Transportation and the Environment — 17 January 2022 (42nd Legislature, 2nd Session)
CTE 2022-01-17
Quebec — Committees
(Quatorze
heures deux minutes)
Présidente (Mme Grondin) : Donc, à l'ordre, s'il vous plaît!
Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission des transports
et de l'environnement ouverte. Je demande à toutes les personnes dans la salle
de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs appareils électroniques.
commission est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n°
102, Loi visant principalement
à renforcer l'application des lois en matière d'environnement et de sécurité
des barrages, à assurer une gestion responsable
des pesticides et à mettre en oeuvre certaines mesures du Plan pour une
économie verte 2030 concernant les véhicules zéro émission.
M. le
secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire :
Oui, Mme la Présidente. M. Bussière (Gatineau) est remplacé par Mme Proulx (Côte-du-Sud); M. Lamothe (Ungava) est
remplacé par Mme Boutin (Jean-Talon); et M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine) est remplacé par M. Gaudreault (Jonquière).
La Présidente (Mme Grondin) : Donc, merci beaucoup. Lors de l'ajournement de nos travaux, en
décembre, le débat portait sur l'article 37 de la loi édictée à
l'article 1 du projet de loi. Est-ce qu'il y a des interventions sur cet
article? Mme la députée de Verdun.
Melançon : Merci, Mme la Présidente. D'abord, je vais y aller d'un
petit commentaire puis ensuite d'une
question, si c'est possible, Mme la
Présidente. D'abord, je veux juste
vous dire bonne année à toutes et à tous, chers collègues. Heureuse
d'être... de reprendre nos travaux à
titre de législateurs, législatrices.
J'aurais préféré qu'on soit ici pour parler des mesures d'urgence, là, je vais
le dire très ouvertement, puisque, si nos écoles sont presque ouvertes au
Québec, là, c'est la tempête de neige qui en a décidé autrement, je pense qu'on
devrait être ici pour parler d'un débat d'urgence sur les mesures sanitaires.
Cela étant dit, Mme
la Présidente, comme ce n'est pas le cas et comme on va plutôt faire avancer
l'agenda législatif du gouvernement, j'aimerais savoir si le ministre peut
peut-être, juste pour ceux et celles qui suivent les travaux.... peut-être juste nous remettre un peu dans le bain avec
l'article 37. On avait débuté, bien sûr, une discussion sur
l'article 37, mais je pense que de faire juste un petit récap, comme on
dit en mauvais français, je pense que ce serait intéressant si le ministre peut
tout simplement, pour le bien de ceux et de celles qui nous... qui suivent nos
travaux, parce que je pense que les
Québécois, actuellement, sont plus préoccupés par la perte de contrôle qu'on a
de la pandémie que par cet omnibus. Mais, comme on est là pour
travailler l'omnibus, c'est ce que nous allons faire cet après-midi.
Présidente (Mme Grondin) : Donc, parfait, Mme la députée. M. le
ministre.
M. Charette :
Salutations aux collègues, et mes meilleurs voeux aussi pour la nouvelle année.
On peut se souhaiter plein de belles choses et, oui, un certain retour à la
normale également. Et c'est vrai que ça fait quelques semaines qu'on s'est
laissés.
C'est un
article qui
n'est pas tellement long. Ce que je pourrais faire, je pourrais tout simplement
le relire pour se mettre dans le bain, en quelque sorte, là. Donc, avec votre
permission, je pourrais en refaire la lecture.
«Le gouvernement
peut, sur recommandation du ministre fondée sur les motifs prévus au premier
alinéa de l'article 36, pour des activités exercées dans le cadre d'un projet
qu'il a autorisé en vertu d'une loi concernée et pour la période qu'il fixe ou
de façon permanente :
modifier les normes particulières ou les conditions, restrictions ou
interdictions régissant l'activité concernée;
imposer toute nouvelle norme particulière ou condition, restriction ou
interdiction pour l'exercice de l'activité;
«3° limiter ou faire
cesser l'activité.
«Une décision prise
en vertu du présent
article ne donne lieu à aucune indemnité de la part de
l'État et prévaut sur toute disposition inconciliable d'une loi, d'un règlement
ou d'un décret.»
le commentaire, pardon, que j'avais lu également. Donc, cet
article reprend le
contenu des articles 115.10.2 et 115.10.3 de la
Loi sur la qualité
de l'environnement et vise à prévoir différentes situations pour lesquelles le gouvernement serait justifié d'intervenir sur une
autorisation déjà délivrée en raison de nouvelles informations portées à
sa connaissance et lorsqu'un préjudice irréparable ou une atteinte sérieuse est
susceptible de se produire.
Et le deuxième alinéa
précise au surplus qu'une mesure prise par le gouvernement en vertu de cet
article prévaut sur toute autre disposition qui pourrait être considérée comme
inconciliable et qu'elle ne donne pas droit à une indemnité de la part de
l'État.
La Présidente (Mme
Grondin) : Merci, M. le ministre. Y a-t-il... Mme la députée de
Verdun.
Mme Melançon : Juste pour m'assurer
d'être sur le bon article. En même temps, on est toujours sur l'avis
d'exécution, hein, parce que, vous savez, à l'intérieur des différents articles
à ce moment-ci, je me rappelle que le sous-ministre nous donnait souvent
plusieurs exemples quant aux avis d'exécution. Donc, on est toujours dans les
avis d'exécution à ce moment-ci?
Ça me rassure de voir le ministre quand même
regarder la légiste pour se rassurer aussi, parce que c'est vrai que c'est
loin, nos discussions, là. Il faut aller refouiller dans le tiroir de la
mémoire, là. Mais on est bel et bien dans l'avis d'exécution?
M. Charette : Tout à fait. Et ce que
je veux éviter à tout prix, c'est d'induire les collègues dans l'erreur. Donc,
je valide tout le temps auprès de personnes encore plus qualifiées que moi.
La Présidente (Mme
Grondin) : Y a-t-il... Je ne crois pas... Oui, madame, je...
Ah! Y a-t-il consentement? Vous souhaitez
intervenir, madame? Oui. Donc, il y a consentement. Donc, je vous invite à vous
présenter, s'il vous plaît.
Mme Grignon (Karine) : Oui, alors
Karine... Je ne sais pas si mon micro fonctionne. Karine Grignon, ministère de
la Justice, avocate au ministère de la Justice.
En fait, non, c'est ça, ce n'est pas tout à fait
en lien avec l'avis d'exécution, là, c'est des pouvoirs un peu plus généraux en lien avec le régime d'autorisation
environnementale. Donc, l'article 36 était plus spécifique à
l'autorisation du ministre, tandis que
l'article 37, c'est l'autorisation du gouvernement, donc la procédure
d'évaluation et d'examen des impacts, notamment.
La Présidente (Mme
Grondin) : Merci, maître. Avez-vous d'autres questions, Mme la
députée? Oui.
Mme Melançon : Bien, oui, oui,
merci, Mme la Présidente. Donc, c'est pour ça qu'on commençait... Et merci, là,
parce que, justement, on peut replonger plus facilement avec l'information. Le
gouvernement, donc, peut, sur recommandation du ministre fondée sur des motifs
prévus au premier alinéa... D'accord, ça, je comprends.
Donc là, ici, c'est plutôt qu'on le voyait au
36, que c'était plus le ministre, à ce moment-ci, c'est le gouvernement,
mais... et que c'est cette décision-ci, si je crois que c'était là-dessus où on
était dans nos discussions, c'était que
l'article 37 prévalait sur toute autre loi. Est-ce que c'était bien ça,
hein? Parce que j'avais des notes, là, mais...
La Présidente (Mme
Grondin) : Allez-y, maître.
Mme Grignon (Karine) : Oui. Mais, en
fait, je n'ai pas nécessairement une prévalence, mais, comme c'est la décision
ultime, là, qui autorise un projet, là, notamment si on parle des projets issus
de la procédure d'évaluation d'examen des impacts, bien, c'est le décret qui va
autoriser le projet, là, qui serait modifié ou qui aurait des conditions
supplémentaires, là, qui seraient imposées, là, à ce moment-là, là, en vertu de
l'article 37, là.
La Présidente (Mme
Grondin) : Ça va pour le moment.
Mme Melançon : Ça va de mon côté.
La Présidente (Mme
Grondin) : Mme la députée, ça va pour le moment, c'est ça?
Mme Melançon : Oui. Merci.
La Présidente (Mme
Grondin) : Parfait. Donc, M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault : Oui. Alors, à mon
tour de vous souhaiter bonne et heureuse année 2022, Mme la Présidente, tout le
monde, les collègues et les membres de l'administration publique qui nous
accompagnent, en souhaitant que 2022 soit plus réjouissante sur le plan de la
santé publique que 2021.
Bon, on a quand même eu, entre Noël et le jour
de l'An, non, un petit peu après le jour de l'An, des éléments d'actualité qui
nous ont rattrapés. Je pense, entre autres, à cet
article de La Presse
sur les pires récidivistes au Québec. C'est un article, d'Éric-Pierre
Champagne, publié le 10 janvier et qui faisait ressortir quand même de
façon importante... en fait, ce qui mettait la lumière, cet article, sur le
nouveau pouvoir que le ministre s'arroge avec le projet de loi n° 102, s'il
est adopté, qui permettrait au ministre de refuser une demande d'autorisation
déposée par un promoteur délinquant.
L'article du 10 janvier faisait
surtout référence à ça, à ce volet-là.
Je partage le point de vue
du ministre. Et c'est un peu hallucinant, oui, de voir que, dans les moins bons
élèves des 10 dernières années en matière d'environnement, on a des
ministères et organismes, alors que le gouvernement du Québec doit être
exemplaire. Je pense à Hydro-Québec qui avait 24 infractions pour un total
de sanctions imposées de 545 400 $. Je pense à la ville de Québec, à
la ville de Gatineau, le ministère des Transports, pour 60 000 $ au
total. Vous allez me dire : Ce n'est pas beaucoup, 60 000 $,
dans l'ensemble des milliards investis par
le ministère des Transports. Il y a deux manières de voir ça, soit que c'est
inacceptable de toute façon parce que le ministère doit être... et les
autres organismes doivent être exemplaires ou il le prend... Il considère un
peu comme une dépense courante, puis on va payer les amendes, ce qui serait
inacceptable aussi.
Donc, je veux savoir, de la part du ministre, si
les articles que nous sommes en train d'étudier lui offrent cette possibilité.
Est-ce qu'on est là-dedans, autrement dit, là, de pouvoir refuser une autorisation
déposée par un promoteur délinquant? Parce que, là, on voit que le gouvernement
peut, sur recommandation du ministre fondée sur des motifs prévus pour des
activités exercées dans le cadre d'un projet qu'il a autorisé, modifier les
normes, les conditions, les restrictions, les interdictions et imposer toute
nouvelle norme. Donc, est-ce qu'on touche ce qui a été soulevé par, entre
autres, l'article de La Presse du 10 janvier?
La Présidente (Mme
Grondin) : M. le ministre.
Charette : Merci, Mme la Présidente. Dans le fond, on en avait parlé un petit peu avant de se laisser. Il y
a des promoteurs tantôt privés, donc des entreprises, tantôt des municipalités,
tantôt des ministères ou organismes. C'est certain que, pour un ministère, ou un
organisme, ou une municipalité, lorsque c'est un service à la population qui
est conditionnel à l'autorisation, c'est certain que, du jour au lendemain, on
ne l'empêchera pas de procéder.
Mais, de façon générale, cet
article là, mais
également ceux qu'on a eu l'occasion d'étudier, nous donne des moyens,
justement, pour soit ne pas délivrer de nouveaux certificats d'autorisation,
soit poser encore davantage de questions. Mais j'ai vu l'article auquel se
réfère le collègue et c'est un peu la même réflexion que j'ai eue. Moi, ce qui
me rassure, par contre, c'est qu'au niveau de l'administration publique, au
niveau des municipalités, il y a plusieurs tables de concertation qui ont été
mises de l'avant. On a parlé de quelques règlements, au cours des derniers mois, qui ont tenu les municipalités,
mais bon nombre de partenaires très occupés, ce qui facilite grandement
les choses, c'est justement ces espaces d'échanges qu'on a avec eux pour
s'assurer que l'interprétation de la réglementation est adéquate, s'assurer que
l'on est disponible s'il y a des questio