CRC — 27 March 2026 (43rd Legislature, 2nd Session)

CRC 2026-03-27

Quebec — Committees

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CRC — 27 March 2026 (43rd Legislature, 2nd Session)

CRC 2026-03-27

Quebec — Committees

Présidente (Mme McGraw) : À

l'ordre, s'il vous plaît! Je déclare la séance de la Commission des

relations avec les citoyens ouverte.

La commission

est réunie afin de procéder à l'interpellation du député de Taschereau à la

ministre responsable de la Solidarité sociale et de l'Action

communautaire sur le suivant : Le milieu communautaire au bout du

rouleau : des conditions insuffisantes pour répondre aux besoins de la

population.

M. le secrétaire, y a-t-il des remplacements?

Secrétaire : Oui, Mme

la députée. Mme Grondin

(Argenteuil) remplace Mme Boivin Roy (Anjou—Louis-Riel)... pardon; M. Grandmont (Taschereau) remplace M. Fontecilla

(Laurier-Dorion); et Mme Laflamme (Chicoutimi) remplace M. Bérubé

(Matane-Matapédia).

La Présidente (Mme McGraw) :

Conformément à l'entente prévue pour la 43e législature, l'opposition

officielle interviendra lors des deuxième, quatrième et sixième séries

d'intervention, et la députée de Chicoutimi interviendra

lors de la cinquième série d'intervention. Nous allons débuter avec les

déclarations d'ouverture. M. le député de Taschereau, vous avez la

parole pour 10 minutes.

M. Grandmont : Merci, Mme la

Présidente. Je vous remercie pour votre présence. Merci d'être à Québec pour

cette interpellation. Je remercie évidemment Mme la ministre d'être ici pour

cette interpellation. Je remercie les personnes aussi qui nous permettent de

réaliser cette... je pense aux gens de la technique, les pages qui sont là aussi

aujourd'hui. Je remercie les... mes

collègues et leurs équipes des oppositions. Je salue, enfin, les gens du

communautaire... du Communautaire à boutte, avec qui j'ai fait, tout à

l'heure, un point de presse, que j'invite Mme la ministre et les gens des oppositions

à écouter également, aussi de beaux témoignages sur les conséquences du

sous-financement du communautaire au Québec.

Alors, évidemment, on est aujourd'hui réunis

pour parler de financement des organismes communautaires. Mais, au fond, ce

dont on va parler, c'est du coeur battant de notre filet social, Mme la

Présidente.

Puis j'aimerais cadrer tout de suite quelque

chose. Le mouvement de grève Le communautaire à boutte n'est pas une activité

de sensibilisation à l'action communautaire. C'est un cesser-d'agir. C'est une

décision qui a été prise par les

travailleuses et les travailleurs du communautaire, qui n'a, d'ailleurs, pas dû

être facile à prendre, parce que ce sont des gens de coeur, parce qu'ils

desservent, puis parce qu'ils aident, puis parce qu'ils défendent une

population qui est très vulnérable au Québec.

Alors, je

veux prendre le temps de saluer ces gens de coeur. Il y en a plusieurs

aujourd'hui, comme je l'ai dit tantôt, qui sont venus assister à

l'interpellation. Je veux les saluer parce qu'ils représentent, d'abord, plus

de 1 800 organismes communautaires qui sont en grève à ce

jour, aujourd'hui, jusqu'au 2 avril. Je veux saluer leur courage, je veux

saluer leur résilience, mais je veux aussi saluer cette mobilisation

historique, sans précédent, au Québec, le communautaire en grève pour deux

semaines.

Alors, on parle évidemment de celles et de ceux

qui, chaque jour, tiennent debout des communautés entières, souvent dans

l'ombre, souvent sans reconnaissance, et, surtout, ils sont à bout de souffle.

Et ce n'est pas un hasard si le mouvement

s'appelle Le communautaire à boutte. Ils sont à boutte parce que ça fait des

années qu'ils en font toujours plus avec toujours moins.

Si ces

organismes en viennent aujourd'hui à faire la grève, qui est un geste, comme je

l'ai dit, qui est exceptionnel, historique,

dans le communautaire, ce n'est pas par caprice. Ce n'est pas idéologique.

C'est un cri d'alarme, Mme la Présidente,

un cri d'alarme qui est porté majoritairement par des femmes. Parce que, oui,

le communautaire, c'est 80 % de travailleuses, des travailleuses

dévouées, compétentes, engagées, mais épuisées, Mme la Présidente, épuisées de porter à bout de bras des missions essentielles,

épuisées de devoir compenser les manques, les trous de services de l'État

québécois, épuisées de voir leurs conditions de travail se dégrader pendant que

les besoins explosent.

Et, pendant

ce temps-là, qu'est-ce qu'on leur dit? On leur dit d'être patientes. On leur

dit de faire des miracles avec des miettes. On leur dit de remplir un

autre formulaire, de monter un autre projet, de se battre pour un autre

financement temporaire. Mais, Mme la Présidente, on ne construit pas un filet

social solide sur de la précarité.

Il faut

comprendre aussi une chose essentielle. Quand tout le reste échoue, car les

services publics sont débordés, quand des gens tombent entre les mailles du

filet, c'est le communautaire qui est là. C'est la dernière porte ouverte,

c'est la dernière ressource

accessible, c'est la dernière main tendue. Que ce soit pour une personne en

situation d'itinérance, une victime de violence,

une femme victime de violence, une famille qui n'arrive plus à se nourrir, un

jeune qui est en détresse, le communautaire, c'est souvent la dernière ligne de

défense contre l'abandon.

Alors,

quand ces organismes-là cessent d'agir, même temporairement, il faut mesurer la

gravité de la situation. Ce n'est pas un simple ralentissement de services,

c'est un signal que le système est en train de craquer. L'élastique est

étiré au maximum.

Et pourquoi on en est

rendu là? Bien, une des réponses se trouve dans la manière dont on finance ces

organismes-là. Depuis trop longtemps, on privilégie le financement par projets,

des enveloppes ponctuelles, ciblées, conditionnelles. Sur papier, ça peut

sembler logique, mais, dans la réalité, ça crée une instabilité constante au

sein des organismes. Ça les oblige à courir après du financement, à s'adapter,

à adapter leurs missions pour entrer dans les

cases des projets, à consacrer une énorme portion de leur temps à de la

reddition de comptes plutôt que de prendre ce temps-là puis de le

consacrer aux gens qu'ils accompagnent. Et, pendant ce temps-là, leur mission

fondamentale, celle de répondre aux besoins réels de leur communauté, passe au

second plan.

À l'inverse, le

financement à la mission globale, c'est une autre chose. Et c'est ce qu'on

devrait faire. Le financement à la mission globale, ce serait de reconnaître

les organismes tels qu'ils sont, comme des experts qui comprennent les besoins

sur le terrain. Ce serait leur donner les moyens d'agir avec souplesse, dans la

stabilité, avec dignité. Et ce serait surtout, Mme la Présidente, une façon de

leur dire : On vous fait confiance, on a confiance dans votre expertise,

dans votre connaissance du terrain, dans la connaissance des particularités

géographiques locales et régionales du terrain que vous desservez. Ce serait

accepter de reconnaître l'expertise du communautaire.

Alors,

il est temps de changer de regard. Et c'est ce que j'espère avoir comme

discussion avec Mme la ministre aujourd'hui.

Les organismes

communautaires ne sont pas des sous-traitants. Ce ne sont pas des solutions

temporaires. Ce ne sont pas des organismes

qui sont là pour boucher des trous de services de l'État. Ce sont des

partenaires essentiels. C'est un pilier stratégique de notre filet

social, des partenaires de choix pour bâtir ce filet social là, des partenaires

dans la lutte à la pauvreté, des partenaires dans la défense des droits, des

partenaires dans la dignité humaine.

Et il faut aussi

avoir l'honnêteté de le dire, c'est une

partie importante de la mission qu'ils

remplissent, c'est une mission qui devrait

être parfois assumée par l'État. Ils nourrissent, ils accompagnent, ils

soutiennent. Ils protègent. Ils font

un travail que l'État n'arrive pas à faire tout seul. Et, pourtant, on continue

de les financer comme s'ils étaient accessoires.

Ce dont on parle aujourd'hui, ce n'est pas une fatalité, c'est un choix

politique. Choisir de sous-financer le communautaire, parce que c'est un

choix, de sous-financer le communautaire, c'est accepter que les listes

d'attente s'allongent, que les travailleuses et les travailleurs s'épuisent. Et

c'est accepter aussi que les personnes les plus vulnérables soient laissées pour compte. À l'inverse, investir

massivement dans le financement à la mission des organismes communautaires,

ce serait de stabiliser les équipes, ce serait d'améliorer les conditions de

travail et, surtout, ce serait d'assurer une réponse humaine accessible et

efficace aux besoins de la population.

Mme la Présidente, le

mouvement Le communautaire à boutte nous envoie un message qui est très, très

clair aujourd'hui, et ils vont continuer de le faire jusqu'au 2 avril, et ils

ont déjà annoncé qu'ils le feraient aussi, si nécessaire, lors d'une troisième

vague à l'automne prochain. Le système a atteint sa limite. On ne peut plus

continuer de demander au communautaire de

tenir le filet social du Québec avec des bouts de ficelle. On ne peut plus

fermer les yeux sur l'épuisement d'un secteur essentiel porté

majoritairement par des femmes. On ne peut plus traiter comme secondaire ce qui

est en réalité fondamental.

Alors,

la question que je pose à la ministre est simple, c'est : Est-ce qu'elle

va enfin reconnaître le communautaire à

sa juste valeur? Est-ce qu'elle va investir de manière structurante dans le

financement à la mission, ou est-ce qu'elle va continuer à faire ce

qu'elle fait depuis un bout de temps, laisser s'effriter tranquillement la

dernière ligne de défense des plus vulnérables? Parce qu'au bout du compte, Mme

la Présidente, ce n'est pas seulement le communautaire qui est debout, c'est

notre filet social au complet.

Mme la Présidente, la

ministre a un choix devant elle. Elle peut décider de se battre. Je sais que

les relations qu'elle a avec le

communautaire et avec le mouvement de grève, actuellement, ne sont pas

nécessairement les meilleures. Mais moi, je l'enjoins à se battre, à se

joindre à moi puis à toute personne qui veut se battre avec Le communautaire à

boutte, à se battre pour aller chercher un financement qui est pérein...

pérenne, un financement qui est à la mission. On a de l'argent disponible. Ça a

été évoqué, d'ailleurs, par plusieurs acteurs. Évidemment, avoir une vraie

table de discussion sur le financement du

communautaire, inviter les groupes communautaires, les représentants du RQ-ACA,

du RODCD à une table pour... puis du Communautaire à boutte pour

discuter du financement de notre filet social au Québec...

Mais, à très court

terme, on sait qu'il y a une enveloppe de 250 millions de dollars qui

est prévue au budget Girard... au budget du

ministre des Finances. Cette enveloppe-là n'a pas été encore attribuée à un

secteur en particulier.

Donc, est-ce que la

ministre va accepter de se battre à nos côtés pour faire pression sur le ou la

prochaine première ministre afin que ce 250 millions serve, au moins en

partie, à éponger de manière urgente les besoins immenses dans le

communautaire. C'est la question que je lui pose. Mais j'ai envie de la voir se

battre pour le communautaire. J'ai envie

qu'elle fasse des représentations auprès du ministre des Finances, auprès des

futures personnes qui occuperont le poste de premier ministre. Merci.

La Présidente (Mme

McGraw) : Merci. Alors, je cède maintenant la parole à la ministre responsable

de la Solidarité sociale et de l'Action communautaire. Vous disposez également

de 10 minutes.

Mme Rouleau :

Merci beaucoup, Mme la Présidente. Et je remercie mon collègue de Québec

solidaire, le député de Taschereau, qui a

lancé cette interpellation qui nous réunit ce matin, à Québec, à l'Assemblée

nationale. Je salue mes collègues du Parti libéral et du Parti québécois et je

salue les gens qui sont avec nous, les organismes communautaires que je

connais bien aussi et pour lesquels j'ai beaucoup de respect.

Dans le contexte

actuel, les revendications qui sont portées par le mouvement Le comm

Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCRC 2026-03-27
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux parlementaires commissions crc 43 2 journal debats CRC 260327.html
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifiere3bbdb919a542b3bc0ce2e3717a3b3e54a89a272

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