Public Finance — 26 April 2018 (41st Legislature, 1st Session)
CFP 2018-04-26
Quebec — Committees
Puisque
nous débutons nos travaux à 11 h 19 et qu'une période de deux heures
doit être consacrée à l'étude de ces crédits cet avant-midi, y a-t-il consentement pour poursuivre nos travaux au-delà
de l'heure prévue, soit jusqu'à
13 h 19? Y a-t-il consentement? Il n'y a pas de
consentement, c'est ça? Est-ce qu'il y a consentement pour qu'on puisse
partager le temps à être diminué? Pas de consentement non plus? Donc, on verra
à prendre des décisions en temps et lieu.
Donc, bienvenue aux
parlementaires qui vont participer à cette étude, bienvenue au personnel
recherchiste et bienvenue au personnel de l'Agence du revenu et du ministère
des Finances qui sont avec nous ce matin, ainsi que le personnel de l'Assemblée
nationale qui vont nous accompagner dans nos travaux.
Donc,
sans plus tarder, je vais donc procéder à un premier bloc de travail par
l'opposition officielle. M. le député, la parole est à vous.
M. Therrien :
Merci, M. le Président. Je dois d'abord vous saluer, M. le Président. C'est
toujours un plaisir de travailler avec vous.
Je salue le ministre et son équipe, très content de vous voir, les députés de
la
partie ministérielle. Je salue mon
collègue, vénéré collègue, député de Rousseau, l'équipe qui va m'aider. Aussi,
les collègues de la deuxième opposition, dont le député de Granby, et le
député de Gouin. Alors, je vous salue tous.
Écoutez,
on sait que des revenus supplémentaires vont être attribués pour l'analyse,
l'étude et la perception de l'impôt
ou des revenus via les paradis fiscaux. On sait que le fédéral a reconnu avec
conventions fiscales trois nouveaux paradis
fiscaux. On sait aussi que le gouvernement du Québec peut ne pas les
reconnaître, faire en sorte qu'il n'identifie pas ces pays-là avec possibilité de conventions fiscales. Généralement,
ils ne le font pas. Ils sont souvent... ils vont faire suite à la décision du gouvernement fédéral et
respecter la décision du gouvernement fédéral. On sait que les
conventions fiscales... puis, M. le
Président, j'ai un bon souvenir du voyage qu'on avait fait en Europe pour
justement rencontrer des gens très
influents dans le domaine des conventions fiscales des paradis fiscaux, trouver
des solutions, un voyage qui avait été très important et très utile.
Alors, on avait ramassé beaucoup d'information.
Évidemment,
les conventions fiscales permettent de partager de l'information pour éviter
aussi, entre autres, la double comptabilisation, mais il ne faut pas que
ça devienne une non-imposition. Donc, il faut faire en sorte que ces informations-là servent justement à avoir le prix
de transfert qui est juste et ensuite avoir un transfert de l'imposition
qui s'ensuit. Ça, c'était ou c'est ce qu'on espérait des conventions fiscales.
Donc,
il y a trois nouveaux pays qui sont entrés dans ce merveilleux monde des
conventions fiscales. Et, quand on regarde
ça d'un oeil extérieur, on peut dire : Bien, c'est intéressant parce que
ça va ouvrir les portes, justement, à cesser l'argent, l'argent des
Québécois, pour payer des services aux Québécois.
suis allé, M. le Président, sur le site du gouvernement de la Grenade,
parce que la Grenade, c'est un des pays, maintenant, qui fait
partie des paradis fiscaux avec conventions
fiscales, et je ne pense pas... Écoutez, honnêtement, j'ai écrit des choses dessus, là, je ne vous le déposerai
pas, mais vous pourriez aller vérifier, ce n'est une cachette pour
personne, là. Et, sur le site Web, c'est
écrit : Pour un investissement minimum de 350 000 $, alors, vous
arrivez à Grenade, vous mettez 350 000 $, vous payez votre
citoyenneté. Alors, on n'a pas besoin de passer par un chemin lugubre, on paie 350 000 $, on n'a pas besoin de voyager,
on n'a pas besoin de rester là et on va avoir en prime l'immunité fiscale.
C'est comme ça qu'ils nous proposent, la Grenade. Pour vrai, là.
Là, la
question qui se pose ensuite, c'est : Nous, en Grenade, venez chez nous,
on vous propose, on vous promet l'immunité fiscale si vous donnez
350 000 $, et après coup on entre dans des règles de conventions
fiscales avec le gouvernement
d'Ottawa. Ça veut dire quoi? Ça veut dire qu'en Grenade ils sont censés
ramasser de l'information pour ensuite
envoyer ça au gouvernement fédéral, qui, lui, par la suite, va envoyer ça au
gouvernement de Québec. On est très, très loin de la coupe aux lièvres,
comme dirait Jean Perron.
Là, la
question que je me pose, c'est : En Grenade, là — j'imagine que le gouvernement fédéral s'est
informé, là — combien qu'il y a d'employés pour d'abord
ramasser l'information sur les activités des résidents — des résidents, vous savez ce que je veux dire, là — de la Grenade? Combien qu'il y a d'employés
qui travaillent justement à contrer l'offre
donnée par le gouvernement, qui est l'immunité fiscale? Combien qu'il y a de
personnes qui travaillent à la Grenade? Et ensuite combien de documents ou d'informations ont été envoyés au
gouvernement fédéral et combien vous, vous en reçu, parce que vous êtes au bout de la chaîne d'information, combien
vous en avez reçu, jusqu'à présent, de la Grenade?
Le Président (M. Bernier) : M.
le ministre.
M. Leitão :
Merci, M. le Président. Alors, d'une façon générale, je vais laisser après la
parole à M. Ducharme, le président-directeur
général de Revenu Québec, peut-être d'adresser la question spécifique en ce qui
concerne la Grenade.
Président (M. Bernier) : ...consentement tout à l'heure, mais,
dans le moment, c'est le ministre qui répond. S'il décide de faire
autrement, à ce moment-là, ça me prend le consentement de la chambre.
Le Président (M. Bernier) :
C'est bien.
M. Therrien :
Bien, j'aimerais que le ministre réponde à ça. Écoutez, je veux l'entendre de
la bouche du ministre parce que c'est une question extrêmement
fondamentale. On parle des paradis fiscaux depuis longtemps.
Le Président (M. Bernier) : Pas
de problème, c'est ce que le ministre fait.
M. Therrien :
J'aimerais... Oui, puis je sais... Puis j'ai tellement d'estime pour le
ministre que je suis accroché à ses lèvres.
Le Président (M. Bernier) :
Nous aussi. Allez-y, M. le ministre. Nous sommes accrochés.
M. Leitão :
Donc, je recommence. Je vais répondre à la question du collègue, mais, pour
répondre aux détails en particulier, je demanderais à M. Ducharme
d'adresser la question spécifique.
D'une façon
générale, pour ce qui est des ententes et pour ce qui est de l'évasion fiscale
et paradis fiscaux, ce que j'aimerais
rappeler à notre collègue, c'est que les citoyens, les résidents canadiens,
québécois doivent déclarer leurs revenus de toutes provenances, donc le revenu mondial. Les Canadiens et
Québécois sont imposables sur leur revenu mondial. Et donc, si vous avez des activités, des comptes, des
investissements en Grenade ou n'importe où, vous avez l'obligation de
déclarer ces revenus-là et vous êtes imposable. Ces revenus-là sont imposables.
Maintenant,
le problème qu'il y avait jusqu'à récemment, c'est que ces comptes-là, ces
revenus-là, étaient cachés. Les
autorités fiscales canadiennes, québécoises n'avaient pas accès à l'information
pour savoir que messieurs X, Y et Z avaient ces comptes-là dissimulés dans ces endroits-là. Avec les
ententes qui ont été signées avec le gouvernement fédéral canadien, le gouvernement fédéral canadien et, par
la suite, Revenu Québec vont pouvoir avoir accès à cette information-là,
et donc s'assurer que les personnes qui
utiliseraient ces juridictions-là à des fins d'évasion fiscale seraient
maintenant beaucoup mieux contrôlées par les autorités fiscales québécoises et
canadiennes.
M. Ducharme, je ne sais pas si vous avez
des informations précises sur la Grenade.
Le Président (M. Bernier) :
...donner la parole à M. Ducharme, est-ce qu'il y a consentement pour que
M. Ducharme puisse prendre la parole?
Le Président (M. Bernier) : Il
n'y a pas de consentement. M. le ministre, si vous voulez poursuivre, s'il vous
plaît.
M. Leitão : Alors, je n'ai pas
d'autre chose à dire.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. le député de Sanguinet.
M. Therrien :
O.K. Si je résume, là, le gouvernement fédéral accepte que la Grenade devienne
un paradis fiscal reconnu avec
convention fiscale. On dit, dans le communiqué de presse d'hier du
gouvernement, qu'il a déposé, que c'est normal de faire des conventions fiscales. Là, je lui demande... Puis là,
évidemment, il a le droit, le ministre, de dire au gouvernement fédéral : Non, je ne reconnais
pas cette convention fiscale là. Je ne reconnais pas ce paradis fiscal. Il a
le droit de faire ça. Ça fait que moi,
j'imagine que, quand il donne son O.K. ou quand le fédéral donne son O.K.,
entre autres, l'exemple de la Grenade, c'est parce
qu'il sait, à quelque part, qu'en Grenade il y a de l'information qui remonte
au gouvernement et qu'il y a l'information
qui sera ensuite disponible pour le gouvernement fédéral et pour le
gouvernement de Québec.
Moi, c'est la
logique. Ça veut dire que, si vous n'allez pas contester, vous ne voulez pas
contester, j'imagine que vous avez
été chercher l'information du nombre de personnes qui travaillent au
gouvernement de la Barbade et qui va remonter
l'information jusqu'à chez nous. Vous devez avoir cette information-là parce
que vous avez «rubber-stampé», excusez l'expression anglaise, cette
convention fiscale.
Donc, combien
d'employés travaillent en Grenade et qui servent à ramasser l'information pour
qu'on puisse ensuite faire en sorte de faire revenir des revenus des
investisseurs qui peuvent faire de l'évitement fiscal?
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. le ministre.
M. Leitão : O.K. Bon, je sais
que nous avons une activité de crédit du gouvernement. Cette activité que nous avons... que nous employons aujourd'hui, c'est intéressant et c'est utile, mais je ne
savais pas aussi que je devrais savoir combien de personnes travaillent
pour le gouvernement de la Grenade. Bon, peut-être aussi le gouvernement des
îles Vierges britanniques? Le gouvernement du Panama? Liechtenstein? Beaucoup d'autres pays? Est-ce que c'est aussi
ma mission, c'est aussi mon mandat, de savoir
combien de personnes travaillent dans ces endroits-là? Et j'ai mentionné ces
pays-là pour une raison très spécifique, M. le Président, parce que c'est justement en mai, le 22 mai 2013, quand il y avait un autre gouvernement au pouvoir, qu'une entente dans l'échange
d'information a été conclue et que le gouvernement du Québec,
que Revenu Québec a endossée avec le Panama, par exemple. Le 31 janvier 2013, c'était le Liechtenstein. Le
22 mai 2013, c'étaient les îles Vierges britanniques. Donc, si cela
n'était pas utile, alors pourquoi ils l'ont fait quand ils étaient là?
Nous jugeons
que cela est utile. Nous jugeons que, de conclure... Donc, quand ces ententes
sont conclues entre le gouvernement
fédéral canadien et ces pays en
question, c'est un outil très intéressant et très utile pour combattre
l'évasion fiscale et l'évitement fiscal. Donc, pourquoi on se priverait de
cette information-là?
Le Président (M. Bernier) : M.
le député de Sanguinet.
M. Therrien : Je vais y aller d'une question simple :
Combien de dossiers ont été transmis de la Grenade jusqu'au ministère
des Finances? Ma question est simple, là.
Une voix : Revenu Québec.
M. Therrien : O.K., jusqu'à Revenu
Québec. Donc, combien de dossiers de
la Grenade ont été transmis de la Grenade jusqu'à Revenu Québec?
Question simple, réponse simple, j'imagine.
Le Président (M. Bernier) : M.
le ministre.
M. Leitão : O.K. Question simple, mais le collègue devrait savoir
que ce type d'information, je ne peux pas l'avoir, je ne l'ai pas. Ce n'est pas à moi, ce n'est pas
au ministre des Finances de suivre au jour le jour les activités
de Revenu Québec. Si le collègue veut savoir cette information précise, il doit poser la question à la personne qui est ici, à ma
droite, et qui a cette information-là. Moi, je ne l'ai pas et je n'ai pas l'obligation de l'avoir parce que
ce n'est pas le ministre des
Finances qui gère les activités quotidiennes de Revenu Québec.
Le Président (M. Bernier) : M.
le député.
M. Therrien : Sujet d'actualité s'il en est un, je pose la
question au ministre des Finances sur un sujet d'actualité, sur l'entrée, la nouvelle entrée de la Barbade...
pardon, de Grenade. Donc là, j'imagine qu'il aurait dû savoir la
réponse, mais je vais accepter d'entendre le
collègue susmentionné pour qu'on puisse avoir une réponse à cette question
simple.
Le Président (M. Bernier) :
Donc, consentement pour que M. Ducharme prenne la parole? En vous
identifiant, avec...
M. Therrien :
Oui. Oui. Pour cette question-là, oui.
Le Président (M. Bernier) : En
vous identifiant, avec votre titre, s'il vous plaît, M. Ducharme.
M. Ducharme (Éric) : Éric
Ducharme, président-directeur général de Revenu Québec.
Le Président (M. Bernier) : La
parole est à vous, M. Ducharme.
M. Ducharme
(Éric) : Merci. M. le Président, l'entente a été signée en février dernier. Actuellement, on travaille avec Revenu Canada à établir le processus pour l'échange d'information qui va être
disponible par rapport à ces ententes-là. Évidemment, l'entente permet au gouvernement
fédéral d'avoir l'information sur les détenteurs de placements dans ces juridictions, et cette information, s'il y a cotisation actuellement par le fédéral, il y a
un formulaire d'échange entre les deux organismes
pour qu'on puisse, nous, également cotiser le contribuable. C'est une T7W-C qui est
échangée. Donc, on va pouvoir procéder.
par ailleurs notre intention est d'avoir l'information directement, et on travaille actuellement, on a des
comités avec le gouvernement fédéral, on a une entente qui est en négociation,
qui est presque signée pour pouvoir avoir l'information directement. Et, cet après-midi, il y a deux sous-commissaires de l'Agence du revenu qui
sont à nos bureaux pour discuter de prix de transfert et d'échange
d'information. Donc, on avance dans ce domaine-là.
Le Président
(M. Bernier) : Merci. M. le député de Sanguinet.
M. Therrien :
Trop récent pour avoir une... pour déboucher à quelque chose de concret. O.K.
Troisième pays, là, qui
reçoit le plus d'investissements canadiens à l'étranger, là, c'est la Barbade.
Après les États-Unis, après la Grande-Bretagne, c'est la Barbade. Ça fait
que, là, on parle de vieux paradis fiscal, là, bien, bien reconnu et avec une convention fiscale. Combien de
dossiers de la Barbade vous avez sur vos bureaux, concrètement? Quelles informations
et combien de dossiers vous avez, tout simplement, sur vos bureaux à vous, pas
au fédéral, mais à vous, M. le ministre?
Le Président
(M. Bernier) : M. le ministre.
M. Leitão :
Sur mes bureaux, je n'ai aucun dossier parce que ce n'est pas à moi...
M. Therrien :
À Revenu Québec.
M. Leitão :
Revenu Québec? Alors, M. Ducharme.
Le Président
(M. Bernier) : M. Ducharme.
M. Ducharme
(Éric) : C'est de l'information qu'on ne peut pas divulguer. Par
ailleurs, il y a des travaux actuellement depuis... en divulgations volontaires
ou encore en cotisations par rapport à des contribuables qui ont des placements
là-bas. Ce n'est pas le genre de compilation qu'on fait actuellement directement
là-dessus, là.
Le Président
(M. Bernier) : Merci. M. le député de Sanguinet.
M. Therrien : O.K. Bon, écoutez, je ne demande pas le nom des
personnes, là, avec des photos, là,
je demande combien de dossiers,
combien d'argent vous avez récupérés. Vous n'êtes pas obligé de mentionner qui,
là. Combien de dossiers puis combien de revenus qu'on est allé chercher
grâce à la convention fiscale avec la Barbade?
Le Président
(M. Bernier) : M. Ducharme.
M. Ducharme
(Éric) : C'est une donnée
qui peut être compilée, par ailleurs, au
niveau des planifications fiscales agressives et au niveau
des paradis fiscaux. On a des données
dans les réponses qu'on vous a envoyées par rapport au résultat annuel, qui tourne autour de 80 à
100 millions, jusqu'à 150 millions pendant des années, par rapport à
des dossiers qui sont cotisés à Revenu Québec.
Le Président
(M. Bernier) : Merci. M. le député de Sanguinet.
M. Therrien :
Combien de dossiers qui viennent de la Barbade ont été obtenus par Revenu
Québec pour ensuite avoir les revenus
que vous avez mentionnés? Combien de dossiers vous avez entre les mains avec
les informations qu'on souhaite avoir dans les conventions fiscales?
Combien de dossiers?
Le Président
(M. Bernier) : M. Ducharme.
M. Ducharme
(Éric) : Je n'ai pas la réponse.
Le Président
(M. Bernier) : Merci. M. le député de Sanguinet.
M. Therrien : C'est un peu surprenant, là, qu'on ne sait pas la
réponse à Revenu Québec. Les gens qui font leurs impôts, ils le savent, hein, Revenu Québec a le bras long, là. Pour le citoyen moyen québécois, là, il a le bras long pas mal. Ce qu'on constate, c'est que, pour les paradis fiscaux puis les biens nantis de la
planète, ce n'est pas la même chose.
Alors,
combien vous avez de dossiers qui viennent, en gros, des paradis fiscaux avec
des conventions fiscales? Combien en tout et partout, là, tous pays
confondus? Combien vous en avez?
Le Président
(M. Bernier) : M. Ducharme.
M. Ducharme (Éric) : Je dois vous donner la même
réponse, c'est des compilations qui ne sont pas suivies à travers les années. Il y a des conventions qui
sont signées depuis 10 ans, 20 ans. On n'a pas de compilation annuellement là-dessus.
Président (M. Bernier) : M. le député de Sanguinet, le
temps est maintenant écoulé. Nous allons passer du côté ministériel avec
M. le député de Trois-Rivières.
M. Girard :
Alors, M. le Président, salutations à mon tour. Je me permets de vous saluer,
M. le Président, saluer le ministre et toute l'équipe de Revenu Québec,
saluer les collègues de l'autre côté, les collègues de ce côté-ci.
le Président, l'économie du Québec, l'économie des régions va mieux, l'économie
va bien. Ce qui fait que l'économie
va bien au Québec, bien sûr, c'est le climat, le climat de confiance qui a été
instauré depuis les dernières années. On se doit de créer un climat de
confiance pour les entreprises, pour les PME, pour les entreprises au Québec.
Vous
savez, j'ai travaillé pendant plusieurs années, avant d'avoir le privilège de
représenter la région de Trois-Rivières
à l'Assemblée nationale, j'ai travaillé pendant plusieurs années avec des
entrepreneurs en développement économique.
Les PME, nos entreprises dans nos régions, sont vraiment au coeur de notre
développement économique, sont les
créateurs d'emplois de nos différentes régions au Québec. Et on se doit de
travailler avec nos PME, on se doit de bien les accompagner. J'ai eu le privilège, en début de mandat, de faire une
tournée à travers le Québec, dans toutes les régions du Québec, et de rencontrer des organismes de
développement économique, et de rencontrer des centaines d'entrepreneurs
dans les 17 régions du Québec pour
aller m'enquérir des doléances, des problématiques que vivent les entrepreneurs
au jour le jour avec le gouvernement, avec
différents ministères, dans le but d'améliorer leur croissance, dans le but
d'améliorer le développement de ces
entreprises-là. Bien sûr, plusieurs ministères sont à l'oeuvre pour améliorer
le service avec les PME, mais force
était de constater, lors de cette tournée, que Revenu Québec est sorti à
quelques reprises pour certaines doléances de certains entrepreneurs.
On vit, à l'heure
actuelle, un défi de main-d'oeuvre important au Québec. On avait le Salon de
l'emploi à Trois-Rivières il y a quelques
mois, et force est de constater que, depuis les cinq dernières années,
l'achalandage au Salon de l'emploi de
Trois-Rivières est en baisse année après année. C'est une bonne nouvelle en ce
sens que, s'il y a moins de gens au
Salon de l'emploi, c'est-à-dire qu'on a moins de gens qui cherchent de
l'emploi. Et le taux de chômage en est un bon indicateur parce
qu'effectivement le taux de chômage a baissé énormément dans la région de
Trois-Rivières.
Ceci
étant dit, c'est un défi pour nos entreprises et c'est un défi qui va amener
nos entreprises à innover, à être plus
productives pour faire face à ce défi de main-d'oeuvre. Mais, pour pouvoir
innover, les entreprises vont avoir besoin de liquidités, les entreprises
ont besoin d'argent, ont besoin d'accompagnement, ont besoin qu'on les aide.
Dans
un premier temps, je voudrais discuter, avec le ministre des Finances, de
certaines décisions extrêmement importantes
qui ont été prises par le gouvernement, au cours des dernières années, pour aider les entreprises,
principalement les PME, entre
autres une réduction importante
du fardeau fiscal des PME. Pour plusieurs PME, le taux
d'imposition est passé de 8 % à
4 %, c'est-à-dire qu'on a coupé de la moitié les impôts payés par
des milliers de PME au Québec. M.
le Président, cet argent-là, au niveau de cette réduction fiscale, l'argent, c'est de
l'argent sonnant dans les poches de nos entreprises, dans les poches
de nos entrepreneurs. C'est de l'argent qui va leur permettre
d'investir, qui va leur permettre d'innover,
qui va leur permettre d'améliorer leur productivité et de travailler à
exporter, etc., et continuer à se développer.
Donc,
travailler à la baisse, exemple, du taux de cotisation du FSS, travailler
à la baisse de l'impôt, réduction fiscale de nos PME, c'était demandé, et il
y a eu une réponse positive du gouvernement. Et j'aimerais que le ministre puisse nous donner un peu plus en détail
quel est l'impact de cette réduction fiscale sur le développement de nos PME,
sur le développement de notre économie, principalement en région, parce qu'on sait que nos PME sont dans
les différentes régions du Québec,
et comment cette baisse d'impôt là va servir de levier pour nos PME afin de
pouvoir innover, afin de pouvoir se développer,
afin de pouvoir augmenter l'exportation, de créer des nouveaux emplois dans les
régions du Québec et aider chacune des régions du Québec à
se développer.
Le Président
(M. Bernier) : Merci, M. le député de Trois-Rivières. M. le
ministre.
M. Leitão : Très
bien, M. le Président. Merci, M. le Président. Je vais répondre à la question du collègue, mais, avant
de le faire, j'ai juste quelques précisions sur les échanges que nous avons eus
juste précédemment pour clarifier certaines choses.
D'abord,
comme nos collègues de l'opposition
officielle sont très bien
au courant, dans notre plan d'action pour contrer l'évasion et l'évitement fiscal, nous, ministère
des Finances et Revenu Québec, nous avions fait un certain nombre d'estimations sur quel est le vrai portrait des
recettes fiscales qui nous échappent dû à ces phénomènes-là et on avait
arrivé à la conclusion que, pour l'année 2017, on estimait ça à 700 millions
de dollars qui étaient répartis sur les trois grandes sources, c'est-à-dire à peu
près 270 millions qui proviennent du commerce électronique, donc la plus grosse
composante, un autre 250 millions, à peu près, c'étaient les particuliers, et à peu près
160 millions, c'est la fiscalité, qui nous échappe, d'entreprises.
Donc,
ce sont des montants substantiels, mais il faut garder ça aussi en
considération, garder ça aussi dans le... mettre ça en proportion avec nos recettes fiscales totales. C'est important,
700 millions. On va faire tout ce qu'on peut pour les
récupérer, bien sûr, mais soyons conscients du montant en question.
des façons qu'on a d'ailleurs concrétisées dans le budget
du 27 mars, c'est l'augmentation des ressources humaines chez Revenu Québec. Donc, 75 nouveaux spécialistes qui sont en
train d'être engagés par l'agence pour pouvoir justement travailler à temps
plein dans ces... pour contrer ces phénomènes-là. Et, dans cette activité-là, comme je l'ai
déjà dit plusieurs fois, l'accès
à l'information est le facteur clé
pour une bonne réussite. Donc, ça, c'est ce que... je pense que c'était nécessaire
de remettre ça en contexte.
Maintenant,
revenons à la question de notre collègue de Trois-Rivières, le fardeau
fiscal des PME. Bon, en effet,
nous savons tous que les PME sont un des
grands moteurs de croissance économique
du Québec, et particulièrement en région.
Ces entreprises-là jouent un rôle très important en termes de développement
économique et même en termes de — ça va plus loin que ça — développement
régional, occupation du territoire, etc.
Pour
que les PME puissent continuer de jouer un tel rôle de grands agents de
développement économique et surtout de développement économique
régional, il faut qu'on s'assure que leur fardeau fiscal ne soit pas un obstacle
à cette activité-là et qu'il soit
concurrentiel avec ce qui se passe dans les juridictions voisines. Alors, nous,
ce que nous avons décidé de faire
dans le budget du 27 mars, c'est de continuer un processus
qu'on avait déjà entamé dès 2014, continuer un processus
d'allègement fiscal pour que les entreprises, les PME québécoises, soient
concurrentielles et puissent continuer d'investir dans leur
modernisation et dans leur compétitivité.
Alors,
nous avons fait ça de deux façons, et pourquoi? Parce qu'il y a, d'un côté, l'impôt sur le revenu, que nous jugeons que l'impôt sur le revenu est donc un
obstacle principal parce que le taux d'impôt sur le revenu au Québec sur
les PME est en effet supérieur à ce qui existe dans les autres provinces
canadiennes. Donc, nous avons mis en place une réduction graduelle de 8 %
à 4 % pour le taux d'imposition des PME, et cela, dans les secteurs des
services et de la construction puisque, dans
le secteur primaire et le secteur secondaire, le manufacturier, cela avait déjà
été mis en place. Donc, en mars
dernier dans le budget, en étendant ça aussi aux services et à la construction,
là, c'est pratiquement toute l'économie... toutes les PME qui,
maintenant, vont pouvoir bénéficier de cette baisse graduelle du taux d'imposition
de 8 % à 4 %.
Mais
il y a un autre aspect qui est aussi très important au Québec, ce sont les
taxes sur la masse salariale. Et, comme vous le savez, les taxes sur la masse salariale, ce sont des taxes qui
sont particulièrement difficiles à naviguer, surtout pour une PME, parce qu'une taxe sur la masse salariale,
donc, s'applique sur le nombre de personnes qui travaillent, donc sur
les employés, avant même que ces employés
génèrent quelque dollar de revenu que ce soit. Alors, c'est un fardeau, c'est
un obstacle important à la création
d'emplois et à la rentabilité des PME, et, en effet, au Québec, les taxes sur
la masse salariale sont considérablement plus élevées qu'ailleurs au
pays.
Alors,
nous avons ciblé une taxe en particulier, c'est la cotisation au Fonds des
services de santé, le fameux FSS. Et
là aussi il y a une réduction importante du FSS qui est mise en... on a déjà
commencé, mais qui, donc, se poursuit, et ça s'applique maintenant, encore une fois, à toutes les entreprises des
secteurs. Et donc, en faisant ça, les deux volets, baisse du fardeau fiscal en termes de cotisation au Fonds
des services de santé et baisse de l'impôt sur le revenu, là, on est...
des montants assez intéressants. Donc pour
la baisse, la diminution de la contribution au Fonds des services de santé, là,
on est à 1,2 milliard de dollars sur
cinq ans pendant que, pour l'impôt sur le revenu, on est presque à
1 milliard de dollars aussi sur
cinq ans. Donc, c'est 2,1 milliards de dollars, 2,2 milliards de
dollars d'allègement fiscal pour les PME québécoises à terme, sur cinq ans, ce qui… au bout du processus,
donc en 2022‑2023, les PME québécoises auront un taux d'imposition qui
va être... donc un fardeau fiscal qui va être très compétitif avec ce qui se
fait ailleurs au Canada.
Le Président
(M. Bernier) : Merci, M. le ministre. M. le député de
Trois-Rivières.
M. Girard :
Combien de temps qu'il me reste?
Le Président
(M. Bernier) : 3 min 30 s.
M. Girard :
Trois minutes. Je vais continuer dans la même veine, au niveau des enjeux, des
préoccupations formulées par les
entreprises, par les PME, bien sûr l'enjeu financier dont on a parlé. Donc, ce
qu'on constate, c'est que le gouvernement
met en place un environnement d'affaires qui est vraiment favorable à
l'investissement, qui va aider nos entreprises,
et on le voit, on le constate par les commentaires de la Fédération des
chambres de commerce du Québec, par la Fédération
canadienne de l'entreprise indépendante également qui... on n'a eu que des bons
mots par rapport aux décisions qui
ont été prises dans le dernier budget par notre gouvernement pour favoriser
l'émergence de nos PME, pour aider nos entrepreneurs à bien se
développer.
Mais
également ce que l'on a entendu de nos entrepreneurs, c'était au niveau de
l'accompagnement, au niveau de la facilité
à traiter avec Revenu Québec, au niveau des services, que ce soient les
services en ligne, que ce soit l'accompagnement. Même, ce qu'on a appris récemment, le Protecteur du citoyen a constaté
vraiment un changement important en matière du service à la clientèle pour les entreprises à Revenu Québec. Donc, on
entendait souvent dire que Revenu Québec avait certains enjeux en termes de qualité de service pour les entreprises en
termes d'accompagnement. Revenu Québec est un des principaux partenaires d'affaires de nos PME. Et Revenu Québec se
doit d'être à l'écoute des entreprises québécoises pour pouvoir bien les
accompagner.
Donc,
on sait que Revenu Québec a déployé un programme d'accompagnement pour venir en
aide aux entreprises pour respecter
leurs obligations vraiment d'être des partenaires. Et Revenu Québec travaille
très, très fort à ce niveau-là, donc,
pour vraiment bâtir un environnement d'affaires, l'environnement d'affaires de
demain, un environnement d'affaires qui
va être axé sur nos entrepreneurs, nos PME. On sait que ces entrepreneurs-là
n'ont pas beaucoup de temps à consacrer au niveau de la paperasse administrative, au niveau de la
réglementation. Donc, il faut alléger la réglementation, alléger leur
travail. Et une portion de ce travail-là de nos entrepreneurs est avec Revenu
Québec.
Donc,
j'aimerais que le ministre ou peut-être quelqu'un du groupe puisse nous donner
un peu le topo où est rendu Revenu Québec, quelles ont été les actions
que Revenu Québec a mises en place pour favoriser la relation avec les entrepreneurs et les entreprises sur le terrain et
comment Revenu Québec voit la suite des choses pour les années à venir.
M. Leitão :
Merci. Peut-être que je demanderais à...
Le Président (M. Bernier) : M.
le ministre.
M. Leitão :
...M. Ducharme de répondre. Mais j'aimerais seulement souligner que,
depuis maintenant presque deux ans,
il y a tout un plan d'action qui se déploie chez Revenu Québec pour améliorer,
justement, les relations avec les citoyens,
les relations avec les entreprises, une attitude beaucoup plus proactive pour
déceler des questions en amont de problèmes
qui pourraient être plus compliqués. Donc, c'est toute une autre façon de faire
qui est maintenant en place chez Revenu Québec. Et, peut-être,
M. Ducharme pourrait élaborer un peu là-dessus.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. Ducharme.
M. Ducharme
(Éric) : M. le Président, j'aimerais souligner le fait que Revenu
Québec a effectué effectivement un
important virage au cours des deux dernières années, là, un virage axé sur la
qualité des services offerts aux particuliers et aux entreprises. On a
adopté, en 2016, une charte des contribuables et des mandataires qui encadre
l'échange des contribuables et des
mandataires avec les gens de Revenu Québec. Il y a eu la mise en place du
Bureau de la protection des droits des contribuables. On a également mis
en place un programme d'accompagnement pour les PME et les...
Président (M. Bernier) : ...pour passer du côté du deuxième
groupe d'opposition avec M. le député de Granby. La parole est à vous.
M. Bonnardel :
Merci, M. le Président. M. le ministre, salutations à votre équipe. M.
Ducharme, content de vous revoir ici aujourd'hui avec toute votre
équipe.
Je veux
parler des pensions alimentaires, recouvrement des pensions alimentaires.
Malheureusement, c'est un sujet qui
revient dans nos bureaux de circonscription. Malheureusement, plus souvent
qu'autrement, on a souvent des cas qui nous
reviennent et qui démontrent, je ne veux pas dire une forme de laxisme, là,
mais qui démontrent que, pour le 20 %, 22 % de mauvais
payeurs, majoritairement les femmes qui nous parlent, qui nous appellent, qui
nous expliquent leur situation, il y a
presque un petit cours 101, là, pour les mauvais payeurs qui... soit que
tu deviens travailleur autonome, soit
que tu mets un compte bancaire au nom de ta compagnie ou d'un proche, que tu
habites dans un appartement ou tu possèdes... tu restes chez quelqu'un
d'autre, tu retournes toutes tes lettres puis tu as seulement un cellulaire.
Et je vous
lis ce que le Protecteur du citoyen disait : «Quand Revenu Québec est en
mode de recouvrement de citoyens pour des sommes dues à l'État, ils sont
très diligents, ils sont très rapides à vouloir récupérer les sommes en question. On n'observe pas du tout la même
diligence pour la récupération des pensions alimentaires. Ça nous fait
dire qu'il y a deux poids deux mesures à Revenu Québec lorsque vient le temps
de percevoir [ces] sommes.»
Je sais que,
bon, si on fait un calcul, vous allez chercher à peu près 487 millions au
31 mars 2017 en termes de recouvrement.
Là-dessus, il y a 78 %, je pense que c'est une moyenne, 78 %,
79 % de recouvrement en bonne et due forme. Mais il y a ce malheureux 20 %, 22 %, 23 % de gens qui ne
paient pas, de mauvais payeurs. Donc, on peut calculer que vous avez, en
termes d'arrérages, à peu près 100 millions par année qui s'accumulent.
Premier chiffre à vous demander : Êtes-vous
capable de me dire, sur les cinq, sinon les 10 dernières années, combien vous avez accumulé d'arrérages impayés à
ces femmes, majoritairement, qui demandent un recouvrement puis
nécessairement le paiement de leur pension?
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. le ministre.
M. Leitão : M. Ducharme.
Le Président (M. Bernier) :
M. Ducharme, la parole est à vous.
M. Ducharme (Éric) : Donc, la
mission de Revenu Québec, c'est vraiment de s'assurer de la régularité du paiement des pensions alimentaires, le programme a
été mis en place pour ça, auxquelles ont droit les enfants et les
parents gardiens. On agit comme un
intermédiaire en percevant les pensions alimentaires auprès des débiteurs et en
les versant aux créanciers. On a à peu près 150 000 débiteurs
et créanciers à gérer au niveau de ce programme-là.
Au niveau des
jugements reçus depuis le début du programme,
c'est près de 96 % des sommes facturées qui ont été versées aux créanciers. Si on regarde au niveau
des autres provinces… 79 % des créances, comme vous le disiez, au niveau
des créanciers québécois reçoivent à temps et en entier leurs pensions
alimentaires. Au niveau des autres provinces et territoires
canadiens, c'est plus de l'ordre de 74 %. Oui, il reste un 21 % où on
a des difficultés de récupérer les sommes, mais par
ailleurs on fait tout en notre
possible pour les récupérer. Nos gens travaillent aussi fort au niveau
de la récupération de ces sommes-là qu'au niveau des créances par
rapport à la fiscalité générale au niveau de la fiscalité québécoise.
Le Président (M. Bernier) :
M. le député.
M. Bonnardel :
Les gens, malheureusement, il y a des employés que vous avez qui disent à ces
dames, majoritairement : On n'a pas
assez d'effectifs, on n'a personne sur le terrain pour être capable d'aller
chercher... Puis là, juste avant, je
vous avais demandé un chiffre, j'espère qu'il y a quelqu'un
qui va essayer de me le trouver : C'est quoi, le montant global en date du... fin
d'année 2017? Combien d'argent Revenu
Québec doit aller chercher à ces
mauvais payeurs et combien de ces mauvais payeurs vous avez sur votre
écran radar?
Quand je vous
dis, respectueusement, qu'il y a des employés que vous avez qui disent à ces
dames, majoritairement encore une fois : On n'a pas assez
d'effectifs sur le terrain, je pense que vous pourrez me confirmer ça, est-ce
qu'on devrait... vous devriez avoir une
autre façon de travailler pour avoir je ne dis pas des huissiers sur le
terrain, mais pour aller chercher...
Vous dites : On travaille fort. Je comprends tout ça. Sauf que ce que je
me rends compte avec les statistiques que vous nous donnez, c'est qu'année après année il reste toujours bien un
20 %, 21 %, 22 %. Comment on peut, chez Revenu Québec, en
arriver et se dire : Dans cinq ans, l'objectif, c'est de ramener ça à
10 %? Parce que vous allez sûrement me
dire que, si c'est 100 millions de dollars par année que ces gens, que ces
femmes, majoritairement, perdent, bien, il y a peut-être un
demi-milliard, dans ce fonds, qui n'a pas été collecté par vous-même.
Donc,
qu'est-ce que vous entendez faire? Quel est ce montant et quels sont les
objectifs que vous souhaiteriez atteindre
pour qu'on soit... J'espère un jour vous revoir puis que vous allez me
dire : Bien, M. Bonnardel, regardez, vous vous en souvenez? On était à 22 %, on est
rendus à 10 %. Qu'est-ce que vous entendez faire pour répondre à ces
dames, majoritairement, qui sont
dépourvues... et par les réponses que vos employés donnent à ces dames, qui
nous disent : Bien, on est
dépourvus puis on n'a pas assez d'effectifs sur le terrain ou on n'a pas les
ressources financières pour envoyer des huissiers sur le terrain pour
aller chercher et confirmer soit l'emploi, l'adresse d'un mauvais payeur?
Voilà.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. Ducharme.
M. Ducharme (Éric) : Oui.
Quelques données. Du 1er avril 2017 au 28 février 2018, ce n'est pas
une année complète, là, mais les dernières
données qu'on a, il y a eu 451,8 millions de dollars qui ont été versés à
titre de pensions alimentaires, puis
le cumul des pensions alimentaires où on a une créance, c'est un montant de
188 millions à nos états financiers. C'est un cumul, là, cumul.
Par ailleurs,
on a ajouté des effectifs pas plus tard que l'an dernier, je pense que c'est
une vingtaine de personnes, au niveau
du recouvrement pour mettre en place des stratégies, de nouvelles stratégies
pour aller chercher de l'argent. On voit l'effet. Quand on aura les chiffres sur une pleine année, on pourra
comparer avec les années qui précèdent. Au niveau des ETC, actuellement,
pour le recouvrement des créances au niveau des pensions alimentaires, il y a
764 personnes qui travaillent à ça à
Revenu Québec. On met les effectifs qu'il faut. On en a ajouté, évidemment, et
il y a une panoplie de façons de
faire, avec des lettres, avec des appels, qui sont utilisées pour pouvoir aller
chercher le maximum possible. Mais on
revoit nos processus annuellement. On a ajouté des ressources en cours d'année
pour pouvoir maximiser les recouvrements qui peuvent être faits.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. le député de Granby.
M. Bonnardel : Peut-être une dernière question pour passer sur un
autre sujet. Vous dites : On a 20 personnes de plus, mais vous ne confirmez pas que vous aurez
des gens sur le terrain. Parce qu'au-delà des efforts, si le mauvais
payeur a un cellulaire, puis vous ne l'avez pas, puis il ne répond pas, puis il
change d'adresse aux six mois, il reste dans un appartement, est travailleur autonome, je pense que les raisons que je vous ai
données... C'est malheureux, là, mais le petit cours 101 pour éviter les obligations d'une pension alimentaire, je sais qu'on a fait
un petit portrait, là, au bureau, c'est de devenir travailleur autonome. C'est : Mettez vos comptes
bancaires au nom d'une compagnie ou d'un proche, habitez dans un appartement ou déménagez aux six mois, un an,
puis retournez toutes vos lettres. Puis, si vous avez un cellulaire puis
vous changez de numéro à l'année, Revenu Québec ne vous trouvera jamais.
Je ne sais
pas, là. Dernière question, est-ce que vous pourriez me dire : Oui, on a
un objectif de baisser ça en bas de
20 %, sinon de le ramener à 15 %? Puis est-ce vous aurez les
effectifs, peut-être, sur le terrain pour aller minimalement chercher ces mauvais payeurs? Parce qu'encore une
fois au téléphone, je ne sais pas si c'est juste ça, votre stratégie,
mais ça peut ne pas fonctionner, selon moi, respectueusement.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. Ducharme.
M. Ducharme
(Éric) : Il y a une gradation des moyens. On commence par des lettres
puis on va au téléphone. Ensuite, il
y a de la compensation qui peut être faite par rapport aux crédits fiscaux qui
sont versés au niveau de
l'impôt des particuliers, le CIS ou autres
crédits par rapport à la personne qui doit... au débiteur. Donc, il y a une
gradation des moyens. On a aussi
investi beaucoup au niveau informatique pour avoir une banque de données des
gens, par rapport à aller trouver les gens. On est même en discussion
actuellement, on a signé un projet pilote avec la Société de l'assurance automobile et avec le ministère de la Justice pour
aller chercher des créances à l'extérieur du Québec et on a des
résultats impressionnants. Et ces
résultats-là, on prend les mêmes méthodes qu'on utilise au niveau du
recouvrement des pensions alimentaires.
On travaille activement à revoir nos façons de faire. On a une centrale
d'appels, on a investi là-dedans pour trouver le mieux possible les gens
qui nous doivent de l'argent.
Le Président (M. Bernier) :
M. le député.
M. Bonnardel :
M. Ducharme, j'ai parlé tout de suite après le budget, pendant la
commission parlementaire que nous avons, de fiscalité
numérique. Bon, le gouvernement, le ministre a une idée, qui est de travailler
avec Postes Canada. Je leur ai
mentionné, selon les chiffres que j'avais, vous pourrez me confirmer, que, sur
les 300 plus gros vendeurs, sociétés,
compagnies avec qui les Québécois font affaire soit au Canada, en Amérique du
Nord ou même ailleurs, en Europe, vous
auriez un certain nombre de ces compagnies, on va peut-être dire plus
canadiennes, là, selon moi, là, mais qui ont des ententes avec vous pour
retourner la TPS, TVQ. Combien de ces entreprises vous avez signé?
Et ma question est fort simple. Avec ce que le
ministre nous dit, on veut être capable, Postes Canada, d'aller chercher le montant de taxe. Moi, je dis que, chez
vous, vous avez sûrement les effectifs pour être capable de prendre...
si vous nous confirmez, là, que vous avez
déjà des ententes de signées avec certaines de ces entreprises, je ne sais pas,
là, je pourrais nommer Amazon ou autre, là,
qui retournent la TPS, TVQ, combien de ces entreprises vous avez? Est-ce
que vous pourriez prendre les devants et
signer aussi d'autres ententes avec ces 300 plus grosses sociétés qu'on
pourrait retrouver en Amérique du
Nord? Le cas Netflix, là. Si vous partez, vous, là, puis vous allez rencontrer
Netflix, puis vous leur dites : On
va vous imposer la TPS, TVQ, c'est ce que vous souhaitez faire, vous l'avez
même dit ouvertement, allez-vous le faire?
Alors, une
question, là, qui combine plusieurs réponses, là, mais j'aimerais ça que vous
me disiez un petit peu, là, où vous
en êtes avec un certain nombre de sociétés. On m'avait dit alentour de 45.
Corrigez-moi si ce n'est pas le cas. Puis qu'entendez-vous faire pour
aller plus loin que ce que le ministre souhaite, lui?
Le Président (M. Bernier) :
M. le ministre, oui.
M. Leitão :
Je vais commencer, puis, bien sûr, M. Ducharme pourrait compléter. Juste
commencer en rappelant deux choses.
Nous, ce que nous avions annoncé dans le budget, et nous avons tout à fait
l'intention de le faire, concerne donc
la perception de la taxe de vente sur les services numériques fournis par des
fournisseurs étrangers. Donc, ça, c'est un aspect de la question. Il y aura
certains changements législatifs qu'il faudra faire, et nous travaillons
là-dessus.
L'autre
partie de votre question concerne aussi, je pense, le commerce électronique
pour les biens, les biens physiques,
les biens tangibles. Là, nous avons mentionné que, pour nous, la solution passe
par un meilleur contrôle de la frontière,
mais ce n'est pas exclusivement ou seulement ça. Ça, c'est nécessaire. Et donc
la première étape, c'est de s'assurer que
la frontière est mieux contrôlée, dont le projet pilote avec Postes Canada. Et
par la suite, pour ce qui est des ententes avec d'autres entreprises, ça pourrait se faire aussi. Donc, un n'exclut
pas l'autre. Et je pense même que c'est complémentaire. Mais d'abord il faut que la frontière soit bien
contrôlée, il faut que le contrôle fiscal se fasse convenablement à la
frontière. Peut-être, M. Ducharme, vous pourriez ajouter.
Le Président (M. Bernier) :
M. Ducharme, vous avez des éléments à ajouter?
M. Ducharme
(Éric) : Je peux vous donner
l'exemple rapidement, on a quand
même eu des réussites avec
Uber et Airbnb. On a annoncé, en 2016, une
entente avec Uber pour percevoir les taxes, c'était une forme, avec Airbnb pour
ce qui est de la taxe sur l'hébergement en septembre dernier. Par
rapport aux taxes sur les biens
incorporels aux frontières, comme le ministre
le disait, il y a une initiative, tout est là pour que... et même nous, on
travaille pour qu'en janvier 2019 on puisse percevoir, sur tout
l'incorporel, dont Netflix, les taxes par rapport aux achats qui sont faits par
des Québécois sur ces plateformes-là.
Au niveau des biens corporels, il y a une mesure qui va être en place en
septembre 2019 pour ce qui est des biens qui transitent entre les provinces, des autres provinces du Canada
vers le Québec. Mais, au
niveau international, il y a une frontière qui existe, comme l'expliquait le ministre,
et le meilleur moyen, et tous les États procèdent comme ça, c'est de percevoir les taxes à la frontière. On a négocié
avec l'Agence des douanes, avec aussi Postes Canada. On a une
entente avec eux pour qu'il y ait
une période de travail additionnelle en soirée pour l'identification des taxes sur les colis. Donc, on va faire un suivi serré de ces résultats-là, on va avoir les résultats
trimestriels par rapport à ce qu'il en est et on souhaite que le projet
pilote puisse être adopté dans les deux autres centres de tri canadiens, qui
sont à Toronto et Vancouver.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. le député de Granby.
M. Bonnardel : Mais, M. Ducharme, ma question, c'est
plus clair, là : Est-ce qu'il y
a des ententes volontaires que des sociétés
ont faites pour les biens tangibles? Moi, j'ai commandé, pour tester, là, des
pièces en Alberta, oui, c'est
en Alberta, que j'ai reçues, il n'y avait
aucune taxe. Est-ce que vous avez des ententes avec certaines de ces grandes
sociétés en Amérique du Nord ou non? Puis
pourquoi ne pas prendre les devants? S'il y a des sociétés qui... Vous dites
qu'il y aura une entente, il y aura
un... quelque chose dans un an ou à peu près, là. Est-ce que vous en avez, des
ententes volontaires avec certaines
de ces entreprises qui ont dit : Bien, nous, bons citoyens corporatifs, on
va signer, on vous envoie TPS, TVQ? Est-ce qu'il y en a ou il n'y en a
pas?
Le Président
(M. Bernier) : ...
M. Ducharme (Éric) : Il y a
600 000 inscrits, à peu près, en taxes. On connaît des cas où des
entreprises étrangères se sont
inscrites d'elles-mêmes pour percevoir les taxes. Mais des ententes comme
telles, les deux seules qu'on a faites, c'est Uber et Airbnb parce qu'on doit négocier avec chacune des
entreprises. Mais par ailleurs, oui, il y a des sociétés étrangères qui
sont inscrites en taxes et qui prélèvent, oui.
Le Président
(M. Bernier) : Merci. M. le député de Granby.
M. Bonnardel :
Il y en a combien?
Président (M. Bernier) : M. Ducharme.
M. Ducharme (Éric) : C'est difficile pour
moi de prendre les 600 000 inscriptions et d'établir... C'est sur
une base volontaire pour ces entreprises-là.
M. Bonnardel : O.K. Mais
est-ce que c'est farfelu de penser qu'avec les effectifs que vous avez... On
connaît majoritairement, tous ici... Il y a
sûrement... Regardez, les chiffres, là, les enjeux de la concurrence mondiale,
les dépenses que les Québécois font à
l'extérieur, vous le savez, là, on le sait tous. Est-ce que c'est farfelu de
penser que vous pourriez prendre les devants, avoir une équipe
spécialisée qui dit : Nous, là, on connaît, là, les 100 plus grosses
avec qui les Québécois font affaire, on
prend le téléphone, on s'en va les rencontrer? Puis on n'attend pas après le
gouvernement. On se dit : Nous,
là, on va prendre les devants, on s'en va s'asseoir avec eux : Vous devez,
à partir de maintenant, comme bons citoyens, vous entendre avec nous.
Est-ce que c'est fou, ce que je dis?
Le Président
(M. Bernier) : M. Ducharme.
M. Ducharme
(Éric) : Ce n'est pas farfelu.
M. Ducharme (Éric) : On a eu presque six
mois de négociation avec Uber. On a une équipe là-dessus qui fait des ententes avec des entreprises spécifiques dans
des domaines spécifiques ou des nouveaux domaines qui se font. Uber est un exemple, Airbnb en est un autre où on a
négocié pendant des mois avec eux pour établir comment on allait le
faire.
Au lendemain de
notre entente avec Airbnb, en septembre dernier, j'ai demandé qu'on travaille
avec Netflix. Dans les heures qui ont suivi,
on a communiqué avec Netflix et on a commencé à discuter avec eux. Et c'est
sorti dans les journaux, l'ensemble
du débat qu'il y a eu l'automne dernier, qui nous a amenés, M. le ministre, à
annoncer les initiatives pour les taxer et trouver une façon de le faire
via la loi.
Par ailleurs, ce n'est pas farfelu, on peut continuer, avec
les équipes, de le faire. On est en train de monter un site pour qu'en janvier prochain on puisse percevoir au
niveau des grandes sociétés, au niveau des achats incorporels. Est-ce que, dans nos travaux, on pourra avoir une
plateforme qui pourra aussi nous aider au niveau des biens? Oui, c'est possible.
Le Président (M. Bernier) : M.
le député.
M. Bonnardel : ...M. Ducharme, Amazon, Air Canada, eBay,
Costco, Expédia, Best Buy, Air Transat, La Baie, Wal-Mart, Simons, les 10 pas mal plus gros, là, si vous avez une équipe,
«let's go», messieurs dames, allons travailler pour être capables
d'aller chercher l'argent avec eux.
Je termine, il reste deux minutes, je pense,
hein, ou à peu près.
Le Président (M. Bernier) : On
va laisser le député, il reste 2 min 30 s.
M. Bonnardel :
Il y a eu une entente avec le marchand d'or Kitco. L'entreprise devait
284 millions de dollars à l'agence
en raison d'une fraude fiscale, mais vous vous êtes entendus de façon secrète
avec eux pour un remboursement de 50 millions de dollars seulement.
Pourquoi la compagnie Kitco s'en sort à si bon compte?
Le Président (M. Bernier) : M.
le ministre.
M. Leitão : Moi, je n'ai aucun
commentaire à faire sur un sujet qui est encore judiciarisé.
Président (M. Bernier) : M. Ducharme. Vous comprenez que je
dois vous poser la question à vous. C'est vous, le ministre.
M. Ducharme.
M. Leitão : Je comprends.
M. Ducharme
(Éric) : J'abonde dans le même sens. C'est un dossier judiciarisé où
il y a deux dates au mois de mai où
il y a des causes en Cour supérieure par rapport à ce dossier-là. Une fois ces
causes entendues, on pourra faire le point par rapport à ça.
Par ailleurs, notre intervention dans le domaine
de la transformation de l'or est une... il y a eu des impacts. L'automne dernier, Carmen, qui est un autre
dossier dans ce domaine-là, il y a eu des gens qui ont plaidé coupables,
il y a eu des pénalités, il y a eu des
amendes de données, des peines de prison aussi. Donc, attendons de voir par
rapport au dossier de Kitco et on pourra faire le point ensuite.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. Une minute.
Bonnardel : O.K. Rapidement, donc, vous avez... une autre
problématique qu'on a vue, Universitas qui verse les subventions des REEE en retard, des milliers d'enfants qui n'avaient
pas reçu leur incitatif québécois à l'épargne-études pour les cotisations 2015‑2016. Ça fait des
années que ces retards sont dénoncés, sortis dans les médias aussi, là,
voilà quelques mois déjà. Est-ce que
l'argent a été versé? Est-ce qu'on peut répondre à ces enfants qui souhaitent
obtenir ces montants? Est-ce qu'il y a eu des améliorations ou vous avez
suivi ça de près?
Le Président
(M. Bernier) : M. Ducharme.
M. Ducharme
(Éric) : Je n'ai pas les chiffres tout de suite, mais ce que je peux
vous dire, c'est qu'on a fait un plan d'action
pour répondre à cette problématique-là. Nos exigences en termes
d'enregistrement par rapport aux compagnies qui versaient la contribution... qui demandaient au gouvernement la
contribution pour le régime épargne-études, on en demandait un peu trop. L'ensemble du fichier
devait être à 100 % correct pour qu'on puisse faire le traitement. On a
changé nos façons de faire. Donc, on est en voie, là, de corriger l'ensemble de
la situation et on y va rétroactivement.
Président (M. Bernier) : Merci, M. Ducharme. Nous allons
donc passer du côté gouvernemental, et je dois vous dire que la
partie gouvernementale a accepté de diminuer son temps
de parole de façon à rencontrer l'heure de fin de nos travaux en ce qui regarde Revenu Québec. Donc,
la
partie gouvernementale, M. le député de Laval-des-Rapides, la parole
est à vous.
M. Polo :
Merci beaucoup, M. le Président. Je salue également le ministre, les membres
qui l'accompagnent, du ministère...
de Revenu Québec, également les collègues des oppositions. M. le Président, ma
question va être en lien avec le sujet
qui a été apporté par nos collègues de l'opposition officielle, là, depuis les
débuts de l'étude des crédits, aujourd'hui, cet avant-midi.
Alors
que nous étions tous rivés sur nos téléviseurs hier, vers 17 h 15,
M. le Président, j'ai entendu le chef du député de Rousseau accuser le premier d'avoir légalisé
l'évasion fiscale avec la Grenade. Je me suis alors rappelé que la mise
en place de l'escouade spéciale pour lutter
contre les paradis fiscaux, l'ancien chef du Parti québécois, M. Péladeau,
avait salué sur Twitter la démarche de Revenu Québec pour s'assurer que toutes
les personnes paient leurs impôts.
Donc, le conseil
économique du chef du Parti québécois salue le travail du gouvernement pour
lutter contre l'évasion fiscale en même temps
que le nouveau chef du Parti québécois accuse le gouvernement d'avoir légalisé
les paradis fiscaux. Mais j'ai
continué à écouter le député de Rosemont pour tenter de comprendre de quoi il
accablait notre gouvernement.
Pour
le bénéfice de mes collègues qui n'étaient peut-être pas tous aussi attentifs
aux propos du député de Rosemont hier,
permettez-moi de le citer, M. le Président. Ses paroles, entre guillemets, selon la citation, c'est :
«...pourquoi il a cru bon, lui,
pendant son mandat [...] récemment [que c'était, et] il a cru bon d'avaliser
une entente Canada-Grenade, Québec-Grenade
qui, en fait, légalise l'évasion fiscale?» Plus loin, il dit également :
«Alors, on signe une entente bilatérale avec la Grenade, le Québec a le droit de signer ou de ne pas signer. Mais le
gouvernement du premier
ministre a signé, a fait en sorte que cette entente s'applique au Québec,
et maintenant tous les Québécois qui veulent faire de l'évasion fiscale en Grenade, pour eux, c'est légal. Alors, pourquoi le
premier ministre accepte-t-il de légaliser l'évasion fiscale en
Grenade?» C'est ce que le député de Rosemont mentionnait hier, en fin d'après-midi,
M. le Président.
Alors,
je suis allé regarder sur le site des Finances Canada pour tenter de
m'informer sur les différentes ententes fiscales. Alors que je naviguais sur le site de Finances Canada,
je me suis aperçu qu'alors que le député de Rousseau était ministre des Finances ce n'est pas une, mais une
douzaine d'ententes similaires qui sont entrées en vigueur.
Alors,
on a deux choix, M. le Président. Soit le député de Rousseau n'a pas été bon, tel
qu'il l'a reconnu lui-même il y a quatre ans de cela, il s'est trompé beaucoup
en faisant en sorte que ces ententes s'appliquent au Québec
lorsqu'il était lui-même ministre des Finances, ou bien c'est l'actuel chef du Parti québécois qui saisit mal l'importance de l'échange d'information entre les
autorités fiscales pour lutter efficacement contre les pratiques fiscales
dommageables.
Afin
de permettre aux Québécois qui nous écoutent de trancher cette question,
M. le Président, j'aimerais que Revenu Québec nous explique
comment ces ententes peuvent permettre de lutter efficacement contre les paradis fiscaux.
Le Président
(M. Bernier) : Merci. M. Ducharme.
Le Président
(M. Bernier) : S'il vous plaît! S'il vous plaît!
Le Président
(M. Bernier) : Non, non, mais s'il vous plaît!
Président (M. Bernier) :
Non, non, mais il n'y a seulement qu'un député qui a droit de parole, là. S'il vous plaît! M. Ducharme.
M. Ducharme
(Éric) : Oui. Rappelons, la Commission des finances publiques a déposé à l'Assemblée nationale un
rapport sur le phénomène du recours aux paradis fiscaux. Il y avait
38 recommandations. Le ministère
des Finances, on a collaboré avec
eux, Revenu Québec, pour déposer un plan en cohérence avec les
recommandations de la commission, un plan sur l'équité fiscale qui a été
rendu public en novembre dernier par le ministre des Finances.
Le plan prévoit la création d'un
groupe d'intervention spécialisé en planification fiscale
internationale avec l'ajout de
75 ressources spécialisées additionnelles à Revenu Québec. Le groupe va
collaborer de façon continue avec le ministère des Finances du Québec,
va collaborer et intensifier aussi les collaborations avec l'Agence du revenu
du Canada dans le traitement
et l'analyse des informations rendues disponibles grâce à ces ententes.
niveau du groupe, on a publié, en
février dernier, un appel d'offres pour aller chercher des candidats. Il y a eu plus
de 500 personnes qui ont appliqué. On a retenu la candidature de près de
300 personnes et, actuellement, on est en processus d'entrevue avec ces
gens-là pour identifier les 75 personnes qui seront à l'emploi... qui
feront
partie du groupe. Il est prévu qu'au mois... à la mi-mai, qu'on
débute les embauches.
Également,
le plan prévoit la mise en place d'un comité conjoint stratégique de
concertation avec l'ARC puis un comité
opérationnel pour convenir des moyens d'échange d'information et aussi comment
lutter contre les planifications fiscales
agressives et les paradis fiscaux. Il y a une entente qui est en voie d'être signée entre
les deux gouvernements pour venir améliorer l'échange.
Également,
ce qui a été mis en place aussi, c'est la révision du programme de divulgation volontaire où Revenu Québec va bientôt entreprendre des consultations par rapport à celle-ci. Il y a tout l'aspect d'améliorer la perception
des taxes aux frontières où on est en train
de mettre en place, pour janvier prochain, l'imposition des taxes sur les... la
TVQ sur les biens corporels. Il y a
tout l'aspect aussi du projet pilote au
niveau du centre de tri de Montréal
où une entente a été signée et plusieurs autres initiatives aussi.
Par rapport aux paradis fiscaux, l'échange de renseignements qui est en lien avec
les administrations fiscales, qui est en
lien avec les ententes qui sont réalisées avec certains paradis fiscaux, va nous permettre de lutter efficacement contre l'évitement
fiscal international et les PFA, incluant l'utilisation inappropriée des
paradis fiscaux. Il y a une entente-cadre avec l'ARC qui nous permet d'avoir
accès à un grand nombre de renseignements dont l'agence dispose. On doit
convenir avec eux...
Le Président
(M. Bernier) : ...aller du côté du député de Gouin. M. le
député de Gouin, la parole est à vous.
M. Nadeau-Dubois :
Merci, M. le Président. Bonjour, M. le ministre, bonjour à tout le monde. M. le
ministre, j'ai peu de temps, vous me
pardonnerez donc d'être assez direct puis d'aller directement aux questions.
Vous savez que la question de la taxation
du commerce en ligne préoccupe ma formation politique depuis un bon moment
déjà. Et vous avez probablement lu
comme moi ce matin l'article qui révélait que, sur les 9 milliards
d'achats faits sur Internet au Québec chaque année, il y en a près du
tiers qui se font sur des plateformes étrangères. Ça ravive donc les
inquiétudes sur les capacités du
gouvernement du Québec à aller chercher ce qui lui est dû lorsque des
transactions sont effectuées en ligne, sur des plateformes étrangères.
y a une semaine, à peu près, mon collègue de Mercier vous a posé une question,
la réponse a été plus ou moins satisfaisante.
Alors, je vais la poser au ministre encore une fois aujourd'hui dans l'espoir
d'avoir cette fois-ci une réponse claire.
On sait que, dans le dernier budget, le ministre a
annoncé des modifications, hein, on nous disait que les compagnies... bien, les géants du Web devraient s'inscrire dans
un nouveau régime en matière de taxation. Alors, j'aimerais savoir,
parmi les sept entreprises suivantes, Google, Amazon, Facebook, Apple, Netflix,
Spotify et Airbnb, quelles sont, parmi ces entreprises, celles qui se sont
engagées, à l'heure actuelle, à se soumettre au mécanisme de taxation que le
ministre a annoncé dans le dernier budget.
Le Président
(M. Bernier) : M. le ministre.
M. Leitão :
Très bien. Merci, M. le Président. Bienvenue dans la Commission des finances
publiques, collègue de Gouin.
Peut-être aussi, après, M. Ducharme pourrait compléter, mais, à votre
question précisément, deux précisions sont importantes. Comme j'ai dit avant, nous avons fait ce travail, donc,
d'estimer quelles sont les pertes fiscales, donc, qui nous échappent en termes de commerce électronique.
Donc, nous avons arrivé aux 700 millions de dollars de total par
année en 2017, et, de ce montant-là, à peu
près 270 millions, c'est l'estimé qu'on a en termes de pertes fiscales en
ce qui concerne la taxe de vente du Québec.
Maintenant,
ce que nous avons annoncé dans le budget, c'est un processus, qui va être plus
simple, d'inscription à la TVQ. Et
peut-être M. Ducharme pourrait expliquer pourquoi est-ce qu'on a besoin de
faire ça, parce que la TVQ, c'est une taxe à valeur ajoutée, donc ce
n'est pas simplement une...
Le Président (M. Bernier) : ...pour équilibrer le temps de
parole. Si M. Ducharme a des choses à dire, c'est le temps.
M. Leitão :
Bon, très bien. Mais je veux juste mentionner que ce qu'on a dit qu'on allait
faire concerne les entreprises... les géants
du Web, comme vous avez mentionné, mais les fournisseurs de services
numériques. On ne parle pas ici des
biens physiques, les biens corporels, ça, c'est une autre chose, et on ne parle
pas non plus d'impôt sur le revenu de ces entreprises-là.
Donc,
il y a trois enjeux. Avec la mesure du budget, nous adressons les fournisseurs
de services numériques basés hors Québec en termes de taxe de vente, pas
en termes d'impôt sur le revenu.
M. Ducharme
(Éric) : Et la plateforme va être disponible l'automne prochain pour
qu'ils puissent s'inscrire, et les taxes seront perçues à partir de janvier
2019 sur une plateforme, à Revenu Québec, par rapport à l'ensemble des biens
corporels et des plateformes de vente au niveau des services.
Le Président
(M. Bernier) : Merci. M. le député de Gouin.
M. Nadeau-Dubois : M. le
Président, donc, je comprends que, dans ces sept entreprises, Google, Amazon, Facebook, Apple, Netflix, Spotify et Airbnb, dans
ces sept cas-là, il n'y a pas encore de contact, il n'y a pas encore eu
de discussion avec ces entreprises, elles ne
vous ont pas signalé leur volonté de s'inscrire, pour la taxe de vente, au
nouveau mécanisme qui a été annoncé lors du dernier budget.
Le Président (M. Bernier) :
M. Ducharme.
M. Nadeau-Dubois : Et, si oui,
avec quelles de ces entreprises avez-vous des contacts?
M. Ducharme
(Éric) : Bien, au niveau de Airbnb, on a annoncé que la taxe sur
l'hébergement est prélevée depuis septembre
dernier. Eux sont... c'est la taxe qu'ils doivent payer sur la location. Par
rapport à certaines de ces entreprises-là, oui, il y a eu des échanges,
et on nous dit qu'elles vont se conformer.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. le député.
M. Nadeau-Dubois : Êtes-vous en mesure de me dire avec quelles entreprises
spécifiquement il y a eu des échanges, avec lesquelles il n'y en
a pas eu?
Le Président (M. Bernier) :
M. Ducharme.
M. Ducharme (Éric) : Bien, il y
a eu des contacts avec Netflix, oui, et ils vont se conformer.
Le Président (M. Bernier) : M.
le député.
M. Nadeau-Dubois : Donc, je conclus qu'il y a eu des contacts avec Netflix et avec Airbnb, mais que, pour
les autres entreprises, il n'y en a pas.
Le Président (M. Bernier) :
M. Ducharme.
M. Ducharme
(Éric) : On est en train d'en faire. Les gens communiquent avec eux,
expliquent la nature de la mesure qui
va être applicable en janvier prochain. On a même eu des communications avec
l'Australie pour voir la liste des entreprises
qu'eux ont par rapport à l'inscription, qui, eux, va être en juillet prochain,
pour voir comment ils ont procédé, et on
veut enclencher, d'ici janvier prochain, des discussions avec la majorité de
ces entreprises-là ou de leur envoyer une lettre en leur disant qu'on a
le même système qui est similaire au Québec et qu'ils doivent...
Le Président (M. Bernier) :
Merci. Nous retournons du côté ministériel, M. le député de Sainte-Rose.
M. Habel : Oui, merci,
M. le Président. Je vais y aller rapidement
parce que le temps imparti est très réduit. Donc,
j'aimerais parler du côté plus des particuliers, parce que mon collègue a parlé
des entreprises. Alors, nous avons fait d'importantes réductions du fardeau
fiscal des particuliers : 3 milliards de dollars de réductions du
fardeau fiscal des particuliers. Donc, nous avons créé de la croissance
économique pour par la suite bien la redistribuer et avantager l'ensemble des
Québécois.
Donc, il y a
notamment l'abolition de la contribution santé, des baisses d'impôt, un supplément
de 100 $ par enfant pour l'achat
de fourniture scolaire. Donc, aussi la réforme de la taxe scolaire. Et, sur ce
propos, je tiens à dire que la CAQ a voté contre le projet de loi
n° 166.
CAQ voted against Bill 166,
An Act
to reform the school tax system, that is going to reduce your school taxes in our riding. And moreover,
they want to abolish the province school boards. And Jennifer Maccarone said on
that perspective, which is the
president of Sir-Wilfrid-Laurier School Board : «Our entire community has successfully fought to preserve their rights and make
their voices heard. The education plan presented by the CAQ is an affront to
our community and democracy as a whole.»
Alors, nous réduisons les taxes scolaires de
l'ensemble des citoyens du Québec, autant du côté anglophone que du côté francophone. Et je crois, M. le Président, que la
CAQ devra vivre avec leur position. Donc, plus de 1 000 $ dollars par famille et 500 $ par personne seule, c'est ce que nous proposons, notamment la
prolongation de RénoVert jusqu'au 31 mars
2019, donc 20 % des dépenses de rénovation résidentielle admissibles qui
vont excéder 2 500 $ vont obtenir ce remboursement. Et aussi on vise à faciliter l'achat d'une première
habitation. Donc, par exemple, les premiers acheteurs admissibles
pourront ainsi obtenir jusqu'à 1 376 $ d'allègement fiscal en
incluant le crédit d'impôt fédéral, donc une mesure
qui va profiter à 47 000 familles. Et aussi nous voulons accroître
l'aide en matière d'incitation au travail en bonifiant la hausse des revenus de travail admissibles au
bouclier fiscal de 3 000 $ à 4 000 $. Donc, notre
gouvernement favorise la réduction du fardeau fiscal.
Et j'aimerais
que le ministre puisse répondre à notre proposition balancée de notre part
depuis le début, c'est-à-dire d'équilibrer
le budget du Québec, d'investir aussi dans le remboursement de la dette et
aussi de favoriser une augmentation aussi de la qualité de vie des
Québécois.
Président (M. Bernier) : Merci, M. le député de Sainte-Rose. M.
le ministre.
M. Leitão :
Très bien. Merci beaucoup. Écoutez, plusieurs choses, mais je pense que ce qui
nous permet de faire tout ça,
c'est-à-dire de procéder avec un allègement du fardeau fiscal des contribuables
québécois, et en même temps à améliorer le financement des services
publics prioritaires comme Santé et Éducation, et en même temps maintenir un
contrôle très serré de notre endettement, ce qui nous permet de faire tout ça,
c'est la croissance économique.
encore cette semaine, bien sûr, ça n'a pas été noté par nos collègues des deux oppositions parce que
ça ne les intéresse pas, mais, encore
cette semaine, je pense, lundi, il y
a eu la publication, lundi ou mardi,
la publication du PIB pour le Québec
pour le mois de janvier 2018. Et qu'est-ce
que cette publication dit? Quel est
le message qui vient de là? C'est que
la croissance économique au Québec est en
train non seulement de se poursuivre, mais de s'accélérer. Donc, nous avons terminé l'année 2017 avec une
croissance du PIB que nous estimons à peu près à 3 %. Peut-être, ça sera
même un peu plus fort que ça, 3,1 %, peut-être, quand la comptabilité
finale va être faite. Mais on commence 2018 et on commence 2018 en force.
d'ailleurs c'est intéressant de constater que, par exemple, le Mouvement
Desjardins avait émis un commentaire économique
rapide suite à cette publication-là. Et c'est dommage que les collègues,
surtout du deuxième groupe d'opposition, qui citaient abondamment Desjardins en 2015 et 2016, là, soudainement, ils
ont comme arrêté de les citer. Donc, O.K.
Alors,
je leur propose qu'ils revoient à nouveau les commentaires de Desjardins parce
que leur dernier du 24 avril 2018
disait tout simplement que les résultats de janvier, donc la croissance
économique du PIB, au mois de janvier, de 0,3 %, la croissance économique de... le résultat de janvier
confirme que le cycle d'expansion se poursuit à un bon rythme au Québec.
Alors donc, la croissance se poursuit et non seulement elle se poursuit, la
croissance accélère.
donc, au rythme annuel, quand on regarde les résultats de janvier, sur
12 mois, maintenant, on est rendu à un taux de croissance de 3,3 %. Donc, la croissance s'accélère. Et
c'est cette accélération de la croissance économique qui se traduit, bien sûr, par aussi un marché du travail
qui est très robuste. Et c'est cela qui nous donne les revenus
nécessaires qui sont perçus après par Revenu
Québec et avec une grande efficacité, donc les revenus nécessaires pour faire
ce qu'on fait, c'est-à-dire d'améliorer
le financement des services publics prioritaires, de réduire le fardeau fiscal
des Québécois et de continuer à avoir
un contrôle très serré de notre dette en utilisant le Fonds des générations,
qui d'ailleurs était un outil créé à cette fin-là exclusivement, de
contrôler et diminuer la dette.
Donc,
c'est la croissance économique qui nous permet de faire tout cela. Et, à la
base, la croissance économique est
déterminée... l'ingrédient principal, c'est la confiance, la confiance des
citoyens, la confiance des consommateurs, la confiance des entreprises.
Et, si la confiance est là, si la confiance est au rendez-vous, les gens vont
dépenser, les entreprises vont investir. Et donc
la croissance s'accélère et s'intensifie. Et c'est exactement ce qui se passe.
Donc, notre plan économique
fonctionne, notre plan économique donne des résultats, et qui nous permettent
de faire ces allègements fiscaux et autres choses.
pourquoi c'est important d'alléger le fardeau fiscal des Québécois? C'est
important parce que les Québécois sont toujours...
On a un fardeau fiscal qui est plus élevé qu'ailleurs au Canada. Donc, je ne
suis pas en train de vous dire qu'on doit
nécessairement avoir un fardeau fiscal qui soit identique, ce n'est pas ça,
mais on doit le garder à l'intérieur d'une fourchette qui soit raisonnable quand on se compare à nos voisins. Les
familles québécoises ont aussi droit à profiter de cette embellie économique, et donc de bénéficier d'un
allègement fiscal. Ce qu'elles feront avec ces revenus additionnels,
c'est leur décision. Certains vont dépenser...
Le Président
(M. Bernier) : Merci, M. le ministre. Nous allons passer...
M. Leitão :
Bon, j'étais parti sur une lancée, M. le Président.
Président (M. Bernier) : Nous allons retourner du côté de
l'opposition officielle. M. le député de Sanguinet.
M. Therrien :
Merci, M. le Président. Écoutez, tantôt, j'ai posé des questions très simples
sur le fait qu'on ait des conventions
fiscales. On n'en a aucune idée, les résultats que ça peut avoir au niveau de
Revenu Québec. Ça a été très clair. Ils
nous l'ont dit à maintes reprises, on n'a aucune espèce d'idée des résultats
que ça peut avoir. Mais, dans le communiqué de presse d'hier, le ministre des Finances nous vante les mérites des
conventions fiscales. Comment peut-on vanter les mérites des conventions fiscales quand on n'a aucune espèce d'idée des résultats que ça peut avoir à Revenu Québec? Non, mais, sérieusement, là,
si vous étiez mon étudiant, là, je vous aurais mis zéro.
Le Président
(M. Bernier) : Merci. M. le ministre.
M. Leitão : Notre collègue est en forme, comme d'habitude. Écoutez,
je pense que c'est important, c'est un sujet extrêmement important, ce
que vous soulevez. Et donc je pense qu'il faut qu'on soit clair, qu'on soit
clair là-dessus.
que j'aimerais savoir de vous, de votre formation politique : Est-ce que vous, Parti québécois, est-ce que
vous pensez que les ententes d'échange
d'information constituent un outil important en ce qui concerne la lutte à
l'évasion fiscale ou bien que ces
ententes-là nuisent à la lutte à l'évasion fiscale? Quel est votre avis
là-dessus? Parce que je suis un peu mélangé dans vos propos.
Le Président
(M. Bernier) : M. le député de Sanguinet.
M. Therrien : Il
ne répond pas à la question. Pourtant, elle était très simple. Il veut poser...
Président (M. Bernier) : Je n'ai pas à juger sur la teneur
de la réponse.
M. Therrien : Oui. Non, non, mais il ne répond pas à la
question, il pose des questions. Je veux lui dire que, dans six mois, il va pouvoir poser des questions parce
qu'il va probablement être élu dans son comté grâce au cadeau de la
ligne rouge du REM.
Moi,
là, je vais poser une question très simple, là. Ça, c'est un document
que vous avez sorti le 7 février 2018. Là, on a réglé le cas, là, ils n'ont aucune idée de ce qui se passe avec les
conventions fiscales. C'est correct. On a tous compris ça. C'est écrit à la page 5 : «Les
conventions fiscales bilatérales ou multilatérales ainsi que les accords sur
les échanges de renseignements fiscaux signés par le Canada
ne permettent pas la transmission de renseignements reçus par le Canada au Québec, sauf si
cette transmission y est prévue.»
veut dire que les conventions fiscales permettent d'avoir certaines informations à Ottawa, puis, on n'est pas sûr, mais Ottawa
n'envoie rien à Québec. C'est ce que ça dit. Or, la majorité des conventions ne
prévoient pas cette transmission-là. Sérieux! Puis vous vantez les mérites de
Moi,
je vous poserais une question très
simple, très simple, très, très simple : Combien de pays qui sont
considérés convention fiscale, qui sont dans
la convention fiscale, qui permettent ou qui prévoient un transfert
d'information entre le fédéral puis Québec? Combien? Ma question est
simple.
M. Therrien :
Lesquels? Oui, si vous êtes capable. J'en demande pas mal. Écoute, lesquels,
là, hostie! Oui, combien puis lesquels, si vous vous sentez en forme.
Le Président
(M. Bernier) : On se calme!
M. Leitão :
Numéro d'assurance sociale, numéro de téléphone, non?
M. Therrien :
Non, non, lesquels, lesquels. C'est des pays! On s'entend, c'est des pays, là.
M. Leitão :
On peut essayer de faire ça aussi.
Le Président
(M. Bernier) : M. le ministre.
M. Leitão : Pour bien comprendre la question
du collègue, M. le Président, moi, j'ai besoin de savoir quel est leur avis. Est-ce qu'au Parti québécois on pense que
les ententes, les ententes d'échange d'information, c'est un outil positif qui aide à contrer l'évasion fiscale — nous
pensons que oui, nous pensons que les ententes d'échange d'information sont très utiles — ou est-ce que le Parti québécois pense que
ces ententes-là ne servent à rien et nuisent à la lutte à l'évasion
fiscale? C'est ça que j'ai besoin de savoir pour pouvoir répondre à sa
question.
Le Président
(M. Bernier) : M. le député de Sanguinet.
M. Therrien : Ce n'est pas nous qui dit que ça ne sert à rien,
c'est eux autres, par leurs réponses, qui disent que ça ne sert à rien.
Nous autres, on aurait des solutions pour ça. Je vais laisser la parole à mon
collègue de Rousseau.
Le Président
(M. Bernier) : M. le député de Rousseau.
M. Marceau : Oui, je
pense que le ministre, il a des questions
à donner. On est dans un exercice de reddition
de comptes, reddition de comptes du gouvernement envers les oppositions et puis envers la population.
Et le ministre des Finances
est supposé de savoir de ce dont il parle. Il est responsable. Il est
responsable de l'application de cela. Alors, on répète la question très simple, très simple. Est-ce qu'il connaît son dossier ou pas? Première chose. Deuxièmement, s'il connaît son dossier, peut-il nous dire pour combien de
pays il y a transmission, combien de pays qui sont des paradis fiscaux, il y a
transmission d'Ottawa à Québec? Combien d'ententes le prévoient? Est-ce que
c'est zéro, une, deux?
Le Président
(M. Bernier) : M. le ministre.
M. Leitão :
Je connais très bien mon dossier, M. le Président. Je pense que la langue que
les collègues adoptent, depuis déjà
quelques semaines, adoptent à l'Assemblée nationale, soit en période de
questions soit maintenant dans la période
de crédits, est une approche qui n'est pas très constructive. Moi, je suis ici
depuis quatre ans, M. le Président. Je suis
toujours disponible. Je suis toujours très, très ouvert à partager de
l'information, à discuter intelligemment avec les collègues de l'opposition. Ils ne semblent pas
être très intéressés à faire ça maintenant. Bon, c'est leur choix. Ils
devront vivre avec leurs décisions.
Maintenant,
revenons à ces ententes d'échange d'information. Nous pensons que c'est un
outil très, très utile pour contrer
l'évasion fiscale, pour contrer les planifications fiscales agressives. C'est
aussi ce que l'OCDE nous recommande, c'est
aussi, si le collègue avait été là, ce que M. Moscovici, qui était à
Montréal il n'y a pas longtemps, dans son allocution au CORIM... c'est exactement ce que
M. Moscovici avait mentionné, M. le Président. Donc, nous sommes
exactement dans la bonne direction.
M. Polo :
...et c'est sa décision, c'est sa prérogative de ne pas répondre à la question
s'il en juge...
Le Président
(M. Bernier) : Écoutez, je suis... Écoutez, moi, je suis...
M. Polo : L'opposition n'a pas le... L'opposition peut opiner ce
qu'elle souhaite, mais elle n'a aucune prérogative de juger de la
réponse du ministre.
Président (M. Bernier) :
M. le député de Laval-des-Rapides, effectivement, je n'ai pas à juger les commentaires, les
réponses données. Donc, en ce qui me concerne...
Président (M. Bernier) :
S'il vous plaît! En ce
qui me concerne, j'écoute le
président... là, j'écoute le ministre dans
sa réponse et, comme président, je ne juge pas le contenu. Donc, l'opposition a le droit de ne pas être satisfaite, c'est son droit. Donc, à
partir de ce moment-là, poursuivez, M. le député de Rousseau.
M. Marceau : M. le Président, le député
de Laval-des-Rapides est d'accord
avec nous pour dire que le ministre n'est pas capable de répondre à la
question, on le constate. Alors, je réitère...
Le Président
(M. Bernier) : M. le député de Rousseau, évitons les discussions.
M. Marceau : ...je réitère, la question, elle est très simple,
et le ministre est capable de répondre très simplement. C'est un problème qui a pris beaucoup
de place dans la société québécoise, un problème important. Il y a
des conventions fiscales, il y en a
avec des pays occidentaux qui ont des régimes d'imposition qui conviennent,
puis, pour ces ententes-là, on est d'accord.
Mais, pour celles avec des paradis fiscaux, on est en désaccord. Il plaide
l'échange d'information, l'échange de renseignements. Encore
faut-il qu'il y ait des renseignements à échanger.
Alors,
je veux savoir pour combien de conventions fiscales avec des paradis fiscaux y a-t-il
transfert d'information d'Ottawa à Québec. Question simple, ça. Vous
êtes le ministre responsable, dites-le-nous.
Le Président
(M. Bernier) : M. le ministre.
M. Leitão : M. le
Président, nous avons maintenant, avec l'Agence du revenu du Canada, une entente-cadre qui nous permet justement d'avoir accès à ces informations-là, chose qui n'existait pas avant. Et ce qui est ironique, c'est
que, justement, en 2013, le collègue député
de Rousseau, quand il était ministre des Finances, lui, avait aussi entériné plusieurs conventions d'échange d'information avec des juridictions réputées être des paradis fiscaux, comme les îles
Caïmans, le Panama, etc. Il trouvait à ce moment-là que c'était un outil
intéressant, puisqu'il les a entérinées. Bon, maintenant, ça n'est plus bon.
Nous
pensons que, oui, c'est toujours un outil très,
très, très performant, très efficace dans la lutte aux paradis fiscaux. Il y a maintenant, comme j'ai dit tantôt,
une entente-cadre avec l'Agence du revenu du Canada qui nous permet de maximiser ces informations-là. Peut-être que
M. Ducharme pourrait donner un peu plus de détails sur l'utilité de
ces échanges d'information, de ces ententes.
Le Président
(M. Bernier) : Oui, je reviendrai à M. Ducharme. M. le
député de Rousseau.
M. Marceau :
M. le Président, je ne veux pas l'utilité, je ne veux pas un argumentaire, je
veux le nombre. Ce n'est pas compliqué, ça.
M. Marceau :
Est-ce qu'il peut nous laisser tranquilles, le député de Laval-des-Rapides?
M. Polo :
...ce n'est pas à son...
Le Président
(M. Bernier) : M. le député de Laval-des-Rapides, il a le droit
de dire qu'il n'est pas satisfait.
M. Polo :
Il peut reposer la question 100 fois, s'il le souhaite.
Président (M. Bernier) :
Oui, mais il peut les poser, puis le ministre peut répéter 100 fois la même
réponse. Allez-y, M. le député de Rousseau.
M. Marceau : Bien, écoutez, le député de Laval-des-Rapides reconfirme encore une fois que le ministre ne répond pas, puis on est d'accord, on s'entend. Alors, le ministre,
il est responsable d'un dossier qui est très présent dans l'actualité, qui est fondamental, les Québécois
veulent savoir. Lui, il vante les conventions fiscales avec les paradis
fiscaux. Or, on sait qu'elles mènent
à la non-imposition des profits de nombreuses sociétés. On sait ça. On sait
ça. Lui-même, dans ses chiffres, le
reconnaît. L'évitement fiscal abusif existe. Il y a des entreprises
qui utilisent les paradis fiscaux pour éviter de payer de l'impôt. Ça passe par les conventions fiscales, entre autres.
C'est dans les documents du ministère
des Finances.
Combien de
ces conventions fiscales présentement? De quels pays proviennent les informations qui sont transmises à Revenu Québec?
Le Président (M. Bernier) : M.
le ministre.
M. Leitão : M. le Président, si
c'était tellement néfaste, si ces conventions fiscales là étaient... ces
échanges d'information étaient tellement néfastes, pourquoi, pourquoi, son gouvernement, en 2013, avait entériné toute une série de ces conventions-là? Surtout qu'à ce moment-là on n'avait pas l'entente-cadre qu'on a maintenant avec l'Agence du
revenu du Canada, qui nous permet d'avoir accès à ces informations.
Il le sait très bien
aussi, le collègue, il le sait très
bien, que, dans le cas très
spécifique, donc, de la lutte à l'évasion fiscale et des échanges qu'il
y a entre les deux agences de... des
deux autorités fiscales, pour les cas particuliers, pour les cas individuels, c'est bien sûr l'Agence du revenu du
Canada qui a tous ces détails et qui a les noms, les adresses et
numéros de téléphone de ces personnes
concernées. Avec l'entente-cadre qu'on a maintenant avec l'Agence du
revenu, cet échange d'information va être beaucoup plus fluide que... ce
n'était pas le cas auparavant. C'est tout ce que je peux vous dire maintenant, M.
le Président.
Le Président (M. Bernier) : M.
le député de Rousseau.
M. Marceau : M. le
Président, l'ignorance du ministre des Finances est...
Le Président (M. Bernier) : S'il
vous plaît! Non, mais là, regarde, je vous demande...
M. Marceau :
...incroyable! Incroyable! Juste dire...
Le Président (M. Bernier) : Je
vous demande... Non, non, mais là...
M. Marceau : Il a
mentionné les îles Caïmans, M. le Président.
Le Président (M. Bernier) :
Écoutez, je pense... M. le député de...
M. Marceau : Les îles
Caïmans, l'entente date de 2010.
Le Président (M. Bernier) : M.
le député de Rousseau!
M. Marceau : Oui.
Excusez-moi.
Le Président (M. Bernier) :
Écoutez, je pense que le... En utilisant le terme «ignorance»...
Le Président (M. Bernier) :
...je pense que, là, là, vous... selon l'article 35, je pense que vous...
M. Marceau : Non, non,
mais regardez, c'est à cause que...
Le Président (M. Bernier) : Je
vous demande de retirer ça.
M. Marceau : O.K., je
retire. Ça ne me pose pas de problème.
Le Président (M. Bernier) :
Bon, bien, continuez.
M. Marceau : Je constate tout simplement qu'il ne
connaît pas les réponses. C'est reconnu, d'ailleurs, par le député
Laval-des-Rapides. Caïmans, c'est 2010. Il ira voir sur le site du ministère des Finances à Ottawa. Et là il défend
des mécanismes qui pourraient être utiles,
tout le monde en convient, mais encore faut-il qu'il y ait des renseignements.
Un échange de renseignements, ça suppose «renseignements».
À ce jour,
peut-il reconnaître qu'il n'a pas de renseignements? Il n'en reçoit pas, de renseignements
d'Ottawa qui proviennent des... qui ont été transmis dans le cadre de
conventions fiscales. Il n'en reçoit pas. Peut-il le reconnaître?
Le Président (M. Bernier) :
M. le ministre.
M. Leitão :
Les ententes d'échange de renseignements avec l'Agence du revenu du Canada sont
très utiles dans la lutte à l'évasion
fiscale. Le collègue lui-même avait signé une série de ces ententes-là en 2013,
et, à ce moment-là, on n'avait pas cette entente-cadre avec l'Agence du
revenu.
Et, juste pour
clarifier les choses, je vais mentionner les ententes qui ont été, donc,
signées en 2013. C'est entre le Canada
et le Panama, entre le Canada et Bahreïn, le Canada et les îles Vierges
britanniques, le Canada et Brunei, Canada et Panama, Canada et le Liechtenstein. Donc, ça, ça a été fait en 2013, et,
à ce moment-là, il n'y avait pas l'entente-cadre qu'on a maintenant et
qui nous permet d'avoir accès à l'information utile en temps utile.
Le Président (M. Bernier) :
M. le député de Rousseau.
M. Marceau :
M. le Président, le ministre confirme, là, qu'il défend un système dans lequel
il dit qu'on va avoir des
renseignements, or, ces renseignements, ils ne les a pas. C'est très utile, une
entente d'échange de renseignements, alors que c'est des renseignements
qu'on n'a pas à la fin. Très utile.
Je vais changer de sujet, très pointu, très
simple. Combien y a-t-il de personnes, chez Revenu Québec, qui travaillent à
redresser les prix de transfert des multinationales?
Le Président (M. Bernier) :
M. le ministre.
M. Leitão :
Combien de personnes? Écoutez, peut-être M. Ducharme pourrait être plus
précis là-dedans. Comme nous avons mentionné dans le budget, et
M. Ducharme a déjà fait allusion à cela, nous avons lancé un appel de candidatures. Nous voulons avoir
75 ressources spécialisées dans ce domaine-là. M. Ducharme, combien
nous avons déjà?
M. Marceau : ...les
transferts spécifiquement.
Le Président
(M. Bernier) : M. Ducharme.
M. Ducharme (Éric) : Actuellement, au
niveau des grandes entreprises multinationales, il y a 300 personnes
qui travaillent dans ces dossiers-là, et il
peut arriver qu'il y ait des problématiques par rapport aux prix de transfert.
Par ailleurs, le plan d'action
prévoit, dans notre groupe, l'intervention des spécialistes en prix de
transfert qui pourront travailler, comme on le fait en recherche et
développement, directement à l'Agence du revenu du Canada pour obtenir
l'information détaillée sur ces éléments-là.
Le Président
(M. Bernier) : M. le député de Rousseau.
M. Marceau : Avant... parce que je comprends le plan d'action, là, je
comprends l'intention, mais avant l'embauche, avant la mise en place du plan d'action, combien y a-t-il d'experts en
prix de transfert présentement à Revenu Québec?
Le Président
(M. Bernier) : M. Ducharme.
M. Ducharme
(Éric) : Au niveau des vérifications des grandes entreprises, donc les
multinationales, on a 300 vérificateurs qui travaillent dans ces
dossiers-là au niveau de l'impôt.
Le Président
(M. Bernier) : Merci. M. le député de Rousseau.
M. Marceau :
Et sur les prix de transferts?
Le Président
(M. Bernier) : M. Ducharme, sur les prix de
transfert, combien?
M. Ducharme (Éric) : Ce n'est pas
spécifique à certains postes. Dans des dossiers, il peut y avoir des
discussions au niveau de l'échange d'information avec l'ARC, dans les dossiers
de vérification, comme on le fait au niveau des planifications fiscales agressives, comme on le fait au niveau des
paradis fiscaux. L'Agence du revenu du Canada nous transfère l'information par rapport à des dossiers
quand il y a des problématiques particulières. Notre intention est de...
Le Président
(M. Bernier) : M. le député de Rousseau.
M. Marceau : Est-ce que c'est arrivé
que l'Agence de revenu du Québec utilise des redressements aux prix de
transfert différents de ceux d'Ottawa? Est-ce que c'est déjà arrivé dans
l'histoire de l'humanité?
Le Président
(M. Bernier) : M. Ducharme.
M. Marceau :
...d'une multinationale d'une manière qui ne provenait pas de ce qu'Ottawa
fait?
M. Ducharme (Éric) :
Je ne connais pas l'ensemble des dossiers et l'ensemble de l'histoire de Revenu
Québec, mais, normalement, on a quand même
des régimes qui sont harmonisés avec le gouvernement fédéral. On a des
particularités, au Québec, en termes
de crédit d'impôt remboursable, entre autres, qui font qu'il peut y avoir des
écarts, mais on reste harmonisés, et puis des échanges d'information nous
amènent à avoir des positions assez communes avec eux.
Le Président
(M. Bernier) : Merci. Monsieur... oui.
M. Leitão : À cet égard-là, M.
le Président, une information additionnelle. Précisément à cet égard-là, il y a
maintenant un nouveau cadre multilatéral qui s'applique à ces choses-là, c'est les
travaux du BEPS, donc d'OECD, dont le Canada a aussi signé ces accords-là. Donc, maintenant,
l'information est cohérente entre le Canada
et beaucoup d'autres pays.
Le Président (M. Bernier) :
...secondes.
M. Marceau : Bien, je n'ai pas eu la réponse. Je sais que
M. Ducharme fait de son mieux, là, mais est-ce que c'est zéro? Est-ce que c'est déjà
arrivé? Peut-être nous dire : Oui, c'est déjà
arrivé ou bien : Non, ce n'est jamais arrivé, tout simplement. Est-ce que c'est déjà
arrivé que, de manière autonome, l'Agence
du revenu du Québec redresse des prix
de transfert d'une manière qui était différente de celle de l'Agence du revenu
du Canada? Est-ce que c'est déjà arrivé?
Le Président (M. Bernier) :
M. Ducharme.
M. Ducharme
(Éric) : On me dit que c'est
impossible, actuellement, d'avoir l'information. Il faut aller
dans les dossiers particuliers des entreprises et... de valider. Il peut
y avoir des particularités qui font que c'est différent.
Président (M. Bernier) : Merci. Nous allons passer du côté ministériel, donc, avec M. le député de Mégantic.
M. Bolduc : Merci, M.
le Président. Revenu Québec a conçu, il y a quelques années, une solution technologique pour lutter contre le phénomène de l'évasion fiscale dans le secteur de
la restauration et des bars. Ainsi, depuis 2010, des modules d'enregistrement des ventes ont été
déployés dans ce secteur. Au 28 février 2018, 39 510 MEV sont en
fonction dans 21 468 établissements.
Le succès de ce programme a été rendu possible grâce à l'implantation de quatre
mesures, soit la remise obligatoire de la
facture au client, la production d'une facture au moyen d'un MEV, les activités
d'inspection et une campagne de sensibilisation.
Les mesures
implantées dans ce secteur ont permis d'augmenter l'autocotisation de
1,9 milliard de dollars depuis le début du projet. Au total, Revenu
Québec entend récupérer plus de 2,2 milliards de dollars d'ici 2018‑2019
grâce aux mesures mises en oeuvre.
Donc, malgré
une campagne d'information et d'inscription au fichier de la TPS-TVQ et de la
TVQ en juin 2013, plusieurs problèmes
de conformité fiscale dans l'industrie de transport rémunéré de personnes ont
été observés. En voici quelques
exemples : la perception et la remise des taxes ne s'effectuent pas
conformément aux lois en vigueur, il y a une sous-déclaration substantielle des revenus d'exploitation, et, malgré
les nombreux efforts de sensibilisation de Revenu Québec, une proportion
importante des chauffeurs n'est pas inscrite au fichier de la TPS-TVQ et de la
TVH.
Toute
personne qui fournit des services de transport rémunérés de personnes, par
exemple, taxi, limousine, est considérée,
selon la
Loi sur la taxe d'accise et la
Loi sur la taxe de vente du Québec,
comme exploitant une entreprise de taxi. Les exploitants d'entreprise de
taxi ont l'obligation de s'inscrire au fichier de la TPS, TVH et de la TVQ dès
la première transaction qu'ils effectuent,
et ce, quel que soit le montant annuel de leurs ventes taxables. Seul un
chauffeur de taxi qui est un employé salarié
d'une entreprise de taxi ou qui n'exploite pas lui-même une telle entreprise
n'est pas tenu d'être inscrit.
Considérant
des pertes fiscales évaluées à 72 millions de dollars par année pour ce
secteur et le succès de l'implantation des
modules d'enregistrement des ventes, MEV, dans le secteur de la restauration et
des bars, il a été annoncé, lors du discours du budget 2017‑2018,
l'implantation d'une solution exploitant les possibilités des MEV dans le
secteur du transport rémunéré de personnes pour la fin de l'année 2019.
Donc, M. le
ministre, dans la dernière année, qu'avez-vous mis en oeuvre pour lutter contre
l'évasion fiscale dans le secteur du transport rémunéré par personne?
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. le ministre.
M. Leitão : Merci, merci, cher collègue. Je vais répondre à
votre question et je demanderais aussi à M. Ducharme
s'il pourrait donner un peu plus de détails. Mais, avant de le faire, j'aimerais revenir sur la discussion
que nous avons eue avec nos collègues
du Parti québécois parce
que je n'ai pas compris quelle était
la position, M. le Président. Ce
n'est pas clair. Je pense avoir
entendu le député de Rousseau mentionner que, oui, lui aussi, il pense que les
ententes d'échange d'information,
c'est un outil qui peut être utile dans la lutte à l'évasion fiscale. Or, c'est
exactement le contraire que son chef
avait dit hier. Son chef ne semble
pas bien comprendre comment ces mécanismes-là fonctionnent parce qu'il disait hier : Ces ententes d'échange d'information mènent à l'évasion
fiscale. Donc, il faudrait qu'ils se parlent un petit peu entre eux parce que la position n'est pas claire du
tout.
Maintenant,
pour ce que vient... à la question de notre collègue en ce qui concerne le... donc,
l'industrie du transport rémunéré de personnes ou de taxi, il y a des initiatives très
intéressantes du côté de Revenu Québec pour aller percevoir la taxe de vente. Nous avons déjà un système qui est assez
performant pour la perception de la taxe de vente dans les restaurants et dans les bars, on a développé,
donc, les fameux MEV, les modules d'enregistrement de ventes, et donc ce
qu'on fait maintenant, ce qu'on va faire
maintenant, c'est d'avoir un système similaire pour les taxis. Donc, il y aura
un enregistrement aussi des ventes.
Bon, vous comprenez
très bien qu'un taxi, ce n'est pas la même chose qu'un restaurant. Un taxi, il
bouge pendant qu'un restaurant, en principe,
ne bouge pas beaucoup, n'est-ce pas? Donc, il fallait chercher, donc, une
technologie un peu différente, adapter la
technologie des MEV actuels, l'adapter aux transports, aux véhicules, mais
l'objectif ultime est le même, c'est
de procéder à l'enregistrement de la vente, donc de l'activité, pour que la
taxe de vente, la TVQ, puisse être perçue.
Peut-être,
M. Ducharme, vous pouvez nous dire un petit peu quelques mots sur l'étape
où est-ce qu'on est dans l'application de ces MEV au taxi.
Le Président
(M. Bernier) : Oui, merci. M. Ducharme.
M. Ducharme
(Éric) : Oui. On a un engagement pour la fin 2019 de pouvoir
implanter cette solution électronique là
dans l'ensemble des taxis ou du transport rémunéré de personnes. C'est à peu
près 8 000 véhicules de transport qui sont visés si on
comprend les taxis connus, les Téo Taxis, Uber, et autres. Donc, l'idée étant
une solution qui... comme le disait M. le
ministre, comme un MEV, mais qui se déplace avec le véhicule et qui permet
d'enregistrer chacune des courses. On
a actuellement trois appels d'offres qui ont été lancés pour pouvoir réaliser
cette solution-là. Ils en ont deux qui ont été accordés, un pour... et un troisième où des propositions ont été
déposées, et on va les analyser dans les prochains jours, là, pour
accorder les contrats.
évalue un montant maximal de 50 millions de dollars sur cinq ans pour
développer le produit et on veut être sur le «cloud», utiliser le nuage pour pouvoir conserver l'ensemble de
l'information pour chaque chauffeur, chaque véhicule. Et c'est un développement qui va être, un jour...
nous servir dans une version 2 ou une version 3 des MEV qui sont dans
les restaurants ou les bars.
L'idée derrière ça, c'est de faire un suivi des
différentes transactions, donc, pour permettre de sévir contre le transport
illégal puis que chacun paie sa juste part
au financement et au maintien des services publics, de diminuer le travail au
noir dans l'industrie et de l'évasion
fiscale, qui amène une concurrence déloyale, et également d'avoir des
renseignements compilés au moyen de la
solution permettant de rendre disponibles les informations fiables sur
l'industrie, ce qui n'est pas possible actuellement.
L'implantation,
pour que ça soit une réussite, doit s'accompagner d'inspections plus efficaces,
comme on le fait dans les bars et les restaurants, donc, pour ce qui est
de valider si les factures sont bel et bien remises et les courses,
enregistrées dans le système.
qu'on cherche comme utilitaire, c'est que les exploitants pourront consulter
leurs données de transactions par le biais d'un portail Web. Ces données
vont leur permettre de remplir leurs obligations fiscales plus facilement...
Président (M. Bernier) : M. Ducharme, je dois vous
interrompre parce que, le temps qui nous était alloué pour l'étude de
ces crédits étant terminé, je dépose les réponses aux demandes de
renseignements de l'opposition. Et je remercie
le personnel de l'Agence du revenu d'avoir été présent cet après-midi. Merci
également aux collègues qui ont participé
à ces travaux. Merci aux recherchistes, merci au personnel de l'Assemblée
nationale qui nous accompagne sur l'enregistrement sonore et
l'enregistrement visuel.
compte tenu de l'heure, la commission suspend ses travaux jusqu'à 15 heures, où elle entendra l'étude du
volet SAQ et Loto-Québec des crédits budgétaires du portefeuille Finances.
(Suspension de la séance à
13 heures)
Président (M. Bernier) :
À l'ordre s'il vous plaît! La
Commission des finances publiques reprend ses travaux. Et, bien sûr, je
demande aux personnes présentes d'éteindre la sonnerie de leurs appareils
électroniques.
commission est réunie afin de procéder à l'étude du volet Loto-Québec des
crédits budgétaires du portefeuille Finances de l'exercice financier
2018‑2019 ainsi que des crédits au niveau de la Société des alcools du Québec.
Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Oui, M. le Président. Mme de Santis
(Bourassa-Sauvé) est remplacée par M. Habel (Sainte-Rose)...
Le Président
(M. Bernier) : Merci beaucoup.
La Secrétaire : ...et
M. Marceau (Rousseau) est remplacé par M. Pagé (Labelle).
Le Président (M. Bernier) :
Donc, au niveau de la SAQ, c'est une période de deux heures qui est consacrée à ces crédits. Donc, nous sommes quand même
passablement à l'heure. Puisque nous débutons nos travaux à 15 h 1,
donc on pourra terminer vers 16 h 1, ce qui fait qu'il n'y aura pas
de problème sur ça.
Et donc nous
allons donc débuter avec l'opposition
officielle, avec M. le député de Labelle. C'est vous qui avez la première période.
C'est vous, cet après-midi, qui allez inaugurer les questions. Donc, on vous
invite à débuter.
M. Pagé : On est partis,
M. le Président?
Le Président (M. Bernier) :
C'est parti.
M. Pagé : Pour combien
de temps?
Le Président (M. Bernier) : 18
minutes.
M. Pagé : 18 minutes. Alors, bonjour, M. le Président, M. le ministre, les gens qui vous accompagnent, les gens
du cabinet, les collègues de deuxième opposition. Bonjour, tout le monde.
Alors, oui,
normalement, quand on fait les crédits SAQ, c'est mon collègue député de Berthier
qui est présent, mais c'est moi cet
après-midi parce que vous comprendrez un peu pourquoi, parce que
qui dit SAQ, maintenant, dit également SQDC, la Société québécoise du cannabis, qui sera la filiale de la SAQ
et qui soulève évidemment beaucoup de
questions, et sans que la loi ne soit encore
adoptée, la loi n° 157, sur laquelle on a plus de 90 heures de faites
et pour laquelle, je tiens à rassurer
le gouvernement, nous allons vraiment collaborer afin d'adopter la loi avant la
fin de la session. Je pense que ça serait irresponsable de faire le
contraire.
Mais, déjà,
il y a beaucoup d'articles, beaucoup d'encre coule et beaucoup
d'interrogations, et souvent, bien, on apprend,
via le président-directeur général de la SAQ, un peu quel sera le déploiement
des succursales. Et là on nous avait dit
au début une quinzaine de succursales. Soudainement, on en attend peut-être 20.
Nous savons maintenant que la loi fédérale va nous permettre de procéder
probablement autour du 1er septembre, quelque chose comme ça.
Alors, au
moment où on se parle, question relativement simple. On prévoit pour
l'ouverture, pour début septembre, à
peu près combien de succursales et, à plus long terme, le déploiement pour à
peu près combien de succursales? D'autant plus que, lors du premier
point de presse, le ministre nous avait dit : Est-ce qu'il y en aura 150,
250? On ne le sait pas.
Est-ce qu'à ce moment-ci on peut voir un peu
plus clair quant au déploiement des succursales?
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. le ministre.
M. Leitão : Merci, M. le
Président. Je laisserai aussi M. Brunet répondre un peu à cette question,
mais, en préambule ou en introduction,
j'aimerais mentionner aussi que nous, le gouvernement, nous abordons cette
question, la question de, donc, la
SQDC, et donc la légalisation du cannabis, et donc sa distribution, nous
l'abordons d'un point de vue de santé publique et de protection du
public.
Je pense
qu'il y a un très vaste consensus, parmi les partis politiques à l'Assemblée nationale, que le modèle idéal, c'est avec une forte implication du secteur public, donc à travers une filiale de la SAQ. Donc, c'est pour ça que nous
avons confié à la SAQ le mandat de créer ces
succursales, et donc de la mettre en place le plus rapidement possible
aussi, parce qu'arrivé, on ne sait pas, mais le 1er juin ou
le 1er septembre, ça semble maintenant... les dates semblent être un peu plus vagues maintenant, mais bientôt il va falloir, quand ça va être
légal, que nous, que le Québec soit prêt à faire la commercialisation et
la distribution. Donc, c'est pour ça qu'on a confié le mandat à la SAQ, donc
SQDC. M. Brunet a personnellement pris en charge le mandat de lancer, de
créer cette filiale-là.
Très bien.
Alors, c'est ça. Je m'arrêterais ici et j'ajouterais seulement
que, quel que soit le modèle, quel que soit ce que la SQDC fera, ça va être,
bien sûr, conditionnel à l'approbation du projet de loi.
Le Président (M. Bernier) :
Merci.
M. Pagé : ...j'ai pris deux minutes pour ma question,
on n'a pas beaucoup de temps, et déjà, dans le
préambule, il y a deux minutes de passées. Alors, c'est un peu... je voudrais
avoir du temps pour une réponse.
Président (M. Bernier) :
Je veux vous assurer, M. le député de Labelle, que je partage le temps également.
Donc, si vous prenez deux minutes, vous prenez deux minutes.
M. Pagé : Oui. Bien là,
c'est parce que c'est deux, deux...
Le Président (M. Bernier) :
C'est chronométré.
M. Pagé :
...et je n'ai toujours pas de réponse.
Le Président (M. Bernier) : Ah!
ça, je n'ai pas à juger ça.
M. Pagé : Alors, est-ce
que... Bien, écoutez,
c'est assez... Est-ce qu'on peut seulement nous donner les chiffres pour ne pas
prendre trop de temps, si c'était possible?
Le Président (M. Bernier) : En
vous identifiant et en... est-ce que vous êtes d'accord pour que...
M. Brunet (Alain) : Alain
Brunet, je suis le...
Le Président (M. Bernier) :
M. Brunet... prendre la parole. M. Brunet, allez-y.
M. Brunet
(Alain) : Oui. Alain Brunet,
donc, P.D.G. de la SAQ. Alors, en complément, effectivement, on a un plan de déploiement
qui est prévu, qui arrive avec les dates qu'on aura plus clairement
prochainement. Mais, on va dire, si c'est
le 1er septembre, nous, ce qu'on veut, c'est établir une vingtaine de
succursales, couvrir l'ensemble du territoire
du Québec dans un premier temps. Et 15, 20, ça a été les chiffres qu'on avait
depuis le début, hein, c'est une question de faisabilité.
On a travaillé en étroite collaboration avec les municipalités. Il n'est pas question de forcer aucune
municipalité. C'est une question d'acceptabilité.
Donc, dans un
premier temps, on a fait des démarches pour identifier les municipalités et les endroits dans les municipalités où on pouvait s'implanter,
où il y avait de l'adhésion, justement, puis où on pouvait s'entendre. Puis ensuite, bien, il y a une recherche de locaux
à faire puis des étapes subséquentes qu'on va enclencher aussitôt que ce
sera clair sur la loi.
M. Pagé : Mais est-ce
qu'on peut nous déposer les directives qui ont été données de la part de la
Santé publique pour guider vos choix
où vous allez installer une succursale? Vous devez avoir eu des directives,
quand même, parce que le projet de loi n° 157, comme disait le ministre,
vraiment nous guide sur la santé publique. Et il y a eu plusieurs interventions
qui ont été faites dans ce sens-là. Alors, est-ce que vous avez eu des
directives?
Le Président (M. Bernier) :
M. Brunet.
M. Brunet
(Alain) : Donc, les directives, c'est à partir du projet de loi. On
n'a pas eu de directives spécifiquement en provenance du ministère.
M. Pagé : O.K. Donc,
tout ce qu'on a entendu de consultations au mois d'août, j'ai participé à
toutes les consultations à travers le
Québec, on a eu 60 mémoires, 60 groupes qui sont venus en commission
parlementaire et qui sont venus nous
faire des recommandations, notamment sur les emplacements, faire attention, les
distances avec les écoles, les
distances avec les CPE, on nous a fait plusieurs recommandations, et aucune de
ces recommandations ne s'est rendue chez
vous pour que vous puissiez en tenir compte dans l'emplacement des sites, des
comptoirs, des succursales de la SQDC.
Le Président (M. Bernier) :
M. Brunet.
M. Brunet
(Alain) : En fait, on travaille avec... Les mémoires, on les a vus,
là. Donc, c'est public, ça, et c'est pourquoi
on a fait une démarche où on est allés spécifiquement municipalité par
municipalité pour tenir compte du milieu, de l'environnement et des
conditions particulières propres à chaque environnement de chaque municipalité.
Et là où il y
avait de l'ambiguïté, on ne prend pas action. D'ailleurs, on n'a rien de signé,
on n'a pas de contrat. On est au
début de la démarche puis on attend justement l'adoption du projet de loi et de
la réglementation qui va s'ensuivre pour encadrer puis finaliser la
démarche de localisation.
M. Pagé : Je vais juste
prendre un cas simple...
Le Président (M. Bernier) :
M. le député de Labelle.
M. Pagé : ...les écoles, les écoles primaires et
secondaires, tout le monde a fait des recommandations là-dessus. Est-ce que vous pouvez nous dire : Oui, on s'assure au moins d'être
à un minimum de 400 ou 600 mètres ou quelque chose comme ça? Avez-vous au moins cette directive-là?
Le Président (M. Bernier) :
M. Brunet.
M. Brunet (Alain) : Alors, absolument,
on s'assure d'être dans les standards qui ont été discutés jusqu'à maintenant,
qui sont sur la table, qui sont connus soit à travers le projet de loi ou à travers les différents mémoires. Et, plus particulièrement,
c'est évidemment ce que les municipalités ont à coeur de protéger aussi.
Donc, quand on arrive dans une municipalité,
concrètement, bien, on est beaucoup plus spécifique parce que, là, on
travaille à partir de la municipalité. C'est du cas par cas. C'est très
détaillé, pointu, fonction de la municipalité.
M. Pagé :
Est-ce que vous vous êtes mis un minimum de distance?
M. Brunet
(Alain) : Non, c'est
variable en fonction de la municipalité, mais, dans le cadre de ce que vous
citez, on a des distances. Maintenant,
quand on arrive sur un site puis un territoire donné, bien, on travaille ça de façon
très étroite avec les municipalités
puis avec l'environnement dans lequel on se situe. Mais, encore une fois, je dois insister sur le fait que
toutes ces décisions vont se prendre à
partir de l'adoption
du projet de loi et de la connaissance des règlements qui vont suivre, et on pourra s'ajuster.
M. Pagé : Vous dites que vous êtes en discussion avec les municipalités
là-dessus. Vous discutez avec combien de municipalités
jusqu'à maintenant?
Le Président
(M. Bernier) : M. Brunet.
M. Brunet
(Alain) : Bien, comme je
vous disais, on vise une quinzaine... entre 15 et 20 succursales, puis il y a quelques municipalités qui en auront
plus d'une. Alors là, on travaille avec environ 12 à 14 municipalités.
Le Président
(M. Bernier) : M. le député de Labelle.
M. Pagé :
Ça risque donc d'être difficile de couvrir le Québec, là, je pense qu'on va
miser plus sur la vente en ligne.
Est-ce
que vous pourriez imaginer qu'il y aurait une succursale de la SQDC à même ou
avec un mur mitoyen avec la SAQ? Est-ce que c'est envisagé?
Le Président
(M. Bernier) : M. Brunet.
M. Brunet
(Alain) : Ce n'est pas du tout envisagé, ça, non.
M. Leitão :
Pas du tout, pas du tout.
M. Brunet
(Alain) : Ça fait
partie du
cadre qu'on s'est donné, donc il n'y
a rien de mitoyen. Évidemment,
on ne partage pas de locaux, ce qui serait
encore plus proche. Et puis je dois vous dire que, quand on dit
20 magasins, c'est le début, on
est au début de l'histoire. Éventuellement, les choses vont se préciser, puis il y a
un plan de déploiement qui va faire
qu'on va beaucoup mieux couvrir puis ajuster la localisation des
magasins en fonction du besoin. Puis on va couvrir le Québec à travers
les années. Ce n'est pas à travers le premier mois, l'ouverture des premiers
magasins qu'on a la prétention de couvrir l'ensemble du territoire.
Donc,
on se donne beaucoup de souplesse puis effectivement on se permet de
bien situer les choses au cas par cas puis
de s'éloigner de la SAQ parce que c'est ce qu'on a compris à travers le projet de loi. Alors, tout le cadre de la santé, de la sécurité publique est tenu en compte à partir de l'information qu'on a. Puis, au fur et à mesure que le projet de loi se précise, éventuellement qui sera adopté, éventuellement que les règlements vont suivre, parce qu'on est conscient qu'il
y a beaucoup de choses qui vont venir encadrer tout ça, on va pouvoir préciser
les choses.
Le Président
(M. Bernier) : Merci. M. le député de Labelle.
M. Pagé : Bon, il
y a tout un volet certainement que vous avez suivi parce qu'on a passé beaucoup d'heures aussi
là-dessus, c'est tout le volet des fournisseurs de la SQDC. Et, chez les
fournisseurs, donc ceux qui produisent, la raison pour laquelle on a discuté beaucoup,
c'est qu'on sait que plusieurs producteurs sont, entre autres, financés via les
paradis fiscaux. Et, lors d'une question claire à la ministre,
lors d'une question claire à la ministre, après de longues heures de
débat, elle avait accepté à déposer
un amendement qui ferait en sorte... et là j'avais été clair
puis je l'ai posée trois fois plus qu'une, la question : Est-ce qu'après l'amendement c'est clair, Mme la ministre, qu'une entreprise qui est financée via les paradis fiscaux
ne pourra pas, un producteur, assurer la vente de ses produits à la SQDC? Et
elle avait dit oui clairement, et ça a même été repris dans les médias.
là ce que je vois dans les médias, c'est que vous avez présentement signé des ententes avec... je
pense que vous êtes rendu avec sept fournisseurs, dont certains là-dedans,
déjà, on sait qu'ils sont financés via les paradis fiscaux. Alors,
comment vous expliquez ça?
Le Président
(M. Bernier) : M. le ministre.
M. Leitão : Oui, je vais répondre à ça, M. le Président, en disant deux choses. D'abord, je rappelle au collègue que c'est de
juridiction fédérale, c'est le gouvernement fédéral qui accorde les permis aux
producteurs. Donc, la première vérification doit nécessairement être faite par Santé
Canada, par le gouvernement fédéral.
Maintenant,
après ça, nous nous sommes déjà engagés, nous, comme gouvernement, et vous en
avez discuté longuement dans la commission
parlementaire, à ajouter une couche assez importante de vérifications qui vont
se faire par l'AMF maintenant, et éventuellement la future Autorité des
marchés publics.
Mais
tous ces éléments-là se discutent dans la commission parlementaire qui analyse
le projet de loi. Et l'amendement a
été déposé. Vous n'avez pas encore, vous, c'est-à-dire la commission
parlementaire, vous n'avez pas encore commencé à débattre de cet
amendement-là. Alors, une fois que cela sera établi, sera discuté, une fois
qu'un consensus aura été dégagé, bien sûr qu'à ce moment-là la SAQ, la SQDC va
suivre les règles qui lui seront données. Entre-temps,
je mentionnerais seulement que ce qui a été signé entre la SAQ et les
producteurs, ce sont des ententes de livraison de produits parce qu'il
faut que la société soit prête à livrer le produit le jour un.
Le Président (M. Bernier) :
M. le député de Labelle.
M. Pagé :
Mais la question est claire, là. La ministre avait dit très clairement que,
suite à l'amendement, si une entreprise,
un producteur fait affaire dans les paradis fiscaux, il verrait son contrat
résilié. Et là, présentement, on n'est même pas rendu là, là. Est-ce
que, juste au niveau de la vérification avec l'AMF, est-ce que les six ou sept
entreprises avec lesquelles vous avez signé des ententes... est-ce qu'elles
sont passées par le filtre de l'AMF?
Le Président
(M. Bernier) : M. le ministre.
M. Leitão :
Le projet de loi est toujours en discussion, l'amendement qui a été déposé n'a
pas encore été discuté, analysé dans
la commission parlementaire en question. La SQDC va se conformer aux lois quand
elles seront votées. Dans les
ententes qui ont été signées, c'est clairement indiqué que c'est conditionnel
aux critères de la loi. Donc, cette discussion, qui est très importante,
va se faire à l'endroit adéquat qu'est la commission parlementaire.
Le Président
(M. Bernier) : Merci. Merci. M. le député de Labelle.
M. Pagé :
...mais, à ce moment-là, je vais poser ma question plus directement au
ministre. Quand j'ai posé trois fois la même
question à la ministre pour avoir une réponse claire, et au final la réponse a
été claire, elle a été reprise dans
les médias, la réponse claire, là, à la question claire, c'était : Si une
entreprise est financée via les paradis fiscaux, est-ce qu'elle va
perdre son entente avec la SQDC? La réponse, clairement, a été : Oui.
L'article
21.2 dont vous parlez, oui, on va en discuter prochainement, mais est-ce que le
ministre peut au moins nous confirmer
ce que la ministre de la Santé publique nous a dit? La même chose : Est-ce
qu'une entreprise qui est financée via les paradis fiscaux, oui ou non,
va perdre son contrat?
Le Président
(M. Bernier) : M. le ministre.
M. Leitão :
Cette question va se débattre, va se discuter dans la commission parlementaire.
Nous, ce que nous disons, c'est que
ce qui nous intéresse, ce qui est primordial, c'est de vérifier la probité de
ces entreprises-là, nous assurer que
ces financements, d'où qu'ils viennent, d'où qu'ils viennent, ces financements
de ces entreprises-là soient vérifiés et qu'on veut absolument empêcher l'arrivée du crime organisé,
indirectement ou par un chemin détourné, dans le commerce du cannabis.
Donc,
ce qui est important, c'est de vérifier les sources de financement, d'où
qu'elles viennent. Ce n'est pas limité à un certain type de financement,
c'est toutes les sources de financement.
Le Président
(M. Bernier) : Merci. M. le député de Labelle.
M. Pagé :
Le président-directeur général de la SAQ, quand il a fait affaire avec les six
ou sept entreprises avec qui il a conclu des ententes, est-ce qu'il a
averti les entreprises de ce qui s'en venait?
Le Président
(M. Bernier) : M. Brunet.
M. Brunet
(Alain) : Oui, merci. Alors,
oui, non seulement ça a été fait dans les règles de l'art, mais ça a
été mis par écrit. Donc, tout est
sous réserve. À partir du moment où ces entreprises nous livreront des
produits, c'est parce qu'elles auront été certifiées au sens que
M. Leitão le décrivait tantôt et après adoption du projet de loi.
Nous,
ce qu'on a fait, c'est qu'on a été très proactifs pour s'assurer que, si ça
n'arrivait pas, bien, il n'y a rien qui se passe puis il n'y a pas de mesures qui peuvent être prises contre nous.
Donc, tout est clair, c'est sous réserve. Puis, s'ils ne sont pas
certifiés au sens qu'ils doivent l'être, bien, on ne fera pas affaire avec eux.
Le Président
(M. Bernier) : Merci. M. le député de Labelle, 30 secondes.
M. Pagé :
Bien, écoutez, M. le Président, vous me voyez déçu d'entendre aujourd'hui que la ministre de la
Santé publique a dit très clairement
une chose, qu'une entreprise qui produit du cannabis et qui est financée via
les paradis fiscaux verrait son entente résiliée s'il y avait
entente avec la SQDC. Aujourd'hui, le ministre
des Finances ne va pas aussi
loin que ça. Donc, on peut déjà
imaginer quelle sera la finalité avec l'article 21.2. Finalement, on ne va pas aussi loin que ce qu'on
avait espéré et on sera évidemment très déçus.
Président (M. Bernier) :
Merci, M. le député. Nous allons aller du côté ministériel avec M. le député de... Vanier-Les Rivières?
M. Huot : Oui, merci,
M. le Président. Bien, salutations à
tous. Je ne suis pas intervenu ce matin. Alors, je veux saluer vous, M. le ministre, les collègues
de l'opposition, M. le
ministre et son équipe,