Transportation and the Environment — 28 January 2015 (41st Legislature, 1st Session)
CTE 2015-01-28
Quebec — Committees
Alors, je
vous fais part de quelques chiffres, que vous avez peut-être déjà vus. On a
atteint au Canada le nombre de 10 000
véhicules qui ont été vendus et qui sont sur nos routes au mois de novembre, et
il y a plus de 4 800 de ces véhicules-là qui sont au
Québec. Donc, compte tenu de notre parc automobile, de la population, et tout,
c'est énorme, on fait des envieux. Quand
on se compare avec également l'Ontario et la Colombie-Britannique, il y a des
questions qui se posent, et c'est ce dont je voudrais vous parler ce
matin.
Dans les
tendances également, on observe depuis plus d'un an une forte tendance, une
accélération, qui est très visible au Québec, du nombre de véhicules
électriques, la même tendance un peu moins grande en Ontario. Mais, en Colombie-Britannique, on voit vraiment une
stagnation des ventes. Ils font plein de choses là-bas, mais ils ont retiré les
aides financières au mois de mars dernier,
et c'est évident et reconnu que le fait de ne plus offrir d'aide financière à
l'achat de véhicules électriques cause des impacts non négligeables sur
les niveaux de ventes.
Alors,
évidemment, quand on regarde tout ça, on se demande quelles sont les conditions
gagnantes, qu'est-ce qu'il faut faire
pour accélérer tout ça. Malheureusement, il ne semble pas, à ce stade-ci du
marché, avoir de formule magique. Je
pense que, si ça existait, on l'aurait, puis tout le monde ferait pareil. Ce
n'est pas le cas du tout, il y a des choix qui sont propres à chaque juridiction. Et c'est
habituellement le panier de mesures qu'on regarde, qu'on voit qu'est-ce qui
fonctionne. Mais il y a une unanimité sur trois mesures qui sont
importantes. Mis à part, bien sûr, la communication de base et la
sensibilisation, il semble, dans toutes les juridictions, avoir trois,
vraiment, leviers importants.
C'est,
évidemment, les subventions directes dans un premier temps, et viennent ensuite
les voies réservées. On se rend compte
que les utilisateurs de véhicules électriques sont, bien sûr, des navetteurs.
Puis le temps, c'est de l'argent. Alors,
une fois qu'ils ont leurs véhicules, bien, s'ils ont accès à une voie réservée,
ça conditionne beaucoup leur comportement et même leurs conditions d'achat. Et bien sûr la recharge publique parce
qu'une fois qu'on s'est rechargé à la maison — vous savez que la recharge à la maison, c'est notre premier endroit où on
retrouve notre électricité — on part tous les matins avec un plein d'énergie propre, mais, quand on se
promène, la recharge publique vient rassurer beaucoup les utilisateurs, et c'est carrément démontré. Mais, malgré tout ça,
il y a d'énormes variations d'une province à l'autre ou d'un État à l'autre
sur ce qui fonctionne au-delà de ces trois mesures-là de base.
Alors,
qu'est-ce qu'on peut faire au Québec, compte tenu de la longueur d'avance qu'on
a par rapport à d'autres, mais où il
y a d'autres juridictions qui sont encore plus en avance? Alors, je vous parle
ici d'une stratégie de conditions gagnantes.
C'est un peu un guide, et non pas des mesures prescriptives pour dire quoi
faire, mais voici qu'est-ce qui, selon Mobilité
électrique Canada, devrait guider la réflexion. À ce stade-ci du marché, nous
pensons qu'il y a lieu encore de poursuivre la stimulation et la
création de la demande. Vous savez, quand on parle de 5 000 véhicules par
rapport à 4,8 millions de véhicules sur
nos routes au Québec, là, on est au tout, tout, tout début d'un marché, puis
normalement, dans un marché comme ça,
on stimule la demande par toutes sortes de moyens. On va parler, bien sûr, de
communications. Je vais y revenir tantôt parce qu'on pense qu'il y a des
choses à faire de ce côté-là. La sensibilisation, bien sûr, et les conduites d'essai. Dans le fond, une fois qu'on
connaît le produit, on sait ce qu'il fait, on l'essaie. L'essayer, c'est
l'adopter, puis ensuite, bien, on considère l'achat. C'est de base.
L'exemplarité.
Je sais qu'il y a beaucoup d'actions qui sont entreprises pour faire en sorte
que des flottes, dont celles du
gouvernement, dont celles de grandes compagnies, conduisent, adoptent des
véhicules électriques et les mettent sur les routes pour contaminer un
peu tout le monde à cet esprit-là.
Bien sûr, il y a l'aide financière. J'en ai
parlé longuement tantôt comme étant la première mesure qui est à reconduire, à maintenir jusqu'à un certain minimum
de nombre de véhicules électriques sur nos routes. On en a 5 000,
on a déjà parlé de divers plans qui nous
amenaient à 300 000 VE sur les routes. Alors, quel est ce minimum-là?
Est-ce que c'est d'avoir 50 000
véhicules sur nos routes, 100 000? C'est à juger, mais il faut qu'il y ait
un minimum pour que le marché, comme on dit, décolle, et ces
conditions-là sont celles de base pour y arriver.
Ensuite
viennent les conditions pour rassurer les conducteurs de véhicules électriques
parce que, bien qu'on sait qu'on peut
se recharger à la maison, il y a toujours la peur de la panne. Et là il y a beaucoup
d'actions déjà entreprises de la part
du gouvernement, les subventions à l'achat et l'installation de
bornes à la maison, bien sûr le premier niveau. Le deuxième, qui est
d'une importance majeure au Québec. Avec l'accès à la recharge publique, on ne
peut que reconnaître tous les résultats et
les efforts encore des réseaux de recharge publique comme le Circuit
électrique, comme celles du Réseau vert, comme d'autres privées également
qui cherchent à avoir encore plus de recharge publique et également
des corridors de recharge rapide. La recharge rapide rassure beaucoup
par le fait qu'elle est disponible sur un trajet qui est moins habituel
que notre trajet de tous les jours, mais qui rassure parce que ça se rapproche
du temps de recharge de l'essence et qui est
nécessaire, et ces plans-là sont en déploiement avec
l'annonce du Circuit électrique toute récente d'avoir au moins 50 bornes
de recharge rapide.
Vient ensuite, en dernier lieu, l'aide
financière pour l'achat et l'installation de bornes au travail, qui est très
complémentaire. Si requis, il y a du support à pouvoir se recharger au travail
pour retourner à la maison.
Et d'autres mesures moins coûteuses... Bien, ça
dépend pour qui, là, mais qui peuvent être moins coûteuses. Pour, là aussi, attirer l'attention, les voies
réservées, les stationnements dédiés gratuits et même les modifications au Code du bâtiment pour
faire en sorte que, lorsqu'on construit un immeuble, on ait déjà les installations électriques pour recevoir des
stations de recharge à moindre coût lorsque requis. Alors, ça aussi, c'est
envisagé dans différentes juridictions. On a également des préoccupations
pour les condos, où c'est compliqué, pour un condo, de définir ce qu'il en est.
Mme Guimont (Chantal) : Oui. L'enjeu
le plus important pour nous, malgré tout ça, c'est de poursuivre la collaboration avec tous les partenaires pour accroître la communication. Il y a aujourd'hui des enjeux de communication qui existent encore au Québec. Vous
avez tous un beau-frère, un voisin, même, qui vous dit encore : C'est-u
bon, ces véhicules-là? Puis ça marche-tu vraiment?
Alors, des choses simples qui peuvent être faites en communication. Il n'y a pas eu de campagne comme
telle en communication au Québec. On parle de recharge, et tout ça, mais il y a
lieu de le faire. Et la promotion et
les essais, on pense que c'est la clé. Pour ce qui est de l'offre, nous
considérons que la croissance de la demande,
qui est là puis qui est encore à ses tout débuts, va permettre d'accroître la
disponibilité de l'offre, et réduire les délais de livraison, et de
s'ajuster rapidement à l'offre. Alors, voilà mes messages essentiels.
Je me
permettrais de vous rappeler qu'en juin 2016 nous accueillerons à Montréal
le Symposium international sur
les véhicules électriques. Et c'est en collaboration avec notre association soeur aux États-Unis, Mobilité
électrique Canada est là. Et on remercie le gouvernement pour le support qui a déjà été accordé, et on a 18 mois pour encore
plus accélérer l'électrification des transports.
Président (M. Reid) :
Merci, Mme Guimont. Je passe maintenant, pour commencer la période d'échange, la
parole au ministre.
Heurtel : Merci, M. le Président. Bonjour, Mme Guimont. Merci pour votre
présentation très intéressante. On a eu le plaisir d'échanger davantage
à Vancouver l'automne dernier.
Première question.
Bien que vous ne l'ayez pas mentionné spécifiquement, je soupçonne quand même
que la... Je voudrais vous entendre d'abord
sur l'importance de bien intégrer — parce
qu'on parle quand même
de la stratégie de développement
durable du gouvernement pour les cinq prochaines années — l'importance de bien intégrer la question
de la lutte contre les changements
climatiques à cette stratégie. Alors, de votre point de vue, évidemment,
spécifique, mais pour une vision globale du gouvernement, pas seulement
du point de vue du ministère de l'Environnement, mais de l'ensemble du gouvernement, de votre point de vue, l'importance de bien intégrer à la stratégie les principes de
lutte contre les changements climatiques.
Guimont (Chantal) : Bien,
c'est certain que c'est au coeur de cette stratégie-là. J'ai comme escamoté ça
en me disant que c'était comme évident parce qu'il y a plein de mesures qui peuvent être faites pour réduire les gaz à effet de serre dans le transport. On
connaît tous les objectifs de réduction des gaz à effet de serre de
l'ensemble des manufacturiers, mais,
nous, l'approche de l'électrification à l'intérieur de ça demeure au coeur de
ce qu'on pense qui doit être poursuivi comme tel.
Il y aura
d'autres technologies dans le futur. On va parler de véhicules à
hydrogène, et tout, c'est tout en ligne... c'est tous des véhicules électriques pour accélérer l'électrification.
Pour les cinq prochaines années, je pense que l'important, c'est vraiment d'assurer une croissance plus importante
que ce qu'on voit ici, au Québec. On a tous les attributs pour le faire. On a l'écart de prix. On a le fait qu'évidemment notre production est
98 % hydro. On a ce qu'il faut pour convaincre les clients qui sont beaucoup plus réceptifs à ça,
mais les barrières demeurent, et je pense que c'est celles-là qu'il faut
adresser. Mais oui, il y a lieu, bien sûr, de rappeler l'importance de sa
contribution au transport, qui est le plus grand émetteur de gaz à effet de
serre.
Heurtel : Merci. Bien, c'est
parce que vous parlez... on parlait de communication, vous parliez beaucoup de communication. Je
suppose, c'est encore important
de rétablir même ce qui, pour des initiés comme vous, semble être
des évidences. Je crois
qu'il reste un travail important de sensibilisation, comme vous le dites. Donc, c'est important
de bien établir la fondation sur
laquelle se base cette nouvelle stratégie de développement
durable. Donc, l'importance de bien intégrer la lutte contre les changements climatiques.
Et, comme vous le dites, 44 % des émissions
de gaz à effet de serre au Québec proviennent du secteur des transports. Alors, quand on parle de communication dans un contexte de stratégie de développement
durable, on parle d'une communication intégrée parce
que, quand on parle d'électrification
des transports... Puis, évidemment, bon, notre temps est limité, mais ça
touche plusieurs secteurs, il ne s'agit pas juste... donc, on parle
d'aménagement, on parle de planification du
territoire, on parle certainement de politique d'investissement puis, quand on
parle... si on peut prendre le premier point que vous avez soulevé, la
communication, l'importance d'avoir une communication intégrée de façon
horizontale sur l'ensemble des activités du gouvernement.
Guimont (Chantal) : Tout à
fait. Tout à fait, c'est... Je comprends que, dans l'ensemble de votre
stratégie, c'est un axe de
communication qui doit être plus large, dont une fois qu'on fait le... la
section électrification peut être très bien déclinée en lien avec
l'ensemble de la stratégie puis...
Heurtel : ...donc, c'est important de voir une approche intégrée, donc
que ça soit en transport, en municipal, parce qu'évidemment le monde municipal a un angle très important, un
rôle très important quand on parle de stationnement, quand on parle...
Le Code du bâtiment, évidemment, ça, c'est un autre domaine. Quand on parle
d'investissement, de planification
financière, les choix stratégiques d'investissement du gouvernement, évidemment
la stratégie de développement durable
doit être capable d'intégrer, sur l'ensemble de l'action gouvernementale, tous
ces différents pans. Alors, il faut
véritablement une intégration de l'action à travers l'ensemble de l'action
gouvernementale. Est-ce que je vous comprends bien?
Guimont (Chantal) : Tout à
fait. Les municipalités, vous le dites très bien, ont un rôle important à jouer
pour faciliter tout ça. On n'a qu'à penser à
l'autopartage, où on va s'attaquer à des questions fondamentales de support
de la part des municipalités pour faciliter l'accès au stationnement, les
permis, de même pouvoir donner l'accès pour installer
des bornes facilement, faire de la promotion de ça aussi. Le client qui se rend
à un véhicule d'autopartage puis qui voit un véhicule électrique puis un autre
ordinaire, il y a énormément à faire pour convaincre que c'est bien. Mais,
en amont, vous avez raison que cette
stratégie-là de communication doit être complète et intégrée pour que le client
ultime se retrouve, le consommateur et le citoyen se retrouvent, et
c'est des choses, nous pensons, qui sont beaucoup moins coûteuses qu'avant,
beaucoup plus faciles à accéder et trouver les leviers qui font que les gens
écoutent.
Un véhicule,
c'est très émotif encore, là. On est encore de la génération qui n'a pas encore
à l'idée qu'on n'a pas besoin de véhicule nécessairement. On a toutes
les options, mais il y a des expériences qui sont évidentes sur des communications efficaces à peu de frais, également
des essais qui peuvent être encore plus amplifiés. On le fait. À chaque
fois, on se rend compte comment c'est bénéfique et que ça ne prend pas
grand-chose pour convaincre.
Il faut
penser également que, si on veut se rendre à 50 000, 100 000, ce ne
sont pas les précurseurs, les acheteurs précurseurs qu'on va devoir convaincre, là, c'est l'autre palier de
personnes qui, elles, si on ne va pas chercher ce qui les anime du côté environnemental, du côté économique,
du côté du plaisir de conduire, bien, elles vont rester un peu sur leur
appétit.
Heurtel : Ensuite, bon, au niveau des communications, le gouvernement
s'est clairement engagé dans cette voie-là.
On a annoncé, le 2 décembre dernier, 6,7 millions de dollars
spécifiquement pour des activités de sensibilisation, de communication liées au Fonds vert, liées à la
lutte contre les changements climatiques. Donc, ça va être intéressant de voir comment on travaille avec des organismes
comme le vôtre et d'autres, la société civile pour voir comment on peut
faire la meilleure promotion possible de ces objectifs-là.
Vous suggérez
également... Quand on parle d'une approche intégrée à travers le gouvernement,
donc, j'imagine, ça inclut également
les politiques d'achat du gouvernement, les critères d'appel d'offres, les
politiques d'achat. La flotte gouvernementale doit s'adapter à la
nouvelle réalité du véhicule électrique.
Mme Guimont (Chantal) : Oui, mais
vous êtes des précurseurs là aussi parce que, dans la flotte du CGER, il y a plus de 300 véhicules qui sont déjà
électriques, donc c'est énorme. Il faut poursuivre, mais il y a aussi là une
façon de rendre visibles ces
actions-là pour M. et Mme Tout-le-monde. On a plein d'atouts, il faut les
montrer puis aller un cran plus loin pour voir où sont les comblements
ou les endroits où on peut accélérer.
M. Heurtel : Une des mesures qui est
discutée régulièrement, on parle beaucoup de ce qu'on appelle la norme ZEV.
Alors, c'est un anglicisme, là, mais de véhicules à émission zéro, finalement.
J'aimerais vous entendre là-dessus.
Peut-être, vous pourriez prendre quelque temps juste pour expliquer c'est quoi,
la norme ZEV, et comment votre organisation voit ce genre de mesure là.
Guimont (Chantal) :
D'accord. Bien, il y a 10 États, actuellement, américains, dont la Californie,
qui est le plus évident puis, dans le
fond, l'Oregon et tous les États de la Côte Est, du Nord-Est, là, qui ont
adopté cette façon de faire là qui oblige un quota de vente de véhicules
électriques dans l'ensemble de la flotte des manufacturiers. Je vous fais fi de tous les détails parce que, d'une
juridiction à l'autre, c'est très variable et c'est très compliqué. Je sais
qu'entre autres la Californie cherche à simplifier le tout. Et, dans ça,
il y a des manufacturiers qui vendent plus de véhicules électriques que d'autres qui sont gagnants parce qu'ils ont des crédits
à vendre à d'autres manufacturiers qui en vendent moins.
Par exemple,
en Californie, les grands gagnants sont Nissan et Tesla qui recueillent des
dizaines de millions de dollars de
crédits par rapport à d'autres qui n'atteignent pas des quotas de vente. Soit
qu'ils n'ont pas de véhicules électriques dans leur flotte, par exemple, comme Mazda, au Québec, qui pourrait être
un enjeu plus important, ou Honda, qui sont des marchés importants au
Québec. Vous savez qu'on est très spécialisés dans les petites sous-compactes
puis que c'est économique jusqu'à un certain
sens. Mais c'est un échange de crédits pour accélérer le fait qu'il y ait, en
principe, plus de disponibilité de
véhicules qui génère plus de ventes. Le principe, je pense, ce n'est pas
d'avoir des véhicules en stock, mais
c'est bien sûr que ça contribue à l'augmentation des ventes et qu'on n'ait pas
de manque d'inventaire pour suppléer à la demande.
Dans un
marché qui est très, très débutant comme ce qu'on voit ici, il y a d'autres
exemples de juridictions comme la Géorgie qui sont... comme la Norvège,
dont on entend beaucoup parler, où c'est la demande qui a fait en sorte que l'offre s'est ajustée de façon évidente à la
demande sans imposer ces quotas-là. Nous, ce qu'on pense, c'est que, pour le
moment — je dis bien pour le moment — que ce n'est pas nécessaire. On pense qu'il
y a encore de la place pour qu'il y ait une adaptation de la demande et de l'inventaire et, surtout, de la
communication de l'offre — excusez l'anglicisme — dans le showroom, chez le
concessionnaire automobile...
M. Heurtel : Dans la salle de
montre.
Mme Guimont (Chantal) : Hein?
M. Heurtel : Dans la salle de
montre.
Mme Guimont (Chantal) : Dans la
salle de montre, voilà. Excusez mon... Je travaille plus en anglais de ce
temps-ci, dans la salle de montre.
Moi, j'ai été longtemps impliquée dans les
programmes d'efficacité énergétique dans mon ancienne vie à Hydro-Québec, puis je ne sais pas si vous vous
rappelez les promotions des produits économiseurs d'énergie. Quand on se rendait chez RONA, chez Réno, et tout, il y avait un
programme simple de support à la promotion sur le site de vente des distributeurs qui ont embarqué, qui ont pris
la relève par après, qui... On n'en parle plus aujourd'hui, c'est comme évident, on retrouve ça partout, mais jadis, quand
on partait ces affaires-là, c'était comme : Comment on fait pour en faire
plus et embarquer tout le monde?
Et là c'est l'histoire de dire : Qu'est-ce
qu'on fait pour les embarquer? S'ils embarquent, tant mieux. Sinon, qu'est-ce qu'on fait? Mais on pense qu'on n'est pas
rendus à cette étape-là parce qu'on parle de 4 000 véhicules, 4 800 véhicules aujourd'hui et qu'il y a
encore beaucoup à faire pour faire connaître le produit. Si le produit n'est
pas connu, même s'il y a des voitures
dans la salle de montre, il faut, on pense, taper sur le bon clou pour faire en
sorte que la demande soit là, il y a
beaucoup, beaucoup, beaucoup de place pour ça à l'heure actuelle. Je ne vous
dis pas, dans un an, qu'est-ce qui arrivera ou dans...
Et également
le fait qu'on peut voir, ailleurs, qu'est-ce qui se passe. La Géorgie
fonctionne bien. Vous allez me parler
du Vermont, je suis certaine, parce que c'est nos voisins à côté qui ont adopté
le mandat ZEV et qui ont des résultats surprenants
par rapport au niveau d'incitatif et
d'offre qui est là. Alors, quand je vous disais qu'il y a des cas qui sont hors
normes, là, le Vermont en est un. Alors, je leur parle, moi, ils disent que
oui, tout va bien, et tout, mais on parle de 800 véhicules. Alors, on ne parle pas non plus de milliers. Il y a
une progression, mais on est tellement dans les petits chiffres que est-ce que ça va se poursuivre? Est-ce qu'il y
a d'autres facteurs qui vont pouvoir influencer? Est-ce que le prix de l'essence qui baisse va venir jouer dans tout ça?
Il faut regarder à plus long terme, je pense, pour voir où sont les leviers
qui sont à notre portée alors qu'on a déjà
des conditions gagnantes au Québec, et qu'on en vend déjà beaucoup
plus qu'ailleurs au Canada, et qu'on peut faire mieux par rapport aux États-Unis.
Heurtel : C'est intéressant,
ce que vous dites, vous n'excluez pas la norme ZEV, mais, en même temps, pas
immédiatement. C'est ça? C'est ça que je comprends bien?
Guimont (Chantal) : Bien,
c'est une mesure comme une autre. Je pense que tout le monde, là-dedans, reconnaît que ça peut peut-être faire une différence, mais
pas au détriment de la communication, des essais, de l'aide financière.
Heurtel : Évidemment, dans un contexte où on parle d'un bouquet de
mesures pour favoriser, justement, le développement du véhicule
électrique, nous, on a signé une entente, justement, à la COP 20, à Lima. On a
signé une entende avec la Californie,
justement, pour développer davantage et harmoniser le travail qu'on fait déjà
ensemble au niveau du marché du carbone, mais pour harmoniser davantage
nos politiques en matière de véhicules électriques. Et évidemment, comme vous l'avez dit, les politiques, les mesures californiennes
ont inspiré à peu près toutes les mesures qui sont utilisées dans les autres États américains, dont celles du
Vermont, dont celles de la Géorgie. Alors, il y a certainement quelque
chose à explorer là.
L'avantage de
la norme ZEV, c'est que présentement on se retrouve dans des situations... Puis
là je n'ai pas de données
scientifiques, mais j'ai beaucoup d'anecdotes, beaucoup de cas qui me sont
rapportés, que, justement, il y a des gens
qui arrivent au concessionnaire, arrivent avec l'idée d'acheter un véhicule
électrique et sont soit dissuadés ou bien l'inventaire n'est tout simplement pas là. Il y a des véhicules
électriques qui sont disponibles en Ontario qui ne le sont pas au Québec pour des raisons qui ne sont pas
toujours faciles à comprendre. Alors, la norme ZEV, évidemment, comme telle ne va pas solutionner... ce n'est pas
nécessairement la panacée que ça va garantir, mais, en même temps, est-ce qu'on
ne peut pas... justement, avec un programme
d'incitatifs financiers, avec une promotion, une sensibilisation accrue, est-ce
que la norme ZEV peut faire partie,
justement, d'une stratégie pour, justement, s'assurer que le développement du
véhicule électrique se poursuive au Québec?
Guimont (Chantal) : Bien, je
pense que c'est la bonne question de dire : Est-ce que le mandat ZEV a la
marge de conditions réunies pour accélérer,
faire en sorte que la demande soit là? Est-ce que c'est la solution globalement
pour que ce soit avantageux? La question
reste ouverte. Moi, j'ai fouillé, là, il n'y a pas d'études, il n'y a rien qui
dit nulle part ou qui peut démontrer
que c'est très prolifique ou très bénéfique pour le moment. Tout le monde
dit : Il n'y a pas assez
d'informations pour qu'on le sache. Je pense que vous avez raison de dire qu'il
y a des anecdotes, moi, j'en entends de
toutes les sortes. Mais je parle également à des concessionnaires, oui, il y a
des manufacturiers... Puis on prend ce qu'ils nous disent aussi avec parcimonie des fois, mais ils sont en train de
s'ajuster à la demande et ils sont capables de le faire.
Alors, est-ce
qu'il n'y a pas des ratés où une fois... Parce que c'est un marché qui est en
croissance, n'est-ce pas, puis c'est
souvent plus difficile de prévoir les ventes. Alors, ça va être aussi difficile
de prévoir comment on ajuste un mandat
ZEV, mais ça, ça se fait. C'est des questions qui doivent être regardées, mais
on considère que, pour le moment, c'est prématuré, compte tenu de ce qu'on voit dans
le marché. C'est ce qu'on trouve qui est particulier d'un marché qui est naissant et qui, de toute façon, fait en sorte
qu'au Québec on en vend, là, c'est important, ce qu'on a. Il y a des cas,
sûrement, mais on ne pense pas que c'est la majorité puis qu'ils font exprès
pour ne pas en vendre. Pas du tout
Le Président
(M. Reid) : Merci, Mme Guimont. Nous allons maintenant passer
au porte-parole de l'opposition officielle, M. le député de Jonquière.
Gaudreault : Oui. Merci, M. le Président. Bonjour, Mme Guimont.
Ça me fait plaisir de vous voir aujourd'hui, surtout de vous entendre sur la question de la mobilité électrique. Je
vous écoutais puis je regardais vos diapos, je lisais votre document, je me disais la chose suivante.
Dans le fond, c'est assez simple. Je veux dire, il faut le faire, mais les mesures sont assez simples. Quand je regarde votre document
à la page 6, là, quelles sont les conditions gagnantes, mis à
part la communication et la sensibilisation, il semble y avoir quelques mesures avec plus d'impact, les subventions
directes, les voies réservées, les
recherches publiques. Je veux dire, on ne réinvente pas la roue, là, c'est quelque
chose, somme toute, d'assez simple,
mais ça prend une volonté politique, ça prend une volonté aussi du monde des
affaires, du monde, justement,
de l'automobile.
Puis là, bon, je vous écoutais puis je me
disais : C'est quand même fou parce que nous sommes présentement dans une période de baisse de prix de l'essence,
mais, on le sait, qui sera momentanée, puis, bien, sur une question
de temps long, là, de long terme, ce
sera quand même... on estime assez momentanée, puis là, tout d'un
coup, on voit une recrudescence d'achat
de F-150 et de «monster cars» dans les salons d'automobiles. C'était la saison,
là, des salons de l'auto à Detroit, à
Montréal, puis c'est encore les grosses voitures qui sont
en avant, puis on voit une recrudescence de la hausse des ventes de ces
véhicules-là parce qu'il y a des gens qui profitent de l'occasion que le prix
de l'essence est bas. Alors, on a un signal
de prix sur la question de l'essence qui est tellement
puissant et qui vient contrer des efforts que je dirais, quand même, somme
toute, assez simples pour soutenir la
mobilité électrique. Alors, on fait face constamment à cette espèce de contradiction, là, entre le prix de l'essence
et les mesures qu'il faut mettre
en place avec une certaine volonté politique.
Mais je
voudrais vous entendre un petit peu plus sur votre tableau, que je trouve
très intéressant. Je ne
sais pas qui gère le piton de la diapo, là, mais, à la page 5, là... Ah!
c'est vous?
Une voix : Oui, c'est moi.
Gaudreault : O.K.
C'est vous, le gestionnaire du piton. Alors, le graphique à la page 5, où là il y a...
Ouais, je comprends que... Bon, je vais me mettre de ce côté-là.
Ouais, c'est ça, la première courbe, c'est celle du Québec,
puis là il y a vraiment
un pic à partir de janvier 2014. Bon, il y a de la fluctuation assez
conforme à l'Ontario, Colombie-Britannique, mais
là vraiment, en janvier 2014, pouf! ça part en hausse du côté du Québec. J'aimerais ça, vous entendre un
petit peu plus sur comment vous expliquez ça.
Guimont (Chantal) : Bien,
c'est un effet mensuel qui est normal d'une année à l'autre. Il y a des
fluctuations de vente. Les gens
achètent plus des véhicules au printemps, puis moins à l'hiver, moins à
l'automne. Puis janvier, février, c'est
les pires mois, ça fait qu'on ne peut pas voir... Même, quand on va avoir les
résultats de janvier, février, avec le froid qu'il y a eu, et tout, là, les gens attendent au printemps, concluent
des ventes, puis ça se fait surtout au printemps et à l'été. Ce n'est
pas inquiétant.
Gaudreault : Mais c'est quand même beaucoup plus que la
Colombie-Britannique puis l'Ontario, c'est beaucoup plus que les
autres... Bon, je vois, là, janvier 2013, là, l'année d'avant, là, je comprends
que les gens achètent plus de véhicules au
printemps puis à l'hiver, mais il n'y a quand même pas ce pic-là, là, tout d'un
coup, là. Vous n'avez pas d'autres explications que ça?
Guimont (Chantal) : Non. On
n'a pas fouillé spécifiquement ça. C'est plutôt la tendance, je pense, puis la
progression globale. J'aurais dû vous
présenter un autre graphique — mais il n'était pas à jour avec les données récentes — qu'on fait une moyenne de trois mois, puis
on voit les tendances, et ça, ça démontre que ce n'est pas inquiétant.
Maintenant,
vous avez raison de dire que la baisse des prix du pétrole, c'est à surveiller.
Ce qu'on pense, c'est que des
acheteurs de véhicules électriques, ceux, aujourd'hui, qui achètent des
véhicules électriques, là, ils ne font pas ça uniquement pour des
questions plus économiques, hein, ils font ça parce qu'ils croient à
l'environnement. Et ici, au Québec, l'écart
de prix entre l'électricité puis le pétrole, bien qu'il y a une baisse des prix
du pétrole à court terme, ce n'est pas
aussi significatif que c'est dans d'autres juridictions. Alors, on pense qu'on
est sûrement mieux placés. C'est à surveiller.
Mais c'est là
que la communication devient encore plus importante, même s'il y a une baisse
des prix du pétrole, pour dire :
Écoutez, vous contribuez à l'environnement, vous mettez quand même beaucoup
d'argent dans vos poches par rapport
au prix de l'essence, entre l'électricité et l'essence, et vous avez de plus en
plus un choix de modèles. Tu sais, vous
regardez ce que vous avez maintenant comme choix par rapport à il y a 18 mois,
puis tout ce qui est annoncé, il n'y a aucun manufacturier qui annonce
qu'il se retire des véhicules. Vous avez peut-être entendu parler de la
Bolt — je
dis toujours Volt, mais c'est la Bolt — de GM, où on annonce un véhicule de 200
milles d'autonomie, là — on fait la conversion en kilomètres — à
moins de 30 000 $ avec aide financière qui est annoncée, pour
concurrencer des gens comme Tesla et autres
qui annoncent ces véhicules milieu de gamme en termes de prix avec des
autonomies incroyables. Donc, il n'y
a personne qui semble penser que la fluctuation des prix va être, à long terme,
comme vous dites, un enjeu qui va ralentir l'offre.
Maintenant,
comment nous, on fait pour créer la demande? Et c'est là que les
communications — vous le
disiez, M. le ministre Heurtel — il y en a encore beaucoup de place pour ça,
même si c'est émotif, une auto, puis qu'on regarde, on l'aime-tu, est-ce que c'est le fun à conduire,
est-ce qu'elle est performante. Dans l'ordre, j'y vais, là. Ça, c'est des
attributs qu'on connaît, là. Oui,
elle est sans bruit, puis oui, elle contribue à l'environnement. Bien, il faut
faire cette démonstration-là. Il y a
plein de choses, de témoignages... Moi, je rêvais d'avoir, quand j'étais à
Hydro, là, des campagnes avec des témoignages simples de gens qui adorent leur véhicule. C'est plein de cas comme ça.
Sur Internet, une vedette, une pas vedette... Bâtir quelque chose d'efficace et de ce qui va chercher
les gens pour tous les attributs dont on parle, c'est à notre portée avec
plein de choses, là, sur le Web, sur les
réseaux sociaux, avec les concessionnaires sur les lieux de vente, avec les
associations de consommateurs ou de
véhicules électriques, qui sont maintenant beaucoup plus impliquées avec nous
qu'avant. Il y a plein d'idées qui
peuvent être mises sur la table. Mais il ne faut pas lâcher ça parce que c'est
ça, la clé qui va faire qu'on va être en avance.
Gaudreault : Je comprends ce que vous voulez dire, il y a
quelque chose d'irrationnel là-dedans, là, parce que moi, j'aime les
voitures rouges. Alors, c'est un peu choquant pour moi, là, mais c'est comme
Des voix : Ha, ha, ha!
Gaudreault : Alors, c'est ainsi. Donc, il faut, justement,
aller chercher là où la demande et là où le besoin s'expriment, aller parler aux consommateurs.
D'ailleurs, ça m'étonne. Peut-être, ça m'a échappé, mais je ne vous ai pas
entendu parler du bonus-malus. Est-ce que,
pour vous, c'est une mesure qu'on devrait ajouter dans le panier de mesures,
pour reprendre l'expression du ministre, là?
Parce qu'on n'a pas le bonus-malus au Québec, en France ça a donné des
très bons résultats. J'aimerais ça, vous entendre là-dessus.
Guimont (Chantal) : On n'a
pas beaucoup d'expérience de ça au Canada, donc on ne s'est pas positionnés
là-dessus. Mais c'est sûrement quelque chose qui est à regarder également.
M. Gaudreault : O.K. Est-ce
qu'il me reste du temps encore?
Le Président (M. Reid) :
Encore deux minutes.
Gaudreault : Oui. L'aménagement du territoire, je veux vous
entendre là-dessus. On a reçu Vivre en ville vendredi dernier, bon, qui plaide beaucoup, évidemment, pour une réforme
de
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme qui tient compte, évidemment, de toute la dimension des transports. Les
municipalités ont un rôle important à jouer. Il y a toute la dimension des régions aussi. Quelqu'un
qui habite à Dolbeau, par exemple, Mistassini puis qui a besoin d'un camion
pour son travail, il va être inquiet, veut savoir est-ce qu'il va avoir assez
d'autonomie s'il va dans le bois, etc. Alors, j'aimerais
ça, vous entendre un petit peu plus sur l'aménagement du territoire, avec
peut-être un angle spécifique sur la dimension occupation du territoire,
surtout dans les régions dites éloignées.
Guimont (Chantal) : Bien,
c'est certain que l'autonomie a certaines limites par rapport à certains
véhicules. Des camions qui ont une
autonomie importante pour desservir des besoins qui sont plus de lourdeur de
marchandise, et tout ça, il n'y en a
pas encore. Il y a du développement avec des pick-ups, avec Via Motors, et tout
ça, mais, avant tout, je pense que tout ce qui s'en vient comme hybrides
branchables va être à regarder pour ces besoins-là.
Pour ce qui est de l'aménagement du territoire
comme tel, il y a des mesures simples, je pense, qui peuvent favoriser l'accès à la recharge et que les
municipalités elles-mêmes adoptent des véhicules lorsqu'ils seront disponibles.
Ça, c'est certain, certain. Les régions ont
leur place. Ce n'est pas un simple véhicule urbain. Quand on regarde les
navetteurs qui vont régler l'ensemble
des besoins, je pense qu'il faut avoir une préoccupation beaucoup plus
importante, peut-être, que ce qui a
été à date pour le territoire lui-même. Et, les municipalités, moi, ce que j'ai
eu comme expérience, c'est que les
municipalités sont très sensibles à offrir des services à leurs citoyens.
Encore là, comme dans la clientèle, il y a des précurseurs puis il y en a d'autres qui le sont moins. Alors, comment on
fait pour encadrer ça, les stimuler à le faire de plus en plus?
Avec des témoignages aussi de leaders qui sont déjà présents, qui sont déjà
présents au Québec, il y en
a plein d'exemples.
Président (M. Reid) : Merci. Nous allons passer maintenant
au deuxième groupe d'opposition. M. le
député de Groulx.
Surprenant : Merci, M. le Président. Mme Guimont, je vous remercie d'être ici aujourd'hui. D'abord, j'ai pris
bonne note de votre commentaire au
niveau du gouvernement, de peut-être plus publiciser l'utilisation des véhicules
électriques qu'il fait pour stimuler l'intérêt auprès des gens. Je note également
qu'on a 300 véhicules actuellement en inventaire,
ce que vous avez mentionné tantôt, et qu'il y a donc un effort également de ce côté-là
aussi à faire pour augmenter le nombre de véhicules pour montrer
l'exemple.
Maintenant,
au niveau du particulier, l'acquisition d'un véhicule
électrique, un élément très important, évidemment, entre
autres, est le prix. Alors, les subventions
ont donc demeuré importantes. Dans votre exposé tantôt,
vous avez mentionné que la Colombie-Britannique a cessé, en mars 2004, de subventionner les véhicules électriques. Alors, j'aimerais
voir est-ce qu'en contrepartie ils
ont exploré d'autres mesures pour favoriser l'utilisation des véhicules
électriques électriques et, peut-être, qu'on pourrait reproduire ici si
c'était le cas.
Guimont (Chantal) : Bien,
vous avez raison de dire que ça, ça a été un dur coup. Puis je sais que le budget provincial
de la Colombie-Britannique sort le 10 février, on va regarder ce qui se
passe parce qu'on pense qu'ils ont
réfléchi peut-être. En
Colombie-Britannique, ils ont énormément de communication fédérée, je dirais,
avec un paquet d'organismes. Vous
irez voir la campagne Emotive, simple, simple, simple. Ils en parlent beaucoup,
c'est structuré, c'est un bel exemple. Ils
ont également débuté avant Québec l'installation de bornes de recharge rapide
sur les grands corridors. Mais il y en avait
11, on va être bien en avance sur eux, ce ne sera pas long. Mais ils
poursuivent cette réflexion-là. Ils ont beaucoup plus de bornes de recharge publiques, mais, avec ce qui se fait ici, on
va rattraper ça. Leur point faible, c'est vraiment les aides
financières, sur lesquelles je sais qu'ils sont en train de réfléchir.
Alors, la
Colombie-Britannique, per capita ou par nombre de véhicules, est en avance sur
l'Ontario. C'est l'Ontario qui nous
regarde avec des grands yeux. Puis je peux vous dire que j'ai plein de contacts
avec Mobilité électrique Canada et des membres du Parlement là-bas pour
dire : Qu'est-ce c'est qu'ils vont faire? Qu'est-ce qu'ils vont faire? Ils
ont de la recharge, ils ont des
subventions équivalentes aux nôtres, qui sont moins importantes que nous, pour
l'infrastructure de recharge au
travail ou dans les commerces, mais il n'y a pas un organisme comme Hydro-Québec
ou comme d'autres qui regroupe et qui
stimule le marché. Vous connaissez la situation des «load-serving entities»,
des municipalités qui servent de
distributeur d'électricité, où il y a beaucoup, beaucoup de monde qui parle à
beaucoup de monde. Ça semble être moins organisé, évidemment, que ce qu'on fait, mais ils se posent des questions
parce qu'ils veulent accélérer, eux aussi, l'électrification des transports. Ça fait qu'on a beaucoup d'atouts ici,
il ne nous manque pas grand-chose, je pense, pour passer à une autre
vitesse.
Surprenant : Merci. Maintenant, selon les statistiques de la SAAQ, le
nombre de camions légers dans le parc automobile
du Québec a augmenté de 33 % entre 2008 et 2013, tandis que le nombre
d'automobiles n'a augmenté que de
0,8 % sur la même période de temps et enregistrait également une baisse
entre 2012 et 2013. Alors, un portrait encore plus révélateur, le nombre de véhicules de 1 000 kilogrammes à
1 250 kilogrammes a diminué de 9 % entre 2008 et 2013, tandis
que le nombre de véhicules de 2 000 à 3 000 kilogrammes et de
3 000 à 4 000 kilogrammes a respectivement augmenté de 66 % et
de 566 %.
Alors, je
suis d'accord qu'il faille changer les habitudes de consommation, mais les
produits offerts doivent rejoindre la
demande aussi. Alors, qu'est-ce que vous avez à dire là-dessus? Ne croyez-vous
pas que l'offre, d'abord, devrait rejoindre plus la demande de produits?
Mme Guimont (Chantal) : Sûrement. Il
faudrait poser la question aux manufacturiers, je pense, pourquoi le
développement d'une offre de véhicules plus efficaces électrifiés tarde. Il est
question de technologie, et de coûts, et d'adaptation
poids et la configuration elle-même. Je sais qu'il y a beaucoup d'efforts de
faits pour optimiser l'efficacité des
véhicules à essence d'abord, mais pourquoi il y a un retard technologique à
faire une offre de véhicules plus importants... de camions dits moins légers. La question devrait leur être adressée
parce qu'on n'est pas tout seuls, c'est partout dans le monde qu'il y a un certain retard de ce
côté-là. Mais il faudrait leur poser la question, je n'ai pas cette
connaissance fine là de leur stratégie de développement technologique
pour ces véhicules-là.
Surprenant : Au niveau stratégique, auriez-vous des commentaires à
formuler ou des suggestions à faire au niveau
du gouvernement? Ne pourrait-on pas envisager, donc, une stratégie industrielle
au niveau de la production de voitures électriques?
Guimont (Chantal) : Bien,
ça, c'est une grande question ouverte parce qu'on n'a pas de véhicules
électriques qui sont manufacturés au
Québec, mais on a beaucoup de compagnies qui font des composantes, des moteurs,
des matériaux de batterie, de
l'électronique. Quand on regarde l'ensemble des compagnies québécoises et
canadiennes qui contribuent à la
chaîne complète de production, il y en a beaucoup. Je connais les efforts de
tous les organismes pour, une fois qu'ils ont une idée, encore mieux la commercialiser et la rendre. C'est là
qu'il y a beaucoup, beaucoup d'étapes à franchir avant d'avoir une idée puis de commercialiser quelque
chose, et c'est là que je sais que les entreprises comme Inno-V, comme le Centre national du transport avancé travaillent
pour arriver à faire en sorte qu'il y ait plus de produits qui sortent sur le
marché, mais c'est une compétition qui est féroce. Mais je pense que c'est un
créneau.
Évidemment,
la recherche et le développement, dans ce qu'on va faire cette année comme
analyse, on essaie de faire un
«mapping» de qu'est-ce qui est fait ici, qu'est-ce qui entre dans la production
de véhicules en Amérique du Nord puis
tenter de voir où sont, justement, les créneaux ou les façons de faire qu'il
faut augmenter aussi pour accroître nos parts de marché, mais c'est une
question qui est assez compliquée. Mais c'est un créneau important.
Le Président (M. Reid) :
Merci beaucoup. Merci beaucoup, Mme Guimont, pour votre présentation et votre
contribution.
Je suspends les travaux quelques instants pour
permettre au prochain groupe de venir s'asseoir à la table.
(Suspension de la séance à 10 h 22)
Président (M. Reid) : À l'ordre! À l'ordre, s'il vous plaît! Je souhaite la bienvenue à nos invités de la Table de
concertation des forums jeunesse régionaux du Québec. Je vous demanderais de
vous présenter et de présenter la personne
qui vous accompagne. Vous avez 10 minutes pour faire votre exposé. Je vous
donnerai une petite indication quand
il restera une minute, et ensuite nous procéderons à 35 minutes d'échange avec
les membres de la commission. Alors, à vous la parole.
Cabirol (Élise-Ariane) :
Parfait. Merci, M. le Président. M. le ministre, membres de la commission, bonjour. Merci de votre invitation. Donc, moi, je m'appelle
Élise-Ariane Cabirol. Je suis présidente de la Table de concertation des forums jeunesse
régionaux du Québec. Et je suis accompagnée de M. François Talbot, qui
est directeur général de la Table de concertation des forums
jeunesse régionaux du Québec.
C'est un
plaisir pour nous d'être ici ce matin malgré l'heure, aux aurores, que ça m'a
demandé de me déplacer de
l'Abitibi-Témiscamingue pour être avec vous ce matin. Mais c'est tout de même un plaisir, là, d'avoir la chance de contribuer à vos travaux.
Donc, vous le
savez peut-être, les forums jeunesse sont un réseau d'organismes
qui sont présents sur l'ensemble du territoire
québécois et qui travaillent à faire des jeunes de moins de
35 ans de réels acteurs du développement local et
régional et à susciter leur participation citoyenne. L'action des forums
jeunesse se distingue notamment par son ancrage dans le territoire, par la force de la concertation qu'ils
réussissent à créer avec les partenaires du milieu et également
par une valeur qui nous est chère
depuis nos tout débuts, soit celle du par et pour les jeunes qui est au coeur
de notre intervention. En effet, en
plus d'oeuvrer pour les jeunes, leur créer de meilleurs milieux de vie, les
forums jeunesse sont gérés par des jeunes et cherchent à placer dans
toutes leurs interventions, tous leurs projets les jeunes au coeur de leurs
actions.
Ce qui nous amène à venir vous rencontrer aujourd'hui,
c'est, en fait, un intérêt marqué de la part des forums jeunesse pour la question du développement
durable. En fait, concrètement, cet intérêt-là
se manifeste par le fait que le développement
durable est une priorité d'investissement pour 13 des 19 forums jeunesse régionaux depuis 2009, ce qui en fait la cinquième priorité parmi les priorités d'investissement des forums jeunesse sur 16 thématiques, donc cinquième sur 16. Les forums jeunesse, vous le voyez dans
les documents qu'on vous a remis, ont fait, entre 2009 et 2014, une centaine de projets qui touchent spécifiquement à la
question de l'environnement et du développement durable. Vous verrez même
qu'on s'est limités, justement, à ces
projets-là, qui étaient davantage à caractère environnemental, qu'on n'est pas
allés dans les projets qu'on vous
soumet aujourd'hui, dans l'inclusion sociale, les saines habitudes de vie,
etc., tout ce qu'on retrouve dans la
stratégie, parce que ça, c'est une tout autre discussion qu'on pourra peut-être
avoir à un autre moment. On a essayé
de se focusser sur déjà cette centaine de projets là aujourd'hui. Donc, une
centaine de projets, 9,4 millions d'investissements
au total, dont 3 millions qui proviennent des fonds régionaux
d'investissement jeunesse, 400 partenaires qui se sont réunis autour de cette question-là. Les forums jeunesse,
également, se dotent, pour certains, de grilles d'analyse de projets qui
sont basées sur les critères du développement durable.
Bref, c'est
une question qui nous intéresse. On n'est pas ici pour se positionner en
experts de la question, mais bien
pour vous dire que c'est quelque chose qu'on identifie comme étant une priorité
pour le développement de nos régions, de
nos milieux, puis qu'on fait
partie d'une toile, d'une panoplie de partenaires
qui sont en action sur cette question-là dans les régions du Québec. Pour nous, globalement, ce qui est essentiel
pour l'action, la réponse qu'on donnera aux enjeux de développement durable, c'est l'engagement de
tous les milieux dans le respect de leur diversité, la participation de tous
et toutes et la valorisation de l'intelligence et de la créativité des jeunes,
des citoyens.
Plus concrètement, on s'attarde... on souhaite,
en fait, que la stratégie soit mise en action de façon à respecter l'initiative des milieux, que le choix des moyens
d'action, que le choix de la solution qu'on y apporte, elle doit se faire
le plus près possible de ceux qui
connaissent le problème puis de ceux qui vont vivre avec les résultats. Il faut
donc laisser l'initiative aux communautés, aux citoyens, faire place à
leur créativité.
Ça paraît
attrayant parfois, quand on voit une solution qui marche bien à un endroit, de
se dire : Tiens, ça serait simple,
on la diffuse à la grandeur du territoire, ça a bien fonctionné là. C'est un
réflexe qui est un peu naturel, qui peut aussi... On peut se dire : Quand on crée un outil, si on le diffuse
à la grandeur du Québec, on va peut-être faire des économies. Nous, on plaide plutôt pour l'inverse,
pour une réponse qui est adaptée au milieu, donc qui est un petit peu...
C'est un petit peu une façon de faire qui
est contre-intuitive, mais qui, généralement, va être payante, va être payante
par ses effets sur les gens qui sont
impliqués. Quand on fait participer les gens au processus, on obtient non
seulement le résultat à la fin qui
était souhaité, mais, en plus, le processus aura créé des résultats, des gens
qui sont davantage engagés, qui se sentent
davantage concernés par la mise en oeuvre de la solution. On obtient également
les effets positifs de la concertation. Si on redonne aux milieux la possibilité de décider de leur solution, on
oblige les gens à se concerter, à s'en parler. Les forums jeunesse en ont fait l'expérience, ça donne
des partenaires qui, peut-être, au départ, étaient un peu réticents à se
pencher sur la question du développement
durable, mais qui, avec le temps, deviennent eux-mêmes des ambassadeurs
de la question tellement ils sont pris au jeu de s'en préoccuper. Puis
finalement, bien, on obtient une réponse qui est clairement plus adaptée aux
besoins du milieu.
On a un projet qui est cité dans notre document,
qui est le projet PAJE, qui a été repris... qui est né au Centre-du-Québec, qui est un projet de situation
d'apprentissage à l'école, qui amène les jeunes sur le terrain à vivre des...
On les met vraiment en situation
réelle. Ce projet-là, c'est un exemple que j'aime bien. Les jeunes, au
Centre-du-Québec, se sont retrouvés
dans un boisé à faire une activité d'apprentissage et ont découvert une
nouvelle sorte de tortue qu'ils ne savaient pas qu'elle était dans les
sous-bois du Centre-du-Québec. Ça serait facile de dire : Tiens, on va
créer une situation d'apprentissage qu'on va
diffuser dans l'ensemble des écoles du Québec pour inciter les jeunes à trouver
des tortues dans les sous-bois. Mais
peut-être que ça ne s'applique pas vraiment aux jeunes de la Côte-Nord, cette
situation-là. Donc, plutôt que de
leur créer un guide tout près, tout monté d'avance, qui ne respecte pas la
réalité de l'ensemble des territoires, il faut avoir une approche sous forme de guide. On accompagne, on a une bonne
idée, mais cette idée-là, elle doit être modulée pour que partout les
milieux puissent la mettre à leur couleur.
Je vous parlais un peu plus tôt du «par et pour
les jeunes», qui est vraiment quelque chose auquel les forums jeunesse tiennent beaucoup. On se dit que ce n'est
pas tout de travailler au développement durable dans l'optique
intergénérationnelle puis des générations futures, il faut que les générations
futures qui sont déjà là, donc les jeunes, prennent
part au processus, c'est eux qui vont vivre avec ça. En fait, ce qu'il faut se
dire, c'est qu'il faut changer notre optique. Les jeunes ne sont pas seulement
une clientèle visée par les programmes qu'on va mettre en place en question
de développement
durable, pas seulement une clientèle visée de programmes qui ont été conçus par
des experts, les jeunes sont également
des experts de leur propre réalité, de leur milieu. Il faut les faire
participer, il faut les mettre à contribution dans la mise en oeuvre de
tout ça.
C'est sûr que
le fait qu'on soit ici aujourd'hui, on le souligne, pour nous c'est une belle
nouvelle en ce sens. On constate que
vous avez un intérêt pour faire participer la jeunesse à cette stratégie-là. Maintenant,
on se demande comment on pourrait
travailler davantage à poursuivre le dialogue, la concertation avec nous, avec
les autres groupes jeunes pour s'assurer
que les jeunes du Québec soient
partie intégrante de la gouvernance de
cette stratégie-là. Notamment, on lance la question, on sait qu'il existe une clause d'impact jeunesse qui
permet d'analyser l'impact des politiques gouvernementales sur la
jeunesse. Pourrait-on penser à une clause d'impact jeunesse élargie qui inclut
les principes de développement durable dans une perspective d'équité
intergénérationnelle et qui, bien sûr, serait accessible au public? C'est une
des réflexions qu'on lance. Pour la suite, je pense que je céderais la parole à
M. Talbot, on n'a pas encore eu de signe...
M. Talbot
(François) : Ah! deux
minutes. Quand même. Non, c'est ça,
tu sais, marteler peut-être sur deux éléments à nouveau, là. On a été invités en 2013 par le ministère dans le cadre des
consultations qui sont nommées dans la stratégie, et, depuis ce temps-là, moi, je veux vous dire que
ça a eu... je pense que ça a eu un impact sur notre regard qu'on porte sur le développement durable, l'environnement, ça
nous a obligés à davantage revoir ce qu'on fait, solliciter les forums des différentes régions. Donc, je pense que l'État
peut jouer un rôle de leader, et, en interpellant les groupes des différents
milieux, ça nous amène à faire remonter ça
dans la liste de nos priorités et également... Non, je vais m'arrêter là, je
vais profiter des questions que vous aurez à nous poser, là.
Le Président (M. Reid) : Oui.
Vous avez terminé? Bon. Alors, merci beaucoup de votre exposé. Nous allons passer, dans un premier temps, au bloc du côté
gouvernemental, et je vais poser la question à M. le ministre, même si je
sais que le député d'Abitibi-Est a sûrement
des questions parce qu'il est aussi impressionné que nous par le fait que vous
soyez partis ce matin de chez vous. M. le ministre.
M. Heurtel :
Merci. Bien, je tenais à vous remercier, un, de vous être déplacés comme ça,
puis pour le travail impressionnant, là, que vous nous présentez
aujourd'hui, puis pour le travail que vous faites en général aussi. Je veux dire, on le voit d'ailleurs, là, en
annexe à votre
mémoire, là, toutes les activités, tout ce qui se fait à l'échelle du Québec,
des activités auxquelles le gouvernement
participe des fois. Pas toujours, évidemment. On n'a pas les ressources
nécessaires pour toujours être là,
mais on est quand même présents, puis on est en partenariat avec vous, puis
c'est clair qu'on veut continuer ça.
Alors, je salue votre travail puis votre engagement. Et vous jouez un rôle
essentiel non seulement par rapport au
développement durable au Québec, mais je crois aussi à la nécessaire
implication de notre jeunesse à l'effort, justement, qu'on a à faire en
matière de développement durable.
Un point sur lequel j'aimerais vous entendre
davantage, c'est la lutte contre les changements climatiques. Évidemment, il y a une série de mesures, et je
trouve ça très intéressant, l'approche que vous décrivez, d'avoir... Oui, c'est
sûr qu'il faut qu'il y ait des normes
générales, des normes parapluies pour le Québec, puis c'est ça qu'un
gouvernement doit faire, mais il faut
aussi avoir la flexibilité pour être capable d'avoir des solutions adaptées qui
viennent du terrain puis être capable
d'avoir dans les mesures et dans la stratégie, encore une fois, la flexibilité
pour pouvoir intégrer ce qui vient du
terrain et ce qui vient de clientèles spécifiques, notamment la jeunesse.
Alors, par rapport à la lutte contre les changements climatiques, je ne vous ai pas entendus là-dessus, mais
j'aimerais voir, un, comment vous voyez ce geste fondamental parce que
c'est la jeunesse, ce sont les générations futures qui vont être impactées par
nos actions et les décisions qu'on prend maintenant en matière de changements
climatiques.
Le GIEC a été
très clair, si on n'agit pas d'ici 2050, toute notre façon de vivre est en jeu,
notre existence même est en jeu. Un
enfant né aujourd'hui va voir le XXIIe siècle, il faut qu'on soit prêts. Alors,
en termes d'actions concrètes, puis
encore comment on relie ça à la stratégie, sachant que... Je crois qu'on est
d'accord avec les principes que vous avez mis de l'avant, mais, en matière plus de lutte contre les changements
climatiques, voir comment on peut encore faire plus et comment la stratégie peut travailler encore
mieux avec la jeunesse pour mettre en oeuvre maintenant des mesures qui
vont nous aider à avancer en matière de lutte contre les changements
climatiques.
Le Président (M. Reid) : M.
Talbot.
M. Talbot
(François) : Oui. Je vous
dirais, je suis content que vous renommiez ces éléments-là. On a écouté le
passage de nos collègues du réseau national
des conseils régionaux de l'environnement, puis vous parliez un peu...
justement, de dire : On n'a pas
de deuxième chance, il n'y a pas de deuxième planète. Je pense, vous ouvriez la
commission avec ça. Donc, je pense
qu'il y a deux pans à cette question. Je vous dirais, du côté national, du côté
du gouvernement du Québec, il y a
tout un pan qui est de l'ordre du législatif, qui vous appartient. Je pense,
vous le nommiez... Notamment, on entendait qui sont passés avant nous, sur les voitures électriques, à un moment
donné il y aura peut-être... Puis ça ne fait pas
partie de notre
mémoire, mais il y a des éléments sur lesquels il faudra que le gouvernement
prenne un rôle, qu'il vienne, à quelque part, à avoir des changements
structurels.
Mais, je vous
dirais, il y a aussi un rôle du gouvernement qui est à l'effet — vous me permettrez l'anglicisme — de «caller
la shot», là. C'est-à-dire que l'ajout de la lutte aux changements climatiques
au nom du ministère est un signal qui
a été envoyé, puis on se passait la remarque en cumulant nos projets, que nous,
à date, on recensait des projets des forums en environnement et développement durable.
Là, avec la commission, en regardant ça, on a dit : Bon, bien, nous,
il faudrait rajouter «lutte aux changements
climatiques». Et donc, en faisant ça, en allant chercher les projets qu'on fait
en lutte aux changements climatiques, vous
faites descendre un vocabulaire qui nous oblige à voir un peu plus ce qu'on
fait, et je pense qu'ensuite... et ça, c'est très intéressant quand vous faites
ça. Donc, ensuite, il faut laisser aux milieux régionaux l'initiative. Nous, on a eu différents commentaires quand
qu'on rédigeait le mémoire de certains milieux qui disaient : Des fois, quand je lis des documents
comme ça puis je vois : Il faut valoriser le transport collectif et actif,
puis que je reste à Alma, que je
reste à Rouyn-Noranda... Puis même Rouyn, c'est tel que tel, là, c'est une
ville, mais il y a des milieux encore
plus ruraux. Là, j'ai nommé deux villes, mais où ils nous disaient : Tu
sais, je ne me sens pas rejoint, j'ai l'impression
d'être devant une politique, une stratégie rédigée à Québec, à Montréal, qui
s'adresse à des gens de milieux très urbains.
Donc, je pense
qu'ensuite il faut solliciter ces milieux-là et il faut les solliciter de
manière — puis
on vous l'écrit — non consolidée. Déjà, aujourd'hui, qu'on
soit devant vous, oui, on est bien contents, mais c'est aussi un peu un échec, on aurait aimé ça, qu'il y en ait 19,
régions, devant vous qui auraient pu vous dire exactement : Pour ma
région, voici ce que ça veut dire.
Et, je pense, sur la lutte aux changements climatiques, ça va être important
afin d'éviter une forme de braquage
dans certains milieux où les gens voient ce qu'on leur demande de faire puis
ils disent : Mais ce n'est pas adapté.
On me dit de prendre le transport en commun, il n'y a pas de bus. Ce n'est pas
il y a 1 000 ans qu'on a vu les enjeux en Gaspésie avec l'arrêt des transports d'Orléans, mais je ne vais pas
plus loin là-dessus. Mais je pense qu'impliquer des milieux va être très
important dans les prochaines étapes, là.
Le Président (M.
Reid) : Merci. Je passe maintenant la parole au député
d'Abitibi-Est.
Bourgeois : Bien, ça me fait plaisir de vous accueillir ici
aujourd'hui chez vous, dans votre parlement. Vous connaissez maintenant ma réalité hebdomadaire
lorsque la session est en pleine opération. Donc, de voir le soleil se lever
quand on est dans l'avion, c'est un beau paysage, mais, quand même, ça demande
un peu d'engagement.
Aussi,
vous me permettrez de vous reféliciter pour le prix Phénix que vous avez obtenu
lors de la dernière année. Je pense
que ça démontre clairement l'engagement du forum jeunesse envers les actions
dans le domaine environnemental. On
voit aujourd'hui votre engagement, votre passion dans ce sujet-là, votre
préoccupation, et c'est tout à votre honneur.
Justement,
dans cette optique-là, comment on peut mieux faire pour que cette politique-là
reflète les attentes des jeunes sur l'ensemble du territoire? Je pense,
vous aviez commencé à le préciser, mais j'aimerais vraiment regarder comment le gouvernement, dans sa stratégie, peut
mieux intégrer cette préoccupation-là qui, dans le fond, est là pour votre
avenir. Vous allez vivre beaucoup plus les
situations environnementales qui se dressent devant nous que nous qui avons
un âge un peu plus avancé.
Mme Cabirol (Élise-Ariane) : Bien, tout à fait. C'est, effectivement, pour ça
qu'on plaide pour une place des jeunes, puis on est tout à fait d'accord avec
ce que vous dites parce que les jeunes auront à vivre avec les conséquences,
bon, de cette situation-là.
peu plus concrètement, dans le fond, ce qu'on propose ou ce qu'on amène comme idée,
c'est de favoriser le dialogue avec
les jeunes. Donc, ça passe par nous, ça passe par d'autres groupes jeunes. Ça
peut passer par les jeunes sur les territoires,
mais surtout ça passe par une meilleure connaissance, peut-être,
ou davantage d'échange sur même ce que l'État finance parce que les projets qu'on vous soumet actuellement — bon,
il faut savoir, les forums jeunesse
sont financés par la Stratégie
d'action jeunesse, qui, elle, est financée par le Secrétariat à la
jeunesse — c'est
des projets gouvernementaux en
partie
avec l'apport du milieu. Donc, le Secrétariat à la jeunesse possède ces
données-là, mais, après ça, qu'est-ce qu'en fait le reste de la machine gouvernementale, si on veut? Donc, il y a
peut-être un enjeu de communication davantage entre les ministères, entre les différents paliers pour
partager davantage déjà ce qui se fait parce qu'à nos yeux, à notre sens,
ce que les forums jeunesse... les projets qui se font parlent déjà beaucoup sur
les préoccupations des jeunes.
Quand
on regarde les thématiques des projets, quand on voit que, par exemple, ça
passe beaucoup par le milieu scolaire,
la sensibilisation aux jeunes, d'amener les jeunes sur le terrain, on retrouve
les préoccupations d'achat local, on les
voit, les thématiques qui sont préoccupantes pour les jeunes par les projets
qui sont faits. Donc, déjà, cette connaissance-là des projets, c'est déjà une première étape importante pour aller
chercher le pouls de la jeunesse.
M. Talbot
(François) : Bien, tu sais, trois mesures précises que vous pourriez
mettre de l'avant. Consulter directement les
jeunes, ça a été le cas de votre collègue, sur la question de l'intimidation,
récemment, qui a demandé qu'on consulte
les jeunes. Les forums jeunesse ont fait des batteries de consultations, ça a...
On a fait une journée ensuite d'échange où la ministre a participé et on vous a donné le fruit de ce que les
jeunes dans les différents territoires avaient dit. Deux, annuellement, comme ça a été fait en 2013, comme
vous le faites aujourd'hui, demandez-nous de vous dire ce qui se passe sur les territoires. Demandez-nous d'analyser...
Demandez à vos fonctionnaires de demander au Secrétariat à la jeunesse
c'est quoi, les projets qui ont été faits. Et, trois, un comité-conseil, vous
en avez. J'entendais le RNCREQ parler d'un comité-conseil.
Nous, on n'est pas interpellés. Peut-être que d'autres groupes jeunes liés plus
à l'environnement y sont, mais rien
ne vous empêche... Et, dans un contexte comme celui qu'on connaît, ça ne coûte
pas cher de juste nous demander, une
fois par année, de se réunir autour de vous puis de vous dire où on en est,
puis de vous donner un avis. Ensuite, vous en faites ce que bon vous
semble, mais, une fois par année, au moins on sent qu'on nous demande notre
expertise.
Le Président (M.
Reid) : Merci. Je passe la parole maintenant au député de
Mégantic.
Bolduc
(Mégantic) :
Merci, M. le Président. J'aimerais vous entendre. Dans la nouvelle stratégie
qu'on est en train d'élaborer sur le développement durable, on parle des
gaz à effet de serre, mais jusqu'où vous pensez... ou comment vous voyez qu'on pourrait l'appliquer? Parce qu'essentiellement
cette stratégie s'applique aux ministères et organismes. Vous avez parlé, entre autres, des MRC, là, de la CRE, etc.,
là, mais jusqu'où vous croyez que le gouvernement, à l'intérieur des cinq prochaines années...
jusqu'où on devrait s'étendre dans la société? À la limite, on pourrait forcer
le consommateur à faire du compostage, comme
vous le mentionnez, là. Mais je voudrais juste vous entendre, comment vous voyez la stratégie de développement durable
s'appliquer et s'étendre, puis quels seraient les secteurs qu'on devrait
prioriser selon votre point de vue à vous autres?
Mme Cabirol (Élise-Ariane) : Je ne vous cacherai pas que pour... Bon, on ne
peut pas dire : Les jeunes pensent, là... Je vais déjà mettre ça au clair, là, les jeunes, c'est comme
n'importe quel autre groupe d'âge, là, il y a de toutes les opinions qui s'y retrouvent. Par contre, je pense
qu'on observe quand même dans la jeunesse une certaine inquiétude par rapport à toutes ces questions-là de développement
durable, de changements climatiques, et cette inquiétude-là, elle est
aussi accompagnée par le fait que c'est des valeurs qui sont intégrées, en général,
par la jeunesse qui les porte et qui, parfois, se surprend de voir la lenteur
de la mise en oeuvre des changements. On aimerait voir le tout aller plus vite.
contre, avant d'imposer à l'ensemble de la société civile des façons de faire,
on pense que, d'abord, la vision doit
émaner du gouvernement. Ça, c'est clair, évidemment. Mais ensuite, au-delà de
la vision, le gouvernement doit agir. Avant,
tu sais... Bon, le traditionnel «il faut que les bottines suivent les babines»,
ça nous parle beaucoup, puis je pense que
ça parle beaucoup aux jeunes en général. Avant de me demander de faire quelque
chose, peux-tu mettre toi-même en
oeuvre ce que tu me demandes? Ça fait que ça serait une des pistes de réponse
que je vous donnerais. Puis, bon, style compostage, on peut parler des consignes des bouteilles, ou etc. C'est
des débats qu'on a depuis longtemps, puis que, parfois, on peut se
questionner sur les raisons qui font que ça tarde tant à être mis en oeuvre.
M. Talbot (François) : Tu sais, je vous dirais, je rajouterais, avec les
jeunes, il y a une forme de... certains jeunes sont un peu sans pitié,
dans le sens où on se présente l'autre jour au Secrétariat à la jeunesse, et il
y a des gobelets en styromousse. Et on a
beau faire ce qu'on voudra après, tu sais, on est foutus. Et ils disent :
Bien là, qu'est-ce que vous faites?
Il y a des gobelets en styromousse, il y a des bouteilles d'eau. On n'en a pas
ici, c'est bien. Donc, tu sais, je vous dirais, il y a un rôle... Mais je suis content de voir qu'elle est
adressée au ministère. Je pense qu'il faut continuer à travailler pour que vous soyez un exemple parce qu'ensuite,
nous autres, c'est pas mal plus facile de demander aux gens de changer leurs pratiques quand celui qui le demande l'a
fait. C'est très questionnant de se demander combien de temps il faut que
vous passiez à forcer le réseau de la santé,
le réseau municipal et le réseau scolaire à adopter des bonnes pratiques. Je ne
sais pas combien de temps le gouvernement prendrait, je pense que c'est
un chantier.
Mais
ce qu'on vous dit, c'est que nous, le Secrétariat à la jeunesse, avec qui on
travaille, ne nous force pas à avoir des
pratiques de développement durable, il devrait le faire, tu sais. Je ne dis pas
qu'il devrait nous forcer, mais il devrait nous inciter et il devrait souligner le fait qu'on le fasse. Il faut
donc travailler là où il peut y avoir des résistances — je ne dis pas qu'il y a des résistances dans les trois réseaux majeurs de
l'État — mais il
faut travailler aussi avec les volontaires et souligner ça pour qu'eux autres, ensuite, créent un effet boule de
neige. Et, lorsque, dans les pratiques des forums, on voit qu'il y a de l'investissement qui suit les
pratiques du DD, bien, je pense que je m'attendrais à ce que l'État me
sollicite, dise : Bien, on va se servir de vous pour en convaincre
d'autres.
Mme Cabirol (Élise-Ariane) : Parce que, si je peux, tout simplement,
compléter, quand on vous parle des grilles d'analyse des projets financés par le Fonds régional d'investissement
jeunesse qui sont basés sur le développement durable, ça veut dire que les critères que les forums
jeunesse utilisent et imposent à leurs promoteurs pour les financer, c'est
qu'ils répondent à des critères de
développement durable. Ça fait que ça, déjà, ça force un peu le mouvement plus
rapidement autour.
Le Président (M.
Reid) : Oui, merci. Est-ce qu'il y a d'autres questions du côté
du bloc gouvernemental? M. le député de Dubuc.
Simard : Oui. Merci, M. le Président. D'abord, merci pour vos
interventions. Je pense qu'elles sont très, très intéressantes. On est tous préoccupés par notre jeunesse, par l'idée que
notre jeunesse a... et puis vous êtes un exemple là-dessus.
Maintenant,
je vous entendais tout à l'heure, même à la lecture de votre mémoire, vous
dites à l'intérieur de votre mémoire — dans mes mots, là — que le gouvernement, oui, par rapport à sa
stratégie, il est important, mais... c'est un leader, mais ce n'est pas là que ça doit arrêter. Vous dites... Oui,
vous donnez des exemples, mais vous avez parlé tout à l'heure que, nécessairement, il ne faut pas penser
strictement aux grandes villes, il faut penser aussi aux régions, et là où
nécessairement... Vous parliez du transport
en commun, on peut bien prendre l'autobus, mais, quand il n'y en a pas, on
ne peut pas la prendre. Ça fait que...
Maintenant,
vous dites également dans votre mémoire que les moyens doivent appartenir au
milieu. J'aimerais vous entendre là-dessus, quel genre de... Vous avez
parlé tout à l'heure que, même au niveau du forum jeunesse, que vous n'avez pas nécessairement le réflexe, lorsque
vous avez des réunions, d'avoir ce qu'il faut au niveau environnemental.
J'aimerais comprendre mieux quel genre de moyens vous proposez pour qu'on soit
nécessairement à l'écoute. Des moyens qui sont peut-être novateurs ou encore
des moyens qui sont à inventer, je ne le sais pas, mais j'aimerais vous
entendre là-dessus, quel genre de moyens vous proposez pour qu'on soit à
l'écoute de ce qui va se passer dans les différentes régions du Québec.
Cabirol (Élise-Ariane) : D'abord, une petite correction.
Le Président (M.
Reid) : Une minute.
Mme Cabirol (Élise-Ariane) : Une petite correction rapide. Ce n'est pas au
forum jeunesse qu'on avait des verres en styromousse, c'était au
Secrétariat à la jeunesse. Il y a une nuance importante. Mais, pour le reste,
François, je te laisserais aller, tu avais l'air d'être prêt.
M. Talbot
(François) : Bien, tu sais...
M. Talbot (François) : Appelez-les pas cet après-midi, là, on va
recevoir un coup de fil. Non, mais, quand on dit de laisser les moyens aux milieux, c'est vraiment... Tu sais, si je
vous donne l'exemple du Fonds régional d'investissement jeunesse, qu'on gère — comment je vous dirais? — c'est qu'il faut que les milieux, dans ce
cas-ci, les régions administratives puissent
avoir un levier financier et dire : Si nous, on décide que la priorité...
Puis on le voyait en recensant les projets, c'est la protection des cours d'eau, la sensibilisation à la protection
des cours d'eau. Notamment, sur la Côte-Nord, on voit ça souvent, et donc eux peuvent investir là-dessus, même si le
gouvernement dit : Nous, présentement, ce qui est la majeure,
c'est... ça peut être le transport actif et collectif. Donc, en donnant cette
initiative-là au milieu, ça lui permet d'adapter sa réponse, de ne pas avoir
l'impression, des fois, que les décisions gouvernementales le concernent moins.
ce qu'on disait aussi, c'est que, quand le milieu fait cet investissement-là,
quand il crée le projet, on disait : Les gens qui... Et, on l'a vu encore une fois, les gens qui s'assoient
autour de la table, qui conçoivent le projet ensemble, ils deviennent des convaincus. Puis, on nous
disait, même, des fois il y a des directions générales de ministère qui se sont
jointes à des concertations, qui, au début,
disaient : Bien, je vais y aller parce que... mais, au fur et à mesure, à
un moment donné, ça devient des
convaincus, ça devient des gens qui portent ça. Donc, vous créez des
ambassadeurs en permettant au milieu...
Le Président (M.
Reid) : Merci.
M. Talbot
(François) : Puis ça ne coûte pas très cher, fondamentalement, là.
Le Président (M. Reid) : Merci, M. Talbot. Je passe
maintenant la parole au porte-parole de l'opposition officielle, M. le
député de Jonquière.
Gaudreault : Oui. Merci, M. le Président. Alors, bienvenue, Mme
Cabirol, M. Talbot. Merci d'être ici. Moi aussi, je veux joindre ma voix aux collègues qui ont souligné votre
travail. Vous me permettrez d'être un peu chauvin, là, quand je vais dans la compilation des projets
locaux et régionaux, à la page 20, il y en a deux que je connais personnellement, là, La patrouille Eurêko! et Ma
Ville en cocktail transport, du centre alternatif et de développement des
transports, là, le CADUS, à Saguenay.
Particulièrement, la patrouille Eurêko! Ils sont même venus chez moi pour
caractériser les algues bleu-vert, le risque d'algues bleu-vert. Alors,
je témoigne... Il va falloir qu'on soit vigilants, M. le ministre. Je vais vous en reparler, je ne veux pas faire de cas de
comté ici, là. C'est dans le comté de Dubuc, d'ailleurs. Alors, je vais parler à mon député. Et donc,
voilà, c'est... Ce que je veux dire, c'est que je veux témoigner des résultats
très concrets, là, de votre travail, de vos interventions.
Maintenant,
je veux vous amener tout de suite sur un point, en tout cas, que moi, j'ai
trouvé quand même assez fort de votre
mémoire, qui se dégage un peu plus, à mon sens, qui amène votre caractère
particulier, là, dans les présentations qu'on a eues jusqu'à maintenant, c'est sur la question de la
participation citoyenne, la question de l'information également. À la
page 9, vous détaillez cela un peu plus, entre autres sur l'adoption
d'approches de participation publique lors de l'établissement
et la mise en oeuvre de politiques et de mesures gouvernementales. Moi,
d'ailleurs, je pense que, dans les principes
de développement durable, la question de l'accès à l'information est carrément
un des principes de développement durable.
On ne peut pas faire du développement durable si on n'est pas informé. Et là
vous faites une liste de six éléments qui vous tiennent particulièrement à coeur, dont le 3 et le 5, là.
«L'information nécessaire à une contribution significative doit être accessible facilement et dans des délais
raisonnables.» Et le point 5 : «La participation publique doit se faire
dans un climat propice à l'échange et à la compréhension.»
Êtes-vous
capables de nous exprimer un peu plus ce que vous entendez par là, surtout d'un
point de vue d'accès à l'information?
Est-ce que vous êtes en mesure de constater des retards ou des problèmes sur
l'accès à l'information sur un
certain nombre de dossiers ou de projets en lien avec l'environnement? Et
est-ce que vous trouvez que, dans le fond, la stratégie de développement
durable que nous avons devant nous pourrait aller plus loin à cet égard?
Mme Cabirol (Élise-Ariane) : L'accès à l'information... Puis, encore là, on ne
généralisera pas, mais, pour les jeunes,
c'est aussi quelque chose qui semble pratiquement acquis, comme un droit. On
est nés dans une aire de droit à l'accès à l'information puis on
travaille avec les nouvelles technologies de façon à... on s'attend à accéder à
toute l'information qu'on cherche en
quelques clics. Donc, effectivement, c'est quelque chose qu'on considère
important, puis qui est important
dans cet enjeu-là. D'ailleurs, les forums jeunesse, quand ils en ont
l'occasion, plaident pour un gouvernement ouvert, des données ouvertes en général. Eux-mêmes, les forums jeunesse,
dans l'optique de donner l'exemple, travaillent à dévoiler leurs données
autant que possible, les géolocaliser pour que les gens puissent s'en servir.
y a tout l'enjeu face à l'information de, oui, en divulguer, mais ne pas
ensevelir l'information parce que c'est une autre façon de ne pas donner accès à l'information, c'est d'en
donner trop ou de la donner de façon désorganisée, ce qui fait qu'une personne ordinaire ne peut pas se
l'approprier. Donc, il y a tout l'enjeu de la formation ou de l'accompagnement qui demande du temps. Dans des
exercices de participation publique, on ne peut pas simplement dire :
Voici une pile de documents, et vous
viendrez nous voir vendredi soir à tel endroit devant un micro, et vous nous
donnerez votre avis. Ce n'est pas
comme ça qu'on va permettre aux citoyens d'avoir une réelle emprise sur ce qui
se passe autour d'eux, donc de faire de la participation publique selon
les termes qu'on entend.
Donc, avec
les éléments qu'on mentionne là, le délai, le climat propice, c'est des clés.
Les clés pour assurer une participation
publique, c'est aussi, en fait, de souhaiter réellement entendre les gens qui
sont là, et souhaiter leur donner du
pouvoir sur les résultats, et leur transmettre par la suite les résultats sur
lesquels ils ont une influence. Donc, tout ça est un paquet qui est important pour en arriver à un résultat qui soit
mobilisant puis qui permette aux citoyens d'avoir une réelle emprise sur
ce qui se passe autour d'eux.
M. Talbot
(François) : En deux mots,
tu sais, je pense que le Québec a une opportunité... Puis c'est moins le coeur
de la stratégie de dd, mais le Québec a une
opportunité de devenir un leader dans la question de la consultation des
citoyens. Ça va être un des enjeux du XXIe siècle avec l'accessibilité
des données. Ça vient d'un guide qu'on a produit sur la participation
citoyenne, qu'on a remis au MDDEP. Encore une fois — à l'époque là — encore
une fois, des fois, l'État, qui est aveugle
à lui-même. On a remis un guide qui avait été financé par des fonds publics,
mais, tu sais, qui n'était jamais retourné vers l'État. Donc, ça vient
un peu de notre théorie... Moi, je vous dirais... Vous me demandez un exemple, là, le principe — et tous partis confondus — chers parlementaires, des commissions
parlementaires, là, ce n'est pas facile. On était en train d'écrire
trois mémoires simultanément la semaine dernière, d'absorber 200, 300 pages de briques, de documents, puis d'essayer d'aller
consulter nos membres en région pour qu'eux consultent les jeunes qui sont membres de leurs C.A.
Donc, tu
sais, collectivement, un jour, si vous nous invitez, là, on pourrait s'asseoir
puis en parler, mais il faut conjuguer
vos nécessités législatives de parlementaires d'avoir l'avis des groupes puis
les nécessités, nous autres, où... On n'y arrive simplement pas, là.
Puis ce n'est pas pour mal faire, là, je suis certain.
M. Talbot (François) : Genre...
M. Gaudreault : J'aimerais...
M. Talbot (François) : Comme le
comité sur les comités, là?
Cabirol (Élise-Ariane) :
Bien, allons plus loin que ça, on pourrait éventuellement voir le gouvernement se doter d'un bureau de consultation publique, par exemple, un peu comme... C'est ça, la page 10, on en vient, on sait qu'il y a
eu plusieurs démarches de consultation publique qui ont été entreprises par le gouvernement dans les dernières années
avec différentes formules, Web, tournées du Québec ou peu importe,
consultation des groupes souvent sous-traitée à l'externe, puis on pense que l'expertise, elle est déjà là. Elle peut
encore être bonifiée davantage, mais surtout davantage utilisée pour se
donner le temps de se consulter pour la peine.
M. Gaudreault : Oui. Bien, justement, c'est là que je
voulais vous amener, là, parce qu'à la page 10 vous parlez d'un organe indépendant chargé d'effectuer des
démarches de consultation pour les différents ministères et organismes, un peu sur le modèle du bureau de consultation
publique de Montréal ou du BAPE. Mais le BAPE est spécifiquement
sur des dossiers environnementaux, évidemment.
Donc là, vous faites cette proposition-là, est-ce que vous allez jusqu'à dire
qu'il faudrait que cette proposition-là se retrouve nommément dans la
stratégie?
Parce que je
vous réfère à la stratégie de développement durable, à la page 31, l'objectif
1.3, qui est libellé comme étant : «Favoriser l'adoption
d'approches de participation publique lors de l'établissement et de la mise en
oeuvre de politiques et de mesures gouvernementales.» Et là, de façon un peu large, le gouvernement dit : «Plus particulièrement, on vise à accroître
l'utilisation de moyens qui encouragent et facilitent la consultation et la
participation des citoyens et des
parties prenantes.» Bon, est-ce que vous trouvez que la stratégie de
développement durable proposée par le gouvernement
pourrait, carrément, se positionner sur une démarche de consultation un peu sur
le modèle du bureau de consultation publique de Montréal?
M. Talbot
(François) : Je pense que ça
serait intéressant. Ça dépend de la volonté du gouvernement de pousser
ça comme un enjeu à ce moment-ci à travers
le reste, mais, tu sais, si vous me permettez le parallèle, qui, peut-être,
sera douteux, là, mais on a récemment
centralisé les équipes de com de différents ministères en disant : La com
se fait, des fois, dans différents
sens, puis il faut que tout ce monde-là travaille ensemble pour aller dans le
même sens. La consultation se fait
dans différents ministères, puis, à chaque fois, on se doit de réinventer la
roue sur comment on va consulter, qui on va consulter. Le ministère, en 2013, quand on a été consultés, super
belle pratique. Les gens qui étaient là ont formé des sous-groupes, on a tenté de susciter des avis
divergents. Je vais dans un autre ministère des fois, ce n'est pas du tout la
même chose, on consulte en grands groupes, en
posant une question avec un micro ouvert. Si c'est un choix que le gouvernement fait, est-ce que c'est le bon lieu pour le mettre? Mais ça fait un bout
de temps qu'on en parle, et ça placerait le Québec à l'avant-garde, c'est sûr et certain, si on va
vers là, c'est la démocratie participative, qu'on voit martelée depuis
des années, là.
Gaudreault : O.K. En tout cas,
j'entends que, pour vous aussi, l'accès à l'information... Je comprends que
vous n'êtes pas nécessairement un groupe qui faites des demandes d'accès à l'information, par exemple, au ministère de l'Environnement, parce que vous n'êtes pas un groupe spécifiquement dédié à l'environnement. Mais, sur le principe de l'accès à l'information, je veux dire,
accessible facilement, dans des délais raisonnables, si je prends votre
expression à la page 9, pour vous, ça, c'est des principes qui doivent nécessairement
se retrouver dans la stratégie. O.K.
Est-ce qu'il me reste un peu de temps encore?
Le Président (M. Reid) : 30
secondes.
Gaudreault : Bon, bien, écoutez, 30 secondes pour vous
remercier. Continuez de faire votre excellent travail. Votre présence
dans les régions est, évidemment, extrêmement importante.
Le Président (M. Reid) :
Merci. Alors, nous passons maintenant au bloc du deuxième groupe d'opposition. M.
le député de Groulx.
Surprenant : Merci, M. le Président. Alors, je me joins à mes collègues pour vous
féliciter de vos succès. Alors, je
constate que les jeunes, donc, évidemment, tout
le monde en convient, veulent être entendus.
Alors, dans votre mémoire, à la page 8, vous faites état d'une étude
menée auprès d'élèves au collégial qui a démontré que les gestes d'engagement
les plus populaires sont ceux concernant l'environnement, et loin devant le
bénévolat ou l'engagement politique. C'est dommage. À
titre d'exemple.
Alors, vous
dites plus bas également que vous verriez bien que soit inclus au réseau des
officiers et officières du développement durable des leaders régionaux.
Évidemment, vous faites donc allusion à des jeunes qui pourraient appuyer et conseiller le gouvernement. Alors, le réseau
des officiers et officières du développement durable, à la page 71 de la
stratégie, alors, ce sont des représentants
de différents organismes du gouvernement et puis, donc, des fonctionnaires qui
vont collaborer et échanger pour améliorer
la démarche gouvernementale au niveau du développement durable. Alors,
ma question, je comprends que la stratégie du gouvernement... Et on ne parle pas d'une clause d'impact des jeunes, mais comment vous
verriez l'inclusion de jeunes dans un organisme qui, actuellement, ne concerne que des employés du gouvernement?
Cabirol (Élise-Ariane) :
C'est certain que... Je n'ai pas en tête, là, les données du nombre de jeunes
dans la fonction publique, mais...
M. Talbot
(François) : Précisément,
sur ce thème-là, il y a dans la fonction
publique actuellement... vous avez des répondants
jeunesse dans les différents ministères puis vous avez le Forum des jeunes de la fonction publique qui existe. Donc, vous avez déjà
différents outils qui vous permettent d'aller chercher des jeunes même à
travers... lorsqu'on s'adresse à la fonction publique elle-même.
Cabirol (Élise-Ariane) :
Moi, j'allais simplement vous mentionner qu'il y a, effectivement, des
jeunes dans la fonction publique, puis leur permettre de prendre part... même si leur pourcentage n'est pas très élevé, là, leur permettre de prendre part à ces
réflexions-là, c'est à la fois créer de la compétence pour l'avenir auprès de
ces jeunes-là qui deviennent de plus en plus
compétents à s'exprimer sur les questions et qui deviennent des leaders dans leur milieu,
mais c'est aussi utiliser la
compétence que les jeunes possèdent déjà sur ces questions-là, puisque, comme je vous disais, ils baignent dedans depuis très longtemps, puis on
pourrait être surpris de tout ce qu'ils ont à apporter à ces questions-là.
Notamment,
ils baignent dedans parce qu'ils
s'impliquent en environnement. Comme vous le souligniez puis qui est mentionné dans notre mémoire, l'environnement
est un pôle d'attraction de la participation citoyenne chez les jeunes, c'est
souvent un des premiers gestes citoyens qui peut être posé, c'en est un envers
l'environnement. Notre cadre de participation citoyenne nous dit que généralement,
quand on met le pied dans l'engrenage de la participation citoyenne, éventuellement
on arrive à en faire de plus en plus et, éventuellement, à s'intéresser à la
politique. Donc, on partage votre
souci que ça mène à éventuellement davantage de participation citoyenne et
politique. Mais, effectivement, l'environnement, c'est un souci que les jeunes
partagent. Et ils ont une compétence, il faut aller la chercher dans les mécanismes précis. Bon, François en a nommé. On a
ciblé cet élément-là parce que c'est un élément qui ciblait des gens, des leaders dans les communautés, mais il y a
moyen de poursuivre le dialogue sur cette question-là, puis notamment avec
les gens de la fonction publique également
qui pourraient probablement vous donner quelques pistes de réflexion sur le
sujet.
Surprenant : Est-ce qu'on pourrait penser que vous pourriez
même suggérer que, dans ce réseau des officiers, qu'il y ait des clauses
d'inclusion de jeunes, que ce soit formellement inscrit que des jeunes soient
bien représentés?
Cabirol (Élise-Ariane) : On
touche à une question délicate qui est celle des quotas. Parce qu'on se
la fait poser parfois sur la plupart des lieux. On plaide pour une plus
grande place des jeunes dans les lieux décisionnels et consultatifs, on se fait poser la question : Doit-il y
avoir des sièges réservés, des quotas de jeunes? Il n'y a pas de réponse
facile à cette question-là.
Certains vont dire que c'est une façon de faire bouger les choses plus rapidement,
d'autres qu'il faut plutôt
changer les façons de faire puis avoir une sensibilité pour aller recruter des
jeunes.
Talbot (François) : C'est
ça. De la même façon, qu'on se demande si ce comité-là aura à la
fois des hommes et des femmes pour
présenter les deux côtés, c'est d'assurer une certaine forme de... Puis, de
l'autre côté, ils sont en train de parler d'immigration et de diversité, c'est de s'assurer que notre
comité, il représente les diverses réalités qui sont présentes au sein
de la fonction publique.
M. Surprenant : On pourrait
peut-être inclure, finalement, que le comité soit représentatif, finalement,
des différents...
M. Talbot (François) : Oui, ce
serait bien.
Surprenant : D'accord. Alors,
une autre petite question, au niveau de la scolarité. Alors, dans la stratégie 2008-2013,
accroître la scolarité, et le taux de diplomation, et la qualification de la
population constituait le 27e et dernier objectif. Alors, dans la stratégie
révisée, il n'y figure pas. Alors, que pensez-vous de cela, la scolarité?
M. Talbot
(François) : Le fait
d'accroître la scolarité dans les questions d'environnement et de développement
durable?
M. Surprenant : Effectivement, oui.
M. Talbot
(François) : C'est une fort
bonne question, on n'avait pas vu cet élément-là particulièrement. Je vous dirais, c'est une question
qui est importante en quelque
part. La stratégie, en même temps, il faudrait voir du côté gouvernemental pourquoi ça n'a pas été mis parce
qu'on voit qu'elle ratisse très large. La présidente le disait d'entrée de jeu, on va toucher à la fois à des questions de
culture, de lutte aux inégalités. C'est sûr que la question de la persévérance
scolaire est une question importante. Est-ce
que cette stratégie-là est le véhicule pour la promouvoir? Là, là-dessus, ma
compétence s'arrête un peu plus. Mais ce
qu'on sait, par exemple, c'est que les jeunes qui vont dans les milieux d'enseignement,
nous, quand on regarde les projets, ce sont
des milieux extrêmement riches pour la capacité d'intervenir sur la culture
du développement durable chez les jeunes.
Donc, à
quelque part, par ricochet, il faut que les jeunes aient accès à ce milieu-là,
il faut que les jeunes profitent de
leur parcours scolaire pour qu'on puisse les teinter aussi de ça. Et, à quelque
part, on se doute que les comportements qu'ils vont adopter par la suite
vont être plus collés sur le développement
durable en fonction, là, je dirais,
du parcours de scolarisation qu'ils auront eu, là.
Président (M. Reid) :
Ça va? Alors, je vous remercie pour votre intervention. Et, en fait, si je peux
ajouter quelque chose, je voudrais vous féliciter pour cette
intervention. Je pense que la qualité de votre présentation et la
qualité de vos interventions, qui
nous donnent une bonne image de ce que les jeunes Québécois
et les jeunes Québécoises pensent et ce qu'ils veulent, c'est très rassurant pour nous, pour tout le monde, pour l'avenir du Québec. Merci
beaucoup pour votre présentation.
Je suspends les travaux pour permettre au
prochain groupe de prendre place.
(Suspension de la séance à 11 h 6)
Président (M. Reid) :
À l'ordre, s'il vous plaît! Alors, je souhaite la bienvenue aux représentants du Conseil patronal de l'environnement du Québec, des gens qui sont habitués, je pense,
à la commission. Et, vous savez, je vous le rappelle, vous
avez 10 minutes pour faire la présentation. Je vais vous donner un signal quand
il restera une minute. Vous présentez la personne qui vous accompagne et vous
vous présentez, bien sûr, et nous allons procéder après ces 10 minutes à une
période d'échange de 35 minutes avec les membres de la commission. Alors, à
vous la parole.
Mme Lauzon
(Hélène) : Merci, M. le Président. Bonjour, M.
le ministre. Bonjour, Mme et MM. les
parlementaires. Je vous remercie de cette invitation pour nous permettre de
formuler nos commentaires aujourd'hui. Je suis
accompagnée de M. Mustapha Ouyed, qui est ingénieur. Il est directeur du développement des affaires chez Golder et associés.
Alors donc, d'entrée de jeu, je voudrais... Bien sûr, le conseil patronal, pour les parlementaires qui ne le connaissent pas, rapidement,
c'est une organisation qui existe depuis 1992, qui représente le secteur
d'affaires du Québec pour toutes les questions d'environnement
et de développement durable. Ça combine 280 000 emplois et des revenus
affichés de 45 milliards. C'est un
organisme qu'on peut dire est le fer de lance du développement durable au sein
de l'industrie. Nous avons préconisé
beaucoup de pratiques en développement durable au fil des années. Nous avons
même publié des guides pour accompagner nos entreprises en développement
durable.
Donc, bien
sûr, nous pouvons saluer cette initiative d'aujourd'hui. Là où on a encore des
questionnements, où on doit encore comprendre la réalité, c'est la
dimension sociale du développement durable pour les entreprises, et, en ce sens-là, aujourd'hui,
on aura des commentaires sur la nécessité d'un vocabulaire commun, tous, dans
la société, qu'on puisse s'entendre
sur ce que c'est, entre autres, la dimension sociale, qu'est-ce qu'elle
contient. Mais pas seulement la dimension
sociale, mais il y a des termes qu'on retrouve dans la stratégie, que ce soit
l'économie circulaire, que ce soit l'écologie
industrielle, auxquels on réfère dans notre mémoire, il serait important qu'on
ait tous la même compréhension au sein de la société.
Donc, oui, c'est un
nouveau cadre pour l'administration publique, mais on comprend qu'avec ce cadre
vous souhaitez enclencher un virage au sein
de la société aussi, un virage avec des actions importantes en développement
durable, et, bien sûr, on va soutenir
le gouvernement sur cette question. Ce qui est important, c'est que c'est une
stratégie 2015-2020. C'est très court
lorsqu'on y pense. Il y aura donc des priorités à formuler, et ces priorités
devront être celles de citoyens responsables, entreprises responsables,
développement responsable, et j'y reviendrai aussi.
Nous voulons attirer
votre attention sur le fait qu'il s'agit d'une stratégie parmi plusieurs autres
politiques gouvernementales sur lesquelles
le gouvernement doit travailler ou a déjà commencé à travailler, et il nous
importe que cette stratégie s'inscrive dans la cohérence de l'ensemble
de ces politiques. Et, entre autres, nous pouvons penser à la politique énergétique, qui, comme vous le savez,
doit être rendue publique avant la
fin de l'année, et il y a plusieurs éléments que l'on retrouve dans votre stratégie qui, éventuellement, devront
s'arrimer avec votre politique énergétique, ce qui est un défi pour vous puisque, votre stratégie, j'imagine
que vous allez vouloir la publier au printemps, alors que la politique
énergétique sera connue à la fin de l'année. Donc, un souci de cohérence que
nous avons.
voulais attirer votre attention sur la notion de vision que l'on retrouve dans
la stratégie. Lorsqu'on regarde la loi, la
Loi sur le développement durable préconise des activités de
développement en prenant en compte les trois dimensions de développement durable. Lorsqu'on regarde la
stratégie, la vision de la stratégie, on ne parle plus de développement,
mais de dynamisme économique, comme s'il y
avait une frilosité à utiliser le terme «développement». Or, le ministère
du Développement durable, dans son nom, on le sait, est un ministère de
développement aussi, et non pas seulement de conservation
et de protection de l'environnement. Alors, comme je vous disais d'emblée, il
est important qu'on ait tous la même
compréhension du vocabulaire. Si on parle de développement dans la loi,
pourquoi ne pas reprendre «développement» aussi dans la vision de la stratégie? Et je vous dirais que ce terme,
«développement», il semble qu'il y ait cette frilosité un peu partout dans le document, où on aurait
peut-être pu utiliser à certains endroits le terme «développement» — et j'y reviendrai — et on
utilise d'autres termes.
Le renforcement de la
gouvernance, nous y croyons pour qu'il permette à l'ensemble de l'État
d'intégrer les trois dimensions de
développement durable. Et cette façon de faire permettra aux citoyens, à
l'ensemble de la population de
comprendre ce virage et aussi d'éventuellement permettre l'acceptabilité
sociale des projets, puisque, si l'ensemble de l'État intègre ces trois dimensions, il sera plus facile par la suite de
faire de la sensibilisation, de la formation dans l'ensemble de la société et d'arriver, espérons-le, à
l'acceptabilité sociale des projets qui sont nécessaires pour le développement
de notre économie, comme vous le savez.
Je voulais aussi
attirer votre attention sur les indicateurs, puisqu'une fois la mise en oeuvre
de cette stratégie réalisée il y aura des
indicateurs que nous devrons mettre en place. Et, ces indicateurs, il serait
pertinent de les adopter le plus
rapidement possible, bien sûr, mais qu'ils s'alignent sur les indicateurs que
l'on retrouve aussi dans l'industrie, que l'on retrouve ailleurs, pour permettre au gouvernement de se comparer
avec ce qui se fait ailleurs, mais également au sein de l'industrie. L'industrie est un exemple, je
dirais, remarquable dans l'intégration des mesures de reddition de comptes
et d'indicateurs de développement durable.
Donc, il pourrait être intéressant de collaborer avec nous, et nous vous
offrons notre collaboration pour y participer.
Un des enjeux que
nous avons notés, c'est l'intégration de la culture. Et l'intégration de la
culture, ça nous apparaît un peu confus. On
passe de la question de l'identité à la question du développement économique
dans la culture, à l'utilisation des
ressources naturelles de façon responsable. Bravo, développement économique!
Nous en sommes, mais qu'est-ce que ça
veut dire exactement, la culture? Est-ce que c'est la culture des individus? La
culture de la société? La culture des
entreprises? Comment cette notion de culture percolera-t-elle dans l'industrie,
puisque cette stratégie, comme vous
le savez, est une stratégie qui s'appliquera à l'appareil gouvernemental, mais
nécessairement les industries devront s'adapter,
puisque le gouvernement aura de nombreuses nouvelles exigences? Et, si une de
ces exigences est d'intégrer la
culture, bien, il va falloir préciser ce que ça veut dire pour une entreprise,
par exemple, puisque, pour l'instant, pour nous, cette notion nous
apparaît embrasser beaucoup trop large.
Dans
les orientations, on peut féliciter, bien sûr, les orientations, quant à nous...
celles qui nous touchent de plus près,
les orientations 2, 3 et 8, c'est-à-dire prospérité de façon durable, assurer
une prospérité durable, ensuite gérer les ressources de façon responsable en respectant la biodiversité. Voilà un
autre endroit où on a peur d'utiliser «développement des ressources», gérer les ressources. Et pourquoi
ne pas développer les ressources en protégeant la biodiversité? Alors,
voilà un autre commentaire que je vous soumettrais.
Dans
ce contexte de l'économie, de revoir les modèles d'affaires, nous vous
félicitons, nous sommes d'accord avec
ce que vous préconisez. Nous souhaitons y participer. Nous avons, avec la
contribution du Fonds vert, réalisé une tournée à travers le Québec sur l'écologie industrielle, qui est un
nouveau modèle d'affaires. Et vous le réaffirmez, qu'il s'agit de favoriser au sein de votre stratégie le
développement de modèles d'affaires de l'écologie industrielle, et bravo! puisque nous pensons que c'est une nouvelle façon
de travailler. Pour ceux d'entre vous qui connaissez moins l'écologie
industrielle, c'est la possibilité de réutiliser des matières résiduelles des
uns pour les matières premières des autres ou l'énergie.
Donc, c'est une façon de mettre moins de pression, entre autres, sur les
ressources, bien entendu, mais aussi de diminuer les émissions de gaz à
effet de serre, d'éviter les enfouissements, et autres.
Et je
terminerais ma présentation avec la
partie qui concerne l'objectif gouvernemental
de s'assurer que 30 % des entreprises
du Québec aient implanté une démarche de développement durable d'ici 2020. Dans
la précédente — ou
encore celle qui est toujours en vigueur — stratégie,
le pourcentage qui était prévu, c'était 20 %. Par contre, la façon que le gouvernement a d'évaluer si une entreprise s'est
dotée d'une stratégie de développement durable reste encore un peu confuse
et plutôt limitative. Parfois, on se demande si un seul critère est atteint
pour savoir si une entreprise s'est dotée d'une démarche de développement
durable.
Nous
souhaiterions qu'il y ait des critères beaucoup plus exhaustifs pour déterminer
ce qu'est une démarche de développement
durable, et, dans la prise en compte par le gouvernement des critères de
développement durable, il y ait la notion
de prise en compte, et est-ce que vous voulez vraiment maintenir la prise en
compte ou si vous voulez aller un pas plus
loin avec l'intégration des critères de développement durable. C'est une
différence. Avec la prise en compte, on peut prendre en compte sans vraiment intégrer. Avec intégrer, on peut aller
plus loin. Par contre, je sais que vous pourrez me répondre : La loi prévoit la prise en compte.
Nous sommes un peu liés avec la loi, nous pouvons... Mais je pense que vous
pourriez aussi aller plus loin avec
l'intégration des principes de développement durable par l'administration
publique, et non seulement la prise en compte. J'ai terminé, je vous
remercie.
Le Président (M. Reid) : Merci
beaucoup. Je passe maintenant la parole au ministre.
Heurtel : Merci, M. le Président. Bonjour, Me Lauzon, monsieur. Merci pour votre mémoire
très intéressant. D'abord, je
voudrais commencer par vous remercier, Me Lauzon, de un, souligner quand même
votre travail à la coprésidence du
Comité-conseil sur les changements climatiques. Très apprécié, d'ailleurs, que
vous soyez là et que la voix,
justement, du CPEQ soit entendue dans cette démarche très importante du
gouvernement. Et j'étais intéressé de vous entendre parler de cohérence et de définition de termes. Vous n'êtes pas
sans savoir que la lutte contre les changements climatiques est la
pierre angulaire de l'action gouvernementale, particulièrement en matière
environnementale, mais également à travers toutes les actions du gouvernement.
Et ma
première question, ça serait de voir... Parce que le CPEQ fait énormément de
travail sur la question des changements
climatiques, ce serait de vous entendre sur l'importance que le développement
durable et la lutte contre les changements
climatiques soient complètement intégrés et qu'il y ait véritablement... Si on
parle de cohérence d'action, si on
parle de cohérence en matière de définitions, évidemment je n'ai pas l'ambition
de redéfinir le terme «développement durable».
Ça prendrait, je crois, les Nations unies et des années de travail. Mais est-ce
que ça ne serait pas important, pour avoir
une stratégie de développement durable cohérente, que la notion de
développement durable soit clairement intégrée et que les actions, notamment quand on parle du pacte 2013-2020, le
Fonds vert, soient clairement intégrées dans la stratégie?
Mme Lauzon (Hélène) : Vous avez tout
à fait raison, M. le ministre, cette notion, si on souhaite qu'elle soit comprise à travers la population, encore faut-il
qu'elle soit intégrée dans la totalité de l'Administration, et ce n'est pas
ce que l'on sent en ce moment, et ce n'est
pas ce que l'on entend, et ce n'est pas ce que l'on voit. Ce que l'on voit,
c'est que votre ministère est un ministère très engagé, très proactif...
excusez-moi l'expression, l'anglicisme, mais c'est un ministère qui croit à sa mission, qui croit à la réduction des émissions
de gaz à effet de serre et qui fait le nécessaire pour avancer le dossier. Maintenant, il va falloir que
cette réalité soit comprise à travers l'appareil gouvernemental. Et je suis
d'accord qu'il faut absolument qu'il y ait
une compréhension horizontale, mais une intégration de la stratégie par tous
les ministères de façon très claire pour envoyer un signal clair.
Heurtel : Donc, je fais le lien entre ce que vous venez de dire et la
recommandation n° 5, quand vous parlez de... Bon, je vais la citer, là : «Le CPEQ recommande au
gouvernement d'élaborer l'ensemble de ses politiques et de ses stratégies dans un contexte de transversalité...»
Alors donc, si je vous comprends bien, c'est que, bon, un, on doit clairement
intégrer les actions du gouvernement en
matière de lutte contre les changements climatiques à la stratégie de
développement durable, mais
également, quand on parle de transversalité... et j'aimerais qu'on aille plus
en profondeur là-dessus, vous donner
plus de temps pour élaborer plus longuement, mais ce que j'entends, c'est que,
la stratégie, on doit être capable de
la répercuter et s'assurer qu'il y ait une cohérence aussi en matière d'action
gouvernementale. Par exemple... Je vais vous donner un exemple. Vous pouvez m'en donner d'autres si vous en
voyez, mais, par exemple — et ça, ça a un lien direct
avec vos membres — les
politiques, par exemple, d'investissement, de subvention, de partenariat du
gouvernement avec le secteur privé devraient être imprégnées, en quelque sorte,
d'une espèce de cohérence et s'assurer qu'on n'investit pas dans, par exemple, le développement d'énergies
fossiles, alors que, de l'autre côté, on fait tout ce qu'on peut pour
limiter notre consommation d'énergies fossiles.
Mme Lauzon (Hélène) : Alors, c'est le
dernier bout de votre intervention sur lequel je devrai apporter des nuances, bien entendu, mais je suis d'accord qu'il
y a des exemples où des ministères ne semblent pas avoir intégré... Le ministère des Transports, pour ne nommer que
celui-ci pour l'instant, est un ministère qui ne semble pas avoir intégré
la notion de développement durable dans toute
son intégralité et la notion d'émission de gaz à effet de serre. Nous avons
des exemples de politiques publiques où nous ne pensons pas que la réalité a
été bien comprise.
Maintenant, quand vous dites : On ne
devrait pas favoriser le développement d'énergies fossiles, on devrait essayer de réduire, oui, on s'entend tous, hein,
on s'entend tous qu'il faut tenter de réduire, de faire une transition vers
une économie à faible teneur en carbone,
mais j'aime à répéter que les énergies fossiles, les hydrocarbures, pour les
nommer, ce n'est pas que l'essence et
le gaz, c'est aussi ce que nous portons, c'est aussi les contenants dans
lesquels nous buvons, c'est aussi
tous les objets que nous utilisons. Donc, il faudra continuer à utiliser les
énergies fossiles. Mais, si nous continuons à les exploiter, ce sera, bien sûr, de façon responsable, avec toutes les
dimensions du développement durable intégrées et avec la consultation
des communautés.
Heurtel : Mon point, je comprends ce que vous dites au niveau de
l'énergie fossile, puis c'est pour ça, notamment, qu'un des chantiers du
Comité-conseil sur les changements climatiques, c'est de développer un plan de transition, comment l'économie québécoise peut
passer d'une économie qui, à l'heure actuelle, dépend énormément dans plusieurs aspects — vous en avez décrit quelques-uns — dépend énormément des énergies fossiles à
une économie qui, évidemment, est beaucoup plus sobre.
point, c'était plus, quand on parle de cohérence, évidemment l'État, à
plusieurs niveaux, que ce soit par le biais
d'investissements, de prêts, de subventions, est un partenaire financier
important du développement économique dans
le secteur privé. Ma question, c'est que, quand on parle, justement, de
cohérence d'action, vous parlez du ministère des Transports, il y a une foule d'actions gouvernementales, mais est-ce
qu'on comprend également qu'il va falloir aussi, lorsque l'État québécois décide d'investir, décide de prêter, décide de
subventionner, il va falloir aussi intégrer dans les critères d'analyse les principes de développement
durable et les principes de lutte contre les changements climatiques?
Mme Lauzon (Hélène) : Oui, c'est ma compréhension de la stratégie, M. le ministre.
C'est-à-dire que, si nous parlons
d'une stratégie gouvernementale, c'est donc dire qu'à partir de maintenant
toutes les décisions de l'administration publique seront teintées de ces principes de développement durable. Et,
comme vous le dites, cet exemple, que ce soient les critères d'écoconditionnalité, que ce soient les mesures de
financement, oui, toutes ces questions devront être intégrées dans la totalité de l'appareil gouvernemental, et
nous nous attendons, bien entendu, comme entreprise à ce qu'il y ait des
modifications dans ces façons de faire.
M. Ouyed
(Mustapha) : Oui, si je peux ajouter un petit point, c'est de
mentionner que... C'est correct?
Le Président (M.
Reid) : Oui, allez-y.
M. Ouyed (Mustapha) : C'est de mentionner que la démarche dont M. le ministre a fait mention
est déjà appliquée au niveau des
entreprises elles-mêmes. Donc, dans leur processus de décision, de plus en plus
on le voit, de nombreuses grosses
entreprises industrielles ont des processus
décisionnels qui utilisent des grilles d'analyse, et ces grilles d'analyse intègrent les
aspects économiques, bien sûr, mais aussi environnementaux et sociaux,
de sorte que la prise de décision soit
teintée par des considérations de développement
durable. Donc, l'industrie est déjà
dans ce processus. Donc, je pense
qu'elle va définitivement supporter cette approche gouvernementale aussi.
M. Heurtel :
Je vais laisser mon temps aux collègues, mais juste avant, sur la question des
indicateurs de performance puis la mesure,
c'est un point qui a été soulevé régulièrement. Bon, vous l'avez soulevé, d'autres groupes
l'ont soulevé, et j'ai l'impression que ça va
être soulevé sur une base régulière durant l'ensemble de la consultation. Il y a eu un choix qui a été fait, spécifique d'attendre,
justement, le résultat de la consultation avant de présenter des
indicateurs de performance pour,
justement, intégrer... Parce qu'on
sait que le document, c'est un départ, ce n'est pas une fin en soi, on veut vraiment se donner l'espace pour,
justement, intégrer le travail de la commission, ce que la société civile a à
nous dire sur le document et pour
véritablement arriver avec une série d'indicateurs de performance et de mesures
qui soient, oui, le reflet de ce qui
se fait dans les meilleures pratiques déjà dans la société, mais également qui
puisse être véritablement adapté au
résultat final. Alors, c'est la raison pour laquelle on n'est pas allé jusqu'à
définir en détail des indicateurs de performance.
Le Président (M.
Reid) : Vous voulez commenter?
Mme Lauzon
(Hélène) : Non, ça va. Merci de la précision.
Le Président (M.
Reid) : Alors, nous allons passer la parole maintenant au
député de Dubuc.
Simard : Merci, M. le Président. Mme Lauzon, M. Ouyed, merci de votre présence. Je
trouve ça bien intéressant. Vos propos, de toute façon, m'intéressent grandement.
Mais, à la lecture de votre mémoire, vous parlez beaucoup de lexique, de
définitions, de cohésion. Maintenant, quelque
chose qui m'a fait sursauter un peu,
étant donné que je viens du monde municipal, vous indiquez également :
Organiser des séances de formation à l'intention des fonctionnaires municipaux afin qu'ils soient sensibilisés aux
enjeux du développement durable. J'aimerais que vous expliquiez un petit peu
c'est quoi, le fond de votre pensée, pour les gens qui nous écoutent parce que
tout le monde reste à quelque part, dans une municipalité. Donc, ça
pourrait être intéressant, j'aimerais vous entendre à ce sujet-là.
Mme Lauzon (Hélène) : Oui, je vous remercie. Comme vous le savez, les organismes municipaux, les organismes scolaires ainsi que les organismes du réseau de la
santé ne sont pas encore assujettis obligatoirement à la loi, hein, c'est
par décret éventuellement que le
gouvernement choisira de le faire. Donc, ce que nous avons noté, c'est qu'au
sein du monde municipal il y a encore
une méconnaissance. Il y a un début, un embryon de sensibilisation, mais nous
pensons que, justement, ce niveau de gouvernement est celui qui
travaille le plus près des citoyens, et donc il faudrait que ces notions de développement durable soient intégrées
là aussi de façon transversale pour qu'on puisse sensibiliser davantage les citoyens lorsqu'ils feront des demandes d'aide
à la municipalité. Mais on ne le voit pas encore au niveau municipal
abondamment, hein? Je vous dirais que c'est au début, mais il y a encore
beaucoup à faire.
M. Simard :
Merci beaucoup, M. le Président. Merci.
Le Président (M. Reid) :
Merci. M. le député de Mégantic.
Bolduc
(Mégantic) : Merci, M. le Président. Bonjour, madame,
monsieur. Moi aussi, j'apprécie beaucoup votre mémoire avec des
recommandations claires et bien intéressantes. Je voudrais amener votre
attention sur les recommandations 6 et 7 qui
amènent un peu une nouvelle dimension dans le développement durable, soit celle
de l'utilisation plus efficace des
solutions de télécommunications et de centres de données responsables. On n'a
pas parlé vraiment de tout ça, ça
nous amène deux points vraiment intéressants, la réduction des transports et
des économies d'énergie qui
deviennent de plus en plus substantielles. J'aimerais vous entendre comment
vous en arrivez à ça, et quel serait le type d'actions qu'il faudrait intégrer dans le développement durable et les
nouvelles stratégies pour utiliser pleinement, je dirais, ces nouveaux
outils là.
Mme Lauzon (Hélène) : Puis je demanderai
éventuellement à mon collègue de compléter, mais ce serait peut-être dans la dimension sociale du
développement durable. Est-ce que l'appareil gouvernemental, l'administration
publique a une pensée sur le télétravail? Il
y a une
partie de cela dans les télécommunications ou dans la mobilité durable.
Donc, il y a cette dimension à laquelle on
devrait réfléchir puis aussi, sur toute la question d'énergie, qu'est-ce que
l'on fait avec l'ensemble des
données. Le gouvernement est un organisme qui génère énormément d'énergie dans
sa façon de faire. Donc, il y a des modèles à repenser.
Mais je vais
laisser mon collègue, qui a beaucoup d'expérience en énergie aussi, compléter
sur cette question.
M. Ouyed
(Mustapha) : Exact. Merci
beaucoup. Ce que j'ajouterai, c'est revenir à la notion que vous avez parlé
tout à l'heure, par rapport aux
hydrocarbures, de savoir où est-ce qu'ils sont utilisés. Toutes les formes
d'énergie nous permettent une
meilleure facilité dans notre travail de tous les jours, pour autant, dans une
démarche responsable, qu'on puisse
prendre en considération d'où vient cette énergie et comment elle est utilisée.
Donc, dans le cadre de la réduction des
transports, la prise en compte des nouvelles technologies pour la
visioconférence, qui est de plus en plus étendue, permet d'allier aussi
bien la réduction des transports, mais aussi le besoin humain, social de se
voir, de se parler, d'échanger.
De l'autre
aussi, c'est de voir, par rapport à l'utilisation de masse des données, pour
peu que ces données, bien sûr, répondent
à des critères de sécurisation de certaines d'entre elles qui doivent être
peut-être plus placées dans des endroits précis... Mais il y a aussi la
notion de nuages qui sont de plus en plus utilisés, où ça permet d'avoir des
centres plus concentrés dans des endroits où
la consommation de l'énergie va être plus optimale, voire même être verte,
comme c'est le cas au Québec
actuellement avec des centres de données qui s'installent qui utilisent
l'hydroélectricité, qui n'est pas émettrice
de gaz à effet de serre, et cela, donc, devient cohérent avec la stratégie
globale d'être plus efficace dans un sens de développement durable.
Le Président (M. Reid) :
Merci. Maintenant, la députée de Vaudreuil pour 1 min 30 s, à peu
près.
Mme Nichols : Je comprends que vous
travaillez depuis plusieurs années avec des entreprises qui adoptent, justement, des pratiques écoresponsables puis qui
ont des modèles d'affaires aussi écoresponsables. Puis j'écoutais vos réponses un petit peu plus tôt, dans le fond,
est-ce qu'on peut en déduire qu'ils ont une longueur d'avance au niveau du
développement durable? Puis, si oui,
justement, comment on pourrait contribuer à apporter des changements, nous, au
point de vue gouvernemental pour créer un environnement propice pour ces
changements-là?
Mme Lauzon
(Hélène) : Changements au sein...
Bon, pour répondre à votre première question, oui, les entreprises avec lesquelles nous travaillons ont une longueur
d'avance, elles ont implanté des démarches de développement durable. La
grande entreprise est rendue très, très loin, même dans ce qui est de
l'intégration de ses méthodes de reddition de comptes,
par exemple. Et, comme je le mentionnais, nous sommes prêts à collaborer si
jamais on pouvait vous aider. Dans la
moyenne entreprise, ça va très bien. Petite entreprise, ouf! il y a beaucoup de
travail à faire encore. Et donc qu'est-ce que l'on peut faire, c'est de vous dire : Nous avons identifié et
préconisé de bonnes pratiques. Nous pouvons faire du partage d'informations aussi pour éventuellement même faire
de la formation, le cas échéant, dans l'Administration, si l'Administration en avait besoin, sur les
pratiques que nous préconisons auprès des entreprises pour qu'éventuellement
l'Administration puisse aussi les refiler ou les réutiliser.
M. Ouyed
(Mustapha) : Si je peux
ajouter, il y a un exemple concret avec la norme de développement durable
BNQ 21000, qui, dans son implantation, est
passée par une période pilote, donc de tests, et l'industrie, les entreprises
dont Mme Lauzon faisait référence ont
grandement contribué à cette phase pilote en offrant leurs installations pour
tester la norme, pour intégrer les notions. Et aujourd'hui plusieurs
d'entre elles contribuent encore dans cette démarche-là, et BNQ 21000 est un
très bon exemple de collaboration, à mon sens.
Président (M. Reid) : Merci. Nous allons passer maintenant au
porte-parole de l'opposition officielle. M. le député de Jonquière.
Gaudreault : Oui. Merci, M. le Président. Alors, bienvenue, M.
Ouyed, Mme Lauzon, en cette commission. Justement, je veux faire un peu de pouce sur ce que vous venez de parler
de façon plus large, là, sur la question de faire passer les entreprises à l'application d'une
démarche de développement durable. Dans la stratégie, le gouvernement vise
l'objectif de 30 % des entreprises
privées québécoises pour 2020. Un petit peu plus loin, à la page 36, on dit
qu'à la suite de la stratégie
actuelle, là, c'est près de 22 % des entreprises québécoises qui ont
affirmé avoir adopté des pratiques pour répondre aux enjeux de
développement durable. Bon, là, on pourrait lancer une longue discussion sur,
justement, les indicateurs. Une entreprise
peut se dire : Oui, moi, j'ai appliqué une politique de développement
durable. L'autre va dire non, mais, dans le fond, ils ont peut-être les
mêmes pratiques, bon, etc.
Moi,
j'aimerais vous entendre un petit peu plus sur cet objectif. Au fond, si on
prend pour acquis, là, qu'on s'entend sur
le développement durable, passer de 22 % à 30 %, donc ça fait une
étape de 8 % pour 2020. Est-ce que vous trouvez que c'est réaliste? Et comment on peut davantage,
là, préciser les règles? Parce que, tout à l'heure, vous-même, vous avez
dit que... Je reprends votre expression, là,
vous avez parlé de confus et limitatif, là, dans... il y avait de la confusion,
et c'était limitatif dans la façon
d'y arriver. Alors, est-ce réaliste? Et je veux vous entendre davantage sur les
moyens pour y arriver.
Mme Lauzon
(Hélène) : Oui, c'est réaliste.
Si on avait vu dans la stratégie qu'on n'y était pas encore arrivé, si
nous étions à 15 %, je vous dirais que 30 %, ce n'est pas réaliste,
puisqu'on n'aurait pas atteint notre 20 % en date d'aujourd'hui. Maintenant, nous avons dépassé le 20 %, il
m'apparaît que 8 % additionnels, ce n'est pas déraisonnable, ce n'est pas excessi