Health and Social Services — 4 June 2025 (43rd Legislature, 1st Session)

CSSS 2025-06-04

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Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.

Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions

mercredi 4 juin 2025

Vol. 47 N° 98

Consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 103, Loi visant principalement à réglementer les sites de consommation supervisée afin

de favoriser une cohabitation harmonieuse avec la communauté

Aller directement au contenu du Journal des débats

Heures

11 h 30

12 h

12 h 30

14 h 30

15 h

15 h 30

16 h

16 h 30

17 h

Journal des débats

11 h 30 (version non révisée)

(Onze heures quarante et une minutes)

Le Président (M. Provençal)

: Alors, bon matin à tous. Ayant

constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de la santé et des

services sociaux ouverte.

La Commission est réunie afin de

poursuivre les consultations particulières et auditions publiques sur le projet

de loi n° 103, Loi visant principalement à réglementer les sites de

consommation supervisée afin de favoriser une cohabitation harmonieuse avec la

communauté.

Mme la secrétaire, y a-t-il des

remplacements?

La Secrétaire

: Oui, M.

le Président. Mme Abou-Khalil (Fabre) est remplacée par Mme Boivin

Roy (Anjou—Louis-Riel); Mme Caron (La Pinière) par Mme Prass

(D'Arcy-McGee); et M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine) par Mme Gentilcore

(Terrebonne).

Le Président (M. Provençal)

: Merci beaucoup. Ce matin, nous

entendrons les témoins suivants : le Mouvement pour mettre fin à l'itinérance

à Montréal et la Maison Benoît-Labre. Sur ce, je reçois ce… en début, les deux

personnes suivantes Mme Chappaz, directrice générale, et Mme Julie Grenier,

porte-parole pour le Mouvement qui… pour permettre… pour mettre fin,

excusez-moi, à l'itinérance à Montréal. Alors, je vous cède la parole. Vous

avez 10 minutes pour votre présentation et nous procéderons aux échanges.

À vous la parole, madame.

Mme Chappaz (Michèle) : Merci

beaucoup. Bonjour, M. le Président. Membres de la commission, je vous remercie

de nous accueillir aujourd'hui. Je salue également les députés présents. Mon

nom est Michèle Chappaz. Je suis la directrice générale du Mouvement pour

mettre fin à l'itinérance maintenant à Montréal. Ce n'est pas un nom facile, je

vous l'accorde. Je suis accompagnée par notre porte-parole Julie Grenier.

Comme vous le savez sans doute, le

mouvement regroupe des acteurs de divers milieux qui veulent contribuer aux

solutions durables pour prévenir et…

Mme Chappaz (Michèle) : ...et

mettre fin à l'itinérance à Montréal.

Nous mettons notre vision commune en

pratique à travers un plaidoyer collectif, une large offre de formation, de la

recherche, des projets divers et le concours de plus de 50 membres

communautaires, d'affaires et institutionnels. Nous sommes inspirés par les

solutions durables qui peuvent être mises en place et sommes les instigateurs

du premier dénombrement en 2015 et du seul tableau de bord sur les personnes en

situation d'itinérance accompagnées vers le logement. À cet effet, dans les

neuf dernières années, nos membres et partenaires ont accompagné

4 734 personnes vers le logement et nous en sommes très fiers.

La cohabitation est un enjeu qui nous

touche toutes et tous et c'est pour cela que nous sommes ici aujourd'hui. Nos

membres affaires nous en parlent, nos membres institutionnels nous en parlent

et nos membres communautaires nous en parlent. Et quoi que tous aient à cœur

des solutions, plusieurs sont à bout de souffle. Aussi, nous saluons votre

volonté de chercher une solution aux problèmes de cohabitation, car nous en

avons besoin. D'emblée, cependant, nous tenons à noter que nous ne pensons pas

que le projet de loi répond aux réelles problématiques de la cohabitation.

Comme tous les invités l'ont dit hier, nous faisons face à une crise sans

précédent et d'une augmentation importante de l'itinérance pour des gens de

tous âges et de tous horizons, comme le témoigne d'ailleurs le dénombrement de

La crise du logement qui s'y ajoute

affecte grandement notre population et les surdoses touchent un nombre

grandissant de personnes. Il y a de la détresse partout. Les gens sont inquiets

pour leurs prochains et aussi sont fâchés parce qu'ils se sentent abandonnés,

et nous le savons tous. Nous avons peut-être moins conscience des sommes

engagées dans la sécurité actuellement au centre-ville et ailleurs à Montréal

qui sont faramineuses et autres dépenses d'entretien. Votre projet de loi tente

de rassurer les citoyens, et nous le comprenons, cependant, nous pensons qu'il

n'est pas la voie à privilégier.

Dans ce contexte difficile, nous tenons à

souligner que les organismes sans but lucratif rivalisent de créativité pour

répondre à la multiplication des besoins et pour ouvrir des ressources qui

répondent à ces besoins. Nous parlons d'ouverture de toutes sortes de

ressources, dont les sites de consommation supervisés, les haltes-chaleur, les

centres de jour, les ressources d'hébergement, les logements transitoires

permanents, et nous avons, de notre côté, entendu beaucoup de belles histoires

de cohabitation de nos membres, mais elles ne sont pas nécessairement partagées

avec l'ensemble de la population.

Alors, malgré votre volonté de ne pas

ajouter de fardeau aux organismes, à tous ces organismes qui font ces travaux,

notre lecture du projet de loi nous indique que c'est le contraire qui y est indiqué.

Le plan de cohabitation, qui est en soi une excellente proposition, doit venir

avec les moyens de le mettre en place ainsi que l'aide du milieu dans son

entier. Il ne doit pas reposer uniquement sur les épaules d'un organisme. Nous

en reparlerons dans une minute de cet élément, mais je veux revenir sur

l'élément qu'on ne retrouve pas dans ce projet de loi, et c'est-à-dire la

prévention.

Nous aimerions, au mouvement, avoir un

projet de loi qui vise la réduction de l'itinérance, ou, comme le maire Marchand

l'a indiqué hier, évidemment, l'itinérance zéro fonctionnel, c'est notre

vision. Cela permettrait évidemment une meilleure cohabitation, car celle-ci

passe aussi par la diminution des crises multiples que nous traversons. Ce

n'est que par la prévention primaire et secondaire de l'itinérance, en plus des

réponses aux besoins des personnes déjà en situation d'itinérance, que nous y

arriverons collectivement. Et, sur ce, je laisse la parole à ma collègue Julie

Grenier.

Mme Grenier (Julie) : Merci Michèle.

Alors, tel qu'introduit par ma collègue et les personnes avant nous, la

cohabitation, pour nous, c'est en quelque sorte l'arbre qui cache la forêt. Les

enjeux sont réels, les impacts sont troublants, mais procéder par projet de loi

nous apparaît un raccourci inquiétant. Nous avons l'appréhension que cela...

que cela est dans le sens de complexifier davantage un écosystème qui est déjà

tiraillé notamment par des luttes politiques quant aux responsabilités qui

incombent aux divers paliers gouvernementaux. Nous croyons également que cela

peut causer une distraction quant à l'importance et à l'urgence de s'attaquer

aux causes profondes de la crise. Nous y voyons en somme un pansement

maladroitement posé à côté d'une plaie qui ne fait que s'aggraver.

Nous avons participé récemment aux

audiences de l'Office de consultation publique de Montréal. Nous avons présenté

des recommandations issues d'un panel que nous avons réalisé l'automne dernier

dans le cadre de la conférence annuelle de l'Alliance canadienne pour mettre

fin à l'itinérance à Ottawa. Ce panel, nous l'avons réalisé avec le concours

des acteurs de plusieurs régions du Québec, tous préoccupés par la montée de

l'itinérance et les enjeux de cohabitation. Outre la démonstration d'exemples

de cohabitation fort réussie, cela mettait surtout en lumière l'importance des

étapes préalables à l'intention de nouvelles ressources ainsi que de la

communication claire et fluide pendant toute la durée d'un projet. Cela vaut

donc également pour les ressources existantes. Les mécanismes doivent être

clairs, y compris pour porter plainte, sentir qu'on est respecté, donc pour les

citoyens. Il doit y avoir un pilote dans l'avion...

Mme Grenier (Julie) : ...ce

pilote, il a par contre aussi besoin de son équipage pour arriver à bon port.

Il en va de même pour l'organisme qui doit pouvoir compter sur son

arrondissement, son CIUSSS en soutien.

Donc, nous avons aussi, d'ailleurs,

commencé graduellement, à Montréal, à expérimenter une méthode d'appropriation

des projets sur... sur ce... de cette façon-là, et ça nous apparaît très

porteur. Cela peut vous apparaître simpliste, mais pas tant que ça, car, ces

étapes, ce sont celles qui ont souvent fait défaut dans les cas qui sont

devenus tristement célèbres, et qui ont retenu notre attention ces dernières

années, et probablement conduit à cette volonté de légiférer.

Il m'importe aussi de vous mentionner que

l'expérience nous a démontré que la rareté des locaux et l'absence d'instance

ou de mécanismes responsables d'un identifié lorsqu'un projet voit le jour

actuellement est une grande part de ce qui est devenu l'enjeu de cohabitation.

Je m'explique. Plusieurs organismes doivent composer avec des lieux inadéquats

et indignes pour accueillir les gens faute de mieux, locaux qu'ils se font

également retirer à répétition, provoquant des bris de services et des nouveaux

enjeux de cohabitation. Ces locaux, ironiquement, sont également souvent

proposés par les autorités elles-mêmes. Citons, en exemple, l'église

Sainte-Bibiane, acquise contre le gré des organismes, qui la jugent inopérable

dans sa forme actuelle, et qui suscite déjà toutes sortes de suppositions de la

part du voisinage. Comment faire un plan de cohabitation quand un organisme...

quand un lieu existe, mais qu'il n'y a pas de pilote dans l'avion? Il est

impératif d'inclure, donc, des balises concertées de cohabitation en amont,

incluant l'identification éclairée des endroits où sont érigés tant les

ressources de consommation supervisée que tout autre type de services destinés.

Car, vous aurez compris, notre regroupement... notre notre mouvement n'a pas de

ressources de consommation supervisée... nos... Il s'agit d'un continuum de

services, donc, évidemment, nos membres les utilisent. Alors, on porte la voix

de l'ensemble des ressources.

Ce faisant, il importe d'avoir

collectivement une meilleure lecture à l'effet que ces ressources sont de

différents ordres et de différentes missions et peuvent avoir conséquemment des

impacts variables sur le voisinage. Ça doit être apprécié au cas par cas. Cela

doit être travaillé en amont. Et vous avez assurément cette même... site

commun, par ailleurs, ces services. Ils sont dispensés par les organismes et

ils s'adressent à des enjeux sociaux complexes qui doivent être considérés naturellement

en appui et en complémentarité à l'intervention de l'État. Ils sont déjà aussi

approuvés en amont par des comités qui regroupent villes, milieux

communautaires... Nous craignons que Santé Québec ne puisse se substituer à ces

subtilités, et l'expérience actuelle ne nous a pas démontré que la société

d'État avait des ressources attitrées à un mandat clair dans le dossier de

l'itinérance, du moins, pas dans l'intensité requise, si un tel projet de loi

devait voir le jour. Cela nous fait craindre également une certaine forme de

paralysie.

• (11 h 50) •

Dans le même esprit, la politique

nationale en itinérance s'articule autour de cinq axes, dont celui de la

cohabitation sociale et des enjeux de cohabitation, ainsi que le déploiement

des plans concertés, nous apparaît être le rôle souhaité et attendu de la

Santé. Et la bonne nouvelle, c'est qu'il existe déjà et qu'il donne la

concertation intersectorielle et celle des gouvernements fédéral et provincial,

du monde municipal et des communautés autochtones sous une gouverne déjà

établie. De façon plus contemporaine, il y a une publication du ministère

qui... qui trouve... où on retrouve notamment écho à l'axe dédié au vivre

ensemble qui fait écho à cette notion de cohabitation là, et on y place des responsabilités

particulières au niveau du ministère des Affaires municipales. Dans cette même

optique, il y a une déclaration de réciprocité qui a été signée en décembre par

notre premier ministre, les présidents des Fédération québécoise des

municipalités, l'Union des municipalités, la mairesse de Montréal, le maire de

Québec. Ça nous indique également une reconnaissance de l'importance de la

situation et ça devrait également nous servir de levier d'action.

Pourquoi je cite tout cela? Parce que nous

croyons que les leviers pour la concertation dans ses rôles et responsabilités,

ils sont déjà définis, mais nous ne les employons pas adéquatement. La santé

est certes le chef d'orchestre et le facilitateur que l'on attend dans ce

dossier-là. Nous croyons donc que cela doit davantage être assumé et investi

dans un esprit de collaboration intersectorielle qui favorise le travail en

continuité, où le réseau de la santé assume à la fois sa responsabilité de chef

d'orchestre intersectoriel, mais aussi la garantie de l'accès aux soins et aux

services de santé, en travaillant en collaboration avec les organismes. On a

plusieurs exemples très fructueux à cet égard.

En ce sens, nous... nous suggérons que le

projet de loi, s'il est maintenu, devrait minimalement énoncer et assumer

clairement les responsabilités du ministère de la Santé et des Services sociaux

en matière d'itinérance, de vulnérabilité, de lutte aux dépendances et de

réduction des méfaits, et non de se restreindre à un rôle de... Cela

s'inscrirait davantage en cohérence avec les responsabilités définies dans le

napperon du ministère de la Santé et des Services sociaux, c'est-à-dire en

reconnaissant le rôle à la fois central et complémentaire du réseau de la santé

dans une approche territoriale partagée, concertée et axée sur les besoins

réels des personnes en situation d'itinérance.

Alors, je vais laisser, sur ce, ma

collègue Michèle conclure notre présentation.

Le Président (M. Provençal)

: Le temps est déjà écoulé, alors je vais demander à M. le

ministre : Voulez-vous...

Le Président (M. Provençal)

: ...alors, vous pouvez conclure.

Mme Chappaz (Michèle) :

Alors, tout simplement pour dire c'est sûr que l'idéal, c'est d'avoir un plan

clair, avant d'implanter une ressource, de faire toutes les démarches pour

s'assurer que le voisinage est outillé pour accueillir la ressource, bien sûr.

Mais, quand il y a des crises qui arrivent autour de ressources, les cellules

de crise qui ont déjà existé doivent être outillées, là, pour prendre le relais

et aider les organismes, là, à régler la situation. Je ne vais pas revenir sur

le reste, mais on a vraiment parlé des leviers qui existent déjà, et c'est

pourquoi qu'on pense que légiférer n'est pas nécessaire, mais qu'il faut plutôt

se doter de moyens pour que tous puissent jouer leurs rôles respectifs et les

assumer pleinement. Merci.

Le Président (M. Provençal)

: M. le ministre.

M. Carmant : Oui. Merci, M. le

Président. Rebonjour à tout le monde. Merci d'être là aujourd'hui pour la suite

de... conversation qui a été fort intéressante. Merci au Réseau pour mettre fin

à l'itinérance à Montréal d'être venu nous présenter ce matin. Vous savez, en

théorie, là, j'appuie ce que vous dites. J'aimerais laisser les choses telles

quelles et les gens s'organiser entre eux, mais la réalité, c'est que ça ne se

fait pas toujours. Et, quand ça ne se fait pas, ce n'est pas une cellule de

crise qu'on appelle, c'est le ministre qu'on appelle à l'aide. Donc, avec ce

qui est disponible, comment s'assurer que ce travail-là se fasse?

Mme Grenier (Julie) : Si je

peux me permettre, nous avons eu dans le passé une instance qui était issue,

là, des rôles de la politique nationale et qui était une instance de

concertation qui impliquait la mairesse de Montréal, à l'époque, le maire,

juste un petit peu avant, la ministre responsable des Services sociaux, le

CIUSSS, la Santé publique, où on avait un pouvoir d'agir selon une entente, là,

qui était enchâssée dans la politique nationale et qui nous donnait une

flexibilité d'agir. Donc, évidemment, on comprend l'intention derrière et on

comprend que vous vous êtes retrouvé très seul au combat dans des... dans

quelques situations tristes, récemment, et que c'est ça qui vous donne

l'intention d'un projet de loi pour forcer les choses. Puis, ça, on ne le

questionne pas.

C'est juste que le véhicule il nous

apparaît arriver en réponse à, justement, cette problématique qu'on a où chacun

doit assumer un rôle et le jouer pleinement, donc d'avoir des instances où on

se dit qu'on est obligé d'agir comme on l'est, parce que tout est déjà

existant. Mais est-ce que la loi va vraiment le rendre disponible davantage?

J'ai l'impression que ça va créer une scission encore plus grande, puis c'est

ce qui nous inquiète. Sans compter... puis sans tomber dans les effets

factuels, mais obtenir un permis avec une société d'État, en plus de devoir

déjà être très agile, ça nous fait craindre des délais absolument incroyables.

On le vit dans d'autres secteurs, et ça peut prendre des mois, voire des années.

Donc, on n'a pas ce luxe-là en itinérance.

M. Carmant : Non, mais c'est

sûr qu'on va rendre ça le plus souple possible. Puis, de toute façon, il y a

des demandes qui doivent être faites au fédéral, renouvelées après un an pour

trois ans, là, j'ai fait les vérifications. Donc, si... je comprends qu'il va

falloir s'inscrire dans quelque chose d'assez souple.

Également, quand on parle de Santé Québec,

c'est sûr que Santé Québec, maintenant, c'est le bras opérationnel, là, du

ministère. Et la personne ou l'individu qui va représenter Santé Québec dans

tout ça, je pense qu'elle est déjà à la table, c'est la directrice régionale de

la santé publique. Donc, tu sais, on parle de Santé Québec, mais en fait on

nomme la directrice régionale, on pointe vers la directrice régionale de la

santé publique, qui, selon moi, a déjà les capacités de rendre opérationnel

tout ça, mais avec la volonté politique de le faire.

Mme Grenier (Julie) : Je dois

dire que, là, vous me l'apprenez, parce que ça n'a jamais été la Direction

régionale de santé publique qui a opéré cette concertation-là. Alors là, je...

est-ce que c'est nouveau dans le cadre de Santé Québec? Je l'apprends à

l'instant, donc je ne suis pas en mesure d'apprécier.

M. Carmant : Non, non, mais ce

serait la personne que je verrais comme potentiellement être capable,

puisqu'elle est assise à toutes ces tables de discussion.

Mme Grenier (Julie) :

Actuellement, non.

M. Carmant : Actuellement...

Ah! Non?

Mme Grenier (Julie) : Certains

comités, mais c'est porté...

M. Carmant : Mais c'est eux

qui approuvent...

Mme Grenier (Julie) : ...c'est

porté par une autre direction.

M. Carmant : C'est eux qui

approuvent les sites de consommation, je veux dire, c'est la santé publique

régionale.

Mme Grenier (Julie) : Oui.

Peut-être... peut-être que je dois faire une précision. En ce moment, on parle

de l'ensemble des ressources, là, de notre côté. Excusez-moi, je pense que

c'est la nuance, là, qu'on vient de s'entrechoquer... est au niveau des sites

de consommation supervisée. Notre propos, au mouvement, là, est vraiment dans

la perspective très large de l'autorisation de l'ensemble des sites liés aux

clientèles en situation d'itinérance. Je pense que, là, c'est là qu'on vient de

s'entrechoquer. Désolée, donc, pour mes propos préalables.

M. Carmant : O.K. Puis ça, je

comprends aussi, pour les sites... général d'itinérance, comme vous savez,

c'est un règlement qui ne sera pas appliqué, là. Puis il va falloir définir

mieux les...

M. Carmant : ...qui nous

porterait à aller plus large que juste les sites de consommation supervisée.

Quelques points... Écoutez, moi aussi,

là... Vous savez, on a agi par... La crise de l'itinérance, ça nous a frappés,

là, avec la pandémie, l'arrêt des activités en plein milieu d'un mois... du

mois de mars, des gens qui n'avaient pas reçu leur chèque, qui sont tombés à la

rue, des chiffres qui ont explosé. Tu sais, c'est quelque chose qui était

incontrôlable.

Maintenant, on a doublé le nombre de refuges,

on est allé dans le 24/7, etc. Là, on est rendus à l'étape de la prévention

puis on est au même niveau que vous. Dans la dernière année, on a parlé de

prévenir les problèmes de l'itinérance en sortie carcérale. Cette année, là, on

commence, là, la sortie des centres jeunesse. Potentiellement, c'est

500 itinérants de moins par année, là, qu'on va venir prévenir. Je pense

que l'étape qui nous manque, puis on regarde ça avec Mission Old Brewery, c'est

au niveau des pertes de logement également, avec tous ceux qui font

partie de

votre groupe, là. Donc, je pense que c'est une orientation qui est claire, et

qu'on veut mettre de l'avant aussi, là. Je tiens à vous rassurer là-dessus, ce

n'est pas juste un enjeu législatif. L'autre point qui est important pour moi

de discuter, là, c'est... Tu sais, je sais que la plupart des organismes font

bien les choses, le font spontanément, l'enjeu qu'on veut régler, c'est quoi

faire quand il n'y a pas de collaboration. Puis quels sont les moyens de

l'imposer dans un système où, tu sais, moi, je respecte tout à fait l'autonomie

des organismes communautaires, là, bien que, tu sais...

Mme Grenier (Julie) : Mais ce

n'est pas l'autonomie qui nous inquiète. En fait, c'est de... je pense que

c'est de plus le porter seule. Quand je vous parlais du pilote dans l'avion,

moi, j'en suis tout à fait, puis vous connaissez bien Mission Bon Accueil

notamment, vous êtes venu à l'inauguration d'un nouveau site récemment. Ce

site-là, pour moi, fait vraiment exemple dans la façon dont la cohabitation a

été planifiée. L'organisme a assumé qu'il développait ce projet-là, a donné aux

élus l'information requise pour être en mesure de ne pas être pris par surprise

s'il était questionné. Ensuite, bien soutenu par son CIUSSS, bien soutenu par

l'arrondissement, a regardé toutes les parties prenantes, et a fait ce qu'il

fallait, et a affiché sur sa porte : Voici ce qui s'en vient. Vous avez

des questions, vous venez, a réunion le voisinage. Et ça, c'est un mécanisme en

amont, mais ce mécanisme-là se poursuit aussi, parce que ce n'est pas une fois

la ressource implantée, puis ma collègue du RAPSIM l'a bien mentionné hier, à

un moment donné, il peut survenir quelque chose, un nouveau projet. Bon. Alors,

il faut qu'il y ait... puis dans nos recommandations à l'OCPM, c'est ce qu'on

disait, il faut que les mécanismes soient formels, y compris pour porter

plainte, y compris pour revenir sur n'importe quoi, ça va de soi parce que tout

le monde est légitimé là-dedans. Mais est-ce qu'une loi va nous permettre de

mieux le faire? C'est ce qui nous fait craindre que ce n'est pas le bon

Véhicule. Parce que pour le reste, on est absolument d'accord que c'est

nécessaire.

• (12 heures) •

Et, en même temps, l'autre enjeu, ce que

je veux soulever, c'est la disponibilité des locaux, parce que la façon dont

les choses se passent actuellement, c'est souvent qu'il n'y a pas de locaux

pour ériger les services. Donc, c'est ce bout-là qui se fait à la va-vite puis

l'organisme porte l'odieux. Puis l'exemple de la société de développement

social avec le refuge qui est passé de Guy-Favreau à Verdun et qui n'a pas

réussi à s'implanter à... dans Ahuntsic. C'est exactement ça. L'organisme était

forcé de déplacer son service au gré de ce qu'on lui offrait comme ressource. Comment

voulez-vous qu'il fasse un plan de cohabitation puis qu'il s'allie avec les

gens? La population a eu le droit de vie ou de mort sur le projet sans même le

savoir. Mais l'organisme ne pouvait pas s'organiser, il s'est fait imposer.

Alors, je pense que c'est nos mécanismes à

partir du moment où on travaille, tu sais, quand vous faites arriver des

financements, les gens travaillent déjà ensemble à identifier des solutions. En

ce moment, les plans de cohabitation, il faut qu'ils en fassent

partie inhérente.

On tend à le faire, mais c'est là, je pense, où il faut s'assurer que ce soit

fait. Et ça risque d'être beaucoup plus opérationnel qu'un projet de loi. C'est

notre humble avis.

M. Carmant : Mais...

Le Président (M. Provençal)

: Merci.

M. Carmant : Ah, oui. O.K.

Le Président (M. Provençal)

: Le temps est échu.

M. Carmant : Merci.

Mme Grenier (Julie) :

J'ai

trop parlé.

Le Président (M. Provençal)

: Alors, Mme la députée de D'Arcy-McGee,

s'il vous plaît.

Mme Prass : Merci, M. le

Président. Bonjour et merci pour le travail, pour le mémoire et votre

présentation aujourd'hui. Je vais reprendre un petit peu la conversation que

vous aviez avec le ministre. Vous avez parlé de l'exemple du nouveau projet

Maison Bon accueil, parce que, dans votre mémoire, vous parlez d'exemples de

cohabitation réussie et vous établissez cinq éléments qui devraient en faire

partie : la planification en amont de l'implantation de nouvelles

ressources, le partage de toutes les informations avec tous les acteurs

touchés, la communication continue avec ces acteurs, l'établissement de

mécanismes de plainte claires et la réalisation des suivis avec la population

avoisinante sur le long terme. Pouvez-vous nous donner un exemple où... de

projets...

Haut de la page

12 h (version non révisé

e) Mme Prass : … où justement la

cohabitation a été réussie parce que tous ces éléments ont été mis en place en…

mis en place pour l'ouverture d'un projet?

Mme Grenier (Julie) : Bien, j'ai

envie de vous dire qu'il y a des projets qui parlent d'eux-mêmes et qui sont

ancestraux. Pensons au Chaînon, installé sur de l'esplanade en plein cœur de

Montréal, dans un quartier somme tout cossu, où des femmes en très grande

difficulté vivent, où on a des services en santé mentale, où on a des services

d'hébergement d'urgence, où on a une paie panoplie de services. Est-ce qu'on

entend quelque chose? Ils font

partie du voisinage, ils font

partie de la... de

la... Ils font

partie de la société depuis nombre de temps. Il existe une

communication en continu avec ce voisinage-là. Moi, je pense que ce qui fait

partie de la paix d'esprit dans ça aussi, c'est que c'est instauré. On est

rassuré, on connaît notre voisin.

C'est comme dans la vie de tous les jours,

quand on déménage à quelque part, on aime savoir où on arrive, on… on aime

savoir qui est là puis on aime savoir qu'on peut aller voir notre voisin puis

qu'il ne sortira pas une carabine si on a quelque chose à lui dire. Alors, je

pense qu'il faut… c'est le principe.

Malheureusement, on a monté en épingle des

situations… des situations réelles et préoccupantes, mais on s'est donné un

focus sur les quelques-unes qui n'ont pas fonctionné et on a l'impression que

ça vient immanquablement avec ça. L'autre chose que j'ai envie de dire, c'est

que parfois, ces locaux-là n'ont même pas été choisis par l'organisme lui-même.

Et là, on leur fait porter actuellement la chose. Mais je vous parlais de

rareté des locaux tout à l'heure, et c'est tout à fait en lien, là, c'est tout

à fait en lien. Le projet de Benoît-Labre était l'un des rares à l'époque qui

était en construction où on allait avoir un nouvel endroit pour offrir des

services. Donc, ça a été vu comme une opportunité, dire : Bien, on a un

nouvel endroit où on n'en a pas d'autres. C'est si rare. On va aller mettre les

services là. On oublie ça dans l'histoire, mais dans les faits, c'est comme ça

que les choses ont commencé. Alors, aujourd'hui, on est en train de

rétropédaler puis dire : Oui, ce n'était pas une bonne idée. Probablement

que ce n'en était pas une, mais ce n'est pas… ce n'est pas nécessairement juste

l'organisme lui-même à qui ça appartenu. Après ça, comment il a géré son

quotidien, ça, ce n'est pas… Ce n'est pas nécessairement de notre ressort, mais

il y a beaucoup de nuances. Et ces nuances-là, on trouve ça difficile de les

apprécier par un simple projet de loi.

Mme Prass : Également, dans

votre mémoire, vous exprimez une crainte que le projet de loi déresponsabilise

certains paliers du gouvernement. À votre vue, quelle devrait être les responsabilités

du ministre, du municipal, des... du CIUSSS, etc.? Comment est-ce que ces

responsabilités devraient être réparties?

Mme Grenier (Julie) : Bien, en

fait, ces responsabilités-là, elles sont déjà très bien indiquées dans la

politique nationale qu'on cite, dans le récent napperon qui a été mis et même

dans l'énoncé, là, qui a été publié un peu plus loin. Alors, on se dit :

ces rôles-là, ils sont déjà là, mais on a… on s'est employé énormément dans les

derniers mois, les dernières années, à se tirailler justement depuis la

pandémie qui nous a tous mis un peu en tension sur : ceci, c'est mon rôle,

ceci, c'est le vôtre, et c'est… je pense, laquelle dans le fond qu'on fait, c'est

de dire : Il faut… il faut baisser d'un cran cette notion-là de baliser

les rôles de chacun comme ayant un début, une fin, mais en assumant qu'ils sont

en continuité. Et le projet de loi, encore une fois, en étant très cadrant, j'ai

l'impression qu'il contribue potentiellement à cette notion-là de venir mettre

des lignes qui délimitent. Et tout ce qui est cohabitation est beaucoup plus d'un

ressort… Ironiquement également, encore une fois partagé avec l'organisme qui

érige ces services et avec la santé qui appuie ces services-là. Donc, on ne

peut pas compartimenter. En fait, notre grand message, c'est ça, c'est que c'est

difficile de le compartimenter. Il faut vraiment se donner les moyens de le

travailler avec toutes les responsabilités.

Mme Prass : Et un petit peu

dans le même sens, vous suggérez que le ministère des… Santé et Services

sociaux devienne le chef d'orchestre des actions liées à l'itinérance, mais est-ce

que ce n'est pas déjà le cas?

Mme Grenier (Julie) : Absolument.

C'est ce qu'on dit en somme, c'est que les leviers sont tous là. On ne les

emploie pas adéquatement, on n'a pas… notre prétention, c'est qu'on n'a pas

besoin d'ajouter une loi, c'est qu'on a besoin d'assumer chacun nos rôles et

responsabilités et dans l'opérationnalisation, y compris. Le discours s'est

élevé à un niveau politique à cause d'enjeux tristement célèbres et on a perdu

de vue que les éléments du puzzle, ils étaient là. Et avant la pandémie, ça

fonctionnait très bien. On a eu de la difficulté socialement, par épuisement,

je pense, puis c'est légitime ça aussi, à y revenir, mais c'est… ça a déjà bien

fonctionné.

Mme Prass : Donc, si vous… pour

vous, les outils sont là, c'est juste question de les mettre en œuvre.

Mme Grenier (Julie) : Et d'assumer

et chacun nos rôles pleinement. L'organisme… les organismes assument pleinement

leur rôle. On est peut-être pris dans des batailles politiques avec les autres

niveaux de gouvernement, puis c'est ce qu'on trouve qui met en otage la

situation…

Mme Grenier (Julie) : …je

l'exprime un petit peu plus clairement.

Mme Prass : Puis, justement,

dans le cadre de l'organisme que vous représentez, qui se penche sur

l'itinérance à Montréal, trouvez-vous qu'entre le municipal et le provincial,

justement, que ça se travaille en silos, qu'il n'y a pas assez de collaboration

ou de communication pour faire en sorte d'avancer ces projets pour que, justement,

tous ces éléments soient pris en compte avant plutôt que par la suite?

Mme Grenier (Julie) : Je

pense que les gens sont assis aux mêmes tables et qu'on est en train, sur le

terrain, à Montréal, si je prends comme exemple, de se donner des mécanismes

tout à fait différents pour que ce soit pris en compte. Donc, on a décliné, là,

puis le… juste fait décliner les choses pour faire en sorte que les

arrondissements et les CIUSSS, localement, soient impliqués dans chacun des

nouveaux projets qui voient le jour. Donc, moi, je constate qu'en ce moment il

y a une volonté d'utiliser ces leviers-là à bon escient. Je pense qu'il faut y

donner de l'importance et je pense qu'en tant que chef d'orchestre il faut y

donner de l'importance, il faut l'exiger, il faut s'assurer… il faut mettre la

mécanique très formellement comme quelque chose d'attendu. Ça ne nécessite pas

un projet de loi, à notre avis.

Mme Prass : Merci beaucoup.

Le Président (M. Provençal)

: Merci. Alors, Mme la députée de

Terrebonne, s'il vous plaît.

Mme Gentilcore : Merci. Je

vais continuer là-dessus parce que je trouve ça fort intéressant puis c'était

une de mes questions. Donc, plus clairement, est-ce que vous trouvez qu'il

manque de mécanismes contraignants? Et là ce n'est pas un mot qu'on aime

nécessairement, mais des mécanismes contraignants pour amener l'ensemble des

parties à collaborer? Est-ce que c'est quelque chose qu'on devrait formaliser

dans un projet de loi ou non? Mais c'est un peu ce que je retiens de votre

discours. Puis là, tu sais, on parle incitatif ou contrainte, là, un des deux,

là, je vais vous… laisser ça libre à vous, mais, moi, ce que j'entends de votre

discours, ce que j'en comprends, c'est qu'il faut le formaliser quelque part.

Mme Grenier (Julie) : Oui,

bien, vous me prenez un peu de court, là, parce que c'est… Comment je dirais

ça? Il faut que ça soit naturel, il faut que ça soit assumé. On a de la

difficulté à assumer chacun des rôles en ce moment. On se retourne facilement

vers le voisin. Je ne suis pas capable de vous le résumer autrement.

Mme Gentilcore : Non, mais je

le comprends. Bien, mettons, concrètement, donnez-moi un exemple concret, si

vous êtes capable, qu'est-ce qui empêche, en ce moment, chacune des parties

d'assumer pleinement son rôle? Où est-ce que ça accroche? Où est le sable dans

l'engrenage en ce moment?

Mme Grenier (Julie) : Mon

humble impression, c'est que tout ça a été exacerbé avec quelques cas

tristement célèbres qui nous ont fait perdre les pédales et qui ont créé une

grande effervescence, conjugué au fait qu'on est dans une crise monstrueuse où

il y a des gens dans la rue, où les gens s'inquiètent, et c'est normal qu'on

s'inquiète. Je pense que de remettre de l'ordre dans nos papiers, de réaffirmer

notre politique nationale, les rôles de chacun, d'avoir des mesures peut-être

plus musclées qui viennent du chef d'orchestre, qui disent : Écoutez, là,

ça, c'est le rôle, voici ton instance… On s'attend à ce que ça soit ça puis on

s'attend à ce que les arrondissements soient impliqués. Il le faut, c'est sine

qua non. Il en va de la logique. Comment faire autrement un projet? C'est

impossible.

• (12 h 10) •

Idem pour la santé, on est riches des ressources

pour répondre à des besoins sociaux, des besoins de santé. Donc, il est tout

naturel que le CIUSSS local soit présent. Donc, tu sais, il faut être capable…

Quand je dis : Il y a un pilote dans l'avion avec son copilote et ses

agents de bord, c'est exactement ça, c'est que l'organisme, il porte le projet

puis il vient offrir le service, mais tout ça est intimement lié. Il faut

rendre ça naturel, obligatoire et convenu entre les acteurs parce qu'un délai

d'autorisation va ajouter du temps, tout simplement.

Le Président (M. Provençal)

: Alors, je remercie les deux

représentantes du Mouvement pour mettre fin à l'itinérance à Montréal pour leur

participation à nos travaux.

Sur ce, je suspends ces derniers pour

permettre au prochain groupe de prendre place. Merci beaucoup de votre

disponibilité à venir échanger avec les membres de la commission.

(Suspension de la séance à 12 h 11)

(Reprise à 12 h 14)

Le Président (M. Provençal)

: Alors, nous recevons les

représentants de La Maison Benoît-Labre, alors Mme Andréane Desilets et Mme

Sophie Tousignant. Alors, 10 minutes pour votre présentation, et par la suite,

nous allons avec les échanges. Je vous cède immédiatement la parole.

Mme Desilets (Andréane) : Merci.

Merci à tous de nous accueillir aujourd'hui. M. le ministre, Mmes, MM. les

membres de la commission, merci de nous recevoir. Le projet de loi n° 103

est présenté parce que nous avons collectivement échoué dans l'implantation

d'un service essentiel pour des personnes parmi les plus vulnérables de notre

société. Nous respectons la volonté de notre gouvernement de légiférer,

d'encadrer l'implantation des sites de consommation supervisée et de favoriser

une meilleure cohabitation avec la communauté. Nous reconnaissons les

difficultés que La Maison Benoît-Labre a vécues sur le terrain à la suite de

l'ouverture de son nouveau centre multiservices de Saint-Henri au printemps

2024. C'est dans celui-ci que nous avons désormais un tout petit local

permettant des services essentiels de consommation supervisée.

Notre intention aujourd'hui n'est pas de

pointer le doigt accusateur vers quiconque. Nous aurions pu et aurions dû

faire, tous, mieux ensemble. Notre intention aujourd'hui, c'est qu'on se mette

sur la bonne voie, qu'on tire les bonnes leçons de ce qui est arrivé et qu'on

réussisse les meilleurs... dans les meilleurs délais, à relocaliser un site de

consommation supervisée dans le Sud-Ouest. Parce qu'à travers tout ce qui sera

dit dans le cadre de ces consultations, il y a une réalité incontournable. Des

femmes, des hommes, souvent, des jeunes, en situation de vulnérabilité extrême,

meurent de surdose presque à chaque jour, et ce, partout au Québec. La crise

des opioïdes est une tragédie qui n'épargne aucune grande ville

nord-américaine. Les sites de consommation supervisée sauvent des vies,

réduisent les méfaits, tous les intervenants en santé et en sécurité sont

d'accord, et un tel site est nécessaire dans le sud-ouest de Montréal.

Le site de consommation supervisée de La

Maison Benoît-Labre a déjà sauvé plusieurs vies. Les correctifs ont été

apportés dans les derniers mois, en collaboration avec le SPVM, le CIUSSS,

l'arrondissement, la santé publique, les citoyens ainsi que d'autres groupes

communautaires, et ont permis de réduire de façon très importante les méfaits

et les incidents. Vous pourrez demander au SPVM de voir leur plus récent

rapport à cet effet, ce qui... ce sont les faits qui parlent. Nous avons trouvé

les bonnes façons de travailler ensemble. Je tiens à le dire, parce que nous devons

aussi assurer le maintien des services, le temps qu'il faudra relocaliser, pour

s'assurer la préservation de ces liens mais aussi après le déménagement, et ce,

pour ces lieux distincts, ces deux espaces distincts. On parle d'humains dans

le besoin, des personnes qui nous... qui nous font confiance et qui,

d'ailleurs, font

partie de la population québécoise. C'est, littéralement, une

question de vie ou de mort.

La Maison Benoît-Labre existe depuis 70

ans, le saviez-vous? Nous avons un long savoir-faire en matière de lutte contre

l'exclusion, d'aide aux personnes démunies et itinérantes, d'accompagnement au

logement, de réinsertion sociale dans le sud-ouest de Montréal. Au fil des...

au fil des ans, nous avons fait face à des croissances de besoins, en partant

d'une vieille maison dans le Griffintown, au sous-sol...

Mme Desilets (Andréane) :

...une église à Saint-Henri. Et en 2022, après plusieurs années de recherche

pour un nouveau site et plusieurs occasions manquées, nous avons entamé la construction

d'un bâtiment de quatre étages, rue Notre-Dame, près du marché Atwater. Je vous

mentirais et la Ville de Montréal vous mentirait si on vous disait que tout...

le tout fut possible en quatre ans sans soutien financier. Nous sommes donc

enfin installés depuis le printemps 2004. Ce bâtiment, on trouve

36 appartements. C'est notre programme de logements transitoires où on

aide des personnes à reprendre pied et à retrouver la dignité d'un toit. Il y a

bien sûr au rez-de-chaussée notre halte-répit. Il y a les cuisines. Le tout est

accessible 24/7. On dispense différents services, dont des repas, des douches,

des friperies et des toilettes. Et, sur cet étage, on trouve aussi un site de

consommation supervisée, essentiellement un petit local où les personnes

peuvent consommer des substances sous supervision et de façon sécuritaire. L'implantation

du site a reçu l'appui de nombreux partenaires locaux et institutionnels,

organismes communautaires, établissements de santé, élus et tables de

concertation qui ont témoigné de l'importance du projet dans l'amélioration des

conditions de vie dans le sud-ouest. Nous avons joint quelques-unes de ces

appuis dans notre mémoire. Nous remercions tous ces partenaires.

Des mois avant l'ouverture et depuis

l'ouverture, nous avons travaillé activement la bonne implantation du projet à

son acceptabilité sociale. Nous avons mis en place des mécanismes de

concertation, instauré des brigades de cohabitation, collaborer avec les

citoyens, les commerçants, l'école voisine ainsi que des partenaires

institutionnels du milieu. Nous avons dû jongler avec une gouvernance

fragmentée entre le palier municipal, le CIUSSS, la Direction régionale de la

santé publique, le ministère et le politique. Ce leadership morcelé a contribué

à la lourdeur administrative qui a elle-même favorisé des incidents de

cohabitation qui ont usé la tolérance des citoyens. La pression est devenue

trop forte et le projet de loi n° 103 en témoigne.

Il y a des leçons à tirer en termes de

concertation, en termes de responsabilité collective devant la crise des

vulnérabilités, itinérance, santé mentale, qualité de substance. J'ai entendu

suffisamment d'histoires à briser le cœur pour savoir que personne n'est à

l'abri. Il faut aider, apprendre à mieux aider ensemble, avoir le courage de

regarder la vulnérabilité en face. Il n'y a ni plus ni moins de substance, il

n'y a que des vies à sauver et c'est ce que nous faisons quotidiennement.

• (12 h 20) •

Notre position est évidente face au projet

de loi n° 103, nous comprenons les préoccupations

légitimes de la population. Nous souhaitons un véritable engagement du

gouvernement pour éviter un bris de services communautaires essentiels à des

personnes vulnérables. Si telle est la volonté du gouvernement, nous relocaliserons

le site de consommation supervisée, mais je voudrais qu'on comprenne les

implications.

Le projet de loi n° 103

dit qu'il ne peut y avoir un site de consommation supervisée à moins de

150 mètres d'écoles, de garderies ou de CPE. Actuellement, nous sommes à

143 mètres et, je le répète, la situation est maintenant maîtrisée. Les

mécanismes sont en place. Pour ces sept mètres, nous allons devoir retrouver un

autre immeuble, acquérir, l'adapter, et ça, nous n'en avons pas les moyens.

Nous avons repéré des locaux à proximité juste assez grands afin d'accueillir

le site de consommation supervisée. Le coût d'acquisition est de

3,5 millions. Ces locaux potentiels seraient à distance réglementaire de

l'école, mais sont situés de l'autre côté de la rue Atwater. Il faut donc

imaginer les personnes désorganisées, pour certaines, qui traversent la rue

pour aller aux sites de consommation supervisée entre la halte-répit existante.

Pour ces sept mètres, il faudra tout

reprendre, tout reprendre le processus de discussion, de concertation, de

cohabitation qui a finalement mené à une concertation bien orchestrée, et la

Maison Benoît Labre, ainsi divisée sur deux sites, va voir ses coûts de

fonctionnement augmenter de façon importante. Nous allons offrir toute notre collaboration,

notre écoute et notre professionnalisme si le gouvernement décide d'aller de

l'avant. Nous demandons, et nos recommandations sont, premièrement, que le

gouvernement joue un rôle actif dans la relocalisation du site de consommation

supervisée en faisant en sorte qu'il n'y ait aucune rupture de services.

Deuxièmement, que le gouvernement compense la Maison Benoît Labre pour les

coûts d'acquisition, d'aménagement, de déménagement et de fonctionnement liés à

la relocalisation du site de consommation supervisée.

Le projet de loi fixe un délai de quatre

ans pour la... relocalisation. Excusez-moi. Nous n'avons aucune objection à

procéder avant si la chose est possible. Entendez-nous bien, on veut se

conformer à la loi...

Mme Desilets (Andréane) : ...le

gouvernement doit, cela dit, assurer que c'est applicable et que, si elle

exproprie des services essentiels, il les maintient par son soutien.

Je réitère mes remerciements à toutes les

organisations et institutions qui nous accompagnent. Je réitère notre volonté

de faire tout ce qui est possible pour favoriser l'acceptabilité sociale de

notre mission. Je reconnais que l'extrême vulnérabilité de notre clientèle est

difficile à accepter, mais il n'est pas... il n'est plus possible de fermer les

yeux. Nous avons une responsabilité collective envers tout le monde et tous nos

citoyens. Merci de votre attention.

Le Président (M. Provençal)

: Merci beaucoup pour votre

présentation. M. le ministre, je vous cède maintenant la parole.

M. Carmant : Oui, merci

beaucoup, M. le Président. Merci beaucoup, Mme Desilets, pour votre témoignage,

là, aujourd'hui, puis les commentaires, là, qui sont appréciés.

Puis je pense que vous avez mis le doigt

dessus, là, c'est... le projet de loi, son rôle, c'est vraiment de venir...

éviter ce travail qui a été morcelé - puis, vous le savez, là, combien de fois

je suis venu - puis essayer de rattacher les bouts ensemble, là, puis s'assurer

que les choses soient faites de façon structurée. Puis, je l'ai mentionné,

hier, là, le but n'est pas de mettre plus de poids sur les organismes

communautaires. Le but, c'est vraiment de s'assurer qu'il y ait un rôle clair

de Santé Québec et de la Direction régionale de la santé publique dans la

gestion de ces sites-là, qui, en général, même, sont recommandés par la

Direction régionale de la santé publique.

Vous, qu'est-ce que vous voyez comme...

comme façon de s'assurer que ça se fasse, c'est cette communication-là? Vous

qui l'avez vécu, là, tu sais, une consigne de ci, une consigne... tu sais,

comment... comment... qu'est-ce qui doit être écrit pour s'assurer que ça ne

survienne plus?

Mme Desilets (Andréane) : Tout

à fait. Je pense qu'il y a beaucoup de choses qu'on peut... qu'on peut faire

mieux. Vous avez raison. Mais je pense sincèrement que le nombre de mètres

n'aura pas d'impact sur ce qu'on tente de faire. Vous avez raison, ça a été

quand même un peu long, avant que tous les acteurs puissent s'asseoir. Ça prend

des mécanismes pour ça. Vous avez... Ça, je suis tout à fait d'accord. Je pense

que c'est une des raisons d'ailleurs pourquoi on est allés vers vous

dire : Ça ne fonctionne pas.

Ceci dit, de la façon dont le projet de

loi est orchestré actuellement, on y voit que la responsabilité vers

l'organisme, et très peu, en fait envers les institutions. Et je pense que,

pour remettre le pouvoir, il faut trouver des meilleurs mécanismes, mais il

faut aussi travailler en amont et il faut donner les moyens aux groupes

communautaires.

Nous, on l'a fait à bout de bras parce que

je voulais bien le faire, mais personne ne me le demandait. Il faut que vous

compreniez que, ça, cette énergie-là et cet argent-là, qu'on y a mis, est venu

de nos poches pendant toutes ces années. Moi, c'était un emploi à temps plein,

par-dessus mon emploi à temps plein. Donc, c'est ce qui est demandé aux groupes

communautaires. Et d'ailleurs, il faut aller cogner aux portes à peu près

partout dans le milieu, si ce n'est pas aux arrondissements, c'est au niveau de

la santé publique, c'est au niveau du CIUSSS, pour être capables d'asseoir tout

le monde et dire : On a besoin de réfléchir, on a besoin de mécanismes.

Et, souvent, en fait, les réflexions sont là, l'argent pour mettre en place les

moyens n'y sont pas. Donc, ça prend plus que ce qui se trouve dans ce projet de

loi là pour faire en sorte qu'il y ait une mobilisation. On parle

d'investissements, on parle de planification collective, mais il faut que ça se

fasse avec les communautés et avec les groupes communautaires.

M. Carmant : Puis c'est sûr

que je comprends le sept mètres, là, puis les distances de porte à porte. Mais

c'est vraiment la proximité qui est un enjeu, là, tu sais, dans le... avec

Benoît-Labre. Tu sais, on voit... tu sais, la cour d'école est... est juste là,

Mme Desilets (Andréane) : C'est

le parc-école, hein? Ce n'est pas la cour d'école.

M. Carmant : Oui. Non. Je

sais. Je suis allé visiter.

Mme Desilets (Andréane) : C'est

un parc municipal.

M. Carmant : Oui. Mais

l'entrée de l'arrière de l'école pour les jeunes qui rentrent à la garderie. Je

veux juste que ce soit clair, là, ce n'est pas pour sept mètres, mais vraiment

pour la proximité.

Hier, on nous a parlé beaucoup, là, de

l'impact du logement transitoire. Est-ce que... Puis c'était bien. Est-ce

que... Est-ce que ces gens-là utilisent également le centre de consommation

supervisée?

Mme Desilets (Andréane) : Oui,

oui, oui. Tout à fait. C'est sûr qu'il y a les gens qu'il faut peut-être plus

«coaxer», excusez-moi le mot, inciter, parce que ça ne reste pas un réflexe,

hein? Ce n'est pas parce que les espaces de consommation supervisée existent

que les gens ont systématiquement le réflexe d'y aller. Ça prend du temps. Il

faut développer une confiance...

Mme Desilets (Andréane) : ...il

faut développer un lien, il faut... C'est beaucoup d'énergie déployée, et, au

bout d'un an, je vous dirais que ceux qui auraient besoin de l'utiliser

l'utilisent, mais ça a quand même pris beaucoup de temps.

M. Carmant : O.K. Puis un des

enjeux qui nous amènent aussi, c'est la consommation à l'extérieur du site.

Mme Desilets (Andréane) :

Tout à fait.

M. Carmant : Comment...

Comment on améliore le contrôle de ça?

Mme Desilets (Andréane) :

C'est sûr que quand, pour mes intervenants, puis là on parle plus au niveau du

plancher, puis je vais passer la parole à ma collègue Sophie qui s'occupe

justement de l'extérieur et de la cohabitation, qui est coordonnatrice, c'est

sûr que, si le SCS est fermé, l'espace de consommation supervisée, et qu'on n'a

pas d'autre option à donner aux gens, c'est plus difficile, à ce moment-là, de

gérer la consommation à l'extérieur. Donc, bien sûr que quand l'espace de

consommation supervisé est ouvert et que la personne consomme à l'extérieur,

les équipes sur le terrain vont inciter la personne à venir à l'intérieur

consommer.

Mme Tousignant (Sophie) :

Absolument, oui. En fait, j'ai deux intervenants qui sont constamment sur le

terrain pendant les heures d'école, en plus de brigades de propreté également

qui se présentent et qui se promènent, et tous ces gens-là, en fait,

sensibilisent les personnes qui se retrouvent aux abords de l'organisme à d'ailleurs

ne pas consommer près de l'école, bien évidemment, quand les gens ne sont pas

nécessairement au courant, d'ailleurs, que c'est une école. Mais nous, dès

qu'on a averti les gens, en général, je peux vous dire que, 99,9 % du

temps, ils se dirigent vers la ressource et ils sont contents qu'il y ait un

site de consommation supervisée et d'être en sécurité à l'intérieur

M. Carmant : O.K. M. le

Président, je passerais la parole à ma collègue.

Le Président (M. Provençal)

: Oui. Alors, Mme la députée de Louis-Riel.

Mme Boivin Roy : Merci, M. le

Président. Merci pour votre présentation jusqu'à maintenant et les explications

que vous nous donnez. On comprend que c'est un engagement personnel depuis de

nombreuses années, et c'est tout à votre honneur.

À la lumière de ce qu'on vient de se dire

entre nous — merci — est-ce que vous pouvez nous en dire

davantage sur les démarches de consultation, les démarches d'information, les

démarches de concertation qui ont été entreprises en amont du projet, à la fois

au niveau des résidents, au niveau des partenaires institutionnels, au niveau

des milieux scolaires? Ce serait ma première question. Et ma deuxième

question : Fortes de ces constats-là, comment est-ce que les... ce que

vous avez réalisé est venu impacter les démarches que vous avez faites au

niveau de l'implantation? Comment c'est venu influencer l'implantation et les

stratégies de cohabitation?

• (12 h 30) •

Mme Desilets (Andréane) : Je

vais passer la parole bientôt à ma collègue Sophie, qui va pouvoir, en fait,

dire ce qui a été mis en place dernièrement, mais, bien en amont, en fait, de

la construction du projet, on avait en effet rencontré l'école, on avait fait

une consultation citoyenne avec la ville de Montréal, dans les locaux de la

Ville de Montréal. On a fait aussi une consultation sur place avec les partenaires.

Le SPVM était là, il y avait le CIUSSS, il y avait d'autres organismes, il y

avait avait le... donc il y avait vraiment plusieurs personnes assises autour

de la table pour répondre aux questions. Et aussi, tu sais, les citoyens

pouvaient venir demander n'importe quelles questions. On n'était pas ouverts,

là. Il n'y avait rien de fait. Donc, les gens, à ce moment-là, pouvaient poser

des questions de... Comment ça fonctionne? Est-ce qu'on peut venir voir? Bon,

tout ça. On a fait quand même beaucoup... On a fait du porte-à-porte, on a fait

des brigades, on a déployé des brigades. Et là, ça, c'est, mettons, trois ans,

deux ans avant la construction. Et, dans la... juste l'année avant, Sophie,

elle va continuer sur la liste, là.

Mme Tousignant (Sophie) : Et

on avait le comité bon voisinage. On est sur différents comités itinérance,

dont celui de Verdun et de Saint-Henri. On a installé, en 2022, une brigade de

propreté pour sillonner vraiment le quartier Saint-Henri au complet. On a

également une intervenante en cohabitation qui est dédiée à l'école

Victor-Rousselot, qui était là près d'un an avant l'ouverture du site et qui

faisait des tournées avec également deux brigadiers qui nettoyaient les abords

du parc-école. On est aussi en constante collaboration avec le SPVM, la ville

de Montréal, les différents acteurs du quartier comme le... également, et on a

rencontré à... des rencontres avec le poste de quartier 15. On a fait également

la Rue en fête à plus de... la troisième édition, en fait, afin de préparer

notre arrivée également dans le secteur.

Mme Desilets (Andréane) : Qui

se faisait dans la cour d'école, qui est un événement, en fait, pour inviter

les gens à venir nous parler. Ça, c'était en amont de l'ouverture, bien sûr.

Mme Tousignant (Sophie) : On

a également fait des portes ouvertes pour inviter les gens à venir visiter

l'organisme et voir, en fait, qu'est-ce que ça a l'air réellement à

l'intérieur.

Mme Desilets (Andréane) : Et

suite... on a fait aussi beaucoup d'actions, hein? On s'est réajustés quand on

a vu qu'il y avait des choses... Vous le savez, je veux dire, quand on déploie

des projets, des nouveaux projets, il y a des choses qu'on peut prévoir puis il

y a des choses qui sont plus difficiles à prévoir. Donc, il faut être en constante

évolution et constante collaboration aussi à ce moment-là...

Haut de la page

12 h 30 (version non révisé

e) Mme Desilets (Andréane) :

...dès qu'on est arrivé, on a dû mettre les choses en place. Il y a une liste

quand même assez importante de choses.

Mme Tousignant (Sophie) :

Dans le mémoire, on a ajouté, en fait, des intervenants supplémentaires. On a

ajouté des offres de brigade de propreté. On a également... un déploiement par

une tierce partie, l'ASDS, qui ont une dyade également autour de l'école pour s'assurer.

Le SPVM déploie davantage de patrouilleurs à pied, plusieurs patrouilleurs à

vélo également aux alentours de l'organisme. On a fait l'installation de l'éclairage

et des caméras de sécurité supplémentaires à nos frais. On a également

travaillé en partenariat avec les... On a également... Là, on fait vraiment de

la sensibilisation également au quotidien à tous les gens qui nous approchent.

Mme Desilets (Andréane) : Oui.

Puis on a fait aussi de la sensibilisation avec les travailleurs des travaux

publics, aussi, avec la ville de Montréal. Donc, vraiment, là, on fait quand

même beaucoup au niveau de la cohabitation, je pense qu'on démontre notre bonne

foi ici.

Mme Tousignant (Sophie) : Nos

intervenants sont très appréciés sur le terrain par tous les acteurs. Voilà.

Le Président (M. Provençal)

: Merci beaucoup. Le temps est écoulé.

Alors, la suite appartient à la députée de D'Arcy-McGee.

Mme Prass : Merci, M. le

Président. Vous venez de mentionner que les caméras que vous avez dû installer,

par la suite, étaient à vos frais. Les autres mesures d'atténuation, il semble

qu'il y a des gardiens de sécurité qui ont dû être engagés pour l'extérieur,

etc. Est-ce qu'il y a eu un agent additionnel qui vous a été fourni pour le

gouvernement ou c'était tout amputé de votre budget dont la mission et de

desservir cette population?

Mme Desilets (Andréane) : Non.

Il y a eu un montant de M. Carmant qui a donné un montant de 50 000 $

pour nous permettre de faire différentes actions, dont, justement, les gardes

de sécurité à la rentrée scolaire, malheureusement, qui n'a pas donné le

résultat escompté. Mais aussi, on a ajouté une brigade de propreté de plus qui,

ça, a quand même un excellent impact, mais c'est pour la première année. Donc

là, cette année, il n'y a pas ces mesures-là non plus. Donc, pour la

cohabitation et les frais qui pourraient en découler, présentement, c'est la

ville de Montréal qui défraie.

Mme Prass : Et, pour vous,

vous avez parlé des mesures que vous avez prises pour la concertation en amont.

Pour vous, qu'est-ce qui a mal tourné? Parce que, clairement, on l'a vu dans

les médias, les parents, surtout les parents des jeunes à l'école Victor-Rousselot,

qui ont témoigné hier, ne ressentent... ressentent toujours ce sentiment d'insécurité...

Mme Desilets (Andréane) :

Cette crainte, tout à fait.

Mme Prass : ...cette crainte. Qu'est-ce

que vous pensez, a mal tourné ou qu'est-ce qui aurait pu être fait de façon

différente? Justement parce que là, potentiellement, vous allez déménager

justement pour s'assurer que la même chose ne se répète pas. Quelles sont les

leçons que vous avez tirées et qu'est-ce que vous auriez fait différemment?

Mme Desilets (Andréane) : Bien,

je pense que, pour notre part, parce qu'il y a mille et une choses qu'on aurait

pu faire différemment, mais, mais pour notre part, je pense qu'au niveau de la

communication, on a appris des choses aussi. Il y a peut-être des meilleurs

mécanismes à utiliser. Je pense que, malheureusement, et, tu sais, on ne s'en

sort pas, je veux dire, on a quand même fait lever un building de terre pendant

la COVID, ce qui a quand même limité énormément notre temps, notre capacité de

communiquer avec nos voisins malheureusement. Mais, après ça, l'acceptabilité

sociale, tu sais, c'est gros pour La Maison Benoît-Labre à porter dans un

contexte où, tu sais, les rues sont comme elles sont actuellement à Montréal et

la situation et les crises ne font que se multiplier.

Donc, oui, nous, on aurait pu mieux communiquer.

Est-ce que ça... on serait au même résultat? Je ne suis pas sûre, moi, que ça

aurait eu tant d'impacts, sincèrement, je pense que ce qui va avoir des

impacts, c'est si on communique à la population ce qui se passe, si on

sensibilise, si on fait des campagnes pour expliquer l'ampleur des crises, des

multiples crises et quels en sont les impacts. Parce que, quand on ne comprend

pas un phénomène, on a peur. Quand on comprend ce qui se passe, c'est un peu

moins épeurant. Souvent, c'est ce que les parents nous rapportent, c'est que ce

n'est pas qu'ils ont tant peur, c'est qu'ils ne savent pas quoi faire. Et, à ce

moment-là, nous, on en a des outils. Et ce qu'on pourrait faire et ce qu'on

pourra faire, c'est, bien sûr, mieux outiller, en fait, notre communauté à

mieux répondre ou savoir quoi faire à ce moment-ci, quand ils ne se sentent pas

en sécurité. Mais je pense que ça va plus large que ça, bien sûr.

Mme Prass : Parce que vous

mentionnez dans votre mémoire aussi que, quand vous vous êtes pointées vers la

ville...

Mme Prass : ...certaines

ressources du réseau de la santé, c'était des portes tournantes et, comme j'ai

dit, justement pour éviter que la situation que vous vivez se reproduise avec

un déménagement, qu'est-ce qui peut être amélioré? Qu'est-ce qui peut être

changé, justement, pour s'assurer que vous avez tous les moyens à votre

disposition pour faire cette sensibilisation, pour faire cette communication,

pour vous assurer que, quand vous allez vous implanter la prochaine fois, que

ce sera pour de bon, disons?

Mme Desilets (Andréane) : Je

ne pense pas que ça va passer parce que moi, je vais être capable de faire, je

pense que ça va passer parce que, collectivement, on va être capable de le

faire. Et, collectivement, il faut comprendre que l'itinérance, la dépendance,

la toxicité des drogues, c'est l'affaire de tous et de tous les paliers. On ne

peut pas remettre la responsabilité de ça à une personne uniquement. Chacun a

sa part de gâteau. Les groupes communautaires ont une part à jouer, mais le

gouvernement et chacun de ses paliers en a.

Et ça, la journée où tout le monde sera

capable d'être assis à la table ensemble et discuter autour de comment on fait

les choses et comment chacun prend sa part de gâteau, je pense qu'on va arriver

à quelque chose. Mais je réitère que je ne crois pas que ce qui est dans le

projet de loi actuellement permet ça.

Mme Prass : Vous avez tout à

fait raison, c'est une collaboration qui doit se faire avec tous les

partenaires, et chacun a son rôle à jouer, et on espère qu'ils vous répondront

présent cette fois-ci, justement, pour... parce qu'on comprend, évidemment,

c'est un enjeu très important, c'est des ressources très importantes, c'est un

investissement de la part du gouvernement. Personne ne va voir un projet comme

ça qui est essentiel ne pas réussir. Donc, c'est de s'assurer que tout le monde

qui est autour de la table joue le rôle qui lui est demandé, justement, pour

s'assurer qu'il y a un sentiment de... harmonieux, disons, dans le coin.

Vous mentionnez également, puis on l'a

évoqué, bien, je l'ai évoqué à plusieurs reprises hier, toute la question d'un

accompagnement et un accompagnement financier dans le cas d'un déménagement. Et

là je comprends que vous mentionnez que c'est seulement lors des crédits que,

là, vous avez appris, par exemple, que le financement ne serait pas

nécessairement là pour un déménagement. On comprend que, déjà, les organismes

communautaires, vous êtes serrés dans toutes les directions, vous n'avez pas de

surplus, des fonds à encaisser, etc.

Donc, encore une fois, je pense que le

gouvernement a cru en vous en premier lieu pour développer le projet, et là il

faut que ce soutien continue avec un déménagement qui serait en raison d'un

projet de loi de la part du gouvernement. Donc, avez-vous commencé des

conversations à ce sujet-là? Est-ce que vous avez bon espoir que cet

accompagnement et ce financement sera là au moment où vous devriez déménager?

• (12 h 40) •

Mme Desilets (Andréane) : On

n'a pas commencé, je pense qu'on s'est concentré sur ce qui... sur aujourd'hui,

c'est quand même beaucoup pour... tu sais, pour nous, comme simples citoyens,

ça fait que... Mais, tu sais, on a fait quand même nos devoirs, on est allé voir

les locaux, dans une proximité, qui permettrait d'accueillir, on est allé quand

même demander à des entrepreneurs qu'est-ce que ça coûterait si... tu sais, ont

été chercher... pour se faire une tête aussi, parce que nous, on a besoin aussi

d'avoir un minimum de... prévisibilité. Mon Dieu! je vais le dire et... je suis

désolée, mais aussi, tu sais, quatre ans, ce n'est vraiment pas beaucoup. Moi,

ça m'a pris sept ans, là, faire ce projet-là. Quatre ans, ce n'est vraiment pas

beaucoup, là. En fait, je pense que c'est impossible, sincèrement,

malheureusement.

Mme Prass : Compte tenu du

temps que ça vous a pris, entre milieux, pour...

Mme Desilets (Andréane) : Compte

tenu... Oui. Exact.

Mme Prass : L'expérience que

vous avez vécue.

Mme Desilets (Andréane) : Oui,

avec l'expérience, je vous dirais que c'est ça. Sept ans... peut-être, 10 ans,

encore mieux, mais quatre ans, je ne sais pas comment.

Mme Prass : Et je vous avoue,

moi, c'était un modèle unique, quand je suis venue visiter les logements

d'inhalation, centres de jour. Pensez-vous maintenant que, compte tenu où vous

êtes situés, que, peut-être, avoir tous ces services dans un même immeuble

était un élément qui a mené à ce que ce soit problématique?

Mme Desilets (Andréane) : Je

ne pense pas que c'est le modèle, le problème. Je pense que c'est comment on

implante le modèle qui est plus complexe. Le modèle a fait ses preuves, hein,

c'est... tu sais. Oui, nous, au Québec, on est comme surpris, là, mais je veux

dire, ces modèles qui sont des centres multiservices existent partout à travers

le Canada et...

Mme Desilets (Andréane) : ...en

fait, c'est un modèle qui a démontré énormément, en fait, de bénéfices,

incluant sur la mutualisation des coûts, là, de l'entièreté de l'espace. Ceci

dit, je pense que c'est vraiment dans l'implantation que ça pourrait avoir un

impact, bien sûr. Je pense qu'on a besoin de mieux travailler ce côté-là, tout

le monde ensemble, définitivement.

Le Président (M. Provençal)

: Merci beaucoup. Alors, je... le relais au député de Saint-Henri—Sainte-Anne.

M. Cliche-Rivard : Merci à

vous deux. Merci à vous d'être là aujourd'hui puis merci de sauver des vies au

quotidien, vous et les groupes qu'on a entendus dans les dernières semaines,

bien, les derniers jours. Merci de votre travail.

C'est évident que pour moi, j'ai lu avec

attention votre mémoire, puis il y a quand même là un léger changement de

perspective, là, qu'on se le dise. Vous prenez, vous recevez le projet de loi,

puis vous dites : Bon, O.K., mais ça va prendre de l'aide logistique, puis

ça va prendre de l'argent, ça va prendre de l'aide financière. C'est quand même

nouveau, ça, on l'absorbe. Puis, moi, je prends l'engagement de vous

accompagner puis de vous soutenir là-dedans. Je pense que vous prenez la bonne

position, vous prenez la bonne décision, mais encore faut-il que le ministre,

lui, prenne les bonnes positions puis les bonnes décisions.

Vous l'avez dit, déménager le site, ça va

coûter 7 millions, là, en tout et pour tout, c'est quand même beaucoup de

sous. Vous, c'est impossible, je veux dire, ça peut être impossible de le faire.

Pour moi puis pour les citoyens, là, une rupture de service, ce serait

absolument catastrophique, ça, on ne peut vraiment pas se permettre ça, vous

l'avez dit. Puis c'est quand le SCS est fermé que c'est pire. Puis on a le

rapport récent de la coroner Godin qui nous dit qu'on peut éviter des morts,

là, très clairement quand des sites de consommation supervisée puis des

ressources sont disponibles.

Donc, j'utilise mon temps pour tendre la

main au ministre pour qu'on se rencontre, là, ensemble cet été rapidement avec

la ville de Montréal pour faire avancer des démarches conjointes, avec la SDC

qui n'est pas très loin non plus, avec le marché Atwater qui n'est pas très

loin non plus, pour qu'on trouve une solution. Moi, je vous vois en mode

démarche. Vous avez déjà fait appel à des contracteurs, vous avez déjà vérifié

la disponibilité de terrain. Moi, je suis quand même très, très heureux de

votre proactivité puis de vos remarques constructives aujourd'hui. Ça fait que

moi, je prends cet engagement-là, mais je demande au ministre de prendre aussi

cet engagement-là, de vous accompagner, parce que je reviens là-dessus, là,

puis je vais vous laisser là-dessus, si on perdait les services dans le

sud-ouest, ce serait absolument catastrophique. Puis on sait qu'on perd deux

personnes par jour au Québec de la crise des surdoses, ça pourrait être bien

pire. Donc, il vous reste une minute, mais peut-être me dire qu'est-ce qui

arriverait si on perdait les services dans le Sud-Ouest.

Mme Desilets (Andréane) : Mais,

vous savez, le projet n'est pas né parce que je me suis réveillé un matin,

hein, c'est des services qui étaient essentiels et nécessaires. On devait

collectivement développer ces services-là. On s'est assis pendant plusieurs

années pour essayer de réfléchir, voir qu'est-ce qu'on allait prioriser parce,

hey, la, la, qu'il manquait des services dans le Sud-Ouest particulièrement. Et

il faut comprendre qu'à Montréal il y a peu d'organismes dans l'Ouest. Il y a

nous, en fait, qui est au sud-ouest et ensuite il y a Ricochet qui est quand

même beaucoup plus loin dans le West Island. Donc, ce serait vraiment très

catastrophique. Ça aurait un impact non seulement sur les personnes qui

fréquentent la ressource, mais sur l'entièreté de l'écosystème de notre

communauté. Ça veut aussi dire, tu sais, autant les enfants et autant les

parents qui sont stressés de passer devant... devant, tu sais, certains

espaces, mais là, les gens, nous, sont à l'intérieur puis il y a des

intervenants, ça fait qu'on n'est plus là. Je vous dirais que la situation

risque d'être un peu plus complexe, donc je ne suis pas sûr que ce soit la

meilleure façon d'arriver à nos fins, finalement.

Donc, bien sûr qu'il y aura énormément de

travail à faire. On est prêts à faire ça, mais ça ne peut pas reposer, en fait,

sur un espèce de quatre ans qu'on n'est pas trop certain où est-ce qu'on s'en

va. Il faut que le plan soit clair, il faut que l'argent soit au rendez-vous,

tu sais, il faut absolument... Nous, on réanime des gens à tous les jours, là.

Ça n'a pas de bon sens puis c'est complètement inacceptable, on est au Québec,

et c'est des jeunes, c'est des jeunes dans la vingtaine, c'est des jeunes qui

sortent des centres jeunesse, qui n'ont pas eu le soutien nécessaire, qui se

retrouvent complètement désaffiliés, et qu'on doit faire des manoeuvres de

réanimation. Ça n'a pas de bon sens. Ça, moi, comme parent, ça me choque

énormément. Je trouve ça épouvantable. Et c'est ça qui s'en vient.

Le Président (M. Provençal)

: Merci beaucoup. Moi... très bien

passer votre message. Mme la députée de Terrebonne.

Mme Gentilcore : Merci. Moi,

j'aimerais reculer un peu parce qu'hier on a reçu la mairesse de Gatineau et

elle... en fait, ses ressources sont séparées, hein, elle a son site de

consommation qui est dans un lieu, son centre de jour qui est ailleurs, puis

elle nous disait : Je ne reçois aucune...

Mme Gentilcore : …par rapport

à mon site de consommation, mais je reçois beaucoup de plaintes par rapport à

mon centre de jour. Alors, ma question est la suivante. Du fait que vos

ressources soient combinées dans un même lieu, est-ce qu'on est vraiment

certains qu'avec ce projet de loi on s'attaque à la bonne chose? Vous,

êtes-vous convaincue que, même si on vous déménage, là, ça va régler le problème?

Mme Desilets (Andréane) :

Absolument pas, absolument pas, absolument pas. Les enjeux de cohabitation

existaient. Quand on a emménagé, là, à Saint-Henri, au départ, dans le sous-sol

de l'église, ça a fait exactement la même chose. Pendant à peu près un trois

mois, on recevait des appels de façon continue. Les citoyens étaient comme en

hypervigilance. On l'a vécu, mais, comme beaucoup, beaucoup, beaucoup décuplé,

mettons, l'année passée, mais ça n'a rien à voir avec le SCS. Tout ça a à voir

avec une

partie d'un écosystème qui est ébranlé. On pourrait être n'importe

quelle autre ressource qui aurait un impact sur l'écosystème, et je pense que

ça donnerait le même résultat.

Mme Gentilcore : Donc,

vous-mêmes, si on prend votre site de consommation supervisée, qu'on l'envoie

ailleurs, dans les faits, au niveau des opérations, au niveau de l'impact, au

niveau de la cohabitation, ça pourrait ne rien changer.

Mme Desilets (Andréane) :

Bien, moi, je pense que ça va être plus complexe. Sincèrement, je pense que ça

va être plus complexe, mais, comme je dis, on est ouverts.

Mme Gentilcore : Tout à fait,

je l'entends, mais moi, je voulais quand même voir… très bien. Bien, je… c'est

la question que j'avais pour vous. Donc, je pense que vous avez fait un bon

tour, puis merci d'être venues. C'était très éclairant. J'avais hâte de vous

entendre, de vous parler. Puis bonne chance pour la suite.

Mme Desilets (Andréane) :

Merci beaucoup.

Le Président (M. Provençal)

: Merci, Mme la députée. Alors, merci

beaucoup à Mme Andréanne Désilets et Mme Sophie Tousignant pour leur

participation, leur contribution, mais surtout d'être venues en présentiel pour

échanger avec les membres de la commission.

Sur ce, je suspends des travaux jusqu'à

15 heures. Merci.

(Suspension de la séance à 12 h 49)

Haut de la page

14 h 30 (version non révisée)

(Reprise à 15 h 01)

Le Président (M. Provençal)

: Alors, bon après-midi à tous. La

Commission de la santé et des services sociaux reprend ses travaux. Nous

poursuivons les consultations particulières et auditions publiques sur le

projet de loi n° 103, Loi visant principalement à

réglementer les sites de consommation supervisée afin de favoriser une

cohabitation harmonieuse avec la communauté.

Cet après-midi, nous entendrons les

témoins suivants : BRAS-Montréal, monsieur... BRAS-Outaouais — ce

n'est pas de ma faute! — BRAS-Outaouais, excusez-moi, excusez moi, M.

Michel Parazelli et Mme Mylène Drouin.

Alors, sur ce, bienvenue aux représentants

du BRAS-Outaouais, c'est-à-dire MM. Vaillant, St-Onge, Gauthier et Mme Provost-Auger.

Alors, je vous cède la parole 10 minutes, et on procède aux échanges. À

vous.

M. Vaillant (Logan) : Merci, M.

le ministre, Mmes et MM. les membres des commissions, merci de nous accueillir

aujourd'hui et de prendre le temps de nous entendre. Merci de nous donner l'opportunité

de porter la voix du BRAS-Outaouais mais surtout celle des personnes que nous

accompagnons, que nous soutenons et avec qui nous travaillons à chaque jour.

Mon nom est Logan Vaillant, je suis

directeur général du Bureau régional d'action sida Outaouais, donc le BRAS. Je

suis accompagné d'Andréanne Provost-Auger, notre responsable des

communications, et d'Adrien St-Onge, le coordonnateur de notre service d'accompagnement

à la consommation.

Je tiens à spécifier qu'au BRAS on parle

de «service d'accompagnement à la consommation», qu'on appelle un SAC, plutôt

que de «service de consommation supervisée», qui est le SCS qui est nommé dans

le projet de loi. On estime qu'on utilise une approche qui est égalitaire, dans

nos interventions. Notre rôle, c'est d'accompagner les personnes, plutôt que de

les superviser, quand ils font l'utilisation de substances psychoactives.

Permettez-moi de commencer par vous parler

du centre-ville de Gatineau, plus précisément du Vieux-Hull. C'est un secteur...

Ce secteur est un lieu chargé d'histoire, marqué par l'effervescence, la mixité

sociale et une culture de proximité unique. Pendant des décennies, le

Vieux-Hull...

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15 h (version non révisé

e) M. Vaillant (Logan) : ...est

un carrefour vibrant, un quartier ouvrier festif, vivant, où les cafés, les

bars, les salles de spectacles et les commerces de quartier cohabitent avec les

espaces publics et les réalités sociales plus dures. Le «nightlife» y a

toujours occupé une place importante, c'est toujours vrai aujourd'hui, et on

continue d'en faire

partie intégrante. Cette vitalité s'accompagne aussi,

depuis longtemps, de la présence de la pauvreté, de la consommation et de l'itinérance.

Ces enjeux ne sont pas récents, ils sont enracinés dans l'histoire du quartier,

ça en fait pratiquement partie, de l'ADN, et ils appellent des réponses

humaines, structurées et cohérentes. C'est dans cet esprit que le BRAS-Outaouais

œuvre depuis maintenant 35 ans.

Fondé en 1990, notre organisme est

enraciné dans la région. Nous offrons des services de prévention, d'intervention,

de réduction des méfaits, de soutien psychosocial, d'analyse de substances et d'accompagnement

dans les soins. Nous travaillons avec des personnes vivant avec le VIH, à

risque d'infection transmise sexuellement, ou par le sang, ou utilisant des

substances psychoactives, toujours avec une approche centrée sur la dignité

humaine. Ce travail ne serait pas possible sans notre équipe, plus de 35 personnes

compétentes, engagées, qui créent, chaque jour, un espace sécuritaire,

respectueux et humain, un espace d'écoute, un espace de répit, un espace de

possibilités.

Depuis 2022, notre service d'accompagnement

à la consommation, notre SAC, est installé de façon permanente au centre-ville,

mais son histoire a commencé bien avant ça. Le SAC a été lancé il y a cinq ans,

en 2020, dans une tente installée sur l'ancien site Guertin, que vous

connaissez aujourd'hui comme l'espace Transition. Il s'agissait d'une réponse d'urgence

à la montée des surdoses mortelles, notamment liées au fentanyl. Notre projet

est né d'une collaboration forte avec la direction de la santé publique, la ville

de Gatineau et notre service de police. C'est d'ailleurs la direction de la

santé publique elle-même qui a recommandé en 2022 d'établir un site fixe, dans

une optique de santé publique durable.

Et les résultats parlent d'eux-mêmes :

près de 5 000 visites annuelles, aucune surdose mortelle recensée, plus de

100 références vers des services de soins, une baisse notable de la

consommation visible dans le secteur, et une réduction du matériel abandonné

sur la voie publique, un sentiment de sécurité accru au centre-ville de

Gatineau, et ce, malgré la forte augmentation des personnes en situation

d'itinérance. D'ailleurs, contrairement à ce que plusieurs imaginent, plus de

la moitié des personnes qui utilisent nos services ne vivent pas en situation d'itinérance.

Il s'agit de personnes comme vous et moi, qui avez un emploi, des personnes de

tous les horizons, des gens avec des logements, des gens avec des enfants.

Mais toutes les personnes qui vivent une

réalité de consommation ont un besoin d'accès à du matériel de consommation

sécuritaire, à un service d'analyse de leurs substances, et surtout, à un lieu

qui leur permet d'être accompagnées lorsqu'elles consomment. Mais voici une

vérité concrète : ces personnes ne marcheront pas 30 ou 40 minutes pour

recevoir ces services. Les données, et notre expérience, sont claires, la

limite raisonnable d'accessibilité, c'est 15 minutes à pied. Au-delà de ça, les

personnes ne viendront pas, nous perdrons le lien et nous perdrons des vies. C'est

pourquoi notre emplacement actuel est essentiel. Nous sommes là où le besoin

est, dans un secteur connu, accessible, fréquenté, où la cohabitation

fonctionne, et cette cohabitation-là, elle n'est pas théorique, elle est

réelle.

Oui, on est situés à moins de 100 mètres

de deux services de garde, mais nous comptons, parmi nos alliés, le CPE, qui

est situé à seulement 60 mètres de nos locaux, ainsi que les voisins immédiats

de notre SAC. À ce sujet, les membres de la commission ont reçu, annexées à

notre mémoire, 23 lettres d'appui à notre projet, dont les lettres d'un des CPE,

de nos voisins, de la direction de la santé publique et de la ville de

Gatineau. Un appui explicite, un témoignage fort, qui prouve que la

cohabitation est non seulement possible, mais bien réelle à Gatineau. Or, avec

le projet de loi tel qu'il est formulé, cet équilibre est menacé.

Le Vieux-Hull est un quartier dense, il

est parsemé d'écoles, de garderies, de parcs. Il sera pratiquement impossible

de se relocaliser dans le secteur tout en respectant les nouvelles distances

minimales imposées. Et si nous devons quitter ce secteur, nous ne pourrons plus

rejoindre les personnes les plus à risque. Une relocalisation aurait des

conséquences graves pour nous. On estime que les coûts, à eux seuls, sont d'environ

4,7 millions. On est un organisme communautaire, on n'a pas cet argent-là.

On perdrait la proximité avec la clientèle, il y aurait un réel risque de

rupture de services, puis on verrait la fin d'une cohabitation qui est déjà

réussie.

Alors, qu'est-ce qu'on demande aujourd'hui?

Une clause de droit acquis pour les services bien implantés comme le nôtre, un

soutien aux mécanismes de cohabitation, plutôt qu'une approche fondée sur l'exclusion

géographique, et un financement complet si une relocalisation devait, malgré

tout, avoir lieu. Le BRAS-Outaouais est prêt à collaborer, mais pour que cette

collaboration porte fruit, elle doit s'appuyer sur la réalité du terrain, sur

les résultats concrets et sur une volonté commune de protéger les...

M. Vaillant (Logan) : ...la

santé publique ne se fait pas contre les communautés. Elle se fait comme elles.

M. St-Onge (Adrien) : J'aimerais

prendre le temps simplement de remercier tout le monde au nom de l'ensemble des

personnes qui oeuvrent au BRAS depuis plusieurs années dans la lutte au niveau

du VIH, mais dans la lutte au niveau des surdoses présentement, de vous

remercier de nous laisser une voix pour qu'on soit ici à porter la voix des

gens qui sont décédés, qu'on a eu la chance d'accompagner, mais le malheur de

constater leur décès. Surtout à compter de 2020, quand on a mis sur pied, en collaboration

avec la Santé publique puis le CIPTO, notre site de prévention de surdose, je

crois qu'il faut faire honneur à ces personnes-là, qui sont décédées, puis à

leurs familles. Puis, pour nous, c'est important de venir aujourd'hui, puis de

transmettre le savoir qu'ils nous ont transmis, puis que leurs morts n'ont pas

été inutiles. Puis je tiens vraiment à remercier l'équipe de travail qui

constate ça jour après jour. Puis c'est en leurs mots, en leur nom, merci de

nous permettre ça ici. Merci.

M. Vaillant (Logan) : Pour

conclure, M. le ministre, membres de la commission, on demande aujourd'hui à

Québec d'octroyer au BRAS une clause de droit acquis et d'ainsi nous permettre

de continuer à offrir un service essentiel à Gatineau.

On prend quand même le temps de vous

remercier pour votre temps, pour votre écoute et pour votre considération

aujourd'hui.

Le Président (M. Provençal)

: Merci beaucoup. Mme, voulez-vous

ajouter quelque chose? Non. Ça va. Alors, M. le ministre, on débute l'échange,

s'il vous plaît, avec nos participants.

M. Carmant : D'accord. Bien,

merci beaucoup pour ce beau témoignage. Puis bravo pour votre travail aussi.

Ramenez-nous dans le temps, là, de

l'ouverture puis parlez-moi de comment ça s'est implanté, puis la collaboration

que vous mentionnez avec la Santé publique et la ville. C'est quoi, les

recettes du succès, là, tu sais? C'est un peu ça qu'on cherche dans le projet

de loi, là, les recettes du succès.

M. Vaillant (Logan) : Je

pense que... bien, on pense, en fait, que de chercher une solution mur à mur,

ça ne va pas fonctionner parce que les milieux sont tous différents. Chez nous,

ce qui fonctionne, c'est que notre organisme a 35 ans. Ça fait 30 ans

qu'on a des travailleurs de rue qui sont sur le terrain, qui travaillent avec

les populations. Nos services sont déployés à partir de l'expérience vécue des

gens qu'on côtoie, de l'expérience de notre Direction de la santé publique, de

ce qu'on peut témoigner au centre-ville de Hull et à Gatineau en général. Donc,

de dire qu'il y a une solution magique, clé en main, je ne pense pas que ce

soit réaliste. Puis je pense que ce serait de nier à d'autres organismes que le

nôtre la possibilité d'avoir une solution qui répond à leurs besoins.

Pour nous, ce qui fonctionne, c'est qu'on

travaille avec la ville, on travaille avec le service de police, on travaille

avec la Direction de la santé publique. Puis, surtout, on est... on est

présents dans le milieu depuis longtemps. Donc, pour répondre à votre question,

je ne crois pas qu'il y a une solution clé en main, malgré que je comprends

votre intention puis votre désir d'en trouver une.

M. Carmant : Mais c'est n'est

pas... ce n'est pas tout le monde a la même chose. Mais il y a... tu sais,

d'habitude, quand quelque chose fonctionne avec des caractéristiques

fondamentales... La relation avec le CPE, par exemple, vous arrivez là :

C'est quoi les premières interactions avec le CPE?

• (15 h 10) •

M. Vaillant (Logan) : Bien,

dans notre milieu, en fait, notre présence vient diminuer la présence de

consommation visible parce que les gens ont un lieu où ils peuvent se rendre.

Donc, les CPE voient moins de personnes consommer sur la rue, voient moins de

matériel souillé. Puis, ça, ça fonctionne très bien.

Je pense que la mesure de cohabitation...

si on cherche un élément qui peut fonctionner partout, de bien financer les

mesures de cohabitation pour qu'on ait des gens qui soient dédiés à travailler

avec les secteurs, c'est... c'est probablement la meilleure solution. Puis, ça,

c'est une solution qui pourrait être universelle. Parce qu'on a tous quand même

besoin de faire connaître l'importance de nos services, de travailler avec les

milieux, comme avec nos voisins, pour faire sûr qu'ils ont un port d'attache,

quelqu'un avec qui ils peuvent parler quand il y a un problème. Plutôt que de

se rendre faire une plainte à la ville, de se rendre à faire une plainte à la

police, de pouvoir nous appeler, puis que nous, on puisse se rendre sur place

puis intervenir avec les personnes qui en ont besoin et sensibiliser les gens à

la vulnérabilité humaine, essentiellement, là.

M. Carmant : Donc, comment ça

fonctionne?

M. St-Onge (Adrien) : Si je

peux me permettre, on a une caractéristique qui est très particulière dans le

centre-ville de Hull, le sentiment d'appartenance des gens qui l'habitent, mais

des gens qui l'occupent simplement est très élevé à la base. Puis il y a un

historique, comme l'a mentionné Logan. Ça fait 35 ans que le BRAS est là.

Et, quand il y a des projets qui émergent et qu'il y a... que c'est le BRAS, il

y a un sentiment de...

M. St-Onge (Adrien) : …confiance

qui est… qui est là à la base, parce que les gens du quartier nous connaissent

depuis tellement longtemps. Puis merci à nos anciens collègues d'avoir, tu

sais, semer ce chemin-là. Donc, quand on entreprend des projets… Ah! O.K., tu

sais, vous allez aider. Puis il y a… cette confiance-là ouvre un dialogue

qu'ils sont confiants que ce qu'on dit, ce n'est pas n'importe quoi. Puis de

favoriser un sentiment d'appartenance des résidents envers notre site

d'accompagnement à la consommation, ça, ça a été une clé qui est vraiment

gagnante aussi.

M. Carmant : O.K., mais. Mais

on s'entend qu'au CPE il n'y a personne qui consomme, là. Donc… tu sais, comme

quand vous vous êtes implanté, qu'est-ce que vous avez dit au CPE à côté?

M. St-Onge (Adrien) : Bien,

une réponse que le CPE nous a donnée, là, qui était très intéressante, c'est

peut-être que, bon, je n'amènerai pas les enfants ou moi-même consommer là,

mais par contre, si je vois quelqu'un consommer, je vais être capable d'aller

dire : Aïe! Check, de l'autre bord de la rue, il y a... il y a ce

service-là qui est là. Puis ça, c'est une rassurance pour cette personne-là.

C'est ce qu'elle nous a dit.

M. Vaillant (Logan) : Je vais

me permettre de rajouter, le CPE qui a signé la lettre d'appui pour nous, la

propriétaire est dans le secteur depuis au-dessus de 50 ans et elle a

toujours été là. Puis elle nous a parlé, bien, on a été la voir, naturellement,

pour faire signer la lettre. Puis elle nous a expliqué que jadis, ses voisins,

c'était une crack house, donc, le secteur a déjà la présence de consommation.

Il y a déjà des crack house dans le milieu, il y a déjà des lieux de

consommation très connus. La problématique était là bien avant nous. Donc, que

nous, on s'implante puis qu'on dise : Bien, les gens qui consomment à la

rue, on va leur donner un endroit où le faire, on va les accompagner, on va

faire ça pour… ils ont… ils sont dans un état acceptable avant de les

retourner, comme, qu'ils quittent notre site d'accompagnement essentiellement.

C'est sécurisant pour nos voisins, c'est sécurisant dans le milieu. Puis on est

très conscients que si on était retirés de cet environnement-là, la

consommation ne quitterait pas avec nous. Elle serait là, elle serait présente,

elle serait dans les rues, le matériel serait dans les rues. Sauf que nous, on

n'y serait pas pour prévenir les surdoses mortelles.

M. Carmant : O.K., là, je vois

que vous avez… juste me dire si c'est la bonne information, vous avez deux

cubicules et un fumoir, c'est ça?

M. St-Onge (Adrien) : Oui,

effectivement, le fumoir qui permet d'accueillir jusqu'à deux personnes, là, en

simultané pour l'inhalation.

M. Carmant : Mais vous êtes

35 personnes, ça me semble… c'est quelque chose de gagnant, ça.

M. Vaillant (Logan) : On est

35 personnes à travailler au Bras Outaouais, mais on a une dizaine de

services, mis à

part le site d'accompagnement à la consommation. On a des

travailleurs de rue, on a un centre d'hébergement pour femmes, un centre

d'hébergement pour personnes avec le VIH, on fait de l'intervention, on a les

groupes de soutien pour les hommes ayant des relations avec des hommes. On fait

des ateliers dans les écoles, des ateliers en milieu de travail, puis on… notre

offre de services est très large.

M. Carmant : Tout le monde vous

connaît, là. O.K., ça aussi c'est gagnant. Et combien de personnes travaillent

au site de consommation supervisée? Et quelles sont les heures d'ouverture?

M. St-Onge (Adrien) : Bien,

c'est toujours selon la logique qu'on souhaite avoir deux intervenants ou

intervenantes communautaires pendant les heures d'ouverture, mais aussi la

présence d'un pair ou d'une paire aidante. Donc, ça… c'est trois personnes par

quart de travail. On est ouvert sept jours sur sept, 365 jours par année,

7 heures par jour. On souhaiterait plus, mais c'est déjà quand même bon.

Mais si on est capable de faire plus, on va être preneur, avec du financement.

Mais dans le moment, pour nous, la formule gagnante, c'est minimum deux

intervenants avec pair aidant, puis ça j'insiste parce que d'avoir une personne

paire aidante qui a un vécu expérientiel, qui peut être présent pour faciliter

le contact, mais faciliter le côté encore, tu sais, plus humain que la maison

va procurer, bien, c'est extrêmement important.

M. Carmant : Et qui gère la...

qui fait la… ce que vous parliez tantôt, là, la cohabitation, est-ce que

c'est... Ça ne peut pas être ces trois intervenants-là?

M. St-Onge (Adrien) : Non, ça

ne peut pas être ces trois intervenants-là. Sauf que je peux vous dire qu'on

est une équipe avec beaucoup d'énergie puis beaucoup de cœur. Donc, ce qui se

passe, c'est que l'équipe de travail, on va un peu se passer le flambeau pour,

de un, tu sais, aller faire une petite marche autour avant l'ouverture. Moi, je

vais prendre le temps avec ma collègue Andréanne au niveau des communications

pour essayer de développer un comité, là, de cohabitation. Donc, c'est

embryonnaire, mais tout ça, je vais être honnête, ça me crée une surcharge

énorme parce que je dois investir beaucoup d'énergie. Est-ce que c'est

nécessaire? Est-ce que j'aime ça? Est-ce que je suis content de voir les

résultats? Oui, mais on...

M. St-Onge (Adrien) : ...on

manque de ressources pour le faire.

M. Carmant : Puis quel est le

soutien que vous avez pour ça de la ville et/ou de la Santé publique?

M. St-Onge (Adrien) : Dans le

moment, au niveau de la ville puis de la Santé publique, on a des rencontres,

là, une fois par mois ou un mois et demi, puis on brainstorm, on réfléchit à

voir comment est-ce que, comme, on peut mettre en place différentes actions.

L'ouverture est là, les discussions sont là, mais c'est quand on parle

d'argent, je pense que vous... ça commence à être compliqué puis... Oui.

M. Vaillant (Logan) : La

réalité actuelle, c'est que les demandes sont en croissance, mais notre

capacité financière, elle ne l'est pas. Donc, on se retrouve à devoir faire des

choix, présentement. Puis la cohabitation était déjà fragile, dans le sens

qu'on n'a pas énormément de ressources pour aller sur le terrain à la rencontre

des citoyens. On essaie, on a des comités de travail avec la ville et avec la

Santé publique, mais on passait sous le radar. Puis là, avec le projet de loi

qui a été déposé, on n'est plus sous le radar. Les gens parlent de nous, on a

la préoccupation que les enjeux de cohabitation risquent... pas nécessairement

de se pointer, mais que, maintenant que les gens savent qu'on est là, il va y

avoir une sensibilité qui va s'être développée au niveau de notre milieu. Puis

on veut mettre plus d'énergie à assurer une meilleure cohabitation puis à

laisser comprendre aux gens que, par exemple, s'il y a quelqu'un qui consomme

dans la cour d'école, on va aller les chercher puis on va les ramener chez

nous, tu sais. On veut faire cette énergie-là, mais, présentement, on a des

petits comités qui font un petit peu de travail ici et là, là.

M. Carmant : Bravo! Bravo! Et

comment... avec seulement deux ou trois sites, là, comment vous faites pour

éviter les files à l'extérieur? Parce que j'ai vu vos taux d'utilisation, là,

qui sont quand même élevés. Comment ça se fait qu'il n'y a jamais de...

M. Vaillant (Logan) : Bien,

on a un processus d'admission. Donc, les gens qui viennent utiliser les

services sont accueillis, puis là je parle un peu à ta place, mais ils sont

accueillis. On évalue les besoins. Il y a des gens qui viennent chercher du

matériel de consommation, il y a des gens qui viennent voir si on a, parfois,

une infirmière sur place, il y a des gens qui viennent chercher un café, de la

soupe, il y a des gens qui viennent consommer. Donc, on évalue les besoins,

puis ensuite il y a une trajectoire de services qui est déterminée. Puis tu

peux ajouter.

M. St-Onge (Adrien) : Bien,

je pense qu'il faut comprendre aussi, c'est que... je pense que je ne vous

apprends rien, là, en Outaouais, la population qui consomme par inhalation est

très élevée. Vous comprendrez que le rituel qui entoure fait en sorte aussi

que, bon, la rapidité, là, puis l'hypervigilance qui s'ensuit pour des

personnes qui consomme des stimulants, ça se passe plus vite. C'est là où je

veux en venir. Donc, tu sais, c'est certain que, bon, les gens qui viennent

inhaler vont... tu sais, on n'aura pas nécessairement une surveillance accrue à

faire de 45 minutes, une heure, puis... parce que, bon, l'état

d'inconscience, c'est beaucoup plus présent. Ça fait qu'il y a ça, mais il y a

le fait qu'on a une équipe qui est vraiment chevronnée, puis, tu sais, on a mis

des balises aussi assez claires que, comme, malheureusement, à cause du haut

taux de fréquentation... puis plus ça s'en va, pour nous... ça nous inquiète,

ceux qui consomment des opioïdes, par exemple, au-delà d'une heure, on ne peut

pas continuer de faire une surveillance accrue, puis, dans le moment actuel, on

n'a pas beaucoup de solutions pour diriger ces personnes-là. Vous comprendrez

que l'urgence, ce n'est pas nécessairement l'endroit approprié quand la

personne n'est pas en surdose mais c'est simplement qu'il y a un besoin de

surveillance accrue.

M. Carmant : O.K. Bien, ça,

c'est intéressant, ce que vous me dites là, parce qu'une des choses dont on n'a

pas... peu parlé, à date, c'est... il y a un des articles qui... pas qui

impose, là, mais qui demande d'avoir une trajectoire, justement, pour la...

entre le site et les services médicaux. Donc, je pense que c'est quelque chose

qui viendrait aider, également.

• (15 h 20) •

M. St-Onge (Adrien) : Bien,

si je peux me permettre, on a... en Outaouais, on aime ça être rapides. Puis

on... Tu sais, avec nos partenaires au niveau du CISSSO, du CRDO, avec par

exemple Urgence-dépendance, il y a... il y a une trajectoire qui se dessine.

Est-ce qu'il y a place à amélioration? Oui. Mais, heureusement, on est capables

d'en discuter. Mais, tu sais, on est dans un contexte d'urgence. Il faut... Il

faut mettre les bouchées doubles. Parce que, pour nous, tu sais, puis on l'a

nommé, c'est beaucoup de pression.

Puis, tu sais, en dehors des heures

d'ouverture, moi j'expliquais récemment, bon, j'arrive au SAC pour faire des

heures administratives, tu sais, s'il y a quelqu'un que je vois sur le

trottoir, qui n'est même pas sur le terrain, humainement, il faut intervenir.

C'est important. Mais il n'y a pas 36 solutions dans le moment.

M. Carmant : Bien, je vous

salue pour ça. M. le Président, je passerais la...

Le Président (M. Provençal)

: Oui. Mme la députée de Louis-Riel.

Mme Boivin Roy : Merci, M. le

Président. Merci à vous pour votre présentation aujourd'hui.

Je pense que vous nous avez bien parlé des

conséquences concrètes pour une relocalisation, là, sur les usagers du service.

Je pense que vous avez été clairs à ce niveau-là.

Si je vous amenais sur le fait que vous

êtes l'un des deux seuls organismes qui offrent des...

Mme Boivin Roy : ...services de

consommation supervisée en Outaouais. Comment vous voyez les conséquences

régionales d'une éventuelle relocalisation pour le BRAS ou même la fermeture du

site au niveau des services pour les personnes vulnérables? Comment vous voyez

ça au niveau régional?

M. Vaillant (Logan) : Les

gens vont mourir. Si on doit se relocaliser, c'est simple comme ça, les gens...

c'est plate comme ça, mais les gens vont mourir. Parce que, si on n'est pas là

où le problème existe, le problème continue d'exister. Donc, la raison pour

laquelle on est ici pour vous parler aujourd'hui, c'est pour, justement,

marteler le fait qu'on doit rester au centre-ville de Hull si on veut être

efficaces dans notre approche.

On ajoute à ça, comme vous le mentionnez,

qu'on n'est pas les seuls à offrir des services. Il y a le CIPTO, en Outaouais,

qui a un site mobile, on a aussi un site mobile qui se déplace dans les

festivals, qui permet de faire l'analyse de substances, qui permet de rejoindre

les gens puis de les sensibiliser à ce qu'on fait, qui permet de

l'accompagnement dans les festivals, pour les gens qui ont consommé puis qui

ont un peu besoin de faire sûr qu'ils sont en sécurité. Donc, on est là. Si on

devait fermer ou se relocaliser en dehors d'où il y a le besoin, dans un

contexte où l'Outaouais est une des régions les plus touchées par les crises

des surdoses, par la crise de la consommation, une région où les enjeux du

système de la santé sont les plus pressants, bien, comme je l'ai dit tantôt, on

est sûrs que les gens vont mourir de surdose parce qu'on ne sera pas là pour

les aider et les soutenir.

M. St-Onge (Adrien) : Si je

peux me permettre de rajouter, je pense qu'il y a beaucoup de gens de la

population de l'Outaouais qui ont un sentiment d'être abandonnés en ce qui

concerne le service de santé. Est-ce qu'ils ont raison ou tort, ce n'est pas à

moi d'en répondre, nécessairement, mais ce sentiment-là est ressenti. Je pense

que, s'il y avait une fermeture complète du site d'accompagnement en

consommation, en Outaouais, il y a des gens qui vont être extrêmement choqués,

avec un sentiment d'abandon et qu'ils sont littéralement exclus du système

actuel. Puis j'ai plein de gens en tête, une communauté qui utilise le service,

qui vont perdre espoir, littéralement.

Mme Boivin Roy : Il me reste

encore du temps, M. le Président?

Le Président (M. Provençal)

: Oui, une minute.

Mme Boivin Roy : Merci

beaucoup. Comment vous voyez la mise en place et l'application de ce que vous

appelez une clause grand-père ou une clause de droits acquis? Comment vous

voyez ça en application, quand on garde à l'esprit l'essence même du projet de

loi, évidemment, l'équité souhaitée entre les différents organismes, les enjeux

qui sont soulevés depuis les deux derniers jours?

M. Vaillant (Logan) : Bien,

on est sensibles à la motivation derrière le projet de loi, puis on comprend

les préoccupations des gens, puis on veut continuer à y répondre. Donc, c'est

sûr que pour nous, si on pouvait demeurer là où on est, on va quand même

travailler ensemble pour s'assurer que nos services répondent et continuent de

répondre aux besoins en cohabitation, aux besoins de la population puis qu'on

ne crée pas de situations qui soient problématiques en l'Outaouais. Ce n'est

pas ça qu'on souhaite. Mais on veut demeurer là où on est, parce que ça

fonctionne puis on est capables de le prouver, on a les chiffres pour le

démontrer : on a zéro plainte de police, zéro décès, zéro appel au 311, on

a l'appui de la ville. Je pense que de nous déplacer, ça causerait plus de

problèmes que ça répondrait à des problèmes, tu sais? Chez nous, il n'y en a

pas, d'enjeu. Donc, on voudrait demeurer là où on est et travailler ensemble

pour s'assurer que la cohabitation continue de bien se faire.

Le Président (M. Provençal)

: Merci beaucoup, Mme la députée. Nous allons poursuivre

l'échange avec Mme la députée D'Arcy-McGee.

Mme Prass : Merci, M. le

Président. Merci pour le travail que vous avez fait dans le mémoire, et votre

présentation, et pour ce que vous faites à tous les jours. Comme vous devez le

savoir, la mairesse de Gatineau était là hier et a fait écho à plusieurs choses

dont vous avez dit aujourd'hui, entre autres qu'il n'y a pas eu de plaintes

depuis que vous êtes implantés. Et moi, j'ai des questions. Je comprends, de ce

que vous avez dit aujourd'hui, que, quand vous êtes arrivé, en fait, vous avez

fait... bien, vous avez fait un petit peu... vous êtes allés voir les voisins,

les CPE, etc., mais les choses étaient de sorte que vous avez amélioré... votre

venue est venue améliorer la situation. Donc, j'imagine, quand vous avez

approché les voisins pour faire le bon voisinage, pour faire la cohabitation,

il y avait une ouverture parce que, justement, vous alliez amener un élément

positif plutôt qu'être vu comme un élément négatif.

Je suis curieuse. Quelles sont les

démarches que vous avez entreprises en amont justement pour vous assurer que

vos voisins comprenaient que vous étiez là en tant que partenaire? Je pense à

ce que vous avez dit, pour que les gens aient un téléphone direct à appeler,

c'est énorme. Moi, j'ai, dans mon comté, dans les deux dernières années, une

halte-chaleur qui a ouvert et la première année, c'était un petit peu

difficile, mais la deuxième année, c'est justement les gens impliqués sont

allés voir les voisins et ils ont dit : Voici mon numéro de cellulaire.

Puis ça les a rassurés de savoir que, quand il y avait un enjeu, ils allaient

avoir quelqu'un de vive voix au bout de la ligne qui allait pouvoir...

Mme Prass : …leur parler tout

de suite puis essayer de résoudre la situation. Donc, je suis curieuse. Quelles

sont les démarches que vous avez prises pour parler à vos voisins et pour les

rassurer, pour tisser ce lien de confiance?

M. Vaillant (Logan) : On a

carrément fait du porte-à-porte. On a cogné à la porte des gens. On a été leur

parler. On leur a donné l'espace pour qu'ils posent leurs questions, qu'on

puisse répondre à leurs questions, puis qu'ils puissent mettre un visage comme

sur les personnes qui vont intervenir au site d'accompagnement à la

consommation. Donc, la solution qu'on a vraiment prise, c'est ça, c'est d'être

visibles, d'être présents. C'est quelque chose qu'on continue de faire pas

nécessairement tous les jours, mais, quand on sait qu'il y a des enjeux ou

quand on ressent qu'il y a des choses qui se sont produites, on va là où on

pense qu'il y aurait des problèmes puis on va parler aux gens. On est visibles,

on est connus. On a… Comme on l'a dit plusieurs fois, on a 35 ans. Donc,

notre organisme a une expérience. On a gagné plusieurs prix au fil des ans pour

l'excellence de nos services puis notre présence. Est-ce que tu…

M. St-Onge (Adrien) : Oui,

bien, si je peux me permettre, je pense que, ces derniers temps, on a excellé

dans la gymnastique d'horaires pour être en mesure de faire du porte-à-porte

puis de vraiment avoir la connexion nécessaire avec les résidents. Puis ça

m'amène à dire… On veut continuer à le faire, mais, pour être en mesure de continuer

de faire ça, puis, tu sais, si on avait l'occasion d'avoir un droit acquis,

bien, on va avoir besoin de continuer de faire ça, mais de façon très soutenue

et très régulière, bien, ça va prendre des fonds financiers puis il va falloir

être capable de s'assire, cuisiner une belle tarte avec des pourcentages qui

répartissent les responsabilités. Puis ce n'est pas obligé d'être

nécessairement un projet de loi qui fait ça, mais il peut y avoir des

directives administratives qui vont venir dire clairement qui doit faire quoi,

à telle hauteur, puis, ça, je pense que c'est très important, puis ça peut

remettre des choses en perspective, puis ça va nous aider concrètement.

Il y a déjà, nous, avec BRAS, un bon bout

de chemin qui a été fait en aval de, bon, examiner quelles sont les conditions

locales de… dans le Vieux-Hull, avec le service de police, avec la santé

publique. Bien, c'est pour ça qu'on est là. Il y a eu une belle collaboration

avec la ville puis la santé publique, mais là, pour cette analyse-là,

maintenant, le concret sur le terrain, l'appui financier doit se faire. Ce qui

est vraiment le fun, agréable de voir, c'est qu'avec notre comité on commence à

déployer, l'ouverture y est, puis ce qui est merveilleux de voir, c'est qu'on a

même des associations de résidents, des associations de gens d'affaires qui ont

des commerces, qui, en ce moment, attendent juste de voir est-ce qu'on va être

capables d'avoir l'argent pour développer des initiatives ensemble. À mon sens,

on ne voit pas souvent, mais c'est beau.

Mme Prass : Bien, c'est vrai

qu'à Gatineau… puis on a vu, excusez-moi, dans le contexte de l'itinérance, le

privé qui s'est impliqué quand même pour être un partenaire dans tout ça. Donc,

on salue toujours ces gestes-là. Je suis curieuse également… aux alentours de

BRAS… parce que ce qu'on entend puis on lit dans les médias, tu sais, des

seringues dans la rue, des méfaits à l'extérieur de l'emplacement. Est-ce que

vous avez… Je suis curieuse. Avez-vous des caméras? Quelles sont les mesures d'atténuation,

disons, que vous avez mises en place justement pour vous assurer que les

activités, vraiment, se gardent à l'intérieur et non… et ne soient pas visibles

à l'extérieur et dans l'espace public?

• (15 h 30) •

M. St-Onge (Adrien) : Je vais

vous donner un exemple très concret. J'ai eu une bulle de folie l'été passé,

puis un des besoins qu'on avait ciblés, qui est également un facteur de

protection pour les personnes consommatrices au niveau des surdoses,

l'hydratation, d'être bien hydraté, ça va réduire les risques de surdose. Bien,

dans notre secteur, on avait besoin d'être en mesure d'offrir une source d'eau

potable disponible 24 heures sur 24 à même notre site pour tout le monde, au

final. Bien, ça, ça va faire en sorte que ça va probablement permettre à

quelqu'un d'obtenir de l'eau directement là au lieu de, bon, voler une

bouteille d'eau, aller dans un commerce sans avoir quoi que ce soit, tu sais,

pour le payer.

Donc, ça semble banal, mais ça, c'est une

mesure concrète. Pour nous, on a décidé que les caméras de sécurité, ce n'est

pas quelque chose qu'on voulait préconiser nécessairement parce que nous, on

veut mettre de l'avant que, si les gens s'approprient le… qui est une maison en

soi, puis qu'ils ont envie d'en prendre soin, bien, ça va être la communauté

qui va en prendre soin, un peu du même principe que ça prend un village, tout

un village pour élever un enfant, bien, ça prend tout un quartier pour prendre

soin d'un site comme ça. Ça fait qu'on le voit, s'il y a quelqu'un qui va

commencer…

Haut de la page

15 h 30 (version non révisé

e) M. St-Onge (Adrien) : ...faire

du grabuge, bien, c'est des discussions entre deux personnes, puis,

généralement, ça cesse rapidement.

M. Vaillant (Logan) : Dans le

quartier en général, on a aussi une équipe qui fait du nettoyage de la rue

principale. Quand on est sur la rue Eddy, qui est une des rues principales au

centre-ville de Hull, on a des gens impliqués, des citoyens, des commerces, d'autres

organismes communautaires qui travaillent avec nous puis on se fait des

journées où on va se promener où il pourrait y avoir des seringues ou du

matériel souillé, on le ramasse.

M. St-Onge (Adrien) : Le BRAS-Outaouais

on excelle... partenariat puis on travaille beaucoup en partenariat avec le... qui

soutient aussi des travailleurs de rue puis un groupe de pairs aidants puis on

travaille avec eux pour justement assurer ce nettoyage-là.

Mme Prass : ...parce que, ce

que je constate, c'est au-delà de la question de la cohabitation, vous avez pu

amener les gens dans le coin de vouloir s'impliquer, pas juste d'accepter de

vous accueillir, mais vraiment de s'impliquer. Je trouve ça vraiment... je

salue ce travail que vous avez fait pour y arriver à ce point-là, parce que je

pense que c'est l'idéal, parce que, quand on parle de cohabitation, bien, c'est

ça, ce n'est pas juste de vivre ensemble, c'est de s'entraider également. Donc...

M. St-Onge (Adrien) : Oui. C'est

l'idéal, mais, je vais être honnête, on était essoufflé puis on a besoin de

plus de moyens financiers pour aller plus loin.

Mme Prass : Bien, justement,

ma prochaine question, puis ça a été évoqué à plusieurs reprises hier, on vous

demande, comme vous dites, de faire ce travail, un travail qui est essentiel,

un travail qui sort les intervenants de leur mission, disons, pour pouvoir faire

ce travail-là. Je comprends qu'il y a déjà un comité sur place et, dans votre

mémoire, vous suggérez de renforcer les comités de cohabitation locaux. Si vous

auriez les moyens de le faire, des moyens financiers qui vous seraient accordés

par le gouvernement, comment est-ce que vous voyez ce renforcement?

M. St-Onge (Adrien) : Bien,

je pense que ce renforcement-là va passer par une clarification, comme je

Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCSSS 2025-06-04
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux-parlementaires commissions csss-43-1 journal-debats CSSS-250604
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifiere360d6eb5319120fe0beb20398609df38cfb85ae

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