Health and Social Services — 6 October 2015 (41st Legislature, 1st Session)
CSSS 2015-10-06
Quebec — Committees
M. le secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Iracà (Papineau), remplacé par M. Boucher (Ungava); M. Giguère (Saint-Maurice),
remplacé par M. Auger (Champlain); Mme Simard (Charlevoix—Côte-de-Beaupré),
remplacée par Mme Nichols (Vaudreuil); Mme Hivon (Joliette), remplacée par M.
Rochon (Richelieu); Mme Richard (Duplessis), remplacée par M. Pagé (Labelle).
Président (M. Tanguay) :
Lors de l'ajournement de nos travaux du 30 septembre dernier, nous
étions à l'étude de l'amendement du ministre de la Santé, de son amendement 25.2, introduit par
l'article 1, mais nous étions, évidemment...
l'objet du débat, sur le sous-amendement du collègue de Richelieu, et
donc c'est l'objet de notre débat ce matin. Y a-t-il des interventions?
M. Rochon : Oui, M. le Président.
Le Président (M. Tanguay) : Collègue
de Richelieu, la parole est à vous.
Rochon : Je peux peut-être,
à ce moment-ci, rappeler le sous-amendement à l'étude.
Alors : «Ce règlement doit, avant son entrée en vigueur, être soumis
pour étude aux membres de la commission
parlementaire de la santé et des
services sociaux.»
Nous avons
été plusieurs hier à citer la Protectrice du citoyen, pour
laquelle «une facturation directe aux usagers des frais accessoires aux services assurés compromet les principes
d'universalité et d'accessibilité à la base du régime public. On
introduirait ici [...] — écrit-elle — des
barrières financières qui limiteraient l'accès aux services assurés
médicalement requis. Affectant l'ensemble de la population, ces
contraintes — poursuit
la Protectrice du citoyen — pénaliseraient
davantage certains segments de la population.
Il importe ici de nommer des groupes de personnes qui seraient parmi les
plus touchés par les changements envisagés...»
Et je vais
reprendre cette nomenclature, ce n'est pas inutile : les personnes «à
revenus moyens, en particulier celles qui
n'ont pas d'assurance privée; [les personnes] sans emploi; au travail, mais à
faibles revenus; [...]aux prises avec une maladie chronique; victimes d'abus et d'agressions graves; aux prises
avec un problème de santé mentale; avec un handicap physique,
intellectuel ou un trouble du spectre de l'autisme; avec une dépendance;
itinérantes.
«En matière de protection des droits
fondamentaux des usagers, le Protecteur du citoyen est d'avis que réglementer l'imposition de frais accessoires aux
services assurés médicalement requis entraînerait des difficultés d'accès,
que rencontreraient alors [des] personnes
vulnérables. Cette situation, conséquente de l'imposition de frais accessoires,
ne respecterait pas le droit à la sécurité
des Québécois, en plus d'ignorer deux principes qui sont l'essence même du
régime public, l'universalité et
l'accessibilité. La Cour suprême l'a confirmé, être privé de l'accès aux
services médicalement requis viole le
droit à la vie et le droit à l'intégrité, tous les deux protégés par l'article
1 de la Charte des droits et libertés de la personne.
«Ces principes ont également été inscrits dans
les diverses lois québécoises qui définissent le régime public. La
Loi sur les services de santé et les services
sociaux renferme différentes dispositions qui réfèrent, à des degrés divers,
à ces principes. La
Loi sur l'assurance maladie, la
Loi sur
l'assurance-hospitalisation et leurs règlements d'application définissent quant à elles le cadre à l'intérieur
duquel la fourniture des services de santé et leur financement sont assumés
en vertu du régime public. L'esprit et
l'objectif de la législation en la matière sont de promouvoir, pour tous les
Québécois, l'accès à des soins de santé de la meilleure qualité
possible, sans égard à leur capacité de payer.»
Voilà
pourquoi il nous semble, M. le Président, qu'il faille que ce règlement, qui
est introduit par amendement, là, par
le ministre, ce règlement qui prescrirait des cas et des conditions dans
lesquelles un paiement est autorisé, doit, avant son entrée en vigueur, être soumis pour étude aux membres
de la commission parlementaire de la santé et des services sociaux.
Le Président (M.
Tanguay) : Merci beaucoup. M. le ministre.
M. Barrette : Je n'ai pas de
commentaire à rajouter, M. le Président.
Président (M. Tanguay) : Merci. Y a-t-il d'autres interventions?
Collègue de Taillon, la parole est à vous.
Lamarre : Oui, M. le Président. Alors, l'amendement déposé par le
collègue député de Richelieu prévoit qu'on ait accès, finalement, dans
le cadre de la commission parlementaire, au règlement qui va préciser les
modalités de ces frais accessoires, de ces
frais supplémentaires là. Donc, moi, j'aimerais ça, proposer au ministre qu'on fasse un exercice complet, par
exemple comment on va pouvoir déterminer le prix coûtant plus 15 %, là,
qui est prévu sur une coloscopie, quels sont
les paramètres dont on va s'inspirer, et systématiquement, puisqu'il y a des
travaux qui sont prévus avec un
comité. J'aimerais qu'on fasse l'exercice de comment on va déterminer le prix
coûtant d'une coloscopie. Alors, une
coloscopie, est-ce qu'on va entrer dans ça le prix de la civière, le prix du
personnel qui va travailler, de la réceptionniste, du chauffage, de la climatisation, de la surveillance
du patient après? Quels sont les critères qui vont nous aider à déterminer
le vrai coûtant, le vrai coûtant? Parce que
le ministre nous dit : Fiez-vous sur moi, vous n'avez
pas besoin de voir ça par règlement,
moi, je vais le déterminer, le
coûtant, avec une équipe. Cette équipe-là, on comprend que ça va être la FMSQ
et un expert.
Donc,
j'aimerais ça, quand même, qu'on fasse cet exercice-là. Je pense
que ce serait très instructif pour la population,
puis peut-être que ça nous montrerait que c'est quelque chose qui est pertinent
à faire et qui n'a pas besoin d'autres observateurs que ceux qui ont été
prévus.
Barrette : M. le Président, évidemment, ce n'est pas le lieu de cette commission parlementaire là de débattre de ça, mais je suis content de constater que, maintenant, la députée de Taillon change de direction et, maintenant, embarque dans le concept. Je suis heureux de le constater et je
suis heureux de constater, par sa question, qu'elle a une bonne connaissance, et même détaillée, ce qui ne me surprend pas, comme pharmacienne
propriétaire, qu'elle ait cette connaissance-là. Alors, je vois, de son niveau de connaissance, qu'elle sait très bien comment faire ça. Alors, conséquemment, M. le Président, je n'ai pas grand-chose à rajouter, elle sait comment le faire. Alors,
c'est tous les items qu'elle a nommés plus les items spécifiques à
l'instrumentation.
Le Président (M. Tanguay) : Collègue
de Taillon.
Lamarre : Bien, M. le Président, ça peut aller loin, le prix coûtant, là. Ça peut inclure le
déneigement, ça peut inclure énormément de choses. Moi, je pense que
l'exercice que je demande au ministre de faire, là, il est très révélateur pour
la population. C'est ça dont elle veut entendre parler. Et le ministre nous dit
qu'il possède bien cette information-là. Alors, qu'il la fasse, la démonstration de
qu'est-ce qui va entrer dans le prix coûtant d'une coloscopie faite dans une clinique médicale, et là on va voir, là,
que ce n'est plus juste des 10 $, puis des 20 $, puis peut-être
pas juste des 100 $, là, on a des exemples de 500 $, où on charge là-dessus — puis j'aimerais ça, avoir l'avis du ministre — 150 $
pour des frais administratifs. Ça, ça
inclut des photocopies, des transferts de dossiers, de la recherche un peu,
l'impression du reçu. Dans le fond,
c'est vrai, ça prend une imprimante puis un reçu. Donc, ça rentre aussi dans le
coûtant de la coloscopie. Alors, j'aimerais
ça que le ministre nous explique comment il va réagir à 150 $
de frais administratifs pour une coloscopie.
Le Président (M. Tanguay) : M. le
ministre.
Barrette : M. le Président, j'ai déjà répondu à ça. Il y a des gens à qui on donnera le
mandat, des experts en évaluation de ce type-là, des firmes comptables qui sont
reconnues dans la société et qui connaissent très bien ce milieu-là.
Le mandat sera de déterminer le coûtant, point final.
Le Président (M. Tanguay) : Collègue
de Taillon.
Lamarre : Bien, d'abord, je
veux bien clarifier les choses, M. le
Président, je ne me rends pas du tout
à ce que le ministre impose aux Québécois actuellement, pas du tout,
d'aucune façon. C'est juste qu'on a, effectivement, affaire à une situation où, étant devant un gouvernement majoritaire, étant dans un gouvernement où il ne semble pas que les autres collègues députés jouissent
d'une grande écoute du point de vue du ministre et n'aient pas beaucoup voix à la parole en tant que représentants des citoyens...
Parce que je suis sûre que tous, ils ont été rencontrés par des citoyens qui
leur ont exprimé leurs inquiétudes, leurs
préoccupations et les injustices auxquelles ils ont été exposés. Alors, c'est
ça qu'on essaie d'éviter et c'est ça
qu'on essaie de corriger. Et là je
trouve qu'on a vraiment
quelque chose qui n'est pas clarifié pour les gens, donc j'espère que le ministre...
Faisons-le, l'exercice, c'est l'endroit. Le ministre ne veut même pas
déposer le règlement. Alors, comment on va ensuite comprendre le
cheminement?
Et l'autre question
que j'aurais... Donc, j'en aurais deux. J'aimerais bien avoir des réponses parce que
je pense qu'elles sont pertinentes puis je pense
que, sous... Le ministre aime se cacher actuellement derrière :
Je ne réponds pas, je n'ai pas envie de répondre à ça. Je sais, M. le Président, qu'il a le droit de le dire, mais, à répétition, je pense
que ça devient une réelle obstruction par
rapport à nos travaux. Et je voudrais
juste que les gens comprennent bien que de ne pas répondre à quelque chose qui est le coeur d'un amendement
qui nous est lancé en plein milieu d'un projet de loi où il n'a
même pas d'affaire à avoir lieu... je pense que le ministre doit être plus
généreux dans ses informations et nous donner matière à
ce qu'on puisse comprendre comment ça va se passer, qu'on puisse voir que sa
méthode a des bases rigoureuses et solides.
Et, pour moi,
quand le ministre fait affaire avec des firmes comptables, il y a beaucoup
de façons de compter, là, quand on
calcule des prix coûtants puis des prix de revenus. Alors, M. le Président, donc, ma question demeure entière, est-ce qu'on peut faire un
exercice... qu'est-ce qui rentrerait dans une coloscopie? C'est dans un
secteur, en plus, que le ministre
connaît. Je pense qu'on devrait être capables de passer à travers les éléments
de qu'est-ce qui serait inclus. Et comment
le ministre réagit à ce moment-ci, puisqu'il va faire
partie des travaux? Parce
que le comité, ça va être la FMSQ, la FMOQ, un expert, semble-t-il, et
le ministre. Alors, comment il va apprécier 150 $ de frais administratifs
pour une coloscopie? Moi, je suis curieuse
de l'entendre là-dessus et je suis certaine qu'il ne s'est jamais exprimé en
détail là-dessus pour nous donner son opinion et sa vision des choses.
Le Président (M. Tanguay) : M. le
ministre.
Barrette : M. le Président, je ne l'ai pas relevé, mais je noterai que
«cacher», «se cacher», c'est non parlementaire. Et je constate que la députée de Taillon, à la limite, traite
d'incompétentes les firmes comptables du Québec. Il y a une façon
d'évaluer le coûtant, c'est très connu. Elle l'a d'ailleurs elle-même exprimé
assez clairement, qu'elle avait la connaissance
de ça. Là, aujourd'hui, elle veut nous amener dans un débat qui n'est pas celui
de l'amendement, et c'est tout, là, moi, je n'irai pas là, je n'ai rien
à ajouter, M. le Président.
Président (M. Tanguay) : Merci. Oui, je fais appel à votre
collaboration. Chacun, ici, autour de la table, sait ce qu'il a à faire comme parlementaire. Alors, on
peut le faire, mais, de part et d'autre, là, en utilisant des mots
parlementaires et en ne prêtant pas
des intentions. Alors, je fais appel