Labour and the Economy — 10 April 2024 (43rd Legislature, 1st Session)
CET 2024-04-10
Quebec — Committees
(Onze
heures quarante minutes)
La Présidente (Mme D'Amours) : Ayant
constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de l'économie et du travail ouverte.
commission est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n°
44, Loi modifiant principalement
la
Loi sur le ministère de l'Économie et de l'Innovation en matière de
recherche.
Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. Mme Cadet (Bourassa-Sauvé)
est remplacée par M. Beauchemin (Marguerite-Bourgeoys) et M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve) est remplacé par M. Bouazzi (Maurice-Richard).
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. D'un commun accord, je suspends les travaux
quelques instants.
(Suspension de la séance à
11 h 41)
La Présidente (Mme
D'Amours) : Nous reprenons nos travaux.
lors de l'ajournement de nos travaux d'hier, le député de Marguerite-Bourgeoys avait signalé son intention de
déposer un amendement à l'article 22.2 par l'article... par
l'article 2 du projet de loi. M. le député, vous pouvez en faire la
lecture, s'il vous plaît.
M. Beauchemin :
D'accord. Donc, l'amendement, de
modifier l'article 22.2, tel qu'il est introduit par l'article 2 du
projet de loi, par l'ajout, à la fin de l'article, de l'alinéa suivant :
«Le Scientifique en
chef publie dans son rapport annuel l'ensemble des demandes de mandat formulées
par les membres du conseil exécutif ainsi que le sujet de ceux-ci.»
La Présidente (Mme
D'Amours) : Commentaires, M. le député?
Beauchemin : Oui. Donc, dans le contexte où ce que nous, nous
cherchions à obtenir ici, c'était de justement
avoir un plus grand niveau de transparence pour que l'ensemble des citoyens,
évidemment aussi l'ensemble des corps professorals puissent avoir accès
à cette information-là, dans notre vision de la chose, c'était d'être le plus
transparent envers les Québécois. Dans le rapport annuel, on voit quelques-uns
des mandats, mais pas l'ensemble des mandats
qui... qui sont là. Donc, on trouvait qu'il y avait valeur ajoutée à avoir plus
de transparence dans ce contexte-là.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Commentaires sur l'amendement du collègue? M. le
ministre.
M. Skeete : Bien, j'aimerais... j'aimerais remercier le
collègue. Merci beaucoup. J'aimerais remercier le collègue pour l'amendement, parce que ce que j'entends de
son intention, c'est un désir de transparence. Puis ça, cette transparence-là, elle
a été demandée par les gens qui sont venus nous voir. Je vous partage, par
exemple, une inquiétude que j'ai. J'ai...
j'ai une inquiétude que, sans le vouloir, on pourrait politiser le rôle du Scientifique en chef. Je vous donne un exemple. Si
on est obligés de déclarer tout mandat qu'on donne, bien là on vient de créer
un processus formel qui pourrait gêner certaines personnes à demander un
avis par risque ou inquiétude que ça pourrait être su ou connu qu'on pose ces
questions-là.
Puis j'aimerais avoir
un exemple, là, mais c'est un exemple totalement théorique qui ne s'applique
pas au Québec, mais je me remets dans la...
dans... il y a 10, 15 ans, même 20 ans, quand on parlait des changements
climatiques. Puis là, tu sais, c'était : C'est-tu les humains qui
causent ça ou pas? Puis là il y a certains partis politiques de gauche ou à droite qui pensent différentes choses, puis
un parti de bonne foi qui voudrait vraiment poser la question pourrait dire :
Bien, demandons au Scientifique en chef. Puis là il se dit : Oui, mais, si
je lui demande puis c'est public, bien là les gens vont savoir que j'ai posé la
question, j'ai-tu... Ça fait que, là, on se prive de l'outil, qui est le
Scientifique en chef, qui sert justement à
ça, pour des causes autres. Puis, ironiquement, dans ce désir de transparence
là, on pourrait virer dans la politisation du rôle.
Alors, je comprends l'intention du collègue, et
il ne veut pas aller, là, il n'est pas là du tout, le collègue, il parle d'avoir plus d'informations disponibles pour
le public, qu'il... qu'il peut toujours... qu'il ne peut jamais y en avoir trop, mais je pense que,
dans ce désir-là, on cause un effet pervers qui, à mon sens, n'est pas une
bonne idée. Donc, je ne suis pas
certain, là, que je peux appuyer cet amendement-là, même si je suis d'accord
avec le collègue que trop... plus de transparence, c'est toujours mieux,
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Merci. Donc,
j'essaie juste de trouver une façon, puis c'était ça, l'objectif initial, de
faire en sorte que, dans le rapport du Scientifique en chef qu'on voit, là, de
façon annuelle, il va faire mention de quelques réalisations marquantes durant
l'année. Ça fait que ça, j'imagine que c'est les top cinq, là, top quelque
chose, là, qui, donc, vont avoir été réalisés par l'équipe du Scientifique en
chef. Donc, ça, ça s'en va plus dans le public.
Donc, il y a
comme une initiative qui vient du gouvernement versus une initiative qui
pourrait être peut-être... peut-être avec un enjeu plus commercial où
l'aide du gouvernement est là pour aider stratégiquement un partenaire
d'affaires du Québec. Puis la distinction, elle... elle pourrait se faire là.
Je le comprends, mais où je veux en venir en bout de piste, c'est que tantôt,
lorsqu'on discutait puis... juste vous mentionner ça, là, tantôt, lorsqu'on
discutait, on faisait accès... on faisait
référence à avoir l'accès à l'information pour pouvoir avoir, justement, cette
liste de demandes là qui, potentiellement, pourrait être rendue publique.
Est-ce que ça, c'est quelque chose... c'est-tu un exercice qui serait,
donc, automatiquement, à ce moment-là, barré au noir, là, pour ne pas qu'on
voie quel mandat aurait été plus susceptible d'avoir des... des enjeux pour
l'entreprise qui voulait s'associer, ou peu importe, là, à ce niveau-là? Et donc il y aurait... il y aurait accès de... il y
aurait la possibilité de demander l'accès à l'information pour tous les mandats,
puis ceux qui seraient donc barrés seraient ceux qui... caviardés seraient ceux
qui seraient problématiques de votre point de vue.
M. Skeete : Bien, le collègue a
raison d'évoquer le fait que, dans le but d'avoir de la transparence, le
Scientifique en chef est régi par la
loi sur l'accès à l'information. Il y
aurait moyen, pour un citoyen qui souhaite savoir
c'est quoi, les activités du Scientifique en chef, de faire une demande d'accès
à l'information. Et, à ce moment-là, la
loi sur l'accès à l'information
serait applicable. Donc, pour des cas sensibles, effectivement, il y a des
règles de confidentialité qui pourraient être suivies, là, à ce moment-là.
Mais vous
avez beaucoup parlé d'entreprises. Le rôle du Scientifique en chef est
d'accompagner le gouvernement à prendre les bonnes décisions basées sur la
science. C'est surtout ça, son rôle, mais, des fois, là, ça pourrait... à
voir avec une compagnie, mais ce n'est
vraiment pas majoritairement le cas. C'est vraiment pour accompagner le
gouvernement dans sa prise de décision
ou dans les prises de politiques publiques qui sont susceptibles de...
d'être... d'avoir besoin d'un input scientifique. Ça fait que c'est
surtout ça.
Puis beaucoup de ce travail-là est informel,
informel dans le sens qu'on réfléchit à une... à une politique publique, puis
on se dit : Bien, OK, heille! Rémi Quirion, bien, écoute, c'est qui, qui
est expert là-dedans? À qui qu'on peut parler? Bien, l'expertise de M. Quirion,
c'est qu'il connaît tous les scientifiques dans tous les domaines. Il a accès à ces gens-là, il participe à des
colloques avec eux. Puis lui, il peut pointer le gouvernement à la bonne place
pour aller chercher ces réponses-là. Alors,
c'est un... c'est un apport indispensable mais très informel, à ce moment-là, son
apport.
Alors, je... c'est-tu un mandat, ça? Ce n'est-tu
pas un mandat? C'est pour ça que j'ai de la misère à voir. Puis, encore une fois, je comprends l'intention, mais,
compte tenu du fait que le Scientifique en chef va produire un rapport annuel
de ses activités, compte tenu du fait que, comme le collègue évoque, il a accès
à la... il a... il est sujet à la loi d'accès à l'information, je pense
que toute cette transparence-là dont il cherche, elle est déjà présente. Puis
de présenter ce qu'il propose non seulement alourdirait le processus et aussi
le fonds... puis il connaît ma passion pour l'allègement réglementaire, mais
aussi j'ai peur aussi de l'effet contraire, de faire en sorte que, dès que
c'est délicat ou sensible... que le
gouvernement se prive de cette expertise-là par peur de... politique. Puis ça,
je trouverais ça dommage, ultimement.
Puis, de
l'autre côté, je pense aussi à notre fonction publique qui se dit... qui
travaille très fort puis qui... qui, elle, pourrait se dire : Bien là, tu sais, est-ce qu'on veut documenter
ça? Parce que, sinon, on est obligés de faire un rapport. Je ne voudrais pas que les gens se mettent à
réfléchir autre que l'information souhaitée dans la démarche. Ça fait que j'ai
peur juste que ça nous amène dans cette direction-là.
M. Beauchemin : Bien, je pense que
la situation dans laquelle on se trouve actuellement, c'en est une de
définition. Parce que, bon, si l'objectif était d'alourdir la machine, bien,
effectivement, je pense que l'amendement aurait
dû être écrit comme «tout conseil formulé par les membres du conseil exécutif».
Et, de cette façon-là, n'importe quel appel téléphonique aurait été
obligé d'être... d'être documenté.
Mais, dès le moment où est-ce qu'on met en
branle l'appareil gouvernemental pour, dans le contexte du Scientifique en
chef, faire avancer un mandat, j'assume qu'il y a des ressources, j'assume
qu'il y a plusieurs gens du ministère qui... qui deviennent impliqués et qu'à
partir de ce moment-là on commence, donc, à la... à la documenter puis qu'à la
fin de tout ça le rapport est envoyé, le mandat est conclu, et puis on envoie
copie au Scientifique en chef. À partir de
ce point-là, si, à ce moment-là, c'est quelque chose qui ne devrait pas être
rendu public, je me pose la question : Pourquoi?
M. Skeete : Je vais donner un autre
exemple au collègue. Mettons qu'on faisait ce qu'il demande, mettons qu'un
gouvernement, le nôtre ou un autre, fait appel souvent au Scientifique en chef
puis lui propose beaucoup de mandats, parce qu'ils ont
une curiosité intellectuelle, scientifique où ils se posent des questions, on
est dans une transition importante,
sociologique, où... dans la société puis on se dit : On a besoin de cet
outil-là, bien, ce qui va arriver, manifestement, avec la publication
d'un rapport comme ça, c'est que les gens vont se mettre à comparer :
Bien, comment ça se fait que le gouvernement
x a eu trois demandes puis le gouvernement y, il en 25? Comment ça se fait?
C'est-tu parce qu'ils n'ont pas l'expertise? C'est-tu parce qu'ils sont mal
accompagnés? C'est-tu parce qu'ils sont plus niaiseux que les autres?
Ça fait qu'encore une
fois quelque chose qui est une curiosité normale qu'un gouvernement doit se
poser, une ouverture à la science et aux données, bien, encore une fois, cette
information-là, même si ce n'est pas à ça que ça sert, pourrait être utilisée
pour des fins partisanes, politiques. Puis la dernière chose que je souhaite,
c'est qu'un gouvernement qui pose des questions scientifiques soit pénalisé
pour avoir justement opérationnalisé l'État en...
Ça fait que je
comprends, encore une fois, qu'on veut le savoir, parce que c'est nos... c'est
nos impôts, puis c'est important, puis les gens ont le droit de savoir comment
que le gouvernement dépense ses impôts. Je suis d'accord avec l'idée derrière
ce que le collègue présente, mais, dans le cas qui nous occupe, je suis
inquiet, parce qu'encore une fois il pourrait y avoir un nivellement vers le
bas à vouloir s'informer. Et ça, je pense que c'est périlleux en matière de
science.
Beauchemin : Dans le contexte où est-ce que, bon, ici, on joue avec
les... on essaie de trouver la façon de formuler pour que ce soit plus
facilement gérable pour le ministère, je me dis : Bon, bien, OK, si...
supposons qu'on avait plutôt «mandats formulés par les membres du conseil
exécutif ainsi que le sujet de ceux-ci», dont le... les... je ne sais pas, là, la... les ramifications sont plus
significatives. J'essaie de comme catégoriser pour faire en sorte qu'il y en a,
des rapports. Comme on le voit, là, dans le rapport, il y en a, des... je ne me
souviens plus c'est quoi, le terme exact, là, le... marquantes, là, les
phénomènes...
Beauchemin : Il y avait
le... la terminologie utilisée, c'étaient les missions marquantes ou... les
réalisations marquantes, les réalisations marquantes. Ça fait que, déjà,
il y a comme les réalisations marquantes qui sont réalisées durant l'année qui
font
partie du rapport du Scientifique en chef.
Deuxième catégorie,
est-ce que ce seraient des réalisations moins marquantes? Je ne sais pas,
j'essaie juste de trouver... comme faire en
sorte qu'on puisse en avoir plus. L'objectif en arrière de ça, c'est d'avoir de
la transparence puis que la game
politique puisse rentrer là-dedans. Je pense que c'est un risque qu'on a dans
tous les rapports d'information qui
sont publiés par le gouvernement. C'est sûr et certain, ça fait
partie de la
joute politique, c'est sûr et certain. Est-ce qu'il va y en avoir plus
là-dedans qu'ailleurs? Honnêtement, je serais vraiment surpris. Il y en aurait
peut-être plus dans... dans le ministère de l'Environnement, il y en
aurait peut-être plus dans le ministère de l'Économie, mais, tu sais, dans Scientifique en chef en tant que tel, qu'un
gouvernement soit plus curieux qu'un autre, ça... ça ne veut pas dire que celui
qui était moins curieux était moins bon, ça veut juste dire qu'il n'était comme
peut-être pas face à des événements où est-ce que la curiosité devait
être activée.
Donc, j'essaie de
trouver une voie de passage pour qu'on puisse démontrer qu'on a un effet de
transparence additionnelle pour... pour les citoyens ici. L'ensemble des
Québécois veulent quand même voir qu'on s'intéresse à l'intelligence
artificielle dans le rapport annuel de l'année 2023. Bien, en fait, il y a
eu un rapport spécifique qui a été fait, là,
pour... pour ça. Bien, c'est... c'est tout dans ce contexte-là où est-ce que
les gens sont inquiets dans... devant... face à des choses qu'ils ne
comprennent pas. S'il y a un mandat qui a été activé par la machine pour en
arriver à avoir réponse aux questions, ça
amène de l'information aux citoyens pour que ceux-ci soient plus à l'aise avec
le fait qu'il y a, donc, eu un effort
fait ici même, au Québec, pour comprendre le phénomène puis qu'à partir de ce
point-là, bien, on a... on a donc l'information. C'est... c'est juste
dans cet effet-là de transparence que ce serait intéressant de pouvoir avancer
là-dessus.
M. Skeete :
Puis je suis d'accord, Mme la Présidente, avec le collègue, qu'effectivement ça
rajoute une couche de transparence, mais
c'est déjà un processus qui est très transparent. Rappel, le Scientifique en
chef est rémunéré, et son enveloppe budgétaire est approuvée par les
collègues de l'Assemblée nationale durant la période des crédits. À toutes les années, il va produire un rapport
annuel, puis ses... son travail et assujetti à la loi de l'accès à l'information.
Ça fait que ce n'est pas comme s'il n'y a pas de transparence actuellement.
Je pense qu'on
gagnerait beaucoup plus, collègues, puis on pourrait travailler ensemble en ce
sens de faire valoir aux gens qui peut-être
ne savent pas à quel point c'est transparent, ce processus-là. Je pense qu'on
gagnerait plus à mettre nos efforts là que de rajouter une autre couche
de transparence avec les risques que je décris. Alors, je ne demeure
malheureusement pas convaincu que c'est la... c'est la voie à entreprendre, Mme
la Présidente.
La Présidente (Mme
D'Amours) : ...
Beauchemin : Le Scientifique en chef favorise le rapprochement entre
la science et la société ainsi que le maintien
d'une éthique et d'une conduite responsable en recherche, puis je trouvais que
c'était la place pour justement ajouter à ça, mais... mais j'entends le
ministre.
La Présidente (Mme
D'Amours) : ...sur l'amendement? Je vais mettre aux voix l'amendement.
Est-ce que l'amendement est adopté ou rejeté?
La Présidente (Mme D'Amours) : Rejeté.
Nous revenons à l'article introduit, 22.2. Est-ce que j'ai des commentaires? M.
le député de M. Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Nous avons un
amendement, Mme la Présidente.
Présidente (Mme D'Amours) : Est-ce qu'il est sur Greffier, Mme la secrétaire?
Vous le mettez à l'instant. Donc, aussitôt qu'il est sur Greffier,
nous... nous allons poursuivre.
M. le député, si vous voulez bien nous en faire
la lecture, s'il vous plaît.
M. Bouazzi : Oui. Donc, à
l'article 22.2 de la
Loi sur le ministère de l'Économie et de
l'Innovation, tel que nouvellement ajouté par l'article 2 du projet de loi n° 44, ajouter, après les mots «le ministre», les mots «et
dans le respect de l'autonomie des
établissements d'enseignement de niveau universitaire et de la liberté
académique universitaire.»
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Commentaires?
M. Bouazzi : Oui, c'est un
amendement simple et facile, j'espère, je crois. Je ne le sais pas, mais
j'espère que nous serons d'accord avec la... le ministre et la majorité. C'est
juste pour réappuyer les principes forts et puis aussi rassurer évidemment les
chercheuses et chercheuses... et chercheurs qui se sont inquiétés tout au long
des réflexions qu'il y a eu concernant ce projet de loi. Il y a toute la
question de l'autonomie des établissements d'enseignement.
Vous savez peut-être, Mme la Présidente, qu'ils ont toutes sortes de
fonctionnements sur leur éthique, sur leur fonctionnement, sur leur
recherche. Évidemment, c'est une
partie de leur fonctionnement qui est garante
de la liberté académique, et donc,
évidemment, ça vient appuyer en soi la liberté académique, qui est la deuxième
partie du... de l'amendement.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Commentaires sur... Oui, M. le ministre.
Skeete : Bien, vous savez, Mme la Présidente, on a déjà
passé une
loi sur la liberté académique dernièrement. Partout dans le
document déjà on fait allusion à l'autonomie et à la liberté de recherche. Je
remarque qu'on n'inclut pas les cégeps, les collèges. Donc, écoutez, je suis
d'accord avec ce qui est écrit, là, laissez-moi juste voir c'est... c'est quoi qu'on pourrait faire de... davantage. Peut-être
suspendre quelques minutes, Mme la Présidente, le temps de regarder, là.
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
suspends les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 12 h 28
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux. Et je cède maintenant la parole au ministre. M. le
ministre?
M. Skeete : Merci, Mme la
Présidente. Je pense que ça serait opportun, après discussion hors ondes avec
le collègue, que notre juriste, ici, nous
explique quelques enjeux en lien avec l'amendement, puis je pense que ça va nous
permettre de poursuivre.
Présidente (Mme D'Amours) : Est-ce que j'ai le consentement pour que le
juriste prenne parole aujourd'hui?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
vous demande de vous nommer et ensuite de répondre à la question, s'il vous
plaît.
M. Hudon
(Alain) : Merci, Mme la Présidente. Alors, Alain Hudon,
légiste, ministère des Finances, Économie et Tourisme. Alors, on a pris connaissance de la proposition d'amendement,
puis, effectivement, au niveau juridique, il y a certains problèmes, là, parce
qu'on... on dit toujours que le législateur ne parle pas pour ne rien dire, ça
fait que, quand on vient introduire des nouveaux concepts, ces nouveaux
concepts-là, on le voit, ils renvoient notamment à la
Loi sur la liberté académique dans
le milieu universitaire, donc ça laisse comme entendre qu'il pourrait avoir...
que le Scientifique en chef pourrait
être affecté par cette loi-là, ce qui n'est pas du tout le cas. La loi
s'applique essentiellement aux universités et non pas au Scientifique en
chef. Et dans la mission du Scientifique en chef, qui est prévue à 22.2, en
aucun cas cette mission-là ne permet d'interférer avec les universités d'une
quelconque façon. Il conseille le Conseil exécutif puis il émet des opinions de
nature scientifique. Ça fait qu'outre ça le... en aucun temps on ne
viendrait... son mandat lui permettrait
d'interférer, d'une certaine façon, à l'égard de la liberté académique ou de
l'autonomie des établissements d'enseignement universitaire, alors que,
si on introduit ces concepts-là, on laisse entendre que, si on n'avait rien
écrit, il pourrait le faire. Donc, à mon avis, c'est... selon moi, ce n'est pas
juridiquement approprié.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
M. le député de Maurice-Richard.
Bouazzi : Donc, pour... merci beaucoup pour vos éclaircissements.
Concernant, donc, le deuxième paragraphe de l'article, toute la question
qui touche à... au rapprochement entre la science et la société, mais surtout à
la question de l'éthique et d'une conduite
responsable en recherche. Vous savez probablement que les universités ont
toutes des codes d'éthique propres en matière de recherche et... qu'ils
cajolent précieusement de leur côté. Donc, je dois comprendre que le fait qu'entre autres choses, dans sa
mission, il va favoriser ça, donc, évidemment, il va aussi expliquer qu'est-ce qu'une
recherche responsable, une conduite responsable en recherche ne doit pas être
prise comme des guides pour les universités,
les chercheuses et chercheurs du Québec, qui ont leur cadre d'éthique et de
recherche actuellement en place, et ça n'a pas d'influence là-dessus.
M. Hudon (Alain) : C'est une
question?
M. Bouazzi : C'est une question,
oui.
M. Hudon (Alain) : Merci, Mme la
Présidente. Bien, ça n'a pas d'influence, je ne peux pas dire que ça n'aura pas
d'influence, mais, en aucun cas, moi, ce que... quand je lis l'article, ça a un
caractère obligatoire où ça doit être
appliqué, mis en oeuvre par les universités d'une quelconque façon. Mais de
dire que ça ne servirait pas de guide, je ne peux pas aller jusque-là,
là. Pourquoi pas, tu sais?
M. Skeete : Puis c'est clair que le
Scientifique en chef a un rôle d'influence, tu sais, ça fait que ce serait naïf
de penser le contraire. Mais les
académiciens du Québec ne sont pas contraints, je pense que c'est le bout qui
vous occupe ou qui vous préoccupe, ne sont pas contraints. Il n'a pas ce
pouvoir-là sur les universitaires et l'université.
Bouazzi : Et quand... Je comprends tout ce que vous me dites
là, c'est vraiment intéressant, mais quand vous dites... C'est quel genre d'influence que vous espérez qu'il ait,
justement, sur... au-delà, évidemment, du fonctionnement du FRQ, mais
par rapport aux établissements universitaires?
M. Skeete : Bien, je dirais que,
dans la nature de sa description de tâche qu'on émet, en tant que diplomate de
la science, c'est une influence soft, un «soft power» d'influence, de
crédibilité qui vient avec le titre. Puis aussi, vu le processus de sélection par ses pairs, qui est manifestement
accepté par ses pairs, la prestance qui vient avec, tu sais, je pense
qu'on est là-dedans, là, ni plus ni moins, là.
M. Bouazzi : Ça, je... OK. Mais pour
les institutions en tant que telles, j'ai du mal à le voir pareil, là.
M. Skeete : Je dirais, à défaut de
trouver un exemple comparable, là, c'est un... c'est symbolique, là, tu sais,
dans le sens où est-ce qu'il y a un pouvoir qui vient avec le fait que c'est le
Scientifique en chef puis il a un pouvoir d'influence
en ce sens. Mais l'intention, ce n'est pas non plus qu'il occupe un rôle de
dominance envers ses pairs, ce n'est pas
du tout ça. Puis ce n'est pas écrit nulle
part comme ça. Au contraire, on
favorise le rapprochement, on favorise les échanges, on n'est pas du
tout dans la coercition.
M. Bouazzi : Et donc... OK. Et donc,
pour revenir au fait de se dire : Si on ne met pas cette phrase-là... si
on met cette phrase-là, ça voudrait dire
que, si on ne l'avait pas mise, ça aurait été vrai qu'il y ait une... une
atteinte à la liberté académique, c'est ça, votre point, là. C'est qu'on
ne met pas quelque chose si...
La Présidente (Mme D'Amours) : Me
Hudon.
M. Hudon (Alain) : Exact, merci, Mme
la Présidente. Effectivement, il y a un principe d'interprétation, on dit
toujours : Le législateur ne parle pas pour ne rien dire. Donc, à partir
du moment où on vient imposer, ici... en disant que, quand il va prendre...
dans son mandat, là, il va falloir qu'il respecte l'autonomie des
établissements d'enseignement de niveau
universitaire, la liberté académique, donc, si on ne le mettais pas, c'est
comme si on prend pour acquis qu'il pourrait ne pas respecter l'autonomie des
établissements d'enseignement de niveau universitaire ou encore la liberté
académique, mais il n'a... son mandat n'a aucun effet à cet égard-là. Ça fait
qu'on parle pour ne rien dire ici, là.
M. Bouazzi :
OK.OK. Je ne sais pas si...
La Présidente (Mme D'Amours) : D'autres
commentaires sur l'amendement? S'il n'y a pas d'autre commentaire, je
vais mettre aux voix l'amendement. Est-ce que l'amendement est adopté ou
rejeté?
La Présidente (Mme D'Amours) : Rejeté.
Maintenant, nous revenons à l'article introduit, 22.2. Est-ce qu'il y a des
commentaires sur 22.2? S'il n'y a pas de commentaire, je vais mettre aux voix
22.2. Non, pardon, on va... parce que c'est un introduit. On va aller à
l'article introduit du 22.3. M. le ministre, si vous voulez bien nous en faire
la lecture, s'il vous plaît.
M. Skeete :
Merci, Mme la Présidente. J'ai fait la même erreur hier, faites-vous-en
pas.
«Le scientifique en
chef est d'office président-directeur général du Fonds de recherche du Québec.
«Il exerce ses
fonctions à temps plein.»
La Présidente (Mme
D'Amours) : Commentaires?
M. Skeete :
Oups! Excuse-moi. Oui, effectivement, moi, j'ai des commentaires. Pardon.
M. Skeete : Page 23, merci. Le
nouvel
article 22.3 de la
Loi sur le ministère de l'Économie et de
l'Innovation reprend le contenu du troisième aliéna... alinéa de
l'article 26 de la
Loi sur le ministère de l'Enseignement supérieur, de
la Recherche et de la Science et de la Technologie.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. S'il n'y a pas de commentaire, je passerais
maintenant à l'article introduit 22.4.
M. Skeete :
«En cas d'absence ou d'empêchement du scientifique en chef, le conseil d'administration
du Fonds de recherche du Québec peut désigner
l'un des directeurs scientifiques nommés en vertu de l'article 22.26 ou un autre
dirigeant du Fonds pour exercer temporairement les fonctions du président-directeur
général du Fonds.» Je continue :
«Fonds de recherche
du Québec
«Institution et
mission».
L'article 22.4,
c'est-tu ça?
M. Skeete :
Oui? Oui. Je vous demanderais, s'il vous plaît, de suspendre, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme
D'Amours) : On suspend quelques instants.
(Suspension de la séance à
12 h 46)
La Présidente (Mme
D'Amours) : Nous reprenons nos travaux, M. le ministre.
M. Skeete : Oui. Donc, pour fins de
clarté, je le lis, 22.4, à l'exclusion de ce que j'ai mentionné tantôt,
chapitre II.2. Donc, je continue avec le commentaire.
L'article 22.4
confère au conseil d'administration du Fonds de recherche du Québec le pouvoir
de déterminer la personne, parmi les dirigeants de cette société d'État, qui
pourra agir en lieu et place du Scientifique en chef dans son rôle de
président-directeur général du fonds en cas d'empêchement ou d'absence de ce
dernier.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Commentaires sur l'article introduit 22.4? Oui, M.
le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Si... Supposons qu'un des autres
dirigeants du fonds n'est pas issu, là, de la recherche, est-ce...
M. Beauchemin :
Impossible? Pourquoi? Expliquez-moi...
M. Skeete : Parce
que les personnes responsables des fonds doivent être des scientifiques dans
leur domaine... dans le domaine du fonds.
M. Beauchemin : Les
dirigeants du fonds doivent être des... D'accord. Ça fait que, donc, pourquoi,
alors, mettre un autre dirigeant du fonds s'il y a la possibilité que
les autres dirigeants du fonds ne soient pas...
M. Skeete : Bien, ici, on vient
dire... Parce que, là, la question, si j'ai bien compris, parce que c'est...
c'est important, les personnes qui sont... qui ont le
titre de...
M. Beauchemin : Parce que, sur le conseil d'administration, ce
n'est pas que juste... Il y avait majoritairement des gens issus de
la... du monde scientifique, de la recherche, là.
M. Skeete : Oui. Moi, je
parlais des... Ça fait que, là, quand on parle de directeurs scientifiques,
hein, ça fait qu'on a le choix de choisir entre les directeurs de...
M. Skeete : ...ou autres. La question que vous me posiez, c'était-tu le «et
autres»?
M. Beauchemin : Le «ou [...] autre»,
oui.
Beauchemin : Parce que le «ou [...] autre», il y en a qui... On
s'est entendus, là, la majorité... Donc, il y a quand même une minorité
qui peuvent être... ne pas être des gens du domaine. Ça fait que pourquoi...
pourquoi...
M. Skeete : Ça fait que, là, on
n'est pas dans les gens du CA, là. C'est les dirigeants...
Beauchemin : Bien : «En cas d'absence d'empêchement [...]
le conseil d'administration — le
CA — du
fonds de recherche [...] peut désigner l'un des directeurs...»
M. Skeete : Le CA peut désigner,
mais il ne se désigne pas lui-même, là, dans ça.
M. Skeete : Alors, dans la
hiérarchie qu'on a du PDG du fonds, on va avoir le Scientifique en chef, qui
est aussi PDG du fonds, puis il va y avoir
des personnes qui relèvent de lui ou elle directement. On parle de ces
personnes-là, les dirigeants du fonds.
M. Beauchemin : OK, d'accord. C'est
mon...
M. Skeete : On n'est pas dans les
conseils d'administration.
M. Beauchemin : D'accord. C'est
beau. Je comprends. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres commentaires? M. le député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Oui, commentaire
rapide. Est-ce que... est-ce qu'il y a... il y a une temporalité? C'est-à-dire qu'est-ce qu'à partir d'un certain moment on
considère qu'il faut nommer quelqu'un d'autre ou démarrer le processus?
Skeete : Ce n'est pas expressément écrit pour, justement,
être flexible à répondre à cette question-là. Si on mettait un terme ou un
temps, ça nous... on serait obligés d'agir versus être flexibles à la
situation. Je donne un exemple. Le Scientifique en chef, je ne lui souhaite pas de mal, là, mais il a un
accident d'auto, bien, ça peut-tu être deux semaines, trois semaines, quatre semaines? Là, si la loi dit
qu'obligatoirement, après trois semaines, il faut le faire, mais son
rétablissement se fait en quatre semaines, bien là on est obligés d'avoir un
processus, là, tu sais, ça fait que c'est pour éviter ça, là. On est vagues
pour être flexibles à la situation.
M. Skeete : Mais c'est une absence
qui, selon le jugement des... du gouvernement qui serait... qui... bien, en fait, oui, pardon, du CA qui viendrait... Tu sais,
tu as un problème à régler. Tu sais, vous comprenez? Ça fait que c'est le
CA qui déterminerait, à ce moment-là, la nécessité de nommer quelqu'un d'autre.
Bouazzi : C'est clair.
La Présidente (Mme
D'Amours) : C'est bien?
La Présidente (Mme
D'Amours) : Oui, M. le député.
M. Beauchemin :
Pour continuer un petit peu sur
la question de mon collègue de Maurice-Richard, il y a déjà... on en
avait parlé, je pense, c'est hier, des procédures pour... Malheureusement, si
ça arriverait, là, de remplacer le Scientifique
en chef pour des raisons... incapacité de pouvoir... Donc, dans ce cas-ci,
si... supposons que son incapacité de pouvoir
oeuvrer dure très longtemps, quel est le... Il y a comme... On va juste laisser
au conseil d'administration le fardeau de prendre la décision, à savoir,
sans balises, quel va être le... le point de gâchette, là?
M. Skeete : Je pense que c'est... ce n'est pas... c'est
incomplet de dire «sans balises». Il y a le droit du travail, il y a la loi contractuelle. Donc, cette personne-là,
qui est Scientifique en chef, a un contrat de travail qu'on doit respecter.
Si la personne, elle est malade, bien, la loi... les lois québécoises nous
empêchent d'agir d'une certaine façon pour quelqu'un
qui est malade, pour destituer quelqu'un pour cette raison-là. Donc, il y a
toutes sortes de règles qui existent déjà dans la... dans la loi pour
protéger une personne contre ce genre de comportement là, mais effectivement le
CA aurait la responsabilité de gérer la situation et de s'assurer que le fonds
peut continuer à fonctionner malgré l'absence de cette personne-là.
Beauchemin : OK, mais il y avait une définition, je crois, quand on a
parlé de ça, avant-hier.
M. Skeete : Il
faut séparer la personne du...
M. Skeete : ...du titre. Dans le cas qu'on lisait hier,
c'était le contrat de Rémi Quirion versus les futurs contrats ou le rôle du
Scientifique en chef. Alors, ici... Hier, quand on lisait, là, les
particularités qui rattachaient le contrat de la personne, on était là-dedans. C'est différent de la prérogative du CA à
vouloir nommer une personne pour remplacer l'absence de la personne qui
occupe le
titre de Scientifique en chef.
Beauchemin : Juste pour se donner un exemple, je ne le souhaite pas,
un accident de voiture, incapable de pouvoir continuer à travailler pour le
reste de sa vie, là.
Beauchemin : Qu'est-ce qui arrive?
M. Skeete : Bon,
bien là, on serait dans la nécessité de nommer un nouveau chef... scientifique
en chef, pardon, et, à ce moment-là, le CA
convoquerait les personnes qui seraient majoritaires pour faire le recrutement
d'une personne, puis après ça, ça monterait au CA. Le CA avaliserait ce
processus-là, et cette personne-là serait ainsi nommée par le conseil... le
Conseil exécutif. Alors, voici le cheminement pour la nouvelle personne. Après
ça, ce qui touche la personne qui,
malheureusement, a eu l'accident, c'est le droit contractuel, ses droits, à
cette personne-là, qui aurait droit à...
Beauchemin : Oui, mais ce n'était pas... ce n'était pas là-dessus...
M. Skeete : Ça
fait qu'on sépare les deux chemins, là.
Beauchemin : Oui mais ce n'était pas là-dessus, je pense, que le
collègue était. Je comprends votre point puis je suis d'accord avec vous. Mais,
dans un contexte COVID, par exemple, OK, deux semaines avant le COVID, M. Quirion, malheureusement, a un accident, est
incapable de pouvoir travailler pour les sept prochains mois, huit prochains mois,
neuf prochains mois. Ça devient problématique.
M. Skeete : Puis
ça, ça relève du CA. C'est le CA qui va déterminer si c'est problématique. Le
CA va dire : Oui, tu sais, pas de
président, qu'est-ce que ça nous empêche de faire ça? Ça va-tu bien? Il est-tu
capable de répondre à certains
courriels, oui ou non? Est-ce qu'on est contraints? Est-ce que la recherche
souffre? Ces gens-là vont prendre la décision de dire : Oui, on est
dans une incapacité à... qui devient ingérable pour nous, donc on va nommer
quelqu'un temporairement. Alors, on est là-dedans, là, dans la nomination
temporaire. On est là.
Beauchemin : OK. OK, ça répond, oui.
La Présidente (Mme D'Amours) : D'autres
commentaires sur le 22.4? Donc, je passerais à l'article intitulé 22.5.
Oui, M. le député.
M. Bouazzi : Nous
avons un amendement, le 22.4.1, s'il vous plaît.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Parfait. On va le... C'est sur Greffier? C'est sur
Greffier, donc je vous demanderais d'en faire la lecture, s'il vous plaît, M.
le député.
M. Bouazzi : Merci,
Mme la Présidente. Donc, au
Chapitre II.1 de La
Loi sur le ministère de
l'Économie et de l'Innovation, tel qu'ajouté par l'article 2 du projet de
loi n° 44, insérer, après l'article 22.4,
le suivant:
«22.4.1. La durée du
mandat du scientifique en chef est de cinq ans.
Malgré l'expiration de son
mandat, le scientifique en chef demeure en fonction jusqu'à ce qu'il ait été
nommé de nouveau ou remplacé.
«Le scientifique en
chef peut démissionner à tout moment au moyen d'un avis écrit transmis au
président de l'Assemblée nationale; il ne peut être destitué que par une
résolution approuvée par les deux tiers des membres de cette Assemblée.»
La Présidente (Mme
D'Amours) : Commentaires, M. le député?
M. Bouazzi : Oui,
Mme la Présidente. Cet amendement fait suite à la proposition que nous avions
de dire qu'en fait le plus important pour garantir l'indépendance du
Scientifique en chef, plus même que le fait que ça soit l'Exécutif qui avalise
et qui choisisse une des trois personnes proposées par le CA et le processus de
sélection, ça... et non pas, donc, le...
l'Assemblée nationale aux deux tiers, c'est justement sa destitution, étant
donné qu'il... dans la... dans
l'aspect actuel des choses, l'Exécutif pourrait décider, à tout moment, du...
de se... du... de se départir du Scientifique en chef avec un préavis de trois mois, ce qui, évidemment, a un pouvoir
qui est, pour le moins qu'on puisse dire, sérieux sur le... sur le... évidemment, le mandat du
Scientifique en chef. Et puis ça permettrait, par cet amendement, de...
d'assurer que la perception du poste
en tant que tel et puis des balises qu'on a mises en place en tant que
législateurs permettent d'assurer une indépendance dans les avis
scientifiques.
Évidemment, en
faisant suite à la... à l'énorme mandat qui est donné, aujourd'hui, au
Scientifique en chef en matière de Conseil
et de tout l'Exécutif sur tout sujet scientifique, on pense que c'est important
de garantir son indépendance, et cette procédure-là pourrait donc... ne
pourrait qu'améliorer les choses.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Commentaires sur... M. le ministre.
M. Skeete : Je
suis à la même place que j'étais pour la nomination de ce dernier par
l'Assemblée nationale, je vois des... une problématique potentielle avec la
nomination par des gens qui ne sont pas des experts scientifiques, premièrement. Deuxièmement, j'ai un malaise à
céder cette prérogative-là, gouvernementale, qui appartient à l'Exécutif. Et,
troisièmement, je pense qu'on... qu'on... on invite des problèmes, aussi,
potentiellement. Encore une fois, si jamais on se retrouvait avec deux
tiers de l'Assemblée nationale qui est anti-science, bien, on pourrait décider
qu'on... on fait le ménage du Scientifique
en chef. Alors, ce n'est pas toujours une bonne chose, là, de... Je ne suis pas
certain que ça règle le problème que ça veut régler.
Je vais aller plus
loin. Si, mettons, les deux tiers votent contre, si les deux tiers de
l'Assemblée nationale votent contre ça, puis
là, tout à coup, on se retrouve avec un gouvernement minoritaire, qui, lui,
n'est pas d'accord, là, il se retrouve à ne pas avoir le Scientifique en
chef qu'il veut, il va en nommer un autre, l'Assemblée va refaire le même tour. On se retrouve dans une... tu sais, je
ne suis pas sûr que c'est souhaitable de vivre dans un monde où est-ce
que... à ce moment-là...
Mais
je comprends l'intention de... du collègue puis je vais le dire, parce qu'on
enregistre, puis c'est important, le point de vue qu'il a, c'est que
l'indépendance du Scientifique en chef est importante, puis il ne faut pas
qu'une personne qui émet une opinion scientifique soit pénalisée pour ça.
Là-dessus, là, je suis enligné avec le collègue. Mais je ne pense pas que c'est
le véhicule pour privilégier ça.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Retenez vos commentaires, cher député.
Nous
allons suspendre nos... pardon, compte tenu de l'heure, oui, je suspends les
travaux jusqu'à 15 heures. Merci.
(Suspension de la séance à
13 heures)
La Présidente (Mme D'Amours) : Bonjour,
tout le monde. La Commission de l'économie et du travail reprend ses
travaux. Nous poursuivons l'étude détaillée du projet de loi n° 44,
Loi modifiant principalement la
Loi sur le ministère de l'Économie et de
l'Innovation en matière de recherche.
Lors
de la suspension de nos travaux, ce midi, les discussions portaient sur un
amendement déposé par le député de Maurice-Richard. Cet amendement vise à introduire le nouvel
article 22.4.1 à l'article 2 du projet de loi. Est-ce qu'il y
a des commentaires? M. le député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Oui.
Merci beaucoup, Mme la Présidente. M. le ministre, vous avez dit que, si les
deux tiers de l'Assemblée nationale ne croyaient pas à la science, on ne
réglait pas le problème. Est-ce que vous pensez qu'il y a plus de chances,
statistiquement, qu'il y ait un gouvernement qui ne croit pas à la science
plutôt que les deux tiers de l'Assemblée nationale qui ne croient pas à la
science?
M. Skeete : Je
dirais juste... en général, là, c'est le principe suivant, c'est qu'on s'est
déjà dit que c'est le Conseil des ministres qui nomme. Là, on viendrait
rajouter un autre... un tiers dans le processus de destitution. Ce n'est pas cohérent, là, tu sais. Ça fait que...
Puis j'ai évoqué mes raisons, un peu, pourquoi j'étais réticent aussi à ça.
Donc, malgré le repas, qui était satisfaisant, j'étais encore à la même
place.
M. Bouazzi : Je
suis très content que vous ayez eu un repas satisfaisant, M. le ministre. Ceci
étant dit, ce n'est pas le gouvernement qui
nomme, tout simplement, il y a un processus rigoureux qui fait intervenir un
certain nombre d'intervenants, dont des pairs qui choisissent, donc, des
personnes qui feraient leur affaire, qui seraient proposées au CA, qui, lui-même, propose au gouvernement, qui,
lui-même, choisit cette personne-là. Donc, le processus est... ne se limite pas au fait que ce soit l'Exécutif qui choisisse.
Or, justement, ça manque de cohérence quand on pense que c'est l'Exécutif seul
qui aurait le droit, avec un simple préavis de trois mois, d'arrêter le travail
d'un scientifique. Est-ce que vous ne pensez pas justement qu'il y a un
problème de cohérence dans ce cas-là?
M. Skeete : Bien,
ça revient à un droit de gestion, collègue. Pour moi, ce n'est pas une question
de... autre que le droit de gestion que l'Exécutif se garde pour être certain
qu'il maintient, qu'il garde les responsabilités qu'il a toujours eues, soit le
pouvoir de nommer certaines personnes à certains postes. Ce n'est pas plus
différent, encore une fois, comme on avait
évoqué l'autre jour, de nominations qu'on pourrait faire, mettons, pour les
délégations du Québec. C'est des contrats qui sont routiniers pour des
gens qui occupent ces rôles-là dans la fonction publique.
M. Bouazzi : Je
vous avouerais que je ne comprends pas très bien. C'est justement différent,
étant donné qu'on a un processus quand même plus rigoureux pour le choix de
cette personne-là. Je comprends votre réticence à vouloir que ce soient les deux tiers de l'Assemblée nationale qui
décident d'avaliser la proposition du CA. Évidemment, nous, on aurait préféré que ce soit l'Assemblée,
mais, de l'autre côté, le pouvoir qu'exerce un exécutif sur la fin de mandat
d'un scientifique... C'est-à-dire que... comment on se protège d'un
gouvernement qui ne croit pas, justement, à la science et qui serait incommodé par des propos ou des
recommandations d'un scientifique en chef? Comment on se protégerait
contre une dérive qui, du coup... ou pousserait le Scientifique en chef à
brider ses prises de position publiques pour ne
pas déplaire à l'Exécutif et s'assurer de ne pas être... qu'on ne lui montre
pas la porte ou, dans l'autre cas extrême, on se retrouvait avec un scientifique
en chef qui en montre la porte sans aucune... sous aucun processus qui
permettrait d'éviter cette dérive, M. le ministre?
M. Skeete : Bien,
je vous dirais... puis ça va être une des dernières fois que je vais prendre la
parole sur cette question-là, parce que je pense que j'ai et on a fait le tour,
mais, encore une fois, je vous demande de considérer l'exemple que je vous ai donné tantôt, un gouvernement minoritaire qui,
avec le pouvoir qui lui incombe de l'Exécutif, nomme un scientifique en chef, et l'Assemblée
nationale, parce qu'il est majoritaire aux deux tiers, réussit à le défaire au fur et à mesure. On se retrouverait
dans un «loop» qui devient ingérable pour le gouvernement. Je ne pense
pas que ce gouvernement ou un gouvernement futur devrait subir ce genre
d'enjeux là. Je pense que les citoyens s'attendent à ce qu'on travaille.
Donc, moi je pense
que les processus qui sont en place font en sorte qu'on va se retrouver avec
des gens qui vont agir de manière responsable. Une personne qui va se faire destituer
ou qui va avoir son contrat résilié, après ça, nous, on va devoir vivre avec
les conséquences politiques. Je suis sûr que les oppositions vont faire leur
travail pour comprendre pourquoi. Si c'est pour une raison qui est mal fondée,
on risque d'entendre des questions, puis là la démocratie va avoir sa place
dans le débat. Le contrat qui est résilié de manière fautive, si c'est le cas
hypothétique, la personne qui se fait
enlever son mandat pour une manière préjudiciable pourrait aller au... dans les
cours avoir satisfaction à ce niveau-là.
Donc, moi, je pense
que tous les mécanismes sont en place pour assurer que les dérives dont vous
craignez, collègue, ne puissent pas se produire.
La Présidente (Mme
D'Amours) : M. le député.
M. Bouazzi : Le problème, M. le ministre, c'est que, dans notre
démocratie, il y a très peu de contre-pouvoirs actuellement, et puis le... la
démocratie, effectivement, c'est une question d'équilibre du pouvoir. Et je
citerai des textes aussi anciens et fondateurs de nos démocraties
occidentales, tels que Montesquieu, qui dit que, pour qu'on ne puisse abuser du
pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le
pouvoir. Le seul contre-pouvoir qu'on aurait d'un gouvernement qui abuse de son
pouvoir fasse... encore une fois, un scientifique qui s'attache à la science
devant un gouvernement qui n'y accorde pas d'importance, ça serait justement
qu'il y ait un contre-pouvoir. Et, dans
notre cas, le seul qui pourrait jouer ce rôle-là, en tout cas, celui qu'on
propose, ça serait l'Assemblée nationale.
peut penser à la question de la crise climatique, on peut penser à la question
des crises sanitaires, on peut penser à la question du droit à l'avortement. Il
y a toutes sortes de sujets très sensibles où on peut imaginer qu'un gouvernement abuse de ce pouvoir qu'il garderait
pour lui seul, alors que, si on est capable d'aller chercher les deux tiers de
l'Assemblée, on viendrait mitiger justement cet abus de pouvoir possible, étant
donné qu'il est prévu dans la loi et que, par un simple préavis de trois
mois, un scientifique en chef pourrait se retrouver à perdre cette fonction.
fait que je continue à penser, M. le ministre, que, par amour pour la
démocratie, et je pense qu'on y accorde tous les deux beaucoup d'importance, il serait important de se retrouver
à avoir des contre-pouvoirs. Parce que, concrètement, quel
contre-pouvoir vous pensez que l'opposition aurait si un gouvernement,
justement, résilie le contrat d'un scientifique en chef parce qu'il est mal à
l'aise avec les déclarations concernant la science, justement, qu'il défend?
M. Skeete : Bien,
Mme la Présidente, le collègue fait allusion à la tyrannie de la majorité que
l'on sait par de Tocqueville, mais on n'est pas dans ça du tout, Mme la
Présidente. En fait, les contre-pouvoirs dont il craint sont déjà présents. Les
règles qu'on s'est données dans notre... dans notre démocratie, c'étaient de
donner le pouvoir à l'Exécutif de faire ce
genre de nomination là. Le contre-pouvoir, bien sûr, législatif et juridique
est applicable si jamais le contrat
est brisé entre cette personne-là et l'État. Donc, on n'est pas du tout dans
ces notions de balance et le contrebalance de pouvoir.
Et j'ajouterais, Mme
la collègue, que le collègue... Mme la Présidente, et le collègue, il fait des
affirmations avec lesquelles je ne suis pas nécessairement d'accord. Moi, je ne
suis pas d'accord avec l'énoncé qu'il n'y en a pas assez, de contre-pouvoirs, il y en a. Est-ce qu'elles sont suffisantes?
Je pense que c'est sujet à débat. Je ne pense pas qu'on peut affirmer, d'un bord ou de l'autre, si elles
sont suffisantes ou pas, mais il en existe, et c'est faux de prétendre le
contraire.
contre, j'entends le collègue dans son désir de vouloir avoir un scientifique
en chef qui est indépendant, puis c'est la raison pour laquelle, dans le
projet de loi, on nomme... on indique nommément que c'est le cas, qu'il doit agir de manière indépendante et on lui donne la
latitude malgré ça. Puis je ne me souviens pas exactement de l'énoncé
précis, mais on vient dire dans la loi qu'il doit avoir la liberté d'agir de
bonne conscience.
Donc, moi, je suis
assez à l'aise avec les énoncés qu'on a déjà mis dans la loi pour protéger l'intégrité
des recommandations qui vont être faites par le Scientifique en chef.
M. Bouazzi : Donc,
juste pour comprendre, c'est lequel... Est-ce que vous pouvez me nommer quel...
Encore une fois, si un gouvernement est en
désaccord avec... je ne sais pas, moi, pense que la... pense que les vaccins,
par exemple, ce n'est pas une
solution sanitaire, et qu'il y a toutes sortes de complots autour d'un vaccin,
et que le Scientifique en chef défende une position qui explique à quel point
les vaccins sont importants, ce gouvernement-là décide que le Scientifique en
chef doit partir dans les trois mois, est-ce que vous pouvez me décrire quels
sont les contre-pouvoirs que vous voyez, M. le ministre? Je ne les vois
pas.
M. Skeete : Les
contre-pouvoirs sont, premièrement, le recours juridique que la personne
pourrait avoir pour résiliation d'un contrat pour des raisons non fondées. Je
vous rappelle que, dans l'article 22.1 qu'on a adopté, on vient dire que le gouvernement nomme, pour un
mandat d'au plus cinq ans, une personne à
titre de Scientifique en chef, laquelle
exercerait les fonctions qui lui sont conférées par l'article 22.2 avec
indépendance, avec l'indépendance qu'elle requiert. Cette personne-là aurait
motif pour dire que le gouvernement n'a pas honoré sa propre loi.
De l'autre côté, cher
collègue, vous réduisez l'impact que vous pouvez avoir à
titre d'opposition. Je
suis certain, le cas échéant, que les
oppositions rendraient cette situation-là très gênante pour le gouvernement
futur s'il agissait de la sorte. Donc,
encore une fois, le système démocratique qu'on s'est donné vous permet, avec
les médias, le quatrième pouvoir, d'avoir justice, entre guillemets,
dans une décision là-dessus ou, du moins, y affixer un coût.
M. Bouazzi : M.
le ministre, la gêne n'est pas un contre-pouvoir. Est-ce que... Parce qu'un
contre-pouvoir, par exemple, que l'opposition a, c'est d'utiliser les deux
tiers de l'Assemblée nationale. Ça, c'est un contre-pouvoir qu'on aurait si,
par exemple, on n'est pas d'accord avec une nomination à la SQ ou à la
Commission des droits de la personne. C'est ça, le contre-pouvoir que nous
avons. La gêne ou le fait qu'il y a un
article au Journal de Montréal
qui met à mal le gouvernement, si c'était un contre-pouvoir aussi efficace, on
le saurait en comparaison avec des contre-pouvoirs prévus dans la législation.
C'est ce qu'on fait.
Vous dites qu'il y a
matière d'attaques. Est ce que vous pouvez... Donc, si on lit la résiliation,
là, le point 4.3 de la question du
contrat, là, le président... «le présent engagement peut être résilié en tout
temps par le gouvernement sous réserve d'un préavis de trois mois», et,
en ce cas, M. Quirion aurait droit, au cas échéant, à une allocation de
départ aux conditions et suivant les modalités déterminées par la
section V du
chapitre II des règles prévues par le décret 450-2007. Je ne
comprends pas très bien quels sont les recours de cette résiliation, M. le ministre.
M. Skeete : Bien,
je pense que j'ai été très clair, Mme la Présidente. Je n'ai rien à rajouter.
M. Bouazzi : Donc... Mais je voudrais quand même être sûr, M.
le ministre. Est-ce que vous êtes en train de dire que, sur des questions de normes de travail, le
Scientifique en chef... Est-ce que vous êtes obligé de donner même une
raison quand il y a résiliation?
M. Skeete : Le
contrat, il est assez clairement déterminé. Le collègue a une copie. Je ne suis
pas juriste, je ne peux pas indiquer c'est quoi, les recours exacts. Mais on
vit dans une société de droit où est-ce que les personnes qui travaillent au
Québec ont des droits. J'imagine que ça n'exclut pas M. Quirion dans ce
cas-ci.
Bouazzi : Donc... Mais est-ce que le gouvernement est obligé
de donner une raison quand il y a une résiliation? Juste, peut-être, vos
collègues pourraient nous éclairer.
Skeete : Ça ne sera pas nécessaire pour que les collègues
répondent. Je pense qu'on a déjà répondu, Mme la Présidente.
M. Bouazzi : Bon, dans l'état des
lieux, moi, je ne suis pas juriste non plus, j'essaie de faire mon travail de législateur. Quand je lis ce paragraphe-là, je
vois bien qu'il n'y a aucune raison qui doit être donnée par le gouvernement. Ça
sera mon hypothèse. Et donc, encore une fois, nous ne pouvons pas nous
protéger, M. le ministre, malheureusement, d'un
gouvernement qui abuse de ce pouvoir-là s'il est en désaccord avec ce que la
personne fait de la fonction. Et, en soi, ça peut être une atteinte,
évidemment, à son indépendance, M. le ministre, en tout cas, un sacré pouvoir
qu'on exerce sur cette personne-là. J'espère que vous allez accepter cet
amendement, M. le ministre.
Présidente (Mme D'Amours) : D'autres commentaires sur l'amendement? S'il n'y a
pas de commentaire, je vais mettre aux voix l'amendement du député de Maurice-Richard. Est-ce que l'amendement est adopté ou rejeté?
M. Bouazzi : On demande le vote
nominal, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Un
appel par vote nominal. Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
La Secrétaire : Oui. Pour, contre,
abstention. M. Bouazzi (Maurice-Richard)?
La Secrétaire : M. Skeete
(Sainte-Rose)?
La Secrétaire : Mme Boivin
Roy (Anjou—Louis-Riel)?
Mme Boivin Roy : Contre.
La Secrétaire : Mme Tremblay
(Hull)?
La Secrétaire : M. Dufour
(Abitibi-Est)?
La Secrétaire : M. Beauchemin
(Marguerite-Bourgeoys)?
M. Beauchemin : Abstention.
La Secrétaire : Et Mme D'Amours
(Mirabel)?
La Présidente (Mme D'Amours) : Abstention.
Donc, l'amendement est rejeté.
Nous revenons à l'article introduit, 22... non,
nous passons, pardon, à l'article introduit, 22.5. M. le ministre, s'il vous
plaît, pour nous en faire la lecture.
M. Skeete : «22.5. Est institué le
Fonds de recherche du Québec.»
Commentaire.
L'article 22.5 crée
juridiquement le Fonds de recherche du Québec.
Présidente (Mme D'Amours) : Merci. Commentaires sur 22.5? Pas de commentaire.
Nous passons maintenant à l'article 22.6. M. le ministre, s'il vous
plaît.
M. Skeete : «22.6. Le Fonds est une
personne morale, mandataire de l'État.»
La Présidente (Mme D'Amours) : Commentaires
sur 22.6?
Skeete : Excusez-moi, Mme la Présidente, j'ai oublié de
lire quelque chose, désolé. Je vais me reprendre :
«22.6. Le Fonds est une personne morale,
mandataire de l'État.
«Ses biens font
partie du domaine de l'État,
mais l'exécution de ses obligations peut être poursuivie sur ceux-ci.
Fonds n'engage que lui-même lorsqu'il agit en son nom.»
Désolé pour l'oubli.
Donnez-moi une seconde, je n'ai pas terminé avec les commentaires.
Le premier alinéa de
22.6 confirme la qualification du Fonds de recherche du Québec comme un
mandataire de l'État.
Le deuxième alinéa
prévoit que les biens procédés par le fonds font
partie du domaine de l'État,
mais il précise toutefois que l'exécution
des obligations du fonds peut être poursuivie sur ces biens. Ainsi, les biens
que cette nouvelle société d'État
détient aux fins des réalisations de sa mission pourront donc être donnés en
garantie de l'exécution de ses obligations.
Enfin,
le troisième et dernier alinéa de cet
article prévoit que, lorsque le fonds
agit en son nom propre, il n'engage que lui-même.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Est-ce qu'il y a des commentaires sur 22.6? Nous
allons passer maintenant au 22.7. M. le ministre.
M. Skeete : «22.7.
Le Fonds a son siège à l'endroit déterminé par le gouvernement.
«Le Fonds peut
établir des bureaux aux endroits qu'il détermine.»
L'article 22.7
concerne la détermination du lieu du siège du Fonds de recherche du Québec
ainsi que celle des bureaux qu'il peut établir.
La Présidente (Mme D'Amours) : Commentaires?
Nous allons passer au 22.8. M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Skeete : J'ai...
Je vous demanderais une suspension, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Je suspends les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à
15 h 23)
La Présidente (Mme
D'Amours) : Nous reprenons nos travaux. Nous étions à l'article
introduit, 22.8. M. le ministre.
M. Skeete : Oui, Mme la Présidente. Rappelez-moi la procédure
à suivre. Est-ce que je vous lis l'article puis, après ça, je vous dis
que j'ai un amendement...
La Présidente (Mme
D'Amours) : Oui.
M. Skeete : ...ou
vous préférez que je dépose l'amendement en amont?
La Présidente (Mme D'Amours) : Non,
vous allez me lire l'article, s'il vous plaît, et vous déposez l'amendement
après.
M. Skeete : À
votre service, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Merci.
M. Skeete : «22.8. Le Fonds a pour mission de soutenir le
développement stratégique et cohérent de la recherche scientifique au
Québec dans les domaines de recherche suivants:
«1° "nature et
technologies" comprenant notamment les sciences naturelles, les sciences
mathématiques, les technologies, le génie et les sciences de l'environnement;
«2° "santé"
comprenant notamment les sciences médicales et cliniques, l'épidémiologie, la
santé publique, les services de santé et, plus globalement, la santé durable;
«3° "société et
culture" comprenant notamment les sciences sociales et humaines, les
sciences de l'éducation, les sciences de la gestion ainsi que les arts et les
lettres.
«Le Fonds a également
pour mission de promouvoir la formation de la relève en recherche et
l'excellence en recherche afin de contribuer à l'avancement des connaissances
et à l'élaboration de solutions en réponse aux défis de société auxquels est confronté le Québec. Il concourt au développement
durable de la société et met à profit les principes de l'innovation
sociale. Il favorise le rayonnement de la science et de ses résultats au
Québec, ailleurs au Canada et à l'étranger.»
La Présidente (Mme
D'Amours) : Des commentaires?
Skeete : Oui, je vais vous lire ça à l'instant. Le nouvel
article 22.8 précise la mission du Fonds de recherche du Québec.
Celle-ci consiste, d'une part, à soutenir le développement de la recherche
scientifique au Québec dans les domaines de recherche actuellement couverts par les Fonds de recherche
du Québec, Nature et Technologies, les Fonds de recherche du Québec,
Santé et Fonds de recherche du Québec, Société et culture.
mission du fonds consiste, d'autre part, à faire la promotion de la formation
et de l'excellence en recherche et à concourir au développement durable de la
société québécoise, tout en favorisant le rayonnement de la science au
plan national et international.
J'aurais un
amendement, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Est-ce qu'il est déposé sur Greffier?
M. Skeete : On
me dit que oui, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
D'Amours) : On va l'afficher sur écran, et vous allez pouvoir nous en
faire la lecture. Allez-y, M. le ministre.
M. Skeete : Dans
l'article 22.8 de la
Loi sur le ministère de l'Économie et de l'Innovation
que l'article 2 du projet de loi propose :
1° remplacer, dans ce
qui précède le paragraphe 1° du premier alinéa «domaines» par «secteurs»;
2° insérer, dans la
deuxième alinéa et après «Il favorise», «, à l'égard de chacun des secteurs,».
La première
modification proposée à l'article 22.8 remplace le terme «domaines» par
celui de «secteurs». Elle répond à une recommandation formulée par plusieurs
intervenants lors des consultations particulières, dont le Bureau de la
coopération interuniversitaire, le Scientifique en chef et l'Association pour
la recherche au collégial.
La deuxième
modification vise à clarifier que la mission du Fonds de recherche du Québec en
matière du rayonnement implique les trois secteurs de recherche.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Commentaires sur l'article... sur l'amendement, pardon?
Beauchemin : ...sur l'amendement, on est correct...
La Présidente (Mme
D'Amours) : Parfait. C'est correct? Donc...
M. Bouazzi : Bien, un commentaire rapide pour dire que nous
accueillons cet amendement positivement, que c'est une avancée, effectivement,
pour clarifier puis rassurer aussi les chercheuses et les chercheurs du Québec
sur le fait qu'il y a la prise en compte des trois... des trois secteurs
dans ce rayonnement-là et pas juste de la recherche plus largement.
M. Skeete : J'ajouterais,
Mme la Présidente, que c'est le fruit de consultations avec tous les partis qui
étaient présents, ceux qui étaient ici.
La Présidente (Mme D'Amours) : Parfait.
Merci. S'il n'y a pas d'autre commentaire, je vais mettre aux voix
l'amendement. Est-ce que l'amendement est adopté ou rejeté?
La Présidente (Mme D'Amours) : Adopté.
Nous revenons à 22.8 tel qu'amendé. M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
Beauchemin : Nous avons un amendement.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Qui est sur Greffier aussi, Mme la secrétaire?
Beauchemin : Je pense que oui.
Présidente (Mme D'Amours) :
On va le mettre sur écran, et vous pourrez en faire la lecture, s'il vous
plaît, M. le député.
M. Beauchemin :
Oui. Donc,
l'article 2 : Modifier l'article 22.8, tel qu'introduit par
l'article 2 du projet de loi, par
l'ajout au dernier alinéa, après le mot «promouvoir», des mots «, en
collaboration avec le ministre de l'Enseignement supérieur».
La Présidente (Mme
D'Amours) : Commentaires, M. le député?
Beauchemin : C'était pour refléter les représentations qu'on a reçues
de plusieurs groupes d'intervenants pour avoir la présence plus notable du
ministère de l'Enseignement supérieur dans le projet de loi, dans cet
article-là spécifiquement, au niveau de la formation, de la recherche, etc.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Commentaires sur l'amendement, M. le ministre?
Skeete : Oui, Mme la Présidente. Je comprends l'intention
du collègue. C'est important que l'Enseignement supérieur continue
d'être le porteur de ballon en ce qui touche la recherche au Québec en général.
Ici, on parle des fonds de recherche. Puis,
avec l'amendement du collègue, on vient donner un rôle à l'Enseignement
supérieur, puis ils ne seront pas dans le coup, là. Tu sais, les... le
processus dans lequel on s'est embarqués avec la création de ce fonds-là est que le ministère de l'Enseignement supérieur
était d'accord pour que ce volet-là du fonds... des fonds soit géré par
le MEIE. Là, ici, on vient leur donner une vocation avec laquelle ils n'ont pas
été consultés puis qui porterait ou qui créerait aussi, j'ose dire, une double
imputabilité. Tu sais, c'est qui, ultimement, qui est responsable?
Ça fait que
je comprends l'intention. C'est important que le ministère de l'Enseignement
supérieur soit impliqué. Je pense qu'on a déjà... puis je vous fais une
confidence, Mme la Présidente, on a un amendement en ce sens plus tard où ce qu'on va donner un rôle à
l'Enseignement supérieur. Mais je ne pense pas qu'ici leur donner ce rôle-là, très
formel, de collaboration est de bon augure.
La Présidente (Mme D'Amours) : M. le
député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : On peut-tu
suspendre, s'il vous plaît, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
suspends les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à 15 h 37)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux. Et nous étions à l'amendement du député de Marguerite-Bourgeoys. Est-ce qu'il y a des
commentaires sur l'amendement? M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Bien, écoutez, oui,
effectivement, l'objectif en arrière de l'amendement était d'essayer de trouver
une façon de faire contribuer le ministère de l'Enseignement supérieur au
niveau de la composition, comme on le discutait tout à l'heure. Je pense que
c'est important de pouvoir faire une collaboration afin de promouvoir la
formation de la relève en recherche, etc. Donc, c'était... c'était l'esprit en
arrière de l'amendement. On a eu des petits pourparlers. On pourra par la suite
procéder à autre chose.
La Présidente (Mme D'Amours) : Est-ce
qu'il y a d'autres commentaires sur l'amendement? S'il n'y a pas d'autre
commentaire, je vais mettre aux voix l'amendement. Est-ce que l'amendement est
adopté ou rejeté?
Présidente (Mme D'Amours) :
Rejeté. Donc, nous poursuivons. Au 22.8 tel qu'amendé, est-ce qu'il y a des... d'autres discussions? S'il n'y a pas de
discussion, nous allons aller à l'article introduit 22.9. M. le ministre, s'il
vous plaît.
M. Skeete : «22.9. Le Fonds a pour fonctions :
«1° de promouvoir et d'aider
financièrement :
«
a) la
recherche, qu'elle soit libre, fondamentale ou appliquée, dans les domaines
visés à l'article 22.8 au sein des établissements publics de
recherche et d'enseignement supérieur;
«
b) la diffusion des connaissances dans tous les
domaines;
«
c) la
formation de chercheurs par l'attribution de bourses aux étudiants qui
poursuivent des études collégiales ou universitaires et aux personnes
qui effectuent des recherches postdoctorales ainsi que par l'attribution de
bourses de perfectionnement aux personnes qui désirent réintégrer les circuits
de recherche;
«2° de soutenir la concertation des initiatives
de recherche menées au sein des ministères et organismes gouvernementaux et la
gestion d'appels de projets en découlant;
«3° d'établir
tout partenariat nécessaire, notamment avec les universités, les collèges,
l'industrie, les ministères et les organismes publics et privés
concernés, tant sur le plan national qu'international.»
L'article 22.9 précise les fonctions qu'est
appelé à exercer le Fonds de recherche du Québec. Celles-ci consistent notamment à promouvoir et financer la
recherche au sein des établissements publics de recherche et
d'enseignement, la formation des chercheurs et la diffusion des connaissances.
J'aimerais vous aviser, Mme la Présidente, que
j'ai un amendement.
La Présidente (Mme D'Amours) : Il
est à l'écran, donc vous pouvez nous en faire la lecture, s'il vous plaît, M.
le ministre.
Skeete : Dans le paragraphe 1° de l'article 22.9
de la
Loi sur le ministère de l'Économie et de l'Innovation que
l'article 2 du projet de loi propose :
1° remplacer, dans le
sous-paragraphe a, «domaines» par «secteurs de recherche»;
2° insérer,
dans le sous-paragraphe et... pardon, insérer, dans le sous-paragraphe a et
après «établissements publics de recherche et», «des établissements»;
3° remplacer, dans le sous-paragraphe c,
«bourses aux étudiants» par «bourses d'excellence aux étudiants»;
4° d'ajouter, à la fin, le sous-paragraphe
suivant :
«
d) les activités de recherche
intersectorielle;».
Les modifications proposées à
l'article 22.9 de la
Loi sur le ministère de l'Économie et de l'Innovation
remplacent le terme «domaines» par ceux de «secteurs de recherche», clarifient
les établissements d'enseignement supérieur
dont les recherches pourront être financées par le Fonds de recherche du Québec, introduisent la notion d'excellence comme qualificatif des bourses
versées par les fonds et prévoient spécifiquement qu'une des fonctions du
fonds consistera à promouvoir et aider financièrement les activités de
recherche intersectionnelle.
L'ajout de la
fonction de promotion et de financement et... de la recherche...
intersectionnelle, pardon, répond à une demande de l'ACFAS, du Scientifique
en chef et l'Association pour la recherche au collégial.
Présidente (Mme D'Amours) : Merci. Commentaires sur l'amendement? S'il n'y a
pas de commentaire, je vais mettre aux voix l'amendement. Est-ce que
l'amendement est adopté?
Présidente (Mme D'Amours) :
Adopté. Nous revenons à 22.9 tel qu'amendé. Est-ce qu'il y a des commentaires? M.
le député de Maurice-Richard.
Bouazzi : Bien, ça va... Nous, on aurait besoin juste d'un
peu de temps. Ça fait que, s'il y a des commentaires, on pourra
travailler en parallèle, mais, sinon, on va devoir demander une suspension
rapide pour déposer.
M. Bouazzi : Ça vous va?
La Présidente (Mme D'Amours) : Oui.
Je suspends les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à 15 h 54)
Présidente (Mme D'Amours) : Nous reprenons nos travaux. M. le député de
Maurice-Richard, vous aviez un amendement à déposer?
M. Bouazzi : Oui, Mme la Présidente.
Nous avons effectivement un amendement, qui va comme suit :
À l'article 22.9 de la
Loi sur le ministère
de l'Économie et de l'Innovation, tel qu'ajouté par l'article 2 au projet de
loi, ajouter, après le troisième paragraphe, le paragraphe suivant, donc :
«
e) des
mesures visant à favoriser la participation à la recherche par les membres
[des] groupes historiquement exclus, dont les femmes, les personnes
vivant avec un handicap, les autochtones et les minorités visibles.»
La Présidente (Mme D'Amours) : Commentaires,
M. le député?
M. Bouazzi : Oui. Donc, ici, on
est... Si on revient sur le début, donc, c'est : «Le fonds a pour
fonctions de promouvoir et d'aider
financièrement — donc — des
mesures visant à favoriser la participation [de] recherche...» Nous
avons eu, et d'ailleurs je serais curieux d'entendre nos collègues, des
statistiques sur les questions de genre. Est-ce que... Bien, je vais faire des commentaires généraux et puis, après, je
poserai peut-être mes questions au ministre, mais ce qu'on avait cru
comprendre, c'était que l'extrême majorité des fonds sont délivrés à des
hommes.
Dans l'état actuel des choses, étant donné... Je
pense que tout le monde ici est d'accord pour dire qu'à la naissance les
cerveaux des femmes et des hommes sont égaux et qu'ils sont tous les deux
capables de faire toutes sortes de recherches très constructives. On pense
qu'il y a... en fait, il y a des... comment dire, des conditions structurelles
dans notre société qui font en sorte qu'on arrive à ce résultat-là.
C'est-à-dire que ça ne veut pas dire que les gens qui décernent l'argent
discriminent sur la base du genre, mais il y a tout un processus social qui
fait en sorte qu'arrivés à ce niveau-là on se retrouve avec beaucoup plus
d'hommes.
Et donc, à chaque étape, il faut se poser la
question : Est-ce qu'on est capables de renverser la vapeur et d'éviter ces iniquités structurelles dans notre
société? C'est vrai aussi évidemment pour les personnes ayant un handicap,
les personnes autochtones et les personnes appartenant à des minorités visibles
ou les personnes racisées. Et donc c'est
dans ce sens-là qu'on pense que c'est un bon moment, justement, aujourd'hui, en
tant que législateurs, de mettre ce genre d'objectif qui, évidemment, pour la
question de l'égalité hommes-femmes, ne peut que faire avancer la cause de
l'égalité.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Est-ce qu'il y a des commentaires sur l'amendement? M. le ministre.
M. Skeete : Oui,
bien, très sensible à un amendement comme ça, Mme la Présidente. Vous savez,
j'ai... j'ai aussi le titre, à part de
délégué à l'Économie, de ministre responsable de la Lutte contre le racisme.
Donc, je salue... je salue l'initiative du collègue à vouloir avoir des
fonds de recherche qui sont plus inclusifs. Je regarde... Je vais vous dire
l'enjeu que je peux voir avec cela.
Premièrement, il a
raison, le cerveau d'une femme, bien sûr, ça va de soi, à la naissance, est
comme un homme. C'est effectivement le cas,
je suis d'accord, mais c'étaient les regroupements du cégep qui nous ont dit
ça, hein, c'était l'union... l'union des étudiants... l'Union étudiante
qui nous avait dit ça. Puis je pense qu'il faut faire une différence entre la
recherche en général et la recherche au cégep, premièrement. Ce n'est pas un
phénomène qui est... qui est visible partout
dans le milieu de la recherche. Je crois que c'est un enjeu strictement relié
au domaine du cégep.
L'autre enjeu que je
verrais, c'est qu'on a déjà agi en ce sens. Vous savez, Mme la Présidente, j'ai
été participant dans le Groupe d'action contre le racisme, et une des choses
qu'on s'est dites, dans ce groupe d'action contre le racisme là, c'était
d'avoir... de faire en sorte que les personnes racisées soient plus
représentées dans les conseils d'administration. Le conseil d'administration
qui va avoir lieu ici va ou devrait avoir une participation de femmes, c'est un
critère des lois sur les gouvernances des sociétés d'État, présence de
minorités visibles également.
Donc, je pense qu'on
agit à la bonne place avec des mesures comme ça. D'un bord, il n'y a jamais eu
autant de femmes et de minorités visibles qui participent, et qui vont à
l'université québécoise, et qui font de la recherche au Québec. Combiné avec le
fait que les conseils d'administration, déjà, par la loi, vont avoir cette
représentation-là, je pense que la tendance va changer rapidement sur l'équité
qu'il pourrait y avoir, les enjeux d'équité et d'inclusion qu'il pourrait y
avoir.
Puis je rappellerais
au collègue que le Scientifique en chef, récemment, je pense, l'année passée, a
tenté d'avoir... d'inclure un questionnaire d'EDI à l'intérieur des
formulaires, et le domaine a réagi négativement à cette demande-là. Donc, on ne serait même pas en mesure d'aller chercher la
collecte d'information dont le collègue évoque.
Par contre, ce que je
dirais, c'est qu'encore une fois, puis ça semble être beaucoup le cas, Mme la
Présidente, je suis d'accord avec l'idée derrière le désir du collègue, mais je
pense qu'on s'est déjà bien équipés aux postes décisionnels. Les conseils
d'administration vont être bien représentés avec des personnes qui vont être
sensibilisées à cette réalité-là. Déjà, les conseils d'administration vont
avoir une représentativité paritaire de femmes. Il va y avoir des
représentativités de personnes minoritaires dans ces conseils d'administration
là. Donc, je pense que l'avenir va bien nous donner raison par rapport à ça.
Puis j'aimerais
rajouter au collègue une initiative du Groupe d'action contre le racisme aussi,
c'est qu'on forme davantage de personnes de minorités visibles qui peuvent
siéger sur les conseils d'administration. Vous savez, les bourses d'études qu'on a mises à la disposition des personnes issues
de la diversité, qui vont leur permettre d'avoir la formation nécessaire, de
créer un bassin de personnes disponibles à occuper ces rôles-là, je pense que
c'est de bon augure pour s'assurer justement d'avoir les bonnes
personnes aux bonnes places.
Et, en terminant, je
rappellerais au collègue qu'actuellement les fonds sont dirigés... les fonds de
recherche sont dirigés par trois femmes.
Alors, encore une fois, je suis très certain que cette sensibilité-là, elle
existe à l'intérieur des mécanismes qu'on a actuellement, mais, encore
une fois, je ne que... je ne peux qu'être d'accord avec l'intention du
collègue.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. M. le député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : ...proportion
en nombre et en argent de ce que les trois fonds actuels allouent à des femmes
ou à des personnes ayant... Disons, commençons par les femmes, là, peut-être.
M. Skeete : Je vais... je vais voir avec l'appareil
gouvernemental si on a ces données-là disponibles rapidement, mais je
vous dirais que, comme je vous... comme j'ai évoqué tantôt, c'est les cégeps
qui nous ont fait part de ça. Par le
cheminement typique qu'on peut voir, ça ne me surprendrait pas que ce soit un
phénomène qui est... qui est restreint au
cégep, mais je... On va voir si on n'a pas ces données-là pour vous, puis
peut-être me poser une autre question entre-temps, puis ça va faire me plaisir
d'aller chercher la donnée.
M. Bouazzi : Avec
grand plaisir, peut-être, le temps qu'ils cherchent, il y a aussi, et j'imagine
que c'est moins... moins facile, la question
des personnes autochtones, personnes appartenant à des minorités visibles ou
personnes ayant un handicap. Si vous avez aussi les chiffres, je suis
moins optimiste, là, mais ça nous aiderait.
suis heureux, M. le ministre, que vous parliez effectivement des... du travail
législatif qui a été fait pour pouvoir imposer
une parité et un minimum de présence de minorités sur les CA des sociétés
d'État. C'est justement une preuve que,
quand on légifère, on fait avancer les choses, et, malheureusement, sans avoir
légiféré, il y avait peut-être une tendance où il y avait de plus en
plus de femmes, mais on a toujours été très, très loin de la question des
parités sur les différents CA des sociétés d'État. C'est vrai aussi pour le
fait... et je sais que c'est votre gouvernement qui a introduit la possibilité
d'avoir une personne de moins de 35 ans, dans mes souvenirs, aussi sur les
CA, entre autres, pour préparer la relève.
M. Skeete : ...apporter une petite correction. Je ne prendrai
pas le crédit pour celle-là. C'est mon prédécesseur, le député de
Sainte-Rose, dans le Parti libéral, qui avait proposé cette loi-là. Alors, je
vais donner le crédit dû à mon prédécesseur de Sainte-Rose.
M. Bouazzi : Effectivement,
et puis, à chaque fois, on va aussi donner le crédit à la société civile, qui a
poussé très fort pour ce genre d'égalité. Et
d'ailleurs, dans ce cas-là, je salue nos concitoyens de Force Jeunesse, qui ont
beaucoup milité sur ce sujet-là. Maintenant, je ne sais pas, est-ce qu'il y a
un espoir juste pour nous dire... d'avoir les chiffres ou...
Skeete : On pourrait... Je crois que c'est disponible. Moi,
je suis optimiste qu'on va l'avoir, mais, à défaut de le dire autrement,
il va falloir poser une couple d'autres questions pour qu'on y arrive.
M. Bouazzi : OK, parfait, OK,
mais... Alors, peut-être...
M. Skeete : On peut suspendre, si
vous préférez.
M. Bouazzi : Parce que je ne veux
pas... je ne veux pas... je veux... je veux qu'on avance.
M. Skeete : C'est apprécié.
Bouazzi : Je veux être clair. Je veux qu'on avance. Donc,
est-ce qu'on peut suspendre ça et revenir plus tard ou on doit vraiment
continuer ce...
M. Skeete : Je vais vous le dire
dans les deux prochaines minutes si je l'ai. Donc, on pourrait suspendre pour
deux minutes, le temps d'aller vous le trouver.
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
suspends les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 16 h 18)
Présidente (Mme D'Amours) : Nous reprenons nos travaux. M. le député de
Maurice-Richard, voulez-vous rajouter quelque chose?
M. Bouazzi : Oui, peut-être.
M. Bouazzi : Exact, bien, peut-être
à vous... à vous de le faire, si vous voulez bien, oui.
M. Skeete : Oui, bien, ça me ferait
plaisir.
La Présidente (Mme D'Amours) : M. le
ministre.
M. Skeete : Mme la Présidente,
pendant qu'on était hors ondes, on a trouvé les données par rapport aux fonds de recherche. Deux des trois fonds avaient
une moyenne d'une soixantaine de pour cent pour les femmes. Il y en
avait un... c'était lequel qui était...
Skeete : ...Nature, technologies, où est-ce qu'il y a
encore du travail à faire, on est à 45 %, j'arrondis, là, à 45 %,
mais dans la zone paritaire. Donc, ce que je disais hors ondes au collègue, le
travail se fait déjà, les choses semblent bien aller, et, comme je lui
ai dit, là, avec les initiatives du gouvernement ces dernières années,
notamment avec les conseils d'administration, on voit qu'il y a cette
sensibilité-là qui existe davantage.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
M. le député.
Bouazzi : Merci, Mme la Présidente. J'apprécie beaucoup,
effectivement, la proactivité des collaborateurs, des fonctionnaires avec... avec nous. C'est des
chiffres fort intéressants. Je continue à penser que, pour les autres groupes
historiquement marginalisés ou exclus, que ce soit pour les minorités visibles,
pour les personnes autochtones ou pour les
personnes ayant un handicap, si les objectifs sont déjà atteints, bien, tant
mieux, ça va nous éviter de les... de les perdre en vue, et puis, si, pour certains de ces groupes-là, les
objectifs ne sont pas atteints, bien, ça va permettre de les mettre sur
le radar et de s'assurer que les meilleures pratiques sont mises en place en
matière d'EDI pour s'assurer d'une juste
représentativité des groupes. Et donc... et donc je suis très heureux de
maintenir cet amendement pour le vote.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres commentaires sur l'amendement? S'il n'y a pas de commentaire, je
vais mettre aux voix l'amendement. Est-ce que l'amendement est adopté ou
rejeté?
La Présidente (Mme
D'Amours) : Rejeté. Un appel au vote nominal?
M. Bouazzi : S'il
vous plaît.
La Présidente (Mme
D'Amours) : S'il vous plaît, Mme la secrétaire.
Secrétaire : Oui. Alors, pour, contre, abstention. M. Bouazzi
(Maurice-Richard)?
Secrétaire : M. Skeete (Sainte-Rose)?
Secrétaire : Mme Boivin Roy (Anjou—Louis-Riel)?
Mme Boivin
Roy : Contre.
La Secrétaire :
Mme Tremblay (Hull)?
La Secrétaire :
M. Dufour (Abitibi-Est)?
La Secrétaire :
M. Beauchemin (Marguerite-Bourgeoys)?
La Secrétaire :
Et Mme D'Amours (Mirabel)?
La Présidente (Mme
D'Amours) : Abstention. Donc, l'amendement est rejeté. Nous revenons à
22.9 tel qu'amendé. Est-ce qu'il y a des commentaires? Merci. Donc, nous
passons à 22.10, M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Skeete : «22.10.
Le Fonds doit, dans l'exercice de ses fonctions, contribuer au soutien et au
rehaussement de la recherche et de la science en français.»
La Présidente (Mme D'Amours) : Commentaires?
Nous passons maintenant à... Oui, M. le député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Peut-être
un questionnement. Comment est-ce que vous voyez l'application de ce genre
de... Ça veut dire quoi exactement? Est-ce que vous avez une idée?
M. Skeete : Tu
sais, on parlait du rôle du Scientifique en chef en termes de diplomatie. C'est
un exemple où est-ce que son rôle de faire
la promotion de la science en français, ça lui donnerait cette
caractéristique-là, dans son rôle de diplomatie à l'international ou au
national.
M. Bouazzi : OK, parce qu'il y a évidemment énormément de
choses qu'on voit bien qu'on gagne énormément à les avoir en français quand on
parle de science, de culture, tout ce qui touche au... à la sociologie, toutes
sortes de choses qui touchent...
Et puis ensuite il y
a... Vous parlez beaucoup d'intelligence artificielle, pour que les chercheurs
québécois brillent et qu'ils nous fassent
honneur là où se fait la recherche. La recherche, malheureusement, autant aux
États-Unis, qu'en Corée du Sud, que même en Chine, se fait en anglais là
où elle se fait. Là, je me demandais comment est-ce que vous voyez ce genre de cohabitation d'objectifs. Est-ce que ça
voudrait dire qu'on préférerait... Comment... comment on fait avec ce genre de
domaine particulier qui... qui s'opère? Est-ce que... est-ce que... est-ce que
ça veut dire qu'on mettrait l'accent sur des traductions après? Est-ce
que... est-ce que ça serait... qu'ils ne seraient pas priorisés?
M. Skeete : Bien,
en fait, la première étape, c'est de faire un projet de loi qui nous permet de
dire que c'est une priorité. La deuxième, dans l'applicabilité, c'est d'avoir
une politique qui va venir entourer ça, puis c'est un des constats
qu'on s'attendrait de recevoir du Scientifique en chef par la suite. Je ne vous
cacherai pas que, déjà, le gouvernement se soucie du fait français en Amérique,
et on propose différentes avenues de réflexion, que ce soit la traduction systématique d'oeuvres d'importance ou
même d'avoir et d'encourager les chercheurs qui viennent chercher au
Québec de l'international, le faire en français, nous-mêmes, traduire en
français, donner des incitatifs financiers en français.
Il y a toutes sortes
d'initiatives qu'on peut faire, mais moi, je suis un de ceux qui pensent, comme
on nous l'a dit à plusieurs reprises durant
les consultations, qu'il y a une pression importante pour la publication en
anglais. Si on veut se faire lire ou se faire publier par les grands journaux,
on a cette pression-là à la hausse. Si on pourrait créer un incitatif, ça nous aiderait beaucoup, alors ce
serait aussi d'inciter les gens, que ce soit payer carrément des publications
françaises scientifiques, à publier en français des oeuvres...
Alors, il y a toutes
sortes de choses... Je pense qu'on est vraiment limités à notre imagination,
mais il me semble que le Québec devrait être
la bibliothèque d'Alexandrie du domaine scientifique en français, puis c'est
une belle occasion qu'on pourrait le faire. Alors, tout ce qui peut
faire vivre ce fait-là, on souhaite le faire.
M. Bouazzi : Bon, peut-être pour... pour conclure,
effectivement, je pense, c'est vraiment important. D'ailleurs, je dois
avouer, je ne parle jamais d'expériences personnelles, mais j'ai publié un
article de recherche il y a... il y a longtemps,
et ça ne se faisait qu'en anglais pour pouvoir exister sur... dans les
différentes conférences, et je dois avouer que c'était évidemment
sportif comme exercice, étant une langue étrangère.
Ayant dit ça, en
gestion, en ingénierie, sur toutes sortes de choses, même pour devenir
professeur, il faut avoir des publications dans des publications qu'ils
appellent AAA ou AA, qui, dans tous les cas ou dans des cas très, très rares, peuvent se retrouver dans d'autres
langues que l'anglais, mais, dans l'extrême majorité des cas, se retrouvent en
anglais. Et donc, pour que, justement, notre... notre peuple brille aussi par
sa recherche, je pense qu'il faut faire attention aussi à trouver des
mécanismes qui ne pénalisent pas non plus ceux qui brillent dans ce genre de
revues reconnues internationalement dans le... Le Québec, malheureusement, de
par la taille de la communauté, ne peut pas vraiment faire concurrence à ça,
et, encore une fois, ce n'est pas juste l'Amérique du Nord, là, on parle de
100 % des chercheurs, qu'ils soient asiatiques, africains, européens ou
américains.
M. Skeete : Je suis d'accord avec le
constat. La barre, elle est... elle est... la marche, elle est haute, mais
l'effort, il est noble. Alors, c'est pour ça qu'on le met dans les
descriptions de tâches du Scientifique en chef.
M. Bouazzi : C'est
bon pour moi, madame.
La Présidente (Mme D'Amours) : S'il
n'y a pas d'autre commentaire sur le 22.10, nous passerions au 22.11, M.
le ministre, s'il vous plaît.
M. Skeete : «Le Fonds doit, au début de chaque année
financière et au plus tard à la date que fixe le ministre, lui
transmettre pour approbation un plan présentant les actions prévues pour cette
même année.»
La Présidente (Mme
D'Amours) : ...commentaires? Vous avez un amendement?
M. Skeete : J'ai effectivement un commentaire. Désolé, j'ai
tendance à faire cette erreur-là, Mme la Présidente, je m'excuse. Je
vais le relire parce que j'ai oublié un paragraphe.
«22.11. Le Fonds
doit, au début de chaque année financière et au plus tard à la date que fixe le
ministre, lui transmettre pour approbation un plan présentant des actions
prévues pour cette même année.
«Ce plan doit
indiquer séparément les montants prévus pour les dépenses d'administration et
les montants prévus pour chacun des programmes d'aide financière.»
Je vais lire le
commentaire puis je vais vous faire état de mon amendement, Mme la Présidente.
L'article
22.11 demande que le Fonds de recherche du Québec transmette annuellement au
ministre de l'Économie, de
l'Innovation et de l'Énergie pour approbation la planification des actions
qu'il prévoit dans l'année, notamment en distinguant les dépenses
administratives des dépenses de programmes d'aide financière.
M. Skeete :
J'aimerais suspendre quelques secondes, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Je suspends les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à
16 h 34)
Présidente (Mme D'Amours) : Nous reprenons nos travaux. M. le ministre, vous
aviez terminé votre lecture?
Skeete : ...Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Est-ce qu'il y a des commentaires? M. le député de
Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Oui,
Mme la Présidente. Nous avons un amendement à proposer.
La Présidente (Mme D'Amours) : Qui
est sur Greffier, nous l'avons à l'écran. S'il vous plaît, nous en faire la
lecture, M. le député.
M. Bouazzi : Donc,
ajouter, à la fin de l'article 22.11, tel qu'ajouté à l'article 3...
La Présidente (Mme
D'Amours) : À l'article 2.
M. Bouazzi : ...2,
pardon, du projet de loi, le suivant :
plan doit également indiquer distinctement, pour la
partie de l'enveloppe
budgétaire provenant des crédits alloués au ministre par le Parlement pour le
Fonds, les sommes affectées à chacun des secteurs visés à l'article 22.8 lesquelles
sont déterminées sur la base d'une répartition qui tient compte des
caractéristiques propres de chacun des secteurs en cherchant à maintenir une
stabilité de la proportionnalité du financement pour chacun d'eux.
«Ce plan doit prévoir
une prépondérance du financement des programmes d'aide financière au soutien à
la recherche libre.»
La Présidente (Mme
D'Amours) : Commentaires, M. le député?
M. Bouazzi : Oui,
Mme la Présidente. On est très heureux de déposer cet amendement. Il y a
vraiment beaucoup de groupes qui étaient
très inquiets par rapport à la fusion des différents fonds de recherche en un
seul, avec une crainte très, très
exprimée de voir un des fonds, et puis spécialement celui de Société et
culture, mais pas seulement, se retrouver comme étant l'enfant pauvre et perdre
au change de cette fusion. Cette proposition vient appuyer l'idée que,
malgré le fait qu'il y ait une fusion, il y a des portefeuilles qui sont
associés à chacun des domaines de recherche et qu'en soi ces domaines-là ont des caractéristiques propres, d'un côté.
L'autre partie... Donc, il faut maintenir et il faut avoir une stabilité
de l'argent qui est réparti dans chacun de ces domaines.
puis l'autre partie, c'est l'autre inquiétude aussi qui nous est venue du
milieu académique et des professeurs, des
chercheuses et chercheurs, qui touche à la question de la place de la recherche
libre, de la recherche fondamentale dans
le financement. Et ici on vient introduire l'idée que la recherche libre doit
être prépondérante dans le financement de... dans la distribution du
financement du nouveau Fonds de recherche du Québec.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Commentaires sur l'amendement?
M. Skeete : Bien,
j'ai entendu, comme le collègue, les inquiétudes exprimées par les
intervenants, puis, à mon sens, l'amendement va loin pour rassurer ces
personnes-là, donc je le reçois avec plaisir, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. D'autres commentaires sur l'amendement? Je vais
mettre aux voix l'amendement. Est-ce que l'amendement est adopté ou rejeté?
La Présidente (Mme
D'Amours) : Adopté. Nous revenons à 22.11 tel qu'amendé. Est-ce qu'il
y a des commentaires? Nous allons passer au 22.12. M. le ministre, s'il vous
plaît.
M. Skeete : «22.12.
Le Fonds peut accorder, dans le cadre de son plan stratégique, aux conditions
que détermine le gouvernement, une aide financière au moyen de subventions et
de bourses.»
L'article 22.12
prévoit que les aides financières qu'accorde le Fonds de recherche du Québec
prennent la forme de subventions et de bourses et sont versées aux
conditions que détermine le gouvernement.
La Présidente (Mme D'Amours) : Commentaires?
Nous allons passer au 22.13, s'il vous plaît. M. le ministre.
M. Skeete : «22.13.
Tout programme d'aide financière du fonds doit prévoir :
«1° la forme et le
contenu des demandes d'aide financière, les renseignements qu'elles doivent
contenir et les documents qui doivent les accompagner;
«2° les modalités et
les conditions d'attribution et les critères d'évaluation des demandes d'aide
financière;
«3° les barèmes et
les limites de l'aide financière.
«Les éléments visés
au paragraphe 2° et 3° du premier alinéa sont soumis à l'approbation du
ministre.»
L'article 22.13
précise les exigences que tout programme d'aide financière du Fonds de recherche
du Québec doit satisfaire.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Commentaires?
La Présidente (Mme
D'Amours) : Je vais suspendre les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à
16 h 40)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux. Nous étions à l'article 22.13. Est-ce qu'il y a des
commentaires? S'il n'y a pas de commentaire, nous passerions à 22.14. M. le
ministre, s'il vous plaît.
M. Skeete : «22.14.
Le Fonds peut former des comités chargés d'évaluer les demandes d'aide
financière qui lui sont adressées.
«Les membres de ces
comités ont droit, dans la mesure et aux conditions déterminées par le
gouvernement, à une rémunération sous forme d'allocation
de présence aux séances des comités et au remboursement des frais raisonnables
engagés par eux dans l'exercice de leurs fonctions.
«Toutefois,
les membres des comités provenant des organismes publics visés à
l'article 3 de la
Loi sur l'accès aux documents des organismes
publics et sur la protection des renseignements personnels
(chapitre A-2.1) n'ont pas droit à une allocation de présence.»
L'article 22.14
confère au Fonds de la recherche du Québec le pouvoir de former des comités qui
seront chargés d'évaluer les demandes
d'aide financière qui lui sont présentées. Les membres de ces comités auront
droit au remboursement des frais engagés dans le cadre de leurs
fonctions et, pour ceux qui ne proviennent pas d'un organisme public, à une
allocation de présence dans la mesure et aux conditions que déterminera le
gouvernement.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Commentaires? Nous passerions au 22.15. M. le
ministre, s'il vous plaît.
M. Skeete : «22.15.
Le Fonds peut, conformément à la loi, conclure une entente avec un gouvernement
autre que celui du Québec, l'un de ses ministères, une organisation
internationale ou un organisme de ce gouvernement ou de cette organisation, en vue de l'exécution de ses fonctions. «Il peut
également, à la même fin, conclure une entente avec un ministère ou un organisme du gouvernement du Québec ainsi [que]
toute personne, toute société ou tout organisme et participer avec eux à
des projets communs.»
L'article 22.15
confère au Fonds de recherche du Québec le pouvoir de conclure des ententes
avec toute entité, gouvernementale ou non, en vue de l'exécution de ses
fonctions. Le libellé propose... proposé est conforme à ce qu'on retrouve
généralement dans les lois constitutives des sociétés d'État.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Commentaires? M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
Beauchemin : Merci, Mme la Présidente. Juste pour comprendre,
pouvez-vous me donner un exemple, par exemple, impliquant un autre, évidemment,
ministère, là, que celui de l'Économie?
M. Skeete : Ça
peut être une entente de partage de ressources ou de faire une entente de
partage de recherche avec une entité autre...
Beauchemin : Dans l'appareil gouvernemental?
M. Skeete : Bien oui, ou à l'international. Ça pourrait être,
mettons, le fonds de recherche européen pour évaluer les changements
climatiques. Bien, ce serait une entente formelle que le fonds aurait le droit
de signer.
Beauchemin : OK, merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. D'autres commentaires? 22.16. M. le ministre, s'il
vous plaît.
M. Skeete : «22.16. Le Fonds doit se doter d'une politique
d'examen et de traitement des plaintes qui lui sont formulées à l'égard
des opérations liées à ses activités.»
L'article 22.16
de la
Loi sur le ministère de l'Économie et de l'Innovation reprend le contenu
de l'article 48 de la
Loi sur le ministère de l'Enseignement supérieur, de
la Recherche, de la Science et de la Technologie. Les trois fonds de
recherche du Québec se sont dotés d'une politique d'examen et de traitement des
plaintes liées à leurs activités. Les plans stratégiques 2022‑2025 de ces
fonds prévoient une mise à jour de cette politique. On parle dans ce cas de
plaintes vis-à-vis de l'offre de services des Fonds de recherche du Québec.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Commentaires? On va passer au 22.17. M. le
ministre.
Skeete : «En plus...» Pardon. «22.17. En plus d'exercer les fonctions
prévues à la présente section, le Fonds met en oeuvre les programmes d'aide
financière qui lui sont confiés par une autre loi ou, avec l'autorisation du
gouvernement et aux conditions que ce dernier détermine, les programmes d'aide
financière qui lui sont confiés par un
ministère ou par un organisme public. Le Fonds exerce alors ses fonctions
conformément à la présente section, avec les adaptations nécessaires.»
L'article 22.17
de la
Loi sur le ministère de l'Économie et de l'Innovation reprend le contenu
de l'article 49 de la
Loi sur le ministère de l'Enseignement supérieur, de
la Recherche, de la Science et de la Technologie.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Commentaires? Nous passons au 22.18. M. le ministre, s'il
vous plaît.
M. Skeete : «22.18. Le Fonds donne son avis sur toute question
relevant de sa compétence que lui transmet le ministre et y joint, le
cas échéant, toute recommandation qu'il estime opportune.»
L'article 22.18
prévoit essentiellement que le Fonds de recherche du Québec peut être appelé à
conseiller le ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie sur toute
question afférente à sa compétence qu'il lui soumet, selon lui, et qu'un tel
avis peut être accompagné de recommandations.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Commentaires? M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin :
Oui. On comprenait que tout
l'appareil gouvernemental du Conseil
exécutif pouvait avoir des
questions. Pourquoi qu'on fait un point spécifique par rapport au ministère de
l'Économie?
M. Skeete : Ici,
on parle du PDG du fonds et non du Scientifique en chef.
Beauchemin : Ah! OK. D'accord.
M. Skeete : C'est
le deuxième chapeau qu'il porte.
Beauchemin : OK, merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : M. le député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Oui.
Pour être sûr de comprendre, on parle du PDG ou on parle du fonds? En fait, la
demande, elle est faite à l'institution ou à la personne?
M. Skeete : C'est au... En tant que PDG du fonds, il
répondrait avec ce chapeau-là, et non comme Scientifique en chef, comme
on avait discuté avec l'amendement du collègue ce matin.
M. Bouazzi : Donc
là, quand... On est bien au 22.18, là?
M. Bouazzi : Donc,
le fonds donne son avis sur toute question relevant sur la compétence. Ça, moi,
je dois comprendre, et vous excuserez que je n'aie pas compris ça, là. Le PDG donne
son avis, c'est-tu ça?
M. Skeete : Bien, en bout de ligne, le processus d'approbation
de la gouvernance interne fait en sorte qu'ultimement la recommandation qui sort de là est la
responsabilité du PDG, mais ce n'est pas nécessairement lui ou elle, en effet,
qui fait la... qui est auteur du
document, là, on se comprend? Dans le fond, il y a un processus d'approbation à
l'interne pour les documents qui vont circuler.
M. Bouazzi : Oui,
je comprends.
M. Skeete : Ce
n'est pas nécessairement la personne qui l'a fait, tellement, mais le PDG
retient...
M. Bouazzi : Bien,
il y a plein d'institutions auxquelles je peux faire des demandes, puis ce
n'est pas le PDG qui est responsable. Donc, dans ce cas-ci...
M. Skeete : Donc,
la structure qu'on s'est donnée, c'est que tu as le PDG qui est responsable du
fonds, avec le conseil d'administration qui,
lui, le chapeaute. Alors, le fonds est constitué de toutes ces personnes-là qui
travaillent à l'intérieur du fonds. Le fonds peut être susceptible à
donner un avis, mais...
M. Bouazzi : Donc,
ce n'est pas le PDG.
M. Skeete : Pas
nécessairement.
M. Skeete : Ça
peut l'être, mais ce n'est pas nécessairement le cas.
M. Bouazzi : Et donc... Et c'est
le... Et là ce n'est pas l'exécutif, c'est le ministre.
M. Bouazzi : Donc, c'est le ministre
de l'Économie qui pose des questions au fonds?
Bouazzi : Est-ce qu'actuellement ça existe, ça? Est-ce que
c'est la ministre de l'Éducation supérieure qui a le droit de poser des
questions au fonds, un des trois fonds? C'est nouveau? C'est-tu nouveau?
M. Skeete : Oui. Dans le fond, juste
pour que le collègue... ce soit clair, là, on reprend essentiellement le verbatim de qu'est-ce qui existe à l'intérieur de
la loi actuelle sur le ministère de l'Enseignement supérieur, là. Donc, on ne
se donne pas des nouveaux pouvoirs, on fait juste faire dans la continuité de
Pratico-pratique, peut-être, pourrais-tu donner
un exemple, Mathieu, sur à quoi ça pourrait ressembler?
Présidente (Mme D'Amours) : Monsieur, si vous voulez bien vous identifier et
puis répondre à la question, s'il vous plaît. J'ai le consentement pour
que monsieur prenne parole aujourd'hui?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme D'Amours) : Allez-y.
M. Gervais (Mathieu) : Oui. Mathieu
Gervais, sous-ministre adjoint, science et innovation, ministère de l'Économie,
de l'Innovation et de l'Énergie.
Donc, c'est vraiment le fonds, hein, l'article
traite du fonds, donc, le fonds en tant qu'institution, et puis ça peut être sur toute compétence relative au fonds,
donc ça peut être sur le déploiement de ses programmes, ça peut être sur
tout ce qui concerne sa mission, ses fonctions.
M. Bouazzi : Le déploiement des
programmes du fonds ou du ministère?
M. Gervais (Mathieu) : Du fonds.
M. Skeete : Dans le fond, si ce
n'est pas écrit, le ministre n'aurait pas le droit de dire : Posez des
questions au fonds sur le fonctionnement,
qu'est-ce qui se passe au quotidien. Donc, on ne pourrait pas savoir : Ah!
bien, combien de personnes vous avez aidées? On ne pourrait pas poser
des questions comme ça si ce n'est pas écrit.
M. Bouazzi : Bien là, c'est un avis.
Donc, juste pour comprendre, imaginons, là, le ministre, donc, le fonds, donne un avis sur toute question relevant de sa
compétence, est-ce que... est-ce que ça peut être des questions scientifiques
plutôt que ce genre de questions administratives, que... dont vous faites...
auxquelles vous faites allusion?
M. Skeete : Je vais laisser M.
Gervais répondre.
M. Gervais (Mathieu) : Ça ne peut
pas être sur des questions scientifiques, ça relève vraiment du rôle du
Scientifique en chef. Là, on est vraiment dans les fonctions du fonds et,
essentiellement, de déployer les programmes de
bourses et de subventions. Donc, ça va être dans la façon de déployer, il va
pouvoir fournir des... le fonds va pouvoir donner son avis sur les
meilleures pratiques, sur tout ce qui incombe à sa responsabilité, qui n'est
pas celle du Scientifique en chef.
M. Bouazzi : Et les recommandations,
il les fait à qui? Au ministre?
M. Gervais (Mathieu) : Au ministre.
Bouazzi : Mais, si c'est le fonctionnement... Je vous avoue
que je ne comprends pas. Si c'est le fonctionnement interne du fonds
dont il s'agit... Le ministre ne décide pas du fonctionnement interne du Fonds?
M. Gervais (Mathieu) : Bien, je vous
donne un exemple. Comme, exemple, le ministre doit approuver les règles de programmes, donc il peut formuler des
recommandations au ministre en disant : On vous suggère des modifications aux règles
de programmes pour atteindre tel objectif, donc on vous recommande cela. Donc,
le ministre, après, peut autoriser, sur avis du fonds, de modifier les
règles de programmes.
M. Bouazzi : Et,
dans ce genre de situation, le CA, c'est quoi son rôle? Ce n'est pas au CA de
décider des règles?
M. Gervais
(Mathieu) : C'est le fonds, donc, le fonds, et, ultimement,
c'est le conseil d'administration qui est imputable. Donc, c'est le
fonds. Le CA, l'institution, fait des recommandations.
M. Gervais (Mathieu) : Donc,
c'est... ultimement, c'est le CA.
M. Bouazzi : Donc, ce n'est vraiment
pas le Scientifique en chef...
M. Gervais (Mathieu) : Ce n'est pas
le Scientifique en chef, là. Donc, évidemment, le CA va s'appuyer de son organisation, de son PDG. Les recommandations
vont sûrement souvent être formulées de cette façon-là, mais pas à
titre
de Scientifique en chef, qui va émettre des avis scientifiques, qui a un rôle
différent.
M. Bouazzi : Lui, il ne siège pas
sur le CA, on s'entend. C'est toute l'idée, là.
M. Gervais (Mathieu) : Et le
Scientifique en chef, qui est également PDG, siège sur le CA...
M. Bouazzi : Oui, mais pas... mais
en tant que...
M. Gervais (Mathieu) : ...mais il ne
peut pas présider...
M. Gervais (Mathieu) : Il ne préside
pas le CA, mais il siège sur le CA.
M. Bouazzi : Oui.
OK. Donc, OK, je comprends. Donc là, on... OK, je comprends. Merci, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Pas de commentaires additionnels sur le 22.18? Nous passons maintenant au
22.19. M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Skeete : «22.19. Le Fonds ne
peut, sans l'autorisation du gouvernement :
contracter un emprunt qui porte au-delà du montant déterminé par le
gouvernement le total de ses emprunts en cours non encore remboursés;
«2° conclure un contrat pour une durée et pour
un montant supérieur à ceux que le gouvernement détermine.
«Le Fonds ne peut acquérir un immeuble.»
Le premier alinéa de l'article 22.19
confère au gouvernement le pouvoir d'encadrer l'exercice de certains pouvoirs contractuels du Fonds de recherche du
Québec, que celui-ci détient par ailleurs en raison de son statut de personne morale. Ainsi, le gouvernement pourrait établir
par décret des limites auxquelles serait assujetti le fonds, principalement
en ce qui concerne sa capacité financière.
Le deuxième alinéa retire le pouvoir du fonds
d'acquérir un immeuble.
La Présidente (Mme D'Amours) : Commentaires?
S'il n'y a pas de commentaire...
La Présidente (Mme D'Amours) : Oui,
monsieur...
Bouazzi : ...une question. Excusez-moi. Et puis, quand on dit
«un immeuble», on fait référence à quoi, exactement? J'imagine, c'est...
M. Skeete : Une bâtisse.
M. Bouazzi : C'est juste le
bâtiment? Pourquoi on se sent obligé... pourquoi on se sent obligé de
spécifier? Je veux dire, on pourrait aussi dire : Il n'a pas le droit
d'acheter un bateau, par exemple. Pourquoi?
Skeete : Dans le fond, c'est que... un, pour empêcher les
risques liés à l'immobilier, et, deuxièmement, il y a d'autres entités
gouvernementales qui sont chargées de gérer le parc immobilier de l'État.
M. Bouazzi : OK.
C'est bon.
La Présidente (Mme D'Amours) : C'est
bon? Nous passons maintenant au 22.20. M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Skeete : «22.20. Le Fonds peut recevoir des dons, des legs,
des subventions ou d'autres contributions, pourvu que les conditions qui
sont rattachées soient compatibles avec la réalisation de sa mission.»
Ah! excusez-moi, il
ne faut pas que je lise ça. Je l'ai faite tantôt, cette erreur-là.
L'article 20.20
confère au Fonds de recherche du Québec le pouvoir de recevoir diverses
contributions de tiers dans la mesure où les conditions qui seraient rattachées
à leur versement soient compatibles avec sa mission.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Commentaires? Nous passons maintenant au 22.21. M. le
ministre, s'il vous plaît.
M. Skeete : «22.21. Le Fonds est administré par un conseil
d'administration composé de 15 à 19 membres nommés par le gouvernement dont le président du conseil
d'administration et le président-directeur général. Les membres du conseil autres
que le président et le président-directeur général comprennent notamment :
«1° au moins trois
personnes provenant de chacun des domaines de recherche visés à
l'article 22.8;
au moins un étudiant inscrit à temps plein dans un programme d'études
supérieures au sein d'un établissement d'enseignement du Québec
provenant de chacun des domaines de recherche visés à l'article 22.8.
membre du personnel du ministère désigné par le ministre participe aux séances
du conseil à
titre d'observateur, mais n'a pas [le] droit de vote.»
La Présidente (Mme
D'Amours) : Commentaires?
M. Skeete : Mme
la Présidente, j'aimerais proposer un amendement, s'il vous plaît.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Est-ce que nous l'avons sur Greffier?
M. Skeete : Ça...
Je vais suspendre, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Vous voulez suspendre?
M. Skeete : S'il
vous plaît.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Je suspends les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à
16 h 58)
La Présidente (Mme
D'Amours) : Nous reprenons nos travaux. M. le ministre.
M. Skeete : Oui.
Mme la Présidente, j'avais un amendement, que je vais lire à l'instant. À
l'article 22.21 de la
Loi sur le ministère de l'Économie et de l'Innovation que
l'article 2 du projet de loi propose :
1° remplacer, dans le
premier alinéa, «domaines» par «secteurs» partout où cela se trouve;
supprimer, dans le deuxième... pardon, supprimer, dans le paragraphe 2° du
premier alinéa, «à temps plein».
Outre le remplacement
du terme «domaines» par «secteurs», il est proposé de supprimer l'exigence que
les étudiants soient inscrits à temps plein dans un programme d'études.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Commentaires, M. le ministre?
M. Skeete : Je l'ai déjà lu, mais, dans le fond, c'est ça,
c'est assez simple, l'idée, c'est qu'on ne veut pas pénaliser l'étudiant qui va
être à temps partiel, puis, par mesure de cohérence, on veut rester dans les
termes qu'on a choisis, qui est «secteurs» versus «domaines».
La Présidente (Mme D'Amours) : Parfait.
Commentaires sur l'amendement? M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
Beauchemin : Dans le contexte où est-ce que, par exemple, là, il y
aurait un étudiant qui pourrait, par exemple, être nommé puis, pour une raison
quelconque, a à aller faire un stage à l'extérieur, comment voyez-vous que ça, ça pourrait fonctionner? À ce moment-là,
doit-il être absolument au Québec pour pouvoir continuer à pouvoir être...
M. Skeete : Ce n'est pas précisé,
donc ce n'est pas pas permis. Ça fait que ça ne bloque pas un étudiant qui a
une condition particulière. Ici, avec la notion que l'étudiant devait être à
temps plein, on venait obliger un étudiant à concilier travail et études.
M. Beauchemin : Oui,
oui.
M. Skeete : Ça fait que c'est...
L'idée, c'est d'être inclusif.
La Présidente (Mme D'Amours) : D'autres
commentaires? S'il n'y a pas de commentaire, je vais mettre aux voix
l'amendement. Oui, M. le député.
M. Beauchemin : ...que j'étais trop
rapide.
La Présidente (Mme D'Amours) : OK.
Est-ce que l'amendement est adopté?
La Présidente (Mme D'Amours) :
Adopté. Nous revenons à l'article 22.21 tel qu'amendé. M. le député de
Marguerite-Bourgeoys, vous avez un commentaire?
M. Beauchemin : Oui, Mme la
Présidente. J'aimerais introduire un amendement.
La Présidente (Mme D'Amours) : Oui.
Est-ce qu'on l'a sur Greffier? Nous l'avons sur Greffier. On va le mettre à
l'écran, et je vous demanderais, M. le député, de nous en faire la lecture,
s'il vous plaît.
M. Beauchemin : Avec plaisir. Donc,
pour l'article 2, modifier l'article 22.21, tel qu'introduit par l'article 2 du
projet de loi, en remplaçant le dernier alinéa par le suivant :
«Un membre du personnel du ministère de
l'Économie et de l'Innovation désigné par le ministre ainsi qu'un membre du
personnel du ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche, de la
Science et de la Technologie désigné par le ministre responsable de ce
ministère participent aux séances du conseil à
titre d'observateur, mais n'ont
pas droit de vote.»
La Présidente (Mme D'Amours) : Commentaires
sur votre proposition d'amendement?
M. Beauchemin : Bien, ça, c'était
pour permettre justement d'avoir une implication plus directe, là, du ministère
de l'Enseignement supérieur au conseil d'administration.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Est-ce qu'il y a des commentaires sur l'amendement du député? M. le ministre.
Skeete : Je reçois avec ouverture cet amendement-là. Ça va
dans le sens de l'inclusion, je pense, que les gens ont demandée dans
les consultations particulières. Je remercie le collègue pour l'ajout.
La Présidente (Mme D'Amours) : Parfait.
Commentaires? M. le député de Maurice-Richard.
Bouazzi : Oui. Je vais me permettre aussi d'aller dans le
même sens. C'est effectivement un ajout positif qu'on accueille
positivement.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Donc, est-ce que l'amendement est adopté?
La Présidente (Mme D'Amours) : Adopté.
Nous revenons à 22.21 tel qu'amendé. Est-ce qu'il y a d'autres commentaires? M.
le député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Bien, j'ai un certain
nombre de questions. D'abord, juste pour être clair, c'est pas mal évident, on avait eu deux lectures différentes de la phrase
«au moins trois personnes provenant de chacun des domaines». On parle bien
de neuf personnes, évidemment. En tout, ce n'est pas une personne par domaine,
c'est trois fois trois, donc neuf. Oui.
Un des questionnements importants, c'était de
dire qu'exclure des chercheurs qui peuvent avoir envie de recevoir du FRQ ou
qui l'ont reçu dans les dernières années serait considéré comme non... c'était
quoi, le mot, non... qu'il y a dans la loi? Attendez. Excusez.
M. Bouazzi : Indépendants, exact,
non indépendants. Sachant tout ce qui nous a été dit sur le fait que les
chercheurs qui siègent sur ce CA là n'approuvent pas les projets un à un, mais
approuvent par blocs, et que ça les... ils ne décident donc pas sur des choses qui les
touchent directement, est-ce que vous considérez qu'ils sont effectivement
non indépendants?
M. Skeete : Ici, on parle d'un
principe de gouvernance. Les... Ironiquement, les chercheurs en gouvernance nous disent que c'est la façon de procéder. Puis,
pour bien comprendre la démarche, il faut comprendre le rôle d'un conseil
d'administration. Un conseil d'administration n'est pas dans la gestion
quotidien d'un organisme. Il est là pour poser des questions, apporter des perspectives externes et faire réfléchir, à
l'organisation, à des façons de faire qui peuvent être différentes ou à l'extérieur de cette culture.
C'est ça, le rôle d'un conseil d'administration. Alors, pour moi, l'indépendance
va de soi, sinon c'est des gens qui se parlent entre eux puis qui sont d'accord
entre eux.
Ce qui est important, je pense, dans ce qu'on a
entendu... Puis j'ai encore le témoignage de M. Larivière dans... quand je lui ai posé la question :
Oui, mais donc les chercheurs, eux autres, sont différents? Mais, si vous posez
la question, historiquement, à tous les gens
de conseils d'administration, eux autres aussi, ils étaient toujours
différents. Il y a toujours des gens qui veulent que ce soient des gens
qui pensent comme eux, puis pas dans le sens négatif du terme. Ici, on parle de chercheurs qui connaissent des chercheurs, qui
connaissent la recherche, ça fait que ce n'est pas, en soi, mauvais.
Mais, la notion d'indépendance, c'est un critère important pour assurer une
gouvernance. Puis ça, ça n'a pas un impact
sur la qualité des projets qui vont être choisis, parce que les vrais experts
qui connaissent la science vont étudier ces questions-là, et non pas le
conseil d'administration.
Ça fait que j'ai entendu, comme vous, les
craintes de... les chercheurs, mais je crois que c'est de mal comprendre le
rôle du conseil d'administration, de voir, dans ça, non pas une opportunité
d'avoir des points de vue différents et
diversifiés, et de voir une attaque envers l'institution. Alors, pour vous
rassurer puis pour rassurer les gens qui nous écoutent aussi, ce ne sera
pas le cas. Il va y avoir des gens compétents qui vont faire les choix des
projets. Mais le conseil d'administration, c'est une autre entité qui ne sert
pas à ça.
M. Bouazzi : Question. Vous
dites : Les chercheurs en gouvernance nous disent que c'est ça qu'il faut
faire. Est-ce que vous pouvez, s'il y en a
plusieurs, il y a... bien y en avoir au moins un, est-ce que vous pouvez nous
nommer quel chercheur en gouvernance vous a conseillé de faire ça?
M. Skeete : Bien, en fait, je
pourrais bien, là, mais c'est un concept qui est bien établi dans les
gouvernances. Quand on regarde toutes les études, que ce soit en affaires ou
en... dans le parapublic, c'est connu que la dernière chose qu'on veut avoir, c'est des gens qui proviennent de l'entité, ou
qui proviennent de l'entreprise elle-même, ou du secteur de l'entreprise
elle-même dans un conseil d'administration. C'est... Ça va contre les
meilleures pratiques de gouvernance. On peut facilement, aisément, faire une
recherche, là, puis, si vous y tenez tant que ça, je pourrais le sortir, là, mais toutes les meilleures pratiques
en gouvernance nous le disent. C'est la raison pour laquelle on a réformé
la
Loi sur la gouvernance des sociétés d'État, justement pour se conformer à
cette norme-là, qui est approuvée par plusieurs
ordres, notamment les ordres des comptables, entre autres, puis d'autres
personnes qui saluent ce genre d'innovation là parce que c'est
important.
Bouazzi : Peut-être, avant de revenir sur ce sujet-là,
est-ce qu'il y aurait... Donc, vous... Parce qu'un des problèmes, c'est
qu'ils sont... Donc, ils seraient de 15 à 19. C'est ça?
M. Skeete : Donc, normalement...
Vous savez, on a eu cette conversation-là. Normalement, un conseil
d'administration, on a plus de 15 personnes. La littérature et les façons
de faire nous indiquent qu'au-delà de 15 ça commence
à perdre de l'efficacité et de l'efficience. Mais justement, pour laisser plus
de place à des chercheurs, on a décidé, dans la loi, d'élargir de 15 à
19, même s'il y a, d'une manière documentée, une perte d'efficience, justement,
étant sensibles à la réalité évoquée par ce secteur scientifique là.
M. Bouazzi : Et donc... Et, quand on
dit «trois»... «au moins trois personnes provenant de chacun des domaines»,
donc ces trois personnes-là ne doivent pas avoir eu du FRQ?
Skeete : En fait, elles sont exemptes de ça. Ils doivent...
Les directeurs ou directrices, dans ce cas-ci, y siègent d'office, peu
importe. C'est leur
titre qui leur confère le siège, et non leur statut. Mais,
en bout de ligne, dans le ratio ultime du calcul, ils sont considérés. Donc,
s'ils ont reçu une aide dans les dernières années et ne sont pas considérés
indépendants, ils vont rentrer dans le ratio. Mais ils sont rentrés dans le
conseil d'administration en vertu de leur statut de directrices du fonds, et
non pas par leur statut dépendant ou pas.
M. Bouazzi : Est-ce que vous
considérez... Encore une fois, hein, je rappelle que les personnes qui sont
sur... sur le CA ne décident pas directement de quel fonds va à quel projet.
Est-ce que vous considérez qu'une personne qui
a de ce financement-là est susceptible de nuire à la qualité de cette décision
aux égards, aux intérêts de la société?
M. Skeete : Bien, ça, c'est une
bonne question, mais c'est un peu comme dire : Collègue, pensez-vous que
je vais être en conflit... je vais être en conflit si je parle de choses dont
je suis passionné et que j'aime? On ne le sait pas, mais ce n'est pas une bonne idée de mettre des gens dans une
situation comme ça