Public Finance — 6 February 2018 (41st Legislature, 1st Session)

CFP 2018-02-06

Quebec — Committees

Public Finance — 6 February 2018 (41st Legislature, 1st Session)

CFP 2018-02-06

Quebec — Committees

En ce qui a

trait à la distribution de ce type de produits, nous comprenons que l'offre

d'assurance collective de dommages

s'effectuera en application de la

Loi sur la distribution des produits et

services financiers. Comme c'est le cas actuellement en assurance collective de personnes, le preneur et, dans

certains cas, l'adhérent devront pouvoir bénéficier des conseils et de la compétence d'un représentant

certifié pour l'achat d'assurance collective. Cet aspect nous apparaît aussi important. L'autorité s'assurera que les

consommateurs demeureront aussi bien protégés, qu'ils souscrivent à de

l'assurance individuelle ou adhèrent à un contrat d'assurance collective.

Lors de la

séance du 30 janvier dernier, il a été question des conditions prévues par

le projet de loi n° 150 pour encadrer

la cession d'un contrat d'assurance individuelle sur la vie. L'autorité salue

l'initiative du ministre et considère que

la solution proposée se veut équilibrée et juste. Du point de vue du

consommateur, la cession d'une police d'assurance vie peut effectivement s'avérer une option

intéressante dans certaines situations. Nous considérons que les

modifications proposées permettent de préserver le droit du titulaire d'un

contrat d'assurance d'en disposer comme il l'entend, tout en donnant aux assureurs les moyens de se prémunir

contre la cession de contrat d'assurance individuelle sur la vie

souscrit à des fins purement spéculative.

Cette solution législative se veut moins radicale qu'une interdiction complète

de céder une police, ce qui pourrait, pour de nombreux consommateurs,

apparaître comme une mesure drastique et injustifiée.

Étant donné

les impacts importants d'une telle cession, l'autorité entend bien poursuivre

ses efforts de sensibilisation et

d'information pour s'assurer que le consommateur, qu'il soit vulnérable ou non,

soit bien informé de ses droits en matière de cession de police d'assurance vie et du fonctionnement de ces

nouvelles dispositions. Cette démarche, d'ailleurs, est en continuité

avec la mise en oeuvre du Plan d'action gouvernemental pour contrer la

maltraitance envers les personnes aînées, auquel nous participons activement.

Enfin, le

projet de loi n° 150 prévoit également certaines règles applicables au

domaine des valeurs mobilières. Il propose notamment, à juste titre, les

modifications à la

Loi sur les valeurs mobilières qui ont pour but de permettre

l'encadrement des indices de référence désignés par l'autorité ainsi que

l'activité de leurs administrateurs. Ils visent, en somme, à renforcer l'intégrité et la fiabilité des indices tels le

CDOR, ou Canadian Dollar Offered Rate, servant de référence à certains instruments financiers, dont

le BAX, qui est le produit-phare de la Bourse de Montréal. Il propose

également d'inclure à la

Loi sur les valeurs mobilières une nouvelle infraction

qui sanctionne la manipulation et la tentative

de manipulation d'un indice de référence. Par ailleurs, la mise en place d'un

tel régime encadrant les indices de référence conformes aux normes et

pratiques internationales est une attente déjà exprimée par le Fonds monétaire international. Le FMI, comme vous le savez,

procédera, en 2018‑2019, à l'évaluation quinquennale de l'encadrement du

secteur financier canadien dans le cadre de son programme d'évaluation du

secteur financier, et cette mise à niveau, dans ce contexte, arrive à point

nommé.

Alors, en

conclusion, l'industrie des services financiers a connu une évolution très

rapide au cours des dernières années, et tout indique que la cadence des

changements observés va continuer de s'accélérer. Le projet de loi n° 150 s'inscrit dans la même démarche d'amélioration

continue de l'encadrement du secteur financier québécois amorcée avec le

projet de loi n° 141. Globalement, le

projet de loi n° 150 contribue à moderniser notre système d'encadrement,

en plus de préciser de nombreuses règles applicables, ce que nous

saluons.

Alors, nous sommes disponibles pour répondre à

vos questions et pour vous accompagner dans votre travail législatif aujourd'hui de même que lors des étapes

ultérieures visant la sanction de ce projet de loi. Merci de votre attention.

Président (M. Bernier) : Merci, M. Morisset, de votre

présentation. Nous allons donc passer aux échanges avec les parlementaires.

M. le ministre.

Leitão : Très bien. Merci beaucoup, M. le Président. Alors, messieurs,

bonjour, merci. Excusez-moi, je

suis un peu... La voix me manque un peu,

alors si je commence à tousser (Interruption) comme maintenant... On va y

aller, donc je vais essayer de ne pas trop

parler, mais quand même j'aimerais discuter un peu avec vous de plusieurs

questions, dont en ce qui concerne, donc, la

propriété des cabinets de courtage. C'est quelque chose qui a été

soulevé ici, dans cette commission, la semaine dernière ou la dernière

fois qu'on s'était rencontrés.

Maintenant,

pouvez-vous... je vais vous poser deux questions. Pouvez-vous nous donner

d'abord un petit aperçu, un petit historique de l'évolution des cabinets

de courtage au Québec? Et puis, aussi, selon vous, quel est l'enjeu principal?

On a entendu beaucoup

de personnes exprimer ici certaines craintes quant aux risques auxquels font

face les cabinets si on

va de l'avant avec les propositions que nous proposons dans le projet de loi. Donc, un bref historique et puis quels sont les risques

auxquels font face les cabinets.

Le Président (M. Bernier) : M.

Morisset.

Morisset (Louis) : Merci, M. le Président. Merci. Bien, écoutez, si

vous me le permettez, d'abord, je commencerais

peut-être par l'enjeu puis je demanderais à mon collègue

Patrick Déry d'enchaîner sur les éléments plutôt contextuels et historiques, parce

que je pense que l'enjeu

principal, véritable, c'est essentiellement... On a, au Québec, une distinction entre un

agent et un courtier, et le

titre d'agent, évidemment, entraîne des exigences

qui se doivent d'être respectées. Dans la

mesure où on veut conserver cette distinction et... bien, il faut que le

consommateur fasse véritablement affaire

avec la personne avec qui il croit faire affaire, donc quelqu'un

qui magasine pour lui et qui recherche évidemment la meilleure offre

disponible.

Alors, l'enjeu, véritablement,

c'est de s'assurer que, dans l'environnement législatif et éventuellement réglementaire au Québec, les courtiers sont véritablement des courtiers et évidemment que les agents le soient également, des agents. Je pense que ce qui a évolué

au cours des dernières années au Québec, c'est qu'au-delà de la propriété comme telle par la détention d'actions, il y a

un certain nombre de pratiques qui se sont développées, qui ont pour effet, en fait, d'exercer une certaine influence, puis, je dirais, dans certains cas,

une influence indue à l'égard des courtiers qui, donc, dans les faits, peuvent se retrouver dans une

situation où ils ne magasinent pas réellement à la faveur du client. Et, en

soi, le problème ici n'est pas tant cette

pratique qui a cours, mais le fait que ces gens-là continuent d'être appelés

des courtiers et que le consommateur

continue de croire qu'il fait affaire avec quelqu'un qui magasine véritablement

pour lui. Alors, ça, c'est l'enjeu.

Les solutions

législatives qui sont proposées sont fort louables. Ce que nous proposons,

c'est de renforcer, si on veut, ces

solutions législatives par des principes qui seraient enchâssés dans la loi et

qui viendraient donner une assise législative

beaucoup plus forte encore pour renforcer cette indépendance nécessaire des

assureurs à l'égard des courtiers, pour

mettre en lumière les conflits d'intérêts, s'il y en a, et pour éviter

l'influence indue qui, dans les faits, au-delà de la propriété réelle

des cabinets... qu'il vienne limiter, si on veut, la capacité des courtiers de

faire leur travail.

Alors,

ça, c'est l'enjeu, et voilà pourquoi nous suggérons de renforcer, dans la loi,

par principe, si on veut, cette indépendance

des courtiers, qui nous permettra évidemment d'utiliser cette assise

législative pour intervenir. Maintenant, peut-être, je céderais la parole

à Patrick pour contextualiser la situation.

M. Leitão :

Juste avant...

Le Président (M.

Bernier) : Oui, M. le ministre.

Leitão : Merci, M. le Président. Parce qu'une question m'est venue à

l'esprit dans ce que vous venez de dire, parce que ça a été suggéré ici aussi qu'on pourrait peut-être considérer

la création d'une nouvelle appellation, une espèce de courtier affilié. Si j'ai bien compris, vous ne

trouvez pas que ce soit nécessairement une bonne idée parce que ça

pourrait porter à confusion entre le rôle d'agent versus le rôle de courtier?

Le Président (M.

Bernier) : M. Morriset.

M. Morisset (Louis) : Merci, M. le Président. Bien, effectivement, il ne nous apparaît pas

que ce soit une idée porteuse, parce

qu'en bout de piste le courtier à des obligations à l'égard de son client et se

doit d'agir, évidemment, en faveur du

client, magasiner. Puis ultimement, si le courtier est affilié à un seul

assureur, je pense que ça vient tronquer la notion qu'on veut préserver entre un agent et un courtier. Donc, cette

solution-là ne nous apparaît pas porteuse au moment où on se parle.

Le Président (M.

Bernier) : Merci. M. Déry, vous aviez des choses à ajouter?

Déry (Patrick) : Pas beaucoup de choses à ajouter, honnêtement.

Peut-être, sur l'aspect historique, ce n'est pas un problème nouveau, en

fait, c'est une question depuis des décennies, qui a intéressé les parlementaires

depuis des décennies, et, au gré des révisions législatives, on a essayé de mettre

en place des moyens qui permettraient de garantir

une certaine indépendance au niveau

des courtiers. Je vous dirais qu'en

2005, 2007 ou à la fin des années 2000, l'autorité a dû intervenir dans le marché parce qu'on avait constaté que

les dispositions législatives de l'époque, qui sont toujours

en vigueur, n'étaient pas pleinement respectées. Ça a amené, je vous dirais, un

certain nettoyage des pratiques. L'industrie s'est conformée mieux aux

exigences légales.

ce qu'on observe depuis quelques

années, c'est que ce qui est exigé dans les lois est davantage respecté. Je

ne dis pas que c'est toujours parfait, mais il y a quand même un gain de

conformité nettement meilleur, sauf que certaines pratiques ont évolué pour un peu faire indirectement ce que les moyens

qui sont dans les lois visent à empêcher de faire directement, donc qu'un assureur ait un contrôle

indu sur les décisions, et la gestion, et la propriété d'un cabinet. Il y

a des ententes de service, il y a d'autres

moyens maintenant, on en parle un peu dans notre mémoire, qui permettent un peu

de contourner, je dirais, ce qu'était l'intention, telle qu'on la comprenait,

du législateur.

donc il y a eu la consultation en 2017, et on est heureux aujourd'hui d'être

avec vous pour discuter de la façon de moderniser les paramètres que

vous souhaitez mettre en place pour que les courtiers soient des véritables

courtiers lorsque les consommateurs s'adressent à eux.

Le Président (M.

Bernier) : Merci. M. le ministre.

M. Leitão :

Très bien. Merci. Peut-être aussi pour éclairer un peu ceux qui suivent nos

travaux, je voudrais vous amener sur un aspect un peu plus technique. Bon, il y

a un projet de loi. Un projet de loi a tous ses différents articles,

composantes, etc., mais une bonne partie, surtout, de travail qu'on fait ici,

dans la réglementation de services financiers,

se fait par règlements. Particulièrement, vous, l'AMF, une fois que le projet

de loi est adopté, si tel est le souhait de l'Assemblée nationale, par la suite, bon, vous allez élaborer une

série de règlements qui, eux, vont adresser des questions plus

particulières.

a entendu certaines personnes nous suggérer : Bien, écoutez, ça serait

préférable d'avoir dans le projet de loi les règles très, très, très précises plutôt que laisser cette facilité à

l'AMF d'établir les règlements. Bon, c'est une question qui va au-delà de juste le projet de loi ici en

question, mais de notre façon de faire en général. Quand on parle surtout

en ce qui concerne un régisseur comme l'AMF,

par règlements, je pense, c'est toujours une façon un peu plus efficace

d'encadrer une activité, qu'elle soit financière ou autre.

Pouvez-vous juste

nous expliquer un peu comment vous procédez quand vous établissez des

règlements?

Le Président (M.

Bernier) : M. Morisset.

M. Morisset

(Louis) : Merci, M. le Président. Bien, d'abord, tout à fait en accord

avec ce que vous venez de dire, M. le

ministre, la capacité de compléter la législation avec de la réglementation

amène assurément beaucoup plus d'efficacité.

On peut réagir plus rapidement en établissant ou en modifiant des règlements,

qui sont par ailleurs toujours soumis à la consultation et, en bout de

piste, approuvés également par le ministre.

Alors,

je pense que le processus de développement réglementaire est un processus,

encore une fois, qui est très transparent,

où on va soumettre à la consultation publique, la réglementation. Dans des

projets, je dirais, comme ceux-ci, on va souvent aller au-delà de la

consultation comme telle, par voie écrite. On va s'assurer d'aller chercher le

pouls des consommateurs, de l'industrie pour

guider le mieux possible le règlement que l'on va mettre en oeuvre. Mais je

pense que c'est important, en effet, que la

loi, par principe, amène des principes très clairs qui, eux, au fil du temps,

peuvent être modulés, si on veut, dans de la réglementation qui peut

évoluer au gré aussi de l'évolution du marché.

Alors,

c'est, je crois, l'avantage, là, premier de ne pas enchâsser dans une loi des

règles trop strictes qui font en sorte que l'évolution, comme on sait,

bien, peut prendre beaucoup plus de temps. Je pense que, dans le secteur

financier au Québec, on le sait, les lois

n'ont pas beaucoup évolué au fil des années. Alors, bref, la réglementation est

à privilégier dans un contexte comme celui-là.

Le Président (M.

Bernier) : Merci. M. le ministre.

Leitão : Très bien. Merci. Alors, dans cet ordre d'idées, je vais vous

amener dans un autre sujet et... Bon, je ne vous demande pas de nous

donner ici et maintenant les règlements que vous allez proposer très

particulièrement, très spécifiquement, mais,

dans le cadre du rachat de police d'assurance de personnes, on nous a avertis

qu'il y a possibilité de certains risques et que, dans d'autres

juridictions, il y a eu, bon, des abus, il y a eu carrément de la fraude.

Alors,

partant du principe qu'en effet le projet de loi a été adopté et que le rachat

de police d'assurance de personnes est

permis, comment vous allez encadrer cette activité-là? Pas nécessairement tous

les détails, mais, d'une façon générale, comment allez-vous encadrer ça?

Le Président (M.

Bernier) : M. Morisset.

M. Morisset

(Louis) : Merci, M. le Président. Bien, écoutez, si vous me le

permettez, je vais commencer la réponse puis je vais demander à mon collègue

Philippe Lebel d'enchaîner peut-être plus sur la mécanique qui suivra.

Premièrement,

je pense que c'est important quand même de dire que nous n'avons pas, au moment

où on se parle, un flot de plaintes à l'égard de ce type d'activité là.

Et ça, je pense que c'est important. Effectivement, dans d'autres juridictions, la cession de police d'assurance vie

a posé de graves problèmes. Au Québec, nos n'en sommes pas là, mais je

pense qu'à juste

titre vous voulez éviter que ces problèmes-là ne se

manifestent.

D'abord,

les dispositions... Bien, d'abord, aujourd'hui, il n'y a pas de restrictions,

et ce que vous proposez avec ce projet

de loi là, c'est d'encadrer, donc d'amener certaines restrictions,

potentiellement, que pourraient mettre en oeuvre des assureurs, clairement, dans les deux premières années de vie d'un

contrat d'assurance. Donc, ça, ça nous semble très porteur comme solution, dans la mesure où il n'y a

pas un problème, là, lancinant au Québec, d'une part, mais qu'on veut évidemment l'éviter. Le problème que l'on a vécu

dans certaines juridictions avec, évidemment, des cessions qui arrivent

très tôt, là, suite à la conclusion d'un contrat d'assurance, bon, bien, ça, ce

sera évidemment enrayé ou non permis.

ce qui a trait à la façon d'encadrer par voie réglementaire, peut-être je

proposerais à Philippe Lebel, là, de vous exprimer un peu ce que nous

avons à l'esprit en ce moment.

Président (M. Bernier) : Vous avez une minute, M. Lebel. Par la suite,

on va passer du côté de l'opposition.

Lebel (Philippe) : Alors, notre plan d'action à court terme serait de

sensibiliser. Donc, c'est des campagnes de sensibilisation pour sensibiliser les consommateurs à bien s'entourer

des conseillers appropriés. À la question à savoir si le conseiller en assurance est un conseiller

approprié, la réponse est oui, bien évidemment. Le conseiller en assurance

peut autant conseiller son client lors de

l'achat, quant à ses besoins, que lors du rachat. Donc, pour nous, c'est bien

important de dire au consommateur dans nos campagnes de sensibilisation :

Si vous faites ce choix-là, faites-le de façon éclairée et assurez-vous d'être

bien conseillé.

Dans un

deuxième temps, on va regarder comment la pratique se développe. Est-ce qu'il y

a une manne? Est-ce qu'il existe une

catégorie de gens, beaucoup de... nombre de personnes qui veulent procéder à

l'acquisition de polices d'assurance? Est-ce qu'on

a là une nouvelle catégorie de gens qui sont suffisants pour... qu'on pourrait

justifier, par exemple, un encadrement pour

toutes ces personnes-là? Pour le moment, on ne voit pas encore cette manne-là.

Il n'y a pas cette catégorie-là. Mais forcément, si on voit ça venir, je

vous dirais qu'on sera les premiers à peut-être recommander au gouvernement et

aux législateurs de voir s'il n'y aurait pas lieu de parfaire l'encadrement.

Le Président (M. Bernier) : Merci,

M. Lebel.

Leitão : Moi, j'aurais aimé parler d'indices de référence, mais, je

pense, je suis le seul ici à vouloir le faire.

Le Président (M. Bernier) : Oui,

mais on aura l'occasion de revenir à... On va sûrement avoir l'occasion de rencontrer à nouveau les gens de l'Autorité des

marchés financiers. Mais je dois aller du côté de l'opposition

officielle, le député de Rousseau.

M. Marceau : Combien de temps

j'ai, M. le Président?

Le Président (M. Bernier) : Huit

minutes.

M. Marceau :

Oh! O.K. Merci, M. le Président. Alors, bonjour, messieurs. Merci d'être là.

Bien, je vais aller sur les indices

de référence, moi aussi, là. En fait, pouvez-vous peut-être expliquer à la

commission ce qu'il en est puis est-ce que c'est déjà arrivé... dans le cadre québécois, là, de quoi on parle

précisément puis nous décrire les acteurs, là, qui pourraient manipuler

un indice au Québec?

Le Président (M. Bernier) : M.

Morisset.

M. Morisset (Louis) : Merci, M. le

Président. Bien, écoutez, d'abord, il y a eu certains scandales, dans les

dernières années, de manipulation, là, du LIBOR, notamment, là, un indice très,

très utilisé à travers le monde, et l'EURIBOR.

Et il y a eu récemment une poursuite entamée aux États-Unis à l'égard des six

grandes banques canadiennes, notamment

à l'égard d'une manipulation possible du CDOR, qui est le Canadian Dollar

Offered Rate, qui est l'indice, au Canada,

le plus utilisé et, comme je le disais un petit peu plus tôt, qui est vraiment

l'indice sous-jacent à certains produits, dont le produit peut-être le

plus transigé, là, le BAX de la Bourse de Montréal.

Alors, il est clair que, suite à ces scandales de

manipulation des indices, il y a eu... puis

ça, qui ne sont pas survenus, là,

nécessairement sur notre territoire, là, mais il y a eu une mobilisation

des régulateurs internationaux et il y a eu, au niveau de l'Organisation internationale des commissions de valeurs, du

travail qui s'est effectué, autour des années 2011, 2012, pour

arriver à développer des principes d'encadrement des indices.

Évidemment,

l'objectif... Comme ces indices-là sont en quelque sorte formulés suite à des

soumissions faites par les banques,

c'est sûr que, s'il y a de la collusion entre les banques pour avoir un certain

impact positif ou négatif sur les indices,

ça va nuire au marché, dans la mesure où plusieurs produits financiers ont

l'indice comme sous-jacent. Alors, l'objectif ici, d'une part, c'est...

parce que les grands, je dirais, régulateurs à travers le monde ont mis en oeuvre

les principes d'encadrement de l'OICV et que ça a créé une attente

d'encadrement, je dirais, uniforme de ces indices de référence à travers le monde, c'est que la loi nous permette, nous,

en conjonction avec nos collègues des autres provinces canadiennes... Ce n'est pas seule l'autorité, là,

qui agira ici. La Commission des valeurs mobilières de l'Ontario

obtient, à l'heure où on se parle, le... en

tout cas, tente d'obtenir le même type de pouvoir qui permettra à l'OSC, à la

commission ontarienne, là, d'encadrer les indices. Mais l'idée, c'est d'avoir

un encadrement pancanadien pour éviter évidemment qu'il y ait manipulation ou

que, s'il y a tentative de manipulation, bien, on ait les moyens

d'intervention.

Je pense que

c'est fondamental que ces indices-là, qui sont, encore une fois, extrêmement

utilisés... le CDOR n'est pas

utilisé autant que le LIBOR, par exemple, mais, au Canada, dans le marché

canadien, c'est un indice extrêmement utilisé. Donc,

d'être en mesure de donner une assurance aux marchés que ces indices-là sont

bien encadrés est important.

L'autre

élément qui est non négligeable, c'est que l'autorité de réglementation

européenne qui encadre les indices de

référence pour l'Europe exige d'ici le 1er janvier 2020 que, pour que

des investisseurs européens puissent continuer de transiger sur des

produits qui utilisent des indices de référence, ces indices-là soient encadrés

au même

titre que les indices européens par cette autorité de réglementation

européenne. Alors, on va devoir en plus, une fois ces pouvoirs législatifs obtenus, développer un encadrement

réglementaire approprié qui va être soumis à l'évaluation, si on veut,

par l'autorité européenne, qui nous

confirmera, on le souhaite, là, son appréciation quant à l'équivalence de

l'encadrement canadien, si on veut, de l'encadrement européen.

Alors, ce

n'est évidemment pas des produits qui sont transigés par, je dirais, M. et Mme

Tout-le-monde. Ce sont des produits

souvent transigés par des investisseurs sophistiqués, accrédités, ainsi de

suite. Mais il n'en demeure pas moins que ce sont des produits

extrêmement importants, et l'encadrement est nécessaire.

Le Président (M. Bernier) : Merci.

M. le député de Rousseau.

M. Marceau : Oui. O.K., bien, merci

pour votre réponse très complète et très instructive.

Je vais changer de

sujet. Sur l'assurance collective, bon, question très simple, vous parlez de

l'émergence, évidemment, de l'économie de

partage, puisque dans votre... vous évoquez que c'est dans ce contexte-là que

vous voyez l'opportunité qu'il y a

d'introduire l'assurance collective, mais peut-être nous expliquer dans ce

contexte-là c'est quoi, la différence entre l'assurance collective, telle qu'elle est prévue ici,

puis l'assurance de groupe très ordinaire qu'on voit présentement, qui

est disponible sur le marché? Comment vous voyez les différences entre les

deux?

M. Morisset

(Louis) : M. le Président, est-ce que je peux permettre à...

Le Président (M.

Bernier) : M. Lebel.

Lebel (Philippe) : Bien, habituellement, ce que vous voyez sur le

marché actuellement en termes d'assurance de groupe, c'est encore de l'assurance collective, mais en assurance de

personnes, pour l'assurance vie et santé. Donc, pour nous, le phénomène de l'assurance collective de dommages va

ressembler beaucoup à ce phénomène-là, mais avec un preneur qui va... évidemment qui, lui, à la base,

est un consommateur d'assurances, qui est probablement une association

ou surtout un employeur qui va faire adhérer

les membres de son groupe à une portion d'assurance qui, là, actuellement,

serait permise juste pour l'assurance vie et santé.

Donc,

on rentrerait dans des secteurs d'assurance qui sont plus de l'assurance de

dommages. Donc, l'assurance, évidemment,

responsabilité est un exemple qu'on entend beaucoup, mais évidemment ça rentre

dans tous les secteurs de l'assurance de dommages, qui est d'assurance

générale. Je ne sais pas si ça répond à votre question.

M. Marceau :

Merci. Oui, oui.

Le Président (M.

Bernier) : M. le député.

Marceau : Puis certains ont dit, certains ont évoqué que, bon,

évidemment, les avantages d'un grand groupe, ça pourrait peut-être

réduire les prix de l'assurance de dommages, mais que le coût pourrait être que

les produits d'assurance seraient moins

adaptés à la clientèle, que ce seraient des... enfin, disons, la

personnalisation des polices qu'on observe

dans le cas de l'assurance

individuelle, on l'observerait moins dans le cas d'une assurance collective.

Pouvez-vous commenter cette affirmation?

Le Président (M.

Bernier) : M. Morisset.

M. Morisset

(Louis) : Merci, M. le Président. Philippe complétera si nécessaire,

mais, écoutez, un, je pense, il faudra voir

comment ce marché-là va se développer. C'est un marché qui n'existe pas réellement aujourd'hui. Nous, on peut voir... Philippe a parlé évidemment de la

responsabilité professionnelle. C'est un exemple, c'est permis pour

certaines professions qui sont assujetties

au Code des professions, mais pas pour d'autres activités, si on veut, qui ne

le sont pas.

On peut aussi penser,

je pense... par exemple, les locataires d'habitations à loyer modique. Souvent,

ces gens-là ne sont pas en mesure de se

permettre de s'offrir une assurance, étant donné les revenus dont ils disposent.

Il y a à peu près 64 000

personnes aujourd'hui qui ne sont pas assurées dans ce type d'habitation là. On

pense qu'il y a un créneau là qui pourrait s'ouvrir, alors que les

locataires, individuellement, ne peuvent pas s'offrir l'assurance, mais peut-être

que, collectivement, il y a un marché qui va se développer, qui leur

permettrait d'être assurés alors qu'ils ne le sont pas aujourd'hui. Alors, ça, pour moi, c'est un exemple assez probant d'une

possibilité qui, on l'espère, se développerait en fonction du cadre

législatif qui serait permis.

L'assurance

condo est un autre exemple. Il y a des difficultés, dont on nous a fait part et

qui sont assez connues pour des propriétaires de condo, de trouver un

assureur qui va accepter d'assurer les propriétaires. Il y a toutes sortes

d'enjeux liés à ça. Peut-être que l'option de développer une assurance

collective pourra être une voie de passage pour faciliter, oui, un coût plus

raisonnable des assurances, aujourd'hui qui sont extrêmement onéreuses.

Alors,

nous, on voit là-dedans, disons, une panoplie de possibilités intéressantes.

Est-ce que les assureurs vont suivre?

Est-ce que les assureurs vont vouloir développer ce créneau-là? L'avenir le

dira, mais je pense qu'il y a de belles opportunités pour le consommateur

puis également pour l'industrie.

Le Président (M.

Bernier) : Merci. M. le député de Granby.

Bonnardel : Merci, M. le Président. Messieurs, M. Morisset,

bonjour. Tantôt, vous avez répondu au ministre qui vous a posé la

question sur la nature ou la façon de fonctionner par règlement, le deux ans

que vous avez pour définir quels seront les

statuts spécifiques pour le projet de loi n° 141, même chose pour le n° 150, puis vous avez toute la latitude

pour le faire, puis je suis d'accord avec ça. Vous avez parlé de prendre le

pouls des gens, vous avez parlé de règles moins strictes dans le projet

de loi. Moi, il y a une chose qui me titille, c'est les quatre soumissions des

courtiers d'assurance. Vous ne vous mouillez pas trop, trop. Vous dites l'idée

d'exiger un nombre minimal de propositions de différents assureurs, et j'ai

peur pour la pérennité de ces courtiers.

quoi le législateur devrait statuer aujourd'hui sur ça et ne pas vous donner

toute la latitude, par règlement, de définir deux, trois ou quatre?

Honnêtement, là, j'ai entendu, puis vous avez sûrement le rapport de tout le

monde, à quatre, rassurez-moi, là, mais moi,

je ne suis pas rassuré du tout de la pérennité des courtiers, même chose pour

ce qui est des soumissions aux entreprises versus les particuliers. Je

vous écoute.

Le Président (M.

Bernier) : M. Morisset.

M. Morisset

(Louis) : Merci, M. le Président. Notre perspective, c'est que, dans

l'état du marché actuel, quatre peut

présenter un défi. Comme on l'a dit, je pense que d'établir un nombre minimal

nous apparaît une très bonne idée,

mais, dans le secteur... dans le créneau, par exemple, d'assurance des

particuliers, ça peut présenter un défi. Ça peut présenter un défi aussi à la lumière du fait que, comme on l'a exprimé

un petit peu plus tôt, par toutes sortes d'ententes commerciales, on

vient, en quelque sorte, restreindre la capacité du courtier d'agir de la

sorte.

Alors, ce

qu'on suggère, c'est donc de s'assurer que, dans la loi, on vienne renforcer

ces assises-là pour que les assureurs

respectent, en quelque sorte, l'indépendance des courtiers, les assureurs qui

veulent continuer de travailler avec des courtiers respectent cette indépendance-là. Et donc je pense que cette

mesure-là d'un nombre minimal fonctionnel... il faut qu'elle fonctionne.

Et c'est un peu le défi, là, quand on met ça dans une loi, si ça ne fonctionne

pas dans les faits.

Le Président (M. Bernier) :

M. le député.

Bonnardel :

Si on vous donne tous les outils par règlement, dans le projet de loi

n° 141, pour définir ce qui sera

vendu par Internet, pourquoi on ne vous donnerait pas cet outil spécifique

d'enlever cet

article de loi pour définir sur deux ans le nombre minimal

de soumissions? Je pense que vous seriez habiles à le faire. Puis je me demande

encore, comme législateurs, en quoi, là,

moi-même, là, puis nous ici, là, on va définir si c'est deux, si c'est trois ou

si c'est quatre. Vous l'avez dit, là, à quatre, dans votre pensée, vous

le savez, là, ça va être dur pour les courtiers. Alors, dites-moi que vous

n'êtes pas habiles à faire ça.

Le Président (M. Bernier) : M.

Morisset.

M. Morisset (Louis) : Merci, M. le

Président. Bien, écoutez, moi, je pense que c'est la... Ici, on cherche une solution à un problème qui est réel. Le problème

réel est le suivant, c'est que des gens prétendent être courtiers, alors

qu'ils ne le sont pas. Je pense qu'une

solution législative qui vient établir un nombre de soumissions est

souhaitable. Maintenant, encore une

fois, il faut que ça fonctionne, puis, pour que ça fonctionne, je pense qu'il

faut renforcer cette mesure-là avec plus

d'impact à l'égard des assureurs, et les conscientiser, puis nous permettre

d'agir à l'égard de l'influence qu'ils peuvent exercer sur des

courtiers.

Moi, je pense

que... Évidemment, le législateur est bien fondé de trouver la formule idéale.

Oui, le quatre, en ce moment, nous

apparaît présenter, dans le marché actuel, tel qu'il a évolué, en fonction

aussi des pratiques qui ont cours de la part des assureurs... apparaît

un défi dans certains cas.

Le Président (M. Bernier) : Merci.

M. le député de Granby.

Bonnardel :

L'ancien P.D.G., Jean St-Gelais, était ici la semaine passée, nous a dit, comme

V.P. d'Industrielle Alliance

maintenant, qu'on devrait retirer cet

article et que l'AMF... La Capitale,

pardon, a toute la légitimité pour être capable de faire elle-même ce travail. Puis je ne vous demande pas de

réagir, là, je veux juste vous dire la réflexion que lui a amenée.

Je vous

ramène à la page 12 de votre mémoire, quand vous parlez d'«autres

sources d'influence indue auxquelles il

nous apparaît nécessaire de s'attaquer». Au-delà des volumes, vous dites, à la

page 12, là, votre deuxième paragraphe, là, je fais la même... dans la même réflexion, là, les autres sources

d'influence que vous avez déjà entendues, autres que les volumes

spécifiquement... Le président d'Aviva nous a dit : Nous, on a retiré une

centaine de contrats parce qu'on n'avait plus ce volume. Et les courtiers nous

disent : On a beau avoir une participation de 20 % avec Intact — on va

le nommer — ils ne nous obligent pas, là, il n'y a rien

d'écrit dans la convention d'actionnariat qui nous dit : On est

obligé de vendre du Intact à 40 %, 50 %.

Donc, pour

vous, ces autres sources d'influence seraient reliées à quoi, ou le danger

qu'il y a vis-à-vis... Parce que, la question aussi, je pourrais vous la

poser sur l'actionnariat qui va changer... la pérennité de ces courtiers va

être en danger aussi, là, dans différentes régions du Québec, là.

Le Président (M. Bernier) : Je vous

donne une minute pour répondre. M. Lebel? M. Morisset.

Morisset (Louis) : À

travers, par exemple, différentes ententes de financement qui existent

aujourd'hui et qui sont souvent

assorties, par exemple, de droit de premier refus à l'égard de la vente

éventuelle des actions d'un cabinet, ou ainsi de suite. Donc, il y a

d'autres façons qui ont évolué... qui se sont développées, pardon, qui nous

permettent certainement d'avoir un doute que ça, ça peut exercer sur un cabinet

une influence indue.

Le cas des

ententes de financement en est assurément un, comme je dis, dans le cas où ces

ententes-là, par exemple, vont être

assorties, suite au remboursement, pendant une longue période d'un droit de

premier refus. Je pense que c'est un exemple, là, qui nous vient à

l'esprit comme étant une empreinte, si on veut, à plus ou moins long terme,

d'un assureur sur un cabinet.

Le Président (M. Bernier) : Merci

beaucoup. Merci de votre participation. Merci à M. Morisset, M. Déry, M.

Pérodeau et M. Lebel.

Je vais suspendre quelques instants afin de

permettre à l'Union des producteurs agricoles de prendre place.

(Suspension de la séance à 16 h 29)

Président (M. Bernier) : À l'ordre, s'il vous plaît! Donc, nous reprenons nos travaux. Nous avons le

plaisir de recevoir les représentants de L'Union des producteurs

agricoles, représentée par M. Martin Caron,

M. Simon Marmen et

M. Daniel Bernier. Bienvenue, à vous trois, à la Commission des

finances publiques. Vous avez 10 minutes pour faire votre

présentation. La parole est à vous.

M. Caron (Martin) : Merci, M. le Président. M. le ministre, MM. et Mmes les députés, merci.

L'UPA remercie la Commission des

finances publiques pour lui donner l'occasion de présenter le point de vue des

producteurs agricoles et forestiers

du Québec concernant le projet de loi n° 150. Peut-être, d'entrée de jeu,

je vous dirais que nos commentaires porteront exclusivement sur les

dispositions concernant le territoire agricole.

Nous

avions pris connaissance avec grand intérêt de la proposition du contenu dans

le budget du 28 mars. Nous profitons donc de l'occasion pour

souligner la pertinence des initiatives du gouvernement, qui souhaite ainsi

mettre fin à des pertes agricoles sur le

territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal. Certaines dispositions

prévues à la loi exigent toutefois des modifications.

Aussi, la volonté

d'assurer le maintien des superficies cultivables sur le territoire de la CMM

viendrait se heurter à une législation

dépassée qui encadre les entreprises agricoles, le fameux Règlement sur les

exploitations agricoles. Je vais y

revenir un petit peu plus loin. Juste pour vous mentionner, dans la

présentation, on a 12 recommandations. Je ne ferai pas la lecture de toutes les 12, mais je

vais y aller centré un petit peu sur l'essentiel. On pourra revenir avec les

questions.

Il faut montrer

l'exemple. Nous croyons que le gouvernement a fait preuve d'une volonté

exemplaire dans le cas du projet de loi

n° 137, la Loi concernant le Réseau électrique métropolitain. Il a ordonné

l'inclusion des lots à la zone agricole permanente en raison de la perte

des superficies agricoles causée par l'implantation de la station terminale Rive-Sud. Le gouvernement doit montrer le

leadership et s'engager formellement à l'inclusion des terres agricoles

qui est associée à des projets entraînant des pertes de terres agricoles.

Dans

notre première demande, entre autres, c'est que soit modifié l'article 279

du projet de loi, soit l'ajout du nouvel

article 96.1 à la LPTAA, afin que le gouvernement ait l'obligation

d'assortir une décision qu'il rend en application des articles 96 et 66 d'une ordonnance d'inclusion

à la zone agricole d'une superficie et d'une qualité au moins

équivalentes.

y a quelques mesures à retirer. Si la CMM opte pour des mesures de compensation

visant la remise des terres en

culture, elle peut exiger de la municipalité où se situe le lot exclu de verser

dans le fonds affecté à la remise des terres en culture la contribution qu'elle fixe par le règlement à

l'article 151.5 de la

Loi sur la Communauté métropolitaine. Nous désirons souligner aux parlementaires que nous

nous élevons totalement contre cette disposition. Et d'ailleurs la

deuxième demande qu'on a, c'est que soit

retiré l'article 151.5 de la loi, prévu à l'article 277 du projet de

loi, pour la possibilité de compensation de contribution financière.

mesures à bonifier. Dans les mesures à bonifier, on parle de l'obligation de

compenser. Nous comprenons que l'article 277 du projet de loi, et

l'article 153 de la

Loi sur la Communauté métropolitaine... bien, n'a

aucunement l'obligation de contribuer au développement agricole, et ça, on

croit que c'est un élément qu'il faut qui soit rajouté.

Prioriser des terres

non cultivées. Nous croyons que la proposition législative doit confirmer la

séquence des actions nécessaires afin

d'atteindre le règlement... l'objectif poursuivi par le gouvernement. Ce

dernier doit s'assurer que la superficie

équivalente, en tant que des mesures compensatoires, soit d'abord des terres

non cultivées, tout en priorisant celles à l'extérieur de la zone

agricole permanente.

Assurer

la pérennité de la compensation. Nous croyons également que d'autres

bonifications doivent être apportées à la notion d'inclusion des terres

agricoles en zone agricole.

parle de contribuer à la rentabilité des exploitations. Il faut d'abord... La

situation est bien simple, et il faut voir

un petit peu qu'est-ce qui se passe sur le terrain. On peut prendre exemple,

entre autres, une petite entreprise ou, pour illustrer ce fait, une entreprise qui est proche au niveau des

périmètres urbains, bien, juste l'échange entre les deux, au niveau des terres, ne tient pas compte nécessairement de

la proximité des consommateurs et de... Plusieurs ont développé des

activités agrotouristiques aussi.

on continue dans la transparence dans le mécanisme de la compensation, avant

même le dépôt des demandes d'exclusion

du territoire agricole, la municipalité devrait avoir identifié les superficies

équivalentes, tant en la qualité qu'en l'étendue,

à

titre de compensation et déposé son plan d'expansion du périmètre urbain à la

CMM. Vous avez les autres recommandations qu'on a là, on va revenir un

petit peu par rapport aux questions.

Je passe au

point 5, à la page 9, développement agricole. À la lecture des plans

de développement de la zone agricole, on note des inventaires de la CMM. Par

exemple, on constate que 6 000 hectares seraient actuellement non

cultivés. Sur cet élément-là, on vous précise, au niveau de l'aspect de

spéculation, donc il y a des propriétaires qui ont ces terres-là, mais c'est

peut-être à d'autres fins, qu'ils attendent juste un geste pour aller plus

loin.

va revenir plus précisément à nos demandes. Non seulement le territoire,

mais également les activités doivent être

faites... l'objet d'une protection de la mise en valeur qui repose sur la

gestion optimale de l'urbanisation. Dans une perspective de protection du territoire et des activités agricoles, la

CPTAQ doit, en vertu de la LPTA, vérifier la disponibilité des autres remplacements de nature. C'est une

demande, entre autres, qu'on faisait, le point 7, que soit ajouté à

l'article 156 de la

Loi sur la

Communauté métropolitaine, l'article 277 sur le projet de loi, la mise à

jour annuelle d'un portrait des terres non cultivées de la zone agricole

sur le territoire.

Taxer les terres non cultivées. L'UPA souhaite

signifier sa satisfaction à l'égard des dispositions proposées. Nos

commentaires sont plutôt à l'égard des notions des terres agricoles

exploitables mais non exploitées qui auraient pu être

plus détaillées. Entre autres, on n'a fourni aucune définition que c'est une

terre agricole exploitable mais non exploitée

et de l'interprétation qui doit être variable d'une municipalité... Nous

comprenons néanmoins qu'il s'agit des terres non cultivées. Donc, il

faudrait, dans les choses, préciser cette définition-là.

Le point 7,

à la page 11, on parle de dispositions législatives concernant le

territoire agricole et l'inapplicabilité. Entre autres, le projet de loi n° 150 propose l'inclusion, de la

zone agricole, de superficies au moins l'équivalent aux pertes du territoire agricole existant d'exclusions de

terrains de la zone agricole permanente. Toutefois, pour que cette

disposition ait du sens, il ne suffit pas

d'inclure une superficie de la zone verte, encore faut-il être en mesure de la

cultiver. Or, à moins la modification

du REA, l'objectif visé à maintenir les superficies cultivées serait carrément

contrarié par l'interdiction de mettre de la culture au niveau des

nouvelles superficies.

Je voudrais juste, en terminant, vous dire que,

la demande 12, qui serait que le gouvernement procède dans un meilleur délai à la modification du REA afin de

souhaiter l'autorisation de la mise en culture des nouvelles terres, on

l'a peut-être placée en 12e, mais il faut dire que c'est la première parce que,

si on veut, par rapport au projet de loi, compenser,

la première chose, c'est de donner le droit, au niveau des producteurs

agricoles, d'être capables d'augmenter au niveau de leurs superficies,

entre autres.

Ça fait le tour, M. le Président.

Le Président (M. Bernier) :

Merci, M. Caron, de votre présentation. M. le ministre, la parole est

à vous.

M. Leitão :

Merci, M. le Président. Alors, messieurs, bonjour. Merci d'être là, de nous

parler des enjeux soulevés par le

projet de loi n° 150. Peut-être que vous pouvez nous dire, à votre avis,

quel devait être le rôle de la CMM dans le développement et la protection

du territoire agricole, parce que, là, on est dans une zone quand même

assez unique, une grande zone

urbaine, la Communauté métropolitaine

de Montréal. Bon, il y a plusieurs

organismes qui ont un mot à dire dans

l'aménagement du territoire. Alors, selon vous, quel devrait être le rôle de

cette instance, la CMM, dans ce processus-là?

Le Président (M. Bernier) :

M. Caron.

M. Caron

(Martin) : Peut-être

que, dans un premier temps, je vais répondre, puis je vais laisser Simon un petit peu répondre.

Le Président (M. Bernier) : Allez-y.

M. Caron

(Martin) : Peut-être

que, dans un premier temps, je pense,

le rôle qu'on voulait définir par rapport au territoire agricole, entre

autres, on se disait, ce n'était pas

juste de transférer ou de compenser, au niveau des terres, mais la

protection de ces terres agricoles là et la protection de ces activités-là. Et

la CMM doit jouer un grand rôle. Et je vous rappellerai,

M. le ministre, qu'au niveau du plan, le paiement, entre autres, qui a été fait là, on parlait d'une croissance de 6 %. Et, si la CMM veut atteindre ces

objectifs-là — et

on sait que présentement ils ne sont pas atteints — bien,

elle se doit de protéger et de

bonifier, au niveau de l'agriculture puis de l'agroalimentaire, entre autres, sur son territoire. Je ne sais pas, Simon, si tu voulais

rajouter?

Le Président (M. Bernier) : M.

Marmen.

M. Marmen

(Simon) : Oui, M. le Président. Bien, comme rôle de la CMM, dans notre mémoire, on l'aborde. Dans le projet

de loi, à l'article 277,

on fait un lien, là, avec une modification à la

Loi sur la CMM, à 151.6. Ce qu'on

voit, c'est que, la CMM, c'est important,

le territoire agricole. Vous le regardez. Il y a des statistiques épatantes. On est proches des Québécois. Il y a quand même une

masse de concitoyens qui sont là, prêts à jouir, en fait, de la proximité des

activités agricoles, d'avoir une alimentation saine, une alimentation où est-ce

que les producteurs ne sont pas loin. Il y a

de l'agrotourisme. On peut faire découvrir plein de choses. La CMM, c'est intéressant dans le projet de loi. On amène la compétence de développement

agricole. Et là, donc, c'est plus de 50 % de son territoire qui est zoné

agricole.

Elle peut avoir le rôle d'établir le portrait

des activités agricoles en lien avec votre projet de loi. Elle devrait absolument

établir annuellement un portrait des terres en friche, des terres qui

ne sont pas cultivées, mais pas seulement en termes de superficie, mais

bien connaître qui est le propriétaire des superficies qui ne sont pas

cultivées, O.K.? Parce que, souvent, je vous ai parlé de friche, mais c'est tout simplement des superficies non cultivées. Donc, ce qu'on veut savoir, c'est : Qui qui le possède? Est-ce que c'est

un agriculteur ou pas? Est-ce que c'est quelqu'un de l'étranger? On peut

faire la lumière. C'est le rôle de la CMM de le faire.

Parmi, en

fait, les rôles de la CMM également, dans son plan métropolitain d'aménagement et de

développement, elle a planifié d'augmenter les superficies en culture de

6 %, comme M. Caron le disait. Ce 6 % là, c'est de rattraper toutes

les superficies perdues 10 ans auparavant. On a adopté en 2011 le plan

métropolitain d'aménagement et de développement de la CMM. On n'a pas avancé vraiment

dans l'atteinte de l'objectif d'augmenter les superficies de 6 %. Donc, ce qu'on voit, c'est qu'il faut peser sur

l'accélérateur, avoir un message clair, donner des moyens à la CMM. La

CMM, à l'heure actuelle, veut se doter d'un plan métropolitain, un plan d'ensemble

pour favoriser le développement agricole.

Nous, on pense que vous avez des bonnes dispositions. Il y en a encore

quelques-unes qui devraient être ajoutées à son coffre d'outils. Puis le

message doit être clair. C'est de mettre en valeur la zone agricole.

Le Président (M. Bernier) : Merci,

M. Marmen. M. le ministre.

Leitão : Très bien,

merci. Maintenant, peut-être une question piège, mais je ne veux

pas vous piéger, mais il y a un grand

débat, bien sûr, au sujet du développement, bon,

l'occupation du territoire en zone semi-urbaine ou urbaine. Parce que la CMM, en effet, c'est quand même

assez unique. C'est une grande métropole, la région métropolitaine de Montréal,

où il y a presque la moitié des Québécois qui habitent dans cette grande zone urbaine. Et

il y a aussi beaucoup encore de

terrains agricoles. Vous avez bien fait de faire une distinction entre terrains

actifs et non actifs. Et j'ai bien aimé votre emphase sur la propriété,

qui possède quoi et pourquoi.

Mais, une perspective un peu plus large, comment

voyez-vous la quadrature de ce cercle-là où on veut, bon, continuer de développer la grande zone

métropolitaine, mais en même temps mettre des limites parce qu'il y a de

bonnes terres agricoles qui se trouvent maintenant à l'intérieur de ce

périmètre-là? Alors, comment est-ce qu'on règle cette équation qui... Ce n'est pas

aujourd'hui qu'on va la régler, mais quels sont les outils que vous pensez qui

pourraient nous aider à mieux

adresser cette question... qui se posera toujours, là, mais une tension

constante entre la valeur résidentielle d'une propriété en zone

semi-urbaine et la valeur agricole de cette même propriété?

Le Président (M. Bernier) : M.

Caron.

M. Caron (Martin) : Bien, je vous

dirais, c'est une très bonne question, M. le ministre. Entre autres, je pense qu'il y a un aspect de cohabitation et de

partenariat qu'il faut faire avec le monde agricole et tout le milieu

urbain. Je pense que, quand on parle de

schéma d'aménagement ou de plan d'aménagement, entre autres, c'est de ça qu'on

parle, un peu, de savoir, au niveau du territoire.

Mais je vous

ferai remarquer, M. le ministre, que la terre agricole, c'est un bien non

renouvelable et qu'autant, comme on a

voulu protéger les milieux humides ou les zones tampons par rapport à nos

rivières, à nos lacs, tout ça, on est rendus à ce même stade-là, là,

présentement, là. Comment qu'on va protéger nos terres agricoles pour être

capables de nourrir, de génération en

génération, notre peuple, entre autres? Et je pense que le rôle du

gouvernement, et le rôle de la CMM,

est, là aussi, d'être capable d'intervenir là-dessus, de protéger pas juste les

territoires agricoles, mais les activités agricoles qui s'y rejoignent

aussi.

Je pense que

c'est une plus-value qu'on est capable de faire. Je pense que les périmètres

urbains puis que cette approche de proximité,

ça amène aussi un développement économique favorable. On a juste à penser, dans

l'exemple qu'on vous donnait, du

monde qui sont proche, qui ont des marchés de proximité, c'est une plus-value,

et on a le lien aussi de communication,

à ramener le côté rural, le côté production agricole puis agroalimentaire

aussi, à nos citoyens. Et je pense que

ça, c'est une plus-value qu'on peut avoir, mais je pense qu'en faisant un plan

d'aménagement, entre autres... bien, que les règles soient claires

aussi. Vous savez, M. le ministre...

Le Président (M. Bernier) : Oui,

continuez.

M. Caron

(Martin) : ...un de nos

premiers outils qu'on a, en tant que producteurs agricoles, pour produire,

c'est nos terres agricoles. Pour nous, c'est

un patrimoine, puis c'est comme mon bébé, là. Et je veux en prendre soin puis

je veux qu'il perdure parce que j'ai des enfants qui veulent prendre la relève

chez nous aussi. Et c'est la même situation à Montréal aussi.

Le Président (M. Bernier) : Merci.

M. le ministre.

M. Leitão : Merci. Moi, ça va.

Écoutez, pour moi, c'est tout. Je ne sais pas si vous avez des questions, les collègues. Mais, surtout la question, donc, de la

CMM, je pense que c'est, donc, un organisme qui peut faire un peu le

pont entre le monde urbain, avec toutes les

pressions de développement urbain qu'on connaît très bien, et la réalité

agricole, de la nécessité de préserver ces

terres-là. Donc, je pense que, oui, la CMM doit jouer son rôle dans ce

processus-là. Merci, messieurs.

Le Président (M. Bernier) : Merci.

M. le député de Rousseau.

Marceau : Oui, merci, M. le Président. Bonjour, messieurs. Merci pour

votre mémoire, très bien, très bon, très clair. Sur le règlement sur les exploitations agricoles, qui, dans le

fond, est l'obstacle à une compensation qui prendrait la forme que vous suggérez, puis qui a bien de

l'allure, là, est-ce que vous suggérez qu'on refasse les bilans phosphore un

peu partout puis qu'on revoit toute

la réglementation? Parce que, dans le fond, c'est ça qui est l'obstacle

présentement, là. Est-ce que c'est ça que vous suggérez?

Le Président (M. Bernier) : M.

Caron.

M. Caron

(Martin) : Bien, dans un

premier temps, il y a un moratoire depuis 2004, et ça, quand je parlais

d'outils, entre autres, que les producteurs, on a, ça fait depuis 2004 qu'on a

573 municipalités qu'on ne peut pas avoir de l'accroissement sur nos terres, sur notre propre outil qu'on a. Bien,

ça, je vous dirais, dans un premier temps, c'est d'enlever ce

moratoire-là, présentement. Parce qu'entre autres on a eu des inventions au

niveau technologique, on a des nouvelles pratiques, entre autres, qui sont

peut-être plus en vue, côté écologique, entre autres, il y a de la recherche et

du développement qui se fait. Donc, dans un premier temps, c'est d'enlever ça.

Et, dans un deuxième temps, bien, c'est de...

Le Président (M.

Bernier) : M. le député.

M. Marceau :

Juste pour être sûr. Donc, ce que vous dites, c'est qu'étant donné les avancées

en matière de culture ce n'est plus vrai que

d'augmenter les superficies cultivables, ça va augmenter le phosphore dans nos

cours d'eau.

M. Caron

(Martin) : Je vous dirais que cette règle-là a été mise en place dans

ces années-là...

M. Marceau :

À une époque où c'était comme ça.

M. Caron (Martin) : Mais, à l'époque, c'était comme ça, mais présentement on est régis de

différentes façons, qu'on soit obligés de faire un PAF, entre autres...

Tout le bilan au niveau de la fertilisation ou même l'utilisation des pesticides, présentement on est là, on a toute

cette information-là, ça, qu'on est tous capables d'avoir là-dessus. Puis

je vous dirais que c'est ça. Je pense que

c'est aussi illogique, présentement, que le règlement fait que, mes terres

agricoles, je veux remplir les fossés

parce que je veux faire du drainage pour faire sortir l'eau, pour avoir un gain

d'efficacité puis un gain productif

sur ma terre, je ne peux même pas le faire présentement. Pendant ce temps-là,

je me bats contre les Américains et l'Europe, qui ont ces droits-là

présentement.

M. Marceau :

Qui font n'importe quoi.

M. Caron (Martin) : Donc, cet outil-là... Je ne peux pas faire une mise à jour au niveau de

mes terres agricoles et d'y aller

avec un développement économique là-dessus. Ça fait que moi, je me dis, dans un

premier temps, avant de comprendre

ça, il faut vraiment régler cet élément-là, et là, après ça, on va être

capable. Peut-être qu'il y aura des suivis et de l'accompagnement qui seront faits avec les producteurs, mais je pense

qu'on a tous les outils qui sont là présentement.

Marceau : En tout cas, une chose est certaine, une chose est

certaine, c'est que le moratoire semble devoir être réétudié puis rouvert, là. J'espère que, du côté

du gouvernement, on va réfléchir à ça. En tout cas, moi, j'en entends

parler énormément. Puis, en passant, ce

n'est évidemment pas juste dans la CMM, là, moi, dans ma circonscription,

toutes les municipalités sont

sujettes à ça. Beaucoup de producteurs voudraient augmenter leurs superficies

cultivables, puis ils font attention

dans la façon dont ils cultivent, et ils n'ont pas l'impression d'être des

générateurs de phosphore, là, et ils sont vraiment brimés dans leur

capacité d'étendre.

Juste

pour être clair aussi, dans le projet de loi, présentement il est prévu,

évidemment... donc, compensation sous forme financière. Vous, vous

dites : On peut compenser en mettant en exploitation une nouvelle zone

agricole qui ne l'était pas auparavant. Dans

votre tête, faut-il que ce soit à l'intérieur de la CMM ou ça pourrait être à

l'extérieur de la CMM? Donc, on prend

un bout de territoire qui est une zone agricole maintenant, on la transforme,

pour je ne sais pas quel développement

on peut imaginer, puis on peut compenser avec une nouvelle zone agricole.

Est-ce que la nouvelle zone agricole doit nécessairement être dans la

CMM ou elle peut être en dehors de la CMM?

Le Président (M.

Bernier) : M. Caron.

M. Caron

(Martin) : Je vais laisser Simon commencer puis je vais compléter.

Le Président (M.

Bernier) : M. Marmen.

M. Marmen

(Simon) : Moi, M. le Président, en fait, tout de suite, je vous

dirais, ce serait trop facile de dire : On agrandit le périmètre urbain,

le périmètre métropolitain de la CMM, puis on remet en culture des terres de la

Côte-Nord ou de l'Abitibi.

M. Marceau :

Bien, c'est ça, c'est pour ça que je vous le demande, parce que ce n'était pas

clair...

Marmen (Simon) : O.K., il faut faire attention, la pression est

vraiment sur le territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal.

Le PMAD, l'outil de gestion de l'espace urbain à Montréal, a démontré que,

d'ici 2030 quelques, on est capables

d'accueillir toutes les prévisions démographiques. On a suffisamment d'espace. Donc,

il faut que l'arbitrage se fasse à

l'intérieur des périmètres, c'est trop facile d'en sortir et d'aller sur une

terre agricole qui est très facile, en

fait, à construire. Donc, l'idée, à l'heure actuelle, nous, on reste sur le

principe que c'est autour de ce pourtour-là, dans le cadre du projet de

loi, que doit, en fait, y avoir l'assise des échanges et de la compensation.

Le Président (M.

Bernier) : M. Caron.

M. Caron

(Martin) : Je rajoute, M. le Président, je rajoute peut-être... je

rajoute, très rapidement, peut-être, la

réponse là-dessus. Autant, que j'ai dit tantôt, on était là pour protéger des

milieux humides, nos forêts aussi, à travers ça, puis quand on s'est dit qu'il y a des zones qu'on est en bas d'une

couverture, au niveau des arbres, en bas de 30 %... bien, je pense qu'on se doit la même affaire côté

agricole, on ne doit pas tasser l'agriculture ailleurs, là. Si on est

rendus avec un pourcentage minime, on doit le protéger, comme tous les autres.

Président (M. Bernier) : Merci. M. le député.

Marceau : Parfait. Puis votre mécanisme de compensation que

vous prévoyez dans le cadre de ce règlement... de ce projet de loi là

pour la CMM, est-ce que vous le voyez pouvoir s'appliquer ailleurs? Puis moi,

je vous dis bien clairement, là, moi, je

suis juste sur le bord de la CMM, mais pas dans la CMM, là, et, moi, chez nous,

les gens, ils ne peuvent pas

développer, puis toute forme de développement voudrait dire réduction des zones

exploitables, et ils ne veulent pas

ça non plus. Puis le seul moyen d'y arriver, ce serait de pouvoir ouvrir des

nouvelles terres agricoles. Mais, si on ouvrait, si on permettait cette

ouverture de terres agricoles, est-ce que vous trouveriez ça acceptable qu'on

puisse avoir un mécanisme de compensation comme celui que vous prévoyez pour ce

qui est en dehors de la CMM?

Le Président (M.

Bernier) : M. Caron.

M. Caron (Martin) : Moi, je dirais que, oui, il y a une possibilité qu'on regarde ça, mais

il faut bien établir une chose, c'est que, quand on parle de

compensation, on ne parle pas nécessairement de 10 hectares qu'on renvoie

à 10 hectares, entre guillemets, de

terre en friche. Vous comprenez qu'une terre en friche, tout dépendant le

nombre d'années qu'elle est en friche, ça va prendre plus que

10 ans avant de la remettre en culture.

M. Marceau :

De qualité équivalente.

M. Caron (Martin) : Donc, il faut faire attention pour ne pas simplifier ça, dire :

O.K., on leur donne 10 hectares, mais

d'une terre que ça va prendre de 15 à 20 ans avant qu'elle redevienne

comme la terre qu'il était en train de cultiver. Ça fait que je dirais

que, oui, il y a des possibilités, mais il faut vraiment définir ces

éléments-là très clairement.

Le Président (M.

Bernier) : M. le député.

M. Marceau :

Donc, des terres équivalentes. Si on prend une terre de très haute qualité,

comme il y en a effectivement autour de

Montréal beaucoup, on s'attend à ce que la terre qui compense soit capable de

fournir elle aussi des produits

agricoles de qualité, et puis rapidement, c'est ce que vous dites, finalement.

O.K. Moi, ça me va. Merci, M. le Président.

Le Président (M.

Bernier) : Ça va? Merci. M. le député de Granby.

Bonnardel : Merci, M. le Président. Messieurs, bonjour.

Question assez simple. À la page 12 de votre mémoire, là, on parle de prioriser les terres non cultivées. On dit, bon :

«La

Loi sur la Communauté métropolitaine indique que, lorsqu'un lot est exclu de la zone par la CPTAQ la

CMM prend des mesures compensatoires, en visant l'exclusion ou la remise en culture dans la zone agricole de terres

d'une superficie au moins équivalente.» Vous dites : «Cette

proposition nous semble essentielle.»

Est-ce qu'on ne

devrait pas... Parce qu'on a tous déjà... en tout cas, moi, je l'ai déjà

entendu, on est déjà venu me voir, à

l'extérieur de la CMM, les municipalités veulent prendre de l'expansion, des

projets commerciaux, machins ici, là, et vous avez parlé tantôt de

terres en friche. La CPTAQ protège le territoire, puis je comprends tous ceux

qui disent : Non, mais est-ce qu'on ne

devrait pas appliquer ce règlement à l'extérieur de la CMM aussi, donc de

l'appliquer partout au Québec? Ce n'est pas

quelque chose qui devrait être... Parce que je me pose la question : Si on

le fait sur le territoire de la CMM, est-ce que, cette mesure, on

pourrait, selon vous, l'appliquer sur tout le territoire québécois?

Le Président (M.

Bernier) : M. Marmen.

Marmen (Simon) : Bien, M. le Président, en fait, la question est bonne. Nous, on s'est arrêtés présentement

à la proposition qui est là puis on

s'y est attardé. On croit qu'elle peut être bonifiée. Une fois qu'elle est

bonifiée, elle peut être regardée. En

fait, on est sur un territoire particulier

de la CMM. Le territoire de la CMQ, c'est pratiquement la même affaire. Dans les grandes agglomérations, on a une

problématique. Si on

part là, c'est déjà quand même pas si mal, on peut couvrir pas mal de territoire. Sur le reste,

après, tout peut être envisagé, là. Mais c'est de trouver les bonnes pistes,

parce qu'en fait, souvent, on parle de... si

c'est une opération comptable, x secteurs contre y hectares, mais équivalent,

ou xx, là, tu sais, mais, en fait,

des fois, le producteur agricole qui est impacté, on aimerait peut-être le

relocaliser, ou lui veut poursuivre, en fait, ses activités, il y a une

relève, mais on n'aborde pas cette question-là.

question ici est tout simplement une question où... est-ce que je peux

exproprier. La personne a un montant d'argent,

mais il n'y a pas de mécanique qui dit : Oui, mais est-ce qu'elle pourrait

se prévaloir d'une première option sur une terre ailleurs dans le village? Il n'y a rien de ça. C'est pour ça que

la mécanique est comme un tout petit peu à regarder, parce que, quand on

va tomber dans des territoires plus ruraux ou en région, la question va se

poser avec beaucoup plus d'acuité, là.

M. Caron

(Martin) : Si je peux me permettre de répondre?

Le Président (M.

Bernier) : M. Caron, oui.

M. Caron (Martin) : C'est qu'avant d'aller dans cette option-là... Je

reviens encore sur notre dernière demande, qui est notre première, c'est le règlement sur les exploitations

agricoles. Je pense qu'il est grand temps qu'au niveau du Québec on

agisse dans ce rôle-là, présentement. On permet au niveau de développement

industriel, commercial... Présentement, on

est rendu avec les terres agricoles et l'agriculture, je pense qu'on se doit

d'ouvrir et d'amener un côté responsabilisation et professionnel aussi

de l'agriculture, l'agroalimentaire, et de l'évolution qu'on a eue là-dedans.

Le Président (M.

Bernier) : Merci. M. le député.

Bonnardel : Vous dites, vous là, à la page 12 encore,

que, si la zone agricole qui est compensée était déjà en culture dans le passé, on a fait un recul, là, il

faut repartir à neuf, là, sur une terre qu'on déboise, peut-être, ou qu'on

va s'assurer d'avoir quelque chose de neuf, là. C'est ça que vous dites.

M. Caron

(Martin) : Exactement. Puis je rajouterai que, les efforts des

producteurs agricoles au courant des dernières

années, on parle de la protection des milieux humides et hydriques, d'avoir des

zones tampons. On a parlé aussi des bandes riveraines, au niveau de la

protection, ce qui a fait reculer, au niveau du territoire agricole aussi, les

terres cultivables, entre autres, que les producteurs ont fait le geste de

faire pour ça, au niveau de la demande de la société, entre autres.

Bonnardel : Petite question vite, là. Vous dites, à la

page 9, bon : 2 % de la superficie totale au Québec, ce sont des sols agricoles de qualité, et vous dites

un peu plus loin, dans le plan d'action métropolitain de la CMM :

«71 % de ce territoire est occupé par

les entreprises agricoles.» Là, vous faites la nomenclature, mais vous

dites : «29 % est utilisé par des usages non agricoles.» Pas de retour en arrière avec ça, dans ce

29 %, selon vous, là, qui doit être un peu relié soit à des

entreprises qui sont implantées, j'imagine, ou minières, ou choses comme ça,

non?

Le Président (M.

Bernier) : M. Marmen.

Marmen (Simon) : Merci. En fait, on va parler d'usage non agricole. Ça

peut être des maisons, ça peut être des commerces, ça peut être des

parcs, ça peut être une tourbière, ça peut... Tu sais, c'est des usages non

agricoles, en fait. Et il y en a une

panoplie, et souvent on impute, sinon, des contraintes sur le territoire

agricole : des canalisations, des lignes de transformation, des

postes d'Hydro-Québec. Il y en a une multitude, puis, sur le territoire de la

CMM en particulier, c'est quand même important.

Le Président (M.

Bernier) : Merci. M. le député.

Bonnardel : Dernière petite question. Vous dites, à la

page 6, qu'on devrait retirer l'article 151.5 qui dit que...

«Toute possibilité de compensation par une contribution financière», dites-vous

là que ça n'a pas de sens, là, qu'un promoteur qui a les poches profondes

compense par un montant d'argent versus la perte de la superficie agricole non

exploitée?

Le Président (M.

Bernier) : M. Caron.

M. Caron (Martin) : Bien, absolument, ça serait trop facile d'y aller dans ce sens-là, puis

comment qu'on est capable de monnayer

cette valeur-là, entre autres, là. Je pense qu'au Québec on prend des décisions

pour protéger les choses. Et je

reviens encore sur la protection au niveau des terres agricoles, je pense qu'on

est rendus là. La LPTAA a été mise en place,

entre autres... puis la CPTAQ a été mise en place pour cette protection-là. Je

pense qu'il faut lui donner un petit peu plus de mordant, de ce côté-là. Puis, il faut préciser aussi, par

rapport au projet de loi de la CMM, si le REA n'est pas enlevé, bien, il

n'y a aucune possibilité de compensation par rapport à la CMM, là. Il faut bien

le réaliser.

Le Président (M.

Bernier) : Merci. Merci à M. Caron, M. Marmen et M. Bernier d'avoir

participé à la Commission des finances publiques.

vais suspendre quelques instants afin de permettre aux représentants de l'Institut national

d'excellence en santé et en services sociaux de prendre place. Je

suspends.

(Suspension de la séance à

17 heures)

Le Président (M.

Bernier) : À l'ordre, s'il vous plaît! Donc, nous reprenons nos

travaux. Donc, nous avons le plaisir de

recevoir les représentants de l'Institut

national d'excellence en santé et en services sociaux, représenté par M. Luc Boileau, M. Denis Roy, Mme Michèle de Guise et Mme Marie-Claude

Sirois. Bienvenue à la Commission

des finances publiques. Vous avez 10 minutes pour votre présentation. La

parole est à vous. Qui prend la parole? Donc, M. Boileau, la parole est à vous.

M. Boileau (Luc) : M. le Président, merci beaucoup. Merci aux membres de la commission de

nous permettre de se présenter devant

vous sur un aspect de ce projet législatif, qui est celui du transfert des

mandats du Commissaire à la santé,

bien-être vers l'INESSS. Nous sommes d'abord, bien sûr, remerciants d'avoir

cette opportunité de venir échanger avec vous. Nous reconnaissons que ce

projet de loi nous donne l'opportunité de manifester nos talents en mesure de

performance. Et, bien sûr, on remercie l'initiative de vouloir nous confier de

tels mandats.

suis en présence de Dre Michèle de Guise, qui est la directrice des services de

santé, de l'évaluation des technologies et de la biologie médicale, Mme

Marie-Claude Sirois, qui est l'adjointe à la Direction des services sociaux de

l'INESSS, et Dr Denis Roy, qui est le vice-président Science et gouvernance

clinique de l'INESSS. Donc, nous sommes

quelques-uns pour chercher à vous informer le plus rapidement possible des

contours de ce que représente l'INESSS. Et vous avez avec vous une

courte présentation, que je vais suivre avec rapidité puisqu'on n'a que

10 minutes.

La première des

choses, c'est de vous rappeler, à la commission, que nous sommes un

organisme-conseil indépendant, attaché au ministre de la Santé, comme d'autres

organismes, notamment le Commissaire à la santé, bien-être lui-même et l'Institut national de santé publique. Donc, vous

trouvez ici un appareil institutionnel d'État qui a les mêmes types de distance ou de proximité que le commissaire a. Et on entend souvent parler que le commissaire a cette indépendance, cette distance envers le ministre.

Nous l'avons tout autant. Nous sommes un organisme autonome qui est capable de fonctionner à distance de quelque

influence que ce soit d'un ministère. On nous confie des mandats, et

nous les remplissons avec rigueur, comme vous le verrez.

D'ailleurs, au moment

où on a créé l'Institut national de santé publique, le comité, présidé par M.

Claude Castonguay, et dont j'avais le

privilège de faire partie, avait recommandé une intégration du Commissaire à la

santé, bien-être à l'Institut

national d'excellence en santé et en services sociaux pour déjà faire une fusion

de ce côté-là. Et la réflexion a été

faite également par le ministre Réjean Hébert, qui nous avait confié, à moi en

particulier, l'opportunité de diriger les deux instituts, national de

santé publique et l'INESSS, en 2013 et 2014, pour réfléchir sur un

rapprochement des deux institutions, avec

également en arrière-plan celui du Commissaire à la santé, bien-être. Et il y a

eu des réflexions qui se sont

poursuivies par la suite. Donc, l'idée n'est pas récente. Elle date d'un bon

moment et elle a pour objet de gagner surtout en efficacité et en

efficience par rapport aux mandats qui nous sont confiés.

on revient sur notre loi dans laquelle s'inscrit notre mission, nous avons la

mission de promouvoir justement l'excellence clinique en utilisant de

façon efficace les ressources dans le secteur tant de la santé que des services

sociaux, donc une dualité qui vient chercher

un élément d'excellence mais aussi de bon fonctionnement du réseau, avec

de bonnes ressources à la bonne place, avec

une vision pour être un centre de référence incontournable pour les

décideurs, bien sûr, et avec la promotion de

valeurs d'excellence — cela va de soi — scientifique et également

méthodologique, d'indépendance, d'ouverture

aux différents points de vue citoyens de représentation de patients et, bien

sûr, scientifiques, une rigueur qui est l'apanage propre de l'INESSS,

une transparence de tous nos processus, qui sont bien explicites, avec une

probité et l'équité.

mandats que nous avons jusqu'à maintenant sont divers : d'évaluer les

avantages cliniques et les coûts des différentes

technologies, des médicaments, mais aussi des interventions en services sociaux

et en santé — alors,

au Canada, actuellement, il n'y a pas

un organisme qui a une gamme aussi large de mandats que celui de l'INESSS et

qui couvre, de façon amalgamée,

toutes les expertises requises, incluant les points de vue, comme on le

mentionnait, des parties prenantes, bien

sûr, des citoyens et des patients — élaborer des recommandations des guides

cliniques, de déterminer les recommandations et des guides sur les

critères pour utiliser... pour plutôt évaluer la performance des services.

Donc,

lorsqu'on aborde la question de la performance, nous sommes déjà mandatés de ce

côté-là pour promouvoir cette performance meilleure en développant les

critères. Donc, on a un pas à aller plus loin avec les mandats qui nous seraient confiés, de, bien sûr, diffuser aux

différents intervenants... de favoriser la mise en application de nos

recommandations, de promouvoir le

développement de l'évaluation scientifique, qui est pertinente dans la nature

de nos travaux, et de faire des consultations et des recommandations

spécifiques au ministre, jusqu'à maintenant ciblant les médicaments ou les

technologies, et, bien sûr, de définir, toujours de façon transparente, les

méthodologies que nous utilisons.

Président (M. Bernier) : Je vais vous interrompre et vous inviter à

nous attendre pendant quelques minutes. Ici, c'est la cloche qui nous

appelle.

M. Boileau

(Luc) : C'est un peu la même chose pour moi, mais différemment, là.

Le Président (M.

Bernier) : Mais différemment. Donc, nous allons suspendre le temps

d'aller voter et nous allons revenir. Donc, je vous reviens. Il vous reste

environ cinq minutes à votre temps de parole, que nous allons reprendre lors de

notre retour.

(Suspension de la séance à

17 h 9)

Président (M. Bernier) :

Donc, nous reprenons nos travaux. Nous en étions à la présentation par M.

Boileau. Vous avez encore cinq minutes pour finaliser votre présentation. La

parole est à vous.

M. Boileau (Luc) : Très bien. Merci beaucoup,

M. le Président. On en était à vous décrire

sommairement le fait que nous sommes aussi une organisation qui compte sur une gouvernance raffinée avec un conseil d'administration. Nous

sommes dirigés par un conseil

d'administration qui inclut au moins

sept membres indépendants, dont un président. Ils sont tous nommés par le gouvernement à travers différents processus consultatifs pour garantir cet aspect

d'indépendance et de gouvernance critique de l'INESSS.

Nous sommes également outillés pour avoir une

participation solide du réseau, avec, d'emblée, un conseil scientifique, des comités scientifiques permanents, pour pouvoir délibérer des grandes dispositions, de recommandations auprès du ministre, et des comités

d'excellence clinique qui amalgament des experts, des représentants du réseau,

des universitaires, des éthiciens, des économistes et des citoyens.

Nous avons

également une table de concertation pour venir baliser l'ensemble des priorités

de l'INESSS. Et, nous le soulignons

dans notre loi, nous devons faire des consultations, que nous estimons

appropriées, bien sûr, et c'est dans la totalité des situations, avant

l'élaboration de nos recommandations, pour prendre en compte les opinions des

groupes intéressés de même que de la population.

Vous voyez un

profil de l'INESSS en évolution. Je vous rappelle que nous avons été créés il y

a de cela à peu près sept ans, en

2011, officiellement. En 2012, on a rajouté d'autres dimensions. Et, en 2013,

également, il y a eu cette réflexion

quant à un amalgame avec l'INSPQ et même le Commissaire santé, bien-être dans

les échanges que nous avons eus, un transfert des associations des

hôpitaux... excusez-moi, un transfert des associations en services sociaux, qui

a été fait de façon plus globale à

l'occasion de la transformation du système de santé, un audit externe, d'autres

ajouts qui se sont faits sur les

grandes dispositions, sur le dépistage, sur tout ça. C'est tout l'INESSS qui

embrasse ces éléments-là. Et, fait

important, nous avons une entente, depuis 18 mois, qui nous permet un accès

sans limites à toutes les informations cliniques

détenues par la RAMQ, le ministère et les organismes associés pour nous

permettre d'être complets dans nos capacités réflexives et

délibératives.

Nous passons

très rapidement sur la nature des produits que nous avons. Il y en a qui ont

des recommandations, d'autres qui

n'en ont pas. Mais l'important, c'est que l'INESSS travaille toujours pour

assurer une valeur ajoutée au système de

santé, au bénéfice des citoyens et de la population, tant dans la qualité, les

résultats et également un meilleur contrôle de coûts. On travaille sur

des médicaments, sur toutes sortes de volets, sur des domaines de la

santé — si

vous avez des questions, on pourra y

répondre — sur les

infarctus, sur différentes choses que nous avons travaillées, là, pas juste

les infarctus, bien sûr. Et, plusieurs

éléments de services sociaux, qui sont ici rendus visibles un peu plus, sur des

situations de difficulté de langage, des TDAH, les services de psychothérapie,

nous en étions là-dessus.

Alors, le

projet de loi n° 150, somme toute, définit un mandat qui s'inscrit en

totale synergie avec notre mission actuelle.

D'abord, on reprend les éléments qui sont prescrits dans cette proposition

législative. «Évaluer l'ensemble des éléments du système de santé et de

services sociaux [et] d'en déterminer la pertinence», ça vient confirmer le

mandat que nous avons bien installé à

l'INESSS, celui sur la pertinence des

services, bien en place depuis déjà quelques années et largement utilisé par l'ensemble

du réseau de santé et de services sociaux, incluant par le ministère, bien sûr.

«Apprécier périodiquement les résultats obtenus

par le système de santé et de services sociaux en fonction des ressources [qu'on y met puis] des attentes

raisonnables», bien, ça vient enrichir un mandat qu'on vous décrivait

déjà avant sur l'appréciation de la

performance d'éléments de système dans lequel on est déjà en action, tant en

définissant les standards qu'en appréciant

ou en mesurant si le réseau les observe. Donc, on est déjà là‑dedans. Et ça

représente pour nous un levier, bien

sûr, supplémentaire pour que nos produits et nos recommandations rejoignent le

réseau, le supportent, de même que les attentes de la population.

Et donc ça

représente globalement — j'en suis à la diapo 15 — un défi qui est réaliste pour l'INESSS, avec

de nouvelles opportunités pour le système mais aussi pour la population. Alors,

l'appréciation globale qu'on nous invite à

faire du système de santé et services sociaux, bien sûr, ce sont des questions

très complexes mais des résultats qui sont attendus et qui sont essentiels pour guider la route sur une

amélioration continue des pratiques et du système en général.

Alors, on

apporte ici un élément qui est complémentaire à ce que nous faisons déjà.

L'INESSS peut consolider son rôle afin de mobiliser les données, les connaissances

mais aussi les points de vue des citoyens afin d'éclairer le débat et les

choix.

Le commissaire avait un forum de citoyens, et

nous exploitons d'autres approches tout à fait probantes de succès pour la mobilisation citoyenne, et ils y

participent. On interpelle aussi notre capacité scientifique à l'interne,

celle de nos collaborateurs avec qui nous

travaillons beaucoup dans le réseau comme dans la communauté scientifique. Et

on nous invite, somme toute, à aller plus

loin encore dans cette proposition législative, en mobilisant de façon plus

assurée le point de vue des citoyens, même

si on le fait déjà beaucoup, avec une production plus claire, peut-être, en

termes de langage, plus simple, accessible, et le levier de la

communication publique.

Alors, la dernière page, vous ne l'avez pas,

mais, pour nous, ce sont des acquis, à l'INESSS, dont on peut profiter dans les opportunités qui nous sont

données par le projet, avec une équipe scientifique qui est

interdisciplinaire, extrêmement solide, de très

haut calibre, dont j'ai le privilège d'avoir l'opportunité de côtoyer tous les

jours. Les expertises...

Le Président (M. Bernier) : Merci,

M. Boileau. Je dois vous arrêter...

M. Boileau (Luc) :

C'est bien correct.

Le Président (M. Bernier) : ...si on

veut aller aux échanges avec les parlementaires.

M. Boileau (Luc) : C'était vraiment

incroyable ce que je venais pour dire, mais...

Président (M. Bernier) :

Mais j'aurai peut-être l'occasion de vous l'entendre dire suite aux

demandes des parlementaires. M. le ministre, la parole est à vous.

Leitão : Merci, M. le Président. Alors, mesdames messieurs, bonjour. Merci d'être

là. Peut-être que je vous inviterais à continuer, à dire

ce que vouliez dire.

M. Boileau

(Luc) : Écoutez,

M. le ministre... Merci,

M. le Président. Alors, en fait, je

mets en relief, là, je faisais une

taquinerie, mais ne vous inquiétez pas, nous sommes en harmonie avec ce que

nous avons dit. Mais nous croyons que, pour bien faire ce travail-là,

l'accès aux données est important, et nous l'avons maintenant.

expertises méthodologiques doivent être soignées, raffinées, développées, et

l'INESSS a cette expérience

non pas juste depuis sept ans, mais depuis

l'intégration... l'arrivée des autres organisations préalables. Et c'est une organisation qui

est connectée, en phase avec le réseau et qui évite les dédoublements, parce

qu'il y a des choses qui peuvent être faites

dans d'autres lieux, et un élan comme celui-ci évite les dédoublements entre le

commissaire et l'INESSS, déjà, et une organisation qui a démontré sa

capacité, comme je le mentionnais, à mobiliser toutes les parties prenantes,

incluant les citoyens. M. le ministre, excusez-moi. Merci, M. le Président.

Le Président (M. Bernier) : M. Boileau,

ça me fait plaisir. M. le ministre.

Leitão : Très bien. Merci. Écoutez,

moi, j'ai juste quelques remarques aussi. Vous avez bien mentionné, avec

raison, qu'il s'agit d'un transfert de

mandat. Ce n'est pas qu'on élimine un mandat et on dit : Ça ne se fait

plus, non, vous le faites, vous, maintenant,

et qu'en termes organisationnels, en

fin de compte, le Commissaire à la santé et au bien-être était à peu

près à la même place que vous. Donc, vous êtes un organisme aussi indépendant

que le commissaire ne l'était. Et puis,

d'ailleurs, ça, cette intégration-là, c'est quelque chose qui était déjà dans

les cartons depuis un certain temps, ça. Ce n'est pas venu comme ça,

soudainement.

Maintenant, une question. Bon, nous, le public,

nous connaissons l'INESSS surtout en termes peut-être un petit peu techniques : l'évaluation de

technologies, évaluation des médicaments. Là, maintenant, avec ce transfert de

mandat, il va y avoir aussi d'autres

activités qui vont toucher plutôt les services sociaux. Alors, pouvez-vous

peut-être nous rassurer que vous avez aussi l'expertise et la capacité

de le faire?

Le Président (M. Bernier) : M.

Boileau.

M. Boileau

(Luc) : Oui. Merci. Si vous

me permettez, M. le Président, j'inviterais ma collègue Mme Sirois, qui

est adjointe à la Direction des services sociaux, à raffiner le point de vue

qu'on vous donnerait.

Le Président (M. Bernier) : C'est un

plaisir. Mme Marie-Claude Sirois, la parole est à vous.

Mme Sirois (Marie-Claude) : Merci beaucoup. Alors, la façon dont je vais illustrer, c'est d'abord en

parlant un petit peu de la création

de la Direction des services sociaux, et je vais tenter d'illustrer un peu par

un produit, ça va vous donner peut-être

un petit peu une idée de grandeur.

Donc, Dr

Boileau l'a présenté tout à l'heure,

en 2015, toutes les associations d'établissement comme l'AQESSS, qui est

l'association des établissements de santé et des services sociaux du Québec,

l'Association des centres

jeunesse du Québec, associations au niveau de dépendances,

déficiences intellectuelles, tout ça, ont été abolies en même temps que la réorganisation du

réseau. Et des responsabilités de ces associations-là et des personnes de ces

associations-là ont été intégrées à l'intérieur de l'INESSS, ce qui a permis de

renforcer vraiment la Direction des services sociaux.

Alors, maintenant,

après trois ans, on constate qu'il y

a une bonne intégration des gens, des

visions, des mandats, des responsabilités. Ça nous a permis de consolider puis de poursuivre nos expertises. On

en a certaines qui sont au

niveau des coordinations, on a aussi des

analyses de performance au niveau de certains projets, dont le projet de gestion

fondé sur les indicateurs cliniques, qu'on

poursuit. Ça nous donne une bonne capacité d'analyse parce qu'au-delà d'avoir accès aux données il faut les saisir, bien les comprendre,

leur donner une réalité, et ça, au niveau des services sociaux, on a

développé cette expertise-là avec les

années, et, en intégrant les associations, ça nous permet cette poursuite

d'expertise, là aussi.

Ce qui est

très fort chez l'INESSS, c'est nos consultations et nos contributions avec

différentes parties prenantes, notamment les usagers, en premier plan,

avec, bien sûr, les proches, les parents, les cliniciens, des gestionnaires

mais plusieurs partenaires aussi qui

viennent de différents lieux et de l'intersectoriel, du communautaire, bien

sûr, les instituts universitaires, les lieux de savoir.

Pour vous

illustrer peut-être un tout petit peu, par exemple, sur un des produits que

vous avez dans la présentation sur le

TDAH, quand on parle qu'on consulte, on peut penser qu'on ne consulte que

quelques personnes, mais on a consulté plus

de 1 000 parents, on a consulté plus de 100 jeunes,

1 300 professionnels, 200 médecins, et on a fait aussi des

groupes de discussion puis des entretiens individuels.

Boileau (Luc) : Les TDAH, c'est sûr que c'est les enfants qui ont des

troubles...

Mme Sirois

(Marie-Claude) : Désolée.

Le Président (M.

Bernier) : Des troubles d'apprentissage...

M. Boileau

(Luc) : ...des déficits de l'attention.

Le Président (M.

Bernier) : ...des déficits de l'attention. C'est beau.

Mme Sirois

(Marie-Claude) : Désolée pour l'acronyme.

Le Président (M.

Bernier) : Non, non, ce n'est pas grave.

Mme Sirois

(Marie-Claude) : Donc, fort de ces consultations-là, bien sûr, qui

allient le scientifique, ça nous permet d'allier

le contextuel puis l'expérientiel. Alors, on ne reste pas juste avec une notion

de savoir, de connaissances, puis on

est capables aussi de l'appliquer à la réalité du réseau, à la réalité

culturelle québécoise avec nos ressources, avec nos

moyens, puis nos expertises, et nos savoir-faire d'ici.

En même temps, notre force, au niveau des connaissances scientifiques, c'est qu'on a assez de ressources

pour aller les chercher au niveau

de l'international, d'avoir une rigueur de méthodologie pour être capables

d'aller avec les meilleures connaissances qui sont ici et ailleurs mais

qui nous permettent de voir à l'applicabilité dans le contexte du Québec. Il y a

aussi plusieurs collaborations qu'on fait, au-delà des consultations sur

les produits plus ciblés, on travaille toujours avec les ordres professionnels.

Il y a souvent des impacts directs ou indirects de nos recommandations. On travaille avec le regroupement du comité des

usagers, le Curateur public, fondation Chagnon, la FADOQ, bref, je

n'en nomme que quelques-uns au passage.

En ce moment, au

moment où on se parle, la Direction des services sociaux a plus de

40 projets qui sont soit terminés, soit

en cours d'être bientôt terminés, ou qui vont se poursuivre, parce qu'on a un plan triennal stratégique,

et dont plusieurs sont fort intéressants. Et

ce que j'apprécie personnellement, c'est que le réseau les reçoit très bien et

voit en quoi on peut apporter une différence et améliorer les services.

ailleurs, peut-être que je peux parler plus au niveau de l'interne, ce que je

constate, c'est que l'INESSS a une grande

force, ce n'est pas partout comme ça dans les instituts de savoir à travers le

monde, c'est qu'on peut allier les services sociaux à la santé physique,

aux médicaments. C'est déjà une belle force pour voir un individu plus de

façon 360 ou holistique, on peut dire, mais ça crée une belle synergie

pour voir l'ensemble, et ne pas voir une personne seulement morcelée en

fonction d'un diagnostic ou d'un profil.

une autre chose aussi qui est très intéressante, c'est qu'on a des gens chez

nous qui sont forts en éthique, qui sont forts en statistique et en

transfert de connaissances. Donc, ça nous donne aussi l'opportunité de rendre

vivants nos documents, nos avis, nos recommandations.

Alors,

c'est un peu comme ça que je comptais illustrer ce qu'on fait au niveau de la

Direction des services sociaux.

Le Président (M.

Bernier) : Merci, Mme Sirois. M. le ministre.

M. Leitão :

Très bien. Merci. Et je constate aussi, vous l'avez mentionné, que vous

employez aussi des économistes. Ça, je vous

en félicite, très bonne chose. Maintenant, je ne sais pas si le collègue de

Rousseau aussi a apprécié le commentaire. Maintenant...

Leitão : Une promotion, qu'est-ce que vous voulez? En partant du

principe qu'en effet le projet de loi serait adopté par l'Assemblée nationale et donc que ce transfert de mandat se ferait, comment comptez-vous le faire, en

termes pratiques? Est-ce qu'il y aurait du personnel qui va migrer

chez vous? Avez-vous déjà établi un plan de continuité, enfin...

Le Président (M.

Bernier) : M. Boileau.

M. Boileau (Luc) : Oui. Si vous me permettez, de façon générale, on anticipait, bien sûr,

ce changement législatif depuis de

nombreux mois et on s'y prépare, d'abord dans l'exercice même de nos mandats,

dans le raffinement qu'on a fait au

niveau de nos méthodes, de la mobilisation citoyenne, pour ne dire que ça, dans

l'accès aux données. Et nous ne prévoyons

pas un transfert très grand de personnel. Nous prévoyons plutôt exploiter les

capacités que nous avons en allant chercher, bien sûr, des arrimages ou

plutôt des ajustements quant à nos capacités.

Mais

il y a certainement lieu, pour nous, de ne pas venir dédoubler des choses qui

sont mesurées ailleurs, et plutôt de

les utiliser, et de les regarder avec une lecture scientifique amalgamée avec

des points de vue citoyens, des points de vue de diverses parties

prenantes pour venir faire des recommandations.

façon plus, je dirais, raffinée dans le projet de développement de ces nouveaux

mandats, me permettriez-vous d'inviter le Dr Roy à commenter ou à

ajouter à la réponse, s'il vous plaît?

Le Président (M. Bernier) : ...pour

un court commentaire, oui.

M. Roy (Denis) : Merci. Merci, Luc. Oui, nous avons initié ces

travaux. En fait, tout le travail qui nous a permis de signer cette entente tripartite d'accès aux

données était déjà un mouvement qui voulait nous amener à mieux

faire ce qu'on appelle les états de pratiques,

c'est-à-dire être capable de décrire l'activité des cliniciens, les

pratiques professionnelles organisationnelles, et d'étudier les variations de pratiques

pour voir, à partir de ces écarts, ceux qui se rapprochent des normes et

des standards de qualité, ceux qui s'en éloignent et de pouvoir tenir compte de

ces données pour mieux diriger nos recommandations.

Donc, on avait initié

ça. On le fait déjà. On a fait aussi des développements de méthodes et des

liens de collaboration avec les scientifiques, au Québec

et à l'extérieur du Québec, pour harmoniser les choix méthodologiques

avec ce qui se fait ailleurs,

encore une fois, pour travailler sur nos comparaisons externes. On a développé

nos structures de participation, Luc les a présentées, nos comités

scientifiques permanents, nos comités d'excellence clinique. Or, ces comités-là sont aussi aptes à encadrer la détermination des choix de priorités ou la

formulation de recommandations avec les méthodes qu'ils utilisent déjà

pour les évaluations.

Donc,

en fait, l'appréciation de la performance, c'est une forme d'évaluation. Nous

menons déjà plusieurs travaux d'évaluation.

On est préparés professionnellement, organisationnellement pour étendre notre

pratique à ces objets-là aussi. Les

défis que nous aurons, ce sera de choisir les bonnes priorités, travailler sur

les dossiers les plus importants. Et là-dessus il faudra se concerter

notamment avec les autorités ministérielles, comme on le fait d'habitude, mais

aussi avec nos propres instances pour être bien

certains de centrer ces choix-là. Ça, on n'a pas fait encore ce travail, mais

on a planifié le développement organisationnel pour nous permettre

d'arriver là à l'heure, préparés, si jamais vos décisions sont dans ce sens-là.

Le Président (M.

Bernier) : Parlant d'heure, je dois vous interrompre pour passer du

côté de l'opposition officielle. Mme la députée de Taillon.

Lamarre : Merci, M. le Président. Alors, bonjour, Dr Boileau,

Dr Roy, Mme Sirois et Dre de Guise. J'ai été membre du Conseil du médicament pendant 12 ans, avant que

l'INESSS soit conçue, et je ne remets pas en question la pertinence et

l'excellence des travaux que font l'INESSS, mais c'est l'objet de ces

travaux-là.

Et tantôt, Dr Roy,

vous avez bien, bien dit les mots exacts, «évaluer les pratiques cliniques».

C'est ce que fait l'INESSS, plus

l'évaluation des médicaments et des technologies. Mais on n'est pas dans ce

registre-là quand on est au niveau du

Commissaire à la santé et au bien-être. Les derniers thèmes qu'il avait à son

agenda étaient le mode de rémunération

des médecins, l'accès à la première ligne, le temps d'attente aux urgences et

les problèmes dans les CHSLD. Je n'ai rien vu de l'INESSS qui couvre ce

genre d'objectifs là, ce genre d'expertise là, ce genre de...

Alors,

est-ce que vous nous dites que vous n'aurez pas un sou de plus pour réaliser

cette mission supplémentaire?

Le Président (M.

Bernier) : M. Roy? M. Boileau? M. Boileau.

M. Boileau

(Luc) : Oui. Moi, ce que je crois, c'est qu'en fait, si le projet

législatif va de l'avant, ce que nous espérons,

nous aurons certainement des ajustements dans nos capacités pour pouvoir

prendre ces mandats-là. Maintenant, quelle

est l'ampleur de ces ajustements-là? Je ne peux pas vous le définir en ce

moment. Ça reste à être précisé avec des structurations budgétaires de l'État dans sa distribution. Mais il est anticipé que nous aurons des transferts de

capacité, et de crédits, et même d'expertise pour nous aider à compléter ces

mandats.

Et, vous le situez bien,

il y a des objets différents qui ont été abordés par différentes institutions,

notamment le commissaire, bien sûr. En ce

qui a trait à certains volets de ça, nous sommes déjà actifs de ce côté-là.

Nous sommes l'organisation sans doute de référence la plus active, avec

la complicité de d'autres instituts, en ce qui concerne l'organisation des services de première ligne. On nous confie des mandats en ce sens.

Nous sommes d'ailleurs en mouvement pour l'amélioration des

pratiques de façon continue du côté de la première ligne.

Au niveau des

services aux personnes âgées, nous sommes extrêmement actifs de ce côté-là.

Nous avons une direction de services sociaux qui capte plusieurs de ces

mandats. Encore récemment, on nous invitait... C'est une question sans doute dans votre domaine de

compétence professionnelle, la question de l'utilisation des

antipsychotiques en milieu d'hébergement.

Alors, l'INESSS s'est avéré être un lieu parfait pour ça parce qu'il y avait un

amalgame entre les préoccupations des services sociaux, d'organisation

même des services sociaux et la question de l'utilisation des médicaments, le

bon usage.

ce sont des questions qui, lorsqu'elles sont adressées à l'INESSS, peuvent

avoir cette panoplie d'expertises et de

domaines qui s'amalgament ensemble pour donner des recommandations. Donc, nous

ne nous excluons pas des dossiers qui étaient confiés au Commissaire

santé, bien-être, et nous serions en mesure de donner des avis avec la rigueur

scientifique...

Président (M. Bernier) : Merci. On va laisser la chance à Mme la

députée de poser une question, le temps étant très court. Mme la

députée.

Mme Lamarre :

Est-ce que vous avez fait une demande au ministre pour avoir un budget

supplémentaire pour assumer ces nouvelles fonctions?

M. Boileau

(Luc) : Nous avons eu... M. le Président?

Le Président (M. Bernier) :

Allez-y, M. Boileau.

M. Boileau (Luc) : Nous avons eu des échanges avec le ministre et...

sous-ministre en titre, devrais-je dire de façon plus précise, sur la

suite à donner à ce projet, s'il devait être...

M. Boileau

(Luc) : ...adopté, excusez-moi, et certainement qu'il y aurait des

ressources qui nous seraient transférées.

Maintenant, la nature exacte de tout ça reste à être précisée, mais nous sommes

très confiants que nous aurions des

ajustements pour nous permettre d'aller de l'avant. Et nous sommes assurés,

d'ailleurs, d'un préalable important, celui de l'accès à l'information,

qui est une touche essentielle pour nous permettre de bien faire ce travail-là.

C'est déjà régularisé depuis 18 mois.

Et on nous confie également des nouvelles ressources pour nous assurer d'être

en capacité de bien gérer ces informations auxquelles nous avons accès.

Le Président

(M. Bernier) : Merci. Mme la députée.

Mme Lamarre :

Quel est le budget approximatif que vous estimez devoir avoir pour remplir ce

nouveau mandat là, et quel est le nombre de personnes? Je vous demande

des réponses courtes parce que le temps file.

Le Président

(M. Bernier) : Il reste deux minutes, donc vous pouvez donner les

réponses courtes.

M. Boileau (Luc) : Écoutez, le commissaire fonctionne avec un relief

d'à peu près 2,5 millions en ce moment. Nous, on n'a pas l'impression qu'on aurait besoin de ces argents-là. Il

y a un espace de dédoublement qu'on peut gagner ici, là, en efficience

avec les capacités que je vous ai données. Mais sûrement plusieurs centaines de

milliers de dollars pourraient être

d'utilité pour nous. On est en discussion déjà à peine amorcée, parce qu'on ne

voulait pas venir indisposer l'Assemblée

nationale en travaillant déjà sur des paramètres qui ne sont pas prescrits par

une loi qui se doit d'être en place pour

nous permettre d'avoir ça. Mais nous n'avons pas en ce moment l'idée d'avoir le

transfert complet des ressources du commissaire. On n'en aurait pas

besoin pour faire ce travail-là. On a déjà des compétences chez nous et des

capacités pour ce faire.

Le Président

(M. Bernier) : Merci.

Mme Lamarre : Vous faites référence au fait que le Commissaire à la santé et l'INESSS ont exactement

le même lien d'indépendance que l'un

et l'autre. Or, quand on regarde la Loi du Commissaire à la santé, il y avait un cinquièmement,

qui est complètement disparu, dans le projet de loi, qui dit : «Il donne

des avis au ministre sur l'évolution de l'état de santé et de bien-être de la population, notamment par l'analyse

rétrospective des impacts des politiques gouvernementales sur cet état.» C'est disparu. C'est disparu dans le nouveau projet de loi. C'est un

peu étonnant. Et l'INESSS, malgré tout le

respect que j'ai, donne son rapport au ministre, et c'est le ministre qui signe

votre rapport annuel, ce qui n'était pas le cas du Commissaire à la

santé. Alors, je veux juste qu'on prenne conscience qu'il y a une différence.

Puis

le dernier point sur lequel je voulais vous entendre, c'est sur le forum des

citoyens. Le forum des citoyens avait

une capacité d'amener les problématiques du terrain au commissaire, alors que

ce que vous avez évoqué, ce sont des situations

où vous sollicitez des gens sur des avis par rapport à des choix de cibles que vous avez choisies. Et moi, je

pense qu'il y a une grande différence dans

la façon dont les gens se sentent représentés quand, à partir d'un forum de

citoyens, on amène au gouvernement des projets qu'on considère être

prioritaires. Est-ce que vous avez une réaction?

Le Président

(M. Bernier) : Oui, courte réponse, environ une minute.

M. Boileau (Luc) : Oui. Écoutez, pour le premier point, la question

de l'évolution de la santé de la population et des reliefs sur les politiques

publiques, c'est un point très important. Moi, j'ai été le président-directeur

général de l'Institut national de santé

publique, et l'Institut national de santé publique, c'est sa mission. Alors,

cet article-là, il n'a pas besoin

d'être rapatrié du côté de l'INESSS, il est déjà prévu du côté de l'INSPQ.

Donc, en termes d'amalgame de

fonctions, on est dans un relief tout à fait

correct ici, il n'y a pas de perte, là, dans l'actif que représentait le

commissaire, d'une part.

D'autre part, les

rapports que nous donnons au ministre sont toujours des rapports structurés de

façon hyperindépendante scientifiquement. Ça fait 25 ans, là, que je suis

nommé par différents ministres, jamais je n'ai vu les ministres, quels qu'ils soient, venir s'introduire dans le processus

scientifique, et pas non plus récemment. Et ce n'est pas dans ce projet

de loi qu'on voit cette distance-là se rapprocher ou s'éloigner.

Enfin,

pour la question de la consultation citoyenne, votre point est très

intéressant. L'exercice même du forum de citoyens — et

Dre de Guise en a fait partie, d'ailleurs — a posé certaines difficultés.

Et on a eu des rapports qui nous montraient

que ce n'était pas toujours facile fonctionner avec un appareil aussi lourd. Et

la disposition de l'INESSS pour capter

l'opinion citoyenne, puisque nous en avons beaucoup, et nous l'avons,

d'ailleurs, fait récemment sur des objets tout à fait divers qui se

prêtent très bien à l'exercice, nous le croyons, nous l'avons vécu...

Le Président (M.

Bernier) : Merci...

M. Boileau

(Luc) : ...et nous sommes assurés que ça va bien fonctionner.

Le Président (M. Bernier) :

Merci de vos propos. M. le député de Granby.

Bonnardel : Oui. Merci, M. le Président. Messieurs dames, rapidement, ma collègue m'a

pris une des questions que j'avais, justement,

sur le point 5. Et je veux revenir là-dessus parce que

je reste quand même un peu sceptique, en tout respect pour le ministre et pour vous, là.

Vous faites un très, très bon travail. Mais, quand on enlève l'article qui

dit : On «donne des avis au

ministre sur l'évolution de l'état de santé et de bien-être de la population,

notamment par l'analyse rétrospective des impacts des politiques»,

répétez-moi, là, pourquoi on a enlevé ça, si vous me dites que ce n'est pas important puis qu'on essaie peut-être

de faire un amalgame, là, en tout respect, là, pour la réponse que vous avez

donnée tantôt, là.

Le Président (M. Bernier) :

M. Boileau.

M. Boileau

(Luc) : Ce morceau-là est important,

puis il est important dans tous les systèmes de santé, puis il était régulé en

partie avec le Commissaire santé et

bien-être. Mais l'Institut national de santé publique a un mandat confié

de surveillance de l'état de santé de la population

puis de recommandations par

rapport à des changements que des

politiques publiques auraient pu avoir.

Je vous donne l'exemple que ce soit sur l'alcool

au volant, que ce soit sur le tabagisme, que ce soit sur l'immunisation, il y a des repères qui sont

donnés par l'Institut national de santé publique pour améliorer les

politiques publiques et valider leurs effets. Et même, plus encore, dans la Loi

de santé publique, il y a des articles qui vous sont disponibles, comme parlementaires

et comme gouvernement, pour vous assurer de l'impact prévisible des politiques publiques sur l'état de santé de la population.

Et elles sont toutes là, que ce soit sur l'échangeur Turcot jusqu'à

des politiques fiscales sur le tabac.

Alors,

l'appareil est déjà bien coiffé par différents lieux... institutions

et des législations qui permettent ça. Donc, ce n'est pas du tout perdu. Puis, M.

Bonnardel, vous le soulignez, comme Mme Lamarre, c'est très important et ce n'est

pas perdu. Ça existe déjà dans la configuration

législative qui entoure le gouvernement... le ministère de la Santé et des

Services sociaux, notamment avec l'Institut national de santé publique, qui,

lui, reçoit ce mandat-là déjà. Alors, c'est ça, la réponse que je vous donne.

Bonnardel :

Oui. Rapidement, on parle d'un recul démocratique majeur, de beaucoup

d'organismes, que ce soit la FADOQ,

que ce soit le Conseil pour la protection des malades, la Fédération

interprofessionnelle de la santé du Québec, Médecins québécois pour le

régime public et plusieurs autres personnes. Vous répondez quoi à ces

critiques, là? À quelque part, autant les

oppositions, on l'a mentionné maintes et maintes fois que le commissaire, pour

nous, avait cette indépendance. Je ne

dis pas que vous ne faites pas ce travail, sauf qu'à quelque part on reste

extrêmement inquiets à savoir que ces

avis spécifiques... Vous dites : Bon, il y aura d'autres façons d'aller

chercher et de mesurer pas le pouls, là, mais de mesurer les bienfaits.

On reste inquiets.

Puis, pour moi, puis je pense que ma collègue

députée et nos formations politiques... on voit mal comment ce ministre aujourd'hui peut répertorier tous ces

pouvoirs comme tels, vous les donner et dire au commissaire : Bien, on

n'a plus besoin de toi. Parce que l'analyse

qu'on en faisait... En réalité, auriez-vous cet effet critique... cette

critique face à un gouvernement

futur, qui pourrait être le nôtre, qui pourrait être celui du Parti québécois,

aux prochaines élections, à savoir d'analyser

en bonne et due forme les impacts des propositions ou des lois qui seront

déposées par le futur gouvernement?

Le Président (M. Bernier) :

M. Boileau.

M. Boileau

(Luc) : Oui, M. le

Président. M. le député, M.

Bonnardel, votre question est très juste. Ce qu'on voit apparaître sur la scène de l'information publique, c'est le concept d'abolir

le Commissaire à la santé, bien-être et de retirer ces mandats-là. Mais le projet auquel nous, nous

sommes conviés, ce n'est pas de les voir s'abolir, c'est de les voir se

poursuivre à l'INESSS, dans un lieu tout à fait propice pour leur exercice,

avec toute la rigueur qu'il faut et avec en arrière-plan toutes les compétences

déjà acquises de l'INESSS.

Donc, moi, à

toutes ces personnes qui à l'occasion viennent s'informer... Et, lorsqu'elles s'informent, elles nous disent :

Bien, mon Dieu, on n'avait pas vu ça comme ça. Ah mon Dieu! bien, oui, c'est

vrai, ça s'en va chez vous. Ah! bien, oui, ça pourrait être mieux.

Alors, si on faisait un nouveau tour d'horizon, je ne suis pas certain qu'il

est maintenant conscient que ça vient à

l'INESSS, là. L'idée et ce qui a été ventilé beaucoup, c'est que c'était

aboli. Oui, il y a une abolition de la fonction ou du poste de commissaire, je comprends bien ça, mais

c'est transféré à l'INESSS, et on est sérieux quand on fait notre job.

Dre de Guise peut en témoigner, quand on regarde

les infarctus du myocarde, comment que ça se propage au Québec, là, puis comment ça se

promène, on est capables d'être très sérieux puis de dire : M. le ministre, voici, il y a des

variations d'un endroit à l'autre, d'une région à l'autre, dans...

Le Président (M. Bernier) : M.

Boileau, vous êtes très, très, très intéressant, mais malheureusement je n'ai plus de temps. Donc, merci à M. Boileau, Mme Sirois,

M. Roy et Mme de Guise de votre participation à la Commission des finances publiques.

Avant de conclure les auditions, je procède au

dépôt des mémoires des organismes qui n'ont pas été entendus lors des auditions

publiques.

Je remercie les

parlementaires qui ont participé à cette commission, le personnel, bien sûr,

des cabinets, le personnel des oppositions.

Merci également aux représentants du ministère des Finances, et de

l'Agriculture, et de la Santé d'avoir

participé à cette commission. Merci au personnel de l'Assemblée nationale qui

nous accompagne dans ce travail.

Je lève la séance, et la commission ajourne ses

travaux au mercredi 7 février 2018, vers 15 heures, où elle

entreprendra un nouveau mandat.

(Fin de la séance à 17 h 57)

Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCFP 2018-02-06
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux-parlementaires commissions cfp-41-1 journal-debats CFP-180206
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifierea2c01d1bd218e39fe33c80e0d0444dd971958ba

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