Public Finance — 10 May 2017 (41st Legislature, 1st Session)

CFP 2017-05-10

Quebec — Committees

Public Finance — 10 May 2017 (41st Legislature, 1st Session)

CFP 2017-05-10

Quebec — Committees

(Seize heures onze minutes)

Le Président (M. Bernier) : À

l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission des finances publiques ouverte et, bien sûr, je demande aux

personnes dans la salle d'éteindre la sonnerie de leurs téléphones

cellulaires.

La commission

est réunie afin de procéder à l'étude détaillée du projet de loi n° 108, Loi

favorisant la surveillance des contrats des organismes publics et

instituant l'Autorité des marchés publics.

M. le secrétaire, y a-t-il des remplacements?

Le Secrétaire : Oui, M. le

Président. M. Girard (Trois-Rivières) est remplacé par M. Habel (Sainte-Rose); M. Poëti (Marguerite-Bourgeoys) est remplacé par Mme Simard (Charlevoix—Côte-de-Beaupré); M. Reid (Orford) est remplacé par M. Morin (Côte-du-Sud); M. Bonnardel (Granby)

est remplacé par M. Caire (La Peltrie).

Président (M. Bernier) : Merci beaucoup. Donc, je souhaite la

bienvenue à nos collègues, au ministre, aux collègues de l'opposition

qui sont présents, avec qui nous aurons le plaisir de travailler cet

après-midi, ainsi qu'aux recherchistes et

aux gens de l'Assemblée nationale qui nous accompagnent ainsi que du

Secrétariat du Conseil du trésor et du ministère des Finances. Donc,

merci d'être là.

Avant de

débuter avec les remarques préliminaires, je dépose les mémoires des groupes

que nous avons reçus depuis le 30

septembre dernier, c'est-à-dire depuis la fin des consultations particulières

sur ce projet de loi. Donc, ce sont des

mémoires que nous avons reçus depuis cette période. Ce sont de nouveaux

mémoires qui sont disponibles au secrétariat de la commission.

M. le

président du Conseil du trésor, M. le ministre, je vous cède la parole. Vous

disposez de 20 minutes pour vos remarques préliminaires.

M. Moreau :

Alors, merci beaucoup, M. le Président. Permettez-moi d'abord, un, de vous

saluer et de saluer le secrétaire de

la commission de même que le personnel qui nous entoure et qui nous aide à

faciliter nos travaux. Je veux saluer

mes collègues de l'opposition officielle et du deuxième groupe d'opposition

porte-parole en matière de tout ce qui touche le Conseil du trésor.

Appelons ça comme ça. Le mandat s'élargit constamment. Je veux saluer également

les personnes qui les accompagnent et qui

vont, sans aucun doute nous, permettre de bien comprendre et, à la limite, améliorer

le projet de loi n° 108. C'est comme ça que nous devons aborder le

travail.

Vous me

permettrez de saluer de façon particulière le personnel du Secrétariat du

Conseil du trésor, en particulier Mme Blackburn,

qui est à mes côtés, qui nous accompagneront, et qui, elle, m'accompagnera,

tout au long de nos travaux. On sait

que l'étude

article par

article vise justement à bien saisir toutes les nuances

d'un projet de loi, éventuellement à l'améliorer. Donc, je sais qu'on

peut compter sur leurs talents et leurs compétences pour mener à bien nos

travaux.

Alors, ceci

étant dit, je sais qu'on a un horaire écourté, M. le Président, mais il est

important quand même de faire ce

préambule pour expliquer un peu à ceux qui nous écoutent quel est l'état du

projet de loi n° 108, pour lequel, vous l'avez indiqué, il y a déjà eu des consultations. Donc,

on est à l'étape de l'étude

article par

article dans un contexte où il y a déjà

eu des amendements qui ont été déposés, et je veux rassurer mes

collègues de l'opposition officielle, les prévenir qu'il y aura aussi d'autres amendements qui vont être déposés, mais on

va le faire en temps utile pour que vous ayez tout le temps nécessaire d'en prendre connaissance,

pour tenir compte justement non seulement des remarques qui ont été faites

lors des consultations en commission

parlementaire, mais aussi des remarques qui, au fil du temps, ont été faites

soit à la période de questions soit à

l'étude des crédits pour bien saisir et nous assurer de cerner... ou, à tout le

moins, de répondre à des

appréhensions qu'ont pu manifester soit l'opposition officielle ou le deuxième

groupe d'opposition sur l'étendue des pouvoirs que l'on veut donner à

l'Autorité des marchés financiers.

Donc, nous

débutons, M. le Président, l'étude détaillée du projet de loi n° 108, Loi

favorisant la surveillance des contrats

des organismes publics et instituant l'Autorité des marchés publics. Ce texte législatif donne suite à la première

recommandation de la Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats

publics dans l'industrie de la construction, qui est connue sous le

nom de la commission Charbonneau. Alors, dans son rapport final, la commission

était d'avis que — et voici la citation — «la

création d'une instance nationale d'encadrement des marchés publics est la

réponse appropriée pour assurer l'intégrité

des processus. Elle propose donc de reconfigurer le secteur des

marchés publics au Québec en

centralisant une expertise d'analyse et de contrôle au sein [de l']Autorité des

marchés publics — l'AMP.

[...]Indépendant, cet organisme permettrait de regrouper en un seul

endroit les ressources déjà mobilisées au gouvernement en matière

d'analyse et de contrôle...» Fin de la citation. C'est précisément ce que le

projet de loi n° 108 fait.

Permettez-moi

donc d'expliquer ce qui serait la raison d'être de l'Autorité des marchés

publics et d'exposer les bénéfices

que nous prévoyons en retirer pour l'ensemble des Québécois. Fondamentalement,

l'autorité serait une instance centrale,

neutre et indépendante chargée de surveiller les processus contractuels des

organismes publics, ce qui correspond exactement

à la recommandation dont je viens de parler, mais l'autorité, tel que le

prévoit le projet de loi que je dépose aujourd'hui,

disposerait de plus de pouvoirs encore que ceux recommandés par la commission

Charbonneau. Nous allons plus loin,

illustrant là l'importance que nous lui accordons. La création de l'Autorité

des marchés publics constituerait un geste de plus et un geste

d'envergure pour renforcer l'intégrité et la transparence dans le processus

contractuel. Elle contribuerait également à

améliorer la concurrence dans les marchés publics et à permettre aux

entreprises qui souhaitent faire

affaire avec le gouvernement de le faire en toute confiance. Il y a là une

question de transparence mais aussi une question d'équilibre entre le

donneur d'ouvrage et celui qui sera appelé à contracter avec le secteur public.

Comme

je l'ai dit plus tôt, l'Autorité des marchés publics serait, d'abord et avant tout,

chargée de la surveillance de tous les contrats publics, tel que

souhaité par la commission Charbonneau dans son rapport final. Elle agirait en complémentarité avec l'Unité permanente

anticorruption, l'UPAC, et le Vérificateur général du Québec, qui continueront

à exercer pleinement leurs rôles respectifs.

L'autorité aurait plus précisément comme mandat de surveiller les processus

d'adjudication et d'attribution des contrats

publics, de veiller à ce que les organismes publics traitent avec intégrité et

équité les entreprises qui souhaitent

faire affaire avec le gouvernement, de déceler les problèmes spécifiques liés à

la gestion contractuelle de certains

organismes publics et aussi d'intervenir auprès de ces derniers en cas de

besoin. De plus, l'autorité bénéficierait

de pouvoirs d'enquête afin d'examiner les contrats en cours d'exécution dans

des organismes désignés par le gouvernement, ce qui, encore ici, va au-delà de

ce que recommandait la commission Charbonneau. Le premier de ces

organismes identifiés dans le projet de loi est le ministère des Transports, ce

qui n'étonnera personne, étant donné l'importance

du ministère à

titre de donneur d'ouvrage pour le gouvernement du Québec. Les

enquêtes ainsi menées par l'Autorité des marchés publics pourraient même

mener à la résiliation d'un contrat.

projet de loi introduit également un nouveau recours pour les entreprises qui

estiment qu'un appel d'offres public réduit indûment la concurrence. En

premier lieu, un processus de traitement des plaintes de premier niveau devrait être mis en place dans les organismes

publics. Ensuite, et suite à la décision de l'organisme public, donc du premier

niveau, quant à la plainte, l'Autorité des marchés publics pourrait réviser, en

cas d'insatisfaction du plaignant, cette décision.

L'Autorité des marchés publics aurait alors le pouvoir d'ordonner l'annulation

d'un appel d'offres ou encore d'apporter des modifications aux documents

en cause, ce qui nous amène à dire qu'elle pourrait intervenir en amont, pendant et après l'adjudication d'un contrat.

L'Autorité des marchés publics pourrait également examiner la conformité

des processus d'appel d'offres, que ce soit

à la suite d'une plainte, de sa propre initiative, à la demande du président du

Conseil du trésor ou à la demande du ministre des Affaires municipales.

Quant à la portée du

projet de loi, plusieurs amendements ont déjà été déposés — c'est

ce que j'indiquais en ouverture — suite aux consultations particulières, à

l'automne dernier, afin d'assujettir le milieu municipal à l'Autorité des marchés publics. Par ces amendements,

l'Autorité des marchés publics surveillerait ainsi l'ensemble des appels

d'offres des ministères et des

organismes gouvernementaux, des réseaux de la santé et de l'éducation, des sociétés

d'État et des municipalités, d'où son

titre d'«autorité».

Enfin, et tel que le

recommandait le rapport de la commission Charbonneau, l'Autorité des marchés

publics prendrait en charge les fonctions

relatives à l'émission des autorisations de contracter, actuellement assumées

par l'Autorité des marchés

financiers, et serait responsable de la tenue du Registre des entreprises non

admissibles aux contrats publics, fonction

présentement gérée par le Secrétariat au Conseil du trésor. En confiant ces

deux fonctions à l'Autorité des marchés publics, on s'assurera d'une

gestion plus centrale et plus efficiente des marchés publics.

Trois

autres recommandations de la commission Charbonneau ont enfin été prises en

compte dans le projet de loi

n° 108. Il s'agit de celles visant à protéger l'identité des entreprises

qui souhaitent soumissionner, à protéger l'identité des membres des

comités de sélection et à allonger le délai de prescription pénale.

gouvernement mettra tout en oeuvre pour faire de l'Autorité des marchés publics

un organisme efficace partout au

Québec pour le bien des entreprises qui souhaitent conclure des contrats

publics pour le bien de l'État, des municipalités et pour celui de tous les Québécois. Nous

déposerons ainsi plusieurs amendements afin de lui permettre de jouer

pleinement son rôle de surveillance

et de répondre à la préoccupation de plusieurs intervenants quant à son

efficacité. Ces amendements seront,

comme je l'ai mentionné, déposés en temps utile, dans un souci de transparence,

et afin de permettre à mes collègues de l'opposition d'en prendre

connaissance.

création de l'Autorité des marchés publics, une recommandation-phare du rapport

de la commission Charbonneau, est en

droite ligne avec nos objectifs d'intégrité, de transparence et

d'assainissement des finances publiques, que nous partageons tous. Ce projet de loi s'ajoute aux nombreux gestes

posés par notre gouvernement afin que la gestion des contrats publics respecte les plus hauts standards en la matière.

J'entends travailler en étroite collaboration avec tous mes collègues pour que le Québec se dote d'une

véritable autorité des marchés publics efficace, intègre et indépendante

et pour que le gouvernement ouvre davantage

les marchés publics, stimule la concurrence et appuie les entreprises, en

particulier les petites et les moyennes

entreprises qui désirent obtenir des contrats publics dans la poursuite des

objectifs que nous nous sommes fixés dans le dossier du Passeport

Entreprises.

Je vous remercie et je suis disposé à

entreprendre nos travaux avec un esprit d'ouverture.

Le Président (M. Bernier) :

Merci, M. le ministre. Nous allons donc passer du côté de l'opposition

officielle. Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.

Mme Léger :

Merci, M. le Président. Évidemment, ce projet de loi là fait suite aux

recommandations de la commission

Charbonneau, qui prônait le regroupement, dans le fond, des ressources

d'analyse, de contrôle et de vérification qui étaient éparpillées au Conseil du trésor, au Secrétariat du Conseil

du trésor, au ministère des Transports, au ministère des Affaires municipales

et de l'Occupation du territoire. Grosso modo, c'est plus ces ministères-là qui

étaient davantage concernés.

y avait quelques failles, donc j'en ai relevé quelques-unes, dans

l'administration publique. La commission nous a rappelé l'excès d'autonomie qui est accordé aux donneurs d'ouvrage

publics, l'absence, chez certains donneurs d'ouvrage, à une expertise interne suffisante, l'influence

politique dans l'octroi d'un contrat public, l'absence de véritable analyse

de marché permettant de repérer des indices

de malversation; des éléments, là, qui ont été relevés dans la gestion des

contrats publics particulièrement

dans les ministères ou organismes concernés plus particulièrement. Donc, la

création de l'AMF... de l'AMP, pardon, c'est ça — on va

se mêler souvent, on va dire «AMF» de temps en temps, là — de

l'AMP...

Le Président (M.

Bernier) : ...

Léger : ... — oui, j'imagine aussi que, dans le

secrétariat, à un moment donné, ça vient tout seul — la création de l'Autorité des marchés publics, qui est une recommandation qu'on

pourrait dire quand même pivot de la commission Charbonneau, dont le projet de loi semble conforme au principe, là,

bien, ça va être particulièrement dans les détails et dans qu'est-ce qu'on va étudier

article par

article, parce qu'on a quand même beaucoup de clarifications à demander au

ministre.

mission elle-même, je pense que le principe, ça va. Entre autres, le monde

municipal, qui est exclu, qui n'est pas

là, c'est questionnable. Ça l'a été

dans le projet de loi n° 87, où j'ai questionné le ministre

lors des crédits. Mais pourquoi

le monde

municipal n'est pas là? C'est contre,

dans le fond, l'esprit de la commission Charbonneau, qui

touchait particulièrement le monde

municipal. Alors là, il n'est pas

dans le projet de loi. J'imagine que le ministre va m'expliquer le pourquoi.

Toute la complémentarité qu'il peut y

avoir avec le Protecteur du citoyen aussi. Le rôle du Protecteur du citoyen dans ça,

est-ce que ça va être

productif, contre-productif? Je ne

sais pas, là. Par rapport

au Protecteur du citoyen, est-ce

qu'il va y avoir un rôle complémentaire à la mission qu'il va y avoir?

Maintenant,

il y a le budget évidemment qui va être accordé, on va en parler, j'imagine,

le budget qui est accordé à l'AMP, le

nombre d'employés, les sommes. Elles

sont attribuées où? On va avoir le temps de discuter de tout ça. Parce que,

quand je parlais, tout à l'heure, du monde municipal particulièrement... Tous

les ministères et organismes sont inclus dans le projet de loi, il y a

les réseaux de l'éducation, de la santé. Le ministre le disait tout à l'heure.

Mais le monde municipal est exclu. Mais je

pense qu'on va avoir des amendements — on verra, là, à la suite des choses — qui devraient y être.

Alors,

M. le Président, je veux dire, je ne veux pas prendre le temps pour la suite

des choses, parce que je pense qu'on

est rendus vraiment à l'étape de voir

article par

article l'étude détaillée. On

a rencontré quand même beaucoup de gens au mois de septembre

dernier — ça

fait quand même un petit bout de temps, M. le Président — ...

Le Président

(M. Bernier) : Oui, il y a eu beaucoup de... oui.

Mme Léger :

...au mois de septembre dernier. Il y a eu une grève des juristes entre-temps.

Et il y a quand même beaucoup de...

c'est un projet de loi qui a été quand même suivi puis qu'il y a beaucoup

d'organisations qui sont venues : la

Commission de la construction du Québec, les ingénieurs, les firmes de

génie-conseil évidemment, les syndicats, le Barreau du Québec, le

Vérificateur général, le Protecteur du citoyen. Tout le monde est arrivé assez

d'accord dans l'ensemble, mais chacun avait

des points que je pourrais dire assez précis sur des aspects du projet de loi.

Probablement qu'on les aura. C'est peut-être déjà amendé. On prendra le

temps de les regarder l'un après l'autre.

Alors, M. le

Président, je vais être prête pour regarder l'étude détaillée du projet de loi.

Le Président

(M. Bernier) : Merci, Mme la députée de Pointe-aux-Trembles. M.

le député de La Peltrie...

Caire :

Merci, M. le Président. Vous...

Le Président

(M. Bernier) : ...la parole est à vous.

Caire : Merci. Vous me permettrez d'abord de saluer le

président du Conseil du trésor, ceux qui l'accompagnent, les collègues

de la

partie ministérielle, ma collègue de l'opposition officielle.

le Président, un projet de loi attendu, je dirais, un projet de loi extrêmement

nécessaire que nous recevons... je le

dis d'entrée de jeu, et je l'ai déjà dit, mais je le réitère, que nous recevons

favorablement. Oui, une recommandation de

la commission Charbonneau, mais je pense aussi que la société québécoise,

compte tenu de ce que nous avons vécu collectivement

dans les dernières années, qui a été mis au jour, notamment, par la commission

d'enquête sur l'industrie de la construction, appelait une mesure comme

celle-là.

contre, M. le Président, ça amène évidemment son lot de responsabilités. Je

dirais, un peu comme avec le projet de

loi sur les sonneurs d'alerte, notre marge de manoeuvre est mince. Je pense

qu'on ne peut pas manquer notre coup. Vous

allez me dire qu'il y aura toujours moyen de faire des modifications

législatives. C'est vrai, M. le Président. Mais, pour un projet de loi comme celui-là, pour s'assurer que cette

institution-là à créer acquiert rapidement la confiance non seulement du milieu, mais de la population

québécoise, il va être extrêmement important que nous prenions les meilleures

décisions possible. Donc, un bon projet de

loi, un projet de loi absolument nécessaire, mais un projet de loi qui amène

son lot de questionnements de notre côté,

surtout suite aux consultations particulières. Puis je pense que, compte tenu

du délai entre les consultations

particulières et le moment de l'étude

article par article, ça vaudrait la

peine, collectivement, là, d'aller relire quelques mémoires qui vont

porter leur nom d'ailleurs, puisqu'on a tendance à oublier.

Notamment, la

préoccupation, en tout cas, que nous avons, du côté de la deuxième opposition... et le président du Conseil du trésor disait qu'on arrive à cette

étape-là en toute ouverture, la préoccupation importante que nous avons,

c'est la portée d'application de ce projet de loi là et, je dirais, le champ

d'activité de l'Autorité des marchés publics, notamment, sur le fait qu'on restreint un peu au ministère

des Transports du Québec ou tout organisme qui sera désigné par le gouvernement...

Je pense que cet aspect-là devra être travaillé pour s'assurer qu'il n'y a pas

de «ou», que le champ d'application, ou le terrain de jeux, de l'Autorité des

marchés publics soit aussi large qu'il est raisonnable de le faire et j'insiste

sur le mot «raisonnable», parce qu'évidemment on peut aussi tomber dans l'excès

dans l'autre sens.

L'autre préoccupation qu'on a, c'est son indépendance. Il est clair, il est clair, M. le Président, qu'on doit s'assurer que l'Autorité des marchés publics jouit

d'une totale indépendance, parce que, bien sûr, comme cette autorité-là sera appelée à poser son regard sur des contrats donnés

par le gouvernement... et comprenez

bien que je ne prête aucune intention, mais,

au nom de la transparence et de la crédibilité de l'institution, il faudra

s'assurer que l'Autorité des marchés publics puisse agir sans qu'on ait

l'impression que le démon de la tentation n'est jamais trop loin. D'ailleurs,

il y a plusieurs personnes qui sont venues nous rencontrer qui nous ont parlé

de cet aspect-là, sur la désignation des officiers. Aussi, M. le Président, je disais : Il faut élargir

le terrain de jeux, mais il faut aussi élargir la capacité de l'AMP à

intervenir dans l'ensemble du processus qui amène à l'octroi d'un contrat.

Plusieurs personnes qui sont venues nous rencontrer nous ont dit : Écoutez, une phase qui est

fondamentale, c'est aussi quand on prépare une soumission, toute l'information

qui va être donnée avant, tout ce qui

va être reçu, tout ce qui pourrait être éventuellement demande de changement.

Alors, ce n'est pas simplement

l'adjudication du contrat qui devrait faire l'objet de la surveillance de

l'AMP, mais l'ensemble du processus.

On commence peut-être un peu tard... c'est-à-dire, l'autorité de l'AMP arrive

peut-être un peu tard dans l'ensemble du processus. Ça pourrait être

intéressant que l'AMP puisse intervenir avant. Et là-dessus je pense qu'on pourra avoir des discussions intéressantes, parce

que, souvent, il faut agir avant que le mal soit fait, il vaut mieux prévenir

que guérir, et c'est souvent dans la

préparation des contrats et des appels d'offres que se cachent les problèmes.

Donc, que l'AMP puisse intervenir le

plus tôt possible, M. le Président. C'est vrai dans toutes sortes de sphères de

la société. Plus on agit tôt, meilleurs sont les résultats.

On a aussi,

et il faudra en discuter, parlé du bureau des soumissions du Québec comme

donneur d'ouvrage, comme point de

chute de l'ensemble de la sous-traitance du Québec qui a été pointé du doigt,

il faut bien le dire, M. le Président, qui

a été pointé du doigt, et on ne peut pas regarder à côté. Il faut s'assurer

que, si tant est... puis là je ne sais pas où est-ce que le président du Conseil du trésor loge à cet

effet-là, mais, si tant est qu'il considère que le BSDQ est toujours une entité

nécessaire — ça, ça sera sa décision — comment fait-on pour s'assurer que tout ça

se fait dans la totale transparence? Le

BSDQ a fait des suggestions, à savoir peut-être qu'il devrait y avoir quelqu'un

de l'AMP au conseil d'administration. Est-ce

que c'est la meilleure solution? Je ne suis pas convaincu, M. le Président. Je

pense qu'il faut s'assurer que l'AMP garde

un pas de recul. Mais, ceci étant dit, je suis aussi ouvert aux suggestions qui

pourront être faites par le président du

Conseil du trésor. Personnellement, je pense que, quand on ne fait pas

partie

de la décision ou du processus de décision, bien, c'est plus facile d'en assurer le suivi et le bon fonctionnement,

mais c'est certainement un élément pour lequel on devra se pencher... sur lequel on devra se pencher, pardon, parce que le BSDQ demeure un

pivot important dans l'octroi de

contrat dans l'industrie de la construction. On parle d'à peu près tout ce qui

fait en sous-traitance, là, notamment, chez les électriciens et, bon,

dans différents corps de métier. Donc, à regarder.

Il y a la

CCQ, la Commission de la construction

du Québec, qui a fait des

représentations auxquelles personnellement je n'ai pas été insensible, sur le fait que, bon,

la CCQ dit : Pourquoi serions-nous sous l'autorité de l'AMP, puisque

nous ne donnons pas de contrat? Écoutez, comme je dis, je ne suis pas insensible à

l'argument. Ceci étant dit, je pense qu'il

faut quand même s'assurer que l'AMP

sera l'autorité avec la plus grande latitude possible. Et ce qu'il restera

à déterminer, c'est : Est-ce que

ça est de nature à entraver le travail de la CCQ? Je ne suis pas convaincu,

mais je ne suis pas fermé à l'idée d'en discuter, au contraire.

Finalement, M. le Président, personnellement, je

pense, puis c'est un peu le même débat — je pense que ma collègue va s'en souvenir — qu'on a eu sur le projet de

loi sur les

sonneurs d'alerte, le monde municipal, de la même façon que pour les sonneurs d'alerte, on attend

toujours la réponse du gouvernement. On l'a pour les entités gouvernementales,

mais on nous avait dit : Le ministre

des Affaires municipales, pour des raisons légales, devra déposer un projet de

loi à part. Ce projet de loi là, on

l'attend toujours. Si ma mémoire est exacte, on devait l'avoir l'automne

dernier. Ça n'a pas été fait. C'est

décevant, parce que le monde municipal n'a pas été exempt de son lot de

problèmes qui ont été mis au jour, et je pense qu'il y a, dans le monde

municipal, des sonneurs d'alerte potentiels qui ne sont toujours pas protégés.

Et là je nous

ramène au projet de loi n° 108 et je me dis : Bien, on est un peu

dans la même dynamique, là. Le monde

municipal est un monde où il se donne beaucoup de contrats. Le monde municipal

est un monde qui a fait l'objet, lui

aussi, de beaucoup d'inquiétudes, de questionnements, d'arrestations pour des

contrats qui ont été donnés avec des irrégularités,

de la malversation. Donc, j'espère qu'à travers ce projet de loi là, et non pas

un projet de loi futur, à travers ce projet de loi là... je pense qu'on doit, en

fait, à travers ce projet de loi là, adresser immédiatement cette question-là.

On n'a pas intérêt, à mon avis, à avoir une

hydre à plusieurs têtes. Je pense que, si on peut concentrer l'expertise en

matière de gestion contractuelle

entre les mains de l'Autorité des marchés publics, on aura une organisation

plus forte, on aura une organisation plus efficace et plus efficiente

aussi, on aura les deux. Je salue le fait qu'on veuille regrouper des entités, ma collègue en a parlé tout à l'heure,

des entités qui ont été un peu dispersées, qui au Conseil du trésor, qui au

MTQ, qui à l'AMF. De mettre ça sous un seul

chapeau, je pense que c'est une bonne idée. Et ça va un peu dans le sens

de ce que je viens de dire. Si on peut créer avec l'AMP un centre d'expertise,

tout le Québec en sera gagnant.

Je conclurai,

M. le Président, en disant : Beaucoup des gens qui sont venus nous voir

disent : L'AMP ne doit pas avoir

qu'un rôle de surveillance, elle doit avoir un rôle de formation aussi un peu

comme... Puis, au départ, je n'étais pas chaud à l'idée, je l'avoue, parce que je me dis : Oui, mais, tu

sais, si je te donne un conseil puis après ça je suis obligé de t'enquêter, est-ce que je ne me mets pas dans une

situation difficile? Puis pourtant, le meilleur exemple, on l'a, c'est le

Directeur général des élections du Québec,

qui, oui, effectivement, peut former les gens sur l'application de la loi, ce

qui ne l'empêche pas, par ailleurs,

d'être capable de procéder à des enquêtes, des vérifications et de s'assurer en

aval et en amont qu'on respecte les lois et qu'on respecte les façons de

faire.

Donc,

j'espère qu'on pourra aussi peut-être adresser cette question-là dans le projet

de loi dans la création de l'AMP, parce

que, si effectivement on crée ce pôle d'expertise, bien, encore serait-il

souhaitable que, cette expertise-là, les entités publiques qui ont à gérer les processus d'appel d'offres et l'octroi de

contrat puissent en bénéficier, que ça devienne aussi un centre de

référence, toujours dans l'optique, M. le Président, qu'on est mieux de

travailler en prévention.

Et ça fait en

sorte que des gens qui auront cette capacité-là de formation, de conseil, bien, seront plus efficaces, et on aura moins besoin de l'AMP en répression si

les gens sont plus conscients de ce qu'ils ont à faire et de la façon dont

ils doivent le faire, M. le Président.

Président (M. Bernier) :

Merci, M. le député de La Peltrie. Je veux simplement rappeler aux gens qui nous écoutent, aux auditeurs et aux collègues

qui participent que les auditions ont eu lieu en septembre 2016. Il y avait

eu une deuxième convocation pour

novembre 2016, mais les gens ne se sont pas présentés. Ils ont plutôt

fait parvenir des mémoires. Et, tout à l'heure, j'ai déposé des mémoires

additionnels qu'on avait reçus au niveau d'organismes ou de groupes qui voulaient se faire entendre ou porter leur voix.

Le secrétariat de la commission est toujours disponible pour vous aider

ou vous supporter dans votre travail lors de

l'étude de ce projet de loi, parce qu'il y a quand même un petit moment qui

s'est passé depuis ce temps-là. Ça

fait que c'est important qu'on puisse avoir les bonnes informations pour bien

renseigner les députés et renseigner la population qui nous écoute,

compte tenu de l'importance du sujet.

Le Président (M. Bernier) : Oui.

M. Moreau :

...avec votre permission, simplement rappeler, puisque mes collègues l'ont

invoquée, puis je ne veux pas en faire un argument, là, mais toute la

question du secteur municipal.

Il y a des

amendements qui ont déjà été déposés. C'est vrai que, dans le projet de loi, à

l'origine, ce secteur-là n'était pas

visé. Maintenant, il l'est. Et les amendements ont été déposés en octobre 2016.

Il va y en avoir d'autres, mais qui

vont venir préciser des éléments qui ont été soulevés de façon postérieure, là,

soit à la période de questions ou à l'étude des crédits, sur ça. Mais

essentiellement l'intention est claire, là, de viser ça.

Président (M. Bernier) :

Juste comme remarque également : nous, les amendements qui ont été

déposés, est-ce qu'on les a, M. le secrétaire?

M. Moreau : On va les

redéposer.

Le Président (M. Bernier) : Il faut

les redéposer au niveau de la commission, O.K.?

M. Moreau : On va faire ça.

On va vous suivre religieusement là-dessus, M. le Président.

Président (M. Bernier) :

Merci, M. le ministre. Donc, je vous remercie pour ces remarques préliminaires. S'il n'y a pas de

motion préliminaire, nous allons... Oui, Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.

Mme Léger :

Je ne sais pas si elle est entamée comme... Vous allez commencer sûrement par

l'article 1, qui vient dans

quelques instants. J'aimerais bien que l'étude se fasse

article par

article et

alinéa par alinéa. Alors, est-ce que je peux avoir...

Président (M. Bernier) : C'est notre marque de commerce, à la

Commission des finances publiques, où nous agissons toujours

article par

article et alinéa par alinéa, à moins

qu'il y ait une entente entre les parties sur le sujet, dans la façon de faire

l'étude...

M. Moreau : ...par chapitre,

mais je pense que je ne réussirai pas.

Président (M. Bernier) : Non, ça, ça se fait surtout au niveau du...

quand on a à toucher sur les projets de loi de Revenu Québec et, à ce

moment-là, ça devient un peu plus complexe, là, de les faire

article par

article. Mais, non, on va y aller

article par

article et alinéa par alinéa, de façon à ce que vous puissiez

apporter tous les éléments nécessaires au niveau de nos discussions.

Je vais

appeler l'article 1. Vous savez qu'on est limités dans le temps, il reste

très peu de temps. Vous pouvez faire la lecture de l'article 1. Au

moins, on aura entamé le début.

M. Moreau :

Bien, oui, surtout qu'on disait tantôt qu'on entamait l'étude

article par

article. Il faudrait bien le faire pour ne pas avoir l'air de ne pas

tenir nos promesses. Alors, l'article 1 est simple, M. le Président.

Article 1 : «Est instituée

l'"Autorité des marchés publics".

«L'autorité est une personne morale, mandataire

de l'État.»

Alors, l'article 1

du projet de loi crée un nouvel organisme dénommé Autorité des marchés publics et confirme sa qualification comme

personne morale mandataire de l'État.

Le Président (M. Bernier) : ...députée

de Pointe-aux-Trembles?

Mme Léger : Pas vraiment

celui-là, non.

Président (M. Bernier) : Pas

vraiment. Vous êtes d'accord. M. le député de La Peltrie, ça va? Donc, est-ce que l'article 1 est adopté?

Le Président (M. Bernier) : Adopté.

L'article 2.

M. Moreau :

Article 2 : «Les biens de l'autorité font

partie du

domaine de l'État mais l'exécution de ses obligations peut être

poursuivie sur ces biens.

«L'autorité n'engage qu'elle-même lorsqu'elle

agit en son nom.»

L'article 2

prévoit que les biens possédés par l'Autorité

des marchés publics font

partie du domaine de l'État, mais il précise

toutefois que l'exécution de ses obligations peut être poursuivie sur ces

biens. Ainsi, les biens que le nouvel organisme

détient aux fins de la réalisation de sa mission pourront être donnés en

garantie de l'exécution de ses obligations. Il s'agit d'une disposition

usuelle dans les lois constitutives des organismes publics et des sociétés

d'État.

Le Président (M. Bernier) : Merci.

Commentaires, Mme la députée de Pointe-aux-Trembles?

Mme Léger :

Il y avait des interrogations avec quelques groupes, là, qui nous parlaient des

ressources financières et humaines

particulièrement que l'autorité devrait avoir. J'imagine qu'on va le voir un

petit peu plus loin, mais je peux questionner...

Président (M. Bernier) : Juste pour éviter que vous... Vous allez

devoir répéter, demain, ces commentaires, donc pour vous éviter

d'entamer...

Malheureusement,

compte tenu de l'heure, la commission doit ajourner ses travaux à demain. Donc,

merci de votre participation,

merci de votre collaboration. Et j'ajourne les travaux à demain, jeudi 11 mai

(Fin de la séance à 16 h 45)

Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCFP 2017-05-10
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux-parlementaires commissions cfp-41-1 journal-debats CFP-170510
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifiere0b3e0ba6df1392654bb80fad093cd0161d9661d

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