Public Finance — 27 August 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
CFP 2020-08-27
Quebec — Committees
Dans
un premier temps, il y a eu consentement pour étudier le projet de loi par
sujets, chaque sujet contenant plusieurs
articles. Il avait aussi été consenti que les amendements proposés par le
ministre soient déposés lorsque les articles du
sujet en question sont étudiés. Donc, au départ, le ministre
lit les explications des articles concernés par un même sujet, il dépose
ensuite les amendements prévus, puis les articles et les amendements sont
débattus globalement. Bien sûr, d'autres amendements
visant les articles à l'étude peuvent être déposés en cours de
discussion. À noter que les membres avaient
consenti à une liste présentant l'ordre des sujets et articles
visés par chacun. Ce document, communément appelé feuille de bingo,
avait été distribué à tous les membres. C'est quand même poétique comme nom.
Lors de la dernière séance, nous
étions toujours à l'étude des articles et amendements
du sujet 1, qui a pour
titre Supplément
pour enfant handicapé nécessitant des soins exceptionnels. Au cours des deux
séances d'étude, trois amendements ont été
déposés. Le ministre a déposé deux amendements, soit un à l'article 157
et un autre à l'article 159. Ces amendements sont toujours
en cours de discussion. Mme la députée de Saint-Laurent avait, pour sa part,
déposé un amendement à l'article 157, amendement qui a été rejeté.
Ceci étant dit, on
m'informe que, depuis la dernière séance, la liste des sujets présentant
l'ordre des articles et amendements
a été modifiée. Celle-ci a été mise sur le site Greffier hier, en fin de
journée. Afin de procéder en fonction de
ce nouveau document, il doit y avoir un consentement des membres pour
que nous puissions donc suivre cet ordre. Y a-t-il consentement?
Fortin : Donnez-moi une petite seconde, M. le Président...
Le Président (M.
Simard) : Tout à fait.
Fortin : ...ce nouvel ordre qui a été acheminé.
Président (M. Simard) :
Prenez le temps qu'il faut, cher collègue, parce que nous entamons une longue route.
Le Président (M.
Simard) : C'est ça. Prenez le temps qu'il faut. Je vais suspendre
momentanément.
(Suspension de la séance à
9 h 46)
Le Président (M. Simard) : Bien.
Alors, nous reprenons nos travaux. Alors, pour être bien certain que le tout
soit enregistré au secrétariat, y a-t-il consentement afin de procéder selon la
nouvelle feuille de bingo?
Le Président (M.
Simard) : Il y a consentement?
Fortin : ...parce qu'on l'a reçu quand même tard dans la
journée, là. Mais ça nous convient.
Président (M. Simard) : Très bien.
Et n'hésitez pas à me faire savoir, là, s'il y a quelque imbroglio
que ce soit. Vous me le dites, on
suspend, on trouve la solution et on reprend. Ça va également,
cher collègue de Rosemont? Ça vous va? Très bien. Merci
à vous.
Alors,
j'aimerais vous informer, dernière mise en garde, qu'afin de respecter les
nouvelles normes de santé publique il
n'y aura pas de distribution physique de documents. Si vous avez un amendement
ou un document à déposer, vous en informez la commission, et l'amendement doit être transmis à l'adresse courriel de la commission
afin que le secrétariat le mette sur le site Greffier. Vous pourrez alors
tous en prendre connaissance. Idéalement, l'amendement pourra être
lu par son auteur une fois que tous l'auront en leur possession grâce au site
Greffier. Voilà.
M. le ministre, souhaitiez-vous, à ce stade-ci, nous donner l'ordre de marche de nos travaux? Par
quoi commencez-vous ce matin?
M. Girard
(Groulx) : Oui. J'aimerais suggérer à mes collègues de l'opposition
que nous commencions par le deuxième sujet,
puisque le premier sujet a déjà été débattu de longues heures et a engendré plus
d'émotion. Et, puisqu'il s'agit d'un omnibus fiscal qui met en place des
mesures qui sont déjà en vigueur, notamment de nos budgets mais aussi des budgets du gouvernement
précédent, je suggérerais que nous commencions au deuxième sujet.
Le Président
(M. Simard) : Très bien. M. le député de Pontiac.
M. Fortin : Oui, M. le Président. Après discussion avec mon collègue
de La Pinière, qui a pris part aux échanges initiaux sur le premier volet des différents articles
à présenter, effectivement, il s'agit d'un sujet qui était plus litigieux,
pour lequel il y avait une discussion très
politique, et c'est un sujet dont on discute ici depuis longtemps.
Alors, on aura peut-être encore des représentations significatives à faire au sujet du premier article.
Alors, pour la bonne avancée de nos travaux, on peut se rallier à la
proposition du ministre.
Le Président
(M. Simard) : Très bien. M. le député de Rosemont?
M. Marissal :
C'est bon. Écoutez, ça fait quand même un moment de ça, là. Je suggère que nous
démarrions la machine et que nous ajustions en cours de route, mais,
pour le moment, le fonctionnement proposé me convient.
Le Président
(M. Simard) : Merci à vous. Donc, je comprends qu'il y a
consentement afin de suspendre l'étude de
tous les articles inhérents au bloc 1 ainsi que les amendements qui
l'accompagnent. Ça vous va? Nous procédons donc au sujet 2 et nous commençons... qui concerne les
articles 143, 147 et 181. Je présume que vous commencerez par
l'article 143, M. le ministre, ou, en fait, une réflexion générale sur le
bloc.
M. Girard
(Groulx) : Je vais faire un énoncé général sur le deuxième sujet,
d'accord?
Le Président
(M. Simard) : Formidable. Merci. Merci, cher collègue.
M. Girard
(Groulx) : Alors, le deuxième sujet concerne le crédit d'impôt
remboursable favorisant le maintien en emploi des travailleurs
d'expérience.
Contexte.
Il a été annoncé qu'un crédit d'impôt remboursable pour encourager le maintien
en emploi des travailleurs d'expérience serait instauré à l'égard de
certaines cotisations d'employeur versées à compter de l'année
civile 2019.
Modifications
proposées. Un employeur qui exploite une PME dont le capital versé pour l'année
est inférieur à 15 millions de dollars et, sauf s'il est une société des
secteurs primaire ou manufacturier, dont le total des heures rémunérées pour l'année excède 5 000 peut
bénéficier de ce crédit d'impôt qui correspond au pourcentage suivant des
cotisations d'employeur payées à l'égard
d'un employé âgé d'au moins 60 ans : 75 % dans le cas d'un
employé de 65 ans ou plus, 50 % dans le cas d'un employé âgé
de 60 à 64 ans.
pourcentages s'appliquent lorsque la masse salariale totale de l'employeur
n'excède pas 1 million de dollars. Ils sont réduits linéairement lorsque cette masse salariale totale
excède 1 million de dollars, pour atteindre zéro lorsqu'elle
atteint le plafond de masse salariale applicable, lequel se chiffre à
6 millions de dollars pour 2019.
Le crédit d'impôt ne
peut excéder 1 875 $ à l'égard d'un employé de 65 ans ou plus et
1 250 $ à l'égard d'un employé âgé de 60 à 64 ans.
Le Président (M.
Simard) : Merci beaucoup, M. le ministre. M. le député de Nelligan.
Derraji : Merci, M. le Président. J'ai une question. Je viens de lire
le crédit d'impôt par rapport aux travailleurs d'expérience. Vu le contexte de la pandémie actuelle, et maintenant ce
qu'on a vu, la semaine dernière, c'est
436 000 chômeurs
présentement au Québec, cette
partie où vous annoncez... ce crédit d'impôt, ça
représente combien, en termes de chiffre, de travailleurs en expérience...
Le Président (M.
Simard) : Merci.
M. Derraji : ...de travailleurs
d'expérience, s'il vous plaît? Merci.
Le Président (M. Simard) : M. le
ministre.
M. Girard (Groulx) : Je vais
vérifier si on a cette information-là.
Le Président (M. Simard) : ...suspendre
momentanément.
(Suspension de la séance à 9 h 53)
M. Girard
(Groulx) : Merci pour la question.
Et c'est une mesure qui avait été présentée au budget 2019-2020. À ce moment, elle considérait 34 000 PME
et 112 000 travailleurs.
Le Président (M. Simard) : M. le
député de Nelligan.
M. Girard
(Groulx) : ...ajouter une
précision? L'idée, avec toutes ces mesures pour les travailleurs d'expérience, c'est d'augmenter le taux de participation
des travailleurs d'expérience, que nous estimons 4 % inférieur, au Québec,
qu'en Ontario. Il y a des mesures de simulation au niveau du travailleur
lui-même. Ça, c'est une... Cette approche de stimuler
les travailleurs avait été amorcée par votre gouvernement, elle a été bonifiée
par nous. Là, ici, c'est une nouvelle approche
où on incite les employeurs à faire des embauches et peut-être même favoriser
le concept de partager des postes à temps plein avec deux travailleurs
d'expérience, par exemple.
Alors, c'est
une mesure innovatrice, relativement dispendieuse, et c'est certain que nous
voulons mesurer son effet et voir si,
dans le temps, c'est une mesure qui devrait être étendue, augmentée, accélérée.
Mais on a besoin de voir avant l'effet, et cette mesure a été instaurée
au budget 2019-2020.
Le Président (M. Simard) : Merci. M.
le député.
Derraji : Très rapidement, mais il y a une bonne
partie de la réponse
dans la deuxième
partie de la réponse de
M. le ministre. C'est justement cette notion qui, probablement, en date
d'aujourd'hui... Lors d'un échange avec votre collègue le ministre de
l'Emploi et du Travail, on parlait d'une nouvelle réalité sur le marché de
travail, une nouvelle réalité qui se rajoute
aussi à ce que maintenant... (Interruption) ...une nouvelle... — c'est bon? Désolé — une nouvelle réalité au niveau du
marché de travail. Et la mesure, elle est bonne. J'ai lu aussi que les gens qui
n'arrivent pas à se replacer, c'est des gens
50 ans et plus. Donc, ça me
rassure que ce que vous venez de dire, c'est que ça coûte cher, vous
voulez l'implanter mais voir un peu les résultats escomptés.
Avez-vous un
échéancier par rapport à votre plan, genre : on va la mettre ou on va la
continuer pendant combien de mois? Est-ce que
vous êtes ouvert à un réajustement? Parce
que, là, on parle de 436 000 chômeurs. C'est quoi, votre plan?
M. Girard
(Groulx) : Je vous dirais que le plan, c'est, si... puis je vais
vraiment sursimplifier, là, si la mesure est efficace, c'est l'étendre à plus d'entreprises. Là, on est vraiment
dans les PME. C'est sûr que, si on va dans la moyenne, la grande entreprise, ça va coûter plus cher. Et,
quant à la mesure, je vous dirais, ça prend quand même quelques années.
Parce que, si je prends la mesure qui incite les travailleurs, là, le crédit
d'impôt pour travailleurs d'expérience, bien que
ça avait été amorcé, je dirais, approximativement, il y a quatre ans, là, on a
quand même de la difficulté à mesurer l'impact
de ces mesures. Alors, je vous dirais qu'on a besoin d'au moins deux ans, mais,
dans ce cas-ci, ça veut dire qu'on sera
dans l'ordre de grandeur deux ans au prochain budget, là. On devrait être en
mesure... Ces mesures-là sont un peu méconnues aussi, il faut en faire
la promotion, les communiquer.
Puis ce n'est
pas juste... Peut-être le dernier point qui est pertinent, ce n'est pas juste
le coût du... Là, on favorise une réduction des coûts, d'embaucher des
travailleurs d'expérience, mais il y a aussi un aspect culturel, d'encourager les
gens à travailler plus longtemps et
d'encourager les entreprises à considérer des travailleurs d'expérience et à
considérer même, ce que j'ai parlé
tantôt, là, le concept de temps partagé. Parce que ce que beaucoup de
travailleurs d'expérience nous
disent, c'est qu'ils veulent continuer à travailler mais pas nécessairement au
même rythme qu'ils le faisaient avant 60 ans.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. M. le député de Rosemont.
Marissal : Merci, M. le Président. Rebonjour, M. le ministre. Ça
m'inquiète un peu, je passe plus de temps avec vous qu'avec ma femme ces
temps-ci.
Marissal : Nous sommes inquiets. Alors, je ferai rondement, quoique
j'ai pas mal de questions. Vous dites : Ça coûte cher. Ça coûte
combien — vous
l'avez chiffré, j'imagine — dans
la première phase?
M. Girard
(Groulx) : ...dirais que, lorsque la mesure a pris son plein envo