House Proceedings — 20 March 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
2019-03-20
Quebec — Debates (Hansard)
Pour la prochaine déclaration, je vais
maintenant reconnaître M. le député de Deux-Montagnes.
M. Charette :
Merci, Mme la Présidente. À l'occasion du 50e anniversaire de Baseball
Québec, je tiens à saluer les
associations de ma circonscription qui permettent à de jeunes filles et à de
jeunes garçons de profiter de la belle saison en jouant au baseball.
L'association du baseball amateur de
Saint-Eustache chapeaute les équipes des Bisons de même que l'équipe féminine régionale, les Rebelles, sans oublier le
baseball adapté et les équipes de catégories Rally-Cap à junior. Je mentionne
également les Red Sox des Laurentides
et leurs équipes régionales de niveau AA. Enfin, on retrouve aussi
l'association du baseball amateur du
Lac-des-Deux-Montagnes avec ses équipes portant le nom des Cardinals ainsi que
l'équipe féminine moustique A. Là aussi, on retrouve des équipes de
Rally-Cap à junior.
Je conclus en
remerciant le président de cette association, M. Yves Bourdon, ainsi
que tous leurs fidèles bénévoles au fil des années, dont
M. Éric Francoeur. Bonne saison à toutes et à tous! Merci, Mme la
Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : C'est moi qui vous remercie,
M. le député. Et maintenant je me tourne vers Mme la députée de
Bourassa-Sauvé pour sa déclaration d'aujourd'hui.
Mme Robitaille :
Merci, Mme la Présidente. C'est avec fierté que je félicite la compagnie de
Montréal-Nord Vestshell, qui a reçu
le Prix performance Québec le 15 novembre 2018. C'est la plus haute
distinction remise annuellement par le gouvernement du Québec aux
entreprises privées qui se démarquent par la qualité de leur gestion et par
leur performance globale.
La compagnie Vestshell se
spécialise dans les pièces de précision en acier, en grande
partie dans le
domaine aérospatial, et là-bas une trentaine
de ses employés ont rédigé une charte énonçant les valeurs de l'organisation, une charte qui engage aussi l'entreprise à
opter pour le développement durable. L'initiative a stimulé les employés, et
toute la dynamique de l'entreprise a changé.
Toutes mes félicitations à
M. Gregory Laflamme, le directeur général, et à
M. Joseph Laflamme, président de Vestshell, ainsi qu'aux 135 employés de cette belle
équipe! Vous faites la fierté de Montréal-Nord. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
députée de Bourassa-Sauvé. Maintenant, je vais reconnaître M. le député
de Masson.
M. Lemay :
Mme la Présidente, comme vous le savez, cette année, notre hiver fut très ardu,
et les précipitations, abondantes. Cette neige a malheureusement fait
céder le toit du bâtiment de la Légion canadienne de Mascouche, un remarquable
organisme de ma circonscription. Cet édifice était l'un des seuls lieux de
réunion pour les vétérans, les corps de
police et les Forces armées de la région. Cet événement est d'autant plus malheureux que l'édifice était mis à la
disposition de nombreux autres groupes et organismes
communautaires, tels que les scouts, les cadets et les Alcooliques
anonymes, qui devront maintenant relocaliser leurs activités.
Seulement quelques
heures avant l'effondrement, l'édifice était bondé de membres de la légion, qui
y tenaient une activité. Nous pouvons
donc ainsi dire que l'organisme est chanceux dans sa malchance, car personne ne
fut blessé dans cet effondrement.
Maintenant,
l'heure est à la reconstruction. La légion a même l'intention de profiter de
ces travaux pour améliorer ses
installations. Ceci étant dit, nous sommes tous solidaires avec la légion de
Mascouche. Et, comme le dit son président, M. Mario Miller, les périodes difficiles ne durent jamais longtemps et
elles nous endurcissent. Merci, Mme
la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Merci beaucoup, M. le député de Masson. Et maintenant je vais reconnaître Mme
la députée de Taschereau pour sa déclaration d'aujourd'hui.
Dorion : Merci, Mme la Présidente. On parle souvent de la
jeunesse du Québec, mais moi, je voudrais parler encore une fois, dans cette Chambre, de la vieillesse du Québec. Et je
veux préciser que le mot «vieillesse» est un des plus beaux mots de la
langue française, j'aime beaucoup le prononcer.
Et j'ai
demandé aux vieux du Québec, la dernière fois, de m'écrire à mon adresse de
députée pour me dire ce qu'ils aimeraient voir perdurer du Québec après
leur mort. J'ai reçu des centaines de lettres, ce n'étaient pas des messages, c'étaient des lettres, qui étaient extrêmement
émouvantes et qui parlaient, pour un grand nombre d'entre elles, de protéger
la nature du Québec et de protéger la
bienveillance du Québec, de protéger l'ouverture des gens, le climat; non
seulement le climat de la nature, mais aussi le climat social.
Donc, ça a
été tellement beau, ce que j'ai reçu, que je me suis dit : Je ne peux pas
faire quelque chose d'autre qu'un recueil,
où les plus beaux extraits de ces lettres-là seraient publiés. Donc, je veux
dire à la vieillesse du Québec : Continuez de m'écrire, on est en
train de rassembler ça et on va faire un superbe recueil. Alors, lâchez-vous
lousse, allez-y, inspirez-vous. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci. Merci, Mme la députée de
Taschereau. Et maintenant je cède la parole à M. le député de Chauveau.
Lévesque (Chauveau) : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Je veux
souligner aujourd'hui l'excellent travail d'un organisme qui a pour objectif l'amélioration des conditions de vie
des Premières Nations, notamment auprès des enfants, et qui est situé à Wendake, la Fondation Nouveaux Sentiers. Je
rends hommage à l'équipe de cette fondation qui, depuis 2010, redistribue des fonds à des organismes qui soutiennent des
initiatives pour enrayer diverses problématiques, comme par exemple la lutte à la pauvreté, et aussi
pour encourager la persévérance scolaire, la pratique du sport et de loisirs.
Salutations à
Mme Marie-Claude Cleary, directrice de la fondation, ainsi qu'au président, M. Mickel
Robertson. Je souligne aussi la vision des fondateurs, MM. John Martin,
Andrew T. Delisle et le regretté Aurélien Gill.
Travaillons ensemble à poursuivre cette oeuvre
basée ici, à l'initiative des gens d'ici, pour les membres des Premières
Nations partout au Québec. «Kwe.» Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme
Gaudreault) : Je vous
remercie, M. le député de Chauveau. Et nous vous souhaitons à
vous aussi la bienvenue à l'Assemblée nationale.
Maintenant, M. le
député des Îles-de-la-Madeleine, la parole est à vous.
Arseneau : Merci, Mme la Présidente. Il y a quelques jours se déroulait aux Îles-de-la-Madeleine la 10e édition du Rendez-vous loup-marin. Je tiens aujourd'hui à saluer dans
cette Chambre cette initiative qui redonne année après année ses lettres
de noblesse à la pratique centenaire de la chasse au phoque dans l'archipel.
Après des décennies
de désinformation et de discours mensongers et parfois calomnieux envers les
chasseurs madelinots, la communauté
se lève et célèbre chaque année la chasse traditionnelle, conjuguée au présent
et tournée vers l'avenir. Le Rendez-vous
loup-marin, c'est à la fois
l'occasion de proclamer la fierté de ce que nous sommes, mais aussi l'obligation de nous défendre, d'informer et de réclamer le
respect qui nous est dû comme peuple de chasseurs, de pêcheurs, de gens
de mer qui vivent en harmonie avec la nature environnante.
tiens à souligner le travail des organisateurs
du Rendez-vous loup-marin, le Centre d'interprétation du phoque et l'association des chasseurs de phoque
intracôtiers, qui célèbrent respectivement leur 25e et leur
35e anniversaire cette année.
Grâce à vos efforts, notre communauté se dresse, droite et fière, l'industrie
se relève, et l'avenir est prometteur.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député des
Îles-de-la-Madeleine. Maintenant, je vais céder la parole à Mme la
députée de Sanguinet.
McCann : Merci, Mme la Présidente. C'est le Club Optimiste de Carignan
qui a fondé et parrainé le club de
Saint-Rémi. Le 1er février 1984, ils ont recruté 25 hommes impliqués
dans la communauté, et encore aujourd'hui sept de ces 25 membres fondateurs sont encore actifs au sein du club. On
y organise le carnaval de Saint-Rémi et Appréciation jeunesse. Les billets Opti-Voyages voient le jour,
et c'est la principale source de financement pour effectuer toutes les activités jeunesse et les dons aux organismes. En
1985‑1986, le club accepte les femmes. En 1987, c'est la fondation du Club
Octogone, club formé avec des jeunes. En 1990, le Club Opti-Jeunes est formé
avec des jeunes superimpliqués. En 1993‑1994, la première sécurité sur
roues et course de boîtes à savon. En 1994 et 1995, une première femme devient présidente. En 1995, le club devient maître
d'oeuvre d'Opération Nez Rouge Saint-Rémi. Et le club a également remis
15 000 $ en dons à différents organismes.
2019, avec 36 membres dévoués, le Club Optimiste de Saint-Rémi a de quoi
être fier des réalisations passées.
C'est donc avec un immense plaisir que je leur souhaite une bonne continuité
pour leur 35e anniversaire. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci beaucoup, Mme la députée de Sanguinet. Et
maintenant, pour clore cette
rubrique de déclarations de députés, je cède la parole à M. le député de
Maskinongé.
M. Allaire :
Merci, Mme la Présidente. Aujourd'hui, je veux rendre hommage à deux citoyens
de Sainte-Ursule, Claude Julien et Jocelyn Déry.
22 novembre dernier, alors qu'ils se rendaient au travail, les deux hommes
ont aperçu de la fumée s'échappant d'une
résidence à Sainte-Angèle-de-Prémont. Instinctivement, ils ont immédiatement
réagi afin de sauver les occupants, Réal
et Rollande Rivard, âgés de 98 et 96 ans. Ils les ont sortis de la maison
et mis en sécurité chez un voisin. En plus de sauver le couple de personnes âgées, ce jour-là, les deux héros ont
également aidé les pompiers et notamment en gérant la circulation.
les deux hommes n'avaient pas réagi, ce jour-là, 15 minutes plus tard le
feu aurait ravagé la résidence, et les occupants
ne seraient plus là pour en témoigner aujourd'hui. C'est donc du fond du coeur,
en mon nom, au nom de toute la communauté
ainsi qu'au nom de mes collègues que je tiens aujourd'hui à souligner cet acte
de bravoure. Claude Julien et Jocelyn
Déry, cette date restera marquée dans nos mémoires, ce jour où votre courage a
sauvé deux vies. Merci et bravo!
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le député de
Maskinongé. Et j'avais fait erreur puisque ce sera Mme la députée de Westmount—Saint-Louis qui va clore cette rubrique de
déclarations de députés. La parole est à vous.
Mme Maccarone :
Merci, Mme la Présidente. C'est un honneur pour moi de rendre hommage
aujourd'hui à Mme Louise Scrimgeour,
une figure emblématique avec 34 ans de bénévolat à son actif au Centre des
femmes de Montréal, un organisme sans
but lucratif établi depuis 1973 au coeur de ma circonscription de Westmount—Saint-Louis dont la mission consiste à
offrir des services professionnels, éducatifs, de conseil et d'orientation pour
les femmes à s'aider elles-mêmes.
Surnommée
la mère Noël du centre, au fil des ans elle a fait le bonheur de plusieurs
milliers d'enfants. Depuis 1985, elle
consacre son temps lors des campagnes de Noël annuelles organisées par le
Centre des femmes. Chaque année, début
de décembre, mère Noël réapparaît au centre pour procéder au tri, à la
réparation et l'emballage des jouets... son temps, lors des campagnes de
Noël; des jouets généreusement offerts par la population de Montréal.
Félicitations
et merci à Mme Scrimgeour pour votre générosité et votre engagement, qui a
fait et qui continue de faire une différence dans la vie de milliers de
familles montréalaises!
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
députée de Westmount—Saint-Louis.
Et ceci met fin à la rubrique des déclarations de députés.
Et je suspends nos
travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
9 h 54)
Le Président :
Mmes et MM. les députés, nous allons nous recueillir quelques instants.
vous remercie. Veuillez vous asseoir. J'en profite pour vous souhaiter un bon
mercredi. Bon mercredi à toutes et à tous.
Nous poursuivons les
affaires courantes. Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations ministérielles.
À la rubrique
Présentation de projets de loi, M. le leader du gouvernement.
Le Président :
M. le leader du gouvernement? Merci.
Jolin-Barrette : Bonjour, M. le Président, bonjour. Alors...
Le Président :
S'il vous plaît!
Jolin-Barrette : Oui. M. le Président, alors, je suis...
Président : S'il vous plaît! Un peu de silence. On reprend notre calme. M. le leader du gouvernement, à vous la parole.
Jolin-Barrette : Merci, M. le Président. Je suis heureux de constater
que mes collègues d'en face sont de bonne humeur aujourd'hui, on va passer une
bonne journée.
Alors, M. le
Président, je vous demande d'appeler l'article a, s'il vous plaît.
Le Président :
À l'article a du feuilleton, M. le ministre des Transports présente le projet
de loi n° 17, Loi concernant le transport rémunéré de
personnes par automobile. M. le ministre.
M. Bonnardel :
M. le Président, très heureux de déposer la loi n° 17, Loi concernant
le transport rémunéré de personnes par automobile.
projet de loi a pour objet la surveillance et le contrôle du transport rémunéré
de personnes par automobile en vue
d'assurer la sécurité des passagers et la transparence du prix des courses, et
ce, dans une perspective d'équité. Il vise également à favoriser
l'émergence de moyens technologiques et de modes de mobilité.
Plus
précisément, le projet de loi prévoit que tout transport rémunéré de personnes
par automobile doit être offert et effectué au moyen d'une automobile qualifiée
conduite par un chauffeur qualifié, sauf dans le cas de certains transports que
le projet de loi précise. À cette fin, il établit qu'une personne peut se qualifier
comme chauffeur et qu'une automobile peut
se qualifier pour être utilisée pour du transport de personnes soit en étant
autorisée à ce
titre par la Société de l'assurance
automobile du Québec, soit en étant inscrite auprès d'un répondant d'un système
de transport autorisé par la Commission des transports du Québec. Il
prescrit les conditions et modalités applicables à une telle autorisation ou
inscription.
Le projet de
loi encadre l'autorisation, par la commission, d'un système de transport
rémunéré de personnes par automobile.
Il prévoit qu'un tel système regroupe plusieurs chauffeurs et automobiles sous
la responsabilité d'une personne morale qui en est le répondant. Entre
autres, il confère à ce répondant la responsabilité d'assurer la surveillance
des chauffeurs et des automobiles inscrits auprès de lui.
Le projet de
loi prévoit qu'une personne qui fournit des services de répartition de demandes
de courses doit être enregistrée auprès de la commission.
Le projet de
loi précise les obligations auxquelles sont tenus un chauffeur qualifié, un
propriétaire d'une automobile qualifiée, un répondant ainsi qu'un
répartiteur.
Le projet de
loi renferme des dispositions relatives à la détermination du prix des courses
et des autres frais qui peuvent être
exigés des clients. Entre autres, il prescrit que le calcul du prix d'une
course sera déterminé conformément aux
tarifs établis par la commission, sauf si la demande de course est faite par
certains moyens technologiques qui permettent au client d'en connaître le prix
maximal et d'y consentir avant que le chauffeur ne soit informé de la demande.
Il détermine également les sommes qui
peuvent être exigées annuellement pour le maintien d'une autorisation octroyée
par la société ou par la commission.
Par ailleurs,
le projet de loi réserve la dénomination «taxi» aux automobiles utilisées pour
offrir ou effectuer du transport de
personnes lorsqu'une course peut être demandée autrement que par certains
moyens technologiques et dont le prix
sera fixé conformément aux tarifs établis par la commission. Il propose
notamment que seul un taxi puisse effectuer une course lorsque le
chauffeur est hélé, que la course est autrement demandée de personne à personne
ou qu'elle est demandée oralement par téléphone. Il propose également diverses
modalités particulières applicables au transport collectif et au covoiturage.
Le projet de loi comporte des dispositions
relatives aux inspections et aux enquêtes, des dispositions pénales de même qu'un régime de sanctions administratives
pécuniaires. Il renferme aussi des dispositions assurant le respect des principes d'équité procédurale dans le cadre
des décisions prises par la société et la commission et donne aux personnes
et aux groupements visés par une décision
défavorable la possibilité de la contester devant le Tribunal administratif du
Québec.
Le projet de
loi donne le pouvoir au gouvernement de déléguer à certains organismes, dont
les municipalités, les sociétés de
transport en commun et l'Autorité régionale de transport métropolitain,
l'application de certaines dispositions. Il confère par ailleurs à la ville de Montréal la compétence d'exercer
certains pouvoirs qui peuvent être délégués à un tel organisme.
Enfin, le
projet de loi abroge la Loi concernant les services de transport par taxi et
modifie diverses dispositions à des
fins de concordance. Il contient des dispositions transitoires concernant
notamment le paiement d'une redevance, certains
permis déjà délivrés ainsi que les services de transport rémunéré de personnes
dont la mise en oeuvre est autorisée par un projet pilote.
Président : Est-ce que
l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi? M. le leader de l'opposition
officielle.
M. Proulx : Oui, M.
le Président. D'abord,
oui, nous acceptons d'être saisis du projet
de loi. Est-ce que
le collègue leader du
gouvernement peut s'engager à ce qu'on puisse tenir des consultations en ce
sens? Et je tiens, par ailleurs, également à souligner, M. le Président, il y avait
un briefing technique ce matin, nous aurions apprécié être présents; peut-être pour une prochaine fois, dans de
telles circonstances. Merci.
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
Jolin-Barrette : Oui, merci, M. le Président. Deux éléments. Oui, nous tiendrons des consultations. D'ailleurs, j'invite
le leader de l'opposition officielle à nous faire parvenir leurs groupes.
Deuxième
élément, au niveau du briefing
technique, nous nous sommes engagés à
tenir un briefing technique pour les députés d'opposition, comme ça se
faisait à l'époque où le Parti libéral était au gouvernement. Alors, le
briefing technique auquel le collègue fait référence était
avec les journalistes, et donc il y aura un briefing technique spécifique pour les élus de chacune des formations politiques, comme c'est l'habitude et comme c'était
l'habitude du Parti libéral lorsqu'il
était au gouvernement.
Président : Alors, l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet
de loi. Donc, adopté.
À la rubrique Dépôt
de documents, Mme la ministre de la Santé et des Services sociaux.
McCann : M. le Président, permettez-moi de déposer le rapport
annuel 2017‑2018 sur l'application de la procédure des plaintes
et de l'amélioration de la qualité des services, ainsi que le rapport annuel de gestion 2017‑2018
du Centre intégré de santé et services sociaux de l'Abitibi-Témiscamingue.
Merci.
Le Président :
Ces documents sont déposés. M. le leader du gouvernement.
Jolin-Barrette : M. le Président, je dépose les réponses du
gouvernement aux pétitions déposées le 6 février
2019 par le député de Beauharnois et le 14 février 2019 par le député de
LaFontaine. Merci, M. le Président.
Le Président :
Ces documents sont également déposés.
Il n'y a pas de dépôt
de rapports de commissions.
À la rubrique Dépôt
de pétitions, Mme la députée de Joliette.
Hivon : Oui. Merci, M. le Président. Alors, je dépose
l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par 31 990 pétitionnaires. Et je
tiens à souligner la présence des instigatrices de cette pétition, qui sont
dans nos tribunes. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que les
centres de la petite enfance et les services éducatifs en milieu familial
basent leurs interventions sur le programme
éducatif Accueillir la petite enfance, fondé notamment sur des principes
d'apprentissage par le jeu;
«Considérant
que les CPE et les services éducatifs en milieu familial offrent un soutien à
la parentalité, par des échanges quotidiens et de l'accompagnement
personnalisé;
«Considérant que les
CPE et les services éducatifs en milieu familial sont des environnements
adaptés et sécuritaires — notamment parce qu'ils offrent du matériel
éducatif spécialisé, la vérification d'absence d'empêchement et l'inspection régulière [des] modules[...] — et qu'ils constituent des milieux de vie
ayant des impacts significatifs sur le développement global des enfants,
grâce à des pratiques respectueuses du rythme individuel de chacun;
«Considérant
que les CPE et les services éducatifs en milieu familial offrent une plage
horaire de 10 heures par jour et un service en continu pendant
toute l'année;
«Considérant
que les CPE et les services éducatifs en milieu familial effectuent, dès le
jour un, des observations permettant le dépistage précoce de troubles
pouvant affecter le développement global des tout-petits;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés,
demandons au gouvernement du Québec :
«De reconnaître
l'expertise des CPE et des services éducatifs en milieu familial;
mettre fin au projet de déploiement universel [mur à mur] des maternelles
quatre ans et de se concentrer sur l'accessibilité et le renforcement des milieux déjà existants qui sont
aptes à soutenir l'acquisition des habiletés essentielles pour une
entrée réussie à l'école à cinq ans.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Président : Cet
extrait de pétition est déposé. J'ai reçu une demande de Mme la députée de Joliette pour la présentation
d'une pétition non conforme. Y a-t-il consentement pour la présentation de cette
pétition? Consentement. Mme la députée.
Hivon : Vous allez
avoir un petit sentiment de déjà-vu. Je dépose l'extrait d'une pétition
adressée à l'Assemblée
nationale, signée par 7 655 pétitionnaires. Désignation : citoyens
et citoyennes du Québec.
«Les
faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
que les centres de la petite enfance et les services éducatifs en milieu
familial basent leurs interventions sur le programme éducatif Accueillir
la petite enfance, fondé notamment sur des principes d'apprentissage par le
jeu;
«Considérant
que les CPE et les services éducatifs en milieu familial offrent un soutien à
la parentalité, par des échanges quotidiens et de l'accompagnement
personnalisé;
«Considérant que les CPE et les services
éducatifs en milieu familial sont des environnements adaptés et sécuritaires — notamment parce
qu'ils offrent du matériel éducatif spécialisé, la vérification d'absence
d'empêchement et l'inspection régulière de modules[...] — et
qu'ils constituent des milieux de vie ayant des impacts significatifs sur le
développement global des enfants, grâce à des pratiques respectueuses du rythme
individuel de chacun;
«Considérant
que les CPE et les services éducatifs en milieu familial offrent une plage
horaire de 10 heures par jour et un service en continu pendant toute
l'année;
«Considérant
que les CPE et les services éducatifs en milieu familial effectuent, dès le
jour un, des observations permettant le dépistage précoce de troubles
pouvant affecter le développement global des tout-petits;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous, soussignés, demandons au gouvernement du
Québec :
«De reconnaître l'expertise des CPE et des
services éducatifs en milieu familial;
«De mettre
fin au projet de déploiement universel [mur à mur] des maternelles quatre ans
et de se concentrer sur l'accessibilité
et le renforcement des milieux déjà existants qui sont aptes à soutenir
l'acquisition des habiletés essentielles pour une entrée réussie à
l'école à cinq ans.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Le Président : Cet extrait de
pétition est maintenant déposé.
Il n'y a pas
de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation
de droit ou de privilège.
Je suis maintenant prêt à rendre ma décision au
sujet de la demande qui m'a été adressée hier par le leader du troisième groupe
d'opposition à la suite de la décision de la députée de Marie-Victorin de
siéger à
titre de députée indépendante. Ces questions concernent le statut des
deuxième et troisième groupes parlementaires actuellement reconnus, ainsi que la répartition des mesures et
des temps de parole. Je tiens d'abord à féliciter les leaders des deuxième
et troisième groupes d'opposition pour leurs
arguments bien étoffés et qui ont bien fait ressortir toutes les dimensions de
la question que je m'apprête à trancher
aujourd'hui. Je remercie également le leader du gouvernement et de l'opposition
officielle pour la qualité de leurs interventions. D'abord, permettez-moi un
retour sur ces interventions.
D'emblée, le
leader du troisième groupe d'opposition rappelle que, traditionnellement, les
troupes parlementaires ou les groupes parlementaires d'opposition
occupent un rang déterminé par le nombre de députés qui les composent. À ce sujet, il souligne que ce n'est que lorsque
deux partis ont fait élire le même nombre de députés que le nombre de voix
exprimées peut être pris en compte. Il
soutient d'ailleurs que le rang des groupes est le seul élément de l'entente
déterminé par le pourcentage des voix. Pour le reste, les droits conférés
aux deux groupes sont égaux.
Selon lui, il
serait déraisonnable que cette entente, intervenue en début de législature,
fixe de manière définitive et finale le fonctionnement de l'Assemblée sans
égard aux changements qui pourraient survenir dans sa composition en
cours de législature. Il est donc d'avis que les rangs des groupes
parlementaires doivent être revus.
Pour sa part,
le leader du deuxième groupe d'opposition rappelle l'importance de la volonté
démocratique exprimée par les
citoyens lors des élections. Il affirme que le résultat des plus récentes
élections générales est le facteur qui détermine la reconnaissance des groupes parlementaires. Selon lui, il en va de
même du rang qu'occupent, entre eux, les groupes parlementaires
d'opposition.
Il est donc
d'avis que l'entente intervenue entre les partis au début de la législature,
telle que rédigée, ne reconnaissait
pas simplement le Parti québécois comme groupe parlementaire, mais expressément
comme deuxième groupe d'opposition.
Selon lui, ce
texte est clair, limpide et ne prête à aucune interprétation divergente. Il
ajoute qu'une entente conclue à
l'unanimité ne peut être modifiée par la présidence puisque l'Assemblée est
seule compétente pour modifier ses règles de procédure.
Quant au leader du gouvernement, il rappelle que
la reconnaissance des partis d'opposition à
titre de groupes parlementaires a
été consentie pour que tous les députés disposent des meilleurs outils pour
faire leur travail.
De son point
de vue, les résultats électoraux ont été pris en compte parce que le Parti
québécois et Québec solidaire ont
fait élire le même nombre de députés. Toujours selon lui, bien que l'un des
objectifs de l'entente ait été de déroger au règlement, il n'a jamais été question de déroger aux règles relatives
aux rangs des groupes parlementaires d'opposition. Il attire également l'attention de la présidence
sur les impacts potentiels sur la répartition des mesures et des temps de
parole.
Enfin, le
leader de l'opposition officielle souligne l'aspect singulier de la situation
dans l'histoire parlementaire. Il
rappelle la nécessité pour la présidence de maintenir un équilibre entre les
droits de tous les parlementaires. Il rappelle également le respect de la reconnaissance et de la composition de l'institution.
Il nous convie à revoir notre règlement de manière globale et à éviter, à
l'avenir, de travailler à la pièce. Il conclut en invitant la présidence à se
prononcer sur la base de critères objectifs qui guideront les
parlementaires dans le futur.
Je rappelle
qu'au début de l'actuelle législature des discussions ont eu lieu et ont lieu
entre les différents partis politiques représentés à l'Assemblée. Ces
discussions ont mené à la conclusion d'une entente qui portait entre autres sur la notion de reconnaissance des partis comme groupes
parlementaires et la répartition des mesures et des temps de parole.
La question
dont je suis saisi aujourd'hui touche à ces deux aspects. Je compte donc les
aborder successivement, en commençant par la répartition des mesures et
des temps de parole.
Comme je l'indiquais dans la directive que j'ai
rendue, et c'était le 29 novembre 2018, étant donné que la répartition des
différentes mesures et des temps de parole prévue dans l'entente respecte les
principes élaborés par la jurisprudence parlementaire en pareilles matières, la
présidence a donné suite au désir exprimé unanimement par les groupes. J'ai toutefois précisé que, comme ce fut
le cas par le passé, la présidence pourrait être amenée à ajuster cette répartition
au cours de la législature advenant des changements dans la composition de
l'Assemblée.
En effet,
plusieurs articles de notre règlement confient à la présidence le devoir de
répartir les mesures parlementaires et les temps de parole entre les
groupes parlementaires, en tenant compte de la présence de députés indépendants. L'application de ces dispositions a
d'ailleurs donné naissance à une jurisprudence parlementaire étoffée qui guide la présidence en début de la législature
et au cours de celle-ci lorsque la composition de l'Assemblée est modifiée
par la tenue d'élections partielles, par exemple, ou à la suite de l'arrivée de
députés indépendants.
Ainsi,
lorsque nécessaire, la présidence met à jour la répartition des mesures
parlementaires et des temps de parole. C'est
d'ailleurs ce que j'ai fait le 5 février 2019, alors que j'ai déposé des
tableaux pour refléter les effets de l'élection de la députée de
Roberval sur la répartition des déclarations de députés et des temps de parole
lors des débats restreints.
En raison de
mon rôle de gardien des droits et privilèges de tous les parlementaires, je me
dois aujourd'hui de modifier à
nouveau la répartition des mesures et des temps de parole afin d'octroyer des
droits à la députée de Marie-Victorin, ce qu'elle me demande d'ailleurs
dans sa lettre du 11 mars 2019.
La pratique
observée depuis de nombreuses années à l'Assemblée veut que, lorsqu'un député
membre d'un groupe parlementaire
quitte celui-ci pour siéger comme indépendant, les mesures qui lui sont
reconnues proviennent généralement du groupe auquel il appartenait
jusqu'alors.
Suivant ce
principe, les questions lors de la période des questions et les déclarations de
députés qui pourront être utilisées
par la députée de Marie-Victorin proviendront de celles dont bénéficie jusqu'à
maintenant le groupe parlementaire formé
par le Parti québécois. Pour ce qui est des débats restreints, le temps prévu
pour la députée de Marie-Victorin sera équivalent
à celui prévu pour le député indépendant de Chomedey. Comme dans le cas de ce
dernier, ce temps est réduit de l'enveloppe
globale et le reste du temps est réparti de la manière suivante :
50 % du temps est attribué au gouvernement, l'autre 50 % est attribué aux groupes d'opposition selon la
proportion du nombre de sièges qu'ils détiennent. Je déposerai,
d'ailleurs, à la fin de ma directive, les tableaux qui illustrent ces nouvelles
répartitions.
J'en viens
maintenant à la deuxième question dont je suis saisi, soit celle de la
reconnaissance et du rang des groupes parlementaires d'opposition.
Selon les
termes de cette entente, les partis ont convenu de reconnaître, et je cite,
«pour la durée de la 42e législature,
le Parti québécois comme 2° groupe parlementaire d'opposition et Québec
solidaire comme 3° groupe parlementaire
d'opposition, et ce, malgré les dispositions de l'article 13 du Règlement
de l'Assemblée nationale». Fin de la citation.
À la suite du
dépôt de cette entente par le leader du gouvernement lors de la séance du
29 novembre 2018, l'Assemblée a
adopté une modification temporaire à l'article 13 du règlement, qui
prévoit ceci, et je cite à nouveau : «Tout parti politique représenté à l'Assemblée nationale à la suite des
élections générales du 1er octobre 2018 constitue un groupe
parlementaire.» Fin de la citation.
Or, à la
suite de la décision de la députée de Marie-Victorin de siéger comme députée
indépendante, le groupe parlementaire
formé par le Parti québécois compte désormais moins de membres que le groupe
parlementaire formé par Québec solidaire.
La question
qui se pose est donc de savoir si, dans ces circonstances, le Parti québécois
peut conserver son
titre de deuxième groupe parlementaire d'opposition.
Il importe
d'abord de différencier deux notions distinctes qui ont été abordées lors des
plaidoiries, soit, d'une part, la
reconnaissance d'un parti comme groupe parlementaire et, d'autre part, le rang
qu'occupent les groupes parlementaires au sein de l'opposition.
Comme le mentionne le leader du deuxième groupe
d'opposition, il est vrai que c'est le résultat des élections générales qui est
déterminant quant à la reconnaissance d'un parti comme groupe parlementaire. À
cet égard, on tient compte de la volonté
exprimée par les électeurs. Ainsi, lorsqu'un parti politique respecte les
critères établis à l'article 13 de
notre règlement, soit d'avoir fait élire au moins 12 députés ou avoir obtenu au
moins 20 % des voix lors des plus récentes élections générales, il forme un groupe parlementaire pour la durée de
la législature, et ce, indépendamment des changements qui pourraient
survenir en cours de législature. Concrètement, cela veut dire que, si un parti
politique qui a fait élire 12 députés passe
sous la barre des 12 députés en cours de législature, il continuera tout de
même à être reconnu comme groupe
parlementaire. Même chose pour un parti ayant obtenu 20 % des voix aux
dernières élections qui continuerait d'être reconnu comme groupe parlementaire, même s'il perdait des... Même s'il
perdait... ou si 12 députés décidaient de siéger sous la bannière
d'un nouveau parti politique en cours de législature, ce dernier ne pourrait
pas être reconnu comme groupe parlementaire, puisque ce parti n'aurait fait élire aucun député aux dernières
élections générales ni obtenu aucun vote sous cette bannière.
Depuis 2009,
il est arrivé à deux occasions que les partis représentés à l'Assemblée
s'entendent pour changer les critères
de reconnaissance comme groupe parlementaire afin de permettre à un parti qui
ne répond pas aux critères prévus au règlement d'être tout de même considéré
comme un groupe parlementaire pour la durée de la législature. C'est ce qui
s'est fait au début de l'actuelle
législature afin de reconnaître le Parti québécois et de reconnaître Québec
solidaire comme groupes
parlementaires. C'est aussi la même chose qui s'était produite pour reconnaître
l'Action démocratique du Québec comme groupe parlementaire lors de la
39e législature.
Dans ces deux
cas, c'est en référence aux résultats des élections générales que le statut de
groupe parlementaire a été reconnu pour la durée de la législature.
C'est
pourquoi, au cours de la 39e législature, l'Action démocratique du Québec a
conservé son statut de groupe parlementaire lorsque deux députés ont
quitté ce groupe pour siéger comme indépendants.
Cela explique aussi pourquoi l'Action
démocratique du Québec a perdu son statut de groupe parlementaire lorsque ses députés, avec d'autres, ont décidé de
siéger sous la bannière de la Coalition avenir Québec, qui n'avait fait élire
aucun député aux élections générales.
À la lumière
de ces principes et de ces précédents, il me semble évident que le Parti
québécois doit continuer d'être reconnu
comme groupe parlementaire, puisqu'il respecte toujours les critères établis
pour la durée de la 42e législature.
Qu'en est-il maintenant du rang des groupes
parlementaires au sein de l'opposition?
L'entente
prévoit que, pour la durée de la 42e législature, sur la base des résultats
électoraux du 1er octobre 2018, les partis politiques représentés à l'Assemblée
conviennent de reconnaître le Parti québécois comme deuxième groupe
parlementaire d'opposition et Québec solidaire comme troisième groupe
parlementaire d'opposition.
Il importe ici de mentionner que l'ordre établi
dans l'entente reflète la situation telle qu'elle existait alors, c'est-à-dire
lorsque le Parti québécois et Québec solidaire étaient tous deux formés de 10
députés.
En effet,
c'est uniquement en raison de cette égalité quant au nombre de députés élus
lors des élections générales du 1er
octobre 2018 qu'il a été décidé d'attribuer le statut de deuxième et de
troisième groupe parlementaire d'opposition selon un critère objectif,
soit celui du pourcentage de voix obtenu aux dernières élections.
À
titre
comparatif, le deuxième paragraphe de l'article 88 de la
Loi sur l'Assemblée
nationale réfère lui aussi au pourcentage de votes obtenus pour départager, en
cas d'égalité de sièges, lequel des partis d'opposition pourra désigner
L'entente
du début de la législature a donc été conclue en fonction de la composition de
l'Assemblée qui prévalait alors.
Maintenant,
on peut difficilement prétendre que l'entente a pour effet de figer l'Assemblée
dans l'état où elle était au début de la législature, et ce, sans égard
aux changements à la composition de l'Assemblée pouvant survenir.
Il importe de préciser qu'une entente entre
partis politiques est habituellement conclue au début de chaque législature. Une telle entente traite au besoin de
la reconnaissance des groupes parlementaires, des budgets, des mesures de contrôle et de tout autre sujet que les partis
désirent aborder. Comme je le mentionnais précédemment, la présidence
doit régulièrement ajuster la répartition prévue dans l'entente en fonction de
la composition de l'Assemblée.
De fait, une
législature n'est pas figée pour quatre ans. Le règlement prévoit d'ailleurs à
l'article 15, et je cite : «Le
député qui quitte un groupe parlementaire sans adhérer à un autre groupe
parlementaire siège à
titre d'indépendant.
«Celui qui siège à
titre d'indépendant peut
adhérer à un groupe parlementaire.» Fin de la citation.
De même, tout
député peut démissionner en cours de législature, ce qui donne lieu à une
élection partielle, laquelle peut également avoir pour effet de modifier
la composition de l'Assemblée.
Il serait
donc contradictoire que le droit parlementaire permette des changements à la
composition de l'Assemblée en cours de législature, tout en fixant cette
dernière au stade où elle était en début de législature.
Au surplus,
il serait également particulier de permettre — comme c'est le cas depuis toujours — des modifications par la présidence à la
répartition des mesures de contrôle, qui font également
partie de l'entente,
tout en figeant le rang des groupes.
En effet, il
serait difficilement justifiable qu'un parti qui compte désormais neuf députés
occupe un rang supérieur à celui qui en compte 10.
Il est
vrai que, lors de la 39e législature, l'Action démocratique du Québec avait
conservé son statut de deuxième groupe parlementaire, et ce, même après avoir
perdu deux de ses députés. Cependant, cela n'avait pas eu pour effet de
remettre en cause son rang parmi les
groupes d'opposition, puisqu'elle constituait déjà le groupe parlementaire le
moins nombreux.
À cet égard,
pour déterminer le rang qu'occupe un groupe parlementaire au sein de
l'opposition, c'est le nombre de députés
qui composent un groupe parlementaire qui est déterminant. C'est d'ailleurs ce
critère qui est utilisé dans notre Assemblée
depuis la 38e législature pour établir, parmi deux groupes d'opposition, lequel
forme l'opposition officielle et lequel forme le deuxième groupe
d'opposition.
Jamais, jamais la présidence n'a eu à trancher
ce qui adviendrait si le deuxième groupe d'opposition devait dépasser en nombre de députés l'opposition
officielle en cours de législature. Cependant, des présidents d'autres assemblées
législatives canadiennes qui ont eu à se
prononcer sur des questions similaires ont utilisé le critère du nombre de
députés pour ce faire.
Par exemple,
en 1994, la présidente de l'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick a
affirmé que c'est en fonction du nombre de sièges détenus par les partis qu'est
déterminée la hiérarchie entre les partis au sein de l'opposition. De même, en
1996, la présidence de la Chambre des communes a affirmé que, pour ce qui est
du statut d'opposition officielle et de deuxième parti d'opposition, c'est le
nombre de sièges que détient un parti qui est le facteur déterminant.
Puisque le
nombre de députés que compte un groupe parlementaire peut changer en cours de
législature, il en est de même du statut d'un groupe au sein de
l'opposition. C'est ainsi qu'en août 1997, à l'Assemblée législative de la Saskatchewan, le parti qui formait l'opposition
officielle est devenu le deuxième groupe d'opposition. De même, en 1999 et en 2006, l'Assemblée législative du Yukon a vu
le nombre de membres du deuxième groupe d'opposition dépasser celui de l'opposition officielle. Dans les deux
cas, la présidence a reconnu que le groupe parlementaire comportant le plus
de membres devait devenir l'opposition officielle, faisant ainsi changer le
statut de ces partis d'opposition.
C'est pourquoi, dans la mesure où le
Parti québécois compte désormais moins de députés que Québec solidaire, ce dernier parti sera dorénavant le deuxième
groupe d'opposition et le Parti québécois sera le troisième groupe
d'opposition.
dépose maintenant les tableaux illustrant les changements dans la
répartition des mesures et des temps de parole de même que l'attribution
des sièges aux fins du diagramme. Les changements découlant de ces modifications
à la répartition des mesures ainsi que le nouveau diagramme seront effectifs à
compter de demain. Merci.
Réaction, M. le
leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Ouellet : M. le Président, nous prenons acte de votre décision et nous
tenons quand même à rappeler que le Parti québécois a fait élire 10 députés et obtenu 17 %
des votes le 1er octobre dernier, soit plus que Québec solidaire.
Pour
nous, cette décision ne change en rien la représentation que nous aurons des citoyens et citoyennes qui nous ont tous élus. Que ce soit du siège de la deuxième
opposition ou de la troisième opposition, nous continuerons à les défendre
sans relâche. Nous serons la première force
de proposition officielle. Les élus du Parti québécois continueront de porter
la voix de tous les Québécois à l'Assemblée
nationale, qu'ils soient parmi les 700 000 qui ont voté pour nous ou non.
Et les citoyens de René-Lévesque, que je représente, mais de Matane-Matapédia,
de Joliette, de Duplessis, de Rimouski, de Jonquière, de Bonaventure, de Gaspé
et des Îles-de-la-Madeleine pourront toujours compter sur le Parti québécois
pour être défendus avec la même
vigueur. Et nous sommes et nous serons toujours la voix pour l'indépendance du
Québec. Merci, M. le Président.
Le Président :
M. le leader du troisième groupe d'opposition.
Nadeau-Dubois : Je voulais simplement prendre l'occasion, M. le
Président, pour vous remercier pour votre décision étoffée et rapide. Je vous remercie d'avoir traité cette
question-là avec diligence. On était dans un entredeux un peu sensible.
Merci d'en avoir tenu compte dans la rapidité de votre prise de décision.
Le Président :
Merci, M. le leader du troisième groupe d'opposition. Y a-t-il d'autres
interventions?
Nous en sommes
maintenant à la période de questions et de réponses orales. Je cède la parole
au chef de l'opposition officielle.
Arcand :
M. le Président, nous avons encore assisté hier à un festival d'improvisation
caquiste.
l'opposition, la CAQ a promis un chèque de près de 1,5 milliard aux
clients d'Hydro-Québec, et, à son arrivée au pouvoir, le premier ministre change d'avis. En fait, il dit que ça
n'a même pas été un engagement. En février, le premier ministre promet maintenant de baisser les tarifs
de 1,1 % et hier il change encore une fois son fusil d'épaule. Son nouvel
engagement, c'est de ne pas augmenter les
tarifs plus que l'inflation. Dans les couloirs, M. le Président, le premier
ministre véhicule aussi une autre version. C'est maintenant le P.D.G.
d'Hydro lui-même qui va proposer des solutions pour en prendre un peu moins dans les poches des contribuables. Mais mon passage
préféré, si on veut, de cette rocambolesque saga, c'est qu'au même moment son ministre de l'Énergie propageait dans
les couloirs de l'Assemblée qu'il irait à l'encontre d'une décision de la Régie de l'énergie. M. le
Président, la Régie de l'énergie, c'est un tribunal. La liste des positions du
premier ministre bafouées par un de ses ministres continue de s'allonger.
Est-ce
que le premier ministre et son ministre peuvent cesser cette pathétique
improvisation, respecter l'engagement pour lequel ils ont été élus et
rembourser 1,4 milliard aux clients d'Hydro-Québec?
Le Président :
M. le premier ministre.
Legault : M. le Président, durant les années du gouvernement libéral,
Hydro-Québec a facturé 1,5 milliard de dollars de trop aux clients
d'Hydro-Québec, 1,5 milliard.
Durant
la campagne électorale, la CAQ a proposé de remettre aux citoyens
1,7 milliard mais de la façon suivante : un, en réduisant les taxes scolaires; deux, en
réduisant les tarifs de garderie; et, trois, en augmentant les allocations
familiales. C'est le choix qu'on a
fait. Je l'assume. C'est certain qu'il y a des personnes qui ne sont pas
concernées par ces trois propositions qui
se disent : J'aimerais bien avoir quelque chose d'Hydro-Québec. Donc, j'ai
compris ce message de la population, même si notre engagement était ultraclair, que les fonds
seraient remis dans le portefeuille par les trois moyens que je viens de
mentionner. Donc, j'ai demandé au ministre des Ressources naturelles et au
président d'Hydro-Québec de faire un effort particulier, additionnel au cours
de la prochaine année pour être capables de donner une compensation aux clients
d'Hydro-Québec, qui n'ont pas été traités correctement par le gouvernement
libéral en particulier en 2014 et en 2015. C'est ça, la situation. Nos
engagements électoraux...
Le Président :
En terminant.
M. Legault : ...on va tous les tenir
et on va même en faire plus.
Le Président : Première
complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle.
Arcand : M. le
Président, le monde du premier ministre, c'est un monde où on ne semble pas avoir besoin de se soucier
ni des engagements, ni de la réalité, ni des décisions des tribunaux. Hier, la population
n'a pas compris grand-chose dans les propos du premier ministre.
Est-ce qu'il peut expliquer encore une fois à la
population comment ils vont être remboursés?
Le Président : M. le premier
ministre.
Legault : M. le Président, ce qu'on a proposé aux citoyens très clairement durant la campagne électorale, c'est
de remettre l'équivalent de 1,7 milliard de dollars en réduisant les taxes
scolaires, en réduisant les tarifs de garderie et en augmentant les allocations familiales. On a
commencé à le faire. On va continuer à le faire demain dans le budget qui va
être déposé.
Par contre,
et je demande un peu de patience au chef de l'opposition officielle, j'ai
demandé à Hydro-Québec de nous faire une proposition pour en faire
encore plus concernant les clients d'Hydro-Québec.
Le Président : En terminant.
M. Legault : On va être capables de
répondre clairement, d'ici quelques mois, à cette question.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle.
Arcand : M. le Président, ce
que la population avait compris, et ce qu'ils ont entendu de la bouche du
premier ministre, et ce qu'ils ont compris, c'est qu'ils ont compris
qu'ils auraient un chèque.
Et c'est pour ça que ma question, elle est très
simple, parce qu'il y a la Régie de l'énergie dans ce dossier-là également : Comment vous allez outrepasser la
Régie de l'énergie pour tenir votre engagement et rembourser les clients
d'Hydro-Québec?
Le Président : M. le premier
ministre.
Legault : Oui. M. le Président, je sais que le chef de
l'opposition officielle a été ministre des Ressources naturelles, s'est
parfois... je ne dirai pas le mot «caché», mais dissimulé derrière la Régie de
l'énergie. Je pense que le gouvernement peut être capable de dire à la Régie de l'énergie, de dire à Hydro-Québec d'en faire plus pour aider les clients d'Hydro-Québec.
C'est ce qu'on va faire, puis vous allez avoir les détails d'ici quelques mois.
Le Président : Troisième
complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle.
Arcand : M. le
Président, je pense
qu'on écoute les réponses aujourd'hui, et le premier
ministre entretient la confusion pour la simple et bonne raison qu'il ne
remboursera pas les Québécois. Il n'en fera pas, de chèque, directement aux Québécois. Cet après-midi, d'ailleurs,
on va présenter une motion en ce sens.
Est-ce que
vous allez vraiment vous lever en cette Chambre pour voter
contre notre motion et, du même coup, renier encore une fois un de vos engagements?
Le Président : M. le premier
ministre.
Legault : M. le Président, ce qui est clair, c'est que, durant la campagne électorale, la CAQ a
été le seul parti à proposer de
remettre 1,7 milliard de dollars dans le portefeuille des Québécois. Le Parti
libéral ne proposait rien concernant
Hydro-Québec. Même chose pour les deux autres partis. C'est assez spécial de
voir que, cet après-midi... flip-flop total de trois partis qui maintenant
veulent qu'on remette 1,5 milliard dans le portefeuille des Québécois, alors que ça n'a jamais été mentionné
pendant la campagne électorale.
Le Président :
Question principale, M. le député de La Pinière.
M. Barrette :
M. le Président, le gouvernement dispose, aujourd'hui, de marges de manoeuvre
budgétaires historiques. La réalité est
simple : d'un côté, tout le monde s'entend sur une chose, les engagements
électoraux de la CAQ dépassent largement
ce que permettent les finances publiques — et le permettront; de l'autre côté, on vit
dans un monde où la notion économique
de prévisibilité devient fondamentale partout, incluant au public,
particulièrement là où on dispense des
services. La prévisibilité, M. le Président, c'est une équation à deux
paramètres, pas trois, pas quatre, deux : un, les revenus, donc les crédits; deux, les dépenses,
donc les services. Et les dépenses, c'est l'addition des coûts de système et
des nouveaux services.
Est-ce
que le président du Conseil du trésor peut s'engager aujourd'hui à ce que les
crédits qu'il déposera demain identifieront et garantiront la couverture
minimale des coûts de système?
Le Président :
M. le président du Conseil du trésor.
Dubé : Alors, M. le Président, j'apprécie énormément la question de
mon collègue, parce que je pense qu'on va
pouvoir démontrer en temps et lieu, c'est-à-dire demain, hein, que notre
ministre des Finances va présenter un budget qui non seulement respecte nos engagements, mais qui respecte aussi des
principes de prévisibilité et de bonne gestion des finances publiques.
serait prématuré pour moi de prendre d'autres engagements de ce que nous allons
dire demain. Mais je vous prierais de
bien écouter demain et de vous assurer que tous les engagements que nous avons
pris seront même peut-être un peu
dépassés, ce qui serait à la grande surprise non seulement de tous les
citoyens, mais de mes collègues en face ici. Alors, je vous demanderais d'être patient. Je sais que
des fois c'est difficile pour l'autre côté. Mais aujourd'hui on a travaillé
énormément à déposer un budget qui va être
extraordinaire, puis je vous demanderais d'être patient jusqu'à demain. Merci.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de La Pinière.
Barrette : Pas de réponse. Et on ne les croit pas. Pourquoi? Parce que
le premier ministre lui-même, hier, a avoué que, si on avait acquiescé à ses
demandes répétées de rembourser les trop-perçus d'Hydro-Québec d'un coup,
il aurait fallu couper dans les services en santé,
en éducation, partout. Il l'a avoué, mais il ne l'avait pas dit quand il était
dans l'opposition.
Alors,
pourquoi, aujourd'hui, s'objecter à identifier et déposer demain les coûts de
système de tous les ministères? Le président du Conseil du trésor a-t-il
peur de la transparence?
Le Président :
M. le président du Conseil du trésor, la parole vous appartient.
Dubé : Je pense qu'on va rester très zen ici, là. Je pense, M. le
Président, que c'est peut-être difficile d'attendre pour la première opposition en ce moment. C'est
très difficile d'attendre. Pendant toutes ces dernières années, je ne suis pas
sûr que c'est le gouvernement de l'époque qui était le plus transparent dans
l'information financière. Moi, je vous rappelle,
M. le Président, que j'étais ici de 2012 à 2014 et j'ai fait des demandes très
spécifiques sur la transparence de l'information financière qui n'ont jamais
été respectées par l'autre côté. Alors, aujourd'hui, je ne pense pas qu'on a de
leçons à recevoir de personne. Et mon
collègue, demain, pourra montrer la différence dans la transparence de
l'information financière.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de La Pinière.
Barrette : M. le Président, en 2003, l'actuel président du Conseil du
trésor exprimait, dans la revue L'Actualité , sa frustration face à l'opacité gouvernementale. À
une question, il a répondu qu'il souhaitait un gouvernement ouvert, dans
lequel toutes les données seraient accessibles. Bonne idée!
Le problème, M. le
Président, c'est qu'aujourd'hui je lui demande de marquer l'histoire, je lui
demande de s'engager, ici, aujourd'hui, au
salon bleu, tant par honnêteté que transparence, à ce que demain, avec les
crédits, il identifiera et divulguera les coûts de système pour tous les
ministères.
Le Président : M. le
président du Conseil du trésor.
M. Dubé : M. le Président, je vais
répéter ce que j'ai dit l'autre fois lorsqu'il y a eu l'interpellation de mon collègue : On ne peut pas faire dans trois
mois ce qu'ils n'ont pas été capables de faire dans 15 ans. Ça, c'est la
première chose. Mais on a quatre ans
pour montrer la différence en termes de gestion. Et, encore une fois, je les
invite à attendre à demain. On a un
document qui s'appelle... Je m'excuse, M. le Président. On a un document qui
s'appelle la Stratégie de
gestion des dépenses , qui a plus
de 60 pages, dans lequel on explique exactement ce qu'on doit faire dans
les quatre prochaines années. Soyez patients, vous allez... amuser
demain.
Le Président : Question
principale...
Le Président : S'il vous
plaît! La parole appartient maintenant à la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Anglade : Merci, M. le Président. Alors, depuis le dépôt du projet de
loi sur l'immigration, on a tenté, en vain,
d'obtenir des réponses, mais on ne les a pas eues. Alors, à la question :
Quels sont les taux de rétention par catégories d'immigrants?, aucune réponse. À la question : Combien de dossiers
allaient être traités dans le nouveau système?, aucune réponse. Est-ce qu'il y
a une entente avec le fédéral sur les seuils d'immigration? Aucune réponse.
Alors, on a décidé de faire une
demande d'accès à l'information avec la question suivante : Est-ce qu'on
peut obtenir la région de provenance des
immigrants que nous allons accueillir sur notre territoire? Hier, après plus de
quatre semaines d'attente, on obtient la
réponse suivante : Nous vous informons que les plans annuels du ministère
ne comprennent pas ces tableaux. Pourtant, M. le Président, en 2013,
2014, 2015, 2016, 2017, 2018, ces informations étaient disponibles.
M. le Président, j'ai une question :
Qu'est-ce qui s'est passé en 2019?
Le Président : M. le ministre
de l'Immigration.
Jolin-Barrette : M. le
Président, on a déposé le plan annuel en matière d'immigration le
4 décembre dernier. Et je
comprends que la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne s'oppose à ce que le Québec prenne un
pas de recul relativement au nombre
d'immigrants qu'on accueille pour faire en sorte de mieux réformer le système
d'immigration. Et d'ailleurs c'est ce
que je fais avec le projet de loi n° 9, et je souhaite avoir votre
collaboration pour le projet de loi n° 9, parce que, peu importe la provenance des gens du monde
entier, ce qu'on veut, nous, du côté de la CAQ, c'est donner l'opportunité,
peu importe la provenance des gens, d'intégrer le Québec, de venir travailler,
de venir s'établir avec leurs familles en fonction des besoins du marché du
travail.
Donc, pour
nous, la provenance, la langue parlée à l'origine n'a pas l'importance qui est
requise par le Parti libéral, qui mettait un frein à l'entrée. Nous, ce qu'on
dit, c'est : Vous avez des compétences, vous répondez aux besoins du marché du
travail. Nous, comme gouvernement, on va s'assurer que vous soyez bien intégrés, et que vous puissiez
apprendre le français, et que vous puissiez vous franciser. Ce que la députée
de Saint-Henri—Sainte-Anne nous invite à faire, c'est de faire
en sorte de sélectionner les gens en fonction des différentes régions du monde. Alors, honnêtement, c'est son choix.
Moi, ce que je dis...
Le Président : En terminant.
Jolin-Barrette : ...c'est
qu'on veut avoir les meilleurs talents, peu importe la provenance des gens.
C'est comme ça qu'on est faits. On est ouverts, nous, de ce côté-ci.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Anglade : M. le Président, ce que j'invite le ministre
de l'Immigration à faire, ça fait
preuve de transparence, c'est de donner des informations qui sont données
par les gouvernements précédents. Mais, avec les réponses qu'on
obtient, on est
mieux de reformuler les questions. Ma question, c'était : Que s'est-il
passé en 2019? Bien, en 2019, la CAQ a déposé un projet qui était
improvisé, mal ficelé, avec beaucoup de questions auxquelles on refuse de
répondre.
M. le Président, est-ce que de ne pas fournir des informations qui ont été
partagées par les autres gouvernements, c'est la définition du leader du gouvernement
de faire fonctionner le Parlement?
Le Président :
M. le ministre de l'Immigration.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, je suis heureux d'entendre la députée
de Saint-Henri—Sainte-Anne dire qu'elle veut faire
fonctionner le Parlement. Si c'est son désir, là, on va avoir la chance de
faire fonctionner le Parlement ensemble, mais, à ce jour, M. le
Président, l'expérience que j'ai
vécue parfois avec l'opposition
officielle, c'est... comment je
pourrais dire, ce n'est pas la définition que je me donne de faire
fonctionner le Parlement.
M. le Président, l'important lorsqu'on est au Parlement, c'est qu'on puisse débattre, de façon
sérieuse et de façon sereine, des différents projets de loi qui sont déposés, mais c'est surtout d'amener les changements qui sont
requis pour améliorer le système d'immigration. Et, dans le cadre du projet
de loi n° 9, c'est ce que je fais. J'espère avoir votre collaboration pour
faire fonctionner le Parlement.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Anglade : M. le Président, encore, pour faire fonctionner le Parlement, on a besoin d'obtenir des
réponses à des questions. On
n'obtient aucune réponse. M. le
Président, dans le site transparent
sur l'agenda du ministre, on remarque que
le ministre de l'Immigration fait plusieurs allocutions, on n'est pas surpris, mais aucune
rencontre avec des experts, des scientifiques, alors qu'il souhaite
aussi un projet, encore une fois, qui est mal maîtrisé.
Est-ce
que le ministre peut nous confirmer qu'il a eu au moins des rencontres avec des
experts du domaine dans les derniers mois? Et, s'il y en a eu, quand
est-ce qu'elles étaient et avec qui elles étaient, ces rencontres-là?
Le Président :
M. le ministre de l'Immigration.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, je sais que la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne s'intéresse beaucoup à
ce que je fais, et d'ailleurs
on a entendu des gens en commission
parlementaire pour qu'ils puissent
commenter le projet de loi n° 9.
Et, vous savez, parmi les groupes qu'on a reçus en commission parlementaire, 20
des 22 groupes provenaient de la liste du Parti libéral du Québec. Donc,
j'ai entendu ces groupes-là.
surtout on va débuter éventuellement, j'espère, l'étude détaillée du projet
de loi, dépendamment de la rapidité
avec laquelle la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne va vouloir l'étudier en étude détaillée, parce que, là, on est à la
veille d'adopter le principe, dépendamment
de la rapidité, parce que c'est ça, la question, M. le
Président. Si on veut faire
fonctionner le Parlement, il faut pouvoir adopter les projets de loi et il faut
pouvoir aller en étude détaillée.
Alors,
tout dépendamment du temps que la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne va prendre au niveau de l'adoption de principe, nous pourrons étudier
de façon plus approfondie le projet de loi n° 9.
Le Président :
Question principale, Mme la cheffe du troisième groupe d'opposition.
Mme Massé :
Merci, M. le Président. Hier, je demandais au premier ministre de répondre oui
ou non aux trois revendications des jeunes Québécois concernant la lutte aux changements climatiques.
Trois fois non. Ce n'est pas la
première fois que le premier ministre dit non, d'ailleurs. Depuis qu'il est élu, ça
fait plusieurs fois, plusieurs propositions que je
mets sur la table en disant : Voilà des propositions, voilà comment
nous voulons collaborer avec vous pour lutter contre les changements
climatiques. J'ai fait des propositions sur une question de loi-cadre, de doubler les investissements en transport collectif, d'en
réduire, d'ailleurs, les tarifs de moitié, de doubler le budget
du ministère de l'Environnement, réformer le Code de la construction pour permettre
le bois d'oeuvre, et j'en passe. Et hier le premier ministre m'a demandé si on avait un
plan. Bien, il le sait bien, qu'on en a un, plan. On n'arrête pas d'en parler,
de ce plan-là, d'ailleurs un plan salué
par l'ensemble de la société civile. Je vais le déposer aujourd'hui, ce plan-là. Bref, ce n'est pas les propositions qui
manquent depuis le début. Malheureusement, il appert que la volonté politique
manque.
M. le Président, j'aimerais vraiment savoir ce que le premier ministre
priorise : Est-ce que c'est effectivement
une opération de relations publiques ou c'est un réel engagement à lutter
contre les changements climatiques?
Le Président : Consentement
pour le dépôt des documents? Consentement.
Document déposé. M. le premier ministre.
Legault : M. le Président, demain, mon collègue le ministre des Finances va déposer le premier budget
d'un gouvernement de la CAQ. Il y aura des mesures concernant
l'environnement. Il y aura des mesures aussi, quand on parle du PQI, pour des investissements, entre autres, dans le transport en commun en fonction de notre capacité de payer. Je
sais que Québec solidaire souhaite qu'on utilise tout le Fonds des
générations pour investir dans le transport en commun. On ne pense pas
que c'est une bonne idée, quand on parle d'équité entre les générations,
d'aller dans cette direction-là.
M. le Président, le Québec a déjà les émissions de GES les plus basses en Amérique du Nord grâce à l'hydroélectricité.
On veut en faire plus, entre autres, du côté
de l'électrification des transports, parce qu'on est doublement gagnants avec
l'électrification des transports : non
seulement on fait des gains au point de vue environnemental, mais on se
débarrasse du pétrole, qu'on ne produit pas au Québec, puis on le
remplace par de l'électricité, qu'on a en grandes quantités au Québec. Donc,
soyez patients, vous allez avoir des belles réponses demain dans le budget.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la cheffe du troisième groupe d'opposition.
Mme Massé :
Écoutez, la patience, elle n'a plus beaucoup de place, là. La planète, à chaque
jour... c'est une heure qui est trop
tard. Alors, demain, certes, c'est le budget, c'est une journée cruciale, on
s'entend. Les jeunes et les moins jeunes ont d'ailleurs des attentes
très élevées et ils ont raison.
Est-ce que le
premier ministre peut nous assurer que le budget va nous donner des mesures structurantes,
mais, plus que ça, on ne va pas juste savoir combien ça va coûter, mais on va
savoir aussi combien de GES ça va diminuer?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Legault :
M. le Président, la cheffe de Québec solidaire vient de nous dire qu'elle avait
un plan. J'aurais le goût de lui
demander : Quelle est la diminution de GES qui est prévue dans son plan
d'ici 2020? J'aimerais qu'elle nous dise,
étant donné qu'elle suppose qu'elle a un plan... Dans son plan, combien y
a-t-il de diminution de GES? Est-ce qu'elle peut répondre juste à cette
question-là?
Le Président : Mme la cheffe
du troisième groupe d'opposition.
Mme Massé : ...ce n'est pas
moi, là, qui est au gouvernement, on s'entend, hein?
Le Président : S'il vous
plaît! S'il vous plaît!
Mme Massé : Alors, vous le
lirez, M. le...
Le Président : S'il vous
plaît!
Mme Massé :
Vous le lirez, parce que ça fait quand même longtemps que je vous l'offre, ce
plan-là. Hier, vous ne saviez pas que les universités investissaient en
hydrocarbures. Alors, vous le savez maintenant. Et d'ailleurs, juste
l'Université de Montréal, certains estiment que c'est à plusieurs milliards.
Est-ce
que — répondez
aux jeunes par oui ou non — vous vous engagez à faire en sorte que les établissements
d'enseignement retirent leurs investissements fossiles?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Legault : M. le Président,
d'abord, je salue l'Université Laval, qui a un engagement extraordinaire, de
désinvestir complètement dans les énergies fossiles. Je salue aussi le régime
de retraite de l'Université de Montréal, la Fondation de l'Université Concordia, le régime
de retraite de l'Université du Québec, qui ont signé le principe pour des investissements responsables. Donc, ça chemine
du côté des universités. Je pense que mon collègue le ministre de l'Éducation va continuer de faire des efforts.
Évidemment que ce sont surtout les professeurs qui investissent dans les
fonds de retraite. Donc, ils ont le choix d'où sont investis ces fonds-là, mais
on va les encourager.
Le Président :
Question principale, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Bérubé :
M. le Président, on est en pleine semaine de budget, en pleine semaine des
impôts. Je pense que chacun des
Québécois qui remplit son rapport d'impôt sur l'argent durement gagné souhaite
que le gouvernement fasse plus sur les
centaines de millions de dollars qui nous échappent dans les paradis fiscaux. À
titre de force de proposition, le Parti québécois souhaite soumettre trois mesures au premier
ministre. Il peut compter sur notre
pleine adhésion s'il souhaite les mettre en place.
La première :
Est-il prêt à mettre fin aux conventions qui légalisent l'évasion fiscale dans
les paradis fiscaux?
Le Président :
M. le premier ministre.
Legault : Bon. Je sais que
le Parti québécois est souverainiste et puis qu'il souhaiterait que
le Québec soit un
pays. Le chef de la deuxième ou troisième... là, dépendamment des jours, sait très bien
aussi qu'il doit y avoir des ententes avec
le gouvernement fédéral pour les conventions qui sont signées avec
d'autres pays. Le ministre des Finances est très sensible
à l'évasion fiscale. Il y a des gestes qu'on va poser, entre autres, pour
collecter la taxe de vente pour ceux qui vendent des produits aux Québécois mais qui viennent de l'extérieur du Québec.
Donc, à l'intérieur des possibilités qu'on a, le gouvernement du Québec, on va continuer de faire des efforts pour lutter
contre l'évasion fiscale puis on va continuer d'en discuter avec le gouvernement
fédéral. Il y a une ouverture de ce côté-là. Donc, on va continuer d'y
travailler.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Bérubé : M. le Président, on veut plus qu'il soit sensible
ou ouvert, on veut qu'il agisse, et je n'ai pas entendu ça de façon claire de la part du premier ministre.
Deuxième proposition. Les grandes multinationales utilisent parfois des
manoeuvres comptables pour déplacer des profits à l'étranger afin d'éviter de
payer de l'impôt au Québec.
Est-ce
que le premier ministre accepte d'instaurer une taxe sur les profits détournés
pour récupérer ces millions qui nous échappent?
Le Président :
M. le premier ministre.
Legault : Oui. M. le Président, encore là, on sait très bien qu'une
partie des impôts corporatifs dépendent des ententes qui sont signées
avec les autres pays. Ces ententes-là sont discutées, négociées, signées par le
gouvernement fédéral. Donc, à l'intérieur
des compétences qu'on a, on veut essayer d'éviter ces façons de ne pas déclarer
tous ces revenus par les entreprises
québécoises. Le ministre des Finances est en place depuis quelques mois. C'est
un domaine dans lequel il veut travailler.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Bérubé : M. le Président, le premier ministre fait la
démonstration qu'en étant une province dans le régime fédéral il n'a pas la capacité d'agir dans le sens
des demandes des Québécois. Il vient d'en faire deux fois la démonstration.
Troisième
proposition qu'on lui fait : Est-ce que le premier ministre peut demander
avec moi à la Caisse de dépôt de
sortir graduellement les milliards qu'elle détient dans les paradis fiscaux?
Ça, il peut faire ça dans le régime d'une province.
Le Président :
M. le ministre des Finances.
Girard (Groulx) : Au niveau de l'évasion fiscale, il faut travailler à
l'international, et il y a un plan qui est en place, au gouvernement du Québec, qui a été amorcé par le
gouvernement précédent. Le gouvernement pose des gestes, M. le Président, et nous
en ajoutons, et, bien sûr,
ce qu'on veut, c'est que l'assiette fiscale soit le plus élargie possible pour
moins taxer les citoyens, puis ça, c'est important.
Quant
à la Caisse de dépôt, ce problème a déjà été souligné à la Caisse de dépôt, et la Caisse de dépôt est une entité
qui est indépendante dans ses choix des
investissements. Nous leur avons souligné l'importance de ce problème, et c'est
à eux de prendre les bonnes décisions.
Le Président :
Question principale, Mme la députée de Fabre.
Mme Sauvé :
M. le Président, aujourd'hui encore, je suis à la recherche de la vérité.
Aujourd'hui encore, je me retrouve
devant plusieurs contradictions. Lors de la dernière campagne électorale, la
CAQ s'est engagée à construire des maisons des aînés. Dans un
article de
La Presse du 20 novembre dernier, on peut lire ceci : «...la
députée de Prévost affirme qu'elle a déjà commencé — déjà commencé — à rencontrer des architectes pour la
construction, d'ici quatre ans, d'une
trentaine de maisons des aînés.» Je le répète, M. le Président :
article
du 20 novembre dernier. Quand le gouvernement a-t-il lancé son appel d'offres pour construire
une toute première maison des aînés à Sainte-Élisabeth, dans la région de
Lanaudière? Réponse : le 21 janvier, deux mois plus tard.
le Président, ma question est tellement simple : Est-ce que la ministre
des Aînés a, oui ou non, rencontré des firmes d'architectes au sujet des
maisons des aînés avant le lancement de l'appel d'offres?
Le Président :
Mme la ministre responsable des Aînés.
Blais (Prévost) : Alors, on a un magnifique programme concernant les
maisons des aînés qui sera déployé très
prochainement, parce que les maisons des aînés, ce n'est pas de la brique, ce
n'est pas du bois, c'est un concept, c'est une philosophie à
l'intérieur, c'est des soins que nous allons donner différemment.
Alors,
tout le monde est enjoué par rapport à avoir une maison
des aînés sur son territoire. Aucune maison des aînés ne sera officiellement annoncée tant et aussi longtemps
que le premier ministre du Québec n'aura pas fait l'annonce officielle avec le concept, avec la philosophie. Et
nous avons d'ailleurs, M. le Président, demandé une évaluation populationnelle à savoir où nous étions en mesure
de mettre les maisons des aînés pour combler les 2 600 places que nous devons faire
d'ici 2021.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Fabre.
Mme Sauvé :
M. le Président, la ministre est tellement enjouée qu'elle a rencontré des
architectes avant l'appel d'offres. C'est ce que j'entends. Nous avons fait une
demande d'accès à l'information pour savoir qui la ministre avait rencontré pour
ses maisons des aînés alors que l'appel
d'offres pour les services
professionnels en architecture n'avait pas
encore été lancé. Nous avons eu la réponse : «Nous regrettons de vous
informer que nos recherches n'ont permis de repérer aucun document
répondant à votre demande d'accès.»
M. le Président,
pourquoi la ministre a affirmé et justifié à La Presse qu'elle a
rencontré des...
Le Président :
Mme la ministre responsable des Aînés.
Mme Blais
(Prévost) : M. le Président, ce n'est pas une question d'architecte,
ce n'est pas une question de constructeur. De toute façon, à toutes les fois que je rencontre des gens concernant les maisons des
aînés, je m'assure que le sous-ministre aux infrastructures soit présent, parce que c'est lui qui doit
s'occuper de tout ce qui concerne la construction des maisons des aînés. Moi, je me préoccupe de ce
qu'il y aura à l'intérieur des maisons des aînés, concernant les soins,
concernant les dimensions, concernant une
approche nouvelle que jamais le gouvernement qui était en place auparavant n'a daigné faire.
Le Président :
S'il vous plaît!
Mme Blais
(Prévost) : On faisait des CHSLD d'un point de vue hospitalier...
Président : S'il vous plaît!
Blais (Prévost) : Et maintenant
nous allons faire des maisons où tout ce qui ressemble à un hôpital sera camouflé.
Président : Deuxième
complémentaire, en demandant votre attention, s'il vous plaît. On reste
attentifs aux questions et aux réponses. Mme la députée de Fabre.
Mme Sauvé : Écoutez, je suis tellement perplexe. Là, j'essaie de me remettre un peu des
réponses de la ministre. Il y a
une chose qui est dite de son côté, il
y a d'autres choses qu'on apprend. D'accord,
on ne parlera pas d'architecte. On a
fouillé plus loin. On a été voir à l'agenda transparent de la ministre.
Effectivement, avant le 20 novembre, il n'y a
pas eu de rencontre concernant la
maison des aînés. M. le Président, qui dit vrai? On ne parlera pas d'architecte,
mais on parlera de rencontre. C'est ce qu'elle a affirmé à La Presse
canadienne le 20 novembre.
Alors donc, est-ce
que la ministre des Aînés peut déposer la liste des personnes qu'elle a
rencontrées?
Le Président :
Mme la ministre responsable des Aînés.
Mme Blais
(Prévost) : Il y a une personne que j'ai rencontrée, M. le Président,
qui s'appelle Philippe Voyer. Philippe Voyer, c'est un professeur à l'Université
Laval, c'est un infirmier et c'est une personne qui est la...
Blais (Prévost) : Non, non,
ce n'est pas un architecte, c'est un infirmier. Et cette personne-là possède
les capacités de nous dire comment on
peut construire nos maisons des aînés, non pas dans le sens de la construction
comme telle. Parce que vous savez bien, M. le Président, qu'à Montréal
on ne peut pas faire une même construction qu'à Sainte-Élisabeth, qui requiert 42 places, comparativement à Montréal
pour 200 places. Mais c'est la philosophie que nous allons mettre à l'intérieur de ces maisons, parce que,
maintenant, il y a plus de 80 % qui vivent en CHSLD qui sont atteints de maladies
cognitives...
Le Président :
Question principale, une question principale, Mme la députée de Taschereau.
Mme Dorion :
Il y a des centaines de résidents de l'île d'Orléans qui sont dans un état
d'exaspération avancé par rapport au
ministère de la Culture. Et là, je précise, c'est des résidents qui ont choisi
l'île pour son caractère patrimonial et
qui tiennent très, très fort, comme nous tous, à ce patrimoine-là. Sauf que,
là, depuis des années, ils sont pognés dans une situation absurde chaque fois qu'ils veulent changer une poignée de
porte sur leurs maisons. On parle d'exigences intrusives du directeur du patrimoine, de constats d'infraction qui
n'ont même pas de lien avec la conservation, de trip de pouvoir,
d'irritants bureaucratiques qui rendent le monde complètement fou. Il y a,
quelque part au ministère de la Culture, un zèle excessif et absurde sur l'île
d'Orléans, par rapport à l'île d'Orléans.
Alors,
ma question est pour la ministre de la Culture : Qu'en sera-t-il de ce
zèle-là quand son collègue des Transports va vouloir faire passer un
troisième lien, une autoroute à quatre voies sur cette superbe et unique île
patrimoniale?
Le Président :
Mme la ministre de la Culture et des Communications.
Roy : Merci beaucoup, M. le Président. Je voudrais remercier,
remercier, ce matin, ma collègue de Taschereau pour sa question. Ce qu'elle soulève à l'égard de l'île d'Orléans, qui,
comme vous le savez, est déclarée site patrimonial, toute l'île au complet, ça me préoccupe
grandement, tout comme elle, depuis mon arrivée en poste au ministère. Et
d'ailleurs, depuis mon arrivée en
poste au ministère, j'apprends beaucoup, beaucoup de choses sur ce qui a été
fait ou sur ce qui n'a été pas fait par l'ancien gouvernement libéral...
Mme Roy :
Attendez, là, vous allez apprendre quelque chose. Ça va être très intéressant.
Président : Je demande, s'il vous plaît, votre attention. Les
questions sont importantes, les réponses, tout autant. Je vous entends,
du côté... Je vous vois et je vous entends surtout. Alors, s'il vous plaît,
silence!
Roy : Alors, oui, et je pense que c'est important de bien
expliquer aux gens qui nous écoutent et vous expliquer
également, Mme la députée, que cet
article dont vous faites mention, eh bien,
ma collègue la députée, ici, de Côte-de-Beaupré
m'a saisie de ce problème-là aussitôt que nous sommes entrés en poste. Et nous
y travaillons, nous avons rencontré des gens, nous travaillons
là-dessus. C'est extrêmement important. Il y a eu plusieurs rencontres.
Mais
ce que je vous dis qu'il est important de comprendre dans ce dossier, c'est
qu'il y a une loi qui a été adoptée en
2011 par une ancienne ministre de la Culture et qui est entrée en vigueur en
2012, lors du règne du gouvernement libéral, et, croyez-le ou non, Mme
la députée, cette Loi du patrimoine culturel n'a même pas de règlement...
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Taschereau.
Dorion : M. le Président, je vois que la ministre de la Culture tient
beaucoup au patrimoine de l'Île-d'Orléans. Je vais juste répéter ma
question, parce que vous n'avez pas eu le temps de me donner la réponse.
Le Président :
S'il vous plaît!
Dorion : Comment réagira la ministre de la Culture quand son collègue
des Transports va vouloir faire passer une autoroute à quatre voies sur
l'une de nos plus belles îles patrimoniales au Québec?
Le Président :
Mme la ministre de la Culture et des Communications.
Roy : Inquiétez-vous pas, vous allez avoir une excellente
réponse en deuxième complémentaire, parce que c'est important
d'expliquer aux gens, c'est important d'expliquer aux gens que, ce qui se passe
sur l'île d'Orléans, l'ancien Parti libéral
et les anciennes ministres de la Culture en ont été saisis. Nous avons
découvert, Mme la députée, en fouillant,
que, cette problématique-là, les sous-ministres en poste avaient une étude,
avaient une réponse, avaient des solutions à apporter, les citoyens. Et
qu'est-ce qu'ils ont fait? Absolument rien. Ils se sont assis dessus. C'est
épouvantable.
Donc, on est dans l'action, on agit pour aider les
gens. Et, pour être tout à fait transparente — ils aiment ce mot-là, venant d'eux, c'est assez ironique — nous y travaillons actuellement avec la
députée et les joueurs du milieu pour trouver une solution patrimoniale
importante.
Le Président :
Deuxième complémentaire.
Président : Encore une fois, faut-il que je vous rappelle que
j'aimerais avoir un peu de silence, s'il vous plaît, pour bien entendre
ce qui se dit. La parole n'appartient qu'à la députée de Taschereau.
Mme Dorion :
Merci. Je vois qu'ils sont en lien, eux aussi, à travers leurs députés, avec
les citoyens de l'île d'Orléans qui, je ne le sais pas s'ils vous l'ont dit,
mais se sentent pris en otages parce que leur pont est vraiment dû. Ils ne peuvent... Ce pont-là a été repoussé pour
voir ce qu'on va faire avec le troisième lien. Ces gens-là sont sur l'île pour
les 42 milles de choses tranquilles dont parle Félix Leclerc.
Qu'est-ce
que la ministre va dire au ministre des Transports quand il va vouloir faire
passer une cicatrice en asphalte au beau milieu de notre plus belle île
patrimoniale?
Le Président :
Mme la ministre de la Culture et des Communications.
Mme Roy :
Merci, M. le Président. Alors, je ne sais pas où Mme la députée a pris le
tracé, là, parce que, pour le moment, il n'y a rien de fait. Moi,
j'attends de voir ce qu'il va se passer à cet égard-là. Cependant, je veux
rassurer la population, l'île d'Orléans est
une île extraordinaire qui est protégée, et je serai là pour s'assurer que la
Loi sur le patrimoine culturel soit protégée. Et j'ai d'ailleurs des
discussions actuellement puisqu'il y a des hypothèses, hein? Vous en
soulevez. Dans les médias, on voit toutes
sortes de choses. Alors, il y a des discussions, actuellement, qui sont en
cours avec les différents ministres
qui seront impliqués dans les dossiers de développement routier. Mais vous
comprenez que l'Île-d'Orléans, elle est protégée, on va la protéger, et les
citoyens vont y trouver leur compte. Mais, actuellement, il faut dire qu'il y a
un problème, il a été causé par les anciens ministres de la Culture.
Le Président :
Question...
Le Président : S'il vous
plaît! Question principale, Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : M. le Président,
nous avons commencé cette semaine les consultations qui portent sur le projet de loi n° 12. Ce projet de loi est
tellement... est très attendu tant par les parents que le réseau de
l'éducation, car il a pour objectif
de venir préciser les frais qui peuvent être chargés aux parents ou ceux qui ne
peuvent pas être chargés aux parents. L'objectif du ministre est de
clarifier la situation, et pourtant rien n'est clair, on est en plein
brouillard. On ne sait pas qu'est-ce qui
pourrait être une sortie éducative. Est-ce qu'aller, par exemple, au magasin
Apple est une sortie éducative? Est-ce
qu'amener nos jeunes au Cosmodôme, c'est une sortie éducative? Est-ce qu'on
peut charger pour une sortie éducative? Est-ce qu'un transport pour la sortie éducative... est-il chargé aux
parents ou pas? Bref, il y a une seule personne qui le sait aujourd'hui,
c'est le ministre de l'Éducation, car il a un règlement. Toutes les personnes
qui sont venues à présent en commission nous ont demandé de voir ce règlement.
Aujourd'hui, je demande encore de faire preuve
de transparence, au ministre de l'Éducation, de nous déposer maintenant son
règlement pour qu'on puisse enfin vraiment savoir qu'est-ce qui nous attend
pour la rentrée.
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
M. Roberge :
Merci bien, M. le Président. Le projet de loi n° 12, c'est très important
parce qu'on vient régler un problème
qui dure depuis trop longtemps. En
2007, la commission des droits de la personne et de la jeunesse déposait
un rapport accablant disant qu'il y avait
malversation et qu'il y avait des pratiques illégales de facturation de frais
aux parents. 2008, 2009, 2010,
2011 — ah,
tiens! — 2012,
2013, 2014 — woups! — 2015, 2016. Les gouvernements se sont
succédé, il n'y a personne qui n'a rien
fait, sauf le précédent ministre, qui a déposé une directive en juin que
personne n'a compris, qui a eu un
seul impact, il y a eu moins de sorties scolaires cette année que les années
passées, parce que les directions d'école ne savaient plus qu'est-ce qui
pouvait être facturé, qu'est-ce qui ne pouvait pas être facturé.
Notre
obligation, c'est de s'assurer qu'il y a de la clarté, que les jeunes fassent
des sorties culturelles et des sorties pédagogiques
évidemment, que tout le monde sache à quoi s'en tenir et, surtout, qu'il n'y
ait pas une autre poursuite, un autre recours collectif, qui nous a
coûté 153 millions de dollars. Parce que la négligence et le flou des
précédents gouvernements, c'est ça que ça a
causé, une perte de 153 millions de dollars, qui n'a pas été ni pour des
services aux élèves en difficulté ni pour des sorties éducatives et
pédagogiques...
Le Président : En terminant.
M. Roberge : ...on va régler ça.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Le ministre de l'Éducation a bien raison, il faut faire preuve de clarté. Et
pourtant son projet de loi manque de
clarté. Hier, la commission anglophone nous disait : Ça ne sera pas
153 millions que ça va coûter, le prochain recours collectif, ça va être des milliards, si vous faites une règle de
trois. Aujourd'hui, qu'est-ce qui m'inquiète encore plus, c'est qu'il y a un
article 15, dans son
projet de loi n° 12, qui donne un superpouvoir à notre superministre de
l'Éducation, puis lui, tout seul dans
son coin, va pouvoir écrire un projet de règlement sans que personne ne soit
consulté, et ce, contrairement à la
Loi sur les règlements.
Faites preuve de transparence, déposez le
règlement.
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
Roberge : M. le Président, le règlement, on est en train de l'élaborer
à la lumière des consultations. Puis on tient compte de ce que les gens
disent. Il y a eu des consultations auprès des partenaires en décembre. Le
regroupement MESS-partenaires, donc les
directions, les directions des commissions scolaires, mais aussi les directions
d'école, les syndicats, tout ce monde-là a été rencontré. Après, en janvier, on
a tenu une consultation publique. 33 000 Québécois sont allés nous
dire ce qu'ils en pensaient, ce qu'ils souhaitaient qui soit gratuit et ceux
pour lesquels ils étaient d'accord de payer.
Alors, on a tenu compte de tout ça. On a rédigé un projet de loi. On continue
de consulter aujourd'hui, hier, puis on va améliorer le projet de loi et
le projet de règlement suite aux consultations. C'est très transparent.
Président : Deuxième complémentaire, Mme la députée de
Saint-Laurent.
Rizqy : Habituellement, M. le Président, quand on consulte, c'est dans
le but de rédiger un projet de loi. Je
suis contente qu'il ait consulté, d'ailleurs à portes closes, plusieurs
partenaires. Mais par la suite il refuse de nous déposer son règlement. C'est tous les partenaires qui
demandent de voir le règlement. Parce que, lorsqu'on se présente ici pour être
consulté, c'est qu'on veut le savoir. Pour être plus claire : on ne veut
pas juste le savoir, on veut le voir. Déposez, s'il vous plaît, votre
règlement.
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
M. Roberge :
Bien, si vous voulez, je peux déposer le crayon avec lequel j'écrirai le règlement...
Le Président :
S'il vous plaît!
M. Roberge :
...parce que le règlement n'est pas encore écrit à 100 %. À un moment
donné, je veux bien être transparent...
Président : Encore une fois... non, mais, je m'excuse, encore
une fois... Ça fait trois ou quatre
fois, là, je pense qu'on a de la difficulté à s'entendre, vous et moi.
Calme. Écoute. La parole appartient au ministre de l'Éducation.
Roberge : M. le Président, le projet de règlement n'est pas écrit au complet, on est en train de
l'écrire, c'est un travail en co-construction. Les gens veulent de la
transparence, on vous le dit, on a livré nos grands principes au moment du dépôt du projet de loi. Voici nos
grandes orientations. Et là qu'est-ce qu'on fait? On écoute les
partenaires, on consulte
33 000 Québécois, et, lors des consultations particulières, il y a
des gens qui nous disent : Ça, ça devrait être dans le projet de règlement, vous devriez le
mettre; ça, vous ne devriez pas le mettre. Et qu'est-ce qu'on fait? On prend
des notes. Quand on aura davantage d'information, on sera transparents,
on la diffusera...
Le Président :
En terminant.
Roberge : ...et on
continuera à dialoguer, parce qu'on a un devoir, c'est celui d'adopter des
règles claires pour septembre prochain.
Le Président :
Question principale, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Maccarone : ...M. le
Président. Vendredi dernier, j'ai eu l'occasion de rencontrer deux organisations que le gouvernement connaît très
bien : Parents jusqu'au bout! et L'Étoile de Pacho. Ces parents militent
depuis plusieurs années pour les familles avec des enfants lourdement
handicapés. Le 6 septembre, le chef de la CAQ, aujourd'hui premier ministre, leur a dit, et je le cite : «Si les
Québécois nous font confiance le 1er octobre prochain, on va être là pour
vous.» Leur engagement était clair : 22 millions de dollars
par année, de plus, dès cette année, pour le programme d'aide financière pour
les parents d'enfants lourdement handicapés mineurs. Leur cadre financier aussi
était très clair.
le Président, à quelques heures du budget, est-ce que le ministre de la Famille
peut les rassurer? Est-ce qu'il a vraiment à coeur les intérêts des
familles avec des enfants lourdement handicapés?
Le Président :
M. le ministre de la Famille.
Lacombe : Merci, M. le Président. Je peux assurément vous rassurer. Je
peux assurément vous dire qu'on a à
coeur ces familles qui vivent, et ça, il faut le dire, des enjeux très
particuliers, qui mettent tout leur coeur pour s'assurer que leurs enfants
puissent vivre convenablement avec leurs handicaps. Donc, on s'est engagés, en
tant que gouvernement, à en faire plus.
Parce que,
vous savez, le programme qui existe actuellement — il en existe un — il est compliqué, il n'est pas assez généreux, et nous, on s'est engagés à aller
de l'avant pour l'améliorer. Vous savez, c'est un programme qui a été créé
sous les précédents gouvernements,
et nous, bien, on juge qu'on peut en faire plus, c'est ce qu'on s'est engagés à
faire, on s'est engagés auprès des
parents. Et, je vous dis très franchement, on n'a pas l'intention de reculer,
on a l'intention de respecter tous nos engagements. Donc, à tous les
parents qui nous écoutent aujourd'hui qui vivent avec un enfant handicapé,
je vous dis : J'ai donné le mandat très
précis à Retraite Québec de revoir ce programme-là pour qu'il soit plus
accessible, plus généreux, et que ce ne soit pas tout ou rien, comme
c'est le cas présentement.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Maccarone : Merci, M. le Président. Je n'entends toujours pas de
confirmation. Lorsqu'il a pris son engagement, le premier
ministre était entouré des candidats
de Prévost, Saguenay, de Lévis, Taillon et Soulanges. Selon lui, c'était la
meilleure équipe pour soutenir les 36 000 familles
d'enfants handicapés. C'est maintenant le temps de tenir parole. Votre gouvernement a pris des engagements
très clairs face aux familles qui vivent avec des enfants handicapés qui
sont mineurs ou majeurs.
M. le Président,
est-ce que le gouvernement va tenir parole et confirmer que l'argent,
concrètement, serait au rendez-vous?
Le Président :
M. le ministre de la Famille.
Lacombe : M. le Président, évidemment on ne fera pas le budget avant
le budget. J'invite ma collègue à être patiente.
Comme le président du Conseil du trésor l'a mentionné tantôt, il y aura un
budget qui sera présenté demain. Ce que
je peux vous dire, c'est qu'on a l'intention de respecter nos engagements.
C'est plus qu'une intention, on va respecter nos engagements. Le programme qui existe actuellement ne fonctionne pas.
Il y a des parents qui reçoivent très peu, il y a des parents qui reçoivent beaucoup. Entre les
deux, il n'y a rien. Donc, nous, on veut que les enfants qui se trouvent entre
les deux puissent recevoir un soutien qui
est convenable, que leurs parents puissent avoir accès à des fonds. On s'est
engagés à le faire. Je le répète, on
va le faire. J'ai donné expressément le mandat à Retraite Québec de revoir ce
programme-là. Ce sera fait. Ce sera plus accessible, plus généreux.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Maccarone : M. le Président, je n'entends toujours pas : Oui,
22 millions de dollars. Ces deux organismes ne sont pas les seuls à être inquiets. Parents pour toujours, qui
représente les parents qui prennent soin de leurs enfants handicapés d'âge majeur, sont, eux, déçus et même
frustrés. Lors d'une rencontre avec le ministre de la Famille, le 8 mars
dernier, le ministre leur a clairement dit qu'il n'y aura rien dans le budget.
c'était une priorité, si c'était une urgence, pourquoi le ministre de la
Famille et son gouvernement ont déjà renié leur parole? Et je dépose la
lettre qui a été publiée.
Président : Consentement pour le dépôt du document?
Consentement. Réponse, M. le ministre de la Famille.
Lacombe : M. le Président, bon, je peux répéter qu'il y aura un budget
demain, je pense qu'on est tous conscients qu'il y aura un budget
demain, donc j'invite ma collègue à être patiente.
L'autre
chose que je veux mentionner, il faut bien comprendre, il faut faire la
distinction, deux choses. Les enfants mineurs,
donc, évidemment les enfants sont mineurs, il faut aider les parents à ce
niveau-là, donc il y a une première chose. La deuxième partie, c'est d'aider ces enfants-là qui deviennent majeurs.
Donc, c'est important de faire la distinction dans tout ça.
Moi, je vous dis,
j'ai donné le mandat très précis à Retraite Québec de revoir le programme qui
s'adresse aux enfants. On a l'intention de tenir tous nos engagements.
Le Président :
Cela met fin à la période de questions et de réponses orales. Merci à tous.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, comme...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Nous allons poursuivre. S'il vous plaît!
Comme il n'y
a pas de votes reportés, nous allons passer à la rubrique des motions sans
préavis. Et, en fonction de nos
règles et de l'ordre de présentation, je vais céder la parole à un membre
formant l'opposition officielle, et ce sera Mme la députée de
Bourassa-Sauvé.
Robitaille : Merci, Mme la Présidente. Je sollicite le consentement de
cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec
la députée de Notre-Dame-de-Grâce, la ministre des Relations internationales et
de la Francophonie, le député des
Îles-de-la-Madeleine, la députée de Taschereau, le député de Chomedey et la
députée de Marie-Victorin.
«Que l'Assemblée nationale
souligne la Journée internationale de la Francophonie qui se tient aujourd'hui
le 20 mars;
«Qu'elle
rappelle que la survie de la langue française hors Québec doit être une
priorité, et qu'à cet effet nous devons unir nos forces pour le
français;
«Qu'elle
réaffirme son attachement à la promotion de la langue française, aux valeurs de
[la] démocratie et de justice ainsi qu'aux institutions de la
Francophonie internationale;
«Qu'elle
rappelle que le Québec est membre à part entière de l'Organisation
internationale de la Francophonie;
«Que
l'Assemblée nationale félicite les échanges tant culturels, sociaux,
scientifiques que sportifs entre le Québec et tous les autres États
[francophiles] et [francophones] afin de nourrir les liens qui nous unissent
et, par là, rendre la francophonie plus
forte et plus prospère et, du même coup, promouvoir la créativité, la culture,
le savoir et la spécificité du Québec.»
Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la députée.
Alors, y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Schneeberger :
Oui. Alors, il y a consentement pour un débat de deux minutes par intervenant,
dans l'ordre suivant : la députée de Bourassa-Sauvé, la ministre
des Relations internationales et de la Francophonie, le député des
Îles-de-la-Madeleine, la députée de Taschereau et la députée de Marie-Victorin.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le leader
adjoint. Alors, je vais maintenant
céder la parole à Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Robitaille : Merci. Ce
matin, Mme la Présidente, on va se faire plaisir. On va parler de la
francophonie, on va parler de la
place du Québec dans la Francophonie, ce que l'on a accompli
depuis plus de 50 ans, et puis l'importance
de maintenir notre place dans cette grande famille à tous les niveaux.
Quand j'étais
toute petite, à Québec, en 1974, il y a eu la Super Francofête.
Il n'y en a peut-être pas beaucoup
ici qui étaient... Bon, il y en a
qui étaient certainement nés à cette époque-là. Mais c'était un
superparty, c'était notre Woodstock de la francophonie, et il y avait
100 000 personnes de
partout dans la francophonie qui étaient à Québec, et ça a marqué l'imaginaire
des Québécois. Ça a été le début des échanges avec tous nos partenaires de la
francophonie au sens large, de la France, de la Belgique, de tout le
continent africain francophone, ça a porté des fruits multiples.
Francophonie, Mme la Présidente, nous a propulsés. C'est parmi cette grande
famille qu'on a d'abord fait valoir la
nation distincte que nous sommes. Grâce à la grande famille de la Francophonie,
on est l'État fédéré sans doute le plus présent sur la scène
internationale. Aujourd'hui, on est un État à part entière de l'Organisation
internationale de la Francophonie, on est
son cinquième bailleur de fonds sur 88 États. Ce n'est pas rien.
L'Organisation internationale de la Francophonie, c'est quand même un
bassin de 1 milliard de personnes.
Grâce à
nos assises dans la Francophonie, le Québec a pris sa place dans le monde. On a
maintenant 31 représentations dans
18 pays. On a signé 800 accords internationaux. On a une
représentation à l'UNESCO depuis 2006. En 2016, on a créé un poste d'émissaire aux droits de la
personne — j'espère
qu'on va le combler — et aussi
un émissaire à l'environnement. Il ne
faut pas perdre ces acquis, il faut continuer à être le leader que l'on est. Le
Québec doit demeurer le vaisseau amiral de la protection de la langue française en Amérique, et, en particulier
au Canada, on doit défendre nos frères et nos soeurs... on doit défendre
nos frères et nos soeurs francophones dans la francophonie.
Et, bon,
c'est pour toutes ces raisons que notre parti tient mordicus à ces Jeux de la
Francophonie qui auront lieu en 2021,
on tient mordicus à ce qu'on appuie la candidature de Sherbrooke lors de ces
jeux parce que, comme la Super Francofête,
c'est des événements fantastiques qui réunissent tout le monde dans la
francophonie, des milliers de personnes qui se rassemblent chez nous
pour faire vivre la francophonie. C'est une occasion merveilleuse pour
rassembler les francophones de partout,
nourrir la force de la langue française partout dans le monde. On sait aussi
que c'est l'occasion pour le Québec de montrer son leadership encore une
fois dans le monde francophone.
La CAQ, sur
ce projet, reste muette, et on espère très, très fort que ça sera une priorité
de ce gouvernement, parce que la
Francophonie, ce n'est pas juste une affaire de deal, ce n'est pas juste une
affaire de commerce, c'est beaucoup plus que ça. La Francophonie, c'est une force à
l'échelle de la planète à laquelle nous nous devons de continuer de participer
sur tous les fronts.
Alors,
pour terminer, très, très rapidement, j'aimerais citer une strophe de la
chanson d'Yves Duteil à Félix Leclerc :
«C'est une langue
belle à qui sait la défendre
«Elle offre des
trésors de richesse infinie
«Les mots qui nous
manquaient pour pouvoir nous comprendre
«Et la force qu'il
faut pour vivre en harmonie.»
Alors, longue vie à
la francophonie. Merci à tous.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
députée de Bourassa-Sauvé. Je vais maintenant
céder la parole à Mme la ministre des Relations internationales et de la
Francophonie.
Girault : Merci, Mme la Présidente. Aujourd'hui, 20 mars, on célèbre le fait français, cette
langue commune qui nous unit et dont
nous sommes si fiers. Le Québec est membre de plein droit de l'Organisation
internationale de la Francophonie et contribue avec ses membres à la
promotion de la langue française, la paix et l'éducation.
français, c'est la cinquième langue la plus parlée dans le monde, avec une
belle croissance de 10 % de
locuteurs depuis 2014. C'est aussi la
quatrième langue la plus utilisée dans le monde numérique. Bref, on a de quoi
être fiers de notre langue.
c'est dans cet esprit que le gouvernement souhaite affirmer son leadership.
Près de 10 jours seulement après l'élection
du nouveau gouvernement, le premier ministre s'est fait un devoir de participer
au Sommet de la Francophonie à Erevan.
J'ai aussi rencontré la secrétaire générale de l'OIF lors de mon passage à
Paris, avec laquelle j'ai eu un entretien privé très dynamique.
D'emblée, on s'est positionnés en chef de file dans la modernisation de l'OIF.
Dans
ce contexte, on se doit de réfléchir sur l'avenir et avoir un plan pour le
futur. Le français, c'est bien plus qu'une
langue d'usage, c'est un véritable vecteur de croissance et, oui, de croissance
économique aussi. Permettez-moi de
vous rappeler que la langue française est la langue officielle de 32 États
et gouvernements et qu'elle rejoint 300 millions de locuteurs dans le monde. L'espace francophone
représente donc un marché à fort potentiel. C'est là que le Québec peut
démontrer toute l'étendue du leadership dont il fait preuve.
mandat que le premier ministre m'a confié est de donner une impulsion
économique au MRIF, dans lequel la
francophonie... celle-ci prendra la forme d'une toute nouvelle vision pour
l'Afrique. On ne peut pas se dire leader en francophonie si on ignore le
dynamisme de ce continent. Sur 88 pays membres de l'OIF, 34 sont situés en
Afrique. En 2100, 40 % de la population
mondiale y sera située, 30 % de celle-ci aura moins de 35 ans. Nous allons
bâtir sur ces liens que nous développerons depuis des décennies sur le
continent africain, mais aussi au sein de l'OIF.
tiens à souligner à tous les Québécois et à souhaiter à tous les Québécois et
aux Québécoises une excellente journée de la Francophonie. Soyons fiers
de notre langue ici comme à l'étranger. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
ministre. Et maintenant
je vais céder la parole à M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
Arseneau : Merci, Mme la Présidente. La motion déposée aujourd'hui parle de l'importance de lutter pour la survie de
la langue française hors Québec. Malheureusement, les événements des derniers mois nous prouvent
que nous devons toujours rester vigilants et solidaires des provinces
voisines quant au maintien et à la défense des droits des francophones.
Mais
nous ne pourrions minimiser cependant l'importance et la vigilance nécessaire au quotidien pour
assurer la vitalité et la pérennité
du français ici même, au Québec. Notre langue, c'est ce
qui nous distingue en tant que peuple. C'est
ce qui marque notre singularité, notre signature. Depuis plus de 400 ans, c'est
elle qui forge l'identité et la culture québécoises. C'est la langue française qui, en grande partie, nous différencie du reste de l'Amérique du Nord. Nous avons donc le devoir de
la protéger, d'en faire la promotion, de la partager et de la faire aimer à
travers nos actions, à travers notre monde culturel, à travers les
artistes, à travers notre rôle politique également. C'est la responsabilité de
chaque citoyen, bien sûr, mais c'est aussi celle du gouvernement et de ses institutions. Je souhaite d'ailleurs vivement qu'il
fasse les efforts requis, qu'il pose
les gestes qui mettront fin au laisser-faire et à un certain jovialisme quant à
l'avenir de la langue française
au Québec. Entre autres choses, la loi 101, une loi historique,
a grandement besoin d'être renforcée. Il
faut agir maintenant.
Par ailleurs,
nous avons raison d'exprimer aujourd'hui, bien entendu, notre grande fierté dans le fait
d'appartenir à la Francophonie. Ce groupe de 88 États a bien plus
qu'une langue en partage, on l'a mentionné, il a aussi comme priorité de promouvoir la paix, la démocratie,
les droits de la personne, ce qui l'honore. Je souhaite évidemment
que le Québec y demeure un acteur de premier plan et qu'un jour il y
occupe toute la place qui lui revient.
N'oublions
pas également la situation à laquelle font face, on en parlait tout à l'heure, nos voisins franco-ontariens. Affichons-leur
notre soutien. Pour notre part, nous continuerons à lutter à leurs côtés. Nous demeurons engagés à faire
rayonner la langue française partout, en toutes occasions.
À toutes et à tous, bonne Journée internationale
de la Francophonie. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme
Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
Maintenant, je cède la parole à Mme la députée de Taschereau.
Dorion : En cette Journée internationale de la Francophonie, on
célèbre le français dans le monde, mais
donc on célèbre les Français
dans toutes leurs particularités locales, dans toute la diversité que la langue française peut avoir. Alors, j'aimerais
aujourd'hui qu'on se gâte un peu et j'aimerais célébrer la
langue québécoise, notre français local à nous. J'aimerais remercier les
générations qui m'ont précédée pour avoir réussi à débarrasser, à travers les
années, à débarrasser les Québécois
de la honte de leur langue, qui est magnifique, qui n'est pas une langue de
dictionnaire et de Grevisse, qui est
une langue vivante dont la beauté résonne jusqu'au tréfonds de notre
magnifique territoire, dans le moindre «truck stop», dans le moindre
petit resto de patate de bord de route. Et, pour faire résonner cette langue
ici, je voudrais vous citer des
extraits des écrits de la poète outaouaise Marjolaine Beauchamp, qui accumule les prix
littéraires, qui a fait notre fierté
à l'étranger, en France notamment. Et je vous invite à écouter la beauté de cette
langue assumée, qui s'avance telle qu'elle est, sans honte. Ça s'appelle
On s'fait une brigade .
«On s'fait une brigade de toutes croches,
de filles rongées d'insomnies, diagonales, pognées entre deux shots de tempra, un hot chicken, trois pots cassés, cinq appels déclinés, une
visite de prison[...].
«On s'fait une brigade de mères HLM en joggings puis en
leggings qui coupent sur leur loyer pour pogner une
trampoline, un cerceau, un hamster, une trottinette, un fidget spinner[...].
«Toujours deboutte à l'arrêt d'bus matin et soir, malgré le
frette, la neige, pour accompagner leurs p'tits mongols de
jello bleu puis de concerta en faisant des babailles, une smoke à la main.
«Des mères pas braillardes pour cinq cennes, des mères avec
le dos large comme un boulevard déneigé, puissantes comme
une catastrophe naturelle[...].
«On s'fait une brigade de poquées, de survivantes aux
voisins pervers, aux "rides" de taxi mal accompagnées, aux mononc' sales, aux centres jeunesse[...].
«On s'fait une brigade de filles trop folles pour être
voulues, trop fulgurantes pour être toutes seules, que tout l'monde aime à un
bras de distance
«Qui font des festins avec trois ingrédients, qui dorment
six heures, [...]qui charrient des canots
«Qui parlent un ton trop haut, un peu trop mal.
«Des filles de promesses tenues, crissement
pas fiables, mais si loyales
«Des filles qui partent des feux en pleine pluie, des
filles aux cheveux lousses, ultraviolettes, autodidactes et irrévérencieuses.
«[On
s'fait une brigade,] on s'fait ça maintenant
«On se
reposera plus tard.» Merci.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la députée de Taschereau. Et maintenant je cède la parole à Mme la
députée de Marie-Victorin.
Mme Fournier : Mme
la Présidente, à mon tour de
souligner la Journée internationale de la Francophonie, cette
célébration de notre langue qui nous rend si fiers au Québec.
Cette journée est d'autant plus importante qu'elle doit nous rappeler que la survie du français hors Québec,
dans les communautés francophones du reste de l'Amérique du Nord, est
menacée. Les exemples dans
l'actualité récente sont probants. On n'a qu'à penser au combat d'Amanda Simard
en Ontario pour s'en convaincre.
faut toutefois reconnaître qu'ici même au Québec un certain déclin du français est
observable. C'est une situation préoccupante,
et il est important de réaffirmer l'importance pour le Québec de protéger et de
promouvoir sa langue officielle et
commune. Pour ça, ça prend aussi des moyens. Et, en ce sens, j'espère qu'il y
aura dans le prochain budget les sommes nécessaires pour nous garantir le droit à la francisation parce que
l'avenir de notre langue ici, au Québec, et ailleurs en Amérique, passe par notre capacité à la
transmettre à tous ceux qui vivent sur notre territoire, à leur donner le goût
de notre langue, cette langue qui est
le ciment de notre identité collective, cette langue qui nous rapproche et qui
nous permet de mieux se comprendre.
Elle est aussi une autre manière de penser, de voir le monde. Elle nous permet
d'affirmer, et d'afficher notre spécificité et de dire à tous ceux qui viennent
s'installer ici pour vivre en tant que Québécois : Vous êtes ici chez
vous.
langue est le socle fondamental de notre identité collective. Nous devons donc
poser tous les gestes nécessaires pour que les générations à venir puissent
s'épanouir en français. Et, de mon point de vue, cela passe inévitablement
par faire du Québec un pays, un fort symbole pour la diversité culturelle à
l'échelle de la planète.
L'indépendance
nous permettrait de renforcer notre position et de devenir un véritable phare
de la francophonie internationale. Le Québec deviendrait en effet, en
termes de superficie, le plus grand pays francophone à l'échelle de la planète. Cela nous permettrait d'accentuer et
de faciliter nos partenariats avec les pays et régions francophones en pleine
croissance, comme plusieurs le sont sur le continent africain. L'avenir de la
francophonie se trouve justement là-bas.
2050, l'Organisation internationale de la Francophonie prévoit que les
Africains compteront pour 85 % des locuteurs francophones de la planète et
pour 90 % des jeunes francophones âgés de 15 à 29 ans. De plus, la
croissance démographique est
actuellement telle en Afrique qu'on prévoit que le nombre de francophones triplera
d'ici 2050 pour grimper à plus de
750 millions de locuteurs de langue première. La langue française
deviendrait ainsi possiblement la langue
la plus parlée au monde, avant l'anglais, le mandarin et l'espagnol. Notre
héritage francophone est donc un atout économique
immense. Il nous permettra sans aucun doute de tirer notre épingle du jeu
encore plus efficacement qu'aujourd'hui, pour autant qu'on s'en donne
les moyens.
Comme
l'a déjà dit Gérard Bouchard, c'est à nous d'assurer l'avenir de notre langue,
saisissons-en la pleine mesure. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie. Je vous
remercie, Mme la députée de Marie-Victorin.
Alors, cette motion
est-elle adoptée? Adopté.
vais maintenant reconnaître un membre du deuxième groupe d'opposition, et ce
sera M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Donc, je sollicite le consentement des
membres de cette Assemblée afin de présenter
conjointement avec le député de La Pinière, la députée de Mercier, le
député de Chomedey et la députée de Marie-Victorin :
«Que
l'Assemblée nationale donne le mandat à la Vérificatrice générale d'enquêter
sur le processus d'achat des navires F.-A.-Gauthier et NM Appolo, ainsi
que sur la gestion du dossier par la Société des traversiers du Québec.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie. Y a-t-il
consentement pour débattre de cette motion?
M. Schneeberger :
Pas de consentement.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Il n'y a pas de consentement. Maintenant, je
vais...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : S'il vous plaît! Nous allons maintenant passer...
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : S'il vous plaît! S'il vous
plaît! Veuillez éviter de vous interpeler d'un côté et de l'autre, s'il
vous plaît!
Nous
en sommes maintenant toujours à la rubrique des motions sans préavis, et je
vais céder la parole à un membre du troisième groupe d'opposition, et ce
sera M. le député de Gouin.
M. Nadeau-Dubois :
On va changer de sujet, Mme la Présidente, ça va faire du bien à tout le monde.
Alors, je demande le consentement de
la Chambre pour débattre de la motion suivante conjointement avec la ministre
de la Santé et des Services sociaux,
le député de Pontiac, le député de Jonquière, le député de Chomedey et la
députée de Marie-Victorin :
«Que
l'Assemblée nationale rappelle aux directions des établissements de santé
qu'elles doivent, en tant qu'organismes parapublics, maintenir de hauts
standards éthiques et éviter les conflits ou les apparences de conflits
d'intérêts avec les entreprises privées;
«Qu'elle rappelle aux
dirigeants de ces établissements que leur mission première est de servir
l'intérêt public et de garantir des soins de
qualité à la population, et que pour se faire, ces dirigeants doivent défendre
en tout temps le caractère public des institutions de santé et protéger
celles-ci de l'influence indue des entreprises privées.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le
député. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Schneeberger :
Alors, il y a consentement, sans débat.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, cette motion est-elle adoptée?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le leader du troisième groupe d'opposition.
M. Nadeau-Dubois :
Merci, Mme la Présidente. Je vous demanderais de faire parvenir une copie de
cette motion à la direction ainsi
qu'au conseil d'administration du Centre universitaire de santé McGill et une
autre copie de cette même motion à la direction de Power Corporation.
Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : C'est très bien, M. le député, ce sera fait.
Maintenant, nous allons passer à la
prochaine motion sans préavis, et je vais céder la parole à un membre formant
le gouvernement, et ce sera Mme la ministre de la Culture et des
Communications.
Mme Roy :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Eh bien, je demande le consentement pour
déposer la motion suivante
conjointement avec la députée de Verdun, la députée de Gaspé, le député de
Rosemont, le député de Chomedey et la députée de Marie-Victorin :
«Que
l'Assemblée nationale rende hommage à Mme Nicole Martin, unique et
inoubliable voix du Québec, et qu'elle reconnaisse son immense
contribution à la chanson québécoise à travers sa brillante carrière, et;
«Que
l'Assemblée nationale transmette à la famille et aux proches de Mme Nicole
Martin, au nom de la nation québécoise,
ses plus sincères condoléances pour la perte de cette femme au talent
remarquable qui a marqué notre culture au cours des 50 dernières
années.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
ministre. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Schneeberger :
Oui. Alors, Mme la Présidente, il y a consentement pour un débat de deux
minutes par intervenant dans l'ordre
suivant : la ministre de la Culture et des Communications, la députée de
Verdun, la députée de Gaspé, le député de Rosemont et la députée de
Marie-Victorin.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie. Alors, Mme la
ministre de la Culture et des Communications, je vous recède la parole.
Mme Roy :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. On apprenait avec tristesse, il y a quelques
jours à peine, qu'une des plus riches et des plus somptueuses voix du
Québec s'est malheureusement éteinte en février dernier.
Nicole Martin
était née à Donnacona, près de Québec. Elle a ensuite vécu pendant de
nombreuses années dans notre capitale. C'est d'ailleurs ici, à Québec même, que
tout a commencé pour elle professionnellement alors qu'elle n'avait que
14 ans. Le reste de l'histoire, vous le connaissez, nous la connaissons
toute, cette histoire, elle est de notoriété publique. Nicole Martin a
marqué la scène musicale des années 70 et 80 en enchaînant succès après
succès, berçant et faisant danser des générations de Québécois. À la radio, on n'entendait qu'elle. Si
on voulait résumer en seulement quelques mots l'immense contribution de Nicole Martin
à la culture québécoise, on pourrait commencer par : Il était une fois une
femme qui a rendu les gens heureux.
Nicole Martin,
Mme la Présidente, c'est 50 années d'amour et de fidélité réciproques
entre elle et le public québécois.
C'est plus de 20 albums, dont certains ont récolté les plus grands
honneurs en étant certifiés platine, double et même triple platine. C'est un succès international auprès des publics
du Québec, du Canada, de la France et même du Japon, Mme la Présidente.
C'est un rayonnement planétaire qui a suscité fierté et admiration.
Nicole Martin,
c'est enfin une étoile qui s'éteint et qui va nous manquer. Une icône de la
chanson populaire dont les
innombrables succès, de Laisse-moi partir à Il était une fois des
gens heureux en passant par Bonsoir tristesse et Oui
paraît-il , ses chansons, ses succès résonneront pour encore longtemps dans nos
têtes et, naturellement, dans nos coeurs.
terminant, ayons tous une pensée toute particulière, toute spéciale pour ses
proches qui l'ont accompagnée à travers son éprouvant combat contre la
maladie.
vous tous, nous vous transmettons nos plus sincères condoléances. Et à vous,
Mme Martin, où que vous soyez, le
Québec tout entier vous dit merci. Merci pour tous ces bons moments. Nous vous
laissons partir, mais nous vous promettons de ne jamais vous oublier.
Merci pour tout. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
ministre de la Culture. Et maintenant je vais céder la parole à Mme la
députée de Verdun.
Mme Melançon :
Merci, Mme la Présidente. Alors, c'est dans un message rempli d'amour et
d'émotion que nous apprenions, samedi
dernier, le décès de Nicole Martin. En effet, le mari et impresario de
Nicole Martin, M. Lee Abbott, annonçait que la grande dame de la chanson nous avait quittés le
19 février dernier à la suite d'une maladie fulgurante. À l