Health and Social Services — 7 June 2022 (42nd Legislature, 2nd Session)
CSSS 2022-06-07
Quebec — Committees
Le Président (M. Provençal)
: Bon matin à tous! Ayant constaté le
quorum, je déclare la séance de la Commission de la santé et des services
sociaux ouverte.
La commission est réunie afin de poursuivre
l'étude détaillée du projet de loi numéro n° 38, Loi
modifiant la Loi concernant les soins de fin de vie et d'autres dispositions
législatives.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Tremblay (Dubuc) est remplacé par Mme Dorismond (Marie-Victorin); M. Derraji (Nelligan), par
Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis); Mme Sauvé (Fabre), par M. Birnbaum (D'Arcy-McGee);
M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine), par Mme Hivon (Joliette).
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup. Lors de l'ajournement
de nos travaux, hier, nous étions rendus à l'étude de l'amendement introduisant
l'article 29.0.1 à l'article 16 du projet de loi. Je vous rappelle
qu'on avait pris en délibéré certains questionnements qui avaient été soulevés,
un, entre autres, par rapport au titre, là, conditions, exemple, pouvant mener
à l'obtention de l'aide médicale à mourir. Dans le premier alinéa, item c, la notion de «menant à l'inaptitude» avait été
soulevée par les gens; dans le deuxième alinéa, en d, la notion
«d'éprouve»; et, en e, de «paraît», et surtout du terme «insupportables» qui
avait été pris en délibéré. Et il y avait un autre élément, là, je pense, qui
avait été... de mémoire, qui avait été pris en délibéré en lien avec la notion
d'un trouble mental autre qu'un trouble neurocognitif qui n'est pas considéré
comme une maladie grave et incurable.
Alors, à partir de là, je pense que, M. le
ministre, vous avez peut-être des éléments de réponse.
M. Dubé : Oui.
En fait, bonjour, tout le monde. On a une bonne journée aujourd'hui, hein?
Alors, on commence avec... Sur les cinq commentaires, ce que je ferais,
c'est que je vous suggère qu'on écoute Mme Lewis, qui a obtenu des
réponses en parlant soit à des médecins ou des choses comme ça depuis hier
soir. Alors, si vous êtes d'accord, M. le Président, je... elle pourrait passer
les cinq points pour qu'on puisse après ça décider ce qu'on fait avec 29.0.1.
Le Président (M. Provençal)
: Consentement pour permettre à
Mme Lewis de s'exprimer? Consentement. Mme Lewis, vous allez vous
nommer, et votre fonction, et vous donnez vos commentaires.
Mme Lewis (Marie-Josée) : Bonjour,
tout le monde. Marie-Josée Lewis, experte-conseil au ministère de la Santé et
des Services sociaux, en aide médicale à mourir et en éthique. Bien contente de
vous retrouver. Pour le premier point, je laisserais ma collègue Térésa...
Est-ce que c'est la question sur la condition d'obtention? Est-ce que c'est ça
qu'on voulait revenir?
Mme Lewis
(Marie-Josée) : Donc, ça va être à Térésa
Lavoie de répondre, puis après j'ai trois questions à répondre, là. Il m'en manque une que je n'ai pas notée, ça fait que...
Mais j'ai toutes les réponses à toutes vos questions.
Le Président (M. Provençal)
: Me Lavoie. On se nomme, s'il vous
plaît. Consentement pour permettre à Me Lavoie? Merci.
Mme Lavoie
(Térésa) : Parfait. Donc,
Térésa Lavoie, avocate au ministère
de la Justice, affectée au ministère
de la Santé et des Services sociaux.
On l'a abordé hier brièvement, sur l'intitulé
Conditions d'obtention, puis, si je ne m'abuse, j'avais expliqué que, comme on
avait le mot «conditions d'obtention», on lançait déjà un message que c'est des
conditions. Puis plus tard, dans les articles, on va aussi voir qu'on a des
énoncés clairs sur le fait que le fait de remplir les conditions, les
souffrances anticipées seulement ne donnent pas systématiquement droit à
l'administration de l'aide médicale à mourir. Donc, pour cette raison,
puisqu'on va voir plus loin qu'il y a d'autres éléments qui viennent clarifier
le tout, je considère que le mot «conditions»... l'intitulé «Conditions
d'obtention de l'aide médicale à mourir» ne peut pas induire en erreur et
amener à des interprétations fautives.
Le Président (M. Provençal)
: Ça va? Mme Lewis.
Mme Lewis
(Marie-Josée) : Pour 29.01.1, pour... premier paragraphe, «
c) elle
est atteinte d'une maladie grave et incurable menant à l'inaptitude de
consentir aux soins», on a repris carrément une recommandation de la commission
spéciale. Puis hier, le débat et... la discussion, la réflexion se poursuit, et
je le comprends.
Donc, on avait
proposé ou mis à la réflexion que «maladie grave et incurable pouvant mener à
l'inaptitude à consentir aux soins»... notamment pour que des maladies comme le
parkinson ne soient pas exclues. J'ai consulté les experts, puis ils me disent
que «maladie grave et incurable menant à l'inaptitude à consentir aux soins»,
ça serait... c'est suffisant pour inclure les maladies comme le parkinson. Le
jugement clinique va s'appliquer. Puis c'est juste qu'en écrivant «pouvant
mener à l'inaptitude» on pourrait amener l'argumentaire que c'est toutes les
maladies graves et incurables qui peuvent éventuellement mener à l'inaptitude,
puis je pense que ce n'était pas le souhait des parlementaires. Donc, moi, je vous propose de garder le libellé actuel,
«maladie grave et incurable menant à l'inaptitude».
on va à d et e, je vais les prendre en même temps parce que si... On a bien
compris vos réflexions hier. Il y avait un inconfort avec «elle éprouve»
et «elle paraît objectivement éprouver». On reprendrait le même libellé à d que
celui qui est à e. Pourquoi on n'utilise pas
«éprouve»? Pourquoi je suggère d'utiliser «elle paraît objectivement
éprouver» aux deux? C'est qu'on ne peut pas dire hors de tout doute que la
personne éprouve, parce que la souffrance, elle, est subjective. Donc, de l'avis
du jugement clinique du professionnel compétent, qui est l'IPS ou le médecin,
il peut seulement constater qu'elle paraît éprouver, parce que la personne, de
sa propre voix, elle ne peut pas certifier hors de tout doute qu'elle éprouve à
100 %. Donc... puis par souci, aussi, d'interprétation, parce qu'on
s'entend que le texte de loi, après, va être repris par les ordres
professionnels, par les médecins, par les... des établissements. Quand on
utilise des termes différents pour dire un peu la même affaire, il y a un grand
souci d'application sur le terrain. Donc, ça, c'est mon conseil d'experte, puis
après vous prenez votre décision.
Donc, pour la question...
Oui, allez-y.
M. Birnbaum :
Est-ce qu'on peut, M. le Président, juste interrompre pour comprendre... ou
plus tard?
Le Président (M. Provençal)
: ...préférable qu'elle
explique. Par la suite, vous poserez d'autres questions. Merci.
Lewis (Marie-Josée) : Parfait.
«Insupportable», je suis allée aussi... parce que, là, est-ce qu'on a...
Ah! je vais y aller
sur «persistant». Bon, j'ai demandé l'avis à Dr Michel Bureau puis à d'autres
médecins, là. Vous savez que Dr Michel Bureau est le président de la Commission
des soins de fin de vie, qui a le mandat de s'assurer du respect de la loi.
Donc, dans l'évaluation des 10 000 cas d'AMM qu'il y a eus, le terme
«constant» n'a jamais porté problème. Donc, si on a l'avis... Puis on s'entend
que la Commission des soins de fin de vie n'est pas faite juste de médecins. Il
y a infirmières, travailleuses sociales, avocats, notaires. Donc, de l'avis de
tous, «constant» a toujours été bien applicable.
Donc, Michel Bureau,
Dr Michel Bureau me dit qu'il n'y a pas de raison, puis là je vous ramène à 26,
il n'y a pas de raison de modifier «constant» pour «persistant». Puis il faut
que ça soit la même occurrence à 29.01. Il faut qu'on ajoute le même... que ça soit... on remette «constant», en quelque
sorte, on a mis «persistant», on remette «constant», parce que, si on
vient mettre deux termes différents, ça envoie le message aux praticiens puis à
ceux qui vont avoir à l'appliquer qu'il y a une intention différente dans
l'esprit du législateur. Puis Dr Bureau me disait que, depuis les 10 000 AMM, «constant»... de toute
façon, le médecin n'est pas 24 heures sur 24. Ça fait qu'il utilise,
encore une fois, son jugement
clinique pour dire : De façon constante, quand je le vois à ces
moments-là, réguliers, il éprouve ces symptômes-là. Donc, je vous
conseille, vous verrez ce que vous allez décider, de garder «constant» pour le
26 puis pour le 29.01.1e.
Pour le terme
«insupportable», je vous conseille aussi... puis je ne sais pas si je peux dire
ça comme ça, là, j'affirme, selon ma connaissance, «qu'insupportable» est le
terme qui devrait être utilisé parce que c'est le terme qui est déjà utilisé
dans notre loi, dans notre propre loi. On l'a réfléchi comme ça.
À ce que j'ai
compris, puis les avis que j'ai eus, «intolérable» et «insupportable» sont des
quasi synonymes. Puis, comme «insupportable» a toujours été bien compris par
les 10 000 cas des demandes contemporaines, puis que, dans notre
propre loi, «intolérable», c'est un terme qui réfère à Carter, donc au Code
criminel, donc aussi à Baudouin, donc, moi, je vous recommanderai de garder
«insupportable» pour que notre loi soit autoportante, pour avoir le même terme
qu'à 26. Puis, si je peux me permettre, à mon sens, le terme «insupportable»,
il pourrait être qualifié ou quantifié, selon ce que vous souhaitez. Donc, «il
est jugé insupportable», «il est jugé généralement insupportable», ça, c'est à vous de le décider, mais, pour le terme, on
me dit que le terme «insupportable» est le bon terme à utiliser, puis
après vous faites votre décision.
cinquième question était pour le dernier alinéa : «Pour l'application du
sous-paragraphe c du paragraphe 1° du premier alinéa, un trouble
mental autre qu'un trouble neurocognitif n'est pas considéré comme maladie
grave et incurable menant à une inaptitude à consentir aux soins.» On attend
encore l'avis d'experts. À mon sens, c'est le bon libellé, mais on veut s'assurer hors de tout doute que c'est le bon
libellé. Donc, je proposerais de conserver ce terme-là, puis, s'il y a
besoin, je pense, les avocats sont plus à même de le dire, on pourra réamender.
Mais vous verrez ce que vous voulez faire. C'est tout.
Le Président (M.
Provençal)
: M. le
député de D'Arcy-McGee.
M. Birnbaum :
Est-ce qu'on va, M. le Président, traiter ces précisions une à la fois?
Parce que moi, j'aurai des questions sur chacun des cinq.
Président (M. Provençal)
: Oui, bien, de
toute manière, hier, on avait convenu qu'on traitait le point 1, le
point 2, après ça le paragraphe. Alors, moi, je vous suggère qu'on... on
va traiter le point 1, dans lequel on a eu des commentaires qui nous ont été
formulés. Si vous avez une question, vous nous donnez la question en lien avec
le point 1. Par la suite, on traitera le point 2 et le dernier.
M. Birnbaum :
Merci. En ce qui a trait à... les conditions, le titre, j'admets que je
reste sur mon appétit. Je comprends les précisions et l'importance de ces
précisions en ce qui a trait à l'application. Moi, de façon générale, j'ai une
préoccupation qui est reflétée par cette première question, c'est-à-dire qu'en
réalité, on va être pris avec le fait que les demandes anticipées sont d'un
autre ordre de l'aide médicale à mourir. Alors, cette idée qu'on va avoir à
faire un arrimage presque parfait entre les demandes anticipées et les demandes
contemporaines comme il existe déjà dans la loi est, pour moi, très dangereuse.
Je comprends qu'il faut équiper les médecins pour agir comme il faut. Il faut
que, sur le plan légal, le tout soit bouclé comme il faut, mais ces demandes
sont différentes.
Alors, moi, ma
proposition de trouver un libellé plus conditionnel, si c'est le bon mot, se
situe dans cette préoccupation-là, parce que les conditions d'obtention...
j'avais la difficulté à le retrouver, mais, quand on parlait des demandes contemporaines, il y avait un
titre
presque pareil, si je ne m'abuse. Moi, je trouve ça important que le
titre
soit nuancé en deuxième instance parce que c'est d'un aut