Health and Social Services — 21 November 2023 (43rd Legislature, 1st Session)
CSSS 2023-11-21
Quebec — Committees
(Neuf heures cinquante minutes)
Le Président (M. Provençal)
: Alors, bon matin à tous. Ayant
constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de la santé et des
services sociaux ouverte.
La commission est réunie afin de poursuivre
l'étude détaillée du projet de loi n° 15, Loi visant à rendre le système
de santé et de services sociaux plus efficace.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Poulet (Laporte) est remplacée par Mme Guillemette (Roberval);
Mme Caron (La Pinière) est remplacée par Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont); et M. Marissal (Rosemont) est remplacé par M.
Cliche-Rivard (Saint-Henri—Sainte-Anne).
Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup. Lors de l'ajournement de nos
travaux, le 9 novembre dernier, les discussions portaient sur un
nouvel amendement du ministre à l'article 283. Je vous rappelle qu'un
amendement précédemment adopté à l'article avait été retiré et que le nouvel
amendement à l'étude inclut l'article 43.1 du projet de loi.
Avant de procéder
à certaines interventions, M. le ministre a déposé deux nouveaux documents pour
consultation au niveau des partis de l'opposition.
Alors, je vais suspendre quelques minutes afin
de leur permettre d'en prendre connaissance, et, par la suite, on revient en
ondes. Alors, suspension, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 9 h 51)
Le Président (M. Provençal)
: Alors, nous allons reprendre nos travaux. Durant la pause,
il y a eu quand même des échanges entre M. le ministre et les partis de
l'opposition pour une façon de procéder, à tout le moins pour aujourd'hui.
Alors, avant toute chose, je cède la parole à M.
le ministre. Par la suite, le député de Pontiac et la deux... Voyons, ouf!
Une voix : Saint-Henri—Sainte-Anne.
Le Président (M. Provençal)
: Merci. Sainte-Marie—Sainte-Anne. C'est Sainte-Anne—Sainte-Marie.
Non, Sainte-Marie?
Une voix : Saint-Henri—Sainte-Anne.
Le Président (M. Provençal)
: Saint-Henri.
Le Président (M. Provençal)
: Une semaine de trop. M. le ministre.
M. Dubé : Oui, très bien. Alors,
premièrement, bien, merci pour l'écoute. Là, je verrai la réaction des
oppositions, mais je... ce qu'on veut faire, peut-être résumer pour les gens qui
nous écoutent, là, c'est de... étant donné que c'est un bloc important mais
qu'il y a eu beaucoup de modifications qui ont été faites au cours des derniers
mois, justement, en parallèle avec les négociations qu'on avait entre autres
avec les médecins spécialistes puis les omnis, que l'approche qu'on prend, qui
nous a été suggérée par Me Paquin, c'est de traiter par thèmes, et un thème...
on pourrait regarder le bloc de l'article 372 à 391, qui est le thème de
ce qu'on appelle la gouvernance territoriale. Et je pense que l'approche...
étant donné qu'il y a eu beaucoup d'amendements, on irait directement à lire le
texte amendé.
Puis moi, ce que je vous suggère, puis ça vous
donne toute la marge de manoeuvre que vous voulez avoir comme opposition, je lirais les 20 articles à la suite de l'autre,
mais tels qu'amendés, pour que vous voyiez l'essentiel de tous les changements,
parce que ce qu'on voit souvent, quand il y a eu beaucoup d'amendements, c'est
qu'on se dit : Oui, mais attendez, ça, on le discutera dans
10 articles. L'avantage, puis on va l'essayer, là, de faire les
20 articles un à la suite de l'autre, vous prenez vos notes, puis là,
après ça, si vous voulez revenir
article par
article puis dire : Celui-là,
on voudrait telle correction, moi, je n'ai aucun problème. Je pense que c'est
une espèce de compromis.
Ce que j'aimerais faire... puis je vais vous
écouter, là, si vous avez des commentaires, mais, comme je vous ai dit aussi
hors d'onde, j'ai demandé à M. Paré de vous représenter graphiquement le changement
à la gouvernance qu'on est en train de
faire, parce que, quand on vous a présenté... suite à la demande du député de
Rosemont, en septembre, il nous avait dit : Pouvez-vous représenter
graphiquement la gouvernance que vous changez? Ça fait qu'on a changé la
gouvernance pour les omnis, mais on ne l'avait pas fait pour les
spécialistes... attendons de voir si on va être capables de la négocier, ce
qu'on a réussi à faire.
Ça fait que,
quand vous serez prêts, avant peut-être de commencer...
article par article,
là, on pourrait regarder la gouvernance modifiée par Daniel Paré puis,
après ça, on rentrera dans l'article. Ça va être beaucoup plus facile à
comprendre.
Le Président (M. Provençal)
: M. le député de Pontiac.
Fortin : Oui, merci. Merci, M. le Président. Bonjour à tout
le monde. Peut-être avant d'entendre M. Paré sur les articles et de quoi ça a l'air, là, une fois que c'est visuellement
devant nous, là, sur la proposition du ministre, là, de fonctionner un
peu différemment, je pense que, depuis le... depuis le début, M. le Président,
de cette... de l'étude du projet de loi — puis ça, c'était quand?
C'était au mois de mars qu'on a commencé ça, si je ne me trompe pas — il n'y a pas personne qui écoute nos travaux, là, qui
peut dire qu'il n'y a pas de collaboration de part et d'autre et d'autre,
là. Tout le monde, même si on n'a pas, à la
fin de la journée, le même objectif... vous le savez, M. le Président, on a
beaucoup d'enjeux avec le projet de loi. On est loin d'être certains que
ça améliore la question des soins aux patients puis d'être certains qu'on se concentre sur la bonne affaire en ce moment,
quand on sait qu'il y a tellement d'autres enjeux dans le réseau de la santé, bien, on est loin de
savoir que la réforme de la gouvernance, c'est ça qui va nous faire
progresser.
Alors, notre objectif n'est peut-être pas
partagé sur le fond des choses, mais on a quand même un objectif commun, c'est qu'à la fin de la journée, là, parce
qu'on s'entend, vous allez l'adopter, le projet de loi, qu'à la fin de la
journée, bien, on ait le meilleur projet de loi possible. Puis il y a une
raison pour laquelle... Si on a fait... on a étudié 500 quelques articles jusqu'à maintenant puis qu'on a adopté 300
quelques amendements, bien, ça, c'est parce qu'il y a un travail de fond
qui se fait, puis ce n'est pas un... de part et d'autre, là. Je ne pense pas
qu'il y a personne qui est arrivé ici en se disant : Bon, bien, on a
besoin de faire du temps sur ce projet de loi là. Au contraire, c'est un projet
de loi de 1 200 articles, ça allait prendre du temps d'une façon ou
d'une autre.
Alors, moi, je soumets que... et je le soumets à
l'ensemble des parlementaires, que tout le monde ici, de part et d'autre de la
table, a fait une étude rigoureuse jusqu'à maintenant, mais il y a des trucs
qu'on n'a pas encore discutés qui sont quand
même des trucs de substance pour beaucoup de gens, là. Le ministre fait
référence aux premiers articles qu'il nous propose d'étudier
aujourd'hui, les départements territoriaux, la question des établissements regroupés, toute la question des activités
médicales particulières. Il y a la question des comités d'accès de langue
anglaise qui n'est pas à négliger. Il y a la question des regroupements
syndicaux, si on veut. Et on a beau dire «regroupement syndical», là, mais
c'est quand même une question d'organisation de travail au quotidien dont on va
quand même discuter. Alors, ce n'est pas des
items qu'il faut minimiser, dans le contexte où le projet de loi, oui, il
avance, mais, tu sais, aujourd'hui,
là, je pense qu'on vient de nous déposer 47 pages d'amendements encore, M.
le Président. Aujourd'hui, là, après quoi, huit mois d'étude du
projet de loi, là, depuis le mois de mars, on nous a déposé 47 pages d'amendements.
Alors, de dire qu'il faut maximiser les
60 prochaines heures, bien d'accord. Alors, on va être bons joueurs puis
accepter, pour aujourd'hui, là, pour aujourd'hui, de voir comment l'approche du
ministre peut fonctionner, c'est-à-dire la façon qu'il nous propose de
fonctionner, qui est un peu différente, qui est un peu accélérée par rapport à
ce qu'on a fait au cours des derniers mois. On va la tester. On va être bons
joueurs. On va voir si ça marche. Mais, en même temps, dans le discours, on entend
un peu de : S'il faut maximiser les 60 prochaines heures, c'est parce
qu'il y en aura juste 60. Je nous soumets, M. le Président, qu'on ne peut pas
quand même outrepasser les éléments importants qu'il nous reste à étudier. Les
gens qui travaillent dans ces milieux-là, les gens qui sont affectés par ces
propositions-là méritent le même... la même rigueur qu'on a eue pour tous les
autres articles.
Alors, moi, je ne veux pas... je ne peux pas
vous dire aujourd'hui, là : Oui, ça va être fini à telle date. Si c'est ça
que le ministre veut, c'est à lui à le dire, très clairement. Moi, ce que je
veux, c'est qu'on étudie le projet de loi dans son ensemble pour que tous les
éléments soient bien analysés puis qu'il n'y ait pas personne qui lève la main
en disant : Aïe! Vous avez laissé passer ça. Ah oui! mais c'était parce
qu'on est allés de façon trop accélérée dans les derniers jours, parce que le
ministre voulait terminer le 6 décembre. Étudions les articles. On va
tester la théorie du ministre, à savoir si ça peut fonctionner, cette façon de
faire là aujourd'hui, puis, à la fin de la journée, bien, on verra si ça a
porté ses fruits ou pas.
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup. M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Cliche-Rivard : Merci, M. le Président. Bien, écoutez, merci, M.
le ministre, pour la proposition. À trois semaines de la fin de la session, c'est bien d'avoir un
plan de match, quand même. Mais, quand je le regarde, je peux difficilement, tout de suite, là, à vue d'oeil, penser ou
accepter le fait que ce serait réalisable, notamment, puis
vous le dites d'emblée de jeu... sur combien
d'articles ont été adoptés jusqu'à maintenant, combien d'amendements ont été
adoptés jusqu'à maintenant. Je pense que ça
parle d'eux-mêmes. Puis là je vois, la dernière semaine, semaine cinq, où
on aurait plus de 400 articles à
adopter dans la dernière semaine seulement. Ça me semble... «ambitieux» me
semble un euphémisme, là, pour être franc.
Le projet de loi, il s'écrit et il se modifie en
cours de route. Vous l'avez dit, M. le ministre, ça fait longtemps que ça a été déposé, ce projet de loi là. Puis il
y a des propositions d'amendements qui sont adoptées chaque semaine, vous le dites souvent, là, au Conseil des ministres du mercredi, ce qui fait en sorte que nous, on le
reçoit au compte-goutte aussi. Alors,
ça, ça veut dire qu'il y a des éléments puis des modifications substantives,
là, dans chaque partie, qui font en sorte qu'il faut retourner
rechercher l'approbation du Conseil des ministres quand même. Donc, ça veut
dire que c'est des choses qui sont extrêmement importantes.
Je pense que les oppositions font un travail
capital, et il y a un nombre considérable de questions que l'on soulève qui se
traduit par des amendements. Sur ça, évidemment, je remercie l'équipe du
ministre qui accepte de parfaire son projet de loi. Ça, je dois le dire puis je
dois le souligner, là. Ce n'est pas une collaboration qu'on voit dans toutes
les commissions. Donc, je pense que c'est tout à votre honneur, M. le ministre.
Mais c'est certain qu'un travail de qualité, ça prend du temps, et, si on n'a
pas le temps ou si on ne nous accorde pas le temps de faire ce travail-là,
bien, on ne pourra pas ensuite être responsables d'une loi qui sera imparfaite.
Et ça, ça m'inquiète.
Alors,
évidemment, je suis ouvert à essayer aujourd'hui... les oppositions, on s'est
parlé, on est prêts à essayer, pour aujourd'hui, de voir comment ça se passe
avec votre proposition. Si ça nous permet d'aller plus vite, tant mieux,
on jugera l'arbre à ses fruits. Mais je suis prêt à tenter pour aujourd'hui.
Merci, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
: Merci. Autre point que je veux
mentionner, vous avez observé, dans la liasse d'amendements qui a été déposée,
que, ce matin, on veut traiter 372 et suivants. Majoritairement, sur chacun de
ces articles-là, il y a un amendement. Alors, ce que je propose, c'est que M.
le ministre lise directement l'article amendé, l'amendement, et,
automatiquement, on aura l'article amendé.
Et ce que M. le ministre vous a mentionné, c'est
qu'il voulait vous faire la lecture d'une vingtaine d'articles au départ pour
avoir un portrait global d'un point en particulier. Et, par la suite, on
reviendra
article par article, puis dire : Y a-t-il des précisions à
demander?, et on procédera.
M. Fortin : ...M. le Président. C'est une proposition que vous nous
faites, là, qui est en lien avec celle du ministre,
et ça, je pense qu'on a... bien, du moins de notre côté, là, on n'a pas de
problème avec ça. Si ça peut permettre de faciliter, d'accélérer, de
simplifier les choses, là, pour aujourd'hui, là, il n'y a pas d'enjeu.
Le Président (M. Provençal)
: J'apprécie.
M. Fortin : Ça fait partie, justement, de notre... J'aurais peut-être juste une ou
deux questions, pour le ministre, de... par rapport à son plan. Par exemple, je
regarde la... Là, vous nous dites cette semaine, là, dans votre plan que vous nous soumettez, là : La question des
départements territoriaux, la question des établissements regroupés puis la
question de la langue anglaise, donc
les comités d'accès, entre autres, là, de langue anglaise... Je veux juste
qu'on s'entende, là. Si, par exemple, le troisième de ces items-là, on
ne s'y rend pas à la fin de la semaine, là, pour une raison ou une autre, là, lui, là, on ne l'envoie pas à la toute
fin puis on reprend la semaine d'après avec ce que vous avez, là. On va le
faire quand même dans l'ordre des choses. C'est ça?
M. Dubé : Oui. Bien, moi, c'est
ce que je suggère. Ce que je suggère, ce qui...
M. Fortin : O.K. C'est un ordre que vous nous suggérez là?
M. Fortin : C'est un ordre que vous suggérez?
M. Dubé : Oui. C'est un ordre
que je suggère. Puis, encore une fois, vous... on va le voir, là. Je pense
qu'avec la collaboration qu'on a eue... Faisons la journée pour voir comment ça
fonctionne, puis on est peut-être capables de voir qu'on peut faire un
40 articles, qui est raisonnable, puis là de voir que cet échéancier-là
fonctionne. Moi, aujourd'hui, c'est pour ça que j'apprécie énormément qu'on
s'essaie de cette façon-là. Ça va... On va le voir. On va le voir dans
les prochaines heures.
M. Fortin : O.K. Juste une dernière question.
M. Dubé : Mais mon... Moi, j'ai
un objectif. J'ai un objectif, puis c'est pour ça que, quand vous avez référé aux 60 heures, je n'ai pas peur de le redire,
moi, ce que je veux m'assurer, c'est qu'au cours des... surtout les deux premières
semaines, cette semaine puis la semaine prochaine, je ne parle pas de la
troisième, les deux premières semaines, il faut
être capables, à mon sens, d'avoir couvert l'essentiel des grands sujets. C'est
ça qui est important pour moi pour qu'on soit capables de dire... parce
que, je le dis, là, je referai la liste si vous voulez, mais pour moi, on avait
10 blocs. J'avais dit ça au début. Quand on s'est assis, au mois de mai,
j'ai dit : Il y a 10 blocs sur lesquels on doit passer. On en a fait huit des 10, ça
fait qu'il en reste deux gros, dont un vient d'être négocié avec les médecins.
Alors, c'est pour ça que je suis assez confortable de vous proposer ça
aujourd'hui. Maintenant, c'est à vous de décider comment on fait ça dans
les prochaines heures.
M. Fortin : Bien, j'apprécie, M. le ministre, mais je vous soumets, un
peu à l'instar de ce que disait le collègue de Saint-Henri—Sainte-Anne,
que ce n'est pas... le reste des articles, là, les 400 articles, lesquels
que vous avez identifiés pour la troisième... ou la dernière semaine de notre
session, là, il y a des items quand même majeurs là-dedans, là. Le nombre de
fois où on s'est dit collectivement, au cours des derniers mois, là : Ah!
bien, on va... ça, on va voir ça à
l'article 1000 quelque chose, là. Il y a toute la question des
dispositions pénales. Il y a quand même du jus.
M. Dubé : Mais
ça, c'est dans les deux premières semaines. Mais... Non, mais c'est pour
ça, je dis : Regardons qu'est-ce
qu'on est capables de faire dans une journée comme aujourd'hui, puis vous allez
voir que les... Pour moi, là, il y a
à peu près 200 articles qui sont vraiment critiques, qui sont même en dehors
des deux termes, là, je le dis, puis ça, je pense qu'on est capables de
faire ça dans les deux prochaines semaines.
Pour garder la mécanique qu'on... on pourra
regarder comment ça se fait, parce qu'on n'est pas les premiers qui ont
eu à discuter d'une approche en blocs d'articles de concordance. Mais on n'est
pas rendus là. Commençons par régler ce qui est critique. Moi, c'est ça que je
veux qu'on fasse dans les deux premières semaines.
M. Fortin : Mais est-ce que votre message...
M. Cliche-Rivard : ...pour
appeler un chat un chat puis se dire les vraies affaires aussi, là. Ce que vous
voulez dire, finalement, c'est les deux
derniers blocs importants, puis le reste, vous n'aurez pas de misère à... ou
vous ne serez pas gêné de le passer par bâillon. C'est ça que...
M. Dubé : Moi, je... Il y a
bien du monde qui me parle de ce mot-là, là. Puis je ne veux même pas le
prononcer parce que, jusqu'à date, on a été capables de travailler autrement.
Alors, regardons ce qu'on va être capables
de faire dans les deux prochaines semaines, puis, à date, vous nous avez prouvé
qu'on peut travailler ensemble. Moi, c'est ça que je dis.
M. Cliche-Rivard : Oui, bien,
j'en suis. Mais c'est le sentiment qu'on a, pour être franc, c'est qu'on vous
laisse puis on va adopter rapidement, en deux semaines...
M. Dubé : Bien, je me suis fait
demander ça, depuis six mois, une fois par semaine, puis je n'ai jamais
répondu. J'ai toujours dit...
M. Cliche-Rivard : Sauf que,
là, on arrive dans le vif, là.
M. Dubé : Oui, mais regardez,
là, à date, on a bien réussi, là.
M. Cliche-Rivard : Et je le
souhaite ardemment, parce qu'à chaque fois on améliore quand même, avec votre
collaboration.
M. Dubé : Les Alouettes
n'étaient pas supposées gagner en fin de semaine.
Président (M. Provençal)
...d'autres interventions, on
débuterait avec l'article 372 et suivants. Mais avant, je vais
céder la parole à M. Paré pour qu'il nous...
Président (M. Provençal)
: Oui, pour le... Avant de vous céder la parole, je
voudrais avoir votre consentement pour suspendre l'amendement et
l'article 283 sur lequel on travaillait lors de notre dernière séance.
Consentement? Merci. M. Paré, vous connaissez la procédure?
M. Paré
(Daniel) : Oui. Daniel Paré, sous-ministre à la Santé et les
Services sociaux. Bon matin. Bon matin à tous.
Dans le fond, les thèmes qui sont proposés ce
matin, lorsqu'on parle des départements territoriaux, là, au niveau des
médecins, c'est un concept, là, vraiment en termes de gestion de proximité. Ça
fait que vous allez vous reconnaître un peu, là, dans cette notion-là.
Je ne sais pas si vous voulez l'afficher ou
si... Vous l'avez en main? O.K. Parfait. Ça fait que, dans le fond, si vous regardez à droite, là, du tableau qu'on vous
a fait parvenir, là, vous allez voir, il y a deux boîtes, la boîte n° 7 et
n° 8. Et c'est vraiment dans... c'est ce qu'on vient... ce qu'on va
discuter au cours de la vingtaine d'articles.
Ça fait que, comme je
disais, ça s'inscrit au niveau de la gestion de proximité. Ce que ça va vouloir
dire, c'est qu'un groupe de médecins, les
médecins de famille, les médecins spécialistes avec certaines responsabilités
vont regarder à l'offre de services d'un territoire donné pour
justement, là, améliorer l'accès, notamment, etc. Ça fait que ça s'inscrit
vraiment dans cette notion-là.
Dans les changements qu'on va voir, c'est qu'au
niveau des médecins de famille, historiquement, dans la LSSSS... bien, «historiquement»... présentement, dans la LSSSS, c'est
l'équivalent d'un DRMG, ce qui était de dire le département régional de
médecine générale, mais avec la nouvelle terminologie. Mais c'est vraiment ce
concept-là qui est reproduit ici et, vous
allez voir, pour les médecins de famille, c'est relativement la même chose, à
l'exception du processus de
nomination qu'on verra au niveau du directeur des départements territoriaux, où
est-ce qu'il y a une notion de parité, là, qui vient s'installer. Ça,
c'est quelque chose que les fédérations de médecins nous demandaient, là.
Ça fait que, la nouveauté, c'est pour les
médecins spécialistes. Ce concept-là n'existait pas dans le passé. Ça fait que c'est un concept qui est rajouté dans la
proposition devant vous, qui nous amène avec cette notion de gestion de proximité pour les médecins spécialistes, et avec à
peu près les mêmes principes. Et ce sont ces éléments-là notamment — bien,
M. le ministre en parle, là — qu'on a négociés, là, avec eux, là, récemment,
parce qu'il y avait quand même quelque chose
dans la LSSSS d'aujourd'hui qui disait qu'on aurait pu avoir des AMP avec les
médecins spécialistes. On a... Dans les 30 dernières années, on
n'en a pas eu, et ça, c'est ça, la nouvelle entente et qui permet vraiment
d'introduire maintenant des départements territoriaux par régions.
Ça fait que c'est un... Dans les
20 prochains articles, bien, vous allez voir... fonctionnement, sa
mission, comment qu'on nomme les prochaines... les membres, dans le fond, du
comité territorial.
Ça compléterait, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
: Merci. M. le ministre, avant de
vraiment débuter officiellement, j'ai besoin de votre permission pour déposer
officiellement la liasse d'amendements sur Greffier de façon à ce que les gens
qui voudraient les consulter puissent y
avoir accès. Ça va? Merci beaucoup. Alors, ceci étant dit, M. le ministre, je
vous invite...
M. Dubé : Puis ce qu'on va voir,
avec ce que Daniel vient de vous présenter... c'est que, vous allez voir, vous allez dire : On reprend ce qui était
dans la LSSSS pour les médecins de famille, parce que ça, il y a peu ou pas de
changements. Et, vous allez voir, on va
faire une
section après pour les médecins spécialistes, qui est une copie
maintenant des omnis, ce qui était très différent avant. O.K.?
Le Président (M. Provençal)
: Oui.
Dubé : On y va avec 372 tel
qu'amendé. Alors : «Santé Québec forme, pour chaque région sociosanitaire,
un département territorial de médecine familiale et un département
territorial de médecine...»
Président (M. Provençal)
: ...compte tenu que ce sont des amendements, M. le
ministre, vous devez mentionner l'amendement. Donc : Remplacer,
dans le deuxième alinéa...
M. Dubé : Ah! vous voulez que je
lise quand même?
Le Président (M. Provençal)
: Oui. On a... Ça, on a l'obligation.
M. Fortin : ...là, vous allez... juste pour comprendre le processus,
vous allez lire de 372 à...
M. Fortin : Avec les amendements que vous allez introduire?
M. Dubé : Avec les amendements pour
vous donner une image complète de ce thème-là.
M. Fortin :
O.K. C'est bon.
Président (M. Provençal)
: Et vous n'avez pas besoin de lire le commentaire
parce que... vu que vous allez tout lire d'un...
M. Dubé : Est-ce que je peux
commencer à l'amendement? Il faut que je lise quand même l'article?
Le Président (M. Provençal)
: Non. Ce que vous devez faire, M. le
ministre...
M. Dubé : Allez-y donc, là.
Le Président (M. Provençal)
Article 372 : Remplacer,
dans le deuxième...
Le Président (M. Provençal)
: Sauter votre commentaire et le texte
modifié.
M. Dubé : Excellent.
Alors, j'y vais comme ça. Merci. Merci encore. Alors, l'article... l'amendement
de l'article 372 se lit comme suit : «...chacun de ces
départements à un établissement public de cette région» par «détermine alors
ceux de ces établissements auxquels se rattache chacun de ces départements».
Alors, l'article se lirait comme suit... puis là
je vais lire l'article au complet tel qu'amendé. C'est ça, Mme la secrétaire?
Le Président (M. Provençal)
: Exact.
Dubé : O.K. «Santé Québec
forme, pour chaque région sociosanitaire, un département territorial de médecine
familiale et un département territorial de médecine spécialisée.
«Lorsque plus d'un établissement public se
trouve dans une telle région, Santé Québec peut former plus d'un de ces départements; elle détermine alors ceux de
ces établissements auxquels se rattache chacun de ces départements.
«Un département territorial formé dans une
région dans laquelle se trouve un seul établissement public est rattaché à cet
établissement.»
Maintenant, pour l'article 373, il y a un
amendement, qui se lit comme suit, il est facile : Retirer
l'article 373 du projet de loi. On le retire.
374. Il y a
un amendement que je vais vous lire.
L'article 374, l'amendement : À
l'article 374 du projet de loi :
1° remplacer le premier alinéa par les
suivants :
département territorial est dirigé par un médecin nommé, parmi les trois
médecins élus par les membres de ce
département au comité de direction de celui-ci, par un comité paritaire formé
en vertu de l'article 374.1. Le comité paritaire détermine la durée
du mandat du médecin qu'il nomme, laquelle ne peut excéder quatre ans.
«Le comité
paritaire peut, lorsqu'il a des motifs sérieux de le faire, relever le médecin
qui dirige le département territorial de ses fonctions et le remplacer,
après consultation du comité de direction, par un autre médecin membre de
celui-ci.»;
2° remplacer, dans le dernier alinéa «ainsi
nommé» par «nommé en vertu du premier alinéa».
Donc, je vais vous lire maintenant le 374 tel
que modifié :
«Un département territorial est dirigé par un
médecin nommé, par les trois médecins élus par les membres de ce département,
au comité de direction de celui-ci, par un comité paritaire formé en vertu de
l'article 374.1. Le comité paritaire détermine la durée du mandat du
médecin qu'il nomme, laquelle ne peut excéder quatre ans.
«Le comité paritaire peut, lorsqu'il a des
motifs sérieux de le faire, relever le médecin qui dirige le département territorial de ses fonctions et le
remplacer, après consultation du comité de direction, par un autre médecin
membre de celui-ci.
«Le médecin nommé en vertu du premier alinéa est
appelé "directeur médical de médecine familiale" ou "directeur de médecine spécialisée" selon qu'il dirige
le département territorial de médecine familiale ou le département
territorial de médecine spécialisée.»
L'article 374.1, c'est un nouvel
article : Insérer, après l'article 374 du projet de loi, le
suivant :
«Un comité paritaire est formé pour chaque
département territorial.
«Un tel comité est composé de trois personnes
désignées par Santé Québec et de trois médecins choisis par et parmi les
membres du département territorial.
«Outre celles prévues à l'article 374, le
comité paritaire exerce les fonctions suivantes :
«1° déterminer les critères selon lesquels le
médecin qui dirige le département territorial est nommé;
«2° évaluer annuellement l'exercice des
fonctions de ce médecin au sein du département;
«3° formuler
les recommandations qu'il estime nécessaires à ce médecin à l'égard de
l'exercice de ses fonctions.
«Les critères déterminés en vertu du [premier]
paragraphe du troisième alinéa doivent notamment assurer la nomination d'un
médecin qui, de l'avis du comité paritaire, se qualifie [de] personne
indépendante.
«Un médecin se qualifie comme personne
indépendante s'il n'a pas, de manière directe ou indirecte, de relations ou d'intérêts, notamment de nature
financière, commerciale, professionnelle ou philanthropique, susceptibles
de nuire à l'exercice de ses fonctions.
«Un médecin est réputé ne pas être une personne
indépendante s'il est membre du conseil d'administration ou à l'emploi de Santé
Québec ou d'un organisme représentatif avec lequel le ministre a conclu une
entente en vertu de l'article 19 de la
Loi sur l'assurance maladie ou d'un
organisme qui lui est affilié.»
L'article 375, pour lequel nous avons un
amendement. Alors, l'amendement se lit comme suit : Remplacer
l'article 375 du projet de loi par le suivant :
«375. Le
représentant de Santé Québec membre du comité de direction du département
territorial s'assure que le département assume les responsabilités qui
lui sont dévolues par la loi.»
Donc, l'article modifié, 375, se lirait comme
suit :
«Le représentant de Santé Québec membre du
comité de direction du département territorial s'assure que le département
assume les responsabilités qui lui sont dévolues par la loi.
376, pour
lequel il y a un amendement. Donc, on remplace, dans l'article 376 du
projet de loi, «Sous l'autorité du directeur médical, le» et «ce
territoire» par, respectivement, «Le» et «son territoire».
Alors, l'article modifié, 376, se lirait comme
suit :
médecin qui dirige un département territorial est chargé de voir à ce que les
fonctions confiées au département soient [entièrement exercées], correctement
et sans retard, dans le cadre des pouvoirs confiés à Santé Québec et dans le
respect des responsabilités des établissements de son territoire.»
L'article 377,
pour lequel il n'y a pas d'amendement, donc je vais lire l'article : «Les
fonctions d'un département territorial sont exercées par un comité de
direction.»
«378. Le comité de
direction d'un département territorial peut adopter...»
Attendez. Je vais
juste aller voir s'il y a un amendement. Je pense qu'il y a un amendement.
Le Président (M.
Provençal)
: ...un amendement.
M. Dubé :
Excusez-moi. Alors, on va remplacer, dans le deuxième alinéa de
l'article 378 du projet de loi, «le
président-directeur général de l'établissement auquel est rattaché le
département territorial» par «le représentant de Santé Québec membre du
comité de direction du département territorial».
Le texte modifié de
378 se lit comme suit :
«Le comité de
direction d'un département territorial peut adopter des [règles] concernant sa
régie interne, la création de comités ou d'unités sous-territoriales et leurs
modalités de fonctionnement ainsi que la poursuite des fins du département.
«Ces règlements
peuvent également prévoir les modalités suivant lesquelles l'exercice de tout
ou
partie des fonctions attribuées au comité
de direction peut être confié au médecin qui dirige le département. Ils entrent
en vigueur après avoir été approuvés
par le représentant de Santé Québec membre du comité de direction du
département territorial.»
379, pour lequel il y
a un amendement, donc, on retire l'article 379 du projet de loi. Donc,
celui-là est assez facile. Il a été longuement discuté mais on le retire
maintenant. On pourra en parler plus tard.
380,
pour lequel il y a un amendement. Donc, dans 380, on remplace
l'article 380 du projet de loi par le suivant :
«Lorsqu'en vertu de
l'article 372 Santé Québec forme un seul département territorial de
médecine familiale pour une région sociosanitaire, ce département est composé
de tous les médecins de famille qui reçoivent une rémunération de la Régie de
l'assurance maladie du Québec et qui pratiquent dans la région, y compris ceux
qui pratiquent dans un cabinet privé de professionnel.
«Lorsquelle
forme plus d'un département pour une même région sociosanitaire, Santé Québec
doit découper le territoire de cette région de manière que tout médecin
de famille qui reçoit une rémunération de [...] l'assurance maladie du Québec
et qui pratique dans [une] région appartienne à un seul de ces départements.»
Donc,
l'article 380, je l'ai retiré. Je ne pense pas que j'aie besoin de le lire
parce que c'est...
Le Président (M.
Provençal)
: C'était
intégralement ce que vous venez de lire.
M. Dubé :
...intégralement l'amendement. Très bien. Ça va bien. 381.
Dubé : Merci. Donc, je vais
lire l'amendement pour 381, qui dit ceci : Remplacer, dans le premier
alinéa de l'article 381 du projet de loi, «président-directeur
général de l'établissement auquel il est rattaché» par «représentant de Santé
Québec membre du comité de direction du département».
Je vais vous lire
maintenant 381 tel qu'amendé :
«Le département
territorial de médecine familiale élabore l'organisation des services de
médecine familiale et la soumet au représentant de Santé Québec membre du
comité de direction du département.
«Le département doit
préciser, par territoire du réseau local de services de santé et de services
sociaux, les services fournis par lieu de pratique et la nature des services
existants et attendus en termes d'accessibilité et de prise en charge des
diverses clientèles et assurer la mise en place et l'application de la décision
de Santé Québec relative à cette organisation.
«Il formule toute
recommandation qu'il estime propre à l'atteinte du but visé à
l'article 346.»
382, pour lequel il y
a un amendement. Alors, je lis l'amendement : À l'article 382 du
projet de loi :
1° insérer, après
«département», «territorial de médecine familiale»;
2° ajouter, à la fin,
les alinéas suivants :
«Il doit mobiliser
les médecins membres du département dans l'atteinte de ces objectifs.
«Il doit également
rendre compte au représentant de Santé Québec membre du comité de direction du
département, dans la forme et selon la teneur et la périodicité que ce
représentant détermine, de la mise en oeuvre de l'organisation des services de
médecine familiale et de l'atteinte des objectifs visés au premier alinéa.»
Donc, je vais lire
382 tel qu'amendé :
«Le département
territorial de médecine familiale doit fixer des objectifs permettant de
mesurer la mise en oeuvre de l'organisation des services de médecine familiale
qu'il élabore. Il mesure l'atteinte de ces objectifs.
«Il doit mobiliser
les médecins membres du département dans l'atteinte de ces objectifs.
«Il doit également
rendre compte au représentant de Santé Québec membre du comité de direction du
département, dans la forme et selon la teneur et la périodicité que ce
représentant détermine, de la mise en oeuvre de l'organisation des services de
médecine familiale et de l'atteinte des objectifs visés au premier alinéa.»
Le Président (M. Provençal)
: Oui.
Fortin : ...deux secondes, là. Moi, j'ai
besoin de 10 minutes, en ce moment. Donc, vous pouvez, si vous voulez,
continuer à lire, mais je ne suis pas sûr que ça va être la chose la plus
productive pour la suite des choses non plus, là. Alors, je vous soumets...
j'ai besoin de 10 minutes, M. le Président, puis c'est...
Le Président (M. Provençal)
: Pour absorber le tout.
M. Fortin : Entre autres, disons. Mais, si vous voulez continuer, là,
c'est pour vous, mais...
M. Dubé : Moi, je n'ai pas de
problème.
Le Président (M. Provençal)
: Est-ce que vous préférez qu'on
suspende?
M. Fortin : Bien, moi, je préférerais, mais juste parce que la lecture
est supposée de nous aider à accélérer les choses par la suite, là. Si ça ne
vous dérange pas, M. le Président, j'apprécierais. Merci beaucoup.
Le Président (M. Provençal)
: Suspension, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 10 h 59)
Président (M. Provençal)
: Alors, nous étions rendus à 383. Alors, on
poursuit votre lecture, M. le ministre.
M. Dubé : Oui. Alors, on est
toujours dans les départements territoriaux pour la médecine familiale, 383,
comme tout à l'heure. Il y a un amendement. Je vais vous lire l'amendement,
puis on lira après l'article amendé.
Alors,
dans 383 : Remplacer, dans le paragraphe 5° de
l'article 383 du projet de loi, «président-directeur général ou le directeur médical de l'établissement auquel
le département est rattaché» par «représentant de Santé Québec membre du comité de direction du département».
Alors, l'article 383 modifié se lit comme
suit :
département territorial de médecine familiale, outre les fonctions que lui
confère la présente loi, exerce les fonctions suivantes :
«1° faire des recommandations sur la nature des
services de médecine familiale découlant des programmes prioritaires et assurer
la mise en place de la décision de Santé Québec relative à cette matière;
«2° faire des
recommandations sur la liste des activités médicales particulières visées à
l'article 395 et assurer la mise en place de la décision de Santé
Québec relative à cette liste;
«3° donner son avis sur tout projet concernant
la prestation des services de médecine familiale;
«4° donner son avis sur certains projets
relatifs à l'utilisation de médicaments; et
«5° réaliser toute autre fonction relative aux
services de médecine familiale que lui confie le président et chef de la direction de Santé Québec ou le
représentant de Santé Québec, membre du comité de direction du département.»
384, pour lequel il y a un amendement. Je vais
vous lire l'amendement. À l'article 384 du projet de loi :
1° dans le premier alinéa :
a) supprimer le paragraphe 1°;
b) remplacer, dans les paragraphes 2 et 3°,
«deux médecins» par «trois médecins»;
c) remplacer le paragraphe 4° par le
suivant :
«4° le représentant de Santé Québec.»; et
2° insérer, après le premier alinéa, le
suivant :
«Pour l'application du paragraphe 4° du
premier alinéa, le représentant de Santé Québec est le suivant :
«1° lorsque le département est rattaché à un
établissement, son président-directeur général;
«2° lorsque le département est rattaché à plus
d'un établissement, le dirigeant désigné par Santé Québec; et
«3° le cas échéant, le médecin désigné par la
personne visée au paragraphe 1° ou au paragraphe 2°.»
L'article 384, maintenant, tel que modifié,
se lit comme suit :
«Le comité de direction du département
territorial de médecine familiale est formé des membres suivants :
«2° trois médecins élus par et parmi les
médecins membres du département;
«3° deux à neuf médecins membres du département,
selon le nombre fixé [...] à l'article 385, nommés par les trois médecins.
«4° le représentant de Santé Québec.
«Pour l'application du paragraphe 4° du
premier alinéa, le représentant de Santé Québec est le suivant :
«1° lorsque le département est rattaché à un établissement,
son président-directeur général;
«2° lorsque le département est rattaché à plus
d'un établissement, le dirigeant désigné par Santé Québec; et
«3° le cas échéant, le médecin désigné par la
personne visée au paragraphe 1° ou au paragraphe 2°.
«Lorsqu'il y a
une faculté de médecine sur le territoire du département, le comité de
direction doit de plus comprendre un
membre nommé par le doyen de cette faculté ainsi qu'un résident en médecine
familiale à
titre d'observateur.
«La majorité des membres du comité de
direction doit être composée de médecins qui pratiquent en première ligne.
385, pour lequel il y
a un amendement que je vais lire :
Remplacer,
dans le deuxième alinéa de l'article 385 du projet de loi,
«président-directeur général de l'établissement auquel est rattaché le département» par «représentant de Santé Québec membre du comité de direction du département».
Alors,
l'article 385, tel que proposé avec l'amendement :
«Les règles
s'ajoutant à celles de l'article 384 relativement à la composition du
comité de direction du département territorial de médecine familiale, les
modalités d'élection ou de nomination des membres visés aux paragraphes 2°
et 3° du premier alinéa de cet
article et la durée de leur mandat sont
déterminées par un règlement adopté par les médecins membres du département
réunis en assemblée générale convoquée à cette fin.
«Les règles relatives
à la composition du comité de direction que prévoit ce règlement doivent
assurer une représentation équitable des parties du territoire du département
et des milieux de pratique médicale. Il entre en vigueur après avoir été approuvé par le représentant de Santé Québec membre du comité de direction de département.»
Bon, maintenant, on
vient de faire le bloc sur la médecine familiale. On va faire le bloc pour la
médecine spécialisée, et c'est l'article 386, pour lequel il y a un
amendement, que je vais lire. Donc, remplacer l'article 386 du projet de
loi par le suivant :
«Lorsqu'en vertu de
l'article 372 Santé Québec forme un seul département territorial de
médecine spécialisée pour une région
sociosanitaire, ce département est composé de tous les médecins spécialistes
qui reçoivent une rémunération de la Régie de l'assurance maladie du
Québec et qui pratiquent dans la région, y compris ceux qui pratiquent dans un
cabinet privé de professionnel.
«Lorsqu'elle
forme plus d'un tel département pour une même région sociosanitaire, Santé Québec doit prévoir que ces
départements regroupent de l'une des façons prévues ci-dessous les médecins
spécialistes qui reçoivent une telle rémunération
et qui pratiquent dans la région de manière que chacun d'eux appartienne à un
seul de ces départements :
«1° selon qu'ils
pratiquent dans une
partie du territoire de la région que détermine Santé
Québec;
«2° selon leur
spécialité; et
«3° selon l'une ou
l'autre des façons visées aux paragraphes 1° et 2°.».
Donc,
l'article 386, tel que modifié, se lit comme suit :
«Lorsqu'en vertu de
l'article 372 Santé Québec forme un seul département territorial de
médecine spécialisée pour une région sociosanitaire, ce département est composé
de tous les médecins spécialistes qui reçoivent une rémunération de la Régie de
l'assurance maladie du Québec et qui pratiquent dans la région, y compris ceux
qui pratiquent dans un cabinet privé de professionnels.
«Lorsqu'elle
forme plus d'un tel département pour une même région sociosanitaire, Santé Québec doit prévoir que ces départements regroupent de l'une des façons
prévues ci-dessous les médecins spécialistes qui reçoivent une telle rémunération et qui pratiquent dans la
région de manière que chacun d'eux appartienne à un seul de ces
départements :
«1° selon qu'ils
pratiquent dans une
partie du territoire de la région que détermine Santé
Québec;
«2° selon la
spécialité;
«3° selon l'une et
l'autre des façons visées aux paragraphes 1° et 2°.»
387, pour lequel il y
a un amendement, que je lis immédiatement : Au premier alinéa de 387 du
projet de loi :
1° insérer, après
«médicaux spécialisés», «offerts par les médecins qui en font partie»; et
2° remplacer
«président-directeur général de l'établissement auquel il est rattaché» par
«représentant de Santé Québec membre du comité de direction du département».
387, tel que modifié,
se lit comme suit :
département territorial de médecine spécialisée [organise] l'organisation des
services médicaux spécialisés offerts
par les médecins qui en font
partie sur le territoire du département et la
soumet au représentant de Santé
Québec membre du comité de direction du département.
«Pour chaque
spécialité, le département doit préciser, par territoire du réseau local de
services de santé et de services sociaux, les services dont la prestation est
susceptible de répondre le mieux aux besoins de la population et assurer la
mise en place et l'application de la décision de Santé Québec relative à cette
organisation.
«Il formule toute
recommandation qu'il estime propre à l'atteinte du but visé à
l'article 346.»
388, pour lequel il y
a un amendement, que je vais lire : Ajouter à l'article... à la fin de
l'article 388 du projet de loi, les alinéas suivants :
«Il doit mobiliser
les médecins membres du département dans l'atteinte de ces objectifs.
doit également rendre compte au représentant de Santé Québec membre du comité de
direction du département, dans la forme et selon la teneur et la
périodicité que ce représentant détermine, de la mise en oeuvre de
l'organisation des services médicaux spécialisés et de l'atteinte des objectifs
visés au premier alinéa.».
L'article 388,
tel que modifié :
«Le département
territorial de médecine spécialisée doit fixer des objectifs permettant de
mesurer la mise en oeuvre de l'organisation des services médicaux spécialisés
qu'il élabore. Il mesure l'atteinte de ces objectifs.
«Il doit mobiliser
les médecins membres du département dans l'atteinte de ces objectifs.
doit également rendre compte au représentant de santé Québec membre du comité
de direction du département, dans la forme et selon la teneur et la
périodicité que ce représentant détermine, de la mise en oeuvre de
l'organisation des services médicaux spécialisés et de l'atteinte des objectifs
visés au premier alinéa.»
389, maintenant. Je
vais lire l'amendement qui s'y rapporte :
Remplacer,
dans le paragraphe 4° de l'article 389 du projet de loi,
«président-directeur général ou le directeur médical de l'établissement
auquel le département est rattaché» par «représentant de Santé Québec membre du
comité de direction du département».
L'article 389, maintenant, tel que modifié,
se lit comme suit :
«Le département territorial de médecine
spécialisée, outre les fonctions que lui confère la présente loi, exerce les
fonctions suivantes :
«1° donner son avis sur tout projet concernant
la prestation de services [des milieux] médicaux spécialisés et sur le
renouvellement, le déploiement et le développement des équipements médicaux
spécialisés en conformité avec l'organisation territoriale des services
médicaux spécialisés;
«2° faire des
recommandations sur la liste des activités médicales particulières visées à
l'article 403 et assurer la mise en place de la décision de Santé
Québec relative à cette liste;
«3° donner son avis sur certains projets
relatifs à l'utilisation de médicaments; et
«4° réaliser toute autre fonction relative à la
médecine spécialisée que lui confie le président et chef de la direction de Santé
Québec ou le représentant de Santé Québec membre du comité de direction du
département.»
390, je vais lire l'amendement, l'amendement à
l'article 390 du projet de loi :
1° dans le premier alinéa :
a) supprimer le paragraphe 1°;
b) remplacer, dans les paragraphes 2° et
3°, «deux médecins» par «trois médecins»;
c) remplacer le paragraphe 4° par le
suivant :
«4° le représentant de Santé Québec»; et
2° insérer, après le premier alinéa, le
suivant :
«Pour l'application du paragraphe 4° du
premier alinéa, le représentant de Santé Québec est le suivant :
«1° lorsque le département est rattaché à un
établissement, son président-directeur général;
«2° lorsque le département est rattaché à plus
d'un établissement, le dirigeant désigné par Santé Québec; et
«3° le cas échéant, le médecin désigné par la
personne visée au paragraphe 1° ou au paragraphe 2°.»
Donc, l'article 390, tel que modifié par
l'amendement que je viens de lire :
«Le comité de direction du département
territorial de médecine spécialisée est formé des membres suivants :
«2° trois médecins élus par et parmi les
médecins membres du département;
«3° deux à neuf médecins membres du département,
selon le nombre fixé [...] à l'article 391, nommés par les trois médecins
visés au paragraphe 2°;
«4° le représentant de Santé Québec.
«Pour l'application du paragraphe 4° du
premier alinéa, le représentant de Santé Québec est le suivant. :
«1° lorsque le département est rattaché à un
établissement, son président-directeur général;
«2° lorsque le département est rattaché à plus
d'un établissement, le dirigeant désigné par Santé Québec;
«3° le cas échéant, le médecin est désigné par
la personne visée au paragraphe 1° ou au paragraphe 2°.
«Lorsqu'il y a une faculté de médecine sur le
territoire du département, le comité de direction doit de plus comprendre un
membre nommé par le doyen de cette faculté ainsi qu'un résident en médecine à
titre d'observateur.»
Et le dernier
article de cette section-là, 391,
pour lequel on a un amendement que je vais lire :
Ajouter, à la fin de l'article... du deuxième
alinéa de l'article 391 du projet de loi, la phrase suivante :
«Il entre en
vigueur après avoir été approuvé par le représentant de Santé Québec membre du comité de direction du département.»
Alors, l'article 391 du projet de loi, tel
que modifié :
«Les règles
s'ajoutant à celles de l'article 390 relativement la composition du comité
de direction du département territorial de médecine spécialisée, les
modalités d'élection ou de nomination des membres visés aux paragraphes 2°
et 3° du premier alinéa de cet
article et la durée de leur mandat sont
déterminées par un règlement adopté par les médecins membres du département
réunis en assemblée générale convoquée à cette fin.
«Les règles relatives à la composition du comité
de direction que prévoit ce règlement doivent assurer une représentation équitable des domaines cliniques
dans lesquels exercent les médecins spécialistes membres du département ainsi
que des parties du territoire du département. Il entre en vigueur après avoir
été approuvé par le représentant de Santé Québec membre du comité de
direction.» Voilà.
Le Président (M. Provençal)
: Merci. Maintenant que des articles
incluant les amendements ont été lus, de 372
à 391, on va revenir dans l'ordre numérique de 372 et suivants. Alors, dans un
premier temps, y a-t-il des interventions au niveau de l'amendement de l'article 372?
M. le député de Pontiac.
M. Fortin :
Oui, bonjour. Rebonjour, M. le Président. Vous avez dit qu'on commence à...
Le Président (M. Provençal)
: 372.
M. Fortin : 372, oui, c'est ça.
Le Président (M. Provençal)
: Parce que, là, on vient de faire de
372 à 391, et là je reprends chacun des articles pour qu'on puisse les voter.
Fortin : Oui. Ce ne sera par long, M. le
Président.
Le Président (M. Provençal)
: Et on va demander... je vais demander
à Mme la secrétaire si on peut projeter l'amendement, étant donné que ça
remplace... Je vous rappelle que l'amendement à l'article 372 remplace
certains éléments. Alors, on va vous le
projeter pour que vous puissiez voir où se situe la modification. Merci, Mme la
secrétaire.
M. Fortin : Très apprécié, M. le Président, Mme la secrétaire. O.K. On
va les prendre, effectivement, là, comme vous l'avez dit, là, morceau par
morceau, M. le Président, même si on a regardé le bloc au complet, tant pour les spécialistes que pour les omnipraticiens. Puis
je vous avoue, à la lecture des articles, c'est vrai que ça donne peut-être un
portrait d'ensemble, mais, en même temps, c'est beaucoup de stock tout d'un
coup, là. Donc, je ne le sais pas... On va l'essayer. C'est une nouvelle
façon de faire. On va voir si on sauve du temps ou si c'est plus efficace.
Mais, bon, on a entendu l'ensemble des
modifications. D'emblée, M. le Président, je vous soumettrais que... puis, en
fait, je vous soumettrais que la... dans les articles précédents, là, l'une des
choses qui aide beaucoup, de notre côté, c'est quand même la lecture des
commentaires. Je comprends que là, dans ce cas-ci, on l'a fait de façon un peu
différente, là, mais c'est peut-être le petit bout qui manque à l'exercice
qu'on vient de faire.
Bon, 372, là, ici, l'article lui-même, l'article
initial, là, il dit essentiellement qu'un département territorial de médecine familiale puis un département territorial
de médecine spécialisée est formé dans chaque région sociosanitaire.
Donc là, vous venez ajouter un département, là. Exact?
M. Dubé : C'est ça. On vient...
Fortin : Dans l'organigramme que vous nous avez présenté
tantôt, M. Paré, là, vous ajoutez un département. Bien, allez-y.
Le Président (M. Provençal)
: M. le sous-ministre.
M. Paré
(Daniel) : Pour les médecins de famille, c'est l'équivalent
de DRMG, qui existait déjà. Ça fait que ce n'est pas un ajout, c'est une
transformation.
M. Fortin : Non, c'est ça.
M. Paré (Daniel) : Mais
effectivement, pour les médecins spécialistes, ça, c'est nouveau. Bien, c'est
comme un tronc commun, hein, cette notion-là. C'est pour ça que je parle
toujours des deux.
M. Fortin : Oui. Bien, je vais le prendre par ce bout-là en commençant,
là, parce qu'on est dans l'article qui introduit
cette nouvelle boîte dans l'organigramme, là. J'aimerais ça comprendre votre...
Puis vous pouvez commencer de façon générale, là, mais quand vous l'avez
réfléchi, ça, là, là... on va mettre une boîte pour le département de
médecine spécialisée, c'est quoi, l'objectif principal d'avoir ce directeur
médical là de médecine spécialisée que le système actuel ne vous permet pas de
faire?
Le Président (M. Provençal)
: M. Paré.
M. Paré (Daniel) : Les médecins
spécialisés, aujourd'hui, puis, je dirais même, historiquement... beaucoup attachés à leur centre hospitalier. Ça fait que
c'est... souvent, les médecins, ça prend... un médecin spécialiste a besoin
d'un plateau technique, les salles d'opération,
des cliniques spécialisées, des équipements spécialisés. Ça fait que, je
dirais, historiquement, ils ont une appartenance ou ils regardent une
région en particulier.
Ce qu'on vient introduire ici, c'est qu'on
dit... puis je vais prendre peut-être l'exemple de l'Outaouais. Ça fait que,
là, on va dire : Bien, tous les médecins spécialistes de l'Outaouais
doivent regarder l'Outaouais ensemble et pas seulement un ORL à Maniwaki versus
toute la... un ORL à Gatineau. Ça fait qu'on veut tous les ORL. Tous les
médecins spécialistes regardent l'offre de service. Ça fait qu'on veut qu'ils
aient... on veut les conscientiser, on veut les amener à réfléchir sur une base
territoriale, puis forts de l'expérience des médecins de famille, parce qu'avec
les médecins de famille c'est ce qui fonctionne beaucoup, là, de voir... On
regarde, oui, des cliniques particulières dans toutes les régions, mais avec
cette vue d'ensemble là.
Et, à l'expérience, là, des dernières années, ce
volet-là manquait carrément, parce que, comme je vous dis, historiquement,
bien... Là, c'est encore... c'est vraiment un exemple, là, mais un ORL dans un
centre hospitalier particulier avait son appartenance plus à son milieu, à sa
région. Mais on sait, là, que maintenant, avec toute notre volonté d'intégration des soins, de continuum de
soins, de trajectoire des soins, on veut qu'ils aient... on veut les mettre
ensemble , mais surtout, on veut qu'ils aient une
vision commune.
Fortin : Mais est-ce que, dans le contexte actuel des
choses dans le réseau de la santé, là, où, par exemple, les médecins
spécialistes, il y en a qui nous disent : Moi, j'ai... je fais deux
opérations par deux semaines, là, ou j'en fais deux par mois, ou je n'ai pas
de... tu sais, est-ce que de leur demander d'avoir une vision d'ensemble dans
le contexte où ils ne sont même pas capables, de leur côté, d'avoir du temps
d'opération, par exemple, là, dans certaines spécialités, ce n'est pas un peu
utopique, dans le sens...
C'est bien beau, là... Tu
sais, personne ne veut être contre l'idée d'avoir une vision d'ensemble. Ça, il
n'y a pas personne qui va vous dire : Non, il devrait vraiment juste
regarder pour son centre hospitalier à lui. Mais s'il a de la difficulté à
avoir... à être capable d'offrir ses services aujourd'hui, dans son hôpital, de
lui demander d'aller voir dans l'hôpital d'à côté, c'est-tu réaliste, là, quand
on se bat, au quotidien, pour le temps qu'on peut avoir avec nos patients ou
dans les salles d'opération?
Le Président (M. Provençal)
: M. Paré.
M. Paré (Daniel) : On peut le
regarder avec différentes paires de lunettes. On prend l'exemple au niveau
des... au niveau des salles d'opération. Si on le regarde avec cette vision
globale là... je vais prendre encore l'exemple de l'Outaouais. Bien là, on
dit : Ce n'est pas un chirurgien avec un bloc opératoire, c'est un
chirurgien avec plusieurs blocs opératoires. Ça amène vraiment, je pense,
d'autres nouvelles opportunités, mais en... plus que ça, moi, je pense, même,
dans la future trajectoire de soins... Puis, comme je vous dis, elle n'est pas
faite, là, mais... Puis je pense que vous allez bien comprendre un exemple.
Bien, la route de partir de Shawville vers Gatineau, c'est la même distance que
quelqu'un de Gatineau qui part de Shawville, c'est...
Ça fait qu'encore là, en amenant cette vision-là
commune, bien là, on dit : Bien, on peut-tu regarder, au lieu de faire ça
en entités séparées, de l'amener... ça fait que ça... de l'amener de façon plus
globale? Ça fait que je ramène avec l'exemple de salles d'opération, mais ça
pourrait être des blocs opératoires, mais ça pourrait être aussi des
trajectoires de soins pour... par rapport à une région donnée. Ça fait que,
oui, ça amène des défis, et c'est... les défis demeurent, mais moi, je pense
que ça va amener des opportunités différentes.
M. Fortin : Oui. Tu sais, c'est drôle, cet argument-là. Ça fait des
années qu'on l'entend, là, c'est-à-dire, le trajet,
il est aussi long pour le patient qui part du rural qui va vers l'urbain qui
l'est pour le médecin qui part de l'urbain puis qui va vers le rural. Le
problème, c'est que ça ne se fait pas quand même.
Alors, moi, ce que... la question que je vous
pose, là, par rapport au point que vous faites, là, puis c'est vrai dans ma
région, c'est vrai dans un paquet d'autres régions, là : Qu'est-ce qui
vient faire en sorte ici, là, que, par exemple,
la salle d'opération à Shawville ou... la consultation va être faite davantage
dans le milieu rural qu'elle ne l'est en
ce moment? Parce que, si vous demandez aux... par exemple, à l'ORL, là, d'avoir
une vision d'ensemble de la région, ça
peut être une vision d'ensemble qui dit : Bon, bien, je regarde la liste,
puis il y a 400 personnes sur la liste d'attente, il y en a 340 qui
sont à Gatineau, je vais passer cette liste-là puis je suis capable de la
faire, check, check, check, sans passer l'heure de route pour me rendre à
Shawville, à Maniwaki ou ailleurs.
M. Paré (Daniel) : Si je peux me
permettre...
Le Président (M. Provençal)
: Allez-y.
M. Paré (Daniel) : ...c'est
qu'encore là on est forts de l'expérience des médecins de famille, je dirais,
des 20 dernières années, où est-ce que... puis je l'ai vécu, là, où est-ce
que j'ai vu la transition partir d'un groupe qui était dans une région particulière puis d'essayer de considérer l'enjeu de
l'autre région. C'était compliqué... puis d'amener, je dirais, les
enjeux autour d'une même table, que tout le monde entende la même affaire,
mais... ça ne s'est pas fait, je vous dis, en criant ciseau, là. Mais,
aujourd'hui... Moi, quand j'assistais aux rencontres de DRMG, bien, je voyais des médecins de Thetford Mines qui avaient des...
qui faisaient des recommandations pour les médecins de Montmagny, puis je peux
faire la même chose pour Lévis et... Ça fait que ça a amené ça. La première
journée, je peux vous dire qu'ils n'étaient pas là, là.
Ça fait que ce qu'on vient introduire ici...
encore là, vous ne verrez pas de solution, là, ce n'est pas ça qui est écrit
dans le projet de loi n° 20. Ça amène un forum, ça amène une mission de
dire : Vous avez la responsabilité de l'organisation clinique de votre
territoire. C'est une responsabilité nouvelle qui est vraiment amenée aux
médecins spécialistes, puis ça va... on dirait toujours des gros mots, là, mais
ça... je ne veux pas dire : ça les oblige ou ça... mais ça les amène,
ensemble, à avoir cette... à avoir cette vision-là. Puis moi, je pense qu'en
mettant, dans le fond, toutes ces personnes-là, tous ces médecins-là... nous
amène à réfléchir pour une population et non pour dire : Bien, moi, ma
communauté... Ça amène une... en tout cas, si on se fie sur l'expérience qu'on
a vécue avec les médecins de famille, ça a fait une différence et ça ramène
cette gestion de proximité là aussi pour les médecins. Ça leur donne un pouvoir
d'organisation clinique, qu'ils nous ont demandé.
M. Fortin : Puis là je me concentre sur, justement, l'aspect régional,
parce que vous l'avez amené, puis je trouve que ça amène un point important et
valide, là. La différence entre la médecine familiale puis la médecine
spécialisée, là, c'est... Puis je n'ai pas les chiffres devant moi, là, mais
les ORL, par exemple, en Outaouais ou à Chaudière-Appalaches, là, il n'y en a
pas un dans chaque territoire. Il n'y a pas un ORL dans le territoire du
Pontiac, il n'y en a pas un dans La Vallée-de-la-Gatineau, à moins que... je ne
pense pas, là, comme il ne doit pas y en avoir dans chaque MRC à Chaudière-Appalaches
non plus.
Alors, c'est bien plus facile, pour un médecin
de famille que, lui, sa pratique est implantée à Shawville, à Papineauville, à
Maniwaki, d'amener le point de la ruralité, d'amener le point de la nécessité
de faire les choses peut-être pas toujours pareil, que ça va l'être aux six ORL
qui sont tous basés à Gatineau, là. On a beau les mettre autour de la table,
ils sont tous des ORL qui sont basés à Gatineau quand même. Alors, qu'est-ce
qui nous assure que la réalité qui a été partagée par les
médecins de famille, que vous avez mis autour d'une table comme celle-là, la
réalité régionale, elle va être considérée de la même façon autour d'une table
où il n'y a personne qui vient de ces milieux-là?
M. Paré
(Daniel) : Encore là, au niveau... Bien, vous allez voir, dans... il y
a plusieurs autres articles, là, qui viennent amener, là, différentes façons,
là... différentes de l'amener. Mais je comprends que, dans le fond, vous
regardez à des solutions que ça va faire concrètement...
Le projet de loi, ce
qu'il vient dire, c'est qu'on les met ensemble avec des objectifs puis comment
rencontrer les résultats. C'est pour ça que je vous ramène souvent à l'exemple
qu'on a connu avec les omnipraticiens. Bien, on en a vu, des ouvertures de GMF
dans des territoires où est-ce qu'il n'y en avait pas, parce qu'ensemble...
puis, comme je vous dis, collectivement, ont décidé... Cette année, on a
priorisé, des fois, des recrutements dans certaines régions par rapport à
d'autres, puis ça, ça ne venait pas de l'organisation, c'était une
recommandation des médecins. Ça fait que ça... avec la responsabilité
d'organisation clinique.
Nous, on pense
qu'avec les médecins spécialistes ils sont capables de faire exactement le même
résultat puis avec, même, différentes spécialités. Ça fait qu'encore là ils
nous ont ramenés, des fois, avec différentes solutions. Ça fait que, comme vous
voyez, ça n'amène pas une garantie de quelque chose, mais ça amène un nouveau
moyen pour amener des nouvelles pistes de solutions.
Fortin : Je vous soumets un truc, parce
que je pense que c'est important de le garder en tête à ce moment-ci, là. Si,
réellement, il y a une volonté de... entre autres, d'attirer les spécialistes
en région, là... je ne parle pas de Gatineau, là, je ne parle pas de Lévis,
mais je parle de régions-régions, là, disons, là... un des trucs auxquels... Moi, ce que j'entends du réseau chez nous, là,
c'est : Les spécialistes, ils ne veulent pas venir parce que nos équipements
ne sont pas superbons par moments. Tu sais, les équipements qu'on utilise à
profusion en ville, parce qu'ils sont utilisés
souvent, on les change de façon régulière. Les équipements qui sont en région
ne sont pas tout le temps à la fine pointe.
Il y en a qui sont à la fine pointe, là, il y en a qui sont très, très bons,
mais il y a des spécialistes qui refusent de venir en région parce
qu'ils n'ont pas les outils dernier cri auxquels ils auraient peut-être accès
en ville.
Donc,
il y a une
partie de ce que vous dites qui est tout à fait vraie. Ça prend une
vision régionale, mais il faut aussi que cette vision-là régionale, elle soit,
disons, bien implantée aux décideurs, à Santé Québec, qui choisissent
ces investissements-là, là. Ça ne vient pas juste, par exemple, de cette
table-là que vous soumettez, là.
Le Président (M.
Provençal)
: M. Paré.
M. Paré (Daniel) : Vraiment, encore là,
pratico-pratique, imaginez-vous qu'un groupe de médecins, exactement,
décident ensemble, dans le cadre de ce qui est proposé aussi, dire... nouvelle
organisation clinique, puis il va voir son organisation, son P.D.G. : Nous
autres, là, si on avait telle pièce d'équipement, telle chose, tel
agrandissement, on change notre organisation clinique. Bien, imaginez-vous le
pouvoir derrière ça. Souvent, bien, on en a parlé ici, là, à maintes reprises, des fois, des fondations, c'est exactement
ce qu'ils cherchent là. Quand on disait, là, des partenariats, des leviers, ça passe beaucoup par ça. Bien, ça,
c'est un des leviers qui permettraient, là, d'avancer. Même si on aurait une fondation qui nous donnerait 1 million
pour x pièces d'équipement, on aurait même une organisation qui dirait :
Moi, je suis capable de rénover telle
partie d'un centre, d'un CLSC ou d'un hôpital, puis je n'ai pas la
participation médicale, bien, ça ne marcherait pas.
M. Dubé : Et, Daniel, ce que je voudrais peut-être... Si on
prend... M. le député, votre question est très bonne. C'est pour ça, je
pense, qu'on a fait l'analyse des 20 articles. Mais 389, c'est exactement
ça. On peut le regarder rapidement, là : «Le département territorial de
médecine spécialisée, outre les fonctions que lui confère... donner son avis
sur tout projet concernant la prestation de services, le déploiement et le
développement des équipements médicaux spécialisés.
C'est
exactement ça, d'avoir cette vue globale là que, peut-être, l'équipement dont
vous parlez, en région, qui est important, bien, comment on pourrait se
regrouper ensemble, ce que font beaucoup... en tout cas, ce qu'on pense,
qui est l'approche des omnis. Ça fait que votre question est très pertinente,
mais c'est... 389, c'est exactement ça.
Fortin : O.K. Là, sur l'amendement que
vous suggérez, là, ça, c'est un amendement qui a été testé avec les différents
groupes, là, j'imagine. Puis ça, il n'y a pas d'enjeu de part et d'autre?
M. Dubé : Non, pas du tout, au contraire. Au contraire, ça a
été discuté avec les médecins. Ça a été long. Ça a été long, mais on
voulait bien s'entendre, puis je pense qu'on est arrivés à cette conclusion-là
que... Le grand principe que M. Paré vient d'accepter, c'est la responsabilité
territoriale, puis ça, je pense que c'est un gros... je dirais, c'est une
grosse avancée, je pense, qu'on a faite.
M. Fortin : O.K.
Mais à 372, de façon bien... à l'amendement, là, que vous nous suggérez ici,
là, vous venez dire, essentiellement, que, quand il y a plus qu'un
établissement public dans une région, Montréal, disons, là...
M. Dubé : C'est
un bel exemple.
M. Fortin : ...alors
là, on vient déterminer... Avant, ce que vous aviez, c'est de rattacher des établissements
à un établissement public... à rattacher,
pardon, les départements aux établissements publics. Alors, c'est-à-dire, le
département de médecine spécialisée est rattaché au CIUSSS
Ouest-de-l'Île, par exemple, O.K. Puis là ce que vous venez de dire,
c'est : «détermine alors ceux de ces établissements auxquels se rattache
chacun de ces départements». Expliquez-moi la nuance, parce que je ne suis pas
sûr que je la comprends.
M. Paré
(Daniel) : Bon, on prend l'exemple, encore là, de Montréal.
Aujourd'hui, on a un établissement territorial
pour Montréal. On ouvre la possibilité, maintenant, de dire : Bien, avec
l'avenir, comment... qu'on verra avec... est-ce qu'on pourrait avoir
deux départements territoriaux à Montréal, parce que les réalités du nord, du
sud sont différentes, ou de l'est, ouest
sont différentes? Ce serait la même chose en Montérégie. En Montérégie, on a un
département puis avec trois régions sur un grand territoire. Ça fait
qu'encore là, aujourd'hui, ce qu'on nous dit : Bien, on aimerait garder... mais, dans l'avenir, on voudrait avoir
cette possibilité-là. Ça fait que c'est pour ça que c'est inscrit comme ça, là,
qu'on pourrait. On se donne cette possibilité-là pour mieux adapter, encore là,
l'approche de proximité puis l'approche territoriale.
M. Fortin : Ce
que vous me dites, c'est que là, le DRMG, par exemple, là, il se réfère au...
je ne sais pas, moi, au CISSS—Montérégie-Centre, là, mais ça change quoi, ça,
qu'il soit référé à un ou... parce qu'il s'occupe quand même de l'ensemble des
trois, si je comprends bien.
M. Paré
(Daniel) : Oui, mais tous les médecins spécialistes de la Montérégie
travaillent ensemble. Ça fait que, quand je
vous ramène sur la vision globale, c'est comme sur un grand, grand, grand
territoire, là. Mais est-ce qu'il se pourrait, avec les années, qu'on
essaie de... s'il y a une masse critique particulière, de dire : Bien, au
lieu d'en avoir un en Montérégie, on peut-tu en avoir deux, on peut-tu en avoir
trois? Ça vient ouvrir cette possibilité-là, dans une logique... Puis ça ne
s'applique pas dans les autres régions, parce que c'est une région
sociosanitaire, puis il y a un établissement.
Ça fait que ça, ça va bien, mais, dans les régions où est-ce qu'il y a plus
qu'un établissement, on ouvre cette possibilité-là.
Le Président (M.
Provençal)
: Je
céderais la parole au député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Puis justement, vous
étiez à le dire, vous disiez, quand il y a une concentration... Qu'est-ce qui
pourrait amener à une justification d'établir différents départements dans la
région sociosanitaire?
M. Paré
(Daniel) : Écoutez, c'est très hypothétique, là, c'est pour ça, là,
qu'on... Bien, ce qu'on se dit, c'est : On se donne cette opportunité-là,
notamment, avec les médecins spécialistes. C'est quelque chose de nouveau, là.
Cliche-Rivard : Ça, c'est nouveau.
M. Paré (Daniel) : Ça fait qu'imaginez-vous,
à cinq, six ans d'utilisation, bien, on pourrait dire : Bien, écoutez,
nous autres, on... peut-être que les
regroupements pourraient être différents. Ça fait que donnons-nous cette
possibilité-là d'organisation de services dans des pôles.
Cliche-Rivard : Puis, le cas échéant, on va les diviser en territoires
ou en spécialités?
M. Paré
(Daniel) : Non, bien, l'idée est beaucoup plus par territoire, là,
pour voir, mais...
M. Cliche-Rivard : Par
territoire. Donc, toi, tu as l'Ouest-de-l'Île, toi, tu as le Centre-de-l'Île,
puis toi, tu as... Ce serait... on pourrait diviser ça comme ça.
M. Paré
(Daniel) : C'est vraiment hypothétique.
Cliche-Rivard : Oui, oui, mais c'est ça, la logique?
M. Paré (Daniel) : ...mais dans une notion
de logique qu'on voudrait... puis les médecins nous ont demandé ça.
M. Dubé : C'est
ça qu'ils nous ont demandé.
M. Paré
(Daniel) : Parce que, là, on dit : Écoutez, il me semble qu'on
est beaucoup de médecins spécialistes à Montréal. On est beaucoup. Est-ce
que... puis, des fois, nos trajectoires communes, tu sais... Ce qu'il faut
savoir, avec les médecins spécialistes,
souvent, c'est des trajectoires qui sont sur une base, oui, organisationnelle,
mais souvent, même, personnelle. On se connaît, je vous fais des
références, dépendamment où est-ce que vous travaillez.
Ça fait que, là, on
vient installer qu'il y en a un pour Montréal. Mais vous comprendrez qu'avec
les travaux, qu'on va vouloir améliorer l'accès, la fluidité, etc., bien, on se
donne cette possibilité-là de...
M. Cliche-Rivard : Puis, le cas
échéant, le département en question va être responsable seulement de son
territoire. Ça fait qu'on vient subdiviser la région sanitaire en termes de
responsabilité.
M. Paré (Daniel) :
C'est ça.
M. Cliche-Rivard : Puis est-ce que,
nécessairement, les divisions qu'on ferait en médecine familiale vont être
faites en médecine spécialisée ou il pourrait y avoir des départements
complètement différents?
M. Paré (Daniel) : L'idée, c'est de
garder toute la flexibilité possible pour s'adapter. On sait qu'ils n'ont pas
les mêmes missions, ils n'ont pas les mêmes responsabilités. Je ne pense pas
qu'il serait souhaité, là, d'avoir cette obligation, d'avoir cette...
M. Cliche-Rivard : Que ce soit du
pareil...
M. Dubé : Je veux juste rajouter un
commentaire là-dessus. On a ce que j'appelle des superspécialités, où le nombre de médecins fait une grande... le petit
nombre de médecins fait une grande différence. Si on est... contrairement
aux omnis. Je ne dis pas qu'ils sont interchangeables, je veux faire attention
à la terminologie, mais un omni, c'est un praticien
général. Le spécialiste dermatologue, je pense que d'élargir sa région pourrait
permettre de mieux lutter contre le petit nombre de spécialistes qu'on a
pour une certaine région. Vous me suivez?
Le spécialiste qui est dans l'ouest de Montréal,
bien, peut-être qu'on voudrait être capables qu'il travaille un petit peu en
dehors de sa région, pour être capable de donner des meilleurs services.
Voyez-vous? C'est un peu l'approche qu'on veut être capables de faire. Puis par
spécialité, c'est là que... et par territoire, pour moi, ça va ensemble. Et c'est ça que les médecins nous ont
dit : Est-ce qu'on peut s'organiser autrement, maintenant qu'on a cette volonté-là
d'avoir une responsabilité territoriale? C'est ça qu'on a entendu.
Cliche-Rivard : Et pourquoi on a voulu... vous avez voulu... Puis
là vous parliez dans un cadre hypothétique, M. Paré. Vous disiez :
C'est seulement quand il y a plus d'un établissement public dans la région que
vous vous êtes donné ce pouvoir-là. Pourquoi vous ne vous êtes pas donné ce
pouvoir-là de manière large?
M. Paré (Daniel) : Bien, ce qu'il
faut comprendre, toutes les autres régions, il y a une organisation. Ça fait
que, là, il y aurait moins de logique d'avoir un P.D.G., avec deux départements
de médecine familiale, tandis que là, à Montréal ou Montérégie, vous avez comme
le contraire. Montréal en a 10, P.D.G., avec un... Ça fait que c'est pour
ça qu'on a déjà travaillé cette coordination régionale là, qui est plus
naturelle déjà. Mais dans une région, là... une région à multiétablissements,
bien, c'est un de nos enjeux puis c'est une... on veut se donner cette
opportunité-là, le cas échéant, suite, après ça, aux travaux qu'on fera avec
eux, là.
Le Président (M. Provençal)
: Ça va, M. le député?
Le Président (M. Provençal)
: M. le député de Pontiac.
M. Fortin : Est-ce que... parce que là, dans le contexte où on
pourrait, disons, diviser les territoires, là, tu sais, pour la médecine
familiale, ça me semble relativement simple, là. Puis l'argument que vous avez
amené de : O.K., bien là, ça fait soit bien du monde autour de la table ou
ça fait un sapré gros territoire, là, pour un DRMG... Mais quand on regarde les
spécialités, là, quelques chiffres, là, tu sais, on a 666... Non, attends, je
vais rendre ça bien plus simple que ça. Il y a 2 305 spécialistes en
médecine interne au Québec. Alors, tu sais, dans votre territoire montréalais, par exemple, là, il y en a un puis un
autre. Mais on a aussi trois spécialistes en pathologies hématologiques
au Québec. Donc, tu sais, si on se dit : on divise des territoires, est-ce
que ça peut se retrouver à marcher pour certaines spécialités, mais ne pas
marcher pour d'autres?
M. Dubé : Mais ça n'a pas besoin
d'être les mêmes.
Le Président (M. Provençal)
Bien, allez-y, M. le ministre,
oui.
Dubé : En fait, bonne
question. Quand on discutait avec les spécialistes sur ce sujet-là... Ça n'a
pas besoin d'être le même territoire pour toutes les spécialités. Tu sais, si
la spécialité dont vous parlez... un pathologiste pourrait être pour l'ensemble du territoire de Montréal,
alors que, par exemple, pour les internistes, il pourrait y avoir six régions
ou quatre régions. Vous me suivez? Votre question est pertinente, mais c'est ça
qu'ils nous ont dit : Donnez-nous la possibilité qu'on s'organise entre
nous en fonction des 37 spécialités.
M. Fortin : O.K. Alors, ça, est-ce que ça vous permet, par exemple, de
dire : On divise le territoire montréalais?
Ça, je pense que oui, ça vous permet de le faire, là, l'amendement que vous
suggérez. Est-ce que ça vous permet aussi de dire : Par spécialité, on
pense que, je ne sais pas, moi, l'est du Québec devrait être un territoire pour
s'organiser, là, tu sais? Est-ce que ça vous permet...
M. Dubé : Ça va être à eux de le
décider.
M. Fortin : ...je ne
veux pas dire, de fusionner un territoire, mais... pour cette question-là
spécifique aux départements territoriaux?
Le Président (M.
Provençal)
: M. Paré.
M. Paré (Daniel) : C'est vraiment... c'est
dans une région sociosanitaire où est-ce qu'il y a plus qu'un
établissement.
Fortin : O.K. Mais vous...
M. Paré
(Daniel) : Ça fait que cette notion-là, je pense, vient dire que...
M. Paré
(Daniel) : ...on ne pourrait pas créer un département jumelé Côte-Nord
et Bas-Saint-Laurent. Je donnerais ça comme exemple, parce que cet article-là
n'y touche pas. Cet article-là, ou cet amendement-là, je devrais dire, vise
principalement, là...
M. Fortin : À diviser les gros, gros, gros territoires, comme la
Montérégie puis Montréal.
M. Paré
(Daniel) : C'est ça.
M. Fortin : O.K. Mais dans l'explication que vous venez de me donner, vous ne
pensez pas avoir besoin de ça pour certaines spécialités où il y a très
peu de spécialistes?
M. Paré (Daniel) : Bien là, on
s'éloignerait... De deux choses l'une. C'est que, là, on s'éloignerait du principe
de gestion de proximité.
M. Paré
(Daniel) : Ça fait que là... Tu sais, c'est pour ça, au début, hein,
je vous l'ai bien placé, là. C'est dans cet esprit-là. Cependant, pour prendre
un autre exemple, pour des surspécialités, chirurgie cardiaque, etc., c'est des
corridors de services. On est moins dans ce concept-là, là. Ça fait qu'on
s'organise déjà, là, pour s'assurer que ces régions-là reçoivent le service,
mais pas à l'intérieur d'une structure comme ça.
Le Président (M. Provençal)
: Ça va? S'il n'y a pas
d'autre intervention, est-ce que l'amendement à l'article 372 est
adopté?
Le Président
(M. Provençal)
: Maintenant,
est-ce que l'article 372, amendé, est adopté?
Le Président
(M. Provençal)
: Adopté.
Article 373, c'est un
article où l'amendement retire tout simplement
l'article, mais, étant donné qu'on a simplement mentionné que l'article était
retiré, je vous suggère simplement de lire le commentaire, M. le ministre, pour
mentionner pourquoi qu'il est retiré.
M. Dubé :
Alors, cet amendement retire
l'article 373 du projet de loi parce qu'un autre amendement introduira des
dispositions particulières à la formation pour les régions sociosanitaires, de
plus qu'un département territorial de médecine
familiale et de plus d'un département territorial de médecine spécialisée.
Comme ces règles sont particulières à chacun de ces départements, elles
doivent se trouver dans les dispositions qui leur sont particulières et non
dans les dispositions communes aux deux départements.
M. Fortin : ...avant qu'on procède, là, pouvez-vous juste me dire il
est à quel article, là? C'est quoi, cet amendement-là qui va introduire, là...
juste pour qu'on suive puis qu'on soit certains de ne pas en manquer.
M. Dubé :
Peut-être, Mathieu? Allez-y, oui.
Le Président
(M. Provençal)
: Me Paquin.
Vous allez vous nommer, par contre.
M. Paquin
(Mathieu) : Oui, M. le Président. Mathieu Paquin, Direction des
affaires juridiques, Santé et Services sociaux.
Alors,
les règles qui concernent la formation des différents départements vont être
prévues par les amendements qui vont remplacer les articles 380 et
Le Président
(M. Provençal)
: Ça
va, M. le député? Ça va?
M. Fortin : Oui, oui, oui. Pardon.
Le Président (M. Provençal)
: Alors, est-ce que l'amendement
retirant l'article 373 est adopté?
Président (M. Provençal)
Alors, l'article 373 est
donc retiré. 374, y a-t-il des interventions sur l'amendement?
M. Fortin : Oui, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
: Allez-y.
M. Fortin : O.K. Là, ici, on vient commencer la discussion sur la
composition, entre autres, du département. O.K.
La notion que vous introduisez, c'est de dire que le département territorial,
il est dirigé par un médecin nommé par les trois élus... les trois
médecins qui sont élus par les membres de ce département au comité de
direction... en fait, non. Savez-vous quoi? Il n'est pas si simple à lire que
ça, de la façon que c'est écrit, là.
M. Fortin : Oui, c'est ça. Donc, je vous demanderais une explication
sommaire de ça, parce que la lecture n'est vraiment pas si simple que ça.
M. Dubé : ...demanderais à
M. Paré, parce qu'encore une fois, ça, c'est une demande très claire qui
nous est venue des spécialistes, à l'effet qu'ils voulaient que ce soient eux
qui décident de la composition et non de se faire imposer ça. Alors, le
principe, là... mais peut-être que... Daniel, tu peux peut-être commenter
là-dessus?
Le Président (M. Provençal)
: M. Paré, s'il vous plaît.
M. Paré (Daniel) : Bien, je
pense que M. le ministre l'a déjà bien placé, là. Dans la première mouture, la
proposition, c'est que le directeur du département était nommé par le P.D.G.
En consultations particulières, les
fédérations, dans le fond, nous ont dit : Nous, on a un enjeu avec ça. Et
ça, ça a fait
partie de nos discussions avec eux, et, suite à ça, bien, on
s'est entendus d'avoir, dans le fond, une nomination paritaire, parce que d'un
point de vue, mettons, d'une organisation, le représentant de ce
département-là, nous, on voulait avoir une
certaine indépendance. Exemple, on sait que les fédérations médicales ont des
organisations syndicales, mais là on disait : Il ne faut pas
mélanger les affaires, là, il ne faut pas que le représentant syndical vienne
sur ce comité-là.
Ça fait que
nous, on voulait s'assurer de cette indépendance-là. Puis, d'un point de vue
médical, elle dit : Bien, nous autres, on veut s'assurer d'avoir... que ce
soit quand même quelqu'un, là, qui ait un consensus des membres, qui est
bien représentant. Ça fait que ce qui est proposé ici, c'est vraiment... c'est
un comité paritaire, trois membres des médecins de la région avec un côté, là,
de l'organisation de trois membres, et on s'entend, là, sur la nomination de la
personne.
M. Dubé : Si vous remontez un
petit peu, si vous permettez, peut-être pas si haut, le commentaire... parce
qu'on dit vraiment que la solution qui a été trouvée ici, c'est la formation du
comité paritaire. Voilà.
M. Fortin : O.K. C'est peut-être la façon qu'il est écrit, l'article,
qui est... Puis sur le fond, là, de dire que ce n'est pas le P.D.G. qui devrait
choisir le médecin membre du département territorial, là, ou le médecin
directeur, par exemple, du département territorial, ça, il n'y a pas d'enjeu.
Je pense que les spécialistes avaient raison de vous interpeler, entre autres
là-dessus, puis de dire qu'il faut qu'ils aient leur mot à dire.
Essayez de suivre la phrase avec moi, là :
«Un département territorial est dirigé par un médecin nommé parmi les trois
médecins élus par les membres de ce département au comité de direction de
celui-ci, par un comité paritaire formé en
vertu de l'article 374.1.» Je me demande s'il n'y a pas une façon plus
simple d'écrire ça, parce que...
Le Président (M. Provençal)
: Avant qu'on vous réponde, peut-être
que votre collègue de Saint-Henri—Sainte-Anne aurait peut-être un questionnement.
M. Cliche-Rivard : Juste pour
être certain, même, qu'on le comprenne, là, tu sais, si vous pouvez le
décortiquer, M. Paré, ce que je comprends, c'est qu'il y a un comité
paritaire. Ce comité paritaire là va nommer, sur le
conseil de direction, trois médecins, et un de ces trois médecins-là sera nommé
directeur du département. C'est-tu ça que ça veut dire, cet article-là?
Le Président
(M. Provençal)
: Me Paquin.
M. Paquin
(Mathieu) : Oui, M. le Président. Alors, essentiellement, pour
peut-être comprendre plus aisément ce que dit l'article 374, si on prend
le cas du département régional de médecine familiale, il faut avoir sous les
yeux l'article 364 tel qu'il serait amendé.
Alors, le département
territorial est dirigé par un médecin nommé parmi les trois médecins élus par
les membres de ce département au comité de
direction. Donc, le comité de direction est prévu à l'article 384, et on y
prévoit qu'il y a trois médecins élus
par et parmi les membres du département. Donc, le directeur médical de ce
département-là va être l'un de ces trois-là. Et qui fait le choix de celui de
ces trois médecins-là qui va être le directeur médical? C'est le comité paritaire qui va être nommé en vertu de
l'article 374.1. Donc, essentiellement, c'est ça que la première phrase du
premier alinéa de l'article 374 nous dit. Dans le cas du
département régional de médecine spécialisée, c'est la même chose, hormis que
les règles qui concernent la formation du comité de direction sont à
l'article 390.
M. Cliche-Rivard :
Donc, c'est le comité paritaire qui va nommer le médecin parmi les trois
médecins élus au conseil de direction?
Le Président
(M. Provençal)
: Me Paquin.
M. Paquin
(Mathieu) : Tout à fait, M. le Président.
M. Cliche-Rivard : Puis là on verra
l'élection au conseil de direction, comme on l'a nommé tantôt, comme on
l'a lu aux articles suivants.
M. Paquin
(Mathieu) : Oui, M. le Président.
M. Fortin : J'hésite à en parler là ou au 374.1, puis vous me direz
s'il faut en parler là-bas, là, mais... parce qu'ici on vient dire que c'est le
comité paritaire qui doit faire cette détermination-là de qui dirige le département
territorial. Pourquoi Santé Québec a besoin
d'être autour de la table de ça? Parce que ce que les spécialistes nous ont
dit, c'est que ça ne peut pas être
juste Santé Québec qui décide. D'accord. Là, vous dites : O.K., bien, on
va faire un comité 50-50, là,
puis il va y avoir du monde de Santé Québec puis il va y avoir de... Pourquoi
Santé Québec veut être au minimum paritaire dans cette décision-là?
Le Président
(M. Provençal)
: M. Paré.
M. Paré
(Daniel) : Bien, d'entrée de jeu, là, je vous ramènerais au diagramme
qu'on vous a présenté, là. C'est qu'il relève du P.D.G., ça fait
partie de ses
responsabilités. C'est déjà comme ça, en passant, là, pour le DRM. Pourquoi dans la notion de paritaire? Je vous en
ai parlé un petit peu tantôt. D'un point de vue médical, eux, ils veulent
s'assurer que ça soit un membre qui a le respect de ses pairs, etc., pour mener
à bien... D'un côté organisationnel, nous, on veut s'assurer que ça soit, notamment, qu'il a des qualités de
collaborateur, etc. Parce qu'encore là, ce qu'on veut, avec tout ce qu'on a déjà discuté, là, sur le mandat,
la mission de ce comité-là, on veut s'assurer, dans le fond, que c'est un choix
de consensus.
fait que c'est là-dessus que, lorsqu'on parlait avec nos collègues des fédérations
médicales, on s'est entendu rapidement,
là, sur cette notion-là. J'ai dit : Écoute, nous... puis on a connu dans
le passé, il faut se le dire, on a connu dans le passé où est-ce que ça a été
plus difficile. Il y a des régions que ça fonctionnait très bien, d'autres plus
difficiles, notamment par rapport, là, des fois, à des rôles qu'il
pouvait jouer ailleurs, là, au sein de l'organisation, etc.
fait que c'est la raison qu'on s'est entendus là-dessus, puis je peux vous dire
que ça a été... Ça a été quelque chose d'apprécié, là, par les deux
parties.
M. Fortin : Quand vous nous dites que c'est déjà comme ça, là, vous
parlez des départements de médecine familiale?
M. Paré
(Daniel) : Dans le passé, oui.
M. Fortin : C'est-à-dire? Pourquoi vous dites «dans le passé»?
M. Paré
(Daniel) : Bien, parce que le médecin spécialiste, c'est nouveau.
M. Fortin : Oui, oui. Bien, ça va être nouveau.
M. Paré
(Daniel) : Ça va être nouveau.
M. Dubé :
Bien, c'est vraiment le principe du clinico-administratif, ce comité
paritaire là, là.
M. Paré
(Daniel) : Vraiment.
M. Fortin : O.K. Et donc, dans les DRMG, en ce moment, ce que vous nous dites, c'est
qu'il y a actuellement un
comité paritaire qui décide de qui...
M. Paré (Daniel) :
Non.
M. Fortin : Alors, je ne comprends pas votre point de vue sur le
«actuellement», la situation actuelle.
M. Paré
(Daniel) : L'actuel, le DRMG nomme sa personne simplement. Aujourd'hui
c'est comme ça. On veut... Suite à
l'expérience des 20 dernières années, beaucoup de choses ont bien été,
mais dans certaines régions, on a eu des enjeux avec le président,
notamment sur la notion, entre guillemets, d'indépendance parce qu'il jouait
différents rôles. Et c'est là qu'avec la
notion du comité paritaire, on vient s'assurer de ça, d'avoir un consensus des
deux, pas plus un, pas plus l'autre.
M. Fortin : O.K. Un instant, là. Là, aujourd'hui, là, la tête dirigeante du DRMG est
nommée par les médecins.
M. Paré
(Daniel) : Oui.
Fortin : O.K. Donc là, ce que vous, là, ce
que vous aviez proposé, là, c'est de faire un renversement complet, là, de
dire : On part de nommé par ses pairs, disons, puis là on va le nommer
nous-mêmes. Santé Québec va le nommer, puis là vous arrivez avec un... Là, il
est 50-50, puis vous me dites... Vous me dites que les médecins sont d'accord
avec ça.
M. Paré
(Daniel) : Ah! carrément. Ça...
M. Fortin : Bien, ils sont d'accord parce que vous étiez à «c'est nous
qui décidons» ou ils sont d'accord parce que
c'est quelque chose qui est accepté? On est-tu dans le principe d'une
négociation, là, où vous aviez le contrôle complet, on vient le saisir, on finit kif-kif, tout le monde est content
parce que vous avez baissé, ou s'ils sont vraiment contents?
M. Dubé :
Bien, ça, vous pourrez leur
demander, mais je pense que la discussion a été assez longue... que ce qui
est important, ce n'est pas la vidéo de l'accouchement, mais c'est la photo du
bébé. Puis la photo du bébé, je pense qu'elle est très bonne, pour parler...
M. Fortin : Je n'ai jamais vu une vidéo d'accouchement. Je vous laisse
ça entre les mains, mais...
M. Dubé :
Bon. Et voilà. Non, mais
sérieusement, ce que je vous dis, M. le député, c'est pour ça, tantôt, que
j'ai pris l'expression
clinico-administratif. Rappelez-vous, tous les représentants qui sont
venus nous voir en commission, puis ils disaient : C'est important de
garder l'équilibre, clinique et administratif. Ce qu'on a fait avec ce
compromis-là, qui est, à mon sens,
basé sur le clinico-administratif, c'est ça. Et c'est pour ça qu'on a décidé de
le faire, et pour les omnis, et pour les spécialistes. On est... Encore
une fois, je le répète, on est excessivement contents d'être arrivés à cette
entente-là.
M. Fortin : Oui. Bien, je n'en ai aucun doute que vous êtes contents d'être arrivés
à l'entente. Ce qu'on cherche à savoir... Puis je doute fort qu'il y a beaucoup
de médecins, là, qui vous ont dit, tu sais, qu'on ne veut pas garder le
contrôle de ça. Est-ce qu'ils sont heureux que l'article 374, tel qu'il
était écrit, n'est plus en place? Probablement, là. D'être arrivé à une espèce
de compromis de votre part, d'accord... Qu'est-ce qui arrive dans le contexte
où le comité paritaire, s'il est vraiment paritaire, là, c'est trois d'un bord,
trois de l'autre, là, il n'est pas d'accord?
M. Paré (Daniel) : Bien, si je peux me
permettre, bien, il faudrait avoir un autre candidat. C'est aussi simple que
M. Fortin : Si c'est égal, c'est non.
M. Paré (Daniel) : C'est ça. Ça fait que la
responsabilité, le pouvoir, bien, c'est... On le voit, c'est 50-50 des deux... au
niveau des deux côtés, puis c'est là-dessus qu'on s'est entendus avec les deux
fédérations médicales.
Le Président
(M. Provençal)
: M.
le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard :
Autrement dit, là, ce que vous dites, c'est qu'il y aura un droit de veto
de chaque bord, finalement, là. Si c'est
non, c'est non, puis ça n'avance pas jusqu'à tant qu'on ait un prochain
candidat qui fasse l'unanimité.
Le Président (M. Provençal)
: C'est exactement ça.
M. Cliche-Rivard : Parce
qu'on devine que les comités vont voter conjointement ou en bloc. Ou ça ne veut
pas dire...
M. Paré (Daniel) : C'est une
hypothèse.
M. Cliche-Rivard : On
peut deviner, là. Parfait. Vous dites : Le comité paritaire peut,
lorsqu'il y a des motifs sérieux... puis si on peut baisser un peu pour
voir la fin de l'amendement.
Le Président (M. Provençal)
: Est-ce qu'on peut descendre, s'il
vous plaît?
M. Cliche-Rivard : ...relever
le médecin qui dirige le département de ses fonctions et le remplacer. Donc là,
c'est comme décision, même chose, unanime du comité paritaire. Si cette
personne-là, on a un problème, on repart le processus de sélection à
tout moment puis on nomme une nouvelle personne.
«Motifs sérieux», c'est large dans une volonté
très large. Est-ce que vous aviez des idées qui ont guidé votre intention?
Est-ce qu'il y a des exemples? Sans nommer personne, évidemment, mais...
M. Paré (Daniel) : La première
intention, c'était de s'assurer d'avoir un mécanisme de pouvoir... de pouvoir
relever de ses fonctions, parce que ça, c'est un mécanisme qu'on n'avait pas
dans l'ancienne loi, premièrement.
Deuxièmement, dans les motifs sérieux, c'est que
c'est certain qu'on... Les objectifs de ces deux comités territoriaux là, on
veut s'assurer d'atteindre les objectifs, de travailler ensemble. Ce qu'on a
déjà vu dans le passé, c'est qu'encore là
une personne pouvait être nommée dans l'an 1, mais devient, à l'an 3,
représentant syndical, tu sais, de...
La vie continue, etc. Mais là, c'est le genre d'exemple qu'on dirait : Bien
là, il y a un conflit de rôle. Ce n'est pas qu'un rôle est plus important que l'autre, mais il y a un conflit de
rôle. Ça fait que ça, c'est le genre d'exemple, là, qu'on pourrait voir.
M. Cliche-Rivard : Puis
là vous dites que la durée du mandat ne peut pas excéder quatre ans, mais il
pourrait être rétabli ou renouvelé dans ses fonctions pour un autre quatre ans
sans problème, mais d'un coup chaque vote doit être refait pour aller
chercher l'unanimité, mais on peut comprendre que, s'il n'a pas été tassé, on
peut comprendre qu'il va probablement être renouvelé. C'est possible.
M. Paré (Daniel) : Si je me fie
au passé, je vous dirais oui, tu sais, parce qu'encore là il faut quand même se
dire, c'est des... Personnellement, je n'ai
jamais connu d'élection avec plus que deux candidats, là. Tu sais, c'est quand
même... Ça prend des profils particuliers,
c'est des postes hyper importants, ça prend des gens dédiés, mais avec une
vision régionale ou territoriale.
M. Cliche-Rivard : Mais on ne l'a
pas vu parmi les spécialistes encore, là. Ça, ça va être nouveau.
M. Paré (Daniel) : Ça, ça va
être nouveau.
M. Cliche-Rivard : Ça fait que,
là, je comprends chez les omnis qui ont essentiellement le même champ d'expertise, là, ou, en tout cas, le même... Mais
là, dans les spécialistes, ça se peut... Je vous pose la question. Ça se peut
que ça joue du coude un peu plus, puis qu'on s'établisse informellement, deux
ans... deux ans?
M. Dubé : Là, on est dans
l'hypothétique.
M. Paré
(Daniel) : C'est ça, c'est dans... C'est pas mal une
hypothèse. Mais si je peux me permettre, ça va prendre des gens dédiés,
puis ça existe, là, au niveau des médecins spécialistes aussi avec une vision
régionale.
Je ne connais pas beaucoup de médecins spécialistes
ou même médecins de famille qui vont aller gagner du temps assis, là. Ils vont... Les gens qui veulent s'embarquer dans une
instance comme ça vont le faire pour les bonnes raisons. C'est ce que...
M. Cliche-Rivard : Parce que,
là, elle ne fait que ça, cette personne-là, une fois qu'elle est nommée là. Je
veux dire...
M. Paré (Daniel) : Non, non,
c'est des... Entre guillemets, c'est des médecins pratiquants qui sont dans
leur milieu, etc., et qui font ça, là...
M. Cliche-Rivard : En plus.
M. Paré (Daniel) : En plus. Ah
oui!
M. Cliche-Rivard : Je
comprends. Je comprends. Merci.
Le Président (M. Provençal)
: S'il n'y a pas d'autre...
M. Fortin : ...est-ce que... Sur le point de mon collègue, là, est-ce
que vous n'avez pas peur, par exemple, qu'on se retrouve constamment avec, je
ne sais pas, moi, un chirurgien général, là, parce qu'il y en a beaucoup des
chirurgiens généraux, là, au Québec, plutôt qu'un radio-oncologue où il y en a
pas mal moins? Est-ce que vous n'avez pas peur qu'il y ait, dans un département
comme celui-là... que ce soit toujours le même type de professionnel qui soit
nommé?
M. Paré (Daniel) : Opinion
personnelle, je ne pense pas. Je ne pense pas, parce que je reviens encore sur
des profils des individus qui vont vouloir s'investir là-dedans. Ce n'est pas
un poste syndical, entre guillemets, là, tu sais, c'est un poste qui veut
regarder, là, de façon, là, générale l'offre de service.
Le directeur va être un animateur, tu sais,
parce que, dans le fond, c'est... Le pouvoir repose aussi beaucoup sur le
comité, là, qui va... le comité de direction, là, qu'on va parler plus loin par
rapport à ça.
Pour avoir travaillé avec plusieurs, là,
médecins spécialistes dans le passé, sur différents projets de bloc opératoire, etc., c'était une des spécialités puis
les autres se ralliaient. Moi, je pense, c'est beaucoup plus le leadership des
individus que son... clinique, là, qui va faire la différence, à mon humble
opinion.
Le Président (M. Provençal)
: Ça va?
M. Fortin : Oui, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup. Est-ce que
l'amendement de l'article 374 est adopté?
Le Président (M. Provençal)
: Est-ce que l'article 374 amendé
est adopté?
Président (M. Provençal)
Maintenant, on va traiter le
nouvel
article 374.1 qui est vraiment... qui introduit, là, la
notion du comité paritaire. Interventions? M. le député de Pontiac.
M. Fortin : Merci, M. le Président. Effectivement, là, le 374.1, c'est
un nouvel
article découlant du fait qu'on introduit la notion de comité
paritaire. O.K. Donc là, le comité paritaire, il est en charge de... Bien, on
vient de toucher un de ces aspects, là, c'est-à-dire le premier point dans
votre liste, déterminer les critères selon lesquels le médecin qui dirige le
département territorial est nommé. Ça, ça veut dire qu'à l'intérieur de chaque
comité territorial il peut y avoir des critères différents selon lesquels le
médecin est nommé?
M. Dubé : Pour les régions,
pour tenir compte des régions. Des fois, les besoins sont différents dans
certaines régions.
M. Paré
(Daniel) : Parce que ça pourrait... Bien, encore là, des
fois, là, les... Tu sais, j'essaie de voir des exemples, là. Des fois,
selon...
M. Dubé : ...différents des
grands centres.
M. Paré
(Daniel) : C'est ça, les défis. Les régions sont différentes.
Je reviens avec notre gestion de proximité. On veut garder, justement, là, des leviers. On ne veut pas centraliser
tout par rapport à ces notions-là, pour être mieux adapté au territoire.
M. Dubé : Tu sais, je fais
juste penser, M. le député, là, à une dame qui est médecin, qui est DRMG pour
le Grand Montréal, sans la nommer, là, mais
c'est une dame qui est très respectée. Bien, ce n'est pas la même chose être DRMG
pour l'ensemble de Montréal que d'être DRMG pour la Gaspésie, par exemple. Les
critères pour comment on veut avoir cette
personne-là, c'est très, très différent d'une région à l'autre. Alors, c'est
pour ça que je vous donne cet exemple-là, on... On l'avait vu, avec ces
DRMG-là, c'est très important, là. Ça fait que c'est un peu la même chose pour
les spécialistes.
M. Fortin : Est-ce que... Puis là je regarde les deuxième et troisième
points, là, évaluer annuellement l'exercice des fonctions de ce médecin au sein
du département puis formuler des recommandations qu'il estime nécessaires à l'égard de l'exercice de ses
fonctions. Là, on n'est pas rendu à ce qu'on vient de dire, à
l'article 374, là, où en cas de... Comment on a appelé ça? En cas
de motifs sérieux de le faire, on peut relever le médecin. Là, on est vraiment
dans, entre autres, la gestion de la performance, là, disons.
Est-ce que le fait d'avoir
un comité paritaire ne peut pas mener, justement, à une espèce de clash entre
les médecins puis l'établissement ici, là? C'est-à-dire, tu sais, quelqu'un qui
est nommé comme président du DRMG, là, mais
qui fait juste suivre ce que l'établissement lui dit de faire, tu sais, qui,
pour ses membres, là, peut avoir l'air d'un certain bras opérant du
P.D.G., là... Est-ce que ça, ça veut dire que les trois membres du comité
paritaire autour de la table qui disent...
qui viennent des médecins, qui disent : Ça ne marche pas pour nous autres,
là. Ça ne marche plus, là. Vous avez
l'air d'être une copie du P.D.G. puis de juste tenir compte de leurs priorités
puis pas des nôtres, etc. Ils ont-tu vraiment un rôle autour de la
table? Parce que l'évaluation annuelle, elle va être faite par un comité
paritaire. S'ils ne s'entendent pas là-dessus, tu sais, au-delà de nommer la
personne, s'ils ne s'entendent pas sur tout le reste, là, dans quel contexte on
opère, rendu là?
M. Paré (Daniel) : Si vous me
permettez...
M. Fortin : Tu sais, parce que je... Puis je vous soumets une dernière affaire, là.
Le ministre a, avec raison, là, a passé beaucoup de temps à nous dire
que ça prenait un nombre impair de gens sur un conseil d'administration, entre
autres. Là, ici, on se retrouve avec un comité paritaire qui pourrait mener à
des situations comme celle-là.
M. Paré (Daniel) : Mais
effectivement je pense que c'est différent comme instance. Ce qu'on amène ici,
c'est vraiment la notion de collaboration. Elle est vraiment... Il est vraiment
important, là, ce qu'on veut amener. L'autre bout, c'est quand même... c'est
quand même une des particularités de ça, d'avoir des départements avec des non-employés qui sont des médecins puis qui ont
des privilèges avec l'organisation, avec des objectifs qu'ils veulent faire
pour la population. Ce que ça amène, avec l'exemple que vous amenez, c'est que
si on... Il va falloir déterminer les critères. On va les déterminer ensemble.
M. Fortin : Les critères de nomination.
M. Paré (Daniel) : Puis, après
ça, on va... puis on va le mesurer ensemble. Ça fait que ça, c'est quand même quelque chose de nouveau, là, qui est amené dans
le cadre du projet de loi, en termes d'imputabilité, en termes... Puis ça,
c'est quelque chose... Puis très honnêtement, encore une fois, là, les médecins
ne sont pas différents des administrateurs et vice versa. Les gens qui s'investissent dans un comité comme ça, ils
veulent que ça marche. Ça fait qu'encore là, c'est pour ça que je suis confiant, confiant en termes
de collaboration par rapport à ça, où est-ce qu'on va dire : Bien, voici ce
qu'on veut, ce qu'on veut mettre comme objectif puis après ça, là, on va se
mesurer.
Ça fait que c'est pour ça que je le vois moins
dans une relation patronale-syndicale ou dans une... dans patron-subordonné. C'est vraiment dans une notion
de collaboration. Puis c'est ça aussi qu'on veut insuffler, là, dans le
cadre de ce projet de loi. C'est quand même quelque chose de nouveau, de
collaboration, puis ça, les médecins, les fédérations
de médecins nous le disent beaucoup, là, tu sais. Ça fait qu'ils disent :
Bien, on a été des bons collaborateurs puis
on veut continuer d'être des bons collaborateurs, mais ça amène ici, dans la
proposition, des termes, quand même, de gestion. Ça fait que, là, c'est
une instance officielle de l'organisation. Bien, on va mesurer des choses. Ça
fait que ça, c'est... Je pense que c'est de bon aloi puis des bonnes pratiques
de gestion.
M. Fortin : Je regarde votre paragraphe subséquent là, bien, en fait,
l'avant-dernier paragraphe, là. «Un médecin
se qualifie comme une personne indépendante — et là, avant, vous nous introduisez la notion
qu'il faut que le comité paritaire juge qu'il est indépendant, ce
médecin-là ou cette médecin-là — s'il n'a pas, de manière directe ou
indirecte, de relations ou d'intérêts, notamment de nature financière,
commerciale, professionnelle ou philantropique, susceptibles de nuire à
l'exercice de ses fonctions.»
Un médecin qui est... par un spécialiste, par
exemple, là, qui va diriger l'ensemble des spécialités, est-ce qu'il n'y a pas, de par la nature même de son rôle, de
son poste en ce moment, c'est-à-dire un spécialiste, est-ce qu'il n'y a pas
une... peut-être, de manière directe ou
indirecte, des intérêts de nature financière ou professionnelle, oui,
professionnelle encore plus que financière?
Le Président (M. Provençal)
: M. Paré.
M. Paré
(Daniel) : À mon humble opinion, non. Ça fait qu'encore là...
parce qu'ils font
partie d'un groupe de professionnels qui veulent améliorer la situation. Tu sais, ils viennent
travailler. Ça fait que, oui, ils ont une rémunération, etc.
Mais l'exemple qui conviendrait là-dedans, puis
je pense que vous allez comprendre, le président d'une table territoriale et
que la personne aurait quatre cliniques de radiologie, propriétaire de
cliniques de radiologie. Là, on verrait un
intérêt de dire : Bien, écoute, on fait l'organisation de services, puis
j'ai des cliniques, puis je veux les amener à ma clinique pour... Vous
comprenez, je pense, le sens de l'exemple que je vous donne. Il y aurait
certainement une apparence de... Je ne dis
pas qu'il ne le ferait pas, mais il y aurait une apparence de. Ça vient un peu,
là... C'est un exemple concret qu'on peut dire : Bien, ce n'est pas
le bon profil, puis avec la perception de collaboration qu'on veut faire, puis
avec toute l'indépendance qu'on y veut à ce poste-là...
M. Fortin : Mais, tu sais, l'exemple que vous me donnez, c'est
l'exemple clair, là, tu sais... Puis ce n'est même pas... Ce n'est même plus de
la perception, là, c'est vraiment dans le : O.K, on a une relation directe
d'intérêts financiers. Mais je ne sais pas, moi, un chirurgien cardiaque, là,
qui est en charge du département puis qui vient dire : Bon, bien, savez-vous, il faut qu'on... Notre
liste d'attente en chirurgie cardiaque est trop longue. Il a un intérêt
financier, là. Il a un intérêt
professionnel à la chose, là. Alors, je vois mal dans quel contexte on n'a pas
cet intérêt-là. Vous êtes tous... au minimum, ça... Oui.
M. Paré (Daniel) : Si vous me
permettez encore, moi, je ne vois pas ça dans un intérêt pécunier. Je verrais ça dans un intérêt de donner des services à la
population. Tu sais, je veux dire, ça, c'est parce que je pense que c'est...
opinion personnelle encore, là, il ne faut pas tomber dans ce piège-là, là. Tu
sais, oui, ils sont rémunérés RAMQ quand ils
voient un patient, mais nous, on va vouloir mesurer sur les listes d'attente,
sur les services offerts, etc. Sinon, effectivement, on n'aurait pas de
médecin. Tu sais, ça fait que, c'est ça, si on garde cette paire de lunettes
là...
Moi, je pars d'une prémisse de dire : C'est
une forme de rémunération, là, comme nous tous, là. Ça fait que ça, c'est
clair. Mais je pense, dans l'exemple que vous donnez, là, si et seulement si,
là, que dans l'animation de son comité, etc., moi, je pense que même ses pairs
lèveraient la main et diraient : Là, là... Ça fait que, ça aussi, il faut
garder en tête que le directeur va animer, il va diriger, mais il y a une
équipe de direction qui va être là aussi, avec d'autres spécialités ou d'autres... venant de d'autres régions, à
l'intérieur de sous-régions ou de régions différentes, à même la grande région,
à même le grand territoire. Moi, je pense que c'est des balises, là, qui vont
permettre de s'assurer... Puis je dirais
même que quelqu'un, avec l'exemple, que vous me diriez, que vraiment... Bien,
le jupon dépasserait assez vite, là.
M. Fortin : Puis comprenez-moi bien, là, je ne pense pas que la plupart
des gens qui voudraient s'investir dans un rôle comme celui-là le feraient pour
une raison comme celle-là. Mais à la lecture de l'article, du moins à la première
lecture de l'article, là, puis on les a vus il n'y a pas longtemps, là, les
amendements, je trouve qu'il n'y a pas
beaucoup de gens qui se qualifient. Puis je comprends que la définition de la
notion d'indépendance, c'est la même qui est utilisée ailleurs, dans d'autres
cercles ou dans d'autres textes de loi, même, ou même dans ce projet de loi
ci. Bien là, ici, je pense qu'il pourrait y
avoir un cas qui serait fait de dire qu'à peu près tout le monde qui se
qualifie, ne se qualifie pas comme indépendant, et c'est malheureux.
Alors,
j'espère, M. Paré, que ce que vous nous soumettez, là, que le comité
lui-même, là, à un moment donné, est capable de juger, mais encore
faut-il qu'il y ait des outils pour dire : On va trop loin. Vous, comme
président, dirigez la conversation d'une façon qui nous semble inappropriée.
Oui, ce n'est pas si clair que ça dans ma tête, là.
Le Président (M. Provençal)
: Je vais vous remercier pour les
interventions de ce matin.
Ceci étant dit, considérant l'heure, je vais
suspendre les travaux jusqu'après les affaires courantes, jusqu'à vers
15 h 15 environ. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 12 h 30)
Le Président (M. Provençal)
: La Commission de la santé et des
services sociaux reprend ses travaux.
Nous
poursuivons l'étude détaillée du projet de loi n° 15, Loi visant à rendre le système de santé et de
services sociaux plus efficace.
Lors de la
suspension de nos travaux ce midi, les discussions portaient sur l'amendement
introduisant l'article 374.1. Y a-t-il d'autres interventions à cet
amendement? M. le député de Pontiac.
Fortin : Oui, merci. Merci, M. le Président. Bon après-midi
à tous. O.K. Dans le dernier paragraphe du 374.1... Ça va, M. le
ministre?
M. Dubé : Oui, oui, ça va très bien.
M. Fortin : Je vais vous donner 10 secondes. Il n'y a pas de
problème.
M. Dubé : Non, tout est beau. Tout
est beau. Merci.
M. Fortin : O.K. Dans le dernier paragraphe, on indique : «Un
médecin est réputé ne pas être une personne indépendante
s'il est membre du conseil d'administration de Santé Québec — ça,
d'accord, il n'y a pas d'enjeu là — ou
à l'emploi de Santé Québec.» Est-ce que les gens qui se retrouvent sur le
conseil d'établissement sont réputés ne pas être indépendants?
M. Dubé : Vous allez me répéter la
question, parce que je lis en même temps, là.
Fortin : Non, mais au dernier paragraphe, là, on vient
dire... on vient, en fait, dire qu'un médecin n'est pas une personne
indépendante, de facto, s'il remplit certaines conditions, c'est-à-dire,
si c'est un membre du conseil d'administration de Santé Québec, il ne peut pas
siéger comme le président du DRMG, parce qu'il est sur le conseil
d'administration de Santé Québec. S'il est au conseil d'établissement, s'il
siège sur le conseil d'établissement, est-ce qu'il est assez indépendant pour
être jugé indépendant ici ou pas?
Le Président (M.
Provençal)
: Alors,
Me Paquin, s'il vous plaît.
M. Paquin
(Mathieu) : Oui, M. le Président. En fait, pour répondre à la
question précise, le médecin qui serait membre du conseil
d'établissement ne serait pas réputé ne pas être indépendant, puisqu'il n'est
pas dans le dernier alinéa de
l'article 374.1. Toutefois, étant donné que l'appréciation, suivant la
définition qui en est faite à l'avant-dernier alinéa, de ce qu'est l'indépendance est laissée aux membres du comité
paritaire, bien, les membres du comité paritaire pourraient en venir à
la conclusion que le fait d'être sur un conseil d'établissement peut être
considéré comme ne pas être suffisamment indépendant.
Fortin : ...nous aussi, on peut le faire ici, aujourd'hui,
là, puis c'est ce que je nous demande. Est-ce que nous, on considère... Moi,
tu sais, si on vient dire à quelqu'un qui est membre du C.A. de Santé Québec
qu'il ne devrait pas être le président du DRMG, par exemple, là, ou,
dans ce cas-ci, là, de la direction territoriale, il me semble que ça devrait
aller pour les médecins présents au conseil d'établissement également.
M. Dubé : Je pense que la réponse
qu'on devrait donner... C'est parce que je pense que ce serait au conseil
d'établissement d'avoir cette politique-là, de dire qu'est-ce qu'un membre peut
faire en dehors de ses responsabilités aussi. Parce que vous avez raison,
peut-être que, dans certains cas, il pourrait y avoir une perception de conflit,
mais je ne peux pas dire que ce serait comme
ça dans tous les cas. Mais je ne serais pas prêt à les discarter du revers de
la main, comme ça, tout de suite, là.
Ça fait que je me dis : Est-ce que ça
pourrait être une politique, par exemple, des conseils d'établissement? Je
pense, Daniel, ce serait peut-être quelque chose à prendre en note, là, puis de
voir, lorsqu'on fera les politiques, les différentes politiques de Santé
Québec, dont celles des conseils d'établissement... Ce serait ma réponse aujourd'hui,
M. le député.
Fortin : O.K. Permettez-moi juste de demander, là... dans
ce paragraphe-là, on fait référence aux organismes avec lesquels le ministre a conclu une entente en
vertu de l'article 19 de la
Loi sur l'assurance maladie. Ça, c'est
l'article 19 de la
Loi sur
l'assurance maladie, ça, c'est des organismes, c'est-à-dire, où il y a des
contrats de service, là. Ce n'est pas un organisme communautaire, là,
c'est des organismes... c'est des entreprises, là.
Le Président (M. Provençal)
: M. Paré, s'il vous plaît.
M. Paré (Daniel) : Oui.
L'article 19, c'est tout ce qui inclut les négociations avec les
fédérations médicales. Ça fait que c'est ça
qu'il faut... ça fait que, dans le fond, tous les tarifs, là... Dans le fond,
ils facturent à la RAMQ, puis c'est négocié dans ce cadre-là. Ça, c'est
l'article 19.
M. Fortin : Donc, si un médecin est à l'emploi d'un organisme qui
facture à la RAMQ, c'est-à-dire un médecin qui travaille pour une clinique
privée, par exemple, ou un CMS, là, bien là, il n'est pas jugé indépendant...
assez indépendant pour être le président du DRMG.
Le Président (M. Provençal)
: Me Paquin, s'il vous plaît.
M. Paquin (Mathieu) : Oui, M. le
Président. En fait, comme l'expliquait M. Paré, les organismes qui ont
conclu une entente en vertu de l'article 19 de la
Loi sur l'assurance
maladie, ce sont les organismes représentatifs des médecins, donc, pour ne pas
les nommer, par exemple, la FMSQ et la FMOQ, ainsi que les associations qui
leur sont affiliées. Donc, quelqu'un qui serait à l'emploi... un médecin qui
serait à l'emploi de ces organismes-là ne serait pas considéré indépendant.
Le Président (M. Provençal)
: Ça va?
Fortin : Je crois. À l'emploi ou au conseil
d'administration. Un médecin qui siège au C.A. de la FMSQ ne peut pas
être le président du DRMG.
M. Paquin (Mathieu) : Exactement, M.
le Président.
Fortin : O.K. Ça,
ça semble faire plus de sens que ma compréhension initiale. Ça va pour
l'instant, M. le Président.
Président (M. Provençal)
: Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'amendement introduisant l'article 374.1? Oui, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Cliche-Rivard : En commençant... Merci, M. le Président. Donc,
quand on va décider qu'il va y avoir davantage qu'un département par région sociosanitaire, il va y avoir quand même un
comité paritaire par division des deux côtés, là, du côté spécialiste et
du côté omni?
Cliche-Rivard : Parfait. Donc, à chaque fois que vous créez une division,
vous créez un comité paritaire connexe.
M. Cliche-Rivard : Parfait. Les membres
désignés par Santé Québec, là, dans l'imaginaire, dans l'intention, c'est
qui, ces gens-là?
M. Paré
(Daniel) : Bien, c'est des gens qui sont en lien, habituellement, avec
ces... les médecins spécialistes. Ça fait
qu'en tête... P.D.G., P.D.G.A. pourrait être directeur médical, ça pourrait
être un directeur général adjoint santé physique, puis avec les médecins spécialistes. Ça pourrait être services
sociaux aussi, parce qu'on aura des psychiatres, etc. Ça fait que ce
serait à ce niveau-là.
Cliche-Rivard : Ça fait que des gens qui sont déjà dans la structure,
des gens qui sont déjà redevables, là, puis,
quand on voyait notre hiérarchie avec les conseils d'établissement vers le
C.A., tous des gens qui gravitent autour de la... des positions
hiérarchiques avec le P.D.G., là.
M. Paré
(Daniel) : Qui gravitent et qui, dans le cadre de ses fonctions, qui
travaillent avec soit les médecins de famille ou les médecins spécialistes, là.
Cliche-Rivard : O.K. Ce comité paritaire là, outre la nomination ou la
sélection de ce représentant-là, est-ce qu'il a d'autres fonctions?
M. Paré
(Daniel) : Oui. On l'a vu, je pense, dans un autre article, toute la
notion d'évaluation aussi des objectifs, là, en lien avec le directeur médical.
Cliche-Rivard : Toujours en lien avec le directeur.
M. Paré
(Daniel) : Toujours.
M. Cliche-Rivard : Ça fait que c'est ici,
là : déterminer les critères de sélection, évaluer annuellement l'exercice
des fonctions puis formuler des
recommandations nécessaires à un médecin. C'est ça, les trois rôles du comité
paritaire, qui n'a pas d'autre fonction. Il se réunit en général
annuellement pour faire cette évaluation-là ou s'il se réunit...
M. Paré
(Daniel) : C'est nouveau, tu sais, je veux dire...
Cliche-Rivard : C'est nouveau, hein?
M. Paré
(Daniel) : ...ça fait que c'est nouveau, ça fait qu'il n'y a pas de
comparatif avec le passé, mais c'est l'intention, là, derrière la proposition
devant vous.
Cliche-Rivard : Qu'il se réunirait...
M. Paré
(Daniel) : Encore là, moi, je verrais très bien...
Cliche-Rivard : Au besoin.
M. Paré
(Daniel) : Au besoin, mais dans le cadre d'une nomination, ça fait
qu'ils vont certainement se réunir à la
création de Santé Québec, etc., mais après ça, minimalement, je verrais, là, au
moins une à deux fois par année pour, minimalement, mettre les objectifs
de l'année puis, minimalement, les évaluer, ceux de l'année passée.
Cliche-Rivard : Les évaluer ensuite. Puis là on voit justement qu'il
formule des recommandations, qu'il évalue.
Donc, dans une certaine mesure, qui est redevable à qui? Tu sais, le médecin
chef de ça ou le médecin responsable, c'est-tu
lui qui est le supérieur des médecins du département ou si, finalement, comme,
c'est eux qui doivent décider de sa sélection puis c'est eux qui font
les recommandations?
M. Paré (Daniel) : Comme on voyait sur
l'organigramme, ultimement, l'instance est responsable... est sous la responsabilité
du P.D.G. de chacun des établissements.
Cliche-Rivard : Du P.D.G.
M. Paré (Daniel) :
Oui.
Cliche-Rivard : O.K., donc pas de celui qu'on va nommer, là, vous
l'avez écrit tantôt, là, le médecin en chef, là, ou... j'ai oublié le
nom, on l'avait à 474, tantôt.
Paré (Daniel) :
Le directeur médical?
M. Cliche-Rivard :
Le directeur médical.
M. Paré
(Daniel) : Non, non.
Cliche-Rivard : Ce n'est pas lui.
M. Paré
(Daniel) : C'est ça, c'est... on le voyait dans un des changements,
là, dans les deux diagrammes de ce matin, là. Il y en a un que les médecins
spécialistes, avant l'entente qu'on a réussi à négocier, on les mettait sous le
directeur médical. Maintenant, avec la nouvelle entente, on les met au même...
avec les mêmes statuts, là, que les médecins de famille.
Cliche-Rivard : Je comprends.
Le Président (M.
Provençal)
: Est-ce
que ça va, M. le député?
Cliche-Rivard : Est-ce qu'on peut penser... Tu sais, vous l'avez dit
tout à l'heure, il y a beaucoup plus... ou il y a des spécialités dans
lesquelles il y a plus de médecins, vous l'avez dit. Est-ce qu'on peut penser
que, donc, par le processus de nomination
puis de sélection, ils vont avoir un poids prépondérant à l'intérieur du
comité, ce qui va faire en sorte que, par région donnée, bien, c'est la
loi du nombre, finalement, qui va désigner qui représente chaque endroit? Parce
qu'avec les omnis on les a dans une pratique générale, mais là chaque
spécialiste va vouloir...
M. Paré
(Daniel) : En même temps, il faut se rappeler que même avec les omnis
il y a des critères géographiques, il y a des critères... il y a des critères
aussi, même, par sous-