Labour and the Economy — 28 November 2023 (43rd Legislature, 1st Session)

CET 2023-11-28

Quebec — Committees

Labour and the Economy — 28 November 2023 (43rd Legislature, 1st Session)

CET 2023-11-28

Quebec — Committees

La Présidente (Mme

D'Amours) :

Bonjour, tout le monde. Ayant constaté le quorum,

je déclare la séance de la Commission de l'économie et du travail ouverte.

commission est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi

n° 38, Loi modifiant la

Loi sur

la gouvernance et la gestion des ressources informationnelles des organismes

publics et des entreprises du gouvernement et d'autres dispositions législatives.

Mme la secrétaire, y

a-t-il des remplacements?

Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. Mme Tremblay (Hull) est

remplacée par Mme Abou-Khalil (Fabre) et Mme Cadet (Bourassa-Sauvé)

est remplacée par Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont).

La Présidente (Mme

D'Amours) : Merci. Lors de l'ajournement de nos travaux, jeudi

dernier, nous venions d'adopter

l'article 10. Nous en sommes donc à l'étude de l'article 11. M. le

ministre, vous pouvez procéder à la lecture de cet article, s'il vous

plaît.

M. Caire : Merci.

Bonjour, Mme la Présidente. Bonjour, collègues. Merci, Mme la Présidente.

Donc,

l'article 11 se lit comme suit :

L'article 19 de cette loi est

modifié par l'ajout, à la fin, de l'alinéa suivant :

«Le ministre assure

le leadership de la transformation numérique et de la cybersécurité de

l'Administration publique.»

Donc,

l'article 19, on va rajouter un paragraphe. Déjà, l'article 19

établissait qu'on était chargé d'élaborer, de proposer

au gouvernement des politiques, et là on vient spécifier que le leadership en

matière de transformation numérique et de cybersécurité est assuré par

le ministre.

La Présidente (Mme

D'Amours) : Merci. Commentaires sur l'article 11?

Setlakwe : Oui. Oui, merci, Mme la Présidente. Bonjour à vous tous.

Donc, je dirais que c'est un ajout de taille, là, c'est une disposition

importante du projet de loi, et j'ai quelques questions, là, d'ordre général.

Puis je ne veux pas revenir sur toutes les discussions qu'on a eues jeudi

dernier, juste peut-être commencer par nous expliquer ou nous confirmer si ce

type de libellé-là, où un ministre prévoit, enchâsse dans une loi son

leadership, puis ici on dit spécifiquement

que le ministre assure le leadership de la transformation numérique et de la

cybersécurité de l'administration publique... est-ce qu'on retrouve ce

type de libellé ailleurs dans le corpus législatif?

M. Caire : Oui, au niveau du ministère de l'Économie et de

l'Innovation, c'est essentiellement le même libellé que vous allez

retrouver.

Setlakwe : Est-ce que... Merci. Vous avez mentionné, la semaine

dernière, ça a été mentionné durant le briefing technique, qu'il y avait ou que

vous avez tiré certains constats, depuis la création du ministère, puis c'est

normal, les choses évoluent, il y a des dossiers qui ont été mis de l'avant, il

y a eu le dossier SAAQclic, on pourra peut-être

y revenir tout à l'heure, mais vous avez mentionné spécifiquement qu'il y a des

fausses perceptions associées à la mission du ministre de la

Cybersécurité et du Numérique, donc par rapport à votre mission. Donc,

peut-être, la prochaine question

serait : Pourquoi réagir à ce stade-ci? Pourquoi avoir... ne pas avoir

prévu ce texte-là, ce libellé-là dès la constitution du ministère? Puis

est-ce que c'est en réaction à... au dossier SAAQclic ou à un autre dossier?

M. Caire : Non,

en fait, je vous dirais que... Bien, c'est un ensemble de dossiers. Donc, ce

qu'on constate, c'est qu'il y a beaucoup d'initiatives,

puis, vous le savez, Mme la députée, on a parlé des 2 538 projets,

puis je vous dirais que c'est aussi

en lien avec le portefeuille de projets prioritaires où on voit qu'il y a un

appétit pour une transformation numérique au sein du gouvernement, il y

a une volonté de faire la transformation numérique, mais cette volonté-là de le

faire en cohérence avec une vision gouvernementale, ça, c'est moins présent.

Les ministères et les organismes, puis je

descendrais même au niveau de tous les organismes, sont beaucoup dans :

mon organisation, la transformation numérique de mon organisation. Et on

a moins ce réflexe-là de dire : Oui, mais mon organisation, c'est une

entité du gouvernement, donc la

transformation numérique, elle doit être gouvernementale, et je dois

participer, comme organisation gouvernementale, à cette transformation

numérique là et pas juste à ma transformation numérique.

Donc,

quand on a créé le ministère, il y avait cette volonté-là d'avoir cette

cohésion-là, mais on se rend compte maintenant, à presque deux ans d'existence,

que cette disposition-là, elle doit être marquée de façon plus formelle, plus

enchâssée dans la loi, en fait.

Mme Setlakwe : Pour donc mettre de

l'avant les projets...

Caire : Le réflexe soit... des organismes soit : Où

est-ce que je suis, moi, dans cette vision-là gouvernementale, et moins

dans, tu sais, comment moi, j'assure ma transformation numérique, puis les

autres, ils feront, tu sais, selon ce qu'ils

ont besoin, là. Donc, d'avoir cette idée-là, de dire : Un instant, là, il

faut que, tout le monde, on se fédère autour de l'idée que nous sommes le gouvernement du Québec et nous devons nous

transformer numériquement. Puis, quand je

vous disais : Il y a un lien avec le portefeuille de projets prioritaires,

bien, ça, ça veut dire peut-être qu'on va prioriser des projets puis

d'autres devront être, disons, plus patients, mais que ça se fait au bénéfice

de l'ensemble.

Mme Setlakwe : Donc, j'entends qu'il

y avait du travail en silo.

Caire : Oui. Ah! oui, tout à fait. Absolument. Puis c'est

vrai en cybersécurité puis c'est vrai en transformation numérique aussi,

beaucoup, beaucoup. On a fait une première grosse avancée avec la loi n° 95,

mais adopter la loi, la mettre en application puis que les gens comprennent la

portée de la loi, des fois, il y a des décalages. Puis là je pense qu'on est à

l'étape de se dire : Bon, bien, écoutez, ce n'est pas juste légal, là,

c'est un concept. On a mis en place un ministère

pour assurer la... aussi pour assurer la transformation numérique du

gouvernement de façon plus cohérente, et donc il est normal que ce ministère-là assure le leadership. Puis là

maintenant on vient le marquer de façon plus formelle.

Mme Setlakwe : Mais est-ce que vous

ajoutez des pouvoirs ou c'est simplement de rendre explicite ce qui était

implicite?

M. Caire : C'est de rendre explicite

ce qui était implicite.

Mme Setlakwe : OK Puis, dans le

quotidien... puis je ne veux pas reprendre la discussion qu'on a eue la semaine passée, là, vous avez vraiment bien

expliqué la séquence, là, le plan de transformation numérique, ce qui émane

des organismes, le portefeuille des projets prioritaires adoptés par le gouvernement

après votre recommandation, la programmation

qui en découle, etc., mais, dans le quotidien de la vie du ministre du

Numérique et de la Cybersécurité numérique, qu'est-ce que ça veut

changer d'avoir ce texte-là?

Caire : Bien, ça va amener le réflexe... c'est un peu ce

que je vous disais la semaine dernière, ça va amener le réflexe dans les

ministères et organismes d'abord de se sortir du «mon organisation» puis de se

voir comme une entité du gouvernement du Québec, donc de dire : OK, ce

plan-là, cette vision-là, cette transformation-là, on veut la faire gouvernementale, d'une part, et, d'autre

part, d'avoir le réflexe de tourner les yeux vers le ministère. Bon, parce que,

dans le quotidien, ça veut dire : OK, quelles sont les orientations du gouvernement,

par exemple, dans l'intégration de

l'intelligence artificielle? C'est quoi, les grands axes sur lesquels on veut

développer l'intelligence artificielle? Est-ce que le ministère de la Cybersécurité et du Numérique peut mettre à ma

disposition des ressources qui vont m'aider dans... des ressources, des

expertises qui vont m'aider dans cette transformation numérique là? Ce qui est

le cas, hein, on a mis en place le Centre

québécois d'excellence numérique puis on veut que cette entité-là puisse aussi

aider puis amener de l'expertise à l'interne dans la transformation numérique.

Donc,

c'est vraiment d'avoir le réflexe, quand on pense transformation numérique, de

penser au ministère de la Cybersécurité comme étant un acteur vers lequel on

peut se tourner.

Setlakwe : Je comprends puis... Mais d'avoir prévu ailleurs,

là, cette espèce de hiérarchie, parce qu'on a parlé de différents pouvoirs ou

d'obligations légales, là, d'exécuter les projets prioritaires, ça, ce n'était

pas suffisant?

M. Caire : Non, parce que, comme je

vous disais, les projets prioritaires... puis le portefeuille de projets prioritaires, il va être quand même... on veut

qu'il soit limité, parce que, l'idée, c'est justement de dire : Il faut

arrêter de s'en aller partout. Mais, comme je vous disais, une fois que

ces projets-là, prioritaires, sont exécutés, les organismes peuvent quand même

disposer de ressources qui vont leur permettre d'exécuter leur propre plan,

mais ça aussi doit faire l'objet d'une cohésion puis d'une cohérence avec

l'ensemble.

Puis je donne

un exemple : si j'ai besoin de faire de la gestion immobilière pour une

raison x, bon, bien, est-ce que je suis la seule entité du gouvernement

qui a besoin de faire de la gestion immobilière? Probablement pas. Alors,

est-ce que le ministère de la Cybersécurité et du Numérique peut me dire est-ce

qu'il y a, par exemple, déjà un tronc commun, une application qui serait

transversale, qui pourrait me permettre de faire ça? Est-ce qu'on peut

mutualiser ces ressources-là? Est-ce qu'il y a lieu de faire un projet à

plusieurs ou est-ce qu'il y a déjà quelque chose? Alors, comprenez-vous? C'est d'avoir le réflexe de

dire : Même dans sa propre transformation numérique... Tu sais, ce n'est pas

juste de dire : Bien là, OK, le projet prioritaire, c'est correct, c'est

le gouvernement, puis on embarque là-dedans, mais

le reste, là, ça m'appartient, c'est moi. On revient dans le «moi». Puis c'est

juste de briser ce réflexe-là puis se dire : Un instant, oui, vous

avez des besoins, puis oui, vous êtes les mieux placés pour répondre à ces

besoins-là, puis oui, vous devez être

capables de vous transformer numériquement pour être plus performants, plus

efficaces, mais ça ne vous dédouane pas de regarder, par exemple, au niveau des orientations, au

niveau des standards, au niveau de la mutualisation, au niveau des bonnes pratiques, comment on peut

faire ça. Et ça, ça aussi, ça va s'inscrire dans une volonté gouvernementale

d'agir de façon commune et conforme.

Mme Setlakwe : Merci. Évidemment,

là, ce nouvel alinéa s'inscrit dans une loi qui existe déjà. Puis juste l'article suivant, dans la LGGRI, 19.1, on dit que

«le ministre peut signifier aux organismes publics des attentes en matière

de transformation numérique». Ça, honnêtement, je trouve que cette

disposition-là, il me semble que ça vient un peu diluer ou ça vient... Puis ça ne vient pas créer de la confusion, selon

vous? Vous venez de dire que, tu sais, en amont, là, il y a tout le

processus à suivre, l'exécution des projets prioritaires, le leadership, là,

on... Tu sais, vous comprenez ce que je veux

dire, là, le nouveau texte s'inscrit entre le premier alinéa de 19 et l'article

subséquent, 19.1. Après ça, on vient dire tout simplement : «Le

ministre peut signifier aux organismes des attentes».

Setlakwe : Mais il me semble que... Comment vous l'expliquez,

cette disposition-là? Comment ça se marie avec ce qu'on vient de

discuter, avec cet ajout qu'on veut faire à 19?

M. Caire : Parce qu'au niveau des

attentes en matière de transformation numérique on est plus dans la volonté

d'exécuter, c'est-à-dire que, bon, comme je vous disais la semaine dernière,

les ministères et organismes doivent élaborer des plans de transformation numérique,

bon, bien, il faut s'assurer, à ce niveau-là, est-ce que le plan est suffisamment ambitieux, est-ce que le plan

amène l'organisation dans une transformation numérique qui est vraiment...

qui vise vraiment l'efficacité et le service

aux citoyens, est-il privilégié par rapport à la commodité interne, est-ce que

les priorités sont aux bonnes places, est-ce qu'on est vraiment...

Puis je vais vous donner un exemple. Sans

mentionner d'organisme, Mme la députée, je vais vous donner, tu sais, un plan

de transformation numérique où l'essentiel des projets visait la transformation

numérique des processus à l'interne. Donc,

au niveau du confort des employés de l'organisme, c'était excellent, par

contre, tout le volet interface avec le citoyen, à notre avis, était... passait

deuxième. Alors, quand on parle de signifier des attentes, c'est dire :

Bien non, vous devez prioriser le citoyen,

donc vos projets devraient viser à donner un service plus efficace au citoyen,

puis après ça vous... ou trouver un équilibre, par exemple. Donc, les

attentes, on est plus à ce niveau-là.

Setlakwe : OK. Je comprends. Donc, vous avez donné un

exemple, dans le fond, au stade de l'élaboration des... du plan de

transformation numérique.

M. Caire : Essentiellement. Oui.

Oui.

Setlakwe : Par exemple? Parce que ce n'est pas juste de

dire : Laissons les organismes élaborer leur plan, je vais évaluer

tout ça...

Mme Setlakwe : ...je vais créer une

priorité...

M. Caire : C'est qu'il faut quand

même dire : Écoutez...

Mme Setlakwe : ...vous pouvez

intervenir. Oui?

M. Caire : Voilà. Vous avez tout à

fait raison.

Mme Setlakwe : OK. Je me rapporte à

des discussions qu'on a eues à l'étude des crédits, on a parlé de la maturité

numérique des organismes publics. Il y a quatre catégories, là. Puis ça, c'est

en vertu de l'outil qui s'appelle Radar numériQc?

Mme Setlakwe : C'est une mesure de

la maturité numérique organisationnelle des organismes publics du gouvernement en fonction de, bon, 18 bonnes

pratiques numériques gouvernementales. Donc, sans savoir exactement où les ministères ou les organismes se situent, là,

dans ces quatre catégories-là — novice,

numérique, ouverte, productive — on

sait quand même qu'ils ne sont pas tous au même niveau, là, il y aurait comme

quatre niveaux. Comment est-ce que vous allez vous inscrire? Comment vous allez

exercer votre leadership vis-à-vis ces différentes catégories-là, sachant que

la maturité est variable?

M. Caire : En fait, c'est une

excellente question qui nous ramène au point que vous venez de soulever sur les

attentes, parce que, ça aussi, ça peut faire

partie des attentes qu'on va

signifier au niveau de l'augmentation de la maturité numérique.

Et comment on va le faire? Bien,

premièrement, par la normalisation, la standardisation, puis ça, c'est important,

parce que les... la maturité numérique doit se mesurer aussi en fonction de

certains paramètres qui sont communs à l'ensemble

des... des organismes. Donc, ça, c'est les premières choses. Bon. Et, comme

vous le voyez, là, à ce niveau-là, le ministère a déjà des pouvoirs. Et

donc, par rapport à ces normalisations-là, ces standards-là, on peut signifier

aux ministères et organismes, dans nos

attentes, de dire : Bon, bien, on s'attend à ce que tu mettes l'emphase,

par exemple, sur ta capacité opérationnelle en matière de transformation

numérique.

Donc,

c'est... ça vient vraiment faire une espèce de cohésion sur l'ensemble, le plan

de transformation numérique, la maturité numérique de l'entreprise, les

attentes qu'on est capables de signifier. Puis le leadership, bien, c'est

justement... En parallèle, comment on peut assumer le leadership, c'est

en les aidant là-dedans. Donc, nous, il faut mettre...

Parce

que, vous remarquez, dans le projet de loi, je pense qu'il y a un certain

équilibre entre les pouvoirs qu'on a mais

les obligations qu'on se donne aussi, puis il faut que le ministère ait des

obligations. Donc, nous, on veut être capables d'accompagner nos

ministères et organismes dans l'acquisition de... d'expertises ou de

capacités... de capacités opérationnelles. Donc, c'est pour ça qu'on va mettre

en place des ressources qui vont permettre... excusez, qui vont permettre à ces

ministères et organismes-là d'atteindre les standards puis d'atteindre le

niveau de maturité numérique qui seront signifiés dans les attentes.

Mme Setlakwe :

Est-ce que vous sentez une

certaine résistance de certains ministères, certains organismes à...

M. Caire : Non.

Ce n'est pas de la...

Setlakwe : ...à ouvrir leurs livres et à exposer leurs défis?

M. Caire : Non. Non, là-dessus, non. Là où les organismes

sont plus craintifs, c'est dans la... notre capacité à nous d'harmoniser nos attentes par rapport à ce qu'eux

doivent faire. Parce que c'est sûr que le ministère de la Cybersécurité et

du Numérique, sa raison d'exister, c'est la transformation numérique. Ce qui

n'est pas le cas des organismes, leur raison d'exister, c'est une prestation de

services. Le numérique, c'est un outil, c'est un support. Alors, eux, dans leur

conception des choses, c'est sûr que la priorité, c'est livrer le service pour

lequel ils sont en place, ils sont là. Et, souvent,

ils peuvent voir les exigences en matière de numérique comme un fardeau

supplémentaire qui est mis sur leurs épaules. Ça, je le vois beaucoup.

Puis c'est pour ça qu'il faut qu'on soit capables, nous, de les accompagner

dans la gestion du changement, il faut qu'on

soit capables de les accompagner dans l'augmentation de leurs capacités

opérationnelles puis il faut qu'on soit capables de les accompagner

aussi dans les... peut-être, les lacunes d'expertise pour lesquelles ils n'ont

pas un intérêt. Je veux dire, chaque organisme du gouvernement n'aura pas une

cellule d'expertise en intelligence

artificielle. On comprend qu'il n'y aurait pas de volume pour ça, il n'y aurait

pas d'intérêt. Donc, la mise en commun

de ces ressources-là puis l'accès à ces ressources-là pour les différents

ministères et organismes, ça, c'est... ça

fait

partie des craintes qui sont exprimées souvent puis auxquelles nous, on

doit répondre.

Donc, c'est de créer,

je vous dirais, cet environnement de confiance là, qui va faire en sorte qu'ils

vont bien comprendre pourquoi on leur

demande de faire ça, quel est l'avantage, là, qu'est-ce qu'il y a là-dedans

pour les ministères et organismes

dans leur capacité opérationnelle, puis en quoi ça vient les aider à augmenter

leur capacité à bien remplir leur mission.

Setlakwe : Est-ce qu'il y en a qui viennent vous dire d'emblée,

là : Moi, je... tu sais, on a vraiment le souhait, là, d'arriver dans

l'ère moderne puis d'offrir des plateformes, tu sais, conviviales, à notre... à

la population, aidez-nous? Est-ce qu'il y en a qui disent : Venez-nous...

On aimerait être priorisés?

M. Caire : Oui,

oui, puis par où commencer, souvent.

Setlakwe : Pouvez-vous donner des exemples ou...

M. Caire : Oui, bien, je veux dire, le ministère de

l'Environnement, tu as un ministère qui a une belle volonté de

transformation numérique puis c'est une organisation qui travaille beaucoup sur

sa maturité numérique. Je pense que l'Environnement voit l'importance puis la

capacité de ça. Puis effectivement ils sont en demande pour dire : Bon,

bien, on a des projets, mais comment on peut les réaliser, par où

commencer, comment on priorise tout ça? Ça fait

que ça, on en a, on en a même surprenamment plus qu'on pourrait penser, parce

qu'il y a une volonté des organismes publics de se transformer numériquement. Il n'y a pas d'enjeu à savoir : Non,

moi, je veux continuer à travailler... (panne de son)... C'est surtout

comment on le fait, par où on commence, puis comment on priorise ça, puis,

comme je vous disais, de ne pas voir ça

comme un fardeau supplémentaire, dire : Écoutez, là, moi, j'ai déjà

suffisamment à faire, là, il ne faut pas m'en rajouter sur les épaules,

parce que, tu sais, les ressources ne sont pas infinies, ressources humaines,

ressources financières, et puis, nous, bien,

si on priorise ça, on ne fait pas autre chose, donc comment on peut concilier

les deux. Puis ça, ça fait

partie des choses pour lesquelles nous, on

peut être en soutien.

Setlakwe : Puis, encore une fois, on en a parlé la semaine dernière,

mais il n'y a pas... au sein de votre ministère, il n'y a pas un enjeu de

ressources humaines?

M. Caire : Non,

non. Puis je vous dirais... puis je suis très fier de dire qu'on vient tout

juste de recruter un spécialiste en

intelligence artificielle qui a quitté le Mila, puis je pense que... une

organisation que vous connaissez, qui a quitté le Mila pour venir

travailler au ministère de la Cybersécurité et du Numérique.

En fait, moi, j'ai un solde migratoire positif

par rapport à l'entreprise privée. Donc, en 2022, je n'ai pas les chiffres 2023, mais j'ai 175 ressources

de plus qui sont parties de l'entreprise privée pour venir travailler au ministère

que j'ai de ressources qui sont parties du ministère pour aller travailler dans

le privé. Donc, on a une belle capacité d'attraction, on a des beaux projets,

on a des défis qui sont stimulants, qui sont intéressants.

Puis, écoutez, là, sur les 1 900 ressources,

un petit peu plus, qu'on a au ministère, bon, vous en avez 800 qui travaillent

vraiment plus... SAGIR, bon, les domaines administratifs en périphérie, mais ce

qui nous laisse entre 1 100 et

1 200 ressources qui sont vraiment dédiées aux technologies de

l'information. C'est important. Puis ça, c'est juste au ministère, parce

que, dans les ministères et organismes, il y a aussi des ressources qui

travaillent en technologies de l'information.

Setlakwe : Puis, est-ce que... Quand vous dites que... donc,

vous avez un solde migratoire positif, il y en a plus qui sont venus vers le ministère, donc le public, que d'employés

qui ont quitté vers le privé, mais qu'en est-il de la haute direction?

M. Caire : Bien, je vous dirais que

c'est des cycles qui sont normaux, là. Bon, vous l'avez vu récemment, bon, le sous-ministre a été changé. Puis je vous

dirais que c'est peut-être même un record, parce que trois ans dans le poste de

DPI... Mais, c'est des... c'est un poste, puis là je parle particulièrement du

DPI, c'est un poste qui est extrêmement exigeant, extrêmement exigeant.

Je pense qu'on ne mesure pas à quel point le DPI du Québec est sursollicité. Il

n'y a pas de jour, il n'y a pas de soir, il

n'y a pas de fin de semaine, je veux dire, c'est... parce qu'avec la loi n° 95,

bon, il est devenu, dans les faits, le chef gouvernemental de la

sécurité de...

Mme Setlakwe : ...pour ceux qui nous

écoutent, c'est qui, le DPI?

M. Caire : Le dirigeant principal de

l'information, qui se trouve à être le sous-ministre en

titre du ministère de

la Cybersécurité. Vous avez raison de le préciser, Mme la députée.

Donc, il est le chef gouvernemental de la

sécurité et de l'information, il est le chef de la transformation numérique, il est le gestionnaire de la donnée

numérique gouvernementale, en plus d'être le dirigeant principal. Évidemment,

ces trois fonctions-là, il peut les déléguer

à un sous-ministre adjoint qui va... mais la responsabilité demeure la sienne. Alors,

c'est extrêmement exigeant comme poste.

Mme Setlakwe : Puis là on cherche?

M. Caire : Non, non, non.

Mme Setlakwe : On cherche quelqu'un?

M. Caire : Non, non. Le poste est

comblé.

Mme Setlakwe : Il n'y a pas d'enjeu?

M. Caire : Non, non. Le poste est...

Mme Setlakwe : Il y a eu des

changements, c'est ça?

M. Caire : Bien, le sous-ministre,

mais on a accueilli M. Le Bouyonnec, là...

Mme Setlakwe : Ah oui! C'est ça.

M. Caire : ...qui est maintenant

dans ces postes-là.

Au niveau des

sous- ministres adjoints, bien, c'est sûr que ça, c'était comme... c'est un

nouveau ministère, donc il y avait un

nouvel organigramme, on essayait de restructurer les choses. Mais le ministère,

c'est la fusion de plusieurs entités, hein, on pensait à ITQ, on pense au

sous-secrétariat du dirigeant principal de l'information, d'autres entités qui

étaient dans d'autres ministères, qu'on a regroupées. Donc, on arrivait avec

des cultures différentes. On arrivait avec une philosophie, une vision qui est

différente, un rôle qui est différent.

Alors, c'est normal, je pense, que, dans les

premières années, il y a des gens qui sont d'accord avec ce qu'on fait, il y a

des gens qui ne sont pas d'accord avec ce qu'on fait. Donc, il y a des mouvements

comme ça, ce n'est pas anormal, mais, somme toute, je pense qu'on s'en sort

assez bien, puis nos postes sont comblés.

Puis, comme je vous disais, Mme la députée, je

comprends que, quand on regarde l'organigramme, on dit : Il y a beaucoup

de postes qui sont à pourvoir, mais, dans les faits, nos... excusez, nos cibles

d'heures rémunérées sont même dépassées, là. Alors, on est en discussion avec

le Conseil du trésor à cet effet-là. Mais même si je voulais embaucher, là, je

ne peux pas.

Setlakwe : On devrait tous faire un plaidoyer au ministère... au

ministre des Finances, là, parce que les défis sont grands, ça vous prend du

monde.

M. Caire : Croyez-moi, je plaide, je plaide, je plaide, mais,

en même temps, bon, le ministre des Finances a toutes sortes de réalités

auxquelles...

Setlakwe : Il a des choix à faire.

M. Caire : Il

a des choix à faire.

Setlakwe : Donc, vous avez parlé de l'intelligence artificielle à

deux, trois reprises, et on sait que l'intelligence

artificielle, bon, avance à vitesse grand V, puis ça va changer... ça change

déjà notre monde et ce n'est pas terminé, ça relève principalement du ministère

de l'Économie et de l'Innovation, mais vous en avez parlé. Comment

est-ce que vous, vous vous inscrivez, vous, votre ministère dans...

M. Caire : Bien,

en fait, le ministère de l'Économie, son rôle, c'est de soutenir l'écosystème,

les entreprises privées, les milieux de recherche, bon, les universités dans

leur capacité à développer l'innovation, le savoir et le savoir-faire. Le ministère... mon ministère, nous,

on va travailler en collaboration avec ces acteurs-là pour intégrer

l'intelligence artificielle au sein du gouvernement. Donc, c'est...

Puis

on va le voir plus tard, puis la question que vous posez là, vous allez le voir

plus tard, là, en fait, à l'article suivant où, effectivement, quand on

parle de l'utilisation de technologie, notamment de l'intelligence

artificielle, bien, c'est sûr que le

ministère a un rôle à jouer. Le ministère doit être consulté. On doit pouvoir

donner notre avis sur les orientations qui sont prises.

Puis, à plus forte

raison, lorsqu'on parle de projets de développement ou d'intégrer ces

technologies-là dans les ministères et

organismes, c'est évident que le ministère de la Cybersécurité et du Numérique

a un rôle à jouer de, bon, normalisateur, standardiser, s'assurer,

évidemment, qu'on répond aux questions éthiques.

D'ailleurs,

on a déposé... j'ai déposé la première stratégie d'intégration de

l'intelligence artificielle où il y avait quand même certaines prérogatives à

respecter quant au déploiement de cette technologie-là, parce que, bon, ça,

amène, évidemment, un remodelage de certaines fonctions, donc des compétences

supplémentaires. Il faut s'assurer que notre monde est accompagné

là-dedans. Il y a des postes, on ne se le cachera pas, Mme la députée, qui sont

appelés à disparaître, mais il faut être

capable de travailler avec les ressources pour les amener ailleurs en

requalification. Donc, on est très, très, très actif à ce niveau-là.

Setlakwe : Mais on n'a pas légiféré spécifiquement sur ces enjeux-là.

M. Caire : On

n'a pas encore légiféré spécifiquement sur ces enjeux-là. Actuellement, le

Conseil de l'innovation a fait une grande consultation, un rapport est déposé.

On a demandé à Me Nicolas Vermeys, que vous connaissez peut-être, à l'Université

de Montréal, qui est un des grands spécialistes en droit des technologies, avec

un comité, de faire le point sur le cadre

législatif québécois, parce que, malheureusement, on analyse la situation du

Québec, mais avec le prisme du cadre

législatif, par exemple, aux États-Unis, ou ailleurs au Canada, alors qu'au

Québec on a un cadre législatif, avec

la loi n° 25, notamment, avec la Loi concernant le cadre

juridique des technologies de l'information qui a été adoptée il y a 20 ans, qui était très, très innovant à ce

moment-là, on a un cadre législatif qui est déjà plus solide. Je ne vous dis pas qu'il ne faut pas qu'il soit

modernisé puis qu'il ne faut pas qu'il soit amené au XXIe siècle, mais

déjà on a un cadre législatif qui est plus solide que ce qu'on va voir

ailleurs en Amérique du Nord.

Donc,

potentiellement, oui, légiférer, mais il faut que la loi réponde... d'abord,

s'ancre dans la réalité québécoise, d'une part et, d'autre part, il faut

que cette loi-là réponde aux besoins. Et, pour répondre aux besoins, bien,

encore faut-il les identifier correctement.

Setlakwe : Donc, l'analyse est en cours?

Setlakwe : Vous, vous avez participé, j'imagine, M. le ministre, à la

consultation?

M. Caire : Oui. Puis je conduis moi-même une consultation,

là, à travers l'écosystème, là, avec la cybersécurité, là. Par

extension, on parle aussi, là, de l'ensemble des autres facteurs en

transformation numérique, justement, parce qu'ultimement c'est moi qui aurai à

porter les projets de loi, si tant est qu'il y en a.

Setlakwe : Puis donc ce n'est pas un projet en soi, là, mais c'est...

ce n'est pas un projet prioritaire en soi, mais c'est prioritaire.

M. Caire : Oui,

oui. Bien oui, je vous dirais que oui, parce que plus on travaille en amont,

moins on laisse la situation s'en aller dans toutes les directions. Donc, c'est

important.

Puis même une fois

qu'un cadre législatif est adopté, le temps que la société civile s'y adapte...

La loi n° 25 a été adoptée en 2020, Mme la députée, vous vous en

souviendrez, elle a été mise en pleine application à partir de septembre 2023, là, parce qu'on l'avait échelonnée sur trois

ans, justement, pour que... Puis il y a encore beaucoup, beaucoup, beaucoup d'entreprises ou d'organismes

du secteur privé qui sont à se demander, bien, comment ils vont être

capables de faire face à ce nouveau cadre législatif là. Donc, la société

civile s'adapte, mais pas... peut-être pas au même

rythme qu'on pourrait le croire. Puis c'est important, donc, de... quand on

adopte un cadre législatif, de le faire assez rapidement puis laisser le

temps à la société de s'adapter à ce cadre législatif là, de bien le

comprendre, de comprendre la portée des responsabilités, les obligations, les

droits qui sont... qui font partie... Tout ça, ce n'est pas intuitif, là.

Setlakwe : C'est intéressant, la discussion, parce que je pensais

vraiment que... en tout cas, je voulais clarifier

votre rôle dans cet énorme enjeu qui nous touche tous, là. Ça ne s'en va pas,

on vit avec. J'ai... On reçoit, nous, vous savez, là, les députés, vous

en recevez, vous aussi, mais on reçoit toutes sortes de questions de citoyens,

puis il y en a qui s'intéressent vraiment de

façon détaillée au projet de loi qu'on étudie, on en est bien heureux, là, mais

il y a un résident ou un... je ne sais pas si c'est un de mes résidents,

peu importe, qui était consterné de remarquer qu'aucune mention de l'intelligence artificielle n'était faite dans le projet de

loi qu'on étudie : «Alors que l'intelligence artificielle, et plus particulièrement son encadrement, occupe

de plus en plus de place dans notre société — comme on discute — il est

désolant de constater qu'en 2023 nous n'avons pas d'article de loi ou de

règlement désignant, au minimum, qui est responsable et imputable...»

M. Caire : Mais,

écoutez...

Mme Setlakwe :

...des systèmes... c'est ça, «des

systèmes en intelligence artificielle déployés par nos services

publics.»

M. Caire : Oui,

j'ai lu la même... le même commentaire. Puis, ce que je dirais au citoyen...

Bien, je reviendrai

un peu d'abord sur la réponse que je viens de vous faire. Le cadre législatif

québécois n'est pas le cadre législatif du reste de l'Amérique du Nord. Donc,

il y a déjà des dispositions qui sont prises avec la loi n° 25 sur la protection des renseignements

personnels, sur les processus décisionnels automatisés. La loi n° 25

en parle déjà. Donc, il y a cet aspect-là de la loi. Il y a la Loi

concernant le cadre juridique des technologies de l'information qui est plus la

loi qu'on va privilégier pour l'encadrement de ce qui est technologie.

pourquoi de cette loi, pourquoi on ne retrouvera pas, dans la loi n° 38,

mention de l'intelligence artificielle, bien, c'est parce qu'on vient

modifier les grands paramètres du ministère de la Cybersécurité et de ses

prérogatives. Mais oui, éventuellement,

cette question-là, on devra trouver des réponses et des solutions, mais ça se

fera ultérieurement, dans un autre projet de loi, si tant est, comme je

vous dis, là, qu'il y a nécessité de légiférer, là.

Setlakwe : Mais le véritable leadership, c'est vous ou c'est le

ministre de l'Économie?

M. Caire : Bien,

c'est moi qui vais porter la loi. La Loi concernant le cadre juridique des

technologies de l'information, c'est une loi

dont je suis responsable, comme je suis responsable de la

loi sur la gestion et

la gouvernance en ressources informationnelles, là. C'est les deux

grandes lois dont je suis responsable. Donc, c'est moi qui vais porter ce... Mais évidemment on travaille en

collaboration avec mon collègue du... ministre de l'Économie, parce que,

lui, de par son rôle de développeur de notre

économie, c'est sûr qu'il a un impact important dans cet écosystème-là, donc

on travaille en collaboration.

Mme Setlakwe :

Pensez-vous que, jusqu'à

maintenant, on y résiste, là, dans les services publics, ou on a intégré

la technologie?

M. Caire : Ah

non, il n'y a pas de résistance. Il y a surtout un questionnement sur qu'est-ce

que... qu'est-ce qu'on fait avec ça, là,

parce qu'on entend toutes sortes de choses puis, bon, on voit ChatGPT, mais

comment l'intelligence artificielle peut vraiment venir nous aider dans

l'organisation du travail, la prestation de services, la diminution des erreurs, l'augmentation de notre capacité de

traitement, donc diminuer les temps de traitement. On est... On est à travailler

là-dessus. On est à mettre en place un

centre d'expertise en automatisation et en intégration de l'intelligence

artificielle au ministère pour aider les ministères et organismes, justement, à

bien... bien saisir ce que l'intelligence artificielle, pour l'instant, peut faire, parce que, vous l'avez

dit, là, c'est en évolution. Ce que l'intelligence artificielle fait

aujourd'hui, ce n'est probablement rien par rapport à ce qu'elle va

faire demain.

Donc, nous, c'est un

processus continu de mise à niveau de la connaissance. Puis ça nous amène

aussi, vers les ministères et organismes, à dire : Bien, tu sais, on va se

donner des projets, on va travailler, on va intégrer ça, mais on va le faire de

façon ordonnée, dans le respect de la Stratégie d'intégration de l'intelligence

artificielle qu'on a déposée, parce qu'il faut se donner un cadre éthique, un

cadre légal. Il faut... Il faut aussi mesurer les impacts de ça sur nos

employés et accompagner nos employés là-dedans, là, dans la gestion du

changement, accompagner les décideurs aussi, là, parce que je parle des employés,

mais tous ceux qui ont la gestion de l'État entre les mains doivent être accompagnés pour bien comprendre ce

que ça veut dire l'intégration de l'intelligence artificielle puis comment

ça peut les aider, mais quelles sont les limites à ne pas dépasser.

Setlakwe : Est-ce qu'il y a des... Est-ce qu'il y a des

organismes, des ministères qui viennent de l'avant et vous disent :

Accompagnez-nous, là, on a...

M. Caire : Oui.

On a plusieurs... On a plusieurs projets, notamment avec la Justice, là, pour

avoir un greffe où on utilise l'intelligence

artificielle, un moteur de recherche juridique. Il y a plusieurs projets... un

agent conversationnel aussi dans un autre organisme, là, pour... bien...

donneesquebec.ca, agent conversationnel pour être capable d'avoir accès à de la

donnée ouverte, mais, comme c'est de la donnée non structurée, quelquefois les

recherches peuvent être ardues, donc

dire : Bon, bien, on va intégrer un agent conversationnel pour lequel on

va juste poser la question comme on le fait, puis lui va faire cette

recherche-là à travers toute cette donnée-là non structurée puis ramener les

réponses. Donc, oui, il y a plusieurs... il y a plusieurs beaux projets en

intelligence artificielle.

Setlakwe : Mais c'est énorme, là. Comme, plus on en parle, plus je

trouve ça... je trouve ça gros. Puis est-ce qu'il y a un risque que les projets

prioritaires dont on a parlé, en éducation, en santé... il y en aura d'autres,

là, on va attendre que vous les mettiez de

l'avant, vous les adoptiez puis vous divulguiez publiquement, là, quels sont

les projets prioritaires, mais est-ce

qu'il y a un risque que, finalement, la gestion ou l'encadrement de

l'intelligence artificielle devienne...

tu sais, qu'on n'ait pas le choix de, finalement, mettre nos efforts là-dessus?

Puis quel est l'échéancier que vous avez en tête, là? On a parlé de la

consultation, de la... Qu'est-ce qui a été déposé récemment? Le... La

politique?

M. Caire : En

fait, c'est le rapport du Conseil d'innovation et le rapport du comité sur

l'analyse de notre cadre législatif. Ça, c'est les deux rapports qui ont été

déposés. Puis, pour répondre à votre question...

Setlakwe : À quel moment, déjà, ça a été déposé, ça?

M. Caire : Le Conseil de l'innovation a déposé au mois

d'octobre, si ma mémoire est bonne, là, je ne voudrais pas vous induire

en erreur, là...

Setlakwe : Non, non, non, il n'y a aucun enjeu.

Caire :

...mais il me semble que c'est au mois d'octobre. Puis le comité sur l'analyse

du cadre législatif, c'est il y a deux semaines qu'on a eu la présentation.

Puis, pour répondre à

votre question, je vous dirais : Non, il n'y a pas de danger parce que

l'intégration de l'intelligence artificielle, dans les faits, n'est pas un

projet en soi. L'intégration de l'intelligence artificielle...

Setlakwe : Non, je sais, mais...

M. Caire : ...va

se faire à l'intérieur de projets, et c'est ces projets-là qu'on va... qu'on va

prioriser. Donc, ce qui est important,

c'est, oui — puis

je vous suis totalement là-dessus — s'assurer

que le portefeuille de projets prioritaires est vraiment priorisé, mais, à l'intérieur de ces projets-là, la

composante d'intelligence artificielle, s'il y en a, va devoir faire l'objet d'une expertise puis de faire... de

démontrer la plus-value de ces projets-là. Mais l'intelligence artificielle

n'est pas un projet en soi, l'intelligence

artificielle va faire

partie des projets, et c'est ces projets-là qu'on va

prioriser.

Setlakwe : OK Puis là on s'entend qu'il va falloir ajuster le cadre

législatif, vous l'avez mentionné. Il n'y a pas...

M. Caire : Potentiellement,

oui.

Setlakwe : ...oui, il n'y a pas d'échéancier par rapport à ça encore?

M. Caire : Je

vous dirais qu'on vise le printemps prochain.

Mme Setlakwe :

OK. Donc, si on revient à

l'article 19 modifié... qui sera fort probablement modifié, quand vous dites

que vous assurez... quand la loi dit que «le ministre assure le leadership de

la transformation numérique et de la cybersécurité de l'Administration

publique», suite à notre échange, moi, j'entends que ça inclut l'intelligence

artificielle.

M. Caire : Oui, oui, oui, ça inclut l'intelligence

artificielle. D'ailleurs, c'est la raison pour laquelle c'est mon ministère,

c'est moi qui ai déposé la Stratégie d'intégration de l'intelligence

artificielle, qui est... comme elle est approuvée par le gouvernement,

ça devient une politique gouvernementale, mais c'est... c'est l'initiative du

MCN.

Setlakwe : Puis on ne devrait pas le prévoir spécifiquement ici, là?

M. Caire : Non. Non, parce que le

ministère est responsable de la cohésion, de la standardisation. Donc, les pouvoirs qu'on a sont sur la transformation

numérique. L'intelligence artificielle, c'est une composante de la

transformation numérique.

Mme Setlakwe : OK.

Me Bacon semblait avoir quelque chose à ajouter. Non? OK. Merci.

Donc, c'est

intéressant, on a... les prochains mois vont être très occupés. Il y a toutes

sortes d'enjeux d'éthique, là, qui se posent, là, qui...

Caire : Oui, bien,

en fait...

Mme Setlakwe : Pas juste d'éthique,

de...

M. Caire : Mais, encore là, je vous

dirais, au Québec, on n'est pas si mal. Puis je ne dis pas qu'il n'y a rien à faire, là, comprenez-moi bien, là. C'est un

domaine qui va très vite, c'est un domaine qui nous amène de plus en plus loin.

Mais, tu sais, on a quand même la

Déclaration de Montréal, qui était... qui était une belle innovation en matière

d'éthique. Au niveau de la Stratégie d'intégration de l'intelligence

artificielle, on a des éléments éthiques qui sont prescrits par la stratégie,

qui doivent quand même être respectés par les ministères et organismes. Donc,

comme je vous dis, loin de moi l'idée de

vous dire qu'il n'y a plus rien à faire, mais on n'est pas non plus... Tu sais,

entre «il n'y a plus rien à faire» puis «c'est le désert

total», on... je pense qu'on se situe quand même relativement bien.

Setlakwe : Est-ce que les employés ont signé... Est-ce qu'il

existe comme une espèce de code de conduite que les... ou de bonnes

pratiques que les employés signent...

Mme Setlakwe : ...ou dont ils

prennent connaissance? Non?

Caire : Ce n'est pas... Non, ce n'est pas... Mais tout le

monde... compte tenu que la stratégie est un document à portée

gouvernementale, tout le monde est tenu de la respecter.

Mme Setlakwe : OK, OK. Juste pour...

là, finalement, on... je trouve ça superintéressant, la discussion qu'on a sur

l'intelligence artificielle, mais, pour revenir, donc, à la transformation

numérique, qui inclut le... ou, en tout cas, dont l'intelligence artificielle

est une composante, donc on revient sur l'idée d'introduire ce libellé, que «le

ministre assure le leadership de la

transformation numérique et de la cybersécurité de l'Administration publique».

Vous avez dit que, dans les faits,

dans le fond, ce leadership-là existait déjà, mais, comme c'est nouveau, les

organismes, il faut leur donner un signal clair.

Mme Setlakwe : OK. Ce texte-là, en

soi, ne vous donne pas plus de pouvoirs. Les pouvoirs, vous les aviez.

Setlakwe : Mais, ailleurs dans le texte de loi, je pense

qu'on a clairement ajouté des pouvoirs au ministre, oui?

M. Caire : Oui, oui, oui.

Mme Setlakwe : Et des outils.

Mme Setlakwe : Sans

revenir sur toute la saga SAAQclic, c'est quand même un dossier qui a été

problématique pour les Québécois, puis le déploiement, on s'entend, SAAQclic

avec SAG... je ne veux pas revenir sur la discussion qu'on a eue jeudi, mais ce

que j'ai retenu de ce que vous avez... de notre échange, vous avez été très clair dans le fait que, pour vous, le principal

problème en était un de communication, parce qu'on a lancé SAAQclic et la

première étape, qui était l'authentification de la personne qui voulait accéder

à la nouvelle plateforme. Mais donc, sachant ça, parce qu'on est encore, je pense... puis c'est important de tirer

les leçons, là, de ce dossier problématique, qui a été qualifié de

fiasco, est-ce que ce nouveau texte là, qu'on étudie ce matin, aurait changé

quelque chose?

M. Caire : Non. Non, parce que ce

n'est pas une question de définir le leadership du ministre. Comme je vous

expliquais, quand on parle d'une société d'État, c'est, je vous dirais, dans le

cas du Service d'authentification gouvernementale...

Bon, quand vous regardez l'audit de PricewaterhouseCoopers, il nous disait : Vous auriez peut-être

dû faire le lancement à l'automne, mais, à l'automne, on ne pouvait pas, on

était en projet pilote avec le MFA. Parce qu'il

faut comprendre que la SAAQ n'est pas le premier client du Service

d'authentification gouvernementale, c'est le... c'est le MFA. Mais c'est une petite application que le MFA mettait à

disposition des éducatrices pour lesquelles c'était le Service

d'authentification gouvernementale qui était la façon d'y accéder. Et donc on

parle de quelques dizaines de personnes qui avaient cet accès-là, puis, ça...

nous, ça nous donnait un premier... un premier point de référence sur le bon

fonctionnement du système.

SAAQ était notre premier

gros client. Et donc, quand ils ont fait cette annonce-là, on a pensé que, compte

tenu... vous comprendrez que, bon, le

lancement de l'application du MFA s'est fait dans une grande discrétion, puis

c'est normal, compte tenu du peu de clientèle que ça touchait, là, la

SAAQ était le premier gros client, donc on a pensé que de faire une communication commune était une bonne idée, mais ce

n'était absolument pas une bonne idée, là, je veux dire, ça a juste semé

la confusion.

Puis vous l'avez dit vous-même, puis vous avez

raison, pour les gens, le SAG puis SAAQclic, c'est la même chose, alors que ça n'a rien à voir. Puis là où

c'est pénalisant, c'est que ça ne permettait pas non plus de bien expliquer

le processus par lequel on passe pour créer le compte d'identité. Puis

expliquer ce processus-là est important parce que

c'est de donner confiance au système puis c'est de bien expliquer la démarche,

puis qu'est-ce qu'on a mis en place pour accompagner le citoyen, puis...

Bon.

Ça fait que,

sans revenir sur toute la saga, comme vous l'avez dit, ça, effectivement, ce

n'était pas... ce n'était pas la bonne façon de procéder.

Mme Setlakwe : Donc... Mais vous

aviez le leadership, vous auriez pu dire : Non, non, ce n'est pas la façon

de faire.

M. Caire : Oui, oui, absolument.

C'est avec l'accord... avec la bénédiction du MCN que ça s'est fait, avec

l'accord du secrétariat aux communications gouvernementales et avec les

autorités de la SAAQ, là, qui voulaient... qui

étaient très heureux d'annoncer le nouveau système. Oui, oui, tout à fait. Il

n'y a pas de... Ce n'est pas une question que je n'avais pas le

leadership, c'est une question qu'on a fait une mauvaise évaluation de l'impact

de ça sur la compréhension de ce qu'on était en train de faire, autant du côté

de la SAAQ que nous, du côté du ministère.

Setlakwe : Puis là vous ne jugez pas bon de faire... Parce

que je comprends, là, que SAG a sa propre mission et va continuer

d'exister bien au-delà de... pas au-delà, mais... SAAQclic aussi, mais SAG va

servir à plusieurs fins.

M. Caire : En fait, SAG va servir...

Mme Setlakwe : C'est la... C'est la

porte d'entrée.

Caire : De tous les... toutes... à terme, à terme, parce

qu'il y a une question d'arrimage, mais, à terme, ça va être la porte d'entrée

de toutes les prestations électroniques de services du gouvernement du Québec,

minimalement. Puis je ne vous cache pas, Mme la députée, qu'on est en

discussion avec les autorités municipales, avec le gouvernement fédéral, qui évaluent... puis là je ne veux pas

présumer de la décision qui sera prise, parce qu'ils sont totalement autonomes

des décisions qu'ils prendront, mais qui

pourraient éventuellement utiliser le Service d'authentification

gouvernementale du gouvernement du Québec. Donc, on est largement

au-delà de SAAQclic, mais SAAQclic était notre premier gros client, parce qu'on parle de plusieurs millions

d'utilisateurs, là. Donc, ça, c'était... c'était intéressant comme... de lancer

ce système-là en même temps.

Mme Setlakwe : OK Donc, il n'y a pas

lieu de... Si... Puis là la prochaine étape serait avec Revenu Québec, je

pense?

M. Caire : On a des projets avec le

ministère de la Santé. Là, je ne peux pas en dire plus pour l'instant parce que je ne veux pas non plus présumer des décisions

qui seront prises au niveau du ministère de la Santé. L'Agence du revenu, très

certainement, parce que le SAG va remplacer clicSEQUR, donc, éventuellement,

oui, mais, je vous dirais, à peu près tout ce qu'il y a de

prestations... de prestations électroniques de services au gouvernement du

Québec, là. Puis on a un calendrier assez

ambitieux, là, au printemps 2024, là, pour aller greffer de plus en plus

de services au SAG.

Mme Setlakwe : Est-ce qu'on peut

suspendre une petite minute?

La Présidente (Mme D'Amours) :

Oui.

Mme Setlakwe : Parce que je pense

qu'on arrive à la fin, là, des questions, mais juste question de... Merci.

La Présidente (Mme D'Amours) : Je

vais suspendre les travaux quelques instants.

(Suspension de la séance à 10 h 47)

Présidente (Mme D'Amours) : Nous reprenons nos travaux. Nous en étions à... en

discussion avec l'article 11. Mme la députée.

Setlakwe : Merci, Mme la Présidente, de m'avoir accordé cette brève

suspension.

Donc, j'aurais

peut-être une dernière question ou un dernier sujet à aborder avec le ministre

par rapport à cet

article important, là, qui est l'article 11, qui, on le

rappelle, là, introduit la notion de leadership de façon explicite. J'essaie de voir comment s'inscrit le leadership

du ministre dans un dossier qui a fait l'objet des médias récemment, là, en

fait dans les derniers mois : la

protection des renseignements personnels en santé, les dossiers médicaux des

Québécois.

Il y avait eu des...

un reportage de La Presse au printemps qui avait fait... qui

avait dressé un portrait... En fait, ils avaient même dit que c'était difficile

de dresser un portrait tellement il y avait peu de... peu de mesures de protection en place, il y avait peu de

journalisation, énormément de bris de confidentialité, mais donc, dans certains

cas, impossibilité d'en dresser un

inventaire. Là, on reste sur notre appétit avec... Suite à ce dossier-là, nous,

on avait demandé, à l'opposition officielle, que le gouvernement se

penche là-dessus par voie... on avait demandé un mandat d'initiative. Bon, ça

n'a pas été fait.

Là, plusieurs mois

plus tard, la Vérificatrice générale, pour la première fois, tire des constats,

puis c'est la première fois qu'elle avait...

elle avait audité deux CISSS et des établissements... ou le ministère... et qui

vient nous dire, finalement, que, vraiment, il y a... il y a une

non-protection des renseignements personnels en santé, il y a des accès non

autorisés, il y a des employés qui quittent qui ont encore accès, des post-it

avec des mots de passe non... tu sais, non robustes.

En tout cas, on

pourrait... je pourrais élaborer longuement sur les constats de la

Vérificatrice générale. Je ne le ferai pas, on en a parlé un peu la semaine

dernière. Je pense qu'on s'entend tous, là, qu'il y a quelque chose à faire pour améliorer la protection de nos renseignements

de santé. Éventuellement, on va avoir, j'espère, un bon système en

place, le DSN, là, le Dossier santé numérique, mais ce n'est pas pour demain

matin. Et donc on est face à cet enjeu, qui est franchement épeurant, là, pour

les Québécois, qui se disent : Mais qui surveille, qui s'assure que mon

dossier n'est pas accessible à n'importe qui, pour des raisons non légitimes?

On veut que ce soient les bonnes personnes qui y aient accès, pour des fins

d'efficacité.

Donc là, je me ramène

ici au projet de loi, on vient dire : Vous avez... On vous assure le

leadership, mais, dans le fond, vous

dites : Je l'avais déjà, mais là on va le dire clairement, comme ça tout

le monde va avoir cette vision... pas cette vision-là, mais tout le

monde va devoir...

Caire :

Avoir le même message.

Setlakwe : ...ramer dans la

même direction et va savoir que c'est le ministère qui est en charge, qui

assure le leadership de la transformation numérique.

on a parlé tout à l'heure de la maturité numérique des organismes, et, quand on

établit la maturité numérique des organismes, c'est en fonction de 18 bonnes

pratiques numériques gouvernementales, dont une, qui est la neuvième : «Assurer la sécurité de

l'information et la protection des renseignements personnels». C'est dit

clairement, là, que les organismes...

Bien, d'ailleurs, on le sait, qu'ils ont une obligation, et même le ministère a

une obligation, dans sa loi constitutive, d'établir des exigences de

sécurité de l'information.

Donc,

ma question, c'est : Comment on a pu échapper... échapper ça? Comment se

fait-il que vous n'avez pas établi les exigences? Comment se fait-il qu'on

laisse des ministères et organismes qui détiennent des renseignements personnels et confidentiels... comment est-ce

qu'on... comment se fait-il qu'on les laisse naviguer comme ça, à l'aveugle,

ou ne pas mettre les mesures en place, ne pas classifier l'information, etc.?

M. Caire : Oui, bien, en fait, ça revient un peu à la

discussion qu'on a eue la semaine dernière, où la trop grande prolifération des

endroits où on va collecter et entreposer de la donnée, ça amène un besoin très

large en ressources. Ces ressources-là n'ont pas toutes la formation,

n'ont pas toutes l'expertise pour assurer... assurer un environnement cybersécuritaire... sécuritaire, point, parce que

ce n'est pas juste des problèmes de cybersécurité, là, je veux dire, il y a

carrément des employés qui ont accès aux dossiers papier ou qui ont accès à des

informations sur les dossiers papier auxquelles

ils ne devraient pas avoir accès. Et donc, pour moi, le... Puis je ne vous dis

pas que c'est le seul, là, mais le...

M. Caire : Oui. Oui, oui. Si vous voyez l'ensemble du...

souvent, il y a encore beaucoup trop de dossiers papier... dossiers

électroniques, mais beaucoup trop de dossiers papier aussi, donc il y a une

question de numérisation. Mais donc la loi... bien, sur laquelle vous et moi,

on a collaboré, d'ailleurs, la loi n° 5, avec le

centre national de dépôt de renseignements de santé et de services sociaux, va

faire en sorte, puis c'est un peu aussi la discussion qu'on a eue à l'article 10, donc, de réduire le nombre de

sources de données, de s'assurer que ces sources de données là sont administrées

par des gens qui ont toutes les expertises

nécessaires à le faire correctement. Ça, c'est la façon dont on va être capables

de régler le problème.

Maintenant,

comment on a pu laisser faire ça? Bien, je vous dirais, tu sais, on traîne un

bagage, là, je veux dire, on arrive de quelque part, puis,

malheureusement, je vous dirais que la protection des renseignements personnels

n'a peut-être pas eu toute la considération nécessaire. Maintenant, avec

l'adoption de la loi n° 25, dont les derniers articles ont été mis en vigueur à partir de

septembre de cette année, c'est sûr que ça aussi, ça amène des obligations

légales supplémentaires, là. Donc,

c'est un ensemble de mesures qu'on met en place qui vont corriger cette

situation-là qu'on connaît, mais, entre... comme... c'est un peu ce que je vous

disais tantôt, entre le moment où on met en place la mesure, où on

l'adopte puis le moment où elle est pleinement efficace, malheureusement il y

a... il y a un temps... un temps nécessaire d'adaptation. Puis,

malheureusement, ces situations-là...

Soit

dit en passant, il y a des... il y a des situations, si je ne me trompe pas,

là, qui ont été soulevées par la Vérificatrice générale, qui datent de 2021,

là. Tout n'est pas... 2021, 2022, il me semble, là. Donc, ça, c'est l'autre affaire aussi. C'est qu'entre le moment où la

Vérificatrice générale fait son rapport puis le moment où elle... son audit,

pardon, puis le moment où elle dépose le rapport il y a... il y a un laps de

temps qui s'écoule, là. Donc, c'est un petit peu... c'est un petit peu

décalé dans le temps, là.

Puis,

ceci étant dit, je n'insulterai pas votre intelligence, Mme la députée, en vous

disant que cette situation-là, maintenant,

n'existe plus, là. Ça, c'est... ça existe encore, malheureusement, puis on

essaie de mettre en place les mesures le

plus rapidement possible pour contrer ça. La gestion des accès... écoutez, la

gestion des accès, ce n'est pas la première fois, là, que la Vérificatrice générale dénonce le fait... ce qu'elle a

dénoncé, mais dans d'autres secteurs, parce que ce n'est malheureusement pas

exclusif à la santé, là. Il y a d'autres... d'autres situations qui ont été

décriées par la Vérificatrice générale,

il y a plusieurs années, où, effectivement, la gestion des accès des employés

qui ont quitté, ou qui ont changé de ministère, ou qui gardaient les

accès, ça a toujours été problématique. Mais ce qui est absolument fondamental,

c'est de réduire le nombre de sources de

données, c'est d'augmenter les expertises pour gérer ces sources de données là

à tous les niveaux, autant les accès, que les protections numériques,

que... Bon. Puis on va... là on va être capables de mettre en place un cadre

administratif qui va éliminer ce genre de situations là.

Mme Setlakwe :

OK. Non, je comprends, là, qu'à

terme la mise en application de la loi n° 5 devrait nous amener

dans la bonne direction, mais ce n'est pas pour demain, c'est... Je ne pense

même pas que c'est pour 2024.

M. Caire : Ah!

il faut.

Setlakwe : Il faut que ce soit pour... OK.

Caire :

Ah! il faut, il faut.

Setlakwe : Oui, le Dossier santé numérique va être en place pour...

M. Caire : Mais ça, si je peux me permettre, le Dossier santé numérique, c'est un projet. L'application de la loi n° 5, c'est... peut se faire indépendamment du Dossier santé

numérique, là, ce n'est pas...

Setlakwe : La loi n° 5 mettait en place

les obligations.

M. Caire : La

loi n° 5 vient... puis ces discussions-là que

nous avons eues vous et moi, d'ailleurs... la loi n° 5

vient changer le cadre législatif et la façon dont on va gérer les données de

santé. Comme la loi n° 95 l'a fait pour l'ensemble du

gouvernement, dans un régime général, la loi n° 5

fait... vient faire un regroupement des régimes particuliers, des sept ou huit régimes particuliers qui existaient, là,

vous vous en souvenez sans doute, pour avoir un seul régime pour les

données de santé. Mais oui, c'est sûr que ça va changer, parce que, justement,

c'est cette pluralité-là de bases de données, ou de centres d'information, ou

de collections de données, qui se retrouve un peu partout dans le réseau de la santé. Ça va être terminé, là, on

va être capables d'amener ça au niveau du réseau de la santé, géré par le

réseau de la santé. Puis là, bien, les

différents organismes de la santé vont accéder à cette même banque là, mais à

travers la gestion des permissions et la gestion des accès. C'est ça.

Mme Setlakwe :

Je pense qu'on dit la même chose.

À terme, quand le système va être fonctionnel puis que... Là, il y a

deux projets pilotes dans deux CISSS... deux CIUSSS — j'oublie

tout le temps.

M. Caire : Oui.

Mais je veux faire une distinction qui est très importante, Mme la députée. Le

Dossier santé numérique, c'est l'applicatif,

ça, ça va s'asseoir sur la gestion des données. Donc, la loi n° 5, c'est les fondations, c'est comment

on va gérer la donnée au niveau de la santé, indépendamment de la couche

applicative qui va nous permettre d'y avoir accès — ça,

c'est le DSN. Mais la fondation... Puis c'est la même chose sur la loi n° 95, avec les sources de

données, ça, c'est la fondation, c'est comment on gère les données, où sont les

données, qui y a accès, qui va les gérer, qui va les protéger, qui est

responsable de ça. Ça, c'est ce qu'on a fait, vous et moi, au printemps, avec

la loi n° 5 pour la santé. C'est ce qu'on a fait

en 2021 avec les collègues, avec la loi n° 95.

Puis ça, ça se met en place.

Puis là c'est pour ça

qu'on a eu cette discussion-là à l'article 10, parce que, tu sais, on veut

déployer les sources de données, et tout ça,

puis, bon, il faut accélérer ce processus-là. La loi n° 5

va le faire au niveau de la santé. Donc, on pourrait, indépendamment de toute autre considération applicative, aller

de l'avant avec ça puis avoir une façon de gérer nos données puis de continuer à travailler avec les systèmes qui

sont existants. Ce serait un peu plus compliqué, là, parce qu'il y a une

multiplicité de systèmes, puis ça rendrait la chose complexe. Mais

l'interfaçage qui nous permet d'accéder à la donnée, ça, c'est le DSN, mais la

donnée et sa gestion, c'est un autre projet, puis ça...

Setlakwe : Je pense qu'on dit la même chose.

Setlakwe : Je pense qu'on dit la même chose. Je me souviens

très bien que, oui, oui, il y a les obligations de transmettre, de ne pas garder la donnée pour soi, donc les organismes

entre eux ont l'obligation de transmettre la donnée, la

transmettre pour des fins de recherche. En tout cas, on ne reviendra pas sur

le... on ne viendra pas là-dessus, mais à terme, on devrait améliorer,

mais là on est dans une situation problématique, avec les dossiers de santé.

Mais, juste pour rectifier, là, vous avez dit

que cet... en tout cas, vous avez parlé de dossiers papier, vous savez que le

rapport de la VG touche les dossiers numériques et non pas les dossiers papier?

M. Caire : Oui, je sais, mais...

Setlakwe : OK. Oui. Puis la période couverte par ses travaux,

c'était du 1er avril 2016 au 31 mars 2023.

Caire : Mais ce que je voulais vous dire, Mme la

députée... Je comprends ce que vous me dites sur le rapport de la VG,

mais... Et le problème... il y avait aussi ces problèmes-là avec les dossiers

papier.

Mme Setlakwe : OK. Ma collègue a

raison, les travaux ont porté surtout sur la période de janvier 2021 à mars 2023, mais c'est... tout porte à croire, là,

que ça ne s'est pas amélioré entre... À moins que vous me dites que ça s'est amélioré

entre mars 2023 et novembre 2023?

M. Caire : C'est une bonne question.

Honnêtement, je ne me risquerais pas à une réponse, là, je...

Mme Setlakwe : Vous ne savez pas si

ça s'est amélioré depuis?

Caire : Bien, écoutez, le rapport de 2023, j'imagine que

depuis ce temps-là... Je ne sais pas quelles mesures seront prises et

auront été prises au niveau des CISSS et des CIUSSS, mais ce que moi, je vous

dis, c'est qu'avec l'adoption de la loi n° 5,

là, on va changer la façon de gérer les données, la façon d'accéder aux données,

et la façon d'administrer la donnée va changer d'une façon très importante.

Mme Setlakwe : Non, non, tout à

fait. Mais là...

Caire : Il faut

aller vers ça.

Mme Setlakwe : Mais aujourd'hui, là,

face à cette problématique-là, moi, je regarde les textes de loi, là, puis on est en train de parler du texte de loi qui va

être modifié, il me semble que ça relève de vous, M. le ministre, là, de voir à

ce que l'information soit protégée, de voir à établir des exigences. Je suis en

train de lire la loi constitutive du MCN : «...le ministre assume

les responsabilités suivantes — à l'article 3, huitième

paragraphe : établir des exigences en matière de sécurité de l'information applicables aux organismes publics et ordonner à

ces derniers, lorsque requis, de mettre en oeuvre ces exigences afin d'assurer

la protection de leurs actifs informationnels et des informations qu'ils supportent.»

M. Caire : Tout à fait. Et il y a

des standards qui sont établis, il y a les 15 mesures minimums qui ont été

établies, pour lesquelles les ministères et organismes doivent les mettre en

application. Il y a tout le projet de consolidation des centres de traitement,

comme je vous le disais, on passe de 577, on veut ramener ça à quatre. Mais, Mme la députée, une fois qu'on a dit ça, une fois

qu'on a fait ça puis une fois qu'on est en chantier pour le faire, entre

le moment où on prend la mesure puis le

moment où la mesure est pleinement mise en application, il y a une démarche

qui s'effectue.

Puis c'est la même chose pour la loi n° 5.

Du moment où on l'a adoptée... Bon, la loi est adoptée, les règlements qui

découlent sont... qui doivent en découler sont pris ou vont être pris, après ça

on va mettre en place le centre de dépôt,

mais il y a une façon de faire puis il y a un parcours. L'idée n'est pas de

dire : Je vais rendre meilleure la situation actuelle. L'idée,

c'est de dire : La situation actuelle, elle ne nous amène pas vers ce

qu'on souhaite avoir, comme protection de

nos renseignements personnels. Dans la situation actuelle, ce que je dis depuis

le début, à 577 centres de traitement de l'information, gérer ça

puis amener ça à un niveau de sécurité qui est acceptable, c'est impensable.

Mme Setlakwe : Je comprends. Mais,

dans votre leadership, dans l'intérim, qu'est-ce qui s'est fait?

M. Caire : Bien, c'est ce que je

suis en train de vous expliquer. Ce qui se fait, c'est qu'on dit aux ministères

et organismes : Vous amenez... Vous fermez les centres de traitement, vous

amenez ça vers les centres de traitement, les quatre centres de traitement,

dépendamment de la classification des données, vous amenez ça soit dans le

nuage gouvernemental soit vous allez en nuage public. Alors, il y a une

catégorisation de la donnée qui s'est faite. Parce que ça, ça ne s'est jamais

fait.

Vous savez, Mme la députée, il s'est fait

énormément de choses, mais on partait de loin, là, tu sais? On n'avait pas

d'idée, on n'avait pas d'inventaire de nos données, on n'avait pas d'idée... Il

y a des banques de données qu'on avait, au

gouvernement du Québec, puis là je vous parle quand je suis arrivé, on ne se

souvenait même plus qu'on avait ces banques de données là. Donc là, on

partait de là. Alors, qu'est-ce qu'on fait? Bien, on fait des inventaires, on fait la catégorisation, on met en place le

nuage gouvernemental, on met en place le courtier en infonuagique qui va

permettre aux ministères et organismes d'aller chercher un fournisseur en

infonuagique plus rapidement. Puis c'est un système qui fonctionne bien puis qui nous est

envié dans bien d'autres provinces, parce que, justement, ça permet une

agilité. Mais il faut quand même prendre le temps de le faire, il faut quand

même prendre le temps de mettre ça en place.

Donc, oui, il est possible que la Vérificatrice

générale ait constaté des lacunes, puis c'est ce qu'elle fait dans son rapport,

mais on est en voie de corriger ça. Donc, qu'est-ce qu'on fait puis qu'est-ce

qu'on assume comme leadership? Bien, on

dit : Vous allez... on va mettre fin à ces pratiques-là parce que ces

pratiques-là ne nous amènent pas à une gestion optimale et

cybersécuritaire de nos données. Il faut changer les façons de faire.

Setlakwe : Je comprends mais il me semble, en tout cas... il

me semble que, dans l'intérim, dans l'exercice d'un leadership adéquat,

il aurait fallu serrer la vis, puis il n'est pas trop tard pour le faire.

M. Caire : Mais serrer la vis...

Mme Setlakwe : Assurer qu'il y ait

des mesures, assurer que les mots de passe soient changés, assurer qu'il n'y

ait pas de post-it sur les ordinateurs...

M. Caire : Mais il y a des

mesures... Oui, mais...

Mme Setlakwe : ...assurer que des

employés qui ont quitté n'aient plus accès.

M. Caire : Il y a des mesures qui

sont prises, Mme la députée, il y a des mesures qui sont prises. Il y en a. Et,

à partir du moment où les mesures sont prises, bien, il appartient aux

gestionnaires de les faire respecter.

La Présidente (Mme D'Amours) : C'est

maintenant terminé pour la députée de Mont-Royal—Outremont, pour son temps de 20 minutes. Est-ce que j'ai

d'autres interventions concernant l'article 11? Si je n'ai pas d'autre

intervention, l'article 11 est-il adopté?

La Présidente (Mme D'Amours) : Adopté

sur division.

L'article 12. M. le ministre.

Caire : ...alors, il se lit comme suit, Mme la

Présidente :

L'article 2 de la

Loi sur le ministère de la Cybersécurité

et du Numérique (chapitre M-17.1.1) est modifié par l'insertion, après le

premier alinéa, du suivant :

«Le ministre doit assurer la cohérence et

l'harmonisation des actions gouvernementales dans les domaines de la

cybersécurité et du numérique et, à cette fin, être associé à l'élaboration des

mesures ainsi qu'aux décisions ministérielles dans ces domaines et donner son

avis lorsqu'il le juge opportun.»

Donc, l'idée, ça revient à la discussion qu'on

avait eue, qui est dans la lignée du leadership, c'est de s'assurer que, si d'autres organisations ont des initiatives

ou ont des projets en matière de cybersécurité et de numérique, bien, de

s'assurer qu'il y a cette cohérence-là au

niveau du gouvernement, donc, cette vision-là de cybersécurité et de cohérence

au niveau gouvernemental, et c'est ce que l'article vient préciser.

La Présidente (Mme D'Amours) : Y

a-t-il des interventions sur l'article 12?

Mme Setlakwe : Oui, s'il vous plaît,

Mme la Présidente. Donc, ici, on a changé de loi, là, on n'est plus dans la

LGGRI.

M. Caire : C'est la

loi sur le

ministère, oui.

Mme Setlakwe : Qu'on est en train de

changer. Donc, je ne vous demanderai pas, encore une fois, pourquoi on le fait à ce stade-ci, je pense que vous avez

déjà répondu, là, que la situation a évolué puis que vous avez remarqué

un travail en silo. Donc, honnêtement, sur le fond, je comprends que vous

vouliez préciser ce rôle-là «d'assurer la cohérence

et l'harmonisation des actions gouvernementales dans les domaines de la

cybersécurité, du numérique». Ça va.

«Et, à cette fin, être associé à l'élaboration des

mesures». Le ministre doit être associé à l'élaboration. Il me semble que c'est un certain détour... Est-ce qu'on

peut m'expliquer le libellé, pourquoi vous n'êtes pas, donc... pourquoi ce n'est pas simplement que «le ministre doit

élaborer des mesures»? Vous devez être associé à l'élaboration des mesures

ainsi qu'aux décisions ministérielles dans ces domaines?

M. Caire : Bien, c'est parce qu'il

peut arriver qu'un ministère ou un organisme, à l'intérieur de sa mission, de ses prérogatives, bon, va avoir un projet ou va

mettre en place des mesures. Donc, pour s'assurer que ces mesures-là sont en cohérence avec ce qui se fait, on doit y

être associé. Donc, ce que ça peut vouloir dire, par exemple, c'est de déposer un

mémoire conjoint au Conseil des ministres. Vous parliez du ministère de

l'Économie, tout à l'heure, bon, bien, le ministère de l'Économie peut mettre

en place des programmes, peut mettre en place des mesures spécifiques pour favoriser l'élaboration de la cybersécurité. Donc,

pour s'assurer d'une cohérence, ce que ça vient dire, c'est qu'il faut que

le ministère de la Cybersécurité soit

partie

prenante de cette décision-là pour assurer l'harmonie, assurer la cohérence, la

cohésion.

Setlakwe : Je comprends. C'est la suite du premier énoncé,

là, parce que c'est : «À cette fin, être associé à l'élaboration des mesures ainsi qu'aux décisions

ministérielles». Parce que ça se fait conjointement avec les ministères

concernés?

Caire : C'est ça, oui. En fait, c'est une façon de dire

aux ministères : Si vous avez des mesures, des programmes qui concernent la transformation numérique et/ou

la cybersécurité, vous devez vous référer au ministère de la Cybersécurité

et du Numérique pour s'assurer que ce que

vous faites est en conformité, est en harmonie avec les politiques

gouvernementales.

Setlakwe : Mais il n'y a pas d'obligation ici, là, il n'y a

pas d'obligation des autres ministères. Tout ce qu'on dit, c'est un peu

flou, là : «Le ministre doit être associé à l'élaboration des mesures».

M. Caire : Bien oui, c'est ça.

M. Caire : C'est «doit», oui, il y a

une obligation. C'est «doit».

Setlakwe : Oui, mais là vous avez dit... en tout cas, vous

avez dit : Les ministères concernés doivent élaborer des mesures

puis doivent être...

M. Caire : Je n'ai pas dit qu'ils

devaient élaborer des mesures. Ce que je dis, c'est que, dans le cas où un ministère ou un organisme prend des mesures qui touchent

la cybersécurité ou le numérique, il doit s'assurer, au niveau du ministère de

la Cybersécurité et du Numérique, que ce qu'il fait est en conformité avec ce

que nous, on fait. Donc, c'est dans ce sens-là où on dit qu'on doit y

être associé.

Ce qui veut

dire, dans le fond, que le ministère ne perd pas sa capacité à agir, parce

qu'il s'agit de numérique, tu sais, ce n'est pas... On ne met pas les

ministères et organismes en tutelle, c'est... Donc, ils ont quand même une

capacité d'agir dans ce qui relève de leurs prérogatives. Puis ce n'est pas

parce que ça touche la cybersécurité et le numérique qu'ils n'ont plus le droit

d'avoir des initiatives ou d'avoir des programmes ou des projets. Ils peuvent.

C'est juste de s'assurer que, quand c'est le cas, bien, vous associez le

ministère de la Cybersécurité et du Numérique à ces initiatives, à ces

programmes, à ces projets, pour assurer la cohérence, pour assurer l'harmonie.

Et moi, de ce côté-là, je peux aussi, si je le

juge à propos, dire à un collègue qui a un programme x, y en cybersécurité, admettons, bien, dire : Bien,

écoute, moi, je pense que, pour telle et telle raison, tu devrais plutôt aller

dans cette direction-là. Donc, j'ai

aussi la possibilité... j'aurai aussi la possibilité de donner mon avis dans

les programmes qui seront élaborés par les collègues, si je pense que

c'est important de le faire.

Setlakwe : Ça, ce bout-là, le dernier bout, ça... je

comprends, oui, donner votre avis lorsque vous le jugez opportun.

Setlakwe : Donc, vous n'avez pas l'obligation de le faire,

vous le faites au besoin, ça, il n'y a pas d'enjeu. Moi, c'est vraiment

le bout du milieu...

M. Caire : Oui, parce que ce n'est

pas...

Mme Setlakwe : Allez-y. Je m'excuse.

Caire : Non, mais je veux dire, ça ne veut pas dire qu'il

serait toujours pertinent de le faire. Donc, c'est pour ça que

c'est : s'il le juge à propos... opportun, pardon.

Mme Setlakwe : En tout cas, moi, je

serais curieuse d'entendre Me Bacon, là, sur le deuxième énoncé : Le ministre doit «être associé à l'élaboration». Mais

donc pourquoi il n'y a pas une obligation d'être consulté, ou d'émettre

des recommandations, ou de participer à l'élaboration?

Caire : Bien, il y en a une. Bien, il y a une obligation,

parce que, quand on dit «le ministre doit», c'est une... Vous

dites : Le ministre doit...

Mme Setlakwe : Oui, mais de quelle

façon...

La Présidente (Mme D'Amours) : Je

veux juste vous interrompre quelques instants. C'est que je vous laisse aller, ça va bien, c'est une belle

discussion qui est très, très respectueuse. Sauf qu'il faut que vous pensiez

qu'il y a des gens qui vous suivent puis qui écrivent les verbatim que

vous parlez. Ça fait que, si vous vous interpelez pendant qu'il y a une réponse ou qu'il y a une question...

S'il vous plaît, juste attendre, pour la technique, ça va être un petit peu

plus facile, s'il vous plaît.

Mme Setlakwe : Vous

avez raison.

La Présidente (Mme D'Amours) : Donc,

M. le ministre.

Caire : Oui. Bon, en fait, l'article dit : «Le

ministre doit assurer la cohérence et l'harmonisation des actions

gouvernementales dans les domaines de la cybersécurité et du numérique et, à

cette fin, être associé à l'élaboration des mesures ainsi qu'aux décisions

ministérielles dans ces domaines...» Donc, ce n'est pas une option, c'est une

obligation. Donc, elle est là, l'obligation.

Mme Setlakwe : Là, je comprends que

le «doit» s'applique aux deux, il n'y a pas d'enjeu, là. Mais c'est «doit être associé», moi, c'est juste ça que je

trouvais qui n'était pas clair. Mais, si c'est clair pour vous que vous devez être

impliqué dans la rédaction, dans la réflexion entourant l'élaboration des

mesures, si les légistes considèrent que c'est

assez clair... Parce que, pour moi, «être associé», c'est... je ne sais pas, il

me semble, ce n'est pas un terme légal, «être associé» à quelque chose.

Vous y participez, si vous...

M. Caire : Sur la légalité, je vais

laisser... en fait, sur l'aspect légistique, je vais laisser Me Bacon vous vous

répondre. Mais l'intention du législateur,

c'est de faire en sorte que, oui, le ministre de la Cybersécurité et du

Numérique doit être

partie prenante lorsqu'il y a une décision ou un

programme ou une intention en matière de cybersécurité et de numérique, le ministère de la Cybersécurité et

du Numérique doit être associé à cette démarche-là. Ça, c'est sûr que c'est

l'intention du législateur. Maintenant, sur la question légistique, je vais

laisser, Me Bacon.

Présidente (Mme D'Amours) : J'ai besoin du consentement pour que Me Bacon

puisse prendre la parole. Consentement?

Des voix : Consentement.

La Présidente (Mme D'Amours) : Donc,

Me Bacon, veuillez dire votre

titre et puis répondre à la question, s'il vous

plaît.

Mme Bacon

(Nathalie) : Oui. Bonjour, Mme la Présidente. Nathalie Bacon,

légiste au ministère de la Cybersécurité et du Numérique.

Effectivement, lorsqu'on a rédigé cet

article-là, on a été également un peu surpris par le mot «associé». Vous faites bien de poser la question, c'est... On

avait des précédents législatifs, d'une part, à la

Loi sur le ministère de l'Économie et de l'Innovation et aussi à la

Loi sur le ministère des Affaires municipales. Autrement

dit, il y a une espèce de vocabulaire qui

est utilisé entre ministres, et le mot «doit être associé»... Donc, il le doit,

ce n'est pas une option, donc on ne peut pas passer par-dessus le

ministre de la Cybersécurité et du Numérique, on doit l'associer.

Mais ces mots-là ont une forme de flexibilité,

c'est-à-dire que le ministre n'est pas obligé de tenir le crayon, mais il peut participer aux travaux, selon ce

qu'on lui demandera ou selon ce que lui verra avec son expertise, du début

à la fin de la mesure ministérielle. Donc,

normalement, le sens que ça prend dans l'appareil gouvernemental, j'imagine que

c'est des choses que vous savez, là, pour le cheminement des mémoires au

Conseil des ministres en vue d'une décision gouvernementale, notamment

dans le cadre de la prise d'un programme pour des... mettons, le versement de

subventions, alors ce sera le mémoire conjoint avec le ministre responsable et

le ministre de la Cybersécurité.

Mme Setlakwe : Merci beaucoup, Me

Bacon. Non, non, ça me... vous m'instruisez, là, j'en apprends, là, je ne savais pas exactement qu'est-ce que ça voulait

dire. Je comprends que c'est une expression qui existe dans d'autres lois. Puis, en fait, on n'est pas en train

d'établir une forme de hiérarchie, là, on s'entend qu'ils doivent travailler

ensemble, conjointement?

Mme Bacon (Nathalie) : Mme la

Présidente, exactement, c'est une façon de respecter la... nos collègues, là,

ministres, là, la hiérarchie ministérielle.

Mme Setlakwe : C'est ça. OK. Je

comprends. Alors que, dans d'autres libellés, on aurait pu dire, ou en tout cas

élaborer une forme de droit de veto, ou de dire : On doit être consulté,

on doit l'approuver. Je comprends. Moi, l'explication me satisfait. Merci.

La Présidente (Mme D'Amours) : D'autres

interventions?

L'article 12 est-il adopté?

La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.

L'article 13. M. le ministre, s'il vous plaît.

M. Caire : Oui, Mme la Présidente.

Article 13 :

L'article 4 de cette loi est modifié :

1° par

l'insertion, dans le troisième alinéa et après «étendue», de «, les conditions

d'utilisation, incluant en ce qui a trait aux responsabilités du ministre et

des utilisateurs»;

2° par l'ajout,

à la fin, de l'alinéa suivant :

«Le ministre peut

fournir à un organisme public tout autre service en ressources

informationnelles en vue de répondre à un besoin particulier d'un tel organisme

lorsque ce dernier lui en formule la demande.»

Donc, Mme la

Présidente, bon, là, on est dans la capacité de donner des services, rajouter

des services. C'est un petit peu la

discussion qu'on avait tout à l'heure, avec la députée, sur... On a des

responsabilités, on a aussi des obligations puis on veut être capables d'aider nos ministères et organismes dans

leur transformation numérique et dans leur maturité numérique.

La Présidente (Mme

D'Amours) : Merci. Des interventions pour l'article 13?

Setlakwe : Oui, s'il vous plaît. Bien, j'aurais aimé ça que le

ministre lise le commentaire. Juste... permettez-moi de le lire. Donc,

qu'est-ce qu'on est en train de faire, à 1° et 2°? Puis j'aimerais ça avoir des

exemples précis, là. On a dû... vous avez dû

sentir, donc, qu'il y avait des... ou peut-être qu'il y a des... c'est

justement suite à des cas vécus, des cas d'espèce, que vous avez senti

le besoin d'ajouter ce libellé-là?

M. Caire : Oui.

Bien, je peux vous lire le commentaire, si vous voulez :

Le paragraphe 1°

de l'article 13 du projet de loi prévoit que le ministre peut fixer des

conditions d'utilisation pour les services qu'il rend aux organismes publics en infrastructures technologiques et en

systèmes de soutien communs, dans l'objectif de clarifier le partage des

responsabilités entre le ministre et les organismes publics.

Le paragraphe 2° de

l'article 13 du projet de loi prévoit la possibilité, pour le ministre, de

fournir un service en ressources informationnelles en vue de répondre à un

besoin particulier d'un organisme.

Bon, sur le besoin

particulier, c'est parce qu'actuellement on peut fournir des services

d'infrastructure, on peut fournir des services communs, mais si un ministère,

par exemple, avait un besoin particulier, puis on parlait d'intelligence

artificielle tantôt, je ne peux pas fournir le service, là, selon la façon dont

le ministère a été conçu. On est vraiment

sur les... En fait, c'est un petit peu la philosophie du CSPQ qu'on a importée,

là, tout ce qui est en service partagé,

services communs, services d'infrastructure, on donnait ça. Mais, si on veut

aller dans des services plus particuliers pour un ministère, pour un

organisme, ça, bien, on ne pouvait pas le faire, ce n'était pas dans la loi

constitutive du ministère. Donc là, on vient

d'ajouter cette possibilité-là pour le ministère d'aller vraiment dans du

service plus personnalisé.

Puis pour les

conditions d'utilisation puis les responsabilités, bien, on s'en va... aussi au

niveau des services de télécommunications, au niveau des services en

infonuagique, comme je vous disais, là, tout à l'heure, bien, il y a le nuage gouvernemental, il y a la possibilité

d'aller vers le nuage public, donc, dans quelles conditions on va vous amener au

nuage gouvernemental, dans quelles conditions vous allez utiliser le service

public. Même chose au niveau des télécommunications, on a le déploiement de

tout le réseau de télécommunications, des services Internet aussi, avec le RITM,

là, qu'on est en train de moderniser avec le réseau gouvernemental des

télécommunications. Donc là, c'est qu'est-ce

que nous, on offre comme services, qu'est-ce que vous, vous avez l'obligation

de faire, selon quelles conditions vous pouvez utiliser ces services-là.

On vient rajouter cette possibilité-là.

Setlakwe : Est-ce que vous avez eu des commentaires comme quoi c'était

trop contraignant?

M. Caire : Non.

Non, non, mais je pense qu'avec, je vous dirais, la fusion des différents organismes

puis la constitution du ministère, c'est des précisions qui sont importantes,

mais, je vous dirais, ce n'est pas nécessairement parce qu'on a eu des

situations conflictuelles.

Puis pour ce qui est

des services particuliers, bien, c'est un petit peu ce que je disais tout à

l'heure, là, oui, le mandat du ministère

était vraiment dans le service commun, service d'infrastructure, mais on

n'avait pas cette dimension-là d'avoir un service plus particulier,

donc, dans un service pour un organisme ou un ministère, d'aller vers... Puis

je vous dirais que moi, je souhaite qu'on

puisse avoir ce volet-là, comment je dirais, de consultation interne, donc de

faire en sorte qu'à l'interne on a cette expertise-là puis on la met en

commun. Mais là on va vraiment plus au niveau du particulier, donc ça ajoute,

je dirais, une corde à l'arc du ministère.

Setlakwe : Puis qu'est-ce que vous avez donné comme exemple, déjà, en

termes de... au niveau de l'intelligence artificielle ou autre?

M. Caire : Oui,

c'est ça, le Centre québécois d'excellence numérique va développer des cellules

d'expertise en intelligence artificielle, en automatisation, sur l'Internet des

objets, en quantique, on a vraiment un beau bouquet d'expertises qui se

développe. Puis ce qu'on dit aux ministères et organismes : Bien là, on

n'est plus dans le service commun, on n'est plus dans le service

d'infrastructure, on est... là, on commence à être plus dans la consultation.

Puis on voudrait être capables de faire ça avec nos ministères, là, d'être

capables de dire : Bon, bien, écoutez, on a ces services-là, puis vous

pouvez les utiliser. Mais là on va s'adresser à un ministère en particulier

dans un projet particulier, donc c'est là-dessus que, comme je vous disais...

qu'on rajoute une corde à notre arc.

La Présidente (Mme

D'Amours) : D'autres commentaires?

Présidente (Mme D'Amours) : Pardon.

Mme Setlakwe :

Juste, peut-être, une dernière

question. Mais ça, évidemment, c'est un pouvoir, ce n'est pas une obligation de «fournir [...] tout autre service en

ressources informationnelles en vue de répondre à un besoin particulier d'un

tel organisme lorsque ce dernier lui en formule la demande». OK, donc, ce n'est

pas... non, non, c'est ça, ce n'est pas contraignant, mais vous...

M. Caire : Non,

c'est vraiment la possibilité de le faire.

Setlakwe : Mais il faut que la demande soit faite, c'est ça qui est

écrit, là, il faut que ça soit suite à une demande?

M. Caire : Oui.

C'est pour ça que je vous dis c'est pour ça que... C'est parce que, dans la

conception qu'on avait du Centre québécois

d'excellence numérique, on se disait : Ça pourrait devenir, à petite

échelle, sur des domaines précis,

peut-être plus une espèce de boîte de consultation pour nos ministères et

organismes dans des champs d'expertise qui sont précis.

La Présidente (Mme

D'Amours) : Merci.

L'article 13 est-il adopté?

La Présidente (Mme

D'Amours) :

L'article 14. M. le ministre, s'il vous plaît.

M. Caire : ...l'article 14.

Cette loi est modifiée par l'insertion, après l'article 5, du

suivant :

«5.1.

Le ministre fournit aux organismes publics les services de certification,

incluant les services de répertoire y afférents, ainsi que les services

de signature électronique que le gouvernement détermine.

«Un décret pris en

vertu du premier alinéa détermine les services visés [par] les conditions et

modalités de leur fourniture ainsi que les

cas et les conditions selon lesquels un organisme public est tenu de recourir

pour répondre à ses besoins. Il peut autoriser le ministre à déléguer

certaines fonctions relatives aux services à un organisme public. Pour permettre sa mise en oeuvre, il peut

également prévoir le transfert au ministre d'actifs informationnels d'un

organisme public ainsi que de toutes les obligations qui en résultent.

«Lorsqu'un décret

pris en vertu du premier alinéa concerne des services de certification et de

répertoire, il doit contenir l'énoncé de politique prévu à l'article 52 de

la Loi concernant le cadre juridique des technologies de l'information

(chapitre C-1.1).»

En fait, je vous

dirais que ça, ça vient compléter un vestige de l'étape où il n'y avait pas de

ministère de la Cybersécurité, donc, tous les services de certification, de

répertoire, tout ça était au ministère de la Justice. Quand on a créé le

ministère, la responsabilité est devenue la responsabilité du ministère de la

Cybersécurité, mais tout le volet opérationnel est resté au ministère de la

Justice. Or, aujourd'hui, je vous dirais que, bon, on a développé l'expertise

en cybersécurité, et tout ça, donc on se dit : À terme, ce serait

important de rapatrier cette fonction-là au ministère de la Cybersécurité dans l'opérationnel, mais on veut

le faire graduellement, là, d'où le libérer de le faire par décret et/ou

d'avoir la possibilité de continuer à

impartir ça au ministère, parce qu'il faut y aller quand même par étapes. C'est

des services qui sont quand même assez importants, assez gros, assez

névralgiques, là. Donc, c'est important de le faire selon une certaine

séquence, là, pour ne pas être... être en rupture de services non plus.

Mme Setlakwe :

Donc, il y a un plan de transition?

M. Caire :

Oui, tout à fait.

Mme Setlakwe :

Ça peut prendre combien d'années?

M. Caire :

C'est une bonne question. Je vous

dirais que ce n'est pas... Il n'y a pas urgence de... Bon, premièrement,

il y a... il y a quand même certaines mises

à niveau à faire initialement sur nos... toute notre infrastructure avec le

public dans un premier temps, donc en

collaboration avec le ministère de la Justice. Puis après ça, bien, le

rapatriement, je vous dirais peut-être... Bien là, je m'avance pas mal,

mais d'ici la fin du mandat, là.

La Présidente (Mme

D'Amours) :

D'autres commentaires, Mme la députée?

Mme Setlakwe : Oui.

Est-ce... Merci. Est-ce qu'il y a d'autres pouvoirs comme ça qui demeurent

entre les mains du ministère de la Justice dans le cadre de votre

mission?

M. Caire : Non.

Non. Ça, c'était vraiment... Bien, parce que le ministère de la Justice, si

vous pensez à la Loi concernant le cadre juridique des technologies de

l'information, le... tout le volet sur la preuve, la preuve numérique, ça relève du ministère de la Justice. Mais, tu

sais, on est vraiment dans la gestion de la preuve puis... Donc, ça, qui est vraiment

une mission de cybersécurité. Je vous dirais que c'était... c'était le dernier

volet.

Mme Setlakwe : Est-ce

que, ça, ça évolue rapidement? J'imagine que oui, tu sais. Est-ce que... Oui,

une fois que c'est mis sur pied, il y a déjà toujours des nouvelles

versions?

M. Caire : Oui,

oui, oui, vraiment. Oui, puis, tu sais, c'est... c'est une expertise qui est

quand même particulière, là. Toutes les infrastructures avec le public,

là, c'est... Bien, nous, on développe ce volet-là.

Mme Setlakwe : Puis ça, vous

l'avez à l'interne, l'expertise, ou vous dépendez aussi de l'externe?

M. Caire : Non, on a ça à

l'interne.

Mme Setlakwe : Donc,

là, on a comme... Est-ce que c'est le même libellé qui existait dans la loi...

la

loi sur... en tout cas, du ministère de la...

M. Caire : Non. Bien là, ça,

c'est un libellé qui vise la transition.

Mme Setlakwe : Oui,

les services de certification. Ah! mais c'est «incluant». Ça fait que... Parce

que, si ça évolue, il y a place à...

M. Caire : Oui, oui, tout à

fait.

Mme Setlakwe : Ce n'est pas

exhaustif comme liste. OK.

Présidente (Mme D'Amours) : Je vous rappelle d'attendre que les personnes

aient terminé leur intervention avant

de commenter, s'il vous plaît, pour le bien de nos gens qui nous suivent, qui

suivent nos travaux, s'il vous plaît. Merci, M. le ministre. Mme la

députée.

Mme Setlakwe : Ainsi

donc, le libellé est suffisamment large que vous ne serez... vous n'aurez pas

besoin de...

Mme Setlakwe : ...de modifier

la loi dans... dans quelques mois?

M. Caire : Non, parce qu'on va

pouvoir travailler par arrêtés ministériels.

Mme Setlakwe : Ça, ici, il n'y

a pas eu de... C'est ça, il n'y a pas d'enjeu ici, là, il n'y a pas personne

qui vous a dit : Non, on veut...

M. Caire : Non. Non, je pense

que tout le monde comprend que ça... ça... que c'est logique.

La Présidente (Mme D'Amours) : D'autres

commentaires?

Mme Setlakwe : Oui, ce ne sera

pas long, Mme la Présidente. Puis dans quels cas est-ce que vous déléguez certaines des fonctions? Ça, ça existe déjà aussi?

Parce que, vous dites, vous vous occupez de rendre les services. Il y a un

décret qui est émis. Ça «détermine les services visés, les conditions et

modalités de leur fourniture ainsi que les cas et les conditions selon

lesquels un organisme public est tenu d'y recourir pour répondre à ses

besoins». Et vous, vous contrôlez vraiment tout ça?

Mme Setlakwe : Vous pouvez

autoriser... Le décret peut autoriser le ministre à déléguer certaines

fonctions relatives aux services à un organisme public. Par exemple?

M. Caire : Si d'aventure, dans la

transition, on... on se disait : Bon, bien, il y a peut-être pertinence de

laisser une

partie de... des opérations au ministère de la Justice, à ce

moment-là, on a la... pardon, on a la possibilité de le faire.

Mme Setlakwe : OK.

Mais il n'y a pas d'enjeu en ce moment, là, avec... de... de retard ou de...

d'un mandat de cet autre ministère qui n'est pas... qui n'est pas

exécuté, là, tu sais?

M. Caire :

Non. Non, c'est vraiment parce

que, nous, on développe cette expertise-là puis, dans la logique de la mise en place du réseau gouvernemental de

cyberdéfense, il y a une volonté de rapatrier les expertises plus pointues

au ministère puis de... d'assurer la mise à

niveau de ça, bien, le maintien à jour, je devrais dire, plutôt que la mise à niveau.

Mme Setlakwe :

OK, Merci. Puis comment se fait-il qu'on décrit très bien ce que le décret

doit prévoir... prévoyait aussi que le

décret peut permettre... peut «prévoir le transfert au ministre d'actifs

informationnels d'un organisme public ainsi que de toutes les

obligations qui en résultent»? Puis à la fin...

Caire :

C'est parce que...

Mme Setlakwe :

Oui, allez-y.

M. Caire :

Parce qu'il y a des ressources

qui travaillent là-dessus au ministère de la Justice. Donc, on pourrait...

Mme Setlakwe :

Exact, on rapatrie.

Mme Setlakwe :

Dernier alinéa : «Lorsqu'un décret pris en vertu du premier alinéa

concerne des services de certification et de répertoire, il doit contenir

l'énoncé de politique prévu à l'article 52 de la Loi concernant le cadre juridique des technologies de l'information.»

Alors, pourquoi on a fait cette distinction-là? Puis qu'est-ce que ça vient

dire, exactement, cet énoncé de politique?

M. Caire :

Je vais vous lire l'article en question, Mme la députée. Alors,

l'article 52 du cadre prévoit : «L'énoncé de politique d'un

prestataire de services de certification ou de répertoire indique au moins»,

puis là vous avez neuf éléments qui doivent être prescrits dans ces

politiques-là. Donc, c'est de dire : On va respecter... Le décret que nous

allons prendre dans le rapatriement va respecter les différentes obligations

qui sont prévues à cet article-là.

La Présidente (Mme

D'Amours) : Autres questions? Donc, l'article 14 est-il adopté?

La Présidente (Mme

D'Amours) :

L'article 15. M. le ministre, s'il vous plaît.

M. Caire :

Oui. Alors, Mme la Présidente,

l'article 15 :

L'article 7 de cette loi est modifié par le

remplacement de «à l'article quatre et» par «aux articles 4 et 5.1

ainsi que».

Ça, c'est de la

concordance, là, parce qu'il y a le nouvel

article 5.1, qu'on vient d'adopter

à l'article 14.

Le Président

(M. Tremblay) :

Parfait. Des commentaires?

Mme Setlakwe :

Oui, ça ne sera pas long, merci.

Le Président

(M. Tremblay) : Oui.

Mme Setlakwe :

C'est de la concordance pour ajouter 5.1, qu'on vient d'ajouter, en effet.

Non, je n'ai pas de question, M. le Président.

Le Président

(M. Tremblay) : Parfait.

L'article 15 est adopté?

Le Président

(M. Tremblay) : M. le ministre. À l'article 16, s'il vous

plaît.

M. Caire :

Oui, M. le Président.

L'article 16 se lit comme suit : Cette loi

est modifiée par l'insertion, après l'article 10, du suivant :

«10.1. Le

gouvernement peut autoriser la mise en oeuvre par le ministre d'un projet

pilote visant à étudier, à expérimenter ou à innover dans le domaine de la

cybersécurité ou dans celui du numérique, ou à définir des normes applicables en de tels domaines. Un [...] projet

pilote peut viser les organismes publics ou les entreprises du gouvernement

au sens de la

Loi sur la gouvernance et la gestion des ressources

informationnelles des organismes publics et des entreprises du gouvernement

(chapitre G-1.03), toute autre entreprise ou les citoyens.

«Dans

le respect des dispositions législatives applicables, notamment en matière de

protection des renseignements personnels et de la vie privée, le

gouvernement détermine les normes et les obligations applicables dans le cadre

d'un projet pilote. Il détermine également les mécanismes de surveillance et de

reddition de comptes applicables dans le cadre d'un projet pilote.

«Un projet pilote est établi pour une durée

maximale de trois ans, que le gouvernement peut prolonger d'au plus un an. Le

gouvernement peut, en tout temps, modifier un projet pilote [pour] y mettre

fin.

«Les résultats du projet pilote doivent être

publiés sur le site Internet du ministère de la Cybersécurité et du Numérique

au plus tard un an après la fin du projet pilote.»

Puis c'est un peu ce qu'on indiquait, Mme la

députée, qu'on veut être capables de... Bon, on n'a pas de pouvoir réglementaire, donc on veut être capables,

par projet pilote, de tester des hypothèses. Compte tenu du mandat

régalien du ministère en matière de cybersécurité, là, on veut aller dans...

pour tester des hypothèses, être capables de voir comment on peut appliquer ce

mandat-là à la société civile, les entreprises privées, etc. Comme je vous

disais, pour donner un exemple plus précis,

si on allait vers une obligation de divulgation, bien, qu'est-ce que ça

voudrait dire, qu'est-ce que ça aurait comme impact, quel serait

l'encadrement pour assurer la pérennité de l'entreprise, le secret industriel, etc. Donc... Puis là, bien, ça, c'est

un exemple, mais il y en... il y a quand même pas mal, d'autres exemples, là,

pour lesquels on pourrait vouloir tester, là, la capacité... la capacité de

mettre en place des normes, des standards, etc.

La Présidente (Mme D'Amours) :

commentaires, Mme la députée?

Mme Setlakwe : Oui. Bien, ça,

je pense que c'est un autre

article clé, là, dans votre projet de loi?

M. Caire : Tout à fait. Oui, il

va être très, très, très utile, parce que, comme je disais, le ministère de la

Cybersécurité et du Numérique, c'est une formule qui est très innovante par

rapport à ce qui se fait. Il y a beaucoup d'agences qui existent, mais il n'y a

pas de ministère. Puis, en plus, le ministère, ce qui est une première au

Canada, a une mission régalienne sur son territoire. Donc, ça, c'est... Oui,

ça, c'est important pour nous, pour être capables, comme je disais, là,

d'avancer dans la mise en place de notre mandat, mais de le faire avec, comment

je dirais ça, avec une certaine marge de manoeuvre pour essayer des choses. Il

faut se donner la capacité d'essayer des choses puis de dire : Oups! Non,

on va corriger le tir parce que ça ne s'en va pas dans la bonne direction ou on

n'atteint pas l'objectif ou... Puis on veut être capables aussi de collaborer

avec la société civile, là, dans la mise en place de ça. Parce que, si on n'a pas cette collaboration-là,

ces partenariats-là, à travers les projets pilotes, on va avoir de la

difficulté à fédérer les... fédérer les... la société civile.

Mme Setlakwe : Est-ce que vous

avez, donc, des exemples? Parce que c'est vraiment très large. Puis je ne dis

pas que ça n'a pas sa raison d'être, pas du tout. Puis vous touchez ici, donc,

plus au domaine privé ou ce n'est pas forcément ça?

M. Caire : Bien, je dirais oui.

Mme Setlakwe : Oui, surtout?

M. Caire : Je dirais oui. Je

dirais oui. Domaine privé, comme je vous dis, des exemples, bien, la

divulgation obligatoire, la définition de ce que c'est, un secteur stratégique.

Qu'est-ce que c'est, un secteur stratégique en matière de cybersécurité? Qu'est-ce qui est stratégique? Qu'est-ce qui est...

Alors, on... Je pense que c'est important de pouvoir... pouvoir tester

des hypothèses.

Mme Setlakwe : Donc, disons...

Merci. Disons que le projet de loi est adopté, là, assez rapidement, qu'est-ce que... Ça va être quoi, votre mission, à court

terme? Ce seraient quoi, vos projets pilotes, à court terme? Ça serait dans

quels secteurs que vous interviendriez?

M. Caire : Bien,

en fait, je vous dirais, les premiers projets seraient potentiellement,

justement, d'être capables de voir comment... comment on peut étendre notre

réseau de cyberdéfense sans nécessairement intégrer au réseau de cyberdéfense la société civile, intégrer dans le

sens où il y a une hiérarchie qui s'installe. Comme le réseau gouvernemental

de cyberdéfense, c'est une organisation

hiérarchique. Le ministère est au centre de ça, puis il y a des indications

d'application des ordres qui sont

donnés aux centres opérationnels de cyberdéfense, qui sont déployés dans les

ministères, puis c'est vraiment comme ça que ça a été construit. Puis,

même dans la hiérarchie des ministères, il y a des organismes à tous les

niveaux qui sont chargés d'assurer la cyberdéfense de ces... C'est très

hiérarchique. Je ne pense pas qu'on puisse étendre ça à la société civile, ce

pouvoir-là, hiérarchique, mais par contre, on peut peut-être étendre le Réseau

gouvernemental de cyberdéfense en mettant en place certaines pratiques,

notamment la divulgation d'incidents. Mais, pour ça, je pense qu'il faut qu'on

soit capables de le faire plus à travers des projets pilotes, parce que, comme je disais, on n'a pas de pouvoir réglementaire.

Donc, moi, je ne vais pas prendre un règlement puis en vertu duquel telle,

ou telle, ou telle entreprise va être obligée de faire telle ou telle chose, tu

sais. On va le faire à travers, comme je disais, des projets pilotes, où là, on

va tester des hypothèses. On va dire : Bon, bien, voici comment je pense

qu'on devrait opérer. Est-ce qu'on met en

place les... Est-ce qu'on développe les 18 mesures partout sur le

territoire? Si oui, c'est quoi l'impact? Puis, bon, c'est tout ça,

comment ça coûte, est-ce que les petites entreprises ont la capacité de faire ça, qu'est-ce que

ça prendrait comme soutien pour y arriver? Donc, avec un projet pilote dans des

secteurs ciblés, bien, on est capables de tester ces hypothèses-là.

Mme Setlakwe : Je

comprends. Là, vous ne nous dites pas dans quels secteurs vous souhaitez

intervenir de façon prioritaire.

M. Caire : Bien,

je dis... Bien, je dirais, il faut définir quels sont les secteurs

stratégiques. Moi, en tout respect, je ne suis pas sûr que le gouvernement du

Québec... Tu sais, le dépanneur, qui est très certainement un commerce qu'on

adore tous, mais tu sais, s'il y a une cyberattaque, c'est plate, mais bon, ça

ne vient pas d'impacter le Québec. Par contre, les secteurs de l'énergie? Ah!

Là, on est ailleurs. Donc, s'il y avait... Puis là, je ne pense pas à

Hydro-Québec, parce que je pense qu'on a eu cette discussion-là au début de la

conversation, mais il y a des entreprises privées qui travaillent dans le

domaine de l'énergie. Bien ça, peut-être que l'impact est autre. Puis au niveau

de notre économie, il y a des entreprises et

des institutions qui sont plus névralgiques, dont l'impact va être beaucoup

plus grand s'il y avait une

cyberattaque. Donc, ça... Alors, il faut les identifier puis il faut voir

comment on interagit avec eux autres. C'est pour ça que les projets pilotes, vous avez raison, ça, c'est un point, un pan

très important du projet de loi pour la suite des choses.

Mme Setlakwe : Donc,

vous souhaitez intervenir en priorité dans des... En tout cas, ce n'est pas une

déclaration formelle que vous faites

ce matin, là, mais une des priorités, ce serait des entreprises privées dans

secteur de l'énergie? Ça pourrait être l'éolien.

M. Caire : Des entreprises

privées dans des secteurs stratégiques, mais, oui, dans des secteurs qui sont

stratégiques pour l'économie québécoise. Oui. Oui, parce que c'est... On le

voit, là, quand on sort du domaine public. Évidemment, le domaine public, on

est déjà dans le Réseau gouvernemental de cyberdéfense. Mais quand on va dans

l'entreprise privée, il y a des secteurs qui sont névralgiques pour l'économie,

le secteur bancaire, entre autres. Bon, on

parle de l'énergie, c'est un autre secteur qui est important, mais on peut

paralyser l'économie d'une société à travers des cyberattaques

concertées. Donc, comment on peut... comment on peut travailler avec ces

secteurs-là pour assurer une plus grande cybersécurité de nos secteurs

stratégiques?

Mme Setlakwe : D'autres

exemples?

M. Caire : Non, je pense que ça

donne une bonne idée, là, de l'intention.

Mme Setlakwe : Est-ce que vous

pensez qu'il y a suffisamment de sensibilisation de la population?

M. Caire : Oui, dans les

secteurs stratégiques, oui, mais c'est la cohésion qu'il faut gagner. Donc,

moi, je dis toujours : Le silo est

l'ami du cyberattaquant. Alors, c'est cette cohésion-là qu'on veut aller

chercher. Mais les secteurs... les

secteurs névralgiques sont... ont probablement un bon niveau de conscience du

risque. Mais, si on travaille en cohésion, en cohérence, on est plus...

on est plus efficaces.

Mme Setlakwe : Merci. La CAI

avait... On a parlé de la CAI, la semaine dernière, là, la Commission d'accès à

l'information, qui a soumis... en fait, qui est une des seules entités à avoir

soumis un mémoire. Il y en a eu très peu. On n'a pas eu beaucoup de... beaucoup

d'échanges durant les consultations, il y a beaucoup de groupes qui se sont

désistés, mais la CAI est venue, bon, nous parler des articles 10 et 19.

Ça, on en a parlé. En fait, le... toute la question des règles de gouvernance, ça, ça va, on en a parlé abondamment, mais au

niveau de l'article 16, ils ont des enjeux, là. Ils disent que

l'article 16 va permettre au gouvernement d'autoriser la mise en oeuvre

d'un projet pilote, bon, ça, ça va, qui vise à étudier, expérimenter, innover dans le domaine de la

cybersécurité ou du numérique, ou à définir des normes applicables.

Est-ce que vous avez considéré leurs préoccupations? Là, j'y arrive, là,

dans... ils avaient...

M. Caire : Bien, en fait, oui.

Je vous dirais que, si vous regardez le deuxième alinéa, l'idée était effectivement de... Parce qu'en fait la CAI

dit : Vous devriez faire comme on le fait dans le projet de loi

n° 14. Mais on n'est pas... Ce

n'est pas le même champ d'intervention. La loi no° 14, on vise des projets

en ressources informationnelles qui sont d'intérêt gouvernemental, alors

que là on vise des projets pilotes qui vont nous permettre d'aller plus vers le

normatif ou la définition de règles, de

normes. On n'est pas dans la mise en place d'une application en technologies de

l'information, où là, on va chercher dans les banques d'information du

gouvernement des données, des informations.

Maintenant, le projet pilote... Puis on a

rajouté le deuxième alinéa pour dire : Écoutez, c'est sûr que ce projet

pilote là va se faire dans le respect des dispositions législatives

applicables, on pense à la loi 25 notamment, mais on n'est pas dans des

projets à ressources informationnelles, on est dans des projets qui visent à

établir des normes, des façons de faire, des standards.

Mme Setlakwe : Puis

vous dites que ça doit respecter... dans le respect des dispositions

législatives applicables?

M. Caire : Oui. Bien oui. Puis

s'il faut, bien, le gouvernement peut établir aussi des normes applicables aux

projets pilotes. Donc, dépendamment, on se donne aussi la souplesse de

dire : Bien, dépendamment du projet pilote, il y a peut-être certaines

normes supplémentaires qui devront être mises en place. Puis là on a la

possibilité de le faire avec

le deuxième alinéa. Mais c'est fonction du projet pilote. Tu sais, de façon

générale, on va respecter les lois, puis de façon particulière, on

pourra rajouter des normes et des obligations.

Mme Setlakwe :

«La commission suggère d'ajouter à l'article 16 que le gouvernement

doit édicter des règles particulières dans le cadre d'un projet pilote

lorsqu'il existe un degré élevé d'atteinte raisonnable en matière de vie privée, sauf si une disposition d'une loi

ou d'un règlement prévoit déjà une protection adéquate. Une telle précision

pourrait bonifier l'article 16».

M. Caire :

Bien, en tout respect, je ne suis pas d'accord avec la CAI parce que faire

une évaluation des facteurs relatifs de la vie privée, c'est un travail qui est

quand même très important. Et de le faire systématiquement sans savoir c'est

quoi, le projet pilote, ça vise quoi, tu sais, c'est comme de dire : Dans

tous les projets pilotes, sans savoir ce que vous allez faire, sans savoir les

hypothèses que vous allez tester, vous devriez faire une évaluation des

facteurs relatifs à la vie privée. Mais il y a des projets pilotes, Mme la

députée, qui n'auront aucun impact sur la vie privée,

là. On s'entend, là, on parle d'une capacité normative. Alors, ce n'est pas...

On ne parle pas de, comme je vous dis, là, d'un projet en ressources

informationnelles qui accède à des données, qui va traiter de la donnée, qui,

dans certains cas, va en générer. On n'est pas là du tout, là. Donc, moi, je

pense que le deuxième alinéa fait bien le travail. Compte tenu de la raison

pour laquelle l'article 16 est édicté, je pense que ça fait le travail.

Mme Setlakwe : Oui, ça le fait, c'est

sûr. Ça le fait de façon moins stricte, je dirais. Ce qu'eux disent, à la CAI, ce

n'est pas de faire cette évaluation-là dans tous les cas, c'est de dire que le

gouvernement doit édicter des règles particulières dans le cadre d'un projet

pilote lorsqu'il existe un degré élevé. Parce que ça, c'est une notion connue,

un degré élevé...

M. Caire :

Oui. Oui, mais ce n'est pas ça que...

Mme Setlakwe : ...d'attente? Là, je pense qu'ils se sont

trompés. C'est d'atteinte raisonnable en matière de vie privée. C'est

«atteinte».

M. Caire :

Bien, c'est pour ça que je vous parle d'évaluation des facteurs relatifs à

la vie privée. C'est parce que, ce que ça

sous-entend, c'est qu'il faudrait systématiquement faire cette évaluation-là

pour valider est-ce qu'il y a un degré... un haut degré d'atteinte à la

vie privée. Mais ça, on le sait, si on fait l'évaluation puis selon ce qui...

la formulation qui est utilisée par la CAI.

Puis, oui, on va le retrouver dans la loi

n° 95, on va le retrouver dans

la loi n° 25, notamment, là. Mais ça, c'est, oui,

quand il y a des projets en ressources informationnelles, mais on n'est pas

dans des projets en ressources informationnelles.

Mme Setlakwe :

OK Troisième alinéa, c'est la durée. Pourquoi vous avez choisi trois ans?

M. Caire : Parce

qu'en général je vous dirais que ça nous... Après trois ans, là, tu sais, si on

n'a pas une bonne idée des hypothèses qu'on

veut tester... Tu sais, normalement, ça risque d'être moins que ça, là, les

projets pilotes, la durée des projets pilotes. Mais en trois ans on est

capables, je pense, de collecter une bonne information, des cas qui vont être très parlants. Puis on se rajoute

aussi la possibilité de l'étirer d'un an, là, dans les faits. Donc, ça peut

aller jusqu'à quatre ans. Mais on

parle quand même de projets pilotes sur du normatif en cybersécurité, là.

L'idée générale, c'est... Je vous dirais que c'est d'aller même

peut-être un petit peu plus vite que ça, là.

Mme Setlakwe :

Mais ça ne dit pas que c'est... Vous, vous semblez dire que ça vise du

normatif, mais ça... À la lecture de cet article-là, ça me semble très large.

Non?

M. Caire :

Oui. Bien, c'est parce que, si vous regardez, bon, «expérimenter ou à

innover dans le domaine de la cybersécurité ou dans celui du numérique, ou à

définir des normes applicables à un tel domaine». Donc, oui, on est vraiment

dans l'idée de pouvoir établir un cadre normatif.

Mme Setlakwe :

OK Donc, trois ans plus un an?

Mme Setlakwe :

Puis après, on vient dire «Le gouvernement peut, en tout temps, modifier un

projet pilote».

Mme Setlakwe :

Ça, là, c'est assez large, là. Modifier, ça veut dire, dans le fond,

vous...

M. Caire :

Oui, mais en même temps, c'est de se donner la capacité de dire : Aïe! On

ne s'en va pas pantoute dans la bonne

direction, là. Ça fait que là, on fait quoi, on continue pendant trois ans pour

en arriver à la conclusion qu'on, tu

sais, qu'on ne va pas dans la bonne direction? Bien, c'est d'avoir cette

agilité-là, qui est nécessaire dans un domaine où on innove. Puis quand

on innove, il faut avoir de l'agilité, là.

Mme Setlakwe :

Puis quelles sont vos obligations de rendre compte des...

Caire : Puis là,

c'est le... Oui, c'est le dernier...

Mme Setlakwe : Oui, c'est le

dernier, hein?

M. Caire : Oui. Projet

pilote... «doivent être publiés sur le site Internet du ministère de la

Cybersécurité et du Numérique au plus tard un an après la fin du projet

pilote.»

Mme Setlakwe : Mais

là, c'est très long. Moi, je trouve ça très long, là. Ça peut durer quatre ans.

Ça peut être modifié, puis là, si c'est modifié, bien là, on reste à

l'intérieur du terme initial ou non?

M. Caire : Oui. Oui, mais...

Bien oui, mais, en même temps, l'idée, c'est de se dire : Bon, bien, on se

donne plus de temps selon la loi. Mais,

comme je vous dis, dans les faits, un projet pilote qui aura duré quatre ans,

effectivement, je suis d'accord avec vous, c'est long, mais là, on va

probablement être dans quelque chose à un autre niveau.

Donc, c'est de se donner de la marge de

manoeuvre, parce que, tu sais, la loi, bon, elle est adoptée, puis, si on se

rend compte qu'on ne s'est pas donné assez de marge de manoeuvre, il faut

revenir en mesures législatives. On est peut-être mieux de s'en donner un peu

plus puis d'en avoir besoin d'un peu moins.

Mme Setlakwe : Merci. Puis

quelle est la... Ah! juste... Je serais curieuse de...

M. Caire : Bien, Me Bacon

disait que c'est des durées qui sont standards.

Mme Setlakwe : OK C'est quoi,

vos comparables?

La Présidente (Mme D'Amours) : Me Bacon.

Mme Bacon (Nathalie) : Mme la

Présidente, les comparables, il y en a plusieurs, là. Vous avez le Code de la sécurité routière, vous avez la Loi encadrant

le cannabis; vous avez la

Loi sur les contrats des organismes publics; la

Loi mettant fin à la recherche

d'hydrocarbures, le

chapitre R-1.01; après ça, le

chapitre I-13.3,

loi sur

les infrastructures... l'instruction

publique; le

chapitre P-29,

Loi sur les produits alimentaires; et le

chapitre H-1.01,

Loi sur l'hébergement touristique. On ne devrait

pas en avoir oublié.

La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.

C'est tout le temps que nous avions. Donc, je vous remercie pour votre

collaboration.

Compte tenu de l'heure, la commission ajourne

ses travaux sine die. Merci, tout le monde.

(Fin de la séance à 12 heures)

Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCET 2023-11-28
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux-parlementaires commissions cet-43-1 journal-debats CET-231128
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifierebbebb96ec3a67a0fb1e1a6bd3f33dd1477a0b09

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