Health and Social Services — 3 May 2018 (41st Legislature, 1st Session)
CSSS 2018-05-03
Quebec — Committees
Juste
pour la bonne compréhension des choses, compte tenu qu'on a eu un
délai de deux semaines, M. le
Président, pourriez-vous... est-ce que vous auriez la gentillesse et la possibilité
de nous rappeler les articles qui sont toujours suspendus, s'il vous plaît?
Président (M. Merlini) :
Oui, certainement, M. le
député de Labelle. Alors, l'amendement
à l'article 11.1 a été suspendu.
L'article 18 qui est
introduit dans l'article 12 a été suspendu.
L'article 19, à
l'article 12, nous sommes présentement dans cette étude-là. Alors, voilà.
M. Pagé :
O.K. Il n'y en avait pas d'autres.
Le Président (M.
Merlini) : Il n'y en avait pas d'autres, effectivement.
Pagé : O.K.
J'avais, juste en commençant nos travaux, je pense, quelques
jours ou... Dans le début de cette semaine,
nous avons suspendu nos travaux, j'étais revenu de chez moi et, quand nous
avions commencé nos travaux, j'avais dit
à la ministre que j'avais parlé à des gens dans les centres, particulièrement des gens qui sont dans les milieux de centres de dépendance, et
qu'ils trouvaient inapproprié l'article 13 parce que trop permissif. Qu'il
y ait de chambres où c'est possible de fumer, c'est une chose, mais d'avoir la
même permission éventuellement pour fumer aussi du cannabis...
m'a encore interpelé en me disant : Est-ce que vous allez rouvrir cet
article-là pour l'interdire? Alors, je le soumets à la ministre et à son équipe pour qu'ils puissent y réfléchir
pendant que nous sommes encore dans le projet
de loi. Je comprends que nous l'avions
adopté après quand même un long débat. Alors, je le soumets très respectueusement à la ministre et à son équipe, parce qu'il nous
apparaîtrait plus sage de revenir, par consentement, sur cet
article 13 et
de ne pas permettre à ce que les gens puissent consommer du cannabis
dans les chambres où on peut fumer, surtout si c'est des chambres multiples, surtout s'il y a plus qu'une
personne qui cohabite dans ces chambres, et, la plupart du temps, c'est le cas.
Alors,
j'ai parlé avec le directeur général de l'association des centres de dépendance
du Québec, ils sont quand même 97,
et, chez lui, c'est clairement : Non, on n'en veut pas. Et j'ai parlé
aussi avec deux personnes qui sont responsables du même genre de centres et qui souhaitaient également que cela soit
interdit. Alors, compte tenu que le projet de loi n'est toujours pas adopté, qu'on peut, par consentement,
revenir et rouvrir à nouveau un article, compte tenu de ce que l'on
sait, il m'apparaîtrait sage et approprié de faire cela, alors je le soumets,
et je ne sais pas si la ministre veut commenter ou...
Le Président (M.
Merlini) : Mme la ministre, un commentaire, une observation?
Charlebois :
Non, je n'ai toujours pas changé de point de vue, M. le Président. J'entends
bien la préoccupation du député de Labelle et je n'ai pas l'intention de
revenir sur l'article 13. Merci de m'en faire part, quand même.
Le Président (M.
Merlini) : Alors, nous revenons donc au sous-amendement. M. le député
de Labelle.
M. Pagé :
Oui. En fait, c'est une préoccupation parce que c'est la préoccupation des gens
qui sont responsables des centres de dépendance, sinon, je n'en ferais
pas une préoccupation, mais, bon...
Charlebois :
Est-ce que je peux vous ajouter quelque chose?
Le Président (M. Merlini) : Mme la
ministre.
Charlebois :
Ce n'est pas en soi une obligation d'ouvrir des chambres, mais ils ont la
possibilité. Mais, s'ils ne le
désirent pas, ils ont juste à ne pas avoir de chambre. Puis je peux comprendre
qu'un centre de traitement de dépendance,
eux autres, peut-être, ça ne les intéresse pas, alors je respecte ça, puis ils
ont le droit de... Parce qu'on demande aux
centres... les établissements de santé et services sociaux d'en arriver à une
politique de zéro consommation de tabac, et la même chose pourrait arriver à la consommation de fumée de cannabis.
Alors, s'ils désirent déjà se prévaloir de cette interdiction, ils ont
bien beau.
Le Président (M. Merlini) : Merci.
M. le député de Labelle.
M. Pagé : Je comprends très
bien ça. Et tant mieux. Et là on tiendra... on prendra note qu'effectivement
c'est possible que, même si la loi prévoit
que ça peut être permis, ça ne soit pas permis. Mais, comme dans les parcs pour
enfants, bien là, on a dit : C'est non.
À certains endroits, on a dit : C'est non. Et il me semble que, là, c'est
un endroit où ça devrait être non, parce que c'est clairement dit par
les gens qui sont responsables de ces centres.
Cela dit, on
va passer à autre chose, parce que je n'entends pas de volonté de rouvrir
l'article 13, et on en avait quand même discuté abondamment,
alors... assez longtemps.
Alors, si on
revient, M. le Président, à cet article... oui, c'est ça. Alors, l'amendement,
qui n'était pas un sous... C'était un sous-amendement ou c'était...
Le Président (M. Merlini) : C'est un
sous-amendement, M. le député.
M. Pagé :
C'est un sous-amendement à l'amendement de l'article 19 présenté par la
ministre. Écoutez, juste pour les
gens qui nous écoutent, très rapidement, c'est que ce que l'on souhaitait en
vertu de cet amendement, c'est d'inscrire dans l'article 19 que la Société québécoise du cannabis pourrait
«révoquer ou suspendre, pour une période qu'elle détermine, tout contrat ou entente [...] liant [un]
producteur privé...» Ce qu'on nous avait répondu, si ma mémoire est bonne,
c'est que de toute façon ça ferait partie,
je pense, des contrats. Nous, on aurait préféré que ça soit inscrit dans la loi
pour que ça soit plus clair.
Parce que
nous savons que tout ce qui concerne la production, il y a énormément d'argent
qui est, justement, en cause. Et il y
a tellement d'argent qui est en cause que l'article 19 dit justement que
les amendes, si on ne respectait pas, pourraient
aller de 5 000 $ à 500 000 $. Alors, vous comprenez, ce
n'est pas comme dans d'autres articles, 250 $ à 750 $ pour un citoyen qui... Donc, il y a là quelque
chose de très important, et il nous semblait justifié d'ajouter ces
bretelles à la ceinture, pour être sûrs
qu'on ne passe pas à côté, et donner la possibilité à la société de pouvoir révoquer
ou suspendre. Est-ce que, depuis que
nous avons suspendu, la ministre a changé son point de vue par rapport au
sous-amendement que nous avons
déposé... En fait, c'est la députée de Taillon qui avait déposé, parce que
j'avais dû m'absenter cet après-midi-là.
Le Président (M. Merlini) : Mme la
ministre.
Charlebois :
En fait, ce que j'avais expliqué à la députée de Taillon, c'est que, son
amendement, c'est des dispositions
qui pourront être prévues au contrat entre la Société québécoise du cannabis et
un fournisseur, et il n'est pas nécessaire... non seulement il n'est pas
nécessaire, mais il n'est pas souhaitable d'ajouter ça dans un projet de loi.
Ce qu'on
vient dire à l'amendement à l'article 19 initial, c'est : Les
dispositions... On vient dire exactement c'est quoi, les activités de production du cannabis, etc. Mais de prévoir les
dispositions à un contrat et la révocation, et tout ça, ce n'est pas nécessaire parce que c'est au contrat
entre la Société québécoise du cannabis et le fournisseur que ce sera
prévu. Alors, non, je n'ai pas changé d'avis, et je persiste à dire que ce
n'est pas utile dans le projet de loi.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
Mme la ministre. M. le député.
M. Pagé :
Non, bien, c'est clair. Je pense que le débat a été fait pendant de longues
heures. Il nous semblait que, pour un
cas comme celui-là, il était justifié de... trop fort ne casse pas, comme on
dit. Mais, bon, s'il n'y a pas de volonté de le mettre, alors qu'on
passe aux voix, M. le Président, à moins que la deuxième opposition aurait des
choses à dire.
Président (M. Merlini) : Merci. Est-ce que j'ai d'autres interventions
sur le sous-amendement de Mme la députée
de Taillon? Je n'en vois pas. Je vais donc le mettre aux voix. Est-ce que le
sous-amendement de Mme la députée de Taillon... Le vote par appel
nominal est demandé. Alors, Mme la secrétaire, pour, contre ou abstention.
La Secrétaire : M. Pagé
(Labelle)?
La Secrétaire :
M. Bourcier (Saint-Jérôme)?
La Secrétaire :
Mme Charlebois (Soulanges)?
Charlebois :
Contre.
La Secrétaire :
M. H. Plante (Maskinongé)?
La Secrétaire :
M. Giguère (Saint-Maurice)?
La Secrétaire :
M. Chevarie (Îles-de-la-Madeleine)?
La Secrétaire :
M. Girard (Trois-Rivières)?
La Secrétaire :
M. Simard (Dubuc)?
La Secrétaire :
M. Jolin-Barrette (Borduas)?
Jolin-Barrette : Pour.
La Secrétaire :
M. Merlini (La Prairie)?
Président (M. Merlini) : Abstention. Alors, le sous-amendement de Mme
la députée de Taillon est donc rejeté.
Nous
revenons donc à l'amendement proposé par Mme la ministre à l'article 19.
Est-ce que j'ai des interventions? Je
n'en vois pas. Je vais donc le mettre aux voix. Est-ce que l'amendement proposé
par Mme la ministre à l'article 19 est adopté?
Le Président (M.
Merlini) : Adopté. Comme c'est un amendement qui supprime...
La Secrétaire :
Qui remplace.
Président (M. Merlini) : «Qui remplace», merci, Mme la secrétaire, qui
remplace l'article 19 du projet de loi, nous allons donc à
l'article 20.
Charlebois :
Oui, c'est ça, on a... C'est une nouvelle version de l'article 20, si vous
me le permettez, M. le Président.
Président (M. Merlini) : Oui, mais, si vous avez un amendement, vous
devez d'abord lire l'article 20 du projet de loi et ensuite faire votre
proposition d'amendement, même si c'est une nouvelle version. Alors, à
l'article 20, Mme la ministre.
Charlebois :
Mais là c'est parce que j'aurais voulu vous les donner, les copies, pour qu'ils
puissent être distribués.
Le Président (M.
Merlini) : Oui, on peut distribuer les copies en attendant, oui, tout
à fait. Il s'agit d'une nouvelle version de l'amendement que vous aviez déjà.
Merci.
Alors, pour la
lecture de l'article 20, Mme la ministre.
Charlebois : Oui, je m'exécute, M. le Président. Alors, à l'article 20 :
«Sauf
s'il l'expédie à l'extérieur du Québec, un producteur de cannabis ne peut
vendre du cannabis qu'à la Société québécoise du cannabis.
«Toutefois,
le gouvernement peut, par règlement, prévoir les autres cas où un producteur de
cannabis peut vendre ce produit à une autre personne que la société
ainsi que les conditions qui s'appliquent à cette vente.
tel règlement peut également prévoir les conditions applicables au transport et
à l'entreposage de tout cannabis vendu par un producteur à une autre
personne que la société.
producteur de cannabis qui contrevient aux dispositions du premier alinéa ou à
celles d'un règlement pris en application du deuxième alinéa commet une
infraction et est passible d'une amende de 5 000 $ à
500 000 $.
gouvernement peut déterminer, parmi les dispositions d'un règlement pris en
application du troisième alinéa, celles dont la violation constitue une
infraction et indiquer, pour chaque infraction, les amendes dont est passible
le contrevenant, lesquelles ne peuvent excéder 100 000 $.
«En cas de récidive, les montants des amendes
prévues au quatrième et [...] cinquième alinéa sont portés au double.»
Le Président (M.
Merlini) : Merci, Mme la ministre. Maintenant, pour votre proposition d'amendement.
Charlebois :
Alors, l'amendement, M. le
Président. Nous proposons donc de
remplacer l'article 20 de la Loi encadrant le cannabis,
proposé par l'article 12 du projet de loi, par ce qui suit :
«Chapitre V.1. Transport
et entreposage de cannabis.
«20.
Seuls la Société québécoise du cannabis, une personne qu'elle autorise
conformément au paragraphe 4° du premier
alinéa de l'article 23.2 de la
Loi sur la Société des alcools du Québec,
un producteur de cannabis ou toute autre personne déterminée par règlement du gouvernement peuvent faire le
transport, incluant la livraison, et l'entreposage du cannabis à des
fins commerciales.
gouvernement peut, par règlement, prévoir les norme