Labour and the Economy — 9 October 2024 (43rd Legislature, 1st Session)
CET 2024-10-09
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31e législature, 4e session (6 mars 1979 - 18 juin 1980)
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31e législature, 2e session (8 mars 1977 - 22 décembre 1977)
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(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
mercredi 9 octobre 2024
Vol. 47 N° 70
Consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 71, Loi visant à améliorer l’accompagnement des personnes et à simplifier le régime d’assistance sociale
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
11 h
11 h 30
12 h
12 h 30
15 h
15 h 30
16 h
16 h 30
17 h
17 h 30
18 h
Journal des débats
11 h (version non révisée)
(Onze heures quatorze minutes)
La Présidente (Mme D'Amours) : Alors,
bonjour, tout le monde. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la
Commission de l'économie et du travail ouverte. Je vous souhaite la bienvenue
et je demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la
sonnerie de leurs appareils électroniques.
La commission est réunie afin de
poursuivre les consultations particulières et auditions publiques sur le projet
de loi no 71, Loi visant à améliorer l'accompagnement des personnes et à
simplifier le régime d'assistance sociale. Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. M. Dufour (Abitibi-Est) est remplacé par Mme Blais
(Abitibi-Ouest); Mme Tremblay (Hull) est remplacée par Mme Poulet
(Laporte); Mme Dufour (Mille-Îles) est remplacée par Mme Prass (D'Arcy-McGee);
Mme Lakhoyan Olivier (Chomedey) est remplacée par Mme McGraw
(Notre-Dame-de-Grâce); et M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve) est remplacé
par Mme Labrie (Sherbrooke).
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Nous entendrons ce matin les témoins suivants, soit Renaissance Québec et la
Coalition des organismes communautaires pour le développement de la main-d'oeuvre.
Je souhaite maintenant la bienvenue à Renaissance Québec. Je vous rappelle,
chers invités, que vous disposez de 10 minutes pour votre exposé. Puis
nous procéderons à la période d'échange avec les membres de la commission. Je
vous invite donc à vous présenter et à commencer votre exposé, s'il vous plaît.
M. St-Arnaud (Éric) : Bonjour.
Mon nom, c'est Éric St-Arnaud, directeur général pour Renaissance Québec, et je
vous présente Guillaume Rousseau qui est conseiller aux affaires publiques pour
Renaissance Québec.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
M. St-Arnaud (Éric) : Bien,
merci de l'invitation, monsieur, madame, pour la Commission de l'économie et du
travail. Je me suis présenté, je travaille pour Renaissance Québec. C'est...
Personnellement, c'est... c'est intimidant de venir vous voir parce que je fais
partie de la classe ouvrière. Premier diplômé, j'ai fait un programme d'insertion
il y a 32 ans et je réussis aujourd'hui à être diplômé. Donc, je tiens à
cœur ce que je fais comme travail énormément. Je tiens à le dire, là, ça me
permet de me déstresser en vous parlant. Donc, je viens de la ville de Québec
aussi. Donc... Et c'est la première fois que je dis que j'ai fait un parcours d'insertion.
Donc, Renaissance Québec, c'est quoi? C'est une organisation qui a été créée à
Montréal...
M. St-Arnaud (Éric) : ...Montréal.
On est à peu près 1 500 employés. On est dans la moitié des régions
administratives de la province de Québec. On soutient à peu près
3 000 personnes à intégrer le marché du travail dans la province de
Québec par année. On est un partenaire avec Services Québec de longue date et
on autofinance plusieurs de nos programmes. Mais on n'est pas juste social, on
est aussi environnemental. Le deuxième volet de Renaissance, c'est de dévier
des sites d'enfouissement, là. On a dévié l'année dernière
27 000 tonnes des sites d'enfouissement puis on se dirige sur un
50 000 tonnes. Et notre but, ça serait d'aider un autre
10 000 personnes par année d'ici 2030‑2031 à intégrer le marché du
travail.
Donc, le projet de loi, pour moi,
no° 71, qui marque des changements importants dans le système d'assistance
sociale du Québec, propose des réformes structurelles qui répondent à certains
des enjeux de longue date auxquels les prestataires d'aide sociale sont
confrontés, tout en introduisant des mesures visant à mieux soutenir leur
réintégration socioéconomique. Certaines de ces réformes sont particulièrement
prometteuses. Par exemple, la révision des définitions légales pour les fausses
déclarations, ça permet de, bien, au lieu de pénaliser injustement certains
groupes de prestataires, est un pas dans la bonne direction.
Ou encore le fait d'exclure les proches
aidants avec une personne prestataire, la définition de conjoint est
essentielle car elle met fin à des situations inéquitables à l'aide offerte
pour les proches aidants naturels qui résulte dans une réduction des
prestations pour le ménage. Il en est de même pour les exclusions des
contributions parentales pour les jeunes adultes ne vivant plus avec leurs
parents. Ça vient vraiment aider la réalité économique de ces jeunes et
peut-être les propulser vers l'emploi par la suite.
Un autre point positif dans le projet de
loi est l'ajout du supplément de prestation pour encourager le retour aux
études. On sait que les études, c'est important de ne pas retourner au DAS. Ce
soutien supplémentaire encourage les bénéficiaires à améliorer leurs
qualifications et acquérir des compétences nécessaires. Moi, j'appelle ça un
peu la mobilisation. C'est commencer par une mobilisation. Bien, s'ils veulent
retourner à la DAS, c'est très bien. Puis on le sait, souvent, c'est l'argent
qui bloque. Donc, ça peut être un élément structurant pour venir aider.
Cependant, ces initiatives sont bien
louables, mais elles doivent être complétées par d'autres ajustements au projet
de loi pour maximiser leur impact. Nous croyons fermement qu'il y a des mesures
additionnelles qui doivent être mises en place pour s'assurer que chaque
prestataire ait accès à un accompagnement réellement personnalisé et qu'il
puisse progresser selon son propre rythme. Je pense qu'il faut sortir du carcan
et d'aller vraiment sur un programme personnalisé. Nous sommes tous différents,
puis on peut aider ces personnes.
Un élément central du projet de loi est la
création d'un réseau régional d'accompagnement qui aura pour mission de
superviser et d'accompagner les prestataires pour la mise en œuvre d'un plan de
programme individualisé. Et si derrière... derrière cette... l'intention
derrière cette mesure est positive, bien, on exprime certaines réserves sur le
comment, comment elle va être mise en œuvre, pour être certain de ne pas... de
ne pas le faire contre les réseaux qui existent présentement, mais comment on
peut s'appuyer pour faire un ajout supplémentaire. Donc, on veut être certain
que ce nouveau réseau ne vienne pas substituer, mais vienne collaborer avec les
réseaux existants.
Bien, Renaissance fait
partie du
collectif, mais il y a d'autres réseaux d'employabilité qui existent. Il y a
les forums régionaux qui existent avec Services Québec. Mais comment on peut
faire en sorte que ça vient... C'est un ajout, mais ça ne vient pas... un ajout
supplémentaire, mais de travailler en cohésion, mais pas ajouter un plateau
supplémentaire.
Ça fait qu'on recommande donc que
l'article 18 sur le projet de loi soit amendé pour y inclure de façon
formelle des entreprises d'insertion dans les membres des réseaux
d'accompagnement. L'introduction... Le deuxième élément, l'introduction du
supplément de prestation pour le retour aux études, super note positive. Nous,
on ajouterait les D.E.P. puis les CFMS, les certificats de... de certification
de semi-spécialisé, parce que ce n'est pas vrai que tout le monde veut
retourner faire son secondaire V. Et en même temps il y a des gens qui veulent
aller dans des métiers spécialisés la mécanique, l'hôtellerie, les services. Et
on le sait qu'aujourd'hui il y a des besoins criants qui vont être là pour les
10, 15 prochaines années.
• (11 h 20) •
Comment on peut faire les deux... deux
choses en même temps, aider les gens à pouvoir aller à l'école dans des
domaines... Vous le savez un D.E.P., on peut aller le faire en secondaire II.
Si on a quitté le secondaire puis si on revient faire le secondaire, c'est une
bonne chose au point de vue de l'État, au point de vue, dire, bien, on a atteint
un niveau de secondaire V. Mais comment on peut individuellement aider ces
gens-là? En laissant peut-être un programme. Donc, les inclure pourrait
vraiment maximiser, puis faire une pierre deux coups, aider le marché du
travail, mais aider vraiment chacune des personnes dans des métiers qui sont
très intéressants, hein, il faut le dire.
En plus des modifications qu'on recommande
au projet de loi, d'autres mesures réglementaires et extraréglementaires sont
nécessaires afin d'assurer le meilleur accompagnement. Donc, par exemple,
l'enjeu crucial abordé par la révision du montant du revenu d'emploi qui peut
être exempté des prestations sans affecter le calcul de l'aide sociale,
exactement, présentement, il est 200 $ par personne. Par ménage, il est
300 $. Il n'a pas été ajusté depuis 1990. Donc, on met... on est
vraiment... On salue, là, le plan d'action du gouvernemental de la lutte...
M. St-Arnaud (Éric) : ...de
2024 à 2029, qui dit que le 10 % est exempté. Mais on croit qu'en même
temps il faudrait revoir le montant de 200 $. Je le sais que ce n'est pas
dans le projet de loi, mais c'est probablement dans les règlements, mais de
prendre en note, je pense, ce serait intéressant parce que c'est vraiment
l'argent qui peut bloquer, des fois. Parce que, vous savez, juste acheter
l'autobus, bien, si on n'est pas capables, bien, l'argent, quand on le coupe
immédiatement, ça peut être difficile. Donc, comment on peut inclure les gens
pour qu'ils aient leur place au soleil, ça peut être des éléments supplémentaires
au point de vue de l'évolution du coût de la vie. Donc on recommande de prendre
l'évolution du coût de la vie des 30 dernières années pour voir ce qu'on
peut ajouter dans le deuxième.
Puis, en fait, on recommande de bonifier
les ententes prévues aux entreprises d'insertion ou les organisations pour des
montants spécifiques pour soutenir les prestataires face aux difficultés qu'ils
peuvent vivre dans leur participation à un programme d'insertion. Présentement,
les programmes sont souvent cartonnés, mais ils ne sont pas pensés individuels.
Puis il est difficile parfois de faire un programme individualisé. Ça fait que
je salue le projet de loi qui veut davantage aller vers des programmes
individualisés, ce qui devrait aider davantage d'individus, surtout les gens
qui ont des grandes difficultés ou plusieurs pathologies additionnées ensemble.
Bien, un autre élément, c'est, bien qu'il
soit possible pour les prestataires de se faire rembourser des frais de
transport en commun qui est souvent géré présentement par l'État, bien, on
préfère... Puis il est difficile pour eux d'avancer l'argent avant de payer. Ça
fait qu'on dit : Bien, pourquoi les organismes qui travaillent en
employabilité ne pourraient pas gérer cette portion monétaire?
Ça fait qu'en conclusion le projet de loi
n° 71 ne réglera pas tout, il n'est pas parfait, mais il a un potentiel de
transformer positivement le système d'assistance sociale du Québec. Ça fait
longtemps qu'il n'a pas été revisité. Je vous félicite de le faire. Il... cependant
des ajustements ciblés pour maximiser son impact et créer un cadre d'impact
plus inclusif, flexible et résilient, et je mets le mot «flexible et
résilient». Chacun des individus a le droit à sa place au soleil. Et, si on
pouvait aider chacun, il est clair que le Québec en bénéficierait. Mais il faut
vraiment travailler avec ces individus-là. Ils ont le droit à leur place. Puis
ils ont perdu confiance en notre système et ils ont perdu confiance en
l'autorité, souvent. Comment leur redonner confiance, bien, il faut travailler
avec eux. Puis, des fois, bien, ça ne se fait pas en deux semaines, puis ça se
fait, des fois, pas en six mois, c'est comment on le fait avec chacun des
individus. J'ai vraiment confiance qu'on peut aider plus... un plus grand
nombre d'individus.
Je vous remercie beaucoup de m'avoir
permis la parole.
La Présidente (Mme D'Amours) : M.
St-Arnaud, merci beaucoup pour votre exposé. C'est comme si vous aviez toujours
fait ça. Soyez sans crainte, vous pouvez revenir à toutes les commissions qui
toucheront votre dossier. Maintenant, nous sommes prêts à commencer les
échanges. Mme la ministre, la parole est à vous.
Mme Rouleau : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Et merci beaucoup, M. St-Arnaud. M. Rousseau. Bienvenue. Et
vraiment, merci de collaborer à cette commission qui nous permet de moderniser
les régimes d'assistance sociale, qui n'a... ce qui n'a pas été fait depuis
20 ans, comme vous l'avez si bien mentionné. Puis bravo pour votre
parcours et avoir tout le courage de le dire. Merci parce que c'est exactement
ça qu'on veut. Je ne connais pas toute votre histoire, là, mais l'objectif de
cette modernisation, c'est d'accompagner les gens, des gens qui sont éloignés
du marché du travail et de les ramener, de les insérer, procéder à l'insertion
sociale, participation sociale, éventuellement, en emploi. On agit de
différentes façons, là, évidemment, l'accompagnement, la formation. Et puis
c'est ça que vous... c'est ce que je comprends, vous êtes allés en insertion,
formation, puis atteignez ce... enfin, vous êtes devenu une personne
extrêmement importante dans le milieu, je le sais.
J'aimerais savoir quelles sont les plus
grandes embûches qu'une personne, là, puis là, on parle des prestataires de
l'aide sociale, parce que c'est... c'est le régime d'aide sociale, quels sont
les plus grands... les plus grandes embûches qu'une personne peut rencontrer
pour la réinsertion et pour aller en emploi, et même pour la formation?
Puisqu'on a un volet formation, là, qu'on met en place aussi... que nous
souhaitons mettre en place.
M. St-Arnaud (Éric) : C'est
une excellente question. Je vous dirais... Je vais vous donner l'exemple.
C'est... Je compare beaucoup l'employabilité à la dépendance. Et, dans le
système de santé, on parle beaucoup de problématique de porte tournante, des
gens qui ont une dépendance à la toxicomanie ou une dépendance.
L'employabilité, pour moi, c'est un peu la même chose. C'est que, si on ne
prend pas la personne puis on ne prend pas le temps...
M. St-Arnaud (Éric) : ...de le
servir correctement, il va tourner dans tous les programmes qu'on a puis il ne
trouvera sa place au soleil. Puis je trouve que c'est un... je sais que ce
n'est pas la même problématique, mais, pour moi, c'est... ça reste un être
humain. Donc, la première chose, c'est les embûches quand on sort de l'aide
sociale ou qu'on veut s'en sortir.
J'ai rencontré une femme, voilà deux ans,
que j'ai été visiter dans Hochelaga-Maisonneuve, et elle avait 11 enfants, elle
n'avait jamais pris l'autobus de sa vie, jamais pris le métro de sa vie puis
jamais sorti de son patelin, qui est Hochelaga-Maisonneuve, où ce que j'habite,
et elle n'avait jamais sorti de là. Donc, pour elle, juste de se dire qu'il
faut je me transporte pour aller à quelque part... On ne parle pas de l'argent
de la garderie, on ne parle pas des enfants, la conciliation. Ça fait que, là,
il y avait... il y a le transport.
Là, après ça, quand on arrive au travail,
ils vivent... ils vivent déjà de la stigmatisation. Donc, il faut souvent y aller
par progression, dans certains cas. Les programmes ont toujours été, dans le
passé, dire : Bien, tu rentres à 35 heures, puis ça finit là, mais, en
fait, ce n'est pas tout le monde qui a la capacité de commencer. Moi, j'appelle
ça la mobilisation. Au début, il faut travailler avec la personne, sa
mobilisation. Rentrer au travail, après la première journée, là, bien, une
femme enceinte qui a arrêté de travailler un an, elle revient au travail, la
première journée elle est brûlée. Ça fait qu'imaginez quelqu'un qui n'a pas
travaillé pendant six ans puis qui a de la misère à accepter un employeur.
Donc, juste travailler, c'est déjà quelque chose.
La nourriture, de se faire un lunch, déjà
qu'on a de la misère à avoir de l'argent pour... Tu sais, nous, on a...
Renaissance été fondée par le fondateur de Moisson Montréal. On a une belle
entente avec Moisson, ça fait qu'on réussit à avoir de la nourriture, puis on
fait des boîtes pour les gens pour qu'ils puissent se faire des lunchs. Mais
les gens qui arrivent pas de lunch, c'est très fréquent, là, la première
semaine.
Donc, imaginez, il faut que vous achetiez
les billets d'autobus, vous allez faire vous rembourser plus tard. Là, après
ça, il faut que vous ayez un lunch. Et là il y a toute la... l'acceptation de
l'autorité, que j'appelle, moi. C'est qu'en fait ils ont perdu... ils ont perdu
confiance en l'autorité paternelle et maternelle souvent, et après ça ils ont
perdu confiance en l'État. Donc, comment on reprend confiance tranquillement?
Et ça, ça se fait par pas.
Ça fait qu'il y a le transport, il y a la
nourriture. Donc, c'est pour ça que le 200 $, quand on commence à couper
immédiatement, ce n'est pas... ce n'est pas simple, là. Là, c'est sûr que,
quand ils embarquent dans le parcours d'insertion, c'est plus simple parce
qu'il y a un revenu dès le départ, mais ils ne sont pas là tout le temps, là.
Ça fait que, là, ils se font couper parce qu'ils ne peuvent pas faire 35
heures. Il y a des embûches. Là, après ça, je vous ajouterais, il y a la santé
mentale, il y a les enfants. Il y a beaucoup de monoparentales. Donc, il y a
plusieurs embûches qu'il faut traverser avec ces personnes-là. Il faut...
Les organisations comme les nôtres, on
travaille avec un écosystème complet, puis ça... C'est pour ça que je trouvais
que le réseau était un élément central qui pourrait permettre d'aider la
création de l'écosystème où ce qu'on pitche, excusez l'expression, la personne
à dire : Bien, va te trouver ta nourriture, va te trouver ton logement,
mais qu'il y ait une cohésion dans la communication. C'est ce que je trouve qui
est manquant au Québec, et probablement bien ailleurs, c'est... il y a des
filets qu'il y a des trous, puis la personne, elle tombe dans la craque parce
qu'il faut qu'elle change de programme, puis là... mais cette personne-là, elle
n'est pas... elle n'est pas dans la compréhension que nous... dans les
programmes. Ça fait que c'est : comment on peut travailler en cohésion,
parce que chacun, on a des expertises, puis ça ne sert à rien d'être... de devenir
une épicerie avec toutes les expertises, mais comment on travaille pour créer
un chaînon complet puis qu'on soit capable de travailler en cohésion.
• (11 h 30) •
Ça fait que les mutualisations de services
pour aider les gens seraient... c'est des outils supplémentaires, surtout pour
les éléments de base. Parce que, quand on sort des prestations, on est dans la
base, on est vraiment dans la base. C'est... Quand vous avez quelqu'un qui vous
dit qu'elle, ce qu'elle voit dans son frigidaire, c'est la lumière du
frigidaire, tu sais, ça fait mal au cœur, tu sais. Ou, tu sais... Puis on
l'entend. Ça fait que... Ou un M. qui a quatre enfants qui nous dit qu'il n'a
pas de four, ce n'est pas drôle, faire à manger à quatre enfants avec un four
micro-ondes.
Ça fait qu'il y a des enjeux. Ça fait
qu'il faut le rentrer sur le marché du travail, mais ce n'est pas... ce n'est
pas un clou qu'on rentre dans le bois. Ça fait que c'est : Comment
l'aider? Mais il faut avoir des partenaires autour de ça, puis c'est... Moi,
j'y crois vraiment. C'est par l'emploi qu'on réussit à s'accomplir
personnellement, qui par la suite va aider la société. Puis on va pouvoir aider
l'ensemble de la communauté autour de nous. Parce que l'emploi, ce n'est pas
juste l'individu, c'est la femme, c'est le mari, c'est les enfants, c'est les
grands-parents. C'est l'ensemble de la communauté autour de cette personne qui
est transformée. Et là vous parlez avec un fervent. Ça fait que je suis vendu
au modèle d'employabilité, là.
Mme Rouleau : On veut élargir
le programme Objectif Emploi, qui actuellement s'adresse aux premiers
demandeurs, aux primodemandeurs, là, qu'on appelle dans le jargon, et l'élargir
pour les personnes qui reviennent une deuxième fois à l'aide sociale pour leur
permettre d'avoir accès à ces... à ce programme qui va permettre l'intégration,
la formation puis...
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11 h 30 (version non révisé
e) Mme Rouleau : ...à l'emploi,
qui est un programme obligatoire, et certains demandent que ce soit optionnel.
Croyez-vous que, si c'est optionnel, ça va permettre ou ça va faire en sorte
que les gens vont être plus enclins à avoir accès à ce programme-là?
M. St-Arnaud (Éric) : Ça, c'est
une excellente question, parce que le principe de base qu'on se dit... Il faut
vouloir. Parce que, quand vous êtes obligé... Mes parents m'ont dit de ne pas
fumer, j'ai quand même fumé et j'ai quand même mangé du fast food, puis ils m'ont
dit de ne pas le faire. Et après un moment donné, on apprend qu'il ne faut pas
fumer. Ça fait que, si on oblige, est-ce qu'on est en train d'inclure? Ça fait
que je pense qu'il faut aller par l'incitatif puis il faut que les gens, on
leur explique le bienfait au bout de la ligne pour les inclure.
L'obligation fait en sorte que les
personnes vont venir par le souci administratif, mais est-ce qu'on... Il faut
qu'il y ait une
partie d'engagement dans le modèle. Ça fait que je suis mitigé,
dans le sens qu'il ne faut pas que les gens continuent à n'être pas informés
puis mis de côté, puis dire : Bien, c'est volontaire, ça fait que, là,
vous ne vous déplacez pas, puis il n'y a rien qui se passe. Il faut quand même
qu'il y ait une incitation, à au moins accompagner... contact.
J'ai travaillé beaucoup avec des
organisations comme Tapage, qui fait le travail à la journée, là, c'est un
modèle, et j'ai vraiment appris qu'en fait, plus il y avait le lien de
confiance qui se créait avec les gens, plus on était capable de les embarquer
dans un programme, puis là il y a un engagement qui se crée. Ça fait que l'obligation,
je vous dirais, ce n'est pas si bien, mais il faut qu'il y ait quelque chose
pour aider les gens à venir s'engager, parce que, sinon, bien, on va rester à
laisser ces personnes-là de côté, puis il faut essayer de les inclure, mais par
l'obligation, je... des fois, ça me... ça me tracasse un peu là, surtout par
des gens qui ont souvent perdu confiance en l'autorité. On va se le dire, là,
la grande majorité ont perdu confiance dans le système. Puis là je ne vous
parle pas de complotisme, je vous parle juste de l'autorité tout court. Des
fois, ils ont eu des vies familiales pas simples puis là ils se disent :
Bien, si mon... Tu sais, l'autorité, c'est nos parents, donc, par la suite, c'est
le ministre, c'est le patron, c'est le... donc tout est autorité. Donc, c'est
comment rebâtir la confiance, mais il faut le travailler avec les gens puis
avoir une conversation. Obliger, ça oblige à venir. Moi, je pense qu'il faut qu'il
y ait des incitatifs, puis ce n'est pas juste financier, mais de comprendre
dans quoi il peut aller.
Puis aussi qu'il ait le choix, vraiment,
le choix de son parcours, pour ne pas être obligé de faire quelque chose, mais
de choisir, au moins de l'aider... Nous, on appelle ça des projets de sortie,
chez nous. Bien, si vous avez le goût d'être caissière, tant mieux, mais si
vous voulez devenir médecin, bien, on va vous montrer c'est quoi, le chemin.
Vous avez le droit à votre vie, puis vous avez le droit chemin, puis vous avez
le droit à l'espoir aussi. Donc, c'est comment les ramener pour croire à ça.
Puis je crois qu'il y a beaucoup de modèles qui fonctionnent, et là,
présentement, c'est la flexibilité qui manquait pour inclure le maximum de
gens. Mais je salue l'ouverture, par exemple, sur... la plus grande ouverture
sur le programme, sur le plus grand nombre de personnes, parce que ça va être
plus simple de pouvoir inclure le plus grand nombre de personnes dans le
programme et ça va peut être inciter davantage de gens à venir, là. Là, l'obligation,
il faudrait voir le comment, dans l'obligation, là.
Mme Rouleau :
Oui.
Bien, ceci dit, l'obligation, elle est là, l'obligation, mais c'est beaucoup
axé sur l'accompagnement parce que, depuis le début que ce programme a été mis
en place, là, en 2018, on a pu constater qu'avec l'accompagnement, bien, ça
facilite les choses. Puis il y a très peu de personnes, en fait, qui ont été
impactées par l'obligation, là, en termes de réprimande, je dirais, là, mais
donc l'accompagnement est très important.
Et, en accompagnement, bon, il y a le
réseau régional qu'on veut mettre en place. Avez-vous l'impression qu'il existe
déjà des choses qu'on aurait juste à bonifier ou... Puis comment voyez-vous l'arrimage
entre les organismes d'insertion sociale et les organismes qui sont spécialisés
en emploi, comment... et l'intégration de tout ça dans le réseau régional?
M. St-Arnaud (Éric) : Bien, c'est
une bonne question. En fait, ce que j'en comprenais, du réseau, c'était une
complémentarité, à mon avis, en fait, ça devrait, c'est... Je le voyais comme
étant multidisciplinaire pour essayer d'aller chercher les expertises... juste
que, présentement, il existe Services Québec, il y a des forums, il y a des
associations d'employabilité et, après ça, il y a l'association, bon, pour la
lutte à la pauvreté, et ainsi de suite.
Là, où est-ce qu'il se situe, ce
réseau-là, pour être certain que ça soit un complément et un ajout...
M. St-Arnaud (Éric) : ...qui
va en faire
partie pour s'assurer que ça ne devient pas un tirage de couverte
puis qu'on s'assure que l'individu soit au centre. Tu sais, moi, je me dis,
personnellement, je suis un employé d'une organisation. Mon seul but, c'est de
me dire comment ces personnes-là... qu'on puisse les servir. Puis, peu importe
le réseau qu'on met en place, c'est l'individu qu'on essaie de servir puis que,
si on met des réseaux... Ça fait que, là, si c'est par exemple l'employabilité
qui travaille avec un CSSS dans une région, pour être certain que le service de
santé soit donné en même temps puis que la nourriture soit mise en même temps.
Et, quand je nommais pour l'employabilité, il y a plusieurs réseaux
d'employabilité, puis ils ont chacun leur expertise, qui sont reconnus puis qui
répondent à des besoins. Donc, comment s'assurer que l'employabilité reste au
centre et que ça ne devient pas un tirage de couverte, mais que l'individu soit
au centre, puis que l'employabilité avec l'individu, puis que, l'ensemble des
services, on devient au service du citoyen, tu sais? Parce qu'au fond on est au
service du citoyen. Ça fait que c'est comment on peut servir le citoyen au
mieux avec l'ensemble des acteurs.
Ça fait que je le... La façon que je le
lisais, c'était que vous vouliez, à mon avis, ça fait que, là, je ne veux pas
vous dire ce que vous n'avez pas dans votre tête... Ça fait que ce que je
voyais, moi, c'était que vous vouliez mettre des acteurs qui sont diversifiés
de Services Québec ou de l'employabilité pour s'assurer de créer un momentum où
est-ce que l'individu n'est pas oublié puis qu'il y ait un filet de sécurité.
C'est ce que j'en comprenais. Ça fait que c'est ça que j'en comprenais. Là, il
faut juste s'assurer de comment il est créé, pour s'assurer que cet
individu-là, il n'est pas oublié. Parce qu'on ne va pas se cacher, là, des
fois, quand on crée des patentes, pour ne pas le dire de même, bien là, des
fois, on finit par tomber dans l'administratif puis on oublie l'individu. Ça
fait que ça serait, pour moi, la mise en garde. Ce n'est pas une mise en garde,
mais c'est un conseil.
Puis l'autre élément, bien, de... je prône
vraiment l'emploi parce que je trouve ça beau aujourd'hui, le taux de chômage.
Parce que, même... que ça crée des difficultés, pour la première fois de notre
vie, au Québec, une personne handicapée, c'est un être humain, une personne
avec une santé mentale, c'est un être humain, une femme monoparentale avec
11 enfants, c'est un être humain, la personne qui n'a pas travaillé, c'est
un être humain, ça fait que, pour la première fois, ces gens-là sont vus comme
des êtres humains qui peuvent participer. Ça fait que, mon dieu, profitons de
ce momentum pour créer une synergie, pour inclure toutes ces personnes-là. Ça
fait que je trouve que c'est un beau momentum. Bon, économiquement, ils vont
tous dire que c'est difficile, mais, moi, je trouve, c'est un bon momentum parce
que, là, ils peuvent tout inclure. Et ces personnes-là peuvent toutes
travailler à différentes façons. Ça fait qu'ils peuvent venir des fois du CSSS,
parce que c'est des gens en santé mentale, ils peuvent venir de l'employabilité
avec Services Québec. Ils reçoivent des prestations quand même. Donc, est-ce
que ces acteurs-là, ensemble, peuvent aider à intégrer? Bien, si c'est ça,
l'avenue, bien, moi, je trouve que ça serait une bonne idée, mais ça va être
dans... moi, je suis toujours dans le comment dans ma tête, c'est :
Comment on peut s'assurer que l'être humain reste au centre?
Mme Rouleau : Si je peux me
permettre.
La Présidente (Mme D'Amours) : Il
reste une minute.
Mme Rouleau : Une minute.
Bien, je vais me permettre une autre question. Vous êtes une entreprise
notamment d'insertion sociale, mais qu'est-ce que vous recommanderiez aux
employeurs pour mieux insérer les personnes qui partent de loin et qu'on insère
en emploi? Quelles seraient les principales recommandations aux employeurs?
• (11 h 40) •
M. St-Arnaud (Éric) : Les
principales recommandations. Il faudrait... En premier lieu, il faut que... il
faut que les gestionnaires soient outillés et formés pour l'intégration des
personnes puis qu'ils ne les voient pas juste pour... comme un intrant. Et la
deuxième chose que je leur conseillerais, c'est de travailler avec les
organisations puis les réseaux qui existent pour aller chercher... Il existe
des programmes, aujourd'hui, où est-ce que... les tripartites, les bipartites
qui ont été créés dans les dernières années, pour travailler avec les
employeurs pour créer des momentum avec des organisations puis des employeurs
pour aider l'accompagnement puis le maintien en emploi. Et je pense que ça,
c'est essentiel, que les employeurs fassent
partie du plan complet, là. Ça ne
peut pas juste être cette loi-là avec Services Québec, là, il faut que les
employeurs en fassent partie. C'est ce qui va faire un monde meilleur, là.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme Rouleau : Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : C'est
tout le temps que nous avions. Maintenant, je vais céder la parole à la députée
de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : Merci, Mme la
Présidente. On est d'accord pour dire que c'est une excellente présentation, un
mémoire. M. Arnaud... St-Arnaud, pardon, merci d'être là. On est très fiers, à
Notre-Dame-de-Grâce, sur la rue Saint-Jacques, d'avoir une renaissance. J'y
contribue. Personne issue... personne très privilégiée issue du Privilège, mais
je participe à ma façon et je... en tant que pas juste porte-parole, action
communautaire... sociale, mais aussi économie sociale, je trouve que le modèle
Renaissance fait vraiment
partie de la solution tant au niveau de l'inclusion
sociale mais que de la circularité de l'économie. Alors, bravo! Et justement,
pour enchaîner justement sur...
Mme McGraw : ...sur la
question de la ministre, c'est vous, votre témoignage, votre expérience vécue,
en tant que personne avec une expérience vécue... Donc, qu'est-ce que vous
avez... Vous nous parlez plus... Qu'est-ce qui, en fait, avec
l'accompagnement... les facteurs de succès clés qui ont fait en sorte que vous
avez été bien accompagné pour vous rendre être D.G. de Renaissance, mais aussi
l'accompagnement de Renaissance envers les employés et conseil, pour donner
suite à la question de la ministre, pour d'autres entreprises? Parce que la
chambre de commerce nous dit : La plupart des entreprises sont des PME, il
y a peut-être une méconnaissance, peut-être des fois une méfiance. Alors,
comment accompagner les entreprises québécoises dans l'accompagnement des
employés, non seulement pour leur insérer, mais pour maintenir ce lien-là?
M. St-Arnaud (Éric) : À la
première question, je vous dirais, ça serait la confiance qu'on a eue en moi.
En premier, je vous dirais merci de participer à la mission de Renaissance.
C'est grâce aux donateurs qu'on réussit à faire nos programmes, donc merci
beaucoup. Je vous dirais : C'est sûr, la confiance, le lien de confiance
avec l'intervenant socioprofessionnel ou le psychologue, tout dépendant les
personnes que j'ai eues qui m'ont aidé.
Le soutien dans l'emploi, ça a été... Moi,
quand j'avais fait... dans le temps, j'avais travaillé sur un restaurant sur la
rue Saint-Jean, puis ça a été vraiment une aide, parce qu'il y avait un... dans
le temps, il y avait des programmes, puis ça ne s'appelait pas «l'insertion»,
ils avaient un autre nom, là, mais... puis je ne me souviens pas c'est quoi, le
nom, non plus, mais on avait une aide avec l'employeur, tu sais, puis
l'employeur faisait partie, parce qu'il choisissait des candidats, tu sais,
puis dans le temps... Bon. J'ai 50 ans. Ça fait que dans ces années-là, le
taux de chômage était à 10, 12, là, donc ce n'était pas facile, avoir un
emploi. Donc, il y avait un grand accompagnement avec l'employeur.
Je vous dirais, si je viens vers
Renaissance, on a... avec le nombre de personnes, on a un financement avec
Services Québec d'à peu près pour 500 personnes sur les 3 000 personnes.
Le reste, on autofinance nos programmes. Mais 100 % de nos programmes ont
été suivis avec les mêmes règles que Services Québec, parce qu'on ne veut pas
que les gens sachent qui est financé puis qui ne l'est pas. L'objectif, c'est
la personne. Et, au bout de la ligne, c'est quoi? C'est vraiment individualiser
le plus possible le programme, donner confiance aux gens. Nous, on part du
principe que la personne nous donne sa confiance. Donc, si elle nous donne sa
confiance, on doit tout faire pour lui redonner cette confiance-là. Puis
l'autre élément, c'est que c'est les citoyens qui nous font vivre. Oui, on a un
gros revenu autogénéré, mais c'est les citoyens qui nous le donnent, donc on
doit le redonner pour nos programmes. Donc, c'est la base de la confiance,
travailler avec les individus.
On crée des... des cercles, on appelle ça
des «groupes d'insertion», qui sont des patrons. Chez nous... chez nous, le...
le gérant de magasin, par exemple, ou le directeur de l'entrepôt, bien, son
patron, de la personne, c'est le vrai patron. Il vit la vraie vie
immédiatement, mais il est un peu dans une serre chaude avec un intervenant
socioprofessionnel. Donc, il va avoir un patron qui va dire : Tu arrives
en retard. La différence, c'est qu'il va avoir l'intervenant pour lui
expliquer : Bien, pourquoi tu t'es fait dire que tu arrives en retard?
Donc, il y a une... il y a des éléments
qui sont mis en place sans arrêt, ce qui fait qu'on a un taux d'abandon très
bas. On a un taux de retour aussi très haut, mais on a un taux de placement
élevé. On fait un suivi beaucoup avec les employeurs, on a beaucoup
d'employeurs avec qui on travaille. L'Institut de cardiologie de Montréal en
est un, mais Winners en est un autre, donc on est très diversifiés. Et on
essaie vraiment de travailler avec les employeurs, c'est vraiment essayer de...
Il faut embarquer les employeurs dans le plan complet.
Et, quand vous dites : les
employeurs, il faut... et c'est la raison pour laquelle je... j'ai accepté de
travailler dans le conseil d'administration du commerce de détail du Québec,
parce que je veux vraiment travailler avec les grands employeurs du Québec pour
leur expliquer que l'intégration en emploi, bien, ce n'est pas un immigrant
qu'on va chercher, puis qu'on apporte, puis que c'est ça, tu sais. Bien, une
pharmacie au Québec, ce n'est pas une pharmacie en France, puis faire
l'épicerie, ce n'est pas la même chose qu'au Congo. Donc, il y a une
intégration, puis c'est pour ça que c'est socioprofessionnel.
Donc, il faut que l'employeur comprenne
que la personne qui arrive, qui a une santé mentale fragile ou qui a un
handicap physique, bien, c'est une personne à part entière, puis comment je
peux l'intégrer, puis comment je travaille avec l'ensemble des employés. C'est
pour ça que le taux de chômage est un atout, là, parce qu'au moins il y a moins
de compétition avec les anciens employés puis les nouveaux.
Mais, pour l'employeur, il faut inclure
l'employeur puis il faut qu'il y ait une plus grande communication avec lui
pour travailler avec les organismes en place pour essayer d'intégrer le mieux
possible ces gens-là, pour ne pas qu'ils retournent après ça dans le système,
espérant avoir répondu à vos questions.
Mme McGraw : Je... Excellent.
Je retiens beaucoup de choses, entre autres donner confiance aux gens pour
qu'ils nous donnent aussi confiance, et, en tant qu'ancienne prof, je confirme
que les élèves et les personnes apprennent à leur mieux lorsqu'ils ont ce
sentiment de confiance et d'appartenance...
Mme McGraw : ...c'est vraiment
clé pour faire
partie des conditions gagnantes dans la société.
Pour aller plus sur les plans... tellement
de questions... peut-être... on comprend qu'avec le projet de loi la ministre
affirme que le travail est la solution pour affirmer la situation des personnes
en précarité. Je pense que vous partagez cette philosophie. Mais, selon votre
expérience d'accompagnement, quelles sont, peut-être... là, vous avez parlé des
atouts, mais quelles seraient les limites de cette vision, et, en particulier,
pour les personnes qui font face à des obstacles importants à l'emploi, malgré,
peut-être, une grande volonté? Question de capacités? Comment rendre le travail
plus accessible et plus soutenable pour tous, notamment pour ceux qui sont éloignés
du marché du travail?
Autre question très spécifique :
Est-ce que la plupart des employés proviennent du programme d'Objectif Emploi?
C'est quoi, le lien entre... Est-ce qu'il y a un lien entre vos employés et le
programme d'Objectif Emploi?
M. St-Arnaud (Éric) : On a-tu
le pourcentage d'Objectif Emploi? Je pense que c'était 23 %? C'est-tu ça?
M. Rousseau (Guillaume) : Oui...
M. St-Arnaud (Éric) : ...vas-y.
M. Rousseau (Guillaume) : Dans
le fond, ce n'est pas nécessairement... on n'a pas le pourcentage spécifique
qu'ils proviennent d'Objectif Emploi. On a le pourcentage moyen qui sont des
prestataires d'aide sociale, tous programmes confondus. Dans les dernières
années, dans notre cas, ça tourne autour de 23 % des gens qui suivent un parcours
d'insertion. Donc, ce n'est pas nécessairement nos employés, de façon générale,
Mme McGraw : O.K., dans
l'ensemble. Donc, on revient à la première question, au niveau de la limite de
cette... Quelle serait, selon vous, la limite de cette vision? Parce que là,
vous parlez aussi d'autres... hausse de prestations, hausse d'allocations, dans
vos recommandations. Et comment faire en sorte que cette hausse ne va pas être
en conflit avec les gens pour être incités, lorsqu'on parle de... question de pas
juste les capacités, mais volonté? Quel serait le... comme on dit en anglais,
désolée, le sweet spot?
M. St-Arnaud (Éric) : Bien,
vous avez raison, là, il y a une limite, hein? C'est pour ça que je vous
donnais le mot «mobilisation». Le chiffre de 23 %, c'est parce que nous,
nos programmes sont à 35 heures-semaine, et là elle est là, la limite. C'est
qu'enfin ce n'est pas vrai que tout le monde, un jour, va travailler 35 heures.
On est tous, dans cette salle, privilégiés d'avoir une santé, qu'on peut venir
travailler 35, 40 heures-semaine, et probablement... probablement plus. Mais il
n'est pas vrai que tout le monde...
Et là on va rentrer, d'après moi, dans une
nouvelle ère, qu'on doit redéfinir différemment comment on intègre les gens. Il
y a des gens qui vont venir travailler à temps partiel. Vous allez peut-être
avoir des gens qui vont venir travailler une journée ou deux journées-semaine
qui vont continuer à avoir des prestations, puis ils vont aller faire du
bénévolat une journée. Mais s'ils peuvent participer à la société... Au moins,
ils participent à la société, puis... Et, probablement... Selon les études,
c'est que plus vous êtes actifs à quelque chose, bien, vous avez moins besoin
du système de santé, moins de problèmes de dépendance, et d'autres.
Donc, je pense qu'il y a des limites sur
le temps plein, par exemple. Ce n'est pas vrai que tout le monde va y aller.
Puis, on va se le dire, si vous avez été itinérant pendant 10 ans, là, vous ne
tomberez pas à travailler, demain matin, 35 heures-semaine, on va être
honnêtes, là. Mais est-ce qu'il y a moyen de mobiliser la personne? Bien, la
sortir de la rue, oui. Puis, après ça... je sais bien que ce n'est pas le
projet de loi, mais il y a quand même quelque chose à faire avec cette personne
pour lui donner la place au soleil. On a le droit à toute notre place au soleil
dans notre social-démocratie. Donc, la limite va être : on doit travailler
avec les individus.
Ça fait que je ne peux pas vous dire une
limite en tant que telle. Une personne va être deux jours-semaine. On a des
gens qui quittent chez nous, maintenant, puis qui veulent du temps partiel.
Mais, avant, on disait non, mais là, aujourd'hui, on l'accepte, parce que c'est
ça, la vie.
• (11 h 50) •
Mme McGraw : Je crois qu'il
nous reste une minute. Dernière question de ma part. On avait proposé, notre
formation, au projet de loi n° 693, pour faire en... vous avez parlé de
200 $... pour faire en sorte que c'est bien, un travail, pour les
personnes sur solidarité sociale, c'est-à-dire des personnes avec des
contraintes sévères, peut-être temporaires, mais sévères à l'emploi... puissent
gagner un peu plus sans être pénalisées, et introduire des éléments du PRB,
que, je me souviens, c'était une initiative libérale, ainsi que le projet Objectif
Emploi. Donc, ça a été des réformes en 2016 et 2018, il y a 20 ans. Il faut
vraiment corriger cet... cet aspect-là. Donc, qu'est-ce que vous pensez de cet
aspect-là, d'un calcul cumulatif sans pénaliser la personne, qui est capable,
peut-être, d'aller chercher quelques... de l'argent de plus pour avoir...
valoriser eux-mêmes, mais aussi, contribuer à l'économie, à la société?
La Présidente (Mme D'Amours) : Réponse
en cinq secondes.
M. St-Arnaud (Éric) : En
fait... Juste en cinq secondes, c'est ça? Donc...
La Présidente (Mme D'Amours) : C'est
terminé. Je suis désolée, c'est terminé. Je vais passer maintenant... je vais
céder la parole, maintenant, à la députée de Sherbrooke. La parole est à vous.
Mme Labrie : Merci, Mme la Présidente.
De toute façon, je voulais aussi vous amener sur la question des gains de
travail, parce que vous avez glissé un mot très rapidement là-dessus. Vous avez
aussi parlé beaucoup de la question du...
Mme Labrie : ...qui, parfois,
est plus adapté, là, à des personnes, justement, qui retournent sur le marché
du travail. Comment vous pensez que, justement, d'aller chercher plus de
souplesse sur les gains de travail viendrait permettre à ces personnes-là de
retourner sur le marché du travail à leur rythme?
M. St-Arnaud (Éric) : Vous
voulez dire, sur le marché du travail, la souplesse ou dans les programmes,
la...
Mme Labrie : La souplesse
dans les gains de travail qu'on leur permet de conserver. Parce qu'en ce
moment, vous l'avez nommé, là, c'est 200 $, maximum, au-delà de ça, c'est
perdu. Puis 200 $, bien, des fois, ça coûte plus que ça, se déplacer, se
faire des lunchs, s'habiller pour aller travailler, là.
M. St-Arnaud (Éric) : Bien
oui, c'est ça, c'est ça, puis, en plus... bien, en fait, le gain est majeur au
point de vue tout, là, au point de vue société, est majeur, il est majeur aussi
pour l'individu. Puis, en fait, c'est un incitatif aussi, là, parce que, tu
sais, entre vous et moi, le montant d'argent, pour vivre là-dessus, ce n'est
pas diable, là. Ça fait que, là, c'est comment on peut l'inciter davantage à
sortir de la maison.
Puis, tu sais, je sais bien que personne
ne veut l'entendre, mais il y a bien du monde qui travaille au noir,
présentement, pour essayer de se départir, là... Là, je sais bien que je ne
suis peut-être pas la bonne personne de le dire, mais je vais le dire, ça fait
que, là, c'est comment... Et nous, c'est ce qu'on s'est rendu compte, c'est, en
allant chercher... en ouvrant nos programmes le soir, les fins de semaine, on
allait chercher des gens qui travaillaient au noir pour réussir... vous n'aurez
pas les noms, là, mais pour aller chercher de... comment on peut introduire ces
gens-là puis à comprendre l'avantage d'aller travailler. Mais c'est sûr que,
quand vous êtes en prestation puis vous perdez, bien là, il est peut-être
difficile... Mais, tu sais, c'est la flexibilité, c'est comment on peut
apporter, tranquillement, pas vite, une flexibilité au programme pour que, si
vous êtes à temps partiel, bien, vous ne perdez pas tout, là. Parce que, si
vous avez deux enfants puis vous voulez juste vous intégrer, puis vous avez vos
dents à payer, puis les lunettes, ce n'est pas drôle, là, aller gagner juste
800$ de plus, là, vous allez perdre quasiment tout. Bien là, vous vous
dites : Ça ne vaut plus la peine. Ça fait que, là, c'est comment réussir à
les intégrer, puis, tranquillement, ils vont peut-être revenir à temps plein,
mais, au moins, il y a des marches à aller, selon les difficultés de chacun des
individus.
C'est pour ça que je parlais du montant,
là, parce que je sais bien que c'est juste de l'argent, mais il y a tout le
lien sur où est-ce que la personne veut s'intégrer. Aïe! Ce n'est pas facile.
Il y a des femmes, on les voit, là, tu sais, ça drop vite... excusez, ça échoue
vite, puis là il faut les rembarquer parce qu'ils ont des enfants, puis là...
bien, ce n'est pas toujours simple.
Mme Labrie : La question des
services de garde, est-ce que c'est quelque chose que vous rencontrez souvent,
comme obstacle pour... au marché du travail?
M. St-Arnaud (Éric) : Oui,
assez. On travaille avec beaucoup de partenaires, ça fait qu'on réussi à
trouver des places, puis on a une grande, grande flexibilité, nous, à
l'interne, à la grandeur qu'on est. Tu sais, on est 1500 employés, ça, c'est
tous des permanents, puis on est un autre 3000 personnes à aider, ce qui fait
qu'on a une grande flexibilité quand il y a des enjeux. Tu sais, on est ouvert
les soirs, les fins de semaine, ça nous permet d'ajuster les horaires, ça fait
que... Mais, tu sais, c'est ça que je me rends compte, là, il y a beaucoup de
gens qui veulent travailler juste les soirs, les fins de semaine, parce que le
mari a décidé de retourner à l'école, puis là, bien, le jour, elle est là, tu
sais, et vice versa, ou le gars va travailler juste les soirs, les fins de
semaine. Ça fait qu'on a ajusté nos programmes en conséquence. C'est une autre
partie de flexibilité.
Il faut sortir du carcan de
l'employabilité du lundi au vendredi, de 8 à 16h. Tu sais, je veux dire, les
individus, on est tous différents, ça fait qu'il faut sortir de ça, à mon avis,
là, mais... puis il faut sortir aussi du carcan carré monétaire pour tout le
monde puis essayer de voir où est-ce que la personne est. C'est pour ça que
j'aimais aussi... au point de vue de... avec des difficultés, là, on a changé
le terme.
Une voix : ...
M. St-Arnaud (Éric) : Pardon?
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci
beaucoup. C'est tout le temps que nous avions avec la députée de Sherbrooke.
M. St-Arnaud (Éric) : Ah!
c'est beau.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Maintenant, je vais céder la parole au député de Jean-Talon. M. le député, la
parole est à vous.
M. Paradis : Un des éléments
qui ressort de votre mémoire et de votre témoignage, c'est le rôle important
que les organisations comme la vôtre jouent en matière de réinsertion. Vous
nous dites, d'abord, bon : C'est bien, les réseaux régionaux qui vont
permettre de mettre en œuvre le plan d'intervention individualisé, mais nous,
on est déjà là, on existe, vous pouvez vous assurer qu'on fait
partie de ces
réseaux régionaux.
Il y a un article, là, qui mentionne que
les organismes concernés font
partie des réseaux régionaux. Vous, est-ce qu'il
y a une inquiétude que vous ne soyez pas dans ces réseaux-là?
M. St-Arnaud (Éric) : Bien,
je le nomme parce que je voudrais juste qu'on s'assure que les spécialistes...
Il y a beaucoup de réseaux un peu partout au Québec, Renaissance n'est pas tout
seul, on fait
partie d'un réseau, donc il y a des spécialités, il y en a qui
aident les jeunes il y en a qui aident les moins jeunes, il y en a qui aident
dans différents domaines. Donc, il y a des expertises, ça fait qu'il ne
faudrait pas perdre ces expertises-là, pour s'assurer d'aider le plus grand
nombre. Ça fait qu'une inquiétude... Je pense que je voulais le nommer, là, je
voulais m'assurer qu'on ne l'oublie pas.
M. Paradis : Puis vous nous
dites de ne pas faire de la structurite, en quelque sorte, parce qu'il y a déjà
des éléments qui existent, et ce qu'il y a de nouveau, c'est bien, mais il
faudrait que ce soit complémentaire. C'est un message important dans votre
mémoire, c'est bien ça?
M. St-Arnaud (Éric) : Oui.
Pour moi, on ajoute beaucoup de choses dans l'État, au fur et à mesure qu'on
avance pour améliorer, mais il faut qu'il y ait une complémentarité. Il ne faut
pas que ce soit juste ajouté pour ajouter, il faut qu'il y ait une
complémentarité, quitte à travailler avec...
M. St-Arnaud (Éric) : ...réseau
pour créer un nouveau réseau, tu sais.
M. Paradis : Et là vous nous
dites : Bien, nous, on est déjà là, on fait du bon travail, on connaît
notre travail, mais ce n'est pas facile comme travail, on n'a pas beaucoup de
ressources. Et vous nous parlez donc du Fonds d'aide à la mutualisation et la
fusion des organismes d'accompagnement. Et ça, vous dites : Pour
l'instant, ça, ce sont des fonds qui sont incertains, qui ne sont pas pérennes.
Et vous invitez le gouvernement à les pérenniser parce que ce serait utile pour
les services aux personnes concernées.
M. St-Arnaud (Éric) : Bien,
c'est parce que ça vient d'une... ça vient d'une philosophie que je me dis
qu'au fond, si on veut changer le modèle puis si la loi veut changer de
modèle... Bien, en fait, il y a beaucoup d'organisations comme la nôtre qui ont
été créées voilà 30 ans ou 40 ans. Donc, aujourd'hui, je pense que la
vie a changé, donc est-ce qu'il y a des mutualisations qui vont se faire, des
fusions, des... peu importe, pour réussir à aider davantage les personnes?
Bien, il y a des nouveaux fonds, je salue ces fonds-là, là, du ministère, qui
ont été mis en place pour une période de deux ans. Est-ce que ça pourrait être
quelque chose qui pourrait être mis? Bien, j'entends beaucoup de mes collègues
qui veulent mutualiser, ça coûte cher, on ne s'y connaît pas à faire ça, ce
n'est pas tout le monde qui a la grosseur de Renaissance. Donc, est-ce que ces
fonds-là pourraient être nécessaires pour réussir à offrir un meilleur service?
Parce que, si vous avez trois organismes dans un territoire qui travaillent
avec le réseau, est-ce qu'ils décident de mutualiser ensemble, puis ça crée un
meilleur filet pour l'individu? Bien, moi, je salue ça parce que ce serait un
avenir du futur. Parce qu'il faut... il faut encore sortir de la boîte, si on
veut, bien, arriver en 2030 différemment de ce qu'on fait aujourd'hui. Oui.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci
beaucoup. C'est tout le temps que nous avions. Alors merci pour votre
contribution.
Et je suspends les travaux quelques
instants afin de permettre à nos prochains invités de prendre place.
(Suspension de la séance à 11 h 58)
(Reprise à 12 h 01)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux. Et je souhaite maintenant la bienvenue à la Coalition
des organismes communautaires pour le développement de la main-d'oeuvre. Je
vous rappelle, cher invité, que vous disposez...
Haut de la page
12 h (version non révisé
e) La Présidente (Mme D'Amours) : ...de
10 minutes pour votre exposé. Et puis nous allons procéder à la période d'échange
avec les membres de la commission. Je vous invite donc à vous présenter et à
commencer votre exposé, s'il vous plaît.
M. Gravel (Richard) : Alors,
Mme la Présidente, Mme la ministre, Mmes MM. les députés, membres de la
commission, écoutez, c'est un grand plaisir de venir faire la présentation sur
le projet de loi no 71. Mon nom est Richard Gravel. Je suis le
vice-président de la coalition des organismes communautaires en développement
de l'employabilité.
Alors, je dis un grand privilège parce
que, pour moi, ce projet de loi est un projet de loi important. Il faut se
rappeler, et j'écoutais un peu les présentations qui ont été faites au cours
des deux dernières journées, on parle beaucoup de... On parle beaucoup de ce
que ça va donner aux prestataires d'aide sociale, qu'est-ce que ça va enlever
aux prestataires d'aide sociale. Il faut se rappeler que la façon dont la
société traite les personnes les plus éloignées, les plus démunies, ce n'est
pas une... Ce n'est pas des lois qui n'atteignent que les bénéficiaires de l'aide
sociale, mais l'ensemble de la société, l'ensemble de la société parce que, d'une
part, personne n'est à l'abri d'un jour avoir besoin de recourir aux services
de l'aide sociale.
Et ça, je pense qu'il faut l'avoir en
tête. On est dans une vision de société, mais aussi parce que la façon dont on
traite les personnes les plus démunies de notre société, c'est aussi la qualité
de vie qu'on se donne tous et toutes comme citoyens du Québec alors, en termes
de sécurité, en termes de cohésion sociale. Puis moi, je pense que ça, au
niveau du débat, je pense qu'il faut toujours le garder de façon... Parce que,
tu sais, on va souvent de façon très pointue, mais je pense qu'il faut garder
cette vision large de dire dans quelle société on veut vivre, comment on veut
traiter les personnes qui ont le plus d'obstacles dans notre société puis qu'est-ce
que ça redonne comme citoyen, même si on est bien nantis de vivre dans une
société où on est, où il y a moins de personnes exclues, où il y a moins de
personnes pauvres.
Donc, dans un premier temps, je vais vous
présenter la coalition, et après on va vous venir avec les grandes lignes de
notre... de notre mémoire. Alors, la Coalition des organismes communautaires en
développement de la main-d'oeuvre existe depuis plus de 30 ans et elle a
pour mission de combattre l'exclusion sociale et professionnelle des personnes
laissées en marge du développement économique et social en visant une pleine
reconnaissance des droits à la formation, des droits au travail pour tous et
toutes. La Coalition axe ses actions auprès des personnes éloignées du marché
du travail. Elle regroupe notamment parmi ses membres une douzaine de réseaux
nationaux, donc, qui a un impact sur plus de 1 000 organisations. Ces
organisations-là sont liées au développement de la main-d'œuvre, soit dans
un... soit l'insertion, soit l'intégration en emploi, soit la formation, l'éducation,
le développement local et la défense des droits.
Donc on regroupe, on regroupe, on coalise
vraiment des organismes de tous les horizons, tant dans l'insertion que dans...
Et par rapport au projet de loi, il y a des enjeux à ce niveau-là. Alors, ces
organismes sont voués au bien-être des clientèles démunies et les accompagnent
vers l'emploi. Elles constituent des acteurs majeurs au
chapitre du
développement de la main-d'œuvre, notamment en offrant une expertise précieuse
spécifique en matière d'intervention. Unis autour de l'importance de développer
sans exclure, les membres de la coalition n'ont de cesse de valoriser et de
faire émerger le potentiel socioéconomique des personnes en démarche d'insertion
et de prôner la mise en place de politiques publiques, services et mesures d'une
société inclusive et participative. La coalition siège notamment au sein de la
Commission des partenaires du marché du travail, où elle est le représentant
phare de l'ensemble des collèges électoraux. Électoraux? Communautaires,
excusez, ce n'est pas difficile à dire.
Donc, par rapport au projet de loi, je
vous dirais que, d'emblée, on salue la contribution et les avancées du projet
de loi. La coalition salue le remplacement du concept de contrainte à l'emploi
par la contrainte de santé. Accorder le droit à d'autres professionnels que des
médecins de faire une évaluation médicale permet de mieux prendre en compte et
reconnaître les problématiques de santé et...
M. Gravel (Richard) : ...ainsi
que les contraintes de nature psychologique. Pour nous, c'est une avancée
importante parce qu'il y a un certain nombre d'individus qui ne réussissaient
pas à se qualifier dans les contraintes sévères à l'emploi, là, les
contraintes... mais qui... avec la nouvelle définition, qui est plus... là.
Puis j'ai entendu qu'il y a du monde qui dit : Bien, ça ne devrait
peut-être pas s'appeler «contraintes de santé». Mais ce qu'on comprend de la
philosophie, c'est qu'il y a un élargissement qui va répondre à des besoins
beaucoup plus larges et qui va permettre à faciliter l'accès à un certain
nombre de personnes qui ne le pouvaient pas.
La coalition accueille aussi favorablement
les plans d'intervention individualisés prévus pour chacun des prestataires
afin que les personnes puissent résoudre leurs difficultés. On reconnaît
l'importance du réseau d'organismes, mais on aimerait quand même porter à votre
intention qu'effectivement, puis là j'entendais la présentation, il y a des
réseaux qui existent et, pour nous, c'est important que les organismes en
employabilité puissent... fassent
partie du réseau, de ces réseaux-là, dans
l'ensemble des régions.
Vous savez, la crainte qu'on a à ce niveau
là, c'est que l'intervention soit... qu'on vienne dire, dans le fond :
Bien, il y a des individus pour qui il y a des problèmes d'insertion sociale,
il y a des individus pour qui il y a des problèmes liés à l'emploi, donc
d'avoir des réseaux différents puis de travailler en silos. Déjà, je vous
dirais, présentement, il y a un peu ce phénomène-là avec les programmes PASS où
on dit : Bien, comment on fait pour que les personnes qui sont dans des
programmes d'accompagnement social passent au volet emploi? Bien, il y a une
marche, là, puis, notamment parce que les organisations ne travaillent
peut-être pas assez ensemble pour permettre une fluidité. Ça, c'est un élément.
L'autre élément qui, pour nous, est
majeur, c'est que les individus n'ont pas toujours l'intention de travailler
les items dans le même ordre. Alors, de façon conceptuelle, on peut dire
insertion sociale, préemploi, emploi, puis le mettre en schéma, mais
l'individu, lui, il veut qu'on réponde à ses besoins, puis, ses priorités,
bien, elles ne sont pas nécessairement les priorités du cursus qui a été
développé.
La coalition accueille également favorablement
les plans... Oh, non, excusez, les interventions sociales. Excusez, je vais
retrouver mon... On a aussi... Ah! oui, la coalition reconnaît aussi
favorablement l'individualisation des versements des chèques, donc de verser
aux individus plutôt qu'aux ménages. Puis ça, c'est un pas dans la bonne
direction, vous le soulignez. Et on vous tient aussi à souligner l'abolition de
la contribution parentale pour les jeunes.
• (12 h 10) •
Alors, les limites, les éléments qu'on
veut porter à votre attention. Dans un premier temps, on voudrait quand même
qu'on porte attention sur la question des tests des avoirs liquides, qui est
préoccupante pour les gens qui intègrent l'aide sociale ou qui réintègrent
l'aide sociale. Donc, cette barrière là, pour nous, le test d'avoirs liquides à
887 $ pour un individu à 1 319 $ pour un couple est beaucoup
trop bas. On amène les gens à être... On amène les gens à se mettre en
situation de précarité financière avant qu'ils puissent avoir accès aux programmes
d'aide sociale. On sait que c'est dans les règlements, là, que ça va jouer,
mais, pour nous, c'était important de souligner que, dans une vision
d'accompagnement, bien, il faut avoir l'idée d'aider les personnes en fonction
de leurs capacités et ne pas les insécuriser au départ de la mesure.
On tient à souligner aussi l'impact, là,
des perspectives que l'aide sociale reste encore sur l'angle de l'activation,
donc... Puis on souligne, hein, puis là il y a peut-être un paradoxe, on
souligne l'objectif emploi, parce qu'on dit : Bien, ça donne des
contributions supplémentaires, mais ça demeure que, si on regarde en termes
d'intervention, le fait...
M. Gravel (Richard) : ...le
fait d'associer les mesures au montant d'argent que les gens sont... ça va être
contreproductif pour l'intervention. Notamment, en termes... aux termes
d'Objectif emploi, je pense que c'est une bonne chose de l'offrir à tout le
monde. On pense que ça devrait demeurer en fait volontaire, mais pas juste pour
les nouveaux... pour les nouvelles personnes, mais pour l'ensemble des
personnes qui sont à l'aide sociale. Moi, je suis...
La Présidente (Mme D'Amours) : M.
Gravel, je dois vous interrompre, votre 10 minutes est passé. Est-ce qu'il
vous reste encore beaucoup de choses dans votre exposé? Mme la ministre,
voulez-vous, sur votre temps, que M. Gravel continue? Alors, allez-y, M.
Gravel, en terminant votre exposé.
M. Gravel (Richard) : Oui,
bien, en fait, un dernier point, là, qu'on ramènerait, là, parce qu'on
trouve... Parce que c'est sûr que la coalition, on a toujours trouvé que
l'élimination des catégories serait une bonne chose et on pense que le
programme de revenu de base devrait être étendu à l'ensemble des clientèles.
Donc, pour nous, une personne qui a été 66 mois à l'aide sociale, pour
nous, il y a déjà là, de son statut, parce qu'il a été absent très longtemps du
marché du travail, il y a déjà là des contraintes assez importantes pour qu'il
puisse... pour qu'on lui reconnaisse le statut de revenu de base. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci
beaucoup. Mme la ministre, on commence la période d'échange, la parole est à
vous.
Mme Rouleau : Bien, merci.
D'abord, je vous... Pour information, là, dans le plan de lutte qu'on... que
j'ai déposé au mois de juin dernier, il y a une mesure qui concerne le premier
test d'avoir liquide, on abolit le premier test d'avoir liquide, qui était à
800 quelques dollars pour qu'il y ait concordance avec le montant que les gens
peuvent avoir tout au long de leurs prestations. Alors, c'est déjà fait. On
vous a entendu.
Vous parlez du programme de revenu de base
qui devrait être à tous, mais est-ce que vous ne pensez pas qu'il pourrait y
avoir certains ou qu'il y ait... Le programme de revenu de base a été pensé, et
on l'a appliqué comme ça, pour les personnes qui ont des contraintes très, très
sévères à l'emploi et qui ont... qui sont des personnes handicapées, lourdement
handicapées pour, en fait, briser cet enclos dans lesquelles les gens étaient,
là, pour leur donner une qualité de vie meilleure. Est-ce que ce serait
équitable, que tout le monde ait ce programme de revenu de base plutôt que les
personnes qui en ont vraiment, mais vraiment besoin parce qu'elles ne peuvent
pas participer, pour certaines, là, à la société?
M. Gravel (Richard) : Bien,
en fait... mais c'est l'angle du vraiment, vraiment besoin. Alors, qui a
vraiment, vraiment besoin du revenu de base? Alors là, on est... Et c'est tout
l'axe de dire : Bien, on est dans l'angle de l'activation. Donc, on part
d'une prémisse que les personnes, si on ne les encourage pas, ils vont... ils
ne quitteront pas l'aide sociale. Moi, je peux vous dire, là, en 35 ans,
là, à travailler auprès de personnes éloignées du marché du travail, il n'y a
personne, mais personne qui veut rester à l'aide sociale quand on travaille
avec eux autres.
Mme Rouleau : Je suis
d'accord avec vous.
M. Gravel (Richard) : Donc,
il y a là l'élément. L'élément qu'on vous amène... puis on pourrait parler de
revenu minimum garanti dans un autre contexte, mais, vu que le projet de loi,
dans le fond, vient jouer dans les quatre catégories, on amène quand même à
votre attention qu'une personne, qu'elle soit sans contrainte, qui se rend
jusqu'à 66 mois à l'aide sociale avec un niveau de revenu qui est
vraiment, là, en bas de ce qu'est la mesure de panier d'épicerie, donc, qui ne
couvre pas ses besoins de base, bien, je pense que là, ici, on veut... C'est
parce que vient un temps où la contrainte financière devient en elle-même un
obstacle à la réinsertion. Puis moi, je suis sûr que, quand vous allez faire
l'analyse du programme de revenu de base, moi, je suis sûr que le programme de
revenu de base, il a amené des gens à intégrer le marché du travail, notamment
à temps partiel, mais peut-être même à temps plein, parce qu'on vient libérer,
dans le fond, de contrainte économique, et ça permet aux gens de pouvoir
canaliser leur énergie sur le retour en emploi, sur comment évoluer. Donc, nous
autres, dans le fond, on est dans la prémisse de dire : Les gens veulent
sortir de l'aide sociale, une grande majorité, là, on...
M. Gravel (Richard) : ...la
totalité, là, on peut se garder une marge de... mais, si on travaille avec ces
gens-là, puis on les... on les sécurise financièrement pour leur permettre de pouvoir
mettre leur énergie sur leur réinsertion en emploi, bien, moi, je pense que
c'est gagnant, là, dans une vision, puis dans une vision aussi où on travaille
à la fois sur les volets d'insertion sociale et les volets d'insertion à
l'emploi. C'est vrai que l'emploi, ce n'est pas tout, là, et qu'il y a
peut-être du monde qui vont juste... qui vont juste aller dans la participation
sociale. Mais moi, je pense qu'au fur et à mesure... parce que l'emploi, ce
n'est pas que de la rémunération, l'emploi, c'est aussi une façon de se
valoriser, c'est aussi une façon de créer une identité. Moi, je pense que, si
on met les conditions nécessaires, les gens vont vouloir intégrer l'emploi.
Mme Rouleau : O.K. Et
pourriez-vous me dire comment vous... Quelle est votre opinion, là, plus
précisément sur le changement qu'on apporte de contraintes en emploi à
contraintes santé, en intégrant bien sûr toutes les dimensions de santé mentale
et des enjeux psychosociaux? Comment... comment vous voyez ça?
M. Gravel (Richard) : Nous
autres, on voit ça de façon extrêmement positive. Et vous voyez, c'est un peu
ça, hein, quand on parle par rapport au revenu de base, on pourrait se
dire : Ah! bien, là, on augmente le nombre de personnes, mais pour nous,
là, les... que les gens aient des contraintes, donc plus gros... un plus gros
chèque, là, dans les 60 premiers mois, ça n'a jamais été un obstacle pour
qu'ils décident de retourner en emploi. Donc, non, on l'accueille très
favorablement. Puis je pense que c'est une avancée, là, puis... importante, là,
pour les gens qui sont à l'aide sociale.
Mme Rouleau : Et les mesures
d'emploi favorisent-elles la participation des gens? Et là, par exemple,
l'objectif emploi est obligatoire, même ça... c'est obligatoire, mais avec beaucoup
d'assouplissement, là, et d'accompagnement pour que les gens intègrent.
Croyez-vous qu'il serait... que c'est correct de maintenir l'obligation, ou il
faudrait que ce soit selon la volonté de la personne?
M. Gravel (Richard) : Bien,
dans le cadre d'Objectif emploi, là, puis on avait déjà... en fait, on avait
déjà signalé qu'on trouvait que l'obligation n'était pas nécessaire. Et ça a
des bons résultats. Mais je ne pense pas que les bons résultats d'Objectif
emploi soient liés à la coercition. Puis moi, je pense que ça, il devrait y
avoir des études. Mais moi, je me souviens que, suite à Objectif Emploi, avoir
rencontré des gens qui ont intégré des parcours, notamment en entreprise
d'insertion, qui disaient : C'était la première fois que mon agent m'appelait
pour me proposer quelque chose. Parce que la relation... la relation avec les
agents d'aide était vraiment liée au chèque. C'est pour ça que tout le volet
soutien du revenu, à quelque part, il vient un peu perturber la relation quand
on devient dans l'aide à l'accompagnement, parce que ça vient... ça vient
fausser la... Ça vient fausser la relation d'aide. Donc, voilà, nous autres,
on...
• (12 h 20) •
Mme Rouleau : O.K. Et c'est
quoi, les étapes essentielles d'une bonne intégration pour une personne qui est
éloignée du marché du travail?
M. Gravel (Richard) : Bien,
en fait... puis, vous voyez, c'est là qui est... quand on dit : Ah! les
nouveaux réseaux, puis... c'est que les individus, ils ne vont pas nécessairement
travailler leur employabilité. Puis les organismes en employabilité, souvent,
vont se faire dire : Bien là, vous ne devriez pas faire de l'insertion
sociale. Ça, c'est du... la règle... Ça, c'est du social, vous ne devriez pas
faire ça. Ils le font pareil, parce qu'à un moment donné, si on veut avoir des
résultats. Mais c'est sûr que l'insertion sociale devient comme la base, hein,
c'est la fondation sur laquelle, tu sais... puis c'est l'échelle de Maslow, là,
c'est la... la fondation sur laquelle il faut construire.
Mais prenons par exemple une personne
immigrante qui arrive ici, qui est peu scolarisée, des fois analphabète dans sa
langue d'origine, mais sa préoccupation d'intégrer le marché du travail, sa
préoccupation fait que, pour lui, là, le volet réinsertion sociale n'est
peut-être pas dans sa priorité numéro un. Alors, de pouvoir travailler à la
fois l'ensemble des dimensions...
M. Gravel (Richard) : ...puis
de permettre aux organisations de pouvoir le faire puis de créer des liens
entre les différentes organisations pour que le passage d'une organisation
ou... à l'autre soit... soit facilité, bien, je pense que ça, c'est gagnant
pour l'ensemble de la société.
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la députée de Laporte, la parole est à vous.
Mme Poulet : Oui, merci, Mme
la Présidente. Merci de votre présence et votre apport aux travaux. Très
intéressant.
Vous dites beaucoup de choses. L'objectif
des réseaux... Je voudrais vous entendre aussi, que vous développez, parce que,
c'est ça, vous avez mentionné énormément d'informations. L'objectif des réseaux
régionaux d'accompagnement est de soutenir des prestataires éloignés du marché
du travail qui rencontrent des difficultés particulières. Pouvez-vous donner
des exemples, d'autres exemples complets ou d'autres exemples, développer
encore sur quel apport croyez-vous que les organismes d'employabilité
pourraient avoir en ce domaine? Est-ce que vous pensez que tous les angles
morts ont été couverts?
M. Gravel (Richard) : Bien, en
fait, c'est parce que nous, on est dans un projet de loi, on entend... on
entend qu'il va y avoir un réseau, on on voit qu'il y a des ministères qui sont
ciblés, puis on parle d'organismes communautaires. C'est clairement... en tout
cas, dans notre lecture, le projet de loi vise beaucoup de développer un peu ce
qui existe en employabilité dans le domaine plus de l'insertion sociale. Ça,
c'est notre lecture, avec le peu d'information qu'on a dans le projet de loi.
Nous autres, dans le fond, ce qu'on veut
porter à votre... à votre attention, c'est qu'il faut... il ne faudrait pas
créer des silos, des silos qui existent, là, des fois, entre les... Par
exemple, là, par analogie, avec les organismes qui vont s'adresser aux
personnes immigrantes et les organismes qui sont... font de l'employabilité,
alors quand est-ce que ça devient de l'employabilité de la personne immigrante,
est-ce que la personne immigrante a besoin d'employabilité dédiée à sa
communauté ou parce que c'est une personne immigrante? On aurait tout avantage
à maximiser les interventions puis qu'il y ait des liens qui existent de façon
plus fluide. Mais c'est des réseaux qui ne travaillent pas nécessairement de
façon... de... tant ensemble, parce qu'il y a un ministère qui se crée un petit
réseau qui offre... qui offre de l'aide à l'établissement et un bout
d'employabilité ou de connaissance du marché du travail. Et comment ça va
passer dans l'autre réseau qui est autour plus de Services Québec, qui est
essentiellement faire de l'employabilité. Donc, comment ces passages-là... Puis
là on voit la création d'une nouvelle table puis on dit : On va-tu créer
un autre petit réseau qui est plus de l'ordre de l'insertion sociale, mais qui
n'aura pas tant de passage?
Ça fait que, dans le fond, ce qu'on veut
porter à votre attention, c'est que c'est important que, comme on dit, bien, il
y a plusieurs ministères, mais que les organisations communautaires qui siègent
à ces réseaux-là, bien, soient aussi de différentes provenances. Parce que
l'idée, c'est vraiment d'offrir... de mettre nos énergies, parce que là, ça va
être des réseaux régionaux, mettre nos énergies pour que l'ensemble des
services se mettent autour des individus et non pas traiter les problématiques
de façon segmentée.
Mme Poulet : Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme la ministre.
Mme Rouleau : Bien, c'est
dans cette direction-là qu'on veut aller au niveau des réseaux régionaux, c'est
d'assurer une bonne coordination. Parce qu'on sait que les organisations, les
organismes et les ressources existent déjà, mais il faut s'assurer justement
qu'il n'y ait pas de... il faut briser ces silos. Parce que le constat, c'est
que les gens ne se parlent pas toujours. Dans certaines régions, j'ai pu le
constater.
La formation, la formation pour aller...
aller chercher un diplôme de secondaire cinq, comment voyez-vous ça? Parce
qu'il existe des... il existe, dans les mesures d'emploi, là, la possibilité
d'avoir des DEP, etc. Mais, secondaire cinq, ça, on constate que 42 % des
personnes qui sont sur l'aide de dernier recours n'ont pas de diplôme d'études
secondaires. Et on veut favoriser cette formation. Est-ce que ça a un impact
pour vous?
M. Gravel (Richard) : Bien,
en fait, dans le mémoire, on souligne, là, que c'est une... c'est une bonne
mesure. C'est une mesure que ça fait... je vous dirais, ça fait longtemps
qu'on... qu'on revendique, donc on...
Mme Rouleau : ...
M. Gravel (Richard) : Hein?
Mme Rouleau : Encore une
fois, on vous a écouté.
M. Gravel (Richard) : Bien,
c'est... c'est une bonne chose, c'est une bonne chose. Mais, à ce niveau-là,
dans le fond, ce qu'on... ce qu'on... ce qu'on soulignait, c'est qu'on pourrait
aller plus loin que juste les mesures de formation générale. Parce que, pour le
profil des clientèles notamment qui sont à l'aide sociale, des fois, un diplôme
d'études professionnelles, un diplôme métier semi-spécialisé...
M. Gravel (Richard) : ...spécialisé
pourrait, là, dans le fond, être un élément qui serait plus... qui serait
plus... plus, je ne veux pas dire à la portée des individus, mais plus dans
leur intérêt. Moi, je pense que ce qui est important autour de ça, c'est
vraiment de partir à partir des intérêts de l'individu pour dire : Bien...
Parce que c'est quand... Parce que la motivation, elle vient quand tu fais de
quoi qui, pour toi, fait du sens. Donc, les prestataires d'aide sociale sont
dans la même dynamique. Alors, il faut leur donner cette espèce de marge là de
pouvoir dire : J'ai décidé pour moi, donc c'est ce qui... Et là tu crées
la motivation. C'est toujours un peu... c'est un peu... c'est complexe, la
motivation, parce qu'on a tendance à voir ça comme si ça existait ou ça
n'existait pas, mais dans un parcours d'un individu, des fois, il y a des journées
qu'ils sont plus motivés, des fois, il y a des journées qu'ils sont moins
motivés. Donc là, il y a comme... Mais quand ça vient de l'individu, bien, la
journée qu'il est moins motivé, c'est plus facile de pouvoir travailler avec, à
dire : Mais non, tu y croyais. Quand c'est une mesure qui est imposée,
bien là, c'est sûr que là en termes de motivation... Et ça, ça crée des
abandons dans les services, là.
Mme Rouleau : O.K. Et...
La Présidente (Mme D'Amours) : 30 secondes.
Mme Rouleau : 30 secondes.
Qu'est-ce qui favoriserait l'engagement des organisations à intégrer des
personnes qui sont en situation de précarité? Qu'est-ce qui favoriserait, là,
pour les employeurs, l'insertion?
M. Gravel (Richard) : Pour
les employeurs?
Mme Rouleau : Pour les
employeurs.
M. Gravel (Richard) : Ah,
moi, je pense qu'il y a un travail à faire de, comment je pourrais dire, qu'il
y a un travail de vulgarisation à faire auprès des employeurs.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
C'est tout le temps que nous avions avec l'échange avec la ministre.
Maintenant, je vais céder la parole à la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : Merci, Mme la
Présidente. Une question. Ensuite, ma collègue va prendre la relève. Il y a des
groupes qui souhaitent voir... Vous avez parlé du programme de revenu de base,
il y a des groupes qui souhaitent que le programme de revenu de base inspire
tous les programmes de l'aide sociale. Et on aimerait vous entendre là-dessus.
Je sais qu'il y a des inquiétudes en parlant de la motivation. Il y a une
question de capacité... Revenu de base, c'est pour les personnes, comme vous
savez, qui n'ont pas la capacité, après cinq ans, là, de vraiment travailler,
c'est des contraintes sévères à l'emploi permanentes. Là, on a plus, avec la
réforme de solidarité sociale, c'est fusionné avec un autre programme. On avait
proposé un projet de loi qu'avec les gains de travail de 200 $ par mois,
que ce serait calculé, cumulatif et plus élevé, comme en s'inspirant du
programme de revenu de base, mais, avec cette réforme-là, on voit qu'on va dans
une autre direction, on s'éloigne du programme de revenu de base. Alors, où est
le juste milieu entre programme de revenu de base pour tout le monde et aller
dans l'autre direction du programme de revenu de base qui a quand même ses
atouts. Voilà.
• (12 h 30) •
M. Gravel (Richard) : Mais
moi, ma perception, c'est que le programme de revenu de base pour tous, c'est
juste une question financière. C'est simplement ça. Parce que, pour les
individus, là, pour les organismes, là, qui sont membres de la coalition, il
n'y a aucune crainte, mais vraiment aucune, de penser que, si les gens ont tous
le programme de revenu de base, ils ne viendront plus dans les services
d'emploi. C'est un peu ce que je disais, là, dans ma présentation, les gens qui
sont à l'aide sociale de façon importante, quasi majoritaire, veulent sortir de
l'aide sociale. Et, pour nous, la question du revenu, c'est juste un obstacle
supplémentaire parmi la série d'obstacles que les gens vont avoir à surmonter.
Alors, il y a des contraintes financières supplémentaires quand tu as quelqu'un
qui n'a pas de revenu. Et il faut que, nous autres, on travaille à éliminer
puis à trouver des solutions pour les problèmes de précarité. Puis là je ne dis
pas que le programme de revenu de base sort tout le monde de la précarité, là,
je ne veux pas être mal interprété, mais c'est clairement que, pour nous
autres, ce n'est pas un enjeu qui va avoir un impact sur la motivation des gens
à intégrer les programmes d'employabilité ou les programmes qui... en lien avec
l'insertion sociale et professionnelle. Les gens, là, ne le font pas pour une
question de revenu ou très peu...
Haut de la page
12 h 30 (version non révisé
e) M. Gravel (Richard) : ...ou
très peu.
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Merci, Mme la
Présidente. Bonjour. Merci beaucoup d'être avec nous aujourd'hui, de
représenter, donc, la coalition. Comme mes collègues, je pense que j'ai été...
en lisant dans votre mémoire, donc, ça m'a frappée, donc, les éléments, donc,
dont vous... vont... vous parliez, donc, au niveau, donc, d'affirmer la place
des organismes en employabilité dans les réseaux régionaux d'accompagnement. Je
pense que vous nous avez dit tantôt : Les organismes en employabilité
doivent faire
partie de ces réseaux, sinon, donc, il y a un risque, donc, de
travailler en silo. Je pense, vous n'êtes pas le premier, donc, à nous en faire
part aujourd'hui. Quel est... Quel serait, donc, le plus grand risque, en fait,
de ne pas confirmer, donc, cette place-là, donc, des organismes en
employabilité à l'intérieur de ces réseaux régionaux?
M. Gravel (Richard) : Bien,
en fait, le risque, c'est de créer, dans le fond, un nouveau, un nouveau silo
puis que les gens, qu'ils soient orientés. C'est parce que, tu sais, dans le
fond, l'enjeu, c'est que le prestataire soit orienté dans un réseau où on est
plus dans l'insertion sociale puis qu'il n'ait jamais l'axe de l'emploi, là,
qui vienne, qui vienne. Ça fait que l'idée, c'est de... vraiment d'avoir une
approche qui est holistique, là, qui va... qui va travailler sur l'ensemble des
dimensions et ne pas voir les individus comme... bien, tu vas régler l'étape un,
puis après on va passer à l'étape deux. Puis c'est vrai, là, que, pour le...
puis moi-même, là, quand on fait des parcours, là, on en fait des étapes, mais,
quand on va travailler avec les individus, on ne les oblige pas à répondre aux
étapes, on va de façon... et on s'adapte aux besoins des individus.
Mme Cadet : C'est fluide, c'est
agile. On ne traite pas des individus comme s'ils étaient des petites cases.
M. Gravel (Richard) : Ça fait
que c'est sûr que, pour nous autres, ça nous sécuriserait, que ce soit nommé
dans la loi, cette diversité-là, comme il y a des ministères qui sont nommés.
Mme Cadet : Ensuite, il y a
quelques... quelques autres, donc des intervenants en commission, qui nous ont
dit : Bon, le projet de loi, on parle beaucoup d'intégration à l'emploi
mais peu de maintien à l'emploi. Vous, qu'est-ce que vous pensez de ça?
M. Gravel (Richard) : Bien,
au cours des dernières années, toute la question du maintien à l'emploi a pris
de la place. Moi, je pense que c'est une bonne chose. Nous autres, on trouve
que c'est... Parce qu'il y a... il y a deux éléments, il y a le maintien en
emploi puis il y a aussi éviter le retour à l'emploi rapide, là, qui, pour moi,
fait la
partie de la sortie, dans le fond, vers l'emploi. L'objectif, c'est que
les gens se valorisent dans l'emploi dans lequel ils vont se trouver, qui vont
la conserver. Alors, pour certains, pour certaines personnes, bien, ils ont
besoin, même quand ils étaient avec de l'emploi, d'un support particulier. Et
ce que je disais tantôt à la ministre, là, puis c'est bon, ça va me permettre
de finir la question, alors, les employeurs, en contexte de pénurie de main-d'œuvre,
là, puis, on le voit notamment dans les emplois peu spécialisés, ils se sont
avoués complètement dépourvus devant des personnes qui peuvent avoir des
dynamiques, là, plus... plus complexes, comment j'interagis. Bon, il y a les
handicaps, il y a... mais il y a aussi des aspects, là, qui sont plus de l'ordre
comportemental qu'on peut... dans lesquels on peut appuyer, là. Il y a des
programmes qui ont été développés, là, dans les dernières années, dans les
organismes d'employabilité, où on fait de... Mais ça, ces programmes-là
devraient, selon moi, être plus généralisés à pas mal l'ensemble des parcours,
là, en fonction des besoins des individus. Ce n'est pas tous les individus qui
ont besoin d'avoir un accompagnement en emploi quand ils finissent un parcours,
mais, les individus qui ont besoin d'un accompagnement en emploi, je pense que
c'est... La somme supplémentaire et l'effort supplémentaire qu'on va faire en
faisant de l'accompagnement l'emploi, si on évite un retour à l'aide sociale, c'est
nettement avantageux pour l'ensemble de la société.
Mme Cadet : Oui, bien, c'est
ce que c'est... c'est ce que je perçois en fait de votre propos, c'est que ce
serait avantageux de pouvoir, donc, poursuivre cet accompagnement-là pour le
maintien à l'emploi, surtout pour les personnes les plus éloignées du marché du
travail, pour qu'elles puissent se maintenir puis qu'on réalise l'objectif ici
du projet de loi.
M. Gravel (Richard) : Mais,
vous savez, les entreprises, là... puis nous autres, on travaille beaucoup, là,
mais moi, là, dans ma job, je travaille beaucoup, là, avec des réseaux d'employeurs
et des entreprises, là, puis, au Québec, là, les PME, ils n'ont... ils n'ont
pas de service de ressources humaines, là. Ça fait que, s'il n'y a pas des
organismes qui peuvent leur offrir ce service-là de dire : Mais on va t'aider
dans ton accompagnement d'emploi... Ce n'est pas toutes les entreprises, là,
qui peuvent se payer du monde qui vont avoir cette vision-là de dire : Ah!
comment on peut adapter pour s'assurer que...
M. Gravel (Richard) : ...que
la personne va rester en emploi. Ça fait que ça, c'est vraiment un élément
où... Tu sais, c'est sûr que, dans les années 80, la PME... ils engageaient,
ils recevaient 200 C.V., ils en rencontraient 10 puis ils prenaient le meilleur
des 10. Il y avait beaucoup moins de problèmes de rétention. Mais on l'entend
là, des employeurs, là, qui disent : Mon problème, ce n'est pas de trouver
du monde, c'est de les garder. Alors là, il faut vraiment qu'on travaille, là,
dans cet ordre-là.
Mme Cadet : Oui. Vous l'avez
dit, élargir le supplément pour études et diplomation à d'autres programmes de
formation, comme les DEP, comme les métiers semi-spécialisés. Je pense qu'on
est assez d'accord avec vous, là, de dire qu'ici, donc, il ne faudrait pas
qu'on soit... que c'est une bonne chose, l'élargissement, ici, mais il faudrait
qu'il ne soit pas linéaire, dans le fond, qu'il s'adapte, donc, aux parcours de
vie des apprenants.
M. Gravel (Richard) : Bien,
il faut que ça vienne de l'individu, vous savez. Parce qu'il faut faire
attention, ce n'est pas... ce n'est pas : on va offrir... on va offrir
d'abord des métiers semi-spécialisés parce que c'est plus rapide, c'est
vraiment en fonction des besoins puis de la capacité des individus. Mais ça
demeure qu'il y a des individus qui ont... puis, tu sais, il faut se le dire,
qui n'auront peut-être pas la capacité de faire un diplôme d'études générales
puis qui ne veulent pas le faire, qui ne veulent pas l'essayer. Bien dans ce
cas-là, bien, il y a d'autres certifications qui leur permettent d'accéder à
des métiers qui sont tout aussi honorables, hein, puis qui sont nécessaires
pour la société, là, on l'a vu, dans les dernières années, donc.
Mme Cadet : ...
La Présidente (Mme D'Amours) : 50
secondes.
Mme Cadet : Ah! d'accord.
Vous travaillez beaucoup avec des personnes éloignées du marché du travail. Les
obstacles les plus fréquents qui sont rencontrés, selon vous, dans leurs
parcours vers l'emploi?
M. Gravel (Richard) : Eh boy!
C'est difficile, hein, de nommer une chose, mais moi, je vous dirais que
l'élément le plus central qui fait que les gens ont de la misère à intégrer le
marché du travail, là, dans l'ensemble des problématiques, c'est des... c'est
des personnes qui n'ont pas nécessairement le contrôle sur les événements et
qui se font contrôler par les événements, là. Donc, d'être capable de permettre
aux gens de se stabiliser puis de faire face aux aléas de la vie, là... Puis
ça, ça en fait partie, là, quand on parle des mesures de maintien en emploi,
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Merci beaucoup. Je cède maintenant la parole à la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Merci. C'est
intéressant de vous entendre dire que l'accès au revenu de base ne vient pas
diminuer l'intérêt pour un retour sur le marché du travail. Vous avez nommé à
quelques reprises que la précarité financière elle-même est parfois une entrave
pour le retour au travail. J'aimerais ça, vous entendre élaborer là-dessus.
Donc, pourquoi, en quoi ça devient une entrave, le fait d'être précaire
financièrement?
• (12 h 40) •
M. Gravel (Richard) : Bien,
parce que, quand les gens sont en situation de survie, leurs préoccupations
sont de l'ordre de... d'ordre financier. Bien, ça prend plus toute la place, et
ils ne peuvent pas se mobiliser sur leur retour à l'emploi, sur mettre les
énergies aux bons éléments. C'est un peu ce que je disais, dans le fond, ça
devient que les intervenants dans les organisations en développement de
l'emploi... pour eux autres, l'aspect contrainte financière devient un obstacle
en soi qui est traité, de la même façon que tu vas avoir de l'analphabétisme,
ou... il faut venir...
Alors, tout cet élément-là de dire...
c'est un peu l'idée, là, où on dit : Bien, pourquoi on veut éliminer
les... pourquoi on veut que les gens diminuent leurs avoirs? Peut-on... a-t-on
de besoin que les personnes qui sont à l'aide sociale aient vraiment zéro
revenu, zéro capital dans leurs comptes de banque puis de les mettre en
précarité. Pour qu'après, là, quand on les prend dans nos organisations, on
leur dise : Ah! c'est bien important que tu te construises un montant
d'argent pour affronter les aléas de la vie, là, tu sais, demain matin, ton
frigidaire brise, qu'est-ce que tu fais? Présentement, une personne qui est à
l'aide sociale, que son frigidaire brise, bien là, il est complètement démuni.
Il faut qu'il aille chercher puis se faire donner de la nourriture, il a... il
faut qu'il aille... c'est... Alors, comment on peut accepter... Puis on
comprend, là, qu'il y a une limite, là, mais on trouve que la limite, elle est
très, très basse, même à l'aide sociale, ce n'est pas... ce n'est pas...
Mme Labrie : Ça fait que vous
nous dites, dans le fond, que même avec tout ce qui est déployé comme mesures
d'accompagnement vers l'emploi, même avec les programmes, les plans
individualisés, qui pourraient être faits pour accompagner ces personnes-là, si
on n'agit pas sur le montant...
Mme Labrie : ...qui est
mis à disposition de ces personnes-là pour survivre à chaque mois. On va les
mettre dans une situation où ça va être très difficile, même avec un plan
individualisé, de se remettre en mouvement parce qu'elles sont trop en mode
survie encore.
M. Gravel (Richard) : Mais
vous voyez, malgré ça, ils le font.
Malgré ça, ils le font, mais ça demeure que
c'est un obstacle supplémentaire.
Mme Labrie : O.K. Bien,
je vous remercie.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Je cède maintenant la parole au député de Jean-Talon.
M. Paradis : Vous
insistez sur la question de la conditionnalité, c'est-à-dire l'établissement
d'un lien entre le soutien minimal du revenu des personnes et la participation
à des mesures d'employabilité. Et vous dites que vous nous invitez à mettre fin
aux catégories administratives qui distinguent les individus avec contrainte et
sans contrainte parce que, notamment, ça stigmatise, ça entretient des préjugés
et la discrimination. Deux questions là-dessus. La première, est-ce qu'il
s'agit surtout d'une question d'utiliser les bons mots, parce que vous dites
c'est une étiquette, ou ça va plus loin que ça, c'est-à-dire que
l'établissement de catégories en soi, c'est le problème?
Si c'est le cas, deuxième question,
comment on réconcilie le désir ou l'intention, qui paraît louable,
d'individualiser les mesures d'aide aux besoins de la personne, puis vous avez
dit vous-mêmes que chaque personne n'est pas dans la même situation, avec cette
volonté de ne pas justement les catégoriser? Donc, d'un côté, des besoins
individuels, chacun n'a pas besoin de la même route, mais l'autre côté on
voudrait commencer en les mettant tous sur le même pied.
M. Gravel (Richard) : Bien,
en fait, c'est qu'on part toujours du principe que c'est l'argent qui motive
les gens à intégrer différents... Ça fait qu'on est, oui, pour une ouverture,
puis adapter les accompagnements en fonction des besoins des individus. On dit
juste que le fait de... le fait que les gens vont aller... on va avoir des
montants supplémentaires, bien, à la limite, ce n'est pas vraiment ça. Oui, ça
va, les... Ça va les motiver dans la mesure où on leur enlève des obstacles.
Donc, c'est sûr que c'est aidant dans ce
cadre-là, et on le reconnaît. Mais est-ce que, si le niveau de revenu était
plus élevé pour tout le monde, ils arrêteraient de le faire puis ils iraient
chercher une mesure qui n'est pas nécessairement... On ne croit pas. Moi je
pense qu'il faut... il faut offrir l'accompagnement, il faut travailler avec
les individus, là, puis faire vraiment un bon... un bon bilan de... Bon, O.K.,
vers où tu t'en irais? C'est quoi tes aspirations? C'est quoi, toi, tes
capacités aussi? Parce qu'il y a toujours cet élément-là, là. On parle des
aspirations. On parle aussi de regarder les capacités, puis c'est quoi les
pistes de solution qui t'adressent. Puis on va faire le parcours qui répond à
tes besoins. Mais pour... Mais pour moi, il n'y a pas de... il n'y a pas
d'obligation qu'il ait une... qu'il soit en difficulté financière pour qu'il
puisse intégrer les mesures d'emploi.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
M. Gravel, pour votre contribution à nos travaux à la commission.
La commission suspend ses travaux jusqu'à
15 heures. Merci, tout le monde.
(Suspension de la séance à 12 h 45)
Haut de la page
15 h (version non révisée)
(Reprise à 15 h 05)
La Présidente (Mme D'Amours) : À
l'ordre, s'il vous plaît! La Commission de l'économie et du travail reprend ses
travaux. Je demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir
éteindre la sonnerie de leur appareil électronique, s'il vous plaît.
Nous poursuivons les consultations
particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 71, Loi
visant à améliorer l'accompagnement des personnes et à simplifier le régime d'assistance
sociale. Cet après-midi, nous entendrons les témoins suivants, soit le Réseau
des services spécialisés de main-d'oeuvre, l'Union des consommateurs, le Réseau
Solidarité Itinérance du Québec et l'Alliance québécoise des regroupements
régionaux pour l'intégration des personnes handicapées.
Donc, je souhaite maintenant la bienvenue
au Réseau des services spécialisés de main-d'oeuvre. Chers invités, je vous
rappelle que vous disposez de 10 minutes pour votre exposé, puis nous
procéderons à la période d'échange avec les membres de la commission. Donc, je
vous invite à vous présenter et à commencer votre exposé, s'il vous plaît.
Mme Al Yahya (Nisrin) : Donc,
bonjour, Mme la Présidente, Mme la ministre, Mmes et MM. les députés, bonjour à
toutes et à tous. Permettez-moi, au nom de mes collègues, de Patrick Pilon,
directeur général de Réhabex, Laurence Rodier, agente de communication et d'analyse,
et de tous les membres du Réseau des services spécialisés de main-d'œuvre,
RSSMO, ainsi qu'en mon nom personnel, Nisrin Al Yahya, directrice générale du
RSSMO, de vous exprimer nos sincères remerciements pour l'opportunité qui nous
est offerte de participer aux consultations particulières et aux...
Mme Al Yahya (Nisrin) : ...auditions
publiques sur le projet de loi n° 71 intitulé Loi visant à améliorer
l'accompagnement des personnes et à simplifier le régime d'assistance sociale.
Cette occasion nous permet de partager nos réflexions sur ce projet de loi
crucial pour l'avenir des personnes en situation de vulnérabilité au Québec.
Nous souhaiterions tout d'abord vous
présenter brièvement le RSSMO. Notre réseau regroupe 50 organismes
répartis dans 14 régions du Québec et établis dans plus de 90 points
de service. Ensemble, ces organismes viennent en aide à plus de 30 000 personnes chaque
année, dont une majorité appartient à des groupes particulièrement marginalisés
et sous représentés sur le marché de travail. Notre mission première est de
favoriser le développement de l'employabilité à travers l'intégration, la
réintégration et le maintien en emploi des personnes qui rencontrent des
difficultés socioprofessionnelles. Nous agissons en étroite collaboration avec
les gouvernements provincial et fédéral afin de proposer des programmes et des
mesures personnalisées adaptées aux réalités de chaque individu.
Nos membres sont des experts en
employabilité, mais aussi des partenaires de première ligne qui interviennent
auprès des clientèles vulnérables, telles que les jeunes en difficulté, les
personnes en situation de handicap, les nouveaux arrivants, les clientèles
judiciarisées, les femmes, ainsi que diverses personnes éloignées du marché de
travail en raison de différents obstacles personnels ou structurels. Leur
expertise ne se limite pas à l'accompagnement vers l'emploi, mais englobe
également une compréhension approfondie des enjeux sociaux qui influencent le
parcours professionnel des personnes.
Le projet de loi n° 71 représente une
avancée importante pour soutenir les personnes en situation de précarité. Il
offre la possibilité de simplifier l'accès aux services d'assistance sociale,
tout en améliorant l'accompagnement des personnes les plus éloignées du marché
du travail. Toutefois, pour maximiser son impact, il est essentiel d'intégrer
certaines dimensions clés qui concernent les clientèles vulnérables et les
organismes qui les accompagnent.
Nous avons structuré nos recommandations
autour de quelques axes prioritaires qui, selon nous, méritent une attention
particulière dans le cadre de l'élaboration des mesures prévues par le projet
de loi. Notre approche est fondée sur les principes de simplification des
démarches d'inclusion des bénéficiaires, de respect des réalités individuelles
et de valorisation des ressources communautaires existantes. En mettant de
l'avant ces éléments, nous croyons fermement que ce projet de loi pourra mieux
répondre aux besoins réels des populations visées. Dans ce qui suit, je vous
présente brièvement les recommandations du réseau.
Donc, la première est la prise en compte
des ressources communautaires en employabilité. Les organismes communautaires
spécialisés en employabilité possèdent une expertise reconnue pour accompagner
les personnes les plus éloignées du marché de travail. Il est crucial de les
intégrer pleinement dans les réseaux régionaux d'accompagnement pour éviter les
doublons et d'optimiser les ressources déjà en place. Cela permettra de
renforcer l'efficacité des interventions, tout en s'appuyant sur l'expertise
développée depuis plusieurs décennies, autant au niveau de l'accompagnement des
personnes vers une intégration réussie sur le marché de travail qu'au niveau du
maintien en emploi et de l'intervention auprès des entreprises.
• (15 h 10) •
La deuxième porte sur la simplification
des démarches administratives. Le RSSMO soutient fermement la démarche de
simplification des procédures qui permettra de mieux répondre aux besoins des
populations, surtout celles ayant des compétences numériques et/ou
linguistiques limitées. Le RSSMO rappelle l'importance d'une approche humanisée
et simplifiée pour l'ensemble des services de réintégration professionnelle.
Les processus actuels, souvent complexes et bureaucratiques, constituant un
obstacle majeur à l'accès aux aides... aux aides sociales, peuvent poser
certaines problématiques au niveau des usagers. Nous préconisons la mise en
place de guichet unique qui centralise... ou qui centraliserait les demandes et
fournirait un soutien personnalisé, tout en réduisant les délais et les
barrières. Aussi, il nous semble essentiel que les documents soient disponibles
dans plusieurs langues, facilitant ainsi l'accès aux services pour les
personnes ayant une maîtrise limitée du français ou des outils numériques.
La participation active des bénéficiaires
dans les projets pilotes est notre troisième recommandation. En effet, les
bénéficiaires doivent être
partie prenante des solutions mises en œuvre dans le
cadre des projets pilotes. Nous recommandons d'inclure une approche
participative où les usagers pourraient s'exprimer et contribuer à
l'élaboration des mesures qui les concernent directement. Cela pourrait se
faire par le biais d'ateliers de consultation, ou des groupes de discussion, ou
de différentes autres manières.
Éviter les modèles coercitifs. Le RSSMO
plaide en faveur d'une approche d'accompagnement fondée sur la bienveillance et
la flexibilité, évitant les modèles coercitifs ou punitifs systématiques. Nous
croyons qu'il est essentiel de respecter les réalités individuelles, notamment
en ce qui concerne les...
Mme Al Yahya (Nisrin) : ...contraintes
personnelles, sociales et économiques qui influencent la capacité d'une
personne à réintégrer le marché du travail.
Un accès équitable aux services et
réduction de la fracture numérique serait notre cinquième recommandation. Les
personnes vivant dans des zones rurales ou défavorisées font face à des défis
particuliers pour accéder aux services sociaux. Nous recommandons d'augmenter
la présence d'agents mobiles et de promouvoir la littératie numérique pour
garantir que tous puissent bénéficier des mesures d'accompagnement, peu importe
leur localisation ou leurs compétences technologiques.
La révision des montants d'aide
financière. Bien que le projet de loi n° 71 ne traite
pas directement des aides financières, le RSSMO tient à rappeler que les
montants actuels des prestations d'aide sociale sont insuffisants pour
permettre aux personnes de subvenir à leurs besoins de base. Une révision de
ces montants serait probablement nécessaire pour favoriser une réelle inclusion
socioéconomique.
La promotion des compétences et de la
diplomation, l'acquisition des compétences variées, y compris la formation
professionnelle est essentielle pour garantir une insertion durable sur le
marché du travail. Nous recommandons une reconnaissance accrue des parcours non
traditionnels, comme les formations techniques ou les certifications
professionnelles ou l'apprentissage professionnel, qui peuvent avoir un impact
direct sur l'employabilité.
La prise en compte des demandeurs d'asile
qui sont souvent exclus des mesures d'accompagnement malgré leur grande
vulnérabilité. Nous croyons que le projet de loi devrait prévoir des mécanismes
spécifiques pour soutenir cette population dans son intégration
socioéconomique, même en amont de la régularisation de leur statut. Je tiens à
souligner que le RSSMO salue l'initiative du plan d'intervention individualisé
proposé dans le cadre du projet de loi n° 71. Ce
dispositif offre un soutien personnalisé prenant en compte la situation sociale
et professionnelle de chaque personne, ce qui permettra d'encadrer de manière
plus efficace les parcours des individus en difficulté, notamment ceux
provenant des programmes de dernier recours. Cette approche est en parfaite
adéquation avec les pratiques des organismes d'employabilité, membres du RSSMO,
qui privilégient une intervention spécialisée, globale et individualisée afin
de répondre aux besoins spécifiques de chaque individu.
Le RSSMO salue également l'initiative de
reconnaître toute forme de participation sociale, dont le bénévolat, les
ateliers de développement personnel, les stages non rémunérés en entreprise et
bien d'autres. La reconnaissance officielle de ces formes de participation
sociale dans le cadre de ce projet de loi valorise les efforts des personnes en
démarche de réinsertion, même lorsqu'elles ne sont pas encore prêtes pour un
emploi rémunéré. Cela leur permet de développer des compétences, de créer des
liens sociaux et de s'inscrire dans un parcours évolutif vers l'autonomie.
Pour conclure, ce qui est très important,
c'est qu'en intégrant les recommandations que nous avons formulées aujourd'hui,
le projet de loi n° 71 pourra non seulement mieux
répondre aux besoins des personnes en situation de précarité, mais également
favoriser une véritable inclusion sociale et professionnelle. Nous soulignons
l'importance d'adopter une approche collaborative, bienveillante et centrée sur
les bénéficiaires, impliquant activement les organismes d'employabilité et les
individus eux-mêmes afin de maximiser l'impact des mesures proposées. Il est
crucial que les politiques publiques continuent d'évoluer en tenant compte des
besoins spécifiques et complexes des bénéficiaires afin de bâtir des solutions
durables et inclusives.
En adoptant les dispositifs aux réalités
des populations les plus vulnérables, nous contribuons à créer une société plus
équitable où chacun aura une réelle opportunité de s'intégrer et de participer
pleinement à la vie économique et sociale. Ainsi, le projet de loi n° 71 a le potentiel d'agir comme un levier de
transformation sociale, à condition qu'il soit mis en œuvre avec flexibilité,
écoute et collaboration entre tous les acteurs concernés.
Pour finir, je citerai Aliana, qui disait
avec un sourire qui illuminait son visage : Il n'y a rien de plus beau
pour moi que d'avoir traversé le système d'assistance sociale et d'en être
ressortie plus forte avec de l'espoir pour un avenir meilleur et un emploi que
j'aime. Merci de m'avoir si bien soutenu. Cela illustre parfaitement que, grâce
à un accompagnement adéquat, il est possible de se relever et d'avancer vers de
nouvelles perspectives. Nous vous remercions de votre attention et avons hâte
de discuter avec vous.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci
beaucoup pour votre exposé.
Mme Al Yahya (Nisrin) : Maintenant,
nous commençons la période d'échange. Mme la ministre, la parole est à vous.
Mme Rouleau : Bien, merci
beaucoup, Mme Al Yahya. J'ai bien prononcé?
Mme Al Yahya (Nisrin) : Absolument.
Mme Rouleau : Bon, parfait.
Merci beaucoup pour votre exposé. Je salue aussi M. Pilon et
Mme Rodier. Merci de contribuer à l'avancement de cette modernisation du
régime...
Mme Rouleau : ...l'assistance
sociale, c'est un projet de loi qui est fort important. Et vous avez... Vous
avez déjà bien mis la table sur certains éléments qui feront
partie de nos
réflexions, évidemment. Je suis curieuse. Vous parlez de la mise en place d'un
guichet unique pour centraliser les demandes d'assistance, d'aide financière,
accompagnement social, insertion professionnelle, etc. Comment vous...
Qu'est-ce que c'est que le guichet unique? Comment voyez-vous cette... cette
proposition?
Mme Al Yahya (Nisrin) :
Bien, en fait, cette proposition vient d'une réflexion dans laquelle nous
avons pensé qu'avoir des guichets uniques régionaux pour simplifier l'accès aux
services aurait pour objectif de centraliser des démarches administratives pour
permettre aux bénéficiaires d'accéder plus facilement aux services d'assistance
sociale. Dans le fond, ce qu'on aimerait avoir, c'est une mise en place de ce
réseau de guichet unique dans certaines régions pilotes. Ces guichets, par
exemple, pourraient regrouper des services administratifs, des services
psychosociaux et de réinsertion professionnelle pour offrir un soutien global
simplifié, centralisé. On pourrait aussi mettre des systèmes d'évaluation de ce
genre de guichet en mesurant la réduction, par exemple, du temps de traitement
des dossiers pour la satisfaction des usagers. Donc, notre objectif, c'est de
vraiment aller dans le sens d'une simplification d'accès, d'une approche
facilitée et d'une diminution de la lourdeur administrative.
Mme Rouleau : O.K. Mais
je pense qu'on a... qu'on va dans la même direction parce qu'on parle de
réseaux régionaux d'accompagnement, et qui comprennent un ensemble de
partenaires, dont les organismes communautaires, pour s'assurer d'un bon
accompagnement des personnes et donc bien les diriger. Et c'est une question
d'une meilleure coordination pour éviter les silos. Alors, je crois qu'on va
dans la même direction à ce niveau-là. Sur.... Pourriez-vous détailler un petit
peu plus sur le vécu de vos organismes? Comment ça se passe sur le terrain pour
vous?
Mme Al Yahya (Nisrin) :
Comment ça se passe? C'est tellement une grande question, Mme la ministre.
En fait, vous savez, au jour d'aujourd'hui, le gros défi que nous avons en
termes d'organisme, c'est que nous avons une demande croissante de plus en plus
de la part d'une population vulnérable et fragilisée. Et puis cette demande-là,
malheureusement, ne peut pas être répondue dans le cadre des financements
actuels de ce qu'on voit. Malheureusement aussi, malgré toutes les compétences,
les capacités et les connaissances de nos intervenants, ce problème
d'accessibilité aux services pose un gros défi pour nous. Le fait de devoir
calculer les temps d'intervention, le fait de devoir ne pas nécessairement
aller dans le sens de l'individu et ses besoins, mais d'être limité par une
lourdeur administrative au quotidien fait que, des fois, nos intervenants se
retrouvent dans une posture où eux-mêmes se sentent fragilisés dans leur
approche et dans leur intervention.
• (15 h 20) •
C'est sûr aussi qu'on voit que la
vulnérabilité augmente de plus en plus, la pauvreté aussi. Vous savez, ces
dernières années surtout, on a remarqué, puis je ne vous annonce rien de
nouveau, une augmentation de l'itinérance. On a remarqué une... une diminution
de la capacité d'acheter un panier à toutes les semaines pour certaines
personnes. Et puis encore plus, pour plusieurs qui même ont des emplois, ils
n'ont pas accès à un logement décent.
Donc, nos organismes vivent de vrais défis
à pouvoir accompagner, aider au meilleur de leur connaissance une population de
plus en plus vulnérable. Je vais aussi peut être laisser la parole à Patrick
qui va pouvoir venir en appui à ma réponse étant donné qu'il fait
partie des
organismes de terrain qui travaillent beaucoup auprès de cette clientèle
vulnérable.
M. Pilon (Patrick) : Merci
beaucoup. Donc, si je