House Proceedings — 17 March 2021 (42nd Legislature, 1st Session)
2021-03-17
Quebec — Debates (Hansard)
(Neuf
heures quarante minutes)
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, bon mercredi à vous tous et toutes. Vous pouvez prendre place.
nous allons débuter notre séance avec la rubrique des déclarations de députés, et la première
déclaration sera celle de Mme la députée de Huntingdon.
Mme IsaBelle :
Bonjour, Mme la Présidente. Deux fermes laitières de chez nous remportent
encore les honneurs au palmarès
pancanadien de Lactanet. Alors, celui-ci établit l'indice de performance des
25 meilleurs troupeaux au Canada.
Pour
la troisième année de suite, la ferme laitière Estermann, de Dundee, se classe
en première position dans la catégorie de troupeaux en stabulation
libre. Félicitions à Regula, Martin, les parents et les employés.
Dans
la même foulée, la Ferme Lériger, située à Hemmingford, propriété de Lucien
Bouchard et de son fils Daniel, s'est classée une autre fois première au
Canada dans la catégorie des troupeaux biologiques. Bravo!
2019, j'ai eu la chance de visiter ces entreprises familiales, Mme la
Présidente, et je peux vous confirmer que leur succès est tributaire de
leur passion et de leurs pratiques exemplaires auprès des animaux.
Félicitations!
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la députée de
Huntingdon. Et maintenant je cède la parole à M. le député de
Jacques-Cartier.
Kelley : Bonne Saint-Patrick, mes chers collègues!
Today,
I would like to celebrate Irish culture, which has reached all corners of the
globe, by reading the poem The Cure at Troy from the great Irish
laureate Seamus Heaney :
They
torture one another,
They
get hurt and get hard.
«History
says, "Don't hope
this side of the grave."
then once in a lifetime
longed-for tidal wave
hope and history rhyme.
hope for a great sea-change
the far side of revenge.
Believe
that a further shore
cures and healing wells.
«Call
miracle self-healing :
utter, self-revealing
there's fire on the mountain
a god speaks from the sky
«That
means someone is hearing
outcry and the birth-cry
new life at its term.»
Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Je vous remercie, M. le député de Jacques-Cartier. Maintenant, je reconnais M.
le député de Beauce-Sud.
M. Poulin : Bonne Saint-Patrick, Mme la Présidente, ainsi qu'à l'ensemble de mes collègues et de nos concitoyens!
Dans un autre
registre, nous avons appris récemment le départ à la retraite d'un homme extraordinaire de mon comté, soit le capitaine Daniel Desmarais, après
31 ans à veiller à la protection du public au sein de la Sûreté du Québec.
17 ans, il voulait devenir policier. Après un parcours comme représentant
commercial, il complète ses études à Nicolet
et intègre la SQ, en 1990, pour son premier poste comme patrouilleur à
Saint-Georges. Il obtient différents postes : caporal-adjoint, sergent, lieutenant, capitaine,
directeur de postes pour la MRC, jusqu'à, tout récemment, directeur du centre
de services de Saint-Georges, qui regroupe quatre MRC.
Daniel est un
chic type, un gestionnaire chevronné, un homme calme, réfléchi, à l'écoute et
surtout au service de toute une
population. Il a vécu la crise d'Oka, la crise du verglas, le Sommet des Amériques, la fusion entre la Sûreté du
Québec et la sûreté municipale.
Daniel,
prendre sa retraite ne veut pas dire se mettre en retrait. Pense à toi et tes
proches. Mais je suis certain que, compte tenu de ta passion, tu sauras
contribuer autrement au développement de notre communauté.
Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie. Merci, M.
le député de Beauce-Sud.
Et maintenant je cède la parole à Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Mme Thériault : Merci, Mme
la Présidente. Le 15 mars dernier se tenait la Journée mondiale des droits
des consommateurs. Cette journée tire son
origine d'un discours prononcé par l'ex-président des États-Unis,
M. John F. Kennedy, en 1962.
En tant que
porte-parole de l'opposition
officielle en matière de protection
des consommateurs, j'aimerais rappeler que
les consommateurs ont des droits et quels sont ces droits. Ils ont notamment le
droit d'être informés, le droit de choisir, le droit d'être protégés des retards de livraison ou des travaux mal
effectués, le droit d'être entendus et de se plaindre, ainsi que le
droit d'être dédommagés ou d'être remboursés.
J'aimerais
rappeler que la défense des droits des consommateurs passe par l'éducation de
ces droits ainsi que par l'adoption
de lois. Au Québec, nous pouvons également compter sur l'Office de la protection des consommateurs pour guider les gens.
Mme la
Présidente, en tant qu'élus, continuons de travailler tous ensemble pour mieux
protéger les Québécois. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie,
Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel. Et maintenant je reconnais M.
le député de Chapleau.
M. Lévesque (Chapleau) : Merci,
Mme la Présidente. Joyeuse Saint-Patrick!
Aujourd'hui,
j'aimerais souligner une importante initiative de l'Outaouais, le programme
Enfant témoin et autres témoins vulnérables.
Il s'agit
d'un programme qui a pour but d'offrir une préparation ainsi qu'un
accompagnement adapté à la situation des
témoins vulnérables dans un dossier judiciaire lié à une infraction criminelle.
Il a été initialement élaboré par le Centre d'aide des victimes d'actes criminels de l'Outaouais et ses partenaires
à la suite du constat que plusieurs enfants ont besoin d'accompagnement
pour témoigner dans un contexte judiciaire.
Mme la
Présidente, témoigner en cour peut être extrêmement difficile et intimidant. Je
ne peux imaginer l'ampleur de cette réalité, qui est encore plus vraie pour les
enfants et les adolescents, qui ne maîtrisent pas toujours le fonctionnement
de la cour, d'où l'importance de ce programme d'accompagnement.
Je suis très fier de cet accomplissement de
notre belle région et je suis reconnaissant envers mon collègue le ministre de la Justice d'avoir accordé 2,1 millions de dollars en
financement annuel et récurrent au réseau des CAVAC afin de consolider
l'implantation de ce programme, et ce, partout au Québec.
Je tiens
également à remercier et à féliciter Mme Kathleen Dufour, directrice générale du CAVAC de l'Ouataouais, et son équipe pour leur excellent
travail qui permettra de rendre la justice encore plus accessible. Merci
beaucoup.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député
de Chapleau. Et je cède maintenant la parole à M. le député de Chauveau.
M. Lévesque
(Chauveau) : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Aujourd'hui, je désire
rendre hommage à M. Denis Savard, directeur général de Cité Joie.
Arrivé
à Cité Joie le 16 juin 1978 avec la tête remplie d'idées, il est
toujours en poste, et ce, au plus grand bonheur de ses bénéficiaires.
don de soi pour les personnes vivant avec un handicap ne date pas d'hier. C'est
en 1971 que M. Savard devient animateur
de groupe pour cette clientèle au Patro Roc-Amadour. Après 10 ans à la
tête de cet organisme, M. Savard est convaincu que les parents ont besoin de répit. Le 2 février 1989,
la première maison de répit reconnue au Québec voit le jour à Cité Joie.
Après plus de
40 ans, M. Savard a toujours la même fougue et continue de développer
ce centre de répit et de vacances pour les
personnes vivant avec une déficience physique, intellectuelle ou présentant un
trouble du spectre de l'autisme.
M. Savard,
merci d'avoir consacré votre carrière à Cité-Joie. Vous avez toute ma
reconnaissance. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député de Chauveau. Et maintenant je
cède la parole à M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc :
L'art, Mme la Présidente, nous accompagne depuis toujours quand on a besoin de
transcender les épreuves. Je veux souligner aujourd'hui le travail exceptionnel
de l'organisme Jeunes musiciens du monde.
Hébergée au Pavillon
d'éducation communautaire, l'antenne montréalaise de l'organisme permet à plus
de 600 enfants et adolescents
d'Hochelaga-Maisonneuve et d'ailleurs d'apprendre la musique dans le plaisir,
au sein d'une véritable petite
communauté, entourés d'adultes bienveillants. Les jeunes se sentent appréciés.
Ils peuvent croire en eux et développer leur plein potentiel, dont ils
ont besoin pour poursuivre leurs rêves.
En ces temps de
pandémie, ils ont créé Monte le son!, un site Web inclusif et stimulant qui
donne une place aux jeunes pour s'exprimer. À travers des capsules
d'enseignement, des enregistrements à partager et du matériel stimulant, ils peuvent demeurer en contact avec le
monde et cultiver leur créativité. Ils offrent gracieusement leur savoir-faire
aux enfants de ma circonscription, et je leur en suis très reconnaissant.
terminant, Mme la Présidente, n'oublions pas que les étoiles peuvent
s'éteindre si on ne leur fait pas une place dans notre société. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le
député d'Hochelaga-Maisonneuve. Et
maintenant je cède la parole à M. le député de Richmond.
M. Bachand : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Aujourd'hui, je désire souligner l'importante contribution de M. Marc Ducharme. En effet, l'association
Réseau Compétences des développeurs économiques de l'Estrie lui a récemment
décerné le
titre de Bâtisseur 2020. Cette distinction est remise à un
membre engagé depuis plus de 10 ans et qui a un rayonnement régional
significatif dans ses actions en matière de développement économique.
Marc
a un parcours professionnel impressionnant. Fort de plus de 28 ans
d'expérience dans de nombreux secteurs de
développement économique, il a dirigé, entre autres, le Comité de promotion
industrielle de la zone de Windsor et a oeuvré au sein de différents centres locaux de développement en Estrie.
Il a aussi siégé à plusieurs conseils
d'administration et comités
consultatifs auprès de différentes entreprises. Il est maintenant directeur général du Centre d'aide aux entreprises du Val-Saint-François,
depuis plus de neuf ans.
Marc, félicitations!
Merci beaucoup.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le
député de Richmond.
Et maintenant, pour clore cette rubrique de déclarations de députés, je
cède la parole à M. le député de Vachon.
M. Lafrenière : Merci beaucoup, Mme la Présidente. À vous, mes
collègues de cette Chambre, de même que les Irlandais qui nous écoutent,
une très bonne Saint-Patrick. Cette année, ça va être sans parade.
La pandémie a amené son lot de défis, et les
personnes vulnérables n'y échappent pas. Afin d'aider ceux qui vivent en
situation d'itinérance, une halte-chaleur est installée au square Cabot, à Montréal.
Ceci est le résultat de la mobilisation et
de l'implication de plusieurs partenaires. Merci aux nations mohawk, innue de
même qu'à la ville de Montréal,
sans qui le projet de Nakuset et du Women's Shelter n'aurait pu se réaliser.
Chaque jour,
ce sont plus d'une quarantaine de personnes qui bénéficient d'un endroit pour
se réchauffer, manger, boire et se reposer. Ils sont entourés de gens
accueillants, souriants, mais surtout qui comprennent leur réalité.
J'aimerais
souligner, d'ailleurs, l'implication de la Maison Kekpart de Longueuil à cette
halte-chaleur. À pied levé, Richard
et son équipe ont accepté d'envoyer des travailleurs sociaux sur place pour
aider au bon fonctionnement. J'aimerais remercier Yannick, Jonathan, Megan et Raphaël. Merci. Vous êtes sortis
de votre zone de confort pour aller aider dans un autre milieu, aller aider d'autres personnes dans
le besoin. À Richard et à toute son équipe de la Maison Kekpart, je dis merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le
député de Vachon. Maintenant,
ceci met fin à la rubrique des déclarations de députés.
Et je suspends nos travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 9 h 51)
Le Président : Mmes et MM.
les députés, bonne journée. Prenons quelques instants pour nous recueillir.
Je vous remercie. Veuillez vous asseoir.
Nous poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles.
À la rubrique Présentation de projets de loi, M.
le leader du troisième groupe d'opposition.
M. Ouellet : Merci, M. le
Président. Je vous demande d'appeler l'article a, s'il vous plaît.
Président : Et, à
l'article a du feuilleton, M. le
député de Jonquière
présente le projet de loi n° 697, Loi
visant à renforcer la divulgation d'actes répréhensibles et la
protection des lanceurs d'alerte. M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault : Oui. Merci, M.
le Président. Ce projet de loi modifie la Loi facilitant la divulgation d'actes
répréhensibles à l'égard des organismes
publics en élargissant sa portée à d'autres organismes, notamment à ceux qui
sont liés à un organisme public par entente contractuelle.
Le projet de
loi fait en sorte que la responsabilité de traiter toute divulgation faite par
un tiers, mais également par les membres du personnel des organismes visés,
revient au Protecteur du citoyen. Le responsable du suivi des divulgations
au sein d'un organisme devient un agent de
liaison avec le Protecteur du citoyen et a pour fonction notamment d'informer
et d'assister les membres du personnel des
organismes en ce qui a trait au processus de divulgation. Il a également comme
responsabilité de renseigner les membres du
personnel sur leurs droits et obligations en matière de traitement des
divulgations et doit réaliser des activités d'information et de
sensibilisation à ce sujet.
Le projet de
loi renforce la protection des lanceurs d'alerte en affirmant le caractère
confidentiel de l'identité de la personne
qui fait la divulgation et en précisant que nul ne peut divulguer ou être
contraint de divulguer l'identité de cette personne sans son
consentement.
Le projet de
loi facilite la divulgation d'actes répréhensibles en permettant la divulgation
au public sans devoir au préalable communiquer avec un corps de police
ou le Commissaire à la lutte contre la corruption.
Également, le projet de loi prévoit que le
ministre doit, au plus tard le 1er janvier 2023, et par la suite tous
les cinq ans, faire au gouvernement un
rapport sur la mise en oeuvre de la loi et sur l'opportunité de la maintenir en
vigueur ou de la modifier.
Enfin, le projet de loi modifie la
Loi sur le
Protecteur du citoyen afin d'instituer, au sein du Protecteur du citoyen, le Fonds d'aide aux personnes qui
effectuent des divulgations d'actes répréhensibles. Ce fonds a pour objet
d'assurer le financement des frais
judiciaires qu'une personne, à la suite d'une divulgation d'actes
répréhensibles ou d'une collaboration à une vérification ou une enquête menée dans le
cadre d'une telle divulgation, engage notamment lorsque cette personne
est victime de représailles. Voilà.
Président : Merci. En application de l'ordre spécial, j'invite les
leaders parlementaires à m'indiquer le vote de leurs groupes respectifs,
et par la suite les députés indépendants. M. le leader du troisième groupe
d'opposition?
Le Président : M. le leader
du gouvernement?
M. Jolin-Barrette : Pour.
Le Président : M. le leader
de l'opposition officielle?
Le Président : M. le leader
du deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois : Pour.
Le Président : M. le député
de Chomedey?
Le Président : Mme la députée
de Marie-Victorin?
Le Président : Cette motion
est donc adoptée.
Il n'y a pas de dépôt de documents.
Il n'y a pas de dépôt de rapports de
commissions.
Il n'y a pas de dépôt de pétitions.
Il n'y a pas de réponses orales aux pétitions ni
d'interventions portant sur une violation de droit ou de privilège.
Nous en sommes maintenant à la période de
questions et de réponses orales, et je cède la parole à la cheffe de
l'opposition officielle.
Mme Anglade :
Merci, M. le Président. Alors, vendredi dernier, le bureau de la Commissaire à l'éthique confirmait qu'une quatrième enquête serait
déclenchée pour déterminer si la situation du ministre de l'Économie respectait
enfin les règles de notre code d'éthique et de déontologie. En deux ans, ce
sera le quatrième rapport de la Commissaire à l'éthique par rapport au ministre. Ça fera suite à trois
rapports : celui de juin 2019, celui d'octobre 2020 et celui de
décembre 2020.
Depuis
la création du poste de Commissaire à l'éthique, en 2010, c'est la première
fois que la situation financière d'un ministre fait autant
de remous à l'Assemblée nationale. Aucun élu n'avait fait autant l'objet
d'enquêtes. Il y a eu deux blâmes, quatre enquêtes. Du jamais-vu, M. le
Président.
premier ministre disait la chose suivante en 2012 : «Si jamais j'apprends
que quelque chose d'illégal ou de non éthique a été fait, il n'y a pas une personne dans
mon équipe, que ce soit à l'interne ou parmi les candidats, qui va rester.
C'est tolérance zéro.»
Que s'est-il passé depuis?
Le Président :
M. le leader adjoint du gouvernement.
Caire :
Oui. Merci, M. le Président. Je trouve ça toujours surprenant que quelqu'un qui
a voté pour que Pierre Paradis n'ait pas à
payer les 25 000 $ qui étaient recommandés par la Commissaire à
l'éthique parce qu'il a utilisé son allocation de
logement pour aider sa fille à acheter un immeuble... je trouve ça toujours un
peu particulier que cette personne-là se lève pour poser une question
semblable.
Dans le
cas qui nous préoccupe, le ministre de l'Économie et de l'Innovation s'est
conformé au code d'éthique avec
un ajustement que la cheffe de l'opposition connaît, qui est une disposition
concernant des actions qu'il conserve encore. Et là, M. le
Président, ce qui est fantastique, c'est qu'ici on parle de manque d'éthique
par rapport à un ministre qui, contrairement
à Pierre Paradis, a utilisé sa fonction pour demander à Investissement Québec
de ne pas investir dans ses entreprises. On est là, là. On est là.
Alors, M. le Président, la Commissaire à l'éthique a été
très claire sur le fait qu'elle souhaitait une refonte du code d'éthique, et nous donnerons suite à sa demande.
Président : Première complémentaire, Mme la cheffe de
l'opposition officielle.
Mme Anglade : La Commissaire à l'éthique,
effectivement, a été très claire, elle a donné deux blâmes. C'est très clair, M. le Président. Et, dans
l'opposition, je pense que le député de La Peltrie n'aurait pas eu assez
de chemises à déchirer pour
décrier la situation qu'on a présentement aujourd'hui. À l'époque, il aurait
minimalement demandé à ce que le ministre se retire du Conseil des
ministres.
Alors, pourquoi
les règles qu'il voulait appliquer dans l'opposition ne s'appliquent pas quand
il est au gouvernement?
Le Président :
M. le leader adjoint du gouvernement.
Caire : Bien, M. le Président, parce que je fais une distinction entre un député qui
détourne des fonds publics pour aider sa fille et qui se voit protéger
par sa formation politique, qui, elle-même, prend d'autres fonds publics pour demander un avis juridique qui vient contredire ce
que la Commissaire à
l'éthique a mis dans son rapport, et
qui se lève aujourd'hui pour nous dire... et quelqu'un qui dit à Investissement
Québec : N'investissez pas dans mes entreprises. M. le Président, oui, je fais
une énorme distinction entre les deux situations. Ce qui m'interpelle, c'est le
fait que la cheffe de
l'opposition officielle, elle, ne fasse pas cette distinction-là.
Maintenant,
le code d'éthique a besoin d'être modernisé. Je nous invite à le moderniser
pour faire en sorte que tous ceux qui veulent s'impliquer en politique
puissent le faire.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade : M. le
Président, on demande depuis des mois
aux Québécois de respecter des règles, on demande aux gens de respecter les lois. C'est ça qu'on
demande à la population du Québec. Puis là on dit : Il y a un code d'éthique,
tout le monde doit le respecter, sauf dans le cas d'un ministre. Ça, c'est
acceptable. On dit aux gens : C'est correct de le faire, c'est correct pour une personne de ne pas
respecter les règles. Elle est là, elle est là, vraiment, la question
fondamentale qu'il faut se poser. Et en plus ils le font cautionner par
le premier ministre.
Comment est-ce qu'on
peut justifier cette situation?
Le Président :
M. le leader adjoint du gouvernement.
Caire :
Dit la députée qui a voté contre un rapport de la Commissaire à
l'éthique qui disait à Pierre Paradis : L'argent que vous avez
détourné pour aider votre fille à acheter un immeuble, vous devez le
rembourser. Ça, là, c'est incroyable, M. le
Président. Je ne sais pas comment la cheffe de l'opposition officielle fait
pour vivre avec ça. Visiblement, elle y arrive, elle y arrive. Ceci
explique cela.
Ceci étant dit, M. le
Président, dans le cas du ministre de l'Économie et de l'Innovation, qui, soit
dit en passant, est un acteur majeur de la
relance économique au Québec, qui, au vu et au su des chiffres que le Québec
obtient, est un succès, je pense
qu'on peut le dire... Et je pense qu'on lui doit beaucoup, au ministre de
l'Économie et de l'Innovation, et entre autres, M. le Président, de
faire en sorte que ce genre de personnage là puisse s'impliquer en politique.
Le Président :
Troisième complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade :
Je me lève le matin puis je me regarde très bien dans le miroir. Le député de
La Peltrie devrait se rappeler ses années dans l'opposition, tous les
commentaires qu'il a faits par rapport à des questions d'éthique.
premier ministre disait, en août 2018 : «...quand on est au
gouvernement, c'est important de s'assurer qu'il n'y ait aucun conflit d'intérêts, parce que le gouvernement nomme des
personnes à des postes de direction, donne des contrats à des
entreprises [et] à des individus.» C'était tolérance zéro. Aujourd'hui, c'est
quoi? La complaisance?
Le Président :
M. le leader adjoint du gouvernement.
Caire :
Bon. Alors, on apprend que la cheffe de l'opposition officielle peut se
regarder dans le miroir sans problème. Ça
nous en dit long sur le code d'éthique que le Parti libéral s'impose à
lui-même. Ceci étant dit, M. le Président...
Le Président :
S'il vous plaît!
Caire :
Ceci étant dit, M. le Président, le ministre de l'Économie et de l'Innovation
s'est conformé à ce qui lui a été demandé.
Dans le dernier cas, qui a été expliqué abondamment, il y a un mécanisme de protection qui a été mis en
place, qui passe par la présidente du Conseil du trésor.
qui a été aussi demandé par la Commissaire
à l'éthique, c'est de moderniser le
code pour faire en sorte que des gens
qui ont une carrière, qui ont un passé, qui ont eu du succès et qui veulent que
le Québec bénéficie de leurs talents puissent
s'impliquer en politique sans que ça se fasse à leur détriment.
Le Président :
Question principale, M. le député de Robert-Baldwin.
M. Leitão : Merci, M.
le Président. Ce mécanisme-là a été
mis en place expressément pour le ministre
de l'Économie. Ça n'existait pas avant, ça a été créé pour lui.
Mais j'aimerais, M. le Président, je l'ai déjà
dit dans cette Assemblée, le répéter, nous vivons en démocratie. Nous sommes
tous, tous élus par nos citoyens. Nous avons tous le droit de poser des
questions. Je n'accepte pas qu'on me dise que, parce que j'appartiens à une
telle formation politique, je n'ai pas le droit de poser des questions. Ça,
c'est antidémocratique, M. le
Président.
Bon, venons à la
question que je devais poser...
Le Président :
...du gouvernement.
Le Président :
S'il vous plaît! S'il vous plaît!
Caire :
Visiblement, on me prête des intentions. En aucun temps vous ne m'avez entendu
dire qu'il n'était pas légitime pour le Parti libéral de poser des
questions. C'est juste qu'un jour ou l'autre le passé nous rattrape.
Le Président :
Je vais vous demander de...
Le Président :
Non, je vais... M. le leader de l'opposition officielle.
M. Fortin : ...ce que le leader
du gouvernement a fait... le leader adjoint du gouvernement a fait, c'est s'en prendre à la conduite de la cheffe de l'opposition officielle. Alors, M. le Président, il peut s'objecter aux mots qui ont été utilisés
par le député de Robert-Baldwin, mais il ne peut pas s'objecter à sa propre
conduite.
Président : Et je
vais vous demander, s'il vous plaît, de poursuivre maintenant. M. le député, à vous la parole.
M. Leitão :
Je poursuis, M. le Président, mais j'avais des choses à dire.
Nous avons appris
hier, M. le Président, qu'Investissement Québec... que le gouvernement met en
oeuvre un nouveau modèle de rémunération
pour les dirigeants d'Investissement
Québec. Cette rémunération-là soulève
beaucoup, beaucoup, beaucoup
de questions.
La première question :
Pourquoi maintenant? Pourquoi le timing?
Le Président : M. le ministre
de l'Économie.
M. Fitzgibbon : M. le
Président, le programme de
rémunération incitative d'Investissement
Québec s'appuie sur un balisage très sérieux. Le travail a été fait il
y a un an et demi. Alors, ce qu'on fait, tout simplement, c'est de mettre en
place un mécanisme de rémunération à long
terme, sur un cycle triennal, basé sur des critères très précis de
développement économique qui sont
propres au gouvernement, à savoir l'investissement en entreprise,
l'investissement direct étranger et le rehaussement du salaire moyen des
employés du Québec, pour créer de la richesse.
plan a été balisé par une firme. On a comparé à d'autres comparables, et, entre
autres, le programme qui est proposé, qui a été proposé, est conforme
avec ce qu'on voit, par exemple, au Fonds de solidarité.
Donc,
c'est un programme qui est efficient et qui met en place, pour les hauts
dirigeants, un alignement d'intérêts parce que le bassin de talents
qu'on doit recruter provient d'un milieu qui est rémunéré de cette façon-là.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Robert-Baldwin.
M. Leitão : Merci, M. le Président. Ce programme-là, qui
s'appelle le RILT — mais
je ne ris pas — il
me semble qu'il n'est pas approprié
pour un organisme comme Investissement
Québec. Investissement Québec n'est pas le Fonds de solidarité,
Investissement Québec n'a pas comme mandat de générer des profits. IQ n'est pas
un fonds d'investissement. Dans un tel scénario, M. le Président, moi,
je vous soumets qu'une rémunération variable n'est pas appropriée.
Le Président :
M. le ministre de l'Économie.
M. Fitzgibbon :
M. le Président, je vais respectueusement dire au député de Robert-Baldwin que
c'est un peu réducteur de ne pas penser que
les gens d'Investissement Québec, qui servent le Québec, ne soient pas
rémunérés comme les gens, par exemple, du Fonds de solidarité. Je pense
que c'est très réducteur.
Deuxièmement,
le critère d'évaluation de la bonification long terme, qui est triennale, donc,
pour amenuiser les cycles, est basé sur des indicateurs qui sont propres au
gouvernement : l'investissement en entreprise, l'investissement direct
étranger et le rehaussement du salaire moyen des employés. Donc, c'est conforme
avec ce qu'on veut créer au Québec, et qu'Investissement Québec est une
partie importante de ce rouage-là.
Puis je pense qu'on doit rémunérer les gens comme le marché le dicte.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Robert-Baldwin.
M. Leitão :
Plusieurs choses, M. le Président, mais le temps va manquer. Tout d'abord, si
on applique cette optique-là, alors,
qu'est-ce qu'on dirait des dirigeants d'Hydro-Québec, de la SAQ? Les organismes
publics, les sociétés d'État doivent
se conformer différemment que les sociétés privées. De plus, et c'est ça qui me
dérange le plus, M. le Président, c'est
qu'avec ce changement les hauts dirigeants d'Investissement Québec vont voir
leur salaire, leur rémunération doubler, doubler. Il n'y a personne au
Québec, en pleine pandémie, qui a vu sa rémunération doubler.
Le Président :
M. le ministre de l'Économie.
M. Fitzgibbon :
Bien, encore une fois, M. le Président, je pense qu'il faut comprendre. La
réforme d'Investissement Québec, le p.l. n° 27
qui a été adopté par la Chambre ici au mois de décembre 2019, faisait état
que nous voulons voir Investissement Québec comme un bras porteur de
développement économique. L'ambition du gouvernement pour le Québec est
majeure, et, pour y arriver, il faut avoir les ressources.
Alors,
je pense que... encore une fois, de rémunérer les gens d'Investissement Québec
comme on voit dans le marché, par
exemple le Fonds de solidarité, qui fait
partie de la FTQ, je pense que ce
n'est pas inapproprié. Au contraire, on veut une culture de performance, on veut avoir des offres concurrentielles
pour recruter chez Investissement Québec du talent. Et je pense que le
programme est très approprié.
Le Président :
Question principale, M. le député de La Pinière.
M. Barrette :
M. le Président, rappelons ce que le député de La Peltrie, dit «le
shérif», disait dans l'opposition : Ce qui écoeure les Québécois, c'est le gaspillage des fonds publics, et,
à chaque fois qu'on pose des questions, il n'y a personne pour y
répondre.
comprend le gré à gré dans les vraies urgences, comme pour l'achat d'équipement
de protection, et on comprend aussi
l'importance fondamentale de la procédure d'appel d'offres au moins pour éviter
les malversations. L'appel
d'offres devrait être la norme, et le gré à gré, l'exception.
Or, quand on regarde
les contrats conclus durant la pandémie en technologies de l'information, ils
ont été octroyés en gré à gré, que ce soit
pour des services, du soutien, de la formation, de l'infonuagique, de l'achat
de tablettes, à l'Environnement, à la Justice, aux Transports ou ailleurs, que
ce soit pour des contrats de milliers de dollars ou de millions de
dollars, TI semble avoir égalé gré à gré.
est là ce matin, M. le Président. Est-ce
que le ministre délégué à la Transformation numérique peut nous confirmer que, pour lui, en TI,
c'est la fin des appels d'offres?
Le Président :
M. le ministre délégué à la Transformation numérique.
Caire : Bien, M. le Président, simplement signaler que, factuellement, dans le volume de contrats de
gré à gré qui a été relaté dans les médias, c'est 31 % des contrats
de gré à gré qui sont des contrats en TI.
Il faut comprendre aussi que, dans un processus
d'appel d'offres... On va en appel d'offres lorsque c'est dans l'intérêt du public. Or, beaucoup de contrats en TI sont des
contrats d'applications qui servent dans des systèmes de mission, pour lesquels changer le système de mission représente une
hypothèque qui est beaucoup plus importante que de continuer à travailler avec
le même système, que ce soit au niveau des opérations, que ce soit au niveau de
la compatibilité, que ce soit au niveau de l'utilisation.
Donc,
M. le Président, il est clair que nous souhaitons que l'appel d'offres demeure
la norme. Puis je vais rappeler aussi au député de La Pinière et aux
collègues que l'Assemblée nationale a mis en place l'agence des marchés publics.
Je signale aussi à mon collègue que les oppositions se sont battues, à l'époque,
pour que son dirigeant soit nommé par l'Assemblée
nationale, pour en assurer une pleine et entière indépendance. Et, s'il y avait
quelque malversation que ce soit, l'Autorité des marchés publics est là
pour veiller au grain.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de La Pinière.
M. Barrette :
M. le Président, peu de gens savent que le gouvernement du Québec est
propriétaire et gestionnaire d'un
parc d'aéronefs. On en achète neufs et des usagés. Et, à
part
l'avion-ambulance, on imagine mal les urgences qui justifient un achat
de gré à gré. Pourtant, c'est ce qui est arrivé.
ministre des Transports peut-il nous expliquer l'urgence de dépenser de gré à
gré 13 millions de dollars pour acheter un hélicoptère pas en
santé, qu'en plus on a acheté en Ontario?
Le Président :
M. le leader adjoint du gouvernement.
Caire : Bien, dans la situation de l'aéronef, M. le
Président, il y avait effectivement une situation d'urgence qui faisait en sorte que le gouvernement du Québec
devait se doter de ce type d'appareil là de façon rapide, et c'est ce qui a
expliqué la procédure en question.
Ceci étant dit, je
réitère... Puis, M. le Président, on semble faire fi de cet état de situation
là. Je rappelle que l'Assemblée nationale,
grâce au travail des oppositions à l'époque, s'est dotée d'une autorité des
marchés publics dont le dirigeant est nommé par l'Assemblée nationale,
totalement indépendant du gouvernement, justement, M. le Président, pour s'assurer de cette capacité-là à trouver les
contrats ou à voir les situations où il pouvait y avoir malversation. Donc,
si le député pense qu'il y a malversation...
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de La Pinière.
M. Barrette :
Maigrissime explication. M. le Président, en 2015, le précédent gouvernement
avait mis en place un projet pilote sur le traçage des terres
contaminées, un succès. La CAQ a d'ailleurs continué là-dedans.
Alors,
est-ce que le ministre de l'Environnement pourrait nous expliquer pourquoi, en
plein dans la pandémie, le 20 mars 2020,
il y avait urgence d'octroyer un contrat de gré à gré de plus de
500 000 $ pour élaborer un cadre de référence pour la gestion
des terrains contaminés de l'État. C'était quoi, l'urgence?
Le Président :
M. le leader adjoint du gouvernement.
Caire : M. le
Président, encore une fois... Non, mais, M. le Président, on parle de
3 000 contrats. Je pense qu'il n'y
a personne ici qui s'attend à ce que nous ayons une connaissance fine de chacun
des 3 000 contrats, ce qui nécessiterait sans doute d'en analyser plusieurs à tous les
jours, ce qui serait probablement un travail à temps plein. Puis probablement
qu'on s'attend d'un ministre qu'il fasse autre chose que ça.
Je réitère...
Parce que, là, le député de La Pinière met la balle en jeu : tel
contrat, tel contrat. S'il pense qu'il y a eu malversation, qu'il le dise.
Sinon, ça, ça s'appelle aller à la pêche. Et, si jamais il veut aller à la
pêche, grand bien lui fasse, mais il y a l'Autorité des marchés publics
qui est là pour s'assurer que ces contrats-là répondent aux normes.
Le Président : Question
principale, Mme la députée de Duplessis.
Mme Richard : Merci, M. le Président. M. le Président, c'est
triste qu'au Québec on tolère encore que trop de nos aînés qui vivent dans certaines RPA subissent de la maltraitance,
des soins d'hygiène inadéquats, des services payés mais non rendus. Puis
il n'y a personne d'imputable, en plus.
On a appris
récemment ce qui s'est passé au Manoir Liverpool, à Lévis, au Manoir Laval et
tout juste ici, à Québec, au
Marquisat Montcalm. Quand c'est rendu, M. le Président, qu'on se sert de
débarbouillettes trouées et souillées d'excréments pour laver des
bénéficiaires parce qu'on manque de matériel, c'est indécent puis c'est
vraiment rendu trop loin.
Qu'est-ce que
ça va prendre de plus, M. le Président, pour que la ministre des Aînés réalise
vraiment ce qui se passe dans certaines RPA au Québec?
Le Président : Mme la
ministre responsable des Aînés et des Proches aidants.
Mme Blais
(Prévost) : Alors, M. le Président, je suis d'accord avec la collègue
quand elle dit que c'est incroyable que parfois, dans nos RPA, il y ait
une négligence de cette nature.
Dans le cas de Marquisat Montcalm, le CIUSSS de
la Capitale-Nationale a très bien agi. Il faut savoir qu'on travaille avec des
propriétaires privés, que les personnes signent un bail quand elles entrent
dans ces établissements et que le CIUSSS de
la Capitale-Nationale fait une
enquête quand il se rend compte qu'il y a, par exemple, un signalement de
négligence, de maltraitance qu'ils ont fait.
Et ils ont aussi demandé au personnel du CIUSSS de la Capitale‑Nationale
de veiller 24 heures sur 24, sept jours sur sept sur les personnes
hébergées dans cette RPA. Et maintenant on est en train d'analyser si on va
leur enlever leur certificat, parce que la maltraitance, c'est tolérance zéro.
D'ailleurs,
M. le Président, je vais déposer une nouvelle mouture de la loi concernant la
maltraitance envers les personnes
vulnérables, au printemps, pour que cette loi soit beaucoup plus contraignante
envers toute forme de maltraitance, de
négligence non seulement dans les CHSLD, dans les RPA, dans les RI, dans les
RTF, dans tous les milieux de vie pour aînés.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Duplessis.
Mme Richard : M. le
Président, il y a
un manque flagrant d'inspecteurs dans les RPA, là, c'est sept inspecteurs pour
tout le Québec. 500 visites, en 2019, pour
1 750 RPA. Moi, j'aimerais que la ministre, elle commence par
augmenter le nombre d'inspecteurs,
nommer un protecteur des aînés puis connaître la véritable situation,
vraiment, ce qui se passe dans les RPA. Ce serait vraiment
un bon début, M. le Président.
Est-ce qu'elle peut s'y engager rapidement?
Le Président : Mme la
ministre responsable des Aînés et des Proches aidants.
Mme Blais
(Prévost) : Excellente question de la députée, parce que nous sommes
déjà engagés à mettre sur pied un
bureau des enquêteurs et des inspecteurs, au ministère de la Santé et des
Services sociaux. Avec la loi n° 56, à l'article 42, le ministère de la Santé et des Services sociaux a
obtenu la possibilité de faire des inspections. Auparavant, ce n'étaient que
les CISSS et les CIUSSS. Maintenant, on va
faire des enquêtes. On va annoncer prochainement combien qu'il y aura
d'enquêteurs, combien d'inspecteurs.
On va faire des visites surprises davantage, des visites de vigie, et on va
s'organiser pour que ça ne se produise plus, ces questions de
maltraitance envers nos plus vulnérables.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Duplessis.
Mme Richard : M. le
Président, ça fait des années qu'on
entend ça. Savez-vous, vous et moi, là, si on apprenait que dans certaines de nos garderies, au Québec,
là, nos enfants y étaient négligés, mal nourris, laissés sans surveillance,
moi, je crois que le gouvernement, là, il poserait des actions immédiatement, puis
avec raison. Mais, pour nos aînés vulnérables, les personnes qui sont
sans voix, ça continue de se détériorer jour après jour, puis il n'y a rien qui
change.
Mme la ministre, quand allez-vous mettre fin à ces horreurs et agir rapidement?
Ça fait des années qu'on entend le même discours.
Président : Et on
s'adresse toujours à la présidence. Mme la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants.
Mme Blais
(Prévost) : On va travailler ensemble, je suis tout à fait d'accord.
En 2009, quand j'ai parlé de plan d'action pour combattre la maltraitance, les gens pensaient que ce n'était pas
vrai, la maltraitance envers les aînés, que ça n'existait que pour les
femmes et pour les enfants. Et là on s'est réveillé et on a vu qu'il y en
avait, de cette maltraitance.
En 2009-2010,
on ne voulait pas parler de maltraitance organisationnelle. Il
y a eu une première loi, la loi n° 115, où on parle de maltraitance organisationnelle. À tous les
jours on fait des pas pour empêcher cette maltraitance.
Il va falloir
aussi qu'il y ait une reddition
de comptes encore plus serrée. Quand
on est propriétaire d'une RPA, on n'est
pas propriétaire d'un commerce, on tient la vie des gens vulnérables entre nos
mains. Et on va s'assurer que ce soit encore... On va serrer la vis.
Le Président : Principale,
Mme la députée de Taschereau.
Mme Dorion : Quelques citations des médias : «"J'ai
des patients en fin de vie ici. Il n'y a personne pour m'aider. Il n'y a plus
de médicaments, plus de narcotiques, plus de Versed, plus de morphine, plus
d'oxygène. [...]C'est du gros carnage
humain", s'exclame la femme. En arrière-plan, on entend le bruit constant
des sonneries qui viennent des chambres des malades.» Ça, c'était ce
matin.
«C'était comme un camp de concentration.» Ça,
c'était l'an dernier.
«On ne peut
plus tenir pour acquis que les résidents des CHSLD reçoivent les soins
d'hygiène de base auxquels ils ont droit, déplore la Protectrice du
citoyen dans un rapport dévastateur.» En 2018.
«Sur 40 CHSLD, les inspecteurs ont relevé
des lacunes importantes dans le tiers des centres.» En 2007.
«On avait le
choix entre les bourrer pour aller plus vite ou bien en nourrir plusieurs à la
fois et leur laisser le temps d'avaler.» En 2000.
Sur toutes ces années-là, la ministre des Aînés
a été en poste plus que le tiers du temps.
Le virage radical qu'on attend depuis
20 ans, il est où? L'espoir, il est où?
Le Président : Mme la
ministre responsable des Aînés et des Proches aidants.
Mme Blais
(Prévost) : Je l'ai mentionné à plusieurs reprises ici, M. le
Président, ça fait deux ans que je me préoccupe des CHSLD, parce que ça
fait
partie maintenant des actions que je dois poser.
Dans les CHSLD, quand on en a visité, c'était
mon 104e récemment, c'est là que je me suis rendu compte que, premièrement, les préposés aux bénéficiaires
n'étaient pas assez payés. Et c'est là que le premier ministre a décidé
d'augmenter le salaire des préposés aux bénéficiaires.
On avait
coupé dans les infirmiers, infirmières, dans les préposés, dans les cliniciens
en prévention et contrôle des infections.
On avait coupé aussi dans les personnes qui coordonnent un CHSLD, il n'y avait
pas de gestionnaire sur place. On a
tout fait ça. On a formé 18 000 champions en prévention et contrôle
des infections et on est en train d'augmenter les salaires et des
préposés et de l'ensemble du personnel de la santé.
On est en
train aussi de vouloir reconstruire des CHSLD qui sont vétustes, vétustes, M.
le Président. Il y a certains CHSLD
qui n'ont pas été reconstruits depuis 40 ans. Comment voulez-vous offrir
une qualité de soins et de services avec ces établissements?
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Taschereau.
Mme Dorion : Ce sont des choses
qu'on entend depuis 20 ans. La ministre dit : Depuis deux ans, je me
penche là-dessus. Elle a été en poste beaucoup plus longtemps que depuis les
deux dernières années.
La question
de base, le vrai virage radical à 180 degrés
qu'on attend depuis pas deux ans, depuis 20 ans qu'on a des
rapports du milieu, du terrain, il est où? Il est où, l'espoir?
Le Président : Mme la
ministre responsable des Aînés et des Proches aidants.
Mme Blais
(Prévost) : Je ne comprends pas, M. le Président, pourquoi on revient toujours
avec la question que j'étais
responsable des CHSLD alors que ce n'était pas ma responsabilité. Je ne l'étais pas. J'étais dans le ministère de la Famille et des Aînés, je m'occupais du
vieillissement actif. Maintenant, on m'a donné cette responsabilité-là, et je la prends.
Non seulement ça, on n'a pas conventionné de CHSLD, M. le Président, depuis les
années 80. On est en train de faire
un changement radical, un changement de paradigme. Pourquoi qu'on veut les
conventionner? Pour que les employés aient
un meilleur salaire, pour qu'il y ait une reddition de comptes, pour
faire en sorte qu'on ait des liens beaucoup plus tenus avec les CISSS et les CIUSSS.
Pourquoi? Parce que, dans les CHSLD privés, par exemple, comme Herron, le
CIUSSS de l'ouest... de l'est de Montréal ne pouvait même pas légalement entrer
à l'intérieur du CHSLD privé.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Taschereau.
Mme Dorion : Je suis contente d'entendre le mot «privé»,
«CHSLD privé». Et je veux juste dire aussi que... Qui sont dans les CHSLD? Si la ministre
ne s'en occupait pas avant... C'est qui qu'il y a dans les CHSLD? Elle
était ministre des Aînés.
C'est des aînés qu'il y a dans les CHSLD, en grande majorité.
Mais j'ai un
test, alors, dans ce cas-là : mettre le privé en dehors de ça, reprendre
la responsabilité des soins de santé. On a toujours dit que c'était un service public, que c'est un
choix, au Québec, qu'on ait un service public. Alors, la question test aujourd'hui : Quand est-ce
qu'on met le privé en dehors de ça et qu'on reprend la responsabilité de nos
aînés?
Le Président : Mme la
ministre responsable des Aînés et des Proches aidants.
Mme Blais (Prévost) : Ce n'est
pas une question test, M. le Président. Ça fait deux ans qu'on est en
pourparlers justement pour conventionner les CHSLD. On en a
conventionné un à Waterloo, le CHSLD Courville. On va en conventionner
un autre.
Premièrement, ça prend des sous pour le faire. On a de l'argent
qui arrive pour faire... Bien, on l'a depuis le premier budget, on est en train d'en conventionner. Ce
n'est pas si simple que ça, mais nous allons y parvenir, M. le Président. Pourquoi? Parce qu'on veut une reddition de comptes, on veut des
meilleurs soins, services de qualité.
Et auparavant on achetait des places au plus bas
soumissionnaire. Pensez-vous qu'on pouvait donner la même qualité de soins et de services à nos personnes
aînées quand un CHSLD recevait 185 $ par jour, comparativement à
250 $?
Le Président : Question
principale, Mme la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols :
Dans son rapport annuel, la Commission municipale du Québec indique une
augmentation de 400 %, les
divulgations en éthique et déontologie. Il y a de nombreux cas préoccupants
dans le milieu municipal, des jugements, des enquêtes policières et
administratives concernant les élus municipaux sur des sujets pas très
reluisants comme les tentatives d'ingérence dans l'octroi de contrats, les
conflits d'intérêts, l'utilisation des ressources de la ville à des fins
personnelles.
Dans
Chaudière-Appalaches, un conseiller a voté pour l'octroi d'un contrat à sa
propre entreprise. En Montérégie, un
maire est soupçonné d'avoir utilisé son droit de veto pour s'avantager
personnellement. Plus spécifique : le maire déchu de Saint-Jérôme qui reçoit une allocation de
départ de 36 000 $; l'ancien maire de Terrebonne qui présente des
factures de plus de 1 million de
dollars à se faire rembourser alors qu'il fait face à des accusations de
corruption et collusion; deux
mairesses, Pointe-Calumet, Sainte-Marthe-sur-le-Lac, qui ont tenté de faire
annuler des contraventions pour des proches.
Est-ce que
l'éthique et la déontologie dans le milieu municipal est une priorité pour le
gouvernement de la CAQ?
Le Président : Mme la
ministre des Affaires municipales.
Mme Laforest :
Oui, merci pour la question. Très heureuse de cette question-ci également,
parce qu'on a déposé, en arrivant, le projet de loi n° 49,
projet de
loi sur l'éthique et la déontologie en milieu municipal, projet de
loi tellement important. On a
quelques projets de loi qu'on a étudiés ensemble, dont le projet de loi qui a
traité des inondations, qui était essentiel également. Alors, les
projets de loi n'arrêtent pas. C'est sûr que ça se passe très bien.
Premier
gouvernement qui dépose un projet de
loi sur l'éthique et la déontologie en
milieu municipal. Depuis que je suis arrivée, tout le monde l'a vu,
évidemment, ce n'est pas long, quand ça se passe mal dans une municipalité, le Commissaire à l'intégrité municipale est envoyé,
et la Commission municipale travaille, également, immédiatement dans les municipalités. Si on
fait le résumé depuis deux ans, moi, j'invite ici les parlementaires à regarder
que, depuis deux ans, dès qu'il y a
un questionnement dans une municipalité, on n'attend pas. Et le projet de loi
éthique et déontologie, le projet de
loi n° 49, viendra sous
peu. On parle du projet de loi élections, on a des urgences, mais, oui, on va
traiter l'éthique dans les municipalités. C'est ma
priorité.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols :
Le 49 a été déposé à l'arrivée de la CAQ. Depuis, rien de fait malgré que la
ministre admette qu'il reste du travail à faire,
promettait de serrer la vis et aussi assurait de faire adopter le projet de
loi. Mme Danielle Pilette, spécialiste
en gestion municipale, porte à notre attention que les pires situations à
risque pour la corruption et la collusion sont souvent la proximité entre les élus et les promoteurs immobiliers,
l'octroi de permis et les changements de zonage. J'ai des cas bien
précis en tête. Combien avons-nous besoin d'en citer avant que ce gouvernement
caquiste agisse?
Le Président :
Mme la ministre des Affaires municipales.
Mme Laforest :
Écoutez, M. le Président, on n'a même pas besoin de les citer, on est là
avant... Regardez qu'est-ce qui s'est passé dans certaines municipalités. Comme je le disais,
Chambly, quand je suis arrivée en poste, ça faisait des années qu'on discutait d'une certaine
problématique. Qu'est-ce qu'on a fait? On est allés tout de suite. Les autres
municipalités, on arrive même avant,
parfois, que les médias le sachent. Ça fait que c'est important de savoir qu'on
arrive en amont dans les municipalités.
Autre chose, écoutez, je le dis
ici, quand même, je suis fière, j'ai gagné les heures en commission
parlementaire, 152 heures pour un projet de loi. Alors, c'est sûr que moi,
j'invite à collaborer dans nos projets de loi. Plus on va aller vite — là, on commence le projet de loi élections — et plus on va arriver au projet de loi
n° 49. J'ai vraiment hâte, parce que l'éthique, ça me ressemble
vraiment. Merci.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols : Vite, vite, vite,
ce n'est pas la solution, M. le Président. À la suite du reportage de TVA
portant sur les propos tenus par le chef de
cabinet du maire de la ville de Terrebonne, la ministre a été très rapide pour
indiquer sur les réseaux sociaux que
le Commissaire à l'intégrité municipale et aux enquêtes était pour s'enquérir
de la situation. Le cas de Terrebonne est très préoccupant
mais surtout comparable à la situation de Saint-Jérôme.
Est-ce que
la ministre des Affaires municipales peut rassurer la population en indiquant que le même processus que Saint-Jérôme
sera appliqué à Terrebonne?
Le Président : Mme la
ministre des Affaires municipales.
Mme Laforest :
Oui. Oui. De toute manière, tout le monde est au courant, qu'est-ce qu'on a
fait à Terrebonne. Dans la demi-heure après qu'on ait entendu qu'est-ce qui
s'était dit dans la municipalité de Terrebonne, tout de suite on a demandé au Commissaire à l'intégrité municipale de se déplacer et de voir qu'est-ce qui se passait dans la ville de
Terrebonne. Il va y avoir
possiblement une enquête. On va attendre que l'enquête se détermine,
évidemment, qu'on reçoive un rapport. Mais, encore là, vous le voyez,
même dans la municipalité de Terrebonne on est arrivés tout de suite.
Alors, moi,
ce que je demande, c'est qu'on étudie rapidement le projet de loi n° 49.
Mais je dis toujours «rapidement», c'est
évident, parce que, dans une commission parlementaire, jouer sur les virgules
et les majuscules... Il faut être prudent, mais, oui, il faut avancer,
évidemment. Merci.
Le Président : Question
principale, M. le député de Rosemont.
M. Marissal :
Merci, M. le Président. Avec les libéraux, on avait un gouvernement de médecins
qui a fait sauter la banque pour les
médecins. Aujourd'hui, on a un gouvernement de banquiers qui fait sauter la
banque pour les banquiers. Le ministre
de l'Économie semble croire qu'Investissement Québec, c'est une banque privée.
Il y a d'ailleurs nommé son bon ami Guy LeBlanc, avec un très gros
salaire.
On apprend maintenant que les
vice-présidents pourront gagner, eux aussi, jusqu'à 1 million. Pendant ce
temps, les enseignantes attendent
leur modeste augmentation et préparent même des moyens de pression. Les
fonctionnaires se font offrir des
pinottes. Le gouvernement refuse obstinément de hausser le salaire minimum à un
niveau convenable. Quant aux infirmières, leur seule prime, c'est de
faire du temps supplémentaire obligatoire jusqu'à l'épuisement.
Est-ce
que le gouvernement réalise qu'il est en train de créer des iniquités
indécentes et que le gouvernement n'est pas une business, que le ministre
n'est pas le président d'un conseil d'administration?
Le Président :
M. le ministre de l'Économie.
M. Fitzgibbon : M. le Président, je vais devoir répondre la même
chose que j'ai répondue au député de Robert‑Baldwin. Le gouvernement du Québec a des ambitions énormes
pour le développement économique du Québec. Le premier ministre l'a dit à maintes reprises, l'écart de richesse
que nous avons avec nos voisins du Sud, de l'Ouest doit être comblé.
Pour
ce faire, Investissement Québec doit devenir le bras de développement
économique du Québec. On a fait un balisage
complet du Québec, comment on paie ces gens-là, et on a considéré, par exemple,
que le Fonds de solidarité, qui fait
partie de la FTQ, était un bon balisage.
Alors,
la rémunération, balisée par des experts, qu'on offre aux gens d'Investissement
Québec est à la mesure des ambitions du gouvernement pour le
développement économique du Québec. Le bassin de population qu'on doit aller attirer chez Investissement Québec provient de secteurs comme ceux-là. Alors, si on
veut avoir des outils à la mesure de nos ambitions, il faut rémunérer les gens en conséquence, ce qui n'empêche
pas qu'il faut qu'il y ait une équité avec d'autres professions, mais, pour le mandat d'Investissement Québec sous le p.l. n° 27,
il fallait avoir les bonnes ressources, ce que nous faisons.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Rosemont.
M. Marissal :
Quelques chiffres, M. le Président. Les dernières offres du Conseil du trésor
aux professionnels de l'État : 5 % sur trois ans. Un autre chiffre :
plus de 4 000 infirmières ont démissionné entre mars et décembre 2020.
Environ 20 % des jeunes enseignantes quittent la
profession avant d'avoir atteint cinq ans d'ancienneté, M. le Président.
question : Il est où, le régime d'intéressement à long
terme pour ces gens qui sont sur la première ligne des services publics
et qui servent, eux aussi, le Québec?
Le Président :
M. le ministre de l'Économie.
M. Fitzgibbon : Écoutez, je ne peux pas parler au nom des autres ministères.
Ce que je vais dire, c'est qu'au
niveau de l'équité il faut toujours regarder dans quel bassin de talents
on doit recruter.
Alors, je vais
revenir à Investissement Québec. Si on veut gagner contre les autres
juridictions, on se bat contre d'autres juridictions pour avoir des filières
stratégiques, je pense à la batterie, entre autres, ainsi de suite, il faut
avoir les ressources humaines qui sont justifiées, qui sont capables de livrer
nos ambitions. Alors, quand on regarde le talent qu'on doit avoir chez Investissement
Québec, où on va le recruter, bien,
je pense que le concept qui a été mis en place, de balisage, il est adéquat, et on a une
rémunération, chez Investissement
Québec, qui est conforme avec le
marché dans lequel nous devons recruter.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Rosemont.
M. Marissal : J'espère que le ministre n'est pas en train de
dire que les gens qui sont là en ce moment, c'est des pas bons puis des sans talent, là, j'espère, parce que
ça sonne un peu comme ça, là. Mais je vais lui citer la Vérificatrice générale. Il n'est pas obligé
de me croire, moi, puis de toute façon ça n'arrive pas souvent, je lui cite la Vérificatrice
générale : «...comment peut-on
expliquer qu'il soit plus important d'attirer et de retenir les talents pour
gérer [les] activités de nature commerciale que pour voir à d'autres
enjeux de société que je considère à tout le moins comme aussi importants, tels
[...] l'éducation des jeunes, la santé de la population et la gestion de la
dette publique?»
Que répond le ministre
à la Vérificatrice générale?
Le Président :
M. le ministre de l'Économie.
M. Fitzgibbon : Encore une fois, je pense qu'il est clair que le gouvernement, dans ses fonctionnaires, dans les sociétés d'État, doit avoir
une rémunération qui est conforme à ce qui se passe dans le marché. Alors, les
marchés sont différents.
Alors, comparer l'éducation aux finances, à la santé, il y a un marché qui est
différent, hein? Le ministère de
l'Économie, moi, je suis responsable de la
livraison des objectifs du gouvernement, et on doit avoir des munitions dans
notre batterie ou la charge de la
batterie adéquate. Alors, je peux juste répondre que ce qui est fait au niveau
d'Investissement Québec est conforme
à ce qui est dans le marché. Et nous devons être performants. Conséquemment, on
met les programmes en place.
Le Président :
Question principale, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Merci, M.
le Président. 10 demandes envoyées
aux agences de placement faisant affaire avec le CISSS mentionnant «un PAB [de] couleur blanche», «femme blanche seulement»,
«doit être une femme blanche», «la ressource devrait avoir la peau
blanche». Ces écrits sont alarmants et sont une fois de plus la démonstration
d'un grave problème de discrimination et de racisme systémique dans le réseau
de santé.
Mais c'est seulement
la pointe de l'iceberg, M. le Président. Je me lève aujourd'hui pour citer
cette situation horrible publiée dans La Presse ce matin,
mais ce n'est pas juste ça, c'est le Principe de Joyce, c'est ce qui est arrivé
à l'hôpital de Joliette et c'est des centaines et des... 1 000 autres
cas qui ne sont pas publiés. Il y a
tant de personnes qui vivent des
actes de racisme en silence, dans la peur et la honte, et dont on ne parle pas
dans les médias. Quand ça circule ouvertement
comme ça dans un CISSS, c'est le système qui a un problème, c'est du racisme
systémique, et c'est un test de leadership pour le ministre et le
gouvernement.
C'est quoi, le plan
d'action précis pour adresser le problème?
Le Président :
M. le ministre de l'Environnement.
M. Charette :
Merci, M. le Président. Merci à la collègue pour la question. Quand j'ai lu le
texte, ce matin, j'avais un goût très
amer dans la bouche, d'autant plus que c'est dans ma propre circonscription que
cet épisode s'est produit. Je me suis
empressé de contacter la P.D.G. du CISSS, qui, elle, m'a avoué avoir été
complètement décontenancée aussi par la nouvelle lorsqu'elle a été
informée de la situation, hier.
Donc, aussitôt, une
enquête a été réclamée. Une enquête est en cours pour voir exactement ce qui
s'est produit. Ce que l'on peut soupçonner à
ce moment-ci, c'est clairement un manque de formation au niveau des ressources.
On a voulu prendre soin d'un homme très malade, avec des problèmes cognitifs
importants, qui pouvait être violent, donc un homme dont on ne peut pas tenir responsable... Mais, en même temps, on a
brimé très clairement les droits civiques d'employés, qui n'ont pas pu
postuler pour répondre à cette offre d'emploi ou pour combler ce poste.
Donc,
situation troublante, agissements complètement déplacés, mais, avant de
conclure à un geste raciste, il faut attendre
les résultats d'enquête. Et soyez assurés que je vais m'y attarder. Et, si ça
devait s'avérer, le jugement sera sans appel.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone :
Merci de la réponse, mais c'est plus qu'une enquête qu'on demande, on demande
vraiment des actions. On n'aurait jamais vu un affichage qui indique :
On a besoin d'une personne noire ou une personne autochtone. Ça s'affiche ouvertement raciste. Il y a un problème
de racisme systémique, de ne pas le nommer, c'est de le nier puis de ne
pas adresser le problème. Non seulement que c'est inapproprié puis c'est
inacceptable, c'est illégal.
Quelle
action précise est-ce que le ministre va prendre pour adresser le problème et
régler qu'est-ce qui se passe dans le réseau?
Le Président :
M. le ministre responsable de la Lutte contre le racisme.
M. Charette :
La question est pertinente, mais il faut faire attention au choix des mots. Avant
de conclure au racisme, attendons les résultats de l'enquête. Moi, j'ai
deux médecins spécialistes gériatres qui, ce matin, donnent des entrevues pour répondre à la question. On parle d'une situation
particulière, sans doute une préposée qui doit être en accompagnement un
à un, 24 heures par jour, donc, s'il y a des enjeux de sécurité, il faut
les adresser.
Cependant,
l'affichage était maladroit. Il y a des possibilités, au sein d'une équipe,
d'accommoder, de réagir en fonction de l'état d'un patient gravement malade.
Donc,
attention avant de crier au racisme. Mais, oui, l'annonce était clairement,
clairement inappropriée, et le choix des mots était tout
à fait inexcusable.
Le Président : Mme la députée
de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Faire attention aux mots, M. le Président? «Femme blanche seulement», «doit
être une femme blanche», «devrait
avoir la peau blanche», «un PAB [de] couleur blanche». Je pense que c'est au
CISSS de faire attention aux propos
puis les mots qu'il utilise puis c'est au ministre d'agir puis de reconnaître
qu'il n'y a pas plus un autre exemple pur et dur du racisme systémique.
J'ai évoqué
le «tip of the iceberg», M. le Président. Il faut envoyer une bombe à qu'est-ce
qu'on ne voit pas en dessous de l'eau,
il faut agir. J'aimerais voir que... Le ministre, il dit qu'il est perturbé.
Bien, je suis estomaquée. Il faut agir au nom de ces personnes.
Le Président : M. le ministre
responsable de la Lutte contre le racisme.
M. Charette :
Je connais l'approche libérale en la matière. Je rappellerai que j'ai dit
d'entrée de jeu que j'étais dégoûté. Je
rappellerai que, d'entrée de jeu, une enquête a été commandée. Je rappellerai
que, d'entrée de jeu, j'ai mentionné que la P.D.G. du CISSS elle-même
était dégoûtée par la situation.
Mais
attention aux conclusions, attention aux conclusions. Écoutez les gériatres
concernés qui prennent la parole ce
matin. C'était déplacé, un choix de mots inacceptable, mais attention avant de
condamner. Et, si nous devons condamner, nous condamnerons.
Et, parce que
le choix des mots est important, comme le dit si bien le Parti libéral, qu'il
se dote, comme tel, d'un porte-parole en matière de lutte au racisme, ce
qui n'est même pas le cas au Parti libéral.
Le Président : Question
principale, Mme la députée de Fabre. La parole vous appartient.
Mme Sauvé : M. le Président, dans la dernière année, des
milliers de Québécois ont perdu la vie face à la COVID. Nous avons tous entendu des histoires d'horreur
d'aînés morts déshydratés et privés de leurs proches encore dans La Presse
ce matin. Ces familles veulent comprendre et veulent savoir ce qui s'est passé.
Le Protecteur
du citoyen et le coroner ont rapidement décidé de faire la lumière, mais il
aura fallu attendre plusieurs mois
avant que le gouvernement décide finalement de mandater la Commissaire à la
santé et au bien-être d'étudier la question, un mandat limité, sans réelle indépendance, avec des ressources limitées
et fait derrière des portes closes. Voilà ce que le gouvernement offrira
comme réponse aux familles des victimes de la COVID, des milliers d'aînés.
Nous avons
demandé à plusieurs reprises au gouvernement de déclencher une vraie commission
d'enquête publique indépendante.
M. le
Président, si le gouvernement rejette systématiquement les arguments de
l'opposition, que répond la ministre des
Aînés lorsqu'on affirme que le gouvernement a plus de 10 000 raisons
de le faire, soit le nombre de femmes et d'hommes qui sont décédés de la
COVID?
Le Président : Mme la
ministre responsable des Aînés et des Proches aidants.
Mme Blais (Prévost) : M. le
Président, je suis contente de répondre à cette question parce que, bien sûr,
il y a Mme Joanne Castonguay, la
Commissaire à la santé et au bien-être, que le gouvernement précédent voulait
abolir, comme poste — non pas Mme Castonguay, mais le poste de
Commissaire à la santé et au bien-être — alors que le Parti québécois voulait absolument... déchirait sa chemise et
voulait absolument que cette commissaire revienne, que ce commissaire revienne,
ce rôle-là.
Vous savez,
il y a eu des enquêtes. Encore récemment, il y a le Collège des médecins, avec
l'Ordre des infirmières, l'ordre des
infirmières auxiliaires, qui a déposé son rapport avec 31 recommandations,
et nous souscrivons aux 31 recommandations, qu'on a commencé à
appliquer dans la deuxième vague.
M. le Président, on a formé
7 000 préposés, on a augmenté le salaire, on a mis un coordonnateur
par CHSLD, on a formé
18 000 champions en prévention et contrôle des infections, on a
investi de l'argent. Le député de La Pinière avait coupé 43 millions en santé publique, on a
réinvesti en santé publique. Il y a des enquêtes et des rapports constamment.
Ce que nous faisons, M. le Président, c'est d'agir.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Fabre. À vous la parole.
Le Président : S'il vous
plaît!
Mme Sauvé : Ce matin dans La Presse , situation dans
les CHSLD Vigi, l'horreur encore une fois. C'était à pleurer . Réaction de la ministre : «"C'est sûr
qu'on va faire un bilan de tout cela en termes de performance avec eux[...]. On
va s'asseoir avec le président du groupe et on va lui demander pourquoi
ça a mal fonctionné."»
C'est ça
qu'on préfère à une enquête publique indépendante, une intervention à la pièce?
Ça prend tellement plus que s'asseoir autour d'une table, dire :
C'est inacceptable, et juste demander pourquoi.
Le Président : Mme la
ministre responsable des Aînés et des Proches aidants.
Mme Blais
(Prévost) : M. le Président, la députée de Fabre sait pertinemment que
la COVID-19 a touché et les CHSLD
publics, et les CHSLD privés, et les CHSLD privés conventionnés. Oui, il y en a
eu plus à Vigi Santé. Il a manqué de personnel, il a peut-être manqué de
distribution aussi de matériel de protection. Mais le CIUSSS de
l'Ouest-de-l'Île-de-Montréal, du Centre-Ouest, est entré immédiatement, a mis
en place une zone rouge, une zone verte, a essayé de prendre le contrôle. Il y a l'armée qui est venue, il y a aussi
l'Institut de cardiologie. Donc, nous avons été sur place pour faire en sorte de pouvoir contrôler la situation.
Après la pandémie, on va s'asseoir avec les CHSLD privés conventionnés, mais, M. le Président...
Le Président : Question
principale, Mme la députée de Fabre.
Mme Sauvé : M. le
Président, Clovis, 101 ans,
demeure dans la même maison depuis toujours. Il dit : Je suis mieux ici que n'importe où ailleurs. C'est le cas pour
la grande majorité des aînés. Surtout après l'hécatombe dans les CHSLD,
les gens veulent rester chez eux. Ça prend du soutien à domicile. Encore
faut-il pouvoir se le payer.
Il y a 300 000 retraités qui demandent
le crédit d'impôt de soutien à domicile, et ce sont les personnes à faibles revenus qui ont le plus petit montant. Ça fait
deux ans qu'on demande à la ministre des Aînés de voir à réviser... C'est beau,
de parler de soutien à domicile, encore faut-il se le payer.
Depuis l'étude de crédits de 2019 jusqu'à
maintenant : questions à la ministre des Aînés, proposition chiffrée en mars dernier. Lors de l'étude de crédits, en
mars 2019, la ministre a dit : Il
va falloirqu'on revoie ce crédit
d'impôt pour les personnes moins
riches. Bonne idée! Résultat : rien du tout. Après la proposition
chiffrée, silence radio. À l'étude de crédits, en août 2020, silence
radio.
Le Président : Mme la ministre
responsable des Aînés et des Proches aidants, à vous la parole.
Mme Blais (Prévost) : Je suis tout
à fait d'accord avec la députée. On va faire du maintien à domicile vraiment quelque chose d'extraordinaire. Vous savez, M.
le Président, en quatre ans nous
aurons investi 1,4 milliard de dollars pour le maintien à domicile. On s'était engagés à 800 millions, ce sera
1,4 milliard. Oui, on révise le crédit d'impôt pour le maintien à
domicile, c'est essentiel.
Alors, on est
dans la même direction. On veut que les gens restent à la maison le plus
longtemps possible. On parle toujours
des CHSLD. C'est 2,8 % de la population, dans les CHSLD, mais il y a quand
même 90 % des personnes qui vivent à
domicile et près de 8 % dans nos RPA. Donc, oui, on va s'occuper d'offrir
les moyens pour que les gens puissent rester chez eux le plus longtemps
possible.
Le Président : Ceci met fin à
la période de questions et de réponses orales.
Nous passons
maintenant à la rubrique des motions sans préavis. Je reconnais Mme la députée de Saint‑Laurent.
Mme Rizqy : Merci beaucoup, M. le Président. Je sollicite
le consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec la ministre
responsable de la Capitale-Nationale, le député de Jean‑Lesage, la députée
de Gaspé, le député de Chomedey, la députée de Marie-Victorin, le député de Rimouski et le député de Rivière-du-Loup—Témiscouata :
«Qu'à l'occasion de son décès, l'Assemblée nationale du Québec rende hommage à M. Maurice Tanguay, un
grand bâtisseur du Québec, homme d'affaires, homme de coeur et homme de
sports;
«Qu'elle
souligne le succès incontestable qu'a eu M. Tanguay en affaires, notamment
avec la chaîne de magasins, Ameublement
Tanguay, une entreprise familiale dont la fondation remonte à 1961 et qui est
maintenant dirigée par son fils;
«Qu'elle
souligne l'engagement philanthrope dont a fait preuve M. Tanguay et la
fondation qui porte son nom afin d'aider les enfants handicapés, malades
et défavorisés de l'Est du Québec;
«Qu'elle
souligne du même coup tout l'amour dont M. Tanguay a fait preuve envers
ces jeunes, et sa volonté acharnée à vouloir améliorer leur bien-être
ainsi qu'à leurs familles;
«Qu'elle se souvienne
de son engagement à faire la promotion du sport chez les jeunes grâce notamment
à sa participation active à la création du programme de football du Rouge et Or
de l'Université Laval;
«Qu'elle se rappelle également
sa volonté de faire rayonner le hockey à travers le Québec en mettant sur pied
deux franchises de Ligue de hockey junior majeure du Québec, l'Océanic de
Rimouski et les Remparts de Québec;
«Qu'elle offre ses
sincères condoléances à sa famille ainsi qu'à ses proches;
«Qu'enfin, elle
observe un moment de recueillement à la mémoire de ce grand homme.» Merci.
Le Président :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Caire :
Oui, M. le Président, il y a consentement pour un débat de deux minutes dans
l'ordre suivant : Mme la députée
de Saint-Laurent, Mme la ministre responsable de la Capitale-Nationale, M. le
député de Jean-Lesage et Mme la députée de Gaspé.
Président : Alors, je comprends qu'il y a consentement pour
qu'il y ait quatre intervenants et pour que la durée des interventions
soit limitée à un maximum de deux minutes chacune. Et je donne la parole à Mme
la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Merci encore, M. le Président. C'est avec grande tristesse qu'aujourd'hui nous
rendons hommage, en cette Chambre, à M. Maurice Tanguay, décédé le
25 février dernier.
M. Tanguay a
toujours été un homme passionné, que ce soit dans les affaires ou encore dans
ses implications philanthropes et sportives. Un homme d'affaires guidé par son
coeur.
Entrepreneur de
nature, après ses études M. Tanguay se lance en affaires, à l'âge de
22 ans seulement, dans le commerce de
voitures, en inaugurant un concessionnaire à Montmagny. Par la suite, il se
lance aussi en affaires... dans le début des années 60, il ouvre un
premier commerce dans le domaine de l'ameublement à Lévis. Ce premier magasin,
comme nous le savons, s'est vite multiplié. L'entreprise familiale
Ameublements Tanguay s'est déployée à travers le Québec. L'entreprise qu'il a fondée emploie encore
aujourd'hui environ 1 300 employés dans une dizaine de magasins à
travers le Québec. Son entreprise est
maintenant dirigée par son fils Jacques Tanguay, ce qui aura toujours été une
grande fierté pour M. Maurice Tanguay.
Pour M. Tanguay,
avoir du succès en affaires, c'est bien, même très bien, mais ce n'est pas
tout. M. Tanguay a toujours eu un grand
coeur et était très conscient que le succès qu'il a eu en affaires n'était pas
accessible pour tous. Guidé par sa
conscience sociale très forte, il a décidé de lancer la Fondation
Maurice-Tanguay en 1991. Sa fondation a toujours été, à l'image de ce grand homme, généreuse envers les jeunes qui vivent
de grandes difficultés. À travers les années, la fondation est venue en aide à plusieurs jeunes avec des handicaps
physiques et mentaux. La fondation a aidé à la construction de plusieurs infrastructures adaptées aux jeunes
dans des situations... à travers le Québec, en plus de leur offrir des soins
adaptés à leurs besoins.
Rappelons-nous, à
titre d'exemple, ce triste accident de voiture à Rimouski, en 2019, où un père
de famille de six enfants a perdu la vie.
Cette tragédie avait secoué et ému tout le Québec. M. Maurice Tanguay
s'est alors empressé de créer un
fonds de 200 000 $, car il était soucieux d'offrir un baume pour le
coeur à cette famille endeuillée qui allait passer un premier Noël sans papa. Ceci n'est qu'un
exemple pour illustrer toute l'oeuvre qu'il a faite avec sa fondation au cours
des 30 dernières années. Pour lui, aider les gens, et particulièrement les
jeunes, a été sa plus grande fierté.
fondation est encore active aujourd'hui et a pris beaucoup d'essor grâce à son réseau
et surtout au leadership de M. Tanguay.
Il a d'ailleurs lancé l'Omnium de golf Maurice Tanguay, qui lui permettra de
financier la fondation pendant les
cinq premières années d'existence. Mais, pour s'assurer de pérenniser les
activités de la fondation, il lancera par la suite d'autres initiatives, comme le tirage de la Maison
Tanguay. Ces initiatives démontrent qu'il souhaitait que la fondation continue
sa mission bien après son départ.
M. Tanguay
était aussi un passionné de sport et a été fortement impliqué dans le
développement du sport, dans le développement de plusieurs programmes
sportifs, que ce soit ici, à Québec, avec la création du programme de football Rouge et Or, et aussi, évidemment, le retour des
Remparts à Québec, mais l'Est du Québec n'est pas en reste. On ne peut
passer sous silence la création, à Rimouski, du club de hockey junior majeur
L'Océanic.
Avec
tous ces accomplissements, M. Tanguay a bien mérité tous les honneurs
qu'il a reçus au cours de sa vie, et ils sont nombreux, les honneurs. Il
a été nommé membre de l'Ordre du Canada et officier de l'Ordre national du
Québec pour son implication sociale et
philanthropique. Il a également été intronisé au Temple de la renommée de la
Ligue de hockey junior majeur du Québec à
titre de bâtisseur. Il a été
aussi intronisé au Panthéon des sports du Québec dans la catégorie Bâtisseur, pour n'en nommer que quelques-uns,
parce que la liste des honneurs est excessivement longue, M. le Président.
Une chose est certaine, c'est que le
Québec a perdu un grand homme, un bâtisseur qui a su être généreux tout au long
de sa vie. Bien qu'il ait été un as en affaires, un roi du sport, sa plus belle
carte restera dans bien des coeurs de familles québécoises, plus
particulièrement dans l'Est du Québec, sa carte à
titre de valet de coeur. Vous
allez nous manquer, M. Tanguay.
Le Président :
Merci. La parole appartient maintenant
à Mme la ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale.
Mme Guilbault : Merci beaucoup, M. le Président. Merci à la députée de Saint-Laurent
pour ces bons mots. Effectivement, c'est un bel hommage qu'elle a rendu à
M. Tanguay.
je me rappelle le soir où on a appris le décès de M. Tanguay,
M. Maurice Tanguay, dernièrement, j'étais en train d'assister à un événement virtuel dans la Capitale-Nationale où il y avait
plein de gens de Québec, et donc on s'est tous spontanément dit : Quel monument, quel grand homme vient de
s'éteindre ce soir. Quiconque vient de Québec connaît bien Maurice
Tanguay, mais en dehors de Québec aussi. Et, quand je dis Québec, c'est le grand
Québec. Lui-même était originaire de la
Rive-Sud, et s'est éteint, d'ailleurs, sur la Rive-Sud. Mais c'est le grand Québec,
c'est tout l'Est du Québec, en fait, qui a bénéficié de l'immense héritage et
de, je dirais, la prospérité colossale qu'a engendrés cet homme-là, mais
pas seulement sur le plan économique, pas seulement sur le plan des affaires.
Évidemment,
Tanguay, Ameublements Tanguay, on pense spontanément à Ameublements Tanguay,
une entreprise qu'il a fondée et qui a été extrêmement florissante, entreprise d'ameublement. Mais, en dehors de ça et grâce à
cette prospérité qu'il a acquise en affaires, il a, parallèlement, toujours
souhaité réinvestir dans la communauté.
avait cette grande passion pour les sports, on en a parlé, Les Remparts de Québec,
L'Océanic de Rimouski, qui fait
la fierté du Bas-Saint-Laurent, et le Rouge et Or, à Québec,
avec son fils Jacques. Je parlais justement dernièrement, dans les derniers jours, à son fils Jacques sur un tout
autre sujet, et, encore une fois, on s'est remémoré tout ce qu'ils ont fait, son père
mais cette famille aussi au complet, puisque son fils reprend le flambeau.
Donc, le Rouge et Or à l'Université Laval, encore les gens de Québec sauront
que c'est un de nos fleurons, à Québec. Le Rouge et Or, le football Rouge et
Or, entre autres, et les autres sports aussi, mais parlons du football, en
l'occurrence. Donc, vraiment un grand, grand homme.
Une grande passion pour le sport qui s'est répercutée sur la grande communauté
de Québec et de l'Est du Québec.
Mais
c'était aussi, aussi, et c'est important de le dire, un très grand
philanthrope, un homme d'un grand humanisme, la Fondation Maurice-Tanguay, qui aide les enfants handicapés, malades,
défavorisés, encore une fois, de tout l'Est du Québec. Donc, oui, c'était un homme d'ici, mais qui a toujours fait en
sorte de rayonner à la fois dans son aide, dans da capacité de mener des affaires florissantes et
dans sa passion pour le sport qui auraient rayonné bien plus largement que
la grande région de Québec.
Donc,
je l'ai dit, c'est un monument qui s'est éteint dernièrement, mais son legs,
l'immense legs qu'il nous aura cédé va lui survivre, et je pense que
pour des décennies et des décennies nous rendrons hommage à la mémoire de Maurice Tanguay. C'est un homme qui nous
laisse un héritage absolument admirable tant sur le plan des affaires que sur
le plan communautaire et sur le plan des activités sportives. Donc, merci,
M. Tanguay. Encore une fois, toutes nos condoléances,
au nom de mon gouvernement et de tous les parlementaires, toutes nos
condoléances à la famille de M. Tanguay. Merci de tout ce que vous
avez fait pour nous.
Le Président :
La parole appartient maintenant au député de Jean-Lesage.
M. Zanetti :
Merci, M. le Président. Alors, au nom de ma formation politique, je tiens à
offrir mes condoléances à la famille et aux proches de M. Maurice Tanguay.
se rappellera de cet homme, oui, pour ses grands magasins de meubles, évidemment,
mais aussi pour sa grande contribution
dans le sport au Québec. En 1957, il a fondé le club de hockey junior à Montmagny et des équipes de baseball à Québec. En 1995, il était impliqué dans le
déménagement d'une franchise de hockey junior qui deviendra L'Océanic de
Rimouski. Il a même participé à la naissance
de l'équipe de football du Rouge et
Or de l'Université Laval. Et, je peux vous dire une chose, après le départ des Nordiques, en 1995, qui a laissé un
grand trou et qui a laissé un grand deuil pour les sportifs et les sportives de la capitale, c'était
vraiment quelque chose qui a fait du bien et qui a pu venir amener un peu de
joie dans cette période-là.
faut le rappeler, la Fondation Maurice-Tanguay a permis d'aider énormément de
jeunes qui ont été, malheureusement, laissés pour compte par l'État du Québec.
homme d'action a laissé un souvenir mémorable à ses collègues, à ses amis, à
tous ceux et celles qui ont eu la chance de le côtoyer le long d'une
carrière politique bien... pardon, une carrière bien remplie.
J'offre
encore une fois mes condoléances à son épouse, à ses enfants, à ses
petits-enfants et à toute sa famille. Merci, M. le Président.
Le Président :
Mme la députée de Gaspé.
Mme Perry
Mélançon : Merci, M. le Président. Pour se lancer en affaires, il faut de l'audace, du flair, de la
vision. Ces qualités habitaient
M. Maurice Tanguay, à n'en pas douter, mais, à entendre celles et ceux qui
l'ont connu et côtoyé, il en possédait une foule d'autres parmi les plus
appréciables.
Dès l'annonce de son décès, le 26 février
dernier, les hommages se sont immédiatement multipliés et ils étaient sincères, sentis. On a souligné le grand coeur de
M. Tanguay, sa générosité, son humanisme. Ayant eu du succès en affaires,
il a souhaité faire profiter de sa bonne
fortune aux autres, aux jeunes, surtout, et plus souvent qu'autrement dans
l'ombre, comme le ferait naturellement un membre de la famille.
La scène sportive lui doit énormément aussi. En
vrai passionné, il a contribué à l'essor de plusieurs équipes de hockey mineur, entre autres, et de junior majeur
également, comme l'équipe de L'Océanic de Rimouski, qui, finalement, est très appréciée et représente tout l'Est du Québec, étant l'équipe la plus près. Donc, il fait même
partie du Temple de la
renommée de la Ligue de hockey junior majeur du Québec.
L'éducation
était également pour lui une vertu cardinale. Le campus de Lévis de l'Université du Québec à Rimouski, c'est en
partie son oeuvre.
Il est donc
particulièrement difficile de résumer en si peu de temps une vie aussi remplie
ayant amené autant de bienfaits.
Maurice Tanguay a non seulement semé le bonheur autour de lui sa vie durant, il
a en outre réussi à transmettre ses valeurs à ses proches, à ses
collaborateurs, qui lui ont toujours été dévoués.
Au nom du Parti québécois, j'adresse mes plus sincères condoléances aux membres de la famille et
aux nombreux amis de M. Tanguay. Il vous manquera, cela ne fait
aucun doute, mais soyez certains qu'il ne sera jamais oublié. Le souvenir des
bâtisseurs de sa trempe, il est impérissable. Merci, M. le Président.
Président : Et
j'invite maintenant les leaders parlementaires ainsi que les députés
indépendants à m'indiquer leur vote sur cette motion. M. le leader de
l'opposition officielle?
Le Président : M. le leader
adjoint du gouvernement?
Le Président : M. le leader
du deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois : Pour.
Le Président : M. le leader
du troisième groupe d'opposition?
Le Président : M. le député
de Chomedey?
Le Président : Mme la députée
de Marie-Victorin?
Président : Je vais
vous demander maintenant de vous lever pour observer une minute de silence à la
mémoire de M. Maurice Tanguay.
• (11 h 9
h 10) •
Le Président : Je vous
remercie. Veuillez vous asseoir.
Je reconnais maintenant M. le député de Jean-Lesage.
M. Zanetti : M. le Président, je demande le consentement de
cette Assemblée pour débattre de la motion suivante conjointement avec
le chef du troisième groupe d'opposition, la députée de Marie-Victorin et le
député de Chomedey :
«Que
l'Assemblée nationale prenne acte du dépôt du projet de loi 39, Loi
établissant un nouveau mode de scrutin, le 25 septembre 2019;
«Qu'elle rappelle l'engagement du premier
ministre de mettre en place un mode de scrutin mixte "dès le premier
mandat";
«Qu'elle exige du gouvernement qu'il
appelle en étude détaillée le projet
de loi 39, à la Commission des
institutions ou, de consentement avec
les groupes parlementaires et les député-es indépendant-es, à toute autre
commission parlementaire permanente, spéciale ou en commission plénière
si nécessaire.»
Le Président :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Caire :
Consentement, sans débat, M. le Président.
Président :
Consentement, sans débat. Je vous demande vos votes respectifs, en débutant par
M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Nadeau-Dubois :
Pour.
Le Président :
M. le leader adjoint du gouvernement?
Le Président :
M. le leader de l'opposition officielle?
Le Président :
M. le leader du troisième groupe d'opposition?
Le Président :
M. le député de Chomedey?
Le Président :
Mme la députée de Marie-Victorin?
Le Président :
Cette motion est donc adoptée. M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault : Oui, M. le Président, je sollicite le
consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter, conjointement avec le député de Jean-Lesage, la
députée de Marie-Victorin, le député de Chomedey et le député de Rimouski,
la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale rappelle la demande du premier ministre adressée aux
chefs fédéraux le 17 septembre 2019
pour que le Québec mène seul, en vertu du régime québécois, les évaluations
environnementales des projets sur son territoire, y compris ceux de
compétence fédérale;
«Qu'elle
rappelle également la demande formulée par le ministre de l'Environnement au
Sénat le 24 avril 2019 pour qu'aucun projet de compétence fédérale situé
en
partie ou entièrement sur le territoire du Québec ne puisse échapper
aux lois environnementales du Québec;
«Qu'elle
souligne qu'il est de la responsabilité du gouvernement québécois de s'assurer,
sur son territoire, de la santé et de la sécurité de ses citoyennes et
citoyens;
«Qu'elle demande par
conséquent au gouvernement de soumettre le projet Laurentia au processus
québécois d'évaluation environnementale,
incluant [les] auditions menées par le Bureau d'audiences publiques sur
l'environnement — le
BAPE.» Merci.
Le Président :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Caire :
Pas de consentement, M. le Président.
Le Président :
Pas de consentement. Mme la ministre de la Culture et des Communications.
Mme Roy :
Oui, ici. Bonjour, M. le Président. Merci.
Alors, M. le
Président, je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de débattre de
la motion suivante conjointement avec la députée d'Acadie, la députée de Taschereau,
le chef du troisième groupe d'opposition, le député de Chomedey, le député de Rimouski,
la députée de Marie-Victorin, le député de Rivière-du-Loup—Témiscouata :
«Qu'à l'occasion de son
décès, l'Assemblée nationale du Québec rende hommage à [...] Raymond Lévesque,
auteur-compositeur-interprète, poète, romancier et dramaturge;
«Qu'elle souligne sa carrière exceptionnelle
tant en France qu'au Québec;
«Qu'elle rappelle que M. Lévesque était
chevalier de l'Ordre national du Québec, récipiendaire de la Médaille d'honneur
de l'Assemblée nationale du Québec et récipiendaire du prix Denise-Pelletier
des Prix du Québec;
«Qu'elle
transmette ses condoléances à sa famille, à ses proches, à ses collègues ainsi
qu'à ses nombreux admirateurs partout au Québec;
«Qu'enfin, elle observe un moment de
recueillement à sa mémoire.»
Le Président : Y a-t-il
consentement pour débattre de cette motion?
Caire :
Oui, M. le Président, il y a consentement pour un débat de deux minutes dans
l'ordre suivant : Mme la
ministre de la Culture et des Communications, Mme la députée de l'Acadie, Mme
la députée de Taschereau, le chef du troisième groupe d'opposition et
Mme la députée de Marie-Victorin.
Président : Alors, je comprends qu'il y a consentement pour
qu'il y ait quatre intervenants et pour que cette durée d'intervention soit limitée à un maximum de
deux minutes chacune. Et je donne la parole à Mme la ministre de la
Culture et des Communications.
Mme Roy : Merci
beaucoup, M. le Président. Vous savez, c'est un grand honneur pour moi que de pouvoir rendre
hommage à l'auteur-compositeur-interprète et
comédien qu'a été Raymond Lévesque et dont le récent départ nous a tous
attristés.
Né en 1928,
Raymond Lévesque a ressenti très tôt l'appel de la vocation artistique. Avant
d'atteindre l'âge de 20 ans, il
avait composé des dizaines de chansons romantiques accrocheuses, faisant preuve
d'un talent littéraire musical inné et hors
du commun. Remarqué et invité plusieurs fois à la radio, il est rapidement
devenu animateur radio, développant ses aptitudes d'acteur et de chansonnier. En 1954, il part pour la France.
Il foule les scènes de Paris et du pays, où il côtoie les Jacques Brel,
Guy Béart, Jean Ferrat et Barbara, pour ne nommer que ceux-là.
Alors qu'il
constate les débordements meurtriers de la guerre d'Algérie, il compose d'un
trait un hymne à la fraternité que
nous connaissons tous, vous devinez, Quand les hommes vivront d'amour .
Cette chanson est devenue un appel universel à libérer notre monde des
fléaux de la guerre et de la haine. Désignée par les Québécois la plus grande
chanson du XXe siècle, c'est aujourd'hui la chanson québécoise la plus
connue à travers le monde.
Raymond Lévesque
compose plus tard un autre classique, Bozo-les-culottes . Fort de ce
succès, il fonde le premier groupe de
chansonniers québécois, Les Bozos, en compagnie de Clémence DesRochers,
Jean-Pierre Ferland, Claude Léveillée et Hervé Brousseau.
Artiste
prolifique, il publie des poèmes et des récits, organise des rencontres politiques
et se produit dans les boîtes à chansons, à la télévision, au théâtre et
sur les petites et grandes scènes.
En reconnaissance
de sa carrière et de son apport à la culture québécoise, Raymond Lévesque a
reçu, en 1997, le prix
Denise-Pelletier des Prix du Québec, la plus haute distinction accordée par l'État québécois
dans les arts d'interprétation. Toujours en 1997, il a été fait chevalier de l'Ordre national du Québec. Et puis,
en 2012, il reçut également la Médaille d'honneur de l'Assemblée
nationale.
Bon, intègre
et fier, Raymond Lévesque possédait une vaste culture et un immense talent. À
ceux qui l'ont côtoyé, il laisse le
souvenir d'un homme pétillant d'humour, rempli de tendresse pour ses proches et
dont la fierté d'être Québécois ne s'est jamais démentie.
Sur une note
plus personnelle, M. le Président, je me permettais d'ajouter qu'à une autre
époque j'ai eu le grand privilège de
l'interviewer et j'ai découvert un homme d'une très grande sensibilité et d'une
grande bonté. J'invite donc mes collègues et concitoyens à offrir nos plus
sincères condoléances à la famille de M. Raymond Lévesque et à
reconnaître l'immense contribution de ce porte-étendard de la chanson à
la culture québécoise. Merci beaucoup, M. le Président.
Le Président : Mme la
ministre d'Acadie.
Mme St-Pierre : Merci, M. le
Président. Quand les hommes vivront d'amour , Bozo-les-culottes , Les
trottoirs , des centaines de chansons et de récits qui forment le témoignage
de la vie de Raymond Lévesque, chansonnier, auteur, compositeur, acteur,
dramaturge et poète, décédé récemment à l'âge de 92 ans. Sa marque dans
l'histoire de la chanson québécoise est indélébile, et bon nombre de jeunes
artistes le redécouvrent aujourd'hui.
Il faut aussi se rappeler que son oeuvre est
aussi le témoin privilégié d'une époque de grands bouleversements, au Québec,
de notre société du XXe siècle et de son évolution rapide vers la
modernité.
Pendant des décennies, Raymond Lévesque a
participé à l'éveil culturel du Québec et a fait briller la culture québécoise
sur les scènes de Paris, comme Félix Leclerc avant lui. L'ampleur de l'oeuvre
de Raymond Lévesque donne un sens
grandiose à la notion de chanson populaire. On n'a qu'à fredonner les premières
notes de Quand les hommes vivront d'amour pour se rendre
compte qu'on partage tous cette mélodie. M. Lévesque a également publié
une quinzaine d'ouvrages, dont des recueils de poèmes, des pièces de
théâtre, maniant par sa plume l'humour et l'humanité.
Sur une note plus personnelle, j'ai
été très honorée d'inaugurer à Longueuil, dans le secteur de Saint-Hubert, en
2011, la bibliothèque qui venait d'être
construite. J'ai alors rencontré M. Lévesque pour la première fois, et ce
fut un grand plaisir de discuter, de jaser avec lui. J'en garde un très,
très bon souvenir.
Raymond Lévesque a
reçu le prix Félix-Leclerc pour l'ensemble de son oeuvre en 1980. Il a aussi
reçu le prix Denise-Pelletier pour les arts
de la scène en 1997 et a été fait chevalier de l'Ordre national du Québec.
Il a plus tard été décoré de la Médaille d'honneur de l'Assemblée
nationale du Québec, en 2012.
M. le Président, au nom de ma formation
politique et en mon nom personnel, je
souhaite offrir à la famille et aux proches de M. Lévesque nos plus
sincères condoléances. Merci, M. le Président.
Le Président :
Mme la députée de Taschereau.
Mme Dorion :
Un peu d'histoire, ce matin, M. le Président.
«Il flottait dans son
pantalon
De là lui venait son
surnom
«Il n'avait qu'une
cinquième année
Il savait à peine
compter
«Comme il
baragouinait l'anglais
Comme gardien de nuit
il travaillait
«Même s'il était un
peu dingue
Il avait compris
qu'faut être bilingue
«Un jour quelqu'un
lui avait dit
Qu'on l'exploitait
dans son pays
«Qu'les Anglais avaient
les bonnes places
Et qu'ils lui riaient
en pleine face
«Il a pas cherché à
connaître
Le vrai fond de toute
cette affaire
«Qu'c'est son élite
et son clergé
Depuis toujours
l'avaient trompé
«Il a volé de la
dynamite
Puis dans un quartier
plein d'hypocrites
«Il a fait sauter un
monument
À la mémoire des
conquérants
«Tout le pays s'est
réveillé
Et puis la police l'a
poigné
«On l'a vite entré en
dedans
On l'a oublié depuis
ce temps
«Mais depuis que tu
t'es fâché
Dans le pays ç'a ben
changé
Font les braves, font
les farauds
«Ils réclament enfin
tes droits
Et puis les autres
refusent pas
«De peur qu'y en ait
d'autres comme [toi]
Qui aient le goût de
r'commencer
«Quand tu sortiras de
prison
Personne voudra
savoir ton nom
«Quand
on est de la race des pionniers
On est fait pour être
oublié
Le Président :
M. le chef du troisième groupe d'opposition.
M. Bérubé : Merci, M.
le Président. Raymond Lévesque, auteur-compositeur-interprète,
romancier, dramaturge, poète. Une des
dimensions les plus importantes de sa vie qui ne s'est pas retrouvée dans
l'hommage que j'ai entendu tout à
l'heure : indépendantiste tout au long de sa vie. La cause la plus
importante de sa vie, outre son oeuvre, c'est l'indépendance du Québec, il faut
le dire ici, jusqu'à la fin de sa vie. Ce n'était pas un nationaliste,
c'était un indépendantiste. Il souhaitait un pays pour lui. Il faut que quelqu'un le dise ici, sinon l'hommage est imparfait ou
volontairement on va occulter cette dimension fondamentale de sa vie.
Raymond Lévesque
avait la passion des mots, qu'il maniait avec autant de respect que de
virtuosité. Ce talent grandiose, c'était
celui d'un authentique nationaliste indépendantiste, fier de son identité, de
ses racines et de sa culture, d'un homme
de principes — et
on ne l'a pas dit — et
de convictions, qui a refusé un prix fédéral parce que donné par le régime
anglais et britannique. Une levée de fonds a
été faite pour compenser la somme qu'il a refusée, lui qui vivait dans la
pauvreté. Ça aussi, il faut le dire. Combien d'artistes font ça encore aujourd'hui?
Un idéaliste néanmoins pragmatique, qui savait imaginer et rêver tout en
gardant les pieds et la tête bien ancrés dans la réalité.
Raymond
Lévesque, c'est presque un siècle de vie, dont la grande majorité
fut consacrée à produire et à polir des joyaux culturels, jusqu'à tout récemment, même. Il laisse un héritage trop grand pour être
contenu, puissions-nous le faire découvrir
à ceux et celles qui ne le connaissent pas encore. Ce serait notre plus belle
marque de respect à l'égard de l'oeuvre de Raymond Lévesque, la
partager, la faire connaître.
mots ont fait le tour du monde, ont été relayés par les plus grands interprètes
de toute la francophonie. Ses oeuvres sont enseignées et célébrées pour leur
beauté, évidemment, mais également pour leur justesse et leur intelligence. Tous, nous devons remercier M. Lévesque pour
avoir décrit notre réalité avec autant de lucidité et pour nous avoir fait
rêver à un monde meilleur.
Je tiens, au nom du Parti
québécois, à témoigner à la famille et aux proches de M. Raymond Lévesque
notre sympathie et à leur adresser nos sincères
condoléances, notre respect aussi. Nous étions des militants de la même
famille.
Aujourd'hui, nous
soulignons son départ. La tristesse nous habite. Cependant, nous devons nous
consoler, Raymond Lévesque fait désormais
et pour toujours
partie des immortels. Nous avons pour ce grand
patriote le plus profond respect ainsi qu'une immense reconnaissance. Merci,
M. le Président.
Le Président :
Mme la députée de Marie-Victorin.
Mme Fournier : Oui, merci,
M. le Président. C'est avec grande
tristesse que les Longueilloises et les Longueillois ont appris, le 15 février dernier, le décès
subit de M. Raymond Lévesque, emporté des suites de la COVID-19
à l'âge de 92 ans.
Poète,
chansonnier et auteur-compositeur hors du commun, il aura marqué des
générations entières avec Quand les hommes vivront d'amour et Dans
la tête des hommes , pour ne nommer que ces deux oeuvres magistrales. Il
aura également marqué le Vieux-Longueuil, où il aura vécu
durant plus de 30 ans, sur les rues Saint-Jacques, Saint‑Alexandre et
Saint-Thomas.
Citoyen
engagé, il a usé de son art, de sa culture et de ses mots au nom des causes qui
lui tenaient à coeur. Homme d'une générosité extraordinaire, d'un grand
humanisme, il fut des plusieurs combats politiques de notre nation. Nous nous souviendrons de sa passion pour la liberté,
de son désir d'indépendance pour le
Québec, il faut effectivement le souligner, mais également de son engagement auprès des travailleurs au côté de feu
Michel Chartrand, un autre grand Longueuillois. Rappelons qu'en 1974 il
avait notamment pris part au spectacle-bénéfice pour les grévistes de la
United Aircraft, aujourd'hui
Pratt & Whitney, au Colisée Jean-Béliveau, grève qui mena un peu
plus tard à l'obligation de la formule Rand et à l'adoption d'une loi
anti-briseurs de grève, des dispositions intégrées au Code du travail.
Debout dans
l'arrondissement de Saint-Hubert, la bibliothèque Raymond-Lévesque
rappelle l'importance du personnage pour notre communauté. Fidèle à son humour
et à ses convictions, lors de l'inauguration de la bibliothèque, en 2011, M. Lévesque avait terminé son
allocution ainsi : «Avant que cette bibliothèque disparaisse, le Québec
sera libre.» Que sa sagesse et son
énergie donnent envie à chacun d'entre nous de valoriser les arts et la
culture, mais également de continuer à nous engager pour les causes qui
nous sont chères, à l'image de ce grand homme.
M. Lévesque,
vous nous manquerez à tous. Au nom de mes concitoyennes et mes concitoyens de
Longueuil, merci pour tout.
je tiens finalement, évidemment, à offrir mes plus sincères condoléances à tous
ses proches ainsi qu'à sa famille. Merci, M. le Président.
Le Président :
Et je vous invite maintenant à m'indiquer vos votes respectifs en regard de
cette motion. Je débute par M. leader adjoint du gouvernement.
Le Président :
Mme la députée d'Acadie?
Mme St-Pierre :
Pour.
Le Président :
M. le leader du deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois :
Pour.
Le Président :
M. le leader du troisième groupe d'opposition?
Le Président :
M. le député de Chomedey?
Le Président :
Mme la députée de Marie-Victorin?
Le Président :
Cette motion est donc adoptée.
Je vous demande de
vous lever pour observer une minute de silence à la mémoire de
M. Raymond Lévesque.
• (11 h 27
h 28) •
Le Président :
Je vous remercie. Veuillez vous asseoir.
Nous en sommes à la
rubrique touchant les travaux des commissions. M. le leader adjoint du
gouvernement.
Caire : Merci, M. le Président. J'avise cette Assemblée que la Commission des institutions
poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 64, Loi modernisant des dispositions législatives en matière de protection
des renseignements personnels, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures et de
14 h 30 à 18 h 30, à la salle du Conseil législatif;
Commission de l'économie et du
travail poursuivra l'étude détaillée
du projet de loi n° 59, Loi modernisant le régime de santé et de sécurité du travail, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures et de
14 h 30 à 18 h 30, à la salle Pauline-Marois;
Commission de l'aménagement du
territoire entreprendra l'étude
détaillée du projet de loi n° 85, Loi
visant à faciliter le déroulement de
l'élection générale municipale du 7 novembre 2021 dans le contexte de la
pandémie de la COVID-19, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures et de
14 h 30 à 16 h 20, à la salle Marie-Claire-Kirkland;
Commission des finances publiques poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 60, Loi modifiant la
Loi sur la fonction publique et
d'autres dispositions, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à
13 heures et de 14 h 30 à 18 h 30, aux salles
Louis-Joseph-Papineau et Louis-Hippolyte-La Fontaine.
Président : Merci.
Nous en sommes maintenant à la rubrique Renseignements sur les travaux de
l'Assemblée. Eh bien, je vous informe
qu'il y aura sanction du projet de
loi n° 65, Loi modifiant principalement la
Loi sur la qualité
de l'environnement en matière de consigne et de collecte sélective, aujourd'hui, à 15 h 30, au bureau de Son Honneur le
lieutenant-gouverneur.
La période des
affaires courantes étant maintenant terminée, nous allons passer aux affaires
du jour.
Et je suspends les
travaux pour quelques instants. Merci à toutes et à tous.
(Suspension de la séance à
11 h 29)
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, nous reprenons nos travaux. Et je cède la parole à M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Schneeberger :
Alors, bon matin, Mme la Présidente. Alors, je vous demanderais d'appeler l'article 18
du feuilleton.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie. À l'article 18
du feuilleton, l'Assemblée prend en
considération le rapport de la Commission
de la culture et de l'éducation sur
le projet de loi n° 69, Loi modifiant la
Loi sur le patrimoine culturel et d'autres dispositions législatives, ainsi que l'amendement transmis en vertu
de l'article 252 du règlement par Mme la députée
de Taschereau. Cet amendement est déclaré recevable.
maintenant je suis prête à céder la parole à la première intervenante, et ce sera Mme la ministre de la
Culture et des Communications.
Mme Roy :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. C'est un plaisir de vous voir en personne. Écoutez,
c'est un privilège à chaque fois de se lever ici, en cette Chambre, et c'est un moment que nous
attendions tous, enfin, que j'attendais, que nous attendions, ma formation
politique. Et je suis très, très
heureuse, aujourd'hui, que nous entamions ce qu'on appelle
l'étape de la prise en considération du rapport de la Commission de la culture
et de l'éducation, et ça, ça nous rapproche de
l'adoption finale du projet de loi n° 69, donc c'est une autre étape. Et cette loi, ce projet de loi n° 69, va modifier la
Loi sur le patrimoine
culturel et d'autres dispositions législatives.
permettez-moi d'abord de saluer le travail rigoureux, travail
rigoureux, travail de collaboration qui a été fait, qui a été accompli par les membres de la commission. Et je veux saluer particulièrement la collègue de l'Acadie,
avec laquelle nous avons travaillé en
toute collaboration parce que nous avons un but commun, nous assurer de
renforcer l'actuelle
Loi sur le
patrimoine culturel pour protéger davantage nos bâtiments patrimoniaux, qui
font notre fierté, qui sont uniques et qui
représentent qui nous sommes, qui sont notre histoire. Donc, merci pour la collaboration,
merci pour le travail qui a été fait, les amendements, la discussion.
Donc,
c'est une commission qui s'est déroulée dans l'harmonie. Des échanges
intéressants, des discussions, mais on
en a appris beaucoup également parce que nous avons travaillé de concert avec
les gens du ministère des Affaires municipales.
Donc, je remercie le travail de la collègue et aussi de tous les autres députés
qui se sont succédé lors de l'étude
article
par article. Leur contribution aux discussions, Mme la Présidente, que nous
avons eues dans le cadre de cette étude détaillée du projet de loi, ça
nous aura permis de bonifier ce projet de loi, de lui donner plus de force.
Donc,
les articles du projet de loi et les amendements que nous avons adoptés en
commission viennent consolider les actions que notre gouvernement souhaite
mettre de l'avant en faveur de la connaissance, de la protection, de la
transmission et de la mise en valeur de notre patrimoine culturel,
principalement le patrimoine immobilier.
amendements et ce projet de loi apportent aussi des réponses concrètes aux
préoccupations et aux recommandations
formulées au cours des consultations particulières, qui ont été menées, je vous
le rappelle, en novembre dernier. Les
participants à ces consultations ont été d'un apport précieux à la réflexion,
ce qui nous a permis d'enrichir, et on l'a vraiment fait, Mme la
Présidente, d'enrichir les mesures proposées.
Permettez-moi
de rappeler que le projet de loi n° 69 est issu d'une
volonté ferme de notre gouvernement de mieux protéger le patrimoine bâti et d'éviter la trop fréquente démolition
d'immeubles qui présentent un intérêt patrimonial. Le projet de loi vient aussi répondre à certaines
recommandations de la Vérificatrice générale du Québec en ce qui a trait à la
gestion du patrimoine culturel immobilier.
projet de loi a été élaboré conjointement avec ma collègue la ministre des
Affaires municipales et de l'Habitation puisque plusieurs, plusieurs des dispositions qu'il contient concernent
le milieu municipal, hein? Mme la Présidente, pour nous, les villes, les municipalités, ce sont des
alliées, ce sont des partenaires. La protection du patrimoine bâti doit se
faire de façon collégiale. Et nous
sommes tous concernés par ça. Ces derniers, le milieu municipal, les villes,
les MRC et les municipalités se
verraient accorder de nouveaux pouvoirs, mais auraient également plus de
devoirs. Alors, à grands pouvoirs, grands devoirs également en matière
de protection du patrimoine.
modifications sont également apportées aux chartes des villes de Québec et de
Montréal concernant l'encadrement des
pouvoirs réglementaires liés à la démolition d'immeubles. Vous comprenez qu'on
harmonise, ici, ce qui se fait et qui se fera, parce que ce sont de
nouvelles dispositions, à l'ensemble du Québec. Et tout le monde sera sur la
même page.
Et je tiens ici à
souligner la collaboration, il faut bien le dire, il y a eu vraiment une
collaboration exemplaire entre les deux ministères,
le ministère des Affaires municipales et de l'Habitation et le ministère de la
Culture et des Communications, ce qui nous a permis d'apporter
des améliorations essentielles pour la protection du patrimoine culturel
au Québec puisque, et c'est une des grandes
nouveautés de ce projet de loi, nous avons inscrit ces améliorations
essentielles dans la
Loi sur
l'aménagement et l'urbanisme. Ça, c'est important de le dire. Ces mesures
proposées visent à rendre la gestion du patrimoine immobilier plus prévisible,
plus transparente et plus équitable.
Alors, j'aimerais
rappeler en quelques mots les trois grands objectifs de notre projet de loi et
vous faire part de quelques amendements,
parce qu'il y a beaucoup d'articles, alors je vous ferai part des grandes,
grandes lignes, quelques amendements aussi qui ont été adoptés lors de
l'étude détaillée pour bonifier le projet de loi en lien avec chacun de ces
trois objectifs.
Alors,
premièrement, pour que nous puissions tous mieux connaître le patrimoine
immobilier du Québec, les MRC, les
municipalités régionales de comté, auront l'obligation d'adopter, au plus tard
d'ici cinq ans, et de mettre à jour par la suite un inventaire des immeubles qui présentent une valeur patrimoniale
sur leur territoire. Mme la Présidente, la création d'un inventaire obligatoire, ça nous est réclamé,
vous l'avez sûrement déjà attendu à une autre époque, et c'est réclamé depuis
des années. Et il est et il sera, lorsque le projet de loi sera adopté, le
socle de notre réforme. Des immeubles d'avant et d'après 1940 y seront inventoriés. Ça, c'est des amendements qu'on a apportés, on a écouté les
gens. Et, à la demande de la ville de
Québec, un amendement permettra aux MRC d'adopter ces inventaires de manière
progressive, par portion de territoire.
Alors, on a vraiment bien écouté ce que les intervenants sont venus nous
demander, comment on pouvait améliorer le
processus, la mise en oeuvre, parce qu'on sait que, du jour au lendemain,
l'inventaire ne peut pas apparaître. Donc, tout ça se fera par étape à l'intérieur de délais impartis, mais pour que
tout le monde puisse arriver à destination au même moment. Ces inventaires basculeront, lorsqu'ils seront
faits, ils basculeront ensuite ou seront versés, si vous préférez, au ministère de
la Culture et des Communications, ce
sera un inventaire qui, finalement, sera centralisé pour nous donner vraiment
le portrait de quels sont les immeubles patrimoniaux au Québec. Parce
qu'actuellement il y a des endroits où il y a des immeubles... pardon, des inventaires, ils seront versés, mais il y a des
endroits où il n'y en a pas, et c'est justement ça qu'on veut corriger,
pour qu'on sache quel est le parc immobilier patrimonial au Québec dans ses
plus fins détails.
Alors, cette
meilleure connaissance des immeubles patrimoniaux participera à l'atteinte de
notre deuxième objectif, qui, lui,
est de mieux protéger le patrimoine immobilier. Alors, on identifie ce qu'on a
pour mieux le protéger. Et c'est là le coeur
de notre projet de loi, car s'il est un sujet qui retient l'attention en
matière de patrimoine depuis longtemps, c'est bien la question de la démolition de certains immeubles
patrimoniaux. C'est pourquoi nous avons souhaité mettre en place des dispositions qui donnent des nouvelles obligations
aux instances municipales, obligations qui permettront d'intervenir de manière préventive en ajoutant plusieurs crans de
sûreté, des crans de sûreté, des freins, des crans d'arrêt et un processus
rigoureux.
Ainsi, les municipalités locales devront se
doter d'ici deux ans d'un règlement sur les démolitions qui visera minimalement les immeubles inscrits dans
l'inventaire de la MRC et ceux qui sont cités ou compris dans un site
patrimonial cité. Ce règlement
déterminerait des critères d'analyse qui devront être pris en considération
lors d'une demande d'un permis de
démolition, y compris, et c'est un ajout du projet de loi, la valeur
patrimoniale de l'immeuble. Donc, il faudra se pencher sur cette question-là
avant d'accorder un permis. Ainsi, serait pris en considération, avant qu'un
permis ne soit accordé, l'histoire de
l'immeuble et sa contribution à l'histoire locale, son degré d'authenticité et
d'intégrité, sa représentativité d'un courant architectural particulier
et sa contribution à un ensemble à préserver.
Voici maintenant le mécanisme d'analyse des
demandes qui seraient faites.
Dès réception d'une demande de démolition, une municipalité serait tenue de
publier un avis, de l'afficher sur l'immeuble visé, de le transmettre à la
ministre ou au ministre de la Culture et des Communications et de suivre un processus d'analyse rigoureux, ce
qui n'est absolument pas le cas actuellement, ce processus-là
n'existe pas. Il existera. Donc, vous voyez qu'on encadre tout le processus
avant d'en arriver, si on y arrive, à une démolition. Le comité de
démolition de la MRC... de la municipalité, pardon, devrait ensuite tenir une audition publique sur cette
demande. Donc, là, les citoyens seront impliqués, on saura ce qui se passe avec
notre patrimoine immobilier. Un permis de démolition ne serait plus accordé
sans analyse rigoureuse. Aussi, tel que demandé
par certains intervenants lors des consultations particulières, le régime d'autorisation des démolitions
d'immeuble de la ville de Québec
serait harmonisé avec celui proposé pour l'ensemble des municipalités afin que
l'approche soit la même à la grandeur du Québec, je vous en parlais un
petit peu plus tôt.
Par ailleurs,
à la suite d'une suggestion de l'Union des municipalités, il y a un amendement
qui a été apporté afin de faciliter la location d'immeuble cité ou
classé appartenant à une municipalité. Ainsi, une ville pourrait acquérir de gré à gré un immeuble classé, ou cité, ou situé
dans un site patrimonial cité, donc un immeuble patrimonial, pour une
utilisation municipale et le louer à
un coût inférieur au marché. Mais attention, les revenus de location devraient
ensuite être affectés prioritairement
à l'entretien du bâtiment. Cette mesure vise à favoriser l'occupation des
immeubles patrimoniaux, ce qui constitue un facteur important pour leur
conservation, et on en a discuté amplement. Et la Vérificatrice générale aussi nous soulignait que certains immeubles sont
protégés mais n'ont pas de vocation, donc sont inoccupés. Alors, avec cette
mesure, on permettra ici aux villes de se
porter acquéreur d'immeubles patrimoniaux, de les louer, mais d'investir les
sommes de la location pour
l'entretien du bâtiment, donc les faire vivre. Alors, ici, on trouve des
solutions ensemble, avec les villes, naturellement
avec les oppositions, pour faire évoluer le droit qui touche le patrimoine
immobilier et aussi pour nous assurer que
les bâtiments patrimoniaux puissent vivre, parce que c'est beau, les protéger,
mais il faut qu'ils vivent, ces bâtiments. Donc, c'est une mesure que
nous mettrons de l'avant.
Autre nouveauté majeure, les municipalités
locales seraient tenues d'adopter et de maintenir en vigueur un règlement sur l'occupation et l'entretien des
immeubles visant les immeubles patrimoniaux pour mettre un frein aux
démolitions par abandon. Vous avez sûrement déjà entendu ça, Mme la Présidente,
les démolitions par abandon. Un propriétaire
négligent achète un bâtiment patrimonial et le laisse dépérir, ne s'en occupe
pas, ne l'entretient pas jusqu'au moment
où il tombe. Bien là, il n'aura pas le choix que de l'entretenir. Donc, il y a
un mécanisme qui est mis en place. Ce
règlement devrait contenir des normes visant à empêcher ce qu'on appelle le
dépérissement des bâtiments, à protéger les bâtiments contre les intempéries et à préserver l'intégrité de leur
structure. Les municipalités pourraient prévoir plus de normes ou de mesures relatives à l'occupation et à
l'entretien des bâtiments, si elles le souhaitent. Donc, elles peuvent aller
plus loin, mais ce que nous disons, c'est
que ces règlements devront exister pour nous assurer qu'il y ait un
entretien des bâtiments patrimoniaux.
Les municipalités auraient aussi la possibilité
d'imposer des amendes importantes, ou encore, d'exproprier les propriétaires négligents, ce qu'elles avaient d'ailleurs
demandé comme outil dissuasif. Alors, les sommes ont été augmentées de façon importante.
Sachez que les municipalités ne disposaient, dans leur loi, que d'une
possibilité d'une amende dérisoire minimale
de 1 000 $ pour quiconque
négligerait un bâtiment. Puis là je vous parle des personnes physiques, comme
vous et moi. Entre vous et moi, si
quelqu'un veut mal faire, une amende de 2 000 $, si on projette de
laisser s'effondrer un bâtiment pour
récupérer le terrain et le revendre, ce n'est pas dissuasif. Alors, nous avons
augmenté cette amende au même montant qu'elle
se trouve actuellement dans la
Loi sur le patrimoine culturel pour les biens
qui sont protégés par le gouvernement du
Québec. Donc, les biens patrimoniaux bénéficieraient d'une protection accrue
avec cette possibilité pour les villes d'imposer des amendes dissuasives. Donc, un propriétaire négligent pourrait avoir
une amende allant jusqu'à 250 000 $ et la ville pourrait l'imposer. Alors, ça, c'est un... ça nous a été
demandé comme outil. Mais on a dit : Bien sûr, bien sûr nous vous
donnerons un outil.
Autre
nouveauté, un amendement a aussi été apporté afin de permettre aux MRC
d'accorder, comme peuvent le faire les
municipalités locales, toute forme d'aide financière ou technique pour la
connaissance, la protection, la transmission ou la mise en valeur d'un élément du patrimoine culturel qu'elle
citerait. Ces dispositions s'insèrent dans le nouveau pouvoir que leur
propose le projet de loi, soit celui de citer des immeubles.
Alors, ici,
je vais faire un peu de pédagogie. Le gouvernement
du Québec classe des immeubles ou
déclare des sites. Alors, ce sont les
deux plus hautes mesures de protection. Avant notre projet de loi, les villes pouvaient citer. Maintenant, ce
pouvoir de citation, nous l'accordons également aux MRC. Alors, pour être
cohérent, il y aura plus d'acteurs municipaux qui pourront vouloir accorder une mesure de protection à des bâtiments.
Donc, dorénavant, les villes et les MRC pourront citer des immeubles.
Plusieurs des amendements adoptés lors de
l'étude détaillée sont ainsi venus renforcer et compléter les mesures prévues
dans le projet de loi pour donner non seulement des obligations, mais aussi des
outils qui permettront au milieu municipal d'agir concrètement pour protéger le
patrimoine immobilier.
Enfin, notre troisième objectif, avec ce projet
de loi, était d'améliorer le service au citoyen et aux propriétaires d'immeubles patrimoniaux classés ou d'immeubles situés dans une aire de protection
ou dans un site patrimonial classé ou déclaré.
Diverses mesures seront donc mises en place afin que les propriétaires de ces
immeubles patrimoniaux connaissent mieux
les exigences du ministère en vue de leur conservation. On souhaite d'abord
établir un délai pour le traitement des demandes d'autorisation de travaux et ajouter des précisions dans la loi
concernant les éléments à considérer au moment de l'analyse de la
demande. Ensuite, les documents requis pour l'étude d'une demande
d'autorisation seront précisés par règlement.
En d'autres mots, le citoyen saura exactement ce qu'on va lui demander s'il
veut faire une demande auprès du ministère de la Culture. Ce ne sera pas
une surprise, tout sera énuméré.
Les plans de conservation des sites patrimoniaux
déclarés seront remplacés par des directives et des règlements du gouvernement qui exposeraient clairement les
exigences pour la préservation des immeubles qu'on y trouve. Vous savez,
un plan de conservation, beaucoup de travail a été mis là-dedans. Il n'y en a
pas beaucoup, il y en a quelques-uns. On conserve
l'essence de ces plans de conservation, mais un plan de conservation n'est pas
une loi, n'est pas un règlement. Et vous
connaissez l'adage, nul n'est censé ignorer la loi. Trop de gens ignoraient les
plans de conservation. Maintenant, en les
convertissant et en directives et en règlements, on ne pourra plus dire qu'on
ne savait pas, qu'on ne pouvait pas. Ce sera maintenant... ils feront
maintenant... ils auront maintenant force de loi. Et ces règlements, ces
directives aideront les citoyens à savoir ce
qui est permis ou non sur un site déclaré. Je vous disais tout à l'heure que le
gouvernement du Québec peut déclarer
des sites, et on pense à notre Vieux-Québec, notre Vieux-Montréal, l'île
d'Orléans, on pense à ces endroits, ces
grands endroits qui sont protégés, qui ont été déclarés. Et ça, ce n'est pas la
ministre de la Culture qui fait ça, c'est le gouvernement qui signe un
décret dans ce sens pour qu'il y ait une déclarat