House Proceedings — 28 January 2025 (43rd Legislature, 1st Session)
2025-01-28
Quebec — Debates (Hansard)
(Treize heures quarante minutes)
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Bonne
rentrée parlementaire. Vous pouvez vous asseoir.
Donc, nous
allons débuter nos travaux à la déclaration de député. Je cède immédiatement la
parole à M. le député de Chauveau.
M. Lévesque (Chauveau) : Bonne
rentrée, Mme la Présidente.
Je suis très heureux de souligner le 50e anniversaire
du Cercle des fermières Saint-Émile. Je salue, dans les tribunes, la fondatrice,
Louise Bigaouette, la présidente, Danielle Tremblay, les membres du conseil
d'administration, Véronique Watts, Francine Lafond, Diane Cloutier, Lise
Gaudreault et Yolaine Gauthier.
En 1975, Mme Bigaouette, avec l'appui de
Mmes Pauline Lortie et Berthe Ratté, prend l'initiative de former le
Cercle des fermières Saint-Émile. Rapidement, une chaîne de téléphone se met en
branle, et ce sont 180 femmes qui répondent à l'appel. Quelques mois plus
tard, le 11 novembre 1975, la présidente de la fédération 19, Mme Morneau,
procède à l'ouverture officielle du 66e cercle des fermières du Québec.
Un demi-siècle plus tard, les 50 membres
poursuivent la mission du cercle qui est de contribuer à l'amélioration des
conditions de vie de la femme et de la famille.
Bon 50e anniversaire, mesdames, et merci
d'être fières de notre histoire.
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, M. le député. Maintenant,
nous allons poursuivre avec Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Merci. This year, Concordia
University is celebrating an important milestone, its 50th anniversary. C'est un grand honneur pour moi de compter cette université
de haute renommée au sein de ma circonscription
de Westmount—Saint-Louis. Comptant quelque 50 000 étudiants, Concordia se distingue
par sa réputation internationale en intégrant les arts et la technologie
dans les espaces novateurs tels que The Institute for arts, culture and
technology.
Depuis sa fondation, en 1974, sous un
gouvernement de Robert Bourassa, Concordia est reconnue comme pionnière dans le milieu de l'enseignement
supérieur. Prisée pour ses programmes artistiques spécialisés et la
prestigieuse John Molson School of Business, elle met de l'avant
l'apprentissage expérientiel et la recherche interfonctionnelle.
For 50 years now, Concordia has
played an intergrow role in sustainable development, healthcare, and
transformative technologies that contribute to propelling Québec towards
innovative growth and excellence. Toutes mes félicitations à
l'Université Concordia pour ces 50 années de succès.
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, Mme la députée.
Maintenant, je suis prête à reconnaître Mme la députée des Plaines.
Mme Lecours (Les Plaines) : Merci,
Mme la Présidente. Je tiens à souligner le dévouement exceptionnel de Jean-Sébastien Renaud, directeur général du Centre
d'Hébergement Multiservice de Mirabel, le CHMM. M. Renaud est
engagé avec une grande compassion pour le mieux-être des personnes en situation
d'itinérance, en offrant des solutions adaptées pour leur permettre de
cheminer.
Grâce à son équipe, son engagement et sa vision,
le CHMM est bien plus qu'un centre d'hébergement, c'est un lieu d'espoir, de
réconfort et de renouveau pour les plus vulnérables, fournissant un hébergement
sécurisé et des services de soutien
psychosocial, visant l'autonomie et la réintégration sociale des usagers. En
collaboration avec divers partenaires, il maximise son impact pour
favoriser la solidarité et leur dignité.
L'itinérance,
Mme la députée, c'est un dossier complexe, mais ça me préoccupe, ça préoccupe
tous mes collègues, alors on s'en occupe. Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Maintenant, je cède la
parole à M. le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla :
Merci, Mme la Présidente. Aujourd'hui, je rends hommage à Leonora Indira
King, une femme d'exception dont le départ laisse un vide immense au sein de
notre communauté de Parc-Extension.
Leonora est
partie
trop tôt, beaucoup trop tôt. Bien plus qu'une chercheuse brillante, une
citoyenne engagée et passionnée par la justice sociale, Leonora était une force
vive, un véritable exemple de solidarité. Elle savait comment bâtir des ponts,
mobiliser les gens et donner espoir.
ce soit au sein du collectif Curry Parc-Ex, en tant que coordonnatrice de la
Table des Femmes de Parc-Extension ou
comme membre de l'équipe d'Afrique au Féminin, Leonora a oeuvré sans relâche
pour soutenir les femmes immigrantes et les personnes les plus
vulnérables.
Notre communauté est
en deuil. Mes plus sincères condoléances à la famille et aux proches.
Pour apaiser la
douleur, il nous reste le souvenir des moments passés à ses côtés, mais aussi
l'héritage de son travail, qui, lui, perdurera.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, M. le député. Maintenant, nous poursuivons
avec M. le député de René-Lévesque.
M. Montigny :
Merci, Mme la Présidente. Aujourd'hui, Mme la Présidente, je souhaite
souligner les 25 ans de la Maison Anita-Lebel, une ressource d'hébergement
de deuxième étape pour les femmes et les enfants victimes de violence
conjugale.
La Maison Anita-Lebel
permet aux femmes de se reconstruire, de retrouver un sentiment de sécurité et
de récupérer le pouvoir sur leur vie. Les
femmes, qui sont accompagnées par des intervenantes ayant une expertise en
violence conjugale postséparation, parviennent à reprendre leur place
dans nos communautés et à se refaire un réseau de soutien, Mme la Présidente.
Maison Anita-Lebel offre également des services posthébergement, de la
prévention-sensibilisation, de la défense des droits et du soutien pour
l'entourage.
Merci pour ces
25 ans à aider les femmes à vivre sans violence et bonne continuation.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Maintenant, nous poursuivons avec Mme la députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe :
Mme la Présidente, je tiens à souligner aujourd'hui la Journée
internationale de la protection des données personnelles, initiée depuis 2007
par le Conseil de l'Europe. Cette journée vise à sensibiliser les citoyens aux
risques liés à l'utilisation de leurs données personnelles en ligne et à leurs
droits en matière de protection de ces données. Le thème de cette année, L'IA
au-delà du battage médiatique — Opportunités et défis
pour la protection des données , met en lumière les enjeux liés à
l'émergence des technologies numériques, et particulièrement l'intelligence
artificielle.
J'invite les
citoyens, et particulièrement les aînés, à s'informer et à aller chercher
l'accompagnement auprès des ressources disponibles pour développer les bons
réflexes face à la fraude et mieux comprendre les enjeux numériques. Ces outils
technologiques, bien que porteurs d'avenir, nécessitent une utilisation
éclairée pour garantir une expérience sécurisée et enrichissante dans le
respect de la législation québécoise en matière de protection des
renseignements personnels.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Maintenant, je suis prête à
céder la parole à Mme la députée de Laval-des-Rapides.
Mme Haytayan :
Merci, Mme la Présidente. Le 8 février 2023, deux enfants perdaient la
vie, à Laval, en raison des gestes incompréhensibles d'un chauffeur d'autobus qui
a foncé sur la Garderie éducative Sainte-Rose. Lors de cette tragédie, Maëva David, âgée de cinq ans, et Jacob Gauthier, âgé
de quatre ans, se sont éteints et ont laissé derrière eux des parents et
des proches dans une tristesse inimaginable. En plus de ces deux décès, six
enfants ont été blessés et plusieurs enfants de la garderie ont subi des
traumatismes importants. Ces actes terribles ne doivent plus jamais se
reproduire.
Je tiens aujourd'hui
à souligner notre devoir de mémoire collective et à réitérer que mes pensées
accompagnent toujours les enfants, les parents et les proches des familles
affectées par cette tragédie. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
Mme la députée. Maintenant, je suis prête à céder la parole à M. le
député de Matane.
M. Bérubé : Mme la Présidente,
aujourd'hui, je souhaite attirer l'attention du gouvernement, et plus
spécialement du ministre de la Justice, sur la fermeture récente du
palais de justice de Mont-Joli, qui prive les citoyens de La Mitis d'un accès
essentiel aux services juridiques de proximité.
L'accès à la justice
est un droit fondamental qui garantit l'équité et le respect des droits de
chacun. La présence d'un palais de justice dans la MRC de La Mitis est non
seulement une question de commodité, mais aussi de justice sociale et d'égalité
d'accès aux services publics.
La ville de
Mont-Joli, conjointement avec la MRC, ont une solution pour remédier à la
situation dans les meilleurs délais. Je demande donc au ministère d'agir de
manière diligente dans ce dossier afin de mettre en place des mesures immédiates pour rétablir des services
judiciaires à Mont-Joli. Il est impératif que le ministère répondre
favorablement et rapidement à cette
situation afin d'assurer que tous les citoyens de La Mitis puissent exercer
pleinement leurs droits. Je sais que
le ministre est sensible à cet enjeu et je tiens à le remercier de sa collaboration
pour la suite. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Maintenant, nous poursuivons avec M. le député de Lévis.
M. Drainville :
Mme la Présidente, aujourd'hui, je tiens à souligner un anniversaire
marquant d'un organisme marquant de notre
circonscription, à Lévis, le 80e anniversaire du Club Lions de Lévis, dont
plusieurs membres éminents sont parmi nous, dans les tribunes.
80 ans
de dévouement à incarner des valeurs de générosité, de solidarité,
d'engagement. Ils ont contribué, Mme la Présidente, à améliorer la qualité de
vie des gens de Lévis. Ils ont aidé les gens qui en arrachaient un petit peu dans
la vie, des personnes non voyantes, de nos jeunes, également, qui ont
obtenu l'appui, l'aide de nos Lions de Lévis.
Club Lions, c'est une formidable institution qui contribue vraiment beaucoup.
1,7 million, Mme la Présidente, 1,7 million de dollars en
dons. C'est des bénévoles au grand coeur qui nous rappellent toujours
l'importance de donner au suivant et de tendre la main à ceux qui en ont
besoin.
80e anniversaire de la part de Lion Bernard! À la prochaine, tout le monde.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, M. le député. Maintenant, nous poursuivons
avec M. le député de Chapleau.
M. Lévesque (Chapleau) : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Aujourd'hui, j'aimerais souligner un événement
marquant dans ma circonscription et dans la région de l'Outaouais, soit le
40e anniversaire de la Société pour la prévention de la cruauté envers les
animaux.
Depuis sa fondation,
en 1984, cet organisme joue un rôle essentiel dans la protection des animaux
contre la négligence, les abus et l'exploitation.
Chaque année, la SPCA de l'Outaouais vient au
secours de plus de 3 000 animaux en leur offrant des soins
spécialisés, un suivi attentif et surtout un avenir meilleur dans un foyer
aimant.
Au-delà
des soins, la SPCA de l'Outaouais s'assure également que les lois de protection
animale soient respectées en intervenant dans des cas de maltraitance et en
sensibilisant la communauté sur l'amélioration du bien-être animal.
En terminant, j'aimerais prendre le temps de
féliciter tout le personnel, les bénévoles et les fondateurs pour leur
engagement et leur dévouement. Je salue particulièrement le travail de M. Maxime
Daigle, le directeur général. Toutes mes félicitations et bon 40e anniversaire!
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Maintenant, nous poursuivons avec M. le député de Vanier-Les Rivières.
M. Asselin : Merci beaucoup. Il
me fait plaisir aujourd'hui, Mme la Présidente, de vous parler du Mois du coeur,
qui se déroule à chaque année au mois de février.
Cette initiative, mise en place par la Fondation
En Coeur, vise à sensibiliser la population à l'importance d'une bonne santé
cardiovasculaire, autant chez les adultes que les enfants. Mentionnons aussi
que, depuis le 14 février 1999, nous soulignons la Journée internationale
de sensibilisation aux cardiopathies congénitales. En plus du coût important
engendré par les maladies cardiovasculaires sur notre réseau de la santé,
rappelons que ces dernières touchent 2,4 millions de Canadiens, en plus
d'être la deuxième cause de décès, selon Statistiques Canada.
Donc, je tiens à souligner le Mois du coeur et
remercier aujourd'hui la Fondation En Coeur ainsi que tous les organismes du
Québec engagés dans l'amélioration de notre santé.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Maintenant, nous allons conclure cette rubrique avec Mme la
députée des Chutes-de-la-Chaudière.
Mme Biron : Merci,
Mme la Présidente. Ce jeudi, je participerai avec grand plaisir à
l'édition 2025 du Cocktail des Gouverneur-es, organisé par la
Chambre de commerce et d'industrie du Grand Lévis.
Cet événement
prestigieux vise à souligner la contribution significative des anciens
présidents de la chambre de commerce en tant que bâtisseurs de la
communauté d'affaires lévisienne.
En parallèle,
les fonds récoltés lors de cette soirée s'ajouteront au Fonds des
Gouverneur-es, enveloppe permettant de soutenir et d'accompagner la
relève entrepreneuriale dans leur progression d'affaires.
Je profite de l'occasion pour féliciter
l'ancienne présidente, Éliane Trudel, pour tout le travail accompli et
souhaiter le meilleur des mandats à la présidente entrante, Julie Larochelle.
La chambre de
commerce de Lévis et ses membres jouent un rôle de premier plan dans le
dynamisme économique de la région, et vous me voyez ravie de pouvoir le
mentionner ici, dans cette enceinte.
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, Mme la députée. Ceci met
fin à la rubrique de déclarations de députés.
Et je suspends les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 13 h 54
La Présidente : 28 janvier. Bonjour,
tout le monde. Bon retour. Je suis très, très contente de vous retrouver. Oui,
je me suis ennuyée de vous, croyez-le ou non.
Alors,
messieurs dames, avant d'entreprendre nos travaux, nous allons nous recueillir
quelques instants en ayant une pensée particulière pour la famille et les proches
d'anciens collègues dont nous avons appris le décès : M. Paul
Phaneuf, député de Vaudreuil-Soulanges de 1970 à 1976, et
M. Gérard-Raymond Morin, député de Dubuc de 1989 à 1990.
Je vous remercie beaucoup. Veuillez vous
asseoir.
Avant de poursuivre nos travaux, je dépose une
lettre que m'a adressée le chef de l'opposition officielle m'informant que la
députée de Mont-Royal—Outremont
n'occupe plus la fonction de leader parlementaire adjointe de l'opposition
officielle depuis le 8 décembre 2024.
Je dépose également une lettre que m'a adressée
le chef du deuxième groupe d'opposition m'informant que le député de Saint-Henri—Sainte-Anne
est nommé leader du deuxième groupe d'opposition en remplacement du député
d'Hochelaga-Maisonneuve en date du 28 janvier 2025.
Nous poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles ni présentation de projets de loi.
À la rubrique Dépôt de documents, M. le ministre
des Finances.
M. Girard
(Groulx) : Oui, merci, Mme la Présidente. Permettez-moi de
déposer le rapport annuel de gestion 2023‑2024 de Revenu Québec.
Merci.
Présidente : Ce document est déposé. M. le ministre de
l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et
des Parcs.
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente. Permettez-moi de déposer les états financiers de l'exercice clos le
31 mars 2024 du Fonds d'électrification et de changements climatiques, les
états financiers de l'exercice de neuf mois clos le 31 mars 2024 du Fonds
bleu, ainsi que les états financiers de l'exercice clos le 31 mars 2024 du
Fonds de protection de l'environnement et du domaine hydrique de l'État.
Je dépose également le rapport d'application Évolution
de la norme véhicules zéro émission et résultats au 1er septembre 2024 .
La Présidente : Ces documents sont
déposés. M. le ministre de l'Éducation.
M. Drainville : Merci,
Mme la Présidente. Permettez-moi de déposer le plan stratégique 2024‑2028
du Protecteur national de l'élève.
La Présidente : Ce document est
déposé. Mme la ministre de l'Enseignement supérieur.
Mme Déry : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Je dépose aujourd'hui le rapport annuel de
gestion 2023‑2024 de la Commission
d'évaluation de l'enseignement collégial. Merci.
La Présidente : Ce document est
déposé. M. le ministre de la Culture et des Communications.
M. Lacombe : Bonjour, Mme la
Présidente. Permettez-moi de déposer le rapport annuel de gestion 2023‑2024
du Conservatoire de musique et d'art dramatique du Québec. Merci.
La Présidente : Ce document est
déposé. Mme la ministre des Relations internationales et de la Francophonie.
Mme Biron : Merci, Mme la
Présidente. En vertu de l'article 22.2 de la
Loi sur le ministère des
Relations internationales, je dépose à
titre de document l'engagement
international suivant, ainsi qu'une note explicative sur le contenu et les effets de l'engagement : la
décision n° 1/2024 du Comité mixte de la reconnaissance
mutuelle des qualifications professionnelles
du 10 octobre 2024 établissant un accord de reconnaissance mutuelle des
qualifications professionnelles pour les architectes dans le cadre
de l'Accord économique et commercial global entre le Canada et l'Union
européenne et ses États membres. Merci.
La Présidente : Ce document est
déposé. À nouveau, Mme la ministre des Relations internationales et de la
Francophonie.
Mme Biron : En vertu de
l'article 22.3 de la
Loi sur le ministère des Relations internationales,
je fais motion pour que l'Assemblée
nationale étudie dans le délai prescrit par la loi et en vue de son approbation
l'engagement international important que je viens
de déposer, à savoir la décision n° 1/2024 du Comité
mixte de la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles du
10 octobre 2024 établissant un accord de reconnaissance mutuelle des
qualifications professionnelles pour les architectes dans le cadre de l'Accord
économique et commercial global entre le Canada et l'Union européenne et ses
États membres. Merci.
Présidente : Et je vous
avise qu'en vertu de l'article 22.3 de la
Loi sur le ministère des
Relations internationales la motion est présentée mais ne pourra être
débattue avant 10 jours.
Mme la ministre responsable de l'Habitation.
Mme Duranceau : Mme
la Présidente, permettez-moi de déposer la troisième entente Canada-Québec
concernant l'Initiative pour la création rapide de logements. Merci.
La Présidente : Ce document est
déposé. Maintenant, M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui.
Bonjour, Mme la Présidente. Je dépose les réponses aux questions inscrites au
feuilleton le 19 novembre 2024
par la députée de Notre-Dame-de-Grâce, le 27 novembre 2024 par les députés de
Bourassa-Sauvé et de Camille-Laurin, le 28 novembre 2024 par les députés
de D'Arcy-McGee et de Jeanne-Mance—Viger,
le 29 novembre 2024 par le
député de Jean-Lesage, le 3 décembre 2024 par la députée de Bourassa-Sauvé
et le 6 décembre 2024 par les députés de Taschereau et de l'Acadie.
Je dépose
également les réponses du gouvernement aux pétitions déposées le
30 octobre 2024 par la députée de Westmount—Saint-Louis, le 7 novembre 2024 par la députée de Joliette... par le député de
Joliette et le 26 novembre 2024 par la députée de Mercier. Merci.
La Présidente : Ces documents sont
déposés.
Et on m'avise que nous avons avec nous un
ex-député. J'ai le plaisir de souligner la présence, dans les tribunes, de M. Maxime
Arseneau, ancien député des Îles-de-la-Madeleine, de 1998 à 2008.
Et toujours à la rubrique Dépôt de documents — il
y en a plusieurs aujourd'hui — pour
ma part, je dépose le nouveau diagramme de l'Assemblée en date d'aujourd'hui.
nationale.
Je dépose également copie d'une lettre adressée
à Mme la ministre des Transports et de la Mobilité durable par M. Éric
Ducharme, président-directeur général de la Société de l'assurance automobile
du Québec, concernant les états financiers et le rapport annuel 2023 de la
société.
Je dépose une lettre que m'a adressée
M. Claude Corbo, m'informant de sa démission à
titre de président du
Comité de surveillance des activités de l'Unité permanente anticorruption, et
ce, à compter du 31 janvier 2025.
Je dépose aussi une lettre que m'a adressée
Mme Diane Derome, m'informant de sa démission à
titre de membre du Comité
de surveillance des activités de l'Unité permanente anticorruption depuis le
1er janvier 2025.
Conformément à l'article 65 de la Charte
des droits et libertés de la personne, je dépose une lettre que m'a adressée M. Philippe-André Tessier, président
de la commission des droits de la personne et de la jeunesse, m'informant
que Mme Stéphanie Gareau, membre et vice-présidente de la commission, sera
plus particulièrement responsable du mandat confié par la
Loi sur la protection
de la jeunesse et que Mme Myrlande Pierre continuera à être plus
particulièrement responsable du mandat confié par la Charte des droits et
libertés de la personne.
Je dépose une lettre que m'a adressée Mme la
whip en chef de l'opposition officielle, dans laquelle elle m'informe de la nomination de la députée de Mont-Royal—Outremont à la fonction de membre du Bureau
de l'Assemblée nationale en remplacement de la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Je dépose également une lettre que m'a adressée
M. le chef du deuxième groupe d'opposition, dans laquelle il m'informe de la
nomination du député de Saint-Henri—Sainte-Anne à la fonction de membre suppléant
du Bureau de l'Assemblée nationale en remplacement du député d'Hochelaga-Maisonneuve.
Et je cède maintenant la parole à Mme la
première vice-présidente et députée de Saint-Hyacinthe pour la présentation
d'une motion.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Mme
la Présidente, je propose que ces modifications à la composition du Bureau de
l'Assemblée nationale soient adoptées.
La Présidente : Cette motion
est-elle adoptée?
Enfin, j'ai reçu préavis d'une motion qui sera
inscrite dans le feuilleton de demain aux affaires inscrites par les députés de
l'opposition. Conformément à l'article 97.1 du règlement, je dépose copie
du texte de ce préavis. Merci pour votre attention.
Il n'y a pas de dépôt de pétitions.
Il n'y a pas de réponses orales aux pétitions ni
d'interventions portant sur une violation de droit ou de privilège.
Nous en sommes maintenant rendus à la période de
questions et de réponses orales, et je cède la parole, en question principale,
au chef de l'opposition officielle.
M. Tanguay :
chambre 814 , texte de Paul Arcand, 18 janvier, publié dans La
Presse . Je cite la chronique : «Louise était audioprothésiste et
travaillait sans relâche dans sa petite entreprise sur la Rive-Sud de Montréal.
Une femme énergique, jamais malade, qui commençait à préparer sa retraite avec
son mari Guy Blanchet.
«Cette étape de la vie où on se dit qu'on a
travaillé fort, qu'on a élevé une belle famille et que le moment est venu de
penser à soi.
«L'automne dernier, Louise éprouve des douleurs
à l'estomac. Au début décembre, on procède à une biopsie. Il faudra attendre au
2 janvier pour avoir le résultat.
«Le diagnostic tombe : un cancer de
l'estomac, stade 4.
«Retour d'urgence à l'hôpital le 9 janvier.
Elle sera transportée au huitième étage, au département d'oncologie. Pas de
place dans les maisons de soins palliatifs de la région. On l'installe dans la
chambre 814.
«Louise Cloutier est décédée le
lundi 13 janvier à l'âge de 62 ans dans une chambre délabrée de l'hôpital
Honoré-Mercier de Saint-Hyacinthe. Pas dans un hôpital de brousse ou dans une
zone de guerre. Non. Elle a vécu ses derniers jours ici, au Québec, en 2025,
dans une chambre laissée à l'abandon.» Fin de la citation.
Que répond le premier ministre?
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. Legault : Oui, Mme la
Présidente, d'abord, effectivement, je sympathise avec toute la famille dont il
est question ici. Je pense que tout le monde va être d'accord pour le dire,
c'était vrai sous le Parti québécois, c'était vrai sous le Parti libéral, c'est
encore vrai, malheureusement, sous la CAQ, le réseau de la santé n'est pas
parfait.
Depuis 2018,
on a augmenté le budget de la santé de 50 %. 50 %, c'est du jamais-vu.
Mais, malgré ça, Mme la Présidente, les besoins sont presque illimités.
Il reste du travail à faire, autant du côté du fonctionnement, c'est-à-dire des
opérations, que du côté de ce qu'on appelle le PQI, donc les immobilisations.
Il y a un rattrapage énorme à faire concernant les infrastructures. Dans le cas
dont on discute, tous les étages avaient été faits, sauf cet étage-là.
Donc, Mme la
Présidente, le travail se poursuit. C'est malheureux. Moi, j'ai toutes mes
pensées pour les personnes qui subissent des situations comme celle-là.
La Présidente : Première complémentaire.
M. Tanguay : Je
poursuis ma citation de la chronique : «Louise n'a jamais réalisé qu'on
l'avait installée dans une petite pièce, qu'on ose appeler "chambre
privée" et qui n'a pas reçu un seul coup de pinceau depuis des années.
Tout ça pour la modique somme de 171,66 $ par jour. C'est plus cher que
n'importe quelle chambre de motel cheap.
«Au Québec, on installe des
personnes en fin de vie dans des locaux à la peinture écaillée et aux murs
défoncés.» Fin de la citation.
Que répond le premier ministre?
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. Legault : Oui. Mme la
Présidente, malheureusement, j'ai eu l'occasion, comme beaucoup de Québécois, à cause de ma mère, de visiter certains hôpitaux
au cours de la dernière année. C'est vrai qu'il reste du travail à faire, ne
serait-ce que du côté des rénovations. Donc, je suis d'accord avec ce que vient
de dire le chef de l'opposition officielle.
Maintenant, le chef de l'opposition officielle
ne peut pas, d'un côté, nous dire : Le déficit est trop grand, il faudrait
réduire les dépenses, puis, de l'autre côté, dire, bien, le contraire. Donc, il
faut, Mme la Présidente, continuer à investir dans le réseau de la santé et des
services sociaux. C'est ce qu'on a fait, et c'est ce qu'on va faire.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Tanguay : Je poursuis la
citation, Mme la Présidente. Puis le premier ministre garde en tête qu'il vient
de parler du déficit. Guy Blanchet, mari de Louise Cloutier, a dit, je le
cite : «J'ai payé mes impôts toute ma vie. Je ne demandais pas une chambre
luxueuse. Personne ne demande ça. C'est choquant. C'est frustrant. C'est
décevant.» La chronique poursuit : «Je
tiens à souligner le courage de Guy. Il devrait nous inspirer à ne pas rester
muets et trouver tolérable ce qui ne l'est pas.» Fin de la citation.
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. Legault : Oui. Mme la
Présidente, on est tous d'accord qu'il reste du travail à faire. Je pense que,
si le chef de l'opposition officielle, je vais faire attention à mes mots, là, mais
nous dit vraiment ce qu'il pense de la situation qu'il y avait en 2018 sous le
gouvernement libéral... Il y avait énormément de travaux à faire. Le PQI, là,
le plan des infrastructures, depuis qu'on
est là, est passé de 100 milliards à 153 milliards, une augmentation
de 50 %. On va continuer d'y aller selon nos moyens.
La Présidente : Troisième complémentaire.
M. Tanguay : ...poursuis
la citation de la chronique : «Guy m'a confié les dernières paroles que
Louise lui a murmurées avant de mourir — je cite : "Je veux
retourner chez nous."» Fin de la citation.
Dans la chronique, les questions posées sont les
suivantes : «Il y a combien de chambres 814 dans les hôpitaux? Il y a combien de chambres 814 dans nos
CHSLD? Il y a combien d'unités 814 dans les centres jeunesse? Il y a
combien de classes 814 dans les écoles?»
M. le premier ministre, il y en a combien?
Présidente : Je vous rappelle que vous vous adressez à la
présidente, et vous le savez, M. le chef. La réponse du premier
ministre.
M. Legault : Oui. Mme la
Présidente, je le répète, quand on est arrivés, le plan pour les
infrastructures était de 100 milliards, on l'a augmenté à
153 milliards. Donc, la réponse à la question du chef de l'opposition
officielle, c'est qu'il y en a sûrement moins, de chambres comme celle-là,
qu'il y en avait en 2018.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant la députée de La Pinière. La parole est à
vous, madame.
Mme Caron : Merci, Mme la
Présidente. Vendredi soir dernier, Radio-Canada nous apprenait que les aînés
vont faire les frais des coupes de la CAQ. À Laval, 150 professionnels de
la santé qui oeuvrent auprès des clientèles les plus vulnérables en CHSLD perdent
leur emploi, dont 76 préposés aux bénéficiaires. Le comble, c'est que la
plupart de ces préposés sont des cohortes du premier ministre dont il était si
fier dans son bilan.
Ces préposés ont répondu au cri du coeur du
premier ministre pendant la pandémie. Certains ont même changé de carrière pour
aller prendre soin des aînés en CHSLD. Le premier ministre leur promettait des
emplois à temps plein à 49 000 $ par année. Promesse brisée.
Après que les Québécois
ont payé pour la formation de ces préposés, après que leur premier ministre
leur a fait miroiter un bel avenir, la CAQ leur dit : Merci, bonjour? C'est
ça? C'est ça? Encore une promesse brisée?
La Présidente : La réponse de la
ministre responsable des Aînés.
Mme Bélanger : Alors, Mme la
Présidente, oui, effectivement, dans le réseau de la santé et des services
sociaux, il faut respecter le budget, le budget qui a été grandement augmenté
depuis que notre gouvernement est au pouvoir, en 2018. Et donc c'est important de
respecter le budget. Moi, j'appelle ça de la bonne gestion.
Maintenant, chacun des établissements sous Santé
Québec, bien sûr, doivent s'assurer d'avoir les ressources nécessaires, les employés nécessaires, les bons
employés à la bonne place, au bon moment, dans chacun des programmes,
Mme la Présidente, que ce soit dans les hôpitaux, que ce soit auprès des
personnes aînées ou dans d'autres programmes.
Alors, Mme la Présidente, les préposés aux
bénéficiaires, on est fiers de ce... de ces employés, qui font une très grande
différence dans le réseau de la santé et des services sociaux. J'ai moi-même
dans ma famille des gens qui exercent cette profession. C'est notre
gouvernement qui a reconnu les préposés aux bénéficiaires, au Québec, et puis
cette reconnaissance, elle est là pour rester.
Maintenant, on doit ajuster les équipes en
fonction des besoins des personnes, et, Mme la Présidente, c'est ce qu'on est
en train de faire.
La Présidente : Première
complémentaire.
Mme Caron : Mme la Présidente,
c'est dans le personnel de soins, là, que la CAQ choisit de couper. On parle de
76 départs de préposés dans une seule région, 76 préposés de moins en
CHSLD à Laval. Les aînés demandent des soins et des services de qualité, ils ne
veulent pas aller finir leurs jours dans une chambre 814. Puis, les
76 préposés aux bénéficiaires à qui la CAQ a fait miroiter un avenir
meilleur, on les renvoie chez eux. Ils ne vont pas faire une grande différence,
là, rendus chez eux.
Que leur répond la ministre? Est-elle fière de
ce bilan?
La Présidente : Mme la ministre,
votre réponse.
Mme Bélanger : Oui, Mme la
Présidente. Oui, comme ministre responsable des Aînés, ministre déléguée de la
Santé, je suis fière du travail qui est fait auprès des aînés. Je suis là pour
défendre les aînés, pour défendre les services aux aînés. Mme la Présidente,
nous avons ajouté des ressources, depuis 2018, de façon extrêmement importante.
Nous avons développé les programmes aînés, que ce soit en soutien à domicile,
que ce soit dans les centres d'hébergement, que ce soit pour les programmes de
répit. Mme la Présidente, nous sommes là et nous allons continuer de travailler
pour donner des services aux aînés.
Il faut faire attention quand on parle de
coupures de services. J'ai un exemple. Dans la région de Chaudière-Appalaches,
ils ont coupé 150 postes, mais ils en ont créé 300. Alors donc, plus 300
moins 150, ça fait...
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Mme Caron : C'est un autre
fiasco caquiste, Mme la Présidente. On développe puis on coupe après. Le
programme d'allocation personnalisée, annoncé en grande pompe, ça ne marche
pas. Les préposés aux bénéficiaires formés avec l'argent des Québécois se font
virer par la CAQ pour éponger son déficit record. Les maisons des aînés ouvrent
de peine et de misère, faute de personnel. Que fait la CAQ? Elle coupe des
postes de préposés dans les CHSLD. Couper dans le personnel en CHSLD ou en
maison des aînés, c'est couper dans les services, Mme la Présidente.
Malheureusement, la CAQ abandonne les aînés.
La Présidente : La ministre
responsable des Aînés.
Mme Bélanger : Mme la
Présidente, écoutez, j'ai l'impression que ma collègue de La Pinière, elle pose
des questions, mais elle n'écoute pas toujours les réponses. Et puis j'aimerais
quand même mentionner que, puisqu'elle me pose une question sur les maisons des
aînés, qui est mon sujet préféré, les maisons des aînés, nous sommes à
38 maisons inaugurées, Mme la Présidente. On est en train de changer le
modèle d'hébergement au Québec. Les proches aidants sont contents que leurs
personnes reçoivent des soins et services. Les résidents qui demeurent là sont heureux. Les employés sont contents. Nous sommes en train de
les inaugurer et de les ouvrir. Le taux d'occupation est à 85 %, Mme la
Présidente. Alors, très heureuse de cet accomplissement-là. Et nous allons
continuer à rénover nos CHSLD aussi sous ce modèle-là, parce que nos aînés
méritent ce qu'il y a de mieux.
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant la
députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass :
Merci, Mme la Présidente. Le gouvernement continue de manquer à son devoir
de protéger les plus vulnérables de notre
société. Il a été aberrant d'apprendre que deux personnes souffrant d'une
déficience intellectuelle en situation d'itinérance, Mélissa et Jérémie,
habitent dans le métro de Montréal depuis deux ans et que deux CIUSSS et le Curateur
public étaient au courant. Les instances du gouvernement n'ont pas agi pour
offrir des solutions adaptées pour que ces
personnes sortent de leur situation d'itinérance. Soit on a fermé les yeux,
soit on a fait de l'aveuglement volontaire.
Le gouvernement nous
dit et va nous dire qu'on met de l'argent en matière d'itinérance, mais où va
cet argent? Où sont les résultats?
Mme la Présidente, le
gouvernement caquiste abandonne les personnes les plus vulnérables de notre
société. Combien d'autres cas semblables sont connus par les CIUSSS et qui ne
sont pas pris en charge?
Présidente : La réponse du ministre responsable des Services sociaux.
M. Carmant :
Oui, merci beaucoup, Mme la Présidente. Je remercie la députée de
D'Arcy-McGee pour la question. Puis je connais sa grande sensibilité face aux
enjeux par rapport aux gens qui ont des besoins particuliers. Juste dire que je ne m'avancerai pas sur ce cas
particulier, parce qu'il y a vraiment des raisons particulières qui
expliquaient cette situation-là, mais, je veux rassurer tout le monde,
elles sont maintenant à l'abri, ces deux personnes-là.
Maintenant, qu'est-ce
qu'on a fait pour les personnes avec des problèmes de... avec un handicap en
situation d'itinérance? Dans le programme PRISM qu'on a développé, itinérance,
santé mentale, on permet également des entrées
rapides en logement pour les personnes qui ont une déficience intellectuelle ou
un trouble du spectre de l'autisme, parce que c'est souvent des
personnes qui ont de la difficulté à avoir accès aux refuges, qui ne veulent
pas aller dans les refuges ou qui ne se sentent pas bien, par exemple, dans un
refuge qui est très bruyant. Si on a un trouble du spectre de l'autisme, c'est très difficile. Donc, pour
eux, la solution, c'est vraiment d'aller le plus rapidement en logement, avec
ce qu'on appelle des entrées rapides en logement. Et ils font
partie des
200 qu'on veut sortir de la rue chaque année à Montréal et des
100 qu'on veut sortir de la rue chaque année à Québec, Mme la Présidente.
Puis
je rappellerais à tout le monde ici que le modèle de logement supervisé, c'est
au Québec qu'on l'a développé, c'est nous autres qui l'avons développé,
puis qu'on va continuer à appuyer ce modèle-là. Merci, Mme la Présidente.
Présidente : Première complémentaire.
Mme Prass :
Mme la Présidente, est-ce que la solution mentionnée est celle à long terme?
Parce que Mélissa et Jérémie disent :
On ne veut pas vivre dans la rue, on veut un toit. Une demande tout à fait
légitime de la part de personnes vulnérables,
mais il y a un manque criant de milieux de vie adaptés pour les personnes avec
une déficience intellectuelle.
Est-ce que le
ministre va toujours attendre que ces histoires tragiques paraissent dans les
médias avant d'agir? Mme la Présidente, qu'est-ce que le ministre va faire dès
maintenant pour s'assurer qu'une telle situation ne se reproduise pas?
Présidente : La réponse du ministre.
M. Carmant :
O.K., donc, deux plans... deux parties à la réponse. Premièrement, ce qu'on
appelle le logement supervisé, on sait que ces gens-là étaient souvent
institutionnalisés puis nous disaient : On ne veut pas aller en CHSLD, on
ne veut pas aller dans des ressources de ce genre-là. Donc, on a développé des
appartements supervisés — on
en a annoncé ensemble — pour
que ces gens puissent vivre leur vie à leur plein potentiel. Puis ça, on va
continuer à appuyer sur ça. On en a développé partout au Québec, Montréal,
Trois-Rivières, Sherbrooke, partout au Québec. Là, là, on parle de gens qui sont dans des situations
d'itinérance, qui sont extrêmement vulnérables, puis, justement, la solution,
quand on parle d'entrée rapide en logement, c'est pour que ces gens-là
n'aient pas à rester très longtemps dans un refuge, qu'on puisse leur trouver un
appartement le plus rapidement possible et continuer à les appuyer
financièrement et les superviser pour qu'ils ne retombent pas en itinérance.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Mme Prass : Mme la Présidente,
en 2024, le Curateur public représentait plus de 74 %... excusez-moi,
74 personnes en situation d'itinérance. C'est fou et irresponsable. Quelle
est la limite du ministre à accepter de telles situations? Des personnes vivant
avec un handicap ou qui sont neurodivergentes se retrouvent en situation
d'itinérance de plus en plus. Mme la
Présidente, que fait le gouvernement caquiste pour protéger et éviter que ces
personnes vulnérables se retrouvent dans la rue en premier lieu?
Qu'attend le ministre pour agir réellement en prévention?
La Présidente : La réponse de la
ministre de la Famille.
Mme Roy (Verchères) : Merci,
Mme la Présidente. Effectivement, le Curateur public fait face à des situations
très complexes, à l'itinérance qui est de plus en plus présente. Notre
gouvernement met en place des soutiens. D'ailleurs,
le Curateur public, l'année dernière, a réussi à réintégrer en logement, à
pouvoir installer 57 itinérants qui étaient justement sous ce... sous Curateur public. Donc, les efforts se font. On
travaille en étroite collaboration avec les services sociaux pour
s'assurer, justement, de pouvoir bien desservir cette clientèle. C'est
particulier. Il y a souvent des problématiques auxquelles on fait face pour
réussir à réintégrer les gens en logement et pouvoir leur donner tous les
services qui leur sont nécessaires.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le député de Pontiac.
M. Fortin : Mme la Présidente, des projets d'infrastructure arrêtés,
comme on en voit partout au Québec, c'est ça qui mène à des chambres 814.
Des postes de préposés abolis, comme on en voit partout au Québec, c'est ça qui
mène à des gens qui perdent leurs soins à domicile. Des postes d'infirmières
coupés dans les urgences, comme dans plusieurs
régions au Québec, c'est ce qui fait en sorte qu'il y a des gens qui attendent
11 heures avant de voir un médecin à l'urgence, comme à l'Hôpital
de Gatineau aujourd'hui.
Mme la Présidente, le ministre de la Santé, il
avait promis que le patient serait au coeur de son plan santé, mais, dans la
réalité, là, à chacune des coupures qu'il impose, c'est les gens qui
travaillent auprès des patients qui écopent. Ce
n'est pas compliqué, il coupe des infirmières puis il rajoute des
fonctionnaires dans le réseau. Le ministre a créé une superstructure
menée par des «top guns», mais les vrais «top guns», Mme la Présidente, là, les
infirmières, les préposés, les techniciens, là, ces gens-là, ils perdent leurs
postes, aujourd'hui.
Est-ce que le ministre peut admettre que ses
coupures font mal aux patients en ce moment?
La Présidente : La réponse du
ministre de la Santé.
M. Dubé : Premièrement, Mme la
Présidente, là, je vous salue puis je salue tous les collègues de l'Assemblée,
aujourd'hui, pour ce retour-là. Puis je salue mon collègue aussi, le député de
Pontiac. On aura sûrement une très belle session ensemble, alors je le salue.
Mme la Présidente, je voudrais répondre très
clairement qu'au lieu d'insister sur les coupures j'aimerais insister sur la réorganisation que Santé Québec est en train de faire. C'est exactement ça qu'on leur demande. Tout à
l'heure, ma collègue a très bien répondu. Ce qu'on a en ce moment, c'est
qu'on avait beaucoup de gens qui étaient, d'abord, des postes de semaine, qu'on appelle, et pour lesquels... à qui on demandait
souvent de faire ce qu'on appelle du TSO, parce qu'il nous manquait des
gens avec des postes de soir, de fin de semaine dans nos urgences. C'est un
travail colossal qu'on leur demande, en ce moment, de rééquilibrer les
différents postes.
Alors, oui, il y a des fermetures de postes. On
a été très transparents. À chaque fois qu'il y a des annonces, Mme la Présidente, les P.D.G., les gens des
ressources humaines disent : Oui, on va fermer tel ou tel poste.
Idéalement, ces postes-là sont toujours vacants. Mais qu'est-ce qu'on
fait? L'exemple de Chaudière-Appalaches qu'a cité ma collègue tout à l'heure
est exactement ce qui est en ligne, c'est d'en ouvrir plus les fins de semaine.
Alors, oui, on peut dire qu'il y a des fermetures de postes, mais il y a
plus...
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Fortin : C'est trop simple, Mme la Présidente. L'explication du ministre, là,
c'est qu'on remplace des postes de
jour par des postes de nuit. Ils ont coupé des postes de kinésiologues à
Trois-Rivières aujourd'hui. À ce que je sache, des kinésiologues, ça ne
travaille pas souvent à 3 heures du matin.
Le débat public, là, il mérite mieux
que ces explications simplistes là. Les Québécois qui ont payé des impôts toute
leur vie puis là qui attendent un traitement de cancer, qui attendent des soins
à domicile, ils méritent des services, mais, au-delà de ça, ils méritent
d'avoir un débat public honnête, Mme la Présidente.
La Présidente :
La réponse du ministre.
M. Dubé :
...puis je pense qu'un débat honnête, ça prend de la transparence. Et, je
ferais remarquer à tout le monde, tout le
monde le sait, mais la santé, c'est sept jours par semaine puis c'est
24 heures par jour. Les gens ne choisissent pas d'être malades la fin de semaine, là. Alors, quand ils arrivent à
l'hôpital ou quand ils arrivent dans différents services, ils veulent
être aussi bien servis le samedi matin qu'ils le sont le mercredi après-midi.
Alors, Mme la
Présidente, ce qu'on demande à Santé Québec, puis je pense que les Québécois
l'apprécient, c'est d'être capables de faire
cette réorganisation-là du réseau, dans un contexte budgétaire qui est serré,
mais c'est ça qu'on demande à des bons gestionnaires de faire, d'être
proches du terrain puis de tenir compte des nouvelles demandes, de
l'augmentation de la demande qu'on a pour faire une bonne job pour les
Québécois.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Fortin : Le gouvernement de la CAQ n'a pas demandé une
réorganisation, il a demandé au réseau de la Côte-Nord de se priver de 130 millions,
il a demandé au réseau de l'Abitibi de se priver de 96 millions en quatre
mois. Dans ces régions-là, là, c'était déjà l'enfer, avoir des services. Mais
on l'avait dit au ministre, Mme la Présidente. Les travailleurs de la santé
l'avaient dit au ministre. Les groupes de défense des patients l'avaient dit.
Puis maintenant Santé Québec lui-même l'a
dit. Santé Québec, créé de toutes pièces par le ministre, l'a averti que les
patients en font les frais, en ce moment, que ça ne peut pas continuer
comme ça.
Pourquoi on continue
aveuglément?
Présidente : La réponse du ministre.
M. Dubé :
Bien, je comprends que le député
de Pontiac, Mme la Présidente, il n'aime pas ma réponse, mais, la réalité,
c'est ça, gérer, être capable de faire des choix puis de mettre les
350 000... Je le répète, là, il y a 350 000 employés dans le
réseau. Il faut être capable de mettre ces bonnes personnes là aux bonnes
places. Que ce soit sur la Côte-Nord, en Abitibi, en Outaouais, on sait qu'on a
un problème spécifique. Ma collègue au Trésor, on a signé des ententes
collectives, maintenant, qui permettent de la flexibilité. Mme la Présidente,
on est en train de faire la transformation que les Québécois s'attendent de nous.
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant la
députée de Mercier.
Mme Ghazal : Merci, Mme la Présidente.
Le même jour où la CAQ annonce une
loi sur le modèle d'intégration des
nouveaux arrivants, qu'est-ce qu'on apprend? Eh bien, la même CAQ rajoute une
autre coupure par-dessus les coupures de l'année passée en francisation. Ils
ont fermé des cours de français aux immigrants, ils ont mis des centaines de
profs à la porte. Ça, c'est l'épisode 1. Maintenant, l'épisode 2, ils
coupent dans les mesures de soutien aux jeunes immigrants dans nos écoles. Ils coupent dans les sorties au musée pour
que ces jeunes-là connaissent notre culture. Ils coupent dans les sorties
ici même, à l'Assemblée nationale.
Dans le fond, là, le
fameux nouveau modèle d'intégration de la CAQ, c'est le même vieux modèle de
l'année passée, c'est des coupures qui
nuisent à l'intégration des immigrants. Ça nous promet du nationalisme et ça
nous livre quoi? De l'austérité à la sauce CAQ.
Mme la Présidente, si
le premier ministre veut vraiment aider à l'intégration des immigrants, bien,
moi, j'ai une proposition pour lui. Quand est-ce qu'il va arrêter de nuire à
l'intégration des immigrants? Quand est-ce qu'il va arrêter de couper dans
l'intégration des immigrants?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui, Mme la
Présidente, d'abord, c'est important de le dire, il ne s'est jamais donné
autant de cours de français pour les nouveaux arrivants que ce qu'on fait
depuis six ans. Donc, à un moment donné, il faut quand même ramener les choses,
là, dans le contexte exact.
Maintenant,
le budget de l'éducation. Depuis six ans, le budget de l'éducation a augmenté
de 50 %, incluant, l'année dernière, des augmentations, là, de 6 %,
7 % par année, donc très au-dessus de ce qu'on appelle les coûts de
système. Par contre, c'est important, Mme la Présidente, de respecter les
budgets. C'est important, à chaque année, de dire :
On vous donne une augmentation, mais vous ne pouvez pas dépenser plus que
l'augmentation qu'on vous a donnée.
Donc, Mme la
Présidente, je comprends qu'en éducation, un peu comme en santé, les besoins
sont infinis, mais une de mes grandes
fiertés, c'est d'avoir augmenté le budget de l'éducation de 50 %. Je l'ai
souvent dit, c'est ma priorité personnelle, puis je suis fier de cette
augmentation. Maintenant, est-ce qu'il faut en faire plus? Oui, il faut en
faire plus, mais il y a une question de bonne gestion. Quand on donne une
augmentation de budget à un centre de services, bien, il faut que ce soit
respecté, le budget.
Présidente : Première complémentaire.
Mme Ghazal :
Parlant de budget, en éducation, une des coupures, c'est le soutien à
l'intégration et à la réussite des immigrants et l'éducation interculturelle.
La CAQ coupe dans l'éducation interculturelle en même temps que le ministre de
l'Immigration nous annonce une
loi sur un nouveau modèle et qu'il nous parle
d'interculturalisme.
La première fois que
notre collègue la députée de Verdun a mis les pieds ici, à l'Assemblée
nationale, ce n'était pas quand elle a été
élue, c'est quand elle était dans une classe d'accueil, c'était une sortie
scolaire. Aujourd'hui, les petits immigrants, là, bien, ils ne pourront
pas venir ici parce que la CAQ coupe là-dedans.
C'est ça, le modèle
d'intégration de la CAQ?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault :
Oui. Mme la Présidente, ce qu'oublie de dire Québec solidaire, c'est que,
depuis deux ans, on est passés de 300 000 immigrants temporaires à
600 000 immigrants temporaires, dont 50 000 enfants. Qu'est-ce
qu'on a fait pour ces 50 000 enfants? On a ouvert des classes. À
certains endroits, on a même dû fermer des maternelles quatre ans pour
l'ensemble des Québécois, pour être capables d'accueillir ces
50 000 nouveaux arrivants.
Donc, Mme la
Présidente, je n'accepterai pas que la cheffe du deuxième groupe d'opposition
vienne prétendre qu'on ne s'occupe pas bien des nouveaux arrivants.
Présidente : Deuxième complémentaire.
Mme Ghazal :
Avec la CAQ, c'est toujours la même rengaine, avec les immigrants, il y en
a toujours trop, et c'est pour ça qu'il y a des problèmes, au lieu d'assumer
que c'est à cause d'eux qu'il y a des problèmes en ce moment.
La CAQ a dit, en
2018 : En prendre moins et en prendre soin. Finalement, la CAQ a fait le
tour du monde pour aller chercher des immigrants, pour que des gens travaillent
dans nos services publics, et aujourd'hui elle leur coupe la francisation. Les immigrants disent à la
CAQ : S'il vous plaît, on veut apprendre le français, on veut s'intégrer à
la société, et la CAQ coupe.
Quand est-ce que le
premier ministre va annuler ces coupures?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault :
Bien, je ne sais pas si c'est intentionnel, Mme la Présidente, mais là la
cheffe du deuxième groupe d'opposition mélange la situation de 2018 avec la
situation qu'on vit depuis deux ans.
la Présidente, est-ce qu'il y a quelqu'un, est-ce qu'il y a quelqu'un qui peut
douter que, depuis deux ans, de passer de 300 000 à 600 000 immigrants
temporaires, ça a un impact sur notre réseau de l'éducation, sur notre réseau
de la santé, sur le logement, sur les
banques alimentaires? Mme la Présidente, à un moment donné, les ressources ne
sont pas illimitées.
Donc, on a augmenté
les budgets de 50 % en éducation depuis six ans, puis je suis fier de ça.
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant la
députée de Verdun.
Mme Zaga
Mendez : Merci, Mme la Présidente. Les tarifs de Trump s'en
viennent potentiellement dès samedi, et la CAQ n'est pas prête. On nous
dit qu'on va négocier, rester unis, c'est des nobles paroles, mais ma crainte, c'est
qu'on risque encore de sacrifier le Québec. Est-ce qu'on
va sacrifier notre bois d'oeuvre et nos emplois ici pour sauver les pétrolières
albertaines? Puis je ne peux pas vous le dire, Mme la Présidente, parce que la
ministre de l'Économie n'a pas présenté... elle n'a présenté aucun plan clair.
Le plan, là, ça ne peut pas être juste d'espérer qu'on va faire entendre raison
à Trump, parce qu'on ne peut pas lui faire confiance en ce moment.
Les Québécois et Québécoises veulent savoir. C'est
quoi, le plan B pour le Québec? C'est quoi, le plan, pour la CAQ, pour
protéger nos emplois ici face aux tarifs de Trump? Et c'est quoi, le plan pour
être de moins en moins dépendants des États-Unis?
La Présidente : La réponse de la
ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie.
Mme Fréchette : Oui, merci, Mme
la Présidente. Bien, je voudrais tout d'abord féliciter la collègue de Québec solidaire
pour être devenue la porte-parole du parti en matière d'énergie. Donc, on aura
l'occasion d'échanger abondamment, assurément, avec l'actualité que l'on
connaît.
Donc, comme vous le savez, Mme la Présidente,
notre plan A, c'est qu'il n'y ait pas de tarifs qui soient imposés sur les exportations canadiennes à destination des
États-Unis. Alors, c'est ce sur quoi on travaille, et qu'on a travaillé depuis
des mois, même, à commencer par le rehaussement de notre représentation aux
États-Unis qui a été réalisé au cours des derniers mois avec ma collègue
aux Relations internationales. On a augmenté de 20 % notre représentation
là-bas.
Maintenant,
il est possible que la situation change au cours des prochains... prochaines
semaines. Alors, on a travaillé à
élaborer un plan, un plan costaud qui va venir protéger et défendre les
emplois, défendre l'économie. Protéger l'économie du Québec, c'est
vraiment ce à quoi on a travaillé.
Maintenant,
on ne va pas présenter un plan sans même savoir s'il y a des tarifs douaniers
qui seront imposés. On va réagir sur la base de faits et non pas sur la
base de déclarations, et encore moins de tweets. Merci.
La Présidente : Première
complémentaire.
Mme Zaga Mendez : Je suis
d'accord avec la ministre qu'il faut maintenant protéger l'économie du Québec, mais on ne peut pas énoncer le principe sans un
plan plus concret. La ministre doit le savoir, ça passe par l'économie
locale, ça passe par l'achat local, et l'État peut et doit jouer un rôle
déterminant. Nous avons proposé à multiples reprises de renforcer l'achat local. Est-ce que la ministre est prête à ce que nos
institutions québécoises s'engagent à acheter davantage au Québec
pour...
La Présidente : La réponse de la
ministre.
Mme Fréchette : Oui, Mme la
Présidente. Bien, notre plan, il va se destiner à accompagner les entreprises
qui pourraient être touchées par des tarifs douaniers. Mais je suis d'accord,
j'abonde dans le même sens que ma collègue de
Québec solidaire quant au fait qu'il faut promouvoir l'achat local. Et je pense
qu'à la fois les consommateurs québécois devront... devraient se montrer solidaires, advenant qu'il y ait des
tarifs, parce qu'on n'en est pas là, mais également les entreprises. Je
pense que le renforcement des chaînes d'approvisionnement locales et
québécoises... seront à resserrer, seront à utiliser davantage, advenant que
l'on entre dans un conflit commercial avec les États-Unis. On n'en est pas là,
mais on est préparés, advenant qu'il y ait cette décision du président Trump.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Mme Zaga Mendez : C'est le
moment de prévoir. On n'est peut-être pas rendus là, mais les Québécois et les
Québécoises dont leur travail dépend... ont besoin d'être rassurés. On a besoin
d'être moins dépendants des États-Unis. Ça passe par l'achat local, nous sommes
d'accord.
Je vous fais une proposition, je fais une
proposition à la ministre : augmenter, même imposer des quotas, pour nos
institutions québécoises, d'acheter Québécois. Une mesure comme ça, c'est
concret, c'est rapide et ça va rassurer les gens face aux menaces de Trump.
La Présidente : La réponse de la
présidente du Conseil du trésor.
Mme LeBel : Oui. Merci, Mme la
Présidente. Ça va me permettre de réitérer qu'on n'a pas attendu, naturellement,
d'avoir cet adversaire en face de nous dans les échanges économiques. On
travaille là-dessus depuis 2022, on a... bien, depuis
avant, mais on a déposé la stratégie en 2022. Je dois vous dire qu'on a 32
milliards de retombées économiques dans nos marchés publics, dans les contrats
qui sont attribués par le gouvernement, les différentes institutions, et plus de 85 % de ces contrats-là sont déjà donnés,
au Québec, et retombent et bénéficient à nos entreprises québécoises dans les
régions, dans les diverses régions. On doit travailler de façon plus précise
sur les approvisionnements, pour augmenter. Et,
depuis la stratégie, on a augmenté de plusieurs points de pourcentage et de
plusieurs milliards de dollars les retombées au Québec, et on va
continuer à travailler dans ce sens-là, Mme la Présidente.
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant le chef
du troisième groupe d'opposition.
M. St-Pierre
Plamondon : Mme la Présidente, la CAQ s'est fait élire avec comme
principale promesse la saine gestion des finances publiques et la fin du
gaspillage. Résultat, sept ans plus tard, on a le pire déficit de notre histoire, à 11 milliards, parce qu'on a
dépensé sans compter dans des projets comme la maison des aînés, les Espaces
bleus, les maternelles quatre ans, le
bar ouvert dans les subventions aux entreprises comme Northvolt, Flying Whales,
du gaspillage dans des études sur des projets de transport qui n'ont
jamais eu lieu. Et maintenant la CAQ est forcée de couper. Et là on le fait de manière caquiste, là, c'est-à-dire
sans transparence, sans plan, mais, pire, en niant que les coupures ont lieu.
La CAQ n'a donc pas réfléchi à un plan pour limiter l'impact de ces coupures-là
ou, en tout cas, ne semble pas être prête à le divulguer.
Et je rappelle que,
sous la CAQ, les augmentations du personnel de l'État se sont faites
essentiellement en bureaucratie. Près de
50 % des augmentations de personnel dans l'État sont dans la bureaucratie
et les cadres, alors que, pour les
infirmières, les enseignants, ceux qui livrent des services, on parle de
8 %, 9 %. Donc, ça résume bien le modèle caquiste : plus de contrôle administratif,
plus de bureaucratie, plus de paperasse, mais moins de services directs à la
population.
Ma question au
premier ministre : Est-ce qu'il va reconnaître qu'il a trop dépensé et
qu'il doit maintenant couper pour réparer sa mauvaise gestion des finances
publiques?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui, Mme la Présidente.
Beaucoup, beaucoup de choses à rectifier dans ce que vient de dire le chef
du troisième groupe d'opposition.
Venons aux faits. En santé, depuis 2018, on a
augmenté le nombre d'employés de 58 000, une augmentation de 25 %. En éducation, on a augmenté le nombre
d'employés de 24 000, une augmentation de 20 %. En plus, Mme la
Présidente, on a fait le choix
d'augmenter les salaires des enseignants et des infirmières de plus que
l'inflation. Donc, Mme la Présidente, on a fait ce choix, effectivement,
d'investir d'abord en santé et en éducation.
On a fait un autre
choix aussi, on a baissé les impôts de la classe moyenne. Le chef du troisième
groupe d'opposition, au moins là-dessus on peut dire qu'il a une position très
claire, il a dit, des baisses d'impôt : «Not on my dead body.» Bon, il aurait peut-être dû le dire en français, mais il reste que, Mme la
Présidente, nous, on pense que d'investir en santé puis en éducation, de
baisser les impôts pour que les Québécois aient plus d'argent dans leurs
portefeuilles, surtout la classe moyenne, c'était le bon choix.
Maintenant, on a un
plan de retour à l'équilibre budgétaire sur cinq ans. Donc, on pense que c'est
le bon choix.
Présidente : Première complémentaire.
M. St-Pierre Plamondon : Mme
la Présidente, le premier ministre continue à indiquer qu'il n'y a pas de
coupure, nie la réalité. Voici la
réalité : 200 postes d'infirmière coupés dans Chaudière-Appalaches, 565 membres du personnel de la santé coupés à Laval, fermeture d'une clinique en santé mentale à
Québec, l'accès aux installations sportives pour les jeunes restreint.
Est-ce que le premier
ministre nie ça?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault :
Bien, Mme la Présidente, je ne sais pas si le chef du troisième groupe
d'opposition a bien écouté ma première réponse. On a aujourd'hui
58 000 employés de plus dans le réseau de la santé que quand on est
arrivés.
Maintenant, si le chef
du troisième groupe d'opposition nous a bien suivis, on a, ça a été dur, négocié
avec le syndicat, entre autres, de la FIQ, des infirmières, pour avoir plus de
flexibilité. Donc, qu'est-ce qu'on fait actuellement? Ce
que le gouvernement libéral puis le gouvernement du PQ n'ont pas fait. On met
les infirmières puis le personnel là où il y a le plus de besoins. C'est comme
ça qu'on va répondre aux besoins des Québécois.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. St-Pierre
Plamondon : Mme la Présidente, le premier ministre se vante d'avoir
grossi la taille de l'État, mais ce qu'il n'indique pas, c'est que ce n'est pas
en services à la population mais bien en bureaucratie que cette croissance-là a eu lieu. On demande juste au
premier ministre de faire preuve de transparence. Actuellement, on commande aux organismes et aux ministères de
couper mur à mur, sans avertissement, en réduisant des budgets de manière
assez aléatoire.
Est-ce que le premier
ministre peut présenter son plan de compressions budgétaires pour chacun des
ministères en toute transparence?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault :
Oui. Mme la Présidente, je m'excuse, là, mais ce que vient de dire le chef
du troisième groupe d'opposition n'est pas
exact. Quand on regarde l'augmentation du personnel dans la fonction publique,
dont les ministères, il y a eu une
faible augmentation. La grosse augmentation, ça a été dans les deux
réseaux : 58 000 de plus dans le réseau de la santé, 24 000 personnes de plus
dans le réseau de l'éducation. Donc, plus de services, c'est ce qu'on a choisi
de faire.
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant le député
de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla :
Merci, Mme la Présidente. Le Tribunal administratif du logement, le TAL,
vient d'annoncer un indice d'augmentation des loyers de presque 6 %, du
jamais-vu, Mme la Présidente, en 30 ans. Et cela n'est qu'un minimum,
puisque des propriétaires spéculateurs vont décider d'aller encore plus haut.
Mme la Présidente, la
conséquence est claire, c'est un appauvrissement net de 1,4 million de
ménages, de locataires au Québec. Qu'est-ce que répond la ministre? Les
locataires n'ont qu'à déménager, alors qu'il n'y a plus d'appartements
abordables au Québec. Le plan de la ministre, c'est le plan... c'est le Clan
Panneton.
La question est
simple : Est-ce que la ministre va rester les bras croisés et assister en
tant que spectatrice à l'appauvrissement généralisé des locataires ou va-t-elle
utiliser ses prérogatives pour limiter les hausses de loyer?
Présidente : La réponse de la ministre responsable de l'Habitation.
Mme Duranceau : Merci, Mme la Présidente.
Une belle touche d'humour, là, de la part du député de Laurier-Dorion. Par
contre, c'est un sujet sérieux.
Alors, l'autre chose
aussi, Mme la Présidente, bien sincèrement, j'inviterais le député de
Laurier-Dorion à se référer à tout ce qui a
été fait depuis deux ans pour aider les locataires. Là, le député de
Laurier-Dorion se fie à des titres qui, bien, quant à moi, ne reflètent pas du
tout ce qui a été fait concrètement. Et je vais me permettre de lui rappeler
ce qui a été fait.
y a eu notre projet de loi n° 31, qui est venu donner davantage de protection
aux locataires, Mme la Présidente; ensuite,
le projet de loi n° 65, au mois de juin, qui a été adopté, moratoire
sur les évictions, les aînés qui sont mieux protégés pour justement ne pas être
obligés d'être déracinés puis déménager; ensuite, qui découle aussi du projet
de loi n° 31, l'avis de renouvellement de bail qui a
été modifié. Et il est très clairement inscrit quelles sont les possibilités
pour le locataire. Il peut accepter la hausse puis rester, il peut refuser la
hausse et quitter, puis il peut aussi refuser la... refuser la hausse et rester dans le logement, et déférer son dossier
au Tribunal administratif du logement, Mme la Présidente. Alors, on est là pour
aider les locataires vulnérables.
La Présidente :
Première complémentaire.
M. Fontecilla : 6 % d'augmentation
des loyers au minimum, et qu'est-ce que nous répond la ministre? Elle esquive?
Bref, la réponse de la ministre est claire, elle ne bougera pas le petit doigt
pour les locataires.
On a une solution pour
elle. Elle devrait utiliser ses prérogatives et présenter un projet de loi pour
limiter les hausses de loyer au taux
d'inflation. Elle va me dire : Ça ne se fait pas. Mais oui, ça se fait. Le
gouvernement de la CAQ l'a fait pour les tarifs d'électricité.
Est-ce qu'elle va poser enfin un geste pour les
locataires ou elle va se croiser les bras?
La Présidente : La réponse de la
ministre.
Mme Duranceau : Mme la
Présidente, là, marteler le 5,9 %, là, c'est une fiction aussi, Mme la
Présidente, parce que c'était un exemple. Moi, je pense qu'il serait beaucoup
plus pertinent d'informer les locataires que le calcul doit être fait pour leur
propre logement, pour leur propre immeuble, leur demander d'exiger du
propriétaire que la feuille de calcul leur soit présentée. Et ce n'est pas tout
le monde qui va avoir une augmentation telle que l'exemple proposé. Première
des choses.
L'autre chose, Mme la Présidente, geler des
tarifs, on gèle les tarifs qui nous concernent, c'est-à-dire ceux qu'on
contrôle, ceux qui sont tributaires du gouvernement, pas les tarifs dans le
secteur privé.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Fontecilla : Pourtant,
l'Ontario et le Nouveau-Brunswick n'ont pas de problème à déterminer les
augmentations de loyer. Mais nous
avons entendu. La hausse de 6 %, c'est une fiction, une fiction. Allez
demander, Mme la Présidente, aux locataires si le 6 % ou plus, là,
c'est une fiction. C'est une ponction nette sur leur budget, là.
Il y a
urgence dans la demeure. L'augmentation, c'est dans six mois. Est-ce que la
ministre, c'est la ministre de l'Habitation ou la ministre de l'appauvrissement
des locataires?
La Présidente : M. le leader du
gouvernement, votre rappel au règlement. Lequel est-il?
M. Jolin-Barrette : Mme la
Présidente, bon, on revient à l'Assemblée, première journée, mais on s'appelle
par notre titre, ici, à l'Assemblée nationale, Mme la Présidente. Il serait bon
de le rappeler au député de Laurier-Dorion.
Présidente : Le rappel est fait. Et je vais reconnaître, par
souci d'équité, le leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Cliche-Rivard : Mme la
Présidente, la critique est juste. Si ça fait mal, c'est parce que c'est vrai.
La Présidente : M. le leader du
gouvernement...
La Présidente : Merci, M. le leader
du gouvernement.
Présidente : Bon, nous perdons du temps, ici, il reste quelques
questions à poser. M. le leader du deuxième groupe de l'opposition...
Présidente : M. le
leader du deuxième groupe d'opposition, je vais trancher. Je vous informe et
vous rappelle, selon le règlement, que nous nous qualifions par notre
titre, point final, et ce n'est pas une critique.
Maintenant, il nous reste une réponse. Est-elle
terminée? La réponse est terminée. Alors, en question...
La Présidente : Elle n'est pas
terminée. La réponse de la ministre.
Mme Duranceau : Alors, Mme la
Présidente, je réitère, là, qu'on est très conscients que c'est une situation difficile pour beaucoup de locataires. Et, à
preuve, en novembre dernier on avait une campagne de communication. Ça ne
s'est jamais fait. Aucun gouvernement avant nous n'a fait ça. Alors, moi, je
les mets, mes culottes, puis, quand il y a des choses à
faire, je les fais. Et on informait les locataires, les propriétaires de
s'assurer de connaître leurs droits et obligations
pour mieux s'entendre, mieux se comprendre, parce qu'ils s'entendent mieux. Et
en ce moment, Mme la Présidente, il y a encore une campagne qui roule pour
rappeler aux locataires que, s'ils souhaitent déménager... de s'assurer d'avoir
trouvé avant d'annuler leur présent bail.
Alors, on est très présents sur le terrain puis on essaie d'aider, Mme la
Présidente.
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant le député
de Marquette.
M. Ciccone : Mme la Présidente, j'aimerais vous rappeler la citation
suivante : «Le sport, c'est important pour la santé physique et pour la
santé mentale. On va augmenter l'accès au sport des jeunes et des moins
jeunes.» Ça, c'était le chef de la CAQ, le 22 septembre 2022.
J'aimerais aussi vous
rappeler que le premier ministre a aussi déclaré que jamais il ne couperait en
éducation et en santé. Pourtant, la semaine dernière, on a appris que les
coupes imposées au réseau de l'éducation allaient priver des milliers d'adeptes
de soccer, de volleyball, de basketball et de badminton, entre autres, de
pratiquer leur sport.
Dans un contexte où
nos jeunes sont de plus en plus anxieux, dépressifs, sédentaires et nombreux à
se tourner vers les écrans, Mme la
Présidente, est-ce que le ministre... est-ce que la ministre peut aujourd'hui
envoyer une directive claire de ne
pas couper dans les sports et, entre autres, de respecter l'entente-cadre tel
que le demande la ville de Montréal dans sa résolution, que je dépose,
Mme la Présidente?
Présidente : Et la réponse du ministre de l'Éducation.
M. Drainville :
Mme la Présidente, très content de terminer cette période des questions
avec ce magnifique tableau qui montre, donc, la croissance du budget de
l'éducation depuis que nous sommes là. Regardez ça, la dernière année des libéraux, c'était un peu moins de
15 milliards. On est aujourd'hui à 22,4 milliards, une augmentation de
50 %, Mme la Présidente, en six ans. Et, oui, cet argent-là, il a
servi notamment à financer des projets particuliers, pas juste dans le domaine
du sport, dans le domaine des arts, de la technologie, de l'informatique, des
sorties plein air à caractère environnemental.
Mme la Présidente, on investit comme jamais en éducation. On est très fiers de
ça. Et puis, franchement, quand on regarde, là, l'augmentation de salaire qui
va nous aider à attirer des nouveaux talents, l'augmentation de
150 % dans les infrastructures,
100 nouvelles écoles livrées, 100 nouvelles écoles livrées en six
ans... La dernière école secondaire remontait à 2009. On en a livré 16,
Mme la Présidente.
La Présidente :
Pardon. Mesdames messieurs, il y
avait une seule personne qui avait le droit de parole ici, c'est M. le
ministre, à qui il reste quelque 13 secondes. J'apprécierais le silence et
qu'on l'écoute pour la suite des choses. Avez-vous terminé? Terminez.
M. Drainville :
Mme la Présidente, ces nouvelles écoles, il y a de magnifiques gymnases
dans lesquels on peut pratiquer, justement, le sport, notamment le sport.
Alors, Mme la
Présidente, excellent bilan en éducation. Puis savez-vous quoi? On va
continuer.
Présidente : Et vous vous êtes tous et toutes gâtés. Cela dit,
consentement pour le dépôt du tableau?
La Présidente :
Consentement pour le dépôt du
tableau. Cela met fin à cette période de questions et de réponses
orales.
La Présidente :
Oui, oui. Consentement. Oui, oui.
C'est ce que je disais pendant que vous vous leviez. Consentement pour le dépôt du tableau. Voilà. Donc, cela met
fin à cette première période de questions et de réponses orales de l'année.
Comme il n'y a pas de
votes reportés, nous allons passer à la rubrique Motions sans préavis. Et, pour
ce faire, je cède la place à la première
vice-présidente de l'Assemblée nationale. Merci, tout le monde. Bonne fin de
journée. Et il y a définitivement de la tempête dans l'air. Bonne journée.
Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Donc, nous allons poursuivre. En fonction de nos
règles et de l'ordre de présentation des motions sans préavis, je reconnais
maintenant un membre du groupe formant le gouvernement. Alors, Mme la ministre
de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie, je vous cède la parole.
Mme Fréchette : Merci, Mme la
Présidente. Je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec le député de
Marguerite-Bourgeoys, la députée de Verdun, le député de Jean-Talon, la
députée de Vaudreuil, le député de Saint-Jérôme et le député
d'Arthabaska :
«Que l'Assemblée nationale exprime sa ferme
opposition à ce que des tarifs douaniers soient imposés sur des produits
canadiens exportés aux États-Unis;
«Qu'elle
affirme qu'il n'est pas dans l'intérêt des États-Unis de créer un conflit
commercial avec le Canada et le Québec;
«Qu'elle
réitère l'importance d'être prêt à toute éventualité afin de protéger
l'économie et les entreprises québécoises; et
«Qu'elle réitère l'importance de rester unis
face à la menace de tarifs douaniers.»
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Est-ce
qu'il y a consentement pour débattre de cette motion? M. le leader.
M. Lévesque (Chapleau) : Mme la
Présidente, il y a consentement, sans débat. Et, dans cette belle harmonie, je
vous demanderais un vote électronique, s'il vous plaît.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Donc,
on demande...
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : S'il
vous plaît, gardez le silence! S'il vous plaît!
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Alors,
le vote est ouvert.
Le vote est fermé. M. le secrétaire général,
pour le résultat du vote.
Secrétaire : Pour : 108
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Alors,
cette motion est adoptée à l'unanimité.
Donc, nous allons poursuivre. Je suis maintenant
prête à entendre un membre du groupe formant l'opposition officielle. M. le
chef de l'opposition officielle, à vous la parole.
M. Tanguay : Mme la Présidente,
dans exactement cette même belle lancée, je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion
suivante conjointement avec la députée de Vaudreuil, le député d'Arthabaska
et le député de Saint-Jérôme :
«Que l'Assemblée nationale prenne acte des
propos du président américain Donald Trump à l'effet qu'il considère utiliser
la "force économique" pour "annexer et acquérir" le Canada;
«Qu'elle joigne sa voix à celle de l'ensemble de
nos concitoyens canadiens face aux velléités américaines et qu'elle reconnaisse
que devant la menace, l'union fait la force;
«Qu'enfin, au nom de son caractère distinct, de
sa langue, de sa culture et de son histoire, le Québec oppose par la voix de
son Assemblée nationale une fin de non-recevoir à l'idée de devenir un état des
États-Unis d'Amérique.» Merci.
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci. Est-ce qu'il y a
consentement pour débattre de cette motion? Est-ce qu'il y a
consentement pour débattre de cette motion?
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Comme
il n'y a pas de consentement, nous allons... Comme il n'y a pas...
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Comme il n'y a pas de
consentement...
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Excusez-moi, il y a une personne que je devrais...
Bien, en fait, il n'y a personne que je devrais entendre, puisque je suis
debout.
Alors, nous allons
poursuivre. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc :
Merci, Mme la Présidente. Je sollicite le consentement de cette Assemblée
pour présenter la motion suivante :
«Que l'Assemblée
nationale rappelle la syndicalisation récente d'employé.es d'un entrepôt
d'Amazon au Québec;
«Qu'elle
rappelle que le gouvernement du Québec a octroyé plus de 100 millions $ en
contrats publics à Amazon depuis 2018;
«Qu'elle condamne la
fermeture des entrepôts de cette entreprise à la suite [d'un] processus de
syndicalisation;
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement du Québec de s'engager à ne pas
octroyer de fonds publics supplémentaires à cette entreprise.»
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a consentement
pour débattre de cette motion? M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque
(Chapleau) : ...
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Il n'y a pas de consentement. Donc, nous allons poursuivre. Je suis
maintenant prête à entendre M. le chef du troisième groupe d'opposition.
M. St-Pierre
Plamondon : Mme la Présidente, je sollicite le consentement des
membres de cette Assemblée afin de
présenter, conjointement avec la députée de Verdun, le député de Saint-Jérôme
et la députée de Vaudreuil, la motion suivante :
«Que l'Assemblée
nationale demande au gouvernement de rendre public le plan complet des
compressions budgétaires pour chacun de ses ministères et organismes.»
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci.
Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette motion? M. le leader...
M. Lévesque
(Chapleau) : ...
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Comme il n'y a pas de consentement, nous allons
poursuivre. M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette :
Oui, Mme la Présidente. Pour les motions de consultations particulières, je
vous soumettrais qu'on pourrait les adopter sans lecture, avec le consentement
des collègues, que je crois avoir obtenu, il reste simplement les députés
indépendants à consentir, pour éviter de lire les sept avis pour les projets de
loi n os 86, 85, 87, 82, 88, 83 et 81, pour les consultations
particulières et auditions, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Donc, étant donné que... une motion sans préavis
ayant déjà été présentée par le groupe parlementaire formant le gouvernement, il
y a une demande de consentement pour permettre la lecture des autres motions
sans préavis et également... également pour les avoir en bloc, hein, c'est ce
que...
M. Jolin-Barrette :
...pour ne pas les lire, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : C'est ça. Donc, est-ce qu'il y a consentement pour
ne pas lire les motions? Il y a consentement. Donc...
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Oui.
M. Jolin-Barrette :
...je fais motion pour que les motions concernant les projets de loi n os 86,
85, 87, 82, 88, 83 et 81 soient adoptées.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Donc, est-ce que ces motions sont adoptées?
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Adopté. Donc, voilà. Est-ce que vous avez une
question, M. le leader de l'opposition officielle? C'est correct? Donc, nous
allons poursuivre.
Donc, nous sommes
rendus, maintenant, à la rubrique Avis touchant les travaux des commissions.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Pardon?
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Ah! Juste un instant, oui. Mme la whip...
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Excusez-moi. S'il vous plaît, soyez attentifs. Mme la whip en chef de
l'opposition officielle, allez-y. Je pensais qu'elle rentrait dans...
Mme Rotiroti :
...de notre règlement, je fais motion afin:
«Que
le député de Jacques-Cartier soit nommé membre permanent de la Commission de l'agriculture, des pêcheries,
de l'énergie et des ressources naturelles, en [remplaçant] la députée de
Saint-Laurent;
«Que
le député de l'Acadie soit nommé membre permanent de la Commission des finances
publiques, en [remplaçant] la députée de Saint-Laurent;
«Que la députée de
Bourassa-Sauvé soit nommée membre permanent de la Commission de la culture et
de l'éducation, en [remplaçant] la députée de Saint-Laurent; et
«Que ces changements
prennent effet immédiatement.»
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, Mme la whip. Cette motion est-elle adoptée? Motion
adoptée.
Donc,
nous sommes rendus à la rubrique Avis touchant les travaux des commissions, et
je cède la parole à M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Donc, j'avise cette Assemblée que la Commission de
l'économie et du travail va poursuivre les consultations particulières et les
auditions publiques sur le projet de loi n° 87,
la Loi concernant principalement le développement et la mise en valeur de
terrains industriels et la gouvernance de la Société du parc industriel et
portuaire de Bécancour, aujourd'hui, après les avis touchant les travaux des
commissions jusqu'à 17 h 40, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine;
La Commission de
l'aménagement du territoire va poursuivre les consultations particulières et
les auditions publiques sur le projet de loi
n° 86, la Loi
visant à assurer la pérennité du territoire agricole et sa vitalité, aujourd'hui, après les avis touchant les
travaux des commissions jusqu'à 19 h 20, à la salle
Louis-Joseph-Papineau;
Commission des transports et de l'environnement va poursuivre les consultations
particulières et les auditions publiques sur le projet de loi n° 81, la Loi modifiant diverses
dispositions en matière d'environnement,
aujourd'hui, après les avis touchant les travaux des commissions jusqu'à
19 h 20, à la salle Pauline-Marois;
La Commission des
finances publiques va poursuivre les consultations particulières et les
auditions publiques sur le projet de loi n° 82, la Loi concernant
l'identité numérique nationale et modifiant d'autres dispositions, aujourd'hui, après les avis touchant les
travaux des commissions jusqu'à 19 h 20, à la salle Marie-Claire-Kirkland.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le leader. Est-ce qu'il y a consentement pour déroger à l'article 143
du règlement concernant l'horaire des travaux des commissions?
Des voix :
Consentement.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Parfait.
Donc, pour ma part, il n'y a pas d'avis de la présidence.
Alors, nous allons...
nous allons poursuivre à la rubrique Renseignements des travaux de l'Assemblée.
Je vous informe que demain,
lors des affaires inscrites par les députés de l'opposition, sera débattue la
motion inscrite par M. le chef de l'opposition officielle. Cette motion se lit
comme suit :
«Que
l'Assemblée nationale prenne acte de la menace maintes [forte] répétée [par le]
président américain Donald Trump d'imposer des tarifs douaniers de 25 %
sur les exportations canadiennes à destination des États-Unis;
«Qu'elle
prenne acte que l'imposition de tels tarifs douaniers aurait un impact majeur
sur la compétitivité de milliers
d'entreprises québécoises, [fragilisant] de façon importante notre économie et
mettrait à risque des milliers d'emplois;
«Qu'elle
demande au gouvernement du Québec de multiplier les initiatives diplomatiques
auprès des élus américains, tant à Washington qu'au sein des États clés avec
lesquels le Québec entretient des relations commerciales d'importance afin de
sensibiliser ceux-ci aux impacts délétères d'une guerre tarifaire; donc
«Qu'elle
déclare que le marché économique canadien constitue un avantage majeur pour le
Québec face à cette situation et que la
diversification des exportations du Québec vers [d'autres] provinces
canadiennes et vers d'autres pays que les États-Unis représente une nécessité
que le gouvernement du Québec se doit de développer avec énergie et leadership;
«Qu'enfin,
elle demande au gouvernement caquiste de s'engager à mettre en place un groupe
d'action ministériel chargé de travailler à l'abolition des barrières qui
freinent le commerce interprovincial, [...]avec [toute] diligence.»
période des affaires courantes étant maintenant terminée, nous allons passer
aux affaires du jour. Pour ce faire, M. le leader adjoint du
gouvernement, voulez-vous nous indiquer la suite de nos travaux, s'il vous
plaît?
M. Lévesque (Chapleau) : Oui.
Merci, Mme la Présidente. Je vous demanderais de bien vouloir appeler
l'article 1 du feuilleton.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci. Donc, à l'article 1 du feuilleton, Mme la ministre des
Affaires municipales propose l'adoption du principe du projet de loi n° 79, Loi édictant la
Loi sur les contrats
des organismes municipaux et modifiant diverses dispositions principalement aux
fins d'allègement du fardeau administratif des organismes municipaux.
Est-ce qu'il y a des
interventions? M. le député du Lac-Saint-Jean, à vous la parole.
M. Girard
(Lac-Saint-Jean) : Oui. Merci, Mme la Présidente. Donc, je suis très
heureux que nous soyons rendus à l'étape de l'adoption du principe du projet de
loi n° 79, la Loi édictant la
Loi sur les contrats des
organismes municipaux et modifiant diverses dispositions principalement aux
fins d'allègement du fardeau administratif des organismes municipaux,
que la ministre des Affaires municipales a déposé en novembre dernier.
Mme la Présidente, ce
projet de loi démontre, encore une fois, que nous sommes attentifs aux
préoccupations du milieu municipal. Il démontre qu'on travaille pour simplifier
les façons de faire au bénéfice des citoyens du Québec. Vous savez, les
organismes municipaux souhaitent pouvoir faire preuve davantage d'agilité face
à une réalité souvent de plus en plus complexe.
Nous avons, donc, la responsabilité d'agir pour leur donner une plus grande
marge de manoeuvre et des outils adéquats.
D'ailleurs, des
consultations particulières se sont tenues entre les 3 et 5 décembre
derniers. Les parlementaires ont entendu 15 représentants de groupes
concernés et reçu plusieurs dizaines de mémoires. Nous sommes satisfaits des
échanges, qui se sont déroulés dans un esprit d'ouverture, c'est important de
le souligner. Même si le projet de loi est bien accueilli, chaque suggestion,
chaque commentaire doit alimenter nos réflexions et bonifier le projet de loi
lorsque c'est possible. Et certaines propositions pourront, d'ailleurs, faire
l'objet d'amendements, parce qu'au bout du compte, bien, c'est les organismes
municipaux et les entreprises qui vont en bénéficier, donc nos citoyens.
Le projet de loi
concrétise la volonté, bien entendu, de notre gouvernement de simplifier et de
moderniser le cadre de gestion contractuelle
municipale, en plus d'alléger la paperasse administrative des organismes
municipaux. Nous sommes persuadés que les mesures proposées permettront,
bien entendu, de mieux répondre aux besoins et aux réalités de ces organismes.
Le projet de loi se
veut en deux volets. Le premier volet du projet de loi, Mme la Présidente,
concerne la gestion contractuelle. C'est à
l'avantage de tous d'avoir un régime facilement compréhensible, performant et
agile. On sait que le régime actuel est composé de dispositions
complexes dispersées dans cinq lois, donc ça soulève des enjeux de clarté et de
compréhension. Il constitue aussi un frein important pour plusieurs entreprises
qui voudraient soumissionner lors d'appels
d'offres. Comme près de 50 % des budgets municipaux sont dépensés en
contrats, il est primordial de simplifier le processus en faisant
évoluer, en modernisant et en uniformisant le cadre normatif en place.
Le régime doit être
plus simple, tant pour les organismes municipaux que pour les entreprises. Il
faut que les contrats municipaux suscitent plus d'intérêt auprès du marché.
Tout le monde y gagnera, le milieu municipal, les entreprises
et, bien entendu, les citoyens. Donc, si nous voulons favoriser une meilleure
concurrence, le processus de soumissions doit être plus intéressant. Au final,
de meilleurs services municipaux seront livrés à la population, et ce, au meilleur rapport qualité-prix. Pour cette
raison, le régime actuel doit être notamment mieux compris de tous. Dans cette
optique, nous souhaitons que cette Assemblée édicte la
Loi sur les contrats des
organismes municipaux.
Nous avons également
le souci d'adapter au milieu municipal des mesures issues de la
Loi sur les
contrats des organismes publics dans le but d'harmoniser les deux régimes avec les
adaptations nécessaires. Par exemple, les situations où les organismes municipaux pourraient octroyer
un contrat de gré à gré sont calquées sur cette loi. Cela leur permettrait,
donc, de bénéficier d'une plus grande agilité.
Aussi, nous proposons
d'introduire de nouveaux modes d'octroi de contrats et de bonifier des outils
existants tout en favorisant l'achat responsable et le développement durable.
Je pense, entre autres, au récent projet de loi n° 62, qu'a présenté le ministre responsable des
Infrastructures, qui a été adopté le 8 octobre dernier. Le projet de loi
n° 62 a introduit la possibilité de conclure des contrats de partenariat.
Cette mesure a été très bien accueillie par le milieu. Nous avons été à l'écoute de cet intérêt, et c'est pourquoi le
projet de loi n° 79 prévoit aussi cette possibilité. Par exemple, pour la
conception et la réalisation d'un projet majeur d'infrastructure, un organisme
municipal pourrait collaborer avec les parties impliquées plutôt que
d'uniquement retenir les services d'un entrepreneur. Il pourrait s'agir, par
exemple, d'infrastructures comprenant des services publics et des
logements ou encore des infrastructures sportives comme un aréna.
Cela étant dit, il
est important de souligner que le processus de gestion des contrats demeurera
transparent et équitable. L'impartialité et
la saine gestion sont des priorités pour notre gouvernement. Certaines mesures
visent, d'ailleurs, à intégrer des recommandations de l'Autorité des marchés publics. Les mécanismes de surveillance en place
continueront aussi de s'appliquer pour assurer l'intégrité des processus
d'octroi et d'exécution des contrats au Québec.
Au final, la
modernisation du cadre de gestion contractuelle faciliterait les processus
d'approvisionnement du milieu municipal et
l'accès des entreprises aux marchés municipaux. Elle permettrait également de
donner aux organismes municipaux une plus grande marge de manoeuvre,
entre autres dans des situations d'urgence. Vous savez, c'est primordial qu'ils puissent acquérir des biens et
services à un meilleur rapport qualité-prix. À terme, nous sommes convaincus
que ce sont tous les citoyens du Québec qui en ressortiront gagnants.
Concernant le
deuxième volet, Mme la Présidente, la loi concerne des allègements
administratifs. Il faut savoir que les mesures constituent un premier pas pour
répondre à un engagement que nous avons pris, un engagement au coeur de la
déclaration de réciprocité avec la municipalité. Au cours de la dernière année,
nous avons lancé un chantier avec le milieu municipal pour alléger la charge
administrative municipale et certains processus gouvernementaux.
L'objectif est de
simplifier les démarches administratives de tous les organismes municipaux pour
favoriser une plus grande agilité. Le projet
de loi est le premier résultat de ce chantier de travail, lequel se poursuit
avec nos partenaires. Nous sommes persuadés que d'autres allègements
pourront être identifiés dans le cadre de ces travaux. Il est essentiel de donner plus de souplesse aux organismes
municipaux pour atténuer la charge administrative pour qu'ils puissent agir
plus efficacement pour offrir des services de qualité à la population.
Les mesures visent,
entre autres, à alléger les procédures en matière d'aménagement du territoire.
Par exemple, ça contribuerait, entre autres,
à une réduction de 25 % des délais de traitement des demandes de
conformité du ministère des Affaires municipales et de l'Habitation.
Notre objectif est, bien entendu, que les projets se réalisent plus rapidement
et de réduire les délais qui constituent des irritants pour le milieu.
Nous voulons aussi
faire un pas de plus dans l'accélération de la construction de logements pour
répondre à la crise actuelle. Pour ce faire, nous souhaitons élargir le pouvoir
temporaire des municipalités d'autoriser des projets de construction en dérogation
de leur réglementation d'urbanisme. Un tel élargissement contribuerait à offrir
plus de flexibilité par la construction de projets mixtes. Il s'agit de
constructions incluant majoritairement des résidences, qui pourraient, par
exemple, comprendre des commerces. Cette nouvelle possibilité contribuerait à
la mixité de nos milieux de vie. Il s'agit là d'un principe que le gouvernement
a mis de l'avant dans les nouvelles orientations gouvernementales en matière
d'aménagement du territoire.
Ensuite,
nous souhaitons permettre l'acquisition et la gestion d'immeubles en
copropriété divise par les municipalités, les sociétés de transport en commun
et les régies intermunicipales. Nous proposons également des dispositions favorisant
les regroupements municipaux et allégeant certains processus en matière de
gouvernance territoriale. Finalement, des mesures ont aussi pour but de
moderniser les règles en matière de vérification et de finances municipales.
Je conclurais, Mme la
Présidente, en vous disant que notre gouvernement reconnaît que les organismes
municipaux ont besoin d'outils flexibles et modernes pour réaliser leur mandat.
Au bout du compte, s'il est adopté, le projet
de loi aurait des retombées positives dans toutes les communautés au Québec
grâce à plus de souplesse et d'autonomie, bien entendu, une meilleure harmonisation avec les règles contractuelles
des organismes publics, plus de simplicité pour les soumissionnaires,
une réduction du fardeau administratif et la clarification des mesures
législatives en place. Et permettez-moi d'ajouter que les dispositions que nous
proposons sont complémentaires à celles déjà déployées.
Pour la suite des
travaux législatifs, nous continuerons de collaborer avec les collègues
parlementaires. Nous serons à l'écoute et ouverts à toute bonne idée qui pourra
nous aider à atteindre notre objectif au bénéfice des citoyens et citoyennes.
J'invite donc cette Assemblée à adopter aujourd'hui le principe du projet de
loi n° 79. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, M. le député. Maintenant, Mme la députée de Mont-Royal—Outremont, à vous la
parole.
Mme Setlakwe : Merci, Mme la
Présidente. Donc, à mon tour de prendre la parole aujourd'hui à l'étape de l'adoption du principe du projet de loi
n° 79, Loi édictant la
Loi sur les contrats des organismes municipaux et modifiant diverses
dispositions principalement aux fins d'allègement du fardeau administratif des
organismes municipaux.
Notre
collègue de la circonscription de Lac-Saint-Jean l'a bien mentionné, le projet de loi a deux
volets principaux, et, on doit le dire, ils sont espérés depuis un certain
temps, là, par les municipalités, donc, premièrement, la mise en place
de la nouvelle loi, qu'on appellera communément la LCOM, sur les contrats
municipaux, et le deuxième volet étant l'allègement administratif.
On comprend, suite, évidemment, à la lecture des
mémoires et de la pièce législative et après avoir entendu la quinzaine de
groupes en consultations, que le projet de loi va offrir un régime contractuel
simplifié, on l'espère, plus performant et qui répondra aux besoins
d'aujourd'hui, et le point suivant, Mme la Présidente, il faut que j'insiste,
tout en ne faisant aucun compromis quant à
l'intégrité des marchés publics. C'est un élément sur lequel on va insister
avec... dans nos discussions avec la
ministre lors de l'étude détaillée. Oui, l'Autorité des marchés publics
a déposé un document, un mémoire, où ils ont confirmé avoir été
consultés, ils ont été consultés durant les étapes de l'élaboration du projet de loi. Toutefois, il faut mentionner qu'ils ont
une réserve : ils souhaiteraient avoir plus de pouvoirs, et c'est quelque
chose sur laquelle on s'attend à une réponse du gouvernement.
Ils nous... ils mentionnent, et je les cite,
dans leur mémoire : «Toutefois, contrairement aux autres organismes publics assujettis à la
Loi sur les contrats des organismes publics, l'Autorité des marchés publics n'a pas le
pouvoir d'émettre des ordonnances aux
municipalités dans le cas où elle jugerait qu'il s'agit du moyen approprié pour
corriger un manquement. Dans le cadre de la consultation du ministère
des Affaires municipales, l'AMP a demandé la possibilité de l'intégrer au projet de loi n° 79, mais cette
disposition est toutefois absente pour l'Autorité des marchés publics, en
raison du fait que les municipalités gèrent des fonds publics. Au même
titre que tous les autres organismes publics, les mêmes modalités devraient
s'appliquer.»
Donc, on
espère avoir des discussions fructueuses avec le gouvernement. Nous ne sommes
pas contre. Je vais le dire d'emblée, là, nous allons voter pour le
principe de ce projet de loi. La question de l'intégrité des marchés, s'assurer
d'un traitement équitable, juste, évidemment, éviter toute situation de
collusion, ce sont des sujets qui seront abordés avec la ministre.
Au niveau de l'allègement administratif...
effectivement, la réduction de certains délais et les allègements
administratifs, c'est très important pour les municipalités. Souvent, ça
constitue des irritants pour le milieu municipal. Il faut simplifier différents
processus et alléger les formalités administratives qui apparaissent superflues
et qui ne sont plus requises. Et on a bien entendu, nous aussi, à l'opposition
officielle, donc, le milieu municipal venir nous dire qu'ils sont d'avis qu'il s'agit d'une excellente première étape dans un
processus d'allègement, qui doit se faire sur une base continue. L'UMQ, l'Union des municipalités du
Québec, l'a mentionné en consultations. Donc, ce sera... on aura des belles
discussions constructives à venir avec la
ministre et ses équipes pour essayer de voir comment on peut en faire davantage
pour les municipalités, qui ont ce fardeau administratif important sur les
épaules.
Je reviens, donc, sur les consultations,
rapidement, les... la très grande majorité, effectivement, des personnes qu'on
a entendues, que ce soient les grandes villes, la FQM, donc, Fédération
québécoise des municipalités, l'UMQ, ils
étaient tous en accord, ils soutiennent le projet de loi, encore une fois. Ce
sont, dans plusieurs cas, des demandes répétées qui avaient été faites par le milieu municipal. Alors, ça ne veut pas
dire que le projet de loi ne peut pas être bonifié. Il y a énormément
de... Les mémoires qu'on a reçus sont très étoffés. Ils nous... les différents
groupes ont travaillé fort, ils nous ont fait part de nombreuses
recommandations, de précisions, d'éléments à bonifier. Alors, nous allons
questionner la ministre et ses équipes, et travailler de façon constructive, et
soumettre ces différents points, ces différents éléments, afin de, on l'espère,
avoir un projet de loi bonifié après l'étude détaillée.
Donc, permettez-moi de revenir rapidement sur le
premier volet. Donc, au sujet de la LCOM, la
Loi sur les contrats des organismes municipaux, on l'a bien
entendu, l'idée, c'est de rapatrier, en une seule pièce législative, là, toutes
ces règles qui sont prévues dans différentes lois, différentes chartes de
certaines villes, différentes lois qui régissent... qui régissent des sociétés.
Et donc l'idée de rapatrier ça sous une seule pièce législative, c'est une
bonne idée. Il y a vraiment... L'idée, c'est
d'avoir des meilleurs arrimages aussi avec la LCOP, la
Loi sur les contrats des
organismes publics, une meilleure harmonisation avec celle-ci.
Et, rappelons-le, c'est un projet de loi qui
donne suite à des engagements que le gouvernement avait pris à la fin 2023, en vertu de la déclaration de
réciprocité, en simplifiant et en modernisant le cadre contractuel dans lequel
évoluent les municipalités. Et c'est
important de revenir sur cette déclaration, parce que les municipalités
s'attendent, effectivement, à avoir des discussions sur une base
régulière avec le gouvernement et voir ces engagements qui ont été pris à la
fin 2023 se matérialiser. Le projet de loi n° 79 en est un exemple,
je serai la première à en convenir, mais je me permets, Mme la Présidente, de
souligner que la Fédération québécoise des municipalités a émis un communiqué
récemment, 23 janvier 2025, où ils déplorent la décision unilatérale
du ministre de l'Éducation à l'encontre de la déclaration de réciprocité qui
avait été signée par le gouvernement. Et, en période de questions, on a tous
entendu le député de Marquette questionner
le gouvernement et on a obtenu une réponse du ministre de l'Éducation :
peu avant les fêtes, sans annonce publique, il a décidé de cesser le
financement de l'accès aux installations sportives, et autres infrastructures des écoles, à la population et aux municipalités,
avec effet rétroactif à septembre 2024. J'ai sous les yeux, là, le communiqué
de la FQM, qui vaut la peine d'être
mentionné, d'être mis de l'avant ici, en cette Chambre. Selon eux, le
ministre... bien, pas selon eux, c'est un fait, le ministre a mis fin
unilatéralement à une entente de 2018 favorisant le partage des installations scolaires et municipales, qui bénéficiait aux
citoyens, particulièrement en région, où les équipements sont nettement moins
nombreux que dans les grands centres.
Alors, la déclaration
de réciprocité, oui, on y donne suite avec le projet de loi n° 79,
mais c'est important de mentionner aussi
que, dans certains cas, quand il y a des reculs, il faut le déplorer. Donc, on
s'attend à ce que le gouvernement se ressaisisse et réalise qu'on coupe ici
dans des... finalement, dans des activités qui sont extrêmement importantes
pour la population. On veut encourager nos jeunes à adopter des saines
habitudes de vie, l'activité physique, etc.
Alors, pour citer
Jacques Demers, le... qui est président de la Fédération québécoise des
municipalités, et maire de
Sainte-Catherine-de-Hatley, et préfet de la MRC de Memphrémagog, je le
cite : «Ça n'a pas de sens, le gymnase de l'école est souvent le
seul équipement du genre dans nos villages, et le ministre vient mettre fin à
des années de partage d'installations de
cette façon. Je ne peux aussi que dénoncer le manque de considération du
ministre envers la déclaration de
réciprocité, signée avec le premier ministre le 13 décembre 2023 à
l'Assemblée nationale, dans laquelle la mutualisation des
infrastructures scolaires et municipales figure parmi les principaux objectifs
à atteindre. Le pire est que cette nouvelle
sort une fois que les budgets municipaux ont tous été adoptés.» À la fin de
2024. Donc, ça, c'est un point sur lequel je questionnerai avec... je questionnerai la ministre. Et je m'attends à
ce qu'elle puisse défendre les municipalités, et venir expliquer, et
justifier la décision du gouvernement sur ce... dans ce dossier-là.
Revenons au projet de
loi n° 79. Donc, oui, il vient introduire de nouveaux
modes d'octroi de contrats et bonifier des outils existants, ce qui va
permettre, on l'espère, donc, aux villes d'acquérir des biens et des services à
de meilleurs prix. Je trouve important de souligner que le projet de loi prend
en compte la rareté de main-d'oeuvre, ce qui affecte la capacité des
fournisseurs de livrer des services aux villes, donc. Et moi, avec mon
expérience au municipal, ayant siégé sur un conseil de ville, je le voyais, ces
dernières années, on... le conseil met de l'avant des orientations, souhaite
mettre des projets de l'avant pour le bénéfice de la population. On confie à
l'administration, évidemment, le processus d'appel d'offres, mais c'était devenu
vraiment frustrant. Dans certains cas, on nous revenait en nous disant : On ne peut pas échanger, on ne peut pas négocier,
on ne peut pas avoir un dialogue en amont, peut-être que notre demande a été mal saisie, le besoin n'était pas assez bien
expliqué. Et donc le projet... pas le projet, mais la soumission doit être
refaite, ce qui occasionne des délais, des coûts.
Et je dois dire qu'il
y a plusieurs outils qui sont mis de l'avant dans le projet de loi, qui vont
aider les municipalités à mettre de l'avant
leurs projets pour le bénéfice de leur population. Il faut se le rappeler, on a
juste six mois pour faire des travaux au Québec. Donc, il est
souhaitable d'offrir aux villes plus d'agilité et plus de souplesse pour mener à bien leurs projets. Et je serai toujours
volontaire pour porter la voix des maires, mairesses, conseillers et
conseillères municipaux à travers le Québec par la... Souvent, ils...
c'est l'UMQ et la FQM qui portent leurs voix et qui demandent, donc, plus d'agilité et de souplesse. Et c'est
quelque chose sur lequel je suis très sensible et ma formation politique aussi.
Ça ne nous empêchera pas de poser des questions et de s'assurer que l'intégrité
des marchés soit respectée.
Donc, que ce soit,
donc, des contrats de partenariat, plus de possibilités de signer des contrats
de gré à gré, permettre l'utilisation de contrats à commande dans le domaine
des services et de la construction, ce sont des outils qui permettront à la... aux
villes de mieux gérer des crises, d'avoir une plus grande latitude
contractuelle pour effectuer des achats qui sont nécessaires sur leur
territoire. Alors, on aura l'occasion d'examiner ça en détail pour s'assurer, donc, qu'on a la meilleure pièce législative en
main, qui rencontre, donc, ces objectifs de souplesse, d'agilité légitimes de
la part des villes, mais qui, encore une
fois... s'assurer que tous les garde-fous, toutes les balises... qu'il y ait un
encadrement adéquat pour qu'il n'y ait pas... donc, que ça ne donne pas
lieu à des dérives et à des comportements qui n'ont pas leur place dans
notre... au Québec.
Rappelons-nous,
Mme la Présidente, et c'est quelque chose sur lequel je vais insister en
commission, on l'a entendu durant les consultations, c'est un changement
de paradigme majeur pour les municipalités. Il s'agit d'une révision en profondeur du cadre légal, ce qui entraîne une
importante gestion du changement pour les municipalités. Donc, ça requiert
d'importantes ressources et du temps d'appropriation.
À cet égard-là, donc,
j'étais en tournée, la semaine dernière, dans la région de l'Estrie puis j'ai
rencontré des gens de la MRC de
Brome-Missisquoi, notamment, et on nous disait, en rencontre, que, oui, le
projet de loi, il est bienvenu, mais que, souvent, on sous-estime
l'impact sur les très petites municipalités. À chaque fois qu'on vient faire
des changements, qu'on change la réglementation, qu'on ajoute des nouvelles
dimensions, il faut tenir compte des petites municipalités qui ont peu
d'employés, qui portent plusieurs chapeaux et qui passent un temps... une
grande
partie de leur temps à faire du travail administratif qui, à la fin de
la journée, là, ne bénéficie pas directement les citoyens.
Donc,
le message qu'ils nous ont envoyé puis qu'on... j'aurai la chance d'en discuter
avec la ministre, c'est de dire : N'oubliez pas les très, très
petites municipalités. Souvent, les grandes villes, les moyennes villes font
des demandes, mais nous, ce que ça implique chez nous, dans nos petites
équipes, c'est énorme.
Par exemple, au
niveau de l'article 18, l'obligation d'avoir une évaluation sérieuse des
besoins, on nous dit que l'exigence légale
de procéder à une évaluation sérieuse des besoins avant toute attribution de
contrat, bien qu'intéressante dans une optique de rigueur, pose des
questions pour les contrats de gré à gré. Qu'est-ce qu'on entend précisément
par une évaluation sérieuse? Comment en évaluer le caractère suffisant? Ce
processus, potentiellement complexe, semble davantage adapté à des
municipalités dotées de départements spécialisés. C'est un exemple, Mme la
Présidente, donc, d'éléments sur lesquels il va falloir creuser et s'assurer
qu'on tienne compte de la réalité des petites municipalités.
Un deuxième point qui
a été mis de l'avant, clarté sur les exceptions au gré à gré.
L'article 33
mentionne des exceptions permettant de
conclure un contrat de gré à gré, mais leur encadrement manque de précision. En
outre, l'éventualité de règlements
complémentaires laisse planer une incertitude. Quand vont-ils être adoptés et
dans quelle mesure viendront-ils clarifier ces exceptions?
Donc, il y a
beaucoup de choses... Je l'ai remarqué aussi dans les consultations et en
parcourant le projet de loi, il y a beaucoup de choses qui vont être
déterminées ultérieurement dans les règlements. Il y a beaucoup de précisions qui sont à venir, et
c'est des choses sur lesquelles il va falloir qu'on échange en commission, là,
pour être certains d'avoir un projet de loi bien ficelé, bien clair,
bien détaillé, qui va pouvoir servir, donc, d'outil efficace pour nos
municipalités.
Un autre élément qui
a été mis de l'avant, c'est la restriction selon laquelle une seule
municipalité doit être mandatée pour attribuer le contrat dans le cadre d'ententes
intermunicipales. On nous dit que cette restriction limite la flexibilité et
que cette approche pourrait s'avérer contraignante dans certains contextes. On
aura cet élément à l'oeil aussi et on aura
des échanges avec la ministre. Encore une fois, complexité accrue pour les
municipalités de petite taille. Plusieurs ajustements techniques du
projet de loi, bien qu'alignés sur des pratiques modernes, nécessiteront une expertise et des outils spécifiques, par exemple
des systèmes comme Edilex. Or, de nombreuses municipalités, notamment
celles comptant moins de 2 000 habitants, puis il y en a beaucoup au
Québec, n'ont pas les ressources humaines et/ou les systèmes technologiques
pour s'y conformer efficacement.
Finalement, un autre
élément qui a été mis de l'avant, donc, par les gens que j'ai rencontrés en
région et les commentaires qu'on a recueillis sur le terrain... au niveau du
prix de la nouvelle disposition sur la façon avec... la façon dont... avec laquelle une municipalité peut réagir
à une soumission comportant un prix anormalement bas, on nous parle du processus de validation. Donc, on dit qu'on
salue l'effort de responsabilisation des entreprises, mais on souligne que
les articles 89 à 92 introduisent un mécanisme complexe pour identifier et
gérer les soumissions à prix anormalement bas.
La documentation et les analyses requises pour justifier ces décisions risquent
de représenter une charge administrative
considérable, particulièrement pour les plus petites municipalités. Donc, en
somme, bien que le projet de loi introduise des outils qui pourraient
bénéficier aux grandes municipalités disposant de ressources importantes, il
pourrait, par inadvertance, accroître les disparités entre ces dernières et les
plus petites municipalités.
Permettez-moi, donc,
de compléter mon intervention en revenant rapidement, Mme la Présidente, sur le
volet du projet de loi qui concerne
l'allègement administratif. Encore une fois, on se rappelle que les
municipalités ont des ressources humaines et financières limitées, et,
au fil des ans, le fardeau administratif s'est alourdi pour les municipalités.
On note que le projet de loi vient réduire la reddition de comptes, qu'il
supprime l'obligation de transmettre certains documents, qu'il introduit des
modifications à certains délais, par exemple, des délais de procédure qui
viennent nuire, ou ralentir, ou alourdir
inutilement les processus auxquels sont soumis les... sont soumises les
municipalités, par exemple, la réduction de 25 % du délai de traitement pour que la ministre rende un avis
quant à la conformité aux OGAT, les orientations en matière
d'aménagement du territoire, dans le cadre d'un processus de modification d'un
schéma ou d'un PMAD. C'est une réduction du délai qui est bienvenue dans le
milieu.
projet de loi vient aussi augmenter certains délais dans le cadre d'un appel
d'offres et éliminer certaines restrictions. Il abolit certains recours
citoyens auprès de la Commission municipale du Québec, alors que la pratique
avait démontré qu'il n'y avait pas ou peu de valeur ajoutée à ces recours. Je
peux vous dire, ayant oeuvré au municipal, que c'est extrêmement important que
les citoyens puissent exprimer leurs préoccupations, leurs questionnements par
rapport à certains projets. Évidemment, ça
fait
partie de la démocratie, il faut qu'il y ait une transparence au niveau
des municipalités. Mais on le voit,
on le sait, partout au Québec, il y a des projets qui ne sont pas mis de
l'avant parce que certains citoyens, des
petits groupes de citoyens, puis on appelle ça le mouvement «pas dans ma cour»,
peuvent bloquer parfois des projets qui bénéficieraient à toute une
municipalité.
Alors,
c'est quelque chose qu'il faut... dont il faut tenir compte. Je suis loin de
dire que les citoyens n'ont pas voix au chapitre. Ce n'est pas du tout ce que
je suis en train de dire. Je pense que les municipalités doivent bien
communiquer, bien informer, consulter, prendre en compte les
préoccupations, etc., mais dans... mais on a vu des projets ne pas être mis de l'avant, ne pas... être contestés par des
petits groupes de citoyens qui bénéficient de différents recours et qui ont
entre les mains beaucoup de pouvoir pour stopper, arrêter, faire dérailler des
projets qui seraient au bénéfice de la... de toute
la population, de l'ensemble d'une ville. Et, ayant été sur un conseil
municipal, quand un petit groupe s'oppose et s'organise pour faire
signer des registres, et tout, après, bien, le conseil n'ose pas aller des fois
plus loin en référendum pour ne pas diviser la population. Donc, c'est...
encore une fois, je ne dis pas qu'il faut abolir toutes ces règles-là, mais, quand on nous dit que certains recours qui... qui
n'ont pas de valeur ajoutée ou qui créent un certain déséquilibre, il faut
en tenir compte. Et moi, je salue ce changement au niveau du corpus législatif
par le biais du projet de loi n° 79.
On abroge, dans le
projet de loi, certaines obligations de publication dans la Gazette
officielle . Et il y a toute une
section
du projet de loi qui offre une flexibilité accrue aux municipalités régies par
le Code municipal. Je l'ai déjà dit et
j'ai cité, donc, des exemples, les petites municipalités ont peu de ressources,
les employés portent plusieurs chapeaux, et elles subissent la pression
des nouvelles obligations qui leur ont été imposées au fil des ans.
Le projet de loi va
dans le sens d'un principe important qui est reconnu de longue date, donc, par
ma formation politique, celui de l'autonomie
des villes. Alors, en ce sens-là, on ne peut que saluer des mesures qui sont
justes, équilibrées, appropriées et qui viennent donc respecter le
principe de l'autonomie des villes.
Il faut se rappeler que la lourdeur administrative et
le fardeau réglementaire ont des impacts financiers considérables pour
les municipalités et qu'ultimement ce sont les citoyens qui paient pour ces
ressources, pour toutes les ressources, et les heures, et les coûts qui sont
donc reliés à ce fardeau réglementaire. Donc, quand ce n'est pas nécessaire et
qu'on peut le... et qu'on peut alléger, nous sommes d'avis qu'on doit le faire.
On se rappelle que
les municipalités ont de plus en plus de responsabilités et d'interactions avec
les ministères pour des demandes de
subvention, des questions réglementaires, des redditions de comptes ou le
partage d'information qui impliquent
des efforts et des coûts importants dans un contexte de rareté de ressources.
Donc, les obligations qui incombent aux administrations municipales ont
beaucoup augmenté dans les dernières années avec l'adoption de nouveaux projets
de loi et de règlements.
Rappelons-nous
toujours l'impact sur le citoyen. Les villes sont responsables de fournir des
services à la propriété, c'est le rôle traditionnel des villes, donc la voirie,
l'aqueduc, les égouts, la forêt urbaine, les parcs, les loisirs, l'urbanisme, etc., j'en passe, les permis. Et, au fil des
ans, on le sait, on le dit, on le martèle, ma collègue, ici, de D'Arcy-McGee
l'a dit aussi, il y a énormément de... Le fardeau est énorme sur les épaules
des municipalités, et souvent il déborde de leur mandat, donc, d'offrir des
services à la propriété, ce pour quoi on paie des taxes foncières. Et, comme
ils sont en première ligne de différents enjeux sociaux, que ce soit
l'itinérance, la crise du logement, et j'en passe, il est normal, donc, qu'on les accompagne et qu'on vienne alléger le
fardeau qui repose sur leurs épaules. Et donc, quand une municipalité doit investir énormément de temps en
tâches administratives et en redditions de comptes, ça laisse moins de
temps pour travailler sur les priorités municipales.
Il y a une mesure qui
a été introduite dans le projet de loi qui traite d'habitation. On vient, en
fait, je pense, corriger une... ou améliorer
une disposition qui avait été introduite dans le projet de loi n° 31, et
on vient élargir le pouvoir temporaire d'autoriser les projets
d'habitation qui dérogent à la réglementation d'urbanisme et prévoir des
ajustements en vue de sa mise en oeuvre.
Essentiellement, il ne faudrait pas que... et c'est le cas actuellement avec la
disposition actuelle, dans le projet de loi, qui avait été apportée dans
le projet de loi n° 31, ce pouvoir temporaire ne s'applique qu'à des
projets 100 % résidentiels, alors qu'on veut l'élargir à des projets
mixtes, à condition que la composante résidentielle soit plus importante que la
composante non résidentielle. On a hâte, à prime abord.
Évidemment, on
comprend le... on comprend cette modification qui vient améliorer ce qui avait
été fait il y a seulement quelques mois, parce qu'il y a des projets
résidentiels qui sont importants qui doivent être mis de l'avant pour... dans
le contexte de la gestion de la crise du logement, mais c'est souvent des
projets qui sont mixtes. On n'a pas que du
résidentiel. Il y a aussi souvent, à l'étage de la rue, des commerces de
proximité, des restaurants, des services, et autres. Alors, ces projets-là ne sont pas visés par ce pouvoir
exceptionnel et temporaire. Alors, on voit d'un bon oeil, et c'est... et
ce qu'on entend aussi du milieu, c'est que le milieu le souhaitait, le
demandait, cette amélioration.
Toutefois, on aura,
donc, des discussions avec la ministre. J'espère que ma collègue députée de
Mille-Îles, qui est notre porte-parole en habitation, pourra venir échanger et
apporter un éclairage. Il y a peut-être des précisions à apporter pour
s'assurer, donc, qu'on ne vienne pas créer, donc, des nuisances. Donc, on a
hâte également de pouvoir échanger sur ce volet très important du projet de
loi.
y aura plusieurs propositions d'amendement. Évidemment, on va attendre de voir.
On a une belle collaboration avec l'équipe gouvernementale. Je dois
dire, Mme la Présidente, on a eu deux breffages techniques jusqu'à maintenant.
On nous dit qu'il y a des amendements qui seront déposés et qui vont nous être
soumis à l'avance. On espère que ce sera le cas. Ça va faciliter le travail de
tous, mais nous, on s'attend à des amendements sur différentes choses, j'en ai
parlé tout à l'heure, des mesures, des balises additionnelles pour bien
protéger l'intégrité des marchés publics. Mais il y a une série de précisions, d'amendements, d'éléments sur lesquels on
peut bonifier le projet de loi, qui ont été mis de l'avant dans les différents mémoires, et je
remercie les villes, les groupes, l'UMQ, FQM, Vivre en ville, des
professionnels aussi qui sont venus s'exprimer en commission. Vraiment,
ce fut extrêmement enrichissant. On a pris note de tous les commentaires et on
a donc... on va porter le... porter la voix, porter leur voix avec rigueur.
Par exemple, l'Ordre
des CPA demande un encadrement par rapport au mandat du Vérificateur général.
Il y a des changements qui sont mis de l'avant dans le projet de loi pour
lesquels l'Ordre des CPA a des préoccupations, un encadrement au niveau des
actes réservés. Ce sont... Je pourrais élaborer, je pourrais en parler pendant
longtemps, mais je vais... je ne vais pas le
faire. Ce que je veux dire, c'est qu'il
y a énormément de recommandations et de modifications d'article qui ont été mises de l'avant, et on va faire,
donc, un suivi, on va, nous-mêmes, déposer des amende