Public Administration — 14 February 2017 (41st Legislature, 1st Session)
CAP 2017-02-14
Quebec — Committees
(Quinze heures sept minutes)
Président (M. Girard) :
Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de l'administration publique
ouverte. Je demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir
éteindre la sonnerie de leurs téléphones cellulaires.
La commission
est réunie aujourd'hui afin de procéder à l'audition du Centre des
services partagés du Québec sur sa gestion administrative ainsi que sur les
chapitres 2 et 9 du rapport du printemps 2016 du Vérificateur général du Québec,
intitulés respectivement Vérification
particulière (partie 2) — Contrats d'achats regroupés en
technologies de l'information et Suivi d'une vérification
de l'optimisation des ressources — Centre de services
partagés du Québec : acquisitions de biens et de services .
M. le secrétaire, y a-t-il des remplacements ou
des membres temporaires?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Gaudreault (Jonquière) est remplacé par M. Leclair (Beauharnois).
Président (M. Girard) :
Merci. Nous débuterons par l'exposé de Mme la Vérificatrice générale du Québec.
Nous l'entendrons sur le résumé des rapports qu'on a mentionnés plus tôt. Par
la suite, nous entendrons les gens du Centre de services partagés, qui vont pouvoir nous exposer leur point de vue,
qui sera suivi par des échanges, des portions de dix minutes entre les
différents groupes parlementaires.
Je veux également
en profiter pour vous rappeler que le rôle de la Commission de l'administration publique en ait un de contrôleur de la gestion administrative des
ministères et organismes. J'invite donc tous les membres de la commission à
poser des questions dans cette perspective.
J'invite donc
la Vérificatrice générale à nous faire part du résumé de ses observations et à
nous présenter également les gens qui l'accompagnent.
Leclerc (Guylaine) : Merci, M. le Président. Alors, M. le Président,
MM. les membres de la commission, M.
le président-directeur général du Centre des services partagés du Québec, c'est
avec intérêt que je participe à cette séance de la Commission de
l'administration publique.
Tout d'abord,
permettez-moi de vous présenter les personnes qui m'accompagnent : M.
Serge Giguère, vérificateur général
adjoint; Mme Sarah Leclerc, directrice de vérification; et Mmes Caroline
Reny et Isabelle Fournier, chargées de projet.
Le Centre des
services partagés du Québec, le CSPQ, assume un rôle clé dans la gestion des
achats regroupés, lesquels sont mis
en place au bénéfice des ministères et des organismes publics qui ont des
besoins communs et récurrents.
Au printemps
2016, le Vérificateur général a produit deux rapports visant les acquisitions
effectuées par le CSPQ. Le premier est un suivi d'une vérification de
l'optimisation des ressources portant sur les acquisitions de biens et services. Le rapport initial avait été déposé en
juin 2014. Le second rapport fait suite à la demande du Conseil du trésor
de mener une vérification particulière à
l'égard de contrats en technologies de l'information. Il constitue la deuxième
partie de cette vérification et a porté précisément sur deux contrats
d'achats regroupés de biens informatiques.
Je vous
présenterai d'abord les conclusions des travaux de suivi quant à la mise en
oeuvre du plan d'action du CSPQ. Ensuite, je vous ferai part des
principaux constats formulés lors de la vérification particulière.
Pour répondre
à une demande de la commission figurant dans son rapport de juin 2015, nous
avons apprécié la mise en oeuvre du
plan d'action du CSPQ afin de nous assurer que celui-ci permet de remédier aux
déficiences relevées lors de la
vérification initiale. Nos travaux ont porté sur l'ensemble des recommandations
que nous avons formulées et sur les
six recommandations de la commission adressées au CSPQ. Nos recommandations
sont regroupées sous deux thèmes : le processus d'acquisition, pour 11 recommandations; et la gouvernance en
matière d'acquisition, pour neuf recommandations.
À propos
du processus d'acquisition, les progrès accomplis ont été jugés satisfaisants
pour huit des 11 recommandations. À
cet égard, notons que le CSPQ a mis en place des procédures afin que la
préparation des appels d'offres soit faite de façon à maximiser le libre
jeu de la concurrence. De même, des moyens ont été pris pour que l'évaluation
des appels d'offres favorise le traitement
équitable des fournisseurs. Quant aux recommandations pour lesquelles les
progrès sont insatisfaisants,
mentionnons que les mécanismes permettant l'obtention d'une information de
gestion fiable et suffisante sur les
acquisitions ne sont toujours pas établis. Pour les neuf recommandations
relatives aux enjeux de gouvernance, les deux tiers ont donné lieu à des
progrès insatisfaisants.
le CSPQ a connu des progrès satisfaisants par rapport à sa compréhension des
attentes des clients et au développement du
savoir-faire de son personnel, ce n'est pas le cas pour plusieurs autres
éléments. Nommons l'établissement d'une
offre de services qui correspond aux besoins des clients et pour laquelle il
existe un potentiel d'économie, l'évaluation de sa performance ainsi que la mise en place d'une gestion intégrée des
risques. Par ailleurs, les progrès enregistrés pour deux des six
recommandations de la commission sont insatisfaisants. Tout comme pour nos
recommandations, ce sont les volets liés à la gestion des risques et à
l'information incluse dans le tableau de bord qui demeurent problématiques.
Concernant
la vérification particulière, nous avons choisi de traiter distinctement deux
contrats d'achats regroupés visés par
la demande du Conseil du trésor de mars 2015. En effet, ils étaient de
nature différente des autres contrats de services professionnels vérifiés lors de cette mission. Nous nous sommes
d'abord penchés sur la stratégie d'acquisition. Celle-ci n'a pas toujours donné les résultats escomptés. Ainsi, le CSPQ
n'a pas l'assurance que les ministères et organismes ont bénéficié de baisses de prix attendues ou
obtenu des modèles reflétant l'évolution technologique. Ensuite, les décisions
prises à certaines étapes, notamment lors de l'établissement de la stratégie et
au moment du suivi des questions des fournisseurs,
n'ont pas été suffisamment documentées. L'appel d'offres de micro-ordinateurs a
entraîné près de 400 questions et 22 addendas. Toutefois, aucun
document présentant l'argumentation et les recommandations du comité technique
à l'égard des modifications effectuées n'a été retrouvé.
D'autre
part, les contrôles permettant de suivre adéquatement les clauses
contractuelles sont insuffisants. À
titre d'illustration, les contrats prévoient que les fournisseurs peuvent
seulement proposer des diminutions de prix. Cependant, le prix de 40 options a augmenté au cours de la
période du contrat. Enfin, l'ajout d'un grand nombre d'options non obligatoires
rendu possible à la suite d'addendas à
l'appel d'offres de micro-ordinateurs permet aux entités de choisir un produit
précis. Cela contribue à limiter la concurrence et ne favorise pas
toujours l'obtention du meilleur prix.
En terminant,
j'aimerais souligner l'excellente collaboration des représentants du CSPQ. Je
tiens à assurer les membres de la commission qu'ils peuvent compter sur mon
entière collaboration.
Le Président (M. Girard) : Merci, Mme Leclerc. Maintenant, je vais inviter
M. Denys Jean, P.D.G. du CSPQ, à nous
présenter les gens qui vous accompagnent et à nous faire votre exposé. Vous
disposez d'un temps de 10 minutes.
Jean (Denys) : M. le Président, bonjour. Bonjour aux membres de la
commission. Mes salutations à la Vérificatrice générale ainsi qu'au
secrétariat de la commission. Je voudrais effectivement vous présenter les gens
qui m'accompagnent : de mon extrême droite, Mme Caroline Drouin, qui est
vice-présidente aux ressources humaines et financières; à côté d'elle, M. Bernard
Bouret, qui est vice-président aux solutions d'affaires; M. Marc Landry,
qui est vice-président aux infrastructures
de technologies de l'information; et Mme Brigitte Guay, qui est vice-présidente
aux ressources matérielles et aussi aux moyens de communication; et
derrière moi j'ai la secrétaire générale du CSPQ, Mme Johanne Laplante; et la directrice de l'observance des règles
contractuelles et de l'audit interne, Mme Ginette Tanguay.
exposé, M. le Président, va se dérouler en deux temps, compte tenu du double
mandat que la commission s'est donné. La première
partie va porter sur
le Plan de transformation du centre, qui fait office de planification stratégique 2015‑2018 et pour lequel vous avez
formulé des préoccupations dans votre 35e rapport sur l'imputabilité des
sous-ministres et des dirigeants d'organisme
de décembre 2016. Dans la seconde partie, j'aborderai le suivi des
recommandations du rapport du
Vérificateur général à l'égard des contrats d'achats regroupés en technologies
de l'information et le suivi d'une
vérification de l'optimisation des ressources sur les acquisitions de biens et
services qui ont fait l'objet d'un rapport à l'Assemblée nationale en
mai 2016.
vais aller directement, M. le Président, à la page 4 pour aborder tout de suite
la question du contexte dans lequel on
a mis en place le Plan de transformation du centre. Donc, en décembre 2014, à
mon arrivée comme président-directeur général
du Centre des services partagés, le ministre d'alors, M. Coiteux, m'a confié le
mandat de repositionner le centre après
près de 10 ans d'existence et de revoir l'étendue et la pertinence de
certaines de ses activités. Le contexte, vous vous en rappellerez, ou la période, aussi qu'on
pourrait qualifier de difficile, puisque, dans les années 2013 et 2014, le
Centre des services partagés du
Québec faisait l'objet d'une importante attention médiatique, sans compter les
examens menés et les suivis réalisés
par le Vérificateur général du Québec... de telle sorte qu'en avril 2015
l'ancien ministre responsable de
l'Administration gouvernementale et de la Révision permanente des programmes et
président du Conseil du trésor, M.
Coiteux, rendait public le plan de transformation 2015‑2018 du Centre des
services partagés du Québec. L'élaboration de ce document stratégique avait nécessité quatre mois de travail et mis
à contribution plusieurs ressources, sans compter tous les efforts déployés pour mobiliser l'ensemble du
personnel du centre à la mise en oeuvre des priorités ciblées dans ce plan.
Pour
les autorités du centre, élaborer et rendre publics deux documents
d'orientation stratégique qui traitent des mêmes enjeux et des mêmes priorités organisationnelles risquait, selon
nous, d'engendrer de la confusion, tant à l'interne qu'à l'externe, quant à la direction que prenait
le centre, sans compter la complexité de reddition de comptes publique. Après des vérifications au sein de l'appareil
gouvernemental, nous avions pu constater qu'il y avait des situations où des
organisations publiques décidaient de
surseoir à l'élaboration d'un nouveau plan stratégique pour des raisons de
contexte organisationnel. Après
vérification auprès du Conseil du trésor, nous avons proposé aux membres du
conseil d'administration du centre
d'approuver le Plan de transformation comme planification stratégique. C'est
ainsi que ce Plan de transformation organisationnelle
d'avril 2015 est devenu la planification stratégique 2015‑2018 et qu'il a fait
l'objet d'une reddition de comptes dans le rapport annuel de gestion
2015‑2016.
À l'examen du
rapport annuel de gestion 2015‑2016, les membres de la commission ont soulevé
qu'il était difficile d'évaluer la
performance du centre selon les axes et les actions présentés, car il s'agit
d'actions concrètes et qu'il n'y a pas de mesure
de leur évolution ou de leur avancement. De plus, les membres constatent qu'il
sera difficile de comparer l'avancement des
travaux d'une année à l'autre. Enfin, comme le Pl