Transportation and the Environment — 10 May 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CTE 2019-05-10
Quebec — Committees
(Neuf heures trente-trois minutes)
Président (M. Polo) : À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant
constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission des transports et de l'environnement ouverte. Je
demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la
sonnerie de leurs appareils électroniques.
La commission
est réunie afin de poursuivre les auditions publiques dans le cadre des consultations
particulières sur le projet de loi n° 17, Loi
concernant le transport rémunéré de personnes par automobile.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements?
Secrétaire : Oui, M. le Président. Mme Montpetit
(Maurice-Richard) sera remplacée par M. Kelley (Jacques-Cartier).
Président (M. Polo) : Merci, merci beaucoup. Cet avant-midi, nous
entendrons trois groupes, le tout premier étant Netlift, deuxièmement,
Amigo Express, et le troisième groupe étant Lyft.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a
consentement, parce que je vois que...
La Secrétaire : Il faut le
demander aux membres.
Président (M. Polo) : Effectivement, je pense que les membres des
différents groupes parlementaires se sont consultés. Est-ce qu'il y a
consentement pour que le temps alloué à la deuxième opposition soit réparti
équitablement? Est-ce qu'il y a proposition?
Président (M. Polo) : Parfait, avec consentement. Donc, excellent.
Alors, ce matin, pour le groupe Netlift, nous avons M. Marc-Antoine
Ducas, président. C'est bien ça?
M. Ducas (Marc-Antoine) :
C'est bien ça.
Le Président (M. Polo) : Excellent.
Vous disposez de 10 minutes pour votre présentation, M. Ducas.
M. Ducas (Marc-Antoine) :
Merci, M. le Président. M. le ministre, Mmes et MM. membres de la commission, donc je suis Marc-Antoine Ducas, président
fondateur de Netlift, entreprise fondée au Québec et offrant des solutions de
covoiturage domicile-travail aux entreprises, municipalités et sociétés de
transport en commun.
La position
de Netlift à propos de ce projet de loi est résolument positive et optimiste.
Netlift salue et appuie le projet de
loi n° 17 en ajustant quelques clauses stratégiques, c'est le cadre
législatif dont le Québec a besoin pour arriver enfin au
XXIe siècle en matière de mobilité des personnes.
Mais, avant
d'aborder le coeur du sujet, permettez-moi trois observations. D'abord, j'ai
une pensée sincère pour les propriétaires de permis qui vivent, avec cette loi,
une période d'angoisse importante, alors j'invite le ministre à faire
preuve de doigté et d'humanité dans le
règlement de la compensation pour accompagner ces familles à effectuer cette
transition.
Deuxièmement,
le projet de loi n° 17 règle d'une pierre deux coups : d'une part, le
transport rémunéré de type taxi ou Uber et, d'autre part, un meilleur
encadrement pour le covoiturage domicile-travail, ce que Netlift réclame depuis
trois ans.
Et, finalement, avec le projet de loi
n° 17, le Québec se donne un levier législatif remarquable sur le plan de
la mobilité et surtout de l'environnement.
Le Québec pourra montrer la voie en matière de réduction des GES dus au
transport.
Si plusieurs
membres de l'industrie du taxi ont démontré une ouverture et un enthousiasme
sincères au déploiement de nouvelles solutions telles que la nôtre, certains
acteurs locaux ont fait preuve de rigidité et de manque de vision quand des options nouvelles leur ont été proposées. Trop
longtemps, la résistance à l'innovation s'est faite au nom du respect des
lois ou de l'application de cadres réglementaires, c'est une excuse que nous
n'acceptons pas.
Comme le
démontre la Chambre de commerce de Montréal et Propulsion Québec, dans son
rapport dévoilé lundi dernier, le
cadre législatif actuel au Québec constitue le principal frein à l'innovation
et à l'investissement en transport. C'est pourquoi, avec ce projet de loi n° 17, le Québec se donne enfin la
chance de devenir audacieux dans le domaine du transport rémunéré des
personnes. Si le passé est garant de l'avenir, dans le domaine du taxi comme du
transport de personnes en
général, toute situation de monopole est un frein à l'innovation, car ces
organisations n'ont ni la culture d'entreprise, les ressources, l'expertise
interne ou la motivation pour entreprendre des changements. En effet, pourquoi
modifier des façons de faire quand la loi confère une autorité et une
exclusivité territoriales.
Alors, rappelons à la commission notre position
historique et notre mission.
Objectif 1 :
Réduire les émissions de gaz à effet de serre. Le Québec peut et doit
massivement réduire ses émissions de
GES, dont 43 % sont liés au transport, mais, pour y arriver, il doit
déployer des solutions originales, économiquement viables, et ce, très rapidement. Le statu quo
n'est pas acceptable sur la question de l'environnement, et la lutte aux
changements climatiques est l'affaire
de tous, mais les faits doivent primer sur le dogmatisme. La solution passe,
bien sûr, par la densification urbaine,
le transport ferroviaire et une réforme du système capitaliste, mais ça nous
semble ambitieux comme programme d'ici 2030. Nous offrons donc de fournir aux
autorités une solution de transport qui offre le meilleur rendement économique
au kilomètre-passager et au coût de la tonne des GES évités, et surtout qui se
déploie immédiatement. Le succès du
programme Roulez vert démontre qu'un programme normé bien ciblé peut faire
changer les comportements d'achat des Québécois.
Objectif 2 :
Mieux utiliser le parc automobile actuel. La capacité des réseaux routiers au
Québec ainsi que le parc automobile
correspond à plus de 10 fois celle des transports en commun réunis. Le
covoiturage et l'économie de partage sont, à notre avis et selon des années
d'étude, la principale option viable et économiquement possible pour
s'approcher de ces cibles. À
titre
d'exemple, la France vient de voter, au Sénat, la Loi d'orientation des mobilités,
qui va financer le covoiturage comme mode à part entière de transport en
commun. Nous suggérons de mieux utiliser le parc automobile existant pour contenir puis réduire l'utilisation
de l'automobile durant les heures de pointe au Québec et, sur cette question,
le Québec accuse beaucoup de retard.
Troisièmement :
Déployer rapidement. Le temps joue contre nous, il ne nous reste que
11 ans pour atteindre ou du moins s'approcher de nos cibles de réduction
de gaz à effet de serre, et rappelons qu'en une décennie on a vu apparaître
des idées complètement farfelues. Par exemple, en mai 2009, le Bixi; juin 2007,
le iPhone; Uber, 2009. Les trottinettes électriques et la voiture autonome sont
à nos portes. On ne peut plus imaginer Montréal sans Communauto ou Car2go, deux entreprises privées qui rendent un important
service public. Changer notre manière de planifier et de déployer le transport
des personnes est une absolue nécessité, et les institutions québécoises ne
sont pas préparées à ça.
Nous
recommandons un cadre législatif qui permettra à tout employeur, entreprise,
municipalité, MRC qui cherche à se prendre en main et à organiser sa
mobilité de pouvoir le faire de façon souple, flexible et rapide.
Nos efforts
ont porté exclusivement sur un enjeu : comment déplacer davantage de
personnes dans moins de véhicules. La géographie du Québec, son étalement
urbain et sa faible densité de population posent un grand défi sur la question du financement du transport en mode
lourd, sans parler des délais et de la complexité des grands projets ou des
coûts en capital.
En revanche,
de nombreux États accordent une foule d'avantages au covoiturage et ont des
résultats plutôt concluants. À Washington, D.C., les voies réservées sont
gratuites pour les covoitureurs à côté des voies à péage. Il y a donc 100 000 usagers par matin sur un
seul tronçon d'autoroute qui réduisent leur temps de déplacement de 45 %.
Encore aux États-Unis, il y a une déduction d'impôt, l'article 132f, qui
prévoit 260 $ US par mois de crédit de taxes pour les covoitureurs. Il y a donc deux fois plus de
gens qui vont travailler en covoiturage qu'en transport collectif aux États-Unis.
À Los Angeles, stationnement gratuit réservé
pour des équipages de covoiturage de trois équipiers. On le sait parce qu'on est responsables de ce dossier
avec eux.
Permettez-moi une image. En Californie, les
citoyens installent des panneaux solaires sur leur toit à leurs frais. Quand ils produisent davantage d'énergie que ce
qu'ils en consomment, la compagnie d'électricité leur achète les surplus.
Les citoyens sont payés pour leur contribution au réseau. D'un côté, chaque
citoyen fait une meilleure utilisation des ressources,
et, de l'autre, l'État économise une centrale. Le transport fonctionne de la
même façon. Chaque citoyen qui va travailler
le matin produit de la capacité de transport. Encore faut-il que le citoyen,
son passager et sa collectivité y trouvent leur avantage. Permettez-moi
d'être extrêmement clair : pour infléchir immédiatement la courbe des
émissions de gaz à effet de serre, la seule option viable sur le plan
économique et opérationnel est le parc automobile actuel. Ce qui nous apparaît impossible aujourd'hui est déjà
fonctionnel ailleurs dans le monde et va nous apparaître comme évident dans 10 ans.
C'est donc aujourd'hui qu'il faut avoir le courage, l'audace de légaliser ces
nouvelles idées et de les déployer.
Le grand
avantage que présente le covoiturage sur les autres modes est l'omniprésence de
l'automobile. Dans toutes les régions du Québec, le nombre de routes, voitures
et stationnements est tout à fait suffisant pour couvrir immigrant et à
moindre coût les ensembles des besoins de la population.
Donc, chers
membres de la commission, le Québec a aujourd'hui, maintenant, ici, la
possibilité de se définir comme un
chef de file en mobilité des personnes non seulement en ajustements à une loi
en réponse à l'arrivée d'Uber, mais en profitant
de l'occasion pour redéfinir la mobilité pour la prochaine génération. Alors,
on vous fournit gratuitement quatre clés pour y arriver.
D'abord, il
faut une exemption dans le cadre du covoiturage domicile-travail sur la
question des articles 146 et 147. À
sa face même, vérifier les antécédents judiciaires, réussir une formation et
faire inspecter son véhicule pour se déplacer quotidiennement avec des collègues vont rendre impossible tout
déploiement à grande échelle. Notre proposition, c'est que nous, qui allons
devenir un système de transport, allons vous fournir, sur demande, les preuves
de covoiturage et les traces GPS pour
exempter les chauffeurs de cette question. Par conséquent, deuxième élément, le
covoiturage domicile-travail doit
être exempté du plafond de 100 kilomètres. On ne peut plus aller travailler
entre Rimouski et Rivière-du-Loup, par exemple.
Deuxièmement, la compensation financière. La rémunération
du covoiturage domicile-travail ne doit pas être balisée par l'État, car ce mode de transport ne répond pas au critère
économique basé sur la distance. Fixer un montant maximal
au kilomètre
favorise l'usage de l'automobile en solo, car il empêche les entreprises, institutions ou municipalités à prendre des initiatives en mobilité. Plus spécifiquement, toute référence
invoquée par le ministère des Transports ou le Conseil du trésor pour déterminer arbitrairement ce seuil
doit être explicitement révoquée dans cette loi. Et, finalement, le covoiturage
ne se limite pas à l'usage exclusif du
véhicule. Il y a d'autres coûts lorsqu'on va travailler, par exemple, le
stationnement.
Troième
élément, planification de coordination des transports en automobile. La
planification, la coordination et la compensation
des systèmes de covoiturage doivent relever du gouvernement du Québec, qui est
la seule autorité compétente envers
les automobilistes. En ajoutant des instances intermédiaires entre l'État et
les citoyens, la loi reproduira le même défaut de gouvernance qui paralyse
l'innovation actuellement. Et, finalement, nous proposons que Québec déploie,
dans les meilleurs délais, un
programme covoituré vert, programme normé qui serait financé par le Fonds vert
et qui pourra octroyer des subventions aux Québécois qui vont covoiturer sur
une base régulière et qui peuvent faire la preuve qu'ils réduisent leurs émissions de gaz à effet de serre. Les deux
tiers des citoyens du Grand Montréal accepteraient de covoiturer contre
une rémunération de quelques dollars par course.
Donc, en terminant, notre recommandation finale,
à l'article 150, nous proposons que le gouvernement modifie par règlement
le montant prévu dans les cas mentionnés ci-dessus. Je m'arrête ici. Merci de
votre attention.
Le Président (M. Polo) : Merci
beaucoup. Merci beaucoup, monsieur.
Président (M. Polo) : Oui. M. le ministre, je vous remercie pour...
En fait, je vous remercie pour votre exposé. Nous allons maintenant
commencer à période d'échange. M. le ministre, je vous cède la parole.
M. Bonnardel :
Merci, M. le Président. Salutations à l'opposition et à mes collègues
ministériels. M. Ducas, bienvenue.
Première question. Je sais que vous n'avez pas
de mémoire, là, mais je vous connais un peu, mais plusieurs personnes ne vous connaissent pas du tout, ou le
principe même, ou le modèle de Netlift, là. Je vous demanderais juste de
nous exposer un peu ce que vous faites et ce
que vous ne pouvez pas faire avec les règles qui sont prescrites ou qui sont
écrites aujourd'hui dans nos lois.
M. Ducas (Marc-Antoine) : O.K. Ce que nous faisons, c'est de... En fait, on
a bâti une plateforme informatique, application
mobile et système, qui cherche à offrir du covoiturage domicile-travail, donc
du covoiturage régulier, habituellement
quotidien, sur des schémas, des patrons de déplacement prévisibles. Pour nous,
là, l'objectif n'était pas, par exemple,
de faire des courses moins chères vers l'aéroport, ce n'était pas de faire du
covoiturage interurbain. Il y a déjà des bonnes solutions qui font ça.
Notre vrai focus, c'est de faire en sorte que...
Vous le savez
mieux que moi, le parc automobile au Québec, la quantité de sièges disponibles
dans les voitures, juste dans le
Grand Montréal, à l'heure de pointe, est de plus de 4 millions. Autrement
dit, il y a assez de places dans les automobiles pour permettre à tout
le monde de réorganiser sa mobilité.
Mais on a
fait beaucoup d'erreurs aussi, parce que le but des start-up, c'est aussi de
faire cette expérimentation-là. On
s'est rendu compte que ce qui fait réellement plaisir aux automobilistes et qui
fait que ça colle, c'est lorsque les gens ne peuvent pas se stationner
facilement à destination. Et c'est pour ça qu'on a eu plus de momentum à
l'extérieur du Québec qu'au Québec parce
qu'ici, sauf quelques exceptions, le stationnement est abondant et gratuit
partout. Donc, c'est pour ça que les gens continuent de garder leur
voiture. C'est le stationnement, la clé.
Ce que nous
ne faisons pas et ce que nous ne pouvons pas faire, principalement à cause du
cadre législatif, c'est qu'une fois qu'on a découvert que les gens
n'étaient pas très motivés à faire quatre, cinq, 10, 20 kilomètres par
jour lorsqu'on ne peut que leur rembourser
quelques sous par kilomètre... Vous savez, quand je suis pris dans un bouchon
pendant une heure de temps puis que
j'ai fait huit kilomètres, je ne vais certainement pas partager mon auto avec
quelqu'un pour 1,50 $. Alors, les gens nous ont dit très
candidement : Je suis prêt à covoiturer à deux conditions : mes gains
comme automobiliste vont compenser mes compromis, parce que les compromis... Je
dois faire un petit détour pour ramasser quelqu'un,
il faut que j'attende cinq minutes parce que quelqu'un a fait la garderie. La
vie des gens, lorsqu'on regarde le covoiturage
sur une base domicile-travail, ne répond pas aux mêmes incitatifs que ceux d'un
modèle, par exemple, à la Uber, Eva,
donc à la demande, ou à un modèle interurbain. Si j'investis trois heures de ma
journée pour faire Montréal-Québec, d'avoir
quelques minutes d'avance ou de retard, ce n'est pas matériel. Nous, on s'est
rendu compte que six minutes à l'heure de pointe, c'est un cas de
décrochage. Les gens quittent la plateforme.
Donc, c'est
extrêmement contraignant, parce que les infirmières, il faut qu'elles soient à
8 heures à l'hôpital; elles arrivent
à 8 h 2, elles ont un grief du syndicat. Alors, on est devenus très
bons là-dedans. Sur Montréal, on livre avec 99,6 % de ponctualité parce qu'on n'a pas un système à la
demande, comme Uber, on a un système planifié. Les gens, le dimanche
soir, vont organiser leurs déplacements pour la semaine, s'organisent et vont
échanger des fonds.
Là où ça
colle... plutôt, je dirais, où ça coince, c'est qu'il y a beaucoup
d'entreprises qui ont des problèmes de mobilité actuellement et qui nous
convoquent en disant : J'ai épuisé mes ressources, je ne peux pas demander
à des gens à qui je vais couper
100 cases de stationnement ou à qui on ferme le train de faire du
vélopartage, là. À un moment donné, il faut être réaliste. Alors, la seule option viable qui restait était
l'automobile, et là on ne pouvait plus le faire parce qu'on dépassait...
Les entreprises sont prêtes à payer pour de
la mobilité, mais ils ne pouvaient pas le faire parce que les gains pour
l'automobiliste avaient dépassé ce
seuil. Pour l'instant, les gens du MTQ nous ont parlé d'un 0,43 $ du
kilomètre quelque part dans le cadre du Conseil du trésor, mais je
questionnerais beaucoup cet élément-là.
Donc, il y aurait lieu de
revoir un peu le fait que des entreprises, des municipalités et des individus
peuvent contribuer à de la mobilité lorsqu'elle est déployée par automobile,
parce que c'est très économique.
M. Bonnardel :
Donc, avec les statistiques que vous avez présentement, c'est quoi, le portait
moyen, là, d'un homme ou d'une femme qui décide du jour au lendemain de
réduire l'auto solo puis qui se dit : Tiens, moi, je sais que j'ai un collègue de travail qui habite deux kilomètres là,
il y en a peut-être un autre sur le chemin qui est à huit kilomètres, j'ai, à
tous les jours, à faire 25 kilomètres,
exemple, si je reste sur la Rive-Nord pour me rendre à Montréal, je dois
revenir. C'est quoi...
M. Ducas
(Marc-Antoine) : Le schéma type.
M. Bonnardel : Le
schéma type, oui, d'un...
M. Ducas
(Marc-Antoine) : Des courses
qui vont se situer entre trois kilomètres et 25 kilomètres, donc, entre le
domicile et le travail, moins de trois kilomètres, par exemple, pour des gens
qui résident à Montréal, l'offre de transport, elle est excellente, et souvent Uber va faire un très bon travail pour
aller rapidement chercher les gens. Ce sont des gens qui ont des problèmes de stationnement. Ceux qui
nous appellent actuellement, c'est qu'ils se disent : Si je ne peux pas
me stationner au travail, je ne peux pas
prendre mon auto pour aller travailler. Ou alors, comme à Los Angeles, les gens
veulent aller prendre le métro ou le train, mais il y a peu de stationnements
dans les places incitatives. Donc là, ce que l'autorité
de Los Angeles nous a demandé de faire, c'est de densifier le stationnement si
les gens covoiturent. Autrement dit,
vous conduisez seul, ça va coûter très cher, vous n'êtes pas sûr de pouvoir
vous stationner. Mais, si vous covoiturez, vous avez une place exclusive et garantie, gratuite. Alors là... Un peu comme
les «HOV lines», les voies réservées, là, les gens se battent pour avoir des passagers parce que,
sans ça, ils ne peuvent pas prendre leur train. Alors, on multiplie par quatre
l'achalandage du transport collectif pour zéro dollar d'investissement en capital.
Mais ça nous a pris quelques années d'expérience
avant de comprendre que, quand le stationnement est gratuit, on n'a aucune
chance de permettre... de forcer les gens à covoiturer. Parce que, si
l'automobiliste veut être payé trop cher, ça
va... les gens ne vont pas payer 20 $ par jour non plus, là, pour aller
travailler. O.K? Donc, le modèle économique, on l'a trouvé, mais on a
compris que ce n'est pas un enjeu... C'est pour ça que je vous expliquais,
tantôt, le modèle du covoiturage
domicile-travail ne répond pas au modèle économique kilométrique. C'est un
modèle de «real estate». O.K.? Alors,
les maires de banlieue qui s'intéressent à notre projet, ils ont bâti un parc
industriel, les gens ne peuvent pas se rendre là autrement qu'en auto.
Pas capables de recruter du personnel. O.K.? Donc, on a toutes sortes de
problèmes corollaires là-dessus.
Mais, entre
trois et 25 kilomètres, typiquement... Bon, c'est un peu différent en
région, parce que, dans la région de
Sherbrooke, dans la région de Rivière-du-Loup, Rimouski, on a des gens qui vont
faire 80 kilomètres aller et retour le soir. Donc là, eux autres, ça devient plus une question d'essence, là,
mais... c'est pour ça, je parlais du 100 kilomètres, mais c'est un détail. C'est vraiment... En fait, si on
veut avoir un impact global sur la mobilité, il faut vraiment regarder comment
on organise le stationnement et le covoiturage. Là, ça fonctionne très
bien.
M. Bonnardel :
Quand vous parlez de subvenir à un coût x, là, la personne qui décide de faire
ça du jour au lendemain puis qui se
dit : Moi, je ne veux pas en faire un revenu comme tel, je veux quand même
payer mes dépenses, mon coût... Mais
là, je viens juste d'y penser, la personne qui travaille à Montréal, plus
souvent qu'autrement, ne va pas laisser son véhicule devant un parcomètre, là. C'est à peu près impossible. Si tu es
stationné à Place Ville-Marie ou dans
n'importe quel édifice, il y a
un coût relié à ça, la plupart du temps, qui est assez...
M. Ducas (Marc-Antoine) :
Mais c'est le coût qui fait... oui, entre 200 $ et 400 $ par mois.
Bonnardel :
Alors, est-ce que ce coût, vous l'amenez dans le prix de la course pour être
capable de dire : C'est bien
beau, là, moi, si je fais x, ça me coûte tant d'essence, je vais perdre du
temps, bon, l'usure du véhicule, mais, à la fin, là, ça me coûte
400 $ par mois pour mon stationnement?
M. Ducas (Marc-Antoine) :
Oui. Oui, on vend des courses entre Griffintown puis la Place Ville-Marie, de
quelques kilomètres, qu'on peut vendre 10 $. Parce que, les gens, c'est
moins cher, ça, que de se stationner. Donc, vous avez tout à fait raison.
Bonnardel : Donc,
vous l'incluez dans votre «thinking», là.
M. Ducas (Marc-Antoine) :
Absolument. Non seulement on l'inclut, mais il y a plus de trois ans, on a...
Bon, il y a eu une chaise musicale de
ministres des Transports au cours des dernières années. On a remis au
gouvernement du Québec la grille de calcul, parce qu'on a demandé un
projet pilote pour pouvoir le tester, puis c'est resté lettre morte. Mais le ministère des Transports a, à sa
disposition, notre équation, qui explique exactement, partout sur le territoire
du Québec, quelle est la corrélation
entre la densité et le prix du stationnement puis les possibilités de déployer
du covoiturage.
Donc,
absolument. Les gens vont dépenser quelques centaines de dollars par mois pour
leur auto et, parfois, quelques centaines
de dollars par mois pour leur stationnement. C'est ça qui fait si mal avec la
rupture du train de Deux-Montagnes actuellement,
avec les travaux de la caisse. Les gens pressentent 50 $ à peu près par
mois pour un
titre mensuel, et là on leur demande de prendre leur voiture, se stationner en
ville, il passe à 800 $. Ils démissionnent, ils ne peuvent plus aller
travailler. Mais, si on est capable
de mettre le stationnement à l'intérieur de l'équation, ça fonctionne. On est
capable de maintenir les mêmes tarifs pour les usagers.
Donc,
je sais que ça... Encore une fois, je l'ai dit tantôt, ça a l'air absolument
farfelu aujourd'hui, mais, dans 10 ans, ça va nous apparaître comme une telle évidence qu'on ne va pas
comprendre comment, 10 ans plus tôt, on avait de la misère à
comprendre comment le transport et le «real estate» n'étaient pas reliés. O.K.?
Bonnardel : Non, mais là-dessus, on est au diapason, là.
C'est sûr que, si on veut réduire l'auto solo... Puis les comportements de la population, des
automobilistes, certains disent, là, qu'il y a 4 % au Québec, ou à peu
près, là, de gens qui vont du covoiturage, puis, d'ici 2030, on n'a pas idée,
on va peut-être être rendus à 25 %, 30 %. Puis c'est là qu'il faut
aller, puis c'est là qu'il faut penser notre mobilité.
Mais,
le transport intrarégional, interrégional, vous avez dit vite, vite, tantôt,
là : Il faut revoir aussi le covoiturage domicile-travail, le 100 kilomètres.
Parlez-moi un petit peu, là, de cette façon...
M. Ducas (Marc-Antoine) : ...Sherbrooke, on a un travail qui se met en
place avec les autorités là-bas, université, hôpital, et tout ça. Certaines personnes habitent à quatre ou cinq
kilomètres. Ils habitent en ville, ils se rendent au campus. Ils ont leur place de stationnement, tout va bien.
Il y a d'autres personnes qui doivent partir de Granby pour aller travailler
à Sherbrooke matin et soir. Quand je fais la
somme de la distance, souvent, pour ces cas-là, je vais dépasser le 100 kilomètres
par jour. Alors, s'ils essaient de
s'organiser, amener des collègues entre Granby puis Sherbrooke, et puis là il y
a un contrôle routier qui les
intercepte, trois personnes dans un véhicule, contravention. Comment ils vont
faire pour prouver qu'ils ne sont pas en train de faire du transport illégal?
Il va falloir qu'on vous fournisse, aux autorités, une preuve pour qu'ils les
protègent. Mais là, si on dit que ça fait
plus que 100 kilomètres, ils vont quand même payer le prix. Mais on va
travailler.
Alors,
notre proposition était la suivante. Puisqu'on devient un système de transport,
que notre plateforme numérique va devoir être inspectée par les autorités, eh bien,
on va vous fournir, avec plaisir, ce cas d'exception là. Quand les gens...
entre, sur une base régulière, leur maison,
leur travail, c'est assez prévisible. Alors, s'ils sont capables d'amener trois
ou quatre collègues, ça leur
donnerait cette exemption-là, on n'a plus l'enjeu de concurrencer des lignes
d'autobus interurbaines, par exemple.
Bonnardel :
Mais, si la personne charge moins que ce qui est inscrit dans la loi, il n'y a
pas de problème.
M. Ducas (Marc-Antoine) : Il pourrait ne pas y en avoir, mais il faudrait,
encore une fois, qu'on soit capable de... Dans ce cas-ci, ça devient un modèle kilométrique, O.K.? Mais je peux...
Est-ce que je dois aussi... Si j'assume le stationnement là-dedans, par exemple, le prix du stationnement
au campus de l'université, je pourrais me trouver au-dessus du seuil et moi,
je vous proposerais que ce seuil-là soit révisé dans certaines conditions. Ce
n'est pas très compliqué.
Par exemple, les
travailleurs autonomes au Québec, en bas de 30 000 $, il y a un
régime fiscal, puis, au-dessus, il y en a un autre. On a mis la ligne là. Nous,
on pense que le 0,43 $ qui est actuellement en vigueur est un petit peu anachronique par rapport à la réalité
d'aujourd'hui, parce que le prix de l'essence monte, le prix des automobiles
monte, du stationnement augmente.
Alors, il y a peut-être lieu de le revoir, encore une fois, dans le but d'avoir
des gains. Si vous pouvez prouver que
vous laissez votre voiture à la maison et que vous avez une économie de GES à
la clé, là, peut-être qu'on est capable de vous donner un break. C'est à
voir.
Bonnardel : Le coût par kilomètre, ce n'est pas là, la
partie où on est peut-être le plus capable de définir ce qui est du commercial
puis ce qui ne l'est pas, à savoir... Tu sais, un stationnement, là, c'est sûr
qu'un coût à Sherbrooke versus le coût à Place Ville-Marie...
Ducas (Marc-Antoine) : ...ce n'est pas la même chose. C'est
30 $ à Sherbrooke.
Bonnardel :
Oui, c'est ça, là, tu sais, ce n'est vraiment pas pareil.
Ducas (Marc-Antoine) : Non.
Bonnardel : Donc, il va falloir être assez habiles dans
notre façon, là, de définir ce coût. C'est pour ça qu'on...
Ducas (Marc-Antoine) : L'équation est définie. Vous l'avez en
main.
Bonnardel :
Est-ce qu'on peut faire du mur-à-mur ou...
M. Ducas (Marc-Antoine) : Oui. C'est une demi-page. On l'a déjà remise.
Dans la proposition qu'on a faite pour notre projet pilote, il y a une
demi-page qui décrit l'équation. Le gouvernement du Québec a ça en main
actuellement. Ça me fait plaisir de le partager, parce que je pense que c'est
extrêmement simple et extrêmement facile à implanter.
Bonnardel :
O.K. Je vais laisser, M. le Président, la parole à mes collègues qui ont des
questions.
Président (M. Polo) : Peut-être,
cher collègue, juste vous nommer et nommer votre... C'est le député de
Bourget, si je ne me trompe
pas. Voilà.
M. Campeau : C'est bien ça. Merci. Bien, c'est dur d'aller
contre ce que vous venez de dire quand on parle de réduire les gaz à
effet de serre en utilisant quelque chose qui existe déjà. C'est assez dur
d'être contre la vertu.
J'aimerais juste
parler d'autres aspects. Vous avez combien de chauffeurs actuellement au Québec?
M. Ducas (Marc-Antoine) : Alors, on a deux catégories de chauffeurs :
on a des covoitureurs, qu'on appelle, de
l'ordre de 30 000 personnes,
et on a aussi des chauffeurs de taxi avec qui on a fait des partenariats pour
donner des garanties de service. Il y
en a 1 800 qui sont partenaires actuellement, donc à peu près 300 qui sont
des statuts indépendants, et le reste,
ce sont des gens qui sont associés à des entreprises de taxi. Donc, des compagnies
de taxi sont partenaires également de Netlift.
M. Campeau :
O.K. Est-ce que tous ces gens-là sont essentiellement en ville?
Ducas (Marc-Antoine) : Non. Il y a à peu près 80 % des
gens qui vont être dans des régions urbaines et peut-être un 20 % qui vont
être des régions un petit peu plus éloignées, par exemple, la Gaspésie,
l'Outaouais, l'Estrie. Donc, ce n'est pas unanimement relié à la ville.
Campeau : Je comprends que votre modèle fait en sorte que, même dans
des endroits peu densément peuplés, ça peut devenir intéressant. Il n'y
aura peut-être pas tant de courses que ça, mais il peut y en avoir et que ça va
faire l'affaire de quelques personnes en même temps.
Comment
on devient un «shooter»... un «shooter»! Pas un «shooter», non, un
chauffeur — il est
tôt, il est un peu tôt pour des «shooters» — un chauffeur Netlift?
M. Ducas (Marc-Antoine) : Oui. O.K. Alors, si vous êtes un individu, ce qu'on appelle
un citoyen privé, et que votre projet, c'est d'aller travailler matin et soir, évidemment,
vous êtes un automobiliste, et ce que vous allez faire, c'est la même chose qu'hier. La différence, c'est que vous allez vous rendre disponible
pour rendre service à vos collègues, à vos voisins de quartier, et tout ça. Alors, vous allez télécharger l'application, entrer votre origine et destination et vous allez entrer aussi l'horaire type de votre travail. Il
peut toujours y avoir des petites variations, mais les
infirmières de l'hôpital avec lesquelles
on travaille, c'est 8 à 4, O.K.? Alors, une fois qu'elles ont entré ça, notre
algorithme va calculer l'ensemble des jumelages
possibles, et on va faire des recommandations. Parce
qu'il faut savoir que — et c'est contre-intuitif, ce que je vais vous dire — par exemple, auprès de la clientèle
féminine, elles vont préférer faire des compromis plus importants sur les détours, les délais, même le prix pour pouvoir
être associées avec une personne qui leur ressemble davantage. Il y a un
enjeu de sécurité qui est très important.
Les jeunes garçons étudiants, cégep, université, sont extrêmement
imprévisibles. Ils vont offrir un trajet, ils vont changer d'avis trois
fois dans la journée, O.K.? Donc, on a des dimensions quand même sociologiques
là-dedans.
vous voulez conduire pour gagner votre vie avec ça, donc vous êtes un chauffeur
de taxi. il y a des... Évidemment, un chauffeur Uber nous appelle en
disant : Je peux-tu travailler pour vous autres? Pour l'instant, on doit
dire : Non, vous ne pouvez pas,
la loi ne le permet pas. Bien là, c'est différent, parce que ce sont des
courses à profit, c'est des courses de 15 $,
20 $, 25 $ que les gens vont faire une fois de temps en temps. Là,
c'est un autre scénario, complètement. Donc, suivant le besoin que vous
avez, Netlift va être capable d'absorber ces deux choses-là.
Pourquoi
on est devenus obligés de faire du taxi? C'est parce que, quand il est 11 heures
le matin, que vous partez de L'Assomption pour aller à Montréal, il n'y en a
plus, de covoitureurs, tout le monde est au travail. Puis ça a été la
faiblesse pas juste de nous, mais tous les systèmes de covoiturage
domicile-travail dans le monde ont échoué sur cette question-là : en dehors de l'hyperpointe, il n'y a plus de
«supply», il n'y a plus d'offre. Alors, on s'est dit : Il faut quand
même servir le client, puis ça tombe bien,
les chauffeurs de taxi, à 11 h 30 le matin, ils ne font rien. La
semaine, là, c'est assez tranquille. Ça fait qu'on leur dit : Venez
travailler pour nous, et là on est capable de créer des lignes, on est capables de créer du service là où les gens ne le
peuvent plus. Ça fait qu'en ce moment, je vous dirais, dans le Grand Montréal, parce
que c'est là qu'on a surtout du taxi, n'importe qui peut avoir du porte-à-porte
24/7, là.
M. Campeau :
Là, j'ai une dernière question : parlez-moi donc de la sécurité. Les
chauffeurs, comment on vérifie qu'ils n'ont
pas de casier judiciaire ou qu'ils n'ont pas de... ils n'ont pas eu 22 accidents
le mois passé ou... Est-ce que vous faites une vérification?
M. Ducas (Marc-Antoine) : Oui, bien sûr. Alors, c'est pour ça que,
notamment, les autorités de Mexico ont préféré notre système, parce
qu'on était de loin le système le plus sécuritaire qui avait été mis en place.
Il y a plusieurs façons d'y arriver. Au
Québec, si vous êtes un chauffeur dit professionnel, par exemple, un chauffeur
de taxi, ça, il y a des antécédents judiciaires qui doivent être faits.
Ça, ça va de soi.
Mais,
si vous êtes un citoyen privé, je n'ai pas le droit de le faire, parce que vous
n'êtes pas un employé. Donc, le plus loin que je peux aller, c'est de faire une
vérification du dossier de conduite, et, grâce à votre permis, votre
immatriculation, vos assurances, on va
faire des vérifications, par exemple, aussi avec... Est-ce que la photo que
vous avez mise dans l'application, c'est
celle qu'il y a sur votre permis de conduire? Parce que ce n'est pas très
intéressant de covoiturer avec un chat, O.K.? Je fais des blagues, là,
mais on a vu ça. Donc, nous, le plus loin où on peut aller, c'est ça.
Mais la bonne
nouvelle, c'est que, la plupart du temps, nos membres sont des employés qui ont
déjà fait des vérifications similaires avec
leur employeur. Donc, ça ne pose pas de problème du tout, du tout. Ce n'est
plus du tout une question qu'on entend, ça, sur le point, parce que
l'acceptation, elle est bidirectionnelle : le passager et le conducteur
s'acceptent mutuellement.
Le Président (M. Polo) : Merci,
merci beaucoup. J'invite le collègue du comté de Beauharnois. Merci.
Reid : Merci
beaucoup, merci, M. le Président. Bonjour. Vous avez mentionné, tout à l'heure,
sur Montréal, il y avait, vous me corrigez, 4 millions de sièges
disponibles par jour, c'est bien ça?
M. Ducas (Marc-Antoine) :
Non, juste l'heure de pointe du matin.
Reid : L'heure de
pointe du matin. Donc, c'est un nombre assez intéressant de sièges disponibles.
Moi, ma question, en fait, est assez large, mais l'impact sur... Il y a
4 millions de sièges disponibles. À partir du moment que les 4 millions de personnes, dire : On
s'organise, on comble ces sièges-là, l'impact va être sur le transport en
commun, va être sur les taxis? Qui va... pas nécessairement payer pour, mais, à
quelque part, il y a un effet de substitution qui peut arriver.
M. Ducas (Marc-Antoine) :
La question est excellente. Je vais probablement y revenir un peu plus tard,
mais, encore une fois, c'est ce qu'on
appelle le report modal. Votre question pose sur quand quelqu'un
passe d'un mode à un autre mode, O.K.,
comment on mesure ces choses-là? Puis là, pas juste nous, mais dans le monde,
il commence à y avoir des statistiques assez bonnes là-dessus. Le report
modal, lorsqu'il est fait de l'automobile vers le transport collectif, ça se passe souvent dans des endroits où on est proche des grands
réseaux ferrés : le train, le métro ont un extrêmement bon succès pour être capables d'amener des gens... parce qu'ils vont plus vite, c'est des voies dédiées, O.K.?
Donc, on ne peut pas battre ça. Puis nous autres, on veut les remplir.
Par contre, lorsqu'on fait des scénarios de
déplacement entre, par exemple, une banlieue — Montréal, Québec, peu importe — et
une destination, là où on peut avoir un gain réel, je l'ai dit tantôt, c'est
lorsque le stationnement devient difficile,
O.K.? Beaucoup de gens veulent se rendre à destination avec le
transport collectif. Des fois, ils nous disent : Je ne sais pas comment me rendre. J'essaie de prendre le
train, le stationnement est saturé. Donc, ça répond exactement
au schéma dont on parlait.
Et ça nous évite un autre terme un peu technique
qu'on appelle l'effet rebond, c'est-à-dire que nous, on peut mesurer que non seulement nous ne vidons pas
le transport collectif, nous le remplissons, mais qu'il n'y a pas ensuite de
rebond, O.K.? C'est-à-dire qu'il y a quelqu'un, dans la région de Mascouche,
qui m'avait dit : J'ai hâte qu'il y ait des voies réservées ou que le train arrive, parce que ça va être plus
rapide pour me déplacer tout seul, O.K.? C'est vrai que, si on vide des autos, on va créer de l'espace pour
les automobilistes, qui vont dire : Super! Et c'est pour ça que les
mesures... À Washington, c'est ce
qu'ils ont fait. Ils ont fait une voie réservée pour le covoiturage, mais il y
a un péage à côté. Vous voulez
conduire seul? Pas de problème. C'est un luxe, conduire seul, O.K.? On
ne peut pas faire ça tout de suite au Québec, parce
que, si on fait un péage demain
matin, on n'a pas l'alternative qui va permettre aux gens de le contourner. Il
faut que ces mesures-là aillent
ensemble. Mais, à Mexico, par exemple, on nous a proposé que ça soit intégré aussi dans
l'application. Mesurons, par l'application mobile, comment
les gens se déplacent, et donnons-leur des crédits. Vous avez un bon comportement, vous aidez la collectivité?
Parfait. C'est un peu l'image que j'utilisais tantôt sur les panneaux solaires en
Californie. Le Québec peut faire ça. Au Québec, on est bons quand on est
audacieux.
Reid : Mon autre question, puis vous avez, en partie,
répondu tout à l'heure, je voulais aussi connaître l'impact du covoiturage, en fait, du système
que vous utilisez, en lien avec les taxis. Donc, vous avez déjà 1 800 taxis,
je pense, qui travaillent en collaboration avec vous. Donc, l'effet de substitution... moi, ma question, en fait,
c'est... la première, c'était : Est-ce que
ça va avoir un impact également sur les taxis? Mais, de la façon que vous m'avez
expliqué tout à l'heure, donc, vous travaillez déjà avec
l'industrie du taxi.
M. Ducas (Marc-Antoine) :
Oui, bien sûr. Et en fait, non seulement... mais on investit beaucoup aussi
auprès de l'École polytechnique, le CIRRELT,
pour faire de la recherche-développement pour, en fait, optimiser le parc des taxis.
Je m'explique : l'expérience de taxi ou
le Uber, elle est bonne pourquoi? Parce
qu'on pèse sur un piton, puis, en cinq minutes, on se fait ramasser. C'est ça qui vide les métros, parce que c'est
vraiment une belle expérience. C'est plus rapide puis c'est moins cher.
C'est sûr qu'à New York puis à Silicon Valley, le transport collectif a
souffert. Mais, pour qu'on puisse vivre ça,
il faut que le taxi soit presque toujours prêt à venir vous chercher. Il est
sur le bord de la rue, il attend, il est vide, il tourne à vide, pourquoi? Pour
que votre expérience de consommateur soit exceptionnelle. On appelle ça la
liquidité de l'offre. Donc, plus
l'expérience est exceptionnelle, plus il y a de la congestion dans la ville.
C'est paradoxal, mais... on se fait ramasser en cinq minutes, mais ça
prend quand même une heure pour se rendre, O.K.? On ne veut pas ça.
Pour être capable d'y arriver, et ce qu'on a
fait avec les taxis, c'est qu'on a dit : Quelle est la capacité du parc de taxis à Montréal? À peu près 4 000 véhicules.
Ça fait combien de sièges, ça? Une douzaine de mille. Si on réorganise les
taxis pour en faire des mininavettes, on peut faire du transport collectif à
peu près partout pour une fraction du prix. C'est-à-dire que, quand il est 11 heures,
dans une banlieue éloignée, à Mirabel, quelqu'un a besoin d'un transport, elle peut l'avoir, et on peut mettre une, et deux, et
trois personnes, on peut payer le chauffeur à l'heure. Et on offre aussi...
encore une fois, dans la proposition
qu'on avait faite, remis une équation
qui permet de densifier le parc de taxis, d'augmenter les revenus à
l'heure, parce qu'on est capable d'amener plus de clients.
Beaucoup de gens nous disent : Je voudrais
quitter ma voiture, mais c'est quoi l'alternative? Pourrions-nous déployer une alternative qui soit quand même
rapide et flexible, mais que ce ne soit pas nécessairement le fétichisme
du mode lourd, O.K., c'est juste d'essayer de trouver ce juste milieu en
fonction de la géographie. C'est un peu comme ça qu'on a travaillé avec le taxi. Donc, oui, on
permet de livrer des petites routes de taxis navettes sur demande, et, ça, les
entreprises aiment beaucoup ça, ça, ça donne des solutions de mobilité
concrètes.
Une voix : Il y avait mon
collègue Vincent...
Le Président (M. Polo) : Le collègue
de Portneuf. La parole est à vous.
Caron : Oui, bonjour. Merci,
oui, absolument. Merci, M. le
Président. Je suis content d'entendre
cette portion, qui touche aussi à toute la question environnementale, et
un moment où on parle de disparition d'à peu près 1 million d'espèces animales ou végétales prochaines, je
pense que l'enjeu est vraiment important. Donc, encore une fois, je trouve
l'idée intéressante. Mon collègue a abordé,
tout à l'heure, la question de la sécurité, moi, j'aimerais vous
entendre : Comment ça fonctionne en matière d'assurances chez vous?
Ducas (Marc-Antoine) : O.K.
Bien, encore une fois, ça dépend quel type de course vous faites. Lorsque vous
faites une course dite rémunérée, par
exemple, vous êtes un chauffeur de taxi, bien entendu, le cadre de l'assurance
qui s'applique à ça est déjà couvert, c'est pour ça que nous n'acceptons
que des chauffeurs de taxi qui sont détenteurs d'un permis, qui ont déjà fait l'inspection au Bureau du taxi puis CTQ et
compagnie. Donc, ça, ça va pour les chauffeurs rémunérés, il n'y a pas
de zone grise, c'est un ou l'autre.
Lorsqu'on
fait du covoiturage, et ce que la loi actuelle prévoyait, prévoit toujours,
c'est que les gens doivent pouvoir prouver qu'ils auraient fait ce trajet
de toute façon. Autrement dit, je me déplace vers le travail avec ou sans
passagers. Le fait d'embarquer un client
n'est pas un objectif de ma course. À ce moment-là, le régime d'assurances au
Québec couvre déjà l'ensemble des possibilités. Donc, nous, pour
protéger les usagers, on doit leur demander de respecter le contexte
domicile-travail ou planifié, parce que, s'ils sortent de ça, ils perdent la
couverture d'assurances. Chaque législation en
Amérique du Nord ou en Europe a des nuances là-dessus, mais, au Québec, la
bonne nouvelle, puis Dieu sait qu'on a essayé
de vraiment se «pader», là, mur à mur, là, tout est couvert déjà par le régime
d'assurances à condition que les gens puissent
prouver qu'ils auraient fait leur trajet et ne font pas ça dans un but de
générer du profit. La zone floue, elle est là. Si je vous offre 4 $ ou 6 $ pour faire un trajet matin et
soir, 60 $ par semaine, ça devient intéressant, ça peut couvrir des
frais, vous êtes dans le profit ou pas, en ce moment, ce n'est pas clair, c'est
mal défini.
Caron : Moi, je suis député de Portneuf et il y a des secteurs qui
sont identifiés covoiturage, stationnement de covoiturage. Est-ce que votre concept, là je vous entends dire, à
plusieurs reprises, depuis tout à l'heure qu'il faut que ce soit
domicile-travail, est-ce que, si la société abonde un peu plus dans ce que vous
proposez, est-ce que, justement, si plutôt
que d'être domicile-travail sur le lieu routier, sur la route, finalement, on
trouve un endroit de covoiturage, est-ce que là ça s'applique encore à votre
principe ou le fait que ce ne soit plus domicile-travail précisément, ça vient
différer?
M. Ducas (Marc-Antoine) :
J'ai insisté un peu sur cette question-là parce que le domicile-travail, c'est
là où la plus grosse émission de pollution a
lieu, donc tous les matins, tous les soirs, le Québec réémet, pompe ses
émissions, mais j'aurais dû dire origine-destination. La loi, actuellement,
prévoit que lorsque l'origine et la destination sont prédéfinies, c'est correct. Ça pourrait être domicile-rendez-vous
chez le médecin, ce serait correct, O.K., il n'y aurait pas de domicile-station
de métro, il n'y a pas de soucis avec ça, il faut que l'origine et la
destination soient spécifiées.
M. Caron : O.K. Merci beaucoup.
Est-ce que... combien il reste de temps?
Le Président (M. Polo) : Il reste
25 secondes.
M. Caron : Écoutez, merci beaucoup
pour votre excellente présentation.
M. Ducas (Marc-Antoine) :
Je vous en prie, merci.
Le Président (M. Polo) : Est-ce que
le collègue de Bourget veut utiliser les 18... non?
M. Campeau : Ça va aller.
Le Président (M. Polo) : Ça va
aller, parfait. Merci beaucoup, M. Ducas. On va poursuivre avec
l'opposition officielle et le député de La Pinière pour 17 minutes.
Barrette : Oui. Merci, M. le Président. Alors, M. Ducas,
bienvenue. Là, je ne veux pas... Alors, moi, je suis le dinosaure de la
pièce.
M. Ducas (Marc-Antoine) :
Je vous écoute.
Barrette : Puis, bien honnêtement, là, j'aurais bien aimé avoir un
mémoire, là, parce que j'ai beaucoup, beaucoup de difficultés à vous suivre.
Alors, peut-être que d'autres vous connaissent, moi, je ne vous connais pas du
tout. Je croyais comprendre votre affaire, je ne le comprends pas et je
ne comprends pas non plus votre intention. Non, votre point d'arrivée, pas votre intention, je comprends
votre intention, je ne comprends pas votre point d'arrivée. Alors, là, on
a 17 minutes, il va falloir que vous m'expliquiez bien clairement où vous
vous situez, là.
Moi, je vous écoute, là, puis je vois une organisation... En passant, vous êtes une
organisation d'abord montréalaise, mais
vous n'êtes pas... vous êtes peut-être implantés ailleurs, mais vous n'êtes pas
à grande, grande échelle. Non, vous n'êtes pas une succursale de quelqu'un d'autre, là. Vous êtes vous, à Montréal,
on a utilisé votre application ailleurs dans les villes que vous avez
mentionnées, c'est ça?
M. Ducas (Marc-Antoine) :
Oui.
M. Barrette : Parfait. Écoutez, il y
a les mots clés, ils sont dans votre présentation. Je vous écoute puis je vois
une personne qui a une application qui se met exactement sur la clôture, à
cheval entre le covoiturage compris par le commun
des mortels et les Uber, Netflix, pas Netflix, mais Lyft de ce monde. Là, moi,
je vous entends, là, puis vous êtes entre
les deux puis vous voulez être un petit peu plus d'un bord que de l'autre. Là,
où c'est que vous voulez être exactement, là? Moi, je ne comprends pas
où vous voulez être.
M. Ducas (Marc-Antoine) :
C'est-à-dire?
Barrette : Bien, c'est parce que je ne le comprends pas, là. Ça fait
que ne me demandez-moi pas de c'est-à-dire, là.
M. Ducas (Marc-Antoine) :
Sur le plan technique? Sur le plan de l'occupation de marché? Sur le...
Barrette : Je ne sais pas où est-ce que vous voulez être. Alors, si
vous voulez savoir plus, à ce moment-là, les réponses que je recherche, bon, je vais les poser différemment, O.K.? À
un extrême, là, c'est un peu comme un combat de boxe, à gauche, là, dans le coin gauche, il y a... puis gauche, c'est
choisi comme mot, là... il y a le covoiturage classique. Le covoiturage classique, c'est : j'embarque
quelqu'un, je m'en vais à quelque part, on partage les frais, «that's it», les
dépenses... puis là, là, on est dans le quasi communautaire. C'est à but
non lucratif.
M. Ducas (Marc-Antoine) :
C'est ça.
M. Barrette : Le projet de loi met
des limitations.
M. Ducas (Marc-Antoine) :
Oui.
Barrette : En distance et
ainsi de suite. Bon. Vous, dans le coin droit, là, il y a ceux qui sont ici
depuis maintenant plusieurs jours.
Bien, ces gens-là vivent de ça, O.K.? Dans le champ... dans le coin gauche, pas
dans le champ gauche, mais dans le coin gauche, ils ne vivent pas de ça.
Ducas (Marc-Antoine) : Non.
Le modèle n'est pas fonctionnel nulle part dans le monde. Je vous l'annonce,
là. Même les gens de BlaBlaCar, en France, se tapent la tête sur le mur depuis
des années...
M. Barrette : Vous parlez de quoi,
M. Ducas (Marc-Antoine) :
De ce que vous donnez à l'extrémité gauche, là.
M. Barrette : Bien, moi, je ne
dirais pas ça, là...
M. Ducas (Marc-Antoine) :
Le covoiturage domicile-travail n'est pas un modèle viable.
Barrette : Non, non, non.
Là, là, vous voyez, là, c'est pour ça qu'on ne se comprend pas, parce que
vous ne me laissez pas finir.
M. Ducas (Marc-Antoine) : Oui. Pardon.
Barrette : Alors, moi, là,
je vous parle du... je vous dis qu'à un extrême il y a le covoiturage
classique que tout le monde
comprend, là. On va sur le trottoir, là, c'est quoi, le covoiturage? Je m'en
vais à Sherbrooke, puis on est quatre
étudiants, puis on s'en va à l'université, puis on partage le prix de l'essence
puis de l'auto. Bon. Puis ça, là, c'est quasiment du communautaire, là,
il n'y a personne qui fait de l'argent avec ça, et il n'y a personne qui vit de
ça, et la loi a prévu que ça, ça allait rester à condition que... bien, rester,
peut-être pas parfaitement, là, il y a des écueils, d'autres viendront après vous nous dire qu'il y a des
écueils. Mais je ne pense pas que, dans l'esprit du gouvernement, ils veulent
empêcher le covoiturage que j'appelle classique que tout le monde comprend sur
la rue si on sort du Parlement.
Tout le monde
comprend aujourd'hui ce qu'est un taxi dans le coin droit, tout le monde
comprend c'est quoi Uber, tout le monde comprend le choc entre les deux.
Moi, je ne
vous comprends pas. Alors, je vous écoute, là, puis je ne sais pas où est-ce
que vous voulez être. Alors, moi, je
vous écoute, là, et puis vous avez une présentation qui vous met dans une
position de covoiturage dans une condition expresse qui
est domicile-travail. Puis je vous écoute, puis là, bien, là, vous élargissez
ça au taxi, des navettes, des ceci, des cela. Puis c'est très bien, là, je ne conteste pas la validité du
raisonnement. Mais, quand je vous écoute, vous vous en allez sur un
territoire qui n'est pas celui du covoiturage, et, à la fin, vous souhaitez ne
pas être assujetti aux mêmes règles.
Ducas (Marc-Antoine) : On sait très bien... O.K.
Barrette : Là, c'est parce que je vais vous prendre l'expression qui,
elle aussi, est consacrée, là. On ne peut pas être à moitié enceinte,
là. On l'est ou on ne l'est pas. Alors, là, vous êtes d'un bord ou vous êtes de
l'autre puis là vous cherchez un chemin pour être dans d'autre chose.
Ducas (Marc-Antoine) : C'est bon.
M. Barrette :
Alors, là, moi, là, je ne vous comprends absolument pas.
M. Ducas (Marc-Antoine) : Alors, oui, je saisis bien votre question puis je
vous remercie. En affaire, on appelle ça le positionnement.
C'est-à-dire, sur le marché, comment on veut l'occuper.
M. Barrette :
J'ai compris ça.
Ducas (Marc-Antoine) : O.K. Dans les présentations que je fais,
la plupart du temps, j'ai une «slide» avec trois catégories. Vous m'en avez
très bien décrites deux. Alors, à un bout du spectre, ce fameux covoiturage
interurbain occasionnel, non profitable,
communautaire qu'on comprend bien. Je vous l'accorde. Cet espace-là est déjà
très bien occupé et fonctionne depuis
des décennies par une foule d'acteurs qui font extrêmement bien ça. Ce n'est
pas notre positionnement. Dès le
début, là, jamais on a voulu aller là, parce qu'on pense actuellement qu'il n'y
avait pas besoin d'une nouvelle compagnie pour venir occuper cet
espace-là, O.K.?
l'autre bout du spectre, ce qu'on appelle malheureusement, en français, le covoiturage,
mais, en anglais, on a l'avantage
d'avoir deux termes, ils appellent ça le «ride sharing», par rapport au «car
pooling». En français, il n'y a que les deux. Uber concurrence le taxi,
c'est-à-dire le transport à la demande pour faire du profit. Là-dessus, je suis
bien d'accord avec vous. Et je vous dirais que la raison pour laquelle... Alors, nous
ne voulons pas faire ça. Notre but, ce n'est pas de faire ça. Nous avons
été obligés, un peu malgré nous, de développer cette chose-là. Pourquoi? Oui?
M. Barrette : Juste pour que je puisse vous comprendre, je vais
vous interrompre de temps en temps, puis ce n'est pas pour être impoli,
là...
M. Ducas
(Marc-Antoine) : Oui, je vous en prie. Non, non, non.
M. Barrette :
...c'est pour vous suivre. Là, vous venez de dire, là, puis votre idée est
suffisamment claire dans ma tête, vous vous
exprimez très bien, je ne couperai probablement pas votre fil des
idées. Regardez. Là, vous dites que vous
ne voulez pas faire de profit, mais vous demandez du financement puis vous demandez des aménagements fiscaux, réglementaires et
fiscaux. Là, vous vous rapprochez constamment du profit, là.
M. Ducas (Marc-Antoine) : Juste pour compléter. Je vais revenir sur la question
du profit, mais je veux terminer votre première question, en fait, qui
était sur le positionnement.
raison pour laquelle on a dû développer une fonctionnalité de taxi dans
Netlift, c'est parce que le modèle du milieu que nous visons, c'est-à-dire l'impact environnemental des grands volumes, des gens qui se déplacent
tous les matins, il est limité pour
une raison. C'est lorsque votre collègue qui avait un match avec vous vous laisse tomber parce qu'il doit faire des heures supplémentaires. Elle ne
peut pas rentrer à la maison, son covoitureur
ne conduit plus. Qu'est-ce que je fais? J'espère que des gens se
matchent ensemble. Les Québécois refusent, en grande quantité, d'aller vers le covoiturage pour des raisons de fiabilité. On l'a
dit, le bénévolat, c'est sympathique, mais je ne peux pas laisser ma voiture
à la maison si je n'ai pas une garantie de service.
Nous,
nous occupons le milieu du milieu, c'est-à-dire une société de transport
numérique qui donne des garanties de
service. Et, lorsque mon covoitureur nous laisse tomber, mon offre me laisse
tomber, je dois aller piger auprès des taxis pour qu'ils viennent donner une
patch. Et cette patch-là, c'est ce qui fait que les gens peuvent laisser leur
voiture à la maison, parce qu'ils
savent qu'en cas de défaut ils auront un retour garanti à domicile payé par
Netlift. Oui, des fois, nous payons des taxis à des gens sur 20 ou
30 kilomètres, à un chauffeur de taxi que nous payons le prix du marché et
que nous avons seulement vendu
4 $. Donc, nous perdons beaucoup d'argent sur cette garantie de service,
sauf que c'est la petite clé qui a fait que le modèle fonctionne.
M. Barrette :
C'est intéressant ce que vous venez de dire là. Ça veut dire que vous n'êtes
plus dans le coin gauche, là. Vous êtes rendus dans le coin droit.
M. Ducas
(Marc-Antoine) : Nous sommes, nous, une compagnie d'extrême
centre.
M. Barrette :
Ah! bien, je vais vous dire une affaire, vous êtes une compagnie excentrique.
C'est surtout ça, là. Vous n'êtes pas
dans l'extrême centre, vous êtes excentrique. Parce que vous venez de dire
essentiellement que vous n'êtes pas dans le covoiturage au sens classique du
terme, qui est communautaire et sans profit. À gauche, ça, c'est de l'OBNL,
à la limite. Ils ne sont pas enregistrés, là, mais on s'entend, là, c'est du
covoiturage.
M. Ducas
(Marc-Antoine) : C'est du volontariat, oui.
M. Barrette :
De l'autre côté, là, c'est à but lucratif. Et là vous venez de dire, là, que
vous, là, compte tenu de votre présentation,
c'est domicile à lieu de travail. À cause des horaires, vous perdez du monde,
vous perdez des joueurs, pardon. Et là il faut que vous alliez piger
dans le taxi.
M. Ducas
(Marc-Antoine) : Oui.
M. Barrette :
Bien là, c'est parce que, là, vous décrivez une compagnie qui est à but
lucratif qui a besoin d'une part de
marché supplémentaire. C'est ça que vous décrivez, là. Vous parlez un langage
de part de marché qui, si vous n'avez pas cette part-là, ne vous permet
pas de vivre. Si vous voulez vivre, c'est parce que c'est à but lucratif.
M. Ducas
(Marc-Antoine) : Bien sûr. Oui, oui. Bien sûr qu'on est à but
lucratif.
M. Barrette :
Bon. Bien là, alors, à ce moment-là, vous êtes une version x d'Uber.
M. Ducas
(Marc-Antoine) : Je ne partage pas votre point de vue pour deux
raisons.
M. Barrette :
Bien, c'est parce que ça ressemble à ça, hein? Vous connaissez la métaphore du
cheval. Je ne la prendrai pas, là, mais ça ressemble à ça, là.
M. Ducas
(Marc-Antoine) : Oui, parce qu'on est à but lucratif, on est un
équivalent d'Uber?
M. Barrette :
Non. Parce que vous... C'est parce que, de la manière que vous présentez, là,
vous prenez des arguments écologiques. Tout le monde les...
M. Ducas
(Marc-Antoine) : Oui. Tout le monde est pour la vertu, comme on
dit, oui.
M. Barrette :
Tout le monde les prend. On est tous pour la vertu, là. Mais, de la manière que
vous construisez votre discours, c'est du
covoiturage, puis, au bout de la ligne, vous avez un modèle d'affaires qui
demande des intrants autres, entre autres, que celui de l'acheteur des
services.
M. Ducas
(Marc-Antoine) : Oui.
M. Barrette :
Vous voulez avoir des aménagements fiscaux, réglementaires, à la limite, des
subventions du gouvernement ou des crédits d'impôt.
M. Ducas
(Marc-Antoine) : Pas nous. Attention, là. Permettez-moi.
Peut-être je n'ai pas été clair.
M. Barrette :
Bien, pas vous, mais vous voulez que le client l'ait pour que vous, vous
puissiez vivre.
M. Ducas (Marc-Antoine) : Pas nécessairement nous personnellement, mais...
L'idée qu'on propose, ce n'est pas que Netlift soit le seul bénéficiaire d'un
programme comme celui-là, bien au contraire. D'autres compagnies de covoiturage
vont se présenter au Québec, certaines à but
lucratif, d'autres à but non lucratif. Et j'embrasse la compétition, parce que
ça veut dire qu'il y a un marché
quand il y a de la compétition, O.K.? Mon point est le suivant : si le
Québec vise à atteindre des cibles de
GES et qu'ils sont disposés, que l'État est disposé à investir des capitaux
pour y arriver, il faut que les entreprises qui vont présenter les
projets puissent, en échange, donner des garanties au gouvernement.
Barrette : Bon, bien, alors,
je vais vous poser, avant de passer la parole à mon collègue, parce que,
là, ça vient d'éclaircir pas mal de
choses, là, pour moi, je vais vous faire une demande. Vous n'avez pas de
mémoire, mais vous avez déposé au ministère une grille de calcul qui est
une grille de calcul qui met en application votre modèle.
Ducas (Marc-Antoine) : C'est-à-dire, pas seulement
le nôtre, parce que...
M. Barrette :
Bien, en tout cas, on peut-u l'avoir?
M. Ducas (Marc-Antoine) : Alors, il a été déposé il y a deux ans auprès du gouvernement du Québec, le ministre
des Transports...
M. Barrette :
Oui, il n'est plus là, là.
M. Ducas (Marc-Antoine) :
Alors, je pense que peut-être certains de vos anciens collègues ont dû le
voir...
Barrette : Oui, mais là...
Ducas (Marc-Antoine) : ...mais ça va me faire plaisir de le
repartager avec la commission.
M. Barrette :
Merci. Dernière question, vous questionnez le 0,43 $.
Ducas (Marc-Antoine) : Bien sûr.
M. Barrette :
Alors, si vous le questionnez, c'est que vous avez en tête une réponse.
M. Ducas (Marc-Antoine) : Oui, mais c'est une... j'aimerais vous... ce
serait simple, d'un trait de plume, d'écrire qu'il y a un seuil, par exemple, à 0,75 $, mais ce que j'explique,
c'est que c'est une équation, ce n'est pas un chiffre, parce que, si on veut une... Ma recommandation, c'est
que c'est l'État québécois qui peut superviser ça, et il y a des variabilités
qui dépendent de la densité, qui dépendent
de l'urbanisme. Dans certains endroits, le stationnement coûte 400 $ par
mois; à d'autres endroits, il est
gratuit, mais je dois parcourir de plus grandes distances. Cette équation-là
tient compte de ces quelques
paramètres. Il y en a quatre. C'est très simple. Donc, encore là, ce n'est pas
seulement nous qui l'avons sorti, on a investi
en recherche-développement auprès des universités qui nous ont aidés à le
trouver, mais on ne prétend pas avoir une propriété intellectuelle sur cette équation-là. On pense que c'est le
genre de gain que l'État peut faire, et l'ensemble des acteurs de
covoiturage qui veulent s'en prémunir seront les bienvenus pour le faire, là.
M. Barrette :
Bon. Donc, vous allez nous faire parvenir...
Ducas (Marc-Antoine) : Bien sûr. Oui.
M. Barrette :
...cette affaire-là pour qu'on puisse y réfléchir un petit peu plus...
Le Président (M.
Polo) : M. Ducas, vous déposerez la grille au secrétariat, puis on la
partagera.
Ducas (Marc-Antoine) : Oui, auprès de... Oui, bien sûr.
M. Barrette :
Très bien. M. le Président, je suis disposé à passer la parole à mon collègue
de Viau. Merci.
Le Président (M.
Polo) : M. le collègue de Viau.
M. Benjamin :
Merci. Il reste combien de temps, M. le Président?
Le Président (M.
Polo) : Il reste 4 min 15 s.
M. Benjamin :
4 min 15 s. Merci. Merci, M. Ducas.
Ducas (Marc-Antoine) : Je vais répondre courtement, ne vous en
faites pas. Oui.
Benjamin : Donc, moi aussi, j'aurais beaucoup aimé avoir votre
mémoire. Donc, je déplore le fait que vous n'ayez pas déposé de mémoire. En début de présentation, vous avez
mentionné, et je vous cite, qu'en lien avec tout ce qui concerne la déréglementation, le fait que ce
projet de loi exprime l'idée d'expropriation de permis, donc, des propriétaires
de taxi, vous avez mentionné qu'il
fallait... que le gouvernement devait faire preuve d'humanité, de sensibilité.
Plusieurs intervenants avant vous
sont venus rappeler, donc, que cette compensation-là, c'était à la hauteur de
la valeur marchande. Quelle est votre position là-dessus?
M. Ducas (Marc-Antoine) : J'aimerais vous donner quelque chose
d'intelligent, mais, malheureusement, je n'ai pas la compétence pour répondre précisément à ça. Je peux simplement
vous donner un cadre général, parce qu'on travaille effectivement avec beaucoup de chauffeurs
indépendants, et je pense que, pour le bien de la compréhension de tous, et...
On l'a découvert en le faisant, il y a trois catégories d'acteurs dans le
milieu du taxi. Il y a, bien sûr, les propriétaires, et il y a les chauffeurs, et il y a les intermédiaires, d'accord? Moi,
j'ai une pensée pour les propriétaires, actuellement. Les chauffeurs, bien sûr, vont se retrouver du travail
avec nous, il n'y aura pas de problème de ce côté-là. Mais le propriétaire
qui a investi et qui voit ça, cette forme
d'expropriation là, ils les vivent de façon très difficile. Là-dessus, je suis
d'accord.
Benjamin : Là-dessus, on est d'accord, et d'ailleurs plusieurs
intervenants de l'industrie sont venus rappeler, donc, le caractère
dramatique, donc, de ce projet de loi là sur leur vie personnelle...
Ducas (Marc-Antoine) : Oui. Sur cette question-là, bien sûr.
M. Benjamin :
Et aussi sur leur portefeuille.
M. Ducas (Marc-Antoine) :
Oui.
Benjamin : Donc, je comprends que, pour vous, le gouvernement doit
faire preuve d'humanité, je vous cite encore...
M. Ducas (Marc-Antoine) :
Oui, bien je pense qu'il pourrait...
M. Benjamin : ...dans la
compensation.
M. Ducas (Marc-Antoine) :
...je pense que le mode de compensation, il y a la question de l'enveloppe
globale, il pourrait y avoir, je pense, un
doigté sur... créer... essayer de comprendre les différents cas possibles. Pour
certaines personnes qui arrivent à la fin de leur carrière, il était
presque payé, ce permis-là, tout s'effondre. Alors, c'est un cas particulier qui est différent de quelqu'un qui l'a acheté il y
a un ou deux ans peut-être. Je pense que de faire preuve d'un peu de souplesse
dans la répartition des sommes risque d'avoir un résultat plus positif, mais ça
ne m'appartient pas.
Benjamin : Un enjeu que j'aimerais savoir, chez vous, Netlift, est-ce
qu'il y a des plaintes? Quel est le taux de plaintes au niveau de vos
clients?
M. Ducas (Marc-Antoine) :
Mon Dieu, c'est... le taux de plaintes est anémique, moins de 1 %.
Benjamin : Moins de 1 %, d'accord. Plusieurs... et qu'en est-il
de vos usagers? Vous avez mentionné que... j'aimerais avoir un profil de
votre clientèle, pas de vos chauffeurs...
M. Ducas (Marc-Antoine) :
Non, non, d'accord, des usagers.
M. Benjamin : ...mais des usagers.
M. Ducas (Marc-Antoine) :
C'est ça.
M. Benjamin : Quel est le profil?
M. Ducas (Marc-Antoine) :
Ça va être... entre 60 et 40 hommes-femmes, un petit peu plus de femmes, entre 18 et 55 ans à peu près, donc, des gens qui
sont habitués avec le téléphone et mobile, qui ont une certaine flexibilité autour des
modes de transport. Donc, c'est des gens qui sont déjà
gagnés à l'idée de faire autre chose que conduire leur voiture, par
exemple. Donc, profil socioéconomique relativement moyen à aisé.
M. Benjamin : Donc, je
comprends qu'actuellement... Est-ce que vous desservez aussi une clientèle
ayant des limitations fonctionnelles?
M. Ducas
(Marc-Antoine) : Alors, on
n'a pas le droit de le faire parce
que les chauffeurs de taxi avec
lesquels on travaille, on ne leur fournit pas des courses de type transport
adapté. Nous pourrions le faire. On a déjà des discussions avec des autorités de transport collectif sur cette question-là,
mais ça prend une certaine formation et certains types de véhicule, par exemple,
pour des gens qui ont des...
M. Benjamin : Plusieurs usagers, justement, du transport adapté, la clientèle, sont venus
rappeler, donc, au gouvernement, cette semaine, donc, l'absence totale d'une prise en compte des besoins
de la clientèle du transport adapté. Et
certains de ces usagers-là souhaitent d'ailleurs non seulement que le gouvernement tienne compte des besoins du transport
adapté, mais que ce soit réservé à l'industrie du taxi.
M. Ducas
(Marc-Antoine) : Je pense
que ce n'est pas déraisonnable de le voir comme ça parce que
je vois bien que le taxi... et les
gens de taxi avec qui je discute, je leur propose des options pour l'avenir, je pense
qu'ils sont très préoccupés par ce qu'il se passe maintenant, mais je
leur dis : Pensez à ce que ça pourrait devenir...
Le Président (M. Polo) :
M. Ducas.
M. Ducas
(Marc-Antoine) : Oui?
Le Président (M. Polo) : Je
vais inviter le député des Îles-de-la-Madeleine à poursuivre.
M. Arseneau : Pour combien de
temps?
Le Président (M. Polo) : Pour un
peu plus de quatre minutes... 4 min 15 s.
M. Arseneau : Amélioration sensible du temps qu'on a aujourd'hui avec vous, je l'apprécie. Le covoiturage que vous décrivez ne crée pas d'emplois à proprement
parler. Vous n'avez pas d'employés, sauf la relation contractuelle que
vous pouvez avoir occasionnellement avec des chauffeurs de taxi. C'est bien ça?
M. Ducas
(Marc-Antoine) : C'est bien ça.
M. Ducas
(Marc-Antoine) : Nos
usagers, majoritairement, sont des
citoyens qui vont travailler et qui en reviennent, donc ce n'est pas un
emploi. Ils ont une job, il faut qu'ils aillent travailler.
M. Arseneau :
D'accord, merci. J'ai noté que vous avez quand même 30 000 membres,
c'est ça, ou utilisateurs?
M. Ducas
(Marc-Antoine) : Non, c'est un petit peu plus, là. C'est
30 000 conducteurs. C'est 65 000 usagers.
M. Arseneau : Donc, vous fonctionnez
actuellement depuis combien de temps déjà?
M. Ducas
(Marc-Antoine) : Alors, on est incorporé depuis 2012, mais
l'application est live depuis 2015.
M. Arseneau :
D'accord. J'aimerais comprendre, à ce moment-là, si vous opérez, et ça semble
fonctionner... Quelles sont les contraintes du cadre législatif actuel,
de façon plus ciblée, là, qui vous empêchent d'avancer?
M. Ducas
(Marc-Antoine) : Il reste deux minutes...
M. Arseneau : On n'a que
15 secondes de plus que d'habitude.
M. Ducas
(Marc-Antoine) : Il y a beaucoup de paramètres. Mais, écoutez,
les recommandations qu'on a faites il y a
quatre ans devant cette commission... il y a trois ans, ont toutes été
acceptées et incluses dans le nouveau projet de loi actuel. Donc, ça va dans la bonne direction. Il
reste la question de la compensation et de la planification. Actuellement, si
les entreprises pouvaient déployer
des solutions de transport et gérer entre eux la question de la tarification
pour leurs employés, le Québec aurait un gain assez impressionnant
rapidement.
M. Arseneau : O.K. Donc, c'est
ces éléments-là, là...
M. Ducas
(Marc-Antoine) : C'est des nuances, c'est des détails, oui.
M. Arseneau :
D'accord, c'est des détails. Vous avez parlé de... Québec, si j'ai bien
compris, serait le seul maître d'oeuvre du transport des personnes...
M. Ducas
(Marc-Antoine) : Ce serait préférable.
M. Arseneau :
...alors que votre approche semble très ciblée sur les besoins des individus
localement, et j'ai de la difficulté
à comprendre que, par exemple, dans une ville comme Montréal, si vous voulez du
transport relativement ordonné, vous excluriez, si je comprends bien,
tout pouvoir à la ville de mieux cibler les... ou de mieux...
M. Ducas
(Marc-Antoine) : Je me suis
peut-être mal exprimé. La ville va évidemment travailler en concertation
avec nous. Ça, c'est bien entendu. Mais le
citoyen québécois automobiliste, en fait, répond au ministère du gouvernement
du Québec. D'accord? Donc, je verrais... Je pense, ça risque d'être très compliqué que je
m'occupe d'avoir un permis, que je m'occupe de, fiscalement, travailler
avec le gouvernement du Québec d'une main, mais que je doive répondre à des contraintes de planification qui arrivent,
dépendamment... Je traverse une rivière puis la règle change. Ça me semble
assez ingérable, là. Donc... être prudent là-dessus.
M. Arseneau : Oui. Mais
j'espère que vous allez pouvoir — je répète ce que certains de mes
collègues ont dit — coucher
sur papier les éléments principaux de votre proposition parce qu'il y a
sûrement des détails qui nous échappent.
Vous êtes très éloquent, mais ça va très vite, puis on est peu familiers avec
votre modèle. Parce qu'il y a des éléments,
pour moi, qui me semblent vaguement contradictoires entre l'idée d'avoir un
transport planifié de la maison jusqu'au travail, ordonné, complémentaire à ce qui existe déjà, et le projet du
gouvernement, qui est le projet de libéralisation complète, où, un matin, les chauffeurs d'Uber peuvent
décider d'aller travailler ou non, ce qui peut, évidemment, faire tomber
l'offre.
Et là je vais
vous poser une question plus ciblée. Votre modèle repose, si je comprends bien,
pour donner confiance à l'utilisateur, sur un bassin de chauffeurs de
taxi qui, eux, sont disponibles, là?
M. Ducas
(Marc-Antoine) : Oui, de chauffeurs rémunérés.
M. Arseneau : Ou de taxi ou
d'Uber, ou...
M. Ducas
(Marc-Antoine) : C'est ça, oui, oui.
M. Ducas (Marc-Antoine) : C'est-à-dire
que c'est la béquille qui permet au reste du modèle de tenir.
M. Arseneau :
Exactement, mais c'est plus que la béquille, ça semble le point d'ancrage de
votre modèle, sinon, les gens ne feront pas confiance, ça ne sera pas
aussi fiable que voulu.
M. Ducas
(Marc-Antoine) : Exact.
M. Arseneau :
Donc, quand le projet... quand, dans
les discussions de la commission, on dit que le modèle actuel de transport des personnes et du taxi va être
durement mal mené, est-ce que ça, ça ne vous fait pas un peu peur pour votre
modèle?
M. Ducas (Marc-Antoine) : Au contraire, ça va être beaucoup
plus simple pour nous parce qu'il y a des endroits au Québec où ne pouvait pas opérer parce que la compagnie
de taxis avait un monopole et refusait toute souplesse, alors notre zone d'opération a été un fromage. Là, ça va
devenir simple, on va pouvoir opérer partout au Québec facilement, là, donc ça
simplifie beaucoup notre modèle.
M. Arseneau :
Ah! d'accord, je n'ai plus de temps. Merci beaucoup.
Ducas (Marc-Antoine) : Prochaine fois.
Président (M. Polo) : Merci beaucoup,
M. le député des Îles-de-la-Madeleine. M. Ducas, je vous remercie pour
votre contribution aux travaux de la commission.
suspends les travaux quelques instants afin de permettre aux représentants de Covoiturage Amigo Express de prendre place. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à
10 h 31)
Président (M. Polo) : À
l'ordre s'il vous plaît! À l'ordre s'il vous plaît! Ayant
constaté le quorum, je déclare...
Le Président (M.
Polo) : Je souhaite maintenant la bienvenue à Covoiturage Amigo
Express. Je vous rappelle que vous disposez
de 10 minutes pour votre exposé, puis nous procéderons à une période
d'échange avec les membres de la
commission. Je vous invite donc à vous présenter, parce qu'ici j'ai quatre
noms, mais je vois que vous êtes trois, donc je vous invite à vous présenter ainsi que les personnes qui vous accompagnent
et à procéder à votre exposé. La parole est à vous. Merci.
M. Vachon (Marc-Olivier) : Bonjour. Bonjour, M. le ministre, bonjour, tout le monde. C'est un plaisir d'être là. Alors, moi, c'est Marc-Olivier
Vachon, directeur général et fondateur.
M. Proulx
(Félix) : Ici, Félix Proulx, directeur, Produits.
Ouellet
(Jean-Sébastien)
: Jean-Sébastien Ouellet,
directeur et service à la clientèle.
M. Vachon (Marc-Olivier) : Alors, on est heureux d'être ici pour aider le gouvernement à bonifier le projet de
loi.
On va parler de covoiturage interurbain puis je vais m'attarder sur c'est
quoi, du covoiturage. Vous allez trouver, il est dont bien motivé, ce gars-là, de nous parler de covoiturage, mais c'est parce qu'il y a beaucoup de confusion. Le covoiturage, la définition du dictionnaire, si on veut, puis la
définition qu'en fait la loi, et votre projet
de loi aussi, d'une certaine façon,
c'est quoi? C'est quelqu'un qui a à se déplacer et puis qui décide d'offrir des
places dans son véhicule pour rendre service puis pour rentabiliser... bien, en fait, pas pour rentabiliser, mais
pour partager des frais, si on veut. Donc, ce n'est pas du transport à la demande, c'est réellement quelque
chose qu'on fait comme une... ce n'est pas la raison pour laquelle on se
déplace. J'espère que c'est clair pour tout le monde.
y a la confusion pour deux raisons. La première, c'est qu'il y a des joueurs de
transport à la demande qui martèlent le
mot «covoiturage». Pourquoi? Bien, parce que ça a une bonne presse, le covoiturage, mais ce n'en est pas, c'est des gens... ils sont faciles à
reconnaître, là, ils disent «covoiturage urbain» à toutes les phrases. Il y a des gens qui
parlent de covoiturage
commercial aussi. Moi, quand j'entends ça, j'ai de la misère à ne pas rire, là,
j'ai comme l'impression d'entendre «bénévolat rémunéré», là, pour moi, ça ne
fait pas de sens. Mais on parle de covoiturage, O.K.? Covoiturage interurbain, pour nous, bien, c'est ce qu'on fait
chez Amigo Express. Je ne sais pas si vous connaissez Amigo Express, mais,
si vous ne le connaissez pas, vous êtes à un degré de séparation de quelqu'un
qui connaît très bien ça, parce qu'on a un
demi-million de membres au Québec. Un demi-million, ça, c'est deux fois le nombre
de personnes qui ont signé le pacte.
Amigo Express et le
covoiturage interurbain, c'est une particularité québécoise qu'il faut
défendre, qu'il faut reconnaître. Pourquoi
je vous dis ça? Parce que... On va y
arriver. Mais on sort la définition du covoiturage dans le projet de loi n° 17, puis c'est
extrêmement malheureux. Ça fait 40 ans qu'il y a des passionnés qui vont
la promotion du covoiturage de longue distance au Québec. Ça a commencé
avec Allo-Stop. Peut-être qu'il y en a d'entre vous qui se souviennent d'Allo-Stop. Nous, on a poursuivi, et puis ça va
super bien. Il n'y a aucune autre province canadienne, aucun autre État
américain qui peut se vanter d'avoir une communauté de covoiturage de longue
distance aussi vivante que le Québec. Donc,
j'espère que j'ai assez insisté pour vous faire voir que... On ne fait pas
beaucoup de bruit. On a un gros défaut, par exemple, c'est qu'on focusse 100 % nos énergies à s'occuper de
notre clientèle au lieu de faire du lobbying. Je m'excuse, là, mais,
moi, c'est... il faut que ça sorte. Je pense que c'est important.
Ce qu'il
arrive avec le projet de loi... Bien, premièrement, là, donnons un exemple de
c'est quoi, du covoiturage. Je vais
encore continuer sur mon lien de covoiturage, là. Bon. Vous retournez à Granby
ce soir, vous retournez dans votre comté
de Lotbinière ce soir, vous y allez dans votre propre véhicule. Vous avez trois
places de libres dans votre auto, vous dites :
Aïe! Je pourrais en faire profiter quelqu'un. Et là vous dites : Bien, on
va charger 15 $ par personne. On ne fait pas d'argent avec ça, et
ça, c'est une particularité aussi.
Il y a de la confusion envers le covoiturage,
parce que le covoiturage dérange. Qui dérange-t-il? Bien, les autres joueurs dans l'industrie qui font du longue
distance pour... On ne va pas les nommer, mais on les connaît. Et puis ce qu'on
a remarqué, nous, depuis quelques années, c'est qu'il y a de la désinformation
qui est faite sur Amigo Express, sur le covoiturage de longue distance. Mais
nous, on est là pour vous l'assurer, on a mis en place beaucoup de procédures
en interne pour s'assurer qu'on respecte la
loi actuelle. Donc, la raison du transport, ce n'est pas prendre des passagers.
Prendre des passagers, c'est accessoire
à la raison du transport. La deuxième raison, c'est l'argent. Dans le fond, le
but, ce n'est pas de faire de l'argent avec ça, et ça, c'est défini dans
le projet de loi que vous avez fait pour ce qui est du longue distance.
Mais, malheureusement, la condition essentielle
qui protège le covoiturage, c'est la raison du transport, et ça, si on y arrive, ça se trouve, dans le fond, dans
l'article 150. Nous, dans le fond, on sort de la définition du covoiturage,
O.K., parce qu'il y a la limite de 100 kilomètres. Donc, là, nous,
on est protégés uniquement par l'exception de l'article 150, paragraphe 5°,
donc on se retrouve après les baptêmes puis les voitures antiques de plus de 30 ans :
«La somme versée pour une course, pour
chaque passager, n'excède pas le montant prévu par [le] règlement du
gouvernement.» Donc, ça, c'est
l'article qui nous... fait en sorte qu'on a encore le droit d'opérer, si on
veut. Mais c'est de notre avis qu'on devrait faire toujours
partie de la définition du covoiturage,
parce que c'en est, et puis que la condition de la raison du transport, bien,
devrait nous concerner aussi. Ça, c'est bien évident.
Si on garde seulement l'idée qu'il ne faut pas
dépasser tel prix, bien vous allez avoir des gens qui vont se transformer en espèces de professionnels du
covoiturage puis qui vont faire des transports de longue distance. Ils ne font
à peu près pas d'argent avec ça. Mais, nous,
ça, ce genre d'individus là, on n'en veut pas dans notre communauté. On n'en
veut pas, pourquoi? Parce que c'est
désagréable, pour un passager, de voyager avec ces gens-là, ce n'est pas
l'esprit du covoiturage. Quand on entre dans une voiture de covoiturage
d'Amigo Express, on voyage avec quelqu'un qui retourne dans sa région, qui peut nous parler de sa région. D'ailleurs, c'est une
super façon de visiter le Québec. Vous avez toutes les chances d'embarquer avec un Gaspésien
supercool si vous voulez être passager dans un départ de covoiturage. Donc,
ça, c'est hyperimportant pour nous. Donc,
ça, ce n'est pas l'esprit du covoiturage, ce n'est pas ce que, nous, on veut
promouvoir. Puis aussi ce n'est pas sécuritaire. Pourquoi? Bien, parce qu'une
espèce de professionnel du covoiturage qui fait plusieurs allers-retours, lui, là, c'est sûr que ce n'est
pas... il n'est peut-être pas superalerte, là, tu sais, après son deuxième
aller-retour, et... Bon, je pense
qu'on comprend assez bien. Puis ça, c'était dans la loi actuelle. Il y avait des bonnes raisons pour lesquelles la loi actuelle était là. Puis moi, j'ai participé
à une autre commission parlementaire il y a trois ans. Puis on était tellement contents
d'avoir pu mettre ces deux points-là dans la loi, la raison du transport, et la
deuxième, c'est ne pas dépasser un certain montant parce qu'on ne veut
pas faire d'argent avec ça.
maintenant, je comprends que... On a entendu l'autre intervenant avant nous. Il
a l'idée de donner un incitatif de plus avec une question monétaire, là. Je ne
suis pas contre ça. Tu sais, moi, je vous parle de covoiturage interurbain,
le reste... D'ailleurs, je peux peut-être
même vous le dire, je vous félicite, comme gouvernement, de vouloir faire
bouger des choses. C'est
extraordinaire pour la mobilité au Québec. C'est juste que, des fois, en
faisant bouger des choses, c'est un peu comme changer une ligne de code en programmation, le site Web est
«down», O.K.? Nous, c'est un peu comme ça qu'on le vit.
Alors, je ne sais pas si mes collègues ont
d'autres choses à rajouter. Je vous félicite aussi d'avoir nommé le covoiturage dans la loi. Pourquoi? Parce que ça en
fait un peu une appellation contrôlée. Il y a différents joueurs qui veulent
s'appeler «covoiturage», mais qui n'en sont pas. Je vous rappellerais qu'en
France on n'a pas le droit d'utiliser le mot «covoiturage»
si ce n'en pas réellement. Ils en ont fait un peu comme le vin d'appellation
contrôlée. Donc, ça, c'est bien. C'est
ce que vous avez fait un peu ici, malgré qu'on en soit exclu. Donc, si tu mets
du gaz carbonique dans une bouteille de vin blanc, ce n'est pas du
champagne. Donc, le covoiturage, ça devrait être la même chose.
Je ne sais
pas si mes collègues ont d'autres choses à rajouter. J'ajouterais peut-être
aussi qu'Amigo Express est tenu à
bout de bras par des passionnés. On est 23 employés. Zéro subvention
depuis notre fondation. Et puis on encadre le covoiturage aussi de façon très intense. On a un centre d'appel. Le
client est vraiment au centre de nos préoccupations. On vérifie les permis de conduire, on fait un paquet
de choses pour encadrer la communauté. Et puis il y a des effets environnementaux indéniables. Est-ce qu'encore, à
notre époque, il faut défendre le covoiturage en disant qu'il a des effets
environnementaux? Je vais le faire.
20 500 tonnes de CO 2 de moins dans l'atmosphère en 2018,
537 000 places offertes. Donc,
c'est ça, le covoiturage interurbain. C'est quelque chose... C'est un trésor
national. C'est comme ça qu'il faut le voir.
Le Président (M. Polo) : Il
vous reste 1 min 20 s à peu près. Poursuivez.
Ouellet
(Jean-Sébastien)
: Oui. Puis on a une très belle communauté, une
communauté de membres, en fait, qui
vont afficher des transports, pas dans le but nécessairement dans un objectif,
c'est important, en fait, de le mentionner, dans un objectif mercantile, de générer un revenu, de générer un emploi.
C'est vraiment un échange de services qui est fait. Donc, n'importe qui qui peut être en contact, même, qui va prendre
le temps d'aller regarder les témoignages, le forum qu'on a, en fait, nos réseaux sociaux de la
compagnie, vont comprendre rapidement en tant que tel c'est qui, les
utilisateurs. Ces utilisateurs-là,
c'est des citoyens québécois qui ont le droit, en fait, dans ce cas-ci, d'avoir
une plateforme comme ça. Donc, tout
le monde est fier de pouvoir entraider, de façon globale, le Québec, mais aussi
les citoyens, nos membres, somme toute, à partager la route, partager la
route en esprit de partage et d'entraide avant tout.
Président (M. Polo) : Merci. Quelques dernières paroles avant
qu'on procède au... Il vous reste 30 secondes à peu près.
M. Vachon
(Marc-Olivier) : Bien,
peut-être vous dire que ce qu'on souhaite, en fait, nous, ce n'est pas de
changer la loi, c'est de conserver des dispositions qui sont dans la loi
actuelle, la raison du transport. Vous l'avez reconduite, mais juste pour le 100 kilomètres et moins.
Puis la question aussi de la rémunération, on va en parler, mais vous, vous
avez prévu une limite par passager
pour la contribution de nos conducteurs. Nous, ce qu'on aimerait, c'est
conserver la limite par course. Donc,
on ne veut pas qu'un conducteur pacte son char de passagers pour avoir le plus
d'argent possible. C'est : la limite, elle devrait être les frais
d'utilisation du véhicule tout simplement.
Le Président (M. Polo) : Je
vous remercie pour votre exposé. Nous allons maintenant commencer la période
d'échange. M. le ministre, la parole est à vous.
M. Bonnardel :
Merci, M. le Président. Messieurs, bienvenue. Oui, vous avez un foutu beau
modèle d'affaires. On s'amusait juste avant
à être capable de vois si je pouvais partir de Québec tantôt et me rendre à
Granby avec Amigo, à Montréal. Ce n'est pas trop, trop compliqué. C'est
assez simple. Bien, le coût est de 15 $, 20 $ maximum.
Maintenant,
expliquez-moi un petit peu. Vous n'êtes pas un OBNL. Vous êtes une société en
bonne et due forme, incorporée,
j'imagine, et tout ça. Juste m'expliquer le modèle, là. Si j'avais, tantôt,
pesé sur le bouton, je partais de l'Université
Laval ou peu importe à Québec, là, ça me coûtait 15 $, me rendre à
Montréal, ou 20 $. Le modèle, là, le 15 $, les frais que vous gardez versus la somme que le
conducteur a décidé de garder... Je vois que c'est assez bien écrit, là, le
nombre de places dans l'auto, fumeur, pas fumeur, machin, là. Je pense que vous
avec bien défini.
M. Vachon
(Marc-Olivier) : Le portrait
d'affaires, c'est un abonnement annuel, dans le fond, ce qui nous permet,
nous, d'encadrer la communauté, le centre
d'appel, tout ça, il faut payer ces gens-là. On a cinq programmeurs aussi. On
est en train de lancer une application mobile. Donc, tu sais, il faut faire
vivre ces gens-là. Donc, c'est un abonnement annuel. Ça coûte 7,50 $ pour s'abonner de façon
annuelle. Puis, à la réservation, aussi, il y a un frais qu'on appelle de mise
en contact. Donc, ça, c'est un frais
qui est payé à Amigo Express. Donc, c'est en dehors de l'échange d'argent des
passagers. Donc, ça, c'est le moteur économique de l'entreprise, si on
veut.
M. Bonnardel :
O.K. Vous dites qu'il y a 500 000 personnes qui utilisent Amigo et,
vous m'avez entendu maintes et maintes fois, là... Dans un contexte de
changement de comportement des gens, puis de délaisser l'auto solo, puis d'être
capable d'amener les gens à covoiturer, quelle est la progression de votre
société depuis les cinq dernières années? Êtes-vous capables de me donner ça
ou...
Vachon (Marc-Olivier) :
Bien, j'ai la courbe ici devant moi, là. Mettons, en 2012, on était
97 000, en 2016, 341 000.
Là, on est rendus à 588 000. Ce n'est pas tous des membres actifs, là, il
faut dire, là. C'est des gens qui ont utilisé notre service, c'est des gens qui sont favorables à la cause. On
continue d'être en contact avec ces gens-là. Les membres actifs,
réellement, je crois que c'est de l'ordre de 200 quelques milles, je ne suis
pas absolument certain.
Une voix : Un peu plus de
200 000, oui.
M. Vachon (Marc-Olivier) :
Un peu plus de 200 000. Donc, c'est beaucoup, beaucoup de monde qui font
du covoiturage. Puis je pense que ce qu'il
faut dire là-dedans, c'est qu'on a un superbeau modèle d'affaires. Oui, c'est
vrai, on... Bon, moi, je suis
là-dedans depuis 15 ans. J'ai déployé... Je pense que vous êtes, vous,
entrepreneur, là. Tu sais, on a déployé des efforts absolument incroyables pour
ça. Mais le mérite revient aux usagers du service. Le mérite revient à
la culture du Québec aussi. Pourquoi? Parce
qu'on est une culture où les gens sont fins, où les gens partagent la route. Ça
fait que ça, ce n'est pas nous autres qui l'a inventé, puis ça, le crédit
revient au Québec. Puis c'est un peu pour ça que le... vous avez peut-être ressenti un peu d'indignation,
malgré que je sais que c'est peut-être juste un oubli, en fait. Je le crois
parce que ça n'a juste pas de bon sens.
Mais le
crédit revient à ces gens-là, et puis il faut le reconnaître. Je pense que
c'est bien de faire de la place aux nouveaux
joueurs. C'est bien de dire : Aïe! Le domicile-travail, là, il faudrait
que ça marche au Québec. Puis on est tout à fait d'accord avec ça. Donc, le
projet de loi a été fait en ce sens-là, puis je pense que la limite du 100 kilomètres
vient un peu de l'idée d'encadrer ça puis de l'encourager. Mais, c'est
ça, qu'Amigo Express devienne l'exception, bien, c'est... Amigo Express est exceptionnel, mais ne devrait
pas être l'exception, au contraire, devrait être vraiment inclus dans la
définition du covoiturage.
Bonnardel : Est-ce qu'on devrait mieux définir l'intra puis
l'interrégional? Est-ce qu'on devrait... Parce qu'à quelque part soyez
rassurés, là, votre modèle, je l'adore, puis on veut le protéger, puis je veux
que vous vous rendiez à un million
d'usagers. C'est aussi simple que ça. Mais là est-ce qu'on devrait... Bon, si
on parle à Netlift, tantôt, là, qui disait : Nous, c'est de la
maison au travail, lieu de travail. Vous, c'est plus interrégional. Est-ce
qu'on devrait mieux situer ces deux formes de transport?
M. Proulx
(Félix) : Bien, ça dépend,
en fait, c'est quoi, le but. On est au courant, en fait, que ce ne sont pas les
mêmes incitatifs qui sont efficaces pour le trajet à courte puis à longue
distance. Bon, les raisons ont été discutées tout à l'heure, le nombre de kilomètres, même la
consommation d'essence en ville n'est pas pareille. Il y a l'enjeu du
stationnement, l'enjeu du trafic, qui
sont beaucoup moins importants sur le covoiturage longue distance. Donc, c'est
sûr que ça va être extrêmement
difficile pour vous si vous souhaitez promouvoir les deux pratiques sans qu'il
y ait de dérives commerciales. Ça
pourrait être un outil intéressant que d'avoir un palier intermédiaire en bas
de 100 kilomètres. Donc, ce que j'en comprends, c'est que c'était
ça, l'esprit du projet de loi. On n'a pas d'objection, en fait, à ce qu'une
telle séparation existe, tant qu'elle ne pénalise pas les activités déjà
existantes pour les covoiturages à plus longue distance, les covoiturages
interurbains.
Bonnardel :
Ça fait que, dans votre compréhension de ce qu'on a écrit, vous, demain matin,
là, la loi est adoptée, il n'y a rien
qui change, là? Votre objectif, votre objectif est encore d'aller en chercher
le plus possible, puis on ne vous a pas mis d'écueil.
M. Vachon (Marc-Olivier) :
Ce qui change, c'est que l'élément important qui protège la pratique, si on
veut, la raison du transport, disparaît. Alors là, ce qu'on va voir
apparaître... Puis c'est contre-intuitif, ça, de penser ça. S'il n'y a pas d'argent à faire, pourquoi est-ce qu'il
y aurait des gens qui feraient du faux covoiturage? Mais nous, on est, de
nos 15 ans d'expérience... C'est ça
qu'on essaie de vous expliquer, en fait, là. De notre expérience, nous, on sait
qu'il y a des comportements
divergents qui vont apparaître si on exclut la raison du transport. On est un
peu comme des gens qui habitent dans la forêt, là, puis il y a des
moustiquaires, puis il y a quelqu'un qui arrive, puis il dit : Ah!
j'aimerais ça avoir plus d'air, on va
enlever les moustiquaires. Mais c'est, comme, non. Il va y avoir des brûlots
qui vont rentrer, puis ça va être tannant, puis ça va entacher la
pratique du covoiturage.
Présentement,
nous, on montre patte blanche, là. Tous nos usagers, à notre connaissance, font
du vrai covoiturage. Mais, à partir du moment où est-ce que les gens auront le
droit de faire du transport pas pour leurs propres besoins, mais parce que ça leur tente d'avoir des passagers,
bien ce n'est plus du covoiturage, puis là ça risque de pénaliser tout le
monde. Et là le seul levier législatif qu'il va vous rester, c'est la
limite de contribution par passager. Et là comment vous allez faire pour ne pas pénaliser les gens qui font du
vrai covoiturage de façon ponctuelle? Si vous dites : Ah! on baisse ça,
là, les gens ne font vraiment plus
d'argent pantoute avec ça, et même que
ça va être... tu sais, c'est un moustiquaire, là, tu sais,
cette affaire-là. Puis il est important. Puis c'est ça qu'on essaie
d'expliquer.
Bonnardel :
Voulez-vous... Oui, allez-y.
M. Proulx
(Félix) : Oui. Bien, c'est ça,
en fait, ce qu'on essayait de dire, c'est que, si le seul levier législatif,
c'est l'argent, il est
essentiellement impossible de trouver un montant qui soit à la fois dissuasif
pour une personne qui essaierait de faire un minimum d'argent et qui soit à la fois un incitatif intéressant pour une personne qui en fait de manière occasionnelle. Bon,
là, le problème, plus spécifiquement, c'est qu'il y a...
Le montant
ici, dans l'exclusion, est défini par passager. Ça veut dire, par exemple, que le montant pour un étudiant qui fait ça une fois par mois, un aller-retour, qui embarque deux personnes
dans son auto, il n'est plus du tout soumis aux mêmes contraintes qu'une... en
fait, il est justement soumis aux mêmes contraintes qu'une personne
qui aurait, par exemple, une minivan puis qui passerait sa journée à faire
des allers-retours entre Montréal puis Québec. C'est
sûr que, spécifiquement, si le prix, là, est défini par passager, il y a une énorme... bien, une
sorte d'économie d'échelle si on fait beaucoup, beaucoup de kilométrage avec beaucoup de places. Puis il y a des gens qui vont
réussir à s'en tirer puis dire : Ah! bien, moi, j'entre dans le
cadre de la loi, mais je suis quand même capable de faire un petit profit.
Puis ça,
c'est pour ça qu'on dit que la raison du transport, c'est ça qui est le plus important.
Même, tout à l'heure, on entendait M. Ducas parler, j'avais envie de
sauter dans l'arène pour dire : La raison du transport, c'est ça
qui définit ce qui est un covoiturage puis ce qui ne l'est pas. C'est
presque impossible de définir un montant. Même quand, au final, vous allez définir un montant par course, que ce
soit 0,43 $ du kilomètre ou quoi
que ce soit, ce montant-là ne sera jamais totalement efficace pour
différencier ce qui est un covoiturage puis ce qui n'en est pas un, parce que
les gens peuvent trouver une manière de faire des économies par-ci, par-là en
faisant plus de kilométrage. La raison du déplacement est absolument
primordiale dans la définition de la loi.
Bonnardel :
Vous amenez un bon point, là. Là-dessus, on va y travailler, ça, je vous le
garantis. Mais à l'article... Avez-vous le projet de loi devant vous?
Bonnardel :
À l'article 147, l'alinéa 2°, on dit...
L'article se lit comme suit :
«Pour l'application de l'article 146, le covoiturage s'entend du
transport rémunéré de personnes par automobile qui remplit les conditions
suivantes :
le chauffeur décide de la destination finale et la prise de passagers à bord
est accessoire à la raison pour laquelle il se déplace.»
Est-ce qu'il faut
modifier ça ou ça...
Une voix :
C'est parfait.
M. Proulx (Félix) : Bien, c'est qu'il ne nous inclut pas, parce que selon le 3° ici, cette
définition-là ne concerne que les covoitureurs qui font moins d'un total
de 100 kilomètres, alors que ça concerne peu nos membres, qui font faire
majoritairement des transports au-dessus de 100 à 200 kilomètres.
Bonnardel :
O.K. Je vous suis. Avez-vous des questions, les collègues?
Une voix :
Non, merci.
M. Vachon (Marc-Olivier) : Je sais, ça porte à confusion, hein, cela dit. On
comprend qu'on est dans une forme d'exception. Bon, ce n'est pas une
interdiction, là, tu sais, mais, pour vrai, nous, quand on a lu le texte de
loi, pendant un bon 48 heures, on pensait qu'on n'avait plus le
droit d'opérer. On a appelé un haut fonctionnaire du ministère des Transports. Lui aussi, ça lui a pris comme un 24,
48 heures avant de nous rappeler. Ah, non, non, non, il y a quelque chose
pour vous. Équiterre, même chose, ils ont contactés, ils étaient en panique
totale, qu'est-ce qu'il se passe, le covoiturage interurbain... Vous voyez? J'ai même contacté des compagnies d'autobus,
puis eux étaient comme... pas mécontentes de ça, tu sais? Mais c'est de
reconduire qu'est-ce qu'il existait déjà pour le plus de 100 kilomètres
essentiellement.
Bonnardel :
Je vous assure, avant de passer la parole, je vous assure d'une chose, là...
Vachon (Marc-Olivier) : Bien, je vous crois totalement, puis
d'ailleurs l'article qui est paru ce matin dans Le Journal de Montréal ,
moi, il y a juste ma photo là-dedans, là, il n'y a rien de ce que j'ai dit au
journaliste, là. Parce que je... On le sait, là, que votre but, ce n'est
pas d'empêcher l'interurbain, là, tu sais?
Bonnardel :
Non, non. Ce serait ridicule, dans une politique de PMD...
Vachon (Marc-Olivier) : Tout à fait.
Bonnardel : ...de vous oublier puis de mettre à mort le
travail que vous avez fait dans les dernières années avec aujourd'hui
près de 600 000 personnes, là. Ce serait à l'encontre de ce qu'on
peut imaginer puis pour se préparer pour les
10, 15, 25 prochaines années, là. Soyez assuré, si on doit modifier
certaines choses pour que vous soyez, encore une fois, assuré d'où on
s'en va, on va le faire. On va le faire.
Président (M. Polo) : Bienvenue à... j'allais vous dire :
Bienvenue en politique. De se faire mal citer... M. le député de
Beauharnois.
Reid : Merci beaucoup, M. le Président. J'aimerais vous
entendre sur votre clientèle type. Comment... Le profil de la clientèle puis
également la provenance. Quelque part, tant de pour cent vient de Montréal...
Bien, sans entrer dans le détail, mais votre gros pourcentage de la
clientèle provient d'où?
Ouellet
(Jean-Sébastien)
: On peut observer trois
pôles en fait, principalement, pour la provenance de la clientèle. Donc, on va avoir, en fait, principalement, des gens qui vont
résider dans le Grand Montréal, on va avoir, en fait, la population qui va
résider évidemment dans la belle ville de Québec, mais aussi on va avoir
beaucoup d'universitaires, beaucoup
d'étudiants qui vont fréquenter, par exemple, l'Université de Sherbrooke. Donc, on a ces trois pôles-là, nécessairement. Puis les transports, principalement, vont se coordonner dans ces régions-là, nécessairement. C'est sûr qu'on n'oublie pas, bien, les petites régions,
qu'on pourrait mentionner, l'Abitibi... Parfois, il n'y a pas beaucoup
d'alternatives, en fait, dans ce
cas-ci, au covoiturage pour le déplacement. Donc, c'est un... on pourrait dire,
en fait, une option de choix, là, pour les personnes qui ont à se
déplacer.
Mais principalement
on entend Québec, la ville de Québec, le Grand Montréal, puis on va...
Ouellet
(Jean-Sébastien)
: Exactement.
M. Reid :
...centres urbains. Il y a un enjeu aussi qui a été soulevé tout au long de la commission,
c'est au niveau de la sécurité des conducteurs. Vous avez parlé...
bon, vous avez une façon de faire pour s'assurer que le conducteur est
correct, mais est-ce que vous allez plus loin? Parce qu'il y a toujours une question
d'inquiétude du passager ou du covoitureur. Qu'est-ce que vous...
Ouellet
(Jean-Sébastien)
: On a un processus, en
fait, dans ce cas-ci. La sécurité, pour nous, va venir principalement dans la vérification du permis de conduire, mais pas seulement dans la vérification du permis de conduire. Donc, à l'inscription, lorsqu'un
membre, en fait, dans ce cas-ci, va s'inscrire sur la plateforme pour devenir
conducteur, il est soumis à l'obligation de fournir un permis de conduire
pour ouvrir son dossier.
Par la suite, évidemment, nous, dans ce cas-ci, dès que le conducteur va
afficher un transport, on a une équipe au service à la clientèle — donc,
on parlait tout à l'heure du nombre d'employés, là — une
équipe de plus de 17 représentants au service à la clientèle qui vont contacter le membre dès le départ, en
fait, dans ce cas-ci, pour s'assurer que les informations téléphoniques, nominatives, sont à jour dans le
dossier, évidemment, c'est toujours très important avant le premier départ.
Par la suite, évidemment, on va aussi expliquer le fonctionnement du service. Donc, on va prendre le temps d'avoir un contact avec tous
les membres. On parle à tous les membres de notre communauté,
c'est important pour nous. Donc, on va
expliquer le fonctionnement du service. S'il y a des questions, on
réaligne un petit peu, dans ce cas-ci, les appréhensions du
membre, dans ce cas-ci, le conducteur.
Puis, par la suite, le membre est évalué. Donc,
pour les cinq premiers départs, toujours l'équipe au service à la clientèle s'assure de toujours
faire l'évaluation de vive voix avec les membres qui ont covoituré
avec ce conducteur-là pour que tous
les membres aient des étoiles, donc, des étoiles, qu'ils soient évalués sur la
plateforme. Ces étoiles-là vont servir,
évidemment, aux passagers par la suite sur le site Internet à faire un choix, donc choisir avec quel conducteur ils vont
pouvoir covoiturer.
Et, par la suite, après ça, dès qu'on a, on pourrait dire, un nombre d'évaluations minimum requis, l'évaluation est laissée à la discrétion du membre
passager. On peut, dans le cas où est-ce que, par exemple, parce que ça peut
arriver, nécessairement, on a une évaluation moins positive, contacter... et,
ça, on va le faire automatiquement, contacter le membre passager qui aura rempli l'évaluation pour prendre les détails en note, s'il y a
un besoin, discuter avec les autres passagers
pour bien documenter le dossier et intervenir en cas de besoin. On peut aussi
signaler un membre, c'est-à-dire,
de facto, tous ses transports vont être
évalués par téléphone. Donc, c'est un processus, en fait, qui est spécifique, qui est à
part, un outil qu'on a, en fait, pour...
M. Reid : Les
antécédents judiciaires, c'est-u vérifié?
Ouellet (Jean-Sébastien)
: Antécédents judiciaires, je dois confirmer en tant que tel qu'on ne va
pas là, en tant que tel. Donc, on va plutôt s'assurer que le conducteur, nécessairement, soit en mesure d'opérer un véhicule dans le cadre d'un
covoiturage, et c'est sûr qu'on va prendre le temps de discuter avec lui. Mais
antécédents judiciaires, je dois vous confirmer que non.
M. Vachon
(Marc-Olivier) : Ce ne sont
pas des employés, comme disait le monsieur de Netlift juste avant nous.
Donc, c'est des citoyens. Donc, je ne sais même pas si on a le droit d'aller
là, en fait.
Reid : Vous avez mentionné une phrase tout à l'heure, puis je veux juste vous entendre, vous avez mentionné : Le
covoiturage dérange. Est-ce que vous pouvez élaborer un petit peu là-dessus, s'il
vous plaît? Ça a piqué ma curiosité.
M. Vachon
(Marc-Olivier) : Le
covoiturage, qui qu'il ne dérange pas? Il ne dérange pas les régions, parce qu'on a besoin d'habiter notre territoire. Il ne dérange pas la planète, il ne dérange pas
les changements climatiques. Je
pense que c'est assez évident, qui il
dérange. Qui fait qu'est-ce qu'on fait? Qui fait des Montréal-Québec? Qui fait des
Québec—Sept-Îles? Bon. Ça, c'est là où est-ce qu'on
dérange.
Par contre,
il y a une super belle complémentarité avec les services de transport
interurbains. Pourquoi? Parce
qu'ils ne vont pas partout, et nous, on va partout au Québec. Donc, ça, c'est
génial. Par contre, ce n'est pas des axes qui sont aussi
populaires.
Mais c'est clair que le covoiturage, c'est une
épine dans le pied, mais qui sera toujours là. Est-ce qu'on va faire disparaître une épine verte? C'est un peu
ça, la question. Ça
fait qu'il dérange, et tant mieux, en fait. Pourquoi? Parce qu'il est
populaire.
M. Reid : Merci
beaucoup.
Le Président (M. Polo) : M. le
député de Bourget.
M. Campeau : Moi qui aime
beaucoup jouer avec les mots, j'ai bien aimé ça quand vous avez parlé d'une
appellation contrôlée. Mêler la SAQ avec le covoiturage, oui, elle était bonne.
Pourriez-vous me parler un peu plus de votre
clientèle? Hommes versus femmes, l'âge moyen. Est-ce que les particularités... mettons, un groupe de femmes
voudrait voyager ensemble, mais ne veulent pas voyager avec des hommes,
par exemple. Sécurité, nombre de kilomètres moyen fait.
Ouellet
(Jean-Sébastien)
: Pour la population
hommes-femmes, on peut entendre, en fait, dans ce cas-ci, dans la communauté en
date d'aujourd'hui, un pourcentage de 53 % de femmes contre, dans ce cas-ci,
47 % d'hommes. Est-ce qu'une femme peut
choisir de covoiturer simplement, seulement avec des femmes? Non. Pour nous, ça
va à l'encontre, en fait, des valeurs de partage, de mise en contact,
nécessairement. Une crainte qui peut s'opérer dans le covoiturage, c'est
nécessairement aller vers l'inconnu, rencontrer quelqu'un qu'on ne connaît pas.
Chez Amigo Express, on va toujours expliquer nécessairement que, bien qu'on
covoiture avec un inconnu, on covoiture avec un Amigo. Et c'est la force d'Amigo Express, c'est d'encadrer, en fait, bien de
prendre en charge, dans ce cas-ci, les membres, pour s'assurer que les membres entre eux, nécessairement, ils aient des bonnes
expériences. Une personne, dans ce cas-ci, qui pourrait avoir des
craintes peut être rassurée aussi avant le départ, nécessairement, et contacter
le conducteur ou le passager, parce que ça
va aussi à l'inverse, nécessairement, les informations sont transmises, sont
mises disponibles après la réservation sur le site Internet. Donc, aspect... on pourrait parler nécessairement de
sécurité, parce que vous avez parlé de femmes et sécurité. Pour nous, ce n'est pas quelque chose qui va
ensemble, c'est plutôt nécessairement, en tant que tel, une situation où est-ce
qu'on va plutôt s'attarder au membre, non pas à son sexe.
M. Campeau : L'âge moyen des amigos
ou des amigas?
Ouellet
(Jean-Sébastien)
: Vous serez surpris. Il y a en fait, dans ce
cas-ci, des tranches d'âge qui sont très, très variées dans la communauté.
Principalement, par contre, on a une très grosse communauté, on ne peut pas le
nier, là, d'étudiants. Donc, il y a beaucoup, beaucoup d'étudiants qui vont
utiliser la plateforme. On pourrait parler d'une moyenne d'âge, en ce
moment, d'environ 27 à 30 ans, on pourrait dire. Donc, la tranche 25-30,
oui.
Campeau : En général, les courses que vous faites sont de distance
de... Vous allez me dire que c'est variable, bien sûr, là, mais...
Ouellet
(Jean-Sébastien)
: Oui, encore, mais on
peut...
Campeau : Vous n'en avez pas beaucoup de 1 à 2 kilomètres. Vous
allez en avoir... ça va être beaucoup plus grand que ça.
Vachon (Marc-Olivier) :
C'est des départs ponctuels, donc c'est sûr que le domicile-travail, nous, on
n'y touche pas vraiment encore. On a un outil domicile-travail, là, tu sais,
qui est utilisé, mais ce n'est pas ça, le centre de nos activités. Donc,
je ne sais pas exactement ce serait quoi, la moyenne de kilométrage, là.
Ouellet (Jean-Sébastien)
: Ça va varier. Je ne pourrais pas non plus, malheureusement... en fait,
on ne pourrait pas vous donner une fausse information, vous renseigner
par rapport à ça. Par curiosité, ça serait simplement d'ouvrir la plateforme puis de voir le nombre de
transports. Je vous dirais généralement du Montréal-Québec, hein? Donc, on
parle d'environ 300 kilomètres, hein? Je ne connais... oui?
Vachon (Marc-Olivier) :
Jean-Sébastien amène quelque chose d'intéressant aussi, c'est qu'Amigo Express,
c'est ouvert, hein? On parlait... j'ai
entendu hier, j'ai attrapé la commission au vol, là, je ne sais pas c'était qui
qui était là, mais on parlait de
divulguer l'information. Tout ce que vous avez à faire, ça serait aller sur
amigoexpress.com, puis vous voyez tous nos départs, là, tu sais. Donc,
il n'y a rien de caché.
C'est sûr
que, si vous voulez aller voir qu'est-ce qu'il se passe de... antécédent, là,
si on veut... Mais, ça, nous, on a déjà été contactés par le ministère des
Transports puis on a manifesté beaucoup d'ouverture, en fait, à divulguer
certaines informations, pourvu qu'on conserve la confidentialité des membres,
là. Donc, il n'y a aucun problème là-dessus.
Ça pourrait
être vraiment très intéressant, en fait, de voir comment est-ce qu'on pourrait
développer le covoiturage ailleurs aussi, dans les régions. Je pense qu'il y a
un besoin criant de covoiturage. Ça donne une fausse impression :
on a l'air d'être gros puis populaires, là,
mais la moyenne de personnes dans un véhicule sur nos autoroutes, c'est 1,25.
On a besoin de 10 fois plus de
covoiturage au Québec, surtout pour les régions. Donc, c'est pour ça qu'on
pense que c'est important que le... on ne parle pas juste de domicile-travail,
on ne parle pas juste de VTC ou de transport à la demande, mais que... Puis ça,
c'est un peu de notre faute, là, en fait, là. Nous, on se concentre vraiment sur
nos membres, là, puis sur faire fonctionner ça, puis c'est le bouche à oreille,
mais, si on pouvait avoir de l'aide du gouvernement pour parler davantage du
covoiturage interurbain, surtout pour les régions, en fait, nous, on serait
vraiment intéressés à collaborer pour ça.
M. Campeau : Merci beaucoup. Moi, je
n'ai pas d'autre question.
Le Président (M. Polo) : M. le
ministre.
Bonnardel :
Oui. C'est quoi, le pourcentage, là, la concentration de ces courses faites, je
pense, principalement, Montréal-Québec? Quand vous dites : Il
faudrait qu'on soit peut-être plus connus au Saguenay, en Abitibi...
M. Vachon (Marc-Olivier) :
Bien, il y a déjà beaucoup de départs, tu sais, qui se font vers la Gaspésie,
le Bas-Saint-Laurent, tout ça, mais, là-bas,
tu sais, c'est un peu l'oeuf et la poule, là, tu sais. Comment on fait pour que
les gens arrêtent de s'acheter un
char puis dire : Aïe! Il y a assez de covoiturage pour que je n'aie plus
besoin de m'en acheter un, autrement
dit. Donc, c'est... je pense que ça passe par un effort de promotion. Quand ça
va devenir vraiment évident que, aïe! il y a un départ aux demi-heures,
là, vers Québec, à partir de Baie-Comeau, exemple...
M. Proulx
(Félix) : Bien, on est dans
une situation particulière où la communauté, c'est aussi le produit en même
temps. Donc, ça prend une certaine base, une
certaine masse critique pour que ça fonctionne bien. Ça fait que, traditionnellement,
Amigo Express s'est étendu, pour faire
l'image, un peu en tache d'huile. Donc, en ce moment, par exemple, on a des
trajets qui vont quand même assez
facilement jusqu'à Toronto, quand même assez facilement jusqu'à Sept-Îles,
etc., mais on n'en a pas beaucoup, par exemple, sur la
côte ouest. Donc, ce qu'on voit, en
fait, c'est que cette masse critique là grandit, mais avec une certaine
proximité géographique. Donc, à savoir comment faire pour rendre ça plus
populaire en région, bien ça commence par bien développer les axes entre
les principales villes de régions.
Vachon (Marc-Olivier) :
L'axe principal Montréal-Québec est super important, pourquoi? Parce que les gens
de Québec, Montréal, bien, ça va leur arriver d'aller en région.
Donc, ça, c'est des gens qui sont déjà convertis au covoiturage, donc c'est des gens : Aïe! Il faut que j'aille voir ma mère,
c'est la fête des Mères, je m'en vais à, je ne sais pas, moi, Forestville, bien
c'est des gens qui, spontanément, vont l'annoncer. Donc, les axes qui sont très
populaires, c'est un peu le bassin, en fait, qui fait que ça se répand comme en
toile d'araignée ou en tache d'huile, si on veut.
Président (M. Polo) :
Parfait. Je vois le député de Rivière-du-Loup—Témiscouata qui souhaiterait intervenir.
Tardif : Merci. Alors, rapidement,
oui, Allo-Stop, je suis de cette génération-là et j'ai bien connu. Amigo, bien j'ai
une jeune fille, donc bravo pour l'ouvrage que vous faites et surtout les
services que vous offrez. Ce qui m'intéresse, évidemment il y a beaucoup
de départs Montréal-Québec, Québec-Sherbrooke, on le sait, que c'est le
triangle d'or, je reviens aux régions, et
vous comprendrez, comme représentant régional... Qu'est-ce que vous avez à
faire... au niveau de votre notoriété, je pense que c'est clair aussi,
mais qu'est-ce que vous voulez faire concrètement pour offrir aux régions ou interrégions, vous avez abordé brièvement, mais
avez-vous un plan d'entreprise pour pouvoir et vouloir développer cet aspect-là? Je vais prendre l'exemple
Rivière-du-Loup-Rimouski, Rivière-du-Loup—Matane, est-ce qu'il y a quelque chose de
votre côté, il y a une réflexion ou il y a quelques éléments qui s'en viennent
pour ça?
Vachon (Marc-Olivier) :
J'aimerais vous dire oui, mais la réflexion, elle est entamée, elle est entamée
depuis longtemps. Ce qui arrive,
c'est que nous, on s'est fait connaître beaucoup par le bouche à
oreille, en fait, puis c'est là-dessus qu'on
a misé depuis le début, donc on a fonctionné avec du référencement. Ce qui
arrivait, c'est qu'on offre, et on offre toujours la possibilité, pour
un membre du service, d'abonner gratuitement un ami pendant six mois. Donc, on
a essayé de faire de la publicité, cela dit, là, même en région, je me souviens
qu'on avait fait une brochure dans les Publi-sac, on a essayé plusieurs choses, mais c'est réellement le bouche à oreille
qui fonctionne bien. Et puis je vous dirais même que, par des efforts publicitaires, on s'est même dit,
à un certain moment, on va aller à L'oeil du dragon mais version
anglophone, à la CBC, ça s'appelle Dragons' Den . Moi, je déteste passer
à la télé ou... bon, tout ça, mais on va le faire, on va se sacrifier,
c'est ça, ça fait que rappelez-moi pas une quatrième fois, s'il vous plaît.
M. Vachon (Marc-Olivier) :
Oui. Mais ce qu'on s'est rendu compte, c'est que, dans l'espace d'une soirée, 1 000 membres. Le lendemain, 500, puis ça
s'est amenuisé après. Mais ce qu'on remarque, c'est que le bouche à oreille,
puis de focusser sur notre clientèle, puis
d'offrir un excellent service, 1 000 membres par semaine, régulièrement, toujours, c'est comme ça qu'on progresse. Donc, on n'est pas
assez... on devrait faire venir, peut-être, de l'expertise, en fait, un peu
plus pour maîtriser ça, la publicité, maîtriser le marketing, mais c'est une
fierté qu'on a de dire : Nous, on ne fait pas de publicité, là, nous, on n'en fait pas de lobbying, là. Nous, notre
publicité puis notre lobbying, là, ça s'appelle du service à la clientèle. Mais c'est un défaut, puis
j'entends tout à fait ce que vous me dites. J'aimerais ça pouvoir vous
dire : Oui, on a un plan pour
les régions, mais on a essayé plusieurs choses, mais ça n'a jamais vraiment
fonctionné, bon, selon nos espérances, malheureusement. Mais peut-être
que...
M. Proulx (Félix) : Oui, bien, ceci
dit, je veux quand même préciser que les exemples que vous avez donnés, Rimouski, Rivière-du-Loup, Matane, généralement,
il est assez facile de trouver des trajets, là. C'est sûr que... je considère,
en fait, que c'est des corridors qui marchent déjà assez bien.
M. Tardif :
Donc, je prenais ces exemples-là...
M. Proulx (Félix) : Oui, c'est ça...
M. Tardif :
...j'étais dans ma région, mais j'en connais d'autres, là.
M. Proulx
(Félix) : En fait, ce que je
veux dire, c'est que c'est sûr que, là où va parler, peut-être, plus de
difficulté à aller rejoindre les gens, on parle quand même de communautés
beaucoup plus petites que ça, là, par exemple, qui ne seront pas sur la route entre un grand axe. Mais, quand
on parle de régions comme, par exemple, la Gaspésie, le Saguenay, l'Abitibi,
ils sont desservis dans la mesure où il
n'est pas difficile pour une personne qui peut être un petit peu flexible avec
les heures, là, de se trouver facilement un trajet pour voyager.
M. Vachon (Marc-Olivier) :
On offre des destinations intermédiaires aussi. Donc, une personne qui annonce,
mettons, Montréal vers Gaspé, il va pouvoir égrainer, tu sais, sa route puis
dire : J'arrête à Drummondville, à Québec, à Montmagny, bon, tous ces
endroits-là, donc on peut offrir plusieurs possibilités. Si on veut même
prendre des gens en route aussi, donc la
plateforme le permet, puis on encourage les gens à le faire aussi. Quand on
annonce un départ, il y a une grosse annonce qui dit... Oui?
Le Président (M. Polo) :
Merci beaucoup. Je suis désolé d'interrompe votre réponse. Votre temps est
écoulé pour le groupe gouvernemental.
Alors, j'invite l'opposition officielle, M. le député de La Pinière, à procéder.
Vous avez 17 minutes.
M. Barrette :
Merci, M. le Président. Alors, bienvenu. À mon tour de vous souhaiter la
bienvenue à cette consultation.
Vous étiez là tantôt,
là, je vous ai vu. Alors, bon, je pense que vous êtes dans la gang de ceux que tout
le monde comprend ce que c'est, là. C'est vous autres qui êtes dans le coin,
pas dans le champ gauche, dans le coin gauche.
Vous
avez beaucoup de préoccupations sur votre reconnaissance et la
perception que le milieu politique peut avoir de votre milieu puis vous
souhaitez très clairement à ce que ce qui est dans la loi actuelle soit
reconduit, n'est-ce pas? C'est un peu
l'esprit de votre mémoire, là. Mais il me semble qu'il y a
des choses qui ne sont pas là qui vous voudriez qui soient, ça se
peut-u? Dans la loi actuelle, là, qui...
Vachon (Marc-Olivier) : Il y a quelque chose qui est reconduit,
mais qui est reconduit de façon bizarre. C'est
la limite de contribution pour les passagers. Puis je vais vous lire qu'est-ce qu'il y a dans la loi actuelle puis je vais
vous lire qu'est-ce que...
M. Barrette :
Je ne me rappelle pas si...
M. Vachon (Marc-Olivier) : Bien, je l'ai ici, dans notre mémoire, c'est la
page... attendez, là... c'est la page 8. Donc, la loi actuelle, pour ce qui est de la
contribution de nos conducteurs : «Le transport est offert moyennant une
contribution financière qui se
limite, quel que soit le nombre de personnes à bord de l'automobile — j'aurais dû le souligner, là — aux frais
de l'utilisation de celle-ci...»
Donc, là, c'est clair, là. Ça, c'est codé. En programmation, on dirait «hard
coded» dans la loi. C'est pour tes frais. C'est tout.
Dans
le projet de loi, à quoi ça ressemble, c'est... puis ça, je l'ai à
la page... O.K., excusez-moi, je l'ai un peu plus loin... je l'ai
à la page 11 : «La somme versée pour une course, pour chaque
passager, n'excède pas le montant prévu par [le] règlement du gouvernement.»
Donc,
de un, pour chaque passager, on pense que c'est une erreur, puis, de deux, le
règlement du gouvernement, on appelle
ça un «back door» en programmation. Donc, c'est quelque chose qui n'est pas
hard codé, c'est quelque chose qui est en dehors de la loi. Donc, s'il y a
une administration qui arrive puis qui est très favorable au covoiturage, le
règlement, wou hou! Puis une administration au contraire qui ne serait pas favorable au covoiturage pourrait
dire : Bien, on va baisser ça, tu sais.
Nous,
dans le fond, ce qu'on dit, c'est : Pourquoi avoir changé
ça, pourquoi pas, laisser... si vous voulez mettre une limite d'argent, là, peut-être
que vous ne voulez pas la mettre, je ne sais pas, pour nous, ce n'est pas la
condition essentielle, mais si vous
voulez la mettre, mettez-la pour que ça dit exactement ce qui en est. Donc
c'est quoi, le covoiturage? C'est payer les frais d'utilisation de mon
véhicule. «That's it.»
Donc, là, on fait
référence à un règlement que nous, on ne sai