Institutions — 24 May 2022 (42nd Legislature, 2nd Session)
CI 2022-05-24
Quebec — Committees
(Neuf
heures cinquante-trois minutes)
Président (M. Bachand) : Bon matin. À
l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la
Commission des institutions ouverte.
La commission est
réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 2, Loi
portant sur la réforme du droit de la
famille en matière de filiation et modifiant le Code civil en matière de droits
de la personnalité et d'état civil.
Avant de débuter, Mme
la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le Président. Mme Jeannotte (Labelle) est remplacée par Mme Proulx (Côte-du-Sud); M. Lamothe
(Ungava) est remplacé par M. Campeau (Bourget); M. Lemieux
(Saint-Jean) est remplacé par Mme Grondin (Argenteuil); M. Lévesque
(Chapleau) est remplacé par Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice);
M. Rousselle (Vimont) est remplacé par Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis);
et M. Zanetti (Jean-Lesage) est remplacé par Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques).
Le Président (M. Bachand) : Merci beaucoup. Avant de débuter, je vous rappelle que l'étude des
articles 108 et 240 ainsi que l'amendement proposé à l'article 240
sont suspendus. Selon notre feuille de route, nous en étions à
l'article 250 du projet de loi. M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette :
Oui. Bonjour.
Président (M. Bachand) : Oui, Mme la
députée de... Oui, allez-y.
Mme Maccarone :
...quand nous avons terminé nos travaux, ça fait une semaine à peu près, on
avait adopté l'article 249. Puis ça va vraiment rapidement en commission,
et j'ai mal que nous n'avons pas eu la chance de discuter en ce qui concerne
cet article. Puis je ne veux pas déposer un amendement, mais je veux donner la
chance au ministre de s'exprimer en ce qui concerne le changement de la mention
du sexe figurant sur les actes de naissance pour les personnes mineures. Parce
que, comme le ministre le sait, puis je sais que les collègues sont au courant,
c'est une demande de la communauté LGBT, que l'approbation d'un professionnel
de la santé qui doit approuver ce changement, c'est une mesure que ça figure déjà
dans le Code civil, puis la demande de la communauté, c'est de l'enlever, hein,
pour ne plus avoir besoin d'avoir une approbation ou une lettre d'un médecin,
par exemple, ou un psychologue, ou un psychiatre. Puis, car on va très, très
vite, ça a figuré dans l'article que nous avons déjà adopté. Alors, on n'a pas
pu vraiment jaser de ça. Puis je ne voulais pas nécessairement déposer un
amendement parce que je sais que le ministre a quelque chose qu'il voulait
peut-être partager avec les gens qui nous écoutent en ce qui concerne cet enjeu
qui préoccupe beaucoup de gens de la communauté LGBT. Alors, je voulais lui
donner la chance de s'exprimer là-dessus si c'est possible.
Président (M. Bachand) : Je voulais juste vous rappeler
qu'il y avait eu un amendement qui a été adopté pour retirer l'article.
Mme Maccarone :
Oui, tout à fait, exactement.
Président (M. Bachand) : Alors
donc...
Mme Maccarone :
C'est parce que c'est compliqué. J'aurais pu peut-être déposer
l'introduction d'un article, mais je n'ai pas souhaité faire ça, parce que je
voulais quand même donner la chance au ministre de parler là-dessus avant de
procéder.
Président (M. Bachand) : M. le
ministre, j'aurais besoin d'un consentement pour aller plus loin.
Président (M. Bachand) : Oui, M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Bien, je
peux répondre
sommairement, puisque la collègue le fait avec gentillesse. Dans
le fond, dans le cadre du jugement Moore, une des conclusions était
relativement, du juge Moore, relativement au fait de ne
pas avoir d'obligation de lettre d'un professionnel. Je me souviens, à l'époque
où on avait introduit ça, je siégeais à
cette commission-ci, M. le Président, je crois que c'était en 2016 ou 2017,
c'est la ministre Vallée, notamment, on l'avait fait au... Je regarde la
députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques,
qui était présente également. Donc, ça faisait
partie des dispositions qui
avaient été adoptées. Et la disposition a été contestée dans le cadre du
jugement Moore. Il y a eu également une déclaration d'invalidité relativement à
cet article-là.
Par contre, le gouvernement du Québec est allé
en appel sur ce point-là du jugement Moore. C'est un des seuls points, je crois, sur lequel on a été en appel.
L'audition a eu lieu à la Cour d'appel le 5 et 6 avril dernier. Et donc, présentement,
c'est devant les tribunaux. Donc, la position de l'État québécois est à l'effet
qu'on doit maintenir ça pour les enfants mineurs. Je comprends que certains
membres de la communauté LGBTQ souhaiteraient qu'on n'ait plus cette obligation-là, mais la position du
gouvernement est à l'effet contraire, relativement au fait de l'importance de maintenir
le tout. Et donc la Cour d'appel se prononcera. Les auditions ont eu lieu et la
Cour d'appel se prononcera sur le positionnement.
Vous comprendrez que je ne peux pas en dire
davantage, expliciter davantage sur le tout parce que le dossier est devant les
tribunaux. Nos règles, nous, ici, à l'Assemblée, font en sorte qu'on ne peut
pas parler d'une affaire qui est saisie devant les tribunaux. Mais,
sommairement, c'est la position, et en plus, en ma qualité de procureur général
aussi, je me retrouve dans une situation qui
est comme ça. Donc, le dossier est devant les tribunaux. La position de l'État
québécois est à l'effet de maintenir le dossier devant les tribunaux
présentement.
Le Président
(M. Bachand) : On va s'entendre, là,
il n'y a pas de temps. On est en discussion générale présentement. Mme la
députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques,
sur le même dossier, oui.
Mme Massé : Oui.
Bonjour, tout le monde. En fait... Et, pour moi, ça m'aiderait de comprendre,
M. le ministre, je ne veux pas que
vous parliez sur le fond, mais juste de la mécanique. Tout dépendamment du
résultat de la Cour d'appel, ça pourrait vouloir dire qu'éventuellement
on doive revenir faire une modification à l'article 23.2 du Code civil.
M. Jolin-Barrette : Ça
pourrait.
Mme Massé : Ça pourrait, O.K.
M. Jolin-Barrette : Ça
pourrait, tout dépendant de qu'est-ce que la Cour d'appel détermine
relativement à la validité de l'article ou non.
Le Président
(M. Bachand) : Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Oui.
C'est juste pour préciser, parce que c'est un règlement. Alors, on n'aura pas
le besoin de revenir en commission pour changer la loi, n'est-ce pas? Je
veux juste bien comprendre le processus.
M. Jolin-Barrette : Bien, oui,
effectivement, vous avez raison, c'est un règlement.
Mme Maccarone : O.K.
Parce que, si jamais c'est contesté puis, si, mettons... Parce que je comprends
la position du gouvernement. Évidemment, je ne partage pas le même avis. Moi, je pense que
nous devons donner la liberté à ces personnes. Déjà que c'est assez
difficile, puis, si on est rendu là, où on fait un choix, et on le sait qu'on
devrait, dans le fond, ouvrir toutes les
portes pour accompagner ces personnes puis ne pas mettre les freins dans le
processus... C'est juste mon opinion personnelle. J'entends ce qu'il
dit, le ministre. Dans l'éventualité que le gouvernement gagne leur cause en appel et la communauté, eux, ils vont
contester la décision, est-ce qu'il y a des chances que ça pourra changer dans
le futur et que la recommandation du juge Moore pourrait être intégrée dans un
nouveau règlement?
M. Jolin-Barrette : Bien, tout
dépendant de ce qu'il arrive devant les tribunaux, dans le fond. Ultimement, à partir du moment où il y a décision finale dans le
dossier, supposons, par les tribunaux, la disposition, elle est contestée, bien
entendu, si le tribunal rend une décision qui est à l'encontre du texte
réglementaire, bien entendu, il faudra modifier le règlement en conséquence pour se conformer à la décision si la
décision, elle est à l'encontre du texte réglementaire.
Mme Maccarone : Et cela
s'applique aux mineurs et les personnes majeures?
M. Jolin-Barrette : Bien, les
majeurs, ce n'est pas nécessaire, c'est vraiment les mineurs.
Mme Maccarone : Parfait.
M. Jolin-Barrette : Puis, dans
le fond, il y a tout un débat de société aussi qui avait été fait à l'époque
relativement au fait... Quand on parle à un enfant mineur, on lui dit de
consulter un professionnel de santé. C'est très large, la gamme de professionnels qu'ils peuvent aller voir, mais on
parle d'enfants de trois, quatre, cinq, six ans, ici, là. Puis, quand
vous dites, puis là je vais limiter mes commentaires, mais, quand vous dites,
là : Il ne faut pas entraver le libre
choix, il n'y a pas d'entrave. Puis l'autre élément aussi, il faut accompagner.
Bien, ça fait
partie de l'accompagnement aussi, notamment, pour des
enfants mineurs. Mais je ne veux pas qu'on rentre dans un débat, tout ça, vu
que c'est devant la cour, mais je veux juste vous dire
que je suis sensible à tout ça, mais, dans toutes les situations... Là, on est plus sur la mécanique, qu'est-ce qu'il est
nécessaire de faire, mais je peux vous assurer que l'État est là pour vraiment
accompagner les personnes, notamment dans leur processus de transition.
Mme Maccarone : C'est la raison
que je ne voulais pas déposer un amendement ou introduire un article, c'est
juste parce que je voulais avoir une conversation pour les gens qui nous
écoutent, qu'ils savent qu'on comprend que c'est un enjeu. Je comprends que ce
n'est pas la même conversation quand on parle des enfants qui ont trois ans,
mais quelqu'un qui a 14 ans, quelqu'un qui a 15 ans... Parce que,
quand on a la notion de mineurs, est-ce qu'on parle de quelqu'un qui a
14 ans ou quelqu'un qui n'a pas encore eu l'âge de majorité de
18 ans?
M. Jolin-Barrette : Bien, ce
qui est en appel, c'est le 14-17 ans.
Mme Maccarone : Le 14 à
17 ans. O.K. Parce que je comprends tout à fait, avec justesse, que
quelqu'un qui est très, très jeune, je pense que ça serait bien qu'il y ait un
accompagnement. Mais le ministre, il le sait aussi, parce qu'on a fait l'exposé de ça en ce qui concerne les
pratiques de conversion. On sait qu'il y a beaucoup de méconnaissance
sur le terrain, malheureusement, surtout dans le réseau de santé, où on manque
cruellement de formation et de gens qui
comprennent les réalités des personnes trans, par exemple. Alors, de dire qu'on
veut accompagner, oui, mais, souvent, ça met des freins. C'est la raison
pour la demande. C'est parce que, souvent, il y a quelqu'un dans le réseau de
la santé qui va dire : Non, non, c'est
parce que tu ne comprends pas. Non, non, non, c'est parce que tu peux
prendre... tu ne peux pas prendre cette décision. Tu ne comprends pas
c'est quoi. C'est très final. Puis je pense qu'il faut avoir un respect pour
ces personnes parce que, déjà, c'est un processus qui est transformationnel.
C'est beaucoup, c'est très émotionnel.
Alors, ce que je souhaite faire, c'est d'éviter tous les freins possibles pour
ces personnes dans leur transition.
Le Président
(M. Bachand) : Merci. J'aurais la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Je veux juste être
certaine que j'ai bien entendu. C'est que, dans le fond, ce qui est contesté du
jugement Moore, ça concerne les 14-17 ans jusqu'à l'âge de majorité,
18 ans.
M. Jolin-Barrette : Dans le
fond, 14 ans et moins, ça n'avait pas été contesté, donc la disposition
est valide.
M. Jolin-Barrette : Le
juge Moore, c'est 14-17 ans qu'il invalidait, la disposition
14-17 ans. Donc, ce qui est en appel présentement, c'est
14-17 ans.
Le Président (M.
Bachand) : ...
Mme Massé : Merci. C'est parce
que j'ai participé aux mêmes audiences que vous sur les... bien, sur la loi, en
fait, pas sur les règlements. O.K., c'est ça. Parce que, considérant que la
possibilité de se faire avorter à partir de 14 ans, tu as la pleine
légitimité de contrôler ton corps, je pensais qu'on avait débattu ça. Mais je
comprends que, les règlements, c'est une
autre chose, et c'est pour ça qu'il est contesté présentement. O.K. Puis le
gouvernement maintient que, de 14 à 18, il devrait y avoir des lettres
de spécialistes de la santé. C'est la vision du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : C'est la
position du Procureur général...
Mme Massé : ...du Procureur
général.
M. Jolin-Barrette : ...et de
l'État.
Le Président (M.
Bachand) : Merci.
Le Président (M.
Bachand) : Est-ce qu'il y aurait d'autres interventions sur la
direction générale qu'on a présentement? Sinon, nous allons procéder... nous
allons continuer avec 250. M. le ministre.
M. Jolin-Barrette :
L'article 23.3 de ce règlement est modifié par le remplacement de «du sexe
figurant à son acte de naissance, la demande, outre les documents prévus aux
articles 4 et 23.2, doit être accompagnée» par «de l'identité de
genre figurant à son acte de naissance, la demande doit être accompagnée, outre
les documents prévus aux articles 4 et 23.2,».
Commentaire.
L'article 250 propose de modifier l'article 23.3 du Règlement relatif
au changement de nom et d'autres qualités de l'état civil afin de prévoir que
la lettre d'un professionnel qui y est prévue doit accompagner une demande
subséquente de changement de la mention de l'identité de genre.
Et l'amendement, M.
le Président : Retirer l'article 250 du projet de loi.
Le Président (M. Bachand) : Merci. Interventions? Mme la députée de Westmount—Saint-Louis, s'il vous plaît.
Mme Maccarone :
Même commentaire que nous avons eu en ce qui concerne le 249. Encore une
fois, pour avoir accès à un changement de
mention de sexe, ça prend toujours une lettre de médecin, une lettre d'un
psychologue, un psychiatre, un
sexologue ou un travailleur social autorisé à exercer au Canada ou dans l'État
du domicile du demandeur.
Alors,
est-ce que... C'était la raison de l'intervention, et la question que j'avais
eue auparavant, M. le Président, en ce qui concerne les personnes
mineures. Là, on parle des personnes majeures qui ont besoin d'avoir cette
fameuse lettre que nous savons aussi, on a
eu plusieurs témoignages, des gens qui nous ont dit que c'est très difficile,
ça alourdit le processus. Alors, maintenant que l'article est ouvert,
puis je comprends que le ministre a l'intention de retirer son amendement du 23.3 du règlement, est-ce qu'il a une
ouverture pour enlever la nécessité d'avoir cette lettre d'accompagnement
pour que la personne puisse avoir accès à un changement de mention de sexe?
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup.
Président (M. Bachand) : M. le ministre.
M. Jolin-Barrette :
Dans le fond, pour... Là, actuellement, on retire l'article. Actuellement,
ce qu'il y a dans le Code, c'est une lettre
d'une personne qu'il connaît. Ça n'a pas besoin d'une lettre d'un
professionnel, c'est une lettre d'une personne qu'il connaît.
Mme Maccarone :
...c'est dans le 23.3.
M. Jolin-Barrette :
Non, non, non, mais là, là, je veux juste vous dire qu'on retire l'article.
L'amendement, c'est qu'on retire l'article. Il n'est plus là, l'article.
Mme Maccarone :
Oui. On retire l'article au complet, ça fait qu'il n'y aura plus de 23.3?
M. Jolin-Barrette :
Non.
M. Jolin-Barrette :
Il y a... on retire 23...
Mme Maccarone :
Pas juste l'amendement?
M. Jolin-Barrette : Non, on retire 23.4, on
retire 23.5. Dans le fond, on retire l'article 251. 23.3 reste là? Oui, 23.3
reste là.
Mme Maccarone :
Ça fait que 23.3 reste là.
M. Jolin-Barrette :
Oui.
Mme Maccarone :
Ça fait que ça veut dire, ça reste tel quel, on ne le modifie pas.
M. Jolin-Barrette :
C'est ça.
Mme Maccarone :
Ça fait que, si on ne le modifie pas, dans sa mouture actuelle, c'est
écrit : «Dans le cas où le demandeur a
déjà obtenu un changement de la mention [de] sexe figurant à son acte de
naissance, la demande, outre les documents
prévus[...], doit être accompagnée d'une lettre d'un médecin, d'un psychologue,
d'un psychiatre, d'un sexologue ou d'un travailleur social autorisé à
exercer au Canada ou dans l'État du domicile du demandeur», etc.
Alors, ce que je
demande, c'est : Est-ce que ce serait possible d'avoir... d'enlever cette
exigence? Parce que ça reste que ça met des
freins pour des personnes qui sont en transition, à des personnes qui cherchent
à changer la mention de sexe. Et, encore une fois, comme le ministre, il sait,
on a déjà eu des témoignages, on a entendu des témoignages, des gens qui ont dit que ça amène une lourdeur, c'est
très difficile pour eux. Souvent, ça peut prendre beaucoup de temps. La
méconnaissance, encore une fois, sur le terrain, dans le réseau de santé, des
professionnels de la santé qui, encore
une fois, manquent cruellement de la
formation puis ne comprennent pas la réalité de ces personnes, puis pas parce
qu'ils veulent mal faire, mais parce qu'ils veulent accompagner. Puis
cet accompagnement, mais ça amène un niveau de stress, c'est vraiment difficile
pour les personnes concernées.
Alors, ce que je souhaite
savoir, c'est, pendant que nous sommes en train de faire le débat, je comprends
pour enlever l'article, est-ce qu'on a un moyen, ici, d'enlever l'exigence
d'avoir cette lettre d'un médecin, d'un psychologue ou psychiatre, ou sexologue
ou d'un travailleur social qui peut autoriser la transition pour la personne
concernée pour avoir le changement de la mention de sexe.
M. Jolin-Barrette : Dans
le fond, là, juste pour bien placer les choses, la députée, ce à quoi elle fait
référence. À 23.3, là, ce n'est pas quand il y a un premier changement de sexe.
Dans le fond, c'est quand il y a un changement de sexe subséquent. Donc,
pour le premier changement de sexe, il n'y a pas l'obligation d'avoir la lettre
du médecin ou du psychologue, tout ça, là, c'est en cas d'un deuxième
changement.
M. Jolin-Barrette : Donc, tu
sais, le... un, on retire les ajouts qu'on faisait, mais il n'y a pas d'enjeu
au niveau de la transition, la personne peut le faire, tout ça. Mais, la deuxième
fois, là, il y a l'exigence.
Mme Maccarone : Pour bien
comprendre, ça veut dire qu'une personne transféminine, par exemple, à
18 ans, désire faire le changement de la mention de sexe, aucun problème.
Je soumets mes documents, tout est beau, c'est rapide. Mais si, mettons, rendue
à 25 ans, 30 ans, cette personne dit que, bien, dans le fond je
cherche...
M. Jolin-Barrette : Je veux
faire une transition.
Mme Maccarone : ...plutôt à
être non binaire, je veux avoir la mention d'un X et plus un F, bien là, ça
veut dire pas... qu'il va falloir qu'ils sont suivis, puis ça va prendre une
lettre.
M. Jolin-Barrette : Oui.
Mme Maccarone : Pour quelle
raison? Si la personne concernée dit oui, il n'y a aucun problème la première
fois, là...
M. Jolin-Barrette : Mais ce
n'est pas un suivi, là. Ce n'est pas un suivi.
Mme Maccarone : Bien, ça va
prendre un suivi médical quand même, parce qu'on ne rencontre pas un médecin
juste une fois.
M. Jolin-Barrette : Non,
ça n'a pas besoin d'être un suivi médical, là, c'est lettre d'un médecin, psychologue,
psychiatre, sexologue ou d'un travailleur social.
Mme Maccarone : Oui, mais c'est
rare de faire une rencontre avec un professionnel de la santé en une heure,
puis, avec une telle discussion, qu'ils vont juste dire : Oui, pas de
problème, voici la lettre. Souvent, ça va être des consultations, des suivis.
M. Jolin-Barrette : Je ne suis
pas habilité à ça, ce que les exigences de la loi disent, c'est que c'est une
de ces quatre personnes-là qui est autorisée. Moi, je pense qu'en termes
d'accompagnement, c'est important. Le premier... Vous avez bien dit la
personne, là, qui souhaite faire une transition, pour la première étape, n'a
pas besoin de lettre d'un professionnel, mais, par la suite, si elle
retransitionne, le législateur a souhaité faire en sorte qu'elle puisse
consulter un professionnel énoncé.
Le Président (M.
Bachand) : Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques,
s'il vous plaît.
Mme Massé : Oui, bien,
effectivement, parlons-en, puisque nous sommes le législateur, n'est-ce pas? En
fait, moi, je me souviens très, très bien de ces échanges-là, j'y étais avec le
député de Borduas et d'autres. Et, en fait, là où il y a un problème nouveau,
M. le ministre, c'est que, là, on vient ajouter une... la possibilité de
diversifier l'identité de genre, ça ne se résume plus au M et au F, mais bien à
la question de la binarité... de la non-binarité. En fait, et donc, inévitablement, là, on crée un nouvel espace où des gens
qui, par le passé, parce que la non-binarité n'était pas reconnue, ont
fait des demandes de changement de mention de genre, de sexe. Ils l'ont
obtenue. Ils l'ont obtenue en ayant juste la validation par quelqu'un qu'ils
connaissent que la démarche est... c'est vraiment une démarche sérieuse, qui
est le règlement existant.
L'enjeu, c'est que l'on vient créer une nouvelle
case à laquelle les gens peuvent cocher, et là je donne un exemple bien simple,
mettons, quelqu'un a transitionné il y a trois ans, M «to» F, là, tu sais, qui
a transitionné pour retrouver son identité femme. Il a vécu le processus, il a
les changements de papiers, tout va bien. Mais cette personne-là, dans les faits, ce qu'elle aurait bien aimé, c'est pouvoir
dire qu'elle était non binaire, mais ça n'existait pas. Et là on crée ce
nouveau droit là et, à mon sens, en créant ce nouveau droit là, il faut que le
législateur se dise : O.K. mais là la personne qui, enfin, pourra être
reconnue comme non binaire, elle va devoir avoir une lettre de médecin, de psychiatre, de sexologue, psychologue, etc. Il
y a quelque chose, pour moi, là, qu'on doit ajuster, qu'on doit prendre l'opportunité d'ajuster puisqu'on est dans l'article
qui en parle. Et voilà. Pour moi, tu sais, c'est une chose différente de parler
lorsqu'on y était voilà quatre ans, cinq ans et aujourd'hui avec le nouveau
droit qu'on crée.
M. Jolin-Barrette :
La députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques
soulève une question qui... à laquelle je suis sensible. Alors, ce que je vous propose... Parce que je comprends très
bien, là, le cas de figure, c'est, exemple, une personne qui était M,
qui avait décidé, dans le passé, d'être F, mais elle, ce qu'elle souhaitait,
c'est être non binaire — on
s'entend — mais elle était plus à l'aise dans une identité F,
supposons. Ça fait que ce que je vais demander aux équipes, dans le fond, c'est
mettre une disposition de transition pour, justement, viser les cas des gens
qui étaient... en fait, qui auraient déjà eu un changement, mais qui
migreraient vers une identité de genre non binaire. Donc, on pourrait venir
circonscrire l'exception pour une personne non binaire.
Président (M. Bachand) : Mme la députée de
Saint-Jacques... de Sainte-Marie—Saint-Jacques,
pardon.
Mme Massé :
C'est déjà un pas, mais, à mon sens à moi, ça ne répond pas à la réalité
des personnes sur le terrain, dans le sens
où — et,
je me souviens, les discussions ont été vives à l'époque — la
fluidité dans le genre, là, c'est quelque chose qui existe, et le Québec
est assez avancé, mais, en même temps, il traîne comme toujours une patte en
arrière. On dit : Parfait, au Québec, on invente même la... on va créer,
avec ce projet de loi là, la case de non-binarité. Ceci étant dit, on
dit : Bien, ça, tu fais ça une fois dans ta vie puis, après ça, tu ne
changes pas d'idée, parce que, si tu changes d'idée, tu dois avoir un problème
quelconque. Alors que la réalité, en 2022, là, c'est que le genre, ce n'est pas
quelque chose qui est fixé puis qu'il faut attacher les deux menottes aux
poignets, puis de dire : C'est ça, c'est ça, puis c'est tout. Puis, si tu
veux changer une autre fois, bien, il va falloir que tu retournes voir des spécialistes,
qui, ma foi, ne sont pas très disponibles de
nos jours, et surtout pas quand il est question de mention de genre, hein? Ils
ont de la misère à se faire soigner quand ils se cassent une jambe. On ne peut
pas toucher à ça, tu es une personne trans, tu sais.
Alors donc, moi, je
pense qu'on a une opportunité, puisqu'on est dans l'article qui fait état de ce
droit qui n'avait pas évolué jusqu'à ce qu'on a évolué aujourd'hui, de se
dire... tu sais. Puis je vais vous donner un autre cas de figure pour vous dire
comment ce n'est pas une question de transition. La personne considère que,
dans son identité de genre, elle est non binaire, elle vit avec sa
non-binarité, mais elle se rend compte, là, que c'est dur, là, c'est dur, la
société est dure, tout est dur, puis elle dit : Ah! finalement, je pense
que j'aime mieux... je vais prendre, là, une
des deux cases binaires, parce que, pour ma santé mentale, je ne suis plus
capable de vivre avec ça, mettons 30 ans. Puis, à un moment...
Donc, elle est passée, mettons, de genrée à la naissance à non binaire, premier
changement. Celui-là, juste besoin d'une personne qui dise : O.K., c'est
correct. Après ça, 30 ans, dit : Ah non! C'est bien trop dur, j'aimerais me retourner dans un genre
binaire, peu importe lequel. 45 ans, elle se dit : O.K., là, j'ai
gagné en maturité, en assurance, en... dans le fond, je suis vraiment
une personne non binaire. Alors, ça veut dire qu'à deux étapes, elle aura la nécessité d'aller chercher des médecins
alors que, le ministre s'en souvient, les médecins sont venus nous dire
que la seule personne qui était capable de dire de quelle identité de genre
elle était, c'était la personne qui le vit.
Alors moi, c'est pour
ça, je me dis : On a une opportunité, là, devant nous, pas juste de
transition. J'entends, c'est un pas, je réitère, tu sais, à tout perdre, on va
prendre ce qu'on a. Mais, dans les faits, c'est que cette réalité-là, c'est
comme... Je vais vous donner un exemple. À l'état civil, là, le mariage, tu
peux divorcer, tu peux changer ton état
civil une fois, deux fois, 15 fois, on ne te demandera jamais d'aller te
faire évaluer psychologiquement, à savoir... Puis je ne veux pas savoir
ici, personne, où vous êtes là-dedans, mais on n'a pas... C'est parce qu'il y a
du monde qui sourit, là, je ne veux pas...
Mais, bref, on ne leur demande pas d'aller chercher une validation d'un suivi
psychologique ou d'un médecin, de dire : Oui, oui, elle change de
partenaire, c'est ça, puis c'est correct. Bien, c'est la gestion de l'état
civil. C'est le même état civil qui juge...
qui doit faire les changements. Un, on leur donne le mandat pour les mentions
de genre, pour les noms, bon, toutes sortes d'affaires, mais on leur donne
aussi le mandat pour l'état civil, l'état... En tout cas, bref, il
est-tu marié ou pas? Ça fait que c'est ça pour moi, là. Ça fait que je vous
écoute, M. le ministre. Je m'arrête là.
M. Jolin-Barrette : Mais Me Roy me faisait
penser que, pour se divorcer, ça prend un motif. Vous ne pouvez pas vous
divorcer comme ça, là. Il faut être adultère, il faut avoir de la cruauté
physique ou mentale ou il faut... il faut avoir fait séparation de corps pendant minimum un an. Sinon, vous êtes liés
par les liens du mariage dans les autres circonstances.
M. Jolin-Barrette :
Bien, ce n'est pas moi qui fais la
loi sur le divorce, c'est au fédéral. Mais,
bref, c'est plus dur de divorcer que de faire une transition.
Juste sur votre
point, j'entends ce que vous me dites. Il y a une question également de
stabilité des rapports également. Le nom, c'est important, relativement à
l'État. Donc, les gens transitionnent. Pour la seconde transition, par contre,
il y a un accompagnement qui est fourni, mais ce n'est pas nécessairement un
accompagnement médical, mais je pense que c'est important. Tout à l'heure, vous
avez parlé d'accompagnement, alors on n'a pas l'intention de toucher à la
disposition en soi. Puis, dans le fond, l'article non plus ne touche pas cette
disposition-là, c'est un tout autre article.
Président (M. Bachand) : Mme la députée de
Sainte-Marie—Saint-Jacques...
Le Président (M. Bachand) : ...juste
peut-être pour terminer. Oui, allez-y.
Mme Massé :
Ah! oui, je n'ai pas tout à fait terminé.
Président (M. Bachand) : Allez-y, oui, allez-y.
Mme Massé :
Bien, c'est pour ça qu'on en discute.
C'est pour ça qu'on est là. Je ne suis pas un coton, moi, là, là. Je
suis une députée qui est dans une circonscription où il y a énormément de gens
des communautés qui vivent, et je suis inspirée de leurs réalités. Un des
enjeux, sur la question du divorce, n'ayant pas été mariée, je ne le sais pas,
la complexité, mais ce que je comprends, c'est que, si tu ne vis pas pendant un
an avec quelqu'un, tu es capable de divorcer.
Ici, ce qu'on dit,
c'est que, si tu ne vas pas chercher une lettre, avec tous les préjugés qui
persistent dans le système, avec tous les défis... Vous le savez, là, on vient
de passer la lutte... la journée de lutte à l'homophobie et à la transphobie.
Ça existe au Québec, il y a des médecins qui ne veulent pas soigner une jambe
cassée à nos concitoyens trans, parce qu'il dit : Je ne peux pas toucher à
ça, tu es une personne trans. On vit dans ce monde-là. Et ce que ces gens-là
des communautés, nous disent, et j'en suis, c'est de dire : Bien, si on
peut... O.K. peut-être pas aussi facilement, mais on peut quand même divorcer
pendant quatre, cinq fois dans sa vie sans avoir besoin d'une lettre extérieure
qui vient dire : C'est correct, tu peux divorcer. Moi, c'est ça mon point.
Alors, j'entends la
volonté de faire le pas de plus, de transition, c'est comme le plancher
minimum, mais je pense qu'au Québec on est capable d'aller plus loin que ça,
puis voilà. Je sais qu'on n'y touche pas, mais on touche à la loi. C'est ça,
notre job de législateur.
Président (M. Bachand) : M. le ministre.
M. Jolin-Barrette :
Oui, bien, juste, là, dans le comparatif avec le divorce, là, il faut être
autorisé, dans toutes les situations, à divorcer, par un juge. Tu sais, ça fait
que, comme je vous disais, c'est pas mal plus dur se divorcer. Dans le fond,
là, on est en matière d'accompagnement pour la transition, ça fait que, tu
sais, ce n'est pas un comparable, là.
Sur la question des
soins de santé, vous avez raison, et il y a déjà... présentement, le ministère
de la Santé et Services sociaux est en train d'adopter des lignes directrices
qui vont pouvoir se traduire notamment par une meilleure formation des
professionnels de la santé, une meilleure sensibilisation également pour que
les personnes qui sont dans ces situations-là, effectivement, vous avez raison,
ne se retrouvent pas dans une situation de malaise et qu'ils puissent recevoir,
en toute quiétude, les soins de santé auxquels ils ont droit, sans jugement,
sans aucune peur non plus de se retrouver à l'hôpital ou quelle va être la
réaction des soignants. Alors, ça, le ministère de la Santé travaille déjà,
alors, je pense, c'est important. Je comprends votre point, mais on n'a pas
l'intention de toucher à cet article-là.
Président (M. Bachand) : J'aurais la
députée de Joliette, s'il vous plaît.
Mme Hivon :
Oui, je veux juste dire qu'en fait c'est différent du divorce ou de la
séparation. C'est normal, mais c'est... Oui, mais c'est normal que ça doive
être moins compliqué même, parce que ça n'implique pas une entité comme une
relation avec deux personnes, une famille qui peut être impliquée. Là, c'est
vraiment le coeur de l'identité d'une personne elle-même, pour elle-même, par
elle-même. Alors, c'était juste pour dire ça, parce que, là, on... Est-ce que
c'est plus compliqué, moins compliqué? Bon, les parallèles... Non.
M. Jolin-Barrette :
...l'argument, là.
Mme Hivon : Non,
mais je veux dire, moi, je comprends que notre collègue amène ça comme exemple
en disant : Tu peux changer de multiples fois, mais je devrais dire...
moi, je voulais juste dire que ça devrait ne même pas être le même formalisme,
parce que ce n'est pas une relation, c'est toi, ton identité.
M. Jolin-Barrette :
Bien... bien, sous réserve, l'État est également impliqué dans tout ça, là.
M. Jolin-Barrette :
L'état civil aussi, là. Ça fait que ce n'est pas... C'est une décision qui est
unilatérale de la personne, mais il y a des implications tierces tout de même
aussi dans la relation juridique par rapport à la personne, par rapport un
tiers, la personne par rapport à l'État, tu sais.
Mme Hivon :
C'est sûr. C'est pour ça qu'on a un débat ici, puis c'est dans un projet de
loi.
M. Jolin-Barrette :
C'est ça. C'est ça.
Mme Hivon : Mais ce que je veux
dire, c'est que ce n'est pas... ça n'implique pas une autre personne ou une
famille, et tout ça. C'était la petite... le petit élément que je voulais
amener.
Le Président (M. Bachand) : Donc,
j'ai la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques,
après ça, la députée de Notre-Dame-de-Grâce. Allez-y, Mme la députée.
Mme Massé :
Oui, bien, en fait, la collègue de Joliette nomme quelque chose
d'important, parce que c'est la personne avec elle-même. Je veux dire, l'État
est impliqué pour changer quelque chose, les papiers. Mais, au-delà de ça, ce n'est pas l'État qui va dire à la
personne : Non, non, tu peux faire ça, tu ne peux pas faire ça. C'est la
personne avec elle-même.
Alors, moi, ma
question au ministre, c'est : Dans ce cas-là, est-ce que, comme les
spécialistes, le ministre reconnaît que
c'est la personne qui vit la situation qui est capable, elle seule,
d'identifier quelle est son identité de genre?
M. Jolin-Barrette :
La personne qui identifie son identité de genre, effectivement. Par contre,
ce n'est pas vrai que ça n'a pas des impacts sur les rapports juridiques de la
personne en lien avec l'État, en lien avec le nom, en lien avec la stabilité
des rapports juridiques également aussi. Ça, ça existe aussi. La personne,
elle, comment elle se sent, ça lui appartient à elle. Je suis d'accord avec
vous.
Par contre, le fait
de faire une transition, ça a des conséquences pas uniquement sur elle-même. Ça
a des conséquences, oui, sur elle-même, mais
également sur... puis là la députée de Joliette disait : Ça n'a pas de
conséquence sur des tierces personnes, la famille, supposons. Mais oui,
ça peut avoir des conséquences. Ça a des conséquences notamment sur le
certificat de naissance des enfants aussi, de sa filiation aussi. Ça fait que,
tu sais, ce n'est pas une relation individualisée, unique, seule au monde sur
une île, là. Oui, ça a des impacts. C'est important que la personne qui fait sa
transition, elle puisse le faire, ait l'autonomie décisionnelle de le faire.
C'est ce qui est prévu. Là, ce dont on
discute, c'est dans le cadre d'une deuxième. Alors là, c'est uniquement un
accompagnement. Mais, comme je vous dis, je n'ai pas l'intention de
rouvrir la disposition, parce qu'on n'y touche pas.
Président (M. Bachand) : J'ai la députée
de Notre-Dame-de-Grâce, s'il vous plaît.
Mme Weil :
Oui, écoutez, j'écoute tout ça, évidemment, c'est... Il y a beaucoup de
gens, j'imagine, qui nous écoutent. Moi, ça me semble logique, la proposition
de la collègue. Quand on regarde les deux textes, on n'est pas en train de
l'adapter à la réalité. Justement, là, quand la collègue a mentionné le fait
que cette période de transition peut durer, on peut reculer, avancer, c'est...
ça suit le rythme de la personne, elle l'a très bien dit. Et je... en quoi
ça... en quoi c'est utile de garder l'article 23.3 telle qu'elle est?
Pourquoi le législateur, pourquoi l'État a besoin de figer, si on veut, ce
processus avec de l'accompagnement, alors qu'on sait, on apprend... Pour moi,
c'est vraiment tout un apprentissage, mais
ça me semble... quand j'écoute les arguments, une chose qu'on comprend, c'est
qu'il y a beaucoup de choses qu'on ne comprend pas dans tout ce qui
concerne l'identité de genre, et que la société québécoise est en train
d'évoluer rapidement, rapidement. Et je me fie beaucoup à l'expertise aussi,
l'expertise de notre collègue qui connaît des gens qui vivent cette situation.
Donc, cette question identitaire, il y a juste une personne qui est capable de
le maîtriser puis pas maîtriser nécessairement par rapport à une décision
finale, mais que c'est juste cette personne qui
peut... comment dire, se connaître. Qu'un professionnel n'en saurait pas plus
et pourrait figer, si je comprends bien, dans le temps... Ou est-ce que c'est un accompagnement pour aider cette
personne à réfléchir? C'est quoi, l'objectif de l'accompagnement?
M. Jolin-Barrette :
23.3 dit : «Dans le cas où le demandeur a déjà obtenu un changement de
la mention [de] sexe figurant à son acte de
naissance, la demande, outre les documents prévus aux articles 4 et 23.2,
doit être accompagnée d'une lettre d'un médecin, d'un psychologue, d'un
psychiatre, d'un sexologue ou d'un travailleur social autorisé à exercer au
Canada ou dans l'État de domicile du demandeur, qui déclare avoir évalué ou
suivi le demandeur et qui est d'avis que le changement de cette mention est
approprié, compte tenu de la déclaration sous serment faite par le demandeur à
l'appui de sa demande initiale.»
Donc, c'est un
accompagnement, c'est un suivi de la personne. L'idée, c'est d'outiller les
gens pour qu'ils soient supportés, tout ça. Puis, dans le fond, vous avez été
ministre de la Justice, il y a les... la situation individualisée de la personne, mais il y a des motifs
d'impératifs sociaux également et étatiques également dans tout ça. Moi, je
trouve que cette disposition-là, qui a été adoptée en 2016, hein, par
Mme Vallée, à l'époque, elle est appropriée. Et on parle d'une deuxième
transition, donc d'un accompagnement, il n'y a pas d'enjeu à ce niveau-là.
Mme Weil :
Juste pour bien comprendre, donc... ou le débat se situe au niveau, si je
comprends bien de ma collègue, c'est que
d'être accompagné, à ce moment, n'aurait pas nécessairement d'utilité pour la
personne qui pourrait être dans une période de flou aussi. Mais ce que
vous dites, c'est que l'État a aussi besoin de figer, là, j'imagine...
M. Jolin-Barrette :
Mais ce n'est pas une question de figer, c'est...
Mme Weil :
Mais, c'est-à-dire, de déterminer.
M. Jolin-Barrette :
Il y a des impératifs sociaux, notamment le changement de nom, le changement de
sexe également, de stabilité juridique
également. Et, vous le savez, dans le fond, avant qu'on puisse apporter des
changements à l'état civil... sinon on va changer... on pourrait changer
à l'état civil aux deux semaines, à l'infini?
Mme Weil : Juste
pour comparer avec les autres projets de loi qui existent au Canada, je pense
qu'il y a quelques provinces qui sont... qui ont fait les mêmes ajustements
dans leur droit. Est-ce que vous êtes capable de donner des comparaisons?
M. Jolin-Barrette : Bien, je
pourrais demander qu'on sorte des comparaisons relativement aux autres États.
Mais, dans le fond, dans le cadre du projet de loi n° 2, on ne touche pas
à cette disposition-là.
Mme Weil : Dans d'autres
projets de loi, vous dites, c'est-à-dire...
M. Jolin-Barrette : Non, non...
Mme Weil : Non, mais cette
question d'accompagnement...
M. Jolin-Barrette : Oui.
Mme Weil : ...est-ce
que c'est quelque chose qu'on voit ailleurs pour l'état civil, pour bien
connaître, pour des raisons sociétales, comme vous dites?
M. Jolin-Barrette : Bien,
écoutez, je vais demander qu'on fasse les recherches puis je pourrai vous
revenir. Mais pour l'article 251, on ne traite pas de ça, M. le Président.
Mme Weil : Merci, M. le
Président.
Président (M. Bachand) :
Autres interventions? Est-ce que...
Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, oui.
Mme Massé : J'ai encore besoin
de comprendre puis j'ai... Les questions de ma collègue, on continue à creuser.
Mais c'est comme si je n'arrive pas tout à fait à comprendre pourquoi. Je pense
que vous n'avez pas réussi à... Pourquoi on
ne veut tout simplement pas retirer l'article 250, mais voir même de
profiter du moment pour faire en sorte que, lorsqu'il y a un... une deuxième,
une troisième demande de modification de marqueur de genre, il n'y aurait pas
la nécessité d'avoir... Je pense, je ne saisis pas pourquoi, monsieur. Puis ce
n'est pas de la mauvaise foi, là, c'est parce que j'ai besoin de saisir, parce
que, moi, ce que j'entends, à l'inverse, sur le terrain, c'est de dire :
Quand est-ce que le Québec va arriver à la
fluidité des genres sans que ce ne soit moralement pas correct de changer de
genre, tu sais? Ça fait que c'est ça que je...
M. Jolin-Barrette : ...je
n'achète pas ça puis je n'accrédite pas ça, le fait de dire : Moralement,
ce n'est pas correct de changer de genre. Ce
n'est pas ça, la question. La question, c'est il y a des impératifs de
stabilité pour l'État. Ce que vous
nous proposez, c'est qu'on puisse changer de genre aux deux semaines ou à
chaque semaine. Pour changer de nom, ça prend des motifs sérieux. C'est
possible de transiter, c'est possible dans tous les cas, pour la seconde
transition, en raison des impératifs, notamment, de stabilité, il y a un
accompagnement qui est effectué par un professionnel. Et l'objectif, ce n'est
pas de médicamenter la situation, là, c'est plutôt d'assurer le sérieux de la
démarche par un suivi, par un accompagnement. Puis je vous réitérerais qu'on
n'est pas... là-dessus, ce n'est pas ce que le projet de loi n° 2 fait.
Donc, on est dans une situation où il y a les droits individuels de la
personne, la fluidité, comme vous le dites, la personne pourra changer. Mais
cette démarche-là, au-delà de la première démarche, devra à être... doit, et
c'est l'état de la situation depuis 2016, doit bénéficier d'un accompagnement
pour la seconde.
Le Président (M. Bachand) : Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, oui.
Mme Massé : Quand on parle du
sérieux de la démarche, pour moi, je veux dire, il n'y a personne qui fait un
changement de mention de genre... ou de marqueur de genre sans faire... Je veux
dire, ce n'est pas... je ne connais personne qui fait ça à la légère. Premièrement,
c'est extrêmement difficile, tellement difficile, la démarche de saisir qui on est, malgré tous les... tout, tout ce qu'on
est confronté comme préjugé, comme biais, etc., ensuite les démarches
plus légales de x ou y, changement de nom, changement de marqueur de genre,
etc., en plus si on veut s'affirmer dans un genre qui est assez avant-gardiste
et reconnaître la non-binarité. Ça fait que, pour moi, il n'y a pas...
Puis j'ai employé le mot «morale», mais vous
avez raison, M. le ministre, ça n'a rien à voir... bien, en fait, ça peut
laisser sentir ça, mais vous avez raison, ce n'est pas là que ça se passe.
C'est juste dans... Quand on connaît ces gens-là, on le sait que le sérieux de
la démarche, en partant, il est là. On n'a pas besoin, socialement, de se
protéger de ça. C'est très dur psychologiquement, physiquement, c'est très
difficile. Ça fait que, donc, pour moi...
Puis je me souviens, c'était aussi les arguments
qui étaient utilisés, à l'époque, de la question de la stabilité de l'état
civil. Tu sais, tout le travail, là, c'est des mois et des mois et, après ça,
c'est des mois et des mois de faire atterrir ça. Ça fait que tout le monde
prend ça au sérieux. Mais, quand tu arrives à l'étape de dire : Pour être
mieux dans ma vie quotidienne, je veux m'embarquer dans le processus et je vais
aller jusqu'au bout, jusqu'à la modification des papiers, bien, ce n'est pas
vrai qu'on va faire ça toutes les deux semaines, là. En partant, ça ne se fait
pas en deux semaines. Et donc la question de la stabilité m'inquiète, comme
argumentaire, m'inquiète beaucoup.
Et c'est là que je fais le
parallèle avec le mariage. C'est-à-dire que ça ne semble pas... même s'il y a
des règles pour faire atterrir cette question-là du retrait du mariage, mais ça
ne semble pas être problématique que les gens le fassent et ça ne semble pas
remettre en cause l'impératif de stabilité de l'état civil. Alors, je me
demande si, puisqu'on est en train de jouer dans l'article 23.3... s'il
n'y a pas effectivement lieu d'y arriver avec... reconnaître, tout simplement,
que c'est comme ça que ça se passe dans la vraie vie, pour les gens, et donc
retirer cette nécessaire lettre, au règlement, d'un professionnel de la santé
et/ou de la santé mentale.
M. Jolin-Barrette : Bien, M. le
Président, j'ai déjà répondu, j'ai donné les arguments, ce n'est pas
l'intention du gouvernement de modifier ce qui a été adopté en 2016. Mais
honnêtement on peut poursuivre la discussion ou on peut avancer, comme... On a
dit ce qu'on avait à dire.
Président (M. Bachand) :
...interventions sur
l'amendement? Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : ...déposer un
sous-amendement à l'amendement de M. le ministre. Mais, c'est ça, il faudrait
suspendre, M. le Président, parce qu'on est en train de valider la rédaction.
Le Président (M.
Bachand) : Ou est-ce qu'il y a d'autres
articles qu'on pourrait...
M. Jolin-Barrette : Bien, moi,
ce que je vous propose, c'est : votons celui-là, puis vous insérerez votre
amendement, supposons, à 251.1, supposons.
Mme Maccarone : ...est-ce qu'on
peut juste suspendre pour... juste pour valider avant de procéder?
Le Président (M.
Bachand) : Alors, on va suspendre quelques
instants. Merci.
(Suspension de la séance à 10 h 37)
Le Président (M.
Bachand) : À l'ordre, s'il vous plaît! La
commission reprend ses travaux.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'amendement du ministre? S'il n'y a pas d'intervention, nous allons procéder à
sa mise aux voix. Est-ce que l'amendement est adopté?
Le Président (M.
Bachand) : Adopté. Merci. On continue. M.
le ministre.
L'article est donc retiré, pardon, est donc retiré. Est-ce que
l'amendement est arrivé sur Greffier?
M. Jolin-Barrette : O.K. Bon,
bien, en attendant, M. le Président...
Le Président (M.
Bachand) : Alors, 251.
M. Jolin-Barrette : 251. Ce
règlement est modifié par l'insertion, après l'article 23.3, des
suivants :
«23.4. Le retrait de la mention de l'identité de
genre se fait par la...»
M. Jolin-Barrette : Ah!
excusez, à 252, avec un amendement. Donc, 252 :
L'article 24 de ce
règlement est modifié par l'insertion, après «sexe», de «, d'ajout d'une
mention de l'identité de genre, de modification et de retrait de cette
mention».
Et l'amendement à l'article 252 :
Retirer l'article 252 du projet de loi.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Donc, interventions sur
l'amendement du ministre? Est-ce que ça va? S'il n'y a pas d'intervention,
est-ce que l'amendement est adopté?
Le Président (M.
Bachand) : Donc, l'article 252 est
retiré. Merci. M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : 254, M. le
Président. Donc, 254, tarif... Le
titre du Tarif des droits relatifs aux
actes de l'état civil, au changement de nom ou de la mention du sexe est
modifié par le remplacement de «ou de la mention du sexe»
par «ou à la substitution du prénom usuel ainsi qu'au changement de la mention
du sexe ou de l'identité de genre».
l'amendement : Remplacer l'article 254 du projet de loi par l'article
suivant :
254. Le
titre du
Tarif des droits relatifs aux actes de l'état civil, au changement de nom ou de
la mention du sexe est modifié par l'insertion, à la fin, de «ainsi qu'à la
substitution du prénom usuel».
Commentaires. Cet
amendement propose de remplacer l'article 254 du projet de loi afin que le
titre du Tarif des droits relatifs aux actes de l'état civil, au changement de
nom ou de la mention du sexe, tel que modifié par l'article 254 du projet de loi, ne fasse plus référence à la
mention de l'identité de genre étant donné que l'amendement proposé à
l'article 41 du projet de loi retire la possibilité que figure à l'acte de
naissance une telle mention. Ainsi, il est proposé de maintenir
seulement la référence à la substitution du prénom usuel.
Président (M. Bachand) : Oui.
Mme Hivon :
Le ministre parle extrêmement vite, mais...
M. Jolin-Barrette :
Essentiellement, on fait juste revenir au
titre original pour le nom du
tarif puisqu'il n'y a plus l'identité de genre, qui été retirée par
l'article 41. Donc, on revient à l'ancien titre, pour le prénom usuel. On
ajoute «prénom usuel» parce qu'on va parler du prénom usuel, maintenant.
Le Président (M. Bachand) : Merci beaucoup. Donc, sur l'amendement, Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé :
Non, c'est bien, on est d'avis... En fait, je voulais juste, puis je
l'avais déjà dit au ministre, mais,
puisqu'on parle de tarif des droits relatifs aux actes de l'état civil, je
pense qu'on en avait déjà parlé, les groupes étaient déjà venus nous
dire qu'il y avait un enjeu, notamment, pour plusieurs qui sont souvent
économiquement extrêmement défavorisés. Alors, je ne pense pas... En fait,
j'aimerais savoir si c'est ici qu'on devrait voir apparaître des exceptions ou
peut-être ailleurs, là, c'est une... Oui.
M. Jolin-Barrette :
C'est un peu plus loin. Là, c'est juste le titre.
Mme Massé :
O.K. Ça, c'est le titre, hein?
M. Jolin-Barrette :
Oui.
Mme Massé :
O.K. Parfait. Je voulais juste m'assurer de ne pas manquer ma shot. Merci.
Président (M. Bachand) : Mme la députée de
Joliette.
Mme Hivon :
L'article sur le prénom usuel, là, c'est quel article?
M. Jolin-Barrette :
On va le voir tout à l'heure, parce qu'on ne l'a pas étudié encore.
M. Jolin-Barrette : Il est dans le bloc
sur... Prénom usuel, dans le document... C'est quoi, l'article? C'est
l'article 1.
Mme Hivon :
Moi, M. le Président, je refais mon commentaire. C'est que je trouve ça
particulier qu'on fasse des changements de concordance avec une notion, en
l'occurrence le prénom usuel, qu'on n'a pas encore étudiée sur le fond. Puis là
on change des titres de
section parce qu'on y vient pour... Moi, je fais la
même suggestion, là, c'est qu'on suspende ça, je veux dire, on le voit, là,
mais qu'on fasse le débat de fond sur le prénom usuel. Parce qu'en théorie on pourrait avoir un gros débat sur le
prénom usuel, mais on aurait déjà adopté des articles qui viennent consacrer
ça de manière formelle dans des titres ou des références dans les articles.
M. Jolin-Barrette : Si jamais, M. le
Président, on change le débat sur le prénom usuel, là, supposons, là, qu'on
en venait à éliminer ça, on va venir faire les amendements par la suite.
Mme Hivon : Mais il y a juste une
question de cohérence aussi, là. Ça fait que je le soumets. Je sais que le
ministre a son ordre de marche, sa vitesse de marche. On essaie de faire le
maximum ici, là. Mais, nous, ça ne fait pas des mois et des mois qu'on a travaillé sur les détails du projet. Ça fait
que je pense que, par cohérence, ce serait plus intéressant de procéder
comme ça.
Président (M. Bachand) :
Merci. Autres interventions sur
l'amendement? Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone :
J'appuie l'intervention de la collègue de Joliette, je pense que ce serait
vraiment la meilleure façon de procéder. Ça ne change pas la nature de ce qu'on
fait ici en bloc, on va juste... On a d'autres articles aussi qui sont
suspendus, en ce qui concerne notre débat. Ça fait que, si le ministre
accepterait, on pourra suspendre celui-ci pour continuer notre travail et là on
pourra poursuivre avec la discussion en ce qui concerne le prénom usuel, plus
tard, rendu au bloc concerné.
Président (M. Bachand) : M. le ministre.
M. Jolin-Barrette :
Non. Moi, je le voterais. Si jamais il y a des trucs de concordance à faire
ou de changement, on réouvrira l'article. Mais avançons. Puis ça ne nous
empêche pas de revenir par la suite. Tu sais, comme exemple, là, votre
amendement, là, on vient de le passer, mais le temps qu'il soit rédigé, tout
ça, dans le fond, on va y revenir. On vote l'article, on revient à votre
amendement. Tu sais, ça nous permet juste d'adopter des articles, d'avancer
puis...
Mme Maccarone :
Sauf que ce n'est pas le même principe, ce n'est pas la même chose. On a
dit que, oui, on veut travailler en collaboration, on veut aller rapidement,
parce qu'on comprend qu'on a très peu de temps pour débattre de ce projet de
loi ensemble. Mais, ça, on est en train d'introduire un nouveau concept. Ça
fait qu'au lieu de l'adopter, puis on se dit que peut-être il va falloir qu'on
revienne pour rouvrir un article, pourquoi ne pas juste le suspendre?
M. Jolin-Barrette :
On ne s'enfargera pas dans les fleurs du tapis, on va suspendre, si ça peut
permettre d'avancer. Allons-y, suspendons, M. le Président.
Mme Maccarone :
Parfait. Merci.
Président (M. Bachand) : Donc, on suspend
l'amendement et l'article?
M. Jolin-Barrette :
Comme les collègues veulent. Allons-y, puis faisons l'amendement de la...
Le Président (M. Bachand) : Donc, consentement pour suspendre l'amendement et consentement pour
suspendre l'article?
M. Jolin-Barrette :
Oui. Puis on peut aller à l'amendement de la députée de Westmount—Saint-Louis,
si vous voulez.
Mme Maccarone :
Est-ce que c'est...
Président (M. Bachand) : Il est sur
Greffier, oui.
Mme Maccarone :
Parfait.
Président (M. Bachand) : Alors, on va le
mettre à l'écran. Ça s'en vient.
Mme Maccarone :
Je peux faire la lecture, si vous voulez, M. le Président, avant que...
Le Président (M. Bachand) : On va juste prendre quelques secondes pour... Et voilà! Oui, Mme la
députée, allez-y.
Mme Maccarone :
Article 246.1...
Président (M. Bachand) : Il faudrait lire
«amendement», bien sûr, et non pas «sous-amendement».
Mme Maccarone : Oui, «amendement». Oui, c'est
écrit «sous-amendement» puis, dans le fond, c'est «amendement».
Article 246.1 : Ajouter, après l'article 246 du projet de loi,
le suivant :
246.1. Retirer
l'article 23.3 du Règlement relatif au changement de nom et d'autres
qualités de l'état civil.
Nous
venons tout juste de faire le débat en ce qui concerne cet article, dans le
règlement, qui nécessite d'avoir l'approbation, dans le fond, une lettre d'un
professionnel, dans le réseau de santé, en ce qui concerne le changement,
même si c'est un deuxième changement, en ce qui concerne la mention de sexe. Ce
qu'on propose, c'est, maintenant que nous avons une loi devant nous puis que
nous sommes en train de faire le débat en ce qui concerne le règlement, bien,
je pense que c'est avec justesse que nous pouvons supprimer la notion d'avoir
une approbation.
Je pense que tous les
collègues ont déjà fait des interventions. Je ne veux pas tout répéter, mais
c'est vrai, ce qu'ils ont dit, on peut se
divorcer et se remarier plusieurs fois, on n'a pas besoin d'avoir une lettre
d'approbation. On n'avait pas eu
l'accès à avoir la mention de X, en ce qui concerne la mention de sexe, dans le
passé, alors il y aura probablement plusieurs
personnes qui vont vouloir avoir accès à faire un deuxième changement. Et, pour
ceci, nous devons faciliter la tâche pour eux, enlever toutes les
barrières en ce qui concerne le changement, comme d'avoir la nécessité d'avoir
une lettre d'un professionnel de la santé.
Le Président (M. Bachand) : Merci.
Interventions sur l'amendement? Est-ce qu'il y a... Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé :
Oui. Bien, en fait, je suis contente que la collègue a fait l'amendement,
ça va exactement dans le sens de ce que je
voulais faire. Puis je pense que l'échange a... effectivement, on a amené les
arguments, le gouvernement est venu nous dire : Non, nous, on reste
dans la même logique, même s'il s'est écoulé cinq ans depuis l'adoption des
règlements concernant, justement, la modification des marqueurs de genre. Moi,
j'étais d'avis qu'on était rendus là, mais,
si le gouvernement n'est pas rendu là, malheureusement, bien, on va attendre un
autre gouvernement pour y arriver.
Le Président (M. Bachand) : Merci. Autres
interventions sur l'amendement? S'il n'y a pas d'autre intervention... Mme
la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone :
C'est juste que c'est triste de dire : Il faut attendre un autre
gouvernement quand on a une opportunité de faire ce qu'il faut maintenant. On a
vraiment une occasion en or, nous devons la saisir.
La société est rendue là.
Nous sommes en train de faire le débat en ce qui concerne un jugement pour
respecter les droits de la communauté LGBT. Alors, pourquoi faire le minimum,
quand nous pouvons faire ce qu'il faut pour respecter leurs droits et de faire
un accompagnement qui est sain pour ces personnes qui, souvent, sont
vulnérables, souvent qui se retrouvent en
situation de vulnérabilité? On a déjà fait un exposé de ceci, je comprends mal
pourquoi on ne va pas faire un accompagnement qui est plus sain.
Si le ministre a
peut-être une autre recommandation en ce qui concerne ce règlement... Si ce
n'est pas une question de supprimer en
entier, est-ce qu'il y a une autre idée que le ministre aimerait proposer aux
collègues, ici, pour mieux
accompagner les personnes? Est-ce que c'est une question... peut-être un
mi-chemin pour ceux qui souhaitent... parce qu'ils ont déjà fait une
transition de M à F ou F à M puis qu'ils souhaitent maintenant avoir accès au
X, mais seront exclus, peut-être?
Je serais prête à
faire une négociation, redéposer un autre... retirer cet amendement et déposer
un autre amendement, au moins pour cette catégorie de citoyens qui aimeraient
avoir accès, maintenant que nous aurons un changement. Est-ce que ça, ça serait
plus acceptable pour le ministre? Je pense que ce qu'on souhaite, ici, c'est de
faire une avancée pour la communauté et ne pas avoir un débat qui va prendre
des heures puis des heures. Est-ce que ce serait plus acceptable? Puis
peut-être, au moins, ça serait un pas vers l'avant pour accompagner ces
personnes.
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup.
Interventions? Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'amendement?
Mme Maccarone :
Bien, je vais avoir une réponse.
Président (M. Bachand) : Oui.
M. Jolin-Barrette :
...répondu à tout ça, j'ai dit que le gouvernement n'allait pas modifier la
disposition de 23.3. J'ai énoncé les motifs, préalablement, en raison de...
pourquoi est-ce que c'était pertinent de maintenir la disposition qui été
adoptée par un gouvernement libéral, par Mme Vallée, par la prédécesseure
et la successeure de votre collègue de Notre-Dame-de-Grâce, auquel appartenait
notamment la collègue de Notre-Dame-de-Grâce, comme gouvernement. Alors, la
disposition, on n'a pas l'intention de l'amender dans le cadre du projet de loi
n° 2.
Il y a énormément de
travaux à faire, dans le cadre du projet de loi n° 2. Notamment, je ne
sais pas si vous avez vu la lettre du Mouvement Retrouvailles pour les
personnes qui ont été confiées à l'adoption, aussi, donc c'est une série de
mesures également. Le projet de loi n° 2 avance. On a fait, la semaine
dernière, un immense bloc sur le fait d'avoir un vocabulaire plus inclusif, on
répond au jugement Moore également. Alors, ce n'est pas de notre intention
d'aller toucher à 23.3, outre le fait qu'on vient retirer les dispositions qui
étaient relativement à l'identité de genre. Donc, on va voter contre, M. le
Président.
Président (M. Bachand) : Mme la députée de
Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone :
Le but de mon intervention, c'est de tendre la main au gouvernement pour
voir s'il y a une ouverture pour faire quelque chose qui est mi-chemin en ce
qui concerne l'amendement que je viens de déposer pour rejoindre les besoins
des gens de la communauté. C'est pour ça que j'ai dit : Si, mettons, on
peut au moins exclure les gens qui vont faire une deuxième demande pour avoir
la mention de sexe X, alors est-ce que ça, ça serait acceptable? Parce que je
pense que...
M. Jolin-Barrette :
J'ai déjà dit à la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, en début de son
introduction, que j'allais déposer un amendement pour avoir une disposition
transitoire pour les gens qui avaient fait ça. J'ai dit ça spécifiquement
lorsque la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, tout à l'heure, a dit ça. Je
l'avais déjà dit.
Mme Maccarone :
Ça fait que pourquoi ne pas insérer un amendement, d'abord? Pourquoi qu'il
faut que ça soit dans une mesure transitoire et non dans un amendement?
M. Jolin-Barrette : C'est un
amendement. Une mesure transitoire, c'est un amendement.
Mme Maccarone :
Tout à fait, mais pourquoi ne pas le faire maintenant?
M. Jolin-Barrette :
Bien, parce que les légistes vont le rédiger pour être bien sûr que tout
soit validé. Le Comité de législation va le vérifier également, pour être sûr,
puis je vais vous revenir d'ici la fin du projet de loi. Bien entendu, on va
déposer l'amendement, comme je m'y suis engagé.
Mme Maccarone :
Et ce sera un amendement, d'abord, à l'article 23.3 du règlement?
M. Jolin-Barrette :
Pas nécessairement. Dans le fond, ça risque d'être un amendement dans le
cadre du projet de loi n° 2, mais je vais laisser les
légistes le travailler, puis, lorsqu'il sera prêt, on va vous le présenter,
c'est à la fin du projet de loi. Donc, supposons que ça va dire : Pour
l'application de l'article 23.3 du règlement, une personne qui aurait déjà
transité vers... aurait déjà changé de sexe, si elle le fait vers un marqueur
de genre non binaire, elle n'aura pas besoin de l'évaluation. Donc, je vous le
résume ad lib, là, mais j'imagine que c'est les légistes qui vont écrire
quelque chose qui ressemble à ça.
Président (M. Bachand) : Mme la députée.
Mme Maccarone :
Merci, M. le Président. Ça reste qu'évidemment j'ai quand même une
déception pour le reste de la population qui vont pouvoir... vont devoir
toujours avoir un accompagnement de cette fameuse lettre que, nous savons tous,
amène quand même des frais en ce qui concerne la transition. Je comprends qu'on
parle d'une deuxième transition, mais c'est ça, la fluidité, nous sommes rendus
là, en société, puis nous devons accommoder et accompagner ces personnes et non
mettre des frais dans leur processus de transition. Merci.
Président (M. Bachand) : Merci. Autres
interventions sur l'amendement? S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que
l'amendement est adopté?
Mme Maccarone :
Est-ce qu'on peut faire un vote par appel nominal, s'il vous plaît, M. le
Président?
Président (M. Bachand) : Oui. Mme la
secrétaire, s'il vous plaît.
Secrétaire : Pour, contre, abstention. Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis)?
Secrétaire : Mme Weil (Notre-Dame-de-Grâce)?
Secrétaire : M. Jolin Barrette (Borduas)?
Président (M. Bachand) : M. le ministre,
s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette :
Contre.
Secrétaire : M. Thouin (Rousseau)?
Secrétaire : M. Campeau (Bourget)?
La Secrétaire :
Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice)?
La Secrétaire :
Mme Grondin (Argenteuil)?
La Secrétaire :
Mme Proulx (Côte-du-Sud)?
Mme Proulx (Côte-du-Sud) :
Contre.
La Secrétaire :
M. Martel (Nicolet-Bécancour)?
La Secrétaire :
Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques)?
La Secrétaire :
Mme Hivon (Joliette)?
La Secrétaire :
M. Bachand (Richmond)?
Président (M. Bachand) :
Abstention. Donc, l'amendement
est rejeté. Merci. M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette : Alors,
puisque 254 est suspendu, on irait à 257, M. le Président : L'intitulé de
la
section III de ce tarif est modifié par l'ajout, après «sexe»,
«et de l'identité de genre».
Et l'amendement à l'article 257, c'est de
retirer l'article 257.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Donc, nous
sommes sur l'amendement. Interventions?
M. Jolin-Barrette : Ça fait
suite, dans le fond, à l'article 41, où est-ce qu'on... puisqu'on retirait
la mention d'identité de genre. Donc, c'est de la concordance avec
l'article 41 qu'on a adopté.
Président (M. Bachand) :
Merci. Ça va? Alors, s'il n'y a
pas d'autre intervention, est-ce que l'amendement est adopté?
Le Président
(M. Bachand) : Donc, l'amendement est
adopté.
L'article 257 est retiré. M. le ministre.
M. Jolin-Barrette :
Oui. Alors, 258, M. le Président :
L'article 9 de ce tarif est
modifié par l'insertion, après «sexe», de «ou de l'identité de genre».
Et l'amendement à l'article 258 :
Retirer l'article 258 du projet de loi.
Le Président (M. Bachand) : Merci. Mme la députée de Westmount... pardon, Sainte-Marie—Saint-Jacques. Désolé.
Mme Massé : Est-ce
que c'est bien ici, maintenant, M. le ministre, que, si on veut, concernant le
changement de la mention de sexe, éliminer les frais... c'est bien ici
qu'il faudrait intervenir?
M. Jolin-Barrette :
Ça serait opportun que vous déposiez votre amendement à ce moment-ci.
Mme Massé : Parfait.
Alors, je vais déposer un amendement, à ce moment-ci, qui n'est pas tout à fait
rédigé encore.
M. Jolin-Barrette :
Bien, ce que je vous propose : suspendons 258 en attendant.
Mme Massé : On
fait comme tantôt.
M. Jolin-Barrette :
Puis on va revenir, un coup que l'amendement est prêt.
Le Président (M. Bachand) : Est-ce qu'il y a consentement pour suspendre l'amendement...
bien, à 258 et 258?
Des voix : Consentement.
Le Président
(M. Bachand) : Merci. M. le ministre.
M. Jolin-Barrette :
L'article 10 de ce tarif est modifié par l'insertion, après «sexe», de «ou
de l'identité de genre».
Et amendement : Retirer l'article 259 du
projet de loi.
Le Président
(M. Bachand) : Donc, nous sommes sur
l'amendement. Est-ce qu'il y a des interventions? Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques,
allez-y.
Mme Massé : Juste
une question de compréhension. Parce que, comme je l'ai déjà annoncé, pour
nous, l'amendement qu'on est en train de rédiger va dans le sens d'éliminer les
frais pour ces personnes. Hein, on parle de quelques dizaines, voire centaines
de personnes par année. Est-ce que, si, toutefois... C'est parce que, là, on
réfère au même
article que je vais vouloir... Je veux dire, je veux enlever les
frais, ça fait que est-ce qu'il faut que je fasse un sous-amendement à
l'ensemble? C'est la logique, là.
M. Jolin-Barrette : Bien,
si jamais votre amendement était accepté, on fera les modifications de
concordance en conséquence.
Mme Massé : Bien.
Merci.
Le Président
(M. Bachand) : Est-ce qu'il y a d'autres
interventions sur l'amendement à 259? S'il n'y a pas d'autre intervention,
est-ce que l'amendement est adopté?
Le Président
(M. Bachand) : Adopté. Donc,
l'article 259 est retiré.
M. Jolin-Barrette : Alors,
avec votre permission, là, M. le Président, on irait dans le sujet de mention
de sexe, à l'article 21.1, en fonction de l'ordre du tableau.
Merci.
Le Président
(M. Bachand) : Donc, on revient au tome I.
M. Jolin-Barrette :
Oui. Ça fait que peut-être... Juste pour les collègues, il n'y a pas
d'article 21.1. C'est l'amendement de 21.1 qui est sur Greffier. 21.1...
Il n'y a pas d'article 21.1 dans le projet de loi, il vient s'insérer
après 21. Puis là c'est un amendement à 21.1, qui est sur Greffier.
Le Président
(M. Bachand) : Donc, tout le monde est pas
mal...
M. Jolin-Barrette :
Oui, à 21.1.
Le Président
(M. Bachand) : Ça s'en vient.
M. Jolin-Barrette :
Donc, il va apparaître à l'écran.
Le Président
(M. Bachand) : Oui. On va faire la
lecture.
M. Jolin-Barrette :
O.K. Insérer, après l'article 21 du projet de loi, le suivant :
21.1. Ce code est modifié par l'insertion, après
l'article 70, de ce qui suit :
«70.1. La mention du sexe figurant à l'acte
de naissance et de décès d'une personne désigne le sexe de cette personne
constaté à sa naissance ou encore son identité de genre, lorsque cette dernière
n'y correspond pas.
«Cette mention fait référence à un sexe masculin
ou féminin ou à une identité de genre masculine, féminine ou non binaire. Un
règlement du gouvernement détermine les symboles littéraux utilisés à cette
fin.»
Commentaire. Afin d'assurer une continuité avec
l'amendement proposant d'ajouter l'article 3.1 au projet de loi, cet
amendement propose d'ajouter une
section II au Code civil, intitulée De la
mention du sexe, et une sous-section 1, intitulée Disposition générale, au
chapitre premier du
titre troisième du livre premier de ce code.
Cet amendement propose aussi d'ajouter un
article 70.1 au Code civil afin de préciser que la mention du sexe
figurant à l'acte de naissance et de décès d'une personne désigne soit le sexe
constaté à la naissance, soit son identité de genre.
Il propose
que cette mention puisse référer à un sexe masculin ou féminin ou à une
identité de genre masculine, féminine ou non binaire.
Enfin, il propose d'ajouter un pouvoir
réglementaire pour déterminer les symboles littéraux utilisés pour représenter
cette mention.
Donc, essentiellement, ce que ça dit, c'est que
la personne va pouvoir être identifiée. Son sexe, ça va être soit son sexe à la
naissance, donc des organes génitaux féminins, masculins, et, dans le cadre de
la mention de sexe, sinon, ça va être son... cette... l'identité de genre, qui
pourra être M, F ou non binaire.
Donc, c'est ce que je vous expliquais en début
de commission. Dans le fond, sous le vocable «sexe», vous allez avoir soit le
sexe biologique ou soit quelqu'un qui a une identité de genre. Ça va être M, F
ou, dans le cadre des symboles littéraires qui vont être utilisés par voie
réglementaire, ça va être le X.
Le Président (M. Bachand) : Merci
beaucoup. Mme la députée de Joliette.
Mme Hivon : ...pour être certaine, ça
va être ce qui est déjà inscrit. On va juste... Il n'y a pas un nouveau choix qui
se fait par les proches au moment du décès, là?
M. Jolin-Barrette :
Non, ça va déjà... Effectivement.
Mme Hivon :
C'est juste en conformité...
M. Jolin-Barrette :
C'est en conformité.
Mme Hivon :
...avec ce qui est déjà inscrit.
M. Jolin-Barrette :
À l'état civil.
Mme Hivon : Mais, puisque cette
possibilité n'existait pas au moment du décès, on vient rendre ça conforme,
tout simplement.
M. Jolin-Barrette :
Exactement.
Président (M. Bachand) : Merci. Mme la
députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé :
Là, j'ai l'impression que j'ai manqué une courbe à quelque part. Vous nous
avez dit, d'entrée de jeu, qu'avec ce qu'on allait adopter on ne faisait plus
de... en fait, que «sexe» référait à «identité de genre», et que, donc, il n'y
aurait plus de distinction, que les deux sont la même chose.
M. Jolin-Barrette :
Exactement. Dans le fond, l'identité de genre est assimilée au sexe.
Mme Massé :
L'identité de genre est assimilée au sexe. Alors qu'ici...
M. Jolin-Barrette : Donc, le sexe englobe les
deux. Sur votre document de l'état civil, il va être écrit «sexe», puis,
sous «sexe», vous allez avoir M, F ou X.
Mme Massé :
Alors, j'ai besoin de comprendre le deuxième alinéa de votre amendement,
qui dit : «Cette mention fait référence à un sexe masculin ou féminin...»
Mais le sexe, c'est aussi l'identité de genre, mais là vous dites ou à une
identité de genre. C'est comme si vous venez réintroduire à nouveau que le
sexe, ce n'est pas la même chose que
l'identité de genre. C'est là que je suis confondue. Hein, on dit... Bien,
c'est ça. Comment moi, je le comprends, c'est qu'on est en train de
réintroduire la question d'identité de genre, alors que, dans les faits, cette
mention fait référence à un sexe ou à une
mention de sexe masculin, féminin ou non binaire. Mais là, si vous
réintroduisez, là, on est fourrés, là.
M. Jolin-Barrette : Non, on ne réintroduit
pas. Dans le fond, là, c'est parce que, dans le premier alinéa, là, «la
mention [de] sexe figurant à l'acte de naissance d'une personne [désignée]
désigne le sexe de cette personne constaté à la naissance ou encore son
identité de genre, lorsque cette dernière n'y correspond pas». Ça fait que,
dans le fond, sur votre document d'état
civil, sous la rubrique sexe, vous allez avoir le sexe constaté à la naissance
ou l'identité de genre, qui sont les mêmes symboles littéraux, M, F ou
X, pour le cas du non-binaire.
Le deuxième
alinéa : «Cette mention — donc, la mention "sexe" — fait
référence à un sexe masculin ou féminin — donc le sexe biologique — ou à
une identité de genre masculine, féminine ou non binaire.» Ça fait que, dans le fond, la personne, là, qui, elle, là, dans
sa mention «sexe», là, supposons qu'elle a un organe génital masculin, elle a un pénis, supposons, mais qu'elle
s'identifie comme une femme, donc elle, cette personne-là, sous la rubrique
sexe, il va être écrit F, parce qu'elle s'identifie comme une femme,
même si elle a un organe génital masculin.
Puis,
dans le fond, la dernière phrase : «Un règlement du gouvernement détermine
les symboles littéraux utilisés à cette fin», ça, c'est pour le X. Dans
le fond, le règlement va dire : La personne qui s'identifie comme non
binaire va s'identifier... va être X.
Président (M. Bachand) : Oui, allez-y, Mme
la députée, oui.
Mme Massé :
En fait, moi, c'est juste parce qu'on revient encore avec cette idée que le
sexe, qui, on se l'est dit, inclut la
question de l'identité de genre, qu'il y a le sexe biologique, qu'on appelle,
dans le deuxième alinéa, sexe, alors que, dans les faits, dans cette
loi-là, la loi n° 2, quand on dit «sexe», ça devrait
automatiquement dire aussi «identité de genre». Et là on vient réintroduire...
on dit : Le sexe, ça fait référence au sexe biologique, masculin ou
féminin, ou à une identité de genre, masculine, féminine ou non binaire.
M. Jolin-Barrette : Oui, mais
dans le fond, là, c'est parce que, quand vous dites, là, la mention de sexe,
là, on ne vient pas nier le sexe biologique, là. Ça existe, là, le sexe
biologique, là. La personne, là, qui s'identifie, là... qui
n'a pas son identité de genre, là, elle, elle va s'identifier... Dans le fond,
pour l'identifier... La personne qui s'identifie par son sexe, elle s'identifie
en fonction de son organe génital, sexe masculin, sexe féminin, puis ça, c'est
pour la rubrique sexe, quand vous vous identifiez par le sexe. Après ça, ce que
la rubrique sexe fait également, c'est que
vous avez la possibilité de vous identifier, dans la rubrique sexe, par
l'identité de genre qui est genre... masculine, une identité de genre
masculine, féminine ou non binaire. Ça fait que c'est normal que la personne
qui, elle, ne s'identifie pas par une identité de genre, mais qui s'identifie
par le sexe, que ce soit en fonction du sexe qu'elle s'identifie. Dans le fond,
ça n'enlève rien à l'un ni à l'autre. Mais l'important, c'est le fait que, sur
les documents de l'état civil, il n'y aura aucune différence.
La personne, elle, là, sur l'état civil, elle va
être identifiée dans la rubrique sexe. Ça fait que, si elle s'identifie par son
identité de genre, elle est identifiée comme les autres qui s'identifient par
le sexe. Il n'y a pas de distinction. La
seule distinction qui existe, c'est lorsqu'elle s'identifie sur une identité de
genre non binaire. Donc, le non-binaire, bien entendu, ça va être X,
mais elle, la personne... Supposons que c'est une femme, biologiquement, qui
s'identifie comme un homme. Elle va écrire M
sur le document d'état civil qu'elle va présenter, il va être écrit M sous la
rubrique sexe. Même chose, la
personne qui est une femme, avec des organes génitaux féminins, elle va
s'identifier F, ça va être sexe.
Le Président (M.
Bachand) : ...Mme la députée.
Mme Massé : Est-ce que ça veut,
donc, dire... parce que, là, je ne les ai pas en mémoire... qu'à chaque fois on
va rappeler qu'il y a des organes génitaux féminins et masculins, mais qu'il y
a une identité de genre qui peut être féminine, ou masculine, ou non binaire.
Alors que, si on dit que la mention de sexe, elle est féminine, masculine ou
non binaire, on dit la même affaire. On ne vient pas comme dire : Ah! toi,
si tu as les bons organes génitaux qui fittent avec, vraiment, ta mention de
genre, toi, tu vas...on te reconnaît ton existence en disant «fait
référence à un sexe masculin ou féminin», hein? Mais on l'a dit, là, sexe, tout
ça, là, c'est la même chose. Vous venez de le dire, en bout de ligne, sur le
papier, ça va être ça, ça va être écrit «sexe», puis ça pourrait être... Hein?
M. Jolin-Barrette : L'identité
de genre est assimilée au sexe.
Mme Massé : L'identité de genre
est assimilée au sexe.
M. Jolin-Barrette : Mais le
sexe biologique ne disparaît pas, là. Ça existe, le sexe biologique, là.
Mme Massé : Oui, il ne
disparaît pas, sauf que, d'entrée de jeu, quand on dit «mention de sexe»... Tu
sais, c'est parce que là, vous dites : Il y a le sexe, puis après ça, il y
a une identité qui peut être... Pour moi, on dit la même chose. Si on disait...
puis on va aller dans le sens d'un amendement qui va aller dans ce sens-là...
au lieu de toujours rajouter : il y a le sexe biologique, et il y a une
identité de genre, masculine, ou féminine, ou non binaire, juste de parler... Parce que vous avez dit que c'était ça
qui guidait les pas, que la mention de sexe, qu'elle soit féminine, masculine
ou non binaire, on englobe tout le monde. On n'a pas besoin de revenir aux
organes génitaux à chaque fois, là. Donc, j'annonce mon amendement, que nous
mettrons sur le Greffier dans quelques instants, parce que ça va vite.
Président (M. Bachand) :
J'ai déjà l'amendement qui est en
circulation sur Greffier. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Parce
que, donc, on est sur l'amendement...
Mme Weil : ...l'amendement.
Ça, c'est vraiment pour ma compréhension . Donc
l'enfant né, il y a le médecin, les gens autour ou la docteure autour,
et donc on constate certaines choses. Je sais qu'il y a des constats qui
peuvent être compliqués parce que, des fois, il y a un mix de sexes, etc.,
d'organes génitaux, mais, dans... Est-ce que c'est ce certificat qui va inclure
l'identité de genre? Ça, c'est un certificat qui est modifié par la suite,
parce que la personne ne se sent pas ni femme ni homme et... non binaire. Je
veux dire, j'essaie de comprendre à quel moment ce certificat de naissance
est... C'est modifié par la suite, c'est ça?
M. Jolin-Barrette : Dans le
fond, là, ça, c'est modifié à tout moment. Dans le fond, la personne... c'est
la personne qui l'initie. Donc là, vous, tantôt, vous avez commencé votre
question par la réalité des enfants qui sont avec
des sexes indéterminés. Ça, on va le voir un petit peu plus tard, là, on aura
des amendements aussi. Mais ça, supposons, on est dans un cas, là, d'une personne qui, supposons, s'identifie par
un autre sexe ou par une autre identité de genre, là, il n'y a pas de
différence, au bout de la ligne, là. Donc, elle fait sa demande de changement
de sexe. Donc, si elle s'identifie par un autre genre, ça va venir changer, ça
va venir être répercuté sur son changement de sexe, comme ça a été demandé.
Mme Weil : ...homme, comme
masculin, qui n'est pas féminin, s'il y a un changement de sexe. C'est ça,
littéralement.
M. Jolin-Barrette : Bien, deux
choses, deux cas. Quelqu'un qui subit une opération, supposons, qui change de
sexe, supposons, avait un organe génital masculin, devient avec un organe
génital féminin, fait sa demande de changement de sexe, il va être écrit :
est parti de M vers F. Autre élément, une personne qui a des organes génitaux
masculins, supposons, et s'identifie comme une identité de genre féminine,
bien, il va être écrit F sur les documents.
Mme Weil : Je
comprends.
Le Président (M.
Bachand) : Mme la députée de Westmount—Saint-Louis,
est-ce que vous êtes...
Mme Maccarone : Oui, bien,
comme le président est au courant, on avait déjà envoyé notre amendement, ça
fait que c'est sur le Greffier. Je pense que ça devrait être en ligne avec ce
que la collègue, elle est en train de rédiger, parce qu'on a reçu quand même
des recommandations de la communauté en ce qui concerne les modifications de
l'article en question. Ça fait que c'est déjà sur le Greffier si on veut faire
la lecture.
Le Président (M.
Bachand) : Donc, ça fait un
sous-amendement. On va le mettre à l'écran. Et voilà. Donc...
Mme Maccarone : Comme j'ai dit,
ce n'était pas pour enlever rien en ce qui concerne les travaux des collègues.
On n'a juste pas eu la chance d'intervenir. Alors, c'est le sous-amendement de
l'article 21.1 :
L'amendement à l'article 21.1 du projet de
loi est modifié par le remplacement, au deuxième alinéa de l'article 70.1
de ce code, de la première phrase : «Cette mention fait référence à un
sexe masculin ou féminin ou à une identité
de genre masculine, féminine ou non binaire», par la phrase : «Cette
mention peut être masculine, féminine ou non binaire.»
Alors, le texte proposé, pour que tout le monde
nous suit, le 70.1 se lira :
«La mention du sexe figurant à l'acte de
naissance et de décès d'une personne désigne le sexe de cette personne constaté
à sa naissance ou encore à son identité de genre, lorsque cette dernière n'y
correspond pas.
«Cette
mention peut être masculine, féminine ou non-binaire. Un règlement du
gouvernement détermine [ces mots] littéraux utilisés à cette fin.»
Alors, c'est la suite de... le débat que nous
venons tout juste de mener, en ce qui concerne si l'identité de genre va
vraiment, maintenant, être jumelée avec la mention de sexe. Ça, l'amendement en
question, c'est quelque chose, je pense, qui a été circulé et partagé par les
membres de la communauté LGBT. C'est leur recommandation en ce qui concerne les
amendements qu'eux ils ont vus auparavant aussi. Ça fait qu'ils veulent
s'insérer au débat. C'est ce qu'eux ils souhaitent, parce qu'il ne s'agit pas de
réintégrer une distinction entre sexe et identité de genre, tel que prévu dans
les autres amendements au projet de loi.
Alors, pour
moi, c'est de la concordance dans ce que nous avons déjà fait en ce qui
concerne la mention de sexe. Alors,
on soumet un changement qui, je pense, rejoint ce que le ministre souhaite
faire, en ce qui concerne son article, et aussi ce qui est souhaité par
la communauté concernée, parce que c'était vraiment rédacté par eux... rédigé.
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Bien,
écoutez, c'est juste parce que l'objectif est le même, là, on atteint le
résultat. Puis je ne vois pas où est l'enjeu
de faire en sorte qu'une personne puisse s'identifier par son sexe biologique
là. Ultimement, le résultat arrive au même résultat, là.
Le Président (M.
Bachand) : ...allez-y.
Mme Maccarone : Oui.
Bien, si on arrive au même résultat, je soumets que le ministre accepte le
sous-amendement. Comme j'ai dit, c'est écrit par la communauté
concernée. Eux, ce qu'ils souhaitent, c'est de ne pas réintégrer la distinction
entre mention de sexe et identité de genre. Si c'est vraiment souhaité que la
notion est maintenant jumelée, c'est de la concordance, et je pense que ce
serait vraiment bien reçu, et je pense que c'est aussi notre devoir de
continuer à... continuer avec la notion que la mention de sexe et l'identité de
genre... maintenant, dans le projet de loi, c'est la même chose.
Ça fait qu'ici, si on continue à faire référence
à identité de genre dans le deuxième paragraphe, bien, ça veut dire qu'on
réintègre encore la notion. Alors, en supprimant seulement cette portion, on
garde le sens, comme le ministre a dit, en ce qui concerne son article. On ne
veut pas dénaturer, on veut vraiment faire de la concordance et faire suite
avec le débat que nous avons déjà eu. Et je sais qu'il était aussi bien reçu
par les membres de la communauté, parce qu'il y a plein d'articles qui sont
retirés. Ça fait que le ministre a quand même fait une consultation. Ça fait
que c'est la suite de ceci.
Le Président (M.
Bachand) : ...interventions?
M. Jolin-Barrette : ...je
serais curieux d'entendre la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Le Président (M.
Bachand) : Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Oui, bien, en fait,
c'est... puisqu'on est nourris par les mêmes membres de communautés, c'est
exactement le même amendement. Et, en fait, M. le ministre, ce n'est pas
exactement la même chose. Ce n'est pas exactement la même chose, c'est une
question de langage.
Je suis certaine que, si vous regardez vous-même
au premier niveau, là, quand on dit... il y a... puis je vais faire des grands
traits, O.K., je ne veux vraiment pas... mais je veux faire... souligner à
grands traits... quand on dit... il y a... Tel que
formulé présentement dans l'amendement proposé... pas le sous-amendement, mais
l'amendement... que «cette mention fait
référence à un sexe masculin ou féminin ou à une identité de genre», on vient
dire : Bien, il y a les vrais, les vrais, là, ceux qui sont nés avec leur
pénis, puis que c'est des gars, puis qu'ils se sentent encore des gars, eux
autres, c'est les vrais, puis il y a les pas vrais. Ce n'est pas ça que vous
dites, là, mais, volontairement, je souligne à grands traits, là, pour
illustrer.
Pour les jeunes de nos communautés, ce n'est pas
pointilleux de penser que, lorsque vous dites : Il y a un sexe féminin ou
masculin ou une identité de genre... puis là vous redites la même affaire... ce
n'est pas anodin, en termes de langage, ça vient marquer. Et c'est pour ça que,
dans les faits, la proposition qui est là, moi, je la trouve intéressante aussi, parce qu'on dit la même
affaire, hein, «cette mention peut être masculine, féminine ou non binaire»,
mais ça ne vient pas marquer cette différence, qui, inévitablement, au langage,
à la lecture, l'est dans l'amendement que le ministre nous a déposé.
Président (M. Bachand) :
Merci. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions sur le sous-amendement? M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : ...juste
vous demander une suspension.
Le Président (M.
Bachand) : Alors, on va suspendre quelques
instants. Merci.
(Suspension de la séance à 11 h 21)
Le Président (M.
Bachand) : À l'ordre, s'il vous plaît! La
commission reprend ses travaux. Mme la députée de Westmount—Saint-Louis, s'il vous plaît. On est sur votre sous-amendement. Est-ce qu'il y a
d'autres interventions, Mme la députée?
Mme Maccarone : Bien,
écoute, comme j'avais mentionné auparavant, M. le Président, ce sous-amendement
est d'origine de la communauté, suite à une consultation en ce qui concerne les
amendements qu'eux ils avaient en main,
proposés par le ministre en ce qui concerne le projet de loi. Et ce qu'eux, ils
souhaitent, c'est vraiment d'enlever la mention d'identité de genre,
parce que, là, on est en train de la réinsérer dans l'amendement qui est déposé
par le ministre, alors, d'où vient l'origine
du sous-amendement. Je souhaite le garder tel quel, parce que je pense que,
comme je dis, c'est de la concordance
en ce qui concerne les travaux que nous avons déjà faits dans les semaines
précédentes.
Président (M. Bachand) :
Merci beaucoup. Est-ce qu'il y a
d'autres interventions sur le sous-amendement? S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que le sous-amendement est
adopté? Je... Allô? Est-ce que le sous-amendement est adopté?
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Donc, il est...
Mme Maccarone : Vote par appel nominal,
s'il vous plaît.
Le Président (M.
Bachand) : Oui, merci. Mme la secrétaire,
s'il vous plaît.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis)?
La Secrétaire : M. Jolin-Barrette
(Borduas)?
M. Jolin-Barrette : Contre.
La Secrétaire : M. Thouin...
Mme Lachance (Bellechasse)?
La Secrétaire : M. Thouin
(Rousseau)?
La Secrétaire : M. Campeau (Bourget)?
La Secrétaire : Mme Grondin
(Argenteuil)?
La Secrétaire : Mme Proulx
(Côte-du-Sud)?
Mme Proulx (Côte-du-Sud) : Contre.
La Secrétaire : M. Martel
(Nicolet-Bécancour)?
La Secrétaire : Mme Hivon
(Joliette)?
La Secrétaire : M. Bachand
(Richmond)?
Le Président (M.
Bachand) : Abstention. Donc, le
sous-amendement est rejeté. Merci. M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : ...permission,
je retirerais l'article 21.1 pour le remplacer par un nouvel amendement.
Président (M. Bachand) :
Est-ce qu'il y aurait
consentement? Consentement, merci. Donc, M. le ministre, s'il vous
plaît.
M. Jolin-Barrette : Oui.
Article 21.1. Donc :
Ce code est modifié par l'insertion, après
l'article 70, de ce qui suit :
«70.1. La mention [de] sexe figurant à l'acte de
naissance et de décès d'une personne désigne le sexe de cette personne constaté
à la naissance ou encore son identité de genre, lorsque cette dernière n'y
correspond pas.
«Cette
mention est représentée par des symboles littéraux qui font référence aux
qualificatifs "masculin", "féminin" ou "non
binaire". Un règlement du gouvernement détermine les symboles utilisés.»
Donc, ça fait suite, M. le Président, aux
discussions et aux représentations de mes collègues. Et, également, on a
entendu la communauté également. Donc, ça vient clarifier le tout. Et tout le
monde va pouvoir s'identifier masculin, féminin ou par non binaire.
Le Président
(M. Bachand) : Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Oui. J'aimerais
juste entendre le ministre ou son équipe expliquer pourquoi que nous avons
besoin d'avoir «Cette mention est représentée par des symboles littéraux qui
font référence aux qualificatifs» au lieu d'uniquement ce qui était souhaité
par la communauté, puis, comme je dis, cette mention peut être masculin,
féminine ou non binaire. Qu'est-ce que ça change dans la mention? Ce n'est pas
une question d'être contre, mais je veux juste mieux comprendre pourquoi que le
libellé, il est écrit de cette façon.
M. Jolin-Barrette : Donc, parce
que ça fait référence à l'identité de genre ou à la mention de sexe, donc, la modification touche ça, donc, c'est important de
pouvoir s'identifier en fonction de la mention de sexe ou en fonction de
l'identité de genre de la personne.
Mme Maccarone : Je
suis désolée, je ne comprends pas. Je ne comprends pas, parce que qu'est-ce que
ça ajoute d'avoir les symboles, les symboles littéraux? Pourquoi? Pourquoi on
ajoute ceci? Côté légal, qu'est-ce que ça rajoute?
M. Jolin-Barrette : La mention,
c'est l'inscription. Une mention ne peut pas être non binaire, masculine ou
féminine. Dans votre libellé, c'est ce que ça faisait référence, ça
disait : La mention est non binaire, masculine ou féminine. Alors, ce
n'est pas la mention, mais c'est plutôt l'état de la personne.
Mme Maccarone : O.K. Je
comprends. Merci.
Le Président
(M. Bachand) : Est-ce qu'il y a
d'autres interventions sur l'amendement? S'il n'y a pas d'autre intervention,
est-ce que l'amendement est adopté?
Le Président
(M. Bachand) : Est-ce que
l'amendement est adopté?
M. Jolin-Barrette :
Oui, l'amendement est adopté.
Le Président
(M. Bachand) : Merci beaucoup. Donc,
l'amendement pour le nouvel
article 21.1 est adopté. Merci. M. le
ministre, s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette : Oui. Là, on
s'en va à 3.1, M. le Président. Bien, voulez-vous qu'on... Vous n'aviez pas un
amendement tantôt?
M. Jolin-Barrette : Non? Ah!
O.K. 3.1. Donc, 3.1, c'est un amendement, M. le Président, qui est sur
Greffier. Donc, c'est un nouvel
article : Insérer, après l'article 3
du projet de loi, le suivant :
3.1. Le
chapitre premier du
titre troisième du
livre premier de ce code est modifié par le remplacement de ce qui précède
l'article 50 par ce qui suit, donc :
«Du nom et de la mention du sexe
«1. De l'attribution du nom».
Commentaire. Cet amendement propose de remplacer
l'intitulé du
chapitre premier du
titre troisième du livre premier du Code
civil par «Du nom et de la mention de sexe» afin qu'il dise bien que ce
chapitre traite également de la mention de sexe.
Cet amendement propose aussi de remplacer
l'intitulé de la
section I du
chapitre premier du
titre troisième du livre
premier du Code civil par «Du nom» et d'ajouter une sous-section 1
intitulée «De l'attribution du nom». Cet amendement est aussi en lien avec
celui proposant d'ajouter un
article 21.1 au projet de loi.
Le Président
(M. Bachand) : Merci. Avant d'aller
plus loin, j'aurais besoin d'un consentement pour permettre au député
d'Hochelaga-Maisonneuve de remplacer le député de Jean-Lesage. Consentement?
Une voix : Consentement.
Le Président
(M. Bachand) : Merci. Donc, interventions sur l'amendement
du ministre?
M. Leduc : Je vais être fin, je
vais être fin.
Le Président
(M. Bachand) : Est-ce qu'il y a des interventions? S'il
n'y a pas d'intervention, est-ce que l'amendement est adopté?
Le Président
(M. Bachand) : Adopté. Merci.
M. Jolin-Barrette : Alors, on
passerait à...
Président (M. Bachand) : Donc, l'amendement avec
le nouvel
article 3.1 est adopté. Merci. Pardon, M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : On
passerait à l'article 8.1, M. le Président, qui est un nouvel
article qui
est sur Greffier. Donc :
8.1. Insérer, après l'article 8 du projet
de loi, le suivant :
«8.1. La
section II du
chapitre premier du
titre troisième du livre premier de ce
code en devient la sous-section 2 de la
section I du
chapitre
premier du
titre troisième du livre premier.»
Commentaire. Afin d'assurer une continuité avec
l'amendement proposant d'ajouter l'article 3.1 au projet de loi, cet
amendement propose que la
section II du
chapitre premier du
titre
troisième du livre premier du Code civil devienne
la sous-section 2 de la
section I de ce chapitre. Cet amendement est
aussi en lien avec celui proposant d'ajouter un
article 21.1 au
projet de loi.
Le Président
(M. Bachand) : Merci beaucoup.
Interventions? Merci. Oui, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Juste
le valider, le 21.1, il y a toujours... La référence est toujours bonne, malgré
que nous avons amendé l'article en question. Je veux juste m'assurer
que...
M. Jolin-Barrette :
Excusez-moi, je n'ai pas saisi le début.
Mme Maccarone :
Parce que, là, on parle de 21.1. 21.1, le nouveau 21.1. que nous
venons d'adopter, ça ne crée aucun problème en ce qui concerne les références
ici?
M. Jolin-Barrette :
C'est le nouveau 21.1, dans le fond, on l'a remplacé avec celui qu'on
vient d'adopter. Dans le fond, le 21.1 de cet article-là va référer au
nouveau 21.1 qu'on vient d'adopter.
Le Président (M. Bachand) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Mme la députée de Joliette, ça
va? Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'amendement
est adopté?
Le Président (M. Bachand) : Adopté. Donc, le nouvel
article 8.1 est adopté. Merci. M. le
ministre, s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette :
Là, ensuite, dans le plan, il y avait l'article 11, mais, puisque ça
touche le prénom usuel, je vous proposerais qu'on le saute pour qu'on puisse
traiter le prénom usuel en bloc. Est-ce que ça vous convient? Suite aux
représentations de la députée de Joliette tantôt, donc, on irait à 11.1, M. le
Président.
Président (M. Bachand) : Est-ce qu'il
y a consentement?
Président (M. Bachand) : Consentement.
Donc, M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette : Oui, 11.1. Alors, c'est
un nouvel
article qui est sur Greffier. Donc : Insérer, après
l'article 11 du projet de loi, le suivant :
«11.1.
la
section III et la sous-section 1 de la
section III du
chapitre premier du
titre troisième du livre premier de ce code en deviennent, respectivement, la
sous-section 4 et la sous-section I de la sous-section 4 de la
section I du
chapitre premier du
titre troisième du livre premier.»
Commentaire. Afin
d'assurer une continuité avec l'amendement proposant d'ajouter
l'article 3.1 au projet de loi, cet
amendement propose que la sous-section 1 de la
section III du
chapitre premier du
titre troisième du livre premier du Code civil deviennent
une sous-section 1 et une sous-section 4 de la
section I de ce
chapitre. Cet amendement est aussi en lien avec celui proposant d'ajouter un
article 21.1 au projet de loi.
Président (M. Bachand) : Merci
beaucoup. Est-ce qu'il y a des interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux
voix. Est-ce que l'amendement créant le nouvel
article 11.1 est adopté?
Président (M. Bachand) : Adopté.
Merci.
M. Jolin-Barrette : Il y aurait 21... pardon,
11.2, M. le Président, qui est un nouvel article, qui est sur Greffier
également. Donc : Insérer, après l'article 11.1 du projet de loi tel
qu'amendé, le suivant :
«11.2. La
sous-section 2 de la
section III du
chapitre premier du
titre
troisième du livre premier de ce code en devient la sous-section II de la
sous-section 4 de la
section I du
chapitre premier du
titre troisième
du livre premier.»
Commentaire. Afin
d'assurer une continuité avec l'amendement proposant d'ajouter
l'article 3.1 au projet de loi, cet amendement propose que la
sous-section 2 de la
section III du
chapitre premier du
titre
troisième du livre premier du Code civil
devienne une sous-section II de la sous-section 4 de la
section I de ce chapitre. Cet amendement est aussi en lien avec
celui proposant d'ajouter un
article 21.1 au projet de loi.
Le Président (M. Bachand) : Merci beaucoup. Interventions? Ça va? Alors, s'il n'y a pas d'autre
intervention, est-ce que l'amendement créant le nouvel
article 11.2
est adopté?
Président (M. Bachand) : Adopté.
Merci. M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette :
On passerait à 18.1, M. le Président.
Président (M. Bachand) : Oui.
M. Jolin-Barrette : Donc,
18.1, qui est également un nouvel
article qui se trouve sur Greffier. Alors,
18.1. : Insérer, après l'article 18 du projet de loi, le
suivant :
«18.1. La
sous-section 3 de la
section III du
chapitre premier du
titre
troisième du livre premier de ce code en devient la sous-section III de la
sous-section 4 de la
section I du
chapitre premier du
titre troisième
du livre premier.»
Commentaire. Afin
d'assurer une continuité avec l'amendement proposant d'ajouter
l'article 3.1 au projet de loi, cet
amendement propose que la sous-section 3 de la
section III du
chapitre premier du
titre troisième du livre premier du Code civil devienne une
sous-section III de la sous-section 4 de la
section I de ce
chapitre. Cet amendement est aussi en lien avec celui proposant
d'ajouter un
article 21.1 au projet de loi.
Président (M. Bachand) : Mme la
députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone :
Je veux juste dire, M. le Président, pour ceux qui ne pensent pas que le
Code civil est compliqué, il faut relire ce que le ministre vient de
lire : «La sous-section 3 de la
section III du
chapitre premier
du
titre troisième du livre premier de ce code», c'est assez compliqué. Puis là
ça fait plusieurs fois que nous faisons ce changement. C'est juste un
commentaire en passant, M. le Président, c'est assez compliqué. Merci beaucoup.
Président (M. Bachand) : Merci. Mme
la députée de Joliette.
Mme Hivon :
Oui. Donc, en fait, on change juste l'endroit? J'essaie juste de...
M. Jolin-Barrette :
Oui, dans le fond, au lieu d'être la sous-section 3, ça devient...
C'est en lien avec 3.1, là. Dans le fond, ça devient la sous-section III
de la sous-section 4 de la
section I du chapitre.
Mme Hivon :
Ça décale, en fait. C'est parce que j'ai...
M. Jolin-Barrette :
Ça décale? Ça décale.
Mme Hivon :
C'est beau.
Le Président (M. Bachand) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? S'il n'y a pas d'autre
intervention, est-ce que l'amendement est adopté?
Président (M. Bachand) : Donc,
l'amendement créant le nouvel
article 18.1 est adopté. M. le ministre,
s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette :
Oui. 20.1, M. le Président, qui est un nouvel
article qui est sur Greffier
également. 20.1 : Insérer, après l'article 20 du projet de loi, le
suivant :
«20.1. La
sous-section 4 de la
section III du
chapitre premier du
titre
troisième du livre premier de ce code en devient la sous-section IV [...]
de la
section I du
chapitre premier du
titre troisième du livre premier.»
Commentaire. Afin
d'assurer une continuité avec l'amendement proposant d'ajouter
l'article 3.1 au projet de loi, cet
amendement propose que la sous-section 4 de la
section III du
chapitre premier du
titre troisième du livre premier du Code civil
devienne une sous-section IV de la
section I de ce chapitre. Cet
amendement est aussi en lien avec celui proposant d'ajouter un
article 21.1
au projet de loi.
Président (M. Bachand) : Merci
beaucoup. Interventions?
Mme Maccarone :
...on a quand même la table des matières...
Mme Hivon :
Du Code civil.
Mme Maccarone :
...du Code civil. On essaie de vous suivre.
Le Président (M. Bachand) : Est-ce que ça va? S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que
l'amendement créant le nouvel
article 20.1 est adopté?
Président (M. Bachand) : Adopté.
Merci. M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette : Oui,
on va aller à l'article 27.2, M. le Président. 27.2, donc qui est un
nouvel article, M. le Président, qui est sur Greffier. Insérer, après
l'article 27.1 du projet de loi tel qu'amendé, le suivant :
«27.2.
La
section V du
chapitre premier du
titre troisième du livre premier de ce
code en devient la
section III du
chapitre premier du
titre troisième du
livre premier.»
Commentaire. Afin
d'assurer une continuité avec l'amendement proposant d'ajouter l'article 3.1
au projet de loi, cet amendement propose que la
section V du
chapitre
premier du
titre troisième du livre premier du Code civil en devienne la
section III du
chapitre premier.
Cet amendement est aussi en lien avec celui proposant d'ajouter un
article 21.1
au projet de loi.
Le Président (M. Bachand) : Merci beaucoup. Interventions sur l'amendement? S'il n'y a pas
d'intervention, est-ce que l'amendement créant un nouvel
article 27.2 est adopté?
Président (M. Bachand) : Merci, M. le ministre, s'il vous
plaît.
M. Jolin-Barrette :
O.K. Alors là, 253, qui venait modifier 24.1, on le déplacerait dans la
section Prénom usuel, parce que ça touche le prénom usuel également. Donc, on
irait à la prochaine
section sur la notion de sexe indéterminé et on...
Président (M. Bachand) : Mais juste
pour que, les gens, qu'on se comprenne, là, sont d'accord pour... Parfait.
Donc, il y a consentement. Merci. M. le ministre, pardon.
M. Jolin-Barrette :
Alors là, on irait à partir de l'article 24 du projet de loi.
Président (M. Bachand) : Merci.
M. Jolin-Barrette :
Et il y a un amendement, M. le Président, qui vise à retirer l'article.
Donc :
24. Ce code est
modifié par l'insertion, après l'article 71, du suivant :
«71.0.1. La personne
dont la mention du sexe figurant à son acte de naissance indique qu'il est
indéterminé ou, si elle est mineure, son
tuteur doit, dès qu'il est possible de déterminer son sexe, faire une demande
de changement de la mention du sexe
et, s'il y a lieu, de ses prénoms. Pour l'obtenir, elle doit satisfaire aux
conditions prévues pour une telle demande au présent code ainsi qu'à
celles déterminées par un règlement du gouvernement.
«Lorsqu'une mention
de l'identité de genre lui a été attribuée à la naissance, elle peut, si elle
satisfait aux conditions prévues pour une telle demande, obtenir le changement
ou le retrait de cette mention et, s'il y a lieu, le changement de ses
prénoms.»
L'article 24,
l'amendement : Retirer l'article 24 du projet de loi.
Le Président (M. Bachand) : Merci. Donc, on est sur l'amendement. Interventions? S'il n'y a pas
d'intervention, est-ce que l'amendement est adopté?
Le Président
(M. Bachand) : Donc l'article 24
est retiré. M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette :
Oui.
L'article 30, M. le Président. Donc, l'article 30, M. le
Président :
L'article 111 de
ce code est modifié :
1° par l'insertion, à
la fin du deuxième alinéa, de «ou du parent qui lui a donné naissance»;
2° par l'ajout, à la
fin, de l'alinéa suivant :
«Lorsque
le sexe de l'enfant ne peut être déterminé, il énonce une mention du sexe
indiquant qu'il est indéterminé.»
Et il y a un amendement
à l'article 30 qui est sur Greffier :
Supprimer le
paragraphe 2° de l'article 30 du projet de loi.
Commentaire. Cet
amendement propose de supprimer le troisième alinéa de l'article 30 du
projet de loi, propose d'ajouter, à l'article 111 du Code civil, afin de
retirer la référence à une mention de sexe indiquant qu'il est indéterminé. Il propose aussi de maintenir
l'insertion, à la fin du premier alinéa, des termes «ou du parent qui lui a donné
naissance».
Président (M. Bachand) : Mme la députée
de Joliette, sur l'amendement, s'il vous plaît.
Mme Hivon :
Bien, M. le Président, juste pour
que les gens qui suivent nos travaux comprennent bien les implications
concrètes de ce que ça veut dire... Donc, quand l'enfant va naître, qu'est-ce qu'il
va se passer?
Président (M. Bachand) : M. le
ministre.
M. Jolin-Barrette :
En fait, avec le projet de loi n° 2, ce qu'on faisait, c'est qu'on
venait permettre, pour un enfant né intersexe ou hermaphrodite, de faire en
sorte que ses parents, avant de déclarer... À la déclaration de naissance, M ou
F, on permettait aux parents, pour un laps de temps, d'indiquer «indéterminé»
lorsque, supposons, il a les organes génitaux masculin et féminin, justement
pour ne pas que les parents aient à choisir avec rapidité tout ça. Suite au
dépôt du projet de loi... Puis, dans le fond, ce que ça disait, c'est que, le
plus rapidement possible à partir du moment où il pouvait y avoir un sexe
d'identifié, le parent devait transmettre l'information au Directeur de l'état
civil, le déclarer.
Suite au dépôt du
projet de loi, il y a eu beaucoup de critiques relativement à ça. On a entendu
la Pre Janik Bastien Charlebois, qui est venue nous dire en commission que
c'est préférable de tout de même fixer un sexe à la naissance à l'enfant. Ça
vient sécuriser l'environnement familial, ça vient sécuriser les parents.
Alors, ce qu'on fait, c'est qu'on retire ça, et on vient faire en sorte de
retirer la notion de «indéterminé». Donc, à la naissance de l'enfant, supposons
que l'enfant naît avec les organes biologiques masculins et féminins, supposons
que ce n'est pas possible d'identifier, l'accoucheur, qui est le médecin, va
discuter avec les parents. Puis les parents ont 30 jours pour transmettre
la déclaration de naissance. Donc, ils vont établir le sexe de l'enfant. Par la
suite, lorsque l'enfant va se développer, supposons, va grandir et va...
Supposons qu'il a un pénis puis que, dans son être, il se sent comme une femme,
bien, à ce moment-là, les parents vont pouvoir modifier. Puis supposons qu'à la
déclaration de naissance, sur l'acte de l'état civil, c'était identifié homme
parce qu'il avait un pénis, bien... ou que c'était le caractère proéminent de
l'appareil génétique, à ce moment-là, les parents vont pouvoir modifier le sexe
de l'enfant pour l'identifier comme une fille.
Mme Hivon :
Puis, juste, là, sur la science, sur ce que la professeure nous a dit,
versus ce que vous, vous aviez planifié, de... Parce qu'en fait on revient un
peu à l'état actuel des choses où on devait donner un sexe. Je veux dire ante
la réforme, là, vous suggériez d'avoir la possibilité de mettre «indéterminé».
La professeure est venue nous dire : Non, c'est mieux de tout de suite
donner un sexe. Mais vous, quand vous aviez... Je suis juste curieuse de
savoir : Est-ce que le consensus, il est total dans la communauté scientifique?
Vous, quand vous aviez mis cette possibilité-là, c'était fondé sur quels
arguments, quelle littérature, quelle représentation qui vous a été faite?
Juste pour voir un peu. Parce que, pour
certains, on a bien entendu ce qui nous a été dit, mais pour certains, il y
avait comme là quelque chose
d'intéressant de ne pas être obligé de tout de suite déterminer. Là, vous
dites : Après réanalyse, c'est mieux de déterminer tout de suite.
Alors...
M. Jolin-Barrette :
Bien, je vous dirais que la réflexion avait notamment débuté dans le cadre
du projet de loi n° 70 sur les thérapies de conversion. Puis c'était la
députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques
qui était là et qui nous disait, et je me souviens très bien, qui disait :
Écoutez, il faut absolument avoir la notion de sexe indéterminé, qu'il soit
identifié, tout ça. Nous, on a réfléchi à ça, on a consulté également. Et
c'était pour ça, la démarche, c'était pour donner une marge de manoeuvre,
justement, aux parents. Suite au dépôt du projet de loi, il y a eu énormément
de critiques. On a refait un tour de roue avec l'ensemble des groupes, et
l'ensemble des groupes nous ont dit : Nous, on préfère y aller avec
l'opinion de la Pre Bastien Charlebois, comme elle est venue nous la
livrer ici. Donc, suite aux discussions supplémentaires avec les groupes, c'est
pour ça qu'on dépose l'amendement, parce que la zone de confort, elle est
beaucoup plus grande pour les... notamment les différents groupes, pour les
chercheurs universitaires également, d'y aller avec la version antérieure.
Mme Hivon :
Puis, dans la proposition initiale de la réforme, on pouvait inscrire
«indéterminé» ou on était obligés d'inscrire «indéterminé»? Est-ce qu'il y
avait de la latitude ou c'était automatiquement «sexe indéterminé» pour une
naissance d'un enfant intersexe?
M. Jolin-Barrette : C'est ça, c'est un
constat de naissance. Donc, vous n'aviez pas le choix. Si c'est indéterminé,
c'est indéterminé.
Mme Hivon : Oui? O.K. Je
soulève juste la question. Est-ce que ce ne serait pas possible de laisser ce
choix-là aux parents qui, là, de toute façon, vont devoir faire un choix
en discutant avec le médecin, sexe féminin, masculin ou indéterminé. Je n'ai
pas de... Je veux juste voir si vous avez analysé ça.
M. Jolin-Barrette :
Bien, oui, on l'a analysé, puis la Pre Charlebois nous disait qu'on ne
devrait pas faire ça puis qu'on devrait maintenir la dualité entre les deux,
lorsqu'elle est venue en commission parlementaire. Donc, oui, on l'a analysé
parce qu'au départ, nous, la réflexion qu'on s'était faite, c'était, justement,
de permettre aux parents d'avoir cette marge de manoeuvre là. Mais ce que la
professeure nous disait en lien avec ses recherches, puis ce que l'ensemble des
groupes nous ont référé, c'est, justement, que le changement soit fait d'une
façon subséquente parce que la réalité des parents qui font face à ça ont
besoin de sécurité dès le départ. Donc, c'est pour ça, de choisir et, par la
suite, de faire le cheminement en fonction de l'évolution de l'enfant.
Mme Hivon :
O.K. Puis la mention X, elle, elle peut apparaître à partir de quel moment?
M. Jolin-Barrette : La quoi?
Mme Hivon : La
mention X, l'âge, est-ce qu'il y a un... je veux dire...
M. Jolin-Barrette : Dès qu'il y
a une mention de changement de sexe.
Mme Hivon : Oui. Il n'y a pas
de limite?
M. Jolin-Barrette : Non.
Mme Hivon : Il n'y a pas de...
O.K.
Le Président
(M. Bachand) : Est-ce qu'il y a
d'autres interventions sur l'amendement? Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Ça
fait que, ça, ça veut dire, lors de la naissance d'un enfant, les parents vont
pouvoir utiliser la mention de X s'ils le souhaitent?
M. Jolin-Barrette : Non,
pas lors de la naissance de l'enfant. Sur la notion de sexe, pour l'État, elle
demeure, O.K., au niveau de la naissance, au niveau de la déclaration de
naissance, mais par la suite ils pourront l'identifier comme non
binaire.
Mme Maccarone : Puis sur quoi
le législateur va déterminer qu'une personne est intersexe? Est-ce que, ça,
c'est écrit quelque part?
M. Jolin-Barrette : Ça n'existe
pas, là, dans notre corpus, intersexe.
Mme Maccarone : O.K.
Parce que je sais que c'est les préoccupations... Je pense aussi que la
Pre Janik Bastien Charlebois a aussi soulevé, c'est un peu ça, la
préoccupation, c'est comment que ce serait déterminé parce qu'il y a la notion
de...
M. Jolin-Barrette : Mais on
retire tout ça, là. Conformément à ses commentaires, on retire tout ça.
Mme Maccarone : Parfait.
Mme Weil : Vraiment juste...
Le Président
(M. Bachand) : ...Notre-Dame-de-Grâce.
Mme Weil : Oui. Merci, M. le
Président. Juste pour bien comprendre, donc, quand l'enfant est né et que ce
n'est pas évident, on consulte les parents. Et les parents, ça va être soit
garçon soit fille.
M. Jolin-Barrette : Exactement.
Mme Weil : C'est ça, à
ce moment-là.
M. Jolin-Barrette : Oui.
Mme Weil : Puis
après, le reste, par la suite. Et les parents, j'imagine, qui prennent la
décision en consultation, évidemment, avec les experts autour d'eux, les
médecins qui sont là, ils vont pencher vers l'un ou l'autre. Est-ce que c'est
un peu comme ça que les parents prennent la décision?
M. Jolin-Barrette : Exactement,
c'est avec l'accoucheur, dans le fond, que la décision, elle est prise.
Mme Weil : Qu'il y a une
prédominance d'un sexe ou l'autre?
M. Jolin-Barrette : Exactement.
Le Président
(M. Bachand) : Merci. Autres
interventions? Mme la députée de Joliette.
Mme Hivon : Juste pour
continuer le processus. Par rapport à la situation actuelle, quel est le
changement pour les parents dans les possibilités qu'ils vont avoir par la
suite? Est-ce que c'est essentiellement la même chose? Parce le ministre, tantôt, nous disait : Le plus tard, quand
quelque chose devient plus clair, dominant. Mais, par rapport à la
situation actuelle, qu'est-ce qui va être différent?
M. Jolin-Barrette :
C'est la même chose.
Mme Hivon :
C'est exactement la même chose?
M. Jolin-Barrette : La même chose, à
l'exception que, plus tard, vous allez voir dans le projet de loi qu'il y avait
une des revendications des parents d'enfants intersexes relativement à
la notion de chirurgie, tu sais, de ne pas avoir de pression par rapport à la
chirurgie. Donc, on a... C'est dans un
article qu'on va voir un petit peu plus
tard.
Président (M. Bachand) : Merci.
Autres interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que
l'amendement est adopté?
Président (M. Bachand) : Adopté.
Donc, on revient à l'article 30 tel qu'amendé. Autres interventions? S'il
n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 30 tel qu'amendé est
adopté?
Président (M. Bachand) : Adopté,
merci. M. le ministre.
M. Jolin-Barrette :
L'article 33, M. le Président, il y aura un amendement. Donc :
L'article 115 de ce code est remplacé par le suivant :
«115. La déclaration
de naissance énonce le nom attribué à l'enfant, son prénom usuel, s'il a
plusieurs prénoms, son sexe, lequel doit correspondre à celui indiqué dans le
constat de naissance, les lieu, date et heure de sa naissance, ainsi que le nom
et le domicile de ses père et mère ou de ses parents. Elle énonce également le
lien de parenté du déclarant avec l'enfant. Le déclarant est alors désigné
comme étant le père ou la mère selon la mention du sexe figurant à son acte de
naissance ou, si une mention de l'identité de genre y figure, comme étant le
père, la mère ou le parent de l'enfant, selon cette mention.
«Dans le cas où la
mention du sexe figurant au constat de naissance d'un enfant indique qu'il est
indéterminé, la déclaration de naissance peut énoncer une mention de l'identité
de genre masculine ou féminine, au choix du déclarant.»
l'amendement : À l'article 115 de ce code, proposé par
l'article 33 du projet de loi :
1° dans le premier
alinéa :
a) supprimer «,
lequel doit correspondre à celui indiqué dans le constat de naissance»;
b) remplacer «ou la
mère selon la mention du sexe figurant à son acte de naissance ou, si une
mention de l'identité de genre y figure, comme étant le père, la mère ou le
parent de l'enfant, selon cette mention» par «, la mère ou le parent selon la mention du sexe figurant à son acte de naissance
ou, à son choix, comme étant le parent de l'enfant»;
2° supprimer deuxième
alinéa.
Commentaire. Cet
amendement propose de supprimer, dans le premier alinéa de l'article 115
du Code civil modifié par l'article 33
du projet de loi, la référence au sexe énoncé dans le constat de naissance afin
de revenir au libellé actuel. Cet amendement propose de prévoir que
toute personne peut choisir d'être désignée comme étant le parent de l'enfant à la naissance de son enfant et de
retirer la référence à la mention de l'identité de genre étant donné
l'amendement proposé à
l'article 41 du projet de loi, réitérant la possibilité que figure à
l'acte de naissance une telle mention... retirant, pardon, la
possibilité.
Cet amendement
propose de supprimer le deuxième alinéa de l'article 115, propose
d'ajouter l'article 33 du projet de loi afin de retirer la possibilité que
la déclaration de naissance énonce une mention de sexe qui indique que le sexe
est indéterminé.
Enfin, il est proposé
de maintenir l'insertion des termes «ou de ses parents» après le terme «mère».
Donc, je vais
peut-être lire la version tel qu'amendée, M. le Président, ça va être plus
simple, là, 115.
«115. La déclaration
de naissance énonce le nom attribué à l'enfant, son prénom usuel, s'il y a
plusieurs prénoms, son sexe, les lieu, date
et heure de sa naissance, ainsi que le nom et le domicile de ses père et mère
ou de ses parents. Elle énonce également le lien de parenté du déclarant
avec l'enfant. Le déclarant est alors désigné comme étant le père, la mère ou
le parent selon la mention du sexe figurant à son acte de naissance ou, à son
choix, comme étant le parent de l'enfant.»
Président (M. Bachand) : Mme la
députée de Joliette.
Mme Hivon : Je ne sais pas si
quelqu'un... Je ne comprends pas la fin, là, «la mère ou le parent selon la
mention du sexe figurant à son acte de naissance».
M. Jolin-Barrette : Bien, exemple, supposons
que la personne est non binaire, puis il va s'identifier comme parent. Bien,
en fait, il peut s'identifier comme mère, comme père ou comme parent.
Mme Hivon : Puis
pourquoi on vient spécifier ça? Pourquoi il faut dire «selon la mention du sexe
figurant à son acte de naissance»? Est-ce que ça ne va pas de soi?
M. Jolin-Barrette :
Bien, par concordance.
Mme Hivon : Par concordance.
Le Président
(M. Bachand) : Est-ce qu'il y a
d'autres interventions?
Mme Hivon : C'est parce que
je...
M. Jolin-Barrette : Parce
que, dans le fond, la règle, là, normalement, par défaut, c'est la référence à
l'acte de naissance du parent.
Mme Hivon : Oui, mais là «le
père, la mère ou le parent selon la mention du sexe figurant à son acte de
naissance ou, à son choix, comme étant le parent de l'enfant», c'est quoi, la
distinction entre les deux?
M. Jolin-Barrette : Bien, dans
le fond, tout le monde peut choisir d'inscrire «parent» maintenant.
M. Jolin-Barrette : Exemple,
là. Moi, là, je suis un homme...
Mme Hivon : Indépendamment
de la mention à mon acte de naissance, je pourrais être mère, mais, rendue là, je
décide d'être parent.
M. Jolin-Barrette : Exactement.
C'est ça.
Mme Hivon : Mais je peux être
déjà parent. Là, je vais être parent.
M. Jolin-Barrette : Oui.
Non, mais vous pouvez être, supposons, non binaire, puis là vous allez vous identifier
comme parent.
Mme Hivon : Oui, oui, oui.
M. Jolin-Barrette : Dans
le fond, on donne la possibilité, supposons, à un homme... Comme, supposons,
moi, masculin, que je vais pouvoir m'identifier comme parent.
Mme Hivon : Oui.
En fait, c'est comme si la base, c'est : Vous êtes identifiée F, vous
allez être mère. Vous êtes identifié M, vous allez être père. Vous êtes
identifié X, vous allez être parent.
M. Jolin-Barrette : C'est ça.
Mme Hivon : Ça, c'est comme
l'automatisme.
M. Jolin-Barrette : C'est ça.
Mme Hivon : Mais
tu peux aussi décider, même si tu es d'identifié M ou F, de t'identifier comme
parent.
M. Jolin-Barrette : Comme
parent, c'est ça.
Président (M. Bachand) : Merci. Autres
interventions sur l'amendement? S'il n'y a pas d'autre d'intervention,
est-ce que l'amendement à l'article 115 est adopté?
Président (M. Bachand) : Adopté. Donc, on revient
à 33 tel qu'amendé. Autres interventions? S'il n'y a pas d'autre
intervention, est-ce que l'article 33, tel qu'amendé, est adopté?
Le Président
(M. Bachand) : Adopté. Merci
beaucoup. M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : 34.1,