Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources — 15 September 2015 (41st Legislature, 1st Session)
CAPERN 2015-09-15
Quebec — Committees
Nous
avions été, en 2012, appelés à déposer aussi en commission sur la modification de la loi P-42. Ça avait été accueilli très favorablement par ANIMA-Québec, puis on est très fiers
d'être invités aujourd'hui à donner nos commentaires sur le projet
de loi n° 54. En 2012, si je
peux me permettre de paraphraser ce que nous avions écrit dans notre mémoire,
nous avions constaté que l'obligation de
posséder un permis, donc, dans la loi P-42, qui avait été modifiée à ce moment-là, en 2012, n'était
requise que pour un certain nombre de lieux de garde en regard du nombre
d'animaux qui étaient hébergés,
pour dire 15 animaux reproducteurs.
Pour cette raison et également parce
qu'ANIMA-Québec veut développer son mandat d'éducation et de sensibilisation auprès de la population, nous en
étions à évaluer la pertinence d'éventuellement établir un programme de
certification des lieux de garde pour essayer de pallier au fait que le permis
n'était accordé qu'aux lieux de garde qui
avaient 15 animaux adultes reproducteurs et plus. Ce
programme de certification, on le voulait qui viserait à encourager le développement des élevages ou des
lieux de garde oeuvrant non seulement selon les normes de la loi P-42, à
ce moment-là, mais aussi au-delà des standards requis. Un
tel programme, nous nous disions à l'époque, permettrait éventuellement de faire valoir aux animaleries et
à la population l'avantage d'obtenir des animaux provenant des lieux de garde certifiés bons élevages, ça fait que cela
pourrait aussi alléger le travail de la loi — c'est ce qu'on pensait à ce moment-là — en réduisant par une saine compétition les
lieux d'élevage non certifiés. C'est que, plutôt qu'avoir juste des contraventions,
on pourrait mettre des étoiles dans les cahiers pour permettre aux gens de bien
reconnaître les bons lieux d'élevage.
Ça fait que
le projet de loi n° 54 qui modifie le Code civil du Québec et édicte la
Loi sur le bien-être et la sécurité des
animaux, donc la loi P-42, en statuant que les animaux ne sont pas que des
biens mais des êtres doués de sensibilité et qu'ils ont des impératifs biologiques est un très, très grand pas vers
l'avant, et nous tenons à le souligner. Ça va définitivement dans le sens de la vision du programme de certification
des lieux de garde qu'ANIMA-Québec a mis sur pied.
J'ai la
fierté de vous annoncer que, le 10 septembre 2015, nous avons lancé
officiellement notre programme de certification,
et c'est le premier programme au Québec; non seulement au Québec, mais au
Canada. Il n'y a aucun organisme, à ce
jour, qui avait mis en place un programme de certification des lieux de garde.
Le programme d'ANIMA-Québec en est un
de certification objective et normative qui évalue par le biais de visites
régulières les lieux, les soins administrés aux animaux, l'enrichissement du milieu et la socialisation ainsi que les
interventions effectuées et déterminées selon les lignes directrices
soigneusement élaborées en regard du bien-être animal.
Dans cette
optique, et tel qu'élaboré dans notre vision de 2012, nous croyons que de
mettre nos efforts en synergie et de
lier l'octroi des permis de garde — donc, si on voit à la page 9 de notre
mémoire,
chapitre III du projet de loi P-54 — au programme
de certification d'ANIMA-Québec ne pourrait qu'être bénéfique pour tous et
maximiserait l'application de cette loi à tous les niveaux. Ça fait que
notre commentaire à ce niveau-là, ça serait de lier les deux ensembles.
Si on regarde un commentaire plutôt général de
l'ensemble du projet de loi n° 54, la reconnaissance que les animaux ne
sont pas des biens mais sont des êtres doués de sensibilité et qui ont des
impératifs biologiques, comme je disais
tantôt, est un grand pas vers l'avant. Cependant, il est écrit qu'«outre les
dispositions des lois particulières qui les protègent, les dispositions
du présent code relatives aux biens leur sont néanmoins applicables». Ça fait
que notre questionnement ici est de savoir
comment la reconnaissance de la sensibilité des animaux par le Code civil
donnera une protection supplémentaire aux animaux qui ne sont pas
protégés par des lois particulières, notamment ça ne tient pas compte des chats et des chiens qui n'ont pas de
propriétaire. C'est un questionnement, ce n'est pas un commentaire négatif.
Aussi, il est
écrit : «Sont meubles les biens qui peuvent se transporter.» Ce n'est pas
très clair jusqu'à quel point la reconnaissance de la sensibilité
protégera davantage l'animal, qui peut de toute évidence se transporter. Ça
fait qu'il va y avoir des ajustements à
faire au fur et à mesure dans l'application légale de ça, j'ai l'impression. En
tant que société, nous avons reconnu
l'importance des animaux, et ce projet de loi le démontre. Encore faut-il que
cette loi soit mise en application
dans un cadre réglementaire qui va aider à la préciser et que notre société se
donne les moyens de faire respecter ses lois.
Il faut aussi
mentionner, et ça, on y tient, que la
Loi sur la protection du consommateur
n'est aucunement affectée par les modifications proposées ici. Dans celle-ci,
les animaux sont encore des biens et seront encore des biens meubles, non doués de sensibilité ou d'impératifs
biologiques, si on ne s'attarde pas à venir la modifier avec le projet de loi
n° 54, qui vient déjà modifier plusieurs des lois existantes.
Dans les
commentaires spécifiques qu'on avait, on en avait un au
chapitre II,
l'article 5, en fait dans le point 5, l'article 1. On voulait aider à préciser un petit peu. C'était
marqué dans la loi : «...accès à une quantité suffisante et de qualité convenable d'eau et de nourriture.» On
pense qu'on gagnerait à ajouter «d'eau potable et nourriture adaptée à son
espèce et à ses impératifs biologiques». Ça viendrait préciser un petit
peu plus que «convenable», qui peut
être interprété dans un sens très large.
Nous recommandons aussi fortement l'ajout de deux des
cinq libertés universellement admises qui sont omises dans la présente loi : être libre d'exprimer
des comportements naturels et être épargné de la peur. Je sais bien que c'est
mentionné dans la loi actuellement, dans le
projet, que c'est être épargné de la détresse, mais peur et détresse sont quand
même deux choses différentes, on tient à le souligner.
Ensuite, si on
regarde dans le cadre du permis au
chapitre III, et c'est là notre grand
point qu'ANIMA-Québec veut amener aujourd'hui, c'est que la loi P-42
ainsi que l'actuel projet de loi n° 54, comme je disais tout à l'heure, prévoient un permis pour la garde des lieux qui
ont 15 chats ou chiens adultes ainsi que pour toute animalerie, refuge ou
fourrière, et ce, peu importe le nombre
d'animaux adultes. Nous recommandons deux points à cet égard : Que le
permis soit obligatoire pour tout
lieu qui garde des animaux à des fins de commerce, que ce soit la vente ou la
revente — ici on
est plus préoccupés par les chats et les
chiens, mais de tout animal de compagnie — et quel que soit le nombre d'animaux gardés. Le deuxième point, c'est qu'ANIMA-Québec
certifie présentement les lieux de garde et d'élevage, quel que soit le
nombre d'animaux gardés, nous n'avons pas de restriction de nombre ici dans
notre certification. Nous pouvons ainsi fournir
un moyen tangible et pratique aux citoyens de s'assurer que les animaux qu'ils
adoptent ont été élevés et ont été gardés
selon des hautes normes de bien-être et de sécurité. Nous recommandons donc de
lier l'octroi du permis du MAPAQ avec
la certification qualité et bien-être d'ANIMA-Québec. Ainsi, pour tout lieu de
garde et d'élevage certifié ANIMA-Québec, l'octroi du permis pourrait se faire automatiquement, en épargnant les
efforts qui sont mis à étudier le dossier du permis et à coût réduit.
Dans les autres commentaires que nous avions, il
y avait, à l'article 63 — ça revient un petit peu à la même
chose — qu'on
le définisse dans un cadre réglementaire ou qu'on l'incorpore dans le projet de
loi en tant que tel. On recommanderait
peut-être de l'incorporer, si c'est possible, dans le projet de loi en tant que
tel, mais sinon on peut aussi le définir dans un cadre réglementaire,
puis ça pourrait se lier à l'article 63, qui est le point 6°a :
«6° relativement aux permis et [...] titulaires
de permis visés au
chapitre III :
déterminer les catégories de permis ainsi que les conditions et [les]
restrictions...»
Nous recommandons ici
de faire de la certification d'ANIMA-Québec une condition à l'octroi du permis.
tient à souligner que la hausse des amendes en cas d'infraction et la
possibilité d'une peine d'emprisonnement sont un autre aspect nettement
amélioré de la présente loi, et nous voulons le saluer.
Conclusion :
le projet de loi n° 54 est plus qu'intéressant, ANIMA-Québec l'appuie. Ce
projet de loi marque le début d'une nouvelle ère au Québec et reflète
bien la sensibilité accrue des citoyens du Québec à l'égard des mauvais traitements qui sont infligés aux animaux et qui
suscitent beaucoup d'attention du public et des médias. Nous considérons
que c'est un autre grand pas vers l'avant,
notamment en ce qui concerne le transport des animaux et l'interdiction de
faire le dressage des animaux pour le combat. À souligner également, le
fait de sortir de la loi P-42 toute la
section sur la sécurité et le bien-être et d'en faire une loi particulière donne sa
pleine portée légale et reflète l'importance que notre société accorde
au fait de veiller à la sécurité et au bien-être des animaux dont nous avons la
responsabilité.
Comme
la mission d'ANIMA-Québec est de veiller à la sécurité et au bien-être, nous ne
pouvons que saluer ce projet de loi
qui permettra non seulement une plus grande sensibilisation des divers
intervenants à la condition animale, mais
qui, et cela reste à définir dans son application, devra assurer une plus
grande portée juridique aux contrevenants. ANIMA-Québec, avec son
programme de certification, fournit un moyen tangible, sûr et objectif de
s'assurer que les animaux ont été élevés ou
ont été gardés selon des hautes normes de bien-être et de sécurité. Comme je
disais tantôt, nous recommandons donc de lier l'octroi du permis du
MAPAQ avec la certification.
voilà, nous vous remercions de nous avoir donné l'occasion de nous exprimer sur
ce projet de loi là. Et, si vous avez des questions...
Le Président (M.
Morin) : Merci beaucoup. Merci beaucoup, chère madame.
Maintenant, M. le ministre.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Oui. Mes premiers mots sont également pour vous
remercier de la collaboration que
vous avez toujours accordée au ministère de l'Agriculture. Vous avez été le
bras agissant sur le terrain, là, ça vous donne une expérience, et on
l'apprécie. Ça renforcit davantage les commentaires que vous faites.
Vous
avez lancé tout récemment une nouvelle expérience, ça nous intéresse
grandement. De quelle façon on va pouvoir l'harmoniser avec les
dispositions de la loi qui est sous étude, là, ça reste à définir, mais je vais
vous poser la question à l'envers :
Est-ce que vous, votre code, comme tel, votre certification, vous l'avez
harmonisé avec le projet de loi qui est actuellement devant l'Assemblée
nationale?
de Jaham (Caroline) : En fait, quand on a écrit le programme, quand on
a commencé à écrire le programme de
certification, et ça, ça s'est fait vraiment en gestion participative,
c'est-à-dire qu'on a mis des comités
sur pied puis avec des experts du
domaine de la santé animale, des experts du bien-être, des éleveurs parmi
ceux qui faisaient les choses, tu sais... les leaders de leur industrie,
le projet de loi n'était pas... il était à l'étude, mais on n'était pas au fait
de ce qu'il y avait dans ce projet de loi là. Donc, est-ce qu'on l'a harmonisé dans le pas-à-pas du processus?
Non. Par contre, je pense qu'on avait tous les mêmes préoccupations
et, quand on lit le projet de loi, on se retrouve tous.
qu'on avait dit à l'époque, quand il
y avait eu la modification de P-42, c'était vraiment que ce qui manquait à la P-42, c'était tout
l'aspect bien-être psychologique, O.K., enrichissement du milieu,
socialisation. Tu sais, il faut se rendre
compte que les animaux de compagnie vont finir par vivre dans une famille, être
un compagnon, ce n'est pas une tranche de bacon dans une assiette, donc c'est important,
cet aspect-là, qu'ils aient grandi dans un milieu qui les adaptait bien
à vivre dans des familles.
Donc, on avait vraiment
cette préoccupation-là majeure et puis on avait la préoccupation d'aller
au-delà de la loi P-42. Ça fait qu'en ce sens on se retrouve à être harmonisés,
même si on ne l'a pas cheminé dans le quotidien, là.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Dans les bonifications... Parce que je l'ai dit
en début de commission puis je le répète ce matin, là, on ne vise pas à adopter le projet de loi tel que déposé; si jamais il y a des améliorations, il y a des bonifications, elles sont bienvenues. Moi, j'en ai
retenu quelques-unes que vous avez faites. Entre autres l'obligation ou la
nécessité de modifier la
Loi sur la protection du consommateur, j'aimerais vous
entendre un petit peu plus là-dessus, parce que ça a attiré mon
attention.
de Jaham (Caroline) : Bien, écoutez, à l'heure actuelle, quand on
achète un chat ou un chien d'un éleveur, c'est un petit peu considéré, dans la Loi de protection sur le
consommateur, comme un toasteur, c'est-à-dire qu'il y a une garantie de vice caché, etc. Puis là il faut se
rendre compte que c'est un animal vivant. Donc, on le sait, nous sommes du
vivant, on ne peut pas protéger contre la
maladie. Je veux dire, si on savait ça, j'aurais gagné le prix Nobel de la
santé, ainsi que vous, là, tu sais.
Bon, bref, ça fait que je n'élaborerai pas là-dessus, on peut tous comprendre
le gros bon sens, là. Ça fait que, si
on en fait... si le statut juridique de l'animal change, il va nécessairement
falloir se pencher sur la Loi de la protection
du consommateur et viser à dire que ce n'est pas un bien meuble, donc ça ne
peut pas être considéré au même titre, la protection des vices cachés
pendant x nombre de temps ne peut pas être applicable, là.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Il y a un souhait d'harmonisation entre la loi
n° 54 et la Loi de protection du consommateur.
de Jaham (Caroline) : C'est parce que c'est majeur. Si je pense aux
éleveurs qui vendent leurs animaux, ils
vont devoir les élever, les garder selon ce nouveau statut juridique là, puis,
quand ils vont faire la vente, ils vont tomber sous un bien meuble. Je
veux dire, à quelque
part il va y avoir un gros «clash», là, oui.
Paradis (Brome-Missisquoi) :
Peut-être une question conjointe, je ne sais pas comment qu'on va diviser le
temps, là, M. le Président, mais j'ai noté la Loi de protection du consommateur
que vous nous suggérez de modifier. Est-ce
qu'il y a d'autres législations qu'il serait approprié de modifier par le
projet de loi n° 54 pour le rendre
conforme, là, aux nouvelles dispositions, à la nouvelle définition, au
nouveau statut de l'animal?
Mme de
Jaham (Caroline) : Non, pas à ma connaissance. C'était la seule qui
nous venait en tête quand on y pensait, là.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) :
O.K., mais moi...
Mme de Jaham (Caroline) : Mais ça ne
veut pas dire qu'il n'y en a pas d'autres, là, mais...
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Non,
non, mais on garde la porte ouverte. La question est posée. S'il y a des
gens qui travaillent avec vous ou que vous
connaissez qui apportent cette réponse-là, s'il vous plaît, vous l'acheminez
à la commission, puis la commission... On va lancer un appel au public.
Mme de Jaham (Caroline) : Il va
falloir faire attention. Je pense que les représentants des associations et de l'Ordre des médecins vétérinaires se sont déjà
penchés sur le problème, mais il y avait quelques articles là-dedans qui
venaient un petit peu en contradiction avec
la
Loi sur les médecins vétérinaires ainsi que le code de pratique, le code de
déontologie. Ça fait qu'il va juste falloir faire attention à rester en
harmonie avec ça aussi, là, oui.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Quand
vous vous êtes prononcés sur le projet de loi n° 51, vous avez traité
du besoin psychologique de base des animaux.
Pensez-vous que le projet de loi qui est déposé, là, surtout à son
article 8, répond à cette préoccupation que vous aviez à l'époque?
Mme de
Jaham (Caroline) : Moi, quand je l'ai lu, le projet de loi n° 54,
ça restait vague, O.K., c'est-à-dire que ça l'a mis dans la loi... Puis c'est pour ça qu'on dit qu'on va avoir
besoin de le préciser dans un cadre réglementaire. Ce que nous, on a cherché à faire par le programme de
certification, où on a vraiment... et ça, c'est Dre Gagnon qui en connaît
plus les détails, mais on a vraiment
détaillé ce que ça prenait pour avoir un milieu de socialisation adéquat puis
un milieu d'enrichissement adéquat.
La loi dit que c'est nécessaire, mais, dans son application, il manque un petit
peu de viande autour de l'os, là, mettons. Il va falloir le définir, là.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : C'est
peut-être là que les éléments de certification peuvent être complémentaires.
Mme de
Jaham (Caroline) : C'est ce que je pense. Et une certification peut
mieux bouger dans le temps qu'un règlement
ou qu'une loi, et c'est là où ça devient beaucoup plus intéressant, parce qu'on
en découvre, tu sais, on s'adapte aussi en fonction de ça.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Je sais
qu'il n'y en a pas d'autre au Québec comme tel. Est-ce que vous avez mentionné que la certification existe dans
d'autres juridictions au Canada, à votre connaissance, ou dans d'autres
juridictions aux États-Unis, là, dans le territoire qui est plus proche
de chez nous?
Mme Gagnon
(Marie-Claude) : En fait, au
Canada, il n'y aurait pas de programme de certification. Actuellement,
là, nous avons le programme de certification qui existe, au Québec, au Canada.
Pour ce qui
est des États-Unis, il existe... j'ai vu, il y avait quelques certifications,
mais je ne pourrais pas dire aussi développées que celle qu'a développée
ANIMA-Québec...
Mme de Jaham (Caroline) : Aussi
rigoureuses.
Mme Gagnon (Marie-Claude) : ...aussi
rigoureuses.
Mme de
Jaham (Caroline) : On est quand même forts de nos neuf ans
d'inspection avec un mandat légal, là, on a quand même développé un
programme qui est très solide, là.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Vous
avez écouté, là, d'autres qui sont venus témoigner, là, devant la commission, on part de tellement loin! Si on
progresse aussi loin que vous le souhaitez en très peu de temps, est-ce que
votre connaissance du milieu, là, du terrain peut nous assurer que les gens
vont suivre, là? Parce que, quand une loi...
Mme de
Jaham (Caroline) : Le public va suivre. Ça, c'est une chose. Les
citoyens sont prêts et ils sont prêts à avoir un outil pour... Je pense qu'ils veulent faire des bons choix, des
choix éclairés, parce qu'ils en souffrent. C'est à deux niveaux : on veut travailler pour le
bien-être animal, mais on veut aussi travailler à avoir un animal de compagnie
qui est adéquat pour notre famille. Puis,
quand ils sont élevés dans des mauvais lieux de garde, c'est bien de valeur,
ils partent avec toutes sortes de
vices cachés, justement, entre guillemets, là, mais ils partent avec toutes
sortes de problèmes de santé, tu
sais, ça fait que c'est dans leur intérêt à eux aussi, tu sais. C'est un petit
peu... Comme je dis tout le temps, là, tu
sais, quand vous achetez des oeufs biologiques, là, est-ce que vous avez visité
le poulailler? Non, tu sais, vous vous attendez à ce qu'un organisme ait mis un sceau de
certification comme quoi c'est biologique. Bien, c'est la même chose
pour la certification.
Ça fait que
le public est définitivement prêt à avoir cet outil-là, et je pense que les
lieux de garde et les éleveurs vont
suivre. À date, l'engouement est là, ça, c'est sûr, il y a beaucoup plus... Le
vidéoclip qu'on a lancé... la publicité-clip qu'on a lancée le 10 septembre, jeudi dernier, a été vue plus que
25 000 fois, on a une portée de 70 000 personnes, à l'heure
actuelle, en quelques jours, là. Les gens sont prêts, là.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Le coût...
Je vais être très pratico-pratique, là. Sur le plan philosophique, ça va
bien, je suis puis j'essaie de vous suivre,
parce que vous allez vite et loin. Sur le plan des coûts comme tels, la
certification, ça s'évalue... ça coûte combien?
Mme de
Jaham (Caroline) : ...si on veut le relativiser, ça va coûter environ...
entre 400 $ et 500 $ pour la première année, bon, les frais d'ouverture de dossier, les frais de la première
visite. Bon, si on cumule tout ça, là, pour la première année de certification, c'est entre 400 $,
500 $. Ça revient à, grosso modo, entre un quart et un demi du prix d'un
seul animal vendu dans une année, et les frais de renouvellement sont
moitié moindres.
Donc, on a
essayé de le rendre... on a vraiment tenté de le rendre le plus abordable
possible. C'est sûr que c'est un coût supplémentaire qui se rajoute sur
les éleveurs, mais, quand on relativise tout ça, ce n'est pas énorme, ce n'est
vraiment pas énorme.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) :
Merci. Ça va.
Le Président (M. Morin) :
Est-ce qu'il y a d'autres... Oui, M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Chevarie : Oui, merci. D'abord,
merci pour votre présentation.
Dans votre
mémoire, vous parlez... vous recommandez, entre autres, d'ajouter deux des cinq
libertés universelles admises :
être libre d'exprimer ses comportements naturels, puis l'autre, c'est d'être
épargné de la peur. Vous mentionnez également qu'à l'intérieur du projet
de loi on parle de détresse, on parle de... exactement, de détresse, d'anxiété.
Pour nous
instruire davantage un petit peu, est-ce que vous pourriez nous donner votre
définition et les nuances qui sont apportées par rapport aux deux
éléments?
Le Président (M. Morin) :
Oui. Mme Gagnon, c'est ça?
Mme Gagnon
(Marie-Claude) : Oui. En
fait, la peur et la détresse, c'est deux choses complètement différentes
dans le sens que l'animal va vivre la peur...
Une peur, c'est un ressentiment qui est à bas bruit, qui... c'est un animal qui
va développer un stress, qui va développer
une anxiété. Une détresse, c'est une souffrance qui est immédiate, qui est là,
et ça demande d'agir, il y a une
action qui doit être faite face à une détresse. Une peur, c'est un bas bruit,
c'est quotidien. C'est un malaise, finalement, qui est là en tout temps,
une peur.
M. Chevarie : C'est beau. Merci.
Le Président (M. Morin) : Ça
va? M. le député de Berthier, à votre tour.
Villeneuve : Merci, M. le Président. Alors, bonjour, mesdames.
Effectivement, bravo pour le travail que vous avez fait. Et ça, je pense que ça s'applique à toutes les personnes,
jusqu'à maintenant, qu'on a pu rencontrer en commission ou autrement, par le biais des mémoires qui ont
été déposés mais qui... des gens qui ne viendront pas nécessairement nous
rencontrer. Mais c'est fort instructif.
Je vous amènerais peut-être... Quand on
dit : «Les animaux ne sont pas des biens. Ils sont des êtres doués de
sensibilité et ils ont des impératifs biologiques», la fameuse définition qui
semble plaire à tout le monde mais qui en même
temps semble poser certains défis ou à tout le moins n'est pas... C'est parce
que la plupart nous disent : Bon, bien là on va pouvoir faire un
pas de plus. Ce serait quoi, le pas de plus qu'on devrait faire pour... Parce
que certains nous ont dit que c'est
symbolique, et on le retrouve dans plusieurs autres mémoires aussi, là, où on
dit que c'est symbolique, mais c'est
une symbolique que personne ne veut soustraire au projet de loi, c'est ce que
je comprends. Alors, ce serait quoi, le pas qui manquerait pour
finalement obtenir... Oui, allez-y.
Mme de Jaham (Caroline) : ...la
précision. En fait, c'est ça, moi, je pense que c'est plus que symbolique, là. Le pas qu'on fait, qu'on traverse, à l'heure
actuelle, on change le statut. Je veux dire, combien de fois on s'est butés à
différentes contraintes liées au statut de
bien meuble des animaux? Je pourrais nommer des dizaines d'exemples en ce
sens-là. Ça fait que de changer ça est beaucoup plus que symbolique et va avoir
une action quotidienne.
Maintenant,
si on ne veut pas laisser la jurisprudence définir c'est quoi, parce que c'est quand même
flou, je veux dire, vous le dites, on
le dit, etc., si on ne veut pas laisser de la jurisprudence nous définir c'est
quoi, il va falloir se doter d'un
cadre plus précis, réglementaire, il va falloir cheminer là-dedans,
O.K.? Je pense que... Et vous, vous avez la bonne question,
et moi, je n'ai pas la bonne réponse. Et on se pose les mêmes questions.
C'est de rester vigilant là-dedans puis de le
développer au fur et à mesure qu'on avance mais de ne pas attendre 10 ans avant
de développer des cadres réglementaires précis là-dedans.
Villeneuve : D'accord.
Vous proposez que votre certification puisse être, en tout cas, en amont, si on veut, du processus d'autorisation d'un permis,
c'est ce que vous proposez. Et on voit aussi qu'il y a cette préoccupation-là d'émettre un permis... c'est-à-dire d'aller voir, que le ministère puisse aller voir sur les lieux avant d'émettre
un permis, et non pas recevoir une
demande de permis sans aller sur les lieux et après ça autoriser un permis sans
possiblement avoir jamais été sur les
lieux. Votre proposition ferait en
sorte qu'il y aurait assurément de
votre part une visite, j'imagine, des lieux, une rencontre avec les
demandeurs ou, bon...
Mme de
Jaham (Caroline) : Il y a toujours... Toujours, oui. Plus qu'une visite. C'est que, tu sais, c'est vraiment...
Villeneuve : Bien,
j'aimerais vous entendre, j'aimerais ça que vous élaboriez un petit peu plus. Et, selon vous, cette
certification-là permettrait d'éviter, justement... à
tout le moins de ne pas faire en sorte que le ministère aille sur les lieux comme c'est demandé
par d'autres groupes?
Mme de
Jaham (Caroline) : Oui.
Avant de laisser Dre Gagnon répondre à la question sur les visites,
parce qu'elle est plus au fait du
programme de... elle connaît beaucoup plus les détails, je vais vous répondre sur un état de
fait qui existe à l'heure actuelle, une perception du permis.
Il y a une
grande confusion, à l'heure actuelle, sur la perception du permis, que ce soit
au niveau du public, des éleveurs,
des gens qui sont visés par le permis, puis je vous dirais qu'il y a plus de
gens parmi les éleveurs qui essaient de passer en dessous du permis que
d'essayer d'aller chercher un permis, à l'heure actuelle. Ça fait qu'ils...
M. Villeneuve : De quelle
façon ils font ça?
Mme de Jaham (Caroline) : Bien, ils
se maintiennent avec en dessous de 15 animaux reproducteurs, c'est...
M. Villeneuve : Ou ils ont
deux installations...
Mme de
Jaham (Caroline) : Deux
installations. Je veux dire, tous les trucs, là, nommez-les, là, ils sont tous
là, là. Ça fait que c'est pour ça qu'il n'y a pas tant de permis que ça
qui ont été émis à ce jour.
Mais la perception est très confuse là-dedans,
sur la perception du permis, parce qu'il existe des permis d'exploitation, vous avez besoin d'un permis pour
aller vendre de la crème glacée sur le bord de la rue, puis il existe des
permis qui donnent une conformité, O.K.? Ce
permis-là n'est comme ni dans l'un ni dans l'autre, ça fait que je pense
qu'il est vraiment pris de manière confuse. Ça fait qu'il y en a qui
affichent leur permis en disant : Je suis conforme, puis il y en a d'autres qui affichent le permis en
disant : J'ai un droit d'exploitation. Le public ne sait pas comment le
percevoir, là-dedans.
Ça fait que,
moi, ce que j'ai peur, c'est que, s'il n'est pas lié à une certaine forme de
certification qui assure, qui garantit
une conformité ou si le ministère ne se dote pas d'un processus,
qui va être excessivement coûteux, là, de visite de tous les lieux d'élevage à qui on accorde un permis ainsi que d'étude
de dossier... Ce n'est pas juste la visite, là, il y a l'étude de dossier, il faut faire des normes, il
faut faire des questionnaires, des formulaires, enfin, etc. Si on ne fait pas
ça puis qu'on fait vivre les deux de manière
séparée, je veux dire, on va juste confondre le public, au bout de la ligne, là,
parce qu'il y a des éleveurs qui vont
dire : Bien, moi, j'ai le permis, je n'ai pas de certification, ou :
Moi, j'ai la certification, je n'ai pas le permis. Tu sais, c'est comme...
M. Villeneuve : Madame, vous
voulez ajouter quelque chose, je pense.
Le Président (M. Morin) : Mme
Gagnon.
Mme Gagnon
(Marie-Claude) : En fait,
pour parler des visites, ANIMA-Québec a composé une équipe, en fait, d'experts qui ont une très bonne connaissance du milieu de l'élevage pour aller sur place pour faire les visites d'évaluation,
puis c'est un programme qui est volontaire.
Donc, les visites, le lien entre la personne... le certifié, en fait, l'établissement certifié et ANIMA-Québec, on veut que ce soit un lien ouvert, donc un lien
qui va rester constamment ouvert entre l'organisme et l'adhérent, ce qui
fait que de façon régulière ANIMA-Québec aura accès, là, aux établissements.
Villeneuve : Et peut-être
une question... peut-être qu'on le retrouve dans le mémoire, parce qu'on
l'a eu tout chaud, hein, on n'a pas
eu... on l'a lu en diagonale, c'est le cas de le dire, mais vous êtes, en
principe, spécialisés au niveau
chiens et des chats, c'est ça que je comprends. Le projet de loi est plus large que ça en
termes d'animaux. Est-ce que
vous vous limitez tout de même aux chiens et aux chats...
Mme de Jaham (Caroline) : Écoutez...
Villeneuve : ...ou si
vous préconisez d'élargir, d'avoir un élargissement du mandat qui est le vôtre?
Et, si c'est le cas, il va y avoir tout un domaine d'expertise à
acquérir. Je voudrais vous entendre là-dessus.
Mme de
Jaham (Caroline) : Oui, effectivement. On y va par phases. Ça, c'était la phase I dans la vision
stratégique que nous avions. La phase I est devenue réalité aujourd'hui,
O.K.?
Dans la phase II, on veut aller
pour les refuges, les SPA, SPCA, etc., tout ce qui est forme de refuge, pour
aller vers une certification vers ça,
les pensions, les toilettages. O.K., ça va être vraiment la phase II,
dans laquelle on va s'engager dans
quelques mois, là, O.K., commencer l'élaboration de ça et se doter des
expertises pertinentes à ce moment-là. Ça, c'est la phase II.
Dans
la phase III, c'est d'avoir les autres espèces qui sont considérées comme
animai de compagnie, et puis on a déjà des demandes en ce sens-là, parce qu'il existe très peu de chose qui est fait au niveau des autres espèces,
les lapins, les oiseaux, bon,
ce qu'on appelle les nouveaux animaux de compagnie, là, il y a
fort peu de chose qui est là à
l'heure actuelle. Ça
fait que les gens nous le demandent.
Puis je ne parle pas du public. Les gens qui en élèvent, O.K.,
les gens qui en font commerce, de ça, nous le demandent, d'arriver avec
une forme de certification là-dedans.
Villeneuve : Comment
le consommateur va... Parce qu'imaginons, c'est correct, hein, imaginons,
imaginons que vous avez un mandat
élargi, imaginons que les SPA, SPCA... et imaginons aussi que
d'autres endroits du Québec... — le
Québec est un territoire très vaste, et les organismes ne sont pas toujours présents dans certaines parties
du territoire — que
le ministre, parce qu'on sait qu'il peut
nommer, bon... donc qu'il pourrait y avoir d'autres organismes qui, eux aussi,
pourraient être les yeux et les
oreilles du ministre... Et ça, on verra, on essaiera de comprendre aussi
comment tout ça va se déployer au
final, parce que... comment le ministère va réussir à garder un oeil sur ce qui
se passe, s'assurer que tout se passe bien. Et là on va... J'ai comme
l'impression qu'il y a un risque, je ne dis pas que ça va être ça, mais il y a
un risque de multiplication des acteurs. Est-ce que ça ne peut pas créer une confusion,
à la limite, si...
de Jaham (Caroline) : Je ne
crois pas, je ne crois pas. Ce n'est pas donné à tout le monde d'élaborer un
tel programme de certification, je vous le dis, là, c'est...
M. Villeneuve :
O.K. Bien, pas nécessairement sur la certification, mais, oui, allez-y.
de Jaham (Caroline) : Oui, O.K. Bien, plus «at large», ce n'est
vraiment pas donné à tout le monde, puis c'est l'aboutissement de deux ans de travail, et c'est des centaines, et
des centaines, et des centaines d'heures bénévoles qui ont été mises là-dedans de la part de dizaines
de personnes du milieu, O.K., des intervenants qualifiés là-dedans. Ça
fait que, un, ce n'est pas donné à tout le monde.
Deux,
dans la structure qu'on s'est donnée de l'application de ce programme-là, on a
des conseillers dans toutes les
régions géographiques. Ça fait qu'on fonctionne sur une base de région. Nous
n'avons pas d'employé permanent lié à un
lieu géographique, on a des conseillers qui sont occasionnels, qui ont eu la
formation adéquate, qui sont accompagnés là-dedans et puis... un petit peu comme fonctionne, là, le programme
pour les animaux de laboratoire au niveau canadien. C'est exactement ça.
C'est un programme qui fonctionne super bien pour tous les animaux qui sont en
recherche, les certifications pour les
bonnes normes de pratique là-dedans. En fait, c'est exactement sur ce modèle-là
qu'on s'est basés.
fait que je ne crois pas... Bon, peut-être que vous parliez de d'autres
multiplications d'acteurs à différents niveaux. Pour ce qui est de la couverture du territoire géographique, je n'ai pas
de crainte à ce niveau-là. On pourrait aller pancanadien que ce ne
serait pas un problème.
M. Villeneuve :
O.K. Bon, donc, on vient de vous entendre sur l'équipe que vous aviez, qui
couvrait non pas physiquement, mais, bon,
avec les moyens qu'on a aujourd'hui, on peut faire autrement qu'être sur le
lieu pour pouvoir avoir...
de Jaham (Caroline) : Bien, en fait, ils vont y aller physiquement,
parce qu'ils sont dans les diverses régions géographiques du Québec,
oui.
M. Villeneuve :
Oui, éventuellement. Éventuellement, je comprends, éventuellement.
Mme de Jaham
(Caroline) : On les a choisis habitant dans des régions... Oui.
Villeneuve : Ça
m'amène à vous parler des ressources. Certaines personnes considèrent que présentement le MAPAQ n'a pas de
ressources suffisantes pour faire le travail déjà existant, et là le projet de loi n° 54 va amener... et on a des demandes de plusieurs groupes pour ajouter
des choses déjà au 54 qui vont demander des ressources
supplémentaires. J'aimerais vous
entendre sur les ressources actuelles pour faire respecter les lois actuelles et les ressources qui nécessairement devront s'additionner pour pouvoir aller de
l'avant vers la mise en place du projet
de loi n° 54, s'il est
adopté tel quel.
de Jaham (Caroline) : Je
crois que, dans l'état actuel du projet
de loi n° 54, s'il est adopté
tel quel, il ne demandera pas énormément
de ressources, je ne crois pas, parce
qu'à part un enrichissement du milieu qui n'est comme pas... qui ne demande pas énormément de
ressources, qui est surtout les ressources de la part des éleveurs... Comme il
est présentement, ça reprend la loi
P-42. Ça en fait une loi à part entière, mais la loi reste telle quelle, à
part, je vous dis, ce point-là sur
l'enrichissement du milieu puis la socialisation, qui ne demandera pas beaucoup
plus de ressources qu'il y en a actuellement,
ce n'est pas énormément de dépenses. Ça fait que moi, je ne le vois pas, là,
pour être sincère. Peut-être que je suis néophyte là-dedans, mais,
l'augmentation des ressources au niveau du MAPAQ, je ne la vois pas, là.
Maintenant, c'est sûr qu'au fur et à mesure
qu'on va définir un cadre réglementaire plus précis c'est là où il va y avoir... Tu sais, ça va-tu demander plus
d'inspecteurs sur le terrain pour appliquer cette loi-là? Mais je pense que
le cadre réglementaire
ne change pas sur l'application, les normes, les guides des bonnes pratiques
pour les lieux de garde, donc... Si on ajoute des choses, oui, évidemment,
ça ouvre la porte, oui.
M. Villeneuve : Merci, M. le
Président.
Le Président (M. Morin) :
Merci. Il vous restait 25 secondes. Mme la députée de Mirabel.
Mme D'Amours : Merci, M. le
Président. Bonjour, mesdames.
D'Amours : Vous avez chiffré
puis évalué votre programme de certification à 500 $, première année, et moins les
autres années. Est-ce que vous avez fait le travail de voir est-ce que ça, ça
va couvrir tous les frais de cette certification-là?
Mme de
Jaham (Caroline) : Écoutez, moi, je roule une entreprise de
225 employés, là; les budgets, je connais ça. Oui, dans le... Et puis un budget, comme je dis tout le temps, ça se
modifie au fur et à mesure qu'on rentre là-dedans, là, aussi, là, ce
n'est pas coulé pour les trois prochaines années, mais ce qu'on voit, c'est
qu'on atteint... on arrive à autonomie
financière l'année 3, dans ça, si on remplit nos objectifs stratégiques.
C'est sûr qu'on roule à perte pour l'année 1 puis l'année 2. Par contre, on a les fonds
suffisants à l'heure actuelle, on s'est bâti un petit coussin budgétaire pour
pouvoir absorber ces pertes-là de la phase de démarrage en tant que
telle, là.
Mme D'Amours : Votre programme de
certification, est-ce que vous l'avez évalué au niveau des entreprises agricoles qui ont des parcs d'engraissement pour
les animaux, bon, des certifications qu'eux ont déjà pour leur mise en marché? Est-ce
que vous avez regardé si votre programme
d'évaluation pouvait être en harmonie avec leurs programmes déjà existants? Est-ce qu'il y
aurait une bonification qui pourrait se faire?
Mme de
Jaham (Caroline) : On n'a
pas du tout été là-dedans, non. C'est une avenue intéressante, puis on n'a jamais voulu se limiter simplement aux animaux de
compagnie. En fait, sur notre conseil d'administration, on a une représentante de la Fédération équestre du Québec, qui ont, eux, un programme
de certification pour les chevaux, ça fait qu'on a aussi travaillé de concert avec eux pour élaborer le nôtre,
bénéficier de leurs expertises, leurs erreurs de début, etc. Ça fait que
je vous dirais que notre programme s'harmonise avec le programme qui existe, de
la Fédération équestre, mais on n'a pas du tout regardé au niveau des animaux
de production, non.
D'Amours : Pensez-vous que
ce serait une alternative pour que dans l'ensemble du Québec
on ait tous le même programme? Est-ce que vous pensez que ce serait
bien?
Mme de Jaham (Caroline) : Ce serait certainement
quelque chose à regarder, oui.
D'Amours : Vous dites que...
Dans votre mémoire, là, vous parlez que... «Nous recommandons donc — à
la page 10 de votre mémoire — de
remplacer la phrase ci-haut par : "La perte de sensibilité doit être atteinte en minimisant
le stress et la douleur chez
l'animal."» Et vous dites que «nous recommandons d'ajouter que
l'euthanasie doit être pratiquée par
un médecin vétérinaire et sous la surveillance de celui-ci». Mais vous ne
parlez pas des lieux. Est-ce que... Parce qu'hier il y avait une dame qui nous a mentionné que, dans
un abattoir, on devrait avoir un endroit, là, une pièce où l'animal se déstresse du voyagement qu'il a vécu pour ensuite
aller, un à un, se faire abattre. Donc, c'était comme une vision qu'elle
avait, là.
Mme de
Jaham (Caroline) : Il n'y a pas toujours... Oui, je comprends votre
point puis je comprends son point à
elle. Par contre, minimiser le stress se fait de différentes manières, puis,
quand c'est... tu sais, quand il faut abattre un cheval en Abitibi qui
est blessé, on ne le mettra pas dans un lieu en particulier.
Ça fait que
restreindre ça à des lieux, je pense qu'on se restreint dans un cadre. C'est
pour ça que je dis qu'il faut que ça
reste sous la supervision... Un, c'est un acte vétérinaire, ça fait qu'on va à
l'encontre de la
Loi sur les médecins vétérinaires si on le sort de là.
Ça peut être sous la supervision, ça peut être un acte indirect vétérinaire,
mais je pense qu'il faut que ce soit, tu
sais, supervisé par un vétérinaire qui va s'assurer que c'est fait dans des
conditions où le bien-être est
maximisé, le stress est minimisé. Puis ça, ça va au-delà du lieu. Je pense que
le lieu, c'est un élément, mais c'est loin d'être le seul, puis qu'il
n'est pas... ce n'est pas une contrainte non plus.
D'Amours : O.K. Quand vous dites, là, que vos permis, votre
certification, vous l'avez chiffré, c'était dans l'optique que toutes
les petites, les moyennes et les grandes entreprises adhèrent, ce serait une...
Mme de
Jaham (Caroline) : Ah! loin d'être tout. On a un objectif trois ans de
1 000 élevages, O.K., éleveurs, lieux de garde certifiés. À l'heure actuelle, puis ça, si vous avez ces
chiffres-là, ce serait le fun de nous en faire part, mais il n'y a
personne qui sait combien il y a d'élevages exactement. Chez les chats, on le
sait un petit peu plus, parce qu'il y a une
association qui est parapluie et qui regroupe la plupart des chats. Ça fait
qu'il y a à peu près 6 000 élevages de chats à l'heure actuelle au Québec,
6 000 éleveurs de chats. On estime qu'il y a 2 500 éleveurs
de chiens. Donc, on est loin d'avoir
fait tous les éleveurs quand notre objectif trois ans est d'avoir certifié
1 000, là. Il s'est adopté, en 2013, près de 800 000 animaux de compagnie dans la
seule province du Québec. Ça fait qu'il faut toujours bien les... C'est un gros
marché.
D'Amours : Oui, bien, je vous comprends parce que, dans les villes,
certaines villes, ils ont une réglementation qui dit qu'on n'a pas le
droit à plus que deux chiens, alors il y a souvent des petits éleveurs qui ont
deux chiens mais qui ont des portées et... Alors, est-ce que votre
certification pourrait être aussi... Si ces éleveurs-là voulaient être
conformes, voulaient avoir une certification, est-ce que ça se prête aussi à
ces éleveurs-là?
de Jaham (Caroline) : Oui, ça se prête autant à deux animaux
reproducteurs qu'à 200 animaux reproducteurs, il n'y a pas de
quantité minimum ou de quantité maximum, c'est simplement... La pression va
venir des gens, qui vont demander :
Est-ce que ce que je suis en train de me procurer, c'est un animal certifié?,
quel que soit le nombre de... la grosseur de l'élevage d'où il provient.
D'Amours : La grosseur de l'élevage. Parfait. Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Morin) : Ça va? Est-ce que... Oui, M. le ministre.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Avec le consentement, j'aurais une question que
je pense d'intérêt général, et profiter de... Et vous n'êtes pas obligée
d'y répondre. Vous êtes médecin...
Le Président (M.
Morin) : Est-ce qu'il y a consentement? Consentement? Oui.
Allez-y, M. le ministre.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : O.K. Vous êtes médecin vétérinaire?
Mme de Jaham
(Caroline) : Oui.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : On va tenter de profiter de votre présence, comme
tel. Hier, on a eu beaucoup de discussions sur les abattages et on est
allés jusque dans les abattages rituels, là, halals, cashers, etc. Vous avez
pris connaissance de l'article 12 du projet de loi. Est-ce que cet
article-là balise suffisamment ce type d'abattage?
de Jaham (Caroline) : Je ne
me souviens pas par coeur de l'article 12, ça fait que vous m'excuserez, je
vais aller le lire. Ça disait quoi, au juste, l'article 12?
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Je peux aller...
de Jaham (Caroline) : 8, 9, 10, 11, 12. Je l'ai. «Lorsqu'un animal est
abattu ou euthanasié, son propriétaire, la personne en ayant la garde [...] doit s'assurer que les circonstances
entourant l'acte ainsi que la méthode employée ne soient pas cruelles et qu'elles minimisent la
douleur et l'anxiété...» C'est ça, c'est ce qu'on disait dans nos commentaires.
«La méthode employée doit produire une perte de sensibilité rapide, suivie
d'une mort prompte.»
Quelle est votre
question précisément alentour de ça?
M. Paradis (Brome-Missisquoi) :
Avec la connaissance que vous avez du terrain, est-ce que les pratiques halales et cashères respectent... peuvent être
encadrées correctement par ce type de législation, par le libellé de
l'article 12?
de Jaham (Caroline) : Sans plus de réflexion autre que celle-là, genre
cinq secondes, moi, j'ai l'impression que ça encadre bien.
a proposé une modification du libellé. C'est sûr que la mort doit être prompte.
Une perte de sensibilité rapide, en
fait, ce qu'on disait, c'est de rajouter qu'on minimise le stress, là, les
conditions... puis ça, je pense que ce serait une bonification importante à faire. On a proposé un libellé dans ce
sens-là, là. Je pense que c'était toi qui l'avais écrit, d'ailleurs,
donc tu serais plus à même que moi de répondre.
Mme Gagnon
(Marie-Claude) : En fait, oui...
Le Président (M.
Morin) : Mme Gagnon.
Mme Gagnon (Marie-Claude) : Oui. En fait, pour ce sujet-là en particulier, le halal dans les abattoirs, l'idée,
c'est vraiment que l'animal perde la
sensibilité rapidement, hein, donc c'est dans cette optique-là. Donc, je pense
qu'il faut garder... sans avoir
développé, là, il faut garder en tête qu'effectivement, si l'animal perd la
sensibilité rapidement... mais tout en minimisant le stress et la
douleur, je pense qu'on est en mesure de circonscrire.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Merci beaucoup.
Président (M. Morin) : Donc, ça va? Merci beaucoup de votre
présentation, vous avez suscité beaucoup de questionnements. Merci. Bon
retour à la maison.
Je suspends quelques instants pour recevoir le
prochain groupe. Merci.
(Suspension de la séance à 10 h 37)
Président (M. Morin) :
Nous reprenons nos travaux en recevant l'Association québécoise des SPA et des
SPCA. Donc, mesdames, si vous voulez bien vous présenter.
Mme Jodoin
(Emmanuelle) : Bonjour. Je
suis Emmanuelle Jodoin, directrice du développement à la SPA de
l'Estrie. Ma collègue, Alanna Devine, directrice de la défense des animaux et
juriste à la SPCA de Montréal. On est ici pour représenter l'AQSS,
l'Association québécoise des SPA et SPCA.
Alors, je
vais faire la présentation une dizaine de minutes, et ensuite ma collègue
pourra répondre à toutes vos questions.
Le Président (M. Morin) :
Oui, voilà, vous avez tout compris.
Mme Jodoin
(Emmanuelle) : Tant mieux. C'est bon. D'abord, je tiens vraiment à
vous remercier de donner la chance à
l'AQSS de faire ses commentaires sur le projet de loi n° 54. Vous le
devinez, c'est un projet de loi qui est vraiment d'une très grande
importance pour les SPA et les SPCA.
Un mot rapide au sujet de l'AQSS — je
vais essayer de changer de diapositive, voilà. Alors, l'AQSS regroupe 10 refuges pour animaux du Québec,
des refuges qui sont présents dans plus de 120 municipalités
du Québec, dont Montréal, Québec, Sherbrooke, Trois-Rivières; des refuges qui desservent au total 2,1 millions d'habitants et qui, parmi tous leurs employés, comptent plus de
30 employés qui sont accrédités pour appliquer la législation provinciale,
donc c'est une présence très importante
sur le terrain. Mais aussi l'AQSS a été très engagée dans tous les travaux en
lien avec la loi P-42 et ses règlements depuis plusieurs années.
L'AQSS est vraiment
très heureuse de toutes les avancées pour les animaux que contient le projet de loi n° 54. Plusieurs demandes, d'ailleurs, qu'on avait
déposées ici même en 2012 dans le cadre du projet de loi n° 51 ont été
entendues, et, pour nous, c'est
extrêmement positif. Ce sont des avancées qui sont nécessaires, on a besoin de
ces outils-là pour aider les animaux sur le terrain, donc vraiment c'est
très important qu'elles soient préservées.
Par contre,
on a aussi quelques suggestions parce que, pour nous, le projet de loi
n° 54, c'est aussi un projet de loi
qui a un grand potentiel d'aller, dans certains domaines, un peu plus loin, et
on vous présentera, au fil de l'exposé, quelques suggestions de
bonification à ce niveau-là. Donc, par un survol rapide de cinq enjeux qui
sont, pour nous, particulièrement
stratégiques, je vais donc essayer rapidement de mettre en évidence les aspects
très importants et très positifs de la loi et certaines suggestions
d'amélioration.
Donc, premier
enjeu d'une grande importance pour les SPA et SPCA, membres de l'AQSS :
l'enrichissement environnemental. Le
fait de reconnaître dans la loi les besoins de stimulation, de socialisation et
d'enrichissement pour les chiens, les
chats, les équidés, pour l'AQSS, c'est une avancée majeure, c'est vraiment très
important. On l'avait souligné dans le passé, on est très heureux que ça
ait été entendu. En fait, l'ensemble des experts en comportement animal considèrent que le bien-être des animaux a une
dimension physique mais aussi psychologique et que le caractère stimulant
de leur environnement, leur capacité
d'exprimer des comportements naturels, c'est des critères essentiels à leur
bien-être. Sur la photo, rapidement,
on voit des animaux qui sont visiblement privés de toute forme d'enrichissement
environnemental. Je crois que c'est
évident qu'on ne peut pas parler de bien-être dans une situation comme
celle-là, d'où l'importance du nouvel
article à ce niveau-là.
Deuxième
enjeu très important pour les SPA et SPCA, membres de l'AQSS : sans
surprise, les lieux d'élevage de
chiens et de chats. Je vais proposer trois éléments dans ce thème-là qui
seraient peut-être des pistes de bonification à la nouvelle loi.
D'abord,
premier élément, je vous montre sur l'image la page d'accueil d'un lieu
d'élevage, Les chiens du Ô Ranch, un
lieu d'élevage de chiens. Je pense que vous avez déjà remarqué qu'ils affichent
leur numéro de permis du MAPAQ en lettres rouges. On comprend très bien
l'intérêt commercial d'afficher cette information sur la page d'accueil du site Web, on comprend aussi que le citoyen qui
veut adopter ou acheter un chien qui visite le site va considérer que cet
endroit-là est conforme à la législation.
Par contre, si on visite aussi le site Web du MAPAQ, on réalise que c'est un
endroit qui a eu, dans le passé, des
constats d'infraction. Alors, en fait, c'est un cas de figure que j'utilise
pour illustrer le fait qu'un permis
du MAPAQ donne de la crédibilité aux gens qui l'ont, et peu importe,
finalement, le niveau de conformité à la loi que ces gens-là démontrent.
Depuis
longtemps, l'AQSS demande que les permis du MAPAQ soient émis seulement
lorsqu'une inspection préalable a été
effectuée et a démontré que le demandeur est conforme à la législation. Pour le
moment, ce n'est pas le cas, alors, malheureusement, même, à la limite,
une véritable usine à chiens peut avoir un permis du MAPAQ, et ça crée beaucoup de confusion auprès du public. Si ce
n'était pas possible d'adhérer à cette suggestion-là, nous, on suggère qu'on
pourrait nommer
autrement le système pour diminuer la confusion, peut-être parler d'un système
d'enregistrement, parce qu'actuellement c'est une situation qui est
problématique.
Deuxième
élément en lien avec les lieux d'élevage de chiens et de chats, on réitère la
suggestion qu'on avait faite en 2012
d'instaurer une limite du nombre de chiens et de chats reproducteurs gardés
dans un lieu pour faire en sorte que les élevages du Québec demeurent de
dimensions raisonnables. Sur le terrain on le voit, dans la littérature c'est
aussi démontré, il y a une corrélation
négative entre la taille des lieux d'élevage et la qualité des soins qui sont
prodigués aux animaux. C'est très
logique, quand on y pense, que les risques de négligence augmentent dans des
élevages à grande échelle, qui sont
très souvent surpeuplés. Je vous montre très rapidement ici une image de la
saisie d'une installation d'élevage à
grande échelle qui a eu lieu à Bonsecours en mai 2014. Il y avait
220 chiens gardés dans cette grange que vous voyez au fond de
l'écran, dont plusieurs femelles gestantes. C'est un cas qui est toujours
devant les tribunaux. Ça illustre l'importance...
ou en fait le risque qui s'avère au
moment où les élevages sont d'une
dimension, je dirais, déraisonnable, donc des risques en termes de
négligence.
Je parlais des élevages à grande échelle; il y a
aussi une problématique au niveau des petits et des moyens élevages. Actuellement, quelqu'un qui a 14 chiens reproducteurs n'a pas à
obtenir de permis du MAPAQ. Donc, souvent, sur les petites annonces, les productions de ces lieux d'élevage là sont
écoulées, des dizaines et des dizaines de chiots par année, dans le cas
de quelqu'un qui a 14 chiens reproducteurs. C'est une faille dans le système.
L'AQSS propose deux éléments : diminuer
à 10 le nombre de chiens ou de chats reproducteurs à partir duquel un permis
devrait être obtenu et exiger l'enregistrement de tous les lieux d'élevage, même ceux qui n'ont pas de permis, qui ont une activité
commerciale, pour avoir un numéro d'enregistrement, pouvoir avoir une
traçabilité des animaux qui sont vendus au Québec.
Troisième enjeu très important... J'imagine que
le temps s'écoule, je vais aller... Il reste quatre minutes?
Le Président (M. Morin) : Trois.
Mme Jodoin
(Emmanuelle) : Trois? Je vais aller rapidement. Donc, on voulait
souligner qu'on appuie la décision d'exiger des permis pour les lieux
d'élevage de renard roux et de vison d'Amérique. Je vous montre rapidement des images de l'enquête criminelle de la SPCA de
Montréal chez un éleveur, Visons J.N.J., un éleveur d'animaux à fourrure
de la Montérégie. C'est un éleveur qui est
accusé de cruauté et de négligence envers les animaux. Donc, ça illustre le
besoin criant de plus de contrôle pour cette industrie-là.
Quatrième
enjeu. J'ai parlé jusqu'ici des animaux de fourrure, les chiens, les chats,
mais ils sont loin d'être les seuls à avoir besoin d'être protégés par
la loi provinciale, on a besoin de pouvoir intervenir aussi auprès des animaux exotiques, vendus en grand nombre dans les
animaleries; même chose pour les grands animaux sauvages, exotiques dans
les zoos, dans les cirques. Selon notre
lecture de la loi, ils ne seraient pas protégés par la nouvelle loi, mais ils
sont, eux aussi, à haut risque d'être gardés dans des conditions
inacceptables.
Pour les
animaux sauvages et exotiques gardés en captivité, on est aussi un petit peu
perplexes, et on l'exprime ici, face
au fait que la loi ne reconnaît pas leurs besoins en termes d'enrichissement
environnemental comme elle le fait pour
les chats, chiens et équidés, même logique pour les animaux d'élevage. Pour nous,
c'est un fait évident que les besoins comportementaux
de tous les animaux gardés en captivité, peu importe leur espèce, sont un
critère essentiel à leur bien-être.
Dernier enjeu dont je traite aujourd'hui :
les pratiques d'élevage agricole. Donc, je souligne que l'AQSS est vraiment très heureuse que le projet de loi donne
au gouvernement le pouvoir de rendre obligatoires par règlement les
codes de pratique du Conseil national pour les soins aux animaux d'élevage et
aussi d'autres conditions pour exercer certaines
activités. On appuie sans réserve la perspective de rendre obligatoires des
normes de soins minimales pour les animaux d'élevage comme pour tous les
animaux qui sont protégés par la loi.
Enfin, je
termine avec ce sujet d'une très grande importance : la reconnaissance de
la nature sensible de l'animal. On
voit ici un cheval qui a été saisi par la SPA de l'Estrie en vertu du Code
criminel, qui a maintenant trouvé une famille. Pour l'AQSS, c'est une avancée majeure que de reconnaître la nature sensible
de l'animal, et c'est vraiment un aspect qui a le potentiel de servir de
fondement à des grands développements futurs, donc on en est très heureux.
Alors, je
vous remercie de votre écoute, mais surtout j'ai envie vraiment de vous
remercier de votre considération pour le bien-être des animaux du
Québec. Merci.
Le Président (M. Morin) :
Merci, chère Mme Jodoin. M. le ministre.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Merci.
Je le souligne encore une fois puis je pense qu'on va être capables de le
souligner jusqu'à la toute fin,
habituellement les commissions parlementaires sont d'une nature un peu plus
partisane que celle-ci. Celle-ci, je
pense que tout le monde a saisi que l'enjeu était sociétal, et tout le monde
collabore en posant des questions parfois
difficiles, en tentant d'orienter le débat, mais on s'en va tous et toutes dans
la même direction. Et ça, ça ne veut pas dire qu'on va arriver à la même
destination finale, mais on chemine correctement. Puis la qualité des mémoires qui nous est présentée, l'expérience
terrain d'organisations comme la vôtre facilitent énormément cette dynamique
de la commission parlementaire, ça fait qu'on vous remercie beaucoup.
Moi, je vous
remercie également de ce que vous faites sur le terrain. Sans vous, là, on
serait encore un peu plus mal pris.
Je pense que
je vous ai vues entrer dans la salle au moment où le groupe d'avant a témoigné,
comme tel. Il a été question de
certification avec le groupe qui vous a précédées. De quelle façon vous voyez
cette approche de certification?
Mme Devine (Alanna) : C'est une
excellente question.
Le Président (M. Morin) :
Oui, c'est Mme Devine, ça, Devine?
Mme Devine
(Alanna) : Oui. En effet,
c'est certain que, pour nous, si le programme de permis et si la loi est assez exigeant, ça devrait être assez pour que le public
puisse avoir la «confidence» dans un certain éleveur. Donc, on voit que le permis, avec une inspection au préalable,
devrait avoir en effet la réalité de dire au public qu'en effet ça, c'est un
bon éleveur, ils sont conformes aux
lois et aux règlements. Et, si ces lois et règlements
sont assez stricts, ça devrait être comme une certification, d'une
certaine manière.
Présentement, la loi prévoit seulement que les
permis sont pour 15 chats ou chiens ou plus. Nous, on fait une recommandation que les permis devraient être émis pour 10 chats ou chiens et qu'il y ait
un système d'enregistrement
pour tout endroit qui garde 10 ou moins
chats ou chiens mais qui fait des transactions commerciales. Donc, pour nous,
le programme d'ANIMA-Québec pourrait peut-être
être accouplé avec le programme d'enregistrement, mais, pour nous, si le programme de
permis est vraiment comme il devrait être, du MAPAQ, ça devrait être assez
suffisant pour que le public a la confidence
dans un certain éleveur de chats ou chiens avec 15 ou, avec notre suggestion, 10 chats ou chiens ou moins.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Présentement, on m'assure, là, qu'avant d'émettre un permis on effectue une
visite. Ce n'est pas une obligation légale, même réglementaire, c'est une
directive ministérielle.
Si ça fonctionne de cette façon-là, par
directive, est-ce que ce serait plus sécuritaire de l'insérer sur le plan
réglementaire ou législatif?
Mme Devine
(Alanna) : En effet, ça, c'est notre recommandation, on comprend très
bien, avec votre direction, que maintenant les inspections sont faites
de plus en plus au préalable, mais que ça devrait être une obligation légale
directement dans le règlement — ou dans la loi — lui-même.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Ça
va. Merci.
Le Président (M. Morin) : Ça
va? C'est beau. M. le député de Berthier.
M. Villeneuve : Merci, M. le
Président. Alors, bonjour, mesdames. Merci d'être ici aujourd'hui pour pouvoir
discuter de votre mémoire.
Moi, je vais
vous amener immédiatement, là... Attendez un petit peu, j'ai été pris de
court. Je ne croyais pas que le parti ministériel avait si peu de questions.
M. Villeneuve : Oui, c'est
ça, c'est clair. Ça a le mérite d'être clair, effectivement.
On parle ici, et là je cite un paragraphe de
votre mémoire : «En vertu de l'article 7, la loi écarte de son champ d'application
les activités [agricoles], d'enseignement et de recherche scientifique...» Et
plus loin vous ajoutez : «Malheureusement, à lui seul, ce critère ne peut
garantir que soit proscrite une pratique qui serait considérée comme déraisonnable, dépassée ou même
cruelle par la société québécoise d'aujourd'hui.» Hier, on a même eu quelqu'un
qui est venu nous dire qu'il ne faudrait pas juste se fier à cela mais
ajouter un processus plus rigoureux en amont.
Moi, j'ose
vous dire que je vais... M. le
ministre, je suis convaincu, aussi et
Mme la députée de Mirabel aussi, on
est appelés à aller sur les fermes, étant donné que le poste qu'on occupe, et
je peux vous dire que je n'ai pas l'impression, moi, que les agricultrices et agriculteurs du Québec sont déconnectés de ce qui se passe et
concernant le conseil national, les
normes, là, édictées, qui sont le fruit d'une expertise, le fruit d'une
pratique. Je veux vous entendre là-dessus parce que je lis un peu plus loin, le paragraphe d'en bas, vous dites :
«De nombreuses industries qui utilisent des animaux ont d'ailleurs déjà
élaboré, par le biais du Conseil national pour les soins aux animaux [...] et
en collaboration avec des vétérinaires et
des spécialistes du bien-être animal, ce genre de code de pratique.» Alors, je
veux vous entendre là-dessus. Je sens
un peu de contradiction dans votre texte, mais peut-être que c'est une mauvaise
interprétation que j'en fais. Alors, juste
vous dire qu'au quotidien on va sur les fermes, on voit les pratiques, on voit
que les agriculteurs et agricultrices du Québec, ils ont à coeur, finalement, la santé et le bien-être animal. Je
vous dirais qu'à la limite ils sont peut-être même des précurseurs dans
le domaine. Alors, j'aimerais vous entendre là-dessus.
Mme Devine
(Alanna) : Donc, ce qu'il
est important de se souvenir, c'est que présentement il n'y a aucune loi au niveau de la province qui rédige ou exige certaines
normes minimales sur des fermes d'élevage, des animaux d'élevage. On encadre le transport, il y a
une loi concernant le transport, l'abattage, mais, pour toute la vie de
l'animal, il n'y a rien sous
la loi qui est obligatoire. Le code national des soins aux animaux, le CNSAE,
c'est des codes qui sont construits avec l'industrie au niveau national,
c'est un processus qui est développé vraiment pour mettre en place quelles sont
les normes minimales acceptées par l'industrie mais en consensus aussi avec des
vétérinaires puis d'autres spécialistes.
Donc, pour
nous, c'est bien de dire que les éleveurs ont au coeur le bien-être
animal, mais d'avoir une lacune au
niveau de la loi, de n'avoir aucune exigence minimale sur laquelle ils peuvent
dire : Ça, c'est ce qu'on considère acceptable ou non dans notre industrie est problématique, surtout que... Étant juriste, je regarde toujours
les terminologies, comment elles
peuvent être interprétées. Le terme «généralement reconnues», c'est un terme qu'aucun juriste n'est
capable de dire c'est quelle
proportion de l'industrie qui doit utiliser cette pratique. Est-ce que c'est
trois quarts? Est-ce que c'est 50 %?
Donc, ce que nous, on
propose, c'est qu'en effet, les pratiques généralement reconnues, ce terme-là
soit défini dans la loi. Puis vous allez voir dans notre mémoire, qui est
beaucoup plus long que ce que vous avez devant vous, on fait même une suggestion de comment ça devrait être défini.
Puis, pour nous, ça devrait être défini en effet par les codes, pour commencer,
les codes de pratique CNSAE qui sont
construits par l'industrie, et, pour d'autres secteurs qui n'ont pas encore un
code, ils vont être obligés d'avoir
un code de pratique. Donc, s'ils veulent bénéficier de l'exemption, au moins
ils devraient savoir quelles sont les
pratiques que nous, dans notre industrie, on considère comme généralement
reconnues et donc acceptables.
Villeneuve : Bon, bien, merci. Ça a le mérite d'être pas mal
plus clair pour moi, à tout le moins, là, parce que j'avais une
compréhension peut-être un peu différente tantôt, mais là ça va mieux.
Je vous amène, dans
ce cas-ci... Parce que je voulais commencer par cette question-là parce que je
la trouvais tellement importante, mais je
vous amène et je reviens au début, je reviens à la fameuse définition, là,
hein, l'article 1;
partie I,
article 1. Donc, c'est la
page 1 de votre mémoire. Vous dites qu'il y a «une différence de nature entre
les animaux et les objets inanimés», bon,
bien que symbolique... et là je fais grâce du reste, là, mais vous
rajoutez : «...malgré qu'elle n'ait pas pour effet de doter les
animaux de véritables droits.» Alors, vous croyez, l'association, vous croyez également important de limiter la portée du
deuxième alinéa, et ça, ce n'est pas... vous n'êtes pas le premier groupe qui nous soumettez cela. Vous nous dites,
finalement : Attention, il y a peut-être un risque, avec le deuxième
alinéa, de limiter la portée, et il
faudrait peut-être faire un ajustement au projet de loi actuel pour s'assurer
que tout ça est très clair. C'est ce que je comprends?
Mme Devine
(Alanna) : Oui. Donc, en effet, malheureusement, ils n'ont pas décidé
de témoigner, mais cette recommandation
vient à la suite des échanges avec la personne qui est l'expert au niveau des
droits des biens au Barreau de
Québec. Donc, c'est eux... Malheureusement, ils n'ont pas témoigné, mais cette
recommandation vient du Barreau de Québec.
Puis,
quand on regarde les articles du Code civil, j'avais quand même fait pas mal
réflexion, il n'y a pas beaucoup d'articles
qui seraient à l'encontre de l'idée qu'un animal est un être sensible, mais
j'ai été capable d'en trouver quelques-uns comme exemples. Encore c'est un exemple très précis, mais
l'article 944 du Code civil parle d'un bien confié à un tiers pour être gardé; s'il n'est pas réclamé après
90 jours de la période convenue, il est considéré oublié. Donc, si on
prend cet article-là puis on
l'applique, un chien, par exemple, gardé dans un endroit de gardiennage,
quelqu'un part en vacances puis il dit : Je vais retourner dans
cinq jours, il ne revient pas, cinq jours, six jours, sept jours, huit jours, je
pense que l'obligation, en considérant
l'être sensible et le fait que l'animal a besoin de soins, a besoin d'être tenu
d'une façon adéquate avec tous ses besoins comblés, ça ne fitte pas
exactement avec le premier alinéa.
Donc, je n'ai pas
trouvé beaucoup d'articles, mais nous croyons qu'au cas où un tribunal serait
dans une situation où il serait pris...
parce qu'on ne peut jamais prévoir c'est quoi, la jurisprudence, mais ils sont
pris avec un certain article, bien ce
serait clair de dire : Si jamais il y a une
partie de l'article qui va à
l'encontre de qu'est-ce qui est en effet expliqué dans le premier alinéa, cette partie-là de l'article ne devrait
pas avoir priorité, et donc on devrait reconsidérer pour dire peut-être, dans le cadre de
l'article 944 : Les animaux sont des êtres sensibles, sont aussi,
sous certaine jurisprudence,
considérés comme des biens susceptibles de dépérissement, puis peut-être une
autre période de temps devrait être considérée avant que l'animal ne
soit considéré légalement oublié.
Villeneuve : Parfait. Merci de l'explication. Et je vous amène
sur un autre terrain, votre rôle et aussi le territoire que vous couvrez
sur l'ensemble du Québec. Je posais tantôt la question à ANIMA-Québec, et ils
me disaient qu'ils couvraient, là, le territoire complet. J'aimerais savoir de
votre part, de un, quelle
partie du territoire du Québec — on va
y aller plus simple — vous
ne couvrez pas.
Devine (Alanna) : C'est compliqué parce qu'en effet les membres de
l'AQSS, avec nos inspecteurs, pour l'application
de la loi P-42, premièrement, on a juste le pouvoir de l'appliquer pour les
chats et les chiens. Donc, présentement, les animaux d'élevage, les chevaux, ce n'est pas nous qui l'applique,
on n'a aucun pouvoir de l'appliquer sur
le territoire du Québec. C'est quelque
chose qu'on recommande qui devrait
changer, on est la seule province où les SPA ou SPCA sont spécifiquement nommées juste pour certaines espèces.
Donc, on aimerait bien avoir le pouvoir de l'appliquer partout, pour
toutes les espèces.
deuxième précision, c'est que certains de nos membres, incluant la SPCA de Montréal,
nous avons des constables spéciaux, donc, chez nous, et c'est sous moi,
c'est moi qui les dirige, j'ai des constables spéciaux qui appliquent le Code
criminel, qui appliquent à tous les animaux. Donc, ça, c'est la première chose
à comprendre.
Mais,
par rapport à la province au complet, on couvre un grand, grand territoire. Il
y a certaines villes ou petites régions
qui sont couvertes par le MAPAQ simplement parce que nous n'avons pas les
moyens, les ressources d'aller si loin. Nous, à la SPCA de Montréal, on couvre même des territoires qui sont deux
heures à l'extérieur de Montréal. Le subventionnement
qu'on reçoit du gouvernement provincial nous donne assez pour avoir un
inspecteur et demi, nous, de notre
propre financement, on a quatre inspecteurs supplémentaires, mais, pour être honnête,
pour vraiment combler les besoins d'inspection, à mon avis, j'aurais
besoin entre 15 et 20 inspecteurs, pour arriver à traiter les plaintes de
la façon qu'elles sont traitées dans les
autres provinces, donc une plainte est rentrée, quelqu'un est là la journée
après. Nous, on n'a simplement pas
les ressources pour le faire, pour le moment, n'importe où dans la province où
l'AQSS a des inspecteurs.
Villeneuve : Oui, j'ai l'impression que ça va être le nerf de
la guerre éventuellement, ça va être de s'assurer que les ressources sont suffisantes pour justement
faire le travail et s'assurer que le projet de loi n° 54, dans la mesure
où à terme il serait adopté, puisse finalement porter les fruits qui sont les
siens.
Je vous amène sur une autre question.
Vous dites... à la page 3 vous parlez des... «...les liens entre le milieu
des animaleries et celui des usines à chiots et chatons sont de
notoriété publique.» Selon vous, est-ce que le projet de loi, actuellement, permet de s'assurer que, lorsque je
vais dans une animalerie, j'achète un chat ou un chien... Je ne sais pas
d'où il vient, dans le fond. La traçabilité,
mon garçon a fait l'acquisition d'un «border collie», et il a une puce, alors
on le scanne puis pouf! on sait d'où
il vient, on sait exactement, alors c'est extraordinaire. Est-ce que vous
considérez que dans le projet de loi
actuellement... Parce que vous semblez dire qu'il s'alimente beaucoup... en
tout cas il se procure beaucoup de
chats et de chiens, souvent, d'usines à chiots, probablement, potentiellement,
et là on sait qu'il faut cibler puis régler ce problème-là, les usines à chiots, il faut régler ça. Je pense que les
Québécois sont très... très horrifiés, je vous dirais, de certaines images qu'on a pu voir, là. Alors,
comment on y arrive? Est-ce que le projet de loi va permettre d'y arriver avec...
Mme Devine
(Alanna) : C'est une bonne question.
Villeneuve : Si on encourage l'achat, puis la provenance est
douteuse, dans le fond, on ne règle pas la situation, au contraire on la
perpétue.
Devine (Alanna) : C'est une question très intéressante. C'est certain
que, pour nous, un premier pas en avant, c'est d'obliger au moins que les
animaleries ont un permis, c'est la première étape.
question que je ne peux pas répondre sans faire un peu de recherche,
c'est : Est-ce que, par exemple, on pourrait demander au
gouvernement provincial d'interdire les chats et les chiens dans les animaleries?
Ça, je ne sais pas si ça provient, sans faire la recherche, de la juridiction
provinciale ou municipale.
Présentement,
la SPCA de Montréal et d'autres SPCA qui sont membres de l'AQSS travaillent
pour encourager des municipalités
d'adopter des règlements soit qui interdisent la vente des chats et des chiens
dans les animaleries, ou au moins
d'obliger qu'ils soient stérilisés, ou, troisièmement, essayer qu'ils
travaillent avec des partenaires en refuge pour faire l'adoption des animaux et non la vente des animaux provenant des
sources inconnues. Est-ce que le projet de loi va régler la situation au complet? Pas
nécessairement, mais, si tous les lieux avec 10 ou 15 chats et chiens et
plus sont obligés d'avoir un permis
avec inspection préalable, avec des lois très strictes, des animaleries
seraient obligées d'avoir un permis, eux aussi, c'est un pas en avant.
question qui serait peut-être intéressante, c'est : Avec les pouvoirs que
le gouvernement a ou aura en vertu de
l'article 63, est-ce qu'il y a possibilité, par exemple, que le
gouvernement pourrait adopter un règlement qui exige que tous les chats et les chiens vendus en animalerie
soient stérilisés et peut-être que leur lieu de garde original soit émis sur,
en effet, l'endroit où ils sont vendus, donc la personne qui fait
l'achat de l'animal pourrait, s'il voulait faire diligence raisonnable, aller
visiter les lieux avant de faire l'achat?
Le Président (M.
Morin) : Merci, Mme Devine. Mme la députée de Mirabel, on
est rendus à vous.
D'Amours : Merci. Bonjour, mesdames. Vous considérez que le traitement
est inacceptable pour les animaux qui sont
conservés dans les zoos ou les animaux exotiques qui doivent subir les
températures que l'on vit au Québec en hiver. J'aimerais que vous
élaboriez sur ce sujet.
Mme Devine
(Alanna) : Je n'ai pas tout à fait compris la question. Pouvez-vous la
répéter?
D'Amours : Vous dites dans votre mémoire que vous considérez qu'il y a
un traitement inacceptable pour les animaux
conservés dans des zoos ou les animaux exotiques qui doivent subir les climats
du Québec. C'est en page 3 de votre mémoire.
Devine (Alanna) : Oui, mais
je ne pense pas qu'on parle spécifiquement de question de climat. C'est
certain, nous, on fait toujours référence
à la science et les experts. Vous allez recevoir bientôt, dans quelques
semaines, Dr Édouard Maccolini
puis Dre Julie Hébert qui... ce sont des experts des animaux exotiques. Il
faut comprendre que les animaux exotiques, malheureusement, sont encore
exclus de la loi — puis
j'aimerais peut-être, s'il y a une question, revenir
là-dessus, parce
que c'est un point très important — sont
exclus de la loi, ont des besoins très, très complexes, très importants, des besoins physiologiques et
psychologiques juste comme les animaux domestiqués mais même plus, parce que
ce sont de nature, la plupart, des animaux qui sont encore sauvages. Ça veut
dire que, même s'ils sont en captivité depuis
quelques générations, puis, je pense, Me Gaillard l'avait souligné hier
durant sa présentation, ce sont des animaux qui gardent encore tous
leurs besoins qu'ils auraient à la nature.
Donc,
c'est certain qu'il y a des bons zoos, il y a des pas bons zoos; on
ne peut pas dire que tous les zoos sont bons, tous les zoos sont
mauvais. Ce qu'on aimerait voir, c'est, pour comme toutes les autres espèces,
des standards minimums prévus dans un règlement
et que ces animaux-là ont aussi la protection incluse dans le projet de loi pour les animaux domestiqués, ainsi que les chats, les chiens et
les équidés.
D'Amours : O.K.
Vous pouvez continuer, si vous vouliez... Parce que vous disiez :
J'espère avoir d'autres questions. Qu'est-ce
que vous aimeriez nous dire, à la commission, qui serait important qu'on sache, qu'on n'a pas dans votre mémoire
ou...
Devine (Alanna) : Oui, mais
je pense que c'est traité dans le mémoire, mais je n'ai pas reçu une question. Donc, je vais en profiter, de
continuer.
En effet, nous, on a eu beaucoup d'expériences
avec les animaux exotiques. On ne parle pas beaucoup de ces animaux-là, mais vous allez voir, surtout dans le mémoire
de Dre Hébert et Dr Maccolini, le nombre qui sont vendus en
animalerie, en ligne, c'est un nombre énorme.
Ces animaux-là sont présentement protégés par le
Règlement sur les animaux en captivité, il y a trois articles. Présentement, la loi, comme elle est rédigée dans le projet de loi n° 54,
permet aux inspecteurs du MAPAQ d'appliquer ces règlements seulement pour des animaux exotiques ou les animaux de la
faune en captivité s'ils sont considérés comme des animaux de compagnie. La façon que je lis ou nous, on lit cet article-là,
ça va permettre seulement de protéger, premièrement, des animaux qui
sont dans des maisons d'habitations, à cause de la façon qu'«animaux de
compagnie» est défini, c'est-à-dire que les animaux dans les animaleries, les animaux dans des lieux
d'élevage, des animaux dans des zoos, des animaux dans des parcs d'amusement
ne seraient pas protégés par le MAPAQ.
Deuxièmement, les protections qui sont données dans le projet de loi, dans l'article 5 et 6, sont beaucoup plus bonifiées que les protections données à ces
animaux sous le Règlement sur les animaux en captivité. Donc, la protection
n'est pas du tout la même.
Et, troisièmement, il y a une question de...
pour les animaux qui ne seraient pas couverts, les animaux pas de compagnie dans les lieux d'élevage, animaleries.
Avec tout respect, les compétences et le personnel, si le ministère
de la Faune a les compétences ou le
personnel pour effectuer ces inspections-là... Nous, on a vécu des expériences.
On a transféré des plaintes sérieuses concernant des animaux exotiques
qui n'étaient jamais, jamais traitées.
Président (M. Morin) :
Ça va? Donc, merci beaucoup, mesdames, pour votre présentation. Encore une fois, très intéressant. Merci. Bon retour à la maison.
Compte tenu que les travaux sont terminés, on va
y revenir après les affaires courantes aujourd'hui. Merci.
(Suspension de la séance à 11 h 9)
Président (M. Morin) :
Bonjour, tout le monde. La commission reprend ses travaux en s'excusant,
là, pour les personnes qui sont en
attente depuis 1 h 15 min,
1 h 20 min. Je demande à toutes les personnes, naturellement,
dans la salle de vérifier vos téléphones cellulaires.
Nous allons
poursuivre les consultations particulières et auditions publiques sur le projet
de loi n° 54, Loi visant l'amélioration
de la situation juridique de l'animal. Nous entendrons cet après-midi
l'Association des propriétaires du Québec, l'Association des abattoirs
avicoles du Québec et La Coop fédérée.
Donc,
immédiatement, j'invite les personnes qui sont présentes à la table de se
présenter et de nous faire l'honneur de leurs 10 minutes de
présentation.
M. Messier
(Martin A.) : Merci, M. le Président. M. le ministre, Mmes et MM. les
députés, mesdames et messieurs. Mon
nom est Martin Messier, je suis président de l'Association des propriétaires du
Québec, propriétaires, donc,
d'immeubles locatifs résidentiels,
qui compte 16 000 membres,
en fait, un peu partout au Québec. Je suis accompagné de
Mme Estelle Fabre, à ma gauche, directrice des communications.
D'abord,
merci de nous accueillir pour un projet de loi qui nous interpelle sur certains
points directement et qui nous touche
moins dans l'ensemble, on entend l'ensemble de vos intervenants, mais soyez
convaincus de notre intérêt à vous
parler ce soir du logement locatif. D'abord, pour bien cadrer les choses, vous
indiquer que les prises de position de ce soir doivent prendre en considération le fait que, pour nous, l'animal
qui est dans le logement est en fait rarement la source du problème,
mais souvent, malheureusement, c'est celui qui en est responsable qui nous pose
des problèmes.
D'abord,
vous parler un petit peu de l'APQ. Donc, l'association offre des
services de formation, services juridiques, enquêtes de crédit, programmes de groupe, programmes législatifs et,
dans ce cadre-là, est appelée à répondre de façon quotidienne à plusieurs propriétaires qui sont aux
prises avec des difficultés.
Actuellement, simplement pour nous mettre en
contexte, les propriétaires ont la possibilité d'accepter ou de refuser la présence d'un animal dans le logement à
la signature du bail. C'est donc un droit qui est extrêmement important pour les propriétaires. D'abord, le type d'immeuble et
nos clientèles requièrent souvent, que ce soit pour des raisons d'allergie ou pour des raisons... des
inconvénients qui peuvent être liés avec le manque de soins aux animaux, donc
les aboiements et tout ce qui va
avec, nous demandent souvent de leur garantir qu'il n'y aura pas d'animaux à
proximité, et donc ça fait
partie des
restrictions pour certains baux dans certains immeubles. Par contre,
dans plusieurs immeubles, les propriétaires vont
permettre et accepter la présence des animaux. Quand c'est le cas, le
propriétaire doit garantir la jouissance paisible du logement aux autres
locataires, et on est donc interpelés par deux aspects.
D'abord, durant le bail, donc pendant que le
locataire est présent sur les lieux, plusieurs cas d'abus qui nous interpellent, des animaux qui sont laissés seuls
durant des périodes prolongées, des animaux qui sont laissés à eux-mêmes,
que ce soit pour la journée ou même durant plusieurs semaines, qui crée des difficultés
actuellement pour leurs propriétaires, que
ce soit la capacité d'avoir accès au logement, la capacité de demeurer le
gardien de la jouissance du logement tout en ayant le respect de la vie
privée, et c'est donc dans ce contexte que, pour nous, il est souhaitable que
le propriétaire puisse, en fait, donner
accès au logement. Et vous pourrez le lire dans notre mémoire, mais une des
demandes qu'on vous fait, c'est de
nous permettre de donner accès aux agents qui seront désignés pour le respect
de la loi, sans autre formalité, pour pouvoir intervenir, ce qui n'est
pas clair actuellement, ce qui est difficile à faire. Et, dans certains cas, malheureusement, le propriétaire se retrouve face à des poursuites criminelles ou devant
à la Régie du logement, quand il
donne accès au logement ou même quand il dénonce, parce qu'évidemment
les propriétaires sont considérés comme des entreprises, et donc, au niveau de la gestion des renseignements et de l'accès au logement, il
y a des obligations
qui nous sont imposées qui peuvent
donner lieu à des poursuites. Donc, l'immunité tant pour donner accès que pour
dénoncer.
a également le problème de l'abandon à la fin du bail. Donc, malheureusement, on est très familiers avec cette réalité-là, les locataires qui quittent le logement en laissant à leur
départ un ou plusieurs animaux dans leur logement, et encore une fois c'est la difficulté,
donc on a des dispositions qui nous permettent de savoir quoi faire avec
des meubles qui restent dans le logement,
mais avec un animal c'est autre chose. Et on est dans la saison, au Québec,
on le sait, on est dans la saison, la frénésie du 1er juillet, où tout
le monde est extrêmement occupé, et là on manque de ressources, de
disponibilités au niveau également des municipalités ou des forces policières.
Donc, il y a vraiment une saison du 1er juillet,
là, qui nous pose problème. Donc, on accueille avec plaisir cette
responsabilisation du locataire, en mettant l'emphase sur le fait que vraiment, dans ce cas-ci, le propriétaire de l'immeuble
n'a absolument aucun contrôle, donc, au niveau de
sa capacité de gérer le dossier. Définitivement, l'intervention de personnes
autorisées à le faire et la responsabilisation vraiment du locataire
nous apparaît approprié.
Quelques
minutes pour vous sensibiliser sur un autre aspect, parce qu'évidemment on parle d'amendes, il y aurait
peut-être lieu, selon nous, de clarifier le
projet de loi à ce sujet-là, dans cet aspect-là, mais également me permettre de
vous spécifier que dans certaines provinces,
au Canada, on permet un dépôt de garantie spécifique quand il y a un animal.
Et d'ailleurs moi-même, amoureux des
animaux, quand je vais à l'hôtel avec mon petit toutou, je dois payer un dépôt
pour la chambre, hein, on me
sensibilise, avec ma carte de crédit, en ayant un dépôt spécifique pour la
chambre d'hôtel, et ça fait en sorte
certainement que l'hôtel est plus à même d'accepter le fait qu'on vienne chez
eux, avec les conditions qui s'imposent,
avec un animal. Et c'est un peu la même chose. Ce qu'on pense, c'est que le
propriétaire, s'il était en mesure de demander un dépôt de garantie
spécifique pour s'assurer qu'il a devant lui un locataire qui a à coeur son
animal et qui n'a pas peur de s'engager
quant au respect que ce soit des autres, donc les aboiements, les animaux
laissés sur les lieux ou les dommages
causés au logement... Malheureusement, dans plusieurs cas, au 1er juillet,
les dommages les plus graves qu'on
retrouve, ce sont les gens qui se retrouvent avec des dégâts causés par des
animaux, hein, que ce soit l'urine ou les murs qui sont rongés, c'est là qu'on a des dépenses importantes, et donc
certainement de nature à rassurer les propriétaires et à favoriser
l'acceptation des animaux dans les logements de permettre ce dépôt de garantie.
Donc,
écoutez, je me résume, simplement pour vous dire que, pour nous, la
sensibilisation du locataire est essentielle, permettre au propriétaire d'agir sans crainte de se faire poursuivre par
la suite, et définitivement d'axer que ce soit par les amendes mais également par éventuellement un
dépôt de garantie spécifique à la présence de l'animal sur les lieux
serait de nature à sensibiliser le locataire qu'il est responsable de son
animal.
Le Président (M.
Morin) : Merci, M. Messier. M. le ministre, faites un tri dans
vos questions, vous avez neuf minutes.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Je vais faire ça vite. Première question... Merci
d'être là, premièrement. Deuxièmement, j'ai
besoin d'information sur ce qui se passe sur votre terrain, là, vous êtes un
peu partout. À votre connaissance, quelle
est la proportion des logements où les animaux sont acceptés ou, vous pouvez
répondre à l'inverse, sont refusés?
M. Messier (Martin
A.) : Probablement le tiers des logements où les animaux sont
acceptés. Ça mériterait vérification, là, mais comme ça, à la volée,
certainement le tiers.
Dans
les cas où les animaux sont refusés, comme je le disais tout à l'heure, la
clientèle le demande. Maintenant, on
a des gens d'une allergie spectaculaire, là, où les enfants ne peuvent même pas
circuler dans le même corridor qu'un animal.
Il y a vraiment une demande de la clientèle où on s'assure qu'on ne croisera
pas d'animaux, que ce soient les chiens, les chats.
Normalement, on va
interdire les serpents dans à peu près tous nos immeubles, mais sinon, pour les
chiens et les chats, il y a quand même plusieurs propriétaires qui les
acceptent.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Si le législateur incorporait une obligation de
dépôt, votre proportion d'un tiers, suivant votre estimation, grimperait
à combien?
Messier (Martin A.) : Évidemment, ça dépend du dépôt, parce qu'on en a
effectivement discuté, et, comme je
le disais, les dommages les plus importants sont reliés à cette gravité des
dommages qu'on constate au départ du locataire. Donc, il y a vraiment des travaux d'importance. Dans certains cas, il
faut refaire les planchers, les armoires au complet. Mais certainement
que ce serait de nature à sensibiliser. C'est souvent des gens qui ne prennent
pas soin de leur animal, tout simplement,
qui le laissent sur les lieux pendant des périodes prolongées, et ça cause des
dégâts, ou qui en ont mais en nombre... il y en a un de prévu sur le
bail, mais il y a de la population qui s'ajoute au fur et à mesure.
Mais certainement
qu'on serait en mesure de voir un accroissement radical de la présence des
animaux, de la tolérance des animaux.
Paradis (Brome-Missisquoi) :
Est-ce que vous avez vérifié avec vos vis-à-vis en Ontario, qui ont une
obligation d'accepter les animaux, si
ça a causé, à travers le temps, des problèmes qui se sont retrouvés, je ne sais
pas, devant les tribunaux, insolubles, etc., ou est-ce qu'il s'agit de
problèmes à la marge?
M. Messier
(Martin A.) : Il y a vraiment des problèmes importants qui sont reliés
à l'obligation, et, pour nous, on
voit ça, évidemment, comme une obligation extrêmement difficile pour les
propriétaires d'immeuble, particulièrement dans un contexte québécois du
logement locatif, contrairement à l'Ontario, où on a très peu de ces grandes
structures multiétages, béton, donc avec un
niveau d'insonorisation particulier qui... Au Québec, on va retrouver
énormément de petits logements, de
petits propriétaires où on se voisine de façon beaucoup plus près, les uns les
autres. Et donc l'obligation d'avoir
un animal, dans le contexte actuel, je vous dirais que ce serait tout
simplement l'enfer pour les propriétaires mais aussi pour les locataires, hein, parce que, quand on a un animal qui est
laissé à lui-même, qui aboie durant toute la journée, dans un logement comme celui que je viens de vous
décrire, c'est la catastrophe, hein? C'est l'usage du logement qui est remis en question, et le propriétaire est
responsable du logement. Les délais devant la Régie du logement... Parce qu'il
y a des actions qui peuvent être
entreprises. Donc, je peux envoyer une mise en demeure à mon locataire.
Malheureusement, si déjà il est
négligent avec son animal, il y a moins de chances de trouver intérêt dans la
mise en demeure que je lui ferai parvenir.
Je devrai donc me retourner devant la Régie du logement, et là les délais font
en sorte que je risque de perdre l'ensemble de mes locataires avant
d'avoir une décision qui me permet de régler le problème. Donc, vraiment, cette
obligation de recevoir un animal, pour nous, ne s'applique pas au contexte
québécois du logement.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : On
vient de faire circuler, là, votre mémoire, donc je n'ai pas eu le temps de le
passer avec ma deuxième paire de lunettes,
là, mais je suis quand même intéressé par l'aspect de l'accès à nos inspecteurs
ou aux inspecteurs que l'on désigne de façon beaucoup plus aisée, à condition
qu'il y ait une immunité qui vous empêche, là... ou qui vous protège des
poursuites, là, dans ces cas-là.
M. Messier (Martin A.) :
Effectivement.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Moi,
j'aimerais peut-être — si c'est contenu dedans, ça va — si ce n'est pas contenu dedans, que
vous complémentiez cet aspect de l'information.
M. Messier
(Martin A.) : C'est contenu, mais, si vous me permettez quand même
simplement d'insister sur ce fait-là...
Donc, on le
disait, on a près de 280 000 petits propriétaires de logement au Québec,
et de prévoir... de les rassurer en
leur disant que, si quelqu'un leur présente le badge officiel, un peu comme les
policiers, ils sont en mesure d'ouvrir, puis qu'ils n'auront pas de problème, ça risque de favoriser à la fois
les appels visant à protéger les animaux contre les abus mais également
l'accès au logement. Donc, un peu comme quand un responsable des forces de
l'ordre nous dit d'ouvrir un appartement,
bien, on l'ouvre, donc, il faudrait qu'il y ait, je dirais, une instruction
claire aux propriétaires de donner accès séance tenante aux inspecteurs
qui s'identifient.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Ça
va, M. le Président.
Le Président (M. Morin) : Ça
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Oui.
Le Président (M. Morin) : Du
côté ministériel, c'est bien? Donc, M. le député de Berthier.
5 min 30 s.
Villeneuve : Merci,
M. le Président. Encore une fois, désolé. Je sais que vous vous êtes déplacés,
et le temps qui nous était imparti a
fondu comme peau de chagrin. Mais, bon, l'important, c'est que vous
soyez là et qu'on puisse aller droit au but.
Tantôt, le ministre a abordé, je pense, le cas
de l'Alberta, où les propriétaires privés n'ont pas vraiment un mot à dire, c'est ce que j'ai cru comprendre, par
rapport au fait d'accepter ou non un animal. Au Québec, c'est très différent,
vous avez cette possibilité-là. Et, malgré...
bien je dis «malgré», là, mais vous avez donc cette possibilité-là d'accepter ou non, à moins que ce soit pour un handicap ou de
la zoothérapie, etc., et on constate que tout de même plus d'un tiers ou
un tiers des propriétaires acceptent qu'un animal puisse être accepté dans un
logement.
Ça m'amène à
vous poser la question. Lorsque... Et ça, je présume, évidemment, que vous
voulez que ça continue comme cela. C'est ce que je comprends?
M. Messier
(Martin A.) : ...c'est important pour nous qu'on puisse offrir cette
possibilité-là aux propriétaires. Dépendamment
de l'immeuble, en fait de la configuration de l'immeuble, certains
propriétaires vont avoir plus d'aisance ou de possibilité à accepter les
animaux que d'autres. Effectivement, on doit laisser ce choix-là aux
propriétaires.
Villeneuve : Dans votre première recommandation, là, vous
parlez que «l'APQ juge important de convenir d'un délai maximal pour ce faire». Alors, on comprend qu'il n'y a pas de
délai maximal actuellement. Est-ce que ça a amené à des histoires un
petit peu compliquées en termes de délai, voire heures, jours, semaines?
M. Messier (Martin
A.) : Ah! extrêmement...
M. Villeneuve : Et qu'est-ce
qu'on fait? On entre... Contez-nous ça, là. Dites-nous qu'est-ce que vous
faites s'il y a, je ne sais pas, moi, un
bouledogue, par exemple... Bien, je ne veux pas nommer de race, là, en
particulier, c'est tous... moi, je
suis un amant des chiens, là, j'adore les chiens, alors... Mais, s'il y a un
chien dans l'appartement, puis, bon, vous
n'êtes pas certain, puis que, là, vous avez appelé puis qu'ils ne viennent pas,
vous faites quoi? Il mange les meubles, le tapis...
M. Messier
(Martin A.) : J'adore également les animaux, mais je peux vous dire
que parfois les gardiens des animaux...
Je disais «les maîtres» avant, mais, bon, j'ai corrigé ça. Je trouvais que
c'était un petit peu... Je ne sais pas c'est quoi, le vocable que vous
utilisez, mais disons le responsable de l'animal.
M. Villeneuve : Propriétaire,
propriétaire.
M. Messier
(Martin A.) : Le propriétaire de l'animal. Mais, nous, vous savez
qu'on est propriétaires de logement, ça porte à confusion. Disons le
responsable de l'animal.
C'est
extrêmement difficile parce que le pouvoir d'intervention n'est pas balisé de
façon claire. Donc, on appelle les
municipalités, on va tenter d'avoir l'appui des forces de l'ordre, mais on va
nous dire de leur côté aussi : Non, on ne peut pas intervenir comme
Et donc, dans
certains cas, les propriétaires vont donner accès, ouvrir la porte, et là on
s'expose à des poursuites par la
suite. J'ai même vu des propriétaires accusés du vol de l'animal, qui avait été
abandonné pendant deux semaines dans
le logement, qu'on voulait tout simplement nourrir, et puis on a contacté les
forces de l'ordre. Mais le propriétaire a pris les choses en main, je
dirais, le coeur à la main, et il s'est fait poursuivre, donc...
Villeneuve : Donc, pour le bien-être de l'animal, il a cru bon
d'intervenir, et mal lui en prit. Alors, la loi du bon samaritain, dans
ce cas-ci, ne s'est pas appliquée.
M. Messier
(Martin A.) : Ça a été compliqué, disons, effectivement. Et faire face
à des procédures judiciaires, peu importe le succès, aujourd'hui la
procédure elle-même est en soi une source d'inconvénients importante.
Villeneuve : Bien, écoutez, suite à notre échange, j'imagine,
en tout cas, que vous souhaiteriez qu'on puisse clarifier cette
section-là, à tout le moins, là.
Messier (Martin A.) : Effectivement. Qu'on puisse, comme
propriétaires, à la fois, dans la mesure où on dénonce l'animal, bénéficier d'une immunité et également
qu'on puisse donner accès séance tenante à la personne chargée... l'inspecteur
chargé de l'application de la loi. Qu'il
soit clair, là, qu'on ne puisse pas être poursuivi pour ces deux démarches-là,
en fait.
Villeneuve : Si c'était possible d'avoir les éléments, là, dont
vous venez de faire état, là... Quelqu'un qui s'est fait poursuivre, il
doit y avoir des traces de cela sur le plan juridique.
M. Messier (Martin A.) :
Certainement.
Villeneuve : Parce que le ministre nous a bien dit qu'il était
à l'écoute, et que son projet de loi, c'était un projet de loi, et qu'il était prêt à le bonifier. Et moi,
j'écoute votre histoire. Bien, si j'avais les éléments pour la valider, pas que
je ne vous crois pas, là, mais, si j'avais
les éléments pour la valider, bien je pense qu'avec le ministre on pourrait
peut-être regarder à améliorer la
situation, et ce, pour le bien-être de l'animal, bien sûr, mais aussi pour que
vous puissiez fonctionner de façon correcte.
Bien, je vous remercie infiniment de vous être
déplacés.
M. Messier (Martin A.) : Avec
plaisir. Merci.
Le Président (M. Morin) :
Merci, M. le député de Berthier. Mme la députée de Mirabel.
Mme D'Amours : Combien de minutes?
Le Président (M. Morin) :
Excusez-moi. 3 min 30 s.
D'Amours : 3 min 30 s, d'accord. Bien, bonjour. Vous
avez dit que vous accepteriez de devenir un intervenant ou à tout le moins un dénonciateur avec immunité, vous
demandez aussi d'avoir le droit de demander un dépôt, mais, quand je lis le document, le dépôt... Parce
que, vous savez, la loi, c'est pour le bien-être animal. Alors, quand je lis
votre document, c'est comme si vous preniez
la loi pour vous aider à avoir un dépôt pour réparer vos immeubles. C'est la
perception que j'ai. Je ne juge pas, là, mais c'est la perception que j'ai.
Il n'y aurait pas lieu de regarder avec vos
propriétaires? Et le dépôt, en tant que tel, ne pourrait pas être aussi une
phase, à mon avis, une façon de faire
qui pourrait faire en sorte que, l'animal qui est laissé dans l'appartement,
vous ayez les
moyens de le soigner, les moyens de le placer, les moyens de... Est-ce qu'il
n'y aurait pas une façon de faire, avec ce genre de dépôt là, qui serait
aussi pour l'animal et non pas pour juste les planchers et les murs?
M. Messier
(Martin A.) : Écoutez,
ce serait compliqué, pour le propriétaire, de gérer, d'acquitter des factures,
de prendre en charge... Il y a une
responsabilité probablement juridique qui accompagnerait cet élément-là, là. Si je fais moi-même
héberger l'animal, ce serait extrêmement compliqué.
Par contre,
on voit dans l'intérêt et pour le bien de l'animal qu'il y ait un dépôt qui
soit exigible, pour sensibiliser le maître d'abord à ne pas abandonner
son animal sur les lieux parce que, s'il y a des dégâts, il va y avoir un
impact financier autre que l'amende, qui
s'ajoute à l'amende. Et, si en cours de bail il abandonne durant une période
prolongée son animal, il y aura
certainement une préoccupation de dire : Bien, peut-être qu'il va y avoir
des murs de rongés, des planchers à changer parce que l'urine s'y
retrouve.
Donc, oui, on
parle du bâtiment, mais ultimement on parle d'une sensibilité. On s'entend pour
dire que ce n'est pas tous les locataires, ce sont les locataires qui ne
prennent pas soin de leurs animaux qui auraient peut-être enfin, permettez-moi cette expression, la sensibilité de
dire : Il ne faut pas que j'abandonne mon animal, parce qu'il va y avoir
des conséquences à la fois financières et
possiblement des amendes et des interventions des agents, alors qu'aujourd'hui,
extrêmement difficile d'intervenir pour les deux.
Mme D'Amours : Merci, M. le
Président.
Le Président (M. Morin) : Ça
Président (M. Morin) : Donc, mon cher M. Messier,
Mme Fabre, merci beaucoup. Ça a été court et touchant, par exemple.
Donc, merci.
Je suspends quelques instants et pour inviter le
groupe suivant à venir prendre place.
(Suspension de la séance à 16 h 42)
Le Président (M. Morin) :
Nous recommençons nos travaux, nous reprenons nos travaux et nous recevons
l'Association des abattoirs avicoles du Québec. Donc, messieurs madame, si vous
voulez bien vous présenter.
M. Cormier
(Joël) : Oui, bonjour. Merci, M. le Président. Joël Cormier, président
de l'Association des abattoirs
avicoles du Québec. Je suis accompagné aujourd'hui, M. le Président, de notre
secrétaire directeur général, M. Daniel Dufour, également de Mme Silke Schantz, directrice du
bien-être animal chez Exceldor, et de M. Stéphane Beaudoin, consultant
en bien-être animal.
Le Président (M. Morin) :
Très bien. Vous avez 10 minutes.
M. Cormier (Joël) : Parfait. Merci
beaucoup, M. le Président.
Dans un
premier temps, je tiens à remercier la commission de nous avoir invités, de
nous avoir permis de venir vous rencontrer ici aujourd'hui, c'est
grandement apprécié. Nous avons déposé un mémoire à l'intérieur duquel vous
allez avoir un bref aperçu de ce que c'est, l'association, si ce n'est que pour
vous dire que l'Association des abattoirs avicoles
du Québec représente tout près de
99 % de l'abattage de volaille, poulet et dindon, du Québec, donc on peut
parler de presque la totalité des membres...
des abattoirs. Et ces abattoirs-là à 99 % sont sous inspection fédérale,
et ça, c'est extrêmement important de le spécifier. Donc, on est régis,
dans nos établissements, par des inspecteurs de l'Agence canadienne d'inspection des aliments, qui sont à
la fois, aujourd'hui, sous Santé Canada et sous Agriculture Canada. Et le
pourquoi de cette mention-là, c'est que déjà
au fédéral nous sommes régis par un ensemble de règles, de règlements qui
tiennent compte du bien-être animal : la
Loi sur la santé des animaux, la
loi sur le transport des animaux, le code de pratique.
Donc, les inspecteurs qu'on a sur une base permanente dans nos établissements
nous supervisent à l'égard de ces règlements-là et ces lois-là, et on
est assujettis, à défaut, à des pénalités monétaires qui peuvent aller jusqu'à
des pénalités criminelles, des poursuites en cour, il y a déjà des cas au
Canada qui ont eu lieu.
Donc, on est déjà très au fait et très sensibles
à tout ce qui est la cause du bien-être animal. À cet égard, l'association,
d'ailleurs, a lancé deux projets communs au cours des dernières années en
collaboration avec... c'est le programme
accord Canada-Québec Cultivons l'avenir 2, deux formations, une qui était
la formation CLT — excusez
pour l'anglais, là — Canadian Livestock Transport Program, qui
est un programme qui amène les transporteurs, les chauffeurs de camion et tous
ceux qui manutentionnent les oiseaux de la ferme à l'abattoir à tenir compte
des impératifs que cette espèce-là a
en termes de bien-être animal et de s'assurer une bonne conduite. D'ailleurs, à
cet égard-là, c'est M. Beaudoin qui
s'est occupé de donner la formation à l'ensemble de ces gens-là, on parle de
plus de 350 personnes qui ont été formées. Par la suite, on a embrayé avec une deuxième étape
qui est les ateliers pratiques en matière de bien-être animal, où, là,
on est vraiment dans du concret.
Donc, on a déjà mis
en place plusieurs choses. Et pourquoi que ces choses-là sont mises en place?
Et je fais abstraction, en passant, des
initiatives de certains de nos membres, qui ont eux-mêmes des propres
initiatives, qui ont pris ça ici comme base, qui ont poussé ça encore
davantage plus loin. Et pourquoi on fait ça? Bien, c'est justement parce qu'on a déjà une réglementation qui nous est
imposée, donc on doit s'y conformer, et cette formation-là nous amène dans
cette direction-là, mais également parce qu'on a vraiment le souci du bien-être
animal. Et vous saurez que, pour un transformateur
de volaille, la qualité des oiseaux qui rentrent dans nos usines dépend
beaucoup de la façon dont les oiseaux auront
été traités, tant à la ferme qu'à l'attrapage, qu'au transport, et, si on ne le
fait pas d'une manière adéquate, bien on a le bien-être animal... on a
l'oiseau lui-même qui va en souffrir, mais on a également des pertes
économiques qui vont s'ensuivre. Et, si vous
me demanderiez un exemple, bien, si on maltraite les oiseaux, il s'ensuit
souvent des ailes brisées, des pattes
brisées. Bien, c'est une perte, pour nous, directement. Donc, d'une part, le bien-être
animal, par conscience, oui, on y
croit fermement, et à cet égard on applaudit l'arrivée de cette loi-là au
niveau du Québec, mais également en termes de perte directe monétaire
pour les entreprises. Donc, c'est pour ça aussi qu'on investit à former les
gens et également à se doter d'outils pour faire face à ces impératifs-là.
ce qui a trait au projet de loi n° 54, M. le Président, d'emblée, puis j'y
reviendrai un petit peu plus longuement à la fin, mais d'emblée on souhaite, du côté des transformateurs, à tout
le moins ceux qui sont sous inspection fédérale, d'être exclus de ce projet de loi là ou des applications, puisqu'on se
ramasserait avec deux juridictions à l'intérieur de nos établissements.
Puis, comme je vous le mentionnais, on en a déjà une qui est très exhaustive,
avec des inspecteurs en permanence, encore
une fois, dans nos établissements. On doit se conformer au
chapitre 12 du
Manuel des méthodes, au règlement sur
l'inspection des viandes, qui interdit, lui, les souffrances inutiles aux
animaux, ainsi qu'à la
Loi sur la santé des animaux et au Règlement sur la santé des animaux. Donc, c'est le
cadre réglementaire dans lequel on doit travailler. Je l'ai mentionné d'emblée, on a diverses
sanctions qui peuvent s'appliquer, allant jusqu'à des peines d'emprisonnement
dans le cas où les non-conformités seraient répétées année après année et cas
après cas.
Certains
articles du projet de règlement n° 54 nous interpellent, les articles...
paragraphes 5, 6, 7, 10, 11 et 12, je répète, 5, 6, 7, 10, 11 et
12, nous interpellent parce que nous croyons que la loi, à ces paragraphes-là,
devrait faire référence aux codes nationaux
qui existent en termes de bonnes pratiques, pour les nommer, ceux du Conseil
canadien des transformateurs d'oeufs
et de volailles, du Conseil national sur les soins aux animaux d'élevage, ainsi
qu'aux normes nationales qui sont
mises en place par les offices nationaux de production, dont les Producteurs de
poulet du Canada et Les Éleveurs de
dindons du Canada. Donc, ces offices nationaux là ont développé des programmes
de soins aux animaux qui sont
appliqués directement au niveau des éleveurs, donc la loi, en quelque part,
devrait se référer à ces codes-là qui existent et, à ce moment-là, de
venir s'arrimer avec ce qui est déjà mis en place.
préoccupations de l'AAAQ concernant le projet de loi, si on est pour être
assujettis... mais, comme je vous dis,
d'emblée on demande de ne pas être assujettis parce qu'on est déjà sous des
lois qui existent au Canada, mais, si on devait l'être, notre première préoccupation vient du fait que
comment les deux plateaux d'inspecteurs vont interagir, entre un inspecteur provincial qui aujourd'hui n'est pas
du tout dans nos établissements, il est dans les établissements provinciaux... Et, à cet égard-là, les
établissements provinciaux, ces inspecteurs-là ne sont pas là en permanence...
Donc, comment cette règle-là va
s'appliquer? Mais chez nous, les inspecteurs, une usine sous inspection
fédérale ne peut pas fonctionner si
les inspecteurs ne sont pas en place, donc on ne peut même pas commencer à
penser à avoir des oiseaux qui arrivent sur la chaîne si les inspecteurs
ne sont pas là. Ça fait qu'on se demande comment ces deux paliers-là travailleraient. Quelle loi aurait préséance sur
une ou sur l'autre, le provincial sur le fédéral ou vice versa? Donc, qu'est-ce
que ça impliquerait?
La portée de certains
articles semble plutôt écrite pour des animaux de compagnie, puis, oui, c'est
important qu'il y ait des choses à cet
égard-là, mais, pour nous, où on est dans l'élevage agricole... Et à souligner
que, les oiseaux, on a eu la même
chose avec l'agence canadienne au début, un oiseau, ce n'est pas comme des
grands animaux, et même là l'agence a
dû apporter plusieurs modifications à sa réglementation pour tenir compte qu'on
ne traite pas un individu, dans les oiseaux... C'est une masse qui arrive. Il
faut faire attention à chaque oiseau, mais on fait affaire avec... Ce n'est
pas cinq vaches dans un camion, là, c'est
des volumes beaucoup plus importants. Ça amène une problématique différente.
Juste pour illustrer, les oiseaux ne marchent pas pour se rendre au camion, on
les amène dans le camion. Ça fait que, quand
viendra le temps de déterminer, selon la loi actuelle, si l'oiseau est apte à
être transporté ou pas, bien, quand on l'a dans les mains, il y a certains signes qui peuvent être regardés, mais
ce n'est pas évident qu'on va pouvoir déterminer s'il l'est ou il ne l'est pas, contrairement aux grands animaux. Donc,
le projet de loi ici devra faire attention, s'il doit être appliqué, de
tenir compte que les oiseaux n'ont pas les mêmes... ce n'est pas traité de la
même façon que des grands animaux. Et
également, au niveau physiologique, si je pense juste à l'application
d'abreuvement en période de transport ou
d'alimentation, l'oiseau a un système physiologique complètement différent des
grands animaux, puis ça, un projet de règlement doit en tenir compte. Et
l'agence, à cet égard-là, a déjà apporté des modifications, en ce qui a trait à
sa réglementation, pour tenir compte des différences dans ces oiseaux-là.
Dans
les autres préoccupations, le point 6 de la loi, on pense, devrait être nuancé.
Concernant les traitements qui induisent la mort, on voit plus loin dans
le projet de règlement que les activités d'abattage en sont exclues, mais il semble y avoir un petit peu une ambiguïté, là, en
tout cas à notre égard, quand on en fait lecture, parce qu'on fait mention
ici que, bon, les traitements qui pourraient
induire la mort doivent être évités, mais il faut comprendre que les
traitements d'abattage, c'est une fin en soi.
On pense, et
c'est le dernier point qu'on veut soulever... on pense que le MAPAQ devrait
aller plus loin à l'égard de la
dénonciation. On a vu dans le projet de règlement qu'on fait référence aux
médecins vétérinaires, qui doivent indiquer toute situation de cruauté animale. Nous, au
niveau de l'AAAQ, puis c'est une position qu'on a également au niveau de
l'association des transformateurs canadiens,
qui représente 95 % des transformateurs canadiens, on pense que les gouvernements devraient imposer... en tout cas ici
le MAPAQ devrait imposer une dénonciation de toute personne qui observe un acte de cruauté, et ce, dans un délai
de 48 heures, sinon cette personne serait déclarée complice de l'acte en
question. Donc, ça devrait s'étendre pas
juste aux médecins vétérinaires mais à toute personne qui constaterait un acte
de cruauté animale.
Donc, en terminant, M. le Président,
M. Paradis ainsi que les gens de l'opposition, on est contents et on vous
remercie de nous avoir permis d'être présents.
Peut-être un
élément que je voudrais ajouter aussi au niveau de l'inspection, qu'on n'a pas
indiqué aussi au niveau du document,
du mémoire : Pour nous, s'il est pour y avoir inspection, on pense que ça
relève des gens du MAPAQ, qui devraient
avoir la responsabilité de procéder aux inspections. Un, ils sont déjà présents
dans les abattoirs provinciaux, et,
je pense, c'est ces gens-là qui auraient les compétences et la crédibilité
auprès du consommateur également pour assurer une bonne application de
la loi.
Le Président (M. Morin) :
Merci, M. Cormier. M. le ministre.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Oui. Je
vous remercie d'être là. On va tenter, là, dans le peu de temps qu'on a,
de profiter au maximum de votre expérience terrain pour voir comment on peut le
marier avec le texte législatif.
Je le
reprends, là, dans son ensemble. Ce qu'on tente de faire sur la définition de
l'animal, comme tel, on le passe de
bien meuble à des sources d'inspiration dans le droit européen. Ça, on a pris
ce qu'on pense être une juste mesure des principaux pays qui ont légiféré dans ce domaine-là. Sur le plan du
droit statutaire, on n'a pas inventé, là, on s'est inspiré des provinces canadiennes qui se classent parmi
les meilleures dans les classements des Animal Defense Fund, etc., là, soit l'Ontario, le Manitoba puis la
Colombie-Britannique. On se dit que, si on a traduit correctement et adapté
correctement, si les industries fonctionnent
là-bas, elles devraient être capables de fonctionner ici. Maintenant, ça nous
fait progresser dans le bien-être animal. On part de loin.
Je me rends compte que vous vous posez beaucoup
de questions sur l'aspect juridictionnel, c'est-u Ottawa ou c'est Québec, pour résumer ça, là. Quand vous avez
un inspecteur de l'ACIA, là, on va vous laisser avec le modèle que vous
avez. On n'y va pas, on va maintenir la situation actuelle.
Nous autres, on est dans nos petits abattoirs,
comme vous le dites, puis pas de
façon permanente, mais il y a
un avis dans la porte qui indique qu'on n'est pas là de façon
permanente, mais que c'est comme ça que ça fonctionne, puis le consommateur sait à quoi s'attendre. Si on fait
ça, est-ce que vous êtes satisfaits... ou est-ce que
vos légistes vous disent encore qu'il peut y avoir confusion?
M. Cormier
(Joël) : Non, au terme de l'élaboration finale de la loi, si un abattoir sous inspection fédérale, ça a
préséance, on est satisfaits, définitivement, c'est ce qu'on souhaite à la fin
du...
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : On
n'est même pas dans la préséance, là. Si le fédéral est là avec l'ACIA...
Ils ont une réputation, ils ont des normes,
ils font généralement le travail correctement. Je ne dis pas qu'il n'y a pas de plainte, là, il n'y a
pas un système qui est parfait, mais c'est un système
dont les gens ne se plaignent pas et qui progresse avec des normes qui
s'ajustent, là, qui deviennent de plus en plus sévères.
Mais ça,
c'est strictement l'aspect abattage. Peut-être une autre question sur l'abattage :
Avez-vous de l'abattage halal, casher chez vous?
M. Cormier (Joël) : Parmi nos
membres, il y a des gens qui font du casher, des gens qui font de l'halal, oui,
effectivement.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : O.K. Est-ce que les pratiques correspondent ou sont conformes au nouveau libellé
de la loi?
M. Cormier
(Joël) : Elles sont
conformes au niveau de l'Agence canadienne d'inspection des aliments, qui, là
aussi, a des pratiques qui doivent être faites, qu'ils recommandent d'être
faites, puis elles sont sur inspection. Donc, ces abattoirs-là sont conformes à la loi. D'ailleurs,
on a copie de la loi, qu'on pourra déposer, si c'est nécessaire, au niveau...
Une voix : Copie du règlement
ici.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Oui, le
faire circuler pour être certains qu'on ait un arrimage qui est correct.
Maintenant,
il y a de plus en plus... Puis je
lisais, là, je lisais cet après-midi La Terre de chez nous de
demain, on mentionnait que... Poulet certifié bien-être
animal chez Sobeys. Il y a de plus
en plus de consommateurs qui exigent,
là, du «humane treatment», qu'on appelle, de leurs animaux.
Est-ce que
vous êtes un joueur important, un maillon de la chaîne là-dedans?
Vous poussez pour, vous... Ça dérange votre game?
M. Cormier
(Joël) : Aucunement.
En fait, la certification est une chose, mais il y a des éléments qui sont
faits dans l'ensemble des...
majoritairement, dans les abattoirs du Québec et du Canada,
il y a des éléments de bien-être
animal qui sont
mis en place sur une base régulière. Qui se classifie pour une certification,
là, à savoir : Est-ce qu'on va jusqu'à
la certification finale?, je pense qu'on a des membres chez nous qui ont tout
en place pour être certifiés.
À ce moment-là, c'est un choix face au client — puis,
quand je dis «client», je ne parle pas consommateur, je parle à la chaîne — de dire : Est-ce qu'on va 100 % du
volume sur une certification de même? Là, il y a des coûts qui sont associés
à ça, ça fait que, là, il faut voir est-ce
que le client le souhaite. C'est des
discussions qu'ils ont sur une base régulière avec les chaînes d'alimentation. Ce qu'on voit présentement, certaines chaînes souhaitent avoir une
partie de leur approvisionnement avec la certification,
mais, le gros de leur approvisionnement, qu'ils le veulent sur une base
conventionnelle.
Par contre, on a des clients qui achètent sur une base
régulière dans nos abattoirs qui viennent faire des audits de bien-être
animal. Donc, il y a des entreprises, présentement, canadiennes qui ne vendent
pas un produit certifié mais qu'eux-mêmes, ils ont un programme d'audit qu'ils
viennent faire en abattage chez nous, au-delà de ce que l'agence demande, pour s'assurer que ça rencontre leurs
cahiers de charges. Et ça, c'est fait sur une base régulière. Pour en nommer, des entreprises comme Sobeys le font, comme Costco le font,
comme Yum! le font. Ils ont des audits qu'ils viennent faire dans nos entreprises.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : O.K.
Je vais reprendre un argument qui a été utilisé par mon collègue le député de
Saint-Maurice à quelques occasions, là : L'animal, il ne
passe pas beaucoup de temps de sa vie à l'abattoir. Il en
passe beaucoup sur la ferme, il en passe un petit peu dans le transport puis
pas beaucoup à l'abattoir, comme tel.
Est-ce que les dispositions de la loi, là,
telles que vous les avez vues présentement, analysées, vont vous aider à avoir
un produit de meilleure qualité?
M. Cormier (Joël) : M. Paradis, je
vais répondre à votre question, mais ça m'amène une question.
Vous m'avez
dit tantôt que les abattoirs sous inspection fédérale qui auraient
présence d'un inspecteur seraient soumis
à la loi, donc j'assume, d'une part, que ce serait inscrit dans le texte éventuellement. Il faut comprendre aussi que ces
mêmes inspecteurs là ont juridiction dans le transport. Donc, quand l'oiseau
est mis en situation de transport, à la ferme, donc ça veut
dire quand les camions arrivent et l'équipe d'attrapage est sur place, on
déclare la ferme en situation de transport, et là l'agence canadienne, elle a
juridiction, à ce moment-là. Ils peuvent intervenir, envoyer des pénalités
monétaires aux éleveurs.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Mais
tant qu'ils ne sont pas arrivés, non.
M. Cormier
(Joël) : Ce qui se passe
avant ça, il n'y a personne qui s'en... bien il n'y a
personne qui s'en occupe. Je sais
qu'on a des membres qui nous disent que les inspecteurs dénoncent certaines
situations au niveau du MAPAQ. Là,
on n'est pas trop au fait de ce qui se passe par la suite, mais il y a
cette pratique-là dans certains abattoirs qui a lieu présentement, de volaille, où l'inspecteur de l'agence canadienne
va soulever pas une alarme mais un questionnement sur ce qui se passe à
la ferme avant que les camions arrivent, et là la balle est envoyée au MAPAQ à
ce moment-là.
Ça fait que
c'est sûr qu'un projet de loi qui viendrait encadrer mieux ce qui se passe à la
ferme, appuyé sur ce qu'on mentionne ici, des programmes nationaux faits
par les offices nationaux, je pense qu'on pourrait avoir de quoi d'intéressant.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : O.K.
Ça va pour le moment.
Le Président (M. Morin) :
Oui, Mme la députée de Richmond.
Vallières : Si vous
permettez, est-ce que c'est en ce sens-là que, pour vous, la dénonciation à une
échelle plus large prendrait toute son importance? C'est en ce sens-là,
pour pouvoir... O.K., c'est beau.
M. Cormier
(Joël) : Pas juste à la ferme, partout. Pour nous, c'est que toute
situation, incluant une usine d'abattage, s'il y a quelqu'un... D'ailleurs, chez certains de nos membres cette
politique-là existe, où les employés ont l'obligation de dénoncer une situation de cruauté, c'est
clairement indiqué dans les politiques d'embauche. Ça fait qu'on voudrait que
ça s'étende à plus grande échelle que juste les employés.
Le Président (M. Morin) : M.
le député de Saint-Maurice.
Giguère : Oui. Je voudrais un petit bout de chemin sur le sujet de ma
collègue, sur les personnes qui dénoncent, parce qu'on parle pour les
vét