National Assembly — 15 February 2024 (43rd Legislature, 1st Session)
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29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)
28e législature, 5e session (24 février 1970 - 12 mars 1970)
28e législature, 4e session (25 février 1969 - 23 décembre 1969)
28e législature, 3e session (20 février 1968 - 18 décembre 1968)
28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)
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27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
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27e législature, 2e session (21 août 1963 - 23 août 1963)
27e législature, 1re session (15 janvier 1963 - 11 juillet 1963)
26e législature, 2e session (10 novembre 1960 - 10 juin 1961)
26e législature, 1re session (20 septembre 1960 - 22 septembre 1960)
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13e législature, 3e session (7 janvier 1915 - 5 mars 1915)
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Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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jeudi 15 février 2024
Vol. 47 N° 4
Étude du rapport préliminaire de la Commission de la représentation électorale
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
11 h
11 h 30
12 h
12 h 30
13 h 30
14 h
14 h 30
15 h
15 h 30
16 h
Journal des débats
11 h (version non révisée)
(Onze heures vingt minutes)
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je
déclare la séance de la Commission de l'Assemblée nationale ouverte. La
commission est réunie afin de poursuivre l'étude du rapport préliminaire de la Commission
de la représentation électorale.
Et avant de commencer, je sollicite votre
consentement afin de permettre au député de Jean-Lesage de remplacer le député
d'Hochelaga-Maisonneuve pour la durée de la séance. Est-ce qu'il y a
consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Consentement.
Alors, je vous rappelle, pour les
auditions de ce matin, comme c'était précédemment le cas, que chacun des
députés dispose de 20 minutes pour intervenir, c'est un maximum de 20 minutes,
avec la Commission de la représentation électorale. Et aujourd'hui, la première
intervention sera celle de Mme la députée de Mille-Îles puisque...
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : ...puisqu'il sera question de la région de Laval. Alors,
Mme la députée, la parole est à vous pour une durée... maximum de
20 minutes.
Mme Dufour : Merci, M. le
Président. Alors, d'abord, j'aimerais saluer les membres de la commission qui
sont ici, mais... Donc, je vais saluer, là, les membres de la Commission de la
représentation électorale, donc, M. Blanchet, Jean-François Blanchet,
président et directeur général des élections, ainsi que les commissaires,
Mme Édith Gravel et M. Bouchard. Je vous remercie donc d'être
présents ici et de... Quand même, depuis mardi, vous êtes... vous écoutez les
députés, alors je vous remercie. Et je voudrais évidemment remercier le... le
ministre qui... qui nous fait l'honneur de sa présence, le ministre des
Institutions démocratiques, ainsi que toute la banquette ministérielle et... et
je crois que c'est ça. Et ma collègue députée de Chomedey, qui pourra... qui
pourra entendre les commentaires concernant Laval.
Donc, il est important pour nous de... il
est important de nous entendre, nous les députés élus, parce que le rôle qu'on
représente... On représente les citoyens de nos... nos comtés et des régions
d'où on provient, et nous sommes appelés à les accompagner dans tout ce qui est
gouvernemental, à prendre des décisions, légiférer. C'est donc... On est là
pour défendre les intérêts. Et il y a eu des consultations sur la refonte... la
refonte à la carte électorale à Laval, il y a quelques... quelques... quelques
semaines, quelques mois, de mémoire, et de la commission, là, de refonte, on a
été informés qu'une
partie de la circonscription de ma collègue Chomedey serait
transférée vers la circonscription de Laval-des-Rapides et qui deviendrait...
Cette circonscription-là deviendrait alors en excédant, ce qui ferait que, par
un jeu de dominos, ma circonscription, la circonscription de Mille-Îles, elle
hériterait d'un secteur qui est... qui est conscrit, là, entre
l'autoroute 19 et Notre-Dame de Fatima, au sud du boulevard Saint-Martin
Est. Dit comme ça, c'est... ça a l'air de rien, mais en fait, ça représente
quand même quatre nouvelles écoles primaires, deux résidences... deux très
grandes résidences pour personnes âgées et même une église patrimoniale
supplémentaire. Donc, quatre écoles primaires supplémentaires, ce n'est quand
même pas rien. Et je dois dire que déjà la circonscription de Mille-Îles est...
est la plus grande de Laval. Elle représente près du tiers du territoire,
principalement parce qu'on a un très, très grand secteur agricole. On a
beaucoup de terres agricoles. Mais moi... Tu sais, pour les gens de la région
de Montréal qui sont députés, bien moi, me déplacer d'un bout à l'autre de mon
comté, ça peut me prendre 35 minutes facilement, alors que dans... tu
sais, si on change de ville normalement. Mais là, moi, je suis juste à
l'intérieur de mon comté.
Là, ce que je voudrais souligner, c'est
que les données qui ont été utilisées pour les circonscriptions lavalloises se
sont basées principalement sur l'émission des permis de construction à Laval.
Et donc c'est avec ces données qu'on a prédit la croissance démographique de
chaque circonscription. L'enjeu majeur qu'on voit avec l'utilisation des permis
de construction, c'est qu'ils ne tiennent pas en compte les prévisions réelles
de croissance. En effet, il y a plusieurs projets qui ont été mis sur pause
dans les trois dernières années partout au Québec, là, notamment dû à la Covid,
ça a créé une incertitude économique. Il y a eu une pénurie mondiale des
matériaux et, on l'a vu, là, dans la dernière année et demie, une hausse
majeure des taux d'intérêt. Donc, ça, ça a fait un ralentissement.
Mais à Laval, il y a une situation
particulière qui a retardé encore plus les projets, les demandes de permis de
construction. C'est qu'on a fait à Laval une refonte majeure des règlements
d'urbanisme qui s'est échelonnée, là, sur plus de trois ans. Et donc aucune
nouvelle demande de changement de zonage n'a été acceptée par la ville entre
2019 et 2022. Et, si je ne me trompe, les demandes qui ont été analysées, les
demandes de permis qui ont été utilisées, bien, elles ont été faites dans ces
années-là. Et je peux vous dire, je connais très, très bien cette situation-là,
là, parce que j'étais responsable de l'urbanisme à Laval, comme élue municipale
jusqu'en novembre 2021. Donc... donc, je connais l'état qu'il y avait plusieurs
promoteurs, plusieurs projets qui ont été mis sur la glace du fait de ce... de
cette refonte. Il y a eu, c'est vrai, des permis de construction qui ont pu
être déposés, là, il n'y a pas de doute, mais seulement pour des projets qui
étaient déjà conformes au zonage en vigueur à l'époque, donc avant... avant le
gel, le gel, là, qui a commencé en 2019, le gel des demandes de changement de
zonage. Il y a une... vraiment une très grande...
Mme Dufour : ...majorité des
projets qui ont plutôt été mis sur pause par les développeurs et les
constructeurs immobiliers parce qu'ils impliquaient des changements de zonage
pour notamment augmenter la densité. Puis, on l'a vu avec tous les coûts qui
ont augmenté, mais pour qu'ils soient rentables, il fallait augmenter la
densité, et pour augmenter la densité, ça impliquait d'avoir cette grande
refonte de changement de zonage, de cette grande refonte d'urbanisme là,
qu'elle soit en vigueur, et qu'ensuite ils puissent avoir des demandes de
changement de zonage.
La circonscription Mille-Îles, c'est
d'ailleurs un des secteurs, probablement le secteur qui pouvait... qui pourrait
voir la plus forte croissance à Laval au cours des deux prochaines décennies,
parce qu'il y a un immense secteur. Je vous ai dit que j'avais le plus grand
comté... circonscription. Il y a un immense secteur qui s'appelle Val des
Ruisseaux qui est appelé à se développer, qui n'est pas en zone agricole mais
qui présentement n'est pas développé, et ça pourrait devenir vraiment un très,
très, très grand quartier.
Et il y a aussi une forte croissance qui
est prévue dans Chomedey, la circonscription de ma collègue, et dans
Laval-des-Rapides, parce que ces deux circonscriptions là, on y trouve trois
stations de métro et on sait que, aux abords des stations de métro, on va
développer beaucoup plus dense dans les prochaines années. Et il y a aussi tout
le secteur du centre-ville de Laval qui est en développement, et donc on
devrait... Ça fait que ces trois circonscriptions-là, on pourrait voir la plus
forte croissance de Laval. Donc, le jeu de dominos risque de continuer à se
faire.
Maintenant, je voudrais mettre l'emphase
sur une suggestion qui a été proposée pendant la consultation sur la refonte à
la carte électorale, celle qui s'est tenue à Laval. Un citoyen a proposé de
déplacer, de changer le secteur de Val des Brises vers la circonscription de
Vimont sur la base d'une supposée affinité naturelle et le fait qu'apparemment
que l'autoroute quatre 440 représenterait une barrière qui ferait qui ne serait
pas naturellement reliée au reste de la circonscription de Mille-Îles.
Moi, je dois dire que ce n'est pas du tout
le cas, il n'y a aucune affinité naturelle entre Val des Brises et le secteur
de Vimont. Ça n'existe pas. D'ailleurs, il y a une autoroute, une autre
autoroute qui fait une grande barrière entre les deux, c'est
l'autoroute 19 et entre Vimont et Val des Brises, là, c'est... ça, ça, ça
ne circule pas si simplement que ça. Et en fait, les enfants du secteur de Val
des Brises s'en vont... Toutes les écoles où ils sont assignés sont dans la
circonscription de Mille-Îles, plusieurs dans Duvernay notamment, un autre...
un autre quartier, un autre secteur de ma circonscription, et les commerces...
et Val des Brises est... a vraiment plusieurs commerces de proximité. Alors, il
n'y a pas... il y a... les sites, il faut que... les gens vont naturellement
vers Vimont, ça n'existe pas. Alors j'aime... j'aimerais vraiment, là, et je
termine là-dessus, inviter les...d les commissaires à maintenir le secteur de
Val des Brises dans la circonscription de Mille-Îles. Voilà. Alors, ça termine
mon allocution et je vous remercie à tous pour votre écoute.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Merci beaucoup, Mme la députée de Mille-Îles. Maintenant,
je vais permettre à l'équipe du... de la commission de pouvoir intervenir et
réagir. Alors, je comprends que ,Mme Gravel, vous souhaitez intervenir, je vous
cède la parole.
Mme Gravel (Édith) : Oui.
Bonjour, Mme la députée, juste pour bien comprendre votre propos, vous avez
bien expliqué le jeu de cascades, là, au moment des débuts de travaux de la
commission, c'était effectivement la circonscription de Chomedey qui présentait
une croissance importante et, avec les projections démographiques, laisse à
penser, là, que justement, il y aurait peut être un écart à la moyenne
supérieure. Donc, évidemment, par la proximité, il y a ce jeu de cascades et ce
fait de Chomedey vers Laval-des-Rapides, vers Mille-Îles. Est-ce que je
comprends que le découpage qui est proposé dans le rapport préliminaire de la
commission convient ou vous le questionnez par rapport au fait que peut-être la
croissance est moins au rendez-vous qu'anticipé?
• (11 h 30) •
Mme Dufour : Non, au
contraire, je crois que la croissance va être bien plus grande que celle qui
est anticipée.
Mme Gravel (Édith) : D'accord.
Mme Dufour : Et pas...
Chomedey, en fait, ce qui arrive, c'est que... et puis, là, je peux vraiment
bien parler parce que je connais bien les zonages. Chomedey avait déjà un
zonage de grande densité, donc les permis, les demandes de permis pouvaient
continuer dans Chomedey. D'ailleurs, il y a plusieurs projets qui sont déjà en
construction. Par exemple la l'ancienne récréathèque, c'est un immense projet
qui est en construction présentement. Mais ce n'est pas le cas dans Laval-des-Rapides.
Par exemple, Laval-des-Rapides va être appelé à se densifier beaucoup plus, et
il y avait besoin de la refonte des règlements d'urbanisme pour que les projets
puissent être déposés. Je pense notamment, là, autour de la station Cartier, il
y a... il y a une énorme refonte du... bien, en fait, revitalisation du
boulevard des Laurentides...
Haut de la page
11 h 30 (version non révisé
e) Mme Dufour : ...qui va se
faire près de la station. Il y a des milliers d'unités qui s'en viennent. C'est
juste qu'au moment que la commission a regardé les données, elle n'avait pas
ces demandes de permis là, parce que ce n'était pas possible de déposer les
demandes. Dans Mille-Îles, il y en a une, une portion, que c'est aussi cette
situation-là.
Par contre, il y a tout un secteur qui est
en... qui va se développer, comme je disais, c'est le secteur
Val-des-Ruisseaux. Ça pourrait venir plus vers la prochaine... Tu sais, je ne
pense pas que, dans les prochains quatre ans, ça va exploser, mais dans le
prochain cycle, il faudra le prendre en compte, parce que là, ça pourrait
vraiment amener, là, des... Tu sais, on peut parler, certainement, de plus de
10 000 personnes, là, qui... 10 000 unités, pardon, dans le secteur.
Donc, pensons au nombre d'électeurs, là, c'est énorme. Mais c'est sûr que
Mille-Îles, c'est quand même le comté le moins populeux actuellement, donc je
pense qu'il y a place à croissance de ce côté-là. Mais Laval-des-Rapides, cet
effet domino là va continuer, parce qu'il va croître beaucoup plus que ce qui
avait été... ce que je crois que les projections que vous avez regardées vont
réellement, là, donner.
Mme Gravel (Édith) : Parfait.
Merci pour les précisions.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Est ce qu'il y a d'autres interventions auprès de... Non, il n'y a pas d'autre
intervention? Mme la députée de Mille-Îles, il vous reste quand même du temps.
Est-ce que vous souhaitez poursuivre un peu l'intervention? Il reste 8 min 48 s.
Mme Dufour : M. le Président,
je suis attendue dans une autre commission parlementaire, alors je ne les ferai
pas attendre indûment. Merci.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Bien, je vous remercie, à ce moment-là, puis de votre contribution à la
commission aujourd'hui. Merci de votre travail. Alors, nous allons maintenant
procéder à la prochaine audition, et nous allons parler de la
Capitale-Nationale. Et je vais céder la parole à M. le député de Jean-Lesage. M.
le député, vous avez droit à un maximum de 20 minutes pour votre intervention.
M. Zanetti : Merci beaucoup, M.
le Président. Merci à vous, à la commission, d'être présent ici et de venir
nous entendre par rapport au redécoupage de cette carte. Il n'y a pas
énormément de changements dans la Capitale-Nationale. Cela dit, je vais avoir
quand même quelques commentaires à faire. Si je, disons, commence par ce que je
connais le mieux, la circonscription de Jean-Lesage, je mentionne que, bon, ses
frontières ne changent pas. Je pense que c'est une bonne chose. Quand on pense,
mettons, à la cohérence, mettons, des communautés, et tout ça, le grand Limoilou
doit rester ensemble, là. Lairet, Maizerets, Vieux-Limoilou, Stadacona, tout
ça, c'est comme une communauté vraiment séparée par, tu sais, la rivière
Saint-Charles, bordée par des autoroutes, puis ça fait que... bon, les
autoroutes, c'est une autre affaire, là, mais, je veux dire, ça crée une
communauté où... qui est cohérente, et sociologiquement. Bon, c'est sûr que
la... ce qui est étonnant dans Jean-Lesage puis Montmorency, c'est le fait qu'on
coupe Beauport en deux mais on le coupe à, probablement, la moins pire place,
là, la rivière. Donc, tu sais, d'un point de vue, aussi, du transport des gens,
où est-ce qu'ils vont, les écoles, les bassins, là, tout ça, c'est... il y a
une cohérence, quand même, là-dedans, puis, bon, ça ne change pas, alors c'est
une bonne chose, voilà.
Je remarque quand même, en regardant les
caractéristiques démographiques puis son évolution, que Jean-Lesage est comme
un peu en dessous de la moyenne des circonscriptions, avec 45 000
électeurs. Mais ça, je veux dire quelque chose par rapport à ça, là. C'est une
des circonscriptions, à Québec, sinon celle où il y a le plus d'immigrants, ou
presque. En tout cas, il faudrait le vérifier, là, je n'ai pas les chiffres les
plus à jour, là, mais il y en a beaucoup, justement, dans Jean-Lesage, et ça
fait en sorte que... dont la charge de travail, pour un bureau de
circonscription, est élevée par ça, parce qu'évidemment on ne défend pas juste
des électeurs. Tout le monde qui a moins de 18 ans, on les défend pareil. Les
gens qui sont... qui ont... qui ne sont pas encore citoyens, pas encore
électeurs, on les défend. Dans les cas de... cas citoyens, là, je n'ai pas
demandé à mon équipe de me sortir les chiffres exacts du pourcentage, mettons,
de citoyens qui sont des cas d'immigration, mais c'est très élevé, là, c'est...
Mettons, je pourrais dire assez, de façon conservateur, que c'est le tiers,
minimum, là, tu sais, minimum. Et en termes de nombre d'heures aussi, quand on
sait que c'est... les démarches d'immigration sont longues et pénibles, hein, c'est...
les dossiers restent ouverts longtemps. Donc, c'est quelque chose dont il faut
tenir compte, puis c'est quelque chose dont... on a plus clairement dans les
quartiers centraux qu'ailleurs parce que les immigrants ont tendance à s'installer
plus dans les quartiers densément peuplés de la capitale. Donc, c'est quelque
chose à tenir en compte quand on regarde le découpage, je voulais le
mentionner.
Sinon, j'ai un commentaire sur... En fait,
le seul changement qui arrive dans la Capitale-Nationale... Bien, ce n'est pas
vrai, non, il y a... bien, il y a... c'est la circonscription de Vanier, puis
Portneuf-La Peltrie, là. C'est... Mon intervention va porter particulièrement
sur la frontière Vanier-Les Rivières...
M. Zanetti : ...La Peltrie.
C'est sûr que Vanier-Les Rivières, donc, il y a une augmentation de la
population, tout ça, des applications qui se construisent plus au sud de la
circonscription. Puis je dirais que d'un point de vue de la cohérence des
communautés sociologiques et puis des intérêts politiques à défendre puis de,
tu sais, les intérêts qui sont similaires puis le genre de vécu puis de
problèmes auxquels font face les gens, on dirait que c'est vraiment quelque
chose qui change du sud au nord, là, c'est-à-dire que plus on est au sud, plus
ça se ressemble. Plus on est au nord, plus ça commence à être différent. Donc,
dans un souci de garder des communautés, disons, sociologiquement cohérentes,
j'ai l'impression que le quartier, là, qui est enlevé n'est peut-être pas celui
qui a le plus de sens parce que, justement, Vanier, Duberger ont plus de
cohérence, par exemple, que Vanier et le nord de la circonscription. La perte
d'une section, par exemple, au nord du boulevard de Lormière... Non, pardon,
pardon. C'est la perte d'une
section qui serait au nord, dans la
section nord
de l'avenue Chauveau, par exemple, ça serait... ça aurait plus de sens.
Évidemment, là, je comprends qu'il n'est
pas question, dans le redécoupage, de changer la circonscription de Chauveau,
mais peut-être que La Peltrie pourrait faire un petit développement vers l'est.
En tout cas, je vous envoie là des idées, là. Tu sais, la principale
préoccupation, c'est qu'est-ce qui est plus cohérent avec Vanier, Duberger ou
le Nord? Puis la réponse, c'est Duberger. Ça fait que je soumets cette
réflexion.
Sinon, pour ce qui est de la
Capitale-Nationale, ça ressemble à ça. Je ferai quelques petites remarques,
peut-être plus, comme, nationales, là. En passant, évidemment, bien, bon, vous
l'avez vu dans les médias, là, tu sais. Puis je comprends bien, je le mentionne
ici, mais, tu sais, je comprends que ce n'est pas de votre ressort le nombre de
circonscriptions. Vous travaillez avec des limites légales qui sont imposées
par la loi décidée par les législateurs, mais je trouve ça toujours un peu
crève-cœur quand il s'agit de retirer des circonscriptions au Québec parce
qu'on retire de la représentation et on pourrait, je pense, facilement éviter
ça en augmentant à 129 le nombre de circonscriptions. Je comprends que, pour la
commission, ça serait probablement difficile parce qu'il faudrait comme
recommencer à zéro ce travail-là, mais, en même temps, entre ça puis faire
perdre la représentation politique ou avoir des circonscriptions en Gaspésie
qui se parcourent en six heures de voiture, puis des élus municipaux qui vont
avoir de la misère à avoir leur rendez-vous avec leur député parce qu'ils vont
être bien trop nombreux par député, je pense que c'est moins pire que la CRE,
disons, soit contrainte par la loi à revoir un redécoupage, ou, du moins, peut
être qu'il serait plus simple, en fait, on vous enlèverait des dilemmes. La
prochaine réflexion serait peut-être plus rapide parce qu'on dirait :
Bien, on n'enlève pas de circonscriptions. Puis s'il y a vraiment besoin d'en
rajouter, là où il y a une augmentation de la population, on le fait peut-être.
Donc, voilà. Tu sais, ça n'a pas changé
depuis 1989. On a 2 millions de personnes de plus au Québec. On a,
comparativement au reste du monde, une démocratie quand même, vous permettrez
le terme, l'emprunt au grec ancien, «extra light» en termes de quantité d'élus
par population. Donc, je pense que c'est quelque chose qui mérite d'être
réfléchi, et ça, c'est l'essentiel. Ceci conclut l'essentiel des réflexions que
j'avais à vous partager.
• (11 h 40) •
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Merci beaucoup, M. le député de Jean-Lesage. Alors, je
vais permettre aux membres de la CRE de pouvoir émettre certains commentaires
s'ils le souhaitent.
M. Blanchet (Jean-François) : M. le député, question par rapport à Vanier-Les Rivières,
justement, est-ce que ça vient du milieu ou c'est votre... comment, analyse?
Est-ce que vous l'avez entendu sur le terrain, quand même, ou aux confrères,
ou...
M. Zanetti : C'est notre
analyse, et personne n'est venu nous dire... Je pense que c'est quand même
un... tu sais, au niveau comme micro comme ça, un petit changement de
frontière, je pense que les gens ne sont pas au courant, honnêtement, là. C'est
comme, mettons, fusionner deux circonscriptions en Gaspésie. Ça, c'est
spectaculaire. Évidemment, tout le monde en parle, les gens le savent. Mais ce
petit changement là, bien honnêtement, on n'est pas allés solliciter non plus
des avis, mettons, de conseillers municipaux ou des choses comme ça. Tu sais,
ça pourrait être intéressant de le faire, effectivement, mais c'est plus notre
perception basée sur l'expérience du terrain, tu sais, à la fois en campagne
électorale, hors campagne électorale. C'est là qu'on voit un peu puis qu'on...
c'est notre perception, la perception des gens aussi de Québec qui sont
impliqués en politique puis qu'on a consultés.
M. Blanchet
(Jean-François) : Parce que, lors de
l'audience...
M. Blanchard (Jean-François) : ...à
Québec, si je me rappelle bien. On n'a pas eu... Je pense qu'il n'y a personne
qui est venu nous parler de la Capitale-Nationale. Je vous rappelle qu'il est
toujours le temps de... s'il y a des personnes, des élus qui veulent nous
soumettre quand même des recommandations ou des commentaires. Ce serait
apprécié avant que la décision finale soit rendue.
M. Zanetti : Parfait. Je vais
transmettre le message.
M. Blanchard (Jean-François) : C'est
bon. Nous, c'est... ça nous va. Donc...
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : M. le député de Jean-Lesage, il vous reste quand même du
temps. Alors, si vous souhaitez ajouter, vous êtes le bienvenu.
M. Zanetti : Bien, je voulais
parler aussi de la Gaspésie, mais je pense que mon collègue va s'en occuper.
Alors, voilà, merci.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Alors, merci beaucoup, M. le député de Jean-Lesage, pour
votre contribution à la commission. Très agréable. Alors, oui, je vous en prie,
allez-y.
M. Zanetti : Finalement, il
me vient une idée de dernière minute.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Allez-y.
M. Zanetti : Merci pour votre
souplesse. Ce que je disais au sujet de la population, puis dans Jean-Lesage,
la présence d'immigrants, ce que ça donne aussi comme impact sur le bureau de
comté, puis les ressources du bureau de comté. Je pense que c'est vrai aussi
pour la plupart des circonscriptions de Montréal, parce que, bon, il y a comme
projet d'en retirer une, alors. Puis je sais que vous êtes conscients de ça
aussi, là, tu sais, il y a le nombre d'électeurs, mais le nombre de personnes
qui sont là, puis on... plus que les électeurs. Donc, j'amène ça à votre
réflexion aussi pour les circonscriptions dans lesquelles, justement, il y a
une grande présence de non-électeurs, mais qui... que nous servons tout de
même.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Merci beaucoup, M. le député Jean-Lesage. Alors, nous
allons maintenant poursuivre toujours avec la Capitale-Nationale. Alors, je
vais céder la parole à M. le député de Taschereau. Vous avez droit, M. le
député de Taschereau, à 20 minutes, maximum de 20 minutes. Alors, je vous cède
la parole.
M. Grandmont : Parfait. Merci
beaucoup. Merci beaucoup, M. le Président. Bonjour, chers membres de la
commission. Merci de nous honorer de votre présence, puis de nous permettre
aussi d'intervenir comme... comme parlementaires, comme représentants de la
population. Je pense que c'est important. J'ai quand même noté tantôt qu'effectivement
il y a des idées, que mon collègue, là, dans Jean-Lesage amenait, qui n'avaient
pas nécessairement été soulevées par la population lors de vos audiences
publiques. En même temps, il se permet de faire... d'être le relais pour
ramener l'information. Donc, je pense que c'est toujours opportun d'avoir...
d'avoir cette opportunité-là, comme parlementaires, représentants de la
population, de pouvoir vous rencontrer.
D'abord, je vais commencer... on va
commencer par petit puis élargir, si vous permettez, je vais commencer par ma
circonscription, Taschereau, une circonscription, je pense que mes collègues
seront d'accord, c'est la plus belle circonscription au Québec, là, parce qu'on
y siège notamment, mais aussi parce qu'il y a le patrimoine mondial de
l'UNESCO, il y a les... il y a de l'histoire, il y a de la culture, il y a
beaucoup d'enjeux aussi évidemment, des enjeux sociaux, des enjeux de logement.
Mais ça demeure quand même une circonscription où, je dirais, il y a... il y a
une certaine forme d'unité. Moi, c'est ce que j'apprécie de cette... de ce
découpage-là, actuellement. On est dans les... Donc, on est dans quelque chose
qui représente un peu la vieille ville de Québec, les premiers quartiers de
Québec. Bon, il y a tout le Vieux-Québec, il y a Cap-Blanc, le Vieux-Québec
intra-muros, Saint-Roch, Saint-Sauveur, Saint-Jean-Baptiste, Montcalm, et une
partie, là, de Saint-Sacrement. Il y a une communauté naturelle qui... qui s'y
trouve, dans le fond, avec des enjeux qui sont assez uniformes, homogènes en
termes de ce que la population vit. Donc, moi, je pense que c'est une... une
délimitation de circonscription qui vaut la peine de conserver... parce qu'on
la sent, cette unité-là, et évidemment, là, toutes sortes de types de revenus,
toutes sortes... c'est un centre-ville, hein, de Québec, donc c'est normal
qu'on se trouve un peu dans ce genre de situation là. Mais il y a... ça forme
un ensemble, une unité où il y a de la cohérence. Donc, je trouve que c'est
intéressant.
Je ne m'étendrai pas trop sur la carte en
général pour la région de la Capitale-Nationale, mon collègue en a fait part un
peu. Il y a une petite modification qui m'apparaît somme toute mineure, une
correction, en fait, qui me semble adéquate aussi, là, au vu, là, du développement
de la population et l'augmentation de la population dans Vanier-les-Rivières.
Mais, disons, de manière générale, là, pour ce qui est de la
Capitale-Nationale, je ne vois pas trop d'enjeux, ni pour ma circonscription.
Maintenant, j'aimerais aller sur... sur la
suite, en fait, la représentation de la population, pour moi, mon intervention,
elle se base sur deux principes. D'abord, le premier, c'est la question du
nombre de députés. Et puis aussi la question, là, de la quantité de population
totale au sein d'une circonscription et pas seulement le nombre d'électeurs et
d'électrices. Je pense que c'est quelque chose dont on a... on vous a
certainement beaucoup entretenu, là. Évidemment, chaque fois que la carte
électorale est révisée, bien, ça amène son lot, là, de drames. C'est un
exercice difficile que vous avez amené, évidemment, en même temps, c'est normal
aussi de voir à l'amélioration de la carte électorale, parce que la population,
ce n'est pas quelque chose de statique. Le développement des communautés...
M. Grandmont : ...c'est un
événement assez vivant, dans le fond, c'est organique, et il faut évidemment
s'assurer que chaque élu soit en mesure de représenter une population, mais
aussi... Ce qu'on espère toujours aussi, c'est que les citoyens, qu'ils soient
électeurs ou non, soient en mesure d'être bien représentés par la population.
Et donc, dans la révision qui est proposée actuellement, bien, la région de
Montréal perd une circonscription et la Gaspésie également, alors qu'à l'inverse,
bien, le Centre-du-Québec, notamment à Drummondville, les Laurentides,
Saint-Jérôme, se voit octroyé des comtés supplémentaires, alors que la
Gaspésie, en fait, a vu sa population augmenter, moins rapidement qu'ailleurs
au Québec, mais sa population a augmenté quand même. Alors, c'est un peu
étrange de voir qu'on lui retire une circonscription, alors que sa population
continue d'augmenter.
À Montréal, la population a augmenté,
elle, grandement, bien que ça ne soit pas le nombre d'électeurs qui vient d'augmenter,
c'est... le nombre d'électeurs a diminué, mais la population augmente. Mon
collègue tantôt a parlé d'un peu... là, le travail qui est fait dans chacun de
nos bureaux de circonscription. Des cas citoyens, on en a plusieurs. C'est la
grande découverte de mon rôle de parlementaire, c'est de voir combien on est
un... on est sollicités. Puis je vous dirais que mon bureau, là, est formé...
j'ai pu embaucher toute mon équipe, là, il y a à peu près un an. En fait, au
mois de février, on s'est installés dans nos nouveaux locaux, j'avais mon
équipe, trois attachés politiques, et on a, depuis ce temps-là, eu 136 demandes
pour des cas citoyens, donc des gens qui nous contactent, qui ont des enjeux de
logement, de... des enjeux liés à la pauvreté, des enjeux liés à l'immigration,
à la RAMQ, énormément de ce genre de cas-là. Puis, dans les faits, tantôt mon
collègue a glissé un tiers... a estimé à un tiers, mais c'est à peu près ça.
J'ai demandé à mon équipe aussi, là, sur les 136 cas, il y en a eu 52 qui
étaient de fait de personnes ou de groupes de personnes, là, de ménages qui
n'avaient pas le droit de vote. Donc, 52 cas citoyens sur 136. Et ça,
c'est depuis seulement un an. Donc, je vous laisse imaginer au fur et à mesure
que mon bureau va être de plus en plus connu.
On remarque qu'il y a une augmentation du
nombre de personnes ou de groupes qui viennent nous voir parce qu'ils
apprennent que, finalement, je suis disponible. Puis on essaie de régler les
enjeux pour eux, en tout cas, on les accompagne ou on les réfère. Mais vous
voyez qu'en une seule année d'un premier mandat, 36 % des cas, donc 52 sur
136, sont le cas de personnes qui sont... qui n'ont pas le droit de vote. Et
ça, ça représente un immense travail pour nos bureaux de circonscription. On se
doit... Nous, en tout cas, on se donne l'obligation de répondre. Évidemment, on
ne répond pas juste aux gens qui ont le droit de vote, on répond à tout le
monde qui est sur le territoire de notre circonscription. Et ça représente
quand même un travail énorme.
Donc, je serais très curieux, moi, de
voir, du côté de Montréal, ce que ça pourrait avoir comme effet de retirer une
circonscription, parce que l'immigration est fortement implantée. Et il y en a
de plus en plus, des gens qui s'installent, qui arrivent de l'extérieur, qui
s'installent sans droit de vote. Ils sont en attente de l'avoir, ils sont
temporaires, peu importe le statut, mais ça va avoir un impact aussi sur la
capacité des équipes de circonscription de répondre à ces besoins-là, et ils
sont nombreux, ils sont vraiment nombreux.
Donc, moi, je vous invite vraiment à se
questionner, à vous questionner sur la... sur le fait de retirer des
circonscriptions, notamment à Montréal, parce que c'est un enjeu qui risque
d'être très majeur. Puis, une des solutions qui pourrait aider finalement à
nombre... du nombre d'élus, en fait, qui sont... qui siègent à l'Assemblée
nationale. Évidemment, ce n'est pas de votre ressort. Je comprends que vous
êtes en train de faire votre travail. Si on allait pour une refonte de la Loi
sur l'Assemblée nationale... c'est ça, je pense, hein, et donc qui... et on
augmentait le nombre d'élus, bien, ça vous obligerait à peut-être revoir votre
travail, mais je suis sûr que vous êtes capables d'agir avec diligence si
jamais nos collègues du Parlement acceptaient de revoir cette loi-là et de
revoir le nombre d'élus qui nous représentent... qui représentent la population
à l'Assemblée nationale, d'autant plus qu'avec les travaux qui sont attendus à
l'Assemblée nationale en 2026, le salon bleu pourra... pourrait accueillir
129 députés.
• (11 h 50) •
On le sait, là, le nouvel aménagement en
fer à cheval qui a été accepté, voté, et l'agrandissement qui sera... qui en
découlera, dans le fond, permettrait d'ajouter des pupitres, et on pourrait
avoir quatre nouveaux élus à l'Assemblée nationale. Puis c'est le fun de
voir... moi, je... on nous a donné, là, des statistiques qui sont quand même
intéressantes. Bon, je sais que certains aiment bien se comparer à l'Ontario
puis que, bon, le nombre d'électeurs... de personnes élues, de députés, par
exemple, est à 124, pour une population qui est beaucoup plus grande, mais, si
on regarde par rapport à d'autres États, bien, le Québec, le Québec fait pâle
figure, là. Au Québec, on est 125 parlementaires pour une population de
9 millions, c'est à peu près, là, 65... 66...
M. Grandmont : ...électeurs...
population, pardon, et donc personnes par parlementaire. En Autriche, on est
plus à 33 000, en Finlande, on est plus à 26 000, en Nouvelle-Zélande, à
36 000. Donc, on est pas mal tout le temps deux fois plus de personnes par
circonscription qu'au Québec. En Suède, c'est 27 000, en Suisse, c'est 32 000.
Même aux États-Unis, là, au Minnesota, c'est 28 300, puis, au Massachusetts,
35 000.
Comme l'a dit mon collègue tantôt, ça fait
depuis les années 90, à peu près, là, qu'on n'a pas révisé le nombre d'élus à
l'Assemblée nationale. On est 125, la population a quand même... est quand même
passée de 6,8 millions à 9 millions d'habitants. Si on avait suivi, là, cette
espèce d'inflation démographique là, bien, on aurait 158 députés... à
l'Assemblée nationale. Il faudrait un réaménagement substantiel des deux
chambres pour arriver à loger tout ce monde-là, mais tout ça pour dire qu'on a
accumulé à travers le temps un certain retard en termes de capacité à
représenter les citoyens de nos circonscriptions parce qu'on a plus de monde,
tout simplement.
Donc, moi, je pense que c'est une...
Évidemment, ça dépasse votre mandat, mais vous comprenez que, pour nous, c'est
extrêmement important et ça permettrait de résoudre aussi des enjeux comme
celui, là, de devoir éventuellement couper des circonscriptions, alors que les
besoins sont très présents. Mais, comme je vous le disais tantôt, le principe
aussi, c'est vraiment de s'assurer que le découpage des circonscriptions
reflète non pas seulement le nombre d'électeurs, mais le nombre total de
population, de personnes qui y sont présentes, parce que ce n'est pas moins de
travail, en fait, pour les élus, vous savez, les trois rôles que nous avons,
là, législateur, surveillant de l'action gouvernementale, mais aussi
représenter notre monde dans notre circonscription. Si on est appelé à avoir
davantage de monde dans les circonscriptions, causé par un redécoupage qui
n'aurait pas été, disons, enligné sur les bonnes bases, je ne pense pas qu'on
rende service à personne, ni à la fois à la population ni à la fois aux élus
qui vont devoir conjuguer avec ça. Donc, c'est très important.
Maintenant, puisqu'il me reste encore du
temps, je vais me permettre d'aller sur la Gaspésie, puisque ce que mon
collègue a déjà annoncé, là, que j'en parlerais. Comme je l'ai dit tantôt, là,
d'abord, la Gaspésie a vu son nombre de... sa population augmenter, dans les
dernières années, là, elle a crû, elle a augmenté, moins rapidement qu'ailleurs
au Québec mais elle a quand même augmenté, là, on pourrait même s'attendre à ce
qu'elle augmente encore. Le télétravail pourrait amener davantage de personnes
à se déplacer. Il y a peut-être une nouvelle forme d'économie qui va se
développer aussi à travers la possibilité que nous offre la technique, là. S'il
y a un élément positif à la pandémie, c'est bien celui-là, c'est que ça va nous
permettre à travailler à distance, puis peut-être aussi de recommencer à
repeupler, en fait, nos régions qui ont souffert d'un exode rural très
important, donc.
Mais j'aimerais vous amener sur des enjeux
aussi qui découlent, en fait, de la proposition de révision de la carte
électorale. D'abord, fusionner Gaspé et Bonaventure, ça veut dire... bien,
d'abord, en passant de trois à deux députés, ça veut dire 33 % moins de
représentation à l'Assemblée nationale, ce qui est un peu incohérent avec le
fait que, finalement, la population a quand même augmenté. Donc, la population
augmente, puis ils voient la proportion ou la représentativité qu'ils ont à
l'Assemblée nationale diminuer.
Un autre élément aussi, c'est que la
circonscription, les... tu sais, une circonscription qui ferait 450 kilomètres
de long, ça m'apparaît humainement difficile de bien la couvrir. Moi, j'ai la
chance d'être dans une circonscription urbaine, ma campagne électorale, je l'ai
entièrement faite sur le... en utilisant le service de vélo partage de la ville
de Québec, là, les vélos électriques. J'ai fait toute ma campagne électorale à
pied et en vélo. C'est exceptionnel, ce n'est pas tout le monde qui a la chance
de faire ça. C'était le moyen le plus rapide, ça ne me coûtait même pas cher,
en plus, mais là, on est complètement dans un autre extrême, là, 450 kilomètres
de long. Ça veut dire une circonscription qui aurait la taille... qui
impliquerait des déplacements qui équivalent à Québec jusqu'à Gatineau. Comment
voulez-vous qu'une personne arrive à bien faire son travail si elle doit
représenter des gens sur une aussi... sur un aussi grand territoire? J'ai de la
misère à me l'expliquer. Puis, évidemment, ça, c'est en ligne droite, parce
que... ça, c'est si on suit la 132, parce que c'est sans compter qu'il faut
aussi... ce n'est pas une ligne, une circonscription, là, c'est un territoire,
c'est une surface, donc, évidemment, il reste Murdochville, tout l'arrière-pays
aussi à couvrir. Donc, humainement, c'est difficile, et puis c'est se priver ou
c'est priver aussi la population, les citoyens de la présence de leur élu...
puis de pouvoir faire leur travail aussi. Couvrir un territoire qui regroupe
quatre MRC, c'est ça que ça veut dire aussi, là, pour certaines
circonscriptions, c'est 35 municipalités, dont Gaspé et Percé, qui sont
d'immenses territoires...
M. Grandmont : ...les
territoires fusionnés, quatre territoires non organisés, trois communautés
autochtones. Ça, ça fait autant de vis-à-vis aussi que... que... que la
personne élue a à rencontrer puis dont la personne a à porter des messages
aussi. On agit comme courroie de transmission. On est les représentants. Ça
veut dire aussi autant de préfets, de préfètes, de maires, de mairesses que
cette personne-là doit rencontrer pour porter les messages. Ça complique
vraiment beaucoup son travail.
Accepter de fusionner cette gigantesque
circonscription là, c'est accepter de mettre des obstacles considérables pour
les femmes aussi qui voudraient se présenter en politique, qui veulent
concilier la famille et la politique. C'est vrai pour de plus en plus d'hommes,
mais malheureusement, on n'est pas encore rendu à parité là dessus. C'est
beaucoup plus les femmes qui s'occupent de la gestion familiale et c'est un
frein à la présence des femmes en politique aussi. Alors vous imaginez combien
ça peut être difficile de conjuguer la vie familiale, la vie personnelle, avec
un travail qui est aussi demandant. Il y en a qui vont le faire, mais c'est un
frein. On ne peut pas... On ne peut pas nier que ça va être un.
Les députés en région ne représentent pas
juste des électeurs ou une population, ils représentent aussi un territoire,
donc des enjeux relatifs au territoire, la forêt, l'agriculture, les pêches,
les mines, les montagnes, ça ajoute une couche de complexité. Je pense que
là-dessus, tu sais, chaque circonscription vient avec son lot d'enjeux, mais
juste ne pas obliger... ne pas oublier que même dans des circonscriptions
régionales, il n'y a rien d'uniforme, là. Il y a beaucoup de territoire à
couvrir également, beaucoup de types d'entreprises à couvrir également. Et donc
c'est pour ça qu'on pense que c'est une tâche qui est titanesque pour une seule
personne puis que ça sera un recul pour la population, puis aussi pour les acteurs,
les organismes locaux qui... pour qui l'accès au député va être, tu sais,
considérablement compliqué si on retirait une circonscription en Gaspésie.
Donc, voilà. Moi, j'ai... J'ai envie de, peut être, de vous... Bien, je n'ai
pas... Peut-être... C'est peut-être que... En fait, je vais terminer là. Je
vais vous laisser me poser des questions si vous le voulez bien, puis j'en
aurais peut-être d'autres après, si on n'a pas couvert en fait certains
éléments.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Merci beaucoup, M. le député de Taschereau. Alors,
effectivement, il reste 4 min 30 s Je vais céder la parole aux
membres de la CRE qui souhaitent réagir à votre propos.
M. Blanchet
(Jean-François) : M. le député, on vous
a... on vous a entendu. On a entendu de vos confrères. On sait qu'on va
entendre de vos confrères cet après-midi aussi. On est sensibles quand même à
ce que vous dites par rapport aux régions. Mais ça reste quand même, quand on
regarde le poids du vote des électeurs, il y a quand même une très grande
différence. Quand même, on est à moins 40 % en Gaspésie. Donc, c'est
difficile d'aller dire aux gens de Lanaudière, Laurentides-Lanaudière, qui sont
plus 95 000 personnes quand même, qu'on ne fera rien. Donc, c'est...
Je comprends que vous comprenez qu'est-ce qu'on a à faire, mais on est très
sensibles quand même à ce que vous dites. Mais on n'a pas de questions
supplémentaires. Oui.
M. Grandmont : Est ce
que ce que je vous ai dit tantôt, là, que ça pouvait être un frein à la fois à
la représentativité, mais aussi à la participation des femmes à la démocratie,
en fait, à se lancer en politique, finalement, là, est-ce que vous... est-ce
que vous prenez en compte également le fait que le fait de fusionner des
circonscriptions en Gaspésie pourrait être un frein aussi à la participation
des femmes en politique?
• (12 heures) •
M. Blanchet
(Jean-François) : On n'a pas fait d'études
spécifiquement là-dessus, parce qu'il ne faut pas oublier qu'il y a quand même,
même avec la fusion de Gaspé et Bonaventure, ça reste que la circonscription va
être la 11ᵉ plus grande au Québec. Donc, il y en a quand même 10 qui sont
plus grandes, qu'il faut se poser la question est ce qu'ils ont la même
difficulté aussi d'avoir des femmes pour les représenter? C'est sûr que ce
n'est pas un critère qu'on prend systématiquement en compte, là. On marche avec
les données et avec quand même la démographie puis le nombre d'électeurs. Vous
apportez un point, mais qui... qui... qui est considéré quand on parle de quand
même une communauté naturelle ou tout autre aspect qu'on peut évaluer, mais
c'est, je pense, c'est la première fois. Mais merci de nous l'apporter comme...
Je pense, c'est... Vous êtes le premier à le faire quand même.
M. Grandmont : Si je
peux me permettre, j'ai l'impression que vous ne faites pas d'analyse
différenciée selon les sexes, donc, je comprends, dans le processus de révision
de la carte électorale.
M. Blanchet
(Jean-François) : Non, pas
systématiquement, parce que, nous, on traite le nombre d'électeurs. C'est le
poids du vote des électeurs.
M. Grandmont : Oui, oui,
oui.
M. Blanchet
(Jean-François) : Donc, ce n'est pas le...
On ne travaille pas sur le député qui va représenter ces électeurs-là.
M. Grandmont : ...deux choses,
là. D'abord, vous dites, vous fonctionnez avec les électeurs, mais c'est aussi,
selon la loi, vous avez aussi la population. C'est aussi un des critères.
M. Blanchet
(Jean-François) : Oui. C'est-à-dire que
c'est un des critères qu'on peut tenir compte, oui...
Haut de la page
12 h (version non révisé
e) M. Grandmont : ...Bien, j'espère
que vous allez en tenir compte, n'est-ce pas. Puis sinon, mais je vous invite
vraiment à intégrer ça dans... dans... à voir si c'est possible maintenant ou
pour le prochain processus, mais intégrer une analyse différenciée selon les
sexes dans la capacité puis le travail aussi des élus à travers ça, moi, je
pense que ça serait une perspective vraiment intéressante à faire, parce que c'est
tout la... toute la capacité que ces élus-là auront de bien représenter, puis c'est
l'accès aux politiques pour les citoyens et citoyennes aussi, ça fait que, pour
moi, c'est quelque chose qui doit faire
partie évidemment du processus de
révision de la carte.
M. Blanchet
(Jean-François) : Oui. Vous comprendrez
quand même que ce n'est pas... ce n'est pas évident quand même parce qu'où est
ce que ça commence, où est ce que ça s'arrête, à quel genre de circonscription?
M. Grandmont : ...
M. Blanchet
(Jean-François) : Je le sais, c'est ça.
M. Grandmont : ...balisé,
mais moi, je vous invite vraiment à cheminer là-dessus parce que c'est majeur,
ça peut changer vraiment beaucoup puis notre démocratie peut en souffrir
également aussi, tout comme les femmes peuvent voir des difficultés à pouvoir
se lancer en politique avec ça.
M. Blanchet
(Jean-François) : Parfait.
M. Grandmont : J'arrêterai là-dessus.
Merci beaucoup.
M. Blanchet
(Jean-François) : Merci beaucoup.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Alors, merci beaucoup, M. le député de Taschereau, pour
votre intervention et votre contribution à la commission.
Alors, nous allons maintenant procéder à
la prochaine audition, nous allons parler de la région Centre-du-Québec, et je
vais céder la parole, pour un maximum de 20 minutes, à M. le député d'Arthabaska.
M. Lefebvre : Merci beaucoup,
M. le Président. M. le directeur général, Mme et M. les commissaires, collègues
de la banquette gouvernementale, des oppositions, les employés de l'Assemblée
nationale qui sont là, bonjour à tous. Merci, M. le Président de m'accueillir
dans cette commission. Merci à vous de prendre le temps de nous écouter.
Il y a deux sujets que je veux aborder
aujourd'hui avec vous. Un que vous ne serez pas surpris assurément, le nom de
la circonscription d'Arthabaska- l'Érable. Et je veux vous parler également de
la municipalité de Saint-Louis-de-Blandford qui m'a fait parvenir un mémoire,
mais également, par la bande, de la municipalité également de Saint-Rosaire.
Je sais que ça va être un petit peu redondant
pour vous, mais pour moi, c'est important également de le partager du côté des
collègues également. J'ai eu le privilège de faire une campagne électorale en
2016, une élection partielle, et lorsque je faisais le porte-à-porte du côté de
l'Érable, principalement à l'extrémité du comté, qu'on parle de Lister,
Inverness, tout ça, les gens disaient : M. Lefebvre, on vous arrête
tout de suite, on n'est pas en élection, nous, ici. Il dit : Vous, c'est...
le comté qui est dans l'élection, c'est le comté d'Arthabaska. Bien, je disais :
Vous faites
partie du comté d'Arthabaska. Et pour les collègues, le comté d'Arthabaska,
actuellement a 17 municipalités, six de la MRC d'Arthabaska, que j'ai le
privilège de partager avec mon collègue de Drummond Bois-Francs, et les... l'ensemble
des 11 municipalités de la MRC de l'Érable, donc toute la MRC de l'Érable
fait
partie de mon comté. Et Plessisville, qui est la ville centre du comté d'Arthabaska-l'Érable
est reconnue comme la capitale mondiale de l'érable. Alors, c'est quand même un
signal important de la connotation de l'érable dans notre... dans notre
collectivité. Et également la réserve mondiale de sirop d'érable est du côté de
Plessisville, la citadelle est à Plessisville. Donc, il y a un point fort, les
gens sont très attachés, un, à cette acériculture-là, mais également au nom de
l'Érable. Et je pense qu'au niveau de la représentativité de l'ensemble des
citoyens, ça serait un geste important.
Et, en tout respect, je dois vous avouer
que, depuis 2016, puis même dans mon allocution, vous voyez, j'ai de la
difficulté à utiliser seulement qu'Arthabaska, j'utilise déjà le nom d'Arthabaska-l'Érable
au niveau de... de ma circonscription, et il n'y a pas plus tard que deux
semaines, là, je viens de le faire sortir, on a une séance historique à
Plessisville, on a eu la fusion de Plessisville et de Plessisville Paroisse,
une fusion volontaire de deux municipalités, ça a été un geste historique, et
on en est bien fiers, les deux municipalités vont unir leurs forces. Et dans
le... dans le reportage du journaliste, le journaliste cite le député d'Arthabaska-l'Érable,
comme il... là il met entre parenthèses, comme il se plaît à dire, Eric
Lefebvre a profité de cette soirée pour. Alors, vous voyez déjà que, chez nous,
c'est bien ancré.
Je vous l'avais dit lors de ma
présentation la dernière fois, si vous venez au... à la... au Panthéon de la
performance chez nous de la Chambre de commerce...
M. Lefebvre : ...où on honore
nos entrepreneurs, lorsqu'on va me présenter en avant, on va présenter Eric
Lefebvre, député d'Arthabaska- L'Érable. Chez nous, c'est déjà ancré, c'est
déjà... et reconnu. Les 17 municipalités m'ont fait des résolutions
unanimes de leur appui au changement de... du nom de circonscription, autant
les villes de la MRC d'Arthabaska que les villes assurément de la MRC de
L'Érable. La MRC d'Arthabaska, comme regroupement, a également fait une
résolution unanime d'appui au changement de nom de circonscription. La MRC de
L'Érable, assurément, a également fait une résolution unanime du côté du
changement de nom de circonscription. Et la Chambre de commerce des Bois-Francs
de L'Érable a également fait une résolution d'appui.
Alors, c'est un dossier qui me tient à
cœur depuis 2016, vous... vous le savez, les collègues également. Puis je veux
juste citer quelques exemples d'organisations chez nous qui utilisent déjà le
nom d'Arthabaska- L'Érable. Alors je vous donne, comme par exemple le Centre de
prévention suicide Arthabaska- L'Érable, l'ancien CSSS, Centre de santé et de
services sociaux Arthabaska- L'Érable, Projet Arthabaska- L'Érable en forme,
Syndicat de la santé et services sociaux Arthabaska- L'Érable, SADC Arthabaska-
L'Érable, ...Enjeux Arthabaska- L'Érable, Centre de gestion administrative, poste
de la Sûreté du Québec Arthabaska- Érable, Comité enfance jeunesse famille
Arthabaska- L'Érable, Association des proches aidants Arthabaska- L'Érable. Et
je pourrais continuer comme ça de façon importante. Et je me rappelle à
l'époque, parce que vous le savez, ce n'est pas... j'avais déposé un projet de
loi privé du député pour le changement de nom de circonscription. Et quand
j'avais fait mon plaidoyer en Chambre... Là, maintenant, je peux le nommer
parce qu'il n'est plus député, mais mon ami Gaétan Barrette, on s'était croisés
dans l'ascenseur, puis là j'avais dit tous les exemples d'Arthabaska- L'Érable
et Gaétan m'avait dit : Bien là, Eric, avec tous les exemples que tu viens
de nous donner, là... Il dit : Je pense qu'il y a un lien naturel avec
Arthabaska- L'Érable.
Alors, pour ce dossier-là, je ne veux pas
prendre plus de votre temps, mais ce n'est pas parce que je ne prends pas plus
de temps que ça ne me tient pas vraiment à cœur au niveau de la
représentativité de mes citoyens et des citoyennes, l'esprit d'appartenance des
citoyens d'Arthabaska- L'Érable. Et, comme je vous dis, c'est vraiment une
question de... de... technique, parce qu'au niveau de la population, là, depuis
déjà six ans, que les gens utilisent le nom d'Arthabaska- L'Érable.
Alors, le deuxième volet que je veux vous
parler, c'est au niveau des municipalités qui quitteraient pour le comté de
Nicolet-Bécancour, deux municipalités : Saint-Louis-de-Blandford et
Saint-Rosaire. Je vais vous partager un mémoire de la municipalité de Saint-Louis-de-Blandford,
mais je vous dirais que les enjeux que Saint-Louis-de-Blandford nous apporte
aujourd'hui sont sensiblement les mêmes arguments pour Saint Rosaire. Alors,
vous comprendrez que je ne veux pas dédoubler. Alors, si vous... M. le
Président, juste, là, au niveau du temps...
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Il vous reste 13 minutes, M. le député.
• (12 h 10) •
M. Lefebvre : Treize minutes.
Bon, ça va bien, ça va bien. Alors, on y va comme suit : M. le Président,
Mme et M. les commissaires, la révision des découpages de circonscriptions
électorales est un processus complexe, exigeant une analyse approfondie des
aspects logistiques, administratifs, de continuité territoriale et de
l'attachement des citoyens à leur territoire. Ce mémoire se consacrera sur
l'importance de préserver l'intégration de la... de la municipalité de
Saint-Louis-de-Blandford au sein de la circonscription d'Arthabaska,
permettez-moi d'ajouter, L'Érable. Nous mettons en évidence des arguments
solidement fondés sur la rationalité administrative, le maintien de la
cohérence territoriale et le renforcement du sentiment d'appartenance des
collectivités locales. Saint-Louis-de-Blandford a été fondé en 1825, donc va
fêter son 200ᵉ anniversaire l'an prochain, et il faut savoir qu'elle est
fondatrice de la MRC d'Arthabaska, dans la circonscription d'Arthabaska, une
municipalité de 1 186 habitants et fière capitale mondiale de la
canneberge. Et là j'en profite pour faire une parenthèse... Parce qu'on est tous
chauvins de nos circonscriptions, on est tous d'accord avec ça. Quand je vous
disais que Plessisville est la capitale mondiale de l'érable,
Saint-Louis-de-Blandford est la capitale mondiale de la canneberge, et il y a
80 % de la canneberge biologique au monde qui est fait dans la...
M. Lefebvre : ...dans le
comté, à Saint-Louis-de-Blanford, particulièrement. Alors, c'est vraiment un
point fort à Saint-Louis-de-Blanford. Je tenais à faire la petite parenthèse.
Géographiquement, Saint-Louis-de-Blandford
est à 15 kilomètres au nord-est de Daveluyville, dans le canton de Blandford,
fondé en 1823, mais est à 24 kilomètres de Victoriaville. Et, au niveau de la
continuité territoriale et la cohérence, bien, avec la venue de la filière
batterie au parc industriel de Bécancour, on le sait, qu'il va y avoir beaucoup
de nouveaux emplois qui vont être créés, on en est bien fiers, filière
batterie, la vision du futur du développement économique du Québec, mais ça va
amener déjà, on le sait, d'ici quelques années, beaucoup de nouveaux habitants
dans le comté de Nicolet-Bécancour. Alors, sur le plan politique,
administratif, communautaire, notre communauté de Saint-Louis-de-Blandford fait
principalement affaire, naturellement, avec la MRC d'Arthabaska, qui délègue
ses services d'évaluation foncière, travaille en étroite collaboration avec les
chargés de projet de la MRC d'Arthabaska pour le développement économique,
social, touristique et la gestion de ses cours d'eau. Alors, toute la
partie de
travail de la municipalité de Saint-Louis-de-Blandford, Saint-Rosaire également
que... par la bande... travaille déjà en étroite collaboration avec la MRC
d'Arthabaska. Donc, il y a un lien qui est là, qui est naturel. Et les
citoyens... comme je vous le disais, là, on est à 24 kilomètres de
Victoriaville, les citoyens se déplacent naturellement du côté de Victoriaville
dans la circonscription d'Arthabaska-L'Érable, et là ce n'est pas moi qui le
dis, c'est dans leur mémoire, eux-mêmes ont souligné le nom
d'Arthabaska-L'Érable... et qu'ils disent souhaiter de ne pas... recevoir les
services de leur député Éric Lefebvre. Ils n'ont pas dit qu'il était bon, tout
ça, je ne veux pas rien ajouter, là, mais je pense que... je pense qu'ils
m'apprécient.
Du point de vue purement administratif, il
est essentiel de noter que la municipalité de Saint-Louis-de-Blandford fait
partie de la même municipalité que la circonscription d'Arthabaska depuis 200
ans. Les municipalités au sein de la MRC partagent des enjeux, je le disais
tantôt, des intérêts communs, développement économique, aménagement du
territoire, gestion des services publics. ...Saint-Louis-de-Blandford soit déjà
intégrée dans cette structure administrative là crée une cohérence naturelle
qui facilite la gestion des affaires locales et régionales. Les élus locaux,
les citoyens ont développé des relations et des mécanismes de travail en
commun, qui est essentiel pour une prise de décision efficace et efficiente.
Alors, pour eux, tout changement dans cette configuration administrative pourrait
entraîner, là, une désorganisation et des complications qu'ils jugent inutiles.
Pour eux, cette continuité territoriale est importante pour garantir une
représentation efficace des intérêts locaux et régionaux ici, au sein de
l'Assemblée nationale. Ça se traduirait par des divergences notables en ce qui
concerne la préfecture, développement territorial, schéma d'aménagement, impact
sur la municipalité, aspect de logement social, incohérence et préjudice au
niveau de l'efficacité des politiques régionales puisque le député en charge de
notre municipalité serait d'une circonscription d'une autre MRC. Et il faut
comprendre que... je le répète, mais, avec le développement de la filière
batterie du côté de Nicolet-Bécancour, bien là, on a une réalité présentement,
autant au niveau du logement, des écoles, des soins de services de santé,
garderies, et tout ça, qui est... qui est... qui est bien propre à ce
développement-là, mais qui a quand même un impact, là, sur l'ensemble, là, de
la... du centre du Québec. On a d'ailleurs, le gouvernement, octroyé un montant
d'argent important pour que les cinq MRC au centre du Québec puissent se
développer... d'un plan de match pour la suite des choses. Parce que
l'objectif, en créant plusieurs milliers d'emplois du côté de Nicolet-Bécancour...
il ne faut pas, comme on dit, déshabiller Paul pour habiller Jean. Donc, il
faut s'assurer de bien prévoir cette arrivée massive de nouveaux emplois et de
nouveaux besoins, mais qui est quand même spécifique à Nicolet-Bécancour.
Alors, on revient au sentiment
d'appartenance des citoyens à leur circonscription, qui est un élément non
négligeable. Les municipalités de la circonscription d'Arthabaska ont une
histoire commune au sein de la MRC pour laquelle, on le répète, Saint-Louis-de-Blandford
est fondatrice depuis 200 ans. Les citoyens, citoyennes partagent des valeurs,
des préoccupations et des projets qui les unissent. Tout changement dans la
composition de la circonscription pourrait perturber ce sentiment
d'appartenance là. Et, au niveau de la cohésion, la stabilité de la
circonscription d'Arthabaska sont essentielles pour maintenir un engagement...
M. Lefebvre : ...fort parmi
les citoyens. Alors, la suggestion qui est faite, nous recommandons vivement à
la Commission de la représentation électorale qui a remis sa proposition de
retirer la municipalité de Saint-Louis-de-Blandford à la circonscription
d'Arthabaska-l'Érable et, comme je vous dis, également Saint-Rosaire qui a les
mêmes enjeux de ce côté-là. Alors, prendre en compte les liens géographiques,
administratifs, culturels forts qui unissent les collectivités de la
circonscription et qui justifient leur regroupement, s'assurer une
représentation adéquate pour les citoyens de Saint-Louis de Blandford en
maintenant leur connexion avec les autres municipalités de la circonscription.
Et je reviens encore une fois au fait de tenir compte du fait qu'il va y avoir
des milliers de nouveaux emplois qui vont être du côté de Nicolet-Bécancour
avec la filière batterie dans quelques, quelques années. Et, si on compare à
Saint-Louis de Blandford, bien, c'est 1 186 habitants, puis on va
augmenter déjà plus que ça avec... avec la filière batterie du côté de
Nicolet-Bécancour. Alors, voilà.
Je vous dirais en conclusion, nous
apprécions grandement l'opportunité de soumettre ce mémoire par l'entremise de
notre député Eric Lefebvre et de participer au processus de redécoupage. Nous
sommes convaincus que la Commission de la représentation électorale saura
prendre en considération nos commentaires, nos suggestions lors de sa décision
finale, et le maintien pour eux de la municipalité de Saint-Louis de Blandford
au sein de cette circonscription s'impose comme une décision logique et
cohérente, tout en respectant les intérêts des citoyens et des citoyennes, en
préservant la relation établie au sein de la MRC d'Arthabaska.
Et M. le Président, je conclurais en
disant que je sais que votre travail n'est pas facile. J'ai écouté quelques
collègues, vous avez un enjeu de ratios et de partage. Mais je vous dirais que
moi, je suis sensible à deux choses, premièrement, du côté de la Gaspésie, je
pense qu'au niveau de la représentativité de la Gaspésie, je pense qu'on on se
doit de garder ce comté- là, c'est important. Et tantôt, on parlait de distances,
et en éliminant une circonscription comme celle-là, on sait où on s'en va avec
des... des distances pour le travail de député, pour l'aide. Pour savoir ce que
c'est, 17 municipalités sur un territoire X, mais là on s'en va dans des
territoires qui sont... qui ne sont pas travaillables, là, pour un... pour un
ou une députée.
Et je me permets une autre parenthèse,
c'est que lorsqu'on voit du côté de Montréal, où est-ce que les comtés sont
beaucoup plus petits, qu'on est à l'intérieur d'un quartier, je pense qu'on
pourrait agrandir du côté de l'île pour avoir un bassin de population qui...
qui serait plus grand et permettre de libérer des espaces de circonscriptions
pour les régions qui sont beaucoup plus grandes à servir avec un plus...
beaucoup plus grand nombre de... de municipalités. Et je ramène à mon exemple,
mais il y a des comtés encore beaucoup plus grands que moi. Mais quand t'es
dans un quartier d'une municipalité, tu as un ou une élue à peu près à
t'occuper, si je ramène ça chez nous, 17 municipalités, 17 maires,
17 conseils municipaux, 17 clubs de FADOQ, 17 Âge d'or, ça fait
que les réalités sont complètement différentes en région versus l'île. Alors,
moi, je pense que, pour qu'on ait une cohésion, qu'on ait une forme d'égalité,
mais il faudrait agrandir les côtés... les comtés du côté de l'île pour en
éliminer peut-être quelques-uns pour permettre aux régions d'avoir des comtés
qui sont plus adéquats.
• (12 h 20) •
Alors voilà, M. le Président, je m'arrête
là, mais je veux, en terminant, vous remercier encore une fois de votre temps.
Je sais qu'il y a certains points que je vous ai apportés qui peuvent être
redondants pour vous, mais moi, ça me permet de le partager avec les collègues,
de le partager avec nos citoyens et citoyennes. Et merci pour le temps que vous
nous accordez et merci pour le travail colossal que vous faites. Encore une
fois, je ne voudrais pas être à votre place parce que je sais que c'est...
c'est difficile, il y a des choix qui sont déchirants, puis que vous ne pourrez
pas assurément faire plaisir à tout le monde. Voilà.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Merci beaucoup, M. le député d'Arthabaska. Je pense que
vous avez fait parvenir une lettre de la MRC d'Arthabaska, ainsi qu'un mémoire.
Vous en avez... vous en avez parlé, là, de la municipalité de Saint-Louis de
Blandford, une lettre de l'UPA de Victoriaville également.
M. Lefebvre : Oui.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Est-ce que je comprends donc que vous avez... vous voulez
déposer ces documents-là?
M. Lefebvre : S'il vous
plaît.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Alors, ces documents sont donc déposés. Il reste 1 min 30
s en réaction aux membres de la CRE.
M. Blanchet
(Jean-François) : Oui, M. le député. Donc,
vous nous dites de conserver le statu quo pour votre circonscription, donc vous
comprenez que vos électeurs, leur poids par rapport à leur droit de vote va
être moins grand...
M. Blanchet
(Jean-François) : ...que d'autres au
Québec. Est-ce que vous avez des suggestions, quand même? Parce que votre
circonscription est à 22,9 % d'écart, donc est-ce qu'il y a d'autres
modifications qu'on peut regarder?
M. Lefebvre : Bien, c'est là
que je vous dis que vous avez un travail difficile, parce que, pour les
collègues, je suis déjà... 22 %, là...
Une voix : ...
M. Lefebvre : 22,9, ça fait
que je suis déjà dans les circonscriptions où est-ce qu'il y a le plus
d'électeurs dans ma circonscription. C'est juste que, là, les deux villes qu'on
parle de ce côté-là, on est du côté de la MRC d'Arthabaska, il y a un lien qui
est plus naturel, mais de là à, moi, vous suggérer qu'est-ce qu'on pourrait
enlever, c'est difficile, vous comprendrez. Parce que, comme je vous l'avais
dit lors de notre première rencontre, puis je suis sûr que les collègues vont
tous être d'accord, au fil des ans, on développe des affinités, des amitiés,
puis on voudrait tous... on devient tous comme un bon père de famille, on veut
tout garder, hein, nos citoyens, citoyennes qu'on apprécie, avec qui on passe
beaucoup de temps. Alors, pour moi, c'est difficile de vous dire qui, dans ma
famille, je serais prêt à donner en adoption, si vous me permettez, si vous me
permettez l'image, mais je tenais quand même à... Mais je comprends ce que vous
me dites, il y a un travail à faire de ce côté-là...
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : En terminant.
M. Lefebvre : ...puis il
n'est pas facile.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Merci beaucoup, M. le député d'Arthabaska, pour votre
contribution aujourd'hui à la commission, très agréable. Alors, nous allons
maintenant poursuivre avec la prochaine intervenante, et nous allons maintenant
dans la région du Bas-Saint-Laurent, et je vais céder la parole à Mme la députée
de Rimouski, en vous rappelant, Mme la députée, que vous avez droit à un
maximum de 20 minutes pour votre intervention. Alors, je vous cède la parole.
Mme Blanchette Vézina : Merci.
Très heureuse d'être ici aujourd'hui à
titre de ministre responsable des
régions du Bas-Saint-Laurent et de la région de la
Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine. Alors, bien, salutations à vous, là,
commissaires. Mme la commissaire, contente de vous revoir, on s'est vus à
Matane il y a quelques semaines, déjà, puis très heureuse de pouvoir revenir
vous parler d'un sujet, à nouveau, qui est fondamental, c'est-à-dire la
représentation électorale des régions du Québec.
Donc, je me présente devant vous à
titre
de ministre de ces deux régions, Bas-Saint-Laurent, Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine,
mais également par devoir de citoyenne, d'une femme autrefois établie à Québec,
donc originaire de Chaudière-Appalaches, mais qui a fait le choix des régions
et qui est fondamentalement... je suis fondamentalement convaincue que notre
avenir collectif, bien, il passe par l'occupation de ces mêmes régions.
Puis mon collègue le mentionnait, député
d'Arthabaska-L'Érable, tout à l'heure, je le sais, que votre travail, il n'est
pas simple. Il ne fait aucun doute que ce que vous faites comme travail, ça a
pour but... ça a un but noble, un but de représentativité effective des
électeurs, puis l'objectif, c'est d'éviter des déséquilibres, là, et je le
comprends bien, puis je vous remercie d'ailleurs aussi pour le travail que vous
faites dans cet exercice qui n'est pas facile.
Et donc, dans cet exercice, je trouve
important de faire entendre ma voix sur les impacts anticipés de la refonte
proposée par la commission. Ça fait que je vais commencer par le
Bas-Saint-Laurent, plus particulièrement pour la circonscription de
Matane-Matapédia, parce que cette même circonscription n'est pas menacée de
disparition comme le comté de Gaspé, mais son redécoupage va quand même
entraîner des impacts qui sont majeurs, impacts majeurs sur sa réalité
politique en raison de la scission, donc, de la MRC de la... en deux
circonscriptions distinctes, et aussi, plus précisément, sur la capacité de son
ou sa député à représenter efficacement à l'Assemblée nationale les réalités
propres de deux régions administratives distinctes, soit le Bas-Saint-Laurent
et la Gaspésie. Donc, ça veut dire deux réalités en santé, deux réalités en
éducation, deux réalités en emploi, en solidarité sociale, en groupes
communautaires, en occupation du territoire, deux réalités dans des territoires
aux prises avec des enjeux aussi de vitalité importants. Et cette situation, ce
serait d'ailleurs problématique aussi pour plusieurs citoyens de la MRC de
la... qui, eux, se verraient divisés entre deux... en deux, donc, divisés en
deux par la proposition de la commission telle qu'elle est faite, qui seront
tantôt représentés par un député de Matane-Matapédia et tantôt par le ou la
député de Rimouski.
Et on peut ajouter à ça le fait que ce
comté aurait une cinquantaine de municipalités, mon collègue, tout à l'heure,
vous mentionnait les difficultés avec 17, imaginez avec 50. Donc, ce
représentant aurait une cinquantaine de municipalités sur son territoire, et
dans un territoire qui...
Mme Blanchette Vézina : ...disons-le,
serait aussi grand qu'un pays. Et là vous obtenez un scénario qui... selon
lequel il deviendrait extrêmement difficile pour un représentant élu de porter
efficacement la voix de ses citoyens puis ses concitoyens dans les réalités que
je vous ai nommées qui vont différer considérablement. Et, dans ce contexte, il
n'en fait quoi aucun doute que les grands perdants de votre proposition, en
tout respect, là, mesdames messieurs les commissaires, ce n'est pas juste les
députés des circonscriptions projetées, mais c'est plutôt et surtout les
citoyens de ces comtés qui vont être privés d'un accès équitable à leurs
représentants élus. Puis, à mon avis, bien humblement, c'est aussi ça, la
représentativité effective que vous défendez à
titre de commissaire, soit un
accès réel aux représentants politiques qui sont répartis sur le territoire.
Mais pourtant, la proposition actuelle, bien, ne semble pas en tenir compte.
Ça fait que je vous ai parlé du
Bas-Saint-Laurent, situation qui recoupe, bien sûr, la Gaspésie, parce que vous
nommiez une, et même les grandes régions, qui n'existe pas, rappelons-le,
Bas-Saint-Laurent, Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, c'est deux régions, mais je
vais vous parler de la Gaspésie parce que je pense que... sujet important,
donc... parce que je suis aussi très heureuse d'être ministre de cette
magnifique région. Je tiens aussi à remercier les députés qui sont venus et qui
vont venir, là, des collègues qui sont... qui sont venus parler de la situation
du redécoupage, tel que proposé, pour la Gaspésie. Donc, je fais miens les
arguments qu'ils ont portés devant vous. Je tiens... Je tiens à vous remercier,
par exemple, d'avoir aussi ajouté une consultation à New Richmond, alors que ce
n'était pas prévu dans votre tournée. Donc, je vous remercie, là. À la demande
de la collègue Catherine Blouin et moi-même, vous vous êtes arrêtés dans le
comté de Bonaventure. Je pense, c'était la bonne décision d'aller voir les
citoyens touchés par le redécoupage. Et donc je vous remercie.
Mais cette... lors de cette tournée
régionale, vous avez dû entendre, comme moi et comme mes collègues, vous avez
dû voir également et constater la vaste mobilisation des citoyens contre la
proposition de la commission. Je vous donne un exemple 205 personnes qui
étaient à New Richmond le 26 octobre dernier, un jeudi après-midi, après
avoir, pour certains, fait 2 heures de route pour se rendre à New
Richmond. Quand même, disons-le, parce que le comté est déjà grand. Et donc ces
gens, 205 personnes ont pris leur temps dans un après-midi, un jeudi de
jour de semaine pour... ils en avaient long à dire, on va se le dire, pour
nommer leur incompréhension et demander à la commission de ne pas enlever un
comté en Gaspésie. Il y en avait donc long à dire sur la possibilité que le
comté de Bonaventure absorbe celui de Gaspé, puis qui s'étire jusqu'à
Grande-Vallée. 205 personnes, c'est beaucoup. C'est énorme pour une seule
rencontre. 205 citoyens sur les 600. On m'a nommé... On a vu passer 600
rencontrés dans l'ensemble du Québec, donc, dans le comté de Bonaventure,
uniquement 205 personnes. Et, si on compte les 80 personnes qui ont
pris la peine de se déplacer à Gaspé et la vingtaine qui étaient à Matane
également, comme moi, ça fait plus de 300 personnes qui se sont exprimées
à la défense du comté, des comtés de la Gaspésie. C'est la moitié, M. le
Président et messieurs mesdames les commissaires, des gens qui ont participé à
l'exercice de consultation qui demeurent en Gaspésie. Et elles ont toutes et
tous rejeté la proposition à l'unanimité.
• (12 h 30) •
Et cette levée de boucliers monumentale
qu'on a vue, ça, ça s'explique par les incohérences qui se trouvent dans le
redécoupage électoral qui est actuellement à l'étude parce qu'en plus de causer
une sous-représentation politique des régions de la Gaspésie, du
Bas-Saint-Laurent la proposition de la commission cause aussi des
disproportions importantes dans les nouveaux comtés qu'elle crée, par exemple,
le nouveau comté de Gaspé-Bonaventure deviendrait la 21 ᵉ circonscription
la plus populeuse du Québec. Et ça, ce serait comparable à des circonscriptions
densément peuplées, à proximité de grands centres comme Mont-Royal Outremont ou
encore Laval-des-Rapides. Mais ces deux comtés, donc, dans la région de
Montréal, font respectivement 20 kilomètres carrés et
24,37 kilomètres carrés, alors que Gaspé-Bonaventure, tel que présenté, en
ferait, pour sa part, 14 987 kilomètres carrés.
Alors, vous constaterez comme moi que
cette proposition, bien, ça ne fait aucun sens pour la Gaspésie. Est-ce qu'on
peut réellement...
Haut de la page
12 h 30 (version non révisé
e) Mme Blanchette Vézina : ...comparer
des municipalités en milieu rural de 3 000 ou 4 000 habitants,
comme Bonaventure, avec une ville en milieu urbain, comme Laval-des-Rapides,
qui compte plus de 36 000 habitants. Pour une région éloignée qui
compte son lot de personnes âgées aussi, disons-le, imposer des déplacements
sur plusieurs centaines de kilomètres pour avoir accès à un service qu'on
pourrait qualifier de première ligne, été comme hiver, l'état des routes
parfois difficiles, ça ne fait simplement pas de sens.
Donc, en résumé, en appliquant la
proposition de la commission, on prive les citoyens de l'Est du Québec d'une
juste représentation à l'Assemblée nationale, tantôt en créant un comté d'une
superficie gigantesque, tantôt en modifiant des circonscriptions à l'intérieur
desquelles les élus vont devoir concilier la réalité de plusieurs régions
administratives, tel que ce serait le cas pour le comté projeté de
Matane-Matapédia. Et ça, à mon avis, bien respectueusement, c'est la démocratie
qui perd au change. Et pour justifier cette fracture de la réalité politique de
l'Est du Québec, la commission, bien, elle plaide les grandes tendances
démocratiques, démographiques selon lesquelles un nombre d'électeurs du
Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie seraient en diminution, seraient moins
nombreux qu'en 2017, en citant l'Institut de la statistique du Québec. Mais
lorsqu'on retourne voir l'Institut de la statistique du Québec, elle
soulignait, en 2023, à grands traits, que la Gaspésie, pour une sixième année
consécutive, était la grande championne de l'immigration interrégionale et que,
pour une troisième année consécutive, bien, sa population, elle est en hausse.
Et ce n'est pas le fruit du hasard, là.
Depuis 2012, la région pilote une stratégie d'attraction des nouveaux
arrivants, puis ça s'est intensifié en 2017 pour travailler vraiment ardemment
sur la croissance démographique, l'occupation du territoire également. Et
contrairement aux messages qui sont véhiculés les dernières années, bien, ils
ne sont pas marqués par un déclin démographique. La région vit plutôt une
croissance accélérée en comparaison avec d'autres régions du Québec. Et il n'y
a pas que la Gaspésie, la situation également démographique au
Bas-Saint-Laurent est aussi digne de mention. Même rapport, donc, en 2023, l'Institut
de la statistique du Québec soulignait également la croissance démographique de
la région, qui est en hausse aussi depuis 2018-2019. Et ça, encore une fois, c'est
le travail de longue haleine mené par une région qui est soucieuse de son
avenir.
Donc, prétendre au déclin démographique de
ces deux régions, de la Gaspésie et du Bas-Saint-Laurent, c'est non seulement
une distorsion de la réalité, M. le Président, mais c'est aussi faire un pied
de nez aux efforts de centaines d'acteurs locaux qui, depuis 15 ans, à la
sueur de leur front, travaillent sans relâche. C'est des bâtisseurs d'avenir en
région, des jeunes qui viennent s'installer, qui s'intéressent de plus en plus,
depuis près de 20 ans, deux décennies, à qui vous opposez un poids
politique moindre et des comtés qui sont, comme je vous le disais, grands comme
des pays, avec, pour représentation politique, bien, qu'un seul député à l'Assemblée
nationale. Et moi, je vous pose une question aujourd'hui. Est-ce que c'est
vraiment ce qu'on souhaite pour l'occupation de notre territoire, pour la
vitalité de nos régions? J'ai l'impression que de poser la question, c'est d'y
répondre.
Donc, en terminant, bien, je tiens à vous
rappeler le respect que j'ai puis le... Je comprends la complexité que vous
avez, là, comme travail. Je tiens une fois de plus à rappeler que mon
intervention, là, aujourd'hui, ça n'a pas du tout pour but de discréditer votre
travail, ni le vôtre, mais celui de la commission, au contraire. C'est sain de
se questionner puis c'est un processus qui est important à suivre. C'est sain
de se questionner sur la qualité de vie démocratique de nos régions puis du
Québec. Et, bien, la carte électorale, c'en est un aspect. Par contre, à cette
heure où on constate enfin qu'après des années de durs labeurs, le
Bas-Saint-Laurent, les acteurs du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie
parviennent à inverser des tendances démographiques lourdes qui avaient cours
depuis plusieurs dizaines d'années et qu'on accueille enfin sur le territoire
des gens qui... plus de gens qui en sort. Alors, la dernière chose à faire,
bien, ce serait d'amoindrir le poids politique de ces deux régions, puis de
nier cette particularité régionale de l'Est du Québec.
Alors, à
titre de ministre régional, on
rencontre des acteurs régulièrement, j'ai rencontré des acteurs... beaucoup de
gens impliqués dans leur milieu qui vont travailler et qui travaillent avec
passion pour leur coin de pays, pour le développement de leur région. Et ces gens,
ils sont unanimes la Gaspésie, le Bas-Saint-Laurent doivent conserver une
représentation politique réelle et effective. Et pour eux, là, c'est
inadmissible de perdre un comté en Gaspésie. À mon avis, il en va de l'avenir
du Québec et de sa capacité à occuper et surtout à mettre en valeur son
territoire. Parce que l'avenir, bien, ce n'est pas juste une affaire de grand-tante,
l'avenir, ça joue aussi à...
Mme Blanchette Vézina : ...Matane.
Ça se joue à Rivière-du-Loup, à Chandler, à Gaspé, à Bonaventure, à New
Richmond, à Havre-Aubert, dans la Mitis et dans Rimouski-Neigette que je
représente à
titre de députée. Bien, c'est donc primordial que la Gaspésie
conserve son statut d'exception et son poids politique pour que l'avenir de
cette région à l'est du Québec continue d'être brillant, d'être pérenne et
résolument régional. Merci. Merci à vous. Encore une fois, je sais que votre
travail, ce n'est pas simple, mais je tenais aujourd'hui à vous passer le
message que je vous ai passé lors de ma présence à la... aux consultations pour
vous rappeler l'importance de conserver le poids politique de la Gaspésie, du
Bas-Saint-Laurent pour l'Assemblée nationale. Merci.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Merci beaucoup, Mme la députée de Rimouski et ministre
responsable du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine.
Alors, je vais permettre aux membres de la CRE de réagir ou questionner. Alors,
il reste encore cinq minutes 40 à l'intervention de Mme la députée de Rimouski.
Je vous en prie.
M. Bouchard (Kevin) : Merci.
Merci, Mme la députée. Vous nous avez rappelé plusieurs des choses qu'on a
entendues lors de notre passage en Gaspésie et au Bas-Saint-Laurent aussi. La
préoccupation pour le développement régional, on la partage. C'est quelque
chose... on a une sensibilité, évidemment, à ces questions-là. Comme tous les
Québécois, on est attachés à nos régions et on comprend bien sûr l'importance
du développement des régions pour l'avenir du Québec. Et certainement, vous
nous l'avez bien expliqué, et ça fait
partie des choses dont on tient compte.
En même temps, notre travail, nous, c'est
d'assurer la représentation, la représentation effective et de préserver le
droit de vote de chacun des citoyens dans l'ensemble du Québec. Et, quand on
fait ça, il faut tenir compte à la fois des électeurs et électrices qui sont
situés en région, mais de ceux qui sont situés dans des milieux urbains ou
péris urbains. Et il faut tenir compte du droit de vote de tout le monde. Et, à
cet égard, vous mentionnez une hausse démographique, peut-être que, dans la
période récente, il y a eu un certain regain, mais, si on prend une lunette un
petit peu plus large, si on regarde sur une période plus longue, nous, par
exemple, les chiffres sur lesquels on se base, c'est depuis la dernière
révision de la carte électorale, depuis 2014, ce qu'on observe, par exemple,
dans les comtés de Bonaventure, Gaspé, Matane-Matapédia, c'est qu'il y a eu une
diminution de 1000 électeurs. Donc, il n'y a pas une croissance de la...
il y a peut-être une croissance de la population, mais sur le critère qui est
un repère fiable, à partir de la liste électorale permanente, on voit quand
même un déclin de 1000 électeurs.
Et on se retrouve dans une situation où la
circonscription de... ou pendant que les circonscriptions de la Gaspésie
perdent des électeurs, il y a d'autres régions où il y a un gain important
d'électeurs. Dans Laurentides-Lanaudière, il y en a 95 000 qui se sont ajoutés. En Montérégie, on est à
plus de 60 000, en Estrie, une cinquantaine de milles. Donc, pendant ce temps
là, il faut tenir compte aussi du... de l'importance d'assurer une
représentation juste et équitable à l'ensemble des électeurs du Québec. Donc,
c'est une des raisons qui nous a conduits à faire la proposition que... qu'on
vous... qu'on vous a faite.
• (12 h 40) •
Vous parliez du Bas-Saint-Laurent et de la
Mitis, du fait que c'est quand même un enjeu qu'elle soit scindée en deux. Je
ne sais pas si vous auriez peut-être une suggestion à nous faire sur le
sentiment d'appartenance des gens de la Mitis. Est-ce qu'ils sont plus tournés
vers Rimouski ou plus vers Matane? Peut-être est-ce que vous pourriez nous
relancer sur cet aspect-là?
Mme Blanchette Vézina : Peut-être
vous mentionner... bien sûr, là, je vous l'ai dit, votre travail, il n'est pas
simple, puis je ne veux pas refaire le travail... faire votre travail. Je
comprends la difficulté que vous avez, mais je sais aussi que, dans la loi,
vous avez des possibilités d'accorder des statuts d'exception. Et ça s'est fait
pour la Gaspésie dans le passé, et les... le contexte et les critères qui
avaient justifié ce statut d'exception à l'époque sont toujours valides
aujourd'hui. On parle de densité de population, configuration de la région, qui
sont des critères dont vous pouvez tenir compte également, l'accessibilité, ce
sont toutes des choses que je vous ai nommées tout à l'heure, superficie,
frontières naturelles du milieu, sentiment d'appartenance des citoyens. Je
pense qu'ils vous l'ont très...
Mme Blanchette Vézina : ...bien
nommé le sentiment d'appartenance par rapport aux comtés de Gaspé et
Bonaventure, puis, bien sûr, les limites administratives. Donc, c'est des
éléments sur lesquels vous pouvez... ce sont des critères qui sont déjà
existants dans la loi, sur lesquels vous pouvez vous baser pour permettre
d'accorder un statut d'exception. Pour la Gaspésie, c'est, moi... ce qu'on vous
demande, c'est de considérer, comme, au même
titre que la dernière fois, ce
statut d'exception pour les comtés.
Vous me parliez de la Mitis. En fait, les
citoyens ont différentes appartenances. Je pense qu'ils sont venus vous nommer
que, pour eux, c'était inacceptable d'être divisés en deux. Donc, la communauté
d'appartenance, elle est mitoyenne, effectivement, mais ils ne veulent pas être
scindés en deux, pour les difficultés aussi d'organisation puis de pouvoir bien
s'assurer d'avoir un député qui travaille pour le milieu. C'est quand même une
MRC qui est dévitalisée aussi, là, dans... une de celles les plus dévitalisées
au Québec, donc de la couper en deux viendrait aussi affecter ce statut, là,
qui est déjà précaire pour la MRC. Donc, je vous laisse... je laisse le choix à
la commission de déterminer le côté, le côté qui serait le mieux, par rapport à
leur sentiment d'appartenance, mais il est certain que les découper en deux, ce
ne serait pas acceptable.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Merci beaucoup, Mme la députée. Alors, cela, j'imagine,
met fin, il reste 10 secondes, donc, il ne reste pas beaucoup de temps. Merci
beaucoup. Alors, cela met fin à votre intervention, et je tiens à vous
remercier pour votre contribution à cette commission.
Avant de poursuivre, je veux surtout vous
dire que j'ai reçu les documents qui ont été transmis par Mme la députée de
Laporte à la suite de son intervention de mardi, soit les résolutions des
villes de Brossard, Longueuil et Saint-Lambert, le mémoire et le communiqué de
presse préparés par la députée, ainsi qu'une lettre de la famille Laporte. Alors,
les documents, je les dépose aujourd'hui à la commission.
Alors, considérant l'heure et les
interventions qui étaient prévues, chers collègues, je vous remercie et je
suspends nos travaux jusqu'à 14 heures. Bon appétit à tous.
(Suspension de la séance à 12 h 44)
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13 h 30 (version non révisée)
(Reprise à 14 heures)
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : À l'ordre, s'il vous plaît! La Commission de l'Assemblée
nationale reprend ses travaux. Je vous invite, avant de commencer, s'il vous
plaît, Mmes et MM les députés, à bien vouloir vous assurer que votre sonnerie
de téléphone soit fermée. Et alors nous allons poursuivre maintenant avec la
région de Gaspésie, Îles-de-la-Madeleine, et nous en sommes à l'intervention de
Mme la députée de Bonaventure. Mme la députée, je vous rappelle que vous avez
un maximum de 20 minutes pour votre intervention. Alors, je vous cède la
parole.
Mme Blouin : Merci beaucoup. M.
le Président. Chers collègues, bonjour. Salutations à vous aussi, M. Blanchet,
Directeur général des élections, ainsi qu'à vos collègues commissaires. Mme Gravel,
M. Bouchard, bonjour.
Je suis très heureuse d'être ici aujourd'hui
parce que la représentation politique des régions, c'est un enjeu qui me
préoccupe particulièrement. Quand je me suis lancé en politique, je l'ai fait
avant tout pour aider les gens de ma circonscription. Mon but, c'est d'offrir
la meilleure écoute et le meilleur accompagnement possible. Le lien de
confiance entre un député et ses citoyens, je suis certaine que vous le savez,
c'est sacré. Comme députée, je me lève chaque matin, très motivée, motivée pour
défendre...
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14 h (version non révisé
e) Mme Blouin : ...concitoyens de
la circonscription de Bonaventure, peu importe leurs problèmes, leurs défis,
leurs enjeux. C'est donc avec honneur et fierté que je suis devant vous aujourd'hui
pour conserver et protéger notre voix.
La survie du comté de Bonaventure, soyons
clairs, est nécessaire et indispensable pour notre population. Ce que je fais
aujourd'hui, c'est un plaidoyer pour l'unité gaspésienne, mais aussi pour le
poids politique des régions. Évidemment, je prends la parole à
titre de députée
aujourd'hui parce que c'est mon devoir de le faire, mais je dois vous dire que
c'est principalement la Gaspésienne qui s'adresse à vous aujourd'hui parce que
l'enjeu est déterminant pour notre avenir.
D'abord, il faut savoir que de défendre
les réalités propres à la Gaspésie, c'est un combat de tous les jours. Tous les
Gaspésiens vous le diront, on doit toujours se battre pour se faire entendre et
être reconnus. Rappelons d'ailleurs que j'ai dû insister pour que les
commissaires acceptent d'entendre les gens de mon comté, puisqu'on ne faisait
pas
partie de la tournée initiale, parce que les impacts de la nouvelle
proposition de la circonscription n'étaient pas assez significatifs pour les
gens de Bonaventure, et donc ça ne valait pas la peine de les entendre et de se
rendre dans mon comté. Évidemment, je le redis, je vous l'ai dit lors de l'audience,
je suis très heureuse et très reconnaissante que vous soyez revenus sur cette
décision-là et que vous nous ayez honorés de votre présence. Encore une fois,
merci. Mais, quand même, je reviens sur cette anecdote qui peut sembler banale,
mais, en réalité, c'est vraiment tout le contraire. Ça représente très bien les
impacts de la méconnaissance de notre milieu à laquelle nous, les Gaspésiens,
on est confrontés au quotidien. Lors de l'audience dans Bonaventure, j'ai d'ailleurs
raconté une discussion que j'avais eue avec une citoyenne, qui a bien résumé la
situation en disant : Il faut insister pour tout ici, même pour que la
commission vienne nous voir. Eh bien, c'est exactement ça, notre réalité. Il
faut toujours redoubler d'efforts pour se faire entendre, pour avoir le droit
de défendre nos enjeux, qui sont très différents de ceux des grands centres
urbains.
Présentement, le comté de Bonaventure
compte 26 municipalités et 35 000 électeurs, et, si on veut
aller d'un bout à l'autre du comté, ça prend environ 3 h 30 en voiture. La
proposition actuelle double pratiquement la superficie et contiendrait 34 municipalités,
près de 57 000 électeurs, et ça prendrait environ 7 h se rendre d'un
bout à l'autre. C'est une évidence que ça représenterait d'importants
changements, notamment l'accessibilité au député, évidemment, qui serait encore
moins présent en raison de la distance à parcourir et de l'éloignement de Québec,
pour ne nommer que ça. Alors, c'est très, très clair que le service rendu aux
citoyens serait considérablement diminué, mais ce n'était pas un enjeu au
départ, des conséquences non significatives. Mais je vous rassure, ou pas, en
fait, on est habitués. Ce n'est pas à une incompréhension près lorsqu'on parle
des réalités régionales. Que ce soit en matière de transport, d'accessibilité,
de distance ou tout autre sujet, comme député, on est constamment en train d'expliquer
nos réalités, tant à l'interne qu'à l'externe.
Alors, vous comprendrez que la proposition
de délimitation des circonscriptions électorales me préoccupe grandement. Je
crois que le mémoire, d'ailleurs, que j'ai déposé devant la commission démontre
clairement que le redécoupage proposé se ferait au détriment des
représentations effectives des citoyens et des citoyennes de Bonaventure, mais
aussi de Gaspé. On est souvent confrontés au fameux mur-à-mur alors que ce n'est
pas adapté à nous. Même aujourd'hui, avec cette commission, on doit se conformer
aux mêmes critères que des comtés de Montréal qui tiennent sur quelques coins
de rue alors qu'il y a des pays entiers avec la même superficie que la
Gaspésie.
Permettez-moi, chers commissaires, de
revenir sur quelques points que j'ai présentés dans mon mémoire. D'abord, je
parlais du double défi que représente la distance entre la capitale nationale
et la circonscription de Bonaventure. On parle de 650 kilomètres, quand
même. Il y a la charge démesurée que représente le fait de presque doubler le
territoire du comté existant, qui est, croyez-moi, déjà très difficile à
couvrir. De façon imagée, je peux vous comparer le territoire projeté à la
distance entre Montréal et Rivière-du-Loup, mais sans la 20. À la place, on a
des limites de vitesse de 50 à 90 kilomètres à l'heure. Chers
commissaires, je suis prête à faire du covoiturage s'il le faut,
accompagnez-moi sur la route à toutes les semaines dans mon comté, et là vous
allez comprendre, parce que c'est une chose de se déplacer et de tenir des
audiences d'une commission comme vous l'avez fait et c'en est une autre de le
faire à chaque semaine comme députée, bien évidemment. Et d'ailleurs je vous
avais demandé de venir en voiture, et vous l'avez fait. Je vous en remercie.
Par contre, vous n'avez pas fait le trajet au complet et surtout vous n'avez
pas fait le trajet que la circonscription proposée représente, je le rappelle,
environ 7 h de route. Parce que plus de temps sur la route, c'est moins de
temps pour du travail terrain auprès des citoyens.
Quelques collègues ont parlé des
conditions météo. Ce n'est pas pour rien que la région est pionnière en matière
d'éolien, hein, parce qu'il vente beaucoup chez nous, et la neige combinée aux
grands vents, ça fait de la poudrerie. On ajoute à ça les grandes marées, qu'on
voit un petit peu moins souvent du côté de Montréal. Tout ça pour dire que
notre seul lien routier accessible est souvent difficilement praticable ou même
fermé en raison des conditions météorologiques difficiles. Alors, comment
est-ce qu'on peut offrir un service adéquat quand on peine à se déplacer...
Mme Blouin : ...sur un
territoire qui est trop grand.
En fin de compte, le scénario de
redécoupage électoral, c'est une autre preuve que nos particularités sont
incomprises et sous-estimées. La vitalité d'une région comme la Gaspésie, elle
est menacée par le scénario de fusion des circonscriptions de Gaspé et
Bonaventure. Le député élu devrait inévitablement faire des choix et laisser de
côté certains dossiers prioritaires par manque de temps et de ressources.
Choisir, c'est renoncer. Vous connaissez l'expression. Et pas question pour un
député en Gaspésie de devoir renoncer à des rencontres avec des maires, des
citoyens, des aînés, des organismes communautaires tout ça en raison de l'incompréhension
de la spécificité de notre région. On parle beaucoup de nombre d'électeurs,
mais, à mon avis, l'analyse doit être plus complète. Cet électorat est composé
de la population la plus âgée du Québec et des MRC les plus dévitalisées et
vulnérables du Québec, alors ça nécessite un accompagnement important de la
part du député parce que les besoins sont grands. Lorsqu'on se réduit seulement
au nombre d'électeurs, on ne tient pas compte de toutes les autres instances
qui demandent du soutien de la part du député. Présentement, ce sont
26 municipalités. Bon, beaucoup sont des petites municipalités avec des
petites équipes, parfois même incomplètes, et des gens qui vont travailler à
temps partiel. Alors, elles ont besoin de leur député pour faire cheminer leurs
dossiers. Ce n'est pas comparable à une ville autonome qui peut avoir quatre,
cinq, six députés juste à elle.
Et je répète que le député ou la députée
de Gaspé-Bonaventure aurait 34 municipalités à accompagner, sans oublier
la liste de tous les organismes qui se multiplient, près d'une trentaine de
clubs de 50 ans et plus, des clubs lions, des Chevaliers de Colomb, trois
hôpitaux, cinq CHSLD, plusieurs RPA, des cégeps, près d'une quarantaine...
trentaine, quarantaine d'écoles, je n'ai pas tout calculé, M. le Président, le
nombre est grand. Tous s'attendent à un député qui est accessible et présent.
Et c'est normal, c'est normal et légitime de s'attendre à avoir un député qui
est accessible et présent parce qu'on est là pour les servir, pour les écouter
et pour les aider. Alors, c'est normal que les attentes soient élevées.
Je le rappelle, que c'est vraiment
difficile à mesurer parce que ça se vit. C'est quelque chose qu'on va sentir
sur le terrain. On le sent quand on rencontre les gens, quand on leur parle,
parce que, chez nous, tout le monde se connaît, hein? Le député, ça va être le
cousin, l'ami, la voisine. Les attentes sont élevées tant à... quant à
l'accessibilité, à la présence et à la disponibilité. Et je vous entends déjà
dire qu'il y a des comtés avec encore plus de municipalités, puis c'est vrai,
c'est le cas de ma collègue la députée de Rivière-du-Loup-Témiscouata, incluant
Les Basques, qui fait un supertravail, mais le contexte géographique est
différent de par sa proximité avec le Parlement.
Et un autre élément qui nous distingue des
grands centres et des autres... des plus grands comtés, dois-je dire, c'est
notre façon d'habiter le territoire. En Gaspésie, on... on l'occupe de façon
linéaire, ce qui fait qu'on doit faire le tour complet de la péninsule pour
aller à la rencontre de notre population. Alors, on n'est pas condensés dans un
même endroit, on doit vraiment aller partout, tout autour de la péninsule, pour
rencontrer notre monde. Il faut rappeler aussi qu'il y a des comtés à Montréal
qui tiennent sur quelques coins de rue.
Et d'ailleurs j'aimerais justement revenir
sur certains points que mon collègue le ministre de la Justice a abordés avec
vous précédemment, qui étaient très importants. Il vous disait que Montréal est
surreprésenté par rapport aux régions, et je suis d'accord avec lui. Le comté
de Gaspé-Bonaventure aurait 57 000 électeurs, alors que le nombre moyen des
électeurs des comtés de Montréal est de 50 000. 7 000 personnes de plus qu'à
Montréal à servir. Je n'ai pas besoin de vous dire que la plupart des comtés à
Montréal se font à pied en très peu de temps. Alors, nous, pour encore plus de
personnes à servir, il faudrait faire 7 heures de char. Est-ce que vous
trouvez ça normal? Un citoyen qui fait plusieurs heures de route pour aller au
bureau de son député, est-ce que vous considérez que c'est un bon service
rendu? Est-ce qu'on devrait comprendre avec ça qu'un électeur de la Gaspésie
vaut moins qu'un électeur de Montréal? Je me pose la question. Pour y avoir habité
quelques années, je sais qu'à Montréal tout est proche. On a accès à tous les
services, la population est dense, les députés ont un seul bureau de comté
aussi.
• (14 h 10) •
Alors, je suis certaine que vous serez
d'accord avec moi, c'est incohérent, mais c'est aussi injuste. Alors, je vous
invite fortement à revoir votre position. Comme je l'ai fait lors de votre
passage dans Bonaventure, je vous fais une micro-incursion dans ma semaine.
Alors, je pars le lundi, je fais mes trois grosses journées à Québec et je
repars le jeudi, après ma journée, pour arriver vers minuit, 1 heure chez
nous. Alors, vous pouvez me dire : Bien, pourquoi vous ne partez pas le
vendredi? C'est simple, c'est parce que c'est ma seule journée ouvrable dans le
comté où je peux recevoir les citoyens, les commettant, les organismes, les
entreprises. On passe trois jours par semaine à Québec, mais notre priorité,
c'est de servir nos citoyens. Et j'ai deux filles. Après trois dodos à
l'extérieur, j'aime bien leur souhaiter une bonne journée en personne avant
qu'elles partent pour l'école le vendredi matin. En parallèle, j'ai des
collègues qui vont partir le mardi matin et qui peuvent souper chez eux le
jeudi soir. Ils ont souvent, donc, si on fait le calcul, un 13...
Mme Blouin : ...15 heures de
plus que nous, par semaine, dans leur comté, et leur comté est souvent beaucoup
plus petit que ceux de la Gaspésie. Je vous dis ça parce qu'à une époque où on
essaie de démocratiser le rôle de député, attirer des profils différents, des
jeunes avec des familles, bien je pense que c'est incohérent de proposer une
circonscription aussi immense et située à plusieurs centaines de kilomètres de
Québec. La réalité, c'est que le scénario qui est proposé ne laisse aucune
place à la conciliation travail-famille pour le député. Alors, je me pose une
autre question : Quel message est ce qu'on envoie aux députés avec des
jeunes enfants et aux prochaines générations? Et je ne vous parle pas des
déplacements que je dois faire, une fois arrivée chez moi, pour rencontrer les
différents intervenants et organismes de la région. Parce que je vous disais
tantôt que, pour me déplacer dans ma circonscription, actuellement, on parle
d'environ 3 h 30 d'un bout à l'autre, mais je ne vous ai pas dit que
ça exclut les villages qui sont éloignés de la 132. Alors, que ce soit très
clair.
Par contre, vraiment, je fais ce travail
avec grand, grand plaisir et passion, parce que c'est important, pour moi, de
comprendre les enjeux de ma communauté et de bien les représenter ici à
l'Assemblée nationale. Mais je ne peux pas concevoir comment offrir le même
niveau d'accompagnement, la même proximité dans une circonscription fusionnée.
Il faut ajouter que la Gaspésie a déjà perdu la circonscription d'Avignon—La
Mitis—Matane—Matapédia au fédéral. Désormais, donc, l'ensemble de la région est
regroupé dans la circonscription Gaspésie—Les Îles-de-la-Madeleine—Listuguj.
Aux prochaines élections fédérales, les Gaspésiens perdront donc une voix sur
deux pour défendre leurs enjeux. Dans ce contexte, je réitère que la fusion
Bonaventure et Gaspé serait une perte énorme pour la représentation effective
des communautés gaspésiennes. Et, sans rien enlever aux députés fédéraux, il
faut dire que les députés provinciaux assurent un lien de proximité plus
important avec la population et avec les organisations. Leur rôle terrain, pour
un député provincial, est essentiel.
Une région fière et distincte comme la
nôtre ne mérite pas le déracinement proposé, en envoyant la Haute-Gaspésie au
Bas-Saint-Laurent. Ce scénario-là va à l'encontre, à la fois, des principes
qu'a défendus la commission elle-même dans le passé et de la représentation
adéquate des intérêts gaspésiens. Et ça entraînerait aussi des répercussions
sur les organismes, les instances de développement régional, qui jouent un rôle
de premier plan pour la vitalité économique, sociale et culturelle de la
Gaspésie. Je prends ici l'exemple du CISSS de la Gaspésie, qui devrait se
référer à un député pour la région administrative Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine
pour trois de ses hôpitaux, et à un député du Bas-Saint-Laurent pour un
hôpital. Ce n'est, tout simplement, pas efficace. Bonaventure est à la limite
de son expansion, à la fois, en raison de la taille du territoire à couvrir,
qui est déjà très grand, mais aussi en raison de ses limites naturelles. À
l'ouest, la vallée de la Matapédia est une frontière naturelle entre les
communautés, qui est un fait, d'ailleurs, déjà reconnu par la commission. Et à
l'est, Gaspé ne peut pas contribuer à équilibrer le rapport numérique sans le
faire à son détriment.
Il faut comprendre qu'il y a des réalités
uniques aux régions éloignées. Je pense, entre autres, à l'accès à des soins de
santé spécialisés, qui peuvent nécessiter des déplacements vers des grands
centres urbains. Les personnes âgées, dans ce temps-là, vont se retourner,
souvent, vers leur député pour de l'aide. Et c'est juste un exemple parmi tant
d'autres. Le point positif, la bonne nouvelle, c'est que le statut d'exception
existe, justement, pour ce genre de cas, où une circonscription ne peut pas
être élargie sans nuire aux communautés. Et je sais que les commissaires sont
familiers avec ce volet identitaire, parce que c'est, entre autres, grâce à cet
élément là qu'on a obtenu le statut d'exception en 2017. Et ces arguments sont
toujours valides.
Ça m'amène à vous parler d'un élément
crucial aussi. La proposition de la commission s'appuie sur une idée qui est
fausse, celle du déclin démographique de la région. C'est faux. La Gaspésie
connaît une croissance démographique depuis 2017, et on se situe au cinquième
rang des régions qui se démarquent le plus au Québec, devant la Montérégie et
la Capitale-Nationale, toutes proportions gardées, bien évidemment. Alors, la
vérité, c'est que la Gaspésie prend sa démographie en main, et prétendre le
contraire, c'est un manque de considération envers les efforts mis de l'avant
pour attirer des nouveaux arrivants.
Alors, aujourd'hui, je réitère ma demande
à la commission, qui est de maintenir le statut d'exception de Bonaventure. Ça
me semble la seule option pour continuer d'assurer une bonne représentation des
citoyens et des citoyennes. Nous enlever une circonscription, M. le Président,
c'est rendre nos réalités invisibles, c'est fermer les yeux sur les caractéristiques
qui nous sont propres et sur nos enjeux. Je vous demande d'accorder une place
plus importante aux autres critères, plutôt que de privilégier simplement le
nombre d'électeurs. Cette façon de faire, elle est réductrice et en décalage
avec les besoins réels.
Je sais que les commissaires accordent
aussi une attention particulière au sentiment d'appartenance. Permettez-moi de
vous rappeler qu'il y avait plus de 200 personnes qui se sont déplacées à New
Richmond, en après-midi, sur semaine, à 14 heures, un jeudi, pour être précise,
à environ 10 jours d'avis, et, à ma connaissance, j'ai eu vent qu'il s'agit de
la plus grande audience de toute votre tournée...
Mme Blouin : ...d'anciens
députés de Bonaventure étaient présents pour s'opposer à la création du nouveau
comté. Toutes les formations politiques étaient représentées et étaient contre
la fusion. Cette mobilisation importante a envoyé un message très clair :
On n'en veut pas, de fusion. Vous avez été témoin de notre très fort sentiment d'appartenance,
et la foule était plutôt participative, vocale également. Je pense que vous
pouvez vous en souvenir. Et j'ai moi-même été surprise quand les plus de
200 personnes se sont levés d'un bond pour applaudir après mon
intervention, et là je tiens à dire que ce n'est pas moi qu'ils ont applaudi.
Pas du tout. Ce qu'ils ont fait, c'est donner leur approbation au message que
j'ai porté et que je vous porte encore aujourd'hui, qui vise à faire
reconnaître nos particularités et conserver notre voix parce qu'on en a besoin.
Ça, c'est sans compter toutes les autres actions comme le mouvement Sauvons la
Gaspésie lancé avec quelques citoyens engagés. Dans le cadre de ce moment-là,
on a lancé une pétition qui dépasse aujourd'hui les 3 300 signatures.
Sans oublier la lettre ouverte parue dans La Presse, signée par l'ensemble des
élus de tous les paliers politiques de la Gaspésie et du Bas-Saint-Laurent,
pour ne nommer que ça. Et je vais d'ailleurs utiliser cette tribune pour dire
qu'il est toujours le temps de signer la pétition au sauvonslagaspésie. com.
J'ai lu aussi que 600 personnes au total ont témoigné au Québec, je
rappelle qu'il y avait 200 personnes juste dans le comté de Bonaventure,
c'est le tiers. Et de mémoire, il y avait environ 80 personnes à Gaspé,
donc près de la moitié de ce que vous avez entendu au Québec, c'est en
Gaspésie. Ça en dit long sur toute la mobilisation et les impacts que ça
représente pour les Gaspésiens et pour les Gaspésiens. En tant que
commissaires, je crois qu'il est de votre devoir de vous montrer sensibles à
l'écoute de la population et de respecter notre volonté.
C'est plutôt rare aussi qu'un sujet fasse
l'unanimité. Jusqu'ici, à l'Assemblée nationale, j'ai entendu plusieurs
collègues qui ont défilé ici, au cours des derniers jours s'opposer à la
proposition de fusion, et en ce sens, je ne veux pas passer sous silence la
motion à laquelle j'étais conjointe et qui a été adoptée à l'unanimité ici,
toujours à l'Assemblée nationale, qui vous demandait, à vous les commissaires, de
réviser votre recommandation de procéder à la fusion des comtés de Bonaventure
et de Gaspé. J'ajoute à ça le nombre important de résolutions prises par les
conseils municipaux et les MRC, qui s'opposent eux aussi. Alors, mon objectif,
je pense que c'est assez clair aujourd'hui, c'est de vous faire changer d'idée.
J'ai confiance que vous pouvez le faire parce que vous l'avez déjà fait pour le
comté de Sainte-Marie-Saint-Jacques et aussi vous l'avez fait en ajoutant une
audience dans Bonaventure.
Notre Québec est riche de ces régions et
on en est fier quand c'est le temps de vanter notre belle province. Soyons
cohérents, traitons la Gaspésie avec respect, conservons nos deux voix à
l'Assemblée nationale pour nos citoyens qui ont le droit de se faire entendre
et d'avoir accès à leur député, pour les maires de la circonscription qui
doivent compter sur une députée présente, impliquée à l'écoute de leurs besoins
et pour leurs projets dans leurs municipalités, pour nos aînés, une population
vieillissante et vulnérable qui a besoin des services adaptés d'une députée qui
va à leur rencontre pour comprendre leur réalité, pour les familles qui veulent
une députée présente et au diapason de leurs préoccupations, pour nos jeunes
qui ont besoin d'une députée accessible pour comprendre leurs besoins et pour
contrer leur exode vers les grands centres, pour nos entrepreneurs qui veulent
une députée qui comprend leur environnement d'affaires et leurs enjeux du
quotidien. Pour les citoyens et pour les citoyennes