House Proceedings — 26 September 2023 (43rd Legislature, 1st Session)
2023-09-26
Quebec — Debates (Hansard)
Vice-Président (M. Benjamin) : Alors, bonjour à toutes, bonjour à tous. Avant de
débuter nos travaux, nous allons prendre quelques instants de
recueillement.
Merci. Alors, à l'article... M. le leader
adjoint du gouvernement.
M. Lévesque
(Chapleau) : ...de vous retrouver en ce mardi matin pour
poursuivre nos travaux. Et je vous demanderais de bien vouloir appeler
l'article 6 du feuilleton, s'il vous plaît.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Alors,
à l'article 6 du feuilleton, l'Assemblée reprend le débat ajourné le 20 septembre 2023 sur l'adoption du principe
du projet de loi n° 34, Loi
visant à moderniser la profession notariale et à favoriser l'accès à la
justice.
Y a-t-il des intervenants? M. le député de
l'Acadie.
Morin : Alors, bonjour, M. le Président. C'est avec
plaisir, ce matin, que je vais vous entretenir, ainsi que les membres de la Chambre, sur le projet de loi
n° 34, Loi visant à moderniser
la profession notariale et à favoriser l'accès à la justice.
Il y a différentes mesures, dans le projet de loi, qui visent évidemment à
aider et à moderniser l'accès à la justice. Si vous permettez, en fait, le projet de loi prévoit, je vous dirais, sept
éléments que je qualifierais d'importants et que je vais vous résumer. Donc, entre autres, le projet de loi
va prévoir l'utilisation des technologies de l'information dans la profession notariale, le projet de loi va prévoir la création
d'un greffe central numérique, le projet de loi prévoit la création de la
catégorie notaire à la retraite ainsi que le dépôt des greffes auprès de la Bibliothèque et Archives nationales du Québec, donc, je pourrai en reparler d'une façon plus spécifique, créer un fonds d'études
juridiques qui va permettre de financer des mesures pour l'accès à la justice pour le Barreau et la Chambre
des notaires, prévoir une procédure pour l'exécution forcée du paiement
d'une dette résultant de l'inexécution d'une obligation contractuelle par acte
notarié, et modifier la
Loi sur les tribunaux judiciaires
relativement au régime de prestations supplémentaires des juges pour leur fonds
de pension ainsi que des juges des
cours municipales, et enfin transfert des droits acquis par les juges de la
cour municipale de Montréal à l'un des régimes de retraite prévus par la
Loi sur les tribunaux judiciaires.
Alors, comme
on peut le constater, le projet de loi qui a été déposé par le ministre de la
Justice vise à moderniser, d'une
part, et à rendre, en fait, avec certains aspects plus techniques... modifier
le régime de pension des juges, notamment des juges de la cour
municipale de Montréal. Mais l'aspect le plus important, je vous dirais, du
projet de loi, c'est les dispositions qui
visent à moderniser la profession notariale. Et évidemment c'est important pour
l'ensemble des professions d'être bien adaptées à la situation actuelle
dans notre société.
Il est intéressant de noter cependant que, pour
la profession de notaire, c'est une des plus vieilles professions, au fond, qui existe au Québec, ça, je pense que
c'est important de le souligner, hein, le notariat, institution de droit latin
et de droit d'origine française, donc, tout
comme notre droit civil. Donc, il y avait déjà des notaires en Nouvelle-France
avant le traité de Paris et la
conquête britannique de 1763. En fait, peu après la fondation de Québec, déjà
l'administration royale, en France, permettait à des notaires d'exercer
au Québec, et donc la Chambre des notaires, le corps professionnel des notaires, a donc été à même d'exercer la pratique
du droit bien avant le Barreau, et le notariat a survécu au traité de Paris
quand on a reconnu l'importance du droit
civil québécois avec l'arrivée du régime anglais, et donc les notaires ont pu
continuer à exercer leur profession et à rendre des services à la
population.
Mais, évidemment, avec les siècles qui passent,
il faut évidemment toujours s'assurer que les corporations professionnelles seront en mesure de protéger le
public et de rendre des services qui sont évidemment adéquats à la population
en général, et c'est la raison pour laquelle ce projet de loi va venir
moderniser la profession notariale.
Et je vous
disais rapidement, M. le Président, en fait, les grands thèmes de ce projet de
loi, mais j'aimerais maintenant attirer votre attention sur certaines
dispositions du projet de loi qui vont amener des modifications.
On l'a vécu
avec la pandémie, notre société a dû s'ajuster à un nouvel environnement et,
évidemment, le télétravail. Rédiger des contrats, des actes à distance, ce sont
des éléments qui sont devenus, évidemment, monnaie courante dans notre société. Donc, quand on parle de moderniser la profession
notariale, il y a, entre autres, une disposition du projet de loi, et je réfère plus particulièrement à
l'article 46, qui permet à une
partie de signer un acte à distance. Donc,
traditionnellement, les gens... et,
évidemment, tout se faisait sur papier, ça se fait encore comme ça aujourd'hui,
le projet de loi n'est pas en vigueur,
mais les gens étaient présents, et le notaire, comme officier public,
constatait leur présence et, évidemment, était en mesure d'attester qu'il s'agissait bien des bonnes personnes. Alors,
maintenant, le projet de loi, même si c'est exceptionnel, va permettre à
une
partie de signer un acte à distance. Le projet de loi... et ça, c'est
l'article
L'article 56
prévoit plus spécifiquement les formalités, parce qu'évidemment on sait qu'un
acte notarié a toujours un
formalisme, donc l'article 56 va prévoir les formalités pour la signature
d'un acte notarié sur format papier, parce que ça va continuer, évidemment,
d'exister, mais le projet de loi va prévoir également que, dans certains cas où
les documents sont sur support technologique, que tous les documents annexés
pourront être aussi sur support technologique pour être capable, évidemment, de fonctionner avec un greffe
numérique. Donc, c'est d'autant plus important que ça permet de bien
fonctionner d'une façon cohérente.
L'article 60
apporte un changement important au projet de loi, et ça souligne, entre
autres... tout greffe doit, selon les
modalités déterminées par règlement du conseil d'administration — on
parle du conseil d'administration de la Chambre des notaires — être
conservé au greffe central numérique. Et ça, c'est une nouveauté.
Aujourd'hui, on est à l'étape du principe, M. le
Président, mais, éventuellement, on pourra entendre... et on a demandé à ce que des groupes soient entendus en
commission parlementaire pour être capables, évidemment, de bien cerner tous
les tenants et aboutissants de cette nouvelle disposition-là. Mais l'intention
du gouvernement, c'est de créer un greffe central numérique pour permettre éventuellement à ce que des actes
soient versés à ce greffe-là et que tout soit sur... soit numérisé, en
fait.
Vous comprendrez qu'en soi, en 2023, il y a de
plus en plus d'éléments, de documents, d'informations qui sont conservés sur des supports numériques. Ça, en soi,
ce n'est pas une nouveauté. Sauf que vous comprendrez aussi l'importance
de la protection des renseignements
personnels. Et ça, je peux vous dire qu'en tant que porte-parole en justice de
l'opposition officielle, c'est quelque
chose que moi, je vais veiller... je vais questionner le gouvernement là-dessus
éventuellement, parce qu'il faut
s'assurer que ces renseignements-là, qui seront déposés dans un greffe central
numérique, soient bien protégés d'attaques ou de cyberattaques.
On le sait,
ce n'est pas une nouveauté, des cyberattaques, il y en a continuellement. On le
voit à la semaine. C'est évidemment un drame, mais ça existe. Donc, il
faut être capables de se protéger contre ces attaques. Et, quand on parle d'un greffe central numérique, on sait, et puis
c'est un peu aussi pour ça que je faisais une référence brève à l'histoire des
notaires en Nouvelle-France puis au Québec,
on sait depuis des siècles, on l'a même vu parfois à la télévision, comment le
notaire pouvait, évidemment, recueillir les
confidences des gens, traiter, rédiger des actes, notamment des testaments. Et
on connaît, évidemment, l'importance de la confidentialité de ces documents-là.
Alors, présentement, ça se fait sur papier. Le
notaire a un greffe, il y a une voûte, c'est déposé là-dedans. Donc, évidemment, à moins véritablement d'entrer par
effraction puis d'essayer de défoncer la voûte du notaire, ce n'est pas facile
d'avoir accès à ces documents-là. Avec un greffe numérique, c'est autre chose.
Je ne vous dis pas qu'il n'y a pas des moyens
de protéger toutes ces informations-là. Ça existe. Sauf que je pense qu'il
faudra être particulièrement vigilants pour s'assurer qu'il n'y aura pas d'accès ou de brèche dans le document et...
dans le répertoire, en fait. Donc, ça, c'est un élément qui est très, très, très important, parce que,
puis je vais vous en reparler un peu plus tard, on dit que l'ordre va être
responsable du greffe numérique.
Donc, création du greffe numérique, ça, c'est un changement important qui va
être apporté par ce projet de loi.
L'article 63,
et j'attire votre attention là-dessus, souligne et rappelle que le ministre de
la Justice est aussi le Notaire général
du Québec et qu'il peut également tenir un greffe. Il y a effectivement des
notaires qui travaillent dans la fonction publique. En fait, quand on lit certains documents publiés par
l'Association professionnelle des notaires, ils ont certaines
statistiques, puis on se rend compte, dans les statistiques, qu'il y a quand
même 27 % des notaires, au Québec, qui travaillent dans le secteur public
ou au sein d'entreprises privées. Donc, c'est quand même un pourcentage
relativement important. Et évidemment le
ministère de la Justice doit, comme d'autres ministères, faire affaire à des
notaires. Évidemment, ça veut dire
aussi que le ministre de la Justice, en tant que notaire général, va pouvoir
tenir un greffe. Et ma compréhension du projet de loi, c'est
qu'effectivement il pourra y avoir un greffe numérique.
Donc, pour moi, il va être important d'être
vigilant, comme porte-parole de l'opposition, pour s'assurer que ce qui sera mis en place dans cette transformation-là
numérique va évidemment être à l'abri d'attaques ou d'indiscrétions que des gens pourraient faire pour essayer d'entrer
dans cette banque et s'assurer, évidemment, que le greffe puisse fonctionner
adéquatement si le ministre de la Justice et Notaire général du Québec décide
de tenir un greffe numérique.
On l'a vu
dans les derniers mois dans d'autres champs d'activité, dans d'autres domaines,
la transformation numérique opérée
par le gouvernement de la CAQ amène souvent plus son lot de défis, pour ne pas
dire parfois de drames, qu'un bon fonctionnement.
Encore ce matin, je parlais à la radio de la SAAQ et de sa transformation numérique
où ça ne clique guère.
Alors, vous
comprendrez que, quand on voit ça ou quand moi, je vois ça dans un projet de
loi, je me dis : Bien oui, bien sûr, on ne peut pas arrêter le progrès,
donc il va y avoir une progression, donc on va permettre l'utilisation du numérique, mais il faut quand même s'assurer qu'il
y aura évidemment un système en place pour bien protéger les renseignements
et les données qui seront inscrits, déposés au sein de ce greffe numérique.
L'article 64
pour les notaires dit : «L'ordre est responsable [...] du greffe [...]
numérique.» Donc... Et ça, on doit le lire avec les articles 67 et 68 du projet de loi, qui dit que «l'ordre
doit assurer la sécurité [du] greffe». Et donc je vous dirai que moi, j'ai
hâte, en commission parlementaire, de rencontrer des groupes, notamment la Chambre des notaires, pour être capable de
discuter avec eux sur les mesures qui pourront être mises en place, le
programme global, évidemment. Il ne s'agit pas de divulguer toutes ces
mesures de sécurité, mais au moins de voir comment la Chambre va être capable
de gérer ce greffe-là et le protéger pour évidemment que les informations
sensibles qui y soient contenues, qui vont y être déposées... Parce que ça va être la responsabilité de l'ordre de
s'assurer qu'il n'y aura pas de bris et que des gens n'auront pas accès, parce qu'évidemment... je ne sais pas
comment ça va être fait, ça, on va en parler éventuellement en commission
parlementaire, mais, si quelqu'un est capable de casser tous les systèmes de
défense puis avoir accès à l'ensemble des documents,
ça va devenir assez problématique. Puis, tu sais, d'autant plus que,
normalement, il devrait se retrouver là-dedans une série
de testaments. Donc, on ne veut pas que ces documents-là deviennent... ou
soient soit divulgués, évidemment, dans la sphère publique.
Bien sûr, le
projet de loi prévoit qu'il pourra y avoir un audit du greffe, et donc de la
façon dont il est tenu, et qu'il devra respecter les plus hautes normes
de sécurité, cela va de soi. Je pense que ça, c'est véritablement un minimum. Mais, encore là, on va faire notre travail, dans
l'opposition officielle, pour s'assurer, effectivement, que ce sera totalement
sécuritaire.
Quand je
relisais le projet de loi et que je relisais l'ensemble des articles, je dois
avouer qu'il y en a un, article, que j'ai
trouvé un peu... un peu étonnant, et j'en fais mention, et c'est notamment
l'article 68 du projet de loi, qui dit que «le greffe central numérique doit être hébergé au
Québec». Cela m'apparaît... Cela va de soi. Sauf que le gouvernement
rajoute : «Le gouvernement peut toutefois, selon les modalités
qu'il détermine, autoriser qu'il soit hébergé à l'extérieur du Québec.» On aura la chance de questionner le
ministre là-dessus et d'en parler en commission parlementaire, mais, quand
j'ai lu ça pour la première fois, sachez que ça m'a un peu étonné. Donc, on
verra quelles peuvent être les raisons, mais il me semble que ça devrait être
hébergé au Québec.
Autre élément
important, il y a des dispositions du projet de loi qui vont permettre que les
greffes, une fois qu'un notaire a
cessé d'exercer et qu'il ne cède pas son greffe, les greffes pourront être
versées à la Bibliothèque nationale
du Québec. Et, présentement, la plupart de ces greffes-là,
qui sont non scellés, sont versés au greffe de la Cour supérieure. C'est ma compréhension du système actuel. Moi, je veux bien,
mais, encore là, le même enjeu va se poser.
Et là, de
cette fois-ci, l'enjeu, je pense qu'il est double. D'abord, il faudra s'assurer
que la Bibliothèque nationale du
Québec va avoir les moyens pour
recevoir toute la documentation, mais j'espère aussi que la Bibliothèque nationale du Québec
va voir son budget augmenter, parce qu'évidemment si on lui transfère toute
cette information-là, il va falloir qu'elle
soit classée, classifiée, protégée, il y a peut-être des gens qui feront des
demandes éventuelles, d'être capable de répondre aux demandes. Et,
puisqu'il y aura, donc, un apport relativement important d'informations
nouvelles, il ne faudrait pas que ça ait un impact sur le service que donnent présentement la Bibliothèque
nationale et les Archives nationales à la population.
Donc, comme
je vous le mentionnais, le notaire qui n'est plus inscrit au tableau de l'ordre
doit céder son greffe, cela va de soi. Le projet de loi prévoit aussi des
dispositions où, dans un cas d'urgence, dans un cas où un ou une notaire
ne pourrait plus exercer, il y a la
possibilité de nommer un gardien provisoire du greffe existant en cas
d'urgence. Et le projet de loi prévoit une série de mesures qui peuvent
être mises en place.
Le projet de
loi prévoit également la création de la catégorie notaire à la retraite avec
certaines modalités. Donc, cette catégorie-là existait déjà au Barreau. Donc,
un avocat, après un certain âge, un nombre d'années, peut demander d'être
inscrit comme avocat à la retraite. Je
comprends qu'il n'y avait pas l'équivalent chez les notaires, et donc le projet
de loi va créer cette catégorie-là de
notaire à la retraite. Ma compréhension, c'est que le notaire à la retraite ne
pourra pas détenir un greffe, mais il portera le
titre de notaire et
pourra rendre certains services, ce qui est, évidemment, une bonne chose.
Le projet de
loi permet également la création... Et là je réfère plus particulièrement à
l'article 15 du projet de loi. Donc,
le conseil d'administration de la Chambre
des notaires pourra, bien sûr,
assurer la formation professionnelle, dispenser l'enseignement
approprié, promouvoir la qualité des services professionnels, dont la
conservation des actes au sein des greffes
notariaux conservés au greffe central numérique, pourra travailler à la réforme
du doit... du droit, pardon, mais surtout pourra financer des mesures visant à favoriser l'accès à la justice ainsi que
la numérisation et la conservation des greffes notariaux. Et donc je pense que
l'aspect favoriser l'accès à la justice est particulièrement important. C'est
un thème qui me tient particulièrement à coeur. Et évidemment le projet
de loi va aussi modifier la
Loi sur le Barreau pour permettre au Barreau de
financer des mesures ayant pour objet de favoriser l'accès à la justice.
Pourquoi
c'est important, et je suis heureux de constater que les deux ordres
professionnels qui s'occupent surtout de
la science juridique vont être capables de travailler en ce sens-là, bien, je
l'ai dit à plusieurs reprises, je l'ai décrié à plusieurs reprises, notre système est au bord du gouffre, et donc ça ne
va pas bien. Donc, qu'on puisse permettre à des ordres professionnels, avec
leurs moyens, de travailler à l'accès à la justice, ça m'apparaît totalement
essentiel, puisque la justice est un
pilier, un des fondements de notre État de droit. Donc, c'est hyper,
hyperimportant, parce que le système, présentement, et il y a eu une
multitude d'articles qui ont été écrits là-dessus, ne suffit plus.
Et je l'ai
dit dans cette Chambre à plusieurs reprises, M. le Président, je ne blâme pas
du tout, du tout, au contraire, les
employés qui travaillent présentement dans les palais de justice. Ils sont
débordés, ils sont mal payés, ils ont des problèmes de rétention de
personnel. Alors, ça ne va pas bien. Et ça, c'est documenté dans un
article de
journal récemment, dans L'Actualité , un
article de Valérie Gonthier et Michaël
Nguyen. Les journalistes écrivaient que le salaire, présentement, de greffières, au palais de justice, est tellement
bas qu'elles sont admissibles à l'aide juridique. Et donc ça démontre le
problème majeur. Donc, tout ce qu'on peut faire pour aider l'accès à la
justice, ça va être effectivement important.
Puis le
personnel, présentement, qui est en poste, notamment les greffières, bien, ce
sont des gens qui sont essentiels pour
le bon fonctionnement du système de justice, puis pas uniquement en matière
criminelle, en matière civile, en matière de protection de la jeunesse, puis pas uniquement à la Cour du Québec, à
la Cour supérieure également puis à la Cour d'appel. Donc, il faut être capable de mettre en place tous
ces mécanismes qui vont faire en sorte que la justice va fonctionner pour
évidemment donner la confiance aux citoyens.
Donc, ça, ça m'apparaît important. Le projet de loi fait état de ces choses-là,
et là aussi j'ai effectivement bien hâte, en
commission parlementaire, de voir qu'est-ce qui pourra être fait d'une manière
tout à fait concrète pour favoriser l'accès à la justice au Québec.
Il y a également certaines dispositions qui sont
un peu techniques, mais qui, à mon avis, pourront aider. J'aurai évidemment des
questions pour le ministre, mais je vois, dans l'article 3 du projet de
loi, une disposition qui pourra justement aider et faciliter, dans certains
cas, l'accès à la justice, et on parle d'une exécution forcée d'une obligation
contractuelle constatée dans un acte notarié. Maintenant, ma compréhension,
c'est que, quand un créancier veut obtenir l'exécution forcée d'un paiement d'une créance, il
doit s'adresser ou la faire homologuer par la Cour supérieure. Alors, quand
c'est notarié... on le sait, un notaire ou
une notaire est capable, et c'est leur travail, de décerner, de faire des actes
authentiques qu'ils constatent.
Alors, une fois que l'acte est notarié, je pense que, si on peut directement
permettre l'exécution forcée du
paiement d'une créance résultant de l'inexécution d'une obligation contractuelle,
ça va effectivement aider les choses.
Bon,
on dit que la procédure serait établie par règlement du gouvernement. Je peux
comprendre que le gouvernement veut
mettre ça dans un règlement, c'est évidemment plus facile à modifier qu'une
loi, mais il n'en demeure pas moins qu'il faudra voir et rester vigilant sur ce qu'on va mettre dans le règlement,
parce qu'on dit que le règlement pourra exclure de l'application de certains articles... de cet
article certains contrats. Alors donc, on verra, mais on sera vigilant
là-dessus, mais je pense qu'à sa face même, en tout cas, c'est une
mesure qui pourrait accélérer les choses.
comme je le mentionnais d'entrée de jeu, le projet de loi, à la toute fin, et
ça, c'est un peu plus technique, va modifier les régimes de pension,
entre autres des juges de la cour municipale de Montréal, de la Cour du Québec,
en fonction des cotisations qui doivent être
données ou des prestations supplémentaires qui seront versées au fonds de
contribution annuelle. Ce volet-là
est un peu plus technique, mais, évidemment, on aura, bien sûr, l'opportunité
de questionner le ministre sur toutes ces questions.
Donc,
en gros, parce qu'on est à l'étape du principe, je vous dirais que, quand j'ai
lu avec attention le projet de loi... Et
je vous le dis d'emblée, j'appuie le principe du projet de loi. Ça ne veut pas
dire que c'est parfait, ce n'est pas ce que je dis, mais je pense que c'est quand même un pas dans la bonne
direction et ça va permettre aux notaires, dans le cadre de leur
travail, d'être, en fait, plus actuels, de rendre des services à la population
tels que la population peut évidemment s'attendre
à en recevoir. Cependant, au niveau du principe, je pense que c'est bon de
moderniser la profession notariale, c'est sûrement bon, de favoriser l'accès à la justice, mais, souvent, tout se
joue dans les petits détails. Alors, moi, j'ai évidemment très hâte
d'aller en commission parlementaire d'abord, écouter des groupes qui vont nous
en dire davantage, puis, par la suite, comme
on le fait toujours, évidemment, faire une étude
article par
article pour
s'assurer que l'objet, l'objectif du projet
de loi va être évidemment atteint par le document législatif déposé par le
gouvernement, technique sur certains aspects mais quand même important,
je le mentionnais.
Cependant,
quelques bémols, et je vais terminer là-dessus. On l'a vu, on a eu
l'opportunité de critiquer le gouvernement à plusieurs reprises dans la
transformation numérique. Je me rappelle les excellentes interventions et questions de ma collègue la députée de Mont-Royal—Outremont, qui, évidemment, a permis à la population de bien comprendre et
de voir parfois ce qui ne fonctionnait pas dans la transformation numérique.
Alors, je tiens à le souligner.
Donc, en soi, toute transformation
numérique peut être bonne, mais il faut s'assurer que ce soit fait avec un mécanisme qui, d'abord, ne va pas tout bloquer le
système et qui va assurer la protection des renseignements personnels puis
des renseignements hautement confidentiels
qui y sont contenus. Je comprends que l'idée, c'est de confier à la chambre et
à son conseil d'administration la gestion de ce greffe-là. C'est bien, mais il
faudra voir, et ça, j'ai hâte de poser des questions là-dessus puis d'en apprendre davantage, voir
comment ça va fonctionner pour s'assurer qu'il n'y aura pas de heurts et
que ce sera, donc, un roulement qui va bien se faire quand on va se mettre à
utiliser le greffe.
vous le souligne et je le répète, le fait qu'on puisse transférer des greffes à
la Bibliothèque nationale, c'est aussi une
bonne chose, mais évidemment ce sera sur support numérique. Donc là, la
Bibliothèque nationale, on ne parle plus de la Chambre des notaires, on
parle de l'État. Et, moi, ce que je vais m'assurer, c'est qu'évidemment, quand
ce sera fait, ça va se faire d'une façon où,
évidemment, on ne perdra pas de documents, je l'espère, et où ces documents-là
vont être conservés d'une façon
sécuritaire, parce qu'il y aura là, effectivement, un ensemble de données
parfois confidentielles, parfois moins,
mais qu'on devra quand même conserver. Et il faut que l'État soit capable de
prendre des mesures pour que ce soit conservé
adéquatement puis que, par la suite, ces documents-là puissent éventuellement
être recherchés par des fonctionnaires, donc des employés de l'État, mais en s'assurant qu'ils auront les
ressources et puis les employés nécessaires pour le faire. On ne peut pas toujours accroître, accumuler,
accumuler, demander plus, sans que les employés de l'État aient ou bien un
nombre suffisant pour travailler
correctement puis, évidemment, être rémunérés suffisamment pour être capables
de faire leur travail. Donc, ça,
c'est une chose sur laquelle je vais veiller particulièrement comme
porte-parole de l'opposition officielle en matière de justice.
complète mon exposé, M. le Président, mais, en ce qui a trait au principe de ce
projet de loi là, qui vise à moderniser et à favoriser l'accès à la
justice, je vais voter en faveur du principe. Je vous remercie.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, M. le député de l'Acadie. Est-ce qu'il y a
d'autres interventions?
Alors,
le principe du projet de loi n° 34, Loi visant à moderniser la profession notariale et à favoriser l'accès à
la justice, est-il adopté?
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Adopté. M. le leader adjoint du gouvernement.
Lévesque (Chapleau) : Oui. Merci beaucoup, M. le Président. Donc,
conformément à l'article 243 de notre règlement, je fais motion
afin que le projet de loi n° 34, la Loi visant à moderniser la profession
notariale et à favoriser l'accès à la justice, soit
déféré à la Commission des institutions pour son étude détaillée et que le
ministre de la Justice soit membre de ladite commission pour la durée du
mandat.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Cette
motion est-elle adoptée?
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Adopté.
M. le leader adjoint du gouvernement.
Lévesque (Chapleau) : Oui. Merci beaucoup, M. le Président. Je vous
demanderais d'appeler l'article 13 du feuilleton, s'il vous plaît.
Vice-Président (M. Benjamin) : À l'article 13 du feuilleton, M. le ministre
des Finances propose l'adoption du projet de loi n° 27, Loi
modifiant la
Loi sur les impôts, la
Loi sur la taxe de vente du Québec et
d'autres dispositions.
Y a-t-il des interventions? (Panne de son) ...M.
le leader adjoint, le député de Chapleau.
Lévesque (Chapleau) : Oui. Merci beaucoup, M. le Président. Donc, très
heureux de vous entretenir ce matin sur
le projet de loi n° 27. Et donc le ministre des Finances soumet à
l'Assemblée nationale le projet de loi n° 27, qui est intitulé la Loi modifiant la
Loi sur les impôts, la
Loi sur la taxe de vente du
Québec et d'autres dispositions.
C'est vraiment pour moi un plaisir
d'intervenir à cette étape-ci du projet de loi au nom de mon collègue le
ministre des Finances, que je remercie, d'ailleurs, là, pour sa
confiance, M. le Pésident.
Et donc
peut-être parler un peu du cheminement de ce fameux projet de loi n° 27,
donc, qui a été présenté, on se souviendra,
M. le Président, le 30 mai 2023 et que le principe en a été adopté le
6 juin 2023. La Commission des finances publiques en a fait l'étude détaillée les 13 et 14 septembre 2023
et adopté les 166 articles. Des amendements ont également été
adoptés. Le rapport de la commission a été adopté... a été déposé le
19 septembre et a été pris en considération le 20 septembre, et nous
sommes aujourd'hui à faire l'adoption finale du projet de loi.
Et donc c'est
un projet de loi qui, en fait, donne suite à des mesures fiscales qui avaient
été annoncées dans divers bulletins
d'information publiés notamment en 2021, en 2022 et en 2023. Il donne également
suite à deux mesures annoncées dans le discours sur le budget du
21 mars 2023.
Étant donné,
M. le Président, que le projet de loi contient des modifications diverses qui
sont regroupées en sujets principaux
et que l'ensemble de ces sujets a fait l'objet d'une étude détaillée, je vais
simplement en discuter
sommairement, si vous le voulez bien.
Et donc le
projet de loi, M. le Président, modifie d'abord la
Loi sur les impôts et la Loi
concernant les paramètres sectoriels de certaines mesures fiscales,
notamment. Et donc, là, on a une certaine énumération parce qu'il y a plusieurs
éléments dans le projet de loi.
On vient
bonifier le crédit d'impôt remboursable pour le soutien aux aînés, une mesure
qui est phare, du gouvernement, pour aider les aînés vulnérables à faire
face à l'augmentation du coût de la vie.
On élargit
également l'admissibilité à la déduction additionnelle pour les frais de
transport des petites et moyennes entreprises éloignées et au mécanisme
d'étalement du revenu des producteurs forestiers, deux mesures qui vont
évidemment aider particulièrement les PME en région, M. le Président.
On vient
reconduire également les crédits d'impôt, qui sont remboursables, visant à encourager
la création de nouvelles sociétés de services financiers afin de
permettre au secteur financier québécois de poursuivre sa croissance.
On renforce
également la conformité fiscale à l'égard des cryptoactifs, adaptant ainsi nos
lois pour mieux encadrer le traitement fiscal des cryptoactifs.
Et évidemment
une mesure qui était bien attendue et bien annoncée, comme vous le savez, M. le
Président, on... on implante, c'est-à-dire, la baisse générale de l'impôt sur
le revenu des particuliers à compter de l'année d'imposition 2023, une mesure qui est pérenne, permanente et
favorable pour augmenter le revenu disponible des Québécois, et évidemment
encourager l'effort au travail, et favoriser
la croissance économique du Québec. Et, M. le Président, on n'en est pas peu
fiers. Effectivement, c'est un engagement
électoral que nous avions pris, et nous le livrons grâce, évidemment, au bon
travail du ministre des Finances et de l'ensemble des collègues. Et donc
ce projet...
Lévesque (Chapleau) : Merci beaucoup. Merci. Ce projet de loi modifie
également la Loi constituant Capital régional
et coopératif Desjardins afin que certains investissements faits pour accroître
l'offre de logements abordables soient reconnus pour l'application de la
norme d'investissement qui y est prévue.
plus, il modifie la Loi concernant l'impôt sur le tabac afin d'augmenter les
taux de la taxe spécifique sur les produits du tabac.
Ce projet de
loi modifie également la
Loi sur les impôts et la
Loi sur la taxe de vente du
Québec afin d'y apporter des modifications semblables à celles qui ont
été apportées à la législation fédérale.
Enfin, ce projet de loi apporte des
modifications à caractère technique, de concordance et de terminologie.
Et donc, en
terminant, je tiens à remercier, M. le Président, les collègues du gouvernement
de même que les députés des partis
d'opposition membres de la Commission des finances publiques pour leur collaboration
tout au long du processus de l'étude
de ce projet de loi. Et, comme je le disais d'entrée de jeu, un merci spécial
évidemment au ministre des Finances, qui me permet ce matin, là, de vous
entretenir à l'étape de l'adoption finale du projet de loi.
Et, en
conclusion, je demande donc à cette Assemblée, M. le Président, de bien vouloir
adopter le projet de loi n° 27. Merci beaucoup, M. le Président.
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, M. le leader adjoint du gouvernement.
Toujours sur le projet de loi n° 27, je reconnais M. le député de
Marguerite-Bourgeoys.
Beauchemin : Merci beaucoup, M. le Président. Le projet de loi n° 27 est un projet de loi qui a illustré le manque de précision en ce qui
a trait de mesures fiscales ou des mesures qui peuvent aider la population de
façon ciblée.
Malheureusement, durant la campagne électorale,
nous avions proposé deux mesures relativement simples à instaurer, c'est-à-dire l'augmentation du crédit de la solidarité de
25 % et d'augmenter le nombre d'items qui puissent être inclus dans le panier de biens essentiels, exempts
de la TVQ, deux mesures relativement simples qui font quoi, M. le Président?
Qui vont aider directement les gens les plus
touchés. Que ce soit dans un cycle inflationniste ou un cycle de récession,
c'est toujours les mêmes personnes
qui vont souffrir, c'est les gens les moins nantis, les gens en bas de
l'échelle. Mais, pour eux autres, là,
économiser 10 % de leurs factures lorsqu'ils s'en vont acheter des biens
essentiels, c'est important, ça fait une différence. Malheureusement, on n'a pas entendu une réaction positive de
la part du gouvernement là-dessus et on a eu plutôt des redistributions
vers les échelons plus élevés.
On est tous
pour faire en sorte que l'économie du Québec aille mieux. On est tous pour
faire en sorte que le PIB du Québec ait une croissance incroyable.
Malheureusement, on ne peut pas faire le choix de laisser de façon délibérée
des personnes en moyens dépourvus à
l'arrière. Donc, malheureusement, c'est la réalité de ce gouvernement avec ce
projet de loi là. Et vous ne serez pas surpris, M. le Président, que, pour
cette raison, ma formation politique va voter contre. Merci.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le député de Marguerite-Bourgeoys. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions?
Alors, le
projet de loi n° 27, Loi
modifiant la
Loi sur les impôts, la
Loi sur la taxe de vente du Québec et
d'autres dispositions, est-il adopté?
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Sur
division. M. le leader adjoint du gouvernement.
Lévesque (Chapleau) : Vous savez, je vais partager mon enthousiasme,
justement, d'avoir adopté ce beau projet de loi, qui va sûrement
recevoir, dans les prochains jours, la sanction royale.
Et donc, à ce
stade-ci, M. le Président, je vous demanderais de bien vouloir appeler
l'article 4 du feuilleton, s'il vous plaît.
Vice-Président (M. Benjamin) : Alors, à l'article 4 du feuilleton, Mme la
ministre responsable de l'Habitation propose
l'adoption du principe du projet de loi n° 31, Loi modifiant diverses dispositions législatives en
matière d'habitation.
Y a-t-il des interventions? Je reconnais Mme la
députée de Labelle.
Jeannotte : Bon, bien, merci, M. le Président. Je suis très
heureuse de prendre la parole aujourd'hui en cette Assemblée dans le cadre de l'adoption du principe
du projet de loi n° 31, Loi
modifiant diverses dispositions législatives en matière d'habitation.
Vous savez,
M. le Président, lors de ma nomination à
titre d'adjointe parlementaire de la
ministre de l'Habitation, celle-ci
m'avait confié le mandat de rencontrer les groupes qui souhaitaient contribuer
à la réflexion afin de recueillir leurs propositions dans
le but de moderniser cette loi qui, dans le fond, n'avait pas été modernisée
depuis 1994, M. le Président, on
parle de plus de 29 ans. Puis, vous savez, il y a 29 ans,
l'habitation, c'était tout un autre marché, on n'était pas du tout à une époque où le marché... présentement, on a
vraiment un grand, grand défi parce que l'offre, évidemment, n'est pas là
par rapport à la demande.
Alors, dans
le cadre de ce mandat, j'ai rencontré 11 groupes à l'automne 2022. Et
vous savez tout comme moi que, récemment,
grâce au projet de loi, nous avons rencontré 19 autres groupes et vous
savez qu'il y a 52 mémoires aussi qui ont été présentés dans le cadre de ce projet de loi n° 31. Ça a été
des rencontres extrêmement fructueuses, plusieurs échanges. Puis
d'ailleurs je tiens à remercier, là, tous ceux qui se sont prêtés à l'exercice,
je les remercie parce que c'est vraiment important, un exercice aussi
démocratique que celle-là.
C'était
justement... Le but, M. le Président, c'était d'entendre les irritants tant
d'un côté, les locataires, dans le marché actuel, ce qu'ils vivent, que des propriétaires, vous savez, ce qu'ils
vivent aussi, eux également. Ça fait que c'était à nous de trouver un
équilibre, puis, moi, d'en faire part à la ministre pour qu'éventuellement il y
ait un projet de loi.
Donc, ma
collègue ministre a déposé ce projet de loi à la dernière session afin,
justement, de répondre aux principaux problèmes
liés à cette vieille loi, là, qui datait de 1994, je le répète, et d'en
discuter, et puis de bonifier, là, ce qu'il fallait faire pour rendre
cet équilibre plus équitable.
Donc, M. le
Président, ce projet de loi a été fait, c'est ça, justement, là, comme je le
disais, pour aider l'équilibre entre les
propriétaires et les locataires. Et ce projet de loi propose diverses solutions
à des enjeux complexes en matière de marché locatif.
J'aimerais
parler peut-être d'éléments, là, que je considère majeurs puis qui ont vraiment
été dans l'actualité, dont, par exemple, les reprises, les évictions, les
cessions de bail, la clause F, la clause G. Tout ça a fait l'objet de débats,
là, dans l'actualité, puis j'aimerais en parler, là.
Prenons, par
exemple, là, les rénovictions. On a parlé beaucoup de ça dans les journaux
ou... donc, les locataires qui ont subi des conséquences incroyables parce
qu'il y avait des propriétaires peu scrupuleux, hein? Ce n'est pas toujours...
En général, là, M. le Président, ça va bien,
les locataires, les propriétaires, ça s'entend bien, mais c'est toujours le
10 %, là, qui, malheureusement,
fait mal, là, et c'est ça qu'on a voulu corriger. Donc, ça... il y avait des
stratagèmes qui ont causé des maux de
tête, autant d'un côté comme de l'autre, là, aux locataires puis aux
propriétaires. Donc, c'est pour ça, là, qu'on a voulu pallier à la
situation.
Donc, tu
sais, imaginez, là, pour un locataire, pour trouver un toit quand le taux
d'inoccupation est à son plus bas, ça
peut vite devenir angoissant et très, très stressant, parce qu'il y avait des
propriétaires peu scrupuleux qui mettaient les gens dehors. Ça, ça n'avait pas de bon sens. Puis c'est au locataire de
démontrer qu'il avait été victime d'une rénoviction devant le Tribunal
administratif du logement.
Vous savez,
M. le Président, le Tribunal administratif du logement, c'est un outil que le
Québec s'est donné, puis ça, ça fonctionne bien pour protéger les locataires
puis aussi les propriétaires. Et puis là, bien, c'était, dans le contexte
des rénovictions, au locataire de démontrer
qu'il avait été victime de rénoviction. Mais savez-vous quoi, M. le Président? Ce projet de loi vient renverser le fardeau de la preuve. Ce que
ça veut dire, dans le fond, là, c'est qu'il y a un ajout de présomption selon
laquelle le locataire ayant reçu un avis
d'éviction est réputé l'avoir refusé. Ça fait que c'est comme si d'office il
refusait. Puis c'est quoi qui arrive?
C'est que c'est le propriétaire qui va devoir aller au Tribunal administratif du logement puis démontrer sa bonne foi. Ça fait que
ça, c'est majeur.
Moi, si j'ai
un duplex ou un triplex et puis que... j'ai le droit, là, de le vendre à mon
fils, mais ça, c'est de bonne foi. Ça fait que c'est moi qui vais devoir aller
aux TAL pour dire : Bien, écoutez, je l'ai acheté, là, avec les économies
que j'ai faites, puis c'est correct, je le vends à mon fils. Ça, c'est
de la bonne foi. Puis le TAL va sûrement dire : C'est correct. Mais savez-vous qu'est-ce qui va arriver? Je vais
devoir donner une indemnité au locataire. Puis ça aussi, c'est nouveau,
puis on va débattre en commission, mais c'est des avancées majeures tant pour
le locataire que le propriétaire.
Ça fait que ça, c'est un autre exemple, là, qui
n'avait pas de bon sens, là, donc, des reprises ou des évictions sauvages, là, puis ça, le projet de loi vient
corriger ces choses-là puis vient amener, là, aussi des indemnités. La loi va
obliger le propriétaire... Moi,
j'appelle ça des propriétaires, là. Ils appellent ça des locateurs, mais je ne
suis pas capable, M. le Président, je
dis toujours des propriétaires, excusez-moi. Mais c'est «le locateur», le vrai
terme juridique. Ça fait que le projet
de loi vient donc... prévoit des indemnités, pour le propriétaire, qu'il doit
verser au locataire, s'il est de bonne foi, je le répète.
Ça fait que,
voyez-vous, c'est vraiment... le projet de loi n° 31
va venir aider tant de part et d'autre. Puis, vous savez, M. le Président, moi, j'ai eu la chance d'entendre
les deux côtés de la médaille, comme on dit. Puis, vous savez, il y a beaucoup de jeunes couples qui ont acheté des duplex, des
triplex, puis eux aussi font face à l'inflation, aux taux d'intérêt élevés, les
hypothèques, les taxes qui augmentent, les
rénovations. Ça fait qu'eux aussi sont à la gorge, là, il ne faut pas penser
que c'est tous des méchants
propriétaires, là, ou locateurs, là. Vous savez, j'ai eu la chance d'entendre
les deux côtés de la médaille.
Peut-être un
dernier exemple aussi, là, de choses qu'on va changer dans le projet de loi.
Dans mon comté, j'ai entendu dire
qu'il y a des gens qui investissent pour nous aider à bonifier l'offre. Ça fait
qu'ils venaient me voir, puis ils me disaient : Mme Jeanotte, on n'est même pas... Mme la
députée, on n'est même pas capables d'arriver avec un coût de construction
qui ferait qu'on aurait un loyer en bas de
2 000 $. Puis ça, je ne vous parle pas de Montréal, là, je vous parle
de Ferme-Neuve. Alors, c'est pour ça
qu'il y a une autre disposition dans le projet de loi, M. le Président, qui,
dans le fond, va indiquer le montant
maximal que cet investisseur-là va pouvoir mettre son loyer au cours des cinq
prochaines années. Ça fait que ça, ça
vient protéger le locataire aussi parce qu'au moins il va savoir à quoi
s'attendre. Puis ça protège aussi l'investisseur qui a voulu faire une bâtisse, aussi, parce que lui,
il va savoir s'il est capable d'arriver, ça fait que, là, il va savoir s'il
peut la bâtir, sa fameuse bâtisse.
Ça fait que,
tu sais, dans le projet de loi, M. le Président, il y a vraiment, donc, des
dispositions qui vont aider les propriétaires
tant que les locataires. Ça fait que c'est vraiment une avancée majeure, là,
comme je le disais, après tant d'années que ça n'avait pas été fait. Ça met en place un
encadrement, aussi, plus solide pour s'attaquer à la problématique de fond,
c'est-à-dire la construction de logements. Parce qu'entre vous et moi le projet
de loi n° 31, là, c'est l'équilibre entre le propriétaire et le locataire puis notre outil, le
fameux Tribunal administratif du
logement, mais on s'entend que ce
n'est pas ça qui va régler la crise
du logement en entier, hein? C'est la construction de logement social et
abordable, pas mal... pas «pas mal plus», mais c'est un tout. Ça, c'est
un jalon, mais il y a bien d'autres choses à faire.
Donc, c'est
un rude défi, M. le Président, on le sait, c'est difficile, on a un vent de
face. Parce que ce n'est pas simple, la
construction, vous savez? Il y a eu la guerre, donc ça, ça a eu un impact sur
les chaînes d'approvisionnement, pour les gens qui construisent, les taux d'intérêt qui n'arrêtent pas
d'augmenter, les problématiques des municipalités qui doivent déréglementer, la simplification administrative.
Tous les ministères qui sont impliqués dans l'habitation, M. le Président,
c'est majeur. Vous savez, c'est un exercice
horizontal majeur, il n'y a pas juste l'Habitation, là, le MAMH, en bon
canadien, c'est-à-dire le ministère des Affaires municipales et de
l'Habitation, il y a des dispositions que ma collègue a faites, dans son dernier projet de loi, qui vont venir
aussi aider beaucoup, beaucoup à la construction, les municipalités s'y mettent,
donc, le code du bâtiment, là. Mon autre
collègue, au niveau du Travail, va travailler très fort aussi pour revoir les
dispositions qui vont aider à la construction. Le ministre des Finances
l'a dit, au cours de la prochaine mise à jour économique, on va avoir des
choses. Ça fait qu'on travaille très, très fort, M. le Président, pour faire
face à ce vent de face là, mais on va y arriver.
Vous savez,
le projet de loi, je reviens à ça, offre une approche concrète, et s'inspire
des demandes qui nous ont été faites,
et met de l'avant des mesures qui pourront avoir un effet perceptible dans la
relation équilibrée que nous souhaitons établir au quotidien entre les
locataires et les propriétaires.
Alors, je conclus, M. le Président. Plusieurs
autres éléments de ce projet de loi sont importants, et nous aurons l'occasion
d'en discuter abondamment lors de l'étude détaillée du projet de loi de ma
collègue.
Je termine en mentionnant que je suis convaincue
que nous avons l'occasion de faire époque pour instaurer un meilleur équilibre entre locataires et propriétaires.
Nous avons la chance d'apporter des modifications pour prendre soin des uns comme des autres et nous assurer que les
règles en place permettront d'évoluer dans un cadre harmonieux. C'est important. Après tout, les propriétaires
d'immeuble locatif auront toujours besoin de bons locataires, et ces derniers
souhaiteront également compter sur des bons propriétaires, qui
respectent leurs besoins de sécurité et leur capacité de payer.
Je conclus en
remerciant les groupes qui ont participé à ces consultations ainsi que mes
collègues parlementaires. Puisse
notre travail, déjà bien enclenché, nous mener ultimement à l'adoption d'une
loi qui fera une différence positive en habitation au Québec et dans les
prochaines années. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de Labelle. Merci. Prochaine
intervenante, Mme la députée de Mille-Îles.
Dufour : Merci, M. le Président. D'emblée, je dois vous
dire que j'ai la voix un peu faible aujourd'hui. Je suis contente de
pouvoir être venue ce matin en Chambre, mais je dois vous dire que ce n'était
pas facile. J'ai l'énergie, le taux
d'énergie un peu bas, alors vous m'excuserez. Je vais peut-être être un peu
moins, disons, comme... D'habitude, je suis
assez à mes affaires et je sais où m'en aller, mais là je vous avoue que je...
baisse d'énergie, ma voix tremblotante, et j'ai manqué un peu de temps pour me préparer parce que je n'ai pas filé
depuis quelques jours. Heureusement, aujourd'hui, je me sens mieux. Mais
d'emblée... Mais, quand même, c'est un projet de loi qui était très attendu, et
je peux en parler abondamment parce que j'ai assisté à toutes les consultations
particulières.
Et donc,
d'abord, je voudrais remercier tous les intervenants qui sont venus nous
parler, dans le fond, de tous leurs enjeux qu'ils voyaient avec le projet de loi. Mais, au-delà de ça,
plusieurs groupes ont fait des propositions pour améliorer la crise du logement,
et donc j'accueille, là, vraiment avec beaucoup d'intérêt toutes les
propositions qui ont été faites. On a
eu quand même 53... 52 mémoires jusqu'à maintenant, donc ce n'est pas rien. Je
ne les ai pas tous lus encore, mais j'en ai lu peut-être la moitié, et
il y a vraiment de très, très belles propositions dans ces mémoires.
Et donc je
remercie, comme je disais, tous ceux qui sont venus, mais je remercie aussi les
parlementaires qui étaient autour de
la table, qui sont venus poser des questions, bien, d'abord, la ministre et ses
collègues de la
partie gouvernementale, et évidemment mes deux collègues des deux autres groupes d'opposition
qui ont été présents... qui ont été présents lors des consultations. Donc, à nous six, sept,
environ, là, qui posaient des questions, je pense qu'on a réussi à aller capter
un peu plus, là, de, peut-être, ce
qu'on ne pouvait pas trouver dans les mémoires, ou des fois des précisions, et
des fois ce qui nous manque quand les
groupes n'ont que 10 minutes. Alors, c'est très, très court pour exprimer
leur position. Ils n'ont que 10 minutes
pour parler, mais ils ont des mémoires détaillés. Des fois, on essaie de les
lire en détail, mais parfois ils arrivent plus tardivement, les
mémoires, alors c'est plus difficile de le faire, alors on leur pose des
questions. Et ce temps-là est essentiel pour
bien comprendre les positions puis s'assurer qu'on offre... au bout du compte,
qu'on adopte le meilleur projet de loi possible.
D'abord, je dois dire qu'il y avait beaucoup
d'attentes envers ce projet de loi là parce qu'on vit une crise du logement vraiment, vraiment profonde dans toutes
les régions du Québec. Je ne crois pas qu'il y a des régions qui n'ont jamais vu ça, jamais, jamais vu ça. Ça s'est déjà
vu, des crises du logement, mais aussi aiguës au Québec, non. Et là c'est
étendu partout dans les régions les plus éloignées, par exemple Gaspé, on le
voit aux Îles-de-la-Madeleine, on le voit un peu
partout, en fait, dans les régions les plus éloignées. Bien, il y a eu beaucoup
de mouvements avec la pandémie, mais il y avait... et donc, là, il y a
des gens qui ont quitté les grandes villes pour aller dans ces régions-là, mais
il y avait déjà un
manque de logement avant même cette situation-là. J'étais en échange avec des
gens de la région de Rouyn-Noranda,
qui me disaient que ça faisait des années qu'eux vivaient une crise du
logement.
donc, là, maintenant, c'est encore pire, c'est plus exacerbé. On parle d'un
taux d'équilibre... Normalement, ça devrait être 3 %. Il y a des groupes,
aujourd'hui, qui nous disent que, pour que ce soit vraiment en équilibre, ça
devrait être 7 % de taux d'inoccupation, mais disons... prenons le
chiffre de 3 %. Dans certaines régions, on est à 0 %, dans d'autres on est à 1 %, moins de 1 %. Beaucoup, beaucoup,
beaucoup, en fait, la majorité du Québec, on est à moins de 1 % de taux
d'inoccupation. Donc, c'est vraiment
dramatique. Puis ça, ça veut dire que, des familles, s'il y a un incendie et
que, demain matin, ils partent et ils cherchent un logement, il n'y en a
pas, il n'y en a aucun qui est disponible. C'est terrible.
À Montréal, la
situation... la grande région de Montréal, la situation est un peu moins
dramatique, le taux d'inoccupation est un
peu plus élevé, région de Québec également. Mais par contre ce qu'on a appris
avec les chiffres de Centraide...
L'été dernier, Centraide a fait un grand forum sur l'habitation, et c'était
fort intéressant, et ce qu'on a constaté avec ces chiffres, les chiffres qu'ils nous ont présentés, c'est qu'en
fait les taux d'inoccupation qu'on voit, les chiffres, ça peut être
trompeur. Parce que, quand on étale, en fait, on segmente les logements par le
loyer qui est payé, hein, une fourchette de loyers payés, on voit, en fait, que
le taux d'inoccupation des logements les plus dispendieux... c'est là qu'il y a vraiment de l'inoccupation, mais, dans
les logements les plus abordables, là, on est dans des zéros, même à Montréal,
même à Québec. Donc, quand on voit des... tu
sais, on entend des fois : C'est 2 % ou 1,8 % à Montréal, bien,
en fait, c'est 3,3 % et plus dans les logements les plus
dispendieux, mais on est en bas de 1 %, parfois même à 0 % dans des
certaines catégories de logement.
qui fait en sorte qu'il y a un marché qui s'est développé pour essayer de
protéger ces rares logements là, qui sont à coût... qui sont plus
abordables. Et donc, dans le passé, en fait, il y a eu beaucoup de... on a vu
beaucoup, beaucoup d'histoires, dans les
journaux, d'éviction qui ont, en fait, résulté, par la suite, à des logements,
à des loyers plus élevés. Et ça, ça a contribué à une inflation assez
importante des loyers.
Donc,
avec la rareté, on a vu les loyers exploser dans certaines régions. La ville de
Gatineau, notamment, c'est là qu'il y a eu la plus forte explosion, c'est là
qu'on trouve aujourd'hui les loyers les plus chers, les loyers moyens les plus
chers, à Gatineau. Et d'ailleurs c'est une
des raisons pourquoi j'ai autant insisté pour qu'on les rencontre, parce qu'ils
vivent la crise du logement peut-être la plus exacerbée au Québec, c'est
chez eux. Ils ont une pression énorme qui vient de l'Ontario. Ça, ça s'ajoute... Il y a eu beaucoup d'Ontariens qui se
sont... qui ont déménagé au Québec. Notamment, à Ottawa, c'est beaucoup plus dispendieux, actuellement,
habiter à Ottawa. Et la mairesse de Gatineau, en consultations particulières, nous
a dit : On est, à quelque part, le logement abordable d'Ottawa, Gatineau.
Et ça a fait en sorte que les prix ont monté, parce que la rareté,
encore une fois, a fait monter les prix.
quand on est propriétaire, bien, on veut... c'est un peu normal qu'on souhaite,
à un moment donné, rentabiliser notre
investissement. Quand on voit ça, bien, puis qu'on a des logements avec des
loyers plus bas, bien, à un moment donné, le propriétaire, peut-être, il
décide : bien, je vais investir, je vais vraiment le rénover puis je vais
pouvoir, après ça, peut-être augmenter un peu les coûts.
Mais,
s'il y a eu ça, c'est que... si les propriétaires ont fait ça, c'est qu'il y a
aussi quelque chose, dans la loi actuelle, qui est un peu, comment je pourrais
dire... Il y a un problème où les propriétaires qui souhaitent investir,
présentement, dans leur logement
n'arrivent pas à récupérer les sommes dans un échéancier qui est réaliste ou
qui est... Tu sais, on dit «le retour sur
investissement», mais c'est un investissement... Chaque personne qui possède un
bien immobilier doit investir, à un moment
donné, changer son toit, changer les fenêtres, des fois le plancher. Et
surtout, quand il y a des locataires, on n'a pas toujours les mêmes... des locataires qui ont les mêmes... le même
souci. Je dirais que, la grande majorité des locataires, il n'y a pas d'enjeu. Mais il arrive que des
logements sont endommagés. Et là, quand il y a des travaux qui sont effectués,
bien, il n'y a pas moyen de récupérer ça
dans un délai raisonnable. Actuellement, je crois, si je ne me trompe pas,
c'est sur 26 ans. Mais il est assez fréquent, si on change une
toiture, que... moi, en tout cas... nous, on a une maison qui a environ 18 ans, puis notre toiture est à refaire.
Alors, si on avait eu à étaler le paiement de la dernière toiture sur
26 ans, ça veut dire qu'on
serait encore en train de récupérer l'argent de la dernière puis que, là,
aujourd'hui, on aurait à payer une nouvelle. Donc, ça, c'est un enjeu
pour les propriétaires, mais ce n'est pas adressé du tout dans le projet de
loi.
Donc,
en fait, ce qu'on voit, c'est qu'il y a comme plein d'éléments qu'on voit, dans
notre milieu locatif, qui ne marchent pas bien actuellement mais que le
projet de loi adresse en partie, mais il y a d'autres qu'il ne va pas.
donc moi, je vais commencer à m'attarder un peu plus au projet de loi lui-même,
parler de ce que j'ai considéré qui était des bons points. Donc,
d'abord, ce que je considère qui est un très bon point, c'est qu'on est venu
adresser la fameuse clause F. C'est la
clause qui, en fait, vient... permet aux propriétaires qui ont des immeubles
neufs ou des immeubles qu'ils vont
mettre sur le marché locatif pour la première fois... pendant cinq ans vont
pouvoir ajuster le loyer sans contrôle des loyers.
Comment
ça fonctionne actuellement, si on a un logement régulier qui n'est pas neuf,
bien, la hausse de loyer est déterminée
par un calcul qui vient du Tribunal
administratif du logement. Ça, c'est
ce qu'on appelle le contrôle des loyers. D'ailleurs, il y a un expert qui est
venu nous parler du fait que, si, au Québec, c'était plus abordable de se loger
qu'en Ontario, c'est parce qu'il y
avait ce système-là qui était plus efficace. Alors, ça, je ne pense pas qu'il
faut jeter ça, mais il y a probablement des ajustements à faire dans les
calculs, la façon que les calculs sont faits.
Mais,
bref, il y a actuellement... Les logements neufs, eux, ce qui arrive, c'est
que, s'il y a un contrôle des loyers qui
s'effectuait, bien, il y avait tellement une incertitude dans le marché qu'à
une certaine époque on a permis, dans le fond, que, pendant cinq ans, le
propriétaire d'un nouvel immeuble peut, dans le fond, déterminer le loyer sans
passer par le Tribunal administratif du logement. C'est la clause F.
Par contre,
il y a eu beaucoup de gens qui ont eu des mauvaises surprises. Donc, on a vu
des personnes âgées dans des résidences pour personnes âgées... puis, en
passant, les résidences pour personnes âgées, c'est la même chose, c'est appliqué, cette loi-là,
c'est la même loi. Bien là, ils ont vu des fois qu'elles ont signé, elles ont
signé des baux à, je ne sais pas, je
vais donner un chiffre, là, hypothétique, 1 000 $, puis là, l'année
d'après, 1 500 $, puis, l'année d'après, 2 000 $, et là,
à un moment donné, 3 000 $. Et là, wo! Et là, à un moment donné,
perte de services. Ce n'est pas ce que j'avais signé comme entente au départ. Mais, avec la clause F, les gens, les
propriétaires ont cette latitude-là de mettre le montant qu'ils
souhaitent ou qu'ils jugent qui est nécessaire pour rentrer dans leur argent.
Ce qui est particulier avec les résidences pour
personnes âgées, c'est vraiment... et ma collègue la députée de La Pinière
viendra en parler davantage tout à l'heure, mais ce qui est particulier avec
celles-là, c'est qu'il y a toute la notion
des services aussi qui rentrent en ligne de compte. Et ça, c'est plus difficile
de visualiser, dans un horizon de quelques années, à quel point ça va augmenter les coûts. Et donc il y a eu, je
pense, beaucoup d'ajustements de ce côté-là, mais ça a quand même... Il y a une réalité, les personnes
qui arrivent en résidence pour personnes âgées ont des moyens limités, des
revenus limités, des revenus de retraite
parfois qui se limitent au Régime des rentes du Québec, peut-être la pension de
vieillesse, la sécurité du fédéral, mais
c'est très limité. Donc, quand les coûts augmentent de façon telle que les gens
ne peuvent plus se loger, bien, ça devient vraiment difficile.
Alors, un des bons points du projet de loi,
donc, ce que je disais, c'est que maintenant on va demander aux propriétaires, de facto, d'indiquer quel sera
le montant maximal, après cinq ans, possible. C'est sûr qu'il pourrait y
avoir... Il y a des groupes qui l'ont
souligné, bien, un propriétaire pourrait dire : Bien là, cette année,
c'est 1 500 $, puis le maximum, ça, c'est 5 000 $, potentiel. Donc, le gap est très élevé,
donc c'est possible que ça fasse peur, mais, au moins, les gens qui vont signer vont avoir au moins une idée de
qu'est-ce que ça pourrait être et se dire : Bien, à 5 000 $, je
ne pourrai pas me le permettre, ce
serait impossible. Et peut-être, à ce moment-là, il y aurait une négociation,
je ne le sais pas, mais, au moins, il y aura une transparence.
Actuellement, il n'y en a pas, c'est une surprise.
Il y a des
groupes qui auraient voulu que ce soit par contrôle des loyers, mais ça, ce
n'est quand même pas évident. Comme je disais, il y a eu... On a vu, là, des impondérables dans les
dernières années. Puis, quand on arrive avec un nouveau logement sur le
marché, il y a beaucoup de choses qu'on ne sait pas. Est-ce qu'il y aura des
réparations d'urgence parce qu'il y a eu une
défaillance lors de la construction? Est-ce que le marché, finalement, fait en
sorte qu'il va falloir... Je ne sais
pas, moi, je donne un exemple. Des fois, le coût d'entretien d'un service
commun dans un endroit où on est, nous, bien, ça a monté trois fois de prix. Donc, oups! ce n'est pas le même
coût que c'était avant. Donc, avant qu'un propriétaire comprenne toute la notion de qu'est-ce qui entre
en ligne de compte dans ses coûts, bien, ça peut prendre quelques années.
Bon, cinq
ans, il y a des groupes qui auraient voulu baisser ça à trois ans. Trois ans,
il y a un risque, quand même, il faut
se le dire, que les augmentations viennent plus vite à ce moment-là, et ce
n'est pas nécessairement ce qu'on souhaite actuellement, et c'est pour
ça que notre... La position du Parti libéral a toujours été de ne pas le
baisser de cinq ans à trois ans, surtout pas
de ne pas l'enlever, parce que ce qu'on craint, c'est que, si on enlève cette
possibilité-là, bien, c'est que les
logements vont rentrer sur le marché... au lieu de rentrer à... Je donnais
l'exemple hypothétique, à 1 500 $, bien, ils vont rentrer à
3 000 $ sur le marché.
Et donc, d'un
coup, on va voir une inflation assez importante dans les nouveaux logements, et
ce n'est pas ce qu'on souhaite dans
le marché actuel, où il n'y en a pas du tout, et les gens n'ont pas le choix,
dans le fond, de prendre le loyer qui
est là. Donc, voilà, ça, c'est un des éléments qui était... qui est positif,
parce qu'on est venus, au moins, mettre un maximum.
On a... Et ma
collègue qui a parlé précédemment, de la
partie gouvernementale, a parlé de
l'avis d'éviction, et qu'on est venus, dans le fond, avec ce projet de
loi là, un peu mieux encadrer les évictions.
D'abord, on
est venus mettre une présomption de refus pour les avis d'éviction. Donc, précédemment,
ce n'était pas le cas, c'est
qu'après... Dans le fond, s'il n'y avait pas une réponse dans les 10 jours
de la part du locataire qui se faisait évincer,
bien, c'était... ça veut dire qu'il l'a refusé, mais, des fois, l'avis n'a pas
été reçu, il est en voyage, des fois, il ne sait pas lire. Peu importe, là, maintenant, s'il n'y a pas de réponse,
le propriétaire, ça veut dire que c'était un refus. Donc, ça ramène à un
équilibre un peu plus mieux pour le locataire.
Par contre, je vais peut-être aller à l'encontre
de ce que ma collègue a dit précédemment. Elle a dit : Pour les reprises
et les évictions, il y avait un... on avait adressé ça, puis qu'il y avait un
meilleur équilibre. Mais, non, en fait, il y
a plusieurs cas où les reprises ne
sont pas traitées dans le projet de
loi. On traite plutôt des avis
d'éviction, mais pas des reprises
dans plusieurs articles. Et ça, c'est un élément que je vais revenir
avec des amendements, fort probablement,
parce qu'aujourd'hui ce qu'on fait, c'est 10 fois plus de reprises que
d'évictions.
Donc, le
fardeau a comme changé. À une certaine époque, c'était un peu le contraire. Il
y avait plus d'évictions que de reprises, mais, en fait, c'est que c'est
un peu plus difficile de faire des évictions. Alors, les gens se rabattent sur
les reprises, et pourquoi, et c'est quoi, la
distinction? Ça, c'est important. Dans le fond, une éviction, bien, on va la
faire... Par exemple, on prend notre
logement, on veut le subdiviser. Il y avait
un grand six et demie. On le subdivise en deux trois et demie. Ça, après ça, c'est une éviction pour subdivision.
Il y a... Pour faire du Airbnb, je reprends le logement puis maintenant
je le mets en commercial, Airbnb. Ça,
c'est une éviction, et le projet de
loi est venu vraiment bien encadrer ça, présomption de refus et des indemnités supplémentaires
importantes, et, ça, je le souligne. Je remercie le gouvernement d'avoir osé
aller là, parce que ce n'est évidemment pas ce que les propriétaires
souhaitaient.
D'ailleurs,
ils nous ont recommandé d'aller avec des indemnités plus basses, mais les
locataires ont tous dit même qu'il
faudrait que ce soit plus élevé. Donc, on voit qu'on est probablement dans un
équilibre avec ce qui est proposé, puis il y en a qui en veulent plus puis d'autres moins. Ça fait que c'est
probablement un équilibre qui a été trouvé là, là-dessus, sur les indemnités, mais les indemnités pour les
reprises, ce n'est pas les mêmes. On n'est pas du tout dans les mêmes eaux.
Dans le cas des avis d'éviction, ça va
jusqu'à un mois. Je crois, c'est un mois par année de... en fait, par année, à
avoir été dans le logement, jusqu'à un maximum de 12 mois, si je ne
me trompe pas. C'est quand même substantiel.
Par contre, il y a un
élément que plusieurs groupes ont souligné avec raison, et il faudrait s'y
pencher, c'est qu'actuellement l'indemnité
calculée sur le loyer payé actuellement, et non pas le loyer futur... Et
évidemment, quand on est dans un... dans des
situations avec des taux d'inoccupation de zéro, ça signifie que, quand on va
se retrouver un autre logement, puis qu'on est évincés, puis on se retrouve un
autre logement, bien, on va payer plus cher. Et je vous donne l'hypothétique : On payait 500 $ — il
y en a, il y en a, des loyers à 500 $ — puis que, là, soudainement, on se retrouve sur
le marché à 2 000 $, c'est quand
même 1 500 $ de plus par mois. Et là, quand on fait ça, bien là, si
on se dit : Bien, on a 12 mois
à 500 $, bien, ça ne couvre... ça couvre à peine trois, quatre mois du nouveau
loyer. Donc, ce n'est pas tout à fait un
an dans la réalité pour le locataire. Donc, il faudra peut-être se pencher
là-dessus. Disons, ma tête n'est pas encore faite là-dessus, mais c'est
un élément qu'il faudra réfléchir, parce que c'est sûr que le marché est
tellement en déséquilibre... Actuellement,
juste, tu sais, si on construit... Actuellement, les unités sortent à autour de
400 000 $ la porte. Il y a des marchés que c'est un peu moins, d'autres, c'est un peu
plus, dépendamment des terrains, mais disons que c'est 400 000 $
la porte. Si on part puis on s'en va prendre une hypothèque avec ça,
bien, on a des paiements... qu'on soit propriétaire, on a des paiements qui dépassent les 2 500 $ par
mois. Donc, difficile que les loyers soient abordables quand le coût de la
porte fait en sorte que les coûts avec les taux d'intérêt sont aussi
élevés.
Alors,
quand je donnais l'exemple du 2 000 $, que la personne passe de
500 $ à 2 000 $ de loyer, ce n'est pas très hypothétique, c'est ça actuellement. Les nouveaux
logements qui arrivent sur le marché, c'est 2 300 $,
2 400 $, 2 500 $. Puis ce n'est pas parce que les propriétaires
veulent, là, exploiter les locataires, c'est parce que c'est leurs coûts réels.
Ça en est rendu là. Donc, on a un enjeu avec ça, ici, je le souligne.
grande, grande... Puis je veux juste revenir sur les reprises. Donc, pourquoi,
dans le fond, c'est ça... Après ça, c'est
quoi, la différence avec les reprises de logements? Bien là, c'est
plutôt : Mon père va venir habiter dans le haut. Moi, je suis au duplex, je suis en bas, mon père va
venir... plutôt : Moi, je vais être en haut, lui va être en bas parce que,
ses genoux, c'est mieux, et donc je
veux reprendre le logement pour lui, bien, c'est une reprise. Et là ce n'est
pas du tout les mêmes règles. Dans le
projet de loi... Dans la loi actuelle ni le projet de loi, on ne l'adresse pas.
Mais là ce qu'il arrive, c'est qu'il y a malheureusement beaucoup de
gens qui font des... bien, pas beaucoup, attention, il y a des cas qui nous ont
été rapportés comme quoi il y avait des
reprises de logement frauduleuses, donc sous de faux motifs. Et donc, par
exemple, je vais dire : Mon père va venir. Mais finalement mon père
a décidé de rester dans sa maison trois mois plus tard, et là, après ça, je remets le logement sur le marché puis, là, je
ne... pas du tout, du tout le même loyer. Ça, c'est malheureux parce qu'on a
quand même, à ce moment-là, évincé quelqu'un sous de faux motifs, et ça, il
faut, je pense, agir là-dessus.
Dans
les... Mes principales préoccupations par rapport au projet de loi, comme il a
été déposé, bien, évidemment, tout le
monde en a parlé, ça a fait, là, le scandale de l'été, les cessions de bail.
Cession de bail, en fait, c'était quelque chose qui était très marginal dans le passé, mais qui s'est un peu accentué.
Et qu'est-ce que c'est, dans le fond? C'est que, quand j'ai un bail... Et moi, j'ai souvenir, quand je suis
allée à l'université, on avait pris un bail à Montréal, et, à un moment donné,
moi, j'ai quitté, je suis allée vivre à l'étranger, je suis allée vivre au
Chili, et là je devais trouver quelqu'un pour prendre mon bail, parce qu'autrement c'est moi qui étais prise à payer le loyer
pour toute l'année qu'il restait. Et donc la cession de bail, c'était... ça servait à ça. Ça servait,
dans le fond, à permettre aux locataires de trouver quelqu'un pour prendre sa
charge puis aux propriétaires de ne pas se ramasser avec pas de loyer. Parce
qu'à cette époque-là le taux d'inoccupation était
pas mal plus élevé. On avait l'embarras du choix pour trouver des logements. Et
donc, tu sais, il y a des sûrement des gens,
sûrement des propriétaires qui ont vécu ça, des gens qui sont partis vivre à
l'étranger puis ils ont juste dit : Moi, je pars puis je laisse le
propriétaire avec son logement. Il essaiera de me retrouver. Il n'aura pas
d'argent. Ça fait que la cession de bail, c'était une façon, dans le fond, de
permettre aux propriétaires...
Puis,
d'ailleurs, c'étaient les propriétaires qui l'avaient demandé à l'époque, la
cession de bail. Mais là, dans les dernières
années, c'est devenu une façon de protéger des loyers abordables. Donc, on a
vu... Puis il y a une dame qui est venue nous parler en consultations
particulières qui parlait qu'il y avait un groupe Facebook, un, il y en a
plusieurs, un seul groupe avait
55 000 abonnés, et c'est un groupe de cessions de bail. Donc,
quelqu'un a un bail à céder, il va là-dessus. J'ai un bail à céder, puis là ça... des personnes, là, qui veulent
prendre le logement, il y en a des centaines, et des centaines, et des
centaines. Et donc ça permet de maintenir les mêmes conditions du bail.
existe aussi la sous-location. Ça, c'est différent, c'est : j'ai un
résiduel de mon bail... Et, d'ailleurs, moi, c'est ce que j'avais fait, à
l'époque, avec le Chili. Quand j'étais allée au Chili, j'avais sous-loué ma
partie à quelqu'un d'autre, puis, à la fin de l'année, dans le fond, le
bail vient à échéance. Tu sais, c'est la même échéance à ce moment-là, et là le
propriétaire peut renouveler ou pas, c'est différent. Céder le bail, c'est un
peu distinct.
Mais, dans les deux
cas, autant dans la cession que dans la sous-location, il y a malheureusement
eu aussi de l'abus. Il y a des groupes qui
nous ont dit que c'était anecdotique, il y a d'autres qui ont dit : Non,
non, il y a des cas réels de
marchandisation de la cession de bail ou de la sous-location. Donc, quelqu'un
qui a un loyer très peu cher, admettons le fameux 500 $, qui dit : Moi, je vais te sous-louer mon
logement, mais tu vas me payer 800 $ par mois, et je me fais 300 $.
Puis la personne est contente parce qu'à
800 $ elle paie beaucoup moins cher que si elle allait sur le marché
actuel, qu'elle paierait peut-être 1 800 $ ou
2 000 $, donc...
Mais ça, on ne peut
pas accepter ça, parce que c'est faire de l'argent sur le dos, quand même, du
propriétaire, qui, lui, a tous les risques.
Et le pire, c'est : après ça, il y a aussi ses assurances, au
propriétaire, qui vont être affectées par ça. Donc, ça... Puis, après ça, il n'a pas le contrôle non plus sur qui va
aller là. Donc, on ajoute beaucoup, là, de... Puis, si, en plus, la personne se fait du profit là-dessus,
pour moi, là, il y a comme une... quelque chose qui... on ne peut pas aller là.
On ne peut pas permettre que des gens utilisent
le fait qu'ils ont un loyer abordable pour aller se faire de l'argent sur le
dos de d'autres locataires, qui, en fait...
Tu sais, de céder son bail à une autre personne pour protéger le loyer
abordable, c'est louable, mais pas
d'aller se faire du profit sur le dos de la personne qui va reprendre le bail.
Moi, c'est inacceptable. Et ça, je viendrai probablement avec des
amendements à ce sujet-là.
Mais, par contre, dans les circonstances
actuelles, compte tenu du taux de déséquilibre énorme du marché, on considère que ce n'est pas le bon moment de
toucher les cessions de bail. On a entendu tous les groupes à ce sujet-là, même
des villes sont venues
dire : Non, ne touchez pas aux cessions de bail, ce n'est pas la bonne
saison pour le faire. Si, un jour, on
retrouve un équilibre un peu plus... bien, c'est ça, un taux d'inoccupation un
peu plus en équilibre, on pourra le regarder, mais, pour l'instant, c'est... il y a trop de... le marché est trop à
l'avantage des propriétaires pour enlever cet élément-là de la loi, pour
nous, en tout cas.
Un autre élément, c'est la clause G. En fait,
on n'y touche pas du tout, à la clause G, dans le projet de loi. Et la
clause G, ce que c'est, c'est... en fait, le propriétaire doit indiquer le
loyer précédent, le montant. Et ça, beaucoup de groupes nous l'ont dit, et même comme locataire, je l'ai
vécu, beaucoup de propriétaires ne le remplissent pas mais peut-être par
méconnaissance, ce n'est peut-être pas par
mauvaise foi. Mais il y a un enjeu, c'est que ce chiffre-là, le montant qu'on
met comme loyer précédent, bien, ça
permet aux nouveaux locataires de savoir est-ce que le loyer qu'on
m'indique ici, qu'on me charge va
avec, tu sais, l'inflation, du moins, du secteur ou de cette unité-là. Et donc,
dans la loi, ça doit être rempli, mais il n'y a pas vraiment de
conséquence pour un propriétaire qui ne la remplit pas, cette clause-là.
Et, d'ailleurs, un
peu à cause de ça que beaucoup de groupes, en fait, une majorité de groupes ont
demandé à ce qu'on mette en place un registre
des loyers, pour permettre aux locataires, aux nouveaux locataires d'aller
fouiller puis d'aller s'informer sur
l'ancien loyer. Et là, d'ailleurs, Vivre en ville est venu nous présenter le
fait qu'eux ont mis en place un
registre des loyers. Puis ils disaient : Bon, bien, c'est un outil quand
même facile, en place, on est prêts à le céder au gouvernement gracieusement. Et on les remercie
pour cette offre, mais un registre des loyers, ce n'est pas juste un outil
informatique, c'est beaucoup plus que ça. Parce
que, quand je leur ai demandé comment ils validaient l'information qui
était dedans, l'important, c'est les données, ce n'est pas tant l'outil, bien,
il n'y a aucune validation actuellement dans l'outil
de Vivre en ville. Donc, ça fait qu'actuellement ça... Je comprends, dans le
fond, qu'on a voulu le présenter, l'outil, mais, dans les faits, ça n'a pas de force de loi du tout, et
l'information peut être bidon. On ne le sait pas. On ne le sait pas.
fait que, pour que ce soit vraiment un vrai registre, il faudrait que ce soit
géré au niveau du gouvernement. Et, encore
une fois, c'est... Bon, on l'a vu dans les derniers mois, ce n'est pas
nécessairement la force, là, du gouvernement actuel, les nouveaux outils
informatiques. Mais, ceci dit, ceci dit, mettons qu'on prenait l'outil de Vivre
en ville, il reste... Comment on le popule
de données, comment on va s'assurer que les données qui sont dans le registre
sont les bonnes? Et l'expérience avec
tout ça... les gouvernements qui ont mis en place des registres des armes à
feu, par exemple, ça n'a pas toujours
été un succès. Alors, moi, j'ai un gros bémol sur le registre des loyers. Par
contre, si la clause G fonctionnait, on n'aurait pas besoin du registre des loyers. Alors, il est là, l'enjeu.
La clause G, il faudra la renforcir, trouver le moyen de la renforcir,
et je vais revenir avec des amendements à ce sujet-là.
Un élément qui me
préoccupe beaucoup, puis je l'ai mentionné à plusieurs moments dans le projet
de loi, c'est l'affaiblissement du logement social. Puis, ça, on le voit depuis
malheureusement quelques années. On voit que le gouvernement actuel ne croit pas beaucoup au logement social. On a tenté
de changer les mots. Donc, c'est venu... Au départ, l'ancienne ministre
qui avait le dossier de l'habitation a créé un nouveau programme, le Programme
habitation abordable Québec. À
l'époque, elle disait que ça ne remplaçait pas AccèsLogis, c'était plutôt
complémentaire, puis qu'il y aurait
éventuellement un autre programme pour le logement social. Mais, plus tard, on
a entendu la nouvelle ministre de l'Habitation nous dire qu'AccèsLogis
était mort et que, dans le fond, on ne s'en servirait plus.
Ce n'est pas l'outil,
tant, qui compte, là, que ça s'appelle AccèsLogis ou pas, c'est plutôt le fait
qu'AccèsLogis permettait de faire du
logement social, puis ça a permis d'en faire quand même beaucoup au Québec. Et
tous les groupes disaient : O.K., il y a certains ajustements à faire à ce
programme-là, mais, mais, à la base, c'est le meilleur outil qu'on avait. Le nouveau programme n'a pas donné l'effet
escompté, en tout cas pas pour des logements sociaux. Il y a eu beaucoup
d'enjeux. Et là la deuxième mouture, bien,
on verra bien, mais, pour l'instant, il y a un seul... Le deuxième appel de
projets, il y a un seul projet en
chantier sur les 41 annoncés dans le PHAQ, la deuxième phase. Ce n'est pas
surprenant, là, parce que les délais de 12 mois étaient
irréalistes.
Mais,
ceci dit, moi, ce que j'ai vu dans le projet de loi, c'est que, partout où il y
avait «social», «logement social», on
a voulu changer pour «logement abordable» ou «habitation», et c'est quand même
important parce qu'il y a une grande distinction
entre les deux. Un logement abordable, c'est... Bien, en fait, je vais
recommencer, plutôt. Qu'est-ce que c'est, un logement social? Un logement
social, c'est basé sur le revenu de la personne, et on va venir mettre un
maximum de, si je ne me trompe pas, 25 %. Donc, la personne ne
paiera jamais plus que 25 % de son revenu pour son loyer.
ça, c'est important, parce qu'au-delà de 30 % on dit que les gens
commencent à devoir couper ailleurs. Et là, actuellement, ce qu'on trouve, c'est des gens qui malheureusement
paient... 50 %, 70 % de leur revenu va au loyer. C'est énorme et ça
ne laisse plus grand-chose pour manger, pour payer les fournitures scolaires,
etc. Donc, c'est... c'est un enjeu.
C'est
pour ça qu'on a besoin d'autant de logement social, alors que le logement
abordable, lui, ce n'est pas tout à fait la même chose, c'est plutôt... Bien,
c'est moins cher que le marché. Mais, c'est moins cher que le marché, quand
le marché monte de 20 %, bien, le logement abordable monte de 20 %.
Et donc il est de moins en moins abordable, pour ne pas dire... les logements abordables à Gatineau ne sont pas
abordables du tout. De mémoire, on avait un exemple, on était 1 800 $, c'était considéré
abordable. Il y a énormément de gens dans notre société qui n'ont pas les
moyens de payer ces montants-là sans couper dans d'autres services
essentiels, d'autres biens essentiels de leur vie.
donc, quand je lis, dans le projet de loi, qu'on veut permettre l'aliénation de
HLM, donc quand les HLM vont être, par exemple... seraient démolis parce qu'ils
n'ont pas été entretenus, bien, qu'ils pourraient être aliénés pour faire
du logement abordable, bien là, on perd l'essence du HLM. Quand on a mis les
sous, quand le gouvernement fédéral, à
l'époque, a construit les HLM, ça le dit, habitations à loyer modique, le but,
c'était de faire du logement social. Il y a des conseils
d'administration qui gèrent ça, c'est des milieux de vie, et là on veut pouvoir
les aliéner pour faire du logement abordable où là ça peut être un peu tout et
n'importe quoi. Moi, je ne suis pas du tout, du tout d'accord avec ça.
on l'a vu aussi avec un autre élément, où la CMM... on veut permettre à la CMM
d'investir. Dans le fond, elle avait
un fonds de logement social puis elle peut rembourser les contributions des
municipalités dans des projets d'habitation. Bien là, dans la loi, c'était indiqué qu'elle
devait le faire dans les projets de logements sociaux, et là on veut lui
permettre de venir, dans le fond,
rembourser des projets d'habitation. «Habitation», le mot... donc là, ici, on
change «logement social» par
«habitation». Ça aussi, c'est un peu tout et n'importe quoi. Il n'y a plus de
balise. Et là on parle de l'argent des contribuables. Est-ce que
l'argent des contribuables devrait servir à du logement privé? Moi, je ne suis
pas d'accord. Les fonds publics doivent...
il doit y avoir un retour pour le public, un legs, un genre... on doit avoir un
gain pour la société. Mais, quand c'est un profit pour un privé, il est où, le gain pour la société? Moi, je ne
suis pas à l'aise que nos subventions en logement aillent là.
Puis ça, les gens de
la CMM, après quelques échanges avec eux, semblaient être bien ouverts à ce
qu'on précise qu'au lieu d'habitations on parle que ce soient des logements
sociaux, abordables ou communautaires, au moins pour... Ce n'est pas parfait,
là, parce qu'«abordables», pour moi, c'est trop un peu n'importe quoi, mais on
a compris, par les échanges, que ce qu'ils souhaitaient, c'est pouvoir
participer à des projets de coops d'habitation, par exemple, ou des projets qui
sortent un peu de l'ordinaire, comme les projets d'UTILE, qui fait du logement
étudiant, et qui ne cadrent pas toujours dans les programmes de la Société
d'habitation du Québec. Et donc c'est ce qu'ils souhaitaient vraiment.
Alors,
moi, je vais proposer un amendement pour venir corriger ça et que ce ne soit
pas «at large», n'importe quel projet
d'habitation, mais bien qu'on précise les types d'habitation puis qu'on reste
dans ce qui laisse un legs pour le public. Évidemment, pour les HLM, ça ne peut pas... moi, personnellement, je ne
peux pas accepter qu'on permette d'aliéner des bâtiments, des HLM, pour faire du logement abordable. Vous comprendrez
que c'est sûr que c'est un changement que je vais... Je vais m'y opposer
fortement.
Ensuite,
dans le projet de loi, on trouve aussi que la... on souhaite donner des
objectifs, dans le fond... en fait, on souhaite
permettre à la Société d'habitation du Québec d'offrir des services payants. On
ne sait pas lesquels, on ne sait pas combien,
on ne sait pas à qui, ce n'est pas précisé, mais on dit «dans un objectif
d'autofinancement». «Autofinancement», la
Société d'habitation du Québec, ça peut faire peur quand on lit ça. La Société
d'habitation du Québec soutient des groupes, hein, toutes sortes, et déjà on
entend qu'il y a des pénuries de main-d'oeuvre, des fois que c'est long d'avoir
certains services, des réponses, etc.
Alors, si en plus on se met à vendre des services à des privés, par exemple,
est-ce que ça va détourner de la
main-d'oeuvre, du temps humain, qui aurait servi à offrir des services de
soutien aux groupes communautaires? Moi, c'est sûr que je vais poser beaucoup de questions à ce sujet-là. J'ai la
gorge sèche. Voilà. Donc, on voit, là, qu'il y a un enjeu de ce côté-là, du
côté de cet élément-là qui est très imprécis, et puis c'est sûr que je vais
poser beaucoup, beaucoup de questions
concernant la Société d'habitation du Québec. La ministre m'a mentionné qu'il y
avait déjà des services rémunérés de la SHQ, mais, c'est ça, je vais
vouloir en savoir beaucoup plus là-dessus.
dois dire que c'est un projet de loi, comme je disais, qui était très attendu,
mais le fait qu'on ait seulement entendu, au bout du compte, là... Je ne sais plus exactement le nombre de groupes
qu'on a entendus, mais très peu par rapport au nombre de groupes qu'on souhaitait entendre. Je dois dire, là, nous, en
tout cas, l'opposition officielle, on avait fait une liste exhaustive des groupes qu'on souhaitait
entendre, et il y en a plusieurs que le gouvernement nous a dit non — merci,
monsieur — le gouvernement nous a dit non, malheureusement.
Et là il y a eu des désistements, dont notamment la ville de Gatineau, et là il y a eu des
désistements, donc ça nous a permis, finalement... À force d'insister, on a
finalement pu les entendre, et je
suis bien contente qu'on les ait entendus parce qu'il y a vraiment des éléments
très particuliers qu'il s'est passé
à... qu'il se passe à Gatineau avec la proximité de la frontière ontarienne, et
ça nous a permis vraiment de voir un aspect différent par rapport à la
main-d'oeuvre, par exemple.
c'est un élément que les autres groupes n'ont pas vraiment abordé. En fait,
aucun groupe n'a abordé la question de
la mobilité de la main-d'oeuvre entre l'Ontario et le Québec, et ça, c'est quelque
chose... la main-d'oeuvre en construction. Donc, quand on est à... Il y a environ, ils estiment, 500 Québécois
qui travaillent en Ontario en construction, mais ils ne peuvent pas revenir au Québec pour une question de
carte de compétence. C'est différent quand on est Ontarien puis qu'on vient au Québec, là il y a des ententes, mais,
quand on est Québécois, qu'on s'en va en Ontario, qu'on délaisse nos cartes,
revenir, c'est beaucoup plus complexe. Et là
c'est 500 Québécois qui pourraient venir travailler au Québec, et
particulièrement à Gatineau, qui ne peuvent pas le faire. Donc là, il y
a quelque chose à regarder de ce côté-là.
y a aussi... On a abordé avec eux aussi la question de la taxe sur les
produits... la TPS, taxe produits et services. Dans le fond, le fédéral a annoncé... le gouvernement fédéral a annoncé,
la semaine dernière, qu'il allait retirer cette taxe-là... la semaine
dernière ou la semaine précédente, là, je ne suis plus sûre exactement, mais,
bref, il allait la retirer sur les matériaux
de construction, dans le fond, pour faire du logement locatif. Belle
initiative. Nous, on le proposait pour... dans le fond, au niveau de la TVQ, la taxe de vente du Québec, de la retirer
pour les projets de logements sociaux et abordables. Donc... Et ça,
c'est vraiment un enjeu, parce qu'actuellement, dans le fond, il y a une
inflation énorme au niveau des matériaux de
construction, les projets coûtent beaucoup plus cher à faire. Et là c'est de
plus en plus difficile à attacher les projets. Et je vais revenir sur
AccèsLogis tantôt, justement, à ce sujet-là.
Mais,
bref, à Gatineau, ce que la mairesse nous a dit, c'est que l'Ontario a
annoncé... Puis ça, c'est important, quand le fédéral a annoncé ça, qu'il allait enlever la taxe, la TPS, bien,
l'Ontario a dit : Bien, nous aussi, on arrive avec notre taxe de vente,
l'Ontario, on va l'enlever, nous aussi. Et là le Québec a dit : Non, non,
nous, on ne fera pas ça. Mais là, Gatineau, la mairesse, ce qu'elle nous expliquait, ça veut dire que ça va être à
peu près 10 % plus cher, construire à Gatineau qu'à Ottawa. Il y a un pont
qui les sépare, mais ça va coûter plus cher construire à Gatineau à cause qu'on
n'enlèvera pas la TPS... la TVQ, pardon, du côté du Québec.
Donc,
moi, j'exhorte le gouvernement, encore une fois, à y réfléchir. Je comprends
qu'on ne veut pas l'offrir puis j'ai entendu le ministre des Finances
dire : Bien, ça coûterait très, très cher, et là... parce qu'il avait
probablement le chiffre en tête de l'ensemble des projets locatifs, mais
qu'on commence peut-être avec les projets de logements sociaux, logements abordables, qui ne cessent, là... les
projets ne cessent d'être retardés, faute d'être capable d'attacher le
financement. Donc, ça, ça pourrait
être une option. Et, pour ça, je suis contente qu'on ait entendu la ville de
Gatineau, parce que ça nous a mis cette réalité-là... ça nous a présenté
cette réalité-là.
je vais revenir avec AccèsLogis, où on a décidé... le gouvernement a décidé
d'abolir ce programme-là, et sous prétexte
que les projets n'avançaient pas, ça n'allait pas assez vite, etc., mais les
groupes nous l'ont dit, et plusieurs sont venus, puis l'enjeu principal,
c'est... C'est vrai qu'il y avait des petits ajustements à faire, peut-être des
volets... c'était peut-être trop segmenté
dans certains secteurs, mais, à la base, quand un projet avait son financement,
puis qu'il se qualifiait, puis qu'il
voulait commencer, les taux, le maximum constructible, entre guillemets, là,
le... Comment je pourrais dire ça? Le taux sur lequel se basait la subvention
par logement était basé sur un coût de construction qui était déjà désuet.
Donc, à chaque année, là,
actuellement, depuis plusieurs années, dans la construction, on voit des taux
d'inflation beaucoup plus élevés que l'inflation générale qu'on entend.
Moi, j'étais dans le municipal auparavant, et on a vu, en une année, nos coûts de construction de projets majeurs monter de
30 %. Mais il n'y a pas un programme... le programme AccèsLogis mais
le PHAQ, la même chose, ne suivent pas ça.
Ils arrivent, ils ont des maximums, des coûts de construction maximums qui
ne sont pas en adéquation avec le marché. Et ça fait en sorte que, quand le
financement est enfin attaché, bien, on dit : O.K., là, c'est beau, notre financement est prêt, on part, on commence à
faire toutes les démarches, les coûts ont monté, puis le financement, il
ne marche plus, ça fait qu'il faut aller chercher d'autre argent. Et il y a
beaucoup de villes qui ont commencé à mettre des sous supplémentaires pour
faire en sorte que les projets lèvent de terre. Nous, on l'avait fait, à Laval, à l'époque, on a mis plusieurs millions
pour faire en sorte d'attacher le grand projet de Val-Martin. Le gouvernement
a mis beaucoup d'argent, on ne se le cachera pas, mais la ville aussi. Et donc,
à la base, quand on parlait que certains projets,
ça devait être du 10 % du municipal, à un moment donné, c'était 20 %,
c'est rendu du 40, 50 % au ministère
des fois. Ça fait des factures
très élevées, et c'est pour ça que les maires disent : Ouf! ce n'était pas
dans nos responsabilités, l'habitation,
avant, et là c'est rendu qu'on met des grosses portions de notre budget
là-dedans. Et c'est pour ça qu'il y a eu un cri du coeur des maires, et c'était... et je vous avoue que j'ai un peu
ri quand j'ai entendu autant la ministre que le premier ministre dire que c'était un peu la faute des
villes ou c'était la faute des villes, je ne me rappelle plus c'était laquelle
des ministres, Affaires municipales
ou Habitation, qui avait dit ça, mais c'était pour... Moi, ça m'a fait rire,
parce que j'avais souvenir de mon
ancienne vie, où ce n'était pas nécessairement facile d'attacher des projets,
puis, comme ville, on voulait, on voulait, on voulait, mais les
programmes n'étaient pas flexibles.
Puis, là-dessus, je souligne que la ministre
semble avoir beaucoup d'ouverture à avoir des programmes plus flexibles, et tant mieux si ça peut être le cas,
mais il faudra que les coûts maximums admissibles soient réalistes, peut-être
basés sur le réel plutôt qu'on met un
maximum, parce que ça ne marche juste pas, actuellement, il y a tellement
d'incertitude. On l'a vu avec la
pandémie, ça a monté, des taux très élevés, les coûts de construction, d'un
coup, augmentent parce que les matériaux de construction augmentent, mais la
pénurie de main-d'oeuvre, qui n'est pas réglée, d'ailleurs, dans le domaine de
la construction, donc, fait en sorte que les coûts augmentent énormément. À un
moment donné, ça ne suit pas, ça ne suit juste pas.
Puis les
appels de projets à date fixe, avec un court échéancier pour répondre, ça
aussi, c'est un enjeu dans plein de programmes gouvernementaux. Les
groupes me l'ont dit, on l'a vu dans des mémoires, que... on nous dit : Il
faut des programmes pluriannuels, il faut
avoir une prévisibilité, il faut être capable de déposer un peu n'importe quand
les projets, parce que, si tout le
monde... Tu sais, là, on a vu, là, il y a 44 projets qui ont été attribués
l'année passée. Si tout le monde part en construction en même temps, bien, ça
fait quoi? Ça fait augmenter, encore une fois, ça fait augmenter le coût
de la construction, parce que, là, les
groupes qui font la construction, ils ont aussi des pénuries de main-d'oeuvre,
ils sont moins nombreux sur le marché, et là, soudainement, ils sont tous
occupés en même temps. Ça fait qu'à un moment donné ils sont tous
occupés en même temps puis, à un moment donné, pouf! ils n'ont plus de travail.
Ça ne marche pas. Il faut être capable
d'étaler ça dans le temps pour que les gens qui font de la construction
puissent avoir... offrir des prix un peu plus... un peu plus, c'est ça,
raisonnables. Et c'est normal, c'est la loi de l'offre et de la demande, ça
fait que, s'il y a beaucoup de projets qui
sortent en même temps, bien, ils vont charger plus cher, les soumissions
sortent plus chères. Alors, il y a tout ça à revoir. Et je ne sais pas si le projet de loi est l'opportunité de
le faire, mais il faudra s'y attaquer, il faudra s'y attaquer.
Il y a des
éléments aussi sur le Tribunal
administratif du logement qui sont
dans le projet de loi que je me... je vais m'y attarder un peu plus, éventuellement, mais on l'a vu, la semaine
dernière... bien, en fait, oui, c'est ça, le rapport du Protecteur du citoyen. Il y a des enjeux, avec le Tribunal administratif du logement, il manque de main-d'oeuvre, et ça, c'est un élément... Il faut s'assurer... Il manque
de personnel, au tribunal, les délais s'allongent. Il y a certains éléments que
ça s'est raccourci, mais ce qu'il faut s'assurer, c'est que ce projet de loi là
ne va pas créer encore plus de demandes au TAL. Il faut absolument éviter ça.
Il faut permettre aussi des délais un peu plus longs. Il y a plusieurs
endroits, dans le projet de loi... bien, en
fait, qu'on n'a pas changé, mais qui avaient des délais de 10 jours. Par
exemple, un locataire avait 10 jours pour faire... j'essaie de me
rappeler, là, bien, justement, je pense que c'était contester la reprise de
logement. 10 jours, ce n'est pas
beaucoup. Comme je disais, il suffit d'être parti en voyage deux semaines, on a
manqué le bateau. Donc, ça, c'est des
éléments que je vais proposer d'ajuster, puis qu'on ait peut-être au moins des
30 jours un peu partout, là, que ce soit à peu près les mêmes
délais dans tous les cas de figure. Voilà.
Et il y a eu
des éléments aussi intéressants que je voudrais peut-être vous souligner puis,
après, je vais pouvoir conclure, là,
dans le fond, qu'il va falloir se pencher. Puis je le parlais... j'en ai parlé
un petit peu, là, tout à l'heure, les coûts que le Tribunal administratif du logement établit, les
calculs pour les rénovations, c'est un enjeu, mais il y a aussi les assurances
et les taxes municipales. On a découvert
que... Moi, c'est quelque chose... c'est une réalité que je ne connaissais pas.
Je n'ai pas... Je ne suis pas
propriétaire d'un multilogements, là, donc, je ne savais pas ça, mais, quand on
est propriétaire et qu'on doit
répartir les taxes municipales et les assurances sur l'ensemble d'un immeuble,
bien, le Tribunal administratif le calcule au prorata des loyers payés et non pas de l'aire, la superficie d'un
logement, alors... et là ce que ça fait en sorte, c'est que ceux qui ont les plus petits loyers, bien, c'est
eux qui paient le moins de la portion des taxes municipales et ceux qui paient
le moins des assurances, évidemment. Et ça
fait en sorte que, comme il y a eu des hausses d'assurances dans les dernières
années, évidemment, il y a toujours des
hausses de taxes municipales à un moment donné, bien, ça fait en sorte que les plus
hauts loyers dans le même immeuble ont
absorbé une plus grande part des taxes et des assurances, et donc que l'écart
entre les plus bas et les plus hauts loyers dans
l'immeuble s'agrandit. Et là ce qui est particulier, c'est que, si c'est un bas
loyer, mais qu'il a une grande surface, dans
les faits, sa portion à lui est plus élevée parce que les taxes municipales et
les assurances se calculent sur la
superficie. Alors, il y a peut-être un déséquilibre à analyser de ce côté-là.
Ça a été soulevé. Moi, c'est une réalité
que je ne connaissais pas, et donc c'est quelque chose que je pense qu'on doit
regarder peut-être pour viser un équilibre.
là je vais terminer en vous disant que, comme je disais, dans ce projet de loi
là, malheureusement, il n'y avait pas...
il n'y a rien qui adresse la crise du logement. Donc, on est en... Je
disais : On manque de logement terriblement partout. Il n'y a rien, dans ce projet de loi là, qui va
faire en sorte que, demain matin, il va se construire des unités,
malheureusement, vraiment, vraiment
pas grand-chose là-dedans, puis ça, c'est ce que les gens ont décrié le plus. À
part la cession de bail, là, c'était le deuxième élément qui ressortait
le plus. Ça ne s'attaque pas à la crise du logement.
Moi, j'en avais parlé
lors du projet de loi n° 16 sur l'aménagement et
l'urbanisme. Je crois beaucoup au zonage différencié
et je pense qu'on a là une grande... une bonne opportunité. Je vais le proposer
en amendement. On verra si c'est accepté cette fois-ci. Je l'ai essayé avec le
p.l. n° 16. Ça n'a pas marché. Je vais l'essayer ici.
Donc, dans le fond, le zonage
différencié, ce que ça permet, c'est... On a octroyé, lors du p.l. n° 16, le zonage incitatif aux villes, et ça, c'est vraiment distinct. Le zonage incitatif, ça permet, dans le
fond, d'échanger avec une ville, de dire : Bien, donne-moi un peu plus de
densité, d'étages, par exemple, permets-moi
de construire un peu plus haut, là, puis, en échange, là, je vais te donner
quelques unités de logement social,
ou, en échange, je vais faire, je ne sais pas, un immeuble plus écoénergétique,
ou, en échange, je vais peut-être préserver un boisé.
C'est
une négociation, mais, à la base, quand on arrive pour acheter le terrain, on
est tous sur le même pied d'égalité. Qu'on fasse du logement social, abordable
ou régulier, on est tous sur le même pied d'égalité. Avec le zonage
différencié, ce que ça permettrait,
puis plusieurs villes nous l'ont demandé dans leurs mémoires, c'est vraiment...
Et ça venait de groupes communautaires, bien sûr, c'est... À la base,
sur le même terrain, il y aurait deux densités possibles. Tu fais du logement régulier, tu as droit à six étages. Tu veux faire
du logement social, tu vas avoir droit à huit étages. Donc là, il y a un
avantage concurrentiel, pour celui qui fait du logement social ou abordable,
qu'il n'y a pas dans l'autre... dans le zonage incitatif, ce qui fait en sorte que, bien, un, ça va
permettre de réduire les coûts par unité pour les cas, surtout dans les grandes
villes, où la densité est telle qu'actuellement il n'y a plus de terrains
puis les terrains s'échangent à des coûts astronomiques. Donc, ça, ça va donner un avantage un peu plus...
Bien, ça va abaisser le coût des unités et ça va donner un avantage concurrentiel. Ça fait que les groupes vont savoir
qu'ils vont pouvoir en faire plus, puis ça va peut-être aussi inciter des
groupes à en faire, parce qu'ils vont
peut-être vouloir en construire plus. Donc, ça, c'est quelque chose qui, à
court terme, pourrait avoir une incidence si les villes, évidemment,
l'utilisent. Ce serait un outil qu'on donnerait dans les mains de villes — j'ai
vraiment de la misère — et
donc ça, c'est un élément qui serait très intéressant.
Puis
il faudra regarder aussi la question des bigénérationnels. Ça nous a été
demandé. Actuellement, chaque ville légifère
sur les bigénérationnelles. Dans la dernière législature... pas la dernière
législature, la dernière session, on a permis, dans le fond, que toute ville qui voulait ajouter des logements
accessoires, ce serait plus susceptible d'approbation référendaire si elles faisaient un changement de zonage dans ce
sens-là. Là, il y a des gens qui sont venus nous demander, notamment la FQM, la Fédération québécoise des
municipalités, sont venus nous demander de peut-être les permettre partout de facto,
puisque beaucoup de villes, petites villes surtout, ne savent pas
nécessairement qu'elles ont ce pouvoir-là de faire le changement et de permettre des bigénérationnels partout. Donc, ce serait
quelque chose à évaluer, à voir, mais ce serait... il y a un potentiel là, par exemple, pour faire du logement
additionnel. Puis là j'ai dit «bigénérationnel» parce qu'on a un vieillissement de la population et il y a
beaucoup de gens qui aimeraient ça pouvoir avoir leurs parents près d'eux au
lieu de les voir en résidences, personnes
âgées, mais il y a aussi toutes les unités d'habitation accessoires, par
exemple, ajouter une extension à la
maison qui permet de faire un autre logement ou une mini maison à la cour
arrière. Ça, j'avoue, il faut s'assurer
que ça s'harmonise bien, là, une mini maison dans la cour arrière, mais, bref,
tout ça, c'est des possibilités d'ajouter des logements sans détruire des nouveaux... sans s'étendre sur la zone
agricole et c'est ce qu'on appelle la densification douce. Il faut le faire, parce qu'on a,
malheureusement... C'est une réalité, là, c'est qu'on veut aussi des milieux de
vie agréables, on veut... on a besoin
de plus de logements, mais on ne veut pas... ce n'est pas tout le monde qui
veut avoir des tours de 15 étages partout non plus. Donc, il faut
s'adapter au milieu, au cadre bâti et de pouvoir ajouter des unités
d'habitation accessoires, comme bigénérationnelles ou une extension, bien, ça
permet de faire une densification douce.
Moi,
quand j'étais au municipal, j'ai fait beaucoup de porte à porte pour gagner mes
élections, beaucoup, beaucoup, beaucoup
de porte à porte. Et je me suis rendu compte qu'il y avait plusieurs maisons,
en fait, qui avaient déjà un logement au sous-sol. Ce n'est pas toujours
conforme, mais ils le faisaient comme ça parce que ce n'était pas permis de le
faire, et donc c'était un peu
clandestin. Mais, au bout du compte, si on le généralise, on le permet dans
certaines villes, bien, ça va permettre
d'acheter du logement et de densifier sans ajouter... bien, c'est ça, de
contraindre nécessairement pour les gens qui vivent autour, parce que le cadre bâti va être plus harmonieux.
Donc, voilà. Et puis il y a toutes sortes d'autres idées qu'on a pour contrer la crise du logement, que
j'aurai l'occasion d'en parler et de faire des amendements dans ce projet de
loi là aussi. Mais, voilà, M. le Président.
Écoutez,
moi, j'ai hâte de pouvoir travailler, d'aller en étude détaillée sur ce projet
de loi là, et donc j'annonce déjà, là,
qu'on va être pour l'adoption du principe, l'adoption du principe, pas parce
qu'on pense qu'il est parfait, loin de là, je l'ai dit, il y a plein d'enjeux, il y a plus d'enjeux
que de points positifs dans le projet de loi, mais je pense qu'il faut
travailler à être constructif,
travailler pour améliorer les choses, et donc c'est pour ça que je vais appuyer
le principe, et mes collègues également. Alors, merci beaucoup, M. le
Président.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de Mille-Îles. Prenez soin de
vous.
Alors, je comprends que j'ai le consentement du
député de Laurier-Dorion afin que la ministre responsable de l'Habitation
puisse intervenir. Alors, Mme la ministre responsable de l'Habitation, à vous
la parole.
Duranceau : Bien, merci, M. le Président. Bonjour à mes
collègues qui sont présents ici. Bien, écoutez, je suis heureuse d'être
parmi vous aujourd'hui pour l'adoption de principe du projet du projet de loi n° 31, Loi modifiant diverses
dispositions législatives en matière d'habitation, que j'ai déposé à l'Assemblée nationale le 9 juin dernier. Il
s'agit du premier projet de loi que je pilote à
titre de ministre
responsable de l'Habitation.
Dans ce
contexte, mon intention est de travailler en collaboration avec tous les
acteurs concernés, comme je le fais depuis
le début de mon mandat, afin que les mesures que nous présentons et celles qui
pourraient y être ajoutées répondent aux enjeux complexes qui
caractérisent le marché locatif.
Je me suis
ainsi mise en mode écoute afin de recueillir une pluralité de points de vue qui
vont nous aider à moderniser le cadre
légal en habitation. D'ailleurs, le projet de loi n° 31
s'inscrit dans la continuité d'autres mesures législatives que nous
avons adoptées dans le cadre de projets de loi antérieurs.
Les objectifs du projet de loi n° 31
sont à la fois fondamentaux et ambitieux, car ils visent à modifier le cadre
législatif régissant les relations entre les locataires et les propriétaires,
les bailleurs. On n'a pas touché à ces règles-là depuis 40 ans. Ils visent aussi à préserver un juste équilibre, un
fragile équilibre entre les droits et les responsabilités de tout un chacun. Ce projet de loi est né, d'ailleurs, de
demandes et de représentations qui nous ont été faites autant du côté des
locataires que des propriétaires, notamment lors de la tournée de mon adjointe
parlementaire la députée de Labelle.
Les relations
entre locataires et propriétaires sont la pierre d'assise de notre système
locatif. C'est donc important d'assurer
une dynamique qui soit équitable et transparente. Les locataires doivent avoir
accès à une habitation convenable, et
ce, à des conditions de location justes et raisonnables. En contrepartie, il
faut considérer que les propriétaires consentent des efforts financiers
importants pour leur offrir ce cadre de vie. C'est cette combinaison qui
contribue à l'essor du marché locatif.
Il faut créer un environnement qui est propice
aux investissements en matière de logement. Il faut inciter à la construction, et nous voulons donner un second
souffle à ce marché afin de contribuer à créer un environnement qui soit
propice aux investissements diversifiés en
matière de logement. Pour ce faire, il faut miser sur l'implication de
plusieurs acteurs.
De mon côté,
je vous assure, on n'a jamais eu autant de projets en gestation au sein de la
Société d'habitation du Québec.
Maintenant, il faut les faire lever de terre le plus rapidement possible en
misant sur des programmes plus performants, une réglementation mieux adaptée et l'implication étroite de tous les
partenaires du monde de l'habitation. Le mot d'ordre, c'est «exécution». Les commentaires entendus à cet
égard par l'ensemble des participants lors des consultations particulières
de la Commission de l'aménagement du
territoire vont en ce sens, dans le sens de nos propositions et du plan
d'action à venir en matière d'habitation.
consultations particulières que nous avons menées ont été des échanges
constructifs. Comme je m'y attendais, le
projet de loi soulève certains questionnements. C'est pour cette raison que la
commission a convié plusieurs groupes provenant du milieu de l'habitation à
venir en débattre devant la Commission de l'aménagement du territoire et à nous
faire part de leurs commentaires et suggestions. Ces échanges ont eu
lieu lors de consultations particulières, les 14, 19 et 20 septembre dernier. D'ailleurs, je tiens à remercier mes
collègues parlementaires d'y avoir participé ainsi que tous les groupes
qui sont venus nous rencontrer. Et évidemment, je souligne la contribution
toujours appréciée de mon adjointe parlementaire, députée de Labelle, à cet
égard. Alors, les apports de chacun ont été bénéfiques et ont enrichi le débat.
Je suis
consciente que le projet de loi n° 31 ne réglera pas tous
les problèmes en matière de logement. C'est la somme de solutions porteuses provenant de tous les
acteurs concernés par le marché locatif qui est la clé pour améliorer la
situation. Nous n'avons pas non plus la prétention de répondre à toutes
les attentes manifestées par les organismes entendus. Chose certaine, nous apporterons une contribution significative pour
toutes les Québécoises et tous les Québécois concernés.
Comme l'a
rappelé M. Mario Polèse, professeur émérite à l'Institut national de la
recherche scientifique en commission
parlementaire, il existe un équilibre fragile à cet égard qui requiert des
arbitrages parfois complexes. Il est nécessaire
que le projet de loi n° 31 modifie notamment le Code civil du Québec, la
Loi sur la Société d'habitation du Québec et la
Loi sur le Tribunal
administratif du logement. Les modifications proposées concernent, entre
autres, l'éviction, les hausses de
loyer pour les logements récents, la cession de bail, le parc de logements
sociaux communautaires et abordables ainsi que le fonctionnement du Tribunal
administratif du logement.
En matière
d'éviction, la loi oblige actuellement les locataires à introduire un recours
devant le Tribunal administratif
du logement pour s'opposer à leur éviction, alors qu'en matière de reprise c'est au
propriétaire de s'adresser au tribunal en cas de refus d'un locataire. Cela
crée confusion. Les modifications apportées relatives aux évictions visent à
renforcer les droits des locataires
et à harmoniser le régime actuel à celui applicable en cas de reprise. Il nous
faut une procédure à suivre plus claire pour tout le monde. Ces
modifications visent ainsi à rétablir l'équilibre entre les parties en
obligeant les propriétaires à devoir désormais démontrer le bien-fondé de leur
projet au tribunal en cas de refus d'un locataire.
Le projet de
loi n° 31 prévoit une indemnité plus généreuse accordée aux locataires en cas
d'éviction. Cette indemnité serait fixée à raison d'un mois de loyer par
année d'occupation continue pour un même logement, l'indemnité minimale
équivaudrait à trois mois de loyer et l'indemnité maximale à 24 mois. Nous
pensons que cette indemnité doit être suffisamment
élevée pour compenser adéquatement les locataires évincés. Ensuite, les
locataires pourraient s'adresser au tribunal s'ils jugent qu'une
indemnité plus élevée est justifiée, comme c'est le cas actuellement.
À l'égard des modifications de la clause F,
l'une des craintes actuelles des locataires est de composer avec des variations
démesurées de leur loyer à court et moyen terme. Le projet de loi n° 31
propose donc des modifications au Code civil
du Québec afin de prévoir que les propriétaires de logements situés dans un
immeuble nouvellement bâti ou qui a
fait l'objet d'un changement d'affectation récent indiquent aux baux le montant
maximal qui pourrait être imposé à
titre de loyer. La modification apportée à la clause F
du bail a pour objectif d'offrir davantage de prévisibilité aux locataires lors
de la signature du bail, tout en maintenant un environnement propice à
l'investissement. Ça permettrait aux locataires de mieux planifier leur
budget en conséquence, ce qui est fondamental dans leur quotidien.
cession de bail. Une chose est claire, la cession de bail est un outil pour
permettre aux locataires de se libérer de
leurs obligations. À ce titre, il nous apparaît important de leur donner une
possibilité encore plus grande de s'en libérer. C'est pourquoi nous proposons qu'en cas de refus du propriétaire
d'accepter un cessionnaire pour un motif autre que ceux reconnus par le
Code civil actuellement celui-ci doive alors libérer son locataire de ses
obligations à cet égard.
l'égard de l'aliénation des HLM, autre point, des dispositions sont prévues
pour permettre à un office d'habitation ou à une municipalité de conserver le fruit d'une vente d'immeuble pour
rénover ou reconstruire un HLM ou réaliser un nouveau projet de logements abordables. Il est clair dans mon esprit que
cette orientation n'a pas comme but de retrancher des logements sociaux. Au contraire, plusieurs
intervenants, lors des consultations particulières, ont souligné l'importance
de préserver notre parc de HLM, une des clés
essentielles à l'accessibilité au logement hors du marché privé. Notre
gouvernement partage entièrement cet
avis. C'est pour cette raison qu'un programme de rénovation pour les HLM a été
lancé ce printemps pour utiliser
toutes les sommes à notre disposition afin de mettre à niveau notre parc
locatif le plus rapidement possible. C'est un investissement sociétal.
ailleurs, nous visons une meilleure agilité de la SHQ. D'autres propositions
visent à améliorer l'efficacité de la Société d'habitation du Québec
dans ses interventions et d'avoir une meilleure agilité financière.
l'égard du Tribunal administratif du
logement, je tiens à souligner
l'efficacité du Tribunal administratif du logement. Pour tous types de causes confondus, le délai
moyen pour obtenir une première audience est maintenant de 2,7 mois. Donc,
on a eu une amélioration notable. Cela
confirme que notre gouvernement a vu juste lorsqu'il a mis de l'avant les
mesures législatives nécessaires pour transformer la Régie du logement
du Québec il y a quatre ans. Nous n'arrêterons pas là pour autant. Le projet de loi prévoit plusieurs mesures qui offriront
plus d'agilité au tribunal dans le but d'améliorer encore davantage les
services aux citoyens, et d'autres bonnes suggestions ont été entendues en
consultations, et nous verrons comment le
projet de loi peut être modifié à cet égard. Le projet de loi permettrait
également à davantage de citoyens d'exercer leurs droits en leur permettant d'être représentés par la personne de
leur choix. Ce serait un progrès majeur, en particulier pour les
locataires qui n'ont pas souvent la chance d'être bien accompagnés en cette
matière.
Je conclurai, donc,
là-dessus, M. le Président, concernant les principales dispositions du projet
de loi n° 31. Celui-ci témoigne de la
volonté de notre gouvernement de s'adapter aux réalités actuelles en matière...
actuelles en habitation et de
moderniser un cadre législatif vieux de 40 ans, qui amènera, notamment, un
meilleur équilibre entre les locataires et les propriétaires. C'est courageux de s'aventurer là, et c'est un sujet
sensible, mais les circonstances actuelles font que nous devons aller
dans cette direction.
Nous
voulons mettre à la disposition des ménages québécois davantage de logements,
des logements adéquats, sécuritaires et qui répondent à leur capacité
financière de payer un loyer. Nous voulons que les ménages québécois aient une
meilleure accessibilité aux logements locatifs. En contrepartie, nous
souhaitons soutenir les propriétaires afin qu'ils puissent poursuivre leurs efforts dans le déploiement d'une offre accrue
et améliorée de logement. Ils jouent un rôle primordial dans le contexte actuel de pénurie de logements,
ne l'oublions pas. Le Québec compte de nombreux petits propriétaires à qui
l'on ne peut...
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Mme
la ministre, est-ce que vous souhaitez poursuivre votre intervention?
Alors,
compte tenu de l'heure, et afin de permettre la tenue des affaires courantes
cet après-midi, le présent débat sur l'adoption du principe du projet de
loi n° 31 est ajourné.
(Suspension de la séance à
12 heures)
Vice-Président (M. Lévesque) : Bon après-midi, chers collègues. Je vous invite, s'il vous plaît, à
bien vouloir prendre place.
Alors,
nous en sommes à la rubrique Déclarations de députés, et, pour cette première
déclaration, je reconnais Mme la députée de Rivière-du-Loup—Témiscouata.
Mme Dionne : Merci, M. le Président.
Aujourd'hui, je tiens à souligner les performances en art oratoire d'une jeune
fille de ma région. Sarah-Claude Simard,
18 ans, a remporté, le 21 juillet dernier, le Championnat mondial
d'art oratoire d'Optimist International, qui se tenait à l'Université de
Saint-Louis, dans l'État du Missouri.
Lors
de ce grand rendez-vous d'envergure internationale, Sarah-Claude a démontré un
talent exceptionnel en matière d'expression
orale, ce qui lui a valu le
titre de championne internationale de l'art
oratoire. Cette année, les participants étaient appelés à s'exprimer sur
le thème À la découverte de l'optimisme en moi .
Je tiens à
remercier le Club Optimiste de Rivière-du-Loup, qui a aidé et accompagné
Sarah-Claude tout au long de ce
parcours qui l'a menée vers la victoire. Depuis 50 ans, les bénévoles du
club accompagnent des jeunes dans les concours oratoires.
Toutes mes
félicitations, Sarah-Claude, et merci de faire rayonner notre langue française!
Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci.
Mme la députée de Rivière-du-Loup—Témiscouata. La prochaine intervenante, Mme la
députée d'Anjou—Louis-Riel.
Mme Boivin
Roy : Merci, M. le Président. Alors, en ce dernier mardi
de septembre, je tiens à souligner le 45e anniversaire du Club
Santé-sport Anjou.
Cet organisme
de mon comté, fondé en 1978, offre des activités de conditionnement physique
aux hommes et aux femmes d'Anjou—Louis-Riel.
On y offre des cours de groupe pour retrouver, maintenir et améliorer la
condition physique dans une ambiance
festive et amicale, et ce, de septembre à avril, à multiniveaux et aux
instructeurs d'expérience. Des centaines de citoyens et citoyennes âgés de 16 ans à — écoutez bien — 100 ans y sont inscrits et y participent à
chaque année. Alors, leur
programmation diversifiée offre, entre autres, la possibilité d'exercer de
nombreux sports, tels l'aquaforme, le pickleball et le cardio-fitness.
Alors, au nom
des Angevins et des Angevines et en mon nom personnel, je tiens à remercier le
club de ne pas avoir baissé les bras
à la suite d'enjeux évidents durant la pandémie — pour tous les clubs, d'ailleurs, de tous les
comtés — et
je les félicite de poursuivre, année après
année, leur belle mission qui est de garder notre population angevine active.
Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Je cède maintenant la parole à Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal : Merci,
M. le Président. Le 28 septembre, c'est la Journée nationale du personnel
de soutien scolaire.
Quand on
parle des écoles, on parle souvent des profs, mais on oublie le personnel de
soutien scolaire, sans qui rien ne
fonctionnerait dans les écoles. On parle de qui? On parle des personnes qui
conduisent les élèves matin et soir, des gens qui travaillent dans les services de garde, des secrétaires, les
TES qui aident les élèves en difficulté, les techniciens dans les laboratoires,
le concierge, qui offre un milieu de travail pour les élèves qui soit propre et
sain pour tout le monde. Ces gens-là
font un travail essentiel et déterminant. C'est simple : si le personnel
de soutien disparaissait de nos écoles, on ne pourrait pas les ouvrir. Et ce sont en majorité des femmes qui
représentent ces 40 % de gens qui travaillent dans les écoles.
C'est
important de profiter de la journée du 28 septembre pour nous rappeler
collectivement qu'on doit valoriser le travail des gens qui travaillent
dans le... qui sont des personnels de soutien scolaire, et il est temps que le
ministre de l'Éducation entende leurs demandes et que son gouvernement négocie
de bonne foi pour...
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la députée...
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, Mme la députée.
J'en profite pour vous rappeler, collègues, que les durées des
déclarations, c'est d'une minute.
Alors, je reconnais maintenant M. le député de
Chauveau.
M. Lévesque
(Chauveau) : Merci beaucoup, M. le Président. Je suis très
heureux de souligner le 45e anniversaire de l'Association féminine
des Cantons-Unis de Stoneham-et-Tewkesbury, un organisme fondé le 8 mars
1978 par Mme Nicole Deslongchamps, dont
je salue la présence dans les tribunes, et qui est accompagnée de
Mme Céline Harton, l'actuelle présidente, depuis les
20 dernières années.
D'abord mise
sur pied pour sortir les femmes de l'isolement, l'Association féminine des
Cantons-Unis s'est donné pour mission de préserver et de transmettre
l'héritage de leurs mères et grands-mères. Que ce soit par le tricot, le métier
à tisser ou encore la
couture, c'est tout un savoir-faire que l'association veut léguer aux femmes,
filles et petites-filles, qui sont de plus en plus nombreuses à s'y
intéresser.
Merci à l'Association
féminine des Cantons-Unis pour votre souci à mettre en valeur un riche
patrimoine local et à cultiver ce sentiment
d'appartenance à la communauté de Stoneham-et-Tewkesbury. Bon
40e anniversaire à toutes!
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de Chauveau. Je reconnais maintenant Mme la dépu