House Proceedings — 19 February 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
2020-02-19
Quebec — Debates (Hansard)
Aujourd'hui, je souhaite remercier
chaleureusement tous les employés et bénévoles qui contribuent, depuis 40 ans, à veiller au bien-être des nouveaux
arrivants et à leur fournir une qualité de vie apaisante. Immigrer peut parfois
ressembler au parcours du combattant, et l'accompagnement de l'APO est un
véritable baume pour qui, à notre grand bonheur, choisit la belle région de l'Outaouais
pour plonger ses racines. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Picard) :
Merci, Mme la députée. Je reconnais maintenant M. le député de Portneuf.
M. Caron : M. le Président, en 2020,
la municipalité de Sainte-Christine-d'Auvergne souffle sa 125e bougie. Un
siècle un quart, ce n'est pas rien.
Tout au long de l'année, de nombreuses activités
sont organisées, permettant de fêter comme il se doit cet anniversaire. Concerts, courses de souffleuses,
grande roue, feux d'artifice, tours d'hélicoptère et bien plus encore. La
population est incontestablement choyée. Les Auvergnates et les Auvergnats
peuvent être très fiers.
Située au
coeur de la belle région de Portneuf, entre la plaine agricole et les
montagnes, Sainte-Christine-d'Auvergne possède
un passé riche de femmes et d'hommes qui ont forgé son identité. On retrouve, sur
son territoire, des entreprises qui constituent des fleurons de notre
économie, comme Au Chalet en bois rond ou Charbon de bois Feuille d'érable.
Je tiens
aujourd'hui à saluer cette municipalité ainsi que l'ensemble des bénévoles qui
contribuent à faire de ce 125e anniversaire un véritable succès. Bon
125e, Sainte-Christine-d'Auvergne! Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Picard) : Merci, M. le député. Je cède maintenant
la parole à M. le député de D'Arcy-McGee.
Birnbaum : M. le Président, je tiens aujourd'hui à rendre hommage à
quatre individus qui ont fait valoir notre réseau d'écoles publiques et donné
de leur temps, leur âme pour l'épanouissement et le bien-être de nos enfants.
Le gouvernement caquiste les a remerciés ainsi
que quelque 700 autres élus des commissions scolaires sans préavis et
sans la moindre reconnaissance le 8 février, à 3 h 21 du matin,
lors du bâillon sur le projet de loi n° 40.
We, on the other hand, will not
forget their dedication and hard work.
Aux élus scolaires du
Québec et particulièrement à ceux qui ont oeuvré au sein de la circonscription
de D'Arcy-McGee, que je représente, «thank
you». «Merci» to
Khokon Maniruzzaman, Sarita Benchimol, Bernie Praw, and
Marie-José Mastromonaco, whose efforts beyond the riding have also touched the
students and families I have the privilege to serve.
Nos écoles sont plus
fortes et plus efficaces dû à vos efforts. Merci.
Le Vice-Président (M. Picard) :
Merci, M. le député. Nous poursuivons avec M. le député de Chauveau.
Lévesque (Chauveau) : Merci beaucoup, M. le Président. En début d'année,
deux activités majeures se déroulent dans la région de Québec. Depuis 1955, il
y a, bien sûr, notre célèbre carnaval d'hiver, mais, en même temps, est présenté le non moins célèbre tournoi
international pee-wee, depuis 61 ans, avec des participants comme Guy Lafleur,
Wayne Gretzky, Mario Lemieux, Patrick Roy et plusieurs autres.
Je veux
rendre hommage aujourd'hui à ses dirigeants et bénévoles, mais plus
particulièrement aux joueurs, en soulignant un bel exemple de participation
au tournoi, celui des frères Émile et Xavier Lepage de Stoneham. Tous deux
auront participé à deux reprises au tournoi, Xavier, en 2018 et 2019, et Émile
en 2019 et 2020.
J'en profite
aussi pour souligner les sacrifices que s'imposent certains parents pour
permettre à leurs enfants de pratiquer leurs sports préférés.
Bravo aux
frères Lepage et à tous les pee-wee! Et merci aux organisateurs et bénévoles de
ce tournoi de hockey unique. Merci beaucoup, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Picard) :
Merci, M. le député. Je reconnais maintenant M. le député de Rosemont.
Marissal : Merci, M. le
Président. Je prends une petite minute pour remercier et saluer un grand
Rosemontois, un défenseur de la cause de l'école publique. Jean-Denis Dufort a
été commissaire scolaire de Mercier et de Rosemont pendant 14 ans.
M. Dufort a
aidé un nombre incalculable de parents, d'élèves, de directions d'école et
d'élus des autres paliers, je le répète, pendant 14 ans. Jean-Denis
Dufort a perdu son poste ici, en pleine nuit, d'un trait de plume, ou d'un
trait d'amendement, et, plutôt que de
rentrer chez lui avec la frustration légitime, il a plutôt décidé de faire
preuve de professionnalisme, de me rencontrer, de rencontrer les parents
et de transférer tous les dossiers, dont nous aurons dorénavant la charge.
Je le
félicite, je le remercie et je lui dis : Jean-Denis, je tâcherai d'être à
la hauteur des services que tu as rendus à la communauté de Mercier et de Rosemont, je tâcherai d'être un
défenseur de l'école publique comme tu l'as été pendant 14 ans. Merci,
M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, M. le député. Je cède la parole à M. le
député de Nicolet-Bécancour.
Martel : Merci, M.
le Président. Un bénévole de Bécancour, M. Yvon Tremblay, ici présent avec
toute sa famille, a récemment posé un geste extraordinaire.
devait transporter une dame à un rendez-vous médical d'importance, mais,
lorsqu'il s'est présenté au logement de la dame, il n'a obtenu aucune réponse.
Les rideaux étaient fermés, donc impossible de voir à l'intérieur. M. Tremblay s'est informé dans le voisinage, mais personne
ne semblait connaître les habitudes de cette personne. Il est donc
retourné chez lui et a décidé de persister à poser des questions à des gens du
village. N'obtenant pas de résultat, même
après avoir tenté de rejoindre le propriétaire de l'immeuble où la dame vivait,
M. Tremblay a fait appel à la Sûreté
du Québec, et, grâce à l'intervention des policiers, la dame a été retrouvée et
elle a pu être secourue. Elle avait fait une chute deux jours plus tôt
et était restée immobile depuis.
Je veux rendre
hommage à M. Yvon Tremblay pour sa persévérance exceptionnelle et sa
conduite citoyenne exemplaire. Merci, M. Tremblay.
Vice-Président (M. Picard) :
Merci, M. le député, je reconnais maintenant M. le député de Matane-Matapédia.
Bérubé : M. le Président, aujourd'hui, je tiens à rendre hommage à un homme qui aura
servi sa communauté tout au long de
sa vie. M. Gaétan Dubé est décédé le 10 janvier dernier à l'âge de
85 ans. Il était connu de tous dans la municipalité de Saint-Ulric.
Fondateur du Marché
Dubé, l'une des rares épiceries de proximité toujours en opération, il était un
homme passionné par son travail et dévoué
envers sa clientèle. Reconnu pour sa bonne humeur et son accueil chaleureux, il
était un entrepreneur avant-gardiste et polyvalent.
début de ses activités, M. Dubé vendait des produits directement au
domicile de ses clients avec son camion. Il s'établit un peu plus tard au coeur
du village dans des installations modernes. Cette année, le Marché Dubé
célèbre ses 50 ans, et la tradition familiale se poursuit toujours avec
Nataly et Raynald.
M. Dubé
était également un passionné de tir à l'arc. Champion québécois
en 1968, il répéta trois fois l'exploit dans la catégorie senior, alors
qu'il avait atteint les 80 ans.
son travail constant, son dévouement, sa joie contagieuse et son intarissable
énergie... D'ailleurs, son slogan était :
Ici, ce n'est pas une épicerie comme les autres, ici, ça n'arrête pas de bien
aller! Gaétan Dubé a véritablement marqué plusieurs générations
d'Ulricois.
terminant, permettez-moi d'offrir mes sincères condoléances à son épouse
Jeannine, ses enfants Raynald, Yvan, Nataly et Stéphane. Merci, M. le
Président.
Vice-Président (M. Picard) :
Merci, M. le député. Je cède maintenant la parole à M. le député de Bourget.
M. Campeau :
Merci, M. le Président. En cette semaine de la persévérance scolaire,
j'aimerais souligner le 25e anniversaire de L'Antre-Jeunes de Mercier-Est.
Véritable refuge pour
les jeunes de 13 à 17 ans, L'Antre-Jeunes offre des services tels que des
tables de jeu, studios d'enregistrement, ateliers de peinture et d'arts
créatifs, qui sont donnés depuis une dizaine d'années dans les différents
établissements de Mercier-Est et d'Anjou.
Depuis
2000, l'organisme peut également compter sur les travailleurs de rue qui
sillonnent le territoire dans le but d'entrer
en contact avec des jeunes, parfois dans des lieux pas toujours
recommandables, ceci pour faciliter la réintégration de ces
jeunes vers l'école. Depuis 2007, le programme de travail de milieu en HLM
offre de nombreux services auprès de 750 résidents pour les
soutenir dans leurs difficultés souvent reliées à l'éducation des enfants.
Merci
à l'équipe dynamique de L'Antre-Jeunes, et continuez votre travail
exceptionnel. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Picard) : Merci, M. le député. Mme la
députée de Pointe-aux-Trembles, la parole est à vous.
Mme Rouleau : M. le
Président, j'aimerais profiter de
cette tribune afin de rendre hommage à M. Jim Orrell, un journaliste émérite qui, le 13 janvier
dernier, a célébré 55 ans de contribution professionnelle au journal
hebdomadaire l' Avenir de l'Est.
Arrivé
d'Angleterre en 1946, M. Orrell avait un défi colossal devant lui lorsqu'il
a signé sa première chronique en
1965, celui de rédiger en français, l'anglais étant sa langue maternelle. Il a
réussi à livrer la marchandise avec grand succès et, depuis 1988, dans ses chroniques La Jungle à Jim , il
raconte l'histoire de l'est de Montréal, ses concitoyens,
ses personnages, ses
organismes et ses bénévoles. Généreux, souriant et près de sa communauté, Jim
Orrell est devenu une référence, une
institution dans l'est. Ses lecteurs, devenus des fans au fil des années,
attendent impatiemment, chaque semaine, sa chronique dans le journal.
Je tiens à féliciter
et à remercier M. Orrell pour sa dévotion au cours de ces dernières
50 années, et nous sommes fiers
de compter sur un être aussi exceptionnel dans Montréal-Est et dans
Pointe-aux-Trembles. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Picard) :
Merci, Mme la députée. Cela met fin à la rubrique Déclarations de députés.
Et je suspends les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 9 h 52)
Président : Mmes et
MM. les députés, bonne journée à vous toutes et à vous tous. Nous allons nous
recueillir quelques instants.
Je vous remercie. Vous pouvez vous asseoir.
Mmes et MM. les députés, j'ai le plaisir de
souligner la présence dans les tribunes du consul général de la République
hellénique à Montréal, M. Michalis Gravriilidis, à l'occasion de sa visite
de prise de poste.
Nous poursuivons donc les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles ni présentation de projets de loi.
Il n'y a pas de dépôt de documents.
À la rubrique
Dépôt de rapports de commissions, M. le
président de la Commission de l'agriculture, des pêcheries,
de l'énergie et des ressources naturelles et député de Masson.
M. Lemay : M. le
Président, je dépose le rapport
tant attendu de la Commission de
l'agriculture, des pêcheries, de
l'énergie et des ressources naturelles
qui, dans le cadre du mandat d'initiative visant à examiner les impacts des
pesticides sur la santé publique et
l'environnement ainsi que les pratiques de remplacement innovantes disponibles
et à venir dans les secteurs de
l'agriculture et de l'alimentation,
et ce, en reconnaissance de la compétitivité du secteur agroalimentaire québécois, a tenu des auditions publiques le
28 mai 2019 dans le cadre de consultations particulières et les 23, 24, 25
et 26 septembre 2019 dans le cadre d'une consultation générale.
La commission
s'est également réunie en séance de travail les 28 mars, 9 mai,
19 septembre et 5 décembre 2019, ainsi que le 18 février
Ce rapport contient 32 recommandations.
Le Président : Ce rapport est
déposé.
À la rubrique Dépôt de pétitions, M. le député
de Rimouski.
M. LeBel :
Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à
l'Assemblée nationale, signée par 1 083 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les
suivants :
«Considérant
que le Plan d'action gouvernemental pour l'inclusion économique et la
participation sociale 2017‑2023 comprend
43 mesures regroupées dans quatre axes, dont Sortir plus de
100 000 personnes de la pauvreté et augmenter le revenu
des personnes en situation de pauvreté ;
«Considérant
qu'une proportion importante de personnes hébergées recevant de l'aide de
dernier recours ont vu l'augmentation annuelle de leur prestation
ponctionnée puisque le Règlement sur la contribution des usagers pris en charge par les ressources
intermédiaires détermine, à l'article 8, que l'allocation [des] dépenses
personnelles ne soit pas inférieure à 245 $;
«Considérant
qu'au printemps 2018 une directive temporaire du gouvernement du Québec a
permis l'augmentation de l'allocation
pour dépenses personnelles des personnes hébergées prestataires de l'aide de
dernier recours de 215 $ à 288 $ et que ce montant a été
réduit à 245 $ au 1er février 2019, induisant une diminution de
43 $;
«Considérant
que l'augmentation de l'allocation entre 2018 et 2019 pour les personnes
hébergées est de 30 $ contre 150 $ pour les prestataires du
Programme de solidarité sociale non hébergés;
«Considérant que les
personnes hébergées en ressources intermédiaires sont des citoyens à part
entière;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés,
demandons au gouvernement du Québec :
bonification rétroactive du montant de l'allocation de dépenses personnelles
pour personnes hébergées afin qu'il soit équivalent au montant de
l'augmentation de l'aide de dernier recours en 2019, soit 360 $;
«Une
modification du calcul de l'allocation de dépenses personnelles afin que les
personnes hébergées bénéficient du rehaussement des prestations d'aide
sociale.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Cet extrait de pétition est déposé.
J'ai
également reçu une demande de M. le député de Rimouski pour la présentation
d'une pétition non conforme. Y a-t-il consentement pour la présentation
de cette pétition? Il y a consentement. M. le député de Rimouski.
M. LeBel :
Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à
l'Assemblée nationale, signée par 485 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les
faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que le Plan d'action gouvernemental
pour l'inclusion économique et la participation sociale 2017‑2023 comprend
43 mesures regroupées dans quatre axes, dont Sortir plus de
100 000 personnes de la pauvreté et augmenter le revenu
des personnes en situation de pauvreté ;
«Considérant qu'une proportion importante de personnes
hébergées recevant de l'aide de dernier recours ont vu l'augmentation
annuelle de leur prestation ponctionnée puisque le Règlement sur la contribution
des usagers pris en charge par les ressources
intermédiaires détermine, à l'article 8, que l'allocation pour dépenses
personnelles ne soit pas inférieure à 245 $;
«Considérant qu'au printemps 2018 une directive
temporaire du gouvernement du Québec a permis l'augmentation de l'allocation pour dépenses personnelles des personnes
hébergées prestataires de l'aide de dernier recours de 215 $ à 288 $
et que ce montant a été réduit à 245 $ au 1er février 2019, induisant
une diminution de 43 $;
«Considérant que l'augmentation
de l'allocation entre 2018 et 2019 pour les personnes hébergées est de
30 $ contre 150 $ pour les prestataires du Programme de solidarité
sociale non hébergées;
«Considérant que les personnes
hébergées en ressources intermédiaires sont des citoyens à part entière;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés,
demandons au gouvernement du Québec :
bonification rétroactive du montant de l'allocation de
dépenses personnelles pour personnes hébergées afin qu'il soit équivalent au
montant de l'augmentation de l'aide de dernier recours en 2019, soit
360 $;
«Une modification du
calcul de l'allocation [des] dépenses personnelles afin que les personnes
hébergées bénéficient du rehaussement des prestations d'aide sociale.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition. Merci, M. le Président.
Le Président :
Cet extrait de pétition est également déposé.
n'y a pas de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une
violation de droit ou de privilège.
vous avise qu'après la période des questions et réponses orales sera tenu le
vote reporté sur l'adoption du principe du projet de loi n° 44, Loi visant principalement la gouvernance
efficace de la lutte contre les changements climatiques et à favoriser
l'électrification.
Nous en sommes
maintenant à la période de questions et de réponses orales, et je cède la
parole au chef de l'opposition officielle.
M. Arcand :
M. le Président, depuis maintenant 14 jours, des lignes ferroviaires
névralgiques sont bloquées par des communautés autochtones. L'économie
du Québec est durement touchée par ces barricades. Au total, ce sont
120 millions de dollars en marchandises qui sont bloqués chaque jour au
Québec.
cours des deux dernières semaines, le premier ministre s'est exprimé à
plusieurs reprises. Il a dit que c'était un problème d'abord et avant tout en Colombie-Britannique. Ensuite, il a
renvoyé la balle à Justin Trudeau. Et il a rappelé également qu'il était
en lien avec Doug Ford.
qu'on a appris hier, c'est que les chefs héréditaires avec lesquels Ottawa
voudrait discuter ne seraient pas disponibles
avant la fin février, et rien n'indique, actuellement, que le conflit va se
régler rapidement. Un axe névralgique de
notre développement économique est donc coupé. Et on comprend que les
négociations, c'est la responsabilité du fédéral, mais le premier
ministre doit également poser des actions concrètes pour répondre aux citoyens
et aux entreprises qui l'interpellent chaque jour. Il peut et il doit agir.
demande donc au premier ministre de se lever ici, en Chambre, et de nous
expliquer concrètement son plan pour au moins, actuellement, soutenir
nos entreprises, durement affectées durant cette période de crise.
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault : M. le
Président, depuis deux semaines, on
vit une situation qui est inacceptable. Il y a
des voies ferrées qui sont bloquées de façon
illégale, et les conséquences, c'est qu'il
y a des pères, des mères de famille
qui perdent leurs emplois. C'est déjà arrivé au CN, et hier l'Association des
manufacturiers nous disait : Si ce n'est pas réglé dans les
prochains jours, il y aura aussi des mises à pied dans des compagnies
manufacturières québécoises.
Donc,
M. le Président, on est tous d'accord pour dire qu'il faut
écouter, qu'il faut respecter les peuples autochtones,
mais il faut aussi écouter, respecter les Québécois,
les Canadiens. Ce que je demande à M. Trudeau, c'est de coordonner un
échéancier. Je pense, c'est important que M. Trudeau, que le gouvernement fédéral fixe un échéancier pour les discussions.
Ça ne peut pas être, comme on l'a entendu hier, la fin février. Il faut que ça
se passe dans les prochains jours, pas dans les prochaines semaines.
Cet après-midi, à
4 heures, j'aurai une rencontre téléphonique avec les autres premiers
ministres des autres provinces, et c'est ce
que je demanderai, c'est-à-dire qu'unanimement on demande à M. Trudeau de
fixer un échéancier serré au cours des prochains jours. Et par la suite
il ne faut rien exclure.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle.
M. Arcand : Actuellement, M. le
Président, on parle de pénurie de
propane, on parle de pénurie alimentaire, on parle de littéralement presque une crise économique qui va poindre à
l'horizon. Dès vendredi, on nous dit que certaines usines vont devoir même
stopper leur production. M. le Président, ces usines manquent de matériaux, de
liquidités. Est-ce que le premier ministre peut mettre en place dès maintenant une aide financière afin de soutenir ces entreprises?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault : M. le
Président, la priorité, à court terme, c'est de débloquer les voies ferrées.
Par la suite, effectivement, il ne faut pas exclure de s'asseoir avec
les entreprises, d'examiner les pertes.
Et, comme je le
disais, c'est la responsabilité du gouvernement fédéral. Ce blocus a lieu suite
à un projet en Colombie-Britannique.
Actuellement, le noeud du problème, du côté ferroviaire, est à Belleville, en
Ontario. Donc, M. le Président, ce
n'est pas, malheureusement, de mon ressort de pouvoir discuter des solutions,
c'est du ressort de M. Trudeau.
Le Président :
En terminant.
M. Legault :
Mais on va mettre de la pression à M. Trudeau. Les travailleurs québécois
ont droit à leurs emplois.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle.
M. Arcand :
Je suis d'accord, M. le Président, que les négociations, c'est du ressort de
M. Trudeau, mais l'économie,
c'est quand même une compétence provinciale. Et je crois que c'est maintenant
qu'il faut agir, c'est maintenant qu'il
faut faire preuve de leadership pour aider nos entreprises, parce que, quand on
va manquer de propane et que nos usines seront obligées de fermer, il
sera probablement trop tard.
Alors,
ma question, je la répète : Va-t-il, oui ou non, éventuellement soutenir
nos entreprises durant cette période totalement d'incertitude,
actuellement?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault :
Oui, M. le Président, on va le faire, comme lorsqu'il y a eu la grève au CN,
puis on a mis des mesures alternatives, entre autres, suite aux
conséquences du manque de propane.
Donc, il y avait un impact, entre
autres, pour les agriculteurs. Je sais qu'actuellement, aussi, il y a un impact
sur le carburant des avions.
a un problème sérieux aussi au port de Montréal, parce qu'actuellement on
commence à manquer d'espace pour
décharger les bateaux. Donc, il y a un risque, effectivement, qu'on ne soit
plus capable de recevoir des bateaux au port de Montréal.
Donc,
la situation est très grave. C'est pour ça que M. Trudeau doit agir. On
doit fixer un échéancier. Puis, pour la suite des choses...
Le Président :
En terminant.
M. Legault :
...s'il y a une intervention policière, il faut le faire de façon coordonnée
dans toutes les provinces du Canada.
Le Président :
Troisième complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle.
M. Arcand :
M. le Président, le rôle du premier ministre, c'est de nous préparer aussi au
pire. Et en ce sens-là, compte tenu
des évènements, c'est le temps d'avoir un plan d'action et de gérer cette
crise. C'est notre économie, actuellement, qui est touchée, ça prend
donc un leadership en cette matière.
Est-ce que le premier
ministre pourrait rassurer nos entreprises, aujourd'hui, sur la suite des
choses?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault :
M. le Président, je compte sur le chef du Parti libéral pour répéter comme moi
que ce blocus est illégal et qu'on
doit intervenir. Je comprends, on a tous des craintes, on a déjà vu, dans le
passé, ce qui s'est passé dans certaines crises, incluant la crise d'Oka, mais, à un moment donné, actuellement,
les entreprises souffrent, les Québécois souffrent. Donc, je compte sur l'appui du Parti libéral pour
ne pas exclure une intervention policière, mais il faut le faire de façon
coordonnée.
Je vois l'ancien
ministre des Finances qui n'est pas d'accord avec ça.
Le Président :
S'il vous plaît!
M. Legault :
Donc, est-ce que le chef du Parti libéral est en désaccord...
Le Président :
En terminant.
M. Legault :
...avec son ancien ministre des Finances?
Le Président :
S'il vous plaît! S'il vous plaît! S'il vous plaît!
Le Président :
S'il vous plaît, M. le député! S'il vous plaît! Merci.
parole n'appartient maintenant qu'à la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne. Mme la députée, à vous la parole.
Mme Anglade :
Merci, M. le Président. Alors, quand le premier ministre était à l'opposition,
il se vantait de plusieurs choses. Une de
ces choses, c'était d'être un grand «deal maker». On l'a vu avec le retour de
Davos deux fois : zéro deal. On l'a vu à son retour de l'Ontario,
sur Hydro-Québec : zéro deal.
Il se vantait
également d'être le champion des sièges sociaux : Laboratoires Choisy,
Fordia, Groupe Maurice, Nordresa, Air
Transat, pour ne nommer que ceux-ci. Il
nous a également parlé de planchers d'emploi. Combien de fois il
nous a parlé de planchers d'emploi qu'il fallait obtenir dans des négociations?
C'était vraiment important d'avoir des planchers d'emploi. Et pourtant, hier, même s'il a
parlé de poursuite monstre, son ministre
de l'Économie a dit : Le concept
de garantie d'emploi, c'est un concept qui est fictif.
Alors,
«deal maker» : échec. Champion des sièges sociaux : échec. Planchers
d'emploi : échec.
Le Président :
M. le ministre de l'Économie.
M. Fitzgibbon : M. le
Président, j'aimerais juste faire une
petite correction. Effectivement, pour moi, une garantie d'emploi, c'est un concept fictif politique.
Par contre, par
contre, dans le cas d'Airbus et dans
le cas d'Alstom, les engagements qui
ont été pris par les deux sociétés sont dans le béton. Dans le cas d'Airbus, c'est
le maintien des activités d'assemblage à Mirabel et le maintien du
centre nerveux du A220, qui réside au Québec. Dans le cas d'Alstom, j'ai parlé moi-même à
M. Poupart-Lafarge, le président
de la société, et il s'engage formellement, via la Caisse de dépôt, via
l'entente, à trois choses. Il va,
premièrement, établir un siège social des Amériques ici, dans le Grand
Montréal, il s'engage à créer un
centre de recherche en ingénierie pour la motorisation, l'électrification et
l'adaptation des véhicules selon le climat nordique et il s'engage aussi, avec des contrats, à rehausser les
emplois à Sorel-Tracy et à La Pocatière. Alors, je pense que c'est... un
engagement comme celui-là, comme ceux-là sont très, très forts. Et l'emploi...
Le Président :
En terminant.
M. Fitzgibbon :
...ça va venir en corrélation avec les commandes.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Mme Anglade :
M. le Président, le message ici, c'est que ça fait un an et demi que le
gouvernement est au pouvoir, et,
quand on regarde les résultats, les résultats ne sont pas au rendez-vous. Je
rappelle, par exemple, l'histoire des exportations. Entre l'année dernière et l'année précédente, il y
a eu une chute de la croissance de nos exportations de 70 %. Alors, si la
stratégie du gouvernement fonctionne si
bien, est-ce qu'il peut nous dire de combien sera la croissance des
exportations cette année?
Le Président :
M. le ministre de l'Économie.
M. Fitzgibbon : Bien, premièrement, avec mon collègue le ministre des Finances, on constate que 2019 est une année remarquable pour l'économie
du Québec. Une nuance : Les exportations, effectivement, ont une hausse
de 0,4 %, si vous lisez, ce
matin, l'institut de recherche du... statistique du Québec, je m'excuse, un peu
en retard par rapport à l'Ontario et au Canada. Par contre, la
croissance du PIB du Québec se situe à peu près à 3 %. Et, quand on
regarde la composition de la croissance du PIB, on parle de la croissance des
emplois et croissance de la productivité. C'est la première année, on va le
voir dans le budget, c'est la première année depuis 10 ans où on a une
hausse...
Le Président :
En terminant.
M. Fitzgibbon :
...de productivité par rapport à ce qu'on a eu dans le passé. Donc, la
productivité du Québec s'est accrue, les exportations vont suivre avec
les...
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Mme Anglade :
Merci, M. le Président. On pourrait
en discuter longtemps, de la croissance de la productivité. Mais
une chose est sûre, c'est que le premier ministre, lorsqu'il était à
l'opposition, il se vantait de vouloir voir les investissements privés
arriver, qu'il aurait un compteur sur son bureau, M. le Président, qu'il regarderait les résultats. Or, force est de constater que, depuis son arrivée, il y a eu une chute des investissements privés, de la croissance des investissements privés de 30 %.
Alors,
il va y avoir un budget bientôt. Est-ce
que, dans ce budget, on va finalement
commencer à voir une hausse de la croissance de nos investissements
privés?
Le Président :
M. le ministre de l'Économie.
M. Fitzgibbon : On peut faire dire aux chiffres ce qu'on veut. Je
pense que la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne est experte de ça maintenant.
Si on regarde, maintenant,
les vrais chiffres, la croissance en 10 mois, en 2019, des investissements
privés non résidentiels, au Québec,
est de 1,1 %. En Ontario : négatif 1 %. Le reste du Canada : négatif 1,3 %. Le Québec se démarque
par rapport au Canada. Et on voit une hausse relative des investissements et on voit le début d'une nouvelle période où les entreprises
sont confiantes et veulent investir au Québec.
Le Président : Question
principale, M. le député de Pontiac.
Le Président : S'il vous
plaît! Sans commentaire. M. le député de Pontiac.
M. Fortin : M.
le Président, les chiffres sont
compilés, les constats sont clairs : les temps d'attente à l'urgence
ont augmenté de façon drastique, au Québec, depuis l'arrivée de la Coalition
avenir Québec.
M. le Président, voici ce qui se passe au Québec. Juste entre 2017 et 2018, les temps d'attente
avaient diminué de 15 %. Bien, déjà, le
gouvernement de la Coalition
avenir Québec a réussi à perdre tout
le terrain gagné. À leur arrivée au
pouvoir, le délai moyen était de 13 heures; aujourd'hui,
ils ont remonté ça à 15 heures. Appelez ça comme vous voulez, M. le
Président, les chiffres ont augmenté, ils ont bondi, ils ont explosé.
La réalité,
là, c'est que les délais à l'urgence sont hors contrôle, que la ministre de la Santé a perdu le contrôle. Ça ne peut pas continuer comme ça, M. le Président. Ça ne peut pas continuer comme ça parce que derrière les
chiffres il y a des Québécois, il y a des gens malades, il y a des aînés, il y a
des gens fiers qui se retrouvent entassés sur des civières à l'urgence pendant beaucoup trop longtemps,
qui attendent plus longtemps que jamais, des gens qui s'attendaient au moins
de la Coalition avenir Québec à ce que les choses aillent dans la bonne
direction.
Comment la ministre de la Santé, comment le premier
ministre peut ne pas être gêné de son bilan?
Le Président : Mme la ministre
de la Santé et des Services sociaux.
Mme McCann : Bien, M.
le Président, je pense que ce qu'il
est important de faire, maintenant, ce qui n'a jamais
été fait par le précédent gouvernement, c'est d'appliquer des mesures structurantes pour notre réseau, parce que,
M. le Président, il faut régler une
fois pour toutes l'engorgement des urgences. Ce n'est pas normal qu'il y ait la
moitié des visites à l'urgence qui
sont des citoyens, M. le
Président, qui ne trouvent pas
réponse dans les cliniques médicales, M.
le Président, ce n'est pas normal.
Président : S'il vous plaît!
Mme McCann : Et, au Québec, il faut régler une fois pour toutes ce problème,
et c'est ce que nous allons faire, M.
le Président, avec les médecins de
famille, qu'ils soient disponibles sept jours-semaine, les soirs, les fins de
semaine, qu'on change le mode de
rémunération des médecins, qu'on donne davantage d'actes comme le diagnostic aux infirmières praticiennes spécialisées, aux
pharmaciens, M. le Président. Ça, ça n'a jamais été fait par le précédent gouvernement.
Ça a été fait ailleurs au Canada, mais, pendant 15 ans, ils ne l'ont
pas fait. Nous allons le faire, M. le Président. Et on va régler la
situation des urgences...
Le Président : En terminant.
Mme McCann : ...de cette façon,
M. le Président.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Pontiac. Vous êtes le seul à avoir la parole.
M. Fortin : Oui, M. le Président, on va prendre deux secondes
pour regarder les chiffres en région, mais retenez-vous parce que vous allez vouloir vous arracher les
cheveux. Dans les Laurentides, ils sont rendus à 20 h 20 min
d'attente en moyenne, en moyenne.
Aujourd'hui, là, il y a 27 patients qui attendent depuis plus de
48 heures. Mais le pire, M. le Président, c'est en Outaouais. Juste cette
année, les délais ont augmenté, en Outaouais, de 25 %. Ça, c'est quatre
heures de plus d'attente à l'urgence. Jamais dans toute l'histoire de
l'Outaouais ça n'a été aussi pire.
Le Président : Mme la
ministre de la Santé et des Services sociaux.
Mme McCann :
Bien, M. le Président, le pire, c'est que le gouvernement libéral, là, il n'a
pas... le pire, c'est qu'il n'a pas ajouté
des lits en hospitalier, M. le Président. Notamment dans la couronne de
Montréal et en Outaouais, il y a un besoin criant, M. le Président.
plus, M. le Président, combien de lits d'hébergement qu'ils ont investi
pendant quatre ans? 250, M. le Président. Nous, on a acheté 900 places au printemps, 800 places à
l'hiver, et ma collègue ministre responsable des Aînés, 2 600 places,
maisons des aînés, en 2022, M. le Président.
Le Président :
En terminant.
Mme McCann :
On va le régler, le problème.
Le Président :
Je vais vous demander...
Président : S'il vous plaît! Je vais vous demander, s'il vous
plaît, sans commentaire sur les réponses, d'être moins bruyants, qu'on
écoute bien tant les questions que les réponses. Vous connaissez les règles.
M. le député de
Pontiac, à vous la parole.
M. Fortin : M. le Président, notre bilan, il est ici. Leur bilan, il est là, M. le
Président. À Montréal, augmentation de 12 %
des temps d'attente juste cette année. En Montérégie, on attend 26 heures
sur civière à Châteauguay, même chose à
Valleyfield. Et je pourrais continuer comme ça longtemps, la pile est épaisse,
M. le Président. La courbe est pareille partout. Jusqu'à maintenant,
leur bilan en santé, c'est un échec sur toute la ligne, tous les indicateurs
sont au rouge. Pouvez-vous m'expliquer ce que la ministre attend?
Le Président :
Mme la ministre de la Santé et des Services sociaux.
Président : S'il vous plaît! Encore une fois, je vous
demanderais d'être moins bruyants. On écoute la réponse comme vous
souhaitez qu'on écoute la question.
Mme McCann : M. le Président, ça prend un certain temps pour
réparer les dégâts de l'ancien gouvernement.
Le Président :
S'il vous plaît!
Mme McCann :
285 places en hébergement. Nous, on en annonce 2 600. On en a acheté
800 au printemps, autant à l'hiver.
M. le Président, on veut régler une fois pour toutes le problème des urgences,
au Québec, avec des mesures structurantes
en première ligne, très important, les médecins, les IPS, les pharmaciens, ce
que le gouvernement libéral n'a jamais fait, M. le Président. On va régler le
problème une fois pour toutes...
Le Président :
En terminant.
Mme McCann :
...dans les urgences du Québec.
Le Président :
Question principale, M. le député de Jean-Lesage.
M. Zanetti :
Merci, M. le Président. En campagne électorale, le premier ministre avait promis de réduire le temps d'attente aux urgences. Ce matin, on apprend que,
depuis avril dernier, les Québécois passent 9 % de plus de temps sur une civière à l'urgence. Ça, c'est presque
90 minutes de plus que l'an dernier. En Montérégie, il y a
des patients qui passent 26 heures sur une civière, en moyenne.
26 heures sur une civière à attendre que le gouvernement fasse son
travail.
Pendant
ce temps-là, il y a un médecin
spécialiste qui facture
54 000 $ pour une prime oxygène. En une semaine, c'est plus
d'argent que ce que gagne par année une préposée aux bénéficiaires.
Quand la CAQ
parlait de changement, là, je ne suis pas sûr que les Québécois
avaient compris qu'on allait passer plus de temps sur des civières à
l'urgence.
Président : Mme la ministre de la Santé... Mme la
ministre de la Santé et des Services sociaux, à vous
la parole.
Le Président : S'il vous
plaît! Votre attention.
Mme McCann : Oui. Bien, M. le
Président, c'est ça, j'attendais la question.
Ce qui se
passe, là, c'est qu'il faut réparer, hein, beaucoup de choses. Le
maintien à domicile, le maintien à domicile, on a investi 280 millions cette année, c'est du jamais-vu.
Mais effectivement il y a eu un désinvestissement dans le passé, mais nous, on remet l'investissement. Et c'est très important de continuer à investir en maintien à domicile
pour garder les gens à domicile, pour éviter, justement, qu'ils viennent
à l'urgence.
Mais l'autre
chose aussi qu'il faut dire, c'est que, tout ce qu'on dit par rapport aux 50 % de citoyens qui vont, hein, à l'urgence parce qu'ils ne trouvent pas de réponse en première ligne,
c'est sûr que, si la réponse, elle est là, en première ligne, on va
désengorger l'urgence ambulatoire, mais on va aider aussi les urgences où il y
a des gens sur civière.
Alors, on
continue. Notre engagement est ferme, notre volonté est ferme, et notre plan
est clair : médecins de famille, plus d'offre de services et à sept
jours-semaine, les soirs, les fins de semaine...
Le Président : En terminant.
Mme McCann : ...IPS et pharmaciens.
Le Président : Première
complémentaire...
Le Président : S'il vous
plaît! Encore une fois, votre attention. M. le député.
M. Zanetti : La ministre nous dit ce qu'elle a fait jusqu'ici. Si les
choses stagnaient, je dirais : Ah! bien, on peut acheter l'argument que ça va s'améliorer un jour,
mais là les choses empirent. Alors, il
y a quelque chose qui ne
fonctionne pas. Et dire : Ça
prend un certain temps pour réparer les dégâts des libéraux, bien, je suis bien
d'accord, moi aussi, tu sais, on peut faire ça, c'est quelque chose que dit beaucoup le gouvernement, ces temps-ci, sur plein de sujets, c'est la faute
aux libéraux, mais, moi, ma question, c'est : À quelle date ce gouvernement-là
sera-t-il imputable de ce qu'il fait? Juin?
Le Président : Mme la ministre
de la Santé et des Services sociaux...
Président : Encore une fois, j'aimerais votre attention à toutes et à tous. La réponse et la parole
n'appartiennent qu'à la ministre. Je pense, vous voulez...
Le Président : S'il vous
plaît! Merci.
Mme McCann : Bien, M.
le Président, notre engagement,
c'est certainement dans le mandat que ça va se réaliser, et ce sont des mesures structurantes qui vont
demeurer et qui vont avoir un effet à long
terme, M. le Président, sur le réseau de la santé et des services
sociaux. Alors, des mesures structurantes avec les médecins de famille pour
qu'il y ait plus d'offres de service dans
les GMF et que les citoyens aillent de moins en moins dans les urgences.
50 % des visites ne devraient pas
être là parce que les citoyens n'ont pas assez de réponses en première ligne.
C'est là-dessus qu'on travaille. Et on veut que ce soit pérenne, ça veut
dire que ça dure, ces mesures-là...
Le Président : En terminant.
Mme McCann :
...qu'on ne se retrouve plus avec ce problème dans le futur, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député.
M. Zanetti : Bon, j'ai ici un tweet qui a été fait par notre premier ministre en 2017, 31 décembre, là, la veille du jour de l'An : «Inacceptable. Durée moyenne
de séjour sur une civière à l'Hôpital
Pierre-Le Gardeur de Terrebonne à 14 heures aujourd'hui...» C'était
19 h 8 min. Bien là, c'est pire, c'est
19 h 19 min d'attente.
Si c'était
inacceptable à l'époque, pourquoi est-ce qu'il l'accepte aujourd'hui?
Le Président :
Mme la ministre de la Santé et des Services sociaux. Encore une fois, votre
attention.
Mme McCann : Alors, c'est encore inacceptable. On a annoncé
l'ajout de lits à Le Gardeur. Comment ça se fait que ça n'a pas été fait avant, quand il y a une explosion
démographique? On a annoncé un hôpital à Vaudreuil. Comment ça se fait que ça n'a pas été
fait avant? Je vais vous dire...
Le Président :
S'il vous plaît! S'il vous plaît! M. le député, s'il vous plaît!
Président : M. le député, je m'adresse à vous. S'il vous
plaît, je vous demande le silence. La parole n'appartient...
Président : M. le député, je viens de vous parler! Je vous
demande le silence. Je vous demande votre attention. Mme la ministre, à
vous la réponse.
Mme McCann :
Toute la couronne de Montréal, M. le Président, l'Outaouais, négligée, négligée
pendant 15 ans, M. le Président.
Nous, on les a
faites, ces annonces-là. On est en marche. On va les construire, ces lits
d'hôpitaux. Puis on a 2 600 places,
dans les maisons des aînés, qui vont aider. Et en plus, M. le Président, on
développe le maintien à domicile. On sait à quel point c'est important
pour les gens qui demeurent à domicile.
Alors, ces
mesures-là, structurantes...
Le Président :
En terminant.
Mme McCann :
...incluant la première ligne, c'est ça qui va changer le réseau de la santé et
des services sociaux.
Le Président :
Question principale, M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau :
Merci, M. le Président. Alors, pendant des mois, pendant des années, on a
justement entendu le premier ministre, quand il était dans l'opposition,
répéter les chiffres d'attente dans les urgences. On l'a entendu s'époumoner à
dénoncer les heures d'attente dans les urgences de chaque région du Québec. Le
problème, c'est que, maintenant qu'il est au pouvoir, effectivement, la
situation ne s'améliore pas, elle empire.
les a, effectivement, les tweets qu'il a envoyés, le premier ministre :
«Inacceptable, un coup de barre s'impose, échec du gouvernement.»
Voici les temps
d'attente aujourd'hui dans la région des Laurentides, M. le Président :
Hôpital régional de Saint-Jérôme, durée moyenne de séjour,
34 h 6 min, taux d'occupation, 151 %. Saint-Eustache,
33 heures d'attente, 169 % de taux d'occupation. Centre de services
de Rivière-Rouge, durée moyenne, 15 h 33 min, taux d'occupation,
152 %.
M. le Président,
qu'est-ce qui a changé? Quel est... Pourquoi on ne saisit pas...
Le Président :
Mme la ministre de la Santé et des Services sociaux.
Mme McCann :
Bien, M. le Président, c'est la même réponse, hein? C'est des mesures
structurantes qu'il nous faut dans le
réseau. Et effectivement 50 % des visites dans les urgences, c'est des
citoyens qui ne trouvent pas réponse en
première ligne, M. le Président, dans les GMF, qui devraient donner une réponse
plus importante avec les médecins de
famille, avec les équipes multidisciplinaires, sept jours-semaine, le soir, la
fin de semaine. Également le projet de loi au niveau des infirmières praticiennes spécialisées, ça va donner plus
d'offres de services en première ligne également, et les pharmaciens.
Alors,
tout ça, ça n'a pas été fait dans le passé, et nous, on est en train de le
faire, et c'est ça qui va changer de façon
permanente notre réseau de la santé et des services sociaux, en ajoutant, bien
évidemment, l'ajout de lits hospitaliers, notamment dans les Laurentides, et l'ajout de lits en hébergement dans
les maisons des aînés, 2 600. Il y a des projets dans les
Laurentides.
Alors,
c'est à ça qu'on voit actuellement. Et, nous, nos mesures vont avoir un effet
permanent sur le réseau de la santé et des services sociaux, et on va
vraiment désengorger...
Le Président :
En terminant.
Mme McCann :
... les urgences avec ces mesures pour le futur.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau :
Merci, M. le Président. Autre région, région de Lanaudière, le premier ministre
aimait bien la citer, l'hôpital de Terrebonne, Hôpital Pierre-Le
Gardeur, durée moyenne, 19 h 19 min, taux d'occupation,
142 %. Centre hospitalier régional de
Lanaudière, 15 h 33 min d'attente, taux d'occupation,
152 %.
le Président, qu'est-ce que la ministre répond à ces patients qui attendent
plus longtemps qu'auparavant dans les urgences?
Le Président :
Mme la ministre de la Santé et des Services sociaux.
Mme McCann :
M. le Président, nous, on est le premier gouvernement qui fait une réforme
d'accès. Nous, on n'est pas dans des réformes de structure. Alors, notre
plan, notre plan, c'est une...
Le Président :
S'il vous plaît! S'il vous plaît!
Mme McCann :
...c'est des mesures structurantes...
Le Président :
S'il vous plaît! S'il vous plaît! Je vais demander votre collaboration à toutes
et à tous. Je suis convaincu que vous
souhaitez entendre les réponses comme vous souhaitez entendre les questions.
C'est trop bruyant pour l'instant. Collaboration. Mme la ministre, poursuivez
votre réponse.
McCann : Les pays où ça
fonctionne bien, M. le Président, le réseau de la santé, là, c'est des pays qui ont
une première ligne forte, où est-ce
que le citoyen, là, il n'est pas
obligé d'aller à l'urgence pour avoir du service. Il va dans des
cliniques médicales. Il voit des équipes multidisciplinaires. Il voit son
médecin de famille sept jours-semaine. Il est accessible. Puis il y a des
moyens technologiques pour ça aussi, là, le téléphone, la télémédecine.
Le Président :
En terminant.
Mme McCann :
Nous, là, c'est là-dessus qu'on travaille, M. le Président, et on va réaliser
nos objectifs.
Le Président :
Deuxième complémentaire. M. le député.
M. Arseneau :
M. le Président, troisième chance. Montérégie, Hôpital Charles-Le Moyne,
105 %, l'Hôpital Haut-Richelieu, 114 %, Hôtel-Dieu de Sorel,
165 %, Hôpital Honoré-Mercier, 108 %.
M. le
Président, on parle de réformer l'accès, donner plus d'accès. Le projet de loi
sur les pharmaciens est dans un no man's land. Quand allez-vous
l'adopter? Le projet sur les IPS, quand allez-vous l'adopter?
Président : Mme la ministre de la Santé et des Services
sociaux. On s'adresse toujours à la présidence, vous connaissez la
règle.
Mme McCann :
Mon Dieu! Le projet de
loi sur les IPS, effectivement, on est en commission, en
étude
article par article. Puis
évidemment mon collègue est présent. Et on compte toujours sur la collaboration
des oppositions pour évidemment le
faire dans les meilleurs délais, pour que ça s'applique et pour qu'on augmente
l'accès pour nos citoyens. Et ça, ça
va être bien important. Donc, j'en comprends, M. le Président, qu'on aura la
collaboration, comme toujours, de nos oppositions pour que ce projet de
loi chemine le plus rapidement possible, M. le Président.
Et, pour les
pharmaciens, ça, c'est une petite révolution, M. le Président. Évidemment, les
pharmaciens peuvent en faire davantage.
Le Président : En terminant.
Mme McCann : Et on va arriver à
bon port, donner plus d'offres de services aux citoyens.
Le Président : Question
principale, Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Merci beaucoup, M. le Président. Je sais que ça a été adopté tard sous le
bâillon, mais la loi n° 40, c'est une mégaréforme de structure.
Vous avez peut-être manqué le mémo, mais c'était quand même ça.
Pour ce qui
est, aujourd'hui, de nos classes dans notre réseau de l'éducation, M. le
Président, prenons un exemple, une
classe de première année de secondaire, maximum 30 élèves. Par contre, il
y a une pondération qui est faite lorsque nous avons des élèves avec des besoins particuliers, notamment HDAA ou avec
un trouble de spectre de l'autisme. Par exemple, un élève TSA pourrait être coté 3, donc il équivaut à trois
élèves. Par conséquent, si vous avez trois élèves TSA, vous allez avoir 21 élèves dits réguliers et
trois autres TSA, qui valent pour neuf au total, pour un maximum de 30. Hier,
j'entendais le ministre dire : On ne touche pas à ça.
Peut-il nous
expliquer alors pourquoi le président du Conseil du trésor, noir sur blanc dans
les offres patronales qui ont été déposées le 17 décembre, touche
spécifiquement à ça et enlève la pondération a priori?
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
M. Roberge :
M. le Président, je suis très content de cette question parce que ça nous
permet de préciser quelque chose. On
va y toucher, à la pondération a priori, parce qu'on va l'améliorer. Il y a ce
phénomène où des élèves qui ont des besoins particuliers, qui exigent plus de
services, plus d'implication en temps, plus d'engagement en temps de la
part des enseignants... et ils sont comptés
comme valant deux, trois élèves. Donc, ça diminue le nombre d'individus dans la
classe, mais c'est simplement en
reconnaissance du travail des enseignants, qui doivent adapter, modifier leurs
pratiques pédagogiques pour répondre aux besoins de ces élèves-là.
Et, dans le
dépôt... on ne va pas faire la négociation ici, mais on peut expliquer ce qu'il
y a. On dit qu'on veut retirer la
grille actuelle parce qu'on veut en faire une meilleure, avec les représentants
syndicaux, pour mieux reconnaître les besoins
de ces enfants-là. Il y a peut-être des enfants qui ne reçoivent aucune
pondération en ce moment et qu'on pourra considérer pour qu'à la fin les services aux élèves soient meilleurs et
qu'on facilite le travail des enseignants pour les aider à faire...
Le Président : En terminant.
M. Roberge : ...ce qu'ils font
de mieux tous les jours, prendre soin de nos élèves.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée.
Mme Rizqy :
De belles paroles. Par contre, on dirait que le ministre n'est pas invité à la
grande table parce qu'à la grande table il y a le président du Conseil du
trésor. Lui, là, il ne dit pas d'améliorer, il dit : On retire. Un pour un,
tous pareils, laissez faire les besoins particuliers. Il dit même qu'il faut
enlever la définition d'EHDAA.
Alors,
aujourd'hui, j'aimerais savoir : Le ministre de l'Éducation, enseignant
idéaliste, est-ce qu'il va se lever pour son réseau ou est-ce qu'il va
faire comme l'APEQ puis s'écraser?
Le Président : M.
le ministre de l'Éducation... M. le président du Conseil du trésor? M. le
président du Conseil du trésor.
Le Président :
S'il vous plaît! M. le président...
M. Dubé :
M. le Président, je pense que mon collègue a très, très bien répondu puis je
vous dirais que ce que suggère la députée, c'est... et je comprends sa
question. C'est : Est-ce qu'il y a collaboration ou coordination avec le
ministre de l'Éducation dans les négociations? La réponse, c'est oui.
Nous avons coordonné nos efforts.
L'élément
que la députée suggère, c'est un élément qui n'est pas à la table centrale.
C'est un élément qui est avec le
ministère de l'Éducation parce que c'est eux qui comprennent bien la question
de la pondération. Alors, quand nous avons
déposé les offres pour le gouvernement, nous avons été très clairs qu'il
fallait adresser la pondération. Mon collègue a très bien répondu. On va
retirer la grille actuelle...
Le Président :
En terminant.
M. Dubé :
...et nous allons proposer une grille qui va améliorer les conditions des
enseignants.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée.
Président : S'il vous plaît, sans commentaire sur les réponses
ni sur les questions. À vous la parole, vous êtes la seule.
Mme Rizqy :
Je comprends qu'il est resté bien assis, donc il s'écrase devant le président
du Conseil du trésor.
Le Président :
Écoutez, non, je vais demander...
Président : Non, je vais encore une fois... bien compris. Mme
la députée, s'il vous plaît, je vais vous demander d'être prudente dans les
propos à être utilisés. Vous le savez fort bien, ce n'est pas acceptable. C'est
un propos blessant, Mme la députée.
Président : C'est un
propos blessant, Mme la députée. Je vous demande d'être prudente sur ce que vous
dites, également d'éviter des termes de ce type. On en a déjà beaucoup
parlé, on n'a pas besoin de ça, ensemble, pour faire avancer les débats.
Continuez votre question.
Mme Rizqy :
...qu'est-ce qui est blessant aussi? C'est de lire le Pr Viviers,
un chercheur en santé mentale de l'Université
Laval. Voici ce qu'il a à dire des
offres patronales : «...les offres qui sont faites aux enseignants
accentueront non seulement les
phénomènes de pénurie de personnel, de désertion professionnelle [...] des
départs précipités à la retraite, mais aussi leurs problèmes de santé
mentale.»
Lorsque
nos profs sont épuisés parce qu'il y
a des gens qui refusent de
reconnaître le travail qui est fait, bien, ils quittent. Ça fait qu'on a
des enfants, pas des individus, des enfants qui n'ont pas de service.
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation, vous êtes le seul à avoir la parole.
Le Président :
S'il vous plaît! Vous êtes le seul à avoir la parole.
M. Roberge : Merci bien. Alors, je pense que ça démontre un
travail d'équipe quand deux ministres, successivement, se lèvent pour parler des négociations. On ne pourra pas négocier ici,
mais on peut faire quand même des mises au point. On peut vous garantir que les conditions
d'apprentissage des élèves et les conditions d'enseignement des enseignants et
de tous ceux qui travaillent dans les écoles, toutes les équipes-écoles,
s'amélioreront à la suite de ces négociations.
faut aller aux tables, aux forums qui ont été créés par le président du Conseil du trésor. On en a une, d'ailleurs,
sur la santé mentale, sur le soutien psychologique. Donc, il y aura des
bonifications du point de vue salarial...
Le Président : En terminant.
M. Roberge :
...il y aura des améliorations de conditions d'enseignement, puis on va prendre
soin des gens aussi.
Le Président : Question
principale, Mme la députée de Rouyn-Noranda—Témiscamingue.
Mme Lessard-Therrien :
Merci, M. le Président. Aujourd'hui, on risque d'adopter un projet de loi
néfaste pour l'économie des régions, un projet de loi qui centralise
massivement les achats du gouvernement.
Moi,
contrairement au ministre dans sa tour, à Québec, je suis sur le terrain, en
région, et je vois ce que ça veut dire
concrètement, des économies d'échelle. Il y a une imprimerie, chez nous, qui
prévoit une perte de chiffre d'affaires de 15 % et une coupure de deux postes. À Amos, la chambre de commerce
estime que c'est 9 millions en achats de la commission scolaire qui
vont sortir de la région. Pour notre économie, c'est énorme.
La CAQ
prétend être le gouvernement des régions et ne manque aucune occasion pour
accuser les autres d'être déconnectés
de cette réalité-là. Mais, avec ce projet de loi centralisateur, la CAQ
s'attaque directement aux PME des régions. Il est minuit moins une. Ma
région, comme toutes les régions du Québec... sont inquiètes.
Est-ce que le ministre peut faire la seule chose
qui s'impose et reculer sur son projet de loi?
Le Président : M. le
ministre. M. le président du Conseil du trésor.
M. Dubé :
Bon, écoutez, M. le Président, je pense qu'il y a eu pas mal de discussions au
cours des derniers mois parce que le
projet de loi n° 37 sur les acquisitions gouvernementales et sur
les infrastructures technologiques perdure depuis très longtemps. Je pense qu'il y a eu une collaboration assez
importante non seulement avec l'opposition, mais aussi on a beaucoup
écouté ce qui a été discuté dans les consultations particulières.
L'enjeu des
achats locaux et des PME a été soulevé plus d'une fois. Nous avons fait des
amendements nécessaires, M. le
Président, pour nous assurer qu'il y aurait ce respect-là de la part des
acheteurs lorsque le nouveau groupe serait créé. Par exemple, il va y avoir des clauses, même, on va modifier la
LCOP, la loi pour les offres publiques, pour nous assurer que, lors de
regroupements, il y aura la notion d'achats locaux et de PME qui devront être
protégés.
Alors, je comprends puis je l'ai expliqué hier
soir, en Chambre, à l'adoption du projet de loi, qu'il y aura des éléments à améliorer, mais le projet de loi en
tient compte, et nous allons nous assurer que nous respectons nos engagements face
aux régions et aux PME. Merci, M. le Président.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée.
Mme Lessard-Therrien : M. le
Président, le ministre prétend être capable d'avoir le beurre et l'argent du
beurre. Il nous dit qu'il va faire des économies d'échelle, mais qu'il n'y aura
pas de changement d'échelle, pas de centralisation. Ça ne tient pas la route,
ça, M. le Président, personne n'est dupe. Pour faire des économies d'échelle comme veut le ministre, il faut faire des plus
gros contrats, il faut s'approvisionner chez les plus gros fournisseurs, puis
les gros fournisseurs, ils sont où? Ils ne sont pas dans nos régions.
Pour qui travaille la CAQ, M. le Président, les
PME de nos régions ou les grandes entreprises?
Le Président : M. le
président du Conseil du trésor.
M. Dubé : Bien, écoutez, je pense qu'on travaille pour plusieurs
personnes, on travaille pour les citoyens du Québec. On a
pris des engagements par
rapport aux achats locaux, par rapport aux PME. Je donnerais, à
titre de statistiques — encore une fois, je l'ai mentionné
hier soir, M. le Président — en ce moment, nous achetons auprès de 82 000 PME au Québec par
les achats gouvernementaux. C'est un pourcentage très important.
Ça ne veut pas dire qu'on va mieux acheter, qu'on n'achètera pas avec
les PME et de façon locale. Il y aura des instructions très claires qui vont être
données à nos acheteurs pour respecter nos engagements. Et, de plus, cette documentation-là,
comme on l'a discuté dans le cadre de p.l. n° 37,
sera inscrite et sera suivie...
Le Président :
En terminant.
M. Dubé : ...de par nos
gestionnaires pour s'assurer que nous respectons nos engagements.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée.
Mme Lessard-Therrien : Le
député de La Prairie n'a pas l'air de comprendre c'est quoi, la réalité des régions. On a besoin que nos hôpitaux, nos écoles, nos
bureaux du gouvernement achètent local. Partout, dans la société,
c'est ça qu'on encourage, acheter localement. Partout, sauf
à la CAQ, où on est encore coincé dans le vieux modèle de la centralisation.
C'est ça, le changement, M. le Président, faire
encore plus de centralisation que les libéraux?
Président : M. le président du Conseil du trésor. Je demanderais l'attention de tout le monde, s'il vous plaît.
M. Dubé : ...que la question de la préoccupation, elle est
normale, puis la députée fait très bien son travail. Mais ce que je lui répondrais, c'est que nous avons
fait aussi notre travail pour nous assurer que ça serait fait correctement.
Puis je vous donne simplement un exemple. Il y a des façons d'acheter
qui n'ont rien à voir avec le...
Le Président : Continuez.
M. Dubé : Il y a des façons d'acheter qui... même pas utilisé. On
ne se servait pas du facteur de qualité. Alors, le facteur de qualité permet de mieux acheter avec les PME, de
contribuer à l'achat local. Donc, je vous dirais, ça sera à nous de
prouver que, par le futur, nous allons respecter nos engagements envers les PME
et les achats locaux. Merci.
Le Président : Question
principale, M. le député de Nelligan.
M. Derraji : M. le
Président, le Québec
est pris dans une crise de main-d'oeuvre. Le Conseil du patronat a déclaré : «...hors de tout doute [...] la rareté de main-d'oeuvre, [est] loin de s'estomper, [elle] s'aggrave, et ce, dans toutes les
régions du Québec.»
La fédération
de l'entreprise canadienne indépendante : «C'est un fait bien
établi : la pénurie de main-d'oeuvre
sévit au Québec. Cette situation
est particulièrement préoccupante
pour les PME qui dynamisent notre économie et nos régions.»
Pendant ce
temps-là, le ministre de l'Immigration a fait entrer beaucoup de travailleurs
étrangers temporaires. Son bilan est
de précariser l'immigration. Son slogan a été : en prendre moins pour en
prendre soin. Là, ce qu'il fait, c'est en prendre plus pour en prendre moins soin. On manque notre cible sur tous
les tableaux. Hier, Radio-Canada a présenté un reportage qui exprime la
souffrance de ces travailleurs temporaires ainsi que leur précarité.
Est-ce
que le ministre de l'Immigration peut faire la seule chose qui s'impose, c'est
d'avoir un système d'immigration qui va accueillir les gens dans le but
de rétention, mais pas dans un but de précarité?
Le Président : M. le ministre
de l'Immigration.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, je suis tout à fait d'accord
avec le député de Nelligan. Il faut faire en sorte que le Programme des travailleurs étrangers
temporaires soit modernisé et modifié. D'ailleurs, c'est pour ça qu'on est en
communication avec le ministre fédéral
depuis plus d'un an et demi, donc avec M. Hussen et avec
M. Mendicino, que j'ai rencontré
il y a environ deux semaines de cela à Ottawa pour lui faire part à nouveau des
revendications du gouvernement du
Québec, qu'on souhaitait que le Programme des travailleurs étrangers
temporaires soit géré uniquement par le gouvernement du Québec parce que, vous savez quoi, M. le Président, on a
toute l'expertise nécessaire au ministère du Travail, de l'Emploi et de
la Solidarité sociale pour connaître les besoins de main-d'oeuvre du Québec.
Alors, ce
qu'on demande, c'est le rapatriement complet du Programme des travailleurs
étrangers temporaires de façon à répondre aux besoins des entreprises dans
toutes les régions du Québec, M. le Président, parce que, savez-vous quoi, la Commission des partenaires du marché du
travail réclame la même chose que le gouvernement du Québec. Et qui siège à cette
commission-là? Les syndicats, le patronat, le milieu de l'éducation, les
groupes associatifs. M. le Président, ils
appuient tous le gouvernement du Québec. Ils ont même adopté une résolution et
font la demande au gouvernement fédéral
d'amener des assouplissements, notamment pour faire en sorte que les
travailleurs étrangers temporaires pourraient peut-être avoir...
Le Président :
En terminant.
M. Jolin-Barrette : ...un permis de travail qui soit lié à la région
plutôt qu'à un seul employeur pour éviter des situations comme on a vu.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Nelligan.
M. Derraji :
Le ministre voulait en prendre moins pour en prendre soin. Le ministre en a
pris beaucoup plus, par sa mauvaise gestion, et il les met dans la
précarité.
ministre ne travaille pas pour la
rétention, le ministre ne travaille pas pour que l'immigration soit notamment un succès au niveau de la main-d'oeuvre.
Tous les chiffres le démontrent, votre arrimage n'est pas là du tout.
Après
l'échec en santé, en économie, c'est un autre échec qui s'ajoute à la longue
liste du ministre de l'Immigration.
Le Président :
M. le ministre de l'Immigration, à vous la parole.
M. Jolin-Barrette : M. le
Président, au contraire, depuis qu'on
est arrivés, on déploie plusieurs mesures : un parcours d'accompagnement
personnalisé, des cours de français pour toutes les personnes immigrantes, qu'ils
soient permanents ou temporaires, une
augmentation de 24 %
d'assiduité au cours de francisation. Si ça, ce n'est pas des mesures, M. le Président, qui font en sorte de s'assurer de
vouloir franciser, de vouloir bien intégrer les personnes immigrantes,
je me demande c'est quoi.
Parti libéral a laissé, durant 15 ans, le réseau de l'immigration se
détériorer. On ne prenait pas soin des gens, et ce n'est pas moi qui le
dis, c'est la Vérificatrice générale du Québec en 2017, M. le Président.
Alors,
je peux vous dire que l'intégration des personnes immigrantes et surtout le
fait de poser des actions pour sélectionner les personnes immigrantes en
lien avec les besoins du marché du travail, M. le Président...
Le Président :
En terminant.
M. Jolin-Barrette : ...c'est une priorité pour nous, et on va
continuer. Et je souhaite d'ailleurs que le Parti libéral m'appuie
là-dedans...
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Nelligan. Vous êtes le seul à avoir la
parole.
M. Derraji :
M. le Président, le ministre de l'Immigration a pris une mauvaise décision pour
régler un problème permanent. C'est
ça, son résultat, M. le Président. C'est ça, ce qu'il a fait jusqu'au mois de
septembre 2019, il a dépassé les seuils de 2018 en nombre de
travailleurs étrangers temporaires. Vous savez pourquoi? Parce qu'il ne veut
pas les inclure dans ces seuils et atteindre ces seuils.
le Président, 64 000 immigrants en 2019, 64 000 immigrants.
Si je prends la catégorie Immigrants permanents, ils...
Le Président :
M. le ministre de l'Immigration, à vous la parole.
M. Jolin-Barrette :
M. le Président, le député de Nelligan mélange des pommes avec des oranges. On
parle d'immigrants permanents, d'immigrants temporaires.
Parlons des
immigrants permanents, M. le Président. Écoutez, j'ai reçu un appui, là :
«L'intégration des immigrants est
fondamentale[...], il faut le dire, le Parti libéral a laissé sans ressources
[finalement] plusieurs immigrants arrivés
et, présentement, il faudrait qu'il y ait un meilleur encadrement des
immigrants, un meilleur soutien, un meilleur accompagnement des immigrants.» Et ça, c'est fondamental dans les débats
qui vont venir, parce que cette intégration-là, c'est le premier travail que les immigrants vont pouvoir faire en sorte
que, oui ou non, ils vont être capables de s'intégrer, M. le Président.
«Dans
les deux premières années, on diminue à 45 000 et on revient à des niveaux
qui étaient au-delà de 50 000 parce qu'on veut s'assurer de revoir le programme d'intégration pour qu'à long
terme on soit capable d'intégrer les immigrants.» La future chef du
Parti libéral qui a dit ça, M. le Président.
Le Président :
Question...
Le Président : S'il vous
plaît! Sans commentaire. Mme la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols : Nous sommes au
Québec, et je ne vous apprends rien en vous disant qu'après l'hiver c'est le
printemps. Et malheureusement, pour plusieurs de nos citoyens, ça veut dire
inondations.
Alors que le gouvernement de la CAQ avait promis
d'être des héros, des sauveurs, c'est plutôt la déception et l'inquiétude déjà bien palpables dans nos comtés.
On constate que les lacs sont à des niveaux records. Chez nous, le niveau
du lac Saint-Louis et du lac des Deux
Montagnes est le plus élevé dans les 47 dernières
années. En mai dernier, la ministre
avait dit : On va y voir. Depuis, toujours
pas d'explication. Bien qu'on nous avait promis des résultats pour
décembre dernier, aucune nouvelle du
travail du grand comité d'action mis en place l'an passé. Les citoyens sont
inquiets. Ils ont peur de revivre les
tragédies des dernières années. Le gouvernement de la CAQ va-t-il attendre les inondations avant
d'agir? Les citoyens veulent savoir qui gère les barrages.
À quand les actions concrètes? Il est où, le plan
d'action du gouvernement?
Le Président : Mme la ministre
des Affaires municipales.
Mme Laforest : Oui, merci, M. le Président. À
titre d'information, j'aimerais quand même donner des informations vraiment
importantes parce qu'on a eu les statistiques par
rapport aux indemnités de 2017, par rapport aux inondations de 2019. Puis
c'est vraiment important de le dire parce que
les dossiers en 2017, en janvier, étaient fermés à 6 %. Les dossiers en 2020 sont fermés à
70 %. Alors, il y a quand même une grande amélioration.
Je vais y aller rapidement. Notre groupe
d'action ministériel en aménagement du territoire, avec les collègues ministres ici, on a un plan d'action pour 2020
avec ma collègue vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique.
On va avoir le rapport du groupe d'action
ministériel, qui ont travaillé des enjeux particuliers, par exemple par
secteurs différents, en Beauce, à
Deux-Montagnes. Alors, les enjeux sont vraiment spécifiques à des régions différentes.
On va avoir le rapport à la fin
février. Vous allez avoir le rapport. Et ensuite il va y avoir des décisions de
prises et des visites dans toutes les municipalités qui ont été
inondées.
On travaille également avec les hydrologues, les
scientifiques...
Le Président : En terminant.
Mme Laforest : Ne soyez pas
inquiets, le rapport sera complet. Vous en prendrez compte.
Président : Cela met fin à la période de questions et de
réponses orales. Merci à tous. M. le vice-président.
Le Vice-Président (M. Picard) :
Nous sommes maintenant à la rubrique Votes reportés.
Comme annoncé
précédemment, nous allons maintenant procéder au vote reporté sur la motion de
M. le ministre de l'Environnement et
de la Lutte contre les changements climatiques proposant que le principe du
projet de loi n° 44, Loi visant
principalement la gouvernance efficace de la lutte contre les changements
climatiques et à favoriser l'électrification, soit adopté.
Que les députés en faveur de cette motion
veuillent bien se lever.
La Secrétaire adjointe : M. Legault
(L'Assomption), M. Jolin-Barrette (Borduas), M. Laframboise
(Blainville), Mme D'Amours
(Mirabel), Mme Chassé (Châteauguay), M. Girard (Groulx),
Mme McCann (Sanguinet), M. Fitzgibbon (Terrebonne), Mme Roy (Montarville), M. Lemay (Masson),
M. Simard (Montmorency), M. Martel (Nicolet-Bécancour), M. Roberge (Chambly), Mme LeBel
(Champlain), M. Bonnardel (Granby), M. Lévesque (Chauveau),
Mme Lachance (Bellechasse),
M. Charette (Deux-Montagnes), M. Lamontagne (Johnson),
M. Carmant (Taillon), Mme Blais (Prévost), M. Caire
(La Peltrie), M. Lefebvre (Arthabaska), M. Dubé
(La Prairie), Mme Laforest (Chicoutimi), Mme Rouleau
(Pointe-aux-Trembles), M. Skeete (Sainte-Rose), Mme Samson
(Iberville), Mme Hébert (Saint-François), M. Dufour (Abitibi-Est),
M. Lacombe (Papineau), Mme Proulx (Berthier), Mme Charest
(Brome-Missisquoi), M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs), Mme Girault (Bertrand), M. Julien
(Charlesbourg), M. Boulet (Trois-Rivières), Mme Proulx
(Côte-du-Sud), M. Lafrenière (Vachon), M. Poulin (Beauce-Sud),
M. Émond (Richelieu), M. Bachand (Richmond), Mme IsaBelle
(Huntingdon), M. Chassin (Saint-Jérôme), Mme Foster (Charlevoix—Côte-de-Beaupré), M. Bélanger
(Orford), Mme Picard (Soulanges), Mme Jeannotte (Labelle),
M. Tardif (Rivière-du-Loup—Témiscouata),
M. Asselin (Vanier-Les Rivières), M. Reid (Beauharnois),
Mme Dansereau (Verchères), M. Lévesque (Chapleau), M. Thouin (Rousseau), M. Tremblay
(Dubuc), Mme Blais (Abitibi-Ouest), M. Campeau (Bourget),
Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice),
M. Caron (Portneuf), Mme Grondin (Argenteuil), Mme Boutin
(Jean-Talon), M. Girard (Lac-Saint-Jean),
Mme Lecours (Les Plaines), M. Lemieux (Saint-Jean),
Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac), M. Lamothe
(Ungava), M. Bussière (Gatineau), M. Allaire (Maskinongé),
Mme Guillemette (Roberval), M. Provençal (Beauce-Nord),
M. Jacques (Mégantic).
Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques), M. Nadeau-Dubois (Gouin),
Mme Lessard-Therrien (Rouyn-Noranda—Témiscamingue), M. Zanetti (Jean-Lesage),
Mme Labrie (Sherbrooke), Mme Ghazal (Mercier), M. Marissal
(Rosemont), Mme Dorion (Taschereau), M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve).
M. Bérubé
(Matane-Matapédia), M. Ouellet (René-Lévesque), M. LeBel (Rimouski),
Mme Hivon (Joliette), M. Gaudreault
(Jonquière), M. Roy (Bonaventure), M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine), Mme Perry Mélançon (Gaspé).
M. Ouellette
(Chomedey), Mme Fournier (Marie-Victorin).
Vice-Président (M. Picard) : Que les députés contre veuillent
bien se lever.
Secrétaire adjointe : M. Arcand (Mont-Royal—Outremont), M. Tanguay (LaFontaine), M. Leitão
(Robert-Baldwin), M. Barrette (La Pinière), Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel), M. Birnbaum (D'Arcy-McGee), Mme St-Pierre (Acadie), Mme Weil (Notre-Dame-de-Grâce),
M. Rousselle (Vimont), Mme Montpetit (Maurice-Richard),
Mme Melançon (Verdun), Mme Ménard (Laporte), Mme Anglade
(Saint-Henri—Sainte-Anne), M. Fortin (Pontiac), Mme Nichols (Vaudreuil), Mme Charbonneau (Mille-Îles),
Mme Robitaille (Bourassa-Sauvé), M. Kelley (Jacques-Cartier),
Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis),
M. Benjamin (Viau), M. Derraji (Nelligan), Mme Sauvé
(Fabre), Mme Rizqy (Saint-Laurent), M. Ciccone (Marquette).
Vice-Président (M. Picard) : Y a-t-il des abstentions? Est-ce
qu'il y a consentement pour permettre à Mme
la députée de Prévost... que son vote soit enregistré? Parce qu'elle est entrée
dans la salle lorsque le vote était débuté.
voix : Consentement.
Vice-Président (M. Picard) : Consentement. Le vote a déjà été enregistré.
M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 90
Vice-Président (M. Picard) : La motion est adoptée. En conséquence, le
principe du projet de loi n° 44 est adopté. M. le leader du
gouvernement.
Schneeberger : Merci. Alors, M. le Président, conformément à
l'article 243 de notre règlement, je fais motion afin que le projet
de loi n° 44, Loi visant principalement la gouvernance efficace de la
lutte contre les changements climatiques et
à favoriser l'électrification, soit déféré à la Commission des transports et de
l'environnement pour son étude détaillée.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci. Est-ce que cette motion est adoptée?
Le Vice-Président
(M. Picard) : Adopté.
la rubrique Motions sans préavis, en fonction de nos règles et du consentement
accordé lors de la séance du 18 février
dernier afin d'inverser les séances trois et quatre du cycle des motions sans
préavis, je reconnais maintenant un membre du deuxième groupe
d'opposition. Mme la députée de Mercier.
Ghazal : Merci, M. le Président. Je demande le consentement de la
Chambre pour débattre de la motion suivante conjointement avec le député
de Jacques-Cartier, le député de Jonquière et la députée de
Marie-Victorin :
«Que
l'Assemblée nationale rappelle que le projet gazier de GNL Québec impliquerait
au moins 320 passages de navires méthaniers chaque année dans le
parc marin du Saguenay—Saint-Laurent,
le coeur de l'habitat du béluga;
«Qu'elle
prenne acte des propos tenus la semaine dernière par le ministre des Forêts, de
la Faune et des Parcs qui, en réponse
à la députée de Rouyn-Noranda—Témiscamingue, n'a pas reconnu que le projet gazier GNL Québec
comportait des risques potentiels pour [les bélugas];
«Qu'elle
prenne acte que, dans un nouveau résumé de l'étude d'impact de son projet,
l'entreprise GNL Québec reconnaît
elle-même que son projet, "en raison de l'augmentation de la navigation
qu'il occasionne, est susceptible de comporter
un risque pour le rétablissement de la population [du] béluga du Saint-Laurent
ainsi que pour les autres mammifères marins s'y [trouvant]";
«Que
l'Assemblée nationale du Québec demande au gouvernement du Québec de prendre
les moyens nécessaires afin de
protéger le béluga du Saint-Laurent, et de faire en sorte que tout projet de
développement économique soit compatible avec la survie et le
rétablissement de la population de cette espèce menacée.» Merci.
Le Vice-Président (M. Picard) : Oui,
M. le leader du troisième groupe d'opposition.
Ouellet : Oui, M. le
Président, je pense qu'il y a eu peut-être une confusion dans les échanges avec
le parti de la deuxième opposition, mais le Parti québécois serait...
consentement, mais pas conjoint à la motion.
Vice-Président (M. Picard) : Merci pour la précision. Est-ce qu'il y a
consentement pour débattre de cette motion?
Schneeberger : Il
n'y a pas de consentement.
Vice-Président (M. Picard) : Pas de consentement. Je reconnais
maintenant un membre du troisième groupe d'opposition. M. le député de
Jonquière.
Gaudreault : M. le Président, je sollicite le consentement des membres
de cette Assemblée afin de présenter, conjointement
avec le ministre de l'Économie et de l'Innovation, la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne, le député de Rosemont, le
député de Chomedey et la députée de Marie-Victorin, la motion suivante :
«Que, dans le cadre de la ratification de
l'accord [du] libre-échange connu sous le nom d'"Accord Canada—États-Unis—Mexique", l'Assemblée nationale encourage
toute démarche qui permettra d'améliorer la protection apportée à
l'industrie et aux travailleurs québécois de l'aluminium.»
Vice-Président (M. Picard) : Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a
consentement pour débattre de cette motion?
Schneeberger : Il y
a consentement, sans débat.
Le Vice-Président (M. Picard) :
Consentement, sans débat. M. le leader du troisième groupe d'opposition.
M. Ouellet : Oui, merci, M. le
Président. Je demande le vote par appel nominal, s'il vous plaît.
Le Vice-Président (M. Picard) : Le
vote par appel nominal est demandé. Mme et MM. les whips, ça va?
Que les députés en faveur de cette motion
veuillent bien se lever.
La Secrétaire adjointe : M. Bérubé
(Matane-Matapédia), M. Ouellet (René-Lévesque), M. LeBel (Rimouski),
Mme Hivon (Joliette), M. Gaudreault
(Jonquière), M. Roy (Bonaventure), M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine), Mme Perry Mélançon (Gaspé).
M. Jolin-Barrette (Borduas), M. Laframboise
(Blainville), Mme D'Amours (Mirabel), Mme Chassé (Châteauguay), M. Girard (Groulx),
Mme McCann (Sanguinet), M. Fitzgibbon (Terrebonne), Mme Roy
(Montarville), M. Lemay (Masson), M. Simard (Montmorency),
M. Martel (Nicolet-Bécancour), M. Roberge (Chambly), Mme LeBel
(Champlain), M. Bonnardel (Granby), M. Lévesque (Chauveau),
Mme Lachance (Bellechasse), M. Charette (Deux-Montagnes), M. Lamontagne (Johnson), M. Carmant
(Taillon), Mme Blais (Prévost), M. Caire (La Peltrie),
M. Lefebvre (Arthabaska), M. Dubé (La Prairie),
Mme Laforest (Chicoutimi), Mme Rouleau (Pointe-aux-Trembles),
M. Skeete (Sainte-Rose), Mme Samson
(Iberville), Mme Hébert (Saint-François), M. Dufour (Abitibi-Est),
M. Lacombe (Papineau), Mme Proulx (Berthier), Mme Charest (Brome-Missisquoi), M. Schneeberger
(Drummond—Bois-Francs),
Mme Girault (Bertrand), M. Julien (Charlesbourg), M. Boulet (Trois-Rivières),
Mme Proulx (Côte-du-Sud), M. Lafrenière (Vachon), M. Poulin
(Beauce-Sud), M. Émond (Richelieu),
M. Bachand (Richmond), Mme IsaBelle (Huntingdon), M. Chassin
(Saint-Jérôme), Mme Foster
(Charlevoix—Côte-de-Beaupré), M. Bélanger (Orford),
Mme Picard (Soulanges), Mme Jeannotte (Labelle),
M. Tardif (Rivière-du-Loup—Témiscouata),
M. Asselin (Vanier-Les Rivières), M. Reid (Beauharnois),
Mme Dansereau (Verchères),
M. Lévesque (Chapleau), M. Thouin (Rousseau), M. Tremblay
(Dubuc), Mme Blais (Abitibi-Ouest), M. Campeau (Bourget),
Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice),
M. Caron (Portneuf), Mme Boutin (Jean-Talon), M. Girard (Lac-Saint-Jean), Mme Lecours (Les Plaines),
M. Lemieux (Saint-Jean), Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac), M. Lamothe (Ungava), M. Bussière
(Gatineau), M. Allaire (Maskinongé), Mme Guillemette (Roberval), M.
Provençal (Beauce-Nord), M. Jacques (Mégantic).
M. Tanguay
(LaFontaine), M. Leitão (Robert-Baldwin), M. Barrette
(La Pinière), Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel), M. Birnbaum
(D'Arcy-McGee), M. Rousselle (Vimont), Mme Montpetit
(Maurice-Richard), Mme Melançon (Verdun),
Mme Ménard (Laporte), Mme Anglade (Saint-Henri—Sainte-Anne), M. Fortin (Pontiac), Mme Nichols (Vaudreuil), Mme Charbonneau (Mille-Îles),
Mme Robitaille (Bourassa-Sauvé), M. Kelley (Jacques-Cartier), Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis),
M. Benjamin (Viau), M. Derraji (Nelligan), Mme Sauvé (Fabre), Mme Rizqy
(Saint-Laurent), M. Ciccone (Marquette).
Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques), M. Nadeau-Dubois (Gouin), Mme
Lessard-Therrien (Rouyn-Noranda—Témiscamingue), M. Zanetti (Jean-Lesage), Mme Labrie (Sherbrooke),
Mme Ghazal (Mercier), M. Marissal (Rosemont), Mme Dorion
(Taschereau), M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve).
M. Ouellette
(Chomedey), Mme Fournier (Marie-Victorin).
Le Vice-Président (M. Picard) : Que les débutés
contre veuillent bien se lever. Y a-t-il des abstentions? M. le
secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 109
Contre :
Vice-Président (M. Picard) :
La motion est adoptée. Je reconnais maintenant un membre du groupe
formant... Oui? Oui, M. le leader du troisième groupe d'opposition.
Ouellet : Merci beaucoup, M. le Président. Nous aimerions que cette motion soit transmise
au premier ministre du Canada, M. Justin Trudeau, ainsi qu'aux différents
chefs des partis d'opposition, soit le Bloc
québécois, le Parti conservateur, le NPD ainsi que le
Parti vert. Merci.
Vice-Président (M. Picard) : Ce sera fait, M. le leader. Je reconnais
maintenant un membre du groupe
formant le gouvernement, Mme la ministre de la Culture et des
Communications.
Mme Roy : Merci
beaucoup, M. le Président. Alors, je sollicite le consentement de cette assemblée afin de
débattre de la motion suivante
conjointement avec la députée de Verdun, la députée de Taschereau, la députée
de Gaspé, le député de Chomedey et la députée de Marie-Victorin :
«Qu'à
l'occasion de son décès, l'Assemblée nationale du Québec
rende hommage à Mme Monique Leyrac, grande actrice et icône de la
chanson québécoise;
«Qu'elle
souligne sa carrière internationale exceptionnelle pendant laquelle elle a
chanté sur les plus grandes scènes du monde et a été ambassadrice de la
chanson québécoise à l'étranger;
«Qu'elle
souligne sa contribution majeure au paysage culturel québécois
tant dans le domaine de la chanson que de la télévision, du théâtre et
du cinéma;
«Qu'elle
transmette ses condoléances à sa famille, à ses proches, à ses pairs ainsi qu'à
ses nombreux admirateurs au Québec et à l'étranger;
«Qu'enfin, elle observe un moment de recueillement
en sa mémoire.»
Le Vice-Président (M. Picard) :
Merci, est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette motion?
Schneeberger : Alors, oui, M. le Président, il y a
consentement pour un débat de deux minutes par intervenant, en débutant par la ministre de la Culture et des Communications, la
députée de Verdun, la députée de
Taschereau et la députée de Gaspé.
Vice-Président (M. Picard) :
Merci. Je comprends qu'il y a consentement pour qu'il y ait quatre
intervenants pour une durée d'environ deux minutes, et nous débutons par
Mme la ministre de la Culture et des Communications.
Mme Roy :
Merci beaucoup, M. le Président. Le 15 décembre dernier, le Québec perdait
l'une de ses plus grandes figures de la chanson et de la scène, Mme
Monique Leyrac.
Née à Montréal en 1928, elle maniait le chant
avec autant d'aisance que le jeu, se disant d'abord et avant tout comédienne et néanmoins à l'origine de moments
inoubliables de l'histoire de la chanson québécoise. Après des débuts de comédienne à la radio
et au cinéma, Monique Leyrac a fait ses classes sur les scènes du monde :
Paris, Varsovie, Genève, Bruxelles,
Beyrouth, New York et Moscou, où le public a reconnu avec enthousiasme son
immense talent et sa voix superbe. Ce
faisant, elle a contribué à la notoriété de nombreux grands poètes et
auteurs-compositeurs du Québec et de la francophonie tels que Gilles Vigneault, Claude Léveillée, Jacques
Prévert, Charles Baudelaire, André Gagnon, Émile Nelligan, Luc Plamondon
et, bien entendu, Félix Leclerc.
Monique
Leyrac doit nécessairement son succès à son talent, à son incomparable présence
sur scène et au fait qu'elle mettait toute son âme dans tout ce qu'elle
entreprenait. En reconnaissance de sa carrière et de son apport à la culture
québécoise, Monique Leyrac a été faite chevalière de l'Ordre national du Québec
en 1998 et a reçu en 2013 le prix Denise-Pelletier, des prix du Québec, la plus
haute distinction accordée par l'État québécois dans les arts de la scène.
À ceux qui la côtoyaient, elle laisse le
souvenir d'une femme simple, pleine d'humour et de tendresse. Les Québécoises
et les Québécois se souviendront de cette femme authentique et
vibrante qui chantait si bien l'amour, la liberté, les peines, la joie,
et tout ça, avec une grande ferveur.
M. le Président, j'aimerais que nous offrions nos plus sincères condoléances à la
famille de Monique Leyrac, qui est ici aujourd'hui avec nous, dans nos
tribunes, et qu'en son hommage nous adoptions une motion reconnaissant sa
contribution exceptionnelle à la culture québécoise. Merci. Merci, M. le
Président.
Le Vice-Président (M. Picard) :
Merci, Mme la ministre. Je cède la parole à Mme la députée de Verdun.
Melançon : Merci, M. le Président. Nous saluons aujourd'hui la mémoire de la grande Monique Leyrac, qui nous a quittés le 15 décembre dernier,
nous laissant en héritage une immense carrière et une vie inspirante à plusieurs niveaux.
Parler de Monique Leyrac, c'est parler d'un monument de la chanson francophone
et québécoise, d'une interprète colossale, d'une femme
d'exception. Femme de tête, combative, au caractère libre, rien ne l'arrêtait.
C'est ainsi qu'elle a pu se tailler une place aux côtés des plus grands
noms de la chanson francophone.
Dès son plus
jeune âge, Monique Leyrac a conjugué son amour et sa passion pour les arts,
passant des cours d'art dramatique aux
radiothéâtres de CKAC, et a réussi à s'illustrer dans les cabarets de la ville
de Montréal. En 1949, elle entreprend sa première tournée, qui la mènera en France, en Suisse, en
Belgique, au Liban. Elle partagera ensuite son talent de chanteuse et de comédienne entre la France et
le Québec. Par son talent et son amour des textes de
composition, elle contribue
rapidement à l'essor de la chanson québécoise par ses magnifiques collaborations, notamment
avec Gilles Vigneault, Claude Léveillée, Félix Leclerc et Yvon Deschamps.
Soulignons
aussi l'apport de Mme Leyrac à l'épanouissement et à la libération des femmes
québécoises. À une époque
où ce n'était pas la norme, elle n'a pas accepté de n'être qu'une épouse, elle
est allée au-delà de ce rôle et a tracé son propre chemin, celui
d'une grande féministe. Son inspiration pour plusieurs femmes demeurera
marquante.
Par son
rayonnement et son attachement à la chanson québécoise, elle a grandement
contribué à internationaliser la
culture de chez nous de belle façon, notamment par ses passages remarqués au Carnegie Hall, à
L'Olympia de Paris et au Ed
Sullivan Show . À travers sa passion, elle a su repousser les limites, elle
a fait rêver. Elle a rendu les Québécois
et les Québécoises fiers.
Aujourd'hui, au moment où nous soulignons son riche héritage, je tiens à offrir mes
plus sincères condoléances à ses proches, qui sont parmi nous aujourd'hui. Pour saluer son immense apport à la société québécoise,
quoi de mieux que de se rappeler que «c'est
toute une musique qui passe dans ma tête, c'est une toute une musique qui vient
comme une fête». Au revoir, Mme Monique Leyrac.
Le Vice-Président (M. Picard) :
Merci, Mme la députée. Je cède la parole à Mme la députée de Taschereau.
Dorion :
L'auteur-compositeur François Dompierre a rencontré Monique Leyrac quelques
jours avant son décès à Cowansville
et il raconte : «Je l'ai amenée [près du piano en chaise roulante], et on
a chanté ses chansons. Ça a été très
émouvant. [...]dès qu'il y avait une musique, elle retrouvait tous ses moyens.
[C'était] assez extraordinaire, et on était très émus, elle et moi. On a versé une petite larme ensemble.» Il
dit : «C'était d'abord une comédienne, et la chanson était pour elle un moyen de faire du théâtre autrement.
C'est ça qui était extraordinaire. [...]c'était à l'époque où les femmes
étaient des épouses. Elle était aussi une épouse, mais elle est allée au-delà
de ça.»
l'animatrice d'ICI Musique, Monique Giroux,
dit : «C'était une femme qui n'en faisait qu'à sa tête, et elle avait
bien raison, car il se passait de bien
belles choses dans cette tête-là.» Elle défendait la chanson francophone, la
chanson québécoise, qu'elle interprétait comme personne.
Et l'auteur
et dramaturge Michel Marc Bouchard, lui, dit : «Cette grande femme a
transgressé les préjugés et les conventions de son époque. Elle était féministe
sans l'être.» Ce qui me fait penser que, si le mot «féminisme» est arrivé,
à un moment donné, dans notre histoire, au
fil des luttes sociales... Ce que ce mot-là signifie a toujours
été là, pas toujours à grande
puissance, pas toujours à grand déploiement, mais ça a toujours
fait
partie des hommes et des femmes du Québec.
Et ça me fait
penser à ce que ma grand-mère me racontait. Ma grand-mère a fui la révolution
bolchevique, en Russie, est arrivée en Europe et a passé quelques
années — elle
était danseuse de ballet — à
trouver des contrats dans le journal,
travailler dans des spectacles en tant que danseuse de ballet. Et à 80 ans
elle me racontait : Pendant ces années-là — puis
elle me disait ça avec des étoiles dans les yeux — je me faisais vivre toute seule, je ne dépendais de
personne. Toute seule! Puis, pour moi, c'était quelque
chose de très normal qu'une femme se fasse vivre toute seule, évidemment,
mais elle, elle me racontait ça avec tellement de fierté. Et, en pensant à Monique Leyrac, aujourd'hui je me dis : C'est cette
même fierté là qu'elle — ma grand-mère née en 1909 — Monique Leyrac a exprimée et a fait vivre à
toute une génération de Québécoises.
De voir une femme issue d'un quartier populaire
de Montréal sur les scènes du monde entier, une femme qui non seulement
se fait vivre toute seule, elle, mais fait vivre la culture québécoise et
l'amour du Québec pour sa langue partout
dans le monde puis sur toutes les scènes du Québec aussi, ça remplit de fierté
toute une génération de Québécoises, et, en fait, ça a participé à
l'émancipation de toute une époque.
Alors,
pour terminer sur les mots de Michel Marc Bouchard : Adieu, Monique! Merci
pour ton estime et pour ce que
tu as fait pour notre nation.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci. Je cède la parole à Mme la députée de Gaspé.
Perry Mélançon : M. le Président, Mme Monique Leyrac, c'est une vie en
parallèle de l'éveil, de l'émancipation du Québec. Elle a bien illustré
ce désir d'affranchissement par son indépendance d'esprit.
la fin des années 1940, alors qu'elle n'a que 20 ans, on commence à
la voir et à l'entendre. Rapidement, elle met ses talents au service des
grands auteurs québécois. Attirée par la scène, elle a d'abord rêvé de théâtre,
mais c'est finalement comme chanteuse,
surtout, qu'elle aura marqué les esprits, entre autres grâce à son
interprétation inoubliable et bouleversante
de Mon Pays , de Gilles Vignault, qui lui a valu une reconnaissance
internationale en 1965, ou en raison de son passage au Ed Sullivan
Show en 1969. En fait, sa voix a fait le tour du monde, amenant avec elle
les mots de Claude Léveillée, d'Émile Nelligan, de Sylvain Lelièvre et de Félix
Leclerc, entre autres.
Liban, en France, en Belgique, en Russie, elle a triomphé partout. De nombreux
prix et distinctions sont d'ailleurs venus témoigner de l'affection, de
l'admiration que le public avait pour elle au Québec et à l'étranger. Pourtant,
Monique Leyrac n'a jamais cherché la gloire. Elle était même plutôt discrète,
mais elle attirait immanquablement l'attention
par son charisme, sa sensibilité, par la puissance de ses interprétations. Ses
qualités d'artiste auront fait d'elle une immortelle indissociable de la
culture québécoise dans ses années les plus fastes.
salue donc sa mémoire au nom du Parti québécois. Je tiens à dire à ses proches qui
sont ici présents que nous reconnaissons
pleinement la riche contribution de Mme Leyrac à notre patrimoine collectif.
Soyez certains qu'elle ne sera jamais oubliée, que notre histoire lui
réservera une place d'honneur.
En terminant,
j'invite tous les Québécois à aller voir l'exposition qui lui sera consacrée
cet été au Musée des communications et d'histoire de Sutton. Merci, M. le
Président.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, Mme la députée. Est-ce que cette motion est
adoptée?
Vice-Président (M. Picard) : Adopté. Je vous demanderais de vous
lever, s'il vous plaît, pour un moment de recueillement.
• (11 h 19 — 11 h 20)
Merci.
Je reconnais maintenant un membre du
groupe formant l'opposition officielle,
M. le député de Nelligan.
Derraji : M. le Président, je sollicite le consentement de cette
Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec le député de Gouin, la députée de Gaspé, le député de
Chomedey et la députée de Marie-Victorin :
«Que
l'Assemblée nationale prenne acte que le ministère de l'Immigration, de la
Francisation et de l'Intégration a lancé,
le 14 février 2020, une consultation sur le Programme de l'expérience
québécoise, invitant les représentants du marché du travail et du milieu de l'éducation ainsi que toute personne ou
organisation intéressée à s'exprimer en présentant un mémoire;
«Que
l'Assemblée nationale demande au ministre de l'Immigration, de la Francisation
et de l'Intégration de s'engager formellement à rendre public, au terme de la
période de consultation, l'ensemble des mémoires reçus dans le cadre de ladite consultation, et ce, au moment de
l'annonce de la nouvelle mouture de sa réforme dans un souci de rigueur
et de transparence.»
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, M. le député. Y a-t-il consentement pour débattre
de cette motion?
Schneeberger :
Il y a consentement, sans débat.
Le Vice-Président (M.
Picard) : Consentement, sans débat. Oui, M. le leader de l'opposition
officielle?
M. Tanguay : Oui, je vous
demanderais, s'il vous plaît, un vote par appel nominal.
Vice-Président (M. Picard) : Nous avons une demande de vote par appel
nominal. Mme la whip, MM. les whips, ça va pour tous? O.K., on va
attendre que...
Nous allons procéder. Que les députés en faveur
de cette motion veuillent bien se lever.
Secrétaire adjointe : M. Tanguay (LaFontaine),
M. Leitão (Robert-Baldwin), M. Barrette (La Pinière), Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel),
M. Birnbaum (D'Arcy-McGee), Mme St-Pierre (Acadie), M. Rousselle
(Vimont), Mme Melançon (Verdun), Mme Ménard
(Laporte), Mme Anglade (Saint-Henri—Sainte-Anne),
M. Fortin (Pontiac), Mme Nichols
(Vaudreuil), Mme Charbonneau (Mille-Îles), Mme Robitaille
(Bourassa-Sauvé), M. Kelley (Jacques-Cartier), Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis), M. Benjamin (Viau), M. Derraji (Nelligan), Mme Sauvé
(Fabre), Mme Rizqy (Saint-Laurent), M. Ciccone (Marquette).
M. Jolin-Barrette (Borduas), M. Laframboise (Blainville),
Mme D'Amours (Mirabel), Mme Chassé (Châteauguay), M. Girard (Groulx), Mme McCann (Sanguinet), M.
Fitzgibbon (Terrebonne), Mme Roy (Montarville), M. Lemay (Masson), M. Simard (Montmorency), M. Roberge (Chambly), Mme
LeBel (Champlain), M. Bonnardel (Granby), M. Lévesque (Chauveau), Mme Lachance (Bellechasse), M.
Charette (Deux-Montagnes), M. Lamontagne (Johnson), M. Carmant (Taillon), Mme Blais (Prévost), M. Lefebvre
(Arthabaska), Mme Laforest (Chicoutimi), Mme Rouleau (Pointe-aux-Trembles), M. Skeete (Sainte-Rose), Mme Samson (Iberville),
Mme Hébert (Saint-François), M. Dufour (Abitibi-Est), M. Lacombe (Papineau), Mme Proulx (Berthier), Mme Charest
(Brome-Missisquoi), M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs), Mme Girault (Bertrand), M. Julien (Charlesbourg), M. Boulet
(Trois-Rivières), Mme Proulx (Côte-du-Sud), M. Lafrenière (Vachon), M.
Poulin (Beauce-Sud), M. Émond (Richelieu), M. Bachand (Richmond), Mme IsaBelle
(Huntingdon), M. Chassin (Saint-Jérôme), Mme
Foster (Charlevoix—Côte-de-Beaupré),
M. Bélanger (Orford), Mme Picard (Soulanges), Mme Jeannotte (Labelle),
M. Tardif (Rivière-du-Loup—Témiscouata),
M. Asselin (Vanier-Les Rivières), M. Reid (Beauharnois),
Mme Dansereau (Verchères), M. Lévesque (Chapleau), M. Thouin (Rousseau), M.
Tremblay (Dubuc), Mme Blais (Abitibi-Ouest), M. Campeau (Bourget), Mme
Tardif (Laviolette—Saint-Maurice),
M. Caron (Portneuf), Mme Grondin
(Argenteuil), Mme Boutin (Jean-Talon), M. Girard (Lac-Saint-Jean), Mme Lecours
(Les Plaines), M. Lemieux (Saint-Jean), Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac), M. Lamothe (Ungava), M. Bussière (Gatineau), M. Allaire
(Maskinongé), Mme Guillemette (Roberval), M. Provençal (Beauce-Nord), M.
Jacques (Mégantic).
Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques), M. Nadeau-Dubois (Gouin), M.
Zanetti (Jean-Lesage), Mme Labrie (Sherbrooke),
Mme Ghazal (Mercier), M. Marissal (Rosemont), Mme Dorion (Taschereau), M.
Leduc (Hochelaga-Maisonneuve.
M. Ouellet
(René-Lévesque), Mme Hivon (Joliette), M. Gaudreault (Jonquière),
M. Roy (Bonaventure), Mme Perry Mélançon (Gaspé).
M. Ouellette
(Chomedey), Mme Fournier (Marie-Victorin).
Le Vice-Président (M. Picard) : Que les députés
contre veuillent bien se lever. Y a-t-il des abstentions? M. le
secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 103
Contre :
Vice-Président (M. Picard) : La motion est adoptée. Je reconnais maintenant Mme la
députée de Marie-Victorin.
Fournier : M. le Président, je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée
afin de présenter, conjointement avec la ministre des
Affaires municipales et de l'Habitation,
la députée d'Anjou—Louis-Riel,
le député de Rosemont, le
député de Rimouski et le député de Chomedey, la motion suivante :
«Que l'Assemblée nationale prenne acte de l'initiative
de la ville de Montréal de se prévaloir de son droit de préemption pour quelque 300 terrains afin de se donner la possibilité d'y développer, à terme, des logements sociaux et communautaires;
«Qu'elle
demande au gouvernement du Québec d'analyser la possibilité d'étendre ce droit
de préemption pour l'acquisition de
terrains en vue de l'implantation de logements sociaux et communautaires aux
municipalités qui en font la demande.»
Vice-Président (M. Picard) : Merci, Mme la députée. Est-ce qu'il y a
consentement pour débattre de cette motion?
Schneeberger : Il y a consentement, sans débat.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Consentement, sans débat.
Est-ce que cette
motion est adoptée?
Le Vice-Président
(M. Picard) : Adopté.
Nous
sommes maintenant rendus à la rubrique Avis touchant les travaux des
commissions. M. le leader du gouvernement.
Schneeberger :
Merci, M. le Président. Alors, j'avise cette Assemblée que la Commission des
finances publiques poursuivra l'étude
détaillée du projet de loi n° 23,
Loi sur la dénomination et les responsabilités
de certains ministres et de certains ministères et édictant la
Loi sur
le ministère des Forêts, de la Faune et Parcs, aujourd'hui, de 15 à
18 heures, à la salle Louis-Joseph-Papineau;
Commission des transports et de l'environnement entreprendra l'étude détaillée
du projet de loi n° 44, Loi visant principalement la
gouvernance efficace de la lutte contre les changements climatiques et à
favoriser l'électrification, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à
13 heures et de 15 à 18 heures, à la salle
Marie-Claire-Kirkland;
Commission de la santé et des services sociaux poursuivra les consultations
particulières du projet de loi n° 52, Loi
visant à renforcer le régime d'examen des plaintes du réseau de la santé et des
services sociaux notamment pour les usagers
qui reçoivent des services des établissements privés, aujourd'hui, après les
affaires courantes jusqu'à 13 heures
et de 15 à 18 heures, à la salle Pauline-Marois.
Vice-Président (M. Picard) :
Merci, M. le leader. Pour ma part, je vous avise que la Commission de l'administration publique se réunira aujourd'hui, à la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine, en
séance de travail, après les affaires
courantes et jusqu'à 13 heures, afin de préparer l'audition de la Société d'habitation du Québec sur sa gestion administrative et sur le rapport de novembre 2019 du Vérificateur
général du Québec intitulé Programme AccèsLogis : exploitation des immeubles et du ministère des Affaires municipales et de
l'Habitation sur sa gestion administrative; en séance publique, de
15 heures à 16 h 30, afin de procéder à l'audition de la Société
d'habitation du Québec, puis de 16 h 30 à 18 heures, afin de
procéder à l'audition du ministère des Affaires municipales et de l'Habitation;
Enfin,
la commission se réunira en séance de travail, de 18 heures à
18 h 30, afin de déterminer les observations, conclusions ou
recommandations de la commission à la suite de ces auditions.
vous avise aussi que la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de
l'énergie et des ressources naturelles se
réunira en séance de travail, le jeudi 20 février, de 8 h 30 à
9 heures, à la salle Marie-Claire-Kirkland, afin de statuer sur la possibilité que la commission se saisisse d'une
pétition concernant l'étiquetage détaillé des poissons et des fruits de mer
en vente au Québec.
À la rubrique
Renseignements des travaux sur l'Assemblée...
période des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer
aux affaires du jour. M. le leader du gouvernement.
Schneeberger :
Oui. Alors, M. le Président, je vous demanderais d'appeler l'article 22 du
feuilleton.
Vice-Président (M. Picard) : À l'article 22 du feuilleton,
l'Assemblée reprend le débat ajourné le 18 février 2020 sur l'adoption du projet de loi n° 37, Loi visant principalement à instituer le Centre d'acquisitions
gouvernementales et Infrastructures technologiques du Québec.
Lorsque
nous avons terminé, le député de Rosemont avait utilisé
23 min 58 s. Est-ce que vous continuez, M. le député de
Rosemont? Allez-y, la parole est à vous.
Marissal : Oui, merci, M. le Président. Je veux continuer brièvement,
ce ne sera pas très long, et j'avais un aspect sur lequel je n'avais pas
pu vraiment m'éterniser hier soir, ou aborder hier soir, c'est sur la création
de l'ITQ, donc
l'Infrastructures technologiques Québec. Et je disais hier soir que ça, c'était
comme le deuxième projet de loi dans le
projet de loi, il y avait comme un projet de loi caché dans le projet de loi,
qui aurait eu le mérite, d'ailleurs, et probablement avantage à être séparé pour qu'on puisse en
discuter séparément. Je pense
que c'est un sujet séparé, là, de ce qu'on avait d'abord fait sur 37 et
le CAG.
Cela
dit, on a quand même fait du boulot. Je pense qu'il y a
eu beaucoup... pas «je pense», je suis sûr qu'il y a
eu beaucoup de préoccupations qui ont été soulevées par les membres des trois
partis de l'opposition quant à, par
exemple, le stockage des données, puisqu'on sait que, par la formation
de l'ITQ, le gouvernement jouera un rôle de courtier en infonuagique. Tout ça est assez nouveau dans le paysage, tout ça soulève
toutes sortes de questions, et tous les jours il y a des articles dans les
journaux et des reportages dans les médias électroniques qui nous rappellent à
quel point il est dangereux de ne pas
porter toute l'attention nécessaire au stockage et à la préservation, au contrôle et
à la sécurité de nos données. Desjardins en est malheureusement
l'exemple le plus spectaculaire, mais il y en a tous les jours. Il y avait
encore récemment, dans les journaux de
Québecor, une recension de toutes les fuites ou pépins qu'il a
pu y avoir dans la grande machine gouvernementale. Ce n'est rien de très
rassurant.
je reprends où j'étais hier soir, j'avais proposé, notamment,
des amendements, sachant qu'il y aura des contrats
d'infonuagique donnés à l'extérieur, ça va de
soi. J'avais suggéré, notamment, par amendement que le ministre
délégué ajoute dans sa loi une
provision pour s'assurer des plus hauts standards de sécurité pour ce stockage
des données en infonuagique. On a eu un
débat assez long, sémantique sur qu'est-ce que ça veut dire, les plus hauts
standards. À la fin, on pourra en parler pendant les 48 prochaines
heures ici, mais je pense que tout le monde s'entend, entre gens majeurs et vaccinés, sur c'est quoi, les plus hauts
standards, c'est-à-dire de protéger nos données avec des mesures réelles.
Ça, c'était un peu un antidote à la
nonchalance qui s'installe parfois dans le temps, surtout si on sous-traite.
Parfois, on baisse la garde, ça va
bien pendant quelques mois, puis tout d'un coup, paf! une autre fuite, un
pépin, une catastrophe, un fiasco. Il y avait là quelque chose, me
semble-t-il, de raisonnable dans un amendement qui l'était tout autant pour
dire au gouvernement : Faites gaffe, là, avant de donner ça en
infonuagique, assurez-vous que tout
le monde a bien compris que l'on veut les plus hauts standards, c'est-à-dire les systèmes d'alarme, les systèmes de protection et les
suivis nécessaires. Ça n'a pas été accepté par la
partie gouvernementale,
et je m'en désole.
lui a aussi proposé, ce qui m'apparaissait tout aussi raisonnable et fondé, que
les données de nos concitoyens et
concitoyennes sous-traitées en infonuagique soient hébergées par des serveurs
situés au Québec. Ça me paraissait être une demande raisonnable, puisqu'on sait très bien
que, si ces données se retrouvent à l'extérieur, on en perd la trace. On n'a
pas juridiction sur les pays étrangers, ça va de soi. Et, encore là, quand on
sait que les «majors» américains, les entreprises
mammouths du «big data», comme Amazon, Google, trépignent d'impatience devant
ce marché mondial de plus de 100 milliards de dollars... Ça, c'est le marché des données personnelles en
infonuagique, 100 milliards de
dollars, alors on sait très bien
qu'il y a des entreprises qui ont engagé un paquet de lobbyistes ici qui
piaffent d'impatience, qui sont même en
train de demander au gouvernement des dézonages de terrains agricoles pour
installer leurs installations — ça,
au moins, ce serait au Québec — mais on sait très bien que ces entreprises-là
peuvent aussi, par un clic d'ordinateur, transférer toutes les données ailleurs.
Ça aussi, malheureusement, ça nous a été refusé.
Il y a
eu un moment particulièrement intéressant dans nos échanges avec le ministre délégué à savoir... comme c'est
souvent le cas dans presque tous les projets
de loi, il y a
des provisions pour s'assurer que le gouvernement... pour nous
assurer que le gouvernement ne fasse pas affaire avec des entreprises
délinquantes ou avec des individus délinquants, autrement dit qu'on ne
donne pas de contrat avec de l'argent public à des bandits ou à des entreprises
qui ne sont pas capables de montrer patte
blanche ou, pire encore, qui se sont fait taper sur les doigts. On a adopté
ça, puis c'est même un amendement
ou c'est même un
article, devrais-je dire, qui est assez standard dans les projets de loi, généralement, au gouvernement
du Québec pour la simple et bonne
raison, comme je le disais, qu'on essaie de ne pas donner des contrats à
des bandits ou à des entreprises qui ne sont pas dignes de confiance.
Il y avait
un
article en particulier qui visait les entreprises qui font de
l'évasion fiscale. Or, il y a, en ce moment, des grands fournisseurs dans le domaine de l'infonuagique et du stockage
de données... Amazon, par exemple, pour ne pas la nommer, qui a été condamnée ailleurs, notamment par l'Union européenne, à de fortes amendes, dans ce cas-ci, 250 millions d'euros en 2017. Ça fait pas mal d'argent, ça.
Amazon a été, justement, condamnée par l'Union européenne pour des questions
d'évasion fiscale. Alors, la question logique, cohérente au ministre
délégué : Est-ce que des condamnations à
l'extérieur du Québec pourraient
éventuellement disqualifier des fournisseurs comme Amazon? Exemple
réel. Est-ce que nos
provisions, dans notre loi, pourraient donc disqualifier, puisqu'on
ne veut pas faire affaire avec des compagnies délinquantes, des entreprises qui ont été condamnées ailleurs?
Après un certain conciliabule avec le contentieux, la réponse est oui, M.
le Président. Alors, j'en prends
bonne note, j'en prends bonne note. Il semblerait que, lorsque
des entreprises, même des mammouths
du «big data», se font condamner ailleurs pour de l'évasion fiscale, fraude fiscale, toute
autre faute de nature fiscale, nous
ayons juridiction et souveraineté au Québec pour bannir ces entreprises de nos
contrats. C'est noté et ça a été
dûment noté sur les transcriptions de l'Assemblée
nationale. J'ai bien hâte de voir,
quand les Amazon de ce monde
viendront cogner à la porte du gouvernement pour avoir les contrats, ce qu'elles ont déjà
commencé, d'ailleurs, si on
les avisera que non seulement on n'est pas très impressionnés par les
condamnations qu'ils ont subies ailleurs, mais que ça pourrait éventuellement les
disqualifier. Enfin, j'ai bien noté.
Je veux finir plus
largement sur 37. Mes collègues suivront, comme je le disais hier soir, parce
qu'il reste des préoccupations
d'approvisionnement régional. On en a reparlé ce matin à la période des
questions, il y a eu une autre réponse, peut-être
plus complète. Ça aussi, on a bien noté. Mais la principale préoccupation et objection qu'on a à 37, au
projet de loi n° 37, je devrais
dire, c'est évidemment le risque de punir ou d'affecter des PME, notamment dans
les régions du Québec, et même dans les centres urbains.
J'ai, moi, des entreprises dans mon comté. Le
député de René-Lévesque parlait hier de la Librairie Côté à Baie-Comeau. Bien, moi, les gens de la Librairie
Paulines, sur la rue Masson, ne sont pas bien, bien plus rassurés, parce
qu'ils font affaire,
notamment, avec le cégep, et parfois les trois, quatre caisses de livres qu'ils
vont être capables de vendre au cégep
par entente, bien, ça faisait une petite différence dans leur chiffre
d'affaires. C'était peut-être l'employé de plus sur le plancher qu'ils
vont devoir congédier.
vous savez comme moi, M. le Président, que nos rues principales, qui sont un
peu comme nos villages, dans les
arrondissements de Montréal tirent le diable par la queue, c'est déjà
difficile, et que, si on leur enlève en plus ce genre de contrats, pour nous, le jeu n'en vaut pas la
chandelle, même si le président du Conseil du trésor nous redit aujourd'hui :
On pourra faire des exceptions, on pourra
faire quelques exceptions, tout en disant, de l'autre côté de la bouche, qu'on
veut faire des économies. Alors, pourquoi
ferait-on des exceptions pour payer plus cher si le but principal du projet de
loi est de faire des économies? Je trouve ça un peu irréconciliable.
Sur la grande réforme elle-même, M. le Président,
je veux juste vous dire que moi, je suis assez vieux pour avoir couvert plusieurs gouvernements qui avaient
plusieurs réformes majeures en tête. Quand je suis arrivé ici pour Le Soleil
au début des années 90, je couvrais le
gouvernement Johnson. Je veux juste préciser, Johnson fils, là, pour que ce
soit bien clair, je ne suis pas si
vieux. J'ai couvert le gouvernement Johnson, Daniel Johnson fils.
M. Johnson, qui a bien servi le
Québec, avait néanmoins une fixation sur la lourdeur de l'État et il s'était
employé, à l'époque, à lancer toutes sortes de réformes. Il était d'ailleurs avant au Trésor — c'est souvent par là que ça vient — et il s'était lancé dans toutes sortes
de réformes ou de projets de réforme,
notamment auprès de la fonction publique, qui n'avaient pas tous donné, je dois
dire, des résultats faramineux ni
extraordinaires, mais qui avaient par contre créé beaucoup d'angoisse dans la
fonction publique. Comme quoi ce
n'est pas depuis hier que les employés de la fonction publique sont soumis à
certains effets du gouvernement qui ont pour effet, justement, de les
stresser.
y a eu le gouvernement Charest aussi. M. Charest, qui est arrivé ici
inspiré par la révolution du gros bon sens de Mike Harris en Ontario — juste ça, ça faisait peur — et la fameuse réingénierie de l'État, qui
n'est restée, heureusement, qu'un
projet sur papier et qui aussi avait pour effet de créer un immense stress dans
la machine gouvernementale, basée sur
toute une série de lubies, à savoir que l'État était trop gros, trop lent, trop cher. Il y a eu d'autres
réformes, dans le temps, qui ont imposé sur nos services publics un
stress qui se fait encore sentir aujourd'hui.
termine là-dessus, M. le
Président, pour vous dire non seulement qu'évidemment on va voter contre le projet de loi n° 37, mais que, quand le président du Conseil du trésor résume ou essaie de faire entrer toutes les craintes qu'on a entendues pendant l'étude de ce projet de loi là dans la seule petite case de la résistance au changement, bien, je
ne suis pas d'accord.
Psychologiquement, politiquement et sur le principe, je ne suis pas d'accord.
Les gens des PME en région, les gens
des cégeps, les gens des universités, l'UPA, la FCEI, tous ces gens sont venus
nous dire qu'il y avait un grand risque avec ce projet de loi, même si,
sur le principe de sauver de l'argent, tout le monde est d'accord.
Alors,
non, M. le Président, et je termine vraiment là-dessus,
ce n'est pas qu'une allergie au changement, il y a aussi parfois des
réformes qui font mal et qui feront encore plus mal, et c'est pourquoi nous
voterons contre le projet de loi n° 37. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Picard) : Merci, M. le député de Rosemont. D'autres interventions? M. le député de La Pinière.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Vous interpelez... Vous pouvez intervenir sur le
principe général.
Le Vice-Président
(M. Picard) : ...ou l'alternance. Allez-y, monsieur...
M. Dufour : Merci à mon collègue de La Pinière
de me laisser prendre la parole. Donc, juste peut-être pour bien, quand même, répondre à mon collègue qui,
hier soir, m'a interpelé vers les 9 h 27, à peu près, je pense, donc,
bien comprendre une chose... et puis
moi-même, lorsque j'ai eu le temps de lire le p.l. n° 37, j'ai pris
le temps aussi d'avoir discussion
avec le président du Conseil du
trésor. Je pense que c'était important
d'avoir certaines vérifications et certaines informations.
il y a une chose, quand même, qui est importante,
qu'il faut comprendre, il existe quand même la
Loi sur les contrats des
organismes publics. Et il faut bien comprendre une chose : selon les
articles 15 et 16, et je pense que le président
du Conseil du trésor l'a bien expliqué hier et encore aujourd'hui lorsqu'il
s'est fait interpeler en question ce matin et hier, il y a des appels d'offres regroupés, sans prendre en
considération son impact sur l'économie locale, qui doivent être considérés. Et ça, moi, pour moi, ça me
rassure et puis ça me démontre aussi qu'on a nos entreprises locales. Et je
pense... chez nous, exemple, bureau Gyva,
qui va être très heureux de pouvoir prendre la chance de répondre à des appels
d'offres regroupés et qui va avoir,
justement, un impact pour l'ensemble du régional. Donc, moi, de mon côté, je
suis très à l'aise avec cette situation-là et je pense que c'est
important de le mentionner.
L'autre élément qui
aussi me... que je m'accorde le fait que c'est intéressant, c'est le respect de
l'orientation gouvernementale visant le développement
local et socioéconomique. Je pense que, lorsqu'on a des éléments comme ça, on
peut dire une chose, qu'on peut travailler,
justement, pour le développement local, et on peut, naturellement, regarder
tout l'environnement de tout ça, et
ça va certainement rejaillir sur certaines entreprises locales qui seront
audacieuses pour pouvoir aller chercher des bons contrats locaux. Merci
beaucoup.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, M. le ministre. M. le député de Rosemont...
M. Marissal : ...ici. La
dernière fois, le ministre des Forêts s'est levé...
Vice-Président (M. Picard) : M. le député, veuillez vous asseoir
s'il vous plaît. Vous pouvez poser une question au dernier
interlocuteur, mais vous ne pouvez pas commenter. Votre temps de parole est
fait.
M. Marissal : Bien, alors, la
seule question que j'ai au ministre des Forêts...
Vice-Président (M. Picard) : Est-ce que, M. le ministre, vous
acceptez d'avoir une question de M. le député de Rosemont? Il accepte.
Allez-y.
M. Marissal :
Est-ce qu'il y a, au-delà de la règle assez stricte du plus bas
soumissionnaire, quelque chose dans ce
projet de loi là qui permet au gouvernement de passer outre, éventuellement,
pour payer plus cher, comme on nous le dit depuis deux jours, pour
favoriser des PME locales?
Le Vice-Président (M. Picard) :
Merci. M. le ministre.
M. Dufour : À ma connaissance, il n'y a pas vraiment
un
article défini dans ce type-là, mais il reste un élément. Comme je le mentionnais tantôt,
par la
Loi sur les contrats des organismes
publics, on a la possibilité de se regrouper et de faire des offres,
autant au niveau local et régional, pour justement être capables d'avoir des
contrats locaux de grande importance et de qualité.
Le Vice-Président (M. Picard) :
Merci. Prochaine intervention, Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie :
Merci, M. le Président. Écoutez, vous le savez, partout au Québec, les milieux
économiques se mobilisent depuis longtemps pour encourager, pour faciliter
l'achat local parce que c'est un vecteur de développement économique très important dans nos régions. Et on
ne compte plus les initiatives pour encourager les citoyens à acheter local, pas seulement les aliments, mais aussi tous
les autres biens qu'ils consomment, et le gouvernement lui-même encourage
les citoyens régulièrement à acheter localement.
Mais, encore
une fois, on est face à un gouvernement qui manque de cohérence, parce qu'en
même temps qu'ils nous disent ça, en même temps qu'ils nous disent
qu'ils veulent décentraliser les prises de décision et favoriser le
développement des régions, ils nous présentent un projet de loi qui vise à
centraliser tous les approvisionnements du secteur
public. Le projet de loi n° 37, il vise à regrouper en un seul centre
d'acquisitions les achats de biens et de services des ministères, des organismes publics, de l'Administration
gouvernementale, des établissements du réseau de la santé, des services sociaux, des réseaux de l'éducation
et de l'enseignement supérieur. Ça commence à faire beaucoup de monde et
d'acteurs locaux qui vont être obligés de faire leurs achats à la même place.
Et savez-vous
c'est quoi, le problème avec ça? C'est que le Centre d'acquisitions, quand il
va faire des appels d'offres pour
approvisionner tous les services publics, ça va exclure d'emblée des milliers
de PME partout au Québec qui n'ont
pas la capacité d'approvisionner tout le territoire et qui, en ce moment, ont
la capacité d'approvisionner certaines institutions
de leur région. Donc, toutes les petites entreprises de nos régions qui tirent
en ce moment une très grande fierté d'approvisionner nos écoles, nos
cégeps, nos universités, nos hôpitaux, elles vont devoir se mesurer aux grandes
entreprises de Montréal, et, pour une bonne
partie d'entre elles, elles ne seront pas de taille, malheureusement, et elles
vont perdre le droit d'approvisionner nos institutions locales.
Et le
gouvernement fait ça pour économiser, alors que, pourtant, on répète tout le
temps aux citoyens que ça vaut la peine de payer parfois un petit peu
plus cher pour des produits locaux. Et c'est clair que ça vaut la peine parce
que chaque dollar qui est dépensé dans une
PME locale génère des retombées directement dans nos communautés et ça vaut
aussi la peine quand on considère les
impacts environnementaux. Alors, nous, on demande aux citoyens de penser à ça
dans leurs achats, et il me semble que le gouvernement aussi devrait penser à
ça, devrait avoir la responsabilité de ne pas tenir compte seulement du total de la facture et de chercher le plus
bas soumissionnaire, mais aussi de considérer l'aspect social et l'aspect environnemental dans leurs
décisions. Donc, le gouvernement doit prendre conscience que chacune de ces dépenses a le potentiel d'être un levier pour
le développement local ou pas. Et malheureusement, avec la création du Centre d'acquisitions gouvernementales, on vise
seulement à faire des économies, au détriment des entreprises et de la vitalité de nos régions. Les économies, c'est
bien, et d'ailleurs il y a déjà plusieurs institutions qui se sont rassemblées,
depuis les dernières années, pour faire des
achats groupés, mais elles le faisaient, jusqu'à maintenant, sur une base
volontaire, et là le gouvernement
veut l'imposer. Donc, c'est