Labour and the Economy — 13 April 2016 (41st Legislature, 1st Session)
CET 2016-04-13
Quebec — Committees
Nous
comptons donc aujourd'hui aussi sur la présence de leurs dirigeants, soit la
présidente-directrice générale de la
Commission de la construction du Québec, Mme Diane Lemieux, du
président-directeur général de la Régie du bâtiment du Québec, M. Stéphane Labrie, de la présidente
du conseil d'administration et chef de la direction de la CNESST,
Mme Manuelle Oudar, ainsi que de la présidente du Tribunal administratif
du travail, Mme Marie Lamarre.
Vous
aurez peut-être remarqué une diminution de l'enveloppe budgétaire réservée au
volet Travail dans le Plan économique
du Québec qui vient tout juste d'être déposé. D'entrée de jeu, je tiens à vous
assurer que cela ne diminue en rien la capacité du Secrétariat du
travail et des organismes responsables de l'encadrement du travail à contribuer
à la croissance et au développement social du Québec. Cette baisse s'explique par l'optimisation
réalisée à la suite de regroupements d'organismes dont je parlais un peu
plus tôt.
En effet,
depuis le 1er janvier dernier, la Commission
des normes du travail, la Commission de l'équité salariale et la Commission
de la santé et de la sécurité du travail forment la Commission des
normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail. Il s'agit
d'une porte d'entrée unique. Ce nouvel organisme
est responsable de la promotion des droits et des obligations en matière
de travail. Il en assure le respect auprès des travailleurs et des employeurs
québécois.
Aussi,
en lieu et place de la Commission des lésions professionnelles et de la
Commission des relations du travail, les
citoyens et les entreprises s'adressent maintenant à un seul interlocuteur, le
Tribunal administratif du travail. Celui-ci est appelé à statuer sur les recours exercés en vertu d'une quarantaine de
lois dans le domaine de l'emploi et des relations du travail, ce qui en fait un tribunal unique en son
genre au Canada. Et je me plais à dire au passage qu'il s'agit du plus
gros tribunal administratif du Canada.
Je rappelle qu'il s'agit de regroupements de
structures et non de missions. Ces regroupements s'inscrivent en toute
cohérence avec l'intention de notre gouvernement de simplifier les relations
des citoyens et des entreprises de l'État.
D'ailleurs, ces regroupements ont permis d'accroître l'accès à l'offre de
services de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la
sécurité du travail sur l'ensemble du territoire québécois.
Tout au long
de l'année, les médiateurs, conciliateurs et les spécialistes en relations du
travail du Secrétariat du
travail ont su mettre à profit leurs connaissances, leur expérience et leurs
compétences aussi pour aider à résoudre les conflits
au Québec. Ainsi, à ce jour, nous ne comptons que cinq
conflits en cours. Sur 8 472 conventions
collectives en vigueur au Québec à
l'heure actuelle, nous pouvons clairement
affirmer que le nombre de conflits est minime. Uniquement pour l'année
de crédits que nous étudions aujourd'hui, soit 2015‑2016, 1 080 conventions
collectives ont déjà été renouvelées. Vous
savez, M. le Président, on dit que, dans 95 % à 98 % des cas, les négociations se
règlent, au Québec, sans conflit de travail. Alors, je pense qu'on peut
s'enorgueillir de cette donnée-là.
En janvier
dernier, le gouvernement a annoncé son intention de porter le salaire minimum à
10,75 $ de l'heure dès le 1er
mai prochain. Il s'agit d'une hausse de 1,9 %. Je suis heureuse aussi de
vous annoncer aujourd'hui que cette hausse a été confirmée et qu'elle sera effective le 1er mai prochain. Cette
augmentation permettra de préserver l'équilibre qui doit exister entre la compétitivité des entreprises,
bien sûr, mais aussi l'amélioration de la rémunération des salariés à
faibles revenus. En effet, elle contribuera
à améliorer le pouvoir d'achat de 260 000 personnes au Québec, dont
147 000 femmes et 113 000 hommes.
Dans son
rapport du 27 novembre 2015, la Vérificatrice générale, Guylaine Leclerc, a
émis six recommandations en matière
de technologies de l'information. Ses observations visaient neuf entités
gouvernementales, dont la Commission de
la santé et de la sécurité du travail de l'époque. Ce qui me rassure, M. le
Président, c'est la déclaration de la Vérificatrice générale lors de la tenue de la Commission de
l'administration publique sur ce sujet, c'était le 10 mars 2016, je la
cite au texte : «...les plans d'action que toutes les entités nous ont
présentés, [...]sont, à notre avis, déjà satisfaisants...»
J'ai moi-même
rencontré la présidente de la Commission des normes, de l'équité, de la santé
et de la sécurité du travail, c'était le lundi 14 mars dernier, pour
lui faire part de mes préoccupations en matière de technologie de l'information
et aussi de mon intérêt, bien entendu, pour
suivre ce dossier de très près. La CNESST m'assure que la gestion
responsable et rigoureuse des technologies de l'information est une priorité dans l'organisation et qu'elle met tout en oeuvre afin que les processus de gestion
respectent les meilleurs standards en la matière. Son équipe m'a présenté son plan
d'action contenant 37 mesures structurantes, dont 32 sont déjà en oeuvre au
quotidien. À ce jour, cela correspond à 86 % des actions réalisées ou en
cours de l'être.
En ce qui
concerne l'équité salariale maintenant, je tiens à rappeler ici que c'est non
seulement un droit, mais aussi un
devoir. La loi québécoise sur l'équité salariale, qui fête cette année 20 ans,
figure parmi les meilleures, tant au Canada qu'à l'international. Dans son mémoire présenté au ministre du Travail
sur le rapport portant sur la mise en oeuvre de la
Loi sur l'équité salariale, Marie-Thérèse Chicha,
professeure titulaire à l'École de relations industrielles de l'Université
de Montréal et experte, disons-le, en matière de politique d'égalité auprès du
Bureau international du travail à Genève, écrivait
ceci : «La
Loi sur l'équité salariale fait honneur au Québec qui, sur la
scène internationale, peut être fier de jouer [le] rôle de modèle dans ce domaine.» Si, en 2006, 50 %
des entreprises étaient conformes, 84 % le sont en 2016. Il s'agit,
à sa face même, d'un progrès important.
Je rappelle, M. le Président, rapidement
quelques autres réalisations de 2015‑2016. Je sais que le temps file à toute allure. Le dépôt, en mai 2015, du projet de
loi n° 53, qui actualise la
Loi sur les décrets de convention
collective en vue principalement d'en
faciliter l'application et de favoriser la transparence et l'imputabilité des
comités paritaires. Ce projet de loi
a été élaboré en collaboration avec le Comité consultatif du travail et de la
main-d'oeuvre, dont le représentant est
ici aujourd'hui, et il a reçu un accueil positif des parties concernées.
Également en mai 2015, le conseil d'administration de la CNESST a annoncé une baisse du taux de
cotisation pour les employeurs pour le volet Santé et sécurité au
travail. Il s'agit du taux le plus bas en 30 ans.
Avant de
conclure, M. le Président, je souhaite glisser un petit mot sur des données
compilées par le ministère du Travail,
de l'Emploi et de la Solidarité sociale, qui ont été rendues publiques sur le
site du ministère. C'était en janvier dernier,
c'est assez récent. Elles nous informent sur les coûts des arrêts de travail
ainsi que la valeur ajoutée des services de médiation et leur contribution à l'économie québécoise. Cet exercice a
été réalisé dans le cadre de la révision des programmes de l'évaluation de la performance mais aussi de l'efficacité
des programmes offerts par les ministères et les organismes gouvernementaux. Au cours de la période étudiée, c'est de
2009 à 2013, les arrêts de travail ont engendré une perte de 1,4 million de jours-personnes.
C'est l'équivalent de 9,5 millions d'heures de travail. Plus de
84 000 travailleurs ont été touchés dans ces conflits, et ces
arrêts ont coûté plus de 323,7 millions de dollars à l'économie
québécoise.
Grâce à
l'intervention du Secrétariat du travail, dans 1 840 cas de
médiation-conciliation, le nombre d'arrêts de travail a été réduit de 31,2 %, et celui de jours-personnes perdus,
lui, a diminué de près de 1,5 million. Cette diminution représente
l'équivalent de 10,2 millions d'heures de travail, et, par conséquent, les
coûts des arrêts de travail ont été réduits
de 326,1 millions de dollars en pertes de salaire et de profits des
entreprises. Toujours pendant la même période, on estime que chaque dollar investi, M. le Président,
en médiation-conciliation a permis d'épargner en moyenne 12,80 $ en
pertes de salaire et de profits.
Je vous vois mal, M. le Président, vous me
faites signe de deux, hein?
Président (M. Cousineau) : Voilà.
Mme Vien :
Deux minutes, c'est ça? Je devrais porter mes lunettes.
ailleurs, chaque dollar investi en médiation-conciliation par le gouvernement
rapporte en moyenne 2,07 $ en impôts,
taxes et cotisations sociales perçus. En plus de favoriser des relations plus
harmonieuses entre les employeurs et leurs
employés, les services de médiation-conciliation sont donc aussi rentables. En
outre, ils s'autofinancent et permettent également de dégager un
surplus.
nous souhaite à tous, M. le Président, d'étudier ces crédits avec toute la
sérénité dont on est capable. Et je suis prête maintenant, dès lors, à
répondre aux questions des parlementaires, en vous remerciant.
Le Président
(M. Cousineau) : Merci, Mme la ministre.
Alors,
nous allons passer la parole maintenant au député de Verchères, qui est le
porte-parole en matière de travail pour l'opposition officielle. M. le
député de Verchères, vous avez exactement sept minutes.
M. Bergeron :
Merci, M. le Président. Je suis très heureux
d'être des vôtres, je vais tâcher de ne pas utiliser les sept minutes, de telle sorte que nous
passions davantage de temps pour les échanges, mais je veux profiter
de l'occasion pour saluer Mme la ministre et tout son aréopage composé de gens du ministère du Travail et des
différents organismes et agences qui
en relèvent, saluer les collègues ministériels, les collègues du deuxième groupe d'opposition
et ma collègue d'Hochelaga-Maisonneuve, qui a daigné m'accompagner pour
cette étude des crédits, et je l'en remercie. Et vous, M. le Président, et les
gens qui vous accompagnent, je tiens à vous saluer, puis... quoique ce sera une
journée de première à plusieurs
égards puisque, bien que nous ayons siégé ensemble depuis fort longtemps, la
ministre et moi, on a même été voisins
de banquette, je crois que c'est la toute première fois que nous avons
l'occasion de nous retrouver dans le cadre d'une étude des crédits. C'est votre tout premier mandat au Travail,
c'est mon tout premier mandat comme porte-parole en matière de travail également. Donc, ce sont nos
premiers crédits, vous et moi, pour ce qui concerne ce ministère. Il y a
des collègues, autour de la table, que j'ai
côtoyés plus étroitement, je pense au député de Marguerite-Bourgeoys, dans
une vie antérieure, mais c'est un plaisir
d'être des vôtres aujourd'hui pour cette étude des crédits, qui, pour moi, est
un exercice très important.
faut toujours se souvenir qu'il fut un moment dans notre histoire où l'Exécutif
se servait dans le fruit des taxes et des impôts sans rendre compte de
son utilisation aux élus du peuple. Il aura fallu, évidemment, les événements
du mouvement Patriotes pour qu'on octroie la
responsabilité ministérielle, qui fait en sorte que, depuis, ce sont les élus
du peuple qui octroient les crédits au
gouvernement, et le gouvernement doit rendre compte aux élus du peuple de
l'utilisation de ces crédits. Je pense que c'est sain qu'il en soit ainsi. Et
je sais, pour avoir eu le privilège d'occuper une fonction ministérielle, à quel point les serviteurs de
l'État accordent un grand sérieux à cet exercice. On n'a qu'à voir
l'ampleur des documents qui nous sont
acheminés. Alors, merci infinimen