CAT — 25 April 2024 (43rd Legislature, 1st Session)
CAT 2024-04-25
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37e législature, 2e session (14 mars 2006 - 21 février 2007)
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36e législature, 1re session (2 mars 1999 - 9 mars 2001)
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35e législature, 1re session (29 novembre 1994 - 13 mars 1996)
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34e législature, 2e session (19 mars 1992 - 10 mars 1994)
34e législature, 1re session (28 novembre 1989 - 18 mars 1992)
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32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)
32e législature, 2e session (30 septembre 1981 - 2 octobre 1981)
32e législature, 1re session (19 mai 1981 - 18 juin 1981)
31e législature, 6e session (5 novembre 1980 - 12 mars 1981)
31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
31e législature, 4e session (6 mars 1979 - 18 juin 1980)
31e législature, 3e session (21 février 1978 - 20 février 1979)
31e législature, 2e session (8 mars 1977 - 22 décembre 1977)
31e législature, 1re session (14 décembre 1976 - 23 décembre 1976)
30e législature, 4e session (16 mars 1976 - 18 octobre 1976)
30e législature, 3e session (18 mars 1975 - 19 décembre 1975)
30e législature, 2e session (14 mars 1974 - 28 décembre 1974)
30e législature, 1re session (22 novembre 1973 - 22 décembre 1973)
29e législature, 4e session (15 mars 1973 - 25 septembre 1973)
29e législature, 3e session (7 mars 1972 - 14 mars 1973)
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29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)
28e législature, 5e session (24 février 1970 - 12 mars 1970)
28e législature, 4e session (25 février 1969 - 23 décembre 1969)
28e législature, 3e session (20 février 1968 - 18 décembre 1968)
28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)
28e législature, 1re session (1 décembre 1966 - 12 août 1967)
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27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
27e législature, 3e session (14 janvier 1964 - 31 juillet 1964)
27e législature, 2e session (21 août 1963 - 23 août 1963)
27e législature, 1re session (15 janvier 1963 - 11 juillet 1963)
26e législature, 2e session (10 novembre 1960 - 10 juin 1961)
26e législature, 1re session (20 septembre 1960 - 22 septembre 1960)
25e législature, 4e session (18 novembre 1959 - 18 mars 1960)
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25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
25e législature, 1re session (14 novembre 1956 - 21 février 1957)
24e législature, 4e session (16 novembre 1955 - 23 février 1956)
20e législature, 1re session (7 octobre 1936 - 12 novembre 1936)
18e législature, 2e session (10 janvier 1933 - 13 avril 1933)
18e législature, 1re session (3 novembre 1931 - 19 février 1932)
17e législature, 2e session (8 janvier 1929 - 4 avril 1929)
16e législature, 4e session (11 janvier 1927 - 1 avril 1927)
16e législature, 3e session (7 janvier 1926 - 24 mars 1926)
16e législature, 1re session (17 décembre 1923 - 15 mars 1924)
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15e législature, 3e session (10 janvier 1922 - 21 mars 1922)
15e législature, 2e session (11 janvier 1921 - 19 mars 1921)
15e législature, 1re session (10 décembre 1919 - 14 février 1920)
14e législature, 3e session (21 janvier 1919 - 17 mars 1919)
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14e législature, 1re session (7 novembre 1916 - 22 décembre 1916)
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13e législature, 3e session (7 janvier 1915 - 5 mars 1915)
13e législature, 2e session (11 novembre 1913 - 19 février 1914)
13e législature, 1re session (5 novembre 1912 - 21 décembre 1912)
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(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
jeudi 25 avril 2024
Vol. 47 N° 55
Étude des crédits budgétaires du ministère des Affaires municipales
et de l'Habitation, volet Habitation
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
11 h
11 h 30
12 h
12 h 30
14 h
14 h 30
15 h
15 h 30
16 h
Journal des débats
11 h (version non révisée)
(Onze heures trente minutes)
Le Président (M. Schneeberger) :
Alors, bonjour à tous. Ayant constaté le quorum, je déclare la Commission
de l'aménagement du territoire...
Haut de la page
11 h 30 (version non révisé
e) Le Président (M. Schneeberger) : ...ouverte.
Alors, la commission est réunie ce matin
afin de procéder à l'étude du volet Habitation des crédits budgétaires du
portefeuille Affaires municipales et Habitation pour l'exercice financier
2024-2025. Une enveloppe de 4 heures est allouée pour l'étude de ces
crédits.
Est-ce que nous avons des remplacements,
M. le secrétaire?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Girard, Lac-Saint-Jean est remplacé par Mme Boivin Roy,
Anjou—Louis-Riel; Mme Jeannotte est remplacée par Mme... Mme Jeannotte,
Labelle est remplacée par Mme Poulet, Laporte et Mme Setlakwe,
Mont-Royal—Outremont est remplacée par Mme Dufour, Mille-Îles.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, comme d'habitude, je répète les règles. Nous allons procéder,
dans un premier temps, dans un ordre d'échanges avec les députés de l'opposition,
et ensuite nous finirons par le... les députés ministériels. Alors, les blocs d'échanges,
pour le premier, on commence avec l'opposition officielle avec 17 minutes
et 57, et je donne la parole à la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci beaucoup, M.
le Président. Alors, d'abord, je vais saluer les collègues, Mme la ministre
et... et tous les gens... Monsieur... M. Foster, et... Je suis désolée, j'ai
oublié votre nom... M. Simard, voilà, et tous... les collègues de l'opposition
également. Donc, je vous remercie beaucoup.
Alors, je vais commencer dès maintenant
avec... avec des questions. Alors, on a constaté en... qu'en 2023, il y a eu
des baisses de chantiers quand même considérables au Québec par rapport à 2022,
32 % de moins. Il y a... Il y a même des régions, là, que c'est... c'est
pire, là, des secteurs que c'est pire. Puis on constate qu'au Canada, c'est une
baisse de 7 %, mais sans le Québec... ça aurait été une baisse de
2 %. Alors, le Québec a plombé les chiffres du Canada. J'aimerais
savoir... Mme la ministre, comment elle... elle évalue l'impact des mises en...
pardon, ce qui... qu'est-ce... comment qu'elle explique ces baisses de mises en
chantier en 2023, oui?
Mme Duranceau : Bien, je
pense, c'est important de rappeler, là, que c'est un contexte qui... qui est
pancanadien, là, la crise du logement, puis on l'a souvent dit : Il y a
une tempête parfaite, manque de main-d'œuvre, hausse du coût des matériaux,
hausse des... des... des taux d'intérêt. Alors, le Québec, comme les autres
provinces, là, s'inscrit dans cet environnement-là. Les baisses au Québec ont
suivi une année record, là, qui est l'année 2021, là, année record... ou
2022, là.
Mme Dufour : 2021.
Mme Duranceau : 2021, qui
était une année record au niveau de la construction. Là, après ça, s'il y a des
difficultés, c'est... c'est pour les raisons que j'ai énoncées, puis c'est ce
sur quoi on travaille à chaque jour, c'est-à-dire d'accélérer...
Mme Dufour : Bien, je m'excuse...
Mme Duranceau : ...les mises
en chantier.
Mme Dufour : ...M. le
Président, j'ai posé une question qui concernait comment elle expliquait, là.
Je ne veux pas... On ne rentre pas dans les solutions. Puis on a un principe,
là, aussi, de prépondérance, donc j'aimerais que ça soit appliqué, s'il vous
plaît, là. Donc... Donc, je...
Mme Duranceau : Alors, j'ai
répondu à la question. Comment...
Mme Dufour : Exactement.
Donc...
Mme Duranceau : Comment on s'inscrit
dans le même contexte pancanadien et international.
Mme Dufour : Pancanadien.
Parfait. Donc, comment on explique qu'au Québec, on a fait moins bien que le
reste du Canada, particulièrement l'Ontario, là? Mais... Mais de façon
générale, comment on explique qu'au Québec, on a moins bien fait que le reste
du Canada?
Mme Duranceau : Alors, un, j'ai
mentionné... Deuxièmement, en Ontario, on parle de projets qui étaient ficelés
avant la hausse des taux pour des gros... des gros développeurs, et puis ces
projets-là ont accouché dans... dans la dernière année. Au Québec, on avait,
comme j'ai mentionné, déjà livré abondamment en 2021, et donc, il y a plusieurs
projets pour les raisons énoncées qui ont été mis sur la glace, et... c'est ça.
Mme Dufour : Mais pourquoi qu'au
Québec on a mis des projets sur la glace, alors qu'en Ontario, on en lance, là,
des projets?
Mme Duranceau : Je... Je l'ai
expliqué. Au niveau du...
Mme Dufour : Des taux d'intérêt...
Mme Duranceau : Oui. C'est
principalement...
Mme Dufour : ...mais c'est
les mêmes contextes, là.
Mme Duranceau : C'est
principalement les taux d'intérêt.
Le Président (M. Schneeberger) : Excusez-moi.
Excusez-moi. Là, si vous vous interpellez, ça ne marchera pas. Vous allez... Je
vais vous demander de m'adresser puis je sais que c'est dommage parce que là,
vous ne pouvez pas vous regarder quand vous vous parlez.
Mme Dufour : Effectivement,
la salle est mal faite pour ça.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
même si vous n'êtes pas satisfaites de la question ou de la réponse, peu
importe, veuillez laisser finir l'autre personne, puis ça va beaucoup mieux aller.
Mme Duranceau : Oui. Avec
plaisir.
Mme Dufour : Parfait.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
Mme la... Vous aviez fini votre question... votre réponse, Mme la ministre?
Mme Duranceau : Oui. Non, j'ai
terminé.
Mme Dufour : Parfait.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Alors, députée de Mille-Îles, c'est à vous.
Mme Dufour : Merci. Alors
maintenant, comment... comment... Bien là, est-ce que je peux dire
«évaluez-vous», parce que vous me dites : Je dois m'adresser à vous, là, mais...
Le Président (M. Schneeberger) : Regardez,
moi, je ne l'exige pas...
Mme Dufour : ...comment vous
souhaitez que je pose mes questions, M. le Président, là, pour que ce soit
clair?
Le Président (M. Schneeberger) : Vous
comprenez, là. Ça, c'est la forme. Et tant que... les questions... ça se fait
dans le respect, c'est correct. Moi, je... je... je ne veux pas intervenir à
chaque fois dans l'échange, parce que vous connaissez votre nom de... votre
titre et vos noms de comté... alors, vous le savez. Mais moi, je le fais...
Le Président (M. Schneeberger) : ...pour
que ça aille plus... ça coule mieux, mais c'est sûr que si vous vous
interpellez, je vais vous bloquer. Voilà.
Mme Dufour : O.K. Merci, M.
le Président. Donc, comment vous évaluez l'impact des baisses de mises en
chantier, là, sur l'immobilier québécois actuellement, là? Comment vous jugez
que... Ces impacts-là, quels sont-ils actuellement?
Mme Duranceau : Écoutez, je
ne suis pas trop sûre de votre... de votre question, là, mais je... je répète
qu'il y a une tempête parfaite qui fait qu'il y a eu des baisses de mises en
chantier qu'on a pu constater au Québec comme ailleurs. Et tempête parfaite,
donc de multiples raisons puis de multiples réponses pour répondre à cette
crise-là qui est multifactorielle. Alors... alors, il faut agir pour augmenter
l'offre de logement de... de manière générale.
Mme Dufour : Oui. Mais en
fait, ma question, c'était : Selon vous, quels sont les impacts du fait
qu'il y a des si fortes baisses de mises en chantier actuellement? Les impacts
sur le marché, le fait qu'il n'y ait pas les mises en chantier qu'on
souhaiterait qu'il y ait actuellement.
Mme Duranceau : Je pense que
poser la question, c'est y répondre, là. Si on construit moins, l'offre
n'augmente pas tel qu'on le souhaiterait actuellement.
Mme Dufour : Donc, les taux
d'inoccupation baissent, nécessairement les coûts des loyers...
Mme Duranceau : Ah, bien, là,
je vais répondre à vos questions.
Mme Dufour : Non, mais je
vous posais la question, mais je n'avais pas la réponse. Donc, parfait. Donc,
maintenant, je vais vous demander : Une baisse des taux d'intérêt, est-ce
que vous pensez que ça pourrait relancer les chantiers de construction, selon
vous?
Mme Duranceau : Bien, la
baisse des taux d'intérêt va éventuellement avoir un impact positif sur la
construction, effectivement.
Mme Dufour : Ça pourrait
avoir un impact positif. Le gouverneur de la Banque de... du Canada, lui, avait
une crainte que la baisse des taux d'intérêt stimule plutôt la demande avant
l'offre, qu'en pensez-vous?
Mme Duranceau : Bien, je ne
pense pas que j'ai à me prononcer sur ce que la Banque du Canada met de l'avant
ou pas, là, dans le cadre de mes crédits.
Mme Dufour : Non, mais
l'opinion par rapport... la... votre opinion par rapport au fait que si les
taux d'intérêt baissent, ça pourrait stimuler davantage la demande plutôt que l'offre.
Mme Duranceau : Bien,
évidemment que si les taux d'intérêt baissent, les gens qui sont tributaires
d'un prêt hypothécaire pour acheter une propriété vont... vont se trouver dans
une meilleure position financière. Évidemment que si des... des développeurs
ont besoin d'un prêt pour financer leurs projets, si les taux baissent, ça va
les placer dans une meilleure position financière.
Mme Dufour : Par contre, il y
a plusieurs... plusieurs économistes qui... qui croient que les taux d'intérêt
ne vont pas nécessairement améliorer la situation, qu'il y a des enjeux plus
grands qui sont, par exemple, les coûts de construction qui ont monté plus vite
que la capacité des ménages à payer les logements. Et... et il y a quand même
plusieurs économistes qui se sont prononcés à ce sujet là. Et donc la baisse
des taux d'intérêt ne pourrait ne pas avoir cet... cet impact-là. Qu'est-ce que
vous en pensez?
Mme Duranceau : Bien, je l'ai
mentionné tantôt, multifactorielle comme crise, multifactorielle comme
solution. Là, vous ne voulez pas que j'embarque dans les solutions possibles,
ça fait que je n'irai pas tout de suite, mais la... le taux d'intérêt, c'est un
des éléments pour répondre à la crise actuellement ou qui... qui une fois
qu'ils auront baissé, auront un effet... aura un effet favorable sur... sur
l'augmentation de l'offre.
Mme Dufour : Oui. Pourquoi je
pose la question, c'est que... que le ministre des Finances, lui, a... a dit
que la baisse des taux d'intérêt devrait... devrait sortir, dans le fond...
créer, là, de l'offre, alors que... que, comme je le mentionnais, d'autres
mentionnent, pensent que c'est plutôt le contraire qui va arriver. Donc, moi,
je voulais connaître votre position par rapport à celle de votre collègue qui,
lui, semble penser que c'est la mesure principale qui va aider l'industrie
de... de baisser les taux d'intérêt, est-ce que c'est partager son opinion?
Mme Duranceau : Bien, moi, je
vous ai exposé, là, que c'est un des éléments qui a un impact sur l'offre, puis
je ne commenterai pas davantage ce que les économistes disent.
Mme Dufour : O.K. Les autres
éléments, les autres éléments, selon vous, qui pourraient changer la donne pour
les mises en chantier.
• (11 h 40) •
Mme Duranceau : Bien, on en
parle tous les jours, là. Alors, d'une part, il faut agir au niveau de la
formation de la main-d'œuvre en construction, c'est ce qu'on fait avec des
formations accélérées, il faut agir sur l'efficacité ou la productivité dans le
secteur de la construction, c'est ce qu'on fait du côté du Travail avec une
réforme, là, au niveau de la loi R-20, il faut aussi agir sur l'agilité
des villes à émettre les permis plus rapidement, parce que chaque mois qui
passe, quand un permis n'est pas émis, mais le temps c'est de l'argent, ça
augmente le coût des...
Mme Duranceau : ...Alors,
c'est pour ça qu'on a donné des pouvoirs spéciaux aux villes pour accélérer
l'émission de permis. Ça fait que c'est un ensemble, une... un ensemble de
solutions qui... des solutions qui, prises dans leur ensemble, bien, vont finir
par donner un effet favorable sur l'offre.
Mme Dufour : Vous le
mentionniez tout à l'heure, 2021, ça a été une année record. 2021, c'est une
année qui avait toutes les conditions qui sont décrites actuellement comme
étant problématiques, la main-d'oeuvre, la... le manque de main-d'œuvre, la
productivité ou les délais de construction... les délais d'émission, pardon, de
permis de construction. En 2021, année record. Puis là, maintenant, avec les
mêmes conditions, on est dans des années records de baisse. Donc, est-ce que
c'est vraiment des facteurs qui vont changer la donne?
Mme Duranceau : C'était
quoi le taux? Et quels étaient les taux en 2021?
Mme Dufour : Donc, le
taux d'intérêt, selon... c'est la principale... le principal élément. Mais il y
a un autre élément, ce sont les coûts de construction, le coût des matériaux
construction. Est-ce que, ça, c'est possible que ça... ça joue beaucoup dans la
donne et dans la hausse des coûts?
Mme Duranceau : Je l'ai
dit d'entrée de jeu, les coûts de construction font
partie des difficultés,
effectivement.
Mme Dufour : Parfait.
Parfait. On va y revenir à ces coûts-là. Je veux juste... Je veux juste poser
une question. Il y a... En mars 2024, donc, tout récemment, là, la CORPIQ
mentionnait qu'il fallait un changement réglementaire pour détacher les mains
des propriétaires et que... Dans le fond, bon, il soulignait que le budget, ce
n'était pas suffisant pour relancer l'industrie, mais que, c'est ça, des
changements réglementaires seraient nécessaires. Ça, c'est après l'adoption du
projet de loi no 31, là, que ça a été mentionné. Donc, je voudrais savoir,
si vous partagez son opinion, quels changements réglementaires qui pourraient
être envisagés pour... pour atténuer cet enjeu-là?
Mme Duranceau : Bien,
écoutez, on en discutera avec eux, là. Je ne sais pas à quoi vous référez, là.
Mme Dufour : O.K. Je
vais peut-être vous lire à ce moment-là ce qui... ce qu'il nous dit. Il nous
dit ici qu'il va falloir un changement réglementaire pour détacher... détacher
les mains des propriétaires. En ce moment, ils restent sur les lignes de côté
parce qu'on a un cadre réglementaire qui est assez... du point de vue de l'investissement
privé. Et de l'investissement privé, est-ce que vous voyez de quoi il parle?
Mme Duranceau : Bien, il
doit probablement référer aux règles en matière de, tu sais, de fixation de
loyer, là, puis toutes les règles locataire, locateur.
Mme Dufour : Donc, le
projet de loi no 31, ce n'est pas allé assez loin selon eux. Est-ce que
vous avez l'intention d'aller plus loin éventuellement?
Mme Duranceau : Bien là,
je ne pense pas que ça fasse l'objet de mes crédits d'aujourd'hui, là, ce qu'on
fait sur la fixation de loyer.
Mme Dufour : Je pense
que ça fait
partie des questions qu'on peut poser, hein, M. le Président?
Le Président
(M. Schneeberger) : Il n'y a pas de mauvaises questions ou de
mauvaises réponses. Ça dépend si c'est totalement hors sujet, mais je vous
laisse... Je vous laisse continuer.
Mme Dufour : Ça fait
partie du portefeuille. Ça fait
partie des questions qu'on peut poser.
Mme Duranceau : Et moi,
je réponds que la loi no 31 visait à moderniser les règles qui touchent
les locataires et les locateurs. Puis on a travaillé sur des règles qui
devaient être modernisées, qu'il y ait une crise du logement ou pas. Alors,
c'est ce qu'on a fait au niveau de la loi. Et puis, s'il y a d'autres choses à
faire au niveau réglementaire, bien, on a encore le temps d'agir à cet
égard-là. Donc, on va écouter ce que la... ce que les différents groupes
peuvent mentionner à cet égard-là.
Mme Dufour : Merci. Je
ne sais pas si on a encore le temps par contre d'attendre d'agir quand on voit
les taux d'inoccupation qui sont les plus bas qu'on a pratiquement jamais vus
dans certaines régions, notamment Gaspé, Granby, Joliette. C'est là qu'on a des
plus bas taux d'inoccupation, mais c'est aussi là qu'on a vu les plus grandes
baisses de mises en chantier. Donc, je ne sais pas si on a le temps d'attendre.
Je me pose la question.
Je vais... Je vais peut-être... Je vois
que le temps file. Je vais peut-être poser une question par rapport à... Les
cibles, les cibles de mise en chantier. Parce que l'on sait que ça a baissé
beaucoup. Quelles sont vos cibles pour cette année, l'année prochaine, les
années à venir?
Mme Duranceau : O.K. Alors
moi, mon travail, ça a été de donner des outils aux villes pour être plus...
plus agiles, puis inciter à la construction. Alors, il y a du travail qui a été
fait au niveau de l'habitation, puis il y a du travail qui a été fait au niveau
des Affaires municipales. Et avec les orientations gouvernementales en
aménagement du territoire, on a sorti... Il y a quelques semaines, on a demandé
aux villes, aux MRC de... d'établir leurs objectifs d'ici les six prochains
mois en matière d'habitation...
Mme Duranceau : ...alors les
cibles vont venir au niveau des villes, et puis on va avoir cette
information-là. On a travaillé sur tout le cadre législatif au niveau de la
fiscalité municipale, au niveau des pouvoirs pour les villes. Donc...
Mme Dufour : J'ai de la
misère à comprendre pourquoi ce serait aux villes d'établir des cibles
québécoises. En Ontario, ils se sont donné un plan de match assez ambitieux
avec des cibles claires. Comment on navigue... Comment on peut naviguer si on
n'a pas de cibles?
Mme Duranceau : Bien, il y a
une déclaration de réciprocité, là, hein, avec entre les municipalités et le
gouvernement du Québec, et elles se sont engagées, les municipalités, dans le
cadre de cette déclaration-là, à accélérer les projets d'habitation et aussi à
se fixer des cibles. Donc, on va les laisser travailler. C'est de cette
façon-là qu'on fonctionne au Québec.
Par ailleurs, moi, j'ai touché à
l'environnement réglementaire au niveau du zonage pour faciliter les choses. Et
ce sont tous des éléments, là, qui, pris dans leur ensemble, vont avoir un
effet favorable sur la réalisation de logements.
Mme Dufour : J'ai de la
misère à saisir. Le ministère de l'Habitation n'est pas responsable d'établir
une vision provinciale, où est-ce qu'on veut aller avec des cibles? Comment on
peut savoir si on atteint nos objectifs si on n'a pas de cibles?
Mme Duranceau : On va les
établir en collaboration avec les villes, les cibles, en collaboration avec les
MRC, selon les besoins de chacun, selon la capacité du marché de livrer, et...
Mme Dufour : Ça fait six...
plus que six ans, six ans et demi que la CAQ est au pouvoir. J'ai de la
difficulté à croire qu'il n'y a pas de cible qui a été discutée à l'interne, de
dire : C'est ce qu'on vise d'avoir éventuellement. Il y a des groupes qui
mentionnent qu'il faudrait augmenter, tripler même la cadence des mises en
chantier. Pour établir un plan d'action crédible, faut-il encore savoir c'est
quoi qu'on vise. Et là je comprends qu'on n'a pas de cibles, on ne sait pas où
on s'en va, là. Et, peut-être, la ministre peut me dire comment elle juge les
cibles qui sont souhaitées par les groupes qui disent qu'on devrait doubler ou
tripler les mises en chantier. Est-ce qu'elle est d'accord, au moins, avec eux?
Mme Duranceau : Moi, je suis
d'accord qu'il faut augmenter l'offre de logements, il faut augmenter l'offre
de tous les types de logements. Alors, il y a une portion des logements, c'est
le gouvernement qui les supporte, qui les subventionne, quand on parle de
logement social, de logement abordable. Puis il y a une autre tranche de
logements qui sont produits par le privé, qui permettent un effet de domino,
qui permettent aux gens d'évoluer vers un type de logement, d'un logement à un
autre. Alors, il faut créer un environnement réglementaire qui est favorable à
la production de logements et c'est ce qu'on est en train de faire. Et des
fibres... des cibles seront fixées par MRC selon leurs besoins, selon leur
capacité d'accueil par ailleurs de la population.
Mme Dufour : Il me reste très
peu de temps, donc... Mais je veux juste comprendre pourquoi le Québec choisit
l'approche de dire : Bien, ce sera les villes qui détermineront s'il y a
de la croissance ou pas, alors que le voisin ontarien dit : Non, non, on
vous donne des objectifs, on veut augmenter le temps par la province et voici
ce que ça doit donner dans chacune. Et si vous suivez ça, bien, on va vous
aider, on va vous financer. Là, on est dans une approche, on attend,
attentiste, puis on n'a plus le temps d'attendre.
Mme Duranceau : En tout cas.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, nous allons maintenant du côté de la deuxième opposition, et
j'entends le député de Laurier Dorion. Alors, bienvenue ce matin, M. le député
de Laurier-Dorion, vous avez 17 min 45 s.
M. Fontecilla : Merci, M. le
Président. Je salue également la ministre, son personnel politique, les... de
la Société d'habitation du Québec, la Régie du logement et ainsi que tout le
personnel du gouvernement du Québec. Ça me fait plaisir d'être ici avec vous
aujourd'hui pour l'étude de crédits en Habitation.
Écoutez, Mme la ministre, je vais y aller
avec un vieux sujet qui va vous enchanter, mais j'aimerais ça quand même faire
le suivi, là. Vous vous rappelez d'AccèsLogis, n'est-ce pas?
Mme Duranceau : Vaguement,
vaguement.
• (11 h 50) •
M. Fontecilla : Vaguement,
vaguement. Très bien. Écoutez... parce que j'aborde le sujet parce qu'il reste
quand même des unités qui ont été allouées avec des budgets, j'ose croire, et
il ne faudrait pas les oublier. Et j'ai... on a préparé un petit tableau et je
fais la comparaison avec les PHAQ. Depuis...
M. Fontecilla : ...2018,
AccèsLogis, un programme décrié comme inefficace, a construit quand même
5 116 logements, et, depuis décembre... entre décembre 2022 et avril
2024, il y a eu 1 648 unités livrées par ce... par ce programme qui,
semble-t-il, n'est pas bon, alors que le PHAQ n'a produit aucun. Mais la
question que je me pose, là, si... je veux voir le tableau, très utile, de la
SHQ, que je salue d'ailleurs, là, sur AccèsLogis, là, il resterait, attendez
une minute, bien, plusieurs milliers, il y aurait 3 314 unités en
développement et 3 616 unités en réalisation. Où en est-il? Est-ce
que votre objectif c'est de réaliser l'ensemble de ces unités-là?
Mme Duranceau : Écoutez,
merci de me poser la question, parce que, moi, là, c'est ce tableau-là, là, qui
m'anime depuis un an, là, vraiment. Tu sais, on se souviendra, entre vous et
moi, là, de l'arrérage hérité des libéraux, là, 15 000 unités. Ça
fait qu'on annonce, on annonce, on annonce, désolée, PQ aussi, on annonce, mais
on ne livre pas. Donc là, nous, ce qu'on a fait entre 2018 et 2022, c'est qu'on
n'a pas annoncé des unités AccèsLogis, on a mis de l'argent à AccèsLogis. Alors
là, on le voit, l'arrérage, il diminue parce qu'il y a plus de rigueur dans le
suivi de tout ça puis il y a des sommes pour venir compléter les montages
financiers. Je vous fais grâce, on en parlera, j'imagine, de toutes nos autres
annonces. Mais, si on suit la ligne orange, là, qui représente AccèsLogis dans
ce cas-ci, bien, on voit que, d'ici 2025, toutes les unités AccèsLogis vont
être livrées.
M. Fontecilla : Décembre
2026?
Mme Duranceau : Dans l'année
2025-2026.
M. Fontecilla : Est-ce que
vous avez un mois, un mois cible, l'été...
Mme Duranceau : Non, bien là,
c'est des livraisons de logements, là, tu sais, ça fait que c'est au fil... au
gré des constructions. Mais je peux vous assurer que, chaque projet AccèsLogis,
on sait où est-ce qu'il est rendu, on sait s'il tient la route, s'il manque de
l'argent, si ça va bien ou si ça ne va pas bien. Alors, c'est vraiment, là, un
travail chirurgical qui a été fait par les équipes de M. Foster, puis moi, je
suis vraiment fière de ça.
M. Fontecilla : Très bien.
Est-ce que vous pouvez... Ces unités-là, l'ensemble des unités qui sont
planifiées dans AccèsLogis vont être réalisées... vont être finalisées et
livrées en vertu d'AccèsLogis ou il va y avoir des transferts de... d'unités,
là, vers d'autres programmes?
Mme Duranceau : Les unités...
Je l'ai dit, hein, je répète ça depuis que je suis arrivée, tous les projets
bien ficelés qui sont capables de voir le jour, on les appuie, que ça soit dans
le programme AccèsLogis ou dans le PHAQ. S'il y a des projets qui étaient dans
AccèsLogis qui n'existent pas ou qui sont à un degré de maturité qui n'est
absolument pas avancé, bien, ils vont, tu sais... on ne les fera pas vivre, ils
n'existent pas. Donc, ce qui est dans AccèsLogis qui était solide, qui était
capable d'aller de l'avant d'ici au mois de juin, là, au niveau des appels
d'offres, bien, ça va se faire dans AccèsLogis. Ce qui n'est pas... Ce qui
n'est pas prêt... Tu sais, si, après cinq ans, ils ne sont pas prêts, là, bien
là, on va passer à un autre appel puis on va les... on va continuer
d'accompagner les groupes à travers notre nouveau programme pour les aider à
livrer, puis avoir la subvention qui est adéquate, puis sortir ça... sortir ça
de terre pour les gens qui en ont besoin.
M. Fontecilla : Mme la
ministre, selon vous, pourquoi le programme PHAQ n'a-t-il pas livré aucun
logement jusqu'à présent?
Mme Duranceau : Bien, merci
de me poser cette question-là aussi. On sait que le programme PHAQ, c'est un
nouveau programme, hein, tu sais, qui a été lancé en 2022. Premier appel... ou
première réponse, là, donnée dans le cadre de la première vague d'appels à
projets, les gens ont reçu leur réponse en septembre 2022. Ils avaient un an,
12 mois, pour que les choses démarrent avec un constructeur. Possibilité
d'allonger ça de six mois, donc un 18 mois total. La date butoir, c'était
le 1er mars. Donc, au 1er mars, les projets PHAQ 1, on va les appeler comme ça,
devaient être en mesure de donner les contrats de construction puis de
commencer la construction. Et, dans le tableau, que vous avez dû consulter, il
y a 324 unités qui étaient en construction. Là, ce matin, on a d'autres
projets qui sont... qui sont maintenant annoncés. On est rendus à 570 unités
en chantier dans le PHAQ 1. C'est la beauté du Programme d'habitation
abordable. C'est qu'à l'intérieur de 12 à 18 mois, on sait si les unités
vont aller de l'avant, si ça va avancer puis quand est-ce que ça va sortir.
Puis, si le projet n'a pas un degré de maturité puis une solidité qui est...
qui est suffisante, bien, les gens retournent à leur table à dessin, puis on
prend l'argent, puis on réinvestit ça où ça peut...
Mme Duranceau : ...porté fruit
rapidement.
M. Fontecilla : Très bien.
Écoutez, je vais vous montrer un tableau, là, sur l'augmentation des loyers
depuis l'élection de la CAQ. Je veux m'arrêter sur une région, là,
l'augmentation moyenne des loyers à Gatineau, c'est 56,2 %, là. Donc, la
situation est particulièrement dramatique dans cette... dans cette région-là,
alors qu'on vient d'apprendre... on a... on a appris qu'aucun logement locatif
abordable financé par un programme provincial à Gatineau en 2023. Qu'est-ce qui
se passe? Pourquoi qu'on n'accorde pas... Pourquoi il y a certaines régions qui
sont délaissées par le ministère de l'Habitation?
Mme Duranceau : Je suis un
peu surprise que vous mentionniez ça, parce qu'on a fait une annonce d'à peu
près 1000 logements à Gatineau il y a quelques semaines. Donc, dans le
cadre du premier... du premier appel à projets, PHAQ, à voir, là, mais... Je ne
sais pas s'il y avait un projet, je vais vérifier mes notes à ce sujet-là, mais
je suis tout à fait d'accord avec vous, Gatineau, c'est une région qui en a
bien besoin, qui souffre du fait, tu sais, qu'il y a de la compétition au
niveau des... des loyers avec... avec Ottawa. Donc, c'est une région sur
laquelle on mise beaucoup, là. Il y a plusieurs projets qui ont été annoncés
dernièrement, d'ailleurs, je pourrai vous donner les chiffres. Il y a cinq...
il y a cinq projets PHAQ pour un total de... 5 projets dans le PHAQ un, dans la
première vague, pour 376 unités... ah! 1 376,
bon.
M. Fontecilla : Très bien.
Dites-moi, Mme la ministre, le premier ministre, la semaine dernière, a répété
à plusieurs reprises que le gouvernement avait investi 6,3 milliards et
dans le logement, là. Est-ce qu'on parle de crédits réels alloués à la
construction de logements entre octobre 2018 et avril 2024? Est-ce que c'est le
deuxième mandat de votre gouvernement? Pourriez-vous ventiler ces
6,3 milliards là?
Mme Duranceau : Oui. Bien,
c'est le total des sommes qui sont attribuées à l'habitation, en aide à la
personne puis en aide à la construction. Ça fait que c'est 6,3 milliards,
dont 4 milliards pour la construction. La balance, l'autre
2,3 milliards, c'est cumulativement tous les programmes de PSL, programme
d'aide au logement, puis tous les autres plus petits programmes, là, de la SHQ.
M. Fontecilla : On va y arriver,
là, à cette ventilation-là, mais grosso modo, on pourrait dire que, sur les
6.3, il y a deux tiers qui s'en vont à la construction et un tiers en aide
directe aux locataires.
Mme Duranceau : Hum-hum.
M. Fontecilla : Très bien.
Sujet qui a fait beaucoup jaser, Mme la ministre, c'est la question des... du
financement des maisons d'hébergement pour femmes... victimes de violence
conjugale. Plusieurs acteurs de la société en habitation proposent la création
d'un volet spécifique dans le PHAQ pour la création de... pour construire
ces...ces maisons d'hébergement là. Qu'est-ce que vous en pensez?
Mme Duranceau : Bien, les
discussions qui ont eu cours en lien avec les maisons d'hébergement, dans les
dernières semaines, ont été très, très productives, je vous dirais. Et puis ça
a permis de créer plus d'unités de logement. Donc, ça a fait en sorte que tout
le monde s'est assis ensemble, a travaillé ensemble pour optimiser les projets
puis ultimement créer plus de logements pour aider un plus grand nombre de
femmes. Ça fait que je pense que ça a été de très bonnes... une très belle
avancée. Et justement, à travers cette collaboration-là, bien, tout le monde
s'est compris.
Et je ne pense pas qu'on a besoin de créer
un programme distinct. On avait besoin de se comprendre sur les besoins, sur
les... les nécessités ou les besoins de part et d'autre. Et puis il y a une
collaboration, là, beaucoup plus spécifique puis étroite entre la société
d'habitation et les différents regroupements qui s'occupent, là, de promouvoir
ce type de construction là. Alors, je pense que les gens se comprennent,
puis... puis ça ne sera pas nécessaire, là. On a adapté, on adapte les critères
en fonction des particularités des maisons d'hébergement.
M. Fontecilla : J'aimerais
revenir sur la question du 6,3 milliards. Pourriez-vous déposer la
ventilation que vous avez expliquée?
Mme Duranceau : Bien, c'est
juste ça que j'ai, là, j'ai un message texte qui me dit :
6,3 milliards, 4 milliards construction...
M. Fontecilla : Je suis sûr
que vous allez trouver le temps de...
Mme Duranceau : Bien, on va
vous trouver ça, on va vous trouver ça. Mais moi, c'est ça que j'avais dans
mon...
M. Fontecilla : ...dans vos temps
libres.
• (12 heures) •
Le Président (M. Schneeberger) : Essayez
de ne pas vous interpeller à chaque fois...
Mme Duranceau : On est trop
familiers.
Le Président (M. Schneeberger) : ...parce
que c'est dur à suivre.
M. Fontecilla : Très bien,
très bien. Revenons aux maisons d'hébergement pour les femmes victimes de
violence, vous...
Haut de la page
12 h (version non révisé
e) M. Fontecilla : ...j'ai fait
des déclarations assez assez dures, dirais-je, là, sur le fait que ça coûte
trop cher, ces maisons-là qui dépassent... Il y avait des dépassements de
coûts. Et est-ce que vous êtes consciente que les caractéristiques de ces
maisons exigent un investissement accru de la part des programmes
gouvernementaux, ne serait-ce que par mesure de sécurité, par exemple, ou par
le fait que souvent c'est des maisons, des ensembles de plus petite taille,
donc, ça coûte plus cher à l'unité? On ne peut pas faire des maisons d'hébergement
pour 500... de 500 unités, et vous allez comprendre. Est-ce vous avez
révisé... est-ce que vous avez révisé votre jugement sur la nécessité d'investir
davantage dans la construction de maisons d'hébergement pour femmes victimes de
violence?
Mme Duranceau : Bien, notre
gouvernement a toujours dit qu'il fallait les construire. Moi, j'ai toujours
dit qu'il fallait les construire puis il fallait surtout en construire le plus
possible avec le budget dont on dispose. Donc, je n'ai pas changé d'idée. Ça
nous prend le plus d'unités possible avec les enveloppes disponibles. Puis c'est
ce sur quoi, bien... a travaillé avec les différentes maisons. Ça a porté fruit
justement, chacun des projets a été bonifié. Les coûts ont été réduits puis, en
plus, on a réussi à rajouter des unités. Ça fait que c'est vraiment une
excellente... une excellente nouvelle puis qui va permettre d'avancer, je
pense, de manière plus fluide, de part et d'autre, pour les prochains projets,
parce que tout le monde s'assoit ensemble en amont, puis définit les besoins.
Puis je suis très, très consciente des particularités de ces maisons-là, pour
en avoir visité aussi. Donc, je suis bien consciente de ça, mais je pense qu'on
a réussi à optimiser les choses pour le bien tout le monde.
M. Fontecilla : Êtes-vous d'accord
avec l'affirmation selon laquelle les maisons d'hébergement, pour victimes de
violence... les victimes de violence, exigent un financement, ça coûte plus
cher pour faire ces maisons-là?
Mme Duranceau : Oui, les
programmes tiennent compte de ça de toute façon...
M. Fontecilla : Donc, vous
êtes...
Mme Duranceau : ...au même
titre que l'itinérance. En itinérance, ça coûte plus cher, maison pour femmes
victimes de violence, ça coûte plus cher. On est conscient de ça.
M. Fontecilla : Donc, si vous
n'êtes pas prête, d'après de qu'on entend, à créer un volet spécifique pour ces
maisons-là, vous êtes bien consciente qu'il faut investir davantage.
Mme Duranceau : Bien, il faut
continuer d'investir. On s'est engagé à livrer, je pense, 230 unités. Il y
en a 75 qui ont été livrées, il y en a 100 qui sont en construction puis il y
en a plus de 200 qui sont à différentes étapes de planification. On va en
livrer même plus que ce qui avait été annoncé. Ça fait qu'on continue d'investir
tout à fait, là, avec rigueur dans la gestion puis le suivi de tout ça.
M. Fontecilla : Très bien. Et
j'aimerais aborder maintenant la question des fonds fiscalisés. On vient d'apprendre
aujourd'hui qu'il y a un nouveau fonds... Bien, en fait, on l'a appris il y a
quelque temps, là, nouveau fonds qui est apparu, qui n'apparaît pas dans les
tableaux de bord de la Société d'habitation du Québec, là, ça s'appelle,
attendez une minute, là, il faut que je me familiarise, Unitaînés, c'est comme
ça que ça se dit, Unitaînés.
Comment que... vous, vous avez dit qu'il
faut introduire davantage de compétition, mais il y a tout un... il y a le
fonds... le travail avec les fonds fiscalisés, etc. Mais il y a... on dirait qu'il
y a toute une
section de l'investissement gouvernemental qui échappe au regard
du gouvernement, là, ou du public, là, en termes d'imputabilité, là. Comment...
comment allez-vous rendre publiques les réalisations et la nature des
réalisations, là, réalisées par ces différents fonds là?
Mme Duranceau : Oui, bien, ce
n'est pas un nouveau fonds, là, c'est... c'est des sommes qu'on a autorisées
pour 1000 logements pour personnes aînées autonomes à très faibles
revenus, 10 bâtisses dans 10 villes qui vont être livrées à l'intérieur
de deux ans. Puis on a un partenaire qui nous garantit la livraison à l'intérieur
de ces délais-là, qui nous garantit les coûts, puis qui réussit à faire ça moins
cher que tous les autres projets qui nous sont présentés. Ça fait que moi, n'importe
qui qui m'arrive avec quelque chose comme ça, là, je suis preneuse.
M. Fontecilla : Je veux
revenir sur... j'ai très peu de temps, là, j'ai plusieurs sujets, mais j'aimerais
revenir sur cette question-là, mais j'aimerais aborder quand même certaines...
certaines avenues qui se sont... qui ont été présentées, là, pour améliorer
la... améliorer la livraison de logements, là. Et on parle beaucoup des
pénuries dans la construction, là. Québec solidaire a fait une proposition, là,
pour augmenter... augmenter le nombre de travailleurs qualifiés en
construction, là, et surtout pour...
M. Fontecilla : ...destiné,
ouvert aux personnes qui ont un statut migratoire précaire et qui pourraient, à
terme, rapidement intégrer le marché de la main-d'œuvre en construction pour
faciliter... faciliter que les chantiers puissent compter sur le nombre
suffisant de travailleurs qualifiés, là, pour réaliser ces unités-là. Est-ce
que vous... Êtes-vous favorable à ce type d'initiatives, là, visant à augmenter
le nombre des travailleurs et travailleuses, surtout travailleuses, dans la
construction?
Mme Duranceau : Bien,
écoutez, on... Là, je ne veux pas me prononcer sur ça parce que ce n'est pas
mon dossier, là. Mais clairement, on a une préoccupation à former plus de
travailleurs dans le secteur de la construction. Puis la ministre de l'Emploi a
mis sur pied... ou a débloqué des sommes pour faire ça. Le ministre de
l'Enseignement s'est assuré qu'il y avait les programmes de formation. Ça fait
qu'on est dans une logique de vouloir former plus de monde dans ce secteur-là
pour pouvoir justement répondre à l'offre, qu'il faut qui augmente, là.
M. Fontecilla : Est-ce qu'au
sein de la machine gouvernementale il y a un comité interministériel, on va
l'appeler comme ça, qui s'assure d'avoir une vue d'ensemble sur la question
de... d'attirer davantage de travailleurs et travailleuses dans le monde de la
construction et, par exemple, étudier un programme pilote pour attirer les
immigrants temporaires dans ce secteur-là? Ça, ça existe, une coordination au
gouvernement, là?
Mme Duranceau : Il y a une
coordination au gouvernement, en tout cas en matière d'habitation, là, où
toutes les mesures qui ont un effet sur l'habitation sont considérées par les
différents ministères.
M. Fontecilla : Très bien...
Le Président (M. Schneeberger) : ...
M. Fontecilla : En terminant
mon bloc, Mme la ministre, j'aimerais aborder une idée qui a sorti de la
Fédération des locataires de HLM du Québec, là, c'est-à-dire de densifier les
ensembles de HLM et profiter des importantes sommes...
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Vous n'avez plus de temps, malheureusement.
M. Fontecilla : Je reviendrai
sur cette question-là.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous retournons du côté de l'opposition officielle pour un 18 minutes
5 s.
Mme Dufour : Ah!
18 minutes 5 s. Merci, M. le Président. Alors, j'aimerais d'abord
savoir si la ministre a lu l'excellent rapport que la RBC a fait, La grande
reconstruction. Là, je le montre pour la ministre, là, pas pour... ce n'est pas
une image, là. Je voudrais juste savoir si vous... si vous avez pris
connaissance de ce document-là. Je vous invite à le faire. Ça s'appelle La
Grande Reconstruction et ça propose sept façons de remédier à la pénurie de
logements. Mais ça fait aussi un portrait assez détaillé de... du pourquoi on
en est rendus là. Fort intéressant.
Dans ce rapport, on mentionne que, pour
faire face à la croissance démographique, le rythme de construction devrait
augmenter de près de la moitié de ce qu'on fait actuellement. Donc, d'augmenter
la construction de près de la moitié. Là, je comprends qu'il n'y a pas de
cibles qui ont été établies, mais ça reste que j'aimerais savoir est-ce que
c'est quelque chose que vous visez, d'augmenter au moins de près de la moitié
de ce qu'on fait présentement les constructions?
Une voix : ...
Mme Duranceau : Bien,
écoutez, je l'ai dit tantôt, les cibles, on les établit en collaboration avec
les villes, les MRC. On va avoir des chiffres plus précis dans les prochains
mois. En ce moment, l'écosystème ne fournit pas à la... à la demande, justement.
Donc, peu importe la cible, il faut construire plus, là, en ce moment. Et là,
ce qu'on est en train de faire, c'est de mettre les bases pour avoir un
écosystème qui va être capable d'être productif puis de nous permettre de
rencontrer les cibles que l'on va se fixer collectivement. Alors, on peut être
dans la théorie, là, mais moi, je suis dans la pratique. Je peux bien annoncer
des cibles extraordinaires, là, mais en bout de ligne, si les villes ne sont
pas agiles, si elles n'ont pas les pouvoirs fiscaux, si elles n'ont pas les
pouvoirs au niveau de la réglementation, si on n'a pas de formation de
main-d'œuvre, si on n'assouplit pas des règles du côté du travail, bien, on n'y
arrivera pas. Ça va être encore dit des belles théories parlementaires ou
pour... Mais nous, on est vraiment dans l'action. Puis ces actions-là, ils se
prennent... je veux dire, ça ne se fait pas du jour au lendemain, il faut
changer des lois, il faut embarquer tout le monde. Ça fait que c'est sur ça
qu'on travaille concrètement.
• (12 h 10) •
Mme Dufour : Bien, dans la
pratique, j'aimerais comprendre comment les villes peuvent établir des cibles,
mais pas le ministère de l'habitation, quand ce ne sont pas les spécialistes de
l'écosystème. Vous l'avez dit, il y a un écosystème, les villes ne sont pas les
responsables de cet écosystème-là, dans lequel il y a beaucoup d'autres parties
prenantes. Pourquoi ça seraient les villes à établir les cibles, alors que
c'est le ministère de l'habitation qui est responsable de...
Mme Dufour : ...cet
écosystème-là.
Mme Duranceau : Bien, moi, je
travaille en collaboration avec les villes. Là, en ce moment, je travaille sur
des bases pour permettre à tout le monde d'avancer plus vite. Donc, c'est ça
sur quoi on travaille. En ce moment, là, on n'a jamais eu autant de logements
de toute façon financés par le gouvernement, donc on accélère ça. Par ailleurs,
on travaille sur tout l'aspect réglementaire, législatif, puis ultimement, il
y aura des cibles. Mais en ce moment, là, que je mette la cible à 25 %
plus, 50 % plus 100 % plus, si je ne fais pas tout le travail que je
suis en train de faire en amont pour avoir les bons outils réglementaires,
législatifs, les bons véhicules de financement, bien, ça ne donnera rien d'annoncer
des cibles, là.
Mme Dufour : Mais l'enjeu,
c'est que ce n'est pas les villes qui construisent, ce sont les constructeurs,
et là je ne les ai pas entendus, là, dans... dans ce qui a été mentionné. Je ne
sais pas s'ils font
partie prenante de l'établissement des cibles dans les
villes, mais certainement, je pense, qu'ils aimeraient pouvoir en discuter et
s'établir collectivement les objectifs. Mais reste qu'ils disent actuellement,
c'est... Les constructeurs le disent, actuellement, ce n'est pas rentable de
faire du logement. Alors, même si les villes se mettent des cibles, si un... un
promoteur a un permis en main, mais qu'il juge que ce n'est pas financièrement
rentable, il ne construira pas, peu importe que la ville ait la cible ou non.
Donc c'est... c'est...
Mme Duranceau : Vous répondez
à votre question.
Mme Dufour : Non mais, par
contre, qui contrôle l'écosystème? C'est le ministère de l'Habitation, c'est le
gouvernement du Québec. Il y a des mesures qui peuvent être mises en place pour
réduire les coûts de construction, qui est l'enjeu qui est le plus décrit
actuellement.
Mais je vais revenir avec les cibles, là.
Je vais... je vais compléter avec ça. Vous dites qu'il n'y a pas de cible, mais
quand on regarde le budget, il y a quand même des... des estimés, en tout cas,
parce qu'on a... on semble dire qu'on prévoit que, l'an prochain, on aura
43 700 mises en chantier, puis cette année, de 42 700. Donc, ces chiffres-là
sont établis par qui? Ces chiffres-là, ça, c'était page F16 du plan
budgétaire de cette année.
Mme Duranceau : C'est les
chiffres du ministère des Finances, là, qu'on travaille avec eux,
effectivement. Ils tiennent...
Mme Dufour : Donc, c'est
le...
Mme Duranceau : ...ils
tiennent compte de la tendance. Si vous regardez les 10 dernières années, ces
chiffres-là tiennent compte de la capacité de produire.
Mme Dufour : Donc... donc pas
d'embellie. Et surtout, ce qu'on voit, ce qu'on n'estime pas qu'il y aura une
embellie et on n'estime pas qu'on va être capable d'augmenter la cadence parce
que c'est à peu près les mêmes chiffres qu'on a eus, là, de l'an dernier, là.
C'est malheureusement ce qu'on constate.
Je voudrais soulever... Le collègue de
Laurier-Dorion a mentionné les travailleurs en construction, il y en a
25 % de ces travailleurs-là qui vont prendre leur retraite d'ici
10 ans. C'est énorme. Les programmes de formation ne couvriront pas
cette... cette quantité-là. Donc là, il y a un enjeu, il faudrait trouver le
moyen de... de maintenir les travailleurs en emploi, mais aussi d'augmenter les
gens issus de l'immigration en construction, comme il a mentionné. L'an
dernier, j'en avais parlé. Là, la ministre ne m'écoute pas, donc je vais
attendre qu'elle entende ma question.
Le Président (M. Schneeberger) : ...
Mme Dufour : Oui. J'en avais
parlé l'an dernier de l'enjeu des travailleurs de la construction issus de
l'immigration et... et la ministre m'avait répondu qu'elle allait faire un
suivi auprès de la ministre, bien la... de l'Immigration, là, parce que c'était
un enjeu du nombre de travailleurs immigrants en construction. Donc, je voulais
savoir, dans la dernière année, est-ce que c'est... ça a eu lieu, ces... ces
conversations-là avec la ministre de l'Immigration?
Mme Duranceau : Alors, on est
tout à fait conscients des besoins au niveau de la construction. On a tout à
fait eu ces discussions-là de manière interministérielle, incluant
l'Immigration. Moi, je répète qu'il y a une crise du logement, il y a une crise
de l'habitation. Cette crise-là, elle est partout au Canada, elle est partout
en Amérique du Nord, dans les pays industrialisés. Alors, il faut...
Mme Dufour : Je...
Mme Duranceau : Je vais
répondre.
Mme Dufour : Oui, je parlais
des travailleurs.
Mme Duranceau : Il faut... Tu
sais, on ne contrôle pas, personne, l'écosystème au complet, il faut qu'on...
il faut agir sur les leviers financiers, réglementaires, législatifs pour créer
un environnement qui va permettre de construire plus puis plus vite. Alors,
c'est ça qu'on fait à travers ce que j'ai expliqué, ce que j'ai expliqué
tantôt. Puis j'aimerais revenir aux municipalités qui ont des cibles à se
fixer. C'est important que ce soit au niveau local puis MRC, parce que les....
les municipalités, en se fixant des cibles, vont travailler sur la densité.
Vous qui êtes urbaniste...
Mme Duranceau : ...vous êtes
au courant que la densité, c'est une grande... ou peut-être vous ne l'êtes pas,
là, mais vous... en tout cas, vous les supportez amplement. C'est important que
les municipalités travaillent sur leur densité pour justement être en mesure
d'accueillir plus de monde sur des sites donnés. Alors, on fait les choses dans
l'ordre et non dans le désordre pour se donner collectivement des bases qui
sont plus solides puis plus efficaces pour mieux construire. Puis ça, là, on
peut bien se parler de ça aujourd'hui, là, mais ça ne se règle pas en un an, ça
ne se règle pas en deux ans, ça va prendre des décennies, là, donc.
Mme Dufour : Je parlais des
travailleurs de la construction dans ma dernière question, mais je comprends
que vous êtes revenue en arrière. Donc, je veux juste souligner que, si ce
n'est pas le gouvernement du Québec qui est le maître d'orchestre dans les...
l'écosystème de l'habitation, je vous avoue que je suis très inquiète. C'est...
À mon sens, ça devrait être ça. Je pense que tous les acteurs s'attendent à ce
que le gouvernement ait le leadership là-dedans. Certes, il ne peut pas faire
les choses seul, mais c'est à lui de déterminer la vision. C'est ce qui se
passe en Ontario. En Ontario, le gouvernement Ford a établi des cibles. Il a
dit : Voici ce que nous, on veut, maintenant, les villes, embarquez
là-dedans. Là, on sent que c'est à l'inverse : Ah, villes, qu'est-ce que
vous voulez faire?
Moi, j'en ai fait un schéma d'aménagement
à la ville de Laval, où on a établi des densités. Il y a... Ça se fait très
bien, mais ça ne veut pas dire que ça va se construire. Il faut qu'il y ait des
constructeurs prêts à construire. Et actuellement, les constructeurs nous
disent : Ce n'est pas rentable de faire du logement. Vincent Chiara l'a
mentionné, il a dit : actuellement, au mieux, j'arrive à faire du
4 %, au mieux, bons du Trésor, 6 %, comment, comme constructeur, je
vais prendre ce risque-là? Et là, il y en a d'autres qui l'ont dit aussi, c'est
plus payant de laisser l'argent à la banque que de faire du logement. Donc, le
gouvernement, comment va-t-il changer cette portion-là de l'équation? Ça, ce
n'est pas les villes qui peut le faire... qui peuvent le faire.
Mme Duranceau : Alors, je
vais revenir à votre question sur la notion de formation en construction, là,
parce que vous me reprochez de ne pas y avoir répondu. Alors, l'offensive de
formation en construction, toutes catégories confondues, là, ça a été lancé en
octobre 2023 pour recruter 4 000 à 5 000 personnes
supplémentaires dans des métiers qui sont en forte demande sur les chantiers.
Puis je peux vous les énumérer...
Mme Dufour : ...ma question,
Mme la ministre, du tout.
Mme Duranceau : Ah bon, si ça
ne vous intéresse pas, on passe à autre chose.
Mme Dufour : Je demandais si
vous aviez parlé à la ministre de l'Immigration. C'était ça, ma question, mais
je comprends qu'il n'y avait peut-être pas l'écoute à ce moment-là. Je
demandais si vous avez parlé à la ministre de l'Immigration concernant
l'attraction.
Le Président (M. Schneeberger) : ...députée
de Mille-Îles?
Mme Dufour : Oui.
Le Président (M. Schneeberger) : Vous
n'aviez pas la... vous n'aviez pas la parole. C'est...
Mme Dufour : Oui, mais là, la
réponse était beaucoup plus longue que nécessaire.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
mais la réponse, c'est... c'est la ministre qui va donner ce qu'elle veut
répondre.
Mme Dufour : O.K.
Le Président (M. Schneeberger) : Tant
que ça se fait dans l'ordre, il n'y a aucune problématique, il n'y a pas de...
Mme Dufour : Là,
actuellement, il n'y a pas d'ordre. Il y a... Il y a...
Le Président (M. Schneeberger) : Il
y a du respect qui se fait, alors...
Mme Dufour : ...avant. Donc,
je comprends. Ça va être un dialogue de sourds, si c'est comme ça, là.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Alors, Mme la ministre, continuez.
Mme Duranceau : Non, mais
j'ai terminé, c'est bon.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Donc, je repose
ma question : comment le gouvernement va s'assurer que ça devienne
rentable pour faire des projets en construction?
Mme Duranceau : Alors, je
vais répéter ce que j'ai dit depuis le début. Donc, on crée un environnement
qui est favorable à tous les égards. Alors, on travaille sur des leviers
financiers, on travaille sur des leviers réglementaires, sur des leviers
législatifs. On s'assure que les municipalités sont dans le même état d'esprit
parce qu'ultimement, le projet, M. le Président, il se fait dans une
municipalité. Alors, il faut que les choses se débloquent aussi au niveau des
municipalités. Donc, on leur a donné les pouvoirs de faire avancer les choses
sur leur terrain.
Ensuite, les structures financières des
différents développeurs, croyez-moi, je connais... je comprends ça. C'est sûr
que c'est difficile, c'est serré en ce moment. Mais ce qui revient le plus
souvent, c'est aussi le manque de prévisibilité puis de... en termes de
capacité à livrer un projet à l'intérieur d'un délai donné. Puis ça, ça nous
vient du terrain. Puis il faut qu'au niveau du terrain, que le sable dans
l'engrenage, il soit enlevé.
Le Président (M. Schneeberger) : Députée
de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui. Bien, en
fait, ce que je n'ai pas entendu, c'est... c'est le sable dans l'engrenage
financier, là. Je vais peut-être aider un peu à orienter la discussion, là. Les
groupes ont tous dit qu'il faudrait, au moins temporairement, retirer la TVQ
sur les logements locatifs, comme le fédéral l'a fait, comme l'Ontario l'a
fait. Donc, qu'est-ce qu'on attend pour faire ça?
• (12 h 20) •
Mme Duranceau : Bien, M. le
Président, ça, c'est une question pour le ministre des Finances, là. On a
déjà...
Mme Duranceau : ...répondu
amplement sur cette question-là. On a choisi d'avoir des gestes ciblés. On a
investi 900 millions, en novembre, avec le gouvernement fédéral, pour une somme
de 1,8 milliard, pour soutenir le logement social et abordable. Donc, notre
intervention, elle est... elle a été là pour le moment. Ceci dit, il y a
d'autres choses qui sont regardées puis d'autres véhicules qu'on est en train
d'analyser.
Mme Dufour : Donc, es- ce que
la ministre considère que ce serait une mesure qui serait inefficace, de
retirer la TVQ sur les logements locatifs?
Mme Duranceau : Tu sais, je
vais vous répéter ce que notre gouvernement a mentionné à cet effet-là,
probablement que vous l'avez entendu en Chambre, on considère que c'est une
mesure qui aurait un effet diffus et on a choisi d'avoir un geste ciblé, qui est
le 900 millions qu'on a investi au mois de novembre.
Mme Dufour : O.K. Donc, tous
les économistes, tous les groupes qui considèrent... puis toutes les provinces,
incluant le gouvernement fédéral, qui considèrent que c'est une mesure qui peut
être efficace, du moins, pour cette période-ci, se trompent tous?
Le Président (M. Schneeberger) : Mme
la ministre.
Mme Duranceau : Bien, c'est
une question ou...
Mme Dufour : Est-ce que vous
considérez qu'ils se trompent tous?
Mme Duranceau : Je ne pense
pas que j'aie à répondre à cette question-là, là, M. le Président.
Mme Dufour : Bien, c'est une
question. C'est une question. Je vais peut-être... Bien, c'est clair que je ne
pense pas qu'autant de gens se trompent, je... puis je ne pense même pas que
vous partagez l'opinion du ministre, mais ça, je comprends que le... comment on
dit ça, là, l'appui ministériel, en tout cas, le comité. Mais est-ce qu'on peut
savoir, la demande budgétaire que vous avez faite au ministre des Finances pour
le budget 2024?
Mme Duranceau : Moi, j'ai
fait les demandes qu'il fallait qui soient faites dans le contexte actuel, là.
Je pense que vous nous reprochez à chaque jour de mal gérer les finances
publiques. On a fait des demandes conséquentes dans le contexte des...
budgétaire actuel.
Mme Dufour : La demande a été
faite à d'autres ministères, là, d'autres ministres, on a eu des réponses. Je
voulais juste savoir quelles étaient vos demandes budgétaires.
Mme Duranceau : Moi, j'ai
eu... le gros de ma demande budgétaire, je l'ai eu au mois de novembre. C'était
important qu'on commence à construire rapidement, qu'on puisse déployer de
l'argent rapidement. Alors, considérez que ma demande du mois de novembre... ma
demande budgétaire, je l'ai eue au mois de novembre. Et par ailleurs j'ai eu
toutes les sommes qui étaient pertinentes de recevoir, compte tenu des
engagements qu'on a avec le gouvernement fédéral, là.
Mme Dufour : Excellent. Les
demandes, en novembre, ça concernait principalement le logement social et
abordable. J'étais avec vous à un congrès de l'APCHQ, où il y avait été mention
qu'il y aurait d'autres annonces qui viendraient pour l'industrie de la
construction dans le budget 2024. Ces annonces ne sont pas venues. Est-ce qu'il
y a eu des changements entre les demandes de l'automne et les demandes
maintenant au budget 2024?
Mme Duranceau : Non, pas du
tout. Moi, je continue de travailler plusieurs dossiers, puis ça avance très
bien, puis on continue.
Mme Dufour : O.K. Parfait. Je
vais vous amener, dans ce cas-là, sur l'enjeu du gain en capital. Actuellement,
il y a... les groupes mentionnent que ça pourrait, en fait, freiner les
investissements en immobilier, le choix qui a été fait d'augmenter l'imposition
du gain en capital. Est-ce que vous partagez cette opinion?
Mme Duranceau : Je ne pense
pas que mon opinion en matière de fiscalité est pertinente, là.
Mme Dufour : Non. En matière
de ministre de l'Habitation, par contre, si cela a un impact sur l'habitation,
ça serait bien de le savoir.
Mme Duranceau : Je ne pense
pas qu'il y a un impact.
Mme Dufour : Est-ce que vous
avez... Est-ce que le ministre des Finances vous a consultée pour la hausse
de... avant de prendre la décision?
Mme Duranceau : Le premier
ministre Trudeau ne nous a pas consultés, non, avant de décider d'augmenter le
taux d'inclusion du gain en capital.
Mme Dufour : Je parlais du
ministre des Finances du Québec. Avant de faire son annonce, est-ce qu'il vous
a consultée pour cette annonce?
Mme Duranceau : On est 20...
30 ministres. Quand il y a des décisions qui sont prises, tout le monde est
consulté.
Mme Dufour : D'accord. Donc,
est-ce que c'était votre recommandation de retirer... d'augmenter l'imposition
du gain en capital?
Mme Duranceau : Écoutez, il y
a une décision qui a été prise par le gouvernement. Moi, je suis derrière le
gouvernement. D'ailleurs, je tiens à vous rappeler que, depuis toujours, en
matière d'inclusion, de taux d'inclusion du gain en capital, on est arrimé avec
le système fédéral, parce que c'est compliqué, la fiscalité, c'est compliqué de
suivre la portion des comptes de dividendes en capital. Il y a des impacts à ne
pas s'harmoniser là-dessus, et puis c'est la...
Mme Duranceau : ...qui a été
prise, et moi, je suis tout à fait en accord avec cette décision-là.
Mme Dufour : D'accord, mais
pour la TVQ, on a choisi de ne pas s'harmoniser.
Le Président (M. Schneeberger) : Le
temps est écoulé. Alors, nous allons maintenant du côté du député des
Îles-de-la-Madeleine pour 5 min 50 s... 5 min 46 s,
pardon.
M. Arseneau : Merci beaucoup,
M. le Président. Merci, Mme la ministre, d'être là. Vos équipes, chers
collègues, pour un petit cinq minutes. J'aimerais d'abord revenir sur le
tableau que vous avez présenté. Ce n'était pas la première fois. Je vous
inviterais à vous donner une perspective de quelques décennies ou, au moins,
deux décennies, pour vous apercevoir que, lorsqu'AccèsLogis a été mis en place,
les cinq premières années, c'est 6 174 unités qui ont été créées, et,
sur les 12 années qui ont suivi, c'est près de 20 000. Alors, je vous
invite et je vous lance le défi d'arriver à ce même objectif là avec le
programme PHAQ, et puis, ensuite, on pourra comparer la performance des
différents gouvernements dans l'histoire.
Le Programme d'habitation abordable du
Québec, vous l'avez présenté comme étant la voie royale pour pouvoir créer de
nouveaux projets, les faire sortir de terre en l'espace d'un an. On voit que
vous avez fait des annonces, récemment, hors programme, par exemple, celle qui
présente un partenariat avec Le Groupe Maurice. J'aimerais savoir comment vous
expliquez, là, cette voie parallèle pour monter des projets. On a l'impression
qu'il y a comme un double standard, ceux qui doivent se plier aux règles du
PHAQ, qui sont quand même complexes, et puis d'autres qui apparaissent comme
ça, suite à on ne sait pas trop quel processus. Pouvez-vous nous expliquer, là,
comment ça fonctionne?
Mme Duranceau : Bien, moi,
j'ai dit, je le répète, je l'ai mentionné tantôt, là, tout le monde qui arrive
avec des nouvelles façons de faire, surtout, qui... les gens qui ont une
expérience qui est reconnue, une gouvernance, au niveau de leur administration,
qui est impeccable, un bilan financier qui est solide, tout le monde qui
viennent nous voir avec d'autres façons de faire puis qui rencontrent ces
critères-là, là, moi, la porte est ouverte, là. Il faut additionner, là, en
habitation, en ce moment, il faut arrêter d'être cantonnés dans le statu quo,
puis être dogmatiques sur le type de programme. Il faut livrer du logement plus
rapidement, puis tant mieux s'il y a plusieurs modèles. Le travail qu'on fait
avec les fonds fiscalisés, c'est une façon de faire. Ça vient rajouter de
l'argent, ça vient rajouter des gens pour suivre les projets.
Le PHAQ, il doit fonctionner, là, il y a
3 574 unités qui ont été annoncées, dans les dernières... dans les
derniers mois, avec la deuxième phase. Donc, il y a un engouement pour ça
aussi. Unitaînés avait une recette bien particulière, qui... que... à laquelle
on croit, puis, surtout, notre risque est géré, puis ça va sortir dans des
délais qui sont plus rapides. Je pense que c'est juste sain. On est d'accord
avec la compétition dans tous les domaines, mais là, ah! soudainement, dans...
dans le milieu de l'habitation communautaire, on ne devrait pas avoir de
compétition?
M. Arseneau : Bien, il faudrait...
Si vous permettez, juste pour équilibrer le temps aussi, il faudrait que la
compétition soit à armes égales et que les cadres de financement soient aussi
comparables. Les organismes communautaires et sociaux notamment, disent que,
dans certains projets qu'ils déposent, on ne peut pas avoir plus que 80 %
d'apport public, alors qu'on est allé bien au-dessus de ça dans le partenariat,
par exemple, avec le groupe Maurice. Est-ce que les critères sont les mêmes?
Est-ce qu'on considère tous les projets sur les mêmes bases ou est-ce qu'il y a
une espèce de fonds parallèle pour lequel, de gré à gré, on peut faire monter
des projets sans nécessairement qu'on connaisse les règles de façon
transparente? C'est ça qu'on veut savoir.
Mme Duranceau : Non. Écoutez,
là, ça a tout passé les.. les étapes d'approbation, vous imaginez bien, là, le
Trésor, les Finances. Alors, tout est fait dans les... dans les règles de
l'art. Ce n'est pas une histoire d'arme égale ou pas. Si tu es performant, si
tu as déjà livré du logement de manière efficace, si tu es prêt à en livrer
d'autres dans des délais puis des budgets qui tiennent la route, bien, il y
a... il y a de la disponibilité, là.
M. Arseneau : Bien, pourquoi,
dans le PHAQ, par exemple, il y a eu deux appels à projets, puis dans cette
autre voie, il n'y a pas d'appel à projets?
Mme Duranceau : Parce qu'on
se donne l'opportunité... puis il va y en avoir d'autres, je vous l'annonce
déjà, là. Il va y en avoir d'autres, des... des... des partenariats avec des...
des groupes qui... qui sont... des groupes qui ont livré.
M. Arseneau : Bien, comment
s'appelle cette... cette enveloppe-là et cette voie-là? Parce que nous, on
connaît le Programme d'habitation abordable du Québec, mais l'autre...
Mme Duranceau : Bien l'autre,
ça s'appelle un décret gouvernemental.
M. Arseneau : Mais donc ce
n'est pas encadré dans des règles de programmes, comme on fait normalement au
gouvernement.
Mme Duranceau : C'est...
M. Arseneau : C'est ça qui est
particulier.
• (12 h 30) •
Mme Duranceau : C'est encadré
dans des paramètres qui se... qui s'apparentent aux programmes existants, au
même
titre que, du côté économique, on investit...
Haut de la page
12 h 30 (version non révisé
e) Mme Duranceau : ...dans l'entreprise
A, B, C, parce qu'à l'intérieur d'un cadre qui est régi par le Trésor...
Alors...
M. Arseneau : Est-ce que vous
avez un montant d'argent disponible pour ce genre de projet là par décrets.
Mme Duranceau : J'ai mon 1,8 milliard
du mois de novembre.
M. Arseneau : Et on le fait
de façon totalement discrétionnaire.
Mme Duranceau : Bien, ce n'est
pas totalement discrétionnaire, là, des fois, c'est le Programme d'habitation
abordable, là, il y a Unitaînés puis il y a plein de gens qui viennent nous
voir, mais on regarde... puis ce n'est pas des gens qui sortent de nulle part,
là, c'est des gens qui sont actifs dans le milieu, mais des gens qui ne sont
pas pris dans le statu quo, qui ont dit : Aïe, moi, j'embarque puis je
veux être performant, puis je veux livrer.
M. Arseneau : Ce n'est pas
les gens ou les promoteurs qu'on discute, c'est le processus gouvernemental d'approbation
de ces projets-là qui était totalement discrétionnaire.
Mme Duranceau : Qui est le
même...
Le Président (M. Schneeberger) : 20 secondes.
Mme Duranceau : ...qui est le
même que dans le cadre du Programme d'habitation abordable. Il passe toute la série
d'approbation ministérielle, puis du Trésor, puis de l'appareil gouvernemental.
M. Arseneau : On y reviendra
tout à l'heure. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, nous retournons maintenant du côté de l'opposition officielle
pour 18 min 10 s. Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, M. le
Président. J'aimerais maintenant parler de l'Outaouais. L'Outaouais a une
particularité qu'ils sont vraiment voisins de l'Ontario, et particulièrement
Gatineau où il y a simplement un pont à traverser, où il y a un écosystème plus
favorable actuellement à la construction. Donc, j'aimerais savoir les
stratégies que la ministre compte mettre en place pour rendre le secteur de la
construction de l'immobilier plus attractif dans cette région spécifique du
Québec.
Mme Duranceau : Bien,
écoutez, là, je pense... Le gouvernement n'est pas là pour financer tous les
projets d'habitation. On est là, nous, pour soutenir les projets d'habitation
sociale abordable. Ensuite, de ça, je l'ai dit tantôt, on est en train de faire
en sorte qu'au niveau réglementaire les villes disposent des outils dont elles
ont besoin pour agir rapidement, puis favoriser la création de d'autres projets
en habitation. Donc, je ne sais pas où vous voulez m'amener, là, mais c'est ça,
ma réponse.
Mme Dufour : Bien, je veux
vous amener simplement à parler de l'Outaouais, de la particularité que, juste
de l'autre côté du pont, de la rivière, il y a un écosystème plus favorable où
notamment on a enlevé la taxe de vente de la province... fait en sorte que,
bien, c'est plus rentable actuellement d'en faire de l'autre côté de la
rivière. Donc, qu'est-ce qu'on dit aux gens de Gatineau qui... ce n'est pas la
municipalité, là, qui peut compenser, là, pour cette taxe-là qui est présente
au Québec, mais qui n'est plus présente en Ontario. Qu'est-ce qu'on dit aux
gens de Gatineau?
Mme Duranceau : Bien,
écoutez, moi, j'ai parlé à des développeurs dans ce coin-là, puis il y en a
beaucoup, de logements qui se livrent à Gatineau. Il n'est peut-être pas tout
abordable, là, mais il y a énormément de projets qui sont en branle là-bas.
Puis effectivement, il y a de la compétition avec l'Ontario, d'où le travail
que mon collègue, Jean Boulet, fait actuellement au niveau de la mobilité dans
le domaine de la construction. Puis ça, ça aura des effets favorables,
justement, dans le bout de Gatineau.
Mme Dufour : Bien, en fait,
on en a discuté, je suis sur l'étude du projet de loi n° 51, puis ça ne
changera absolument rien sur la mobilité entre les deux provinces. Donc, l'enjeu,
c'est qu'actuellement les employeurs... les travailleurs québécois peuvent
aller en Ontario. Ils ont de belles conditions. Lorsqu'ils reviennent au
Québec... bien, les Ontariens ne peuvent pas venir au Québec, de un, et les
Québécois qui sont partis depuis un certain temps ne peuvent pas revenir non
plus en Ontario... au Québec, pardon. Donc, c'est un enjeu, les travailleurs.
Mais moi aussi, j'ai rencontré des développeurs parce que je suis allé à
Gatineau et qui m'ont dit carrément : Moi, je n'en fais plus, de projets à
Gatineau, je les fais de l'autre côté, là. C'est ma même main-d'œuvre, ma même
compagnie, mais mes coûts sont moins chers de l'autre côté. Donc, qu'est ce qu'on
leur dit à Gatineau?
Mme Duranceau : Bien, on leur
dit qu'on donne des outils aux villes pour qu'il y ait plus d'agilité qui
permette à des projets d'avancer plus rapidement. En immobilier, le temps, c'est
de l'argent. Donc, une des facettes qui fait que c'est peut-être compliqué, c'est
au niveau de l'aboutissement, là, des permis. Et puis je pense qu'on a donné
des bons outils aux villes pour permettre d'améliorer les choses.
Mme Dufour : Mais à délais
égaux, là, si c'était le même temps pour délivrer les permis, ils iraient quand
même en Ontario parce que c'est moins cher construire. Donc, si c'était votre
ferme, qu'est ce que vous feriez, est-ce que vous construirez en Ontario ou au
Québec, avec cette différence-là de coûts?
Mme Duranceau : Bien, écoutez,
je ne vais pas me prononcer sur les projets de X ou Y en Outaouais...
Mme Duranceau : ...et si
tu n'as pas payé ton terrain cher, peut-être que ça vaut encore la peine de
construire. Ça dépend ce que tu veux comme revenu. Alors, je pense que ce n'est
pas à moi, là, de me prononcer là-dessus. Moi, je le répète, on travaille. Les
réponses à la crise sont multi... multiples, et on travaille au niveau de
l'emploi, de la formation, de l'agilité au niveau du travail ou de la
main-d'oeuvre de la construction et surtout de la souplesse au niveau des
villes pour accélérer les choses. Alors, ça fait
partie de tout l'environnement
qu'on est en train d'améliorer. Donc, on ne fait pas juste en parler, on pose des
gestes.
Mme Dufour : Donc, pour
que ça soit clair, il n'y a pas de solution spécifique à l'Outaouais
actuellement qui se... qui se travaille.
Mme Duranceau : Je vais
répéter ce que j'ai dit.
Mme Dufour : Bien, c'est
juste oui ou non, là. Est-ce qu'il y en a ou il n'y en a pas? Je comprends que
c'est non. Parfait. Est-ce qu'il y a des groupes qui craignent qu'il y ait des
fuites de capitaux aussi vers... vers l'Ontario pour les mêmes raisons?
L'écosystème financier, actuellement, qui est plus favorable de ce côté-là de
la frontière. Est-ce que vous partagez leur opinion?
Mme Duranceau : Bien,
c'est... On entend ça, effectivement, mais les objectifs d'investissement de
chacun sont différents. Puis moi, je suis en contact avec beaucoup de
développeurs, ici au Québec, institutionnels comme privés. Puis il y a des
projets qui sont en cours de développement au Québec.
Mme Dufour : Oui,
effectivement. Donc, je comprends que vous l'avez entendu aussi, qu'il y avait
un risque de voir des capitaux aller vers l'Ontario, là.
Mme Duranceau : Bien, on
lit le même journal, là.
Mme Dufour : O.K. Vous
l'avez lu dans le journal, mais personne ne vous en a parlé. Aucun groupe en
particulier ne vous ont dit qu'ils analysaient ça, qu'ils regardaient de leur
côté?
Mme Duranceau : On parle
aux mêmes groupes.
Mme Dufour : Parfait.
Parce qu'il y en a qui en parlent. Donc, j'imagine que vous les avez entendus.
Ce n'est pas juste dans le journal. Ce n'est pas juste une rumeur. Parfait. On
va parler du Plan habitation. Le Plan habitation, 15 mai 2023, vous avez
mentionné que le plan viendrait sous peu. En août 2023, il y avait des
consultations qui se terminaient pour le plan. Le 30 janvier 2024, vous
aviez mis sur le réseau X que vous dévoileriez bientôt votre plan de match en
habitation. On est rendus presque fin avril 2024. À quel moment on doit
l'attendre ce plan en habitation là?
Mme Duranceau : On va
vous informer quand on va être prêts à le sortir.
Mme Dufour : Donc, il
n'est pas prêt. Les consultations qui ont eu à l'automne, est-ce que ça a
conclu sur quelque chose, ou il y aura d'autres consultations pour le plan?
Mme Duranceau : Quand on
va être prêts à commenter sur le plan, on va commencer.
Mme Dufour : C'est
possible qu'il n'y en ait pas aussi, qu'on ne le voie pas. Est-ce que c'est une
possibilité qu'on ne le voie pas cette année?
Mme Duranceau : Quand on
va être prêts à commenter, on va commenter.
Mme Dufour : Donc, on
n'en a pas. Mais en attendant, il y a des villes qui le font.
Mme Duranceau : Je n'ai
pas dit : On n'en a pas. J'ai dit : Quand on va être prêts à
commencer, on va commencer.
Mme Dufour : En ce
moment, il n'y en a pas. On n'a pas... Et en ce moment, ça fait un an qu'on
l'attend. Ça fait un an qu'on l'attend. Actuellement, il n'existe pas. En tout
cas, s'il existe, il n'a pas été dévoilé. On ne l'a pas vu. Val-d'Or a fait son
propre plan en habitation. Je trouve ça très intéressant. Je pense que ça peut
inspirer, ça, inspirer le gouvernement. Vous avez dit tout à l'heure que les
villes avaient à se donner... avaient donné des cibles, mais ils disent... Dans
leur plan, ils disent qu'il faut maintenant que Québec fasse aussi sa part de
ce côté-là. Donc, est-ce que ce plan en habitation là pourrait inclure des
cibles? Ça, ce serait... Ce serait bien, j'imagine. Mais bon, je ne m'attends à
pas grand-chose. O.K. Est-ce que vous avez eu des discussions avec le ministre
de l'Énergie pour s'assurer que ceci...
Le Président
(M. Schneeberger) : Oui, M. le député de Jonquière.
M. Gagnon : M. le
Président, ça fait quelques fois, là, que c'est un peu... Je ne m'attends pas
grand-chose. C'est... On porte... On porte une atteinte à Mme la ministre. Je
ne m'attends pas à grand-chose. On va où avec ça?
Le Président
(M. Schneeberger) : Oui. Bien, regardez, là, la ministre est
capable de se défendre dans les propos. Alors, moi, je laisse aller. Je pense
que, pour l'instant, ça va. C'est vrai qu'on ne peut pas présumer ou insinuer
des motifs, peu importe, de ce côté-ci de la... peu importe, des deux côtés,
mais je vous invite à poursuivre.
Mme Dufour : Oui. Merci
beaucoup. Je faisais juste référence aux réponses précédentes, M. le collègue.
Donc, je reprends ma question est ce qu'il y a des discussions avec le ministre
de l'Énergie pour s'assurer que les blocs... des blocs d'énergie vont être
réservés pour les projets résidentiels? Parce qu'on voit les blocs d'énergie qui
partent, qui partent, qui partent vers des projets industriels. Il y a... Mais
là il y a de plus en plus de craintes. Est-ce qu'il y aura suffisamment de
blocs pour l'ensemble des projets qui devront se faire si on veut contrer la
crise? Donc, je voulais savoir s'il y a des discussions à cet effet-là.
• (12 h 40) •
Mme Duranceau : Il y a
toujours des discussions avec la ministre de l'Énergie pour être sûr d'être
arrimé, tout le monde, et puis...
Mme Duranceau : ...on a
toujours dit qu'il ne manquerait jamais d'électricité pour les Québécois, là.
Mme Dufour : Parfait. Mais...
mais les délais, eux, est-ce que vous avez des discussions concernant les
délais de... de branchement? Il y a des projets... Tu sais, on avait eu une
interpellation, on en avait discuté, là, à cet effet-là, qu'il y a certains
endroits où c'est quand même très long, là, puis là je ne parle pas d'une
maison individuelle, là, je parle d'un quartier, par exemple, qu'on pouvait
attendre trois ans. Est-ce que... est-ce que vous... C'est ça, est-ce que vous
en avez discuté? Comment on va s'assurer de pouvoir livrer tout ce qu'il y a à
livrer et d'avoir l'électricité dans les temps?
Mme Duranceau : Bien, je ne
commenterai pas sur le... l'exemple que vous donnez, là...
Mme Dufour : Non.
Mme Duranceau : ...parce que
je n'ai pas les informations. Mais je le répète, il y a une cellule
interministérielle en matière d'habitation, et puis les gens au ministère de
l'Énergie sont là, et on s'assure d'arrimer les délais ou la demande, là,
avec... avec Hydro-Québec. Il y a de la demande. La demande est forte, là. Il y
a beaucoup de projets d'infrastructures, des projets économiques. Il y en a
beaucoup puis, de la main-d'œuvre, il n'y en a pas beaucoup. Donc, on priorise,
puis on essaie d'accélérer les choses. Puis pour l'habitation, on essaie de
pousser les choses pour que... que ça aille plus vite, puis on a invité les
gens, à travers leurs équipes régionales au niveau municipal, à communiquer les
informations, alors ça passe dans l'administratif, puis quand c'est rapporté à
notre niveau, ça redescend. Alors, tout le monde est vraiment en mode de faire
arriver les choses. C'est long, c'est sûr que c'est long dans certains cas,
mais je pense qu'il y a de la volonté, là, de faire bouger tout le monde, là.
Mme Dufour : Effectivement,
il y a beaucoup de demandes. Comment on peut s'assurer... Est-ce que vous
assurez qu'il y a une priorité donnée aux projets résidentiels avant les
projets industriels qui... qui, un, non seulement prennent des gros blocs, mais
aussi vont requérir, là, des... des... beaucoup de... de main-d'oeuvre de la
part d'Hydro-Québec pour le déploiement de l'électricité dans ces secteurs-là?
Comment... comment on s'assure de prioriser les développements résidentiels?
Est-ce que vous le faites?
Mme Duranceau : Bien, on
s'assure que, de manière interministérielle, c'est une priorité. On travaille
avec l'APCHQ, puis on a créé un comité de travail, dans certaines régions, avec
Hydro-Québec pour prioriser. Alors, on y va de multiples façons, là.
Mme Dufour : Mais... mais
est-ce que, dans le comité ministériel que vous mentionnez, est-ce que la
priorité des... des blocs d'électricité et des branchements va au résidentiel
ou ça va à l'industriel ou si... ou... ou pas du tout, ou il n'y a pas de
priorisation, là? Je...
Mme Duranceau : Mais là, je
ne suis pas dans le détail de comment ils priorisent chaque affaire, mais
l'habitation, c'est une des priorités de notre gouvernement, on s'assure que
les projets vont... vont être branchés, là.
Mme Dufour : Est-ce que pour
vous ça devrait être prioritaire par rapport aux projets industriels? Et là je
parle d'avoir des blocs d'énergie pour les groupes... pour les développements
résidentiels qui vont venir.
Mme Duranceau : J'ai... Il y
a des comités qui travaillent sur ça, et il ne manquera pas d'électricité pour
les Québécois qui doivent se loger.
Mme Dufour : Donc, vous
pouvez nous assurer que tous les projets résidentiels qui sont en développement
ou qui devront se développer vont avoir l'énergie et le... le branchement
nécessaire, un délai raisonnable aussi.
Mme Duranceau : On y
travaille.
Mme Dufour : Donc, on n'a pas
d'assurance, mais je comprends que vous y travaillez.
Il y a quelque chose qui est.... La
semaine dernière, on était en étude de crédits au ministère de l'Environnement,
et il est venu sur notre radar qui avait un comité de suivi de la Stratégie
québécoise de développement de la filière batteries territoire de Bécancour, et
je trouvais intéressant que le ministère de l'Habitation ne faisait pas
partie
de ce comité-là. Compte tenu du nombre de travailleurs qui va devoir se
déployer pour la filière batterie dans cette région-là, je me demandais si
c'est... pourquoi c'était le cas. Est-ce que vous allez participer d'une façon
ou d'une autre, peut-être c'est dans un autre comité, là, mais à établir les...
les besoins pour pour cette région-là, les besoins en logements?
Mme Duranceau : Bien moi,
j'ai rencontré les élus à plusieurs reprises, autant de Bécancour que de la
Vallée de la transition énergétique, trois fois plutôt qu'une, là, et on est
en... on est en contacts, c'est ça, fréquents justement pour... pour s'assurer
de couvrir l'aspect habitation. Par ailleurs, il y a la conférence
administrative régionale...
Mme Duranceau : ...régionale
qui émane du ministère des Affaires municipales et de l'Habitation puis qui
couvre... qui prend en compte l'aspect habitation là-dedans. C'est sûr que
c'est une préoccupation, puis on est là pour épauler les développeurs, les
municipalités dans ce coin-là, pour justement être capable de loger tout le
monde, on est bien conscients de ça.
Mme Dufour : Mais, quand...
Il y a... Il y a eu une cellule, je pense, ministérielle qui s'est mise en
place pour la même chose mais à Northvolt, là, dans... en Montérégie. Est-ce
que le ministère de l'Habitation fait
partie de cette cellule-là, à ce
moment-là?
Mme Duranceau : Oui, c'est à
travers mon sous-ministre...
Mme Dufour : Parfait. Mais
pas à Bécancour. Ça l'est à Northvolt, mais pas à Bécancour?
Mme Duranceau : Oui, oui. Les
deux. Les deux.
Mme Dufour : O.K. Donc...
Mais à travers quel comité on fait...
Mme Duranceau : Bien, c'est la
conférence administrative régionale.
Mme Dufour : O.K. Vous voulez
dire la... les élus.
Mme Duranceau : Non, pas les
élus. C'est au niveau administratif.
Mme Dufour : Administratif.
O.K.
Mme Duranceau : Les élus,
moi, je les rencontre personnellement, puis on travaille. Ils me font part de
leurs préoccupations, puis je m'assure de descendre ça au niveau administratif
pour que tout le monde se parle puis que ça débloque s'il y a des choses à
faire débloquer.
Mme Dufour : O.K. Puis, pour
Northvolt, on a un échéancier de... Puis la même chose, la question pour
Bécancour, là. C'est quoi, l'échéancier pour voir les projets sortir de terre?
On dit que l'usine devrait... à Northvolt, devrait être en fonction 2026, fin
2026. On connaît les délais de réalisation des projets de construction. À quel
moment on peut s'attendre de voir les annonces pour des projets de
développement?
Mme Duranceau : Bien là, pour
le moment, ce n'est pas des projets de développement dans lesquels nous, on est
impliqué comme gouvernement, là. Je pense, c'est du logement, là, qui va
être... Il va y en avoir, du logement abordable. Je pense qu'il en faut pour
certains travailleurs dans ce coin-là. Mais les projets privés, là, ce n'est
pas moi qui les suis, là, alors...
Mme Dufour : Mais je
parlais...
Mme Duranceau : ...il
faudrait que je valide avec les différentes municipalités, là, je ne sais pas.
Mme Dufour : Oui, je ne
parlais vraiment pas du logement abordable, là. Les travailleurs de Northvolt,
on a... Le ministère... Le ministre... Le premier ministre a amplement dit que
ce serait des emplois très bien payés. Donc, on suppose que ce ne sera pas du
logement abordable qu'ils vont... qu'ils vont avoir besoin. Mais... Mais il y
a... il y a comme... Est-ce qu'il y a un inventaire des terrains qui a été
établi, de la disponibilité? Parce que j'entends qu'un des grands terrains
dédiés au résidentiel, c'était le terrain où l'usine va se construire. Donc, où
le... tu sais, est-ce que l'inventaire des terrains a été établi? Où est-ce
qu'on va pouvoir fournir du logement à ces travailleurs-là?
Mme Duranceau : Bien, c'est
exactement ce que les élus locaux sont en train de faire, d'établir c'est quoi,
leurs terrains, puis quelles sont les restrictions relatives à ces terrains-là.
C'est-tu des terres agricoles? C'est-tu des terres disponibles pour de
l'habitation? C'est-tu des terres contaminées? Alors, c'est le... c'est
vraiment le milieu... C'est un peu surprenant, vos questions, là, parce que
c'est vraiment le milieu municipal qui connaît ses terrains, puis ce n'est pas
le ministère de l'Habitation qui se mêle des terrains, là. Puis, si je le faisais,
vous me le reprocheriez, ça fait que... D'ailleurs, l'Ontario, que vous aimez
prendre en exemple ici, bien, le ministre de l'Ontario, qui était trop proche
des terrains, il n'est plus là, là.
Mme Dufour : Bien, c'est
parce que j'ai rencontré les gens de Northvolt, Mme la ministre, et une de
leurs principales préoccupations, c'est : Comment nos travailleurs vont se
loger? Ils s'inquiètent que le gouvernement ne... n'est peut-être pas assez
proactif à ce niveau-là. Donc, c'est pour ça que j'en parle. Je veux savoir, tu
sais, est-ce qu'il y a de la proactivité ou on attend, on est dans l'attentisme
encore. Puis il y a un risque réel que ça ne se construise pas si on laisse ça
dans les mains de... du marché sans... sans même l'aider à le... à le stimuler,
Le Président (M. Schneeberger) : Une
minute.
Mme Duranceau : Bien,
écoutez, moi... on n'est pas un gouvernement, là, qui va... qui va tout
financer tout le temps, là.
Mme Dufour : ...ne parle pas
de financer, là, juste d'être chef d'orchestre, stimuler...
Mme Duranceau : Bon, bien,
stimuler. Bécancour... Bécancour, vallée de la transition énergétique, c'est au
Centre-du-Québec, les lois qu'on vient de changer, les efforts qu'on fait au
niveau de la formation de la main-d'oeuvre en construction, les modifications
qu'il va y avoir au niveau des... de la loi R-20, tout ça, ça crée un climat
qui va être favorable à la construction, puis les développeurs qui veulent
aller de l'avant... écoute, le risque, il est zéro, là, dans ces régions-là,
pour ce qui est de réussir à vendre ou louer ton logement. Alors, on crée un
contexte, un environnement qui est favorable, puis les gens vont construire. Et
puis, par ailleurs, on appuie, là... je peux me répéter, là, mais Conférence
administrative régionale qui s'occupe de faire débloquer les choses au niveau
ministériel. Puis moi, j'ai des rencontres avec les élus pour les mêmes
raisons, alors...
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Merci beaucoup. Alors, nous en sommes maintenant du côté ministériel, et
j'entends le député de Jonquière pour neuf minutes 44.
• (12 h 50) •
M. Gagnon : Merci, M. le
Président. Salutations à tous les collègues. Je regardais tout à...
M. Gagnon : ...et c'est une
table d'expertises. C'est tous les gens qui siégeaient sur le projet de loi no
31. J'en profite pour saluer Mme la ministre, toute son équipe.
Je ne veux pas prendre longtemps de mon
temps, là, de salutations, je veux juste en profiter pour quand même souligner l'implication
d'un homme ici, qu'on a, un ambassadeur d'acteurs sociaux. Ça fait 40 ans, Mme
la ministre, que l'homme à votre gauche sert, sert le service à développer une
expertise en habitation. Il est parti au privé, il est revenu parce qu'il avait
l'étincelle de servir. Alors, malheureusement, là, je pense que c'est sorti
vite dans les médias... peut-être pas eu le temps de dire salut à sa gang ou de
l'annoncer à sa gang comme il aurait aimé le faire, mais... mais on est
chanceux, au-delà, là, des partis politiques, d'avoir des gens qui de... qui
ont décidé de servir. M. Foster, je voulais le dire, vu que la caméra est
tournée vers moi, puis j'espère qu'elle sera tournée vers vous. Merci. Merci.
C'est une belle expertise qu'on a.
Mme la ministre, j'ai quelques minutes,
neuf minutes, je pense, pour m'adresser à vous. J'en profite pour vous dire que
moi, je vous suis, je suis tannant, je vous parle, je vous texte, on ne se
lâche pas. Et, au-delà de mon intensité, il faut reconnaître qu'on a une
ministre qui est sur le terrain, on a une ministre qui rencontre les gens, on a
une ministre qui écoute le milieu.
Puis je veux juste faire une autre
parenthèse, parce qu'écouter le milieu, ça permet d'être proactif, proactive,
dans votre cas. Et puis vous savez de quel milieu que je viens, je viens du
milieu communautaire. Alors, cette semaine, vous avez annoncé, Mme la ministre,
70 jours à l'avance, 70 jours à l'avance, à la grandeur du Québec qu'on mettait
en place, encore une fois, le service d'aide au logement. Et ça, ça, c'est de
la prévention, c'est de la prévention, parce que plus la date du 1ᵉʳ juillet va
arriver, plus on va la sentir, la pression sociale, plus on va vivre... on va
vivre ce logement criant et on va le sentir dans l'ensemble des villes du Québec,
peut-être. Et là, deux mois et demi à l'avance, on livre l'information à la
population que les locataires touchés pourront rapidement se... bénéficier le
service d'aide au logement. Puis je faisais mes lectures, et puis c'est 12 000
personnes, Mme la ministre, 12 000 personnes qui ont eu recours l'année
dernière. Alors, de manière apolitique, si j'ai la chance, humblement, de parce
que c'est télévisé et... mentionner à mes collègues qu'on a tous une
responsabilité, je pense, dans nos circonscriptions, de mentionner que deux
mois et demi à l'avance, le service d'aide au logement est de retour au Québec,
et c'est une mesure qui fonctionne. Alors, ça, j'en suis fier.
Revenons... revenons en février dernier,
Mme la ministre, où est-ce qu'on a vécu l'adoption du projet de loi...
«résorber», c'est un mot que j'aime, pour résorber tous ensemble la situation
du logement au Québec, l'accès au logement, un logement adéquat. C'est des
choses qu'on a parlé pendant des heures, qu'on a travaillées ensemble. Répondre
aux besoins des locataires, c'est quelque chose qui vous habite, et également
la capacité de payer. C'est ça qui nous a accompagnés dans le projet de loi.
Puis on est allés vers des buts, des buts précis, mieux protéger les locataires
et faire connaître leurs droits. Et ça, j'en suis extrêmement reconnaissant.
Contrer les hausses de loyer abusives, et, bien entendu, on en a parlé, la
flexibilité de la cession du bail.
Et tout ça, c'était dans votre vision.
Quand je disais que vous êtes une femme de terrain, vous avez rapporté ça,
c'est une vision, une vision qui découle de l'action, parce qu'on a une
ministre qui bouge. Et là je vais y aller plus personnelle, vision, action,
mais, quand on vous parle, on sait, des fois... chez nous, on dit : Les orteils
nous coincent, on sait, des fois, que les orteils vous coincent, parce que vous
êtes une femme d'efficacité. Et ma question va... la vision, l'action va vers
l'efficacité. Mme la ministre, parlant d'efficacité, comment est-ce qu'on fait
pour être plus efficace en habitation?
Mme Duranceau : Merci, M. le
député, pour votre question. C'est vrai que je suis fatigante avec ça, là, mais
il faut être efficace, il faut que ça avance puis il faut que ça débloque.
Alors, j'avais... effectivement, j'ai toujours un bon acolyte pour ça. Je tiens
à dire que M. Foster, comme vous disiez tantôt, Claude, hein, je vais l'appeler
Claude, là, pour les besoins de la cause, est vraiment arrivé à la Société
d'habitation dans le même état d'esprit, là : il faut que ça bouge. Lui,
il le voyait, sur le terrain, c'étaient quoi, les difficultés. Je pense que,
depuis deux ans, bien, il a réussi à faire... à faire virer le navire, là, puis
je pense que les gens sont contents aussi, les gens...
Mme Duranceau : ...un sentiment
d'accomplissement qui est accru, parce qu'ils réalisent qu'ils peuvent faire
une différence. Les projets qui leur sont présentés, bien, moi, je leur dis
puis je pense qu'ils le sentent aussi, ce sont leurs projets. Alors, ils
reçoivent des propositions, ils accompagnent. Ils sont plus dans un mode
accompagnement des gens, maintenant, plutôt que juste un transit pour le dépôt
d'un projet, puis, après ça, l'approbation du projet. Là, les gens sont là
vraiment comme des conseillers, qui vont accompagner, puis ça permet de faire
en sorte que, bien, les choses avancent plus rondement, tu sais, on adresse les
préoccupations au fur et à mesure où elles se pointent puis on trouve des
solutions. Puis je pense que c'est ce que Claude a amené, c'est de dire :
Écoute, on sort du cadre.
Puis moi aussi, je suis dans ce... je me
fais questionner peut-être sur ça, mais il faut sortir. Actuellement, la
situation est telle qu'elle est, c'est difficile, pénurie de main-d'œuvre,
pénurie de... augmentation des coûts de construction, les taux d'intérêt, la
réglementation qu'il faut simplifier. Ça fait que le contexte est déjà
tellement difficile. Si, en plus, on ne se permet pas d'être créatifs puis de
penser en dehors de la boîte, on n'y arrivera pas. Alors, c'est vraiment ce
qu'on a, tous les deux, prôné à la Société d'habitation, là, depuis qu'on est
là. Et comment ça se traduit? Ça se traduit, entre autres, comme je le
mentionnais, au niveau du suivi des projets, tu sais, suivi serré, où, à chaque
deux semaines maintenant, les conseillers sont en lien avec les porteurs de
projets puis valident où on en est, est-ce qu'il y a des problèmes, comment on
peut faire avancer les choses. Alors, des histoires d'arrérages de 15 000
unités, là, on n'aura plus ça, là. Je veux dire, c'est suivi aux deux semaines.
Mais, avant, personne ne s'occupait de ça. Alors là... Puis c'est comme...
c'est une aberration, là, pensez à ça, là, dans une entité que... Alors là, on
s'est donné de la rigueur au travail.
Puis je ne dis pas qu'il n'y avait pas...
On s'est donné un cadre qui est plus rigoureux. Entre autres, avec le Programme
d'habitation abordable, à l'intérieur de 12 à 18 mois, on sait si les choses
vont aller de l'avant. Ça fait que ça aussi, ça fait
partie de l'efficacité.
C'est d'avoir aussi un programme qui... bien, qui en impose, de la rigueur,
puis qui tient compte des coûts aussi, à un moment donné. Et quand je dis que
c'est trop cher... peut-être que je suis trop directe, peut-être, je le dis,
puis les gens n'aiment pas ça l'entendre, mais, bon, on reproche aux
politiciens d'avoir une langue de bois. Bien, écoutez, ce n'est pas mon cas, je
dis les choses telles qu'elles sont. Ça choque, ça brasse les choses. Mais
savez-vous quoi? Bien, moi, c'est des résultats que je veux, à la fin, puis
c'est ça que... sur quoi on travaille, Claude et moi, puis je pense qu'on va en
avoir, des résultats. C'est long, parce que des projets de construction, ça
prend, tu sais, un 18, 36 mois à être livrés, là, mais on va les voir dans les
prochains mois puis les prochaines années. Juste les suivis rigoureux qu'on
fait, juste les mises en chantier qu'on annonce, je veux dire, les résultats,
ils vont être là, je n'ai aucune, aucune crainte.
Ensuite de ça, bien, aussi, à l'intérieur
du PHAQ, on s'est donné des manières de sélectionner les projets qui étaient
plus efficaces aussi. Les projets sont mis en compétition. Il y en a qui
n'aiment pas ça, la compétition, dans l'écosystème, mais ça en prend. Ça fait
en sorte qu'on s'assure que ce sont les meilleurs projets qui sortent, et que
ce sont les projets qui sont endossés par la municipalité, puis que tout le
monde est derrière le projet pour qu'il aille de l'avant, puis, quand tout le
monde, bien, appuie un projet, bien, ça fait juste en sorte que les choses vont
plus vite. Ça fait qu'on s'est donné ces outils-là.
On s'est donné le droit, aussi, d'avoir
des partenariats qui sont différents puis qui sont novateurs. On a parlé
d'Unitaînés. Bien oui, ça sort de la boîte, puis... Mais on est venu faire
un... tu sais, remettre le risque sur les épaules de quelqu'un d'autre. Dans ce
cas-ci, le gouvernement ne sera pas aux prises avec quelque dépassement de
coûts que ce soit. Il y avait un volet philanthropique là-dedans aussi. M. Luc
Maurice met son expertise à profit, mais aussi son argent. Moi, n'importe qui
qui veut arriver avec son argent personnel, son expertise, puis me livrer des
projets... Je veux dire, on ne peut pas être contre la tarte aux pommes, là. Et
on a d'autres groupes, comme UTILE, qui font du logement étudiant, très
performant. Des jeunes, là, qui ont...
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Alors, c'est tout le temps qu'on avait. Alors, désolé.
Nous suspendons nos travaux jusqu'à 14
heures.
(Suspension de la séance à 13 heures)
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14 h (version non révisée)
(Reprise à 14 h 02)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
bon après... bon après-midi à tous. Alors, nous reprenons les travaux.
Je vous rappelle que la commission est
réunie afin de poursuivre l'étude du volet habitation des crédits budgétaires
du portefeuille Affaires municipales et habitation pour l'exercice financier
2024-2025.
Alors, nous poursuivons avec l'opposition
officielle, avec la députée de Mille-Îles pour 22 minutes et 33 secondes.
Mme Dufour : Merci, M. le Président.
Alors, je vais continuer sur la lancée précédente. Des solutions peut-être pour
contrer le... la crise du logement. Je voudrais... Je voudrais savoir, là on
a... j'étais avec la ministre lorsqu'on a adopté le super pouvoir pour les
villes, certes, ça pourrait accélérer les... la délivrance de permis de
construction, mais encore faut-il que les municipalités s'en servent. Et ça, ça
dépend entièrement des élus. Et évidemment, l'an prochain, il y aura des
élections au niveau municipal. Et donc il y a quand même plusieurs élus qui
seront sous la loupe. Donc, je voudrais voir avec la ministre est-ce qu'elle a
des indications que des maires vont... vont le faire? Mais, quand je dis «des
maires», je ne parle pas d'une ville, là, je parle de façon globale. Et sinon,
quelles mesures elle pourrait prendre pour les inciter à s'en servir?
Mme Duranceau : Bien, je suis
en tournée, je ne suis pas une vedette, là, mais je suis en tournée sur la loi 31,
et c'est un événement relativement bien couru. Puis on... je les rencontre par
MRC, puis quand c'est des plus grandes villes, là, on est... on est
spécifiquement avec un maire ou une mairesse, puis on en discute. Ça fait que,
dans la loi 31, c'était le pouvoir de déroger au zonage en place pour
accélérer la délivrance de permis puis le logement accessoire. Ça fait qu'évidemment,
si on est en ville ou dans des milieux plus ruraux, ce n'est pas les... ce ne
sont pas les mêmes discussions, mais les gens sont très, très contents. Ça a
été très bien accueilli. On sait que Magog l'a utilisé, on sait que Montréal
veut l'utiliser. Bon, Montréal avait déjà des pouvoirs quand même un petit peu
plus larges que d'autres villes, mais tout le monde est en train de... Comme
Laval, exemple, sont en train de définir, ils vont sortir ça, là... ou je pense
que ça passait bientôt à leur comité ou leur conseil, dans quelles
circonstances ils vont l'utiliser. Alors, tu sais, tout le monde... tout le
monde voit comment ça s'adapte ou ça... pas «ça s'adapte», mais ça se
répercute, là, sur leur territoire.
Mme Dufour : O.K. Est-ce qu'on
a une indication ou vous avez des indications du... d'à quel point ça va
permettre d'augmenter la densité des projets?
Mme Duranceau : Bien, le...
la Loi 31 permet de déroger puis d'augmenter la densité selon le projet
déposé. Il y avait aussi ça le... c'était le P.L. 37... Hein?
Une voix : ...
Mme Duranceau : Seize, 16, de
ma collègue aux Affaires municipales, tu sais, qui permettait d'office, là, d'augmenter
d'un tiers...
Mme Dufour : Le zonage
incitatif.
Mme Duranceau : Oui. O.K. Et
puis est-ce que j'ai une idée comment ça va... Tu sais, c'est quand même ville
par ville, selon les réalités de chacun, mais c'est un outil additionnel. Je ne
dis pas que c'est juste ça que ça prend, mais ça fait
partie des outils qui
sont disponibles qui permettent surtout de raccourcir les délais. C'est ça que
les gens aimaient, c'est de s'en servir pour passer peut-être de 12 mois à
trois mois, là, possiblement. Ça fait que c'est les commentaires qui me sont
faits, là, surtout.
Mme Dufour : O.K. Puis est-ce
que vous avez envisagé la possibilité de faire un peu comme en Ontario, d'avoir
des stimuli financiers à ceux qui accéléreraient, là, les temps de
construction? Eux, c'est dans un fonds d'infrastructures municipales qu'ils le
font, puis les villes qui y ont accès, c'est celles qui atteignent certaines
cibles. Est-ce que c'est quelque chose que vous avez regardé?
Mme Duranceau : Bien, pour le
moment, on a donné des... on a donné aussi des pouvoirs aux villes de faire ça.
Tu sais, ce n'est pas nous qui donnons de l'argent aux villes, mais, au
niveau... En fait, moi, je vois plus des incitatifs entre la ville puis le
développeur, et non entre le Québec puis la ville, là.
Mme Dufour : Non. Moi, je
parlais vraiment si vous avez regardé pour des incitatifs... Tu sais, par
exemple, il y a des fonds aux Affaires municipales qui sont disponibles pour
les infrastructures et qui sont quand même des fois généreux, des fois moins,
selon les programmes. Est-ce que, ça, ça aurait pu... Est-ce que c'est quelque
chose que vous avez regardé, de lier une
partie de ça à des cibles, ou un
nouveau fonds, complètement, qui soutiendrait la création de logements?
Mme Duranceau : Oui, c'est
ça. Bien, on a le... on a un fonds de 250 millions, du côté des Affaires
municipales, qui va être là pour financer des projets... bien, des
infrastructures qui, elles, sont nécessaires à de l'habitation... Donc, ça, ça
va être aussi un autre élément qui va permettre d'accélérer. Ça fait que,
conjugué aux autres outils, bien, ça... sur le plan financier, en termes
d'infrastructures, ça, ça va donner une chance, là.
Mme Dufour : Mais ce
fonds-là, il n'est pas lié à aucune cible. Ça fait qu'une municipalité, par
exemple, qui ne réduirait pas les délais... Je lisais, là, un
article que je
n'avais pas... en préparation qui disait, bon, à la ville de Longueuil, c'était
pour... Tu sais, dans leur service administratif, ils considéraient que
24 mois... en bas de 24 mois, c'était correct, là. Je ne dis pas que
c'était la mairesse, là, qui disait ça, c'est vraiment les services
administratifs. Donc, est-ce qu'il a été envisagé que ce fonds-là de
250 millions, par exemple, soit lié à des cibles de délivrance... de
délais de délivrance de permis?
Mme Duranceau : Bien, je vais
laisser ma collègue aux Affaires municipales faire ses annonces relativement à
son fonds. Mais je peux dire, par contre, que ce que je perçois sur le terrain,
c'est que tout le monde et... veut que ça avance, là, puis tout le monde a de
la pression pour sortir du logement. Donc, il y a... ils vont se fixer des
cibles dans les prochains mois au niveau du nombre. Alors, après ça, bien,
vient avec ça la densité, vient avec ça le temps pour émettre les permis, là.
Mme Dufour : Oui. On dit tout
le monde, mais ce n'est pas tous les maires qui veulent faire des projets de
densité. Je donne l'exemple, par exemple : il y avait un projet qui était
proposé pour... je pense, c'est à Pointe-Claire, il y a un centre d'achats, là.
J'essaie de me rappeler, là...
Mme Duranceau : Prével.
Mme Dufour : ...c'est quoi,
le nom du centre d'achats.
Mme Duranceau : C'est
Fairview.
Mme Dufour : Fairview. Et ça,
ça a été bloqué par des élus. Donc, ce n'est pas vrai que tout le monde veut
faire nécessairement...
Mme Duranceau : Bien, ils se
sont entendus, là. Ce projet-là va aller de l'avant, puis ils se sont entendus
au niveau de la densité. Je pense qu'il y a eu un... il y a eu du bon travail
de fait aussi avec les gens sur le terrain, là. C'est un beau... un beau cas où
il y a eu une belle concertation qui a amené à bonifier le projet.
Mme Dufour : Mais qui a
sûrement diminué la densité, là. Mais je comprends, bonifier dans le sens de
ceux qui sont sur place.
Mme Duranceau : Non, je pense
qu'il a la densité requise pour que ça fonctionne sur le plan financier, puis
ils sont allés en escalier, là, sur la manière de permettre la densité, là.
Mme Dufour : Ça,
effectivement, lorsque les projets sont travaillés comme ça, ça ajoute des
délais, par contre, je le souligne, et donc c'est pour ça que je me demandais
s'il y aurait des incitatifs. En tout cas, je comprends que pour l'instant ce
n'est pas l'avenue, là.
Mme Duranceau : Bien, en fait,
il y a... Non. Le 250 millions va exiger quand même des engagements du
milieu, là, le fonds pour les infrastructures, d'utiliser les nouveaux pouvoirs
puis d'alléger aussi la réglementation puis tout ça. Après ça, tu sais, vous me
l'avez souvent dit, là, il y a quand même des choses à respecter au niveau des
villes, là. Ça fait que c'est ça qu'on fait.
• (14 h 10) •
Mme Dufour : Tout à fait. Un
des éléments que plusieurs mentionnent qui est un enjeu, c'est les codes de
construction, les codes de construction distincts, hein. Les villes n'ont pas
toutes le même code de construction, elles peuvent avoir leurs propres normes,
en autant qu'il y ait comme un minimum, mais au-delà de ça elles peuvent être
plus restrictives. Donc... Donc, c'est ça. Est-ce que c'est quelque chose que
vous avez...
Mme Dufour : ...envisager
aussi de... de, disons, temporairement, alléger les normes... bien, pas... pas
les normes de construction, là, je ne veux pas parler des normes de sécurité,
mais du moins de les uniformiser de façon... dans, tu sais, pour stimuler
temporairement, parce que la... la problématique que moi je voyais quand
j'étais à Laval, les groupes qui arrivaient, par exemple, de Mirabel avec des
plans, mais ils ne pouvaient pas les utiliser chez nous parce que les normes
étaient distinctes, donc... donc, ça, c'était un enjeu, puis ça, c'est... ça se
répète, en tout cas, les promoteurs me... pas mal comme ça dans toutes les
grandes villes. Donc, est-ce que c'est quelque chose que vous avez regardé?
Mme Duranceau : Bien, moi,
j'ai eu plusieurs discussions avec des gens, là, qui, comme vous, là, qui
soulèvent différentes questions. L'uniformisation des codes, bien, ça relève de
la RBQ, ça fait que je sais que mon collègue Jean Boulet, le ministre du
Travail, regarde ces choses-là, là.
Mme Dufour : Il regarde ça,
ministre Jean Boulet, mais il y a aussi le ministre de l'Environnement qui,
lui, vient d'adopter un projet de loi que... que moi, j'ai... j'ai dénoncé
cette portion-là, c'est qu'il crée un nouveau code de construction, celui... le
Code de construction durable. Donc, alors qu'il y a une... il y a... il y avait
comme une, disons, consensus dans le milieu qu'on devait uniformiser les codes.
Là, on en a créé un nouveau qui sera distinct du Code de construction du
ministre du Travail, est-ce que ça, ce n'est pas une nuisance?
Mme Duranceau : Bien là,
écoutez, je ne peux pas me prononcer, là, sur l'Environnement, j'en ai déjà pas
mal avec mon dossier d'Habitation, mais par contre, ce que j'aimerais dire,
c'est que j'ai une cellule interministérielle qui aborde toutes ces
questions-là, parce que, moi, je suis comme le catalyseur, là, puis le... le
ministère intéressé en priorité à ce que l'habitation sorte. Alors, je m'assure
qu'à travers tous les autres ministères que ma voix est entendue puis je suis
pas mal fatigante avec ça.
Mme Dufour : O.K. Puis est-ce
que votre voix met beaucoup d'emphase sur les codes de construction? Puis, en
passant, le rapport que je mentionnais tout à l'heure de la RBC, que... que je
vous invite fortement à lire, puis même je pourrais le déposer à la commission,
là, si... si on le voulait.
Mme Duranceau : Oui, bien...
Mme Dufour : Bref, ce
code-là... ce... ça, ça fait
partie des mesures, des mesures principales qu'il
mentionne pour favoriser justement la reproduction des... des modèles, là,
des... du... réutiliser les mêmes plans de construction. Donc, c'est quelque
chose qu'on pourrait comme être un petit peu plus ferme là-dessus puis s'en
aller vers ça.
Mme Duranceau : Bien, je
pense qu'effectivement, dans le rapport RBC, là, j'ai pris le temps de... de
revoir les différents éléments, puis sur les sept qui sont proposés, on n'est
pas mal tous déjà en action sur ça. Puis le cas de... de... d'Unitainés, par
exemple, qui est une réplique du même projet 10 fois, on est là, là.
Alors, je pense que ça démontre qu'on n'attend pas d'accroître... dans les sept
recommandations, d'accroître rapidement le bassin de main-d'œuvre du secteur de
la construction, on est là-dessus. Le deuxième élément, c'est au niveau de la
conception des techniques de construction, je pense, ça rejoint ce que vous dites,
Mme Dufour : Mais je vais...
je vais poser des questions là dessus aussi. Mais, tu sais, il y a encore
des... des codes de construction qui vont favoriser, par exemple, certains
matériaux qui sont plus chers. Moi, j'ai l'exemple de la brique qu'on va voir
dans certains quartiers, on va dire : On veut une préférence pour de la
brique. Mais la brique, c'est quand même plus cher. C'est plus durable, certes,
mais c'est plus cher. Et en ce moment, on tente de réduire les coûts. Mais c'est
aussi ça fait en sorte que les plans qui ont été faits ailleurs où c'était un
autre type de matériaux, bien, ce n'est pas... on ne peut pas les copier, là,
il faut refaire des plans. Donc... donc c'est pour ça que je pense que c'est
important, mais c'est quelque chose que vous regardez, disons, plus activement.
Mme Duranceau : ...tout à
fait. D'ailleurs, ça s'est répercuté dans les discussions sur les maisons
d'hébergement, entre autres. Bien, il y a eu des modifications faites à
certains des projets pour justement réduire les coûts, malgré ce que la
réglementation pouvait initialement prévoir. Mais là tout le monde a mis de
l'eau dans son vin pour s'assurer que... que d'un point de vue coût, ça... ça
tenait la route compte tenu de notre capacité de payer. Ça fait que c'est un
bon exemple, là.
Mme Dufour : Oui, mais je
vais... je vais vous en donner un autre exemple. Là, il y a dans une
municipalité que je connais bien, comme vous devinez laquelle, il y a une
obligation de... si on a 13 logements et plus de... peu importe, là, que
ce soit deux, quatre, huit étages, 13 logements et plus, doivent avoir un
ascenseur. Donc, obligatoire, mais on s'entend, quand c'est deux étages,
ascenseur, s'il y a des logements accessibles, on peut les mettre au rez-de-chaussée.
Au deuxième, on peut... ça peut être... parce que ça rajoute beaucoup de coûts,
puis là je parle de logements sociaux qui... qui se retrouvent avec cette...
cette obligation-là. Donc, ça, est-ce que vous encouragez les villes, lors de
vos rencontres, à peut-être assouplir leurs règles aussi de construction?
Mme Duranceau : ...oui, bien,
j'encourage les villes, oui, j'encourage tout le monde à réduire les coûts, ça
ne fait pas plaisir, mais je pense qu'il faut... Puis je suis contente qu'on en
parle, des coûts. Il faut que tout le monde s'arrête aux coûts, c'est
important. Mais, au niveau des villes, on peut suggérer, il y a quand même un
concept d'autonomie municipale à respecter, mais ceci dit, on discute avec
l'UMQ, on discute avec la FTM, puis effectivement, ça fait
partie des enjeux
qu'il faut... qu'il faut travailler, là