Culture and Education — 12 November 2025 (43rd Legislature, 2nd Session)

CCE 2025-11-12

Quebec — Committees

Culture and Education — 12 November 2025 (43rd Legislature, 2nd Session)

CCE 2025-11-12

Quebec — Committees

Journal des débats de la Commission de la culture et de l’éducation - Assemblée nationale du Québec

sur les médias sociaux, Facebook, X, Youtube

Députés

La présidente

Les députés depuis 1764

Coordonnées des députés

La fonction de député

Fonctions parlementaires des députés

Composition des commissions

Indemnités et allocations

Cercle des femmes parlementaires

Cercle des jeunes parlementaires

Cercle des ex-parlementaires de l’Assemblée nationale du Québec

Fondation Jean-Charles-Bonenfant

Fondation des parlementaires québécois Cultures à partager

Travaux parlementaires

Calendrier hebdomadaire des travaux

Journal des débats

Index du Journal des débats

Règlement et autres règles de procédure de l'Assemblée nationale

Propos non parlementaires

Assister aux travaux

Travaux de l'Assemblée

Toutes les séances

Documents déposés

Projets de loi

Cheminement des projets de loi

Registre des votes

Travaux des commissions

Liste des commissions

Mandats en cours

Documents déposés

Rapports et documents de réflexion

Exprimez votre opinion!

Pétitions

Signer une pétition électronique

Consulter une pétition présentée à l'Assemblée

Lancer une pétition

Suivre le cheminement d'une pétition

Consultations publiques

Comment participer à une consultation

Liste des consultations publiques

Commenter un sujet à l'étude

Présenter un projet de loi d'intérêt privé

Vidéo

En direct et webdiffusions à venir

Archives des travaux et activités parlementaires

Travaux de l'Assemblée

Travaux des commissions

Activités de presse

Activités spéciales et institutionnelles

Députés

Le Canal de l'Assemblée

Émissions et capsules promotionnelles

Espace jeunesse

Commander un extrait

Calendrier

Ouvrir

En direct

Calendrier détaillé

_date_du_jour

Aujourd'hui

_heure_en_cours

En cours

Activités du jour

Exposition(

s) Drapeau(

x) sur l'hôtel du Parlement

L'utilisation du calendrier requiert que Javascript soit activé dans votre navigateur.

Pour plus de renseignements

L'ABC de l'Assemblée

Visiteurs

Restaurants

Actualités et salle de presse

Bibliothèque

Publications

Éducation

Diplomatie

Histoire

Accueil > Travaux parlementaires > Travaux des commissions > Journal des débats de la Commission de la culture et de l’éducation

Travaux parlementaires

Journal des débats

Index du Journal des débats

Travaux de l'Assemblée

Registre des votes

Travaux des commissions

Administration publique

Agriculture, pêcheries, énergie et ressources naturelles

Aménagement du territoire

Assemblée nationale

Culture et éducation

Économie et travail

Finances publiques

Institutions

Relations avec les citoyens

Santé et services sociaux

Transports et environnement

Mandats en cours

Rapports et documents de réflexion

Cheminement des projets de loi

Projets de loi

Documents déposés

Dépôts du jour

Calendrier hebdomadaire des travaux

Mots clés

Type de documents

Tous les documents

Documents déposés

Feuilletons et préavis

Journaux des débats

Mémoires

Procès-verbaux de l'Assemblée

Projets de loi

Rapports et documents de consultation des commissions

Type de travaux

Travaux de l'Assemblée et des commissions

Travaux de l'Assemblée

Travaux des commissions

Commission de la culture et de l’éducation

Commission de la santé et des services sociaux

Commission de l'administration publique

Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles

Commission de l'aménagement du territoire

Commission de l'Assemblée nationale

Commission de l'économie et du travail

Commission des finances publiques

Commission des institutions

Commission des relations avec les citoyens

Commission des transports et de l'environnement

Sous-commission de la réforme parlementaire

Période

De</b> et <b>À</b> sont remplis, le résultat se situe entre les dates indiquées.<br/>

Si seul le champ <b>De</b> est rempli, le résultat se situe entre la date indiquée jusqu’à aujourd’hui.<br/>

Si seul le champ <b>À</b> est rempli, le résultat se situe avant la date indiquée.

" class="champsDate choisirDate BulleInfo PeriodeFin" />

La date de début doit précéder la date de fin.

Session

Toutes les sessions

Session en cours - 43e législature, 3e session (5 mai 2026 - )

43e législature, 2e session (30 septembre 2025 - 8 avril 2026)

43e législature, 1re session (29 novembre 2022 - 10 septembre 2025)

42e législature, 2e session (19 octobre 2021 - 28 août 2022)

42e législature, 1re session (27 novembre 2018 - 13 octobre 2021)

41e législature, 1re session (20 mai 2014 - 23 août 2018)

40e législature, 1re session (30 octobre 2012 - 5 mars 2014)

39e législature, 2e session (23 février 2011 - 1 août 2012)

39e législature, 1re session (13 janvier 2009 - 22 février 2011)

38e législature, 1re session (8 mai 2007 - 5 novembre 2008)

37e législature, 2e session (14 mars 2006 - 21 février 2007)

37e législature, 1re session (4 juin 2003 - 10 mars 2006)

36e législature, 2e session (22 mars 2001 - 12 mars 2003)

36e législature, 1re session (2 mars 1999 - 9 mars 2001)

35e législature, 2e session (25 mars 1996 - 21 octobre 1998)

35e législature, 1re session (29 novembre 1994 - 13 mars 1996)

34e législature, 3e session (17 mars 1994 - 17 juin 1994)

34e législature, 2e session (19 mars 1992 - 10 mars 1994)

34e législature, 1re session (28 novembre 1989 - 18 mars 1992)

33e législature, 2e session (8 mars 1988 - 9 août 1989)

33e législature, 1re session (16 décembre 1985 - 8 mars 1988)

32e législature, 5e session (16 octobre 1984 - 10 octobre 1985)

32e législature, 4e session (23 mars 1983 - 20 juin 1984)

32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)

32e législature, 2e session (30 septembre 1981 - 2 octobre 1981)

32e législature, 1re session (19 mai 1981 - 18 juin 1981)

31e législature, 6e session (5 novembre 1980 - 12 mars 1981)

31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)

31e législature, 4e session (6 mars 1979 - 18 juin 1980)

31e législature, 3e session (21 février 1978 - 20 février 1979)

31e législature, 2e session (8 mars 1977 - 22 décembre 1977)

31e législature, 1re session (14 décembre 1976 - 23 décembre 1976)

30e législature, 4e session (16 mars 1976 - 18 octobre 1976)

30e législature, 3e session (18 mars 1975 - 19 décembre 1975)

30e législature, 2e session (14 mars 1974 - 28 décembre 1974)

30e législature, 1re session (22 novembre 1973 - 22 décembre 1973)

29e législature, 4e session (15 mars 1973 - 25 septembre 1973)

29e législature, 3e session (7 mars 1972 - 14 mars 1973)

29e législature, 2e session (23 février 1971 - 24 décembre 1971)

29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)

28e législature, 5e session (24 février 1970 - 12 mars 1970)

28e législature, 4e session (25 février 1969 - 23 décembre 1969)

28e législature, 3e session (20 février 1968 - 18 décembre 1968)

28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)

28e législature, 1re session (1 décembre 1966 - 12 août 1967)

27e législature, 6e session (25 janvier 1966 - 18 avril 1966)

27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)

27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)

27e législature, 3e session (14 janvier 1964 - 31 juillet 1964)

27e législature, 2e session (21 août 1963 - 23 août 1963)

27e législature, 1re session (15 janvier 1963 - 11 juillet 1963)

26e législature, 2e session (10 novembre 1960 - 10 juin 1961)

26e législature, 1re session (20 septembre 1960 - 22 septembre 1960)

25e législature, 4e session (18 novembre 1959 - 18 mars 1960)

25e législature, 3e session (19 novembre 1958 - 5 mars 1959)

25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)

25e législature, 1re session (14 novembre 1956 - 21 février 1957)

24e législature, 4e session (16 novembre 1955 - 23 février 1956)

20e législature, 1re session (7 octobre 1936 - 12 novembre 1936)

18e législature, 2e session (10 janvier 1933 - 13 avril 1933)

18e législature, 1re session (3 novembre 1931 - 19 février 1932)

17e législature, 2e session (8 janvier 1929 - 4 avril 1929)

16e législature, 4e session (11 janvier 1927 - 1 avril 1927)

16e législature, 3e session (7 janvier 1926 - 24 mars 1926)

16e législature, 1re session (17 décembre 1923 - 15 mars 1924)

15e législature, 4e session (24 octobre 1922 - 29 décembre 1922)

15e législature, 3e session (10 janvier 1922 - 21 mars 1922)

15e législature, 2e session (11 janvier 1921 - 19 mars 1921)

15e législature, 1re session (10 décembre 1919 - 14 février 1920)

14e législature, 3e session (21 janvier 1919 - 17 mars 1919)

14e législature, 2e session (4 décembre 1917 - 9 février 1918)

14e législature, 1re session (7 novembre 1916 - 22 décembre 1916)

13e législature, 4e session (11 janvier 1916 - 16 mars 1916)

13e législature, 3e session (7 janvier 1915 - 5 mars 1915)

13e législature, 2e session (11 novembre 1913 - 19 février 1914)

13e législature, 1re session (5 novembre 1912 - 21 décembre 1912)

12e législature, 4e session (9 janvier 1912 - 3 avril 1912)

12e législature, 3e session (10 janvier 1911 - 24 mars 1911)

12e législature, 2e session (15 mars 1910 - 4 juin 1910)

12e législature, 1re session (2 mars 1909 - 29 mai 1909)

11e législature, 4e session (3 mars 1908 - 25 avril 1908)

Partager

Diagramme de l'Assemblée

En direct sur le Web

Journal des débats de la Commission de la culture et de l’éducation

Version préliminaire

Retour à la liste des séances du Journal des débats

43 e législature, 2 e session

(30 septembre 2025 au 8 avril 2026)

Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.

Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions

mercredi 12 novembre 2025

Vol. 48 N° 11

Consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 108, Loi modifiant la

Loi sur la Société de développement des entreprises culturelles afin de moderniser son offre de services financiers et de reconnaître le domaine de la créativité numérique

Aller directement au contenu du Journal des débats

Heures

11 h 30

12 h

12 h 30

Journal des débats

11 h 30 (version non révisée)

(Onze heures trente-six)

La Présidente (Mme Bogemans) : Bonjour

à tous. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de la

culture et de l'éducation ouverte. Donc, aujourd'hui, la Commission est réunie

afin de poursuivre les consultations particulières et auditions publiques du projet

de loi n° 108, Loi modifiant la

Loi sur la Société de développement des

entreprises culturelles afin de moderniser son offre de services financiers et

de reconnaître le domaine de la créativité numérique. M. le secrétaire, y a-t-il

des remplacements?

Le Secrétaire : Oui, Mme la

Présidente, Mme Caron (La Pinière) remplace M. Fortin (Pontiac).

La Présidente (Mme Bogemans) : Merci.

Ce matin, nous entendrons des personnes et des représentants des organismes

suivants, soit le Réseau des conseils régionaux de la culture du Québec et le

Bureau du cinéma et de la télévision du Québec. Je souhaite donc la bienvenue

au Réseau des conseils régionaux de la culture du Québec qui sont ici avec nous

aujourd'hui. Je vous rappelle que vous disposez de 10 minutes pour faire

votre présentation. Par la suite, il y aura un échange avec les membres de la

commission. Donc, vous pouvez commencer dès maintenant.

M. Lord (Éric) : Bonjour.

Merci. Donc, M. le ministre, Mme... les députés. Mon nom est Éric Lord je suis

directeur général du Réseau Culture 360, qui regroupe les conseils de la

culture du Québec.

Mme Martineau (Julie) : Bonjour,

je suis la coprésidente de ce Réseau Culture 360, donc, qui est notre nom

depuis un an, donc, et je suis également directrice générale de Culture

Outaouais.

Donc je vais commencer par... je vais

débuter en vous présentant qu'est ce qu'est notre réseau. Donc, je pense que c'est

important pour comprendre aussi nos recommandations, donc comprendre qui on

est. Donc, on l'a mentionné, on regroupe 15 conseils régionaux de la

culture du Québec depuis près de 50 ans, donc bientôt on va célébrer les

50 ans de nos conseils. Pour certains, on joue un rôle essentiel dans le

développement culturel des régions en agissant comme un interlocuteur

privilégié auprès des instances gouvernementales et locales. La mission de

notre réseau est donc de nous concerter tous les conseils de la culture, de

représenter et d'appuyer les CRC dans notre quotidien afin de favoriser la

vitalité artistique et culturelle sur l'ensemble du territoire québécois. Donc,

d'où le nom 360, donc on est tous secteurs et tout le territoire, donc partout,

la culture. En synergie avec ses membres, on agit comme acteur clé de l'écosystème

culturel, œuvrant pour une culture juste, durable et accessible. Le réseau, on

se distingue par notre capacité à mobiliser les milieux culturels et à s'adapter

aux enjeux régionaux et apporter une voix forte dans l'espace public. Au

quotidien, aussi, on soutient des initiatives structurantes comme l'entrepreneuriat

artistique, la découvrabilité des contenus francophones et le financement

culturel équitable, tout en renforçant la présence médiatique et la visibilité

des régions.

Dans le cadre du projet de loi, on

trouvait important de rappeler la mission de la SODEC et mettre l'accent sur

certains termes qu'on trouve importants. Donc, depuis 30 ans, donc, la

SODEC a comme mission de promouvoir et soutenir dans toutes les régions du

Québec, l'implantation et le développement des entreprises culturelles. Donc,

pour nous, c'est sûr que le mot, dans toutes les régions fait fait écho à nos

recommandations qu'on va vous présenter aujourd'hui, et aussi le mot

implantation qui est aussi important. Donc, oui, le développement, mais aussi

comment on peut travailler à l'implantation de ces entreprises-là. Donc, pour

nous, cette mission-là est encore...

Mme Martineau (Julie) : ...d'actualité,

puis on voit une occasion de la réaffirmer comme je disais avec ses mots :

dans toutes les régions et l'implantation.

M. Lord (Éric) : Merci

beaucoup, Julie. Donc, d'emblée, je voudrais vous mentionner qu'on accueille

favorablement les modifications au projet... à la

loi sur la SODEC, notamment

avec l'intégration de la créativité numérique, un secteur dans lequel on a été

actif comme réseau, en supportant notamment une étude pour un regroupement pour

la créativité numérique qui était piloté par Culture Montréal, un de nos

membres. Puis, donc, puis on a été aussi impliqué dans le comité du ministre de

la Culture au niveau de la créativité numérique. Donc, on voit ça... que cette

adaptation aux changements de notre milieu, que ce qui se reflète maintenant

dans la loi, on voit ça d'un très bon œil.

• (11 h 40) •

La modernisation de la loi de la SODEC

nous amène, par contre, nous, tout à fait ailleurs, puis on a d'autres

préoccupations qu'on voudrait vous partager aujourd'hui. Vous savez, c'est bien

connu, la SODEC, il y a une polarisation importante des fonds de la SODEC sur

une région, celle de Montréal, donc actuellement on parle de 75 % des

montants de subvention de la SODEC qui converge vers cette région-là. Et c'est

une situation, nous, qu'on a... pour laquelle on a fait des représentations

depuis une quinzaine d'années. On a, au départ, on a rencontré la SODEC, il y a

15 ans, puis on nous a clairement fait savoir qu'il n'y avait pas d'intérêt de

la part de la SODEC à travailler à faire du développement régional, on a par la

suite travaillé avec Gilles Corbeil et Isabelle Melançon qui étaient les

dirigeants de la SODEC à l'époque, puis on les a invités à faire une tournée du

Québec pour voir les réalités des entreprises culturelles sur l'ensemble du

territoire, puis, au terme de cette tournée-là, la SODEC a intégré des données

sur ces investissements en région dans son rapport annuel et aussi s'est engagé

pour modifier ou adapter les programmes en fonction des réalités territoriales.

Par contre, cette réalité-là a été assez

éphémère, puis lorsque ces dirigeants-là ont quitté, bien il a fallu

recommencer. Ensuite, on a fait des représentations très actives dans le cadre

de l'actualisation de la politique culturelle du Québec. Puis, lorsque le

ministre Fortin s'est promené à travers le Québec, on a rappelé au ministre

qu'on avait un souhait que la SODEC soit plus présente dans les régions,

qu'elle vienne soutenir et implanter des entreprises culturelles sur l'ensemble

du territoire.

Malgré toute cette bonne volonté là, on constate encore

aujourd'hui qu'il y a une polarisation importante des fonds sur la région de

Montréal. Puis, ce qui fait en sorte qu'il y a des régions comme le

Bas-Saint-Laurent qui se retrouvent avec 0,8 % de l'investissement de la

SODEC, la Côte-Nord à 0,37 %, les Îles de la Madeleine à 0,28 % et le

cas de l'Outaouais est quand même intéressant 0,32 %, malgré que

l'Assemblée nationale a fait une résolution unanime pour dénoncer le

sous-financement de la région de l'Outaouais.

Donc on constate qu'il y a une volonté de

corriger le tir, mais on constate aussi que dans la réalité, ça tarde à suivre.

Puis c'est pour ça que... pour nous, c'est important maintenant qu'au-delà de

la volonté des individus, on veut que ce soit inscrit dans la loi que la SODEC

ait des obligations ou des préoccupations à l'égard des régions. Cette bonne

volonté là, aussi, on l'a constaté dans la dernière planification stratégique

de la SODEC, dans laquelle, pour une première fois, il y avait des objectifs

d'intervention dans les régions. Dans la SODEC a établie à 33 % le nombre

d'intervention qu'elle voulait... le pourcentage d'interventions qu'elles

voulaient avoir dans les régions. Puis, pour une première fois l'an dernier,

cet objectif-là a été atteint. Donc on constate quand même une volonté, on

constate une progression, mais qui est quand même insuffisante par rapport à

l'écart historique. Cet écart-là, bien évidemment, fait en sorte qu'il y a des

régions qui ont moins de capacité d'avoir une vie culturelle riche et

dynamique.

Donc l'arrivée de la créativité numérique

nous fait craindre qu'il y ait une polarisation encore plus grande, par contre.

Donc, dans l'étude qu'on a menée en 2022 avec Habo et Culture Montréal, on

avait, l'étude démontrait qu'il y avait 82 % des entreprises en créativité

numérique qui étaient sur l'île de Montréal. Donc, c'est sûr que si on continue

dans cette logique-là, bien c'est sûr qu'il va y avoir une polarisation encore

plus grande des fonds publics sur l'île de Montréal. Puis, nous, ce qu'on veut,

évidemment, c'est d'avoir... ce n'est pas de déshabiller Montréal, mais c'est

d'avoir une vie culturelle riche et dynamique sur l'ensemble du territoire.

Puis on a cette vision-là que pour les citoyens du Québec, on a besoin d'avoir

des...

M. Lord (Éric) : ...entreprises

culturelles partout sur le territoire solide. Donc, voilà, je vais laisser

Julie vous présenter nos propositions.

Mme Martineau (Julie) : Donc,

face à ces constats-là, on constate, on vous l'a mentionné, on trouve qu'on est

aussi sur la bonne voie. Et dans cet esprit-là, bien, on souhaite des mesures

structurantes qui vont, dans l'enlignement, on veut réformer la gouvernance de

la SODEC tout en gardant l'indépendance de celle-ci.

Donc, plus précisément, on propose de

modifier l'article 5 pour nommer au moins un membre ou une membre du conseil

d'administration représentant les régions. Je lisais que l'UDA demandait des

artistes, donc peut-être qu'on pourrait même conjoindre nos intérêts ensemble.

Donc, hier, en commission, l'UDA demandait ceci, donc modifier l'article 24

pour permettre à la SODEC de conclure des ententes avec les instances

régionales, comme elle le fait à l'international. Donc, on voit, c'est déjà

quelque chose qui est présent, pourquoi ne pas le modifier pour qu'on le fasse

avec les instances régionales? On le voit avec le CALQ, c'est à peu près 4

millions annuellement, une vingtaine d'ententes de partenariat territorial avec

130 partenaires financiers. Donc, on voit que les ententes sont des leviers

financiers.

Puis je vous dirais que je sens qu'il y a

un appétit aussi. Donc, je vais vous donner l'exemple. Donc, je disais que je

suis l'Outaouais à Gatineau, dans sa politique culturelle. Il y a un axe... la

SODEC est nommée comme un partenaire, donc je me dis, bien, même au sein des

municipalités, il y a un appétit, donc pourquoi ne pas saisir cette

opportunité-là? Donc, avec l'article 24.

Aussi, modifier l'article 28, donc, pour

créer une commission dédiée aux régions. Donc, dans son rapport de gestion, son

dernier rapport, la SODEC, mentionnait son engagement pour maintenir et

stabiliser la présence d'entreprises fortes et dynamiques dans toutes les

régions du Québec. Et elle évoquait aussi qu'elle n'évolue pas au même rythme,

donc... et les besoins sont différents d'une région à l'autre. Donc, pour nous,

la création de la commission permet d'avoir un espace de réflexion pour

travailler de façon structurante, faire un réel diagnostic de tout ça et

d'adopter des pistes d'adaptation aux besoins de toutes les régions.

Donc, pour nous, cette ouverture-là, puis

aussi dans le dossier de la créativité numérique, bien, ça l'offre aussi de

réfléchir à cette complémentarité-là. Donc, est-ce que ça pourrait être à

travers la commission des régions? Donc, avec l'émergence, on pourrait

peut-être créer des pôles aussi dans certaines régions en...

Je termine en disant que, pour nous, ces

recommandations-là pour la modernisation de la loi de la SODEC représentent une

occasion unique à instaurer une approche plus équilibrée et inclusive,

favorisant, comme je vous disais, et ça rejoint notre mission, la vitalité

culturelle dans l'ensemble des régions du Québec. Merci.

La Présidente (Mme Bogemans) :

Merci beaucoup. Nous procédons maintenant à la période d'échange avec le

gouvernement. Vous disposez de 12 minutes 30.

M. Lacombe : Merci beaucoup,

Mme la Présidente. Merci à vous deux pour vous être déplacés. Mme la

Présidente, c'est toujours intéressant d'avoir des gens de l'Outaouais, de

Gatineau, en plus de ça, donc, qui viennent nous parler de notre réalité

régionale, donc où on a des défis, justement, en Outaouais. Donc, merci, merci

d'être là à tous les deux.

Je vais... je vais tout de suite rebondir

sur les investissements en région. Je serais curieux de vous entendre, parce

que vous nous dites : On doit investir davantage en région. Vous amenez

des données qui sont éloquentes, d'ailleurs, à cet effet-là. Puis d'ailleurs,

je pense aussi que dans les régions qui sont sous-représentées, il doit y avoir

un travail qui est fait, là, parce que parfois les organisations qui sont dans

les régions moins bien représentées manquent de moyens, ce manque de moyens là

fait que c'est plus difficile de déposer, de performer, d'avoir des bons

dossiers, donc il y a tout cet aspect-là.

Mais si j'y vais un petit peu plus, je

prends un peu plus de hauteur sur cette discussion-là, vous avez parlé du plan

stratégique de la SODEC où la cible a été atteinte quand même, là. On

dit : On veut qu'un tiers des investissements soit fait dans les régions,

33 %. L'année 2 du plan stratégique, ça a été atteint. Donc, j'aimerais

voir avec vous, quand on parle de religion, on parle hors Montréal, hors du

Grand Montréal en fait, donc, j'aimerais voir avec vous quelle est votre

lecture de ça, parce que là vous nous dites : On doit investir plus en

région, donc vous voulez qu'on augmente le 33 %? Quelle est votre lecture?

Quelle est votre proposition? Qu'est-ce que vous pensez de ça?

M. Lord (Éric) : Bien, pour

nous, c'est comme une cible qui était minimale, là, donc, pour atteindre ce

33 % d'investissements-là, de nombre d'interventions, mais ce chiffre-là

de 33 %, il masque quand même la réalité qui fait que les projets soutenus

dans la région de Montréal polarisent beaucoup plus de ressources financières

que les projets soutenus dans les régions. Donc, je pourrais prendre un

exemple, le secteur des métiers d'art, tous les salons métiers d'art et les

boutiques métiers d'art à travers le Québec dans les régions, souffrent d'un

sous financement important et puis sont à l'étape, là, de...

M. Lord (Éric) : ...ces

organismes-là vivotent. Donc, nous, ce qu'on voit, c'est que, oui, il y a eu

une intervention pour le secteur métiers d'art dans une région X, Y. Mais cette

intervention-là n'était pas suffisante pour assurer une viabilité et une

compétitivité, puis donner une plateforme solide de commercialisation

collective, là, pour les artisans. Donc c'est ça, donc on constate la volonté

est là, le nombre d'interventions est là, mais maintenant il faudrait que ça

soit des interventions qui soient beaucoup plus costaudes pour permettre

justement le développement des entreprises et le rayonnement puis le

rayonnement de nos artisans dans le cas présent.

M. Lacombe : Mais, donc,

mais, concrètement, si vous étiez PDG de la SODEC, qu'est-ce que vous mettriez

comme indicateur, comme cible, pour que je comprenne bien?

• (11 h 50) •

M. Lord (Éric) : Bien, je

pense qu'on pourrait aussi avoir un indicateur non seulement d'intervention,

mais un indicateur d'investissement absolu, donc en termes d'argent. Donc, à ce

moment-là, on pourrait se donner, tu sais, comme là on disait, on est à

75 % à Montréal, 25 % sur le reste du Québec. Si on avait, mettons,

un 30 % ou un 35 % à l'extérieur de Montréal en termes d'argent, bien

là, c'est sûr qu'on ferait un pas en avant. Mais, évidemment, on est toujours

dans la logique, on ne veut pas déshabiller Montréal, non plus. Donc, c'est sûr

que ça prendrait des fonds publics, là, conséquents, mais on a constaté ce

déséquilibre-là qui est engendré par plusieurs facteurs. Donc, c'est sûr que

les programmes de la SODEC ont été beaucoup développés sur l'écosystème

culturel et artistique montréalais. Donc, c'est sûr que l'écosystème des

régions est moins adapté à la réalité montréalaise, puis la question de la

distance aussi, on a constaté que la distance ou la faible présence de la

SODEC, on a constaté que notre milieu connaissait mal les programmes de la

SODEC, n'étaient pas outillés pour faire des demandes. Puis, ensuite de ça,

lorsqu'on fait du développement économique, bien, ça prend des stratégies. Il

faut mettre en place des outils, des stratégies, des visions pour qu'on puisse

implanter des entreprises. Puis c'est cette vision-là qu'on a d'un Québec qui

se soucie de son développement économique, culturel partout sur le territoire

du Québec.

M. Lacombe : Partout, c'est

ça, j'allais dire partout sur le territoire. Donc, là, vous dites le nombre

d'interventions, vous ramenez ça en pourcentage, c'est un indicateur, mais il

faudrait peut-être y aller davantage avec les... en dollars réels. Mais

qu'est-ce que vous faites des données qui peuvent être un peu aberrantes dans

un cadre statistique comme ceux-là, c'est-à-dire la production d'un film?

Évidemment, bon, certainement que cette expertise-là, elle est... elle est

vraiment à Montréal. Produire un film, ça coûte, ça coûte très cher.

L'industrie cinématographique, elle n'est pas qu'à Montréal, mais, disons,

la... c'est très Montréalais, puis on comprend pourquoi, là. Donc, est-ce que

vous moduleriez ça?

M. Lord (Éric) : Bien, c'est

sûr que...

M. Lacombe : Parce que sinon,

on va tourner que des films à Montréal, puis on n'investira dans rien d'autre,

là, c'est... comprenez-vous ce que je veux dire? Bien c'est-à-dire, si on prend

le poids de tous les investissements, puis qu'on comptabilise là-dedans des

investissements en blocs importants comme les tournages de films, là, c'est un

peu. Puis, j'imagine que vous allez me dire qu'on pourrait tourner des films en

région.

Mme Martineau (Julie) : Bien,

oui, puis...

M. Lacombe : J'ai répondu

pour vous, vous voyez.

M. Lord (Éric) : C'est plus

l'idée d'avoir des stratégies aussi, puis d'implanter des entreprises dans les

régions, c'est ça, c'est ça, c'est sûr qu'à ce moment-là, on répartit l'effort.

C'est comme si on avait eu une instance de développement économique au Québec

qui oeuvrait seulement à Montréal. Ça fait que c'est sûr qu'on se retrouverait

avec beaucoup d'entreprises à Montréal, puis très peu... très peu ailleurs.

Puis nous, notre vision du Québec, c'est tout à fait différent. On veut

s'assurer qu'il y a vie, comme je disais, qu'il y a une vie riche et dynamique

partout sur le territoire au bénéfice de nos citoyens.

Mme Martineau (Julie) : Bien,

à moins que vous aviez... vous allez avoir une autre question, mais j'allais...

Tu sais, c'est pour ça qu'on était... Pour nous, les chiffres, c'est le

préambule, mais c'est pour ça qu'on en veut modifier pour la commission, parce

qu'on veut continuer à y réfléchir puis à avoir des pistes, aussi, donc avoir

cet espace-là de réflexion. Puis, et comme on le disait, là, l'arrivée de la

créativité numérique pour nous étant aussi... pourquoi on ne prendrait pas cet

exemple-là pour réfléchir à des propositions comme on disait? Donc, avoir des

pôles dans certaines régions, donc avoir ce souci-là de développement

économique, ou qu'il y a des fois des petites choses qui émergent et tout ça.

Donc dans cette vision-là de, peut être pas toutes les régions, mais dans

certaines régions, donc, tu sais, aujourd'hui, comme on dit, on accueille tout

ça, mais on voit des occasions, puis, et de sortir de... Et je suis d'accord

avec vous, ça prend des indicateurs, ça prend des chiffres, mais ça prend aussi

des stratégies, puis la commission peut être un espace pour avoir ces

stratégies-là.

M. Lacombe : Je comprends.

Bien, en fait, je vais y revenir, mais je pose, juste, peut-être, une question,

vous avez parlé dans votre mémoire en faisant la comparaison avec le CALQ que

vous... vous voudriez donc qu'on procède à des...

M. Lacombe : ...législative à

la loi constitutive de la SODEC pour que, sous la même forme que le CALQ, la

SODEC puisse signer des ententes avec les régions. Ce qu'on me dit après, après

vérification, c'est que les dispositions législatives sont les mêmes ou, en

fait, sont équivalentes, là, dans les deux lois et que ça n'empêche pas du

tout, en ce moment, la SODEC de procéder à des... à des ententes, comme celles,

par exemple, du CALQ. Est-ce que ça vous rassure? Est-ce que...

M. Lord (Éric) : Non, mais,

vous avez... vous avez tout à fait raison. Donc, on...le... ça n'empêche pas la

SODEC, actuellement, de signer des ententes avec les régions, elle le fait

d'ailleurs, notamment, avec la région de l'Outaouais. Mais on pense qu'au-delà

des volontés des individus, on pense qu'il faut que ce soit inscrit dans la

loi, dans le cas... dans le cas de la SODEC, parce qu'on a ce déséquilibre

historique là, puis on veut le corriger, puis on a constaté, avec nos

représentations, que le déséquilibre ne se corrige pas lorsqu'on... on

travaille avec la bonne volonté de nos interlocuteurs. Donc, on se dit :

si on l'inscrit dans la loi clairement, bien là, à ce moment-là, la SODEC, peu

importe le dirigeant qui sera là, bien, aura cette obligation-là de travailler

avec les régions et aura des préoccupations à l'égard des régions. Puis, c'est

juste pour rappeler ce que je vous ai mentionné tantôt, la première rencontre

qu'on a eue avec la SODEC, il y a 15 ans, on nous a clairement dit : Ça ne

nous intéresse pas de faire du développement régional. Donc...

M. Lacombe : ...peut-être

que... que les gens n'avaient pris leur café, là, pour répondre ça.

M. Lord (Éric) : Peut...

M. Lacombe : Ça, c'est il y a

15 ans. Mais... mais c'est intéressant que vous nous le rapportiez comme ça

mais... mais c'est intéressant ce que vous dites, tu sais, vous dites :

au-delà des... de la bonne volonté ou pas de certains individus, c'est comme si

ça n'arrive jamais vraiment à se matérialiser. Donc c'est parce que les

ministres changent, les PDG changent, les professionnels dans les dossiers

changent, les gens dans les directions régionales changent, puis là, vous devez

toujours prendre la discussion. Est-ce que c'est ce que je comprends?

M. Lord (Éric) :

Oui,

parce que pour nous, c'était un éternel recommencement, ces représentations-là,

puis c'est pour ça qu'on trouve que la solution de l'inscrire dans la loi, ça

ferait une bonne solution, puis, au bénéfice, aussi, des entreprises, au

bénéfice de la SODEC, aussi, si on prend la question des ententes régionales,

nous, on travaille avec le Conseil des arts et des lettres étroites depuis de

très nombreuses années. On a mobilisé des partenaires pour le CALQ à travers le

Québec, donc des partenaires municipaux. Donc, on a invité les villes et les

MRC partout à travers le Québec, de... à signer des ententes avec le CALQ, donc

c'est de l'argent qui vient du monde municipal, des fois du ministre des

Affaires municipales, aussi, qui sont orientés vers les clientèles du CALQ.

Donc, il y a vraiment des bénéfices tangibles à travailler de cette manière-là.

Puis on constate que, dans la loi de la SODEC, il y a une assise pour que la SODEC

signe des ententes internationales. Donc, nous, ça nous plaît à l'esprit que,

si on l'inscrit pour l'international, bien pourquoi ne pas l'inscrire pour le

régional, pour signer des ententes avec les instances régionales, je suis

donc... mais on... on pense vraiment...

M. Lacombe : Je comprends, je

comprends votre point, puis on a déjà des ententes, donc Outaouais,

Chaudière-Appalaches. Mais je... je comprends ce que vous me dites. Est-ce que

j'ai un collègue qui veut poser une question? J'ai l'impression que le député

de Côte-du-Sud, Mme la Présidente, a un intérêt certain pour la culture en

région.

La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.

La parole est à vous. Il reste 1 min 50 s.

M. Rivest : Merci. Merci à vous,

merci d'abord. J'ai eu la chance d'avoir quelques discussions avec... avec

vous, donc vous savez mon intérêt pour ce qui est de la cause des régions du

Québec. J'aimerais, peut-être, vous entendre, parce que là, vous avez parlé du

CALQ, on a parlé d'ententes qui ont été signées à l'international, aussi, avec

la SODEC. Il y a tu d'autres secteurs d'activités que vous voyez, justement,

ces éléments-là, qui ont été faits avec une couleur régionale, avec des

éléments qui... qui viennent de nos régions. Puis, peut-être, une

partie de la

réponse que je peux donner en vous posant la question, tu sais, on a vu quand

même plusieurs projets naître de la part de ces ententes-là, je pense au

Bas-Saint-Laurent, d'ailleurs, qui est très actif, aussi, au niveau du Conseil

régional de la culture, entre autres, puis... puis aussi plusieurs éléments où

est ce qu'il y a des initiatives de municipalités, de MRC, ont été prises et

qui sont nées de la volonté du milieu de faire... de faire ça. Est-ce que vous

voyez d'autres secteurs où, justement, les régions ont pris une place

importante, là, en dehors des projets, exemple, que la SODEC peut mettre sur

pied, là?

M. Lord (Éric) :

Bien...

en fait, si on parle de tous secteurs confondus, c'est sûr qu'il y a des

ententes qui ont été signées avec l'économie sociale, avec le tourisme, c'est

toujours au bénéfice de ces clientèles là. Nous, ce qu'on constate, c'est qu'il

y a un niveau d'intervention qui s'est... qui se prête bien au niveau régional,

donc, puis on pense que le développement d'entreprises culturelles, d'avoir des

stratégies sur une base régionale, ça pourrait être extrêmement structurant

pour... pour les différentes régions du Québec.

M. Rivest : On n'est

peut-être, actuellement, pas si bien outillés dans ce volet là de développement

numérique. Qu'est-ce que vous voyez comme exemples concrets qui pourraient

naître de nos...

M. Rivest : ...des régions du

Québec.

La Présidente (Mme Bogemans) : En

10 secondes.

M. Rivest : Oh.

Mme Martineau (Julie) :

Bien,

je dirais qu'il y a beaucoup de régions qui se développent aussi des stratégies

au niveau du développement économique, ça fait que ça pourrait aussi être une

porte d'entrée pour parler, aussi, au niveau des entreprises culturelles, puis,

bien, c'est ce que je disais tantôt, au niveau des... Bien, 10 secondes, c'est

comme...

La Présidente (Mme Bogemans) :

Merci. La parole est maintenant à la députée de La Pinière pour 12 min 30 s

également.

Mme Caron : Merci, Mme la

Présidente. Bonjour à tout le monde et puis merci pour votre... votre mémoire

et votre présentation. Je vais, je vais vous demander, je vais vous laisser le

temps de finir de répondre aux collègues parce que c'est fort intéressant.

• (12 heures) •

Mme Martineau (Julie) :

Donc,

ce que je disais avec l'arrivée de la créativité numérique, bien, est-ce que

c'est une occasion, par exemple, de créer des pôles où qu'il y a déjà une

certaine synergie, où qu'il y a déjà des acteurs qui sont présents, par

exemple, donc... Ça fait qu'avec l'arrivée, ça fait qu'on prend créativité

numérique et région et stratégie régionale, au niveau développement économique,

je pense qu'il y a beaucoup de chemin qu'on pourrait faire, puis on pourrait...

Tu sais, ce qu'on dit, c'est qu'il y a aussi, peut-être, des acteurs, puis

ça... mentionnais avec la Ville de Gatineau tantôt. Il y a des... des fois, il

y a des municipalités qui lèvent, et puis ça, c'est une de nos priorités, ça

fait qu'il y a déjà des mains tendues, des mains levées sur les territoires,

puis qui accueillent favorablement ce... le secteur des entreprises

culturelles. Donc, pour nous, c'est une occasion, puis je pense qu'en ce

moment, bien... c'est une réelle occasion, là, on n'y travaille pas...donc...

donc.

Mme Caron : Et selon vous,

qui... qui est le mieux placé pour faire ce maillage-là entre... le financement

qui vient de la SODEC et les initiatives régionales, ou même locales, que ce

soit en créativité numérique ou autrement?

Mme Martineau (Julie) :

Bien,

on le mentionnait, donc tantôt, avec le CALQ, a des accords de coopération,

nous, les conseillers régionaux de la culture, donc...ça fait qu'on vient

compléter, nous, on met la table avec les municipalités, avec d'autres

partenaires, des fois, aussi, même, des fois, des partenaires du milieu privé.

Donc, on met la table à négocier, à sensibiliser, à promouvoir, aussi, tous les

projets qui sont issus. Donc on fait des vidéos, on fait des publications, on

rencontre les élus, donc on... on joue le rôle avec... avec... Donc, est-ce que

ça pourrait être quelque chose avec la SODEC, par exemple? Puis... ça pourrait

être une option, là, donc là, on pourrait en discuter dans un autre contexte.

Mme Caron : Et dans la loi,

bien, dans le... dans loi existante ou dans le projet de loi, est ce que vous

voyez des obstacles à la... à la réalisation de ce mariage là en lien avec la

SODEC, ou pour pouvoir faire des, des... Parce que vous avez trois

recommandations dans votre mémoire, mais la question que je me pose, en fait,

est ce que ces recommandations-là, si... si elles sont acceptées comme

amendements au projet de loi, est-ce qu'elles seront suffisantes pour atteindre

le but que vous recherchez, c'est-à-dire qu'il y ait une... un meilleur

financement ou une meilleure répartition du financement de la culture dans les

régions?

M. Lord (Éric) :

Bien,

c'est sûr que c'est... en fait, pour nous, c'est l'assise sur lequel on

voudrait... commencer à travailler, donc si c'était inscrit dans la loi, on...

on aurait l'assurance que la SODEC travaillerait... puis avoir, à développer

des stratégies pour augmenter ses investissements dans les régions. Donc nous,

on ne voit pas d'obstacles, là, mais on voit une opportunité de positionnement

des régions dans les préoccupations de la SODEC.

Mme Caron : Je comprends,

mais est-ce que ces trois recommandations qui sont dans le mémoire, entre

guillemets, «font... feraient la job», ou est ce qu'il y aurait d'autres,

d'autres amendements à apporter pour...

M. Lord (Éric) :

pense qu'avec ces amendements là, au niveau législatif, ça serait suffisant.

Par la suite, c'est un travail qu'on... qui devrait être amorcé avec la SODEC.

Mme Caron : Bien sûr, bien

sûr. Alors, merci pour cette réponse-là. Comme porte-parole de l'opposition

officielle pour la région de la Montérégie, je confirme que la très grande

région de la Montérégie est aussi, un peu, un parent pauvre de la culture,

alors qu'il y a vraiment un dynamisme économique qui s'exerce, là, dans

différentes régions de la Montérégie. Je pense que je vais prêcher pour ma

paroisse, le comté de La Pinière correspond à 95 % de la ville de

Brossard. Alors, il y a beaucoup de développement à Brossard, il y a beaucoup

d'activités culturelles, mais la Montérégie reste un lieu où le financement est

vraiment... est vraiment bas. Et c'est, en fait, c'est une étude qui a été

commandée par... commanditée par Culture Montérégie, L'étude de Daigle/Saire,

qui a été publiée en 2024, donc, évidemment, ne tient pas compte des derniers

résultats qu'on voit dans le rapport de gestion de la SODEC, mais ça met quand

même en lumière l'iniquité qui existe, parce que si on prend les... les quatre

régions, donc pas juste Montérégie mais aussi Laurentides, Lanaudière et Laval,

c'est... c'est 36 % de la population québécoise, mais les dépenses en

culture sont juste de 10 %, donc c'est quand même...

Haut de la page

12 h (version non révisé

e) Mme Caron : C'est sur qu'on ne

peut pas faire... toujours dire 36 % de la population, ça prend 36 %

du financement. Mais... mais ça, ça illustre ce que... le propos que vous

illustrez sur la... c'est-à-dire que vous soutenez sur le financement qui n'est...

qui n'est pas suffisant dans les régions.

M. Lord (Éric) :

Nous,

c'est sûr que ça fait

partie de notre code génétique, tu sais, de travailler

pour avoir un financement équitable pour les régions. Puis ici, vous avez

raison, on ne peut pas faire de la corrélation, il y a 30 6 % de la

population, il y a 36 % du financement public en culture. C'est la vie

culturelle, elle est ce qu'elle est, puis il y a des régions qui sont plus

dynamiques, il y a des secteurs qui sont plus dynamiques, puis il faut quand

même reconnaître ce... ce dynamisme-là. Puis, comme on le reconnaît, le

leadership important et essentiel de la région de Montréal pour la vitalité

culturelle et artistique du Québec. Mais c'est des enjeux qu'on connaît,

évidemment... puis, il y a la Couronne de Montréal, évidemment, puis il y a aussi

l'Outaouais qui... qui a des problématiques très particulières par rapport au

financement public en culture.

Mme Caron : Et puis parce que

la SODEC a deux façons de... comme deux bras financiers, je dirais, par des

activités, plutôt, je vais dire de banque, je vais les appeler comme ça, et par

des programmes. Est-ce que, selon vous, il y a une... l'une des deux activités

qui... qui serait préférable pour les projets en région? Ou est-ce que l'un ni

l'autre...

M. Lord (Éric) :

tout cas, je me permets de vous donner une réponse, je pense que c'est tout le

coffre à outils de... d'outils de la SODEC, on en a a besoin dans les régions,

là, et c'est certain que le volet de soutien, surtout dans le cas de démarrage

d'entreprise, je pense que c'est plus approprié. Puis c'est sûr que notre

écosystème régional est plus basé sur des petites entreprises, les grandes

entreprises étant plus concentrées à Montréal. Donc c'est sûr que la question

de banque d'affaires est moins, nous dirons, déterminante, mais est quand même,

je pense, est quand même essentielle pour certaines entreprises.

Mme Caron : D'accord. Est-ce

que, bien, la... la SODEC, donc, le projet de loi mentionne, dans ses objectifs,

que la SODEC doit se... établir une politique d'investissement. Est-ce que,

selon vous, il y a... c'est un endroit où les... l'aspect du financement de la

culture en région pourrait être affirmé par... par la SODEC elle-même?

M. Lord (Éric) :

Bien,

assurément. Puis, si on regarde le volet banque d'affaires, peut-être que des

pistes de travail comme le microcrédit pourraient être explorées au bénéfice,

là, des entreprises culturelles pour les régions du Québec.

Mme Caron : Est-ce que je

vous ai entendu parler d'économie sociale, tout à l'heure? Ou est-ce que j'ai

mal compris?

M. Lord (Éric) : ...d'économie

sociale.

Mme Caron : Est ce que vous

pouvez... pourriez nous dire comment ça, ça s'inscrit dans les... dans la

culture?

M. Lord (Éric) :

Bien

en fait, beaucoup d'entreprises culturelles sont des entreprises ou des

organismes d'économie sociale, donc ils ont un volet, une finalité sociale,

évidemment, rendre accessible la culture aux concitoyens, avec un volet

marchand, donc en billetterie ou en vente d'objets, donc... donc il y a un bon

pourcentage de... des organisations qui se reconnaissent de l'économie sociale.

Mme Caron : D'accord, et qui,

évidemment, qui réinvestissent les... les profits dans... dans le milieu ou

dans les actifs.

M. Lord (Éric) :

Dans

notre milieu, en général, il y a... le bas de laine n'est pas très gros, donc

ça retourne beaucoup en activités culturelles et artistiques, oui.

Mme Caron : Parfait.

Maintenant, est-ce que... quand vous nous avez parlé, c'est l'essentiel de

votre propos, là, de la polarisation des fonds sur Montréal versus les régions,

vous avez mentionné qu'il y avait plusieurs facteurs. Est-ce qu'il y en a que

vous n'avez pas nommés dans votre... votre mémoire ou dans, dans les réponses?

M. Lord (Éric) :

Bien...

c'est ça, comme je vous le disais, le fait que la SODEC, bon, son équipe est à

Montréal, elle est moins présente dans les régions, donc la... ça entraîne la

méconnaissance des programmes de la part du milieu. Puis les gens en finissent

par ne pas croire que ça les concerne. Donc, ça fait que, il y a un enjeu, comme

on dirait, de mieux faire connaître les programmes de la SODEC et de faire

comprendre à notre milieu qu'ils sont accessibles pour eux. Ça fait que ça, c'est

un enjeu quand même important.

Mme Caron : Donc, cette

information-là ou cette sensibilisation à l'existence de la SODEC, de ses

programmes, de son financement, c'est quelque chose, ça peut se jouer à deux, c'est-à-dire

que, en région, ça peut... il peut y avoir un travail, là... du terrain pour

faire connaître, mais en même temps, il peut y avoir la SODEC...

Mme Caron : ...pourrait avoir,

ce que je comprends, un rôle à jouer là-dedans pour faire connaître davantage,

connaître.

M. Lord (Éric) : Connaître,

puis il y a peut-être, je vais peut-être faire un parallèle avec le Conseil des

arts et des lettres du Québec, dans... avec le Conseil des arts et des lettres

du Québec, on a créé des fonds pour chacune des régions. Ça fait que c'est

certain que les intervenants artistiques d'une région, lorsqu'ils savent qu'il

y a un fonds qui leur est dédié, bien ils sont beaucoup plus enclins de faire

appel à ce fonds-là. Donc, parce qu'ils savent que c'est possible, ils savent

qu'ils compétitionnent avec des intervenants de, tu sais, qui sont leurs pairs,

donc, puis ça, c'est un mécanisme de rééquilibrage qui a été mis en place par le

CALQ pas longtemps après sa création, parce que, comme à la SODEC, lorsque le

CALQ a été créé, il y a une polarisation des fonds publics sur Montréal, c'est

lorsqu'on laisse aller les forces de la nature dans notre milieu, c'est ce qui

se produit. Donc, il y a une polarisation des fonds publics. Puis, rapidement,

le CALQ a réagi à cette polarisation-là en se disant : non, non, on ne

peut pas soutenir des artistes sur un seul territoire, on veut soutenir des

artistes sur l'ensemble du territoire québécois et de l'écosystème artistique

sur l'ensemble du territoire québécois. Puis, donc, les fonds régionaux sont un

mécanisme de rééquilibrage de l'investissement public dans chacune des régions.

C'est sûr que dans notre vision, si on en arrivait avec des fonds disponibles

pour les entreprises culturelles dans chacune des régions du Québec, bien,

c'est sûr qu'on en obtiendrait des résultats qu'on n'obtient pas actuellement.

• (12 h 10) •

Mme Caron : Puis, ce que...

si j'ai bien compris tout à l'heure, vous avez dit essentiellement que vous ne

vouliez pas déshabiller Pierre pour habiller Paul, autant au niveau des fonds

pour la créativité numérique que pour le financement des régions versus

Montréal. Est-ce que vous avez fait une analyse des montants, par exemple, qui

serait nécessaire, du budget dont la SODEC devrait bénéficier pour pouvoir

créer... pas créer, mais financer les projets de créativité numérique partout

au Québec et aussi en encourager davantage, là, investir davantage en culture

dans les régions, sans toucher à ce qui se fait actuellement à Montréal.

M. Lord (Éric) : Malheureusement,

là, ce n'est pas un exercice qu'on a fait. Évidemment, ça, on... vous savez, on

est un petit organisme et notre capacité d'action est limitée, puis on est aussi,

on est préoccupés par des enjeux assez transversaux au Québec. Donc on se

préoccupe autant des musées que de l'accès des citoyens à la culture,

développement d'entreprise. Donc, c'est sûr qu'on n'a pas la capacité,

malheureusement, de documenter tous les enjeux qu'on souhaiterait.

La Présidente (Mme Bogemans) : Merci

beaucoup. Je vous remercie pour votre contribution à nos travaux, ce fut très

intéressant. Je suspends les travaux quelques instants pour recevoir les

prochains invités en visioconférence.

(Suspension de la séance à 12 h 12)

(Reprise à 12 h 14)

La Présidente (Mme Bogemans) : Je

souhaite donc la bienvenue au Bureau du cinéma et de la télévision du Québec.

Je vous rappelle que vous disposez de 10 minutes pour faire votre exposé. Par

la suite, il y aura un échange avec les membres de la commission. Donc, vous

pouvez maintenant y aller.

M. Cardin (Stéphane) : Merci,

Mme la Présidente. Bonjour, Mesdames et Messieurs, membres de la commission.

Merci de nous recevoir dans le cadre des consultations sur le projet de loi n°

108. Je me présente, Stéphane Cardin, président-directeur général du Bureau du

cinéma et de la télévision du Québec, le BCTQ. Alors, on est un organisme à but

non lucratif qui rassemble...

M. Cardin (Stéphane) : ...aujourd'hui

plus de 125 membres et partenaires issus de l'ensemble de la chaîne de valeur

de l'industrie audiovisuelle, donc des sociétés de production, entreprises

d'animation et d'effets visuels, prestataires de services techniques, studios

et infrastructures de tournage, associations syndicales, institutions de

formation et instances publiques. En tant que grappe industrielle pour le

secteur de l'audiovisuel, nous animons une structure pérenne de concertation

qui réunit les parties prenantes autour d'une compréhension partagée des enjeux

sectoriels. Par la veille et l'analyse prospective, la mise en commun

d'expertise et la coconstruction de solutions collectives, la grappe permet de

dégager des priorités structurantes, de favoriser l'alignement des efforts et

de soutenir l'élaboration d'initiatives communes. Parallèlement, nos services

d'accueil et de promotion renforcent l'attractivité du Québec comme centre de

production de calibre mondial et accompagnent les productions étrangères dans

leurs démarches administratives, logistiques et financières afin de faciliter

et de soutenir la réalisation des tournages au Québec.

Donc, commençons d'emblée par dire que le

BCTQ accueille favorablement le projet de loi n° 108. Il arrive à un moment où

l'industrie audiovisuelle québécoise, bien qu'elle continue de connaître de

multiples succès sur nos écrans et de rayonner à l'international, évolue dans

un environnement de plus en plus complexe. En 2023-24, notre secteur a généré plus

de 53 000 emplois directs et dérivés et contribué plus de 3.2 milliards de

dollars au PIB du Québec. C'est donc un moteur économique important en plus

d'un vecteur identitaire incontournable.

Mais les dernières années ont aussi été

marquées par des facteurs de fragilisation. Au fédéral, l'incertitude entourant

l'évolution des politiques culturelles et notamment la réglementation devant

définir les obligations de contribution des plateformes étrangères à la

production et à la découvrabilité du contenu canadien a créé un climat de

prudence qui affecte la production québécoise. Et chez nous, le changement des

habitudes d'écoute et la baisse des revenus publicitaires ont accentué la

pression sur les diffuseurs, on a d'ailleurs vu une annonce du Groupe TVA ce

matin encore, et aussi sur les producteurs qui doivent composer avec des cycles

de projets plus serrés et des marges réduites.

À l'international, l'ajustement des

stratégies de contenu des studios américains et l'instauration de mesures

protectionnistes ont diminué la venue de productions étrangères au Québec, un

apport qui, historiquement, a contribué à soutenir notre écosystème. Dans ce

contexte, la capacité des entreprises à planifier, investir et innover devient

centrale. Et c'est précisément là que le projet de loi n° 108 intervient.

La modernisation de l'offre de services

financiers de la SODEC et la reconnaissance du domaine de la créativité

numérique reflètent la réalité actuelle. Aujourd'hui, création, animation,

effets visuels, production virtuelle et conception interactive se développent

souvent ensemble. Les entreprises évoluent dans des environnements hybrides où

expression artistique et maîtrise technologique sont indissociables. La SODEC

est un partenaire essentiel de cet écosystème par l'entremise de ses programmes

d'aide, son administration des mesures fiscales et les services de sa banque

d'affaires, elle accompagne les entreprises aux différents stades de leur

évolution et finance leurs projets à chaque étape de leur cycle, du développement

jusqu'à la mise en marché. Ces interventions ont ainsi un effet structurant sur

l'ensemble de la chaîne de valeur. L'élargissement de son mandat lui permettra

donc d'intervenir avec davantage d'agilité et de soutenir plus efficacement le

développement des entreprises, l'évolution des pratiques et l'innovation.

Voyons donc, dans ce projet de loi, une

évolution bénéfique pour nos membres et pour l'industrie audiovisuelle dans son

ensemble. Et pour en maximiser l'impact, nous souhaitons attirer votre

attention sur trois considérations clés.

Premièrement, les travaux de

concertation...

M. Cardin (Stéphane) : ...nous

menons au sein de la GRA montre clairement que les entreprises ont besoin de

mécanismes de financement qui leur permettent de planifier leur développement,

de soutenir la prise de risque et d'assurer la continuité de leurs activités

dans un contexte où les cycles de production sont moins prévisibles.

L'élargissement de l'offre de services financiers de la SODEC va dans ce sens.

L'octroi d'une plus grande latitude dans l'utilisation de ces instruments

financiers, incluant l'ajustement des seuils d'autorisation, lui permettra

d'intervenir au bon moment, avec la bonne intensité, en fonction des réalités

du terrain. C'est particulièrement important alors que les technologies

évoluent rapidement. L'intégration de l'intelligence artificielle exige que les

entreprises puissent expérimenter et adapter leurs méthodes de travail, sans

toutefois compromettre l'expertise créative qui fait la force du Québec. Le

financement privé peut jouer un rôle complémentaire, mais les leviers publics

demeurent structurants dans notre secteur où la valeur se construit sur le long

terme. L'enjeu n'est pas de substituer l'un à l'autre, mais de doter la SODEC

d'un portefeuille d'outils diversifiés et flexibles pour intervenir de manière

optimale.

• (12 h 20) •

Deuxièmement, le BCTQ appuie sans réserve

la capacité de la SODEC à soutenir les entreprises dans l'évolution de leurs

pratiques de production durables par des mesures d'accompagnement. Depuis 2021,

nous pilotons l'initiative On tourne vert qui offre aux sociétés de production

des outils, des formations, des ressources spécialisées et un accompagnement

opérationnel pour intégrer des démarches écoresponsables adaptées aux réalités

de tournage et de postproduction. Cette initiative est appuyée par le Programme

d'aide au développement entrepreneurial de la SODEC. Et le BCTQ considère

essentiel que le soutien public accordé à de telles mesures d'accompagnement demeure

stable et prévisible afin d'assurer la continuité de cet accompagnement et d'en

élargir progressivement la portée au sein de l'industrie en fonction de la

capacité des entreprises. Troisièmement, le BCTQ appuie la reconnaissance

explicite de la créativité numérique dans le mandat de la SODEC. Cette

reconnaissance reflète l'évolution des pratiques et est résolument positive.

Cependant, il est essentiel que les

leviers dédiés à l'audiovisuel soient maintenus et renforcés, car leur

pérennité et leur optimation... optimisation demeurent déterminantes pour la

vitalité et la croissance du secteur ainsi que le rayonnement de nos

productions.

En conclusion, le projet de loi

n° 108 représente une avancée majeure pour adapter les outils financiers

de la SODEC aux réalités contemporaines de la création, la production et la

mise en marché. Alors que notre écosystème traverse des transformations

économiques, technologiques et organisationnelles profondes. La modernisation

proposée permettra de soutenir la capacité d'adaptation des entreprises, de

consolider la vitalité de l'écosystème et de continuer à faire du Québec un

territoire où l'on peut créer, produire et innover avec ambition. Le BCTQ

réitère sa pleine collaboration à l'égard du gouvernement et des partenaires

institutionnels. Nous demeurons engagés dans notre rôle de concertation,

d'analyse stratégique et de mobilisation au service d'un développement

structurant et durable de l'industrie audiovisuelle du Québec. Je vous remercie

et je suis prêt à répondre à vos questions.

La Présidente (Mme Bogemans) : Merci

beaucoup pour votre présentation. La parole est maintenant à M. le ministre,

pour 12 minutes 30 s.

M. Lacombe : Merci beaucoup,

Mme la Présidente. Merci à vous pour cette présentation, merci de contribuer à

la réflexion entourant ce projet de loi. Je rebondirais peut-être sur un des

éléments que vous avez abordés vers la fin, c'est-à-dire les, puis corrigez-moi

si je me trompe, mais j'ai comme l'impression que vous nous dites : c'est

bien, c'est bien de reconnaître la créativité numérique comme domaine

d'affaires à part entière à la SODEC. Vous dites : on est d'accord avec

ça, mais ça ne doit pas, j'ai l'impression que c'est ce que vous me dites, se

faire au détriment des leviers, c'est le mot que vous utilisez là, qui sont

actuellement disponibles pour l'audiovisuel. Est-ce que c'est bien ça? Est-ce

que je comprends bien?

M. Cardin (Stéphane) : Tout à

fait. Alors nous, encore une fois, nous appuyons...

M. Cardin (Stéphane) : ...du

secteur de la créativité numérique. On travaille, je dirais, de façon

hebdomadaire, avec nos collègues de XN Québec et aussi, je dirais, incidemment,

de la Guilde du jeu vidéo du Québec, donc, pour faire avancer le Québec comme

pôle mondial en création numérique tout domaine confondu. Cela dit, évidemment,

il y a des besoins criants dans le domaine de l'audiovisuel. Le Groupe de

travail sur l'avenir de l'audiovisuel du Québec recommandait de bonifier les

enveloppes au secteur de l'audiovisuel et donc, pour nous, tout simplement,

s'assurer qu'il n'y aura pas de recul à ce niveau-là du fait de l'intégration

du secteur de façon plus formelle dans la gouvernance de la SODEC.

M. Lacombe : Je comprends

bien. Dans la gouvernance, vous dites?

M. Cardin (Stéphane) : Bien,

au niveau de... oui... de sa participation au conseil d'administration, de sa

reconnaissance comme domaine d'intervention à part entière de la SODEC. D'une

certaine façon, on n'est pas particulièrement préoccupé en ce sens qu'on sait qu'il

y a déjà un programme, programme d'expérience numérique qui existe à la SODEC

depuis quelques années. Mais évidemment, tous les domaines vont exprimer leurs

besoins en termes de ressources. Et c'est là où pour nous, compte tenu de

l'importance du secteur audiovisuel, de s'assurer qu'il y ait un maintien des

allocations financières actuelles.

M. Lacombe : D'accord, mais

vous m'avez fait douter, là. Donc, c'est bel et bien sur l'allocation des

ressources que se situe votre préoccupation? Ce n'est pas au niveau de la

gouvernance, là?

M. Cardin (Stéphane) : Uniquement

au niveau de l'allocation des ressources. Tout à fait.

M. Lacombe : Je comprends

bien. Mais je trouve que vous répondez peut-être vous-même très bien à votre

préoccupation en nous disant qu'il y a déjà un programme, par exemple, qui

existe puis qu'on vient peut-être officialiser davantage quelque chose qui a...

qui a déjà cours. Mais je comprends la préoccupation. Si j'étais à votre place,

je la soulèverais aussi, là, parce que bon, il ne faut pas déshabiller

quelqu'un pour habiller... pour habiller l'autre personne, donc ça, ça va.

J'aimerais peut-être vous entendre sur les

outils financiers de la banque d'affaires. Donc, j'aimerais savoir ce qu'on...

bien, il y a déjà, évidemment, la banque d'affaires de la SODEC, qui existe

depuis bien longtemps, là on vient moderniser la façon dont elle peut

travailler en lui donnant de nouveaux outils plus modernes. Comment vous pensez

que ça va aider ça, les entreprises qui sont dans votre secteur? Cette

modernisation-là, avec les nouveaux leviers qu'on donne à la SODEC, avec le

capital aussi, là, qui se voit bonifié, qu'est-ce que... qu'est-ce que vous

pensez que ça aura comme effet? Puis je ne sais pas si vous êtes capables de

nous donner des exemples fictifs, là, mais des exemples qui s'appliqueraient

peut-être, là, si les effets sont positifs à votre domaine?

M. Cardin (Stéphane) : Alors,

je dirais, c'est à trois niveaux. Bon, d'une part, il y a la question de la...

des sommes dont disposera la banque d'affaires de la SODEC en totalité à

transmettre via différents outils financiers, donc, essentiellement, quelle est

la dotation de la banque d'affaires? Ça, ça n'a pas rapport au projet de loi,

j'en conviens, mais c'est important, évidemment.

La deuxième, c'est justement la

diversification des outils. Et là, particulièrement, on a parlé dans notre

mémoire des mesures d'accompagnement. Il y a aussi la possibilité pour la SODEC

de prendre des participations dans le capital des entreprises. Donc, ça aussi,

un outil qui serait nouveau à la SODEC. On sait qu'on a déjà eu des expériences

dans le passé au Québec, entre autres, avec le fait que le Fonds capital

communications, bien, qui ont eu certains succès, certains défis. Mais je crois

que la SODEC, avec son expertise de 30 ans, dispose de l'expertise nécessaire

pour mettre à profit et offrir ces nouvelles possibilités aux entreprises

québécoises de l'audiovisuel. Donc, ça, c'est le deuxième niveau.

Et le troisième, c'est au niveau de lui

donner davantage d'agilité. Alors, davantage d'agilité veut dire lui permettre

d'augmenter ses niveaux d'autorisation où elle n'a pas besoin d'avoir recours à

des décrets gouvernementaux et peut-être d'être en mesure d'offrir des

financements plus conséquents sur des projets à plus grand déploiement. Alors,

je pense que c'est ces trois aspects qu'on...

M. Cardin (Stéphane) : ...et le

répète le premier, je conçois qu'il n'a pas rapport à, proprement, dit, au

projet de loi. Mais que la SODEC ait davantage d'outils qu'elle puisse mettre à

la disposition des entreprises, qu'elle puisse le faire de façon plus agile,

dans un... dans le contexte, et peut-être, dans certaines instances, en

partenariat avec le financement privé, je pense, va être très bénéfique pour le

secteur.

M. Lacombe : Effectivement.

Donc, c'est vrai que ça... ça ne fait pas

partie du projet de loi, mais

évidemment, on a besoin... on a besoin de fonds à la banque d'affaires, donc

c'est un 200 millions qu'on ajoute aux 19 millions et demi qui étaient déjà à

sa disposition. Donc, on vient à la capitaliser, lui donner un pouvoir

d'investissement, donc il y a une envergure beaucoup, beaucoup plus grande

parce que les entreprises en ont besoin, puis... mais je serais curieux de savoir

dans...si vous... je ne veux pas vous prendre au dépourvu, peut-être que vous

n'avez pas de... d'exemples fictifs à nous donner, mais dans le secteur que

vous représentez, on peut, je ne sais pas, instinctivement penser, peut-être, à

des maisons de production qui, dans un univers où il y a beaucoup de

concurrence, voudraient consolider leurs activités, faire des acquisitions, des

entreprises qui... dont les fondateurs veulent passer la main mais qui ont de

la difficulté parce que le financement offert par les banques traditionnelles

est plus difficile à obtenir, parce que c'est un domaine qui est, disons, plus

risqué, même s'il est très important pour la culture. Est ce que... est ce que

mon analyse est juste? Est-ce que vous avez des exemples?

• (12 h 30) •

M. Cardin (Stéphane) :

Votre

analyse... votre analyse est tout à fait juste, effectivement, je pense que

dans un contexte de... consolidation, il peut y avoir un rôle pour la SODEC

dans des cas de repreneuriat, dans des cas de fusions, de consolidation

d'entreprises, il peut y en avoir dans le financement... d'infrastructures qui

pourraient être mutualisées pour plusieurs sociétés du secteur. Aussi... je

dirais, encore une fois, en fonction, et je reviens à la... c'est de pouvoir

intervenir à différentes étapes de croissance des entreprises, ce que la

clientèle de la SODEC va à des entreprises en quasi-démarrage jusqu'à des

entreprises très matures et... et qui œuvrent, tu sais, qui ont des

centaines... d'employés qui sont là dans le secteur depuis des décennies et

ensuite c'est de pouvoir les aider aussi. Ça, c'est plutôt parmi ces...

c'est... eux... ou plutôt, avec ces programmes d'aide, mais je pense, aussi,

qu'au niveau de la banque d'affaires, ça peut être vrai, c'est d'avoir une

approche qui est différente si on... reçoit des projets à l'étape de la

production, ou plutôt à l'étape des initiatives visant à la mise en marché, la

promotion. Je pense que tout ça sont des opportunités pour la SODEC, bien

entendu, principalement pour la production, mais pas uniquement. Je crois qu'il

peut y avoir, comme je le disais, des opportunités au niveau de

l'infrastructure, des infrastructures de tournage, infrastructure, disons de,

de diffusion. Je suis convaincu que les demandes vont se bousculer dès que le projet

de loi va être adopté et que la SODEC va être en mesure de répondre aux

demandes du milieu.

M. Lacombe : Puis je...

Écoutez, j'aurais pu dire exactement la même chose que vous quand vous parlez

de... d'être présent, que la SODEC soit présente, que la banque d'affaires de

la SODEC, précisément, soit présente à chaque étape de développement de...

d'une entreprise dans le secteur culturel, que ça devienne un peu le guichet

unique où tous les outils d'investissement dont ils ont besoin, tous les outils

financiers, plutôt, dont ils ont besoin, sont disponibles. Puis bon, avec une

banque qui a suffisamment, en tout cas, on verra la hauteur des demandes, mais

qui a, disons, suffisamment ou en tout cas, plus de liquidités disponibles pour

être capables... pour être capables d'intervenir. Peut être qu'en terminant, je

vous... je vous poserais une question sur la... la... je reviens à la

créativité numérique. On a des discussions intéressantes sur qu'est-ce que la

créativité numérique. Où se situe la frontière entre ce qui est un contenu,

disons, en créativité numérique et ce qui est du contenu, disons, plus

traditionnel. On a eu cette discussion-là avec nos amis de l'AQPM, entre

autres. Est-ce que vous avez une idée là dessus, par exemple, un film? Je leur

donnais l'exemple suivant : un film qui est produit pour être immersif,

puis qui est produit pour être diffusé dans...

Haut de la page

12 h 30 (version non révisé

e) M. Lacombe : ...une salle

comme la salle de la Société des arts technologiques, par exemple, c'est très

différent de Simple comme Sylvain que je voie derrière vous qui est un

film traditionnel, où est-ce que vous voyez cette frontière-là? Est-ce que c'est

la question de l'interactivité comme la AQPM l'a indiqué? Est-ce que vous avez

le même avis?

M. Cardin (Stéphane) : Bien... Le partage, tout à fait, je crois que c'est la distinction la plus nette.

Et, là-dessus, je vous dirais, de mon expérience, lorsque je vais au fond des

médias du Canada, qui a administré des programmes à la fois pour la production

télévisuelle et des projets interactifs donc ça incluait du jeu vidéo, ça

incluait des expériences immersives, je crois que le meilleur endroit pour

définir ça, à mon humble avis, ce n'est pas dans la loi constitutive de la

SODEC, mais dans les programmes de la SODEC. Je pense que ça va leur donner

beaucoup plus, encore une fois, d'agilité et de capacité à s'adapter aux

changements dans le milieu, rapidement, surtout avec l'aide de ses commissions

consultatives.

M. Lacombe : Tout à fait. Bien,

merci beaucoup pour... je pense que c'est à peu près tout le temps qu'on qu'on

avait. Il nous restait à peine 15 secondes à l'heure où on se parle donc merci

beaucoup, toujours un plaisir d'échanger sur l'industrie et son avenir avec

vous.

La Présidente (Mme Bogemans) : Super.

La parole est maintenant à l'opposition officielle pour 12 minutes 30 s.

Mme Caron : Merci, Mme la

Présidente. Bonjour, merci pour votre mémoire et la présentation que vous venez

d'en faire. Alors, j'avoue que j'avais des questions qui ressemblaient à

certaines des questions qui viennent de vous être posées par le ministre. Je

comprends que vous êtes... vous accueillez favorablement le projet de loi. La

question que j'avais pour ce qui concerne vos trois considérations à la fin,

est-ce que vous aviez regardé si dans le projet de loi, il y aurait des

amendements qui seraient nécessaires pour tenir compte de ces considérations-là?

Ou est-ce que c'est plus, comme vous avez dit tout à l'heure, dans les... dans

les programmes eux-mêmes, que vos demandes pourraient être répondues?

M. Cardin (Stéphane) : Oui,

exactement. Pour nous, il n'y a pas de recommandation de modification au projet

de loi. On l'appuie dans sa forme actuelle, sans réserve. C'est tout simplement

des considérations à tenir en tête pour la suite des choses, une fois le projet

de loi adopté, dans les opérations, je dirais, de la SODEC.

Mme Caron : Merci. En page deux

de votre mémoire, vous parlez de, bien, du climat de prudence qui affecte la

production locale. Est-ce que vous vous pouvez chiffrer cette... la différence

qu'il y a eu entre le climat qui régnait auparavant et ensuite le climat de

prudence qui s'est installé? Qu'est-ce que ça a... Comment ça a touché l'industrie?

M. Cardin (Stéphane) : Bien,

les derniers chiffres qu'on a de l'Observatoire de la culture et je crois que l'AQPM

est inclus dans leur mémoire, là, on parlait entre autres d'une diminution d'environ

11 % au niveau de la production nationale. Reste à voir justement lorsque

la prochaine édition de ce profil va paraître, si cette chute sera encore plus

marquée, comme je le disais, on a noté encore ce matin de la part du groupe Québecor

d'autres mise à pied chez TVA, je crois qu'il y a beaucoup d'attentes par

rapport aux décisions qui doivent être prises à Ottawa et ça crée un climat où

c'est plus difficile justement d'investir dans la production. Et je mentionnais

aussi dans notre mémoire la diminution des activités de tournages étrangers au

Québec. Ça peut peut-être sembler un peu loin du propos de cette commission,

mais, pour nous, compte tenu du la synergie entre le secteur de la production

nationale et celui de la production internationale, au niveau de l'emploi, au

niveau de la qualité de nos infrastructures de tournages comme les grands

studios Mels et Grandé à Montréal, bien, la diminution de cette activité-là

chez nous a un impact aussi sur l'ensemble de notre écosystème de production.

Donc, c'est en ce sens-là...

M. Cardin (Stéphane) :

...que

c'est cette combinaison des... des enjeux auxquels on fait face au niveau

international et au niveau de notre production nationale conjugués, créent un

contexte qui est... qui est difficile à l'heure actuelle. Et c'est pour ça,

d'ailleurs... L'ampleur des recommandations du Groupe de travail sur l'avenir

de l'audiovisuel du Québec a pris acte de ces difficultés et formulé de

nombreuses recommandations pour essayer d'y remédier.

Mme Caron : Merci. Puis quand

vous parlez de 11 % de baisse dans la production nationale, c'est autant...

c'est audiovisuel, télé, cinéma combiné, j'imagine?

M. Cardin (Stéphane) : Oui, je

n'ai pas les chiffres devant moi, je pourrais m'engager à vous les fournir,

mais je crois que c'était la production audiovisuelle québécoise dans son

ensemble.

• (12 h 40) •

Mme Caron : Merci. Vous

parlez, aussi, dans votre mémoire, vous faites référence à... On tourne vert.

Est-ce que vous pouvez nous en parler un petit peu, davantage de ce... de ce

programme-là?

M. Cardin (Stéphane) :

Oui,

tout à fait. C'est un programme que BCTQ a mis en place en 2021, en partenariat

avec d'autres acteurs du milieu, qui vise vraiment à favoriser des pratiques

écoresponsables dans la production de films et de séries, aussi au niveau de la

postproduction et dans les maisons d'effets visuels et d'animation. En termes

de consommation d'énergie, en tant que... de récupération de matériel, ça va à

toutes sortes de niveaux et je crois que c'est même appelé à devenir de plus en

plus important. Je... c'est un secteur dans lequel... ou une avenue, je dirais,

où le Québec pourrait vraiment faire preuve de leadership avec tout l'accès

qu'on a, entre autres, à l'hydroélectricité. Faire de notre industrie du cinéma

et de la télévision l'une des plus vertes au monde, je pense que c'est un

objectif tout à fait atteignable. Alors, nous, ce qu'on fait de ce côté-là,

c'est qu'on offre des formations, d'une part, on crée... on fait des études, on

publie des guides pratiques et, aussi, on a un programme d'accréditation, donc

on accrédite des productions comme ayant utilisé des pratiques écoresponsables,

on a trois niveaux d'accréditation. Ce programme-là a d'ailleurs été reconnu

par des mises en nominations à des prix à l'international, et il y a de

l'intérêt d'autres juridictions pour utiliser nos critères d'attestations pour

favoriser ces mêmes pratiques-là dans leur territoire.

Mme Caron : C'est

effectivement une très belle carte de visite pour l'industrie québécoise que ce

programme-là. Dans les. ... dans votre recommandation numéro 3sur l'intégration

de la créativité numérique, bon, il en était question tout à l'heure, où vous

êtes parfaitement d'accord avec la reconnaissance de la créativité numérique.

Et en même temps, je comprends que vous ne voulez pas que ça vienne toucher les

fonds qui sont... qui sont attribués à votre industrie. Alors, comment vous

voyez... comment vous voyez la, le... l'arbitrage que devrait faire la SODEC,

ou alors injecter davantage de fonds pour que la SODEC en... puisse en distribuer

plus, ou, en tout cas, au moins, ne pas toucher ce que votre industrie reçoit,

puis en plus, encourager, soutenir la créativité numérique.

M. Cardin (Stéphane) : Bien,

c'est un arbitrage qui est complexe, mais que la SODEC est habituée à faire et,

encore une fois, en s'appuyant, je dirais, sur ses commissions consultatives,

il y a, évidemment, aussi, sans vouloir mettre quelque pression que ce soit sur

le gouvernement, aussi, la... des suites à donner au rapport du Groupe de

travail sur l'avenir de l'audiovisuel au Québec, qui recommande des

bonifications des enveloppes de la SODEC pour être en mesure de faire face aux

défis que j'évoquais précédemment. Mais certainement, je tiens à le réitérer,

au niveau de l'intégration du milieu de la créativité numérique...

M. Cardin (Stéphane) : ...au

sein des champs d'activité de la SODEC et sa présence au conseil

d'administration, nous sommes tout à fait en faveur, comme je le dis on

travaille en très étroite collaboration avec ces entreprises, on œuvre ensemble

sur des enjeux communs au niveau de la formation, au niveau de l'innovation

technologique et nos relations sont très productives de ce côté-là.

Mme Caron : Merci. Et puis,

je ne sais pas si vous avez entendu le groupe qui est venu présenter son mémoire

avant vous, qui avait des préoccupations assez importantes au sujet du

financement de la culture dans diverses régions. Est-ce que c'est quelque chose

qui touche aussi à votre industrie?

M. Cardin (Stéphane) : Oui.

En ce sens que, de façon globale et en moyenne, l'activité sur le territoire

montréalais et les régions qui l'entourent, donc je dirais la région

métropolitaine, c'est à peu près 85 % de l'activité totale de la

production audiovisuelle au Québec. Cela dit, encore une fois, ce n'est pas

nécessairement au niveau du projet de loi où il y a nécessité d'enchâsser des

engagements que la SODEC devrait prendre, je pense qu'encore une fois, c'est

davantage au niveau de ses programmes et il y a des mesures qui sont destinées

à favoriser la production en région. Il existe une bonification, par exemple,

au niveau des crédits d'impôt pour... lorsqu'on tourne en région. Je pense que

d'autres êtres avenus semblables peuvent être gardés pour, tu sais, à quelque

part aussi, permettre de mettre en valeur le territoire québécois. On... encore

une fois, je m'éloigne peut-être un peu du propos, mais je peux vous dire qu'on

accueillait des donneurs d'ordres étrangers au Québec il y a deux semaines et

on en a fait une présentation sur la diversité des lieux de tournage au Québec

et sur la beauté de notre territoire et d'être en mesure d'en tirer davantage

profit et de la mettre davantage de l'avant, je pense, rendrait nos productions

encore plus attrayantes.

Mme Caron : Merci. Puis,

comme dernière question, est-ce qu'il y a des... il y a des points qui n'ont

pas été... sur lesquels on ne vous a pas interrogé et que vous aimeriez faire

sortir davantage. Des points de votre ménage ou autres choses.

M. Cardin (Stéphane) : Je

vous remercie. Essentiellement, compte tenu qu'il y avait trois considérations.

Elles ont été évoquées dans les questions que vous avez posées et que le

ministre nous a posées précédemment. Donc...

Mme Caron : Merci beaucoup.

Merci à vous.

M. Cardin (Stéphane) : Merci à

vous.

La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait!

Donc merci beaucoup pour votre présentation et pour votre participation aux

travaux. Je vous souhaite une bonne fin de journée. Avant de conclure les

auditions, je procède au dépôt des mémoires des personnes et des organismes qui

n'ont pas été entendus lors des présentes auditions publiques. Je vous remercie

à tous pour votre contribution. La commission ayant accompli son mandat, elle

ajourne ses travaux jusqu'à 15 h où elle entreprendra un second mandat. Merci.

(Fin de la séance à 12 h 48)

Haut de la page

Document(

s) associé(

s) à la séance

Vidéo/Audio

Abonnez-vous à notre infolettre!

Fils RSS

Liens d'intérêt

Aide

Plan du site

Accessibilité

Accès à l'information

À propos du site

Conditions d'utilisation

Politique de confidentialité

Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCCE 2025-11-12
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux-parlementaires commissions cce-43-2 journal-debats CCE-251112
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifiere34f2b672570699d176848e2b33cbc16728a357d

Source file is stored in the law ingest library (html).