House Proceedings — 12 March 1992 (34th Legislature, 1st Session)
1992-03-12
Quebec — Debates (Hansard)
Journal des débats de l'Assemblée nationale
Version finale
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34 e législature, 1 re session
(28 novembre 1989 au 18 mars 1992)
Le jeudi 12 mars 1992 - Vol. 31 N° 183
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Journal des débats
(Dix heures huit minutes)
Le Vice-Président (M. Bissonnet): À l'ordre, s'il
vous plaît!
Mesdames, messieurs, si vous voulez prendre place. M. le leader adjoint
du gouvernement.
M. Johnson: M. le Président, je vous demanderais d'appeler
l'article 16 de notre feuilleton.
Projet de loi 407
Reprise du débat sur la prise en
considération du rapport de la
commission
qui en a fait l'étude
détaillée
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Aux affaires du jour,
à l'article 16, l'Assemblée reprend le débat sur la prise
en considération du rapport de la commission du budget et de
l'administration sur le projet de loi 407, Loi modifiant de nouveau la
Loi sur
les impôts et d'autres dispositions législatives d'ordre fiscal.
Hier, au moment de la levée de la séance, la parole était
à M. le député de Montmorency, et je lui redonne la parole
ce matin. Je tiens à vous souligner qu'il reste 25 minutes à
votre intervention. Merci.
M. Filion: Merci, M. le Président. Une voix:...
Le Vice-Président (M. Bissonnet): M. le
député, s'il vous plaît. La parole est au
député de Montmorency. Si vous voulez parler, on vous accordera
la parole après. M. le député.
M. Jean Filion (suite)
M. Filion: merci, m. le président. nous avons mis fin
à la séance d'hier alors que j'étais en train de commenter
le projet de loi 407, un projet de loi très technique. je profitais de
l'occasion, parce qu'on parlait de la journée internationale des femmes
cette semaine à l'assemblée nationale, et je me disais que je me
devais d'aller plus loin que d'effectivement prendre la cause des femmes au
québec et, effectivement, il faut appuyer cette
démarche-là. j'y souscris d'une façon particulière
et à 100 %.
Et je parlais de ce projet de loi, M. le Président, comme d'un
projet de loi très technique. Je pense que le ministre du Revenu, qui
propose souvent des mesures techniques de modification, devrait prendre en
considération la condition féminine. Et, M. le Président,
la condition féminine...
Je veux soulever des points, et un point particulier qui touche
maintenant une personne. Je pense entre autres à Mme Suzan Thibaudeau,
M. le Président, qui se bat dans un recours collectif pour faire changer
des mesures techniques qui causent préjudice aux femmes, au niveau des
pensions alimentaires. Effectivement, ces points techniques là devraient
apparaître dans le projet de loi 407, auraient dû apparaître.
Ça fait deux ans qu'on soulève des points techniques. Ça
fait deux ans qu'on en parie et, dans le projet de loi 407, il n'y a rien, M.
le Président.
Je profite effectivement qu'on veuille souligner la Journée
internationale des femmes pour dire au gouvernement libéral: II serait
temps qu'on s'assoit et qu'on regarde ces mesures techniques là qui
rendraient service à une collectivité et que, je pense, on est en
droit d'attendre en toute justice et équité sur un plan fiscal.
Et les mesures techniques, les prochaines mesures techniques que je verrai
apparaître dans un projet de loi, j'espère qu'elles prendront en
considération ce que Mme Thibaudeau revendique sur le plan de
l'équité fiscale.
M. le Président, je voulais simplement, parce que je trouvais
ça important, souligner ces événements-là et
également faire en sorte que la condition féminine soit encore
mieux, qu'on prenne plus d'intérêt à ce qui se passe
actuellement dans notre société, et j'incite le ministre du
Revenu à prendre bonne note qu'il y a des mesures techniques qui
devraient réapparaître prochainement pour donner plus
d'équité a la situation fiscale des femmes au Québec. Je
termine là-dessus, M. le Président. Merci.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Merci, M. le
député de Montmorency. Est-ce qu'il y a d'autres intervenants sur
ce rapport? Si vous voulez intervenir, vous avez cinq minutes. Vous voulez
intervenir?
M. Raymond Savoie
M. Savoie: Très rapidement, M. le Président...
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Vous avez 5 minutes, M.
le ministre.
M. Savoie: ...pour dire qu'on prend effectivement bonne note des
recommandations qui, évidemment, n'ont rien à faire avec le
projet de loi 407 et qui portent sur autre chose qu'on pourra facilement
examiner lorsque le moment sera opportun; on parle, à ce
moment-là, de juste avant Pâques. On va certainement regarder
ça, le dossier de Mme Thibaudeau, on est familier avec le dossier. Nous
en avons déjà discuté. On va regarder ça.
Je voudrais donc tout simplement, encore
une fois, M. le Président, souligner l'importance d'aborder les
travaux en commission parlementaire sur une base thématique, sans
ça, on perd notre temps. Les parlementaires perdent leur temps, la
commission perd son temps. Cette façon de fonctionner va assurer une
clarté de travail, une clarté d'approche, va permettre de
comprendre exactement ce que nous sommes en train de faire et ça va
avantager l'ensemble de la population québécoise.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Merci, M. le ministre du
Revenu, de votre intervention. N'ayant pas d'autres intervenants, est-ce que le
rapport de la commission du budget et de l'administration portant sur le projet
de loi 407, Loi modifiant de nouveau la
Loi sur les impôts et d'autres
dispositions législatives d'ordre fiscal, est adopté?
Des voix: Adopté.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Adopté. Le
rapport est donc adopté. M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Johnson: M. le Président, compte tenu du programme
législatif à ce moment précis, je vous demanderais, dans
les circonstances, de suspendre nos travaux jusqu'à 14 heures.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Alors, à votre
demande, M. le leader adjoint du gouvernement, je suspends les travaux de cette
Assemblée jusqu'à 14 heures.
(Suspension de la séance à 10 h 14)
(Reprise à 14 h 6)
Le Président: Mmes, MM. les députés, nous
allons nous recueillir quelques instants. Merci. Veuillez vous asseoir.
Présence de la consule générale
des États-Unis
J'ai le grand plaisir de souligner la présence dans les tribunes
de la consule générale des États-Unis à
Montréal, Mme Susan Wood.
Nous allons maintenant procéder aux affaires courantes.
Il n'y a pas de déclarations ministérielles.
Présentation de projets de loi, M. le leader du gouvernement.
Présentation de projets de loi
M. Pagé: M. le Président, je vous invite à
appeler l'article b du feuilleton, s'il vous plaît.
Projet de loi 418
Le Président: très bien. à l'article b du
feuilleton, m. le ministre des approvisionnements et services présente
le projet de loi 418, loi modifiant la
loi sur la société
immobilière du québec. m. le ministre.
M. Robert Dutil
M. Dutil: M. le Président, ce projet de loi a pour objet
de modifier la
Loi sur la Société immobilière du
Québec relativement à la participation de cette
Société à l'exploitation de la Place Desjardins à
Montréal.
Le Président: Est-ce que l'Assemblée accepte
d'être saisie de ce projet de loi? Adopté. M. le leader du
gouvernement.
M. Pagé: M. le Président, je vous invite à
appeler l'article c du feuilleton, s'il vous plaît.
Projet de loi 413
Le Président: à l'article c du feuilleton, m. le
ministre responsable de l'application des lois professionnelles présente
le projet de loi 413, loi modifiant la
loi sur l'optométrie. m. le
ministre.
M. Raymond Savoie
M. Savoie: Merci, M. le Président. M. le Président,
ce projet de loi modifie la
Loi sur l'optométrie afin de permettre,
à certaines conditions, aux optométristes d'administrer certains
médicaments aux seules fins de l'examen des yeux du patient.
Le Président: Est-ce que l'Assemblée accepte
d'être saisie de ce projet de loi? Adopté. M. le leader du
gouvernement.
M. Pagé: M. le Président, je vous invite à
appeler l'article j du feuilleton, s'il vous plaît.
Projet de loi 282
Le Président: J'appelle l'article j du feuilleton. J'ai
reçu le rapport du directeur de la législation sur le projet de
loi 282, Loi concernant la Société médicale de
Montréal inc.
Le directeur de la législation a constaté
que les avis ont été faits et publiés conformément
aux règles de fonctionnement des projets de loi d'intérêt
privé. Je dépose donc ce rapport. En conséquence, M. le
whip du gouvernement et député de Viau, au nom de M. le
député de Vimont, présente le projet de loi
d'intérêt privé 282, Loi concernant la
Société médicale de Montréal inc. Est-ce que
l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi?
Adopté. M. le leader du gouvernement.
Renvoi à la commission du budget et de
l'administration
M. Pagé: M. le Président, je fais motion pour que
ce projet de loi d'intérêt privé 282, Loi concernant la
Société médicale de Montréal inc., soit
déféré à la commission du budget et de
l'administration et, aussi, évidemment, pour que Mme la ministre
déléguée aux Finances en soit membre.
Le Président: Est-ce que cette dernière motion est
adoptée?
Des voix: Adopté.
Le Président: Adopté. Maintenant,
dépôt de documents, Mme la ministre des Affaires culturelles.
Dépôt de documents
Protocole d'entente avec la Motion Picture Export
Association of America
Mme Frulla-Hébert: M. le Président, en vertu de
l'article 105.1 de la Loi modifiant la
Loi sur le cinéma, je
dépose un protocole d'entente intervenu entre la ministre des Affaires
culturelles et la Motion Picture Export Association of America et ses
membres.
Le Président: Alors, ce document est déposé.
Mme la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Science.
Rapport annuel de l'Institut québécois
de recherche sur la culture
Mme Robillard: M. le Président, j'ai l'honneur de
déposer le rapport annuel 1990-1991 de l'Institut
québécois de recherche sur la culture.
Le Président: Ce rapport est déposé.
Maintenant, dépôt de rapports de commissions. M. le
président de la commission de l'économie et du travail et
député de Laval-des-Rapides.
Dépôt de rapports de commissions
Étude détaillée du projet de loi 409
M. Bélanger (Laval-des-Rapides): M. le Président,
j'ai l'honneur de déposer le rapport de la commission de
l'économie et du travail qui a siégé le 11 février
1992 afin de procéder à l'étude détaillée du
projet de loi 409, Loi modifiant la
Loi sur les sociétés de
placements dans l'entreprise québécoise. Le projet de loi a
été adopté.
Étude du décret 37-91 concernant le Parc
technologique du Québec métropolitain
J'ai aussi l'honneur de déposer le rapport de la commission de
l'économie et du travail qui a siégé le 21 janvier 1992
afin de procéder à l'étude du décret 37-91
concernant la modification du texte des lettres patentes du Parc technologique
du Québec métropolitain. Merci.
Le Président: Ces deux rapports sont donc
déposés.
Dépôt de pétitions.
Il n'y a pas d'interventions portant sur une violation de droit ou de
privilège ou sur un fait personnel.
Nous allons donc procéder à la période de questions
et réponses orales. Je vais reconnaître en première
question principale, M. le député de Laviolette.
Questions et réponses orales
Taxe sur l'exportation de bois d'oeuvre vers les
États-Unis
M. Jolivet: Merci, M. le Président. L'automne dernier, le
ministre des Forêts se félicitait d'avoir négocié
avec les États-Unis une diminution graduelle de la surtaxe sur toute
exportation de bois d'oeuvre de 8 % à 3 %. Il ajoutait même que le
Québec serait en mesure de prouver que la production de bois d'oeuvre
québécois n'était pas subventionnée. D'un autre
côté, l'administration américaine du commerce avait
exigé du gouvernement du Québec qu'il confie à une
entreprise privée une étude de 500 000 $ qui est arrivée
aux mêmes conclusions que le gouvernement. La semaine dernière, le
gouvernement américain a décidé d'imposer
unilatéralement une surtaxe de 14,48 %. Cette surtaxe ne s'applique pas,
cependant, au Nouveau-Brunswick, mais s'adresse au Québec alors que la
demande américaine était surtout comme une mesure de
rétorsion contre les faibles droits de coupe en Colombie-Britannique.
Cette surtaxe, qui a été demandée particulièrement
par les papetières américaines, coûtera environ 50 000 000
$ au Québec, aux scieurs québécois, et amplifiera la
fermeture d'usines de sciage au Québec.
Ma question au ministre des Forêts: Pourrait-il nous indiquer quel
type d'engagement ou d'assurance il a obtenu l'an dernier du gouvernement
américain pour que cette taxe soit baissée à 3 % et
pourrait-il nous déposer les documents signés entre le
Québec et les États-Unis à cet effet?
Le Président: Alors, M. le ministre des Forêts.
M. Côté (Rivière-du-Loup): M. le
Président, je pourrai certainement déposer les documents
concernant la décision américaine d'imposer une taxe de 3
% au bois d'oeuvre du Québec et je le ferai avec plaisir. Sauf que, si
nous sommes dans cette situation aujourd'hui, c'est à cause de la
décision du gouvernement fédéral de mettre fin
unilatéralement au mémoire d'entente entre le Canada et les
États-Unis concernant le bois d'oeuvre.
Nous avions, au ministère, fait beaucoup d'efforts et beaucoup de
frais pour démontrer aux Américains que le bois d'oeuvre
n'était pas subventionné au Québec, et c'est ce qu'ils
avaient reconnu. Mais étant donné la décision du
gouvernement fédéral de mettre fin unilatéralement au
mémoire d'entente, nous avons dû recommencer à nouveau
toutes les discussions que nous avions eues avec les Américains. Je
regrette cette décision que je trouve injustifiée, incorrecte et
je crois que nous continuerons malgré tout à défendre les
intérêts du secteur sciage du Québec pour faire en sorte
que les Américains changent d'idée et reconnaissent le
bien-fondé de la gestion des forêts du Québec, sans
subvention.
M. Jolivet: M. le Président.
Le Président: En question complémentaire.
M. Jolivet: Le ministre le sait très bien, et je lui pose
la question: En 1986, au moment de la décision, comme il était
à ce moment-là solidaire de la décision du Canada qui a
mis l'ensemble des provinces sur le même pied, est-ce qu'aujourd'hui il
est encore solidaire de cette décision qui nous pénalise
aujourd'hui?
Le Président: M. le ministre.
M. Côté (Rivière-du-Loup): M. le
Président, en 1986, nous avons conclu... J'étais solidaire et je
le suis encore, et je pense que c'a été une décision
justifiée de conclure une entente avec les Américains de
façon à éviter une plus importante taxe sur le bois
d'oeuvre. Nous avons convenu de 15 % et, lorsque les Américains ont
regardé la gestion des forêts du Québec, ils ont
réduit d'eux-mêmes, évidemment suite à nos
représentations, la taxe à 8 %. Suite à cette
décision, nous avons obtenu 3 % l'an passé et, de façon
générale, l'industrie du bois d'oeuvre au Québec
était satisfaite des représentations du gouvernement du
Québec, du ministère des Forêts et des officiers du
ministère des Forêts.
Je dirai au député de Laviolette que le facteur de 14,5 %
représente principalement l'évaluation des Américains
vis-à-vis de la Colombie-Britannique, et les Américains,
reconnaissant la bonne gestion des forêts du Québec, estiment que
les subventions sur les redevances, sur les droits de coupe ne correspondent
qu'à 3,78 % du taux qu'ils imposent. Mais on a décidé de
faire un taux égal pour tout le Canada et c'est ce que je trouve
injustifié et incorrect de la part des Américains.
Le Président: Toujours en question
complémentaire.
M. Jolivet: Comme ça, le ministre, dans ce cas-là,
il pourra me donner la réponse aussi: Est-il normal, d'après lui,
que nous payions pour la mauvaise gestion de la Colombie-Britannique au
Québec, dans le contexte où, actuellement, en Estrie, des usines
ont annoncé... Et est-ce qu'il est au courant que des usines ont
annoncé leur fermeture définitive et envoyé au
ministère du Travail des avis de mises à pied massives?
Le Président: M. le ministre.
M. Côté (Rivière-du-Loup): M. le
Président, c'est la
partie injuste de la décision
américaine, parce que, dans la décision américaine, on ne
fait pas état des usines frontalières qui importent des billots
des États-Unis pour les transformer au Québec et les revendre,
ensuite, aux États-Unis. Et, dans le passé, avant la
décision du gouvernement fédéral de mettre fin
unilatéralement au mémoire d'entente, on avait fait une exception
pour les usines frontalières et on leur avait accordé un quota de
300 000 000 de pieds de bois, ce qui était satisfaisant. Lors des
récentes discussions, on nous a dit, au Département du commerce
américain: On n'a pas le temps de s'en occuper, on n'a pas les
ressources suffisantes pour s'occuper des cas d'exception. Et c'est pourquoi,
mon cher député, les usines frontalières ne sont pas
exemptées aujourd'hui.
Le Président: Toujours en question
complémentaire.
M. Jolivet: M. le ministre, est-ce que vous êtes au courant
que M. Irving, au Nouveau-Brunswick, la compagnie, a négocié, a
fait du lobbying avec les États-Unis, de telle sorte qu'ils n'y sont pas
soumis? Qu'est-ce que le Québec a fait? Qu'est-ce qu'il a l'intention de
faire? Est-ce que le ministre a encore l'intention de se croiser les bras puis
d'attendre que le fédéral aille quémander à notre
place que le gouvernement américain se porte mieux pour nos usines
québécoises? C'est ça que vous attendez?
Le Président: M. le ministre.
M. Côté (Rivière-du-Loup): Non, M. le
Président, on ne se croisera pas les bras, vous savez, parce que, encore
hier soir, mon sous-ministre allait à Ottawa à une rencontre. Et
on a fait état de la situation du Québec comparée aux
autres provinces du Canada et nous croyons, au Québec, que nous avons
les mêmes arguments pour être exemptés de la taxe que le
Nouveau-Brunswick, que M. Irving ou que d'autres. Et je
dirai, M. le Président, que quelques scieries du Québec
ont été exemptées, parce que les Américains n'ont
considéré que celles-là. Qu'est-ce que vous voulez? Ce
sont les clients, et on nous a dit: Coudon, continuez. Et, dès cet
après-midi, les inspecteurs américains sont au ministère
pour vérifier les affirmations, les données qu'on leur a
données durant des récentes discussions. Et on continuera
à défendre les intérêts du bois d'oeuvre du
Le Président: Pour une dernière question
additionnelle, M. le député d'Abitibi-Ouest.
M. Gendron: Est-ce que le ministre des Forêts ne
considérerait pas que, compte tenu des difficultés que ça
pose dans certaines régions au niveau des scieries, avec cette surtaxe
de 14 %, de la crise de l'industrie papetière, le moment serait venu
d'examiner très sérieusement la possibilité de soutenir
les scieries, entre autres de l'Abitibi-Témiscamingue, pour
développer davantage nos exportations sur le marché outremer?
Le Président: M. le ministre des Forêts.
M. Côté (Rivière-du-Loup): C'est dans cette
optique, M. le Président, que dans l'examen des difficultés que
rencontre l'industrie forestière nous proposons un bureau de
deuxième transformation du bois. C'est également dans cette
optique d'outre-mer que nous supportons le Bureau de promotion des industries
du bois. Nous continuerons à le faire et nous augmenterons s'il le faut.
Ça a donné des résultats à date puisque les
exportations aux États-Unis ont diminué de 33 % à 26 %
dans l'espace de deux à trois ans et les exportations outre-mer ont
augmenté. Nous continuerons à supporter les initiaves pour
l'exportation outre-mer.
Le Président: Pour une toute dernière
additionnelle, M. le député de Laviolette.
M. Jolivet: Merci, M. le Président. Si le
Nouveau-Brunswick, avec la compagnie Irving, n'a pas fait confiance au Canada
et est allé défendre lui-même son dossier puis il a
gagné, est-ce que vous ne pourriez pas faire la même chose ici au
Le Président: M. le ministre.
(14 h 20)
M. Côté (Rivière-du-Loup): M. le
Président, nous avons examiné la possibilité de faire
cavalier seul, le Québec. C'est une avenue que notre avocat
considère actuellement et nous le ferons peut-être. Nous avons
demandé au gouvernement américain de supporter les industries de
bois de sciage en attendant qu'on solutionne ce problème-là qui
pourra peut-être prendre un an, ce qui n'est pas à souhaiter, mais
je pense bien que le gouvernement fédéral devrait supporter
l'industrie du bois de sciage en attendant qu'on solutionne le problème
du québec dans ce dossier.
Le Président: En question principale maintenant, M. le
député de Sainte-Marie-Saint-Jacques.
Effets de l'application de la TVQ sur l'industrie
culturelle
M. Boulerice: Oui. M. le Président, une coalition
québécoise des arts de la scène avec le «non au
spectacle» lançait un véritable cri d'alarme face à
la perspective, le 1er juillet prochain, d'une TVQ de 8 % qui porterait
à 26 % le taux combiné de la TPS, de la TVQ et de la taxe
d'amusement sur la culture, une taxe tellement forte, M. le Président,
que la ministre elle-même était forcée d'admettre que cela
est inacceptable.
Alors, ma question fort simple, M. le Président, au ministre des
Finances: Reconnaît-il le caractère proprement suicidaire d'un
taux de taxation cumulé de 26 % sur le prix d'un spectacle,
particulièrement en période de récession, et convient-il
dès aujourd'hui, en cette Chambre, de la nécessité
d'exempter le secteur de la culture de l'application de la TVQ à titre,
d'ailleurs, de ministre d'un gouvernement qui veut obtenir que le Québec
soit reconnu comme une société distincte?
Le Président: M. le ministre des Finances.
M. Levesque: M. le Président, je crois que cette question
est fort pertinente. Je crois que l'inquiétude, cependant, de
l'honorable député est prématurée. Je disais
récemment en cette Chambre que la question était
étudiée très sérieusement. Je ne sais pas s'il y
a eu une inspiration particulière chez le député,
mais, aujourd'hui même, je dois en discuter, et dans les prochaines
minutes, avec le ministre des Affaires municipales.
Le Président: En question... S'il vous plaît...
M. Boulerice: M. le Président... Le Président: M.
le député, s'il vous plaît. M. Garon:...
Le Président: M. le député de Lévis,
je vous demanderais, s'il vous plaît, de respecter le droit de parole de
vos collègues. En question complémentaire, M. le
député de Sainte-Marie-Saint-Jacques.
M. Boulerice: M. le Président, honnêtement, comment
le ministre...
honnêtement, m. le président, comment le ministre peut-il
employer le mot «prématuré», en parlant de cette
taxation, alors que toutes les statistiques nous le démontrent, il y a
des chutes entre 30 % et 50 %. donc, la moitié des salles de spectacle,
au québec, sont vides à cause de la récession, des taxes
et des taxes nouvelles qui vont s'ajouter.
Le Président: M. le ministre des Finances.
M. Levesque: M. le Président, je comprends que le
député de Saint-Jacques... de Sainte-Marie-Saint-Jacques,
devrais-je dire... Vous savez, quand on est assez longtemps ici, on peut avoir
certains souvenirs de comtés qui étaient séparés.
M. le Président, je voudrais simplement dire au député de
Saint-Jacques... Sainte-Marie-Saint-Jacques...
Des voix: Ha, ha, ha!
M. Levesque: ...qu'il a posé une question
prématurée dans le sens suivant. C'est que cette taxe, dont il se
plaint, sur le spectacle est une taxe d'abord fédérale, la TPS de
7 %; quant à l'autre taxe municipale, elle existe depuis bien des
années. Celle qu'il craint de voir imposer ne l'est pas et c'est
justement ce qui fait l'objet de nos discussions.
Le Président: En question complémentaire.
M. Boulerice: Est-ce que le ministre, après avoir convenu
des bienfaits du fédéralisme dans le cas de la culture au
Québec, pourrait rassurer les membres de la coalition
québécoise et leur dire immédiatement en cette Chambre, au
lieu de faire perdurer un mauvais suspens jusqu'à la dernière
minute, leur donner une réponse immédiate en leur disant que la
TVQ ne sera pas appliquée dans le cas de l'industrie de la culture?
Le Président: M. le ministre.
M. Levesque: M. le Président, nous avons beaucoup de
considération, comme vous le savez, et je n'ai comme témoin que
la ministre des Affaires culturelles, vous savez fort bien notre
préoccupation pour la culture. Mais votre question, je pense, doit se
situer dans un contexte plus large. C'est justement dans ce contexte plus large
que se poursuivent les discussions sur une taxe qui n'est pas pour le mois de
mars, mais pour le mois de juillet. Alors, prenez votre temps, ayez confiance,
faites-nous confiance et nous allons étudier la question en profondeur.
Nous allons même dépasser dans nos discussions le volet culturel,
nous allons prendre un volet beaucoup plus global, comme c'est notre
responsabilité de le faire.
Le Président: En question principale, M. le
député d'Abitibi-Ouest et leader adjoint de l'Opposition.
M. Gendron: M. le Président, après avoir... Une
voix:...
Le Président: à l'ordre, s'il vous plaît!
s'il vous plaît, je demanderais la collaboration de tous les
collègues. alors, votre question, m. le député
d'abitibi-ouest.
Programme de soutien à l'éducation
populaire autonome
M. Gendron: M. le Président, après avoir
échappé de justesse, en 1991-1992, au couperet du Conseil du
trésor, plus de 600 groupes d'éducation et
d'alphabétisation populaire autonome voient leur programme
d'éducation révisé par le ministère pour en
modifier l'accès, la gestion et l'orientation. Les regroupements
nationaux d'éducation et d'alphabétisation populaire, depuis juin
1991, tentent par tous les moyens de rencontrer le ministre car ces derniers
ont la nette impression, et je la partage, d'assister à une
véritable opération d'adaptation des programmes beaucoup plus en
fonction des critères du gouvernement, beaucoup plus en fonction des
normes bureaucratiques du gouvernement que des priorités de ces groupes
qui font de l'éducation populaire. Également, le tout se fait
dans des délais de consultation trop courts, inappropriés.
Ma première question au ministre est simple: Est-ce que le
ministre de l'Éducation a l'intention concrète de répondre
à la demande des regroupements nationaux au niveau de l'éducation
et de l'alphabétisation populaire, à savoir de reconduire pour la
prochaine année budgétaire, 1992-1993, les programmes actuels de
soutien à ces groupes-là afin que la révision se fasse
dans une période plus longue, plus calme et, possiblement, en leur
donnant la chance de pouvoir vous rencontrer?
Le Président: M. le ministre de l'Éducation.
M. Pagé: M. le Président, j'apprécie au plus
haut point la question de mon collègue, le député
d'Abitibi-Ouest. En ce faisant, évidemment, il formule
l'inquiétude bien ressentie par les organismes volontaires
d'éducation populaire au Québec.
M. le Président, je me limiterai à dire à M. le
député que les organismes ont pris contact avec mon cabinet. Un
nombre important de leurs représentantes et représentants se sont
d'ailleurs permis - c'a été bien qu'il en soit ainsi, les locaux
des ministres sont là pour servir à la population, pour le
contact avec la population - de venir me rendre visite le 19 février
à ma demande, ils ont passé plus de quatre heures à
discuter, à échanger avec la personne qui, à mon cabinet,
M. Jean Brodeur, est responsable de ce dossier.
On a demandé une rencontre avec le ministre, j'envisage de les
rencontrer incessamment. On a demandé une reconduction du programme. Je
vous dirai - et probablement que vous l'avez vécu lorsque vous avez
occupé la fonction que j'occupe actuellement - qu'en arrivant à
mon ministère on m'a signalé qu'au Secrétariat du Conseil
du trésor, parmi les analystes, plusieurs s'interrogeaient sur le
bien-fondé de l'application de tels programmes. D'ailleurs, on m'a
indiqué que ce n'était pas nouveau, que c'était comme
ça à chaque année depuis déjà un bon bout de
Je suis à même de constater que ce programme permet
à des organismes communautaires du milieu de faire des choses
formidables avec des moyens qui, souventefois, sont très limités.
À preuve, les 805 organismes se sont partagé 9 439 000 $ dans le
budget 1991-1992, ça représente un montant moyen de 11 726 $. Il
se fait de belles choses et, souventefois, ça permet à des gens
confrontés à des problèmes particuliers dans certains
milieux de s'organiser, de se confirmer dans leur dignité et,
finalement, de faire en sorte de faire oeuvre utile avec l'application d'un tel
programme.
Ceci étant dit, je suis en contact, nous sommes toujours en
discussion avec le Conseil du trésor. Mes contacts, mes échanges
sont avec le président du Conseil pour éviter des coupures dans
ce programme. En ce qui concerne la restructuration pour une prochaine
année, j'entends prendre le temps qu'il faut avec eux pour y voir.
Le Président: Alors, en question complémentaire.
(14 h 30)
M. Gendron: Pour quelqu'un qu'on cherche à voir depuis
juin, ce n'est pas tellement clair, vous auriez eu le temps d'y penser. C'est
quoi, le problème? C'est quoi, le problème de l'éducation
populaire? Est-ce que le ministre ne convient pas que vous êtes en train
de faire une réforme en profondeur, aller même jusqu'à
revoir toute la question de l'accès pour les groupes, la gestion et
l'orientation de l'éducation populaire, alors qu'on sait très
bien que, dans une période - c'est toujours utile - comme celle qu'on
vit malheureusement, où à peu près tout le monde est sur
le chômage, s'il y a de quoi d'utile, c'est qu'au moins les groupes
populaires puissent faire de la formation, de l'éducation et une prise
en charge individuelle et collective qui fait que les Québécois
et les Québécoises qui en profitent sont plus
équipés pour faire face aux défis de l'avenir? Pourquoi
requestionnez-vous l'accès, la gestion et l'orientation? C'est plus
qu'une question de sous au Conseil du trésor!
Le Président: M. le ministre de l'Éducation.
M. Pagé: J'ai indiqué au député que,
généralement, décembre, janvier ou février de
chaque année - ça, vous devriez être en mesure de confirmer
que, quel que soit le gouvernement, les échanges pour la
préparation du budget de l'année suivante entre le
Secrétariat du Conseil du trésor et les ministères,
notamment l'Éducation, se réfèrent
régulièrement à l'opportunité du maintien de ces
programmes.
Je vous ai indiqué tout à l'heure que, pour l'exercice
financier 1991-1992 qui se terminera le 31 mars, j'ai rempli mes
responsabilités, j'ai sensibilisé et j'ai convaincu le
Trésor d'y injecter et d'y maintenir une somme de 9 439 000 $. Pour
cette année, la même démarche est en cours,
c'est-à-dire, plaider, soutenir, tenter de démontrer la
nécessité du maintien d'un tel programme. Une fois que j'aurai la
confirmation du maintien dudit programme, je prévois m'as-seoir avec ces
bonnes gens et voir à faire en sorte qu'on puisse atteindre les
objectifs les plus fondamentaux, restructurer et voir ce qui peut être
fait. Mais je crois, par ma réponse précédente, vous avoir
démontré le très haut niveau de sensibilité et de
solidarité que j'ai à l'égard de ces groupes avec lesquels
nous sommes en contact par la voie de mes adjoints.
Le Président: Toujours en complémentaire.
M. Gendron: C'est quoi qui vous anime de vous cacher? Est-ce que
c'est l'exemple du premier ministre hier? Depuis le 15 juin qu'on vous
cache...
M. Pagé: M. le Président, question de
règlement.
Le Président: Un instant. M. Pagé: M. le
Président...
Le Président: Alors, sur une question de règlement,
M. le leader du gouvernement.
M. Pagé: Et là, non pas comme ministre de
l'Éducation, comme leader parlementaire du gouvernement. Le premier
ministre, hier, avait des occupations et nous, quand votre chef est absent d'un
vote, on ne vous pose pas de question là-dessus. C'était
légitimé qu'il soit absent.
Le Président: D'accord.
M. Pagé: Posez votre question additionnelle, on va vous
répondre.
Le Président: Votre question, M. le leader adjoint.
M. Gendron: Depuis le 15 juin, M. le ministre de
l'Éducation, que les groupes populaires veulent vous voir parce qu'ils
pensent que ça leur appartient de discuter avec vous de la question du
financement et des nouvelles orientations. Quand ils sont rendus à
publier: «Où se cache le ministre?» et des avis de
recherche, ça fait un peu drôle. C'est quoi vos craintes, c'est
quoi votre peur de les rencontrer?
Le Président: M. le ministre.
M. Pagé: Je n'ai aucune crainte de les rencontrer.
À preuve, depuis le 15 juin, ces bonnes gens sont
régulièrement en contact avec la personne responsable à
mon cabinet, premièrement. Deuxièmement, je vous ai
indiqué il y a quelques minutes que j'allais les rencontrer
bientôt. Je constate qu'il aura fallu un document de publicité
disant: «Avis de recherche: où est passé le ministre
Pagé?», pour que vous vous leviez, premièrement.
Deuxièmement, j'existe, j'y suis, à preuve je m'occupe de leur
dossier. Troisièmement, j'en suis venu à me demander si le fait
que vous vous soyez levé aujourd'hui ne réfère pas
à la fin de l'article qui disait: «Aucune récompense n'est
promise à celui ou celle qui le trouvera, seule est assurée une
reconnaissance éternelle.» Êtes-vous en quête d'une
reconnaissance éternelle?
Des voix: Ha, ha, ha!
Le Président: Question principale maintenant, M. le
député de Gouin.
Coût de la liquidation des
Coopérants
M. Boisclair: M. le Président, la saga de ce qu'il est
maintenant convenu d'appeler le dossier des Coopérants s'amplifie de
jour en jour. 48 % des Québécois auraient perdu confiance dans la
gestion des compagnies d'assurances de personnes. Le journal
Économique de Québec, appuyé par d'anciens
administrateurs des Coopérants, demande la tenue d'une enquête
publique.
Le directeur de la chaire en assurances de l'Université Laval
accuse l'Inspecteur général des institutions financières
d'incompétence et de laxisme. Devant ces allégations, la ministre
prend ce qui lui reste de courage et crée un comité. Vous en
conviendrez comme moi, M. le Président, ce n'est certes pas d'augure
à nous rassurer.
La ministre peut-elle, au moment où Assurance-vie Desjardins
retranche 2 000 000 $ de ses profits pour sa quote-part du naufrage des
Coopérants, nous indiquer s'il est vrai que la liquidation des
Coopérants forcée par la SIAP de Toronto coûtera aux
compagnies québécoises, nor pas 25 000 000 $, non pas 50 000 000
$, mais bien 92 000 000 $ de plus que le scénaric initialement
Le Président: Mme la ministre
déléguée aux Finances.
Mme Robic: M. le Président, je trouve les propos du
député de Gouin un peu excessifs quand il prétend que la
débâcle des Coopérants a été causée
par une décision de la SIAP. Il est absolument impossible pour moi en ce
moment de dire à cette Chambre ce que sera le coût de la
liquidation des Coopérants puisque ça se fait dans le temps et il
est très difficile de mettre un prix à cette liquidation.
Franchement!
Le Président: En question complémentaire.
M. Boisclair: Est-ce que la ministre ignore les chiffres de la
SIAP qui nous disent que la liquidation des Coopérants coûtera 177
000 000 $, soit 92 000 000 $ de plus que le scénario initialement
prévu? Ce ne sont pas les chiffres de l'Opposition officielle, ce sont
les chiffres de la SIAP. Est-ce que la ministre peut, oui ou non, les
confirmer? Et, si elle les nie, qu'elle nous en présente des
nouveaux.
Le Président: Mme la ministre.
Mme Robic: Je n'ai ni à confirmer ni à nier ces
chiffres, M. le Président. Il y a une liquidation qui se fait.
Dépendant des coûts de la vente des actifs des Coopérants,
on saura ce que sera le coût final. Mais il est bien sûr
qu'à cause du fait que cette transaction qui était prévue
n'a pas eu lieu on risque, oui, que ça coûte plus cher aux
compagnies d'assurances du Québec.
Le Président: Toujours en question
complémentaire.
M. Boisclair: M. le Président, à deux volets:
Comment la ministre peut-elle nous expliquer que la SIAP ait, elle,
réussi à faire des évaluations des coûts
supplémentaires et qu'elle n'est pas capable de nous en
présenter? Et la ministre peut-elle enfin répondre aux demandes
répétées de l'industrie qui demande que le gouvernement
s'engage à déposer une loi créant une régie
d'indemnisation québécoise des compagnies d'assu-i rances afin de
rapatrier de Toronto au Québec cette responsabilité qui nous
échappe depuis trop longtemps?
Le Président: Mme la ministre. i Mme Robic: m. le
président, la siap, la i société canadienne
d'indemnisation pour les ! assurances de personnes, est une
société privée i qui a été
créée il y a quelques années. c'est la s première
fois qu'elle fait face à un tel problème, i elle a
rencontré des difficultés, c'est juste. elle ; l'avoue
elle-même. il y a un comité de l'acca, ) l'association canadienne
des compagnies d'assurances, et de la siap qui regarde le fonction-
nement de la SIAP en ce moment. J'ai également demandé
à mes officiers au ministère et à l'Inspecteur
général des institutions financières de regarder le
dossier. J'aurai sans doute une décision à prendre. Nous allons
regarder tout le dossier et on prendra une décision à la
lumière de ce qui s'est passé dans le dossier des
Coopérants et des rapports qui nous seront déposés.
Le Président: Pour une autre question
complémentaire.
M. Boisclair: M. le Président, est-ce que la ministre peut
donner l'assurance à tous les membres de cette Chambre que l'ensemble
des épargnes des Québécois et Québécoises
placées aux Coopérants sera garanti par la SIAP et j'y inclus les
fonds de pension, les REER et l'ensemble des transferts versés aux
assurés des Coopérants? Est-ce que l'ensemble des épargnes
sera garanti par la SIAP?
Le Président: Mme la ministre.
Mme Robic: M. le Président, je voudrais rappeler au
député de Gouin que l'entente avec la SIAP, c'est que tous les
porteurs de polices seront dédommagés à 100 %.
Le Président: En question principale, maintenant, M. le
député de D'Arcy-McGee.
Étude de faisabilité sur le contrat
entre Hydro-Québec et Norsk Hydro
M. Libman: Merci beaucoup, M. le Président. Hier, en
commission parlementaire, le président d'Hydro-Québec, M. Claude
Boivin, en référence au contrat à partage de risques de
Norsk Hydro, disait qu'on ne peut pas juger un contrat de 25 ans sur 1 ou 2
ans, qu'on ne fait pas d'argent mais qu'on n'en perd pas non plus. Le 13 mars
1987, avant de signer les contrats de Norsk Hydro, Hydro-Québec a
reçu une étude de faisabilité qu'elle avait
elle-même commandée, qui disait que le prix du magnésium
décroîtrait au cours de la durée de vie du contrat,
contredisant complètement ainsi les affirmations
répétées de la ministre de l'Énergie et des
Ressources, ici en cette Chambre, et d'Hydro-Québec. L'étude de
faisabilité continue en concluant qu'Hydro-Québec perdra de
l'argent sous le contrat de Norsk Hydro chaque année pendant sa
durée de vie de 25 ans.
Alors, ma question à la ministre, M. le Président: Est-ce
qu'elle est prête à déposer à l'Assemblée
nationale l'étude de faisabilité non éditée de 1987
et toutes les autres études portant sur ces contrats?
Le Président: Mme la ministre de l'Énergie et des
Ressources. (14 h 40)
Mme Bacon: Je pensais, M. le Président, avoir
été suffisamment claire vis-à-vis du député
de D'Arcy-McGee pour lui dire que ses interventions irréfléchies
mettent en péril 500 emplois au Québec. Ça, il le fait
aujourd'hui devant des visiteurs qui ont l'information rapide, et je lui dis
aujourd'hui d'être encore une fois prudent dans les interventions qu'il
fait au sujet de ce dossier, M. le Président.
Le Président: En question complémentaire.
M. Libman: Elle a dit la même chose l'année
passée, M. le Président. M. le Président, I will ask the
same question again.
Une voix: Vous ne comprenez pas plus!
M. Libman: Will the Minister table the feasibility studies that
were done on the Norsk contract before the contract was signed, which showed
that the Government would lose money over the course of these contracts? Will
she table this feasibility study of March 13,1987?
Le Président: Mme la ministre. Mme Bacon: My answer
is no. Des voix: Ha, ha, ha!
Le Président: Toujours en question
complémentaire.
M. Libman: M. le Président, when the United States
Government is told what the people of Québec are not allowed to know,
does the Minister of Energy therefore not understand that the people of
Québec can only conclude that she, that the Government, that
HydroQuébec have been lying to the population of Québec...
Des voix: Oh!
M. Libman: ...by saying that these...
Une voix: Wo!
Le Président: Alors, sur une question de règlement,
M. le leader du gouvernement.
M. Pagé: M. le Président, je vous demande, je vous
prie de demander au député de retirer ses paroles et de
s'excuser. Il devrait s'excuser auprès de ma collègue et de
l'ensemble du Conseil des ministres, et même de la Chambre. C'est
inacceptable, ce que vous venez de faire!
Des voix: Oui.
Le Président: S'il vous plaît! Un instant. Tout
simplement, M. le député de D'Arcy-McGee,
je vous rappelle l'article 35, paragraphe 6°, du règlement
qui dit ce qui suit: «Le député qui a la parole ne peut
imputer des motifs indignes à un député ou refuser
d'accepter sa parole». Par les propos que vous avez employés, vous
contrevenez expressément à l'article 35, paragraphe 6°, et je
vous demanderais de retirer immédiatement vos paroles, sans commentaire.
Est-ce que vous retirez vos paroles?
M. Libman: M. le Président, la définition, à
mon sens... J'ai...
Le Président: M. le député, s'il vous
plaît! Strictement au sens du règlement, c'est une coutume dans
l'Assemblée, au niveau du décorum et du respect de l'institution,
de respecter les règles que tous les députés ont
accepté de mettre en commun pour la façon de procéder de
nos travaux. À ce moment-ci, la seule chose que je vous demande, c'est
de retirer vos propos sans aucun commentaire, puisque les propos que vous avez
employés sont carrément antiparlementaires et défendus au
sens du règlement. Est-ce que vous retirez vos propos, M. le
député de D'Arcy-McGee?
Une voix: Yes. Une voix: Oui, oui.
M. Libman: M. le Président, je retire mes propos...
Des voix: Ah!
M. Libman: ...si je peux poser une autre question...
Le Président: Très bien.
M. Libman: ...complémentaire.
Des voix: Ha, ha, ha!
Le Président: Évidemment, quand vous devez retirer
des propos, c'est sans aucune condition. Est-ce que vous retirez vos
M. Libman: Je retire mes propos, M. le Président.
Le Président: Très bien. Donc, les propos sont
retirés. Ça va. Alors, maintenant, vous avez droit à une
question additionnelle et je vous écoute.
Des voix: Ha, ha, ha!
M. Libman: Merci, M. le Président, pour votre
générosité. Je reformule ma question, M. le
Président. Why has the Government told us on several occasions that,
over the life of the
Norsk Hydro contract, they will make money because of the fluctuating
price of magnesium, when they knew in advance by a feasibility study done by
Hydro-Québec, they knew in advance - I repeat that again - that they
would be losing money over the life of this contract? Why did they go ahead
with this contract?
Le Président: Mme la ministre de l'Énergie et des
Ressources.
Mme Bacon: D'abord, pour la première réponse, M. le
Président, je dis que ce n'est pas le cas; quand on signe des contrats,
c'est parce qu'il y a non seulement des partages de risques, mais des partages
de bénéfices, et ça, le député devrait le
Deuxièmement, M. le Président, je redis encore une fois au
député de D'Arcy-McGee d'être très prudent et
d'utiliser, j'espère, ce qu'il lui reste de jugement...
Des voix: Oh!
Mme Bacon: ...pour ne pas discréditer le Québec sur
la place publique face à nos voisins du Sud, M. le Président.
Des voix: Bravo!
Le Président: Alors, en question
complémentaire.
M. Libman: est-ce que la ministre nie l'existence de cette
étude de faisabilité du 13 mars 1987? est-ce ce qu'elle nous dit
aujourd'hui?
Le Président: Mme la ministre. Une voix: Pas de
réponse. Le Président: Ça va. Une voix:
Le Président: Alors, pour une question principale, M. le
député de...
M. Libman: ... réponse?
Le Président: Bien, écoutez, vous avez posé
une question, mais tout ce que je peux constater comme président, c'est
que personne ne se lève pour donner une réponse. Donc, il n'y a
pas de réponse et nous passons à une autre question. M. le leader
du gouvernement.
M. Pagé: M. le Président, c'est très clair
dans notre règlement. Un ministre peut ne pas répondre, n'est pas
obligé de répondre puis, de la manière que vous l'avez
questionnée aujour-
d'hui, elle est légitimée de ne pas vous
répondre.
Le Président: Les derniers propos, M. leader du
gouvernement, étaient carrément de trop, vous le savez fort bien.
Vous avez une question? Vous avez une autre question, M. le
député? Non?
M. Libman: Non, M. le Président.
Le Président: Très bien. Alors, pour une question
principale, M. le député de Shefford.
Coupures du budget fédéral
consacré au logement social
M. Paré: oui. en 1989, unilatéralement, le
gouvernement fédéral a coupé dans le volet locatif du
programme de rénovation domiciliaire. québec a
décidé d'aller de l'avant tout seul. en 1991, encore une fois
unilatéralement, le fédéral a décidé de
réduire de 15 % par année, pendant cinq ans, le budget
consacré au logement social. le québec n'a rien dit. lors du
dernier discours du budget, il y a à peine quelques jours, ottawa a
décidé de couper totalement le programme fédéral
phi d'aide aux coopératives et de réduire de 25 % le budget
consacré au logement social pour 1992 et de moitié pour 1993.
Ma question au ministre des Affaires municipales et responsable de
l'habitation: Est-ce que le ministre a l'intention de dénoncer cette
décision et est-ce qu'il a l'intention de se joindre aux très
nombreux intervenants qui demandent à Ottawa de renverser cette
décision?
Le Président: M. le ministre des Affaires municipales et
responsable de l'habitation.
M. Ryan: Je cherche, premièrement, M. le Président,
en consultation avec mes collègues, à trouver des solutions qui
permettront de réduire au minimum les conséquences de ces
décisions pour la population de la province de Québec. En ce qui
touche les politiques fédérales, c'est facile de les
dénoncer. Mais c'est une question d'argent qui est au fond de ça.
C'est une question d'argent. Est-ce que nous sommes fondés, à
l'heure actuelle, d'exiger sans aucune espèce de nuance que le
fédéral maintienne son niveau de dépenses dans tous les
domaines en même temps qu'on lui demande de réduire son
déficit, de mettre de la santé dans les finances publiques?
La question est à l'étude. Nous évitons les
déclarations prématurées en ces choses. En temps utile, je
ferai connaître la politique du gouvernement, mais après avoir
bien solidement établi le côté positif et construct de la
ligne de conduite que nous suivrons.
Le Président: En question complémentaire.
M. Paré: est-ce que, par hasard, le ministre n'aurait pas
l'intention, sous le prétexe de l'harmonisation, de profiter de la
coupure du gouvernement fédéral pour effectuer lui-même des
coupures très importantes dans le logement social?
Le Président: M. le ministre.
M. Ryan: Là, nous étudions les programmes existants
à la lumière des représentations qui nous sont faites par
toutes sortes de groupements avec qui nous sommes en contact fréquent.
Je signale au passage que, quand il a été question du
règlement sur les conditions d'admission et de location dans les
habitations à loyer modique, nous avons trouvé des
améliorations qui ont donné satisfaction aux groupes pendant que
le député continuait de protester et de critiquer. Nous ferons la
même chose dans ce cas-ci. C'est évident que, dans une
période où les ressources sont plus restreintes, il ne peut pas
être question d'expansion tous azimuts. Nous chercherons des mesures, et
nous les définirons au cours des prochaines semaines, qui
répondront aux besoins d'aujourd'hui, à la lumière des
ressources d'aujourd'hui.
Le Président: En question complémentaire.
M. Paré: Devant cette coupure fédérale,
est-ce que le ministre a l'intention de réduire le nombre
d'unités des OSBL prévues pour cette année, suite à
l'appel d'offres qui a été fait en janvier dernier, donc il y a
à peine quelques semaines?
Le Président: M. le ministre.
M. Ryan: Le député sait comme moi que les
habitations à loyer modique et les habitations construites dans le cadre
du volet des organismes sans but lucratif sont financées dans une
proportion de 61 % par le gouvernement fédéral et de 39 % par le
gouvernement du Québec et les municipalités combinés. Si
le gouvernement fédéral réduit ses engagements de 21 % au
cours de la prochaine année, il en résultera
inévitablement des conséquences sur les engagements que le
gouvernement du Québec pourra prendre de son côté, à
moins que le député de Shefford n'ait des sources miraculeuses de
revenus à nous indiquer.
Le Président: En question complémentaire. (14 h
M. Paré: Étant donné que le ministre se dit
si ouvert à la consultation et si attentif aux préoccupations des
gens, comment se fait-il qu'il n'est pas prêt à embarquer dans la
lutte pour faire reculer le gouvernement fédéral alors
qu'à la table de l'habitation, de façon unanime, tous les
intervenants se sont mobilisés, ils vous
tendent la main pour que vous aussi, vous apportiez votre coup de pouce
pour faire en sorte que le gouvernement ne coupe pas ses dépenses au
Québec dans un secteur aussi important en période difficile comme
on traverse, c'est-à-dire le secteur du logement social?
Une voix: Bravo!
Le Président: M. le ministre.
M. Ryan: Quand on siège dans l'Opposition, M. le
Président, c'est facile de se laisser dicter sa conduite par les groupes
de pression, mais, quand on est au gouvernement, il faut choisir une ligne de
conduite qui réponde vraiment à l'intérêt
général et non pas seulement à l'intérêt de
quelques groupes particuliers. Ça, ça prend plus d'études
et de réflexion.
Le Président: En question principale, M. le
député de La Prairie.
Aide à la municipalité de Saint-Constant
à la suite d'inondations
M. Lazure: Merci, M. le Président. On a pu voir hier soir
à la télévision des scènes de désolation
où plusieurs familles étaient victimes d'une inondation subite
sur la rive sud de Montréal, particulièrement dans le
comté de La Prairie, à Saint-Constant. Les dommages sont
considérables autant aux résidences qu'aux commerces et le maire
de Saint-Constant, Bernard Giroux, a écrit hier au ministre de la
Sécurité publique demandant que sa ville soit
déclarée sinistrée, puisque au-delà de 400 familles
ont été affectées, et qu'une aide financière soit
accordée aux familles, aux commerçants et à la
municipalité.
Alors, ma question toute simple au ministre de la Sécurité
publique: Est-ce que le ministre peut rassurer la population
éprouvée de Saint-Constant et est-ce qu'il peut nous dire qu'il
répondra favorablement à la demande du maire, à l'effet de
dédommager les familles, les commerçants et la
municipalité?
Le Président: M. le ministre de la Sécurité
publique.
M. Ryan: M. le Président, je remercie le
député de La Prairie de soulever cette question, parce que le
phénomène des débordements d'eau s'est manifesté
à plusieurs endroits au Québec au cours des derniers jours.
Puisqu'il a parlé de Saint-Constant, j'en parlerai pour commencer. Je
veux exprimer mon appréciation au maire, M. Giroux, pour avoir
immédiatement pris la situation en main, comme le fait
généralement le maire d'une municipalité dans une
situation comme celle-ci. Il m'a écrit hier après-midi. Nos
services sont déjà présents sur les lieux et on m'informe
que déjà, au cours des dernières heures, la situation
s'est considérablement améliorée. Apparemment, toutes les
personnes qui auraient dû, au nombre de plus de 400, évacuer leur
résidence hier auraient pu réintégrer leur foyer
aujourd'hui. Alors, nous sommes très près de la situation et
toute forme d'aide qui pourrait être justifiée sera
examinée avec sympathie.
Je veux signaler d'autres cas très sérieux qui se sont
produits. À Sainte-Brigitte-de-Laval, il s'est produit un
débordement spectaculaire aujourd'hui qui a obligé des personnes,
à très peu de temps d'avis, à trouver refuge sur le toit
de leur maison et nos services ont été présents
immédiatement. Nous avons fait appel aux Forces armées pour
prêter un coup de main et, déjà, l'évacuation est en
cours par voie d'hélicoptère. Au moment où nous nous
parlons, plusieurs personnes ont déjà été
évacuées. J'ai causé avec le maire de
Sainte-Brigitte-de-Laval avant d'entrer en Chambre tantôt et, à
cause de l'expérience que nous avons faite ces dernières
années de ce genre de situation, non seulement le ministère de la
Sécurité publique, mais tous les autres ministères et
services gouvernementaux concernés sont en mesure d'intervenir
rapidement et de façon concertée afin de venir en aide aux
populations. Je souligne l'esprit d'initiative remarquable dont font montre
dans ces situations les autorités municipales et les organismes
bénévoles de toutes sortes.
Quant au programme d'aide financière, nous examinerons la
situation de plus près au cours des prochains jours et, s'il existe des
éléments qui justifient une intervention de cette nature de la
part du gouvernement, nous y verrons. Je dis, en attendant, aux
autorités municipales: Si elles doivent faire des dépenses
pressées, urgentes, qu'elles obtiennent l'autorisation des
représentants du ministère de la Sécurité publique
avant de le faire et nous ferons montre de toute la compréhension et de
toute la souplesse nécessaires.
Le Président: En question principale, M. le
député de Rouyn-Noranda-Témiscamingue.
Administration du CLSC par la Clinique communautaire
de Pointe-Saint-Charles
M. Trudel: M. le Président, depuis deux semaines, 6329
résidents de Pointe-Saint-Charles, à Montréal, ont
signé une pétition en vue de réclamer le maintien des
structures actuelles de la Clinique communautaire de Pointe-Saint-Charles qui
administre le CLSC de Pointe-Saint-Charles. C'est une structure unique au
Québec. Mardi de cette semaine, le 10 mars, plus de 600 personnes, pas
déplacées en autobus, se sont rendues à l'assemblée
générale de la Clinique communautaire de Pointe-Saint-Charles
pour réclamer du ministre de la Santé et des Services sociaux
qu'il reconnaisse la structure démocra-
tique des résidents de Pointe-Saint-Charles à
Montréal, de la Clinique communautaire de Pointe-Saint-Charles pour
administrer le CLSC. Le ministre de la Santé et des Services sociaux
a-t-il l'intention de reconnaître les structures démocratiques de
la Clinique communautaire de Pointe-Saint-Charles qui a été un
précurseur au Québec en matière de santé
communautaire, et confier toujours à cette clinique le mandat
d'administrer un CLSC au Québec?
Le Président: M. le ministre de la Santé et des
Services sociaux.
M. Côté (Charlesbourg): Merci, M. le
Président. Tout en reconnaissant le travail tout à fait
exceptionnel qu'a fait dans le passé la Clinique communautaire de
Pointe-Saint-Charles qui a été, de manière successive par
différents ministres, reconnue à l'époque à sa
juste valeur, M. le Président, nous avons adopté en cette Chambre
le 28 août dernier un projet de loi 120 qui détermine des
catégories d'établissements: CLSC, centres hospitaliers, centres
d'accueil et d'hébergement ou de soins hospitaliers de longue
durée. Nous avons donc modifié la loi, clarifié la loi et
c'est le genre d'établissements qu'il y a maintenant à travers le
réseau et on doit se conformer à la loi 120.
La Clinique communautaire a deux choix: elle est un CLSC et, si elle est
un CLSC, elle sera administrée comme un CLSC. Si elle est un organisme
communautaire, elle sera un organisme communautaire administré et
financé comme un organisme communautaire.
Le Président: Alors, c'est la fin de la période des
questions.
M. Chevrette: Question de règlement.
Le Président: C'est la fin de la période des
questions. C'est passé de presque une minute, M. le
député, pas tout à fait une minute. Alors, pour une
question de règlement, maintenant, avant de passer à l'item
suivant, M. le leader de l'Opposition.
Demande de directive concernant le refus
de répondre de la part d'un ministre
lors de la période de questions
M. Chevrette: Oui, une demande de directive, M. le
Président. Hier, il s'est produit un événement en Chambre
où un ministre a été appelé à
répondre à une question. Il a dit à un parlementaire:
Ça ne te regarde pas. Aujourd'hui, on a un autre fait qui vient de se
produire où il n'y a même pas un refus verbal de répondre,
où la ministre ne se lève même pas. Or, quand on lit le
règlement, M. le Président, un ministre peut juger en disant: Je
ne réponds pas à cette question parce que c'est
d'intérêt public. Il peut dire: J'ai trop de renseignements
à aller chercher, je ne peux pas y répondre. Il peut
également dire qu'il ne peut pas y répondre, en vertu de
l'article 35, paragraphe 2.
Moi, je dois vous avouer, M. le Président, qu'il n'y a pas eu de
réaction de la présidence hier, sur l'événement qui
s'est passé entre le ministre des Affaires municipales et le
député d'Ungava et il n'y a pas eu de réaction sur ce qui
s'est passé entre le député de D'Arcy-McGee et Mme la
ministre. M. le Président, est-ce à dire maintenant qu'en cette
Chambre on pourrait se lever, poser une question, et n'avoir aucune
réponse, personne ne se lève? Ça m'apparâît
contraire au règlement. Ça m'apparâît contraire au
règlement, M. le Président. Il peut y avoir un motif de refus de
répondre sur le fond, mais il ne peut pas y avoir une réaction,
même pas une réaction physique pour dire: Je ne réponds pas
pour des motifs d'intérêt public ou pour d'autres motifs.
M. le Président, il m'apparaît qu'à la question...
C'est marqué: «Questions et réponses orales». Je
m'excuse, mais là, c'est de l'abstention. Ça voudrait donc dire
que tu poses des questions, et personne ne répond. Ce n'est pas des
monologues, c'est la période des questions. Dans le règlement, je
pense que c'est très clair. Et l'esprit du règlement, M. le
Président, c'est d'abord que tout député a tous les droits
de poser les questions qu'il veut. Il en porte les conséquences
politiques et la présidence a un rôle de surveillance à
jouer si c'est des causes devant les tribunaux.
Quand un individu pose une question qui peut impliquer, bien sûr,
comment dirais-je, l'intérêt public, la ministre ou le ministre
peut décider de ne pas répondre dans cet intérêt.
Ça, le règlement le prévoit. Mais, M. le Président,
qu'est-ce qu'on va faire si on pose des questions... Et ne pensez pas que je
veuille venir à la défense du député de
D'Arcy-McGee, mais je veux clairement indiquer que ça n'a pas de bon
sens, le mépris de la Chambre depuis deux jours. Depuis l'ouverture de
la Chambre, M. le Président, on pose une question: Ça ne vous
regarde pas. On pose une question, tu restes assis. Je m'excuse, mais je
voudrais avoir une directive claire, M. le Président, parce que
d'après moi, c'est bafouer le règlement de la Chambre.
Des voix: Bravo! Bravo! Bravo!
Le Président: Alors, sur cette question, M. le leader du
gouvernement. (15 heures)
M. Pagé: M. le Président, je soutiens que le
règlement est scrupuleusement respecté et je considère
comme non fondée et illégitime la représentation de mon
collègue, le leader parlementaire de l'Opposition, pour les motifs
suivants. M. le Président, c'est très clair, à l'article
82: «Le ministre auquel une question est
posée peut refuser d'y répondre, notamment: - "peut
refuser d'y répondre", on a le pouvoir comme ministre, on a le droit de
refuser de répondre - s'il juge contraire à
l'intérêt public de fournir les renseignements
demandés.» m. le président, je crois...
Une voix: ...
M. Pagé: Laissez-moi dire et je vais vous dire.
Des voix: Ha, ha, ha! Des voix: Oh! Oh!
M. Pagé: M. le Président, je pense que ça a
été démontré très clairement et
formulé très clairement...
Le Président: Un instant, là. Je pense que c'est
une question sérieuse qui a été soulevée par le
leader de l'Opposition. Je vous demanderais votre attention, s'il vous
plaît, et de ne pas interrompre le leader du gouvernement qui a droit
à ses prétentions, comme le leader de l'Opposition peut
également faire valoir...
Des voix:...
Le Président: S'il vous plaît! S'il vous
plaît, M. le député de Sainte-Marie-Saint-Jacques! M. le
leader du gouvernement.
M. Pagé: M. le Président, la question
soulevée par le député de D'Arcy-McGee concernant les
contrats d'Hydro-Québec a fait l'objet de réponses nombreuses,
complètes de la part de ma collègue, Mme la vice-première
ministre et ministre de l'Énergie. À chaque opportunité
qu'elle a eu de répondre à ces questions, elle s'est toujours
référée, et ce continuellement, à
l'intérêt public de certains volets de ces contrats et qu'il
n'était pas dans l'intérêt public, évidemment... Non
seulement il n'était pas dans l'intérêt public, mais il
était contre l'intérêt supérieur du Québec de
répondre...
Des voix: Oh! Oh!
M. Pagé: Oui! Oh! M. Parizeau qui... Oui, oui, oui!
M. Chevrette: M. le Président, question de
règlement.
M. Pagé: Un instant, là!
Le Président: Un instant! Un instant! M. le leader de
l'Opposition.
M. Chevrette: M. le Président, voulez-vous demander au
député de Portneuf d'adresser ses commentaires à la
présidence, conformément au règlement, et de laisser sa
prétention de côté?
Des voix: Oui.
M. Pagé: M. le Président...
Le Président: Alors, je vous écoute, M. le leader
du gouvernement.
M. Pagé: ...j'étais à vous dire que
l'intérêt supérieur du Québec dans le traitement de
certains dossiers... Et, dans certains cas, on se réfère à
des milliers d'emplois. Des milliers d'emplois, M. le Président. Mme la
ministre, à de nombreuses reprises d'ailleurs... C'est ce qu'elle a
fait, encore aujourd'hui, lorsqu'elle a invité le député
à être prudent. Mme la ministre a très clairement
démontré à cette Chambre qu'il n'était pas dans
l'intérêt public de répondre à cette question.
Concernant l'autre commentaire ou l'autre inquiétude du
député de Joliette et leader parlementaire de l'Opposition, et
qui se réfère au député d'Ungava, hier, le
député d'Ungava a eu l'opportunité de questionner, en
principale et en additionnelle, le ministre responsable de la
Sécurité publique au Québec. Le ministre qui est
responsable d'enquêtes policières, vous comprendrez qu'il doit
être continuellement prudent dans les commentaires qu'il peut donner
à la Chambre suite à des questions relatives à certains
dossiers. Le ministre a répondu hier. Il a répondu au mieux. Et
je comprends qu'à la fin de sa réponse il a peut-être
utilisé un terme qui, j'en suis convaincu, le connaissant depuis fort
longtemps, a peut-être un peu dépassé sa pensée,
mais il était tout à fait légitimé de le faire,
d'autant plus qu'à l'article 82, troisièmement, on dit: «II
doit refuser». «Le ministre auquel une question est posée
peut refuser d'y répondre, notamment: «1° s'il juge contraire
à l'intérêt public... «2° si les renseignements
qui sont demandés ne peuvent être colligés qu'à la
suite d'un travail considérable...»
Et l'alinéa suivant: «Le ministre doit refuser d'y
répondre si sa réponse aurait pour effet de contrevenir aux
paragraphes 2 et 3 de l'article 35.» Et si on y va, on se
réfère à «faire référence aux travaux
d'une commission siégeant à huis clos» et on se
réfère à «3° parler d'une affaire qui est devant
les tribunaux ou un organisme quasi judiciaire, ou qui fait l'objet d'une
enquête».
De plus, je voudrais me référer, en terminant, à
une décision du 18 octobre 1988 où on a demandé au
président d'interpréter les dispositions de l'article 82. Refus
de répondre du ministre. Le contexte: Lors de la période de
questions, un ministre refuse de répondre à certaines questions
pour le motif que ces dernières portent sur une affaire faisant l'objet
procédures devant les tribunaux civils. Le leader parlementaire
de l'Opposition allègue qu'en matière civile le président
doit tenir compte de la notion de préjudice seulement et soutient que
c'est le refus de répondre du ministre qui cause présentement
préjudice.
Question: Le président peut-il juger de l'opportunité pour
un ministre d'invoquer l'article 82? Décision: Le président n'a
pas à juger du refus d'un ministre de répondre à une
question pour des motifs énoncés à l'article 82. Cette
décision appartient au ministre seulement. Par ailleurs, le refus de
répondre en vertu de l'article 82 n'établit pas une
présomption d'irrecevabilité des questions additionnelles
soulevées sur le sujet concerné. Voilà ma
représentation et ma prétention, M. le Président.
M. Chevrette: M. le Président...
Le Président: Alors, sur la même question.
M. Chevrette: Et il l'a bien prouvé en finissant.
Le Président: Alors, sur la même question, M. le
leader de l'Opposition.
M. Chevrette: M. le Président, je voudrais répondre
à cet argumentaire parce que, à mon point de vue, il vient
exactement soutenir ma prétention. Quand M. le député de
Portneuf se lève avec toute sa pompe pour dire, et ses pompes, à
cette Chambre «qu'un ministre a le droit de refuser pour les
motifs», c'est exactement ce que je vous dis, c'est sur l'absence de
réponse totale que je présente devant vous les motifs suivants:
Si le ministre ne répond nullement, M. le Président, à mon
point de vue, c'est un mépris de la Chambre et un mépris des
parlementaires.
À
titre d'exemple, prenez la question du député de
D'Arcy-McGee: La ministre nie-t-elle que cette étude de
faisabilité existe? Si la ministre prétend qu'il y va de
l'intérêt public que cette étude n'existe pas, qu'elle doit
répondre et qu'elle ne répond pas, elle doit dire: Pour des
motifs d'intérêt public, je ne réponds pas. Mais elle n'a
rien fait, M. le Président, elle est restée assise. À mon
point de vue, c'est un mépris du Parlement; c'est tout à fait
contraire à l'article 82. À mon sens, c'est une insulte à
l'Assemblée nationale. Un ministre a le droit d'invoquer des motifs de
refus, mais il n'a pas le droit de s'abstenir au moins d'expliquer les motifs
de son refus. Ça, c'est fondamental dans l'article 82; sinon, vous
n'auriez pas, M. le Président... Vous verriez-vous présider une
période de questions où les parlementaires se lèveraient
et tout le monde resterait assis à votre droite? Vous seriez
gêné, d'abord, de votre formation politique et j'en conviendrais
avec vous.
Une voix: Vous n'êtes pas raisonnables.
M. Chevrette: Mais, sur le fond des choses, vous savez bien que
ça n'a pas de bon sens. Il faut au moins qu'un ministre explique, M. le
Président, qu'il ne répond pas à telle ou telle question
parce qu'il y va de l'intérêt public, parce qu'il n'a pas fini son
travail ou parce que c'est devant les tribunaux, comme l'a si bien dit le
député de Portneuf en répétant exactement ce que
j'avais dit antérieurement.
Donc, M. le Président, la question de directive que je vous
demande, ce n'est pas de regarder ce qu'il y a à 82, c'est
d'interpréter 82 par rapport à l'absence totale de
réponse, au refus catégorique de donner un motif du refus de
répondre, à part ça. Je pense que c'est fondamental;
sinon, le Parlement, c'est quoi, M. le Président? On n'a pas encore,
comment dirais-je, la traduction braille; c'est ça que ça nous
aurait pris.
Une voix: Même pas!
M. Chevrette: Même pas, ça aurait pris une image
pour interpréter les gestes et les signes. Je pense qu'il faut
absolument qu'on ait des réponses ou des motifs invoqués.
À la question posée par le député de D'Arcy-McGee,
je m'excuse, c'était de dire oui ou non, ça existe, ce
n'était pas d'intérêt public plus que ça. S'il avait
été dit: Voulez-vous la rendre publique? Elle aurait pu
répondre: Non, parce que ce n'est pas d'intérêt public ou
ça risque de nuire. Mais ce n'est pas ça qu'elle a fait à
cette question. Existe-t-elle, cette étude de faisabilité, ou
Donc, M. le Président, dans les circonstances, s'il vous
plaît, je pense qu'il faut faire appel à la formation
gouvernementale pour qu'ils appliquent le règlement avec toute la
rigueur possible. Je pense que c'est un mépris du Parlement,
fondamentalement, et c'est dans ce sens-là que je vous demande une
directive. Ceux qui nous écoutent et qui regardent ça, tu poses
une question et tu n'as pas de réponse, c'est méprisant pour ceux
qui pourraient soutenir, l'électo-rat qui soutient un
député en cette Chambre, qui pose une question, à laquelle
il n'est pas sûr d'avoir une réponse. Si la ministre décide
de ne pas répondre, au moins, elle doit indiquer les motifs de sa
non-réponse. Sinon, M. le Président, je vous avoue, très
honnêtement, je ne sais pas quel type d'image une Assemblée
nationale, un Parlement pourrait projeter que d'agir de la sorte depuis hier.
Je répète que même si le député d'Ungava,
hier, dans sa question, a eu la réponse qu'il a eue, M. le
Président, ça, c'est carrément du mépris et le
peuple le jugera. Un ministre qui dit que ça ne nous regarde pas, je
pense qu'il pourrait répondre, purement et simplement: Pour des
motifs...
Une voix: II dépense mon argent.
M. Chevrette: ...d'intérêt public, cette
partie-là, je n'y réponds pas. Mais quand il commence à
dire à un député «ça ne te regarde
pas», c'est un très haut mépris, M. le
Président.
Des voix: Bravo!
M. Claveau: M. le Président...
Le Président: Évidemment, il y a eu des questions,
on revient sur les questions d'hier. Je ne voudrais pas qu'on fasse un
débat sur ce qui s'est passé hier quand même, mais je suis
prêt à entendre les députés, même j'ai des
remarques. Le député de O'Arcy-McGee m'a demandé la
parole, le ministre de la Sécurité publique a demandé la
parole et, maintenant, le député d'Ungava. La question est
sérieuse, donc je vais entendre les députés quand
même, à ce moment-ci; je vais prendre le temps d'entendre tout le
monde. Alors, M. le député de D'Arcy-McGee. (15 h 10)
M. Libman: Oui, M. le Président. Si le leader du
gouvernement invoque l'intérêt public pour défendre la
non-réponse de la ministre de l'Énergie, est-ce qu'il ne trouve
pas que c'est dans l'intérêt public du Québec de savoir que
le gouvernement du Québec s'est engagé à un investissement
Le Président: Non, écoutez... Justement, M. le
député de D'Arcy-McGee, vous voulez faire un débat sur le
fond de la question. Ce n'est pas admissible à ce moment-ci. Vos propos
ne sont pas recevables sur l'interprétation de l'article que nous
voulons éclairer et qui est soumis à l'attention de la
présidence. Alors, M. le ministre de la Sécurité
publique.
M. Ryan: M. le Président, je pense que tout le monde
connaît l'importance que j'attache à l'Assemblée nationale,
qui est notre institution politique fondamentale. S'il a pu se glisser une
mauvaise impression par suite de notre échange d'hier, je suis
prêt à la corriger tout de suite. Ce que j'indiquais clairement au
député d'Ungava, hier, c'est que lorsqu'on veut entrer trop dans
le détail des enquêtes policières, ce n'est pas la place
pour le faire en Chambre. J'ai eu l'occasion de m'en expliquer souvent avec le
leader de l'Opposition au temps où il était critique en
matière de sécurité publique. Si la manière dont je
l'ai dit n'était pas la plus courtoise, je m'en excuse volontiers et je
suis prêt à veiller davantage à la pureté du langage
à l'avenir.
Des voix: Ha, ha, ha! Une voix: Bravo!
Le Président: Sur la question, M. le député
d'Ungava.
M. Claveau: Oui, M. le Président. D'abord, j'accepte les
excuses du ministre de la Sécurité publique tout en souhaitant
que de tels propos ne se reproduisent pas trop souvent.
Des voix: Ha, ha, ha!
M. Claveau: D'autre part, M. le Président, j'ai
écouté attentivement le leader du gouvernement dans son petit
exposé où il parlait, entre autres, de motifs
évoqués et que l'un de ces motifs-là était le fait
qu'une cause pouvait être devant les tribunaux.
M. le Président, est-ce qu'il est normal qu'un ministre ou que le
leader du gouvernement évoque de faux motifs pour ne pas répondre
à une question? Parce que dans le cas, entre autres, de Saint-Amable...
M. le Président, dans...
Le Président: Écoutez. Non, non, un instant! Un
instant! Là, vous arrivez sur le fond d'une question et vous savez fort
bien, si vous énoncez... Par exemple, si un député en
cette Chambre, quel qu'il soit, donne comme motif qu'il invoque l'article 35,
paragraphe 35, relativement au sub judice ou quelque autre motif, la
présidence n'a pas à les juger exactement, ces choses-là.
On doit prendre la parole du député et prétendre que c'est
un faux motif, c'est refuser d'accepter la parole d'un député.
Vous seriez contraire au règlement à ce moment-là.
M. Claveau: Si vous me permettez de continuer, M. le
Président, je veux bien, moi, accepter la parole d'un
député ou d'un ministre, sauf que je mets le leader du
gouvernement au défi de trouver un palais de justice où cette
cause-là pourrait être entendue au moment où on se
Le Président: Non. Écoutez... Une voix:
Le Président: Un instant! Écoutez, si on
soulève une question relativement au sub judice, on devra donner les
références et je pourrai les vérifier. Évidemment,
c'est la responsabilité de chacun de faire en sorte que ses propos
soient véridiques, soient exacts, soient conformes à la
réalité. Comme président de l'Assemblée, et tout
autant les gens du Secrétariat général de
l'Assemblée, on ne peut quand même pas être au courant de
tout l'ensemble des causes qui sont en discussion non seulement au
Québec, mais même au Canada ou à l'extérieur. On
doit respecter la règle du sub judice. À ce moment-là, si
le député invoque le motif du sub judice pour refuser de
répondre, je dois prendre sa parole et, si ce n'était pas exact,
il vivra avec ses propres propos. C'est lui qui aura la responsabilité
de ses propos, purement et simplement.
Donc, sur la question soulevée par le leader
de l'Opposition, effectivement, le refus de répondre de la
ministre, je n'ai pas donné de commentaires. J'ai regardé du
côté du gouvernement; personne ne s'est levé pour
répondre. Donc, il n'y avait pas de réponse. J'ai passé
à une autre question. En faisant ça, je me basais sur certains
précédents qui s'étaient passés ici; il y avait eu
des cas semblables à mon opinion.
Je vais revérifier cette situation-là et je reviendrai
pour donner une directive ou du moins un commentaire sur la question qui m'a
été posée par le leader de l'Opposition, pour exactement
statuer au sens non seulement du règlement, mais de la tradition
parlementaire et des usages dans les Parlements de type britannique.
M. Chevrette: M. le Président, 30 secondes.
Le Président: M. le leader de l'Opposition.
M. Chevrette: Je veux juste expliquer que ça arrive
effectivement des fois où une personne, un député qui
questionne passe un commentaire. C'est plutôt un commentaire et,
là, le ministre ne se lève pas. Mais à une question
très précise, c'est la première fois en 16 ans que je vois
Le Président: Écoutez... En tout cas, je reviendrai
avec des... Je ne veux pas vous citer aujourd'hui exactement, là, un
cas, mais j'ai en mémoire des cas - et je vous les soulèverai -
qui sont arrivés en Assemblée dans les 11 dernières
années où j'étais présent, où un ministre,
à mon sens, a refusé carrément de répondre à
des questions sans aucun commentaire. En tout cas, je verrai exactement ce qui
en est. Je verrai l'attitude de la présidence à l'époque,
ce qu'on avait convenu de faire. J'analyserai le tout en regard de la tradition
parlementaire et vous donnerai mes réactions à la question que
vous avez soulevée.
Une voix: D'accord.
Le Président: Nous allons maintenant poursuivre.
Il n'y a pas de votes reportés.
Motions sans préavis. Aux motions sans préavis, M. le
ministre de la Justice et responsable de la protection du consommateur.
M. Rémillard: Oui, M. le Président...
M. Pagé: M. le Président, si vous permettez- Le
Vice-Président (M. Bissonnet): M. le leader du gouvernement.
M. Pagé: ...je vous demanderais, avec le consentement,
qu'on puisse donner les avis touchant les travaux des commissions
parlementaires qui vont siéger. Je vous prierais de reconnaître le
leader adjoint du gouvernement.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Est-ce qu'il y a
consentement pour qu'on passe à la rubrique «avis touchant les
travaux des commissions»? Consentement?
Avis touchant les travaux des commissions. M. le leader adjoint du
gouvernement.
Avis touchant les travaux des commissions
M. Bélisle: M. le Président, j'avise cette
Assemblée qu'aujourd'hui, de 15 h 30 à 18 h 30, à la salle
Louis-Joseph-Papineau, la commission de l'aménagement et des
équipements poursuivra sa consultation générale dans le
cadre de l'étude du projet de loi 412,
Loi sur l'Office de protection de
l'environnement du Québec et modifiant diverses dispositions
législatives.
De plus, de 15 h 30 à 17 h 30, à la salle
Louis-Hippolyte-LaFontaine, la commission des affaires sociales poursuivra sa
consultation générale sur le document de consultation
intitulé «Partenaires pour un Québec compétent et
compétitif» et sur le projet de loi 408,
Loi sur la
Société québécoise de développement de la
main-d'oeuvre. Je dépose les avis, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Vos avis sont
déposés. Je vous avise qu'aujourd'hui 12 mars 1992, après
les affaires courantes jusqu'à 18 h 30, à la salle du Conseil
législatif, la Commission d'étude sur toute offre d'un nouveau
partenariat de nature constitutionnelle se réunira en séance
publique.
Renseignements sur les travaux de
l'Assemblée
Je vous avise que l'interpellation du vendredi 20 mars 1992 portera sur
le sujet suivant: Les suites du Sommet de la justice. Mme la
députée de Hochelaga-Maisonneuve s'adressera alors à M. le
ministre de la Justice. Ceci termine les avis.
Motions sans préavis
Nous passons maintenant à l'item «motions sans
préavis». Est-ce qu'il y a consentement pour l'intervention du
ministre de la Justice sur sa motion? Est-ce que vous voulez refaire la motion?
Si vous voulez refaire votre demande, oui.
Souligner la Journée mondiale des droits des
consommateurs
M. Rémillard: M. le Président, je sollicite le
consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion
suivante: «Que l'Assemblée nationale souligne la Journée
mondiale des droits des consommateurs qui aura lieu le dimanche 15 mars
prochain».
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Est-ce qu'il y a
consentement pour débattre cette motion?
M. Gendron: II y a consentement.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Consentement. Alors, M.
le ministre de la Justice.
M. Gil Rémillard
M. Rémillard: Oui, M. le Président, comme ministre
de la Justice et responsable de la protection du consommateur, je suis
particulièrement honoré de proposer à cette
Assemblée de souligner, encore cette année, la Journée
mondiale des droits des consommateurs.
Rappelons brièvement les origines de cette journée
thématique qui dépasse les frontières nationales. C'est le
15 mars 1962 que le président John F. Kennedy, dans une allocution
prononcée devant le Congrès américain, reconnaissait
formellement aux consommateurs le droit à la sécurité, le
droit d'être informés, le droit de choisir et le droit
d'être entendus. C'est en 1983 que l'Organisation internationale des
unions de consommateurs, l'IOCU, proclamait en souvenir de cette affirmation la
Journée mondiale des droits des consommateurs, et cet organisme, M. le
Président, sans but lucratif, fondé en 1960, est voué
à la protection et à la promotion des intérêts des
consommateurs.
C'est à son instigation que les Nations unies, en 1985, ont
adopté une charte de protection des consommateurs qui lie les
États membres dont le Canada. Ils doivent, notamment, entreprendre des
actions appropriées pour renforcer ou instaurer dans les États
où elles n'existent pas les mesures visant à établir une
protection de plus en plus adéquate des consommateurs. En créant
cette journée de conscientisation, l'IOCU abordait la reconnaissance de
trois autres droits fondamentaux qui sont maintenant acquis: le droit de
recours, le droit à l'éducation et à la consommation et le
droit à un environnement sain qui a inspiré le thème
retenu pour cette année, «Une action concertée pour une
planète verte».
Il doit nous être permis, M. le Président, de vivre dans un
milieu physique où la qualité de vie est mise en valeur par la
sauvegarde et l'amélioration de l'environnement pour en faire profiter
les générations présente et future, mais le droit à
un environnement sain suppose comme corollaire la responsabilité des
consommateurs en cette matière. Nous devons nous montrer soucieux de la
qualité de notre milieu. Nous devons être sensibles aux effets de
notre mode de consommation sur l'utilisation et la conservation des ressources
naturelles. Nous avons une responsabilité, comme utilisateurs de biens
et de services, de nous préoccuper de la pollution et de ses
conséquences néfastes sur notre environ- nement physique et
social. Il faut mettre un frein au gaspillage de nos ressources naturelles qui
ne sont pas illimitées. Nous sommes désormais engagés
résolument dans la modification de certaines de nos habitudes de
consommation. Ces changements de mentalité et de comportement
continueront de s'opérer, notamment en développant un esprit
critique face aux biens et aux services utilisés ou offerts et la
recherche de moyens susceptibles d'améliorer la qualité de notre
environnement. (15 h 20)
On estime d'ailleurs, M. le Président, que 9
Québécois sur 10 considèrent l'environnement comme une
priorité, et ce sont des chiffres qui nous proviennent du numéro
d'octobre 1990 de la revue Protégez-vous. Pour changer notre
façon de consommer, M. le Président, plusieurs solutions sont
à notre portée. La consommation verte ou écologique nous
fait préférer à un produit domestique dangereux tout
substitut adéquat. La réduction, la récupération,
la réutilisation et le recyclage sont autant d'habitudes de consommation
qui nous amènent à diminuer les risques pour l'environnement et
la santé. Enfin, mieux informés, les consommateurs
hésitent de moins en moins à réclamer des
détaillants et des manufacturiers des produits faits de matériaux
recyclables ou réutilisables, ou dont la production limite la
consommation d'énergie ou diminue la formation de sous-produits
dangereux.
Toutefois, M. le Président, ce droit nouveau à un
environnement sain ne saurait se concrétiser pleinement sans l'exercice
quotidien des droits primordiaux à l'éducation et à
l'information. Près de 10 ans après leur reconnaissance, soit en
1971, était créé l'Office de la protection du consommateur
avec comme mandat, entre autres, le développement de ces deux fonctions
vitales. L'Office est l'organisme gouvernemental chargé
expressément d'éduquer et de renseigner la population en ce qui a
trait à la protection du consommateur.
M. le Président, qu'il suffise de rappeler certains des moyens
mis en place pour donner au consommateur accès à la connaissance
de ses droits et de ses responsabilités: l'accessibilité des 12
bureaux régionaux de l'Office de la protection du consommateur, bureaux
qui répondent chaque année à plus de 385 000 demandes de
renseignements ou plaintes; les chroniques régulières dans les
médias écrits électroniques qui rejoignent au cours d'une
semaine-type plus de 1 000 000 de consommateurs; la parution mensuelle de
Protégez-vous, considéré comme le magazine des
consommateurs québécois; l'intégration du volet
Éducation à la consommation au programme d'étude Formation
personnelle et sociale, tant au primaire qu'au secondaire; le lancement, le 15
mars 1986, du Bulletin d'éducation à la consommation pour
soutenir l'action de l'Office de la protection du consommateur dans les
écoles, qui est passé de 3500 à 20 000 exemplaires au fil
ans, pour ne nommer que ces dernières réalisations.
M. le Président, cette Journée mondiale des droits des
consommateurs est certes aussi l'occasion de souligner le travail
considérable des associations de consommateurs qui, par leur action en
matière d'éducation de la population, en matière
d'information et de défense des droits des consommateurs, ont beaucoup
contribué à faire évoluer le comportement des
consommateurs québécois. Mentionnons-le, M. le Président,
avec peu de moyens et des bénévoles dévoués, il y a
un travail exceptionnel qui a été fait et qui continue
d'être fait. Les rapports d'activités fournis par ces organismes
de protection des consommateurs démontrent sans contredit l'importance
de leur action. Ainsi, en 1990-1991, période particulièrement
difficile au plan économique, près de 5000 consommateurs ont
bénéficié personnellement d'une consultation
budgétaire leur permettant de mieux utiliser leur revenu, et près
de 7500 ont été assistés dans la constitution d'un dossier
de plainte. Des cours sur le budget et des sessions d'information sur la
consommation ont aussi été dispensés et ont
nécessité près de 1400 rencontres.
En 1991-1992, M. le Président, l'Office de la protection du
consommateur a contribué au financement d'une quarantaine d'associations
vouées aux intérêts des consommateurs, pour un montant de
752 600 $. Le Québec demeure la province qui soutient le plus
financièrement les associations de consommateurs. La sauvegarde de
précieux acquis et la poursuite de nouveaux objectifs sont
assurées par la révision permanente des lois et règlements
touchant la protection des consommateurs pour les adapter aux changements de la
société québécoise. Les nouvelles dispositions
législatives concernant la location à long terme de biens
mobiliers, tels que les automobiles et les appareils audiovisuels, en sont un
exemple. Et la réforme du Code civil, M. le Président,
adoptée en décembre dernier est - rappelons-le - fondée
essentiellement sur la recherche et le maintien de ce juste équilibre
entre les producteurs de biens et les fournisseurs de services, d'une part, et
les utilisateurs et consommateurs, d'autre part.
M. le Président, le Sommet de la justice de février
dernier, après consultation, nous a permis d'en arriver à la
conclusion que nous devions hausser le seuil d'accessibilité à la
Cour des petites créances, seuil qui passera de 1000 $ à 3000 $.
Soulignons, par ailleurs, le rôle de premier plan que joue l'Office de la
protection du consommateur dans la déjudiciarisation des conflits,
grâce aux milliers de médiations effectuées annuellement
par les 70 agents de protection du consommateur dans les bureaux
régionaux de l'Office de la protection du consommateur.
M. le Président, en terminant, permettez-moi de souligner le
travail exceptionnel de Mme Marie Bédard, présidente de l'Office
de la protection du consommateur, et de toute son équipe, tous ces gens
qui contribuent à faire de chacun de nous un consommateur averti et qui
nous permettent d'atteindre ce juste équilibre qui est au fondement
même de notre société de liberté et de
démocratie. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Merci, M. le ministre de
la Justice et responsable de la protection du consommateur. Sur cette
même motion, Mme la députée de Terrebonne. Mme la
députée, la parole est à vous.
Mme Jocelyne Caron
Mme Caron: M. le Président, au nom de ma formation
politique, à
titre de porte-parole de la protection du consommateur,
c'est bien évident que je m'associe à cette motion pour souligner
la Journée mondiale des droits des consommateurs qui aura lieu le
dimanche 15 mars prochain. Lorsqu'on parle de journée mondiale, c'est
toujours l'occasion de faire un temps d'arrêt pour se questionner sur le
travail qui a été fait jusqu'à ce jour et sur ce qui reste
à faire.
Cette année, on nous propose comme thème: «Une
action concertée pour une planète verte». M. le
Président, c'est évident que le lien entre la consommation et un
environnement sain est essentiel à faire. C'est évident que la
plupart de nos problèmes, au niveau de l'environnement, sont des
problèmes de consommation et que ces problèmes de consommation,
bien sûr, il faut parler de la responsabilité des consommateurs.
Mais lorsqu'on parle d'action concertée pour une planète verte,
je pense qu'il n'y a pas seulement le rôle des consommateurs.
Le ministre a souligné le travail de l'Office de la protection du
consommateur et je m'associe à ce travail, bien sûr, le rôle
des associations de consommateurs mais, pour une action concertée, il
faut évidemment parler du rôle du gouvernement pour une
planète verte. Si on veut parler d'action concertée, on ne peut
se limiter à mettre la responsabilité sur les citoyens, sur les
consommateurs et sur les groupes, M. le Président.
L'environnement, c'est évident que nous devons informer la
population, mais nous devons aussi poser des actions et le gouvernement devrait
penser à faire des actions pour réduire la consommation, faire
des actions pour qu'on réutilise les produits - et je dois vous avouer
qu'à ce chapitre, M. le Président, il se fait très peu de
chose jusqu'à maintenant - et faire des actions aussi pour le recyclage.
Et si je regarde les résultats, actuellement, seulement 8 % de nos
déchets sont récupérés au Québec alors que
80 % de nos sacs verts sont récupérables. Donc, je pense qu'il y
a quand même du chemin à faire pour promouvoir la conservation des
ressources et, bien sûr, favoriser le développement durable.
À ce chapitre, je vais regarder le tableau
des statistiques qui nous est présenté sur les
dépenses brutes du gouvernement du québec par ministère.
du côté du ministère de la santé et des services
sociaux, 26 % des dépenses; du côté de l'éducation,
20 %; main-d'oeuvre, sécurité du revenu et formation
professionnelle, 12 %; enseignement supérieur et science, 11 %;
transports, 8 % et environnement, 2 %. je pense que pour une action
concertée pour une planète verte, il va falloir mettre un petit
peu plus de 2 %, m. le président. (15 h 30)
J'ai aussi une autre inquiétude. C'est beau de responsabiliser
les consommateurs, sauf que, lorsque 9 Québécois sur 10 sont
intéressés à la consommation, il se développe
évidemment ce que j'appellerai du marketing écologique.
Évidemment, nous voyons toutes les semaines arriver des produits et tout
ce qu'on a ajouté, c'est: Bon pour l'environnement, ou un produit vert,
un produit sain et, évidemment, les consommateurs qui sont
intéressés par l'environnement se précipitent pour acheter
ces produits. Donc, je pense que, du côté de l'Office de la
protection du consommateur, du côté du gouvernement, il y a encore
à faire pour informer les consommateurs, mais aussi pour
réglementer tout ce marché écologique qui, à
l'heure actuelle, ne l'est absolument pas.
On nous a parlé des bureaux régionaux, M. le
Président. Évidemment, j'en profiterai pour souligner à
nouveau, comme je le fais depuis deux ans et demi, que la région de
Lanaudière n'a toujours pas son bureau régional et que, donc, les
citoyens et citoyennes de cette région qui fait
partie de mon
comté n'ont pas droit aux mêmes bons services de l'Office de la
protection du consommateur.
Le travail des associations de consommateurs, M. le Président,
est remarquable. Je suis très heureuse que le ministre en ait
parlé puisque, depuis deux ans et demi, je m'évertue à lui
dire à quel point ces groupes font un travail avec si peu de moyens.
Sauf que je m'inquiète, M. le Président, puisque, cette
année, les associations de consommateurs ont reçu, il y a
à peine quelques semaines, des avis à l'effet que les
règles de financement de l'Office de la protection du consommateur dont
on se vantait tantôt de financer les associations de consommateurs, eh
bien, les règles seront changées, M. le Président, et ces
nouvelles règles risquent de mettre en péril certaines
associations de consommateurs qui font actuellement un travail excellent.
Je m'en voudrais de ne pas souligner non plus le travail des groupes
environnementaux parce que, pour une action concertée pour une
planète verte, je dois dire que les groupes qui travaillent au niveau de
l'environnement sont aussi des groupes de consommateurs qui ont
décidé de se prendre en main et de sensibiliser la population et
qui le font, eux aussi, avec très peu de moyens, M. le
Président.
Le ministre nous a parlé également de la loi 133 sur la
location à long terme, une loi que nous devons saluer avec plaisir, mais
dont il serait peut-être bon de rappeler que la réglementation
n'est toujours pas sortie, M. le Président, et donc que cette loi n'est
toujours pas en vigueur. Donc, j'espère que cette annonce du ministre
tantôt laisse présager que la loi 133 sera mise en vigueur au
cours de la présente session, M. le Président.
Lorsque nous parlons des droits des consommateurs, nous parlons
évidemment des droits aux biens et services essentiels. Je ne pourrai
m'empêcher, bien sûr, de faire le lien avec la commission
parlementaire qui vient de se terminer, ce midi, sur les hausses de tarifs
d'Hydro-Québec. L'électricité ici, au Québec, M. le
Président, c'est un droit essentiel et c'est un droit essentiel pour
l'ensemble des consommateurs. Je dois avouer que si nous examinons les hausses
de tarifs d'Hydro-Québec au cours des deux dernières
années, deux ans et demi plus précisément, si on ajoute
les taxes et si on ajoutait le pourcentage demandé par
HydroQuébec de 5,5 %, le total depuis 1989 donne 32,9 % d'augmentation
de taxes pour les consommateurs pour un bien qui est essentiel. C'est un droit
qui est reconnu par la Journée mondiale des droits des consommateurs.
Donc, il y a peut-être lieu de s'interroger à savoir si on fait
suffisamment d'efforts du côté du gouvernement pour s'assurer que
ces droits des consommateurs soient respectés et si on respecte l'autre
droit, M. le Président, qui est celui à l'équité,
si les consommateurs devant les services essentiels reçoivent le
même traitement équitable. Là-dessus, je dois dire que
certaines mesures discriminatoires d'Hydro-Québec vont contre ce droit
des consommateurs à l'équité.
Enfin, je pense que le principal droit qu'il faudrait peut-être se
rappeler en cette Chambre et qui est bafoué depuis deux ans et demi,
c'est évidemment le respect des consommateurs, c'est-à-dire
respecter la capacité de payer des consommateurs, et ça, M. le
Président, personne ne le fait en cette Chambre. Le gouvernement ne le
fait pas depuis deux ans et demi et autant les familles les plus
démunies que maintenant la classe moyenne ne voient pas ce droit au
respect de la capacité de payer des consommateurs. Ce droit n'est plus
respecté, il est bafoué, M. le Président.
M. le Président, je pense que c'est beau de souligner une
journée mondiale, mais il serait peut-être temps qu'on pose des
actes pour respecter les droits des consommateurs. Merci, M. le
Président.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Merci, Mme la
députée de Terrebonne. Est-ce que la motion
présentée par M. le ministre de la Justice et responsable de la
protection du consommateur
qui se lit comme suit: «Que l'Assemblée nationale souligne
la Journée mondiale des droits des consommateurs qui aura lieu le
dimanche 15 mars prochain», est adoptée?
Des voix: Adopté.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): adopté. nous
sommes toujours aux motions sans préavis. je reconnais m. le ministre du
loisir, de la chasse et de la pêche. m. le ministre.
Félicitations à l'équipe qui a
remporté le raid Harricana 1992
M. Blackburn: M. le Président, je sollicite le
consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter la
motion suivante: «Que l'Assemblée nationale félicite
l'équipe du Saguenay-Lac-Saint-Jean, qui a remporté le raid
Harricana 1992.»
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Est-ce qu'il y a
consentement des membres de cette Assemblée pour débattre cet
avis de motion? Consentement. M. le ministre, si vous voulez
procéder.
M. Gaston Blackburn
M. Blackburn: Encore une fois, M. le Président, si cela
continue, nous devrons demander aux résidents du Saguenay-Lac-Saint-Jean
quelle est la recette magique qu'ils emploient pour régner en
maîtres comme ils le font lors des raids Harricana. À peu
près à la même époque l'an dernier, je profitais de
l'occasion pour féliciter et surtout vanter les mérites de
l'équipe de Saint-Félicien qui, pour la deuxième
année consécutive, décrochait les honneurs du raid
Harricana. Cette année encore, la région du
Saguenay-Lac-Saint-Jean a démontré qu'elle se faisait un malin
plaisir de «performer» lors des épreuves longue distance en
motoneige, en remportant encore une fois la palme il y a de cela quelques
jours. Cette fois-ci, c'est l'équipe régionale du
Saguenay-Lac-Saint-Jean qui a vu ses efforts récompensés.
Se mesurant aux meilleurs compétiteurs dans ce domaine,
l'équipe régionale du Saguenay-Lac-Saint-Jean, composée de
MM. Richard Dubois, Richard Verville et Raynald Saint-Pierre, a fait preuve de
détermination alliée à une dextérité peu
commune, ce qui lui a permis de devancer sa plus proche rivale par plus de
trois heures. Parcourir 2000 kilomètres à travers le territoire
du Québec, en plein hiver, représente une somme de travail
considérable alliant courage, détermination et désir de
réussir.
Les participants au raid Harricana démontrent ainsi comment nos
citoyens ont usé de leurs talents et surtout de leur génie afin
d'apprivoiser, de domestiquer les rigueurs de l'hiver. Bien sûr, M. le
Président, il y a les gagnants de ce raid qui méritent toute
notre admiration, mais je m'en voudrais de ne pas saluer fièrement tous
les compétiteurs qui, avec brio, ont su relever un défi de
Au Québec, l'industrie de la motoneige génère des
retombées économiques estimées à plus de 165 000
000 $ annuellement. Il va sans dire que ce montant représente un apport
considérable dans les municipalités ou les régions
où se pratique cette activité de la motoneige, et plus
particulièrement dans les régions-ressources. Depuis quelques
années, le Québec s'est bâti une solide réputation
sur le marché nord-américain et même européen.
En ce qui concerne la pratique de la motoneige, des touristes provenant
de tous les coins du monde viennent au Québec en hiver pour, bien
sûr, s'adonner à la pratique de cette activité, en raison
des conditions qui prévalent chez nous. Un événement comme
le raid Harricana contribue de façon concrète à la
promotion de cette activité hivernale.
Enfin, M. le Président, je réitère mes plus
sincères félicitations à l'équipe régionale
du Saguenay-Lac-Saint-Jean, à tous les participants de ce raid, en plus
des organisateurs, tous ces bénévoles qui assurent que cet
événement procure au Québec une visibilité sans
pareille à travers le monde. Merci, M. le Président. (15 h
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Merci, M. le ministre du
Loisir, de la Chasse et de la Pêche. Sur la même motion, Mme la
députée de Johnson. Mme la députée.
Mme Carmen Juneau
Mme Juneau: Merci beaucoup, M. le Président. Bien
sûr, c'est un ministre tout sourire que nous avons entendu. Je pense que
ça va de soi, il est très fier. C'est sa région et il faut
admettre qu'ils sont bons.
M. le Président, bien sûr que notre formation politique est
fière aussi, avec raison, de s'associer à la motion du
«ministre sourire» - pour aujourd'hui, toujours - sur cet
événement qu'est le raid Harricana. Mon collègue de
Lac-Saint-Jean aurait bien voulu être ici, lui aussi, pour
témoigner de sa fierté, mais compte tenu qu'il est à une
commission parlementaire nous allons faire en sorte de faire son message a ses
«bleuets» du Lac-Saint-Jean.
Donc, félicitations aux hommes qui ont fait ce raid, comme le
ministre le disait, de 2000 kilomètres. C'est tout un effort que ces
gens-là doivent fournir pour finalement arriver au point, à
l'ultime point, c'est-à-dire arriver au bout de la course avec tous
leurs morceaux, bien sûr. C'est, je pense, une course qui demande
beaucoup de force, pour laquelle on a besoin de beaucoup de force physique, de
beaucoup d'habileté.
J'ai été heureuse aussi de constater que le ministre a
reconnu que la motoneige génère des retombées très
importantes. Il a mentionné un chiffre de 165 000 000 $ annuellement en
retombées de la motoneige au Québec; j'étais contente
d'entendre ça. Je suis persuadée que le ministre va se raviser
pour donner ses subventions cette année et que la motoneige n'aura pas
à souffrir d'un sous-financement puisque les retombées sont aussi
importantes que ça.
Il a fait aussi mention que ce n'était pas juste au
Québec, que le tourisme en général, de l'extérieur
du Québec, dans le monde entier, parle de cet événement
qu'est le raid Harricana. Je pense que tout le monde, ici comme ailleurs, doit
reconnaître la manne économique que peut rapporter un
événement comme le raid Harricana. Si je vous donnais un exemple
de grandeur... Vous savez, quand on organisait le Festival de la motoneige,
à Valcourt... Aujourd'hui, ça s'appelle le Grand Prix
Petro-Canada, je pense, c'est tout nouveau de cette année. Quand tu dis
que tu reçois entre 15 000 et 20 000 personnes dans la ville de Valcourt
et que ça se passe toute une fin de semaine, vous comprendrez que les
villes satellites où il y a des restaurants, des hôtels, tout ce
monde-là bénéficie de cette manne extraordinaire qu'est le
tourisme au Québec. Donc, je pense que je n'aurai pas de
difficulté, lors de l'étude des crédits, pour faire en
sorte que le ministre ouvre son portefeuille davantage pour donner un meilleur
financement à la motoneige.
M. le Président, ça me faisait penser aussi à la
mini-série que nous venons de voir, «Bombardier». Vous
comprendrez que cet homme, ce visionnaire qu'était J. -Armand
Bombardier, qui a créé cette première machine,
c'était, à l'époque, pour faciliter le transport des
personnes malades dans les régions éloignées. À ce
moment-là, les chemins n'étaient pas nettoyés comme ils le
sont aujourd'hui et c'était un problème très important.
Son bon ami, le père Ouimet, qui avait hérité d'une de ces
machines-là, il est encore là. Il était encore là
cette année, il était à la première de la
mini-série «Bombardier». Je pense que c'est devenu
aujourd'hui plutôt un véhicule de plaisance. Le père, M.
J.-Armand Bombardier, a fait beaucoup, je pense, pour l'industrie de la
motoneige et non pas seulement pour les gens qui étaient mal pris,
à l'époque, et qui devaient se débrouiller avec ce qui
existait.
Donc, je suis persuadée aussi que des occasions comme
celle-là font en sorte que des gens viennent visiter nos belles
régions du Québec. C'est tellement beau, l'été,
qu'on dit, les gens qui visitent le Québec: Venir une fois, c'est
vouloir venir chaque année visiter nos belles régions. Je pense
que l'hiver, c'était plutôt une saison morte et, dans nos villes
et villages éloignés, on n'avait pas cette possibilité
d'avoir du tourisme dans nos régions. Le raid Harricana a
été un moyen de financement - il faut le dire,
M. le Président, tel que c'est - et un moyen économique
extrêmement lucratif pour nos petits villages. On voit la fierté
des gens quand le raid passe dans leur village. Ils s'attroupent autour de ces
gens-là et c'est une fierté de dire: Ils sont passés chez
nous. Vous savez, on est toujours fier quand un événement
international passe dans son village. Je pense que les personnes qui
résident dans ces coins-là sont très heureuses. Bravo!
Plus on va montrer notre Québec et plus on va montrer l'habileté
des nôtres, mieux ce sera.
Je pense qu'il faudrait faire ça tous les jours, féliciter
les nôtres du bien qu'ils font. Hier, c'étaient les
médaillés d'Albertville; aujourd'hui, c'est le raid Harricana.
Vous savez, je commence à comprendre l'insécurité des
autres provinces canadiennes, à savoir qu'on performe tellement qu'elles
commencent à être inquiètes à notre sujet. Mais,
moi, j'en suis très fière et je n'ai aucune espèce de
restriction à vous dire que ce qu'on fait ici et ce que les gens du
Québec organisent pour démontrer leur habileté et pour
démontrer comment c'est bien ici, au Québec, bien, j'en suis, M.
le Président, et j'ai très hâte aux crédits pour
discuter davantage du financement de la motoneige avec le ministre
responsable.
Bravo à tous ceux qui ont participé, aux gagnants comme
aux perdants, M. le Président, mais c'est une belle aventure! Merci.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Merci, Mme la
députée de Johnson. Sur cette même motion, M. le
député d'Ungava.
M. Christian Claveau
M. Claveau: Oui, M. le Président. Lorsque l'on parle du
raid Harricana, je ne peux faire autrement que de me sentir un peu
impliqué, du moins d'avoir le goût d'en parler parce que l'on se
souviendra que, dans la première version du raid Harricana, il y a donc
deux ans de cela - nous en sommes à la troisième édition -
la grande majorité du parcours se passait dans le grand comté
d'Ungava, où on finissait le raid à Radisson après avoir
fait une boucle par la Baie d'Hudson jusqu'à Poste-de-la-Baleine,
Kuujjuarapik, Whapmagoostui.
C'a été un événement de toute
première importance pour faire connaître le Nord du Québec
à travers la plupart des pays d'Europe de l'Ouest. Dans l'année
qui a suivi le premier raid Harricana, on a vu augmenter en flèche le
nombre de touristes qui sont venus se promener dans le Nord, qui sont
allés faire de la pour-voirie pour la chasse, la pêche, qui sont
venus en expédition de découvertes de toutes sortes, pour toutes
sortes de raison, de santé, de sport ou d'aventure. Plein
d'Européens sont apparus et cette première expérience fart
en sorte qu'encore aujourd'hui, sur cette lancée-là, il y a de
plus d'Européens qui viennent se promeneer dans le Nord du
Québec et profiter de toutes les richesses que l'on peut avoir en termes
de paysage, de nature, de repos dans la nature, etc.
Donc, cette année d'ailleurs, alors que le raid s'est fait plus
dans le Sud du Québec, c'est à l'exemple de ce qui s'est fait
dans le Nord et, en ce qui nous concerne, nous souhaitons que l'organisation
d'Harricana révise un peu ses positions et revienne vers le Grand-Nord,
ce qui est, d'ailleurs, je pense, le souhait de beaucoup de coureurs
européens qui, quant à eux, préfèrent les endroits
difficiles, là où l'aventure est la plus évidente.
Je ne peux m'empêcher aussi d'être fier d'être
Québécois quand je regarde la liste du classement final. J'ai un
petit pincement au coeur, je vous l'avoue, M. le Président, je suis fier
de ce que les Québécois sont capables de faire. D'abord, en
termes d'innovations technologiques, le ministre de l'Industrie et du Commerce
devrait prendre l'exemple parce que, comme vient de le dire ma collègue,
la députée de Johnson, juste avant moi, la motoneige, c'est une
patente à nous autres, c'est les Québécois qui l'ont
inventée; c'est un Québécois qui a commencé
à patenter des machines pour courir sur la neige, qui font aujourd'hui
fureur à travers le monde, là où il y a de la neige, pour
le moins. C'est une patente à nous autres; il faut en être fiers.
On est encore capables d'en faire, des patentes comme ça, si vous me
passez l'expression, pour continuer dans l'avancement technologique, dans la
performance dont nous avons fait preuve par le passé en termes de
paliers de développement économique, de capacité de
développement et de capacité de se situer parmi les meilleurs au
monde dans des produits quelconques et, la plupart du temps, même dans
bien des produits. On est capables d'être concurrentiels à peu
près partout. Il s'agit de s'en donner la peine. Il s'agit aussi de
donner la chance à nos patenteux, à nos penseurs, à nos
ingénieurs, à nos architectes de pouvoir se situer, en termes de
recherche et de développement, au niveau des autres pays sur la
planète. Ça, c'est au gouvernement à donner ce coup de
pouce là pour que ça se fasse.
On regardera la compagnie Bombardier, aujourd'hui, qui, à partir
de cette motoneige-là, a dépassé la technologie de
départ qui a été à l'origine de sa création
pour devenir un leader mondial en termes de tramways, de métros
souterrains, d'aéronautique. On est rendus, si je ne m'abuse, les
premiers au monde en termes de construction de petits avions de type
industriel, enfin, ou de petits transporteurs d'affaires. C'est quand
même quelque chose. À partir d'une idée qui s'appelait
vouloir patenter une machine pour courir sur la neige ou pour dépanner
du monde qui en avait besoin, parce que, comme le disait aussi ma
collègue de Johnson, c'est pour aider son bon ami qui était en
mission dans le Nord que M. Bombardier a décidé de travailler sur
cette machine-là, à sa demande. Ça a donné une
première patente q