House Proceedings — 8 November 2006 (37th Legislature, 2nd Session)
2006-11-08
Quebec — Debates (Hansard)
Journal des débats (Hansard) of the National Assembly
Version finale
Return to list of Assembly sittings for this session
37 th Legislature, 2 nd Session
(March 14, 2006 au February 21, 2007)
Wednesday, November 8, 2006 - Vol. 39 N° 55
Aller directement au contenu du Journal des débats
Table des matières
Affaires du jour
Affaires inscrites par les députés de l'opposition
Motion proposant que l'Assemblée déplore que le ministre
de la Santé et des Services sociaux ne respecte pas l'engagement
d'éliminer l'attente dans le secteur de la santé
Mme Louise Harel
M. Philippe Couillard
Mme Noëlla Champagne
M. Mario Dumont
Mme Fatima Houda-Pepin
Mme Agnès Maltais
Mme Yolande James
Mme Louise Harel (réplique)
Vote reporté
Présence de M. Gilles Labbé, ancien parlementaire de l'Assemblée nationale
Présence de l'ambassadeur et chef de la délégation de la
Commission européenne au Canada, M. Dorian Prince
Affaires courantes
Présentation de projets de loi
Projet de loi n° 41 ? Loi modifiant de nouveau la
Loi sur les
impôts et d'autres dispositions législatives
M. Lawrence S. Bergman
Mise aux voix
Projet de loi n° 209 ?
Loi sur l'Agence de développement de Saint-Donat
Mise aux voix
Renvoi à la Commission de l'aménagement du territoire
Mise aux voix
Dépôt de documents
États financiers des fondations universitaires
des universités Concordia et de Montréal
Questions et réponses orales
Décès de patients infectés par la bactérie Clostridium difficile
au Centre hospitalier Honoré-Mercier de Saint-Hyacinthe
M. André Boisclair
M. Philippe Couillard
M. André Boisclair
M. Jean Charest
Mesures de contrôle des infections nosocomiales
M. André Boisclair
M. Philippe Couillard
M. André Boisclair
M. Philippe Couillard
M. André Boisclair
M. Philippe Couillard
Programme de surveillance des infections nosocomiales
Mme Louise Harel
M. Philippe Couillard
Mme Louise Harel
M. Philippe Couillard
M. André Boisclair
M. Philippe Couillard
Rôle du ministre du Développement durable, de l'Environnement
et des Parcs lors de la Conférence internationale des Nations unies
sur les changements climatiques, à Nairobi
M. Stéphane Bergeron
M. Claude Béchard
M. Stéphane Bergeron
M. Claude Béchard
M. Stéphane Bergeron
M. Claude Béchard
M. Stéphane Bergeron
M. Claude Béchard
M. André Boisclair
M. Jean Charest
M. André Boisclair
M. Jean Charest
Stratégie de négociation quant à la correction du déséquilibre fiscal
M. François Legault
M. Michel Audet
M. François Legault
M. Michel Audet
M. François Legault
M. Michel Audet
M. François Legault
M. Michel Audet
Somme réclamée pour la correction du déséquilibre fiscal
M. François Legault
M. Michel Audet
Plan d'action concernant l'érosion des berges du Saint-Laurent sur la Côte-Nord
M. Marjolain Dufour
M. Claude Béchard
M. Marjolain Dufour
M. Claude Béchard
M. André Boisclair
M. Claude Béchard
Votes reportés
Motion proposant que l'Assemblée déplore que le ministre
de la Santé et des Services sociaux ne respecte pas l'engagement
d'éliminer l'attente dans la secteur de la santé
Motions sans préavis
Rendre hommage aux lauréats des Prix du Québec 2006
Mise aux voix
Souligner le Mois du diabète
Mme Louise Harel
M. Philippe Couillard
Mme Sylvie Roy
Mise aux voix
Souligner la Semaine de la prévention de la criminalité
Mise aux voix
Féliciter M. Michel Proulx, récipiendaire du Prix de la Justice 2006
M. Yvon Marcoux
M. Stéphane Bédard
Mme Sylvie Roy
M. Jacques P. Dupuis
Mise aux voix
Avis touchant les travaux des commissions
Affaires du jour
Projet de loi n° 33 ? Loi modifiant la
Loi sur les services de santé et les
services sociaux et d'autres dispositions législatives
Reprise du débat sur l'adoption du principe
M. Claude Pinard
M. Serge Deslières
M. Stéphan Tremblay
M. Sylvain Pagé
Mise aux voix
Renvoi à la Commission des affaires sociales
Mise aux voix
Projet de loi n° 39 ? Loi proclamant le Mois de l'histoire des Noirs
Adoption du principe
Mme Lise Thériault
Mme Elsie Lefebvre
Mise aux voix
Renvoi à la Commission de la culture
Mise aux voix
Ajournement
Journal des débats
(Dix heures deux minutes)
Le Vice-Président (M. Gendron): Alors, chers collègues, bonjour, bon matin.
Nous allons nous recueillir pendant quelques minutes.
Affaires du jour
Affaires inscrites par les députés de l'opposition
Motion proposant que l'Assemblée déplore que
le ministre de la Santé et des Services sociaux
ne respecte pas l'engagement d'éliminer
l'attente dans le secteur de la santé
Alors, merci. Veuillez vous asseoir.
Aux affaires inscrites par les députés de l'opposition en ce mercredi, à l'article 40 du feuilleton, aux affaires inscrites par les députés, comme je le disais, en vertu de l'article 97 du règlement, Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve présente la motion suivante:
« Que l'Assemblée nationale déplore que le ministre de la Santé et des Services sociaux ne respecte pas l'engagement solennel du premier ministre d'éliminer l'attente dans le secteur de la santé. »
Rapidement, là, c'est toujours la même histoire: à la suite d'une réunion des leaders, il y a des discussions par rapport au partage du temps. L'auteur de la motion doit se garder un 10 minutes, les indépendants ont 10 minutes, et le temps est également réparti entre chacune des formations politiques de part et d'autre, le temps non utilisé est réparti équitablement à chacune des formations politiques, et les interventions des uns et des autres ne sont soumises à aucune limite de temps.
Je suis maintenant prêt à entendre la députée d'Hochelaga-Maisonneuve. À vous, Mme la députée, pour votre intervention.
Mme Louise Harel
Mme Harel: Alors, merci, M. le Président. Je dois vous dire, M. le Président, que la relecture des manoeuvres libérales au moment de la campagne électorale, il y a trois ans et demi, m'ont mise dans une colère noire, M. le Président, et j'espère avoir le temps pour pouvoir démontrer à quel point les promesses non tenues sont au bilan de ce gouvernement.
Je vous lis en succinct ces engagements qu'ils ont pris à l'égard de la population et qu'ils ont abandonnés, M. le Président. Le Parti libéral du Québec disait faire de la santé sa priorité numéro un. « Nous allons combattre l'attente sous toutes ses formes. Nous allons répondre aux besoins de tous les Québécois, à toute heure du jour ou de la nuit, dans toutes les régions du Québec. [C'est] notre mission. » C'est en ces termes, M. le Président, que l'actuel premier ministre, alors chef de l'opposition libérale, présentait le plan d'action en santé.
Alors, suivait une série d'engagements qui évidemment n'ont pas été tenus, puisqu'il s'agissait de manoeuvres électorales pour gagner la faveur de la population, M. le Président. Alors, quels étaient ces engagements? D'abord, le mot honni, le mot que le gouvernement du Parti libéral du Québec veut combattre est « attente » . Attente à l'urgence, attente d'une chirurgie, attente d'un examen. Alors, reprenons-les. Quelle est la situation présentement?
Attente à l'urgence, M. le Président. Je sortais, le 28 octobre dernier, les relevés des patients dans les corridors des urgences des hôpitaux. Je donnerai simplement, M. le Président, pour démontrer que la situation s'est aggravée, je donnerai simplement les statistiques de ces civières de personnes souvent très âgées, puisque nous avons également la présence, dans ces corridors, de personnes de 75 ans et plus, plus de 48 heures.
À Montréal, pour le total de l'attente, c'est donc 149 patients qui se retrouvaient dans les urgences des hôpitaux de Montréal, le 25 octobre... plutôt dans les urgences des hôpitaux de la Montérégie, 149 %, M. le Président. À Montréal, c'était 139 %, et ça, c'était en date du 27 octobre dernier, et ainsi de suite.
La situation s'est aggravée pour la bonne raison, et j'y reviendrai, que le gouvernement a choisi également d'abandonner son engagement d'augmenter la capacité d'accueil dans les CHSLD. Présentement, c'est au-delà de 5 784... âgés en perte d'autonomie, qui sont diagnostiqués comme étant en perte lourde d'autonomie, 5 784 de nos concitoyens très âgés qui sont en attente d'une place dans un centre d'hébergement et de soins de longue durée, M. le Président, et la situation fait qu'ils se retrouvent plus nombreux dans les corridors des urgences de nos hôpitaux, à y passer plus de 48 heures, M. le Président.
Alors donc, le mot honni est le mot « attente » et celui que prononcent bon nombre de nos concitoyens dans les urgences des hôpitaux du Québec, dans les corridors des urgences.
Attente d'une chirurgie, n'est-ce pas, le Parti libéral s'engageait à faire en sorte qu'il élimine ? le mot « éliminer » , « éliminer » ? l'attente dans les chirurgies.
Quand on reprend les comparaisons, notamment dans les chirurgies dont parlera le ministre ce matin, certainement, celles des genoux et des hanches, nous voyons, M. le Président, que, n'eût été du prolongement de la durée ou du délai dans lequel ces chirurgies se font hors délai médicalement acceptable, puisqu'il s'agissait de trois mois dans les calculs de l'opposition libérale quand elle attaquait le gouvernement précédent, le ministre a allongé à six mois.
Alors, quand on compare les comparables, on se rend compte, M. le Président, que ce sont finalement au-delà de 40 000 de nos concitoyens et concitoyennes qui sont aujourd'hui même hors délai médicalement acceptable pour recevoir une chirurgie.
Le ministre, durant les dernières semaines, a parcouru le Québec, les régions... et de toutes les régions, y compris de Montréal, pour distribuer un montant non récurrent de 50 millions, qui est celui dont il a fait la ponction sur le montant promis aux médecins spécialistes. Alors, c'est le montant de punition des médecins spécialistes pour avoir refusé de signer la convention collective qui leur était imposée et qui le fut ensuite par bâillon.
Alors, le ministre se déplace à travers les régions du Québec, mais il n'en demeure pas moins, M. le Président... et les témoignages sont là pour le démontrer, il n'en reste pas moins qu'au moment où on se parle il y a une très longue liste d'attente dans les chirurgies d'un jour, dans les chirurgies avec hospitalisation, une attente qui n'a pas été éliminée, comme s'y engageait le Parti libéral.
n (10 h 10) n
Et je voudrais simplement reprendre le témoignage de médecins gastroentérologues qui pratiquent à l'Hôpital Saint-Luc et qui, dans une lettre publique, très récemment, le 26 octobre dernier, disaient au docteur et ministre de la Santé du Québec que, là où ils pratiquaient 52 interventions quotidiennement, et là où c'était déjà en dessous des besoins, puisque l'attente, disaient-ils, pour certains examens peut encore excéder un an. Alors, ces gastroentérologues faisaient valoir que l'autorité gouvernementale leur imposait une diminution de leur activité à 46 procédures quotidiennes maximum, des quotas...
Éliminer les quotas, c'était leur engagement il y a trois ans et demi maintenant. Et ces gastroentérologues font valoir que 1 500 malades de moins seront traités chaque année, à Saint-Luc seulement. Et ces gastroentérologues qui prenaient la parole publiquement disaient donc ceci: Selon le ministre, tout va pour le mieux, puisqu'il calcule des objectifs d'amélioration dans les secteurs ciblés statistiquement et politiquement rentables. Je les cite, M. le Président: « La réalité semble différente sur le terrain où les compressions sont légion [...] et où les conditions de travail ne cessent de se détériorer... »
Ça, c'est donc les témoignages de gastroentérologues.
Mais reprenons, M. le Président, une manchette de La Presse , il y a quelques mois, à l'effet que 9 000 chirurgies avaient été annulées à Montréal, dans la seule région de Montréal, et que donc le problème de l'attente était non seulement loin d'être réglé, mais le problème de l'attente était une réalité éprouvante pour 100 000 Québécois et Québécoises, et, lors de cette publication, le Dr Dugré, président de la Fédération des médecins spécialistes, déclarait que la solution résidait dans des investissements supplémentaires pour permettre aux salles d'opération d'être ouvertes plus longtemps, pas seulement dans les chirurgies ciblées, comme le disent les gastroentérologues de Saint-Luc, ciblées par le ministre parce que statistiquement et politiquement rentables, mais le Dr Dugré rappelait la nécessité de l'ouverture de ces salles d'opération fermées faute de budget supplémentaire par le ministre de la Santé et son gouvernement.
M. le Président, en matière de chirurgie, faut-il rappeler ce cri du coeur de la Dre Louise Caouette-Laberge, qui est professeur titulaire de clinique à l'Université de Montréal et chef de service de chirurgie plastique également à Sainte-Justine, à Sainte-Justine où, en date d'hier, 2 708 enfants étaient en attente d'une chirurgie.
Alors, le Dre Caouette-Laberge se prononçait avec véhémence contre les instructions du ministre à l'effet d'opérer pour diminuer les listes d'attente, même s'il s'agissait d'opérations non nécessaires, et elle disait ceci: « Les enfants brûlés, les accidentés porteurs de tumeurs ? on parle toujours d'enfants ? porteurs de malformations cranio-faciales ou de fente labiopalatine doivent continuer à être traités en priorité, même si votre image, M. le ministre ? écrivait-elle ? en souffre. »
Alors, on comprend, M. le Président, qu'on a assisté à des manoeuvres électorales libérales il y a trois ans et demi, et on assiste maintenant à des manoeuvres gouvernementales pour tenter de passer à côté d'une réalité qui est celle d'engagements électoraux solennels, de promesses libérales, gouvernementales maintenant, qui n'ont pas été tenues.
Le ministre lui-même disait d'ailleurs en date... plutôt récemment, là, de septembre dernier, avouait ne pas respecter sa promesse, et le ministre demandait un deuxième mandat pour faire ce qu'il n'avait pas... ce qu'il avait promis, ce que son gouvernement et lui se sont engagés à faire. Alors, c'est bien évident, M. le Président, c'est évident que ces manoeuvres doivent être dénoncées, d'abord parce qu'elles pourraient se répéter dans d'autres dossiers, puis parce que la population doit rester vigilante et savoir que ce qu'ils avaient promis...
J'ai relu hier les discours enflammés du député de l'époque, du député de Châteauguay et l'actuel ministre de l'Éducation et de la députée de Saint-Henri ? Sainte-Anne qui, avec beaucoup, beaucoup, beaucoup de véhémence, M. le Président, s'engageaient à financer, à hauteur de leur engagement, la santé.
À chaque année, comme vous le savez, l'institut canadien en santé publie des données comparatives entre les dépenses en santé entre les provinces. Encore récemment, l'institut canadien en santé a publié, comme elle le fait à chaque année, a donc publié les résultats du financement de la santé pour chaque province, et on comprend ? ce sont donc les données de l'institut canadien ? que le Québec est la province qui enregistre les dépenses de santé par habitant les plus basses: 2 581 $, 350 $ par habitant de moins que la moyenne des provinces, n'est-ce pas?
Pourquoi c'est important? Parce que le Parti libéral, dans l'opposition, à maintes reprises, s'engageait, à chaque année ? et je vous en lis quelques extraits seulement; s'engageait, à chaque année ? à ce que, dès leur arrivée, le financement de la santé atteindrait les dépenses moyennes des provinces canadiennes. Alors, ça signifierait donc, M. le Président, cette année 350 $ par habitant de plus.
Et quelques extraits seulement. À chaque année, n'est-ce pas ? c'était incantatoire, là, ça revenait à chaque année ? le député de Châteauguay disait: « Ce n'est pas vrai qu'on va rester les dixièmes au Canada, en termes de financement de la santé, [et] qu'on ne dira rien. »
Et alors ils s'engageaient, lui et le premier ministre, à l'époque chef de l'opposition, s'engageaient à ce que, dès leur arrivée au gouvernement, les dépenses de la santé hausseraient le Québec à la cinquième position, celle, si vous voulez, qui correspond à son économie. Alors, à ce sujet-là, le premier ministre également et le député de Châteauguay disaient alors: « Le Parti libéral du Québec s'engage à ramener le Québec du 10e au cinquième rang des provinces canadiennes pour ce qui est du financement public des dépenses de santé, soit le rang que le Québec occupe sur le plan de la richesse relative.
Cependant, pour y arriver, disait le Parti libéral du Québec, Ottawa doit faire sa part. »
C'était là la déclaration du premier ministre. Alors, ils évaluaient le coût de cette promesse en disant que les élections... en 2003, notre engagement est de reprendre... « Dès les élections, en 2003, notre engagement est de reprendre le cinquième rang. Cela coûtera ce que cela coûtera. »
Alors, c'était là un engagement ferme qui, comme on l'a vu avec la parution des bilans de l'institut canadien de la santé... On a vu que le Québec occupe le cinquième rang. Et pourtant, quand on regarde de près le financement fédéral, on se rend compte que le gouvernement du Parti libéral devrait beaucoup remercier le gouvernement précédent. Pourquoi, M. le Président?
Parce que ce chiffre, que le premier ministre répète comme un mantra, de 4,2 milliards obtenus d'Ottawa, il y en a les deux tiers, 2,8 milliards, qui l'ont été par le gouvernement précédent grâce à l'entente signée entre Bernard Landry et Jean Chrétien en février 2003 et qui ont commencé à être dépensés par le gouvernement libéral dans son budget de 2003-2004 et jusqu'à maintenant.
n (10 h 20) n
Alors, quand on regarde de près, de beaucoup plus près, ce 4,2 milliards que le premier ministre répète avoir dépensé dans le secteur de la santé, alors on comprend qu'avec cette entente signée en 2003 par le gouvernement précédent, plus celle qu'ils s'honorent d'avoir signée et qui est de moindres résultats avec le gouvernement fédéral également, eh bien, on se rend compte que c'est 4,8 milliards, n'est-ce pas, qui ont été obtenus du gouvernement fédéral depuis trois ans maintenant, alors que le gouvernement libéral du Québec en a détourné une partie, de ces fonds fédéraux qui devaient aller à la santé, et n'en a dépensé finalement que 4,2 milliards.
C'est donc dire, M. le Président, encore une autre promesse rompue, puisque le premier ministre avait pris un engagement très ferme, celui de financer par de l'argent frais... Le premier ministre, au moment où il est chef de l'opposition, le 6 février, immédiatement après l'entente signée entre Bernard Landry, alors chef de gouvernement, et Jean Chrétien à Ottawa, il dit ceci: « ...pour nous, il est clair que les 800 millions provenant du gouvernement fédéral vont s'ajouter au 1,2 milliard d'argent neuf que nous investirons dans le système de santé. »
M. le Président, ils n'ont pas mis un sou d'argent neuf dans le système de santé, contrairement à ce que prétendait le chef de l'opposition libérale en 2003. Ils ont bénéficié du 2,8 milliards obtenu, négocié, arraché par le gouvernement du Parti québécois en février et puis ils y ont additionné les sommes qu'eux-mêmes ont signées en 2004.
Alors que, dans leur document Partenaires pour la santé , qui contenait tous les engagements du Parti libéral en santé, on retrouve le total, le tableau du total des réinvestissements en santé promis par un prochain gouvernement libéral, eh bien, on est loin du compte, M. le Président, on n'est même pas à la moitié de ce qu'ils s'engageaient à investir.
Quand je dis que c'étaient des manoeuvres, ce sont des manoeuvres électorales qui ont conduit la population à croire le gouvernement. Alors, la déception est à la hauteur, n'est-ce pas, de ce qu'on leur a fait accroire, M. le Président. D'où vient cette déception? D'où vient finalement ce danger de cynisme aussi? Parce que, quand on agit comme cela, c'est bien évident qu'on met en danger la confiance que la population doit avoir dans son gouvernement. Alors...
Mais ce n'est pas tout, parce qu'ils avaient encore promis, ils avaient encore promis plus. En maintien à domicile... Il faut relire la députée de Saint-Henri ? Sainte-Anne. Mais tout ce qu'elle a pu abreuver de...
Une voix: De démagogie.
Mme Harel: ...de démagogie, oui, oui, M. le Président, parce qu'ils ont aussi pris un engagement. Ils l'ont pris sur le financement total, n'est-ce pas, passer du 10e rang au cinquième rang, mais ils l'ont pris en maintien à domicile. En maintien à domicile, ils ont dit: Nous allons également atteindre la moyenne canadienne. Alors, quand on regarde de près le financement du maintien à domicile, alors on se rend compte, M. le Président, on se rend compte que finalement, à
part la prise en considération de l'augmentation du coût de la vie, pas un sou de plus que ce que le gouvernement précédent faisait, pas un sou de plus. Et pourtant ils ont promis par écrit, ils ont promis à maintes reprises qu'ils allaient hausser à 386 millions par année le financement du maintien à domicile. Alors, on se rend compte... finalement, c'était encore dans le rapport de l'institut canadien de la santé: on y retrouve, pour les 20 dernières années, le financement en maintien à domicile, et on sait pourtant l'importance que ça peut avoir, le financement de maintien à domicile.
On n'a pas à se convaincre, M. le Président, on sait très bien qu'en aval et en amont du milieu hospitalier, c'est le maintien à domicile qui fait la différence.
Que nous disait l'agence de Montréal en commission parlementaire, il y a quelques semaines à peine, à l'égard du vieillissement? Ils nous disaient qu'à Montréal ils ont besoin, simplement pour ajouter 10 000 personnes en attente de soins à domicile, ils ont besoin de 52 millions de dollars, qu'ils n'ont pas, qu'ils n'ont toujours pas. Et finalement on regardait, lors de cette reddition de comptes en commission parlementaire, le bilan des soins à domicile, des personnes qui reçoivent des soins à domicile à Montréal, et on se rendait compte qu'il n'y avait pas une personne de plus depuis trois ans.
Alors, c'est bien évident que c'est une autre promesse rompue, celle de hausser, de financer les services à domicile au Québec au moins à la moyenne canadienne. En plus, ils ajoutaient « au moins à la moyenne canadienne » , en faisant semblant que ça allait même être plus. Alors, c'est donc dire qu'en maintien à domicile, c'est extrêmement décevant.
Et faut-il parler également, M. le Président, dans ces engagements que l'on retrouve dans ce communiqué que je vous incite tous à bien connaître, hein, le 27 février 2003, au moment où le Parti libéral du Québec fait de la santé sa priorité, on y ajoute également ceci, donc: « Pour réduire l'attente, assurer l'accès aux soins de santé 24 heures par jour, sept jours par semaine, partout au Québec, nous allons consolider, disaient-ils, les services de première ligne. » On l'a vu avec le maintien à domicile, pas un sou de plus, n'est-ce pas, que la hausse du coût de la vie. C'est dans le rapport de l'institut canadien en santé.
Et parlons cette fois de l'accès à un médecin de famille, n'est-ce pas: « Nous allons consolider les services de première ligne, l'accès aux soins 24 heures par jour, sept jours par semaine, partout au Québec. » M. le Président, encore il y a quelques jours, nous apprenions que, si 17 % des Canadiens sont à la recherche d'un médecin de famille, au Québec, c'est 29 % des Québécois, 29 % des Québécois, malgré que le ratio médecin-habitants est le plus élevé au Québec en comparaison des autres provinces.
Ça peut vous sembler étonnant, mais il y a deux médecins pour 100 000 habitants, alors qu'on retrouve souvent, dans les autres provinces ? l'Ontario, la Saskatchewan et les autres provinces ? on retrouve beaucoup moins, M. le Président, parfois 1,5 médecin ou 1,7 médecin. Alors, comment se fait-il que le ministre de la Santé et son gouvernement sont arrivés au pouvoir en mettant les freins sur les groupes de médecins de famille?
Le gouvernement précédent ? parce qu'on leur avait laissé des outils, M. le Président, on leur avait laissé l'implantation des groupes de médecins de famille; le gouvernement précédent ? en souhaitait 300. On leur avait laissé l'outil également des plans régionaux d'effectifs médicaux. Il fallait avoir le courage d'adopter cette législation en décembre 2002. On leur avait laissé les outils des activités médicales particulières, les AMP, qui imposent aux jeunes médecins 12 heures par semaine d'activités dans des domaines jugés prioritaires, notamment les urgences.
On leur avait laissé le rapport Carignan, également du nom de cette commission, qui a examiné les réseaux universitaires intégrés pour implanter une hiérarchisation des soins.
Alors, comment se fait-il, M. le Président, que, selon Statistique Canada, en date de 2005, les Québécois de 12 ans et plus, 1,6 million, sont toujours à la recherche d'un médecin de famille? Alors, si on considère que les enfants s'additionnent à ce 1,6 million, c'est 2 millions de nos concitoyens et concitoyennes qui sont à la recherche d'un médecin de famille. Et le résultat est lequel? Eh bien, c'est l'Institut Fraser qui a publié, il y a quelques jours maintenant, des statistiques concernant l'attente entre la visite chez un omnipraticien et le traitement. M. Claude Picher du journal La Presse d'ailleurs en a fait état avec raison parce que c'est une situation extrêmement inquiétante.
n (10 h 30) n
Pourquoi l'est-elle, M. le Président? Parce que l'attente s'allonge, s'allonge de deux semaines de plus. Deux semaines de plus d'attente, ça, c'est 14 jours, mais c'est pour un total, en 2006, d'attente entre la visite chez un omni ? puis là on ne calcule pas non plus l'attente pour justement avoir un premier rendez-vous avec un omnipraticien, une clinique sans rendez-vous ou un médecin de famille, ce n'est même pas calculé ? ...c'est 129 jours entre la visite, si vous voulez, chez un omnipraticien et puis vers le spécialiste et vers le traitement que requiert le diagnostic. 129 jours.
Alors, on comprend qu'en 2001 c'étaient 16 semaines et demie, puis, en 2006, c'est maintenant 18 semaines et demie. Et le ministre de la Santé a fait comme si ce n'était pas très important parce qu'évidemment il ne voit que ce qu'il veut voir, hein? Notamment, il y a eu amélioration, du spécialiste vers le traitement, d'une semaine, mais, comme la détérioration est de trois semaines pour voir un spécialiste, alors ce qui fait que le total de l'attente pour obtenir ce traitement, le total, c'est quand même un allongement de deux semaines de plus depuis cinq ans.
Je voudrais, M. le Président, très rapidement parce que je sais que le temps passe, mais également faire mention des engagements en matière de services sociaux. Le Parti libéral avait pris des engagements très fermes. Et je constate que presque tous les engagements qu'il a pris finalement ont été rompus. J'en parle d'autant que ma collègue la députée de Rimouski et responsable du dossier des services sociaux est très à l'affût, a dû nous quitter pour assister à des funérailles dans son milieu.
Mais je voudrais simplement rappeler les engagements qui ont été pris notamment à l'égard des personnes qui connaissent une déficience intellectuelle. L'attente pour un premier service, au Québec, en déficience intellectuelle, c'est finalement 461 jours, c'est un an et trois mois d'attente pour obtenir un premier service en déficience intellectuelle. Et les données que je vous présente, là, viennent des centres régionaux de déficience intellectuelle qui nous les ont transmises, et ça représente 15 régions du Québec. C'est une croissance moyenne de 12 % de la liste d'attente pour les quatre dernières années.
Et que dire également de leur engagement en matière de protection de la jeunesse de diminuer le nombre d'intervenants? C'était formellement un engagement de diminuer de 16 jeunes par intervenant; on est, M. le Président, à 22 jeunes par intervenant.
Alors, je sais que mes collègues poursuivront ces interventions à l'égard de cette motion, mais je voudrais, M. le Président, vous dire la déception ? je pense qu'il n'y a pas de mot... j'imagine qu'il y en a un encore plus fort; mais la profonde déception ? que la population ressent à l'égard d'un gouvernement qui lui a tout promis et qui n'a rien livré. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron): Alors, je vous remercie, Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve, pour votre intervention. Et, pour la poursuite du débat sur cette même motion du mercredi de l'opposition, je cède maintenant la parole à M. le ministre de la Santé et des Services sociaux. M. le ministre, à vous la parole.
M. Philippe Couillard
M. Couillard: Merci, M. le Président. Je voudrais commencer par faire quelques corrections de faits sur l'intervention de notre consoeur d'Hochelaga-Maisonneuve, parce que ça nécessite des corrections, et par la suite nous en viendrons au fond de la question. D'abord, on ne dit pas que tout va pour le mieux, on dit que ça va mieux, et effectivement ça va mieux dans le système de santé du Québec. Il y a encore beaucoup de travail à faire. Et je vais mettre au défi l'opposition ? et je le ferai à tous les jours, au cours de cette session ? de citer un redressement pareil, chiffres à l'appui, au cours des 15 dernières années dans l'accessibilité aux services médicaux.
Maintenant, il y a une erreur majeure qu'elle commet sur le nombre de personnes en attente d'hébergement dans nos centres hospitaliers, c'est la même erreur que le député de Borduas commettait, et qu'il a reconnue par la suite, et qu'il a corrigée lorsque nous lui avons expliqué de quoi il était question, ce fameux chiffre de 5 784. En fait, le véritable chiffre, c'est entre 300 et 400, parce que, là, on mélange toutes sortes de choses et on compte, par exemple, les personnes qui sont dans des lits d'hébergement puis des lits étiquetés ou permis pour l'hébergement dans certains de nos centres hospitaliers.
Et d'ailleurs, à long terme, il faut le plus possible déplacer ces lits dans les communautés, soit dans les formules d'hébergement institutionnel soit dans les autres, et ça fait
partie de notre plan d'action. Donc, c'est faux de dire qu'il y a 5 784 personnes en attente d'hébergement dans les hôpitaux, la très grande majorité sont dans des lits d'hébergement, dans les centres hospitaliers.
Le 50 millions pour le plan d'accès, c'est un montant récurrent. Je vais décevoir l'opposition, c'est un montant qui va revenir, et on va maintenir l'activité des blocs opératoires au même niveau.
Je remarque la préoccupation presque touchante de l'opposition envers les médecins spécialistes. On a des larmes presque à les entendre, M. le Président, mais on se souvient de certains épisodes, lors de leur passage au gouvernement, qui amènent à prendre cette préoccupation et cet attachement avec un grain de sel. Moi, je me souviens d'un projet de loi qui a envoyé des huissiers de justice chercher des médecins à leurs portes.
Je me souviens d'être contacté par le gouvernement du Parti québécois pour nous imposer des baisses de rémunération de 6 %, des baisses de rémunération de 6 %, des baisses de rémunération de 6 % ou programmes de retraite. On vient de légiférer pour donner 15 % d'augmentation aux médecins spécialistes. Alors, mettons les choses en perspective. Elle pourra, lorsqu'elle voudra reparler de la question des médecins spécialistes, nous dire combien eux préconisent de donner au-delà du 15 % qui a déjà été accordé, aux dépens de quels impôts, de taxes, de retrait de services.
Ce serait une discussion certainement très intéressante.
n (10 h 40) n
Le plan d'action, également, de 50 millions ne touche pas, et elle le sait bien, ne touche pas que les chirurgies de... chirurgies de hanche, genou, cataracte, et notamment les chirurgies d'un jour et les chirurgies avec hospitalisation qui sont chiffrées, je vais donner quelques exemples tantôt, et particulièrement dans le milieu pédiatrique.
Il y a deux sujets que je suis toujours surpris de voir le Parti québécois aborder, compte tenu de leur bilan très négatif dans le domaine. C'est d'abord les soins à domicile puis l'accès aux médecins de famille.
Les soins à domicile, il faut mentionner que le gouvernement actuel, M. le Président, a consacré un total de plus de 260 millions aux aînés en perte d'autonomie avec des services et des mesures fiscales, dont un récent crédit d'impôt qui a été très salué par les personnes aînées, les personnes âgées du Québec, et ça a permis de traiter plus de 22 000 personnes de plus en soins à domicile depuis 2003 ? ce n'est pas rien ? partout au Québec, par rapport à l'action du gouvernement précédent qui, entre 1995 et 2000, au même moment où ils ont fermé plus de 4 000 lits d'hébergement, a diminué de plus de 8 % l'investissement réel en soins à domicile et a maintenu l'investissement pour l'hébergement au niveau de l'inflation, donc sans gain réel.
Alors, je suis toujours surpris de les voir aborder ce thème-là parce qu'à leur place c'est un thème que je voudrais cacher le plus possible, pour le plus grand nombre d'années possible, pour éviter de se faire rappeler des souvenirs douloureux et qui ont été très douloureux d'abord pour les personnes visées et les personnes qui attendaient des services.
Maintenant, pour le médecin de famille, et c'est effectivement un autre sujet surprenant, parce qu'elle parle de la statistique d'ailleurs qui est effectivement préoccupante, que le Collège des médecins de famille a annoncée lors de son dernier congrès, auquel j'ai participé d'ailleurs.
Elle a rapidement passé sous silence la déclaration de la présidente du Collège des médecins de famille du Canada qui a attribué directement la responsabilité de cet état de chose aux décisions combinées de mise à la retraite et de diminution d'entrée en médecine, raison pour laquelle nous avons des petites cohortes de finissants actuellement dans toutes les régions, qui suffisent à peine à combler l'attrition, parce que les cohortes qui graduent cette année sont celles qui ont été admises il y a sept, huit ans dans nos facultés de médecine.
Les groupes de médecine de famille, sous notre administration, sont passés de 19 à 118. Je viens d'en accréditer trois nouveaux. Les cliniques-réseaux se développent non seulement à Montréal mais ailleurs, bientôt à Québec. Elle parle des plans d'effectifs. C'est bien, les plans d'effectifs. C'était bien. D'ailleurs, j'ai reconnu au député de Rousseau le mérite d'avoir adopté cette législation sur les plans d'effectifs médicaux, mais encore faut-il les gérer. Et partout où je vais...
Une voix: Et les respecter.
M. Couillard: Et les respecter. Partout où je vais au Québec, on félicite le gouvernement, notamment dans les régions, de la rigueur avec laquelle les plans d'effectifs sont gérés, qui mènent à des taux d'installation... En Mauricie particulièrement, je vois le... que le député de Mauricie ? je ne me souviens plus du comté ? là, aille parler à l'agence de Trois-Rivières puis qu'il fasse faire un petit cours, un petit cours sur la gestion des effectifs médicaux avant 2003 et après 2003. Alors, il y a effectivement un nombre...
Des voix: ...
Le Vice-Président (M. Gendron): Un instant, M. le ministre. C'est clair qu'on évite ces choses-là si on s'adresse à la présidence, et pour l'instant j'indique quand même à tous les parlementaires que seul le ministre a la parole. Alors, veuillez poursuivre.
M. Couillard: Tout ça pour dire, M. le Président, que, dans les régions, on sait bien quel gouvernement a véritablement géré les plans d'effectifs et, preuves à l'appui, que le gouvernement a fait en sorte que les médecins se sont installés en région et notamment en Mauricie où le nombre de postes autorisés n'a jamais été aussi grand, où le nombre d'installations de médecins n'a jamais été aussi grand. Qu'il aille donc demander, notre collègue, son avis à l'agence de Trois-Rivières et de Mauricie et qu'il fasse acte de contrition envers la population de la Mauricie pour son inaction au cours des dernières années, car on pourrait se demander, à la population de la Mauricie...
Des voix: ...
M. Couillard: ...la population de la Mauricie...
Des voix: ...
Le Vice-Président (M. Gendron): S'il vous plaît! S'il vous plaît!
Des voix: ...
Le Vice-Président (M. Gendron): Non, mais, s'il vous plaît, à l'ordre! C'est clair que, dans les propos de tous et chacun, il y a des jugements qui sont portés, ça a été le cas tantôt, alors c'est encore le cas. C'est légitime, ça s'appelle un débat, et il faut avoir la capacité de l'entendre et non pas de réagir quand on n'a pas la parole. M. le ministre.
M. Couillard: Moi, je n'ai pas dit un mot pendant les déclarations, l'intervention de la députée d'Hochelaga-Maisonneuve, hein? Mais ce que je demanderais à la population de Mauricie, c'est de demander au député où il était lorsque son gouvernement, à l'époque, a mis les médecins à la retraite, a coupé les budgets, a fait en sorte que les médecins ne s'installent pas en région. Est-ce qu'il était content d'avoir l'annonce de la Faculté de médecine en Mauricie faite récemment? Je suppose que oui. Est-ce qu'il est content de voir la multiplication des niveaux d'enseignement?
Est-ce qu'il est content de voir les investissements au Centre hospitalier de Trois-Rivières, à l'hôpital de Shawinigan, à Louiseville, à Cap-de-la-Madeleine? Je suppose que ça doit le satisfaire. Et la population aura l'occasion de faire une réflexion, comme d'ailleurs dans l'ensemble du Québec, sur l'approche différente entre les deux formations politiques. C'est ça que le jeu démocratique doit faire en bout de ligne.
Alors, pour revenir à la base de la question, M. le Président, et à ce dont il s'agit actuellement, il faut d'abord introduire le débat en faisant un petit peu d'histoire du système de santé du Québec, et par la suite on va venir en relation directe avec le thème d'aujourd'hui: ce qui est fait, les progrès accomplis et ce qu'il reste à faire également.
La députée d'Hochelaga-Maisonneuve a parlé de l'Institut Fraser. Alors, le rapport de l'Institut Fraser, M. le Président ? je le montre ici pour qu'on puisse bien le voir ? est un jugement très factuel sur ce qui est arrivé, au Québec, dans le système de santé au cours des années quatre-vingt-dix et au début des années 2000, et on a ici l'attente raisonnable jugée par l'institut pour différentes procédures spécialisées, et ce qu'on constate, c'est une détérioration continue de la situation jusqu'en 2003. Et, pour la première fois en 2003, il y a une tendance qui s'inverse et des listes d'attente qui s'améliorent.
Il y a une façon de lire l'histoire là-dedans, parce que cette histoire, elle a été vécue dans les établissements de santé, parce que les erreurs classiques du Parti québécois, on les connaît. D'ailleurs, l'ancien premier ministre, M. Bouchard, les a reconnues, plusieurs membres également de sa formation politique, dont certains étaient au gouvernement à l'époque. On attend qu'ils le reconnaissent explicitement. C'est la plus grande erreur du Québec contemporain. D'ailleurs, M. Sansfaçon, du Devoir , l'a dit de façon très claire.
Alors, qu'est-ce que c'est, le bilan de neuf ans de pouvoir en santé du Parti québécois? C'est une succession de deux époques. La première époque, c'est l'époque des grandes erreurs: les mises à la retraite, les diminutions d'entrées en médecine, les coupes de budgets, les fermetures d'hôpitaux sans investir en communauté. Et ce qui est arrivé, à ce moment-là, et l'histoire le reconnaît maintenant, c'est que nous avions à l'époque un homme de grande qualité, pour lequel j'ai beaucoup de respect, M.
Jean Rochon, qui était au ministère de la Santé et des Services sociaux, et qui a été certainement amené en politique avec l'impression qu'il pourrait mettre en marche les changements qui étaient souhaités, les changements nécessaires, dont le virage ambulatoire. Et on lui a littéralement scié les jambes, M. le Président, parce qu'en même temps qu'il faisait ce virage essentiel, en même temps qu'il faisait cette politique que le Québec devait effectivement adopter, on coupait les budgets, on vidait le personnel du réseau de la santé.
Alors, si on veut faire en sorte qu'un ministre de la Santé échoue ou qu'une réforme échoue, c'est la meilleure recette. D'ailleurs, il y a des économistes de la santé d'ailleurs qui viennent étudier le cas du Québec: Qu'est-ce qui se passe quand, dans la même période, on coupe les budgets, on ouvre la sortie, puis on ferme l'entrée dans le personnel du système de santé? Ça, donc la première époque, l'époque des grandes erreurs.
La deuxième époque, c'est... je qualifierais, c'est l'époque des occasions manquées. Et c'est dommage parce qu'effectivement il y avait une belle occasion. En vertu et grâce à notre appartenance à la fédération canadienne, il y a eu une augmentation importante des paiements de péréquation vers les années 2000-2001. Donc, il y avait une occasion en or, ils avaient le temps, à ce moment-là, M. le Président, de corriger, de corriger des erreurs. C'était encore le temps de le faire. Le virage ambulatoire, ils auraient pu le sauver. Les investissements auraient pu être faits au bon endroit.
Or, toutes les ressources supplémentaires qui ont été obtenues, à ce moment-là, ont été littéralement envoyées dans les déficits budgétaires des hôpitaux qui se sont complètement réaccumulés parce qu'il n'y avait aucune mesure de gestion fiable qui avait été mise en place et aucune indexation par la suite, de l'argent gaspillé, des centaines de millions de dollars, M. le Président, qui auraient pu servir à améliorer les services à la population et leur donner un bilan bien supérieur à celui qu'ils avaient en 2003. C'est une occasion manquée.
D'ailleurs, le document du député de Rousseau, qui a été publié en décembre 2002 ? c'est bien tard après neuf ans de gouvernement ? pour l'essentiel visait les bonnes cibles, faisait les bons constats. C'est dommage qu'on n'ait pas eu le temps d'en écrire un comme ça entre 1994 et 2003.
Il y a donc des succès indéniables à poursuivre, et je vais les détailler en disant chaque fois que tout n'est pas accompli, loin de là. Il y a encore des problèmes aujourd'hui, demain, après-demain, dans un an, dans deux ans. L'important, c'est de garder le système de santé dans une direction de progrès continu.
Et déjà le choix se dessine pour la population, on sait que le moment approche, un jour, il y aura des élections apparemment au Québec, et les gens pourront faire la démarche classique de la démocratie: comparer neuf ans de Parti québécois en santé à trois ans et demi, ou quatre ans, ou quatre ans et demi, ou cinq ans, parce que le mandat peut se poursuivre jusqu'en mai 2008, d'exercice du gouvernement libéral pour faire ce choix et ensuite comparer les options et les priorités des deux formations politiques.
La députée d'Hochelaga-Maisonneuve répète sans arrêt: Le gouvernement n'a pas tenu ses engagements, etc. C'est curieux, le journal Le Devoir , dans la fin de semaine du 1er octobre... Et on ne peut pas vraiment accuser Le Devoir d'être naturellement sympathique au gouvernement en place, je pense, et c'est correct qu'un quotidien ait une orientation idéologique, c'est quelque chose qui est tout à fait acceptable. On dit ici en titre: Le Gouvernement ? le nom du député de Sherbrooke ? aurait tenu parole . Ici, le conditionnel, pour le quotidien dont il est question, est presque un aveu, M. le Président.
Alors, effectivement, des études universitaires montrent que non seulement en général, mais également en santé, près des trois-quarts des engagements ont été tenus alors qu'on est au trois-quarts d'un mandat qui, je le rappelle, peut se poursuivre jusqu'en mai 2008. Donc, encore beaucoup de travail à faire, et nous allons continuer dans la même direction.
Pourquoi avons-nous obtenu ces succès partiels mais véritables, et des succès encore une fois qui sont sans précédent et que je mets au défi la députée d'Hochelaga-Maisonneuve et les membres de son parti d'égaler au cours des prochaines semaines qui verront cette session se dérouler ici, à l'Assemblée nationale? D'abord, le financement: 4,2 milliards d'investissement depuis 2003, c'est clair, mais particulièrement dans le domaine de l'accès aux chirurgies, puisqu'à notre arrivée il y avait 47 millions qui étaient consacrés à cette action-là.
Il a été d'abord augmenté, ce montant, à 60 millions ? il s'agit toujours de sommes récurrentes, bien sûr ? ensuite, à 80 millions, puis on vient d'ajouter un 50 millions à 130 millions. Donc, c'est près du triple du montant qui est attribué à cette priorité parmi d'autres priorités que nous soutenons également.
Mais il n'y a pas que l'argent, parce que l'ensemble des observateurs s'entendent sur le fait qu'il n'y avait pas que l'argent qui pouvait améliorer notre système de santé, mais également les façons de faire, les façons d'organiser les services, les corridors de services par exemple, et également la mise en réseau du système de santé qui va se poursuivre au cours des prochaines années. À moins que le Parti québécois veuille tourner le dos à cette réalisation et en fasse un engagement. Il pourrait s'exprimer clairement sur cette question-là, d'ailleurs. Nulle
part cette nouvelle façon de faire n'est aussi évidente que pour la radio-oncologie, j'y reviendrais dans quelques minutes.
L'autre élément... Donc, financement accru, meilleure organisation, allégement de l'organisation du travail. Tiens, un incident cocasse que mon collègue le député de Notre-Dame-de-Grâce me soulignait l'autre jour: il était question du projet de loi n° 33 actuellement devant l'Assemblée, et tout à coup voilà le député de Rousseau qui se lève pour parler des accréditations syndicales. Et l'essentiel de son argument, c'était: Nous autres aussi, on voulait le faire, là. On l'avait, on voulait le faire, nous autres aussi.
Ce n'est pas tout à fait le message qu'on entendait lorsqu'on avait le projet de loi n° 30 devant l'Assemblée nationale. Bon, c'est une chose qu'on voit à l'occasion dans les débats parlementaires, mais c'est assez intéressant.
Donc, troisième élément après le financement et les changements de façons de faire, c'est la validation et la gestion des listes d'attente. Effectivement, les listes d'attente, ça doit être validé et géré correctement. Il faut s'assurer que les gens sont véritablement inscrits en attente d'une chirurgie, qu'ils ne sont pas sur deux listes d'attente à la fois et qu'on a, avec les médecins, des consensus qui ne sont pas des consensus uniquement québécois mais des consensus pancanadiens sur la notion d'un délai médicalement raisonnable et de délais raisonnables.
Et je pense que, là-dessus, il faut revenir sur la question: si on met en doute ces éléments-là, bien il faut demander des comptes à l'ensemble des professions médicales qui ont participé à l'exercice partout au Canada.
Et je répète que là-dessus ? d'ailleurs, j'ai eu l'occasion de le dire à des membres de l'opposition... ce travail-là, il était à leur disposition. Qu'est-ce qui les a empêchés, entre 1994 et 2003, de réunir les médecins, de faire un consensus sur cette question et d'arriver avec une gestion fiable des listes d'attente? Ce n'est quand même pas sorcier, valider les listes d'attente, et gérer correctement, puis avoir la bonne information. Bien, ça n'a pas été fait.
Alors, les succès effectivement sont... les succès partiels sont confirmés par les observateurs extérieurs, d'abord l'Institut Fraser ? je viens d'en parler. Bien sûr, il y a ce défi sur l'articulation entre l'omnipraticien et le spécialiste, il va falloir travailler là-dessus, et c'est essentiellement lié à la façon dont on prend les rendez-vous. Et on va mettre beaucoup d'insistance là-dessus au cours des prochains mois.
Le rapport sur l'état de santé de la population, publié par le directeur national de santé publique. Le Dr Alain Poirier, notre directeur de santé publique, dit, dans son rapport, que les listes d'attente de plusieurs chirurgies ont diminué de plus de 50 % depuis 2003. Est-ce que le Dr Poirier ne dit pas la vérité? C'est ça que la députée d'Hochelaga-Maisonneuve soulève ici, à l'Assemblée. Elle serait peut-être mieux de lui téléphoner puis de relire le rapport sur l'état de santé de la population.
Même la députée d'Hochelaga-Maisonneuve, en commission parlementaire, elle n'arrête pas de vouloir me convaincre que ce n'est pas nécessaire de faire le projet de loi n° 33 parce que ça va mieux, les listes d'attente. J'ai une citation après l'autre, après l'autre, après l'autre. Moi, M. le Président, je la trouve un peu jovialiste. C'est vrai que ça va mieux, mais il y a encore beaucoup de travail à faire, puis je pense que c'est nécessaire de faire le projet de loi n° 33 et de l'adopter pour gérer correctement les listes d'attente et améliorer les services à la population.
Alors, quels sont les exemples de ces succès? Et je pense que ça vaut la peine de les passer en relève un par un. D'abord, la radio-oncologie: voilà l'exemple le plus clair. Et là il y a une comparaison qui est tellement évidente entre ce qui a été fait du temps du Parti québécois et ce qui est fait actuellement. On se souvient, M. le Président, de l'époque où malheureusement nos concitoyens et nos concitoyennes ont dû aller se faire traiter aux États-Unis, en radiothérapie, en autobus, parce qu'on n'avait plus les possibilités de les traiter au Québec.
Et il faut dire, en passant, qu'au moment où ça s'est présenté c'était la bonne chose à faire: il fallait que les gens soient traités dans les moments opportuns. Mais pourquoi en sommes-nous arrivés là? Et effectivement on voit qu'il n'y a pas eu de planification des équipements, pas eu de planification du personnel, pas d'organisation de corridor de services, pas de gestion correcte de la main-d'oeuvre dans le domaine de la radio-oncologie.
D'ailleurs, on a trouvé, en arrivant, une prime de surtemps pour les technologues de radio-oncologie, qui avait l'effet, totalement opposé à l'effet proposé, qui était en fait d'allonger et d'alourdir l'attente.
n (10 h 50) n
Il y avait donc, M. le Président, en 2003, plusieurs centaines de personnes en attente de plus de huit semaines ? huit semaines ? en radio-oncologie. Je suis très fier de dire qu'en date du 3 novembre, il y a, dans tout le Québec, en attente de plus de quatre semaines, en radio-oncologie, 20 patients. C'est 20 patients de trop, mais je vais laisser la population comparer: 500, 600 plus de huit semaines, les autobus aux États-Unis; 20 plus de quatre semaines en radio-oncologie. C'est un succès sans précédent, c'est un succès qui est indéniable.
Dans ce domaine comme dans les autres, je mettrais l'opposition au défi d'en souligner un semblable dans les années où ils ont exercé la responsabilité du gouvernement.
Et ça, ce changement-là s'est fait non seulement avec l'investissement, prudent d'ailleurs, où on prévoit déjà l'augmentation des cas au cours des prochaines années, en multipliant les annonces, comme le centre d'oncologie pour la Montérégie.
Tiens, d'ailleurs, c'est un élément intéressant: en Montérégie, il y a 1,2 million de population qui habite là; aucun centre de cancer développé pendant des années alors qu'à ma mémoire il y avait plusieurs ministres influents du gouvernement précédent qui représentaient la Montérégie, hein? Et il a fallu que ce soit notre gouvernement qui aille, à l'Hôpital Charles-Le Moyne, annoncer la construction d'un centre de radio-oncologie de 56 millions de dollars pour que les gens de Montérégie aient l'occasion d'être traités sur place. Je pense que ça mérite certainement réflexion.
Les bilans régionaux, j'y viens tantôt, mais également un autre exemple, c'est la chirurgie de la cataracte. Ici, il y a un diagramme qui est assez clair parce qu'il est en rouge ? on peut le voir de loin ? on voit la diminution marquée de l'attente pour la cataracte après 2003. Il y a de nombreux exemples semblables.
Encore une fois, il ne s'agit de dire que tout va mieux. Il y a des choses qui vont beaucoup mieux, il faut le reconnaître. Et il faut regarder devant nous le travail qu'il reste à faire et surtout, pour la population, quelle est la formation politique qui, compte tenu de son bilan respectif, est la plus qualifiée pour continuer d'apporter les changements et les améliorations au système de santé de façon à poursuivre l'amélioration de l'accès.
Alors, si je passe en revue les différents plans régionaux que nous avons annoncés et que nous allons... La bonne nouvelle, pour la députée d'Hochelaga-Maisonneuve, c'est que c'est vrai que je me promène partout dans le Québec, puis je vais continuer parce que j'ai encore des régions à aller visiter pour aller annoncer ce plan d'accès. D'ailleurs, j'étais dans une région qu'on aime beaucoup, la Mauricie, il y a à peine quelques jours.
Alors je vais commencer par Montréal, tiens. Montréal, depuis 2003: une diminution du délai moyen de 12,5 mois à 5,8 mois pour les arthroplasties de la hanche et du genou. Ça, en passant, ça n'a rien à voir avec les délais médicalement reconnus; c'est le délai d'attente moyen. On a diminué ça de moitié depuis 2003. Même chose pour la cataracte: de cinq mois à deux mois et demi pour la chirurgie de la cataracte, de plus de moitié. D'ailleurs, c'est les exemples que la députée me rapporte continuellement pour me dire que ce n'est pas nécessaire, là, il n'y en a plus, de liste d'attente, là.
Mais encore une fois je trouve ça très optimiste, même à la limite du jovialisme. Il faut faire attention à ne pas verser dans un optimisme débridé. Il faut continuer à travailler fort et à poser des bonnes actions.
Alors, le plan d'action de Montréal prévoit une somme de plus de 14 millions de dollars pour 6 000 chirurgies de plus et pas seulement hanche, genou, cataracte, mais également près de 2 000 chirurgies d'un jour et plus de 2 000 chirurgies avec hospitalisation, dont 1 400 dans le secteur pédiatrique. Parce qu'il y a effectivement une problématique particulière dans le secteur pédiatrique compte tenu du fait que les parents veulent vraiment, parfois, que les enfants aient des chirurgies au niveau des vacances scolaires, par exemple, ou à des moments où la famille peut prendre charge de l'enfant dans sa convalescence.
Je suis certain que c'est un lapsus ? mais je suis certain que la députée voudra le corriger plus tard ? lorsqu'elle a parlé d'opérations non nécessaires. Elle n'est pas en train de dire qu'il y a des enfants en attente à Sainte-Justine pour des opérations non nécessaires. Je pensais qu'elle voulait dire moins urgentes. Je pense qu'elle pourra certainement, si elle le désire, le corriger. Mais toutes les opérations urgentes sont faites, à Sainte-Justine, en temps et lieu.
Et il y a certaines opérations qui effectivement ont un caractère moins urgent, mais ces enfants-là, M. le Président, puis leurs familles ont aussi le droit d'être opérés. Et je trouve ça, à la limite, là, un peu particulier qu'on aille dire: Bien ça, ce n'est pas nécessaire, ces chirurgies-là. Mais qu'est-ce qu'ils font sur la liste d'attente, si ce n'est pas nécessaire, hein?
La Capitale-Nationale: une diminution de 32 % du délai pour les chirurgies de la cataracte, de 5,3 à 3,6 mois; de 40 % pour les arthroplasties de la hanche, de 6,2 à 3,7 mois; de 43 % pour le genou, de 7,2 à 4,1 mois; de 23 % pour les chirurgies d'un jour, de 7,9 à 6,1 mois ? plus de travail en chirurgie d'un jour à faire, on le voit ? 19 % pour les chirurgies avec hospitalisation, de 9,7 à 7,9 mois; une somme de plus de 6,5 millions de dollars qui permettra 2 000 chirurgies de plus, pas seulement en cataracte, hanche et genou, mais également 660 chirurgies d'un jour et 550 chirurgies avec hospitalisation.
On va maintenant au Saguenay ? Lac-Saint-Jean, où on a accompli parmi les progrès les plus remarquables au Québec, dans l'accès aux services médicaux, et où on est en fait très près déjà de la garantie d'accès que nous introduisons avec la loi n° 33 et que nous allons poursuivre bien sûr, advenant le cas où les Québécois nous feront confiance pour continuer à assumer le gouvernement. Donc, pour le Saguenay ?
Lac-Saint-Jean, le délai est de 2,2 mois pour la chirurgie de la cataracte, 3,2 mois pour la hanche, 2,4 mois pour le genou, 4,2 mois pour la chirurgie d'un jour, 3,8 mois pour les chirurgies avec hospitalisation. C'est assez remarquable, et je pense qu'il faut d'abord saluer les réalisations qui ont été faites par les gens du réseau là-bas. Mais c'est des résultats qui se comparent non seulement très bien au Québec mais ailleurs également, et je voudrais féliciter particulièrement les intervenants du Saguenay ? Lac-Saint-Jean pour cette réussite-là.
On continue l'effort avec plus de 3,8 millions de dollars pour 2 000 chirurgies de plus et plus et également beaucoup de chirurgies d'un jour et d'hospitalisations. Donc, c'est faux que l'effort supplémentaire ne porte que sur les chirurgies prioritaires initiales, hanche, genou, cataracte, mais également sur les chirurgies d'un jour et d'hospitalisation.
Tiens, on arrive à la Mauricie ? Centre-du-Québec. Bon, diminution de 40 % des délais, depuis 2003, de la chirurgie de la cataracte, soit à 1,2 mois maintenant; chirurgie avec hospitalisation, de 18 %, à 3,4 mois; du genou, de 19 %, maintenant à quatre mois.
La situation maintenant des patients en attente entre... On fait juste une comparaison ici entre 2004-2005 et 2006 ? ce serait plus gênant pour le Parti québécois d'aller avant ça, avant 2003; mais ? la chirurgie d'un jour, il y a une diminution de plus de 20 %; diminution de 18 % des attentes de plus de six mois, et le reste, et le reste.
Pour la cataracte ? je pense que le député devrait être au courant de ça ? en Mauricie, Centre-du-Québec, 95 % des patients sont opérés en deçà de six mois. Est-ce que c'est les résultats qui étaient obtenus avant 2003? Je le laisse poser la question et y répondre.
Alors, le plan d'action proposé permettra de financer des interventions de plus, non seulement cataracte, hanche, genou, mais également les chirurgies d'un jour et les chirurgies avec hospitalisation dans les établissements de la Mauricie et du Centre-du-Québec.
Les plans d'accès également nous amènent sur un élément important qui est la nécessité pour le gouvernement d'arbitrer et de faire la distinction entre les besoins de rémunération et les besoins de services. C'est la raison pour laquelle nous avons décidé d'augmenter le rythme chirurgical en protégeant le plus possible les autres priorités du système de santé. Alors, quelle est la perspective qui s'offre à nous?
D'abord, poursuivre les actions que nous avons entreprises, adopter éventuellement, ici, à l'Assemblée nationale... un événement historique pour le système de santé québécois et canadien, l'adoption éventuelle, par l'Assemblée nationale, du projet de loi n° 33 qui introduit la gestion rigoureuse des listes d'attente, mécanisme d'accès qui mène à la garantie d'accès aux soins et un système de santé beaucoup plus flexible, beaucoup plus adapté aux besoins du XXIe siècle et des citoyens du Québec.
Les choix politiques qui se dessinent pour les électeurs du Québec, ils sont relativement simples, M. le Président, puis on aura l'occasion d'y revenir à plusieurs reprises au cours de cette session. D'abord, il s'agira de comparer neuf ans d'exercice du gouvernement du Parti québécois en santé par rapport à, maintenant, trois ans et demi, peut-être quatre ans, quatre ans et demi, cinq ans d'exercice du gouvernement par le Parti libéral du Québec.
Actuellement, M. le Président, la comparaison est très nette, il y a actuellement, même si c'est incomplet et même s'il y a encore des problèmes, un redressement qui est sans précédent dans l'accès aux soins au Québec, dans plusieurs domaines, et je remets au défi encore une fois l'opposition de démontrer un redressement semblable entre 1994 et 2003 où il y a plutôt eu une détérioration continuelle au niveau de plusieurs indicateurs.
Comparer par la suite, outre le bilan, comparer ce qui est proposé, d'abord les priorités. Effectivement, le gouvernement du Parti libéral du Québec, gouvernement dirigé par le premier ministre, a choisi la santé comme priorité. Il l'a fait en paroles, en investissements et en actions depuis 2003. Je n'ai pas entendu beaucoup le chef de l'opposition parler de cette priorité. On a parlé d'éducation, on a parlé d'environnement, on a parlé des viaducs. Le député de Rousseau dit: Les viaducs et l'éducation, c'est plus important que les hôpitaux.
Le message, « loud and clear » , dans les hôpitaux, M. le Président, qui a été reçu. C'est clair, c'est très clair. Alors, comment on va faire si on met 1 milliard, 2 milliards, 3 milliards, on ne sait plus, là, dans l'éducation? Est-ce qu'on va continuer à investir en santé ou on va faire comme le gouvernement précédent, le gouvernement, entre autres, de deux anciens premiers ministres, puis on va dire au système de santé: Bien, on va vous couper le robinet, on va vous couper les fonds, arrangez-vous avec ça, puis ça va aller mieux? On a vu ce que ça a donné dans le passé.
Donc, les priorités, pour nous, nous le savons, la santé demeure la première priorité, la priorité de notre gouvernement. Et c'est également la priorité de la population parce que c'est un service public essentiel. Effectivement, l'éducation, c'est une priorité importante parce que c'est comme ça qu'on bâtit la société de demain, l'économie du savoir et la prospérité, et nous en sommes également, mais, moi, je peux vous dire que le message des gens du réseau de la santé envoyé par le Parti québécois et son chef depuis son élection à la direction du parti, c'est que la santé, nous autres, bof!
Inquiétez-vous pas, on va s'en occuper comme on s'en est occupés entre 1994 et 2003. Ça va bien aller, hein? Je pense que le message là-dessus va être très clair.
n (11 heures) n
Ce qui est offert finalement... Et je vais terminer là-dessus, M. le Président, parce que malheureusement j'ai dépassé un peu mon temps. On va comparer également ce qu'on offre à la population. D'un côté, un référendum le plus vite possible; nous, on va dire: La santé le plus vite possible. Un référendum le plus vite possible; l'éducation le plus vite possible. Un référendum le plus vite possible; la prospérité le plus vite possible. L'union avec nos concitoyens plutôt que la discorde, et la division, et la perte de croissance économique qui accompagnent chaque passage au gouvernement du Parti québécois. Merci.
Le Vice-Président (M. Gendron): Alors, merci, M. le ministre, de votre intervention. Je voudrais juste rappeler ? parce que vous avez indiqué à cette Chambre que vous avez dépassé votre temps ? qu'il n'y a pas de temps pour chacune des interventions, alors c'est vous qui vous fixez un temps, et vous jouez dans ces règles-là ? pour éviter d'induire la Chambre en erreur. Dans une motion du mercredi, les temps impartis sont illimités mais sont limités dans chacune des formations politiques. Alors, je reconnais maintenant Mme la députée de Champlain pour son intervention.
Mme Noëlla Champagne
Mme Champagne: Merci, M. le Président. Alors, écoutez, ce matin, on intervient, de l'opposition, sur les attentes en santé, sur les fausses promesses du gouvernement qui est en place. Puis ce que j'entends, depuis au moins une demi-heure, venant du gouvernement en place, c'est la suite de l'opération charme qui se fait dans toutes les régions du Québec, c'est la suite également... En tout cas, il y a des millions qui pleuvent sur le Québec, présentement. D'où viennent ces millions? On est en droit de se questionner, M. le Président.
Alors, quand on parle de listes d'attente dans les régions du Québec, quand on parle de listes d'attente, comme le fait de façon très éloquente ma collègue d'Hochelaga-Maisonneuve, on ne doit pas s'attarder uniquement à des chiffres, ce qui vient de se faire en face de moi, depuis environ 30 minutes, là. On me sort une série de chiffres: À tel endroit, on a fait tant de choses, puis il y a deux mois au lieu de six mois d'attente. Écoutez, là, la population y perd son latin. Et la population, elle regarde qu'est-ce qu'elle a concrètement sur le terrain, présentement.
Puis le ministre s'est permis de s'amuser beaucoup avec la région de la Mauricie, où effectivement il était, chez nous, lundi, pour venir annoncer une couple de millions encore pour les cataractes, le genou et la hanche. Mais, en dehors de ça, mon collègue de Saint-Maurice a sorti lui aussi des chiffres qui sortent directement des chiffres du ministère. On va se parler d'attente. Et je pense que le ministre veut y aller, dans son opération charme, sur les genoux, les hanches et les cataractes, bien d'accord avec ça, on ne s'opposera pas à ça, ce n'est pas l'objectif qu'on a ce matin.
Ce qu'on dit par contre: Il fait quoi avec les groupes de médecine familiale? Il fait quoi avec les chirurgies d'un jour? Il y a, en Mauricie, 1 411 personnes en attente d'une chirurgie d'un jour depuis plus de six mois, 37,8 % des patients qui attendent. On en a 29,2 % qui attendent depuis plus de neuf mois. Alors, si on veut jouer avec des chiffres, M. le Président, on peut s'amuser, dans toutes les régions du Québec.
Ce que je voudrais vous dire, M. le Président, ce matin, si, aujourd'hui, le gouvernement se tape les bretelles, le gouvernement du Parti libéral, il se promène dans les régions et garroche des millions à tout vent, je veux vous dire également que je suis très inquiète pour la suite des choses. Déjà, le Vérificateur alerte les gens, alerte la population sur le fait qu'il y a peut-être un 5 milliards en quelque part qui traîne puis qui n'est pas dans le périmètre comptable du gouvernement. On va peut-être se ramasser avec une fichue de belle dette, puis elle est plus ou moins annoncée et plus ou moins dite.
Alors, la population du Québec ne veut pas savoir de quelle façon ce genre de choses là vont se régler, la population veut savoir de quelle façon elle va être soignée.
Alors, ce matin, M. le Président, afin de ne pas entrer dans le travail qu'a si bien fait ma collègue d'Hochelaga-Maisonneuve et que vont faire d'autres collègues après moi, que ce soit sur le projet de loi n° 33 ou tout autre projet qui concerne la santé, je vais vous parler des aînés. Puis j'en ai peut-être un petit peu sur le coeur, en regardant ce qui s'est passé hier: en plein débat, une motion sans préavis où on ne se donne même pas la peine de discuter d'une motion quand on parle de sécurité des aînés parce que ce n'est peut-être pas assez important.
Alors, je suis en train de me demander si les aînés du Québec n'ont pas été oubliés également par le gouvernement du Parti libéral. Et j'ai des preuves qui peuvent venir étayer cette affirmation-là, M. le Président.
Et, quand je parle des aînés du Québec, je parle de gens présentement dans les centres d'hébergement et de soins de longue durée. Pour certains, ça va très bien, mais d'autres vivent des situations excessivement difficiles. Et ces gens-là, bien ils attendent dans des lits d'hôpitaux puis ils attendent qu'on puisse les placer en quelque part où ils auraient accès à des soins de qualité, répondant aux besoins qu'ils ont véritablement.
Ce n'est pas des gens qui ont besoin d'être à l'hôpital pour avoir des radiographies ou nécessairement des opérations de la hanche, du genou ou de la cataracte, M. le Président, ce n'est pas le cas. Ce sont des gens qui ont besoin d'avoir un encadrement et de se retrouver très bien à l'intérieur de ce que j'appelle peut-être leur dernière maison de vie.
Alors, ce qu'on leur offre présentement, M. le Président, on leur offre une possibilité peut-être de les déplacer. Vous savez, des personnes âgées, ce ne sont pas des paquets de linge qu'on déplace, ce sont des êtres humains qui ont un long vécu mais qui malheureusement, sur une fin de vie, vivent des difficultés plus grandes. Et présentement ils sont sur une liste, effectivement, d'attente pour aller dans ce qu'on appelle des petits centres privés, des petits centres d'accueil, des centres d'hébergement ou qu'on appelle des ressources intermédiaires ou des résidences d'accueil.
Et, à ma grande surprise, M. le Président, le 25 octobre dernier, on déposait les règlements qui vont accompagner la certification pour ces petites résidences là. Bien, surprise, M. le Président, grande surprise, ces gens-là qu'on va déplacer probablement pour une question purement et simplement d'économie, qu'est-ce qu'on va faire avec eux autres, M. le Président? On va les confier au départ à des personnes sûrement de très grande qualité mais à qui on ne donne aucun moyen, aucun moyen pour la formation, aucun moyen pour la prévention.
En fait, on va s'occuper, d'après les 27 articles de ce règlement-là sur la certification des résidences pour personnes âgées dans des milieux privés... on va avoir certaines exigences sur le bâtiment, sur une forme de sécurité minimale, mais où... Je cherche, je ne trouve pas. Où est-ce que je vais trouver les moyens qu'on donne à ces personnes-là pour accompagner leurs résidents, leurs... ? je ne dirais pas leurs clients parce que ce ne sont pas des clients ? les personnes qu'elles hébergent avec des soins de qualité à la personne? Zéro, M. le Président. Rien du tout.
Alors, ce à quoi je m'attends, c'est qu'on va continuer, M. le Président, à voir des personnes qui traînent dans des lits d'hôpitaux. Ils n'ont pas affaire là, mais ils vont continuer à traîner là. Il y a environ 5 000 personnes, M. le Président, à travers le Québec, qui attendent pour être placées soit dans un centre d'hébergement plus grand ou plus petit, selon les besoins de la personne. Alors, M. le Président, l'argent n'est pas au rendez-vous. Le ministre de la Santé et des Services sociaux a déposé il y a longtemps un plan d'action pour les aînés en perte d'autonomie, et ce plan-là n'a pas d'argent.
Or, on est en train de faire ce que j'appelle un passage, là, dans d'autres ressources sans prévoir ce qui va arriver.
Et je vais me permettre, M. le Président, de citer la présidente de l'Association québécoise des droits des personnes retraitées et préretraitées, qu'on appelle l'AQDR, pour ceux qui nous entendent et qui sont habitués avec ce vocabulaire-là. Mme Lapointe disait: « De plus en plus de gens seront placés dans des résidences privées et il n'y aura plus de contrôle du tout. On a déjà perdu le contrôle dans les centres d'hébergement de soins de longue durée, alors ce sera [pire encore]. » Donc, ils sont alertés présentement.
Alors, les listes d'attente, M. le Président, il y en a dans les hôpitaux, ma collègue vous en a fait mention, mais, en dehors des hôpitaux, il y a également des listes d'attente de gens qui ont besoin d'avoir un milieu de vie. Ils ne veulent pas être placés seulement, ils ne veulent pas être casés dans une résidence en disant: Regarde, ce qu'on ne voit pas, on n'en souffre pas, là.
Ces personnes-là ont besoin d'un encadrement de qualité, ont besoin d'un encadrement supervisé, ont besoin de personnes qui, en plus de leur bonne volonté et de leurs qualités premières, M. le Président, vont être capables de donner à nos personnes âgées un milieu de vie et une qualité de vie au-delà du soin de certains petits bobos.
Les bobos, vous savez, de certaines personnes âgées, c'est bien plus d'être entourées afin de contrer la solitude et contrer également d'autres difficultés dont la vie se charge, là, quand on est rendu à ces âges-là, ces âges-là avancés ? je parle possiblement de 75 ans et plus et davantage.
Alors, M. le Président, quand on parle, ce matin, que tout va bien dans le domaine de la santé, ou presque bien, que le gouvernement ? parce qu'on nous a attaqués puis pas rien qu'à peu près ? que le gouvernement qu'on a eu, qu'on a géré pendant neuf ans de temps a tout fait croche, bien je rappellerais au ministre de la Santé et des Services sociaux ? et mon collègue de Saint-Maurice va se rappeler de ça très bien ? tous les efforts qui ont été faits par notre gouvernement, des gestes responsables, des gestes courageux de regrouper certains centres hospitaliers afin de donner une meilleure qualité de service.
Et, je vais le citer, le Centre hospitalier régional de Trois-Rivières est un de ceux-là que notre gouvernement, de façon courageuse, a mis en place avec des mesures importantes financières. Puis, aujourd'hui, le ministre vient se promener, dans la région de la Mauricie, dans ce genre d'endroit là, puis, si tout va bien ou tout va mieux, d'après lui, c'est parce qu'il est arrivé, est venu faire une visite puis a garroché une couple de millions.
Alors, M. le Président, on s'entend, là, on n'embarque pas dans ce genre de jeu là parce que ce n'est pas à ça que la population s'attend, ce n'est pas ce à quoi la population s'attend.
Alors, quand on parle de listes d'attente, qu'on parle de gens qui n'ont pas de médecin de famille, c'est tous les jours, dans nos bureaux de comté, ça, où des gens nous appellent en disant: Mme la députée, est-ce qu'il y a moyen de m'enligner en quelque part, je n'ai pas de médecin de famille? Bien, on n'en parle pas, de ça. On parle d'opérations du genou, de la hanche et de la cataracte puis on va peut-être atteindre les cibles, effectivement.
n (11 h 10) n
Et petit point également très important qu'on semble oublier dans le débat, ce matin, et le ministre a glissé là-dessus, là, très, très, très rapidement, en fait il n'en parlera pas... Il s'est vanté de ses bons coups, comme d'habitude, avec une certaine forme d'arrogance. Vous savez, M. le Président, là, je rêve d'un jour où le ministre de la Santé, en se levant, là, ne tentera pas de me soigner quand il me parle. J'aimerais ça qu'il réponde à nos questions, O.K.? Ce n'est pas de soins dont j'ai besoin, j'en ai un, médecin de famille, puis, si je veux un chirurgien, je vais finir par en avoir un.
Ce que je veux, M. le Président, c'est qu'on finisse par répondre à nos questions et qu'après trois ans et demi de mandat, que ça déplaise ou non, qu'on réponde aux gestes qu'on pose et qu'on arrête peut-être de casser du sucre sur des choses qui ont été bien faites si on se replace dans les circonstances où elles ont été faites.
Alors, M. le Président, moi, aujourd'hui, je vous dis en toute honnêteté, se fiant à des contacts qu'on a avec des groupes sérieux dans notre société, que ce soit l'AQDR, que ce soit la FADOQ, la Fédération de l'âge d'or du Québec, ou autres: Il y a des besoins autres que des montants d'argent à donner à des établissements. On veut qu'on s'occupe d'eux, on veut qu'on leur donne des soins de qualité et on veut également qu'on les sorte de centres hospitaliers, là où ils n'ont pas lieu d'être et lieu de vivre. Ce n'est pas un milieu de vie qu'ils ont là. Ce qu'ils recherchent, c'est un milieu de vie décent qui va répondre au bien-être, je pense, de leurs derniers jours de vie, possiblement.
Alors, quand Québec, M. le Président ? et je vais terminer là-dessus ? quand Québec fait de l'oeil aux aînés par toutes sortes de façons, quand Québec fait de l'oeil à la population du Québec pour tenter, de façon électoraliste, d'aller les chercher davantage et de leur dire: Regardez comme tout est bien et tout est fin, effectivement, le ministre a raison, M. le Président, on va se ramasser un jour en campagne électorale, il y aura des comptes à rendre, puis on parlera de chiffres à ce moment-là, puis on donnera l'heure juste, puis on donnera la vérité à la population du Québec.
Alors, depuis trois ans et demi, M. le Président, ce que j'entends, c'est que le gouvernement précédent aurait en fait à peu près tout gâché et que le gouvernement présentement est en train de tout ramener à l'ordre. J'ai des petites nouvelles, M. le Président: il faut être sur le terrain pour le savoir puis être sur le terrain pour constater que ce n'est pas le cas.
Alors, je vais continuer, M. le Président, en terminant, à suivre ce dossier-là des aînés qui m'a été confié il y a un an et demi, dossier sur lequel il faut mettre beaucoup d'attention et arrêter de se leurrer sur des montants d'argent qui n'atteignent pas leur cible. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron): Alors, je vous remercie, Mme la députée de Champlain, pour votre intervention. Et je cède maintenant la parole à M. le député de Rivière-du-Loup pour son intervention. M. le député de Rivière-du-Loup, à vous la parole.
M. Mario Dumont
M. Dumont: Oui. Merci, M. le Président. Alors, je veux à mon tour intervenir pour appuyer cette très importante, très importante motion. Je la dis très importante pour deux raisons. Très importante parce qu'évidemment il s'agit de la santé de notre population, il s'agit de situations bien délicates où des hommes et des femmes du Québec ont besoin de soins pour améliorer leur état de santé. Et je la dis aussi importante parce que, sur le plan de la politique de ce gouvernement, on se souvient tous que le premier ministre lui-même avait demandé à l'ensemble de la population d'être jugé sur ses résultats en santé.
Alors, c'est doublement important parce que, sur le plan humain, la santé, c'est quelque chose d'extrêmement sensible, d'extrêmement précieux, mais, sur le plan politique, le premier ministre en a fait une mesure de sa performance comme premier ministre du Québec.
La motion évidemment veut déplorer, veut que l'Assemblée nationale utilise son pouvoir pour déplorer et dénoncer le non-respect de ces engagements très clairs, très précis. Ils sont tellement bien connus de la population, hein? L'attente hors délai devait être éliminée. D'ailleurs, dans leur enthousiasme à promettre la fin de l'attente ? je me permets de faire un rappel historique ? le Parti libéral, dans sa dernière campagne électorale, s'était mêlé.
Au début de la campagne ou juste avant, ils avaient annoncé l'élimination complète de toute forme de liste d'attente ? il y avait au-dessus de 110 000 personnes en attente ? et, à un moment donné, quelqu'un d'un peu mieux informé dans le secteur de la santé leur a expliqué: Écoutez, les amis, là, il y a quelque chose qui s'appelle les délais médicalement acceptables, on ne peut pas opérer tout le monde dans la même journée. Et puis là il y a des gens qui ont brassé les concepts et là ils ont compris qu'effectivement ce qu'ils voulaient éliminer...
Ils ont refait un autre communiqué de presse pour annoncer l'élimination de l'attente au-dessus des délais médicalement acceptables, ce qui était un engagement, si vous voulez mon avis, un peu plus logique et qui démontrait que ça avait été fait sur un coin de table, comme plusieurs de leurs engagements électoraux, le premier engagement.
Maintenant, sur cet engagement, promesse, la main sur le coeur, du premier ministre d'éliminer l'attente hors délai, bien, malheureusement, aujourd'hui, les résultats ne sont pas là, hein? Les résultats ne sont pas là. Et ça a été quand même long. On a questionné à plusieurs reprises le ministre de la Santé, celui qu'un chroniqueur du Devoir a appelé le maître des illusions, hein? Parce qu'il faut lui reconnaître une capacité de toujours avoir une espèce de réponse.
C'est assez technocratique d'ailleurs comme approche, c'est-à-dire qu'il y a toujours un processus qui est en marche où des structures quelque part ont changé de nom, qui a mis en place des nouveaux mécanismes qui vont peut-être plus tard livrer des résultats. Mais, en bout de ligne, il n'y a rien qui fonctionne. Puis, en bout de ligne, quand on regarde dans la vie de M. et Mme Tout-le-monde qu'est-ce qui se passe, bien les choses ne s'améliorent pas vraiment.
Dans ces tentatives de démontrer que l'attente avait... Parce que le ministre a fait quand même beaucoup d'efforts pour démontrer que l'attente avait diminué. Dans ces tentatives-là, il y a un exercice que je me dois de dénoncer au plus haut niveau, c'est le changement. Il faut être drôlement cynique, il faut drôlement avoir perdu le sens du respect dans sa relation avec la population pour dire aux gens que certaines listes d'attente ont diminué ? l'attente hors délai, je dis bien ? parce qu'on a changé les méthodes de calcul, on a changé les délais médicalement requis.
Donc, on a critiqué l'ancien gouvernement péquiste pendant des années, avec un certain critère, mais là maintenant on augmente, on dit: Maintenant, ce n'est plus trois mois, c'est six mois, le délai qui est médicalement requis, ça fait qu'il y a moins de monde qui sont en attente hors délai.
Évidemment, quand on calcule comme ça, quand on dresse à la population un faux portrait de la situation, bien on propose ensuite des fausses solutions, et c'est, tout au long de son mandat, ce que le ministre de la Santé va avoir fait. Les régies régionales de la santé sont devenues des agences. Ça, ils appellent ça des changements. Bien, oui, on a changé le papier à lettres, on a changé les cartes d'affaires du personnel, on a même changé les grosses pancartes bleues à l'entrée des édifices, parce que ce n'est plus des régies, c'est des agences.
Alors, quand on fait un faux diagnostic, quand on se fait des accroires à soi-même puis qu'on en fait à la population, on propose des fausses solutions, alors que ce que les gens veulent, c'est des véritables solutions, des véritables changements.
Il y a plus. Ici, notre Parlement est dans la région de la Capitale-Nationale. Il y a 60 % des gens en attente de chirurgies cardiaques, à Québec, qui sont présentement hors délai. 60 % en chirurgie cardiaque. Ce n'est pas une chirurgie mineure, ce n'est pas quelque chose de secondaire. Il y a toujours, aujourd'hui, là ? évidemment, on n'a plus les données disponibles sur les méthodes de calcul qu'on avait avant, comme je viens de l'expliquer ? plusieurs dizaines de milliers de personnes, pas quelques-uns, pas quelques cas d'exception, plusieurs dizaines de milliers, entre 35 000 et 40 000, peut-être même au-delà de 40 000 personnes qui sont en attente hors délai.
Et le ministre de la Santé a fait, cet automne, un aveu de son échec, en disant... Il l'a fait, on ne sait pas trop si c'est à la blague, si c'est encore du cynisme, mais il a dit: Là, ça prendrait aux libéraux un autre mandat, hein, ça prendrait aux libéraux un autre mandat, laissant clairement entendre à la population que ce qui avait été promis, pas pour ce mandat, pour les premiers mois de ce mandat... L'élimination de l'attente n'était pas un engagement dans le mandat. Les baisses d'impôt, c'était tout au long du mandat, donc c'est un engagement qui a été trahi sur quatre ans.
Mais, dans le cas de l'élimination de l'attente, c'était dès les premiers mois de leur mandat que l'attente hors délai devait se terminer, et ils ont manqué à leur parole devant la population du Québec.
Qu'ils ont manqué à leur parole, c'est une chose. Ce que l'Institut Fraser, qui compare différentes données, nous dit, dans une étude qui date de la semaine dernière, de quelques jours, c'est que la situation, elle s'était un petit peu améliorée sur certains critères, en début de mandat; maintenant, la situation a recommencé à se détériorer. Les délais d'attente ont recommencé à augmenter. Les patients québécois, entre le moment où on voit un omnipraticien qui nous réfère un spécialiste qui nous obtient un traitement, le délai d'attente moyen a augmenté d'une semaine au cours de la dernière année. Donc, la situation a recommencé à se détériorer.
Je me permets de faire un commentaire là-dessus. Ce que l'Institut Fraser étudie, c'est le délai entre le moment où vous voyez un omnipraticien et le moment où vous voyez un spécialiste, puis ensuite le moment où vous voyez un spécialiste puis le moment où vous obtenez votre chirurgie. Ça ne tient pas compte des difficultés des Québécois et des Québécoises à réussir à rentrer dans cette méthode de calcul, là, pour voir un médecin généraliste, pour voir un omnipraticien.
Parce qu'une autre étude, de la fédération canadienne des médecins famille, la semaine dernière, nous disait qu'il y a presque un tiers des Québécois qui n'ont pas de médecin de famille, donc qui ont de la misère à avoir accès à un omnipraticien. Et, si ça prend quelques semaines à avoir accès à un omnipraticien, ce n'est pas compté.
n (11 h 20) n
Et là-dessus on sait déjà que la situation s'est détériorée, cette année, au Québec, mais on sait que, par rapport à l'ensemble du Canada, la capacité des Québécois de voir un médecin de famille, c'est deux fois et demie pire que dans le reste du Canada, hein? C'est 13 %, 14 % du reste du Canada qui disent ne pas... Quand on exclut le Québec des statistiques, c'est 13 % à 14 % des gens, au reste du Canada, qui disent ne pas avoir accès à un médecin de famille puis, au Québec, c'est 30 %, hein? Alors, l'écart, il est considérable.
Et ça aussi, ça affecte les statistiques, ce n'est pas comptabilisé dans l'Institut Fraser parce que, eux, ils commencent, ils partent le calcul à partir du moment où on voit un omnipraticien, mais c'est difficile, au Québec, d'en avoir un, parce qu'il y a beaucoup de monde qui n'ont pas de médecin de famille. Et ça aussi, ça faisait
partie des choses que le gouvernement libéral devait corriger. Ça n'a pas été fait, ça n'a pas été corrigé.
Je me permets de le dire, j'avais l'occasion, hier, de questionner le ministre de la Santé sur la situation des médecins spécialistes. Parce que, quand on a autant de listes d'attente, quand on est aussi mal pris, il me semble qu'on devrait travailler en collaboration, en très étroite collaboration, en partenariat avec ceux qui vont les faire, les chirurgies, avec les médecins spécialistes. Et la voie qu'a choisie le ministre, c'est celle de la confrontation.
Il a décidé, alors qu'il n'y avait pas de moyens de pression spéciaux, il n'y avait pas de moyens de pression illégaux, on était en discussion, on était en négociation, il n'y avait rien, là, qui se passait de répréhensible sur le terrain, le ministre a décidé de jouer au matamore puis de décréter une loi spéciale sur la tête des médecins spécialistes. Il a considérablement nui à ses chances de réussite. Il a pourri sa relation avec les médecins spécialistes ? il faut l'appeler comme ça ? il l'a détériorée au plus haut point.
Et maintenant ce qu'on entend parler, c'est que non seulement les médecins spécialistes n'ont pas de temps opératoire, non seulement ils ne peuvent pas travailler, non seulement l'été... l'été qui dure, dans le système de la santé, là, l'été où les gens perdent encore du temps de bloc opératoire, l'été est long, hein? On dit, au Québec, que l'été est court quand on parle de la piscine, mais, quand on parle du système de santé, l'été est très long, une longue période où on réduit le nombre d'interventions.
Et je pense que le ministre de la Santé a fait là une gaffe considérable et qu'il devrait, aujourd'hui, corriger, retirer cette loi spéciale parce que, là, on est en train de perdre nos médecins spécialistes. Non seulement on ne laisse pas travailler pleinement ceux qu'on a, on est en train de perdre certains des meilleurs éléments, incluant dans sa propre spécialité, la neurochirurgie. Il me semble que ça devrait réveiller le ministre de la Santé. Je vous remercie, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron): Alors, je vous remercie, M. le député de Rivière-du-Loup. Et je cède maintenant la parole à Mme la députée. À vous la parole.
Mme Fatima Houda-Pepin
Mme Houda-Pepin: Merci beaucoup, M. le Président. Alors, je voudrais intervenir à mon tour sur cette motion de notre collègue la députée d'Hochelaga-Maisonneuve, la députée d'Hochelaga-Maisonneuve qui a fait
partie d'un gouvernement, M. le Président, qui a fermé huit hôpitaux à Montréal sans même qu'il en souffle un mot dans son programme. Alors, lorsqu'on parle de respect des engagements, M. le Président, il y a là un double discours, pour dire le moins.
C'est également cette même députée d'Hochelaga-Maisonneuve qui a fait
partie d'un gouvernement, M. le Président, qui a envoyé à la retraite 1 400 médecins. Et on se rappellera de la difficulté que nous avons connue, dans nos hôpitaux, dans nos établissements, en encourageant des médecins à quitter le réseau de la santé et des services sociaux en leur offrant une prime de départ incitative de 300 000 $. On se rappelle, M. le Président, les coûts non seulement financiers, mais les coûts humains, les coûts en termes de perte de services.
M. le Président, on parle de parler de véritables solutions. Ce gouvernement, c'est le gouvernement qui a apporté les solutions les plus crédibles, M. le Président, à notre système de santé et de services sociaux, grâce au ministre qui... le ministre Couillard. Ce que ce gouvernement a fait, c'est d'abord et avant tout, M. le Président, un ajout de 4 milliards de dollars, 4 milliards de dollars pour le budget de la santé et des services sociaux, qui est porté maintenant à 22 milliards, le premier poste de dépenses budgétaires au gouvernement.
Il y a eu, M. le Président, une diminution des délais d'attente et une hausse significative des chirurgies. Ce sont là des réalisations très parlantes. Il y a également une hausse de médecins de famille, une hausse de médecins de famille, qui sont passés de 19 à 118, M. le Président, la mise en oeuvre des plans d'action ciblés en santé mentale et en toxicomanie, une hausse significative des étudiants en facultés de médecine, quand on sait que ça prend sept ans pour former un médecin, M. le Président, des médecins très précieux que ce gouvernement a renvoyés à la retraite.
Ce gouvernement, M. le Président, c'est le gouvernement qui a accordé la gratuité des médicaments pour les personnes âgées recevant la prestation maximale du supplément du revenu garanti, et ce, à compter de juillet 2005. C'est ce gouvernement, M. le Président, qui a mis en place un crédit d'impôt pour les aidants naturels. On parle ici de plus de 80 000 aidants naturels et personnes souffrant d'un handicap, M. le Président, qui bénéficient désormais d'un soutien additionnel de 43 millions de dollars.
Il y a eu également un ajout de 25 millions de dollars aux clientèles vulnérables, dont 15 millions pour les jeunes en difficulté, 6 millions pour la déficience physique et déficience intellectuelle. J'étais, cette semaine, M. le Président, lundi dernier, avec les représentants de ces organismes et je peux vous assurer qu'ils sont très heureux des investissements que le gouvernement fait dans la santé et les services sociaux.
Il y a eu également un ajout de 260 millions de dollars pour les soins aux aînés en perte d'autonomie.
Lorsqu'on revient au niveau régional... Parce qu'évidemment ces réalités nous rattrapent très vite, M. le Président. Je fais
partie d'une région, la Montérégie, qui a parlé ici très fort alors qu'on était, nous, dans l'opposition, et qui a interpellé le gouvernement pour investir dans notre région qui souffrait d'une inéquité interrégionale flagrante, M. le Président. Ça nous prenait 160 millions de dollars pour offrir le même niveau de services par année à notre population. Et le précédent gouvernement est resté sourd, M. le Président, à nos réclamations. Le gouvernement actuel, lui, a agi.
Il a agi, parce que, de 2004-2005 à 2006-2007, M. le Président, le budget de la santé et des services sociaux, dans notre région, la Montérégie, est passé de 1 580 000 000 $ à 1 730 000 000 $, soit une hausse de 25,4 %, une hausse de budget qui est la bienvenue, qui est répartie dans l'ensemble des services.
Je me rappelle, M. le Président, d'un moment où même le président de la défunte régie régionale de la santé et des services sociaux est sorti publiquement pour dénoncer le gouvernement, pour lui dire qu'à cette allure, si rien n'est fait, on serait morts avant même qu'il y ait un investissement ou un changement quelconque. Je me rappelle, M. le Président, des médecins, notamment de l'Hôpital Charles-Le Moyne, de la santé mentale, qui sortaient publiquement pour dénoncer le gouvernement pour le sous-financement chronique et la difficulté qu'on avait à donner des soins à nos malades parmi les plus vulnérables.
Dans notre région, M. le Président, depuis que ce gouvernement est au pouvoir, nous avons 19 groupes de médecine de famille qui ont été mis en place, qui desservent plus de 150 000 personnes inscrites, M. le Président.
Il y a eu des investissements majeurs dans différents équipements de santé et services sociaux, et ce sont des investissements qui vont directement aux soins aux malades. Je vous donne six exemples, très rapidement. La construction du Centre intégré de lutte contre le cancer de l'Hôpital Charles-Le Moyne, un projet partenarial de 52,3 millions de dollars, M. le Président. Moi, je me rappelle lorsqu'on a envoyé nos malades se faire soigner en autobus, aux États-Unis. J'en connais, dans mon propre comté, parmi mes propres amis, M. le Président, et je peux vous dire que c'était extrêmement dramatique.
Ça, c'est une annonce qui a été faite par le premier ministre, le ministre de la Santé et des Services sociaux de même que mes collègues députés de la Montérégie, le 17 février 2006. Ça, c'est une solution concrète, M. le Président.
n (11 h 30) n
Il y a également la relocalisation et l'agrandissement de l'urgence de l'Hôtel-Dieu... de l'Hôpital du Haut-Richelieu, un investissement de 23,4 millions de dollars, M. le Président. Ça, c'est un investissement dans notre région. L'agrandissement et le réaménagement de l'Hôpital de Brome-Missisquoi-Perkins, un investissement de 15,2 millions de dollars. L'agrandissement et le réaménagement du Centre hospitalier de Granby, un investissement de 17,5 millions de dollars.
Il y a eu également une annonce qui a été faite d'un investissement de 11,5 millions de dollars pour l'acquisition de mobilier et d'équipement médical spécialisé au Centre hospitalier Pierre-Boucher. J'ai eu le bonheur de la faire au nom du ministre de la Santé et des Services sociaux, de visiter l'hôpital, de rencontrer les médecins, les infirmières, le personnel soignant et de voir le sourire et le rayonnement de ces gens-là qui ont enfin un gouvernement qui répond à leurs besoins.
Il y a également la construction d'un centre d'hébergement, de soins de longue durée à Longueuil, également un investissement que j'ai annoncé au nom de mon collègue le ministre de la Santé et des Services sociaux de 15,6 millions de dollars, M. le Président, le 31 octobre 2005.
Voilà des solutions concrètes, voilà une réponse intelligente, M. le Président, aux besoins de notre population. Le ministre a l'humilité de dire que nous travaillons à faire des changements, nous travaillons à faire des investissements, nous travaillons à donner des soins à nos malades, M. le Président, et nous allons y arriver. Parce que ce que ce gouvernement, M. le Président, nous a légué... Et vous vous rappelez, vous-même, M. le Président, à l'époque de M. Rochon, ministre de la Santé ? on peut citer son nom ? à ce moment-là, on parlait, M. le Président, du saccage du système de santé et services sociaux.
Tout le monde parlait du saccage du système de santé et services sociaux. La fermeture des hôpitaux, M. le Président, il y a eu des manifestations monstres à Montréal pour dénoncer le gouvernement qui est arrivé, M. le Président, pour mettre la clé dans les hôpitaux, alors qu'il n'en avait jamais parlé précédemment, ni dans un programme, ni dans son engagement, ni publiquement, M. le Président.
Alors, ce Parti québécois qui est actuellement dans l'opposition a besoin de rester dans l'opposition longtemps, M. le Président, pour refaire ses devoirs et surtout pour éviter, éviter les erreurs, M. le Président, précédentes qui ont été commises et que nous sommes en train de mettre du temps, et des énergies, et des ressources pour réparer. Parce qu'en fin de compte nous avons hérité d'une situation dramatique dans le système de santé et services sociaux.
Et je me rappelle de l'ancien premier ministre, Lucien Bouchard ? je peux également mentionner son nom, M. le Président, il n'est plus dans cette Chambre ? qui disait de M. Rochon que c'était le meilleur ministre de la Santé que le Québec n'ait jamais connu. Vous vous rappelez de ça, M. le Président. Bien, c'était le ministre qui a saccagé le système. Non pas, M. le Président, qu'il n'ait pas eu des bonnes idées, mais c'est parce que, comme l'a dit mon collègue le ministre de la Santé et des Services sociaux, on lui a scié les jambes, on ne lui a pas donné les ressources, M. le Président.
Et c'était devenu le ministre de la fermeture des hôpitaux, de la fermeture de nos institutions, de la fermeture des lits pour personnes âgées. 4 000 lits, M. le Président, qui ont été perdus.
Alors là, nous sommes en train de réinvestir, on réinvestit évidemment à la hauteur de nos moyens. La santé et les services sociaux sont une priorité pour notre gouvernement, M. le Président, et nous allons continuer, M. le Président, à consolider les services, à investir pour donner de meilleurs soins à nos malades, que ce soient les personnes âgées, que ce soient les adultes, les jeunes, les femmes et toutes les clientèles, M. le Président.
Et c'est pour cette raison que je trouve cette motion, M. le Président, pas irrecevable au niveau de son libellé, parce qu'elle l'est, mais fondamentalement, au niveau de son contenu, M. le Président, elle est totalement inacceptable. C'est pour ça que je vais voter contre cette motion. Je vous remercie, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron): Alors, je vous remercie, Mme la députée de La Pinière. Et je cède maintenant la parole à Mme la députée de Taschereau pour le cinq minutes restant à l'opposition officielle.
Mme Agnès Maltais
Mme Maltais: Merci, M. le Président. Alors, il est important pour nous, aujourd'hui, par cette motion, de nous dissocier de l'attitude déplorable qu'a eue le gouvernement lors de la dernière campagne électorale et non seulement nous en dissocier, mais la dénoncer.
Si le Directeur général des élections devait gérer un code d'éthique lors d'une campagne électorale, les plaintes des citoyens abonderaient en ce moment, et le Directeur général des élections, s'il gérait un code d'éthique des campagnes électorales et des propos des parlementaires pendant les campagnes, serait débordé actuellement par les plaintes et par les enquêtes qu'il devrait faire. C'est pourquoi, aujourd'hui, nous dénonçons cette phrase, communiqué de presse du Parti libéral du Québec, 27 février 2003: « Nous allons combattre l'attente sous toutes ses formes.
Nous allons répondre aux besoins de tous les Québécois, à toute heure du jour et de la nuit, dans toutes les régions du Québec. [C'est] notre mission. » Je n'ai jamais vu une telle promesse solennelle signée par un chef de l'opposition devenu premier ministre, autant de promesses reniées, rompues, brisées.
Et l'attitude du ministre de la Santé, à l'heure actuelle, qui vient de nous parler, augmente le cynisme, et le cynisme non pas seulement par rapport à son gouvernement, mais le cynisme par rapport au politique, à l'univers politique, et ça, c'est très sérieux et c'est très grave. Je viens d'entendre le ministre, et savez-vous à quoi j'ai pensé? À cette image populaire des trois singes: un qui a les mains sur les deux yeux, un qui a la main sur la bouche et un qui a la main sur les oreilles.
Le ministre ne veut rien entendre, le ministre ne veut plus entendre parler de cette promesse, et le ministre ne veut pas voir ce qui se passe dans le réseau de la santé. Nous allons le lui rappeler. Moi, je dis que le peuple voit ce qui se passe dans les hôpitaux. Moi, je dis que le peuple entend, entend ce qui se passe. Et je dis que le peuple parlera. Et il y a une façon de parler pour le peuple, c'est dans des élections, M. le Président. Et, s'il y avait un code d'éthique des parlementaires, il serait rompu par le gouvernement actuel.
Le ministre nous a parlé de la capitale nationale: Pas d'attente, on va régler les urgences dans les 24 heures. 24 heures. Qu'est-ce qui se passe, ce matin? À l'Hôpital de L'Enfant-Jésus, il y a 31 civières de plus d'occupées, il y a 17 personnes qui attendent depuis plus de 24 heures. Voici les faits. Au CHUL, ce matin, neuf personnes, attente de plus de 24 heures. À l'Hôpital Saint-François-d'Assise, huit personnes attendent depuis plus de 24 heures. Voilà les faits, M. le Président. C'était la même chose ou à peu près le 31 octobre, j'étais venue en parler ici. Alors, voilà la vérité que le ministre ne veut pas voir et dont il ne veut pas entendre parler.
Le ministre nous a parlé des délais d'attente dans la capitale nationale pour les chirurgies. Si on réfère aux mêmes délais sur lesquels nous avons été jugés, les chirurgies de la hanche ont augmenté de 33 à 35 % d'attente, 33 à 35 % de personnes en attente de plus. Les chirurgies du genou, on est passé aussi à une augmentation d'à peu près 15 à 20 %. Voilà les faits. Voilà ce que le ministre ne veut pas entendre, ce dont il ne veut pas entendre parler.
Nous n'allons avoir plus personne, nuit et jour, 24 heures! Portneuf, cet été, il y a des urgences qui étaient fermées, M. le Président, tellement que le Centre de santé et de services sociaux a publié une annonce pour dire au monde où aller et où ne pas aller, parce que les urgences étaient fermées. Voilà ce que le ministre ne veut pas affronter: la vérité.
Il y a eu, M. le Président, des promesses rompues. Qui peut leur faire confiance aujourd'hui? Promesse de baisses d'impôt solennelle de 5 milliards de dollars, oubliée, rompue. La signature sur le mont Orford, la signature d'une lettre par le premier ministre qui était alors chef de l'opposition: Jamais nous ne vendrons sans un consensus social. Promesse rompue. Mais, en santé, M. le Président, en santé, j'aurais voulu voir le premier mi