
section VII.1 du
chapitre IV de cette loi, comprenant les articles 71.3.1 à
71.3.3, est abrogée.
Cette abrogation est
une modification de concordance. Ces articles sont repris dans le
chapitre V.I portant sur les
dispositions particulières aux autochtones. Ces articles sont repris aux
articles 131.16, 131.18 et 131.19, introduits dans la
Loi sur la
protection de la jeunesse par l'article 54 du projet de loi.
Le Président (M. Provençal)
: Merci, M. le ministre.
Est-ce qu'il y a des interventions concernant l'article 37? Alors,
s'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 37 est adopté?
Le Président (M.
Provençal)
: Adopté.
Merci beaucoup.
Article 38, M. le ministre.
M. Carmant : M. le Président, voulez-vous que je lise au
complet, puis ensuite on regardera, au besoin, alinéa...
Le Président (M.
Provençal)
: ...vous
allez... Vous devez lire l'article 38 au départ...
Le Président (M.
Provençal)
: ...et, par la suite, vous
avez un amendement à déposer. C'est ça?
Donc, vous lisez
l'article, et, par la suite, vous nous lirez immédiatement votre amendement,
s'il vous plaît.
M. Carmant : Merci,
M. le Président. Donc, j'y vais.
L'article 38 se lit comme suit :
L'article 72.6
de cette loi est modifié :
1° dans le
premier alinéa :
a) par
l'insertion, après «toute personne,», de «y compris une famille d'accueil, ou à
tout»;
b) par
l'insertion, après «protection», de «ou le bien-être»;
2° par
l'insertion, après le deuxième paragraphe du deuxième alinéa, du paragraphe
suivant :
«2.1° à un corps
de police, lorsque la divulgation est nécessaire pour assurer la sécurité d'un
enfant présent sur les lieux d'une intervention du corps de police, autre que
celle relative à l'application de la présente loi;».
Donc, le texte
proposé se lit ainsi à 72.6 :
«72.6.
Malgré
les dispositions de l'article 72.5, les renseignements confidentiels
peuvent être divulgués sans le consentement de la personne concernée ou l'ordre
du tribunal à toute personne, y compris une famille d'accueil, ou à tout
organisme ou établissement à qui la présente loi confie des responsabilités
ainsi qu'aux tribunaux appelés, suivant cette loi, à prendre des décisions au
sujet d'un enfant, lorsque cette divulgation est nécessaire à l'application de cette loi. Il en est de même à l'égard d'une
personne, d'un organisme ou d'un établissement qui est amené à collaborer
avec le directeur, si ce dernier estime que
cette divulgation est nécessaire pour assurer la protection ou le bien-être de
l'enfant conformément à cette loi.
«Malgré les
dispositions de l'article 72.5, les renseignements confidentiels peuvent
également être divulgués par le directeur ou
la commission, chacun suivant ses attributions respectives, et sans qu'il ne
soit nécessaire d'obtenir le consentement de la personne concernée ou
l'ordre du tribunal :
«1° à la
Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail,
lorsque la divulgation est nécessaire à l'application de la
Loi sur
l'indemnisation des victimes d'actes criminels aux fins d'une réclamation
relative à un enfant faisant l'objet d'un signalement en vertu de la présente
loi;
«2° au Directeur
des poursuites criminelles et pénales, lorsque les renseignements sont requis
aux fins d'une poursuite pour une infraction à une disposition de la présente
loi;
«2.1° à un corps
policier, lorsque la divulgation est nécessaire pour assurer la sécurité d'un
enfant présent sur les lieux d'une intervention du corps de police, autre que
celle relative à l'application de la présente loi;
«3° au
ministre de la Famille ou à un bureau coordonnateur de la garde en milieu
familial au sens de la Loi», ainsi de suite, M. le Président.
Le Président
(M. Provençal)
: Ça
va. Et votre amendement, s'il vous plaît.
M. Carmant : ...juste
lire les commentaires, si ça vous... si c'est correct avec vous, M. le
Président. La première modification vise à préciser que le directeur de
la protection de la jeunesse peut communiquer des renseignements personnels à
une famille d'accueil, ce qui était fortement demandé, évidemment.
La seconde modification a pour objectif de
contrer les interprétations restrictives des règles de confidentialité et favoriser le partage de renseignements lorsque
ce partage est dans l'intérêt de l'enfant et ainsi améliorer l'intervention
auprès de celui-ci.
La troisième
modification vise à permettre au directeur de la protection de la jeunesse de
divulguer des renseignements confidentiels aux policiers, lorsque cette
divulgation est nécessaire, pour protéger un enfant lors d'une intervention des
policiers.
Alors, M. le Président, je déposerais un... un
amendement à... au nouvel article.
Le Président (M. Provençal)
: Allez-y, M. le ministre.
M. Carmant :
Remplacer le sous-paragraphe b du
paragraphe 1° de l'article 38 du projet de loi par le
sous-paragraphe suivant :
b) par le remplacement de «cette
divulgation nécessaire pour assurer la protection de l'enfant conformément à
cette loi» par «que cette divulgation est dans l'intérêt de l'enfant».
Cet amendement
vise à clarifier que le directeur de la protection de la jeunesse peut
divulguer un renseignement lorsque cette divulgation est dans l'intérêt de
l'enfant. Lors des consultations particulières, il a été soulevé par les
directeurs de la protection de la jeunesse que la notion de bien-être est trop
vague et imprécise. À l'inverse, celle de l'intérêt de l'enfant est
connue des intervenants. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
: Oui, allez-y.
M. Carmant : Juste dire quand
même, pour l'intérêt de tous, là, ça, c'est... c'est un... des changements qui étaient... que j'avais particulièrement à coeur,
parce que le... le nombre de situations où les gens qui s'occupent d'un enfant
ne sont pas au courant de leurs... de leurs... des choses qui... il est
important pour l'intérêt de l'enfant, c'est... c'est... c'est vraiment quelque
chose qui est trop souvent rapporté.
Puis même chose pour... dans les cas des
interventions policières. Vous serez surpris du nombre de fois où le... il n'y
a pas de partage d'information lorsque les policiers arrivent sur place, puis
ça entraîne tout un branle-bas de combat, là.
Donc, c'était important, là, pour moi, de...
d'inclure ces modifications à... à la loi. Merci, M. le Président.
Le Président
(M. Provençal)
: Merci. Donc, dans un premier temps, est-ce qu'il y
a des interventions concernant l'amendement
de... déposé par M. le ministre, qui ajoute, là, que «que cette divulgation est
dans l'intérêt de l'enfant»? Mme la députée.
Mme Weil : Oui. Écoutez, je
suis tout à fait d'accord avec l'amendement, mais là j'essaie de comprendre dans... Donc, ça remplace «bien-être», donc
«nécessaire pour assurer la protection», donc la phrase «si ce dernier estime»...
Non, ce n'est pas là. Parce que c'est le... Est-ce qu'il y a un deuxième
«bien-être»? J'essaie de voir...
Mme Weil : Oui, mais, ici,
c'est «nécessaire pour assurer la protection ou le bien-être», et là c'est «si
ce dernier estime que cette divulgation est
dans l'intérêt». Donc, c'est à partir de... (panne de son) ...«si ce
dernier estime que cette divulgation est dans», donc tout est enlevé,
oui.
Alors, ça, oui, en effet, je trouve que c'est...
bien, c'est... ça répond aussi à la... la vision fondamentale de... de toute
cette... de toute cette réforme, hein? C'est comme un arbre avec des branches,
puis le coeur, c'est l'intérêt de l'enfant. Et donc on le voit ici, alors
c'est... c'est très apprécié, cet amendement.
j'aurais... Juste... Je pense que les gens comprennent bien, juste poser des
questions. Bien, sur l'amendement... Vous, vous parlez juste de
l'amendement?
Le Président (M. Provençal)
: ...seulement... on traite seulement
l'amendement déposé par M. le ministre.
Mme Weil : C'est très bien.
Président (M. Provençal)
Est ce qu'il y a des... d'autres
interventions? Oui, M. le député de Jean-Lesage.
M. Zanetti : Je
voudrais savoir par rapport à... à cette question-là, la divulgation de...
d'informations confidentielles, dans le fond. Là, ce que je comprends,
c'est qu'on élargit le nombre de personnes à qui ça peut être dit sans
nécessairement avoir le consentement de l'enfant aussi parce que, souvent,
l'enfant est très jeune, et etc., puis de toute façon... Mais comment est-ce
que c'est balisé? Par exemple, j'entendais les préoccupations de l'Ordre des
travailleurs sociaux, je pense, qui disait, et thérapeutes conjugaux, qui
disait : Tout est dans le niveau de détail, dans l'échange d'informations,
là. Il peut être pertinent, par exemple, qu'une famille d'accueil sache que tel
enfant, je ne sais pas, pour donner un exemple comme ça,
a été abusé sexuellement, par exemple, bon, après, est-ce que c'est pertinent
qu'il sache de quelle manière, quand, combien de fois, par qui exactement, tu
sais, tout ça, qu'il y ait comme un niveau de... qui en dévoile beaucoup plus,
là? Alors, comment voyez-vous qu'on... Selon vous, est-ce que c'est balisé puis
ça n'a pas besoin de l'être dans la loi parce que c'est balisé par d'autres
pratiques ou par, je ne sais trop, d'autres normes qui sont déjà préétablies?
Ou, sinon, comment est-ce que ça peut être balisé?
M. Carmant : Bien,
il y a deux choses, M. le Président. Il y a, un, la déontologie, là, qui, je
pense... qui implique tous les professionnels qui sont impliqués à la
protection de la jeunesse, mais je pense qu'il y a un volet formation qui va
être fondamental aussi. Puis, je le répète, c'est vraiment notre intention, là,
une fois que le projet de loi va être adopté, de prévoir de la formation sur
tous ces aspects que la loi vient modifier. Ça, c'est fondamental.
M. Zanetti : Donc, dans le fond, on se repose un peu sur le
code de déontologie puis sur les autres professionnels pour baliser, dans le
fond, le genre de transmission d'informations. Parce que, si, par exemple,
quelqu'un, je ne sais pas, je me mets en situation, un enfant qui est passé à
travers le... bien, qu'il a eu... il est allé dans les familles
d'accueil puis, à un moment donné, il se dit : Moi, je trouve que cette
information là, elle n'aurait pas dû être transmise dans ce niveau de détail
là, puis là, bien, il y a des recours légaux, disons, comment il ferait? Il ne
pourrait pas s'appuyer sur la loi parce que la loi autorisait ça, ça fait qu'il
faudrait qu'il aille se plaindre à l'ordre professionnel de la personne qui a
transmis l'information?
M. Carmant : M.
le Président, je passerais la parole à la juriste.
Le Président (M.
Provençal)
: Me
Mathieu. Maître.
Mme Mathieu
(Jessica) : Oui. Je vais juste vous mentionner, il y a quand même des
balises dans la loi. Quand on regarde l'article 72.6, on a les deux cas de
figure où c'est soit nécessaire à l'application de la loi ou soit que c'est
dans l'intérêt de l'enfant. Donc, ça, c'est les balises que la loi nous donne.
Par contre, lorsqu'on tombe dans des cas
particuliers comme vous mentionnez, le cas, par exemple, de l'abus sexuel, la
famille d'accueil, qu'est-ce qui est important qu'elle sache, bien là
c'est beaucoup la pratique qui va définir jusqu'où on peut aller, mais ça prend
quand même une évaluation au cas par cas pour chaque enfant pour voir si on
répond aux critères de la loi. Et ça, c'est balisé par la formation, par les
pratiques cliniques.
Le Président (M.
Provençal)
: ...
M. Carmant : Puis,
encore une fois, je me répète, mais je pense que l'intérêt de l'enfant doit
vraiment primer là-dessus, là, quant à... Tu
sais, on a des enfants qui... On a eu des tragédies, là, à cause de ce
non-partage d'informations.
M. Zanetti : Oui,
je suis bien d'accord avec vous. Ce que je veux savoir, c'est que, bon, là, la
loi dit : Certaines informations doivent être transmises, mais est-ce
qu'on précise, par exemple, par qui, c'est-à-dire qu'o