CAT — 3 December 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
CAT 2020-12-03
Quebec — Committees
Mme la secrétaire, bon matin. Est-ce
qu'il y a des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Bussière (Gatineau) est remplacé par M. Provençal (Beauce-Nord);
M. Girard (Lac-Saint-Jean), par Mme Jeannotte (Labelle); M. Thouin
(Rousseau), par Mme IsaBelle (Huntingdon); M. Tanguay (LaFontaine),
par Mme Montpetit
(Maurice-Richard); Mme Lessard-Therrien (Rouyn-Noranda—Témiscamingue), par M. Fontecilla
(Laurier-Dorion); et M. Bérubé (Matane-Matapédia), pardon, par Mme Perry
Mélançon (Gaspé).
Le Président (M. Allaire) :
Merci. Avant de commencer, je vous informe qu'en vertu de la motion adoptée par
l'Assemblée le 20 octobre 2020 les votes pour ce mandat devront toujours
se tenir par appel nominal, et ce, jusqu'au 11 décembre.
Alors, si vous vous souvenez, hier, lors de
l'ajournement, nous étions à l'article 79, mais, de façon plus précise,
sur un amendement déposé à l'article 79. Donc, concernant l'amendement
déposé à l'article 79, est-ce qu'il y a des interventions?
Mme la députée de Vaudreuil?
Mme Laforest : ...M. le
Président, j'aimerais peut-être...
Le Président (M. Allaire) : Ah!
Mme la ministre...
Le Président (M. Allaire) :
...ça vous va-tu si on laisse la députée commencer? Ça vous va-tu? O.K.
Parfait. Mme la ministre, allez-y.
Mme Laforest : Bien, en fait,
bien, je voudrais donner... C'est pour donner l'information parce qu'on disait
que... Il y avait une question par rapport à mon collègue qui est aux Finances,
puis j'avais dit que je proposais de lui poser la question, de discuter avec
lui. C'est sûr que j'ai pu discuter avec lui longuement, puis ce qu'on m'a dit,
et évidemment c'est très, très complexe, et que Revenu Québec est déjà... c'est
déjà dans son mandat de s'occuper de ça.
Je veux le mentionner, sauf que j'ai proposé quand
même quelque chose à M. Desbiens, au niveau du formulaire, puis ce serait peut-être
important de le proposer. Je crois que c'est où on pourra aller le plus loin
possible. Puis également on a la visite aujourd'hui de Me Hudon qui va nous
expliquer aussi au niveau du tourisme la complexité pour discuter avec Revenu
Québec.
Alors, il y a M. Desbiens qui va proposer probablement
une solution avec le formulaire, et Me Hudon aussi, qui vont prendre parole
après la députée d'Anjou—Louis-Riel
ou de Vaudreuil? Les deux? O.K.
Mme Laforest : Me Desbiens et
M. Hudon.
Le Président (M. Allaire) : O.K.
C'est bon, merci.
Mme Laforest : Me Hudon, Me
Hudon.
Le Président (M. Allaire) :
Parfait. Mme la députée de Vaudreuil, la parole est à vous.
Mme Nichols : Oui, merci. (Interruption) Mon doux! Je
m'entends, il y a de l'écho, hein? Merci, M. le Président.
Bien, d'emblée, je voulais connaître, bien, la
façon qu'on était pour commencer les échanges, là, comment... Moi, je n'ai pas
de problème à ce qu'on donne la parole à Me Hudon ou à M. Desbiens dès le
début, en fonction de qu'est-ce que la ministre propose. Je n'ai pas de problème
avec ça, mais je voulais m'assurer... je voulais vérifier avec vous c'est quoi,
le temps... qu'est-ce qui nous reste comme temps relativement à l'amendement
qui a été déposé.
Le Président (M. Allaire) :
Oui. Mme Nichols, il vous reste à peu près... un petit peu moins de
2 min 55 s; Mme la députée
d'Anjou—Louis-Riel,
12 min 50 s; et M. le député... Non, ça va pour le reste. M. le député de Laurier-Dorion, 11 min 30 s.
Le Président (M. Allaire) : ...Mme
la députée de Louis-Riel, la parole est à vous.
Mme Thériault : Oui. Merci,
M. le Président. Merci, Mme la ministre, d'avoir discuté avec votre collègue.
Merci, Me Hudon, d'être avec nous aujourd'hui.
Moi, j'ai discuté avec l'ancien ministre des
Finances, le député de Robert-Baldwin, qui a été aussi responsable du Revenu,
et la discussion que j'ai eue avec mon collègue, pas plus loin que ce matin,
c'est que, de la manière dont a travaillé notre amendement, en disant «une
non-conformité aux lois fiscales du Québec», qu'on était au bon endroit. Je veux juste rappeler, Mme la ministre, M. le
Président, et les gens qui nous écoutent, que le propre du crime organisé,
c'est d'infiltrer une industrie qui est tout à fait légale et de s'en servir à
des fins de blanchiment d'argent et d'évasion fiscale.
Avec tout ce
qu'on a vu cette semaine avec Loto-Québec, je pense qu'il est de notre devoir,
comme parlementaires, de fermer la porte au départ d'une nouvelle
industrie qu'on est en train de réglementer. Malheureusement, le crime organisé
va tout faire pour s'infiltrer. Et quand je regarde la loi, ici, ça dit
clairement qu'il y a certaines lois, si on commet des infractions, on ne peut
pas avoir d'attestation. Nulle part on ne mentionne que quelqu'un qui a fait de
la fraude, du blanchiment, de l'évasion fiscale, éludé les impôts ou agi comme
prête-nom ne peut pas se prévaloir d'un privilège d'avoir une attestation.
C'est cette porte-là que je veux fermer.
J'ai travaillé aussi avec l'ancien ministre
responsable du Revenu et des Finances, Raymond Bachand. J'ai été ministre de la
Sécurité publique, j'ai été ministre responsable de l'industrie de la
construction quand le crime organisé l'a infiltrée, puis souvenez-vous les
reportages qu'il y avait. Je considère que, puisque nous sommes au début, nous
devons nous donner les moyens de fermer la porte le plus possible ou toutes les
portes qui sont en notre pouvoir.
Moi, quand je lis la loi, d'aucune façon Revenu
Québec ne peut intervenir. La loi ne lui donne pas la permission de ne pas
donner d'attestation. Donc, il est évident qu'en temps normal, c'est la
ministre qui va écrire les amendements. Je suis heureuse qu'elle ait parlé avec
son collègue, je suis heureuse que vous soyez là, mais je veux que vous sachiez
que nous, c'est notre intention... On a déposé un amendement, je suis bien
prête à entendre vos arguments. Ça fait quand même près de 20 ans que je
fais de la législation ici. Quand la loi ne permet pas de faire quelque chose,
elle ne le permet pas. Et je veux qu'on se donne la permission de barrer la
route aux gens qui voudraient blanchir de l'argent.
Et je ne trouve pas normal, à partir du moment
où on est en train de définir un nouveau carré de sable et qu'on donne des privilèges aux gens... parce qu'avoir
une attestation pour pouvoir faire du Airbnb, c'est un privilège. Et il y
a toutes sortes de cas d'exemples que je
peux vous donner, dans des tours à condos où le crime organisé pourrait acheter
un étage complet d'appartements, puis
blanchir de l'argent, puis personne ne va s'en rendre compte, avec des
prête-noms pour que ça soit des
résidences principales de quelqu'un. C'est vrai pour ça, c'est vrai pour un
lac, c'est vrai... Nos régions du Québec
sont grandes puis il y a beaucoup de lacs. C'est possible de le faire aussi
parce que je la vois, cette possibilité-là.
Je ne veux pas faire l'oiseau de malheur, je
veux juste qu'on ferme la porte. Ça fait que c'est pour ça qu'on a déposé des
amendements. Puis vous savez, des fois, la nuit porte conseil, ça fait que
c'est sûr que moi, ça a juste fait renforcer le sentiment que j'ai. Mais ceci
étant dit, bien, évidemment, vous avez une possibilité. Parfait, allez-y, on va
vous écouter puis, si jamais ça ne répond pas à nos aspirations, bien, on va
continuer de négocier puis on va essayer de déposer d'autres amendements qui
peut-être seront beaucoup plus spécifiques que ce qu'on a déposé.
Moi, je le répète, hier, j'ai dit expressément
aux collègues que l'amendement, de la manière dont on l'a rédigé, on a
dit : Le ministre peut refuser de délivrer une attestation de
classification si le demandeur a fait l'objet, au cours des trois dernières
années... donc, en conformité avec le texte actuel de la loi, s'il y a une
non-conformité aux lois fiscales du Québec... C'est rédigé de manière très
large, peut-être trop large, mais nous, on veut bien être éclairés par vos
lumières pour écrire le meilleur amendement possible. S'il faut le retirer pour
en faire un autre, on le fera. Sinon, bien, on a d'autres suggestions. Merci,
M. le Président.
Président (M. Allaire) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions? Donc, vous souhaitez laisser M. Hudon intervenir?
Mme Laforest : ...la députée de
Vaudreuil, il n'y a pas de problème.
Le Président (M. Allaire) : Mme la
députée de Vaudreuil, allez-y.
Mme Nichols : Bien, en fait, c'est
parce que je voulais continuer à intervenir sur l'amendement que j'ai déposé,
mais bien sûr que je suis prête à entendre Me Hudon ou M. Desbiens. Est-ce que
j'ai besoin de rappeler, de refaire le tour de la problématique soulevée ou, en
fait, du but de l'amendement qui a été déposé? Dans le fond, ce qu'on disait,
c'est qu'on dépose un amendement en lien avec la possibilité de... parce que la
problématique, c'est quand on veut... c'est les critères,
dans le fond, pour dire non à la transmission ou pour refuser l'attestation.
Donc, il y a déjà des critères qui sont énumérés. Il y avait des lois
auxquelles on faisait référence, puis nous, c'est ici qu'on venait suggérer de
rajouter le critère d'être conforme aux lois fiscales du Québec.
Donc, je fais un gros wrap-up, là, mais en gros,
c'est ça, le but de l'amendement qui est déposé. Si on peut entendre Me
Hudon... Hier, il n'y avait pas de représentant. On avait le ministère du
Tourisme, le MAMH, mais on n'avait pas de représentant au Revenu. Donc, si on
peut avoir cette opportunité-là aujourd'hui...
Le Président (M. Allaire) : Parfait,
pas de problème. Me Hudon, simplement prendre le temps de vous présenter. On va
dédouaner, entre guillemets, Me Hudon. Donc, simplement prendre le temps de
vous présenter, votre titre, et après, je vais demander le consentement à cette
table puis je vais donner la parole à Mme la ministre qui souhaite intervenir
avant vous. Alors, allez-y.
M. Hudon (Alain) : Merci, M. le
Président. Alors, Alain Hudon, affaires juridiques, Finances, Tourisme et
Économie.
Président (M. Allaire) :
Parfait. Je vous remercie. Est-ce
qu'il y a consentement pour permettre
à Me Hudon d'intervenir auprès de cette commission?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Merci. Mme la ministre.
Mme Laforest : Bien, juste avant,
parce qu'on parle du respect de la loi et de la conformité du règlement, puis
c'est... J'aimerais peut-être que M. Desbiens puisse faire sa proposition,
puis après, Me Hudon l'expliquera, à ce moment-là, si vous êtes d'accord, bien
entendu.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Donc, M. Desbiens, prenez le temps de vous présenter, s'il vous plaît, votre
titre et... votre nom, votre titre, pardon, puis après, je vais demander le
consentement également.
M. Desbiens (Christian) : Parfait.
Alors, Christian Desbiens, sous-ministre adjoint aux politiques et aux sociétés
d'État au ministère du Tourisme.
Le Président (M. Allaire) : Merci. Est-ce
qu'il y a consentement pour permettre à M. Desbiens d'intervenir auprès de
cette commission? Consentement. Parfait. Les gens dans l'autre salle, votre
signe de tête, s'il vous plaît. Parfait. Allez-y, M. Desbiens.
M. Desbiens (Christian) : En fait,
la proposition qu'on pourrait faire, c'est d'ajouter, à la page d'accueil du
formulaire... vous savez, on se rapporte que pour être attesté au niveau d'un établissement
de résidence principale, ça se fait en ligne. Donc, dans la page d'accueil, on
pourrait ajouter : Nous vous rappelons que les revenus découlant de
l'exploitation de votre établissement à des fins d'hébergement touristiques
devront être déclarés, conformément à la loi. C'est ce que nous proposons.
Le Président (M. Allaire) : Me
Hudon.
M. Hudon (Alain) : Merci, M. le
Président. Alors, peut-être juste camper un peu la disposition, là. On se
rappelle qu'on est en train de discuter ici de la nouvelle catégorie des établissements
de résidence principale. Donc, ça demeure quand même... la notion de résidence
principale est très importante ici. Donc, l'exploitant qui détiendrait une
attestation ou qui voudrait détenir une attestation de résidence principale
veut quand même faire de l'hébergement collaboratif dans sa résidence
principale. Il y a une définition de résidence principale dans la réglementation
et, minimalement, pour que ce soit une résidence principale, il faut qu'il
habite la majeure du temps à cet endroit-là.
Donc, il y a des critères.
La définition a été
campée dans le règlement depuis le 1er mai dernier, donc je peux... J'entends,
là, les craintes, là, de fraude fiscale, ou de blanchiment, ou peu importe,
mais il faut quand même se rappeler que le premier critère... pour qu'une
personne puisse détenir une attestation de résidence principale, il faut
qu'elle offre de l'hébergement dans sa résidence principale et non pas dans un
endroit qui n'est pas sa résidence principale.
Ceci étant dit, à la lecture de l'amendement
puis avec déférence pour l'opinion contraire, le libellé, tel que proposé, est très,
très large, et je dirais même trop large, dans la mesure où une non-conformité
à une obligation fiscale ou à une loi fiscale, ça vise tout défaut. Tout
défaut, on s'entend, donc, ça peut être juste avoir produit sa déclaration une
journée en retard, je ne suis pas conforme au délai des obligations fiscales.
Donc, je veux juste attirer votre attention là-dessus.
Et la ministre du Tourisme, lorsqu'elle délivre
une attestation, parce que ce n'est pas le ministère du Revenu qui délivre
l'attestation, c'est le ministère du Tourisme via ses mandataires, c'est pour l'application
de la
Loi sur les établissements d'hébergement touristique. Et les lois qu'on a
vues dans le premier alinéa précédent, qui s'appliquent à tous les types de
catégories d'établissement d'hébergement, c'est des lois qui sont en lien directement
avec l'exploitation même d'un hébergement touristique.
Donc, ici, un, en limitant cette mesure-là uniquement
aux établissements de résidence principale, déjà là, il y a
une incohérence. Et, en visant l'ensemble des lois fiscales, peu importe
le lien avec l'exploitation, là aussi, c'est beaucoup trop large. Puis la ministre du Tourisme, dans l'application de cette
loi-là, n'est pas là pour s'assurer de percevoir les droits fiscaux. C'est le ministère du Revenu qui a ça et
le ministère du Revenu est très, très bien équipé pour faire ce travail-là.
Et l'avantage qu'on a
dans cette loi-là, c'est que l'application... le respect de l'application des
dispositions de la loi et l'application des dispositions pénales, c'est Revenu
Québec qui en est chargé. Donc, il n'y a rien qui va empêcher Revenu Québec,
dans la mesure où il sait que telle personne a une attestation d'hébergement touristique,
de s'assurer qu'effectivement elle déclare tous ses revenus, etc., avec les
moyens qu'elle a. Mais ce n'est pas ici à la ministre du Tourisme de faire ce
travail-là ici.
Le Président (M.
Allaire) : Merci pour les précisions, Me Hudon. Mme la députée
d'Anjou—Louis-Riel.
Mme Thériault :
J'ai écouté avec beaucoup d'attention les arguments de Me Hudon. Je dois
vous dire que, j'ai pris la peine de le dire hier et je le redis ce matin, à
escient, on a utilisé le terme «non-conformité aux lois fiscales» sachant que
c'était pertinemment très large, trop large, je vous l'accorde, effectivement.
Nous, on est des
parlementaires, et il faut vous écrire des amendements qui sont recevables.
Habituellement, ici, dans notre commission, quand on a une discussion, ce sont
les légistes qui accompagnent la ministre qui vont écrire les amendements.
C'est volontaire et c'est exactement ce que j'ai répondu à notre collègue hier
soir, parce que c'est à Revenu Québec de nous dire qu'est-ce qu'il veut qu'on
mette là. Ça, c'est une base de discussion pour que le ministre puisse se
saisir de la problématique.
Vous avez raison
lorsque vous dites : C'est la ministre du Tourisme qui donne les
attestations puis que Revenu Québec peut faire tout ce qu'il veut. C'est vrai,
je vous l'accorde, mais dans cet
article de loi, ici, précisément, ce dont il
est question, ce sont des conditions pour avoir une attestation. Et la personne
qui va recevoir cette attestation pour utiliser sa résidence principale pour
faire du Airbnb, donc aller chercher des revenus, ça ne l'empêche pas de
déclarer ses revenus. Vous allez le mettre, c'est un bon début. Je vous
félicite, M. Desbiens, c'est vraiment un bon début. Au moins, la personne
sait qu'elle va devoir tout déclarer. Si elle ne déclare pas, on va lui taper
sur les doigts. Parfait.
Mais ici, dans
l'article de loi qu'on a devant nous, ce sont les raisons pour lesquelles on
peut refuser de donner une attestation. Et ce que nous voulons empêcher, du
côté de l'opposition officielle, c'est l'infiltration du crime organisé dans
une industrie qui démarre. Présentement, la réalité est que je pourrais être
propriétaire... je vais dire moi, je ne veux pas viser des groupes criminalisés
qui pourraient peut-être m'attendre à la sortie au Parlement, parce que je suis
sûre qu'il y a des gens qui écoutent ce qu'on dit présentement, et j'ai même
validé avec une personne qui regarde très attentivement ce qui se passe dans le
crime organisé présentement.
Le propre du crime organisé, c'est de regarder une
industrie et dire : Comment je peux l'infiltrer? Donc, techniquement,
quelqu'un pourrait acheter tous les condos
sur un même étage d'une tour au centre-ville de n'importe quelle grande ville ou n'importe
où ici, au Québec, pourrait même acheter un domaine dans une région, s'assurer
qu'il y a des prête-noms pour tout le
monde. Dans leur groupe, il y a beaucoup de noms, beaucoup de personnes,
beaucoup d'enfants, beaucoup d'épouses. Ils pourraient avoir tous des
résidences principales. Ils pourraient utiliser ça pour faire du blanchiment
d'argent.
se sont fait pogner au casino, il faut qu'ils trouvent d'autre chose, là. Vous
savez comment ils sont imaginatifs. J'ai eu le plaisir de travailler
avec Raymond Bachand, quand il était ministre du Revenu, puis j'étais
ministre de l'Industrie de la construction. J'ai été ministre de la Sécurité
publique. Il n'y a pas personne qui va me faire dire que ça, ce qu'on est en train de faire, ce n'est pas
correct. On est en train de fermer une porte au début du processus, à l'attestation. On ne veut pas que quelqu'un qui a
servi de prête-nom, qui a blanchi de l'argent, qui a fraudé, qui a fait
de l'évasion fiscale puis qui élude ses impôts puisse avoir un permis ou une
attestation pour faire du Airbnb. C'est aussi simple que ça.
Ça fait que, est-ce
que... de la manière qu'il est écrit là, c'est vrai qu'il est large,
Me Hudon... Hudon, hein? J'ai tourné ma page, je m'excuse. Me Hudon,
Alain de votre prénom. C'est vrai que c'est large. Bien, c'est une base. On
pourrait énumérer des lois aussi, parce que dans l'article qu'on a ici, ça dit
clairement, O.K., que le ministre peut refuser de délivrer une attestation de
classification lorsque la personne qui en fait la demande a été reconnue
coupable, et là il y a des dispositions de lois précises. On le dit, là, loi
québécoise sur l'environnement, Loi de la protection du consommateur,
loi sur
les faunes et parcs... conservation de la faune, pardon, de la mise en valeur
de la faune... La Régie du bâtiment, si jamais la porte-patio n'est pas
conforme ou qu'il n'y a pas de balcon, c'est correct, c'est des règles de
sécurité. Je suis d'accord avec ça.
C'est tellement vrai
que dans l'autre
article après, une municipalité va pouvoir demander, elle, de
refuser... tu sais, que le ministre ne délivre pas un certificat ou une
attestation, plutôt. Ça fait que, là, on va dire oui aux municipalités, vous
avez raison de demander de ne pas délivrer l'attestation, puis c'est correct,
puis nous autres, bien, parce qu'on dit qu'il y a quelqu'un qui... parce que
c'est comme ça. C'est comme ça que le blanchiment d'argent se fait. C'est comme
ça que l'infiltration du crime organisé...
Le Président (M.
Allaire) : Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel, je m'excuse, votre
temps est écoulé.
Mme Thériault :
Il est écoulé?
Le Président (M. Allaire) : Oui. Je
suis désolé. Est-ce qu'il y a d'autres interventions concernant l'amendement
déposé à l'article 79?
Mme Nichols : Oui, M. le Président.
Président (M. Allaire) : Mme la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols :
Oui, merci. Alors, il ne me reste pas non plus beaucoup de temps, ça fait qu'on
veut continuer de pouvoir échanger sur cet article-là. Donc, si vous permettez,
M. le Président, je vais déposer un autre amendement...
Une voix :
Non, non, il faut le voter, là.
Mme Nichols :
Oui, on va le voter, mais il y aura un autre amendement, là, un autre amendement
peut-être moins large, là, qui pourra suivre.
Le Président (M.
Allaire) : Donc, est-ce qu'il y a d'autres interventions concernant l'amendement
déposé à l'article 79? Pas d'autre intervention. Nous serions donc prêts à
procéder à sa mise aux voix. Mme la secrétaire, par vote nominal, s'il vous
plaît.
La Secrétaire :
Oui, M. le Président. Mme Nichols (Vaudreuil)?
Mme Nichols :
Pour l'amendement.
La Secrétaire :
Pour ou contre, abstention. Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel)?
La Secrétaire :
Mme Laforest (Chicoutimi)?
La Secrétaire :
M. Jacques (Mégantic)?
La Secrétaire :
M. Provençal (Beauce-Nord)?
La Secrétaire :
Mme IsaBelle (Huntingdon)?
La Secrétaire :
Mme Jeannotte (Labelle)?
Jeannotte : Contre.
La Secrétaire :
Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice)?
La Secrétaire :
M. Tremblay (Dubuc)?
M. Tremblay
(Dubuc) : Contre.
La Secrétaire :
M. Fontecilla (Laurier-Dorion)?
M. Fontecilla :
Abstention.
La Secrétaire :
M. Allaire (Maskinongé)?
Le Président (M.
Allaire) : Abstention. Donc, l'amendement déposé à l'article 79
est rejeté.
Nous revenons donc à l'article 79.
Est-ce qu'il y a des interventions? Mme la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols :
Oui. Merci, M. le Président. Alors, je vais vous demander une courte
suspension, juste le temps qu'on vous envoie l'amendement relativement à l'article 79.
Le Président (M.
Allaire) : Parfait. Merci. Nous allons suspendre les travaux quelques
instants. Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 26)
Président (M. Allaire) :
Alors, nous allons reprendre les travaux. Je comprends bien qu'il y a un
amendement qui sera déposé. Mme la députée de Vaudreuil, je vous donne la
parole.
Mme Nichols : Oui, merci, M. le
Président. Alors, je vais faire la lecture de l'amendement qui est déposé, qui
est déjà reçu sur le site du greffier, là. Je comprends que les gens... les
collègues en ont pris connaissance, donc je vais en faire la lecture.
L'article 79 du projet de loi est modifié
par l'insertion, à la fin de l'article, de l'alinéa suivant :
«Le ministre peut également refuser de délivrer
une attestation de classification visée à l'article 11.3 si le demandeur a fait l'objet, au cours des
3 dernières années, d'une sanction grave à la
Loi sur l'administration
fiscale — qui est
le
chapitre A-6.002 — la
Loi sur la taxe de vente (chapitre T-0.1), la
Loi sur les impôts (chapitre l-3),
ainsi qu'à la
Loi sur les contrats des organismes publics (chapitre C-65.1), à
moins qu'il n'en ait obtenu le pardon.»
Le Président (M. Allaire) :
Voulez-vous faire des commentaires?
Mme Nichols : Oui, bien sûr, je vais
expliquer le pourquoi nous déposons cet amendement-là. En fait, je le réitère
puis je pense que c'est important, d'emblée, de mentionner que c'est à la fin
de l'article, là, qu'est ajouté ce paragraphe-là,
là, pour ne pas mélanger nécessairement, là, les concepts, là, d'un alinéa à
l'autre. Donc, il est ajouté à la fin.
Et je le réitère parce qu'on n'est pas non plus
à l'article 80, on est toujours ici au refus de délivrer l'attestation de
classification. Donc, et on est toujours ici, là, dans les différents critères
qui pourraient permettre à la ministre du Tourisme de refuser d'émettre l'avis
de classification. On avait fait le tour, on avait parlé, entre autres, que les
refus pouvaient être liés... et je relis, là, que ça pouvait être lié à la Loi
sur le bâtiment, ça pouvait être lié à la
Loi sur la qualité de l'environnement,
à la
Loi sur la protection du consommateur, la
Loi sur la conservation et la
mise en valeur de la faune. Donc, nous, ce qu'on fait dans cet amendement-là,
on vient ajouter les lois, là, précédemment nommées.
Le Président (M. Allaire) : Merci. Mme
la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Mme Thériault : Oui. Merci,
M. le Président. Puisque depuis le début, ce qu'on dit, c'est que les personnes
qui font du blanchiment, de la fraude, de l'évasion fiscale, qui servent de
prête-noms, la plupart de ces infractions-là sont vraiment reliées à des lois
fiscales, le premier amendement qu'on avait déposé, M. le Président, c'était
une non-conformité aux lois fiscales.
Me Hudon
a signifié avec justesse que c'était beaucoup trop large lorsqu'on disait une infraction... une
non-conformité, pardon, aux lois fiscales. Donc, vous nous voyez revenir
ici où on cible des lois avec lesquelles les gens peuvent faire du blanchiment
d'argent, de l'évasion fiscale, des prête-noms. Donc, on a pris des lois sur
les impôts, la
Loi sur la taxe de vente, la
Loi sur les contrats d'organismes
publics et la
Loi sur l'administration fiscale.
Peut-être qu'il manque des lois, M. le Président.
On y va au meilleur de nos connaissances, là, mais c'est évident que quelqu'un
qui n'a pas payé sa taxe de vente là-dedans, d'une autre manière, bien, il fait
de l'évasion fiscale. Je répète, c'est un privilège de donner une attestation à
quelqu'un qui veut se servir de sa résidence pour faire du Airbnb. Il y a les
M., Mme Tout-le-monde, comme vous et moi, M. le sous-ministre, qui eux vont
faire les choses dans la conformité, selon les lois du Québec. On va aller
chercher un permis, on va faire nos choses légales, on va déclarer nos revenus,
vous et moi, on va le faire.
Mais le propre du crime organisé c'est
d'infiltrer une économie tout à fait légale, particulièrement quand c'est une
nouvelle économie, de trouver les failles et de rentrer dedans. Donc, évidemment,
quand on cible ces lois fiscales là, ça fait en sorte que quelqu'un qui est
apparenté au crime organisé ou à la mafia, qui a fait de l'évasion fiscale, de
la fraude, du blanchiment, du prête-nom puis qui élude ses impôts, bien, il n'a
pas d'affaire à avoir de privilège.
Là, je vais
aller juste un petit peu plus loin, M.
le Président, parce qu'on a à nos
côtés la députée de Saint-Laurent
qui, comme vous le savez, est une fiscaliste chevronnée qui lutte contre
l'évasion fiscale depuis des années. C'est sa raison... c'est la raison de sa
venue en politique.
Je vais vous dire que notre chère collègue a
juste fait une petite recherche, puis je vais vous lire ça : «Nouveau motif de refus : antécédents criminels.» Vous
me voyez venir, M. le Président, hein? «Critère de vérification additionnel pour la personne chargée d'administrer
le commerce lors de la délivrance du permis. La régie — on
parle ici de la RACJ, la Régie des alcools, courses et jeux — devra
refuser de délivrer un permis d'alcool en demandant si la personne chargée
d'administrer l'établissement où serait exploité le permis a commis, dans les
cinq années précédant la demande, un acte criminel ou une infraction qui aurait
empêché le demandeur d'obtenir des permis.»
Ça a été fait dans la Loi modernisant le régime
juridique applicable aux permis d'alcool et modifiant diverses dispositions
législatives en matière de boissons. La date d'entrée en vigueur, ce sera
bientôt, quand il y aura les décrets ministériels qui vont sortir. Ça a été
fait par le présent gouvernement, M. le Président. On est venu mettre ici
précisément : Quelqu'un qui oeuvre dans le monde criminalisé ne peut pas
avoir de permis de la RACJ. Pourquoi? C'est un privilège.
Vous avez un
parallèle, M. le Président. Vous avez juste un parallèle, on met ça dans toutes
nos lois, on commence à le mettre tout partout, là. On l'a fait à la Régie du
bâtiment. Je l'ai dit hier, je vais le répéter, quand tu vas chercher ton
permis à la Régie du bâtiment puis que la lumière a été mise sur l'industrie de
la construction, avec l'infiltration du crime organisé,
bien, tu pouvais avoir exporté... tu pouvais avoir été reconnu coupable, puis
je prends un vrai cas, reconnu coupable d'importation de cocaïne puis tu
pouvais avoir un permis de la Régie du bâtiment. C'est un privilège, avoir ça.
Il faut montrer patte blanche, M. le Président. On veut lutter contre l'évasion
fiscale, on veut lutter contre le blanchiment d'argent. C'est ce qu'on vous
propose ici.
Bon, ça fait que si
notre premier amendement, il était trop large, parfait, ici, on vient juste
vous dire avec les lois fiscales, en les précisant, puis ça se peut qu'il en
manque une ou deux, là. On a été les meilleurs recherchistes qu'on a pu dans
les circonstances parce qu'on n'est pas des spécialistes. La seule chose qu'on
sait, c'est que c'est la manière de pouvoir lutter, c'est en fermant la porte
au départ, parce que les gens font preuve de beaucoup d'imagination pour être
capables d'infiltrer une économie légale. Tous les précédents ministres des
Finances et ministres du Revenu vont vous le dire. Puis je suis convaincue que,
si j'avais une discussion avec mon collègue, il comprendrait exactement le
point que je suis en train de faire.
Puis je ne dis pas
que Revenu Québec ne fait pas sa job, il n'a juste pas le pouvoir d'intervenir.
Il n'a pas le pouvoir. Il a un pouvoir d'intervenir quand on va déposer une
plainte, quand il va trouver quelque chose, oui, mais pourquoi attendre que le
mal soit fait puis que le monde ait une attestation? On veut fermer la porte.
On veut juste fermer la porte, que les gens n'en aient pas, d'attestation. Si
tu as été un prête-nom, on va te donner une attestation. Pas une bonne idée. On
veut juste fermer la porte, M. le Président.
Puis
c'est pour ça qu'avec cet amendement-là, bien, plutôt que de dire, comme on a
dit un petit peu plus tôt, «une non-conformité aux lois fiscales du
Québec», parce qu'il y a plus qu'une loi fiscale définitivement... Bon, je
comprends très bien que, si tu paies tes impôts en retard, c'est une chose, ça
va, mais ce n'est pas de ça dont il est question ici, là. Quelqu'un peut
toujours payer ses impôts en retard, va payer l'amende, puis c'est correct, il
n'y a pas de problème.
Ça fait que, dans ce
qu'on dépose, nous, on vous a même dit «grave», on a pris la peine, là, O.K...
«d'une sanction grave à la
loi sur l'administration». On ne parle pas :
J'ai oublié de renouveler un permis, là. On dit : «une sanction grave à la
Loi sur l'administration fiscale». On ajoute des mots, là, ce n'est pas juste
pour le plaisir. Puis on vient même dire : «à moins qu'il n'en ait obtenu
le pardon.»
Pourquoi, M. le
Président? Parce qu'on disait justement hier, par rapport aux gens qui
commettent des infractions quand ils... une infraction au Code de la sécurité
routière, ça ne fait pas de toi un criminel, là, tu sais. On s'assagit avec les
années, tu sais. Quelqu'un qui n'a pas payé ses impôts, ça arrive que tu ne
peux pas payer tes impôts, tu vas régulariser ta situation. Ça se peut que tu
aies oublié de renouveler un permis quelque part quand tu as un restaurant. Tu
régularises ta situation, il y a des avis qui sont envoyés. Moi, je suis pour
la seconde chance, puis c'est correct aussi, on vit dans une société de droit.
Je ne pars pas du principe que tout le monde est coupable en partant, loin de
là. Puis je le dis, je le répète, la grande majorité des gens qui vont demander
des attestations seront des gens honnêtes qui paient leurs impôts.
Mais le crime
organisé étant ce qu'il est, il n'y a rien qui empêche quelqu'un, une gang de
motards ou n'importe quel groupe, de débarquer à l'entour d'un lac, d'acheter
tous les chalets, d'acheter toutes les maisons, décider que ça, c'est des résidences principales avec des
prête-noms puis de blanchir de l'argent, comme ils peuvent le faire dans un
édifice à condos, une tour au centre-ville, une maison historique, peu importe.
Toutes les façons sont bonnes pour blanchir de l'argent, particulièrement dans
des nouvelles strates économiques. On parle de millions et de millions dans le
Airbnb.
En 2015, le précédent
gouvernement a mis les balises pour venir encadrer le Airbnb. Il en manque.
Bravo, Mme la ministre, de vous faire la porte-parole de votre collègue la
ministre du Tourisme puis d'emmener, dans votre omnibus municipal, des articles
qui viennent mieux encadrer. On n'est pas contre ce que vous faites, au
contraire. On fait juste dire : Vous avez oublié le avant. C'est le avant
qu'on veut régler.
Quand
on donne une attestation, on peut-u faire en sorte de ne pas donner ça à
n'importe qui? Je le répète, M. le Président, c'est un privilège d'aller
chercher une attestation. On va permettre à quelqu'un de faire de l'argent avec
sa résidence. C'est ça qu'on fait, on permet à quelqu'un de faire de l'argent,
là. C'est un privilège. Bien, si vous êtes sur le bord du lac Memphrémagog,
vous là, là, ou un endroit qui est hyperrecherché, ou, comme la collègue de
Gaspé, vous êtes en face du rocher Percé, là, ça va vite, là. Quand ça
débarque, là, ça achète, hein? Woup! Aïe! le prix est bon, il y a quelqu'un qui
m'a fait une offre, c'est alentour d'un lac. Ma maison vaut
200 000 $, il m'en offre 300 000 $. Je ne peux pas dire
non. Voyons donc! Tu les achètes toutes, ça va vite, là.
Ils sont organisés.
C'est ça qu'ils font, c'est ça, la réalité, M. le Président. Puis n'importe qui
qui regarde l'attitude du crime organisé, comment ils infiltrent une économie
pour être capable de blanchir leur argent, c'est ça qu'ils font. J'espère juste
que je n'aurai pas de bombe en dessous de mon char, M. le Président, quand je
vais partir de Québec, parce que je me rends compte que je vais loin dans mes
propos, mais c'est ça, la réalité.
C'est ça, la réalité,
puis moi, comme législatrice, là, depuis le temps que je suis ici, quand on
fait des lois, quand on a l'occasion de faire une loi puis de la rendre encore
meilleure, on dépose des amendements, M. le Président. Puis là ce qu'on veut
faire, c'est de faire en sorte qu'au tout début du processus, on ferme des
portes. On ferme des portes à ceux qui ne méritent pas qu'on leur donne une
attestation, parce qu'ils vont vouloir faire de l'argent d'une manière qu'ils
ne sont pas supposés de le faire, parce que c'est évident que si tu as un beau
chalet au lac Memphrémagog, ou face à Percé, ou peu importe, puis que tu vas
déclarer tes revenus en B&B, parce que même si le formulaire... M.
Desbiens, merci pour le formulaire, parfait, faites-le. Allez de l'avant
pareil, vous n'avez même pas besoin d'un amendement pour faire ça. Je vous
encourage à le faire, puis il faut déclarer les revenus. Ils ne pourront pas
dire qu'ils ne savent pas. C'est parfait.
Mais savez-vous quoi?
On est en train de dire au crime organisé : Déclarez tous vos revenus, ça
va rentrer dans l'économie légale. Parfait, c'est ça qu'on fait. Des revenus de
location pour un an complet sur un beau chalet sur le lac Memphrémagog, ça vaut
plus que 1 000 $ par semaine, ça, M. le Président. Bien, 52 semaines,
ça fait toujours bien 52 000 $ juste dans une maison. Avez-vous idée,
dire, 520 000 $, juste 10 maisons alentour d'un beau petit lac.
Imaginez
à cette heure, maintenant, une tour à condos, c'est exactement le même
principe, M. le Président. C'est ça qu'on veut empêcher. C'est ça qu'on veut
empêcher. C'est de donner les pouvoirs à la ministre de refuser de donner une
attestation si les gens ne sont pas capables de montrer patte blanche. Ce n'est
pas compliqué, on le fait ailleurs, M. le
Président, là. Je vous ai démontré qu'avec la RACJ on vient de le faire. C'est
nouveau, c'est tout nouveau. C'est tellement nouveau que ce n'est pas en
application parce que le décret n'a pas été adopté.
Vivement que le
Conseil des ministres l'adopte, M. le Président, puis j'espère que, dans
l'amendement qu'on a déposé puis dans l'argumentaire que je viens de faire, M.
le Président, la ministre va se ranger à nos arguments puis voter en faveur de
nos amendements... de notre amendement. Puis s'il y a d'autres lois fiscales
qu'on peut mettre, on est prêt à entendre tout sous-amendement qui pourrait
rendre meilleur ce qu'on a mis sur la table.
Le Président (M.
Allaire) : Merci, Mme la députée, mais je pense que, compte tenu de
l'heure, nous allons suspendre les travaux jusqu'à 15 heures. Bon dîner,
tout le monde.
(Suspension de la séance à 13
heures)
Le Président (M.
Allaire) : Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! La Commission de
l'aménagement du territoire reprend ses travaux. Je souligne que cette séance
se déroule à la fois à la salle Louis-Joseph-Papineau, où je me trouve actuellement, et dans la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine. D'ailleurs, je prends le temps de saluer plus particulièrement la députée de
Laviolette—Saint-Maurice,
la députée de Labelle et la députée de Huntingdon. Parfait. Je vous bien que
vous m'entendez. C'est excellent.
Donc, la commission
s'est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 67, Loi
instaurant un nouveau régime d'aménagement dans les zones inondables des lacs
et des cours d'eau, octroyant temporairement aux municipalités des pouvoirs
visant à répondre à certains besoins et modifiant certaines dispositions. Merci
également de prendre quelques secondes, là, pour éteindre la sonnerie de vos
multiples appareils électroniques, s'il vous plaît.
Donc, lors de la
suspension, ce matin, nous étions à l'amendement déposé à l'article 79.
C'était la députée d'Anjou—Louis-Riel qui avait la parole. Est-ce que vous
souhaitez reprendre la parole, Mme la députée? Non? Mme la députée de
Vaudreuil, allez-y.
Mme Nichols :
Oui. Merci, M. le Président. Alors, oui, avant de suspendre, là, pour la
période du lunch, on était sur un amendement qu'on a déposé en lien avec
l'article 79. On avait fait quelques représentations, et je me demandais
s'il y avait, du côté du gouvernement, des réponses à apporter sur l'amendement
déposé.
Le Président (M.
Allaire) : Parfait. Je vous remercie. Donc, est-ce qu'il y a des
interventions, à ce stade-ci, concernant l'amendement déposé à
l'article 79? Oui, Mme la ministre.
Laforest : Oui, merci, M. le Président. Parce que j'ai quand même une
question à poser, parce que... J'ai lu, sur l'heure du dîner, en fait, là, et
j'ai une question quand même à vous poser, parce que j'ai vu qu'en 2015 il y a
eu le projet de loi n° 67, avec la ministre du
Tourisme qui était là, Mme Dominique, et je voulais savoir pourquoi, dans
le projet de loi qui a été déposé sur l'encadrement touristique, en 2015, ça
n'a pas été appliqué, ça. Parce qu'étant donné que le projet de loi en soi...
le projet de loi n° 67, en 2015, avec la ministre du
Tourisme qui était là... et les pouvoirs d'inspection ont été transférés à
Revenu Québec en 2018, parce que... là, on me l'a confirmé aussi sur l'heure du
dîner. Alors, il y a eu le projet de loi n° 67 en
2015, avec la ministre du Tourisme qui était là auparavant, les pouvoirs de
vérification ont été transmis en 2018, suite au projet de loi n° 67
de 2015 avec l'ancienne ministre du Tourisme. Moi... puis M. Leitão était là,
le ministre des Finances.
Alors, je veux juste
savoir pourquoi ça ne s'est pas fait en 2015. Parce que je comprends votre
demande au niveau fiscal, mais, si on ne l'a pas fait en 2015, il y a des
raisons, certain. Avez-vous la réponse? Pourquoi, dans le temps, le ministre
des Finances ne l'a pas fait lui-même puis aujourd'hui il voudrait qu'on le
fasse?
Le Président (M.
Allaire) : Mme la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols :
Oui. Écoutez, 2015, ça fait quand même cinq ans, là, ça fait que peut-être ça a
évolué beaucoup, les plateformes locatives, disons-le, là, dans les cinq
dernières années. Peut-être qu'à ce moment-là ça n'avait pas été changé. Moi,
je ne peux pas vous dire, je ne me souviens pas d'avoir été sur cette
commission-là, là. Je ne peux pas revenir cinq ans en arrière pour vous
expliquer le pourquoi. Si vous voulez nous donner du temps, c'est sûr qu'on
peut faire la recherche puis on peut vous revenir, certainement, ou, en tout
cas, peut-être que la députée pourra vous revenir.
Mais, tu sais, sur...
Je veux juste, peut-être, là, gentiment, là, rappeler qu'on est en 2020, là. On
travaille sur des articles présentement puis, je veux dire, même si on ne l'a
pas fait... Tu sais, je ne pense pas que la raison pourquoi ça n'aurait pas été
fait en 2015, là, ça ne nous permettrait pas de le faire aujourd'hui. On ouvre
un projet de loi, on est dans un projet de loi omnibus, on a la possibilité ici
de travailler les articles, puis je pense qu'on peut regarder aussi, là, les
cinq dernières années, là, tous les cas Airbnb, là. On a juste à taper, là, sur
Google puis on voit, là, des cas qui sortent. Puis on est là pour ça, là, les législateurs,
là, on est là pour ajuster les situations, là. Puis là c'est sûr qu'on est sur
le cas des plateformes locatives, mais vous le savez, là...
Puis je pourrais donner
les cas en aménagement du territoire aussi, là, où, tu sais, il y a des
changements qui sont apportés. On a un
nouveau gouvernement, des nouvelles visions. Bien, c'est un peu la même chose,
là, ici. Peut-être que ma collègue
d'Anjou—Louis-Riel,
qui était... je ne sais pas si elle était sur la commission, mais on... c'est
quand même qu'on revient cinq ans en arrière, mais moi, je veux vous
ramener à aujourd'hui. Tu sais, je ne pense pas qu'il y aura des explications.
Puis la députée d'Anjou—Louis-Riel
l'a dit aussi, là, elle est allée consulter, on est allés consulter, là,
l'ancien ministre des Finances avant de déposer cet amendement-là.
Mme Nichols : C'est ça, on est allés
vérifier avec lui puis on lui a demandé : Est-ce qu'on est à la bonne
place? Est-ce que c'est des choses... tu sais, est-ce que vous trouvez que
c'est illogique? Il nous a dit : Non, non, vous êtes... Puis je le
rappelle, là, l'ancien ministre des Finances, c'est quand même le deuxième
meilleur économiste au monde, là. Je pense que c'est quelqu'un qui est... tu
sais, qui est quand même assez au fait, assez... Puis là il disait : Non,
non, vous êtes à la bonne place. On lui a fait lire notre amendement, puis il
nous disait : Non, c'est correct. Puis on a validé aussi avec du monde
dans le milieu puis tout le monde nous disait : Non, tu sais, c'est
correct.
C'est peut-être que... oui, peut-être qu'au
niveau de... tu sais, on n'a pas des équipes de législateurs... on est dans l'opposition
officielle, hein, ça fait que... mais peut-être qu'on peut le libeller
autrement, mais sur le point auquel on tient, soit qu'avant de délivrer le
permis, là, s'assurer que tout est en règle au niveau fiscal, nous, on se fait
confirmer qu'on est définitivement à la bonne place. Puis écoutez, là, je
pourrais vous en nommer, là, des dossiers qui sont sortis dans les dernières
années, là. 18 juillet 2019 : Airbnb : arnaqueur
en série, proprios en furie . «...Airbnb sans
payer son loyer a floué plusieurs propriétaires à Montréal...» Il en pleut,
mais il en pleut des articles.
Donc, je
pense qu'on est au bon moment à la bonne place. Ce n'est pas bien, bien... Puis
le pire, c'est que ce n'est pas
compliqué, ce n'est pas... Il n'y a rien de plus compliqué... Il n'y a rien de
compliqué, il y a déjà... les trois ministères font déjà
partie de ce projet
de loi là, de cet article-là particulièrement. On parle du ministre du Tourisme,
on parle des Affaires municipales puis on parle déjà du ministre des Finances.
Donc, comme je vous dis, ce n'est pas plus
compliqué de faire le petit suivi. On le fait dans d'autres cas. Puis moi, ce
que j'ai le goût de dire, c'est que je pense qu'on est mieux de prévenir que de
guérir. Tu sais, demain matin, là, Le Journal de Montréal , là, ça
sort un gros titre, là, que quelqu'un fait du Airbnb illégalement, qui n'a pas
de permis, c'est une chose. Le gouvernement pourrait dire : Bien oui, mais
je ne pouvais pas le savoir. Il n'a pas demandé d'attestation ça fait que je ne
pouvais pas le savoir. Mais à partir du moment où il y a une attestation qui
est demandée, je pense que le gouvernement a l'obligation de délivrer des
attestations, mais a surtout l'obligation de vérifier certaines conformités
quand on est le gouvernement.
Tu sais, je vous dirais que pour une
municipalité, bien non, c'est impossible, dans une municipalité, de dire...
d'aller valider ces choses-là, là, ça, ça serait un fardeau beaucoup trop
énorme pour des municipalités. Mais le gouvernement décide qu'il s'approprie
les pouvoirs du Airbnb, qu'ils vont gérer ça, qu'ils vont délivrer les
attestations, entre autres sur les résidences principales, bien, je pense que
c'est la moindre des choses, pour prévenir tous les autres scandales, que le gouvernement
fasse ces démarches-là, ces recherches-là préalablement à la... avant qu'on
délivre cette attestation-là. Moi, c'est mon avis.
Le Président (M. Allaire) : Mme
la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Mme Thériault : Le
plaidoyer de ma collègue est parfait.
Le Président (M. Allaire) : Ah,
mon Dieu!
Mme Thériault : Si la
ministre veut ajouter quelque chose, il n'y a pas de problème.
Le Président (M. Allaire) : Mme
la ministre, est-ce que... Allez-y.
Mme Laforest : Oui. Bien, en
fait, ma question est vraiment importante parce que c'est peut-être... bref,
c'est peut-être la réponse que vous posez depuis le début parce que... Ma
question est vraiment importante parce qu'en 2015, M. le Président, il y a eu
le projet de loi n° 67 sur l'amélioration de l'encadrement touristique et
on a donné des pouvoirs d'inspection du ministère du Tourisme pour les
transférer à Revenu Québec.
On a fait l'article, puis c'est important, on
a rédigé l'article 55.1 qui dit : «Le ministre du Revenu est chargé
des inspections et des enquêtes ayant trait à l'application de la présente loi
et de ses règlements, ainsi que l'application des dispositions de la
section VI.
À ces fins, la présente loi est réputée une loi fiscale pour l'application de
la
Loi sur l'administration fiscale (chapitre A-6.002).»
Alors, ça, ça
découle vraiment du projet de loi
n° 67 qui a été fait en 2015 par
la ministre du Tourisme
Dominique Vien. Donc, à ce moment-là, le ministre des Finances était en
poste. Donc, si on parle d'administration fiscale,
c'est certain que l'ajout et le transfert de ces pouvoirs, il est au courant,
mais peut-être qu'il faudrait juste qu'il voie
l'article 55.1 parce que sûrement qu'il a été consulté pour que
l'article 55.1 soit ajouté au projet de loi n° 67.
Parce que d'après moi, c'est sûr que, si on met
des obligations par rapport à l'administration fiscale qui est à
l'article 55.1, moi, je pense que peut-être il faudrait vérifier avec
M. Leitão, parce que d'après moi, c'est lui qui a ajouté ça, parce que ça
a été adopté en 2018, le transfert des pouvoirs. Donc, maintenant, c'est... le
pouvoir a été transféré de cette loi-là à Revenu Québec
en 2018, avant qu'on arrive en poste, ça veut dire que si ça vient, justement,
ça découle du projet de loi n° 67 de 2015... Ça fait que si ça, ça a été
ajouté, l'administration, bien, c'est sûr que c'était... ça concernait le
ministre des Finances à l'époque. Il faudrait vérifier.
Nous, qu'est-ce qu'on dit, je vous pose
seulement la question, peut-être... c'est peut-être bon peut-être lui poser la question parce que c'est peut-être même... il y
a peut-être même été consulté, là, pour l'article, ça fait que juste peut-être
vérifier de votre côté avec M. Leitão. Maintenant... puis c'est excellent, en
passant, là...
Président (M. Allaire) :
...la ministre, juste se rappeler que nos collègues, même si on parle du passé
où il y avait un autre rôle, on doit interpeler nos collègues par leur
titre. Si je me rappelle bien, c'est le député de Robert-Baldwin.
Mme Laforest : O.K. le député de
Robert-Baldwin. Mais ça serait peut-être bon de lui poser la question, même, ça
serait vraiment important parce que possiblement qu'il a peut-être même rédigé
l'article. Ça fait que ça on va vérifier.
Donc, si on a déjà transmis les pouvoirs, si on a déjà... si je peux dire,
l'article dit vraiment : «Le ministre du Revenu est chargé des
inspections et des enquêtes ayant trait à l'application de la présente loi.»
Donc, comme on dit, ça veut dire que les
pouvoirs d'inspection du ministère du Tourisme ont été transférés à Revenu
Québec à ce moment-là.
Nous, qu'est-ce qu'on ajouterait, c'est l'ajout
dans le formulaire de M. Desbiens, puis il y a aussi... je crois que Me
Hudon voulait ajouter une ligne sur les résidences principales. Mais juste ce
concept-là, ce serait peut-être bon de le faire vérifier, parce que... oui,
j'aimerais vraiment ça.
Le Président (M. Allaire) : Mme la
députée d'Anjou—Louis-Riel,
allez-y.
Mme Thériault : Oui. M. le
Président, nous avons la chance d'avoir avec nous une collaboratrice qui
travaille au bureau du leader qui était à l'époque dans le cabinet de la
ministre Vien. Donc, absolument, oui, il y a de la mémoire alentour de la
table. Je veux rassurer la ministre, la ministre a totalement raison.
Par contre,
là où il y a une grande nuance entre ce que je lui dis et le pouvoir qui a été
conféré dans l'article 55.1, que je vous ai même lu hier, ce pouvoir-là,
c'est un pouvoir d'inspection pour taper sur les doigts de ceux qui ne sont pas
corrects. C'est un pouvoir d'inspection. Nous, ce qu'on veut vous faire ajouter
à la loi, c'est une raison, une motivation pour refuser de délivrer une
attestation au départ. Le pouvoir que le ministre du Revenu a est un pouvoir
d'inspection quand les gens contreviennent à la loi. C'est ce qui a été fait
par l'ancienne ministre, avec la collaboration, évidemment, du ministre des
Finances de l'époque, le député de Robert-Baldwin.
Ce que nous avons apporté comme amendement et
comme argumentaire, c'était pour dire : pas quand il y a faute, pas quand
il y a manquement, avant de délivrer l'attestation, parce que la ministre peut
refuser de délivrer une attestation si la personne, O.K., bon, comme là, dans
la loi, si vous avez enfreint la
Loi sur la protection du consommateur, si vous
avez enfreint la
loi sur l'environnement, si vous avez enfreint la
loi sur la Régie
du bâtiment pour des questions de sécurité, d'accessibilité à la bâtisse. Il y
a des lois clairement identifiées qui disent que, pour toutes ces raisons-là,
vous pouvez refuser d'émettre un certificat.
Nous, on fait juste ajouter, bien, parce qu'il y
a du monde qui sont mal intentionnés... Puis je vais prendre l'article que ma collègue
avait tout à l'heure puis je vais vous le citer, O.K., Airbnb :
arnaqueur en série . Là, je vais taire le nom de la
personne : «...33 ans, a récemment plaidé coupable à des
accusations de fraude et de vol. Et il collectionne les jugements de la Régie
du logement.» Cette personne-là, qui collectionne des mauvais jugements contre
lui, peut, demain matin, demander une attestation pour faire du... du Airbnb,
pardon, dans sa résidence principale. C'est un arnaqueur.
Les amendements qu'on a mis, on a pensé de vous
parler de lois fiscales parce que c'est de la lutte à l'évasion fiscale. Puis les arguments que j'ai soulevés,
c'est tout simplement que c'est le propre du crime organisé... Je vais le
répéter, c'est le propre du crime organisé
d'infiltrer une économie quand elle est légale, particulièrement lorsqu'elle
est naissante.
À l'époque, en 2015, quand la ministre Vien a
déposé son projet de loi, le Québec était un des premiers endroits au monde où
il y avait une législation qui s'attaquait à Airbnb. Souvenez-vous, là, pour
les fonctionnaires qui étaient là à l'époque, là, c'est ça qui est arrivé. Nous
avons été parmi les premiers, si ce n'est pas le premier, à déposer des choses.
Évidemment, quand tu es les premiers, tu inventes, tu fais du droit nouveau, tu
fais des nouvelles affaires. Les lois ne sont pas parfaites. Il faut être
capable de les continuer, de les arranger par règlement, par arrêté
ministériel, de se donner des pouvoirs supplémentaires. C'est exactement ce
qu'on est en train de faire ici, sauf que ce n'est pas la ministre du Tourisme
qui défend le dossier, c'est la ministre des Affaires municipales parce que
c'est un omnibus.
Bien, honnêtement, quand on a commencé l'étude
du projet de loi n° 67, M. le Président, on a fait des modifications aux articles 1,
100 et les autres articles suivants, là, concernant la Régie du logement... le
Tribunal administratif du logement, pardon, puis la Société d'habitation du
Québec. Pourtant, on a adopté des changements législatifs l'année passée, dans
le projet de loi n° 16, à la même période de temps que cette année. Bien,
c'est parce que ce n'était pas parfait, la loi, on a oublié des affaires. Bien,
si ce n'est pas parfait, on fait des changements. C'est ça qu'on a fait.
Malgré
les amendements que la ministre a...
Malgré les articles déposés par la
ministre pour changer la loi, on a déposé des amendements et elle a déposé des
amendements aussi. Ça fait que, même quand on l'a écrit, ce n'était pas tout à
fait au goût du jour, M. le Président. Il est tout à fait normal qu'on puisse
revoir nos lois, et c'est exactement ce qui s'est passé.
Et je remercie Mme Mélissa Huot-Gallouin...
Gallien, pardon, qui est avec nous, qui était attachée politique, et c'est la
raison pour laquelle on est capable de vous donner l'information que vous avez
demandée, Mme la ministre. Je pense que j'ai fait un tour assez complet de
l'historique de la loi de Airbnb.
Le Président (M.
Allaire) : D'autres interventions? Mme la députée de Vaudreuil,
ensuite le député de Laurier-Dorion.
Mme Nichols : Je m'excuse. Je
voudrais peut-être ajouter que, de mémoire, là, il y a cinq ans, là, quand on a
légiféré ou quand on a réglementé Airbnb, oui, c'était quand même très
innovateur, là, voilà cinq ans, là. On a été un des premiers gouvernements à
faire ça, mais je rappelle que c'était une législation qui était avec les
hôteliers. Puis d'ailleurs c'est ce qu'on fait, là, on est en train de
l'ajuster pour les résidences principales, sauf que, dans ce temps-là, bien,
c'était vraiment pour les hôteliers qu'on faisait ça d'emblée, qu'on venait
faire cette réglementation-là. Il faut le rappeler qu'après ça, bien, il y a eu
de la législation mondiale, ça a évolué.
Puis, si on revient cinq ans en arrière, là,
Airbnb, là, ou les plateformes locatives, là, c'était loin d'être une industrie
aussi populaire que maintenant, là. Voilà cinq ans, là, c'était plus difficile
à trouver. Maintenant, c'est accessible à tout le monde. Ça peut être une
application sur notre téléphone, c'est superfacile, là.
Ça fait que, là, aujourd'hui, on est en 2020,
presque 2021. Ce qui reste à faire, puis c'est l'objectif, je pense, de ces
articles-là dans le projet de loi omnibus, bien, c'est de serrer la vis. C'est
de serrer la vis parce qu'on l'a constaté dans plusieurs articles, plusieurs
cas, on le voit aux nouvelles, on le voit dans les journaux qu'il y a plein de
blanchiment d'argent qui est fait avec cette industrie-là de plateforme
locative. Ça fait que nous, ce qu'on dit, bien, soyons donc prudents. On le
sait, là, c'est porté à notre attention, ça fait que je pense que c'est de
notre responsabilité comme législateurs de dire : Bien, regardez, là,
avant de l'émettre, là, le permis, là, on va bien aller voir s'il y a patte
blanche puis si ça va être quelqu'un qui ne va pas nuire à un autre citoyen qui
va venir en faire la location. Je pense que c'est notre rôle de faire ça et
puis c'est ce qu'on essaie de faire.
Puis je le tiens à... je le dis puis... parce
qu'on a tendance à le comparer avec, mettons, un dossier criminel ou à... mais
Revenu Québec, là, ce n'est pas des documents qui sont publics, là. Ça fait
qu'on ne pourrait pas, tu sais... Quand je dis : On ne pourrait pas dire à
la municipalité : Bien, allez voir que les règles fiscales sont bien appliquées,
qu'il n'a aucune dette au niveau de ces rapports d'impôt, qu'il n'y a pas de
retard, qu'il n'a pas d'avis ou... bien, on ne peut pas parce que ce n'est pas
public. Ça fait que c'est seulement Revenu Québec qui pourrait dire : Ah
non! là, on ne l'émet pas parce que nous, Revenu Québec, on a un accès au
dossier du demandeur, le demandeur qui veut... qui complète une demande pour
avoir cette attestation-là. Donc, Revenu Québec, c'est la seule personne, c'est
le seul organisme qui pourrait dire... le seul ministère qui pourrait
dire : Non, on ne peut pas. Puis écoutez, là, des cas, là, il en pleut,
là, il en pleut. Tu sais, je n'en reviens pas qu'un...
Puis même, à un moment donné, c'est sûr que le
gouvernement ou le ministère qui va l'émettre, l'attestation, là, à un moment
donné, c'est sûr qu'il va en échapper une puis que ça va faire le «front page»
du journal, là. C'est sûr, mais... puis ça sera pour d'autre chose, là. Ici,
là, le cas qu'on donnait tantôt, là, c'est quelqu'un qui collectionne les jugements
à la Régie du logement. Ça fait que je me dis, on peut... c'est plus que
logique de le mettre là.
Voilà cinq ans, on n'était peut-être pas prêts à
aller là parce que, dans le fond, c'était la première législation qu'on faisait. Là, maintenant, on l'ajuste, la
législation. La preuve, là, qu'on l'ajuste, là, c'est que le gouvernement
dit : C'est nous autres qui va s'en occuper de les émettre, les permis.
C'est la preuve qu'on l'ajuste. On n'a pas fait ça en 2015 non plus, là. Ça fait que, là, c'est la preuve qu'on l'ajuste,
qu'on dit : Bien, nous autres, on va les émettre, les attestations.
En plus,
c'est nous autres qui... au début, on voulait même prendre la charge du zonage
dans les municipalités, puis là, bien, par chance que le monde municipal
s'est manifesté haut et fort avec plus de 700 résolutions de... ils se
sont manifestés en disant : Non,
enlevez-nous pas notre droit de zonage. Puis là, bien, il y a eu un super bon
travail qui a été fait. Je la salue,
la ministre, elle a apporté les ajustements
nécessaires pour dire aux municipalités : Non, on ne vous
l'enlèvera pas, ce pouvoir de zonage là.
Parfait. Mais à partir du moment, là... faisons nos devoirs comme il faut, là.
Puis vous savez quoi? Ça va quand même se ramasser dans les municipalités,
là. Ça va quand même se ramasser dans les municipalités parce qu'il va y avoir des plaintes, puis le premier réflexe, ça va être
d'aller à l'assemblée municipale, c'est certain, là.
Ça fait que je... sur le cinq ans, je ne sais
pas quoi vous dire de plus. Écoutez, ça a évolué, la législation évolue aussi,
faisons un pas de plus. On en met déjà, des contraintes, des critères, des
conditions pour l'émettre, cette attestation de classification là. Puis, comme
disait M. Desbiens, là, ce matin, là, de l'indiquer sur la page d'accueil
qu'ils doivent absolument faire la déclaration de revenus, ça, quant à moi, ça
va de soi. Si vous le mettez, bien, c'est un gros plus, là, mais, à partir du
moment où le permis... ils ont une attestation de permis, j'espère qu'ils vont
le déclarer, parce que le gouvernement va l'avoir le numéro de l'attestation du
permis, il va être facile à retracer. Ça fait que ça, d'après moi, ce n'est pas
là le problème.
Le problème, selon moi, c'est qu'au moment où on
vient pour émettre cette attestation-là, bien, assurons-nous que le dossier est
clean, que le dossier est correct, là. Puis je pourrais donner plein d'autres
cas, j'en ai donné hier, en lien avec des permis de conduire, avec nous, notre
permis de pratiquer au Barreau, la RACJ... je pourrais en nommer plein, là. Il
y a le casino récemment qui a fait les manchettes. Si je me souviens bien, là,
voilà une couple d'années, il n'y avait pas les combats de boxe, là... Il y
avait eu quelque chose à la RACJ, là, en lien avec les combats de boxe. Je ne
me souviens pas trop, j'ai un petit blanc de mémoire là-dessus, mais il y avait
eu quelque chose aussi.
Puis en dernier, là, je veux juste rajouter un
élément encore plus facile que le gouvernement... que votre gouvernement, vous
avez fait, qui est un gros plus pour nous donner cet amendement-là puis nous
donner raison, c'est le projet de loi n° 14. Vous avez adopté le projet de
loi n° 14. Le projet de loi n° 14, là, bien, c'est pour que tout soit
plus fluide dans la transmission des données de ministère en ministère. Ça fait
que c'est encore plus facile, il y a des articles là-dedans qui vous donnent
une souplesse incroyable. Ça fait que je me dis, la seule chose qui reste à
faire, c'est de nommer ces lois-là auxquelles on fait référence, parce que, si
elles ne sont pas nommées, on ne peut pas présumer que
c'est celle à laquelle on fait référence. Il faut les nommer spécifiquement, et
c'est ce qu'on fait par les amendements qu'on dépose, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Mme la ministre, est-ce que vous souhaitez répondre? Il y a le député de
Laurier-Dorion également qui souhaite intervenir.
Mme Laforest : Oui. O.K., bien, il
n'y a pas de problème. Vous pouvez y aller.
Le Président (M. Allaire) : Allez-y,
M. le député.
M. Fontecilla : ...il peut être
utile, peut-être, pour continuer ce débat ou... en tout cas, l'intérêt, là,
c'est de revenir un peu à l'esprit de cet article-là.
Donc, il s'agit d'un ajout à l'article 11.0.1,
qui spécifie quand est-ce que le ou la ministre peut refuser de délivrer une
attestation de classification. Ce qui est déjà existant dans la loi, là, il
existe plusieurs motifs de refus de délivrer une attestation de classification,
là. Je ne fais que les nommer et on pourrait se poser la question pour
chacun : Quelle était l'intention du législateur en incluant toutes ces
lois-là? Par exemple, il y a la
Loi sur le bâtiment. On peut comprendre,
peut-être, la
Loi sur le bâtiment en matière de conception sans obstacles.
Donc, on peut dire qu'un logement utilisé sur la plateforme Airbnb devrait
avoir un logement sans obstacle. Une personne qui utilise un logement de ce
type‑là avec obstacles ne devrait pas avoir une attestation de classification.
Il y a la Loi
sur la qualité de l'environnement, la
Loi sur la protection du consommateur, la
Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune, donc plusieurs
lois, là, qui... S'il y a une personne qui a été reconnue coupable d'une
infraction en vertu de ces lois-là, bien, la ministre peut, hein, peut refuser
de délivrer une attestation de classification.
Maintenant, la ministre, avec son projet de loi,
elle ajoute une autre série de possibilités de refus de délivrance d'une
attestation de classification, notamment, sur la base de la violation de
règlements municipaux et lorsque la personne a été reconnue coupable de ne pas
avoir respecté un certain nombre de règlements municipaux.
Donc, encore une fois, on part d'un certain...
on dit qu'on peut refuser de délivrer une attestation à partir d'un certain
nombre de lois. La ministre, aujourd'hui, nous ajoute un autre pan qui sont
les... tout le domaine municipal, et la députée de Vaudreuil rajoute une autre
section qui concerne principalement les lois fiscales.
Cela peut se justifier dans la mesure où,
M. le Président, Airbnb et compagnie, là, peut-être qu'il faudrait
aujourd'hui,s'éloigner de l'image idyllique, là, qu'il pouvait y avoir tout au
début ou, en tout cas, le message marketing, là, que ces compagnies-là nous
envoie, comme quoi c'est tout simplement un résident qui veut recevoir de la
visite de différents touristes et accepte de louer la chambre du fond, là, pour
pouvoir jaser avec les touristes une fois qu'ils reviennent le soir, là, puis
leur permettre de connaître notre belle province.
Effectivement, peut-être qu'au début, c'est une
réalité, un sentiment légitime, une pratique légitime, là, sauf que maintenant,
avec l'explosion de cette pratique-là, on se rend compte que c'est devenu un
véritable commerce lucratif. Les gens, ce n'est pas seulement... souvent, là,
et même très souvent, ce n'est pas seulement un petit revenu d'appoint que les
gens recherchent, là, mais véritablement un revenu important, là, qui peut
susciter l'intérêt, en effet, oui, du crime organisé ou de personnes peu
scrupuleuses.
Dans ce sens-là, oui, l'amendement proposé par
la députée de Vaudreuil s'inscrit dans cette démarche, là, qui est de rajouter des motifs pour lesquels on peut
refuser de délivrer une attestation de classification, parce
qu'effectivement ce type de... ce phénomène-là peut être utilisé par le crime
organisé. Tant qu'à y être, tout de suite, on va mettre les barrières qui s'imposent, là, pour éviter cette
possibilité-là, parce que sinon, dans une prochaine législature, dans quelques
années, si le phénomène continue à se développer
de la façon dont il se développe, évidemment qu'on va être obligés d'en
arriver là, parce que, vous savez, il y a des gens qui sont toujours très
habiles à pouvoir profiter des possibilités existantes pour retirer un revenu,
des fois, qui peut parfois paraître ou être illégitime.
Donc, oui, pour moi, c'est un amendement qui se
justifie dans la direction générale qui se trouve dans la formulation
originale, par l'amendement... le rajout effectué par le projet de loi de la
ministre. C'est ce qui est apporté par la députée de Vaudreuil, là. Il me
semble qu'il va dans la bonne direction. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Mme la ministre, souhaitez-vous intervenir?
Mme Laforest : Me Hudon voulait
prendre la parole.
Le Président (M. Allaire) : Me
Hudon, la parole est à vous.
M. Hudon (Alain) : Merci, M. le
Président. Est-ce que je dois me représenter? Ça va?
Le Président (M. Allaire) : ...pour
la journée.
M. Hudon (Alain) : Merci, M. le
Président. Donc, juste... Je pense qu'il faut recentrer un peu le débat sur
l'objet des mesures dont on discute actuellement, et l'objet principal, le
caractère principal des mesures dont on discute, c'est l'utilisation d'une
résidence principale à des fins d'hébergement touristique.
Il y a une définition de qu'est-ce que constitue
une résidence principale dans le règlement sur les établissements
d'hébergement, et je vais me permettre de lire, M. le Président, si vous me
permettez. Donc : «...la résidence principale correspond
à la résidence où l'exploitant, personne physique — donc, ça ne peut pas
être une entreprise, c'est une personne physique — demeure de façon
habituelle en y centralisant ses activités familiales et sociales, notamment lorsqu'elle
n'est pas utilisée à
titre d'établissement d'hébergement touristique, et dont
l'adresse correspond à celle que l'exploitant — personne physique, bien
entendu — indique
aux ministères et organismes du gouvernement.»
Donc, la
définition même de résidence principale qui doit s'appliquer lorsqu'on délivre
une attestation de résidence principale, il faut absolument que ça soit
une résidence principale d'une personne physique, et cette personne-là n'utilisera pas sa résidence principale
365 jours par année à des fins d'hébergement, ce ne serait plus une
résidence principale. Donc, il faut que ce soit un endroit, M. le
Président, où la personne réside de façon la plus habituelle possible. Mais on
peut comprendre que certaines fins de semaine ou peut-être une semaine pendant
l'été, elle peut offrir en location, sur des plateformes ou autre, plateformes
d'hébergement collaboratif, sa maison à des fins d'hébergement.
Donc, on a mentionné ce matin qu'on craignait
peut-être qu'un groupe criminel organisé ou peu importe, là, pourrait acquérir
toutes les résidences autour d'un lac puis désigner des prête-noms qui en
feraient leur résidence principale puis qui loueraient ça à l'année à des fins
d'hébergement. Ce n'est clairement pas respecter les conditions qu'il y a dans
la réglementation. Et comme la ministre l'a mentionné tantôt, qui est chargé,
M. le Président, de surveiller l'application de notre réglementation, de la
législation? C'est Revenu Québec.
Donc, Revenu Québec, si jamais il y a quelqu'un
qui utilisait une résidence, ou un endroit, à des fins d'hébergement
touristique puis que ce n'était pas sa résidence principale, bien, il aurait
fait une fausse déclaration au ministère, puis il y a des dispositions pénales
qui s'appliquent, puis on peut lui retirer son attestation, plus le pénal.
Donc, on l'a, la mécanique pour surveiller, pour s'assurer que les gens qui
utilisent leur résidence principales à des fins d'hébergement le font
conformément à la réglementation puis à la législation.
On a mentionné également ce matin que, vu qu'on
commence maintenant une nouvelle forme d'exploitation d'hébergement, bien,
profitons-en tout de suite pour essayer de mettre le plus de contrôle, on va
dire, ou de surveillance possible. L'utilisation d'une résidence principale à
des fins d'hébergement n'est pas nouvelle. Ça n'a pas commencé le 1er mai dernier. Ce qui a commencé le 1er mai
dernier, c'est la nouvelle catégorie spécifiquement attribuée à
l'utilisation d'une résidence principale. Avant le 1er mai, quelqu'un qui
utilisait sa résidence principale pouvait le faire, mais ça lui prenait quand
même une attestation de la ministre du Tourisme, mais c'était dans une autre
catégorie. C'était «résidence de tourisme» ou, si c'était uniquement des
chambres qu'il offrait, c'était possiblement «bed-and-breakfast».
Donc, ce
qu'on a fait depuis le 1er mai, on n'a pas permis, tout d'un coup, de façon
nouvelle, d'utiliser une résidence principale à des fins d'hébergement,
c'était déjà permis avant, il y avait déjà une attestation qui était requise.
Là, on a créé une nouvelle forme de
catégorie, et donc l'attestation est liée à cette catégorie-là, tout
simplement. Puis il y a, on va dire, des aménagements qui ont été faits
pour cette catégorie-là spécifique d'établissements d'hébergement touristique.
Donc, moi, je pense qu'on a toute la mécanique
ici dans l'éventualité où des gens mal intentionnés voudraient utiliser une
résidence en la qualifiant de résidence principale, alors que ce n'est pas le
cas. On peut intervenir, Revenu Québec va avoir les moyens d'intervenir. Puis
ultimement, il va y avoir un retrait de l'attestation puis il y a même des
dispositions pénales. Ça peut aller jusqu'à 25 000 $ quand c'est un
individu.
Puis si je reprends, pour terminer, M. le
Président, si vous permettez, ce qu'on voulait éviter, l'exemple qu'on voulait éviter, justement, le groupe criminalisé
qui achèterait l'ensemble ou une
partie importante des résidences autour
d'un lac puis demanderait à des prête-noms d'utiliser ces résidences-là à des
fins principales, doit la déclarer et obtenir une attestation. Bien, si jamais
ça se posait, ça s'effectuait, l'amendement qui est proposé ne sert à rien,
parce qu'en utilisant un prête-nom, nécessairement, s'ils sont moindrement brillants,
le prête-nom n'aura pas été déclaré coupable pendant les trois dernières années
à des sanctions importantes au niveau des lois fiscales, donc on ne réglerait
pas le problème. Mais ce qui pourrait régler le problème, c'est le pouvoir
d'enquête de Revenu Québec qui pourrait, lui, vérifier auprès de chacun de ces
occupants-là, exploitants-là, si c'est vraiment leur résidence principale.
C'est terminé, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Merci
pour les éclaircissements, Me Hudon. Mme la ministre, vous souhaitez
ajouter quelque chose? Ça va? D'autres interventions concernant l'amendement
déposé à l'article 79? Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel, trois minutes.
Thériault : Oui, M.
le Président. Ce qu'on
essaie de faire, c'est d'intervenir avant. Je ne sais pas comment ça coûte, un enquêteur
à Revenu Québec, là. Je ne sais pas comment ça coûte, mais je pense qu'on peut
intervenir avant.
Ce qu'il faut être capable de dire ici, là, c'est
qu'Airbnb, là, au Canada, les revenus annuels présentement :
2,8 milliards de dollars en 2019. On est en 2020. Au Québec, estimé, 635.
Depuis 2015, c'est passé de 265 millions à 2,8 milliards de dollars
au Canada en revenus, 7 millions versés en taxes au gouvernement du Québec
en 2018. Hôtes de Airbnb ont touché, les
hôtes au Québec, 260 millions de dollars dans les poches des
Québécois seulement qui ont fait du Airbnb. L'hôtel de ville de Québec a
ramassé 33 millions de dollars. C'est l'équivalent, plus ou moins, de 300 000 personnes
qui ont utilisé la plateforme seulement dans la capitale nationale. Puis, en
2018, il y a eu 963 avertissements pour les hôtels illégaux. Dans la ville
de Québec, ça s'est soldé par 102 constats d'infraction seulement. Puis
Airbnb, dans le monde, c'est 31 milliards présentement.
Il y a-tu de la place pour être capable de
blanchir de l'argent là-dedans? Oui, oui. Ce qu'on veut faire, c'est empêcher
avant, pas pendant. Écoutez, là, notre collègue de Laurier-Dorion, là, il l'a
dit, il y a combien d'annonces de Airbnb sur Kijiji puis toutes les plateformes
puis ils n'ont pas de numéro? Comment ça se fait qu'il y en a encore
aujourd'hui? Puis il y en a plein. Bien, les inspecteurs de Revenu Québec, là,
pourraient s'attaquer à ça, c'est bien évident, avant.
Mais
là on veut être en prévention. On est en train de se faire dire : On va
inspecter, on a les pouvoirs. Non, non. Avant, avant, voyons. La législation,
là, M. le Président, là, ça évolue. Puis là on parle d'une plateforme numérique
qui évolue, puis on n'est pas capable de faire évoluer nos lois. En fait, là,
il y a tout un historique que je pourrai vous dire, je vais manquer de temps
parce que vous me dites qu'il reste juste une minute, M. le Président, mais je
maintiens que les amendements qu'on demande, c'est pour agir en amont, avant de
donner une attestation et que nous sommes à la bonne place, M. le Président.
Le Président (M.
Allaire) : Merci, Mme la députée. Mme la ministre, allez-y, la parole
est à vous.
Laforest : Oui. Bien, en fait, j'entends bien vos données, mais, en
même temps, il y a combien de résidences principales là-dedans? Parce que notre
article concerne seulement la
résidence principale, ça fait que ce serait peut-être bon de savoir.
Là, vous parlez d'autres
établissements touristiques, on ne parle même pas spécifiquement des résidences
principales. On est là-dessus aujourd'hui
avec notre article, notre amendement. C'est ça qu'on vient faire. Alors, il
faut vraiment voir qu'avec notre encadrement
on va justement mieux contrôler. Avec les attestations, oui, on va mieux contrôler.
Puis ce que je
voulais amener tantôt, c'est que, étant donné que... bien, en tout cas, on
dirait que l'article qui a été fait par l'ancien gouvernement, vous êtes en
train d'obstiner un
article qui fait la vérification obligatoire avec Revenu
Québec, s'il y a des contrevenants. On dirait que, je ne sais pas, mais vous
avez placé un
article pour la vérification avec Revenu Québec, avec le ministère
du Revenu, et là on dirait qu'on obstine un
article que vous avez mis en place.
Puis sûrement, avec les très, très grandes connaissances du député de Robert-Baldwin,
bien, c'est certain qu'il a composé l'article pour avoir, justement, une
meilleure protection et déléguer les pouvoirs à Revenu Québec. Ça s'est fait
par l'ancien gouvernement, puis là on obstine une réglementation qui a été
faite par votre gouvernement pour mieux contrôler, justement, et avoir des
pénalités pour les contrevenants sur la loi fiscale puis au niveau de l'application
de la
Loi sur l'administration fiscale.
Donc, tout est dans
l'article, présentement, que je lis. Ça a été appliqué en 2018, mais ça, c'est
selon le projet de loi n° 67 qui a été fait en 2015, justement. Alors,
moi, j'ai comme... je ne le sais pas, mais c'est certain qu'avec la possibilité
de déléguer les pouvoirs de l'inspection, avec cette délégation-là qui a été
faite et appliquée en 2018... Puis là,
honnêtement, je pense que, là, on dévie, puis c'est vrai, parce qu'on ne fait
qu'ajouter la résidence principale dans une réglementation qui a été faite dans le passé. On vient ajouter une
catégorie, c'est seulement qu'est-ce qu'on vient de faire, Me Hudon, évidemment. Puis les pouvoirs, vous les
avez composés, vous les avez votés, vous les avez adoptés vous-mêmes.
Ça fait que, là, on
dirait qu'on s'obstine nous-mêmes à un pouvoir que vous avez octroyé. Je ne
sais pas, il y a comme quelque chose... il y a un élément que je ne peux pas
comprendre. Puis là vous dites : On va aller plus loin, mais vous parlez de... Une résidence principale,
on en a une, selon la loi. À moins que je me trompe, là, ou... On en a
une, une résidence principale. Mais là on parle de crime organisé, on parle...
Je pense qu'on va faire venir la ministre de la Sécurité publique pour
l'amendement, je pense, parce qu'on est rendu très loin, là. Mais les pouvoirs
de vérification, ils ont été octroyés en 2018. On est en 2020. Quels pouvoirs
vous voulez qu'on donne de plus? Vous l'avez accordé.
Alors, moi, il y a
quelque chose, vraiment, que... Je ne sais pas pourquoi... Je pense qu'on va
tourner en rond parce que... Bien, vous avez du temps, prenez votre temps,
d'abord. Allez-y.
Le Président (M.
Allaire) : Merci. Mme la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols :
Merci, M. le Président. Bien, d'emblée, on s'obstine sur des mesures que notre
gouvernement avait mises en place, là... Tu sais, je ne veux pas rouvrir le
débat là-dessus, là, mais, je ne sais pas pourquoi vous vous obstinez quand ça
fait votre affaire, pour le reste, vous le changez, là, parce que... bien oui,
là, franchement, vous dites : On s'obstine sur des mesures que votre gouvernement
a mises en place, là.
Notre gouvernement a
mis en place des mesures, là, puis en 2015, là... puis si je ne me trompe pas,
c'est en 2017, on s'est rendu compte que la législation de 2015 ne fonctionnait
pas. Bien, on a fait le changement. On l'a dit, c'est une industrie qui est à
la vitesse grand V...
Le Président (M.
Allaire) : Juste un instant, Mme la députée de Vaudreuil. Un petit
rappel bien amical, rappelez-vous que vous vous adressez à moi. Je sens que les
débats deviennent plus émotifs, là, ça fait qu'on... juste prendre le temps de
vous adresser à moi, je pense, ça va mieux aller.
Donc, la parole est à
vous, vous pouvez continuer sans problème.
Mme Nichols :
Parfait. Je sais que je ne m'obstinerai pas avec vous, M. le Président.
Non, non, mais c'est parce qu'on dit qu'on s'obstine sur des mesures que notre
gouvernement a mises en place, mais on s'obstine bien quand on veut. Quand on
ne veut pas, on les change puis on passe à d'autre chose, là.
Puis je pourrais vous
donner bien des exemples qui me viennent en tête. Puis je m'excuse, là, mais,
tu sais, MRC Montcalm, ça me vient en tête. C'est des principes qu'on a
toujours respectés, mais on les change. Mais c'est pour ça... on s'obstine quand on veut, là, tu sais, puis on sort des
affaires du gouvernement quand on veut aussi, là, M. le Président. Ce
que je...
Le Président (M.
Allaire) : Juste un instant. Mme la ministre, vous souhaitez suspendre
les travaux?
Laforest : Oui. J'aimerais ça juste un petit moment, oui.
Le Président (M.
Allaire) : Parfait.
On va suspendre les
travaux quelques instants. Ça va? Parfait, merci.
(Suspension de la séance à
15 h 49)
Le Président (M.
Allaire) : Nous allons reprendre les travaux. Alors, lors de la suspension,
la députée de Vaudreuil, vous aviez la parole. Est-ce que vous souhaitez
poursuivre?
Mme Nichols :
Oui, M. le Président.
Le Président (M.
Allaire) : Allez-y, Mme la députée.
Mme Nichols :
Excusez, il y a de l'écho.
Alors, oui, voilà,
avant de suspendre, à la demande de la ministre, je répondais, là, aux
différents commentaires de la ministre. Je vais me concentrer sur les
commentaires de Me Hudon. Merci d'apporter certaines précisions légales.
Bien sûr, vous avez
parlé, là, de l'utilisation d'une résidence principale puis vous êtes revenu, entre
autres, là... Me Hudon est revenu sur la définition de la résidence principale
puis il nous disait que ça doit être un critère. M. le Président, je veux juste
dire que je m'attends... J'apprécie qu'on nous le souligne, là, mais je
comprends très bien où nous sommes puis je le sais qu'on est sur... je le sais
que la résidence principale, là, doit être l'élément premier, l'élément
déterminant. Puis évidemment, là, je m'attends à ce qu'avant... quand la
demande, là, pour l'attestation est faite, là, je m'attends à ce que ce premier
critère là soit d'abord... soit aussi vérifié.
On en parlait plus
tôt, on se disait : Bien, tu sais, la première chose, c'est de vérifier le
zonage dans les villes. Check, le zonage est correct, on l'a vérifié avec la
municipalité. Bon, bien, maintenant, ça, il me semble que ça doit être un
élément essentiel. Puis elle est là, la définition, là, vous l'avez lue. Donc, évidemment,
moi, je me dis, le ministère fait ses devoirs. Si ça ne rentre pas dans la
définition de résidence principale, bien, je présume que le permis ne sera pas
émis ou, sinon, il y aura une note ou un avis de de dire : Bien, ça ne
rentre pas dans la demande puis refus pour motif que ça ne remplit pas la
définition de résidence principale.
Quand on dit que Revenu
Québec est chargé de l'application, on dit que Revenu Québec peut lui retirer
son permis. Oui, bien sûr, ça, on est d'accord que Revenu Québec peut retirer
son permis. On en a parlé amplement puis on
est d'accord avec ça. Puis c'est bien normal d'ailleurs
que si, en cours de route, il y a des... puis on en a parlé, s'il y a
des plaintes ou si, en cours de route, là, on se rend compte que ça ne
fonctionne pas, bien, c'est la moindre des choses aussi que Revenu Québec lève
la main puis qu'elle dise : Bien non, on va intervenir ici, on va enlever
le permis.
Nous, là où on
intervient, là, c'est préalablement à tout ça. Nous, on intervient, là, c'est
au moment où on délivre l'attestation. Bien sûr, il y a des critères, bien sûr,
il y a des choses qu'on n'a pas parlé, mais qu'on s'attend que ça se fasse de
façon automatique, que ça soit vérifié de façon automatique par le ministère.
Et puis nous, ce qu'on veut rajouter... bien, tu sais, si, en cours de route,
là, le dossier est non réglementaire, bien, on retire le permis. Bien, pourquoi
qu'on ne le fait pas aussi en première étape? Pourquoi que, quand il n'y a pas
le permis, quand il n'y a pas cette demande-là, bien, on ne le fait pas
d'emblée? Il me semble que ça va de soi. Si, en cours de route, bien, tu
sais... Pourquoi on n'est pas proactifs? Si, en cours de route, on est capables
de le faire, on est sûrement capables de le faire avant, de faire cette
vérification-là avant. C'est là mon point puis c'est le point qu'on fait avec
les amendements qu'on dépose, c'est ce qu'on dit, c'est : Vérifions le
dossier, montrons patte blanche dès le début.
Puis on le dit, puis
je le rappelle, on est dans un domaine, là, où ça va tellement vite, là. C'est
vitesse grand V, là, dans ces dossiers-là. Puis on s'ajuste, puis rappelons-le,
là, le gouvernement, on dit tout le temps : C'est une machine qui est
lourde, c'est une machine qui est difficile à ajuster. On le sait, il faut
qu'on fasse des projets de loi, il faut qu'on... c'est compliqué. On est
dedans, là, ça fait que pourquoi on ne le ferait pas?
Je vais donner
l'exemple du projet de loi n° 16, là. On l'a fait,
voilà pas longtemps, aujourd'hui on rouvre 67, on est déjà en train de faire
des amendements au projet de loi n° 16. Ça fait que
c'est normal, là, que... C'est normal. Puis on nous demande pourquoi on a fait
ça voilà cinq ans. Bien, on a fait ça voilà cinq ans, puis on s'est ajustés en
2017, puis on s'est ajustés par après, puis c'est normal qu'on s'ajuste encore,
là. C'est tout à fait normal puis peut-être que même, dans deux ans, bien, on
va le rouvrir pour faire d'autres modifications parce qu'on se serait rendu
compte d'autres non-conformités où le gouvernement peut agir.
Maintenant, le
gouvernement fait la décision, prend la décision de vouloir gérer ces
attestations-là. Bien, faisons-le convenablement puis, préalablement, faisons
les bonnes inspections avant de procéder à l'émission.
Président (M. Allaire) : Merci, Mme la députée de Vaudreuil. D'autres
interventions concernant l'amendement
déposé à l'article 79? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons
procéder à sa mise aux voix. Mme la secrétaire, s'il vous plaît, par
vote nominal.
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Pour, contre, abstention. Mme Nichols (Vaudreuil)?
La Secrétaire : Mme Thériault
(Anjou—Louis-Riel)?
La Secrétaire : Mme Laforest
(Chicoutimi)?
La Secrétaire : M. Jacques
(Mégantic)?
La Secrétaire : M. Provençal
(Beauce-Nord)?
La Secrétaire : Mme IsaBelle
(Huntingdon)?
La Secrétaire : Mme Jeannotte
(Labelle)?
La Secrétaire : Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice)?
La Secrétaire : M. Tremblay
(Dubuc)?
La Secrétaire : M. Fontecilla
(Laurier-Dorion)?
La Secrétaire : M. Allaire (Maskinongé)?
Le Président (M. Allaire) :
Abstention. Donc, l'amendement déposé à l'article 79 est rejeté. On
revient donc à l'article 79. Est-ce qu'il y a des interventions? Mme la
députée de Vaudreuil, allez-y.
Mme Nichols : Oui. Merci, M. le
Président. Donc, je vais déposer un amendement à l'article 79. Si on peut
suspendre quelques secondes, il est presque terminé de rédiger, on va l'envoyer
au secrétariat.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Nous allons suspendre les travaux quelques
instants. Merci.
(Suspension de la séance à 16 h 14)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
nous allons reprendre les travaux. Donc, il y a un amendement qui sera déposé à
l'article 79. Mme la députée de Vaudreuil, je vous cède la parole.
Mme Nichols : Oui. Merci, M. le
Président. Je m'excuse, mon ordinateur a fermé. Attendez une minute, là, je
n'ai pas le...
Le Président (M. Allaire) : Est-ce
que vous souhaitez qu'on suspende quelques instants?
Mme Nichols : Non, je pense que j'ai
le bon. Non, je vais le lire, là, puis après ça... On va-tu juste m'assurer ou
me valider que c'est le bon amendement que j'ai sous les yeux?
Alors :
L'article 79 du projet de loi est modifié par l'insertion, à la fin de
l'article, de l'alinéa suivant :
«Le ministre peut [...] refuser de délivrer une
attestation de classification visée à l'article 11.3 si le demandeur a été
reconnu coupable d'une infraction aux lois fiscales du Québec, au cours des 3
dernières années.»
Le Président (M. Allaire) : Oui,
vous pouvez poursuivre avec les explications.
Mme Nichols : Oui, parfait.
J'attendais votre autorisation, M. le Président. Alors, les explications
relativement à l'amendement... Écoutez, j'ai utilisé, dans cet amendement, le
vocabulaire qui est utilisé dans d'autres articles et d'autres amendements
déposés par la ministre. Je fais référence, entre autres, au fait qu'il a été
reconnu coupable aux infractions aux lois fiscales du Québec dans les trois
dernières années. Donc, on reste toujours dans la catégorie des trois dernières
années et maintenant on fait plutôt référence à la culpabilité directement,
donc il va falloir consulter pour savoir si, dans le dossier, il y a une
culpabilité ou pas, toujours relativement aux lois fiscales. Donc, évidemment,
c'est à la charge du ministère des Finances, Revenu.
Le Président (M. Allaire) : Parfait,
merci. Mme la ministre, est-ce que vous souhaitez intervenir concernant
l'amendement?
Mme Laforest : Non, à moins que Me
Hudon, si vous voulez intervenir. Moi, c'est correct.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Me Hudon, la parole est à vous.
M. Hudon (Alain) : Merci, M. le
Président. Peut-être juste un commentaire. L'effet même de la disposition,
ultimement, est totalement similaire à l'amendement qu'on avait précédemment, à
l'exception qu'on ne vise plus la
loi sur les contrats, mais ultimement, les
éléments que j'ai mentionnés tout à l'heure sont aussi valables à l'égard de
cet amendement-là que pour le précédent, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Parfait,
merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions concernant l'amendement? Mme la
députée d'Anjou—Louis-Riel.
Mme Thériault : Merci, M. le
Président. On a pris le sous-ministre au mot. Lorsque, tout à l'heure, vous
nous avez dit que c'était trop vaste de dire «non-conformité aux lois
fiscales», on vous a pris au mot. Ça fait qu'on a dit : Bon, bien
non-conformité, c'est vrai que quelqu'un qui n'est pas conforme n'a pas
nécessairement beaucoup de choses à se reprocher. Ça peut être quelqu'un qui
est en défaut de paiement de quelque chose, ça peut être un retard. Donc,
évidemment, on s'est dit... puis je vais... je pense que c'est important que je
remette la table aussi, là.
En temps normal, lorsque l'opposition veut faire
des amendements sur le projet de loi, on s'assoit avec la ministre, on trouve
la bonne formulation puis on y va. Puis on a fait ça dans tous les
10 articles qui regardaient tout le volet de l'habitation. Nous avions
avec nous, évidemment, le président du Tribunal administratif du logement, donc
qui sait exactement comment l'écrire, hein, n'est-ce pas?
Nous avions la P.D.G. de la Société d'habitation
du Québec, Mme Guylaine Marcoux, qui est rendue sous-ministre à l'Habitation
maintenant. Félicitations, Mme la ministre, pour avoir créé un sous-ministériat
au niveau de l'Habitation. J'imagine qu'avec
les milliards du gouvernement fédéral pour gérer l'Habitation, c'était tout à
fait approprié. Je pense que Mme Marcoux va certainement, avec sa
connaissance des enjeux, des dossiers, aider à faire avancer.
Donc, évidemment, quand tu as les sous-ministres
qui sont assis avec toi, c'est beaucoup plus facile de pouvoir rédiger, les
légistes sont là. Et là la problématique, c'est que, ce qui nous importe, nous,
c'est qu'on puisse dire qu'avant d'émettre une attestation, on puisse faire des
vérifications pour ne pas donner ça à n'importe qui. C'est ça, le sens même,
là, des amendements qu'on propose, là, c'est ça. À partir du moment où une
non-conformité aux lois fiscales, c'est un peu trop long, trop large, qui
embrasse trop mal étreint, comme on dit, ou trop fort ne casse pas, bien, on a
dit : O.K., on va venir se rattacher.
Tout à l'heure, on a pris quelques lois qui nous
semblaient pourtant évidentes, mais on n'a pas tout pris les lois, parce qu'il
y a d'autres lois où tu peux être coupable de blanchiment d'argent, qui ne sont
pas nécessairement les lois qu'on avait dit au niveau des impôts, de la taxe de
vente ou l'autre... je n'ai pas l'amendement devant moi, là. On avait ciblé des
lois, mais il y en a d'autres, des lois, là, honnêtement. Ça fait qu'on s'est
dit : Bon, bien là, on tente encore une fois de pouvoir dire que si les
gens ont été reconnus coupables d'une infraction aux lois fiscales du Québec,
au cours des trois dernières années évidemment, là, c'est correct.
Quand j'ai fait état de la modification qui a
été faite à la Loi de la RACJ par le gouvernement qui est en place, cette
loi-là, elle va même plus loin, elle va, elle, pour les cinq dernières années.
Bon, là, on se dit : O.K., ici, toute la législation de la loi qui regarde
l'hébergement touristique, c'est pour trois ans. Ça fait qu'on s'est dit :
On va rester sur le même paramètre de trois ans, M. le Président. Puis le fait
d'avoir été reconnu coupable comme tel à une infraction aux lois fiscales,
bien, ça donne toute la latitude possible pour être capable de dire :
Bien, si tu as fait du blanchiment, si tu as fait de la fraude, tu as agi comme
prête-nom, tu as fait de l'évasion fiscale... bien, c'est un beau privilège
qu'on donne aux gens de pouvoir utiliser leur résidence pour pouvoir faire du
Airbnb.
Puis il n'y a pas
personne qui va m'enlever de la tête, M. le Président, là, que le fait
d'intervenir en amont plutôt qu'un coup que les gens ont les attestations...
moi, je veux qu'on fasse le ménage, autrement dit, là, qu'on montre une bonne réputation avant de rentrer dans le club sélect de
ceux qui auront le droit d'avoir des attestations. Ce n'est pas compliqué. Ce n'est pas une carte VIP
supplémentaire que je donne avec des nuitées à l'hôtel gratis, là. Ce n'est
pas ça qu'on fait pantoute, là, pas du tout,
du tout, du tout. On est très loin. Mais comme je l'ai expliqué, le propre du
crime organisé, c'est d'infiltrer une économie tout à fait légale,
particulièrement quand on est au début de quelque chose.
Ce qui est fascinant,
c'est que la ministre tout à l'heure nous disait : Oui, mais là, c'est
votre propre loi puis là, tu sais... Oui, c'est notre propre loi, mais
savez-vous quoi? On change les lois constamment. Quand on a commencé ce projet
de loi là, les premiers articles, c'étaient ceux de l'habitation. Bien,
l'habitation, la loi, on l'a faite l'année passée avec le projet de loi
n° 16. On avait 10 articles qui venaient le changer puis on avait
sept amendements. Là, on est sur une loi qui est basée sur 2015.
Je vais vous faire, M.
le Président, le vrai historique. Ça va être intéressant parce que j'ai gardé
les petits textos de Mme Mélissa tout à l'heure, comme je vous l'ai
mentionné, puis j'aimerais ça refaire, dans l'ordre, la genèse de ce qui s'est
passé pour le projet de loi à partir de 2015. Je vais vous lire quelques-uns
des textos, O.K.? Et je commence avec : «On avait l'obligation de mettre
une base à l'époque. Notre projet de loi avait été une première au Canada et on
a mis des assises pour créer un cadre qui se devait d'évoluer.»
M. le Président, je
vous annonce avec beaucoup de plaisir que c'est le rôle d'une ministre ou d'un
ministre de mettre un cadre quand il y a une nouvelle affaire qui arrive, dans
n'importe quoi, n'importe quel ministre, là. Après ça, il y a cinq ans, Airbnb n'était pas du tout réglementée. Zéro. Il
n'y avait rien, zéro, zéro, zéro. On a fait une législation avec les
hôteliers, je vais vous expliquer pourquoi un petit peu plus loin. «La
législation mondiale a, par la suite, évolué. Airbnb, il y a cinq ans, ce n'était
pas l'industrie d'aujourd'hui. Au fil des ans, la législation, elle a dû
évoluer. Aujourd'hui, ce qu'il reste à faire, c'est de serrer la vis
pour ceux qui blanchissent de l'argent avec cette industrie via Airbnb.»
On continue. «En
2015, on a encadré la concurrence aux hôteliers.» C'est ça, c'est pour ça qu'on
a fait une loi d'Airbnb, pour encadrer la concurrence aux hôteliers. C'est pour
ça, je voulais vous dire, je vais revenir aux hôteliers plus tard, M. le
Président. «Il y avait 400 Airbnb par nuit sur Internet, juste dans la
ville de Québec, et c'était de la concurrence déloyale et directe. Il y avait
aussi toute la question de la taxe d'hébergement qui était en suspens.» Pour
les gens, là, qui se souviennent, là, pensez-y, la taxe sur l'hébergement. Ça
fait que tu allais dans un hôtel, tu payais la taxe d'hébergement puis tu
allais dans Airbnb, tu ne payais pas ta taxe sur l'hébergement. «Depuis cinq
ans, on a réglé ça. Là, on est rendu ailleurs.»
Il y en a un autre
qui est intéressant, que je vous livre. «La preuve que ça évolue, en 2015, on a
fait la loi, donc le cadre. En 2017, la ministre Julie Boulet a annoncé une
entente avec Airbnb pour prélever la taxe d'hébergement. Ça a pris deux ans au gouvernement
du Québec, s'entendre avec une plateforme en Californie pour qu'ils prélèvent
la taxe d'hébergement. Parce qu'à l'époque, M. le Président, les gens
disaient : Bien, voyons donc, l'entreprise n'est pas située ici, au Québec,
ni au Canada. Airbnb, on ne pourra jamais les taxer. Bien, ça a pris deux ans,
puis on est arrivés à faire une entente, puis Revenu Québec était mêlé
là-dedans. Bravo! Félicitations! Ils n'ont pas lâché, M. le Président. Deux
ans, ça, c'est plus tenace que moi. On est à trois amendements, là, je vais
vous faire remarquer.
Pourquoi je vous dis
ça, M. le Président? C'est parce que la loi, elle évolue. Elle évolue. Puis
c'est sûr que, quand tu fais quelque chose en 2015, qu'en 2017 tu vas le
changer puis en 2020, c'est normal que tu fasses d'autres choses. La ministre
dit évidemment que, là, on venait permettre aux résidences... C'est la preuve
que ça évolue, M. le Président, la
loi sur Airbnb. C'est vrai.
Le sous-ministre nous
a parlé de la définition de résidence principale. Vous avez raison, je vous le
donne. Je vous le donne, mais, M. le Président, loin de moi de vouloir donner
des trucs, là, loin de moi de vouloir donner des trucs... Moi, j'ai une maison
puis j'ai un condo dans une autre ville. Je connais bien des gens qui ont une
maison, puis qui ont un chalet, puis qui ont un appartement, puis un chalet,
puis honnêtement tu peux déclarer ta résidence principale dans ton chalet, même
si ça ne l'est pas, puis tu fais suivre ton courrier avec Postes Canada, puis
il n'y a pas personne qui va savoir elle est où, la notion de résidence
principale, M. le Président.
Le Président (M.
Allaire) : M. le député de Mégantic.
M. Jacques :
M. le Président, je comprends que Mme la députée, là, d'Anjou—Louis-Riel
essaie de faire un étalement de tout ce qui s'est passé, là, depuis cinq, six
ans, là, mais je crois qu'on est très loin de l'amendement qui est proposé. On
parle des chalets, des résidences principales, de ci, de ça, on parle d'un
amendement pour que le ministère du Revenu... que les gens qui sont coupables
d'une infraction aux lois fiscales du Québec, là, soient enquêtés puis qu'ils
n'aient pas le droit d'avoir un permis.
Là, on fait un
historique de ce qui a été fait au cours des cinq, six, sept dernières années
pour faire une
loi sur Airbnb. J'aimerais ça qu'on se ramène à l'amendement,
là, qui est proposé là. Je pense que l'historique, on l'a eu à plusieurs
reprises depuis deux jours, donc... Merci.
Le Président (M.
Allaire) : Merci, M. le député. Ça va, M. le député de Mégantic. Je
vais laisser le débat aller. Je vais laisser le débat aller, j'explique
pourquoi.
En fait, la
partie
gouvernementale a fait référence à cette loi-là, puis je pense qu'on fait juste
continuer à y faire référence. Je comprends qu'il y a un historique, l'historique est... je ne dirais
pas qu'il est long ou pas long, mais je
pense qu'on l'a bien compris. Puis là je vous demande quand même de revenir sur
l'essentiel et l'amendement. On a compris l'essentiel
de votre propos, c'est correct, mais je vais laisser poursuivre le
débat. Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel, la parole est à vous.
Mme Thériault :
Merci, M. le Président. Évidemment, vous avez compris, c'était à la demande de
la ministre, donc oui, merci d'avoir rendu cette décision-là. Mais, M. le
Président...
Le Président (M. Allaire) : M. le
député de Mégantic.
M. Jacques : Bien, je n'ai pas
compris quand la ministre a demandé de faire un appel de tout ce qui a été fait
dans les cinq dernières années, là, par rapport à cette loi-là.
Le Président (M. Allaire) : Non, M.
le député de Mégantic, en fait, dans l'argumentaire de la
partie gouvernementale,
je me souviens très bien d'avoir entendu la référence aux lois qui ont été
votées dans le passé. Donc, ce que j'ai bien compris ici, c'est... la députée
d'Anjou—Louis-Riel
faisait à nouveau référence à cette loi-là qui a été évoquée tantôt par la
partie gouvernementale, avec beaucoup plus de détails, j'en conviens.
Maintenant, je pense qu'on peut revenir à
l'essentiel de l'amendement. Donc, je vous laisse la parole, Mme la députée. Le
sujet est clos. Merci.
Thériault : Oui.
Merci, M. le Président. Et, M. le Président, M. le sous-ministre, dans sa
réponse, lui-même a fait référence à la notion de résidence principale,
parce que l'objet ici, c'est de permettre à quelqu'un de déclarer sa résidence
principale avec une attestation de Airbnb. Ça fait que je pense que je suis
directement sur le sujet, autant avec ça qu'avec l'historique, parce que la
ministre avait oublié qu'il y a eu aussi la ministre Julie Boulet qui a fait
des choses dans ce dossier-là. Donc, je pense que c'est important.
Donc, évidemment, M. le Président, la notion de
résidence principale, c'est exactement au coeur de l'argumentaire. Puis moi, je
pourrais très bien vous dire que ma résidence principale est à Québec, mais
elle n'est pas à Québec, ma résidence principale, elle est vraiment là où je
demeure. Mais, entre vous puis moi aussi, M. le Président, là, vous savez très
bien qu'il y a des couples qui sont des couples, puis qui ont deux maisons,
puis qui ont chacun leur résidence principale aussi, pour de vrai, là. Fiscalement
parlant, c'est une notion qui est reconnue, M. le sous-ministre le sait très
bien aussi, qu'il peut y avoir des couples qui sont ensemble mais qui ont deux
adresses de résidence. C'est vrai. Mariés, là, mariés. C'est une notion fiscale
qui existe, M. le Président.
Ça fait que c'est sûr qu'à partir du moment où
on veut juste se rattacher à la notion de résidence pour donner l'attestation,
bien, je ne peux pas faire autrement, moi, de dire que parfait, O.K., mais on
peut-u les vérifier? Ça fait que je suis d'accord avec la notion de la
résidence principale, pas de problème. De toute façon, si les gens ne sont pas
fins puis ils patinent dans le système, j'imagine, vous allez les pogner à un
moment donné. Vous allez essayer. Ce qu'on essaie de faire avec l'amendement
qui est ici, M. le Président, c'est de faire en sorte qu'on puisse agir avant,
avant de donner l'attestation.
Ce qui est le plus utopique, M. le Président,
c'est que même dans l'article 80 qui suit... parce que ma collègue a bien
dit qu'on s'était inspiré des articles qu'on a devant nous, en plus de ça, dans
la même loi, ce qui est le plus utopique, c'est que dans l'autre article...
puis là je ne veux pas me faire rappeler à l'ordre, mais c'est parce qu'on
dit : À la demande d'une municipalité, la ministre peut révoquer... O.K.,
c'est correct, s'il y a quelque chose de pas correct, la municipalité peut elle
aussi demander au ministre de révoquer ou de ne pas émettre l'attestation.
M. le Président, une municipalité peut demander
de ne pas émettre l'attestation, puis, si la personne a fait une fraude
fiscale, elle va l'avoir. Voyons donc! On peut-u juste être conséquent? C'est
juste ça. Ça fait que, là, on a essayé de le
dire avec une non-conformité. C'était trop grand, trop large. Parfait. On est
revenus en disant : La
Loi sur les impôts, la
Loi sur la taxe de
vente... O.K., on sait qu'il en manque. Bon, parfait. Ça fait que, là, on s'est
dit : O.K., on essaie de trouver juste la bonne place sur le x pour que la
ministre, elle puisse dire oui. Ça fait que la bonne place sur le x, pour nous,
ça peut vouloir dire si le demandeur a fait l'objet, au cours des trois
dernières années, d'une condamnation.
Donc, la manière qu'il est écrit ici, «a été
reconnu coupable d'une infraction aux lois fiscales du Québec au cours des
trois dernières années», ça... puis je rappelle, là, que de délivrer une
attestation de classification, c'est un privilège. C'est un privilège, ce n'est
pas un droit. Ce n'est pas un droit. On a le droit à l'égalité, on a le droit à
l'égalité des chances, on a le droit de ne pas faire de la discrimination, on a
le droit à l'embauche, on a le droit... On a un paquet de droits, M. le Président. J'ai un droit de parole, même. Je fais attention
comment je l'utilise, M. le Président. J'ai un droit de parole, un droit.
Là, c'est un
privilège. On parle... «La ministre peut également refuser de délivrer une attestation de
classification.» C'est un privilège. Savez-vous c'est quoi, mon privilège, M.
le Président? D'être députée à l'Assemblée nationale et de jouer un rôle de législateur.
C'est le plus beau privilège que j'ai. Ce n'est pas un droit d'être ici, là, ce
n'est pas un droit, c'est un privilège qu'on a. Moi, j'ai le privilège que les
citoyens d'Anjou—Louis-Riel
m'ont élue pendant sept élections, M. le Président. Je fais des lois. Je fais
des lois puis là je suis en train de dire que, pour donner un privilège à
quelqu'un d'avoir une attestation, est-ce qu'on peut vérifier si cette
personne-là n'a pas une coche mal taillée, comme on dit en bon canadien
français, M. le Président, ou en bon québécois, une coche mal taillée dans son
dossier.
Mais là je comprends qu'il y a des coches qui
sont plus importantes que d'autres puis il y a des coches qui sont moins
importantes que d'autres. Puis, pour revenir aux exemples qu'on n'a pas arrêté
de donner depuis qu'on parle de ce sujet-là, il n'est pas question ici de
pénaliser. Puis ce n'est même pas pénaliser, il n'est pas question ici de
priver quelqu'un d'un droit, il est quelqu'un... de priver quelqu'un d'un
privilège s'il n'a pas montré patte blanche. C'est aussi simple que ça.
En temps normal, là, si tu veux te partir une
business, là, «let's go», tu te pars une business, tu t'enregistres, tu joues selon les règles, tu vas payer des impôts, patati,
patata. Là, on permet à quelqu'un d'utiliser sa résidence principale, là. M. le Président, je vous le dis, là, je ne veux pas faire mon oiseau de malheur, mais
si j'avais dit à la ministre,
l'année passée, dans le projet de loi n° 16 : Vous allez voir, Mme la
ministre, dans un an, on est ici, on fait des changements, elle ne m'aurait pas
cru. Bien, c'est ça qu'on a fait.
Là, on est dans la loi. On l'a ouvert en 2015,
en 2017, il y a eu des modifications au règlement. Même la ministre de la Sécurité
publique, dedans sa loi qu'elle a faite, elle, sur la RACJ, maintenant, si tu
es reconnu coupable, M. le Président... puis il y a d'autres lois où tu es
associé même... reconnu comme étant associé au monde criminel, tu ne l'as pas,
le permis, ou tu ne l'as pas, l'attestation. C'est un privilège.
Ça fait qu'il n'y a pas personne qui va me faire
changer d'idée. Je pense qu'on est vraiment à la bonne place. Il faut juste
trouver la bonne manière de l'écrire, M. le Président. Là, on est au troisième
essai. Bien, on peut continuer de faire d'autres essais, M. le Président, jusqu'à
temps qu'on trouve la bonne manière de l'écrire pour être sûrs que ça va être
conforme, pour ne pas léser les droits des gens ou léser... ou qu'il y ait des
gens qui disent : Bien, moi, c'était mon privilège d'aller chercher ça
puis vous l'avez mal fait dans la législation.
Bien, je m'excuse, mais c'est ça, c'est faire
des choix. Puis le choix que nous, on fait, l'opposition officielle, c'est
clairement... c'est de dire que les gens qui n'ont pas un beau dossier fiscal
au Québec, parce qu'ils ont été reconnus coupables d'une infraction au cours
des trois dernières années, ne méritent pas d'avoir une attestation pour
pouvoir bénéficier du privilège de faire des sous avec leur résidence. C'est
aussi simple que ça, M. le Président. Ce n'est pas compliqué, c'est hyperfacile
à comprendre.
Je vais répéter. De la manière qu'on a écrit l'amendement,
on veut faire en sorte qu'une personne qui va demander une attestation pour
pouvoir faire du Airbnb dans sa résidence principale... c'est un privilège, ce
n'est pas un droit, et pour avoir le droit d'avoir un privilège... tu sais,
c'est comme avec nos enfants, M. le Président : Sois fin, je vais te
donner un dessert. Ah! si tu es tranquille puis que tu écoutes ton émission
comme il faut, là, O.K., je vais te donner ça après. Beaucoup de parents font
ça, là. Moi, j'avais un fils qui était sage, M. le Président, je n'avais pas
besoin de marchander avec lui, il écoutait. Franchement, je suis contente, j'ai
un bon garçon.
Mais il y a quand même des gens qui n'ont pas un
bon dossier au Québec, puis si, dans toutes les lois qu'on a, il y a des gens qui sont reconnus coupables... Je
ne sais pas, j'ai une question peut-être pour M. le sous-ministre. Est-ce que vous avez le nombre de personnes
qui plaident coupable, par année, dans les différentes infractions fiscales,
par année? Avez-vous ça? Ça serait une donnée intéressante, M. le Président.
Mais je le prends peut-être par surprise, là, puis je ne veux pas le... Je ne
veux pas vous mettre en boîte, M. Hudon, là, ce n'est pas ça du tout, du tout.
Je m'excuse.
Le Président (M. Allaire) : Mme la
ministre, est-ce que c'est correct? Mme la ministre, Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel
a posé une question, souhaite...
Mme Laforest : Non, mais là, je ne
sais pas. Je crois, c'est Maître...
M. Jacques : M. le Président, bien,
écoutez...
Le Président (M. Allaire) : M. le
député de Mégantic.
M. Jacques : Je ne veux pas
commencer à jouer à amener des points de règlement, là, tout le temps, là, mais
j'aimerais ça que la députée de Louis-Riel puisse s'adresser à vous au lieu de
directement au sous-ministre, de un. Je vais laisser faire pour le reste, là.
J'avais d'autres choses, je vais laisser faire pour le reste pour le moment.
Président (M. Allaire) : Oui, M. le député de Mégantic, je prends
bonne note. Effectivement, on va favoriser... Lorsque le débat est avec moi, ça, c'est toujours plus favorable. Dans
ce contexte-ci, les échanges, jusqu'à maintenant, là, je pense, sont
corrects, sont respectueux. Des fois, je laisse un peu plus aller, là, quand je
vois que ça va bien. Mais effectivement, là,
peut-être juste vous... adresser aussi les questions à la ministre. La ministre
pourra décider, là, ça, quel sous-ministre pourra répondre à vos
questions. Dans ce cas-ci, Mme la ministre, est-ce que vous souhaitez
intervenir?
Mme Laforest : Bien, je vais laisser
Me Marceau, mais après ça je vais pouvoir revenir, si vous voulez bien.
Le Président (M. Allaire) : Me
Hudon?
Mme Laforest : Me Hudon. Marceau...
Excusez.
Le Président (M. Allaire) : Oui. Me
Hudon, allez-y, la parole est à vous.
M. Hudon (Alain) : Peut-être juste une
correction, M. le Président. Ce n'est pas que je n'aime pas le titre, mais je
ne suis pas sous-ministre ni sous-ministre adjoint. Non, je suis à la Direction
des affaires juridiques des Finances, Économie et Tourisme.
Pour répondre à la question, malheureusement,
non, je n'ai absolument pas cette réponse-là. Il ne faut pas oublier qu'il n'y
a pas juste les gens qui peuvent se déclarer coupables, là, reconnaître leur
culpabilité, il y a aussi ceux qui disent qu'ils ne sont pas coupables puis
ultimement sont reconnus coupables, là. Donc, non, je n'ai absolument aucune
information sur le nombre de déclarations de culpabilité qu'il peut y avoir
dans une année à l'ensemble des infractions en matière fiscale.
Président (M. Allaire) : Merci. Mme la ministre. Non, ça va, c'est
correct?
Laforest : Est-ce que je peux ajouter?
Le Président (M.
Allaire) : Oui, oui, oui, allez-y.
Laforest : Bien, la réponse est exacte, évidemment, mais ce que je
peux ajouter, c'est qu'en obligeant la certification avec les résidences
principales, on va pouvoir avoir plus de données si on vient qu'à le faire un
jour, s'il y a des sanctions qui sont prises. Mais je veux vraiment... parce
que, là, vous lisez quelques échanges de courriels.
Je vais juste, si je
peux dire, mentionner l'échange qu'il y avait eu entre le ministre
anciennement, le député de Robert-Baldwin, et l'ancien ministre des Affaires
municipales, M. Marceau, que tout le monde connaît sûrement très, très bien, en
tout respect. Alors, il y a eu une question de M. Marceau et il a posé la
question : Est-ce qu'on peut... Là, on parle d'en 2018, quand les pouvoirs
ont été transférés à Revenu Québec. «Est-ce qu'on peut dire que ces
dispositions-là vont mettre un terme à la concurrence déloyale de laquelle se
plaignent les hôteliers en particulier?» Et la réponse étant : «Mettre un
terme, je ne sais pas, mais ça va certainement donner des outils additionnels
[qu'on a besoin, dans ce cas, à] Revenu Québec, de mieux circonscrire ces
mouvements-là», réponse du ministre des Finances à l'époque.
M. Marceau : «Qui sont en croissance [...] et qui sont toujours en
croissance importante?» Réponse du ministre des Finances : «C'est ça,
[exactement]. Donc, il y aura meilleur partage d'information entre Tourisme et
Revenu pour pouvoir mieux... pour pouvoir améliorer la conformité aux lois
fiscales.»
Ça, c'était en
commission le 15 mai 2018. Je crois que le ministre des Finances qui
était là à l'époque et le ministre des Affaires municipales, que j'apprécie
beaucoup, résument bien toute la situation qu'on fait aujourd'hui, et, en plus,
on oblige la certification juste pour la résidence principale. Merci, M. le
Président
Le Président (M.
Allaire) : Merci, Mme la ministre. Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel,
souhaitez-vous terminez? Mme la députée de Vaudreuil aussi? Allez-y, la parole
est à vous.
Mme Thériault :
Bravo à l'ancien ministre, notre... je m'en allais l'appeler par son prénom, M.
le Président, le député de Robert-Baldwin. Je pense, il a donné une excellente
réponse, puis oui, c'est vrai qu'on a fait des choses pour donner des moyens à Revenu
Québec. Bien, parfait, ils font de l'intervention, parfait.
On n'est pas contre
ça. On ne dit pas que ce n'est pas correct, on dit juste qu'il faut se donner
les outils avant d'avoir une attestation. Le pouvoir de Revenu Québec, ce que
la ministre a cité, le pouvoir de Revenu Québec, M. le Président, c'est d'avoir les
moyens de donner des contraventions puis de prendre le monde en défaut. Parce qu'avant, dans la loi, savez-vous quoi? Ça n'existait pas,
Airbnb. Il n'y en avait pas d'infraction, ils ne pouvaient pas les prendre en
défaut.
On a donné les
pouvoirs à Revenu Québec de pouvoir le faire. Il faut... c'est le pouvoir
habilitant. Il faut qu'on le reconnaisse dans la loi qu'il a le droit de faire
ça. Bravo! C'est exactement la même chose qu'on dit depuis le début. On est à
la même place, M. le Président, sauf que ce qu'on dit, nous, c'est : Pourquoi
attendre que les gens aient une attestation pour leur taper sur les doigts?
Est-ce qu'on peut faire en sorte de vérifier avant puis que si les gens, ils
ont eu une problématique puis ont été reconnus coupables d'une infraction
fiscale aux lois du Québec au cours des trois dernières années, de ne pas leur
donner une attestation?
C'est un privilège,
M. le Président, d'avoir une attestation. C'est un privilège. On donne le
privilège à quelqu'un de faire de l'argent avec sa résidence principale. Il va
avoir son attestation, il aura l'obligation de la déclarer. C'est correct. Au
lieu de donner 10 000 attestations, on peut-u en donner 5 000
parce qu'on va avoir vérifié puis que les pas bons, on ne les veut pas? On ne
les veut pas. On ne les veut pas, les pas bons. Ceux qui fraudent, on ne les
veut pas. On ne veut pas leur donner un certificat.
Il me reste juste une
minute. M. le Président, honnêtement, notre amendement, c'est ce qu'il vise. On
ne les veut pas, les pas bons. Il faut intervenir avant, c'est tout.
Le Président (M.
Allaire) : Merci, Mme la députée, Mme la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols :
Oui. Merci, M. le Président. Alors, dans le troisième amendement, là, qui est
déposé, c'est surtout au niveau, là, de la terminologie, comme... j'essaie de
trouver, là, la terminologie qui va se rapprocher le plus pour qu'il y ait le
moins de différences ou, en fait, pour qu'il y ait un agencement avec le reste
des articles. J'ai pris ce vocabulaire-là
parce qu'il figure entre autres à l'article 80, puis même on aurait pu
rajouter, parce qu'à l'article 80... bien, on le verra plus loin,
là, mais on parle entre autres de pardon. Tu sais, on n'est pas allés
jusque-là, mais on a quand même... tu sais, j'ai quand même pris la
peine d'indiquer qu'il est reconnu coupable d'une infraction aux lois fiscales.
Reconnu coupable aux lois fiscales, bien, ça veut dire qu'il y a nécessairement
une coche dans le dossier ou une note dans le dossier, une non-conformité dans
le dossier, puis je pense qu'il faut le consulter préalablement.
Je veux juste faire
une référence que je trouvais très pertinente à la RACJ. À la RACJ, là, ils se
sont ajustés, là, parce qu'on le sait puis on n'a pas besoin... je n'ai pas
besoin de nommer des cas particuliers, là, mais à la RACJ, là, il y en a eu,
des problématiques avec l'émission des permis. Ce qu'ils ont fait, ils ont
rajouté un critère de vérification additionnel. Je trouve ça vraiment, vraiment
pertinent. Ils ont dit que le critère de vérification additionnel pour la
personne chargée d'administrer le commerce lors de la délivrance du permis...
Donc, la régie devra refuser de délivrer un permis d'alcool à un demandeur si
la personne chargée d'administrer l'établissement où serait exploité le permis
a commis, dans les cinq ans — c'est encore plus sévère — précédent
la demande, un acte criminel ou une infraction qui aurait pu... qui aurait
empêché le demandeur d'obtenir le permis.
Donc, ici, ils font
référence à un acte criminel ou une infraction. Je ne pense pas qu'ici le fait
de s'en aller vers un acte criminel, puis c'est mon opinion bien personnelle,
là, mais je ne pense pas qu'on doit s'en aller là, là. On s'en va faire...
c'est une plateforme de location, puis ici, on est dans la location de la
résidence principale, puis on veut avoir l'attestation pour pouvoir louer la
résidence principale pour pouvoir faire la location. Tout de même, là, je pense
que l'infraction qui aurait empêché le demandeur d'obtenir le permis, c'est
pertinent, là. La RACJ s'est ajustée. C'est là, à la RACJ. Je ne vois pas... tu
sais, je ne vois pas comment ça peut être une embûche de ça. Puis ce n'est pas
un critère qu'on rajoute, puis je l'ai dit précédemment, je le sais, mais ce
n'est pas un critère qui est lourd. Ce n'est pas une étape administrative
incroyable, où il va falloir engager du monde pour faire cette vérification-là,
non, au contraire.
Le gouvernement a même facilité la transmission
des données interministères avec le projet de loi n° 14. L'ancien ministre
des Finances, c'est vrai, l'ancien ministre des Finances a donné un pouvoir à
Revenu Québec. C'est déjà un bon début, il fallait commencer, là. Si on revient
en 1975, là, en 1973, là, il n'y en avait pas de plateforme locative ou, du
moins, ce n'était pas légiféré. Mais, si on revient en arrière de cinq ans,
oui, on a commencé à légiférer autour de ça. Oui, on a commencé à mettre... à
donner des dents. Disons-le, là, on a des dents ici, à Revenu Québec, là. On
leur a donné des pouvoirs à Revenu Québec. Là, ce qu'on fait, là, c'est que
Revenu Québec est déjà
partie au dossier, est déjà là, a déjà la possibilité de
le faire, donc...
Puis la ministre a raison, là, quand elle a cité
notre collègue de Robert-Baldwin, là, qui était l'ancien ministre des Finances,
qui disait mettre un terme à la concurrence déloyale, bien, c'était une petite
avancée pour mettre un terme à la concurrence déloyale. Bien sûr, il en reste
un bout de chemin à faire. C'est évident qu'il en reste un bout de chemin à
faire parce qu'on est en 2020 puis il en pleut encore, là, des articles, là. Ça
fait que c'est sûr qu'il y a de la place à l'amélioration.
Puis en 2027,
là, il va y en avoir encore eu, des changements, jusqu'en 2027, là. Il va y
avoir quelqu'un... il y a tout le temps quelqu'un