CRC — 12 June 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CRC 2019-06-12
Quebec — Committees
Présidente (Mme Chassé) :
Nous sommes de retour. Alors, Mme la
députée de Saint-Henri—Sainte-Anne, vous suggérez de retirer l'amendement que vous avez déposé à l'article 9.
Anglade : Alors, par souci
d'ouverture, pour montrer qu'on avance également, parce
qu'il faut quand même
avancer, ce sera ici le quatrième amendement que l'on propose et pour lequel le ministre
est revenu et a montré une certaine ouverture à modifier son projet de
loi, donc je retirerais mon amendement pour mieux en redéposer un autre.
La Présidente (Mme Chassé) : Il y a consentement
pour retirer l'amendement?
Des voix : Consentement.
Présidente (Mme Chassé) : Très bien,
merci. M. le ministre, vous voulez intervenir avant qu'on passe à la
prochaine étape? Parce que, là, on est dans un flottement...
Jolin-Barrette : Oui.
La Présidente (Mme Chassé) : Je vous
écoute.
Jolin-Barrette : Bien, je
voudrais juste qu'on revienne sur la qualification de mon ouverture. Je trouve qu'elle est très grande, mon ouverture, et que l'amendement qui sera déposé par la députée
de Saint-Henri—Sainte-Anne est très,
très bien libellé. D'ailleurs, je crois que le gouvernement a participé à la
rédaction de ce dernier.
La Présidente (Mme Chassé) : Est-ce
que vous désirez que je me concentre à accélérer les discussions ou je donne beaucoup d'espace à ces échanges qui ne contribuent pas particulièrement à l'amélioration... Ces échanges. Ces échanges...
Présidente (Mme Chassé) :
Oui, ces échanges! Ils se ne font pas en vase clos. Moi, j'ai le goût qu'on se
concentre sur l'amélioration du projet de loi.
Donc, avec l'amendement qui est retiré et qui
s'adressait à l'article 9, qui est déjà amendé, on doit suspendre la discussion sur l'article 9 amendé pour
pouvoir se transporter sur des discussions sur l'article 6 amendé, qui a
déjà été préalablement adopté. Est-ce qu'il y a...
Anglade : Une question. Il faudrait que je dépose l'amendement pour
qu'on puisse aller vers l'autre
article ou bien il faut aller vers
l'autre
article avant?
La Présidente (Mme Chassé) : Oui il
faut aller vers l'autre article. Alors, est-ce qu'il y a consentement à ce qu'on... — voyons, je cherche le mot — qu'on suspende les discussions sur
l'article 9 amendé pour pouvoir se transporter vers l'article 6 amendé, déjà adopté, pour
pouvoir y déposer un nouvel amendement? Merci. Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne, je crois que vous avez un
amendement pour l'article 6.
Anglade : Alors, Mme la Présidente, je vais déposer l'amendement
suivant, qui...
L'article 6 du projet de loi tel qu'amendé est modifié par
l'ajout, dans le deuxième alinéa de l'article 1 de la
Loi sur
l'immigration au Québec qu'il propose et après «personnes immigrantes»,
de «et des membres de leur famille qui les accompagnent».
J'aimerais souligner qu'il y a eu une
contribution certaine du gouvernement à la rédaction de cet amendement, ce qui
en fait une bonification du projet de loi, qui mérite d'être bonifié.
La Présidente (Mme Chassé) : M. le
ministre, vous désirez intervenir? Je vous écoute.
Jolin-Barrette : Bien, Mme
la Présidente, je dirais : Contribution certaine et significative du
gouvernement, et j'apprécie qu'on
souligne la grande ouverture du gouvernement à faire cheminer le projet de loi
dans un souci d'accommodement du Parti libéral.
Présidente (Mme Chassé) : Je suis contente d'entendre des intentions
constructives de part et d'autre. On poursuit sur l'article 6, sur
lequel on vient de déposer un amendement. Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Anglade : Alors, qu'on s'entende bien, l'objectif initial de
l'amendement qui avait été déposé et qui nous amenait à ce type
d'amendement ci, c'est le fait que, lorsque l'on considère qu'il y a des
conditions qui peuvent être imposées à un
ressortissant étranger... Vous pourriez avoir un père de famille qui soit
soumis à des conditions, que la mère de famille soit soumise à ces mêmes
conditions, et on pourra imaginer qu'un ait à passer un test des valeurs et le
passe, l'autre aurait à passer un test des
valeurs et l'échoue. Comment est-ce qu'on fait pour nous assurer que les
familles ne soient pas divisées? Lors
des échanges que nous avons eus avec le ministre lors de la dernière session,
qui remonte déjà à quelques jours... hier? Peut-être, c'était hier...
La Présidente (Mme Chassé) : Hier.
Mme Anglade : Hier? Le temps passe
si vite, Mme la Présidente... Ah! le ministre mentionne...
La Présidente (Mme Chassé) : On
garde les interventions...
Anglade : ...qu'il augmente son taux de 16 %, et je m'en vois
ravie, Mme la Présidente. Lors des discussions que nous avons eues, le ministre
nous a dit : Je ne peux pas garantir, je ne peux pas garantir qu'il n'y
aura pas de séparation. Mais il était évident également que ce que l'on
souhaite faire, c'est de nous assurer qu'il y ait une optique... On ne prépare pas ce projet de loi là pour diviser les
familles. Il est clair que ce que l'on veut, c'est que les familles soient
unies, qu'elles soient dans les différentes régions du Québec, qu'elles
s'intègrent, qu'elles y restent et que, s'il y a des tests à passer, on se
donne les moyens pour que l'ensemble des membres de la famille puissent rester
ici, au Québec.
Alors, en
contrepartie des échanges que nous avons eus, on présenterait ça, qui viendrait
justement ajouter le fait que la loi a également pour but de favoriser
l'intégration de personnes immigrantes et des membres de la famille qui les accompagnent. Donc,
dans une optique plus large ou, à tout le moins, dans l'esprit de ce que l'on
propose, il y a une volonté de garder les familles ensemble.
Maintenant,
on va quand même souligner le fait que, dans le projet de loi, malgré cet
amendement-là, au bout du compte il
pourrait y avoir des familles séparées. Ça, il faut qu'on se le dise, il faut
qu'on soit clairs. On essaie de le bonifier, de l'encadrer, mais il reste quand même une
partie qui n'est pas
clarifiée et qui pourrait faire en sorte que des familles soient séparées, dépendant des tests que l'on décide d'introduire.
Néanmoins, ceci est une avancée par rapport au projet de loi que l'on a
présentement.
La Présidente (Mme
Chassé) : Y a-t-il d'autres interventions sur l'article 6
amendé... sur l'amendement sur l'article 6 amendé? Oui, M. le député de
Laurier-Dorion, nous vous écoutons.
Fontecilla : Mme la Présidente. Donc, je suis tout à fait d'accord
avec le grand objectif final, c'est l'unité familiale
des gens issus de l'immigration, que les familles ne soient pas séparées. Sauf
que, dans le texte de loi qui nous est proposé ici, là, ça découle
directement de la possibilité d'imposer des conditions à la résidence
permanente. Et, en transférant l'amendement
à l'article 6, on évacue toute notion
de non-imposition de conditions aux conjoints, conjointes parrainés par
un immigrant... un ressortissant... un immigrant économique et aux enfants
entre 18 et 21 ans.
Donc, la formulation
qui est proposée permet encore la possibilité d'imposer des conditions à la résidence
permanente des conjoints, conjointes parrainés et aux enfants entre 18 et
21 ans. Donc, pour ma part, je vais voter contre.
La Présidente
(Mme Chassé) : Bien entendu. Y a-t-il d'autres interventions à l'amendement
qui est proposé par la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne? S'il n'y a pas d'autre
amendement à... s'il n'y a pas d'autre intervention à l'amendement qui a été proposé, nous allons procéder à la mise aux
voix. Est-ce que l'amendement à l'article 6, déjà amendé, est
adopté? Il y a une demande d'appel... voyons, de vote par appel nominal. Mme la
secrétaire, nous vous écoutons.
La Secrétaire :
Pour, contre, abstention. Mme Anglade (Saint-Henri—Sainte-Anne)?
La Secrétaire :
Mme Robitaille (Bourassa-Sauvé)?
La Secrétaire :
M. Tanguay (LaFontaine)?
La Secrétaire :
M. Jolin-Barrette (Borduas)?
M. Jolin-Barrette :
Pour.
La Secrétaire :
Mme Lachance (Bellechasse)?
La Secrétaire :
Mme Lecours (Les Plaines)?
Mme Lecours
(Les Plaines) : Pour.
La Secrétaire :
M. Bélanger (Orford)?
La Secrétaire :
M. Skeete (Sainte-Rose)?
La Secrétaire :
M. Martel (Nicolet-Bécancour)?
La Secrétaire :
Mme Jeannotte (Labelle)?
La Secrétaire :
M. Fontecilla (Laurier-Dorion)?
La Secrétaire :
Mme Perry Mélançon (Gaspé)?
Mme Perry
Mélançon : Pour.
La Secrétaire :
Mme Chassé (Châteauguay)?
La Présidente
(Mme Chassé) : Abstention. L'amendement à l'article 6, déjà
amendé, est adopté.
Est-ce
qu'il y a des interventions sur l'article 6? Non? Très bien. S'il n'y a
pas d'autre intervention sur l'article 6, nous allons procéder à la
mise aux voix de l'article 6. Est-ce que l'article 6, tel qu'amendé,
est adopté?
Mme Anglade :
Sur division.
La Présidente
(Mme Chassé) : Donc, l'article 6, tel qu'amendé, est adopté
sur division. Merci.
Maintenant,
nous suspendons nos discussions et nous retournons à l'article 9. Y a-t-il
consentement pour revenir à l'article 9? Il y a consentement?
Est-ce qu'on revient à l'article 9?
Présidente (Mme Chassé) : Est-ce qu'on peut ne pas s'interpeler
et s'adresser ici, à la présidence? Je vous écoute.
M. Jolin-Barrette : Mme la Présidente, j'ai le souci que le Parti
libéral fasse bien les choses, ça fait que je veux juste m'assurer que...
La Présidente
(Mme Chassé) : Et est-ce que le souci est...
M. Jolin-Barrette :
Est rempli? Bien, je vais laisser ça à leur appréciation, je...
La Présidente
(Mme Chassé) : Vous êtes... L'inquiétude est calmée?
M. Jolin-Barrette : Oui, je partageais mon inquiétude dans un souci
de collégialité avec les collègues du Parti libéral.
La Présidente
(Mme Chassé) : Très bien. L'inquiétude est rassurée?
M. Jolin-Barrette :
Bien, pas tant, Mme la Présidente, mais...
La Présidente
(Mme Chassé) : Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Mme Anglade :
Sachez que la seule inquiétude que nous avons, c'est dans l'application de la
loi que nous sommes en train de
discuter présentement, mais autrement tout va bien du côté du Parti libéral,
Mme la Présidente. On peut poursuivre les travaux.
Présidente (Mme Chassé) : Tout va bien dans le meilleur des
mondes. Est-ce qu'il y a consentement pour revenir à l'article 9
déjà amendé? Consentement? Est-ce qu'il y a consentement pour revenir...
M. Jolin-Barrette :
Oui.
La Présidente
(Mme Chassé) : Merci. Alors, y a-t-il d'autres interventions sur
l'article 9 déjà amendé?
M. Jolin-Barrette :
Non...
Présidente (Mme Chassé) : Alors, s'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons procéder à la mise aux voix...
Mme Anglade :
Mme la Présidente...
La Présidente
(Mme Chassé) : Oui, Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Mme Anglade :
Vous allez quand même me laisser faire un petit commentaire par rapport à
l'article 9?
La Présidente
(Mme Chassé) : Oui.
Mme Anglade :
L'article 9, à ma connaissance, Mme la Présidente, a donc été amendé
quatre fois, ce qui est donc une bonification par rapport à ce qui a été
présenté. Il reste néanmoins un élément important. Bien, Mme la Présidente,
vous souriez, mais ce n'est pas toujours drôle.
La Présidente
(Mme Chassé) : J'ai beaucoup de plaisir.
Mme Anglade : Oui, mais ce
n'est pas toujours drôle, les éléments qu'on mentionne.
La Présidente (Mme Chassé) :
Bien, on peut faire du travail sérieux avec un certain plaisir.
Mme Anglade : Ah! bien oui,
tout à fait.
La Présidente (Mme Chassé) :
Est-ce que c'est possible?
Mme Anglade : Ah! bien, si vous
le dites, si vous le dites.
La Présidente (Mme Chassé) :
Alors, poursuivons.
Mme Anglade :
Alors, je vais juste mentionner ça et je ne serai pas longue. L'élément qui
accroche le plus avec cet article-là,
c'est le fait qu'on impose des conditions à la résidence permanente et que des
personnes se verraient octroyer une
résidence permanente qui soit conditionnelle et qui pourrait leur être enlevée.
Ça nécessite évidemment une discussion avec
le fédéral. Mais, tout ce qui fait en sorte que la résidence permanente n'est
pas la même... les conditions ne sont pas les mêmes que dans d'autres
juridictions, nous nous y opposons parce que ça défavorise le Québec d'un point
de vue économique, ça défavorise l'attractivité du Québec, et qu'on ne voit pas
l'utilité de procéder de cette manière-là.
Cela dit, nous pensons que l'article
a été bonifié, pas au point de voter en faveur de l'article,
mais à tout le moins au point
de passer au prochain article.
Présidente (Mme Chassé) :
Très bien, merci. Bien reçu. Y a-t-il d'autres interventions à l'article 9
déjà amendé? M. le député de Laurier-Dorion, nous vous écoutons.
Fontecilla : Moi, j'aimerais
toujours savoir si le ministre serait ouvert à
accepter un amendement afin de restreindre la possibilité
d'imposer des conditions...
La Présidente (Mme Chassé) : Oui, effectivement,
on va attendre l'attention du ministre...
Fontecilla : ...aux
personnes parrainées, conjoints, conjointes parrainés, et aux enfants entre 18
et 21 ans, excluant ces personnes-là de la possibilité d'imposer
des conditions à leur résidence permanente en vertu de ce qui est marqué dans l'article 9. Que ces personnes-là adhèrent aux valeurs
exprimées à la charte québécoise des
droits et libertés, etc., ça, nous sommes tout à fait d'accord, là, mais
j'aimerais savoir si le ministre serait prêt à étudier la possibilité d'un
amendement négocié pour exclure les personnes parrainées de l'imposition
de ces conditions à la résidence permanente.
Présidente (Mme Chassé) : M. le ministre, est-ce que vous désirez que
le député de Laurier-Dorion répète sa question?
M. Jolin-Barrette : Non, ça va.
La Présidente (Mme Chassé) : C'est
clair pour vous?
M. Jolin-Barrette : Oui.
La Présidente (Mme Chassé) : Nous
vous écoutons.
Jolin-Barrette : L'objectif,
Mme la Présidente, c'est de faire en sorte, par l'article 9, d'imposer des conditions affectant la résidence permanente. Le
Québec a la juridiction sur l'immigration économique et non pas sur le regroupement familial. Or, les propos du député de
Laurier-Dorion sur ce point-là sont hors sujet en lien avec la proposition.
Présidente (Mme Chassé) : Est-ce que vous désirez poursuivre ou...
Très bien. M. le député de Laurier-Dorion, vous désirez intervenir.
M. Fontecilla : Je constate la
fermeture du ministre d'accepter la proposition qui lui est faite afin d'améliorer
cet
article de loi concernant spécifiquement la nécessité que l'immigrant
accepté au Québec puisse faire venir sa famille sans condition, tel que stipulé à l'article 9. Et, puisque c'est de
toute façon un
article qui est en soi hypothétique, parce qu'en ce moment, dans
le cadre de la législation canadienne, on ne peut appliquer cet article-là, il
est hypothétique en soi, et... Puisqu'il nous a dit qu'il voulait aussi
revendiquer, il voulait obtenir toutes les compétences en matière de
réunification familiale, je suppose qu'il va
déposer sa demande sous peu, il est tout à fait approprié d'inclure cette
hypothèse-là dans un
article qui est en soi hypothétique.
Cela dit,
nous nous opposons également à l'imposition, à l'imposition sans plus
d'information, de conditions aux immigrants reçus en vertu de... aux
immigrants économiques, là, des conditions qui sont particulièrement mal
définies. Et donc je
ne veux pas déposer un amendement, puisque j'anticipe l'opposition formelle du
gouvernement et je désire que ce projet de loi avance. Donc, voilà, je
ne veux pas le déposer, mais je manifeste mon désaccord et je vais voter contre
l'adoption de l'article en soi. Merci.
Présidente (Mme Chassé) :
Bien reçu, M. le député de Laurier-Dorion. Y a-t-il d'autres interventions à
l'article 9 amendé? S'il n'y a
pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que
l'article 9, tel qu'amendé, est adopté? Mme la députée de
Saint-Henri—Sainte-Anne.
Mme Anglade : Vote nominal...
La Présidente (Mme Chassé) : Y
a-t-il une demande de vote par appel nominal?
Mme Anglade : Vous savez, vote par
appel nominal, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Chassé) : Donc,
Mme la secrétaire, nous vous écoutons.
La Secrétaire : M. Jolin-Barrette
(Borduas)?
M. Jolin-Barrette : Pour.
La Secrétaire :
Mme Lachance (Bellechasse)?
La Secrétaire :
Mme Lecours (Les Plaines)?
Mme Lecours (Les Plaines) : Pour.
La Secrétaire :
M. Bélanger (Orford)?
M. Bélanger : Pour, pour.
La Secrétaire :
M. Skeete (Sainte-Rose)?
La Secrétaire :
M. Martel (Nicolet-Bécancour)?
La Secrétaire :
Mme Jeannotte (Labelle)?
La Secrétaire :
Mme Anglade (Saint-Henri—Sainte-Anne)?
La Secrétaire :
Mme Robitaille (Bourassa-Sauvé)?
Mme Robitaille : Contre.
La Secrétaire :
M. Tanguay (LaFontaine)?
La Secrétaire : M. Fontecilla
(Laurier-Dorion)?
La Secrétaire : Mme Perry
Mélançon (Gaspé)?
Mme Perry Mélançon : Contre.
La Secrétaire :
Mme Chassé (Châteauguay)?
Présidente (Mme Chassé) : Abstention.
L'article 9 amendé est adopté. Nous passons maintenant
à l'article 10. M. le ministre, est-ce que vous
pouvez nous introduire à l'article 10, s'il vous plaît?
M. Jolin-Barrette : Oui.
La Présidente (Mme Chassé) : Merci.
M. Jolin-Barrette :
L'article 29 de cette loi est remplacé par le suivant :
«29. Le
gouvernement peut, par règlement, déterminer les conditions que doit respecter
un employeur qui souhaite embaucher un résident permanent.
«Il peut notamment déterminer les cas où
l'employeur peut présenter une demande de validation de son offre d'emploi au
ministre ainsi que les conditions auxquelles cet employeur doit satisfaire pour
obtenir cette validation.»
Cet
article
remplace l'article 29 de la
Loi sur l'immigration. Le premier
alinéa de ce nouvel
article prévoit que le gouvernement peut imposer des
conditions à tous les employeurs au Québec qui souhaitent embaucher un résident permanent.
Le deuxième
alinéa reprend l'habilitation prévue par l'article 29 actuel.
Cette habilitation permet au gouvernement
de déterminer par règlement
les cas où l'employeur peut présenter une demande de validation de son offre
d'emploi au ministre ainsi que les
conditions auxquelles cet employeur doit satisfaire pour obtenir cette
validation. Donc, c'est le pendant avec l'article 8 qu'on avait tout
à l'heure.
Et, Mme la Présidente, j'aurais un amendement à déposer à l'article 10, qui fait le
pont avec l'article 8 que nous avions amendé
préalablement.
Donc :
Le projet de loi est modifié par le remplacement de l'article 10
par le suivant :
L'article 29 de cette loi est remplacé par le
suivant :
«29. Le gouvernement peut déterminer, par règlement, les conditions que doit respecter un employeur
qui souhaite embaucher un ressortissant
étranger qui désire s'établir à
titre permanent ou un résident permanent qui
s'y est déjà établi. Il
peut notamment déterminer les cas où l'employeur peut, afin de
favoriser la sélection à
titre permanent d'un ressortissant étranger, présenter une demande de validation de
son offre d'emploi au ministre ainsi que les conditions auxquelles il doit
satisfaire pour obtenir cette validation.
«Le gouvernement peut de même déterminer les conditions qu'un employeur doit respecter à
la suite de l'embauche, en tenant compte de la réalité économique des
employeurs du Québec.»
Donc, c'est
le même amendement qui avait été soulevé par la collègue de Saint-Henri—Sainte-Anne à l'article 8, qu'on a inséré. Lorsqu'on était à l'article 8,
c'étaient les travailleurs temporaires, tandis que là c'est pour l'immigration
permanente. C'est ce que j'avais expliqué à l'époque.
Alors, le
nouvel
article précise que le résident permanent que... Le nouvel
article
précise que le résident permanent que
l'employeur souhaite embaucher peut être un résident permanent prospectif ou un
résident permanent qui s'était déjà
établi au Québec. Il précise que les conditions applicables à l'employeur
peuvent être des conditions à respecter après l'embauche.
Le deuxième
alinéa de cet
article prévoit que le gouvernement peut déterminer
des conditions qu'un employeur doit respecter à la suite de l'embauche
du résident permanent.
La Présidente (Mme Chassé) : Je vous
invite à me le soumettre, M. le ministre.
Nous allons temporairement suspendre les travaux
de la commission.
(Suspension de la séance à 15 h 43)
Présidente (Mme Chassé) :
Nous revenons. M. le ministre, je vous invite à nous introduire à l'amendement
que vous avez proposé à l'article 10.
M. Jolin-Barrette : Oui.
La Présidente (Mme Chassé) : Est-ce
qu'on est revenus? On est revenus. O.K.
M. Jolin-Barrette : Oui. Alors...
Présidente (Mme Chassé) : ...qu'on
est revenus parce qu'en ce moment je ne vois pas... je ne constate pas qu'on
est revenus.
Mme Anglade : ...votre voix, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme Chassé) : On
entend ma voix...
Anglade : C'est comme...
Présidente (Mme Chassé) :
C'est déjà la même chose, alors... On est revenus, et voilà. M. le ministre, la parole est à vous.
Jolin-Barrette : Vous aimiez ça être là.
La Présidente (Mme
Chassé) : Oui, c'est ça.
M. Jolin-Barrette : Mme la Présidente, j'ai eu
une demande formelle de retourner à la salle des Premiers-Ministres, je peux, à la satisfaction des membres de cette
Chambre, de cette commission, retourner au salon des Premiers-Ministres.
Une voix :
...pour faciliter les...
M. Jolin-Barrette :
Bon, la simplification.
La Présidente (Mme
Chassé) : On y va.
M. Jolin-Barrette : Alors, Mme la Présidente, l'amendement qu'on propose, c'est en concordance avec ce qu'on
a fait à l'article 8.
Présidente (Mme Chassé) :
Oui. Très bien. Bien entendu. Y
a-t-il des interventions sur l'amendement
qui est proposé à l'article 10? Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne,
nous vous écoutons.
Anglade : C'est juste une
question de clarification, Mme la
Présidente. On dit : «Qui souhaite embaucher un ressortissant
étranger qui désire s'établir à
titre permanent au Québec ou un résident
permanent qui s'y est déjà établi». «Un
résident permanent qui s'y est déjà établi», j'essaie juste de voir pourquoi on
l'allonge, pourquoi on le précise de cette manière-là, je veux juste comprendre la nuance. Dans le 8, on parlait
des travailleurs temporaires, ici on vient parler des résidents permanents. Et, si on dit : «Un
ressortissant étranger qui désire s'établir à
titre permanent au Québec»,
est-ce que c'est un temporaire?
La Présidente (Mme
Chassé) : M. le ministre.
Jolin-Barrette : ...
La Présidente (Mme
Chassé) : Mme la députée.
Anglade : Ah! O.K. Alors là, «un ressortissant étranger qui désire
s'établir à
titre permanent au Québec», c'est quelqu'un qui aurait une résidence permanente. Vous êtes sûr de ça? Il
me semble que ce n'est pas exact, je ne pense pas que ce soit exact, ça.
La Présidente (Mme
Chassé) : M. le ministre est en train de consulter son équipe.
Mme Anglade :
Oui, je ne pense pas... Ça ne se peut pas que ce soit ça.
Présidente (Mme Chassé) : Le ministre est toujours en discussion avec
son équipe pour pouvoir bien répondre à votre question. Oui, Mme la
députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Anglade : Bien, je vais laisser le ministre nous répondre. Mais, en
fait, il doit y avoir une raison pour laquelle c'est comme ça, là, je
veux juste comprendre c'est laquelle.
La Présidente (Mme
Chassé) : La réponse vient. Nous vous écoutons, M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : À l'article 29, lorsqu'on dit : «Le gouvernement peut
déterminer, par règlement, les conditions que doit respecter un employeur qui souhaite embaucher un ressortissant
étranger qui désire s'établir à
titre permanent au Québec», donc là on est dans
la logique, supposons, du Programme régulier des travailleurs qualifiés, donc,
l'employeur peut... le gouvernement
pourrait imposer des conditions à l'employeur qui souhaite embaucher quelqu'un
qui est à l'étranger qui va venir ici à
titre permanent, donc une demande de
sélection régulière. L'autre, c'était à
titre temporaire, c'était avec un permis de travail temporaire, à 8, tandis que
la personne qui est sélectionnée à
titre permanent peut se voir imposer... leur
employeur peut se voir imposer des
conditions. Donc, la personne n'est pas encore sur le territoire québécois. Je
vais juste compléter. L'employeur
fait une offre d'emploi validée pour quelqu'un qui est à l'étranger, donc le
pouvoir, ici, habilite le gouvernement à imposer des conditions à
l'employeur lorsque la personne va arriver ici, elle l'a déjà embauchée de
l'étranger, dans son pays d'origine.
La suite de la phrase,
c'est : «Ou un résident permanent qui s'y est déjà établi». Ça veut
dire : la personne, elle immigre à
titre permanent avec un... lorsqu'elle arrive à Dorval, elle obtient son visa
de résident permanent, et là on pourrait imposer à l'employeur des conditions rattachées à l'embauche d'un
résident permanent dans la séquence
des événements, le tout toujours dans l'objectif de
faire en sorte que les entreprises puissent contribuer notamment à
l'intégration, à la francisation des personnes immigrantes.
Mme Anglade : Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Chassé) : Oui,
Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Mme Anglade : Je comprends ce que
dit le ministre. Ce que je ne comprends pas, c'est que... Quand on dit :
«Un résident permanent qui s'est déjà établi», c'est quelqu'un qui a une
résidence permanente. Quand on dit : «Un ressortissant
étranger qui désire s'établir à
titre permanent au Québec»,
cette personne-là à qui on impose des conditions, est-ce que, oui ou
non, elle a une résidence... O.K. on pourrait... à qui l'employeur pourrait...
J'entends.
M. Jolin-Barrette : Non, l'employeur.
Les conditions sont rattachées à l'employeur, pas à la personne.
Anglade : ...à la personne. Est-ce que
les conditions qui seraient imposées à l'employeur... Est-ce
que cette personne-là... Est-ce que, oui ou non, elle a
sa résidence permanente? Parce que tu pourrais avoir ta résidence permanente
puis ne pas être établi, n'est-ce pas?
La Présidente (Mme Chassé) : M. le
ministre.
Jolin-Barrette : Ce n'est
pas possible parce que, dans le
fond, là, la personne, là, quand elle est dans le processus
d'immigration, là, elle obtient sa résidence permanente le jour où vous mettez
le pied à Dorval.
Mme Anglade : O.K. Alors...
M. Jolin-Barrette : Tu sais, dans le
fond, vous avez un...
La Présidente (Mme Chassé) : On va
juste prendre le temps, là... parce qu'on veut vous suivre, là. O.K.
M. Jolin-Barrette : Lorsque vous
êtes sélectionné par le Québec comme immigrant régulier, là, exemple par Arrima, là, avec le Programme régulier des travailleurs qualifiés, le gouvernement
du Québec vous sélectionne, vous
octroie un certificat de sélection du
Québec. Ensuite, votre dossier s'en va à Ottawa pour obtenir, suite au
check-up de sécurité, de santé et
tout ça, la résidence permanente, le visa de résidence permanente. Mais le visa
comme tel, il est délivré à partir du moment où vous mettez le pied en
sol canadien.
La Présidente (Mme Chassé) : Oui,
Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Mme Anglade : Mais je pense qu'il y
a une clarification à apporter, oui, parce que...
La Présidente (Mme Chassé) : O.K. Oui,
M. le ministre.
Mme Anglade : Je pense qu'il y a une
clarification à apporter.
Jolin-Barrette : Le visa de
résidence permanente devient la résidence permanente à partir du moment où vous
mettez le pied sur le sol canadien.
La Présidente (Mme Chassé) : Oui,
Mme la députée.
Anglade : O.K.
Donc, ma question est la suivante : Quand on dit : «Un ressortissant
étranger qui désire s'établir à
titre
permanent au Québec», est-ce
que lui, il a obtenu un visa de
résidence permanente? Est-ce que c'est à ça qu'on fait référence ici?
M. Jolin-Barrette : Le résident
permanent, il a obtenu un visa de résidence permanente, il est rendu ici.
Anglade : Non, ce n'est pas
ma question. Ma question, c'est : Un ressortissant étranger qui désire
s'établir à
titre permanent au Québec... C'est parce
que, la manière dont c'est formulé...
Moi, je suis un ressortissant... Regardez, je vais vous donner de... Moi, je suis quelqu'un à l'étranger, je
désire m'établir au Québec, O.K.? Ça ne veut rien dire par rapport à la démarche que j'ai faite, ça ne veut rien dire par
rapport à... Est-ce que j'ai obtenu un CSQ? Est-ce qu'à ce moment-là j'ai déjà obtenu un CSQ? Est-ce que
j'ai... Ce n'est pas clair de qui on parle ici. Ça peut être des gens qui ont un souhait versus des
gens qui ont obtenu un visa de résidence permanente, qui sont prêts à venir,
mais qui ne sont pas encore venus, et à ce moment-là, quand ils ont leur
visa, ils arrivent au Québec puis ils obtiennent leur...
La Présidente (Mme Chassé) : Oui, M.
le ministre.
M. Jolin-Barrette : Cette
personne-là n'a pas obtenu encore son visa de résidence permanente, mais il
souhaite s'établir à
titre permanent. Donc, il est dans le processus.
Mme Anglade : Il a appliqué?
M. Jolin-Barrette : Bien oui, il est
dans le processus, il est... Nous, là, on n'imposera pas des conditions à un employeur qui n'a pas sélectionné quelqu'un. Dans
le fond, là, pour offrir, là... L'employeur, l'idée, là, c'est de faire en
sorte qu'il puisse intégrer les immigrants
qui choisissent de venir à
titre permanent ici. À 8, c'était à
titre
temporaire, tous ceux qui ont des
visas de travail temporaire. Ici, c'est pour les permanents. Nous, ce qu'on
dit, c'est : Si vous embauchez quelqu'un,
une personne immigrante avec un visa... avec une résidence permanente, on peut
imposer des conditions à l'employeur. Dans la séquence des événements,
quand la personne est à l'étranger, elle n'a pas reçu nécessairement son visa de résidence permanente encore. Elle a,
supposons, obtenu son CSQ, mais elle n'a pas obtenu encore son visa de résidence permanente. Mais, dans le processus des
choses, elle va l'obtenir, et ça va se transformer en résidence permanente
un coup qu'elle arrive au Canada.
La Présidente (Mme Chassé) : Mme la
députée de Saint-Henri—Sainte-Anne,
oui.
Anglade : C'est juste que je
pense que ce n'est pas clair, la manière dont c'est formulé. Pourquoi
je dis que ce n'est pas clair? C'est parce qu'un ressortissant étranger qui a appliqué, un ressortissant étranger qui...
C'est ou bien une personne qui souhaite appliquer, ou bien une personne qui a
appliqué, ou bien une personne qui, bon, tu sais, a finalisé ses
affaires. Il y a comme toute une séquence. Ça englobe un nombre large de
personnes. Alors, je veux juste qu'on clarifie, peut-être. Un ressortissant étranger qui désire s'établir à
titre
permanent au Québec ou qui est dans le processus, qui est déjà... Je
pense que ceux de quoi on parle, c'est des gens qui ont déjà entamé un
processus.
La Présidente (Mme Chassé) : M. le
ministre.
Mme Anglade : C'est ça, c'est ça,
exactement. Là, je lis ce que... En fait, ce que la personne...
La Présidente (Mme Chassé) : Oui, on
va laisser le ministre répondre à votre question. M. le ministre.
Jolin-Barrette : Oui, c'est
l'intention de s'établir. Donc, il peut avoir commencé le processus comme il
peut ne pas l'avoir débuté. Mais, nécessairement, la personne a
l'intention de venir au Québec.
La Présidente (Mme Chassé) : Mme la
députée.
Anglade : Est-ce qu'on peut être spécifiques par rapport à ce dont on
parle, à ce moment-là, puis juste faire une modification pour
dire : C'est quelqu'un qui a l'intention d'appliquer ou a appliqué, qu'on
clarifie vraiment de quoi nous parlons?
Parce que c'est très vague, pour moi, «un ressortissant qui désire s'établir à
titre permanent au Québec». Comment est-ce que vous le... Comme ça, ce
serait facile à comprendre pour...
La Présidente (Mme Chassé) : M. le
ministre.
M. Jolin-Barrette : Je vais vous
demander de suspendre deux minutes.
La Présidente (Mme Chassé) : Oui,
nous suspendons temporairement.
(Suspension de la séance à 15 h 56)
La Présidente (Mme Chassé) : Alors,
nous sommes de retour. Qui prend la parole? Oui, Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne,
nous vous écoutons.
Mme Anglade :
Bien, en fait, comme l'amendement a déjà été déposé, je prends la parole sur
l'amendement en tant que tel. On a donc
clarifié la question du ressortissant étranger qui désire s'établir à
titre
permanent. Nous sommes totalement en faveur de la modification qui a été apportée
au deuxième alinéa, qui dit : «Le gouvernement
peut de même déterminer les conditions que l'employeur doit respecter à la
suite[...], en tenant compte de la réalité économique...» C'est le «en
tenant compte de la réalité économique des employeurs» avec lequel nous sommes
totalement en accord. Mais, dans la manière dont c'est présenté, l'amendement, si on doit se
prononcer, on viendrait avaliser des éléments pour lesquels on n'est pas en accord en haut. Donc, on ne va pas
voter en faveur de l'amendement même si on considère que l'ajout de «en tenant compte de la réalité économique des
employeurs du Québec» est une bonne chose. On ne pourra pas voter en
faveur de l'amendement, mais on n'a pas d'autres éléments à ajouter dans le
débat sur cet amendement, par ailleurs.
Présidente (Mme Chassé) : Très bien.
Y a-t-il d'autres interventions sur l'amendement qui a été proposé par le
ministre? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à
la mise aux voix. Oui, M. le député de Laurier-Dorion? Vous avec une
intervention? Je vous écoute.
Fontecilla : Oui, s'il vous plaît. Donc, «qui désire s'établir ou un résident permanent qui s'y est déjà
établi», la façon dont c'est formulé,
c'est que ça envoie le message que tous les résidents permanents du Québec,
là, qui n'ont pas encore leur
citoyenneté canadienne pourraient se voir imposer des obligations à leur
employeur. Je crois comprendre que ce n'est pas ça l'intention du ministre.
Est-ce qu'il serait favorable à introduire une précision pour ne pas envoyer ce
message-là, comme quoi tous les résidents,
sans égard au temps de résidence ici, au Québec, là, peuvent se voir
imposer des... non, leur employeur peut se voir imposer des conditions?
La Présidente (Mme
Chassé) : M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : La réponse à cette question-là, c'est que par règlement on va venir
définir ce qui est visé. On est vraiment dans une logique d'intégration, d'accompagnement
pour faire en sorte que les nouveaux arrivants, l'ensemble des intervenants de la société civile participent
à leur intégration, notamment les employeurs. Donc, ce n'est que du positif,
M. le Président. Et notamment les conditions, ça permettrait...
La Présidente (Mme
Chassé) : «Mme la Présidente».
M. Jolin-Barrette : ... — excusez-moi, Mme la Présidente — de sécuriser aussi les emplois des personnes
immigrantes de façon à s'assurer qu'ils puissent s'intégrer dans
l'univers socioéconomique québécois.
La Présidente (Mme
Chassé) : Très bien. Oui, M. le député de Laurier-Dorion.
Fontecilla : Je continue dans la logique du ministre. L'idée, c'est de
favoriser l'intégration. Très bien. J'en suis. Mais ce n'est pas indiqué dans le texte de loi. Encore une fois, le
ministre ne sera pas ministre éternellement, d'autres gens vont s'inspirer de ce texte-là. Ça peut donner
lieu à toutes sortes d'interprétations, là, plus ou moins valides et avec des
conditions plus ou moins pertinentes et même
arbitraires, là. Est-ce que ça ne vaudrait pas la peine d'introduire l'objectif,
qui est l'intégration? Parce que, déjà en introduisant l'objectif, ça avalise en
quelque sorte l'imposition de conditions à l'employeur.
La Présidente (Mme
Chassé) : Oui, M. le ministre.
Jolin-Barrette : Oui. Le
titre de la loi, là, Mme la Présidente,
c'est : Loi visant à accroître la prospérité socio-économique du Québec et à répondre adéquatement aux besoins du
marché du travail par une intégration réussie des personnes immigrantes. Quand, là, on lit une loi, là, on la lit dans sa
globalité, le sens de la loi. Alors, c'est très clair que l'objectif est
l'intégration des personnes immigrantes.
Fontecilla : Je ne sais pas
si les tribunaux — peut-être
que des gens ici pourraient m'informer — s'inspirent
du
titre du projet de loi ou de l'article
lui-même pour l'interprétation des articles de loi, je pose la question.
Donc, voilà pour commencer.
La Présidente (Mme
Chassé) : Très bien. M. le ministre.
Jolin-Barrette : Mme la Présidente, l'article 15 du projet de loi,
là, je vais le lire pour le bénéfice du député de Laurier-Dorion :
Cette loi est
modifiée par l'insertion, après l'article 61, du suivant :
«61.1.
Les conditions que le gouvernement détermine par règlement en vertu des
articles 15 et 29 peuvent notamment
viser à assurer le succès des programmes et des services d'accueil, de
francisation et d'intégration.»
Alors, 15 et 29,
temporaires, permanents, c'est ça, l'objectif. C'est l'intégration, l'objectif.
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci, M. le ministre. M. le député de Laurier-Dorion.
Fontecilla : Merci de la précision, M. le ministre.
sur un autre sujet, là, ça peut être perçu également par un certain
nombre d'employeurs, là, comme des conditions excessives, là, surtout lorsqu'il s'agit de petites entreprises, où il y a beaucoup
d'embauches de personnes issues de l'immigration.
Qu'est-ce que le ministre peut répondre à ces employeurs-là qui emploient
trois, quatre, cinq personnes et qui peuvent lire ça? Ils vont
dire : En plus, on va m'imposer des conditions? Qu'est-ce que le ministre
pourrait répondre à ces entreprises-là?
La Présidente (Mme
Chassé) : Les conditions à l'employeur, vous... Les conditions à
l'employeur. O.K. Oui, M. le ministre.
Jolin-Barrette : Oui, on
impose des conditions à l'employeur en tenant compte de la réalité économique
des employeurs du Québec,
donc l'amendement qui avait été déposé par la collègue de Saint-Henri—Sainte-Anne suite à la bonne collaboration du gouvernement. Moi, je trouve, Mme
la Présidente, que ça fait un bon tweet, ça.
M. Fontecilla : ...encore la réalité
socioéconomique du Québec...
La Présidente (Mme Chassé) : Alors,
nous revenons au député de Laurier-Dorion.
Fontecilla : ...encore, mais
encore, qu'est-ce que ça voudrait... Qu'est- Êtes-vous en train de
dire que vous allez dire à ces personnes-là, à ces employeurs-là que
vous allez tenir compte de leur réalité? C'est ça?
La Présidente (Mme Chassé) : Est-ce
que vous avez bien compris, M. le ministre?
La Présidente (Mme Chassé) : C'est
bon. Allez-y.
M. Jolin-Barrette : C'est ce qui est
écrit dans le texte de loi.
La Présidente (Mme Chassé) : M. le
député de Laurier-Dorion, est-ce que ça conclut votre échange avec le ministre?
Oui. Très bien. Alors, y a-t-il d'autres interventions? Oui, Mme la députée de Gaspé.
Mme Perry
Mélançon : Bien, en fait,
c'est ça, j'ai encore des questionnements par rapport à l'ajout dans l'amendement du ministre, par
rapport aux résidents permanents qui
sont déjà établis. J'ai compris un peu ce qu'il nous amène comme argument, mais je pense que ça va susciter quand même plus d'inquiétude à ceux qui ont déjà
fait la démarche, obtenu leur
résidence permanente, qui est un processus quand même de trois ans. Donc,
ces gens-là sont intégrés et là ils vont se demander si leur stabilité,
leurs plans futurs et tout, n'est pas remise un peu en...
Mme Perry Mélançon : Oui, je peux peut-être...
Jolin-Barrette : Un
correctif, là. La députée de Gaspé
fait référence à la citoyenneté. Lorsqu'elle dit «trois ans», donc
c'est le processus vers la citoyenneté. Il faut être résident permanent pendant
trois ans pour être citoyen canadien.
Mme Perry
Mélançon : ...la résidence permanente, donc on peut penser en termes
d'années. Je ne parlais pas de la
citoyenneté canadienne, je parle vraiment de la résidence permanente qui permet
à ces gens-là de se trouver un travail sans
avoir d'imposition de conditions comme telles, pour l'instant. Donc, moi, je me
demande si ça ne brise pas justement la
stabilité ou le but du projet de loi, qui est de favoriser l'intégration, alors
que, là, on aura plus de conditions d'imposées.
La Présidente (Mme Chassé) : M. le
ministre, oui.
Jolin-Barrette : Dans la
séquence des choses, Mme la Présidente, à moins d'avoir un visa de travail
temporaire, la personne est à
l'étranger. Donc, lorsqu'elle arrive sur le territoire canadien, elle l'a, sa
résidence permanente. Donc, ça, c'est
bien important, là. Le délai associé à la résidence permanente, il est calculé
à partir de l'étranger. La personne n'est pas sur le territoire canadien, sauf exception, à moins qu'elle ne soit
titulaire d'un visa de résidence permanente... d'un visa de travail temporaire, d'un visa de... qu'elle
soit en situation temporaire sur le territoire canadien. Et, dans ce cas-là,
qu'est-ce qui s'appliquerait, ça serait les conditions de
l'article 8.
Mme Perry Mélançon : ...quand même
dire que c'est... Mme la Présidente?
La Présidente
(Mme Chassé) : Je vais vous expliquer pourquoi je fais un petit délai,
c'est que ça donne le temps au micro de reprendre de votre côté pour
qu'on vous entende bien.
Mme Perry Mélançon : Oui, oui,
absolument.
La Présidente (Mme Chassé) : Vous
comprenez?
Mme Perry Mélançon : Oui. Merci, Mme
la Présidente, de vous en soucier.
La Présidente (Mme Chassé) : Je vous
écoute. Allez-y.
Mme Perry
Mélançon : Bien, je comprends, mais il ne faut quand même pas oublier
qu'il y a des cas, ce n'est pas inhabituel,
des gens qui font leur demande de résidence permanente une fois arrivés, là,
qui ont vraiment les deux pieds, déjà. Donc, il n'y a pas seulement des cas de
gens qui font la demande encore dans leurs pays, à l'étranger, il y a des
cas... Puis il faut rassurer ces gens-là aussi puis dire que ce n'est pas
marginal, là, qu'il y a des cas comme ça qui existent. Il y en a plusieurs.
La Présidente (Mme Chassé) : De
conditions à l'employeur?
Mme Perry
Mélançon : De demandes de résidence permanente une fois en sol... déjà
établis, là, comme ce qui est spécifié dans l'amendement.
La Présidente (Mme Chassé) : Bien.
M. le ministre, est-ce que vous désirez... Oui, madame?
Mme Perry
Mélançon : Mais c'est un commentaire, en fait, là, pour dire que je
vais voter contre l'amendement. Mais ce n'est pas pour partir un débat
encore pour plusieurs heures.
La Présidente (Mme Chassé) : Très
bien. M. le ministre, est-ce que vous désirez commenter?
M. Jolin-Barrette : Non. Ça va.
La Présidente (Mme Chassé) : Non?
Très bien. Y a-t-il d'autres interventions sur l'amendement proposé à
l'article 10? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à
la mise aux voix. Est-ce que l'amendement à l'article 10 est adopté?
La Présidente (Mme Chassé) :
L'amendement à l'article 10 est adopté sur division. Merci. Nous revenons
à l'article 10 amendé. Y a-t-il des interventions sur l'article 10
tel qu'amendé? Mme la députée de Bourassa-Sauvé. Mme la députée de
Bourassa-Sauvé.
Robitaille : Oui. O.K. Alors, oui, j'aimerais... Le ministre parle,
dans l'article, de... c'est-à-dire, oui, dans l'article, on parle de résidents
permanents qui sont déjà établis. J'aimerais savoir exactement s'il y a... Si,
par exemple, quelqu'un arrive, a déjà
un emploi, perd son emploi ou, en tout cas, change d'emploi, est-ce que
l'employeur... est-ce qu'on pourra imposer de nouvelles conditions au
nouvel employeur?
La Présidente (Mme Chassé) : M. le
ministre.
M. Jolin-Barrette : Donc, d'imposer
des conditions au nouvel employeur?
M. Jolin-Barrette : Un nouvel
employeur?
Robitaille : Bien, par exemple, l'immigrant arrive au Québec, il
travaille pour X. X fait faillite. Lui, il reste et puis se trouve un
autre emploi avec un autre employeur. Puis il est toujours résident permanent.
Est-ce qu'on peut imposer des conditions à ce deuxième employeur là?
La Présidente (Mme Chassé) : M. le
ministre.
Jolin-Barrette : O.K. La
réponse à la question de la députée de Bourassa-Sauvé, c'est : oui, il
pourrait y avoir des conditions au nouvel employeur qui embauche. Les
conditions sont toujours dans l'objectif de favoriser l'intégration, d'avoir un engagement partagé de tous les acteurs
de la société et de faire en sorte que l'intégration sur le marché du travail,
socioprofessionnelle, linguistique, se passe le mieux possible. C'est une
responsabilisation de l'ensemble de la société.
La Présidente (Mme Chassé) : Merci,
M. le ministre. Oui, Mme la députée.
Robitaille : Oui. Et, Mme la Présidente, quel genre de conditions on
imposerait sur les employeurs? Est-ce que le ministre pourrait nous
donner des exemples?
La Présidente (Mme Chassé) : M. le
ministre.
Jolin-Barrette : Bien, dans
les conditions que j'avais énoncées, c'est les mêmes qu'il y a au niveau des temporaires. Ça pourrait être, supposons, le fait
de fournir un local, d'avoir un certain nombre d'heures de libération, des
éléments comme ça.
La Présidente (Mme
Chassé) : Oui, Mme la députée.
Robitaille : Par exemple, permettre à son employé de suivre des cours
de francisation à tous les vendredis après-midi, c'est ça qu'on disait.
Non, on n'avait pas parlé de ça?
La Présidente (Mme Chassé) : M. le
ministre.
M. Jolin-Barrette : C'est
hypothétique, mais ça pourrait en faire partie.
Mme Robitaille : C'est possible. Si
les conditions par l'employeur ne sont pas respectées, qu'est-ce qui arrive?
La Présidente (Mme Chassé) : M. le
ministre.
M. Jolin-Barrette : Pardon? La
question, c'était?
La Présidente (Mme Chassé) :
Allez-y. Répétez.
Robitaille : Si les conditions par l'employeur ne sont pas respectées,
qu'est-ce qui arrive? Puis la personne est déjà ici.
La Présidente (Mme Chassé) : M. le
ministre.
Jolin-Barrette : Oui, mais,
Mme la Présidente, je suis convaincu que, si jamais il y a des conditions
associées, elles seront respectées.
La Présidente (Mme Chassé) : Merci,
M. le ministre. Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Robitaille : ...qui peuvent
arriver à l'employeur, des pressions à fournir... à répondre à sa clientèle,
etc., peut-être que les conditions vont changer, les conditions de travail vont
changer, puis l'employeur ne pourra pas se plier aux conditions imposées. Qu'est-ce
qui arrive dans ce temps-là?
La Présidente (Mme Chassé) : M. le
ministre.
M. Jolin-Barrette : Oui. Dans
l'éventualité, supposons, où les règles ne sont pas respectées, il peut y avoir
un régime de sanctions envers l'employeur aussi.
La Présidente (Mme Chassé) : Merci, M.
le ministre. Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Robitaille : Mme la Présidente,
le ministre dit : Un régime de sanctions à l'employeur aussi. Est-ce que
je dois comprendre que le ressortissant ou, en tout cas, le résident permanent
pourrait aussi avoir des sanctions? Non?
La Présidente (Mme Chassé) : M. le
ministre.
Jolin-Barrette : Non. Mme la Présidente, l'article 8 et l'article 10 touchent les employeurs, ça ne
touche pas les résidents permanents, ça ne touche pas les personnes
immigrantes.
La Présidente (Mme Chassé) : Très
bien, merci, M. le ministre. Madame...
M. Jolin-Barrette : Je n'aurais pas
dû dire «aussi».
La Présidente (Mme Chassé) :
Monsieur... Oui?
Mme Robitaille : Je comprends, Mme
la Présidente, c'est tout. C'est tout.
La Présidente (Mme Chassé) : ...Mme
la députée de Bourassa-Sauvé.
Robitaille : Et donc, ces
conditions-là, si elles ne sont pas respectées, il pourrait avoir des
sanctions. Qui va superviser ou voir à ce que ces sanctions-là soient
respectées... ces conditions-là soient respectées ou non?
La Présidente (Mme Chassé) : M. le
ministre.
La Présidente (Mme Chassé) : Mme la
députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Robitaille :
Donc, l'agent de référence, par exemple, de l'immigrant, du résident permanent.
La Présidente (Mme Chassé) : M. le
ministre.
M. Jolin-Barrette : Ou le ministère de
l'Emploi et Solidarité sociale.
La Présidente (Mme Chassé) : Oui. Mme
la députée... Oui. M. le député de LaFontaine se signifie pour faire une intervention.
Allez-y.
M. Tanguay : Oui. Merci
beaucoup. En vertu de quelle disposition y aurait-il des sanctions?
La Présidente (Mme Chassé) : M. le
ministre.
M. Jolin-Barrette : De quelle nature
sont les sanctions?
M. Tanguay : Non. En vertu de
quel
article de loi il y aurait des sanctions?
La Présidente (Mme Chassé) : M. le
ministre. Le ministre est en train de consulter avec son équipe.
M. Jolin-Barrette : 102 et 103 de la
loi, notamment.
La Présidente (Mme Chassé) :
Pouvez-vous répéter ça, M. le ministre?
M. Jolin-Barrette : 102 et 103 de la
loi.
Présidente (Mme Chassé) :
Merci, M. le ministre. M. le
député de LaFontaine,
est-ce que vous désirez poursuivre?
M. Tanguay : O.K. 102 : «Un règlement pris en vertu de
l'article 101...» Et 101 dit : «Le gouvernement peut, par règlement,
prévoir des sanctions administratives,
y compris des sanctions pécuniaires, applicables en cas de contravention
aux dispositions de la présente loi ou de
ses règlements ainsi que [des] conditions qui leur sont applicables.»
Existe-t-il un tel règlement, présentement, en vertu de 101?
La Présidente (Mme Chassé) : Donc,
M. le ministre. Il consulte son équipe.
La Présidente
(Mme Chassé) : M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Oui, il existe
un règlement avec des sanctions administratives pécuniaires, actuellement.
La Présidente (Mme Chassé) : M. le
député.
M. Tanguay :
Est-ce que le règlement prévoit des sanctions spécifiques au non-respect de
conditions en vertu de l'article 29? Est-ce que l'article 29
est touché par ce règlement?
La Présidente (Mme Chassé) : M. le
ministre.
M. Jolin-Barrette : Pas
actuellement.
M. Tanguay : Pas
actuellement.
M. Jolin-Barrette : Pas
actuellement.
M. Tanguay :
O.K. Là, le ministre nous annonce qu'il a l'intention — puis qu'il me corrige si j'ai tort — d'amender le règlement afin, de façon
spécifique, y ajouter des sanctions pour non-respect du nouvel
article 29,
là, des conditions d'embauche.
La Présidente (Mme Chassé) : M. le
ministre.
Jolin-Barrette : Dans un
premier temps, pour le bénéfice du député de LaFontaine, quand on a eu la
discussion sur l'article 8, on a
indiqué que c'était un pouvoir habilitant qui permettait de doter l'employeur de
conditions. On a dit que, lorsqu'on
allait... si on allait le faire, on allait consulter les partenaires et les
employeurs. Donc, à ce stade-ci, c'est un pouvoir
habilitant, et le gouvernement se donne les moyens de pouvoir adopter un tel
règlement. On n'est pas dans l'optique d'imposer
tout de suite un tel règlement, on va discuter avec l'ensemble des partenaires,
mais c'est un outil qu'on met dans la boîte.
La Présidente (Mme Chassé) : Merci,
M. le ministre. M. le député...
M. Jolin-Barrette : Donc, à la
question...
La Présidente (Mme Chassé) : Oui,
allez-y.
Jolin-Barrette : ...du
député de LaFontaine, à savoir est-ce qu'on va modifier le règlement pour
imposer des sanctions, dans un
premier temps il faudrait développer un règlement en vertu de l'article 15
et de l'article 29 pour viser les employeurs dans le cadre des
travailleurs temporaires et des résidents permanents. Et, oui, par la suite, si
jamais un tel règlement était modifié...
était adopté, il faudrait également adopter des sanctions, un règlement qui
vise les sanctions, si jamais ce n'était pas respecté dans la séquence
des...
La Présidente (Mme Chassé) : M. le
député.
M. Tanguay :
Oui. Bien, c'est un
article qui est
important, l'article 10 du projet de loi, qui amende l'article 29, qui
est justement de faire un arrimage. Donc, les conditions que doit respecter un
employeur qui souhaite embaucher, c'est saprément
important, parce que, si c'est réellement ça, ou l'arrimage se fait ou ne se
fait pas... Et j'aimerais bien lire le ministre.
Oui, c'est un pouvoir habilitant, mais a-t-il l'intention... Parce qu'à la
question de ma collègue de Bourassa-Sauvé il a dit : Oui, si jamais ce
n'est pas respecté, il y a des sanctions possibles en vertu de 102, 103. Là, on
vient d'apprendre qu'il n'y a pas de règlement, à l'heure actuelle, qui
viendrait sanctionner 29.
Puis, pour ce
qui est de la question qui demeure en suspens, est-il de l'intention du
ministre de donner des dents à sa loi
puis à son amendement à l'article 29 en disant... ou s'il n'a pas d'idée
là-dessus? Est-ce qu'il a une opinion là-dessus? Croit-il qu'il y aurait lieu de mettre des sanctions pour le
non-respect, le cas échéant, des conditions? Parce que c'est le pouvoir
habilitant, mais c'est lui qui va l'exercer.
La Présidente (Mme Chassé) : Oui,
merci. M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Bien, je pense
avoir déjà répondu dans ma réponse précédente, mais je pourrais verser les commentaires que j'ai faits dans le cadre de
l'article 8 à l'article 10. Et ce qu'on disait, l'objectif, c'est de
doter le ministère de l'Immigration
d'un pouvoir habilitant pour imposer des conditions aux employeurs. Cela étant
dit, ça ne serait pas fait unilatéralement, on a dit qu'on allait
consulter les partenaires. Et, l'objectif, vraiment, là, on est toujours dans
une logique, là, de comment est-ce qu'on
fait pour mieux intégrer les personnes immigrantes, leur donner davantage de
ressources, s'assurer que tout le
monde participe. On n'est pas dans une logique, là, de taper sur la tête des
employeurs. Les employeurs sont des partenaires dans toutes les régions du
Québec. Et un des meilleurs facteurs d'intégration, c'est le fait
d'occuper un emploi. La question,
c'est : Comment est-ce que les collectivités, les régions, les employeurs
peuvent participer à l'intégration des
personnes immigrantes? Donc, 15 et 29 visent à donner un pouvoir habilitant
pour éventuellement adopter un règlement, s'il y avait nécessité de le
faire.
La Présidente (Mme Chassé) : M. le
député, vous poursuivez?
M. Tanguay : Et... pardon?
La Présidente (Mme Chassé) :
Poursuivez.
M. Tanguay : O.K.
Excusez-moi, j'avais compris autre chose.
M. Tanguay :
Non, ça, c'est... question hypothétique. Mais j'aimerais savoir... Parce que ce
n'est pas anodin, le ministre veut
que sa loi soit respectée, le ministre veut entrer dans un partenariat 2.0
avec un arrimage «besoin des employeurs» et le combler avec les nouveaux arrivants. Je veux bien croire qu'il
aura le pouvoir habilitant, puis la question est de savoir qu'est-ce qu'il va faire avec ce pouvoir
habilitant là, que, si d'aventure la commission votait sur son article, bien,
il l'aurait, ce pouvoir habilitant
là. Alors, l'importance pour lui... Oui, il peut le faire, il peut discuter,
mais le diable est dans les détails. Puis ce n'est pas un détail...
Puis moi, je pense, Mme la Présidente, que la
question de ma collègue de Bourassa-Sauvé demeure entière : Qu'est-ce qui arrive si l'employeur ne respecte
pas une ou des conditions d'embauche ou ne les respecte plus? Quelle est
l'intention du ministre? Quelle est sa
logique? Parce que ça découle de l'esprit... Oui, je le sais, qu'au départ on
présume de la bonne foi de tout le
monde, oui, je le sais, qu'il les voit comme partenaires, mais, à un certain
moment donné, a-t-il une réflexion
pour qu'il y ait des suites à ça si jamais les conditions d'embauche... Est-ce
qu'il pourrait, par exemple, dans son règlement, dire : Bien, je
vais les considérer, tant qu'ils sont de bonne foi puis qu'ils demeurent des
partenaires, il n'y a
pas de problème; je ne veux pas qu'ils soient sanctionnés, mais, si je dénote
une intention de tromper le ministère ou une intention... une mauvaise
foi, bien... D'ici là, est-ce que le ministre pense qu'il devrait y avoir des
sanctions?
La Présidente (Mme Chassé) : Merci,
M. le député. M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Bien,
généralement, Mme la Présidente, lorsqu'on édicte un règlement, il y a un
régime de sanctions également qui vient avec. Alors, lorsqu'on va développer le
règlement, si on développe un règlement, effectivement on va faire les choses
dans l'ordre, comme ça se fait habituellement.
La Présidente (Mme Chassé) : Merci.
Oui.
M. Tanguay : Est-ce qu'à
l'heure actuelle il y a un règlement, pris en vertu de la loi, qui prévoit des
sanctions?
La Présidente (Mme Chassé) : M. le
ministre.
M. Jolin-Barrette : Oui, comme je
l'ai dit tout à l'heure.
La Présidente (Mme Chassé) : M. le
député.
La Présidente (Mme Chassé) : Le
ministre consulte son équipe.
La Présidente (Mme Chassé) : M. le
ministre. Allez-y.
Jolin-Barrette : Dans le
fond, dans le Règlement sur les contingents, actuellement, il y a des dispositions de nature pénale qui existent... pécuniaires,
pardon. Ça, c'est au niveau des intermédiaires financiers pour le programme
Investisseurs, ça existe déjà.
La Présidente (Mme Chassé) : M. le
député, vous poursuivez? Allez-y.
M. Tanguay : Oui, tout
à fait. J'ai le règlement.
Est-ce que, dans la logique du... On dit,
article 10
du règlement : «Le courtier ou [sa] société
de fiducie qui n'atteint pas son contingent se voit imposer une sanction
administrative pécuniaire d'un
montant de 15 000 $ pour
chaque demande [...] de sélection...» C'est évidemment pour les intermédiaires,
je ne pense pas qu'il est de
l'intention du ministre de mettre les employeurs sous un tel régime et de les
comparer à ces intermédiaires, parce
que ça me paraît... «Sanction administrative pécuniaire d'un montant de
15 000 $ pour chaque demande [...] de sélection qui n'est pas présentée au ministre pendant la
période de réception», est-ce que ça, ce sera son cadre de référence dans son
analyse pour le règlement? Parce que ce
n'est pas... Je ne suis pas sûr que le ministre veut envoyer ce message-là, non
plus, aux employeurs qui,
honnêtement... Puis je reviens à mes concepts puis j'aimerais savoir s'il
considère qu'on devrait, le cas échéant,
dans un règlement, y faire écho, à savoir : Est-ce que les acteurs
agissent de bonne foi ou de mauvaise foi? Puis est-ce qu'il y avait intention ou pas de nuire ou de tromper le
ministère ou de ne pas respecter les règles? Est-ce qu'il va ajouter une
qualification là-dessus? J'aimerais entendre le ministre là-dessus.
Parce que ce
n'est pas anodin. Ce n'est pas anodin au point, Mme la Présidente, que... Je
suis sûr qu'on ne voudrait pas que des employeurs se disent : Oh! Parce
que, je veux dire, la réalité économique peut changer d'une semaine à
l'autre, même d'une année à l'autre. Quand
on parle d'immigration, on peut même parler en termes d'année, d'une année à
l'autre. Je veux dire, à quoi
s'engage un employeur qui, justement, dit : Bien, moi, je vais respecter
ces conditions-là? Je ne pense pas
que — puis le
ministre pourrait peut-être nous préciser ses intentions — il veuille en faire une épée de Damoclès, en
tout cas, au même
titre que l'on voit à
l'article 10 du règlement, auquel il fait référence, là,
«15 000 $ pour chaque demande de sélection qui n'est pas
présentée au ministre pendant la période de réception».
La Présidente (Mme Chassé) : Est-ce
que ça conclut votre propos, M. le député?
La Présidente (Mme Chassé) : Oui?
Merci. M. le ministre.
Jolin-Barrette : Bon. Mme la
Présidente, actuellement, on n'est pas dans le règlement, on est sur les
dispositions de la loi. Ce qu'on
fait, c'est qu'on dote le ministère de pouvoirs relativement aux travailleurs
temporaires et aux immigrants avec un
statut permanent de façon à faire en sorte que les employeurs puissent offrir
ce qui pourrait être prévu par règlement.
Le député de
LaFontaine me dit : Quelles seront les sanctions si jamais les employeurs
ne respectent pas? Écoutez, on n'est
pas rendus là, Mme la Présidente, on est dans une optique où on adopte une
disposition habilitante et, comme je l'ai dit aux collègues, notamment à
la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne,
on va consulter les employeurs lorsqu'on va édicter le
règlement qui imposerait des conditions aux employeurs. Alors, à ce stade-ci,
il est prématuré de dire quelles pourraient
être les sanctions, quelles seraient les conséquences pour les employeurs, de
quelle façon ça va se matérialiser, et je sais que le député de
LaFontaine le sait très bien.
Présidente (Mme Chassé) : Merci, M. le ministre. M. le député de
LaFontaine, vous... Ah! là, votre collègue la députée de Bourassa-Sauvé
désire intervenir aussi... mais vous poursuivez? Allez-y.
Tanguay : Juste pour clore cet aspect-là... Parce que, là, on
parle d'un amendement qui remplace l'article 29, puis on dit, bon : «...par règlement, les
conditions que doit respecter un employeur qui souhaite embaucher...» Plus bas,
on dit : «Le gouvernement peut de même déterminer les conditions qu'un
employeur doit respecter à la suite de l'embauche», et là c'est la
partie importante, et je l'apporte à
l'attention du ministre... Évidemment, quand on donne un pouvoir, législativement, de réglementer, c'est toujours
important pour le législateur de se poser la question, bien : Qu'est-ce
qui est derrière ça? Et il dit : En tenant compte...
L'article se termine,
Mme la Présidente, puis j'aimerais ça, en conclusion, lui laisser ça
pour sa bonne réflexion : «En tenant compte de la réalité économique des
employeurs du Québec».
Alors, dans ces
sanctions, pouvez-vous tenir compte des réalités économiques des employeurs du
Québec?
La Présidente (Mme
Chassé) : Est-ce que vous désirez commenter, M. le ministre, ou...
M. Jolin-Barrette : Bien, Mme la Présidente, j'invite le député de LaFontaine à avoir une
conversation avec la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne parce que la genèse de
la fin de ce bout de phrase là provient de la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Alors, je pense qu'on pourrait avoir une conversation ici entre la députée de
Saint-Henri—Sainte-Anne et le député de LaFontaine sur ce que
signifie «en tenant compte de la réalité économique des employeurs du
Québec». Moi, j'aimerais ça assister à cette discussion.
La Présidente (Mme
Chassé) : Oui, M. le député.
Tanguay : Le ministre est-il en train de nous dire qu'il a
ajouté 11 mots à son
article sans connaître les tenants et
aboutissants de ce qu'ils signifient?
La Présidente (Mme
Chassé) : M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Absolument pas. Je tiens à dire qu'il s'agit de l'amendement de la
collègue de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Tanguay :
Et mon point, s'il écoutait, Mme la ministre, c'était de lui dire... je
l'invitais, quand il va imposer 5 000 $,
10 000 $, 15 000 $, à tenir compte de la réalité économique
des employeurs dans la rédaction de son règlement, parce qu'une amende,
pour une PME, de 15 000 $, par exemple... Parce qu'on a fait
référence au règlement dans lequel il y
avait l'article 10 qui disait : 15 000 $ par sanction. Je
fais juste faire écho à ces mots qu'il a acceptés et qu'il a ajoutés :
tenez compte de la réalité économique des employeurs du Québec dans vos
sanctions.
La Présidente
(Mme Chassé) : Hum-hum.
La Présidente
(Mme Chassé) : C'est ça. De tenir compte de la réalité économique...
M. Tanguay :
Ah! Voulez-vous intervenir?
La Présidente
(Mme Chassé) : ...des employeurs du Québec.
M. Tanguay :
Voulez-vous que je lui donne la parole? Voulez-vous intervenir? Non?
La Présidente
(Mme Chassé) : Non, mais, effectivement, c'est ça.
La Présidente
(Mme Chassé) : Effectivement. Bien entendu. Je vous suis dans vos
échanges.
M. Tanguay :
Alors, vous avez un mandat...
La Présidente
(Mme Chassé) : Je vous suis dans vos échanges, vraiment.
M. Tanguay :
Je n'en doute pas. Vous êtes très, très présente.
La Présidente (Mme Chassé) :
Oui, je le suis, effectivement.
M. Tanguay :
J'aimerais entendre le ministre.
La Présidente
(Mme Chassé) : M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Bien, je sais que c'est la première fois que le député de
LaFontaine a le plaisir de venir à la Commission des relations avec les citoyens. Ça
fait que peut-être,
Mme la Présidente, qu'il n'est pas habitué à l'exercice de
votre présidence. Je suis convaincu que le député de LaFontaine va s'y
habituer.
Pour
ce qui du montant des amendes, c'est uniquement le député
de LaFontaine qui soumet des hypothèses
et des propositions. Et il se réfère à ce que sa collègue
députée de Notre-Dame-de-Grâce a mis dans le règlement. Alors, les chiffres
qui sont présents, c'est l'ancienne ministre de l'Immigration, votre collègue de Notre-Dame-de-Grâce, qui les a indiqués.
Alors,
je suis très, très, très conscient de la réalité des entreprises
du Québec. Puis, comme je vous le dis, actuellement on est sur la disposition habilitante. On n'est pas sur la rédaction du règlement
ni sur les sanctions associées au non-respect d'une réglementation. Mais
j'entends bien l'obiter du collègue de LaFontaine.
La Présidente
(Mme Chassé) : M. le député, oui. Allez-y.
M. Tanguay :
Il pourrait même dire : La ratio decidendi, s'il le voulait, plutôt
qu'un obiter.
M. Jolin-Barrette :
Je ne sais pas si c'est majoritaire.
M. Tanguay :
Oui. Bien...
M. Jolin-Barrette :
Oui?
La Présidente (Mme Chassé) :
Pouvez-vous m'éclairer sur ce que vous...
M. Tanguay :
Dans cette cour, on se comprend.
Présidente (Mme Chassé) :
Pouvez-vous m'éclairer sur ce que vous venez de dire? Je vais apprendre avec
vous.
M. Jolin-Barrette :
En tout cas, pas en nombre de sièges, hein?
Présidente (Mme Chassé) :
M. le ministre, c'est moi qui octroie les droits de parole. M. le député de LaFontaine, pour
mon éclairage.
M. Tanguay :
Oui. Et, juste pour conclure là-dessus, Mme la Présidente, je pense qu'il est
important, dans un contexte où on donne un
pouvoir habilitant, justement, d'aborder ces questions-là et de faire
référence... Et je faisais écho à la
bonne question de notre collègue de Bourassa-Sauvé. Quand on dit, bien : «Respecter les
conditions», c'est clair que... Je
pense que le ministre nous a confirmé, de un... c'est qu'il y a...
ça ne sera pas sans conséquence. Je pense que, jusqu'à maintenant, je ne peux pas... on ne peut pas m'accuser de
lui mettre des mots dans la bouche. Ça ne sera pas sans conséquence. Eh bien, c'est important, parce que,
vous savez, quand il y a des règlements, quand il
y a des... L'application et l'avis d'une loi, on se
réfère souvent au transcrit, puis qu'est-ce qui a été dit, puis qu'est-ce qui
était dans la tête du ministre. Bien, à
ce moment-là, je pense qu'on a eu l'occasion de savoir un peu,
pas beaucoup, mais un peu ce qui est dans la tête du ministre et aussi de souligner les félicitations
qu'il adressait à notre collègue qui lui avait soumis cet excellent bout de
texte.
La Présidente
(Mme Chassé) : Ça conclut. M. le ministre, est-ce que vous
désirez commenter?
M. Jolin-Barrette : Bien, Mme
la Présidente, je souhaite remercier
le collègue de LaFontaine d'avoir pu faire en sorte que, dans le cadre de nos débats parlementaires, ça soit inscrit, l'échange que nous avons eu. Je pense que c'est vraiment pertinent
qu'on y trouve des traces. Si jamais il y a litige, bien, au niveau de l'interprétation, on pourra se référer aux débats parlementaires et on pourra
lire les interventions pertinentes du collègue de LaFontaine.
La Présidente
(Mme Chassé) : Ça conclut vos interventions, vos échanges avec le
ministre, M. le député de LaFontaine? Merci.
M. Tanguay :
Vous le savez, Mme la Présidente, ça, c'est ma paie, ça.
Des voix :
Ha, ha, ha!
Présidente (Mme Chassé) :
J'aime découvrir des nouveaux membres de tous les partis. Mme la députée de Bourassa-Sauvé, je crois que vous désiriez poursuivre, et la députée de
Saint-Henri—Sainte-Anne aussi. C'est bon, allez-y.
Mme Robitaille : Oui. J'ai une question. J'écoutais les
échanges entre le ministre et mon collègue. Alors, on a des résidents permanents qui sont ici, qui ont des emplois. Et là tout peut
arriver. Quand on est résident permanent, on est en sol québécois, on peut perdre son emploi pour toutes sortes de raisons. Là, il devra se trouver un autre emploi. Et, dans ce contexte-là, est-ce qu'il n'y a pas un
risque que ce résident permanent là, qu'on veut intégrer, qu'on veut aider à
trouver un travail, ne soit pas
défavorisé ou discriminé par rapport aux citoyens, aux gens qui sont citoyens
canadiens, par
exemple, parce que l'employeur va se dire : Bien, moi, je n'ai
pas le goût d'avoir des... je n'ai pas le goût qu'on m'impose des conditions
et puis je ne vais pas considérer des... en tout cas, les résidents permanents, ça ne sera pas nécessairement ce que je vais privilégier
pour l'embauche? Est-ce qu'il ne pourrait pas avoir des conséquences,
justement, pour ces gens-là?
La Présidente (Mme Chassé) : M.
le ministre.
M. Jolin-Barrette : La réponse, c'est non, Mme la Présidente, parce
que l'ensemble du projet de loi et l'objectif d'un tel règlement qui serait adopté visent à faire en sorte d'assurer
l'intégration des personnes immigrantes pour faciliter... Il faut que
tout le monde fasse sa part, et c'est le sens de la proposition législative.
Mme Robitaille : Parce que je
me mets à la place d'un résident permanent qui est ici, il est devenu résident permanent, il veut vraiment rester, puis là la
compagnie fait faillite, il est dans une situation précaire. Est-ce que des
conditions comme ça... Bon, ça touche
les entrepreneurs, ça touche les compagnies qui vont les engager, mais, en même
temps, est-ce que ça ne provoquera
pas un départ ailleurs au Canada parce qu'il va se dire : Bien, ça va
peut-être être plus facile ailleurs au
Canada, parce que les entrepreneurs ailleurs, les compagnies ailleurs n'auront
pas des conditions, on ne leur imposera pas des conditions? Alors, est-ce qu'un
article comme ça, ça ne provoque
pas une espèce... Ça va à l'encontre de la rétention de nos immigrants
au Québec.
La Présidente (Mme Chassé) : M.
le ministre.
M. Jolin-Barrette : Non, Mme la Présidente. L'objectif, c'est
vraiment de faire en sorte d'accompagner d'une façon personnalisée les personnes immigrantes, que
l'ensemble des acteurs de la société civile participent, incluant les
employeurs. Alors, il ne faut pas
voir du négatif où il n'y en a pas, Mme la Présidente, là. On est face à une
situation où c'est la responsabilité de toute la société de participer à
l'intégration des personnes immigrantes. Les modalités, si on va dans ce
sens-là, vont être prévues par règlement, et
on a déjà dit qu'on consulterait les employeurs et qu'on prendrait en compte la
réalité économique des employeurs du Québec.
La Présidente (Mme Chassé) :
Oui, Mme la députée.
Mme Robitaille : Je relisais le
mémoire de la Commission des droits de la personne, et puis peut-être qu'ils font fausse route, là, mais j'aimerais le lire,
j'aimerais que le ministre écoute et me dise s'il n'a pas des craintes à cet
effet-là. On dit : «La
commission souhaite également faire part de ses préoccupations relatives à
l'article 10 du projet de loi n° 9, qui vise à remplacer l'article 29[...]. Dans sa nouvelle
formulation, le premier alinéa de l'article 29 prévoit que le gouvernement
pourrait, par règlement, déterminer des
conditions qui doivent être respectées par un employeur qui souhaite embaucher
un résident permanent. D'évidence, cette
disposition soulève d'importantes questions constitutionnelles, mais la
commission s'interroge aussi sur la conformité de celle-ci à la charte
québécoise.
«De l'avis de la commission, l'introduction de
conditions relatives à l'embauche de résidents permanents est susceptible
d'avoir pour conséquence d'exclure certains détenteurs de ce statut et de leur
porter préjudice. Cet effet pourrait être
considéré discriminatoire dans la mesure où les conditions imposées touchent un
motif prohibé de discrimination, comme
la langue, [...]la couleur, [les origines nationales ou ethniques]. Rappelons
qu'une norme peut s'avérer discriminatoire dans son effet même si elle
paraît neutre dans sa formulation. Il est donc particulièrement difficile de se
prononcer à ce stade, la disposition prévoyant
que les conditions seront développées [par] réglementation, laquelle n'est
d'ailleurs pas soumise à l'obligation...»
Est-ce qu'on
peut avoir l'assurance du ministre, justement, que ces conditions-là qui seront
imposées aux entreprises ne porteront pas atteinte aux résidents
permanents?
La Présidente (Mme Chassé) : M.
le ministre.
M. Jolin-Barrette : Vous avez
mon assurance. L'objectif est de faire en sorte de s'assurer que l'ensemble des
partenaires travaillent à l'intégration des
personnes immigrantes. Alors, je ne partage pas l'avis de la Commission des
droits de la personne. Il faut lire
le projet de loi dans son ensemble, et l'objectif, c'est que tout le monde
participe à l'intégration des
personnes immigrantes. Est-ce que le fait de dire : On se donne un levier
pour éventuellement adopter un règlement pour favoriser la participation
des employeurs à l'intégration des personnes immigrantes, c'est négatif? Je ne
crois pas.
Mme Robitaille : Bien, ça
complique...
La Présidente (Mme Chassé) :
Oui, allez-y.
Mme Robitaille : Ça complique,
quand même. Ça complique les choses, certainement.
Présidente (Mme Chassé) : M. le ministre.
M. Jolin-Barrette :
Non.
Mme Robitaille :
...choses n'étaient pas là avant qu'on ajoute.
M. Jolin-Barrette :
Bien, Mme la Présidente...
La Présidente
(Mme Chassé) : Oui, je vous écoute.
M. Jolin-Barrette :
Juste un...
La Présidente
(Mme Chassé) : Oui, allez-y.
M. Jolin-Barrette :
...un tour de roue, là, là-dessus, là. Si on veut améliorer des choses, là, il
faut apporter des changements, hein? Dans
notre rôle de législateur, là, si on veut moderniser, améliorer, changer,
bonifier, bien, oui, il faut apporter des changements à la loi, hein?
Moi, je ne suis pas satisfait de la situation actuelle en matière
d'immigration. Je veux m'assurer que le
Québec fasse mieux, que la société québécoise fasse mieux, hein? Moi, dans le cadre de ma job, bon, je dépose un projet de
loi pour m'assurer que les personnes immigrantes
bénéficient de davantage de services, pour s'assurer que les personnes immigrantes
qu'on sélectionne répondent aux besoins du marché du travail, pour diminuer les
taux de surqualification des personnes immigrantes dans le cadre de leur
emploi, pour m'assurer qu'il y ait un parcours personnalisé, pour m'assurer, Mme la Présidente, qu'on s'assure que
chaque personne est en emploi en fonction de ses compétences, qu'on
puisse franciser les gens, les accompagner avec leurs familles, avoir des
agents d'intégration, que la société québécoise fasse tout son possible pour
assurer l'intégration des personnes immigrantes. On a été chercher 146 millions par année pendant cinq ans,
42 % d'augmentation du budget. Honnêtement, nous, on fait notre travail,
là, hein? On s'assure de moderniser
le système d'immigration. Il faudrait peut-être réaliser, de l'autre côté,
qu'on souhaite adopter le projet de loi justement pour améliorer l'état
général des personnes immigrantes ici, au Québec, et leur intégration.
La Présidente (Mme
Chassé) : Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé?
Robitaille : Juste une question, oui. Est-ce qu'on pourrait demander à
une compagnie, disons une compagnie, là,
qui est partout au Québec... Est-ce qu'on pourrait comme condition demander à
une compagnie d'obliger de... si on embauche cette personne-là, de
l'obliger à rester... Disons qu'elle a des entreprises à Chibougamau, à La
Tuque puis à Québec, est-ce qu'on
pourrait... ou si elle a des usines à La Tuque, Chibougamau ou Québec, est-ce
qu'on peut obliger cette compagnie-là, de dire : O.K., tu peux engager ce
gars-là, mais il va falloir qu'il reste à La Tuque, par exemple, pendant
trois ans? Est-ce que ça, ça peut être une condition qui peut être imposée à
l'employeur?
La Présidente (Mme
Chassé) : M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : La réponse à cette question-là, c'est non, parce que la condition que
vous soulevez vise le travailleur,
vise le résident permanent. Vous ne pouvez pas faire indirectement ce que vous
ne pouvez pas faire directement.
Robitaille : Donc, ça me rassure, parce que ça va à l'encontre, comme
il le sait... Oui, mais on peut demander quand même à la compagnie
qu'elle...
La Présidente (Mme
Chassé) : Oui, M. le ministre.
Jolin-Barrette : Avançons, là, Mme la Présidente, avançons.
Présidente (Mme Chassé) : Ah! Bon. Alors, ça clôt le propos du
ministre. Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Mme Anglade :
Parlons d'avancement.
Robitaille : Vas-y, vas-y, vas-y.
Mme Anglade :
Parlons d'avancement.
La Présidente (Mme
Chassé) : Nous vous écoutons.
Mme Anglade :
J'aimerais ça proposer un amendement, mais je vais tester le...
La Présidente (Mme Chassé) :
Allez-y, Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Anglade : C'est parce qu'il y a d'autres personnes qui parlent en même
temps...
La Présidente (Mme
Chassé) : Bien oui! Nous vous écoutons.
Mme Anglade :
Je voudrais proposer un amendement. Il est évident que, dans cet article-là,
l'enjeu, c'est les conditions qu'on impose à l'employeur, qui ne sont pas
claires. Est-ce que le ministre est ouvert à faire ce qu'on a fait précédemment
dans d'autres articles, à savoir que «peut par règlement»... est-ce qu'il
présenterait le premier règlement qui serait
associé à ça, et qu'on ajoute le même règlement ici? J'aimerais proposer...
Puis il me dit non, qu'il n'est pas ouvert. Aïe! Il était ouvert avant-hier, hier, puis là il se referme, là. Il est
peut-être de mauvaise humeur, le ministre, là. Il ne faut pas laisser la
mauvaise humeur nous gagner, M. le ministre. Je pense que c'est très pertinent,
le propos que je tiens, que de pouvoir
ramener ça, le premier règlement, ici, parce que ce sont des conditions que
l'on mettrait pour un employeur, résidence permanente. Et là il me dit : Non, non, non de la tête. Il va
expliquer pourquoi il dit : Non, non, non de la tête. Donnez-lui la
parole, s'il vous plaît.
La Présidente (Mme
Chassé) : M. le ministre.
Jolin-Barrette : Est-ce qu'il y a un amendement qui est déposé?
La Présidente (Mme
Chassé) : Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Anglade : Ah, je peux certainement le déposer. Je voulais lui donner
une... je voulais avoir une perspective de sa part. Je pense que ce serait judicieux. Mais je peux très bien
déposer un amendement, ça me fait plaisir de déposer un amendement.
Jolin-Barrette : Est-ce que ça va faire une différence si je commente
avant ou après?
La Présidente (Mme
Chassé) : Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Mme Anglade :
On avance, on avance.
M. Jolin-Barrette : Non, mais je veux savoir, je veux savoir : Est-ce que la députée
de Saint-Henri—Sainte-Anne
va déposer son amendement de toute façon?
Mme Anglade :
Par souci de transparence...
La Présidente (Mme
Chassé) : Est-ce que vous désirez aller hors d'ondes?
Mme Anglade :
Non. Non, non, pas du tout.
Jolin-Barrette : Non.
La Présidente (Mme
Chassé) : O.K. On poursuit, on poursuit en ondes.
M. Jolin-Barrette : Moi, je veux juste avancer, Mme la Présidente. Mais il faut arrêter de
s'enfarger dans les fleurs du tapis.
Présidente (Mme Chassé) : Très bien. Très bien. Non, c'est beau. Donc,
la parole est à la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Allez-y.
Mme Anglade :
Par souci de transparence et de collégialité dont parlait le ministre plus tôt,
je lui dis : Je pense qu'on se retrouve
dans la même situation que l'article précédent... en fait, on est venus amener
cette modification à l'article précédent,
à l'article 9. La raison pour laquelle on a amené l'amendement
initialement, c'était pour amener
plus de transparence puis nous assurer que, s'il y avait
des conditions qui étaient amenées, il
y avait un règlement
qui était amené, il y avait une visibilité pour les parlementaires,
qu'on puisse en discuter. Le ministre a alors été ouvert, il a dit : Très
bien, le premier règlement pourrait être présenté en commission parlementaire.
raison pour laquelle je pose la question, en toute collégialité, c'est que, si le ministre
avait une objection majeure que je n'avais pas vue puis il avait vraiment
un problème avec ça, je dirais : Bien, effectivement, peut-être
que ce n'est pas pertinent, puis il y avait un élément que je n'avais
pas vu. Mais, s'il n'y en a pas, ça va me faire plaisir de déposer cet amendement.
Je le sens ouvert. Je le sens ouvert.
La Présidente (Mme
Chassé) : M. le ministre, est-ce que vous désirez commenter?
M. Jolin-Barrette : Mme la Présidente, on ne commencera pas à toutes les fois à venir
en commission parlementaire sur chaque fois que le gouvernement adopte un règlement. Alors,
il y avait une situation exceptionnelle en guise d'ouverture pour
l'article 9 pour laquelle j'ai accepté. Je n'accepterai pas pour
l'article 10.
La Présidente (Mme
Chassé) : Mme la députée.
Mme Anglade : Quels étaient les
éléments exceptionnels de l'article 9 qui font qu'ils ne sont pas
applicables à l'article 10?
La Présidente (Mme Chassé) : M. le
ministre.
Jolin-Barrette : Mme la
Présidente, le Parti libéral faisait une condition associée à l'article 9,
hein, c'était une de ses conditions,
alors on a rempli les conditions du Parti libéral. Là, on se retrouve à
l'article 10, il n'est pas nécessaire de venir en commission parlementaire pour l'édiction d'un règlement en lien
avec les employeurs. On va consulter les employeurs, comme on l'a dit à
l'article 8.
La Présidente (Mme Chassé) : Merci,
M. le ministre. Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Anglade : Honnêtement, je ne vois pas pourquoi on n'est pas... Je
comprends qu'on ne doive pas aller avec un règlement pour chacun des articles,
mais là on vient quand même changer quelque chose d'important, on impose
des conditions à un résident permanent, ce qu'on ne faisait pas avant, ça ne
s'était pas fait avant.
Et, si on
retourne à l'article 9, où on impose des conditions qui affectent la
résidence permanente, ça ne se faisait pas avant, on veut le détailler,
on veut avoir une visibilité par rapport à ça, on amène le même niveau de
transparence. Moi, je pense qu'on est sur
les mêmes principes. Au contraire, je penserais même, d'un point de vue légal,
que ce serait peut-être encouragé par vos gens de dire...
La Présidente (Mme Chassé) : Je ne
suis pas certaine d'avoir compris ce que vous avez dit, pour bien vous suivre, vous avez dit : Des conditions qu'on
impose à un résident permanent. C'est ce que vous avez dit sur
l'article 10? Je veux être certaine d'avoir bien compris.
Jolin-Barrette : Mme la Présidente.
La Présidente
(Mme Chassé) : Oui, M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Juste rappeler à la députée de Sainte-Anne, là, si elle lit le texte
actuel de l'article 29, là, adopté par la députée de Notre-Dame-de-Grâce, qui fait
partie de sa formation
politique : «Un employeur qui souhaite embaucher un ressortissant étranger peut présenter au
ministre, dans les cas et aux conditions déterminés par règlement du
gouvernement, une demande de validation de son offre d'emploi.
«Les conditions qui s'appliquent à un employeur lorsqu'il
embauche un ressortissant étranger à la suite de la validation de son
offre d'emploi sont déterminées par règlement du gouvernement.» C'est ce qui avait
cours déjà, hein?
La Présidente
(Mme Chassé) : Oui, Mme la députée.
Anglade : Attention! Ce n'est pas la même chose. Attention, ce n'est
quand même pas la même chose. Vous avez ici «ressortissant étranger»,
vous avez dans l'autre cas «un résident permanent», ce n'est pas la même chose.
«Le gouvernement peut, par règlement, déterminer les conditions que doit
respecter un employeur qui souhaite embaucher un
résident permanent». Ce n'est pas un ressortissant étranger, nous avons fait déjà
la définition de l'un et de l'autre, on l'a clarifiée dans l'amendement
que vous avez vous-même déposé.
Donc, je
pense que ce sera tout à fait pertinent d'amener cet amendement-là qui ferait
en sorte que... Et puis je n'irai même
pas... Puis, très franchement, ce qu'on avait soumis, ce qu'on avait soumis au
ministre à l'époque, c'était que les trois
premiers règlements fassent
partie de la commission parlementaire. On s'est
entendus avec le ministre pour le premier règlement. Je pense que c'est simplement le reflet de ce qui a été fait
dans l'article précédent, et ça m'apparaît être un élément important de cet article. En fait, c'est l'élément
le plus important de l'article pour notre formation politique, en termes de
transparence. Je vois que le ministre dit non de la tête. Mais je le sens
toujours ouvert, je sens quand même une ouverture.
La Présidente (Mme Chassé) : Est-ce
que vous désirez commenter? Oui, M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Bien, moi, Mme
la Présidente, là, je suis toujours ouvert, constamment, mais il faut faire en sorte d'avoir des amendements qui vont vraiment
s'inscrire dans le cadre législatif et faire cheminer les choses. La députée
de Saint-Henri—Sainte-Anne nous dit : Non, non, 29,
antérieurement, ça ne s'adressait pas aux résidents permanents. Oui, ça s'adressait aux résidents permanents, le
libellé était différent. 29, ça visait toujours les personnes en situation
permanente, tandis que 15 visait les
temporaires, donc, et le libellé n'était pas le même, mais ça couvrait ces
personnes-là. C'est pour ça qu'on
avait déjà deux articles, on avait déjà 15 puis on avait déjà 29. 15
s'appliquait aux temporaires, 29 s'appliquait aux permanents. Donc, le
mot n'était pas là, mais c'est ce que ça voulait dire.
La Présidente (Mme Chassé) : Merci.
Mme Anglade : Le mot «ressortissant
étranger» voulait dire «permanent»?
Jolin-Barrette : Oui, parce qu'ils l'embauchent pourquoi? Ils
l'embauchent pour...
Mme Anglade : Bien, je ne pense pas
que ça voulait dire ça, M. le Président... Mme la Présidente. À vérifier, à
vérifier. Je veux dire, le mot «ressortissant étranger», dans cet article-là,
voulait dire «résident permanent»?
Jolin-Barrette : À la suite
de la validation de son offre d'emploi, il devenait nécessairement résident
permanent.
La Présidente (Mme Chassé) : Merci,
M. le ministre. Madame...
M. Jolin-Barrette : Quand, là,
l'offre d'emploi...
La Présidente (Mme Chassé) :
Allez-y.
Jolin-Barrette : ...est
faite, là, c'est un ressortissant étranger, mais les conditions associées à
cela... Bien, quand tu lui imposes les conditions, il devient résident
permanent parce qu'il est rendu ici puis il travaille ici.
La Présidente (Mme Chassé) : Mme la
députée.
Anglade : Alors, pourquoi est-ce qu'on aurait écrit le mot «résident
permanent»? On le dit combien de fois, que
le législateur, hein, ne parle pas pour rien. Pourquoi il n'aurait pas écrit
«résident permanent» plutôt que «ressortissant étranger»?
La Présidente (Mme Chassé) : M. le
ministre.
M. Jolin-Barrette : Bien, ça, il
faudrait demander à la députée de Notre-Dame-de-Grâce. Moi, j'amène de la
clarification.
La Présidente
(Mme Chassé) : Monsieur... Madame... Oh! j'allais vous appeler «M. le
député». Mme la députée.
Mme Anglade : J'aimerais proposer un
amendement.
La Présidente (Mme Chassé) : Nous
vous écoutons.
Mme Anglade : J'aimerais proposer un
amendement.
Présidente (Mme Chassé) : Alors, je vous invite à le lire, je vous
invite à le lire. Vous me le soumettez. On va aller hors d'ondes.
Mme Anglade : Je ne sais pas ou...
Est-ce qu'on a terminé? Moi, je peux terminer là-dessus.
Présidente (Mme Chassé) : Est-ce que vous désirez commenter, M. le
ministre, avant qu'elle soumette son amendement?
M. Jolin-Barrette : Bien, je voulais
juste que la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne soit d'accord avec moi.
La Présidente (Mme Chassé) : Mme la
députée.
Mme Anglade : Vous savez le nombre
de fois dans ma vie où j'ai été d'accord avec le ministre?
M. Jolin-Barrette : Combien de fois?
Mme Anglade : On pourrait le
compter, je pense.
La Présidente (Mme Chassé) : O.K.
Alors, je vous invite...
M. Jolin-Barrette : Ah! Non,
attendez, je n'ai pas fini, Mme la Présidente.
Mme Anglade : Alors, ceci étant...
M. Jolin-Barrette : Je n'ai pas
fini.
La Présidente (Mme Chassé) : Oh!
Alors j'octroie les droits de parole.
M. Jolin-Barrette : Mme la
Présidente.
Présidente (Mme Chassé) : M. le ministre, allez-y.
Jolin-Barrette : Bien, Mme la Présidente...
La Présidente (Mme
Chassé) : Je vous écoute.
M. Jolin-Barrette : ...certainement que la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne a été d'accord avec moi au moins,
au moins, Mme la Présidente, au minimum,
plusieurs mois entre 2011 et 2012. Ça, Mme la Présidente, j'en suis convaincu,
que la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne
était d'accord avec moi.
La Présidente (Mme
Chassé) : Et là je vous arrête ici, M. le ministre...
Mme Anglade :
Mais là je...
La Présidente (Mme
Chassé) : C'est clair qu'on est hors propos, et j'arrête...
Jolin-Barrette : Même, Mme la Présidente...
La Présidente (Mme
Chassé) : M. le ministre, je vous arrête.
Jolin-Barrette : ...post, post 2012.
Présidente (Mme Chassé) : M. le ministre! M. le ministre, je vous
arrête à l'instant. Mme la députée, est-ce que vous déposez votre
amendement?
Mme Anglade :
Oui, mais je vais quand même me permettre de dire que je pense qu'il surestime
grandement...
La Présidente (Mme
Chassé) : Vous avez 30 secondes maximum, par équité.
Anglade : ...grandement les moments où nous avons été d'accord sur bien
des sujets. Ça pourrait faire
partie d'une discussion ultérieure, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme
Chassé) : Mais vous pourriez devenir encore plus d'accord plus
longtemps.
Mme Anglade :
Vous n'aimeriez pas que vous... Je n'aimerais pas vous voir fâchée, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme
Chassé) : Mais je vous souhaite...
Mme Anglade :
Et moi, je respecte vos règles.
La Présidente (Mme
Chassé) : Je vous souhaite d'être d'accord.
Anglade : Ceci étant, j'aimerais déposer, donc, l'amendement, qui se
lirait comme suit... Je peux le lire, tout simplement, puis on va le
déposer?
La Présidente (Mme
Chassé) : Allez-y.
Jolin-Barrette : Mme la Présidente, question de règlement.
La Présidente (Mme
Chassé) : Je vous écoute, M. le ministre.
Jolin-Barrette : Bien, je veux vous confier quelque chose, Mme la
Présidente.
Mme Anglade :
Bien, rappelez-le à l'ordre d'avance. Vous pouvez d'avance...
La Présidente (Mme
Chassé) : Mme la députée, la parole est au ministre.
M. Jolin-Barrette : Je crois avoir été trompé durant des moments parce que je croyais avoir
été en accord avec la députée de
Saint-Henri—Sainte-Anne à
plusieurs occasions entre 2011 et 2012, mais je constate aujourd'hui que j'ai
été trompé. J'en suis déçu!
Présidente (Mme Chassé) : Merci, M. le ministre. Mme la députée, je
vous invite à lire votre amendement, et nous irons hors d'ondes par la
suite.
Mme Anglade : Je sais...
Présidente (Mme Chassé) : Je vous invite à lire votre amendement.
Mme Anglade :
Mais je sais que le ministre...
La Présidente (Mme
Chassé) : Mme la députée, je vous invite...
Mme Anglade :
...pourra s'en remettre.
La Présidente (Mme
Chassé) : Mme la députée, je vous invite à lire votre amendement.
Mme Anglade :
Il pourra se remettre de cette tragique situation.
La Présidente (Mme
Chassé) : Lisez votre amendement.
Mme Anglade :
Alors, je lis.
Jolin-Barrette : Mon coeur saigne.
La Présidente (Mme
Chassé) : M. le ministre!
Anglade : Son coeur saigne. Il dit que son coeur saigne, Mme la
Présidente. On essaie de faire avancer le projet de loi. Son coeur
saigne. Mme la Présidente, je vous demande de lui apporter un peu de réconfort.
Ceci
dit : «19.2. Le premier règlement pris en vertu de l'article 29 de la
Loi sur l'immigration au Québec, édicté par l'article 10 de la présente loi, doit faire l'objet d'une étude
par la commission compétente de l'Assemblée nationale, avant son
édiction par le gouvernement, d'une durée maximale de trois heures», avec un
«s».
La Présidente (Mme
Chassé) : Très bien, donc «trois heures» avec un «s».
Je suspends
momentanément les travaux. Merci.
(Suspension de la séance à
17 heures)
Présidente (Mme Chassé) :
Alors, nous sommes de retour. Donc, Mme
la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne, vous m'avez soumis un amendement,
mais, pour pouvoir déposer cet amendement-là, il faut suspendre les discussions
sur l'article 10 pour s'en aller vers des discussions sur l'article 19, puis par la
suite il y aura consentement pour pouvoir revenir à l'article 10.
La Présidente (Mme
Chassé) : Très bien.
Anglade : Alors, il faudrait qu'il y ait consentement pour aller à l'article 19.2 pour
que je puisse déposer mon amendement.
La Présidente (Mme
Chassé) : On va faire ça.
Mme Anglade :
Le ministre connaît ma bonne foi sur ce sujet-là. Il la connaît. D'ailleurs,
c'est une bonne foi légendaire.
Jolin-Barrette : Légendaire.
Mme Anglade :
Légendaire.
Présidente (Mme Chassé) :
Là, en ce moment, juste pour être certaine, est-ce que
vous êtes en train d'introduire...
Mme Anglade :
Mais non, mais c'est parce qu'il faut qu'il y ait consentement...
La Présidente (Mme
Chassé) : Juste un moment...
Mme Anglade :
...consentement pour...
Présidente (Mme Chassé) :
Oui, oui. Je m'en occupe, de ça, là, mais je veux juste m'assurer avant... Je
me demandais si vous alliez
introduire votre amendement. Donc, est-ce
qu'il y a consentement pour suspendre les discussions à l'article 10 pour s'en aller vers des discussions à l'article 19, pour pouvoir
recevoir l'amendement? Et par la suite ce sera un consentement pour
revenir à l'article 10.
Mme Anglade :
C'est par souci de cohérence. C'est ça qu'on avait fait au 9, c'est par souci
de cohérence, si on veut le déposer.
La Présidente (Mme
Chassé) : Pour introduire l'article 19.2. Ça fait que
l'article 19.1...
Mme Anglade :
Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Chassé) : Oui, Mme la députée.
Mme Anglade :
Lorsqu'on avait introduit l'autre amendement, on l'avait amené à 19.1
simplement parce que c'était mieux, parce
que vos personnes légales avaient dit que c'était plus pertinent de l'amener à
ce moment-là. Donc, de suspendre le
10, on va au 19, puis on revient au 10 après. Moi, je trouve qu'aller vers le
19, c'est toujours une belle tendance. Mais on a besoin de votre
consentement pour y aller, pour que je dépose l'amendement.
La Présidente (Mme
Chassé) : M. le ministre.
Jolin-Barrette : Mais je me demande pourquoi est-ce qu'on n'adopte pas
tous les articles jusqu'à 19, puis là, à 19.1, là, vous allez pouvoir déposer
votre amendement. Il me semble que ça serait encore plus efficace.
La Présidente (Mme
Chassé) : Mme la députée.
Anglade : Je souhaite pouvoir faire avancer les travaux. Puis ce
point-là est spécifiquement relié à l'article 10, donc je préférais
le faire adopter plus tôt que tard. Puisqu'on est sur le sujet, donc je
préférais le faire, et, s'il y a une ouverture de votre part, ça va aller
extrêmement vite. Je vous assure, je ne commenterai pas beaucoup l'amendement.
30 secondes.
La Présidente (Mme
Chassé) : M. le ministre.
Jolin-Barrette : Ah! Est-ce que c'est un engagement?
Mme Anglade :
Ah! c'est un engagement ferme.
Jolin-Barrette : Ferme.
La Présidente (Mme
Chassé) : M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : D'accord. Alors, oui, il y a consentement, mais par la suite j'aimerais
avoir des explications sur la bonne foi légendaire. Je n'ai pas entendu
cette légende-là, alors j'aimerais ça avoir des explications.
Présidente (Mme Chassé) : Et en même temps je vous invite à revenir
sur le sujet. Donc, y a-t-il consentement pour suspendre les discussions à l'article 10 pour se diriger vers
l'introduction de l'article 19.2 qui sera proposé par la députée de
Saint-Henri—Sainte-Anne?
Il y a consentement?
Jolin-Barrette : Consentement.
Présidente (Mme Chassé) : Merci. Donc, Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne, nous vous écoutons pour nous
introduire l'article 19.2.
Anglade : J'ai promis, avec ma bonne foi légendaire, que je ne
parlerai que 30 secondes là-dessus. Le premier règlement que l'on présente ici, c'est un peu à
l'image de ce qui a été fait dans l'article 8, c'est-à-dire de donner une
visibilité, une transparence par rapport aux règlements qui seraient
émis. Et on pense que c'est important de le faire parce qu'on introduit la
notion de résident permanent puis des conditions à l'employeur. On pense que ce
serait une bonne chose.
La Présidente (Mme
Chassé) : Y a-t-il d'autres interventions sur... Pardon, oui?
La Présidente (Mme
Chassé) : Ah bon! Très bien, merci. Mon doux, le temps passe.
Alors, nous
suspendons les travaux pour distribuer l'amendement qui vient d'être déposé par
la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
(Suspension de la séance à 17 h 14)
Présidente (Mme Chassé) :
Nous sommes de retour. Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne, la parole est à vous...
Mme Anglade :
J'allais raconter une anecdote.
La Présidente (Mme
Chassé) : ...pour nous introduire...
Mme Anglade :
Ah non! Mais je l'ai déjà introduit, l'amendement, là. Bien, en fait, j'ai...
Là, là...
La Présidente (Mme Chassé) : C'est vrai! Bien là, on essaie de refaire les
choses dans l'ordre, parce
qu'habituellement on le lit, puis ensuite on l'introduit. Mais il est
suffisamment introduit, je suis d'accord avec vous. Est-ce qu'il y a des interventions concernant l'article 19.2?
Puisqu'il n'y a pas d'intervention... Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne, il y a une intervention?
Anglade : Bien oui! Je veux entendre le ministre. Je veux entendre le
ministre sur l'amendement que nous proposons, quand même, minimalement.
La Présidente (Mme
Chassé) : M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Mais, Mme la Présidente, comme je l'ai dit, il n'est pas nécessaire que
le premier règlement vienne en
commission parlementaire. J'apprécie l'effort effectué par la collègue de
Saint-Henri—Sainte-Anne.
Cela étant dit, nous l'avons fait pour l'autre article, pas pour
celui-là. Il ne faut pas que ça devienne une pratique.
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci, M. le ministre. Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Mme Anglade :
Je suis déçue. Je suis déçue. Je le sais, que ça vous arrive. Mais là je suis
déçue du fait que le ministre n'accepte pas
cet amendement qui, je crois, nous amène dans la bonne direction. Et j'espère
qu'il n'osera pas qualifier cet
amendement de farfelu, parce que je crois bien que c'est le mot qu'il a utilisé
aujourd'hui en Chambre. J'espère qu'il ne le qualifiera pas de cette
manière-là parce que, clairement, ce n'est pas un amendement qui est farfelu.
Cela dit, est-ce
qu'il y a une ouverture, pour le ministre, si on se rend à l'article 19,
d'ajouter cet amendement?
La Présidente (Mme
Chassé) : M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Mme la Présidente, je ne crois pas qu'il soit nécessaire d'avoir cet
article-là. De la façon dont les
règlements sont édictés au Québec, ils sont... C'est un pouvoir habilitant
qu'on donne au gouvernement pour adopter des règlements, et on ne commencera pas à faire étudier tous les
règlements par les commissions parlementaires pertinentes. C'est le propre d'une habilitation réglementaire
dans une loi, c'est de faire en sorte que le règlement puisse décréter, Mme la
Présidente.
Présidente (Mme Chassé) : Merci, M. le ministre. Mme la députée de
Saint-Henri—Sainte-Anne,
est-ce que vous désirez intervenir?
La Présidente (Mme
Chassé) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'article 19.2 qui a été introduit au projet
de loi n° 9? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous
allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'article 19.2 est adopté?
Mme Anglade :
Vote par appel nominal.
La Présidente (Mme
Chassé) : Donc, il y a un vote par appel nominal. Mme la secrétaire.
La Secrétaire :
Mme Anglade (Saint-Henri—Sainte-Anne)?
La Secrétaire :
Mme Robitaille (Bourassa-Sauvé)?
La Secrétaire :
M. Tanguay (LaFontaine)?
La Secrétaire :
M. Jolin-Barrette (Borduas)?
M. Jolin-Barrette : Contre.
La Secrétaire :
Mme Lachance (Bellechasse)?
La Secrétaire :
Mme Lecours (Les Plaines)?
Mme Lecours (Les Plaines) : Contre.
La Secrétaire :
M. Bélanger (Orford)?
La Secrétaire :
M. Skeete (Sainte-Rose)?
La Secrétaire :
M. Martel (Nicolet-Bécancour)?
Martel : Contre.
La Secrétaire :
Mme Jeannotte (Labelle)?
La Secrétaire : M. Fontecilla
(Laurier-Dorion)?
M. Fontecilla : Pardon, moi?
M. Fontecilla : Oui, pour.
La Secrétaire : Mme Perry
Mélançon (Gaspé)?
Mme Perry Mélançon : Pour.
La Secrétaire :
Mme Chassé (Châteauguay)?
La Présidente (Mme Chassé) :
Abstention.
L'amendement qui introduisait
l'article 19.2 au projet de loi est rejeté. Nous suspendons les
discussions à l'article 19.2 et nous revenons aux discussions à l'article 10.
Y a-t-il consentement? Y a-t-il consentement?
Une voix : Consentement.
Présidente (Mme Chassé) : Merci. Y a-t-il d'autres interventions concernant l'article 10 déjà
amendé? Alors, s'il n'y a pas d'autre... Il avait été amendé cet article-là,
Mme la secrétaire? J'essaie de revenir dans les...
La Présidente (Mme Chassé) : Il
avait été amendé. Y a-t-il d'autres interventions? Oui, M. le député de
Laurier-Dorion. Allez-y.
Fontecilla : Oui, j'avais une question, quelque chose qui me taraude
depuis tantôt. Un citoyen canadien a accès à un emploi selon... la façon dont on le connaît, là, mais cet
article-là me pose la question de l'égalité. De façon indirecte, là, est-ce que... Un résident permanent a-t-il la même
égalité à un emploi, étant donné les contraintes qu'il pourrait avoir sur
un employeur, là?
Donc, un
résident permanent s'en va voir un employeur : J'ai besoin de travailler.
Mais l'employeur, pour x raison, étant
donné les obligations qu'on lui demande et le régime des sanctions qui vient
avec, peut dire : Ah! c'est trop compliqué d'embaucher ce résident permanent, je préfère ne pas lui donner
l'emploi. Donc, est-ce qu'il y a une possibilité d'atteinte aux droits à l'égalité dans l'obtention d'un
emploi, d'un gagne-pain? Est-ce que le ministre a considéré cette
possibilité-là?
La Présidente (Mme
Chassé) : M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : L'objectif, là,
de l'assise législative qu'on se donne, là, c'est de faire en sorte de
favoriser l'intégration des personnes immigrantes. C'est un article, là, qui
vise à faire participer l'ensemble de la société civile.
C'est comme
si le député de Laurier-Dorion me disait : Écoutez, il y a des normes
applicables au niveau des congés de
maternité et donc ça pénaliserait les femmes qui sont enceintes. Non. La loi
prévoit que vous ne pouvez pas discriminer, et ça va être la même chose
au niveau des personnes immigrantes. Ce n'est pas possible de discriminer.
Donc, la
condition, là, vise l'employeur. Elle ne vise pas la personne immigrante.
L'objectif de la loi et de l'article, c'est
de faire en sorte que l'ensemble des acteurs de la société participent à l'intégration
des personnes immigrantes. Il faut arrêter de chercher des poux où il
n'y en a pas, là.
La Présidente (Mme Chassé) : Ça
conclut votre propos, M. le ministre?
M. Jolin-Barrette : Oui.
La Présidente (Mme Chassé) : Très
bien, merci. M. le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Je comprends tout à
fait l'explication du ministre. Je suppose que toutes les entreprises vont s'y conformer. Mais, pour l'exemple que le
ministre m'a donné, dans le cas d'un congé de maternité, c'est tout à fait
différent, souvent, dans la grande
majorité des cas, les femmes sont déjà à l'emploi. Il y a tout un appareillage
réglementaire qui vient autour de
cette question-là, des suivis médicaux qu'on peut prouver, etc. Ce n'est pas la
même chose lorsqu'on cherche un emploi où ça se fait vraiment, souvent
de façon très rapide, de façon relativement informelle, etc.
Donc, je
comprends les explications du ministre. Je présume la bonne foi de toutes les
entreprises du Québec en ce domaine,
mais il peut toujours y avoir des effets délétères. Et je rappelle qu'il peut y
avoir, évidemment... Ce n'est pas tout le
monde qui se conforme aux lois, malheureusement, et c'est pour ça qu'on adopte
le régime des sanctions, d'ailleurs, là. Donc, cette possibilité peut se produire, mais, bon, espérons que ce ne
sera pas le cas, qu'il n'y aura pas des effets indésirables avec
l'adoption de cet article-là.
Présidente (Mme Chassé) : Très bien. Y a-t-il d'autres interventions
concernant l'article 10 amendé? Mme la députée de Bourassa-Sauvé,
nous vous écoutons.
Mme Robitaille : En fait, les
conditions à l'article 9 et les conditions à l'article 10, est-ce
qu'elles seront aussi arrimées? Tu sais, on
impose des conditions aux résidents permanents, mais est-ce que ces
conditions-là vont être en cohérence avec les conditions que l'on posera
à l'employeur?
La Présidente (Mme Chassé) : M. le
ministre.
Jolin-Barrette : Mme la
Présidente, on a abondamment discuté de l'article 9, on a discuté de
l'article 10, hein? C'est deux
articles différents, ce n'est pas les mêmes règlements, hein? Actuellement, on
n'a pas rédigé de règlement sur l'article 10.
Alors, je pense que c'est important de le dire. On me demande de répondre à une
question hypothétique d'un règlement qui n'est pas toujours écrit.
Présidente (Mme Chassé) : Mme la députée de Bourassa-Sauvé. Ou M. le
député de LaFontaine? Allez-y.
M. Tanguay : Tout à fait. Puis
je lis les articles, l'article 9 avec l'article 10. Lorsque l'on
parle des conditions que doit respecter un
employeur, est-ce que l'aspect de besoins régionaux pourrait figurer
parmi les conditions? Autrement
dit,
si vous êtes un employeur, vous avez un bureau à Montréal, un bureau en
Gaspésie, par exemple, et que vous embauchez cette personne, ça pourrait être une condition de
dire : Parfait, mais il ne travaillera pas à Montréal,
il va travailler en Gaspésie.
La Présidente (Mme Chassé) : M. le
ministre.
M. Jolin-Barrette : Les résidents
permanents ont la libre circulation sur le territoire.
La Présidente (Mme Chassé) : M. le
député.
M. Tanguay : Donc, les résidents permanents... On ne pourrait
pas avoir cette telle condition là, autrement
dit, pour les résidents permanents.
Jolin-Barrette : Bien, je comprends que le collègue de LaFontaine participe avec enthousiasme à nos travaux aujourd'hui,
mais l'ensemble de ces questions-là ont été répondues dans les séances
antérieures.
La Présidente (Mme Chassé) : M. le
député.
M. Tanguay : Je pourrais peut-être
laisser mon avocate...
La Présidente (Mme Chassé) : La
parole est au député...
M. Tanguay : ...dire le
contraire.
Présidente (Mme Chassé) :
Juste un tout petit moment. La parole est au député, mais là je constate que la
députée de Saint-Henri... Je
laisse la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne
intervenir. Allez-y.
Anglade : Là, j'appelle à la bonne foi du ministre, parce qu'à plusieurs
reprises il y a des questions que nous avons
posées, qui ont été répondues une fois, deux fois, ce n'était pas toujours
clair à préciser. Je pense que la question de mon collègue est totalement pertinente. Dans ce que le ministre nous
répond, il dit, dans le fond : La mobilité ne sera pas une
condition à la résidence permanente. C'est ça qu'il vient de répondre.
La Présidente (Mme Chassé) : M. le
ministre.
M. Jolin-Barrette : Ça a toujours
été le cas.
Anglade : Si vous voulez ajouter des conditions à la résidence
permanente, il pourrait y avoir des conditions associées à la mobilité. Ça a toujours été le cas jusqu'à présent,
jusqu'à tant que vous négociiez avec le fédéral et que vous décidiez, peut-être, si vous êtes un fin et très
bon négociateur, que la mobilité soit un des éléments que vous aimeriez
ajouter.
Donc, vous répondez : La mobilité, ça a
toujours été le cas. C'est vrai, il n'y a pas de changement par rapport à la résidence permanente, mais c'est vous qui
voulez ajouter des conditions. Excusez-moi, Mme la Présidente, je m'adresse
à vous. Mme la Présidente, c'est le ministre
qui veut ajouter des conditions, donc la question se pose. Je ne dis pas que ça
a toujours été le cas. C'est comme on
veut ajouter de nouvelles conditions, ça pourrait figurer parmi les conditions,
d'où la pertinence du précédent amendement que je déposais, de vouloir
discuter de ces conditions.
Présidente (Mme Chassé) : M. le ministre, est-ce que vous désirez
intervenir? M. le député de LaFontaine, vous voulez reprendre la parole
ou, non, ça va?
M. Tanguay :
Je suis comme le ministre, là, face à l'explication très claire de ma collègue,
je ne vois pas ce que le ministre pourrait répondre d'autre que de
concéder le point par son silence, là.
La Présidente (Mme Chassé) : M. le
ministre, vous voulez...
M. Tanguay : ...façon d'aller
le chercher, je savais qu'il n'aurait pas résisté à ça.
La Présidente (Mme Chassé) : Ah!
Wow! M. le ministre.
Jolin-Barrette : Mme la
Présidente, le collègue de LaFontaine est habile, puis c'est pour ça que je
l'aime. Je ne peux pas acquiescer,
bien entendu, il me force à commenter, à intervenir. C'est une bonne technique,
ça. C'est comme une technique de psychologue, hein, hum-hum, puis là ça
vous invite à parler.
Alors, je ne suis pas d'accord avec ce que la
députée de Saint-Henri—Sainte-Anne
dit.
La Présidente (Mme Chassé) : Très
bien. Juste un petit moment. Qui se signifie?
Mme Anglade : Bien, moi, je me
signifie.
La Présidente (Mme Chassé) : La
députée de Gaspé s'était signifiée.
Présidente (Mme Chassé) : Vous avez raison. Mme la députée de Gaspé,
est-ce que vous désirez intervenir à ce stade-ci?
Perry Mélançon : À ce stade-ci. Bien, je me suis signifiée, là, je ne
sais pas où est-ce qu'on en est rendu avec les...
La Présidente (Mme Chassé) : ...on y
Mme Perry
Mélançon : On y va. Donc, moi, je veux revenir encore sur ma question
initiale, une question de principe, selon
moi, là, plus que de technicalité, parce que je pense qu'on s'entend sur
l'objectif, par exemple, d'imposer des conditions, aux employeurs, qui vont faciliter l'intégration
des personnes qui sont en demande de résidence permanence et qui ne sont
pas encore en sol québécois ou en sol
canadien pour le moment. Mais justement j'aimerais... Ma question au ministre,
c'est : Est-ce que ça lui prend...
À quel moment est-ce qu'un ressortissant étranger peut se sentir comme un
Québécois? Est-ce que ça prend une validation de la
citoyenneté ou ça prend une validation du Canada, pour le ministre, pour qu'un
ressortissant étranger puisse commencer à se sentir comme étant
Québécois, ayant les mêmes droits que les Québécois?
La Présidente (Mme
Chassé) : M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Mme la Présidente, j'aimerais avoir davantage de clarification
relativement à la question, je ne suis pas sûr de saisir le sens de la
question.
La Présidente (Mme
Chassé) : Mme la députée de Gaspé.
Mme Perry
Mélançon : Donc, bien sûr, je fais référence à l'ajout dans l'article
de la mention des résidents permanents qui sont
déjà établis au Québec. Donc, j'aimerais peut-être reposer ma question pour
être certaine d'avoir bien compris si
les résidents permanents qui sont déjà établis au Québec, par exemple depuis
trois ans, quatre ans, 15 ans, seront touchés? Là, il va me dire que
c'est les employeurs qui sont touchés par cet article-là, mais est-ce qu'on
parle des résidents établis depuis plusieurs
années au Québec et qui souhaiteraient, par exemple, changer d'emploi? Est-ce que ça les concerne dans le libellé de
cet article-là?
La Présidente (Mme
Chassé) : M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Mme la Présidente, la collègue de Gaspé a tout à fait raison, ça
touche les employeurs et non pas les
résidents permanents. Et donc, tel que je l'ai mentionné tout à l'heure, par loi réglementaire, on viendra spécifier, si jamais il y a un règlement qui est adopté, les
modalités d'application du règlement.
L'objectif, et je le réitère, de l'article, c'est de faire en sorte que les entreprises, les employeurs participent à
l'intégration des personnes immigrantes. C'est un
article qui est
positif, qui vise à faire en sorte de s'assurer que l'ensemble des partenaires
de la société civile participent à l'intégration des personnes immigrantes.
La Présidente (Mme
Chassé) : Merci, M. le ministre. Mme la députée de Gaspé.
Perry Mélançon : Bien, oui, puis, quand on m'explique ça comme ça, je
trouve que, justement, quand j'arrive en
disant que ça ne devrait pas toucher les résidents permanents qui ont déjà les mêmes
droits et que ce n'est pas ceux qu'on vise
dans cet article-là... Parce que, justement, ils sont intégrés, alors pourquoi
on les rajoute? C'est quoi, l'idée derrière ça, alors qu'on les
considère comme des Québécois et surtout qu'ils se considèrent comme des
Québécois?
Donc,
moi, j'ai de la difficulté quand j'entends, des deux côtés, là, Parti libéral
et la CAQ, dire que les résidents permanents, finalement, sont des immigrants,
on parle d'immigrants, de ressortissants étrangers, alors qu'on devrait parler
de Québécois, puisqu'ils ont les
mêmes droits et que, pour nous, le Parti québécois, on les considère comme des
Québécois, les résidents permanents. Donc, je réitère ma question :
Pourquoi est-ce qu'on a ajouté volontairement la précision que ça touche
aussi les résidents permanents qui sont déjà établis au Québec?
La Présidente (Mme
Chassé) : Oui, très bien. M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Bien, Mme la Présidente, je ne suis pas sûr de saisir, là, mais on...
Dans la conception, là, à partir du moment où quelqu'un immigre au
Québec, hein, jour un, là, on arrive à Dorval, là, la personne obtient sa
résidence permanente sur le territoire
québécois, c'est un résident permanent et c'est un Québécois, on s'entend
là-dessus? O.K. Est-ce que ça lui
enlève sa qualification de personne immigrante? Je ne le crois pas. Jour un,
là, que vous arrivez au Québec, là, vous êtes une personne immigrante...
Mme Perry
Mélançon : Mais, pour vous, est-ce que...
M. Jolin-Barrette : ...vous arrivez d'un autre pays et vous venez vous établir au Québec.
Donc, oui, vous êtes un Québécois,
qui a immigré au Québec. Et on veut vous offrir des services d'intégration, de
francisation, d'employabilité, tout ça, et c'est les sens de
l'article 10 qu'on met. Alors, ce n'est pas en opposition, là, ça va
avec, là, vous êtes Québécois, mais vous êtes immigrant également.
Mme Perry
Mélançon : ...Québécois.
Jolin-Barrette : Donc, je ne vois pas où est l'enjeu, là.
La Présidente (Mme
Chassé) : On s'en vient vers vous. Oui, Mme la députée, vous avez tout
votre temps.
Mme Perry
Mélançon : Donc, pas tout à fait Québécois, de ce que je comprends de
la réponse du ministre. C'est-à-dire,
quelqu'un qui a déjà obtenu sa résidence permanente et que ça fait plusieurs
années, pour lui, de ce que je comprends,
c'est que c'est une fois la citoyenneté canadienne qu'on peut commencer à se
sentir comme étant plus avec l'étiquette
d'immigrant ou bien intégré, parce que, sinon, il y aura toujours place à
amélioration de l'intégration de ce résident permanent là. Alors, on souhaite pouvoir imposer des conditions à ces
résidents permanents là de plusieurs années établies au Québec.
Bien, c'est parce que, tu sais, il
nous parle de mesures d'intégration, puis ça, on s'entend là-dessus, mais je
trouve que, justement, on passe à
côté... Parce que, là, on nous dit que ça va être par règlement, et tout, puis,
parce qu'on veut travailler, on parle
qu'on est action, mais il y a beaucoup, beaucoup de mesures dont on a fait
mention, qu'on a proposées. Ce n'est pas
la première fois que je propose des mesures puis qu'on ne va pas au fond des
choses, par exemple d'appliquer la
loi sur la charte française dans les
entreprises de moins de 50 employées, par exemple. On pourrait travailler
là-dessus, ça permettrait un meilleur
apprentissage du français, ou toutes sortes d'autres mesures qui ne sont pas
prises en compte. Et là on nous dit
plutôt qu'on va imposer aux employeurs, mais je ne trouve pas que c'est dans le
but nécessairement de faciliter l'intégration
de ces résidents-là, je trouve que ça va justement viser une catégorie de
résidents permanents qui ne devrait pas
se retrouver dans le projet de loi, alors qu'on dit qu'ils sont... On les
considère déjà intégrés. Alors, pourquoi le préciser?
La Présidente (Mme
Chassé) : M. le ministre, vous désirez commenter?
M. Jolin-Barrette : Mme la Présidente, lorsqu'on immigre dans un pays, là, on est une
personne immigrante et on va le demeurer toute notre vie, là, c'est un état de
fait. Il n'y a rien de péjoratif là-dedans, là. Ça
n'enlève pas moins notre qualité de Québécois ou de Québécoise ou de citoyen ou de citoyenne canadienne, lorsque
la personne obtient sa citoyenneté. Vous
faites
partie à part entière de la société, là. Ce n'est pas en opposition. Mais une
personne qui a immigré et que ça fait 20 ans
qu'elle a immigré dans un pays demeure une personne immigrante, elle a immigré
dans un pays. C'est le sens de l'immigration, versus la personne est née dans un pays,
donc elle n'a pas immigré. C'est un état de fait, c'est uniquement cela, il n'y a rien de péjoratif
là-dedans.
pense qu'il faut nommer les choses par leur nom. Et l'ensemble du projet de loi vise à faire en sorte que... Les
personnes qui quittent leur pays d'origine
pour venir au Québec, on souhaite les accompagner, s'assurer qu'il y ait toutes
les ressources pour faciliter leur
intégration. Parce que ce n'est pas simple de partir de son pays d'origine,
d'arriver dans une nouvelle société,
de trouver un emploi, d'apprendre la langue et d'évoluer dans la nouvelle
société. Puis, pour le Québec, qui est une société accueillante, nous,
ce qu'on fait, c'est qu'on déploie les ressources pour ce faire.
Donc, je ne suis pas
sûr de suivre la députée de Gaspé, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Chassé) : Mme la députée de Gaspé, est-ce que vous désirez poursuivre?
Mme Perry
Mélançon : Bien, j'ajouterais simplement que, pour moi, ce n'est pas à
la société ou au Québec d'imposer cette
étiquette-là d'immigrant ou de faire sentir cette personne-là comme si elle va
toujours le demeurer, même si ce
n'est pas péjoratif, le but étant de les intégrer et qu'ils se sentent
Québécois au maximum. Mais, justement, c'est que je trouve que ça ne va pas
assez loin dans ce qu'on tente de faire, c'est-à-dire que, même pour quelqu'un,
justement, qui est... Quelqu'un qui
est né... un enfant qui est né ici et qui a des problèmes d'apprentissage du
français toutes ces années-là, bien, ce n'est pas une mesure qui va non plus se
pencher sur ce problème-là. Donc, je comprends l'objectif, mais je trouve
qu'on n'arrive peut-être pas avec les bons moyens pour y arriver ou on ne vise
peut-être pas les bonnes personnes.
Mais je vais
m'arrêter là, parce que je vois les gros points d'interrogation dans le visage
du ministre, mais, pour moi, c'est très clair que les résidents permanents déjà
établis au Québec doivent garder les mêmes droits que les Québécois et que, là, je trouve qu'on vient un peu
jouer là-dedans, alors que, pour nous, ça a toujours été clair qu'un résident
permanent est un Québécois à part entière,
qu'il est considéré tel que les autres Québécois et que, dans une recherche
d'emploi, il ne devrait pas avoir une condition de plus qui lui soit
imposée.
La Présidente (Mme
Chassé) : M. le ministre, allez-y.
M. Jolin-Barrette : Je veux juste être clair, là, tout le monde a les mêmes droits, là,
hein? Les résidents permanents, les citoyens canadiens, ils ont les mêmes
droits. La différence, c'est le droit de vote, hein? Donc, il n'y a aucune
distinction.
sens de l'article, c'est pour faire en