House Proceedings — 5 December 2017 (41st Legislature, 1st Session)
2017-12-05
Quebec — Debates (Hansard)
Le Vice-Président (M. Gendron) : Alors, on vous remercie de votre déclaration. Je
cède maintenant la parole à M. le député de Borduas pour sa déclaration
d'aujourd'hui. À vous, M. le député.
M. Jolin-Barrette : Merci, M. le Président. Le temps des fêtes est,
pour plusieurs, synonyme de réjouissances. C'est l'époque de l'année où
on célèbre et on festoie, que ce soit en famille, entre collègues ou entre
amis.
Pour
d'autres, cette même période est synonyme d'entraide et de bienveillance. C'est
le cas pour l'équipe d'Opération Nez rouge de la Vallée-du-Richelieu, qui,
depuis maintenant 25 ans, permet chaque année à des centaines de citoyens
de regagner leurs domiciles sans avoir mis leur vie ou celle des autres en
danger. C'est aussi le cas pour le Club optimiste de McMasterville, qui permet une redistribution des dons
recueillis par les bénévoles d'Opération Nez rouge auprès d'organismes
soutenant diverses initiatives jeunesse de la région.
Alors,
M. le Président, bravo et merci à tous les bénévoles et organisateurs qui ont
été par le passé et qui sont encore aujourd'hui
partie prenante de ce beau projet qu'est Nez rouge, un projet qui a
certainement contribué à améliorer le bilan routier sur les routes de la Vallée-du-Richelieu! Une pensée toute
spéciale, M. le Président, pour M. Daniel Doucet et son équipe, collaborateurs de longue date. Je suis
personnellement convaincu que leur implication depuis 25 ans a sauvé de
nombreuses vies. Félicitations à tous les bénévoles! Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Gendron) : Alors, on vous remercie, M. le
député, pour votre déclaration.
Je cède maintenant la parole à M.
le député de Saint-Jean pour qu'il puisse faire la sienne. À vous.
M. Turcotte : Merci,
M. le Président. C'est à
titre de
membre de l'équipe Solidarité en action de l'opposition officielle que je m'adresse afin de souligner le
lancement, le 17 octobre dernier, de la campagne CA$$$H pour le rehaussement du Programme de soutien aux organismes communautaires, communément
appelé PSOC. Je tiens d'ailleurs à saluer les représentantes du Centre
de ressources des femmes de Beauport, du Centre-Femmes d'aujourd'hui, du Centre des femmes de la Basse-Ville et du Centre
Femmes de Portneuf qui sont avec nous dans les tribunes, ici, aujourd'hui.
collègues députés peuvent témoigner du travail extraordinaire qu'accomplissent
les organismes communautaires. Ils répondent aux préoccupations et
viennent en aide quotidiennement à nos concitoyennes et nos concitoyens. C'est pourquoi je désirais et je
désire prendre quelques instants pour souligner le lancement de cette campagne
et surtout remercier sincèrement les
organismes communautaires autonomes, qui aident tous les jours des milliers et
des milliers de Québécoises et de
Québécois partout, dans toutes les régions du Québec. Merci beaucoup, M. le
Président.
Vice-Président (M. Gendron) : On vous remercie, M. le député. Je
cède maintenant la parole à M. le député de Maskinongé pour sa
déclaration d'aujourd'hui. À vous, M. le député.
M. Plante :
Merci beaucoup, M. le Président. Donc, vendredi dernier, M. le Président, s'est
tenue la 59e édition du Téléthon du Noël du pauvre. Cette année,
c'est plus de 475 000 $ qui ont été amassés.
Noël du pauvre, c'est plus de 2 000 bénévoles qui ont oeuvré, depuis ces
derniers mois, à collecter des dons et
organiser des activités de financement et à prendre de leur temps pour apporter
du bonheur durant la période des fêtes pour
les familles démunies. Il faut rappeler qu'un don au Noël du pauvre signifie
redonner dans notre communauté, car l'argent amassé est redistribué
localement dans chacun des secteurs participants.
D'ailleurs,
je désire féliciter l'ensemble des bénévoles impliqués dans les comités locaux
de ma circonscription, celle de
Maskinongé, pour leur dévouement et leur ardeur au travail. Je remercie
également toutes les personnes qui ont fait un don. Votre don saura
faire la différence. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : On vous remercie de votre déclaration. Je cède
maintenant la parole à M. le député de Chambly pour sa déclaration d'aujourd'hui.
À vous, M. le député.
Roberge : M. le Président, aujourd'hui, j'aimerais souligner les
performances exceptionnelles de deux jeunes sportifs de ma
circonscription qui se sont démarqués cet automne.
Tout
d'abord, Édouard Plafter, de Saint-Basile-le-Grand, qui a remporté les
Championnats québécois de cyclocross qui
se tenaient le 22 octobre dernier. Le jeune homme de seulement neuf ans,
qui pratique le cyclocross depuis l'âge de trois ans, célébrait sa
première mais certainement pas sa dernière victoire en compétition.
Victor Avon, quant à
lui, est un jeune joueur de soccer de Chambly. Le 4 novembre, il a obtenu
des notes parfaites dans les épreuves de
jonglerie, de slalom et de conduite de balle aux jeux techniques provinciaux
Savi 2017. Le jeune Victor s'est
ainsi hissé au sommet du classement général, devenant ainsi le grand champion
de l'événement chez les U10.
tiens donc à féliciter Édouard, Victor et tous ceux qui les soutiennent et qui
les encouragent au quotidien. Merci.
Vice-Président (M. Gendron) : On vous remercie de votre déclaration.
Je cède maintenant la parole à Mme la députée
de Sainte-Anne—Sainte-Marie...
Ce n'est pas vrai pantoute! Saint-Henri—Sainte-Anne, Saint-Henri—Sainte-Anne.
Anglade : Merci, M. le Président. M. le Président, je désire souligner
la présence aujourd'hui dans les tribunes de l'Assemblée nationale d'une
délégation du Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec, laquelle inclut son président-directeur général,
M. Monsef Derraji, que je salue et que j'ai plaisir à côtoyer depuis déjà
de nombreuses années.
Depuis 25 ans,
ce regroupement soutient un réseau de 40 jeunes chambres de commerce et
d'ailes jeunesse qui vise à consolider,
accompagner, sensibiliser, éduquer les jeunes entrepreneurs dans leurs
aventures entrepreneuriales. Il
s'agit également du seul organisme de la relève d'affaires qui regroupe
12 organisations culturelles, véritable pont entre le Québec et
plusieurs régions de la planète. Plusieurs initiatives porteuses de changement
et d'avenir sont issues du regroupement, et je cite celle-là qui me touche
particulièrement : la réalisation du projet Entreprendre en région, qui consiste à effectuer des missions commerciales en
région afin d'inciter les jeunes entrepreneurs immigrants ou issus de la
diversité à s'y installer.
Cher regroupement, le
gouvernement est fier d'être partenaire avec vous, cette relève québécoise
d'affaires importante. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Merci, Mme la députée. Je cède maintenant la parole à
M. le député de Mont-Royal pour sa déclaration d'aujourd'hui. À vous, M. le
député.
M. Arcand :
M. le Président, il me fait plaisir de souligner en cette Chambre,
conjointement avec ma collègue d'Outremont,
le 20e anniversaire du Carrefour jeunesse-emploi de Côte-des-Neiges. Et je
salue d'ailleurs les membres de l'équipe, que j'aperçois ici dans les
tribunes.
Depuis
1997, le carrefour jeunesse-emploi accompagne les jeunes adultes de 16 à
35 ans résidant ou de passage à Côte-des-Neiges, ville Mont-Royal et
Outremont en les motivant, en les encadrant dans leurs démarches d'intégration
à l'emploi, de retour aux études ou dans leurs projets de création
d'entreprise.
Encore une fois, je
suis très fier du travail qui a été accompli. J'en profite également pour
féliciter tout le personnel et en
particulier le directeur général, M. Jean Isseri. Merci pour votre
constance et grand dévouement auprès de
nos jeunes. Et encore une fois un joyeux 20e anniversaire et longue vie au
Carrefour jeunesse-emploi de Côte-des-Neiges! Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Gendron) : On vous remercie, M. le député de
Mont-Royal. Et cette dernière déclaration met fin à la rubrique
Déclarations de députés.
Les travaux sont
suspendus pour quelques instants. Les travaux sont suspendus.
(Suspension de la séance à
13 h 52)
Le Président : Mmes, MM. les
députés, nous allons nous recueillir quelques instants.
Merci. Veuillez vous asseoir.
Nous poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles.
À la rubrique Présentation de projets de loi, M.
le leader du gouvernement.
Fournier : Bonjour, M. le Président. Je vous demanderais d'appeler l'article c, s'il vous plaît, éventuellement, un peu
plus tard. Bonjour.
Le Président : Bonjour, tout
court.
M. Fournier : Je vous demanderais
d'appeler l'article c, M. le Président.
Le Président : C'est bon,
bonjour, tout court? C'est parfait.
Alors, nous
poursuivons les affaires courantes, ai-je dit, mais on m'indique qu'il y a deux
membres du Parlement catalan qui sont ici, Mmes Eulàlia Reguant et
Anna Gabriel, qui sont ici. Je les salue.
Alors, à
l'article c du feuilleton, selon M. le leader du gouvernement, M. le ministre
responsable de l'Administration gouvernementale
et de la Révision permanente des programmes et président du Conseil du trésor présente le projet de loi n° 163, Loi
concernant la mise en oeuvre de recommandations du comité de retraite de
certains régimes de retraite du secteur public et modifiant diverses
dispositions législatives. M. le ministre.
Arcand : Merci, M.
le Président. Ce projet de loi modifie différentes lois qui instituent des régimes de retraite
du secteur public afin, notamment, de donner suite à des recommandations des
comités de retraite.
Le projet de loi prévoit, pour la reconnaissance rétroactive du service, les conditions
et modalités pour que soit crédité le service accompli par un employé
d'un employeur alors que ce dernier n'a pas effectué sur le traitement de l'employé la retenue annuelle prévue au Régime de retraite des employés du gouvernement et
des organismes publics ou au Régime de retraite du personnel
d'encadrement.
Le projet de
loi permet aussi d'utiliser tout ou en
partie des congés de maladie accumulés
au crédit de l'employé participant au
Régime de retraite du personnel d'encadrement ou au Régime de retraite des
agents de la paix en services correctionnels,
si les conditions de travail de cet employé le prévoient, afin de payer le coût
du rachat d'années de service.
Le projet de
loi modifie également la
Loi sur le régime de retraite des agents de la paix en
services correctionnels afin de
prévoir que le partage du coût pour le service effectué à compter du
1er janvier 2025 se fasse à parts égales entre les employés et
les employeurs. De plus, il modifie la composition du comité de retraite de ce
régime.
En outre, le
projet de loi permet le partage, lors de la cessation de la vie commune de
conjoints de fait, des droits accumulés au
titre de certains régimes de
retraite.
Enfin, le
projet de loi apporte des modifications de concordance et inclut des
dispositions diverses et transitoires, M. le Président.
Le Président : Est-ce que
l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi? M. le leader adjoint.
M. Rochon : Nous souhaitons la tenue
de consultations particulières sur ce projet de loi, M. le Président.
Le Président : M. le leader.
M. Fournier : ...des échanges sur le
sujet, M. le Président.
Le Président : Alors, est-ce
que c'est adopté? Adopté. M. le leader.
M. Fournier : Je vous demanderais
d'appeler l'article b, M. le Président.
Président : Bien sûr. Alors, à l'article b du feuilleton,
Mme la ministre responsable de l'Accès à l'information et de la Réforme des institutions démocratiques
présente le projet de loi n° 140, Loi concernant les services dont bénéficie
un ancien premier ministre. Mme la ministre.
Mme Weil :
Merci, M. le Président. Ce projet de loi modifie la
Loi sur l'exécutif afin
d'encadrer les services dont bénéficie
un ancien premier ministre. À cette fin, le projet de loi décrit ces services
et détermine la période pour laquelle ils peuvent être rendus.
Le Président : Est-ce que
l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi? Oui, alors...
Le Président : Oui? Courtes
consultations. M. le leader du gouvernement.
Le Président : Je vais vous...
Bon.
Alors, c'est adopté, hein?
À la rubrique Dépôt de documents, M. le ministre
des Finances.
Leitão : Merci, M. le Président. Alors, je dépose aujourd'hui le plan stratégique 2017-2020 du ministère des
Finances.
Le Président : Alors, ce
document est déposé. Mme la ministre responsable de l'Enseignement supérieur.
David : M. le Président, j'ai le plaisir de déposer le rapport annuel
de gestion 2016-2017 de la Commission d'évaluation de
l'enseignement collégial.
Le Président : Alors, ce
document est déposé. M. le leader du gouvernement.
Fournier : Oui. Je dépose la réponse du gouvernement à la pétition
présentée par le député de La Prairie le 9 novembre 2017.
Je dépose
également la réponse du gouvernement à la question inscrite au feuilleton le
25 octobre 2017 par le député de La Peltrie.
Le Président : Alors, ces
documents sont déposés.
Pour ma part,
je dépose le rapport du Directeur général des élections sur la mise en
application de l'article 90.5 de la
Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités dans le cadre
des élections municipales du 5 novembre 2017.
À la rubrique Dépôt
de rapports de commissions, Mme la présidente de la Commission de la culture et
de l'éducation et députée de Bourassa-Sauvé.
de Santis : M. le Président, je dépose le rapport de la Commission de
la culture et de l'éducation qui, les 30 novembre, 1er et
4 décembre 2017, a procédé à l'étude détaillée du projet de loi
n° 151, Loi visant à prévenir et à combattre
les violences à caractère sexuel dans les établissements d'enseignement
supérieur. La commission a adopté le texte du projet de loi avec des
amendements.
Le Président :
Alors, ce rapport est déposé.
À la rubrique Dépôt
de pétitions, M. le député de Bertrand.
Cousineau : Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait
d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
1 045 pétitionnaires. Désignation: citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Attendu
que le problème de congestion s'accentue sur l'autoroute 15 et que les
heures de pointe ne cessent de s'allonger, particulièrement entre
Montréal et Saint-Jérôme;
«Attendu
que cette congestion provoque des pertes de temps importantes et crée de
l'impatience chez les usagers de cette route;
«Attendu
que cette congestion génère des impacts négatifs quant au développement
résidentiel et, par conséquent, [...]des impacts économiques, notamment
dans les municipalités sises au nord de Saint-Jérôme;
«Attendu
que la croissance démographique de 27 % prévue par l'Institut de la
statistique du Québec d'ici 2036 pour la région des Laurentides
accentuera la congestion de l'autoroute 15[...];
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec de se pencher rapidement sur le
problème [de l']engorgement de
l'autoroute 15 et d'élaborer un plan de transport afin d'y améliorer la
circulation, puisque cette congestion menace la survie d'une des plus
belles régions du Québec, les Laurentides.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
L'extrait de cette pétition est déposé. M. le député de Jonquière.
Gaudreault : Oui. M. le Président, je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
64 pétitionnaires, mais qui fait écho à 31 500 autres signataires sur une pétition électronique et qui
sont... dont des représentants sont présents ici, dans les tribunes.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que le
gouvernement du Québec a décidé d'ouvrir les lacs et les rivières du Québec aux
projets d'exploration et d'exploitation [du] pétrole et [du] gaz;
«Considérant
que les forages en milieu hydrique, mais aussi ceux en milieu terrestre
pourront être réalisés avec des opérations de fracturation et de stimulation, à
proximité de secteurs habités, d'écoles, d'aires protégées et de parcs
nationaux;
«Et l'intervention
[...] se résume ainsi :
«Nous, soussignés,
demandons au premier ministre du Québec et au ministre de l'Énergie et des
Ressources naturelles, ministre responsable
du Plan Nord et ministre responsable de la région de la Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine :
retrait complet et l'abandon définitif des quatre projets de règlement sur les
forages pétroliers et gaziers que le gouvernement du Québec vient
d'annoncer;
«Un plan de sortie
rapide et complet de la filière pétrolière et gazière au Québec.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Alors, l'extrait de cette pétition est déposé
Il n'y a pas de
réponses orales aux pétitions.
À la rubrique
Interventions portant sur une violation de droit ou de privilège ou sur un fait
personnel, conformément à l'article 102 du Code d'éthique et de
déontologie des membres de l'Assemblée nationale, le député de Groulx m'a adressé une demande pour
se prévaloir de son droit de faire une déclaration à l'Assemblée à la suite du
dépôt du rapport du commissaire ad hoc à l'éthique et à la déontologie
dont il a fait l'objet.
Avant de vous
céder la parole, je vous rappelle que vous disposez d'un maximum de
20 minutes pour faire votre déclaration. M. le député de Groulx.
Surprenant : Merci, M. le Président. J'ai un très grand respect des
institutions et un fort souci de justice et de transparence.
Au cours des
deux dernières années, j'ai été victime de malversations et d'allégations
trompeuses de la part d'une ex-employée,
et c'est ce qui m'amène à être devant vous aujourd'hui, car cela a eu des impacts dans la production du
rapport qui me concerne du Commissaire à l'éthique.
D'abord,
pour mettre les choses en perspective, afin que les gens comprennent bien, le
commissaire a enquêté sur neuf personnes afin de vérifier si elles mélangeaient
le concept de séparation des dépenses pour l'aile parlementaire versus celles partisanes. L'enquête a donc duré
plus de 10 mois, 10 mois qui ont laissé planer le doute, ce qui aurait pu
porter atteinte à ma réputation parce que,
dans mon cas, l'affaire est allée publique. Or, sur neuf dossiers, huit avaient
été déposés avant le mien, et le commissaire avait alors noté que personne
n'était parfait et que tout n'était pas clair.
Jeudi dernier, lors de la dernière journée de son mandat, me disait-il, le commissaire m’a enfin remis son rapport, mon rapport, son tout dernier
avant de laisser place à son successeur. Eh bien, le commissaire m'apparaît
avoir considéré plus sérieusement les
allégations que les preuves et, sans raison, durement, très durement, il a
qualifié mes précisions. En effet, certains termes utilisés dans son
rapport sont extrêmement blessants et en atteinte de mes valeurs.
Mme Nadeau lui a suggéré que je n'utilisais
pas l'avance de 5 000 $ déposés à mon compte par l'Assemblée pour payer des fournisseurs ni pour rapidement
rembourser les employés lorsqu'ils faisaient une dépense de bureau. Et ce
sont ces deux points qui ont fait que le commissaire s'est mis à ne pas croire,
voire ne pas écouter ce que je lui disais. Pourtant,
la preuve démontre tout le contraire, et je vais vous le démontrer avec des preuves
tangibles, quantifiables et objectives, mais qui n'ont clairement pas
été entendues.
Alors, deux
points primordiaux, M. le Président. Le premier, allégations à propos d'un
poste de radio. Mme Nadeau aurait
émis un courriel au commissaire où j'avais écrit que je ne financerais pas le
gouvernement lorsqu'il a été question d'émettre
un chèque d'avance à une station radiophonique. Il n'a jamais été question que
je ne veuille pas faire ce chèque avec
les fonds du compte du bureau, malgré l'avance de 5 000 $, ce que
semble penser le commissaire. On parlait vraiment ici de mon argent. Pourquoi? Parce que,
m'indiquait Mme Nadeau, l'Assemblée nationale prenait tellement de temps
pour nous rembourser les réclamations
de dépenses antérieures que les fonds étaient insuffisants au compte pour
émettre le chèque souhaité. C'est ce
qu'elle m'a fait croire, maudissant la lenteur du processus. Mais j'aurai
découvert plus tard que c'était bien plutôt parce que Mme Nadeau
avait vidé le compte en s'émettant une série de chèques à son nom, sans
justification, ce qui est démontré par le rapport juricomptable indépendant
préparé par une firme recommandée par l'Assemblée
nationale. Mme Nadeau me trompait, elle a trompé le commissaire. Je me
suis fait arnaquer.
Deuxièmement,
M. le Président, j'aurais laissé les employés financer le gouvernement. Dans
son rapport, le commissaire mentionne que, sur les allégations de
Mme Nadeau, celle-ci finançait le gouvernement lorsqu'elle effectuait
une dépense de fournitures de bureau dans l'attente
d'être remboursée. Or, les preuves, notamment la conciliation bancaire du bureau de comté, démontrent clairement que
Mme Nadeau était immédiatement remboursée à même le compte du député
de l'Assemblée nationale. Or, lorsque
Mme Nadeau allègue que je ne voulais pas utiliser le 5 000 $
déposé à mon compte pour rembourser
illico mes employés et que le commissaire se fie plus à elle qu'au rapport
financier, en tout respect de l'institution,
c'est de la pure injustice, M. le Président. Voici des exemples : le
12 décembre 2014, Mme Nadeau s'est tiré un chèque de 195 $, environ, pour des timbres;
le 16 décembre, Mme Nadeau a également acheté des timbres et s'est
tiré un chèque de 146 $,
environ. Dans les deux cas, les montants ont été renfloués par dépôt direct le
9 janvier suivant. Vous avez remarqué que deux dépenses à l'intervalle de
quatre jours ont chacune été remboursées individuellement sans attente
de les regrouper, et c'est comme ça encore et encore. Sincèrement, je suis
outré. Et mon outrage ne s'arrête pas là, M. le Président.
Un autre
exemple, cette fois bien différent : en février 2015, Mme Nadeau
acquiert une imprimante et s'émet illico un chèque de remboursement, puis elle retourne l'imprimante au magasin
et se fait rembourser. Je n'ai jamais eu l'occasion de voir la couleur de mon argent. La réponse
qu'elle a fournie au commissaire et qu'il m'a transmise sans émotion fut que
Costco lui avait imposé des bons d'achat. Je
n'en ai pas vu la couleur non plus. Ça me laisse perplexe, car la politique
de Costco concernant les retours de produits
est qu'elle accepte les retours dans les 90 jours. Mais ça laisse moins de
sous dans mon compte, vous en conviendrez.
Un autre
exemple, un fournisseur médiatique. Alors, puisqu'on parle de jouer dans mon
compte, je pense à un cas énoncé dans
mon rapport juricomptable, que je vais vous montrer ici, le rapport et les
annexes. Alors donc, je pense à ce cas
où le fournisseur a laissé un message sur le répondeur du bureau en
juillet 2015 et que M. Gervais a transmis — M.
Gervais étant mon directeur de bureau — à Mme Nadeau. Mme Nadeau, elle a
réécrit au fournisseur que le chèque allait être expédié le jour même, tout en lui demandant dorénavant de
lui écrire directement. En décembre 2015, le fournisseur n'avait toujours
pas reçu son chèque, et Mme Nadeau lui
en envoie réellement un cette fois, mais le chèque qu'elle lui a envoyé nous
est retourné en janvier.
Mme Nadeau écrit alors à ce fournisseur qu'elle assumerait le compte
personnellement, et qu'elle allait se débattre auprès de l'Assnat, et ainsi
qu'elle devait aviser son employeur pour être honnête. Or, elle lui écrit
quelques jours plus tard qu'elle a discuté
avec moi — jamais — et l'éthique, et l'éthique, et qu'elle ne
veut payer... elle ne peut payer avec sa carte personnelle. Elle indique
donc qu'un chèque certifié lui sera envoyé. Deux jours plus tard, elle lui confirme que le député — moi — a été faire faire le chèque certifié, mais,
là encore, jamais. Ce chèque n'a évidemment pas été fait. C'est à ce moment que j'ai eu connaissance de l'imbroglio
dans mon compte, et j'ai dû y déposer personnellement quelques milliers
de dollars pour satisfaire les besoins courants.
J'ai ensuite
eu des discussions avec Mme Nadeau où elle a reconnu par écrit me devoir
de l'argent. J'ai tenté de régler
avec elle, mais la situation a dégénéré. Oui, elle s'est mise à faire plein
d'allégations sur ma gestion, et j'ai dû préparer ce fascicule, une trentaine
de pages, pour répondre à toutes celles-ci auprès de la whiperie de la CAQ. Et
c'est à ce moment aussi que j'ai fait
faire mon rapport juricomptable, qui est accablant, sur ces malversations
financières, mais le commissaire ne
veut pas en tenir compte. Je me suis fait arnaquer, on lance des allégations
malveillantes sur moi, et le rapport du commissaire m'humilie, M. le
Président. Je n'en reviens tout simplement pas.
À propos de mon rapport juricomptable, en tout
respect, je pourrais pourtant souligner ici que le mandat de vérification de possibles dépenses partisanes du comptable engagé par le commissaire
différait de celui de la juricomptable que j'ai engagée sur recommandation
de l'Assemblée nationale, celle-ci ayant eu comme mandat de faire la lumière complète sur les opérations comptables afin de
déterminer pourquoi il manquait des fonds au compte. Et son constat
fut sans équivoque :
Mme Nadeau s'était tiré des chèques à son nom sans justification. Il y a
cause à effet. C'est ce qui a occasionné la difficile fuite des
opérations à mon compte, M. le Président.
Alors, lorsque
Mme Nadeau allègue que je ne voulais pas utiliser le 5 000 $ déposé à mon compte pour payer un
fournisseur d'avance et qu'elle n'était pas sans savoir qu'elle avait vidé mon
compte au préalable, oui, je suis scandalisé. Mme Nadeau avait le mandat de s'occuper des finances, et de
s'assurer que tout soit bien fait, puis de rendre des comptes. Le
fondement de son évitement à nous présenter sa conciliation bancaire a été
compris alors que le mal était fait.
En résumé,
oui, j'ai fait confiance à une personne qui, objectivement, présentait les
compétences requises pour effectuer
son travail et pour en assumer les responsabilités. Mme Nadeau m'avait été
recommandée par l'attaché politique d'une
députée, une personne crédible. Malheureusement, Mme Nadeau nous a floués
et a brisé la confiance bienveillante que
nous lui avions accordée. Mais, conscients de cette bévue, nous avons
rapidement mis en place un système de contrôle interne pour la comptabilité ainsi qu'une mise à jour de notre guide de
procédure. Il va sans dire, M. le Président, que je suis le seul à
émettre des chèques maintenant.
conséquence de la perception négative qu'elle a engendrée auprès du
commissaire, il est devenu intransigeant envers moi, alors qu'il a été
conciliant envers les huit autres députés sous enquête. Le tir doit être
corrigé.
À propos de
quelques sujets dont il traite, M. Paulo Gervais... on me reproche
également d'avoir omis de parler de
ce que Paulo Gervais avait fait dans les situations problématiques. Et pourtant
j'ai bien mentionné au commissaire que je l'ai réprimandé pour son manque de jugement lorsqu'il avait organisé une
activité du CAL dans le bureau et qu'il a omis de suivre la procédure
pour l'émission de chèques, tout comme je l'ai réprimandé dans le dossier du
chèque à un média. Qu'aurais-je pu faire de plus? Le congédier pour une erreur,
dites-moi? Qui n'a pas fait d'erreur? Il n'y a pas eu de mauvaise foi dans son cas. Vous savez, on ne se
fait pas subtiliser des fonds parce qu'on le souhaite. Et, malgré tous les
processus qu'elles peuvent mettre en place, même les institutions financières
se font parfois flouer.
Quant au
travail qu'il a effectué pour le whip de la CAQ, M. Gervais confirme que
nos discussions à ce sujet étaient claires. Il prenait cette surcharge
de travail à la seule condition que la rémunération spécifique à ce contrat
soit en excédent de ce qu'il recevait à
titre d'attaché politique à mon bureau.
Par ailleurs, la discussion que j'ai eue avec le whip de la CAQ concernait seulement la disponibilité de M. Gervais
pour une journée par semaine pour une courte période. M. Gervais compensait par son travail des
fins de semaine. Il s'agit donc
vraiment ici d'une prime pour responsabilité additionnelle.
À propos de
M. Yann Gobeil-Nadon, en janvier 2017, M. Gobeil-Nadon, devenu
conjoint de Mme Nadeau pendant son
travail à mon bureau, pour être bien clair, me faisait mal paraître en
déclarant aux médias qu'il était l'employé fantôme, laissant entendre
que je ne lui confiais pas de travail à mon bureau. Par contre, dans sa
déclaration au commissaire, M. Nadon nuance toutefois ses propos. C'est facile,
le mal est fait.
Pendant la
durée de l'enquête, il aura aussi eu l'odieux de participer à une annonce où il
indiquait que j'étais un ex-député, etc. M. Gobeil-Nadon n'a par
ailleurs même pas respecté un certain devoir de réserve durant l'enquête du commissaire. M. Gobeil-Nadon exerçait
essentiellement des fonctions d'attaché politique les journées où il effectuait
son travail pour le député de Groulx.
Bien entendu, ces journées pouvaient varier selon les besoins de la
circonscription, bien que le
formulaire d'embauche requière l'inscription de journées précises. Le
commissaire, qui considère que M. Gobeil-Nadon aurait substantiellement travaillé à des fins partisanes, ne pouvait
donc se fier à ces journées lorsqu'il
a vérifié l'emploi du temps de M. Gobeil-Nadon.
De bonne foi,
j'ai aidé un jeune intéressé par la vie politique... par la politique, pardon,
à vivre une expérience de travail
dans un bureau de comté. Il a assumé un
titre au sein de l'aile jeunesse de la
CAQ. Cette embauche avait été validée par la CAQ. Or, les règles
n'étaient vraisemblablement pas claires.
À propos d'un contrat à ma conjointe, j'avais
demandé à Mme Nadeau de vérifier si ma conjointe pouvait recevoir un contrat. Elle m'est revenue en me
disant que c'était O.K. puisqu'elle était architecte. Mais, au début de
l'enquête, j'ai réalisé qu'elle
n'avait pas procédé à cette vérification. Je reconnais que le commissaire a
écrit dans mon rapport que l'interdiction n'est pas bien comprise et
qu'il suggère qu'une formation soit introduite.
À tout
événement, le commissaire se réfère à l'article 16 du code qui stipule qu'on
ne doit pas favoriser un membre de
notre famille. La notion de favoriser n'est pas claire et laissait beaucoup de
place à interprétation en 2014, au moment des
faits. Le commissaire a déposé son rapport sur l'application du code en
février 2015, lequel empêche clairement maintenant
une telle pratique. Spécifions qu'il s'agit ici d'un contrat et non pas d'une
embauche. Je n'aurais effectivement pas dû, finalement, confier un
mandat à mon épouse en considérant les perceptions que cela peut engendrer.
Maintenant, à
propos de la base de la conclusion du rapport, M. le Président, comme je l'ai
dit au début, le sens et le ton de la
conclusion du rapport sont basés sur la question du 5 000 $. L'étude
complète des documents que j'ai déposés au commissaire démontre que les employés étaient remboursés illico
lorsqu'ils le faisaient, et puis le compte bancaire était ensuite
renfloué par l'Assemblée nationale.
Un simple
exercice, mais rigoureux aurait permis au comptable embauché par le commissaire
d'avoir l'heure juste. Le document
auquel le commissaire fait allusion et que j'ai déposé le 24 novembre
dernier énumérait les dépenses des frais
de bureau qui ont été remboursés au compte de banque. Et j'ai affirmé que
c'était moi qui déboursais. C'était dans le sens de supporter la dépense — l'objet
de l'allégation de mauvaise gestion — car
elles étaient effectivement remboursées illico. Le commissaire avait déjà en main tous mes relevés de compte. Je les lui
avais déposés dès la première rencontre que nous avions eue en janvier dernier ou février dernier. Alors,
j'estime que, si le commissaire était confus quant aux documents, il
aurait pu me contacter et me demander ce que j'essaie de lui démontrer.
À tout
événement, il est clair que mes employés n'ont pas eu à supporter le gouvernement, contrairement à l'allusion de
Mme Nadeau. Il est erroné de prétendre que je ne me soucie pas des moyens
financiers de mes employés. Je suis toujours
prêt à me substituer à eux pour payer. Or, il ne fait aucun doute qu'en tout
temps et en toute occasion mon souci des employés a été entier et l'est toujours.
conclusion, M. le Président...
(Interruption) Je prends un petit
verre d'eau. Je réitère que j'étais
de bonne foi dans tous les gestes que
j'ai posés. Avoir eu à expliquer à tout un chacun l'arnaque subie et ses
conséquences au cours des
10 derniers mois a été toute une sentence pour moi. À tout événement, j'en
tire une sérieuse leçon pour l'exercice subséquent de ma charge. Depuis le début de l'année, j'ai redoublé
d'efforts afin d'à la fois défendre ma réputation et continuer à être toujours autant, sinon encore
plus engagé envers mes concitoyens, que je continuerai à représenter avec
fierté. Je remercie mon équipe tout comme
mes collaborateurs de leur appui, et les citoyens et citoyennes de Groulx pour
leur compréhension et leur confiance
inébranlable. Quant à vous, collègues de cette Assemblée, j'espère que j'aurai
été bien clair et bien entendu. Je vous remercie de m'avoir écouté.
Et enfin, la base de la réflexion du commissaire
pour me sanctionner d'une réprimande étant contredite par la conciliation
bancaire, cette Assemblée doit faire prévaloir la justice. J'espère que la
lumière a été faite sur les faits, que les
preuves que j'évoque apportent une perspective bien différente de la conclusion
et que le vote en soit bien éclairé. L'intention
de tromper qui m'a été prêtée est scandaleuse. Les citoyens ont un souci de
justice. Je ne peux me résoudre à m'être
fait arnaquer, avoir été victime d'allégations trompeuses et à subir une telle
injustice. Ce serait, encore une fois, du cynisme. L'Assemblée doit démontrer qu'elle a un souci de justice et
qu'à
titre de tribunal d'appel elle peut renverser une décision lorsque les faits sont si probants.
Je vous exprime par ailleurs, donc, pour terminer, la suggestion et le souhait
qu'on puisse dorénavant tous ensuite aller
de l'avant avec des règles claires pour tout le monde. Merci, M. le Président.
Je voudrais donc déposer les documents auxquels j'ai fait allusion. Merci.
Le Président :
Alors, merci, M. le député de Groulx. J'allais vous poser la question. Vous
avez soulevé quelques documents. Vous avez quelques documents que vous
voulez déposer? Est-ce qu'on accepte le dépôt?
On accepte dépôt. S'il vous plaît, nous allons
recevoir les documents.
Et je vous rappelle, collègues, que,
conformément à l'article 103 du Code d'éthique et de déontologie des membres de l'Assemblée nationale, l'Assemblée doit
procéder au vote sur le rapport du commissaire lorsque ce dernier a recommandé l'application d'une sanction. Il s'agit d'un vote par appel
nominal aux deux tiers des membres de l'Assemblée
qui aura lieu à la rubrique des votes reportés de la prochaine séance.
Nous en
sommes maintenant à la période
de questions et de réponses orales,
et je cède la parole à M. le
chef de l'opposition officielle.
M. Lisée : M. le
Président, il y a
10 ans, le premier ministre actuel était ministre de la Santé. Il était
en train de faire des
réformes dont il était fier et il pensait que ces réformes allaient donner des
résultats positifs pour le système de
santé et l'état de santé. Il était tellement
fier et confiant qu'il a créé un commissaire à la santé et lui
a donné le pouvoir spécifique de faire des analyses rétrospectives des
impacts des politiques gouvernementales sur la santé.
Aujourd'hui, son successeur a décidé non seulement d'abolir la création du premier ministre, de transférer les pouvoirs à un autre organisme qui relève de
son ministère, l'INESSS, mais de biffer la phrase clé qu'avait écrite le premier
ministre, qui donnait au commissaire le pouvoir de rédiger des avis sur l'analyse
rétrospective des politiques gouvernementales.
Alors,
la question est : Est-ce que le premier ministre décide qu'il ne faut pas,
surtout pas que quelqu'un d'externe se
pose des questions sur les politiques gouvernementales ou est-ce que lui, il
pensait que c'était correct avec ses réformes mais pas avec les réformes
de son successeur?
Le Président : M. le premier
ministre, faites attention au matériel.
M. Couillard : Oui, oui, je fais
attention au mobilier.
M. le Président,
je veux le remercier de me donner l'occasion de parler des succès du ministre
de la Santé et des Services sociaux.
On approche
de plus en plus rapidement de la cible de 1 million de personnes, au
Québec, de plus qui ont accès à un médecin de famille, ce que peu de
gens auraient cru possible il y a à peine deux ou trois ans. Je veux également
souligner et rappeler son annonce d'il y a quelques jours, dont j'étais très
fier, qui est l'ouverture d'un programme de psychothérapie à même la Régie de l'assurance
maladie du Québec. C'est un progrès également majeur.
Lorsque la décision de transfert a été prise, il
était clairement indiqué, M. le Président, que, dans l'Institut national
d'excellence en santé et en services sociaux, les fonctions seraient
complètement transférées, les fonctions d'analyse,
de commentaire seraient complètement transférées, de même que la possibilité de
faire des rapports sur quelque sujet
que ce soit. Alors, je ne crois pas que les citoyens y aient perdu au change,
au contraire. Il est bon d'avoir ce regard extérieur sur le système de
santé et de services sociaux. Ça a juste changé de bureau, mais c'est la même
fonction.
Le Président : Première
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
M. Lisée :
Bien, je serai heureux, pour l'information du premier ministre, de déposer sa
loi et le projet de loi du ministre. Dans
sa loi, il y a cinq alinéas et, dans celle du ministre, il y en a quatre. Et
l'alinéa qui a été biffé, c'est celui où on demande de vérifier l'impact
des programmes gouvernementaux. Ça a été biffé.
Le premier
ministre n'était pas au courant que le ministre n'a pas suivi les
recommandations qu'il avait dans son propre projet de loi.
Le Président :
Est-ce qu'il y a consentement pour le dépôt du document de chef de
l'opposition? Consentement. M. le premier ministre.
Couillard : Bien, tout à
fait, M. le Président, on va lire ça avec attention. Mais, encore une fois, il
n'y a rien qui empêche la personne
qui occupe la même fonction dans l'INESSS aujourd'hui de faire exactement le
même travail qui était fait par le
commissaire auparavant. En pratique, les citoyens n'ont pas perdu au change,
les mêmes fonctions de vérification indépendantes se trouvent maintenant
à l'institut national plutôt qu'au commissaire indépendant.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
M. Lisée :
M. le Président, j'ai fait mon droit, puis on nous enseigne, la première année,
que le législateur ne parle pas pour
ne rien dire, et, quand il change d'avis dans la rédaction d'un article, c'est
parce qu'il a changé d'avis, et c'est ce que le gouvernement vient de
faire.
Qu'est-ce que le Commissaire à la santé était
sur le point de compléter comme travaux? La performance des urgences au Québec? L'hébergement des personnes
âgées? La rémunération des médecins? Est-ce que c'est ça qu'il ne
voulait pas savoir, le ministre de la Santé, qu'est-ce que le commissaire
pensait de tout ça?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : Bien, au
contraire, ça tombe un peu mal comme exemple parce que, pour ce qui est des
heures d'attente à l'urgence, elles sont en nette diminution. Ce
qu'également...
Couillard : Eh oui! Eh oui! Eh oui!
Le Président :
S'il vous plaît!
M. Couillard : Malheureusement pour l'opposition, elles sont en nette diminution. On a
réussi à maintenir, avec les médecins, un cadre financier qui est compatible et
équitable pour le reste du secteur public, ce que peu de gens avaient pensé possible. Alors, les exemples choisis ne sont pas
les bons. Je pense qu'au contraire l'administration actuelle du système de
santé et de services sociaux, qui est
toujours un défi, va dans la bonne direction. Les services, les soins s'améliorent,
l'accès aux services s'améliore, et
ça va continuer dans cette direction, M. le Président, notre collègue fait un
excellent travail. Quant à l'INESSS, rien n'est écrit qui empêche la
personne exerçant cette fonction de faire quelque rapport que ce soit...
Le Président :
En terminant.
Couillard : ...sur quelque sujet que ce soit.
Le Président :
Troisième complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Lisée : Alors, qu'il rajoute tout simplement au projet de loi
et qu'il demande au Commissaire à la santé de terminer ses travaux sur les sujets dont je viens de parler. Parce que
ce qu'ils nous disent, c'est : Prenez notre parole, au premier
ministre et au ministre de la Santé, ne prenez pas la parole du Commissaire à
la santé, ne prenez pas la parole de
l'association des cadres des hôpitaux, qui a été abolie, ne prenez pas la
parole des directions de centres jeunesse, qui ont été abolies, prenez
juste notre parole.
Est-ce
que le premier ministre ne peut pas revenir à son opinion d'il y a 10 ans?
Ça prend un commissaire externe.
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Alors, je vous ferais remarquer avec amitié que l'INESSS, c'est une
organisation indépendante. Il n'y a
personne qui dirige l'INESSS politiquement, au contraire, c'est l'exemple même,
qui est souligné ailleurs dans le monde, en passant, d'une bonne façon d'avoir des regards sur le fonctionnement
d'un système de santé. Le ministre,
également, indique que
le commissaire peut terminer, a les pouvoirs et les moyens pour terminer tous
les rapports qui étaient en cours lors du transfert.
Le Président :
Principale, M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet :
Merci beaucoup, M. le Président. On se souvient tous que le gouvernement était
bien pressé d'adopter le projet de
loi sur le REM, on se souvient aussi que la Coalition
avenir Québec hochait la tête devant les arguments
du gouvernement. Mon collègue de Sanguinet, lui, se posait des
questions sur le montage financier. On voulait prendre notre temps. On voulait comprendre, on voulait savoir qu'est-ce qui allait se passer avec des
dépassements de coûts. On a demandé
une commission parlementaire, on n'a rien eu. Bien, non, le Parti libéral et la
CAQ étaient trop pressés, M. le
Président. Maintenant, ce que le Parti québécois redoute est en train
d'arriver. On sait maintenant que le REM du Parti libéral et de la CAQ ne coûtera pas 5,5 milliards, M. le
Président, mais on s'achemine vers 8 milliards. Imaginez, M. le
Président, aucun coup de pelle de donné et 45 % de dépassement de coûts.
Et, donc, qui va
payer ces dépassements de coûts, M. le ministre?
Le Président :
M. le ministre des Transports.
Fortin (Pontiac) : Merci, M. le Président. À la lueur de la question
du député de René-Lévesque, commençons par
rappeler les faits. La Caisse de dépôt et de placement nous avait indiqué, il y
a quelques semaines, que la conclusion des
appels d'offres était reportée quelque peu. Maintenant, M. le Président, deux
choses. Pour la première
partie de l'appel d'offres, celle pour les véhicules, l'achat de véhicules, celle pour l'entretien à long terme, la Caisse de dépôt nous informe aujourd'hui que l'appel d'offres a réussi à identifier un consortium qui remplit les exigences au niveau
de la qualité, un consortium qui remplit les exigences au niveau du
rapport qualité-prix.
Pour
la deuxième
partie de l'appel
d'offres, l'appel d'offres pour l'ingénierie et construction, ce que la Caisse de
dépôt nous dit présentement, M. le Président, c'est qu'il
y a un facteur qualité qui est au
rendez-vous, mais que le rapport qualité-prix peut être amélioré. Alors, la Caisse de dépôt nous informe qu'ils vont prendre le temps additionnel pour bien faire les choses, pour faire une négociation avec les différents consortiums qui ont mis de l'avant des propositions pour obtenir le meilleur
rapport qualité-prix possible. Comme contribuable, M. le Président, comme citoyen, il m'apparaît que c'est une bonne pratique, une
bonne gestion des finances publiques.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet :
Merci beaucoup, M. le Président. Si la caisse avait fait rentrer dans son
budget l'ingénierie et la construction, elle
n'aurait pas eu besoin de repousser l'échéance. Gouverner, M. le Président, c'est prévoir. Gouverner, c'est de savoir qui va payer le
dépassement de coûts.
Alors,
est-ce que c'est le contribuable ou le contribuable à l'intérieur de son actionnariat à la Caisse
de dépôt? Qui paie?
Le Président :
S'il vous plaît! M. le ministre des Transports.
Fortin (Pontiac) : Merci, M. le Président. Je rappelle au député, ce que la caisse nous dit
aujourd'hui, c'est qu'elle
entame une période de négociation avec l'ensemble des consortiums qui ont appliqué sur l'appel d'offres pour la
partie ingénierie et construction. M. le
Président, les coûts associés à cette
partie de l'appel d'offres étaient prévus
dans les coûts initiaux identifiés
par la Caisse de dépôt et pour lesquels nous avons travaillé avec eux
initialement. Maintenant, M. le
Président, la Caisse de dépôt continue à travailler avec ce budget-là.
Aujourd'hui, au jour 1 des négociations entre la Caisse de dépôt et
les différents consortiums, ils travaillent avec le budget qui avait été adopté
par la Caisse de dépôt.
Le Président :
En terminant.
Fortin (Pontiac) : Ils ne demandent pas d'argent additionnel au
gouvernement, et nous ne leur en offrons pas, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Merci, M. le Président. La Vérificatrice générale est déjà en train de
procéder à l'examen du montage financier. C'est à notre demande, M. le
Président.
Pour
qu'elle fasse bien son travail, est-ce que le ministre peut dire qui va payer
les extras? Je comprends que c'est le projet d'une génération, mais quel
boulet pour la prochaine génération!
Le Président :
S'il vous plaît! M. le ministre des Transports.
Fortin (Pontiac) : M. le Président, pour un projet d'une telle
ampleur, pour un projet de plusieurs milliards de dollars, pour un projet d'une ampleur qu'on n'a pas vue
depuis la construction du métro de Montréal, M. le Président, il m'apparaît
tout à fait raisonnable que la Caisse de
dépôt prenne le temps de s'asseoir avec les différents consortiums, de négocier
le meilleur rapport qualité-prix possible.
Mais
il n'est pas obligé de prendre mon mot pour ça, M. le Président, il peut se
fier à la mairesse de Montréal quand elle dit : Ça ne m'inquiète pas, je
préfère que la Caisse de dépôt et de placement prenne un peu plus son temps.
Et elle a aussi noté que, si ça permettait
de s'assurer qu'on ait les meilleures soumissions possible, c'est une bonne
pratique. Nous partageons le point de vue de la mairesse de Montréal.
Le Président :
En principale, M. le député de Rousseau.
M. Marceau : M. le Président,
il y a du neuf dans la campagne électorale cynique du Parti libéral, payée par l'argent des Québécois. Il y a deux semaines, le
ministre des Finances déposait sa mise à jour économique, et, dans le cadre financier, il n'y avait aucun surplus restant. Au
contraire, le ministre des Finances a présenté trois ans de déficits comblés par des surplus comptables des années
antérieures, trois années où les dépenses excèdent déjà les revenus. Seulement
deux semaines plus tard, on apprend dans La Presse que le
gouvernement veut baisser la taxe scolaire de 600 millions,
un beau gros cadeau électoral de 600 millions. Or, il n'y avait aucune
trace, aucune trace de ce 600 millions dans la mise à jour.
Alors, question très simple, M. le Président :
Où allez-vous prendre le 600 millions?
Le Président : M. le
ministre des Finances.
Leitão : Bon, M. le Président, finalement, on a une question sur la
mise à jour. Je me demandais, justement, où ils étaient, où ils étaient, nos amis de l'opposition. Parce que ce
qu'on a présenté le 21 novembre, à mon avis, M. le Président, c'est un excellent portrait de la
réalité du Québec aujourd'hui, M. le Président, une économie en forte
croissance, une économie en forte
croissance qui génère une création d'emplois record. On n'a jamais vu ça au
Québec depuis qu'on a des
statistiques sur la population active, un taux de chômage à 5,4 %, donc
une augmentation des revenus de l'État en provenance de cette économie qui fonctionne très bien, et qui fonctionne
très bien parce qu'il y a de la confiance, la confiance des investisseurs, la confiance des consommateurs,
qui fait que nous sommes maintenant dans une situation extrêmement positive, M. le Président, et c'est cela qui nous
permet maintenant, en même temps, de contrôler la dette, de renforcer les
services publics et de réduire les impôts.
Oui, M. le Président, réduire les impôts, c'est
important pour l'économie du Québec, c'est important pour les familles québécoises. C'est ce que nous avons fait
et c'est ce que nous allons continuer à faire à l'intérieur de nos moyens.
Maintenant,
pour ce qui est de la question sur les taxes scolaires, quand le projet de loi
sera déposé, vous verrez bien.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Rousseau.
Marceau : M. le Président, il y a deux semaines, on nous dépose une
mise à jour avec des cadeaux pour les Québécois,
des cadeaux électoraux payés par les Québécois. Ce matin, on apprend un nouveau
cadeau et on ne sait pas d'où il
provient. Ça, là, ça fait combien de pages, M. le Président? Quelques centaines
de pages, et il n'y a pas trace du 600 millions.
Est-ce que le
ministre des Finances peut être transparent avec les Québécois, transparent
avec la population et dire où il a pris le 600 millions?
Le Président : S'il vous
plaît! S'il vous plaît! M. le ministre des Finances.
M. Leitão : ...éléments à la
question, deux éléments de réponse. Tout d'abord, depuis 2014, notre pratique budgétaire, M. le Président, c'est de toujours
présenter des budgets avec les crédits qui vont avec. Donc, vous pouvez être
certain, vous pouvez être certain que, lors
du prochain budget, de mars 2018 ou avril, on verra bien, ce budget-là va être
entièrement... le cadre financier sera entièrement détaillé.
Nous, on ne
fait pas les choses à moitié. Quand on les fait, on les fait comme il faut, M.
le Président. Et c'est parce qu'on
les fait comme il faut que nous avons maintenant la cote de crédit que nous
avons, ce qui nous permet de payer moins en intérêt sur la dette,
l'argent qui reste au Québec et pas chez les banquiers de New York, M. le
Président.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Rousseau.
Marceau : C'est vrai que le gouvernement est cynique jusqu'au bout,
complètement et totalement. Il n'y a pas une once, une once d'honnêteté
dans ce que je viens d'entendre.
Président : S'il vous plaît! S'il vous plaît! Laissez-moi
régler ça facilement. M. le député de Rousseau, vous ferez attention
dans vos euphémismes.
Marceau : Excusez-moi, je voulais dire un gramme, M. le Président.
Alors, M. le Président, la question qui se pose, c'est : Qu'est-ce qui va se passer après les élections? On
sait qu'ils sont bons pour préparer des bonbons pour les Québécois, mais
on ne sait pas ce qui va se passer pour la suite. Le 600 millions, il
n'est pas là, là.
Alors,
qu'est-ce que vous allez faire? Vous allez abolir la taxe pendant un an puis
l'augmenter par la suite ou bien vous allez couper encore dans les
dépenses en éducation, comme vous l'avez fait pendant trois ans?
Président : Est-ce que ça vous tenterait d'écouter le ministre
des Finances, hein? Est-ce que ça vous tenterait? Bien, moi, ça me
tente. Alors, M. le ministre des Finances.
Leitão : Merci, M. le Président. J'apprécie que vous aimiez mes
réponses, alors je vais vous parler, à vous. Je vais vous parler, à
vous, je ne sais pas si les autres vont écouter.
Écoutez,
nous, nous avons l'habitude, comme je
l'ai dit au début, de faire les choses convenablement, comme il faut. Tous nos engagements sont entièrement
provisionnés à l'intérieur de notre cadre financier. Maintenant,
il y a ici une chose, je ne suis pas
encore très... une grande expérience parlementaire, mais il me semble qu'un projet de loi qui va être déposé seulement, je pense, demain, ce n'est pas aujourd'hui
qu'on va commencer... ou après-demain, ce n'est pas aujourd'hui qu'on va
commencer à donner les détails de tout ce qu'il y a dans ce projet de loi. Vous
ne savez pas ce qu'il y a dans ce projet de loi, vous ne connaissez pas les
paramètres, vous allez les connaître.
Le Président : S'il vous
plaît!
M. Leitão : Vous allez
connaître les paramètres et vous êtes... Et je vous rassure...
Le Président : En terminant.
M. Leitão : ...que ces
paramètres-là sont entièrement provisionnés à l'intérieur du cadre financier.
Le Président : Et maintenant
je donne la parole au chef du deuxième groupe d'opposition en principale.
M. Legault : Oui, M.
le Président, il y a
10 ans, 10 ans, la commission Bouchard-Taylor rendait public son rapport. Ça a pris 10 ans pour que le gouvernement libéral finisse par accoucher du projet
de loi n° 62, la
loi sur les
services à visage découvert, qui va sûrement
faire jurisprudence en
matière d'improvisation. Presque tout le monde au Québec a jugé que cette loi était broche à foin. Gérard Bouchard l'a
qualifiée de complètement ratée, coup d'épée dans l'eau. Et, vendredi dernier, la Cour supérieure a suspendu l'article
de la
loi sur les services à visage découvert, et je cite le juge : En
l'absence des lignes directrices, il
y a suffisamment d'ambiguïté qui cause de la confusion pour les demandeurs et
le public. Quelle improvisation!
Comment le
premier ministre peut-il justifier, après autant d'années, de ne toujours pas
être capable de déposer des lignes directrices?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Couillard : M. le Président,
au contraire, je suis très fier de dire qu'on a rigoureusement rempli notre engagement et la position qu'on a défendue
publiquement depuis maintenant presque cinq ans. Nous avions dit que nous
allions légiférer pour quoi? Pour encadrer la gestion des demandes
d'accommodement, c'est fait; déclarer la neutralité religieuse de l'État, c'est fait; et faire en
sorte que les services publics soient donnés et reçus à visage découvert, c'est
fait.
Le jugement
de la Cour supérieure ou plutôt la... Je ne sais pas si le terme technique,
c'est jugement, mais la décision de la Cour supérieure ne met, en aucun
cas, en cause le fond du projet de loi. Tout ce que le juge dit, il nous demande : Voulez-vous, s'il vous plaît,
bientôt produire les lignes d'application?, ce que nous avions prévu de faire,
de toute façon. Alors, ça ne change
strictement rien. Nous sommes convaincus, nous, par rapport aux propositions
que font la CAQ et le PQ, nous sommes convaincus, nous, que notre
proposition législative respecte les chartes.
Est-ce qu'il
est en mesure de dire que ses propositions respectent les chartes? Voilà ce qui
serait intéressant. Alors, quand on
est allé se mouiller avec le burkini, et compagnie, en général on ne devrait
pas donner trop de leçons aux autres sur
le respect des chartes des droits. Alors, nous, on est tout à fait en ligne
avec ces chartes, on le croit fermement.
On a rempli notre engagement. On a dit, encore une fois, aux Québécois ce qu'on ferait, on l'a fait. On va produire les
lignes directrices, comme prévu, et c'est tout.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault : M. le
Président, on se souvient tous de la
confusion de la ministre de la
Justice pour ce qui est des services à visage découvert dans les autobus, des
moments qui sont dignes de la Ligue nationale d'improvisation. M. le Président, vendredi dernier, il y a
un juge qui a dit : Vous auriez dû déposer des directives.
Pourquoi il
ne les a pas déposés, les directives, le premier ministre? Il nous dit
presque qu'il avait prévu ça. Pourquoi il ne l'a pas
fait?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : Contrairement à
la deuxième opposition, nous, on fait les choses en les préparant, en
les étudiant, en comparant ce qui est
fait ailleurs. On fait les choses dans l'ordre, on fait les
choses avec profondeur, de sorte que, lorsque
ces lignes seront publiées, elles seront préparées, elles seront compatibles
avec le texte de la loi et, encore une fois, compatibles avec nos chartes.
Maintenant,
je reviens sur mes remarques d'il y a quelques instants. Comment est-ce que le chef de la deuxième opposition peut aborder ce thème-là, alors que, clairement,
ce qu'il propose, lui, est totalement
anticonstitutionnel, sans l'ombre du
moindre doute? Alors, est-ce qu'il est en
train de nous dire qu'il le
sait, qu'il voudrait légiférer à l'encontre des chartes volontairement et déclarer dès maintenant
qu'il va abolir les droits collectifs de milliers et de centaines de
milliers de Québécois? Est-ce que c'est ça, sa position? Nous, on croit aux
droits, on croit aux libertés.
Le Président : En terminant.
Couillard : On croit
également que l'État est neutre et que les visages doivent être découverts pour
les services publics.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault :
Les Québécois en ont assez de l'improvisation libérale. Quand ce n'est pas le
monorail du dimanche matin, c'est une
loi broche à foin sur les services à visage découvert. Je veux dire aux
Québécois que, s'ils nous font confiance le 1er octobre prochain, on va déposer une loi qui va respecter le
consensus Bouchard-Taylor. Il est temps qu'on rassemble les Québécois.
Le Président : S'il vous
plaît! M. le premier ministre.
Couillard : Venant de quelqu'un
qui a tout fait pour diviser les Québécois
au cours des dernières années, je trouve
ça extrêmement surprenant. Moi, je crois que les Québécois... Puis je veux les
traiter avec respect, sans rien prendre pour acquis, parce qu'on va défendre également, d'une part, ce qu'on aura
accompli et ce qu'on proposera aux Québécois, un nouveau Québec basé,
bien sûr, sur des finances publiques saines, une économie en croissance, des
régions qui se développent bien, la qualité
de vie au centre de nos préoccupations avec des propositions concrètes en
éducation, en santé, en conciliation
travail-famille, également — ce sont des propositions très
concrètes — avec la
mobilité, également, des régions et
entre les régions, qui répondent directement aux préoccupations de la
population. Et pourquoi on peut le faire maintenant? Parce qu'on s'est donné les moyens de le faire, parce qu'on
a maintenant une des meilleures performances financières et économiques
au Canada, qu'on domine le Canada dans la création d'emplois...
Le Président : En terminant.
M. Couillard : ...et que la
confiance des Québécois est revenue. Voilà pourquoi, M. le Président.
Le Président : Principale, M.
le député de Lévis.
M. Paradis
(Lévis) : Merci, M. le
Président. Un nouveau phénomène pénalise les 1,8 million de patients
orphelins du Québec. De plus en plus
de groupes de médecine de famille refusent de voir les patients orphelins dans
leurs cliniques sans
rendez-vous. À Baie-Comeau, aucune clinique n'accepte de voir les
8 000 patients orphelins de la ville et des environs.
Dorénavant, ils sont obligés d'aller attendre à l'urgence, même pour de petits
problèmes de santé. Selon le médecin Simon-Pierre
Landry, les patients orphelins du nord de Saint-Jérôme et des Laurentides
pourraient bientôt être touchés. Ceux
de Sainte-Claire, Saint-Anselme, Saint-Charles-de-Bellechasse sont aussi
pénalisés. Bref, le phénomène prend de l'ampleur.
Les médecins doivent respecter un taux d'assiduité de 80 %, mais ça fait
en sorte que des médecins ferment les cliniques sans rendez-vous aux
orphelins.
Qu'est-ce
que le ministre de la Santé répond aux patients orphelins de Baie-Comeau et
d'ailleurs qui sont exclus des cliniques sans rendez-vous des GMF?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : J'ai envie de donner 980 000 réponses à la
population, c'est-à-dire une réponse par personne qui a maintenant un médecin de famille, en bonne voie
pour aller à 1,3 million. Et, comme on l'a dit, M. le Président, ce sont
les gens qui sont à la recherche d'un
médecin de famille qui vont en avoir un, parce qu'il y a des gens qui n'en
veulent pas. Ce qui est beaucoup
mieux que l'improvisation caquiste, puisque le chef de la deuxième opposition
a, lui, évoqué ce thème-là, le chef
de la deuxième opposition, qui nous a dit que lui, il allait faire en sorte
essentiellement que, dans un mandat
où, on ne sait pas comment, il va se libérer de 10 milliards de dollars de
péréquation, ou encore du député de Lévis, qui nous annonce que lui, il
va faire travailler, essentiellement, les médecins 68 heures par semaine.
Est-ce qu'à la CAQ on
a quelque chose de concret à dire plutôt que de lancer ce qui ne sont que des
slogans? M. le Président, nous, on a posé
des gestes réels qui ont des effets réels, notamment par le fait que, bientôt,
nous aurons 1 million de
personnes de plus qui ont accès à un médecin de famille à cause d'une loi qu'on
a adoptée, à laquelle se sont opposés les deux partis d'opposition...
Le Président :
En terminant.
M. Barrette :
...et le député de Lévis s'est levé contre la loi du 1 million de
personnes qui ont un médecin de famille.
Le Président :
M. le député de Lévis, en complémentaire.
M. Paradis (Lévis) : Merci, M. le Président. Est-ce que le ministre pourrait, pour une fois,
répondre aux patients au centre des
préoccupations? Le Dr Roger Dubé a dit que son GMF de Baie-Comeau a fait
le choix d'écarter les patients orphelins
des cliniques sans rendez-vous. C'est un peu un cercle vicieux. Ce sont ses
paroles, au médecin. Dr Dubé reconnaît n'avoir aucune alternative à proposer aux orphelins pour éviter un
détour par l'urgence. C'est le médecin qui le dit. Même la clinique
externe de l'hôpital a mis fin à ses consultations sans rendez-vous.
y a une faille dans les règles du ministre, il pourrait l'admettre. Est-ce
qu'il veut les corriger ou rester les bras croisés?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : M. le Président, il n'y a aucune faille dans les règles.
Les règles sont très claires, il n'y a absolument rien dans les règles... Et je défie, M. le
Président, le député de Lévis de se lever et de m'indiquer quelle règle empêche
les groupes de médecine de famille de ne pas voir de clientèles qui ne sont pas
inscrites chez eux, il n'en trouvera pas. Voilà, encore une fois, un autre signe d'improvisation caquiste. C'est un fait,
ça, et on le voit ici en direct. M.
le Président, là, la réalité, c'est
que nous avons mis en place des lois et des règles pour inscrire les gens. Nous
aurons des supercliniques au Québec, nous augmentons l'accès, et les
chiffres le montrent.
Le Président :
En terminant.
Barrette : Peut-être
y a-t-il lieu de rappeler d'autres statistiques à la prochaine question de
notre cher collègue.
Le Président :
Deuxième complémentaire. M. le député de Lévis.
M. Paradis (Lévis) : Savez-vous ce qu'on voit en direct, M. le Président? C'est un ministre
qui ne répond pas, qui ne parle pas aux patients. C'est ça qu'on voit en
direct.
Au Québec,
les patients devraient pouvoir aller voir et consulter les médecins de famille
n'importe où. Avec les nouvelles règles du ministre, de plus en plus de
GMF sont maintenant réservés à une clientèle exclusive qui laisse tomber le 1,8 million de
patients orphelins. Il faut un équilibre entre la prise en charge des patients
et l'accès à des consultations sans rendez-vous pour toutes les catégories de patients — ça ne fait pas plaisir au ministre,
là — les
patients orphelins ou pas orphelins.
Pourquoi le ministre laisse tomber les patients
orphelins de Baie-Comeau? Qu'il leur parle.
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
M. Barrette : Alors, je vais parler
aux gens de Baie-Comeau et je vais faire comme à l'habitude, parler à la population entière du Québec.
Et je vais surtout parler à ceux qui, aujourd'hui, attendaient d'avoir un médecin de famille et qui, maintenant, ont un médecin
de famille parce qu'on a mis en place une loi contre laquelle le député de
Lévis, au nom de son parti, s'est
opposé. Je vais aussi parler aux 400 000 personnes qui sont inscrites au
Guichet d'accès à un médecin de
famille. Voilà un autre exemple de l'improvisation et de l'amateurisme du
député de Lévis. Il n'y en a pas 1,8 million, M. le Président, il y en a
400 000.
Le Président : En terminant.
M. Barrette : Et, au moment où on se
parle, à chaque minute un patient est avisé qu'il a maintenant un...
Le Président : Principale, M.
le député de René-Lévesque.
Ouellet : Merci beaucoup, M.
le Président. Le Québec risque de laisser sur la table des centaines de
millions de dollars au fonds d'infrastructures de transport en commun du
gouvernement fédéral s'il reste les bras croisés. À quatre mois de l'échéancier, seulement un tiers du budget réservé au
Québec a été engagé, M. le Président. Dans un
article du Soleil , on apprenait que c'est encore
pire que ce qu'on pensait. Le gouvernement libéral bloque carrément l'argent en
transport en commun pour la région de Québec. Parmi les 32 projets de transport
en commun soumis par le Réseau de
transport de la Capitale, aucun des projets n'a reçu encore l'approbation du
gouvernement du Québec. En d'autres mots, le fédéral n'a pas déboursé une cent pour les projets de RTC à cause de
votre négligence, M. le Président. C'est bien beau, là, se péter les bretelles,
là, en juillet, là, pour les 32 projets, bon, on voit bien, là, qu'il n'y a
rien qui est attaché.
Comment le
ministre des Transports explique-t-il que les investissements prévus dans le
transport en commun sont pognés dans le trafic à cause du gouvernement?
Le Président : Alors, je ne
le prendrai pas personnel, effectivement. M. le ministre des Transports.
M. Fortin (Pontiac) :
Merci, M. le Président. Je ne sais pas où était le député de René-Lévesque au
cours des derniers mois, au cours des différentes campagnes
électorales municipales auxquelles on a assisté de partout à travers le
Québec. Qu'on soit à Montréal, qu'on soit à Laval, qu'on soit à Longueuil,
qu'on soit à Québec, qu'on soit à Gatineau, qu'on soit ailleurs
au Québec, partout il y a eu des candidats élus qui prônaient des projets de
transport en commun.
Moi, je
n'entrevois aucun scénario en ce
moment où on va manquer de projets de
transport en commun pour remplir les
sommes allouées par le gouvernement
fédéral dans le cadre des différents programmes
dont il parle. Il y a sur la table plusieurs projets. Lui-même fait référence à la ville de Québec. La ville de Québec, passant par le maire de Québec, nous
a affirmé lui-même qu'il nous arriverait
avec un projet de transport en commun structurant pour la ville de Québec au cours des prochains mois.
Alors, je ne sais pas à quel projet spécifique le député de
René-Lévesque fait référence, mais nous allons travailler
avec le maire de Québec et avec la ville, avec le RTC pour identifier le projet
structurant qu'ils pourront nous présenter au cours des mois, et nous serons au
rendez-vous, M. le Président.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de René-Lévesque.
Ouellet : Merci beaucoup, M.
le Président. Si l'argent est bloqué pour le RTC, est-ce que c'est également
bloqué pour les sociétés de transport
de Montréal, de Longueuil, de Laval, de Gatineau, de Sherbrooke? C'est
923 millions dédiés au Québec.
Quel est le montant exact réservé aux sociétés
de transport au commun? Le troisième lien, c'est le lien entre les
municipalités, Québec et le fédéral. Occupez-vous-en!
Le Président : M. le ministre
des Transports.
Le Président :
S'il vous plaît!
Fortin (Pontiac) : Merci, M. le Président. Sur la table à dessin en ce
moment, M. le Président, il y a des projets qui sont très avancés. Je pense au projet de la ligne bleue à Montréal,
je pense au projet du SRB à Montréal, je pense au projet à Gatineau, je pense au projet à
Sherbrooke, il y a des projets un peu partout au Québec qui sont en ce moment
sur la table à dessin et pour lesquels nous aurons l'occasion de lui revenir
avec des réponses précises sur des échéanciers pour chacun de ces projets-là. Partout à travers le
Québec, il y a des maires qui veulent faire avancer le transport en commun
au Québec pour le bénéfice de leurs
citoyens, pour améliorer le déplacement des citoyens. Nous serons là, au
rendez-vous, et nous allons utiliser l'ensemble des sommes qui nous sont
mises de l'avant par le gouvernement fédéral.
Le Président :
Complémentaire, Mme la députée de Taschereau.
Maltais :
On ne vous parle pas d'un dossier qui est sur la table à dessin. En juillet,
avant l'élection complémentaire dans Louis-Hébert, vous avez tous paradé pour
annoncer de l'argent sur un projet approuvé au RTC. On sait bien, on sait bien,
la veille des élections...
Le Président :
Vous vous adressez à la présidence.
Maltais : ... il t'appelait son fiston, mais après, le
lendemain, comme de raison, il va oublier ton nom. La ville de Québec est 35 millions de dollars dans la
marge de crédit pour un projet que vous avez annoncé en juillet. C'est ça, la
vérité.
Allez-vous livrer
l'argent qui dort?
Le Président :
Ça s'en vient.
Le Président :
S'il vous plaît! Alors, M. le ministre des Transports.
Président : M. le ministre des Transports. À la présidence
qu'on s'adresse, Mme la députée de Taschereau, comme toujours. M. le
ministre des Transports.
Fortin (Pontiac) : Le député
de René-Lévesque pose une question par rapport aux fonds fédéraux, on répond par rapport aux fonds fédéraux. La députée de
Taschereau veut poser une question sur des projets spécifiques du RTC, on va lui répondre spécifiquement sur la question
par rapport aux projets du RTC, M. le
Président. Ce n'est pas compliqué,
on n'a pas besoin de lever le ton ici.
M. le Président, le
Réseau de transport de la Capitale et le ministère des Transports sont en
négociation pour terminer l'entente de
principe qui doit être conclue au cours des prochaines semaines, des prochains
mois. M. le Président, dès que l'entente de principe entre le ministère
et entre le RTC va être complétée, les sommes seront déboursées, et le
RTC aura les sommes prévues.
Le Président :
Principale, M. le député de Saint-Jean.
Turcotte :
...année, je me suis rendu dans l'État du Vermont avec une délégation du
Haut-Richelieu pour rencontrer les
représentants des sénateurs Bernie Sanders et Patrick Leahy, qui appuient, eux
aussi, le prolongement de l'autoroute 35.
Le Québec est le plus important partenaire d'affaires du
Vermont. Il y a plus de 1 million de camions qui franchissent cette frontière annuellement. L'an
dernier, la croissance des exportations du Québec s'est principalement faite sur le réseau routier
en direction des États-Unis. Lors de la dernière campagne électorale, le premier
ministre du Québec a annoncé le parachèvement de l'autoroute 35 dans ce
mandat-ci en présence de la ministre responsable des Relations internationales.
Les citoyens de ma région et ceux de l'État du Vermont attendent depuis trop
longtemps.
Est-ce que le
nouveau ministre des Transports peut prendre l'engagement de terminer
l'autoroute 35? Il ne reste plus grand mois, là, dans ce mandat-ci.
Est-ce qu'il va la confirmer et la terminer maintenant?
Président : M. le ministre des Transports.
M. Fortin
(Pontiac) : Merci. Merci, M. le Président. Content d'avoir l'occasion
de parler d'un autre sujet en transport.
L'autoroute 35, c'est un sujet qui pourra avoir une incidence évidente sur
le développement économique du Québec, sur le développement économique de Montréal
et procurer un lien routier important entre sa région et les États-Unis.
M. le Président, c'est un projet qui, entre autres, pourrait très
bien s'inscrire dans une démarche fédérale-provinciale axée sur le développement des corridors économiques au
cours des prochaines années. Nous sommes très conscients de l'impact que pourrait avoir sur sa communauté, sur
la communauté de Montréal, sur le développement économique du Québec un lien routier comme celui-là. C'est
pourquoi nous allons continuer les discussions avec le gouvernement fédéral
dans le cadre de ce projet-là, mais dans le
cadre d'un ensemble de projets qui sont destinés à favoriser le développement
économique à travers les projets de transport routier.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Saint-Jean.
Turcotte :
Moi, je n'ai toujours pas de réponse à l'engagement du premier ministre du
Québec, lors de la dernière campagne
électorale, qui est venu dans Le Haut-Richelieu pour annoncer le parachèvement
de l'autoroute 35. Et il
dit : C'est important, l'autoroute 35, c'est une question
de commerce et d'emploi. Vos PME ont besoin d'accès aux marchés, notamment
au marché américain, avec le libre-échange et alors que le dollar américain en
baisse...
Donc,
quand? Est-ce qu'on va l'avoir d'ici la fin du mandat? Il reste quelques
mois seulement, là, pour confirmer.
Le Président :
M. le ministre des Transports
M. Fortin
(Pontiac) : M. le Président, si j'avais la citation devant moi, que vient de lire le député de Saint-Jean, je la reprendrais mot pour mot. C'est un lien important. C'est un lien
qui pourra aider nos PME. C'est un lien économique important pour le développement de nos PME, pour le développement de nos régions, pour le développement de l'économie québécoise,
M. le Président.
Alors,
en réponse à sa question : c'est un dossier sur lequel nous pourrons
travailler avec le gouvernement
fédéral, et en temps et lieu il aura une réponse concrète sur
l'engagement que nous prendrons conjointement.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Saint-Jean.
M. Turcotte :
Écoutez, je ne sais pas ce qui bloque, là. Le ministre est d'accord. Ses trois
prédécesseurs étaient d'accord. Le
premier ministre du Québec est d'accord. Les sénateurs de l'État du Vermont
sont d'accord. Les gens de la région
sont d'accord. Et je vais déposer des résolutions de la MRC, du cégep, de
Tourisme Montérégie, de tous les organismes de la région qui sont
d'accord avec le projet. La population est d'accord. Le gouvernement fédéral
est d'accord.
Qu'est-ce qui bloque?
Pourquoi on ne débute pas les travaux? Pourquoi?
Président : D'abord, il y a
une demande de dépôt, M. le député de Saint-Jean? Est-ce
qu'il a consentement pour le dépôt des documents de
M. le député de Saint-Jean?
Alors, il y a consentement
pour le dépôt. M. le ministre des Transports.
Fortin (Pontiac) : Merci, M. le Président. Le projet de l'autoroute 35, c'est un bon
projet. Le projet de l'autoroute 35,
c'est un projet qui sera bon pour la Montérégie,
c'est un projet qui sera bon pour Montréal, c'est un projet qui sera bon pour le développement économique de
l'ensemble du Québec. M. le Président, le projet de l'autoroute 35,
c'est un exemple parfait de projet qu'on
pourra travailler en collaboration avec le gouvernement du Québec pour arriver
à des résultats... avec le gouvernement du
Canada, pour arriver à des résultats concrets pour le développement économique
du Québec. C'est ce qu'on a l'intention de faire. Je lui suggère de rester à
l'écoute.
Le Président :
La prochaine principale, je la garde. M. le député de Chambly, en principale.
M. Roberge :
M. le Président, il y a un an, j'ai demandé au ministre de l'Éducation de
mettre en place un vrai protecteur de l'élève. Depuis un an que la CAQ
dénonce le problème et propose la solution, aujourd'hui c'est avec Mmes Gingras, Wood et Perrault, qui sont avec
nous dans les tribunes, que je réitère cette même demande. Ce matin, ces
trois mères sont venues dénoncer l'absence
de soutien, l'absence de recours auxquelles elles ont fait face alors que leurs
enfants ont été victimes d'intimidation. C'est un cri du coeur qu'elles ont
lancé ce matin.
Quand
elles ont demandé l'aide au ministère
de l'Éducation, elles ont frappé un
mur. De son propre aveu, le ministère
est impuissant en matière d'intimidation dans le réseau des
écoles privées. Des centaines de parents et d'élèves, au public comme au privé, sont, en ce moment, dans une
situation où un vrai protecteur de l'élève pourrait faire la différence. On
parle de sauver des vies, M. le Président.
Est-ce que le ministre peut enfin entendre
l'appel des parents et revoir le protecteur de l'élève pour qu'il soit
indépendant?
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
M. Proulx : Oui, M. le Président. Je
remercie le collègue pour sa question, parce qu'à chaque fois qu'on a eu
l'occasion de parler de ce sujet-là j'ai toujours dit qu'il avait raison, qu'il
fallait revoir le protecteur de l'élève.
Maintenant,
M. le Président, je vous rappelle que la Protectrice du citoyen a sorti son
rapport le 31 octobre dernier et que
nous travaillons avec elle pour moderniser cette institution, qui ne fonctionne
pas. Alors, c'est dans ce contexte, M.
le Président, que je suis au travail avec les collègues pour être capable de
déposer ce qui serait une solution législative, parce qu'on ne peut pas le faire sans un changement à la loi. Alors,
c'est dans ce contexte, M. le Président, qu'on va le faire et on va le faire le plus rapidement
possible. Il n'en demeure pas moins qu'on ne travaille pas seuls, on travaille
avec des tiers, mais on veut trouver
des solutions qui seront globales et qui vont permettre à des parents, pour
tous les parents, d'avoir un accès
plus rapide, un accès moins complexe et qu'ils puissent connaître cette
institution, qui est pour eux et pour leur bénéfice.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Chambly.
Roberge : M. le Président, j'ai entendu, ce matin, l'histoire d'une
jeune fille qui s'est fait humilier, lancer des souliers dans le dos,
qui se cachait derrière une poubelle pour avoir la paix. L'école n'a pas bougé.
Pas de protecteur de l'élève pour elle,
parce qu'elle était au privé. Le ministère a dit : On ne peut rien faire
pour elle. La mère de cette enfant-là est
au salon bleu. Le ministre nous dit qu'il comprend, qu'il écoute, qu'il va
bouger. C'est trop long. On parle d'une situation de crise. On parle
d'enfants qui vivent de la détresse.
Est-ce que le ministre va bouger rapidement?
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
Proulx : M. le Président, le collègue fait référence à la lutte à
l'intimidation. Chaque école du Québec, peu importe
qu'elle soit publique ou privée, a l'obligation d'avoir un plan de lutte à l'intimidation. Dans
chacune des écoles du Québec,
il doit y avoir des personnes responsables pour faire face à de telles situations,
répondre des demandes des parents, et
c'est dans ce contexte, M. le
Président, que les choses se font. Et
les écoles privées ont des conseils
d'administration, les parents
peuvent y avoir accès, et c'est dans ce contexte que les choses doivent se
faire.
Maintenant,
le protecteur de l'élève, M. le
Président, ce n'est pas qu'en matière
d'intimidation, ça peut être pour bien d'autres raisons, et, lorsqu'on a
à déposer une solution législative, il faut prévoir l'ensemble des sujets...
Le Président : En terminant.
M. Proulx : ...et l'ensemble des possibilités
pour lesquels il faut travailler.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Chambly.
Roberge : M. le Président, trop souvent, des jeunes vivent
de l'intimidation trop longtemps. Ils peuvent même avoir des idées
suicidaires. Évidemment, le protecteur de l'élève ne règle pas tout.
Évidemment, ce sont d'abord les intervenants dans l'école, les directions d'école qui doivent bouger.
Mais le protecteur de l'élève, ça devrait être un filet de sécurité. En
ce moment, on échappe nos jeunes dans le privé et dans le public.
ministre doit s'engager à agir rapidement, à avoir un protecteur de l'élève
national indépendant, accessible à tous au privé et au public. Le
fera-t-il? Et quand?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
M. Proulx : M. le Président, j'ai eu l'occasion de le dire il y a quelques
instants, ça fait quelques mois qu'on en parle, et, à chaque fois, je réitère la même chose : Ça ne
fonctionne pas, il faut faire les choses différemment, il faut déposer un projet de loi. Mais peut-être que le collègue
ne travaille que sur ce dossier-là, mais ce n'est pas le cas, M. le Président,
dans l'ensemble du ministère de l'Éducation.
Les légistes travaillent à beaucoup de choses et ils travaillent sur ce projet.
Ils travaillent en collaboration avec la
Protectrice du citoyen. On va donner, oui, des dents, on va donner, oui, une
forme qui est beaucoup plus
acceptable pour l'ensemble des gens et on va donner l'occasion à ceux qui
veulent se faire entendre de le faire dans un modèle qui sera déposé
sous peu, M. le Président.
Le Président :
Principale, M. le député de Sanguinet.
M. Therrien :
M. le Président, nous avons appris la semaine dernière que l'ancienne usine
d'Alstom achetée en 2015 par
GE Power fermera ses portes après plus de 50 ans d'existence dans la municipalité
de La Prairie. Pendant ce temps, le député de La Prairie joue
au courant d'air : aucune déclaration de sa part, rien pour les
travailleurs, c'est le silence radio. Des
dizaines de familles sont toujours sans nouvelles. Ils sont inquiets, M. le
Président. C'est inacceptable. Ils sont dans l'obscurité totale. Ce
silence est-il justement une commande du gouvernement? On sait que le député de
La Prairie est davantage le
représentant du gouvernement dans son comté et non pas le représentant de sa population
à son gouvernement.
le Président, que va faire le ministre de l'Économie pour tenter de sauver les
emplois de l'usine d'Alstom? Les travailleurs sont en droit de savoir.
Ce sont des emplois de qualité et d'avenir.
Le Président :
Mme la ministre responsable de l'Économie.
Mme Anglade :
M. le Président, d'abord, j'aimerais dire que le député de La Prairie est
venu s'enquérir à plusieurs reprises,
savoir ce qui est en train de se passer pour les emplois, et, oui, nous avons
agi avec le député de La Prairie pour vraiment communiquer avec
l'entreprise et nous assurer que tous les emplois soient préservés. Mais, M. le
Président, j'aimerais qu'on regarde de
manière générale l'économie du Québec, parce que, quand on se lève, en face, on
critique l'économie du Québec, mais
l'économie du Québec se porte bien. Ce que l'on constate, c'est qu'il y a de la
croissance puis de la création d'emplois partout, des projets partout. Chaque
fois qu'on se lève le matin, M. le Président, on regarde des projets puis on essaie d'en livrer dans les
différentes régions du Québec. Hier, c'était où? C'était la laiterie à
Gatineau, sinon c'est Kruger, sinon
on en fait à LM Wind Power à Gaspé. On en fait dans toutes les régions du
Québec, M. le Président. Eux, quand est-ce qu'ils ont des projets à
proposer, M. le Président?
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Sanguinet.
Le Président :
En complémentaire, M. le leader? Non. M. le député de Sanguinet.
M. Therrien :
Aucune réponse de la part du ministre de l'Économie. Quand elle nous dit que le
député de La Prairie fait son travail... il fait tellement son travail que vous n'avez même pas de réponse à
nous donner. Puis, quand on regarde à
La Prairie, moi je suis à côté, là, j'entends les gens qui
disent : Il n'est pas là, le député
de La Prairie, pour nous
aider. Dans ce dossier-là, il n'est
pas là, il n'est pas présent, puis la preuve, c'est que vous n'avez aucune
réponse à nous donner, vous ne nous dites rien pantoute, vous ne parlez
pas du dossier de la GE Power dans le comté de La Prairie.
Réveillez-vous, Mme
la ministre, il est temps que vous opériez, il y a des emplois de qualité en
jeu.
Président : S'il vous plaît! S'il vous plaît!
Le Président :
On perd notre temps. On perd notre temps.
Président : M. le député de Sanguinet, il ne faut jamais perdre le sens du décorum
quand on est ici. Mme la
ministre responsable de l'Économie.
Anglade : M. le Président, le député de La Prairie s'est enquis des discussions qui ont eu lieu avec
Alstom, il a justement
démontré à quel point ça l'intéressait. Mais, M. le Président, vous savez
quoi? Pendant des semaines, des mois,
on se lève puis on regarde les différents projets; en moyenne, cinq, six, 10
projets par semaine que l'on regarde. Quand
est-ce que le député
en face s'est levé pour nous poser une question sur un projet économique? M. le
Président, vous savez combien de fois
il s'est levé pour venir me voir puis venir proposer des projets pour le
Québec? Zéro fois, M. le Président, zéro fois. Il a mon numéro de
cellulaire, il peut m'appeler. Ma foi, je suis plutôt assez sympathique.
Discutons des projets pour bâtir le Québec, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Sanguinet.
Therrien :
M. le Président, c'est ces gens-là qui ovationnaient Jean Charest la semaine
passée, là. Ça ne m'énerve pas bien, bien. Écoutez, encore une fois, absence de
réponse. Il y a des dizaines d'emplois en jeu, c'est des emplois de qualité. Ces gens-là méritent une
réponse claire. Ils n'ont pas d'information. Ils n'en ont pas eu du député de
La Prairie. On espère que vous allez
vous lever en Chambre, que vous allez parler aux travailleurs qui vont perdre
leurs emplois.
Est-ce que vous allez
faire quelque chose pour préserver ces emplois de qualité là? Oui ou non?
Le Président :
S'il vous plaît! Mme la ministre responsable de l'Économie.
Anglade : M. le Président, tous les jours, on fait des choses sur les
emplois au Québec. M. le Président, c'est
des cinquantaines de projets que l'on annonce dans toutes les régions du
Québec. Pour Alstom, s'il veut en parler, on en parlera. M. le Président, on défend les emplois du Québec tous les
jours. Puis, quand il voudra en discuter, bien, qu'il prenne son
téléphone puis qu'il nous appelle, M. le Président. La réalité, M. le
Président, c'est que le député de La Prairie défend les intérêts de son
comté au quotidien.
Bérubé :
Question de règlement.
Le Président :
Oui, je vous écoute. Rapidement.
Bérubé : ...article 79, le lieu privilégié pour répondre aux questions, c'est l'Assemblée nationale, à la période
des questions.
Le Président :
Mme la ministre de l'Économie, il vous reste encore 12 secondes.
Anglade : M. le Président, quand il y a des emplois qui sont maintenus partout, en
Mauricie et en Estrie avec Kruger,
quand il y a des emplois qui sont repris à Cascades, quand il y a des emplois
qui sont créés — le minerai
de fer — qu'il
y a des emplois qui sont maintenus partout, on repassera pour les...
Président : S'il vous plaît! Est-ce qu'il y a une question de ce côté-là? Principale, M. le député de Granby.
Bonnardel : M. le
Président, dernièrement, Desjardins nous apprenait que l'indice d'abordabilité des maisons au Québec avait diminué. Le prix des maisons,
principalement dans la grande région de Montréal, progresse plus rapidement que les revenus.
Voilà un
mois, j'ai interpellé le ministre des
Finances sur la mise en place de
nouvelles règles hypothécaires par Ottawa, qui veut encore
une fois restreindre l'accès à la
propriété. Ces mesures visent les marchés de Vancouver et Toronto mais affectent le Québec. En réponse, le ministre
a soutenu que ces règles étaient une bonne chose et une bonne nouvelle pour les Québécois. M. le
Président, pourtant, le 22 avril
dernier, le ministre disait, et je le cite : «À mon avis, il n'y a
pas vraiment lieu de prendre des mesures nationales parce que
les situations sont très différentes de marché en marché. On
craignait des mesures nationales dirigées à Toronto,
mais qui finiraient par avoir un effet secondaire négatif chez nous.»
C'est le ministre des Finances qui a dit ça.
Est-ce que
le ministre pense encore que c'est une bonne idée de
restreindre l'accès à la propriété des familles?
Le Président : M. le ministre
des Finances.
Leitão : M. le Président, oui, ce que j'ai dit en avril, c'est exactement la même chose aujourd'hui. Les mesures nationales pour
cibler des marchés particuliers, des marchés hypothécaires ne marchent pas, ne
fonctionnent pas, ne sont pas
appropriées. Ce dont il est question ici, ce sont des mesures prudentielles. Ce
qu'on essaie de faire, c'est de prévenir le surendettement des ménages québécois, et ça, je pense, c'est un objectif
que nous partageons tous ici. Nous ne voulons pas avoir des ménages
surendettés, et ces règles-là vont adresser cette question-là.
Maintenant,
il y a une autre chose, M. le
Président. Nous avons un taux de chômage de 5,4 % au Québec aujourd'hui. On n'a besoin d'aucune, aucune leçon de
la part de ce parti-là pour nous dire quoi faire en termes de développement
économique, ils ne savent pas quoi faire.
Le Président : Alors, cela
met fin à la période de questions et de réponses orales.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, est-ce qu'on doit suspendre ou poursuivre?
Le Vice-Président (M. Gendron) : Ah!
bien, pour poursuivre, il faut le faire dans l'ordre.
Vice-Président (M. Gendron) :
Non, mais, pour poursuivre, il faut le faire dans l'ordre. Ce n'est pas le cas,
là. Alors, la période de questions est terminée.
Nous sommes à
la rubrique des motions sans préavis, et je reconnais un membre du groupe formant l'opposition officielle, en l'occurrence Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve, pour la présentation de sa motion sans préavis. À vous.
Poirier : Merci, M. le Président. Alors, je
sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter,
conjointement avec la députée de Montarville, le député
de Mercier, le député de
Gaspé, la députée de Vachon et le député de Groulx, la motion
suivante :
«Que
l'Assemblée nationale déplore la décision du gouvernement fédéral d'expulser la
famille Lawrence vers le Sri Lanka;
«Qu'elle
reconnaisse le caractère exceptionnel du
geste posé par le ministre de l'Immigration [et] de la Diversité et de
l'Inclusion du Québec qui a émis un certificat de sélection du Québec à la
famille;
«Qu'elle
demande au gouvernement fédéral de poser des gestes concrets pour faire en
sorte de réduire les délais de
traitement des demandes d'asile de la Commission de l'immigration et du statut
de réfugié du Canada, qui peuvent dépasser les 5 ans;
«Qu'elle
réaffirme la capacité du Québec d'exercer ses pleins pouvoirs quant à la
sélection de ses immigrants.»
Le Vice-Président (M. Gendron) : M.
le leader adjoint du gouvernement.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Est-ce que cette motion est adoptée?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : La motion étant adoptée... Oui, M. le leader de
l'opposition officielle.
Bérubé :
M. le Président, nous demandons un vote par appel nominal.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Non, non, ça...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Oui.
Vice-Président (M. Gendron) : Et je vous assure que vous avez raison.
C'est moi qui ai fait l'erreur, je le reconnais.
J'ai fait l'erreur de dire «adopté» alors qu'il était debout pour... Et je m'en
doutais, que ça devait être pour le vote. Alors, moi, je suis capable d'admettre une erreur que j'ai commise, là.
Alors, est-ce que vous acceptez qu'on mette ça au vote tout de suite,
Vice-Président (M. Gendron) : Alors, on accepte de la mettre au vote
tout de suite. On va perdre moins de temps, parce que tout le monde est
là. M. le whip, ça va?
Vice-Président (M. Gendron) : Alors, quels sont ceux qui sont
favorables? Veuillez vous lever, s'il vous plaît.
Le Secrétaire adjoint : M. Lisée (Rosemont), M. Bérubé
(Matane-Matapédia), Mme Hivon (Joliette), M. Marceau (Rousseau), Mme Léger (Pointe-aux-Trembles),
M. LeBel (Rimouski), Mme Maltais (Taschereau), Mme Lamarre
(Taillon), M. Bergeron
(Verchères), M. Leclair (Beauharnois), M. Rochon (Richelieu),
Mme Poirier (Hochelaga-Maisonneuve), M. Cloutier
(Lac-Saint-Jean), M. Therrien (Sanguinet), M. Gaudreault (Jonquière),
M. Pagé (Labelle), M. Cousineau (Bertrand),
M. Bourcier (Saint-Jérôme), Mme Jean (Chicoutimi), M. Ouellet
(René-Lévesque), M. Villeneuve (Berthier), Mme Fournier
(Marie-Victorin), M. Traversy (Terrebonne), M. Kotto (Bourget),
M. Turcotte (Saint-Jean), M. Roy (Bonaventure).
M. Fournier (Saint-Laurent),
Mme Anglade (Saint-Henri—Sainte-Anne), M. Billette (Huntingdon), Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel), M. Leitão (Robert-Baldwin),
M. Arcand (Mont-Royal), M. Coiteux (Nelligan), Mme David
(Outremont), M. Proulx (Jean-Talon), M. D'Amour (Rivière-du-Loup—Témiscouata),
Mme Nichols (Vaudreuil), M. Kelley
(Jacques-Cartier), Mme Vallée (Gatineau), Mme Charlebois (Soulanges),
M. Barrette (La Pinière), Mme Weil (Notre-Dame-de-Grâce),
M. Lessard (Lotbinière-Frontenac), M. Moreau (Châteauguay),
Mme Vien (Bellechasse), Mme Ménard (Laporte), M. Fortin
(Pontiac), Mme Tremblay (Chauveau), M. Fortin (Sherbrooke),
M. Reid (Orford), M. Morin
(Côte-du-Sud), M. Bernier (Montmorency), Mme Montpetit (Crémazie),
Mme Boulet (Laviolette), Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger),
M. Tanguay (LaFontaine), Mme Melançon (Verdun), M. Blais
(Charlesbourg), Mme Charbonneau (Mille-Îles), M. Carrière (Chapleau),
M. Drolet (Jean-Lesage), Mme de Santis (Bourassa-Sauvé),
M. Bolduc (Mégantic), M. Simard (Dubuc), M. Matte (Portneuf),
M. Chevarie (Îles-de-la-Madeleine), M. Girard (Trois-Rivières), M. Huot
(Vanier-Les Rivières), M. Rousselle (Vimont), Mme Vallières (Richmond),
M. Auger (Champlain), M. Birnbaum
(D'Arcy-McGee), M. Boucher (Ungava), M. Bourgeois (Abitibi-Est),
M. Giguère (Saint-Maurice),
M. Habel (Sainte-Rose), M. Hardy (Saint-François), M. Merlini
(La Prairie), M. Plante (Maskinongé), M. Polo
(Laval-des-Rapides), M. St-Denis (Argenteuil), Mme Simard (Charlevoix—Côte-de-Beaupré),
M. Busque (Beauce-Sud), Mme Sauvé (Fabre).
M. Legault (L'Assomption),
M. Bonnardel (Granby), M. Caire (La Peltrie),
M. Jolin-Barrette (Borduas), M. Picard
(Chutes-de-la-Chaudière), M. Charette (Deux-Montagnes), M. Martel
(Nicolet-Bécancour), Mme Roy (Montarville), Mme Samson (Iberville),
M. Laframboise (Blainville), M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs),
M. Lefebvre (Arthabaska), M. Lemay
(Masson), Mme Lavallée (Repentigny), M. Lamontagne (Johnson),
Mme D'Amours (Mirabel), Mme Soucy (Saint-Hyacinthe),
Mme Guilbault (Louis-Hébert), M. Paradis (Lévis), M. Spénard
(Beauce-Nord).
Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques), M. Nadeau-Dubois (Gouin),
M. Khadir (Mercier), M. Surprenant (Groulx), M. Lelièvre
(Gaspé), Mme Ouellet (Vachon).
Le Vice-Président (M. Gendron) : Est-ce qu'il y
a des gens contre? Y a-t-il des abstentions? M. le secrétaire général,
pour le résultat du vote.
Secrétaire : Pour : 110
Contre :
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Merci. Alors, cette motion est adoptée.
Je reconnais maintenant, toujours aux motions
sans préavis, un membre du deuxième groupe de l'opposition. Je reconnais M. le
député de Beauce-Nord pour la présentation de sa motion sans préavis.
Spénard : Merci, M.
le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Un
instant, là. Un instant. Un instant, M. le député.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Ça
sera fait. M. le député de Beauce-Nord.
Spénard : Merci, M.
le Président. Je demande le consentement pour déposer la motion
suivante conjointement avec le leader
de l'opposition officielle, le député de Mercier, la députée de Vachon, le
député de Gaspé, le député de Groulx :
«Que
l'Assemblée nationale exige de l'UPAC qu'elle remette aux parlementaires le
Rapport préliminaire sur la démarche d'amélioration au Service de la
vérification de l'Unité permanente anticorruption dans son intégralité;
«Que
l'Assemblée nationale exige de la Sûreté du Québec qu'elle remette aux
parlementaires les notes produites par
Madame Karine Martel en lien avec un diagnostic organisationnel des policiers
de la Sûreté du Québec qui sont à l'Unité permanente anticorruption;
«Que cette motion devienne un ordre de
l'Assemblée.»
Le Vice-Président (M. Gendron) : M.
le leader adjoint du gouvernement? Il n'y a pas de consentement. Je reconnais
maintenant un membre du...
Vice-Président (M. Gendron) : S'il vous plaît! Je reconnais maintenant
un membre formant le gouvernement et je
reconnais M. le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale pour la
présentation de sa motion sans préavis. À vous.
Blais : Merci, M. le Président. Je sollicite le consentement de cette
Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec le
député de Rimouski, le député de Drummond—Bois-Francs, la députée de
Sainte-Marie—Saint-Jacques,
le député de Gaspé et le député de Groulx :
«Que
l'Assemblée nationale souligne la Journée internationale des bénévoles, qui se
tient annuellement le 5 décembre, rendant hommage aux millions de
Québécoises et [de] Québécois qui, chaque année, oeuvrent bénévolement afin de
contribuer au bien-être de leur communauté.»
Le Vice-Président (M. Gendron) : M.
le leader adjoint du gouvernement.
M. Tanguay : Oui. Nous
proposons de l'adopter sans débat, M. le Président.
Vice-Président (M. Gendron) : Est-ce que cette motion est adoptée?
Alors, je n'ai pas personne qui s'y oppose. Merci. La motion est
adoptée.
Je cède la
parole maintenant à Mme la députée de Vachon pour la présentation de sa motion
sans préavis. Mme la députée, à vous.
Mme Ouellet : Oui. Merci, M. le Président. Je demande le
consentement de la Chambre pour débattre de la motion suivante conjointement avec le député de Rimouski,
le député de Gaspé, le député de Lévis, le député de Mercier et le
député de Groulx :
«Que l'Assemblée nationale rappelle
que le Chantier Davie de Lévis est le plus important au Canada, qu'il possède
à lui seul 50 % de la capacité de
production du Canada et qu'il a été nommé meilleur chantier naval d'Amérique du
Nord en 2015;
«Qu'elle
souligne que la Davie est le seul chantier à avoir livré un navire dans le
cadre de la stratégie de construction navale canadienne, l'Asterix, au
quart du coût de ses compétiteurs et selon l'échéancier prévu;
«Qu'elle
rappelle également que la Davie n'a reçu à ce jour que moins de 1 % de la
stratégie de construction navale du Canada qui est maintenant estimée à
plus de 100 milliards de dollars, une injustice qui doit être corrigée;
«Qu'elle
souligne que les Québécois et les Québécoises payeront de leur poche
20 milliards de dollars pour cette stratégie;
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement canadien d'octroyer au Québec sa
juste part des contrats qui vont
permettre au Chantier Davie d'augmenter le nombre d'emplois de même que les
contrats avec les sous-traitants.»
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Alors, M. le leader adjoint du gouvernement, y a-t-il
consentement pour débattre de cette motion?
M. Tanguay :
Pas de consentement, M. le Président.
Vice-Président (M. Gendron) : Il n'y a pas de consentement. Ça met fin
à la rubrique Motions sans préavis.
cède à nouveau la parole à M. le leader adjoint du gouvernement pour la
présentation des avis concernant les commissions. À vous.
Tanguay : Oui, tout à fait, M. le Président. Alors, j'avise
cette Assemblée que la Commission de la santé et des services sociaux
poursuivra les consultations particulières à l'égard du projet de loi
n° 157, Loi constituant la Société québécoise
du cannabis, édictant la Loi encadrant le cannabis et modifiant diverses
dispositions en matière de sécurité routière, dès maintenant pour une
durée de 2 h 15 min, à la salle du Conseil législatif;
M. le Président, la Commission des institutions poursuivra l'étude détaillée à
l'égard du projet de loi n° 107, Loi
visant à accroître la compétence et l'indépendance du commissaire à la lutte
contre la corruption et du Bureau des enquêtes
indépendantes ainsi que le pouvoir du directeur des poursuites criminelles et pénales
d'accorder certains avantages à des
témoins collaborateurs, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à
17 h 30 et de 19 h 30 à 21 h 30, à la salle
Louis-Joseph-Papineau.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Alors, je vous remercie, M. le leader.
Pour ma part, je vous
avise que la Commission de la culture et de l'éducation se réunira en séance de
travail aujourd'hui, de 16 heures à
17 heures, à la salle 3.31, afin d'organiser les travaux de la commission
relativement au projet de loi d'intérêt privé n° 234, Loi modifiant
la Charte de l'Université de Montréal.
Je vous avise
également que la Commission des institutions se réunira en séance de travail
aujourd'hui, de 18 heures à
18 h 45, à la salle RC.171, afin de statuer sur la possibilité
que la commission se saisisse d'un mandat d'initiative visant à demander à l'Unité permanente
anticorruption et à la Sûreté du Québec de produire des documents, et demain,
le mercredi 6 décembre, pour une durée de
45 minutes, à la salle RC.161, afin de statuer sur la possibilité que
la commission se saisisse d'un mandat
d'initiative sur les méthodes d'endoctrinement de sectes structurées et de leur
impact sur leurs membres, notamment quand ceux-ci sont en situation
médicale d'urgence, en particulier les femmes.
Nous
en sommes maintenant à la rubrique Renseignements sur les travaux. Il n'y a pas
de demande de renseignements?
Alors, la période
affaires courantes étant terminée, je cède à nouveau la parole à M. le leader
adjoint...
Vice-Président (M. Gendron) : ...excusez, à Mme la leader adjointe du
gouvernement. À vous, Mme la ministre.
Mme Vien :
Alors, bonjour, M. le Président. Alors, veuillez appeler l'article 13,
s'il vous plaît.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Alors, à l'article 13, c'est l'Assemblée qui
reprend le débat, ajourné le 1er décembre 2017, sur l'adoption du principe
du projet de loi n° 149, Loi bonifiant le régime de rentes du Québec et modifiant diverses dispositions législatives en
matière de retraite. Alors, je suis prêt à recevoir les interventions s'il y en
Le Vice-Président (M.
Gendron) : Oui. Bien, c'est pour ça que j'ai dit «s'il y en a». Il
faut se lever. Alors, M. le député, à vous la parole pour vos remarques.
Therrien :
Merci, M. le Président. Je pense qu'il me restait à peu près 15 minutes.
Est-ce que ça se peut ou...
Le Vice-Président (M. Gendron) : On
va vérifier. Oui, il vous restait du temps.
Therrien : O.K.
Merci, M. le Président. Alors, j'en étais à...
Le Vice-Président (M. Gendron) : On
va vous le dire...
Therrien :
O.K. Pas de problème. Merci, M. le Président. Écoutez, quand j'avais commencé
la semaine passée, j'avais commencé
par parler, justement, du problème des régimes de retraite. Je ne reviendrai
pas, là, totalement là-dessus, là.
Juste faire
un petit, petit résumé. On avait vu qu'il y avait des problèmes dans les
régimes de retraite et qu'il fallait agir.
Il fallait faire en sorte qu'on puisse assurer l'avenir financier des gens qui
allaient prendre une retraite, que ce soient des jeunes, des adultes ou des gens qui sont vraiment, là, à la fin de
leur vie active, il fallait garantir une certaine santé financière pour ces gens-là. Et donc, à l'époque,
et on était beaucoup plus jeunes à l'époque, le 1er décembre, j'avais dit
que, pour intervenir correctement,
intelligemment, il fallait savoir comment fonctionnaient les régimes de
retraite, comment on finançait les
régimes de retraite. J'avais dit au départ qu'il y avait un régime qui était
universel, c'est le régime fédéral. Il
y avait un supplément du revenu garanti pour les gens qui avaient des revenus
très faibles, pour faire en sorte qu'ils ne soient pas dans une situation trop précaire à la retraite. Puis le
rapport D'Amours faisait une belle image de ça, il montrait, là, une maison avec trois étages. Le premier
étage, c'était la fondation de la bâtisse. Ensuite, on arrivait au deuxième
étage, et, le deuxième étage,
c'étaient les régimes collectifs, les régimes publics. Et, dans ce cas-là,
c'est un régime qui vient du Québec,
c'est le régime des retraites du Québec, la Régie des rentes, et cette Régie
des rentes là était imposée. Lorsque tu
devenais un travailleur, tu devais mettre de l'argent dans ce régime-là. Et ça,
c'est extrêmement important, M. le Président, parce que cette obligation permettait justement à tout le monde qui
travaille d'avoir une certaine sécurité à la fin de leur vie active. Mais, selon ce qu'on a vu à
l'étranger, les régimes qui sont publics à l'étranger généralement sont plus
imposants qu'ici. Ça veut dire qu'à l'étranger on a moins de problèmes de voir
des personnes à leur retraite qui ont une certaine détresse financière,
parce que le régime public est plus imposant qu'ici.
Étant donné
cette réalité, puis à l'époque on pouvait s'assurer de seulement 25 % de
notre revenu de citoyen actif pour la
retraite, voyant ce tissu, ce filet quand même fragiles, on encourageait les
gens à avoir accès à un troisième étage, un troisième type de financement de
retraite, et c'est les retraites soit à prestations déterminées ou les
retraites à cotisation déterminée. Donc, c'est les régimes
complémentaires de retraite. Et ça, ça venait en
partie de la bonne volonté des
intervenants. Que ce soit le travailleur, que ce soit l'employeur, il n'y a
rien d'obligatoire.
C'est offert
soit par l'employeur ou c'est l'employé qui allait tout simplement chercher un
certain pécule pour assurer une
certaine pérennité financière de sa vie de retraite. Et parmi les gammes de
régimes de retraite qui sont proposées dans
les régimes complémentaires de retraite, bien, il s'agit des régimes à
prestations déterminées, des régimes à cotisation déterminée. Les
régimes à prestations déterminées sont de loin les meilleurs pour assurer une
retraite aisée.
Malheureusement,
ce qu'on s'aperçoit, c'est qu'il y a beaucoup de Québécois qui ont accès à un
régime à prestations déterminées,
mais on s'aperçoit que ces régimes-là sont en péril de plus en plus, M. le
Président, pour plusieurs raisons. Je vous
ai, au départ, parlé du vieillissement de la population, de la longévité accrue
de l'espérance de vie, on parle aussi des rendements plus faibles sur les marchés. Tout ça fait en sorte que les
employeurs qui offraient des régimes à prestations déterminées se retrouvaient à assurer un déficit
actuariel, qu'il assurait lui-même, généralement, de plus en plus lourd.
Et certaines entreprises, ou des
municipalités, ou des gouvernements se retrouvaient en une situation de déficit
extrêmement élevé, surtout à partir
de 2008, parce que la crise financière a touché des gens, bien, les gens qui
épargnaient, mais la crise financière a touché et a fait mal aussi aux
entreprises qui étaient munies de ce genre de régime là.
Alors, face à cette situation périlleuse des
régimes à prestations déterminées, on s'est posé les questions... les deux gouvernements successifs se sont posé ces
questions-là, d'abord, les libéraux jusqu'en 2012, nous, de 2012 à 2014,
et, ensuite, les libéraux ont repris le
relais... et tous étaient conscients... puis la CAQ, je pense, aussi, ils sont
conscients de ça et le Québec
solidaire, on est tous conscients du fait qu'on a un problème lié au financement
des retraites, il faut faire quelque
chose. Alors, on a créé des commissions, on a demandé à la commission D'Amours
de venir nous éclairer sur les
possibilités, sur ce qu'on pouvait faire pour améliorer le sort des régimes à
prestations déterminées, entre autres. Je
parle beaucoup des régimes à prestations déterminées, parce que c'est pas mal
le nirvana, si on veut, pour les retraités. Alors, le rapport D'Amours nous le confirme. Ils nous disent :
Bien, écoutez, les prestations déterminées, c'est le meilleur régime, il faut solidifier, améliorer la structure
de ces régimes-là, mais aussi, et ça, c'est subtil, ils disent : Pour
améliorer la survie des régimes à
prestations déterminées, ça doit passer, cette survie-là, par une amélioration
des régimes publics du deuxième
étage. Et là le rapport D'Amours disait : Plus ton deuxième étage est
solide, plus ton régime public est solide et plus les prestations
déterminées, qui vont s'asseoir sur ces régimes existants, seront également
solides.
Alors, face à
une situation du vieillissement de la population, à l'époque... bien, écoutez,
le rapport D'Amours avait parlé de
rente de longévité qu'on pourrait toucher à partir de 75 ans. Je me
rappelle, on était en commission, ils nous avaient présenté cette
solution-là de rente longévité, et cette rente longévité avait eu un accueil
généralement assez chaleureux.
Mais je me rappelle, déjà là, les syndicats, surtout, M. le Président, ils nous
disaient : La rente longévité, c'est bien, mais pourquoi ne pas utiliser une structure qui existe déjà, un
mode qui existe déjà? Et là, entre autres, les syndicats nous disaient, à l'époque : L'idéal, ce n'est
pas la rente longévité, c'est d'améliorer la Régie des rentes du Québec, de
faire en sorte d'utiliser ce qu'on possède
déjà comme régime et de le solidifier, de le rendre plus généreux. Attention!
Qui dit «généreux» dit aussi : Il faut
que ce soit payé par les employés et par les employeurs de façon adéquate.
Parce que vous savez qu'on peut avoir
des déficits actuariels aussi dans les régimes de retraite du Québec. On peut
avoir cette possibilité-là. Alors, si
vous voulez avoir quelque chose de plus généreux, vous devez avoir une
augmentation des cotisations qui va déterminer la générosité sans mettre
en péril le régime à travers un déficit actuariel.
là, à l'époque, je me rappelle, quand on parlait de ça... Et là je vous dis ça,
M. le Président, parce que toutes ces
critiques-là reviennent, dans le projet de loi actuel, alors ce n'est pas une
redondance, là. Alors, quand on avait parlé de bonifier la RRQ à l'époque, bien, les gens, entre autres la
Fédération canadienne des entreprises indépendantes, le Conseil du patronat, ces gens-là, généralement, ont
toujours eu le même discours depuis 2012. Je ne vous dis pas qu'ils ont tort,
M. le Président, je vous dis juste que c'est
un discours qu'ils ont tenu, qu'ils ont maintenu parce qu'ils y tiennent, parce
qu'ils y croient. Ils disaient, à l'époque : Bien, si tu augmentes les
cotisations d'un régime de retraite, bien, ça va tout simplement aller sous forme de
taxes salariales. Et, à ce niveau-là, le Québec n'est déjà plus concurrentiel par rapport au reste du Canada,
nos taxes salariales sont trop élevées. Et donc, à ce moment-là, on avait une
perte de compétitivité des entreprises québécoises face aux autres entreprises canadiennes.
Alors, cette remarque-là, cette critique est revenue en commission parlementaire, et c'est une critique qui a son sens, M. le Président. On ne peut pas dire qu'ils sont dans le champ gauche.
Mais,
écoutez, on a quand même, à travers cette critique-là, une réflexion à
apporter. Si on augmente la cotisation des
régimes de retraite, ça va rentrer dans une forme de rémunération
globale des employés. Et, face à cette rémunération
globale, bien, ça veut dire que les employés
vont cotiser davantage leurs régimes
de retraite, mais ils vont avoir un
salaire différé, parce que
la pension, M. le Président, c'est un salaire qui est différé. Alors, ils
vont avoir une hausse du salaire différé.
Et ça, ça rentre dans la rémunération globale, qui rentre dans la négociation salariale. Et, à ce moment-là, face à ce
bouquet que représente la rémunération globale, bien, on peut être moins exigeants sur l'augmentation de salaire immédiat.
Alors,
c'était une réflexion, à l'époque, que j'avais apportée aux différents intervenants du monde patronal. Et ils
avaient acquiescé, d'une certaine façon, en disant que, oui, le salaire peut à quelque
part s'ajuster selon ce qu'on peut offrir comme salaire différé, voire selon
les prestations à la retraite. Évidemment, le rapport D'Amours nous parlait de restructurer les régimes à prestations
déterminées, faire en sorte qu'on ait
des déficits qui sont moins lourds à porter de la part des entreprises. Pourquoi? Bien, parce que,
si ces entreprises-là se retrouvent avec des déficits actuariels extrêmement
lourds, bien, ça va mettre en cause
l'activité économique de l'entreprise. Elle peut, à la limite, faire faillite.
Là, je parle des entreprises, mais on peut parler des municipalités,
entre autres, qui ont eu le même genre de problème.
Alors,
qu'est-ce qui s'est fait, M. le Président, au niveau des régimes
complémentaires de retraite? Il s'est passé des choses. On a encouragé les Québécois à économiser davantage. Il y a
les REER qui existent. Les REER, par contre, c'est volontaire. Alors, les gens peuvent mettre de l'argent dans un
REER, c'est plafonné, c'est volontaire. Et là les gens se disaient : Bien, les Québécois ne mettent pas
assez d'argent dans les REER. Il ne faudrait peut-être pas que ça soit
volontaire.
c'est là qu'on a sorti une idée. Et ça s'est fait sous le régime du Parti
québécois, mais les libéraux étaient d'accord avec ça, et les caquistes aussi,
il me semble qu'ils étaient d'accord. Je pense aussi que Québec solidaire était
d'accord, mais ça fait un petit bout de temps, là. Les RVER, je pense qu'ils
étaient d'accord aussi, mais je ne suis pas sûr. Les RVER, c'est les régimes volontaires d'épargne-retraite, c'est dire
que vous êtes obligé de mettre de l'argent dans un fonds de retraite. Mais «obligé», c'est un gros
mot. C'est qu'on vous inscrit et vous avez la possibilité de vous retirer si
vous voulez. Alors donc, les RVER étaient remplis d'espoir. Et malheureusement,
malheureusement, ça ne s'est pas concrétisé,
M. le Président, ça n'a pas l'efficacité qu'on aurait attendue. Est-ce qu'il y
a des changements à faire là-dessus? Je
ne suis pas le responsable des régimes de retraite dans le Parti québécois. Il
faudrait que j'en parle à mon collègue. Mais je pense qu'il y a des
choses à revoir là-dessus.
a fait le projet de loi n° 3. Ce gouvernement, en 2014, a décidé de faire
le projet de loi n° 3. Vous savez, des fois, on fait des choses, puis on dit : C'est un oeil au beurre
noir. Bien, pour le gouvernement, le projet de loi n° 3, ce n'est pas oeil au beurre noir, c'est deux yeux au beurre
noir, c'est le festival du raton laveur, M. le Président. Alors, ils ont eu
l'air, tout au long de la commission,
d'une gang de ratons laveurs, pour vrai, parce que ce projet de loi n'avait
aucun sens, aucun sens. Quand même
qu'on se gratterait le front avec les dents d'en haut, qu'on poserait des
questions à un golden retriever avec
un képi sur la tête, tous sont d'accord, ça n'a pas de sens. Et, tout le long,
la commission, 110 heures de temps, moi, j'ai vu un projet de loi
qui n'avait pas de sens, M. le Président. Je m'arrachais les cheveux de la
tête. J'étais très, très touffu avant. Et je
m'arrachais les cheveux de la tête parce que ça n'avait pas de bon sens, ce qui
se passait là. Alors, c'est des bris
de contrat. Et le ministre qui a été à la charge de ce projet de loi là nous a
amené des bris de contrat. Il est revenu sur des contrats antérieurs qui avaient été dûment signés par les villes
et par les employés. Il a dit, le gouvernement a dit : Vous savez, ces contrats-là, on peut les déchirer
et on repart à neuf. C'était du
jamais-vu. On se serait cru dans un pays en voie de développement, dans une dictature quelconque où le gouvernement peut décider n'importe quoi. Alors, ça, ça n'a pas été un
succès. Mais ils ont tenté d'améliorer les régimes de retraite.
Puis
vous savez, M. le Président, il ne nous reste pas grand temps, je veux juste
vous amener cette réflexion-là. Dans
ce projet de loi là, j'avais dit au ministre : Il faut
faire confiance aux travailleurs. Les travailleurs savent qu'il
y a des problèmes de financement des régimes de retraite. Les travailleurs veulent protéger la prestation déterminée. Les travailleurs étaient venus nous voir en commission parlementaire pour nous dire : On travaille fort, on
s'améliore. Et, à l'époque, le ministre avait dit : Les déficits actuariels, c'est
3,6 milliards. Et moi, j'avais dit : Ça, ce
n'est pas les derniers chiffres. Sortez les derniers chiffres.
Savez-vous
quoi? Ils ont sorti les derniers chiffres, comme des petits coquins, après le projet de loi. Et, encore une fois, on
avait raison, M. le Président, je suis un véritable visionnaire. Je suis un
véritable visionnaire, M. le Président.
Je leur avais dit, à l'époque, qu'on avait
un déficit qui était moins que 3,6 milliards. Je l'avais estimé à 2,8, avec mon oeil de foie de morue. Et finalement,
finalement, la réalité a sorti : 2,4 milliards de déficit. On avait fait fondre le déficit de 33 %. Ils
s'étaient trompés de 50 %, M. le Président, dans leur estimation. Et ça,
c'était la preuve que les gens au Québec ont conscience des... Pardon,
vous?
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Vous devez conclure. Le temps imparti est terminé.
Therrien :
Bien, je vais conclure en disant tout simplement que les régimes de retraite
sont très importants. Et le projet de
loi avec lequel on travaille actuellement est un projet de loi qui a été
avalisé par notre parti, encouragé par notre parti...
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Merci. Alors, M. le député de Mercier, toujours sur ce projet de loi là?
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, veuillez poursuivre. À vous. Oui, veuillez faire votre intervention.
M. Khadir : Merci beaucoup, M. le Président. Je
veux rassurer mes collègues que mon intervention sera relativement courte, je l'espère. Très bien.
Alors, d'abord, pour répondre à l'interrogation du député de Sanguinet, le
régime volontaire d'épargne-retraite,
non, M. le Président, nous n'étions pas d'accord. Nous n'étions pas d'accord
parce qu'encore une fois le
gouvernement, plutôt que de recourir à un régime de retraite public,
adéquatement organisé, structuré pour donner
une bonne couverture, de bons revenus à la retraite, un régime de retraite
public dont le taux, la charge, je veux dire, administrative est en bas de 2 %, rien à voir sur les
8 %, parfois 10 %, parfois 13 %, 14 % de frais de gestion
des régimes d'épargne privés, qui
sont autant d'outils financiers rendus possibles par le gouvernement, qui offre
des véhicules pour d'énormes fonds
privés d'investissement, pour accaparer l'épargne des Québécois, qui pourrait
être mieux investi dans un régime
public avec de faibles frais de gestion... pour mettre plutôt cet argent-là au
service du capital financier, local
et international, peu importe, souvent, souvent dans des choix d'investissement
qui sont tout à fait en dehors de tout contrôle
et toute cohérence, avec des choix par ailleurs que la population du Québec
pourrait vouloir faire, en évitant que son
arge