CAT — 27 March 2024 (43rd Legislature, 1st Session)
CAT 2024-03-27
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Accueil > Travaux parlementaires > Travaux des commissions > Journal des débats de la Commission de l'aménagement du territoire
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41e législature, 1re session (20 mai 2014 - 23 août 2018)
40e législature, 1re session (30 octobre 2012 - 5 mars 2014)
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39e législature, 1re session (13 janvier 2009 - 22 février 2011)
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32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)
32e législature, 2e session (30 septembre 1981 - 2 octobre 1981)
32e législature, 1re session (19 mai 1981 - 18 juin 1981)
31e législature, 6e session (5 novembre 1980 - 12 mars 1981)
31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
31e législature, 4e session (6 mars 1979 - 18 juin 1980)
31e législature, 3e session (21 février 1978 - 20 février 1979)
31e législature, 2e session (8 mars 1977 - 22 décembre 1977)
31e législature, 1re session (14 décembre 1976 - 23 décembre 1976)
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29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)
28e législature, 5e session (24 février 1970 - 12 mars 1970)
28e législature, 4e session (25 février 1969 - 23 décembre 1969)
28e législature, 3e session (20 février 1968 - 18 décembre 1968)
28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)
28e législature, 1re session (1 décembre 1966 - 12 août 1967)
27e législature, 6e session (25 janvier 1966 - 18 avril 1966)
27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
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26e législature, 2e session (10 novembre 1960 - 10 juin 1961)
26e législature, 1re session (20 septembre 1960 - 22 septembre 1960)
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25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
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16e législature, 4e session (11 janvier 1927 - 1 avril 1927)
16e législature, 3e session (7 janvier 1926 - 24 mars 1926)
16e législature, 1re session (17 décembre 1923 - 15 mars 1924)
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15e législature, 3e session (10 janvier 1922 - 21 mars 1922)
15e législature, 2e session (11 janvier 1921 - 19 mars 1921)
15e législature, 1re session (10 décembre 1919 - 14 février 1920)
14e législature, 3e session (21 janvier 1919 - 17 mars 1919)
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13e législature, 2e session (11 novembre 1913 - 19 février 1914)
13e législature, 1re session (5 novembre 1912 - 21 décembre 1912)
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12e législature, 3e session (10 janvier 1911 - 24 mars 1911)
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Journal des débats de la Commission de l'aménagement du territoire
Version préliminaire
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43 e législature, 1 re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
mercredi 27 mars 2024
Vol. 47 N° 47
Consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 45, loi modifiant la
Loi sur la sécurité dans les sports afin principalement de renforcer la protection de l’intégrité des personnes dans les loisirs et les sports
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
11 h
11 h 30
12 h
12 h 30
14 h 30
15 h
15 h 30
16 h
16 h 30
17 h
17 h 30
18 h
Intervenants par tranches d'heure
11 h
Schneeberger, Sébastien
Charest, Isabelle
11 h 30
Charest, Isabelle
Gagnon, Yannick
Schneeberger, Sébastien
Ciccone, Enrico
Marissal, Vincent
12 h
Schneeberger, Sébastien
Charest, Isabelle
Ciccone, Enrico
12 h 30
Ciccone, Enrico
Schneeberger, Sébastien
Marissal, Vincent
14 h 30
Schneeberger, Sébastien
15 h
Schneeberger, Sébastien
Charest, Isabelle
15 h 30
Charest, Isabelle
Schneeberger, Sébastien
Ciccone, Enrico
Marissal, Vincent
16 h
Schneeberger, Sébastien
Charest, Isabelle
Gagnon, Yannick
Ciccone, Enrico
16 h 30
Ciccone, Enrico
Schneeberger, Sébastien
Marissal, Vincent
Charest, Isabelle
17 h
Charest, Isabelle
Schneeberger, Sébastien
Gagnon, Yannick
Ciccone, Enrico
Marissal, Vincent
17 h 30
Schneeberger, Sébastien
Charest, Isabelle
Ciccone, Enrico
18 h
Ciccone, Enrico
Schneeberger, Sébastien
Marissal, Vincent
Journal des débats
11 h (version révisée)
(Onze heures seize minutes)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
bon matin, tout le monde. Alors, je déclare le quorum. Alors, bienvenue à la
Commission de l'aménagement du territoire. Alors, je vous rappellerais juste de
bien vouloir regarder vos sonneries. Je vais le faire moi-même.
Alors, la commission est réunie ce matin
afin de poursuivre les consultations et auditions publiques sur le projet de
loi n° 45, Loi modifiant la
Loi sur la sécurité dans les sports afin
principalement de renforcer la protection de l'intégrité des personnes dans les
loisirs et les sports.
M. le secrétaire, est-ce que nous avons
des remplaçants?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Fontecilla (Laurier-Dorion) est remplacé par M. Marissal (Rosemont).
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, ce matin, nous recevons deux groupes, la Sûreté du Québec et,
pour commencer, nous recevons l'Association québécoise pour le loisir des
personnes handicapées. Alors, bonjour à vous deux. Je vous demanderais, dans un
premier temps, de vous présenter à tour de rôle et, par la suite, enchaîner
avec votre présentation.
Mme Bergeron (Geneviève) : Parfait.
Bonjour, M. le Président. Bonjour, Mme la ministre, Mmes et MM. les députés
membres de la commission. Je suis Geneviève Bergeron, directrice générale de l'AQLPH,
accompagnée par Mme Alexandra Gilbert, directrice générale adjointe de l'AQLPH.
L'Association québécoise pour le loisir
des personnes handicapées, AQLPH, est reconnaissante de l'opportunité qui lui
est offerte de participer à la Commission de l'aménagement du territoire
concernant le projet de loi n° 45 modifiant la
Loi sur la sécurité dans
les sports afin principalement de renforcer la protection de l'intégrité des
personnes dans les loisirs et dans les sports.
L'AQLPH est un organisme national de
loisir qui a vu le jour en 1979, né d'une volonté des organismes locaux de
porter des initiatives provinciales. L'AQLPH a pour mission de regrouper,
concerter, représenter et outiller les acteurs clés des différentes régions du
Québec œuvrant à l'accessibilité aux loisirs pour les personnes handicapées en
se positionnant comme un leader et un facilitateur. La force de notre
association repose sur son réseau dynamique et engagé de 179 organisations
membres présentes partout au Québec et qui oeuvrent de près avec la population.
Comme la politique Au Québec, on bouge! le
mentionne, les effets bénéfiques des activités physiques, des sports et des loisirs
sur la santé physique et mentale sont importants et indéniables. Plus
particulièrement pour les personnes handicapées, tant adultes que jeunes, le
loisir apporte des bienfaits psychologiques, physiques et sociaux, par exemple
le développement des habiletés et des compétences sociales, la sensibilisation
et la mobilisation de la communauté, le renforcement d'une autonomie et de l'estime
de soi, pour n'en nommer que quelques-uns.
Les nombreuses activités de loisir pour
les personnes handicapées se déroulant partout au Québec favorisent la
socialisation, et on peut facilement y remarquer des impacts sur leur
développement global et un réel épanouissement. C'est pourquoi nous
reconnaissons et saluons l'ajout du loisir dans le projet de loi n° 45.
Considérant que nos actions sont toutes dédiées à une clientèle vulnérable,
nous sommes interpelés par le projet de loi et nous avons le souci que les
personnes handicapées, leurs proches ainsi que les organisations pour personnes
handicapées ne soient pas oubliés dans le processus. Nous portons aujourd'hui
leurs voix et leurs préoccupations.
L'esprit derrière le présent projet de
loi, à savoir de renforcer les mesures en place concernant la protection de l'intégrité
en loisir et en sport, prend tout son sens lorsqu'on parle des personnes
handicapées qui peuvent présenter certaines vulnérabilités. Nous souhaitons
vous sensibiliser à ces vulnérabilités de façon qu'elles ne... qu'elles soient
considérées dans les mécanismes prévus par la loi.
Mme Gilbert (Alexandra) : L'AQLPH
reconnaît et respecte les efforts que le gouvernement déploie afin de préserver
la <sécurité et l'intégrité des participants...
Mme Gilbert (Alexandra) :
...que
gouvernement déploie afin de préserver la > sécurité et
l'intégrité des participants et participantes aux activités de loisir et de
sport. Cependant, nous avons des préoccupations quant aux moyens qui seront
pris pour rejoindre les personnes handicapées. En effet, il sera important de
considérer la grande diversité de handicaps afin de répondre adéquatement à de
nombreux besoins, notamment en termes de prise en charge et d'accompagnement
ainsi que de communication. La communication et la connaissance de soi ou les
aptitudes cognitives sont des sphères de besoins qui peuvent présenter certains
enjeux dans l'intervention auprès des personnes handicapées.
• (11 h 20) •
En effet, exprimer ses besoins, se faire
comprendre, raisonner ou analyser des situations, comprendre, intégrer ou
retenir les informations sont... n'en sont que quelques exemples. Les
mécanismes de dénonciation et de traitement des plaintes devront considérer ces
enjeux. Par exemple, est-ce qu'une personne tierce
partie pourra déposer une
plainte pour la personne handicapée si celle-ci n'est pas en mesure de le faire?
Est-ce qu'une personne en dehors de la situation, mais témoin pourrait porter
plainte au nom d'une personne handicapée? D'autant plus que de nombreuses
personnes sont amenées à interagir et intervenir auprès des personnes
handicapées, des personnes formées et habilitées pourraient rapporter et mettre
fin aux comportements prohibés.
L'AQLPH aimerait aussi porter à votre
attention d'offrir une information claire et accessible, dans tous les sens du
terme, quant à la loi et ses mécanismes, considérant que l'accessibilité à
l'information constitue un frein majeur pour les personnes handicapées. En
effet, 48 % des personnes handicapées mentionnaient vivre des obstacles
liés à la communication et 17 % d'entre elles mentionnaient vivre des
obstacles liés aux activités en ligne. Privilégier des communications
simplifiées et accessibles sera important afin de rejoindre les personnes
handicapées, qu'elles se sentent interpelées par cette loi et ses protections,
de même que tous les mécanismes qui en découlent, et qu'elles en bénéficient
réellement. Nous recommandons que les mécanismes mis en place pour appliquer la
loi soient adaptés aux différentes réalités de tout type de handicap, tels que
la réglementation, les outils de diffusion ou le processus de plainte. Forte de
son expérience et de son expertise, l'AQLPH est un partenaire de choix dans la
concrétisation de cette recommandation.
L'AQLPH aimerait porter à votre attention
l'importance de clarifier le processus de dénonciation.
L'article 30.13
mentionne clairement que le Protecteur de l'intégrité en loisir et en sport prêtera
assistance à toute personne qui le requiert pour la formulation de sa plainte
ou pour toute démarche s'y rapportant. Nous souhaitons souligner l'importance,
pour le Protecteur de l'intégrité et ses représentants, d'être bien formés à
interagir avec la clientèle handicapée. Nous pensons principalement aux
handicaps qui présentent des besoins au niveau de la communication et des
aptitudes cognitives, qui peuvent nécessiter un accompagnement différent lors
du processus de dénonciation. L'AQLPH souligne l'importance de multiplier les
canaux de communication pour porter plainte.
Également, lors du processus décisionnel,
un accompagnement est nécessaire pour la personne plaignante, mais également
pour la personne contrevenante dans le cas où celle-ci serait une personne
handicapée. Concrètement, lorsqu'une personne fera une plainte qui est jugée
recevable ou non recevable, quelles démarches seront prises pour expliquer la
décision qu'elle... par exemple, à une personne ayant une déficience
intellectuelle afin que celle-ci comprenne bien les raisons et n'hésite pas à
porter plainte de nouveau si elle est victime de comportements prohibés? Dans
le cas où la personne contrevenante serait une personne handicapée, quel suivi
sera offert afin d'assurer la compréhension de la portée du geste et d'éviter
toute récidive?
Nous recommandons que le Protecteur de
l'intégrité en loisir et en sport ainsi que son équipe reçoivent annuellement
une formation pratique afin de les préparer à accueillir les plaintes et
communiquer avec des personnes handicapées. Nous reconnaissons que plusieurs
partenaires du milieu seraient aptes à collaborer dans la réalisation de cette
recommandation, tels que l'OPHQ, la CDPDJ, le RLSQ, le CQL, Sport'Aide et
l'AQLPH.
Mme Bergeron (Geneviève) : L'AQLPH
souhaiterait mettre en lumière le contexte de pratique de loisir pour les
personnes handicapées. La grande diversité d'organisations, d'activités et de
milieux dans lesquels se déroulent ces loisirs ajoute certainement une
complexité dans l'application de la loi et de ses mécanismes. Une attention
particulière doit être portée sur le transport et sur les lieux transitoires.
Considérant qu'une grande
partie des personnes handicapées n'est pas autonome
dans son transport vers le lieu de pratique de loisir, nous questionnons les
champs d'application de la loi. Est-ce que la présente loi s'appliquera également
aux situations ayant lieu dans les transports ou dans les <lieux de
transition...
Mme Bergeron (Geneviève) :
...également
aux situations ayant lieu dans les transports ou dans les > lieux de
transition entre le domicile et la pratique de loisir?
Nous pensons, entre autres, au transport
adapté, au taxi, au covoiturage, aux périodes d'attentes dans le hall d'un
centre communautaire ou encore une cafétéria de salle de quilles. Jusqu'où le Protecteur
de l'intégrité en loisir et en sport peut intervenir et agir? Il est important
que les limites de la loi soient bien définies et communiquées, tout comme nous
jugeons extrêmement important de mettre en place des mécanismes de concertation
et de communication entre les différents acteurs de la pratique de loisir pour
aller au-delà du cadre d'intervention de la loi. Nous recommandons une
clarification des limites d'application de la loi et des mesures palliatives
pour assurer la protection de la personne handicapée dans sa pratique de loisir.
L'expérience complète doit être considérée du départ du domicile au retour à la
fin de l'activité.
À la lumière de ces préoccupations,
l'AQLPH rappelle l'importance du présent projet de loi. Nous souhaitons
réitérer notre appui dans l'inclusion des personnes handicapées dans
l'application de la loi et les mécanismes associés. Les organismes de notre
réseau, nos membres et les acteurs du milieu doivent être considérés dans la
mise en œuvre de la loi et reconnus pour leur compétence et connaissance des
nombreux besoins des personnes handicapées. Ils seront les acteurs de premier
plan et devront composer au quotidien avec les retombées de la loi, notamment
la vérification des antécédents judiciaires et l'accompagnement dans le
processus de plainte.
De par notre rôle de leader et de
facilitateur, nous sommes un partenaire de choix et nous assurons le
gouvernement de notre soutien dans les suites à venir. Nous terminons en
rappelant nos trois recommandations : que les mécanismes de mise en place
pour appliquer la loi soient adaptés aux différentes réalités de tout type de
handicap, que le Protecteur de l'intégrité en loisir et en sport ainsi que son
équipe reçoivent annuellement une formation pratique afin de les préparer à
accueillir les plaintes et communiquer avec les personnes handicapées, qu'une
clarification des limites de l'application de la loi et des mesures palliatives
pour rassurer la personne handicapée soit mises, considérer l'expérience
complète du départ du domicile au retour à la fin de l'activité.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
merci beaucoup pour votre présentation. Alors, nous débutons maintenant une
période d'échange en commençant avec la ministre. Alors, vous avez un 16 minutes...
16 minutes et quart.
Mme Charest : Et quart?
Le Président (M. Schneeberger) : Et
quart, et 15, oui, plutôt.
Mme Charest : J'ai perdu 15
secondes. Alors, bonjour. Merci, M. le Président. Bonjour, mesdames. Merci
d'être ici aujourd'hui pour nous partager la réalité que votre association et
ses membres vivez. J'aurai quelques petites questions, évidemment, pas pour
répondre à vos questions, mais plutôt vous en poser puis en susciter davantage.
J'aimerais savoir quelle est la situation
actuelle ou quel genre de mécanisme de plainte existe déjà. Donc, dans une
situation quelconque, que ce soit dans le transport ou, tu sais, peu importe,
là, quels sont... est-ce qu'il existe un mécanisme de plainte? On va commencer
avec ça.
Mme Bergeron (Geneviève) : ...parle
de transport, il existe autant de mécanismes de plainte qu'il existe de
transporteurs. Donc, ça, c'est un gros enjeu parce que, peu importe où vous
êtes transportés, le mécanisme de plainte est différent. Donc, il faut d'abord
comprendre qu'il y a une situation d'abus. Il faut trouver où on porte plainte
et il faut donner suite à ce mécanisme-là. Donc, dans le transport, c'est très
varié, c'est différent. Pour ce qui est de la pratique de loisir, on est comme
nos collègues, là, on a une politique d'intégrité et... Mon Dieu! J'ai oublié
le nom. Avec Je porte plainte...
Mme Gilbert (Alexandra) : L'Officier
des plaintes.
Mme Bergeron (Geneviève) : Merci.
Avec l'Officier des plaintes, on est dans le même processus pour nos collègues
et les activités qui se passent sur le terrain.
Mme Charest : OK. Donc, c'est
le mécanisme qui est utilisé actuellement, mais, dans tout ce qui englobe la
pratique ou l'activité, il n'y a pas systématiquement de mécanisme.
Mme Bergeron (Geneviève) : Non.
Mme Charest : Quand, bon, par
exemple, il y a une attente dans un centre communautaire, des trucs comme ça,
ça se réfère aux centres... Non, ça...
Mme Bergeron (Geneviève) : Ça
se référait probablement aux centres communautaires, mais, si c'est difficile
pour nous de le savoir, imaginez, pour le plaignant, à quel point ça peut être
difficile de savoir où porter plainte.
Mme Charest : Ou ce seraient
les droits de la personne, principalement, donc, ce serait là, habituellement,
que les plaintes seraient logées, au Protecteur du citoyen, peut-être, ou...
Mme Bergeron (Geneviève) : J'aurais
envie de dire même la police. Tu sais, c'est de voir, là... ça va être vraiment...
Mme Charest : La nature de...
OK. En ce qui concerne la vérification des antécédents judiciaires, maintenant,
c'est quoi, la situation actuelle? Qui... qui est vérifié, à quelle fréquence,
quelles... quelles sont les directives, les obligations, un petit peu le
portrait, là...
Mme Gilbert (Alexandra) : C'est
une pratique qui est courante dans notre milieu parce que nos organismes, nos
membres dans notre milieu, ils sont habitués de travailler avec une clientèle
vulnérable. Donc, ils ont déjà des politiques en place. Ça va donc être chaque
organisation qui a sa propre politique et qui va mettre en <place
cette... cette dite politique...
Mme Gilbert (Alexandra) :
...et
qui va mettre en > place cette... cette dite politique. Donc, c'est dur
d'avoir un délai x précis pour... qui est uniforme à l'ensemble de nos... dans
notre milieu, mais c'est une pratique courante. C'est sûr qu'il y a des enjeux,
notamment, parce qu'il y a du roulement de personnel. Donc, il faut... il faut
refaire le processus dès qu'il y a du nouveau personnel. Les délais, on
rejoint, là, nos partenaires... ce que nos partenaires ont nommé hier, les
délais sont longs. Il n'y a pas d'uniformité à travers la province. Donc, c'est
un enjeu, pour notre... notre milieu, de le faire déjà, mais on salue quand
même que ce soit inclus, là, dans le projet de loi. Ça ne peut qu'être
bénéfique.
• (11 h 30) •
Mme Charest : Donc,
concrètement, maintenant, avec cette obligation-là de vérification qui... qui
arriverait, ça changerait quoi? Parce que, là, vous avez un portrait
sommaire
des organismes qui le font. Les organismes ne sont pas tous membres de l'AQLPH,
je présume?
Mme Gilbert (Alexandra) : Effectivement,
les organismes ne sont pas tous membres de notre... de notre association. Ce
que ça changerait, c'est les leviers, les ressources, les ententes-cadres qui
sont prévues dans le projet de loi. Donc, c'est un peu ce qui...
Mme Charest : Donc, ce serait
un facilitateur s'il y a des ressources. Dans le nombre de vérifications, ça se
ressemblerait, grosso modo, mais... Oui et non?
Mme Bergeron (Geneviève) : Moi,
j'ai envie de dire que ça pourrait augmenter le nombre de vérifications, parce
qu'aussitôt qu'on a un cadre, aussitôt qu'on a une obligation, aussitôt que
c'est dans la loi, c'est beaucoup plus facile. Ma collègue le disait, on a un
levier. Donc, nous, on peut dire... On peut faire de la prévention. On peut le
mentionner, on peut même l'exiger dans certains programmes de financement, mais,
aussitôt que c'est cadré, ça devient systématique, donc, là, c'est un bon
levier qu'on a.
Mme Charest : Est-ce que vous
utilisez aussi, avec le PAGAC, Je bénévole? Donc, vous avez accès à ces... à
ces ressources financières là?
Mme Bergeron (Geneviève) : Oui,
oui, pour plusieurs de nos organisations, pas l'entièreté, mais, pour plusieurs
de nos organisations, oui.
Mme Charest : OK. Ils vont
utiliser cette ressource-là. Vous parlez, dans votre préambule, dans votre
première orientation, de la difficulté de l'utilisation du téléphone. On sait
que Sport'Aide, hier, nous... nous disait que c'était... c'était une façon de
porter plainte. Vous dites que ça peut être une difficulté. Donc, on ne vient
pas rejoindre toute la clientèle. Vous proposez quoi puis qu'est-ce qui devrait
être...
Mme Bergeron (Geneviève) : En
fait, ça se passe à deux niveaux. Il faut comprendre que, dans les outils qu'on
met à la disposition, il faut s'assurer d'avoir un langage simplifié qui est
compris par tout le monde. Il faut s'assurer d'avoir des outils qui sont
lisibles par un lecteur d'assistance. Il faut s'assurer d'avoir, au niveau du
contraste de couleur, accessibilité visuelle, d'avoir les bons contrastes. Déjà
là, on s'assure que les outils sont intelligibles et sont compréhensibles par
la population.
Ensuite, il faut multiplier les canaux de
communication. On sait très bien qu'un seul canal de communication n'arrivera
pas à rejoindre tout le monde. Donc, multiplier les canaux de communication, oui,
porter plainte par écrit, mais porter plainte par téléphone. On reçoit, nous,
dans le cadre de la Carte Accompagnement Loisir, encore beaucoup de demandes
papier. Donc, est-ce que c'est possible d'envoyer une plainte papier, un
formulaire PDF en ligne, donc, toutes les façons de porter plainte possibles?
Puis, pour communiquer l'information,
c'est aussi de multiplier les canaux de communication, on parle... utiliser des
pictogrammes, des communications écrites, des affiches, des capsules qui
pourraient être traduites en langage des signes québécois, des publicités dans
les médias de masse. Donc, plus on multiplie les canaux de communication, plus
on va être en... on va être capables de rejoindre la population et de rendre
notre message intelligible et compréhensible.
Mme Charest : Dans votre
recommandation, la première, elles ne sont pas numérotées, mais on y va
chronologiquement, vous parlez de mettre en place des mécanismes, là, telle la
réglementation. Présentement, quelle est la situation, avec l'AQLPH, avec ces
organismes, en termes de réglementation? Donc, je ne sais pas, un ratio
d'intervenant par utilisateur, est-ce qu'il y a une forme de réglementation
quelconque?
Mme Bergeron (Geneviève) : Non,
parce qu'on n'intervient pas dans un champ de loisir en particulier. Nous, on
intervient dans tous les champs de loisir personne au niveau personnes
handicapées. Donc, tous les champs de loisirs possibles sont nos champs
d'intervention. Ça fait qu'on n'a pas une réglementation précise. Ce ne sont
pas nos champs d'intervention.
Mme Charest : Continuez,
je...
Mme Bergeron (Geneviève) : Non,
non, non, c'est beau.
Mme Charest : J'avais l'air
de... Donc, il n'y a pas un minimum ou un plancher de degré de sécurité ou de
réglementation qui peut être appliqué. Ça va vraiment en fonction de...
Mme Bergeron (Geneviève) : En
fonction du type de loisir, parce que ce n'est pas la même chose d'aller jouer
aux quilles que d'aller faire de l'escalade. Donc, tu sais, on s'entend que les
loisirs peuvent être très variés et très différents. Donc, on ne peut pas
intervenir au niveau de la réglementation. On peut offrir des bonnes pratiques
ou des pratiques inspirantes qu'on va...
Mme Charest : Ça, est-ce que
vous avez déjà... oui, vous avez déjà des guides?
Mme Bergeron (Geneviève) : Ça,
on a des outils, ça, on le fait avec nos membres, mais on n'a pas de
réglementation. On n'a pas...
Mme Charest : Proprement dite.
Mme Gilbert (Alexandra) : On
va aussi beaucoup référer aux réglementations des autres organisations et
fédérations qui existent au Québec parce qu'ils sont les spécialistes dans leur
champ de compétence. Nous, on est spécialistes de plusieurs champs de
compétence.
Mme Charest : Donc, ça, ça
peut se... Il peut y avoir ce genre de réglementation avec les sports et avec
les loisirs aussi ou... et ils différeraient comment...
Haut de la page
11 h 30 (version révisé
e) Mme Charest : ...ce genre de
réglementation avec les sports et avec les loisirs aussi ou... et différerait
comment? Est-ce que le sport serait plus de niveau sécurité, alors que les
loisirs seraient plus de niveau d'intégrité, ou ça n'a pas...
Mme Bergeron (Geneviève) : Bien,
ça dépend encore de la pratique de loisirs. Ce n'est pas la... d'un loisir à l'autre,
ce n'est pas les mêmes règlements de sécurité, mais c'est sûr que nous, on
trouve qu'il y a beaucoup plus de vulnérabilité chez notre clientèle au niveau
de l'intégrité. Donc, c'est sûr qu'assurément que c'est là... c'est là pour
nous où la loi est un levier intéressant, protéger l'intégrité de notre
clientèle dans leur pratique de loisirs.
Mme Charest : Vous m'amenez à
une question, puis il en a été beaucoup question hier, la définition d'intégrité.
Il n'en est pas question dans votre mémoire, mais quelle est votre position? Puis
quel genre de définition ferait en sorte qu'on rejoigne toutes les situations
potentielles qui pourraient porter atteinte à l'intégrité?
Mme Bergeron (Geneviève) : J'aurais
envie de vous dire que ce n'est pas notre champ de compétences puis je me
trouverais vraiment un imposteur d'arriver aujourd'hui puis de vous donner une
définition de l'intégrité. Je crois qu'il y a des collègues hier qui l'ont fait
bien mieux que nous, on pourrait le faire aujourd'hui. Pour moi, ce qui est
important, par contre, c'est que ce soit une définition très globale, plus
large que moins. Et ce serait... ce qui est important vraiment pour moi, c'est
de... la façon dont ça va être vulgarisé et communiqué afin que la clientèle
comprenne bien qu'est-ce que c'est, la protection de son intégrité.
Mme Charest : OK. Donc, plus
dans la réglementation que dans la loi proprement dite, qui peut être plus
large, justement, pour ne pas... hier, je l'ai dit hier aussi à plusieurs
reprises, là, quand on commence à nommer une forme de violence, ou peu importe,
bien, on exclut celles qu'on n'a pas nommées, là. Attendez que je voie mes
petites notes... Vous parlez aussi, bon, de la formation pour le protecteur,
pour l'équipe, et tout ça. J'aimerais ça que vous me dressiez un profil du PILS
parfait ou, en tout cas, souhaitable.
Des voix : ...
Mme Charest : Pas... pas le
député de Marquette, évidemment.
Mme Bergeron (Geneviève) : En
fait, je pense que ce serait quelqu'un... bien, quelqu'un, une entité, là, on
va dire, une entité qui est au fait de toutes les particularités de sa
clientèle. Donc, comment on parle à tout type de clientèle, comment on reçoit
une plainte et on s'assure que la personne se sent accueillie, se sent
considérée, qu'on va chercher les clés... Parce que, vous savez, là, au niveau
de différents types de handicap, parfois, c'est difficile de structurer sa
pensée, d'avoir les bons mots pour exprimer ce qu'on a à exprimer, d'exprimer
nos émotions clairement. Donc, pour moi, le PILS idéal serait en mesure...
aurait une équipe formée pour être en mesure justement d'accueillir ces
plaintes-là et d'accompagner les plaignants si la plainte, elle n'est pas
recevable. Bien, pourquoi? De bien l'expliquer pour ne pas que la personne ait
peur de reporter plainte en cas de situation d'abus ultérieur.
Mme Charest : Oui. Vous
parlez plus loin, puis je vais céder ensuite la parole à mon collègue de
Jonquière, vous parlez dans la troisième recommandation que vous recommandez
des mesures palliatives. Ça, j'aimerais vous entendre là-dessus. Qu'est-ce qu'on
entend par mesures palliatives?
Mme Bergeron (Geneviève) : Bien,
dans le cadre où la loi, par exemple, n'irait pas jusqu'au transport adapté ou
jusque... comme je vous parlais, par exemple, une attente dans le centre
communautaire. Pour nous, ça, c'était important que le <i>protecteur de l'intégrité
puisse quand même accompagner la personne. On ne voudrait pas que la plainte
tombe entre deux chaises parce que ce n'est pas de notre ressort. On dit :
Bien, ce n'est pas nous qui s'occupe de la plainte, donc merci, allez faire une
plainte à votre transporteur.
Ce que nous, on souhaite, c'est qu'il y
ait un accompagnement et un suivi de la personne handicapée qui va aller porter
plainte, lui dire : Bon, bien, voici, c'est un autre mécanisme, on va t'accompagner,
on va s'assurer que ta plainte là-bas, elle soit reçue aussi, peut-être même
que le protecteur de l'intégrité puisse lui-même transférer la plainte à la
bonne institution. Puis on parle aussi peut-être de créer un lieu de
concertation où toutes les parties prenantes du loisir pourraient être réunies,
entendre la même information et se concerter au niveau des enjeux qui sont
vécus sur le territoire.
Mme Charest : Super, merci.
Yannick, je te passe la puck.
M. Gagnon : Mme Bergeron,
c'est un plaisir de vous accueillir, Mme la directrice générale. Tout à l'heure,
Mme la ministre demandait justement le profil idéal du PILS. Je voulais juste
voir si... je voulais juste vous entendre sur quelque chose en lien avec le protecteur
de l'intégrité. Je voyais quelque chose de très intéressant, puis on sent aussi
toute l'importance en lien avec votre rencontre aujourd'hui, vous disiez que,
le protecteur de l'intégrité, ce serait bien qu'il reçoive une formation
pratique pour accueillir justement particulièrement les plaintes, là, pour les personnes
handicapées.
Hier, on a eu un groupe qui proposait que
le protecteur de l'intégrité soit accompagné d'une équipe multidisciplinaire
avec certaines expertises. Est-ce que, dans cette vision-là que les gens nous
ont proposée hier, vous seriez d'accord que plutôt... ou sensiblement qu'on <maintienne...
M. Gagnon :
...nous
ont proposée hier, vous seriez d'accord que plutôt... ou sensiblement qu'on
> maintienne la formation, ou peut-être qu'on explore aussi, si ce serait
une équipe interdisciplinaire, qu'il y ait une expertise ou un champ
d'expertise alentour du protecteur de l'intégrité qui viendrait un peu
sensibiliser la... on pourrait dire, la plainte pour la personne handicapée?
Est-ce que... est-ce que c'est quelque chose qu'on peut explorer?
• (11 h 40) •
Mme Bergeron (Geneviève) : Oui.
Oh mon Dieu! Je... Oui, c'est sûr que d'avoir un champ d'expertise puis d'avoir
quelqu'un spécialisé au sein du protecteur de l'intégrité, ce serait une bonne
chose, assurément, mais j'ai envie de dire que plus il va y avoir de gens
formés, mieux ça va être. Ça n'exclut pas de former tout le reste du personnel,
d'être sensibilisé à la réalité, parce que, tôt ou tard, ils vont être en
contact avec une personne en situation de handicap, ils vont avoir à gérer ces
plaintes-là, ou à les comprendre, ou conseiller leurs collègues. Donc, pour
moi, c'est important quand même qu'il y ait une formation ou une
sensibilisation, au minimum, à tout le personnel.
Mme Gilbert (Alexandra) : Puis
qu'il y ait une imputabilité aussi de toute l'équipe et du Protecteur de
l'intégrité en loisir et en sport.
M. Gagnon : Je vous entends
très bien. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va comme ça?
Mme Charest : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Alors, parfait. Alors, nous allons maintenant du côté de l'opposition
officielle avec le député de Marquette pour 12 min 23 s.
M. Ciccone : Merci beaucoup. Rebonjour à vous, Mme la ministre, à votre
équipe. Bonjour à vous deux. Merci beaucoup d'être parmi nous. J'ai lu
attentivement votre mémoire. Puis on apprend beaucoup de choses, hein, on
apprend beaucoup de choses, puis c'est pour ça que vous êtes là aujourd'hui,
pour nous sensibiliser justement aux enjeux de vos membres. Parce que, ce
projet de loi là, on va tous travailler ensemble pour l'améliorer, pour
l'amender, le rendre meilleur, pour ne pas laisser personne sans service.
Tantôt... puis je vais faire tout de suite
du chemin avec ce que... parce que c'est frais, là, avec ce que le député de
Jonquière a dit au niveau de la formation puis des équipes multidisciplinaires.
Ce que je voyais dans votre mémoire, c'est que vous nous sensibilisez à la
réalité, là, à la... à la réalité des choses, parce que, je veux dire, avec des
personnes handicapées, des personnes qui ont de la difficulté de communication,
de compréhension pour certains, il faut agir de façon différente. Puis il faut
avoir le résultat... le même résultat qu'une personne dite... je ne veux pas
être péjoratif, mais qui n'est pas handicapée, là.
On parlait... le député de Jonquière
parlait d'équipe multidisciplinaire. Moi, la façon que je vois ça, puis
dites-moi si je suis dans le champ, là, c'est que, même s'il y a un spécialiste
ou quelqu'un qui est spécialiste en matière de communication avec des personnes
handicapées, qui ont de la difficulté, moi, personnellement, je trouve que tout
le monde au protecteur de l'intégrité devrait être sensible. Parce que, si on
se fie juste sur une ou deux personnes qui est spécialiste, moi, je trouve
qu'on manque le bateau, là, parce que, quand on doit répondre rapidement, il
faut qu'une personne soit là. Alors, moi... moi, je pense que tout le monde
devrait être formé à ce niveau-là, un peu dans votre suggestion...
Mme Bergeron (Geneviève) : C'est
exactement mon point. Puis il faut penser qu'on est dans une ère de mobilité de
la main-d'oeuvre aussi. Donc, ce n'est pas exclu que la personne spécialiste
parte rapidement et doive être remplacée rapidement. Donc, aussi bien former
plus que pas assez.
M. Ciccone : Au niveau de la formation plus spécifique, là, quel genre
de formation le protecteur à l'intégrité... Parce que, là, on va le définir,
là, c'est-tu une personne, le protecteur de l'intégrité, c'est-tu une équipe,
mais ça, on va faire le travail pendant la... l'étude détaillée. C'est quoi
spécifiquement que le protecteur ou les gens qui vont l'entourer, l'équipe
devraient avoir comme formation et spécialité, si je peux l'appeler ainsi, pour
être capable de bien faire son travail, là?
Mme Gilbert (Alexandra) : Bien,
c'est sûr que ça va être des mises en situation, on ne s'en sort pas, avec la...
l'aisance vient avec la pratique, donc des mises en situation sur comment... on
va y aller très... très concrètement, très spécifiquement, comment... comment
on explique une décision à une personne qui a une déficience intellectuelle,
quels mots on va choisir. On a tendance des fois à mettre plus de mots que pas
assez... que trop, c'est-à-dire. Donc, spécifiquement, comment communiquer ces
informations-là? On va donner des clés, des trucs, des stratégies inclusives.
Est-ce que c'est... Est-ce qu'on va avoir des supports visuels, par exemple?
Donc, on va parler de ça. Il y aura une sensibilisation aussi à quelle est
l'approche. On va aussi, on le voit déjà dans nos formations partout au Québec en
ce moment, déconstruire quelques mythes et peut-être préjugés envers les
personnes handicapées.
M. Ciccone : Parce qu'il faut considérer aussi le fait que, chez vous,
vos utilisateurs ont... il y en a qui sont malentendants, il y en a qui sont malvoyants.
Il faut être capable de communiquer avec eux autres aussi. Il y en a qui ont de
la difficulté à parler. Ça fait qu'il faut avoir... dans le fond, ce que
j'entends, c'est qu'il faut avoir ces outils-là disponibles au protecteur de
l'intégrité pour être capable de... Moi, j'avais un cousin qui était... qui
était aveugle, mais il écrivait. Il avait les sons puis il était <capable...
M. Ciccone :
...un cousin qui était... qui était aveugle, mais il
écrivait. Il avait les sons puis il était > capable d'appeler quelqu'un.
Tu sais, il était... il était capable de faire ça. Ça fait que, dans le fond,
ces outils-là, il faut que ce soit disponible au protecteur de l'intégrité, là.
Mme Bergeron (Geneviève) : Vous
savez, chaque citoyen a la même valeur en tant qu'être humain, donc chaque
citoyen doit avoir les mêmes accès et les mêmes droits. Donc, oui, il faut
avoir tous les outils pour que tout le monde puisse porter plainte.
M. Ciccone : Avez-vous des suggestions? Parce que, quand... si le projet
de loi est adopté, à un moment donné, il va falloir le mettre dans l'espace
public, il va falloir faire la... des publications, de la publicité pour que le...
le plus de gens possible puissent en prendre connaissance. Avez-vous des
suggestions, à savoir qu'est-ce qu'on devrait faire pour justement aller
personnes, oui, qui s'en occupent, vous, c'est correct, mais en même temps,
pour ces gens-là, là, c'est un peu plus difficile pour certains de comprendre
qu'ils ont cet outil-là pour les... pour les aider.
Mme Bergeron (Geneviève) : Il
y a plein d'organismes sur le territoire qui ont les compétences justement pour
vous aider dans ce processus-là. Pour nous, c'est important, je l'ai dit tout à
l'heure, de multiplier les canaux de communication, de travailler aussi avec
les organismes de terrain, donc ne pas avoir peur de former les organismes qui
travaillent directement avec la clientèle pour qu'eux aussi soient en mesure
d'expliquer, de vulgariser la loi et ses mécanismes. Donc, plus on va
travailler de concertation avec tous les gens qui sont sur le terrain, sur le
territoire avec les personnes handicapées, mieux on va arriver à remplir
l'objectif.
M. Ciccone : Au niveau des vérifications des antécédents judiciaires,
vous en avez parlé un petit peu, parce qu'il faut... Dans le cas qui... qui nous
occupe aujourd'hui, c'est plus large, là. Tu sais, il y a des... il y a des
utilisateurs chez vous qui ont besoin de se faire aider. Il va y avoir des
accompagnements, il va y avoir des... C'est des autobus qui vont aller
chercher, les ramener. Pour vous, est-ce que tous ces gens-là qui entourent...
Parce qu'on utilise un mot, «régulièrement», dans le projet de loi. Est-ce
qu'on devrait enlever «régulièrement», et tous les gens qui entourent les gens
qui... qui nous concernent aujourd'hui, les handicapés, devraient avoir des
vérifications des antécédents judiciaires?
Mme Gilbert (Alexandra) : C'est
sûr que les... tous les intervenants qui sont de près ou de loin avec la
personne handicapée, on va... C'est déjà une pratique commune dans notre milieu
de... Puis j'entendais l'ACQ hier nommer, là, le préposé à l'entretien, le... Les
gens à la cafétéria peuvent être amenés à être en contact avec la personne
handicapée. Donc, oui, ces personnes doivent être... doivent faire une
vérification d'antécédents judiciaires. Puis c'est déjà assez commun, là, dans
le milieu en ce moment.
M. Ciccone : Alors, même si vous appelez un... un transport adapté,
cette personne-là est déjà vérifiée, vous nous le confirmez?
Mme Gilbert (Alexandra) : ...
Mme Bergeron (Geneviève) : Bien,
elle devrait. Bien, elle devrait être vérifiée, parce que, dans un transport,
la personne est en situation de grande vulnérabilité.
M. Ciccone : Exact, exact. Maintenant, la validité des antécédents
judiciaires, à combien le... Combien d'années, par exemple, on devrait
revérifier les antécédents judiciaires, à chaque année, à chaque deux ans,
trois ans?
Mme Gilbert (Alexandra) : C'est
risqué pour nous de nommer un mois, une année, un moment précis, parce qu'il
nous manque des réponses à nos questions. On comprend qu'il va y avoir une
entente-cadre avec les corps de police, entre autres. On pourrait vous dire :
Il faudrait que ça se fasse à chaque année, on pourrait dire deux ans, trois
ans, mais est-ce que le milieu va être capable d'absorber cette demande-là,
donc... puis le renouvellement annuel, tout ça? Assurément qu'en ce moment ça
se fait à l'embauche. On espère avoir les résultats avant l'entrée en fonction.
Puis après, évidemment, il doit y avoir une récurrence. Laquelle? C'est dur de
se prononcer en ce moment. On pourrait voir dans les politiques, là, de nos
membres entre autres. On pourrait s'inspirer de ces... de ces processus-là.
M. Ciccone : ...pour mettre ça en place, pour faciliter justement la
vérification des antécédents judiciaires, je suis persuadé que la ministre et
son équipe va s'en occuper, mais idéalement, là, pour vous, ça devrait être...
ce que j'entends, ça devrait être le plus... à chaque année, là, pour éviter
une problématique ou une chose malencontreuse, c'est ce que j'entends?
Mme Bergeron (Geneviève) : Le
plus régulièrement possible.
M. Ciccone : Parfait. Bien, c'est parfait comme... comme réponse. On a
parlé hier de la neutralité du protecteur à l'intégrité. J'ai comme
l'impression, avec vos réponses tantôt, que vous nous avez écoutés hier un peu.
Vous vous êtes préparées dans le genre de questions qu'on était pour vous poser.
J'ai vu que vous changez la page, ça fait que vous avez déjà la réponse.
Trouvez-vous que le protecteur de l'intégrité a trop de responsabilités, qui
pourrait faire en sorte qu'à un moment donné il ne soit plus neutre dans ça?
Mme Bergeron (Geneviève) : En
fait, moi, ce que je trouve, c'est que, si tout est regroupé à la même place,
au même endroit, c'est beaucoup plus facilitant. Je fais confiance en fait à la
machine, aux gens qui vont être sur place pour assurer une neutralité. Pour
nous, plus c'est simple, mieux ça va être. J'ai envie de dire que ce qui est <important...
Mme Bergeron (Geneviève) :
...une
neutralité. Pour nous, plus c'est simple, mieux ça va être. J'ai envie de dire
que ce qui est > important, ça va être le type d'accompagnement qui va
être offert aux personnes handicapées, beaucoup plus de me préoccuper si, dans
une seule machine, la neutralité va être acceptée. Moi, je fais confiance au
processus. Je suis convaincue que oui. Ce qui est important, c'est vraiment
qu'on accompagne adéquatement la personne handicapée dans son processus de
plainte et qu'on ne la laisse pas toute seule là-dedans.
• (11 h 50) •
M. Ciccone : Tantôt, vous avez abordé l'officier des plaintes, que c'est
un outil dont vous aviez... que vous pouviez vous servir, puis vous avez
plusieurs outils aussi. Quand ça devient de l'ordre criminel... mais là on
appelle les gens qui viennent d'entrer chez nous, dans cette salle-là. Quand ce
n'est pas du domaine criminel encore, là on a l'officier des plaintes, si on
veut... si on veut aller plus loin. Avez-vous déjà eu recours à l'officier des
plaintes dans votre milieu?
Mme Bergeron (Geneviève) : À
l'heure actuelle, oui, il y a des situations qui nous ont été rapportées, mais
aucune plainte ne nous ont été rapportées ou n'ont été portées à notre
attention. Je vous dirais que le gros enjeu présentement, là, c'est, de un,
pour la personne de savoir qu'elle est en... présentement en abus, que la
situation est une situation abusive, de un. Ensuite, c'est de comprendre qu'il
y a un mécanisme pour porter plainte et quelles seront les conséquences, quel
va être le processus. Souvent, les gens ont peur de représailles et les gens
ont peur d'être privés de leur pratique de loisirs. Pour beaucoup d'entre eux,
c'est superimportant, la pratique de leur activité de loisirs, et ils ont en
tête que, s'ils portent plainte, bon, bien, ils vont être coupés de cette
pratique de loisirs là. Donc, on est au fait qu'il y a des situations
problématiques sur le terrain, mais présentement, dans les dernières années, il
n'y a pas aucune plainte qui a été portée à notre attention.
M. Ciccone : Merci. Dernière question. Avez-vous été consultées avant la
rédaction de ce projet de loi là?
Mme Bergeron (Geneviève) : Non.
M. Ciccone : Merci beaucoup. Merci, M. le...
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Alors, nous passons maintenant du côté de la deuxième opposition avec le député
de Rosemont.
M. Marissal : Merci, M. le
Président. Bonjour, mesdames. Merci, merci d'être là. C'est vraiment
intéressant. Ça nous amène un peu ailleurs dans vraiment... près d'une
clientèle particulièrement vulnérable, le plus souvent. Puis, bon, vous
connaissez les histoires qui sortent dans les journaux à l'occasion... des gens
qui sont abusés. On essaie d'éviter ça le plus possible.
Vous avez parlé de... vous avez parlé de
la notion, de la définition du mot «intégrité». Bon, ça fait... ça fait depuis
hier qu'on se penche là-dessus aussi, puis on n'aura jamais la définition
parfaite et totale, mais vous semblez dire, un peu comme la ministre puis, je
pense, un peu comme moi, que c'est mieux d'être plus large que moins pour...
Dans ce cas-ci, qui trop... qui trop embrasse mal étreint ne s'applique pas. On
est mieux... on est mieux d'embrasser plus puis on va toucher tout le monde.
Mme Bergeron (Geneviève) : Je
ne serais pas allée là, mais oui.
M. Marissal : Bien, ça prend
un peu d'amour aussi, hein, à l'occasion. D'ailleurs, merci pour ce que vous
faites. Je connais des parents qui ont des enfants avec handicap, puis c'est
important ce que vous faites.
Les définitions générales... Parce qu'ici
on ne fonctionne pas avec de la philosophie, on fonctionne avec des textes de
loi, quoique parfois les deux sont liés, là. La Politique en matière de
protection de l'intégrité actuellement en vigueur se limite aux plaintes
d'abus, de harcèlement, de violence, de négligence. Est-ce qu'on échappe
quelque chose par rapport aux clientèles que vous représentez? Est-ce qu'on est
pas mal dessus? Parce que vous parliez de préjugés, madame, tout à l'heure,
avec raison. Ça fait mal, les préjugés, aussi, là. Ce n'est pas une claque en
arrière de la tête, mais ça fait mal. Est-ce qu'on couvre ça, par exemple, dans
un cadre de camp de jour, par exemple, où il y aurait des enfants avec le TSA
ou des enfants avec handicap physique?
Mme Bergeron (Geneviève) : ...c'est
une question...
Mme Gilbert (Alexandra) : Celle-là,
elle n'a pas été posée hier, alors...
Mme Bergeron (Geneviève) : ...pas
dans nos notes.
Mme Gilbert (Alexandra) : Mais
assurément oui, là. Abus, harcèlement, violence, ça me semble être assez...
couvrir le genre...
M. Marissal : Violence,
négligence.
Mme Gilbert (Alexandra) : ...négligence,
le genre de situations. Parce que, dans «violence», il y a quand même beaucoup
d'éléments qui entrent en ligne de compte, puis les situations qu'on voit ou
qu'on nous rapporte semblent rentrer dans ces termes-là.
M. Marissal : OK. Je me vois
mal mettre le mot «méchanceté» dans un projet de loi, mais... C'est parce qu'on
essaie de trouver les mots parapluies qui vont couvrir.
Puis là je vous amène tout de suite, parce
je n'ai tellement pas de temps, mais... c'est malheureux, mais je vais devoir
vous amener vers autre chose. Vous avez parlé tantôt de l'ACQ, qu'on a reçue
hier, puis ma question est liée aussi un peu à ça, c'est que ce n'est pas tous
les camps de jour ou de vacances... qu'on appelait camp de vacances, je ne sais
plus s'ils s'appellent encore comme ça, je vais trahir mon âge, ce n'est pas
tous les camps qui sont normés, qui sont membres de l'ACQ ou qui ont les bonnes
pratiques.
Moi, j'ai un nouvel attaché dans ma
circonscription qui a été longtemps en charge de camps municipaux, notamment
dans Rosemont. Alors, je suis en échange avec lui. Il me dit que, dans ces
camps-là, ça va, il y a du un pour un de ratio. Tout est pas mal bien fait,
mais on n'est pas trop sûrs que c'est partout pareil. Est-ce que ça vous
inquiète de savoir qu'il y a peut-être des camps où... peu importe qu'on leur
donne une loi, là, <puis...
M. Marissal :
...de
savoir qu'il y a peut-être des camps où... peu importe qu'on leur donne une
loi, là, > puis qu'on leur demande de respecter une loi, si à la base il
n'y a pas la formation puis que c'est un petit peu du «free-for-all», passez-moi
l'expression... qu'il y a des gens qui vont se retrouver vraiment mal pris?
Mme Bergeron (Geneviève) : C'est
sûr que ça nous inquiète, on ne peut pas dire que ça ne nous inquiète pas. Par
exemple, pour notre clientèle, qui est une clientèle vulnérable,
habituellement, les parents... j'ai envie de dire, peut-être un peu plus
vigilants ou ont des antennes un petit peu plus grandes, ils vont les placer
soit dans des camps spécialisés ou dans des camps de jour qui, justement,
acceptent l'accompagnement, leur fournit l'accompagnement nécessaire pour leurs
jeunes. Donc, c'est plus rare qu'on va voir une personne handicapée qui va se
ramasser dans un camp qui n'est pas du tout normé, qui n'offre pas
d'accompagnement, qui n'offre pas les mesures palliatives pour aider à
l'intégration du jeune. Donc, je ne dis pas que ça n'arrive pas, mais c'est
beaucoup plus rare dans notre cas.
M. Marissal : Et vous, vous
donnez la formation, de toute façon, et vous proposez même d'en donner. Ça,
c'est intéressant comme... comme idée, là, ce n'est pas «top-down», c'est le
contraire, là, ça revient vers... bien, le haut, façon de parler, là, parce
qu'il y a un organisme chapeau. Mais moi, ce qui me préoccupe, là, c'est que ça
redescende. Je suis persuadé que vous êtes capables de former le personnel
multidisciplinaire du PILS mais pour que ça redescende, c'est plus ça. Comment
vous voyez ça?
Mme Bergeron (Geneviève) : On
pourrait former tout le Québec.
M. Marissal : Oui. Comment on
fait ça?
Mme Bergeron (Geneviève) : J'ai
envie de dire, plus on va former de gens, mieux ça va être. Mais formons déjà
les gens qui sont en contact au quotidien avec les personnes handicapées, ça va
percoler. On a des demandes de formation, là, vous n'avez pas idée, de tous les
milieux, ça vient du plein air, ça vient du milieu municipal, ça vient d'un peu
partout. Donc, les gens sont de plus en plus sensibilisés et demandent de la
formation. Donc, je ne suis pas inquiète que ça va se rendre, ça va se rendre
directement aux gens concernés.
Mme Gilbert (Alexandra) : Puis
on sera des partenaires de choix pour ça aussi dans un premier temps. Puis on
peut rejoindre à ce que Sylvain mentionnait de Sport'Aide hier, ça va prendre
des campagnes sociétales, autant y inclure le handicap pour que ce soit visible
puis que la personne handicapée et son entourage soient sensibilisés.
M. Marissal : Je vous
remercie.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
merci beaucoup pour votre contribution à la commission. Alors, nous... nous
allons suspendre quelques instants pour permettre au prochain groupe de prendre
place.
(Suspension de la séance à 11 h 57)
(Reprise à 12 h 01)
Le Président (M. Schneeberger) :
Alors, nous reprenons les travaux. Alors, nous recevons ce matin, comme
deuxième groupe, la Sûreté du Québec. Alors, bonjour à vous quatre. Dans un
premier temps, je vous demanderais de vous présenter à tour de rôle pour qu'on
puisse mettre un nom aux bonnes personnes et puis, après ça, enchaîner avec
votre présentation.
Mme Leclair (Marie-Danielle) : Marie-Danielle
Leclair, je suis avocate pour la Sûreté du Québec.
Mme Martin (Marie-Chantale) : Marie-Chantale
Martin, inspecteur-chef, directrice des services institutionnels à la Sûreté du
Québec.
M. Vezeau (Guillaume) : Bonjour,
Guillaume Vezeau, je suis inspecteur, directeur adjoint à la Direction des
services institutionnels.
Mme Jetté (Chantal) : Bonjour,
Chantal Jetté, je suis conseillère au service de filtrage de sécurité.
Mme Martin (Marie-Chantale) : On
peut débuter? Merci, M. le Président. Mme la ministre, bonjour à toutes et à
tous. Nous tenons, en premier lieu, à remercier la commission d'avoir invité la
Sûreté du Québec à participer aux auditions publiques sur le projet de loi
n° 45.
Comme vous le savez, la Sûreté du Québec
est le corps de police nationale, elle agit sous l'autorité du ministre de la
Sécurité publique. Nous desservons 1 042 municipalités et
territoires, comptant plus de 2,7 millions de citoyens et couvrant près de
1,2... 1,2 million de kilomètres carrés. Au 31 mars 2023, la sûreté
comptait 8 206 effectifs, dont 5 885 policiers et
2 321 employés civils.
Pour ce qui attire davantage notre
attention aujourd'hui, en matière de filtrage de sécurité, la sûreté a pour
principal mandat de réaliser, au profit des divers ministères et organismes du
Québec, des vérifications et des enquêtes de sécurité, lesquelles sont soit
édictées par des lois et des règlements, soit requises pour assurer l'intégrité
de l'État. Les vérifications d'antécédents judiciaires et les enquêtes de
sécurité sont effectuées centralement par le service de filtrage de sécurité,
alors que les vérifications des personnes appelées à œuvrer auprès des
personnes vulnérables, communément appelées VAPV à la Sûreté du Québec, je vais
utiliser ce terme tout au long de mon exposé, sont effectuées par les postes partout
sur le territoire desservi par la sûreté, ainsi que par le service de filtrage.
Les VAPV comprennent les vérifications en vertu de l'article 6.3 de la Loi
sur le casier judiciaire, c'est une loi fédérale, et les vérifications
effectuées en vertu de la
Loi sur les services de garde éducatifs à l'enfance.
En plus de réaliser des activités de
filtrage de sécurité, le service assume, entre autres, les responsabilités
suivantes : effectue la coordination organisationnelle pour le secteur
vulnérable; assure une vigie et adapte les façons de faire pour qu'elles
demeurent alignées aux décisions rendues par les différents tribunaux; développe
et diffuse des formations et outils permettant de soutenir les personnes qui
interviennent dans les processus; participe au comité de filtrage en y assumant
un rôle-conseil. Ce comité est coordonné par le ministère de la Sécurité
publique, il regroupe des représentants de chacun des niveaux de service de
police et a notamment pour mission d'harmoniser les pratiques de filtrage de
sécurité au sein des corps de police du Québec.
Le nombre de demandes de vérifications
évolue à la hausse à chaque année. Le nombre de vérifications d'antécédents
judiciaires, de VAPV et d'enquêtes de sécurité effectuées pourrait passer, si
la tendance se maintient, pour la Sûreté du Québec, de 135 822 en
2019-2020 à plus de 180 000 en 2023-2024. Il s'agirait d'une hausse de
plus de 32 %.
D'entrée de jeu, nous tenons à souligner
que la sûreté adhère aux objectifs de ce projet de loi. Le projet de loi
prévoit l'obligation de vérifier les antécédents des personnes appelées à
œuvrer auprès de personnes mineures ou handicapées en lien avec les fonctions
susceptibles de leur être confiées, et ce, pour tous les organismes de loisirs
et de sport pour l'ensemble du territoire québécois. Il prévoit également
qu'une recherche puisse s'étendre à certaines inconduites dans le cadre prévu
par règlement. Actuellement, les organismes n'ont aucune obligation légale...
Haut de la page
12 h (version révisé
e) Mme Martin (Marie-Chantale) : ...prévus
par règlement.
Actuellement, les organismes n'ont aucune
obligation légale de procéder à des vérifications de sécurité. Toutefois, comme
il s'agit d'une bonne pratique, et que l'article 6.3 de la
Loi sur le
casier judiciaire le permet, certains organismes situés sur le territoire de la
<i>Sûreté, qui désirent obtenir des VAPV, lui ont demandé de conclure des
ententes avec eux. Actuellement, on a 352 ententes à la Sûreté du Québec.
Ces ententes prévoient, outre l'obligation du corps de police, d'effectuer les
vérifications, que les organismes doivent procéder à une enquête sociale.
Conformément au cadre légal applicable, les vérifications ne sont effectuées qu'auprès
des candidats en situation d'autorité ou de confiance par rapport à des
personnes vulnérables.
Selon le mémoire du Conseil des ministres,
le projet de loi toucherait quelque 17 960 organismes de loisirs et
de sports pour un nombre estimé d'intervenants et de bénévoles à filtrer à 255 707
pour l'ensemble du Québec. À partir de ces données préliminaires et des
échanges avec le ministère de l'Éducation, la Sûreté du Québec a établi un
scénario du nombre de demandes à traiter dans le cas où toutes les demandes de
vérifications devraient être effectuées par un corps de police. Selon les
informations obtenues, les demandes de filtrage seraient échelonnées sur trois
ans et transmises tout au long de l'année afin d'éviter la surabondance des
demandes. Pour le territoire desservi par la Sûreté, on estime, avec les
données qu'on a à l'heure actuelle, que 26 ressources supplémentaires
seraient requises. À noter que ces estimations pourraient varier étant donné
que certains paramètres ne sont actuellement pas connus et que ceux-ci seront
déterminés par le règlement.
Enfin, bien qu'il soit souhaitable que les
corps de police soient appelés à collaborer pour les vérifications d'antécédents
judiciaires et la vérification des comportements à risque, il ne faut pas
oublier que nous sommes tous, à
titre de citoyens, responsables de la sécurité
des personnes vulnérables. En effet, les corps de police ont accès à certains
renseignements dans les bases de données policières. Cependant, toute personne
ayant été témoin d'un comportement à risque envers une personne vulnérable
devrait le signaler à un organisme ou à une fédération visée par la loi. Par
ailleurs, les vérifications d'antécédents judiciaires ne devraient pas
dispenser une fédération ou un organisme de procéder à ses propres
vérifications des comportements par le biais d'une enquête sociale.
Nous nous permettons quelques commentaires
ponctuels relatifs à certains des articles que propose le
chapitre IV.1,
Vérifications de sécurité. Au niveau des antécédents judiciaires et des
comportements, la définition d'antécédents judiciaires, telle que prévu à l'article 31
du projet de loi, est limitée à certains antécédents n'ayant pas fait l'objet d'un
pardon. Conformément à l'article 38, le gouvernement peut toutefois
adopter un règlement prévoyant les cas dans lesquels les vérifications doivent
porter également sur des comportements pouvant raisonnablement faire craindre
pour la sécurité ou l'intégrité des personnes mineures ou handicapées. Les
comportements pourraient inclure les infractions à caractère sexuel ayant fait
l'objet d'un pardon. Les cas devraient inclure, à l'instar de ce que prévoit l'article 6.3
de la
Loi sur le casier judiciaire, toute personne en situation d'autorité ou
de confiance par rapport à des personnes vulnérables. Ces précisions
permettraient d'assurer la sécurité des personnes les plus vulnérables. Par
ailleurs, nous recommandons qu'une évaluation rigoureuse de la position d'autorité
ou de confiance vis-à-vis ces personnes vulnérables soit effectuée par la
fédération ou l'organisme. Ceci permettrait, d'une part, de protéger les
personnes vulnérables, et d'autre part, d'éviter de porter atteinte inutilement
à la vie privée des personnes visées par la vérification lorsque celles-ci ne
sont pas appelées à se retrouver seules en présence des personnes vulnérables.
Au niveau des déclarations et
vérifications des antécédents judiciaires, selon le projet de loi, les
personnes visées par les vérifications de sécurité doivent transmettre une
déclaration portant sur leurs antécédents judiciaires avant l'entrée en
fonction et à la demande de l'organisme sportif ou de loisirs, lorsque les
personnes y oeuvrent déjà. À la réception de cette déclaration, l'organisme
doit vérifier ou faire vérifier cette déclaration avant l'entrée en fonction de
la personne visée. Lorsqu'il s'agit d'une personne oeuvrant déjà dans l'organisme,
ce dernier peut agir sur la foi de cette déclaration, ou vérifier, ou la faire
vérifier.
De plus, le projet de loi prévoit que l'organisme
peut notamment faire vérifier cette déclaration auprès d'un corps de police du
Québec, et ce, à cette fin, communiquer et recevoir tout renseignement
nécessaire à la vérification. À cet effet, nous souhaitons préciser que
certaines vérifications peuvent être effectuées par une fédération ou un
organisme de sport et de loisirs en consultant les plumitifs ou en faisant
affaire avec une entreprise privée. Par ailleurs, les vérifications d'antécédents
judiciaires ne devraient pas dispenser une fédération ou un organisme de
procéder à une enquête sociale afin de s'assurer des bonnes mœurs et de la
réputation du candidat.
Enfin, la Sûreté tient à être consultée
lors de la rédaction du règlement prévu au <projet...
Mme Martin (Marie-Chantale)T :
Enfin, la Sûreté tient à être consultée lors de la rédaction du règlement prévu
au > projet de loi. Ledit règlement devrait prévoir que certaines
vérifications, par exemple les VAPV, ne puissent être effectuées que par des
corps de police, étant donné leur accès privilégié aux banques de données
policières. Au niveau des renseignements et documents exigés par règlement et
tarification, la Sûreté du Québec effectue actuellement des VAPV pour des
organismes de sport et de loisir avec lesquels elle a signé des protocoles
d'entente. Elle offre ce service sans frais, puisqu'elle ne dispose d'aucune
assise légale pour facturer ses services à l'heure actuelle. Les corps de
police municipaux, par le biais de règlements municipaux, peuvent exiger des
frais. Ces tarifs varient actuellement d'une municipalité à l'autre, et l'ajout
d'une tarification au règlement rendra ce type de service plus équitable pour
les citoyens qui le requièrent, peu importe le corps de police qui le dessert.
• (12 h 10) •
Au niveau de l'entente-cadre et
l'établissement des modalités de vérification et des guides, une entente-cadre
et un guide relatif aux vérifications de sécurité permettent de définir les
conditions et les modalités entourant les vérifications et d'assurer une
harmonisation des pratiques. La Sûreté souhaite également être consultée lors
de l'élaboration de cette entente-cadre.
Au niveau de ma conclusion, si je respecte
bien mon temps, je n'ai pas de...
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
là, on en prend sur le temps de la ministre, mais c'est correct, là, on va...
Mme Martin (Marie-Chantale) : C'est
bon, je... Je n'en abuserai pas, je n'en abuserai pas. Dans le fond, la Sûreté
reconnaît que l'adoption des mesures prévues permettra de renforcer la
protection de l'intégrité des personnes dans les loisirs et les sports. En
fonction des demandes de vérification qui devront être effectuée par un corps
de police, la Sûreté du Québec devra obtenir les ressources humaines requises
afin de pouvoir livrer les services. Il importe de rappeler que nous sommes
tous responsables de la sécurité des personnes vulnérables.
En terminant, la Sûreté réitère qu'elle
tient à être consultée lors de la rédaction du règlement et de l'élaboration de
l'entente-cadre afin de s'assurer de l'arrimage entre le cadre légal et les
pratiques policières.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup pour votre présentation. Alors, nous débutons une période d'échange en
débutant par la ministre, avec un temps de 15 min 40 s
Mme Charest : Ça va. Merci,
M. le Président. Merci à vous d'être ici aujourd'hui pour... bien, nous faire
valoir vos recommandations puis la réalité de votre milieu, de votre secteur.
Moi, je commencerais par un exercice de vulgarisation pour s'y retrouver, parce
qu'on a beau lire et relire... J'aimerais ça que vous nous faisiez la distinction
entre une vérification d'antécédents, personnes vulnérables, qu'est-ce qu'il
peut y avoir dans le plumitif, qu'est ce qu'il peut y avoir dans l'enquête
sociale et tout ça, donc nous faire un petit peu la distinction et dans quel
contexte on va utiliser quelles... quelles mesures...
Mme Martin (Marie-Chantale) : Quels
moyens?
Mme Charest : ...ou quels
moyens, oui.
Mme Martin (Marie-Chantale) : Peut-être
débuter par le premier, qui est l'enquête sociale, qui est plus du côté des
organismes, des employeurs. Dans le fond, c'est se donner des moyens pour aller
vérifier les références des gens puis, dans... prime abord, bien, d'aller poser
des questions à l'employeur, à l'environnement, des gens de référence vont tout
de suite nous donner des bonnes indications. Ça fait qu'à la Sûreté du Québec,
actuellement, quand on fait des vérifications pour les personnes vulnérables,
que j'ai appelées VAPV, là, dans notre protocole d'entente, ça inclut ces
éléments-là, et, dans les formulaires de consentement de... mettons, si on
parle du coach de hockey, là, pour ce qui est appliqué, bien, il va consentir à
cette vérification sociale là aussi...
Mme Charest : ...
Mme Martin (Marie-Chantale) : Non.
Mme Charest : ...par
l'employeur.
Mme Martin (Marie-Chantale) : Qui
va être faite par l'employeur.
Mme Charest : Par
l'employeur. OK.
Mme Martin (Marie-Chantale) : Ça
fait qu'on l'utilise pour que ça soit, tu sais, plus simple. Ça fait que ça,
c'est la première étape. Ça fait que déjà là, tu sais, des fois, le coach ne se
rendra pas à la prochaine étape, tu sais, c'est... rarement. Mais, quand ça va
arriver, déjà, si dans l'enquête sociale, tu sais, il y a des éléments qui
ressortent de son passé d'entraîneur, bien, c'est le temps d'y mettre fin, on
n'a pas besoin d'aller plus loin. Ça fait que ça, c'est la première chose,
c'est l'enquête sociale, qui est importante.
Mme Charest : ...là-dessus,
diriez-vous que c'est sous-estimé, ce pouvoir-là qu'on peut avoir, ou c'est
sous-utilisé?
Mme Martin (Marie-Chantale) : Oui,
c'est...
Mme Charest : Parce qu'on
fait souvent référence au fait qu'un entraîneur peut se promener d'une
fédération à l'autre, mais qu'on ne prendra pas la peine de vérifier avec la
fédération ou le précédent employeur.
Mme Martin (Marie-Chantale) : Oui,
c'est vraiment sous-estimé, puis c'est certain qu'on le rappelle, puis il faut
toujours penser que ce que la police fait... Nous, on a accès aux bases de
données policières, mais c'est un angle. Ça fait que, tu sais, dans les
comportements passés de quelqu'un, c'est vraiment, tu sais, de faire ce
tour-là, puis déjà... C'est pour ça qu'avec l'enquête sociale, c'est un très
bon outil de départ qui devrait être utilisé, tu sais, à prime abord, là.
Ensuite de ça, si je vous parle plus au
niveau des vérifications d'antécédents <judiciaires...
Mme Martin (Marie-Chantale)T :
...prime abord, là.
Ensuite de ça, si je vous parle plus au
niveau des vérifications d'antécédents > judiciaires ou, dans le jargon que
vous voyez, VAJ, versus VAPV. Dans le fond, la VAJ, c'est qu'on... c'est «vérifications
des antécédents judiciaires», c'est qu'on va aller voir dans les bases de
données policières et dans les plumitifs pour aller voir les gens, les
infractions où il y a eu des condamnations, ou qu'il y a des causes pendantes.
C'est ces choses-là qu'on va aller retrouver...
Mme Charest : ...condamnation
tout court, là, ça peut être un crime financier, un crime sexuel.
Mme Martin (Marie-Chantale) : Nous,
on va aller voir, on est capables d'aller voir, puis, ensuite de ça, tout
dépendant qu'est-ce qui est déterminé par règlement et avec l'organisme, où
c'est là où ils vont utiliser... Dans le fond, il faut toujours que ça ait un
lien avec l'emploi. Ça fait que c'est certain que la lecture qui en est faite
puis comment ça doit être analysé par... par les gens qui en font l'analyse,
c'est... il faut toujours faire le lien avec l'emploi, puis ça, c'est la <i>charte
des droits et libertés qui prévoit ça, qu'on peut refuser à quelqu'un un
emploi, mais seulement si ce qui lui est reproché a un lien avec son emploi ou
avec ses responsabilités.
Mme Charest : C'est le fun,
vous suscitez plein de questions à mesure que vous parlez. Ce filtrage-là se
fait par la Sûreté du Québec ou se fait par l'employeur qui... qui devra faire
la démonstration qu'un crime financier a un rapport avec une clientèle...
Mme Martin (Marie-Chantale) : C'est
Mme Charest : Oui.
Mme Martin (Marie-Chantale) : Bien,
souvent... Tu sais, mettons, si on prend des gens qui ont une expérience
passée, si on prend les services de garde, c'est qu'on va fournir de
l'information, qu'on est en droit de leur fournir, et eux vont faire l'analyse
avec. Bien... Puis même... C'est parce que des fois, il va y avoir différents
postes, au sein de l'organisme, qui peuvent être différents, où quelqu'un qui a
fait une fraude pourrait être... tu sais, mettons, ne pourrait pas effectuer le
travail qu'il a à faire, si on dit, mettons, il gère la trésorerie de
l'organisme sportif, qu'il est en lien avec les jeunes versus, tu sais, une
autre chose. Puis c'est... Puis normalement, les gens vont pouvoir s'exprimer.
Ça dépend de qu'est-ce qui va être mis en place au niveau des loisirs et sports
puis des orientations que vous allez donner.
Mme Charest : OK. VAPV sera
fait...
Mme Martin (Marie-Chantale) : Oui.
VAPV c'est... nous, c'est vraiment pour les personnes qu'on a appelées, tu
sais, vulnérables, mais c'est important, aussi, le lien d'autorité qui est
exercé. Parce que des fois, on va dire, il y a des gens qui sont vulnérables,
mais leurs parents doivent toujours les accompagner puis ils ne sont pas
laissés seuls avec l'entraîneur, ça fait que c'est vraiment... On va utiliser
les VAPV lorsque les gens vont avoir... Nous, on parle du lien d'autorité puis
que la personne va être laissée, tu sais, à elle-même... avec cette
personne-là.
Mme Charest : L'information
que la VAPV donne...
Mme Martin (Marie-Chantale) : Elle
est différente, oui.
Mme Charest : ...de plus que
la VAJ, c'est...
Mme Martin (Marie-Chantale) : Dans
le fond, on va aller chercher les comportements. Ça veut dire que dans nos
bases de données policières, quelqu'un qui a été suspect plusieurs fois de cas
de violence, qui a été... Tu sais, c'est nos... tous nos dossiers, tu sais, de
police... on va aller voir. Puis aussi, c'est qu'on va aller voir, nous, ce
qu'on appelle, au dossier, pardonné sur... à l'annexe 2, là, de la
Loi sur
le casier judiciaire. C'est des infractions, surtout en matière sexuelle, qui
ont été pardonnées, où on va... on a... Dans nos systèmes policiers, on a une
façon d'aller voir puis on va avoir une indication s'il y a une correspondance
possible, puis c'est là... c'est à ce moment-là... C'est qu'il y a quand même
un taux, quand même, de retours positifs, mais qui ne sont pas des positifs,
mais qu'on doit faire la prise d'empreintes. Parce que c'est avec la date de
naissance et le sexe, puis à chaque fois que ça sort, bien, il faut prendre des
empreintes puis envoyer ça à la GRC. Ça fait que c'est sûr que ça amène des
délais qui peuvent être, des fois, plus importants, là, que des VAJ.
Et ça, présentement, c'est fait dans quels
contextes? Pour les services de garde uniquement, ou ça peut être aussi dans
certains contextes en sport, loisir déjà, ou...
Mme Martin (Marie-Chantale) : Oui.
Oui. Dans le fond, c'est que nous... pour les services de garde, parce que la
loi prévoit vraiment cet encadrement-là. Mais pour le reste, à la Sûreté du
Québec, on fait juste ce qui est encadré par une loi ou un règlement. Mais
l'article 6.3 de la
Loi sur le casier judiciaire nous permet de faire ces
vérifications-là pour les gens en autorité sur des personnes vulnérables ou en
position de confiance et d'autorité. Ça fait pour des... Mettons, si on prend
les coachs de hockey AAA ou de... compétitifs qui partent avec les jeunes, qui vont
aller dans la chambre, tout ça, on en fait déjà. Puis c'est ces protocoles-là,
quand je vous ai nommés, on en fait... on en a tout près de 350. Bien, c'est
ces protocoles-là où c'est encadré, où ça nomme les responsabilités de chacun.
Mme Charest : Votre
définition de personne vulnérable?
Mme Martin (Marie-Chantale) : Personne
vulnérable, bien, c'est la personne... Il y a une définition à la
Loi sur le
casier judiciaire, mais c'est la personne qui... qui est en situation de
dépendance par rapport à une autre personne. Ça veut dire, tu sais, quelqu'un
qui ne peut pas mettre fin... qui va être... qui est un enfant ou qui est un...
qui est quelqu'un... Comme tantôt, on parlait de personnes, les gens qui m'ont
précédée, avec un handicap qui fait en sorte que la personne peut... est sous
le contrôle de... de l'autre personne, là. Mais on a... vraiment, personne
vulnérable, j'ai «personne qui, en raison de son <âge...
Mme Martin
(Marie-Chantale)T :
...vraiment, la personne vulnérable, j'ai «personne
qui, en raison de son > âge, ou d'une déficience, ou d'une autre
circonstance temporaire ou permanente, est en position de dépendance par
rapport à d'autres personnes ou court un risque d'abus ou d'agression plus
élevé que la population en général de la part d'une personne en position
d'autorité ou de confiance». Ça fait que, tu sais, d'avoir une personne vulnérable,
mais pour faire des VAPV, qu'on appelle, c'est que cette personne-là doit être
aussi dans une situation où elle est dépendante. Si son parent est là, tu sais,
elle est en présence puis... a la garde de son enfant, bien, c'est autrement.
Tandis que si on va porter, par exemple, une personne handicapée dans un camp
de vacances où il va être laissé avec son moniteur, bien, c'est là, la position
de dépendance est là.
• (12 h 20) •
Mme Charest : Bien, je
pose la question parce qu'hier, Sport'Aide nous disait qu'un athlète Excellence,
ils le considéraient comme une personne vulnérable. Donc, à vos yeux, avec
votre définition, un athlète majeur, parce que là, on ne parle pas d'un athlète
mineur, ça ne représenterait pas une clientèle vulnérable.
Mme Martin
(Marie-Chantale) : Non, pas selon cette définition-là...
Mme Charest : Pas selon
cette définition.
Mme Martin
(Marie-Chantale) : ...il faudrait vraiment avoir, tu sais, mettons, on
dirait : Elle est les sous l'emprise ou elle a une maladie ou, tu sais, il
y aurait des choses, mais, tu sais, pas avec cette définition-là ou en cas
général, là.
Mme Charest : OK. Les
aînés?
Mme Martin
(Marie-Chantale) : Les aînés, ça dépend...
Mme Charest : Ça dépend?
Mme Martin
(Marie-Chantale) : ...de leur niveau, tu sais, d'autonomie et de tout
ça. Puis c'est sûr qu'il faut qu'ils soient dépendants. Il faut qu'ils soient,
tu sais, quand ils ont...
Mme Charest : C'est
vraiment la notion de dépendance qui vient faire foi de la vulnérabilité.
Mme Martin
(Marie-Chantale) : Oui, c'est ça.
Mme Charest : Au
plumitif, on a quoi comme information?
Mme Martin
(Marie-Chantale) : Dans le fond, on a tout ce qui a passé à la cour,
tu sais, le... le... comment on appelle, là, bref, tu sais, de la cour. Tu
sais, dans le fond, si quelqu'un a été reconnu coupable, bien, on va l'avoir. Si
quelqu'un est présentement accusé, on va l'avoir. Il y a certaines ordonnances
judiciaires qui vont être aussi, mais c'est que le plumitif, c'est qu'on a un
plumitif qui est provincial. Mais il y a d'autres plumitifs... il y a des
plumitifs municipaux qui ne sont pas nécessairement tous inter, tu sais,
reliés, là.
Mme Charest : Interreliés.
Donc, versus la vérification des antécédents judiciaires, qu'est-ce que...
C'est quoi le degré de différence d'information qui est... qui est...
Mme Martin
(Marie-Chantale) : Entre nos bases de données ou la... Bien, c'est sûr
que les bases de données policières, c'est qu'on a accès à l'ensemble, tu sais,
de l'information, où on peut faire... Mais ce qui est au plumitif...
Mme Charest : Il
faudrait faire le tour des tribunaux pour avoir le portrait global d'une
personne?
Mme Martin
(Marie-Chantale) : Bien, pas... Tu sais, avec SOQUIJ, il y a quand
même une vue, tu sais, qui est assez bonne, mais il y a, mettons, la ville de
Montréal et, je crois, Laval, que les plumitifs municipaux ne sont pas, ils ne
sont pas encore tous reliés. Ça fait que c'est ces choses-là. Ça fait que c'est
sûr que, des fois, il peut y avoir de la... une certaine complexité, mais il y
a quand même, tu sais, une bonne... une bonne vue, une bonne information.
Mme Charest : Et ça,
tout le monde y a accès.
Mme Martin
(Marie-Chantale) : Oui, les gens qui se présentent à un palais de
justice ou à SOQUIJ, bien, il y a, tu sais, c'est parrainé par le gouvernement
aussi. C'est des accès qui sont... qui sont payants, là.
Mme Charest : Et quand
une entreprise privée procède à la vérification des antécédents judiciaires,
donc, fait la VAJ, est-ce que c'est équivalent à ce que la SQ fait ou il y a
des...
Mme Martin
(Marie-Chantale) : Non, ils n'ont pas accès aux mêmes choses. C'est
sûr que je ne peux pas m'engager pour une firme privée parce que je travaille
pour la Sûreté du Québec.
Mme Charest : Oui, oui.
Non, je comprends.
Mme Martin
(Marie-Chantale) : Elle va être différente d'une place à l'autre, mais
y en a qui vont utiliser les plumitifs SOQUIJ pour aller chercher de
l'information. Ou il y en a qui vont faire... c'est une validation. Ils vont
faire faire des autodéclarations puis ils vont aller valider ce que la personne
dit. Ça fait qu'il y a quand même, tu sais, une certaine démarche. Puis c'est
sûr que... Tu sais, on parlait des moyens, tantôt, on a parlé de l'enquête
sociale, mais l'autodéclaration, tu sais, peut être aussi des choses, là. Tu
sais, quand on demande, je pense, au trésorier, dans le projet de loi de... tu
sais, de venir dire... Puis ça, je pense, c'est... c'est le début d'une
démarche aussi, là, la vérification.
Mme Charest : Là,
présentement, vous dites que vous avez 352 ententes avec des organismes de
sport et de loisir... Attendez que je retrouve... Avez-vous une idée du nombre
de vérifications que vous avez faites ou si...
Mme Martin
(Marie-Chantale) : Non. Bien, pour ce qui concerne les VAPV, là, qu'on
a... qui concernent ces ententes-là, c'est qu'actuellement, la grande majorité
sont effectuées par la surveillance du territoire, c'est-à-dire qu'ils sont
dispersés un peu partout dans le territoire. Le reste des services est
centralisé au service de filtrage, mais pour ces ententes-là, elles sont
signées un petit peu partout sur le territoire, puis le nombre de demandes, ils
n'ont pas les outils pour les comptabiliser. Mais qu'est-ce qu'on sait, c'est
que pour l'ensemble des VAPD, qui... et aussi des services de garde éducatifs,
c'est 30 000 annuellement, à l'heure actuelle...
Mme Charest : Ça veut
dire...
Mme Martin
(Marie-Chantale) : ...incluant services de garde et sports et loisirs
et autres organismes.
Mme Charest : OK. Bien,
les sports et loisirs font partie, déjà, de ce décompte-là. Là, vous parliez de
26 ressources qui seraient nécessaires. Donc, le calcul est basé sur les
250 000. OK. Ça fait que c'est... Dans le pire des scénarios, on aurait
besoin de 26 ressources pour pouvoir... si toute... toute personne était...
Mme Charest : ...besoin de
26 ressources pour pouvoir... si toute... toute personne était vérifiée...
Mme Martin (Marie-Chantale) : Bien,
nous, dans le fond, on a fait les calculs pour la Sûreté du Québec.
Mme Charest : Oui.
Mme Martin (Marie-Chantale) : Ça
fait que ça veut dire qu'on a pris la clientèle, tu sais, on a fait, c'est sûr,
avec les données qu'on a au moment où on les avait, la clientèle qui nous pense
que serait sur le territoire de la Sûreté du Québec. Ça fait qu'on a estimé à
environ 26 ressources, là, pour répondre à la demande si toutes... toutes
ces demandes-là, aux trois ans, tu sais, mettons, la portion qui appartient à
la Sûreté du Québec arriverait chez nous.
Mme Charest : OK. Et...
attendez, là, que je retrouve mes... mes questions, là. Il y a aussi... On voit
une augmentation, là, dans le nombre de vérifications qui a été fait. Ça, vous
diriez que c'est attribuable à quoi?
Mme Martin (Marie-Chantale) : Bien,
il y a beaucoup de... mettons, des... des nouvelles lois...
Mme Charest : Oui.
Mme Martin (Marie-Chantale) : ...des
vérifications, parce qu'on en fait pour différents ministères et organismes où
il y a eu des enjeux de sécurité dans les dernières, tu sais, années aussi. Ça
fait que, tu sais, c'est une augmentation, tu sais, constante de la
préoccupation des gens, mais en lien avec des projets de loi et aussi, tu sais,
de la sécurité de l'État, là.
Mme Charest : Donc, vous avez
remarqué le... une augmentation de l'utilisation de la vérification avec le
milieu du sport, du loisir dans les dernières années, ou...
Mme Martin (Marie-Chantale) : Bien,
pour nous, moi, je ne suis pas... Pour le sport des loisirs, je... on n'est pas
en mesure, tu sais, de le qualifier comme je vous dirais, mais c'est certain
que, tu sais, c'est des demandes parce que, nous, on n'a fait que ce qui est
en... en lien avec l'application d'une loi, d'un règlement. Ça fait que c'est
certain que des organismes de sport, il y a quelques années, qui venaient
cogner à notre porte mais qui ne correspondaient pas aux critères de la VAPV,
puis ça, bien, on ne peut pas les faire, on n'a pas les capacités, puis ce
n'est pas dans... dans l'orientation qu'on a. Ça fait que c'est certain que
certains organismes de loisirs, de sports qui se sont probablement tournés vers
des firmes privées ou d'autres moyens... Dans des corps de police municipaux,
il y en a, compte tenu qu'ils peuvent faire une facturation ou qu'ils ont les
effectifs nécessaires, font quand même, nous autres, ce qu'on appelle des
vérifications à des fins civiles parce qu'ils ne sont pas encadrés par la loi.
Mais c'est sûr qu'avec un changement que vous proposez, ça met la Sûreté du
Québec dans une autre position aussi.
Mme Charest : OK. Donc, là,
présentement, une organisation pourrait demander... bien, je ne sais pas, moi,
une équipe quelconque d'un sport pourrait demander une VAPV, puis là, vous ne
pouvez pas le faire?
Mme Martin (Marie-Chantale) : Oui.
Bien, dans le fond, on va évaluer est-ce que c'est des personnes vulnérables
puis est-ce que les gens sont en autorité. Si la réponse, c'est non, bien, on
n'accepte pas de signer une entente avec eux.
Mme Charest : OK. L'entente,
je comprends, mais vous pourriez... ils ne pourraient pas payer un service...
Mme Martin (Marie-Chantale) : Non.
Mme Charest : ...puis dire :
On va demander, mais ils pourraient le faire avec une entreprise privée et ils
auraient à peu près le même degré d'information?
Mme Martin (Marie-Chantale) : Bien,
ils n'auraient pas... Bien, il y aurait une vérification d'antécédents
judiciaires avec, tu sais, mettons, un certain niveau. Je ne peux pas dire que
c'est exactement les mêmes choses qu'un corps de police, mais ils ont a accès à
ce qu'il y a dans les plumitifs et les casiers judiciaires qu'il y a des firmes
privées qui sont... qui sont accréditées par la GRC pour avoir la confirmation
ou non d'un casier judiciaire.
Mme Charest : ...oui, j'ai
fini mon...
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, nous allons maintenant du côté de l'opposition officielle avec
le député de Marquette.
M. Ciccone : Merci beaucoup, M. le Président. Bonjour à vous quatre, content
de vous avoir aujourd'hui. On apprend plusieurs éléments, notamment sur le
fonctionnement puis tous les enjeux que... qui... que vous devez gérer, avec,
justement, les vérifications des antécédents judiciaires parce qu'un endroit,
nonobstant le fait que vous êtes là pour nous protéger et protéger la
population, mais c'est au niveau des vérifications puis sur la capacité de
faire des vérifications aussi. Plusieurs nous on dit que... que ce soit... ce
n'est pas juste la Sûreté du Québec, là, en région, un peu plus, quand il y a
des corps de police municipale aussi, bon, ils nous disent tous que c'est c'est
difficile. Parfois ça va bien, des fois ça prend jusqu'à six mois pour faire...
pour faire des vérifications.
Vous avez amené un élément, puis je veux juste
m'assurer de bien, bien, bien comprendre, parce qu'on l'a appris aujourd'hui,
là, c'est les enquêtes sociales. Ça, c'est un peu de vérifier comme nous, au
bureau, on va avoir des employés puis et on va vérifier avec les... avec les
autres... les anciens employeurs, comment ça a été, puis des personnes contacts.
Mais ça, pour être sûr, là, ça ne sera... ce n'est pas suffisant, ça, c'est
seulement pour filtrer. Ça veut dire que si on trouve qu'il y a quelque chose
d'anormal, bien, là, on n'est pas obligés de faire des antécédents judiciaires.
C'est ce que vous dites ou vous dites que l'enquête sociale, ça pourrait faire?
Mme Martin (Marie-Chantale) : Non...
M. Ciccone : Non?
Mme Martin (Marie-Chantale) : ....bien,
dans le fond, c'est vraiment... c'est un ensemble de moyens.
M. Ciccone : OK.
Mme Martin (Marie-Chantale) : Puis
c'est comme, vous passez quelqu'un en entrevue, tu sais...
M. Ciccone : C'est ça.
Mme Martin (Marie-Chantale) : ...dans
votre processus d'embauche, mais l'enquête sociale, ça va être une autre étape
qui va dire : Est-ce qu'on passe à la prochaine étape?
M. Ciccone : Oui, oui, OK.
Mme Martin (Marie-Chantale) : Mais
pour dire... Si vous vous déterminez que, par rapport à la sensibilité de cet
emploi-là, des liens que cet entraîneur-là a avec les jeunes, il doit y avoir
une <vérification...
Mme Martin (Marie-Chantale)T :
...des liens que cet entraîneur-là a avec les jeunes, il doit y
avoir une > vérification d'antécédents judiciaires pour aller fermer la
boucle, bien, tu sais, ça...
• (12 h 30) •
M. Ciccone : OK. Je voulais juste bien comprendre ce que vous aviez dit.
Dans le fond, ce que vous nous dites, aujourd'hui, c'est que ça allégerait
énormément votre travail, si on était... si on ne demandait pas immédiatement,
là, une vérification.
Mme Martin (Marie-Chantale) : Bien,
ça ferait un dossier plus complet, puis oui, des fois ça pourrait alléger, parce
que quelqu'un ne se rendrait pas là. Mais de savoir, aussi, les gens... Tu
sais, quand vous annoncez un processus, vous dites : Bien, c'est ça qu'on
va faire, c'est ça qu'on va faire. Bien, c'est sûr que les étapes, tu sais,
sont...
M. Ciccone : Avez-vous estimé... Là, c'est peut-être une question de
champ gauche, mais avez-vous estimé que si tout le monde... qui ont recours à
votre service de vérification faisait, justement, cette enquête sociale là,
comment ça vous libérerait de travail?
Mme Martin (Marie-Chantale) : Non...
non. Non, vraiment pas. Mais souvent... C'est parce que, ce qui va arriver...
Je ne pense pas que ça va nous en libérer, c'est qu'on va avoir les bons, parce
que... Tu sais, parce que, dans le fond, si vous, ça vous prend un candidat,
bien, s'il ne passe pas votre... votre entrevue, votre enquête sociale, bien,
vous allez en chercher un autre, tu sais. Ça fait que, foncièrement, au bout,
là, tu sais, je pense qu'il n'y a pas de réduction, vraiment, mais c'est qu'on
fait les bonnes choses.
M. Ciccone : Non, mais je pense que tous les milieux gagneraient à
connaître, justement, cette... cette étape-là. Je pense que ce n'est pas tout
le monde... Moi, je l'ai appris aujourd'hui, là, qu'il y a cet élément-là,
malgré qu'on le faisait dans nos domaines respectifs sans savoir que c'était
une enquête sociale, mais au niveau des vérifications, parce que c'est fait
quasiment de façon automatique, là. Tu sais, je veux dire, c'est dans la loi,
ça a des protocoles, c'est... sécurité, puis on le fait, on demande
l'antécédent judiciaire, une vérification, puis on l'envoie chez vous sans
vérifier avant de faire l'étape. Mais... mais je vous entends là-dessus.
On en a parlé, je pensais que la ministre
était pour poser la question, on pose la question, là, parce qu'on s'aperçoit
qu'il y a... il y a une situation... Ce n'est pas tout le monde qui s'entend
sur les... le même mot.
La définition pour vous, l'intégrité... C'est quoi,
votre définition d'intégrité?
Mme Martin (Marie-Chantale) : Bien,
moi, dans le fond, c'est... Tu sais, l'intégrité, c'est sûr que ma définition,
là... Moi, je me collerais sur celle-là de la... de la loi, là. Tu sais, je ne
peux pas... Tu sais, puis avec ce que vous avez apporté, tu sais,
préalablement, pour nous, c'est qu'on va se coller avec la définition
d'intégrité qui... qui va être énoncée, tu sais, dans la loi qu'on va appliquer
en fonction, là, de ça.
M. Ciccone : OK. Ça fait que vous aimeriez que ça reste le plus large
possible...
Mme Martin (Marie-Chantale) : Bien,
dans le fond, c'est toujours...
M. Ciccone : ...ou la définir exactement, tu sais.
Mme Martin (Marie-Chantale) : Bien,
c'est parce que dans le règlement, tu sais, il y a... Tu sais, mettons, il y a
l'intégrité, mais dans le règlement, tu sais, je pense qu'il va être important
de définir les éléments qui sont en contravention avec... occuper un poste, tu
sais, qu'est ce qu'on va rechercher. Ça fait que c'est sûr que pour les gens
qui vont avoir des décisions à prendre sur l'embauche ou non d'un entraîneur
qui a un antécédent, bien, il va falloir que ça soit le plus clair possible
pour eux, là, tu sais. Si dans d'autres lois... Tu sais, comme on a le taxi,
des affaires, il y a des infractions, il y a des «no-go», tu sais. Il y a
vraiment... tu sais, il y a des choses qui sont développées pour aider le
dirigeant ou celui qui... le comité qui a... qui a à décider, là.
M. Ciccone : Je vous pose cette question-là parce que c'est vraiment
l'essentiel, là, du projet de loi. Tu sais, il ne faut pas... il ne faut pas se
tromper sur... sur ce... cette appellation-là, ce mot-là. Il faut s'assurer de
définir c'est quoi, quand tu... contrainte, une attaque à l'intégrité d'une
personne. Puis je vais le répéter pour vous mettre en contexte, là : Il y
a un an, jour pour jour, on était assis ici, là, sur tous les scandales des
initiations, puis il y a un professeur de McGill qui nous avait dit que la
définition de l'abus n'est pas la même pour tout le monde. Ça fait que déjà là,
on voit qu'il y a... une problématique. Si quelqu'un pense que faire tel geste,
c'est un abus; l'autre, il pense que non. Bien, il n'y a pas de... on n'est pas
capable d'avoir une bonne fondation, là, pour... pour partir sur... sur des
bases solides.
Il y a un autre élément que vous avez dit
tantôt, puis je veux vous entendre là-dessus, là, puis ça, c'est sûr que ça va
être un travail qu'on va faire en commission parlementaire, là. Vous avez parlé,
tantôt, de... de pardon, l'article 31, là, du... du... qui nous a été
présenté, «pour l'application du présent chapitre, on entend par antécédents
judiciaires une déclaration de culpabilité pour une infraction criminelle
commise au Canada ou à l'étranger, sauf si un pardon a été obtenu pour ces...
cette infraction». Moi, ce que je comprends... puis c'est toujours des
interprétations, mais on va demander des clarifications à la ministre. Puis
tantôt, quand vous avez parlé de pardon, là...
Mme Martin (Marie-Chantale) : ...au
niveau de l'article 38, quand on va tomber dans les comportements.
M. Ciccone : C'est ça. Mais ce que je veux vous amener, c'est quand vous
avez parlé de pardon, vous avez parlé de... Par exemple, quelqu'un qui a commis
un crime sexuel a été pardonné. Moi, comme parent, là, puis mon entraîneur,
même s'il a un pardon puis il a commis un crime sexuel, je serais... je ne
serais pas à l'aise avec ça.
Mme Martin (Marie-Chantale) : Bien,
c'est exactement ce que les VAPV nous permettent de faire. C'est d'aller voir
dans le casier pardonné, d'avoir l'information...
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12 h 30 (version révisé
e) Mme Martin (Marie-Chantale) : ...de
faire, c'est d'aller voir dans le casier pardonné, d'avoir l'information qui
est validée par la GRC, où on... où ils vont nous la partager, puis à ce
moment-là il y a tout un processus qui est prévu avec le candidat pour l'informer,
puis ça va être à lui, tu sais, de...
M. Ciccone : C'est ça.
Mme Martin (Marie-Chantale) : Puis,
tu sais, mettons, lui va être informé, et l'organisme va être informé s'il
désire poursuivre. Mais ça, c'est vraiment une démarche qui est très encadrée,
tu sais, à notre niveau. Puis, pour les gens qui sont en autorité sur des
personnes vulnérables, bien, c'est un aspect, tu sais, important, là, cette...
M. Ciccone : C'est ça, parce qu'il faudrait peut-être... Là, on va le
travailler, le projet de loi, là...
Mme Martin (Marie-Chantale) : C'est
à 38.
M. Ciccone : ...mais il y a certains éléments... peut-être avoir des
exceptions, là, mais ça, on va... on va y voir un peu plus tard.
Vous avez parlé tantôt de personnes
vulnérables. La ministre vous a posé la question que je voulais vous poser. Vous
nous avez donné une bonne définition de «personne vulnérable». Maintenant, dans
le projet de loi, au niveau des antécédents judiciaires, on parle de mineurs et
de personnes handicapées qui sont en contact régulièrement. Vous n'êtes pas
sans savoir que, dans le milieu, ce n'est pas seulement les personnes en bas de
18 ans qui sont agressées ou qui peuvent être vulnérables également. Est-ce que
vous croyez que les... un entraîneur, par exemple, qui s'occupe d'un club de
filles, ou même de garçons, là, de 18 ans et plus devrait...
Mme Martin (Marie-Chantale) : Avoir
une vérification...
M. Ciccone : ...avoir... Oui.
Mme Martin (Marie-Chantale) : ...d'antécédents
judiciaires?
M. Ciccone : Ou en contact, oui.
Mme Martin (Marie-Chantale) : Oui.
Par contre, tu sais, mettons, si... comme on a parlé tantôt pour la... VAPV, qu'on
va voir le casier pardonné, et tout ça, bien, c'est possiblement moins
légitime, parce que la personne a un niveau, tu sais, de... mettons, sa
dépendance n'est pas la même qu'une personne mineure ou handicapée, puis elle
est en mesure d'aller... Mais, avec les antécédents judiciaires, il y a quand
même une bonne, tu sais, couverture, tu sais, des événements passés, puis, avec
l'enquête sociale, tu sais, il y a quand même des bons... des bons éléments,
puis l'autodéclaration. Tu sais, je pense, c'est des éléments qui, dans le
milieu du sport, sont de plus en plus dénoncés, connus, puis les plateformes
sont là, là. Tu sais, c'est... c'est important.
M. Ciccone : Tantôt, vous avez parlé de vérification aux trois ans. Qu'est-ce
qui serait adéquat, là, maximalement, pour bien protéger nos jeunes, et nos
personnes handicapées, et les... que ce soit dans les loisirs, partout, là? Tu
sais, il y en a qui disaient : Bien, favorablement, ça serait aux années.
Je comprends que, si on vous demande ça, vous allez nous regarder en voulant
dire : Ça va être impossible, ça va prendre plus que 26 ressources pour le
faire. Mais, comme policiers, policières dans le milieu...
Mme Martin (Marie-Chantale) : Bien,
moi, je...
M. Ciccone : ...qu'est-ce qui est adéquat, là? Puis c'est... c'est sans
vous demander... Ce n'est pas une question-piège de dire : Bien là, ah!
vous avez dit un an, on va vous demander un an. Ce n'est pas ça du tout. Mais,
dans votre milieu, vous êtes très...
Mme Martin (Marie-Chantale) : Non.
Bien, je pense que ce qui est très important, c'est dire : Peu importe le
nombre... tu sais, mettons, si on dit : C'est aux trois ans, aux cinq ans,
c'est que les organismes, tu sais, de sport ont des moyens aussi d'actualiser. Tu
sais, ça ne veut pas dire... Tu sais, c'est un peu comme l'enquête sociale dont
je vous ai parlé tout à l'heure. C'est de dire : Ça peut être demandé
annuellement à l'entraîneur. Est-ce que tu as des éléments qui se sont passés
dans la dernière année? Est-ce qu'on devrait actualiser ta vérification? Tu
sais, ça, ça... Tu sais, c'est... c'est des moyens, parce que, comme vous le
dites, de faire aux années ou... tu sais, c'est... c'est exponentiel. Puis, au
jour 1 où on l'a faite, le lendemain elle pourrait ne plus être bonne
aussi.
M. Ciccone : Oui, oui, oui, c'est ça.
Mme Martin (Marie-Chantale) : Ça
fait que c'est vraiment d'avoir un processus de dire que les gens se doivent de
déclarer s'il y a quelque chose sur... si leur condition a changé. Puis ça, c'est
important que ça soit, tu sais, connu puis que ça soit tenu en vie, tu sais,
tout le temps par les organismes puis par le leadership, tu sais,
gouvernemental par rapport à tout ça.
M. Ciccone : On a reçu votre mémoire, là, ça ne fait pas longtemps, là,
puis... puis, mea culpa, je n'ai pas eu le temps de passer au travers, puis je
suis persuadé qu'ils n'en ont pas eu non plus. Mais, vous, y a-tu un élément, y
a-tu un élément dans le projet de loi où vous... que vous déterminez... vous
dites : Vous ne pouvez pas l'échapper, celle-là, il faut absolument
rajouter tel élément qui augmenterait la sécurité chez... chez nos personnes,
chez nos jeunes, nos membres?
Mme Martin (Marie-Chantale) : Bien,
moi, je vous dirais que, tu sais, on a eu... on a eu l'occasion d'émettre nos
commentaires, puis tout ça, puis c'est vraiment dans la rédaction, tu sais, du
règlement, de l'entente-cadre que, pour nous, tu sais, c'est à ce moment-là qu'on
est plus dans des mécaniques ou des choses qui nous touchent plus directement,
qui a un impact, tu sais, sur le travail, puis tout ça. Mais, à l'heure
actuelle, là, tu sais, je n'ai pas d'ajout, c'est vraiment, là, en lien avec le
futur règlement et l'entente-cadre.
M. Ciccone : Merci beaucoup.
Mme Martin (Marie-Chantale) : Ça
fait plaisir.
M. Ciccone : Merci, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : ...Marquette.
Nous allons maintenant du côté de la deuxième opposition avec le député de
Rosemont.
M. Marissal : Oui. Merci.
Merci, M. le Président. Merci d'être là à vous quatre. On n'aura pas beaucoup
de temps, mais je veux quand même... je veux quand même prendre la peine de
vous offrir, je crois que mes collègues sont d'accord avec moi, nos
condoléances pour la perte de votre collègue, là, qui est décédée, sergente
Breau, il y a un an <aujourd'hui...
M. Marissal :
...collègue,
là, qui est décédée, sergente Breau, il y a un an > aujourd'hui. On a
voté une motion unanime, tout à l'heure, à l'Assemblée nationale, en
reconnaissance de votre camarade. Alors, acceptez nos condoléances.
Mme Martin (Marie-Chantale) :
Merci.
• (12 h 40) •
M. Marissal : Je vous en
prie. Est-ce qu'il y a, des fois, des groupes qui, ne sachant trop où aller ou
devant un cas grave, vous appellent directement pour dire : Je pense qu'on
a un cas d'abus, il s'est passé quelque chose? Je pense, par exemple, aux deux
dames qui étaient ici tout à l'heure, de l'Association québécoise pour le
loisir des personnes handicapées, qui sont toujours dans la salle d'ailleurs,
qui suivent nos travaux. Est-ce que ça arrive que les gens vous appellent
directement pour des cas puis que vous intervenez, donc, sur-le-champ?
Mme Martin (Marie-Chantale) :
Moi, je vous dirais, actuellement, je ne suis pas à la surveillance du
territoire. Je l'ai déjà été, j'ai déjà été directrice d'un poste de police,
puis c'est des choses qui arrivent, là, tu sais, que ça soit dans un service de
garde, dans un organisme sportif, des choses où ils vont venir prendre de
l'information, ils vont se référer, là, à nous, à la police, tu sais. C'est...
oui, c'est... c'est arrivé puis ça doit arriver encore.
M. Marissal : OK. Je
veux revenir sur ce que vous avez dit tout à l'heure, que, si toutes les
demandes devaient être faites... je présume, de votre analyse, que toutes ces
demandes-là seraient dirigées vers la SQ, que ça vous prendrait 26 ressources
de plus.
Mme Martin (Marie-Chantale) :
Ça, c'est seulement pour ceux que nous croyons qui sont sur notre
territoire, parce qu'actuellement, au niveau de... des ententes au comité de
filtrage puis avec les autres corps de police, c'est que, pour ce qui est,
mettons, des organismes de sport et loisir, pour les services de garde, les
écoles, tout ça, c'est vraiment : chaque organisation policière s'occupe
des gens sur son territoire. Ça fait que nous, on a estimé, à haut niveau,
qu'est-ce qui... qu'on pense qui est sur notre territoire puis à quoi ça
pourrait ressembler. Mais ça veut dire que c'est la même chose pour chacun. Tu
sais, pour Laval, pour Montréal, pour... tu sais, pour chacun, c'est des
ressources, c'est du travail supplémentaire.
M. Marissal : Bien, j'ai
entendu un de vos collègues qui disait récemment, là, qu'il manque comme 1 600
personnes à la SQ en ce moment, que <i>l'école de police peut juste en
former 1 000 avant d'exploser en nombre. Est-ce qu'on est capable de
trouver 26 personnes de plus qui vont aller faire ça, si d'aventure ça
devait vous incomber? Puis avez-vous évalué les coûts? Parce que j'imagine que
la SQ va demander une compensation financière pour un tel service.
Mme Martin (Marie-Chantale) :
Bien, c'est certain... Tu sais, comme vous dites, il manque 1 600 policiers,
mais ce n'est pas à la <i>Sûreté, je vous rassure, ce n'est pas à la Sûreté
du Québec actuellement, là. Il ne manque pas... Sur le nombre que je vous ai
dit, il n'en manque pas 1 600, parce qu'on est 5 000 quelques, ça
n'irait pas bien. Ça fait que c'est pour les prochaines années.
Puis, dans les ressources, c'est que...
nous, au niveau du service de filtrage, c'est que c'est autant des ressources
civiles... on a différents types d'employés. Mais c'est certain que le défi de
la pénurie de main-d'oeuvre, tu sais, est partout. Ça fait que, tu sais, dire :
C'est demain, il faut embaucher 26 ressources pour faire ça, bien, c'est
des délais, tu sais, pour le faire. Il faut penser en gradation, comment, tu
sais, on apporte l'application, tu sais, de la loi, du règlement pour faire en
sorte que ça permette l'embauche. Parce que, quand on parle de ce nombre de
ressources là, ce n'est pas juste des ressources humaines. Tu sais, j'ai parlé
plus de ressources humaines, mais c'est d'infrastructures aussi.
M. Marissal : Comment
vous séparez le travail avec les municipaux? C'est les... C'est essentiellement
les gens qui demandent, ils vont vers l'un ou l'autre?
Mme Martin (Marie-Chantale) :
C'est vraiment où l'organisme est situé. Tu sais, dans le fond, les
ententes sont... C'est... C'est... Chacun est responsable des organismes sur
son territoire. Ça veut dire si... mettons, si c'est à Coaticook, bien, c'est
la Sûreté du Québec qui est à Coaticook, donc c'est la Sûreté du Québec. Si
c'est à Sherbrooke, c'est la <i>sûreté municipale de Sherbrooke, c'est
eux qui sont responsables de faire les vérifications de leur secteur avec
les... avec les ententes qu'ils ont.
M. Marissal : OK.
Dernière question technique. Vous avez dit : Après ça, il faut qu'on
transmette à la GRC. Ça, c'est dans vos ententes de...
Mme Martin (Marie-Chantale) :
Ça, dans le fond, c'est quand quelqu'un... quand on fait la vérification aux
casiers pardonnés, pour les vérifications pour ceux qui oeuvrent auprès de
personnes vulnérables, c'est... on... de la façon dont on fait nos
vérifications, c'est qu'on va vérifier aux casiers pardonnés puis ça nous donne
qu'il y aurait une possible correspondance. Puis, à ce moment-là, quand on a
une possible, la seule façon de valider si cette personne-là a été pardonnée
pour une des infractions à l'annexe II, une infraction sexuelle, c'est de
faire une prise d'empreintes. Puis là, ça, à ce moment-là, ça chemine à la GRC,
puis c'est la GRC qui va nous confirmer ou infirmer que c'est cette personne-là
puis qu'est-ce que ça comporte. Mais c'est ce délai-là, souvent, qui allonge
des délais, c'est cet élément-là, qui est important mais qui peut allonger
quand il y a une correspondance possible, qu'il y a des choses qui n'est pas
dans notre... dans notre carré de sable, qu'on doit... qu'on est en attente
d'une autre organisation.
M. Marissal : Merci.
Mme Martin (Marie-Chantale) :
Plaisir.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci beaucoup pour votre contribution à la commission.
Alors, vu l'heure, nous suspendons les
travaux <jusqu'à...
Le Président (M. Schneeberger) :
...commission.
Alors, vu l'heure, nous suspendons les
travaux > jusqu'à 15 heures.
(Suspension de la séance à 12 h 45)
Haut de la page
14 h 30 (version révisée)
(Reprise à 15 h 04)
Le Président (M. Schneeberger) :
Alors, bon après-midi à tous. La Commission de l'aménagement du territoire reprend
ses travaux. Je rappelle que nous poursuivons les consultations particulières
et auditions publiques sur le projet de loi n° 45, <i>loi
modifiant la
loi sur la sécurité dans les sports afin de principalement de
renforcer la protection de l'intégrité des personnes dans les loisirs et les
sports.
Cet après-midi, nous recevons Mme Danièle
Sauvageau, l'Association des psychologues du Québec, Mme Guylaine Demers
et nous commençons avec le <i>réseau des unités régionales de loisir et
sport du Québec. Alors, bonjour à vous quatre.
Alors, dans un premier temps, vous vous
nommez avec votre
titre pour qu'on puisse vous... bien, pour l'homme qui est
là, ça va très bien, là, M. Ager, mais les... pour les autres, les femmes
qui sont là pour ne pas que... ne pas vous mêler, alors, vous présenter à tour
de rôle et par la suite vous pouvez enchaîner avec votre présentation.
M. Ager (Steeve) : Bonjour à
vous. Bonjour, tout le monde. Mon nom est Steeve Ager, je suis directeur
général du Réseau des URLS. Je suis accompagné de ma présidente, Mme Manon
Éthier-Rollin et mes collègues de travail, Justine Côté-Laberge, qui est
directrice générale adjointe, et Josée Longchamps, qui est conseillère en sports.
Je vais laisser la parole à ma présidente, Mme Éthier-Rollin...
Haut de la page
15 h (version révisé
e) M. Ager (Steeve) : ...Longchamps,
qui est conseillère en sports. Je vais laisser la parole à ma présidente, Mme
Éthier-Rollin.
Mme Éthier-Rollin (Manon) : Bonjour.
M. le Président, Mme la ministre et membres de la commission, merci de l'opportunité
que vous nous offrez que de pouvoir réagir au projet de loi n° 45. Comme
vous le savez, les URLS interviennent auprès des organismes locaux et régionaux
en loisirs, en sports, plein air et en activité physique, en leur procurant de
l'accompagnement, du soutien et de l'expertise. Elles sont pour plusieurs un
guichet unique, voire un carrefour d'information et de services pour les
accompagner dans leurs missions respectives. Rassembleur à l'échelle nationale
et porte-parole des URLS, le réseau des URLS joue quant à lui un rôle de
catalyseur des expertises, stimulant le codéveloppement et la synergie avec ses
partenaires. Ensemble, nous sommes en interface avec plus de 3500 organismes
partenaires à l'échelle locale, régionale et provinciale, présents dans les 17 régions
du Québec.
Nous sommes porteurs d'une vision globale
et transversale des enjeux, nous offrant ainsi une capacité unique à faire état
de la réalité terrain, à rallier les points de vue, rassembler les ressources
et mettre les gens en relation, en action, et ce, à tous les paliers. C'est
avec cette lunette que nous nous présentons devant vous aujourd'hui. Et je cède
la parole à notre directeur général, Steeve.
M. Ager (Steeve) : Bonjour à
vous. Le réseau des URLS tient d'entrée de jeu à saluer la volonté de la
ministre Charest de venir renforcer la protection de l'intégrité des personnes
dans les loisirs et les sports.
Pour nous qui sommes déjà engagés à offrir
un environnement sain et sécuritaire avec les organismes du milieu, ces plus
récents efforts ne peuvent qu'être accueillis de façon très favorable. Par la
création du protecteur de l'intégrité<i> et les pouvoirs qui lui seront
conférés, le gouvernement donne ainsi un signal très fort quant au sérieux de
la démarche et du mordant souhaité par la modification à la loi actuelle. C'est
un geste concret qui est en cohérence et en réponse directe aux attentes et aux
besoins exprimés du milieu, des parents et des participants à l'égard de nos
environnements de loisirs et de sports.
L'élargissement de la loi au domaine du
loisir et à des organismes non affiliés est aussi vu positivement par nos
membres et partenaires, bien que soulevant quelques préoccupations qu'on vous
partagera plus tard. Les pistes et recommandations qui suivent n'ont certes pas
pour but de contester le projet de loi, mais bien, par notre lien de proximité
avec des acteurs locaux, régionaux et provinciaux, d'ouvrir et de poser un
regard sur les enjeux, les préoccupations et les angles morts qui pourraient
nuire à son acceptabilité et à sa mise en œuvre. Notez aussi que nous nous
rangeons également derrière les recommandations faites avant nous par nos
partenaires et alliés avec qui nous travaillons en étroite collaboration en
matière de sécurité et d'intégrité.
Nous sommes aujourd'hui porteurs de six
recommandations qui, nous le souhaitons, porteront écho à celles déjà entendues
par la commission. Notre première recommandation porte sur la clarification et
la définition des concepts. Tel qu'exprimé précédemment, nous saluons la
volonté de renforcer la protection de l'intégrité des personnes dans les
loisirs et les sports par ce projet de loi. Néanmoins, l'absence même de la
définition du mot «intégrité» dans ce projet est en soi préoccupante. Il nous
apparaît plus que nécessaire, voire crucial, de clarifier les définitions et
les concepts qui sont au cœur de ce projet, notamment ceux relatifs à l'intégrité,
aux sports, aux loisirs, aux structures d'encadrement et aux organismes, de
manière à assurer une compréhension commune, limiter la confusion et ainsi
faciliter l'implication. Il est important de connaître la portée de ces termes
pour bien circonscrire le type de situations visées par le projet de loi.
Dans un même ordre d'idée, notre seconde
recommandation vous invite à ce qu'on pourrait dire définir le terrain de jeu,
et je m'explique. Bien que plutôt clair sur les obligations des organismes des
sports affiliés aux fédérations de loisirs et de sports, certains flous
demeurent, à savoir qui veillera sur les activités offertes par les
municipalités, les organisations privées, voire non affiliées, et les écoles. À
titre d'exemple, plusieurs initiatives citoyennes naissent depuis peu.
Certaines sont libres et d'autres encadrées, parfois même soutenues par leur
municipalité. Seront-elles visées par la loi? Qu'est-ce que l'on considère
comme un événement sportif? Il est essentiel pour nous de préciser qui sera
imputable par cette loi.
• (15 h 10) •
Notre troisième recommandation : Prendre
en compte l'expertise acquise par les acteurs du milieu. La nomination du protecteur
de l'intégrité offre un nouveau pouvoir d'intervention qui est saluée par les
acteurs du milieu. L'ajout du pouvoir d'enquête, l'immunité et la protection
contre les représailles, ainsi que la possibilité d'imposer des sanctions
financières sont pour nous des améliorations significatives. Toutefois, le
réseau des URLS et nos partenaires sommes soucieux que tous les efforts
collectifs déployés pour mettre en place l'officier des plaintes et sa plateforme
Je porte plainte, ainsi que tous les apprentissages qui en découlent ne soient
pas pris en compte ou simplement mis de côté, bref qu'on réinvente la roue
alors que <ce mécanisme a permis de traiter efficacement...
M. Ager (Steeve) :
...bref
qu'on réinvente la roue alors que > ce m