Health and Social Services — 27 September 2023 (43rd Legislature, 1st Session)
CSSS 2023-09-27
Quebec — Committees
(Onze
heures quinze minutes)
Le Président (M.
Provençal)
: Alors,
bon matin à tous. Merci de votre présence. Ayant constaté le quorum, je déclare
la séance de la Commission de la santé et des services sociaux ouverte. Je vous
souhaite la bienvenue et je demande à toutes les personnes dans la salle de
bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs appareils électroniques.
La commission est
réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 15, Loi visant
à rendre le système de santé et de services sociaux plus efficace.
Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Oui, M. le Président. Alors, Mme Caron
(La Pinière) est remplacée par Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont).
Le Président (M.
Provençal)
: Lors de
la suspension de nos travaux, hier soir, l'étude portait sur l'article 302. M. Desharnais avait
répondu à une question du député de Pontiac. Maintenant, est-ce que vous avez
d'autres interventions, M. le député, sur l'article 302?
M. Fortin : Bonjour,
M. le Président. J'espère que ça va bien ce matin. Bonjour, tout le monde, M.
le ministre, chers collègues. Je n'ai pas d'autre question sur le 302.
Le Président (M.
Provençal)
: Ça va?
S'il n'y a pas d'autre... S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons
procéder à la mise aux voix de l'article 302. Est-ce que
l'article 302 est adopté?
Le Président (M.
Provençal)
: Adopté.
Merci.
Article 303. M. le ministre.
M. Dubé : «Le
directeur des soins infirmiers peut, pour un motif disciplinaire ou
d'incompétence, limiter ou suspendre l'exercice dans le centre par une
infirmière ou un infirmier des activités visées à l'article 36.1 de la Loi
sur les infirmières et les infirmiers.
«L'Ordre des
infirmières et des infirmiers du Québec doit être informé de toute mesure prise
en vertu du présent article.»
Le commentaire, que
je vous lis. Cet
article prévoit le pouvoir du directeur des soins infirmiers de
limiter ou de suspendre l'exercice par une infirmière ou un infirmier de
certaines activités visées à l'article 36.1 de la
Loi sur les infirmières
et les infirmiers, et ce, pour un motif disciplinaire.
Il précise que leur
ordre professionnel doit en être informé. Et on voit, dans nos documents, que
l'article 303 s'inspire de la LSSSS pour les articles 207.1,
principalement le premier paragraphe et le dernier paragraphe. Merci.
Le Président (M. Provençal)
: Suite à ces précisions, y
a-t-il des interventions concernant l'article 303? M. le député de
Pontiac.
M. Fortin : Oui,
M. le Président. Quand on lit l'article 207, là, et, rappelez-moi,
peut-être qu'on s'est dit ça hier, mais
l'article 207 de la LSSSS porte pour les établissements publics, si je ne
me trompe pas. Là, on est dans les établissements privés, donc on vient
rajouter l'obligation pour un établissement privé, mais on lui donne exactement
la même obligation qu'au public. C'est ça? O.K.
M. Desharnais
(Daniel) : À quelques différences.
Le Président (M.
Provençal)
: M. le
sous-ministre, juste pour une question technique, pourriez-vous vous renommer,
votre fonction, s'il vous plaît?
M. Desharnais (Daniel) : Oui, Daniel Desharnais,
sous-ministre adjoint à la coordination réseau et ministérielle et aux
affaires institutionnelles.
seule différence, c'est que, pour un établissement privé, il y a quelques
éléments de l'article 207 qui ne sont pas repris parce qu'il n'y a
pas de directeur de services professionnels.
M. Fortin : Alors,
qu'est-ce qui arrive dans des situations qui sont décrites à l'article 207
mais qui ne sont pas reprises par
l'article 303, donc, par exemple, en cas d'urgence ou en cas de refus du
directeur des soins infirmiers de prendre une telle mesure?
Le Président (M.
Provençal)
: M. le
sous-ministre.
M. Desharnais
(Daniel) : Oui. Donnez-moi 30 secondes, s'il vous plaît.
Le Président (M.
Provençal)
: Oui.
M. Desharnais
(Daniel) : Ce serait au supérieur hiérarchique de la personne dans
l'établissement de réagir.
Fortin : Mais on avait pris le soin de le
noter dans la LSSSS. Est-ce que vous ne pensez pas qu'on a besoin de le noter
ici? On l'a écrit pour une raison dans la LSSSS, là, j'ose croire.
Le Président (M.
Provençal)
: Oui,
allez-y.
M. Desharnais
(Daniel) : Du moment que c'est un salarié puis que le lien
hiérarchique, il est établi dans l'installation, c'est la responsabilité de la
plus haute autorité, là. On ne croyait pas que c'était nécessaire de venir le préciser, étant donné qu'il n'y a pas de directeur
de services professionnels également ou de chef de département clinique.
M. Fortin : Mais,
en cas d'urgence, je peux comprendre. En cas d'urgence, ça, ça s'applique,
c'est normal, si le directeur des
soins infirmiers est indisponible, ou peu importe. Mais, en cas de refus du
directeur des soins infirmiers, il y a quand même une procédure, dans la
LSSSS, qui était assez... disons, assez claire et assez vérifiée, c'est-à-dire
que le directeur général devait consulter le CMDP et le conseil des
infirmières. Mais ici...
M. Dubé : Mais on comprend bien qu'on n'est pas certains
qu'on a tout ce personnel-là dans un établissement privé, hein? C'est ça
qui est l'enjeu, là. Parce que votre question est... Votre question dit :
Pourquoi qu'on avait cette demande-là dans la LSSSS, mais cet article-là
s'appliquait pour le public? C'est ça, votre question?
M. Dubé : Là,
on dit... Puis votre question est bonne, là. Je suis juste en train de penser.
Qu'est-ce qu'on fait soit en cas d'urgence ou en cas de refus dans un
établissement privé? C'est ça que vous dites.
Fortin : En cas d'urgence, ce que M.
Desharnais avance, ça me semble logique, là. En cas d'urgence, la personne
n'est pas disponible, le supérieur hiérarchique prend la décision — la
personne est en vacances, ou peu importe, ça arrive — en
cas de refus du directeur de soins infirmiers d'appliquer une telle mesure.
M. Dubé : J'aimerais
mieux suspendre, parce qu'il y a un cas que je veux tester avec toi, Daniel,
avant de... Parce que c'est une bonne question.
Le Président (M.
Provençal)
: ...
(Suspension de la séance à
11 h 22)
Le Président (M.
Provençal)
: Nous revenons à nos travaux.
Alors, M. le ministre, vous aviez demandé une pause. Je vais vous céder la
parole.
M. Dubé :
C'était une bonne question du député de Pontiac. Puis la raison, c'est que je
voulais revenir... La question que vous avez
posée, c'est : Pourquoi qu'on ne suit pas le principe de la LSSSS pour un
établissement privé, alors qu'on a
déjà réglé ça au public? Je vous ramène, puis je vais demander à Me Paquin
de faire un petit peu la genèse, mais... Ça semble loin, mais on a discuté ça à 252. Puis je vous le ramène puis
je vais laisser Me Paquin vous expliquer un peu le principe qu'on a
fait pour le public. Et maintenant vous allez voir qu'on suit exactement le
même principe pour le privé. Mais peut-être, Me Paquin...
Le Président (M.
Provençal)
: Me Paquin,
comme d'habitude, on se nomme, et votre titre, s'il vous plaît.
M. Paquin
(Mathieu) : Oui, M. le Président. Alors, Mathieu Paquin. Je
suis avocat à la Direction des affaires juridiques, Santé et Services
sociaux.
Alors, si on regarde
l'article 303 qui est à l'étude en ce moment, c'est le pendant, dans les établissements
privés, de l'article 252 du projet de loi, lesquels sont ou correspondent,
en quelque part, à l'article 207.1 de la LSSSS. Les deux articles, contrairement à
l'article 207.1, ne reprennent pas les quelques alinéas qui parlaient des
cas d'urgence ou des cas de refus du directeur des soins infirmiers.
Ici, ce dont... ou,
en fait, la philosophie qui est derrière, c'est qu'on parle du DSI, qui
normalement va être une infirmière ou un infirmier qui supervise ses pairs,
donc d'autres infirmières ou infirmiers, et qui va devoir poser un jugement
professionnel à l'égard des actes qu'ils ont posés, qui sont visés à ces deux
articles-là, donc 252 et 303.
directeur médical ou une autre personne, le directeur général, comme par
exemple en ce moment dans la LSSSS, ce
ne sont pas forcément des membres du même ordre. Donc... Et on en a parlé
précédemment, cette philosophie-là ou ce fil conducteur là, qui est de s'assurer que ce soient des gens d'un
ordre professionnel qui jugent de la qualité de l'acte qui a été posé
par leurs pairs, donc ça explique pourquoi on ne retrouve pas ces
dispositions-là.
ailleurs, même s'il y a un non-dit dans la loi, les infirmières et les
infirmiers sont normalement des salariés dans les établissements. Donc, il y a toujours le droit de gérance de
l'employé qui, à l'extérieur de... pas de l'employé, mais de
l'employeur, pardonnez-moi, M. le Président, qui, à l'extérieur des questions
d'appréciation d'actes, va être capable d'exercer son droit de gérance pour
appliquer les sanctions qui pourraient être nécessaires ou, à la rigueur,
suspendre temporairement une infirmière ou un infirmier.
Le Président (M.
Provençal)
: M. le
député.
Fortin : Ça va pour l'instant.
Le Président (M. Provençal)
: Ça va? Est-ce que, M. le député
de Rosemont, vous auriez une intervention concernant l'article 303?
M. Marissal :
Oui, M. le Président.
Le Président (M.
Provençal)
: Allez-y.
M. Marissal :
Bien, merci. Merci. Bonjour,
d'abord. Rebonjour. «L'Ordre des
infirmières et infirmiers du Québec doit
être informé de toute mesure prise en vertu du présent article.» Je me posais
une question, puis ça ne va peut-être pas là, mais je me pose la
question néanmoins : Est-ce que la réciproque est vraie aussi? C'est-à-dire...
Là, c'est le réseau ou Santé Québec qui avise l'ordre, puis ça va de soi, mais est-ce
que le retour se fait aussi? C'est-à-dire que, dans le cas où une infirmière
serait sanctionnée, que l'ordre le sait, est-ce que l'ordre doit aussi fournir
l'information? Donc, autrement dit, est-ce que c'est une rue à double sens?
M. Desharnais
(Daniel) : Il faudrait... Je pourrais vérifier puis revenir avec, la
directrice nationale des soins infirmiers, comment ça se fait présentement.
Mais, effectivement, il y a des... il y a sûrement de l'information qui fait en sorte que, s'il y a une sanction qui est prise
envers une infirmière, les employeurs, que ce soit privé ou public,
doivent s'assurer que la personne... la personne qui veut exercer la profession
soit dans les règles de son ordre professionnel.
M. Dubé : Ne
soit pas sur une liste.
M. Desharnais
(Daniel) : Mais je ne sais pas c'est quoi, la mécanique comme telle.
Je peux le vérifier puis vous revenir.
M. Marissal :
Bien, normalement, il y a un tableau de radiation...
M. Dubé : Bien,
c'est ça. C'est à ça que vous pensez, là.
M. Marissal :
...ce qui est toujours mis à... Peut-être que madame... Mme Lemay
semble avoir une...
Mme Lemay (Catherine) : Juste vous dire que la
DSI nationale est en ligne, elle va pouvoir répondre, là, par écrit,
puis vous allez avoir les détails.
M. Marissal :
En fait, ma question est simplement de savoir... Tu sais, le directeur des
soins infirmiers, ça peut être assez local, ça monte vers l'ordre. Il ne
faudrait pas qu'on se retrouve avec un cas problème de quelqu'un qui a été sanctionné ailleurs, se retrouve dans un
autre établissement ou un autre... ça ne s'appelle plus... ça ne
s'appellera plus des CIUSSS, là, mais peu importe, là, on a déjà vu ça,
peut-être pas avec l'Ordre des infirmières, mais dans certains cas. Je veux
juste m'assurer qu'il y ait une triangulation de la communication.
M. Dubé :
Vous pourrez y revenir quand on aura eu la réponse.
M. Desharnais (Daniel) : Oui, je
vais vous revenir dès que j'ai la réponse.
M. Dubé :
C'est un bon point.
Le Président (M. Provençal)
: Autres interventions?
M. Marissal : Non, merci. Ça va.
Le Président (M. Provençal)
: Ça va? S'il n'y a pas d'autre
intervention, est-ce que l'article 303 est adopté?
Le Président (M. Provençal)
: Adopté.
L'article 304. M. le
ministre.
M. Dubé : Merci. «Lorsqu'un
établissement privé se prévaut de l'exemption de nommer un directeur des soins
infirmiers prévue au deuxième alinéa de l'article 301, il doit alors
nommer un responsable des soins infirmiers qui doit être une infirmière ou un
infirmier.»
Commentaire. Cet
article prévoit que,
lorsque Santé Québec exempte un établissement de son obligation de nommer un directeur des soins infirmiers,
considérant que le nombre de lits de cet établissement ne justifie pas qu'un
tel directeur soit nommé et que l'établissement se prévaut de cette exemption,
il doit néanmoins nommer un responsable des soins infirmiers. Il précise que ce
responsable doit être un infirmier ou une infirmière.
Le Président (M. Provençal)
: Ça va? Oui, M. le député de Pontiac.
Fortin : Oui, M. le Président. C'est une conversation,
effectivement, qu'on avait commencée à l'article 301. Donc, la
seule raison de se prévaudre... non, se prévaloir... prévaloir de l'exemption,
c'est s'il y a un nombre, disons, insuffisant
de lits, là, s'il y a un petit nombre de lits — c'est ça? — mais
on ne vient pas prévoir c'est quoi, ce nombre-là, on ne vient pas
dire : À partir de tel montant, vous avez besoin d'un directeur.
Président (M. Provençal)
: On nous avait mentionné qu'il n'y avait aucune
norme qui existait présentement en termes de... par rapport à un petit
nombre de lits. Est-ce que je me trompe, M. le sous-ministre?
M. Desharnais (Daniel) : Non, il n'y
a pas de norme, puis ce qui était souhaité ici, c'est qu'il puisse y avoir une évaluation qui est faite par les autorités en
lien avec l'offre de services que l'établissement doit donner, donc,
pour répondre aux besoins de la population,
si c'était nécessaire, effectivement, le critère du nombre de lits, mais on ne
voulait pas fixer dans la loi un nombre de
lits, pour ne pas être contraints dans la loi de mettre un nombre de lits
minimum pour lesquels il devrait y avoir un directeur de soins
infirmiers.
M. Fortin : Quand vous dites : Une évaluation par les autorités
compétentes, là, vous voulez dire qu'il va y avoir...
même si on ne le met pas dans la loi, il va y avoir un... Puis l'évaluation
peut mener à toutes sortes de facteurs différents. Il peut y avoir des
gens qui ont besoin de soins bien plus aigus que d'autres, j'imagine, donc
c'est pour ça que vous ne voulez pas un nombre précis, là.
M. Desharnais (Daniel) : Le profil
des clientèles peut jouer dans l'évaluation qui est faite de la mission de
cette installation-là. Donc, il y a ça qui peut être considéré aussi.
Le Président (M. Provençal)
: Ça va?
Le Président (M. Provençal)
: D'autres... Autre intervention? Oui,
M. le député de Rosemont, 304.
Marissal : Oui... 304, pardon. Je vois, là, à 305, qu'on
réfère à l'article 300. Donc, on semble quand même donner des pouvoirs à cette infirmière ou cet
infirmier qui serait nommé directeur... pas directeur, mais responsable,
là. C'est ça, la différence, responsable ou directeur? Est-ce que c'est en tous
points... est-ce que cette personne qui sera responsable, et non pas directeur
ou directrice, aura, en tous points, les mêmes responsabilités et pouvoirs
qu'un directeur en titre?
Le Président (M. Provençal)
: Pendant qu'on réfléchit à la... à
votre question, je veux vous spécifier que, lorsqu'on va traiter le 305, il y
aura un amendement où, par concordance, on va faire disparaître la notion de
services cliniques, on va faire disparaître
le mot «cliniques». Je tenais quand même à vous le spécifier. Alors, M. le
sous-ministre.
M. Desharnais (Daniel) : Bien, il peut y avoir une
différence en lien avec le volume d'activités ou le volume de personnes
à superviser, donc, pour quelqu'un qui serait officiellement directrice ou
directeur de soins infirmiers, par rapport au
responsable, puisque la possibilité de nommer un responsable est liée au nombre
de lits dans l'installation, notamment. Donc... mais c'est des responsabilités
similaires, mais avec une supervision qui est moins prononcée, si on peut dire.
M. Marissal :
O.K. Je vais reporter ma question
plus précise à 305, en fait, ce sera plus à propos de le faire là.
Le Président (M.
Provençal)
: Ça va? Y
a-t-il d'autres interventions sur 304? S'il n'y a pas d'autre intervention,
est-ce que l'article 304 est adopté?
Le Président (M. Provençal)
: Adopté. 305, pour lequel vous aurez
un amendement, M. le ministre.
M. Dubé : Oui,
très bien.
Alors, je lis 305
avant l'amendement : «Lorsqu'un directeur des soins infirmiers ou un
responsable des soins infirmiers est nommé pour un établissement privé,
celui-ci peut également assumer les fonctions du responsable de la qualité des
services cliniques prévues à l'article 300.»
Et vous allez me voir
venir avec l'amendement : Supprimer, dans l'article 305 du projet de
loi, «cliniques».
Alors
là, je vais attendre peut-être Mme la secrétaire, si vous pouvez... Très bien.
Alors, le nouvel
article 305, tel que modifié avec l'amendement
suggéré, c'est d'enlever le mot «cliniques» avant les mots «prévues à
l'article 300».
Le Président (M.
Provençal)
: Dans un
premier temps, y a-t-il des interventions sur l'amendement, qui est conforme à
ce qu'on avait déjà fait dans un autre article? S'il n'y a pas d'autre
intervention, est-ce que l'amendement à l'article 305 est adopté?
Le Président (M.
Provençal)
: Adopté.
Maintenant, interventions sur l'article 305 amendé? M. le député de
Rosemont, vous aviez signifié que vous aviez une question à poser.
M. Marissal :
Oui, bien, je reviens un peu avec la même question. Le sous-ministre a
répondu : En fonction du nombre de
lits, là, qui permet d'avoir ou ne pas avoir un directeur ou une directrice en
titre. Ma question est plus à savoir
que, si on nomme, donc, quelqu'un qui va être... qui aura le
titre «responsable»,
ce n'est pas le
titre «directeur» ou «directrice»,
ce n'est pas le même niveau hiérarchique, là, à défaut d'un... ce n'est pas le
même niveau hiérarchique, là, je vais
le dire comme ça, on disait, à 300 : «Le responsable doit disposer...» Ah!
bien, je pense que je viens de répondre à ma propre question. Donc,
c'est «responsable» pour «responsable», il a le même... les mêmes pouvoirs qu'à
300. C'est bon. C'est bon.
Le Président (M.
Provençal)
: M. le
député.
M. Fortin : J'ai
déjà posé cette question-là à 300, puis on m'a répondu que c'était au 305, puis
ça me satisfait.
Le Président (M.
Provençal)
: Ça va? Y
a-t-il d'autres interventions sur l'article 305 amendé? S'il n'y a pas
d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que
l'article 305 amendé est adopté?
Le Président (M.
Provençal)
: Adopté.
306. M. le ministre.
M. Dubé : On passe à l'autre
section qui réfère aux offres
de services, toujours pour les établissements privés, c'est la deuxième section. Alors, si vous
permettez, on peut aller dans 306, puis il n'y a pas d'amendement ici, puis
c'est dans la LSSSS. O.K., on y va.
Alors :
«306. L'établissement privé détermine son offre de services de santé ou de
services sociaux conformément à l'autorisation octroyée par Santé Québec
pour l'exploitation de cet établissement.
«L'établissement fixe
également les paramètres des services de santé ou des services sociaux qu'il
fournit et soumet ces paramètres à l'approbation de Santé Québec.»
commentaire : cet
article prévoit que l'offre de services de
l'établissement est déterminée par celui-ci en respect de l'autorisation
qui lui est octroyée pour son exploitation.
Il ajoute que
l'établissement fixe les paramètres des services qu'il fournit et qu'il les
soumet à Santé Québec pour approbation. Et, comme je l'ai dit un petit peu plus
tôt, c'est l'article 105 de la LSSSS qui sert de base à
l'article 306 qu'on voit dans nos documents.
Le Président (M.
Provençal)
: Interventions
sur l'article 306? Oui.
Fortin : Merci, M. le Président. O.K.
Quand on dit : L'établissement détermine son offre de services, qu'est-ce
que ça... Qu'est-ce que vous voulez dire exactement, là? Parce que... En fait,
je cherche à savoir à quoi ça ressemble, ça, «détermine son offre de services
de santé», là. Est-ce que c'est un document détaillant le nombre de patients,
le type de patients, le... À quoi ça ressemble, ça?
Le Président (M. Provençal)
: M. le sous-ministre.
M. Desharnais (Daniel) : Bien, en
fait, puisque c'est un exploitant privé, naturellement il a la liberté de déterminer l'offre de services qu'il veut offrir
puis qu'il veut soumettre à Santé Québec pour que Santé Québec lui donne
une autorisation dans les quatre domaines
qu'on mentionnait hier, donc en fonction de... est-ce qu'il veut exploiter
un centre de réadaptation, bien, ce
serait... il devrait, pour avoir l'autorisation, soumettre certains paramètres,
dont le nombre de lits, son offre de
services globale qu'il veut offrir. Donc, ce serait une description de l'offre
de services qu'il veut offrir, et le soumettre à l'autorisation de Santé
Québec.
M. Fortin : Donc, disons... parce qu'un établissement peut offrir
toutes sortes de services. Je vous donne un exemple,
une RPA pourrait décider d'avoir une aile CHSLD, là, décider qu'il y a un
service plus pointu qui est donné à l'intérieur de la RPA, et donc, à
partir de ce moment-là, pourrait dire : J'offre, je ne sais pas, moi, 20,
30 lits pour des patients dans ces
conditions-là, et là Santé Québec déterminerait si oui ou non ils veulent
procéder ainsi, là, avec tous les...
M. Desharnais (Daniel) : Pour le
volet RPA, il y aurait une autorisation qui serait faite en fonction de la
certification... du Règlement sur la certification des RPA. Pour le volet...
s'il y avait un volet CHSLD, il devrait demander
l'autorisation de Santé Québec et décrire l'offre de services qu'il veut
offrir, si elle correspond... si elle correspond aux paramètres que
Santé Québec ou que le gouvernement souhaite dans... souhaite offrir à la
population.
M. Fortin : O.K. Mais aujourd'hui cette autorisation-là, elle est
offerte par?
Desharnais (Daniel) : Je crois
que c'est l'agence, par ricochet les établissements. Bien, en ce moment, en ce moment, dans
la LSSSS, c'étaient les anciennes agences.
M. Desharnais (Daniel) : Ah! oui,
excusez, c'est le ministre. Oui, c'est le ministre.
M. Desharnais (Daniel) : Oui, c'est
ça, exactement.
M. Fortin : Juste clarifier, je ne suis juste pas certain d'avoir bien
saisi.
Desharnais (Daniel) : La certification des RPA, c'est les
établissements, et les permis, actuellement, pour les privés, c'est les
autorisations du ministre.
M. Fortin : O.K. Donc, les permis, ça va être... ça va tout être fait
par Santé Québec. Ça, ça vous convient, M. le ministre?
M. Dubé : Oui, absolument,
absolument.
M. Fortin : Ça va, pour l'instant.
Le Président (M. Provençal)
: M. le député de Rosemont.
M. Marissal : Bien, j'avais
sensiblement le même questionnement. L'autorisation, est-ce que c'est ce qu'on
appelle un permis?
M. Dubé : Daniel, c'est quoi, la
différence entre l'autorisation puis le permis, s'il y a une différence?
Président (M. Provençal)
: Me Paquin, vous allez vous nommer puis nous
donner la réponse, s'il vous plaît. Parce que je pense...
M. Paquin (Mathieu) : Je me suis
déjà nommé, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
: Oui, c'est vrai.
Paquin (Mathieu) : Mais je peux recommencer, si tel est votre bon
plaisir.
Le Président (M.
Provençal)
: Non.
Non.
M. Paquin
(Mathieu) : Oui, en fait, il n'y a pas... il y a peu de différences.
L'autorisation, c'est le concept. Le permis, c'est le document qui fait foi.
Alors, pour essayer de rendre les choses plus simples, on a utilisé le mot
«autorisation» pour y aller sur une base plus conceptuelle.
M. Marissal :
O.K., mais c'est curieux de lire
que l'établissement privé détermine son offre selon l'autorisation. Ça
devrait être le contraire, là, l'autorisation vient, puis ça fait foi de
l'organisation.
Le Président (M. Provençal)
: Maître.
M. Paquin (Mathieu) : Bien, en fait, il y a un
peu des deux, parce que, on va le voir plus tard, quand on va arriver au
régime d'autorisation, comme l'a expliqué M. Desharnais, l'autorisation
qui va être donnée à l'établissement va détailler
un certain nombre de services qui vont être fournis par l'établissement. Donc,
effectivement, forcément, il y a une
détermination de l'offre qui se fait en amont de la demande d'autorisation.
Maintenant, une fois que ça, c'est fait, je dirais, le détail à
l'intérieur de ce que l'autorisation permet de faire, bien, c'est
l'établissement qui va le déterminer, conformément à ce qui est prévu à
l'article 306.
M. Marissal :
...comprendre que ça, c'est, en
fait, démontrer que vous rencontrez les demandes de l'autorisation.
Autrement dit, c'est plus que «moi, je vous offre ça, puis, si ça ne fait pas,
c'est ça pareil, là». C'est parce que vous avez
émis un appel d'offres ou d'intérêt, l'autre fois, M. le ministre, dans un
autre dossier, mais qui est connexe, là, sur les minihôpitaux. Après une
réponse, ma foi, mitigée de la première ronde, la deuxième, c'était, si j'ai
bien compris, de demander à des fournisseurs
privés ce qu'ils étaient prêts à offrir à l'État. Je trouvais que c'était une
drôle de façon de fonctionner. D'habitude, l'État demande ce qu'il veut
puis, après ça, juge des offres qui sont faites, là.
M. Dubé : C'est
sur un autre sujet, là, mais je vous dirais que c'est très fréquent de faire
des appels d'intérêt avant de faire des appels de propositions dans un nouveau
concept. Alors, ici, il y a un nouveau concept, puis on a décidé de faire des
appels d'intérêt avant de faire un appel d'offres, ce qui est très différent de
ce qu'on a ici, là.
M. Marissal :
Mais il y avait eu un premier appel fait déjà.
M. Dubé : Oui,
oui. Oui, puis on a même fait deux appels d'intérêt pour préciser certaines
choses, et là on est rendus à l'appel d'offres.
M. Marissal :
C'est un sujet connexe, j'en conviens, et la réponse me convient pour 306.
M. Dubé :
O.K. C'est bon. Merci.
Le Président (M.
Provençal)
: Alors,
s'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 306 est adopté?
Le Président (M. Provençal)
: Adopté. 307. M. le ministre.
M. Dubé : 307,
avec plaisir, et il y aura aussi un pendant de la LSSSS. Il n'y a pas
d'amendement.
«Santé Québec peut,
lorsqu'elle estime que l'intérêt public le justifie, exiger d'un établissement
privé qu'il exerce les activités nécessaires à toute prestation de services
qu'elle détermine, qu'il cesse d'en exercer certaines ou qu'il modifie de toute
autre manière son offre de services. Avant de prendre une telle décision, elle
doit avoir donné au titulaire de l'autorisation l'occasion de lui présenter ses
observations.
«Le titulaire de
l'autorisation doit, dans les six mois suivant la date de délivrance du
document attestant l'autorisation modifiée par Santé Québec et malgré toute
disposition inconciliable, prendre les mesures nécessaires pour effectuer les
modifications conséquentes à la décision de Santé Québec.»
commentaire : cet
article prévoit le pouvoir de Santé Québec d'exiger d'un
établissement qu'il modifie son offre
de services. Il précise que le titulaire de l'autorisation doit avoir eu
l'occasion de présenter ses observations avant qu'une telle décision ne
soit prise par Santé Québec. Et, comme je l'ai mentionné tout à l'heure, c'est
l'article 442.1 de la LSSSS.
Le Président (M.
Provençal)
: Interventions?
M. Fortin : Vous
êtes ministre depuis quatre ans, avez-vous eu à faire ça modifier le permis
d'un établissement privé conventionné puis en changer la mission, la
classe, le
titre ou la capacité?
Le Président (M.
Provençal)
: M. le
sous-ministre.
Desharnais (Daniel) : Bien, ça peut arriver dans des situations où on se
rend compte d'un privé conventionné qui n'offre pas le niveau de
services qui était prévu comme tel, ça se peut qu'on fasse une modification au
permis, notamment par rapport au nombre de lits disponibles, pour qu'il puisse,
avec la main-d'oeuvre qu'il a, donner une offre de services de qualité. Oui,
c'est arrivé dans le passé aussi.
M. Fortin : C'est arrivé dans le passé.
M. Desharnais (Daniel) : Oui.
M. Fortin : Vous, M. le ministre, vous avez signé une modification
comme celle-là?
Dubé : Oui. Ce qu'on fait, dans le fond, après avoir
vu... ça suit souvent la visite d'un inspecteur, on donne des délais. Et
là, s'il y a un changement à faire, il faut faire le changement.
M. Fortin : On donne des délais au privé pour venir vous dire s'il accepte
ou pas, s'il est incapable ou...
M. Dubé : Dans quelle mesure il est
capable de faire les changements, puis, s'il n'est pas capable de faire les
changements, bien là, il faut révoquer le permis, là. Mais, oui, on a eu des
situations où, à cause des inspections qu'on fait... Mais c'est... encore une
fois, je le redis, c'est une reprise, là, carrément, de la LSSSS actuelle.
M. Fortin : Oui, puis là il a six mois pour le faire, hein? C'est long,
six mois.
M. Dubé : Bien,
ça pourrait être, par exemple... où c'est peut-être plus long, là, «doit, dans
les six mois suivant la date», c'est
important, des fois, ça peut être le nombre de lits, il peut y avoir des
modifications physiques à l'infrastructure de la bâtisse, est-ce qu'ils
ont besoin d'avoir un pèse-personne, tu sais, il y a toutes sortes de...
Voulez-vous rajouter quelque chose, Daniel?
M. Desharnais (Daniel) : Bien, oui,
parce que, là, on parle d'une diminution ou d'augmentation de services aussi.
On pourrait vouloir avoir une augmentation de l'offre de services pour répondre
à certains besoins criants sur le territoire et demander une augmentation de
l'offre de services. Donc, c'est normal de permettre un délai aussi pour la
mise en oeuvre de ça.
M. Fortin :
Vous pouvez exiger ça? Vous pouvez exiger, par exemple un CHSLD, d'augmenter sa
capacité?
M. Desharnais (Daniel) : Oui, mais
en le consultant aussi, là.
M. Fortin :
Mais c'est parce que les termes qui sont utilisés, c'est «exiger d'un
établissement». Alors, ça ne sonne pas très négocié.
M. Dubé : ...en fonction de ce qui
est au permis. «Exiger de», c'est ce qui est au permis.
Fortin : Bien, modifier «de toute autre manière», j'imagine,
ça veut dire... ça inclut votre concept d'augmentation, là?
M. Desharnais (Daniel) : Ça inclut
augmenter, mais... oui, exiger, mais avec consultation. Donc, mettons, on
demanderait un tel niveau de services, puis, en le consultant, on se rendrait
compte qu'il ne peut pas l'atteindre, bien, naturellement, on s'arrangerait
pour faire en sorte qu'il ait la capacité de répondre à l'offre de services.
M. Desharnais (Daniel) : Ce qui est
demandé.
Le Président (M. Provençal)
: D'autres interventions sur le 307?
Oui, M. le député de Rosemont.
Marissal : Juste pour être sûr de comprendre, là, les six
mois, c'est pour prendre les mesures, donc définir qu'on peut les
prendre, ou c'est pour avoir corrigé le tir?
M. Desharnais (Daniel) : Oui,
bien, du moment qu'il y a eu consultation et qu'on s'est entendus sur
l'objectif, l'exploitant a six mois, effectivement, pour s'y conformer.
M. Marissal :
Sous réserve, évidemment, que
c'est faisable, là, dans les négociations avec cette personne. O.K.
Oui, M. le Président,
je... vous me donnez une petite seconde pour faire un petit point d'ordre?
Le Président (M.
Provençal)
: Oui.
M. Marissal :
Je sais bien qu'on ne prend pas les présences ici, là, mais, vu qu'on passe
beaucoup, beaucoup de temps ensemble, là,
puis qu'on essaie d'avoir une façon de travailler collégiale, là, je dois vous
aviser que moi, je dois quitter.
J'avais accepté un panel, là, sur l'aide médicale à mourir, depuis des semaines
et des semaines, je ne me sentais pas
vraiment autorisé à les laisser tomber là, là, ça fait que je vais devoir
m'absenter, à regret. Puis je comprends qu'on a une entente pour mettre
324.2 sur pause, si d'aventure on se rend là avant 13 heures.
Le Président (M.
Provençal)
: Pas de
problème.
M. Marissal :
Ça va pour tout le monde?
M. Marissal :
Super. Merci.
Le Président (M. Provençal)
: Avant que vous quittiez,
est-ce que vous avez une autre intervention sur le 307?
Le Président (M.
Provençal)
: S'il n'y
a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 307 est adopté?
Le Président (M.
Provençal)
: Adopté.
Merci de votre précision. 308.
M. Dubé : Oui. Alors, on tombe dans
la
section III, sur la vérification des antécédents judiciaires des
ressources humaines.
Alors :
«308. Un établissement privé doit s'assurer qu'une personne, y compris un
professionnel, un stagiaire ou un
bénévole qui, dans l'une de ses installations, exerce une activité déterminée
par règlement de Santé Québec détient un certificat d'absence
d'antécédent judiciaire délivré conformément au paragraphe 1° du premier
alinéa de l'article 309 ou un
certificat d'absence d'antécédent judiciaire lié aux aptitudes requises et au
comportement approprié pour exercer une activité déterminée au sein d'un
établissement délivré en vertu du deuxième alinéa de l'article 313.
«Est
un antécédent judiciaire lié aux aptitudes requises et au comportement
approprié pour exercer une activité déterminée au sein d'un
établissement :
«1° la déclaration de
culpabilité, prononcée depuis moins que le nombre d'années prévu par le
règlement pris en vertu du premier alinéa, pour une infraction visée par ce
règlement, à moins qu'un pardon n'ait été obtenu, ou une poursuite encore
pendante pour une telle infraction;
une déclaration de culpabilité pour une infraction criminelle autre qu'une
infraction visée au paragraphe 1° qui,
de l'avis de Santé Québec, a un lien avec ces aptitudes et ce comportement, à
moins qu'un pardon n'ait été obtenu, ou une poursuite encore pendante
pour une telle infraction.
«Le règlement prévu
au premier alinéa peut prévoir la périodicité selon laquelle un établissement
doit exiger qu'une personne visée au premier alinéa lui présente de nouveau
l'un ou l'autre des certificats qui y sont visés.»
Le Président (M.
Provençal)
: ...à
nous donner, M. le ministre?
Dubé : Oui, j'ai un commentaire à vous donner, mais je
voulais juste regarder... O.K. Je vais lire le commentaire : cet
article prévoit des règles relatives à la vérification des antécédents
judiciaires des ressources humaines d'un établissement privé.
Ainsi, il indique
qu'un établissement privé doit s'assurer que certaines personnes qui exercent
des activités déterminées par règlement de Santé Québec détiennent soit un
certificat d'absence d'antécédent judiciaire soit un certificat d'absence
d'antécédent judiciaire lié aux aptitudes requises et au comportement
approprié.
Ensuite, il définit
ce qu'est un antécédent judiciaire lié aux aptitudes requises et au
comportement approprié pour exercer une activité déterminée au sein d'un
établissement.
Président (M. Provençal)
: Ça
va? Interventions? M. le député de Pontiac.
Fortin : Là, je comprends de la question
chuchotée, là, du ministre, que c'est complètement nouveau.
M. Dubé : Oui.
Puis je vais vous avouer que, celle-là, je l'avais oubliée, parce que, quand on
avait parlé de l'assurance qualité, je me souviens qu'on a eu de longs débats,
ce qu'on vient de faire, mais, sur ce point-là, je ne me souviens pas qu'on
l'avait comme nouveau, puis c'est une très bonne nouvelle.
Fortin : Mais ça, ça veut dire qu'un
établissement privé, aujourd'hui, si le projet de loi est adopté, doit refaire
faire ça pour tous ses employés qui sont déjà là.
M. Desharnais
(Daniel) : Si la loi est... vous voulez dire, si la loi était adoptée?
M. Fortin : Oui,
si le projet de loi est adopté, là, tel quel, disons, si on ne change pas
l'article 308 puis qu'on adopte éventuellement
le projet de loi, ça veut dire qu'un CHSLD privé, ou un hôpital privé, ou peu
importe, là, doit retourner en arrière puis s'assurer d'avoir un
certificat d'absence d'antécédent judiciaire pour tous ses employés qui sont
déjà là.
M. Desharnais
(Daniel) : Je vais juste vérifier s'il y a des dispositions transitoires,
ce qu'on me dit.
M. Dubé : ...le
principe, c'est d'avoir la même... la même règle qu'on a dans nos
établissements publics, en résumé, là... On l'a fait, si vous vous rappelez,
aussi dans le projet de loi n° 10 sur la main-d'oeuvre indépendante.
Le Président (M.
Provençal)
: Mais
votre question, c'est de savoir est-ce qu'il va y avoir une rétroaction.
M. Dubé :
Bien, ce qu'il veut savoir, un employé...
Fortin : Bien, par exemple, un employé qui
a eu... effectivement, il y a un standard, disons, élevé, dans le réseau public, un employé qui, je ne sais pas,
moi, s'est fait arrêter pour une bagarre ou quoi que ce soit, là, qui ne
peut pas travailler à un établissement public, peut-être que son dernier recours
pour exercer son emploi, c'est justement de se tourner vers un CHSLD privé.
Est-ce qu'on l'a mesuré, là, c'est-à-dire de combien de professionnels on
pourrait éventuellement se priver?
M. Dubé : ...public
ou privé?
Fortin : Bien, oui, un employé d'un
établissement public qui, pour une question, par exemple, de bagarre ou peu
importe, là, aurait un antécédent criminel...
M. Dubé : O.K.
Je comprends. Je voulais juste être sûr que je comprenais.
Fortin : ...a pu, par absence de
législation, se tourner vers un établissement privé pour continuer à offrir des soins à la population. Alors, est-ce qu'on va se priver, collectivement, de ressources qui sont peut-être
importantes pour des infractions qui ne sont pas ici déterminées, là?
M. Dubé : Moi,
ce que je vais faire, c'est que je vais vous dire... soit qu'on va faire...
Parce qu'en ce moment il n'est pas dans les mesures transitoires. Puis c'est
une bonne question. Ça fait que, ce qu'on va débattre, je pense que ça ne nous
empêche pas d'adopter l'article, mais votre point est excellent, on va soit le
mettre... vous demander de prendre... soit qu'il sera par règlement ou dans une
mesure transitoire, moi, c'est... — Me Paquin, est-ce que je
peux résumer ça comme ça? — puis
qu'on se donnera le temps, là, dans les prochains jours, prochaines semaines,
de voir si on le met comme un amendement dans nos mesures transitoires. Je
pense que c'est ça qui est le mieux.
Fortin : O.K., parfait, mais je veux juste
vous pousser un petit peu, là : Qu'est-ce que vous allez inclure
là-dedans? C'est quoi, votre... L'objectif final, là, de cette mesure
transitoire là, ce serait qu'un employé qui est déjà à l'emploi d'un CHSLD n'a
pas besoin de repasser par le processus ici?
M. Dubé : Non,
moi, je ne dirais pas... bien, en tout cas...
Fortin : Non, mais j'essaie juste de
comprendre l'intention de la mesure que vous allez faire.
Président (M. Provençal)
: Me Paquin.
M. Paquin
(Mathieu) : Oui, M. le Président. En fait, je dirais, une des
considérations qu'il faut avoir, qui peut rendre un peu plus difficile de
répondre rapidement, aisément : Oui, non, avons-nous besoin de
dispositions transitoires, au-delà de la
question de l'opportunité, c'est que le régime qui est mis en place ici
nécessite des règlements pour être
complété, parce que ce n'est pas tous les antécédents qui vont
empêcher une personne d'exercer n'importe quel travail dans un
établissement privé. Par exemple, hypothétiquement, on pourrait décider de
dire : Nos préposés aux bénéficiaires,
on ne veut pas qu'ils aient commis des crimes contre la personne, ce qui est
peut-être moins un problème pour
quelqu'un qui travaille dans une cuisine, ou peut-être qu'on ne veut pas
vérifier les antécédents judiciaires des gens qui travaillent dans les
cuisines parce qu'on considère, après vérifications, études, que ça ne pose pas
de problème.
Ensuite, il y a aussi
la question, et ça, c'est ce qui est habilité par le dernier alinéa de 308, de
la périodicité à laquelle on la fait. Alors,
la mesure transitoire, c'est : Est-ce qu'on veut, pour l'éterniser... pour
l'éternité, «grand-périser» le droit
de quelqu'un qui aurait certains antécédents de continuer à travailler dans un
établissement privé malgré le fait que cet antécédent-là... ou on veut
donner un certain temps? Parce que tous les antécédents, aussi, ne seront pas
des empêchements pour une période de temps indéterminée. Quand on regarde un
peu comment est-ce qu'on le définit dans le
deuxième alinéa, ça prend une déclaration de culpabilité prononcée depuis moins
que le nombre d'années prévu par règlement. Donc, à un moment donné,
l'écoulement du temps fait qu'on va considérer que, la personne, ce n'est plus
un empêchement pour elle d'aller travailler.
Donc, il y a la
question sur l'opportunité en soi de dire : Est-ce qu'on veut qu'il y ait
des gens qui aient certains d'antécédents
qui puissent travailler? Ce qui est une question d'opportunité importante,
avant de trancher dans le projet de loi, si on fait une disposition
transitoire. Et l'autre question qu'il faut qu'on se pose, c'est : Est-ce
qu'on est capable de prendre cette
décision-là au moment où on va arriver dans les dispositions transitoires du
projet de loi ou ça nous prend un
règlement pour qu'on ait une idée des antécédents, des délais pour dire :
Dans ce cas-là, on va s'habiliter à faire la mesure transitoire dans le
règlement?
Fortin : Votre objectif, est-ce que c'est
de calquer ce qui est fait pour le public vers le privé?
M. Dubé : La
réponse, c'est oui.
Fortin : O.K. Alors, pourquoi c'est si
compliqué dans ce cas-là? Tout ce que vous venez de décrire, c'est déjà fait
dans le public, vous avez déjà cette considération-là, à savoir : O.K.,
bien, un employé qui a...
M. Dubé : Je
comprends, mais c'est parce que ce n'est pas fait en ce moment dans le privé,
là. Le défi, c'est de parler, par exemple, à l'Association des propriétaires
puis de leur dire : Bon, bien, maintenant, quel genre de transition qu'on pourrait avoir? Parce que les
gens, bien, un, ne le savent pas toujours, les antécédents de leurs
employés. On l'a vu quand on a eu ces discussions-là dans la main-d'oeuvre
indépendante, on a eu ces mêmes discussions là. Alors, je pense qu'on a besoin
de temps. Mais l'objectif, si on se disait à terme... pour ça, je suis très
clair, à terme, c'est d'avoir la même protection qu'on a dans le public.
M. Fortin : Mais c'est ça, là, ma question. La base de ma question,
c'est de dire : Vous n'avez pas mesuré ce que ça pourrait vouloir dire, là, combien d'employés pourraient avoir
des antécédents inappropriés ou que vous jugez, en ce moment dans le public, inappropriés, au privé?
Vous n'avez pas... il n'y a pas eu de consultation auprès des groupes,
des groupes privés pour dire : Est-ce que vous avez mesuré ça? Là, on...
M. Dubé : Non,
parce que c'est... Non, parce que c'est une question de principe. C'est comme
je vous disais, c'est tellement un principe
important, qu'un antécédent judiciaire, à définir, là, comme Me Paquin l'a
dit... que, si c'est vu comme un antécédent judiciaire qu'une personne
ne pourrait pas faire le travail, pour moi, il y a... C'est tellement une
question de principe qu'il faut le faire. C'est ça qui est mon point.
Fortin : La question de principe, personne
n'est en désaccord sur le principe, c'est sur l'application. La question
est : Est-ce qu'on va peut-être appliquer des règles qui sont trop
sévères? Est-ce qu'on va faire un peu à l'inverse de ce que Me Paquin
disait? Est-ce qu'on va interdire à une personne qui a commis une fraude
fiscale il y a 10 ans de travailler dans une cuisine? Est-ce que c'est...
Le Président (M.
Provençal)
: Mais ce
que j'ai compris, vous me reprendrez, il y aura possibilité soit de le faire
par règlement, ce que vous avez mentionné, ou il y aura un
article au niveau de
la
section du régime transitoire. Si c'est un
article qui est au niveau du
régime transitoire, pouvez-vous me donner un aperçu de quel endroit pour que je
puisse me prendre une note, pour être sûr de bien le noter?
M. Dubé : Je
pense, ce serait plus sage de le faire dans la transition.
Le Président (M.
Provençal)
: Parce
que je pense que ça sécuriserait M. le député si c'était un
article qui faisait
partie du projet de loi, inscrit à l'intérieur des mesures transitoires.
Moi-même, ça...
M. Dubé : ...référence à un
règlement, là...
Le Président (M.
Provençal)
: Oui,
c'est ça.
M. Dubé : Je ne sais pas comment on
va le patenter, là, mais je suis d'accord avec ce que vous demandez, là, mais
je veux juste qu'on se donne le temps de...
M. Fortin :
Dans le public, en ce moment, là,
il y a un règlement qui régit ces dispositions-là ou ces demandes-là?
M. Desharnais
(Daniel) : On va faire la vérification.
M. Fortin : Moi, j'aimerais ça l'avoir puis j'aimerais ça savoir ce
qu'on demande puis ce qu'on s'apprête à demander
aux institutions privées. Donc, s'il y a un... j'imagine, là, je ne peux pas...
J'ose croire qu'il y a un règlement qui
vient régir un peu tout ce qui est permis, pas permis, la vérification, la
durée, la périodicité, comme on dit, le niveau d'infraction, etc. Je
pense que ça... c'est quelque chose que les institutions ou les établissements
privés vont vouloir eux-mêmes aussi comprendre, là, à la lecture de notre
échange aujourd'hui, c'est-à-dire qu'est-ce qui va leur être imposé si c'est
calqué ou similaire à ce qui est demandé au public, là.
M. Fortin : Alors, ça va être déposé à la commission, j'imagine, M. le
Président?
Le Président (M. Provençal)
: Oui. Alors, je répète ma question à
Me Paquin : Est-ce que vous avez une zone d'articles dans lequel on
pourra procéder?
M. Paquin (Mathieu) : Oui, M. le
Président, ce serait quelque part entre les articles 1123 et 1132.
Le Président (M. Provençal)
: Merci. Puis je me prends une note.
Fortin : On a en masse de temps pour déposer le règlement à
la commission. J'ose croire que, cet après-midi, on ne se rendra pas à
Avant de continuer sur le 308, pendant qu'on est
dans les documents qu'on nous a promis, hier Mme Lemay et le ministre nous
avait promis, justement, un document qui...
Le Président (M. Provençal)
: C'est Mme la sous-ministre Lemay.
Fortin : ...qui détaillait, qui se retrouvait dans... du
moins, pour l'instant, là, qui se retrouvait dans le comité
multidisciplinaire et le comité multidisciplinaire services sociaux. Moi, je
comprends que le document n'est pas en ligne en ce moment.
Le Président (M. Provençal)
: Consentement pour...
M. Dubé : On m'a dit qu'on l'aurait
à 13 heures.
Le Président (M. Provençal)
: Oui, c'est ça.
M. Fortin : Ah! O.K. Bien oui, mais on va l'avoir à
13 heures? Parce qu'hier, en tout respect, hier, on nous a dit
13 heures, après ça on nous a dit ce matin, là on nous dit 13 heures.
Je veux m'assurer qu'on...
M. Dubé : On est au moins dans la
même journée.
Le Président (M. Provençal)
: Hier, je n'avais pas mentionné
d'heure, j'avais dit que ça serait aujourd'hui parce qu'il y avait des
validations à faire au niveau de la liste et des titres.
Mme Lemay (Catherine) : Un
nettoyage.
Le Président (M. Provençal)
: Un nettoyage. Alors, cet après-midi,
lorsqu'on reprend nos travaux, vous serez
probablement une des premières personnes à qui on cédera la parole pour pouvoir
répondre à M. le député de Pontiac.
M. Fortin : ...l'article 308, pas de problème, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
: Ça va?
M. Fortin : Oui, c'est bon. Euh...
Président (M. Provençal)
: Oui,
M. le député de Pontiac. On est toujours sur l'article 308.
M. Fortin : Oui.
Donnez-moi juste une petite personne... une petite minute, là, parce que... Les
premières lignes du 308 : Un établissement privé doit s'assurer
qu'une personne, y compris un professionnel... stagiaire... bénévole... dans l'une de ses installations, détient un certificat
d'absence d'antécédent judiciaire... Ça, c'est le cas dans nos
établissements publics en ce moment, on demande aux bénévoles d'avoir un
antécédent... un document qui atteste leur absence d'antécédent judiciaire?
M. Dubé : Pourquoi
vous... excusez-moi. Vous référez au bénévole?
Fortin : Le bénévole. Le bénévole, oui.
M. Dubé : Où
vous référez au bénévole?
Le Président (M.
Provençal)
: Ça,
c'est dans le premier alinéa, juste avant le premier paragraphe.
Fortin : Au tout début, là, on vient
indiquer quel type de personne peut avoir besoin d'une absence d'antécédent
judiciaire. Je pense au bénévole, M. le Président, parce que souvent c'est des
mesures de réinsertion sociale, on demande
aux gens de s'impliquer bénévolement dans toutes sortes de... C'est quelque
chose qu'on demande déjà au public, ça?
Le Président (M.
Provençal)
: M. le
sous-ministre.
M. Desharnais
(Daniel) : Oui. Pour que la personne bénévole soit visée par cet
article-là, il faudrait qu'elle fasse une
activité qui est visée par le règlement. Donc, elle pourrait exercer une
activité qui n'est pas visée par le règlement. Mais, si c'est une activité visée par le règlement, effectivement, il
faudrait qu'il y ait une vérification des antécédents.
Fortin : Là, on parle de quoi, là, dans
les établissements publics?
Le Président (M.
Provençal)
: Consentement
pour que Mme la sous-ministre puisse s'exprimer?
Fortin : Oui, bien sûr, si elle a la
réponse, absolument, M. le Président.
Le Président (M.
Provençal)
: En tout
cas, son non-verbal me dit qu'elle veut parler. Mme la sous-ministre.
Mme Lemay
(Catherine) : Alors, bonjour, Catherine Lemay, sous-ministre associée
aux Services sociaux et directrice nationale de la protection de la jeunesse.
Alors, dans les
établissements, des bénévoles peuvent être à différents niveaux, il y en a qui
exercent du transport, il y en a qui
accompagnent des gens qui sont en soins palliatifs, il y en a d'autres qui
orientent les personnes sur les étages, il y en a qui font des activités
spécifiques en CHSLD, en centre de réadaptation pour jeunes en difficulté
d'adaptation, de l'accompagnement dans différentes activités, là, c'est
multiple et nombreux, et ces bénévoles-là sont en contact direct avec la clientèle. Donc, l'élément d'assurer que les
gens qui sont en contact avec les clients, ou les jeunes, ou les
usagers, peu importe comment on les appelle, aient un comportement hors de tout
doute probant et exempt d'antécédent judiciaire qui pourrait affecter, là, les
usagers, c'est important.
M. Fortin : Des activités telles que... telles que... bien, décrites par le
règlement, hein, éventuel de Santé Québec, des activités... Ce que vous
êtes en train de nous dire, c'est tout ce qui a trait avec des relations ou des
contacts avec les usagers.
Mme Lemay (Catherine) : Bien,
le règlement n'est pas... Le règlement devra tenir compte de ces activités
spécifiques là, effectivement.
M. Fortin : Oui, mais le règlement dans le public, aujourd'hui, c'est
Mme Lemay
(Catherine) : Ah! le règlement dans le public, oui. Tout ce qui est en
lien direct avec un impact qu'on pourrait avoir sur les usagers, c'est visé de
cette façon-là.
M. Fortin : Merci, Mme Lemay.
Le Président
(M. Provençal)
: Est-ce
qu'il y a autre chose à ajouter? Est-ce qu'il y a d'autres éléments à ajouter
par rapport au commentaire de Mme la sous-ministre ou ça va?
Le Président (M. Provençal)
: Ça va? M. le député de Pontiac.
M. Fortin : Dans
ce qu'on déposera d'ici aux articles 1123 et suivants... En fait, je veux
juste spécifier, là, ce qu'on veut
comprendre. Ce qu'on voudra savoir, M. le Président, c'est le règlement de...
j'imagine, du ministère, en ce moment,
là, ou... bien, ça doit être le ministère, ça ne doit pas être établissement
par établissement, j'ose croire que c'est le ministère qui a ce
règlement-là, que c'est un règlement qui s'applique à tous les établissements,
mais le règlement qui vient indiquer les activités déterminées et, dans le
fond, là, celui qui vient nous indiquer qui peut faire quoi ainsi que la périodicité à laquelle ça s'applique. Parce
que j'imagine qu'il y a une vraie réflexion autour de ça. Ce n'est pas
un processus qui est simple, là.
M. Dubé :
Je veux juste préciser une chose. Juste pour qu'on soit clair, là, c'est
qu'en ce moment, dans la LSSSS, il n'y a rien. Et ce qu'on me confirme, c'est
qu'en ce moment, puis on... je suis en train de faire des vérifications, là,
mais que c'est beaucoup plus, dans le public, là...
M. Dubé :
...parlons du public, c'est beaucoup plus une question de bonnes pratiques,
de faire la vérification, qu'un règlement comme tel.
M. Dubé :
Alors, c'est pour ça qu'on part peut-être de plus loin pour être capable de
l'amener dans le privé.
Maintenant,
dans le privé, je pense que... Est-ce qu'on pourra décider, là... puis c'est
une des choses que je voudrais discuter avec M. Paré et puis
M. Desharnais dans les prochaines semaines, est-ce qu'on pourrait décider
d'amener la même chose dans le public, tant
qu'à mettre ça par écrit? Mais ça, c'est une autre décision. Mais ça se fait,
mais ça se fait comme bonnes pratiques. Vous me suivez?
M. Fortin : Mais je trouve ça... C'est un pavé que vous venez de jeter
dans la mare, là, M. le ministre, là, que...
Parce que, si on nous dit, depuis tantôt, qu'il y a un règlement qui vient
encadrer tout ça dans le public... Mais là vous dites que c'est plus une
question de bonnes pratiques.
M. Dubé :
C'est des bonnes pratiques, là. Il n'y a pas...
M. Fortin : Il n'y en a pas, de règlement?
M. Dubé :
Il n'y a pas de règlement. C'est ce qu'ils viennent de vérifier, à moins
d'un... du contraire. Mais c'est des bonnes pratiques dans les établissements,
c'est ce qu'on me dit ici.
M. Fortin : Mais on parle d'un règlement depuis tantôt. Il n'existe
pas, ce règlement-là?
M. Dubé :
Non, non, mais il n'y a pas... Bien, que ce soit une consigne ou, je ne
sais pas...
Le Président
(M. Provençal)
: M.
le sous-ministre, je pense qu'on a besoin de clarification, s'il vous plaît.
M. Dubé :
Oui, s'il vous plaît.
M. Desharnais
(Daniel) : C'est des consignes que les établissements ont reçues
depuis plusieurs années. Je veux juste
faire... Juste, peut-être faire une distinction avec... entre le prestataire
public et le prestataire privé. Effectivement, le prestataire public
reçoit des consignes, que ce soit du ministère ou, antérieurement, des agences
de santé et services sociaux. Le prestataire
privé n'avait pas cette obligation-là actuellement. Il est arrivé des événements
malheureux, dans le passé, où est-ce qu'il y a des vérifications qui avaient
été faites puis... des antécédents judiciaires d'une personne qui avait été
embauchée, malheureusement les antécédents ne justifiaient pas l'embauche de
cette personne-là.
M. Desharnais (Daniel) : Au
privé. Là, on met l'obligation, on met une certaine obligation, dont des
paramètres vont être déterminés par règlement, mais ça va permettre, justement,
d'éviter ce genre de chose... de chose là, puis également, lorsqu'il y aura des vérifications de conformité en lien avec
l'attestation que le prestataire privé va avoir eue, de vérifier s'il a
fait la vérification des antécédents, également.
M. Fortin : O.K. Mais, puisqu'il n'y a pas de règlement comme tel, là,
j'espère qu'on comprend à quel point c'est
sensible, là, cette question-là. Et c'est... Ça ne sera pas simple élaborer
quelque chose d'arrêté comme ça, parce que...
Tu sais, dans les exemples que
Mme Lemay nous donnait tantôt, là, accompagner quelqu'un en soins de fin
de vie, pour quelqu'un qui a un dossier criminel de conduite avec
facultés affaiblies, là, c'est... tu sais. Puis, pour chacun des... chaque
situation va presque être différente, va presque être... avoir un niveau de
sensibilité différent. Alors, de vouloir imposer
ça par règlement, je comprends l'intention, mais ce ne sera pas simple, là.
C'est loin d'être blanc ou noir, cette affaire-là.
M. Dubé : On
est en train de le vérifier, là, parce qu'il y a des fois que... Je l'ai dit,
c'est des principes, c'est des consignes. Des fois, il y a eu des circulaires
qui ont été envoyées là-dessus, c'est... mettons ça de côté.
Là, on est en train de regarder pour le privé.
Pour le privé, moi, ce qui m'importe, puis c'est pour ça que, quand on a eu ces discussions-là... Puis là je me
souviens des points que M. Desharnais m'a faits, c'est que nous, on
veut être capable de dire, quand on va signer un contrat avec un privé
conventionné : Avez-vous fait votre vérification d'antécédents
judiciaires? Donc, c'est pour ça qu'il faut le mettre, là, dans la loi, vous me
suivez?
M. Fortin : Mais le «avez-vous fait votre vérification?», c'est une
chose. Après ça, si, dans le règlement que vous mettez de l'avant, on vient
dire que, justement, quelqu'un ne peut pas accompagner un patient en soins de
fin de vie parce qu'il a eu une conviction
sur facultés affaiblies, je trouve que c'est là que ça vient des cas... Puis
est-ce que ce crime-là a eu lieu — tu sais, la périodicité
compte aussi, là — il
y a 25 ans, il y a cinq ans, il y a trois mois?
Dubé : Vous avez raison. Moi, je vous dis juste que... Donnez-nous
le temps de faire ça pour qu'on puisse le mettre dans la transition, à
1123 ou... en tout cas.
Maintenant, pour le public, juste pour répondre
à votre question, qui va être notre guide, que ce soient des consignes...
Avez-vous, peut-être, quelque chose de plus précis, peut-être, juste pour
rassurer le député, ici, là?
M. Desharnais (Daniel) : Oui, oui.
On m'indique que c'est par circulaire, une circulaire qui date de 2012. Effectivement, les situations que vous invoquez,
parce qu'effectivement ce n'est pas nécessairement simple... mais, dans la circulaire, on mentionne, on fait référence aux
chartes, notamment. Donc, naturellement, il va falloir respecter les...
M. Dubé : Donc, est-ce qu'on
pourrait l'envoyer, le document public?
M. Desharnais (Daniel) : Oui, on
pourrait l'envoyer.
M. Dubé : J'aimerais ça que le
député puisse le voir.
M. Desharnais (Daniel) : Et, dans
les principes de la circulaire, la simple existence d'antécédents judiciaires
n'est pas suffisante pour déclarer une personne inapte à l'emploi.
L'article 18.2 de la Charte des droits et libertés de la personne interdit
expressément à quiconque de congédier, de refuser d'embaucher ou autrement
pénaliser dans le cadre de son emploi une personne du seul fait qu'elle a été
déclarée coupable d'une infraction pénale, et là je...
M. Fortin : Oui, bien, j'aimerais ça si ça pouvait être envoyé à la
commission, je pense, ce serait utile pour comprendre. Puis...
Le Président (M. Provençal)
: Aussitôt reçu, on vous le mentionne.
M. Dubé : On se comprend qu'il y a
des règlements, il y a des circulaires, il y a des consignes. Là, ici, est-ce
que ça pourrait être la source d'inspiration? Bien, je pense que c'est ça qu'il
faut se donner le temps de faire, pour ce qu'on demandera au public.
M. Fortin : Dans la situation qu'a décrite M. Desharnais un peu plus
tôt, là, où il y a une vérification qui s'est faite auprès d'un établissement
privé puis, effectivement, il n'y avait pas eu de vérification d'antécédents
pour un employé, ou un stagiaire, ou un bénévole bien précis, là, est-ce que
ces mêmes vérifications là sont faites au public en ce moment?
M. Desharnais (Daniel) : Les
vérifications?
M. Fortin : Est-ce qu'on... Bien, je comprends qu'il y a une circulaire qui
a été envoyée il y a 11 ans, mais est-ce qu'on... Vous savez comme moi,
les consignes dans le réseau ne sont pas toujours appliquées exactement à la
lettre, toujours. Donc là, est-ce qu'on revient vérifier de la même façon qu'on
le fait avec les établissements privés, là? De toute évidence, il y a des
vérifications qui se font quand même.
M. Dubé : Bien, je pense... Moi, je
vous laisserais regarder le document, ce serait plus facile pour vous de voir le
document qu'on vous envoie, là. On est capable de l'envoyer, Thomas?
M. Dubé : C'est fait. O.K. Je pense,
ça va vous aider à voir. Ça fait que...
Le Président (M. Provençal)
: On est en train de les déposer sur
Greffier.
M. Fortin : Ça, cette circulaire-là, elle s'applique au public, là,
pour l'instant.
M. Dubé : Oui,
c'est ça.
M. Fortin : Elle n'a pas été envoyée à qui que ce soit dans le privé.
M. Dubé : Ça, je ne le sais pas.
M. Fortin : Mais parce que, quand on parle de vérifications qui ont été
faites envers le privé, il y a quand même... Je comprends qu'il y a donc un
mécanisme, aujourd'hui, pour que le ministère s'assure que des vérifications
d'antécédents, ou autres, sont déjà faites par le privé. Même s'il n'y a pas
d'article de loi, je comprends que c'est déjà fait, là.
M. Desharnais (Daniel) : Oui,
c'est... Vous voulez dire pour les établissements publics?
M. Fortin : Non, le privé.
M. Desharnais (Daniel) : Le privé,
c'est déjà fait.
Fortin : L'exemple que vous avez donné tantôt,
M. Desharnais, là, qui... où, essentiellement, il y a eu une
vérification qui a été faite de la part du ministère auprès d'un établissement
privé qui avait peut-être... que lui n'avait peut-être pas fait tout le travail
nécessaire pour la vérification des antécédents. Donc, il y a un mécanisme déjà
en place. Il y a un mécanisme de
vérification déjà en place. Donc, on le demande, en quelque part, aux
établissements, d'aller s'assurer qu'il y a une absence d'antécédent
judiciaire.
M. Desharnais (Daniel) : Dans les
visites... Il faudrait que je vérifie, honnêtement. Il faut vraiment que je
vérifie si c'est systématique dans les... Je sais que, dans les RPA, les
enquêteurs ministériels, en fonction de la certification
des RPA... C'est vraiment décrit, je crois, dans la certification, dans les
obligations des RPA. Mais là je...
M. Fortin : Dans leur certification, il y a...
M. Desharnais (Daniel) : Oui,
effectivement.
M. Fortin : ...on leur demande de vérifier systématiquement.
M. Desharnais (Daniel) : Oui, oui.
Le Président (M. Provençal)
: Les documents sont présentement sur
Greffier, dans le cahier du député.
Fortin : Mais là on parle... Ce que vous mentionnez, c'est
les RPA, ce n'est pas les établissements privés, là.
M. Desharnais (Daniel) : J'ai mal
compris votre question, on me parlait en même temps.
M. Fortin : Ce que vous avez mentionné, c'est le processus de
certification des RPA.
M. Desharnais (Daniel) : Oui.
M. Fortin : Ce
n'est pas les établissements privés qui sont visés par l'article 308?
M. Desharnais (Daniel) : Non, il n'y
a pas de disposition qui les vise directement.
M. Fortin : O.K. Donc, dans leur... Mais ils ont un processus de
certification, eux aussi?
M. Desharnais (Daniel) : Bien, il y
a... En fait, il y a des permis qui leur sont délivrés.
M. Fortin : Oui, puis, lors de l'octroi de ce permis-là, ce n'est pas
quelque chose qui est demandé?
M. Desharnais (Daniel) : En ce
moment, à ma connaissance, c'est plus les antécédents des personnes qui font la demande de permis, pas... Ce n'est pas
l'obligation de vérifier les antécédents des employés. C'est pour ça
qu'on met cette disposition législative là.
Le Président (M. Provençal)
: Ça va?
Fortin : O.K. Oui, je suis juste en train
de regarder, justement, le document qui nous a été... qu'on nous a fait parvenir. O.K. Là, on vient dire que chaque
établissement — puis
là c'était avant la réforme précédente, hein? — donc, a jusqu'au...
M. Dubé : ...de 2012, là, le
document...
Fortin : Oui, c'est ça. Donc, on vient dire que les
établissements ont jusqu'au 31 janvier 2013 pour se doter d'une
politique de vérification des antécédents judiciaires.
M. Dubé : Il a quand même été révisé
en 2022, le document, là, ce que je vois là.
M. Fortin : O.K. Bien, on peut-tu nous envoyer la version révisée, oui?
M. Fortin :
O.K. Ah oui! O.K. O.K. Mais c'est-à-dire que, là, on s'attend à ce
qu'établissement par établissement il y a une politique en place, là, mais, si
je me fie à ce que le Dr Bergeron nous a mentionné il y a quelque temps, ce n'est pas parce qu'on demande à
ce qu'une politique soit en place que c'est nécessairement en place.
Dubé : Puis je pense que c'est pour ça qu'il est
important de le mettre dans la loi. Puis, la question que vous posez, très valide aussi : Est-ce qu'on aura
besoin de référer à ça au niveau public, d'aller plus loin que la circulaire
qu'on a?, je pense que c'est ça qu'on va regarder en faisant les mécanismes de
transition.
Le Président (M. Provençal)
: Est-ce que ça va, M. le député?
M. Fortin : Bien, oui, M. le Président, mais je vous avoue que j'ai un
inconfort. La circulaire qu'on a là, là, elle
est... c'est du très haut niveau, disons, là. Essentiellement, on vient
demander aux établissements publics de se doter d'une politique de
vérification. On ne vient pas dire tout ce qui est mentionné ici, à
l'article 308, là, c'est-à-dire la périodicité,
l'impact, le type d'infraction criminelle. Moi, je... Il y a un risque de ne
pas aller assez loin, il y a un risque d'aller trop loin dans cette
demande-là, et là moi, je n'ai pas l'impression, comme parlementaire... Puis
peut-être qu'on va l'avoir à l'article 1123, là, mais, pour l'instant...
M. Dubé : On l'aura, M. le député,
on l'aura. Moi...
M. Fortin :
...pour l'instant, moi, je suis incertain par rapport à ce qu'on demande
exactement.
Le Président (M. Provençal)
: Au nombre de questionnements que vous
avez soulevés, je pense qu'il y a des gens
qui ont pris beaucoup de notes pour que, lorsqu'on va arriver dans la zone
transitoire, il puisse y avoir un
article qui va vraiment plus encadrer
et définir vos craintes, M. le député.
M. Fortin :
Oui, mais moi, je vous avoue, M. le Président, moi, je ne suis pas confortable
à me prononcer sur cet article-là, j'ai... Soit on peut le voter,
collectivement, quand on votera au 1123... Alors, je vous suggère : soit
vous le suspendez ou, si le ministre veut procéder, nous, on va s'abstenir,
mais...
Le Président (M. Provençal)
: Moi, je... On va suspendre...
Regardez, je pense qu'on a quand même fait une
bonne discussion. Pour la bonne marche de nos travaux, suspendons
l'article 308. On pourra revenir à cet article-là lorsqu'on sera
dans le régime transitoire...
Dubé : D'accord. On va suspendre, puis on pourra le
regarder en même temps que les mesures transitoires. Si ça vous
convient, moi, je pense, c'est une bonne approche.
Le Président (M. Provençal)
: Consentement pour suspendre 308?
Le Président (M. Provençal)
: Ah! on ne peut pas traiter les
autres?
Fortin : Je comprends, c'est tous les... c'est comment
faire pour... Bien, ça ne me dérange pas, là, on peut... C'est que c'est
pour vous, là, on peut procéder à 315 ou on peut...
Dubé : Bien, regardons...
Moi, en tout cas, je suis d'accord de suspendre 308, là. Mais est-ce que les
autres, Me Paquin, c'est des... C'est le principe ou...
M. Dubé : Moi, je pense que, pour
simplifier, je suspendrais jusqu'à 314, puis on pourra revenir sur cette
section-là. Je pense qu'il est préférable de suspendre l'ensemble des mesures.
Je suis plus confortable à faire ça, avec les réponses que j'ai entendues.
Le Président (M. Provençal)
: Puis vous, vous, maître, ce serait
préférable, selon vous?
M. Paquin (Mathieu) : Bien, en fait,
c'est que ce sont toutes des mesures qui sont liées. Donc, 308 habilite à
prévoir certains antécédents par règlement, et, après ça, 309, c'est la
mécanique de vérification.
M. Fortin : Moi, ça me va, M. le Président. Si le ministre est d'accord
à passer à 315, passons à 315.
Le Président (M. Provençal)
: Alors, consentement pour suspendre
les articles 308 à 315? Consentement...
Le Président (M. Provençal)
: À 314? Alors,
article 315. M. le ministre.
Dubé : O.K. «315. Tout établissement privé peut recevoir
des dons»... Juste peut-être pour qu'on s'entende, là, «Section IV.
Contributions, Fondations et Assurances.» Alors, on a trois articles à
faire dans cette section-là.
«Tout
établissement privé peut recevoir des dons, des legs, des subventions ou
d'autres contributions bénévoles de toute personne ou de tout organisme
public ou privé désirant aider à la réalisation de la mission de cet
établissement.
«Lorsque
l'établissement reçoit une contribution affectée par son contributeur soit à
des fins particulières, soit afin de
doter l'établissement d'un capital qui doit être préservé et dont seuls les
revenus pourront être utilisés, l'établissement doit déposer ou placer
cette contribution conformément aux dispositions du Code civil relatives aux
placements présumés sûrs, jusqu'à ce qu'il en dispose conformément à son
affectation.»
Le commentaire : cet
article prévoit des
règles applicables à la réception par l'établissement de dons ou d'autres
contributions.
Ainsi, il établit que certaines contributions
doivent être déposées ou placées conformément aux dispositions du Code civil
relatives aux placements présumés sûrs jusqu'à ce que Santé Québec en dispose.
Il précise que les contributions visées par
cette obligation sont celles affectées par un contributeur à des fins
particulières ou afin de doter un établissement d'un capital qui doit être
préservé et dont seuls les revenus pourront être utilisés.
Le Président (M. Provençal)
: Oui.
M. Fortin : C'est un
article qui me semble assez droit au but, là. Je
n'y vois pas énormément... je ne pense pas qu'on va y passer énormément de
temps. La seule question que j'avais, c'est... Dans l'article 269 de la
LSSSS, à la toute fin, là, et c'est la toute
fin de l'article ici, on vient dire : «Jusqu'à ce que»... Dans l'article
présent, on vient dire : «Jusqu'à ce qu'il en dispose conformément
à son affectation». Ici, on vient dire : «Jusqu'à ce qu'il en soit disposé
aux fins particulières pour lesquelles la contribution a été faite». Ça,
c'était dans la LSSSS.
Alors, la
LSSSS nous disait : Si moi, comme individu, je fais une contribution à une
fondation d'un établissement privé, bien, il faut qu'il en dispose pour
le but pour lequel je lui ai donné. Je lui ai donné pour qu'il fasse... qu'il change les fauteuils dans la salle d'attente,
parce que c'était ça, le... il était obligé de le faire à cet effet-là. Ici, au
315, ce n'est pas aussi clair. Là, on vient dire : «Jusqu'à ce qu'il en
dispose conformément à son affectation», c'est comme si l'établissement avait
plus de droit de regard sur ce qu'il allait faire que le donateur.
Le Président (M. Provençal)
: Me Paquin.
M. Paquin (Mathieu) : Oui, M. le
Président. En fait, ici, ça correspond essentiellement à la même chose, parce que, quand on lit l'article 315, on va
prévoir... En fait, le début du deuxième alinéa dit : «Lorsque
l'établissement reçoit une contribution
affectée à son contributeur, soit à des fins particulières, soit à des fins...»
Donc, l'affectation, c'est l'affaire
qui lui est donnée. Donc, ça va être placé conformément aux règles relatives
aux placements présumés sûrs, jusqu'à ce qu'il en dispose conformément à
son affectation, donc l'affectation qui a été déterminée par le contributeur.
Fortin : O.K. Je comprends. Vous avez inversé l'ordre des
choses dans le paragraphe, mais le donateur ou le contributeur voit quand même cette somme-là, là,
utilisée pour la raison pour laquelle il a fait le don. Alors, moi, ça
me va.
Le Président (M. Provençal)
: C'est ça?
M. Paquin (Mathieu) : C'est le but,
M. le Président.
Fortin : Et l'obligation.
Président (M. Provençal)
: Oui. Autres interventions sur le 315? Ça va? S'il
n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 315 est
adopté?
M. Dubé : Je vais vous demander
qu'on suspende 316 pour une raison évidente, M. le Président, ou M. le député, parce qu'on a suspendu 97, puis je vous
laisse regarder 97, qui est dans la
section des fondations. Alors, comme
on va adresser ça... Ce n'est pas le bon mot
français. Comme on va aller là après avoir terminé cette
section-là, je suggère qu'on suspende 316. D'accord? C'est bon.
Le Président (M. Provençal)
: Consentement pour suspendre? 317.
M. Dubé : 317. Puis je ne pense pas
qu'il y a de lien avec...
M. Dubé : On peut le traiter, je
pense, oui... des assurances. C'est bon. Merci, Thomas.
«317. Un établissement privé doit, lorsqu'il
n'est pas représenté par le gestionnaire des assurances du réseau de la santé
et des services sociaux visé au premier alinéa de l'article 675 pour ses
besoins en matière d'assurances de dommages, souscrire un contrat en cette
matière à l'égard des actes dont il peut être appelé à répondre.»
commentaire : cet
article prévoit qu'un établissement privé doit souscrire
à un contrat en matière d'assurances de
dommages lorsqu'il n'est pas représenté par le gestionnaire des assurances du
réseau de santé. O.K., puis on reprend la LSSSS ici, là, textuellement.
Le Président (M. Provençal)
: Interventions sur 317? S'il n'y a pas
d'intervention, est-ce que l'article 317 est adopté?
Le Président (M. Provençal)
: Adopté. 318, pour lequel vous avez un
amendement, M. le ministre.
M. Dubé : Oui. On tombe dans le
dossier des usagers, ne bougez pas.
Alors : «318. Un établissement privé doit
constituer et tenir un dossier sur chacun des usagers qui en reçoit des
services de santé et des services sociaux, sauf dans les cas déterminés par
règlement de Santé Québec.»
Cet
article prévoit qu'un dossier doit être tenu
pour chacun des usagers d'un établissement privé. Il précise qu'un règlement de
Santé Québec peut déterminer les cas où il n'est pas tenu de le faire.
L'amendement :
Remplacer, dans l'article 318 du projet de loi «et des services sociaux,
sauf dans les cas déterminés par
règlement de Santé Québec» par «ou des services sociaux, sous réserve du
règlement pris en application du paragraphe 1° du deuxième alinéa
de l'article 66.2».
Commentaire : le présent amendement
remplace l'habilitation réglementaire permettant à Santé Québec de déterminer les cas où un établissement privé n'a
pas à constituer de dossier sur un usager qui en reçoit des services par
une référence à l'habilitation permettant d'atteindre ce même objectif,
introduit au paragraphe 1° du deuxième alinéa de l'article 66.2.
Il remplace également la notion de services de
santé et de services sociaux par celle de services de santé ou services sociaux, laquelle est plus exacte dans ce
contexte. Et on le voit à l'écran, je vous laisse en prendre
connaissance.
Fortin : Ça va pour l'amendement, M. le Président. Je
comprends que c'est un amendement de concordance avec la loi n° 5.
Le Président (M. Provençal)
: C'est ça. S'il n'y a pas d'autre
intervention, est-ce que l'amendement déposé par M. le ministre à
l'article 318 est adopté?
Le Président (M. Provençal)
: Adopté. Est-ce qu'il y a des
interventions sur le 318 amendé? M. le député de Pontiac.
Fortin : Merci, M. le Président. Là, je veux juste
comprendre la mécanique ici, là, parce que je comprends que c'était
dans... Il y a déjà un règlement, là, le Règlement sur l'organisation et
l'administration des établissements, qui vient dire qu'ils doivent tenir un
dossier sur chacun des bénéficiaires qui obtient des services. Bien logique,
là, il y a un établissement privé qui offre des soins, que ce soit un CHSLD ou
autre, il faut qu'ils tiennent un dossier. O.K., mais là, ici, je me pose la
question : Les dossiers qui sont disponibles dans le réseau public, est-ce
qu'ils leur sont disponibles,
aux... à ceux qui offrent des soins dans les... Par exemple, là, moi, je suis
un patient... Je ne sais pas... Je vais essayer de prendre un exemple
simple. Là, je suis un patient dans un CHSLD public. Pour une raison de
proximité familiale ou peu importe, on me transfère dans un CHSLD privé, mais à
proximité de mes proches, ma famille, etc. Le dossier, il suit le patient vers
les établissements privés ou vice versa?
M. Desharnais
(Daniel) : Effectivement, le dossier suit le patient.
Fortin : Et donc, quand on vient dire
qu'ils doivent constituer un dossier, ils ont accès à la même base de données,
j'imagine, dans un établissement... dans un CHSLD privé que dans un CHSLD
public, là.
M. Desharnais
(Daniel) : ...une vérification.
M. Fortin : O.K.,
parce que ça me semble... Si on prend un pas de recul, M. le Président, là, ça
me semble bizarre que... ou
ineffectif, ça, c'est un mot en français, que le... ou inefficace que
l'établissement privé n'ait pas nécessairement accès à exactement les mêmes... la même base de données, la même donnée
à propos de son usager qu'un établissement public, là, c'est des
professionnels, avec toutes les accréditations nécessaires, au même
titre que
ceux qui travaillent au public.
M. Dubé :
Là, on parle que chaque...
Le Président (M.
Provençal)
: C'est la
tenue de... la constitution et la tenue du dossier.
M. Fortin : Même
dans la tenue, est-ce que... Moi, je suis médecin, ou infirmière, ou soignant
dans un CHSLD privé, quand j'entre les données, est-ce que ça va se
rendre dans la base de données publique, là?
Le Président (M.
Provençal)
: Est-ce
que c'est Me Paquin ou le sous-ministre...
M. Dubé : L'enjeu...
Je peux-tu juste revenir, là, parce que c'est important de... On n'était pas
capable de transférer des dossiers entre établissements. Bon, je sais qu'on
part de loin, là. On part de loin. Maintenant, avec la loi n° 5, on va être capable de transférer des dossiers.
Là, je ne sais pas si on peut faire toute cette discussion-là, là, mais
ici, à 318, à moins que quelqu'un me dise que je me trompe, c'est de s'assurer
qu'un établissement privé constitue un dossier et tienne un dossier. Là, on est
dans la création d'un dossier. Là, vous posez la question : Est-ce que...
en ce moment, comment on fonctionne avec les
limitations qu'on a de ne pas pouvoir transférer de dossiers
interétablissements même publics, ce qui
n'est pas évident, là? Alors là, je ne le sais pas, si on a besoin de traiter
les deux à l'intérieur de 318. Là, je vous demanderais conseil, Me
Paquin, parce que je comprends la question du député, mais c'est deux choses.
La constitution, c'est une chose, et le transfert d'un dossier public, c'est
une deuxième chose, mais peut-être que...
Le Président (M.
Provençal)
: Me
Paquin.
M. Paquin
(Mathieu) : Oui, M. le Président. Ce qu'on m'indique, c'est qu'actuellement
il y a bel et bien constitution de dossiers, parce que ce qui va être transféré
d'un établissement à l'autre, c'est une copie du dossier. Donc, techniquement, il doit y avoir une ouverture
de dossier pour mettre la copie du dossier de l'usager dedans. Le but de l'amendement... Puis là c'est sûr que, quand on
parle de «sous réserve du règlement pris en application du
paragraphe 1° du deuxième alinéa de l'article 66.2», ça ne dit pas
grand-chose, mais il s'agissait du règlement qui va prévoir les conditions et
modalités d'utilisation du système national de dépôt de renseignements. C'est
quelque chose qui est introduit dans le
projet de... en fait, dans la loi n° 5. On amène ça chez
Santé Québec avec les amendements en question. Et éventuellement ça pourra permettre d'avoir des
normes relatives à la constitution et à la tenue des dossiers qui
pourraient se retrouver tenus à même le
système national de dépôt de renseignements, donc, là, d'avoir plus une base de
données centrale.
Fortin : Donc, à la fin du processus, de
ce qui a été adopté par la loi n° 5 et du projet de
loi qui est devant nous aujourd'hui, là, à la fin, est-ce que l'objectif, c'est
qu'un... moi, mon dossier médical, le jour où j'entre en CHSLD privé, ils
puissent déjà avoir accès à tout mon historique de médicaments, de
consultations, de tout le reste, et, le jour où je passe de cet
établissement... ils vont pouvoir entrer les données dans le même dossier,
puis, le jour où je passe à, je ne sais pas, moi, une maison de soins
palliatifs ou peu importe, ils puissent, encore là, avoir accès à tout ce qui
s'est passé avant, pendant mon séjour au CHSLD.
Fortin : O.K. Donc, l'établissement privé
va avoir les mêmes accès que l'établissement public?
M. Dubé : Oui,
c'est ce qu'il faut, puis c'est d'ailleurs la...
Le Président (M.
Provençal)
: C'est la
fluidité de l'information.
M. Fortin : O.K., mais je veux juste m'assurer... l'établissement privé, là, tous
ceux qu'on a nommés, là, va avoir accès à exactement les mêmes données
et les mêmes accès pour entrer les données que l'établissement public.
M. Dubé : Puis c'est d'ailleurs... D'ailleurs, ça va être
un... Quand on parle du fameux projet de DSN, hein, le dossier
de santé numérique, avec la firme qui a été sélectionnée récemment, il va
falloir qu'on fasse les tests, justement, de cette information-là, comment elle peut circuler. La chance qu'on a
maintenant, c'est que la loi n° 5 est passée. Ça fait qu'on va pouvoir le faire en faisant cette simulation-là
à l'intérieur de toutes ces trajectoires-là, incluant un établissement
privé.
Le Président (M.
Provençal)
: Ça va,
M. le député?
M. Fortin : Bien,
oui, mais, à partir de ce moment-là, l'obligation de constituer n'en est plus
une, là, parce que le dossier médical de quelqu'un qui se présente à un
établissement privé, il va déjà être constitué, essentiellement.
M. Dubé : Peut-être
pas nécessairement. Là, je ne veux pas reprendre... mettons que c'est moi qui
arrive dans un cas de CHSLD privé, puis je n'ai pas du tout de dossier médical,
mettons...
Fortin : Pas impossible, oui, oui, un
nouvel arrivant ou peu importe, là, oui.
M. Dubé : ...un
nouvel arrivant, je pense que c'est... Il faut prévoir les deux.
Le Président (M.
Provençal)
: Ça va?
Le Président (M. Provençal)
: S'il n'y a pas d'autre
intervention, est-ce que l'article 318 amendé est adopté?
Le Président (M.
Provençal)
: Merci.
M. Dubé : Bon,
«Évaluation et reddition de comptes.» C'est bon? On y va?
«319. Un
établissement privé doit transmettre à Santé Québec un rapport de ses activités
dont la forme, la teneur et la périodicité sont déterminées par règlement de
Santé Québec.»
Cet
article énonce
l'obligation pour un établissement privé de transmettre un rapport de ses
activités à Santé Québec. Il permet également à Santé Québec de déterminer la
forme, la teneur et la périodicité de ce rapport.
Dans la LSSSS,
actuellement, là, pour fins de référence pour mes collègues de la commission, à
182.7, l'«établissement doit préparer un rapport annuel de gestion». Mais c'est
surtout à 278 où on dit : «Un établissement doit [...] un rapport annuel
de ses activités...» Alors, c'est l'essentiel de ce qu'on voit là ici.
M. Fortin : ...on
enlève la notion encore une fois du «annuel», là. Il n'y a pas... Ce n'est pas
un rapport annuel nécessairement. Ça
pourrait l'être selon la périodicité déterminée par Santé Québec, mais ça
pourrait être autre chose aussi.
M. Dubé : Ça
pourrait être autre chose.
Fortin : O.K. Moi, je n'ai pas de problème
avec l'article, avec un rappel, peut-être, à ceux qui écriront le règlement ou qui détermineront la teneur, la
forme, la périodicité de ce rapport, qu'il y a un équilibre à atteindre
entre s'assurer de la qualité des services qui est offerte et imposer de la
réglementation excessive aux établissements privés et, par le fait même, à
Santé Québec lui-même.
M. Dubé :
Très bon point.
Le Président (M.
Provençal)
: C'est noté.
M. Dubé : Oui,
c'est noté, tout à fait.
Le Président (M. Provençal)
: Autres interventions?
S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 319 est
adopté?
Le Président (M.
Provençal)
: Adopté.
320. M. le ministre.
M. Dubé : Oui.
«Un établissement privé doit, tous les deux ans, fournir à Santé Québec, au
moyen du formulaire prescrit par celle-ci, une déclaration attestant que les
installations dont il dispose et leur capacité sont les mêmes que celles
indiquées à son autorisation.»
Alors,
le commentaire : cet
article prévoit qu'un établissement privé doit faire
une déclaration à Santé Québec pour
attester que ses installations et leur capacité sont bien celles indiquées à
son autorisation, et ce, à tous les deux ans. Alors, je crois que c'est l'article, ne bougez pas, 444.1 qui dit
exactement ça dans la LSSSS. Ça va, M. le député, oui?
Le Président (M. Provençal)
: Ça va?
M. Fortin : Oui, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
: S'il n'y a pas d'autre intervention,
est-ce que l'article 320 est adopté?
Le Président (M. Provençal)
: 321. M. le ministre.
Dubé : «Tout établissement privé doit participer, à la
demande de Santé Québec, à l'évaluation du fonctionnement général du
système de santé et de services sociaux; il doit se conformer aux directives
que Santé Québec lui donne à cette fin.
«L'établissement peut utiliser les nom, adresse
et numéro de téléphone contenus au dossier d'un usager pour la réalisation de sondages ayant pour objet de
connaître les attentes des usagers et leur satisfaction à l'égard de la
qualité des services offerts par l'établissement.
«Un usager
peut, en tout temps, demander à l'établissement que les renseignements le
concernant ne soient plus utilisés à une telle fin.»
Je n'ai pas d'amendement ici. Alors, je vais
lire le commentaire. Cet
article prévoit l'obligation pour un établissement privé de participer à l'évaluation
du fonctionnement général du système de santé et de services sociaux. Également, il précise, à son deuxième alinéa, que,
pour réaliser une telle évaluation, l'établissement peut utiliser divers
renseignements personnels. Enfin, il ajoute,
à son troisième alinéa, qu'un usager a le droit de demander à
l'établissement que ce dernier cesse d'utiliser les renseignements qui le
concernent aux fins d'une telle évaluation.
Le Président (M. Provençal)
: Interventions?
Dubé : Oui. Alors, excusez-moi, j'ai oublié de faire la
référence à la LSSSS. Je suis certain que le député la voit. Alors,
l'article 107... Oui, on l'a plus loin.
Une voix : On l'a avant, à 299.
M. Dubé : Oui, c'est ça, plus loin,
on l'a déjà vu.
M. Fortin : Qu'est-ce qu'on a déjà vu?
M. Dubé : La question du code
d'éthique qu'on a référé...
M. Fortin : Ah oui! Oui, oui, O.K.
M. Dubé : Qu'est-ce que vous m'avez
donné comme article?
M. Fortin : Avez-vous répondu à un sondage dernièrement, M. le
Président?
Le Président (M. Provençal)
: Non, pourquoi?
Fortin : Non? Bien, je me demande... Là, l'établissement
peut utiliser le nom, adresse, numéro de téléphone d'un usager. La plupart des sondages aujourd'hui
sont en ligne, non? Est-ce qu'on ne devrait pas vouloir le courriel de l'usager plutôt? Je ne sais pas. La LSSSS était
peut-être adaptée pour son époque, là, mais la plupart des sondages sont
en ligne aujourd'hui, sondages de satisfaction.
Le Président (M. Provençal)
: Si on regarde les clientèles qui sont
dans des établissements privés, est-ce que la notion d'électronique est...
M. Fortin :
...l'Hôpital Shriners, hôpital...
M. Dubé : Non,
mais je vais vous avouer que je ne hais pas ça pantoute comme suggestion, là.
C'est des choses, des fois, qu'on n'a pas toujours vues, là.
Le Président (M.
Provençal)
: Est-ce
qu'il y a un enjeu légal avec le...
M. Dubé : Avec
le courriel?
Fortin : Je regarde la dernière
phrase : L'usager peut demander à l'établissement que les renseignements
ne soient plus utilisés. Donc, je ne vois pas l'enjeu légal de demander...
Le Président (M.
Provençal)
: Il y a
déjà un filet.
M. Dubé : Peut-être que la question que je poserais, là, si
on prend... Est-ce que ce serait la... Moi, je n'étais pas sur la loi n° 5, mais est-ce que ça a été discuté, la question des
courriels, dans la loi n° 5?
Fortin : Je ne peux pas vous dire...
M. Dubé : Non,
mais vous aviez une bonne collègue qui était là, hein? Est-ce qu'on peut... Je
voudrais juste prendre... parce que je vais vous avouer que je trouve la
suggestion très bonne, mais je voudrais juste être sûr que, légalement... Me
Paquin, voulez-vous y penser un peu ou...
M. Paquin
(Mathieu) : On m'indique que ça peut soulever des enjeux.
M. Dubé : Ah bien! Ça, je ne suis pas surpris, mais ça ne
serait pas la première fois qu'on trouve une solution.
Le Président (M.
Provençal)
: ...que
ça soit Me Côté qui donne... oui.
M. Dubé : Avec
la solution en même temps.
Le Président (M.
Provençal)
: Alors,
consentement pour permettre à Me Côté de nous donner son opinion juridique? Me
Côté, s'il vous plaît.
Mme G. Côté (Geneviève) : Oui, bonjour. Geneviève
Côté, avocate à la Direction des affaires juridiques, Santé et Services
sociaux.
L'utilisation du
courriel dans... peut parfois soulever des enjeux, notamment parce qu'on est...
Contrairement au téléphone, où on peut poser des questions pour vérifier
l'identité de l'interlocuteur, le courriel, on n'a pas de certitude sur la personne qui se retrouve de
l'autre côté du clavier. Il y a aussi, également que ce n'est pas
systématiquement une information qui est demandée dans les dossiers. Donc, le
téléphone, tout ça, ça fait
partie des choses demandées. Les courriels peuvent l'être, mais ce n'est pas
nécessairement des informations vérifiées et ce n'est pas des
informations qui sont systématiques.
Fortin : Laissez-moi juste deux secondes
pour y penser.
M. Dubé : Est-ce
qu'un «notamment» pourrait faire l'affaire, Me Paquin?
M. Paquin
(Mathieu) : Peut-être, là, c'est...
Le Président (M.
Provençal)
: Peut-être
ne pas ouvrir de brèche...
M. Dubé : Mais là je pense... Voulez-vous qu'on... On peut
continuer, là. Je vais vous dire l'autre... Je voudrais me renseigner,
parce que, quand on a fait... Dans le blitz qu'on a fait dans la dernière année
pour les gens, de passer du GAMF, là... les
700 000 personnes, on avait beaucoup de misère à les rejoindre,
beaucoup de difficultés à les rejoindre. Puis j'aimerais ça voir
qu'est-ce qu'on a fait avec les courriels parce que... Alors, j'aimerais ça...
Fortin : ...puis là il y a toutes sortes
de considérations. Effectivement, là, on parle de la loi n° 25,
la loi n° 5,
mais le courriel est quand même utilisé de façon régulière dans le système de
santé, là. D'expérience, disons, personnelle
ou familiale, on peut recevoir ses résultats médicaux par courriel. Ça n'a pas
toujours la plus grande délicatesse, là, disons, de recevoir des
résultats comme ça, par courriel, mais ça se fait, là, c'est une pratique
courante.
M. Dubé : ...qu'on
parle à la bonne personne. Il peut y avoir une vérification.
M. Fortin : Puis,
encore là, je vous le dis comme ça, on envoie des résultats médicaux. Alors,
ça, ça m'apparaît bien plus intrusif dans notre vie privée que de
demander un sondage de satisfaction.
Le Président (M.
Provençal)
: Moi,
avec ce qui est soulevé, M. le ministre, je vous suggérerais, parce que je
pense que vous avez des validations à faire : suspendons le 321 pour que,
durant la période du dîner, vous puissiez clarifier les choses avec votre
équipe, et on y reviendra après le repas.
Dubé : Pendant ce temps-là, je vais prendre la
suggestion, parce que je voudrais regarder qu'est-ce qu'on a fait pour
le fameux guichet, là.
Le Président (M. Provençal)
: Alors, consentement pour suspendre?
Merci. 322. M. le ministre.
M. Dubé : Avec plaisir, qui est dans
la
section Prestation des services de santé.
Le Président (M. Provençal)
: Pour lequel il y aura un amendement.
M. Dubé : «322. L'établissement...»
J'y vais, excusez-moi. «L'établissement a pour fonction d'assurer la prestation de services de santé ou de services
sociaux de qualité, qui soient continus, accessibles, sécuritaires et
respectueux des droits des personnes et de leurs besoins spirituels et qui
visent à réduire ou à régler les problèmes de santé et de bien-être et à
satisfaire les besoins des groupes de la population.»
Je vais aller
lire l'amendement tout de suite, si vous permettez : Remplacer, dans
l'article 322 du projet de loi, «réduire» par «prévenir».
Et, ça, je me
souviens qu'on a déjà discuté de ça, et on le voit à l'écran, comment ça
s'inscrit dans... comment s'inscrit l'amendement dans
l'article 322. Puis je ne peux pas me souvenir, à moins que le président
s'en souvienne, à quel moment on avait parlé de ça.
Le Président (M. Provençal)
: ...de vous dire que mon disque dur
n'est plus bon.
M. Dubé : Mais on en a déjà parlé.
Je pense qu'on s'en souvient.
M. Fortin : M. le Président, une première.
M. Dubé : Excusez-moi d'avoir posé
la question, M. le Président. Excusez-moi.
Le Président (M. Provençal)
: Interventions sur l'amendement?
M. Fortin : ...je me souviens de la discussion. Moi non plus, je ne me
souviens plus du moment, mais ça, ce n'est pas inhabituel, là, mais je me
souviens de la discussion. Et effectivement ce n'est pas contraignant parce
qu'on dit «qui visent à prévenir». Donc, ce n'est pas... Ça tend dans la bonne
direction, mais ça ne vient pas lier des mains du ministre ou de Santé Québec
non plus. Alors, je ne vois pas d'enjeu particulier avec l'amendement.
Le Président (M. Provençal)
: S'il n'y a pas d'enjeu, alors est-ce
que l'amendement déposé par M. le ministre à 322 est adopté?
Le Président (M. Provençal)
: Adopté. Maintenant, y a-t-il des
interventions sur le 322 amendé?
M. Dubé : ...rajouter que la LSSSS,
à l'article 100, vous le voyez bien, c'est mot à mot, là, jusqu'aux
«groupes de population», pour cette partie-là.
M. Fortin : ...le reste de l'article 100, est-ce qu'il est repris
en quelque part, sur la gestion efficace de leurs ressources?
M. Dubé : ...plus loin que ça. Me
Paquin, voulez-vous prendre une petite minute?
Le Président (M. Provençal)
: Sur la gestion efficace, est-ce que
la notion des pratiques reconnues peut avoir une relation avec ça?
M. Fortin : ...M. le Président, c'est à ça que vous pensez?
Le Président (M. Provençal)
: Oui.
Dubé : Dans l'amendement... Bon point, M. le député. Dans
l'amendement de 323, on va référer à la qualité des services, sécurité,
pertinence, efficacité. C'est ça, Me Paquin, dans...
Le Président (M. Provençal)
: Me Paquin.
M. Dubé : C'est
ça, hein?
M. Paquin (Mathieu) : Oui.
M. Fortin : ...l'article 323.
Le Président (M. Provençal)
: Ça va?
M. Fortin : Oui, M. le Président.
Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup. Alors, s'il n'y a pas d'autre
intervention, est-ce que l'article 322 amendé est adopté?
Le Président (M. Provençal)
: Merci. 323, pour lequel vous aurez
aussi un amendement, M. le ministre.
Dubé : Oui. «L'établissement doit suivre des pratiques
reconnues en matière de qualité des services cliniques, notamment en ce
qui a trait à leur sécurité, à leur pertinence et à leur efficacité.»
Puis, tel que mentionné, on remplace
l'article 323 par le suivant :
«L'établissement doit suivre des pratiques
reconnues dans les matières suivantes :
«1° la gouvernance et les moyens propres à
assurer la qualité des services, notamment en ce qui a trait à leur sécurité, à
leur pertinence et à leur efficacité;
«2° la gouvernance et les moyens propres à
prévenir et contrôler les infections associées à sa prestation de services.»
amendement précise que, parmi les pratiques reconnues que doit suivre un
établissement, il y a également celles relatives à la gouvernance et aux
moyens propres à prévenir et contrôler les infections associées à sa prestation
de services. Rappelons que le programme national sur la qualité des services
viendra appuyer les établissements dans le suivi de ces pratiques.
Fortin : ...on a enlevé la notion, là, «gérer avec
efficacité leurs ressources humaines, matérielles, informationnelles,
technologiques, financières». Donc, on enlève ça, ce bout-là. Ce n'était pas
nécessaire?
M. Dubé : Est-ce qu'on l'enlève?
M. Fortin : Bien, c'est-à-dire, il était à l'article 100 de la
LSSSS, là.
M. Dubé : Ah oui! O.K., et on le met
à 323.
M. Fortin : Oui, mais on ne va pas dans le détail. On parle juste de
pratiques reconnues en gouvernance, mais on ne rentre pas dans le détail de ce
qui est indiqué à l'article 100. Alors, on a choisi de retirer la notion,
là, de gestion efficace des ressources humaines, matérielles,
informationnelles, technologiques.
M. Dubé : Mais on le dit quand même
à 323 avec l'amendement. On parle de la gouvernance, des moyens propres à
assurer la qualité... à leur pertinence et à leur efficacité.
M. Fortin : C'est l'ensemble des ressources, pour vous?
M. Dubé : Bien, moi, je pense...
Dubé : Je ne sais pas, là, peut-être qu'on peut demander
à Me Paquin, mais, pour moi, ça reprend l'essentiel de ce qu'il y
avait dans 100.
Le Président (M. Provençal)
: Me Paquin.
M. Paquin (Mathieu) : Oui, M. le
Président. En fait, on met l'accent davantage sur les objectifs à atteindre,
avec 323, plutôt que sur les moyens qui doivent être pris pour y arriver.
M. Fortin : Pas d'enjeu, M. le Président.
Président (M. Provençal)
: Alors, s'il n'y a pas d'enjeu, est-ce que
l'amendement déposé par M. le ministre à l'article 323 est adopté?
Le Président (M. Provençal)
: Est-ce qu'il y a des interventions
sur 323 amendé?
M. Fortin : C'est : Remplacer l'article?
Le Président (M. Provençal)
: C'est ça. Donc, l'article 323
est maintenant... l'amendement qui le remplace est adopté?
Le Président (M. Provençal)
: On va suspendre les travaux pour
poursuivre... avant de poursuivre, jusqu'à 15 heures.
(Suspension de la séance à 13 heures)
Président (M. Provençal)
: Nous allons reprendre nos travaux. La Commission
de la santé et des services sociaux va poursuivre l'étude détaillée du
projet de loi n° 15, Loi visant à rendre le système de santé et de
services sociaux plus efficace.
Je nous
rappelle que, lors de la suspension, nous venions d'adopter l'article 323
amendé. Maintenant, avant de traiter
les amendements qui vont être déposés par M. le ministre pour 323.1 et 323.2,
j'avais mentionné que je céderais la parole — est-ce que je vous... — à Mme
la sous-ministre. Alors, juste vous nommer, puis vous avez une promesse à
remplir, à ce moment-ci. Si vous voulez vous nommer, s'il vous plaît.
Mme Lemay
(Catherine) : Alors, Catherine Lemay, sous-ministre associée aux
Services sociaux et directrice nationale de la protection de la
jeunesse.
Alors, hier,
il avait été convenu de vous fournir la liste actuelle, que je tiens à
spécifier qui est probablement non exhaustive
puisque, certains titres d'emploi, comme je vous l'avais expliqué hier, il y a
des travaux actuellement pour décliner
des responsabilités autres et même aller chercher d'autres types d'emploi pour
aider la pénurie de main-d'oeuvre actuelle.
Donc, vous allez recevoir la liste qui a été regroupée en familles de
professions, je le dis comme ça, pour faciliter la compréhension. Donc, je prends un exemple, là : sous la rubrique
Service social, vous avez les titres d'emploi qui se réfèrent à ce champ de pratique, là, si je peux
m'exprimer ainsi. Alors, vous l'avez, là, pour l'ensemble des titres
d'emploi.
Le Président (M. Provençal)
: ...transféré dans le cahier du
député. Et je tiens à spécifier que c'est pour consultation uniquement pour les
membres de la commission. Il n'y aura pas de publication de ce document-là,
c'est un document de travail à la demande du député de Pontiac, et M. le
ministre, avec son équipe, le met à la disposition. Et c'est important, je le répète, c'est uniquement pour les membres de
la commission, pour notre bonne compréhension des choses. Ça va?
M. Fortin : ...je remercie Mme Lemay de respecter son engagement
envers la commission.
Le Président (M. Provençal)
: Maintenant, nous allons, dans un
premier temps, traiter un amendement de M. le ministre, on va le projeter à
l'écran, concernant l'article 323.1 qui devient un...
Le Président (M. Provençal)
: Oui.
M. Dubé : Avant d'aller là, qui
est un autre sujet, est-ce qu'on pourrait revenir à 321, qu'on avait
suspendu?
Le Président (M. Provençal)
: Oui.
M. Dubé : Juste... c'est parce
qu'on l'a frais à la mémoire, c'était la discussion sur le courriel,
l'utilisation du courriel. Puis je vous avais dit qu'on... durant
l'heure du dîner puis, je pense, vous avez peut-être fait vos recherches
aussi... (Interruption) Excusez-moi. Oui? C'est bon?
Le Président (M. Provençal)
: Oui, oui. Oui.
M. Dubé : Alors, encore une
fois, c'était une très bonne question...
Le Président (M. Provençal)
: Avant d'en discuter, M. le
ministre...
M. Dubé : Ah!
Il faudrait...
Le Président (M. Provençal)
: Compte tenu qu'on l'avait suspendu...
Président (M. Provençal)
Consentement pour réouvrir
l'article 321? Consentement? Allez-y, maintenant.
M. Dubé : J'ai
parlé aux gens du ministère, de notre ministère, Marc-Nicolas Kobrynsky, qui
est le sous-ministre adjoint, là, que vous connaissez, qui est...
Une voix : Le gourou de nos données.
M. Dubé : Le gourou de nos
données. Il serait content de vous entendre, parce qu'il a beaucoup de titres.
Mais rapidement, puis vous allez vous souvenir, lorsqu'on parle de la loi n° 5, on parle beaucoup aussi du Service d'authentification
gouvernementale. Bon, ce qui est intéressant, on est ouverts à parler de...
ici, du courriel, puis je laisserai
peut-être les légistes vous confirmer quel moment. Mais rappelez-vous que Me
Côté, ce matin, nous a dit : Avec le
courriel, le danger, habituellement, c'est : on n'est pas sûr que la
personne à qui on a envoyé le courriel, c'est vraiment elle qui l'a reçu. Alors, le SAG, le Service
d'authentification au gouvernement, qui a commencé à être mis en place,
parce que, là, il y a plus de 1 million de Québécois qui l'ont, va
pouvoir, un jour, ne pas servir uniquement pour la SAAQ, mais servir pour la
Santé, pour l'Éducation. Donc, les 8,8 millions de Québécois vont avoir un
SAG.
Bon, le SAG permet non seulement d'identifier,
mais d'authentifier. Parce qu'une fois que vous avez obtenu votre SAG, si on
voulait faire un sondage, puis je résume, il faudrait être capable de
dire : Bien, est-ce que je parle à la bonne personne avec ce courriel-là?
On n'a pas besoin de référer... de ce que je comprends de Me Côté, c'est qu'on n'a pas besoin de référer au SAG, mais je
l'expliquerai en ondes, qu'on va mettre le courriel, parce que ça
pourrait être «et des courriels», mais je vous dis qu'il va falloir expliquer
que, pour utiliser les courriels, il faudra s'assurer qu'il y a un processus d'authentification. On n'a peut-être pas besoin
de le dire ici, mais juste... je vous l'explique. Alors, je pense qu'on
répondrait à votre demande d'être plus moderne, mais le processus
d'authentification nous viendrait du SAG. Est-ce que je suis clair dans ma
demande?
M. Fortin : ...mais une fois de temps en temps, M. le Président, puis
vous savez tout le respect que j'ai pour la fonction que tout le monde autour
de la table, ici, occupe, là, mais, une fois de temps en temps, j'ai
l'impression qu'il y a le monde ici, puis la
réalité extérieure, hein? Tu sais, on parle de moyens d'authentification pour
un courriel, pour un sondage, là. Ce matin, je vous ai parlé
d'expérience... d'expérience personnelle puis d'autres connaissances qui
reçoivent des courriels pour leur donner leurs résultats de cancer, pas
d'authentification, là, c'est juste : Voici vos résultats, là. Là, on parle de sondage. J'apprécie la nécessité de
procéder avec une authentification, mais je trouve qu'on est bien loin
de la réalité de ce que les Québécois vivent souvent.
M. Dubé : Bien, je suis
d'accord avec vous. Alors, c'est pour ça, quand vous m'avez parlé de vos tests,
là, puis moi, j'ai pensé à la discussion... C'est pour ça que j'ai appelé
M. Kobrynsky, qui a été très rapide à nous revenir. Alors moi, si vous
êtes d'accord, M. le Président, on pourrait faire la modification.
Le Président (M. Provençal)
: En fait, vous allez déposer un
amendement?
M. Dubé : On va déposer
l'amendement...
Le Président (M. Provençal)
: À 321.
M. Dubé : ...qui
expliquerait qu'on peut y aller. Mais on n'a peut-être pas besoin de compliquer
l'amendement, pour la discussion que je viens de faire, si ça vous convient.
Le Président (M. Provençal)
: Alors, nous allons projeter
l'amendement à l'écran, de l'article 321.
M. Dubé : ...parce qu'on a déjà
lu, on a déjà lu l'article puis là on vient faire l'amendement. C'est ça? O.K.
C'est beau.
Le Président (M. Provençal)
: Allez-y.
M. Dubé : Donc, remplacer, dans
le deuxième alinéa de l'article 321 du projet de loi, «les nom, adresse et
numéro de téléphone contenus au dossier d'un usager» par «le nom, l'adresse, le
numéro de téléphone et les autres coordonnées permettant de joindre un usager
contenus à son dossier».
Alors donc,
cet amendement vise à permettre l'utilisation d'autres moyens de communication
que le téléphone, tels que le
courriel, pour joindre un usager pour la réalisation de sondages ayant pour
objet de connaître les attentes des usagers et leur satisfaction à
l'égard de la qualité des services offerts par l'établissement.
Le Président (M.
Provençal)
: Alors,
on voit à l'écran la modification qui a été faite et l'ajout. Alors,
interventions? Est-ce que vous aviez...
Le Président (M. Provençal)
: C'est suite à votre intervention, M.
le député de Pontiac.
M. Fortin : Je trouve d'ailleurs que d'être un peu plus permissif, dans
ce dossier-ci... puis, encore une fois, on parle de sondages là, je trouve que
d'être un peu plus permissif pour s'adapter à une technologie ultérieure, qui viendra peut-être, un jour, ou qui existe
peut-être déjà... bien, je trouve que c'est de bon augure dans ce cas-ci.
Alors, d'aller encore plus large que ce qu'on suggérait, moi, je n'ai
aucun enjeu avec ça, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
: Alors, s'il n'y a pas d'autre
intervention, est-ce que l'amendement à l'article 321 est adopté?
Le Président (M. Provençal)
: Adopté. Maintenant, y a-t-il des
interventions sur le 321 amendé?
M. Fortin : Sur le 321 amendé, M. le Président?
Le Président (M. Provençal)
: Amendé.
Président (M. Provençal)
: Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce
que l'article 321 amendé est adopté?
Président (M. Provençal)
: Je présumais que, mais... Alors, maintenant, nous
allons revenir à l'article 323.1, que vous... qui est un amendement
que vous déposez, M. le ministre.
M. Dubé : Oui. Donnez-moi juste une
petite seconde, là, parce que je ne suis pas dans la bonne section. Merci
beaucoup, Thomas.
Alors, insérer, après l'article 323 du
projet de loi, le suivant :
«323.1. Il appartient au plus haut dirigeant
d'un établissement de voir à ce que les pratiques reconnues dans les matières
visées au paragraphe 2° de l'article 323 soient suivies.
«À cette fin, ce dirigeant doit confier à
certaines personnes faisant
partie du personnel et à certaines autres personnes qui exercent leurs activités au sein de
l'établissement ou à un comité composé de celles-ci les responsabilités
de veiller à la mise en oeuvre de ces
pratiques, au respect des mesures de prévention et de contrôle des infections
associées à la prestation de services et à la détection des situations qui leur
sont contraires.»
Alors, le commentaire, c'est que cet amendement
propose l'introduction dans le projet de loi d'un
article 321.1 qui
complète les dispositions du paragraphe 2° de l'article 323 relatives
aux obligations des établissements en matière de prévention et de contrôle des
infections.
Il précise
aussi que la responsabilité de la prévention et du contrôle des infections
incombe au plus haut dirigeant de
l'établissement et précise que celui-ci doit confier à des personnes ou à un
comité certaines responsabilités relatives à la prévention et au
contrôle des infections.
Le Président (M. Provençal)
: Merci. M. le député de Pontiac.
Fortin : Oui. Donnez-moi une petite seconde. J'ai juste
l'habitude de suivre à l'écran puis j'ai pris peut-être cette mauvaise
habitude de me fixer sur le bon vouloir de la commission, mais... O.K.
Le Président (M. Provençal)
: Non, vous allez... Parfait. Parce que
c'est un nouvel article.
Fortin : Oui. Alors là, la raison pour laquelle vous venez
introduire ça, c'est pour donner cette responsabilité-là au P.D.G., dans
le fond, et à personne d'autre?
Le Président (M. Provençal)
: ...précise, la responsabilité de la
prévention et du contrôle des infections, à qui ça incombe.
M. Dubé : ...Daniel
Desharnais de...
Le Président (M. Provençal)
: Oui, oui, oui, excusez-moi.
M. Dubé : S'il vous plaît.
Le Président (M. Provençal)
: M. le sous-ministre.
M. Desharnais (Daniel) : Oui, en
fait, effectivement, c'est qu'on veut confier la responsabilité première de la
prévention, contrôle des infections à la plus haute autorité de
l'établissement. Et là c'est des dispositions qui s'appliquent autant aux
établissements publics que privés. Donc, on veut s'assurer que, dans ces
établissements-là, il y ait une personne responsable de la prévention, contrôle
des infections imputable. Donc, on vient confier cette responsabilité-là clairement
dans la loi.
M. Fortin : ...là on est dans le public et privé, à cet article-là?
M. Desharnais (Daniel) : Public et
privé, oui.
M. Desharnais (Daniel) : Si je peux
poursuivre...
M. Fortin : Oui, bien sûr.
M. Desharnais (Daniel) : C'est des
articles qui sont beaucoup en lien avec l'expérience de la pandémie où, lors de
situations problématiques, on avait de la difficulté à trouver des personnes
responsables de la gestion de certaines éclosions dans les établissements. On a
corrigé la situation pour les établissements publics, lors de la pandémie, en demandant aux établissements de
nommer des hors-cadres responsables, soit P.D.G., P.D.G.A. ou D.G.A.,
responsables de la prévention et contrôle des infections, et là on vient
confirmer, là, l'orientation que c'est le plus haut dirigeant de
l'établissement.
M. Fortin : Bien là, vous allez plus loin que ce que j'avais proposé,
ce n'est pas juste un P.D.G., P.D.G.A. ou... C'est le P.D.G., là.
M. Desharnais (Daniel) : Oui, mais
il peut déléguer, puis ça se fait en collaboration avec les officiers PCI, des
équipes PCI des établissements.
M. Fortin : Et vous nous aviez mentionné aussi que le contrôle des...
les mesures de contrôle des infections, ça fait partie, entre autres, des
mesures de rémunération additionnelles, hein, des P.D.G., si je ne me trompe
pas? Les mesures de rémunération des P.D.G. sont... en fait, sont évaluées
puis... sur leur... entre autres, là, c'est une des...
M. Desharnais (Daniel) : Oui, il y a
certains indicateurs, dans leur évaluation, qui concernent la prévention et
contrôle des infections, dont notamment sur les pratiques de base, le lavage
des mains. Donc, ils ont l'obligation de procéder à des outils de lavage de
mains, qui est une pratique de base quand on oeuvre dans le réseau de la santé
et services sociaux.
M. Fortin : Mais, rappelez-moi, ça va à leur rémunération ou à leurs
mesures de performance, ça?
Desharnais (Daniel) : Bien, tout dépendant... Ce n'est pas juste ce
paramètre-là, c'est plusieurs paramètres qui font
partie des évaluations. Et, tout dépendant la cote que le
P.D.G., dans son évaluation, atteint, oui, effectivement, ça peut mener
à une progression salariale, tout dépendant où est-ce qu'il est rendu dans son
mandat.
M. Fortin : ...rappelez-vous, quand on avait fait cette discussion-là,
il y a quelque temps, là, est-ce qu'on avait
demandé à ce que ces paramètres-là, de... qui peuvent mener à une modification
salariale, là, comme des indices de mesures de prévention et contrôle
des infections, soient déposés à la commission? Il me semble qu'on avait fait
cette demande-là. Moi, j'ai ça...
M. Fortin :
Ah! Peut-être, peut-être.
M. Dubé : ...quand on a parlé de
bonification. Daniel, est-ce que ça se peut?
M. Fortin : On l'avait suspendu?
M. Dubé : Je
pense que c'est un des articles qui est suspendu.
M. Dubé : Je pense que je...
J'aimerais ça impressionner le président, mais je ne me souviens pas du numéro,
mais je sais qu'on a...
M. Paquin (Mathieu) : ...
M. Fortin : Ah! Bon, bien, Me Paquin vient d'impressionner tout le
monde, donc...
M. Dubé : Ça fait qu'on pourra
revenir à ça, si vous voulez, à ce moment-là.
Fortin : Oui, mais j'aimerais ça si on était capables
d'avoir c'est quoi, les différents indicateurs, surtout les indicateurs cliniques, là, ou les indicateurs
comme ceux-là, là, qui peuvent mener à des modifications de
rémunération, là, ce serait apprécié.
Le Président (M. Provençal)
: M. le ministre, il n'y a pas d'enjeu
à fournir ces indicateurs-là?
M. Dubé : ...je pense que M. le
député de Pontiac a déjà été ministre, quand on évalue nos gens, il y a des
feuilles détaillées puis il y a des feuilles
sommaires, ça fait que je voudrais
regarder qu'est-ce qu'on pourrait faire comme principe. Mais on va demander à
M. Desharnais de nous suggérer quelque chose.
Le Président (M. Provençal)
: On reviendra avec cette
information-là.
M. Dubé : On reviendra, un peu de la
même façon quand on est revenus...
M. Fortin : Merci. Je n'ai rien d'autre pour le 323.1.
M. Dubé : O.K. Excellent.
Le Président (M. Provençal)
: M. le Député de Rosemont, est-ce que
vous auriez une intervention sur l'amendement qui introduit
l'article 323.1?
M. Marissal : Non. Je me contenterai
de vous dire rebonjour et puis bon après-midi pour la suite.
Le Président (M. Provençal)
: Merci. Votre présence arrive à point
parce que, quand on va traiter de 324, j'avais pris une note où, lorsqu'on a
traité la... je le rappellerai, là, quand on avait traité l'article 3, on
s'était référés à cet article-là, puis vous aviez des éléments. Ça fait que je
vous en reparlerai. Même le député de Pontiac avait des choses. S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article...
l'amendement qui introduit l'article 323.1 est adopté?
Le Président (M. Provençal)
: Adopté. Alors, le nouvel
article 323.1 est adopté.
M. Dubé : ...on passe à...
Le Président (M. Provençal)
: 323.2.
M. Dubé : 323.2. Très bien.
Alors : «L'établissement public doit
s'assurer qu'un médecin puisse, en temps utile, conseiller sur la prévention et
le contrôle des infections le plus haut dirigeant de l'établissement, les
personnes ou le comité auxquels ont été
confiés les responsabilités visées au deuxième alinéa de l'article 323.1
et les conseils professionnels et les autres instances de
l'établissement qui en font la demande.
«Le titulaire de l'autorisation pour
l'exploitation d'un établissement privé et l'établissement territorial institué pour la région sociosanitaire où
l'établissement est exploité doivent, par une entente conclue en vertu de
l'article 445, convenir des modalités selon lesquelles l'établissement
territorial offre les services d'un médecin pour conseiller sur la prévention et le contrôle des infections le
plus haut dirigeant du titulaire, les personnes ou le comité auxquels ont
été confiées les responsabilités visées au deuxième alinéa de
l'article 323.1. L'établissement territorial offre ces services compte
tenu des ressources dont il dispose ainsi que des priorités et des besoins de
la région.
«Le médecin visé aux
premier et deuxième alinéas exerce de plus, au sein de l'établissement, toute
autre fonction relative à la prévention et
au contrôle des infections que peut prévoir le règlement pris en vertu de
l'article 66.»
Je vais lire
le commentaire, M. le Président. Cet amendement propose donc l'introduction,
dans le projet de loi, d'un
article 323.2 qui complète les
dispositions du paragraphe 2° de l'article 323 de l'article... et de
l'article 323.1, qui prévoient qu'un
établissement public doit s'assurer qu'un médecin lui fournisse en temps utile
les conseils nécessaires en matière de prévention et de contrôle des
infections. Dans le cas d'un établissement privé, maintenant, il prévoit qu'une
entente doit être conclue afin de prévoir des modalités selon lesquelles un
médecin fournit en temps utile les conseils nécessaires en matière de
prévention et de contrôle des infections.
Un règlement peut prévoir que le médecin exerce
d'autres fonctions au sein de l'établissement.
Le Président (M. Provençal)
: M. le député de Pontiac.
Fortin : Merci, M. le Président. Bien d'accord pour tout ce
qui est d'assurer le mieux possible la prévention et le contrôle des
infections. Là n'est pas l'enjeu. Pouvez-vous redescendre aux commentaires deux
petites secondes, si c'est possible?
Commençons pour l'établissement privé, là. L'établissement doit s'assurer
lui-même d'une entente avec un médecin pour que celui-ci lui donne des
conseils. Donc, ce n'est pas... il n'y a pas... ce n'est pas l'établissement, disons, régional, là, ou ce n'est pas le CISSS ou
le CIUSSS qui va s'assurer qu'il donne également des conseils. C'est
vraiment à l'établissement privé de se trouver son propre médecin puis
d'avoir... d'avoir par cette personne-là des conseils? M. Desharnais semble
avoir quelque chose à dire, oui.
Le Président (M. Provençal)
: Oui. M. le sous-ministre, s'il vous
plaît.
M. Desharnais (Daniel) : En fait,
peut-être juste expliquer un peu les réflexions alentour de cet article-là. Le
premier paragraphe de l'article vient consacrer une pratique qu'on voit, dans
les établissements publics, où les hauts dirigeants de l'établissement sont en
relation avec les médecins, notamment, principalement, les microbiologistes en
prévention, contrôle des infections, donc, pour prendre des décisions qui sont
liées à des éclosions, ou prévenir des éclosions, ou appliquer le programme PCI
de leurs établissements.
Encore une fois, dans l'expérience de la
pandémie, il est arrivé des situations d'éclosion chez des partenaires privés
pour lesquelles on sollicitait des médecins microbiologistes d'établissement
pour aller poser un diagnostic sur la
situation et également faire des recommandations sur les mesures à appliquer,
en compagnie des infirmières spécialisées en prévention, contrôle contre
les infections. On s'est retrouvé avec une problématique puisque ces
médecins-là se mettaient en quelque sorte à
risque, d'un point de vue professionnel, parce qu'ils n'avaient pas de
privilège pour exercer dans les établissements privés.
Et, pour répondre à votre question, c'est que...
c'est par entente entre l'établissement... un établissement territorial, qui
est sur le territoire, donc il y a une collaboration entre l'établissement
public qui permet d'identifier un médecin au sein de l'établissement qui
pourrait soutenir pour des dossiers de prévention, contrôle des infections.
M. Fortin : Parfait. Ça me va. Dans les premiers alinéas, là, on parle
de... on utilise le terme «médecin». Vous
avez mentionné, M. Desharnais, les microbiologistes, mais vous êtes...
disons que «médecin», c'est large, là. Donc, pourquoi ne pas faire des
spécifications, par exemple, pour des gens qui ont une spécialité en contrôle
des infections?
Desharnais (Daniel) : Là, je ne pourrais pas vous dire si on identifie
des spécialités dans la loi, mais... Oui, peut-être, Dr Bergeron.
Président (M. Provençal)
: ...probablement une explication. Alors, je vais vous demander de
vous nommer, s'il vous plaît, Dr Bergeron, compte tenu que c'est votre
première intervention aujourd'hui.
Bergeron (Stéphane) : Bonjour. Stéphane Bergeron, sous-ministre adjoint,
Direction générale des affaires universitaires, médicales, infirmières
et pharmaceutiques au ministère de la Santé et des Services sociaux.
M. le
Président, effectivement, dans la plupart des cas, il va s'agir d'un médecin
infectiologue ou microbiologiste, là, donc, qui a la spécialité. L