Culture and Education — 18 August 2020 (42nd Legislature, 1st Session)

CCE 2020-08-18

Quebec — Committees

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Culture and Education — 18 August 2020 (42nd Legislature, 1st Session)

CCE 2020-08-18

Quebec — Committees

y a 101 ans exactement — comme

la loi 101 — le

premier ministre Lomer Gouin nommait mon grand-père, Athanase David, ministre responsable du

Secrétariat de la province. C'était le 25 août 1919. Il sera responsable

et créateur des bourses d'Europe, du prix David en littérature, des musées, du patrimoine, de la

culture, et ardent défenseur de la langue française. Il sera aussi, en 1923, nommé directeur du club de hockey des

Canadiens, pour faire sourire messieurs. Il a reçu, en 1948, la médaille

de l'Académie française. Ouf! Difficile de ne pas parler... de ne pas porter

l'amour et le respect de la langue française dans ses gènes.

fut donc un grand privilège d'occuper, en toute humilité, vos fonctions, M. le

ministre. Nous sommes, et depuis fort

longtemps, chacun notre tour, et, on l'espère, avec le moins de partisanerie

possible, des passeurs de protection de notre langue. Nous devons, chacun notre tour, veiller sur sa santé, sa

vitalité et sur la qualité de sa présence. Parler français, ce n'est pas que prononcer des mots en français, ce

qui est déjà un effort souvent difficile et louable des nouveaux

arrivants que nous accueillons, mais c'est

aussi une responsabilité de tous les Québécois, et c'est la qualité de ce

français qu'il faut maintenir, préserver,

protéger. C'est une responsabilité d'État, mais aussi une responsabilité

individuelle, dans nos échanges oraux

autant que dans nos écrits, que ce soit dans des courriels, dans des messages

textes, dans des gazouillis, dans les réseaux sociaux, dans les travaux

d'école, de collège et d'université.

ministre, Mme la Présidente, a une grande responsabilité. Je sais qu'il croit

en cette importance de la langue française

et je sais aussi qu'il s'intéresse beaucoup à l'histoire. C'est donc à son tour

d'ajouter sa contribution à la longue liste

de ceux et celles qui, depuis longtemps, ont tissé collectivement et

successivement la trame de présence extraordinaire du français en terre d'Amérique. Et nous, les

oppositions, sommes là pour lui poser des questions, celles que portent

nos concitoyens et concitoyennes, dans un

esprit que j'espère le plus productif et stimulant possible, afin que, tous

ensemble, nous puissions partager et protéger la fierté que nous avons de notre

langue commune et de nos racines.

Alors, mon premier sujet touchera la

gouvernance, Mme la Présidente, la gouvernance de la responsabilité de la langue française. Alors, le gouvernement a fait

plusieurs choix depuis deux ans. Au début, c'était la continuité, en

gardant l'importante responsabilité de la protection et

de la promotion de la langue française au ministère de la Culture et des Communications. Puis après,

4 septembre 2019, vous avez été nommé, M. le ministre, responsable de la langue

française. Ce qui m'attriste, c'est qu'on a

enlevé les mots «protection et promotion». C'est une question que je vous pose.

Pourquoi ça a disparu de votre titre?

Et ensuite,

dans le communiqué diffusé par le cabinet du premier ministre, on pouvait y

lire : «[Le premier ministre] a

rappelé que, déjà en 2016, le rapport

[de la députée d'Iberville] préconisait de rapatrier les responsabilités liées à la langue française

au ministère de l'Immigration afin de rendre l'action du gouvernement plus

cohérente. Il s'agit donc d'un changement

qui s'inscrit en continuité avec la vision du nouveau gouvernement du Québec en

matière de francisation des immigrants et avec les réformes déjà entreprises

par [le ministre] dans ce domaine.»

Jusque-là,

une certaine logique et cohérence. Et, tout

à coup, coup de théâtre, le

22 juin dernier, la langue

française disparaît du ministère de l'Immigration, Francisation,

Intégration et s'en va avec le ministre

à la Justice. Donc, en moins de 10 mois, les responsabilités ont

changé deux fois, pas de ministre mais de ministère, et trois ministères

différents en moins de deux ans.

Alors,

j'essaie de comprendre la valeur ajoutée. Non pas que le ministre

ne soit pas compétent, mais j'essaie de trouver la valeur ajoutée de la

cohérence que le premier ministre souhaitait, de lier la langue française, à

l'époque, à l'immigration et tout

à coup... Quelle est la cohérence de

le mettre avec le ministère de la

Justice? Est-ce qu'on doit conclure à une remise en

question du rapport, fameux rapport de la députée

d'Iberville que la CAQ, et le premier ministre, et le

ministre responsable de la Langue française citent souvent? Est-ce que c'est un

constat d'échec de cette vision? Qu'est-ce qui est passé par la tête du premier

ministre pour vous garder la responsabilité de la langue française mais en

allant à la Justice?

La Présidente (Mme Thériault) :

M. le ministre, la parole est à vous.

M. Jolin-Barrette : Alors, bonjour, Mme la Présidente. Bonjour aux

membres de la commission. C'est un plaisir de vous retrouver après deux

mois d'intermission dans nos circonscriptions respectives.

Mme la

Présidente, vous me permettrez quelques remarques préliminaires. Vous savez,

l'exercice des crédits est un exercice

qui requiert beaucoup de travail de la part des équipes gouvernementales. Donc,

je tiens à remercier l'ensemble des membres de la fonction publique qui

ont travaillé pour les crédits de la langue française, au premier

titre

l'équipe de Me Champagne, au

Secrétariat à la promotion et à la valorisation de la langue française,

l'équipe de Me Drouin également, à

la Justice, qui est sous-ministre à la Justice, l'équipe de Mme Galarneau

également, à l'Office québécois de la langue française, ainsi que

l'équipe de M. Pierre Boutet, au Conseil supérieur de la langue

française.

Donc, aujourd'hui, si on peut répondre aux

crédits, c'est notamment grâce au travail des différentes équipes, également,

qui nous accompagnent tout autour de la table.

Et on a des gens, également, qui sont à

distance, vous comprendrez, Mme la Présidente, en raison de la distanciation sociale. Donc, on adapte notre

Parlement à la réalité que nous vivons actuellement en raison de la

pandémie. Alors, c'est apprécié.

Je tiens à

remercier également les collègues d'être présents et surtout, aux autres

leaders, d'avoir pu faire en sorte qu'on puisse tenir un exercice des

crédits qui est fort important dans notre enceinte. Et on a réussi à s'adapter

en faisant sûr d'avoir des mesures appropriées pour avoir une distanciation.

La députée de

Marguerite-Bourgeoys nous disait, Mme la Présidente, en commençant son

intervention... en citant son aïeul,

en disant qu'il avait fait beaucoup de choses pour la langue française. Je

tiens à souligner que la famille de la députée de Marguerite-Bourgeoys,

effectivement, a le service public à coeur, si on peut le dire, par le biais de

son grand-père, par le biais de son père

également, qui s'est impliqué dans le domaine médical, elle-même aussi à

titre

d'ex-ministre de la Langue française, qui a

décidé de faire le saut en politique mais qui a également fait du service

public à l'Université de Montréal,

également comme sous-ministre, aussi, dans la fonction publique québécoise,

mais également sa soeur, également, qui a été députée durant près...

quelques années pour une autre formation politique, mais elle nous manque,

d'ailleurs. C'était agréable de l'avoir avec nous.

Tout ça pour vous dire que je reconnais l'apport

de la famille de la députée de Marguerite-Bourgeoys à la protection, à la promotion et à la valorisation de

la langue française, et je suis heureux de la retrouver dans ce

dossier-là, parce que je vais avoir, Mme la

Présidente, besoin notamment de sa collaboration à elle également, parce que,

si on veut améliorer la protection,

la promotion et la valorisation de la langue française, il va falloir

travailler en équipe. Et on a déjà eu l'occasion

d'y travailler dans un projet de loi précédent, sur un tout autre sujet, mais

je pense que j'apprécie beaucoup la députée de Marguerite-Bourgeoys, sa

façon de travailler et de pouvoir échanger.

Et ça sera

intéressant, Mme la Présidente, parce que la langue française, elle appartient

à l'ensemble de la nation québécoise. Et je crois qu'il est prioritaire

de déposer un plan d'action prochainement pour s'assurer que, dans les prochaines années, la langue française redevienne

la langue commune, la langue du travail, la langue qui permet

d'interagir entre les personnes de toutes

origines qui décident de venir au Québec, la langue de l'intégration, la langue

de l'accueil. Alors, il y a beaucoup de travail à faire, et je compte

sur les collègues des oppositions pour m'accompagner dans cette démarche-là.

Simplement

vous dire qu'au cours des dernières années, Mme la Présidente, et je vais

conclure le premier bloc d'intervention

là-dessus... de dire que le gouvernement du Québec actuel prend ça extrêmement

au sérieux, la protection de la

langue française, la promotion également. Ça s'est manifesté dans le cadre des

crédits budgétaires qui ont été octroyés par mon collègue des Finances

et du Trésor. Et vous pouvez être certaine, Mme la Présidente, que le

gouvernement va prendre

des mesures concrètes pour s'assurer que le Québec s'exprime en français, et

que la langue française soit mise de l'avant,

et surtout qu'on s'assure qu'elle redevienne la langue commune, comme on s'est

dotés, en 1977, de la loi 101, en s'assurant de faire en sorte que

ce soit la langue normale et habituelle de la société québécoise.

La Présidente (Mme Thériault) :

Merci, M. le ministre. Mme la députée de Marguerite-Bourgeoys.

David : Je vais continuer

sur le sujet qui me tient à coeur, mais je comprends que le ministre

est quand même bien mal à

l'aise d'expliquer pourquoi la langue est rendue à la Justice.

M. Jolin-Barrette : Est-ce que vous

me permettez...

David : Je sais que vous

aimez beaucoup la langue

française, mais de convaincre un premier ministre de partir avec la responsabilité,

c'est assez inhabituel.

M. Jolin-Barrette : Voulez-vous me

laisser revenir? Excusez-moi.

La Présidente (Mme Thériault) :

Allez-y, M. le ministre.

Jolin-Barrette : Donc,

écoutez, effectivement, il y a eu des remaniements ministériels. Le premier ministre

m'a confié, en septembre 2019, la responsabilité de la langue française. Effectivement, il y avait une logique à ce que ça soit jumelé à l'Immigration et à la Francisation. Vous

aurez noté qu'on a modifié également le nom du ministère

de l'Immigration pour nommément l'appeler le ministère de l'Immigration, de la Francisation et

de l'Intégration, parce qu'on veut s'assurer d'intégrer les

personnes immigrantes en français au Québec.

Au cours des

deux... bien, de l'année et demie où j'ai été ministre de l'Immigration, on

a été chercher un budget important,

en fait les montants de l'accord Canada-Québec rattachés à l'intégration et à l'accueil des

personnes immigrantes, qui n'avaient jamais

été octroyés pleinement au ministère

de l'Immigration, et, de ce 140 millions supplémentaire là, ce qu'on a fait, on a consacré la moitié du

budget pour des mesures en matière de francisation, donc augmentation du nombre

de cours de francisation, élargissement des clientèles admissibles.

Auparavant, vous aviez uniquement les immigrants

à statut permanent. Donc, les temporaires, les travailleurs étrangers

temporaires, les personnes avec des statuts précaires n'étaient pas admissibles

aux cours de francisation. Maintenant, ils

le sont. On a augmenté l'allocation des cours à temps plein. On a créé une

allocation à temps partiel. On a augmenté les frais de remboursement de

frais de garde aussi pour les personnes qui suivent des cours de francisation.

Et on a fait

en sorte d'avoir un parcours d'accompagnement personnalisé pour s'assurer que

la personne immigrante qui arrive au

Québec... Bien, dès l'étranger, on s'assure qu'elle suive des cours de français

en ligne, mais aussi, lorsqu'elle arrive

ici, on l'inscrit automatiquement à des cours de francisation.

Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCCE 2020-08-18
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux parlementaires commissions cce 42 1 journal debats CCE 200818.html
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifiere463631589ffeb268df1cb486db856113aa7506d

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