Transportation and the Environment — 1 June 2021 (42nd Legislature, 1st Session)
CTE 2021-06-01
Quebec — Committees
(Dix
heures quatre minutes)
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Alors, votre attention, s'il vous plaît! Ayant constaté
le quorum, je déclare la séance de la Commission des transports et de
l'environnement ouverte. Alors, je vous souhaite un beau matin, un bon avant-midi.
Et je vous rappelle que, lorsqu'une séance de commission commence à... doit
commencer à 10 heures, elle doit commencer à 10 heures. Alors, voilà.
Donc, la commission
est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 88,
Loi modifiant la
Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune et
d'autres dispositions législatives.
Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. M. Bussière (Gatineau) sera remplacé par M. Chassin (Saint-Jérôme); Mme Melançon (Verdun), par M. Birnbaum
(D'Arcy-McGee); Mme Ghazal (Mercier), par Mme Lessard-Therrien
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue);
et M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine), par M. Roy (Bonaventure).
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Lors de la dernière séance, au moment d'ajourner les
travaux de la commission, la discussion portait sur l'article 23.1,
proposé à l'article 17. Y a-t-il des interventions à l'article 23.1?
Charbonneau :
Oui, Mme la Présidente. Je prenais le temps de prendre mon souffle, parce que
vous avez raison de dire que, quand ça commence à 10 heures, ça commence à
10 heures. Quelquefois, le pas de course entre le troisième, le deuxième
et le troisième sous-sol n'est pas toujours évident, mais on commence.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : On peut partir plus tôt.
Charbonneau :
On commence. Nous étions à 23.1, qui nous faisait refaire le tour un peu sur
une nomenclature qui revient à introduire, à l'article 17, ce projet de
loi, qui vise à remplacer l'actuel 24... J'essaie de me remettre dedans, parce
que j'ai des notes sur ma feuille, et entre mon souffle et ma lecture...
Si je reprends le
mémoire du Conseil patronal de l'environnement du Québec, ils nous
sensibilisaient sur certains aspects du 23, globalement, je crois, mais ils
cherchaient à avoir un ajout. Cet ajout-là faisait reconnaître certains aspects de l'article 23 en général.
Ne bougez pas que je me retrouve quelques secondes. Merci de votre
patience.
Donc,
dans 23, ils voulaient qu'on regarde certaines activités dans un territoire mis
en réserve en vue d'y constituer une aire protégée qui ne s'applique pas
aux nouvelles activités, préservant ainsi le droit acquis. Je crois qu'ils
parlent du droit acquis qui est déjà en place par différentes instances, donc
chasseurs, pêcheurs, et ils voulaient revoir si c'était possible de faire un
ajout pour s'assurer qu'on puisse préserver certains droits acquis.
Je ne sais pas si, à
23.1, on est dans les possibilités de mettre les droits acquis puisqu'on parle
des personnes qui sont visées au premier alinéa. Donc, puisque les droits
acquis ne sont pas visés dans le 23, est-ce que c'est possible de les mettre
dans le 23.1, ou est-ce que, plus loin dans le projet de loi, on va être
capable de voir le principe du droit acquis de gens qui ont des territoires et
sur lesquels ils aimeraient préserver la perception de chasse, de pêche ou de
faune?
M. Dufour :
Mme la députée de Mille-Îles, je ne suis pas sûre qu'on est au même article. Je
m'excuse, là.
Mme Charbonneau :
Non, non, excusez-vous pas. Ça se peut qu'on ne soit pas au même article. Moi,
je suis à 23.1.
M. Dufour :
Parce que l'article 23.1, là, c'est sûr les médecins, les vétérinaires,
les agronomes qui doivent déclarer lorsqu'il
y a, mettons, des situations où est-ce qu'il y a des bêtes lorsqu'ils
interviennent, donc, en donnant le nom,
l'adresse du propriétaire, etc. Donc, j'essaie de voir, là, par rapport aux
éléments que vous m'amenez au départ, là.
Mme Charbonneau :
Je crois que les gens, un peu comme je vous le disais au préalable, visaient
plus le 23 plutôt que le 23.1 quand ils parlaient de la possibilité de
reconnaître les droits acquis. Mais ça se peut que ça revienne à 59. Donc, peut-être
qu'à quelque part, là, dans la façon d'élaborer leur mémoire, là, je m'y
retrouve un peu moins. Mais on dit, à
23 : «Nul ne peut, dans un refuge faunique ou dans un territoire mis en
réserve en vue d'y établir un refuge
faunique...» Donc, de ce fait, bien, eux, ils revenaient sur le principe des
droits acquis. Mais ça va aller, M. le ministre. Si ce n'est pas à 23.1,
je vais probablement avoir l'opportunité d'y revenir à 59.
M. Dufour : Je pense que
c'est... on confond avec l'article 122.3 que le légiste me dit, là, parce
que l'article 23, là... l'article 17, puis il vient, en fin de
compte...
Mme Charbonneau :
Oui, je suis à la même place que vous.
M. Dufour :
O.K. Donc, je pense que c'est juste ça, là, il faut... Si on revient sur la
dynamique de l'article 23, c'était vraiment d'obliger médecins
vétérinaires, etc., là, à communiquer des informations lorsqu'il arrive des
situations de bêtes où est-ce que qu'il y a des... bien, pas des tragédies,
mais des abus ou des mauvais traitements, là, concrètement parlant. Puis, de ce
que je me souvenais de notre conversation qu'on avait, on était pas mal
d'accord sur le 23.1, parce qu'on avait décidé de les faire par étapes, là,
23.1, puis là on était davantage rendus à 23.2, là, si ma mémoire est bonne,
là, lorsqu'on a terminé la dernière fois.
Charbonneau :
Moi, j'avais vraiment fait une petite flèche à 23.1. Donc, je ne sais pas si on
l'a dans...
M. Dufour :
Bien, la flèche que vous aviez faite, c'était fait en fonction d'«euthanasie»
versus «tuer».
Charbonneau :
Ah! non, ça, on l'avait fait, ça. On l'a eue, cette discussion-là, et on m'a
bien expliqué qu'«euthanasie» était une façon, puis «tuer», c'était vraiment la
finalité du geste, là.
Mais à 23.1, vous
avez raison, vous faites le tour, là, des personnes qui sont visées à
l'alinéa 1, donc les médecins vétérinaires, les agronomes qui ont raison
de croire... On nomme aussi le principe même de l'adresse de la personne :
«Un médecin vétérinaire ou un agronome doit informer le ministre...»
Dans certaines
régions, M. le ministre, vous avez l'opportunité d'avoir des partenaires des Premières
Nations qui sont, je vous dirais, plus retenus dans ce qu'on appellera le SNAP,
là, la Société pour la nature avec les parcs du Canada,
section Québec. Ils
semblaient vouloir nous sensibiliser au fait qu'ils devraient être reconnus à quelque
part dans le projet de loi.
Sinon,
à 23.1, puisqu'ils peuvent, dans les gestes qu'ils ont le droit de poser,
reconnaître certaines problématiques puis
dénoncer certains faits, est-ce qu'il
n'y a pas lieu de les nommer, à ce moment-ci, dans le principe où on
reconnaît le vétérinaire, on reconnaît les fonctionnaires,
on reconnaît les agronomes? N'y a-t-il pas lieu de reconnaître ce
partenaire qui ne s'appelle pas un gardien
forestier? On dit «gardien du territoire» quelquefois. N'y a-t-il pas lieu de
les nommer? Puisque, souvent, ce qu'on a comme difficulté quand on
regarde un projet de loi, c'est que ce qui n'est pas nommé n'est pas reconnu,
et, de ce fait, puisque ce sont vos partenaires, bien, je me disais il y avait
peut-être lieu de leur donner leur place.
Dufour : Je ne dis pas qu'il ne faut pas les identifier dans certains
autres articles, mais, dans l'article présent, c'est davantage lorsque
nos spécialistes, là, donc ce qu'on appelle médecin vétérinaire, agronome,
c'est les gens... ça peut être biologiste,
c'est vraiment les spécialisations qui ont à travailler avec un animal qui leur
est présenté, si je pense, exemple, chez nous, au Refuge Pageau, les
biologistes qui sont là, les vétérinaires, bien, qu'ils nous fassent part de la
situation d'un animal qu'ils recevraient qui serait en situation de blessure ou
de maltraitance.
Donc, l'article est
davantage là-dessus qu'un... Souvent, les personnes autochtones, on va les...
au niveau de la faune comme ça, on va les appeler gardiens du territoire. Donc,
c'est davantage ce type de gens là, là, qu'on demande, qui sont inscrits comme
professionnels, en fin de compte, de donner l'information adéquate, là, au
niveau d'un animal qui serait récupéré puis qui serait blessé, là.
Charbonneau :
Donc, si je comprends bien, un gardien du territoire reconnu dans le milieu,
reconnu par votre ministère, s'il détecte quelque chose, je prends le motif,
là, d'un animal qui subit des abus ou un mauvais traitement, plutôt que de
pouvoir agir directement, puisqu'il serait reconnu dans la loi comme quelqu'un
qui peut faire ce geste-là, doit prendre son téléphone ou sa façon de
communiquer avec un... quelqu'un reconnu comme un garde au niveau de la faune,
ou un agronome, ou un... Il ne peut pas intervenir malgré le
titre de gardien
du territoire.
M. Dufour :
Bien, le gardien du territoire, techniquement, c'est quelqu'un qui va être là
pour... en protection de la situation de braconnage, des éléments comme ça,
mais il va... Si, exemple, je regarde... je vais prendre le cas local chez
nous, là, le Refuge Pageau, qui recueille souvent des bêtes de la faune, là, ce
n'est pas automatiquement, là... ce n'est pas le rôle de la SPCA, là, le Refuge
Pageau, bon, que ça soit un loup, que ça soit un hibou, que ça soit un orignal,
un ours, etc., qui va se retrouver... Mettons qu'un gardien du territoire
viendrait voir une situation, il va l'amener là et on demande aux spécialistes
du Refuge Pageau de nous contacter l'information additionnelle, qui aura peut-être
transité par le gardien du territoire, avec les gens du refuge, mais c'est...
je ne crois pas que, dans la dynamique de cet
article de loi là, que le gardien
du territoire, c'est vraiment son rôle. Son rôle, c'est d'amener la bête
blessée, puis, avec les outils qu'il a en main, le biologiste ou le médecin ou
le vétérinaire, bien, c'est lui qui va être en mesure de vraiment de nous
communiquer la situation, là. C'est le même principe si c'est des animaux de
zoo qu'on emmène au refuge, c'est la même chose.
Donc, c'est... je ne
vois pas vraiment où on peut insérer le rôle concret, dans l'article 23.1,
du gardien du territoire, mais je ne dis pas qu'il n'y a pas d'autres places
qu'il peut se retrouver, dans d'autres articles, là. Mais dans
l'article 23.1, je ne vois vraiment pas la raison pour quoi qu'on viendrait
inscrire ça là, là.
Charbonneau : Bien, je m'explique. Je comprends que, dans
l'énumération, là, on dit que... à l'article 23 : «Un médecin
vétérinaire ou un agronome qui a des motifs raisonnables de croire qu'un animal
a subi un abus ou un mauvais traitement ou qu'il est ou a été en détresse doit,
dès que possible, en informer le ministre ou en fournir les renseignements
suivants...»
Je comprends qu'au
préalable l'agent de la faune a fait les gestes voulus, mais, puisque le
gardien du territoire était quelqu'un qui fait, je vous dirais, un peu un
mélange de tout, hein, on l'appelle gardien du territoire parce qu'il est aussi... il regarde aussi le mouvement de la faune, il regarde
différents aspects, donc, j'avais... j'avais lu leur mémoire en me
disant, bien, qu'effectivement c'est peut-être un endroit où on pourrait
commencer, parce qu'on est dans un commencement, là,. Jusqu'ici on n'a pas
nommé nos partenaires des nations, on était au commencement d'une possibilité
d'un partenariat où on donnait une valeur ajoutée à ce gardien de la faune et
au regard qu'il porte, que ce soit dans le principe même des traditions ou de
leur façon de se promener dans les lieux, là.
M. Dufour :
...bien, là, le gardien du territoire, c'est une personne qui est nommée par la
collectivité, souvent, pour assumer un
certain rôle de leadership sur la protection de la faune dans son milieu. Par contre,
il n'est pas membre d'un ordre professionnel. Donc, en n'étant pas membre d'un ordre professionnel, il y a quand même
des limites, là, qu'on doit s'imposer, professionnellement parlant, à
donner des éléments d'application à différents intervenants.
Donc, je pense qu'on
a des gens spécialisés là-dedans, justement, pour être en mesure d'intervenir,
puis il faut que le gardien du territoire passe par ces gens-là. Je veux dire,
c'est une question, on dit, d'ordre professionnel, d'instruction, etc., donc,
mais ça n'empêche pas le ministre qui peut, comment dire, mandater un gardien
du territoire, par exemple, pour seconder un agent de la protection de la
faune. Il peut le faire, ça. Mais l'inscrire dans la dynamique de ça, c'est
qu'on s'attend à ce que ça soit quelqu'un de reconnu, avec les titres reconnus,
qui fasse état de la situation pour déterminer la situation de l'animal en
question.
Mme Charbonneau :
Donc, si je comprends bien, l'agent de territoire qui serait quelqu'un des
Premières Nations, à qui on a donné ce titre-là, n'est pas reconnu comme un
agent de la faune. C'est ça que vous me dites, là.
M. Dufour :
Bien, c'est qu'il est... Il faut faire attention, là. C'est toujours dans la
dynamique de qu'est-ce qu'on lui recommande, là. Là, on mélange deux choses,
là. On est en train de dire que nous, là... l'article qui est là présentement, là, c'est l'article où est-ce que
l'animal a été récupéré puis qu'il y a un spécialiste, il y a un
professionnel, là, qui dit : Regardez,
il y a eu telle affaire, cet
animal-là, il y a quelqu'un qui l'a maltraité, ou quoi que ce soit.
Donc, c'est vraiment en fonction de l'animal qui est récupéré.
Là, ce que vous
m'amenez, c'est sur la tangente de dire : Est-ce que le gardien du
territoire peut agir comme agent de la faune? Il y a certaines règles qui le
régissent, lui aussi, là. Donc, on est à deux niveaux de discussion, là.
Charbonneau :
Mais, si je regarde 23, auquel 23.1 fait référence : «Un médecin
vétérinaire, un agent de protection de la faune, un fonctionnaire qui gère
directement le travail d'un tel agent, un assistant à la protection de la faune
ou, aux conditions déterminées par le ministre, tout autre fonctionnaire du
ministère des Ressources naturelles, de la Faune peut, dans l'exercice de ses
fonctions, tuer ou capturer...», et le 23.1 vient déterminer une dénonciation
de gestes qui se posent auprès d'animaux pour qu'un médecin vétérinaire, un
agronome qui a des motifs raisonnables de croire qu'un animal... mais mon
fameux gardien du territoire ne se retrouve nulle part.
Donc, j'ai pensé
qu'à 23.1, puisqu'il s'engageait dans un regard qui était en
partie
médical, malgré qu'il ne fait pas
partie de l'ordre des vétérinaires, qu'il est
en
partie quelqu'un qui vérifie le territoire, malgré qu'il n'est pas agronome,
pouvait être logé à cet endroit-là. Sinon, bien, il faudra peut-être
revoir 23 puis se dire : Bien, il va falloir la placer à quelque
part, cette personne-là, puisque vous lui offrez ou vous lui assignez certaines
responsabilités. Parce qu'où ils sont, les gardiens du territoire, il n'y en a
pas, d'agents de la faune. C'est vraiment eux qui font le travail, un peu comme
pour le ministre de l'Environnement qui donne des responsabilités aux Premières
Nations par rapport à la surveillance de certains territoires.
Alors, si vous me
dites que, plus loin... moi, je ne l'ai pas vu mais peut-être que j'ai
passé droit, là, mais, si vous me dites
que, plus loin, on fait une reconnaissance de ces gens qui sont vos
partenaires, bien, moi, je vais arrêter là puis je vais vous dire : Bien, je vais attendre d'arriver à l'article où
on les reconnaît, à juste mandat, la responsabilité qu'ils ont. Puis je
vais me contenter de votre réponse puis je vais m'assurer de me rendre à
l'article avec vous, là.
M. Dufour :
Bien, étant donné qu'on parle de l'aspect légal de l'élément, puis c'est un peu
ce que vous mentionnais tantôt, ordre professionnel, secret professionnel,
etc., si vous permettez, je laisserais la parole au légiste pour pouvoir vous
définir exactement pourquoi que le gardien du territoire n'est pas inscrit dans
l'article 23.1.
Présidente (Mme St-Pierre) :
Est-ce qu'il y a un consentement? Oui. Alors, M. Gabriel Tremblay-Parent,
veuillez vous nommer et décliner votre
titre aussi.
M. Tremblay-Parent
(Gabriel) : Gabriel Tremblay-Parent, avocat, ministère de la Justice
du Québec. En fait, le pouvoir ou, en fait, la compétence, là, la désignation
des gardiens de territoire, c'est prévu à l'article 8, là, de la
Loi sur
la conservation et la mise en valeur de la faune. Donc, le ministre peut
nommer, là, des gardiens de territoire pour seconder, là, les agents de
protection de la faune. Et puis les gardiens de territoire ont également, là,
je dirais, un rôle, là, de sensibilisation puis de protection de la faune, là,
de façon générale. Donc, il y a un encadrement qui est prévu, là, à l'article 8
pour les gardiens de territoire.
Également, là, sur le
volet des articles 23 et 23.1, il faut voir l'article 23 comme
donnant des pouvoirs d'intervention, tandis qu'au niveau de l'article 23.1 on est plutôt dans une obligation qu'on donne à certains
intervenants de déclarer des renseignements, là, lorsque c'est important. Donc,
ça, évidemment, ça n'empêche pas la possibilité pour un agent de protection de la faune, pour un assistant ou pour un
gardien de territoire de déclarer ces renseignements. Je dirais même
qu'à la lecture de l'article 8, c'est son rôle de le faire, là, dans son
rôle de protection puis de promotion de la conservation de la faune. Mais ce
n'est pas nécessairement le cas, à la base, du vétérinaire et de l'agronome,
donc c'était important de le spécifier, là.
Charbonneau : Je
comprends l'explication. Merci. Mais, à partir de là, est-ce que je vais le
retrouver à 23.2 ou à 23.3? Puisque là on parle d'un
titre reconnu par un ordre
professionnel, je comprends. Quand j'arrive à, bien... puis je ne veux pas
devancer, Mme la Présidente, je vous rassure, là. Mais moi, à aucun moment je
n'ai vu l'article 8 être relaté pour dire qu'on reconnaît un partenaire
supplémentaire, qu'on reconnaît... Vous me dites qu'à l'article 8 on
reconnaît le rôle du gardien du territoire, mais par la suite, à chaque fois
que je fais l'énumération de l'ensemble des gens qui ont des droits ou qui sont
protégés parce qu'ils ont posé un geste, parce qu'il y a toujours le
principe où on peut être traduit en justice pour avoir posé un geste, mon
gardien du territoire n'est jamais nommé, ou on ne fait jamais référence à
l'article 8 pour dire qu'il y a aussi le gardien du territoire qui peut
poser un geste et qui pourrait être, à la limite, traduit en justice parce
qu'il a posé un geste que le propriétaire ne trouve pas correct ou...
Alors, je comprends qu'on le désigne comme
assistant de l'agent faunique, faut-il qu'il y en ait un dans le territoire où
j'ai mon territoire. Ça, c'est un autre débat. Mais, s'il est reconnu à sa
juste valeur à l'article 8, pourquoi, depuis plusieurs articles, je ne le
retrouve nulle
part comme partenaire quand on fait l'énumération? Puis là je
comprends, là, qu'on est dans les ordres professionnels, mais, dans l'article
au préalable, le 23, qui englobe 23.1, 23.2, 23.3, on ne le nomme pas non plus,
puis pourtant on fait l'énumération de l'ensemble des partenaires, là :
l'agent faunique, l'adjoint, le fonctionnaire, l'adjoint au fonctionnaire. Mais
à aucun moment on ne revient sur ce principe-là où on a quelqu'un qui... je
continue à dire partenariat, fait appel à vous ou fait référence à vous pour
poser des gestes. Mais je comprends qu'à 23.1 il ne sera pas là, là. Ça, je
comprends ça.
M. Dufour : O.K. Bien, à la
base, le gardien de territoire, le premier rôle officiel du gardien de territoire,
c'est de transmettre la passion pour la chasse et la pêche de manière que ce
soit structuré, de façon sécuritaire, comment
dire... on peut dire professionnelle, là, mais en respect des règles sur la
chasse et la pêche. Ça, c'est le mandat vraiment officiel d'un gardien
de territoire. Naturellement que, s'il s'aperçoit qu'il y a d'autres éléments,
comme les éléments d'abus ou de mauvais traitements sur un animal, il peut les
référer.
Donc, l'article 8, c'est ce qu'il dit,
c'est que le... Pourquoi il n'est pas identifié tel quel? C'est parce que l'article 8,
à la base, c'est que c'est le ministre qui dit... mettons, qui dicte un peu le
rôle du... si on peut dire, du gardien de territoire, en lui disant : Tu as à nous informer s'il arrive... Si tu vois quelque chose, tu vois une irrégularité, tu as
à informer les gens des ordres
professionnels pour s'assurer qu'on
puisse faire un suivi. Ça va être ça, un
peu, comment que ça va être
travaillé. Puis l'article 8, je
pense qu'il renferme bien la
dynamique. Donc, le gardien du territoire, après ça, ce n'est pas comme s'il se...
comment dire, il se substitue à un médecin vétérinaire ou à un agronome. Donc,
c'est pour ça qu'il faut faire attention
dans la dynamique, là, qu'on veut bien donner comme rôle au gardien de territoire,
Mme Charbonneau : Je suis d'accord avec vous, il ne peut pas se substituer. Par contre,
à quelques endroits, il est le gardien de la faune. On l'appelle
«gardien du territoire», là, parce qu'il n'a pas fait les mêmes gestes, ou les
mêmes études, ou... mais il est reconnu comme le gardien de la faune, ou le
garde-chasse, ou on pourrait leur donner plein de titres, mais c'est le gardien
du territoire qui... sur lequel ils se reconnaissent.
Donc, si un gardien du territoire trouve un
animal blessé... ou reprenons notre exemple qu'on a depuis le début de nos
travaux, c'est-à-dire un bébé ours égaré, a-t-il la possibilité de l'amener à
un refuge, ou il faut qu'il l'identifie, qu'il le localise, puis qu'après ça il
appelle un agent de la faune, puis qu'après ça tout se met en branle à partir
du moment où il a pris contact avec un agent de la faune, malgré le fait...
Puis je nous le rappelle, là, que ce sont des Inuits, des Cris, les Naskapis.
Ce sont tous des endroits où les agents de la faune ne sont pas comme... je
vous dirais, à la blague, on le disait, là, ils sont comme un billet de 6/49,
là. Si vous avez un billet gagnant, bien, c'est vraiment chouette, mais les
agents de la faune, il n'y en a pas partout puis tout le temps.
M. Dufour : Bien, c'est comme je
vous dis, c'est qu'il y a quand même des règles qu'ils doivent suivre. Ils ne
peuvent pas... comment dire, ils ne peuvent pas prendre sur eux,
professionnellement parlant, un rôle qu'ils ne... qu'ils n'ont peut-être pas
les atouts éducatifs pour le faire. Donc, il reste quand même qu'il faut qu'ils
se réfèrent à des personnalités compétentes dans le domaine, au niveau d'être
un biologiste, un vétérinaire, ou quoi que ce soit. Puis ils n'ont pas le choix de passer par ce type d'individus là pour
s'assurer que les éléments vont être mis en place pour améliorer la situation
de la bête en question, là. Et je peux difficilement aller plus loin que ça
comme explication.
Charbonneau : Oui,
je comprends. Bien, je le disais la semaine passée, je vais reprendre le même
patois, je vais choisir mes batailles, mais je trouve qu'on a peut-être un
petit manque. Puis on va peut-être le voir dans d'autres articles, là, mais on
a un manque à l'intérieur de notre projet de loi qui fait en sorte qu'on
reconnaît les gens avec qui on travaille. Et, de ce fait, je comprends qu'ils
n'ont pas la... ils ne sont pas sous l'ordre de... comme un médecin vétérinaire
ou un agronome, mais, à certains endroits au Québec, et des endroits que vous
connaissez, là, le Grand Nord, là, on n'en a pas, d'agents de la faune qui sont
aussi accessibles que les agents du territoire.
Donc, je vous le soumets. Je vais
sûrement revenir à la charge à d'autres endroits où on commence à
énumérer les partenaires puis où je crois sincèrement qu'ils auraient un
endroit pour être reconnus. Puis, en ce moment, dans l'ensemble de nos
dossiers, là, que ce soit avec nous, en santé, en services de garde, notre
défi, c'est toujours de donner la juste reconnaissance aux gens. À partir de ce
moment-là, bien, on a des partenariats qui sont plus faciles, qui sont plus
conviviaux puis la communication est plus fluide.
Alors, je vous lève
un drapeau jaune pour vous dire que je vais sûrement revenir à la charge, mais,
pour l'instant, à 23.1, vous avez raison, ils n'ont aucune reconnaissance dans
un ordre professionnel.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Alors, M. le député de Bonaventure, vous avez demandé la
parole.
M. Roy :
Merci, Mme la Présidente. Bon, c'est ma première intervention dans le projet de
loi. Écoutez, très heureux de venir faire un
petit passage pour remplacer mon collègue Sylvain Gaudreault, qui avait
d'autres obligations.
Ici, il y a un enjeu
qui est important. Bien, je vais emmener des exemples d'événements, qui se sont
passés récemment, pour un peu essayer de comprendre, là, comment est-ce qu'on
devrait articuler tout ça, là, un orignal puis un ours en milieu urbain. Il y a
eu des interventions de faites et il y a eu aussi du cafouillage, conflit de
rôles, mauvaise interprétation de qui a posé des actes pour neutraliser un
orignal, entre autres. Je pense, c'est à Québec, là. C'est un corps de police
qui a neutralisé une bête. On a eu un ours qui s'est fait courir après, là, de
manière assez importante, je pense... je ne sais pas trop où, à Dorval, puis
qui a mis à peu près la moitié de la population du Québec en panique, là. C'est
une blague, là, mais je pense qu'on... Il y avait des messages aux gens de ne
pas sortir.
Bref, c'était un
cafouillage total, dans le sens où les lignes et les orientations n'étaient pas
claires par rapport à qui devait agir ou réagir. Il y avait trop de monde qui
semblait s'investir dans la... en tout cas, dans la quête des animaux. Mais
l'élément le plus important ici, qui m'a été rapporté, ça a été que, bon, quand
ça se passe dans une ville, ces choses-là, là, il y a des gens qui ont des
iPhone, puis ils filment toutes sortes d'affaires, puis... Abattre un orignal
en milieu urbain ou un ours, là, ce n'est pas banal. Il y a des sensibilités
qui sont vraiment affectées, puis on est dans un monde où, bon, c'est triste à
dire, mais des animaux prennent plus de valeur, des fois, que les humains, là.
C'est ce qu'on appelle déplacement anthropomorphiste en philosophie. On donne
des caractéristiques... Bon, je ne rentrerai pas là-dedans.
Mais les agents de la
faune se sont sentis réellement pointés du doigt et abandonnés dans ce
dossier-là au niveau communicationnel. On a des interventions importantes...
Quand ça se passe dans le bois, là, loin de tout regard, en arrière de... ou où
vous voulez, ce n'est pas pareil. Là, on a l'agent de la faune qui peut agir,
ça se peut qu'un vétérinaire soit appelé,
bon, vous avez nommé des gens, mais, quand ça se passe en milieu urbain, ce
qui, malheureusement, arrive, des coyotes, vous allez voir... bien là,
on est face à un enjeu communicationnel extrêmement important. Et, au-delà de
l'obligation de tuer ou capturer un animal, il y a aussi une obligation du ministère
d'émettre des communiqués rapidement pour expliquer la situation, désamorcer
les choses et ne pas faire pointer du doigt les agents de la faune ou toutes
autres personnes qui vont agir parce que c'est leur mandat.
Ça fait que le
message que je passe ici, c'est, au-delà des pouvoirs de certains individus,
qui ont des compétences pour agir, pour neutraliser ou tuer un animal, dans un
contexte urbain, le ministère a un devoir de communication, d'information et
aussi de protection des agents qui font le travail, puis ce n'est pas plaisant
à faire.
Donc, en termes
simples, il ne faut pas jeter les agents de la faune en dessous de l'autobus
quand il se passe quelque chose, là, qui
nécessite une réaction importante, rapide, communicationnelle pour avertir les
médias. Ça fait que c'est un message que je passe parce que c'est
quelque chose qui est arrivé puis que ça a vraiment heurté les sensibilités de gens qui travaillent très fort à
assurer la protection de la faune, à réagir dans des situations comme
celles-là.
Ça fait que, voilà,
écoutez, le reste, c'est sûr qu'il y a des questions d'enjeux d'autres groupes
qui pourraient agir, mais je tenais à... et
il y a aussi l'enjeu du... En psychologie, on appelle ça la diffusion de la
responsabilité. Ça fait que souvent les gens vont dire : Ah! ce
n'est pas à moi à agir, c'est à l'autre, il a le pouvoir, etc. Bien, ça, là,
c'est ce qui fait en sorte que les enfants
qui meurent noyés dans une piscine, tout le monde se dit : Ce n'est pas à
moi à agir, c'est aux autres, puis etc. Bien, quand tu le sais, bon...
mais des lignes de commandement, la hiérarchie ou les stratégies
communicationnelles pour dire : O.K., c'est à toi à agir, vas-y, go, bien,
ça, je ne sais pas si c'est planifié, c'est réfléchi, mais c'est quelque chose
qui est important. Ça fait qu'il ne faut pas qu'il y ait de conflit entre les
différents acteurs qui vont agir dans une
obligation de capture ou d'abattage, puis il faut que les lignes soient
claires, puis qu'il n'y ait pas de cafouillage et de diffusion de la
responsabilité, donc que ça soit clair, qui agit.
Donc, ça implique des
stratégies raffinées un peu ou, à tout le moins, des lignes de communication
entre les différents corps, qui soient faciles à utiliser puis rapides pour
répondre aux urgences. Voilà.
Présidente (Mme St-Pierre) : Merci, M. le député. Mme la députée de
Rouyn-Noranda—Témiscamingue.
Lessard-Therrien : Le ministre ne voulait pas répondre...
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Ah! à moins que... Excusez-moi, j'aurais dû aussi vous
passer la parole...
La Présidente (Mme
St-Pierre) : ...M. le ministre.
M. Dufour :
Oui, d'accord. Merci. Ce n'est pas vraiment une question, là, c'est plus un
état de fait, là, que vient de nous exposer le député de Bonaventure. Ce que je
peux juste lui mentionner... Je pense que c'est important quand même de
mentionner que, dans le dossier...
Prenons les deux cas que vous m'avez parlé. Le dossier
de l'orignal de Québec, bien, ce n'est pas le ministère
de la Forêt, de la Faune et des Parcs, comme qui avait été annoncé en première
nouvelle, qui a intervenu, c'est vraiment le corps de policiers. Puis
pourquoi que le corps policier a tous les droits d'intervenir sur une
situation, s'ils voient que l'animal est pour sauter sur l'autoroute, par
exemple, puis de créer un accident? Bien, le policier a tous les droits de
pouvoir arrêter la bête de la façon qu'il veut pour éviter d'autres dommages au
niveau des humains. Ça, c'est planifié dans la loi.
Du côté de l'ours de Dorval, qui est malheureux,
c'est sûr et certain, pour la suite de la séquence, une fois qu'elle a été
captée, nous, on a été en communication... Jusqu'à ce moment-là, il n'y avait
aucune problématique, dans le sens qu'on savait qu'il avait été capté, puis
tout ça. Puis il faut toujours faire attention... Lorsque j'écoute le discours
du dirigeant d'Unis pour la faune, là, qui est allé dire dans les médias, à Salut,
bonjour! , que les animaux se retrouvaient
peut-être plus en espace urbain présentement parce que, exemple, les orignaux
étaient en rut, je m'excuse, là, mais l'orignal est en rut à l'automne,
septembre, octobre.
Donc, il y a peut-être quelque chose de
particulier... Lorsque j'ai entendu ça, les oreilles m'ont stressé... dans les
airs. Mais je dois préciser une chose, qu'il y avait un protocole quand même,
que les agents de la faune ont suivi, puis je pense que le président du
syndicat, Martin Perreault, dans ses entrevues, il l'a quand même bien
démontré. À partir de là, est-ce que le
protocole doit être revu ou doit être, peut-être, allégé? Bien, c'est quelque
chose qu'on travaille, justement, et puis il y a une rencontre qui
devrait avoir lieu prochainement avec le président du syndicat pour en discuter, naturellement. Parce que, quand même, le
protocole dit de façon bien inscrite qu'un animal qui se retrouve en espace urbain, comme un ours, qui peut causer des
problèmes... Parce que, lorsque tu as quatre fléchettes pour
l'endormir, peut-être qu'il y a... que ça cause des problèmes à l'animal par la
suite, etc., bien, qu'il y a des décisions qui doivent être prises pour la
sécurité additionnelle des gens, là. Ce n'est pas simplement aussi simple que
de dire : On le déplace de 100 kilomètres puis on le relance dans la
forêt. Il y a différents enjeux par rapport à ça.
Donc, ça me permet de répondre à votre
interrogation.
La Présidente (Mme St-Pierre) : M.
le député de Bonaventure, vous voulez ajouter...
M. Roy : Bien là, juste une
petite réplique. Bien, je suis content d'entendre que vous allez revoir les
protocoles, parce que...
M. Dufour : On me précise, ce n'est
pas Unis pour la faune, c'est Sauvetage Animal Rescue, en passant. Excusez.
Excusez du laïus que j'ai fait.
M. Roy : Oui. Donc, puis...
bon. Et on a entendu d'autres choses par rapport à ces groupes-là, mais là je
ne rentrerai pas là-dedans.
Ceci étant dit, de moderniser le protocole,
c'est une bonne nouvelle. Et, si je peux vous aider, M. le ministre, vous le
savez...
La Présidente (Mme St-Pierre) : Mme
la députée de Rouyn-Noranda—Témiscamingue.
Lessard-Therrien : Oui. Merci, Mme la Présidente. Pardon, je ne
voulais pas vous... J'avais juste envie de vous entendre répondre.
Moi, je veux
revenir dans le libellé, là, de 23.1, quand vous dites : Un médecin
vétérinaire ou un agronome qui a des motifs raisonnables de croire qu'un
animal a subi un abus... blabla. Bien, vous donnez, vous-même, M. le ministre,
l'exemple d'un biologiste au Refuge Pageau. Ça fait que moi, je me posais la
question : Pourquoi l'article ne vise pas plus large? Est-ce qu'il ne
faudrait pas le nommer, par exemple, que le biologiste... si c'est le
biologiste qui observe, qu'il a des motifs raisonnables
de croire... que lui aussi puisse en informer le ministre? Tu sais, est-ce
qu'on peut élargir ça? Il y avait la société de... bien, la SPCA qui proposait
médecin vétérinaire, technicien vétérinaire, agronome, biologiste, un gardien
zoologique ou un employé de pourvoirie ou de ferme cynégétique. Ça fait que pourquoi
restreindre juste à médecin vétérinaire, agronome, alors que, vous-même, vous
nommez les biologistes, là? C'était un peu ma question.
M. Dufour : Naturellement, si vous
vous souvenez, lorsqu'on a fait un petit peu la période des définitions au début, là, il y avait le terme «fonctionnaire» qui
identifiait, entre autres, les biologistes, là, du ministère,
par exemple, ou différents
intervenants, là, qui sont habilités. Donc, c'est pour ça qu'on prenait le
terme «fonctionnaire» à ce
moment-là.
Mme Lessard-Therrien : Donc, tu
sais, le fonctionnaire, il est juste nommé à 23, il n'est pas nommé à 23.1.
Est-ce qu'on doit en conclure que... Tu sais, le fonctionnaire peut tuer ou
capturer, mais le fonctionnaire ne pourrait pas... pour un abus ou un mauvais
traitement.
M. Dufour : Je remercie mon collègue
ici. C'est que le 23.1, contrairement au 23, régit vraiment les ordres
professionnels.
Donc,
les biologistes ne font pas
partie d'un ordre professionnel officiellement.
Donc, c'est pour ça qu'ils n'y sont pas précisés au 23.1, mais qu'ils sont
précisés au 23. Merci.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Est-ce qu'il y a d'autres commentaires à
l'article 23.1? Oui, Mme la députée de Mille-Îles.
Charbonneau :
Ah! non, ça va aller, Mme la Présidente, c'est à 23.3. Je m'excuse.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : O.K. Donc, nous allons aller maintenant à 23.2. M. le
ministre, veuillez lire 23.2, s'il vous plaît.
M. Dufour :
Oui. Donc, 23.2 : «Un agent de protection de la faune ou toute autre
personne visée aux articles 3 et 13.1 et au troisième alinéa de
l'article 128.2 ne peut être poursuivi en justice pour un acte accompli ou
omis de bonne foi dans l'exercice de ses fonctions d'enquête ou de
surveillance.»
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Est-ce que vous avez des notes explicatives?
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Vous pouvez dire non aussi, c'est comme vous voulez.
M. Dufour :
Non, j'en ai.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Il y en a qui vont vous en poser.
M. Dufour :
Ça fait que l'article 23.2, introduit par l'article 17 de ce projet
de loi, vise à remplacer l'actuel
article 24 de la
Loi sur la conservation
et la mise en valeur de la faune.
L'actuel
article 24
prévoit une immunité de poursuite pénale pour les agents de protection de la
faune. Or, à l'instar de ce qui se retrouve dans d'autres lois du Québec, il
est important que toutes les personnes qui exercent des fonctions d'enquête et
de surveillance dans le cadre de l'application de la
Loi sur la conservation et
la mise en valeur de la faune jouissent d'une immunité de poursuite pénale et
civile pour les actes accomplis ou omis de bonne foi dans l'exercice de leurs
fonctions.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Alors, est-ce qu'il y a des commentaires? Mme la députée
de Mille-Îles.
Charbonneau :
Merci, Mme la Présidente. N'y a-t-il pas lieu de rajouter, quand il est inscrit
«un agent de protection de la faune ou toute autre personne visée à l'article 3
et 13.1», l'article 8?
M. Dufour :
Je laisserais le juriste répondre à ça. On est vraiment dans le terme légal,
là...
La Présidente (Mme
St-Pierre) : M. Tremblay-Parent... Me Tremblay-Parent.
M. Tremblay-Parent
(Gabriel) : Bien, en fait, les articles, là, qui sont mentionnés à
l'article 23.2, ce sont les articles, là, pour lesquels il y a vraiment un
pouvoir d'enquête ou, je dirais, d'inspection, là, en particulier, là.
Donc, c'est pour ça
que c'est vraiment dans ce rôle précis là... En fait, l'article qui...
l'immunité qui est prévue à 23.2, là, c'est vraiment pour l'exercice d'un
pouvoir d'inspection, tandis que 8, on cible de façon générale, là, le rôle des
assistants ou des gardiens de territoire, là.
À
titre d'exemple,
l'article 13.1, là, qui est modifié par le projet de loi, inclut
l'assistant à la protection de la faune, et puis, bien, à ce moment-là, il est
visé, là, par 23.2.
Charbonneau :
Donc, le gardien de territoire serait reconnu comme un assistant de l'agent de
la faune? C'est pour ça qu'il serait protégé? Parce que voici ce que je
recherche à faire, c'est-à-dire que l'agent de territoire, quelquefois, est la seule personne sur les lieux, la seule
personne qui peut poser, faire ou mettre une entrave pendant une
intervention pour faire la protection du territoire. De ce fait, à aucun
moment, on ne peut le protéger des gestes qu'il pose.
Jusqu'ici, comme je
vous disais auparavant, on n'avait pas vu apparaître son titre, à moins d'aller
à l'article 8, qui n'était, je crois,
pas remis en question. Tandis qu'à ce moment-ci, quand on dit «un agent de
protection de la faune ou toute autre
personne visée», en incluant l'article 8, on protège l'agent du
territoire, qui, par des gestes très concluants, pourrait empêcher des
dommages, dénoncer des gestes puis faire appel à un agent de la faune, donc
protéger de tout retour en justice envers lui.
M. Tremblay-Parent
(Gabriel) : En fait, l'article 8, là, parle seulement de
l'assistant à la protection de la faune, là. Donc, l'article 8, là, ne
vise pas le gardien de territoire lui-même, là.
Donc, à ce moment-là, la protection, l'immunité,
c'est pour l'assistant. C'est juste que l'article 8, lui, parle à la fois
de l'assistant et du gardien de territoire, tandis que l'article 13.1
parle seulement de l'assistant.
Donc, l'immunité, là,
c'est seulement pour l'assistant, là, celle qui est prévue à 23.2, parce que
c'est celui qui est autorisé, là, à effectuer une inspection, là, en vertu de
13.1.
Mme Charbonneau :
Je comprends le principe de 13.1. Je vous rassure, je comprends. Mon insistance
va plus sur le fait de protéger une personne supplémentaire puisque je protège
l'assistant, je protège l'agent de la faune. Mais je dis aussi, à 23.2, «toute personne
visée» dans un geste de protection d'environnement, du fait que c'est la
première personne qui arrive sur les lieux et qui pourrait, dans ses fonctions,
dénoncer, protéger, reconnaître une problématique, à
titre de reconnaissance...
Puis je comprends quand vous me dites, là, que ce n'est pas ce qu'on vise, là,
qu'on ne vise pas l'agent du territoire, mais à
titre de reconnaissance des
travaux qu'ils font et quelquefois le fait qu'ils se retrouvent les seuls sur
les lieux, n'y a-t-il pas lieu de donner une protection à ces gens pour
s'assurer qu'ils ne seront pas traduits en justice pour un acte accompli ou
omis de bonne foi dans l'exercice de ses fonctions?
Je le sais
que vous allez... puis je vous entends me rappeler que c'est enquête, mais il y
a «ou de surveillance», et je crois
que ça vient de faire toute la différence entre juste un principe d'enquête ou
un principe de surveillance. Vous avez
dit un ou l'autre, puis mon gardien du territoire, bien, il fait surtout de la
surveillance, mais il peut aussi dénoncer puis amener aux oreilles des
agents de la faune, des hauts fonctionnaires ou même du ministre certaines
problématiques qui se vit dans leur région.
Donc, je crois, bien honnêtement, que, s'il y a
une place où on peut commencer à dire qu'on va les protéger de gestes posés en
toute bonne foi, bien, ça serait peut-être l'endroit pour le faire, ou, encore
une fois, si vous me rassurez en me disant qu'à un endroit très précis dans la
loi, on va donner non seulement la nomenclature des gestes qu'ils peuvent poser,
mais partout où on peut les protéger, bien, je vais me fier à ce que vous me
dites. Mais, pour l'instant, on ne les voit ni protégés ni reconnus, à part
dans l'article 8, où on les nomme sur le bout des lèvres.
La Présidente (Mme St-Pierre) : M. le
ministre.
M. Dufour : ...demanderais une suspension
quelques instants.
La Présidente (Mme St-Pierre) : D'accord.
Alors, nous allons suspendre quelques minutes.
(Suspension de la séance à 10 h 49)
La Présidente
(Mme St-Pierre) :
Alors, nous allons reprendre les travaux. M. le ministre, vous avez la
parole.
M. Dufour : Oui, merci. Je vais
laisser le légiste prendre la parole, mais ce qu'on ferait, c'est qu'il y
aurait un ajustement. On devait avoir un amendement à 23.3. On modifierait l'amendement,
qu'on n'avait pas encore lu, qu'on n'avait pas encore déposé, et c'est vraiment
à 23.3 qu'on retrouverait l'élément un peu qu'on parle, de reconnaissance, si
on peut dire. Et je laisserais le légiste peut-être permettre de compléter
l'explication.
M. Tremblay-Parent (Gabriel) :
Effectivement, comme l'explique M. le ministre, le rôle du gardien de territoire
est un rôle beaucoup plus circonscrit et défini, donc certaines
interventions, là, au niveau de la conservation, là, qui sont déterminées
par le ministre en vertu de l'article 8.
Donc, à ce moment-là, ce serait plus au moment
où on va aborder l'article 23.3, là, qui est introduit par l'article 17
également, que ce sera possible, là, d'apporter un ajustement
pour spécifier qu'aux conditions déterminées par le ministre, là, quand
le gardien effectue un acte ou une omission, là, mais dans une perspective de
conservation ou de gestion de la faune, il pourrait jouir, là, également d'une
immunité, là.
Donc, on pourra aborder, à ce moment-là, cette question,
là, puis le ministre pourra vous proposer quelque chose à cet égard-là.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Est-ce qu'il y a d'autres commentaires à 23.2? Donc, s'il n'y a pas d'autre commentaire
à 23.2, M. le ministre, je vais vous demander de lire 23.3, et vous allez nous
annoncer un amendement.
M. Dufour : On s'excuse de
s'amuser avec les ordinateurs.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Pas de problème.
M. Dufour : Donc, pour ce qui est de
23.3, donc :
«Un fonctionnaire du ministère des Ressources
naturelles et de la Faune ne peut être poursuivi en justice pour un acte
accompli ou omis de bonne foi dans l'exercice de ses fonctions, aux conditions
déterminées par le ministre et à des fins de recherche, d'étude, d'analyse,
d'inventaire, d'expertise ou de conservation de la faune.»
Je vais lire les commentaires, puis, par la
suite, ça sera l'amendement, d'accord?
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Oui.
M. Dufour :
Donc, l'article 23.3, introduit par l'article 17 de ce projet de loi,
vise à remplacer l'actuel
article 24.0.1 de la
Loi sur la conservation et
la mise en valeur de la faune.
Cet
article permettra aux fonctionnaires du
ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs de recueillir les données
nécessaires afin de mettre en place les mesures de conservation requises sans
risque de poursuites pénales ou civiles. Or, à l'heure actuelle, l'immunité
prévue se limite à différentes infractions pénales.
Le nouvel
article 23.3 prévoit cependant
que le ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs devra mettre en place
des conditions générales à respecter pour bénéficier de cette immunité. Par
exemple, ces conditions pourraient prévoir que les installations faites par les
fonctionnaires soient conformes à certaines règles de sécurité.
Mme la Présidente, voulez-vous que j'aille avec
l'amendement?
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Maintenant, vous allez... oui, à l'amendement, parce qu'on va traiter
l'amendement, ensuite on va traiter l'article.
M. Dufour : D'accord. Donc, à
l'article 23.3 de la
Loi sur la conservation et la mise en valeur de la
faune proposé par l'article 17 de ce projet de loi :
1° insérer, après «Faune», «ou une personne
visée à l'article 8»;
2° insérer, après «conservation», «ou de
gestion».
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Alors, commentaires sur l'amendement?
Mme la secrétaire, est-ce que je devais demander
au ministre de lire l'aperçu de la modification proposée? Non, ce n'était pas nécessaire.
D'accord.
Donc, est-ce qu'il y a des commentaires sur l'amendement?
Il n'y a pas de commentaire sur l'amendement. Est-ce que je dois procéder à un
vote?
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Oui. Alors, maintenant, nous allons aller à un vote par appel nominal.
La Secrétaire : D'accord.
Veuillez répondre pour, contre ou abstention. M. Dufour (Abitibi-Est)?
Secrétaire : Pour les
membres du groupe parlementaire formant le gouvernement, Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice)?
La Secrétaire : Pour les
membres de l'opposition officielle, Mme Charbonneau (Mille-Îles)?
Mme Charbonneau :
Pour.
La Secrétaire :
Mme Lessard-Therrien (Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
Mme Lessard-Therrien : Pour.
La Secrétaire : M. Roy
(Bonaventure)?
La Secrétaire : Et
Mme St-Pierre (Acadie)?
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Abstention. Donc, l'amendement est adopté.
Maintenant, est-ce qu'il y a discussion sur l'article 23.3
tel qu'amendé? Oui, Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Charbonneau :
Une petite question. À la deuxième explication, on dit... au deuxième alinéa de
l'explication, on dit : «Cet
article permettra aux fonctionnaires du ministère
de la Forêt, des Faunes et des Parcs de recueillir
les données nécessaires afin de mettre en place les mesures de conservation
requises sans risque de poursuite pénale ou civile.» Est-ce qu'il y a un
registre ou une liste des problèmes? Est-ce que c'est dans un règlement où je
peux retrouver la liste des problèmes encourus, ou, s'il n'y a pas de registre,
c'est aléatoire, là, aux problèmes?
M. Dufour : Je laisserais la sous-ministre
à la Faune...
Présidente (Mme St-Pierre) : Mme la... Est-ce qu'il y a
consentement? Alors, Mme la sous-ministre adjointe, veuillez décliner
votre nom et votre titre, s'il vous plaît.
Mme Paquette
(Élise) : Oui, merci. Élise
Paquette, sous-ministre associée à la Faune et aux Parcs par
intérim.
Pour répondre à la question, il n'y a pas, comme
tel, de registre. Par contre, il y a un comité qui est composé... je cherche l'appellation, là, un comité de vétérinaires,
biologistes, qui entérine les méthodes d'intervention lorsqu'on agit,
donc, puis on... il y a comme des protocoles aussi, mais, tu sais, il n'y a pas
de registre, là. Et puis l'objectif, c'est vraiment de permettre que, par
exemple, quand on met des colliers émetteurs pour surveiller ou inventorier une
population, bien, on le fait dans les règles de l'art. Tu sais, si, en cours de
route, tu sais, il survenait un événement, bien, c'est d'assurer, là, qu'il n'y
aura pas de poursuite, ou tout ça, dans ce contexte-là.
Mme Charbonneau :
Dans cette même perspective là, comment on fait... si je n'ai pas de registre,
comment on fait pour s'assurer que ce n'est pas quelque chose qui revient,
disons, comme une problématique qui reviendrait aux cinq ans ou une
problématique qui revient aux huit ans, si ce n'est pas dans un registre
quelconque, là? Est-ce qu'il y a une mémoire
par rapport à des procès-verbaux ou... Comment on fait pour s'assurer qu'il n'y
a pas une récurrence, qui ne vient pas nécessairement à tous les six
mois, parce que, là, ça serait facile de faire appel à la mémoire des gens, mais disons, aux cinq ans, j'ai une
problématique qui revient, puis, à chaque fois, mon protocole doit se
moderniser ou se spécifier de façon plus intensive parce que ça revient?
Mme Paquette (Élise) : Comment
je dirais? C'est le travail des techniciens de la faune ou des biologistes qui vont sur le terrain, qui vont faire des
inventaires, qui vont suivre des populations. Donc, c'est certain que c'est
leur... tu sais, c'est des professionnels, c'est des gens formés pour faire ça.
On est toujours en amélioration continue, là, au gouvernement, donc on essaie
de... puis il y a une supervision aussi, il y a un gestionnaire qui supervise.
Donc, tu sais, c'est la gestion comme telle, là, de l'encadrement du travail
des fonctionnaires et des professionnels.
Mme Charbonneau :
Je vous rassure, je n'en suis pas sur les professionnels, parce que j'y crois
sincèrement, je pense que vous avez, sur le terrain, du personnel
extraordinaire. J'en suis plus sur le répertoire des problématiques que je peux
retrouver. Je vous en donne un, puis peut-être que je ne suis pas dans le bon exemple,
et je m'amuse toujours à dire qu'un exemple, c'est toujours un peu boiteux,
mais les algues vertes ou quelque chose qui se passe dans la faune, qui
revient, mais pas nécessairement à tous les printemps, ça revient à tous les
cinquièmes printemps ou à tous les cinq ans puis... et là j'arrive à
m'asseoir avec des professionnels puis on me dit : Bien, oui, c'est vrai,
ça s'est passé, ça, il y a de ça... en telle année puis voici ce qu'on a fait
comme protocole.
Si j'avais un registre, est-ce qu'il n'y aurait
pas lieu là que j'aie plus d'informations sur toutes mes régions données, sur
les problématiques encourues et comment on a trouvé nos pistes de solution? Parce
que, comme je vous dis, je n'ai pas de doute sur le professionnalisme et la
surveillance qu'il peut y avoir. J'ai plus d'inquiétudes sur une problématique
qui peut revenir au principe de la conservation ou de maladies chez certains
animaux. Puis, à ce moment-là, bien, si je n'ai pas de registre, il y a comme
un oubli qui peut se faire ou il y a une traçabilité qui est plus facile s'il y
a un registre. Je vais y aller comme ça puis ça va aller. Merci.
Mme Paquette (Élise) : Bien, je
rappelle que, bon, il y a le Comité de protection des animaux. Là, ça, eux autres, ils vont s'assurer que les protocoles
respectent les normes, là, les normes canadiennes, les normes, tout ça.
Bon, ça, c'est une chose.
Quand vous me parlez d'algues ou d'espèces
exotiques envahissantes... ou, mettons, je vais donner un autre exemple,
la rage du raton laveur, par exemple, ça, il
y a des protocoles, c'est sûr, qui
sont suivis à chaque année. Il y
a vraiment tout un plan de gestion qui est fait autour de la rage du raton laveur,
là, qui est un succès au Québec parce
qu'on a réussi à contrôler, vraiment, cette situation-là. Donc, oui, à chaque
année, on fait des prélèvements. On regarde... tu sais, il y a des prévalences, est-ce qu'on retrouve... Tu
sais, je ne veux pas expliquer tout le métier, là, mais c'est
incroyable, le travail qui est fait de façon vraiment professionnelle et
scientifique. Que ce soit la maladie débilitante aussi, là, du cerf de
Virginie, bon, tu sais, il y a... des cervidés, il y a aussi des protocoles
dans ces dossiers-là. Mais je ne peux pas énumérer tous les protocoles en
fonction de toutes les espèces exotiques envahissantes ou les maladies, donc,
mais oui, c'est suivi, les principales et celles qui reviennent, effectivement,
c'est suivi d'une année à l'autre.
Charbonneau : Mais
il n'y a pas de registre qui fait que je peux savoir qu'en 2011 il y a eu, dans
le boisé Laurentides, un protocole de mis en place pour la rage des ratons
laveurs. Je n'ai pas de répertoire qui me liste. Parce que, comme je vous dis,
non, je ne veux pas savoir c'est quoi, le répertoire, là, je suis sûr que vous
en avez. Puis effectivement le Québec est reconnu pour plusieurs actes qu'il
pose au niveau de la protection de la faune.
Mon souci est beaucoup plus sur le principe d'un
registre. Puisque j'ai un inventaire qui se fait, puisque j'ai des gestes qui se posent, si vous me dites :
Il n'y a pas de registre, il n'y a
pas lieu d'en avoir un, ça m'inquiète un peu.
Mais, ceci dit, je vais voir autrement. Mais, à
ce moment-ci, les protocoles sont suivis, les gens sont professionnels, je n'ai
pas de souci. C'est plus un registre qui dit qu'il y a eu des maladies, puis
qu'elles ont été traitées, puis qu'on n'en a pas depuis 2011. Et là, tout
d'un coup, en 2021, ça revient. Puis là, bien, on peut dire : Bien,
effectivement, ça s'est passé en telle année, il y a eu, à ce moment-là, un
projet immobilier qui s'était installé, ça a bousculé les... On est capable,
avec un répertoire ou avec un registre, d'aller voir ce pour quoi ça nous
revient comme ça, spontanément, ou pour quoi ça revient année après année.
Mais, comme je vous
dis, ne vous inquiétez pas, je ne veux pas savoir le protocole. Je ne le
mettrai jamais en place, je ne suis pas
agent de la faune. Et je n'ai pas de doute que vous avez des méthodologies qui
sont professionnelles. C'est plus le
principe de tout ce qui se met dans un registre, tout ce qui est capable d'être
listé fait en sorte que le ministre peut faire
appel à cette information-là rapidement, puis dire : Bien, effectivement,
en 2011, il y a eu un principe de rage des ratons à tel endroit, puis là,
bien, il y a une mouvance, puis, en 2021, c'est rendu dans Lanaudière,
puis c'est parce que la construction des... Tu sais, on est capables de trouver
des explications parce que vos professionnels sont capables de nous les indiquer. Sans registre, sans information très
précise, bien, c'est un petit peu plus difficile, c'est tout.
Mme Paquette
(Élise) : Il y a de l'information précise, là — je ne
sais pas si je peux répondre — mais ça s'appelle plus des rapports
scientifiques, des rapports... Tu sais, c'est parce que le mot «registre»,
c'est juste ça, je veux dire, il n'y a pas de registre mais il y a plein
d'autres documents qui viennent faire état du travail qui ont été faits puis
qui sont publiés sur le site Internet. Excusez.
Charbonneau :
Ça fait qu'on parlait de la même chose. Ce sont des noms différents. Merci.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Alors, est-ce qu'il y a des commentaires sur
l'article 23.3 tel qu'amendé? S'il n'y a pas d'autre commentaire,
Mme la secrétaire, est-ce que je dois procéder à un vote sur
l'article 23.3 ou sur l'article en général?
La Secrétaire :
17, oui.
Présidente (Mme St-Pierre) :
Donc, s'il n'y a pas d'autre commentaire sur l'article en général,
l'article 17, nous allons procéder au vote par appel nominal.
La Secrétaire :
Veuillez répondre pour, contre ou abstention. M. Dufour (Abitibi-Est)?
Secrétaire : Pour les
membres du groupe parlementaire formant le gouvernement, Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice)?
La Secrétaire :
Pour les membres de l'opposition officielle, Mme Charbonneau (Mille-Îles)?
Charbonneau :
Pour.
La Secrétaire :
Mme Lessard-Therrien (Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
Mme Lessard-Therrien :
Pour.
La Secrétaire :
M. Roy (Bonaventure)?
La Secrétaire :
Et Mme St-Pierre (Acadie)?
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Abstention.
L'article 17 est adopté. Alors,
M. le ministre, s'il vous plaît, veuillez procéder à la lecture de
l'article 18.
M. Dufour :
Donc, l'article 18 :
L'article 25 de cette loi est modifié par
l'insertion, après «poisson pêché ou acquis», de «, tout invertébré acquis,
tout sous-produit de la faune acquis».
En commentaire :
L'article 18 vise à prévoir un ajustement de concordance à l'article 25
de la
Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune afin d'y
intégrer les notions d'invertébré et de sous-produit de la faune.
La Présidente
(Mme St-Pierre) : Commentaires? Donc, je constate qu'il n'y a pas
de commentaire. Nous allons procéder au vote par appel nominal. Mme la
secrétaire.
La Secrétaire :
M. Dufour (Abitibi-Est)?
Secrétaire : Pour les
membres du groupe parlementaire
formant le gouvernement, Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice)?
La Secrétaire : Pour les
membres de l'opposition officielle, Mme Charbonneau (Mille-Îles)?
Mme Charbonneau :
Pour.
La Secrétaire : Mme Lessard-Therrien
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
Mme Lessard-Therrien : Pour.
La Secrétaire : M. Roy
(Bonaventure)?
La Secrétaire : Et Mme St-Pierre
(Acadie)?
Présidente (Mme St-Pierre) : Abstention.
L'article 18 est adopté. M. le ministre, l'article 19, s'il
vous plaît.
M. Dufour : Oui.
L'article 19 :
L'article 26 de cette loi est modifié par l'ajout, à la fin, de l'alinéa
suivant :
«Le ministre peut, par règlement, prévoir les
cas et les conditions dans lesquels une personne qui capture ou abat un animal,
conformément à l'article 67, ou celle qui lui prête main-forte peut
déroger au présent
article sous l'autorisation du ministre.»
Au niveau des commentaires :
L'article 19
vise à permettre au ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs de prévoir,
par règlement, des situations pour lesquelles des personnes autorisées à
capturer ou à abattre un animal en vertu de l'article 67 de la
Loi sur la
conservation et la mise en valeur de la faune peuvent également endommager le
barrage d'un castor, ou le nid, ou la tanière d'un animal.
À l'heure actuelle, le ministre peut autoriser,
aux conditions qu'il détermine, une personne qui le demande. Cependant, l'article 26
de la
Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune ne prévoit pas
la possibilité d'encadrer cette pratique avec des conditions générales prévues
par règlement. Cette modification permettra de mieux encadrer les activités de
déprédation ou d'extermination, notamment afin de s'assurer que les pratiques
respectant les règles de bien-être animal reconnues pour ces types d'activités
ne comportent pas de risque pour la conservation de la faune ou de son habitat
ou la sécurité du public.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Commentaires? Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Charbonneau :
Merci, Mme la Présidente. Le ministre nous a lu le paragraphe qu'on ajoutait,
mais l'article 26 commence par : «Nul ne peut déranger, détruire ou
endommager le barrage d'un castor, ou les oeufs, ou le nid, ou la tanière d'un
animal.» On a des gens qui sont venus en consultations qui nous ont dit :
Ça peut arriver que quelqu'un le fasse sans même le savoir, tu sais, qu'on ne
le fait pas de façon volontaire.
Donc, n'y aurait-il pas lieu, à 26, dès que la
phrase commence, mettre un mot, qui est maintenant fabuleux, le mot
«sciemment», donc : «Nul ne peut sciemment déranger, détruire ou
endommager», puisque quelquefois les gens peuvent le faire sans même avoir
cette intention-là? Donc, si je le fais... «nul ne peut sciemment», c'est-à-dire
que, si je ne sais pas que je le fais, bien, 26 ne s'adresse pas nécessairement
à moi. Mais, si je le fais sciemment, bien là, c'est autre chose, là. Là, je
suis vraiment dans l'article qui dit que j'ai posé des gestes, et toute
personne ou celle qui lui prête main-forte peut aussi déroger à cette
interdiction. Tu sais, il y a quelque chose par rapport à un geste posé
délibérément ou un geste posé par accident.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Alors, M. le ministre.
M. Dufour : Bien, je vais peut-être
commencer la réponse puis, après ça, je laisserai peut-être au niveau légal,
parce que c'est vraiment... on est rendus vraiment dans la technicalité légale à
ce moment-là. Moi, ce qu'on m'a expliqué, techniquement, c'est que c'est
inutile d'avoir... de rajouter ce mot-là. Mais je vais laisser la parole à un
spécialiste en la matière.
La Présidente (Mme St-Pierre) : M.
le juriste.
M. Tremblay-Parent (Gabriel) : Oui.
L'article... L'infraction, là, prévue à l'article 28, là, demeure une
infraction pénale, là, qui est, selon le terme technique, là, une infraction de
responsabilité stricte, là, c'est-à-dire qu'évidemment il y a un facteur
intentionnel, là, qu'il faut démontrer, là, pour faire la preuve de l'infraction.
Je dirais que, notamment, quelqu'un pourrait justifier, là, une excuse
raisonnable ou une diligence raisonnable, là, pour démontrer que, justement,
c'est bien involontairement, là, que le nid de l'animal a été détruit, là.
Donc, ce n'est pas une précision qui est nécessaire, là, pour permettre à quelqu'un,
là, de justifier sa diligence puis de se disculper.
Charbonneau :
Juste pour m'assurer, sur l'aspect légal, comme vous le dites, une personne
pourrait avoir une réponse à ce pour quoi c'est arrivé, mais dans aucun
article
ou aucun alinéa il n'est spécifié que quelqu'un pourrait se justifier
autrement. Donc, on dit : Nul ne peut... Ça, je comprends cet aspect.
«Toutefois, une personne ou celle qui lui prête main-forte peut déroger à cette
interdiction si elle ne peut empêcher un animal de causer des dégâts...» Donc
là, j'ai une excuse, mais ça ne couvre pas tous les gestes possiblement posés.
«Le ministre peut, aux conditions qu'il détermine...»
Donc, si vous me dites que ça sera dans les conditions déterminées par le
ministre... Mais, pour ça, il faut que j'aie une autorisation.
La volonté de rajouter ce mot, que vous me dites
qui n'est pas nécessaire, je la comprends. Par contre, je ne vois pas, dans
l'article 26, un endroit où on peut permettre à quelqu'un de justifier le
fait qu'il n'était pas au fait que ça causait une problématique et que, dans
les gestes qu'il posait, il dérangeait et il faisait une destruction ou il
endommageait un barrage de castor, ou les oeufs, ou le nid d'une tanière d'un
animal.
M. Tremblay-Parent (Gabriel) : En
fait, vous avez bien raison, effectivement, ça ne se retrouve pas dans
l'article, mais c'est un principe, là, cardinal du droit pénal, là, déterminé
par la Cour suprême, là, dans l'arrêt ville de Sault Ste. Marie, là, qu'il y a
toujours une possibilité, quand on est dans une infraction de cette nature-là,
de démontrer sa diligence raisonnable et
puis... ou une excuse raisonnable, là, pour se disculper. Donc, c'est vraiment
dans le cadre de l'instance pénale, là, que se fait cette... ou tout simplement
au stade où le poursuivant, là, va regarder le dossier et va se dire : Bien non, c'est clair, ou même l'agent
lui-même, là, évidemment, qui ont une expertise, là, en la matière, vont
dire : Bien non, cette personne-là avait été diligente, là, ou avait une
excuse, là, notamment le fait que c'était une erreur de bonne foi raisonnable,
là. Donc, le droit pénal, là, permet toujours cette justification-là.
Dufour : Si vous me permettez, Mme la Présidente, d'enchaîner, vous pouvez aller voir sur... c'est
défini, là, au niveau... sur Internet, là, si vous allez voir, ce qu'ils
appellent le mens rea, qui est une notion, en fin de compte, en droit criminel,
là, donc, qui vient un petit peu mentionner tout l'aspect, là, justement, que
c'est... s'il y a quelqu'un qui a une intention de commettre un acte illégal en
bout de ligne. Donc, c'est ce principe de droit pénal que le légiste est en train
d'expliquer au bout de la ligne.
Charbonneau : Je
comprends l'explication. Voici où je suis tourmentée, M. le ministre. Quelquefois,
on écrit les choses parce qu'on veut que les gens qui vont interpréter la loi
qu'on s'apprête à adopter comprennent bien les gestes posés ou les gestes
qu'ils n'ont pas posés pour protéger les gens. D'autres fois, comme en ce
moment, on ne sent pas l'obligation de les inscrire ou de les écrire, en se
disant : Bien, il a des précédents puis il y a des choses qui peuvent se
régler autrement, parce qu'on va comprendre que c'était de bonne foi ou pas de
bonne foi. Pour quelqu'un qui prend un pas en arrière puis regarde la loi avec
un oeil d'une personne qui n'est pas agent de la faune ou qui ne l'a jamais mis
en pratique, cette loi-là, je trouve que c'est peut-être un endroit où on
devrait, à quelque part, signifier aux gens qu'on est capables de reconnaître
qu'il peut y avoir une instance... un moment d'erreur,
une non-volonté de poser un geste, un peu comme on l'a fait au préalable quand
on dit qu'un agent de la faune ne peut pas être poursuivi en justice
parce qu'il croit, de bonne foi, qu'il y a un animal en détresse ou qui est
maltraité.
Alors, je comprends la réponse puis je comprends
que les gens au Québec ne sont pas en danger parce que ce n'est pas écrit, là.
Je comprends ça. Par contre, où j'ai toujours de la difficulté, puis je pense
que ça, ça va se poursuivre tout le long que je vais faire de la législation,
c'est que, quelquefois, il faut que ça soit écrit, et, d'autres fois, les
légistes nous disent : Bien, ce n'est pas nécessaire, parce qu'on a déjà
des gestes qui ont été posés puis on a des réglementations qui font en sorte
que ça va se régler, inquiétez-vous pas, Mme la députée.
Si je suis un agent de la faune ou si je suis
fonctionnaire qui n'est pas nécessairement un légiste puis que, rapidement, là,
je fais référence à la loi pour pouvoir me dépanner, parce que j'ai quelqu'un
qui vient de m'annoncer qu'il y a un barrage de castor qui a été détruit, bien,
c'est tout un exercice légal, là, d'aller voir s'il y avait l'intention ou il
n'y avait pas l'intention. C'est quoi, son excuse? Comment je le pardonne?
Est-ce que je l'amène en cour? Je vous dis juste que ça reste que ce qui n'est
pas dit n'est souvent pas nécessairement facile à suivre. Si on se donne le
regard objectif sur un projet de loi puis qu'on rajoute les bons mots aux bons
endroits, bien, on s'assure que les bons gestes sont faits. Mais je ne déchire
pas ma chemise, encore une fois, là, je fais juste... à partir du moment où on
ouvre un projet de loi, on essaie de le faire, pour toutes les raisons qu'on
est capables, pour l'améliorer. Alors, c'est pour ça que je...
M. Dufour : Deux éléments que je
pourrais vous mentionner par rapport à cet élément-là. Il reste quand même
qu'il y a des notions de droit pénal, et, vous l'avez mentionné, justement, le
droit pénal, en principe, a l'avantage d'être défini puis, quand même,
d'orienter.
L'autre élément qu'il faut toujours faire
attention, puis je comprends... puis l'exercice, c'est ça, comme on l'a dit
depuis le début, on n'ouvre pas ça souvent, une
loi sur la faune, là, si on est
capables de l'améliorer, bien, c'est ça, c'est l'objectif, là, je ne pense
pas... c'est vraiment apolitique, dans ce dossier-là, c'était vraiment
d'arriver à des solutions intéressantes. Et il faut toujours faire attention,
justement, dans certains libellés ou certains mots qui feraient en sorte, même
si on veut être nobles, hein, dans la dynamique de bien l'écrire ou de bien le
faire, que ça puisse avoir l'effet inverse, que la personne, après ça, s'en
serve... n'importe quelle personne avec des mauvaises intentions s'en serve,
justement, à bon escient pour renverser la vapeur puis faire semblant de dire
qu'il n'était sciemment pas conscient, mais que, de l'autre côté, il l'a fait
pareil en étant conscient de l'action qu'il posait.
L'objectif du projet de loi, on l'a dit depuis
le début, c'est d'améliorer notre situation faunique, d'améliorer la protection.
Donc, si on met des mots comme «sciemment» puis que ça nous cause plus de problèmes
par la suite puis que ça nous empêche, justement, avec le mauvais joueur, de
pouvoir le poursuivre, on n'aura rien gagné de ce côté-là, donc une des raisons
pourquoi moi, je pense qu'il ne faut pas aller avec le mot «sciemment», actuellement,
surtout qu'il y a quand même un droit pénal qui le détermine et il y a, comme
je disais tantôt aussi, le mens rea qui est principe d'application aussi.
Charbonneau : Merci de le préciser. Puis vous avez raison, quelques
fois, le mot «sciemment» vient nous jouer des tours. De ce fait, je vais
prendre l'explication. Merci.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Est-ce qu'il y a d'autres commentaires à l'article 19?
S'il n'y a pas d'autre commentaire, nous allons procéder à l'appel nominal. Mme
la secrétaire.
La Secrétaire :
M. Dufour (Abitibi-Est)?
Secrétaire : Pour les
membres du groupe parlementaire formant le gouvernement, Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice)?
La Secrétaire :
Pour les membres de l'opposition officielle, Mme Charbonneau (Mille-Îles)?
Charbonneau :
Pour.
La Secrétaire :
Mme Lessard-Therrien (Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
Lessard-Therrien : Pour.
La Secrétaire :
M. Roy (Bonaventure)?
La Secrétaire :
Et Mme St-Pierre (Acadie)?
Présidente (Mme St-Pierre) :
Abstention.
L'article 19 est adopté. M. le
ministre, l'article
20, s'il vous plaît.
M. Dufour :
Article 20 : Cette loi est modifiée par l'insertion, après l'article 27,
du suivant :
«27.1. Nul ne peut
utiliser un aéronef pour repérer ou pour rabattre un animal afin qu'il soit
chassé.»
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Vous avez un autre alinéa à lire.
M. Dufour :
Oui. «Dans le présent article, le terme "rabattre" désigne l'action
d'orienter des animaux dans une direction.»
Commentaire :
L'article 20 vise à introduire une nouvelle infraction à la
Loi sur la
conservation et la mise en valeur de la faune afin d'interdire l'utilisation
d'un aéronef, notamment un drone, pour faciliter la réalisation des activités
de chasse. À cet égard, cet
article permettra d'éviter que certains chasseurs
aient un avantage indu sur d'autres, au détriment de la conservation de la
faune.
Rappelons qu'une
définition d'«aéronef» a été introduite dans la
Loi sur la conservation et la
mise en valeur de la faune par l'article 1 de ce projet de loi.
Pour plus de clarté, cette
nouvelle infraction définit ce que constitue le fait de rabattre des animaux.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Commentaires? M. le député de Bonaventure.
M. Roy :
Ce qu'on me dit, c'est qu'à l'article 27 on peut permettre l'utilisation de
drones pour des fins éducatives ou scientifiques. Et là je soulève l'enjeu des
films animaliers, des entreprises spécialisées dans les reportages. Ça fait
qu'est-ce que... En tout cas, ça existe. Les gens sont friands de ce genre de
choses là. Ça n'est absolument pas pour aller rabattre un animal ou le détecter
pour aller, par la suite, le prélever, là. On est dans un enjeu de cinéma, on
est dans des enjeux de tournages animaliers.
Donc, si on le
prévoit pour des fins éducatives et scientifiques, est-ce qu'on peut rajouter à
quelque part quelque chose pour... avec des permis, des autorisations, là, le
reste, c'est un environnement réglementaire, mais pour permettre à ceux et
celles qui gagnent leurs vies avec des films animaliers d'utiliser des drones?
La Présidente (Mme
St-Pierre) : M. le ministre.
M. Dufour :
Oui, Mme la Présidente, je demanderais une suspension de quelques secondes.
Présidente (Mme St-Pierre) : D'accord, nous allons suspendre les
travaux pour quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 11 h 25)
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Alors, nous allons reprendre nos travaux. M. le ministre.
M. Dufour :
Merci beaucoup. De deux choses, ce qui est important de préciser, je pense, à
la base, l'article, vraiment, définit que nul ne peut utiliser un aéronef pour
repérer ou pour rabattre un animal alors qu'il soit... afin qu'il soit chassé.
Donc, c'est vraiment en situation de chasse et non en situation de film.
Par contre, un des éléments
que vous amenez et que je pense que tout le monde qui est conscient au niveau
de la chasse, on ne peut pas plus faire un reportage en pourchassant un animal
parce qu'on va le stresser puis on crée d'autres problématiques. Et ça,
l'article 27 le définit aussi, là. Donc, on ne peut pas...
l'article 27, dans le projet de loi... pas dans le projet de loi, mais
dans la loi actuelle, le définit. Donc, faire un film en respectant les règles,
il n'y a pas de trouble. Et là, après ça, bien, on revient encore à la même
chose, si celui qui fait le film a décidé d'une façon de le faire pas
correctement, en pourchassant l'animal, bien, il devient dans la situation de
l'intention de commettre un acte illégal, et on revient encore au principe du
mens rea au niveau légal.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Mme la députée de Mille-Îles.
Charbonneau :
Je ne sais pas si mon collègue avait terminé.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Ah! excusez, c'était M. le député de Bonaventure qui
avait pris la parole.
Charbonneau :
Oui, c'est ça, mais je pense qu'il n'avait pas terminé.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : C'est ça. Alors, je suis désolée.
Charbonneau :
Il n'y a pas de souci.
Roy : Bien, écoutez, M. le ministre, donc de faire un tournage de film pourrait rentrer dans la... il faut
que ça respecte les règles, les normes, ça, je comprends tout ça, mais ça
pourrait être intégré à l'intérieur du volet éducatif.
M. Roy :
Tu sais, on essaie juste de... C'est un secteur d'activité qui existe quand
même, là, ou le nommer, tout simplement, scientifique, éducatif et médiatique,
ou je ne sais pas quoi, là.
M. Dufour :
Parce que, normalement, ces gens-là vont même solliciter un permis pour pouvoir
faire ce type d'intervention là, là. Donc, moi, je ne vois pas... Vous, vous
voyez le besoin de l'insérer quelque part?
Roy : Bien, vous
savez comment ça fonctionne, là, plus c'est clair, mieux c'est. Donc, si on
parle d'éducatif, scientifique et cinématographique, on va appeler ça
comme ça, bien, on vient de protéger cette catégorie-là de gens qui ne chassent
pas, qui ne font que mettre en valeur le patrimoine faunique du Québec via
une... des films, et tout ce que vous
voulez. Donc, je pense que ça n'alourdit pas de manière outrancière, ça vient
sécuriser une catégorie d'acteurs ou de personnes qui gagnent leur vie
avec ce genre de choses là.
M. Dufour :
On retrouve, à l'intérieur de la loi actuelle et, naturellement, dans la loi
qui va être ajustée, si on prend l'article 47 de la loi actuelle :
«Le ministre peut, pour des fins scientifiques, éducatives ou de gestion de la
faune, délivrer un permis autorisant une personne à passer outre à une
disposition des articles...» Et là on voit une panoplie d'articles, mais il est
déjà marqué, mais un petit peu plus loin dans le projet de loi, au niveau
éducatif.
Roy : Est-ce que cinématographique, c'est éducatif? C'est la
question, là. Mais, encore une fois, vous me dites que c'est là, je ne le vois
pas vraiment.
Dufour : Si vous... dans la loi actuelle, là, c'est au 47. Et, si on
regarde...
M. Roy : C'est sûr
qu'on est rendus plus loin, là, je ne veux pas vous... mais ça ne fait rien. Le
ministre peut...
Roy : Oui, mais, en tout cas, ce n'est pas clair. Même si vous
dites que c'est écrit là, je ne vois pas comment... parce que ça pourrait être
refusé, tu sais, c'est...
Dufour : Techniquement, oui.
M. Roy :
Techniquement, ça peut être refusé d'avoir le droit de tourner un film, donc je
vous demande juste... parce que, vous le
savez comme moi, les émissions de chasse et pêche, ça... on a 1 million de
chasseurs-pêcheurs au Québec qui écoutent ça, là,
souvent, ces choses-là. Ça fait que c'est quand même tout près d'un huitième de
la population qui aime ce genre de reportage là. Ça fait qu'il faut juste
comprendre qu'il ne faut pas mettre de bâtons dans les roues à ces
entreprises-là qui travaillent avec un cadre éthique et, à mon avis, qui
respectent la protection de la faune, là. Mais je ne vois pas en quoi ça
viendrait... Ça vient juste clarifier et protéger un groupe d'individus qui
font des activités économiques reliées au cinéma, là.
M. Dufour : Bien, c'est parce qu'on
va le retrouver plus loin, là. C'est parce que c'est juste que l'article actuel
est vraiment en lien avec l'action de chasser, là, il n'est pas en lien avec
l'action éducative.
M. Roy : Non, non, mais donc,
rendu à 47...
M. Dufour : On va l'avoir. On va
l'avoir, c'est sûr et certain, oui.
M. Roy : ...vous avez de
l'ouverture pour faire un amendement et ajouter un mot.
M. Dufour : Quel mot que vous
aimeriez ajouter?
M. Roy : Bien,
«cinématographiques», «du cinéma», point. Ce n'est pas compliqué. Peut-être que
je ne serai pas là, mais, en tout cas...
M. Dufour : On le prend en note. On
le prend en note.
M. Roy : ...j'ai des
collègues qui ont compris le message et je vous le rappellerai, M. le ministre.
Voilà, c'était mon intervention. Merci.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Est-ce qu'il y a d'autres interventions à l'article 20? Mme la députée de
Mille-Îles.
Charbonneau :
Merci, Mme la Présidente. M. le ministre, je vous explique la problématique,
puis vous me direz si c'est à ce moment-ci ou ailleurs.
Dans plusieurs régions du Québec, nos chasseurs
ou nos pêcheurs arrivent en aéronef, hein, petit avion qui... parce que, oui, il y a le drone, mais il y a aussi
le petit avion, là, qui passe d'une ville à une autre ou qui passe par-dessus
certains territoires. À mon arrivée... Je m'en vais à la chasse au caribou. À
mon arrivée, mon avion commence à prendre sa descente, et je vois où est-ce
qu'ils sont parce que j'ai cette perspective-là de vision du territoire puis je
m'apprête à atterrir. Et, plutôt que d'être
un peu comme les chasseurs qui sont sur les lieux, c'est-à-dire nos
Premières Nations, puis de sortir quand on sent que c'est le temps de l'année
puis dans quelle région ils devraient être, bien, j'ai un avantage puisque...
sans vouloir le faire comme ça, parce que ce n'est pas l'intention du chasseur,
mais il a cet avantage-là, à son arrivée, de pouvoir voir peut-être quelques
cheptels, peut-être des attroupements.
Donc, comment je m'assure qu'un geste ne vient
pas entraver l'autre? C'est-à-dire que, là, on dit : «Nul ne peut utiliser
un aéronef pour repérer ou pour rabattre un animal...» Je le sais que je ne
l'ai pas rabattu, là, je fais juste arriver dans mon lieu de chasse où j'ai
pris ma location de camp ou... mais, en arrivant, bien, j'ai ce privilège-là. Je
suis un petit peu plus haute que les gens, je vois où sont les bêtes puis là je
me dis, bien, en débarquant, c'est clair que je dis : Il faut aller vers
l'est parce que c'est là que j'ai vu l'ensemble de l'attroupement, puis on est
sûrs de... comme dirait l'autre, on est sûrs
de pogner, il y a quelque chose par là. Alors, comment je fais? Parce que je
comprends l'intention, mais, en même temps, il reste que j'ai un avantage, si
j'arrive de l'extérieur puis j'arrive en vol aéronef.
M. Dufour : Et honnêtement c'est des
exemples concrets de braconnage, là, qu'est-ce que vous mentionnez, là. Je
pense que c'est une façon détournée de faire une sorte de braconnage à ses fins
personnelles et non pour...
Charbonneau : Oui,
mais peut-être pas, parce que c'est ma seule façon de me rendre au territoire,
puis j'ai cet avantage-là, j'ai un hublot, même si je suis assise au-dessus du
petit moteur. Parce que c'est des petits aéronefs, vous le savez, hein, probablement
que vous avez le privilège de faire le tour de ça une fois de temps en temps,
là, un petit avion huit places, là, les hublots sont tout petits. Mais j'ai quand
même vu, parce que ce n'est pas un vol très
élevé, là, j'ai quand même vu sur le territoire puis je peux
dire : Bien, dans l'est du territoire, j'ai vu qu'il
y avait un attroupement puis, si on s'en va par là... Alors, j'ai un avantage
visuel, repérage, mais je ne fais pas exprès. Je n'ai pas fait exprès, là, ça a
juste bien adonné que, parce que j'arrive par aéronef, je peux les voir.
À ce moment-ci, quand je regarde 27.1...
puis peut-être qu'il y a des solutions dans d'autres 27, là. Je vois
juste 27.1 pour l'instant : «Nul ne peut utiliser un aéronef pour
repérer...» bien, ça vient de me handicaper parce que je ne voulais pas repérer.
Mais nécessairement mon avantage, en arrivant par aéronef, m'a donné ce
privilège-là de pouvoir repérer.
M. Dufour : Oui. Bien, ce qu'il faut
faire attention, dans le libellé de l'article, automatiquement, ce n'est pas
celui qui arrive puis qui vient s'installer sur son... qui vient atterrir sur
son lac, parce qu'il y a seulement qu'un accès puis ce n'est pas normalement
par voie terrestre, donc c'est par voie... par les airs, donc ça... Et, comme
vous le dites, il y en a, des places encore même accessibles,
en Abitibi-Témiscamingue, au Saguenay, dans le Nord-du-Québec, sur la Côte-Nord
aussi. Et ce qui est important de préciser là-dedans, bien, c'est sûr, si on
voit l'avion qui commence à faire des tours, et des tours, et des tours, bien,
automatiquement, ça devient, comme on le dit, avec une intention derrière. L'objectif
visé, ce n'est pas simplement d'atterrir, à ce moment-là.
Et ça, si vous vous souvenez, lorsqu'on avait eu
les rencontres avec les organismes, il y avait justement l'organisme, je ne me
souviens plus de la terminologie, là, de l'acronyme du nom, là, mais au niveau
autochtone, qui nous en avait parlé, de cet élément-là, qui nous avait signifié
que, pour eux, bien, il fallait faire un petit peu attention à ce côté-là parce
que... pour éviter, justement, un repérage artificiel, si on pourrait dire, du
haut des airs puis faciliter une chasse, là.
Donc, on est bien conscient de ça, mais je pense
qu'on n'a pas d'autre façon que de l'inscrire comme ça, au moins à la base, pour éviter qu'on arrive avec des
problèmes. On ose faire confiance aussi aux gens qui
gravitent par aéronef dans ces
plans-là de chasse, là, particuliers, là. Ce n'est pas tout le monde, là, qui peut accéder à ces milieux-là non plus, là.
Charbonneau : Un
peu plus tôt, on avait quelques articles qui nous disaient que, quand les gens
ne faisaient pas ça par intention, ils étaient protégés ou... Donc, comment...
j'ose dire, comment je fais pour protéger ces gens-là?
Parce que je ne suis pas obligée de tourner bien, bien longtemps, là. Si j'ai
une vue claire sur un regroupement à quelque part, ça prend juste le
temps que mon avion atterrisse, avec mon guide, je dis : As-tu vu, dans le
coin est?
Je veux juste m'assurer, puisqu'on fait des articles
de loi qui protègent certaines personnes puis qui protègent certaines espèces,
qu'on couvre l'ensemble du geste. Donc, si j'arrive par un aéronef et j'ai le
privilège de voir... des fois, ce n'est pas mon lac privé à moi, là, ça peut
être parce que je me suis payé un week-end à l'île d'Anticosti ou quelque chose
comme ça, puis, tout d'un coup, j'ai un avantage, ce n'est pas mon intention,
mais j'arrive à avoir cet avantage-là qui
fait en sorte que j'ai des gens qui ne sont pas avantagés puis que je veux
protéger en disant que personne ne peut prendre un drone pour aller...
pour faire du repérage, puis je ne peux pas non plus faire, comme vous le
disiez si bien, un repérage par avion, puis tourner au-dessus d'un
regroupement, puis faire du rabattage de cette façon-là.
Mais est-ce qu'il n'y a pas lieu de se donner un
complément, à 27, pour dire que tout ce qui n'est pas fait par intention n'est
pas reconnu contre... aller contre la loi? Je ne sais pas. Si vous me dites
qu'il n'y a pas lieu de l'inscrire...
Croyez-moi, les gens qui sont venus vous rencontrer mettaient une intention
sur : les gens ne font pas exprès, là.
Mais, à partir du moment où je peux faire du
repérage, parce que je peux en faire, je suis assis dans un avion, j'ai juste
ça à faire, là, le commandant vient de me dire qu'on est en descente, que ça ne
sera pas long, il fait beau, mettez votre capuchon, il mouille, bien, je vais
regarder à l'extérieur puis là je peux faire du repérage avec facilité sans
avoir cette intention-là. Et ça me facilite mon déplacement, un coup atterri,
pour aller mettre en place les intentions
que j'ai, c'est-à-dire je veux aller à la chasse, je veux avoir... j'ai
le droit d'avoir une bête, je veux dire, un orignal. Et je l'ai vu, là,
je le sais, où est-ce qu'il y en avait puis... malgré que ce n'est pas des
animaux qui se regroupent, là, mais mettons que j'ai un avantage comparé à quelqu'un
qui est sur le territoire puis qui n'est pas arrivé par avion.
M. Dufour : Bien, comme je le
mentionnais, l'article, c'est la meilleure méthode qu'on a trouvée pour avoir
un
article qui pourrait répondre en grande partie... et là on m'a confirmé le
nom, là, le Comité conjoint de chasse, pêche et piégeage, le CCCPP. Donc,
c'était la façon, pour nous, de l'indiquer.
L'autre façon qui peut en
partie protéger
l'individu, là, qui arrive en avion, comme ce que vous amenez comme point,
c'est : tous ces avions-là doivent communiquer leur itinéraire de vol.
Donc, c'est sûr et certain que, techniquement, oui, ils peuvent toujours
arriver puis voir les bêtes lorsqu'ils vont faire leur atterrissage, mais, en
principe, il y a quand même un respect d'itinéraire de vol. Puis là, si on voit
qu'il y a quelque chose qui ne marche plus puis que l'itinéraire de vol, le
pilote s'est promené un peu partout pour essayer de repérer, bien là, on peut
s'apercevoir qu'il va y avoir une problématique. Mais, je pense, c'est la
façon... puis nous, de notre côté, bien, c'est d'essayer de répondre à la
dynamique qui était proposée par le comité aussi. Donc, c'est un peu l'idée
qu'on est arrivés avec cette formulation-là.
Charbonneau :
Mais, encore une fois, là, la personne n'a pas cette intention-là. Je rappelle,
là, qu'elle ne fait pas ça intentionnellement puis qu'il n'y a pas de repérage
qui se fait. C'est vraiment juste une perspective.
Je vous dirais qu'une de leurs propositions,
c'était : N'y a-t-il pas lieu de mettre un délai entre mon atterrissage
puis ma permission de partir à la chasse? N'y a-t-il pas lieu de dire, si
j'arrive en aéronef puis que j'ai survolé l'espace, je l'ai survolé non
intentionnellement, là, je l'ai survolé parce que je suis arrivé, puis je
débarque de l'avion, puis je suis capable de
vous dire que dans l'est du territoire, j'ai vu un regroupement x, y, z de
ce que je chasse, n'y a-t-il pas lieu de se dire : À ce moment-ci,
bien, ça serait peut-être intéressant de rajouter... de dire que, quand
quelqu'un arrive par aéronef dans un milieu où la chasse est permise puis dans
un temps donné, au moment où il y a abondance,
il y a un délai entre quand je débarque de l'avion puis quand je peux rentrer
dans le bois pour aller à la chasse?
M. Dufour : Honnêtement, pour ceux
qui vont à la chasse, je pense que c'est correct de penser, des fois, qu'une
loi peut inscrire des éléments, mais cet élément-là... parce qu'on ne parle pas
simplement de chasseurs qui vont dans des villégiatures. Donc, si ça serait
tous que des pourvoiries, exemple, ça serait peut-être pratico-pratique de s'arranger avec le pourvoyeur en question, mais
on parle de... Il y en a beaucoup là-dedans qui ont aussi des camps, donc des baux de villégiature pour accéder à leur
territoire, puis il n'y aurait aucune manière, comment dire, de
contrôler, une quelconque façon, un individu qui arrive à son camp de chasse.
Puis comment qu'on fait pour savoir s'il ne part pas dans les prochaines
deux heures ou dans les prochaines 12 heures?
À la base, c'est sûr et
certain que tous ces individus-là qui s'en vont à la chasse, bien, le temps
qu'ils arrivent, le temps qu'ils défont les bagages, etc... parce que,
normalement, tous les gens que je connais qui font ce type de chasse là le font pour au moins une semaine, là, ils ne vont pas
là passer juste une journée. Donc, c'est vraiment... je pense qu'il
faut... d'inscrire quelque chose dans une loi, il faut aussi que ça soit
logique, que ça puisse s'appliquer. Donc, dans ce cas-ci, moi, je pense que
c'est très, très difficile. Donc, c'est pour ça qu'en le mettant comme ça,
donc, s'il y a quelqu'un qui a une mauvaise intention, bien, au moins,
celui-là, on peut le capter.
Charbonneau : Je
vais vous faire un petit clin d'oeil pour vous dire : C'est probablement
une conversation qu'on va ravoir, quand on va parler des amendes. C'est bien
beau, mettre des amendes, mais ça prend des gens pour les appliquer. On va
sûrement revenir sur cette discussion-là. Par contre, ça sera de ce côté-ci
qu'on va parler des gens pour les appliquer puis, de ce côté-là, on va parler
des amendes.
Mais, si on est capable de régir au moins en
partie... parce que je comprends, quand vous me dites qu'il y a des gens qui
ont des camps privés. Puis j'en conviens, là, on ne peut pas imposer une
réglementation quand ça devient quelque chose qui est plus privé. Mais, si
c'est une règle qu'on impose à des camps locatifs, des gens qui prennent
l'avion, des gens qui... Parce que, vous avez raison, puis tout le monde est
pareil, là, que j'aille à la chasse ou dans le Sud, quand je débarque de
l'avion, il faut que je défasse mes valises. Mais, si j'ai vu quelque chose
d'intéressant puis qui fait en sorte que ma semaine est vraiment productive
parce que j'ai tout de suite vu où était la bête,
bien, je ne la déferai pas, ma valise, là, je vais dire à mon
garde-chasse : Écoute, j'ai vu quelque chose d'intéressant, laisse la valise sur le bord de ma... fais porter
ma valise sur le bord de ma chambre, là, puis on s'en va tout de suite,
Donc, je comprends, quand vous me dites :
On ne peut pas régir le privé. Ça, je comprends, mais, si on est capables, du
moins, régir ceux avec qui on a des affiliations, des contrats, des
organisations publiques, ça serait déjà peut-être une perspective intéressante
pour protéger notre faune, qui ne devient plus un sport si c'est aussi facile
que d'arriver en avion, voir c'est où puis...
M. Dufour : Mais nos quelconques
pourvoyeurs qui offrent ce service-là, là, c'est la même chose, là, quand on...
de deux. Premièrement, l'action de repérer, c'est vraiment quelqu'un qui se
promène en avion ou en hélicoptère, parce qu'il y en a plusieurs aussi qui sont
en hélicoptère, puis qui va faire du survol spécifiquement pour ça. Ce n'est
pas celui qui vient atterrir puis qui a la chance de repérer qu'il y a un
troupeau ou quoi que ce soit, une bête en
question. Donc, c'est... la terminologie «repérer», je pense qu'elle le dit
bien, c'est quoi. C'est vraiment quelqu'un qui court après quelque
chose, là, pour repérer un élément.
Pour ce qui est des pourvoyeurs, pour nos
éléments, donc, à un moment donné, c'est la même chose, la loi est
difficilement applicable, à dire : Bien là, si tu es en pourvoirie, si tu
n'es pas en pourvoirie... Et puis, quand tu arrives en pourvoirie, c'est un peu
comme arriver à son hôtel, je ne connais pas personne qui va garrocher ses
bagages, là, puis qui... go, go, go, je veux dire, il y a toute une procédure.
Donc, déjà là, dans le délai de temps, on doit déjà accumuler possiblement un trois
heures assez facile avant d'avoir fini ses installations.
Donc, moi, personnellement, je pense que
l'article, elle est intéressante parce qu'elle vient répondre en
partie au
comité puis elle est dans un vocable qui est acceptable, je pense, pour tout
chasseur, puis qui vient un petit peu réglementer, quand même, en partie, tout
l'aspect repérage.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Est-ce
qu'il y a d'autres commentaires à l'article 20? S'il n'y a pas d'autre commentaire,
nous allons procéder à l'appel nominal. Mme la secrétaire.
La Secrétaire : M. Dufour
(Abitibi-Est)?
Secrétaire : Pour les
membres du groupe parlementaire formant le gouvernement, Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice)?
La Secrétaire : Pour les
membres de l'opposition officielle, Mme Charbonneau (Mille-Îles)?
Charbonneau :
Pour.
La Secrétaire : Mme Lessard-Therrien
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
Mme Lessard-Therrien : Pour.
La Secrétaire : M. Roy (Bonaventure)?
La Secrétaire : Et Mme St-Pierre
(Acadie)?
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Abstention. Donc, l'article 20 est adopté. M. le
ministre, veuillez lire l'article 21, s'il vous plaît.
M. Dufour : Oui. Mme la Présidente,
avant de lire l'article 21, étant donné que ça a été une terminologie, à
date, qu'on a eue à se questionner, j'aimerais une petite suspension quelques
secondes, juste pour discuter.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
D'accord, nous allons suspendre.
M. Dufour : Parce qu'on a préparé quand
même un élément par rapport à la définition. Merci.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Parfait.
(Suspension de la séance à 11 h 50)
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Alors, nous allons reprendre nos travaux. M. le ministre, donc, veuillez lire l'article 21.
Dufour : Oui. Donc, l'article 21,
puis, après ça, je pourrai enchaîner avec d'autres éléments d'information.
Donc, l'article 21 :
L'article 30 de cette loi est modifié par le remplacement de «, animal
domestique ou d'un chien» par «ou d'un animal domestique», tout
simplement.
Donc, si on y
va avec le commentaire :
L'article 31
vise à apporter un ajustement de concordance à l'article 30 de la
Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune. En effet, la
définition d'«animal domestique»,
introduite dans cette loi par l'article 1 du projet de loi, vise les
chiens. Il n'est donc plus nécessaire de viser spécifiquement les chiens dans
cette disposition. Donc, c'était vraiment en lien avec le mot «chien».
Par contre, tel qu'on en a discuté la semaine
dernière, on est juste en attente du MAPAQ pour la confirmation de la
définition au niveau d'animaux domestiques. C'est ce que je posais comme question,
est-ce qu'on avait eu la réponse. La réponse, on ne l'a pas encore eue
officiellement. Mais, comme on l'a dit, on peut continuer à poursuivre, mais toujours
dans le design de la définition d'animaux domestiques qui va suivre une fois
l'autorisation du MAPAQ. Merci.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Alors, est-ce qu'il y a des commentaires à l'article 21? Oui, Mme la
députée de Mille-Îles.
Charbonneau :
Merci, Mme la Présidente. Juste, dans le fond, ce n'est pas une question, c'est
juste pour me rassurer. Le projet de loi nous amène cette nouvelle perspective
intéressante où on parle du chien de sang, où on ne s'en sert pas pour chasser,
on s'en sert pour détecter un animal blessé. Ici, à 30, on parle qu'on ne peut
pas utiliser un animal pour... tenter de le faire : «Nul ne peut chasser
ou piéger un animal déterminé par le règlement ou tenter de le faire à l'aide d'un animal domestique...» J'ai compris que
ce n'est pas un chien de sang, c'est... bien, c'est un animal
domestiqué, mais ce n'est pas un animal domestique dans la définition dans
laquelle on va lui donner.
Est-ce que, plus loin... je reviens sur l'article 30
pour dire que mon chien de sang n'est pas reconnu ou ça sera dans ma définition
que je vais reconnaître le fait que mon chien... parce que tout ce qui
commencera par «chien» va allumer, chez la personne, un principe d'animal
domestique. Un chien de sang, c'est un animal domestiqué. J'essaie de prendre
exemple sur ma collègue qui m'expliquait, là, la différence entre «domestique»
et «domestiqué». Alors, je le retrouve plus loin pour m'assurer qu'il n'est
pas... le propriétaire n'est pas imputable face au geste.
Charbonneau : Ce
n'est pas loin, en plus.
M. Dufour : Ce n'est pas loin. Ce
n'est pas trop loin.
Charbonneau :
Parfait. Merci de m'avoir répondu.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Mme
la députée de Rouyn-Noranda—Témiscamingue.
Mme Lessard-Therrien : Oui, juste...
petite question. Tu sais, par exemple, quelqu'un qui irait à... tu sais, à
l'automne, qui va dans le bois, qui amène son chien puis qui dit : Bon,
bien, tant qu'à aller me promener, je vais mettre mon dossard, je vais amener
ma 22 au cas où que je croise une perdrix. Le chien, il n'est pas... ce n'est
pas un chien de chasse, là, c'est juste, tant qu'à aller dans le bois, on va
amener le toutou, tu sais, comme beaucoup de gens font. Est-ce que, là, c'est
considéré comme... Est-ce qu'il pourrait se faire donner une amende par un
garde-chasse parce que, là, il est considéré qu'il va à la chasse avec son
animal de compagnie?
Dufour : Bonne interrogation. Je vais demander au légiste de voir un
peu comment qu'on fait la définition de la dynamique que vous amenez.
Parce que ce que la députée de Rouyn-Noranda—Témiscamingue amène, c'est un fait
que beaucoup de personnes vont aller, exemple, à la perdrix, accompagnées de
leur chien, par exemple, et ce n'est aucunement en fonction de faire lever les
oiseaux, là. Est-ce que ça s'inscrit... de protection pour ce type de chasseur
là qui n'est pas en lien avec une infraction telle quelle?
La Présidente (Mme St-Pierre) : M.
le juriste.
M. Tremblay-Parent (Gabriel) : Oui.
En fait, le terme, là, «à l'aide de», là, qui est mentionné dans l'article, là,
fait justement référence au fait que c'est de chasser. Quelqu'un qui chasse
mais avec l'aide, le secours du chien ou d'un autre animal domestique, mais ce
n'est pas celui qui chasse avec un chien qui l'accompagne, là.
Mme Lessard-Therrien : Puis ça,
cette différence-là, c'est l'agent de protection de la faune qui... tu sais,
qui fait comme l'arbitrage nécessaire pour déterminer que, O.K., ton chien,
c'est un toutou, c'est juste un chien ordinaire qui n'a pas les capacités de
faire lever les perdrix, là, ou... tu sais, ça va être, dans le fond, au bon
jugement de l'agent de la faune.
M. Tremblay-Parent (Gabriel) : Bien,
je dirais, dans un premier temps, là, avec son expérience. Je ne peux pas vous
dire comment, concrètement, là, ça se passerait sur le terrain, là, mais évidemment,
je dirais que, dans un stade de poursuite pénale, c'est d'abord l'agent qui
constate l'infraction. Puis évidemment, ensuite, bien, ça peut également, là...
ça doit être autorisé par le DPCP. Donc, c'est sûr qu'il y a une validation,
une vérification, là, est-ce qu'on est vraiment dans un chien... tu sais, dans
un chien qui aide la personne à chasser ou non. Ça fait qu'il y a quand même
différents intervenants, là, qui peuvent être appelés à intervenir dans les
circonstances, là.
M. Dufour : Si vous me permettez, Mme
la Présidente, j'enchaînerais. Peut-être un élément, je pense, qui est important
aussi, on le sait qu'on peut aller au petit gibier aussi avec notre chien, là,
sans problématique, là. Il
n'y aura pas de conséquence quelconque, là. Donc, c'est surtout versus
le gros gibier, là, qu'il pourrait y avoir une quelconque problématique. Mais je
pense que les agents de la faune, avec les connaissances qu'ils ont, ils savent
bien, là, quel genre de chien que tu vas amener, mettons, pour faire vraiment
une chasse avec un animal domestique et versus simplement un animal de
compagnie.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Il
ne reste que 10 secondes.
Alors, compte tenu de l'heure, je vais suspendre
les travaux. Vous avez rendez-vous cet après-midi.
(Suspension de la séance à 12 heures)
La Présidente (Mme
Grondin) : Donc, votre attention, s'il vous plaît. La Commission
des transports et de l'environnement reprend ses travaux.
Nous poursuivons l'étude détaillée du projet de
loi n° 88, Loi confirmant la
Loi sur la conservation
et la mise en valeur de la faune et d'autres dispositions législatives.
Je vous informe que la suite de cette séance se
déroulera à la fois dans la salle Louis-Joseph-Papineau, où je me trouve, et
dans la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine. Mais avant de débuter nos
travaux, je souhaiterais avoir le consentement pour permettre le remplacement
de M. Arseneau par M. le député de Jonquière. Donc, est-ce qu'il y a consentement
pour que le député de Jonquière puisse remplacer?
La Présidente (Mme
Grondin) : Je sens une hésitation.
M. Gaudreault : ...j'ai bien
d'autres choses, mais je peux le faire.
La Présidente (Mme
Grondin) : J'ai donc consentement. Lors de la suspension des
travaux cet avant-midi, nous en étions à l'étude de l'article n° 21.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur cet article? Mme la députée de Mille-Îles.
Charbonneau : Merci,
Mme la Présidente. Ce n'est pas une intervention, mais je crois qu'on était
rendus à un point de répondre à ma collègue de Québec solidaire. Mais, en même
temps, elle n'est pas avec nous, donc j'imagine que... mais il me semblerait
qu'on était en train de lui faire une réponse. Mais malheureusement, je lève
mes yeux puis je pense qu'on ne se souvient plus beaucoup, là, mais on était
rendus à un questionnement. Mais ça va, je n'ai pas d'autre intervention sur le
principe.
Présidente (Mme Grondin) : Parfait. Donc, s'il n'y a pas
d'autre intervention, je vais procéder à la mise aux voix de l'article 21.
Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
La Secrétaire : Veuillez
répondre pour, contre ou abstention. M. Dufour (Abitibi-Est)?
Secrétaire : Pour les
membres du groupe parlementaire formant le gouvernement, Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice)?
La Secrétaire : Pour les
membres de l'opposition officielle, Mme Charbonneau (Mille-Îles)?
Charbonneau :
Pour.
La Secrétaire : M. Gaudreault
(Jonquière)?
La Secrétaire : Et Mme Grondin
(Argenteuil)?
Présidente (Mme Grondin) :
Abstention. Donc, l'article 21 est adopté. Nous poursuivons avec l'article 22.
Et je vois, M. le ministre, que vous souhaitez déposer également un amendement.
Donc, je vous invite à en faire la lecture, de l'article, dans le projet de loi.
Dufour : Oui. Donc,
article 22 :
L'article 30.2 de cette loi est modifié par le remplacement de
«projecteur» par «réflecteur ou un appareil d'éclairage, de vision nocturne ou
d'imagerie thermique».
Je vais lire maintenant les commentaires avant
de passer à l'amendement, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Grondin) : Parfait. M. le ministre.
Dufour :
L'article 22
vise à interdire la chasse à l'aide d'équipement d'éclairage ou d'appareils de
détection ou de repérage. Cet
article a donc
pour objet d'adapter l'infraction prévue à l'article 30.2 de la
Loi sur la
conservation et la mise en valeur de la faune aux nouvelles technologies
employées par certains braconniers.
Cette modification vise à éviter que des personnes
puissent braconner la nuit dans des situations où les animaux visés sont
particulièrement vulnérables. À cet égard, cet
article permettra d'éviter que
certains chasseurs aient un avantage indu sur d'autres au détriment de la
conservation de la faune.
Si vous me permettez, l'amendement, maintenant?
La Présidente (Mme
Grondin) : Oui, M. le ministre.
Dufour : Donc, au niveau de l'amendement, donc :
L'article 30.2 de cette loi est
remplacé par le suivant :
«30.2. Nul ne peut utiliser un réflecteur ou un
appareil d'éclairage, de vision nocturne ou d'imagerie thermique la nuit pour
déceler la présence du gros gibier dans un endroit fréquenté par celui-ci.»
Je vais lire les commentaires : Cet amendement
vise à préciser que l'infraction s'applique à une personne qui a pour objectif
de déceler la présence du gros gibier plutôt que de tout animal. En effet,
l'infraction vise à empêcher le braconnage du gros gibier et non de limiter
l'exploration de la faune nocturne par des naturalistes.
La Présidente (Mme
Grondin) : Merci, M. le ministre. Donc, y a-t-il des commentaires?
Mme la députée de Mille-Îles.
Charbonneau :
Merci, Mme la Présidente. Je n'ai pas devant moi et ni en mémoire 30 et 30.1.
Je sais qu'on a vu 30.1, là, il y a quelques... On a 30 qu'on vient de voir.
Dans le principe des chiens de sang, on sait que
la période de chasse peut faire en sorte que la nuit arrive un petit peu plus
vite que l'été, ce qui fait en sorte que peut-être que le conducteur de chien
de chasse... de chien de sang aura besoin de bien identifier pour suivre la
trace et bien relever. Est-ce qu'ils sont, dans un autre endroit, protégés du
fait qu'ils peuvent utiliser cet outil de travail ou est-ce qu'ils sont inclus
dans le 30.2?
M. Dufour : Oui, on retrouve cette
information-là dans un autre
article subséquent qui s'en vient dans quelques
instants.
La Présidente (Mme Grondin) : Y a-t-il d'autres interventions sur l'article... sur l'amendement,
en fait, à l'article 22? M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault :
Oui. Je veux juste... Ma question, ça va peut-être dans le même sens que la
députée de Mille-Îles puis... parce qu'il faut vraiment clarifier, là : Est-ce
que cet article, tel qu'amendé, pourrait empêcher la recherche d'un gibier
blessé la nuit? Parce que la vraie question, c'est... on ne veut pas laisser un
gibier...
L'idée de la loi... une des idées de la loi,
c'est la conservation de la chair, bon. Ça fait que, là, si cet article-là
empêche de trouver un gibier blessé ou mort durant la nuit, puis que,
finalement, on se retrouve le lendemain matin, puis il est en état de
décomposition, il a été mangé par d'autres animaux, ou quoi que ce soit, bien
là, on est en contradiction avec l'objectif de la loi... un des objectifs de la
loi, qui est la conservation de la chair, là. Ça fait que, là, je veux juste
être vraiment... Ça va nous permettre de se réchauffer aussi, parce que moi, je
reviens, là. Mais est-ce qu'on est dans ce scénario-là?
M. Dufour : C'est ça. Tel que
précisé à la députée de Mille-Îles, il y a un
article de loi, là, qui va venir
régir correctement la situation pour les chiens de sang, mais on le voit un
petit peu plus tard, là, dans le...
M. Gaudreault : C'est-tu l'article 31?
M. Dufour : Non, ce n'est pas l'article 31,
c'est l'article...
M. Gaudreault : Ah oui! C'est 32.
M. Gaudreault : Est-ce que l'article 31...
pas 31, mais 22, pardon...
M. Gaudreault : ...peut avoir un
impact sur 32? Dans le sens qu'on est-tu mieux d'attendre un petit peu puis de
l'adopter une fois qu'on aura étudié 32? Je réfléchis en même temps que je
parle, là.
M. Dufour : Bien, non, parce que,
là, on est sur le principe de la chasse, donc du chasseur qui chasse, donc qui
voudrait créer une situation de braconnage. Ce qu'il faut bien comprendre, normalement,
un braconneur, il ne part pas du jour au lendemain avec sa lumière. Il va le
faire comme en deux étapes. Il va avoir fait une démarche d'éclairage de nuit
ou de repérage de nuit, si on pourrait dire ça comme ça. Puis ça va être dans
une deuxième phase qu'il va essayer d'aller influencer sa chasse de nuit, en
fin de compte, sa chasse nocturne.
Donc, dans le
cas que vous nous parlez, c'est la situation d'un chien, d'un chien de sang qui va être en
habilité. Et il y a des règles qui sont établies, là, dans les autres articles par
rapport aux chiens de sang, puis tout ça, là. Donc, cet article-là, 22, n'a pas
d'impact, là, techniquement, en contrepartie de ce qu'on va arriver avec les
chiens de sang.
La Présidente (Mme
Grondin) : M. le député de Jonquière, ça
M. Gaudreault : Ça va pour
l'instant.
La Présidente (Mme
Grondin) : Donc, Mme la députée de Mille-Îles.
Charbonneau :
Merci. Le député de Jonquière a suscité chez moi une interrogation parce qu'il
n'a pas cité le chien de sang. Il a
dit : Si j'ai à repérer un animal. Et, si j'ai bien compris le député de
Jonquière, il mentionnait : Si je suis
chasseur, je suis au moment où la nuit va tomber, là, et je pense que je sais
où est-ce que l'animal est tombé ou je peux suivre sa trace, mais je dois, pour
le faire... Et je comprends, dans votre... tu sais, dans ce que vous mettez
dans la loi, je comprends qu'on essaie de limiter l'aspect braconnier.
J'essaie juste de m'assurer avec vous que, si je
suis chasseur, que j'ai une très bonne idée, parce que le chemin est déjà
tracé, là, d'où la bête peut s'être écrasée, mais pour m'assurer que, quand
j'arrive, elle est vraiment... je vais réutiliser des mots que vous avez pris la
semaine passée, tu sais, suffisamment blessée pour ne pas me blesser. Parce que
vous le savez puis vous me l'avez expliqué la semaine passée, des fois, une
bête blessée peut devenir très agressive, puis ça peut être dangereux. Donc, si
j'exclus le principe de chien de sang, mais, comme l'a dit mon collègue de Jonquière,
si la bête est blessée puis je veux la retracer, je ne peux pas utiliser le
réflecteur ou l'appareil d'éclairage de
vision nocturne, donc je n'ai pas le droit à la lampe frontale ou à une lampe
de poche pour m'y retrouver. Mais, en
même temps, je comprends la problématique du braconnier. Alors, comment je fais
pour poser mon jugement sur la personne qui cherche? C'est un chasseur,
ce n'est pas un braconnier, la bête est blessée, mais je n'ai pas besoin de
faire appel au maître-chien de sang.
M. Dufour : Merci de me permettre de
préciser. Tous les gens, là, qui vont à la chasse savent qu'à partir d'une
telle heure, tu ne peux plus agir avec ton éclairage. Donc, si tu ne fais pas
appel au chien de sang, tu ne pourras pas, justement, aller suivre où est l'animal
blessé. Donc, c'est un peu ça que ça vient... Le chien de sang, là... La raison
pourquoi que c'est si intéressant d'avoir cette nomenclature-là dans la
nouvelle loi, le chien de sang, c'est que ça va permettre justement, et comme
l'a dit le député de Jonquière, de préserver justement la chair animale et puis
le bien- être animal dans la dynamique d'une chasse,
naturellement, quand on parle de ça, pour... et permettre justement d'achever
ses souffrances.
Par contre, le
chasseur lui-même tout seul qui prendrait, comment dire, le loisir d'y aller
serait hors loi, donc. Et ça, dans la loi actuelle, ça existe déjà, là. La loi
prévoit déjà une interdiction d'utiliser un éclairage pour déceler un animal
dans un endroit, actuellement. Donc, à une certaine heure, là, tu ne peux plus
être en action de chasse, automatiquement, même si tu as possiblement blessé.
Donc, la loi, ce qu'elle vient juste... actuellement, cet article-là, elle
vient juste mettre en place, là, vraiment l'élément réflecteur ou appareil d'éclairage,
de vision nocturne, thermique, etc., des nouvelles bébelles qu'il n'y avait
pas, peut-être, voilà une trentaine d'années puis qu'aujourd'hui on est
confrontés avec.
Charbonneau :
Oui, tout à fait. Tout à fait, le défi qu'on a, c'est vraiment de moderniser,
hein, on le disait, moderniser la loi. Ma seule interrogation, dans votre
explication, c'est : Et si le temps jouait contre moi? Si je suis un
chasseur, j'ai compris que j'ai du temps, puis que, là, la nuit tombe, j'ai eu
ma proie, mais je l'ai blessée suffisamment pour qu'elle s'éloigne de moi et je
n'ai pas accès à un chien de sang, je n'ai pas accès, pour toutes sortes de
raisons, là, dans l'endroit où est-ce que je suis, il n'y en a pas, ils sont
tous occupés, je suis dans une grande période de chasse, c'est plus difficile,
comment je fais pour faire la différence entre un chasseur puis un braconneur?
Parce que, dans le fond, ce que vous voulez limiter, puis je l'entends très
bien, c'est tout l'aspect braconnier. Mais, si je suis un chasseur puis
que — je
reprends les termes de ce matin, là — de bonne foi, j'arrive à
identifier, à blesser suffisamment, mais elle est fugace et elle se sauve, mais
je peux la repérer... Puis là, bien, je fais mon téléphone, j'appelle les gens,
j'espère qu'ils seront sous, bientôt, un ordre professionnel des chiens de
sang, puis là je leur dis : J'ai besoin d'un chien de sang parce que la
nuit est tombée, ça fait au moins 30 minutes qu'il fait noir, j'ai compris
les délais qui déterminent la nuit, et là on me dit : Bien, M. le
chasseur, malheureusement, le maître-chien de sang n'est pas accessible pour
l'instant, alors si vous êtes capable de le repérer vous-même, tant mieux,
sinon, bien, vous devez, j'imagine, perdre votre chasse ou je ne sais pas, je...
Dans cette volonté de
protéger la faune et protéger l'aspect du sport, de la chasse, j'imagine qu'il
y a comme, des fois, une fine ligne, donc,
comment on fait pour la trouver pour bien s'assurer que, si on utilise un
appareil réflecteur ou d'éclairage, je l'utilise à bon escient?
M. Dufour :
Oui. C'est sûr et certain que pour nos agents de la faune, pour les gens qui
s'occupent, naturellement, de la situation de chasse, il faut quand même qu'il
y ait une précision, à un moment donné, tu ne peux pas commencer une chasse
avant telle heure puis tu dois la terminer à telle heure. Ce que les agents de
la faune ont déjà été confrontés, par exemple, c'est quelqu'un qui tue son
animal, mettons, vers 16 heures, qui prend le temps de le chercher un peu,
la nuit tombe et là, finalement, retrouve sa bête.
Par exemple, s'il ne
la retrouve pas dans les délais prescrits, bien, c'est sûr qu'à un moment donné
il faut qu'il quitte puis qu'il s'en retourne à son camp de chasse. Mais sinon,
s'il l'a retrouvé puis qu'il est en train de le dépecer, parce que toutes ces
viandes-là doivent quand même avoir une interaction assez rapide, que ce soit
quand on parle du gros gibier, naturellement, bien, c'est sûr et certain que
l'agent de la faune, il est capable de comprendre que tu ne dépèces pas un
orignal en l'espace... ce n'est souvent pas dépecé, mais c'est coupé en
quartiers, tu ne le fais pas quand même en
l'espace de trois secondes, puis il y a toute une technique, si tu ne veux pas
perdre ta viande, etc.
Donc, il y a quand
même toute cette nomenclature-là que les agents de la faune ont la conscience
de savoir comment bien travailler l'animal en situation de chasse, puis ils
sont capables de voir que le gars... le gars ou la fille qui a été à la chasse,
parce qu'il y a autant de filles que de gars qui vont à la chasse, presque,
aujourd'hui, il est capable de voir que ce n'est pas un animal qui a été tué
une minute avant la fermeture de la chasse, parce qu'il voit où est-ce que les
travaux sont rendus au niveau de la bête. Mais c'est sûr et certain qu'il y a
une parcelle de... on pourrait dire, de situation particulière sur la bête qui
a peut-être été tuée dans les dernières minutes. Mais normalement, c'est un peu
ça, nos chasseurs, puis je pense que c'est important de le dire, même si ce
n'est pas en lien directement dans le projet de loi, mais c'est souvent les
gens les plus nobles ou les plus respectueux, malgré qu'ils font une chasse, en
fonction des heures, puis tout ça, ce n'est pas celui-là qui est dangereux.
Puis, comme on l'a déjà dit, c'est vraiment le braconneur qu'on veut éliminer
du lot avec ses technicalités que lui met en place pour essayer de contourner
les règles de chasse. C'est ça qu'on ne veut plus... qu'on ne veut pas voir ou
qu'on veut éliminer le plus possible, là.
Présidente (Mme Grondin) : Mme la députée.
Charbonneau :
À ce moment-là, Mme la Présidente, la question que je poserais, c'est : Y
a-t-il lieu d'ajouter un mot à l'article pour pouvoir bien identifier la
personne qu'on cherche à identifier? Parce que, vous le dites bien, si la
tombée de la nuit est arrivée, j'ai le butin de ma chasse devant moi, je
commence à dépecer, parce qu'on sait ce qui arrive si on tarde trop, surtout,
comme vous le dites, sur un gros gibier, et, pour poursuivre mes gestes, je
dois avoir une forme d'éclairage parce que... Et j'ai nul doute que les agents
de la faune, c'est des gens qui sont capables de réfléchir puis d'avoir un bon
jugement. Mais puisqu'on écrit une loi pour s'assurer qu'il n'y a personne qui
se trompe puis que tout le monde est capable de l'interpréter, y a-t-il lieu
de... au moment où on précise qu'on ne veut pas que ça soit un... qu'on change
le mot «projecteur» pour «réflecteur» et «appareil d'éclairage» la nuit pour
déceler la présence d'un animal dans un endroit fréquenté par le gros gibier, y
a-t-il lieu de rajouter le fait : à moins que le chasseur soit... là,
c'est plus qu'un mot, là, c'est presque une phrase, mais à moins que je sois en
situation de récupérage de viande ou on le voit plus loin dans un autre
article? Mais de la façon qu'il est écrit là, ça ne fait pas la différence
entre un braconnier puis un chasseur de bonne foi.
M. Dufour :
Bien, ce qu'il est important, je pense, de préciser dans l'exemple que vous
amenez, en tout cas, dans ce que vous
amenez, c'est qu'il y a quand même autre que la loi, naturellement, qui suit une
loi, il y a la réglementation qui est
mise en place. Et dans la réglementation, même actuellement, il y a quand même
une situation qui est soulignée qu'un chasseur peut quand même y aller
avec sa lampe de poche. Donc, on restreint l'utilisation d'éclairage à son
minimum, mais la lampe de poche est un outil qui est permis. Donc, il faut
juste faire la part des choses, mais la réglementation vient mettre en place la
disposition.
La Présidente (Mme
Grondin) : Avez-vous fini, Mme la députée, pour le moment?
Charbonneau : J'ai
l'impression que mon collègue va aller à peu près dans la même lignée que moi,
ça fait que je vais le laisser faire un bout, mais je suis encore intriguée par
le principe du projecteur, réflecteur. Mais, ceci dit, je vais laisser...
La Présidente (Mme
Grondin) : Donc, M. le député de D'Arcy-McGee.
M. Birnbaum : Merci, Mme la
Présidente. Ça se peut que... je fais un petit virage, alors ma collègue risque
d'avoir à revenir puisque la dernière réponse du ministre m'invite à
questionner sur l'autre aspect de l'affaire, justement, d'éviter le braconnage.
Et vous allez m'excuser, je ne suis pas expert de la chasse.
Est-ce qu'on est satisfait que la façon qu'on
restreint l'éclairage permissible va... bon, fermer la porte, jamais, je
comprends, mais va être suffisant pour empêcher le braconnage? Je comprends
qu'une lampe de poche, on ne va pas spotter
un orignal à un quart de mile. Mais est-ce que, là, on vient d'identifier
peut-être une brèche possible, c'est-à-dire que le braconnage se
poursuivrait la nuit, si on se limitait seulement à l'interdiction d'un
éclairage que, si j'ai bien compris, est assez fort? Est-ce que nous sommes
allés assez loin pour rejoindre la préoccupation du législateur, si j'ai bien
compris?
M. Dufour : Bien, l'article 22,
elle ne vient pas régir la lampe de poche, là. Ce qu'il faut faire attention,
la lampe de poche existe déjà actuellement, O.K., dans la loi actuelle.
L'article 22, elle, elle vient régir vraiment plus les nouveautés
technologiques d'éclairage, en fin de compte, qui existent, là, je le disais
tantôt, imagerie thermique, par exemple. Tu sais, c'est triste, mais ça existe,
des situations comme ça, qu'il y a des gens qui sont prêts à tout pour le butin
animalier, si on peut le dire comme ça.
Je pense que c'est quand même important de le
préciser parce qu'on n'est pas avec un élément, la lampe de poche... on n'est
pas avec un élément qui est, comment dire, ajouté ou qui vient modifier le sens
actuel. Puis jusqu'à présent, en tout cas, ce que les agents de la faune nous ont
dit, les différents intervenants avec qui on a parlé, la fédération des
chasseurs pêcheurs, parce que toutes ces organi