Transportation and the Environment — 24 April 2018 (41st Legislature, 1st Session)
CTE 2018-04-24
Quebec — Committees
Pour ce qui
est des quelque 22 règlements d'application de la
Loi sur la qualité de
l'environnement, la période de
consultation de 60 jours s'est terminée le 14 avril dernier. D'ici
l'édiction de ces règlements, nous poursuivons le travail avec un régime
d'autorisation transitoire. Il faut rappeler que c'est l'un des plus gros
chantiers réglementaires jamais entrepris
dans l'histoire du ministère. Le travail se poursuit donc afin de bien
finaliser l'analyse des commentaires reçus sur les projets de règlement
et la préparation des outils nécessaires à la mise en oeuvre complète du
nouveau régime d'autorisation. Je rappelle
qu'il y avait plus de 40 ans que cette loi fondamentale et ses règlements
qui en découlent n'avaient pas été revus de fond en comble.
Un autre geste important posé, avec l'adoption
de la Loi concernant la conservation des milieux humides et hydriques. Ces
milieux sont stratégiques pour notre santé et celle de notre écosystème.
Pensons à leurs nombreuses fonctions écologiques au regard de l'eau, comme
filtration et pour la régulation des crues notamment, la réserve de la
biodiversité, il s'agit souvent d'habitats pour de nombreuses espèces fauniques
et pour la flore, de la lutte contre les changements
climatiques par la séquestration du carbone. Au Québec, on estime que les
milieux humides représentent un puits
de carbone équivalent à 10,77 gigatonnes de CO 2 , ce qui est
l'équivalent de 478 années d'émissions de gaz à effet de serre au
Québec seulement.
Nous avons
donc inscrit dans la loi, laquelle a été votée à l'unanimité, dois-je le
rappeler, en juin dernier, le principe d'aucune
perte nette de milieux humides et hydriques au Québec, et c'est fondamental. Il
reste maintenant à adopter le règlement
qui définira les dispositions relatives au calcul de la compensation financière
ainsi qu'un guide pour l'élaboration d'un plan régional des milieux
humides et hydriques.
Je suis
pleinement consciente des enjeux régionaux liés aux compensations financières.
Mes collègues me l'ont rappelé à
quelques reprises, et je les en remercie. D'ailleurs, j'ai mandaté, ce
printemps, mon adjoint parlementaire, le député de Sainte-Rose, qui est parmi nous aujourd'hui, afin qu'il tienne
une tournée de consultation dans plusieurs régions du Québec. Je tiens à l'en remercier. Je sais qu'il
a été à l'écoute. Vraiment, merci beaucoup pour son travail, son dévouement,
son temps parce que ça prend beaucoup de temps pour faire cette tournée.
Alors, d'ici
peu, on sera en mesure, donc, de déposer ces règlements pour consultation. Mais
il était important pour moi que nous
allions à l'écoute, bien sûr, des gens qui avaient à partager leur expérience
depuis l'entrée en vigueur de la loi
et de prendre en considération leurs commentaires pour qu'on puisse rédiger le
règlement, qui est actuellement en cours, cette rédaction, donc. Ce
projet de règlement sera prépublié très prochainement. J'en ai fait une
priorité.
Et afin de
mettre en oeuvre la
Loi sur la qualité de l'environnement ainsi que la
loi sur
les milieux humides, notre gouvernement
a réservé 7,3 millions de dollars sur trois ans pour déployer ces deux
importantes lois. Pour ce qui est de la préparation des plans régionaux par les MRC, je tiens à mentionner que,
dans le dernier budget du gouvernement, nous avons aussi réservé une somme de 16,2 millions de dollars sur cinq
ans pour soutenir les MRC dans cet important exercice. Il s'agissait d'une demande formulée par de
nombreuses municipalités. J'ai reçu beaucoup de correspondance à ce sujet.
Alors, nous avons été à l'écoute de nos partenaires.
En matière de
lutte contre les changements climatiques, l'approche intégrée, alliant le
marché du carbone, le plan d'action
sur les changements climatiques et d'autres politiques gouvernementales, permet
de cheminer vers l'atteinte de nos cibles ambitieuses.
Rappelons
qu'à l'égard de la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre de
20 % en 2020, par rapport au niveau
de 1990, le Québec se situait à mi-parcours, mais c'est moins qu'à mi-parcours
parce que c'est sur des années de 2015.
On se situait à moins 8,8 %, alors que notre population a augmenté de plus
de 18 % et notre PIB de plus de
60 %. On peut s'en féliciter, certes, mais il faut se mobiliser et
s'engager aussi, de façon résolue, à atteindre nos objectifs.
Concernant ce
grand défi collectif, on reconnaît toute l'importance d'agir dans le
secteur des transports, M. le Président.
Eh bien, soulignons l'entrée en
vigueur de la norme véhicules zéro
émission, le 11 janvier dernier. La norme VZE, comme on l'appelle, envoie un signal fort : l'électrification des transports est une priorité au Québec.
Nous devons être fiers de cette
norme, pour plusieurs raisons, notamment parce que notre norme VZE va permettre aux
consommateurs québécois, qui ont soif de ces véhicules électriques,
d'accéder à un plus large éventail de véhicules électriques et hybrides
branchables et parce que l'industrie québécoise va profiter des occasions
d'affaires que l'électrification va apporter. D'ailleurs,
j'ai visité le Salon du véhicule
électrique de Montréal
vendredi dernier, avec le premier
ministre, où on a fait des
rencontres extraordinaires.
En matière de
lutte contre les changements
climatiques, de nombreux autres gestes significatifs ont été posés au
cours des quatre dernières années. Soulignons la mise en place du conseil de
gestion du Fonds vert et la refonte de la gouvernance du Fonds vert. Soulignons
aussi que les sommes du Fonds vert associées à la mise en oeuvre du Plan
d'action 2013‑2020 sur les changements climatiques sont estimées à ce jour
à 4,4 milliards de dollars pour la période 2013‑2020.
15 ministères et organismes gouvernementaux collaborent à la mise en oeuvre du
pacte 2013‑2020. Nous nous
sommes livrés à un exercice de transparence jamais vu en livrant le bilan
mi-parcours de la mise en oeuvre de
ce plan et en publiant un fascicule budgétaire — je ne sais pas si vous l'avez vu, M. le
Président, mais c'est un fascicule budgétaire
extraordinaire, celui des changements climatiques — sur nos actions pour la réduction des gaz à
effet de serre.
Comme je vous
le disais lors de l'annonce du bilan mi-parcours, le Québec sera là où il doit
être pour le rendez-vous de 2020.
Nous allons renforcer ce qui va bien, bonifier certaines sections pour
dernier par le premier ministre et mon collègue des Transports vise l'ensemble des modes de transport, et c'est
précisément dans ce secteur que nous devons investir les plus importants efforts pour réduire nos émissions de gaz à effet
de serre. Ce faisant, le gouvernement est cohérent dans sa vision de la lutte contre les
changements climatiques. D'ailleurs, dans le dernier budget, on a inversé la
tendance d'investissement du Québec en
transport en accordant dorénavant 70 % du budget des Transports au
transport collectif et 30 % en infrastructures routières.
Quelques mots aussi sur la gestion des terrains
contaminés. Nous avons lancé, je le rappelle, la Politique de protection des sols et de réhabilitation des
terrains contaminés et son plan d'action 2017‑2021. À cela s'ajoute la
mise en oeuvre d'une nouvelle
approche d'intervention en gestion et en contrôle des terrains contaminés, et
ce, afin d'accentuer nos actions déjà
entreprises à l'égard du passif environnemental. J'ai également pu appuyer le
principe de traçabilité — dont j'avais eu
l'occasion de m'entretenir avec le député de Masson — des sols contaminés avec l'arrivée du
système Traces Québec et la mise sur
pied d'un projet pilote en la matière à Montréal. J'ai aussi lancé le programme
InnovEnSol 2018‑2020, accompagné d'une enveloppe de 2,1 millions de
dollars, en mars dernier, qui nous permettra de mettre à l'essai des
technologies vertes innovantes pour la décontamination des sols et des eaux
souterraines.
Je dois
terminer aussi... je dois mentionner, pardon, aussi l'arrivée du programme
ClimatSol-Plus, doté d'un budget de
55 millions de dollars d'ici 2021, pour soutenir les efforts des
municipalités et d'acteurs privés en matière de décontamination des
terrains. En marge de ce programme, le 26 mars dernier, j'ai annoncé
l'octroi de 75 millions de dollars à
notre métropole, Montréal, pour la réhabilitation de terrains contaminés sur
son territoire. Nous avons également continué,
M. le Président, nos investissements dans le secteur de la biométhanisation auprès des grandes villes du Québec et fourni une aide améliorée et prolongée aux plus
petites municipalités. Nous avons aidé les centres de tri, à hauteur de
3 millions de dollars, qui vivent des situations particulières, notamment
en raison de la fermeture de certains marchés internationaux.
Plus que jamais, nous devons appuyer les entreprises
d'ici dans cette économie circulaire qui vise à optimiser l'utilisation des ressources à toutes les étapes
d'une vie d'un bien. Pour ce faire, on doit miser, bien sûr, sur la qualité dans nos centres de tri — alors, il s'agit d'un terreau fertile pour
l'innovation et les occasions d'affaires — tout en nous rendant moins vulnérables aux
décisions prises de l'autre côté du globe. On consomme ici, on récupère ici, on
recycle ici, on revalorise ici, on crée des
emplois pour les gens d'ici. C'est de ça qu'il est question lorsqu'on parle
d'économie circulaire.
Je rappelle
que j'ai également annoncé, en février dernier, une modernisation des
règlements encadrant l'utilisation et
la vente des pesticides les plus à risque afin d'obtenir rapidement des gains
en matière de protection de la santé, et de l'environnement, et de tous
les pollinisateurs.
J'espère
avoir fait ressortir, M. le Président, le caractère exceptionnel du travail fait
par notre gouvernement en matière
d'environnement, car c'est de cela qu'il s'agit, des mesures structurantes,
ambitieuses, audacieuses, adaptées aux défis qui sont les nôtres, en ce
début de XXIe siècle, et soucieuses de la qualité de vie des prochaines
générations.
Je veux aussi
exprimer toute ma satisfaction devant l'augmentation sans précédent des
ressources financières qui a été
annoncée dans le plan économique du Québec de mars 2018 pour la mission
environnementale de l'État. Ces sommes additionnelles
nous permettront de continuer d'avancer dans notre volonté de toujours mieux
protéger l'environnement. Évidemment, nous continuerons de contrôler nos
dépenses, M. le Président. Nous poursuivrons aussi nos efforts de
simplification réglementaire et administrative.
Je veux
finalement vous annoncer que je lancerai, au cours des prochaines semaines, une
stratégie québécoise sur l'eau. Nous
proposerons alors une vision d'avenir afin d'offrir un cadre de gestion de
l'eau souple, collaboratif et inclusif qui permettra de faire de l'eau
une fierté collective à protéger. J'aurai l'occasion également de donner une
impulsion nouvelle du côté de la
préservation de notre biodiversité. Une société sobre en carbone, moderne et
durable, voilà ce que nous devons léguer à nos enfants.
Merci, M. le Président, de m'accueillir avec mon
équipe aujourd'hui. Il me fera grand plaisir de répondre aux questions.
Président (M. Iracà) : C'est un plaisir partagé, Mme la ministre.
Alors, merci beaucoup pour vos remarques préliminaires. J'invite maintenant le porte-parole de l'opposition
officielle et député de Jonquière à faire ses remarques préliminaires
pour un temps approximatif de 10 minutes.
M. Gaudreault : Oui. Merci, M.
le Président. D'abord, moi aussi, je tiens à offrir mes voeux de plus sincère solidarité avec les gens de Toronto, là, qui ont
vécu des événements tragiques, hier, en souhaitant évidemment que ce type
d'événement soit évité et qu'on se donne les
moyens comme société d'éviter ce type de situation là. Alors, évidemment,
on va suivre ça avec un grand intérêt.
Deuxièmement, je veux saluer, moi aussi, les
collègues qui sont ici autour de la table, les collègues du gouvernement, les collègues de la deuxième
opposition. Je veux saluer évidemment la ministre et son équipe, mais particulièrement saluer et remercier les membres
de la fonction publique qui sont ici avec nous, qui se déplacent en très
grand nombre pour l'étude des crédits. Je
sais tout ce qu'ils consacrent comme temps, énergie et photocopies de documents
dans la préparation de ces études des crédits dans tous les ministères. Alors,
merci beaucoup pour être là.
Je ne serai
pas plus long que ça. Je voudrais simplement terminer en disant, M. le
Président, que je souhaite, comme c'est
d'usage en pareille étude de crédits, de respecter une certaine proportion dans
les interventions de l'opposition versus les réponses de la ministre. Alors, je sais que vous êtes sensible à ça,
M. le Président. Alors, je comprends que, des fois, une question peut être plus courte, et ça demande
une réponse un peu plus longue, mais pas trop longue, s'il vous plaît. J'ai déjà vécu des mauvaises expériences ici, à
l'étude des crédits, où on devinait, c'était gros comme un éléphant dans
une pièce, là, la stratégie du gouvernement qui était d'utiliser tout le temps
de l'opposition pour soi-disant répondre, puis il n'y avait pas de réponse. Alors, j'espère
que la ministre ne jouera pas dans ce film-là, et c'est important de le
préciser, M. le Président.
juste pour terminer, je tiens évidemment à remercier les gens qui
m'accompagnent, Étienne Pomerleau-Landry, Colin H. Carignan, qui sont
avec moi et qui ont travaillé très fort pour la préparation de ces crédits.
Merci.
Président (M. Iracà) :
Excellent. Merci, M. le député. Nous allons... je vais céder la parole au député
de Masson, porte-parole du deuxième
groupe d'opposition, pour ses remarques préliminaires, pour un temps de sept
minutes.
M. Lemay :
Merci, M. le Président. Donc, à mon tour de saluer Mme la ministre ainsi que
toute l'équipe qui l'accompagne aujourd'hui. Vous savez, l'étude des crédits,
c'est une étape quand même assez importante parce que ça nous permet de faire le point de façon annuelle sur les dossiers qui
nous préoccupent au sein du ministère. Je voudrais saluer aussi les collègues qui forment le
gouvernement et mon collègue député de Jonquière. M. le Président,
considérez-vous salué aussi.
Pour ma part, je suis
accompagné avec ma recherchiste, Fanny Cantin, comme à l'habitude, fidèle au
poste.
Donc,
oui, nous allons avoir la chance de discuter de plusieurs sujets ensemble.
D'ailleurs, on avait déjà fait, lors de
l'étude des crédits provisoires, si on veut, une petite
partie sur la gestion
du Fonds vert. Donc, peut-être un scoop, on va revenir sur ce sujet-là.
Mais, bref, effectivement, il y a plusieurs sujets qui nous ont touchés dans la
dernière année, notamment avec les sols, le traitement des sols contaminés.
ne vous donnerai pas tous les sujets tout de suite, mais disons qu'on a
plusieurs dossiers à traiter pour avoir des éléments de suivi. Je sais qu'on a une bonne collaboration
habituellement. Donc, l'objectif, ce sera vraiment de pouvoir s'assurer que... qu'est-ce qui se passe pour le
futur, aussi pour s'assurer qu'il n'y a rien qui tombe entre deux chaises, si
on peut bien le dire.
Donc, M. le
Président, je ne prendrai pas plus de temps. Je répartirai le reste sur les
prochains blocs.
Président (M. Iracà) : Excellent. Alors, c'est un départ pour les
blocs d'échange. Les remarques préliminaires sont terminées. Évidemment,
vous l'avez mentionné, M. le député de Masson, le temps qui n'a pas été pris
pour les remarques préliminaires vous sera
réparti, là, dans les prochains blocs. Nous allons débuter par des blocs de
20 minutes.
suis maintenant prêt à reconnaître une première intervention de l'opposition
officielle pour un premier bloc d'échange. M. le porte-parole de
l'opposition officielle, M. le député de Jonquière, la parole est à vous.
M. Gaudreault :
Oui. Merci, M. le Président. Alors, je dois vous dire, je suis extrêmement préoccupé
par la disposition des sols contaminés au
Québec. Juste quelques situations qui sont extrêmement préoccupantes et
inquiétantes, même, je dirais. Quelques exemples.
Sainte-Sophie, vous savez qu'il y a eu des dispositions illégales de sols
contaminés. On parle jusqu'à 1 100 tonnes métriques de sols hautement contaminés qui ont été
déversées illégalement au bord de la rivière l'Achigan. Je fais référence
à des articles de La Presse du 23 et 24 novembre 2017.
y a également, le 12 mars 2018, un
article qui m'a estomaqué, de La Presse
également, sur l'infiltration des organisations criminelles dans la
disposition des sols contaminés.
veux vous parler, par exemple, d'une situation avec le nouveau centre
d'entraînement de l'Impact de Montréal en
mars 2016. Les sols contaminés auraient été jetés illégalement dans un milieu
agricole au bord de la rivière à Sainte-Sophie, qui est justement la
rivière l'Achigan.
y a également l'ancienne aciérie à Côte-Saint-Luc, le Dominion Structural
Steel, où il y aurait eu un déversement sauvage dans la nature, dans les
Laurentides.
Outremont, en mai 2016, les sols contaminés qui résultaient de l'excavation
autour du Centre communautaire intergénérationnel
sur l'avenue McEachran. Les camions auraient déversé leurs sols contaminés dans
des sites illégaux.
Laval, en mai 2016, la réhabilitation environnementale d'une ancienne
station-service, sur le boulevard de la Concorde Ouest, déversements illégaux, encore là, dans la nature à
L'Épiphanie, à Saint-Placide, à Saint-Roch-de-l'Achigan.
Et on a l'histoire
d'horreur, littéralement, des sols contaminés de l'école Baril dans
Hochelaga-Maisonneuve. La Presse, dans un
article du
30 janvier dernier, en fait mention, plus de 3 000 tonnes de
sols contaminés excavés pendant la reconstruction d'une école dans
Hochelaga-Maisonneuve ont disparu en Ontario — les sols contaminés qui
disparaissent, M. le Président, imaginez — après avoir été pris en
charge par l'entreprise d'un ancien partenaire des Hell's Angels, alors qu'ils auraient dû finir dans un centre de
traitement accrédité par le ministère de l'Environnement.
Alors,
moi, je veux savoir de la part de la ministre : Est-ce qu'elle pense,
est-ce qu'elle croit que les sols contaminés au Québec devraient être
décontaminés au Québec seulement?
Le Président (M.
Iracà) : Merci, M. le député. Mme la ministre.
Mme Melançon : Eh bien, M. le
ministre... M. le Président, pardonnez-moi, moi, j'ai été aussi choquée lorsque j'ai lu les articles auxquels fait référence le député de
Jonquière. Pour moi, ce qui est important, surtout, c'est qu'on puisse
apprendre de ces histoires-là.
d'ailleurs, lors de la première interpellation que j'avais eue quelques
jours à peine après ma nomination comme ministre, on avait échangé
longuement avec le député de Masson sur la traçabilité des sols parce qu'on a là une solution.
Et, à
l'intérieur des dispositions illégales dont vous faites mention, je veux juste
vous rappeler, quand vous parlez de
groupes criminalisés, ce sont des groupes qui sont organisés, et je vais faire
attention aux termes que je vais utiliser parce qu'il y a encore des enquêtes qui sont en cours, et c'est tant
mieux ainsi, et, pour moi, ce qui était important, c'est qu'on puisse suivre à la trace les sols
contaminés. On peut faire de la décontamination sur le site et on peut faire de
la décontamination à l'extérieur du site.
Actuellement,
j'ai eu le bonheur d'annoncer la traçabilité à Montréal en compagnie de la
mairesse de Montréal et avec le maire
de l'arrondissement d'Outremont, dernièrement, donc le 12 mars dernier.
Traces Québec, ce que ça va permettre de faire, c'est justement de
suivre les camions qui font ni plus ni moins de la... qui vont vouloir faire de
la décontamination, donc qui vont transporter les sols.
Parce que je
vais donner l'exemple de Turcot actuellement. Turcot, il y a beaucoup de
décontamination qui se fait
directement sur place, alors ces sols-là ne sont pas trop difficiles à suivre.
Cependant, il y a de la décontamination qui ne peut pas se faire sur les
sites directement. Alors, ce sont ceux-là qu'on veut suivre. Et grâce, bien
sûr, à Traces Québec, on va être en mesure
vraiment de pouvoir suivre où s'en vont ces sols-là. Et on le fait actuellement,
bien sûr, avec la ville de Montréal,
je le disais un peu plus tôt et j'en faisais mention dans mon allocution de
départ. Mais ce qu'il faut surtout
savoir, c'est que tout ce qui va se faire par le gouvernement... on veut
vraiment introduire Traces Québec dans tout
ce qui va être gouvernemental. C'est important que nous puissions le faire.
Nous devons, nous, le faire, d'abord parce qu'on est le gouvernement, on
doit bien sûr répondre à tout ça.
J'ai aussi
annoncé 75 millions de dollars à ville de Montréal pour faire de la
décontamination de sol, je l'ai fait, j'étais accompagnée de la mairesse
de Montréal et de mon collègue le ministre des Affaires municipales, et, dans
ce 75 millions-là, si ça peut rassurer, bien sûr, le député de Jonquière,
on inclut un système de traçabilité. Donc, Traces Québec sera inclus dans ces
montants donnés par le gouvernement du Québec.
Le Président (M. Iracà) : Merci, Mme
la ministre. M. le député.
M. Gaudreault : Oui, M.
le Président. Je ne veux pas que la ministre
refasse son annonce, là. Et elle n'a pas répondu à ma question bien
claire : Est-ce qu'elle pense que les sols contaminés du Québec doivent
être traités au Québec?
Le Président (M. Iracà) : Merci, M.
le député.
Mme Melançon :
Bien, pour moi, là, ce qui est important, c'est que le système de traçabilité
va pouvoir devenir un incitatif pour
qu'on puisse justement faire la traçabilité ici. Je tiens à rappeler, il y a
des sites, hein, qui sont faits pour ça et en Ontario aussi, mais vaut
mieux suivre la trace et la suivre ici même, au Québec.
Le Président (M. Iracà) : Merci, Mme
la ministre. M. le député.
M. Gaudreault : Oui, mais
est-ce qu'on peut suivre la trace en dehors des frontières du Québec?
Mme Melançon :
Actuellement, moi, ce qu'on m'a dit lorsque j'étais avec Jean Lacroix, on va
pouvoir suivre les camions
directement sur les routes partout où vont aller ces camions-là. Donc, c'est
entrant, extrant. Donc, oui, c'est ça, ceux
qui vont sortir du site, ceux qui vont entrer par les sites. Il va y avoir des
puces, il y a des GPS, il y a plein de façons de faire. En innovation
actuellement, là, on est en avant de la parade et non pas en arrière de la
parade.
Le Président (M. Iracà) : Merci, Mme
la ministre. M. le député.
M. Gaudreault : Oui, mais
est-ce qu'on a la garantie que ces puces, dans le système de traçabilité, vont
nous permettre de suivre les camions en dehors des frontières du Québec,
notamment en Ontario?
Le Président (M. Iracà) : Merci, M.
le député. Madame...
Mme Melançon : Pardonnez-moi, M. le Président, hein, remise
à l'ordre. Je pense que je vais pouvoir rassurer le député en lui disant qu'il
y a plusieurs sites en Ontario
qui sont inscrits à Traces Québec déjà. Donc, ça, c'est une bonne nouvelle parce
que ça démontre que là où nous sommes
actuellement, avec la technologie, on peut suivre à l'extérieur
des frontières du Québec.
Le Président (M. Iracà) : Merci. M.
le député.
M. Gaudreault : M. le
Président, le problème, c'est que la
disposition illégale des sols contaminés, c'est que c'est justement
dans des sites qui ne sont pas inscrits. Alors, il faut être capable de suivre
le transport des sols contaminés. Je répète
ma question. Est-ce qu'elle a la
garantie que le système va pouvoir être
suivi à la trace, c'est le cas de le dire, partout à l'extérieur de la
frontière du Québec?
Le Président (M.
Iracà) : Merci, M. le député.
Mme Melançon : Bien, il
y a deux choses, là, puis il faut
être bien, bien clair avec la
population qui peut nous écouter. Je
ne sais pas s'ils sont nombreux parce qu'il fait beau, mais une chose est sûre,
c'est qu'il ne faut pas faire croire aux
gens que tous les sites sont illégaux. Il y a des sites qui sont dûment
autorisés à recevoir ces sols contaminés, et nous, on travaille avec ces gens-là. Donc, bien entendu,
il y a eu des histoires d'horreur qu'on a lues dans les journaux, mais il n'y pas que cela, et il faut le dire. Et, pour
éviter que cela se reproduise, on a mis sur place un système de traçabilité qui
va pouvoir faire vraiment sa marque, et au Québec, et qui va pouvoir aussi
inspirer d'autres gens à l'extérieur de nos frontières.
Le Président (M.
Iracà) : Merci.
M. Gaudreault :
Est-ce que le système de décontamination des sols du Québec, sur lequel la
ministre a juridiction... A-t-elle juridiction sur la décontamination
qui se fait à l'extérieur du Québec?
Le Président (M.
Iracà) : Merci.
Mme Melançon :
La réponse, je peux aller assez rapidement, c'est non.
M. Gaudreault : Est-ce
que la ministre trouve ça normal de
ne pas avoir juridiction sur une décontamination de sols du Québec à l'extérieur
du Québec?
Mme Melançon : On peut peut-être revenir sur la politique des sols que notre gouvernement a mise en place. Alors, il y a des traitements qui sont faits sur
le site. Il y a des traitements qui sont faits dans des centres de traitement
dûment autorisés. Et, bien sûr, il y a des
sols qui peuvent être enfouis. Donc, nous, ce qui est important, puis ce qui
est important pour moi, c'est de
pouvoir suivre ces sols-là pour s'assurer... Parce qu'il faut juste se rappeler
une chose, là, on peut aller longuement dans ces questions-là, mais la
pollution, ça n'a pas de frontière.
Le Président (M.
Iracà) : Merci. M. le député.
M. Gaudreault :
Oui, mais ce que la ministre est en train de nous dire, M. le Président, c'est
qu'on a un système de décontamination
des sols, au Québec, depuis une trentaine d'années, qui a quand même fait se
preuves ou qui a été un des premiers,
un des pionniers. L'Ontario n'a pas ce système-là. Et là elle est en train de
nous dire qu'il y a des sols qui quittent le Québec, sur lesquels elle n'a pas
la garantie d'être capable de les suivre ou de les garder à la trace, et qui
risquent de ne pas être décontaminés en
fonction des règles et des standards
que nous nous sommes fixés au Québec parce
qu'elle n'a pas compétence, évidemment, sur les sols qui sont exportés, je vais
dire, à l'extérieur du Québec, donc en Ontario.
Alors, comment elle fait pour s'assurer que les sols qui sont contaminés au
Québec et qui quittent le Québec sont décontaminés en fonction des
règles du Québec?
Le Président (M.
Iracà) : Merci, M. le député. Mme la ministre.
Mme Melançon :
Bien, deux choses l'une. La première chose que j'ai dite, et là il ne faudrait
pas changer ce que j'ai dit, là, j'ai bel et bien dit que nous, on peut
suivre la trace des sols qui quittent ici vers l'Ontario. Et ça, j'en ai eu l'assurance par les gens de Traces
Québec, qui m'ont dit : On est capables de suivre, on a ce que ça prend
pour pouvoir suivre les camions. Un.
Deux,
je veux, bien sûr, rappeler au député qu'il serait préférable que nous
puissions tout faire ici. Mais, dans le cas où les sols doivent se
diriger vers l'Ontario, par exemple, mais là c'est vraiment le gouvernement
fédéral qui a ce pouvoir-là d'interdire le
transfert des biens d'une province à l'autre. C'est certain que je n'ai pas
juridiction là-dessus. Mais je veux
quand même rassurer les gens et la population. Il y a des histoires d'horreur,
mais, avec tout ce qu'on va chercher,
tout ce qu'on va excaver, tous ces sols que nous réussissons à traiter, il y a
aussi de très, très belles histoires. Et, quand on parle de décontamination des sols, je suis très heureuse de
savoir que l'innovation est à notre service actuellement, et, on
le voit encore, là, la technologie est au service de l'environnement. Encore une fois, on doit continuer
en ce sens-là.
Le Président (M.
Iracà) : Merci, Mme la ministre. M. le député.
M. Gaudreault : Oui, mais, M. le Président, c'est que la ministre
nous ramène toujours aux sites qui sont autorisés, mais le problème n'est pas avec les sites qui sont légaux. Le problème
est avec les sites qui sont illégaux. Donc, il y a des... Ce que la ministre nous... Bien, elle ne nous le dit pas directement, mais il faut le comprendre de ce qu'elle nous dit, c'est qu'il y a des sols qui quittent le Québec,
qui sont déposés dans des sites non autorisés à l'extérieur du Québec
et sur lesquels elle n'a aucun contrôle pour s'assurer de la décontamination
selon les standards du Québec. Ça, c'est la réalité. Et il y en a plusieurs. J'en ai parlé tout à l'heure, il y a plusieurs
milliers de tonnes qui sont dans cette situation-là. Alors, moi, je veux qu'elle me dise, outre la traçabilité... Puis on pourra
revenir tout à l'heure sur la traçabilité parce qu'elle n'a toujours pas répondu à ma première question,
qui est : Est-ce qu'elle pense que tous les sols contaminés au Québec devraient être décontaminés au Québec? Comme ça,
on serait encore plus en mesure de s'assurer de la décontamination selon les standards et les lois québécoises.
Alors, est-ce qu'elle va se donner d'autres moyens pour s'assurer que les sols
décontaminés seront effectivement décontaminés au Québec dans des sites
autorisés par le Québec?
Le Président (M.
Iracà) : Merci, M. le député. Mme la ministre.
Mme Melançon :
J'invite quand même le député de Jonquière un peu à la prudence parce que ce
n'est pas tout à fait encore une fois
ce que j'ai dit. Puis je sais qu'on a quand même une bonne entente depuis les
derniers mois. Je nous appelle juste
à la prudence parce que ce que j'ai dit, c'est qu'actuellement on trace, on est
capables de suivre, grâce à la traçabilité, les sols même lorsqu'ils
sont à l'extérieur des frontières.
Ce qu'il est
important aussi de rappeler peut-être au député de Jonquière, c'est qu'il y a
une entente de collaboration entre le
Québec et l'Ontario pour avoir un arrimage parce que, vous savez, en Ontario,
actuellement, ils ne sont pas aussi avancés
que nous. Ils veulent s'avancer. Et je sais que ça ne plaira pas aux députés du
Parti québécois qu'on a une bonne entente,
quand même, avec les gens de l'Ontario puis qu'eux veulent venir se calquer sur
ce qu'on fait parce qu'on le fait bien. Ça fait qu'il ne faut pas
commencer à inquiéter indûment la population du Québec actuellement.
Et ce que je
peux vous dire, c'est qu'avec Traces Québec on ne veut plus avoir d'histoires
d'horreur. Est-ce qu'il va y en avoir
encore? Ça s'appelle le crime organisé, M. le député de Jonquière. C'est sûr
que, malheureusement, si on était
capables de combattre le crime organisé sous tous ses angles, je suis persuadée
qu'on le ferait. Mais là il y a une
partie qui appartient au crime
organisé. Alors, je pense que ça le dit dans le nom. Moi, de mon côté, comme
ministre de l'Environnement, bien sûr que je
suis préoccupée par les histoires d'horreur comme Sainte-Sophie, comme
L'Épiphanie, dont vous avez parlé tout à l'heure.
On a mis sur
place, comme gouvernement responsable, quelque chose qui s'appelle Traces
Québec. On peut suivre ces sols-là.
Et on veut faire de la décontamination sur le site le plus possible. Donc,
comme ça, on n'est pas obligés de les suivre.
Et, quand ce n'est pas possible, on va à l'extérieur. On va là où on peut le
faire et on va suivre ces camions-là. Il me semble que c'est assez simple à comprendre. Puis je pense qu'on devrait,
au lieu de critiquer... Actuellement, je pense qu'on a fait un grand,
grand pas dans la bonne direction et on va continuer à être au travail en ce
sens-là.
Le Président (M. Iracà) : M. le
député.
M. Gaudreault :
Oui, mais le problème, M. le Président, c'est que — et elle nous l'a dit elle-même, là, je
n'interprète pas ses propos, elle nous l'a dit elle-même — elle n'a pas compétence sur ce qui se passe
en Ontario et sur les règlements de l'Ontario. Alors, je veux dire,
comment elle peut s'assurer que les sols contaminés du Québec seront décontaminés en fonction du régime québécois si
elle n'a pas compétence sur ce qui se passe en Ontario? Alors, je veux dire, il peut bien y avoir une entente avec
l'Ontario, mais le crime organisé, par définition, il veut contourner les
règles. Le crime organisé, par
définition, il va prendre des sols contaminés, il va aller les déverser à
l'extérieur du Québec sans aucun
contrôle de la ministre. C'est ça qui est en train de se passer, M. le
Président. C'est inacceptable, en plus que c'est en train de briser la réputation du Québec en matière de traitement des
sols contaminés à l'extérieur du Québec. C'est ça qui est en train de se
passer.
Alors, moi, je veux savoir quelles mesures elle
va prendre fermement pour s'assurer... pour bloquer, outre la traçabilité, parce que, par définition, le crime
organisé, il va contourner la règle pour aller déverser les sols dans des sites
non autorisés. C'est ça, le problème. Alors,
ça ne répond pas au fond du problème, qui est l'intervention du crime organisé.
Alors, qu'est-ce qu'elle va faire pour s'assurer que les règles du Québec
soient respectées?
Le Président (M. Iracà) :
Merci, M. le député. Mme la ministre.
Mme Melançon :
Mais là il y a différentes choses, là. Je comprends du député de Jonquière
qu'il veut créer des soubresauts là où, malheureusement, il y a, oui,
des histoires d'horreur, mais il n'y a pas que cela. Là, je comprends qu'il veut peut-être apeurer certaines personnes.
Mais, moi, de mon côté... On a travaillé à une situation qui existait, je
tiens à le rappeler, au moment où ils ont
été au pouvoir, où ils n'ont absolument rien fait. Notre gouvernement, on a eu
une politique sur la décontamination. On a
mis en place Traces Québec. Et je tiens juste à vous rappeler que le
Québec, là, est plutôt leader en la
façon de faire. L'Ontario, actuellement, là, veut lui aussi embarquer dans la
parade avec nous. Ils veulent venir
travailler avec nous. Je le sais, que ça ne fait pas l'affaire du Parti
québécois quand on parle de ça. Mais, pour
nous, ce qui est important, c'est que je travaille avec des vrais partenaires.
Si le député de Jonquière est en train de me dire qu'il n'a pas confiance en Réseau Environnement, bien, qu'il
le dise. Moi, j'ai vraiment confiance en ces partenaires qui ont mis en
place Traces Québec. Et on va aller encore plus loin.
Mais je tiens
juste à rappeler au député... Je ne sais pas il était où, là, en 2012, 2013,
début 2014, mais je ne les ai pas
vus faire beaucoup, beaucoup de gestes concrets. Nous, on a posé les gestes. On
a posé les bons gestes. Est-ce qu'on peut
aller encore plus loin? La réponse est certainement oui. Est-ce qu'on peut se
battre contre le crime organisé? La réponse est encore une fois oui.
Est-ce qu'on a posé les bons gestes? La réponse est assurément oui.
Président (M. Iracà) : Merci beaucoup, Mme la ministre. Alors,
ceci termine le bloc d'échange avec l'opposition
officielle. Nous allons débuter un deuxième bloc d'échange avec la
partie
gouvernementale. Et je cède la parole au député de Sainte-Rose pour un
temps approximatif de 20 minutes.
M. Habel :
Merci beaucoup, M. le Président. Très heureux d'être ici à
titre d'adjoint
parlementaire de la ministre du Développement durable, de
l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques pour ces
crédits.
M. le
Président, vous me permettrez moi aussi, d'entrée de jeu, de souhaiter toutes
mes condoléances aux familles des victimes pour l'atrocité qui s'est
passée à Toronto, M. le Président.
Donc,
je tiens à vous saluer et je tiens à saluer l'ensemble de mes collègues, le
député d'Abitibi-Est, le député de Mégantic,
le député de Dubuc, le député de Masson et le député de Jonquière, qui sont
présents aujourd'hui afin de discuter d'un
important poste budgétaire, M. le Président, qui est celui du développement
durable, de l'environnement et de la lutte contre les changements
climatiques.
Depuis
octobre dernier, j'ai la chance d'être adjoint parlementaire, ce qui m'a permis
de parcourir, entre autres, le Québec
pour une consultation sur la
loi sur les milieux humides et hydriques. J'ai eu
l'occasion aussi d'avoir un mandat spécial
sur l'eau, M. le Président. Donc, ça m'a permis de vraiment avoir une
orientation claire. Et je tiens à remercier l'ensemble des personnes qui accompagnent la ministre, les gens de la
fonction publique, qui font un travail exemplaire à chaque jour pour
préserver notre environnement et assurer un développement durable adéquat.
On est ici
aujourd'hui afin de discuter des crédits budgétaires. Donc, ça me donne
l'occasion, M. le Président, de
partir un peu de l'aspect de la globalité, donc, de l'ensemble des crédits
budgétaires pour, par la suite, descendre un peu plus spécifiquement vers le volet qui nous intéresse aujourd'hui,
parce que, quand on parle de développement durable, on parle de développement économique, on parle
d'environnement, M. le Président, mais on parle aussi de l'aspect social.
Donc, c'est vraiment un ministère qui a une portion très spécifique au niveau
du développement durable, mais qui transcende
aussi d'autres ministères, comme par exemple le transport et la mobilité
durable, comme par exemple faune et
parcs. Donc, ce n'est vraiment pas juste un seul ministère. C'est la
responsabilité de tous de s'occuper de l'environnement, M. le Président.
Donc les
crédits budgétaires, c'est 200 heures. On a neuf heures aujourd'hui et on
aura l'occasion d'approfondir une
globalité de sujets très intéressants. Moi, je vais commencer d'entrée de jeu
par parler des organismes de bassin versant, des organismes, qui sont au nombre de 40, partout au Québec. J'ai eu
l'occasion, à travers ma consultation, de rencontrer beaucoup d'acteurs
très impliqués dans leur milieu.
Mais, d'abord et avant tout, M. le
Président, je pense que c'est
important de revenir sur le budget qu'on a présenté, un budget qui est historique, un budget qui, je
tiens à le mentionner, présente des crédits
budgétaires. Ça,
c'est la première chose, M. le Président. C'est quand même assez intéressant de pouvoir parler de crédits
pendant 200 heures quand on a des crédits. Et j'aimerais ça aussi
décortiquer un peu un mythe, parce qu'on nous parle beaucoup, M. le Président,
depuis quatre ans, d'austérité. On nous dit,
par exemple, M. le
Président, que la croissance des
dépenses n'est pas au point où, par
exemple, l'opposition officielle le voudrait.
Mais
permettez-moi de vous présenter, en ma qualité de comptable, juste trois
tableaux, M. le Président, simplement trois tableaux, premièrement, celui de 2013‑2014. Ça, c'est la
colonne des revenus et des dépenses en 2013, lorsque nous n'étions pas au gouvernement, donc 72,8 milliards en revenus et 72,8 milliards en dépenses. En comptabilité, il faut que les revenus égalent les dépenses, M. le Président. Donc, au moins, là-dessus, ça va bien. Il
y avait un déficit potentiel de
7 milliards
de dollars, par exemple, que la Vérificatrice
générale avait ciblé dans les crédits budgétaires de l'opposition
officielle. Mais, au moins, dans ce qui était présenté, on avait un chiffre
global,
sommaire.
Ce qu'on a
présenté... Nous autres, M. le
Président, quand nous sommes arrivés
au pouvoir, on a vu l'état des finances
publiques et, M. le Président, on a quand même été surpris de voir ce déficit astronomique qui
était présenté par l'opposition
officielle. On a présenté un budget, en 2014‑2015, avec un revenu consolidé de
96,4 milliards de dollars. Donc, vous
voyez déjà l'évolution entre 2012‑2013 et 2014‑2015. Oui, on avait un déficit annoncé, nous, de 2,4 milliards de dollars pendant cette période, mais on a dû résorber le déficit
potentiel de 7 milliards de dollars qui était présenté par
l'opposition officielle. Donc, on est passés de 72,8 milliards de dollars
en 2013‑2014 à 96,4 milliards de dollars en 2014‑2015. Donc, quand on me joue la musique de l'austérité, M. le
Président, permettez-moi, premièrement, d'en douter.
Ce qui m'amène au budget historique de cette année,
M. le Président, où nous avons présenté un budget de 111,2 milliards de
dollars en revenus et 111,2 milliards de dollars en dépenses, un budget
qui est vraiment dans une orientation que
nous avons présentée, c'est-à-dire une croissance économique qui nous permet
par la suite de redistribuer la richesse et qui nous permet de mettre
l'emphase sur les priorités, comme par exemple le développement durable. M. le
Président, là, on a un budget qui est historique. On l'a mentionné dans le
discours du budget.
Mais, au
niveau du développement durable, de l'environnement et de la lutte contre les
changements climatiques, on est
passés... de 29 % d'augmentation
du budget cette année. On est passés de 158,9 millions à
205,4 millions de dollars au niveau du budget pour le volet qu'on regarde
aujourd'hui, durant ces neuf heures. Je pense que c'est important de le mentionner. Et c'est important de mentionner aussi
qu'on met des investissements massifs,
comme par exemple dans le Plan
québécois des infrastructures ou en développement durable, qui vont avoir une incidence sur la diminution
des gaz à effet de serre. Je pense,
entre autres, M. le Président, aux trois projets structurants en transport
collectif électrique, totalisant
13,5 milliards de dollars, qu'on a présentés, le Réseau express
métropolitain, le prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal et
aussi le réseau de transport structurant de la ville de Québec.
Ce qui est
intéressant, M. le Président, c'est qu'hier j'étais au forum de la mobilité durable
à Laval, qui regroupait 19 maires de l'ensemble des municipalités du Québec. Et on a fait l'annonce, vendredi dernier, de
l'autoroute 19, qui, pour la première fois, est une autoroute qu'on veut prolonger, mais dans une perspective où il
va y avoir une voie réservée d'un
côté avec une voie ajoutée et, de l'autre côté, une voie réservée et une voie
ajoutée. Donc, on fait un investissement, M. le Président, dans une perspective
aussi de favoriser le transport collectif avec l'autoroute 19.
On a annoncé
aussi que, pour le Plan québécois des
infrastructures, on avait inscrit
l'autoroute 15 pour la voie réservée,
donc pour désengorger les Basses-Laurentides. Et ce qui est intéressant, M. le Président... parce que, là, quand on parle de transport collectif, quand
on parle d'électrification des transports, M. le Président, les maires
sont venus nous proposer des
solutions, et l'une de ces solutions-là, c'était de se greffer au Réseau express métropolitain. Alors, pour moi, ça met juste en lumière tout l'intérêt qu'on avait, M. le Président, de déployer le Réseau
express métropolitain, un réseau,
M. le Président, qui est constitué de 67 kilomètres,
M. le Président, et qui est vraiment dans une perspective
de développement durable, mais
qui s'attaque à un élément excessivement important pour faire le changement
entre, par exemple, la voiture et le transport collectif, c'est-à-dire
d'améliorer le «first mile» ou le dernier kilomètre. Et ça, c'est un élément excessivement important pour faire changer la
direction des gens qui vont ne plus prendre le transport individuel pour
se tourner vers le transport collectif, M. le Président.
Donc,
j'aurai l'occasion aussi d'y revenir durant bon nombre de temps parce qu'on a quand même neuf heures de crédits budgétaires, mais la mobilité durable est
intimement liée à l'environnement et au développement
durable. Et aussi j'aimerais mentionner, M. le Président, l'aspect de l'équité intergénérationnelle parce
que, Ban Ki-moon le disait, il n'y a
pas de planète B. Donc, l'équité intergénérationnelle, ce n'est pas non plus seulement
d'équilibrer les budgets, de ne
pas mettre l'argent sur la carte de
crédit des générations futures et de rembourser, avec le Fonds des générations,
2 milliards de dollars par année, c'est
aussi s'occuper de l'environnement. Et, avec le plan qu'on a déposé, M. le
Président, on a un plan ambitieux pour diminuer les gaz à effet de
serre.
L'environnement,
c'est aussi, M. le Président, d'autres initiatives, comme, par exemple, le
ministère des Affaires municipales,
qui, par l'entremise du Centre d'interprétation de l'eau, donc, qui est dans ma
circonscription... Donc, j'ai la chance
d'avoir dans ma circonscription un organisme dédié sur l'aspect de l'eau. Et on
a déployé une initiative de 229 000 $, M. le Président, pour sensibiliser les gens de la cinquième année et de
la sixième année pour préserver l'eau, qui est une denrée exceptionnelle et que l'on doit préserver.
Et, par le mandat que j'ai, M. le Président, nous devons continuer à la préserver. Et j'ai très hâte de collaborer avec la
ministre pour participer au déploiement de la Stratégie québécoise de l'eau.
Au niveau de
l'environnement, dans ma circonscription, M. le Président, il y a aussi le parc
de la Rivière-des-Mille-Îles. On a fait des investissements qui sont
excessivement importants au niveau de la faune et des parcs pour préserver la biodiversité. Donc, on a investi
12,5 millions de dollars pour un nouveau pavillon qui va permettre aux
gens de se sensibiliser à l'aspect du
42 kilomètres qui surplombe la rivière des Mille Îles et qui continue
jusque... qui part de la rivière des
Outaouais, pardon, et qui va jusqu'à la rivière des Mille Îles, donc vraiment
prendre conscience de l'importance de
préserver l'eau. Et on le voit, M. le Président, avec les inondations que nous
avons eues le printemps dernier, toute l'importance de préserver les
rives et le littoral et de s'occuper des îles qui surplombent la rivière des
Mille Îles.
Donc,
aujourd'hui, je suis très content qu'on va avoir l'occasion de parler de
l'environnement parce que je dois vous
avouer que j'aurai besoin d'être rassuré durant ces neuf heures par les
positions que la Coalition avenir Québec a prises au niveau de l'environnement, notamment par la nomination de
Youri Chassin comme candidat en environnement, parce qu'on sait très bien que Youri Chassin a pris des positions...
comme par exemple il ne croit pas au Fonds vert. Il a un doute sur
l'électrification des transports, donc remet en doute l'investissement de
92 millions qu'on a fait pour les subventions des véhicules électriques,
et remet peut-être en doute aussi ce que la ville de Laval a fait et que je
tiens à saluer. Ils ont annoncé qu'ils
voulaient remettre 2 000 $
pour les résidents de Laval pour un remboursement du véhicule électrique, donc, qui s'ajoutera aux
8 000 $ que nous avons dans nos budgets. Il y a aussi un
investissement de 500 $ pour un remboursement pour les vélos
électriques.
Donc,
peut-être que les gens de la Coalition avenir Québec pourront nous rassurer par
rapport à leur position que les gens...
pardon, que Youri Chassin a prise durant les dernières années alors qu'il était
à l'Institut économique. Je pense qu'il
est important aussi qu'il nous rassure par rapport à ses prises de position sur
l'exploitation pétrolière tous azimuts qu'il propose dans ses
propositions, M. le Président, parce que...
Le Président
(M. Iracà) : Oui, M. le député de Masson.
M. Lemay :
Article 211. Là, je pense que le député de Sainte-Rose est hors sujet. Il
ne traite pas des crédits du ministère de l'Environnement présentement.
Le Président
(M. Iracà) : Merci, M. le député de Masson. Écoutez,
habituellement, on interprète de manière extrêmement
large la pertinence des questions. Alors, je vais laisser quand même le loisir
au député de faire son préambule, mais
j'anticipe vraiment qu'il finisse par une question. Mais il a le loisir d'avoir
le préambule qu'il veut. Alors, je
vais inviter M. le député à poursuivre et à finir avec une question.
M. Habel :
Je vous remercie, M. le Président. Écoutez, je n'ai pas eu le loisir d'avoir des remarques préliminaires. Donc,
vous permettez quand même d'aborder l'ensemble du sujet du développement durable, de l'environnement et de la lutte
contre les changements climatiques. Mais je suis surpris, quand même,
de la question que le
député de Masson nous pose parce
que, quand on parle d'exploitation
pétrolière, quand on parle d'électricification
des transports, quand on parle de
Fonds vert, pour moi, c'est intimement lié au développement durable. Donc, je
questionne quand même le 211 du député de Masson, mais je me fie, M. le
Président, à vos remarques.
respectant votre poursuite des travaux, donc je vais parler des organismes de
bassin versant parce que j'ai eu l'occasion
de les rencontrer, M. le Président, lors de ma tournée sur la loi
concernant les milieux humides et hydriques. J'ai eu l'occasion d'aller
en Abitibi, au Saguenay—Lac-Saint-Jean.
J'ai eu l'occasion aussi d'aller en Côte-Nord, en Chaudière-Appalaches, dans la Capitale-Nationale, en Estrie et aussi
dans la grande région métropolitaine de Montréal. Donc, j'ai eu l'occasion de rencontrer des maires
et des gens au niveau du développement durable qui étaient dans les
Laurentides, Lanaudière, à Montréal et aussi en Montérégie.
Donc, j'ai eu l'occasion de rencontrer beaucoup
d'organismes de bassin versant qui ont reçu des bonnes nouvelles récemment, Mme la ministre, parce que les organismes de bassin
versant jouent un rôle crucial, M. le Président, pour
la préservation de l'eau et sensibiliser l'ensemble des acteurs du milieu. Ils
sensibilisent l'ensemble des acteurs économiques,
l'ensemble des acteurs communautaires et municipaux au niveau des organismes de
bassin versant parce qu'ils ont pour
mission d'élaborer et de mettre à jour un plan directeur de l'eau et d'en
promouvoir... Ils suivent la mise en
oeuvre en s'assurant d'une représentation équilibrée des utilisateurs et des
divers milieux intéressés, dont le milieu gouvernemental aussi, M. le
Président.
Dans leur mandat,
avec l'article 14, ils ont pour règle aussi de fixer le fonctionnement du
financement de tout organisme constitué ou
désigné pour mettre en oeuvre le GEBV et le GISL. Donc, vous comprenez, M. le
Président, que les 40 organismes
de bassin versant joueront un rôle crucial dans la gestion intégrée de l'eau,
et le regroupement, aussi, des organismes de bassin versant joue un rôle
tout aussi important, M. le Président.
Alors,
ce qui m'amène à me questionner, M. le Président, parce qu'on a eu une annonce
qui est historique, je vous l'ai
mentionné, au niveau de l'augmentation des budgets. On a augmenté de 29 %
le budget du ministère du Développement durable, de l'Environnement et
de la Lutte contre les changements climatiques.
Alors,
j'aimerais poser à la ministre... au niveau des organismes de bassin versant,
l'importance de l'annonce que vous avez faite, Mme la ministre, qui, je
crois, est historique, et le financement que vous octroyez à ces organismes.
Le Président (M.
Iracà) : Merci, M. le député. Mme la ministre, la parole est à vous.
Mme Melançon :
Eh bien, merci. Merci beaucoup à mon collègue député de Sainte-Rose pour sa
question. En effet, il y a quelques jours,
j'ai eu le grand bonheur d'aller annoncer un montant historique pour les
organismes de bassin versant. C'est
un montant de 30 millions de dollars sur trois ans pour soutenir leur
mission. Je veux rappeler, bien sûr,
au député de Sainte-Rose que la convention liant les OBV au gouvernement, donc,
venait à échéance le 31 mars dernier. Et j'avais rencontré les
membres du regroupement des bassins versants, et ils m'avaient dit qu'ils
étaient vraiment préoccupés parce que leur
plan directeur de l'eau a été approuvé, donc, par le ministère, parce que, je
dois le rappeler, là, il y a quand
même 40 organismes de bassin versant au Québec, et donc leur plan
directeur de l'eau a été approuvé, et ils voulaient entrer dans la
deuxième phase, et cette deuxième phase là, c'est la mise en oeuvre de leur
plan directeur.
veux juste rappeler que les OBV, ce qui est extraordinaire, c'est qu'il y a
beaucoup de travail qui est fait avec le
citoyen. Et on veut se rapprocher du citoyen en environnement parce que la clé,
elle est là. C'est dans nos habitudes quotidiennes où on peut changer.
Et c'était le Jour de la Terre pas plus tard que dimanche dernier, et c'est ce
que j'ai rappelé dans toutes les entrevues
que j'ai pu donner, que chaque geste compte actuellement. Et j'ai eu le grand
bonheur et le grand privilège de
participer au lancement du livre Demain le Québec la semaine dernière,
un livre fantastique, un vrai pied de
nez, dans le fond, à ceux qui sont là à dire que tout est terminé, tout est fini, qu'on ne peut plus rien
faire. Au contraire, dans ce
livre-là, on est rempli d'espoir et on peut changer les choses. Et les organismes
de bassin versant, c'est exactement ce qu'ils font.
J'ai aussi pu aller
voir le merveilleux film La terre vue du coeur de Iolande
Cadrin-Rossignol, un film avec Hubert Reeves — alors,
vous comprenez que je dis Hubert Reeves avec tout le respect qu'on doit à cet
homme extraordinaire — et dans lequel on parle de l'eau et on
dit que la vie sur la Terre est née dans l'eau.
a 3 % de l'eau douce au Québec.
C'est une richesse extraordinaire. C'est l'or bleu, et ces organismes de bassin
versant vont pouvoir nous aider, justement,
à prendre soin de notre eau. Et je l'expliquais lors de mon introduction, je
vais annoncer une stratégie québécoise sur l'eau dans les prochaines semaines,
et les organismes de bassin versant vont pouvoir, bien sûr, m'aider dans
ce travail-là.
Alors,
c'est un 30 millions de dollars sur trois ans qui a été offert aux OBV,
aux organismes de bassin versant, et je peux vous dire toute la fierté
qu'il y avait dans les yeux de celle qui occupe le poste, bien sûr, de
présidente des organismes de bassin versant,
de leur D.G. aussi, mais des nombreuses personnes des différentes organisations
qui disent : On n'est pas
uniquement reconnus pour notre mission, là, vraiment, on est reconnus aussi
pour notre travail. Et c'est ce travail-là
qui, au quotidien, nous permet d'abord de prendre soin de l'eau, comme je le
disais plus tôt, au Québec et aussi, bien
sûr, d'aller encore plus loin. J'espère que les gens qui nous écoutent savent à
quel point, pour le gouvernement, l'eau, c'est précieux.
parle d'hydroélectrité, hein? S'il y a quelque chose qui est bel et bien dans
notre ADN... Je vous entendais parler
tout à l'heure des véhicules électriques, mais l'électricité, c'est dans notre
ADN. Ici, on a de l'électricité renouvelable. Ce n'est pas partout dans le monde où on a cette chance-là, mais c'est
parce que le Québec est riche de son eau et donc riche de son hydroélectrité. Et d'ailleurs, à chaque fois que vous allez
faire le plein avec une voiture à essence, vous savez que l'argent qui est mis à la pompe s'en va à
l'extérieur, parce que le pétrole, il ne vient pas d'ici, il vient d'ailleurs.
Mais, à chaque fois qu'on branche une
voiture électrique, rappelons-nous une chose, c'est que l'argent, quand on le
branche, demeure ici, au Québec, et c'est fantastique. On a réussi,
grâce à l'hydroélectrité, qui est encore une fois un legs du Parti libéral du Québec, je tiens à le
rappeler, eh bien, grâce à l'hydroélectrité, on peut aller encore plus
loin. Grâce à l'eau, on peut aller
encore plus loin. Et l'eau, bien sûr, c'est source de vie. On en a besoin pour
vivre, on doit en consommer, on doit boire de l'eau. Et l'eau appartient
à tout le monde.
Alors,
c'est un peu en ce sens-là où, pour nous, il était important qu'on puisse
accompagner les organismes de bassin
versant à déployer, à faire la mise en oeuvre, dans le fond, de leur plan
directeur, pas uniquement ici, mais partout au Québec aussi. Et je peux vous dire que, pour le ROBVQ, on a témoigné
de plein de façons la confiance et la reconnaissance envers le
gouvernement.
Le Président (M. Iracà) : Merci
beaucoup, Mme la ministre. Ceci met fin au bloc d'échange avec la
partie gouvernementale. Nous allons débuter un troisième
bloc d'échange avec le deuxième groupe d'opposition. M. le député de
Masson, un temps approximatif de 20 minutes. La parole est à vous.
M. Lemay :
Merci, M. le Président. D'abord, je voulais simplement préciser, M. le
Président, tout à l'heure, dans mon
intervention avec le député de Sainte-Rose, c'est qu'il peut peut-être avoir
des questions sur qu'est-ce que la CAQ fera,
mais présentement on étudie les crédits du gouvernement libéral. Donc, j'invite
le député de Sainte-Rose à prendre patience et, l'année prochaine, il
pourra nous poser toutes ses questions, il n'y a pas de problème.
En attendant,
revenons au sujet de l'heure, qui est les crédits qui sont présentés par le
gouvernement libéral. Et j'aimerais
vous inviter à la question 58 du deuxième groupe d'opposition, qui est en
lien avec le nombre d'effectifs ETC qui
sont attitrés à la gestion du Fonds vert en 2017‑2018. Et là on apprend que le
nombre d'ETC qui sont attribués pour la gestion du Fonds vert, c'est la
réalisation des activités, 516, plus 31 pour l'administration, et on doit aussi
inclure les 11 ETC pour la gestion du
Conseil du Fonds vert, ce qui nous amène à 558 ETC, total. Or, l'année
dernière, on était à 493. Donc, on a plus 65 ETC pour la gestion du
Fonds vert qui se sont ajoutés.
En fait, je
regardais les chiffres dans son ensemble, puis on peut se dire... ça peut
ressembler à une équipe complète d'un
nouveau ministère, là. C'est comme si on pourrait former le nouveau
ministère de la gestion du Fonds vert avec tous ces ETC, et pourtant on arrive toujours
avec des cibles qui sont manquantes sur certains programmes qui sont liés à la
PACC 2013‑2020. Donc, j'aimerais
savoir comment qu'on explique qu'il y ait quand même 558 ETC et 39,6 millions qui sont reliés directement
pour gérer la gestion du Fonds vert.
Le Président (M. Iracà) : Merci, M.
le député de Masson. Mme la ministre.
Mme Melançon : Eh bien, je veux juste rappeler que le Fonds
vert, c'est un outil que le gouvernement s'est doté, hein, pour justement diminuer les GES au Québec.
Et on a un objectif ambitieux, bien sûr, qui est de réduire
de 20 % les GES en 2020 par rapport aux émissions de 1990. On
est exactement dans le parcours, on est dans le bilan de mi-parcours,
d'ailleurs, que j'ai pu bien sûr indiquer.
Moi, ce que
je vois... et donc, à la question... je ne suis pas certaine de bien comprendre
la question du collègue, mais lié à
la réalisation des activités, le nombre d'ETC en 2016‑2017, donc, c'est là où
nous en sommes, prévoyait donc 516
ETC. Les probables pour 2017‑2018 sont de l'ordre de 354 ETC, et donc il y a,
oui, une diminution, mais ce que je dois rappeler, c'est que des ETC, comme on fait affaire avec 15 ministères et
organismes, ça ne se fait pas... C'est une stratégie qui est interministérielle. Ça ne se fait pas
uniquement dans le ministère du Développement durable. Il y a aussi bien sûr
les gens du comité de gestion du Fonds vert, avec Mme Chagnon qui
nous accompagne aujourd'hui.
Ce qu'on a
décidé de faire avec le comité, et je tiens à le mentionner, puis je veux que
ce soit très clair, on veut assurer
la meilleure gouvernance possible, parce qu'il y a beaucoup d'argent dans le
Fonds vert, on en a déjà discuté. Mais pour
ce faire, ça prend des gens qui vont pouvoir s'assurer que les sommes
destinées, donc, au programme vont directement à la diminution des GES, et c'est ce à quoi on fait face ici, là, avec
le nombre d'effectifs, en lien bien sûr avec le Fonds vert. Comme je le rappelle, il y a une quinzaine de
ministères et organismes qui travaillent, justement, pour le Fonds vert. J'ai
aussi une équipe qui travaille pour le Fonds
vert, rappelons-le, là, parce que toutes les sommes qui sont envoyées dans le
Fonds vert, il y a une grande
partie des sommes qui viennent du marché du
carbone aussi. Alors, on a une équipe qui travaille pour le marché du carbone, et, quand tu travailles pour le
marché du carbone, tu travailles aussi, bien entendu, pour le Fonds
vert.
Donc, les
ministères qui bénéficient donc des mesures du PACC, et il y en a
beaucoup — on l'a
déjà vu ensemble, on l'a regardé, et
si, on regarde à l'intérieur du fascicule sur les changements climatiques, on
voit qu'ils sont nombreux — imputent des dépenses en rémunération,
bien sûr, en lien avec le Fonds vert.
Le Président (M. Iracà) : Merci, Mme
la ministre. M. le député.
M. Lemay :
Bon, Mme la ministre, alors... M. le Président, en fait, je vais poser une
question à... Il faut que je m'adresse à vous quand je...
Le Président (M. Iracà) : Oui,
allez-y.
M. Lemay : Je ne voulais pas
faire d'impair.
Le Président (M. Iracà) : Non, non,
non, ça va. C'est convivial, ça va bien.
M. Lemay :
Super. Alors, en fait, je comprends effectivement qu'il y a 15 ministères
et que c'est une grosse machine, mais l'objectif aussi du Conseil de
gestion du Fonds vert, c'était d'avoir une meilleure efficacité et d'obtenir
plus de transparence. Or, on a quand même vu
croître, entre les crédits de l'an dernier et les crédits qu'on voit cette
année, plus 65 personnes qui sont
reliées directement à la gestion du Fonds vert, parce que, si on regardait les
chiffres que nous avions l'année dernière, qui étaient de 493, donc là
on est quand même rendus à 558, cette année. Mais, par contre, on a toujours de la difficulté à voir l'efficacité, si
on veut. Comment qu'on peut expliquer qu'on gagne en efficacité en ajoutant
du personnel supplémentaire pour la gestion du Fonds vert? Ce serait une
première question. Et l'autre question aussi, c'est, si on peut revenir là-dessus...
Lorsque nous avions fait les crédits provisoires, vous aviez mentionné que Mme Chagnon était à élaborer, avec son
équipe, des cibles pour les différents programmes. Donc, j'aimerais savoir si
on a eu des développements sur ce sujet.
Le Président (M. Iracà) :
Merci. Mme la ministre.
Mme Melançon :
Bien, écoutez, d'abord, en tout respect avec le député de Masson, je ne vois
pas où on prend le chiffre de 558.
Moi, ce que j'ai, là, c'est lié à la réalisation des activités. On est à 516
pour 2016‑2017, et peut-être, donc, pour le rassurer, on sera en deçà de
ce chiffre pour 2017‑2018.
Une chose est
sûre, c'est qu'avec le comité de gestion, qui donc est nouveau, hein... Ça fait
un an, à peu près, jour pour jour, où
le comité de gestion du Fonds vert a vu le jour. Alors, on a le comité de
gestion et on a aussi, bien sûr, de nouvelles
mesures. Lorsqu'on parle des organismes qui reçoivent des sommes du Fonds vert,
on doit aussi faire le lien avec des
programmes. Et là on a mis plus de programmes à l'oeuvre, et plus il y a de
mesures, plus il y a de programmes, bien, plus il y a des gens aussi qui
gèrent ces programmes-là et ces mesures-là.
Donc, oui, on
peut additionner des gens comme ça, mais, je veux juste rassurer aussi le
député de Masson, ce n'est pas des gens qui font ça 24 heures sur 24, sept
jours sur sept, là. On n'est pas là-dedans actuellement, et, en tout respect,
le chiffre de 558, là, très honnêtement, je
ne le vois pas nulle part, même pas dans la réponse à la question particulière
n° 58. Alors, peut-être qu'on a juste fait une erreur, on a dit
«558» à cause de la question n° 58, je ne sais pas.
Cela étant dit, pour moi, il est important qu'il
y ait des gens qui puissent y travailler, parce qu'il y a beaucoup d'argent dans le Fonds vert. On le répète, il y a
de l'argent parce qu'on est ambitieux dans le Fonds vert, actuellement,
et on veut aller encore plus loin dans la diminution des GES au Québec.
Le Président (M. Iracà) :
Merci, Mme la ministre. M. le député de Masson.
M. Lemay : Écoutez, simplement
pour répondre à la question de la ministre, là, le 558, c'est quand on prend les 516 qui sont liés à la réalisation des
activités, et on additionne les 31 qui sont liés à l'administration, et, quand
on va dans l'autre cahier qui sur la
gestion du Fonds vert, et on additionne les 11 ETC qui sont reliés au
Conseil de gestion du Fonds vert, donc on fait 516, plus 31, plus 11, on
arrive à 558. Donc, c'est pour ça que...
Là, ce que
j'ai cru comprendre, c'est que la ministre nous disait que, pour l'année qui
s'en vient, on devrait avoir une
diminution du nombre d'ETC. Et je vous avais avancé un chiffre, là... Vous
semblez mentionner qu'il devrait y en avoir
moins que 400. Toutefois, vous avez mentionné, dans votre dernière partie, que
ce n'était pas des gens qui travaillent à temps plein, 24 heures sur 24, sur le projet, mais ma compréhension
d'un équivalent temps complet, ça veut dire que, dans le fond, c'est 558 temps complet au total, même
si, effectivement, il pourrait y avoir plus 558 personnes qui sont
affectées à la gestion du Fonds vert.
Donc, on voulait juste être rassurés, que, pour gagner en efficacité, on
n'avait pas additionné des gens
supplémentaires, parce qu'on l'a vu, c'est plus 65 en... si on se compare à
l'année précédente, on était à 493.
Le Président (M. Iracà) :
Merci, M. le député de Masson. Mme la ministre.
Mme Melançon :
Bien, je veux juste éclaircir peut-être quelque chose avec le député de Masson.
Un ETC n'égale pas une personne,
hein? Donc, ça, c'est important, là. Je peux avoir trois personnes qui vont
faire l'équivalent. Donc, c'est pour ça... Mais je pense qu'il faut le
dire pour que les gens qui nous écoutent à la maison puissent bien comprendre
que, lorsqu'on parle d'un équivalent temps complet, on ne parle pas
nécessairement d'une personne. Il peut y avoir trois personnes qui travaillent.
Alors, ça, c'est une des réponses.
L'autre
chose, c'est : Bien sûr, plus on va avoir de programmes, plus on va avoir
de mise en oeuvre à faire, plus on va
avoir des gens qui vont travailler de près ou de loin avec le Fonds vert. Et ce
n'est pas une mauvaise nouvelle, cela étant
dit. Lorsqu'on parle des transports, par exemple, parce qu'il y a beaucoup à
faire du côté des transports... 41 % des GES émis proviennent des
transports. Donc, on doit avoir de plus en plus de programmes pour nous aider,
justement, à diminuer les GES au Québec.
Donc, c'est certain qu'il y a une augmentation, et les 11 personnes... Je
remercie le député de Masson d'avoir
éclairé... Je ne comprenais pas
pourquoi, donc... En ayant cherché les 11 membres du comité de gestion,
il est vrai qu'on arrive à cet équivalent temps complet.
Le Président (M. Iracà) : Merci, Mme
la ministre. M. le député.
M. Lemay : Parfait. Maintenant,
allons-y sur les cibles, sur les différents programmes qui sont reliés à la
gestion... au Fonds vert, parce que... d'ailleurs, le MDDELCC, on a seulement
un programme sur 57, dans le PACC 2013‑2020,
qu'il y a des cibles de réduction de GES qui sont associées. Or, quand on a
regardé les crédits qui sont en lien avec
RECYC-QUÉBEC, on a vu... on avait une question générale, numéro 7. On voit là-dedans qu'il y a des cibles qui sont faites notamment par le Bureau du cinéma et
de la télévision du Québec. Il y a eu un partenariat, des inventaires de
GES, des activités de tournages étrangers
reliés au Québec... qui a été investi, pour justement chiffrer c'était quoi,
les GES qui étaient reliés aux activités de tournage.
Or, à même
les programmes du MDDELCC et à même tous les programmes, si on veut, qu'on
retrouve dans le PACC 2013‑2020, on a
seulement 9 % des programmes qui ont des cibles de réduction de GES
associées. Et la dernière fois qu'on
s'était parlé, lors des crédits, vous m'aviez mentionné qu'au Conseil de
gestion du Fonds vert, on reviendrait avec
des analyses. J'aimerais savoir est-ce qu'on a un échéancier, à savoir si
on pourrait avoir des cibles supplémentaires pour justement gagner en
efficacité au niveau de la gestion du Fonds vert.
Le Président (M. Iracà) : Merci, M.
le député.
Mme Melançon :
Bien, comme vous le savez, j'ai fait une conférence de presse, justement, sur
le bilan mi-parcours et concernant
votre question, c'est assez clair pour nous qu'il y a des programmes qui ont
performé mieux que d'autres. ÉcoPerformance, pour
nommer celui-là, là, qui est souvent très, très, très à la mode, est un des
programmes les plus performants,
actuellement. On doit revoir la performance d'autres programmes, mais une chose
est sûre, on ne peut pas commencer à parler de chaque dollar équivalent
à la diminution de GES.
vais vous donner un exemple, les transports en commun. Lorsqu'on est en train
de discuter d'un changement de
société, c'est un changement de paradigmes, probablement que le transport en
commun va coûter beaucoup plus cher en
dollars GES que d'autres programmes. Nous, ce qu'on veut vraiment regarder,
c'est de s'assurer que les dollars investis du Fonds vert s'en vont vraiment à la diminution de GES. Mais on ne peut
pas faire une corrélation directe entre un dollar investi, et la cible,
et, bien sûr, la réalisation.
m'explique. Lorsqu'on veut investir, bien sûr, en transport en commun, ça coûte
cher, et on le sait, mais on est en
train d'amener la société beaucoup plus loin, et c'est souhaitable. On ne peut
plus faire de l'auto en solo, on ne peut plus se promener en voiture à essence sans avoir une réflexion à faire.
Si on offre les bonnes façons de se transporter aux citoyens, avec des transports en commun dignes de
ce nom... disons-le aussi, il faut que ça fonctionne pour que les gens puissent vouloir prendre le transport en commun.
Bien, c'est ce à quoi notamment le comité de gestion, avec Mme Chagnon,
travaille.
Est-ce
qu'on doit revoir certains programmes? La réponse, c'est oui. Est-ce qu'on peut
faire de la mise en oeuvre plus
rapide aussi de certains programmes? Parce qu'il y a des programmes qui n'ont
pas encore été mis en oeuvre. Je vais vous
donner un exemple, là. Avec le ministre des Transports, j'ai été en mesure
d'annoncer Écocamionnage, qui était un des programmes qui avaient été arrêtés. On a repris ce programme-là, on l'a
remis de l'avant, parce qu'on sait que ça fonctionne. Alors là, on a les
sommes dévolues, justement, pour faire un programme comme celui-là.
les cibles, parce que vous m'arrivez avec les cibles, bien entendu que, de
notre côté, on y travaille. On est au travail avec le comité de gestion,
on est au travail avec l'équipe au ministère et on est capables de pointer ceux
qui fonctionnent, ceux qui fonctionnent moins bien. D'ailleurs,
Mme Chagnon est en train de faire un tour dans tous les ministères et dans les organismes qui reçoivent de
l'argent du Fonds vert, justement, pour s'assurer que chaque dollar investi dans le Fonds vert, ça va vraiment pour
les bonnes raisons, pour la diminution des GES. Pour moi, c'est très important.
Le Président (M.
Iracà) : Merci, Mme la ministre. M. le député.
M. Lemay :
Parfait. Donc, la tournée de Mme Chagnon au sein des différents
ministères... la question est la suivante :
Est-ce que ça va être disponible quand ce sera complété? Tu sais, est-ce qu'on
en a encore pour des mois, des années
ou c'est quelque chose que c'est... on est sur le bord de terminer? Et puis
est-ce qu'en toute transparence... est-ce qu'on pourra rendre l'information disponible pour savoir qu'est-ce qui
fonctionne, qu'est-ce qui fonctionne moins bien, avoir un peu un tableau
indicateur, là, d'où on doit améliorer, si on veut, notre gestion?
Le Président (M.
Iracà) : Merci, M. le député.
Mme Melançon :
Merci, M. le Président. Écoutez, de deux choses, l'une. La première, le bilan
mi-parcours qu'on a fait, c'est du
jamais-vu, hein? C'est un exercice de grande transparence qu'on a tenu, et je
tenais à le faire, et mes prédécesseurs
avaient vu ça comme ça. C'est exactement le but. Lorsqu'on a fait ce plan
d'action sur les changements climatiques,
on avait dit : 2013‑2020, on va pouvoir faire un arrêt à mi-parcours. Bien
qu'on était même avant mi-parcours, puisque
les chiffres sur lesquels on se basait pour exprimer... la diminution de
8,8 % était sur des chiffres de 2015, donc après deux ans seulement
du plan d'action sur les changements climatiques.
C'est
un exercice de grande transparence. Mme Chagnon est là depuis moins d'un
an. Elle va, bien sûr, faire ce travail-là
en grande transparence. Je peux vous rassurer, M. le député de Masson, pour
moi, c'est important. Collectivement,
collectivement, on paie l'argent qui va à l'intérieur du Fonds vert. C'est
certain qu'on doit aussi travailler en transparence. Mon premier
ministre en a parlé. Moi, je suis très heureuse d'avoir fait cet exercice-là,
puis l'autre exercice de transparence, je
veux vous dire qu'il est dans le fascicule ici. Tous les citoyens, toutes les
citoyennes peuvent avoir accès à ce fascicule. L'information qu'on y
retrouve est très importante.
je tiens à rappeler au député de Masson, je ne cache rien. Tellement que, même
lorsque nous avons parlé de traçabilité un peu plus tôt ce matin, j'ai
offert au député de Masson, bien sûr, d'avoir un breffage sur la question pour qu'on sache exactement là où on s'en allait. Je
savais qu'il y avait de l'intérêt de son côté. Très heureuse de le faire. C'est
la façon où je travaille, c'est la façon
dont mon gouvernement travaille, vraiment en transparence, et là-dessus, il
peut compter sur moi. Ce n'est pas
pour rien qu'on a des outils comme ceux-là. C'est pour que les gens puissent
avoir accès... Le site Internet est
vraiment rempli d'informations. Même chose du côté de Mme Chagnon, qui
fait un travail... je dois vous le
dire, là, c'est un travail de moine, et elle travaille très, très fort, très,
très dur avec les ministères et avec les organismes.
Et dernièrement j'ai
lu, dans un média, pour certains, il pouvait y avoir de la chicane entre TEQ et
entre le comité de gestion. Je peux vous
dire que c'était un peu drôle à lire, puisqu'on est en train d'écrire
l'histoire sous nos yeux actuellement. On a un comité de gestion qui a
vu le jour il y a un an. On a Transition énergétique Québec qui a vu le jour il y a un an. Tout le monde est en train de
se définir, tout le monde travaille conjointement pour une chose :
nous nous sommes fixées, c'est-à-dire moins 20 % de GES avec la date de
référence de 1990. C'est très
audacieux, hein? Il faut se le dire, c'est très, très, très audacieux, mais on
est presque à 9 % après deux ans du plan d'action sur les
changements climatiques.
Le Président (M.
Iracà) : Merci, Mme la ministre. M. le député.
M. Lemay : Bien, je crois
comprendre qu'il me reste 20 secondes, là.
Le Président (M.
Iracà) : Il vous reste deux minutes.
M. Lemay : Deux minutes?
Le Président (M. Iracà) : Oui, oui.
M. Lemay :
Ah! parfait. Alors, allons-y avec... Bien, c'est correct, je crois qu'ils...
Parfait, on y va. Allons-y avec un
autre dossier, une petite question que vous allez avoir une minute pour
répondre. C'est bien correct. La cimenterie McInnis, on sait qu'ils ont jusqu'au 1er juin pour remettre
leur déclaration initiale. Premièrement, est-ce qu'ils l'ont déjà faite? Puis
après ça, est-ce que vous vous engagez à la
rendre publique en toute transparence, dès que ce sera complété, pour qu'on
puisse avoir l'état de la situation?
Mme Melançon :
Bien, écoutez, question rapide, réponse rapide. Ciment McInnis n'a pas un
avantage sur aucune autre entreprise.
Je tiens à le mentionner, là, parce qu'hier ça n'avait pas l'air d'être clair
pour tout le monde. Ils ont jusqu'au 1er
juin, donc, pour déposer, parce que nous, on va vérifier les données de Ciment
McInnis. C'est important de le faire. On
va le faire à partir d'un tiers. En novembre de chaque année, à la suite du
traitement des déclarations, le ministère
va rendre publiques l'ensemble
des émissions de GES, déclarées et vérifiées, dont celles de
Ciment McInnis. C'est en toute transparence, on le dit, on le fait
depuis le début.
Je veux juste
rappeler, bien sûr, et vous le savez très, très bien, que,
Ciment McInnis, ça a été un dossier un peu compliqué. Je veux rappeler que la cimenterie McInnis émet moins
20 % de GES que toutes les autres cimenteries, alors ils ont fait du travail. Comme ministre de l'Environnement, on n'aime jamais ça savoir qu'on a une industrie
qui émet beaucoup de GES. Cependant, lorsque le travail est fait avec l'innovation,
parce qu'on a encore besoin de ciment au Québec, là, je préfère voir une cimenterie faire moins
20 % de GES au Québec que de la voir aller au Nouveau-Brunswick, juste l'autre côté, puis d'émettre des GES à
plein. Alors là, on est en train de travailler avec eux. Ils ont jusqu'au
1er juin.
Et à votre
question : Est-ce qu'ils l'ont déjà fait?, la réponse, c'est que je ne
pense pas que ce soit rentré encore. En
tout cas, je ne l'ai pas vu, mais ils ont jusqu'au 1er juin pour que,
nous, nous puissions partir avec le tiers pour faire faire les vérifications
sur les données qui nous seront transmises de leur part.
Président (M. Iracà) : Merci beaucoup, Mme la ministre. Ceci met
fin au bloc d'échange avec le deuxième groupe
d'opposition. Simplement pour vous informer, M. le député de Masson, on a
commencé à ajouter du temps au bloc,
donc c'est un petit peu plus de 20 minutes que vous aviez. Alors, nous
allons débuter un autre bloc avec la
partie gouvernementale pour un
temps approximatif de 20 minutes, et je cède la parole au député d'Abitibi-Est.
M. Bourgeois :
Merci, M. le Président. Permettez-moi de saluer Mme la ministre et son équipe,
une bonne équipe. On va être bons
pour poser des questions puis avoir amplement d'informations. Je salue mes
collègues également, les collègues de l'opposition officielle et de la
deuxième opposition.
Tout à
l'heure, mon collègue de Sainte-Rose a brossé un tableau large, mais je veux
revenir sur une
partie qui m'interpelle plus particulièrement, c'est
toute la question de quand il est venu faire une tournée, entre autres en Abitibi-Témiscamingue, sur l'enjeu des milieux
humides. C'est évidemment la... Le Québec étant une vaste province avec des territoires très diversifiés, vous comprendrez
que la situation en Abitibi-Témiscamingue, de par l'historique, hein, la
mer Ojibway, qui couvrait complètement le territoire de l'Abitibi-Témiscamingue
à une époque, a laissé des traces il y a
plusieurs millions d'années et qui fait en sorte qu'aujourd'hui on a, dans
cette région-là et dans le comté voisin, c'est celui de mon collègue d'Ungava, qui... M. le Président, vous le savez,
c'est 50 % du territoire québécois qui couvre le comté d'Ungava. Donc, évidemment, le passage des
glaciers de plus de deux kilomètres d'épaisseur sur le territoire a laissé
des traces.
Si vous
survolez nos régions par la voie des airs, vous avez l'occasion de voir pas
quelques lacs, une multitude de lacs.
D'ailleurs, j'étais heureux, au retour, nous étions sur le même vol, et j'ai pu
permettre au député de Sainte-Rose de
voir cet immense territoire et ce que c'était, cette notion-là de lacs, de
rivières et de milieux humides, hein, un vaste territoire avec, en configuration, cette géomorphologie-là qui reste
très importante et dont la population est très fière. Et elle a donc appris à
vivre aussi sur ce territoire avec ces enjeux-là, donc un enjeu de
préservation, mais un enjeu aussi d'occupation
du territoire, un enjeu de... parce que chez nous, en Abitibi-Témiscamingue, on
veut en profiter du territoire, on est à l'extérieur.
J'ai eu la
chance, hier, de faire une très belle annonce en Abitibi-Témiscamingue avec
notre collègue la ministre déléguée
aux Transports en lien avec le VHR et la motoneige. Je peux vous dire qu'on a fait énormément d'heureux parce que ça fait
partie de cette réalité d'habiter un
vaste territoire où l'hiver dure longtemps. On a une saison de motoneige
qui dure entre 14 à 16 semaines.
D'ailleurs, on se posait la question, hier, quand est-ce que c'était pour se
terminer. Donc, il faut avoir accès, sur ce vaste territoire-là, mais en
tenant compte de cette situation-là. Et tout ça fait en sorte qu'on a besoin d'acteurs. Puis je suis content que vous
ayez parlé de la récente annonce que vous avez faite auprès des OBV. Parce que
les OBV, chez nous, c'est des partenaires du quotidien qui font un travail
extraordinaire. Les OBV, chez nous, ça
occupe, par la configuration des cours d'eau, des bassins versants, plusieurs
comtés. Ce n'est pas un OBV qui est dans une
partie d'un comté, c'est beaucoup
de comtés qui sont dans un OBV, chez nous. Et ça fait toute une différence.
Donc on est, de par
la configuration, à la ligne de séparation des eaux. Donc, d'un côté, chez
nous, dans le secteur Kinojévis, les eaux
s'écoulent vers le bassin hydrographique de la rivière des Outaouais.
D'ailleurs, il y a un réseau de centrales hydroélectriques qui est-ce qu'on
appelle les centrales de l'Outatouais supérieur, qui est là et qui s'est
réalisé il y a plus de 60 ans maintenant, mais qui permet, donc, l'occupation du territoire, développer une
source énergétique. Et, en même
temps, il y a beaucoup de pêcheurs qui vont sur ces lacs et rivières-là
à toutes les années profiter de ce vaste territoire là. De l'autre côté,
si on s'en va vers la ligne de séparation des eaux jusque vers les monts Otish,
là, on a un système qui s'écoule vers la baie
James et la baie d'Hudson. Donc, on a la chance, nous, d'avoir la magnifique
rivière Harricana qui a fait l'objet
de plusieurs reportages, livres, et qui, elle, donc, traverse plusieurs
municipalités en Abitibi
Témiscamingue et dans le Nord-du-Québec, et qui va s'échoir du côté ontarien
dans la baie James.
Donc,
vous comprendrez, Mme la ministre, que de ce côté-là, pour les résidants de ce
territoire-là, d'avoir une préoccupation
environnementale qui fait en sorte qu'on supporte les organismes qui vont nous
aider à prendre de bonnes décisions
qui sont souvent orientées en fonction des désirs de la population, parce
qu'eux-mêmes consultent la population, les autres partenaires des milieux, tels
que les municipalités, tels que les organismes de défense au niveau de
l'environnement, bien, tout ça nous permet d'avoir une stratégie qui est en
lien direct avec les attentes du milieu.
on se rappellera, parce qu'on l'avait vécu en commission parlementaire
auparavant, quand ces organismes-là sont
venus nous voir puis nous on demandé d'être mieux supportés, on a répondu à
leurs attentes, on a dit : O.K., oui, non seulement on comprend, mais on veut, effectivement, vous donner un
signal clair de notre reconnaissance de ce que vous faites et comment on peut mieux vous supporter. Donc, on leur a
donné des moyens. Et je suis convaincu qu'ils en sont bien contents mais également qu'ils vont nous le rendre grandement,
pour le bénéfice de l'ensemble la population du Québec.
qui nous amène à un autre volet, c'est-à-dire les aires protégées. Parce qu'une
fois qu'on a connu un peu plus ce
qu'il en est du territoire, l'eau... Ah! je fais une petite parenthèse. On a
quand même, et ça, M. le Président, vous avez eu la chance, quand vous êtes venu en Abitibi-Témiscamingue, de savourer
l'eau exceptionnelle du territoire, les
eaux d'eskers aquifères. Et ça,
encore là, on est dans le phénomène du retrait des glaciers qui ont laissé des
eskers, des eskers qui produisent une
eau de qualité exceptionnelle qui... Il
y a une marque de commerce, sans
vouloir faire de publicité, mais qui
prend de plus en plus place dans le quotidien des Québécois et ailleurs dans le
monde, c'est l'eau Eska qui est produite
à Saint‑Mathieu‑d'Harricana, qui vient d'un esker aquifère, donc, qu'on puise
directement à même la source, et qui fait la fierté de toute la population
de l'Abitibi-Témiscamingue.
Mais
les villes de l'Abitibi-Témiscamingue, et là, à ce moment-là, je pense à
Val-d'Or, Senneterre, Malartic, Amos, La
Sarre, sont toutes des municipalités qui tirent leur eau de consommation à
partir des eskers aquifères. Ah oui! Barraute aussi, entre autres — là, je vais me faire réprimander si je ne le
mentionne pas, mais... Donc, ce
lien-là particulier avec l'eau,
l'eau, source de vie, nécessaire, essentielle pour toute personne
qui veut vivre de façon saine et équilibrée, d'avoir une eau de cette
qualité-là qui vient de son robinet, bien, on veut s'assurer de bien protéger
cette eau-là.
là-dessus même l'Université du Québec
en Abitibi-Témiscamingue a une unité de recherche spécialisée dans le domaine de l'eau, qui a été appuyée, qui fait
beaucoup de travaux, entre autres, au niveau des eaux aquifères. Et ça, là,
c'est donc un ensemble d'éléments qui démontrent clairement la volonté du
territoire de protéger cette eau-là mais de pouvoir l'exploiter de façon
raisonnable, équitable et qui va faire en sorte qu'on peut aussi faire du
développement économique à partir d'une ressource comme celle-là tout en la
protégeant d'une façon très rigoureuse.
qui nous amène aussi à vouloir utiliser le territoire mais à en préserver des
sites exceptionnels. Et là, de ce côté-là, le Québec, depuis mars 2009, a protégé, au départ, environ 8,1 % de
son territoire, en 2009, et a donc, au fur et à mesure, adopté de nouvelles orientations. En 2011, on
parlait d'une volonté, à ce moment-là, d'avoir 12 % du territoire d'aires
protégées. On a par la suite aussi voulu
rejoindre des objectifs plus ambitieux en matière d'aires protégées afin
d'atteindre des cibles
internationales. Parce qu'évidemment, là, on a eu des échanges encore, au
niveau international, pour dire comment on se situe par rapport au reste du monde, et c'est là où on est venus
rejoindre le 11e objectif d'Aichi au niveau du plan
stratégique 2011‑2020 de la Convention de la diversité biologique des
Nations unies.
L'autre élément
important, est arrivée une vision majeure, c'est le Plan Nord. Évidemment, tout
le monde connaissait le vaste territoire,
mais d'arriver maintenant avec une stratégie ou une vision commune avec ceux
qui habitent ce territoire-là mais en
connaissant fort bien son vaste potentiel nous permettait aussi de se fixer de
nouveaux objectifs. Et, à partir de
ce moment-là, on s'est fixé une cible qui était, entre autres, pour le
territoire du Plan Nord, de 20 % d'aires protégées d'ici 2020, dont au moins 12 % en forêt boréale au nord
du 49e parallèle. Parce que le territoire est tellement vaste, Mme la ministre, qu'on doit même le
séquencer à l'intérieur même du territoire pour en connaître les différentes
facettes. Quand je suis au Nunavik, je ne
cherche pas d'épinette de 40 pieds de long. Quand je suis en forêt
boréale, je ne cherche pas d'ours
polaire. Il y a tellement de superficie à couvrir, et donc, à ce moment-là,
d'adresser de façon pointue des objectifs pour correspondre à la réalité
de chacun de ces territoires-là, c'est très, très important.
Donc,
à ce moment-là, par les objectifs de la mise en place d'une stratégie d'aires
protégées adaptée aux particularités
régionales du Québec, le Québec méridional atteindra la cible internationale de
17 % d'aires protégées en milieu terrestre et en eau douce d'ici
gouvernement du Québec s'est également engagé, dans le fameux objectif 11
d'Aichi de la convention de la biodiversité,
à atteindre la cible internationale relative aux milieux marins en oeuvrant à
la mise en place, en collaboration et
en concertation avec le gouvernement fédéral, d'un réseau représentatif d'aires
marines protégées couvrant au moins 10 % de l'estuaire du golfe du
Saint-Laurent. Il n'existe actuellement que deux aires marines protégées,
couvrant 1,3 % du milieu marin : le parc marin du Saguenay—Saint-Laurent
et la réserve aquatique projetée de Manicouagan.
première question, Mme la ministre. Pour les gens de l'Abitibi, là, une aire
marine, pour nous autres, là, ce n'est pas quelque chose de très, très
connu. Pourriez-vous nous en dire un peu plus long sur ce que c'est exactement
qu'une aire marine?
Le Président (M. Iracà) : Merci
beaucoup, M. le député, pour votre question. Mme la ministre.
Mme Melançon :
Bien, je tiens à remercier mon collègue pour cette question-là parce qu'on va
pouvoir peut-être éclairer aussi, bien sûr, ceux et celles qui nous écoutent.
Vous
avez parlé de nombreux pourcentages, là, tant pour les aires protégées que pour
les aires protégées marines. Je tiens
à rappeler, bien sûr, aux collègues qu'avec nos partenaires, dans le
but d'atteindre un objectif, c'est l'objectif de Nagoya. Donc, vous parliez des objectifs
internationaux, là, tout à l'heure, qu'on veut atteindre. Donc, c'est Nagoya
qui a mis en place, ni plus ni moins, l'objectif international qui est de
couvrir au moins 10 % de la superficie marine d'ici 2020.
Qu'est-ce
que c'est, qu'une aire marine? Ni plus ni moins, on est dans, par exemple, le
Saint-Laurent. Dans le Saint-Laurent,
on a des lieux extraordinaires qu'on veut protéger, qu'on doit protéger. Et il
y a de très, très bonnes nouvelles qui
s'en viennent incessamment, je tiens à vous le dire, où on va pouvoir faire des
annonces. Et je regarde Mélanie Gravel, qui est mon attachée politique, qui travaille sur ces aires protégées.
Et d'ailleurs c'est avec elle que j'ai travaillé la première fois l'aire
protégée, où on est allés annoncer, à Baie-Comeau, le caribou forestier.
Et je tiens à
rappeler une chose : à chaque fois qu'on parle d'aires protégées, que ce
soient les aires protégées marines ou que ce
soient les aires protégées terrestres, à chaque fois, il y a un travail qui est
fait avec les gens du territoire sur
lequel nous sommes. On parle de concertation. C'est important, la concertation,
parce que le développement durable est
basé sur trois grandes choses : bien sûr, l'équilibre avec le milieu
économique, l'équilibre avec le développement social et bien sûr la protection de l'environnement. Et il
faut obtenir cet équilibre-là pour pouvoir asseoir les volets, que ce soient
des aires protégées marines ou encore des
aires protégées terrestres. Et d'ailleurs je regardais quelques notes, lorsque
vous avez commencé à parler, cher
collègue, pour nous, ce qui est important, c'est qu'actuellement, là, pour les
aires protégées terrestres, on est autour de 10 %. On est en voie
de se diriger vers notre cible pour 2020.
Mais
surtout, ce qu'on parle lorsqu'on parle d'aires protégées, c'est
d'acceptabilité sociale. Donc, on parle avec le milieu économique, on parle avec nos frères et nos soeurs
autochtones, on parle, bien sûr, avec les municipalités, les MRC, les citoyens. Avant d'annoncer une aire
marine, quelle qu'elle soit, on doit s'assurer de l'acceptabilité. Et on ne
fait pas ce qu'on veut dans une aire marine
non plus. On ne peut pas commencer à faire, par exemple... Puis là on est en
Abitibi, tiens, on s'en va chez vous, M. le
député d'Abitibi-Est. Les mines, le travail industriel ne peut pas se faire
dans cette aire protégée. On peut
bien sûr continuer à faire de la chasse, mais c'est de la chasse... monsieur
mon sous-ministre, aidez-moi, c'est de la chasse...
M. Beauchesne
(Patrick) : La chasse régulière.
Mme Melançon :
Régulière. Écoutez, c'est de la chasse régulière, mais on ne peut pas commencer
à travailler dans ces aires-là qui sont destinées à la protection.
Même
chose dans les aires marines. On en a quelques-unes et on veut accélérer le pas
actuellement pour pouvoir aller
encore plus loin, pour pouvoir atteindre là aussi nos objectifs, qui, elles,
sont de l'ordre de 10 %. Tout à l'heure, vous disiez qu'on a un
grand territoire. Vous parliez de notre collègue d'Ungava qui, à lui seul, a
50 % de la superficie du Québec. Ce
n'est pas peu, hein, ce n'est pas peu dire. Mais ce qu'on doit se rappeler
aussi, c'est qu'en superficie absolue nous avons le plus vaste réseau
d'aires protégées au Canada. On peut être fiers de ça. Et j'imagine... Et là je
n'ai pas exactement les chiffres sous les yeux pour les aires marines, mais,
avec le fleuve, avec tout ce que nous avons, c'est fantastique, là, là aussi on va couvrir pas mal de territoire. On
m'indique, avec beaucoup de justesse, que, pour les aires marines, c'est la même chose, il n'y
a pas d'activité industrielle, il n'y a pas d'exploitation ou d'exploration
pour les hydrocarbures, il n'y a pas de pêche industrielle.
Donc, c'est la chasse
commerciale, tout à l'heure, dont je voulais parler. Et donc le mode de gestion
pour la protection de la biodiversité, là, 10 %, équivaut à à peu près 14 000 kilomètres
carrés. C'est énorme. Et justement je revoyais aussi mes notes pour le caribou
forestier. Lorsque je suis allé annoncer cette aire protégée dans la région de Baie-Comeau, une région que je connais bien pour y
avoir habité, eh bien, j'étais heureuse de faire cette annonce-là. Et la
superficie que nous protégions à ce moment-là, elle était de 21 fois plus
grande que l'île de Montréal. Alors là, là, il faut juste prendre connaissance de quoi on parle, à
titre de
Montréalaise, là, comme députée de Verdun, 21 fois l'île de Montréal,
c'est très, très grand.
Alors,
ces aires protégées là, bien sûr, on en a besoin au Québec, on veut continuer à
aller dans cette direction-là parce
que la biodiversité, qu'elle soit marine ou encore qu'elle soit... quand on
parle de biodiversité sur la terre, on a besoin de cette
biodiversité-là.
d'ailleurs, là-dessus, je veux faire un commentaire, je vais me permettre, si
je puis, chers collègues. Lorsque je suis
allée à Paris accompagner le premier ministre, lors de la visite alternée, j'ai
rencontré Nicolas Hulot, et, avec lui...
Mme Melançon :
Ah! bien sûr, monsieur... Merci, je vais aller rapidement. Donc, lorsque j'ai
rencontré Nicolas Hulot, on a convenu de
parler encore plus de biodiversité tant en France qu'au Québec. Et je suis très
heureuse d'avoir pu faire inscrire à
l'intérieur du budget du gouvernement du Québec un encadré sur la biodiversité.
Souvent, on parle des changements
climatiques, on veut lutter contre les changements climatiques, mais tout ça ne
doit pas se faire au détriment de la biodiversité. On doit marier
biodiversité, changements climatiques parce qu'un va avec l'autre. Et je suis très heureuse de savoir que, dans notre
stratégie du développement durable, c'est notre gouvernement qui avons
ajouté le volet biodiversité.
Président (M. Iracà) : Merci beaucoup, Mme la ministre. Ceci met fin
au bloc d'échange avec la
partie gouvernementale.
Nous allons débuter un autre bloc d'échange avec l'opposition officielle pour
le temps restant jusqu'à midi. M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault :
Oui, M. le Président. Le projet pilote en traçabilité des sols contaminés, là,
moi, je trouve ça extrêmement
intéressant, la stratégie et la technologie développées par le Réseau
Environnement, que je connais bien. C'est
extraordinaire. Mais est-ce que la ministre peut m'expliquer pourquoi ce n'est
que sur maximum un an, avec un projet
à Montréal, qui est l'ancienne gare de triage d'Outremont, alors qu'elle trouve
ce projet... elle trouve cette technologie développée par Réseau
Environnement extrêmement intéressante?
Alors,
pendant un an, sur un projet, pendant ce temps-là, des sols contaminés vont
continuer d'être détournés à l'extérieur du Québec, traités, sans avoir
aucun contrôle de la part du Québec, selon nos règles à nous, dans d'autres territoires, que ce soit en Ontario, par exemple.
Et, pendant ce temps-là, on a de grands chantiers publics qui donnent des
contrats, avec l'argent des Québécois et des Québécoises.
pense à Turcot, par exemple. À Turcot, là, je comprends qu'il y a plusieurs
sols contaminés qui vont être traités in
situ, mais il y a aussi des sols contaminés qui vont être traités à
l'extérieur. On parle, pour le projet de Turcot, de contrats accordés, relatifs à la gestion des sols
contaminés, de plus de 15 millions de dollars minimum. Il y a la ligne
bleue. Ce matin, dans Le Devoir ,
on apprend que la STM s'est gardé une réserve d'autour de 403 millions de
dollars supplémentaires pour des
imprévus, entre autres, avec la gestion des sols contaminés. On a le fameux...
la meilleure invention, là, soi-disant, du gouvernement, qui est le REM,
qui commence les travaux, où il va y avoir sûrement des sols contaminés aussi.
Alors,
la ministre laisse sortir des sols contaminés en très grande quantité,
potentiellement, à l'extérieur du Québec par des groupes criminalisés, entre autres, qui veulent contourner les
règles du Québec. Et elle n'arrête pas de nous dire qu'il y a un projet pilote, mais le projet pilote,
c'est parce qu'il est sur maximum un an puis il est pour un projet qui est
l'ancienne gare de triage d'Outremont.
Alors,
moi, je veux entendre de la ministre de l'Environnement du Québec qu'elle fera tout en son possible pour rapidement
mettre en place des mesures fermes de contrôle des sorties de sols contaminés du Québec qui peuvent être traités à l'extérieur par des groupes criminalisés entre
autres.
Le Président (M.
Iracà) : Merci, M. le député.
Mme Melançon : Longue question, longue réponse. Alors, je veux juste rappeler
que les sols contaminés, tout le
dossier des sols contaminés, bien, c'est grâce au Parti libéral du Québec. On a été les premiers à arriver avec une politique pour les sols contaminés, et j'en
suis bien fière. Deuxième grand geste qu'on a posé, c'est Traces Québec.
veux juste rappeler deux choses, là, au député de Jonquière.
D'abord, les accords internationaux,
dont l'ALENA, je veux juste qu'on se
le rappelle, là, permettent les mouvements de sols et permettent, bien sûr,
qu'on puisse passer d'une province à une autre, d'un pays à un autre,
les mouvements de sols, je veux juste le rappeler, comme on le fait avec l'Ontario et avec le Québec. Il y a des cas
isolés, mais la tendance d'exportation vers l'Ontario, là, et vous avez l'air à
en faire un plat, actuellement, là,
ce n'est pas la tendance lourde. Il faut juste rappeler aux citoyens et aux
citoyennes qui nous écoutent que ce n'est pas une tendance lourde.
L'autre
chose que je veux aussi rappeler, c'est qu'à l'intérieur du 75 millions
que j'ai annoncé avec la mairesse de
Montréal pour la décontamination des sols on va là aussi avoir Traces Québec.
Donc, oui, il y a un projet pilote pour la ville de Montréal, là, sur
Outremont, pour ces sols-là, mais le 75 millions que j'ai dédié,
justement, à la décontamination, il
est en lien aussi avec Traces Québec. Donc, ce n'est pas vrai de dire qu'il n'y
aura que pour Outremont où on va faire de la traçabilité. Ce n'est pas
vrai.
Autre
chose, on est en train de regarder la modification réglementaire, justement,
pour s'assurer que les appels d'offres
gouvernementaux, donc les appels d'offres publics, soient obligatoires aussi
avec Traces Québec. Je suis très heureuse
de vous entendre dire que vous connaissez Réseau Environnement, que vous avez
confiance en leurs technologies parce
que moi, j'ai vraiment tendance à vous dire qu'on doit innover. Et de
l'innovation, là, avec l'annonce que j'ai faite avec Outremont, bien, on
est exactement là-dedans.
Est-ce
qu'on doit mesurer tout ce qu'on est capables de faire actuellement? La
réponse, c'est oui. On a pris une mesure
importante pour pouvoir, justement, suivre les sols, et c'est là-dedans où on
est. Puis le cadre normatif va être aussi modifié pour intégrer la traçabilité avec ClimatSol-Plus, dont j'ai
parlé tout à l'heure en introduction, dans lequel il y a là aussi
55 millions de dollars du gouvernement du Québec. Donc, il y a un
75 millions de dollars pour Montréal, dans lequel on aura de la
traçabilité, 55 millions de dollars, traçabilité aussi, avec
ClimatSol-Plus.
Le Président (M.
Iracà) : Merci beaucoup, Mme la ministre. M. le député.
M. Gaudreault :
Oui, M. le Président. La ministre et son collègue délégué à l'Intégrité des
marchés publics ont reçu une lettre
de l'entreprise EnGlobe, le 6 février 2018, qui dénonce de façon forte la
situation du traitement des sols contaminés
à l'extérieur du Québec et de l'infiltration du crime organisé dans cette
industrie-là. Et la lettre d'EnGlobe propose plusieurs solutions.
J'aimerais savoir si la ministre a répondu à EnGlobe et si elle les a
rencontrés, comme la compagnie le demande.
Le Président (M.
Iracà) : Merci, M. le député. Mme la ministre.
Mme Melançon :
Alors, on me souffle à l'oreille que...
Mme Melançon :
La réponse... C'est sur la réponse écrite? Merci. On n'a pas encore répondu à
EnGlobe. Mais il y a des rencontres
qui ont eu lieu, bien sûr, avec les gens de mon cabinet. Et nous autres, on y
travaille, là. Moi, j'essaie de
comprendre où veut nous amener, actuellement, le député de Jonquière, à
part le
fait de dire qu'on a posé un bon geste. Puis j'aimerais ça l'entendre de sa part, là, dire : Le
gouvernement du Québec a posé un bon geste en faisant de la traçabilité
pour les sols contaminés. Je ne l'ai pas entendu le dire encore, là. Je pense
qu'on peut travailler encore à féliciter le gouvernement du Québec parce qu'on
est passés à l'action de notre côté.
Le Président (M.
Iracà) : Merci, Mme la ministre. M. le député.
M. Gaudreault : Oui. Je veux... C'est parce que,
là, ce que je comprends, c'est qu'il
n'y a pas eu de réponse écrite
à la lettre de EnGlobe. Moi, j'aimerais savoir si la ministre est d'accord avec
les solutions qu'ils proposent, à la page 4
de 5 de cette lettre, qui est, par exemple, de décréter que tout contrat qui
vise la disposition des sols contaminés doit obligatoirement intervenir entre le propriétaire du terrain et un
lieu de disposition autorisé par le ministère, d'augmenter les sanctions pénales, d'avoir un registre des
lieux autorisés et de produire au ministère à chaque semaine un rapport complet
portant sur l'origine, la quantité et le type de matériel admis sur leur site.
Alors, je voudrais des réponses claires à ces quatre éléments-là si c'est
examiné à l'intérieur du ministère.
Le Président (M.
Iracà) : Merci, M. le député. Mme la ministre.
Mme Melançon :
Bien, moi, je travaille actuellement avec mon collègue qui est ministre...
Mme Melançon :
...oui, je n'ai pas le droit de le nommer, donc de l'Intégrité des marchés
financiers, merci beaucoup, on est en train
de travailler avec lui. Est-ce qu'actuellement on va travailler uniquement avec
Traces Québec? Est-ce qu'on va
travailler seulement avec Réseau Environnement? La réponse, c'est non. Est-ce
qu'on veut aller encore plus loin? La réponse, c'est oui.
d'ailleurs il faut entendre ce que je dis, là, les modifications réglementaires
aux appels d'offres publics sont en
train de se faire. On est en train d'y travailler, mon collègue ministre et
moi-même, justement, pour s'assurer que, dans tout ce qui sera fait en
appels d'offres publics, on va pouvoir intégrer de la traçabilité des sols.
Mais, encore une fois, M. le Président, je
n'entends pas le député de Jonquière dire que c'est bien, ce sur quoi on est
allés, faire de la traçabilité, parce
que, pendant qu'ils étaient au pouvoir, ils ne sont pas allés là-dessus du
tout. Moi, je suis très, très fière de pouvoir dire qu'on a posé les
gestes puis qu'on a posé les bons gestes.
Le Président (M.
Iracà) : Merci, M. le ministre. M. le député.
M. Gaudreault :
Oui, mais, M. le Président, la ministre ne répond pas à la question. Parce que
ce n'est pas juste une question de
traçabilité. Vu qu'on n'a pas juridiction sur ce qui se passe en Ontario, on
perd le contrôle de sols contaminés qui
peuvent provenir, en plus, de projets d'infrastructures publiques et qui
peuvent être déversés dans l'environnement en Ontario sans aucun contrôle en
fonction des normes du Québec. Alors, moi, je veux savoir : Qu'est-ce que
va faire la ministre sur ces
enjeux-là? Comment elle va s'assurer que la règle, c'est que les sols soient
décontaminés au Québec en fonction de notre industrie, en fonction de
nos standards à nous, et l'exception, ça va être à l'extérieur du Québec?
C'est
une question, M. le Président, je dirais, en fin de compte, de nationalisme
économique parce qu'on a une série
d'entreprises, au Québec, qui sont compétentes là-dedans, de nationalisme
environnemental. Et, si c'est de régler... Parce que ce qu'elle m'a dit tantôt : Sur l'ALENA. Là, on s'entend
que ça n'a rien à voir avec l'Ontario, là, l'enjeu est avec l'Ontario. C'est quoi, son plan de match pour
s'harmoniser avec l'Ontario le plus rapidement possible? Qu'elle ne vienne pas me dire que c'est avec un projet
pilote, qui est bon en soi. Mais le problème de fond n'est toujours pas réglé
avec ça.
Le Président (M.
Iracà) : Merci, M. le député. Mme la ministre.
Melançon : Alors, je vais aller... et, en tout respect pour le député
de Jonquière, moi, je vais vous dire, on privilégie, bien sûr, de pouvoir
traiter les sols ici au Québec. Vous voulez parler du Canada? Ça me fait
vraiment plaisir de pouvoir parler du
Canada parce que moi, le Canada, c'est mon pays, contrairement à ce que votre
formation politique adhère. Mais la Constitution du Canada ne nous permet pas
de limiter le transport des biens interprovincial. C'est
l'article 121 de la Constitution. Je l'invite à aller lire la Constitution
du Canada.
je veux aussi, bien sûr, lui rappeler qu'on travaille avec l'Ontario. Vous
voulez qu'on parle de l'Ontario? Mais, mon Dieu! ça aussi ça me fait plaisir.
On travaille avec nos collègues en Ontario, justement, pour pouvoir les amener
en avant de la parade. On est avant de la
parade actuellement. Puis je suis très heureuse d'avoir entendu de votre part
qu'il s'agissait là d'un projet
pilote qui est avantageux pour le Québec parce que, oui, on peut aller encore
plus loin. Et c'est ce que je fais, donc, avec mon collègue des Marchés
financiers...
Mme Melançon :
...bien, des Marchés publics — je suis désolé auprès de mon collègue — Intégrité des marchés publics. On y
travaille actuellement, et c'est exactement la direction vers laquelle on s'en
va. Pour moi, là, ce qui est important,
c'est de ne pas avoir un signal alarmiste, comme vous le faites actuellement.
Parce que je veux juste rappeler qu'il
y a quelques mois à peine il n'y en avait pas, de traçabilité. Là, on est dans
la bonne direction. Ne venez pas me dire qu'on n'a pas pris les bonnes
décisions, s'il vous plaît.
Le Président (M. Iracà) : Merci, Mme
la ministre. M. le député, quelques secondes.
M. Gaudreault :
Je ne suis pas alarmiste, je suis réaliste, M. le Président, et je constate
l'absence d'action de la part du gouvernement pour s'assurer que ce soit au
Québec que ces sols soient décontaminés. Est-ce qu'elle peut nous déposer un échéancier pour s'assurer que l'Ontario
va s'ajuster aux normes qui sont plus élevées, qui viennent... qui sont
celles du Québec?
Le Président (M. Iracà) : Merci, M.
le député. Ceci met fin au bloc d'échange avec l'opposition officielle.
Compte tenu de l'heure, la commission suspend
ses travaux jusqu'après les affaires courantes.
(Suspension de la séance à 12 heures)
Président (M. Iracà) : À
l'ordre, s'il vous plaît! Nous allons reprendre nos travaux. Je vous rappelle
que la commission est réunie afin de poursuivre l'étude des crédits
budgétaires du portefeuille Développement durable, Environnement et
Lutte contre les changements climatiques pour l'exercice financier 2018‑2019.
Puisque nous
avons débuté nos travaux après la période des questions et que nous débutons à
15 h 18, alors nous allons
terminer, il en va de soi, à 18 h 18 pour faire tout le bloc de
temps. Alors, évidemment, ça me prend le consentement, mais nous
devons faire toutes les heures, mais on peut le reprendre...
Une voix : Ça nous mettrait à
quelle heure?
Président (M. Iracà) : Est-ce que
j'ai le consentement pour finir à 18 h 18? Si on ne le reprend pas
là, il va falloir le reprendre plus tard.
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Iracà) : Nous
devons faire toutes les minutes.
Alors, lors
de la suspension de nos travaux ce matin, le député de Jonquière avait la
parole lors d'un bloc d'échange qu'il
n'avait pas terminé. Alors, je vous invite, M. le député de Jonquière, à
poursuivre ce bloc d'échange pour une période approximative de
14 minutes.
M. Gaudreault : Oui, merci, M. le Président. Alors, je voudrais qu'on poursuive sur la discussion
qu'on avait entamée avant la
suspension, et j'aimerais savoir de la ministre pourquoi elle n'exige pas...
pourquoi elle ne se donne pas les
moyens pour faire en sorte que les sols contaminés soient exclusivement
décontaminés sur le territoire québécois. Je veux qu'elle nous donne cette garantie pour se mettre le plus de
pare-feux possible pour éviter ce qui est en train de se passer, qui est une dérive inacceptable, que je
considère inacceptable, que ma formation politique considère inacceptable,
que bien des gens, dans le secteur de
l'environnement et industriel, considèrent inacceptable, c'est-à-dire qu'il y a
des groupes criminalisés qui
profitent d'un vide juridique pour détourner le sens de la loi en allant
déverser des sols contaminés sur le
territoire de l'Ontario. Je n'accepte pas, parce que l'Ontario a un régime
moins sévère que le nôtre, que ça fasse en sorte que les sols contaminés du
territoire du Québec se retrouvent à être détournés sur le sol ontarien et
déversés dans la nature. Déjà, que ça
se fait en sol québécois, c'est aussi inacceptable que ça se fasse en sol
ontarien ou étranger.
Alors, je
demande à la ministre si elle a envisagé de mettre le plus de mesures possible
pour que les sols contaminés soient exclusivement, exclusivement
décontaminés sur le territoire québécois.
Le Président (M. Iracà) : Merci, M.
le député. Mme la ministre.
Mme Melançon :
Merci beaucoup, M. le Président. Alors, je vais revenir sur deux choses. J'ai
quand même pas mal de temps parce que
le député de Jonquière avait commencé avant notre arrêt, vers la période de
questions. Mais je veux revenir sur
une chose. La Constitution du Canada ne permet pas de limiter les transports de
biens interprovinciaux, un. Deux, je
ne sais pas si le collègue est au courant, mais il y a un jugement de la Cour
supérieure, le juge Chabot, le 21 février
2017, qui a rendu une décision, donc, disant que la Cour supérieure a considéré
que les documents contractuels n'imposent
pas à Gestion OFA — parce
que, là, il y avait quelque chose qui était porté devant la cour — l'obligation de disposer des sols contaminés uniquement dans un
site autorisé au Québec. Il n'y a pas de date d'audition actuellement pour la Cour d'appel,
mais c'est en appel. Donc, je nous invite à une grande prudence. Je ne
comprenais pas vers quoi on voulait aller. Là, ce matin, c'est un peu
plus clair. On va devoir être prudent.
Mais il y a
une chose qui est sûre, on ne va... je ne peux pas ouvrir la Constitution du
Canada pour empêcher le transport de
biens interprovinciaux. Ça, c'est la première chose, ce n'est pas de ma
compétence. Ce qui est de ma compétence,
par contre, c'est de pouvoir m'assurer que les sols qui sont décontaminés
puissent être suivis, qu'on sache vers
où ils s'en vont, et c'est exactement le geste qui j'ai posé, comme ministre de
l'Environnement, avec un groupe qu'il connaît,
qu'il connaît bien, pour qu'on puisse faire avec Traces Québec une traçabilité
des sols qui sont décontaminés. Je le
rappelle, M. le Président, j'ai annoncé 75 millions de dollars pour
décontaminer des sols à Montréal, et ces sols se voient obligés d'être
suivis par traçabilité par Traces Québec.
J'ai aussi
annoncé ClimatSol-Plus avec 55 millions de dollars, où, là aussi, on va
assurer un suivi des camions, donc,
qui vont pouvoir partir, quitter les sites. Parce que je le rappelle, pour ceux
et celles qui n'ont pas eu la chance de suivre nos travaux ce matin, il y a des travaux qui peuvent se faire sur
le site. Pour ceux-là, ça cause beaucoup moins de problèmes. Les travaux qui doivent se faire à
l'extérieur du site pour s'assurer où vont les sols contaminés, alors, là, on
va les suivre avec Traces Québec, grâce à la traçabilité, et c'est
important que nous puissions le faire.
J'ai entendu,
ce matin, le député de Jonquière dire que c'était bien. Je souhaitais qu'il
puisse le dire parce que, je le
rappelle, dans les années 80, la première politique de décontamination des
sols, c'est le Parti libéral du Québec qui en a fait son affaire. Et, avec Traces Québec, je serai aussi fière
de dire que j'ai pu apporter quelque chose de nouveau dans la décontamination des sols parce que toutes
les histoires d'horreur auxquelles
j'ai été confrontée lorsque j'ai lu les journaux, ça m'a extrêmement
choquée. Et comme citoyenne du Québec, je suis très heureuse, comme ministre de
l'Environnement, là, de pouvoir dire : On a ajouté vraiment
la ceinture puis les bretelles. Et c'est ce qu'on avait besoin, et c'est
ce qu'on a fait.
Le Président (M. Iracà) : Merci, Mme
la ministre. M. le député.
M. Gaudreault : Oui. Je vais me permettre de corriger ou de
reprendre la dernière expression de la ministre. Je dirais avec traçabilité et avec le projet
pilote proposé par Réseau Environnement, projet pilote sur un an, sur un site à
Montréal, rappelons-le, c'est la ceinture. C'est la ceinture. Il manque les
bretelles. Ou l'inverse, c'est les bretelles, il manque la ceinture, un
des deux.
M. le Président, on dirait que la ministre n'a pas conscience que le système
dans lequel nous sommes fait en sorte qu'elle
ne peut pas s'assurer du respect de sa propre loi, que les propriétaires de
sols contaminés, qui sont, selon la loi, responsables jusqu'au bout du
cycle, ça veut dire à la décontamination, on ne se donne pas les moyens de
s'assurer qu'on boucle la boucle et que les sols sont effectivement
décontaminés comme il se doit.
Dans le grand
processus de décontamination des sols, M. le Président, si on part du début à
la fin, c'est-à-dire de l'excavation, du transport et de la disposition
des sols, qu'est-ce que vous pensez qui coûte le plus cher dans tout ce processus-là? C'est la disposition. L'excavation
et le transport des sols revient en tout et partout, disons, grosso modo,
au tiers de l'ensemble des coûts du
processus. Alors, le gros morceau est dans la disposition. C'est bien clair
qu'il y a des entreprises avec des
fins plus ou moins louables, entre autres, dans le crime organisé, qui ont vu
le magot. Ils ont dit : La disposition, si on l'exporte puis qu'on
est capables de contourner la loi, bien, on ne sera pas... on va faire de
l'argent directement dans nos poches sans
avoir besoin de décontaminer. C'est ça qui est en train de se passer, M. le
Président. C'est inacceptable. Puis on a des gros chantiers publics
devant nous, le REM, la ligne bleue, en plus d'avoir Turcot.
Je ne demande
pas à la ministre de modifier la Constitution. Si c'était rien que de moi, on
en sortirait, de cette Constitution,
et vous le savez. Je ne veux pas faire le débat là-dessus. Ce que je veux, par
exemple, c'est qu'on ne fasse pas du
nivellement vers le bas parce qu'on est victime de notre présence dans cette
Constitution canadienne. Alors, je veux qu'elle nous donne le plus de
moyens possible, qu'elle nous donne les bretelles en plus des ceintures.
Est-ce
qu'elle est au moins capable de s'engager à mettre sur place un registre des
lieux autorisés à recevoir les sols
contaminés, que ce registre soit public et que nous ayons des rapports qui
soient déposés régulièrement sur la disposition des sols dans les lieux
autorisés?
Le Président (M. Iracà) : Merci, M.
le député.
Mme Melançon :
Merci, M. le Président. Alors, il y a différentes choses, là dans ce que le
député de Jonquière a dit. Bon, s'il veut parler de souveraineté des sols, là,
je ne pense pas qu'on veuille entrer là-dedans. Moi, ce que je peux vous dire, là, tantôt, il a parlé de
nivellement vers le bas. Je ne sais pas ce qu'ils ont fait pendant
18 mois, clairement, ils ne se
sont pas intéressés du tout, du tout à ce sujet-là. Bien, c'est un peu ça, M.
le député. Moi, ce que je suis heureuse de pouvoir dire, c'est que, de notre côté, il y a eu cette politique. On
a suivi avec la traçabilité, donc on s'est donné les moyens d'agir.
Je veux juste
vous parler, aussi... il y a différentes propositions de solutions, en plus,
qui sont regardées. Je travaille actuellement
avec le ministre délégué à l'Intégrité des marchés publics et des Ressources
informationnelles, je l'ai dit un peu
plus tôt. On pourrait recommencer. C'est parce que c'est comme si on repartait
la discussion, là, à zéro. Parce qu'il est
15 h 30. On en a parlé pas mal en avant-midi. Je peux recommencer
complètement tout le discours qu'on a fait ensemble, mais je sais très
bien que le député de Jonquière a compris.
Il y a
différentes propositions de solutions. Bien sûr, il y a la traçabilité. Il y a
aussi la sensibilisation envers tous les
ministères qui sont des donneurs d'ouvrage, ce que j'ai fait : on a écrit directement
à ces ministères-là. On veut mieux quantifier les sols exportés. On analyse la
possibilité de requérir pour émettre des permis à des transporteurs, justement,
de ces sols contaminés. Puis on est en
révision réglementaire, comme je vous le disais, avec le ministre délégué à l'Intégrité des marchés publics.
Moi, chaque
sou qui va sortir pour la décontamination des sols... Je parlais de
ClimatSol-Plus tout à l'heure. Je
parlais aussi du 75 millions que j'ai
offert à la ville de Montréal pour faire de la décontamination de sols et, bien
sûr, notre projet pilote avec
l'arrondissement d'Outremont. Mais tous ces argents-là vont devoir suivre la
lignée de la traçabilité. On ne
sortira pas d'argent du gouvernement tant qu'il n'y aura pas de traçabilité. C'est
à nous de donner, d'abord et avant tout, le bon signal.
Et, vous
savez quoi, pour ce qui est de l'Ontario et du Québec, il y a actuellement
d'excellents rapports avec nos collègues
de l'Ontario. Je peux vous dire quelque chose, on nivelle vraiment par le haut
puisqu'on est des leaders actuellement en
traçabilité. Ils veulent travailler avec nous. Ils veulent s'assurer qu'eux
aussi puissent prendre la parade. Nous, on est en avant de la parade. On va leur montrer ce qu'on a de fait. On va leur
montrer notre expertise. On va travailler avec eux. Je pense que, là, le député de Jonquière devrait
quand même se faire rassurant auprès de la population. Et je rappelle une
chose. Malheureusement, oui, il y a des
groupes organisés, du crime organisé. On l'a vu dans certains articles. Ça, je
vais laisser ça à la police. C'est leur travail.
Pour moi, ce
qui est important, c'est que Traces Québec, ça puisse fonctionner, puis que ça
puisse fonctionner le plus largement
possible, et même à l'extérieur de nos frontières. C'est à ça que s'attendent
les Québécois et les Québécoises. Décontaminer
les sols, on en a bien besoin. Malheureusement, on a un passif industriel,
environnemental, au Québec, et on
doit redonner des terrains aux populations, aux municipalités, et c'est ce que
j'entends faire avec les sommes qu'on a
pu annoncer, d'où, je le rappelle, 75 millions de dollars pour Montréal,
55 millions pour ClimatSol-Plus, M. le Président.
Le Président (M. Iracà) : Merci, Mme
la ministre. M. le député.
M. Gaudreault : M. le
Président, je ne peux pas m'empêcher de dire que ça me fait rire, là, parce que
ça fait quatre ans maintenant, là, qu'on entend ça à chaque fois, là, que le
gouvernement libéral aurait d