CAT — 10 November 2014 (41st Legislature, 1st Session)
CAT 2014-11-10
Quebec — Committees
Président (M. Auger) : Nous
reprenons nos travaux. M. le député de Sanguinet, avec les explications concernant votre sous-amendement.
Therrien : Merci,
M. le Président. Écoutez,
évidemment, l'article proposé, 12.1, fait suite à l'article
12, qui mentionne qu'on va annuler
l'indexation des retraités de façon unilatérale, sans les... Sans demander leur
avis, on va changer une
partie de leurs revenus, une protection de leurs
revenus qu'ils ont dûment négociée et gagnée par le passé, pour arriver dans
une situation où ils seront obligés de revoir leurs activités économiques suite
à cette coupure-là.
Alors, évidemment,
on a déjà mentionné à l'article 12 que nous étions contre ce processus-là.
On a voté contre l'article 12, et
l'article 12.1 nous dit... Et c'est un amendement amené par le ministre, on nous dit : Nous allons apporter un
amendement. Qu'il avait présenté il y a un petit bout de temps pour nous dire
qu'on va informer les retraités dans un cadre
très officiel, on va les informer et on va ensuite, bien, passer à l'action. Et
là on se dit : Bien, écoutez, c'est comme quelqu'un qui se fait
couper un bras, on va l'informer qu'il va se faire couper le bras, mais il va
avoir quand même le bras coupé. Je veux
dire, ce n'est pas nécessairement très, très joyeux, ce n'est pas une
considération qu'on doit considérer comme
étant appropriée. Nous, on pense qu'on devrait, tout simplement, leur demander
leur avis et d'agir selon leur réflexion.
Et on a parlé
longtemps du rapport D'Amours, et ça a été la base de la réflexion, là, des
deux partis... en tout cas, des deux
partis puis aussi, je pense... Je ne veux pas parler pour la CAQ, mais aussi de
la CAQ, j'imagine, là, par rapport au
rapport D'Amours. Donc, depuis 2012 qu'on parle de réformer les régimes de
retraite à prestations déterminées pour dire que c'est les régimes de retraite qui sont les meilleurs pour
protéger la santé financière des gens qui arrivent à la retraite, et
donc on se doit de préserver cet avantage-là que beaucoup de gens, au Québec,
ont.
Et il faut comprendre une chose aussi, c'est que
c'est un peu un cheval de Troie, le projet de loi n° 3 qu'on a
actuellement. C'est qu'on commence par les employés municipaux, et ensuite on
va s'attarder aux retraites dans le secteur
des universités, ensuite dans le secteur privé, possiblement — rien n'est exclu — possiblement aussi dans le secteur
public dans son ensemble. Alors, c'est important de bien faire les choses et de
respecter, en quelque part, la volonté des
différents intervenants et aussi les négociations qui ont eu lieu jadis, qui
ont, tout simplement, fixé leur niveau de retraite et tout ce qu'il y avait autour de ces régimes de
retraite là. Il y a plusieurs éléments importants de régimes de retraite,
et, évidemment, l'indexation est au coeur
des responsabilités des gens qui font des signatures et qui doivent les
respecter.
Et, dans le
rapport D'Amours, on a ici, à la page 175... Je l'ai mentionné à quelques
reprises, mais là je vais vous le
lire. Alors, à ce moment-là, vous ne pourrez pas douter de ma bonne foi, malgré que je suis convaincu que vous n'en doutiez pas, M. le Président. Alors, juste
avant, j'avais fait une erreur. Je parlais de M. Laforest, mais ce n'était pas
Laforest, c'était Godbout qui avait participé, là, à l'explication du rapport
D'Amours quand il était venu en commission
parlementaire. Si je ne me trompe pas, c'était l'automne passé, oui,
puis ça s'était prolongé, là, été, automne, l'année passée et...
Therrien : Oui, c'est ça, eux étaient passés en juin. Vous
avez raison, M. Jean, eux étaient passés en juin, et je vais toujours me
rappeler que M. Godbout avait été le plus incisif sur ce commentaire-là, et il
expliquait qu'on ne devait pas prendre le
rapport D'Amours en morceaux, en pièces détachées, que c'était impératif, pour
que ce soit un remède efficace au mal
associé aux régimes de prestations déterminées... le régime de retraite à
prestations déterminées, il fallait prendre l'ensemble de leurs recommandations
comme étant un tout indissociable.
Alors, à la
page 175, on parle de l'indexation des régimes de retraite et on
mentionne : «Dans le cas...» Au
bas de la page 175, recommandation 14. Je ne sais pas si les gens
voulaient que je fasse une copie ou... Je ne sais pas si c'est nécessaire, là.
De toute façon, je suis convaincu que la plupart des gens intéressés ont déjà
le rapport D'Amours.
Therrien :
Oui, ils peuvent prendre des notes, mais ils peuvent avoir le rapport D'Amours.
Je suis convaincu qu'ils l'ont pas mal tous lu. Alors : «Dans le
cas des prestations des retraités — soit pour ce qui est de
l'indexation de la rente après la
retraite — c'est de
ça on parle, là, à l'article 12 — le comité d'experts recommande que cette
indexation puisse être réduite ou suspendue — ce qu'on parle, là, la
section 12 — seulement
si [au moins] 30 % des retraités s'opposent à la modification. Les
retraités devraient être consultés sur les modifications projetées selon un
processus similaire à celui prévu dans la
Loi sur les régimes complémentaires de retraite pour l'application du principe
d'équité.»
Quand on lit ça, on ne peut qu'être contre cet
amendement-là et pour le sous-amendement que je présente parce que mon sous-amendement va directement dans le même
sens que ce que propose le rapport D'Amours. Ça veut dire que, quand on
rajoute : «Aucun changement prévu au deuxième alinéa ne peut être apporté
si, après consultation, 30 % ou plus
des retraités ou bénéficiaires du régime s'y opposent», ce n'est pas compliqué,
on s'est inspirés directement de la recommandation 14 du rapport
D'Amours.
Ceci
étant dit, je voudrais revenir sur le bris de contrats. Écoutez, quand on parle
des déficits passés... Et une des raisons
de la lourdeur de ce projet de loi là — parce que c'est un projet de loi qui est
assez compliqué, assez lourd — bien,
c'est justement par le fait qu'on revient sur les déficits passés. Ça, c'est le
germe de la difficulté qu'on rencontre dans
ce projet de loi là. Et ce n'est pas juste moi qui le dis, l'ensemble des gens
qui sont venus nous rencontrer, dans leur grande majorité, nous
mentionnent que c'est le point d'achoppement, et c'est une des raisons pourquoi
on n'aura pas consensus autour de ce projet
de loi tant et aussi longtemps que les déficits passés seront au coeur de la
démarche du projet de loi n° 3.
Et ce qu'on a comme conséquence des déficits passés, évidemment c'est
l'indexation qui sera retirée de la part des retraités.
Imaginez
quelques secondes si c'est vous qui étiez dans cette situation-là, M. le
Président, alors que vous vous basez sur une retraite indexée. Quand
vous avez décidé de prendre votre retraite, vous avez réfléchi et vous avez
pris une décision économique qui était
lourde de conséquences. Souvent, ces gens-là ne peuvent pas retourner en
arrière et retravailler au même endroit ou avoir de la difficulté à
retrouver le marché du travail. Alors, c'est une décision qu'on pourrait
considérer comme étant économiquement fatale, et ces gens-là décident... À partir
des informations qu'ils ont, basées sur des
contrats signés, ils prennent la décision de prendre leur retraite, et moi, je
me demande combien de retraités auraient pris cette décision-là, sachant
que l'indexation serait coupée. Moi, je suis convaincu qu'il y a des retraités
qui auraient, tout simplement, changé leur fusil d'épaule et refusé de prendre
une retraite à cause de ça.
Le bris de
contrats, c'est extrêmement important. Ce n'est pas seulement
moi qui le dis. Michel Kelly-Gagnon, qui est le président de l'Institut
économique de Montréal — il
est président, je pense, hein, de l'Institut économique de Montréal — mentionnait dans les journaux, voilà à peu
près un mois, un mois et demi, qu'il ne comprenait pas comment on pouvait briser des contrats. Et Michel
Kelly-Gagnon, là, ce n'est pas Che Guevara, là. Il est pour l'Institut
économique de Montréal, c'est un économiste, et il mentionnait qu'il ne pouvait
pas concevoir qu'on fasse ce geste-là, qu'on crée ce précédent. Et moi non plus, je ne peux pas le comprendre, et je ne le
comprendrai jamais. Je vais dire, longtemps, là... peut-être dans mes
mémoires, un jour, je pourrai raconter comment j'ai assisté, moi, impuissant,
au fait qu'on soit devant une situation
unique et qu'on ait été dans une situation sans précédent de bris de contrats.
Moi, je pourrai dire dans mes mémoires,
si jamais je les écris, que j'aurai participé passivement à cette situation qui
est inexplicable, tout simplement. Moi, je ne peux concevoir ça.
Je vais
laisser mes collègues parler. Ou le ministre, peut-être, s'il veut commenter,
là, je ne veux pas lui enlever la parole, il a la parole.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre, voulez-vous intervenir tout de suite?
M. Moreau : Non, ça va. Oui,
oui.
Le Président (M. Auger) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions? M. le député de Blainville.
M. Laframboise : Évidemment, là, ma
seule question au ministre, c'est : Pourquoi ne pas avoir pris cette recommandation-là du rapport D'Amours? Moi, c'est juste
parce que je trouvais le rapport D'Amours assez équilibré. C'était juste
pour savoir pourquoi ne pas avoir retenu le 30 % du rapport D'Amours et le
vote des retraités, juste ça.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau : Bien, écoutez,
parce qu'autant le gouvernement précédent, dans le projet de loi n° 79,
que le gouvernement actuel, bien que les
projets de loi sont inspirés du rapport D'Amours, n'ont pas pris le rapport
D'Amours dans leur intégrité. C'est vrai
pour le gouvernement du Parti québécois lorsqu'il a proposé le projet de loi
n° 79, c'est aussi vrai pour nous.
Et je dirais
que, comme réponse additionnelle... Regardez, vous le trouvez équilibré, M. le
député de Blainville, le rapport
D'Amours, allez à la recommandation n° 16. À la recommandation n° 16,
il est pas mal plus drastique, le rapport D'Amours, il dit : «Le
comité d'experts recommande qu'à partir de la quatrième année de la période de
cinq ans suivant la mise en place de la
méthode de "capitalisation améliorée", l'employeur ait la possibilité
d'éliminer ou de modifier unilatéralement l'indexation des prestations
correspondant aux services passés dans le cadre d'un processus de révision du
régime.»
Alors, ce que
le rapport D'Amours fait fondamentalement, c'est quoi? C'est qu'il dit :
Les régimes à prestations déterminées du secteur municipal, ce sont, en
termes de fonctionnement, les meilleurs régimes, et c'est la raison pour laquelle il faut les sauvegarder, puis, pour les
sauvegarder, il faut agir rapidement, assurer leur mise en santé puis
assurer leur pérennité, et essentiellement c'est ce qu'on fait.
Sur le sous-amendement maintenant, M. le
Président — puis
je limiterai vraiment mes commentaires à ça parce qu'on a longuement parlé de
la question des retraités la semaine passée, puis je pense que tout le monde
sait où on se situe — moi, j'ai fait en sorte que les amendements
qui ont été déposés au début du mois d'octobre, véritablement, traduisent l'intention du gouvernement à l'effet
que la suspension de l'indexation chez les retraités est un mécanisme de
dernier recours et que le rétablissement
d'une indexation ponctuelle soit aussi le premier élément qui doive être
envisagé lorsque la santé du régime le
permet. Et, lorsqu'on a rédigé le projet de loi n° 3, on était très
conscients de l'existence du projet de loi n° 79, qui l'avait
précédé, et, dans le projet de loi n° 79, le sous-amendement dont il est
question, M. le Président, correspond, à peu
près à la virgule près, au troisième alinéa de l'article 7 du projet de loi
n° 79, qui prévoyait de soumettre à 30 % ou plus des retraités
la possibilité d'empêcher un changement à l'indexation des rentes.
Alors, je continue avec le rapport
D'Amours. Je vous ai dit que, pour nous, on estimait que l'indexation des
rentes des retraités, c'était une mesure de
dernier recours. Voici ce que le comité d'experts dit à la page 178, justement,
je pense, en bas de la recommandation n° 16 : «Pour le comité
d'experts, cette recommandation doit être considérée comme une mesure de
dernier recours. La possibilité d'une action unilatérale de l'employeur a pour
but d'inciter les parties à la négociation.
possibilité d'action unilatérale ne pourrait s'appliquer qu'à l'indexation à
venir des prestations, qui constitue un enjeu financier d'importance.
«Une pleine
indexation fait augmenter les coûts du régime de retraite jusqu'à 30 %.
«Des
modifications concernant l'indexation peuvent ainsi permettre une réduction
significative des coûts du régime, et cela sans affecter les droits de
base des participants.»
Alors, c'est la
raison pour laquelle nous avons adopté cette attitude-là, et non pas une autre.
Essentiellement, je pense que ça résume dans
son entier l'orientation que nous souhaitons donner aux dispositions de la loi
par l'amendement que nous avons
proposé à l'article 12.1, et, pour cette raison, évidemment, M. le
Président, vous comprendrez que nous allons nous opposer à l'adoption du
sous-amendement proposé par l'opposition officielle.
Président (M. Auger) : D'autres interventions concernant le
sous-amendement? M. le député de Sanguinet.
Therrien :
Bon, juste revenir sur le projet de loi n° 79, il avait pris textuellement
le... D'abord, le projet de loi n° 79 ne s'attaquait pas aux déficits passés de la même façon, il invitait les gens à négocier
de bonne foi et avait pris la recommandation 14 textuellement.
Donc, on avait pris ce morceau et on avait introduit dans le projet de loi
n° 79... Aussi, pour dire que, les négociations, moi, je suis d'accord
avec le ministre quand il dit : Il faut encourager les négociations. Et le dernier recours, c'est pour,
justement, pousser les gens à la négociation. C'est ce que je n'arrête
pas de proposer au ministre depuis le début. C'est ce que je n'arrête pas de
proposer au ministre depuis le début, d'amener une possibilité de négociation. Parce que, là, on peut le dire, là, le
projet de loi n° 3, là, si on parle, là, de dernier recours, d'un coup de massue, bien, je veux dire, ça va
peut-être encourager les gens à négocier. Et c'est là-dessus qu'on
intervient toujours, nous, de notre côté de
cette commission, pour mentionner, justement, qu'on a confiance que les
négociations pourraient, dans un encadrement
légitime, faire en sorte d'arriver avec des fruits qui nous empêcheraient de
rencontrer des situations dans lesquelles on serait poussés avec le projet de
loi n° 3. Moi, pour l'instant, c'est ce que j'ai à dire, puis je vais
laisser la parole à mes collègues.
Le Président (M.
Auger) : D'autres interventions? M. le député de Rousseau.
Marceau : Oui. Bien, la première des choses que je voudrais
dire, c'est que je vais voter pour ce sous-amendement qui... Puis
j'invite, évidemment, le gouvernement à voter pour, les députés du gouvernement
à voter pour, eux aussi.
Comme
le disait mon collègue, il s'agit de faire en sorte que les retraités puissent
s'exprimer sur des changements qui
pourraient modifier de façon très importante la retraite, les conditions dans
lesquelles des personnes retraitées vont vivre les années de la
retraite. On a, la semaine dernière, eu l'occasion de s'exprimer sur
l'article 12, et vous vous rappellerez,
M. le Président, que nous nous étions opposés à l'article 12 pour de
nombreuses raisons. Avant que vous me disiez qu'on n'est pas à
l'article 12, je vais vous dire l'importance pour moi de rappeler ces
arguments-là parce que l'article 12.1,
tel que sous-amendé par mon collègue de Sanguinet, permettrait d'éviter
beaucoup des dommages qui sont causés par l'article 12. Si bien que
c'est important pour moi de rappeler les raisons pour lesquelles on n'était pas
à l'aise avec le 12.
Dans le 12, vous vous
rappellerez, il est question d'éliminer l'indexation des retraités sans que les
retraités aient un mot à dire. Ça aura des
conséquences graves sur la vie des gens. On peut, tout d'abord, parler
d'appauvrissement, appauvrissement pour des
personnes qui vivent d'une rente de retraite et qui ont, comme tous les
Québécois, à subir la hausse des prix
des biens consommés mois après mois, année après année. Alors, les prix
augmentent, et désormais, pour des
personnes qui avaient planifié en fonction d'une rente qui était indexée, pour
ces personnes-là, il n'y a plus d'indexation.
j'aimerais juste qu'on prenne quelques secondes pour réfléchir à la situation
d'une personne qui n'avait pas une
rente indexée. Parce que ça existe, M. le Président, il y a beaucoup de Québécois qui, aujourd'hui, savent qu'un jour ils auront une rente de
retraite, mais qui savent aussi que cette rente ne sera pas indexée. Alors, si
ça vous arrivait, si vous étiez dans cette
situation, M. le Président, vous seriez prévoyant. Je vous connais, j'en
sais suffisamment sur vous pour
savoir que vous seriez prévoyant et qu'anticipant qu'un jour vous auriez à
vivre avec des hausses des prix, bien, vous vous arrangeriez pour
compenser pour le fait que votre rente n'est pas indexée. Vous prendriez
d'autres moyens et vous le feriez, sachant que votre rente ne sera pas indexée.
Maintenant,
si, à l'inverse, vous avez la chance d'avoir une rente dont on vous dit qu'elle
sera indexée lorsque vous serez plus
vieux, bien, vous n'aurez pas à prévoir cette situation, vous n'aurez pas à
anticiper cette situation, et donc vous n'aurez pas à vous prémunir à
l'aide d'un coussin comme une personne qui n'a pas, elle, d'indexation. Alors, c'est très important, M. le Président, parce que ce qu'il faut comprendre, c'est que les personnes pour qui
la rente devait être indexée n'ont,
de façon tout à fait raisonnable, probablement pas prévu autant
de coussin financier pour compenser la hausse
des prix des biens à la consommation, et il faut donc conclure qu'en abolissant
l'indexation, en permettant, dans cet
article 12, de supprimer l'indexation, on va
appauvrir des personnes qui n'avaient pas anticipé de se trouver dans
cette situation. Alors, M. le Président, c'était la raison de base pour
laquelle nous étions opposés à l'article 12.
Il y avait le deuxième élément tout aussi
fondamental auquel mon collègue a fait référence, c'est celui du bris de contrats. Dans le monde dans lequel nous
vivons, les contrats sont présents partout dans l'économie, et il faut
s'attendre à ce que,
désormais, les travailleurs qui sont en négociation pour leur régime de
retraite fassent le choix d'un salaire actuel plus élevé et moins de fonds versés à leur régime de retraite, sachant
que les régimes de retraite seront possiblement, dans le futur, l'objet de mesures qui feront en sorte
que ces personnes-là ne bénéficieront pas des fruits des montants qui
ont été versés dans les régimes de retraite.
Alors, ces
deux éléments-là — appauvrissement,
d'une part, des retraités, deuxièmement bris de contrat qui va avoir un
impact sur l'épargne future — sont des éléments qui nous ont menés, la
semaine dernière, au moment du vote sur l'article 12,
à nous opposer à l'article 12. Maintenant, grâce au sous-amendement qui est
présenté par mon collègue de Sanguinet
à l'article 12.1, il y a moyen de réparer les
choses, il y a moyen d'arranger ça un peu. Il y a
moyen de dire que, si une fraction
pas trop importante des retraités s'opposent, on va aller de l'avant avec le
12, mais, si une fraction plus grande
que 30 % s'oppose, eh bien, on va devoir trouver d'autres solutions que
celle qui est présentée dans le projet
de loi.
Ça fait en sorte que des personnes retraitées
qui sont confrontées au problème de déficit de leur régime de retraite ont leur mot à dire dans un processus
dans lequel, jusqu'à ce jour, on ne leur a pas donné l'occasion de dire
quoi que ce soit. Moi, je pense que c'est important que les personnes qui sont
touchées par un projet de loi puissent être entendues non pas seulement en commission
parlementaire ou au moment où on prépare la loi, là, comme on l'a fait, mais également, lorsque, de façon très, très
concrète, on s'apprête à jouer dans les paramètres du régime de retraite
de ces personnes, je pense que c'est tout à fait normal, standard et habituel
que ces personnes-là soient entendues.
Le ministre
n'a pas retenu la proposition du rapport D'Amours qu'on retrouve à la
page 175, qui est très explicite. Je
peux bien vous la relire, M. le
Président, c'est à la
recommandation 14. Les deux derniers paragraphes de la
page 175 sont intéressants. Donc :
«Dans le cas de la négociation entre l'employeur et les retraités, le comité
d'experts recommande que des mesures de restructuration puissent porter
sur l'indexation de la rente après la retraite.
«Dans le cas
des prestations des retraités — soit
pour ce qui est de l'indexation de la rente après la retraite — le
comité d'experts recommande que cette indexation puisse être réduite ou
suspendue seulement — seulement,
donc à condition que, seulement — si moins de 30 % des retraités
s'opposent à la modification. Les retraités devraient être consultés sur les modifications projetées selon un
processus similaire à celui prévu dans la
Loi sur les régimes
complémentaires de retraite pour l'application du principe d'équité.»
Alors, M. le
Président, le rapport D'Amours, donc, nous fait cette recommandation. Et il
nous fait cette recommandation, moi,
j'ai l'impression, d'une part, sur une base de ce qu'on pourrait appeler la
justice naturelle, c'est-à-dire que,
quand on veut jouer dans un contrat auquel vous êtes partie, on ne peut pas le
faire à moins de votre consentement. Premier élément. Deuxièmement, le
rapport D'Amours nous rappelle que, dans la
Loi sur les régimes complémentaires de retraite, il y a un processus
similaire qui est prévu. Alors, c'est tout à fait naturel aussi de
s'inspirer d'une loi qui existe, et puis qui
guide, puis qui gouverne les régimes de retraite complémentaires. Et le rapport
D'Amours, avec raison aussi... Dans le
rapport D'Amours, les experts nous parlent du principe d'équité, et je pense
que ça interpelle, effectivement, le principe d'équité que cette
recommandation, et puis de la même manière qu'on peut dire que ce n'est pas
équitable que de ne pas appliquer ce principe-là, ce serait problématique.
M. le
Président, nous déposons ce sous-amendement aussi parce que, comme mon collègue
de Sanguinet l'a dit, le projet de loi que nous étudions présentement
est appelé à se multiplier et il est appelé à inspirer d'autres projets de loi
qui auront probablement le même esprit, et il est important, dès maintenant, de
s'assurer que, pour la suite des choses,
toute la progéniture de ce projet de loi sera en bonne santé et prévoira des
mécanismes qui sont justes et équitables pour tout le monde. On sait, par exemple, que, pour d'autres régimes de
retraite de d'autres secteurs, on aura à vivre avec des restructurations aussi puis avec des mesures
pour pérenniser les régimes de retraite et on se doute bien que ce qui
sera adopté dans ce projet de loi ci sera
exporté dans d'autres projets de loi. Alors, c'est important pour nous de nous
assurer que, dans ce cas-ci, les choses sont faites correctement.
J'aimerais aussi dire que, la semaine passée,
lorsque nous nous sommes opposés à l'article 12, je me rappelle avoir dit
au ministre que moi, en tout cas, j'estimais — puis j'estime encore — que,
dans ce projet de loi là, on peut suspendre
l'indexation sans avoir envisagé d'autres chemins, d'autres recours. Ce n'est
pas douter des bonnes intentions du
ministre, là, ce que je dis là, c'est simplement dire qu'il existe sûrement
d'autres avenues, d'autres chemins que celui qui est pris dans le projet de loi, et un exemple d'autre chemin, c'est
précisément ce sous-amendement que nous déposons.
Alors, ce que
je disais la semaine dernière, c'est : Il me semble que vous n'avez pas
exploré toutes les avenues possibles. Et là je vous en donne une, on en
a identifié une, avenue, ici, c'est celle-ci. Et il y en a sûrement d'autres qui pourraient être examinées par le ministre, qui
pourraient être suggérées par le ministre, et on pourrait sûrement, dans
le rapport D'Amours et dans les
recommandations qui nous ont été faites par un grand nombre d'intervenants qui
se sont présentés ici, en commission,
trouver d'autres chemins qui sont à même d'assurer une meilleure santé
financière de nos régimes puis à même de les pérenniser.
Maintenant,
j'espère que ce petit discours aura été suffisamment convaincant pour le
ministre. Je vais le laisser réagir puis je reviendrai tout à l'heure
voir si ça a été fructueux, cette tentative.
M. Moreau : Vous pouvez
continuer, je n'ai pas l'intention de réagir.
Président (M. Auger) : Pas d'intervention. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions? M. le député de Berthier.
Villeneuve : Oui. Merci, M. le Président. Bien, j'en profite
d'abord pour vous saluer, saluer tous les collègues. Juste peut-être un
petit aparté si vous me permettez, M. le Président, petit aparté. La semaine
passée, j'avais évoqué le fait que les
municipalités avaient été créées vers 1850, 1860, le ministre s'était empressé
gentiment de me rappeler que Québec avait eu 400 ans. Tout à fait, tout à
fait raison. Ce à quoi je faisais allusion — juste pour la précision, là — ce
à quoi je faisais allusion, c'est au fait qu'à ce moment-là on avait introduit
que toutes les municipalités de 300 âmes ou habitants, donc, elles n'avaient pas nécessairement de responsabilités.
Elles ont eu à ce moment-là des responsabilités supplémentaires,
notamment les chemins, qui leur ont été attribuées. Donc, les municipalités de
300 personnes et plus, c'était à ça que
je faisais allusion. Et pourquoi je faisais allusion à ça? C'était pour dire qu'on
a toujours... Je pense que le gouvernement
du Québec a toujours voulu, d'une certaine façon, s'assurer d'avoir des
partenaires.
Je parle bien ici de partenariats, là, entre le
monde municipal et le gouvernement du Québec, et évidemment ça m'amène à vous
parler des bris de contrats, qui sont foison, je vous dirais, dans le projet de
loi actuel. Des bris de contrats que le gouvernement s'apprête, finalement, à apposer vis-à-vis des ententes qui
avaient été négociées. Bon, je pense que tout ça a déjà été dit, mais je pense
qu'à le répéter peut-être qu'on va finir par se rendre compte de la
gravité de la chose. Parce qu'on s'en va vers un bris de confiance, c'est
clairement cela.
Je sais que l'article 12 a été adopté
aussi, et je lisais tantôt... Parce que, bon, je n'ai pas pu assister aux
autres rencontres, puis je le lisais tantôt, et je m'apercevais qu'on apporte
la notion encore une fois ici quand on dit que... à l'article 12 tel qu'adopté, on parle ici, dernier alinéa : «Tout nouveau
déficit imputable aux retraités au 31 décembre 2013 et constaté
dans une évaluation actuarielle postérieure au 31 décembre 2015, est à la
charge de l'organisme municipal», et c'est
tout le paradoxe, là, où on vient affirmer quelque chose qui va être à la
charge du municipal, et on s'apprête à faire payer aux
retraités présentement, M. le Président... Pourtant, une loi qui régissait tout
ça, qui permettait des ententes qui avaient été signées par les parties, qui
était différente de ce que nous amène le projet de loi n° 3...
Donc, je
trouve ça un peu... En tout cas, si je me mets à la place des gens, et moi-même...
On dit que la loi doit être prévisible, là, et moi-même, je me pose des
questions par rapport au fait qu'on vient affirmer quelque chose dans une loi... Ce qui est fort correct, et c'est nécessaire,
mais, en quelque part, si la confiance s'effrite, ça devient difficile
pour les gens de s'assurer ou d'être
certains que ce qui est dit dans un projet
de loi va se réaliser au cours des
années qui vont suivre. Je voulais
faire cette petite précision là, M.
le Président, je trouvais ça important,
comme le dit le Barreau dans un des
rapports qu'il a remis, que la loi doit être prévisible, en ce sens que la
rétroactivité ou des changements à des situations ou des bris de contrats sont toujours préjudiciables
pour la suite des choses dans une société, surtout une société comme la nôtre où tout est basé sur la confiance. Donc,
je voulais, tout simplement, ajouter ce petit point là.
Et, par rapport au sous-amendement qu'a déposé
mon collègue, évidemment je suis tout à fait d'accord. Évidemment, le ministre
va nous dire que... je l'espère parce que c'est nous qui le déposons. Mais,
effectivement, tout à fait d'accord parce que, si on regarde l'article comme
tel et on regarde notre sous-amendement, dans le fond, consulter les gens, c'est une chose; consulter les gens pour leur dire
que les décisions sont prises, sont décidées, tout est décidé, ça, c'est autre chose. Et ce à quoi nous
amène l'amendement du ministre, ce à quoi nous amène cet amendement-là, M. le Président, c'est dire : Bien, écoutez, vous allez appeler les gens, là. On est aussi
bien de leur envoyer une lettre, tant qu'à
faire, étant donné qu'ils n'auront aucune possibilité de contester ou de
négocier — disons-le
comme ça — quelque
chose de différent, alors qu'assurément, comme mon collègue de Rousseau disait
tantôt, il y a toujours des avenues possibles,
hein? Dire qu'il n'y a pas d'avenue à quelque chose, M. le Président, c'est comme dire : Il
n'y a plus de dialogue, et on
enlève tout le côté constructif de la chose.
Alors, dans la mesure où cette proposition-là
était déjà dans le rapport D'Amours — et moi, je la trouve très sensée, hein, s'il y a 30 % et plus, donc, des retraités bénéficiaires
du régime qui s'y opposent — à ce moment-là il faudrait peut-être penser à une autre avenue. Alors, ces
précisions étant faites, M. le Président, je céderai la parole à mon collègue.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Sanguinet.
Therrien : Merci,
M. le Président. Bien, je vais revenir un peu sur ce qu'on avait entendu durant
la commission. Alors, on a écouté... je pense, c'était 28 groupes si je ne me
trompe pas, et il y a un des intervenants... Il y avait beaucoup de groupes de retraités qui sont venus, et... bien,
beaucoup... je vous dirais quatre, cinq, là, de mémoire, et ils étaient
vraiment en furie contre le projet de loi.
Et il y en a
un particulièrement — il me
semble, c'est M. Tremblay — qui nous avait parlé, justement, de ce
que le ministre mentionnait quand il
présentait, là, cette option-là. Il disait toujours : Bien, votre rente de
base, elle est protégée. Je m'étais engagé à faire en sorte que votre
rente de base soit protégée, seulement l'indexation serait touchée. Et la réponse de M. Tremblay avait été : Oui,
vous nous dites ça. Là, pour
l'instant, notre rente de base n'est pas touchée, vous ne touchez qu'à l'indexation, mais qu'est-ce qui nous dit que, dans trois ans, vous
ne toucherez pas à la rente de base? Si vous violez l'article ou la négociation
antérieure sur l'indexation, qu'est-ce qui nous dit que vous ne réitérerez pas
cette action-là, mais cette fois-ci sur la
rente de base? Sur quoi on peut se fier, nous? Sur quoi on peut se baser pour
s'assurer, justement, que ça ne soit pas le cas?
Et j'avais
trouvé ça très, très éducatif parce que, dans les faits, c'est une évidence. Ça
veut dire que, si moi ou, peu importe,
les gens autour de la table qui vont aller à la retraite — il y en a qui vont y aller bientôt,
probablement — si
on remet en question tous les revenus que
vous allez avoir dans le futur, c'est inacceptable, on ne peut pas faire ça. Et
les retraités l'ont mentionné à plusieurs
reprises, et ils sont colériques, ils sont en furie parce que, justement, ils
se sentent comme des proies sur lesquelles on s'acharne, d'une certaine
façon. Alors donc, non, ce n'est pas l'ombre et la proie cette fois-ci, M. le ministre. C'est directement
la proie, là, il n'y a pas d'ombre. L'ombre n'est pas de ce côté-ci.
Alors donc, c'est quand même exceptionnel, ce qu'on vit, là, puis je vais le
dire 1 000 fois, s'il le faut, pour essayer d'aider la conscience de mon
collègue ministre.
Mais aussi
peut-être, aussi, le député de Fabre, qui est un ancien bâtonnier, pourrait nous
en parler longtemps, des contrats. S'il y a un grand juriste ici, c'est
bien notre collègue de Fabre, et j'aimerais le sortir de son mutisme pour qu'on l'entende. Là, je
n'ai pas dit qu'il n'était pas présent, il est présent, il est très présent. Et
je le salue, d'ailleurs, je salue même
mes collègues de l'aile gouvernementale. Je ne les ai pas salués tantôt, je
vous salue. Je salue aussi les gens de la CAQ et mes estimés collègues. Mais j'aurais aimé entendre le député de
Fabre, avec son langage aussi précis, nous dire qu'il faut respecter les
contrats, il en va de l'avenir de la justice au Québec, de l'avenir de
l'économie québécoise. Je vais attendre et je suis convaincu qu'il va se
manifester, M. le Président. C'est un chic type, et il aura la chance de nous
le prouver.
Therrien : Je n'ai
jamais dit ça, M. le ministre. Je n'oserai jamais dire des choses comme ça.
Alors donc, ça a l'air qu'on va attendre.
Peut-être tantôt. Alors... Non, mais sérieusement... on revient aux choses
sérieuses parce que c'est sérieux. Mais, des fois, on peut rire un peu.
Mais c'est pour ne pas pleurer que je ris, M. le Président.
Écoutez, en fin de semaine, on a vu les gens
dans la rue. Les gens manifestent, et il y en aura d'autres. Il y a plusieurs raisons de manifester. Ce
gouvernement-là nous donne beaucoup de raisons de manifester, et
évidemment... Parce que, vous savez, M. le
Président... Je pense que vous n'étiez pas là en 2003, mais semble-t-il... Moi
non plus, je n'étais pas là, mais semble-t-il
qu'ils avaient mis des barrières permanentes parce que les gens manifestaient
presque à tous les jours contre le
gouvernement libéral en 2003. La plupart des gens ici n'étaient pas là... Ah!
peut-être monsieur... Je ne sais pas
si vous étiez là, moi. Alors, je viens de pointer le député de Côte-du-Sud.
Alors donc, je vous salue, d'ailleurs. Non, mais, écoutez, c'était le
règne libéral de l'époque.
Et là, quand
ils ont été élus, le 7 avril, les gens me disaient : On va retourner
à des barricades autour de l'Assemblée nationale. J'ai dit : Bien
non, voyons donc! On apprend par l'histoire, par l'expérience. Bien non, on
n'apprend pas. Qu'est-ce qui se passe
actuellement? On donne des raisons aux gens de manifester dans les rues. Et,
malheureusement, le projet de loi n° 3,
c'est une autre occasion de plus de manifester. Je vous le dis, la paix
sociale... Écoutez-moi, collègues, gens
du gouvernement, je vous tends la main pour raisonner votre Conseil des
ministres. Je vous le dis, la paix sociale est menacée. Vous vous en
rendez compte quand vous allez dans vos comtés. Vous allez dans vos comtés,
vous vous en apercevez, de ça, les gens vous interpellent. Nous sommes dans une
situation épouvantable, M. le Président.
Et moi, je
vous dis, j'ai participé à plusieurs commissions parlementaires, c'est la
première fois que j'ai autant de courriels.
Les gens m'écrivent, ils sont exaspérés. Ils disent : Non, mais que se
passe-t-il avec le p.l. n° 3? On espérait avoir des changements qui soient pour le mieux. On espérait
que vous réussissiez à tirer l'oreille du ministre pour qu'il arrive
dans des dispositions qui soient sympathiques à l'égard de la classe des
employés. Je fais ce que je peux, M. le Président, je fais ce que je peux, mais les gens m'interpellent. Et les gens
suivent cette commission parlementaire, ils la suivent, M. le Président, j'en ai beaucoup, de commentaires. Si vous voulez, je pourrais
les lire. Je peux les amener, puis les lire. Je vois un député qui semble avoir un doute. Je vais vous
les amener, puis les lire. Je n'ai aucun problème avec ça, j'en ai comme
On revient avec l'indexation, la désindexation.
Le ministre, très souvent, nous a dit : C'est temporaire, ce n'est pas
permanent. Vous allez avoir une désindexation quelques années, mais ça va
revenir, ça va revenir. Bien là, tu
dis : Oui, mais, si ça revient, la perte qu'on a subie, elle est
permanente, cette perte. Si, pendant trois ans, je n'ai pas mon 2 %
d'augmentation — si je
suis pleinement indexé, c'est à peu près 1,5 % à 2 % d'indexation — ce 2 % par année, 6 %, il est disparu à jamais. Ça veut dire
que mon salaire, au lieu d'avoir augmenté de 6 % sur trois ans, il est
resté stable. Pendant toutes les années subséquentes, mon salaire, il
sera de 6 % inférieur. 6 % sur 30 000 $, c'est
1 800 $, M. le Président, c'est
considérable. C'est considérable, c'est 150 $ par mois. C'est une épicerie
par mois qui part, qui part et qu'on ne
verra plus jamais, M. le Président. Est-ce que les personnes âgées ont les
moyens de se priver d'une commande par mois? Moi, je vous pose la
question, M. le Président.
M. le ministre parlait, il disait que c'est à
peu près 20 %. Même, tantôt, il a chuchoté, là, à mon oreille, puis j'ai entendu. Oui, je l'ai entendu, il a
dit : Ah! pour ceux qui l'ont, l'indexation, les gens disaient : Bon,
il y a à peu près 20 %. Bon,
dans les faits, je pense que c'est 20 % des gens qui ont l'indexation
complète, mais avec... C'est à peu près ça, à moins que je me trompe, à
peu près ça, et c'est 40 % d'indexation totale ou partielle.
M. Moreau : 7 %, total.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau : 7 %, total,
3 256 personnes.
Therrien : 7 %
d'indexation totale?
M. Moreau : 7 % des
retraités ont l'indexation totale, ce qui représente 3 256 personnes sur
48 000... près de 50 000 retraités.
Therrien : O.K. Et
puis combien qui ont de l'indexation partielle?
M. Moreau :
Partielle, 63 %, soit 30 000 personnes. Mais, dans l'indexation
partielle, vous devez calculer que, par
exemple, les pompiers de Montréal sont venus nous dire qu'ils avaient une
indexation partielle, mais qu'ils n'en ont pas touché depuis 10 ans
parce que les clauses d'indexation partielle, M. le Président — c'est
intéressant de le dire au moment où le député de Sanguinet fait son
intervention — c'est
des clauses où on prévoit, par exemple, une indexation de... l'inflation moins 3 %. Ça
fait que, dans les faits, il y a une clause théorique d'indexation, mais qui
donne zéro bénéfice parce qu'on n'est pas dans les figures où l'indexation
serait touchée.
Alors,
en réalité, là, si on parle de ça, là, on parle de 3 256
personnes, pas qui seraient touchées, qui pourraient être touchées si la
municipalité décide d'en faire le choix si, après deux évaluations
actuarielles, on réalise qu'il y a un
déficit attribuable aux retraités. Et, dès que la municipalité va pouvoir le
faire, elle va devoir rétablir cette indexation.
Alors, on est loin, là, de la perte du pouvoir d'achat, puis le monde dans la
rue, puis... Il faut aussi mettre les choses en perspective, là.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Sanguinet.
Therrien :
Avez-vous un montant de l'indexation totale reçue l'année passée? Avez-vous le
montant?
Therrien :
Je ne sais pas si je peux pousser ma chance, là, comme ça.
Le Président (M.
Auger) : Deux minutes encore à votre disposition, M. le député.
Therrien : Bien, écoutez, moi, je vais vous dire une chose,
je compte... Merci, M. le ministre, de l'information que vous nous
divulguez. C'est juste que...
M. Moreau :
On vous l'avait déjà donnée, mais c'est parce que je ne voulais juste pas que
vous...
Therrien :
Oui. Non, non, non, mais honnêtement, là, pour les chiffres, honnêtement, j'ai
une très bonne mémoire, puis ce n'est pas ce
qu'on avait entendu à l'époque. Puis je ne voudrais dire que vous ne disiez pas
la vérité, ce n'est pas ça du tout.
C'est parce que, des fois, les sources peuvent différer, puis, quand je parlais
de 20 %, il me semble, de mémoire, là... En tout cas, je...
M. Moreau :
On disait : 15 % des régimes ont une indexation, puis c'est là où
vous faites la confusion...
Therrien :
O.K. C'est ça. O.K. C'est ça. O.K. O.K. 15 % à 20 %. O.K.
Therrien :
Les régimes. O.K. Bien, merci de l'information. Bien, ce que je peux vous dire,
par contre... M. le Président, je sais que
vous êtes pendu à mes lèvres. M. le Président, il y a une chose importante, c'est
que le maire Labeaume, quand il est
venu ici, en commission parlementaire, nous a dit : Moi, là, enlevez-moi
l'indexation pendant trois ans, puis vous réglez tous mes problèmes de
déficit. Il a dit ça. Ça fait que ça, c'est deux possibilités. Soit que sa
situation par rapport à la capitalisation est moins pire qu'on peut penser ou
soit l'indexation lui coûte très cher. Si l'indexation
lui coûte cher, bien, ça veut tout
simplement dire que, s'il y a plus de
gens ou que... lui, ça lui coûte cher. Je ne veux pas dire que les
chiffres ne sont pas corrects, M. le ministre, mais on a un problème, là, parce
que lui, il nous a dit : Annulez l'indexation pour trois ans, puis vous
réglez mon problème de difficulté des régimes de retraite.
Et puis je vous dirai
en terminant que c'est un représentant, M. le maire de Québec, mais les maires
qui ont parlé pour la désindexation ne sont
pas légion. Même, il y en a beaucoup
qui disaient : J'ai des gros problèmes avec ça, je ne me sens pas bien de briser un contrat de cette
façon-là. En tout cas, je ne sais pas, je pense que je n'ai plus de
temps. C'est ça que vous me dites?
Le Président (M.
Auger) : Oui. 15, 20 secondes pour un maximum.
Therrien :
Bien, écoutez, juste en terminant, n'oubliez pas qu'il y a un lien évident à ce
qu'on fait au niveau des contrats, c'est de
toucher à l'épargne des citoyens. Vous touchez à l'épargne, à la motivation de
l'épargne. Mais je suis sûr que le député de
Rousseau va continuer dans cette veine-là pour vous expliquer, grand économiste
qu'il est. Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Auger) : Merci. M. le député de Blainville.
Laframboise : Merci, M. le Président. Bien, juste pour dire... Puis
j'ai apprécié les explications du ministre tantôt, mais, comme parti
politique, nous, on était très sensibles au rapport D'Amours, puis ça, je veux
que vous le sachiez. Et, effectivement, M.
le ministre a raison, c'est-à-dire que ce que nous faisait la... à la
recommandation 14 du comité d'experts, ce qu'on nous disait, bon, il
faudrait faire voter les retraités pour qu'ils donnent leur approbation, puis, s'il y en a moins de 30 %, bien, à ce
moment-là, on n'utilise pas l'indexation. Puis, en même temps, pour ce
faire, pour atteindre l'objectif, ce que
nous disait le comité d'experts, c'est de dire : Bien, après, dans la
quatrième année du cinq ans de négociation,
il faudra que la ville tranche à la fin. Puis, vous le savez, nous, notre
position de faire trancher la ville... je vous l'ai dit, nous, les villes qui vont se cacher dans les jupes du
ministre, on a un petit peu de difficultés avec ça, mais il reste que
c'est quelque chose qui serait intéressant.
Donc, tout ça pour vous dire qu'on va
voter en faveur du sous-amendement déposé par le Parti québécois, mais vous comprendrez qu'on déposera un amendement plus
tard pour être capables... Parce qu'il faut qu'il y ait une concordance,
là. Le rapport D'Amours, si tu permets aux
retraités de se retirer à moins de 30 %, bien, à ce moment-là, pour
capable d'elle trancher. Et ça, évidemment, nous, vous le savez, faire trancher la ville, là, on vous l'a
dit à plusieurs reprises, on pense qu'elles sont assez grandes puis qu'elles
sont capables de prendre leurs décisions.
Puis permettre aux retraités de voter, bien, je pense que c'est un beau geste
de... Parce que ce n'est pas certain
qu'ils vont dire non. Les retraités, quand ils verront que la ville va
trancher, de toute façon, un jour,
peut-être qu'ils voudront participer. Donc, peut-être que le vote sera remporté
pour être capable d'atteindre l'objectif plus rapidement. Donc, on va
appuyer le sous-amendement du Parti québécois.
Le Président (M.
Auger) : D'autres interventions? M. le député de Rousseau.
Marceau : Oui. Merci, M. le Président. Effectivement, juste
enchaîner un peu sur ce que disait le collègue de Blainville, on n'est pas d'accord sur la fin du
processus, mais, quant au fait que, dans le processus, les retraités
puissent s'exprimer, moi, je pense que c'est fort important. Puis d'ailleurs la
recommandation 16 dans le rapport D'Amours, elle
est précédée par une phase où il y a négociation. Or, ici, il n'y a pas de
négociation. Dans le projet de loi tel qu'on le conçoit, il n'y a pas de négociation, il n'y a pas moyen de sortir des
règles qui ont été édictées par les différents articles du projet de
loi. Ça avait un sens de dire : La ville tranchera dans la mesure où il y
avait un espace de négociation. Là, il n'y a pas d'espace de négociation,
véritablement, qui est prévu dans le projet de loi. Enfin, on a voulu en
incorporer, entre autres à l'article 8. On y reviendra un peu plus tard. Mais
enfin il nous semble à nous que d'avoir un espace de négociation, c'est important, et je dis ça simplement parce que
l'article 16 du rapport D'Amours, qui était, effectivement, précédé... pas l'article 16, la recommandation 16
du rapport D'Amours, qui prévoit que la ville peut trancher à la fin
d'un processus, c'est important de la mettre dans un contexte où, au départ,
les retraités se prononcent, et puis il y a un espace de négociation, deux
choses qui n'existent pas dans ce projet de loi ci. C'est important de le dire.
Moi,
je veux revenir aussi sur l'importance qu'il y a de permettre aux retraités de
se prononcer. Évidemment, parce
les retraités sont les premières personnes touchées, mais je le dis aussi dans
l'esprit du bris de contrats. Parce
que, quant au bris de contrats, il faut voir que ça aura un impact sur
l'épargne future des Québécois, à moins, à moins que nous fassions aujourd'hui la démonstration dans ce projet de loi là qu'un tel bris de contrats ne sera possible que si les personnes
qui sont
partie prenante au contrat sont reconvoquées pour se prononcer sur
l'opportunité de rouvrir le contrat. Si c'est
ce que nous faisions aujourd'hui dans le projet
de loi, bien, les travailleurs d'aujourd'hui qui sont à négocier leur convention collective puis qui
cherchent un équilibre entre le salaire actuel puis les montants à
mettre dans leur régime de retraite,
bien, ces travailleurs d'aujourd'hui, si on incorpore le sous-amendement de mon collègue de Sanguinet dans le projet
de loi, vont se dire : Bon, il
est envisageable qu'un bris de contrat survienne dans le futur, mais ce bris de
contrat ne surviendra que si, collectivement, comme retraités futurs, nous
avons la chance de nous prononcer. Si bien qu'on fait disparaître, d'une
certaine façon, tout le côté négatif, là, de l'article 12 en incorporant l'amendement
du collègue de Sanguinet à l'article 12.1... le sous-amendement, pardon, à l'article
12.1.
Alors, M. le
Président, c'est très important, cet élément-là. La question du bris de
contrats, on en a parlé abondamment. Moi, je
pense que c'est une façon très élégante de se sortir du coin dans lequel on se
trouve. De permettre aux retraités de
se prononcer, ça ne veut pas dire que tous les retraités vont dire non
automatiquement non plus. Moi, je pense
que le collègue de Blainville a raison là-dessus, certains pourront trouver que c'est un moindre
mal puis préféreront avoir la
certitude que leur régime de retraite a recouvré la santé. Alors, peut-être
que certains le voudront, mais ça dépendra des circonstances de chacun. Et de laisser à chacun le soin de
s'exprimer, c'est, il me semble, tout
à fait normal dans la société
dans laquelle nous nous trouvons.
Puis je reviens sur
cette question du bris de contrats, si nous n'incorporons pas la disposition du
député de Sanguinet dans le projet
de loi, on se retrouve dans un monde
dans lequel on pourrait briser des contrats dans le futur. Et il suffit de regarder comment ça se passe dans les sociétés
dans les pays dans lesquels les droits de propriété peuvent être violés impunément, il suffit de regarder ces
pays-là pour constater à quel point c'est la recette du sous-développement,
c'est la recette de l'échec économique.
Regardez ce qui s'est passé, par
exemple, en Russie lorsqu'au début
des années 90 le mur de Berlin est
tombé. Vous vous rappelez, hier, on a célébré le 25e anniversaire. Il faut
se rappeler de ce qui s'est produit, par
exemple, en Russie, qui était quand même
un pays qui avait un certain niveau de vie à cette époque-là. Du jour au
lendemain, toute la question
des droits de propriété a été placée dans une espèce de «twilight zone» ou de
zone dans laquelle on ne savait plus
qui était propriétaire de quoi. Et la mafia, vous le savez sûrement,
en Russie, a pris beaucoup de place à une certaine époque, et le fait
que les droits de propriété n'étaient pas clairement définis et, évidemment,
protégés, ça a fait en sorte que l'économie
russe a subi des contrecoups fort importants au début des années 90, et elle peine
encore aujourd'hui à se sortir de ça, ça a un impact profond.
Évidemment,
on n'en est pas là ici, loin de là, puis je ne veux pas qu'on exagère, mais la
qualité de la protection des droits
de propriété, c'est quelque chose de fondamental dans une économie, et on aurait tort de jouer
avec ça sans... enfin, on aurait le
tort de le faire de façon aussi, moi, je dirais, abrupte que ce qu'on fait
ici. On aurait tout intérêt à faire en sorte que ça ne survienne qu'en dernier, dernier, dernier recours, et je trouve
que la disposition qui est introduite par le collègue de Sanguinet
permet d'éviter qu'on aille dans cette direction sans... Moi, il me semble, là,
que ça permet de s'assurer que les conséquences néfastes qui pourraient
découler de l'article 12... 12 et 12.1, tels qu'ils se lisent présentement, ces
conséquences néfastes seraient évitées.
Alors, je répète, si
vous êtes un travailleur en train de négocier votre régime de retraite puis que
vous savez, vous savez, parce que vous avez suivi la commission parlementaire
se penchant sur le projet de loi n° 3, vous savez que, dans le futur, un gouvernement pourrait
décider d'aller réduire les bénéfices que vous êtes en train de négocier,
bien, vous allez être inquiets puis vous allez refuser de mettre de l'argent
dans un régime de retraite. Mais, si, à l'inverse, vous savez que, dans le futur, si jamais un gouvernement, d'aventure,
avait l'idée d'aller jouer dans les bénéfices, bien, vous aurez l'occasion de vous prononcer sur ça
dans le cadre d'un vote, tel qu'il est suggéré par le sous-amendement de
mon collègue, bien, ce sera, je pense, en
mesure de vous rassurer un peu et de faire en sorte que vous pourrez, même
avec un peu d'inquiétude, accepter de mettre plus d'argent et de salaire dans
le régime de retraite.
Alors,
M. le Président, c'est une façon, encore une fois, fort élégante pour le
ministre de se sortir du coin dans lequel
il se trouve. Ça correspond à une recommandation du rapport D'Amours, ça fait
en sorte aussi que les circonstances de
chacun des retraités peuvent être prises en compte. Alors, plein de bonnes
raisons pour que le ministre vote en faveur de ce sous-amendement, et je
l'invite à le faire, évidemment, de même que tous ses collègues. Voilà, M. le
Président.
Le Président (M.
Auger) : Merci. D'autres interventions concernant... Oui, M. le député
de Berthier.
Villeneuve : Oui. Merci, M. le Président. Je veux juste revenir... Tantôt,
on parlait des 7 % qui seraient
touchés, là, lorsque leur régime est indexé,
là, environ 7 %, 3 000 quelques retraités. Les chiffres ne sont pas
de cette année, donc j'imagine qu'ils sont d'au moins deux ans. Là, où
je veux en venir, M. le Président, c'est que, si, effectivement, c'est un peu plus de 3 000 personnes qui sont
touchées actuellement, il n'en demeure pas moins que le projet de loi est, ni
plus ni moins, une porte ouverte à toucher
d'autres régimes de retraite éventuellement. On l'a dit tantôt, mes collègues
l'ont précisé, que ce soient les régimes de retraite publics ou autres,
donc on ouvre une porte, tout comme on a ouvert une porte, M. le Président, sur un projet de loi qu'on a voté
à l'Assemblée nationale il y a quelque temps déjà, le projet de loi
n° 8, où on a ouvert une porte là aussi
à mettre en place un régime d'exception exagéré. On s'est opposés, bien sûr, à
ce projet de loi là, qui mettait en
place un régime d'exception exagéré et qui, encore là, ce régime-là... Le
projet de loi n° 8 vient ouvrir d'autres portes, j'allais
dire — puis
je pense que le mot n'est pas trop fort — à d'éventuels excès par
rapport à ce que le législateur peut faire lorsqu'on vit dans une société
démocratique comme la nôtre.
précédents-là, je l'ai dit tantôt, je vais revenir là-dessus parce que vous
savez, M. le Président, comme moi... Et
c'est la première notion qu'on apprend à l'école, même dans notre jeunesse...
et pas seulement à l'école, mais dans nos relations avec les gens, c'est la notion de confiance. Et le projet de
loi n° 3, ce qu'il fait, M. le Président, c'est qu'il vient
drôlement ébranler cette confiance-là, et le sous-amendement qui est proposé
par mon collègue de Sanguinet, bon, ça ne
règle pas tout le problème, effectivement, de ce bris de confiance là, bris de
contrats, bris de confiance, mais, à tous le moins, ça vient mettre un baume — je ne
parle pas du maire, là — ça
vient mettre un baume sur la situation actuelle. Quoique ça ne règle pas tout, comme je le disais, donc, je pense que
oui, effectivement, il y a place à mettre dans ce projet de loi là des éléments de reconstruction de cette
confiance-là, qui est drôlement ébranlée. Alors, les gens,
effectivement, M. le Président, lorsque va
venir le temps de négocier des choses soit avec le monde municipal ou avec le
gouvernement auront toujours à l'esprit le projet de loi n° 3. Ils seront
donc toujours méfiants par rapport à la suite des choses.
Alors, ce n'est pas
évident de penser que, d'une société dans laquelle les choses se font
normalement par la négociation, par... toujours avec le fond de la confiance,
qu'aujourd'hui on se retrouve devant une situation où cette confiance-là est
tellement ébranlée que les gens vont carrément penser faire eux-mêmes les
choses sans se baser sur des partenaires qui, normalement, sont là pour,
justement, faire les choses mieux et collectivement mieux.
me pose la question. Je sais qu'on a passé l'article 12, mais... 12 est passé,
mais 12.1, M. le Président, est-ce que le ministre a un avis juridique
démontrant la validité constitutionnelle de...
Villeneuve : Bon, le ministre me fait signe que ce n'est pas
nécessaire d'en parler, mais parlons-en, tout de même. Je pense que c'est important parce que, lorsque le législateur
travaille à mettre en place une loi, encore faut-il qu'il s'assure minimalement d'avoir les fondements
nécessaires pour que cette loi-là passe le test des tribunaux. Alors, je
ne sais pas si le ministre a quelque chose à dire par rapport à ma question.
M. Moreau :
Je n'ai rien à vous dire, là.
M. Villeneuve :
Bon, peut-être, plus tard, le ministre reviendra-t-il là-dessus, mais c'est
important parce qu'on s'apprête à...
M. Moreau :
...sur la charte.
Villeneuve : ...le gouvernement s'apprête à passer une loi, et
il faut que cette loi-là ait des assises quand même solides sur le plan
constitutionnel. Alors, je pense que la question se pose. Le ministre aura le
temps d'y réfléchir, peut-être nous revenir là-dessus.
Donc,
M. le Président, moi, je pense que les gens... Et je reviens parce que, bon,
j'ai été dans le monde municipal assez
longtemps pour vous dire que l'alinéa deux de 12.1, là, quand on dit que... Je
l'ai dit tantôt, mais je ne peux pas faire autrement que de revenir
là-dessus : «À cette fin, les retraités doivent être convoqués...»
Imaginez, on va convoquer les gens, M. le
Président, pour leur faire une présentation, et là on met carrément un terme à
la créativité, on met un terme à
l'imagination des gens de pouvoir trouver des alternatives. Je le disais
tantôt, là, des situations où il n'y a pas d'alternative, M. le
Président, là, c'est très totalitaire, hein? C'est pratiquement idéologique,
là, il n'y a pas d'alternative. Dire qu'il n'y a pas d'alternative à une
situation, c'est de tuer complètement la créativité, l'imagination des gens.
ce qu'on dit aux retraités, là : On va vous convoquer, là, on va vous
faire une présentation. Puis on ne doute pas, là, on ne doute pas que la présentation qui va être faite sera
faite, contrairement à ce qu'on travaille ici présentement, là, sera faite avec des chiffres qui seront validés et
qui seront solides. Je dis : Contrairement à ce qu'on fait ici parce
qu'on le sait, M. le Président, on a déposé une motion, hein, disant qu'on
voulait que les législateurs que nous sommes ayons en main les chiffres les plus récents possible au niveau des évaluations
actuarielles, on n'a pas eu... En tout cas, moi, je n'ai pas eu vent qu'on avait eu des chiffres qui nous
avaient été fournis pour être capables de faire un travail de
législateur correct, et donc on est en
train, comme législateurs, de décider de briser des contrats, de décider pour
les autres, et on n'a toujours pas ces chiffres-là qui nous
permettraient de prendre des décisions pas mal plus éclairées. Et peut-être
que, si on avait les chiffres, M. le
Président, peut-être que le ministre aurait, d'emblée, accepté la proposition
de mon collègue de Sanguinet, ce qui,
de toute évidence... Bien, je ne veux pas jeter l'éponge, on a bon espoir de
convaincre le ministre, là, d'accéder
à cet élément. C'est un élément de confiance qu'on introduit, que mon collègue
veut introduire dans le projet de loi. C'est un élément de confiance.
Aujourd'hui, là, pourquoi on ne commencerait pas
immédiatement à rebâtir ou à tenter de refaire les ponts entre nous, entre nous tous? Et ça, c'est un
élément qui viendrait assurément... peut-être, est-ce qu'il serait le début
de quelque chose pour que les gens puissent
regarder le travail que l'on fait ici et regarder le travail que le
gouvernement veut faire comme étant
possiblement une possibilité de remettre cette confiance-là à l'ordre du jour
et permettre, justement, comme société qu'on puisse avoir les
discussions, les réflexions et les dialogues qui vont nous permettre de laisser
place à toute cette imagination dont on sait que les Québécois sont pourvus de
façon, je dirais, incommensurable.
Alors, je trouve ça un peu malheureux. Mais,
comme je disais, je ne veux pas jeter l'éponge et penser que le ministre va
rejeter... que le gouvernement ou les collègues ici vont rejeter cette
proposition-là. D'ailleurs, si j'ai bien compris,
la CAQ va voter pour, alors c'est... J'ai été très surpris, en même temps, très
heureux de revoir un retour... bien, pas un retour, ce n'est pas gentil, là, mais de voir, bref, que la CAQ
appuie le sous-amendement de mon collègue de Sanguinet.
Alors, M. le
Président, si le ministre ne se charge pas d'aller chercher ce que je demandais
tantôt, à savoir s'il a fait une
vérification quant à la validité constitutionnelle de 12 et de 12.1, si lui ne
s'en charge pas, soyez assuré que d'autres le feront assurément, et donc on met à risque le travail qu'on fait ici.
Vous le savez comme moi, on passe de nombreuses heures à travailler sur
ce projet de loi là, alors ça serait intéressant de voir si ces avis juridiques
là existent ou non. Pour le moment, M. le Président, je céderais la parole à
quelqu'un d'autre. Merci.
Président (M. Auger) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions
concernant le sous-amendement? S'il n'y a pas d'autre intervention, je
vais procéder à la mise aux voix.
Une voix : Par vote nominal.
Le Président (M. Auger) : Par vote
nominal. M. le secrétaire, si vous voulez procéder, s'il vous plaît.
Le Secrétaire : ...M. le
Président. M. Therrien (Sanguinet)?
Therrien : Pour.
Le Secrétaire : M. Marceau (Rousseau)?
Le Secrétaire : M. Villeneuve
(Berthier)?
Le Secrétaire : M.
Laframboise (Blainville)?
Le Secrétaire : M. Moreau (Châteauguay)?
Le Secrétaire : M. Morin (Côte-du-Sud)?
Le Secrétaire : M. Chevarie (Îles-de-la-Madeleine)?
Le Secrétaire : M. Chevarie
est ici.
Le Secrétaire : M. Matte (Portneuf)?
Le Secrétaire : Contre. Mme
Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger)?
Rotiroti : Contre.
Le Secrétaire : M. Drolet (Jean-Lesage)?
Le Secrétaire : M. Ouimet (Fabre)?
Ouimet (Fabre) :
Contre.
Le Secrétaire : M. Dutil (Beauce-Sud)?
Le Secrétaire : M. Auger
(Champlain)?
Le Président (M. Auger) : Abstention.
Le Secrétaire : Donc, 8
contre, 4 pour, 1 abstention.
Le Président (M. Auger) : 8 contre,
4 pour, 1 abstention, rejeté. Donc, le sous-amendement est rejeté. Nous revenons donc à l'amendement introduisant l'article
12.1. Est-ce qu'il y a d'autres interventions concernant cet amendement?
M. le député de Blainville.
Laframboise : Oui. Sur 12.1,
bien, évidemment, on va être satisfaits de l'ajout qu'a fait le ministre à notre demande, soit
que l'organisme municipal transmet à la régie sa décision motivée ainsi qu'un
compte rendu de cette séance, de toute
façon, pour qu'on sache, évidemment, pourquoi la ville a décidé d'utiliser
l'indexation, pour être capable... et
de façon à ce qu'elle le motive aussi, ce qui pourra servir aussi aux retraités
pour être capables de savoir où ils s'en vont, tout simplement.
Le Président (M. Auger) : Merci.
D'autres interventions concernant l'amendement?
Therrien : Oui. J'aimerais
ça, avoir des explications plus en détail du ministre sur... Je pense que vous
ne l'aviez pas expliqué.
M. Moreau : Oui, on l'avait
expliqué. À la lecture, on l'avait expliqué.
Le Président (M. Auger) : Oui, M. le
député de Sanguinet.
Therrien :
Bon, écoutez, «...les retraités doivent être convoqués à une séance[...] — juste pour me remettre dedans, là — organisée par le comité de retraite au cours
de laquelle les représentants de l'organisme municipal devront...» Moi, je suis retraité, là, on me demande
d'assister à une séance d'information. C'est quoi, l'avantage que j'ai d'aller
M. Moreau :
L'avantage que j'ai, c'est celui d'être informé de ce qui va se produire et poser
les questions qu'on souhaite, même la question
de savoir pour quelle raison... La loi, là, vous dit que vous avez le droit
de ne pas suspendre. Pourquoi
choisissez-vous de suspendre? Alors, ça va même leur donner une information
beaucoup plus générale sur l'état de situation. Et, au moment où ils
vont avoir cette assemblée-là, il va y avoir les chiffres les plus récents du régime de retraite. Parce que
rappelez-vous que, là, on est avec les retraités, les retraités bénéficieront
du résultat de deux études
actuarielles, une en 2013, l'autre en 2015 pour une prise d'effet en 2017.
Alors, ça va leur donner l'opportunité
d'avoir les renseignements qu'ils souhaitent, au-delà de ce que le comité de
retraite fait, sur l'état général du régime. Moi, je pense qu'il y a un
intérêt.
Therrien :
Une question que je n'avais pas posée et qui me vient, là : Si, en 2013,
mettons... Vous êtes devant les retraités, j'imagine que vous informez
les retraités, puis vous auriez sûrement des questions qui vont aller dans le
sens que je vais vous poser, là. Si, mettons, en 2013, on est capitalisé à
85 % puis, en 2015, on est capitalisé à 95 %, mettons, on passe de 85 % à 95 %, là vous dites... c'est sûr
que, là, tu dis : Oui, bien, tu n'as pas un gros déficit, il faut désindexer une partie,
là, de la somme qu'on vous envoie. Mais qu'est-ce que vous allez répondre à des
retraités qui vont dire : Bien,
moi, je trouvais qu'on était bien partis, puis sûrement qu'on finira par être
pleinement capitalisés cette année ou
l'année prochaine, là, parce qu'on était dans la bonne direction? Qu'est-ce que
vous dites à ces gens-là? Qu'est-ce que vous penseriez dire à ces
gens-là qui vous poseraient...
Moreau : Moi, je ne leur
dirai rien parce que c'est la municipalité qui va rencontrer ses retraités puis
qui va dire : Regardez, voici
les raisons pour lesquelles, malgré l'avancée ou l'amélioration de la
sous-capitalisation, on choisit quand même de suspendre l'indexation. Et
j'imagine que, dans un cas comme celui-là... Parce que, tantôt, vous avez dit : Si l'indexation, ce n'était pas
important, pourquoi est-ce que le maire de Québec est venu nous dire qu'il
pouvait régler tous les problèmes? C'est parce que — et je
pense que ça vaut la peine de le dire, M. le Président, pour les gens qui nous écoutent — la valeur de l'indexation, ce n'est pas
strictement la valeur de l'indexation effectivement versée une année, c'est la valeur de l'indexation escomptée dans le
temps. C'est ça, son coût sur le régime, et c'est la raison pour
laquelle on dit... On donnait l'exemple, je pense, de Montréal
la semaine dernière où on disait : Le déficit est de 1,6 milliard. Là-dessus, il y en a 1 milliard qui représente l'indexation et 470 millions qui représentent la
partie de l'indexation applicable aux retraités. Ce n'est pas parce que
la ville va verser 470 millions en 2015, c'est parce qu'on parle aussi de la
valeur escomptée de l'indexation
prévue dans les régimes de retraite. Alors, voyez-vous la différence? Et donc, lorsque
cette indexation-là est suspendue, on
peut revenir rapidement à la santé financière et, donc, rétablir une
indexation ponctuelle pour les régimes qui seraient sous-capitalisés. Il
y a une énorme différence entre l'un
et l'autre, et je pense que c'était le moment approprié, là, pour
le dire.
Alors, pour
répondre à la question directe du député de Sanguinet : Qu'est-ce que l'administration
municipale dirait?, je ne sais pas ce que l'administration municipale dirait, mais elle les informerait sans aucun
doute du raisonnement fait par l'administration municipale, laquelle est imputable, sur les raisons qui font qu'on
prend la décision de suspendre l'indexation.
Et là les retraités auront tout l'argumentaire qu'on a entendu dans cette commission
puis avant l'adoption du projet de
loi n° 3 — en
présumant qu'il serait adopté — en
disant : Bien, écoutez, on nous a toujours présenté la suspension
de l'indexation comme étant un exercice de
dernier recours, alors pourquoi estimez-vous que vous êtes rendus au
dernier recours?. Et vraisemblablement que l'administration aura à répondre à
ce genre de question là, donc d'où l'intérêt de l'assemblée en question.
Et les
retraités, ce qu'ils sont venus nous dire, c'est ça : On ne sait pas ce
qui se passe, on n'est pas informés de ce qui se passe. Alors là, le
projet de loi amène deux moments où les retraités vont savoir ce qui se passe.
Le premier moment, qui est celui qu'on verra
beaucoup plus loin dans le projet de loi, si on se rend là, qui est la tenue
d'une assemblée au cours de laquelle
la municipalité informe la population en général de l'état de situation des
régimes de retraite, donc qui s'adresse de façon générale à tout le
monde et, donc, aussi aux retraités, qui ont un intérêt à savoir ce qui se
passe avec le régime de retraite; et,
deuxièmement, dans la rencontre qui est visée par l'article 12.1 si l'organisme
municipal décidait de suspendre l'indexation comme mesure de dernier recours.
Alors, je
pense que ça va dans le sens souhaité, c'est-à-dire de donner en toute
transparence les informations les plus récentes à ceux qui sont
intéressés au premier chapitre.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Berthier.
M. Villeneuve : Je veux juste
savoir de la part du ministre, quand il dit que... Si le constat que font les
élus municipaux à ce moment-là avec les
évaluations actuarielles qu'ils auront, qu'ils en sont rendus au dernier
recours... Tantôt, je parlais
d'imagination, de créativité. Moi, j'aimerais vous entendre, M. le ministre,
là, ne vient-on pas, justement, saper cette
créativité-là, cette imagination-là? Parce que, d'une certaine façon, on met de
côté complètement toute possibilité de réflexion supplémentaire par les
retraités par le rapport qui pourrait amener à cette réflexion-là. Parce que,
dans le fond, on les convoque... Non, mais
ce que je veux dire, c'est qu'on ne prévoit aucune séance de consultation ou de
travail terrain qu'ils pourraient faire entre eux. Là, on les convoque, on leur
dit : Voici la situation. Parce que le monde municipal, là, les élus municipaux ne seront pas obligés de réfléchir
avec eux, là, d'après ce que je lis ici, là. Ils sont, tout simplement, convoqués, ils ont...Voici l'état,
dernier recours. Pouf! C'est réglé, merci, vous pouvez vous en retourner
chez vous. Alors, on ne met pas à contribution...
Je veux juste
entendre le ministre là-dessus, là, voir comment il voit ça, lui. Parce que
moi, je le vois comme étant, encore
une fois, unilatéral, où peut-être qu'il y a des choses qui leur auront
échappé, et Dieu sait que, s'ils ont un outil aussi drastique que
celui-ci, pas sûr qu'il va y avoir une ouverture qu'on pourrait peut-être
retrouver autrement. Je ne le sais pas, je...
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau :
Bien, je ne veux pas le dire méchamment, là, mais il n'y a pas une disposition
dans la
Loi sur les cités et villes
ou dans le Code municipal qui empêche un conseil municipal de réfléchir, là,
puis il n'y a pas une obligation non plus de réfléchir. On présume
qu'ils réfléchissent collectivement. Ils ont le droit de le faire, il n'y a
rien qui les empêche de le faire. Alors,
c'est comme si vous me disiez : Bien, il faudrait écrire un
article dans
le projet de loi n° 3 en disant :
Vous devriez vous asseoir pour réfléchir ensemble. On n'a pas besoin de ça, ils
sont matures, majeurs, vaccinés et baptisés.
Et ils sont en plus responsables, et ils répondent devant leur population des décisions qu'ils prennent. Si le maire
veut se réunir avec les retraités puis le conseil
à toutes les semaines, il peut le faire. On n'a pas besoin de lui donner
la permission, il a le droit de le faire. Alors, je ne vois pas en quoi on
coupe l'imagination du monde.
ce qu'on dit, c'est : Si vous êtes rendus à prendre la décision, là vous
aurez une obligation qui est celle de les convoquer et de les informer. Il me semble qu'on peut difficilement être
à visière plus levée que ça. Maintenant, vous ne trouverez
pas ça dans une loi municipale, là, l'obligation de vous asseoir en réunion de
travail, ou en caucus du conseil, ou de
convoquer des individus, sauf quand la procédure l'impose spécifiquement, là, notamment en matière de
règlements d'emprunt ou de règlements de zonage. Mais, sur n'importe quelle
matière qui relève des compétences d'un conseil municipal, la loi prend pour acquis que les gens ont été élus, puis ils
peuvent prendre les mesures qu'ils souhaitent être les bonnes, qu'ils estiment être les bonnes dans leur
propre milieu pour se rendre à une décision. Alors, c'est pour ça que ce
projet de loi là... Non, il ne dit pas ça.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Berthier.
Villeneuve : Oui, je comprends bien, mais juste vous dire que
99,9 %, et j'en suis convaincu... Et d'ailleurs on fait des règlements et des lois, justement,
pour le 1 % qui reste de gens qui ne se conforment pas à des choses.
Mais ce que je veux dire par là, c'est que
les élus municipaux, à très, très, très forte majorité, à 99 %, vont
probablement continuer à se
dire : Bien, il faut trouver collectivement des solutions aux problèmes
collectifs qui sont les nôtres. Ça, j'en suis. Et je ne suis pas en train de dénigrer les élus
municipaux. Loin de là, je le sais qu'à 99 % ils le font. Mais il n'en
demeure pas moins, et ça, on l'entend à l'occasion. Ce n'est pas légion,
mais on l'entend à l'occasion où certains vont dire : Bien, moi, j'ai l'outil, hein? J'ai la massue puis
j'utilise la massue, et c'est réglé. Alors, moi, j'ai décidé que c'est... le
conseil municipal ou... bon, a décidé qu'on
avait fait le tour de la question, et, ce faisant, ayant fait le tour de la
question, eh bien...
C'est parce qu'où j'en ai par rapport à cet
article-là, M. le Président, c'est qu'on convoque les gens, et ces gens-là,
dans le fond, de quelle façon ils vont se sentir interpellés? De quelle façon,
ils se sentent interpellés si on les convoque, tout simplement, si on ne force
pas un peu le monde municipal à... si on n'ajoute pas un peu d'ouverture, si je puis dire ça ainsi, là, à la réflexion sur l'oeuvre?
Voilà, c'est tout simplement ce que je voulais ajouter, M. le Président.
Le Président (M. Auger) : D'autres
interventions concernant l'amendement? M. le député de Sanguinet.
Therrien : Merci,
M. le Président. Juste revenir sur ce qu'on a mentionné tantôt par rapport au
maire Labeaume, là, ce que vous m'aviez dit,
que les coûts du régime se trouvaient diminués par rapport à la
désindexation, en tout cas, permanente. Je
comprends ça. Vous dites : C'est escompté dans le temps, je comprends très
bien ça, mais c'est pour vous montrer à quel point...
M. Moreau : Moi, je ne le
disais pas pour vous l'expliquer à vous...
Therrien : Non,
non, je le sais. Non...
M. Moreau :
...je savais que vous le compreniez, mais je pense que les gens qui écoutent
nos travaux peuvent avoir une difficulté à faire cette distinction-là.
Therrien :
O.K. Mais juste vous dire que votre propos, qui est très juste d'ailleurs,
témoigne de l'importance de ces
montants-là pareil, tu sais, c'est des montants importants. C'est sûr qu'une
partie de ces montants-là peuvent être revenus de façon temporaire, mais il reste que, de façon globale, les gens qui
sont impliqués dans ce processus-là, c'est qu'ils font des pertes
importantes, là.
Juste vous
entendre là-dessus, M. le ministre, parce que, ça, j'ai de la misère à
concevoir ça. Mais je veux entendre votre
réflexion là-dessus si vous me faites l'honneur de votre réflexion. C'est quand
vous dites : Bien, écoutez, ce sera des mesures de dernier recours. Mais qu'est-ce qu'il peut y avoir avant ça?
Tu sais, avant le dernier recours, il y a quelque chose avant, là. C'est
quoi qu'il y aurait avant quand vous avez ça en tête, vous dites : Bien,
c'est des mesures de dernier recours, on rencontre les retraités puis on leur
dit qu'ils sont désindexés?
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau :
C'est une mesure de dernier recours parce que, si vous prenez le projet de loi
tel que déposé, par rapport aux amendements que l'on fait, on repousse
dans le temps le moment où l'évaluation actuarielle peut être déclencheur du pouvoir de suspendre l'indexation.
Alors là, la restructuration, pour l'ensemble des régimes, commence... pas vraiment pour l'ensemble des régimes, là, on a
fait une modification aussi pour ceux qui étaient pleinement indexés,
mais oublions cette exception-là, là, de façon générale, le 31 décembre 2013, à
partir de l'évaluation actuarielle du 31 décembre 2013.
Là, pour les retraités, on repousse ça dans le
temps, on veut faire deux vérifications du marché. On va limiter au déficit le moindre des deux vérifiés, et la prise d'application de cette suspension-là, si la municipalité le constate
et qu'elle choisit d'y donner suite, ne
pourra avoir lieu qu'en 2017. Alors, on voit qu'on donne toutes les chances
possible d'abord aux fluctuations du marché
de faire en sorte... Parce que les
syndicats nous ont beaucoup plaidé ça, que le marché était en train de
tout régler la situation. Bon, si c'est vrai, regardez, là, on leur donne
encore plus de temps, on va voir ça au 31 décembre 2015 si le marché a réglé le
problème.
malgré le fait que le marché n'ait pas réglé le problème en 2015, malgré le
fait qu'à ce moment-là on pourrait donner ouverture à la suspension de
l'indexation automatique, l'organisme municipal peut choisir d'y passer outre, c'est-à-dire de ne pas suspendre l'indexation. Alors, en ce
sens-là, on dit : C'est véritablement une mesure de dernier recours. En d'autres termes, on dit : Essayez
de voir comment vous pouvez le faire, et, si, d'aventure, peut-être
même, avec l'exemple que le député de
Sanguinet donnait tantôt avec un taux de capitalisation de 85 % en 2013 puis
qui passe à 95 % ou 98 % en 2015, peut-être que la
municipalité décidera : Bon, regardez, chez nous, on estime que, malgré qu'on y ait ouverture, on ne le fera pas,
laissant, je dirais, aux couleurs locales le soin de décider si, oui ou non, on
veut l'utiliser. Alors, c'est en ce sens-là,
mais en leur imposant, si elles l'utilisent, l'obligation de la rétablir de
façon prioritaire à toute autre mesure dès que la santé financière du
régime le permet.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Sanguinet.
Therrien :
Oui. Écoutez, ça veut dire que, si moi, je suis maire d'une ville et je me
retrouve dans une situation où j'ai un
déficit avec mes retraités, je peux prendre la décision de ne pas faire subir
ce déficit-là à mes retraités.
M. Moreau :
Pas le désindexer.
Therrien :
De dire, mettons, je vais supporter à 100 % le déficit.
Therrien :
Ça veut dire qu'on a cette possibilité-là. O.K. Je voulais juste être certain,
là, c'est quoi, la... S'il y a des
indexations partielles, si on retourne sur des indexations partielles, est-ce
que la ville va revenir rencontrer ses...
Est-ce qu'on refait une séance d'information pour des indexations partielles,
tu sais, dire, mettons : Écoutez, là, vous les rencontrez, vous
dites : On vous coupe, mais éventuellement on va vous redonner des
indexations ponctuelles, partielles ou totales dépendamment de la
capitalisation de votre régime? Quand ça arrive, est-ce qu'on communique avec
eux par lettre? Est-ce qu'ils s'aperçoivent de ça dans leur chèque chaque mois?
Comment ça fonctionne, ça, le processus d'information?
M. Moreau :
Bien, c'est-à-dire vous n'avez pas dit «désindexation partielle», hein?
Therrien :
Non, indexation partielle de façon ponctuelle.
M. Moreau :
Indexation. O.K. Oui, oui, c'est ça.
Therrien :
Comment on informe?
M. Moreau :
Parce qu'on désindexe ou on ne désindexe pas.
Therrien :
Non, non, non. Non, je le sais, j'ai compris.
Moreau : Alors, la procédure pour désindexer, le dernier
élément est celui que l'on voit à 12.1, c'est-à-dire la rencontre des retraités, la convocation des
retraités à une séance d'information. Maintenant, sur la réindexation,
même si elle était partielle, c'est le
comité de retraite qui va entrer en contact avec les retraités pour les
informer de ce qui sera fait.
Donc,
après 2015, ça va être 2018. Alors, c'est ça, par cycle d'évaluation
actuarielle, ils vont voir si le régime a une santé financière suffisante
pour permettre la réindexation ponctuelle, totale ou partielle.
Therrien :
Ça, c'est sur une période de trois ans, puis après...
M. Moreau :
...trois ans.
Therrien :
O.K. J'aurais une dernière question pour l'instant, là. Par rapport à ce que
prévoit la loi RCR, quand on révise les indexations, c'est quoi, le processus
d'information qui est dans la loi...
M. Moreau :
Dans la loi générale?
Therrien :
Oui. Tu sais, si on touche à l'indexation, comment on est censé fonctionner?
M. Moreau :
...l'expliquer, M. Jean, peut-être, dans la loi RCR...
Président (M. Auger) : Est-ce qu'il y a consentement pour que M. Jean
puisse intervenir? Consentement. M. Jean.
M. Jean
(Denys) : Tout ce qui constitue une modification au régime de retraite
doit être porté à l'avis des participants ou
bénéficiaires par l'envoi d'un avis du comité de retraite. Vous recevez un
document qui vous dit : Bon, à compter
de telle date, tel dispositif est modifié de telle manière suite à une décision
x, y, z. Alors, c'est des avis que le comité de retraite transmet aux
participants et bénéficiaires des régimes.
Therrien : Par lettre.
M. Jean
(Denys) : Par lettre.
Therrien :
Donc, ça, ici, c'est plus contraignant que ce que la loi RCR propose si je
comprends bien, là. Mais c'est vous l'expert, là.
M. Jean
(Denys) : Normalement, quand les parties négocient le régime de
retraite — parce
que c'est les parties négociantes qui touchent aux régimes de retraite, là — mettons
qu'il y a une négociation de convention collective, ils décident de changer le régime de retraite,
le régime de retraite est modifié, là il va y avoir un avis qui va aller à tout
le monde : participants actifs,
bénéficiaires, retraités. Mais il n'y
a pas d'assemblée de convoquée pour
dire : Voici les changements qui sont
apportés à votre régime de retraite, là, pour les retraités et bénéficiaires.
Pour les syndiqués, bien, aux autres, ils adoptent une convention
collective avec...
Therrien : Donc, ce projet de loi là, là, le sous-amendement
va plus loin que ce qu'on avait prévu au départ, là, à travers le RCR,
M. Jean
(Denys) : Il est, effectivement, plus exigeant que la loi RCR pour une
modification de régime de cette nature-là.
Therrien : Puis, quand on parle, doivent être convoqués, là,
je veux dire, ils sont convoqués, mais ils ne sont pas obligés d'être
là, là, tout dépendamment de ce qu'ils veulent.
Jean (Denys) : M. le Président, ils ont, effectivement, un choix de
répondre positivement ou négativement à la convocation.
Therrien :
O.K. Bien, jusque-là, j'ai pas mal fait le tour. Je ne sais pas si mes
collègues veulent poser des questions. Mais merci pour les réponses, on y voit
plus clair. On y voit plus clair. Avez-vous des questions?
Le Président (M.
Auger) : D'autres interventions concernant l'amendement? M. le député
de Blainville.
Laframboise : Bien, d'abord, on va être en faveur de l'amendement qui
a été déposé. Puis il faut clarifier notre
position parce que, dans un monde idéal, on aurait permis aux retraités de
voter, par la suite la ville aurait pu trancher à la fin. Mais, compte
tenu que... L'autre façon, c'est celle que nous présente le ministre,
c'est-à-dire qu'il y a une décision qui est prise par la ville d'utiliser
l'indexation. Mais, quand on vous parle de motivation, l'ajout, pour nous, important, c'est que cette décision-là d'utiliser
l'indexation, ce n'est pas la première décision que la ville, elle prend
parce que, de toute façon, tu sais — puis c'est ça que je voudrais que le ministre
nous explique, puis pour que ceux qui nous écoutent comprennent bien, là — ce n'est pas les villes... Parce que la
déclaration du maire de Québec peut avoir, tu sais... parce que lui, il a dit : Bon, bien, là,
donnez-moi le pouvoir d'utiliser l'indexation, puis je vais tout payer. Tu
sais, ça peut avoir cette réflexion, alors que ce n'est pas ça. Et c'est
justement pourquoi en ajoutant «motivée», ça veut dire qu'à quelque
part il va falloir que la ville... Donc,
c'est ce que je veux que le ministre, peut-être, nous résume pour que les
gens comprennent bien, ceux qui nous écoutent, là. Ce n'est pas un bar ouvert
qu'on donne à la ville d'utiliser ça comme premier
recours, puis, après ça, elle n'a plus besoin de travailler, là. Tu sais, c'est
justement pourquoi, là, tu sais... Ce n'est pas ça, l'objectif, là, si
je comprends bien, M. le ministre, là.
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
Moreau : Oui, M. le Président. Bien, le député de Blainville
comprend bien. Effectivement, ça fait plusieurs fois qu'on le dit, que, lorsqu'on est rendu à cette
rencontre de l'article 12.1, on a franchi plusieurs étapes. On a deux
évaluations actuarielles, on a
d'ailleurs une tendance du marché. L'évaluation actuarielle de 2013, par
rapport à celle de 2015, va nous dire quelle est l'évolution qui s'est
passée entre un moment et l'autre et aussi quelle est la situation financière de la ville. Elle aura pu évoluer au
gré, par exemple, d'investissements importants dans son parc industriel
qui lui laissent présager qu'elle va avoir
une augmentation substantielle de ses revenus ou que sais-je... puis qui
pourrait très bien dire : Bien,
écoutez, sur la base de ce qu'on veut escompter, on pense que oui, tout le
monde nous a dit que c'était une mesure de dernier recours dont on n'aura pas besoin de se servir parce qu'on a
d'autres perspectives d'entrées puis on pense que, par équité, on ne
souhaite pas appliquer cette mesure-là, même si elle nous est ouverte.
en ce sens-là, vous avez raison de dire que l'amendement, qui indique que
l'organisme municipal doit indiquer les
motifs à la régie... Indiquer les motifs à la régie, c'est dire les raisons
pour lesquelles, dans les circonstances, l'organisme municipal a choisi
de suspendre l'indexation. Et ça, ce n'est pas juste de dire : J'ai choisi
de suspendre l'indexation. C'est dire : Nous avons choisi de suspendre
l'indexation pour telle raison.
Laframboise : Et c'est important aussi de dire qu'on a déjà fait des
modifications pour dire que les économies sur le service courant pourraient être appliquées sur les déficits,
donc... sur les actifs, peuvent être utilisées. Donc, on a déjà donné un... tu sais, pour qu'à la fin ce soit
véritablement une mesure de dernier recours, utiliser l'indexation.
C'est ça, M. le ministre?
M. Moreau :
Tout à fait.
Laframboise : C'est ça. Et, par rapport à la motivation, là, la régie, elle, admettons, là, on exige des motivations, s'il y avait... Parce que ça
pourrait arriver qu'il y ait des... Tu sais, quelqu'un conteste les motifs,
est-ce que la régie a un pouvoir de dire, en quelque part, dans la loi
actuelle ou...
M. Moreau : Non. Les motifs dont on parle ici, c'est... la
régie prend acte des motifs invoqués par l'administration, l'organisme municipal, mais ce sont des... Évidemment,
c'est public parce que, si... une municipalité ne s'exprimant
que par règlement ou par résolution de son conseil, ces documents-là sont
publics et accessibles.
M. Laframboise : O.K. Parfait.
Merci.
Le Président (M. Auger) : Ça va?
Autre intervention? M. le député de... Berthier.
Villeneuve : Berthier.
Vous allez l'avoir, M. le Président. On va passer beaucoup de temps ensemble,
je pense que vous allez finir
par...
Le Président (M. Auger) : Bien, ça
rentre déjà pas pire.
M. Villeneuve : ...ça va
venir un automatisme. Sans vouloir me faire taxer de tenir des propos
sarcastiques, M. le Président, dernier
alinéa, «l'organisme municipal transmet à la régie»... «Transmet à la régie»,
d'abord, dans le mois, les mois, les
années... Si c'est comme les évaluations actuarielles du 31 décembre 2013 qu'on
devait avoir au début de l'automne et
que, finalement, qu'on n'aura jamais probablement — en tout cas, pas durant cette commission
parlementaire là — je
voulais savoir si on met une date par rapport à cela, qu'il y a une date limite
parce qu'il y a quand même le temps de
réaction. Il doit y avoir un temps de réaction, quand même. À savoir que, si la
ville prend une décision, elle décide, finalement,
d'imposer des choses et que c'est transmis à la régie, ça doit l'être, à mon
avis, dans un temps raisonnable pour que... Parce que le ministre vient
de dire que non, la régie ne viendra pas peut-être imposer des choses ou...
Mais, par
ailleurs — et ça,
c'est un deuxième volet à ma question — est-ce que la régie va, à tout le moins,
en faire une analyse, tout simplement une
analyse de cette décision-là qui est prise? Alors donc, deux volets à la
question, M. le Président. Parce que, bon, l'organisme municipal transmet à la
régie, et on n'a pas de délai d'inscrit, ça veut dire que... On est en train de voter une loi, là, ça serait peut-être
important qu'il y ait des délais, là, je ne sais pas trop, là, parce que, là, «transmet à la régie», ça peut être dans
combien de temps? Ça serait important parce que le rapport qui va être transmis à la régie... Puis là on prête bonne foi
à tout le monde, là, mais il peut y avoir un élément ou des éléments
dans le rapport qui n'auront pas été divulgués lors de la séance de
consultation aux gens. Alors, ça serait peut-être important.
Puis, comme
je le dis, tout délai peut entraîner si... Admettons que la régie reçoit le
document, il est devenu public et
qu'à sa face même on se rend compte qu'il y a des erreurs qui ont été commises
dans l'évaluation de la situation il pourrait être intéressant pour les retraités de pouvoir, à ce moment-là, faire
des représentations à qui de droit pour dire : Écoutez, nous, on pense qu'effectivement... et le conseil
municipal... Et ce ne sera pas la première fois, M. le Président, moi-même,
j'ai dû revenir sur certaines décisions — et ça nous arrive tous dans
la vie — mais
comme élu municipal et dire : Effectivement, nous n'avions pas pensé à
cela et nous allons donc revoir le dossier et corriger la situation du fait des
nouveaux éléments qui viennent d'apparaître.
Alors, est-ce
qu'il y a moyen? Est-ce qu'il n'y a pas possibilité qu'on... On peut déposer un
amendement si vous voulez. Je ne sais
pas si... Je m'avance un peu, M. le Président, là, mais au moins qu'il y ait un
délai qui soit dans la loi, un délai
raisonnable qui soit inséré pour que ce document-là, qui risque d'être fort
intéressant et fort attendu par les
retraités, que ces gens-là, retraités ou actifs, là, peu importe, là, ces
gens-là puissent vraiment avoir... Parce qu'on dit que les paroles s'envolent, les écrits restent,
là. Là, on parle d'un document important. Cet écrit-là, qu'il puisse être
pris en compte le plus rapidement possible. À mon sens à moi, ça devrait être
le plus rapidement possible, surtout à l'ère de l'Internet aujourd'hui. Alors,
j'aimerais peut-être, si le ministre veut répondre à cette question-là...
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau : C'est tout à fait
inutile de mettre un délai parce que, dans l'exemple que soulève le député de
Berthier, la régie est informée des motifs de l'organisme municipal. La
décision, elle est prise, elle, par résolution. Ça, c'est un document public. Il a été maire, le député de Berthier, il
sait ça. À partir du moment où la résolution est adoptée, avant même qu'elle soit transmise à la régie,
s'ils estiment, les retraités, qu'ils ont des motifs à faire valoir en
disant : Les motifs sont insuffisants ou ils pensent avoir un
recours, ils n'ont pas besoin d'attendre que ça soit transmis à la régie, ils
peuvent le prendre directement sur la base de la résolution adoptée par le
conseil.
Pour l'autre
partie, il y a plein de situations en droit municipal où une municipalité a à
faire ou transmettre des choses sans
qu'un délai ne soit imparti. Pourquoi? Parce que c'est un corps public et que
les décisions des corps publics sont
accessibles en vertu de la
loi sur l'accès à l'information, sont rendues
publiquement et sont contestables à partir du moment où la décision est
prise. Alors, c'est curieux.
D'ailleurs,
le député de Berthier dit qu'il a été maire, je le vois aller depuis tantôt,
là, il est en train, lui, de
faire en sorte qu'on soit en train de mettre
les municipalités dans des petites boîtes, des petits carreaux pour leur dire
exactement comment — comme
une peinture à numéros — pour
leur dire comment ça marche. Ce n'est pas ça. Vous allez être déçu parce qu'on va exactement dans le sens contraire, où on
veut reconnaître l'autonomie des municipalités puis les municipalités comme des gouvernements de proximité. Si on est logique
dans cette perspective-là, on va arrêter de leur tenir la main puis on va leur dire : Bien, voici, vous avez une
responsabilité, acquittez-vous-en. Et ils sont imputables ces gens-là,
ils sont imputables.
Tantôt,
vous évoquiez une situation où le conseil municipal prend une décision puis que
ça ne fait pas l'affaire des retraités. Si ça ne fait pas l'affaire des
retraités, les retraités qui, eux, vont avoir une décision qui va être prise
par le conseil municipal, bien, ils ont
devant eux des élus imputables des décisions qu'ils prennent avec les
conséquences que ça a. C'est ça,
l'imputabilité. Alors, on ne peut pas vouloir, d'une main, reconnaître les
municipalités comme des gouvernements de proximité puis, de l'autre
main, tenir le crayon à leur place, là.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Berthier.
Villeneuve : Oui. Merci, M. le Président. Il y a quelques
heures, quelques jours, on sait que le gouvernement a annoncé des
coupures de 300 millions dans les municipalités, et...
Villeneuve : ...il leur disait qu'ils auraient des comptes à
rendre au gouvernement s'il fallait qu'ils prennent ça à même les taxes municipales. Et là on me parle
d'autonomie municipale, c'est de l'ingérence complète dans l'autonomie
des municipalités. Mais je ne veux pas rentrer dans ce débat-là, M. le ministre.
Mais je reviens sur le point central de ma question
parce que, bon, je sais que le ministre est... J'apprends à le connaître, M. le
Président, et c'est correct parce qu'il est très rigoureux et
pointilleux. Surtout pointilleux... que rigoureux s'il me permet le
qualificatif. Tantôt, j'ai parlé de décisions...
M. Moreau :
Est-ce que vous présentez ça comme une qualité ou comme un défaut?
Villeneuve : Ah! prenez-le comme vous voudrez. M. le Président,
parce que, tantôt, j'ai parlé de décision...
M. Marceau :
Ça dépend de la personne qui...
M. Villeneuve :
...mais je n'ai pas précisé «décision motivée». Alors, moi, si le ministre est
d'accord, là... Puis il dit que les
municipalités parlent par résolution, c'est tout à fait exact. Les
municipalités parlent par résolution, mais une municipalité peut parler
par résolution de façon très brève, hein? On peut mettre un considérant puis
mettre une conclusion, et allez deviner de
quoi ça parle, vous. Allez savoir de quoi ça retourne. Allez voir jusqu'où
cette résolution-là... la portée réelle de cette résolution-là.
Alors,
si le ministre est d'accord, M. le Président, on pourrait parler de... Quand il
dit : Pour information, sa décision motivée qu'il va envoyer à la régie... On ne sait pas quand. Ça, on n'a
pas répondu à ça. Le ministre dit que ça parle par résolution, une
municipalité. Donc, la municipalité va adopter la résolution séance tenante.
Pourquoi ne pas exiger qu'on
annexe la
décision motivée à la résolution qui va être transmise à la régie? Si on veut
être transparent, là, puis si on veut
faire les choses correctement, les gens vont savoir de quoi ça retourne, la
décision de la municipalité. Et je pense que les gens ont le droit de
savoir. Vous savez, les citoyens, là, les municipalités, ça leur appartient, M.
le Président. C'est eux qui sont les moteurs et c'est eux qui sont le dynamisme
de leur communauté, c'est les citoyens.
Alors, moi, dans le
même raisonnement que le ministre vient de faire, M. le Président, j'irais dans
ce sens-là, je demanderais que... Et on peut proposer un amendement, là, mais
on pourrait proposer comme amendement, M. le Président,
tout simplement, à l'article 12.1... sous-amendement qui dirait que la
municipalité doit annexer dans sa résolution la décision motivée,
jumelle, je dirais identique, là — un jumeau identique, là — à ce
qu'elle va envoyer à la régie. Alors, à ce
moment-là, on s'assure que l'information est transparente puis on sait sur quoi
s'est basée la municipalité, sur quoi
les élus se sont basés pour rendre une telle décision. Alors, je ne sais pas,
mais j'aimerais ça, entendre le ministre par rapport à cela, M. le
Président.
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
Moreau : Oui. Alors, écoutez, il y a être pointilleux puis il y
a lire le texte puis voir ce qu'il veut dire, là. O.K.? On va faire ça
ensemble. On va faire un exercice simple, vous et moi, là.
M. Villeneuve :
...de façon non condescendante, M. le ministre, mais on va s'entendre.
M. Moreau :
Non, non. On va y aller comme vous le souhaitez, là, mais tranquillement, là,
on va y aller doucement. «L'organisme
municipal transmet à la régie, pour information, sa décision motivée — alors, vous voulez que ce soit motivé
avec des motifs, comment est-ce que vous faites ça, vous? — ainsi
qu'un compte rendu de la séance.»
Moi,
là, M. le député de Berthier, j'écoute ce que vous me dites, là, et je ne vois
pas ce que vous ne retrouvez pas dans cet article-là. Et puis là, là,
motiver une décision, là, c'est dire les raisons pour lesquelles la décision a
été rendue. Le Code de procédure civile indique que les jugements sont motivés.
Vous avez déjà lu des jugements. Alors, les motifs du jugement, ça comporte trois
éléments : rappel des faits, analyse juridique et dispositif. C'est ça,
les motifs.
Villeneuve : ...c'est bien... Allons-y avec le parallèle que
vous faites, M. le ministre, un jugement motivé. Les motivations au
jugement, elles sont à même le jugement. Le rapport qui motive la résolution
pourrait se retrouver à même la résolution. Pourquoi pas? En quoi voyez-vous un
problème à ça?
M. Moreau : Bien, c'est parce
que je ne comprends pas ce que vous ne voyez pas, là, je vais vous dire franchement. Une résolution, ça dit : Considérant qu'il se passe telle chose, voici
la décision que nous prenons pour tel motif.
Qu'est-ce que c'est que vous voulez avoir de plus que ça, là? Peut-être que,
dans votre conseil municipal, les motifs, ça se résumait à dire : On est pour, on est contre. Mais ce n'est
pas des motifs, ce n'est pas des motifs. Motiver quelque chose, là,
c'est expliquer les raisons pour lesquelles on prend une décision.
Alors, je ne
peux pas envoyer des explications expliquées, comme je ne peux pas envoyer des
motifs motivés. Ça ne se fait pas, ça, ce n'est pas français. Alors, on
dit «envoyer une décision motivée». Bien, elle va dire quels sont les motifs
pour lesquels elle prend sa décision. Là, on est rendu plus loin que le
pointillisme, là, là.
Le Président (M. Auger) : Oui, M. le
député de Berthier.
Villeneuve : Merci, M. le Président. En quoi ça pose un
problème que cette décision motivée là soit envoyée à d'autres instances
que la régie? En quoi ça pose un problème? En quoi? Parce que la décision
motivée, là... la résolution, M. le
ministre... Puis, M. le Président, M. le ministre sait comment ça fonctionne,
il l'a bien dit lui-même tantôt, il
dit : Je ne sais pas comment ça fonctionnait quand vous étiez maire, M.
Villeneuve. Peut-être que vous, vous faisiez une résolution, hein, qui
n'était pas motivée, ou les motifs n'étaient pas dedans, puis on
arrivait : En conséquence, il est résolu
que... Bon. Là, on voit que le ministre comprend enfin, comprend qu'il y a
plusieurs façons de bâtir une résolution qui va atteindre son objectif
sans nécessairement mettre en place les différents éléments qui déterminent ou
qui amènent à prendre la décision.
Alors, tout
ce que je dis, là, M. le Président, là, c'est que, moi, ça me chicote, en tout
cas. Moi, comme citoyen, là, j'aime
bien la transparence. Et, si je me mets à la place des gens qui seront touchés éventuellement par l'article 12.1, là... Parce qu'il y en aura
assurément, hein? On espère que non, mais, bon, on peut penser qu'il y en
aura. Ces gens-là, M. le Président, si la résolution n'est pas...
Parce que tous conseils — puis
c'est correct — bâtissent
leurs résolutions, hein, comme ils le
veulent. Le ministre l'a bien dit tantôt. Alors là, ils vont faire une
résolution dans laquelle ils vont dire : Bien, voici, pour telle raison, on s'est prévalus de l'article
12.1 et on décide qu'au niveau des indexations, ça va être différent pour ce coup-ci, peut-être pour le... Pour le
moment, c'est différent, puis on vient demander un effort supplémentaire
aux gens qui sont... puis les gens seront
donc touchés. Il n'y a rien qui nous dit que la décision comme telle, M. le Président, elle va être le reflet... que la résolution va être le reflet
de la... le document qui va être envoyé à la régie. Il est où, le
problème de demander que ce document-là... Puis je pense que les municipalités,
pour la plupart, vont le faire, M. le Président. Là n'est pas ma crainte. Ma crainte est que certaines municipalités, puis pas par mauvaise foi, ne le feront peut-être pas, et elles vont l'envoyer
simplement à la régie, puis on ne sait pas dans combien de temps. Peut-être
dans six mois, un an.
La résolution,
M. le Président, là... je m'excuse, là, mais M. le ministre, là, je l'invite à lire des résolutions, là, puis je peux lui en présenter... Je
peux lui présenter des résolutions, M. le Président, là. M. le Président, je
peux présenter des résolutions au ministre, là...
Le Président (M. Auger) : Juste une
personne à la fois.
Villeneuve : Je peux
présenter des résolutions au ministre dans lesquelles «en conséquence, il est résolu
que»... puis je le mets au défi de
m'expliquer par les considérants comment ils en sont arrivés à «il est résolu
que». Je ne dis pas que c'est généralisé. Ce que je dis, c'est que c'est
possible.
Alors, moi,
tout ce que je demande, c'est : Est-ce
qu'il n'y aurait pas moyen qu'au
moins qu'on mette une date pour s'assurer
que le rapport... Parce que moi,
j'appelle ça un rapport, hein? On dit «la décision motivée», «la décision
motivée». Moi, je pense que le document que
la régie va recevoir risque d'être un peu plus étoffé, probablement, que la
résolution va l'être. Alors, écoutez, moi, c'est par pure transparence, puis je
ne vois pas le problème, là, surtout avec Internet aujourd'hui, M. le
Président, là.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Blainville.
M. Laframboise : Bien, sur le même
sujet... C'est parce que je voudrais bien suivre le député de Berthier, là, mais le deuxième paragraphe est éloquent.
C'est-à-dire que la ville, là, ce n'est pas dans n'importe quel cadre qu'elle
va rendre sa décision motivée. Elle va avoir eu une séance d'information
organisée par le comité de retraite, auquel les représentants de l'organisme municipal
devront faire part de la situation. Donc, la municipalité va faire affaire avec
des gens qui connaissent ça, là. Ils vont
devoir expliquer au comité de retraite c'est quoi, leur décision. Et après
ça, bien, il faut que la régie soit informée, donc, de cette décision motivée,
puis moi, je pense que tout ça, là, il n'y a pas rien qui va être caché à
personne.
Parce que le ministre
a raison, la ville, mais qu'elle motive ça prend une résolution, puis, si
jamais il y avait carrément, là, une
position différente de ce qui a été présenté à la réunion du régime de
retraite, bien, les retraités vont avoir les recours, là. Je veux dire,
la ville ne peut pas parler des deux côtés de la bouche en même temps, là.
C'est pour ça que,
moi, ça ne m'inquiète pas du tout, là. Je comprends ce que veut faire, là... À
trop fort, ne casse pas, là, mais il reste quand même qu'il faut faire
confiance aux villes, là, ce n'est quand même pas des... Tu sais, ces gens-là,
là, tu sais, ils sont capables de...
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Berthier.
Villeneuve : Oui. Ce n'est pas une question de faire confiance
ou pas, M. le Président, le diable est dans les détails. On ne signe pas
des contrats pour rien, là, à travers le monde, là. Quand on s'entend sur
quelque chose, on signe un contrat.
Villeneuve : Oui. Là, il les brise ici. Dans ce cas-ci, ils
sont brisés, là, allègrement. Mais ce que je veux dire, c'est qu'une décision motivée, j'imagine, ce n'est
pas le directeur général qui va appeler à la régie puis qui va lui dire
ça au téléphone, là, ils vont lui envoyer un
document. Ils vont envoyer un document, et là ce document-là va contenir
l'entièreté, de façon très précise, de
pourquoi ils ont décidé de faire ça, M. le Président. C'est tout, ce n'est pas
plus compliqué que ça. À trop fort,
ne casse pas. Ce n'est pas une question que ça soit trop fort, ne casse pas. On
peut très bien assister à une séance d'information,
puis tout le monde est de bonne foi, mais, écoutez, on est 50 dans la salle, et
puis il y a un présentateur ou deux en avant, ce n'est pas clair que,
mais qu'on sorte de là, de la rencontre, qu'on ait tous compris exactement la
même chose.
Donc, le document
comme tel, lui, ce qui va être envoyé à la régie, assurément qu'il va être
d'une précision... j'imagine bien, en tout
cas, ça va être très clair. Et tout ce que je demande, c'est que ce document-là
puisse être accessible à tout le monde, mais notamment aux gens qui sont
directement touchés par cela. C'est tout. Puis ce n'est pas quelque chose... Aïe! ce n'est très compliqué, là. Avec
Internet aujourd'hui, là, la séance est finie, là, puis... À moins qu'on
me dise que le document motivé va être déposé aux gens lors de la séance. Bien
là, c'est parfait, je n'ai pas de problème avec ça, moi, ou qu'on me dise : Demain matin, sur le site Internet de
la municipalité, le document motivé, là, que la régie va recevoir, il va être sur Internet. C'est parfait,
c'est réglé, ce n'est pas plus compliqué que ça. Mais je me mets à la
place des gens qui vont être touchés directement par cette décision-là, c'est
la moindre des choses qu'ils puissent avoir accès à un écrit, hein? Les écrits
restent, les paroles s'envolent, tout simplement, M. le Président.
Le Président (M.
Auger) : D'autres interventions concernant l'amendement introduisant
l'article 12.1?
Therrien :
Très rapidement...
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Sanguinet.
Therrien : Merci, M. le Président. Donc, on rencontre les
retraités, on leur dit... Je simule, M. le ministre. Je vais prendre une
minute...
M. Moreau :
Vous êtes dans un exercice de simulation.
Therrien : Voilà, comme il y en a qui jouaient à Donjons et
Dragons, là. Bon, on arrive là, l'information qu'on donne aux retraités,
c'est quoi? C'est le niveau de capitalisation en...
Therrien : C'est ça. Bien, tu sais, en 2013, c'est quoi, le
niveau de capitalisation; 2015, c'est quoi, le niveau de capitalisation.
La décision de la ville, c'est de dire, mettons : Il y a 10 %, on est
capitalisés à 90 % en 2015, alors on sépare moitié-moitié, donc vous avez
5 % de responsabilité, nous, 5 %. Ça veut dire que vous étiez indexés
ou partiellement ou totalement, ça veut dire
qu'on perd l'indexation pendant trois ans. Ça se résume à ça, la rencontre,
Moreau : Non. C'est une réunion au cours de laquelle les
retraités vont pouvoir poser des questions. Ça ne va pas être juste : Je m'assois puis je vous
dis : Voici, et c'est ça, là. Les gens sont là, c'est une réunion. Ça le
dit, d'ailleurs.
Therrien :
Mais ça... Oui. Moi, je...
M. Moreau :
Séance d'information. Dans une séance d'information, on informe les gens, et
l'organisme municipal transmet à la régie pour information sa décision motivée...
Therrien : J'espère qu'il va y avoir de la sécurité, là,
parce que ça risque de brasser. Je ne sais pas c'est qui qui va défrayer
les frais de la sécurité.
Moreau : ...ça, ça risque d'être laissé à la discrétion du
conseil municipal — ainsi
qu'un compte rendu de cette séance. Alors, non seulement il y a une
décision motivée... D'ailleurs, vous direz au député de Berthier que le mot
«motif», c'est un nom masculin qui est défini au dictionnaire comme «ce qui
explique, justifie une action».
Le Président (M. Auger) :
M. le député de Sanguinet.
Therrien :
M. le Président, juste pour dire qu'on a quand même un climat qui est sain, là,
depuis le début...
M. Moreau : Non, mais
j'essaie de lui expliquer, là.
Therrien : Non, je
comprends, M. le ministre, mais c'est inutile.
M. Moreau : Parce qu'il...
Therrien : Tu sais,
je veux dire, il défend...
M. Moreau : Non, mais...
Therrien : Juste
rapidement, le député de...
Le Président (M. Auger) : Messieurs,
messieurs, messieurs, juste un instant! M. le député de Sanguinet, c'est à vous
la parole.
M. Moreau : Ah! c'est à M. le
député de Sanguinet.
Therrien :
Merci. Non, non, c'est juste que je n'ai pas vu rien de déplacé de la part du député
de Berthier, il défendait son point
avec justesse, puis c'est tout
simplement... Moi, j'aime bien
l'ambiance qu'on a ici, malgré que c'est un dossier chaud, M. le ministre, c'est un dossier important. Le Québec
entier nous regarde. Et, quand même, on réussit à avoir un bon ton, n'est-ce
pas? Moi, j'aimerais ça que ça continue comme ça. Probablement que c'est à
cause des grands talents de notre président. Alors, je veux juste que ça reste
comme ça, M. le ministre. Même si vous...
Le Président (M. Auger) : Oui,
merci. M. le ministre.
M. Moreau : Moi aussi, M. le député de Sanguinet,
je veux que ça reste comme ça. Mais avouez avec moi, là, que, quand quelqu'un qui a été maire
vient vous dire dans la même phrase : Une municipalité, ça décide par
résolution, alors on est tous d'accord.
Une résolution, là, c'est un écrit, ce n'est pas le maire qui se lève puis qui
dit : Je vais... Alors, c'est un écrit, et c'est un écrit motivé.
Et là il nous explique pendant 15, 20 minutes... C'est comme se faire
gratter le bobo...
M. Moreau : Oui, mais ça
pourrait... C'est à mon tour, là.
Le Président (M. Auger) : ...
M. Moreau : Là, là, mais ça
pourrait ne pas être motivé. Mais c'est écrit «motivé». Non, mais ça pourrait
ne pas l'être. Puis d'un bon coup que ce
n'est pas un écrit. Ça ne peut pas pas être un écrit puis ça ne peut pas pas
être motivé, c'est écrit.
15 minutes de même! Je comprends, M. le député de Sanguinet,
qu'on a un bon atmosphère, mais franchement, pour garder un bon
atmosphère après 15 minutes de ce type d'intervention là, il faut
s'attacher après notre chaise.
Le Président (M. Auger) : Juste un
instant...
M. Moreau : C'est-u encore à
moi, M. le Président?
Le Président (M. Auger) : Oui, oui, justement.
S'il vous plaît, bon, on va laisser terminer M. le ministre. Ensuite, je vais
reconnaître d'autres personnes.
M. Moreau : Bon. Alors, je fais le relais au député de
Sanguinet et je lui dis : Moi aussi, j'aime mieux
quand c'est un bon atmosphère. Mais, franchement, me faire dire quelque
chose pendant 15 minutes qui n'a aucune — je vais le dire gentiment, là — emprise
dans la réalité... Je pourrais être plus direct que ça, mais, à un moment
donné, là, je suis convaincu que les gens qui nous écoutent, là, ils ne
sont pas déconnectés à plein temps, eux autres non plus. Il y a un bout, là, où
on peut être en désaccord sur une opinion qui s'explique, puis qui s'exprime
bien, puis qui se tient en disant : Bon, bien, regardez, vous avez fait un
choix, c'est un choix politique. Mais franchement, là, passer du temps là-dessus pour se faire dire quelque chose qui n'a
aucune commune mesure avec ce dont on parle, c'est plus difficile de
garder un atmosphère serein.
Alors, je dis au député de Sanguinet : Je
suis d'accord avec lui, c'est un dossier qui est difficile et c'est plus agréable de le faire dans un climat serein. Je
vous donne toute ma collaboration pour le faire, pour suivre la simulation
qu'il s'apprêtait à me
suggérer, mais, autre que ça, reprochez-moi pas, à un moment donné, de
dire : Regardez, là, on peut bien
répéter la même affaire cinq fois, là, si ça n'a aucune commune mesure avec...
C'est écrit blanc puis il dit noir, c'est écrit blanc puis il dit noir, c'est écrit blanc puis il dit noir pendant
20 minutes. À un moment donné, tu dis : Bon. O.K. Là, j'ai
compris, là, qu'on va nulle part. Voyez-vous? J'exprime mon état d'âme.
Le Président (M. Auger) : Merci. M.
le député de Sanguinet.
Therrien :
Oui, je comprends. Mais, si on voulait analyser tout ce qui est dit en
commission, qui, des fois, prend des
drôles d'allures, là, moi... On pourrait parler du député de Blainville, qui
était contre l'idée de laisser les villes négocier, contre les... il voulait empêcher les villes de pouvoir
négocier avec leurs employés sous prétexte qu'il voulait protéger les villes contre elles-mêmes. On
pourrait-u élaborer là-dessus aussi? Je veux dire, on aurait bien des choses
à dire. Moi, je laisse la chance au coureur,
je laisse la chance aux gens de s'exprimer, puis moi, je ne trouve pas que le
député de Berthier était dans une situation
si problématique, là, en termes de contenu, là. Alors, je vais laisser, d'ailleurs,
la parole au député de Berthier.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Berthier.
Villeneuve : Oui, M. le Président. D'abord, on ne dit pas «un
atmosphère», mais «une atmosphère», qui, j'ose espérer, va bien se dérouler pour la suite des choses. Mais je veux
juste dire au ministre que moi, là, je ne suis pas ici pour faire du
temps, là. Et, quand je lis l'alinéa, là, 12.1, le troisième alinéa, là, quand
je le lis, là, honnêtement, moi, ça m'interpelle.
Et je ne le fais pas pour gagner du temps, n'en déplaise au ministre. Si ça
peut être ça, ce n'est pas... je ne viens
pas ici pour gagner du temps. Moi, j'essaie de voir de quelle façon on peut
s'assurer... puis bonifier ce projet de loi là, qui est déjà assez contraignant comme ça et déjà assez unilatéral
comme ça que, si on peut regarder avec le ministre... Puis je lui pose la question, au ministre, puis il
me répond, puis c'est parfait, là. Mais de là à commencer à
personnaliser le... Ce n'est pas ça, l'idée, puis je comprends, M. le
Président, que vous ne tenez pas à ce que ce soit ça non plus.
Alors, tout
simplement, moi, ce que je dénote, et c'est ma lecture... et je demande
simplement aux collègues ici de faire
en sorte que, si ma lecture est fausse, bien, effectivement, qu'ils me le
disent. Mais, à tout le moins, on sera sûrs puis on aura bien compris
dans les galées que le ministre se sera prononcé sur une lecture que moi, je
fais et avec laquelle il n'est pas d'accord.
Mais je
reviens tout de même là-dessus, je comprends très bien le ministre quand il me
parle de résolution, que la résolution,
bien, il y a des motifs, puis en conséquence il est résolu. Mais moi, je
maintiens mon point, M. le Président, à savoir qu'une résolution, il peut y avoir des arguments à l'intérieur de
la résolution qui ne sont pas complets, qui ne viennent pas
nécessairement appuyer le «en conséquence, il est résolu que», tout simplement,
je tiens à le dire.
Et puis, dans
ce cas-là, M. le Président, là, si, là, le ministre, là, il me dit que la
résolution va contenir l'ensemble des éléments d'information, pourquoi,
à ce moment-là, on ne dit pas : «L'organisme municipal transmet la résolution
dûment adoptée à la régie»? Et voilà, bingo! Alors là, là, c'est clair. Là,
c'est clair que ce que la régie va recevoir, là, va être copie conforme... la résolution va être copie
conforme de ce qui aura été débattu, tout simplement. Tu sais, je pense
que, là, on se rejoint. Là-dessus, là, si le ministre, il fait ça, moi, je
dis : Bingo! Je suis d'accord à 100 milles à l'heure, hein? «La résolution
dûment adoptée par le conseil municipal est transmise à la régie», bingo! C'est
réglé. Mais là, quand on me dit qu'il y a une décision motivée qui va être
envoyée à la régie, moi, je ne suis pas certain que ça va être la copie
conforme de la résolution qui aura été adoptée par le conseil municipal. Voilà,
tout simplement. Et je m'arrête là-dessus, M. le Président.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Blainville.
M. Laframboise : Oui, c'est juste
pour dire que déjà d'avoir une réunion à laquelle la municipalité va devoir se justifier auprès de ses retraités, c'est
important, là. Je veux dire, elles ne pourront pas dire n'importe quoi, les
villes, mais qu'elles arrivent à cette réunion-là, là. Et la convocation des
retraités, ça me surprendrait que, s'ils apprennent qu'il y a une possibilité de perdre leur indexation, qu'il y ait
une absence totale des retraités. Ils vont être là, ils vont être
présents, puis je vais vous dire que les
maires ont mieux d'être prêts parce
qu'à quelque
part il va y avoir de quelque chose qui va se passer sûrement. Donc, moi, je pense que les
villes vont le prendre au sérieux, vont faire le rapport, puis vont
justifier, vont motiver leur décision, puis,
après ça, ils vont la rendre à la régie. C'est juste ça. Moi, ça ne m'inquiète
pas. Je veux qu'on comprenne, là, je
n'ai pas d'inquiétude par rapport à la motivation que vont faire les villes,
justement parce que l'exercice est sérieux, important puis touche les
gens qui vont être présents en grand nombre à ces réunions-là sûrement.
Le Président (M. Auger) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions concernant l'amendement? M. le député de
Rousseau.
M. Marceau :
Oui, une question très simple, là : Qu'arrive-t-il si la municipalité ne
se présente pas à la réunion organisée par le comité de retraite ou bien
n'envoie pas copie de sa décision à la régie?
M. Moreau : Ce n'est pas les
comités de retraite.
M. Villeneuve : Qui
l'organisent?
M. Moreau :
Une séance d'information... Le comité de retraite... O.K. Si la municipalité ne
se présente pas?
M. Moreau : Bien, ça prend
les représentants de l'organisme municipal, ils ont une obligation de le faire.
M. Marceau : Oui, mais ça, je
comprends bien, là, mais la loi ne prévoit pas de...
M. Moreau : Bien, la décision pourrait être contestée. La
décision du conseil municipal pourrait être contestée en disant :
Vous avez adopté une résolution pour suspendre puis vous n'avez pas eu une
procédure préalable. Alors, elle ne serait pas valide, la résolution, et donc
ils pourraient contester la résolution.
M. Marceau : Donc, dans votre
esprit, la sanction prévue à l'article 12.1, c'est...
M. Moreau : C'est la
validité, c'est une procédure.
M. Marceau : C'est la validité. O.K. Et, si les représentants de l'organisme municipal se présentent là-bas, mais ne
transmettent pas une information de qualité suffisante, vous auriez le même
argument, vous diriez...
M. Moreau : Tout à fait, ils
ouvrent la porte à une contestation de la décision qui va être prise.
M. Marceau : Et comment
doit-on évaluer la qualité de l'information transmise?
M. Moreau : Bien, c'est une question extrêmement subjective. Là, il faudra voir selon chaque cas. Est-ce qu'ils refusent, par exemple, de
répondre à des questions? Il y a des témoins qui viennent dans la salle...
M. Marceau : Bien, je pense
que vous comprenez ce que je veux dire, là, vous venez de...
M. Moreau : Bien, c'est une
contestation judiciaire.
M. Marceau : ...vous venez de répondre à ce que je voulais...
vous avez répondu ce que je voulais entendre, mais il me semble qu'on
devrait peut-être au moins, minimalement, prévoir quelques-uns des éléments qui
devraient être parcourus pendant la réunion,
c'est-à-dire qu'on puisse répondre aux retraités, à la fois
à des questions portant sur la santé générale du régime de retraite,
mais aussi sur la durée probable de la désindexation, sur l'ampleur probable de
la désindexation, sur ce qu'il adviendra...
Vous ne pensez pas qu'un certain nombre d'éléments comme ceux-là
devraient être... on devrait prévoir que ces
éléments-là vont être prévus par... au moment de cette réunion-là? Parce qu'autrement vous pouvez avoir... Bon, vous savez ce que c'est. Moi, j'ai déjà vu des
rencontres d'information, puis je le dis, là, sans... J'ai déjà vu des rencontres d'information dans
lesquelles on n'apprenait pas grand-chose. C'est tout ce que je dis. Vous
comprenez très bien ce que je veux dire, j'en suis certain.
Alors, moi,
je vous... Puis je pense que c'est un peu le sens de ce que mon collègue de Berthier... C'est un peu ça qu'il avait en tête. C'est qu'il faut qu'elle soit signifiante, la
réunion. Il faut qu'elle transme