Institutions — 28 August 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CI 2019-08-28
Quebec — Committees
L'exemple
du deuxième schéma concerne le
bâtiment déjà grand, mais la superficie totale pourrait être beaucoup
plus importante, car les surfaces entre les murs coupe-feu pourraient en
théorie s'ajouter à l'infini et combiner plusieurs usages : résidentiel,
commercial, bureaux, etc.
Les conséquences pour la sécurité du public
seraient grandement préjudiciables, sans parler des répercussions négatives
sur la qualité et la pérennité des bâtiments en termes de fonctionnalité, de
développement durable ou d'intégration harmonieuse dans notre environnement.
L'AAPPQ
propose donc d'amender le projet de loi n° 29 pour revenir à la définition
d'origine de superficie brute de bâtiment
ou de modifier la définition d'aire de bâtiment en ajoutant une phrase à la fin
de la définition, en orange dans notre mémoire,
et qui dirait ceci : «Dans le cas d'unités contiguës, l'aire de bâtiment
correspond au total des aires des unités combinées.»
Deuxièmement, nous
attirons votre attention sur l'article 28, premier alinéa, du projet de
loi. Cette disposition prévoit l'intégration
d'un nouvel
article 16.3 qui dit que «le gouvernement peut, par règlement,
exclure un bâtiment de l'application
de l'article 16, dans les cas et aux conditions qu'il détermine. Le
gouvernement doit, avant de prendre un tel règlement, consulter l'Office
des professions du Québec et l'ordre.»
L'AAPPQ
croit que cet
article peut ouvrir la voie à une déréglementation totale de la
profession d'architecte, le gouvernement
pouvant exclure de manière unilatérale des bâtiments pour lesquels il est
obligatoire d'avoir recours à un architecte.
Cette disposition vient fortement affaiblir le texte de la loi, dont l'un des
objectifs est la protection du public et la pérennité de nos édifices, car un règlement est adopté et modifié
dans le cadre d'un processus beaucoup moins transparent et public qu'une loi. Par ailleurs, cet
article
prévoit seulement d'exclure des bâtiments, sans possibilité d'en inclure,
alors que c'est prévu dans les modifications proposées à la
Loi sur les
ingénieurs.
L'AAPPQ
souhaite le retrait de l'article 16.3 afin de garantir la protection du public
et la pérennité des bâtiments.
Finalement,
l'AAPPQ accueille favorablement le fait que le projet de loi intègre maintenant
la surveillance des travaux comme une activité réservée de l'architecte
et de l'ingénieur dans leurs disciplines respectives et dans les lois qui les concernent. Néanmoins, nous regrettons que la
surveillance ne soit pas obligatoire afin de s'assurer de la conformité
des bâtiments aux plans et devis et au Code de construction.
plan de surveillance adapté à la complexité et l'ampleur des travaux permet de
minimiser les risques et accroît la qualité
des constructions. Cette activité permet de contrôler la conformité des travaux
aux plans et devis faits par l'architecte, particulièrement pour les éléments jugés critiques, mais aussi de suivre
les modifications effectuées en cours de construction ou de réalisation. Ces changements interviennent
fréquemment, et il est indispensable que l'architecte responsable de la
conception valide tous les changements susceptibles de mettre en cause
l'intégrité de l'ouvrage.
La disposition du
projet de loi prévoit que l'architecte surveille les travaux relatifs à la
construction, à l'agrandissement ou à la
modification d'un bâtiment, notamment aux fins de produire une attestation de
conformité exigée en vertu d'une loi.
Aujourd'hui, aucune loi au Québec n'impose de surveillance des travaux. Donc,
la disposition du projet de loi
n° 29 devient, en somme, inefficace pour protéger le public. La
Loi sur le
bâtiment pourrait être un bon véhicule pour l'imposer, mais cela doit se
faire à court terme afin que les textes de loi soient cohérents.
L'AAPPQ
propose donc de rendre obligatoire la surveillance des travaux pour tous les
bâtiments assujettis à la
Loi sur les architectes, que ce soit dans la
future
Loi sur le bâtiment, si elle est modifiée à court terme, ou en intégrant
cette obligation directement dans le projet de loi n° 29. Je vous remercie
de votre attention.
Le Président (M. Bachand) : Merci beaucoup pour votre présentation. Je cède
maintenant la parole à Mme la ministre, s'il vous plaît. Mme la
ministre.
LeBel : Oui, merci beaucoup, M. le Président. Merci de votre
présentation. C'est très instructif. Puis je dois vous dire qu'au fur et
à mesure qu'on progresse certaines notions, comme «aire de bâtiment», «surface
de plancher», commencent, en tout cas pour
ma part, je vais parler pour moi, à s'intégrer un peu plus. Et, à chaque
nouveau groupe ou chaque nouvelle personne qui nous fait une
présentation sur le sujet, je pense que notre compréhension se clarifie.
Et c'est l'objectif, d'ailleurs, de
ces consultations. C'est toujours aussi de voir si l'intention que le
législateur a en déposant un projet
de loi est bien traduite par le projet de loi lui-même, et, si c'est le cas, si
l'intention... ou bien de vérifier si
l'intention du législateur est adéquate en fonction des réalités des personnes
qui sont concernées par le projet de loi, en l'occurrence, ici, les
ingénieurs, les architectes et les ordres professionnels à plusieurs niveaux.
Donc,
ceci étant dit, on va parler, naturellement, d'aire de bâtiment. On en a parlé
aussi hier. Merci pour l'illustration que
vous en faites à la page 7, je pense, de votre mémoire. Je suis très
visuelle, donc une image vaut souvent mille mots. Et merci aussi de nous avoir proposé une alternative,
parce que, vous savez, en tout cas, pour ce qui est fait dans le projet
de loi présentement, c'est une... Le fait
d'introduire la notion d'aire de bâtiment, et je pense que vous l'avez bien
saisi, c'est une harmonisation avec
le Code national du bâtiment qui est tenté d'être faite pour une meilleure
compréhension de la législation québécoise.
Donc,
vous nous proposez deux choses en fonction d'aire de bâtiment. Je vais
peut-être revenir à votre graphique. Est-ce
que je peux comprendre... Le graphique à la page 7, entre le «aujourd'hui»
et le «demain», pour les indiquer comme vous l'indiquez dans votre mémoire, s'il n'y avait pas de mur coupe-feu
dans l'exemple de demain, est-ce que, selon le projet de loi, on arriverait au même type de bâtiment qui serait
assujetti ou est-ce qu'il y aurait quand même une difficulté? Vous me comprenez? Est-ce que c'est le mur
coupe-feu ou la possibilité d'un mur coupe-feu qui fait que la notion
d'aire de bâtiment vient peut-être changer
ce qui pourrait être assujetti ou, si on exclut la possibilité de... Si les
murs coupe-feu ne font pas obstacle
ou ne... Dans la définition, est-ce que... Avec la définition d'aire de
bâtiment, telle qu'elle est proposée, est-ce qu'on arriverait aux mêmes
bâtiments assujettis?
M. Fortin
(Richard A.) : Merci de poser cette question-là. On va essayer de
préciser à nouveau. C'est vraiment dans
la définition de ce qu'est l'aire du bâtiment, vous avez fait référence au code
du Québec, qu'on retrouve déjà, dans cette définition-là, la notion de coupe-feu. Alors, si on veut arrimer
l'intention du législateur, c'est d'arrimer au code du Québec. Alors, la
définition...
là je vais vous donner les deux définitions. Celle de l'aire de bâtiment, qui
est exprimée dans le projet... dans l'article 16.2 :
«La plus grande surface horizontale du bâtiment au-dessus du niveau moyen du
sol, calculée entre les faces externes
des murs extérieurs». Théoriquement, si on arrêtait ça là, ça ressemblerait à
une superficie brute totale, mais la définition du code se poursuit dans
l'autre volet : «Ou à partir de la face externe des murs extérieurs
jusqu'à l'axe des murs coupe-feu».
partir du moment où on a un mur coupe-feu et qu'on parle d'axe d'un mur
coupe-feu, c'est-à-dire dans le milieu d'un
mur coupe-feu, on sous-entend la possibilité qu'il y ait une autre aire
adjacente et que ça serait considéré comme un autre bâtiment, d'où le fait qu'on vous exprime, dans
notre croquis, que, théoriquement, on pourrait en arriver à ajouter de
multiples aires contiguës une à l'autre puis
que le total ferait en sorte qu'avec le nouvel
article on pourrait construire
des mégacomplexes sans l'architecte, sans requérir aux services de
l'architecte.
Alors, c'est certain que le mur coupe-feu, il est
requis, au sens du code, pour certaines conditions. L'ordre, précédemment,
a mentionné... Il n'y a pas, en soi, de
difficulté à mettre des murs coupe-feu. La difficulté, c'est d'utiliser ce mur
coupe-feu là pour permettre de
construire la construction de bâtiments qui dérogeraient à l'esprit ou à
l'essence de la loi. C'est comme ça que nous, on le perçoit, de cette
façon-là.
Alors,
il y a beaucoup de questions, et je tiens à... Je vous remercie de toutes les
questions qui sont posées. J'ai 30 ans de carrière. Je n'ai jamais eu de question sur la notion de superficie
totale brute lorsqu'est venu le temps d'amorcer des travaux avec nos clients. Ce n'est pas un élément.
Le premier réflexe d'un architecte, il va vous dire : Pourquoi réparer
ce qui n'est pas brisé?
La définition
antérieure semblait faire consensus et elle est facile à comprendre. Il y a une
notion d'arrimer au code. Mais, en
soi, pour le commun des mortels, et là, également, on pense également pour les
municipalités, les petites et moyennes municipalités qui ont à émettre
des permis de construction, tout ça, cette définition-là va toujours, à notre
avis, poser problème, alors qu'actuellement la notion de superficie brute
totale ne pose pas de problème.
L'autre
commentaire que l'on a à faire, c'est que, très souvent, les
clients, en début de projet, ne savent pas c'est quoi, l'aire de leur bâtiment. Ils sont capables de nous élaborer une
liste de locaux de fonction. Et l'architecte, en amorce du travail, va déterminer des superficies, une
liste de pièces avec des superficies, va monter un programme
fonctionnel, et le total va donner une superficie totale brute avec des
facteurs connus qui sont...
Donc,
déjà, le travail à l'amorce, en amont, fait en sorte que la notion de
superficie brute totale est déjà connue des intervenants dans le domaine de la construction. On trouve que c'est un
risque qui pourrait être préjudiciable. Même si, dans le mémoire que nous avons déposé, nous avons
indiqué une alternative, nous maintenons tout de même que la notion de superficie brute totale n'a jamais posé
d'interrogation, en tout cas pas à ma connaissance, jusqu'à présent, et la loi
existe depuis 1974.
Mme LeBel : Oui, bien, merci. Puis je pense qu'il faut... C'est bon de le dire, là,
ce n'est pas une croisade contre les murs
coupe-feu qu'on est en train de faire, au contraire, mais c'était juste de
comprendre... Donc, si je comprends bien, la définition qui est proposée dans le projet de loi n° 29 fait en
sorte que le mur coupe-feu est, à toutes fins pratiques, considéré comme un mur extérieur, finalement, pour fins de
calcul. Donc, on arrête de calculer au mur coupe-feu comme on arrête de calculer à un mur externe, naturellement, là.
Donc, dans votre dessin de demain, ce seraient toutes des unités
indépendantes entre les murs coupe-feu, ce
qui fait en sorte que ce bâtiment-là, malgré sa superficie, serait exclu, en
fonction de la loi proposée, par rapport au fait qu'il est assujetti...
Il serait assujetti en fonction de la loi actuelle. C'est ça?
M. Fortin
(Richard A.) : Oui, c'est exact.
Mme LeBel : Parfait.
Dans les autres provinces, est-ce qu'on parle de superficie totale brute ou
est-ce qu'on parle d'aire pour les fins de calcul? Savez-vous, pour les
architectes, comment on fonctionne dans les autres provinces?
Mme Parent
(Lyne) : Je ne le sais pas.
Mme LeBel :
Vous ne le savez pas?
Mme Parent
(Lyne) : Je ne peux pas vous le dire, je ne le sais pas.
M. Fortin
(Richard A.) : C'est une notion du code, mais je ne peux répondre si
elle est arrimée à la loi, parce que c'est
deux choses, règle générale, qui sont assez distinctes, le Code du bâtiment,
qui est pour les fins de construction, et tout ça, et la loi. Ces notions-là sont... Je ne pourrais pas vous répondre,
mais je n'ai jamais entendu parler d'aire de bâtiment de cette façon-là
jusqu'à présent.
Mme Parent
(Lyne) : Et, chose certaine, à voir les questions des commissaires, on
peut comprendre qu'un client, expert
ou non, en début de projet... Savoir si on a besoin de faire affaire avec un
architecte ou pas, ça devient très difficile si on doit savoir quelle
est l'aire de bâtiment à construire. Il n'est pas conçu encore. C'est beaucoup
plus facile, comme l'expliquait
M. Fortin, d'avoir une superficie totale brute. Donc, en termes de
protection du public, s'assurer que le public fait affaire avec un
architecte lorsqu'il devrait le faire... On pense que la définition actuelle,
elle est beaucoup plus facile à interpréter pour tous.
Mme LeBel :
Malgré l'amendement que vous proposez... En gardant la notion d'aire de
bâtiment, vous proposez un aménagement. Je comprends que ce n'est pas
votre option privilégiée. Mais, malgré ce que vous proposez comme amendement, vous nous dites que ça pourrait poser
des problèmes en amont pour le client qui veut... à savoir s'il doit
faire affaire ou non avec un architecte. C'est ça?
M. Fortin
(Richard A.) : Bien, c'est une forme de mise en garde qu'on croit
nécessaire de présenter ici, à la commission.
Mme LeBel :
J'ai peut-être un de mes collègues...
Le Président
(M. Bachand) : Oui, Mme la députée de Bellechasse, s'il vous
plaît.
Mme Lachance :
Merci d'être là. Je ne veux pas avoir de l'air de taper sur le clou, mais je
veux bien comprendre. Quand vous
parlez de superficie totale brute versus aire de bâtiment, ce que je comprends,
c'est que, dans le code du bâtiment, l'«aire»
est déjà utilisée, et ça, depuis de nombreuses années. Vous, en tant
qu'architectes, lorsque vous créez des plans ou lorsque vous produisez
un ouvrage, vous vous assurez de suivre le code du bâtiment. Comment se fait
l'arrimage?
M. Fortin
(Richard A.) : Ce qu'on mentionnait précédemment, c'est qu'en tout
début de projet, à l'amorce, au moment
où on fait la programmation, on établit les besoins, on ne travaille pas
nécessairement immédiatement avec l'aire de bâtiment. On va travailler, avec nos clients, avec des notions de
superficie brute nette, brute totale. Il y a toutes des expressions.
Mais c'est comme ça qu'on bâtit la programmation fonctionnelle et technique.
notion de l'aire va s'appliquer davantage lorsqu'on va vouloir intégrer des
études de code du bâtiment. Quand on
sera rendus un petit peu plus loin et que, là, on va chercher de voir, par
exemple, la conformité des différents scénarios qu'on veut établir en
fonction du code du bâtiment, on va travailler avec ce type-là de notion. Cette
notion-là n'est pas nécessairement amenée au
client, mais l'architecte, effectivement, la connaît et va en tenir compte au
moment de ses études pour déterminer si tel ou tel scénario est plus
avantageux au niveau de la conformité du code, par exemple.
Mme Lachance : O.K. Dans un autre ordre d'idées, en ce qui a trait à rendre obligatoire la surveillance des travaux pour tous les bâtiments assujettis à la
Loi sur
les architectes, dans votre mémoire, vous nous parlez des bâtiments qui
sont assujettis à la
Loi sur les architectes, dans la page 9. Est-ce que
vous pourriez m'expliquer quels sont actuellement les bâtiments qui sont
assujettis à la
Loi sur les architectes?
M. Fortin
(Richard A.) : Dans la
partie 9?
M. Fortin
(Richard A.) : D'accord, si je comprends bien, vous voulez savoir
quelle portion de la
partie 9 est assujettie...
Mme Lachance :
Non, de la page 9.
M. Fortin
(Richard A.) : Ah! la page 9, excusez-moi.
Mme Lachance :
C'est qu'en fait vous nous dites, dans le fond, que la
Loi sur le bâtiment
pourrait être un bon véhicule pour imposer davantage
de surveillance et vous nous dites, précédemment, que certains bâtiments sont
assujettis à la
Loi sur les architectes. Actuellement, quels sont les bâtiments
qui sont assujettis à la
Loi sur les architectes?
M. Fortin
(Richard A.) : Si on réfère
à la loi actuelle, alors on parle de la loi, actuellement, à l'article 16.1b, alors il est indiqué, par
exemple...
Mme Parent
(Lyne) : En fait, l'article,
moi, je n'ai seulement que le nouveau, là, je n'ai pas avec moi
l'ancienne loi, mais c'est l'article 16.1,
je crois. En fait, tous les bâtiments sont assujettis, sauf ceux qui sont
exclus. C'est comme ça que la loi,
elle est construite. Et, à l'article 16.1,
je crois que c'est le même
article, là, dans la loi actuelle, on voit quelles sont les exceptions, là,
vous les voyez.
Mme Lachance : ...si la hauteur
du bâtiment est d'un étage, 300 mètres.
Mme Parent
(Lyne) : Oui, dans le projet de loi, là, si on regarde le projet
de loi, effectivement, les exclusions sont là. Donc, ces bâtiments-là
seraient exclus de l'obligation de faire affaire avec un architecte. Donc, si
la surveillance devenait obligatoire, bien,
dans le cas de ces bâtiments-là, par exemple, elle ne serait pas obligatoire
pour ces bâtiments-là. On peut...
M. Fortin
(Richard A.) : Excusez-moi,
j'ai trouvé l'article. Alors, on dit : Une habitation unifamiliale
jumelée ou en rangée, une
multifamiliale d'au plus quatre unités, un bâtiment commercial, d'affaires,
industriel ou une combinaison sont exclus des activités réservées si,
après travaux... On mentionne : Pas plus de deux étages, et un seul niveau
de sous-sol, et pas plus de 300 mètres carrés de superficie brute totale.
Mme Lachance : Je vais vous arrêter. Dans le fond, ce que je veux savoir, c'est l'impact. Vous voulez qu'il y ait davantage de surveillance. Ce
que vous voulez qui soit intégré, c'est quoi? C'est plus le sens de ma
question, savoir la différence entre ce que vous souhaitez et ce qui est... rapidement...
M. Fortin
(Richard A.) : Actuellement, la surveillance des travaux n'est pas obligatoire au Québec.
On mentionne cela. Là, déjà, la
demande de rendre la surveillance obligatoire... On tient à souligner que, pour les projets
gouvernementaux, règle générale, je pense, c'est la quasi-totalité ou la
totalité des donneurs d'ouvrage... Oui?
Mme Lachance : Je vais vous arrêter un instant. Je pense que je
vais passer la parole à... pour les dernières secondes.
Mme LeBel : Oui, dans le fond,
juste pour résumer, vous voulez que les bâtiments assujettis...
Le Président
(M. Bachand) : ...s'assurer que... parce
qu'on est quand même en diffusion...
Mme LeBel : Vous avez raison.
Président (M. Bachand) :
...de donner le temps à la personne de répondre, de ne pas parler l'un par-dessus
l'autre. Mme la ministre, s'il vous plaît.
Mme LeBel : Oui, donc, que les bâtiments assujettis, pour
lesquels vous obtenez un pouvoir de surveillance
exclusif, soient aussi sur une surveillance obligatoire, dans le fond.
M. Fortin
(Richard A.) : On considère que tous les bâtiments pour lesquels
l'architecte est impliqué, hein, au niveau de la loi, devraient avoir l'opportunité d'avoir une surveillance même
obligatoire par les architectes, parce qu'on l'a mentionné déjà, précédemment, dans d'autres
interventions, c'est la meilleure façon de contrer les effets
indésirables, hein? C'est une forme de prévention que l'on offre à tous
les clients.
Mme LeBel : ...sur le pouvoir
réglementaire, on a eu la discussion avec les ingénieurs, puis, dans le cas des
ingénieurs, le gouvernement pourrait, par règlement, inclure et exclure. Si on
avait également la possibilité, pour les architectes,
d'inclure, avec des critères... Parce qu'on nous a parlé d'avoir des critères
plus définis, parce que, présentement, le
pouvoir réglementaire, tel que défini, semble, pour les groupes qui nous ont
parlé, avoir une notion d'arbitraire qui les titille. Est-ce que ce serait quelque chose que vous pourriez envisager
pour avoir de la flexibilité, hein? 2000 avant la dernière modification,
votre loi date de 1970... Qu'en pensez-vous?
Mme Parent
(Lyne) : Nous, ça nous
inquiète de toute façon que cette possibilité-là existe, parce que, pour
nous, les bâtiments qui sont assujettis, les
actes qui sont réservés, c'est quand même le coeur de ce projet de loi, dont
l'objectif est la protection du
public. Et on pense que, si on doit exclure des bâtiments assujettis, on
devrait avoir un débat de société sur ces questions-là, d'autant plus que
le gouvernement, actuellement, est en train de préparer une stratégie québécoise
de l'architecture pour se donner,
comme société, des objectifs qualité en termes d'architecture, pérennité,
durabilité. Et donc on pense que,
dans les prochaines années, on risque d'inclure des bâtiments, plutôt
que d'en exclure, mais on devrait avoir un débat
de société là-dessus. On trouve que c'est important, c'est au coeur de la loi.
Donc, on préférerait que cette possibilité-là
de projet de règlement, qui se fait quand même... C'est un processus qui est
rapide, donc on préférerait que ça ne...
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Je dois céder
la parole... je «dois», je veux céder la parole à Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
S'il vous plaît.
Mme Weil : Merci. Merci, M. le Président. Bienvenue.
Merci de votre présence. Je vais peut-être continuer un peu, parce qu'on aura, tantôt... on va écouter l'Association des professionnels
de la construction et de l'habitation du Québec. On a beaucoup parlé des... Justement, hier, l'Ordre des
architectes disait que cette façon de
faire des constructions, avec
des murs coupe-feu, c'est une façon de
détourner la... c'est-à-dire l'implication des architectes et que c'était un
genre de pente glissante, je pense qu'on pourrait dire ça comme ça.
Eux, ils
donnent l'exemple des autres
provinces canadiennes, mais là... Pour nous, là, c'est important qu'on
puisse bien creuser la question pour bien
comprendre les comparaisons. Eux, ils disent que, dans le cas qui nous occupe,
là, la description... c'est-à-dire
l'exemple que vous donnez, et qui est donné, et qui serait donc couvert par la
loi, soit... il n'y aurait pas, donc,
cette approbation ou implication des architectes, que ces actes-là sont exclus
dans les autres provinces canadiennes. Je
vous invite à le regarder, peut-être suivre, tantôt, la présentation. Mais il
se pourrait que nos pratiques sont différentes, de toute façon, le Québec.
Je veux dire, on a des traditions, puis je voulais justement... et un
historique.
Et vous
parlez, justement, de cette politique, c'est ça, une politique de
l'architecture qui s'en vient. Êtes-vous capables de nous éclairer un peu sur ces différences où il
faudra peut-être qu'on y revienne plus tard, cet après-midi ou dans le
suivi des travaux, pour qu'on puisse saisir
cette différence ou non différence? Peut-être qu'il y a... En tout cas, ce
qu'on comprend, c'est que l'exemple que vous donnez, là, avec les murs
coupe-feu, avec des aires élargies, c'est ce qui se fait, sans l'implication des architectes, dans les autres
provinces. Vous, ce que vous dites, ça vient contourner... On comprend
ça, on a entendu les arguments, on a
beaucoup, beaucoup écouté, on comprend bien votre recommandation. Je pense que
vous préférez votre première recommandation
et qu'on reste avec la définition actuelle, donc, la définition... Et vous
voyez ça vraiment comme une pente glissante, je pense que c'est un peu
comme ça qu'on pourrait le dire.
Est-ce qu'il
y a, dans les travaux préliminaires du comité d'experts qui constituent
cette... pour la consultation, est-ce qu'il y a des notions, ou est-ce
que vous n'êtes pas encore rendus là, ou les travaux ne sont pas encore rendus là,
des notions de base, justement, du rôle de l'architecte dans des situations
semblables?
Mme Parent (Lyne) : Travaux dans le
cadre de la Stratégie québécoise de l'architecture?
Mme Weil : De la stratégie
québécoise, oui.
Mme Parent
(Lyne) : Bien, les travaux
sont concentrés beaucoup, à notre connaissance, actuellement, à se donner une définition commune de ce qu'est la qualité en
architecture. Je pense que c'est une des premières bases d'un premier jalon
d'une politique, d'une stratégie québécoise.
On ne connaît
pas le contenu du mémoire de l'APCHQ, donc on ne peut pas commenter. On va certainement aller le regarder et le
commenter, au besoin. On ne connaît pas très bien non plus les lois dans les
autres provinces canadiennes. Ce qu'on sait,
par exemple, en côtoyant plutôt les organisations, les associations et les ordres dans les autres provinces,
c'est qu'ils nous envient beaucoup
d'avoir entrepris une démarche, justement, en vue d'une politique ou d'une stratégie québécoise de l'architecture. Ils nous envient beaucoup
de nos façons de faire dans différents... dans les marchés publics, par exemple. Donc, on est un modèle pour
les autres provinces, beaucoup, alors je tiens à le souligner.
Il ne faut
pas oublier que, quand on fait affaire avec un architecte pour concevoir un
bâtiment, on fait affaire à des compétences professionnelles et on va
chercher aussi une responsabilité professionnelle. L'architecte est
responsable, personnellement, là. Même après sa mort, il est protégé. Donc, le
public est protégé, quand il fait affaire avec un architecte, d'une
manière, là, qui est importante. La responsabilité professionnelle, elle est importante.
La compétence aussi, pour concevoir des
bâtiments, ce sont les professionnels en architecture qui l'ont. Alors, ça, il ne
faut pas l'oublier. Je ne sais pas si M. Fortin veut ajouter
quelque chose.
M. Fortin
(Richard A.) : Oui,
j'ajouterais autre chose. C'est qu'on a précédemment parlé de
l'envergure de... avec des bâtiments de petite taille. Mais il faut
réaliser qu'au Québec actuellement, dans les villes, les villages, même dans énormément de quartiers, dans les grands centres
urbains, on peut... dans les villes et villages, puis il y a peut-être 90 % et plus des bâtiments qui sont actuellement assujettis à
la
partie 9 du code, donc de petits bâtiments, il y a souvent seulement
une école, une église, quelques bâtiments,
un aréna, quelques bâtiments publics qui sont assujettis aux parties 3 ou
autres du code du bâtiment.
Donc, ce n'est pas négligeable dans le paysage
bâti du Québec, les petits bâtiments. C'est l'essentiel de notre architecture au Québec. Alors donc, des fois, on
sous-estime un peu l'impact d'offrir, ou de délester, ou de regarder un
peu l'envergure, ces superficies, ces petites superficies là. Et de moindres
petits changements dans ces chiffres-là affectent énormément de constructions.
Évidemment, là, on ne parle pas des grandes tours, là, qu'on retrouve au
centre-ville de Montréal ou à Québec, on parle vraiment de l'essentiel du
paysage au Québec.
Alors,
quand on parle de qualité, quand d'un côté on veut faire la promotion de la
qualité en architecture et qu'on veut faire
une... et qu'on établit une politique nationale d'architecture en faveur de la
qualité architecturale, bien, il faut en même temps, je vous dirais, d'une certaine façon, de l'autre côté, être
conséquent et ne pas diminuer le rôle des architectes à quelques
bâtiments forts, quelques bâtiments publics, mais ne pas oublier que ces
interventions, même ponctuelles, sur de petits bâtiments, c'est, au quotidien, le genre de
bâtiment sur lequel les gens... que vous côtoyez partout, là, vous qui
représentez tous les comtés du Québec. Donc, c'est quand même majeur.
Weil : Très bien.
Merci. Bon, on va revenir. Vous avez suivi, je pense, les échanges d'hier sur
cette surveillance obligatoire, donc vous en parlez. Donc, on a entendu
le Conseil interprofessionnel, l'Ordre des architectes, l'Ordre des ingénieurs
à ce sujet. On a eu un peu de discussions sur quelle serait la loi qui
devrait... où devrait être inscrite cette obligation, pour nous éclairer. Où
est-ce que se trouverait cette obligation?
Mme Parent
(Lyne) : Bien, nous, dans notre mémoire, on fait allusion à la
Loi sur
le bâtiment. Comme les architectes
interviennent principalement sur le bâtiment, on pense que ça pourrait être un
véhicule intéressant. Maintenant, on laisse aux législateurs de voir si c'est le meilleur véhicule. Ce
n'est pas notre expertise, mais on voudrait que ça se fasse, par contre,
à brève échéance, pour s'assurer
qu'on donne pleine application à la loi qui fait en sorte que la surveillance
est un acte réservé, parce que,
sinon, l'acte étant réservé, mais, s'il n'est pas obligatoire dans les bâtiments
assujettis, ça tombe un peu à plat pour cette disposition-là. Alors
donc, la
Loi sur le bâtiment, à notre avis, là, pourrait être un bon véhicule.
Weil : Bien, merci. Parce qu'on n'avait pas réussi à... je
pense que c'était la fin des travaux ou la fin de la présentation, d'avoir des idées concrètes de lois.
Mais ça va nous aider, là, dans la législation, de savoir où vous
entrevoyez cette modification ou cette inclusion de cette obligation.
j'aimerais revenir page 8 de votre mémoire, et vous soulevez, donc, un
autre point d'inquiétude : la possibilité que se donne le
gouvernement d'exclure des ouvrages du champ d'exercice des architectes et des
ingénieurs par voie réglementaire. Vous
soulignez que cette disposition ne dispose d'aucun garde-fou. On a eu des
discussions là-dessus, mais j'aimerais
vous entendre. C'est bon pour la transcription, pour nous, quand on va revenir
sur l'étude
article par article, que vous puissiez bien clarifier votre
position là-dessus, verbalement, aujourd'hui.
Mme Parent (Lyne) : Bien, je reviendrais peut-être à une disposition importante du projet
de loi, l'article 15, qui est une
avancée, pour nous, qui offre une bonne définition de ce que c'est que le champ
de pratique, l'exercice de l'architecture. Puis ça répond peut-être à la
question précédente aussi.
C'est que
l'architecte est le professionnel qui, en vertu, là, du nouvel
article de loi,
doit... Le respect de l'environnement et de la vie, la protection des biens, la
pérennité du patrimoine, l'efficacité économique font
partie de l'exercice de
l'architecture dans la mesure où ils sont liés aux activités professionnelles
de l'architecte. Donc, c'est le professionnel qui est compétent pour s'assurer
qu'on fait du développement durable, efficace au niveau économique. Donc, je
pense que c'est important de tenir ça en compte.
Pour
ce qui est de la possibilité d'exclure, donc, des bâtiments, bien, à ce moment-là
on se prive, comme société, de cette expertise-là des professionnels
pour faire des bâtiments de qualité.
ce qui concerne la possibilité d'adopter un projet de règlement,
bien, nous, notre industrie, si je peux dire comme ça, l'été dernier, on a déposé un projet de règlement
qui avait un grand impact dans notre industrie et on a trouvé ça très difficile, à la veille des vacances de la
construction, d'avoir un projet de règlement, 45 jours de consultation où les
débats ne sont pas publics, où on n'a pas accès aux mémoires des autres
parties. Parce que, vous le voyez, notre secteur intéresse beaucoup
d'intervenants. Nous, on a trouvé ça très difficile parce que,
pour nous, ça concernait la qualité de l'architecture qu'on se donne dans les marchés publics, au Québec,
et on trouve que ce n'était pas le véhicule approprié pour prendre de
telles décisions ou la façon appropriée de le faire, très rapidement, à brève
échéance, et de ne pas avoir de débat public. D'ailleurs, le projet de règlement a été retiré l'été
dernier, suite à notre mobilisation pour changer les modes de sélection
des professionnels dans les marchés publics.
Donc,
on pense que, pour quelque chose qui est au coeur du projet de loi, c'est-à-dire les activités et les actes réservés, et
compte tenu de la Politique québécoise de l'architecture, on se doit d'avoir un
débat public sur ces questions-là.
Le Président (M. Bachand) : Merci
beaucoup. Merci, Mme la députée. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve,
s'il vous plaît.
Leduc : Bonjour. Merci
d'être présents parmi nous aujourd'hui. Moi, j'ai plus des questions de
compréhension. C'est quand même
assez nouveau pour moi, tout ça. Quand on parle d'une compétence partagée ou
d'un acte réservé qui va être partagé
entre deux professions, donc, si j'ai bien compris, les ingénieurs et les
architectes qui pourront faire la surveillance des travaux, comment ça
fonctionne dans le quotidien? Est-ce que c'est le donneur d'ouvrage qui décide
si ça va être l'architecte ou l'ingénieur? Est-ce qu'il y a un petit jeu de
coudes qui se fait d'un projet à l'autre?
Fortin (Richard A.) : En
fait, cette surveillance-là est la suite, conséquence des plans et devis.
Alors, chaque professionnel est responsable des plans et devis liés à sa
discipline respective. Alors, l'architecte, c'est pour les plans d'architecture. L'ingénieur, ça se décline en plusieurs
disciplines : ça peut être l'électricité, la mécanique du bâtiment,
la structure et le génie civil. Chacune de
ces disciplines-là réalise des plans et devis, et ce sont les professionnels,
par exemple en génie civil, qui surveillent les ouvrages liés au civil,
et les architectes surveillent les ouvrages en architecture.
Ceci dit, dans le
cadre d'une surveillance, l'architecte a également un rôle d'homme ou de
femme-orchestre, c'est-à-dire que la loi
et... nous avons une responsabilité de coordination de l'ensemble des diverses
disciplines, un peu comme si on avait
un coup d'oeil un petit peu plus généraliste de l'ensemble des disciplines pour
intégrer le tout dans un tout
fonctionnel, opérationnel et harmonieux. Il faut quelqu'un qui fasse le tour de
ça. Alors, l'architecte a également cette responsabilité-là. Mais chaque
discipline va surveiller ses travaux, si j'ai bien compris votre question.
M. Leduc :
...même projet.
M. Fortin (Richard A.) : Sur un même
projet.
M. Leduc : Il peut y avoir deux
surveillants qui surveillent leurs parties, dans le fond.
M. Fortin (Richard A.) : Il peut y
en avoir trois, quatre ou cinq.
M. Leduc : O.K. Dépendamment du
projet.
M. Fortin (Richard A.) : Mais, règle
générale, les ingénieurs vont combiner leur surveillance, c'est-à-dire que l'ingénieur civil et structure... il peut y en
avoir un. Ils vont combiner des disciplines similaires : mécanique,
électricité, il pourrait y avoir un
surveillant pour ces deux disciplines. Mais il n'est pas rare, sur des grands
chantiers, d'avoir trois ou quatre surveillants de chantier.
M. Leduc : Et peut-être une dernière
question...
Le Président (M.
Bachand) : 15 secondes, M. le député. Désolé.
M. Leduc : Ah! Bon, pas le temps
vraiment de formuler une question en 15 secondes. Je vais passer la puck.
Le Président (M. Bachand) :
Non, je suis désolé. Désolé. Mme la députée de Joliette, s'il vous plaît.
Hivon :
Oui. Merci beaucoup. Je veux revenir sur la question des exclusions par
règlement. Donc, vous, en fait, je
veux bien saisir votre position, vous êtes d'avis que ce qui est prévu à
l'article 16.1 de la loi actuelle, qui prévoit déjà certaines
exclusions, habitation unifamiliale, tout ça, vous l'avez bien expliqué tantôt,
pour vous, ça devrait être le statu quo par
rapport aux exclusions. On garderait ça tel quel puis pas de possibilité d'y
aller par voie réglementaire. Je veux juste être sûre que, vous, votre
position, au-delà d'être contre les exclusions par voie réglementaire, c'est
l'état actuel dans votre loi.
Mme Parent
(Lyne) : En effet. Même, on
pense qu'on pourrait inclure de nouveaux bâtiments ou réduire la taille des bâtiments à partir de laquelle on doit faire
affaire avec un architecte. Et ça, on est prêts, dans les prochaines années,
à avoir des discussions là-dessus dans le
cadre d'une stratégie québécoise de l'architecture. D'ailleurs, on a ajouté les
bâtiments de 600 mètres carrés, là, dans l'unifamiliale isolée. Ça, ce
n'est pas là dans la loi actuelle. Ce sont des bâtiments de très grande taille,
de très grande taille.
Hivon :
O.K. Parfait. Puis certains nous ont dit que, bien, ça pourrait donner une plus
grande flexibilité, parce que ce
n'est pas, évidemment, une loi qu'on revoit souvent. Ça fait des années qu'on
en discute. Donc, plutôt que de se forcer à revenir en législation, de
pouvoir y aller par règlement, ça donnerait cette flexibilité-là. J'aimerais ça
vous entendre là-dessus.
Mme Parent (Lyne) : Nous, on pense
que les inconvénients sont plus grands que les avantages de faire ça par voie
réglementaire.
Hivon :
O.K. Parfait. Petite question sur les murs coupe-feu. Je veux juste savoir si
vous avez une crainte que, par
exemple, des constructeurs puissent mettre plus de murs coupe-feu qu'il est
requis pour s'exclure vraiment, clairement, avec la nouvelle mesure, si cette nouvelle mesure là restait. Est-ce que
c'est vraiment une crainte que vous avez, légitime? Et, si oui, combien
ça coûte, mettre des murs coupe-feu?
M. Fortin (Richard A.) : Bien,
écoutez, on ne peut pas présumer de l'imagination des constructeurs, mais il n'y a
rien d'impossible. S'il y a
l'opportunité de trouver des façons de ne pas avoir de professionnels, c'est
possible. Mais le sujet n'était pas
tant de croire qu'un entrepreneur pourrait le faire que de plutôt vous aviser
vraiment qu'à ce moment-là on déroge
carrément de l'esprit, à notre avis, du champ de pratique de l'architecte en
réalisant des bâtiments de beaucoup plus grande envergure par l'ajout de murs coupe-feu. C'est davantage l'esprit
qu'on voulait manifester. Mais, effectivement, quelqu'un pourrait
décider de faire une série d'édifices à bureaux avec des murs coupe-feu et de
construire un immense complexe.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. M. le député de Chomedey, s'il vous
plaît.
M. Ouellette : Merci. Bonjour, messieurs dames. Ça passe
réellement vite ce côté-ci de la table, là, ça fait qu'on essaie d'être très succincts dans nos questions.
Je veux vous parler des établissements agricoles. C'est quoi, votre
relation, en termes d'association, avec les
établissements agricoles? Et ma deuxième question, ça fait que ça va vous
donner une petite minute et demie
pour la réponse : Il y a des exclusions, dans la loi, pour les
établissements agricoles, êtes-vous d'accord? Avez-vous fait une réflexion
là-dessus?
Parent (Lyne) : En fait, on
n'en a pas parlé dans notre mémoire, mais, oui, on en a discuté entre nous.
On est inquiets parce que les bâtiments
agricoles qui sont exclus sont de très grande taille. Mais on souhaitait avoir
des échanges avec les gens du milieu,
de ce milieu-là, des échanges aussi avec l'Ordre des architectes pour mieux
saisir, mieux comprendre. On n'a pas
eu le temps, je l'avoue, de bien comprendre, là, les impacts que ça pouvait
avoir. Ça nous demandait, là, d'aller chercher
des... Mais certainement, dans les prochains mois, dans les prochaines années,
c'est des discussions qu'on veut avoir, parce qu'effectivement ce sont
des bâtiments de grande taille qui sont exclus.
Ouellette : Oui,
effectivement, puis il n'y a pas... Présentement, votre association n'a pas de
relation avec le milieu agricole, là,
dans la... Parce qu'on a beaucoup parlé de conception, on a beaucoup parlé...
On est en ville, là. Je vous écoutais, vos
commentaires, là, on est en ville, dans les gros buildings, puis tout ça. On
oublie que la grande majorité du Québec est en campagne et que tout le
secteur agricole, là, il y a des exceptions partout, et c'est tellement des
mégaprojets que ça m'inquiète un peu.
M. Fortin
(Richard A.) : Les architectes du Québec sont présents partout dans le
territoire. 85 % des firmes de notre association sont des firmes de petite taille, très petite taille, de
cinq personnes et moins, étalées sur tout le territoire québécois. Et tantôt j'ai mentionné la notion de paysage pour
les petites et... Donc, on a une préoccupation, soyez-en certain, pour
le bâti pas uniquement dans les milieux urbains, mais également dans les
campagnes, et tout ça.
La notion de bâtiment agricole, certainement, de
notre côté, il va y avoir une volonté d'aller chercher une consultation auprès de nos membres. Et je sais
qu'il y a des membres qui réalisent des projets de ce type-là. Il y a
même, dernièrement, eu des reportages sur
une firme d'architecture qui a créé une ferme modèle, avec une étable, basée
sur des principes de développement
durable, quelque chose de tout à fait... qui a fait avancer, si vous voulez,
hein, dans l'optique des bâtiments, la notion d'agriculture biologique,
qui fait avancer un peu tous ces concepts-là. Alors, c'est quelque chose qu'on
considère aussi.
Président (M. Bachand) :
Merci beaucoup. C'est tout le temps qu'on avait pour cette première rencontre.
Alors donc, merci beaucoup de votre présence aujourd'hui.
Je vais suspendre les travaux, en invitant le
prochain groupe à prendre place, s'il vous plaît. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 10 h 20)
Le Président (M.
Bachand) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission
reprend ses travaux. Il me fait plaisir d'accueillir,
maintenant, les représentants de l'Ordre des dentistes du Québec.
Comme vous le savez, maintenant, vous avez 10 minutes de présentation, et par après nous aurons un échange
avec des membres de la commission. Alors, je vous cède la parole pour une
période de 10 minutes. Merci beaucoup de vous être déplacés. À vous.
M. Dolman
(Barry) : Mesdames
messieurs, membres de la commission, M. le
Président, bonjour. D'abord,
je présente Me Caroline Daoust, directrice générale de l'Ordre des dentistes du
Québec, à ma gauche. Merci pour votre invitation ce matin.
Je vous
résume mon état d'esprit en un seul mot : Enfin! Merci à la ministre
d'avoir pris la décision de présenter ce projet. Après presque 20 ans, des discussions, des débats, des
ententes, des mésententes, nous avons finalement la possibilité de définir ensemble le futur de l'accès de la
protection du public en santé buccodentaire. Imaginez, ça a commencé
avant que la clé USB était inventée.
Est-ce que je
vais tenter la mission, presque impossible aujourd'hui, de vous présenter toute expertise scientifique qui appuie nos conclusions? Non, pas du tout. Je
prendrais plutôt les neuf prochaines minutes, ou moins, pour vous
présenter d'une façon claire et précise,
selon nous, qu'est-ce qui permettra de réellement offrir des services de
qualité aux citoyens, protéger leur
santé et contribuer à un meilleur accès aux soins de la bouche, des dents, des
maxillaires et des tissus avoisinants.
Avant de parler de notre avis sur les
modifications des activités réservées aux autres professionnels de notre domaine, je désire d'abord vous parler des
dentistes, plus que 5 000 docteurs généralistes et spécialistes qui
font de la santé une passion et une
mission, pas seulement la santé buccodentaire, mais la santé globale, ceux qui
sont en milieu hospitalier, en CHSLD ou en clinique.
Les dentistes
sont des intervenants de première ligne qui posent des diagnostics, qui
traitent des cas complexes, qui prescrivent
des médicaments et qui, de plus en plus, collaborent avec nos collègues en
médecine. C'est pour cela que nous voulons
que la
Loi sur les dentistes reflète la réalité et qu'elle soit comparable sur
la Loi médicale, pour nous assurer que nos professionnels sont sur un
pied d'égalité lorsqu'il vient le temps de traiter une maladie.
Nos demandes ont un seul objectif, de permettre
les professionnels d'offrir des soins de qualité, que ce soit en permettant les dentistes de réaliser la contention
en urgence, pour protéger le patient, que ce soit en assurant que, parmi
des activités réservées, les dentistes
soient inclus dans la surveillance clinique d'un patient, lorsque sa condition
le nécessite, ce qu'ils sont tenus de
faire en milieu hospitalier, ou d'assurant
que le dentiste de garde continue à diagnostiquer les déficiences et les
maladies de dents, de la bouche, des maxillaires et des tissus avoisinants.
Par ailleurs, nous sommes
aussi convaincus que la protection du public nécessite de préserver l'indépendance
des professionnels. Pour ce faire,
l'ordre propose qu'on ajoute un article, dans le projet
de la loi, qui réserve la propriété
de tout cabinet clinique, centre dentaire à
un dentiste ou à une société de dentistes. De plus, cet
article
devrait également réserver l'usage
de l'adjectif «dentaire», utilisé seul dans un nom, une publicité d'un dentiste
ou une société de dentistes, pour que le public s'y
retrouve. Vous trouverez nos autres propositions dans le mémoire : notamment,
importante, le certificat d'immatriculation des étudiants en médecine dentaire.
Parlons
maintenant des autres professionnels. Tout d'abord, pour les hygiénistes dentaires, tel que j'ai répété depuis plusieurs
années, l'Ordre des dentistes du Québec est 100 %
d'accord avec l'autonomie des hygiénistes dentaires telle que décrite dans ce projet de loi. La seule chose que
nous demandons, c'est une rédaction commune d'un guide de pratique,
avant la rentrée en vigueur de la loi, pour
éviter des interprétations erronées et des débats juridiques inutiles. Il est
important que les actes préventifs
puissent être réalisés auprès d'un plus grand nombre de Québécois. Et c'est
pour cette raison que nous avons
toujours été clairs quant à notre appui. Cependant, la limite entre le
préventif et le curatif doit être établie et respectée. Et nous
considérons que, cela étant fait en santé mentale, un guide comme ça, c'est la
meilleure solution.
Finalement, parler du
dossier des denturologistes. Dans le projet de la loi n° 29, le
législateur établit que les denturologistes
ne peuvent réaliser des actes invasifs. Ceux-ci comportent notamment la
fabrication des prothèses sur les dents naturelles, altération des structures buccodentaires, telles que les
dents et les tissus mous, la prise de radiographies, l'anesthésie locale
et toutes les activités sous-gingivales. Dans un souci de cohérence avec cette
position, l'ordre demande que les propositions
de mettre aux denturologistes de retirer et remplacer un bouchon de guérison et
de placer un pilier sur les têtes d'implant
sont retirées. En effet, ces interventions peuvent nécessiter une anesthésie
locale, une incision à la gencive et des radiographies de contrôle.
Aussi,
je tiens à profiter de cette tribune pour répéter qu'aux yeux des experts et
des spécialistes en implantologie, et tel
que les techniciens dentaires ont dit hier, une prothèse amovible, par
définition : amovible par le patient. Je me devais de le préciser.
Voilà
ce qui résume notre position dans un dossier qui est aussi technique que scientifique,
et j'espère d'avoir réussi à rendre plus clair possible.
En conclusion, je
veux rappeler que nos propositions sont basées sur les besoins du patient, sa
protection et les meilleures pratiques pour en prendre soin. C'est notre seul
objectif aujourd'hui. Elles sont aussi basées sur le fait que, contrairement au moment où la
Loi sur les
dentistes a été écrite, il y a plus que 40 ans, nous avons aujourd'hui des
preuves claires des effets de santé
buccodentaire sur la santé globale des individus. L'exclusion de la bouche n'a
donc plus de sens.
tant que parlementaires, vous avez entendu beaucoup de professionnels parler de
l'accès aux soins et... Cependant, personnellement,
je me dois de vous dire que, pour moi, l'accès aux soins ne passe pas par la
modernisation des champs de pratique,
du tout. L'accès aux soins passe par une meilleure couverture publique des
soins buccodentaires, des actes préventifs et curatifs dans le domaine. Ce sera ma dernière présentation en tant
que président de l'Ordre des dentistes du Québec pour plaider en faveur d'une répartition adéquate des
ressources pour la couverture de la santé buccodentaire. Lorsque vous
arrivez à l'hôpital avec un bras cassé, vous êtes couvert, mais pas lorsque tu
es arrivé, avec le même hôpital, avec une infection dentaire aiguë.
sais que le gouvernement actuel a déjà effectué quelques pas dans cette
direction, et nous l'en remercions. Il est temps de sérieusement songer à étendre la couverture aux soins de base
dans la prévention. C'est un investissement qui nous permet de réaliser des économies importantes et
d'améliorer considérablement la santé et la qualité des Québécois de
tous âges. En 2019, on ne peut pas éviter ce
débat. Et je veux vous assurer la collaboration et la contribution de l'Ordre
des dentistes du Québec lorsque le législateur décide de pencher sur
cette question. Je vous remercie et... maintenant disponible à vos questions.
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup, Dr Dolman. Mme la
ministre, vous avez la parole.
Mme LeBel :
Oui, merci beaucoup, M. le Président. Bon, tout d'abord, merci, bienvenue, et
merci de votre présentation. Surtout, je veux vous remercier de votre appui
aux efforts qui sont faits présentement pour ouvrir, justement, les services de première ligne aux citoyens
quant à la prévention de la... et en matière de santé
buccodentaire et de votre appui au projet de loi pour ce qui a trait à
l'ouverture de plus d'autonomie aux hygiénistes dentaires. Alors, merci
beaucoup.
D'ailleurs,
peut-être, vu qu'il
n'y a pas beaucoup
de temps qui nous est imparti pour la discussion, malgré tous les points sur votre mémoire, vous allez me permettre de mettre l'accent peut-être
sur certains enjeux pour être capable de vous donner l'occasion de vous
exprimer un petit peu plus là-dessus.
a eu l'occasion de discuter, justement, avec plusieurs représentants du domaine
buccodentaire, les hygiénistes de,
justement, ces actes-là, ces actions-là qu'on leur permettrait de faire avec
plus d'autonomie. On a parlé du débridement parodontal. Il y a une certaine interprétation. Dans le projet de loi
actuel, on propose que ce débridement parodontal là soit fait selon une ordonnance. Il y a une discussion
présentement avec les hygiénistes dentaires à l'effet que ce sont des
actes qu'elles sont formées de faire,
qu'elles font déjà de toute façon. Pour le traduire dans des termes qui sont
plus communs, et vous m'excuserez, on
parle de nettoyage comme on l'entend, nous, quand on va subir un nettoyage avec
l'ultrason, avec, bon, les instruments qu'ils nous ont décrits.
Qu'avez-vous
à nous dire là-dessus? Et, s'il y a des enjeux particuliers à permettre que ce
soit fait sans ordonnance, nous
expliquer l'impact sur le citoyen, et non pas le fait qu'on perd un champ ou...
vous comprenez, exactement l'acte. Et je pense qu'on est dans la même... De toute façon, on est sur la même
longueur d'onde sur les objectifs pour la santé des gens.
M. Dolman
(Barry) : Alors, je peux
répondre dans une... J'ai écouté avec précision toutes les discussions hier.
Il faut que je clarifie quelque chose. Un
débridement, ce n'est pas un nettoyage. C'est bien beau de dire «nettoyage»
pour vulgariser à la
population générale, mais, au point de vue science, un débridement, ce n'est
pas un nettoyage. Ce n'est pas un
acte préventif, c'est un acte curatif, c'est une intervention curative pour
traiter une maladie de la gencive après un diagnostic.
Alors, en Amérique du Nord, on utilise une
séquence de l'évidence, une qui s'appelle en anglais PSR, «Perial Screening», et, en effet, on mesure à l'intérieur
de la gencive une dimension quand tu vas sonder dans la gencive. Et on
accepte que, dans un contexte avec plus
d'expérimentation d'exprimée, d'un à trois, vous n'avez pas vraiment une
maladie. Trois, quatre, cinq, six, vous avez une maladie.
Alors, le
problème, c'est si tu fais, entre guillemets, le débridement dans le contexte
d'un dentiste, une hygiéniste à une
personne en santé, tu peux causer des dommages. Et, pour traiter des maladies
de la gencive quatre, cinq et six, c'est une intervention qui... des fois, c'est le débridement, des fois, c'est
avec un bistouri, de faire une intervention chirurgicale.
Alors, la
déviation entre la prévention et le curatif, ça prend un diagnostic. Alors, on
n'a aucun problème de donner le
pouvoir à des hygiénistes dentaires de faire cet acte. Elles sont complètement
compétentes. Mais ça prend un diagnostic si on traite une maladie
profonde.
Mme LeBel :
Pouvez-vous m'expliquer? Justement, vous avez parlé de dommages. Quels sont les
dommages qui pourraient être causés,
effectivement, potentiellement, si on effectuait une telle opération sur une
personne en santé ou sans l'ordonnance
du dentiste qui suggère que c'est la meilleure voie de traitement, si je
comprends bien, là, dans votre propos?
M. Dolman
(Barry) : Je vais essayer de
diviser votre question en deux. Si, par exemple, un détartrage, un
nettoyage, d'enlever le tartre, c'est
quelque chose, on peut dire... même si vous avez beaucoup de tartre, sur un
patient en santé, c'est banal. Mais,
si, par exemple, tu prends le même instrument et tu vas faire un débridement,
l'action de débridement, c'est beaucoup plus intense, et tu peux casser
les fibres autour de la gencive et causer du dommage et des pertes osseuses
permanentes. Ça, c'est déjà établi en science.
Si je parle,
le deuxième volet, de rentrer, de faire un débridement sur un patient qui a un
problème majeur de la gencive, c'est
un acte curatif et ça prend le diagnostic avant de décider est-ce que je vais
faire le débridement, ou est-ce que je vais anesthésier le patient et faire une intervention chirurgicale, ou est-ce
que, par la radiographie, il y a une complication d'avoir un abcès dentaire, ou, pour ce patient, peut-être qu'il y
a des préconditions qui empêchent ce
genre d'activité. Alors, c'est juste le gros bon sens à l'intérieur de
ce traitement.
L'objectif
de l'Ordre des dentistes du Québec, c'est de ne pas restreindre l'activité des hygiénistes
dentaires. On est les plus ouverts
depuis des années. Mais, quand même, le même protocole pour un dentiste doit être le
même protocole pour une hygiéniste.
Alors, si moi-même, j'ai besoin de faire certaines mesures, je pense que, pour
les hygiénistes dentaires, elles doivent avoir la même chose avant de
réagir.
LeBel : Parfait, merci.
Alors, si on passe peut-être à un autre sujet, les implants vissés,
transvissés, cimentés, on en a parlé un peu hier, dans la journée, bon,
je comprends que votre définition de ce qui est amovible et fixe diffère probablement
de l'Ordre des denturologistes. Donc, quelle est, pour vous, la définition de
ce qui est amovible et fixe, peut-être pour qu'on parte la discussion sur le
même pied?
M. Dolman
(Barry) : C'est tout relié à
ce mot, «invasif» ou «pas invasif», O.K.? Je vais vous faire un petit peu le «show-and-tell». Ça, c'est un implant — je sais que vous êtes un petit peu loin — ce n'est pas la vraie grandeur pour
un être humain. Ça, ici, que tu vois présentement,
c'est en dessous de la gencive, on ne peut pas le voir. Toutes les
connexions, le pilier, le bouchon de
guérison, ça doit être connecté en dessous de la gencive. La seule façon de le
voir, parce que tu ne vois absolument
rien, c'est avec une radiographie. La seule façon de vérifier l'état de la
gencive et la guérison autour, c'est avec
des radiographies. Le suivi médical après, c'est avec un diagnostic du
dentiste. Alors, sans radiographie, on ne peut pas savoir si, par
exemple, ce morceau est attaché intact, vissé ou non. C'est exactement la même
chose. C'est juste... c'est des protocoles.
Alors, pour
moi, si je traite un implant et un maxillofacial à fabriquer... avec
l'intervention chirurgicale pour moi, et j'ai décidé de faire cette
restauration, j'ai une obligation déontologique de prendre une radiographie
pour assurer les connexions. Je ne peux pas demander, moi, que... un
denturologiste ou une autre personne.
LeBel : Donc, parlons de la fameuse barre, vous avez écouté les débats
d'hier, cette barre-là qui est externe, naturellement, on la voit à l'oeil nu. Elle est fixée à un implant qui
est... je vais le qualifier d'interne — vous allez m'excuser, parce que ce n'est pas les bons termes — mais le genre d'implant qu'on ne peut pas
voir, à moins de voir... à moins de prendre une radiographie, qu'en est-il de cette barre-là en question? Est-ce que
vous la considérez comme étant, pour les fins de discussion, amovible ou non amovible? Est-ce que c'est quelque chose
qu'on peut faire sans radiographie? Est-ce que c'est quelque chose qui a un problème, qui pourrait
causer un problème si elle est mal fixée? Puis pourquoi ça prend un
dentiste? C'est à grand volet, là, mais...
M. Dolman
(Barry) : Bien, mal fixée,
vous avez répondu vous-même à la question. D'abord, l'implantologie, c'est un des endroits les plus complexes chez les
dentistes. Et je vais vous dire que peut-être 1 %
de la population québécoise a les moyens de même embarquer dans ces
affaires. Alors, quand on parle de l'accès, c'est une grande question.
Alors,
si, par exemple, un citoyen va dépenser ce genre d'argent, hypothéquer leur
maison, d'avancer dans cette affaire,
faire des autres sacrifices, je pense qu'il faut assurer que le travail est
bien fait et fait selon les normes. On ne va pas enlever une norme parce qu'on veut donner quelque chose à une autre
personne. C'est la même norme. Alors, c'est possible que tu vas avoir une barre vissée sur une autre
affaire qui est vissée à l'intérieur de la gencive, mais la connexion de
la gencive, il y a un
protocole, et, à travers le monde, vous êtes certainement au courant, il n'y a
pas de denturologistes... La grande
majorité des denturologistes à Québec, c'est une profession qui, dans plusieurs
pays, n'existe pas du tout, pour des raisons
du passé, qu'on comprend très, très bien. Moi, j'ai fini en 1975, alors le
besoin pour les prothèses amovibles et des prothèses complètes était énorme, mais aujourd'hui on rentre dans un
genre d'élaboration de techniques qui doivent être basées sur la
science, et il faut absolument assurer que le patient est protégé.
LeBel : Quelle est la
conséquence potentielle pour un patient si la fameuse barre, ou tout autre
implant qui pourrait être vissé
dans... transvissé ou vissé, là, selon vos termes. Quelle pourrait être la
conséquence pour un patient si cet implant-là est fixé pas en fonction
des protocoles reconnus?
M. Dolman (Barry) : Si vous avez un attachement avec un implant chirurgicalement placé en
bouche qui n'est pas fait correctement ou si la torque sur la vis est surchargée, tu peux avoir un dommage
assez pour avoir un échec de l'implant au complet. Alors, imagine, par
exemple, que vous avez déjà fait beaucoup de sacrifices pour dépenser 10 000 $,
c'est comme... ce n'est pas une affaire de
100 $ chez des gens, et il faut enlever l'implant, refaire la chirurgie, faire des greffes osseuses et recommencer le travail. Et souvent,
qu'est-ce qui se passe, vous avez, par
exemple, quatre implants qui
tiennent à quelque chose, tu perds un implant, vous avez un échec au
complet. Alors, c'est des interventions qui ne sont pas banales. Et, même pour les dentistes, on a des règles vraiment
strictes d'implanto-portée, des lignes directrices de l'Ordre des
dentistes du Québec là-dessus. En effet, juste pour compléter, tout cet aspect,
c'est invasif. Ça, c'est la clé de notre intervention.
LeBel : Si on pouvait... Le
fait que ces dispositions-là soient sous ordonnance, par exemple, est-ce que ça pourrait vous
rassurer? Est-ce que c'est quelque
chose qui pourrait, donc, suite au
diagnostic... ou, dans votre argumentaire, vous nous dites que ce doit
être un dentiste qui doit fixer ces implants-là de toute façon, peu importe?
M. Dolman (Barry) : Bien, c'est certain que, pour nous, l'ordonnance est primordiale quand
on va donner le droit à une autre personne de faire quelque chose qui
trace la ligne entre l'invasif et pas invasif.
Mme LeBel :
Bien compris. Ça va pour moi. À moins que mes collègues aient des questions?
Le Président (M. Bachand) : Autre question du côté ministériel? S'il n'y a pas d'autre question,
je vais céder la parole à la députée de Notre-Dame-de-Grâce, s'il vous
plaît.
Weil : Merci. Alors,
bonjour, Dr Dolman et votre collègue Mme Daoust. D'abord, j'aimerais saluer
votre vision de l'importance d'investir dans la santé préventive. Et
vous parlez de santé, et la santé en général, buccodentaire, qui fait
partie de la santé globale d'un être humain,
puis d'investir aussi chez les jeunes. J'ai une question pour vous,
technique : Quand on regarde ce qui est
couvert pour un enfant de moins de 10 ans... ou c'est 10 ans et
moins, c'est ça? Dans un cabinet, le
nettoyage n'est pas couvert par la RAMQ, hein? Donc, tout ce qui est préventif
qui se fait dans un cabinet de dentiste et par l'hygiéniste, donc, il n'y a pas... donc l'hygiéniste qui pourrait
le faire dans une école, etc., bon, ce n'est pas couvert, ce n'est pas couvert. Vous, ce que vous prônez, c'est
qu'il y ait une couverture pour ces genres de... pour la prévention,
essentiellement.
M. Dolman (Barry) : C'est sûr que, comme président de l'ordre avec une vision de la santé
pour les citoyens, je trouve que
c'est... Pour une société, en 2019, c'est hallucinant qu'on ne peut pas trouver
des façons de couvrir des actes de santé.
Imagine, comme je dis, si tu rentres à l'hôpital demain matin, il dit :
Bon, je m'excuse, le nez n'est pas couvert, c'est un petit peu cette aberration, créée dans une autre
époque, quand le système de la RAMQ et le système de santé a été établi
en Saskatchewan, dans une autre époque. Mais, aujourd'hui, je pense qu'on a les
moyens de trouver que la bouche... non seulement
est-ce que c'est connecté avec le reste du corps humain, on voit maintenant un
impact, un impact très important, en cardiologie, en infection, diabète.
C'est le temps de réagir.
Weil : Et, dans l'article 7, bon, où on liste les
activités professionnelles qui seraient dans la cour des hygiénistes, parmi ces actes... Il y en a un, deux, trois,
quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, 10, une dizaine ou... non, une vingtaine.
Est-ce qu'il y en a, parmi ces actes...
Est-ce que vous avez fait la comparaison entre ceux qui seraient... Il n'y en a
pas un, de ces actes, qui est actuellement couvert par la RAMQ? C'est
très technique, ce que je pose comme question.
Mme Daoust
(Caroline) : Les scellants, il y a des programmes...
Mme Daoust
(Caroline) : ...du ministère de la Santé.
Mme Weil :
Ils sont couverts, hein?
Mme Daoust (Caroline) : Mais par ailleurs ce n'est pas couvert, sauf
peut-être pour certains actes curatifs qui seraient faits sous
ordonnance, qui sont couverts par...
Mme Weil : Ce serait
important qu'on regarde bien ça pour
s'assurer qu'on ne perde pas des actes qui sont couverts actuellement parce que ces hygiénistes les pratiquent. Peut-être
que c'est dans la cour des hygiénistes. C'est ça? D'accord.
Je vais vous amener... Oui. Vous
faites une recommandation sur les guides de pratique. Je pense que c'est
important que les gens comprennent pourquoi
ça serait important. Et, en parlant avec les hygiénistes, ils disent
aussi : Ce serait un outil pour
indiquer à tous et chacun... Bon, à
ce moment-ci, vous parlez des... justement,
le PSR. À un moment donné, je pense,
rendu à trois, ah! ça, c'est le champ du dentiste. Et donc est-ce que vous
pourriez expliquer ces guides de pratique comme un guide professionnel, essentiellement, pour chaque professionnel
de savoir quel est son... comment
agir face à une observation?
M. Dolman
(Barry) : Alors, je pense que, pour clarifier, parce que je pense que,
même dans votre question, il y a un petit peu de mélange, ce n'est pas une
question d'un à trois c'est l'hygiéniste et trois de six c'est le dentiste.
Non. C'est une question que ça prend
l'implication du dentiste de faire une ordonnance, qu'est-ce qu'on va faire
quand tu traites une maladie. Alors, ce n'est pas une question d'enlever
le privilège de l'hygiéniste dentaire de faire un travail.
c'est un petit peu comme... J'ai vu une explication hier, je ne sais pas qui
l'a faite, par exemple : J'ai le même instrument, c'est quoi, la différence et à quel niveau? Bien, je veux
dire, je peux prendre un bistouri, et je peux gratter sur la surface de
peau, et je peux couper à l'intérieur. C'est deux actes avec le même
instrument.
Il y a beaucoup de
choses techniques à l'intérieur de la médecine dentaire maintenant, et
l'activité de débrider profond à l'intérieur de la gencive, dans la crevasse,
où on ne peut pas le voir, et tu vas bouger des microbes, ça cause... il y a un
impact, il y a un impact formel.
souvent, dans cet aspect de trois, quatre, cinq, six, non seulement est-ce qu'on traite un patient avec une maladie de la gencive, une maladie parodentaire, mais on traite des personnes
qui ont d'autres problèmes. Moi, j'ai passé cinq ans avec ma mère dans un CHLSD avec alzheimer.
J'étais là tous les jours. Ce n'est pas facile de trouver des personnes et
la façon d'embarquer dans l'hygiène dans des CHLSD.
J'ai vu le nouveau
projet qui était adopté récemment, que j'ai poussé beaucoup, de... l'avantage.
Je trouve ça extraordinaire parce que, pour
la première fois, pour nos aînés, le législateur a décidé de dire que la
bouche, c'est une portion de cet examen et ces traitements à nos
citoyens.
Mme Daoust (Caroline) : Si vous permettez, l'avantage d'avoir des guides
de pratique en médecine dentaire, c'est que, contrairement au milieu hospitalier, où il existe des protocoles
pour le travail interdisciplinaire, les cabinets ne sont pas dotés de ce genre de protocole. Alors, c'est un
travail entre l'hygiéniste et le dentiste, qui se fait en équipe. Alors, à
partir de ça, il faut que l'équipe sache, de
part et d'autre, qu'est-ce qui peut être fait et qu'est-ce qui ne peut pas être
fait, où sont les limites, autrement dit.
Weil : Et est-ce que
vous avez eu des discussions avec l'Ordre des hygiénistes? Parce que
moi, je comprenais qu'eux aussi pensent que ce serait important.
Mme Daoust (Caroline) : Nous avons eu des discussions. Nous avons fait
une proposition, d'ailleurs, pour mettre sur pied un comité et nous
avons des rencontres prévues après la commission pour élaborer ces guides.
Weil : Très bien.
Bon, on a parlé des prothèses sur implants. On a beaucoup parlé de ça hier
aussi. Donc, vous avez une inquiétude, je pense. J'allais vous poser la
question, mais je pense que vous l'avez bien expliquée.
Est-ce que
vous avez des données? Est-ce que vous avez des... ou c'est des cas, c'est des cas
particuliers, c'est des cas qui vous ont été référés? Est-ce que votre
préoccupation est basée aussi sur l'expérience?
M. Dolman
(Barry) : Dans quel contexte?
Weil : Bien, des cas
particuliers où vous avez vu justement, dans le cas de prothèses sur implants... Bien,
vous exprimez une inquiétude basée sur la théorie ou la pratique?
M. Dolman (Barry) : Non, mais l'inquiétude, c'est... Il y a une façon de travailler
en bouche en implantologie, et j'ai l'impression,
comme j'ai expliqué, que, si, moi, comme dentiste, il faut que je fasse la
réhabilitation implanto-portée... Parce que moi-même, je ne fais pas
des interventions chirurgicales, alors, si, par exemple, le chirurgien
maxillofacial décide de placer des
implants pour moi, avec une coordination des diagnostics, je pense que c'est
anormal de demander à une autre personne de suivre un autre protocole, parce
qu'on ne peut pas donner cette intervention invasive, parce que la personne ne
peut pas prendre des radiographies,
parce que la personne ne peut pas anesthésier, parce que la personne ne peut
pas faire le suivi après. On protège qui? Pas le patient.
Alors,
ce n'est pas une question... La position de l'ordre, ce n'est pas d'embarquer
dans qui va faire quoi dans un contexte
de coopération, c'est une question comme... Si, par exemple, on pense qu'il
faut faire des vaccins, bien, il faut faire des vaccins.
fois, on fait des décisions qui ne sont pas socialement acceptables. Je ne veux
pas faire déraper, mais, étant donné que
ça va être ma dernière présentation, on peut faire une solution à 50 % du
problème dentaire avec la fluoration d'eau, de retirer cette législation
des conseils municipaux. En tout cas.
Mme Weil :
Dans la minute, je pense, qu'il reste, vous exprimez une inquiétude par rapport
à l'usage du mot «dentaire» utilisé un peu
ici et là dans l'appellation des cabinets, centres et autres lieux de travail.
Pouvez-vous expliquer, donc, votre proposition de réserver l'expression
des «cabinets dentaires» aux seuls dentistes?
Mme Daoust (Caroline) : Bien, en fait, c'est une proposition de nature
juridique pour venir légiférer un peu plus sur la publicité possible, parce que le citoyen ne s'y retrouve plus dans
l'appellation «dentaire» pure. On ne veut pas réserver l'appellation si elle est associée à une activité
d'un autre ordre professionnel. Autrement dit, si vous faites une publicité
et vous vous dites un centre dentaire, bien,
on veut être sûrs que ce centre dentaire offre des services de dentiste, alors
que plusieurs appellations existent où c'est écrit «centre dentaire»,
mais il n'y a pas de dentiste qui y travaille.
Alors,
c'est simplement que le public se retrouve dans le service qu'il va obtenir, un
peu comme on a vu en pharmacie. La propriété d'une pharmacie ne peut
être que celle d'un pharmacien, pour éviter qu'il y ait d'autres personnes,
sans nécessairement que ce soient des
professionnels, qui s'approprient des mots pour offrir des services qui ne sont
pas dentaires.
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup. M. le député
d'Hochelaga-Maisonneuve, s'il vous plaît.
M. Leduc :
Merci, M. le Président. Bonjour. J'aimerais saluer d'abord votre ouverture par
rapport à ce qui est dans le projet
de loi, par rapport à une meilleure couverture en soins dentaires, par rapport
au fameux débat sur la fluoration de l'eau, que vous ramenez avec
beaucoup de...
M. Dolman (Barry) : Je
m'excuse.
M. Dolman
(Barry) : Je ne peux pas éviter cette discussion.
M. Leduc :
Je suis bien d'accord. J'ai des questions par rapport à l'utilisation du mot
«dentaire» sur les devantures de
certains commerces. Mais j'aimerais d'abord vous entendre rapidement sur ce qui
a été évoqué hier, puis je pense qu'on en
avait parlé quand on s'était rencontrés aussi, par rapport à une facture
détaillée qui pourrait être demandée, dans l'intérêt de l'information publique, avec où la prothèse a
été fabriquée, le laboratoire et les matériaux utilisés. Vous seriez ouverts à
M. Dolman (Barry) : Je pense que c'est complètement normal. Regarde,
je suis en pratique privée. Si, par exemple, tu viens chez moi, je vais faire une prothèse, ou un implant, ou une
couronne, et normalement, dans la facture, tu vas avoir un code pour les services dentaires et le service de
laboratoire. Et, si, par exemple, vous êtes assuré, l'assureur va
demander la facture de laboratoire, que je
vais brocher et je vais envoyer à lui. Alors, je ne vois aucun problème de
transparence là-dessus.
M. Leduc :
Parfait, merci. Et donc maintenant, sur l'autre aspect de la question, vous
dites dans votre mémoire que vous
voudriez que le terme «dentaire», dans une raison sociale, si on veut, dans un
nom de compagnie ou de commerce, soit réservé
à... ou, du moins, on exige qu'il y ait au moins un dentiste dans
l'établissement. Ce n'est pas 100 % de dentistes? Il pourrait y
avoir un mélange?
M. Dolman
(Barry) : D'abord, je vais laisser Me Daoust... parce que c'est une
question légale, mais il y a deux choses.
Comme citoyen, je pense que, quand tu rentres dans un endroit et vous avez
l'impression que c'est... il y a un dentiste
à l'intérieur, s'il n'y a pas un dentiste à l'intérieur, il y a un problème.
Ça, ce n'est pas de... Aujourd'hui, en 2019, la transparence, je n'ai
pas besoin de vous dire, autour, c'est très important.
L'autre
chose, vous êtes certainement au courant, avec la technologie, il y a tellement
des nouveaux modèles de pratique qui
viennent des États-Unis, avec des corporations, avec l'industrie, avec des
compagnies d'assurance, alors il faut, à
un moment donné, voir une façon où moi... pas nécessairement de dire non...
parce que je peux dire qu'il y a certainement, je vais utiliser le nom, une uberisation même en médecine dentaire,
mais, dans un contexte, il faut que le public soit au courant, et c'est
juste dans ce contexte. Alors, peut-être Me Daoust peut préciser.
Mme Daoust
(Caroline) : Je peux rajouter que la responsabilité de la publicité
revient au professionnel qui la fait. Alors, en associant le mot «dentaire» à
une clinique, dans la mesure où un dentiste est présent et il y a des services dentaires, ce n'est pas une difficulté. En fait,
ce qu'on dit, c'est : Quand on utilise le mot, assurez-vous qu'il est
associé à un service d'un dentiste, tout simplement.
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup. Mme la députée de
Joliette, s'il vous plaît.
Mme Hivon :
Oui. Merci beaucoup pour votre présentation. J'aimerais vous entendre sur les
sorties de la présidente de la Fédération
des médecins spécialistes du Québec depuis hier, donc, qui s'inquiète de votre
champ de pratique. Notamment, elle
parle en matière de cancer, de traitements, de certaines opérations, et tout
ça. J'aimerais vous entendre, votre réaction par rapport à sa position.
M. Dolman (Barry) : D'abord... en toute transparence, c'est la
fédération, c'est une association, O.K.? Moi, je parle pour le public. D'abord, toutes les discussions
sur les tissus avoisinants, c'était déjà dans la loi depuis plusieurs années.
On ne demande pas plus. Mais de réitérer cette notion maintenant, c'est un
petit peu hallucinant.
Deuxième chose, les
chirurgiens maxillofaciaux qui vont finir à Laval, McGill University sont des
D.M.D., des dentistes, et M.D. Le niveau de qualification, c'est la même chose.
C'est des personnes qui travaillent en milieu hospitalier avec un mur entre deux blocs
opératoires. Aux États-Unis, si vous êtes dans un accident de voiture, tu peux
être reçu par le chirurgien maxillofacial ou le chirurgien général. Alors, les
questions de compétence, c'est nul.
L'autre chose, en ce
qui concerne le cancer, les chirurgiens maxillofaciaux, et les médecins, et les
oncologues travaillent dans une équipe.
Souvent, tu travailles vis-à-vis. Il y a une personne qui est importante dans
cette discussion, ce n'est ni le chirurgien maxillofacial, ni le
plasticien, ni l'oncologue, c'est le pauvre patient qui est atteint de cancer.
Alors,
c'est important, toutes les décisions de diagnostic et de traitement. Il y a
des «tumor boards», j'excuse pour l'anglicisme,
dans des hôpitaux pour essayer de trouver une façon de sauver la vie de
quelqu'un. Et je n'ai pas besoin de vous dire que, dans une ancienne époque, un de tes collègues, un ancien
membre du Parlement, était diagnostiqué du cancer par un dentiste de
l'Université de Montréal. Alors, l'implication, maintenant, il y a une évolution.
C'est des personnes qui sont compétentes.
Alors,
moi, je pense, honnêtement, je peux dire, encore en anglais, c'est peut-être un
«turf war» de l'argent parce qu'une
est couverte par la RAMQ, l'autre n'est pas couverte par la RAMQ. C'est une
discussion qui n'a rien à faire avec la protection du public.
Mme Hivon :
Est-ce qu'il me reste du temps?
Président (M. Bachand) : Il vous reste 10 secondes, Mme la
députée.
Mme Hivon :
Bon, bien, merci beaucoup.
Président (M. Bachand) : Merci. Merci infiniment de votre
compréhension. M. le député de Chomedey, s'il vous plaît.
M. Ouellette : Merci. Merci, messieurs dames. Deux questions. D'entrée de jeu, dans
votre mémoire, qui est très bien
fait, là, pour tous les archivistes, là, ça nous aide à comprendre très bien où
est-ce qu'on est par rapport à où on est partis, vos 16 recommandations, est-ce qu'il serait exact
de dire qu'il faudrait qu'elles soient incluses dans le projet de loi
n° 29? Ça aiderait à aplanir des
tensions potentielles qui pourraient survenir, si elles n'étaient pas incluses,
entre les professionnels, là, de votre milieu?
M. Dolman (Barry) : Je vais vous dire la suivante. J'ai été élu il y
a presque huit ans. J'ai eu tellement de réunions avec tout le monde des ordres professionnels, et
plusieurs réunions avec l'Office des professions, et, dans les dernières
années, avec Jean Paul Dutrisac et
Mme Gagnon sur l'évolution de ce dossier, qui date, comme je l'ai dit, de
20 ans... l'organisation, je ne
sais pas. J'ai demandé une chose : Quoi que ce soit que vous avez décidé
de faire ici, dans des prochaines semaines ou des prochains jours, assurer une chose, que, si je te montre un mot ou
une phrase, il n'y a pas deux personnes qui vont regarder la même chose et dire : Non, non, non, ça,
c'est...
La définition, être claire. C'est très important de donner des lignes
directrices aux juristes, pour tout le
monde. Parce que ça a pris 20 ans. Probablement, cette chose va être
fermée et peut-être ne va pas... réouverte pour un autre 20 ans.
M. Ouellette :
Ah! c'est sûr.
M. Dolman (Barry) : Et je pense que c'est très important qu'on
commence à bouger, pour avoir fait des rencontres avec... Je m'excuse.
M. Ouellette :
Bon. Puis M. le président m'a fait signe ça. Le délai suffisant que vous
demandez dans votre préambule, c'est quoi,
en semaines ou en mois? Parce que, là, vous dites : Il faut offrir de
l'aide à l'Office des professions puis il faut qu'on donne un délai suffisant
aux ordres professionnels pour les guides de pratique.
Mme Daoust (Caroline) : C'est le délai de s'asseoir ensemble et de
s'entendre sur la définition des mots, qui, à mon avis, pourrait être accéléré par un facilitateur,
un médiateur, mais le temps de l'écrire avec les bonnes personnes en
place, comme on l'offre dans un comité qui serait apolitique.
Alors, je ne peux pas
vous dire trois mois, six mois. On espère trois semaines.
M. Ouellette :
Oui, mais vous ne nous aidez pas...
Président (M. Bachand) : Merci.
M. Ouellette :
...parce qu'on a une décision à prendre sur la date.
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup. Merci,
Mme Daoust, et merci, Dr Dolman, pour votre dernière présentation en
commission parlementaire. Mais, si vous changez d'idée, on est encore là.
Alors, je vais
suspendre les travaux quelques instants et inviter le prochain groupe à prendre
place. Merci.
(Suspension de la séance à
10 h 59)
Président (M. Bachand) : À l'ordre, s'il
vous plaît! Merci. La commission reprend ses travaux. Nous accueillons maintenant les représentants de la Fédération des hygiénistes... les représentantes des hygiénistes dentaires du Québec. Alors, comme vous savez, vous avez une période de
10 minutes de présentation, et, par après, nous allons passer à la période
d'échange. La parole est à vous, et bienvenue.
Mme Dubreuil
(Mélanie) : Merci, M. le Président. Mme la ministre, députés, bonjour. Ça nous fait très plaisir
d'être ici aujourd'hui pour représenter les hygiénistes dentaires, nos membres,
à travers toute la province de Québec.
Aujourd'hui, je vais
prendre la parole en tant que présidente de la fédération et hygiéniste
dentaire. Je suis accompagnée de ma collègue
Andrée-Anne Soucy, qui s'implique comme trésorière à la fédération, et Cynthia
Wilcott, qui est administratrice pour la région de Québec.
Enfin,
ça a été nommé. Cette arrivée-là du projet de loi en satisfait plusieurs, et
nous accueillons avec enthousiasme ce
projet de loi. Puis ça nous fait plaisir de pouvoir vous faire des
recommandations face à ce projet-là pour faciliter l'accès, qui est l'idée même de ce projet de loi, pour les
soins buccodentaires préventifs auprès de la population québécoise. On voudrait féliciter la ministre Sonia LeBel d'aller
de l'avant dans la modernisation de la pratique de l'hygiéniste dentaire
au Québec puis on accueille le projet de loi avec grand plaisir.
Mme Soucy (Andrée-Anne) : Donc, l'expertise des hygiénistes dentaires, ça a
vraiment une valeur inestimable pour la
santé de la population du Québec. Donc, avec ce projet de loi là, dont
l'objectif est vraiment de favoriser l'accessibilité aux soins à la
population, le gouvernement reconnaît l'expertise des hygiénistes dentaires.
Donc,
ce qui se passe en ce moment dans les bureaux, en pratique, on le sait,
Mme LeBel a déjà subi une visite de suivi préventif, mais chacun et chacune d'entre vous, vous êtes déjà
allés chez le dentiste, donc, ce qui se passe, c'est que l'hygiéniste dentaire accueille le patient,
vérifie le questionnaire médical, initie les soins de nettoyage, vérifie la
bouche, et les dents, et les gencives, puis elle fait son résumé de ses
observations au dentiste qui vient à la fin de la visite.
Donc,
cette façon de procéder démontre une grande confiance du dentiste envers
l'hygiéniste qu'il emploie. Il a assez confiance, le dentiste, pour
permettre à l'hygiéniste d'initier les traitements prévus en toute autonomie. Et
on sait que l'hygiéniste mérite cette
confiance. Dans le fond, elle a une bonne formation, elle répond aux exigences
de son ordre professionnel et a les compétences nécessaires en matière
de prévention.
2015, l'Ordre des hygiénistes dentaires du Québec a fait une étude économique
qui a révélé que 43 % de la population ne consulte pas
régulièrement les professionnels de la santé dentaire. Donc, nous, ça nous a
interpelés, c'est sûr. 43 %, c'est un très gros pourcentage.
Nous,
on a fait une étude sur les pratiques en cabinet dentaire auprès de la
population. Ce que ça a démontré, c'est que la population ne connaît pas... ne comprend pas, en fait,
l'expertise de l'hygiéniste dentaire. Ça fait qu'il va y avoir un travail à faire, c'est sûr, de ce côté-là pour
vraiment distinguer les différents professionnels et expliquer leurs rôles, tu
sais, avant de donner... voyons, de mettre en place ce projet de loi là.
ce que ça a démontré aussi, cette étude-là, c'est surtout qu'il y a plusieurs
barrières qui empêchent les gens d'aller consulter en cabinet dentaire,
des barrières économiques mais aussi des barrières d'accessibilité physique.
Dubreuil (Mélanie) : Donc, nous, ce qu'on demande, au niveau de la
fédération, pour bien répondre aux besoins de la population, dont les
barrières qu'Andrée-Anne a nommées, qu'elles soient au niveau des coûts ou de l'accessibilité physique, c'est qu'il n'y ait,
pour les traitements préventifs, aucune ordonnance. Dans notre mémoire,
on propose qu'il n'y ait pas d'ordonnance,
entre autres au niveau du débridement. Pourquoi? C'est que ça fait
partie du
champ d'expertise de l'hygiéniste dentaire.
Comme M. Dolman
soulignait tout à l'heure, l'hygiéniste dentaire est qualifié pour faire le
nettoyage. Il a mentionné également que, si
on fait un détartrage sous la gencive, ça peut causer des séquelles permanentes
au niveau des tissus. Oui. Par
contre, si on laisse le tartre en place et qu'on ne fait rien, il y aura aussi
des dommages permanents au niveau de l'os. Donc, ne rien faire, ce n'est
pas une option qui nous satisfait.
M. Dolman
tient mordicus au niveau du diagnostic du dentiste, mais l'étape qui vient
après le diagnostic, c'est d'initier des
traitements de débridement. Donc, ce que le dentiste va nous ordonner, c'est de
procéder au traitement de débridement. Puis,
nous, ce qu'on souhaite absolument avec l'abolition de cette ordonnance-là,
c'est d'éviter d'avoir des intermédiaires de soins. On ne veut pas rajouter une barrière pour que les gens qui ont
des besoins de soins soient obligés d'aller consulter un deuxième
professionnel. Les hygiénistes dentaires, on est capables.
L'accessibilité
également... M. Dolman décrivait que, les gens qui ont du tartre sous les
gencives, ça cause des problèmes. Oui. Ceux
qui ont des problèmes les plus marqués, c'est ceux qui ne consultent déjà pas
dans les cabinets dentaires, les gens
que ça fait longtemps que le tartre s'accumule autour des dents. Ces gens-là,
c'est eux qui en ont le plus besoin. C'est les clientèles visées par le projet de loi. C'est une clientèle qui
n'ira pas voir le dentiste pour avoir son ordonnance. Ça fait que, cette accessibilité-là, compétente, de
l'hygiéniste dentaire, les soins de proximité adaptés qu'on veut leur fournir,
nous, on croit que ça le prend en toute autonomie.
Avec la fédération,
en mars 2019, on s'est associés avec le collège de Maisonneuve et la
Mission Bon Accueil pour aller directement
auprès des itinérants faire des dépistages buccodentaires, les informer de leur
condition dentaire, mais c'est tout
ce qu'on pouvait faire. On ne pouvait pas leur offrir de soins directement.
Puis, ces gens-là, c'est eux qui ont des poches parodontales qui
nécessitent des débridements.
Demain matin, on a notre autonomie, on
doit rajouter une étape pour aller voir le dentiste, pour avoir une
ordonnance. C'est ce qu'on souhaite éviter. On veut que ça soit les soins le
plus direct possible.
Moi,
j'aimerais ça pouvoir y aller, donner des soins directs à la population, parce
que je les ai vues, leurs bouches. C'est
quelque chose. Puis la compétence des hygiénistes dentaires, au Québec... Moi,
je travaille à Québec. Je suis formée au Québec. Demain matin, je décide d'aller en Ontario, je vais pouvoir
aller traiter les clientèles vulnérables là-bas. Ici, on en a, des clientèles
vulnérables. J'aimerais ça pouvoir avoir la même reconnaissance de mes
compétences ici que je peux avoir en Ontario.
N. Wilcott (Cynthia) : Quand nous pourrons enfin avoir accès à ces
clientèles vulnérables là, je pense ici aux prestataires de la sécurité du revenu ou des enfants de moins de
10 ans... D'ailleurs, nous sommes d'accord avec l'Ordre des dentistes pour élargir la couverture des soins de
prévention par la RAMQ. C'est une très bonne idée, une très bonne chose.
Mais nous, nous voulons nous assurer que ces
soins-là d'hygiène soient reconnus par la RAMQ aussi, les soins
d'hygiène que nous, on fait.
Présentement,
les soins de prévention ne sont couverts par la RAMQ que s'ils sont rendus par
un dentiste. Mais, dans les pratiques
présentement, ce n'est pas ça qui se passe. Ce sont les hygiénistes dentaires
qui font les traitements préventifs de nettoyage. Il est temps que la
loi reflète ce qui se passe vraiment dans les cliniques dentaires. Les...
Mme Dubreuil
(Mélanie) : ...
Mme N. Wilcott
(Cynthia) : Oui, vas-y. Tu peux y aller.
Dubreuil (Mélanie) : En conclusion, on souhaite que le projet de loi
soit adopté dans les meilleurs délais. C'est une avancée majeure pour notre profession, qui est en grande majorité féminine.
On parle de 98 % de nos membres qui sont des femmes. Bien, laissez-nous pouvoir servir la population.
Laissez-nous aller donner des soins directs dont les gens ont besoin. On
souhaite pouvoir faire ça. On souhaite être reconnus à notre juste valeur.
Merci. On va être prêtes à prendre vos questions.
Président (M. Bachand) : Mme la ministre, s'il vous plaît.
LeBel : Merci, M. le Président. Merci de votre présentation, merci de
votre présence, merci pour vos bons mots. D'ailleurs, je vais quand même
rectifier le fait que je n'ai pas subi au sens péjoratif. Je veux le dire pour
fins d'enregistrement, O.K.? C'était une
expérience tout à fait agréable. Allez-y, c'est adéquat. Il faut le faire.
Donc, je veux juste remettre les
choses à l'ordre et je ne voulais pas, justement... Donc, c'est fait, c'est
clarifié. J'ai pris de mon temps pour remettre les pendules à l'heure.
Ceci
étant dit, je pense qu'il est bon de préciser ici que la compétence des
hygiénistes dentaires n'est pas remise en cause pour ce qui est d'effectuer les actes qui sont mentionnés,
particulièrement ce qu'on... la discussion sur la notion de débridement parodontal, hein? Parce qu'on peut
voir qu'on a quand même une petite... différentes interprétations entre
les hygiénistes et les dentistes sur
qu'est-ce que pourrait être un débridement parodontal. Mais je pense qu'il faut
d'entrée de jeu dire que la compétence des hygiénistes dentaires pour
effectuer l'acte n'est pas remise en cause.
Maintenant,
ce qui nous était expliqué, et c'est là-dessus que je voudrais peut-être vous
entretenir un peu plus, parce que
c'est pour notre compréhension, ce qui était expliqué, c'est que c'était... la
décision de faire cet acte-là, dans certains cas, est une décision qui devrait revenir plus au
dentiste parce qu'elle est de l'ordre du diagnostic. Et vous êtes, donc, une
trajectoire de traitement, si je peux la dire comme ça, suite à un
diagnostic, si je prends l'explication qu'on a eue précédemment.
Peut-être
m'expliquer un peu la... Parce que j'avoue qu'on est dans des notions qui sont
très particulières, et on doit les
exercer pour bien les comprendre, et c'est votre cas. Quand on parle d'une
bouche qui est saine, on ne parlera pas d'une bouche qui aurait une
pathologie, une certaine pathologie. Mais, une bouche qui est saine, si je vous
dis que, bon, maintenant, on peut... Les
hygiénistes dentaires pourront éventuellement, suite à l'adoption du projet de
loi, procéder à un détartrage supra
et sous-gingival. Est-ce que c'est ce qu'on appelle le nettoyage, justement?
Est-ce que ça vous permet de faire,
comme l'illustrait une de vos collègues hier, de la coopérative, d'aller avec
votre instrument, que ce soit l'ultrason ou ce soit en grattant, j'imagine, qui est beaucoup moins
employé, je le comprends, mais qui pourrait être nécessaire dans certains
cas... Est-ce que ça vous permet de le faire sans ordonnance, l'article f?
Mme Dubreuil
(Mélanie) : L'ordonnance nous fait peur dans le sens que ce n'est pas
l'Ordre des hygiénistes dentaires qui définirait cette ordonnance-là. Ce serait
l'Ordre des dentistes.
Mme LeBel :
...d'ordonnance. L'action que je viens de vous dire, dans le projet de loi,
elle n'est pas faite sous ordonnance.
Mme Dubreuil
(Mélanie) : J'avais mal compris votre question.
LeBel : Parfait. C'est juste pour m'illustrer. Dans une bouche saine,
le fait de pouvoir, pour une hygiéniste, procéder à un détartrage supra et sous-gingival, est-ce que ça permet de
faire un... je le sais, que ce n'est pas le bon terme, ça fait friser
les oreilles des professionnels, mais un nettoyage complet, là, comme on
l'entend, là?
Mme Dubreuil (Mélanie) :
Je comprends mieux votre question. C'est que, la bouche saine, dès qu'il y a du
tartre présent sur les dents, ça cause un
irritant pour la gencive. Donc, ça occasionne un saignement des gencives. Un
saignement des gencives, c'est un signe
d'une gingivite. Si on a une gingivite, on n'a pas une bouche saine. Moi, je
dirais, tous mes patients qui viennent me voir pour leur nettoyage
dentaire ont une gingivite.
Mme LeBel :
Mais ils n'ont pas une parodontite nécessairement.
Mme Dubreuil
(Mélanie) : Pas nécessairement une parodontite.
Mme LeBel :
Donc, c'est là, la nuance que je pense que les dentistes font. Donc,
expliquez-moi peut-être la différence entre un détartrage supra et
sous-gingival.
Dubreuil (Mélanie) : C'est que, si on est capable de déterminer une
bouche saine et que... Si on dit qu'une bouche saine n'a pas de
gingivite, on ne peut pas faire de détartrage à personne.
Mme LeBel :
O.K. Donc, ça prend nécessairement une certaine...
Dubreuil (Mélanie) : Ça prend un certain niveau d'évaluation qui
serait possible, à l'hygiéniste dentaire, pour qu'on soit capables de procurer des soins. Si vous me dites : Vous
pouvez seulement évaluer des conditions qui sont saines, ce n'est pas
réaliste, pour nous, pour pouvoir offrir les soins.
LeBel : ...bien, quelle est, dans votre pratique, la différence entre
un détartrage supra et sous-gingival et un débridement parodontal, en
termes d'actions que vous posez?
Dubreuil (Mélanie) : C'est le même geste avec les mêmes instruments,
comme ça a déjà été mentionné. Ça fait que, pour nous, ça ne fait pas
une grande différence.
débridement parodontal, il inclut le détartrage supra et sous-gingival. Ça fait
que le débridement parodontal, c'est ça qu'on voudrait avoir comme acte délégué, parce
qu'en nous le faisant autoriser de façon autonome il n'y a pas d'ambiguïté,
à savoir jusqu'où il faut référer au
dentiste ou pas. Et le traitement initial pour les maladies de gencives, c'est
de faire le nettoyage dentaire. Ça ne peut pas nuire à long terme. Si on
laisse le tartre là, ça peut être plus dommageable que de faire un traitement.
LeBel : Donc, est-ce que je
comprends de ce que vous me dites que le fait de vous autoriser à faire un
détartrage supra et sous-gingival de façon
autonome mais d'inclure également le débridement parodontal sous ordonnance
pourrait porter une certaine confusion sur
le terrain, à quel moment vous devez agir de façon autonome et à quel moment
vous avez besoin d'une ordonnance?
Dubreuil (Mélanie) : Ça peut
créer beaucoup d'ambiguïté parce que, là, on ne saura pas exactement
si on est en exercice illégal. Selon notre propre jugement, qu'est-ce
qui est... Jusqu'où notre jugement peut être reconnu ou pas reconnu? Si nous, on juge qu'on a besoin
d'effectuer un soin de débridement, qui est le traitement initial pour enlever
ce qui cause les maladies, on devrait le faire de façon autonome. C'est ce
qu'on...
LeBel : Juste pour avoir un
autre exemple... C'est toujours dans le but d'illustrer, là, vous me
comprendrez.
Dubreuil (Mélanie) : Bien,
je peux vous en donner un, exemple. Exemple, une patiente qui vient régulièrement en cabinet dentaire, qui a ses nettoyages
réguliers. La patiente vieillit. À un
moment donné, elle n'est plus capable
de se déplacer dans le cabinet dentaire.
Cette patiente-là, elle peut avoir, à
un moment donné, eu une maladie
parodontale qui est traitée, mais là
elle a du tartre qui se forme dans ses poches. Est-ce que, cette patiente-là,
on va pouvoir continuer d'offrir des soins
à domicile? Si le dentiste n'y va pas, à domicile, est-ce que l'hygiéniste
dentaire va pouvoir y aller? Cette patiente-là, ses signes et symptômes peuvent être contrôlés. L'hygiéniste dentaire,
en cabinet dentaire, le seul traitement qu'elle va avoir de besoin,
c'est de faire faire ses nettoyages. Est-ce que l'hygiéniste va pouvoir y
aller?
Nous,
c'est ça. Avec l'ordonnance du débridement, ça nous met un
frein majeur. Nous, on pense qu'on n'en a juste pas de besoin. Puis d'en mettre une, ça peut nous causer des problèmes
d'application terrain graves. En Ontario, ils n'en ont pas, de distinction, à ce
niveau-là.
LeBel : O.K. Si
on parle, juste à
titre d'exemple, la désinfection des poches parodontales, est-ce
que c'est encore un geste plus
commun, au sens de votre pratique, c'est-à-dire comme le nettoyage peut l'être, ou c'est vraiment...
là, on est rendu dans un geste qui est vraiment plus spécifique à une
parodontite, à
titre d'exemple?
Dubreuil (Mélanie) : Bien,
la désinfection des poches, actuellement, ce n'est pas quelque chose qui est
reconnu pour avoir un impact majeur au niveau
du traitement des bactéries, au
niveau de la poche. C'est l'action de
débrider avec les ultrasons qui enlève
les bactéries. Ça fait que ça, ce n'est pas quelque chose qui est nécessaire
pour le traitement des poches. Est-ce que ça répondait bien à votre question?
Mme LeBel : Oui, absolument. Absolument.
Merci, M. le Président. Je pense que mon collègue avait...
Le Président (M. Bachand) : Merci. M. le député de Chapleau, s'il vous plaît.
M. Lévesque
(Chapleau) : Merci beaucoup. Peut-être sur cette dernière question...
Donc, j'en comprends que, disons, l'obligation
d'ordonnance est plus en lien avec les clientèles vulnérables. Vous avez fait un point assez
spécifique là-dessus, puis même l'exemple, là, de la dame, dans le fond, qu'on
va consulter à la maison. Ce serait davantage dans ces situations-là, donc, une clientèle plus vulnérable qui ne peut plus
se déplacer. Vous n'auriez plus nécessairement besoin de l'ordonnance,
c'est bien ça?
Mme Dubreuil
(Mélanie) : Exact.
Lévesque (Chapleau) : O.K. Peut-être pour revenir sur un point que
l'Ordre des dentistes nous a présenté tout à l'heure... Ils envisagent des rencontres avec vous, avec les
hygiénistes, pour établir et élaborer un guide. Donc, j'imagine que vous allez être
partie prenante de ces
discussions-là. Qu'est-ce que vous envisagez dans ces discussions-là? Qu'est-ce
que vous aimeriez qu'il en ressorte avec, dans le fond, l'Ordre des dentistes?
Dubreuil (Mélanie) : Bien, premièrement, pour l'ordonnance sur le débridement, nous, on souhaiterait que
ça soit défini par notre propre ordre, celui
des hygiénistes dentaires, parce qu'on a toutes les compétences, nous, pour que
les hygiénistes dentaires, entre nous, on
soit capables de définir ça par nous-mêmes. Nous, ça serait ça qu'on jugerait
l'idéal, donc de ne pas avoir nécessairement une ordonnance qui est émise par
un dentiste.
Ceci
dit, si on est appelées à collaborer au
niveau des ordonnances d'autres
actes, on serait complètement
prêtes à participer à ça avec plaisir. Puis
c'est notre ordre qui va pouvoir chapeauter ça au nom des hygiénistes dentaires
également.
Lévesque (Chapleau) : O.K.
Parfait. Vous avez également parlé du fait que, si on fréquentait, justement...
Donc, s'il n'y a pas plus l'obligation
de fréquenter un cabinet dentaire mais tout
simplement, bon, des hygiénistes,
est-ce que... bon, vous avez parlé
que les coûts seraient moindres peut-être. Pouvez-vous peut-être nous dire
comme en quoi, dans le fond, ça se ferait pour vous?
Dubreuil (Mélanie) : Bien, les hygiénistes dentaires qui
pratiqueraient de façon autonome... Premièrement, il y a un seul professionnel de la santé dentaire
qui est impliqué, parce que le dentiste, bien, il n'aura pas d'honoraires
à ce niveau-là parce qu'il ne sera pas participant dans les actes dentaires préventifs offerts par
l'hygiéniste dentaire. Donc, en partant, il y a une diminution au niveau
des coûts pour le professionnel impliqué.
Puis,
deuxièmement, bien, l'hygiéniste dentaire... On a cité, nous, le bureau de...
Ah! j'ai un blanc. Excusez. Mais, pour tout qu'est-ce qui a trait avec les
entreprises, qu'il y ait une mise en marché qui soit respectueuse pour tous les
professionnels, dans le fond, ça va
permettre d'avoir une... Ah! bien, excusez-moi, j'ai vraiment
décroché. Je suis désolée.
C'est
le Bureau de la concurrence qu'on a cité, dans notre mémoire, par rapport que l'hygiéniste dentaire, on a des outils qui sont facilement mobiles, qu'on peut déplacer pour aller
rendre des soins aux patients, puis cet équipement-là est moins dispendieux que d'entretenir un cabinet
dentaire, à proprement parler. Donc, une diminution de l'infrastructure va pouvoir amener une
diminution des coûts également. Ça répondait bien à votre question?
Lévesque (Chapleau) : Oui.
Merci. Vous avez également parlé, bon, des autres provinces canadiennes où
est-ce qu'il y avait une possibilité, justement, d'avoir accès directement à l'hygiéniste
sans passer par, dans le fond, un cabinet de dentiste. Est-ce que, bien, premièrement, c'est une pratique courante
que vous avez constatée dans plusieurs autres provinces? Puis est-ce qu'il y a des cabinets d'hygiéniste dentaire? Est-ce que
vous pensez que ce serait une possibilité également ici, pour le Québec, d'avoir des cabinets d'hygiéniste
dentaire qui pourraient se déplacer à coût moindre?
Dubreuil (Mélanie) : Bien,
ça existe ailleurs. Puis moi, je pense que ça serait une bonne chose d'avoir
des cabinets dentaires mobiles opérés par
des hygiénistes dentaires pour aller rendre des soins à la population
là où ils sont, parce qu'il n'y en a pas, de soins, actuellement. On va dans un CHSLD, un centre intermédiaire d'hébergement, les gens
ne sont pas desservis parce que,
dès qu'il y a une incapacibilité de déplacement, ça devient
très complexe pour recevoir des soins. Ça fait que c'est cette clientèle-là. Puis c'est l'esprit du projet de loi aussi, qui a été mentionné, avec un accès facilitant pour ces
clientèles-là vulnérables. Ça fait que, nous, c'est ça qu'on souhaiterait voir
de l'avant au Québec.
Lévesque (Chapleau) : O.K. Peut-être
une autre petite question, là. Évidemment, vous n'êtes pas le premier groupe qui nous parle, là, des maladies
parodontales. Je lisais l'alinéa 1.4°, au sous-paragraphe i,
qu'on parle de désinfection des
poches parodontales. La parodontite crée des poches qui sont visibles seulement
au rayon X. Est-ce qu'on n'est pas rendu... Dans le fond, dans le cas de cet acte-là, ça pourrait être
quasiment chirurgical. Est-ce que, d'après vous, toutes les hygiénistes
dentaires sont... ou ont le niveau de formation pour ce type de traitement là?
Dubreuil (Mélanie) : La
réponse est oui. On a toutes une formation collégiale de trois ans. On a neuf établissements qui font la formation à travers le Québec,
et notre qualité d'enseignement est excellente, ça fait que...
Est-ce qu'une hygiéniste dentaire peut faire un acte qui est reconnu chirurgical dans
un débridement? Nous, on ne fait pas
d'acte chirurgical. On ne coupe pas la gencive pour enlever la gencive, voir directement les dépôts de tartre. Ça, c'est le dentiste ou le parodontiste
qui fait ces soins-là. Nous, ce n'est pas notre champ d'action.
Nous,
on veut être capables de nettoyer les dents puis de ne pas nettoyer juste le
dessus des dents, la nettoyer en entier. Ça a été mentionné déjà que les dentistes ont confiance en nous pour
faire ces soins-là. Ça fait que, s'ils ont confiance en nous, bien,
mettez-nous pas d'ordonnance.
Lévesque (Chapleau) : Bien,
c'est assez clair. Merci. Il me reste du temps un peu, là, M. le Président? Oui. Parfait. Donc, peut-être une autre petite question.
Donc, un des
nouveaux actes qui est réservé, dans le fond, pour le domaine buccodentaire,
c'est le blanchiment des dents.
J'imagine, là, vous en avez entendu parler. Donc, c'est un acte réservé pour
les dentistes et sous ordonnance pour vous,
les hygiénistes. Êtes-vous en mesure de nous donner, dans le fond, un contexte
sur la nécessité de réserver cet acte particulier, donc le blanchiment
des dents?
Mme Dubreuil (Mélanie) : Bien, l'acte
de blanchir les dents, c'est que les gens peuvent s'acheter des produits dentaires sur Internet, aller dans des spas se
faire blanchir les dents. Ça fait que, quand il n'y a pas de professionnel de
la santé dentaire pour des actes qui vont quand même
modifier la dent... Bien, je pense que c'est bon que ça soit réservé à
un certain groupe pour assurer la sécurité du public. Nous, on n'est pas contre
de le réserver.
Lévesque (Chapleau) :
...c'est correct que ce soit le... Excusez-moi. Dans ce cas-là, c'est correct
que ce soit le dentiste qui ait l'acte réservé, à ce moment-là, puis
vous, sous ordonnance.
Dubreuil (Mélanie) : Bien,
ça pourrait être un acte qui pourrait être fait par les hygiénistes dentaires.
Mais nous, dans notre mémoire, on n'a pas
fait cette proposition-là, mais ça a été fait par d'autres groupes. Donc, nous,
on ne verrait pas l'inconvénient que
l'hygiéniste dentaire puisse également faire les blanchiments dentaires sans ordonnance,
parce qu'on a une bonne
formation. Ce sera à vous d'en juger.
Mme N.
Wilcott (Cynthia) :
J'ajouterais à ça que la prévention puis la santé passent par notre
débridement, le nettoyage. Le
blanchiment, c'est plus une considération esthétique. Si la personne a beaucoup
de tartre, beaucoup de problèmes de gencives, un blanchiment ne réglera pas son problème. Ça fait que je
veux être capable de lui offrir les soins préventifs de base en premier.
Lévesque (Chapleau) : Donc,
priorité, c'est la prévention, ensuite l'esthétisme. C'est bien ce que je comprends.
Mme N. Wilcott (Cynthia) : Exact.
Oui.
M. Lévesque (Chapleau) : Merci
beaucoup.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Mme la députée
de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme Weil : Bonjour. Merci de votre présence. Je suis sur un
site de l'Ontario, de la loi de l'Ontario concernant
les hygiénistes, et ils ont vraiment beaucoup de conditions, comment dire,
«contraindication»? J'essaie d'avoir le site en français. Juste pour voir, donc, «scaling», c'est
détartrage, c'est bien ça? Et «curetting», ce serait le débridement. Il y a
deux mots, «debridement».
Mais eux, ils
ont une série de conditions dans lesquelles l'hygiéniste ne pourrait pas
procéder si elle n'a pas — elle ou il, il y a certainement des monsieurs dans ce
domaine-là — une
recommandation, un plan de traitement d'un dentiste. Est-ce que c'est ce que vous entrevoyez dans un guide de pratique? On
parlait de guide de pratique. Comment vous voyez ça? Parce que c'est
quand même assez... Si la personne a des conditions cardiaques...
Mme Dubreuil (Mélanie) : On n'est
pas contre les guides de pratique. C'est des...
Mme Weil : Mais eux, ils
mettent ça dans la loi, je comprends, en Ontario. Est-ce que vous...
Mme Dubreuil (Mélanie) : Bien, notre
ordre nous régit par la loi.
Mme Weil : Mais est-ce
que... C'est ça que je veux en venir.
Hier, on a vu des photos de certaines conditions de la bouche et, c'est sûr, en regardant ça, on
se dit : Bien, c'est sûr qu'un dentiste doit regarder ça pour un bon plan
de traitement. Peut-être nous amener sur ça, donc, des conditions très
graves.
Dubreuil (Mélanie) : Moi, je
vais vous amener un point ici. Le dentiste, il va vouloir regarder les dents
une fois qu'elles sont propres parce que le dentiste a de la difficulté à faire
son diagnostic si les dents ne sont pas nettoyées. Donc, il va nous demander,
comme première intervention, de faire le nettoyage, puis après ça il va pouvoir
faire son diagnostic adéquatement.
Mme Weil : ...que vous voyez
comme...
Mme Dubreuil (Mélanie) : En bureau
privé, ça se passe comme ça.
Le Président (M. Bachand) : ...on est retransmis, alors donnez le temps un peu
entre les... pour que la caméra, les micros soient ouverts au bon
moment. Donc, laissez...
Mme Dubreuil (Mélanie) : O.K.
Laisser un délai.
Le Président (M.
Bachand) : ...la question se terminer, la réponse se terminer
aussi. Mme la députée.
Mme Weil : Bien, je me demandais si vous avez comparé, si
vous avez regardé la situation en Ontario, parce qu'on compare beaucoup
avec les autres provinces. Ils ont beaucoup d'autonomie, en Ontario, des
cliniques mobiles, tout ça, qui est
excellent. Puis vous, vous partagez cette vision, aller là où le patient est,
mais il y a quand même... Ce qu'on voit, c'est... Il y a des «blood disorders», «active
tuberculosis», il y a toutes sortes de conditions où l'hygiéniste doit se
référer avant d'avoir un plan de traitement. Est-ce que votre réflexion
sur toutes ces conditions-là... Moi, c'est la première fois que je porte attention à ces questions. Parce qu'on l'a entendu
d'un dentiste de l'Ontario, qui dit : Oui, mais il y a beaucoup de
conditions quand même. Vous, votre réflexion
là-dessus, les discussions avec le gouvernement, l'office, et tout ça, est-ce
que vous avez... dans quel sens vous allez? C'est-à-dire il y aurait ces
mêmes conditions? Est-ce que vous allez vous inspirer du modèle de l'Ontario?
Dubreuil (Mélanie) : Bien, pour que les hygiénistes dentaires puissent
rendre des soins aux patients, on a déjà des conditions qui sont prescrites par notre ordre professionnel. Puis
on est formés pour faire l'évaluation de la bouche des gens. Donc, moi, ce que je souhaiterais, c'est
qu'il pourrait y en avoir, des guides de pratique, puis qu'on puisse s'inspirer de ce qui se fait ailleurs aussi pour
bonifier ce qu'on va créer ici, mais je veux m'assurer, dans cette
construction-là, des outils qui vont
permettre aux hygiénistes dentaires d'offrir leurs soins partout aux clientèles
vulnérables, qu'il n'y ait pas de barrière majeure qui nous empêcherait
de fournir des soins nécessaires.
Mme Weil : Moi, je ne peux
pas me prononcer sur tout ça. Moi, je voulais juste savoir si vous aviez eu une
réflexion là-dessus, surtout en échange,
parce qu'on comprend que vous avez commencé des discussions avec... vous
avez eu des discussions avec l'Ordre des
dentistes, qui a comme... donc c'est ce qu'on nous a dit dans la présentation,
par rapport à des guides de pratique.
Je voulais juste savoir dans quel... Ce serait
dans votre loi qu'il y aurait ces contre-indications, c'est-à-dire que certaines situations... ou quand vous voyez que,
la bouche, ça serait trop dangereux de rentrer là-dedans, ou la personne
a des conditions cardiaques? Est-ce que ce serait vous inspirer un peu de ce
qui se fait ailleurs?
Dubreuil (Mélanie) : On va pouvoir s'inspirer de ce qui se fait
ailleurs qui fonctionne bien puis, en cas de besoin, on va pouvoir
référer à d'autres professionnels, comme ça a déjà été mentionné par d'autres
groupes.
Mme Weil : Bien, j'imagine,
vous le faites déjà.
Mme Dubreuil (Mélanie) : On le fait
déjà.
Mme Weil :
C'est ça. Alors, peut-être dans des conditions de certains enfants, quand vous
regardez s'il y a des...
Mme Dubreuil (Mélanie) : J'ai
peut-être un petit peu de difficultés à saisir la question.
Mme Weil :
Bien, c'est-à-dire, c'est que... Dans quelles conditions vous ne pouvez pas
procéder? Quelles seraient les
conditions dans lesquelles, en regardant la bouche, vous ne pourriez pas
procéder au débridement ou détartrage? C'est ça, la question.
Dubreuil (Mélanie) : Bien, si la personne présente des conditions
médicales qui sont contre-indiquées, si elle a besoin d'une antibiothérapie particulière avant de recevoir des soins parce qu'elle a eu un
remplacement de valve au
niveau du coeur, c'est des conditions qu'ils
nous ont... C'est enseigné à l'école. Ça fait que, si on ne peut pas prodiguer
un soin, de par notre formation, on le sait.
Mme Weil :
Parce qu'hier, dans la présentation qu'on a eue d'un collectif, ça semblait...
c'est des cas très extrêmes, de gens
très pauvres, très, comment dire, en marge de la société, d'après ce qu'on
comprend, sans accès à quoi que ce soit. Et donc ils procèdent, d'après ce que j'ai compris... Alors, ce n'était pas
clair pour moi, parce que c'est la première fois qu'on en parle, de ces conditions dans lesquelles... Et
vous, ce que vous dites, vous l'avez déjà, c'est déjà là. Donc, les conditions
dans lesquelles vous pouvez agir et les contre-indications où vous ne pourriez
pas agir, c'est déjà dans la pratique?
Mme Dubreuil (Mélanie) : Exact.
Mme Weil : Je vous pose la
question parce qu'on n'en a pas encore parlé. C'est la première fois...
Dubreuil (Mélanie) : Non, mais je suis contente qu'on le clarifie,
parce que, dans nos études qu'on a faites aussi, c'est que ce n'est pas clair, au niveau de la population,
qu'est-ce qu'on sait, comme professionnelles, qu'est-ce qu'on est capables de faire,
est-ce que nos soins sont sécuritaires. Bien, ça, ça a été relevé dans notre
étude, les gens, ils ne savent pas
exactement à qui ils ont affaire quand on parle de l'hygiéniste dentaire. Ça
fait que, comme on l'a mentionné, c'est quelque chose qui reste à clarifier pour la population en général. Ça fait que
je ne suis comme pas surprise que vous me posiez ces questions-là. Mais,
d'un autre côté, pour moi, c'est tellement évident, ce qu'on est capables de
faire, que ça soit autant mécompris par la population, ça m'étonne, parce que
notre profession a quand même 45 ans.
Mme Weil : Bien, je pense, ce
n'est pas juste par la population que ce n'est pas compris, il y a d'autres
ordres professionnels aussi, peut-être.
Alors, je pense que ce serait utile que ça soit bien dit puis clarifié, parce
que, quand on parle de risque, bon, vous avez bien suivi le débat, je
pense que vous comprenez.
Donc, moi, je
voulais juste, comment dire, mieux comprendre votre formation et les
contraintes... Ce n'est pas des contraintes,
c'est vraiment des meilleures pratiques, essentiellement, pour assurer... parce
que la présentation qu'on a eue hier, c'est
ça qui m'a un peu... Moi, je ne connaissais rien là-dedans, vraiment, quelles
sont les conditions dans lesquelles, non, vous dites... D'abord, oui, que les dents soient propres, mais ça, c'est dans
une bouche qui est quand même... La ministre parlait d'une bouche saine. Bon, là, c'est vraiment des...
c'étaient des bouches pas saines, mais avec d'autres conditions de santé
graves, quand même. Alors, nous, on n'a pas
eu d'explication là-dessus parce qu'on... Tu sais, c'est hier que je me
suis dit : Bien, il faudrait que je comprenne mieux un peu...
Dubreuil (Mélanie) : Mais l'esprit de ce qui a été présenté hier, pour
faire du pouce sur votre question, c'est qu'il y en a, des problèmes graves, des gens qui ne se présentent pas en
cabinet dentaire. Bien, ces gens-là, ça leur prend une porte d'entrée...
Mme Weil : Oui. Non, je
comprends.
Dubreuil (Mélanie) : ...puis ça peut être l'hygiéniste dentaire. Ça
fait que je suis contente qu'ils aient donné ces exemples-là. Puis, d'un autre côté, bien, je suis contente que vous
nous ayez posé la question, parce que ça clarifie un peu... L'hygiéniste
dentaire est une ressource sous-utilisée.
Mme Weil : Et c'est important
aussi qu'ils aient fait la présentation, parce que l'importance, pour nous,
comme société, de se rendre compte à quel point les gens sont démunis face à
ça...
Alors, j'en
viens à votre question sur le financement de ça. Donc, vous, ce que vous
demandez... Ce que je comprends, il y
a certains actes, dans un cabinet de dentiste, pour les enfants, disons, de
10 ans et moins, le nettoyage, qui ne sont pas couverts par la RAMQ, hein? Donc, tout ce qui est
prévention n'est pas couvert. Donc, vous, vous prônez, donc, que les
actes de prévention... comme l'Ordre des
dentistes prône, c'est-à-dire que ça soit financé parce que le potentiel est
énorme, le potentiel d'améliorer la santé.
Donc, vous,
dans votre... Comment ça va se passer? Donc, dans les centres de longue durée,
par exemple, avec le programme... Il
est financé, si je comprends bien, par le gouvernement, là, dans un premier
temps, les visites en centre de longue
durée, avec un certain montant d'argent, je n'ai plus la somme, donc... Mais, à
long terme, à long terme, avec les demandes et les... Parce que le
potentiel de ce que vous pouvez faire est énorme, mais ça va dépendre du
financement. Est-ce que je peux vous entendre là-dessus, comment vous voyez le
financement?
Mme N.
Wilcott (Cynthia) : En fait, les gens ont soit une couverture
d'assurance privée... Les gens qui sont en résidence intermédiaire, par exemple, soit ils sont financés, c'est ça,
couverts par des soins d'assurance privée, ou bien la famille va payer les frais. Il y en a aussi qui
sont prestataires de la sécurité du revenu. Donc, la RAMQ, le carnet de
réclamation, va payer pour ces soins-là.
Ce que nous,
on met de l'avant, c'est que l'hygiéniste dentaire va enlever un... va être une
porte d'entrée pour une solution
d'hygiène dentaire de prévention, de première ligne, finalement. Un nettoyage
va permettre d'améliorer la santé et la qualité de vie de ces gens-là. On a fait
partie du congrès de
l'association, justement, des résidences intermédiaires du Québec, c'est... en fait, des ressources intermédiaires
d'hébergement du Québec, en juin dernier, puis les gens, les gestionnaires
nous disaient : Mais quand est-ce que vous allez pouvoir venir nous voir
dans nos résidences pour offrir des services à nos résidents? Ils en ont besoin. Nos préposés sont débordés déjà, puis,
souvent, la bouche, ils disent : Ah! il est capable de brosser ses dents tout seul. Non, ils ont remarqué
qu'une autre dame mange moins. Elle a mal aux dents, mais elle n'a pas
le soutien puis elle a peur d'aller chez le
dentiste, elle ne veut pas y aller. Est-ce qu'une hygiéniste pourrait évaluer...
juste revoir les méthodes d'hygiène avec cette personne-là à moindre coût puis
être la porte d'entrée pour référer après pour des soins subséquents?
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve,
s'il vous plaît.
M. Leduc : Merci, M. le Président.
Bonjour et bienvenue. Je remarque quand même des similitudes entre votre mémoire et les autres mémoires qu'on a entendus
hier, notamment de la coopérative de solidarité — je
ne me souviens plus du nom exact, là — et
de l'Ordre, donc, des hygiénistes dentaires. Moi, ça me réjouit, parce que
c'est vraiment quelque chose sur lequel on travaille
depuis longtemps, là, à Québec solidaire. Donc, c'est bien heureux.
Ma question
est plus politique, en termes de priorités. On comprend que vous auriez aimé
que ça aille plus loin encore que ce
qui est sur la table dans le projet
de loi. Si vous aviez à identifier ce
qui serait le plus prioritaire, une ou deux, peut-être trois choses
qu'on pourrait rajouter dans le projet de loi, qui vous aiderait à faire mieux
votre travail...
Mme Dubreuil
(Mélanie) : Pour ajouter dans le projet de loi, bien, nous, on propose
la modification sur l'ordonnance, là. Ça, ça
pourrait être notre point principal. Puis l'autre point qu'on demande, c'est
que l'hygiéniste dentaire soit
reconnu comme prestataire au niveau de la Régie de l'assurance maladie pour que le professionnel qui dispense
les soins soit payé pour les services fournis.
M. Leduc : C'était justement ma
question suivante, là. Vous avez une recommandation, c'est ça, à la
page 15, «que les hygiénistes dentaires
soient reconnus comme dispensateurs de soins [...] et que la FHDQ soit reconnue
comme seul organisme négociateur de la tarification des soins offerts
par les hygiénistes dentaires...» Qu'est-ce que ça veut dire?
Dubreuil (Mélanie) : C'est
que les hygiénistes dentaires, actuellement, n'ont pas de représentant à la table
des négociations pour les soins facturés à la RAMQ. Nous, on a fait des
démarches en tant que fédération pour avoir une reconnaissance de l'hygiéniste dentaire à cette table-là. Par contre, on
avait vu un refus de notre demande à cause de l'article qui est présentement abrogé dans le projet de loi n° 29, tel que mentionné, qui est celui du règlement concernant
certains actes qui peuvent être accomplis
par les hygiénistes dentaires, parce que ce dernier émane de la
Loi sur les
dentistes. Donc, on nous avait
dit : Bien, les hygiénistes dentaires, on ne peut pas, de par la loi,
négocier avec vous. Ça fait que nous, on souhaiterait pouvoir rentrer dans
les négociations. Puisque cet article-là est abrogé, ça nous donne l'occasion
de pouvoir le faire.
Leduc : ...logique d'obtenir
ces nouveaux pouvoirs là, de dire : Bien là, maintenant,
ces tarifs-là qui sont la... Ils ne sont pas obligés d'être payés comme
ça, hein? C'est des guides, si je comprends bien, cette grille de tarifs, ça
peut bouger un peu, là.
Dubreuil (Mélanie) : Bien,
ce qui est négocié à la table de négociation, c'est le tarif que la RAMQ paie par acte...
M. Leduc : Ah! je comprends.
Dubreuil (Mélanie) : ...ce
qui est réclamé par le dentiste pour les soins offerts aux prestataires de la
RAMQ.
Mme Dubreuil (Mélanie) : Ça
répondait bien à vos questions?
M. Leduc : Oui, très bien. Merci beaucoup.
Le Président (M.
Bachand) : ...de Joliette, s'il vous plaît.
Hivon : Oui, merci beaucoup. Vous avez entendu précédemment — vous
étiez là, j'imagine — le
président de l'Ordre des dentistes quand il
nous a expliqué, en ce qui a trait au débridement parodontal