House Proceedings — 19 March 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
2019-03-19
Quebec — Debates (Hansard)
Mme Sauvé : Merci,
Mme la Présidente. Bonne fête, boisé
Sainte-Dorothée! Je suis très fière, aujourd'hui, de souhaiter un bon 15e anniversaire
à ce merveilleux bijou de mon comté.
Plus qu'une
forêt urbaine de 280 hectares, c'est un lieu pour les familles, avec ses activités
des contes de la lune, les rendez-vous après-midi, les courses matinales et ses parcours
d'observation des oiseaux. Depuis plus de trois ans, j'ai eu ce
privilège de participer à plusieurs de leurs activités et de parcourir leurs
beaux sentiers. Tout le monde à Sainte-Dorothée
connaît bien le boisé, mais aussi, à
l'extérieur, bien des gens le
connaissent. Mais surtout ils connaissent l'implication exceptionnelle
de toute l'équipe et de son président, Réjean Gravel.
Merci à vous,
fiers ambassadeurs du boisé. J'invite d'ailleurs mes collègues de l'Assemblée
nationale. Quand vous serez à Laval, venez découvrir ce bel endroit
en famille. Bonne fête, boisé Sainte-Dorothée! Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, Mme la députée. M. le député de Borduas, la parole est à vous.
M. Jolin-Barrette : Merci, Mme
la Présidente. En cette Semaine québécoise de la déficience intellectuelle, je tiens à souligner l'impact positif de quatre
organismes de la circonscription de Borduas. D'abord, l'Association de la Vallée-du-Richelieu pour la
déficience intellectuelle, qui organise diverses activités pour aider les participants
à se développer et s'épanouir. Puis,
Parrainage civique de la Vallée-du-Richelieu,
qui mise sur le jumelage avec des bénévoles pour favoriser l'intégration sociale des personnes présentant une
déficience intellectuelle. La Maison de répit L'Intermède, quant à elle, accueille des personnes vivant avec
une déficience intellectuelle afin d'offrir quelques heures ou quelques jours de repos aux familles naturelles. Et enfin
L'Arche Beloeil, qui offre aux gens avec un handicap intellectuel un milieu
de vie permanent où ils côtoient des assistants qui les accompagnent dans le développement
de leur plein potentiel.
Mme la Présidente, il y a aujourd'hui dans la tribune des représentants des quatre organismes. Leur implication envers la cause de la
déficience intellectuelle et leur engagement auprès de ceux qui vivent avec ce
handicap sont essentiels,
et c'est pourquoi je trouve important de leur dire aujourd'hui un très grand et sincère merci. Merci pour votre travail, merci pour
votre engagement au nom de ces personnes. Bonne journée.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le député. Maintenant, je
cède la parole à Mme la députée de Verdun.
Mme Melançon :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Alors, le Centre social d'aide aux immigrants,
le CSAI, a développé son offre de services à l'Île-des-Soeurs, au Centre communautaire Elgar, depuis le
14 janvier 2019 afin de répondre
aux besoins de nouveaux arrivants établis à l'Île-des-Soeurs. Le CSAI, c'est un organisme communautaire mandaté par le gouvernement du Québec pour la
réinstallation des réfugiés pris en charge par l'État à Montréal, mais cet
organisme a également pour mission
d'accompagner les nouvelles personnes immigrantes dans leur démarche
d'intégration en mettant de l'avant
leurs capacités d'action, afin d'encourager leur pleine participation au coeur
de la société québécoise.
tiens à remercier Mme Lida Aghasi, directrice générale du CSAI, ainsi que
toute l'équipe du CSAI. Grâce à vous,
votre dévouement porte ses fruits. C'est un immense plaisir de collaborer avec
vous au développement de nouveaux projets à Verdun. Merci et bravo pour
votre travail! Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la députée de Verdun.
Maintenant, je cède la parole à M. le député de Portneuf.
Caron : Merci, Mme la Présidente. Mme la Présidente, sans l'action
bénévole, le Québec ne serait certainement pas ce qu'il est aujourd'hui. Un bel exemple de cet engagement sans
borne dans Portneuf est celui de M. Roland Boutet, à qui j'ai le
plaisir de rendre hommage aujourd'hui.
homme d'une humanité exceptionnelle a débuté son implication dans sa communauté
de Sainte-Christine-d'Auvergne dès
l'âge de cinq ans et demi en devenant enfant de choeur pour la messe de minuit.
Engagé tôt, il n'imaginait cependant pas
qu'un jour son implication quotidienne dans différents secteurs d'activité
communautaire et religieuse de Portneuf permettrait à ses nombreux amis
de souligner ses 50 années d'action bénévole.
Roland
Boutet est un homme de coeur, il est animé par une détermination sans faille.
Il persévère dans la chorale de la paroisse jusqu'à en devenir le directeur.
Ses nombreux engagements bénévoles, tant à l'OTJ, au comité des jeunes
agriculteurs ou encore, actuellement, au SOS Accueil, sont autant de défis
qu'il relève avec une ferveur inestimable.
Au nom de tous les
Portneuvois et Portneuvoises, je tiens à remercier...
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, M. le député. Mme la députée de Duplessis, la
parole est à vous.
Mme Richard : Merci, Mme la Présidente. Permettez-moi de rendre hommage à
M. Helder Duarte, qui nous a malheureusement quittés en février
dernier, à l'âge de 56 ans.
Je voulais profiter de la tribune qui m'est donnée
ici afin de souligner la contribution exceptionnelle de M. Duarte au développement du soccer et du sport sur la
Côte-Nord, région dans laquelle il a grandi et passé plusieurs années de sa
vie.
Malgré
ses immenses succès en tant qu'entraîneur de l'équipe féminine du Rouge et Or,
soccer, de l'Université Laval, depuis 1995, cet homme d'exception a continué de
donner de son temps aux sportifs nord-côtiers de tous âges. On compte
par milliers les jeunes de la Côte-Nord et les entraîneurs ayant bénéficié de
ses enseignements dans le cadre d'activités destinées aux adeptes du ballon
rond.
Helder
Duarte fut un extraordinaire ambassadeur pour notre région, un homme de coeur, qui
aimait profondément cette région qui
est la Côte-Nord, qui l'a vu grandir. Merci encore pour tout, M. Duarte.
Nous ne vous oublierons pas.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Maintenant, je
cède la parole à M. le député de Dubuc.
M. Tremblay : Merci, Mme la
Présidente. Cet artiste d'exception est un magicien de la forêt. Adolescent,
Victor Dallaire a la chance d'être à l'école du frère Isidore Bergeron. On le
met au défi de reproduire les sculptures qu'il rapporte de Québec et de Montréal. À 16 ans,
il va travailler comme apprenti à l'atelier de Jean-Julien Bourgault.
Victor
Dallaire retourne au Saguenay, dans sa ville natale, début 1960 et adapte son
expertise pour sculpter la vie de sa région, le Fjord-du-Saguenay. Il
participe à de nombreux symposiums au Canada, aux États-Unis et en France. Désireux de passer le flambeau, il partage des
cours de sculpture à la relève. Ses oeuvres sont phénoménales. Un artiste
accessible et un grand régionaliste.
Je le scande haut et fort, Victor Dallaire est
le plus grand sculpteur sur bois du monde. L'histoire l'écrira. Merci, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, M. le député. Maintenant, je cède la parole à Mme la députée de
Rouyn-Noranda—Témiscamingue.
Mme Lessard-Therrien : Merci, Mme la
Présidente. J'aimerais souligner l'initiative de ma région natale, le
Témiscamingue, de mettre en place un service de travailleur de rang pour les
agricultrices et les agriculteurs de ma région.
C'est grâce à la collaboration de plusieurs partenaires locaux que ce service
sera offert directement à la ferme pour accompagner nos producteurs qui
vivent de la détresse psychologique.
La production
agricole est un défi du quotidien. Conditions météorologiques imprévisibles,
éclosions de maladies animales,
concurrence mondiale, gestion d'un lourd fardeau financier; les facteurs de
stress sont nombreux. Ce n'est pas pour
rien que le taux de suicide serait deux fois plus élevé chez les agriculteurs
que dans le reste de la population. Il faut agir maintenant.
Le sujet de
la santé mentale est revenu à plusieurs reprises depuis le début de cette
législature. Si le gouvernement veut réellement s'attaquer à ce fléau
qui gangrène notre société, il devra s'assurer d'offrir le soutien nécessaire
aux agriculteurs de l'ensemble de la province. Je ne le répéterai jamais assez
en cette Chambre, l'agriculture nous nourrit trois fois par jour. Il faut
impérativement prendre soin de ceux qui rendent ça possible.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Maintenant, je
cède la parole à Mme la députée de Laviolette—Saint-Maurice.
Tardif : Bonjour. Aujourd'hui, je veux rendre hommage à M. Claude
Joly, un bénévole actif depuis 33 ans pour Le Centre d'action bénévole
Trait d'union, de Shawinigan.
Il a débuté
comme chauffeur et baladeur pour la popote roulante et il est devenu cuisinier
pour la préparation de centaines de
repas hebdomadairement. Il a été responsable des achats, en plus de participer
à la préparation des menus.
Il est difficile de mettre en mots tout le bien
et tous les sourires découlant des milliers d'actions de M. Joly. Imaginez, il a livré plus de
120 000 repas chauds et, depuis quelques années, il participe aussi à
la livraison de plusieurs repas congelés, des milliers de repas par
année. Et, comme si ce n'était pas assez, il est aussi membre du conseil d'administration de Trait d'union depuis 2016, et
ce, tout en continuant la livraison de la popote, chaude et froide. Il trouve
le contact avec les gens très enrichissant, c'est pourquoi il n'a pas
l'intention d'arrêter. Merci et bravo, M. Joly!
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Maintenant, je
cède la parole à Mme la députée de Soulanges.
Picard : Merci, Mme la Présidente. Hudson, avec plus de
5 000 habitants, se distingue par sa population anglophone et son riche héritage irlandais. Le
16 mars dernier, leur défilé de la Saint-Patrick célébrait son
10e anniversaire. Plus de 20 000 personnes sont venues
sillonner les rues de cette magnifique ville.
J'aimerais faire une mention toute spéciale à
l'organisatrice du défilé, bénévole, journaliste et citoyenne, Mme Brenda O'Farrell. Elle se distingue par son
leadership hors pair, son engagement et surtout son implication auprès de la communauté. Le 9 mars, elle recevait le
titre prestigieux de Irishwoman of the Year, une première pour une femme
de la communauté irlandaise à Hudson.
Mrs. Brenda O'Farrell, the town
of Hudson and people of Soulanges thank you for being such an inspiration,
bringing us all together, and making the 10th anniversary of the parade a
big success. Thank you. Merci.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Alors, merci, MM.
et Mmes les députés. Cela met fin à la rubrique de déclarations de
députés.
Et je suspends les travaux durant quelques
instants.
(Suspension de la séance à 13 h 53)
Président : Mmes et MM. les députés, d'abord, je vous souhaite un très bon mardi, un bon retour.
Nous allons nous recueillir quelques
instants en ayant une pensée pour les victimes des événements tragiques qui se
sont déroulés en Nouvelle-Zélande, une pensée, s'il vous plaît.
Je vous remercie. Veuillez vous asseoir.
J'ai le plaisir de souligner la présence, dans
les tribunes, de M. Randy Delorey, ministre de la Santé et du Bien-être de
la Nouvelle-Écosse. M. le ministre.
Avant de
poursuivre les affaires courantes, je dépose la lettre que j'ai reçue de la part de
Mme Catherine Fournier, députée
de Marie-Victorin, dans laquelle
elle m'informe de sa décision de siéger à
titre de députée
indépendante à compter du 11 mars 2019.
À ce sujet,
je vous avise que j'ai été informé que le leader du deuxième groupe d'opposition, le député de Gouin,
souhaitait soulever une question de
directive et faire des représentations
sur l'impact de ce changement sur le statut des deuxième et troisième groupes d'opposition à l'Assemblée. Bien, vous
comprendrez que je reviendrai plus tard, aujourd'hui, à la rubrique des renseignements sur les travaux
de l'Assemblée pour entendre ses représentations ainsi que celles des
autres leaders, s'ils le souhaitent.
Lorsqu'un
changement survient dans la composition de l'Assemblée, je dépose généralement
des tableaux pour les illustrer,
notamment en ce qui concerne la répartition de différentes mesures
parlementaires et des temps de parole entre
les députés indépendants et des groupes parlementaires, de même qu'un nouveau
diagramme du positionnement des députés au salon bleu.
Compte tenu
que, dans le cas présent, les droits qui seront précisés pour la députée
indépendante de Marie-Victorin sont
liés à la question du statut des groupes parlementaires, j'analyserai
l'ensemble de la question à la lumière de ce qui sera soulevé aux
renseignements sur les travaux.
conséquent, pour le déroulement des travaux d'aujourd'hui, nous suivrons la
logique des grilles de répartition et du diagramme qui s'appliquait
avant ce changement.
Nous poursuivons donc les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas déclarations
ministérielles ni de présentation de projets de loi.
À la rubrique Dépôt de documents, M. le ministre
de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur.
M. Roberge :
M. le Président, permettez-moi de déposer le rapport annuel 2017-2018 du
Comité d'agrément des programmes de formation à l'enseignement.
Le Président : Ce document
est déposé. M. le ministre des Finances.
M. Girard
(Groulx) : M. le Président, je dépose le rapport
d'activité 2017-2018 résultant de la comparaison, du couplage et de l'appariement des fichiers de
renseignements inscrits au plan d'utilisation de Revenu Québec, ainsi que
l'avis favorable de la Commission d'accès à l'information du Québec. Merci, M.
le Président.
Le Président : Ce document
est déposé. Mme la ministre des Affaires municipales et de l'Habitation.
Mme Laforest : M. le
Président, je dépose le rapport
annuel d'activité ainsi que les états financiers du Gouvernement de la nation crie pour
l'année 2017-2018. Merci, M. le Président.
Président : Ces documents
sont déposés. M. le ministre du
Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale.
M. Boulet : M. le
Président, je dépose les rapports d'activité 2017-2018 du Comité
consultatif de lutte contre la pauvreté
et l'exclusion sociale, du Fonds de développement et de reconnaissance des
compétences de la main-d'oeuvre, le plan d'action 2018-2019
d'Emploi-Québec, ainsi que le rapport quinquennal 2013-2018 de la Loi
favorisant le développement et la reconnaissance des compétences de la
main-d'oeuvre. Merci, M. le Président.
Le Président :
Ces documents sont déposés. M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, je dépose la réponse du
gouvernement à la question inscrite au feuilleton le
7 décembre 2008 par le député des Îles-de-la-Madeleine. Merci, M. le
Président.
Le Président :
Ce document est déposé.
lundi 11 mars était le jour du Commonwealth. Pour souligner cet événement,
Sa Majesté la reine Elizabeth II, chef du Commonwealth, a fait
parvenir un message de circonstance, que j'ai l'honneur de déposer.
Je dépose également
Et j'ai reçu préavis
d'une motion qui sera inscrite dans le feuilleton de demain aux affaires
inscrites par les députés de l'opposition conformément à l'article 97.1 du
règlement. Je dépose copie du texte de ce préavis.
la rubrique Dépôt de rapports de commissions, M. le président de la Commission
des institutions et député de Richmond.
M. Bachand :
Merci, M. le Président. Je dépose le rapport de la Commission des institutions
qui, le 28 février 2019, a
procédé à l'étude détaillée du projet de loi n° 8, Loi modifiant la Loi
sur la sécurité civile concernant l'assistance financière. La commission
a adopté le texte du projet de loi avec un amendement. Merci.
Président : Ce rapport est déposé. Mme la présidente de la
Commission de l'économie et du travail et députée de Huntingdon.
Mme IsaBelle :
M. le Président, je dépose le rapport de la Commission de l'économie et du
travail qui, les 26, 27 et 28 février dernier, a tenu des auditions
publiques dans le cadre de consultations particulières sur le projet de loi n° 10, Loi modifiant la
Loi sur l'équité
salariale afin principalement d'améliorer l'évaluation du maintien de l'équité
salariale. Merci.
Le Président :
Ce rapport est déposé. Mme la présidente de la Commission des relations avec
les citoyens et députée de Châteauguay.
Mme Chassé :
M. le Président, je dépose le rapport de la Commission des relations avec les
citoyens qui, les 21, 26, 27 et
28 février, a tenu des auditions publiques dans le cadre de consultations
particulières sur le projet de loi n° 9, la Loi visant à accroître la prospérité socio-économique du Québec et à
répondre adéquatement aux besoins du marché du travail par une
intégration réussie des personnes immigrantes. Merci.
Le Président :
Ce rapport est déposé.
À la rubrique Dépôt
de pétitions, M. le député de Rimouski.
LeBel : Merci, M. le Président. Je
dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée
par 1 401 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes
du Québec.
«Les
faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
que les pensions alimentaires sont considérées comme un revenu dans le calcul
des prestations d'aide sociale, pour l'admissibilité aux allocations au
logement, à l'aide juridique et à l'aide financière aux études;
«Considérant
que cette situation porte atteinte à des enfants vulnérables qui ne peuvent
bénéficier de programmes gouvernementaux alors qu'ils en auraient
besoin;
«Considérant
que les pensions alimentaires ne sont plus imposables depuis 1997 sur les deux
paliers de gouvernement;
«Considérant
que l'Assemblée nationale a adopté à l'unanimité, le
30 novembre 2018, une motion en ce sens;
«L'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec de cesser de traiter comme un
revenu les pensions alimentaires dans
le calcul des prestations d'aide sociale, ainsi que l'admissibilité à l'aide
juridique, à l'aide financière aux études et aux allocations au
logement.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Cet extrait de pétition est déposé. M. le député de Nelligan.
M. Derraji :
M. le Président, permettez-moi très brièvement de souligner la présence, dans
les tribunes, de deux des trois initiateurs de la pétition, Mme Samantha Godon
et Mme Amanda Lovelace.
dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
1 232 pétitionnaires. Désignation : citoyens et
citoyennes du Québec.
«Les
faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que
Riverdale High School est un pilier de la communauté anglophone depuis 1965;
«Considérant que
Riverdale High School est un point focal d'activités sportives, culturelles et
de levées de fonds de la communauté
anglophone et qu'elle jouit d'une place fondamentale dans l'esprit et le coeur
de ladite communauté;
«Considérant
la volonté du ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur de
procéder à la fermeture dudit établissement sans préavis ni consultation
de la commission scolaire ainsi que des résidents de l'Ouest-de-l'Île;
«Considérant
que la fermeture de Riverdale High School met en péril l'accessibilité à des
programmes de qualité pour les jeunes
anglophones de l'Ouest-de-l'Île de Montréal, voire à leur parcours académique
pour certains d'entre eux;
«Considérant
la décision prise par le ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur
et considérant que plusieurs
solutions auraient pu être trouvées, en collaboration avec le personnel
enseignant et les parents des élèves inscrits;
«Considérant
l'indignation des élèves et des parents;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés,
demandons au gouvernement du Québec de reconsidérer la décision de fermer
Riverdale High School sans que des solutions
alternatives, pérennes et librement consenties de part et d'autre ne soient
trouvées. Nous demandons au gouvernement de considérer la situation de plusieurs centaines d'élèves dont les parcours académiques
seront touchés par cette décision et
appelons le gouvernement à collaborer avec les parents et l'ensemble de la
communauté dans la recherche
de solutions pour le bien à la fois des jeunes francophones et anglophones.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition. Merci.
Le Président :
Cet extrait de pétition est déposé. Mme la députée de Rouyn-Noranda—Témiscamingue.
Lessard-Therrien : Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à
l'Assemblée nationale, signée par 1 203 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont
les suivants :
«Considérant
qu'un agronome a été congédié du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et
de l'Alimentation du Québec pour
avoir transmis un document confidentiel aux médias, et que deux de ses
collègues ont subi des sanctions pour avoir parlé à des journalistes;
«Considérant que la situation dénoncée est
d'intérêt public et que le MAPAQ n'a pas apporté de correctifs lorsqu'il en a
été avisé;
«Considérant
que les fonctionnaires devraient pouvoir dénoncer publiquement des situations
préoccupantes d'intérêt public sans subir de préjudices;
«Considérant
que le conseil d'administration du Centre de recherche sur les grains est
principalement constitué de
représentants d'entreprises privées, dont certaines vendent des pesticides, et
que des agronomes liés à l'industrie des pesticides peuvent en
prescrire;
«Considérant
que la santé publique et la protection de l'environnement doivent primer sur
les intérêts des entreprises privées;
«Nous, soussignés, demandons au gouvernement du
Québec :
«De renforcer la Loi facilitant la divulgation
d'actes répréhensibles à l'égard des organismes publics et son application de
façon à mieux protéger les lanceurs et lanceuses d'alerte;
«Qu'une enquête
publique soit menée afin de faire la lumière sur l'ingérence du privé dans la
recherche publique dans le domaine agricole;
«D'interdire la prescription de pesticides aux
agronomes liés à l'industrie;
«De cesser de financer des recherches qui ne sont
pas indépendantes des intérêts de l'industrie.»
Président : Cet
extrait de pétition est déposé. J'ai reçu une demande de M. le député de
Rimouski pour la présentation d'une pétition non conforme. Y a-t-il
consentement pour la présentation de cette pétition? Consentement. M. le
député de Rimouski.
LeBel : Merci. Je dépose
l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
239 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du
Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
que les pensions alimentaires sont considérées comme un revenu dans le calcul
des prestations d'aide sociale, pour l'admissibilité aux allocations au
logement, à l'aide juridique et à l'aide financière aux études;
«Considérant
que cette situation porte atteinte à des enfants vulnérables qui ne peuvent
bénéficier de programmes gouvernementaux alors qu'ils en auraient
besoin;
«Considérant
que les pensions alimentaires ne sont plus imposables depuis 1997 sur les deux paliers
de gouvernement;
«Considérant
que l'Assemblée nationale a adopté à l'unanimité, le
30 novembre 2018, une motion en ce sens;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous, soussignés, demandons au gouvernement du Québec de cesser de traiter comme un revenu les pensions
alimentaires dans le calcul des prestations d'aide sociale, ainsi que l'admissibilité à l'aide juridique, à l'aide financière
aux études et aux allocations au logement.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition. Merci.
Le Président : Cet extrait de
pétition est maintenant déposé.
Il n'y a
pas de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur
une violation de droit ou de privilège.
Nous en sommes maintenant à la période de
questions et de réponses orales, et je cède la parole au chef de l'opposition
officielle.
M. Arcand : M. le
Président, le premier ministre et ses ministres ont fait plusieurs faux pas
depuis l'élection. Certains ministres ont
été soit relégués aux banquettes arrière ou encore ont été défendus avec un
enthousiasme pour le moins douteux.
Des volte-faces, des plans de crise, des griefs, des poursuites, on en a vu
beaucoup de ce jeune gouvernement.
M. le
Président, quand ça lui plaît, le premier ministre dit avoir un mandat fort et
peut utiliser ce qu'il appelle sa stratégie bulldozer. On doit cependant
admettre que son mandat fort est souvent à géométrie variable.
Comment peut-il avoir un mandat clair pour un
dossier comme celui de l'immigration ou, du même coup, balayer du revers de la main certains engagements-phares, des
engagements à la base même de son parti politique, comme, entre autres, le remboursement des trop-perçus? Ce
changement de cap, M. le Président, est tout simplement inacceptable.
Pour reprendre les mots du premier ministre, c'est gênant, M. le Président.
cette semaine de budget, est-ce que le premier ministre peut avouer à la
population qu'il leur a promis depuis des années des mesures qu'il n'a
jamais eu l'intention d'appliquer une fois au gouvernement, comme c'est le cas
pour les trop-perçus?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Legault :
M. le Président, je ne sais pas si je dois répondre en français ou en anglais
au Parti libéral aujourd'hui pour qu'il comprenne bien. Mais ce que
sait...
Le Président : S'il vous
plaît!
M. Legault :
Ce que sait le chef de l'opposition officielle, c'est que, quand on regarde les
hausses de tarifs chez Hydro-Québec,
il y a seulement que deux années où les hausses de tarifs ont excédé
l'inflation. C'est les lignes bleues qu'on
voit ici, par rapport aux bâtonnets orange qui représentent l'inflation. Ces
deux années-là, il était dans un gouvernement
libéral qui a non seulement laissé augmenter les tarifs d'électricité de plus
que l'inflation, mais dans des années
où les bénéfices d'Hydro-Québec ont été supérieurs aux prévisions. Donc, il n'y
avait vraiment aucune raison pour que cet argent-là ne soit pas remis
aux Québécois.
Durant la
campagne électorale, M. le Président, la CAQ a promis deux choses. On a promis
d'abord qu'à l'avenir plus jamais, plus jamais les tarifs d'Hydro-Québec ne
vont augmenter de plus que l'inflation. Et, deuxièmement, on a été les seuls à s'engager à remettre
autant d'argent dans le portefeuille des Québécois. Et je demande au chef
d'attendre deux jours, il va voir qu'on va respecter toutes nos promesses.
Le Président : Première
complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle.
Arcand : M. le
Président, le premier ministre savait très bien qu'il ne rembourserait jamais les trop-perçus
d'Hydro-Québec. Pour paraphraser le journaliste Antoine Robitaille, il a dit de
façon très claire : Votre discours était tellement dénonciateur que les
Québécois ont perçu ça comme un engagement.
La question se pose : Pourquoi avez-vous
induit la population en erreur pendant toutes ces années?
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : M. le Président,
le chef de l'opposition officielle sait très bien qu'il ne peut tenir...
Président : Vous aurez compris, ces propos ne sont pas permis,
M. le chef de l'opposition officielle. Je vous demande de les retirer,
s'il vous plaît, M. le chef de l'opposition officielle.
Arcand : C'est
fait.
Le Président : C'est fait? M.
le premier ministre.
Legault : Oui. M. le Président, en 2014 et en 2015, le gouvernement
libéral a augmenté de 1,5 milliard, sur les dernières années, là, de plus que ce qu'il aurait dû augmenter, les
tarifs d'électricité. Jamais, on ne fera ça, M. le Président. Et, pour corriger cette situation, je sais que le
chef de l'opposition officielle est un ancien homme d'affaires, je l'invite
à aller lire le cadre financier de la CAQ, il va voir clairement qu'on n'a
jamais proposé de rembourser 1,5 milliard de trop-perçus libéraux...
Le Président : En terminant.
M. Legault : ...hein, qui a été fait
par le gouvernement libéral. Jamais.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle.
Arcand : M. le Président, le
premier ministre savait très bien qu'il n'allait pas réaliser ses promesses. Je
vais vous donner d'autres
exemples : Où est le chèque de 1 milliard qu'il devait déchirer, là,
puis qu'on devait récupérer des médecins? Dans quelle banque a-t-il été déposé, ce
chèque? Et on attend toujours, M. le Président, le fameux engagement des
90 minutes d'attente à l'urgence.
Pouvez-vous enfin avouer que vous n'allez pas
livrer ces engagements que vous avez fait miroiter à la population du
Québec?
Le Président :
M. le premier ministre.
Legault : M. le Président, je n'en reviens pas que le chef de
l'opposition officielle ose parler des salaires des médecins spécialistes. M. le Président, on a eu un
gouvernement qui, sans n'avoir aucune justification, a augmenté d'à peu près
50 % les salaires des spécialistes, qui, actuellement, quand on tient
compte de la différence du coût de la vie, gagnent 1 milliard de trop, 1 milliard de trop. Mon collègue
le président du Conseil du trésor est en train de réparer les pots
cassés du Parti libéral. On l'a promis, on va le faire.
Le Président :
Troisième complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle.
Arcand :
M. le premier ministre peut nous attaquer quand il y a un problème. Il peut
attaquer le fédéral à chaque fois
qu'il y a un problème. Des fois, il attaque les syndicats quand il y a un
problème. Mais une chose est claire, c'est que ce n'est pas ça qui va augmenter les budgets. Ce n'est pas ça qui va
donner le milliard qu'il a promis en santé. Et également ce n'est pas ça
qui va régler les promesses qu'il a faites des trop-perçus.
Est-ce que le premier
ministre... Pourquoi il refuse encore une fois d'honorer ses engagements?
Le Président :
M. le premier ministre.
Legault : M. le Président, le gouvernement de la CAQ va respecter tous
ses engagements. Et, oui, quand on parle du gouvernement fédéral, on ne
se mettra pas à genoux comme le Parti libéral. On va réclamer notre dû du gouvernement fédéral. Et, oui, on va se battre
pour les Québécois. On ne va pas se mettre à plat ventre comme les libéraux.
Le Président :
Question principale, M. le député de Robert-Baldwin.
Leitão : Merci, M. le Président. Alors, cette semaine, le ministre des
Finances aura la chance de déposer son premier
budget, un grand moment pour toute personne qui occupe ce poste, et je lui
souhaite bon succès dans la livraison du
budget. Avec ce grand défi, il y a aussi de grandes responsabilités. En 2006,
nous avons adopté une loi qui prévoyait des mesures pour nous assurer de réduire le niveau d'endettement, et ces
mesures incluaient aussi la création du Fonds des générations. La loi avait pour objectif de réduire la dette à un
niveau de 45 % du PIB au 21 mars 2026. Selon les données du ministère des Finances, nous atteindrons cet
objectif en 2020, ce qui est très bien, probablement la faute aux libéraux
aussi.
Alors,
M. le Président, le ministre peut-il nous dire s'il en profitera, de l'occasion
du budget, pour revoir les objectifs de réduction de dette de 45 %
à 40 % du PIB en 2026?
Le Président :
M. le ministre des Finances.
Girard (Groulx) : M. le Président, durant la campagne électorale, nous
avons parlé de la gestion de la dette et
nous avons dit que nous allions respecter la
Loi sur l'équilibre budgétaire et
la gestion de la dette, et, quant aux détails précis ou quant au moment,
tout ça sera révélé jeudi.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Robert-Baldwin.
Leitão : Bon, on attendra à jeudi, M. le Président. C'est dans deux
jours. Il aurait pu nous le dire aujourd'hui, mais, en tout cas, ce sera une discussion à avoir, j'en suis sûr. Aussi,
ce sera, le budget, le moment des choix, M. le Président, et un des choix que le
ministre a déjà faits, c'est de verser directement 10 milliards de dollars
du Fonds des générations à la réduction de la dette. À notre avis, ce
n'est pas une bonne idée.
Est-ce que le ministre peut nous dire quelles sont les études qui ont
été faites pour prouver que cela était efficace?
Le Président : M. le ministre
des Finances.
M. Girard (Groulx) : Je ne peux pas
donner l'étude, mais je peux donner notre source d'inspiration, M. le Président. C'était le gouvernement précédent qui avait décidé de faire cinq versements de 2 milliards. Et nous avons décidé d'accélérer ces versements en tenant compte de
l'excellente performance des rendements boursiers des 10 dernières
années et, d'autre part, des économies
que ceci générait sur les intérêts de la dette. Et ceci dégage une marge de manoeuvre qui pourra être investie dans la qualité des services aux Québécois.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Robert-Baldwin.
M. Leitão : Justement, M. le
Président, le gouvernement précédent voulait le faire sur cinq ans. Le gouvernement actuel l'a fait d'un coup sur
10 ans... pardon, l'a fait d'un coup, 10 milliards sur un an, tout de suite, d'un coup. Cela va faire
perdre à peu près 300 millions
de dollars au gouvernement du Québec parce
que l'effet levier du Fonds des générations, il va être pratiquement vidé. Donc, c'est
ça, la question.
Alors, M. le Président, je donne une chance au ministre avant le dépôt du
budget : Peut-il nous informer
s'il compte vraiment reculer sur cette mauvaise idée de réduire...
Le Président : M. le ministre
des Finances.
M. Girard
(Groulx) : M. le Président, mon collègue de Robert-Baldwin semble confondre rendements passés et rendements futurs. Les rendements passés, des
10 dernières années, ont indiqué que le rendement du Fonds des générations était supérieur au
coût de la dette par approximativement 2 %. C'était très bien. Quant aux
rendements futurs, nous n'avons aucune
certitude sur ceux-ci, et c'est pour cela, en toute connaissance de cause, que
nous avons fait le versement sur la
dette, et en toute connaissance de cause. Et nous sommes très heureux de cette
décision qui dégage une marge de manoeuvre pour investir notamment en
éducation, M. le Président.
Le Président : Question
principale, Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Anglade : Merci, M. le Président. Alors, en matière de politiques
publiques, il est de loin préférable se baser sur les faits que sur des
opinions. Et, la semaine dernière, l'IRIS, qui est l'Institut de recherche et
d'informations socioéconomiques, démontrait à quel point le projet de loi
n° 9 faisait exactement le contraire. Je vous recommande, à ceux qui ne l'ont pas encore lu, de prendre le
temps de lire quelques chapitres. C'est assez éclairant, et on parle de
décisions irréfléchies. On dit que rien n'indique qu'accueillir moins
d'immigrants améliorera le sort de ces immigrants. M. le Président, après le Conseil du patronat, la
Fédération des chambres de commerce, c'est autour de l'IRIS de dire que
descendre les seuils d'immigration n'est pas positif.
Les semaines
de relâche permettent toujours à tout le monde de prendre un peu de recul.
Alors, peut-être que le ministre de
l'Immigration a pris un peu de recul et qu'il revient ici, en Chambre,
peut-être un peu moins orgueilleux et peut-être plus à l'écoute, un peu
moins entêté par rapport à la proposition du projet de loi n° 9.
Est-ce que les seuils d'immigration seront
maintenus en 2019?
Le Président : M. le ministre
de l'Immigration.
M. Jolin-Barrette : M. le Président,
je suis content de retrouver ma collègue ici, à l'Assemblée nationale. Je constate qu'elle est tout heureuse de me
retrouver. Et on va passer beaucoup de temps ensemble, je
pense, au cours des prochaines semaines, en commission parlementaire, et ça sera l'occasion de débattre du projet de loi n° 9, où deux visions s'opposent, M. le
Président : la vision du Parti libéral, à laquelle il y a eu une démonstration claire et nette à l'effet
que le système d'immigration libéral a été un échec et où on a laissé des
personnes sur la touche, où on a fait en sorte d'accueillir des gens qui
n'avaient pas d'adéquation entre leurs profils de compétence et les besoins du marché
du travail; ou on a la
vision qui va être mise en place par le gouvernement, de faire en sorte de donner davantage de services aux
personnes immigrantes à partir du
pays d'origine, à la fois qu'ils soient permanents, à la fois qu'ils soient
temporaires, et de s'assurer qu'on les accompagne adéquatement dans
leurs parcours d'immigration, dans leurs parcours d'intégration.
Pour
ce qui est de l'étude de l'IRIS, on en a pris note, on note leurs commentaires.
Cela étant dit, il faut faire en sorte de
prendre action, et c'est ce que nous faisons dans le cadre du projet de loi
n° 9 pour s'assurer de réformer le système d'immigration, de
l'améliorer. Or, depuis le début de la session, ce que j'ai constaté de la part
du Parti libéral...
Le Président :
En terminant.
Jolin-Barrette : ...c'est un blocage. J'espère que les semaines de
relâche vous ont fait cheminer.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Anglade : Le ministre de l'Immigration sait très bien que nous avons
fait maintes et maintes propositions. Alors,
j'ai une question spécifique pour lui par rapport aux seuils d'immigration,
parce que c'est ça, la question qu'on lui pose.
Est-ce
que le ministre peut nous confirmer qu'il y a une entente avec le gouvernement
fédéral et dire que, pour le
regroupement familial pour 2019, ce sera bien 8 900 personnes qui
vont être acceptées au Québec et, pour les réfugiés, ce sera bien
6 950 personnes? Avez-vous une entente avec le fédéral? C'est la
question qu'on pose au ministre de l'Immigration.
Le Président :
M. le ministre de l'Immigration.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, le 4 décembre dernier, on a déposé le plan annuel
en matière d'immigration 2019,
et c'est le plan que nous entendons respecter relativement aux différents
seuils en ce qui concerne l'immigration économique, les réfugiés ainsi
que le regroupement familial. Il faut comprendre également, M. le Président, qu'au cours des prochains mois nous
tiendrons une consultation générale relativement à la planification
pluriannuelle pour les
années 2021-2022, qui déterminera les seuils relativement à l'immigration
que nous accueillerons au cours des prochaines années.
Mais
ce qu'il faut comprendre aussi, M. le Président, c'est que c'est un tout aussi.
Il faut moderniser le système d'immigration,
il faut s'assurer d'augmenter les services aux personnes immigrantes pour
améliorer leur francisation et leur intégration...
Le Président :
En terminant.
M. Jolin-Barrette : ...et ça, ça va de pair, notamment, avec le nombre de personnes que
l'on accueille. Il faut mieux faire les choses. C'est ce qu'on va faire.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Anglade : Alors, je n'ai pas entendu la réponse à ma question. La
question était la chose suivante, M. le Président : Est-ce qu'il
peut confirmer qu'il y a une entente avec le fédéral pour maintenir les
chiffres? Et ce que je comprends, c'est
qu'il n'y a pas d'entente. Ce que je comprends aussi, c'est que le Québec perd
deux fois. On perd une fois parce
qu'on réduit les seuils contre l'avis de scientifiques et d'experts, et on perd
une deuxième fois parce qu'on va couper dans l'immigration économique. Alors, pour remplir la promesse, le
ministre a choisi de faire mal à l'économie du Québec.
Est-ce que,
réellement, le ministre de l'Économie est en accord avec ça?
Le Président :
M. le ministre de l'Immigration.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, s'il y a un parti qui a fait mal
à l'économie du Québec... c'est en ne prévoyant pas la pénurie de main-d'oeuvre, en ne s'assurant pas de faire en sorte
d'avoir, un, le nombre de travailleurs présents sur le territoire québécois qui répondent aux besoins des
différentes entreprises du Québec dans toutes les régions du Québec.
Honnêtement,
le bilan du Parti libéral... À ce jour, si... pourquoi il y a
118 000 emplois de disponibles, c'est parce que vous n'avez pas réussi à s'assurer que les
gens qui se retrouvaient dans une fin de carrière, on puisse s'assurer qu'ils
demeurent sur le marché du travail. Vous n'avez pas fait en sorte de
sélectionner des immigrants qui répondaient au marché du travail en fonction des besoins des différentes régions. Vous
n'avez pas fait en sorte de vous assurer que les gens des communautés autochtones puissent intégrer le marché du travail,
notamment en les intégrant dans le système d'éducation.
Le Président :
En terminant.
M. Jolin-Barrette : Ça, c'est des choses qu'on va faire et qu'on
s'est engagés à faire, parce qu'on est en mode solution, nous,
contrairement...
Le Président : Question
principale, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Bérubé :
M. le Président, depuis le début de son mandat, à deux reprises, je me suis
levé en cette Chambre pour demander au premier ministre de rembourser
les trop-perçus d'Hydro-Québec, qu'il demandait aux libéraux de rembourser, qui n'ont pas été remboursés par les
libéraux. À deux reprises, le premier ministre a refusé. À deux reprises,
le premier ministre a prétendu que la pétition de la CAQ, les motions, les
questions, ça ne compte plus puis il a aussi prétendu que les Québécois ne
s'attendaient pas vraiment à ça, ils étaient satisfaits.
On constate
ce matin que 92 % des Québécois disent au premier ministre qu'il a tort.
Les Québécois veulent être remboursés.
C'est leur argent qui a été perçu en trop. C'est une question de principe et de
justice. Je vais répéter une fois de plus la question au premier
ministre, 92 % des Québécois s'attendent à une réponse positive.
Va-t-il rembourser les Québécois ou il va faire
comme le Parti libéral et refuser?
Le Président : M. premier
ministre.
M. Legault :
M. le Président, c'est très difficile de suivre le Parti québécois sur ce dossier.
On se rappellera qu'en campagne
électorale la CAQ proposait, s'engageait à remettre de l'argent dans le
portefeuille des Québécois en réduisant les taxes scolaires, en réduisant les tarifs de garderie, en augmentant
les allocations familiales. Savez-vous quoi? Le Parti québécois était
contre le fait de remettre de l'argent dans le portefeuille.
Aujourd'hui, le Parti québécois nous dit :
On voudrait que vous remettiez 1,5 milliard dans le portefeuille des Québécois. Évidemment que, si Hydro-Québec, demain
matin, remet 1,5 milliard aux Québécois, il va manquer, dans les fonds du gouvernement, 1,5 milliard.
Est-ce que le chef du Parti québécois est en train de nous dire qu'il faudrait
couper dans les services? Dans quels services veut-il couper?
Président : Première complémentaire, M. le chef de l'opposition
officielle. C'est le seul à qui appartient la parole présentement.
Bérubé : M. le
Président, manifestement, sur les
trop-perçus, il a mal perçu le message des Québécois. C'est lui qui a dit, en cette Chambre, assis juste là,
qu'il fallait rembourser. Il adoptera les mesures qu'il veut dans son budget.
Mais moi, je crois à la parole donnée. Et
aux 92 % des Québécois qui
disent : Remboursez-nous, si sa réponse, c'est non, doit-il reconnaître qu'il a dit ça en vain et
qu'il a manifestement créé des attentes qu'il n'est pas capable de remplir
auprès des Québécois?
Le Président : M. le premier
ministre.
Legault : M. le Président, la CAQ s'est engagée sur la durée du
mandat, donc sur quatre ans, à remettre plus de 1,5 milliard dans les
poches des Québécois. En même temps, puis on va le voir avec le ministre des
Finances, on va être capables de bien
financer les services en éducation, bien améliorer les services aux aînés.
Donc, on va le faire dans l'ordre sur quatre ans. C'est ça, l'engagement
de la CAQ, puis c'est ça que la CAQ va respecter.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Bérubé : M. le Président, j'étais là, il y a eu une
pétition, ils sont allés la déposer au bureau. Il y a eu des motions, des questions, ils ont dit que c'était sournois.
C'est ça qu'ils ont dit à l'Assemblée nationale, puis vous savez quoi? On a
écouté. Alors, aujourd'hui, il nous dit que finalement c'était pour gagner
l'élection, puis, maintenant qu'il est au pouvoir, les Québécois peuvent
bien attendre.
Le Président : M. le premier
ministre.
Legault : M. le Président, je suis convaincu que le chef intérimaire du Parti québécois est capable de bien lire les engagements de la dernière campagne
électorale, il est capable de bien lire le cadre financier de la CAQ pour la
dernière campagne électorale. Je l'invite à aller le relire s'il ne l'a pas
déjà fait. S'il y avait 1,5 milliard dans le cadre financier qui était prévu, bien, il l'aurait su, il en aurait parlé
pendant la campagne électorale. Il en parle après la campagne électorale. Le PQ, qui était
contre, est maintenant pour remettre de l'argent dans le portefeuille. Où
veut-il couper les services?
Le Président : Question
principale, Mme la cheffe du troisième groupe d'opposition.
Massé : Merci, M. le Président. Vendredi dernier, des centaines de milliers de
manifestants et de manifestantes étaient
dans les rues partout sur la planète. Ils avaient un objectif
très, très clair, c'est-à-dire que les gouvernements en place
prennent des engagements concrets, agissent concrètement pour le climat. Alors, les jeunes du Québec ont répondu vraiment
présents, M. le Président. D'ailleurs, je suis plutôt fière d'eux autres, parce
que Montréal était le plus grand rassemblement
planétaire. C'est sûr qu'on a vu quelques gazouillis de la part de quelques
ministres caquistes soulignant cette
mobilisation, c'est bien fin, là, mais ce n'est pas ça que les jeunes
demandent, M. le Président. Et, d'ailleurs, ce que je vais faire, c'est que je vais lire chacune des demandes et je vais
demander au premier ministre s'il s'engage, oui ou non, à réaliser les demandes de nos jeunes. Alors, leur
première demande : «Établir un programme d'éducation à l'environnement et de sensibilisation à la
crise climatique.»
Alors, M. le Président, est-ce que le premier
ministre s'y engage, oui ou non?
Le Président : M. le premier
ministre.
Legault : M. le Président, vendredi dernier, il y avait des jeunes qui étaient dans la rue pour
manifester. Je ne pense pas que
c'était mon rôle d'être avec les jeunes. Je pense que les jeunes
voulaient envoyer un message à toute l'Assemblée
nationale, au gouvernement à Ottawa, aux gouvernements partout dans le monde. Parce que,
je le répète, puis il faut se le dire, M. le Président, le Québec est
l'endroit, est l'État en Amérique du Nord où on a des émissions de GES par habitant les plus basses. On peut-u
être fiers de ça? Et moi, je serais ouvert à ce qu'on aide nos voisins, entre autres avec l'hydroélectricité, à
réduire leurs émissions de GES, parce qu'on habite tous sur la même planète.
M. le Président, je pense qu'il y
a des cours d'éducation à la citoyenneté. On est en train de mettre en place un cours, économie, puis
évidemment on parle d'économie
durable. Donc, on est ouverts à améliorer l'information qui est donnée aux jeunes. Mais je pense que les jeunes,
là, on peut être fiers d'eux autres. Ils comprennent bien les enjeux. Nous,
notre rôle, c'est de les écouter, puis c'est ça qu'on va faire.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la cheffe du troisième groupe d'opposition.
Massé : Je pense que la réponse est non. En tout cas, on ne l'a pas
entendue. Deuxième demande : demander aux établissements d'enseignement de «retirer leurs investissements dans
les énergies fossiles» et de «tenir un bilan carbone institutionnel».
Est-ce que le premier ministre peut s'y engager,
oui ou non?
Le Président : M. le premier
ministre.
Legault : Bien, écoutez, M. le Président, les établissements
d'enseignement... Vous êtes en train de dire que les écoles ont des investissements dans des énergies
fossiles. Bon, je sais que la Caisse de dépôt a une politique pour réduire
ses investissements dans des entreprises où
il y a des énergies fossiles. Je pense, c'est important que toutes les sociétés
d'État qui ont des investissements le
fassent. Il faut les sensibiliser. Donc, évidemment que, s'il y a des petits
fonds d'investis par des écoles, bien, il faudrait les sensibiliser pour
ne pas que ça soit investi dans des énergies fossiles.
Le Président : S'il vous
plaît!
M. Legault : Mais je
découvre, là, qu'il y aurait des millions, dans les écoles, d'investis dans les
énergies fossiles. Dites-moi l'adresse...
Le Président :
Troisième complémentaire, Mme la cheffe du troisième groupe d'opposition.
Massé : Faites confiance à vos jeunes, ils vous le disent. Troisième
demande, dernière chance : «Adopter une loi climatique forçant
l'atteinte des cibles recommandées par le GIEC pour limiter le réchauffement
planétaire à 1,5 degré Celsius.»
Alors,
M. le Président, est-ce que le premier ministre peut s'y engager et
répondre oui ou non à ces jeunes?
Le Président :
M. le premier ministre.
Legault : M. le Président, quand on regarde les derniers chiffres qui ont été laissés par
l'ancien gouvernement, on voit
que la réduction des GES a été de 9 %. L'objectif est de réduire de
20 % d'ici 2020. C'est l'année prochaine.
Moi,
je demande à la cheffe de la deuxième opposition de rapidement me déposer un
plan puis de me dire combien ça
coûterait pour atteindre cet objectif de moins 20 % l'année prochaine.
Moi, je pense que ce n'est pas réaliste, puis la raison, bien, ça
s'appelle le Parti libéral.
Le Président :
Question principale, M. le député de Pontiac.
Le Président :
S'il vous plaît!
Fortin (Pontiac) : M. le Président, aujourd'hui, juste dans la MRC
d'Abitibi-Ouest, il y a plus de 130 femmes enceintes de 20 semaines et plus, des familles qui s'apprêtent à
vivre ce qui devrait être un des moments les plus heureux de leur vie. Mais, au lieu de se réjouir, au lieu de
se préparer en sachant qu'elles seront prises en charge par des professionnels
de la santé, par une unité de natalité de
grande qualité à quelques minutes de chez eux, au lieu de voir ce jour arriver
avec emballement, elles sont
inquiètes. Inquiètes parce que le gouvernement a fermé l'obstétrique à
La Sarre; inquiètes parce que
personne ne sait si c'est une fermeture temporaire ou permanente; inquiètes
parce que, la semaine dernière, une femme a dû accoucher en pleine salle d'urgence à La Sarre, pas
d'obstétrique, pas d'anesthésiste, avec un gynécologue appelé en panique à 3 heures du matin, tout ça parce
que la CAQ a fait le choix de fermer l'unité de natalité. Aujourd'hui,
finalement, après des assemblées citoyennes, après des appels à l'action
des maires, de la préfète, des médecins, la ministre se dit préoccupée. C'est
bien le fun, mais elle n'a rien fait pour régler la situation.
Peut-elle entendre
les centaines de citoyens qui disent : Naître à La Sarre, j'y tiens?
Le Président :
Mme la ministre de la Santé et des Services sociaux.
McCann : M. le Président, la situation qui est décrite par mon
collègue député en Abitibi est extrêmement préoccupante, et effectivement on peut penser que c'est le résultat
d'une centralisation à outrance qui a eu lieu dans les dernières années,
sous l'ancien gouvernement, où on a vraiment retiré des intervenants, retiré
des gestionnaires en première ligne. C'est
aussi la conséquence d'une pénurie de main-d'oeuvre dont on ne s'est pas occupé
suffisamment parce qu'on était pris dans de l'organisation de structure.
Nous,
comme gouvernement, nous allons, dans les prochaines quatre années, remédier à
ce problème, réparer ce qui a été
fait depuis quatre ans et voir aux services de proximité pour les Québécois et
les Québécoises dans l'ensemble des
régions du Québec. Et nous allons
voir à la situation en Abitibi.
Et la population, l'établissement en Abitibi se mobilisent, les élus de
mobilisent.
Le Président :
En terminant.
Mme McCann :
Et nous allons pouvoir résoudre la situation dans les plus brefs délais.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Pontiac.
M. Fortin
(Pontiac) : Oui, M. le Président. Tout le monde est mobilisé, sauf la
ministre. Voici ce que le CISSS affirme
publiquement. Pour l'accouchement en salle d'urgence, ils disent : Ce
n'est pas souhaitable, mais c'est arrivé, et le protocole a été respecté. Et en plus, M. le Président, on fait
peur à la population en disant : Si on ouvre la natalité, bien, il va falloir fermer les soins intensifs,
voire les autres unités. M. le Président, des accouchements comme celui-là, on
n'en veut plus. L'Abitibi n'en veut plus. À
La Sarre, les gens commencent à dire que ça ressemble à de la médecine de
brousse.
Est-ce que la
ministre veut vraiment qu'au Québec on se mette à faire des accouchements comme
à l'époque des Filles de Caleb ?
Le Président : Mme la
ministre de la Santé et des Services sociaux.
Mme McCann :
M. le Président, moi, j'ai eu l'occasion de visiter certains établissements du
réseau. J'ai travaillé dans le réseau. Et je sais qu'il y a énormément
de professionnalisme dans le réseau.
Le Président : S'il vous
plaît!
Mme McCann :
Et je sais que les personnes qui travaillent dans le réseau ont à coeur de
donner les meilleurs services. Alors,
je sais qu'on prend tous les moyens — et nous suivons la situation de façon
continue — pour
résoudre cette situation. On a pris les moyens pour que les femmes qui
sont touchées soient accompagnées, qu'elles puissent accoucher de façon
sécuritaire.
Le Président : En terminant.
Mme McCann : Et nous allons
continuer de suivre la situation.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Pontiac.
M. Fortin
(Pontiac) : M. le Président, il se passe quelque chose de grave à La
Sarre. En décembre, on annonçait la
fermeture de huit lits à l'hôpital. En décembre, l'unité de natalité a été
fermée pendant un temps. Et maintenant, depuis février, elle est fermée pour une période indéterminée. Cette semaine,
le CISSS a dû réaffirmer publiquement le maintien de l'unité d'hémodialyse, même si, selon eux, il
pourrait y avoir des ruptures de service à n'importe quel moment. Et,
maintenant, on apprend que, jeudi et vendredi, il y aura rupture de service en
chirurgie.
Je suis-tu vraiment obligé de rappeler à la
ministre de la Santé du Québec que La Sarre, c'est au Québec?
Le Président : Mme la ministre
de la Santé et des Services sociaux.
Mme McCann :
Est-ce que je dois rappeler à mon collègue député que, pendant quatre ans, on
n'a pas vu à ces situations et que,
nous, comme gouvernement, nous allons nous occuper des régions? Nous avons
l'héritage actuellement de ce qui s'est fait pendant quatre ans. Mais nous
allons y voir et nous allons réparer ce qui a été fait. Et nous travaillons
de concert avec la Fédération des médecins
spécialistes pour des services spécialisés et de concert avec l'établissement,
la population et les élus de l'Abitibi et de toutes les régions du Québec.
Le Président : Question
principale, M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Merci, M. le Président. La semaine dernière,
Radio-Canada nous informait que plus de 5 400 places de stationnement incitatif avaient disparu comme
par magie dans les plans des futures gares du Réseau express métropolitain. On veut que le nombre
d'utilisateurs augmente et on réduit le nombre de stationnements offerts. Ça ne
nous apparaît pas logique. Les personnes qui ne peuvent pas se stationner au
REM, qu'est-ce qu'elles vont faire? Bien, elles vont continuer de
prendre leurs voitures et continuer de congestionner les accès au centre-ville
de Montréal.
L'un des
objectifs était pourtant de favoriser la mobilité durable. On veut simplifier
la vie des gens et les inciter à
réduire leurs empreintes écologiques en utilisant le transport en commun, et là
on leur complique plutôt la vie. On leur demande de marcher jusqu'à deux kilomètres pour un
arrêt d'autobus pour ensuite accéder au train de banlieue. Et pourquoi?
Pas pour une question d'accessibilité, pour une question de rendement.
Est-ce que l'objectif
de la Caisse de dépôt et placement, c'est de faire des profits dans ce dossier
et de...
Le Président :
M. le ministre des Transports.
Bonnardel :
M. le Président, le projet du REM est sûrement le projet le plus important
depuis le métro de Montréal. Je communique,
je suis en discussion avec les gens de la Caisse de dépôt à toutes les semaines
ou à peu près, autant pour les
mesures de mitigation de la ligne Deux-Montagnes que pour le succès du futur
REM. La Caisse de dépôt a tout
intérêt, M. le Président, à ce que le projet du REM fonctionne. Les libéraux
étaient d'accord, Québec solidaire était d'accord. Vous étiez à peu près
les seuls, dans la dernière législation, qui disaient non à ce projet.
Alors,
je vous répète, j'ai entièrement confiance en la Caisse de dépôt. J'ai
entièrement confiance que ce projet va
se réaliser et va répondre spécifiquement aux actions directes de notre
politique de mobilité durable et de réduire l'auto solo au Québec.
Merci, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
Arseneau : Merci, M. le Président. L'objectif du Parti québécois était
plus ambitieux que celui du REM. Mais, maintenant
que la Caisse de dépôt et placement continue, ce qu'il faut mentionner, c'est
que l'un des effets voulus, c'est la réduction
des gaz à effet de serre. On en parlait tout à l'heure, les gens ont pris la
rue, vendredi dernier, par milliers pour demander au gouvernement
d'agir.
Pourquoi le ministre
n'est-il pas d'accord pour retirer le plus de voitures possible des routes?
Le Président :
M. le ministre des Transports.
Bonnardel : M. le Président, la Caisse de dépôt a très bien
expliqué son plan de match la semaine passée. Le but et le défi, c'est de
réduire l'auto solo en périphérie, à Montréal, partout au Québec, pour répondre
aux actions de notre politique de mobilité durable.
Alors,
je le répète, j'ai entièrement confiance en la caisse pour être capable de
réaliser ce projet, qui va changer complètement la dynamique du
transport collectif, du transport en commun à Montréal et en périphérie.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
Arseneau : Merci, M. le Président. Ce qu'on voit dans le projet, là,
actuellement, dans les changements au projet,
c'est que la caisse est prête à n'importe quoi pour réduire ses coûts de
construction et augmenter le profit par passager. Il faut donner le plus de chances possible aux automobilistes de profiter du réseau et d'un
réseau de transport accessible.
question : Est-ce que le ministre peut rappeler la caisse à l'ordre et exiger plus
de transparence, d'abord, dans les décisions, parce que ça s'est fait en
douce, la disparition des stationnements...
Le Président :
M. le ministre des Transports.
Bonnardel : M. le Président, c'est très réducteur comme réflexion. Au-delà de tout ça, là, on
devrait tous travailler ensemble pour assurer le succès du REM à Montréal
puis en périphérie. On devrait tous travailler ensemble, parce que ce projet,
je le répète, va changer la dynamique du transport en commun à Montréal, en
périphérie.
Alors,
on est persuadés que la caisse a tous les outils en main pour être capable
d'assurer le succès de ce projet et de répondre encore une fois aux
besoins des usagers.
Le Président :
Question principale, Mme la députée de Verdun.
Melançon : Depuis longtemps,
tous reconnaissent l'importance du mariage culture-éducation.
D'ailleurs, la politique
culturelle annoncée en juin dernier le rappelait clairement. Le projet de loi n° 12
du ministre de l'Éducation suggère que les sorties culturelles qui permettent aux élèves de
fréquenter les lieux culturels professionnels ne fassent plus
partie des services éducatifs. Donc, le p.l. n° 12 obligerait les parents à défrayer les coûts des sorties culturelles.
Ce matin, peut-être que la ministre
de la Culture ne le sait pas, mais trois regroupements culturels représentant
des centaines d'organismes sont venus nous témoigner leurs inquiétudes
en commission parlementaire.
Est-ce
que la ministre de la Culture a défendu le milieu auprès de son collègue pour
que les sorties culturelles soient maintenues au cursus scolaire?
Peut-elle nous assurer que les enfants auront accès à des sorties culturelles
totalement gratuites en septembre prochain?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur.
Roberge : M. le Président, je suis bien content d'avoir une question
sur culture et éducation. D'ailleurs, on travaille en collaboration, ma collègue et moi, et justement la collègue
était présente ce matin, mais je peux peut-être... un problème de
compréhension.
Dans
le projet de loi n° 12, on ne vient pas retirer du cursus scolaire
l'obligation de faire des sorties scolaires. On vient simplement éliminer le flou que le précédent gouvernement a amené
avec sa directive, en juin dernier, qui est venue semer, vraiment, la confusion dans l'ensemble des
partenaires culturels au Québec. Et d'ailleurs les trois intervenants qui sont venus nous parler ce matin, ils ont vraiment
déploré la directive du précédent ministre, qui est venue amener une baisse
d'inscriptions de plusieurs écoles, parce
que, là, ne sachant plus ce qui était gratuit, ce qui n'était pas gratuit,
est-ce qu'ils avaient le droit de
facturer, est-ce qu'ils avaient le droit de s'inscrire, bien, il y a eu
vraiment un automne famélique dans plusieurs théâtres, dans plusieurs
musées à cause de ça.
projet de loi va venir clarifier le tout, garantir une hausse des inscriptions,
et d'ailleurs le projet de loi a été salué par les trois intervenants ce
matin. Et je précise une chose...
Le Président :
En terminant.
Roberge : ...nous allons remplir nos engagements, et, à l'intérieur du
mandat, il y aura deux sorties gratuites...
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Verdun.
Melançon : En tout cas, on n'a pas assisté à la même commission
parlementaire, parce qu'il y avait beaucoup d'inquiétudes. Vous semblez dire qu'ils ont applaudi. C'est faux. La
ministre de la Culture se proclame souvent la défenderesse des artisans, des artisanes, des producteurs, des
productrices. Bref, elle dit toujours qu'elle veut protéger le milieu. Clairement, quand il faut qu'elle se
lève, elle reste assise puis elle est spectatrice. Très honnêtement, M. le
Président, quand c'est le temps
d'agir, il faut se lever, il faut se défendre. C'est ça, être ministre de la
Culture. Moi, je vois qu'encore...
Le Président :
Mme la ministre de la Culture et des Communications.
Roy : Oui, merci beaucoup, M. le Président. Malheureusement,
vous savez, je déplore encore une fois que ma collègue y va souvent d'envolées lyriques pour faire peur, faire peur
au milieu culturel, faire peur aux différents intervenants. Mais moi, je veux
les réconforter, surtout la réconforter. Inquiétez-vous pas. On a pris des
engagements, et on va les respecter,
à l'égard la culture. Je sais que vous n'êtes pas habituée d'entendre ça, là,
des engagements respectés, là, pas habituée d'en faire non plus, mais
vous allez voir.
Le Président :
S'il vous plaît!
Roy : Mais, cela dit, M. le Président, moi, je veux rassurer,
mais rassurer le milieu. Nous avons pris des engagements fermes, et la
culture à l'école...
Le Président :
En terminant.
Roy : ...l'école dans la culture, il y en aura. Et vous allez
me permettre de poursuivre tout de suite après.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Verdun, à qui appartient la parole.
Le Président : S'il vous
plaît!
Mme Melançon : Ce ne sera pas une
pause, M. le Président. À l'automne, dans son excès d'enthousiasme, la ministre de la Culture a créé de faux espoirs dans
le milieu de la culture, promettant des sommes d'argent dans la mise à
jour de novembre, sommes qui n'étaient pas
là. Donc, on a vite compris qu'elle avait perdu le combat face au ministre
des Finances.
Est-ce qu'on
comprend encore une fois que la ministre a perdu un autre combat pour la
culture face au ministre de l'Éducation et qu'on va perdre, donc on va
oublier le parcours scolaire et la gratuité pour les sorties scolaires?
Le Président : Mme la
ministre de la Culture et des Communications.
Mme Roy :
Merci beaucoup, M. le Président. Alors, je serai toujours présente, présente
pour l'industrie du livre, présente
pour nos créateurs, présente pour nos jeunes. Et, vous savez, on travaille
ensemble, le ministre de l'Éducation et moi-même. On se parle. On coordonne
nos activités parce qu'on veut qu'il y ait des sorties culturelles. Et, oui, le
milieu a énormément souffert, M. le
Président, au cours des dernières années, sous la gouverne libérale. On va y
voir. Et j'ai tellement hâte, parce que j'ai parlé avec mes collègues,
naturellement, aux Finances, au Trésor. On parle, on travaille ensemble. Et moi, j'ai bien hâte de lire le budget de notre
nouveau ministre des Finances et je pense qu'il y aura beaucoup
d'heureux. Et, de grâce, arrêtez de faire peur. On sait que, le Parti libéral,
c'est votre marque de commerce.
Le Président : En terminant,
en terminant.
Le Président : Mme la députée
d'Anjou—Louis-Riel.
Mme Thériault : Oui. Merci, M. le Président.
Hier, nous apprenions que la CAQ a
l'intention d'interdire les cartes de
crédit pour les jeunes de moins de
18 ans. Sérieusement, il n'y a personne qui a voté pour ça au Québec. On
n'en a même jamais entendu parler. Le
gouvernement semble vouloir attendre la fin des consultations de l'Office de la
protection du consommateur pour se
faire une idée, mais, dans le fond, si on se fie à la déclaration de l'adjointe
parlementaire, on comprend que leur
opinion est déjà faite. La réalité, M. le Président, c'est que certains de nos
jeunes qui n'ont pas encore 18 ans sont déjà parents. D'autres sont sur le
marché du travail ou encore aux études à l'extérieur de leur région. Ça démontre qu'il y a des jeunes responsables. Il y
en a. Est-ce qu'on pourrait faire confiance plus tôt à nos jeunes plutôt
que de penser à les punir, M. le Président?
Il me semble que, si nous devons faire quelque chose en matière de cartes de
crédit, c'est de taper sur les doigts des institutions financières qui
ne font pas leur travail, pas sur les jeunes, M. le Président.
J'aimerais
savoir : Est-ce que la ministre entend réaligner son adjointe
parlementaire sur ce sujet, M. le Président?
Le Président : Mme la
ministre de la Justice.
Mme LeBel : Merci, M. le
Président. Je trouve... En tout cas, on parlait de propos alarmistes tantôt, je
pense qu'on en a encore un bon exemple. On
est présentement en consultations, consultations sur une quarantaine de recommandations
pour améliorer la
loi sur le crédit avec l'Office de la protection du
consommateur, consultation qui n'a pas été menée jusqu'au bout par le gouvernement précédemment, et c'est ce qu'on est en
train de faire, M. le Président. C'est vrai qu'une des propositions, une des solutions mises au jeu, si
on veut, dans la consultation, est peut-être d'interdire le crédit aux moins de
18 ans. Mais ce n'est pas la seule proposition. Il y a déjà eu une
proposition, par le gouvernement précédent, d'assujettir l'obtention d'une carte de crédit par un jeune à la
signature expresse d'un parent, ce qui n'a pas été fait, ce qui aurait peut-être été une bonne solution par
ailleurs. Donc, on est en train de regarder toutes les solutions, M. le
Président. On travaille là-dessus. On
est conscients de l'endettement de nos jeunes, de nos familles. J'ai moi-même
un adolescent. J'espère qu'il va
pouvoir être plus conscientisé dans le futur par rapport à son crédit. Mais on
travaille là-dessus puis on est juste au stade de la consultation, M. le
Président, pas au stade des décisions.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Mme Thériault : Oui. Merci, M. le Président.
J'aimerais rappeler à la ministre que mon collègue de Jean-Talon a réintégré le cours obligatoire d'éducation
financière au secondaire justement pour sensibiliser les jeunes à cette
question. Aux
jeunes de moins de 18 ans, ce que le gouvernement s'apprête à faire en
interdisant les cartes de crédit, ce n'est pas la solution.
La ministre ne
convient-elle pas que ce qu'il faut faire, c'est éduquer les jeunes vers une
saine gestion de leur portefeuille plutôt que de les infantiliser et de les
punir, M. le Président?
Le Président :
Mme la ministre de la Justice.
Mme LeBel :
Alors, bravo, bravo, M. le Président, au gouvernement précédent pour une bonne
décision! Effectivement, l'éducation, c'est
une façon d'agir. On le fait en accès à la justice et on le fait dans le droit
de la famille. On le fait dans
plusieurs enjeux. Mais ce n'est pas
une solution unique, alors on est en train de regarder d'autres solutions
pour protéger justement le crédit de nos jeunes. Et je suis d'accord que
l'interdiction n'est peut-être pas la seule solution,
mais c'est pour ça que c'est au jeu présentement, et c'est pour ça qu'on en
discute. On nous reproche de ne pas discuter.
Bien, alors, moi, c'est ce que je
fais. Je lance des consultations, et je fais des propositions, et on met la
balle en jeu, puis on verra bien. Donc, le gouvernement ne s'apprête pas
à interdire, M. le juge... M. le Président, pardon...
Le Président :
S'il vous plaît! En terminant.
Mme LeBel :
Il y a des choses qu'on défait moins facilement.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Mme Thériault :
Oui. M. le Président, évidemment, je vais rassurer la ministre, on est d'accord
pour resserrer les règles de crédit,
mais la question de la carte de crédit, c'est une petite
partie de l'enjeu. Les
prêts ballons dans le secteur automobile,
les hypothèques parapluies dans le secteur immobilier sont des enjeux beaucoup
plus importants, et c'est ça qui fait le plus mal au crédit de nos
jeunes, M. le Président.
ministre peut-elle rassurer les citoyens sur les mesures qu'elle entend
proposer et nous confirmer qu'elle ne pénalisera pas les jeunes comme le
propose son adjointe parlementaire, M. le Président?
Le Président :
Mme la ministre de la Justice.
LeBel : Alors, M. le Président, je peux effectivement rassurer ma
collègue et les Québécois, on n'est pas dans la prohibition sans cause, on n'est pas dans faire les choses sans
réfléchir. Alors, c'est pour ça que ma collègue, mon adjointe parlementaire, mène présentement une
consultation. Effectivement, il y a plusieurs propositions et recommandations
pour améliorer la question du crédit au
Québec avec l'Office de la protection du consommateur. J'ai effectivement nos
jeunes à coeur, et on va faire ce qu'il faut, M. le Président, mais on est déjà
à la consultation, on n'est pas aux décisions.
Le Président :
Question principale, M. le leader du troisième groupe d'opposition.
Nadeau-Dubois : Merci, M. le Président. Vendredi dernier, il y avait
des dizaines de milliers de jeunes du Québec
dans la rue pour demander enfin une action décisive de la part du gouvernement
dans la lutte aux changements climatiques.
Cette semaine, les mêmes jeunes sont dans la rue pour demander qu'on améliore
leurs conditions de vie, pour demander enfin qu'on rémunère leurs
stages.
Le ministre a pris
des engagements, en campagne électorale, parce que, il le reconnaît, le statu
quo n'est plus possible. On ne peut plus
accepter que la jeunesse québécoise serve de cheap labor. Si le ministre sait
ça, pourquoi est-ce qu'il laisse
entendre qu'il n'y aura pas d'argent dans le budget pour les stagiaires du
Québec? Il pourrait très bien, dès maintenant,
mettre de l'argent de côté et préciser les modalités d'application plus tard.
Il pourrait le faire. Ce serait une manière
de montrer qu'il écoute les jeunes du Québec. Tout à l'heure, le premier
ministre, suite à la question de ma collègue, a dit trois fois non à la
jeunesse québécoise, qui se mobilise.
Est-ce que son
ministre préféré va faire la même réponse aux stagiaires?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
Président : S'il vous plaît!
Roberge : M. le Président, je sais que, dans la classe, des fois, il y
avait des chouchous, mais je ne pense pas qu'il y ait de chouchou à la Coalition avenir Québec, là, qu'il y ait de
préféré ou quoi que ce soit. Et d'ailleurs il semble y avoir des problèmes, parce que je n'ai pas
entendu le ministre dire trois fois non tout à l'heure. Je pense qu'il a bien
répondu à chacune des questions.
rapport aux stages, parce que la question porte là-dessus, on a été très clairs
dès le départ. D'abord, on a été
très sérieux. On l'avait dit en campagne électorale,
qu'on allait se pencher sur cette question-là. Et on avait fait des débats,
d'ailleurs, mon collègue et moi. Je me suis présenté devant les associations
étudiantes. Je voyais bien que c'est une préoccupation très importante, légitime. Une fois que le gouvernement a été formé, on s'est mis à faire une consultation qui soit
importante pour se rendre compte que la première chose qui était à faire, c'est
un état des lieux. Il y a vraiment beaucoup
de stages, et de toutes les sortes, au Québec. Il y en a en formation
professionnelle, il y en a au collégial, il y en a à l'universitaire. Il y en a qui sont d'observation,
il y en a qui sont de prise en charge, il y en a qui sont intensifs, il y en a
qui sont ponctuels. Il faut d'abord savoir ce qu'il en est. Ensuite, bien, on
s'est dit : Une fois qu'on a colligé l'ensemble des stages, on va
rencontrer les associations étudiantes.
Le Président :
En terminant.
Roberge : On va rencontrer les porte-parole. On va dresser ensemble le
bilan. Et je vais revenir tout à l'heure pour voir l'étendue de notre
plan d'action.
Président
: Vous ne pourrez pas revenir tout à l'heure, parce que,
là, ceci met fin à la période de questions et de réponses orales. Merci.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Alors, comme il n'y a pas de votes
reportés, nous allons passer à la rubrique des motions sans préavis.
Alors, à la rubrique des motions sans préavis, en fonction de nos règles et de
l'ordre de présentation des motions sans
préavis, je reconnais maintenant un membre du groupe formant le gouvernement.
Mme la ministre de la Santé et des Services sociaux.
McCann : Merci. Mme la Présidente, je demande le consentement pour déposer
la motion suivante conjointement avec
la députée de Marguerite-Bourgeoys, le député de Rimouski, le député de
Jean-Lesage, la députée de Marie-Victorin, le député de Chomedey :
«Que l'Assemblée
nationale du Québec souligne la 31e édition de la Semaine québécoise de la
déficience intellectuelle qui se tient du 17 au 23 mars 2019.»
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette motion?
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Alors, cette motion est-elle adoptée?
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Alors, cette motion est adoptée. Maintenant,
nous allons passer à la deuxième motion sans préavis, un membre du
groupe formant l'opposition officielle, M. le chef...
Arcand
: Mme la Présidente, je sollicite le consentement de cette Assemblée afin
de présenter la motion suivante conjointement
avec le premier ministre, le chef du deuxième groupe d'opposition, la cheffe du
troisième groupe d'opposition, le député de Chomedey et la députée de
Marie-Victorin :
«Que
l'Assemblée nationale du Québec condamne les actes terroristes perpétrés dans
deux mosquées de la ville de Christchurch en Nouvelle-Zélande le 15 mars
[dernier];
«Qu'elle
offre ses plus profondes sympathies aux familles des 50 victimes, aux nombreux
blessés et à tous ceux touchés de près ou de loin par ce massacre;
«Qu'elle
soit solidaire avec les communautés musulmanes du monde entier durant ces
moments difficiles;
«Qu'elle
réitère le droit fondamental de pratiquer sa religion en toute liberté et en
toute sécurité et condamne tout geste d'intolérance à l'endroit de toute
confession religieuse [qui] soit;
«[Enfin,
que] les membres de l'Assemblée nationale observent une minute de silence à la
mémoire des victimes.»
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Alors, est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette
motion?
Schneeberger
: ...de trois minutes par intervenant, dans l'ordre
suivant : le chef de l'opposition officielle, le premier ministre, le
chef de la deuxième opposition et la cheffe de la troisième opposition. Et j'ai
aussi la députée de Marie-Victorin.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Alors, je comprends qu'il y a consentement
pour débattre de cette motion et que
la durée des interventions fera un maximum de trois minutes chacune. Alors, je
reconnais un membre de l'opposition officielle.
Arcand
: Merci, Mme la Présidente. C'est avec énormément de tristesse que je
prends la parole aujourd'hui pour
dénoncer ce terrible attentat survenu dans les deux mosquées de la
Nouvelle-Zélande la semaine dernière. Difficile de comprendre encore comment un homme puisse commettre un geste aussi
violent et gratuit et, cette fois-ci, en plus, le diffuser sur Facebook.
D'innocentes victimes réunies pour la prière ont été victimes et la cible d'un
crime haineux.
Cet événement n'est pas, bien sûr, sans rappeler
l'attentat survenu à la mosquée de Québec le 29 janvier 2019. Et, il y
a quelques semaines, on célébrait en
cette Chambre le deuxième anniversaire de cette tragédie. À cette occasion,
j'ai formulé le souhait que de tels crimes ne se reproduisent plus. Malheureusement,
force est de constater que des changements
profonds dans notre société provoquent parfois une peur, une peur qui, dans
hélas! trop de cas, se transforme en
haine. L'attentat de la semaine
dernière, bien qu'il soit survenu à
des milliers de kilomètres d'ici, a des répercussions chez les communautés musulmanes du Québec. Comment peuvent-ils se
sentir aujourd'hui en sécurité? Un administrateur du Centre
culturel islamique de Québec, M. Mohamed Labidi, s'est attristé de voir
que l'humanité n'a pas appris la leçon de
ce qui s'est passé pour les innocentes victimes qui sont tombées ici, à Québec.
C'est effectivement troublant de constater qu'une même tragédie se
reproduise.
J'invite
la population québécoise à profiter de la Journée internationale pour
l'élimination de la discrimination raciale, qui se déroulera le 21 mars,
soit dans deux jours, pour diffuser des messages d'ouverture et de tolérance
sur les réseaux sociaux. «Tout
individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne», stipule
la Déclaration universelle des droits
de l'homme, adoptée par les Nations unies en 1948. Cette déclaration souligne
l'égalité de tous les êtres humains, peu
importent leurs origines ou leurs religions. C'est l'implication et
l'engagement de chacun d'entre nous à lutter contre la haine et
l'intolérance qui peuvent faire une différence. Nous ne devons pas tolérer des
paroles et des gestes qui compromettent la liberté des gens.
profite également de cette tribune qui m'est offerte aujourd'hui pour souligner
la 20e Semaine d'actions contre le
racisme, qui se déroulera du 21 au 31 mars. Le lancement des activités
dans le cadre de cette semaine aura lieu à l'hôtel de ville de Montréal
ce jeudi. Je félicite les organisateurs pour cette initiative. Chaque geste
peut faire une différence. Ensemble, nous
devons combattre le racisme, l'intolérance et la haine. Et le Québec tout
entier a le devoir d'être une société exemplaire. Merci, Mme la
Présidente.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le chef de l'opposition
officielle. Maintenant, je cède la parole à M. le premier ministre.
M. Legault
: Oui. Mme la Présidente, vendredi dernier, on s'est réveillés avec des
nouvelles terribles en provenance de
Nouvelle-Zélande. 50 personnes ont été tuées à cause de la haine,
50 personnes qui étaient rassemblées paisiblement dans leur mosquée. Cette violence, cette
intolérance, on doit tous les dénoncer fortement. Il n'y a pas de place pour la
haine dans nos sociétés. Il n'y a pas de place pour l'extrémisme dans nos
sociétés. Le Québec est entièrement solidaire de la Nouvelle-Zélande.
Nous
aussi, on a connu, il y a deux ans, une tragédie terrible. Pourtant, le Québec
est un peuple paisible, accueillant. Mais
cette intolérance a quand même réussi à se glisser parmi nous. Ça nous rappelle
qu'il ne faut jamais baisser les bras, qu'on
ne doit jamais permettre à la violence de prendre racine dans nos sociétés. On
doit rester solidaires, on doit rester unis.
C'est ça qu'on a fait au lendemain de l'attentat du 29 janvier 2017. Des
milliers de Québécois se sont levés, se sont levés contre la division, se sont
levés contre la haine. Des milliers de Québécois se sont rassemblés pour rendre
hommage, encore cette année, aux victimes, pour montrer notre vrai
visage.
Aujourd'hui,
on se lève pour le peuple de la Nouvelle-Zélande. Je veux dire à la première
ministre, Mme Jacinda Ardern,
qu'un tel acte de haine laisse des cicatrices, des cicatrices avec lesquelles
on doit apprendre à vivre. Mais,
à travers cette terrible épreuve, le vrai visage d'un peuple chaleureux finit
par prévaloir.
Donc,
au nom du gouvernement du Québec, en mon nom personnel, je veux exprimer mes plus
sincères condoléances aux familles et aux proches des victimes et tout
mon soutien au peuple de Nouvelle-Zélande. Merci.
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, M. le premier ministre. Maintenant, je reconnais le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Bérubé : Mme la Présidente, comme tous les Québécois, comme tous mes collègues députés de l'Assemblée nationale, j'ai été atterré
d'apprendre que la Nouvelle-Zélande avait été le théâtre, vendredi dernier, d'un
terrible attentat, des gestes motivés par la haine, la peur, l'ignorance, des
gestes d'une cruauté sans nom, absolument inadmissibles dans un monde que l'on souhaite voir évoluer, devenir meilleur. Nous savons que
l'auteur présumé de cette folie ne représente pas la Nouvelle-Zélande, un pays, au contraire, reconnu pour sa qualité
de vie et son ouverture, tout comme ce fut le cas lorsqu'un drame
semblable a frappé notre capitale nationale il y a deux ans.
Au nom de ma formation politique, le Parti
québécois, j'aimerais témoigner ma solidarité au peuple de la Nouvelle-Zélande, à sa solide et digne première
ministre, Mme Jacinda Ardern, et surtout aux proches et aux familles
des personnes blessées, ou disparues, ou
encore éprouvées. Nous le savons mieux que quiconque, le sentiment d'injustice
ressenti est, comme le vide laissé derrière par les disparus, immense. Mais, au
silence laissé par ces 50 vies indûment écourtées, le Québec, comme le
monde entier, répond par un appel à l'unité et à la tolérance. Les gens de bien
ne se laisseront pas abattre. Nous
continuerons de lutter contre tout ce qui peut diviser nos communautés. Dans
l'immédiat, toutefois, nous ne
pouvons que souhaiter qu'une chose, que les personnes touchées de près ou de
loin par le drame de Christchurch puissent, un jour, retrouver la
sérénité, la confiance en l'avenir. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le chef du deuxième groupe
d'opposition. Maintenant, je reconnais la parole à Mme la cheffe du
troisième groupe d'opposition.
Mme Massé
: Merci, Mme la Présidente. En fait, il y a des jours où on ne trouve pas
les mots. Aujourd'hui en est un.
Comment exprimer la tristesse ressentie vendredi dernier devant les images de
la tragédie de Christchurch, à peine deux
ans après la tragédie vécue ici même, à la Grande mosquée de Québec? Comment
décrire la honte qui me monte à la gorge
quand je vois l'islamophobie qui, hier, faisait six victimes pas très loin
d'ici et se retrouve, avant-hier, à l'autre bout du monde, encore une
fois, pour enlever 50 vies à des gens qui ne faisaient qu'une chose,
c'est-à-dire prier?
Alors, je
veux emprunter les mots de la première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern,
une femme qui a gagné l'admiration du
monde entier par son courage, le courage de dire les choses telles qu'elles
sont, des mots simples, mais, Mme la
Présidente, les mots les plus simples sont souvent les plus vrais. Alors, elle
a dit : «They are us.» Je veux répéter ces
mots à nos concitoyens et concitoyennes de la communauté musulmane, pratiquante
ou non, aujourd'hui : Au Québec, comme
en Nouvelle-Zélande, vous êtes nous, votre deuil est le nôtre. En attaquant...
en s'attaquant, pardon, à vous, ces assassins
s'en prennent à nous tous et à nous toutes. Comme elle disait, Mme Ardern
: Je ne vais pas les nommer. Bien, moi
non plus, je ne vais pas les nommer, parce que je ne veux pas faire résonner
leurs noms, mais je veux nommer par contre
ce qu'ils ont essayé d'éteindre, de tuer, d'éliminer : la solidarité entre les
gens, entre les peuples, la différence, les gens qui ne nous ressemblent
pas, la diversité et, bien sûr, la tolérance.
Bien, Mme la
Présidente, et mes confrères des autres partis l'ont dit, ils ont raté leur
cible. Ils ont raté leur cible. Notre solidarité est plus forte que
jamais.
Aujourd'hui,
en ce moment, en ces heures sombres, tant au Québec qu'en Nouvelle-Zélande, on
pleure. On est avec vous, les gens
touchés, premièrement les familles, les proches, les amis, le peuple
néo-zélandais, les musulmans, musulmanes de partout sur la planète, qui sont
souvent, on l'oublie, les premières personnes touchées par toute forme d'extrémisme. Et demain il faut reprendre ce
combat, parce qu'on y croit, ce combat contre une idéologie tordue, contre
le racisme sous toutes ses formes. Et vous
pouvez être assurés que ma formation politique sera toujours de ce combat.
Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
Mme la cheffe du troisième groupe d'opposition. Maintenant, je reconnais la
parole à Mme la députée de Marie-Victorin.
Fournier
: Merci, Mme la Présidente. Je tiens à offrir, en mon nom
et au nom de tous mes concitoyens de Marie-Victorin,
mes plus sincères pensées de compassion à la famille et aux proches de toutes
les victimes de la tragédie de Christchurch ainsi qu'au peuple néo-zélandais
dans son ensemble.
Les mots
manquent lorsque l'horreur frappe. Il nous est cependant nécessaire de rompre
avec le silence de cette horreur pour
dire tous ensemble, d'une seule voix, d'une seule humanité, que nous sommes
unis dans le désir de faire de cette
terre un endroit où tous se sentiront en sécurité, aimés et libres. Ici comme
ailleurs, il est du devoir des nations de
bâtir un meilleur vivre-ensemble pour nous permettre de triompher de
l'extrémisme. Je souhaite ainsi dire à tous les citoyens de confession musulmane du Québec que nous continuerons de
travailler tous ensemble à faire du Québec un pays où tous se sentiront
en sécurité chez soi.
Aujourd'hui
et pour toujours, je veux assurer à toutes les victimes de ces actes barbares,
à leurs proches et à leurs communautés toute notre aide et notre amitié.
Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme
Soucy) : Je vous remercie.
Est-ce que cette motion est adoptée?
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Motion
adoptée. Oui, M. le...
M. Proulx : Est-ce que je peux vous
demander...
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Ce sera
fait, M. le leader de l'opposition officielle.
Maintenant, je vous demanderais qu'on garde une
minute de silence. Alors, veuillez vous lever.
• (15 h 18 — 15
h 19) •
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Je vous
remercie. Vous pouvez vous asseoir.
Maintenant, je vais reconnaître un membre du
troisième groupe d'opposition pour sa motion... du deuxième groupe, pardon, du
deuxième groupe d'opposition. Alors, M. le député de Chicoutimi, la parole est
à vous.
M. Gaudreault : Député de Jonquière, Mme
la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Jonquière. Excusez-moi.
M. Gaudreault : Faites attention à ce que
vous dites.
Des voix
: Ha, ha, ha!
Gaudreault : Mme la Présidente, je sollicite le consentement des membres de
cette Assemblée afin de présenter, conjointement avec le ministre de
l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, la députée
de Maurice-Richard, la députée de
Rouyn-Noranda—Témiscamingue,
le député de Chomedey et la députée de Marie-Victorin, la
motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement du Québec de faire en sorte que
cesse le dépôt illégal de sols contaminés sur des terres
agricoles, notamment en implantant un système de traçabilité obligatoire des
sols, en augmentant significativement les
peines et amendes imposées aux contrevenants et en s'assurant que tous les sols
contaminés soient traités dans [les] sites prévus à cette fin.»
Merci.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Je
vous remercie, M. le député de Jonquière. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette motion?
Schneeberger
: Il y a consentement,
sans débat.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Cette
motion est-elle adoptée?
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Alors, motion adoptée. Maintenant, je vais reconnaître un membre du troisième
groupe d'opposition pour sa motion. Mme la cheffe du troisième groupe d'opposition,
la parole est à vous.
Mme Massé
: Merci, Mme la Présidente. Alors, je demande le consentement de la Chambre
pour débattre de la motion suivante conjointement avec le député de
Jonquière et la députée de Marie-Victorin :
«Que l'Assemblée nationale salue la participation de dizaines de milliers de
jeunes citoyens et citoyennes, qui ont
manifesté vendredi dernier pour demander aux gouvernements une action
décisive pour faire face à l'urgence climatique;
«Que l'Assemblée nationale demande au gouvernement de répondre
positivement aux trois revendications des marcheurs,
c'est-à-dire : établir un programme d'éducation à l'environnement et [...] sensibilisation à la crise climatique;
adopter une loi climatique forçant
l'atteinte des cibles recommandées par le GIEC pour limiter le réchauffement
planétaire à 1,5 degré Celsius; [et]
demander aux établissements d'enseignement de retirer leurs investissements
dans les énergies fossiles et de tenir un bilan carbone institutionnel.»
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci.
Est-ce qu'il y a consentement pour en débattre?
Schneeberger
: Pas de consentement.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Est-ce que cette motion est... Pas de
consentement. Excusez-moi. Alors, je reconnais Mme la députée de
Marie-Victorin. La parole est à vous.
Fournier
: Mme la Présidente, je sollicite le consentement des
membres de cette Assemblée afin de présenter, conjointement avec le
député de Jonquière, la députée de Mercier et le député de Chomedey, la motion
suivante :
«Que l'Assemblée nationale affirme l'importance
d'assurer l'avenir de la nation québécoise en saisissant la responsabilité qui incombe à chaque nation du
monde de léguer aux générations montantes et futures une planète en santé;
«Qu'elle
demande au gouvernement du Québec de reconnaître son devoir de répondre de
façon urgente à la crise climatique, notamment en haussant
significativement les investissements pour accélérer la transition écologique
sur notre territoire et en maximisant l'influence internationale du Québec en
matière de protection de l'environnement.»
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
Mme la députée. Est-ce qu'il y a consentement pour en débattre?
Schneeberger
Consentement, sans débat.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Alors,
est-ce que cette motion est adoptée? M. le...
Schneeberger
: Alors, je demande le consentement pour déroger à l'article 84.1 de notre
règlement afin de déposer une motion...
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : ...M. le
leader. Juste un instant. Est-ce que cette motion est adoptée?
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Oui.
Merci. Alors, motion adoptée.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Oui.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Alors,
est-ce qu'il y a cinq députés qui veulent un vote nominal?
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Alors,
qu'on appelle les députés.
• (15 h 23 — 15 h 26) •
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Alors, nous
allons procéder au vote. Les députés qui sont en faveur de cette motion,
qu'ils se lèvent.
Secrétaire adjointe
: Mme Fournier (Marie-Victorin).
M. Jolin-Barrette (Borduas), M. Laframboise
(Blainville), Mme D'Amours (Mirabel), Mme Chassé (Châteauguay), M. Girard (Groulx),
Mme McCann (Sanguinet), M. Fitzgibbon (Terrebonne), Mme Roy
(Montarville), M. Lemay (Masson), M. Simard (Montmorency),
Mme Lavallée (Repentigny), M. Martel (Nicolet-Bécancour),
M. Roberge (Chambly), Mme LeBel (Champlain), M. Lévesque
(Chauveau), Mme Lachance (Bellechasse), M. Charette (Deux-Montagnes),
M. Lamontagne (Johnson), M. Carmant (Taillon), Mme Blais
(Prévost), M. Caire (La Peltrie), M. Lefebvre (Arthabaska),
M. Dubé (La Prairie), Mme Laforest (Chicoutimi), M. Skeete
(Sainte-Rose), Mme Samson (Iberville), Mme Hébert (Saint-François),
M. Lacombe (Papineau), Mme Proulx (Berthier), Mme Charest
(Brome-Missisquoi), M. Schneeberger
(Drummond—Bois-Francs),
Mme Girault (Bertrand), M. Julien (Charlesbourg), M. Boulet
(Trois-Rivières), Mme Proulx (Côte-du-Sud),
M. Lafrenière (Vachon), M. Poulin (Beauce-Sud), M. Émond
(Richelieu), M. Bachand (Richmond), Mme IsaBelle (Huntingdon),
Mme Foster (Charlevoix—Côte-de-Beaupré),
M. Bélanger (Orford), Mme Picard
(Soulanges), Mme Jeannotte (Labelle), M. Tardif (Rivière-du-Loup—Témiscouata),
M. Asselin (Vanier-Les Rivières), M. Reid
(Beauharnois), Mme Dansereau (Verchères), M. Lévesque (Chapleau),
M. Thouin (Rousseau), Mme Blais
(Abitibi-Ouest), M. Campeau (Bourget), Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice),
M. Caron (Portneuf), Mme Grondin (Argenteuil),
M. Girard (Lac-Saint-Jean), Mme Lecours (Les Plaines),
M. Lemieux (Saint-Jean), Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac),
M. Provençal (Beauce-Nord), M. Allaire (Maskinongé),
Mme Guillemette (Roberval), M. Jacques (Mégantic).
M. Arcand
(Mont-Royal—Outremont), M. Proulx (Jean-Talon), M. Leitão
(Robert-Baldwin), M. Barrette (La Pinière),
Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel), M. Birnbaum (D'Arcy-McGee),
Mme St-Pierre (Acadie), Mme Weil (Notre-Dame-de-Grâce), M. Tanguay
(LaFontaine), Mme David (Marguerite-Bourgeoys), Mme Montpetit
(Maurice-Richard), Mme Melançon (Verdun), Mme Ménard
(Laporte), Mme Anglade (Saint-Henri—Sainte-Anne),
M. Fortin (Pontiac), Mme Nichols
(Vaudreuil), Mme Charbonneau (Mille-Îles), Mme Robitaille
(Bourassa-Sauvé), M. Kelley (Jacques-Cartier), Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis),
M. Benjamin (Viau), M. Derraji (Nelligan), Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger),
Mme Sauvé (Fabre), Mme Rizqy (Saint-Laurent), M. Ciccone
(Marquette).
M. Bérubé
(Matane-Matapédia), M. Ouellet (René-Lévesque), M. LeBel (Rimouski),
Mme Hivon (Joliette), Mme Richard (Duplessis), M. Gaudreault
(Jonquière), M. Roy (Bonaventure), M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine), Mme Perry Mélançon (Gaspé).
Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques), M. Nadeau-Dubois (Gouin),
Mme Labrie (Sherbrooke), M. Marissal (Rosemont), Mme Ghazal (Mercier), M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve), Mme Lessard-Therrien (Rouyn-Noranda—Témiscamingue),
M. Zanetti (Jean-Lesage), M. Fontecilla (Laurier-Dorion),
Mme Dorion (Taschereau).
M. Ouellette
(Chomedey).
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Est-ce qu'il y
a des députés contre cette motion? Est-ce qu'il y a abstention? Le résultat
du...
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Le résultat. O.K.
Une voix
Oui. Mme la Présidente, si vous...
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Oui. Il y a consentement? Consentement.
La Secrétaire
adjointe
: Mme Guilbault (Louis-Hébert).
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Alors, je
comprends que vous êtes pour, hein? Alors, le résultat de ce vote.
Le Secrétaire : Pour : 111
Contre :
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Alors, cette motion est adoptée. M. le leader du gouvernement.
Schneeberger : Oui. Alors, Mme la Présidente, je demande
le consentement pour déroger à l'article 84.1 de notre règlement afin de déposer une motion rétroactive de consultations particulières donnant suite à une entente entre les
leaders et les députés indépendants.
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Est-ce qu'il y a consentement
pour déroger? Consentement. M. le leader du gouvernement.
Schneeberger :
Alors, je fais motion, conformément à l'article 146 du règlement de
l'Assemblée nationale, afin :
«Que
l'Assemblée nationale entérine le mandat donné à la Commission de la culture et
de l'éducation, dans le cadre de
l'étude du projet de loi n° 12,
Loi visant à préciser la portée du droit à la gratuité scolaire et à permettre l'encadrement de certaines contributions
financières pouvant être exigées, de procéder à des consultations particulières et tenir des auditions publiques le
mardi 19 mars de 10 heures à 11 h 45, après les affaires
courantes vers 15 h 30 à 17 h 45 et de 19 h 30 à 21 heures, le mercredi
20 mars après les affaires courantes vers 11 h 15 jusqu'à
12 h 45 et de 15 heures à 18 heures, le jeudi 21 mars après les affaires courantes vers
11 h 15 à 12 h 45 et le vendredi 22 mars [...] de
9 h 30 à 12 h 30;
«Qu'à cette fin, la commission
entende les personnes et organismes suivants : l'Association des
commissions scolaires anglophones du Québec; l'Association des directeurs
généraux des commissions scolaires anglophones du Québec; l'Association des directeurs généraux des commissions scolaires;
la Fédération québécoise des [directeurs] d'établissement d'enseignement; l'Association québécoise des cadres
scolaires; l'Association québécoise du personnel de direction des écoles; l'Association des administrateurs des écoles
anglophones du Québec; l'Association des comités de parents anglophones du Québec; la centrale [syndicale] du Québec; la
Fédération des syndicats de l'enseignement; la Fédération autonome de
l'enseignement; l'Association provinciale des enseignantes et enseignants du
Québec; la Fédération
des commissions scolaires du Québec; le Conseil supérieur de l'éducation; la
Fédération des comités de parents du Québec; Debout pour l'école; la
Confédération des syndicats nationaux; la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys;
l'Association québécoise de la garde scolaire;
«Qu'une période de 12 minutes soit prévue pour les
remarques préliminaires, répartie de la manière suivante :
6 minutes au groupe parlementaire
formant le gouvernement, 4 minutes au groupe parlementaire formant
l'opposition officielle, 1 minute au deuxième groupe d'opposition
et 1 minute au troisième groupe d'opposition;
«Que la durée maximale de l'exposé de chaque organisme soit
de 10 minutes et l'échange avec les membres de la commission soit d'une durée maximale de
35 minutes partagées ainsi : 17 minutes 30 [...] pour le
groupe parlementaire formant le gouvernement,
11 minutes 40 [...] pour l'opposition officielle,
2 minutes 55 [...] pour le deuxième groupe d'opposition et
2 minutes 55 [...] pour le troisième groupe d'opposition; et enfin
«Que le ministre de l'Éducation et de l'Enseignement
supérieur soit membre de ladite commission pour la durée
du mandat.»
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Est-ce qu'il y
a consentement pour débattre de cette motion? Cette motion
est-elle adoptée?
Vice-Présidente (Mme Soucy) : M. le leader du gouvernement.
Schneeberger : Oui. Mme la
Présidente, je demande le consentement pour déroger à l'article 84.1 de
notre règlement afin de
déposer une motion rétroactive de consultations particulières donnant suite à
une entente entre les leaders et les députés indépendants.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Y a-t-il consentement ?
Consentement. M. le leader du gouvernement.
Schneeberger : Alors, je
fais motion, conformément à l'article 146 du règlement de l'Assemblée
nationale, afin :
«Que l'Assemblée nationale entérine le mandat donné à la
Commission des institutions, dans le cadre de l'étude du projet de loi n° 6, Loi transférant au commissaire
au lobbyisme la responsabilité du registre des lobbyistes et donnant suite à la recommandation de la Commission
Charbonneau concernant le délai de prescription applicable à la prise [de]
poursuite pénale, de procéder à des
consultations particulières et de tenir des auditions publiques les 2 et
3 avril 2019;
«Qu'à
cette fin, la commission entende les organismes suivants : l'Association
québécoise des lobbyistes; le Conseil du
patronat du Québec; la Fédération des chambres de commerce du Québec; l'Alliance
des cabinets de relations publiques
du Québec; la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante; le
Commissaire au lobbyisme; la Table des regroupements provinciaux
d'organismes communautaires; la Commission d'accès à l'information; la Fédération
québécoise des municipalités; [et] l'Union des municipalités du Québec;
«Qu'une
période de 12 minutes soit prévue pour les remarques
préliminaires répartie de la manière suivante : 5 minutes 30 [...] pour le groupe parlementaire formant le gouvernement,
3 minutes 40 [...] pour l'opposition officielle, 1 minute au deuxième groupe d'opposition, 1 minute au troisième groupe
d'opposition et finalement 50 secondes au député indépendant;
«Que
la durée maximale de l'exposé de chaque organisme soit de 10 minutes et
l'échange avec les membres de la commission
soit d'une durée de 35 minutes partagées ainsi : 16 minutes
10 secondes pour le groupe parlementaire formant le gouvernement, 10 minutes 50 [...] pour
l'opposition officielle, 2 minutes 45 [...] pour le deuxième groupe
d'opposition, [et] 2 minutes 45 [...] pour le troisième groupe
d'opposition [...] 2 minutes 30 [...] pour [les députés
indépendants];
«Que la ministre de
la Justice soit membre de ladite commission pour la durée du mandat.»
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette
motion? Pas de consentement. Alors, est-ce que cette motion est adoptée?
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : M. le leader adjoint.
Schneeberger : Alors, Mme la Présidente, pour une troisième
fois, je demande le consentement pour déroger à l'article 84.1 de
notre règlement afin de déposer une motion rétroactive de consultations
particulières donnant suite à une entente entre les leaders et les députés
indépendants.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Est-ce qu'il y a consentement pour déroger? M. le leader adjoint.
Schneeberger : Alors, je fais motion, conformément à
l'article 146 du règlement de l'Assemblée nationale, afin :
«Que
l'Assemblée nationale entérine le mandat donné à la Commission de la santé et
des services sociaux, dans le cadre
de l'étude du projet de loi n° 7, Loi concernant certaines conditions de
travail applicables aux cadres du réseau de la santé et des services
sociaux, de procéder à des consultations particulières et de tenir des
auditions publiques le mercredi 20 mars 2019 de 15[...] à
17 h 30;
«Qu'à cette
fin, la commission entende les personnes et organismes suivants :
l'Association des gestionnaires des établissements
de santé et de services sociaux[...]; l'Association du personnel d'encadrement
du réseau de la santé et des services sociaux; l'Association des cadres
supérieurs de la santé et des services sociaux — oui, c'est ça;
«Qu'une période de 12 minutes soit prévue pour les remarques préliminaires,
répartie de la manière suivante : 6 minutes au groupe parlementaire formant le gouvernement, 4 minutes au
groupe parlementaire formant l'opposition officielle, 1 minute au
deuxième groupe d'opposition et 1 minute au troisième groupe d'opposition;
«Que la durée
maximale de l'exposé de chaque organisme soit de 10 minutes et l'échange
avec les membres de la commission
soit d'une durée maximale de 35 minutes partagées ainsi : 17 minutes 30 [...] pour le groupe parlementaire formant le
gouvernement, 11 minutes 40 [...] pour l'opposition officielle,
2 minutes 55 [...] pour le deuxième groupe d'opposition et
2 minutes 55 [...] pour le troisième groupe d'opposition;
«Que la ministre de la Santé et des Services sociaux soit membre de ladite commission
pour la durée du mandat.»
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Est-ce
qu'il y a consentement pour en débattre? Alors, est-ce que cette motion est
adoptée?
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Motion adoptée. Alors, M. le leader adjoint.
Schneeberger :
Alors, pour l'avis touchant les travaux de commissions. J'avise cette Assemblée
que la Commission de la culture et de
l'éducation poursuivra les consultations particulières sur le projet de loi
n° 12, Loi visant à préciser la
portée du droit à la gratuité scolaire et à permettre l'encadrement de
certaines contributions financières pouvant être exigées, aujourd'hui,
dès 15 h 30 jusqu'à 17 h 45, de 19 h 30 à
20 h 15, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le leader adjoint. Alors, pour
ma part, je vous avise que la Commission de l'aménagement du territoire
se réunira en séance de travail aujourd'hui, après les affaires courantes, pour une durée d'une heure, à la salle RC.161,
afin de faire le suivi des recommandations du mandat d'initiative portant
sur l'accès aux services financiers de
proximité en région et pour discuter de la possibilité que la commission se
saisisse d'un mandat de surveillance ou de reddition de comptes.
Maintenant,
nous avons eu des demandes de débats de fin de séance. Alors, je vous informe
qu'un débat de fin de séance se tiendra aujourd'hui sur une question
adressée par Mme la députée de Verdun à la ministre de la Culture et des Communications concernant l'absence de
considération de la ministre sur les impacts potentiels du projet de loi
n° 12 sur les sorties scolaires culturelles.
M. le leader
du... aux renseignements sur les travaux
de l'Assemblée... Alors, je vais suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 15 h 40)
Le Président : Mmes, MM. les
députés, nous reprenons nos travaux.
Je vous ai
avisés un peu plus tôt que j'avais été informé que le leader du troisième groupe d'opposition et député
Gouin souhaitait soulever une question
de directive et faire des représentations sur l'impact du changement sur le
statut des deuxième et troisième groupes d'opposition à l'Assemblée.
Je suis revenu et maintenant prêt à
entendre ses représentations ainsi que celles des autres leaders, s'ils le
souhaitent. Et je débuterai par le leader du troisième groupe
d'opposition. M. le leader, à vous la parole.
M. Nadeau-Dubois :
Merci, M. le Président. Depuis la dernière fois où on a siégé dans cette
Assemblée, la députée de Marie-Victorin
a pris la décision de quitter le caucus du Parti québécois. Elle va dorénavant
siéger à
titre de députée indépendante.
Il y a donc maintenant neuf députés qui siègent en cette Chambre sous la
bannière du Parti québécois, qui est jusqu'à maintenant reconnu comme deuxième
groupe d'opposition. Et, à Québec solidaire, il y en a toujours 10, donc
un de plus. Et, en date d'aujourd'hui, nous sommes toujours considérés comme le
troisième groupe d'opposition.
Cette
situation, vous en conviendrez, elle est exceptionnelle. Elle nécessite votre
intervention, et je vous remercie de
nous permettre cet après-midi de faire valoir nos arguments. Je vais être aussi
bref que possible, mais, en même temps, vous me permettrez de présenter
nos arguments de manière exhaustive.
D'abord,
prenons quelques pas de recul. Il y a quelques mois, les résultats du
1er octobre 2018 ont provoqué des discussions entre les partis politiques représentés dans cette
Assemblée. Face à une cohorte de députés politiquement plus diversifiée que jamais, nous avons dû adapter
notre mode de fonctionnement. En effet, les membres de cette Assemblée ont dû, pour la première fois, composer avec la
présence de trois groupes d'opposition, et les partis se sont entendus afin
d'assurer à chaque parti représenté ici les
moyens parlementaires nécessaires pour remplir le mandat que leur a confié
la population.
Ainsi, l'entente
convenue entre les quatre formations politiques permet certaines dérogations au
règlement de l'Assemblée ainsi qu'à la Loi
de l'Assemblée nationale pour la durée de la présente législature afin que tous
les partis disposent du statut de groupe parlementaire. Néanmoins, et j'insiste
déjà sur ce premier élément là, néanmoins, chacune des dispositions de cette entente respecte un même
principe de base : les groupes parlementaires, ils sont considérés les uns
par rapport aux autres avant tout en fonction de leur nombre de députés.
M. le Président, ce principe-là, c'est le principe le plus fondamental, dans l'organisation de l'Assemblée
nationale depuis toujours. C'est le principe qui détermine quel parti
forme le gouvernement, quel parti forme l'opposition officielle, et ainsi de
suite.
M. le Président, dans
toute notre histoire politique et parlementaire, ce principe-là n'a jamais,
jamais souffert d'aucune exception, jamais.
D'ailleurs, c'est en accord avec ce principe fondamental que l'entente
relative à la 42e législature
s'est assurée que tous les moyens parlementaires soient répartis selon l'importance
numérique de chaque parti en début de législature.
M. le Président, tout en étant convaincus que le Parti québécois doit conserver
son statut de groupe parlementaire,
nous croyons qu'une révision des moyens parlementaires est à propos et que les
statuts de deuxième et de troisième oppositions doivent être reconsidérés afin de respecter ce
principe de base de notre régime parlementaire, un principe qui transcende toute entente particulière et qui régit n'importe quelle
assemblée législative, celui de la proportionnalité entre le
nombre de députés et le statut de ce parti dans l'Assemblée.
Précisons
quelque chose d'entrée de jeu. Nous sommes d'avis que le Parti québécois doit conserver son statut de groupe
parlementaire, et ce, malgré qu'il ne soit composé dorénavant que de neuf
députés. En cette matière, la jurisprudence, elle est claire. Rappelons-nous
qu'au cours de la 39e législature à la suite de l'adoption d'une entente semblable à celle qui encadre nos travaux
aujourd'hui l'Action démocratique du Québec avait conservé son statut de groupe
parlementaire, même si elle avait subi le départ de deux députés en cours de
route.
L' Encyclopédie du
parlementarisme québécois décrit d'ailleurs la situation de la manière
suivante, et je cite : «En vertu de ce
document en vigueur pour la durée de la législature, constituait un groupe
parlementaire tout groupe de députés
issus d'un parti politique qui, aux dernières élections générales, avait fait
élire au moins cinq députés et recueilli 11 % des voix. L'ADQ a conservé ce statut malgré la décision de
deux de ses membres de siéger comme indépendants.»
Bref, il nous
apparaîtrait injuste aujourd'hui de remettre en question le statut de groupe
parlementaire du Parti québécois dans un
contexte où, relativement récemment dans notre histoire politique, ce statut a
été maintenu pour un caucus de quatre
élus seulement. Comme dans la situation actuelle, le nombre de députés de
l'Action démocratique du Québec était
alors inférieur à ce qui était indiqué initialement dans l'entente. Selon nous,
cette question devrait donc être facile à trancher.
ce n'est pas tout. Nous soumettons également à votre attention l'importance de
répartir les moyens de contrôle parlementaire afin que cette répartition
reflète fidèlement la composition actuelle de l'Assemblée afin de permettre à chaque député qui y siège de jouer son rôle
pleinement. En cette matière, les précédents sont tout aussi clairs et unanimes.
Les mesures parlementaires et les temps de
parole maintenant attribués à la nouvelle députée indépendante de
Marie-Victorin devront être
principalement amputés sur ceux étant dédiés au Parti québécois dans l'entente
initiale. Nous appuyons cette affirmation
sur la base de plusieurs décisions rendues par la présidence au fil des ans.
Par souci de brièveté et d'efficacité, je
ne vais pas lire toutes ces décisions, mais je vais en déposer cinq qui sont
toutes claires à cet effet : d'abord, la décision 74/22 du 11 novembre 2009, deuxièmement, la
décision 74/23 du 20 avril 2010, ensuite la décision 74/27 du 17 avril 2012,
ensuite la décision 74/29 du 18 septembre 2013 et finalement la décision 74/30
du 11 février 2011.
vais quand même me permettre de lire une autre décision, la sixième, parce
qu'elle est probablement la plus éclairante relativement au sujet qui nous occupe aujourd'hui. Il s'agit de la
décision 74/24, rendue par le président Chagnon le 20 septembre 2011, une entente qui avait été rendue suite au départ
de six députés du caucus du Parti québécois, qui formait à l'époque
l'opposition officielle.
cite cette décision, M. le Président : «Au début de chaque nouvelle
législature, de même qu'à chaque fois que nécessaire au cours de l'une d'elles, le président répartit les mesures
et les temps de parole en se basant sur la jurisprudence parlementaire
et les précédents en la matière dans le but de favoriser l'exercice efficace du
rôle de député.
«[...]À la
suite des élections générales de 2008, le groupe parlementaire formant le
gouvernement, celui formant l'opposition officielle et tous les autres
députés ont négocié ensemble la répartition des mesures de contrôle et la reconnaissance de l'Action démocratique du Québec
comme groupe parlementaire. Le fruit de ces négociations se trouve enchâssé dans le document intitulé Reconnaissance
de l'ADQ comme groupe parlementaire et répartition des mesures entre les députés de l'opposition pour la durée de
la 39e législature . Ce document a
été adopté à l'unanimité le 21 avril 2009 dans le cadre de la réforme
parlementaire.»
Je cite
toujours : «Toutefois — et j'insiste sur ce passage-là — avec
l'arrivée de nouveaux députés indépendants, la logique qui découlait de
ce document adopté par l'Assemblée pour la répartition des mesures ne tient
plus. Cette situation particulière requiert que la présidence modifie la
répartition des mesures et des temps de parole en cours de législature.» Fin de
la citation.
M. le Président, cette décision-là et les cinq autres que je viens tout juste de vous
déposer, elles sont toutes absolument unanimes et absolument limpides. Les
mesures de contrôle et les temps de parole doivent être redistribués à chaque fois qu'un changement de composition de
l'Assemblée justifie un tel changement. Contester ce principe élémentaire
de notre Parlement nous conduirait à des situations
injustifiables démocratiquement. Il serait complètement absurde qu'une formation
politique maintienne ses temps de parole initiaux
malgré des changements dans son nombre de députés, que ces
changements-là soient à la hausse ou à la baisse.
Et je fais
remarquer qu'il ne s'agit d'ailleurs pas d'une situation
exceptionnelle, là. Des démissions, des changements d'allégeance, des élections
partielles, ce sont des événements courants dans la vie de l'Assemblée nationale du Québec. Et à chaque
fois où ces éléments-là se sont produits, ils ont nécessité des ajustements.
Et, à chaque fois, ces ajustements-là ont
été décrétés par la présidence, et ce, qu'il
y ait eu ou non une entente en début
de législature entre les partis. M. le Président, il n'existe aucune raison,
aucune, pour que, cette fois-ci, les choses soient différentes.
Ces deux premiers aspects-là étant traités, j'en
arrive maintenant à la troisième et la dernière
partie de mon argumentation, qui porte spécifiquement sur la détermination des deuxième et troisième groupes d'opposition. Je veux faire un retour en
arrière une deuxième fois. À la suite des dernières élections, il y a
deux partis, Québec solidaire et le Parti
québécois, qui se sont retrouvés avec
le même nombre de députés. C'est une
situation assez rare, assez inusitée, et on a dû déterminer, lorsqu'on a discuté entre leaders parlementaires, on a
dû déterminer un critère pour identifier lequel des deux partis
formerait le deuxième groupe d'opposition. Il ne peut pas y avoir deux groupes
de... Il ne peut pas y avoir deux deuxièmes
groupes d'opposition. Ça ne marche pas. Il fallait trouver, donc, un critère
pour briser l'égalité. Et le critère retenu
est un critère assez logique, hein, c'est le pourcentage de votes exprimés. Et,
sur cette base-là, le Parti québécois a été désigné, naturellement,
comme deuxième groupe d'opposition.
Mais, M. le Président, j'attire votre attention
sur un élément très important. Il s'agit du seul élément de toute l'entente qui a été tranché sur la base du
pourcentage de votes. Dans toutes les autres dispositions de l'entente, c'est
le nombre de députés qui a été, et avec raison, le critère de base. Dans
l'entente, le Parti québécois et Québec solidaire disposent du même nombre de questions, du même nombre de motions, du
même temps d'intervention, et ainsi de suite. De la même manière, dans cette entente, le cycle déterminant l'ordre...
dans le cycle qui détermine l'ordre des questions, le deuxième groupe
d'opposition n'a pas de prédominance sur le troisième groupe. Et, en fait, le
principal privilège octroyé à la deuxième
opposition était d'intervenir et de voter avant la troisième opposition dans
les débats au salon bleu et en commission parlementaire.
Pourquoi
est-ce que l'entente fonctionne comme ça, M. le Président? Parce que, pour
toutes les autres questions, c'est le
critère du nombre de députés qui a été utilisé comme référence. Pourquoi? Parce
que c'est celui-là, le principe fondamental
qui organise les travaux de notre Assemblée, et c'est seulement parce qu'il y
avait égalité entre le nombre de
députés des deux groupes que la question se posait. Aujourd'hui, cette égalité,
elle n'existe plus. Et, cette égalité n'existant plus, le principe de proportion entre le nombre de députés et le statut
du groupe parlementaire doit reprendre le dessus.
Par ailleurs,
je souhaite rappeler que, malgré son nom, c'est-à-dire la Loi entérinant
l'Entente relative à la notion d'un
groupe parlementaire au fonctionnement de l'Assemblée et des commissions
parlementaires ainsi qu'aux aspects
budgétaires pour la durée de la 42e législature,
malgré son nom, donc, cette loi modifie uniquement la
Loi sur l'Assemblée
nationale afin d'ajuster la composition du
ce que cette loi-là touche, elle ne confère
donc pas un enchâssement par loi à l'ensemble de l'entente. En fait,
l'application de cette entente relève
des prérogatives de la présidence de l'Assemblée nationale. C'est donc
également à la présidence que revient
la responsabilité de l'interpréter à l'aune d'un ensemble de sources de droit,
à commencer, bien sûr, par les grands principes intrinsèques aux
assemblées législatives d'origine britannique.
Nous croyons
également que cette entente doit être interprétée, et c'est naturel, en regard
de sa finalité et de son contexte. De
toute évidence, la finalité de l'entente était de déroger aux règles
habituelles en ce qui a trait aux conditions de reconnais