Public Administration — 6 May 2015 (41st Legislature, 1st Session)
CAP 2015-05-06
Quebec — Committees
Cette
gestion, je tiens à le souligner, est le fruit d'un travail d'équipe, une
équipe qui est dédiée à sa mission, dont plusieurs membres m'accompagnent aujourd'hui, puis je me permets, comme
M. le Président me l'a mentionné, de les présenter, particulièrement les
sous-ministres adjoints et associés. J'ai, à ma gauche, M. Luc Castonguay, qui
est le sous-ministre adjoint à la
Planification, à la Performance et à la Qualité; immédiatement à côté de moi,
M. François Dion, qui est le
sous-ministre adjoint aux Finances, aux Immobilisations et au Budget; et, à ma
droite, le Dr Louis Couture, qui est le sous-ministre adjoint aux Services
de santé et Médecine universitaire. Juste en arrière de moi, je vais les
nommer, ils lèveront peut-être le doigt, là,
parce que je n'ai pas mon miroir : Dr Horacio Arruda, qui est le directeur
national de la santé publique et
sous-ministre adjoint à la Santé publique; le Dr Jean Latreille, qui est
directeur de la Direction québécoise de
cancérologie; M. Sylvain Gagnon, qui est le sous-ministre associé aux Services
sociaux; M. Marco Thibault, qui est le sous-ministre
adjoint au Personnel réseau et ministériel; M. Pierre Lafleur, qui est le
sous-ministre adjoint à la Coordination réseau et ministérielle; et M. Richard Audet, qui est le sous-ministre
associé aux Technologies de l'information. Et nous avons avec nous
également plusieurs autres membres de l'équipe de gestion du ministère de la
Santé et du personnel qui pourront, à l'occasion, si nécessaire, répondre à des
questions plus en détail, s'il y a lieu.
Alors,
d'entrée de jeu, je souhaite rappeler à tous la mission du ministère et de son
réseau, qui est de maintenir, d'améliorer et de restaurer la santé et le
bien-être de la population québécoise, notamment en prônant la prévention et en rendant accessible un ensemble de services de
santé et de services sociaux intégrés et de qualité. Notre ministère
doit s'assurer du fonctionnement adéquat du
système de santé et de services sociaux. Pour ce faire, il élabore et détermine
les orientations, les politiques et les
priorités pour son réseau et veille étroitement à leur application. Le
ministère accomplit sa mission grâce,
bien sûr, à ses équipes internes, mais également, ce qui fait un petit peu la
particularité du ministère de la Santé,
grâce à l'étroite collaboration de tous les employés et médecins du réseau de
la santé et des services sociaux et de ses partenaires, comme, par
exemple, les organismes communautaires, le milieu de l'éducation, les corps
policiers, les ambulanciers, etc.
Au 31 mars
2014, la main-d'oeuvre du réseau de la santé et des services sociaux
représentait environ 7 % de la population
active du Québec. On dénombrait 268 127 employés dans le réseau public de
la santé et des services sociaux et des
établissements privés conventionnés, ce qui inclut notamment 11 300
infirmières, infirmières auxiliaires ou préposés aux bénéficiaires, 57 640 techniciens ou professionnels de la santé
et des services sociaux. Parmi les 30 318 professionnels rémunérés par la Régie de l'assurance maladie du
Québec, on dénombrait 8 710 médecins omnipraticiens et 9 779
médecins spécialistes. Pour compléter ce
tableau des effectifs, le ministère pouvait compter, à l'interne, sur 975
employés dévoués pour réaliser sa mission.
En ce qui a
trait à la gouvernance, vous n'êtes pas sans savoir qu'au 1er avril dernier est
entrée en vigueur la Loi modifiant l'organisation et la gouvernance du
réseau de la santé et des services sociaux notamment par l'abolition des
agences régionales, qu'on appelait le projet de loi n° 10, le p.l.
n° 10, que je vais peut-être utiliser ultérieurement, là, au lieu de redire cette longue phrase là à chaque
fois. Cette loi, qui vise l'intégration de tous les programmes de santé et de services sociaux sous la gouverne unique, à
quelques exceptions près, d'un établissement par région et
l'implantation d'une gestion à deux niveaux
hiérarchiques plutôt que trois, a modifié de façon importante le portrait
organisationnel de notre réseau. La
mise en application de cette loi constitue une réforme sans précédent de notre
réseau, le faisant passer de 182
établissements et 18 agences régionales à 33 établissements et deux instances
régionales. Cette réforme nous fait faire un pas important vers
l'allègement des structures administratives et la diminution majeure de la
bureaucratie.
Ainsi,
certaines fonctions et pouvoirs dévolus antérieurement aux agences de la santé
et des services sociaux ont été répartis
entre le ministère et les établissements, alors qu'un certain nombre d'autres
responsabilités ont été carrément abolies. Donc, à ce chapitre, le ministère assumera dorénavant une tâche plus
étendue, notamment au regard des responsabilités liées aux allocations
budgétaires, aux approbations, aux désignations et aux avis à émettre aux
établissements.
À l'avenir,
seul le ministère aura l'obligation légale de produire un plan stratégique dont
il devra rendre compte des résultats
pour la production d'un rapport annuel de gestion. Les objectifs de ce plan
seront repris dans des ententes de gestion et d'imputabilité avec les
établissements, qui devront, à leur tour, rendre des comptes sur l'atteinte de
leurs résultats au ministère.
Pour ce qui
concerne la planification stratégique 2010‑2015, je vous fais un
bref tour d'horizon des résultats validés au terme de l'année 2013‑2014,
prenant pour acquis que les résultats 2014‑2015 ne sont pas encore complètement
validés. Donc, il faut prendre pour acquis qu'il y a d'autres résultats qui
sont en cours de réalisation.
Ainsi, au
terme de la quatrième année de ce
plan, une bonne majorité des résultats ciblés sont atteints ou en voie
de l'être : autour de 64 %. Sans reprendre chacun des objectifs, les
résultats indiquent que, depuis 2010, plusieurs cibles ont été atteintes dans divers domaines comme les délais d'accès pour la
radio-oncologie et pour certaines chirurgies d'un jour ou avec
hospitalisation. Des cibles ont été atteintes aussi en matière de prévention
des infections nosocomiales, d'implantation
de réseaux de services intégrés pour personnes âgées et de recrutement de
nouveaux médecins de famille et de
médecins spécialistes. Des progrès significatifs ont également été réalisés
quant au nombre de personnes inscrites auprès
d'un médecin de famille, à l'accès aux infirmières praticiennes spécialisées,
aux délais d'accès à une arthroplastie totale
de la hanche ou du genou, au traitement des demandes de services de personnes
ayant une déficience ou encore de personnes
atteintes de maladies cardiovasculaires, à l'évaluation des personnes ayant une
dépendance et à l'implantation des pratiques cliniques préventives.
Toutefois,
des progrès sont encore à faire, et nous y travaillons intensément, notamment
améliorer l'accès à un médecin de
famille, diminuer la durée de séjour sur civière aux urgences, diminuer le
nombre de jeunes et d'adultes en attente
de services de santé mentale ou de déficience intellectuelle et accélérer
l'implantation de l'approche adaptée aux personnes âgées en centre
hospitalier. Au terme du plan stratégique 2010‑2015, qui a pris fin le 31 mars
dernier, les actions accomplies et leurs
résultats témoignent de l'apport indéniable du ministère et de son réseau dans
le déploiement d'une offre de services de santé accessibles, de qualité
et qui répondent aux besoins des citoyens du Québec.
Plusieurs réalisations témoignent de cet apport
notable comme la Loi concernant les soins de fin de vie, la première Politique nationale de lutte contre
l'itinérance, plusieurs initiatives ministérielles en matière de lutte contre
le cancer, le rehaussement du processus de
certification des résidences privées pour aînés, le resserrement des critères
auxquels doivent répondre les groupes de
médecine de famille ou encore la Loi concernant le partage de certains
renseignements de santé par l'intermédiaire
du Dossier santé Québec, le DSQ. Un nouveau plan stratégique couvrant la
période 2015‑2020 a été élaboré et
devrait être déposé prochainement à l'Assemblée nationale par le ministre de la
Santé et des Services sociaux.
En terminant,
j'aimerais vous partager une dernière réalisation, cette fois spécifiquement à
l'interne du ministère, dont nous sommes aussi très fiers en tant
qu'organisation. Comme vous le savez peut-être, le ministère a entamé des démarches en 2007 pour obtenir la certification
Entreprise en santé, ce qu'il a réussi le 11 juin 2010, après un
processus rigoureux. Loin de nous arrêter à
cette réussite, nous avons poursuivi nos efforts et sommes devenus, en avril
2013, le premier ministère certifié
Entreprise en santé, mention Élite. Ceci témoigne du ferme engagement du
ministère à donner l'exemple en
créant un environnement où la santé et le mieux-être sont des priorités. Nous
comptons bien sûr investir les efforts
nécessaires pour maintenir cette certification. À cet effet, nous avons
approuvé, en février dernier, le plan d'action Vivactif 2015, qui vise des objectifs concernant la santé du personnel
et sa satisfaction à l'égard de son milieu de travail et qui précise les bénéfices escomptés des actions de
prévention et de promotion ainsi que des pratiques organisationnelles
favorables à la santé.
Alors, M. le Président, mes collègues et moi
sommes maintenant disposés à répondre aux questions de la commission.
Président (M. Gaudreault) : Merci beaucoup, M. Fontaine. Alors,
nous allons entamer le bloc d'échange avec un premier bloc de 10 minutes
pour le gouvernement. Alors, je cède la parole à M. le député d'Orford.
Reid :
Merci, M. le Président. Merci, et je voudrais saluer toutes les personnes qui
sont ici. Je pense qu'on a toutes les
possibilités ici d'avoir des réponses à nos questions. Et moi, j'ai une
question très large, M. le sous-ministre, pour commencer, parce qu'à la lecture du document d'analyse qui a été
fait par les recherchistes du gouvernement, de l'Assemblée nationale, on a une remarque, et, par comparaison avec
d'autres ministères, le nombre de cibles intermédiaires dans votre plan
stratégique est assez réduit, et certains pourraient se demander... quand on
n'a pas beaucoup de cibles intermédiaires
puis qu'on se met une cible pour dans cinq ans, qu'on conduit une automobile
les yeux fermés pendant cinq ans puis
on regarde, après cinq ans, si on est à la bonne place... je suis certain que,
si c'était le cas, le gouvernement du Québec au
complet serait en faillite depuis longtemps. Donc, il doit y avoir autre chose
que vous faites aussi pour mesurer votre performance, où vous allez, comment
réagir, et ça, ça doit se faire de façon assez régulière et pas une fois aux
cinq ans.
Dans votre rapport... étant donné que vous avez
un plan stratégique qui a des cibles qui se mesurent après cinq ans, évidemment, c'est difficile d'évaluer,
sur la base de votre rapport ou de vos rapports annuels essentiellement,
un certain nombre de choses, comment ça
progresse. Donc, c'est certain que vous allez avoir des questions aujourd'hui
de notre part, des membres de la commission, sur l'évolution d'un certain
nombre d'éléments pour lesquels on a peu d'informations
dans le rapport annuel et on ne voit pas toujours où ça va. J'aimerais ça que
vous m'expliquiez un petit peu, globalement d'abord, que ce n'est pas le
cas, qu'on n'attend pas après cinq ans pour réagir quand il y a quelque chose qui ne marche pas comme on pense quand ton
objectif... on ne va pas vers la destination qu'on veut. Mais, quand ta destination est dans cinq ans, pendant cinq ans,
il se passe beaucoup de choses. Comment est-ce qu'on fait pour s'assurer
que, quand on dévie de notre destination, ou
quand on ne va pas assez vite, ou qu'on ne va pas comme on voudrait pour
façon assez générale?
Et, dans ça,
vous pouvez nous parler un peu d'ét