Labour and the Economy — 25 April 2023 (43rd Legislature, 1st Session)

CET 2023-04-25

Quebec — Committees

Labour and the Economy — 25 April 2023 (43rd Legislature, 1st Session)

CET 2023-04-25

Quebec — Committees

(Neuf

heures quarante-six minutes)

La Présidente (Mme

D'Amours) : À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je

déclare la séance de la Commission de l'économie et du travail ouverte.

commission est réunie afin de procéder à l'étude du volet Économie des crédits

budgétaires du portefeuille Économie, Innovation et Énergie pour

l'exercice financier 2023‑2024. Une enveloppe de 3 h 30 min

a été allouée pour l'étude de ces crédits.

Mme la secrétaire, y

a-t-il des remplacements?

Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. M. Leduc

(Hochelaga-Maisonneuve) est remplacé par M. Bouazzi (Maurice-Richard).

La Présidente (Mme

D'Amours) : Merci. Nous allons procéder à une discussion d'ordre

général par blocs d'échange incluant les questions et réponses. La mise aux

voix de ces crédits sera effectuée à la fin du temps qui leur est alloué, soit

cet après-midi, vers 16 h 15.

Je suis maintenant

prête à reconnaître une première intervention de l'opposition officielle pour

un premier bloc d'échange. M. le député de Marguerite-Bourgeoys, la parole est

à vous.

Beauchemin : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Bonjour à vous tous.

Bonjour, M. le ministre. J'ai une liste exhaustive, là, de plein de sujets que

je veux discuter avec vous aujourd'hui, mais je pense que je vais tout de suite

sauter dans les faits d'actualité, là, qui nous ont apparu cette nuit, en fait,

à propos, là, de... des études qui ont été demandées à KPMG puis à McKinsey. Je

voulais juste comprendre, M. le ministre, pourquoi avoir demandé une seconde étude presque similaire, là, à

McKinsey, par rapport à l'article qu'on a vu, de Thomas Gerbet, là, ce matin.

Fitzgibbon : OK. Bonjour, tout le monde. Bienvenue à l'étude de

crédits. Pour les prochaines heures, ça va être un plaisir. Bien, premièrement,

c'est deux mandats qui sont complètement différents. Le mandat de KPMG est un

mandat pour regarder la relance de certains secteurs spécifiques, entre autres,

je pense à... aux forêts, je pense aussi... il y avait un travail sur l'achat

local. Alors, c'est un mandat qui a été fait en quelques mois, là, de janvier,

février 2022, dans les deux, trois mois qui ont suivi... 2021, je m'excuse.

Après ça, il y a un

autre mandat qui a été donné à McKinsey au courant de l'été 2021, mandat

qui était pour travailler avec nous pour regarder les déterminants qui étaient

importants d'analyser pour toute la question de combler l'écart de richesse que

nous avons avec l'Ontario, les États-Unis et d'autres juridictions qu'on

valorise beaucoup, de faire des études aussi

de marqueurs, d'indicateurs internationaux, chose que nous n'avons pas de

disponible au ministère.

Donc, McKinsey, c'est

un travail de balisage international, de revoir nos stratégies de création de

valeur et d'innovation pour s'assurer qu'on avait les bons déterminants, alors

que KPMG était tout simplement un exercice pour quelques projets spécifiques

pour faire la balance.

Beauchemin : OK.

L'article du journal de ce matin mentionnait quand

même qu'il y avait des très grandes similitudes entre les deux études,

justement, le point au niveau de sonder les façons de faire à l'international

semblait être demandé autant par KPMG qu'à McKinsey. Ça fait que vous dites que

c'est... que ce n'est pas le cas.

Fitzgibbon : Non, le balisage était complètement différent. KPMG a

regardé ce qui pouvait se faire. Je vous parle de l'exemple des forêts, par

exemple, c'est un secteur. Ils ont pu regarder ce qui se fait à l'extérieur du Québec, là, j'en conviens, mais, dans le cas de

McKinsey, ils ont été ailleurs, là, c'est vraiment un démarchage... ou un

balisage, je m'excuse, pour voir, dans des

juridictions comme Israël, comme Singapour, comme la Corée, des juridictions

qu'on respecte beaucoup, quels étaient leurs déterminants à eux pour pouvoir imprégner

l'innovation dans leurs réflexes industriels, regarder avec nos zones

d'innovation. Parce que moi, j'ai toujours dit que ce qui est important pour le

Québec, c'est d'identifier les secteurs

industriels où on peut être des champions mondiaux. Alors, on avait déterminé,

avec l'équipe du ministère des secteurs, qu'on aura voulu valider avec

McKinsey, qu'on avait la... notre prétention était justifiée. C'est deux choses

qui n'étaient pas tout à fait la même chose, là.

Beauchemin : OK. Pourquoi avoir été gré à gré avec McKinsey,

mais pas avec un appel d'offres traditionnel, là, de... appel d'offres,

avec KPMG?

M. Fitzgibbon : On

voulait être efficients, efficaces puis on pouvait le faire en gré à gré. On

n'a pas... On a maintenu les règles. On trouvait que McKinsey connaissait quand

même le gouvernement, avait des bonnes connaissances, ça fait qu'on trouvait

qu'il était approprié d'y aller avec eux. On a respecté les règles, encore une

fois.

M. Beauchemin : Un autre des points

qu'on a vu dans l'article, c'était le fait que, pour l'année fiscale 2019 à 2020, il faisait le comparable en chiffres. Puis

je veux juste avoir votre commentaire là-dessus, c'est... Pour ce qui est

de l'ensemble des dépenses du gouvernement en service-conseil, dans l'ensemble

de toute la machine gouvernementale, la facture était de 3 milliards,

puis, pour ce qui est de la facture, si on veut, des... l'ensemble du haut

fonctionnariat de la machine gouvernementale, on parle de 1,9 milliard.

Trouvez-vous ça un petit peu disproportionnel, un peu, là, l'utilisation

d'autant d'argent pour aller demander conseil quand il y a tout l'appareil

gouvernemental qui ont l'expérience, évidemment, eux autres aussi, là, de la

machine, comment ça fonctionne? Mais il y a quand même... pas presque le

double, mais c'est au moins 50 % plus élevé, là.

M. Fitzgibbon : Je n'ai pas le

détail de ces chiffres-là, mais, tu sais, si vous me demandez mon opinion à

haut niveau, il faut revenir où nous étions. Je ne sais pas c'est quoi, les

chiffres...

M. Beauchemin : 2019 à 2020, avant

le COVID.

M. Fitzgibbon : Non, mais ce que je

veux dire, c'est qu'il faudrait voir les chiffres avant pour voir avant la

pandémie, c'était quoi le ratio, là. Je pense que la pandémie, clairement, a

causé, pour le gouvernement, un désir de bien

faire rapidement, puis on n'avait pas l'expérience, évidemment, comme pas grand

monde ont eu, de toute évidence. Mais, en même temps, tu sais, ces

firmes-là... puis je ne sais pas d'où... où le milliard a été dépensé, là, mais

il y a toutes sortes de firmes externes qui

travaillent avec les différents gouvernements dans le monde, puis ça se passait

live. Alors, moi, je pense que c'était prudent, de la part du

gouvernement du Québec, de profiter de ressources externes. Encore une fois, je

n'ai pas le détail de la différence. Ça, c'est dur de commenter spécifiquement,

M. Beauchemin : Bien, je comprends

dans un contexte où est-ce qu'effectivement on se met dans le contexte de la

pandémie, là, qu'est-ce qui se passe à... dans d'autres coins de la planète.

Ça, ça peut s'expliquer, je suis d'accord. Puis c'est sûr que pandémie, c'est

nouveau. L'appareil gouvernemental n'a peut-être pas toutes les données, là,

mais ils ont des... ils ont des façons de communiquer vers l'externe qui

auraient peut-être pu être faites aussi.

Mais les données au niveau des 3 milliards versus 1,9 milliard, ça,

c'est l'année fiscale avant que le COVID arrive. Donc, c'est... par

rapport à ça spécifiquement, vous, votre opinion sur ça? Parce qu'avant le

COVID il n'y avait donc pas à... comment on deal avec le COVID, là. On ne l'a

pas eu, donc...

M. Fitzgibbon : Il faut dire qu'il y

a eu beaucoup... pas mal eu d'argent qui a été dépensé dans le premier... dans

le dernier trimestre, là. Mais, écoutez, je n'ai pas de réponse. Parce que

c'est sûr que, la fonction publique, moi, j'ai appris à la respecter beaucoup

parce qu'il y a des connaissances, il n'y a aucun doute, mais quand on parle

de... Règle générale, quand on parle de mettre des programmes en place qui vont

toucher la société, je pense que c'est correct de demander l'avis externe. Bon,

la proportion externe-interne... puis on peut questionner, là, le principe.

Moi, je le souscris totalement, de penser qu'on peut tout faire à l'interne,

c'est une vision très, très étroite, je pense. Alors, écoutez, il faudrait que

je regarde plus de détails pour vous donner un commentaire, mais d'emblée, je

pense que ce n'est pas inhabituel de voir ça. Maintenant, dans quelle

proportion...

M. Beauchemin : Bien, je comprends

puis je suis un peu d'accord avec vous que, de temps en temps, effectivement,

ça peut avoir de l'allure d'aller chercher à l'externe, mais c'est juste le...

c'est le ratio, 3 milliards contre

1,9 milliard dans la même année, que ça je trouve quand même extrêmement

significatif, là. C'est juste ça, à un moment

donné, peut-être que... peut-être plus tard aujourd'hui, on pourra avoir plus

d'explications, là, si c'est possible.

Étiez-vous

satisfait de l'étude de KPMG, là, la première étude qui a été gagnée en appel

d'offres à 1 million de dollars?

M. Fitzgibbon : Écoutez, ça nous a

donné certains points de repère pour une relance dans certains secteurs. En

fait, tous ces rapports-là ont une valeur. Tu sais, c'est dur

d'attribuer : Ça vaut-tu 1 million, ça vaut-tu 300 000 $? C'est un jugement qui est très, très, difficile à

porter. Mais je pense que j'ai été satisfait de ce qui a été... est sorti de

là, comme j'ai été satisfait aussi avec les rapports de McKinsey.

Puis, de toute évidence... bien, pas de toute

évidence, mais je peux confirmer aussi que ce sont des recommandations, ce sont

des faits, mais que les décisions sont toujours prises par le ministère. Ça

fait que, tu sais, je pense qu'on sort gagnant d'avoir de l'information externe

pour s'assurer qu'on a tous les faits, parce que l'enjeu qu'on a au gouvernement,

c'est que, quand on prend des décisions, ça a un impact sociétal important.

Alors, moi, je suis... moi, je suis de nature à dire : Soyons sûrs qu'on a

l'information. KPMG a amené des choses intéressantes.

M. Beauchemin : Je vous ai entendu

tantôt, c'était deux demandes totalement différentes, là, mais il y a eu quand

même des mandats additionnels qui ont été donnés à KPMG, parce qu'initialement

leur contrat gré à gré avait été entendu à 1 750 000 $. Puis,

par la suite, il y a eu deux mandats additionnels qui ont été demandés puis, de

toute évidence, là, en lisant, c'est ce que j'ai pu comprendre, là, demandant

donc un 3 millions de dollars additionnels de la part de McKinsey pour ces

deux réponses-là. Puis je vais... C'était un qui était sur la main-d'oeuvre et

l'autre sur la croissance des entreprises des secteurs

stratégiques. Donc, si je comprends, cette demande-là n'a jamais été faite à

KPMG aussi, initialement?

M. Fitzgibbon : Non, effectivement.

Ce qui est arrivé, c'est que, durant l'été 2021, le ministère a contracté

un mandat avec McKinsey, qui pouvait aller jusqu'à 4,9 millions, qui était

en deux phases, une première phase pour 1,7, là, je n'ai pas de chiffres

exacts, là, où ils devaient livrer des choses, je pense c'était à... au début

de l'automne 2021. Et, quand ce travail-là a été terminé, il a été octroyé

une deuxième phase, dans le même mandat, jusqu'à 4,9, pour couvrir deux

choses... couvrir, effectivement, le côté main-d'oeuvre. Et mon collègue le

ministre de l'Emploi, à l'époque, a travaillé avec McKinsey sur l'approche

main-d'oeuvre, parce que la productivité, c'est deux choses, la robotisation, l'innovation puis la

main-d'oeuvre. Donc,

partie main-d'oeuvre avec mon collègue au ministère

du Travail.

Et nous, à l'Économie, avec mon collègue à ma

droite, clairement, on voulait valider si nos vues sur les zones d'innovation,

nos vues sur quels sont les secteurs industriels où on peut être gagnants... On

voulait être sûrs de ne pas se tromper puis

de voir... parce qu'il y a beaucoup d'argent qu'on va investir dans les zones

d'innovation. On en a fait deux à date, la troisième s'en vient. Donc, on

voulait valider si nos hypothèses internes tenaient la route, considérant

l'évolution des différentes juridictions.

Donc, l'autre mandat, qui était pour le ministère de l'Économie, était carrément

sur les secteurs stratégiques qu'on voulait valider si on avait raison de

penser qu'on pouvait devenir les champions du monde, dont les batteries, entre

autres.

M. Beauchemin : Bien, j'essayais de

comprendre. Quand je prenais conscience, là, de cette information-là, j'essayais de comprendre la chronologie des

événements. Il y a quand même eu une première entente à

1 750 000 $ et...

M. Fitzgibbon : Je n'ai pas compris,

M. Beauchemin : J'essaie de

comprendre la chronologie des événements. Il y a eu la première entente avec

McKinsey, à 1 750 000 $, puis il y avait aussi une ouverture de

faire tout de suite un... donc, un contrat ouvert, si on peut dire, d'une

certaine façon, pour un total de 3 millions de dollars de plus,

mais les besoins seront à déterminer plus tard. Est-ce que je... est-ce que

j'ai bien compris la chronologie? Ça s'est fait de cette façon-là?

M. Fitzgibbon : Exact. Vous avez

bien compris.

Beauchemin : Donc, on avait

réservé le temps de McKinsey, là, pour qu'ils restent stand-by, d'une certaine

façon, là?

M. Fitzgibbon : Non, ce n'est pas de

même que ça fonctionne avec les firmes comme ça. Ce qu'on avait dit à McKinsey,

c'est qu'on voulait commencer avec la première

partie du mandat à

1,7 million pour revoir l'ensemble de

nos politiques. Puis on s'était dit, dépendant du résultat... Je pense qu'il y

avait trois mois, quatre mois pour faire ça. Puis, comme vous savez, ces

gens-là travaillent à la semaine. Ça fait qu'on avait dit : OK, on a un

horizon temporel qui va venir octobre 2022... Non, octobre 2021?

M. Fitzgibbon : Septembre 2021.

Alors, on a dit : Ça, ça vaut 1,7 million. Quand on arrivera vers la

fin de cette période-là, on déterminera si on veut continuer dans un secteur ou

l'autre. Ça fait qu'on n'avait pas d'engagement comme tel, on avait un mandat

qu'on avait obtenu du Conseil des ministres, mais il y n'avait pas de travaux

qui avaient été anticipés, à l'été 2021, sur la deuxième phase.

M. Beauchemin : OK. Puis, quand vous

avez regardé les deux résultats des deux analyses, celle de KPMG puis celle de

McKinsey, il y avait quand même, sur les points qui étaient en commun, il y

avait quand même quelques points qui étaient en commun. Il y avait-tu des

différences d'opinions de leur

part là-dessus ou...

M. Fitzgibbon : Écoutez, j'y vais de

mémoire, là, rien qui me frappe, parce que, tu sais, une opinion ou des

faits... Encore une fois, McKinsey a aligné des faits qui étaient complètement

différents de ceux de KPMG, donc on n'était pas sur la... les mêmes fuseaux

horaires, si je peux dire, puis... Bon. Puis ils portent des recommandations,

ils portent des jugements sur certaines choses, mais KPMG était tellement

spécifique, du mois de février 2021 au mois de juin 2021, que, quand

on a commencé McKinsey après, ce n'était pas de refaire ce que KPMG avait fait,

mais, surtout, c'était de faire d'autres

choses. Alors, il n'y a pas eu beaucoup de vases communicants entre les deux.

Quand on est arrivés à l'automne puis

on a dit : OK, emploi, ça, il n'y avait... ça n'avait aucun rapport avec

KPMG, chantiers d'innovation, où on

veut mettre de l'argent pour créer de la valeur, il n'y avait pas réellement de

vases communicants non plus. Ça fait

que je ne pourrais pas dire, tu sais, qu'on a pris... Mais, en tout cas, si la

question, c'est de dire : On a-tu pris McKinsey pour valider ce que

KPMG a fait?, la réponse, c'est non, ce n'était pas ça.

M. Beauchemin : Est-ce qu'on

pourrait avoir accès à ces documents-là des... de KPMG et de McKinsey, pour

comprendre...

Beauchemin : Aucunement disponible?

Fitzgibbon : Pardon?

Beauchemin : Ce n'est aucunement disponible?

Fitzgibbon : Non, parce que c'est des avis de consultants. Ce n'est

pas que je veux faire mon difficile, mais généralement, on ne donne pas ces

rapports-là. Puis certains documents ont servi au processus décisionnel du

gouvernement et ça le fait encore. Mais je pense que, de toute façon, il y a

des mécanismes de demande d'information, là, mais, à ma connaissance, on ne

peut pas remettre ces documents-là.

Beauchemin : Donc, on pourrait y avoir accès par demande

d'information.

Fitzgibbon : Bien, je pense que vous allez vous faire dire non, là,

mais je ne suis pas sûr, je ne suis pas expert dans les... Passez par le réseau

normal, vous allez voir, là, mais je pense que ça ne sera pas disponible.

Beauchemin : OK. Mais est-ce qu'on peut conclure que, dans l'optique

de ces demandes-là qui ont été faites à

McKinsey et à KPMG, ça a servi quand même de base de données pour avoir une

idée, là, comme les Anglais disent,

«lay of the land», une espèce de vue d'ensemble de ce que les forces,

faiblesses, si on peut dire, d'une certaine façon, de l'économie, à ce moment-là, étaient, puis, à partir de ce

moment-là, les décisions, suite aux recommandations qui ont été faites dans le rapport, ont été

exécutées? Donc, ça a été la base du processus décisionnel, si je comprends bien.

Fitzgibbon : Bien, j'aurais une nuance. Je ne dirais pas la base. La

base, je pense qu'elle existait et elle existe encore au ministère de

l'Économie, parce que je pense qu'il n'y a pas un consultant qui peut mieux

comprendre les différents tissus industriels du Québec en termes de ce qu'on

fait. Ça, je pense, le ministère de l'Économie est un des ministères très

performants de ce côté-là. Donc, la base, c'est nous autres qui l'avions. On a

mis les hypothèses sur comment on pourrait gagner en termes international, mais

certes, avant d'investir des sommes d'argent importantes, je voulais qu'on

valide si on était réalistes par rapport à ce qui se fait dans le reste du

monde.

Alors, je dirais que

McKinsey a fait un benchmarking pour voir qu'est-ce qui se passe, c'est quoi,

les... en fait, c'est quoi, les déterminants qui créent de la richesse, parce

qu'en bout de piste on mesure d'une façon... c'est le PIB par habitant, qui est probablement la meilleure mesure connue

aujourd'hui, qui est mécanique, qu'on peut établir. Bon, comment on augmente le

PIB par habitant? Il y a plusieurs déterminants. Puis un des enjeux que moi,

j'ai depuis le début, c'est de

dire : OK, on a 12 déterminants pour une affaire, on va-tu faire les 12?

Non, on va s'enfarger. Quels sont ceux qui ont le plus d'impact sur les

résultats? Et ça, je pense que McKinsey a amené beaucoup pour voir des

pays performants, voir, dans certaines filières...

Israël, c'est un bon

exemple, là. Je suis allé, d'ailleurs, après ou avant... après, oui... Il y a

des choses qui marchaient, là, des initiatives... ça faisait bouger l'aiguille.

Alors, moi, je voulais qu'on valide si, un, les secteurs qu'on avait choisis

étaient appropriés; deux, si nos initiatives étaient les bonnes, puis souvent

il y en avait de trop. Alors, bien, je ne

dirais pas que ça a été la base, mais ça a été le raffinement de notre

réflexion qui a été revue par McKinsey.

Beauchemin : Il ne me reste pas énormément de temps, 45 secondes

approximativement, mais donc les déterminants, est-ce que vous pourriez les

mentionner, lesquels ils sont?

Fitzgibbon : Bien, en fait, une

partie est déjà publique. Je pourrais

voir, oui, parce que, si on regarde dans la

SQRI, par exemple, j'ai 15 déterminants qui sont listés à l'annexe, là. On

pourrait voir, oui, je ne les sais pas par coeur, mais...

M. Beauchemin :

OK, puis est-ce que, donc, le

rapport de McKinsey vous a confirmé que le choix des secteurs était le

bon, que le choix des initiatives était le bon?

Fitzgibbon : Oui. En fait, la réponse, c'est oui. Évidemment, si on

fait un axe de... Nous, on fait un axe où on peut être les plus performants.

L'axe, combien il faut investir, là, il y avait des bulles, là, il fallait

choisir, là. Je dirais qu'on ne s'est pas

trompés, mais il fallait ajuster certaines initiatives. Je pense, c'est un peu

normal, puis on va les ajuster encore dans les prochaines années aussi.

La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.

Nous sommes maintenant à la deuxième période d'échange. M. le député de

Maurice-Richard, la parole est à vous.

M. Bouazzi : Et

j'ai 11 minutes, c'est ça?

La Présidente (Mme

D'Amours) : 11 min 12 s, 11 secondes, 10 secondes...

M. Bouazzi : Merci

beaucoup, Mme la Présidente. Merci, M. le ministre, chers collègues, d'être ici

aujourd'hui pour faire vivre cet exercice démocratique.

première question pour vous, M. le ministre, c'est : Est-ce que vous avez

suivi la commission Charbonneau?

Fitzgibbon : Oui, comme tout le monde.

M. Bouazzi : Est-ce

que la corruption ou la négligence dans l'attribution de l'argent public vous

inquiète?

Fitzgibbon : Ça, c'est une chose importante. Les processus doivent

être très rigoureux.

M. Bouazzi : À

quoi, d'après vous, sert un appel d'offres?

Fitzgibbon : De comparer des offres.

M. Bouazzi : Et,

par rapport à la question précédente...

Fitzgibbon : Qui était?

M. Bouazzi : ...qui

était l'inquiétude face aux dépenses publiques, est-ce qu'un appel d'offres

contribue à mettre de la gouvernance ou une

saine gouvernance pour éviter qu'il y ait de la négligence dans les dépenses

publiques ou carrément de la corruption?

Fitzgibbon : C'est un des moyens.

M. Bouazzi : Est-ce que le rapport de KPMG dont nous parlions a

répondu aux exigences que vous attendiez?

Fitzgibbon : Oui, comme j'ai dit tantôt.

M. Bouazzi : Et

celui de McKinsey aussi?

M. Bouazzi : Je vais vous lire deux phrases. Donc là, j'ai une

phrase, c'est : «Balisage économique du Québec et comparaison avec

d'autres juridictions comparables sur des grands indicateurs de création de

richesse.» Et une autre phrase, c'est : «Un balisage international de la compétitivité

des secteurs clés du Québec, comprendre les atouts économiques réels de la

province.» Laquelle de ces deux s'applique au contrat de KPMG et laquelle

s'applique à celui de Mckinsey?

Fitzgibbon : Comme j'ai dit tantôt, KPMG, c'était uniquement pour

regarder la relance de certains secteurs industriels.

M. Bouazzi : Et

laquelle des deux phrases s'applique à KPMG?

Fitzgibbon : Répétez-les, là, je n'ai pas...

M. Bouazzi : Donc,

il y en a une, c'est : «Balisage économique du Québec et comparaison avec

d'autres juridictions comparables sur les grands indicateurs de création de

richesse.» Et l'autre, c'est : «Balisage international de la compétitivité

des secteurs clés du Québec et comprendre les atouts économiques réels de la

province.»

Fitzgibbon : C'est la même chose.

M. Bouazzi : Vous

comprenez que c'est les... deux contrats différents. Donc, vous nous expliquez

que c'est deux missions différentes que vous avez données à deux contrats et

que vous n'êtes pas capable de nous dire laquelle tombe dans quelle case?

Fitzgibbon : Non, parce que c'est la première fois que je vois ça.

Moi, les contrats, j'ai travaillé avec. Je sais exactement ce qui s'est passé.

Je suis très à l'aise avec...

M. Bouazzi :

Ça, c'est les objectifs qu'il y a dans les contrats qu'il y a eu avec ces

deux... Donc, je vous le dis, KPMG, c'était un «balisage international de la

compétitivité des secteurs clés du Québec, comprendre les atouts économiques

réels de la province», et Mckinsey, c'était «balisage économique du Québec et

comparaison avec d'autres juridictions

comparables sur les grands indicateurs de la création de richesse». Est-ce que

vous trouvez que les deux phrases sont différentes?

M. Fitzgibbon : Peut-être pas, mais

les rapports sont complètement différents.

M. Bouazzi : Quel

est l'objectif de diminution de gaz à effet de serre du gouvernement du Québec

d'ici 2030?

Fitzgibbon : ...répéter la question? Je n'ai pas compris.

M. Bouazzi : Quel est l'objectif de diminution de gaz à effet

de serre du gouvernement du Québec d'ici 2030?

Fitzgibbon : On est à Génies en herbe aujourd'hui?

M. Bouazzi : Non,

mais j'imagine que c'est un chiffre...

M. Fitzgibbon :

30 mégatonnes. 30 mégatonnes d'ici 2030.

M. Bouazzi : Et

en pourcentage?

Fitzgibbon : 37,5 %. Est-ce que j'ai passé le test?

M. Bouazzi : Non, je pense que c'est très important parce que

l'avenir de la planète en dépend. Est-ce que vous pensez que le

37 %...

Fitzgibbon : 37,5 %.

M. Bouazzi : ...37,5 % correspond aux balises qui ont été

décrites par les rapports du GIEC pour pouvoir rester dans les limites

du 1,5 degré d'augmentation de température mondiale?

Fitzgibbon : Écoutez, c'est une question très... Je ne sais pas à quoi

vous jouez, là. C'est une question très large, là, le... Si on atteint

37,5 % en 2030, nous devrons être très contents. C'est une direction qu'il

faut aller... Alors, il y a des gens qui

disent n'importe quoi... à 50 %, 60 %, d'autres à 20 %. Nous, on

a choisi 37,5 %. Je respecte ça. Je pense qu'on s'en va dans la

bonne direction. On n'est pas là encore. Il y a beaucoup de choses qui doivent

être faites. Alors, j'espère qu'on va se rendre à 37,5 %, puis, si c'est le

cas, on devrait être fiers de ce qu'on a fait.

M. Bouazzi : Alors,

laissez-moi poser la question autrement. Est-ce que le gouvernement du Québec a

pour objectif que la planète reste dans l'augmentation de 1,5 degré qui

est préconisée par le GIEC pour pouvoir rester dans une planète habitable?

Fitzgibbon : Nous avons comme objectif, au gouvernement, de faire

notre contribution à la réduction des GES

basée sur le fait que nous sommes un des plus bas producteurs de GES en

Amérique du Nord. On est au numéro un, deux

ou trois. Les chiffres vont sortir bientôt. On est dans une très bonne

position, et l'approche que nous avons établie, qui est agressive,

contrairement à ce que certains peuvent penser, 37,5 %, va nous amener à

la bonne place, et je pense que... J'étais à la COP27, à Charm el-Cheikh, en

Égypte, au mois de novembre dernier, comparé à ce qui se passe avec d'autres

juridictions, je suis très fier de ce que le Québec fait.

M. Bouazzi : Est-ce

que l'objectif de 1,5 degré est un objectif du gouvernement?

Fitzgibbon : L'objectif du gouvernement est de contribuer, par des

initiatives, pour respecter l'ensemble de l'oeuvre. Le Québec est une très

petite géographie. 1,5, oui, c'est un chiffre intéressant, c'est un chiffre

important, mais il faut y aller avec les

mesures que nous avons de disponibles. Alors, ce qu'on fait présentement, c'est

une... On a une stratégie que mon collègue Benoit Charette, à qui vous devriez

parler, en passant... est très solide, est très articulée, puis, encore

une fois, je suis très fier de ce que nous faisons et je pense qu'on va

respecter l'objectif ultime que la planète s'est donné.

M. Bouazzi : Dans

le rapport du GIEC, pour atteindre le 1,5 %, quelle est la baisse mondiale

de GES que doit se donner la planète d'ici 2030? Est-ce que...

Fitzgibbon :

Génies en herbe ... Je ne me suis pas rendu jusqu'à

cette page-là du rapport.

M. Bouazzi : Donc,

juste pour être sûr, on a un plan économique vert du Québec qui vise

37,5 % de baisse de gaz à effet de serre et on ne sait pas comment il

s'insère dans une stratégie mondiale pour atteindre le 1,5, alors que c'est la

question la plus importante qu'on a à gérer, dans le siècle actuel, d'un point

de vue économique.

Fitzgibbon : Je ne sais pas à quel jeu vous jouez, là, mais le «bottom

line», c'est que nos objectifs ont été établis par des gens qualifiés,

objectifs, qui sont loin d'être simples à respecter. On met tout en place pour

y arriver, et je pense qu'on commence comme ça, et je suis très, très à l'aise

avec...

M. Bouazzi : Je veux juste être

clair, M. le ministre, je ne joue à aucun jeu. Les rapports qui ont été

produits sont très importants, et l'avenir

de la planète en dépend, et c'est très, très loin d'être un jeu. Donc, c'est

50 % de baisse mondiale de gaz à effet de

serre, et évidemment les 35 %... 37,5 % sont en dessous de cet

objectif mondial, sachant que nous, même si on est parmi, effectivement, les

meilleurs en Amérique du Nord, on se compare à une bien basse moyenne mondiale.

Est-ce que, dans le

rapport actuel de baisse, justement, de votre plan sur l'économie verte, on a

identifié 100 % de ce qu'il faut faire pour pouvoir atteindre les

objectifs de 2030?

M. Bouazzi : C'est

quoi, le pourcentage?

Fitzgibbon : M. Charette... Premièrement, vous êtes dans la mauvaise

commission, là. M. Charette va sortir

bientôt... Alors, on a établi plusieurs initiatives qui vont arriver à une

grande

partie de ça. Il y a les crédits carbone aussi, évidemment, la taxe du

carbone. Donc, il y a plusieurs initiatives. Alors, le temps va nous donner

justice.

M. Bouazzi : M.

le ministre, un plan pour économie verte, il y a «économie» dedans. Donc, je ne

pense pas m'être trompé de commission. Juste... est-ce que vous avez demandé,

dans les différents rapports, que ce soit à KPMG ou à McKinsey, comment est-ce

que l'économie, justement, sur laquelle on doit tabler, dans les prochaines

années, permet d'atteindre les objectifs de gaz à effet de serre?

Fitzgibbon : Non, pas spécifiquement, parce que, dans toutes nos

attributions d'aide financière, maintenant, que nous avons au gouvernement, on

regarde, d'une part, la réduction des GES, et on regarde, d'autre part, l'augmentation de la productivité. Ce sont

les deux créneaux les plus importants pour le ministère de l'Économie. Donc, de facto, quand on donne... on a des

politiques interventionnistes, la contribution à la réduction de GES est

incorporée.

M. Bouazzi : Donc,

vous avez commandé deux rapports, un à KPMG et un à McKinsey, un avec un appel d'offres et un de gré à gré, et, dans les deux,

vous n'avez pas demandé comment cette économie, l'avenir de l'économie

du Québec, peut nous permettre d'atteindre nos objectifs de gaz à effet... de

baisse de gaz à effet de serre?

Fitzgibbon : C'est exact.

M. Bouazzi : Donc,

dans les rapports en question, est-ce que les deux rapports demandent... ont

conseillé d'investir dans la filière batterie?

Fitzgibbon : Encore une fois, si vous avez écouté la réponse que j'ai

donnée tantôt à votre collègue, McKinsey n'a pas identifié des secteurs où nous

devrions investir. McKinsey a seulement confirmé où mettre des nuances sur les

secteurs que nous avions privilégiés. Alors, la filière batterie était un

secteur que nous avons décidé de privilégier quelque part à l'été 2019, avant

la pandémie. Ça a été établi par le ministère.

M. Bouazzi : Est-ce

que vous pensez que les fonctionnaires de votre ministère connaissent les

spécificités économiques du Québec?

Fitzgibbon : J'espère.

M. Bouazzi : Est-ce

que vous pensez qu'une firme internationale comme McKinsey peut se passer de

cette expertise pour comprendre comment se place l'économie du Québec par

rapport à l'économie internationale?

Fitzgibbon : Absolument pas.

M. Bouazzi : Pourquoi alors ne pas avoir respecté la convention

collective, par exemple, où on allait justement leur demander leurs

conseils?

La Présidente (Mme

D'Amours) : ...

Fitzgibbon : Bien, je vais lui donner plus de temps. Je n'ai pas

compris la question.

La Présidente (Mme

D'Amours) : Vous répondrez à un prochain bloc. Donc, nous revenons à

l'opposition officielle. M. le député de Marguerite-Bourgeoys, la parole est à

vous.

Beauchemin : Merci, Mme la Présidente. Une dernière question, M. le

ministre, là, sur ce sujet-là, là, au niveau des recherches. Ça fait que, si je

comprends bien, il y avait le mandat d'aller demander à McKinsey qu'est-ce qui

se passe, quelles sont les bonnes initiatives, là, à travers le monde, mais, en

même temps, ça a été de simplement confirmer aussi les choix qui avaient été

déjà faits par le gouvernement, si ça, c'étaient les bons. Il n'y avait pas

comme un : Voici d'autres opportunités que le gouvernement aurait donc pu

faire.

M. Fitzgibbon : Effectivement,

le travail de base a été de prendre... Là, on parle du deuxième mandat, 2b, là;

2a, c'est le travail; 2b, c'était l'initiative de zones d'innovation, pour ne

pas les nommer. Alors, nous avions, avec le ministère, établi, et on en avait

discuté avec le premier ministre, des chantiers industriels où on croyait qu'on

pouvait être les gagnants, et on avait des initiatives. Alors, on a donné ça à

McKinsey puis on leur a demandé de voir le balisage international : On

s'est-tu trompés, est-ce qu'il manque des déterminants, on s'est-tu trompés, y

a-tu des secteurs où on ne pourra pas être les gagnants? De facto, j'imagine,

on leur a demandé : Est-ce que... Bien, on ne leur a pas demandé, mais ils

auraient pu conclure qu'il y avait d'autres secteurs qu'on aurait privilégiés.

Ça, ce n'est pas arrivé pour des bonnes raisons, parce que nous avons une bonne

connaissance d'où on peut être bons. Alors, c'était plus de regarder ce que

nous avions fait puis d'arriver avec des nuances, d'arriver avec des analyses,

des faits qui pourraient nous... qui pourraient affecter comment est-ce qu'on

va aiguiller notre... nos initiatives.

Beauchemin : Donc, ils ont confirmé que les choix étaient les

bons, à quelques ajustements près. Il n'y a pas... il n'y a aucune

mention nulle part dans les rapports comme quoi il faut faire un

180 degrés ici, on ne s'en va pas à la bonne place du tout, rien de ça.

M. Fitzgibbon : Non, parce que ce

n'était pas le mandat, puis je ne pense pas qu'ils auraient pu déterminer ça.

C'est dur de faire ça quand tu es de l'externe puis... Par contre, il y a des

secteurs, peut-être, que moi, je voyais en avant de d'autres, là, parce qu'ils

ont modulé un peu notre appétit, notre enthousiasme, puis ils ont mentionné des

juridictions peut-être plus en avance que vous pensez. Donc, il y a eu des

ajustements en termes d'évaluation... pas d'évaluation, mais en termes

d'opportunités. Alors, ça, ils ont ajusté ça un petit peu, les boules qui

grossissent, rapetissent, là. Ça fait qu'il

y en a qui étaient peut-être plus petites que je pensais... étaient plus

grosses, mais, en règle générale, les approches... les choix des

secteurs ont été reconfirmés.

M. Beauchemin : Est-ce qu'ils ont

changé l'ordre, selon ce que je comprends, ou pas vraiment?

M. Fitzgibbon : Bien, en fait, eux,

ce n'était pas seulement de déterminer l'ordre, c'est de dire l'opportunité.

Donc, il y a des secteurs où... l'hydrogène, par exemple, on a rapidement vu

qu'il y avait une opportunité même si on n'a

pas les électrons pour le faire, là. Donc, ils ont ajusté certains secteurs

pour dire : Woups! Il y a peut-être une plus grande opportunité que vous pensez, considérant ce

qui se passe dans le reste du monde. Ça, il y a eu un peu d'ajustements dans

ce sens-là.

M. Beauchemin : OK. Est-ce que vous

avez, par hasard, ici, aujourd'hui, avec nous, là, la liste des secteurs qui

ont été comme clairement identifiés pour...

Fitzgibbon : Bien, je ne l'ai pas avec moi ici. On pourrait la regarder,

mais ça va revenir aux zones d'innovation.

Beauchemin : OK, d'accord. Bien, écoutez, si c'était possible

de nous la donner, la liste, ce serait fort apprécié pour la

conversation.

Je vous vous amener sur un autre terrain, un

terrain, en fait, qu'on a tous... qu'on a tous en commun, là, au Québec, là, je dirais, au Canada puis à travers le

monde, vous me voyez venir, là, je parle de l'intelligence artificielle.

Il y a... Vous avez... On a tous été témoins, là, de la lettre qui a été écrite

par... Maintenant, c'est rendu quasiment 30 000

signataires. On a eu la rencontre chez Mila, qui a été faite, là, de façon non

partisane, il y a deux semaines, déjà, de ça.

Le fédéral fait le projet de loi, puis moi, je

dirais que, bon, bien, de ma façon de voir les choses, j'ai un peu l'impression

que c'est comme pour encadrer à haut niveau, hein, les enjeux qui sont

associés. Puis je pense que Mila puis... Yoshua Bengio a souligné l'importance

d'accélérer la mise en place de ce projet de loi là, mais nous, notre rôle, ici, à Québec, c'est plus dans l'intégration

de l'intelligence artificielle dans l'ensemble de l'appareil gouvernemental

du Québec, dans nos services, là, qu'on offre aux citoyens. L'aspect des deux

juridictions ici, là, j'essaie de vraiment plus jouer là-dessus, dans les

applications plus pratico-pratiques, là, de M. et Mme Tout-le-Monde, là, autant

pour le public, en fait, que pour le privé,

d'ailleurs, parce qu'il y a quand même une certaine réglementation qu'on peut

établir au Québec, là, pour ça... Pour vous, là, c'est quoi, les

secteurs prioritaires pour le gouvernement du Québec, que le gouvernement du

Québec doit interagir... pour l'intelligence artificielle, qui sont de

compétence provinciale?

M. Fitzgibbon : Bien, premièrement,

le contexte est un petit peu, là... Je pense que vous avez raison. Le fédéral, avec le... regarde comment accélérer,

peut-être, la mise en place de ce projet de loi là. La bonne nouvelle, c'est

qu'il consulte M. Bengio et d'autres personnes aussi... est très

favorable, parce que ça démontre la pertinence de nos forces vives en

intelligence artificielle.

Maintenant, je pense qu'ici ce qu'on doit

faire... puis d'ailleurs, je pense, ça va être demain, là, on va venir public

sur le rôle du mandat que j'ai donné à la CIQ, le Conseil de l'innovation du

Québec, là, M. Sirois, qui était là, puis

Mme D'Amours, puis, tu sais, il y a eu des commentaires qui ont été faits.

Demain, j'espère qu'on va réconforter les gens, à savoir que le CIQ, ce n'est

pas son travail, de recommander, le CIQ va consulter tous les intervenants. Puis il y a plusieurs personnes qui ont levé la

main, depuis plusieurs semaines, depuis cette rencontre-là, dire : On veut

contribuer au débat. Donc, la bonne nouvelle, c'est qu'on va avoir le

CIQ qui va être l'organe qui va solliciter, de façon non partisane, les

opinions des gens.

Maintenant,

si je regarde aujourd'hui les secteurs au Québec où l'IA va être pertinente,

santé, éducation, productivité entreprises, je dirais, c'est trois... il y en a

plus que ça, là, mais c'est les trois qui, pour moi, sont les plus importants.

Beauchemin : Culture, justice.

Fitzgibbon : Oui, bien, c'est ça, mais il y en a d'autres, là, mais,

tu sais, je vais laisser les ministères... mais, tu sais, je regarde, sur une

base pratique, santé, numéro un, aucun doute. On a une chance, au Québec,

d'avoir une très bonne médecine personnalisée avec des chercheurs, des

thérapistes. On a l'IA avec les Mila, IVADO. Alors, on peut avancer là-dedans.

L'éducation, je pense, ça va de soi, là. La sous-littératie qu'on a au Québec,

il faut la corriger. Puis la productivité, encore une fois, moi, je pense que

le Québec, tantôt, on en a parlé un peu, là, mais on est sous-productifs. C'est

ça qu'on a regardé beaucoup avec McKinsey, pour valider ce que je... ce qu'on

avait dans notre tête. Il y a là-dedans aussi... puis c'est sûr que la justice

puis la culture, c'est important aussi.

Beauchemin : Ça fait que le mandat de M. Sirois, ça va-tu être de

faire des recommandations?

Fitzgibbon : Le mandat de M. Sirois, ça va être d'écouter les gens,

d'écouter les intervenants de toute forme, de toute... de toute source, je

devrais plutôt dire, je m'excuse, et de colliger ça, puis de donner un état de

la situation, donner les préoccupations. On se rappelle, M. Bengio avait même

mentionné, tu sais, qu'on doit continuer à investir en IA, il ne faut pas

arrêter. Au contraire, profitons du leadership. Puis je pense qu'avec M. Bengio

puis les gens d'Apogée, on a des ressources intéressantes qui vont pouvoir

mettre les balises.

Puis on espère que ça

va servir aussi au fédéral. J'ai parlé à M. Champagne de ça, parce que

j'ai dit : Écoute, on fait un effort ici, au Québec, toutes les provinces

devraient en faire un, je pense. Puis là on va regarder s'il n'y a pas lieu

d'avoir une stratégie canadienne, qui serait très logique. Il y aura des

particularités au Québec probablement. On est un peu en avance, mais il ne faut

pas non plus se fermer. Ultimement, ça va être international, puis je pense que, le Québec, on est capables, peut-être, de

jouer un rôle international. Je pense qu'on est capables de s'infiltrer dans

la discussion.

Alors, M. Sirois, il

n'est pas là pour, lui, recommander, il est là pour colliger l'information

qu'il va recevoir puis il va parler... il va être public sur ça, là, d'ici

quelques jours. Il va avoir une portée très, très large. Puis, s'il y a des

gens qui veulent parler, qui n'ont pas été invités par erreur, bien, ils vont

être invités aussi.

Beauchemin : Mais on s'entend que ce qui va arriver, c'est... Un

paquet de monde va donner leurs opinions, les acteurs de la société civile vnt

donner leurs opinions. Sirois va collecter cette information-là, il va vous faire

un rapport qui va avoir, donc, toute cette information-là, un peu digérer,

d'une certaine façon, là, les enjeux plus spécifiques, et tout, mais, par la

suite, il va falloir qu'on agisse.

Est-ce que la...

L'esprit non partisan que j'ai voulu initier avec vous sur le sujet, est-ce que

ça va pouvoir se matérialiser à ce niveau-là? Parce que je pense qu'une fois

qu'on va avoir, justement, les commentaires de la société civile il va falloir qu'on analyse ça de façon

ouverte, d'une certaine façon, puis qu'on puisse, par la suite, en arriver à

faire des recommandations non partisanes. Est-ce que ça va être le

processus que vous envisagez? Parce qu'il y a quand même d'autres étapes, là,

qui vont s'en venir par la suite.

Fitzgibbon : La réponse, c'est oui, parce que, tu sais, je pense que

je n'ai... Je ne suis pas contre une commission parlementaire ou... il y a un

autre mot, là, mandat d'initiative, mais il faut filtrer l'information. Tu

sais, on ne peut pas faire venir le monde

puis... Ça prend un cadre. Puis honnêtement, je pense qu'avec M. Vinet, Valérie

Pisano, Yoshua Bengio, l'Obvia, on a des gens compétents. Ça fait que,

je pense, c'est à eux... à eux de, puis via le CIQ, ramasser ça puis le

structurer.

Après ça, ce

rapport-là, il va être public. D'ailleurs, les rencontres vont être publiques

aussi. Je pense que tous les gens vont pouvoir participer. Ça ne sera pas

enfermé. Le rapport ultime ou le constat va être clairement public, puis on

verra, à ce moment-là, c'est quoi, la meilleure façon de continuer. Puis, en

même temps, on travaille avec le fédéral

parce que le fédéral aussi veut faire la même chose. Ça fait que moi, je pense

qu'on est à la bonne place, là, puis il faut juste... il faut juste

s'assurer que tout le monde y voit son compte puis tout le monde ait

l'impression qu'ils vont pouvoir contribuer à un débat qui est très, très important.

Beauchemin : Juste pour clarifier un point que vous venez juste de

mentionner. Donc, il y a un paquet d'informations qui va être mentionné, un

paquet d'opinions, un paquet de mémoires potentiels qui pourraient être déposés. C'est l'entière totalité de tout ça qui

va être accessible par la suite, là. Il n'y aura pas de... parce que ce que vous

m'avez dit, c'est... Vous voulez résumer le

tout un petit peu, mais on ne discartera pas de l'information qui va avoir

été... On va donner toute... carte blanche, là, l'accès à ça.

Fitzgibbon : Absolument, moi, je m'en... à Luc, puis Luc Sirois,

l'innovateur en chef, il faut qu'il structure ce qu'il va recevoir. Bien, ce

qu'on va recevoir, je ne sais pas comment ça va se faire... probablement un site Web, j'imagine, là, mais les gens qui vont

prendre le temps d'écrire quelque chose, bien, ils méritent d'être disponibles

à tout le monde, c'est clair.

M. Beauchemin : Puis donc la

procédure, par la suite, ça va être...

Fitzgibbon : Bien, on verra. Je n'ai pas d'idée précise, là, parce que

j'ai de la misère... Je le sais, qu'est-ce qui va arriver au bout, là,

mais c'est clair qu'il y a beaucoup de gens qui sont concernés par ça et c'est

clair qu'il y a un manque de communication. Il va falloir mieux communiquer.

Vous étiez à la même rencontre puis... Ça fait que je pense qu'il y a des façons de simplifier un peu le débat, là. Moi, je

m'attends à beaucoup de Mila et d'IVADO aussi. Oui, IVADO, c'est plus

dans le côté technique, de la puissance de calcul, mais il faut que ces gens-là

nous aident parce que c'est eux qui vont aider à cadrer la sévérité de la

situation, parce que je pense qu'il y a des gens, tu sais, qui ont peut-être lu la lettre puis ils ont... ils

se sont mis à avoir une anxiété, à juste titre, parce que ce n'était pas clair.

Alors, simplifions... bien, pas «simplifions»,

mais cadrons, expliquons c'est quoi, l'enjeu. Tu sais, on parlait des modèles

de puissance générative, c'est ça, l'enjeu. Tu sais, on l'a vu avec la culture,

la semaine passée aussi, là, mais... Alors,

c'est sûr qu'il faut expliquer c'est... il faut cadrer c'est quoi, les risques,

puis, après ça, bien, quand tu as évalué les risques, comment... les

experts nous disent comment les corriger. Donc, il va falloir rendre ça public.

M. Beauchemin : Un des risques que

j'ai mentionnés à la rencontre, c'est le risque réputationnel, puis je vais m'expliquer, là, pour que tout le monde

puisse être à un niveau là-dessus. Un risque réputationnel, c'est un risque

qui peut nous affecter plusieurs années après avoir pris une décision, puis,

dans ce contexte-là, moi, je pense vraiment plus

pour l'appareil gouvernemental, je pense pour tous partis confondus, je parle

pour le gouvernement au service, là, des citoyens. Dans ce contexte-là,

la transparence, l'accessibilité, la possibilité de pouvoir questionner fait en

sorte qu'on ait une acceptabilité sociale.

C'est un peu, de façon plus moderne, là, l'équivalent des conversations sur le

gaz de schiste il y a plusieurs années. Il y a un paquet de questions

qui ont été posées pour Hydro-Québec. On veut, donc, faire un barrage, est-ce

que c'est acceptable, est-ce les Premières Nations sont de ce côté-ci ou pas,

etc.

Donc, tout ce contexte-là, il faut que ce soit

transparent, puis c'est pour ça qu'initialement, quand on avait demandé un

mandat d'initiative pour que ça soit plus ouvert, c'était justement pour

éliminer ce risque réputationnel, parce qu'il ne faudrait pas que, dans cinq,

six ans ou plus tard, les Québécois disent : Ah! la génération de 2023,

là, ils n'ont pas fait le bon call, ils auraient donc dû être plus transparents

pour que tout le monde soit mieux éduqué, pour

ne pas qu'on ait justement des gens qui partent puis qui commencent à dire des

faussetés à tour de bras, là. Tu sais, c'est un peu le... pas le «fake

news», mais c'est un peu... Toutes les mauvaises informations qui pourraient

circuler sur ce sujet-là viennent du fait

qu'on pourrait avoir un manque de transparence, et j'insiste vraiment

sur le fait qu'il y a plusieurs véhicules parlementaires qui existent

pour nous permettre de justement rendre ça plus transparent pour éliminer le

risque réputationnel.

Moi, je vous dirais que la première étape que

vous avez choisie, ce n'est peut-être pas exactement celle que j'aurais choisie, mais je la comprends, je la

respecte, puis je veux juste vraiment m'assurer que, par la suite, tous partis

confondus, là, on va pouvoir s'asseoir avec des gens qu'on va pouvoir

questionner. Ils ont donné des rapports. C'est intéressant. Est-ce qu'on va

pouvoir leur parler à eux, devant des caméras, devant des micros, dans une

commission parlementaire, où est-ce que ce

serait peut-être plus approprié, justement, pour s'assurer que l'ensemble de la

population puisse être confortable avec ce qui va être la base des

recommandations par la suite, là?

Fitzgibbon : Oui, bien, je pense qu'on dit la même chose. On a

la même destination, je pense. La question, c'est comment on s'y rend,

là, puis ça, c'est correct, différentes routes, mais, tu sais, vous vous

rappelez que... Moi, une chose que j'ai voulu faire avec M. Bengio, le Pr

Bengio, puis Luc, c'est de cibler des morceaux, là, puis vous vous rappelez... pas des morceaux, sur la

gouvernance. La gouvernance de l'IA est très importante, et mon collègue le

ministre de la Cybersécurité et du Numérique, au gouvernement, joue un rôle

important. Il était avec moi, d'ailleurs. M. Caire va jouer un rôle important

là-dedans. Alors, lui, il va s'occuper de la gouvernance.

Moi, j'avais trois enjeux importants. La

première, c'était l'investissement. Le ministère de l'Économie, on investit en

innovation, on investit dans l'IA. Ça prend un cadre dans lequel on va

dire : Est-ce qu'on... Est-ce qu'on fait des revues diligentes avant

d'investir dans une compagnie x? On s'assure-tu qu'ils ne font pas des robots

tueurs? Il y a toute sorte... Il y a toute sorte d'éthique, au niveau de

l'investissement, qu'on doit regarder.

L'autre, tu

l'as mentionné tantôt, c'est l'utilisation de l'IA par l'État. Moi, je focusse

beaucoup sur éducation, santé puis économie, mais il y a d'autres secteurs

aussi, culture, justice. Ça, c'est un bloc en soi. L'autre bloc qui est

très important, c'est ma collègue à l'Emploi, c'est l'impact de l'IA sur

l'emploi. Ça, c'est superimportant, puis il y a beaucoup de craintes par rapport à ça. Ça, c'est un chantier, puis le

dernier, bien, ça, c'est plus la promotion. Moi, je pense que, le

Québec, on peut être un joueur dominant.

Alors, moi, je veux qu'on segmente les enjeux,

puis Luc Sirois va travailler là-dedans. Puis on verra, il y a peut-être des

chantiers où on va dire : Bon, ça va, on est confortables; d'autres, oups,

on n'est pas confortables, c'est encore confus, puis là on pourra aller dans un

autre mandat d'initiative ou d'autres consultations. Mais commençons par faire

un encadrement qui va aller relativement vite, là... bien, une couple de mois.

Quand on aura l'information, on la partagera puis on verra comment procéder

pour être le plus efficace possible.

M. Beauchemin : Une des choses

que...

La Présidente (Mme D'Amours) : ...

M. Beauchemin : Je vais être

obligé de revenir à la prochaine... prochaine étape, mais, en tout cas, je vais

vouloir vous parler, effectivement, spécifiquement de l'impact sur l'emploi...

Présidente (Mme D'Amours) : Merci. Je suis maintenant prête à passer à

la prochaine intervention. Mais avant, M. le ministre, le député de

Marguerite-Bourgeoys vous avait demandé de déposer une liste. Vous aviez acquiescé

par un oui, en hochant la tête, mais je dois vous demander de bien dire que

vous allez déposer cette liste et la déposer ici, à la commission, pour qu'on

puisse en faire le partage à tous les députés.

M. Fitzgibbon : Oui. Ce ne sera pas

aujourd'hui, là, mais je vais la déposer à un moment donné. On va monter ça.

La Présidente (Mme D'Amours) : Parfait.

Merci. Donc, je cède maintenant la parole au député d'Abitibi-Est.

M. Dufour :

Oui. Donc, M. le ministre, vous le savez, dans la... l'année passée, on a

eu la chance de faire une annonce conjointe pour la compagnie Uniboard, au

niveau de Val-d'Or, mais pas simplement pour Val-d'Or. C'était un peu tout

l'écosystème d'Uniboard, veux veux pas, à travers l'ensemble du Québec, qui en bénéficie

de cet investissement-là qui, veux veux pas, est un investissement de deuxième

et troisième transformation pour une région comme l'Abitibi-Témiscamingue.

La semaine... Cette

semaine, c'est la Semaine minière, et on a... Justement, hier, je faisais

l'inauguration de la Semaine minière,

directement sur le site d'Odyssey, et c'est un... je pense, c'est un sujet

qu'on a déjà discuté, mais, je pense, c'est important de vous entendre

un peu. Qu'est-ce qu'est la vision, pour une région minière, par exemple, comme l'Abitibi-Témiscamingue, sur la deuxième...

difficilement, peut-être, troisième transformation, mais au niveau de la

deuxième transformation, quelle est la vision, justement, du ministère de

l'Économie et, justement, du ministre?

M. Fitzgibbon : Bien, justement, quand on

regardait les filières industrielles où nous pouvions être des champions

du monde, un peu, là, c'est clair que, tout

le côté minier, on a passé beaucoup de temps avec nos aviseurs externes pour s'assurer

qu'on avait... qu'on était sur la bonne voie.

Principalement, les

minéraux critiques sont très importants. Évidemment, quand on parle du fer, on

parle de... on parle des diamants, de l'or, c'est dur de créer de la valeur

ajoutée dans la chaîne, surtout le diamant, là. On l'envoie en Belgique pour

être vendu sur la bourse. Mais, quand on parle des minéraux critiques, c'est

clair qu'on avait du recul à prendre puis s'assurer qu'on était... pour être

capables de bien utiliser ces minéraux-là.

Je pense que ce qu'on

fait dans la filière batterie est un excellent départ. Ce n'est pas fini, il

faut l'exécuter. Mais, quand on pense au... on pense au lithium, on pense au

graphite, on pense au nickel... on n'a pas de cobalt, au Québec, c'est un sous-produit, on a du vanadium,

donc c'est clair pour moi qu'il faudrait trouver un moyen de pouvoir faire

la deuxième, troisième et quatrième transformation, et à un point

qu'aujourd'hui on est capables d'établir, quand nous investissons dans des

entreprises minières... d'imposer un peu une intégration horizontale au Québec.

Il faut être prudents, évidemment, à cause de l'entente bilatérale, mais on a

réussi à le faire.

Le lithium, c'est le

bon exemple. On est capables de prendre la roche dans nos mines, dans nos deux

mines qui vont être exploitées présentement, de faire du spodumène, qui est un

concentré, de l'envoyer, prochainement, à Bécancour pour faire de l'hydroxyde

de lithium, qui est une composante importante de la cathode, puis là de dire au

producteur, qui est nous autres : Bien, ce produit-là va aller dans la

chaîne, à Bécancour, si on fait des cathodes. Là, ça adonne qu'on en a un qu'on

a annoncé. D'autres s'en viennent, avec GM-POSCO.

Ça fait que d'être

capables de prendre notre roche dans la mine de La Corne ou de Whabouchi puis

de l'amener jusqu'à une cathode qui sera

faite à Bécancour, bien là, on a créé une valeur qu'on n'a jamais eue au Québec.

Alors, il faut faire ça le plus possible dans tous nos minéraux critiques. Ce

n'est pas évident. On l'a vu... on le voit dans le scandium. On fait ça avec

Rio Tinto, Fer et Titane, la mine qui est à... sur la Côte-Nord. Donc, on

essaie de trouver un moyen de l'amener à Montréal, de la convertir.

Alors, c'est sûr que

le ministère, dans notre stratégie industrielle, minière, minéraux critiques...

D'ailleurs, mon collègue le ministre de l'Énergie, à l'époque, Ressources

naturelles, avait mis en place la stratégie des minéraux critiques, alors il

faut exécuter sur ça, là.

La Présidente (Mme

D'Amours) : Merci. Mme la députée de Jean-Talon.

Mme Boutin :

Bonjour, M. le ministre. Je vais vous ramener sur un sujet que je trouve

très intéressant, parce que moi, j'aime tout ce qui touche l'innovation et le

futur, sur l'intelligence artificielle. Brièvement, là, le député de Marguerite-Bourgeoys

en a parlé, je pense que c'est un secteur qui est névralgique pour le Québec.

On est déjà bien positionnés, là, dans le monde, mais c'est aussi un secteur

qui est névralgique pour les entreprises du Québec.

Puis là je vais vous

amener sur l'Offensive de transformation numérique, parce que, dans le dernier

budget, je pense qu'il y a un

888 millions qui a été rajouté pour améliorer la productivité des

entreprises. Puis, bien qu'il y ait beaucoup

de préoccupations par rapport... concernant l'intelligence artificielle, il

faut que ce soit déployé et développé de manière intelligente, avec un

code éthique, et tout, je pense que c'est aussi une opportunité incroyable pour

nos entreprises. Puis j'aimerais ça que vous nous parliez un petit peu plus de

l'Offensive de transformation numérique, où est-ce qu'on est rendus, c'est

quoi, les prochaines étapes.

M. Fitzgibbon :

Bien, vous avez raison, je pense qu'une chose qu'on a observée rapidement,

quand on a commencé à réaliser comment on

pourrait prendre l'IA puis l'appliquer à nos entreprises, on a réalisé que

malheureusement, au Québec, il y avait une marche assez élevée entre la

capacité de nos PME d'utiliser l'IA. Je m'explique.

Beaucoup d'entreprises n'avaient même pas de

systèmes ERP, de systèmes de progiciels pour trouver des données, les capturer

et pouvoir monter des bases de données. Donc, l'OTN, Offensive de

transformation numérique, ne se veut pas d'appliquer l'IA

en entreprise, mais de numériser nos entreprises, parce que plusieurs d'entre

elles n'étaient pas là. Alors, si tu n'es pas numérisé, c'est très dur de

prendre des algorithmes pour prendre tes données puis devenir compétitif, parce

que les données n'existent pas ou ne sont pas bien... ne sont pas bien

capturées.

Alors, l'OTN se veut un programme où, comme vous

savez, on accompagne l'entrepreneur, 50-50, en gros, 50 % payé par l'entrepreneur, 50 % payé par le gouvernement.

C'est de la subvention, ce n'est pas des prêts, pour que l'entrepreneur

fasse son chemin critique pour se rendre à un point. Il dit : OK, voici ce

que j'ai à numériser, voici les données qui sont pertinentes pour être

compétitif, parce que ce n'est pas toutes les données qui sont algorithmies ou

algorithmables, parce que certaines ne donnent rien. Alors, ça, c'est un

travail énorme.

Alors, aujourd'hui, on est rendus... Je n'ai pas

le chiffre exact, là, on a le nombre d'entreprises, là.

M. Fitzgibbon : C'est ça, on a

35 projets. Parce que nous... Ce n'est pas le gouvernement qui fait ça. On

engage des gens comme l'ITHQ avec les restaurants, par exemple, ou Inno-Centre,

le côté industriel. Alors, on a 35 projets où on va voir des entreprises.

Je n'ai pas le nombre d'entreprises, mais je pense qu'on est rendus à 20 000,

25 000. L'objectif, j'aimerais ça me rendre à 100 000.

M. Fitzgibbon : Bien,

j'aimerais ça, là, mais évidemment on...

Mme Boutin : Là, je vais poser

une question pour... s'il y a des entrepreneurs qui écoutent, parce qu'on me

pose souvent cette question-là. Concrètement parlant, là, quelqu'un qui veut

avoir accès à des fonds, là, de l'OTN, comment

ça fonctionne? Est-ce qu'il doit faire un plan de transformation numérique? Qui

l'accompagne? Parce que c'est quelque chose qui n'est pas toujours

clair. Est-ce que le mandataire, c'est Investissement Québec, là? Concrètement

parlant, ça marche comment?

M. Fitzgibbon : Effectivement, le...

Bon, j'ai le chiffre exact, là : 87 850 ont été sensibilisés, pas

tous sont rendus à prendre l'OTN. Mais je

pense qu'Investissement Québec... parce qu'il y a 35 organismes qui font

l'OTN. C'est sûr que je ne les ai pas

dans la tête, là, les 35, mais il faut que les entreprises puissent parler à

Investissement Québec, là, leur

contact, Investissement Québec régional, puis eux vont avoir accès aux

35 organismes qui font l'accompagnement. Ils appliquent un

programme. Puis, à ma connaissance, on ne dit pas non à grand-monde, dans la

mesure où, si le programme coûte, je ne sais pas, moi, 15 000 $ de

faire l'étude, bien, l'entreprise en paie la moitié puis nous, on en paie la

moitié. Alors, je pense qu'Investissement Québec est l'organisme qui va pouvoir

le faire.

Mon objectif... bon, je dis 87 500 qui ont

été sensibilisés, j'aimerais ça que la plupart puissent... On vise à en sensibiliser 160 000. Combien d'entre elles

vont choisir d'investir, ça, c'est une autre histoire, là. Évidemment, là, on a

eu une période difficile, avec l'inflation, on espère que ça va pouvoir

revenir, mais il faut continuer encore pendant plusieurs années.

Mme Boutin : Il reste une

minute. Je vais vous poser une petite question intelligence artificielle. Le

secteur en tant que tel, est-ce qu'il y a un

plan de match pour positionner le Québec encore plus, mondialement, dans

l'intelligence artificielle?

Fitzgibbon : Bien, on est chanceux parce que le fédéral va

confirmer bientôt, c'est un secret de polichinelle, qu'ils vont... qu'Apogée va être octroyé au

Québec. Donc, le Québec va reconduire son programme technique du fédéral. Nous

avons reconfirmé au Mila 21 millions récemment. Dans la Stratégie

québécoise de recherche, investissement, innovation, on a 117 millions, je

me rappelle bien, d'investissements en IA. Donc, on en a annoncé 21, il en

reste d'autres. Donc, je pense que le

gouvernement du Québec va continuer au niveau recherche fondamentale qui nous

permet d'être notoires au niveau du monde. Le travail qu'on a à faire,

c'est faire le lien avec les entreprises.

La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.

Maintenant, nous revenons à l'opposition officielle. M. le député de

Marguerite-Bourgeoys, la parole est à vous.

M. Beauchemin : L'impact sur

l'emploi, donc, c'est comme ça que j'ai terminé tantôt. Les trois trucs qui semblaient... les trois questionnements les plus

importants, c'est au niveau de l'investissement, après ça, c'était

l'utilisation de l'IA par l'État puis l'impact sur l'emploi.

Je vous dirais que, pour faire suite, là, à ce

que je disais tantôt à propos de... le risque réputationnel puis ce qui se

passe actuellement dans la tête de l'ensemble de la population, c'est cet

aspect-là, parce qu'il y a eu beaucoup, beaucoup, beaucoup d'articles, beaucoup

de commentaires qui ont été faits à ce sujet-là. On l'a vu, le plagiat aux

universités rend certaines nécessités pour les étudiants... de ne plus avoir à

travailler autant, etc. Goldman Sachs a mentionné

que, mondialement, on pourrait penser qu'il y a jusqu'à 300 millions

d'emplois sur la planète qui pourraient être... C'est des gros chiffres,

c'est quand même assez impressionnant.

Je suis entièrement d'accord que c'est une

opportunité d'affaires, c'est une opportunité pour aussi améliorer l'économie

québécoise, la rendre encore plus compétitive, et tout ça. Mais il y a le côté

humain de la chose que, pour moi... c'est vraiment le

facteur le plus important actuellement. Comment peut-on s'assurer qu'il y ait

une transition humaine dans cette réalisation

de l'intelligence artificielle? Puis, quand on écoute l'ensemble des

intervenants, il n'y a pas grand-chose qui est, comme, discarté :

Non, non, oublie ça, là... Il va y avoir des modifications à leur emploi, les

gens vont réétudier, vont se reskiller pour avoir d'autres outils dans leurs

coffres d'outils pour être des nouveaux employés encore plus performants.

Puis on l'a vu, à

chaque fois qu'il y a des transitions économiques significatives, l'arrivée de

l'Internet, l'arrivée de Word puis d'Excel, etc., a amélioré la productivité,

puis ça peut peut-être effectivement se rendre là. Mais il y a certains emplois

qui sont sujets à être, maintenant... une application, c'est assez réel. Et

maintenant c'est comme les chaînes de montage... bien, quand on était plus

jeunes, il y avait les arrivées des robots sur les chaînes de montage, à Sainte-Thérèse, puis on a vu les gens

faire la grève parce que, justement, ils perdaient leur emploi. Ils n'ont

jamais été remplacés, là. Il y avait plusieurs postes, ces gens-là ont eu à se

retrouver une raison d'être au niveau de l'emploi par la suite.

Donc, c'est toute la

transition humaine. Moi, je pense que ça, c'est l'impact sur l'emploi. Pour

l'acceptabilité sociale, pour avoir le support de la population puis pour calmer

les inquiétudes de la population, selon moi, c'est la priorité. Mais je vous

fais une suggestion. Ce serait probablement cet impact... ce secteur-là de

votre questionnement qui devrait

définitivement être le plus rapidement possible envoyé dans une commission

publique comme ici, par exemple, où est-ce qu'on pourrait avoir le

questionnement. Qu'est-ce que vous en pensez, de ça?

M. Fitzgibbon :

Bien, je suis entièrement d'accord avec vous qu'il faut bien expliquer

l'impact de l'IA et de la robotisation. C'est relié, la numérisation, sur les

emplois.

Je pense qu'on est

privilégiés que cette discussion-là ait lieu aujourd'hui et non pas voilà

15 ans. Voilà 15 ans, le ministre de l'Économie de l'époque était

préoccupé par la création d'emplois, c'était... on était obnubilés par ça. Il y

avait des premiers ministres qui mettaient... qui lançaient des chiffres de

création d'emplois, puis c'était encourageant pour la société. Alors, si on

avait eu le débat à ce moment-là, ça aurait été un peu en porte-à-faux.

Aujourd'hui,

environnement où il faut accepter qu'il y a une pénurie d'emplois, il faut

accepter que la démographie n'est pas de notre côté, mais pas juste au Québec,

partout au Canada. Donc, on a une démographie qui va croître de façon très

faible. La population active pourrait augmenter en pourcentage, mais, le

Québec, on est déjà très haut par rapport à l'Ontario puis à d'autres provinces

du Canada.

Donc, on est dans une

situation où, oui, il y a un peu d'immigration, évidemment qu'on va vouloir

faire. Mais l'immigration, on ne va pas se compter des peurs, là, les migrants,

tout le monde les sollicite, là, les pays, là, tout le monde va courir après

les immigrants. Ça fait qu'à un moment donné.. dans le monde, même, on voit

l'Inde puis la Chine qui commencent à réduire leurs démographies en termes de

croissance, donc c'est clair qu'on a un environnement où il faut que nos jeunes

se repositionnent et...

Bon, d'une part, ma

collègue à l'Emploi, elle est très soucieuse de ça, et c'est un débat qu'on

pourra avoir. Aujourd'hui, on a des pénuries d'emplois dans certains secteurs,

alors moi, je regarde ça puis je dis : OK, il faut aller soit former les gens ou requalifier les gens quand

c'est possible — souvent,

ce n'est pas possible — il

faut aller recruter à l'international

et il faut numériser ou il faut mettre de l'IA, peut-être, dans certains

procédés pour enlever la pression sur l'emploi.

Comme

je disais tantôt à votre collègue, chez Investissement Québec, maintenant, il y

a deux critères importants. Quelqu'un vient me voir pour réduire les emplois,

pour... un investissement qui réduit les emplois, on va le supporter, ou

crédits emplois mieux rémunérés, on va le supporter. Puis l'autre, c'est les

GES. Alors, vous avez absolument raison, puis je pense qu'on est

heureusement dans un environnement où la pression sur l'emploi est telle que

les gens voient ça favorablement.

La question va être la

transition. Il y a des postes... les collets bleus, par exemple, qui pourraient

perdre leurs postes parce que ça va être des gens avec des joysticks ou des

écrans... Ils n'ont peut-être pas la formation pour passer là, donc il y a un

enjeu, je pense, de transition, puis je pense que ma collègue en est

consciente. Puis effectivement, dans l'étude qu'on va faire avec Luc Sirois, on

va voir ce qui va arriver, puis, s'il y a une crainte, ou confusion, ou

anxiété, il va falloir l'adresser parce qu'on veut que les gens soient

confortables.

M. Beauchemin :

Ça rejoint un petit peu ce qui était à la base même de cette

conversation-là initialement, là, il y a déjà plusieurs mois déjà, quand

j'avais mentionné ça initialement que... les balises, là. Mais on est chanceux

au Québec d'avoir une démocratie qui est en santé. On peut s'en parler, on peut

avoir une conversation. Ce n'est pas pareil partout.

Donc, le problème que

je peux voir, c'est que l'utilisation, par exemple, en Chine, de l'intelligence

artificielle va être faite en silos, totalement de façon différente par rapport

à ce que nous, on a l'intention de faire ici. Est-ce que vous voyez là-dedans

une menace? Est-ce que vous voyez là-dedans une opportunité? Est-ce que vous voyez là-dedans une place, justement, à intervenir

à un autre niveau, là, que... qu'au Québec seulement, qu'au Canada

seulement?

C'est vraiment...

C'est un enjeu qui est mondial, rendu là, parce que, si de... si des États

voyous, si on peut les appeler comme ça, décident de faire des robots

militaires, c'est... on s'en va à un autre niveau complètement, là. C'est tout

cet aspect-là, tous les questionnements, l'emploi, la sécurité. C'est tout ça

qui est en jeu, là.

M. Fitzgibbon : Oui,

mais je vous réponds, c'est une question à haut niveau, là, mais je pense que,

géopolitiquement, ce qu'on voit présentement, c'est que les grands

donneurs d'ordre veulent avoir des chaînes d'approvisionnement beaucoup plus

courtes et résilientes. Je pense que ça, c'est très important.

Ce matin, j'étais avec...

dans mon bureau, avant d'arriver ici, avec une compagnie coréenne que je ne

nommerai pas, qui est un dominant dans un secteur très spécifique puis qui

considère maintenant s'établir en Amérique du

Nord. Puis le Québec est un de leurs choix parce qu'ils se disent :

L'Amérique du Nord va être un cluster, va être un... géopolitiquement,

va être un secteur puis... Bon, c'est une compagnie très, très

technologiquement avancée, puis ils disent : Bien là, on veut s'établir

ici. C'est une compagnie qui n'a aucun «footprint», présentement, en Amérique

du Nord. Alors, je pense que, ce phénomène-là, on va le voir.

Là, on parle de la Chine, évidemment, il y a des

enjeux par rapport aux valeurs sociales, les gens sont réticents à travailler

avec la Chine. Ça va probablement changer, je pense, il faut être réalistes,

là, mais je pense qu'il va falloir peut-être aussi focaliser sur des

secteurs... parce qu'il y a plusieurs parties de votre question, là, mais je pense

qu'il faut focaliser sur des secteurs où on peut attirer des jeunes, des

emplois qui sont bien rémunérés. Je pense aux

filières batteries, je pense à l'aluminium aussi, si on voit qu'ELYSIS,

éventuellement, fait de l'aluminium vert. Il y a des postes de collets bleus

qui n'existeront plus, il va y avoir d'autres postes qui vont être créés. Il

faut focaliser sur ça, et je pense que... je pense qu'on est capables de

le faire, mais ça prend une discipline pour ne pas investir dans tout.

Puis après ça, la question, c'est le code

d'éthique... Vous avez parlé du code d'éthique, comment le Québec peut

s'insérer dans l'éthique internationale. On a parlé de ça, l'autre fois, avec

Yoshua Bengio. Les gens du Mila, entre

autres, là, pour être très, très spécifique, voient une opportunité, comment le

Québec, comment le gouvernement... les gouvernements, fédéral aussi, on

peut aider ces gens-là à prendre leur position.

Puis moi, une chose qui m'inquiète, c'est la

puissance de calcul. Là, je déroge, mais... On ne peut pas faire du ChatGPT, ici, on n'a pas la puissance de calcul

pour le faire. Le quantique, on l'aura un jour, là. Alors, on est un peu... on

est, je pense, bien positionnés sur une base d'éthique, Déclaration de

Montréal. La question, c'est : Comment est-ce qu'on peut prendre un

leadership pour établir des règles internationales? C'est ça qui est votre

question. C'est plus complexe, mais je pense qu'on va... il faut essayer de le

faire dans un temps réaliste sur nos capacités. Mais je pense qu'on a...

Puis, pour conclure, vous étiez là,

M. Bengio, la question lui a été posée, à un moment donné : Êtes-vous

capables de recruter du monde en IA? Il a dit oui parce qu'à cause de notre

notoriété puis d'autres... à côté, on peut recruter du monde. Bien,

profitons-en pour prendre ces gens-là, le talent, puis les faire travailler,

autant sur le côté domestique que le côté éthique internationale, là.

M. Beauchemin : Je

vais revenir sur le rôle de l'Innovateur en chef. Donc, dans la suite de cette

rencontre-là, justement, son rôle est d'entendre les gens, les groupes,

les acteurs de la société civile qui, eux, veulent s'exprimer sur les avancées,

sur la lettre qui a été écrite par, maintenant, presque

30 000 personnes, les craintes, etc. Mais, parallèlement à ça, est-ce

qu'il y aurait... il y aurait-tu comme un contrôle de la réponse

gouvernementale? Est-ce que c'est à lui,

M. Sirois, de s'assurer que la réponse gouvernementale soit un peu

uniforme à travers l'ensemble des ministères?

M. Fitzgibbon : Oui, bien,

écoutez, mon collègue qui était avec moi à la rencontre du 12 avril

dernier, le ministre de la Cybersécurité puis du Numérique, travaille avec le

CIQ aussi, parce que le cadre de gouvernance du gouvernement a été mis dans ce

ministère-là, il a été créé pour ça. Alors, évidemment, ça avance très vite,

toute cette évolution-là. Alors, clairement, au moment où on se parle, il y a

des discussions qui n'ont pas rapport au ministère de l'Économie, qui ont lieu

avec M. Sirois.

Parce que M. Sirois, c'est un peu comme

Rémi Quirion. Rémi Quirion, c'est le chef scientifique du Québec, il travaille avec tous les ministères. Il faut

juste qu'il soit parqué à quelque part puis il est au ministère de l'Économie.

Ministère de l'Innovation, bien, il y a une logique, évidemment, parce que

c'est le trait d'union entre Investissement Québec puis M. Quirion. Mais

Luc Sirois travaille avec tous les ministères, il a des réunions constamment

avec d'autres ministres, d'autres

ministères, auxquelles on n'est pas impliqués. Alors, oui, il faut le faire,

parce que, si on n'est pas cohérents entre nous, ça va être dur de

convaincre la population qu'on est... qu'on comprend l'environnement, là.

M. Beauchemin : La

raison pour laquelle je pose cette question-là, c'est parce que le ministère de

l'Éducation a appelé à... annoncé, excusez, un forum pour discuter des enjeux

de l'intelligence artificielle dans les cégeps et les universités. Ça,

c'est avant la nomination de M. Sirois. Ça fait que je me pose juste une

question, comme : Est-ce que c'est possible, donc, alors, que certains

ministères vont aller dans une direction avant même que...

M. Fitzgibbon : Je ne suis pas

familier avec ce à quoi vous référez, mais je suis convaincu, quand on parle du

cégep, on parle de ma collègue à l'Enseignement supérieur... convaincu que

M. Sirois va être

partie prenante de la discussion. Peut-être qu'il ne

sera pas aux rencontres, mais il va avoir... Il faut qu'il y ait un vase

communicant, clairement, parce que sinon on n'accomplira pas, là.

M. Beauchemin : Juste

vous lire, là : «Lundi le 15 mai, à Montréal, la ministre québécoise

de l'Enseignement supérieur, Pascale Déry, réunira enseignants,

professionnels en pédagogie, chercheurs, experts en technopédagogie et en intelligence artificielle, mais aussi étudiants

et membres de la direction pour se pencher sur ce sujet.» Puis ça, c'est

dans un peu plus de deux semaines, là. C'est

juste... C'est un peu ça, ce que j'essaie de voir, parce qu'il semble y avoir

une initiative qui est prise de façon individuelle par rapport à l'enseignement

supérieur.

Quel est le rôle... quel sera le rôle, alors, de

l'Innovateur en chef? Est-ce que ce serait à cette personne... à cet

individu-là de ramasser tout le monde, dire : OK, on va y aller de façon

plus ordonnée? Il y a-tu...

M. Fitzgibbon : Bien,

je ne suis pas familier avec l'événement. J'ai pris une note, le 15 mai,

là... Probablement que ça a été organisé avant le 12 avril, je

présume, là, mais je peux me tromper. Mais je n'ai aucune crainte, parce qu'il y a plusieurs comités interministériels. Luc

Sirois et Rémi Quirion, les deux, parce qu'ils sont très complémentaires,

travaillent tous les ministères. Alors, je vais faire un suivi, là, mais moi,

je pense qu'une chose comme celle-là, probablement que c'est une initiative du

ministère de l'Enseignement supérieur, qui est très bonne, parce que l'IA fait

partie du cursus qu'on veut faire avec nos

jeunes. Mais clairement, s'il y a des... si, dans le cadre de ce qu'ils font,

il y a des recommandations qui touchent le côté éthique puis le côté qu'on

parle, clairement, il faut que M. Sirois soit impliqué, et je suis pas mal

convaincu qu'il va l'être.

M. Beauchemin : Moi, je n'ai

pas une énorme expérience en gestion de l'État, là, je suis nouvellement élu

depuis le 3 octobre, mais je commence à avoir déjà des cheveux gris qui

s'additionnent. Mais ça m'apparaît un petit peu

évident, par exemple, qu'il y a une coordination qui devrait être un peu mieux

faite pour ne pas qu'il y ait, justement, ces fuites-là, d'une certaine

façon, d'aller d'un bord puis de l'autre, là, donc...

M. Fitzgibbon : Oui, bien,

encore une fois, je vais prendre un peu de recul par rapport à ça. Le 15 mai,

là, c'était organisé avant le 12 avril. L'IA, c'est un domaine important

pour l'enseignement supérieur. On a demandé, d'ailleurs,

à ma collègue la ministre de l'Enseignement supérieur de produire plus de

gradués. Parce que, tantôt, on parlait de... il faut atteindre

200 000 entreprises, là, peut-être 180 000 entreprises

québécoises, parce que ça prend du monde qui

connaissent l'IA pour aller dans l'entreprise, pas rien que des docteurs non

plus. Ça fait qu'on a une pression énorme sur le côté TI, les... le STGM, plutôt. L'Enseignement supérieur, je ne

suis pas surpris, je suis... En fait, je suis heureux de voir qu'il y a une

ruée par rapport à ça. Mais je peux vous assurer qu'au niveau éthique, ce qui

va sortir de là, c'est clair que ça va s'englober avec M. Sirois,

parce qu'il faut que ce soit cohérent. Alors, moi, je m'engage à ce que la

partie éthique de... la

partie éthique de tout ça s'incorpore dans l'exercice

que M. Sirois va commencer.

M. Beauchemin : Je

comprends un peu la genèse, pourquoi que l'enseignement... l'Enseignement

supérieur a été, comment je pourrais dire, stimulé à agir plus

rapidement. Parce que, dans les premiers balbutiements, là, qu'on a vus, sur ChatGPT, c'était justement ce que j'avais

mentionné tantôt, les étudiants qui demandaient à ChatGPT de rédiger

leurs rapports de recherche, etc. Donc, il y avait tout le côté droits

d'auteur, il y avait tout le côté est-ce que nos étudiants vont étudier,

finalement, il y avait tout ce côté-là qui a été... Ça fait que peut-être que

ça, c'est en arrière de la raison du pourquoi que le 15 mai il y a ça.

Mais il y a aussi les mêmes questions qui

peuvent se poser au niveau de la sécurité de l'information. Le ministre Caire, qui peut-être est un petit peu

occupé de ce temps-ci, là... mais, je veux dire, il y a quand même énormément

de trucs qui auraient pu être faits juste au niveau de la sécurité de notre

information. Tous ces questionnements-là reviennent; le dénominateur commun,

c'est transparence. Puis je comprends qu'il y a un processus, je comprends qu'il y a des étapes à suivre, et tout, mais je

pense que pour peut-être calmer le jeu, ça aiderait de définitivement, déjà,

juste mentionner...

La Présidente (Mme D'Amours) : ...

M. Beauchemin : ...même

si on prend des chemins différents, de mentionner que, oui, il va y avoir une

ouverture pour une commission québécoise sur l'intelligence

artificielle, dans un mandat d'initiative quelconque, pour assurer aux gens

comme quoi que ça va être ouvert.

Présidente (Mme D'Amours) : Merci. C'est tout le temps que nous avions. Nous

poursuivons nos périodes d'échange avec le deuxième groupe d'opposition.

M. le député de Maurice-Richard, la parole est à vous.

M. Bouazzi : Merci beaucoup,

Mme la Présidente. Donc, bien, évidemment, on a parlé de l'importance des

investissements économiques pour pouvoir atteindre nos objectifs de gaz à effet

de serre. On a aussi parlé, et c'est là où

on était, sur l'expertise du... des fonctionnaires du ministère de l'Économie

pour imaginer l'économie de demain et surtout

comprendre nos spécificités à nous. Mais ma question pour M. le ministre :

Est-ce que le travail de consultants comme McKinsey serait meilleur si

les fonctionnaires sont consultés?

M. Fitzgibbon : Excusez-moi,

les fonctionnaires n'ont pas été consultés, ils ont participé.

M. Bouazzi : Ils ont participé

au... le travail de McKinsey?

M. Fitzgibbon : Il

faut comprendre comment les boîtes fonctionnent. Les consultants ne travaillent

pas dans leurs bureaux, seuls, sans parler à personne. C'est des

fonctionnaires qui travaillent avec eux autres.

M. Bouazzi : Est-ce que les

fonctionnaires étaient prévenus qu'un tel contrat était demandé à McKinsey?

M. Fitzgibbon : C'est eux qui

l'ont signé.

M. Bouazzi : Le contrat?

M. Bouazzi : Dans

le travail sur le fond de ce rapport, il y avait une

partie qui touchait à la

pénurie de main-d'oeuvre. Est-ce qu'il y avait, dans les conseils de

McKinsey, des conseils sur l'immigration?

M. Bouazzi : Ils ont fait tout

un rapport sur la question de pénurie de main-d'oeuvre, sans donner aucune

recommandation sur la question de l'immigration?

M. Fitzgibbon : On ne leur a

pas demandé.

M. Bouazzi : Et

vous avez été satisfaits qu'une boîte de consultants vous conseille sur la

pénurie de main-d'oeuvre, sans qu'il y ait... Je pense qu'on s'entend

tous ici, probablement, en tout cas j'espère, que l'immigration est une des

solutions parmi les solutions qui touchent à la pénurie de main-d'oeuvre.

M. Fitzgibbon : On a une très

bonne connaissance de l'immigration. On n'a pas besoin de se faire dire par

McKinsey quoi faire.

M. Bouazzi : Et donc il n'y a

pas eu aucune recommandation sur ça? Mais, dans le cadre...

M. Fitzgibbon : Bien,

je me répète, là, j'ai dit : On ne l'a pas demandé, ça fait qu'ils n'ont

pas fait de recommandation, c'est sûr.

M. Bouazzi : Et dans le cas de

KPMG, est-ce qu'il y a eu une recommandation dans ce sens?

M. Fitzgibbon : Aucun rapport.

M. Bouazzi : Intéressant. Donc,

on a un rapport sur la pénurie de main-d'oeuvre où on ne demande pas de

recommandation sur la question de l'immigration. On a une étude sur l'avenir

économique du Québec où on ne se pose pas la question d'atteindre ou pas nos

objectifs de gaz à effet de serre. Est-ce que la stratégie batterie qui a été

analysée, donc, analysée par McKinsey, fait

partie d'une stratégie plus large

pour atteindre nos objectifs climatiques?

M. Bouazzi : Donc, le fait

d'investir dans la filière batterie n'a rien à voir avec les objectifs qu'on a

pour diminuer les gaz à effet de serre?

M. Fitzgibbon : On a différentes

initiatives. La stratégie batterie était une stratégie de valeur ajoutée qui en

donne... qui donne à pouvoir permettre la

réduction de GES dans l'ensemble de l'oeuvre, mais on a choisi les secteurs industriels

au Québec qui pouvaient se démarquer, créer de la richesse, parce qu'on est

pauvre, au Québec, là.

M. Bouazzi : Donc, le seul objectif

autour de ça, c'est qu'il y a des affaires à se faire dans cette industrie-là.

M. Fitzgibbon : Il y a des quoi?

M. Bouazzi : Des affaires. Il y a de

l'argent.

M. Fitzgibbon : De l'argent, de la

richesse, oui. De la richesse collective, il faut en créer au Québec.

Bouazzi : Absolument, mais ça ne fait pas partie... J'ai du

mal, honnêtement, M. le ministre, à comprendre comment est-ce qu'investir dans une... ne fait pas

partie d'une vision

plus large d'atteinte de diminution de gaz à effet de serre, mais je

comprends que ce n'était pas un paramètre qui avait été pris en compte.

M. Fitzgibbon : Non, mais là, je ne

sais pas où vous allez, j'ai beaucoup de misère à vous comprendre, je m'excuse. J'ai dit tantôt, d'entrée de jeu, que le

ministère de l'Économie a deux objectifs : le premier, qui est créer de la

richesse collective pour qu'on sorte de notre pauvreté collective, pour

investir dans les missions de l'État importantes comme l'éducation, la santé; d'autre part, on a une stratégie aussi de

développement économique pour réduire les GES. Donc, on regarde les deux

de façon concomitante. C'est ça, la stratégie du gouvernement.

Bouazzi : Je comprends. Je veux juste être clair si je n'ai

pas été clair. Effectivement, nous... un gouvernement solidaire

s'assurerait effectivement que la vision économique soit cohérente en tout

temps avec des objectifs de baisse de gaz à

effet de serre dans notre économie, tout en s'assurant d'un certain nombre

d'objectifs sociaux, y compris s'assurer du bien-être des travailleuses

et des travailleurs et des revenus qui y sont associés. Je comprends que, dans le cas de

l'investissement de la filière batterie, ce n'était pas la question, la

question climatique ne faisait pas

partie des paramètres de ces

investissements-là, et qu'effectivement le seul paramètre, c'était à quel point

est-ce qu'on va créer de la richesse.

Est-ce que... Je vais revenir ici, oui, est-ce

que... Donc, on a vu, en décembre, en parlant de richesse, en décembre dernier,

2022, le PDG d'Investissement Québec nous dire que nous allons doubler les

investissements prévus dans la filière

batterie en 2023. Vous avez déjà dit vouloir investir de 2 à 3 milliards

de fonds publics dans les filières batteries. Où est-ce qu'on en est

aujourd'hui dans les investissements qui ont été mis en place par le gouvernement

dans cette filière?

M. Fitzgibbon : Bien, écoutez, on

a... C'est probablement la filière industrielle la plus imposante que le

gouvernement du Québec contemporain n'aura jamais eue. Présentement, on a

plusieurs projets qui ont été annoncés, principalement à Bécancour, mais il y a

d'autres places aussi. On est la chaîne au complet, parce que la batterie, là,

c'est très large, là. On parle du minier, évidemment, on parle des matériaux et

composantes de batteries, on parle de la production de cellules.

Éventuellement, on parle de la fabrication de certains véhicules électriques,

tels autobus scolaires, autobus urbains, on parle du recyclage. Alors, écoutez,

on est rendu pas loin de 4 milliards, probablement, 4, 5 milliards

d'investissements.

Le gouvernement, règle de l'art... règle du

pouce, je m'excuse, mettez 25 %... investissements, c'est ça... du

gouvernement, en prêts, une

partie qui serait pardonnable, mais, en gros, on

prête jusqu'à 25 %, fédéral... puis, du 25 % qu'on prête, une

partie

est pardonnable, selon des critères qu'on détermine.

M. Bouazzi : Dans le budget, il y

avait un certain nombre... un élargissement des congés fiscaux pour les grands

projets d'investissement... notamment la filière des batteries. Sur les

373 millions de cadeaux fiscaux aux entreprises, combien pourraient aller

aux batteries?

M. Fitzgibbon : Nous ne savons pas,

c'est un estimé qui a été fait par le ministère des Finances. On regarde ça a

posteriori. Il est trop tôt pour le savoir, parce qu'il y a des projets qui ne

sont pas nécessairement éligibles, il y a des critères. Alors, je n'ai pas la

réponse à votre question.

M. Bouazzi : Sur chaque dollar

investi, quelles sont les retombées pour le Québec, les retombées fiscales?

M. Fitzgibbon : C'est large comme

question. Je vais répondre différemment. Quand on regarde un projet, les

projets structurants comme celui-ci, dans la filière batterie, généralement, on

est ouverts à prêter 25 %, le fédéral fait la même chose, ça fait 50 %.

Après, avec l'équipe du ministère des Finances, on regarde les retombées, pas

juste fiscales, les retombées globales, et on donne un pourcentage de ça en

pardons.

Alors, généralement, ça peut être un pourcentage

du pardon, qui peut aller de 20 à 50 %, par exemple, mais dans aucun cas

on ne va vouloir donner un pardon qui va excéder les retombées qui ont été

calculées sur une période de cinq, 10 et 15 ans. Alors, je n'ai pas de

pattern parce que votre question est trop large. On a à peu près 90 projets,

présentement, dans les batteries, qu'on regarde, certains sont en ébullition,

commencent, seulement, donc ce n'est pas toujours le même pourcentage,

mais je peux dire que...

M. Bouazzi : Bien, globalement, M.

le ministre, on parle de 4 milliards de dollars. Ce n'est pas une

petite somme. Quel est le revenu dans les

cinq prochaines années, les retombées de ces 4 milliards de dollars

investis? Quel est l'ordre de

grandeur? Je comprends qu'il y a des pardons, ça fait que ça, c'est de l'argent

qu'on perd. Je comprends qu'il y a des...

M. Fitzgibbon : Non, non, ça, c'est

très mal dit. On ne perd pas l'argent, on gagne de l'argent.

M. Bouazzi : Quand il y a des

pardons?

Fitzgibbon : De dire qu'on perd de l'argent, dire que... perdre

de l'argent, je pense que vous ne dites pas les bonnes choses.

Bouazzi : Il faudrait que la somme soit positive, mais, je

veux dire, quand on pardonne des prêts, on s'entend que c'est de

l'argent qui ne revient pas. Ce n'est pas ça?

M. Fitzgibbon : Non, mais

pourquoi... pourquoi on ferait un pardon?

M. Bouazzi : Bien, c'est une bonne

question.

M. Fitzgibbon : Parce qu'on fait des

retombées, je viens de l'expliquer. Il y a des retombées qui excèdent les

pardons, donc on ne perd pas de l'argent.

M. Bouazzi : Donc, on est d'accord,

effectivement. Donc, le pardon tombe dans la colonne des moins, et puis il

faudrait que les retombées tombent dans la colonne des plus.

question, c'est : Quelle est l'évaluation de la somme des deux colonnes

sur un investissement aussi immense que

4 milliards? On a compris que l'investissement dans les batteries n'était

pas dirigé par une volonté d'atteindre les

diminutions de gaz à effet de serre. Est-ce qu'on a une idée claire de, au

moins, les affaires que font ces compagnies et quelles sont les

retombées pour... qu'elles soient fiscales ou pour les travailleuses et travailleurs

du Québec?

Fitzgibbon : Les retombées vont être plus grandes que le pardon.

M. Bouazzi : Mais

est-ce que vous avez des chiffres?

Fitzgibbon : Bien, ça peut varier entre une et deux fois. Chaque cas

est différent.

M. Bouazzi : Donc,

sur cinq ans, les 4 milliards dont on parle, il y aurait un

4 milliards, voire même un 8 milliards de retombées économiques?

Fitzgibbon : Possiblement.

M. Bouazzi : OK. Et les métriques associées à ça, je veux dire,

aujourd'hui, on en est où, en 2023? Est-ce que... Ça marche comment?

Fitzgibbon : Ça commence, la filière. En 2019, le mot «batterie»

n'était pas dans le vocabulaire du gouvernement.

M. Bouazzi : OK. Et là, en... À partir de quand on va commencer

à avoir des métriques associées à ces retombées économiques?

M. Fitzgibbon :

Quand on va produire des... La

plus grosse usine, là, c'est... celle de POSCO-GM va produire en 2027...

2026. Nemaska, hydroxyde, va être en 2027, Nouveau Monde Graphite, l'anode, en

2028...

M. Bouazzi : Excusez-moi,

M. le ministre, il me reste 20 secondes. Les 10 000 travailleurs

dont on a besoin pour pouvoir produire toute cette richesse, vous allez les

enlever de quelles industries, exactement?

M. Fitzgibbon :

On va produire du talent. On

travaille étroitement avec l'Université du Québec à Trois-Rivières, M.

Christian Blanchette, on travaille avec le cégep, on travaille...

La Présidente (Mme D'Amours) : Merci

beaucoup. Le temps étant écoulé, nous allons passer à la prochaine période d'échange. Nous revenons à l'opposition

officielle. M. le député de Marguerite-Bourgeoys, la parole est à vous.

M. Beauchemin :

Merci, Mme la Présidente. M. le

ministre, tout à l'heure, vous avez parlé du 21 millions, là, qui a fait

suite, là, à notre rencontre, là, chez Mila, il y a quelques semaines déjà de

ça, le décret, là, pour financer de la recherche. Il y a eu aussi un

9 millions pour un fonds de recherche, pour consolider le programme de

recherche et de partenariat sur l'adoption de l'intelligence artificielle en

santé. Ça, ça a été fait le 22 mars 2023. Spécifiquement, là,

c'était l'adaptation de l'intelligence artificielle en santé pour le

soutien à l'adoption de l'intelligence artificielle dans les établissements du

réseau de santé.

Ensuite, il y a eu

4,5 millions de dollars qui a été décrété pour le Centre de recherche

informatique de Montréal pour soutenir

confiance... intelligence artificielle et Confiance AI... Centre de recherche

informatique de Montréal, au cours

des exercices 2022, 2023, 2024, 2025, afin de soutenir des activités pour le

financement du projet Confiance IA visant l'accélération de l'adoption

de l'intelligence artificielle dans le système de critiques de

l'industrialisation ainsi que la

commercialisation de l'intelligence artificielle de confiance au Québec. C'est

quoi, l'implication de l'innovateur en chef dans ces deux autres décrets

Fitzgibbon : Bon, premièrement, la plupart des sommes d'argent, là...

je regarde la SQRI 2 , là, la Stratégie

québécoise de recherche et

d'investissement et d'innovation qu'on a lancée au printemps 2022, dans

laquelle, et Luc Sirois, et Rémi Quirion ont participé, le Scientifique

en chef et l'innovateur en chef... la plupart des sommes viennent de là. Il y a

des sommes qui viennent aussi du FRQ, là, trois fonds, les Fonds de recherche

du Québec. Il y a des sommes qui viennent de là aussi puis il y a probablement

des sommes qui vont venir de certains secteurs, bon, là, on parle de santé,

sciences de la vie, on parle de l'aluminium puis on parle de l'aérospatiale. Il

y a des sommes là-dedans aussi.

Alors, il y a

plusieurs sources, mais je vous dirais que la personne responsable de

l'allocation des fonds de la SQRI s'appelle

Mathieu Gervais, qui est le sous-ministre adjoint à l'Innovation, qui travaille

étroitement avec le député de Jean-Talon, entre autres, qui est

responsable de l'innovation, et aussi Rémi, et Luc Sirois. Donc, c'est un

travail d'équipe, puis c'est Mathieu Gervais, au ministère, qui s'occupe de

l'innovation, qui est celui qui va travailler avec les forces vives.

Beauchemin : OK. Puis, pour ce qui est de la santé, ça, ça se trouve à

être qui qui...

M. Fitzgibbon : Bien,

santé, ce qu'on a fait, c'est qu'on a divulgué... Je ne me rappelle pas la

date, là, la stratégie des sciences

de la vie, là. J'étais avec mon collègue le ministre de la Santé, parce qu'évidemment

je ne vous apprendrai rien en disant que le succès de son initiative va

passer en grande

partie par l'innovation dans le domaine de la santé. Alors, le ministre était avec moi quand on a lancé

la stratégie des sciences de vie, je pense que ça fait un an, un an et demi, mai

2022... alors, il était avec moi.

Alors, il y avait

quatre initiatives, il en a pris une. Alors, lui, il est très, très, très

intéressé à ce que l'innovation soit au rendez-vous, alors... Puis, dans

certains cas, il y a des sommes d'argent qui peuvent venir, parce qu'il y a une

espèce de bureau de l'innovation à l'intérieur du MSSS, qui existe, là, mais la

pierre angulaire, c'est le ministère de l'Innovation, et on travaille avec eux

autres, c'est sûr, très, très étroitement.

Beauchemin : Ça fait que, donc, la coordination, là, est comme, tu

sais, mobile, dans le sens qu'il y a comme votre participation dans le secteur

académique, avec Mila, le ministre de la Santé. Pour ce qui est de la santé, il y a donc... Mais il y a-tu une place où est-ce

que tout se rejoint en haut, puis on prend la décision, dans un genre de

conseil?

Fitzgibbon : Oui. En fait, le ministère que je représente, c'est le

ministère Économie, Innovation, Énergie.

Donc, innovation, tout passe par le MEIE. Maintenant, innovation, je me

rappelle, quand on a fait la SQRI², la députée de Châteauguay, à

l'époque, avait été responsable, c'est elle qui travaillait, comme le député de

Jean-Talon. Elle avait créé un événement où

tous les intervenants étaient venus, et il y avait beaucoup de comités

interministériels, parce qu'effectivement l'innovation, même si ça

réside au ministère de l'Innovation, ça touche tous les ministères.

Alors, le point

central, c'est le MEEI. Par contre, il y a plusieurs initiatives des...

interministérielles. Par exemple, quand on lance une zone d'innovation, c'est

sûr qu'il faut parler à l'Enseignement supérieur, l'Éducation, bon, Santé, dépendamment des cas. Alors,

clairement coordonné par le ministère chez nous, mais qui doit impliquer tous

les ministères concernés.

Beauchemin : OK. Il n'y a pas... Il ne semble pas... Bien, je vous

entends, mais je me dis, on dirait qu'il y a

quand même plein d'initiatives qui semblent arriver, puis c'est peut-être un

gros mot, là, que je vais dire, du champ gauche, mais ce n'est peut-être pas ça. On dirait qu'il y a des

initiatives qui semblent se prendre un petit peu à l'extérieur de ce

ministère-là.

Je voulais juste,

quand même, souligner le fait que, de façon très transpartisane, ce serait

quand même intéressant de pouvoir,

justement, à un moment donné, avoir tous ces gens-là pour avoir un son de

cloche, là, unanime au niveau de la coordination.

Puis je parle de ça

de façon très, très ouverte, parce que ce que je veux comprendre... C'est

qu'actuellement, quand on le regarde de

l'extérieur, on a l'impression que ce n'est pas si bien coordonné. Moi, ce que

je veux voir, c'est une meilleure coordination, comme si, par exemple,

au bureau du premier ministre, on aurait à coeur les implications de

l'intelligence artificielle pour l'ensemble de l'appareil gouvernemental, pour

l'ensemble de la province, pour l'ensemble des Québécois. Ça ne semble pas être

le cas, ça ne semble pas être un dossier assez important pour être à la hauteur

du cabinet du premier ministre. Donc, il y a donc ces initiatives-là qui

semblent être un petit peu faites, là, ici et là, qui, des fois, sont

coordonnées par l'innovateur en chef, mais pas tout le temps. Ça fait que c'est

un peu ça, l'image que ça donne. Êtes-vous en désaccord?

Fitzgibbon : Oui, je suis en total désaccord. En fait, je suis en

objection complète à ce que vous venez de dire, parce que, justement, le...

Puis je vous inviterais à la lire, si vous ne l'avez pas fait, la Stratégie

québécoise de recherche et d'investissement en d'innovation... inclut l'IA

là-dedans. Et c'est la première fois, en fait, qu'on voit un document... bon,

c'est un document qui est aussi holistique sur l'impact de l'innovation dans

toutes les missions de l'État, dans toutes les entreprises, services sociaux.

Alors, entre la SQRI 2 , dans laquelle Rémi Quirion est impliqué... parce qu'il y a un volet Fonds de recherche, dans

laquelle Luc est impliqué, Sirois, parce que lui, c'est le trait d'union

des entreprises puis de la recherche... je pense qu'on a tout l'ensemble de

l'oeuvre, qui est tellement bien expliquée, et

que Mathieu Gervais, qui est le sous-ministre adjoint, qui travaille pour David

Bahan, ici... Mathieu est responsable, justement,

de s'assurer que les initiatives à l'intérieur de la SQRI soient en conformité

avec les objectifs des différents ministères.

Puis, quand on a fait

la SQRI, c'est la première fois qu'on voyait ça au Québec, là. Votre

gouvernement avait essayé puis n'avait pas réussi, avant, là, avant vous, là.

Alors, on avait tous les ministres qui ont participé à cette grand-messe là,

puis il y a eu une adhésion, certains ministères plus que d'autres, je dois

avouer, mais aujourd'hui, que ce soit

l'Agriculture, que ce soit l'Enseignement supérieur, que ce soit... bien,

l'Énergie, c'est rendu chez nous, vous avez les Ressources naturelles,

moi, je pense qu'il y a une cohésion.

Alors, peut-être

qu'il y a un manque de communication, là, si vous n'avez pas bien saisi ça,

mais au contraire, moi, je pense qu'on a un environnement qui est très, très,

très... M. Legault, le premier ministre, est même venu à la... aux

consultations pour la SQRI, puis il avait participé à la consultation, puis il

y avait exprimé le fait que pour que le Québec, dans les prochaines années,

sorte de sa pauvreté collective, en termes économiques, bien, il faut que

l'innovation soit au rendez-vous. Bien, moi, je pense qu'on a une bonne

cohésion, mais il y a encore beaucoup à faire.

Ça a déjà été mis de l'avant en 2022, jusqu'en 2027, donc on a encore quelques

années pour conclure... pas «conclure», mais pour avancer dans la

stratégie.

M. Beauchemin : Je vous entends,

mais je réitère que même, par exemple, l'exemple du... de la réunion pour la ministre de l'Enseignement, Pascal Déry, le

15 mai, c'était un fait nouveau pour vous ce matin. Cette coordination-là donne quand même cette image-là, qu'elle

n'existe pas parfaitement. C'est ça, le point que j'essaie de mentionner, qu'il y a des trucs qui semblent se

faire ici et là, que ça ne semble pas avoir été cautionné de façon centrale.

M. Fitzgibbon : Bien, écoutez, juste

une note, là, une anecdote, là, mais un ministre ne peut pas savoir tout ce qui

se passe au gouvernement, là, ce serait impossible. Alors, pendant qu'on se

parlait tantôt, David Bahan, mon collègue à côté, me faisait part que Mathieu

Gervais, la fameuse personne, est en contact avec le MES depuis trois semaines

sur cette réunion-là, donc l'harmonie est parfaite. Le ministère a été impliqué,

Luc Sirois est impliqué, alors je pense que... Je ne le savais pas,

effectivement, mais je ne peux pas tout savoir, là. J'en sais pas mal, là, mais

j'ai des limites sur ce que je peux lire et entendre.

Donc, la bonne nouvelle, c'est que, malgré le

fait que je ne savais pas que ça avait lieu, l'initiative est coordonnée par le

ministère de l'Innovation.

M. Beauchemin : Je vais vous amener

sur un terrain un petit peu plus macro. Lorsque vous êtes arrivé au pouvoir, en

2018, est-ce qu'il y a eu des facteurs qui ont été évalués pour regarder le

portrait économique du Québec, où est-ce que sont nos forces, nos faiblesses,

nos opportunités, nos menaces de... classiques, «SWOT analysis», là? Est-ce qu'il y a eu un «SWOT analysis», qui aurait

été fait, une analyse SWOT qui aurait été faite en 2018 par votre ministère?

M. Fitzgibbon : Oui, en fait, dans

la campagne électorale qui a mené à l'élection de la CAQ et qui a été confirmée

après par le travail avec le ministère... En fait, moi, dans les premiers mois

après que j'ai été élu, j'avais trois... bien, je n'avais pas l'Énergie, à ce

moment-là, mais j'avais trois choses importantes qu'il fallait faire. Il

fallait que la balance commerciale internationale soit plus équilibrée. On importait

beaucoup plus que nous exportions. Deuxièmement, il y avait une problématique

au niveau de l'innovation. C'était clair que nous étions sous-numérisés,

sous-robotisés, au Québec, ce qui faisait qu'on avait un écart de productivité.

Puis la troisième chose, c'est que les investissements étrangers, là, ce qu'on

appelle, là, les investissements directs étrangers, n'étaient pas à un niveau

que je trouvais acceptable. Depuis plusieurs années, on trouvait que c'était

très faible, on voulait les doubler.

Donc, on voulait rétablir l'équilibre

commercial. À l'époque, il y avait un déficit commercial d'à peu près

23 milliards. Là, je parle, en 2017, là, 2018, si j'exclus le Canada, là,

je parle... Québec puis à l'international, déficit de 23 milliards. Innovation, on avait... je n'avais pas les

chiffres, là, mais c'était clair qu'on était sous-investis. Puis donc on

a voulu... Puis, investissements directs étrangers, on était à

2 milliards, je pense. Alors, on voulait doubler ça, bon. Ça, c'était le

constat à l'époque. Je vais arrêter là, là.

M. Beauchemin : Donc, en 2018, la

balance commerciale, l'innovation et puis...

M. Fitzgibbon : L'investissement

étranger.

M. Beauchemin : Investissement,

quatre ans plus tard, votre analyse, elle ressemble à quoi, maintenant?

M. Fitzgibbon : Bon, on a de très

bonnes nouvelles. Investissements directs étrangers, on a doublé, donc on a respecté nos engagements, on a... à un point qu'aujourd'hui

ce n'est plus une priorité. On va continuer... évidemment, la filière

batterie, évidemment, a aidé beaucoup. Donc, on a fait un travail

extraordinaire. Investissement Québec International, qui n'existait pas, qu'on a créé avec le

gouvernement, qui est dirigé par M. Hubert Bolduc, a une équipe

extraordinaire. On a Guy LeBlanc comme chef d'Investissement Québec. Donc, je

pense qu'on a des marques ou un bulletin très, très favorable par rapport à ça.

L'innovation, c'est un travail en progrès. Est-ce

qu'on est rendus où on va être? La réponse, c'est non. On a comme objectif tangible de réduire le fameux écart

de richesse avec l'Ontario, bon, on a réduit d'une couple de points, mais il y a encore beaucoup à faire. C'est un

travail qui va prendre une décennie. Alors, c'est pour ça, d'ailleurs, que la

Stratégie québécoise de la recherche et investissement en innovation a été

faite. Votre gouvernement avait fait la première

mouture de cette stratégie-là avec Mme Anglade, à l'époque. Donc, on l'a prise

puis on l'a augmentée en termes de ressources financières pour aller

plus loin, parce que je pense que c'est une stratégie excessivement importante.

Donc, l'innovation, on a eu un certain succès, mais on n'est pas rendus où il

faut être.

Au niveau de la balance commerciale, bon,

évidemment, il y a eu la pandémie. Ça n'a pas été facile, puis donc, aujourd'hui, on a réduit l'écart, mais pas

au niveau où je voulais. Moi, j'avais comme objectif d'avoir une parité

entre import et export, mais je dois avouer que cette parité-là, ce n'est pas

une fin en soi, là. Tu sais, ce n'est pas parce

qu'on a une parité qu'on est bons nécessairement. Donc, pour moi, ce n'était

pas tellement l'atteinte d'un équilibre comme d'augmenter nos

exportations.

Et ça... Ce qu'on a fait, on a créé un

programme, j'oublie l'acronyme, là, on a créé un programme pour favoriser les

exportations qu'Investissement Québec gère et on a décidé de travailler avec

des nouveaux outils pour permettre non seulement de faire des missions à l'étranger

mais aussi que les entreprises québécoises puissent ouvrir des bureaux à l'international. Je pense qu'on a

bien fait, mais l'équilibre, là, on n'est pas là encore, là, puis la pandémie, évidemment,

n'a pas aidé non plus, mais je pense qu'on s'en va à la bonne place, et ce

programme-là continue d'être en application. Investissements

étrangers, on travaille encore sur ça, mais c'est moins une priorité parce

qu'on a atteint un niveau, je pense, qui est

adéquat, mais là il faut travailler sur l'innovation, sur l'exportation. Il

faut continuer.

M. Beauchemin : ...où dans la

balance commerciale, exactement?

Fitzgibbon : ...là, je vais vous le donner, je ne le sais pas par

coeur, là. Il faut faire attention aussi parce que, tu sais, les exportations... si on envoie 10 A220 de plus, ça

change les chiffres beaucoup aussi. Ça fait que, tu sais, c'est des

chiffres qui sont macros, il faut être prudent, mais on va vous donner les

chiffres plus tard, là.

M. Beauchemin :

OK. Donc, les forces, selon vous,

2018, les forces, 2022, du Québec, de l'économie québécoise...

Fitzgibbon : Les forces, bien, je pense qu'énergies renouvelables,

talents... Quand je fais le pitch, à l'international, parce qu'à matin je

faisais le pitch, justement, là, à... compagnie coréenne, énergies

renouvelables, talents, 18 universités,

culturellement... on peut dire, c'est, culturellement, une place qui est bien,

les étrangers, je regarde... Je parlais ce matin à cette compagnie-là

puis je leur disais : Parlez aux gens de POSCO, une autre compagnie

coréenne, ou... Je rencontre régulièrement

des Coréens qui sont ici, là, puis qui adorent être au Québec. Donc, je pense

qu'on est un terroir fertile pour les gens qui viennent travailler ici.

On a des universités, on a des collèges, on a de l'énergie renouvelable puis on

a un gouvernement qui va aider.

Puis j'ai toujours

dit que, si le support financier est la raison principale pourquoi une

compagnie vient ici, c'est la mauvaise raison. Le support financier, ça vient

en deuxième. Alors, moi, je pense que, stratégiquement, on a des forces. Puis le secteur industriel qu'on veut

promouvoir, je pense que ça nous aide aussi, choisir les secteurs, tu as le

quantique, la microélectronique, avec Normand

Bourbonnais au C2MI, la vallée de la transition énergétique. Je pense

qu'on a des secteurs... L'aérospatiale, évidemment, c'est un secteur,

historiquement, où le Québec a toujours été bien vu. Moi, je pense qu'il faut

mettre notre effort là-dedans puis je pense que ça va... ça nous sert bien.

La Présidente (Mme

D'Amours) : 20 secondes, M. le député.

Beauchemin : Un des points que vous avez mentionnés, c'est le talent.

Le problème, c'est qu'on n'a pas de bassin de population. Comment qu'on peut...

puis peut-être qu'on va pouvoir répondre au prochain bloc, là, mais il y a

définitivement un problème là. On a le talent, mais le talent, il est occupé,

là. Il est déjà occupé.

La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.

Nous procédons maintenant à la période d'échange avec le deuxième groupe

d'opposition. M. le député, la parole est à vous.

M. Bouazzi : Merci,

Mme la Présidente. Donc, on était rendus au fait que... et la vision économique

a été demandée à KPMG et McKinsey, n'était pas basée sur... ou, en tout cas,

n'avait pas comme critère de prendre en compte les baisses de gaz à effet de

serre du Québec, que le gouvernement lui-même s'est données et dont 50 % sont... à ce jour, non défini, là, comment on va y

arriver. Le fait que la filière batterie ne faisait pas

partie d'une stratégie de

baisse de gaz à effet de serre au Québec, la... Est-ce que le gouvernement a

pour objectif d'électrifier toutes les voitures du Québec?

Fitzgibbon : Bien, mon collègue... Bon, clairement, dans notre... dans

l'initiative d'avoir 37,5 % de réductions de GES, quand on regarde la

provenance des GES, on a 43 % qui vient du transport, puis on a à peu près

20 % qui vient des filières industrielles, puis on a à peu près 10 %

en agriculture. Donc, le transport, 43 %, c'est clair qu'on va électrifier

tout ce qu'on peut. On n'a pas les chiffres précis parce que c'est encore

incertain, qu'est-ce qui va arriver avec les transports lourds, mais moi, je

pense que la grande

partie des véhicules vont être électrifiés, et nous allons

clairement encourager les gens à le faire de différentes façons. Donc, on veut

électrifier les transports, et M. Charette a annoncé, je ne sais pas quand,

hier ou avant-hier, qu'on augmente la barre de 1,5 million à 2 millions

de voitures électriques par 2030. Donc, oui, on veut aller vers ça, c'est

clair, puis...

M. Bouazzi : Est-ce que la stratégie de batteries qu'on se

donne fait

partie de la solution associée à l'électrification des

véhicules au Québec?

M. Fitzgibbon :

Oui, mais, bon, on ne fera pas de

véhicules électriques ici, là, donc, c'est... on parle de deux choses séparées,

là. Je pense que les mesures gouvernementales pour réduire les GES passent par

les transports électriques, il n'y a aucun doute, autant les transports en

commun. La filière batterie, elle, va aider à produire des composantes de

batteries pour l'Amérique du Nord, principalement. Donc, on va contribuer à

l'Amérique du Nord, mais ce n'est...

M. Bouazzi : C'est

deux... c'est déconnecté. Est-ce qu'on a évalué, dans ces rapports, la quantité

de matière première qu'il nous faudrait pour électrifier le 1,45 million

de véhicules?

Fitzgibbon :

boy! On a... Bien, de toute façon, on parle... on parle de batteries, les

cellules puis ce qu'on appelle l'assemblage de packs de batteries. Donc, il va

y avoir assez de producteurs de cellules en Amérique du Nord pour suffire à la demande. D'ailleurs, le nombre de celluliers va

être une fonction de l'adhésion des particuliers à la conversion à

l'électrique.

Nous,

ici, au Québec, notre stratégie batterie, c'est de pouvoir produire des

cathodes, des anodes, des séparateurs pour

suffire à toutes les celluliers d'Amérique du Nord, et éventuellement,

probablement, un cellulier qui va être ici... il va être ici, au Québec.

M. Bouazzi : Et

donc il n'y aura pas de limite dans notre capacité d'avoir assez de lithium

pour électrifier tous les véhicules du Québec?

M. Fitzgibbon : Il n'y a pas de

limite...

M. Bouazzi : Les

limites, les limites... Combien de tonnes de lithium on a besoin pour

électrifier le parc de voitures au Québec?

Fitzgibbon : On a assez de lithium au Québec. Première... Il

faut faire attention, là, le lithium, les mines... il y en a plusieurs,

mines, deux qui sont en vue pour être opérées. Il y a le spodumène, il y a

l'hydroxyde, il y a la cathode, là. La

chaîne est compliquée, mais il y a assez de lithium au Québec pour électrifier

toutes les voitures du Québec.

M. Bouazzi : OK. Je comprends que la

stratégie des batteries ne fait pas

partie d'une stratégie de lutte contre le réchauffement climatique, mais à ce... quand

même, une question qui me brûle les lèvres : Est-ce que votre ministère

a demandé au ministère de l'Environnement de

relâcher les exigences environnementales pour la filière des batteries?

Bouazzi : Pourquoi, à ce

moment-là, en début d'année, le gouvernement a décidé que la filière...

d'abaisser les exigences

environnementales pour la filière de batteries, voire même... donc là, je lis,

«a modifié le règlement relatif, l'évaluation et l'examen des impacts

sur l'environnement de certains projets»? Pourquoi?

M. Fitzgibbon : Pouvez-vous relire

ce que vous avez dit? Je n'ai pas compris.

Bouazzi : Donc, cette année, en début d'année, il y a

quelques mois, le gouvernement a abaissé les exigences environnementales

pour la filière batterie. Pourquoi?

M. Fitzgibbon : Demandez à Benoit

Charette. Je ne suis pas au courant du détail.

M. Bouazzi : Donc, le ministre en

charge de l'écologie a décidé tout seul d'abaisser des critères écologiques

sans qu'il y ait de raison? C'est pour des raisons écologiques?

M. Fitzgibbon : Il y a sûrement des

raisons. Demandez-lui.

Bouazzi : Donc, c'est quand même très étonnant, M. le

ministre. Vous comprenez qu'un ministre de l'Écologie décide d'abaisser

les critères écologiques associés à une industrie, et que vous n'ayez pas

d'avis là-dessus... Est-ce que vous pensez que c'était une bonne idée,

d'abaisser les critères écologiques?

M. Fitzgibbon : Je ne sais pas de quels

critères vous parlez, là.

M. Bouazzi : Donc, dans le cas des

usines de fabrication de véhicules, alors que vous savez comme moi qu'à part

pour les véhicules lourds et les... et les bus, nous n'en avons pas, on a

carrément aboli l'assujettissement de cette partie-là des critères d'évaluation

environnementale. Pourquoi?

M. Fitzgibbon : Je m'excuse, j'ai de

la misère à vous comprendre. Vous me demandez quoi, là, au juste?

M. Bouazzi : M. le ministre, vous

nous avez dit que c'est le plus gros investissement de l'histoire moderne du

Québec économique sur la question des batteries.

Bouazzi : On a un ministre de l'Écologie, on... ministère,

un gouvernement qui a décidé d'abaisser les critères écologiques sur

cette industrie ou, carrément, de faire en sorte que la construction de

véhicules électriques ne serait pas assujettie à ces réglementations.

Ma question

c'est : Pour cet investissement qui est si important et dont vous parlez à

peu près à chaque semaine, pourquoi est-ce que cette décision a été

prise par le gouvernement?

M. Fitzgibbon : Je ne sais pas à

quoi vous référez, là. On ne fait pas de voitures électriques, on fait des

composants de batteries, qui sont sujettes à toutes les normes

environnementales, là. J'ai de la misère à comprendre votre question. Je

m'excuse.

Bouazzi : C'est ma prochaine question. Pourquoi avoir aboli

cette obligation pour des choses qu'on ne fait pas?

Fitzgibbon : Je n'ai aucune idée. Je ne suis pas capable de

suivre, je m'excuse. Je dois être fatigué ce matin, là.

M. Bouazzi : Je...

pas de votre état de fatigue, mais c'est quand même, encore une fois, très

étonnant. Dans le cas de... Vous avez un expert d'Investissement Québec, dans

la question des batteries, qui est passé dans le privé, c'est GM qu'il... qu'il

aide actuellement, concernant le projet d'usine à Bécancour. Est-ce que ça vous

inquiète?

Bouazzi : Pourquoi, si ça ne vous inquiète pas, il y a eu...

Aujourd'hui même, on apprenait qu'il y a eu une demande à tous les

fonctionnaires d'Investissement Québec de ne pas parler à cette personne, car

elle les sollicitait, justement.

M. Fitzgibbon : Investissement

Québec a bien réagi, a bien établi les choses.

M. Bouazzi : Donc, ils avaient

raison d'être inquiets?

M. Bouazzi : Est-ce qu'ils avaient

raison d'être inquiets de cette conversation?

M. Fitzgibbon : Investissement

Québec a ses normes. GM, ça fait un an qu'on leur parle, puis on leur parle

encore, puis on va approuver un beau dossier, bientôt, qui a... qui va être

fait de façon normale...

M. Bouazzi : Est-ce que vous pensez

que ça contribue à avoir une concurrence saine et loyale d'avoir des gens qui

ont participé à réfléchir à la stratégie batterie dans le ministère et qui,

maintenant, conseillent une

partie de l'industrie privée?

M. Fitzgibbon : Ça n'a aucun

rapport. Le dossier est déjà fermé. Là, on va l'annoncer bientôt. Au contraire,

c'est une très bonne nouvelle. Je trouve ça bon que nos jeunes Québécois

puissent profiter de filières et travailler avec eux autres. C'est une très

bonne nouvelle pour le Québec.

M. Bouazzi : Vous comprenez, M. le

ministre, qu'il reste encore beaucoup de milliards à investir dans les... dans

les deux prochaines années et qu'effectivement le dossier n'est pas clos sur la

question des batteries. Et c'est une question plus large... ou à moins que

vous... à moins que vous pensez que GM ne va plus avoir de contrats du

gouvernement sur la question du... ou d'aide du gouvernement sur la question

des batteries.

M. Fitzgibbon : Est-ce que... GM,

c'est un projet parmi 90, là.

M. Bouazzi : Bien, vous venez de me

dire...

M. Fitzgibbon : Alors, c'est une

bonne nouvelle, en fait, que les gens d'Investissement Québec puissent

travailler dans les secteurs clés du Québec. Moi, je trouve, c'est favorable.

M. Bouazzi : Concernant... Combien

il me reste de temps?

La Présidente (Mme D'Amours) : 1 min 40 s.

M. Bouazzi : Ça va être difficile.

Est-ce que je peux reporter la minute pour la prochaine période?

La Présidente (Mme D'Amours) : Oui.

M. Bouazzi : Oui. Je vais la

reporter. Merci.

Présidente (Mme D'Amours) : Merci. Nous revenons à l'opposition

officielle. M. le député de Marguerite-Bourgeoys, la parole est à vous.

M. Beauchemin : Merci, Mme la

Présidente. Merci, M. le ministre. J'aimerais juste y aller, peut-être, un

petit peu, en rafale, parce que je pense que je me rends compte qu'on déborde

un peu. On a parlé des forces. Quelles sont, selon vous, rapidement, les

faiblesses de l'économie québécoise?

M. Fitzgibbon : La plus grande

faiblesse, je pense, c'est la... le sous-investissement en innovation. Moi,

quand je regarde, en fait... puis quand j'ai... on a travaillé sur la SQRI 2 ,

on a fait beaucoup de benchmarking, puis pour constater que le public... les

fonds publics, plutôt, quand on regarde le R&D en entreprise, on n'est pas

mal pris par rapport aux autres juridictions, on est pas mal dans le premier

quartile.

Où il y a une déficience, c'est que, les

investissements des entreprises en innovation, dans les... dans leurs

opérations, on est trop bas, on n'a pas assez de start-up. Moi, ça me désole

que le Québec, qui est quand même un terroir fertile pour

l'innovation en termes de... en termes cérébrals, on a beaucoup de créateurs au

Québec... Je pense qu'on a une déficience au

niveau du nombre de start-up, qu'il faut corriger, qui est indirectement reliée

à l'innovation en entreprise. Ça, c'est une grosse faiblesse.

M. Beauchemin : Puis, de façon

macro, quelles sont nos... les menaces face à l'économie québécoise?

M. Fitzgibbon : Bien, je pense

que ça... Moi, l'écart de productivité... parce que tantôt on parlait de ce qui

va arriver avec le... géopolitiquement, il faut avoir des créneaux où on est

compétitifs, sinon on va avoir de la misère à

exporter. Alors, moi, je suis... mon anxiété, c'est que je veux m'assurer que

les secteurs industriels porteurs... qu'on soit supporteurs en innovation, parce que le risque, c'est que l'écart

de richesse va se.

Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCET 2023-04-25
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux-parlementaires commissions cet-43-1 journal-debats CET-230425
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifiere5d11c40c4bc6e4bcb0d850fd7c8968d7410fb6d

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