Culture and Education — 12 February 2013 (40th Legislature, 1st Session)

CCE 2013-02-12

Quebec — Committees

Culture and Education — 12 February 2013 (40th Legislature, 1st Session)

CCE 2013-02-12

Quebec — Committees

Journal des débats de la Commission de la culture et de l’éducation - Assemblée nationale du Québec

sur les médias sociaux, Facebook, X, Youtube

Députés

La présidente

Les députés depuis 1764

Coordonnées des députés

La fonction de député

Fonctions parlementaires des députés

Composition des commissions

Indemnités et allocations

Cercle des femmes parlementaires

Cercle des jeunes parlementaires

Cercle des ex-parlementaires de l’Assemblée nationale du Québec

Fondation Jean-Charles-Bonenfant

Fondation des parlementaires québécois Cultures à partager

Travaux parlementaires

Calendrier hebdomadaire des travaux

Journal des débats

Index du Journal des débats

Règlement et autres règles de procédure de l'Assemblée nationale

Propos non parlementaires

Assister aux travaux

Travaux de l'Assemblée

Toutes les séances

Documents déposés

Projets de loi

Cheminement des projets de loi

Registre des votes

Travaux des commissions

Liste des commissions

Mandats en cours

Documents déposés

Rapports et documents de réflexion

Exprimez votre opinion!

Pétitions

Signer une pétition électronique

Consulter une pétition présentée à l'Assemblée

Lancer une pétition

Suivre le cheminement d'une pétition

Consultations publiques

Comment participer à une consultation

Liste des consultations publiques

Commenter un sujet à l'étude

Présenter un projet de loi d'intérêt privé

Vidéo

En direct et webdiffusions à venir

Archives des travaux et activités parlementaires

Travaux de l'Assemblée

Travaux des commissions

Activités de presse

Activités spéciales et institutionnelles

Députés

Le Canal de l'Assemblée

Émissions et capsules promotionnelles

Espace jeunesse

Commander un extrait

Calendrier

Ouvrir

En direct

Calendrier détaillé

_date_du_jour

Aujourd'hui

_heure_en_cours

En cours

Activités du jour

Exposition(

s) Drapeau(

x) sur l'hôtel du Parlement

L'utilisation du calendrier requiert que Javascript soit activé dans votre navigateur.

Pour plus de renseignements

L'ABC de l'Assemblée

Visiteurs

Restaurants

Actualités et salle de presse

Bibliothèque

Publications

Éducation

Diplomatie

Histoire

Accueil > Travaux parlementaires > Travaux des commissions > Journal des débats de la Commission de la culture et de l’éducation

Travaux parlementaires

Journal des débats

Index du Journal des débats

Travaux de l'Assemblée

Registre des votes

Travaux des commissions

Administration publique

Agriculture, pêcheries, énergie et ressources naturelles

Aménagement du territoire

Assemblée nationale

Culture et éducation

Économie et travail

Finances publiques

Institutions

Relations avec les citoyens

Santé et services sociaux

Transports et environnement

Mandats en cours

Rapports et documents de réflexion

Cheminement des projets de loi

Projets de loi

Documents déposés

Dépôts du jour

Calendrier hebdomadaire des travaux

Mots clés

Type de documents

Tous les documents

Documents déposés

Feuilletons et préavis

Journaux des débats

Mémoires

Procès-verbaux de l'Assemblée

Projets de loi

Rapports et documents de consultation des commissions

Type de travaux

Travaux de l'Assemblée et des commissions

Travaux de l'Assemblée

Travaux des commissions

Commission de la culture et de l’éducation

Commission de la santé et des services sociaux

Commission de l'administration publique

Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles

Commission de l'aménagement du territoire

Commission de l'Assemblée nationale

Commission de l'économie et du travail

Commission des finances publiques

Commission des institutions

Commission des relations avec les citoyens

Commission des transports et de l'environnement

Sous-commission de la réforme parlementaire

Période

De</b> et <b>À</b> sont remplis, le résultat se situe entre les dates indiquées.<br/>

Si seul le champ <b>De</b> est rempli, le résultat se situe entre la date indiquée jusqu’à aujourd’hui.<br/>

Si seul le champ <b>À</b> est rempli, le résultat se situe avant la date indiquée.

" class="champsDate choisirDate BulleInfo PeriodeFin" />

La date de début doit précéder la date de fin.

Session

Toutes les sessions

Session en cours - 43e législature, 3e session (5 mai 2026 - )

43e législature, 2e session (30 septembre 2025 - 8 avril 2026)

43e législature, 1re session (29 novembre 2022 - 10 septembre 2025)

42e législature, 2e session (19 octobre 2021 - 28 août 2022)

42e législature, 1re session (27 novembre 2018 - 13 octobre 2021)

41e législature, 1re session (20 mai 2014 - 23 août 2018)

40e législature, 1re session (30 octobre 2012 - 5 mars 2014)

39e législature, 2e session (23 février 2011 - 1 août 2012)

39e législature, 1re session (13 janvier 2009 - 22 février 2011)

38e législature, 1re session (8 mai 2007 - 5 novembre 2008)

37e législature, 2e session (14 mars 2006 - 21 février 2007)

37e législature, 1re session (4 juin 2003 - 10 mars 2006)

36e législature, 2e session (22 mars 2001 - 12 mars 2003)

36e législature, 1re session (2 mars 1999 - 9 mars 2001)

35e législature, 2e session (25 mars 1996 - 21 octobre 1998)

35e législature, 1re session (29 novembre 1994 - 13 mars 1996)

34e législature, 3e session (17 mars 1994 - 17 juin 1994)

34e législature, 2e session (19 mars 1992 - 10 mars 1994)

34e législature, 1re session (28 novembre 1989 - 18 mars 1992)

33e législature, 2e session (8 mars 1988 - 9 août 1989)

33e législature, 1re session (16 décembre 1985 - 8 mars 1988)

32e législature, 5e session (16 octobre 1984 - 10 octobre 1985)

32e législature, 4e session (23 mars 1983 - 20 juin 1984)

32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)

32e législature, 2e session (30 septembre 1981 - 2 octobre 1981)

32e législature, 1re session (19 mai 1981 - 18 juin 1981)

31e législature, 6e session (5 novembre 1980 - 12 mars 1981)

31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)

31e législature, 4e session (6 mars 1979 - 18 juin 1980)

31e législature, 3e session (21 février 1978 - 20 février 1979)

31e législature, 2e session (8 mars 1977 - 22 décembre 1977)

31e législature, 1re session (14 décembre 1976 - 23 décembre 1976)

30e législature, 4e session (16 mars 1976 - 18 octobre 1976)

30e législature, 3e session (18 mars 1975 - 19 décembre 1975)

30e législature, 2e session (14 mars 1974 - 28 décembre 1974)

30e législature, 1re session (22 novembre 1973 - 22 décembre 1973)

29e législature, 4e session (15 mars 1973 - 25 septembre 1973)

29e législature, 3e session (7 mars 1972 - 14 mars 1973)

29e législature, 2e session (23 février 1971 - 24 décembre 1971)

29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)

28e législature, 5e session (24 février 1970 - 12 mars 1970)

28e législature, 4e session (25 février 1969 - 23 décembre 1969)

28e législature, 3e session (20 février 1968 - 18 décembre 1968)

28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)

28e législature, 1re session (1 décembre 1966 - 12 août 1967)

27e législature, 6e session (25 janvier 1966 - 18 avril 1966)

27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)

27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)

27e législature, 3e session (14 janvier 1964 - 31 juillet 1964)

27e législature, 2e session (21 août 1963 - 23 août 1963)

27e législature, 1re session (15 janvier 1963 - 11 juillet 1963)

26e législature, 2e session (10 novembre 1960 - 10 juin 1961)

26e législature, 1re session (20 septembre 1960 - 22 septembre 1960)

25e législature, 4e session (18 novembre 1959 - 18 mars 1960)

25e législature, 3e session (19 novembre 1958 - 5 mars 1959)

25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)

25e législature, 1re session (14 novembre 1956 - 21 février 1957)

24e législature, 4e session (16 novembre 1955 - 23 février 1956)

20e législature, 1re session (7 octobre 1936 - 12 novembre 1936)

18e législature, 2e session (10 janvier 1933 - 13 avril 1933)

18e législature, 1re session (3 novembre 1931 - 19 février 1932)

17e législature, 2e session (8 janvier 1929 - 4 avril 1929)

16e législature, 4e session (11 janvier 1927 - 1 avril 1927)

16e législature, 3e session (7 janvier 1926 - 24 mars 1926)

16e législature, 1re session (17 décembre 1923 - 15 mars 1924)

15e législature, 4e session (24 octobre 1922 - 29 décembre 1922)

15e législature, 3e session (10 janvier 1922 - 21 mars 1922)

15e législature, 2e session (11 janvier 1921 - 19 mars 1921)

15e législature, 1re session (10 décembre 1919 - 14 février 1920)

14e législature, 3e session (21 janvier 1919 - 17 mars 1919)

14e législature, 2e session (4 décembre 1917 - 9 février 1918)

14e législature, 1re session (7 novembre 1916 - 22 décembre 1916)

13e législature, 4e session (11 janvier 1916 - 16 mars 1916)

13e législature, 3e session (7 janvier 1915 - 5 mars 1915)

13e législature, 2e session (11 novembre 1913 - 19 février 1914)

13e législature, 1re session (5 novembre 1912 - 21 décembre 1912)

12e législature, 4e session (9 janvier 1912 - 3 avril 1912)

12e législature, 3e session (10 janvier 1911 - 24 mars 1911)

12e législature, 2e session (15 mars 1910 - 4 juin 1910)

12e législature, 1re session (2 mars 1909 - 29 mai 1909)

11e législature, 4e session (3 mars 1908 - 25 avril 1908)

Partager

Diagramme de l'Assemblée

En direct sur le Web

Journal des débats de la Commission de la culture et de l’éducation

Version finale

Retour à la liste des séances du Journal des débats

40 e législature, 1 re session

(30 octobre 2012 au 5 mars 2014)

Le mardi 12 février 2013 - Vol. 43 N° 5

Ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie, volet Formation professionnelle

Aller directement au contenu du Journal des débats

Table des matières

Formation professionnelle 1

Remarques

préliminaires 1

Mme Marie Malavoy 1

M. Pierre Marsan 3

Mme Nathalie Roy 4

Discussion générale 5

Autres

intervenants

M. Guy

Ouellette, président suppléant

Dave Turcotte

Émilien Pelletier

Ghislain Bolduc

M. André Villeneuve

Mme Francine Charbonneau

Journal des débats

(Quinze heures quarante-six

minutes)

Le Président (M. Ouellette) : À l'ordre,

s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la

Commission de la culture et de l'éducation ouverte. Je demande à toutes les

personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs

téléphones cellulaires.

Formation professionnelle

La commission

est réunie afin de procéder à l'étude des crédits budgétaires du volet

Formation professionnelle, relevant du portefeuille Éducation, Loisir et

Sport, pour l'exercice financier 2013‑2014.

Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des

remplacements?

Secrétaire : Oui, M. le

Président. M. Bureau-Blouin (Laval-des-Rapides) sera remplacé par

M. Villeneuve(Berthier);

M. Roy (Bonaventure) par M. Turcotte (Saint-Jean); et Mme Vien

(Bellechasse) par M. Marsan (Robert-Baldwin).

Le Président (M. Ouellette) :

Puisque nous avons débuté nos travaux — et

c'est hors de notre contrôle — à 15 h 46 et qu'une période de trois

heures doit être consacrée à l'étude de ce volet cet après-midi, y a-t-il

consentement pour poursuivre nos travaux

au-delà de l'heure prévue, soit jusqu'à 18 h 46, s'il n'y a pas de

changement? Il semblerait qu'il y a consentement.

Nous allons

débuter par les remarques préliminaires puis nous allons procéder à une

discussion d'ordre général par blocs

d'environ 17 minutes, y incluant les questions et les réponses. En terminant,

je vous invite, aux fins de l'exercice de l'étude des crédits, à poser

de courtes questions et, incidemment, à fournir des réponses tout aussi brèves

de façon à favoriser le plus grand nombre d'échanges possible.

Je vais souhaiter la bienvenue à la ministre, à

son équipe, la

partie ministérielle, M. le député de Saint-Jean, M. le député

de Saint-Hyacinthe, M. le député de Berthier, et M. le député de

Robert-Baldwin.

Remarques préliminaires

Nous allons débuter sans plus tarder avec les

remarques préliminaires. Mme la ministre.

Mme Marie Malavoy

Malavoy : Merci, M. le

Président. C'est à mon tour de vous saluer, ainsi que les membres de l'opposition

officielle et les membres du deuxième groupe

d'opposition qui se joindront à nous éventuellement. Je salue également

mes collègues du côté du gouvernement et je prends un instant pour vous

présenter les gens qui m'accompagnent : Mme Carole Lavallée,

qui est à ma gauche et qui est directrice de cabinet; M. Bernard Matte,

qui est le sous-ministre du ministère

de l'Éducation, des Loisirs et Sports; et M. Alain Veilleux qui est

sous-ministre adjoint au même ministère. Je me permets de saluer également sans me retourner, mais toutes les

personnes qui sont derrière moi. Et vous comprendrez que leur aide est précieuse pour la préparation de

cette étude de crédits sur l'Éducation, volet Formation professionnelle.

Permettez-moi peut-être de commencer en

signifiant que nous avons tous à la boutonnière un petit ruban vert et blanc.

Et je ne peux m'empêcher de profiter de l'occasion pour souligner que nous

sommes dans la semaine de la persévérance scolaire, que cela vaut pour tous les

ordres d'enseignement, pour tous les cheminements et que cela vaut, bien entendu, pour la formation

professionnelle. Donc, j'aimerais dire à tous les jeunes qui ont entamé un

parcours qu'on leur souhaite d'aller vraiment jusqu'au bout. Et on sera là pour

les aider, et on souhaite qu'ils aient sur leur parcours toutes les personnes

susceptibles de leur donner un coup de main s'ils en ont besoin.

• (15 h 50) •

Vous

comprendrez que la formation professionnelle, c'est un défi qui est magistral

pour le Québec. Je vais essayer de résumer quelles sont les plus grands

défis que nous avons à regarder, mais, en même temps, je vais essayer de montrer, à l'intérieur de ces défis, quels sont un

certain nombre d'enjeux qui me tiennent particulièrement à coeur. Bien

sûr, quand on parle de formation professionnelle, on a à l'esprit une formation

qui ouvre à un métier, et un métier qui correspond

à des besoins du marché du travail. Mais, avant ça, j'aimerais affirmer quelque

chose que je trouve important, qui me tient à coeur, c'est l'idée que,

quelle que soit la formation dont on parle, elle doit, avant tout, permettre à

des personnes de s'accomplir, d'acquérir des connaissances pour l'intérêt de

devenir des citoyens, des citoyennes mieux éclairés, mieux à même de faire des

choix dans la vie. Et je voudrais poser cela en partant parce qu'il n'y a pas

une formation où on ne pense que métier et,

d'autres formations, on acquiert des connaissances plus générales, il y a,

d'abord et avant tout, des gens qui se forment pour la vie, quelle que soit la

filière qu'ils choisissent.

Cela

dit, bien entendu, on parle de formation professionnelle, donc on doit faire un

lien avec le marché de l'emploi. Et

vous me permettrez de rappeler que, d'ici 2021 — ce n'est pas si

loin, 2021, on est en 2013 — c'est près de 1,4 million d'emplois qu'il faudra pourvoir. Et on sait d'ores

et déjà que 444 000 d'entre eux nécessiteront une formationprofessionnelle ou technique. Donc, on comprend

bien que, d'ici 2021, des gens auront pris leur retraite, il faudra

combler leurs postes. Mais on sait également

qu'il y aura création de nouveaux emplois, puisque le marché de l'emploi est

mobile. Et, fort heureusement, on ne fait pas que reproduire les mêmes emplois,

on en crée également de nouveaux.

Ce qui est intéressant

et ce qu'il vaut la peine de dire à des jeunes qui sont intéressés par la

formation professionnelle, c'est qu'il

y a un taux de placement très fort quand on fait des études dans ce

cheminement. Je vous donnerai l'exemple de la Montérégie, vous me permettrez de puiser une donnée dans la région

qui est la mienne. En Montérégie, en 2010, 88,2 % des personnes

diplômées en formation professionnelle à la commission scolaire Marie-Victorin

travaillaient à plein temps un an après la

fin de leurs études. Donc, premier enjeu, de permettre aux jeunes d'aller dans

des filières où on a besoin d'eux.

Autre enjeu

que j'indique également tout de suite, c'est celui du soutien aux élèves. Les

jeunes et les jeunes adultes, souvent,

qui font un parcours de formation professionnelle sont aussi des gens qui ont

des enfants, qui ont un conjoint, qui ont d'autres préoccupations dans

la vie et ils ont besoin, donc, qu'on les soutienne. Qu'on les soutienne au

titre de la persévérance

scolaire — je l'ai indiqué tout à l'heure avec mon ruban à la

boutonnière — mais ils ont besoin également qu'on les aide à gérer le stress, ils ont besoin

qu'on les aide à concilier cette trilogie travail-études-famille et Ils ont

besoin, de temps en temps, qu'on les aide à

traverser des difficultés personnelles, de calculer également des questions

budgétaires qui ne sont pas simples. Ce n'est pas simple de joindre les deux

bouts quand on étudie et quand on a une famille. Ils ont besoin de s'assurer

que leur orientation professionnelle est la bonne. Bref, ils ont besoin d'aide

tout au long de leur parcours, et ça me permet de saluer la présence des gens

qui, dans les centres de formation professionnelle, leur permettent de réussir

à persévérer, à aller jusqu'au bout.

Autre défi

important qui est celui — un peu plus nouveau, un peu moins connu

peut-être — de la concomitance entre la formation

professionnelle et la formation générale. Et vous me permettrez de citer une

phrase d'un avis du Conseil supérieur de l'éducation

qui vient de paraître l'automne dernier et qui dit ceci : «...le conseil croit qu'il faut miser davantage sur le parcours en concomitance à horaire intégré, l'appliquer

le plus largement à la double diplomation — diplômed'études professionnelles, diplôme d'études

secondaires — en accroître l'offre et l'étendre à l'ensemble des

commissions scolaires.»

Pourquoi je dis ça? Parce qu'une des choses que

nous souhaitons développer beaucoup plus que ça ne l'est actuellement, c'est la possibilité pour un jeune

simultanément d'apprendre un métier, mais aussi de poursuivre sa

formation générale, de telle sorte qu'il aura

à la fin un métier qu'il pourra exercer et un diplôme qui pourra lui permettreéventuellement, s'il en a envie, d'avoir

accès à d'autres paliers d'enseignement et, par exemple, de continuer au

cégep. Donc, c'est un dossier qui va être important pour moi.

Autre défi, c'est

celui qu'on appelle communément celui des passerelles entre la formation

professionnelle et la formation technique. Il y a des cas où ces passerelles

existent. Je vous donne un bon exemple et un mauvais exemple si vous permettez. Il existe un parcours de

continuité au cégep de Drummondville, à la commission scolaire des

Chênes, entre un diplôme d'études

professionnelles en techniques d'usinage et un diplôme d'études collégiales en

techniques de génie mécanique. Un jeune peut passer de l'un à l'autre,

on va lui reconnaître certains cours. Ça va faciliter, donc, la transition. Par contre, un mauvais exemple… Et je

n'accuse personne, mais il y a un diplôme d'études professionnelles qui s'appelle Abattage et façonnage des bois. Par

contre, il y a un D.E.C. qui s'appelle Technologies des pâtes et papiers,

et il n'y a pas de communication de l'un à l'autre. Et je tiens simplement à

vous indiquer que c'est un des chantiers que je souhaite développer dans le

mandat qui m'a été confié.

Autre

question importante, la désexisation des formations. Je n'ai pas le temps de

vous en parler beaucoup dans mes

remarques préliminaires, mais je pense qu'il faut tout faire pour que les

métiers ne soient pas liés à un sexe et que les métiers puissent être

tout autant accessibles aux garçons et aux filles.

Je dirais

que, de façon globale, tous ces défis étant nommés, il y en a un qui est

peut-être le plus important de tous, qui

est celui de la valorisation de la formation professionnelle. Je pense qu'on a

encore des préjugés dans la société. Or, on voit qu'il y a, sur le marché du travail, des besoins immenses, on voit

qu'il y a moyen de s'accomplir. Si vous avez été dans des centres de

formation professionnelle, comme ça a été mon cas cette semaine... J'ai décerné

un coup de coeur aux trois centres de mon comté : les centres

Charlotte-Tassé, Jacques-Rousseau et Pierre-Dupuy. Et je leur ai donné mon coup

de coeur pour la formation professionnelle, et j'ai vu là des gens absolument

passionnés de leur métier, et je pense que

ce sont de beaux exemples qu'il faut propager. Il faut s'assurer que ce soit

une formation qui donne aux jeunes la possibilité d'aller au bout d'eux-mêmes,

et on doit tout faire pour les y accompagner.

Je termine en vous disant que c'est ça, les

grandes tâches auxquelles nous allons nous atteler, s'assurer d'avoir une main-d'oeuvre de qualité mais qui

forme des personnes, qui leur permet de s'épanouir, soutenir les élèves

tout au long de leur parcours, développer la concomitance entre la formation

générale et la formation professionnelle, s'assurer

qu'il y ait des passerelles pour qu'il y ait de la fluidité entre les parcours,

désexiser les métiers — c'est une vaste entreprise — et, surtout, valoriser la formation

professionnelle.

Alors, M. le Président, c'est avec ces idées en

tête que j'aborde l'étude des crédits. Je répondrai à toutes les questions avec grand plaisir. Et sachez que je

suis une convaincue que nous parlons ici de choses extrêmement

importantes pour le Québec, mais surtout pour toutes les personnes qui font ce

choix de carrière dans leur vie. Je vous remercie.

Président (M. Ouellette) :

Merci, Mme la ministre. J'invite maintenant le porte-parole de l'opposition

officielle et député de Robert-Baldwin à faire ses remarques préliminaires.

Pierre Marsan

M. Marsan : Je vous remercie, M. le Président. Je voudrais d'abord vous saluer, Mme

la ministre de l'Éducation, des

Loisirs et du Sport. Ce n'est pas la première fois que nous avons l'occasion de

travailler ensemble, et je pense qu'on va sûrement continuer de faire du

bon travail, surtout si on a en tête qu'on veut aider les jeunes, les

étudiants, les parents, les professeurs, les professionnels et tous les

administrateurs scolaires.

voudrais saluer mes collègues, avec qui j'ai toujours beaucoup de plaisir à

travailler dans différents dossiers, dont des dossiers de l'éducation. On a fait un bon travail, je pense, à la

dernière législature avec la Commission de l'éducation lorsqu'on a fait une commission itinérante sur le

décrochage scolaire. Alors, je me permets de vous saluer de nouveau, saluer

les gens qui m'accompagnent, saluer les gens de la coalition pour l'avenir du

Québec, je vous salue bien. Et je voudrais

particulièrement saluer les fonctionnaires qui vous accompagnent aussi. Parce

que j'ai eu l'occasion de travailler avec certains d'entre eux aussi à d'autres

niveaux au ministère de l'Éducation, et on a toujours trouvé un niveau d'excellence. La recherche d'excellence, je pense,

c'est très, très important, et je pense qu'on ne le souligne pas assez.

Alors, j'en profite, je prends cette occasion pour vous le dire, et nous vous

remercions.

pense qu'on a eu, quand on a examiné les résultats ou les questions aux

crédits, un peu de la difficulté à trouver vraiment les chiffres, à

identifier quelles sont les dépenses en formation professionnelle, en formation

des adultes, et c'est sûrement des questions que j'aurai à vous poser aussitôt

que débutera cette période d'échange.

• (16 heures) •

Mais,

auparavant, j'aimerais vous mentionner quand même les investissements

importants qui ont été faits par le précédent gouvernement,

particulièrement, d'abord, en immobilisations. Je voudrais rappeler les

285 millions qui ont été investis pour

l'acquisition d'équipement et d'aménagement de locaux en formation

professionnelle, 315 millions pour acquisition d'équipement et

aménagement de locaux pur la formation technique, 57 millions pour

bonifier l'offre de formation en formation professionnelle et technique,

21 millions pour les mises à jour de laboratoires. Alors, pour un total de 679 millions. Alors, ça, c'est le

budget d'immobilisations. À cela s'ajoute le budget de fonctionnement qui

avait été donné pour améliorer les services

aux étudiants et aux élèves. Alors, c'était 20 millions par année pour l'adaptation

des programmes de formation aux adultes, 27 millions pour favoriser l'accès

des jeunes à la formation professionnelle.

Je voudrais vous

rappeler aussi un programme qui est extrêmement important, c'était le Programme

d'action communautaire sur le terrain de l'éducation,

le PACTE. Et ça a été lancé en 2003‑2004, et 145 millions y ont été

accordés, depuis son lancement, à des organisations communautaires. Alors, c'était

vraiment de l'intervention sur le terrain.

Le plan d'action pour

l'éducation, l'emploi et la productivité, c'était en avril 2008 avec un budget

de 40 millions et plus.

Le financement d'attestations

d'études professionnelles en service de garde en milieu scolaire,

6 millions.

Un dossier qui nous

tient à coeur, je pense, tous les parlementaires, tous ceux qui sont ici même,

c'est l'alphabétisation. Alors, c'est

360 millions qui ont été investis depuis les années 2003 pour dispenser la

formation, assurer le soutien aux élèves et aux étudiants et faire des

activités de prévention.

La francisation, un

autre dossier d'actualité extrêmement important, alors 58 millions ont été

donnés pour les services d'enseignement de

la francisation. Et le nombre d'inscriptions d'immigrants visés par cette

entente augmente et est rendu, je pense, autour... dépasse les

17 000 élèves par année.

voudrais vous rappeler, Mme la ministre, les engagements qui ont été faits par

votre formation politique lors de la dernière

campagne électorale. Vous avez parlé d'encourager fortement la mobilisation de

tous les secteurs de la société dans la lutte au décrochage scolaire et

offrir à tous les jeunes déscolarisés de 16 à 18 ans une solution de formation

ou d'apprentissage. Oui, sûrement, on va

vite être d'accord, mais la question, c'est : Où sont les crédits? Où sont

les budgets? Vous avez parlé de

favoriser, dans le cadre d'une politique d'éducation des adultes, la

fréquentation des travailleurs aux cours

professionnels ou techniques dans les écoles secondaires ou cégeps, notamment

en modulant les horaires de cours. Et vous

avez aussi mentionné, toujours dans vos engagements, le vaste chantier d'alphabétisation,

incluant l'analphabétisme numérique,

afin de réduire de façon significative l'analphabétisme au Québec d'ici 2020.

Mais tout ça, c'était bien, c'était, je

pense, extrêmement important de le dire, sauf que, lorsque je regarde les

crédits qui ont été déposés suite au budget, eh bien on ne trouve rien

dans le budget.

Dans

le discours inaugural, la première ministre, je pense, a mentionné : «Le gouvernement continuera de valoriser la formation

professionnelle et [de poursuivre] les efforts d'alphabétisation.» Là encore, c'est la première ministre qui

parle, mais où sont les crédits?

Le 12 novembre dernier, c'est vous, Mme la

ministre, qui avez fait, je pense, ce qui était votre première intervention,

et vous avez mentionné : «La

formation professionnelle, non seulement elle est essentielle pour la société québécoise, elle est essentielle pour le

développement de l'économie québécoise...» Mais, en

cherchant encore dans le livre des crédits, on ne trouve aucune

allocation qui est faite pour supporter cette affirmation. Alors, pour la

formation des adultes, là encore, rien de concret dans le budget ou les

crédits.

voudrais vous mentionner aussi des affirmations qui ont été faites… Toujours le

même discours que vous avez prononcé

en Chambre : «...vous comprendrez, donc, que c'est pour ça que j'en

fais une priorité et que je suis heureuse d'avoir entendu la première

ministre, dans son discours inaugural, dire avec force qu'une priorité majeure

pour le gouvernement du Parti québécois sera de lutter contre le décrochage

scolaire.» Je me permets de souligner,

comme vous, la petite boutonnière que nous avons. C'est la journée du

décrochage, et même la semaine. Alors donc, c'est l'importance que, nos

formations politiques, nous accordons à ce phénomène de décrochage scolaire. Mais,

encore là, c'est une affirmation extrêmement importante sur laquelle on va vite

être d'accord, mais où sont les budgets?

Un peu plus loin, c'était la ministre qui... la

première... Non, c'est la ministre qui parlait, excusez : «Le goût d'apprendre, toutefois, ce n'est pas

juste pour les tout-petits, il faut aussi que ça accompagne les jeunes. Et une

des voies que je

souhaite exploiter, c'est la voie de la formation professionnelle.

Malheureusement, au Québec, on en a fait souvent une voie de deuxième

importance, dans laquelle allaient des gens qui n'étaient pas destinés à

poursuivre des études supérieures. La

formation professionnelle, non seulement elle est essentielle pour la société

québécoise, mais elle est essentielle

pour le développement de l'économie québécoise, et c'est un puissant facteur de

valorisation.» Alors, là aussi, je souhaiterais... Et j'imagine que, dans les échanges que nous

aurons, vous allez nous indiquer quels sont les budgets qui sont donnés

pour cette affirmation que vous nous faisiez.

Alors,

rapidement, en terminant, les... Vous avez mentionné dans vos engagements d'embaucher

éventuellement 600 professionnels d'ici 2015. Alors, là aussi, on n'a aucune

indication dans les crédits. Vous voulez encourager la mobilisation dans tous les secteurs de la société dans la lutte au

décrochage scolaire, mais on n'a pas ni les budgets ni de plan d'action.

Renforcer l'autonomie des établissements, ça, c'est quelque chose d'intéressant,

mais de quelle façon? Aucune réponse. Vous

voulez offrir à tous les jeunes déscolarisés de 16 à 18 ans une solution de

formation ou d'apprentissage. Quelle solution? Et mettre rapidement un

nouveau plan d'action en matière d'éducation des adultes.

Alors, je

pense... Peut-être, en terminant, rappeler tout simplement ce qui avait été

fait par notre gouvernement : la réduction du nombre d'élèves par

classe, l'amélioration du programme d'aide aux devoirs, le renforcement de la stratégie d'intervention Agir, l'ajout d'enseignants

ressources, le lancement de la stratégie d'action L'école, j'y tiens!,

et ainsi de suite.

Alors, je

voudrais terminer ces premières remarques préliminaires et souhaiter que nous

aurons par la suite des échanges fructueux. Je vous remercie, M. le

Président.

Le Président (M. Ouellette) : Merci,

M. le député de Robert-Baldwin. Maintenant, j'invite la porte-parole du

deuxième groupe d'opposition et députée de Montarville, à qui je souhaite la

bienvenue, à faire ses remarques préliminaires.

Mme Nathalie Roy

Mme Roy

(Montarville) : Merci, M. le

Président. Bien, je pense, je vais abréger les remarques préliminaires,

compte tenu du peu de temps que nous avons en tant que deuxième groupe d'opposition.

Bonjour, Mme la ministre. Messieurs dames les fonctionnaires, je vous salue. C'est

une première expérience pour moi. Et j'ai été confrontée à ces réponses aux questions que nous avons posées.

Alors, c'est une charge de travail colossale que vous avez dû accomplir pour y répondre. Et, de mon côté, j'aurais aimé

avoir beaucoup, beaucoup, beaucoup de temps pour tout lire en détail, je

m'attarderai à quelques points très précis

concernant la formation professionnelle. Bien, des points qui nous

inquiètent un peu, surtout relativement à l'adéquation formation

professionnelle et marché du travail, le lien entre les deux — il devait

se faire un lien entre les deux — pour mieux

connaître, justement, l'offre et la demande, pour que nos jeunes, nos étudiants au secondaire puissent sortir de l'école

avec un diplôme qui leur permettra, justement, d'avoir accès au marché

du travail, à des emplois de qualité.

Un mot pour

vous dire que j'arbore, tout comme vous, ce fameux ruban parce que, pour moi,

je crois à la réussite scolaire, je

crois à la persévérance, je crois aussi énormément, tout comme notre parti, au

deuxième groupe d'opposition, nous

croyons énormément à la réussite scolaire. Tout passe par là, l'avenir des

jeunes passe par l'école et passe par vous.

Alors, de un, à la...

Une voix : ...

• (16 h 10) •

Mme Roy

(Montarville) : Non, non,

non. Mais, de un, je veux partir en ce qui a trait aux retards dans les

livrables des mesures sur la formation

professionnelle. Nous avons fouillé ces questions. Les questions que nous avons

posées, donc, nous avons fouillé les

réponses, et, pour nous, la formation professionnelle, c'est primordial. On

croit avec conviction qu'il faut

valoriser cette formation et en faire la promotion le plus possible pour que

tous nos jeunes puissent développer leur plein potentiel et aussi pour avoir le plus grand nombre de diplômés

possible au Québec. Le taux de décrochage, vous le savez, est trop élevé au Québec actuellement, on échappe

trop de jeunes. Moi, j'appelle ça du gaspillage. On gaspille trop de

talent, il faut aller chercher ces jeunes, il faut les accrocher.

Alors, à la lumière des questions qui vous ont

été posées par cette étude, je vais m'attarder surtout sur les stages en

entreprise, l'implication de l'entreprise, le lien entre la formation et le

marché de l'emploi. D'ailleurs, je vais faire un peu d'histoire pour vous

rafraîchir la mémoire. Pour moi, ces documents-là étaient tout nouveaux, alors

je suis passée à travers.

En juin 2011,

le ministère propose 13 actions à prendre pour faire l'adéquation entre la

formation professionnelle et le

marché du travail, ce qui est très louable, c'est un travail très important à

faire. Il faut connaître l'offre de service et la demande du marché du

travail. Cependant, on peut constater au fil des mois que, ces actions qui

devaient être entreprises — il y

avait un échéancier, c'est ce qu'on constate à la lueur des réponses

données — les échéanciers n'ont pas été respectés. Il y a eu

des abandons ou encore des retards. D'autres objectifs qui devaient être

atteints seront à venir; d'autres, retardés. Quelques-uns ont été réalisés

cependant, il faut le souligner, mais il y a du retard dans la machine et…

quand ce n'est pas, tout simplement, de l'abandon également.

Par exemple,

on peut lire, à la fin de la réponse à la question 58 que nous vous

posions — et là je cite la réponse que vous nous avez donnée : «Le calendrier

de [livraison] des livrables diffusé sur le site Web du ministère de l'Éducation,

du Loisir et du Sport doit être actualisé pour tenir compte de la création du

ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la

Technologie.»

Alors, Mme la ministre, compte tenu de

toute l'importance qu'il faut apporter à la formation professionnelle de

nos jeunes, moi, je m'inquiète ici parce que, là, il y a du retard. Comment se

fait-il que la séparation du ministère de l'Éducation en deux, là, avec la

création de celui de l'Enseignement supérieur, bien, ça retarde les livrables,

hein, des livrables qui ont été définis, je

vous le rappelle, en juin 2011 pour faire l'équation entre la formation

professionnelle et le marché du

travail, là? C'est ce qui me préoccupe particulièrement, cette équation-là

entre les deux. Donc, il y a du retard. Ça fait plus d'un an et huit mois que vous vous penchez sur cette

question, et là, bien, on attend d'avoir les échéanciers finaux et on est... On était, pardon, en train de

travailler sur des choses très, très importantes au ministère… Vous

étiez en train de travailler...

Le Président (M.

Ouellette) : ...Mme la députée de Montarville...

Mme Roy

(Montarville) : Pardon?

Le Président (M. Ouellette) : ...conclusion parce qu'il vous reste 20 secondes

dans vos remarques préliminaires.

Mme Roy

(Montarville) : Mais ce n'étaient pas des remarques préliminaires.

Le Président (M.

Ouellette) : Bien, il faut que ça soit des remarques préliminaires

parce que...

Mme Roy

(Montarville) : Je vous ai dit que je sauterais mes remarques

préliminaires.

Le Président (M.

Ouellette) : ...ce n'est pas vous qui commencez. Ce n'est pas vous qui

commencez.

Mme Roy

(Montarville) : Ah! vous voyez, je suis néophyte dans le domaine.

Le Président (M.

Ouellette) : Bien, vos commentaires sont passés, Mme la députée.

Mme Roy (Montarville) : Bien, écoutez, on va y revenir tout à l'heure.

Alors, il y aura l'introduction... Vous voyez où je m'en vais. Alors,

voilà.

Le Président (M.

Ouellette) : Merci de votre préparation de questions de remarques

préliminaires, Mme la députée de Montarville.

Discussion générale

Maintenant, nous

allons débuter une première intervention de l'opposition officielle. Pour un

premier bloc d'échange, M. le député de Robert-Baldwin.

M. Marsan :

Oui. Je vous remercie, M. le Président. Alors, Mme la ministre, je vais revenir

un petit peu à ce que je vous ai

mentionné tantôt. Et nous avons eu vraiment de la difficulté à identifier les

budgets de la formationprofessionnelle,

les budgets de la formation des adultes, et ça serait ma première question :

Est-ce que vous pouvez nous donner ces budgets-là pour l'année 2013‑2014?

Si c'était possible d'avoir une comparaison avec l'année précédente, ça aussi,

ça pourrait être très, très utile aux parlementaires.

Le Président (M.

Ouellette) : Mme la ministre.

Mme Malavoy : Je vais commencer par une remarque préliminaire qui vaudra pour… Je

sais que je suis dans la période d'échange sur les questions et les

réponses, mais qui vaudra pour l'ensemble. Mais je vais répondre ensuite très

précisément à la question de mon collègue de Robert-Baldwin.

dirais d'abord que vous n'êtes pas sans savoir que nous avons fait des choix

budgétaires en tenant compte d'un héritage

assez lourd. Je ne veux pas m'appesantir sur la question, mais donc entre, par

exemple, ce que j'ai pu vous indiquer comme orientations dans mes

remarques préliminaires qui sont nos ambitions pour les prochaines années et ce

qu'en quelques mois on a été capables de livrer il peut y avoir un écart, et

cet écart tient essentiellement au fait que les finances publiques ne nous ont

pas permis une grande marge de manoeuvre.

Cela dit, je vais

répondre en deux points. Il y a d'abord, dans les documents que le député a

dans, je crois, ses cartons, dans le cahier

explicatif des crédits, il y a une indication globale sur les budgets du

ministère, et, à la page 25, là, de

ce cahier des crédits, si le député a ça avec lui, on indique que, globalement,

le total du programme, qui inclut éducation préscolaire, enseignement primaire et secondaire et qui inclut, donc, ce

dont on parle aussi en formation professionnelle et formation continue, est un budget qui,

globalement, a crû, a augmenté de 1,5 %. Essentiellement, ces argents sont

transférés aux commissions scolaires. Vous savez que nous ne gérons pas

directement les programmes, mais les commissions scolaires reçoivent des argents. Et nous donnons des autorisations en

formation professionnelle, et, lorsque l'autorisation est donnée, les

commissions scolaires peuvent procéder. Et, pour ce qui est de leurs

enveloppes, donc, entre 2012‑2013 et 2013‑2014, il y a augmentation globale des

budgets.

Cela dit, je ne sais

pas si vous souhaitez avoir des rubriques précises, mais je peux vous donner,

par exemple, la répartition par objet, là. Pour certains éléments, je pourrais

vous donner la variation entre l'année précédente, 2012‑2013,

et l'année actuelle. Par exemple, en formation professionnelle, je peux vous

indiquer… Puis je pourrai aller plus précisément si vous le souhaitez, mais, en

formation professionnelle, on a une hausse de 3 %. Alors, en 2011‑2012, on avait un budget de

718 560 000 $ et on a, en 2012‑2013, un budget prévisionnel de

741 120 000 $. Donc, il y a une hausse de 3 %. C'est

avec ça que l'on fonctionne actuellement.

M. Marsan :

Je peux poursuivre?

Le Président (M.

Ouellette) : M. le député de Robert-Baldwin.

M. Marsan :

J'ai bien compris que vous avez dit : Il y a une augmentation, on parle,

globale, là, de 1,5 %? C'est-u le

pourcentage? Mais, si on compare les coûts de système et de quoi sont composés

les coûts de système, bien, c'est les

augmentations de salaire des employés, c'est les frais de chauffage des

différentes écoles, c'est les frais d'entretien ménager. Habituellement, ça augmente un peu plus que 1,5 %. Je ne

sais pas... À ce moment-là, si les frais des coûts de système ne sont pas couverts, donc c'est une

réduction de l'augmentation et, donc, des coupures pour l'ensemble du

secteur, là, primaire, secondaire, formation professionnelle, et donc, pour la

formation professionnelle, c'est une réduction des budgets. Est-ce exact?

Le Président (M.

Ouellette) : Mme la ministre.

Mme Malavoy : C'est évident que, quand on fait le budget, on doit impérativement

tenir compte des coûts de système, puisqu'il

y en a un certain nombre qui sont incompressibles. Les salaires, par exemple,

qui sont déterminés par convention

collective, on ne peut pas avoir de variation, c'est donc incompressible. Mais

ce que je voulais vous indiquer tout à l'heure, c'est que, puisqu'on

parle ici de formation professionnelle et de formation générale ou des adultes,

la formation professionnelle, elle, a

augmenté de 3 %. Le budget global du ministère, qui comprend tout, tout,

tout, là, il a augmenté de 1,5 %, la formation professionnelle a eu

une augmentation de 3 % et la formation générale des adultes a eu

également une augmentation.

pourrais vous calculer le pourcentage, là, j'ai les chiffres bruts. L'éducation

des adultes, en 2011‑2012 elle avait un budget de 329 millions, un

peu plus, et elle a maintenant 340 millions de dollars, donc augmentation

également de ce côté-là. Le 1,5 % que

je vous ai donné, c'est pour l'ensemble de tous les programmes. Il y a là de

quoi faire fonctionner, bien sûr, l'ensemble

des programmes, mais je reconnais avec vous — et

je n'ai pas de difficulté à le reconnaître, puisque je prends un train

en marche — si on avait la

possibilité d'avoir un budget avec beaucoup plus de développement, je saurais

quoi faire avec l'argent. Mais je peux vous dire qu'actuellement, dans les

règles budgétaires, on tient compte de ces coûts de système que vous évoquez.

M. Marsan :

Alors, je comprends, pour faire un très court résumé, que vous avez donné une

augmentation globale au ministère de l'Éducation, là, éducation

primaire, secondaire, formation des adultes, formation professionnelle, de 1,5 %, mais, pour la formation

professionnelle, pour la formation des adultes, c'est vraiment 3 % qui

aurait été donné. C'est bien ça?

Mme Malavoy :

Oui.

• (16 h 20) •

M. Marsan :

Et c'est ma compréhension, et je vous remercie.

Maintenant,

je sais que la formation professionnelle, ce n'est pas une petite chose, là.

Vous avez parlé de 329 et 340 millions

cette année. C'est 70 commissions scolaires qui sont affectées, 175 centres de

formation professionnelle, trois

établissements gouvernementaux, 34 établissements privés, 142 programmes de

formation professionnelle, 25 programmes de spécialisation, 202 de

courte durée, et 90 000 personnes y participent. La formation des adultes,

c'est 200 centres de formation générale des

adultes, 181 organismes autonomes et plus de 150 000 adultes en

formation générale de base.

Alors,

à ce moment-ci, ce que j'aimerais savoir de vous — ça fait déjà cinq

mois ou presque, on s'en va sur une demi-année — est-ce

qu'il y a un plan d'action pour le développement de la formation

professionnelle et pour le développement de la formation des adultes?

Mme Malavoy :

C'est une question, effectivement, d'importance. Vous avez vous-même rappelé

que nous sommes là depuis... pas un temps

infini, depuis, effectivement, cinq mois. En même temps, je peux vous dire que

nous avons une préoccupation majeure d'effectivement développer ces... je

dirais, développer tout ce secteur d'activité. Pourquoi? Parce qu'il y a, premièrement, une chose qui est importante, c'est

que, derrière le concept de formation des adultes, il y a l'idée — puis je pense qu'elle

est de plus en plus vraie — qu'on n'apprend pas une seule fois dans sa

vie, mais qu'on apprend continuellement dans sa vie. Et une des choses qui est

probablement la plus pertinente et pour le développement

de la main-d'oeuvre et pour les personnes elles-mêmes, c'est de sentir qu'ils

ont un endroit où on peut les accueillir pour répondre à leurs besoins d'apprentissage.

Juste pour faire un

tout petit historique de la question, depuis 2007 — on est en

2013 — il n'y a aucun nouveau plan

d'action en éducation des adultes et formation continue, et la dernière

politique gouvernementale date de 2002.

2002, c'était un gouvernement du Parti québécois qui avait développé une

politique, donc, d'éducation des adultes et de formation continue. Ça a

été suivi d'un plan d'action, mais ce plan d'action là, depuis 2007, il est

comme arrêté ou, en tout cas, il a marqué le pas.

Donc, c'est vrai, je

reconnais avec vous que ce serait non seulement intéressant, mais que ce serait

important d'arriver à refaire un plan de cette nature-là. Jusqu'ici, il n'y a

rien qui a été mis en oeuvre, et nous, ce que nous souhaitons, c'est précisément… Vous l'avez évoqué tout à l'heure, d'ailleurs,

comme étant un des enjeux, on souhaite intensifier

les actions pour favoriser la formation continue, mais aussi pour développer

tout le secteur de l'alphabétisation, qui

est la base. Si des gens n'ont pas les connaissances de base pour être capables

de décoder ce qui est écrit, c'est sûr qu'ils ne sont pas capables d'avoir

des emplois spécialisés.

Alors, en

résumé, moi, j'arrive, depuis cinq mois, avec une politique qui date de 2002 et

un plan d'action qui s'est arrêté en 2007. Si vous me demandez si j'ai

envie de faire mieux, oui, j'ai envie de faire mieux Puis si je reconnais qu'il y a des besoins? Absolument, je reconnais qu'il

y a des besoins. Mais vous comprenez qu'on part d'un peu loin et qu'il

faut réactiver quelque chose qui est absolument important mais qui,

manifestement, avait été mis quelque peu en dormance ces dernières années.

M. Marsan : Je pense qu'il y a eu quand même un certain nombre

de stratégies qui ont été mises de l'avant. J'ai pu en faire l'énumération dans mes remarques

préliminaires. J'apprécie quand même l'engagement que vous formulez à l'effet

de développer un plan d'action assez

rapidement pour la formation professionnelle et pour la formation des adultes.

Alors, j'imagine que vous ne pouvez pas,

aujourd'hui, nous dire une échéance, mais est-ce que vous pouvez, au moins,

nous dire que ça serait vraiment, là, assez rapidement, là, et que, quand on se

reverra dans nos prochains crédits, on pourrait avoir plusieurs jalons de ce

plan d'action?

Malavoy : Je peux vous

rassurer très certainement, d'autant plus que j'ai comme partenaire dans cet

effort de modernisation du plan d'action ma

collègue de l'Emploi, Solidarité, Travail, la députée de Taschereau. Donc, bien

entendu, on souhaite mettre en oeuvre, de

façon concertée et avec son ministère et aussi avec les partenaires

socioéconomiques, on souhaite mettre en oeuvre une nouvelle politique. Je ne

peux pas vous donner à ce moment-ci une date exacte, mais, compte tenu que le gouvernement précédent n'a

produit aucune politique depuis 2002, je suppose que tout progrès sera

bienvenu. On pourrait dire ça comme ça.

M. Marsan : De nouveau, je vous souligne les nombreuses

stratégies qui ont été mises de l'avant aussi bien pour la formation professionnelle que pour la formation

des adultes. Et est-ce que, maintenant, tout en terminant ce chapitre-là,

vous pouvez aussi nous confirmer que les crédits pourraient suivre un plan d'action,

que ce ne soit pas simplement qu'un dépôt d'un plan d'action, mais que les

argents nécessaires à la réalisation du plan d'action seront sur la table?

Malavoy : Vous savez, M. le

député, que les ministres ne décident pas, seuls de leur côté, des argents

dont ils vont disposer, mais je vous dirai

sérieusement une ou deux choses. C'est essentiel qu'on ait une nouvelle

politique de la formation des adultes et de l'éducation continue. Je

pense que c'est important pour le Québec. Je crois qu'on n'a pas les moyens — dit

autrement — on n'a pas les moyens de ne pas en avoir. Et c'est

une chose que de référer à des mesures qui

ont pu être prises — vous avez évoqué ça tout à l'heure dans vos

remarques — des mesures qui peuvent être prises, c'en est une chose que d'avoir une vision intégrée du

développement de ces politiques. Et ce qu'il faut maintenant, c'est une vision intégrée tenant compte de l'évolution non

seulement du marché du travail, mais de ce que sont les personnes, des différents âges de la population active. Et, donc,

on vous dit aujourd'hui qu'on entend mettre en oeuvre ces travaux de

façon concertée et, en temps et lieu, on

plaidera notre cause pour avoir les crédits qui s'y attachent. Mais, aujourd'hui,

je ne peux pas aller beaucoup plus loin que de manifester l'importance

de commencer ces travaux et de vous dire que, dans les mois qui viendront, en concertation avec ma collègue de l'Emploi, et

Solidarité, et du Travail, on produira des choses qui seront très

certainement, dans un premier temps, soumises à la consultation de nos

partenaires.

M. Marsan : Mais, M. le Président, j'avais quand même l'impression,

à la lumière de ce que je vous ai lu tantôt, dans vos déclarations que

vous avez faites aussitôt que vous avez été assermentée en Chambre, les

déclarations de la première ministre, qu'il

y avait une priorité un peu plus grande que celle que vous manifestez

actuellement. Et j'aurais pensé qu'aujourd'hui on aurait pu peut-être

avoir des compléments d'information aussi bien dans le développement des

budgets pour cette année que sur le plan d'action comme tel ou...

Mme Malavoy : Je comprends votre

empressement, M. le député, mais je vous rappelle que, depuis 2002, il n'y a

pas de politique et, depuis 2007, il n'y a pas de plan d'action. Alors là, vous

me demandez, après cinq mois, d'avoir une vision claire, et articulée, et

énergique, et financée en plus?

M. Marsan : Vous vous êtes engagée à le faire en campagne

électorale. C'est pour ça que j'insiste un peu là-dessus.

Malavoy : Mais je vous

réitère notre grande préoccupation et notre engagement à aller de l'avant. Ce

que je ne peux vous donner aujourd'hui, c'est

un calendrier précis et, encore moins, les sommes qui s'y rattachent. Ce n'est

pas de mon ressort, comme je vous l'ai

indiqué. Mais je vous réitère qu'il faudra que le Québec se dote d'une nouvelle

politique et qu'on va y travailler. Mais je

ne me sens pas, très honnêtement, beaucoup en retard par rapport à ce qui a été

fait dans les années précédentes.

M. Marsan : Peut-être juste en terminant, je voudrais vous

relancer sur l'affirmation que vous avez faite d'emblée en commençant,

tantôt, vos remarques préliminaires. Vous avez mentionné les trois centres d'excellence

dans vos comtés, et je

voudrais me permettre... J'ai eu l'occasion d'aller en visiter un, moi aussi,

dans ce beau comté de Robert-Baldwin,

et c'était le centre de formation professionnelle de la commission scolaire de

Lester-B.-Pearson, qui est un centre extraordinaire

qui, au fil des ans, comme les autres centres de formation professionnelle, a

eu l'appui des gouvernements. Bien,

je voulais terminer cet échange à ce moment-ci, il ne me reste à peu près pas

de temps. Et on pourra poursuivre à la prochaine période quelques

minutes. Merci.

Président (M. Ouellette) :

Sur ce commentaire, M. le député de Robert-Baldwin, on traverse le fleuve et

on s'en va à Saint-Jean. M. le député de Saint-Jean.

• (16 h 30) •

M. Turcotte : Merci beaucoup, M. le

Président. Je vais saluer mes collègues d'en face. J'ai vraiment souri à quelques occasions lors des questions de notre

collègue de Robert-Baldwin parce que, lors des dernières études des

crédits où j'avais la responsabilité de la formation professionnelle, éducation

des adultes et alphabétisation pour l'opposition officielle, on a eu à travailler ensemble, vous à la présidence et moi

ici, et je trouvais ça assez intéressant parce que, je ne sais pas, je n'accuse

pas personne — puis, de toute façon,

c'est un petit clin d'oeil — mais on

dirait que vous avez lu mes questions que j'avais

posées à l'époque, qui étaient assez intéressantes. Et le problème est, et il

demeure, à l'époque — ce n'est pas les derniers crédits, donc il y a deux

ans — que j'avais posé la même question concernant la

Politiquegouvernementale d'éducation

des adultes et de formation continue, et, à l'époque, la ministre de l'époque,

Mme Beauchamp, s'était engagée à

mettre un accélérateur, disons, sur ce dossier-là. Heureusement pour nous,

heureusement pour le Québec, nous

sommes maintenant au gouvernement. Mais, malheureusement, nous sommes là depuis

seulement que cinq mois, donc il faut aussi donner le temps à la

nouvelle ministre d'agir en ce sens-là.

Vous savez, dans cette politique-là ou au-delà

de cette politique-là, il y a un enjeu majeur qui est l'enjeu de l'alphabétisation, qui est un dossier qui me

touche particulièrement. Je sais aussi qu'il touche beaucoup la ministre.

Je sais qu'elle a fait beaucoup dans sa circonscription. À l'époque, quand j'avais

cette responsabilité-là pour l'opposition officielle,

Mme la ministre et députée de Taillon, avait mis en place une concertation dans

sa circonscription de plusieurs groupes, donc je sais que c'est un enjeu

important pour elle. Mais c'est un enjeu qui est important pour l'ensemble du

Québec, pour le gouvernement.

Il faut aussi

dire qu'à l'époque j'avais aussi décrié les coupures du gouvernement fédéral,

de septembre 2006, de 5 millions de dollars. Et, à ce moment-là, ça

a un impact, bien entendu. Moi, je suis content d'apprendre de la part de la ministre qu'il n'y a pas eu de coupures,

contrairement à ce qu'on peut entendre, mais plutôt une bonification du

budget, en matière de formation

professionnelle et en matière de formation continue, aux alentours de 3 %.

Parce que, lors de mes crédits, il y

a deux ans, on parlait beaucoup plus de coupures à l'éducation des adultes et

dans les commissions scolaires.

Donc, en matière d'alphabétisation, je vois d'un

bon oeil le dernier budget, les derniers crédits, qui vont nous permettre de

travailler dans ce sens-là. Parce que vous savez qu'il y a 800 000

Québécois environ au Québec qui n'atteignent

pas le niveau 1 et 2 de littératie, ce qui est quand même important. Et on le

voit dans nos circonscriptions, on l'a vu... Moi, en tout cas, je l'ai

vu en 2010 lors de certaines fermetures d'usine, où nos travailleurs qui sont

âgés, qui ont travaillé pendant 10, 15, 20,

25 ans dans la même usine, qui, là, maintenant voient qu'ils doivent se trouver

un nouvel emploi avec des technologies supérieures et qui ont de la

difficulté, finalement, à apprendre le fonctionnement de ces nouveaux équipements là, ayant un problème de

littératie… On voit aussi, avec différents problèmes comme la pauvreté,

et autres, dans certaines de nos circonscriptions, l'impact qu'a le fort taux d'analphabétisme

au Québec.

Vous savez, cependant, d'un côté plus rose, un

côté plus beau, qu'il y a beaucoup d'initiatives qui se font, notamment par la

fondation d'alphabétisation. On n'a qu'à penser au programme La lecture en

cadeau, qui a terminé dernièrement sa collecte de livres qu'il distribuera dans

les prochains jours, prochaines semaines — un

nombre assez considérable de livres — à

nos jeunes du Québec dans nos quartiers défavorisés. La ligne Info-Alpha, la

ligne Info Apprendre. Le programme Lire et

faire lire, qui est un autre programme aussi que plusieurs organismes

communautaires de nos circonscriptions utilisent,

qui est un bel outil pour faire la promotion de la lecture chez nos jeunes,

mais qui, au fond, permet une

alliance intergénérationnelle en donnant un outil à nos jeunes d'apprendre la

lecture, de découvrir la lecture, mais

par les personnes âgées, nos aînés, qui en font la lecture pour eux dans leurs

écoles. Donc, il se fait, sur le territoire québécois, plusieurs actions déjà, à l'heure actuelle, en matière de

lutte à l'analphabétisme. Vous avez raison de dire que c'était un de nos engagements lors de la dernière

campagne électorale, et je suis certain que notre gouvernement y travaillera.

Vous

comprendrez aussi que le programme, c'est pour un mandat complet. Nous venons d'arriver,

et il faut aussi se donner le temps. Mais chacun d'entre nous, chacun d'entre

nous, comme député, je considère, doit avoir un rôle à jouer en matière de lutte à l'analphabétisme et en matière de promotion

de la formation professionnelle. Et je sais que la députée de Taillon, la ministre actuelle, l'a fait

et le fait encore dans sa circonscription. Moi, je le fais. Je suis certain

que vous le faites aussi, tout le monde le

fait. Mais il faut aussi que ça soit un dossier de société, que l'ensemble de

la société prenne en considération l'importance de ce combat.

Donc, malgré

que je n'avais pas droit à des remarques préliminaires, mais que j'ai pris le

droit d'en faire dans mon premier

bloc, j'aimerais savoir de la part de la ministre où elle en est dans ses

actions et… plutôt, pas tant les actions qu'elle a faites, parce qu'on le sait qu'on vient d'arriver au gouvernement,

mais, disons, ses intentions ou ses désirs en matière de... pour

travailler contre ce fléau qu'est l'analphabétisme.

Le Président (M. Ouellette) : Mme la

ministre.

Malavoy : Merci, M. le

Président. Mon collègue me tend la perche pour simplement commencer par

évoquer quelque chose qui se passe,

effectivement, dans mon comté, dans ma région. Parce que, vraiment, je suis

catastrophée du taux d'analphabétisme

que nous avons dans une société aussi développée que la nôtre. Je peux

comprendre que, dans des pays où on n'a

pas accès à l'école, il y ait beaucoup de gens qui ne maîtrisent pas la

lecture, l'écriture, qui ne savent pas compter, mais, chez nous, là, je

trouve que c'est d'autant plus désolant qu'on est une société développée.

Donc, je ne prendrai pas beaucoup de temps, mais

je veux juste vous indiquer une initiative dont je suis fière. Il y a à

Longueuil quatre groupes d'alphabétisation populaire qui s'adressent à des

clientèles variées — des jeunes, des familles, etc. — et j'ai

pu, au cours des années, mettre sur pied un petit groupe qu'on appelle le CAL,

C-A-L, Concertation Alphabétisation

Longueuil, et ces gens-là travaillent en étroite concertation avec la

commission scolaire Marie-Victorin. Tout ça pour dire que l'alphabétisation

doit être vue comme une préoccupation de tout le monde, pas simplement de

certains groupes qui en font leur spécialité, et c'est important que les

commissions scolaires soient également interpellées.

Même si les commissions scolaires reçoivent des enfants dans les petites

classes et s'adressent à des adultes

en formation continue, il reste que ce qui se passe à la marge, auprès des gens

qui n'ont même pas accès, c'est une préoccupation

qu'elles doivent partager. Et, pour ce que je connais de la commission scolaire

Marie-Victorin chez moi, elle le partage parfaitement.

J'aimerais aussi préciser une chose — parce qu'il n'y a rien de tel que de

comprendre les problèmes de façon précise — on

parlait, jusqu'à il y a quelques années, d'analphabètes en distinguant, en

gros, les gens qui étaient analphabètes puis

ceux qui ne l'étaient pas. On a beaucoup raffiné maintenant ce que c'est que l'analphabétisme,

et, entre autres, on le distingue en

plusieurs niveaux. Je ne m'étendrai pas sur chacun des niveaux, mais je dirais

simplement que les niveaux 1 et 2,

donc, c'est des niveaux qui permettent à des gens de lire de courts textes,

mais qui ne leur permettent pas d'utiliser,

par exemple, la déduction et la comparaison, qui ne leur permettent pas d'aller

très loin, qui ne leur permettent pas de faire des liens. Et, entre

autres, quand ils ont des tâches complexes à accomplir, ils ne sont pas

capables de lire des choses qui aient ce degré de complexité.

Et savez-vous,

M. le Président, qu'au Québec des gens qui n'ont pas de diplôme d'études

secondaires et qui sont donc à ce

niveau 1 et 2, donc très bas de fonctionnalité, il y en a 865 000? Et, si

on ajoute, ceux qui n'ont pas de diplôme du tout, on ajoute 367 000. Alors, quand on dit qu'il y a plus de

1 million d'analphabètes fonctionnels — souvent, c'est

comme ça qu'on les nomme — au

Québec, c'est de ces gens-là qu'on parle. Ils ont vraiment un niveau

extrêmement minimal.

• (16 h 40) •

Alors, devant

ça, qu'est-ce qu'on doit faire? Bien sûr, on doit avoir un plan d'action qui, à

la fois, permet à des gens qui

souffrent d'analphabétisme d'obtenir des services. C'est le cas des groupes d'alphabétisation

dont je vous parlais, c'est le cas de

moyens d'action dont se dotent les commissions scolaires, mais cela suppose

aussi de travailler en amont.

Et j'aimerais

dire un tout petit mot ici d'un sujet qui reviendra dans l'étude des crédits,

primaire, secondaire, mais qui a un

lien avec l'alphabétisation. Travailler en amont, ça veut dire offrir à des

petits enfants qui, très souvent, arrivent à la maternelle avec des

carences, leur offrir un espace où ils peuvent se remettre à un niveau où ils

peuvent se donner toutes les chances de

réussir à la maternelle. Et, quand on vient d'une famille dont les parents

sont... Et c'est leur parcours de vie, c'est malheureux, mais on doit le

constater sans aucunement, bien entendu, les juger. Mais, quand on vient d'une

famille dont les parents sont analphabètes fonctionnels ou à un niveau de littératie

très bas, on peut comprendre que des petits

enfants arrivent en maternelle avec des carences importantes et qu'il y a

quelque chose à faire pour eux et pour elles. Ça, c'est travailler en

amont.

Pour ce qui est d'une politique gouvernementale

qui englobe les questions d'alphabétisation, j'ai parlé tout à l'heure de la Politique d'éducation des adultes et

de formation continue, bien entendu, elle devra avoir un

chapitre sur l'alphabétisation. Il ne s'agit pas simplement de

voir comment permettre à des adultes de continuer à se perfectionner

tout au long de leur vie, mais il faut aussi voir qu'il y a des gens qui

restent en marge de la société. Être analphabète, là, ce n'est pas juste ne pas avoir accès à un emploi parce qu'on n'est pas

qualifié, ce n'est pas juste ne pas être capable de lire quelque chose

ou de lire les journaux, c'est être coupé de la société. Si vous en avez

rencontré, des gens qui sont analphabètes,

il y a un malaise qu'on peut très bien comprendre. Et, petit à petit — et c'est extrêmement dommage — les gens qui sont analphabètes se

sentent moins citoyens que les autres, ont moins voix au chapitre.

Et, donc, je

réitère qu'une politique d'éducation des adultes et de formation continue aura

un chapitre... Enfin, quand je dis un chapitre, entendons-nous, aura une

préoccupation particulière pour la promotion, la prévention de l'analphabétisme, et particulièrement dans les

milieux défavorisés, puisque c'est une des constantes. Dans les milieux

défavorisés, très souvent, il y a une incidence d'analphabétisme qui est plus

grande qu'ailleurs.

Le Président (M. Ouellette) : M. le

député de Saint-Jean.

Turcotte : Merci beaucoup,

M. le Président. Je vais peut-être poser une question... Malheureusement, on

n'aura peut-être pas beaucoup le temps d'aborder cette question-là par manque

de temps, mais il y a un enjeu qui touche ma circonscription

puis qui est souvent en lien avec l'alphabétisation, la question de la

francisation des immigrants. Parce que c'est

souvent les mêmes groupes qui travaillent à l'alphabétisation et à la

francisation, c'est souvent les mêmes organismes communautaires, dans certains cas, par connaissance des enjeux ou par

expertise, ce partage des connaissances. Est-ce qu'il y a des programmes qui facilitent ce travail-là qui est la

francisation des immigrants? Moi, dans ma circonscription, j'ai l'organisme La porte ouverte, qui fait de l'alphabétisation

mais qui, aussi, fait de la francisation… qui font un travail

extraordinaire, ces gens-là. Mais, on le sait, c'est un enjeu important pour

répondre aux besoins du marché du travail actuellement,

mais aussi répondre aux nouvelles préoccupations de notre société, hein, des

temps modernes. Donc, est-ce qu'il y a des programmes ou des intentions

de votre part de travailler à ce niveau-là?

Le Président (M. Ouellette) : Mme la

ministre, pour deux petites minutes et demie.

Malavoy : Oui. M. le

Président, il y a effectivement des sommes et il y a effectivement des

programmes. Je peux vous indiquer qu'il y a des transferts d'argent à ce

chapitre. Le ministère de l'Immigration nous verse... a versé, en 2011‑2012, 48,9 millions de dollars pour la francisation

et l'intégration des immigrants adultes. Là, on parle des adultes. Et, pour 2012‑2013, je n'ai pas les

données, mais, enfin, on peut imaginer que ce soit du même ordre de

grandeur. Et les services qui sont visés, ce n'est pas uniquement de la

francisation ou de l'alphabétisation, c'est plus large. Je vais vous les

décrire rapidement.

Il y a,

effectivement, de l'alphabétisation. Puis, éventuellement, on y reviendra, à

ça, parce qu'on n'a pas beaucoup de

temps, mais il y a de l'alphabétisation… Il y a des gens qui immigrent chez

nous mais qui sont analphabètes complets. Francisation, bien entendu, puisque le français est notre langue et qu'on

veut qu'ils la comprennent, qu'ils la maîtrisent. Intégration sociale, parce que la langue, c'est un

outil de communication, mais il faut aussi être capable de, justement,

la maîtriser pour pouvoir entrer en relation

avec les gens. Intégration socioprofessionnelle, c'est une nécessité que

d'avoir des services d'intégration et de francisation pour que les gens se

trouvent un emploi. Et il y a toute la question du soutien pédagogique. J'ai parlé tout à l'heure des défis

pédagogiques pour les jeunes adultes qui sont en formation

professionnelle, mais vous comprenez que,

pour des gens qui immigrent chez nous, il y a toutes sortes de considérations à

avoir. Donc, c'est les grands services

qui sont visés par notre entente concernant la francisation et l'intégration

des immigrants. Je pourrai y revenir quand il y aura peut-être un petit

peu plus de temps.

Le Président (M. Ouellette) : Merci,

Mme la ministre. On revient de ce bord-ci. Ah non, on reste de ce bord-là du pont. On va aller à Montarville. Mme la

députée de Montarville, pour une période de temps sans remarques

préliminaires.

Mme Roy

(Montarville) : Oui. Bon,

là, je vais poursuivre sur ce qui n'était pas des notes préliminaires,

mais qui mettait la table pour ma question. Parce que ce qui nous préoccupe en

tant que deuxième groupe d'opposition, c'est vraiment cette équation entre la

formation professionnelle et le marché du travail, un travail colossal que

vous, vous faites, fonctionnaires, et qui

nous tient à coeur parce qu'on considère que c'est terriblement important. Et

ce qu'on constate, ce que nous avons

constaté, malheureusement, c'est que la séparation du ministère de l'Éducation

en deux ministères avec la création du ministère de l'Enseignement

supérieur, ça a retardé les livrables que vous aviez et qui avaient été définis

en juin 2011 pour faire, justement,

toute cette équation qui va nous aider, qui va nous éclairer sur les besoins de

l'industrie et puis sur les possibilités à offrir aux jeunes. Alors, ça fait un

an et huit mois que vous travaillez là-dessus, et on n'est pas fixés. On a hâte

d'être fixés.

Ce que vous

étiez en train de faire était très important. Naturellement, avec l'arrivée au

pouvoir du Parti québécois, les choses ont ralenti à cet égard-là, mais

nous avons besoin d'avoir ces précisions parce qu'il y a des retards sur les livrables. Et, vous m'aviez vue venir tout à l'heure,

je vous l'ai dit, particulièrement la question 58, vous nous avez soumis

une

annexe en réponse parce qu'on se posait

des questions sur les livrables. Il y a des pistes d'action qui ont été

élaborées, qui sont enclenchées. Certaines de ces pistes d'action ont été

réalisées, mais il y a beaucoup, beaucoup de livrables, des échéanciers qui ne

sont pas respectés, et moi, ça me questionne.

Par exemple,

en ce qui a trait à l'augmentation de l'offre de stages en entreprise et le

développement d'une banque de stages sur le site Placement en ligne ,

ça, c'est quelque chose qui va aider les jeunes. Au point 2.2, l'élaboration de

mesures incitatives destinées aux

entreprises pour accroître l'offre de stages, eh bien, l'échéancier que vous

aviez était juin 2012, nous n'avons

pas de réponse. On nous dit que c'est en cours, mais on a dépassé l'échéancier

de façon importante.

Le point suivant, tout de suite après, la

détermination des moyens de promotion ainsi que de la stratégie de recueil des stages offerts par les entreprises, ça

encore, vous aviez un échéancier qui était en date d'octobre 2012. C'est

en cours, on n'a pas de réponse, on ne sait pas à quel moment ce sera complété.

La mise en oeuvre et l'invitation conjointe aux

partenaires du marché du travail, idem, votre échéancier était d'octobre 2012,

et là ce n'est même pas en cours, c'est à venir.

Je pourrais poursuivre comme ça, il y en a pour

trois pages, je vais vous faire grâce de toute cette lecture. Cependant, au

point 3, même chose, il y avait des choses importantes. L'échéancier était en

juin 2012, c'est en cours. Ça se poursuit à pratiquement tous les points

qui étaient élaborés pour ces pistes de solution conjointes que vous étiez en

train d'élaborer pour, justement, faire l'amalgame entre le marché du travail

et la formation professionnelle.

Alors, à cet

égard, comme les échéanciers sont dépassés de plusieurs mois, et certains des

échéanciers... Bien, enfin, il n'y a même pas de date, c'est à venir, on

ne nous a même pas mis de date. Moi, je demanderais à la ministre, tout

simplement, si elle peut nous donner, lors de cette session actuelle, l'actuelle

session qui vient de débuter… si la ministre

peut s'engager à nous livrer, ne serait-ce que l'échéancier. Parce qu'on a

maintenant des «en cours», des «à venir», et, à certains

endroits, on n'a rien. Donc, est-ce qu'on peut avoir un petit peu... Je

comprends qu'il y a un nouveau gouvernement

qui est entré en place, mais le ministère travaillait là-dessus, planchait déjà

là-dessus, et on nous confirme dans les réponses qu'on a faites à nos

questions que le fait qu'il y a eu une scission entre les ministères, ça vous a

retardés dans votre travail. Alors, je

demande à la ministre si elle peut nous dire, au cours de la présente session,

quels seront ses échéanciers, qui sont très importants, parce qu'il faut

vraiment savoir où est l'offre, où est la demande, où sont les besoins, les

jeunes attendent après ça. Et moi, je suis une fervente... je plaide en faveur

de la formation professionnelle.

• (16 h 50) •

Le Président (M. Ouellette) : Mme la

ministre.

Mme Malavoy : Oui. Il y a beaucoup

de questions dans une question.

Le Président (M.

Ouellette) : Question courte…

Mme Malavoy : Ça, c'est la version

question courte?

Le Président (M. Ouellette) : Elle

vous a donné toute la session pour lui répondre, vous avez bien compris.

Malavoy : Mais je vais

commencer par une chose qui est importante parce que je comprends

parfaitement que le fait qu'il y ait deux

ministères — Enseignement supérieur, d'un côté, Éducation, Loisir et

Sport, de l'autre — ça peut

susciter des interrogations, puis je le comprends parfaitement. Donc, je peux

vous dire qu'honnêtement la première chose que nous ayons faite, mon

collègue et moi — moi, je pense que c'était le premier jour de mon

arrivée — c'est de dire aux gens

qui travaillent au ministère : Soyez rassurés, nous allons nous assurer qu'il

y ait de la cohérence dans nos actions

et qu'il n'y aura pas, de façon aléatoire, un sectionnement du ministère, de

sorte que se retrouvent au milieu des pans du ministère qui ne sauraient plus très bien où se rattacher. Donc, ce

qu'on a convenu de faire de façon très précise, c'est d'avoir un

mécanisme de cogestion pour assurer la cohérence de nos actions,

particulièrement en ce qui concerne la formation professionnelle, qui est de

notre responsabilité, et la formation technique, qui est de la responsabilité

du ministère de l'Enseignement supérieur.

Très concrètement, il y a un groupe de 21 employés des ministères qui

travaillent ensemble sous la supervision de deux sous-ministres. Donc, c'est

notre façon de répondre au besoin de conserver une cohérence, même si certains

pouvaient craindre au début qu'il y ait des choses qui soient laissées sur le

parcours.

Cela dit,

dans les inquiétudes que vous manifestez ou que manifeste ma collègue, il y a

quand même à rappeler que ce dont nous avons fait le bilan, c'est, en

bonne partie, un tableau de ce qui a été fait ou pas fait dans les périodes qui

nous ont précédés. Je crois que tout le monde a remarqué qu'il y a eu une

campagne électorale, un changement de gouvernement

et que, donc, on prend les choses en cours. Mais, on m'a indiqué un certain

nombre de points sur lesquels il n'y avait pas encore de réalisation, je

me permets, pour compléter le tableau... Il faut quand même être honnête en

complétant le tableau et dire que, par exemple, dans les pistes d'action

conjointes qui devaient assurer l'adéquation de

la formation et des besoins du marché du travail, il y a des choses qui ont été

réalisées. Un plan d'intensification de la campagne promotionnelle Tout

pour réussir », c'est réalisé. La

détermination de l'information à rendre davantage accessible, c'est réalisé. Dans un autre domaine des livrables — parce qu'effectivement il y a une liste très

précise — le portrait

des programmes d'études qui comptent une compétence associée à un stage, des

besoins en stages et des défis, c'est réalisé. Je pourrais continuer

également comme ça. Une chose importante, proposition du mandat détaillé confié

à la Commission des partenaires du marché du travail, c'est réalisé.

Alors, dans

cette liste, il y a une proportion de choses qui sont réalisées, il y en a qui

sont en cours — «en cours», ça veut dire qu'elles

sont en train de se faire — et il y

en a pour lesquelles on m'indique que... Par exemple, la mise en ligne de la banque de stages, on indique que ça

viendra un petit peu plus tard. Mais je pense qu'il n'y a pas trop d'inquiétude

à avoir. On a pris un train en marche. Il y

a des choses réalisées, il y a des choses qui devront l'être, et c'est, somme

toute, un plan d'action, des pistes d'action,

en ce qui nous concerne, pour notre part de responsabilité, qui sont tout à

fait intéressantes. Et c'est une feuille de route qu'on suit

attentivement, puis, de fois en fois, je pense qu'on pourra la compléter de

façon plus précise.

Le Président (M. Ouellette) : Mme la

députée de Montarville.

Mme Roy

(Montarville) : Si vous me

permettez, je vais poursuivre, puisque, dans la foulée des questions que

nous posions, entre autres, si vous voulez

référer à vos documents, la question 63, vous voulez définir l'équation

entre la formation professionnelle et le marché du travail. Soit, pour nous, c'est

très important. Comme je vous disais… Et, d'ailleurs, je ne niais pas le fait

qu'il y avait des choses qui avaient été réalisées, loin de là. Ce que je

disais, c'est que nous avons besoin d'échéanciers

parce qu'il y a eu du retard causé, entre autres, par le fait qu'il y a eu une

scission dans votre ministère. Et ça,

c'est écrit dans le livre des réponses. Cependant, on vous demandait, à la

question 63, là, si on avait le nombre

de personnes qui se trouvaient sur des listes d'attente dans les centres de

formation professionnelle par commissions scolaires ou par régions. C'est important, pour nous, de savoir s'il y a

des jeunes qui attendent, et surtout pour suivre quels cours, qu'est-ce qui les intéresse. Et, à cette

réponse, on nous répond que cette information n'est pas disponible au

ministère.

Moi, ça m'inquiète

un petit peu, puisqu'on se demande à juste

titre si on est capable d'évaluer le

nombre de jeunes qui souhaiteraient avoir une formation professionnelle

x, mais qu'il n'y a pas accès, par exemple, parce que le cours est complet, si vous n'avez pas ces chiffres au

ministère. Cependant, nous, on a fouillé un petit peu plus puis on s'est

rendu compte que, dans différentes

commissions scolaires, ces chiffes existaient. Alors, entre autres, au Centre

de formation professionnelle Moulin,

on a la liste des cours, on a la liste des élèves qui sont inscrits... enfin,

le nombre de cours, le nombre d'heures,

et tout ça, et on a une liste sur laquelle on voit «admission sur liste d'attente pour différents cours». Ça, c'est une seule commission scolaire. Alors, il y a une

liste d'attente pour la comptabilité, pour ledessin

bâtiment, pour la mécanique industrielle de construction et d'entretien,

pour la peinture en bâtiment, pour le secrétariat, pour le soudage-montage et la vente-conseil. Alors, il y a plusieurs cours

qui intéressent les jeunes, il y a une liste d'attente, les jeunes qui sont

dessus. Moi, ce que j'aimerais savoir, Mme.

la ministre, est-ce que le ministère peut nous fournir, pour chacune des

formations où est-ce qu'il y a des jeunes

qui attendent, combien sont-ils à attendre? Ça nous aiguillerait à savoir quels

sont les programmes les plus

populaires, puis peut-être faire enfin l'arrimage avec le milieu de l'emploi,

la formation professionnelle, l'offre d'emploi. On pourrait mieux

aiguiller nos jeunes à savoir où ils pourraient aller étudier, dans quel

domaine parce qu'il y a du travail. Mais,

avant, faut-il savoir où est-ce qu'il y a des jeunes qui attendent, ce que le

ministère ne nous dit pas. Est-ce que vous saisissez ma question?

Le Président (M.

Ouellette) : Mme la ministre.

Mme Malavoy : Oui, tout à fait. Il y

en a au moins deux, mais ça ne fait rien, je l'ai saisie.

Président (M. Ouellette) :

Bon, vous avez 3 min 30 s pour répondre aux deux questions de

Mme la députée de Montarville, Mme la ministre.

Mme Malavoy : Effectivement, M. le

Président, on a répondu : «Cette

information n'est pas disponible au ministère»

quand on nous demandait, je rappelle, là, le nombre de personnes se trouvant

sur les listes d'attente des centres de

formation professionnelle par commissions scolaires pour une raison simple, le

Parti québécois croit que les commissions scolaires ont lieu d'exister,

ont lieu de prendre des responsabilités, d'avoir leurs données et de répondre

aux besoins.

Si on voulait

un État complètement centralisé, on demanderait aux commissions scolaires de

nous fournir toutes leurs données et

on aurait des gens, de part et d'autre, qui rempliraient des formulaires pour

savoir exactement où on en est en

continuité. Ce serait plus de bureaucratie. Et j'ai toujours prétendu — et j'en profite pour le redire très sérieusement — que, dans

l'approche de la CAQ de vouloir abolir les commissions scolaires, ce que cela

provoquerait, c'est plus de bureaucratie au Québec et un État plus

centralisé.

Alors, c'est

vrai, moi, si je suis dans une région et que je veux connaître les programmes

qui existent et savoir où il y a des listes d'attente ou pas, bien, je

vais m'adresser à la commission scolaire. Mais c'est une responsabilité qui leur

est octroyée, à laquelle nous croyons, honnêtement, et je ne souhaite pas que

des fonctionnaires du ministère passent des

heures et des heures à compiler ces données-là. Quand on vous dit que l'information

n'est pas disponible, c'est une... je dirais, ça correspond à des choix

qui ont été faits. Et, si on mettait tout le temps que vous souhaitez à ça, je

pense qu'il y a d'autres choses qu'on ne ferait pas.

• (17 heures) •

Cela dit,

pour ce qui est des emplois, je crois que vous m'avez demandé aussi quels

étaient les emplois les plus populaires, on a ça. Bon, par exemple, je

peux vous indiquer qu'à certains moments il y a des listes d'attente parce qu'il y a des emplois où il y a des surplus.

Alors, vous ne serez pas étonnée que je vous dise qu'en coiffure, en

épilation à l'électricité et en esthétique

il y a des surplus. Il y a plus de gens qui veulent entrer dans ces programmes

qu'il n'y a de besoins sur le marché du travail. Donc, c'est vrai, il y

a des listes d'attente, et on doit, en tout, je dirais, sens des responsabilités,

dans une commission scolaire, se demander si, sur un territoire, on doit

rajouter des gens qui ont une formation en

coiffure. C'est parfois pour ça qu'il y a des listes d'attente, alors que, d'autres

fois, il y a des endroits pour lesquels on aimerait, par exemple, qu'il

y ait plus de monde.

Mettons, montage de structures en aérospatiale,

on manque de monde; production animale, on manque de monde; technique d'usinage, on manque de monde. Nous, on a classé nos

besoins de main-d'oeuvre en : déficit, déficit modéré, équilibre ou surplus. En gros, c'est nos

catégories. Mais il ne faut pas croire... ce serait une erreur de croire

que, s'il y a une liste d'attente, c'est parce qu'on n'est pas capable de

rendre les services. Ça peut être le cas, mais ça peut être surtout parce qu'on pense qu'il n'y a pas lieu de développer des

cohortes à l'infini parce qu'à un moment donné ces gens-là ne se trouvent pas de place. Et les

commissions scolaires affichent les places disponibles. Donc, si moi, je

suis en Montérégie et que je veux voir, dans ma région, qu'est-ce qui est

disponible, je peux le savoir. Mais ce n'est pas centralisé au ministère.

Mme Roy (Montarville) : ...un choix,

comme vous nous dites.

Mme Malavoy : Oui, c'est un choix.

Président (M. Ouellette) :

Merci, Mme la députée de Montarville. C'est tout le temps dont nous

disposons. Nous revenons de ce bord-ci du

pont, à Robert-Baldwin, tout en souhaitant la bienvenue à Mme la députée de

Mille-Îles.

M. Marsan : Oui. Je vous remercie, M. le Président. Je

voudrais un peu reprendre ce que vous nous avez dit tantôt…

Le Président (M. Ouellette) : Ah!

excusez, M. le député de Robert-Baldwin, j'ai erré.

M. Marsan : Alors, ce n'est pas moi?

Le Président (M. Ouellette) : J'ai

erré, il fallait absolument que je revienne du côté gouvernemental, M. le député de Robert-Baldwin. Je sais que... Mon

collègue de Saint-Jean me regardait, là. Donc, on va aller à Saint-Hyacinthe,

on va rester ce bord-là du pont. M. le député de Saint-Hyacinthe.

Pelletier (Saint-Hyacinthe) :

Merci, M. le Président. Mme la ministre, je vous salue et je salue les gens

qui vous entourent. Je salue aussi mes

collègues, ici, avec qui j'ai travaillé à la Commission de l'éducation avant,

on est allés faire un mandat d'initiative, justement, sur le décrochage

scolaire. Je salue la députée de la deuxième opposition. Vous savez, c'est

toujours un plaisir.

Moi, je veux

attaquer, Mme la ministre, la formation professionnelle en région. Mais, avant

de vous en parler plus longuement, je veux juste mentionner que... C'est

certain qu'au niveau des budgets qu'on mentionnait tantôt — vous avez mentionné qu'il y avait des budgets, une

augmentation de 3,3 % — bien, il faut quand même aussi… On a fait des

choix comme gouvernement depuis qu'on est

élus. On fait le choix, justement, de contrôler les finances publiques, et

ça a un impact à court terme sur certains

ministères. Et je pense que ça, il faut en tenir compte, et vous l'avez quand

même bien expliqué. Et nous, comme

gouvernement, je pense qu'on a pris une décision, et c'est certain qu'il y a

des priorités, des grandes priorités. Et il y a beaucoup de travail à

faire dans plusieurs, plusieurs domaines, mais c'est certain que ça prend toujours... il faut payer ces services-là,

il faut se les payer. Et, actuellement, nous, on a fait le choix de ne pas

payer... autrement dit, de ne pas emprunter

pour payer l'épicerie, mais, justement, d'assainir les finances publiques et,

après ça, d'investir massivement... Au lieu de payer des intérêts sur la

dette, on va investir ces intérêts-là, justement, dans l'éducation et en santé.

Ceci étant

dit, bien, dans mon préambule, je trouve que c'est important de parler de la

formation professionnelle en région

parce qu'en région il faut adopter l'offre de formation selon les besoins, les

besoins exprimés dans chacune des régions.

On ne veut pas faire de mur-à-mur. Chaque région est différente, et c'est un

peu ça. On a des tables régionales, je pense, qui existent, qu'on appelle

des tables interordres, et ces tables-là jouent un rôle des plus importants

pour les programmes de formation qualifiante, qualifiante dans chacun de nos

milieux. La décroissance démographique aussi, dans

quelques régions du Québec, on sait que c'est important. En Gaspésie, en

Abitibi, un peu partout, la décroissance démographique nécessite aussi

le maintien de plus petits groupes, ce qui veut dire que c'est des dépenses...

ça coûte peut-être un petit peu plus cher, mais il faut maintenir le niveau de

formation en région. Alors, c'est important... l'importance, pour les personnes oeuvrant aussi dans les petites

entreprises, de répondre aux besoins des jeunes qui… Ou des personnes

qui travaillent dans les petites entreprises sont souvent difficiles à rejoindre,

mais il faut leur faciliter l'accès à la

formation continue via les services aux entreprises, les commissions scolaires

qui existent. Il y a des commissions scolaires qui fournissent d'excellents

services aux petites entreprises.

Moi, à

Saint-Hyacinthe et Acton Vale, on a la commission scolaire de Saint-Hyacinthe.

Elle a beaucoup valorisé la formation professionnelle, et près d'une

quarantaine de programmes qui existent déjà à l'EPSH de Saint-Hyacinthe. Et il y a des nouveaux programmes qui sont en

démarrage actuellement, on est en agrandissement aussi de locaux. Et je peux vous dire une chose, c'est tout à fait à l'avantage

des gens, des entreprises de la région, qui vont pouvoir compter sur une

main-d'oeuvre encore un peu plus spécialisée, mieux formée, et elle pourra

offrir des services en région à des jeunes qui

ont peut-être délaissé momentanément les études puis qui reviennent aussi, qui

reviennent prendre des cours soit en éducation des adultes ou soit aussi

en formation continue à l'EPSH.

Alors, ma question est assez simple : Que

compte faire le gouvernement pour assurer une offre de formation

professionnelle accessible en région?

Le Président (M. Ouellette) : Mme la

ministre.

Mme Malavoy : Merci. Merci, M. le Président. Peut-être que ça

vaudrait la peine de rappeler comment on procède et quelles sont les

autorisations que l'on donne, comment ça fonctionne, parce que ce n'est pas

évident pour tout le monde. Donc, il y a comme première préoccupation de voir

quels sont les besoins du marché du travail. Avec nos partenaires du marché du travail, on fait un suivi des besoins. On l'a

dit, il y a, selon les époques... Par exemple, si une entreprise vient s'installer

ou si on est dans une vague de grande exploitation minière, on peut comprendre

qu'il y a des métiers qui vont être liés à

cette exploitation minière dont on a besoin dans certaines régions. Donc, il y

a une première lecture globale des besoins du marché du travail.

Ensuite, il

faut qu'avant d'autoriser dans chacune des régions des programmes, il faut qu'on

fasse une analyse plus pointue, par exemple, pour éviter d'avoir des

duplications, pour éviter d'avoir des gens formés dans des secteurs où il n'y aurait pas de débouchés, et on fait une

analyse de ce qu'on appelle la vocation locale, régionale, suprarégionale

ou nationale des programmes. Par exemple, si

vous avez un besoin qui est vraiment très local, ce n'est pas la même

chose que si vous avez un besoin que vous

allez retrouver partout dans les régions du Québec. Vous pouvez dire, à un

moment donné : On manque d'électriciens

partout sur le Québec, donc on va voir d'un bon oeil qu'arrivent des demandes d'autorisation

de plusieurs régions. À d'autres moments, on peut avoir une demande qui est

vraiment très spécifique, très pointue.

Nos deux

grandes catégories, ce sont les programmes qui ont des autorisations

permanentes puis les programmes qui

ont des autorisations provisoires. Quand on offre une autorisation permanente à

une commission scolaire, ça veut dire qu'on est sûrs qu'il y a un besoin

au moins au niveau de la région, que ce n'est pas trop local. Mais le grand

avantage pour la commission scolaire, c'est

qu'on lui fournit aussi l'équipement, alors que, quand c'est une autorisation

provisoire, ça veut dire que, pendant la

période où c'est provisoire, la commission scolaire doit s'organiser pour

obtenir les équipements à même ses

crédits. Et, tant et aussi longtemps qu'on n'a pas fait la preuve que ça peut

être permanent, que ça va durer dans le temps, donc la commission

scolaire doit assumer des coûts plus importants. La différence est donc

importante entre provisoire et permanent pas

simplement à cause de la durée, mais aussi à cause de l'argent qui vient avec.

Donc, la grande règle du jeu pour le ministère, c'est d'accompagner les

commissions scolaires en disant : Bon, vous connaissez vos besoins, vous nous les faites savoir, et nous, en

faisant une analyse plus fine, on est capables de juger si on peut aller

tout de suite vers une autorisation permanente. Mais, très souvent, on commence

par une autorisation provisoire puis là on voit s'il y a une demande. On voit

deux choses, en fait : s'il y a des étudiants qui s'inscrivent, et on voit

si ceux qui sortent, les cohortes qui sortent se trouvent du travail.

• (17 h 10) •

Les régions demandent toujours plus de

programmes que ce qu'on leur octroie. Par exemple, juste pour vous informer, du 1er avril au 1er septembre 2012, donc

récemment, on a octroyé neuf autorisations permanentes et 35

autorisations provisoires. Vous voyez la proportion. Et, le 19 décembre 2012 — donc, à ce moment-là, j'occupais mes fonctions — six

autorisations permanentes et 20 autorisations provisoires. Donc, ça, c'est la

règle du jeu de façon plus claire.

Maintenant, vous aviez une préoccupation, si j'ai

bien compris, sur les petits groupes…

M. Pelletier (Saint-Hyacinthe) :

Oui.

Mme Malavoy : …c'est ça, le soutien

aux petits groupes, pour qu'une commission scolaire puisse offrir un service à des groupes, même si ça ne correspond

pas tout à fait aux normes qu'on souhaiterait. Alors, ce que l'on fait,

c'est qu'on a une allocation... C'est

précis, là, on a une allocation maximale de 25 000 $ par période de

900 heures qui peut viser à financer une

partie du manque à gagner lié

aux coûts des enseignants et des enseignantes pour lesquels le nombre d'élèves est inférieur à la moyenne. Donc, si le

groupe est inférieur à la moyenne, que le besoin est reconnu, qu'on

laisse aller un groupe, on ajoute

25 000 $ par période de 900 heures de formation. C'est une mesure, je

dirais... C'est une mesure palliative,

là, c'est une mesure qui complète. Et, au cours des dernières années... Là, j'ai

une donnée provisoire, j'ai une donnée provisoire pour le financement d'appoint — on

appelle ça un financement d'appoint — pour démarrer des petites

cohortes d'élèves. En 2011‑2012, ce serait 1 588 000 $ qu'on

aurait octroyés pour ce type de financement.

Alors, dans

votre région, je ne sais pas, mais je pense que... Par exemple, la commission

scolaire des Phares a reçu de l'argent

et... Mais, vous comprenez, il y a comme un effort pour permettre à des petites

cohortes de subsister, même si elles ne correspondent pas aux normes, en

souhaitant qu'elles puissent se développer de telle manière qu'après on ait

suffisamment de personnes pour que le financement de base suffise.

Le Président (M. Ouellette) : Le

député de Saint-Hyacinthe?

Pelletier (Saint-Hyacinthe) :

Oui. Je vais juste revenir. À l'intérieur d'une même région, quand on

décide de partir un nouveau programme à l'intérieur d'une région, une grande

région — je vais vous donner l'exemple de la Montérégie, c'est très grand, il y a plusieurs écoles professionnelles,

il y a plusieurs commissions scolaires aussi — j'imaginequ'il y a un arbitrage qui se fait localement,

régionalement, puis que ça remonte au ministère, j'imagine, puis, après

ça, vous avez à prendre une décision avant d'allouer

ce que vous appelez la permanence, là, des… des places permanentes ou

des programmes permanents.

Comment ça

peut... Comment pouvez m'expliquer… Comment ça se passe, à un moment donné, au

niveau du ministère comme tel quand on

accorde des places comme ça ou des programmes permanents dans des écoles

professionnelles par région pour ne pas qu'à l'intérieur même de la région on

ait trois, quatre programmes, là, qui se ressemblent où qui se... L'arbitrage

se fait localement, j'imagine.

Le Président (M. Ouellette) : Mme la

ministre.

Mme Malavoy : Bien, non. C'est tout

à fait judicieux, ce que vous dites. En fait, on tient compte d'abord des

besoins du marché du travail. Mais, après ça, pour donner une réponse plus

précise à une commission scolaire, même avant

de voir si c'est provisoire ou permanent, il faut s'assurer que les besoins du

marché du travail, dans sa région, dans le territoire qu'elle couvre,

sont là. Il faut s'assurer qu'il y ait aussi des ressources. Parce qu'il y a

des formations professionnelles qui coûtent très

cher et qui ont besoin de très gros équipements. Donc, si vous voulez, par

exemple, une autorisation provisoire

en conduite de machinerie lourde et qu'elle est provisoire, vous devez, comme

commission scolaire, être capable de

financer votre équipement jusqu'à ce que ça devienne permanent. Donc, souvent,

vous devez avoir des partenaires du

milieu de l'emploi qui vont vous prêter des gros camions ou des choses. Donc,

il faut que vous fassiez la preuve

que vous êtes capable de vous débrouiller avec une autorisation provisoire. Et

il ne faut pas qu'il y ait la même chose,

évidemment, chez le voisin, et il faut donc un certain nombre de critères, de

considérations qui font qu'en bout de ligne on dit : On y va à tel

endroit. En gros, c'est les critères. Mais je peux vous les donner de façon

plus détaillée si vous les souhaitez. Je ne sais pas s'il me reste du temps.

Oui?

Le Président (M. Ouellette) : Oui,

oui.

Mme Malavoy : Oui, il me reste un

petit peu...

Le Président (M. Ouellette) : C'est

sûr qu'on veut les entendre, Mme la ministre.

Mme Malavoy : Vous voulez les

entendre?

Le Président (M. Ouellette) : Il

reste quatre minutes.

Malavoy : D'accord. Donc, le

critère important, c'est de s'assurer qu'au plan national il y a un déficit

de formation par rapport à cette demande-là. Il faut qu'il y ait un besoin de

main-d'oeuvre qualifiée dans le contexte de la

diversification de l'offre de formation régionale, donc on regarde, évidemment,

les besoins de la région. Il faut aussi s'assurer qu'il y a un potentiel de recrutement. Parce que, des fois, il

y a un programme pour lequel on dit : Il y a des besoins en main-d'œuvre,

mais les gens n'y vont pas. Alors, il faut qu'il y ait, pour ne pas se

retrouver avec des petites cohortes comme celles dont vous parliez tout à l'heure,

là, il faut qu'il y ait un potentiel de recrutement. Et il faut aussi qu'il y ait une

concertation régionale, s'assurer que les acteurs du milieu sont d'accord avec

ça, que ce n'est pas une commission

scolaire qui définit un besoin sans qu'on s'assure que ces programmes soient en

lien avec les besoins de la commission scolaire qu'elle identifie, mais

aussi les besoins de la Commission des partenaires du marché du travail, qui

joue un rôle absolument central dans ce domaine-là.

Le Président (M. Ouellette) : M. le

député de Saint-Hyacinthe.

Pelletier (Saint-Hyacinthe) :

Merci, M. le Président. Au niveau de la qualification... Au niveau des

petites entreprises maintenant, des petites

entreprises, est-ce qu'il y a des efforts de faits spécialement au niveau du

ministère pour avoir des programmes qui

répondent aux besoins de ces petites entreprises là? Est-ce qu'il y a de la

formation qui existe, là, pour

répondre aux besoins des entreprises, mais, en même temps, rejoindre surtout

les travailleurs, des fois, qui sont difficiles

à rejoindre parce qu'ils sont en petits groupes, ils ne sont pas nombreux, mais

qui veulent, eux aussi, se qualifier, mettons,

au niveau de la formation continue ou de la formation aux adultes? Est-ce qu'il

y a des efforts de faits au niveau du ministère à ce niveau-là pour

répondre à ces besoins-là au niveau des petites entreprises?

Malavoy : Bien, les travaux

qu'on fait en partenariat avec la Commission des partenaires du marché

du travail, ce sont des travaux qui,

normalement, peuvent couvrir à la fois les besoins de la grande entreprise,

mais aussi des plus petites

entreprises parce que la Commission des partenaires du marché du travail, elle

doit englober l'ensemble des besoins,

elle ne peut pas simplement viser le développement d'entreprises de telle

dimension. Donc, ce sont des partenaires qui sont très branchés sur les besoins du milieu et qui peuvent nous

dire : Dans tel domaine, oui, ça vaut la peine d'y aller ou, dans tel domaine, non, ça n'y va pas. Je

donnais l'exemple tout à l'heure de la coiffure. Souvent, ce sont de

petites entreprises, les salons de coiffure.

Mais, si on a une carte de ce qui existe sur un territoire, on comprend qu'on

ne ferait que morceler les entreprises en encore plus petites unités si

on continuait d'accepter des gens.

Par contre, à

un moment donné, il y a des entreprises qui vont se développer en lien avec un

développement... Par exemple, en Montérégie, on a un secteur fort en

aérospatiale. Bien, si une entreprise vient s'établir, souvent ça provoque une multiplication d'entreprises qui,

indirectement, vont compléter les besoins. Et là les partenaires du

marché du travail doivent nous donner un avis, mais les commissions scolaires

font cet arrimage précis, besoins du marché du travail avec leurs partenaires

et ce qu'elles peuvent offrir. Ils travaillent de façon très articulée avec les

entreprises.

Le Président (M. Ouellette) :

Merci...

M. Pelletier (Saint-Hyacinthe) :

Non? Fini?

Président (M. Ouellette) :

Non, vous n'avez plus de temps. Vous n'avez plus de temps, ça va aller sur

l'autre bloc, M. le député de

Saint-Hyacinthe. Je laissais Mme la ministre continuer à répondre, là, parce qu'elle

était bien partie.

On va rester de

ce bord-là du Richelieu, on va aller sur le bord de la frontière, à Mégantic.

M. le député de Mégantic.

• (17 h 20) •

M. Bolduc

(Mégantic) : Merci, M. le

Président. En lien avec la question du député de Saint-Hyacinthe, on a,

dans la région de Mégantic, dans la commission scolaire des Hauts-Cantons, à l'école

polyvalente de Montignac, un cours de formation de taille de pierre qui est

extrêmement important pour notre région, dû à l'intensité du travail du granit

dans notre région, où on a des centaines de travailleurs, et aussi dans la

région de Stanstead, qui est dans le comté du Haut-Saint-François,

où, là aussi, il y a une industrie de pierre relativement significative. Et, de

plus, tous ces étudiants-là, aussi, se retrouvent dans les carrières qu'il

y a un peu partout au Québec.

Le ministère

de l'Éducation, au cours de ses révisions régulières, est en train de réévaluer

si ce cours de formation de taille de

pierre là doit continuer. Moi, je voudrais connaître la position de la ministre

en regard d'un cours comme celui-là où les étudiants qui fréquentent la

formation sont toujours placés à 100 % et que l'ensemble des entreprises

de notre milieu croient vraiment que c'est

une formation qui leur est indispensable. Donc, je voudrais connaître la position

de la ministre en regard d'une telle situation.

Le Président (M. Ouellette) : Mme la

ministre.

Malavoy : Je vais répondre

de mon mieux, M. le Président. C'est un dossier dont on se préoccupe et

qui est très pointu. Ce que j'en comprends, c'est

qu'on a fait... Comme on fait toujours quand il y a une demande, quand il y

a un besoin, on fait une étude pour savoir

quels sont les besoins puis pour savoir quelle est l'attente du marché du

travail. Une des difficultés qu'on a

avec le programme d'études taille de pierre, c'est que le milieu du travail,

les entreprises n'exigent pas de formation

qualifiante. Pour la très grande majorité d'entre elles, elles ne demandent pas

aux gens qu'elles engagent d'avoir une

formation qualifiante, on me dit, dans une proportion de 86 % dans les

études qui ont été faites. Ce que ça veut dire concrètement, c'est que ces entreprises embauchent des gens mais ne

demandent pas qu'ils soient qualifiés, alors que, dans d'autres

domaines, les entreprises vont embaucher en disant : Oui, mais à condition

que les gens aient tel ou tel diplôme en poche. Dans ce cas-là, non. C'est une

première difficulté.

L'autre

difficulté, c'est que les besoins qui sont évalués au plan quantitatif sont

établis à six personnes diplômées par année pour l'ensemble du Québec.

Je vous disais tout à l'heure comment on évalue avec la Commission des partenaires du marché du travail les besoins.

Donc, l'étude qui a été faite dit cela, d'où la difficulté de satisfaire les

gens qui souhaitent qu'on développe le programme d'études de taille de pierre.

Donc,

ce que l'on fait en ce moment — parce que, là, je vous reflète plus

la difficulté actuelle — c'est qu'on fait des travaux avec la commission scolaire des

Hauts-Cantons — c'est celle qui est concernée — et on essaie de voir est-ce qu'on peut identifier des alternatives à un

programme d'État, mais toujours pour répondre aux besoins de l'industrie

de la taille de pierre. Mais qui sont

relativement limités d'après l'analyse qu'on en a faite. Ce n'est pas un

domaine dans lequel on a besoin de qualifications très pointues,

manifestement. Donc, je suppose que les gens apprennent leur métier plus par,

je dirais...

Une voix : Compagnonnage.

Mme Malavoy : …compagnonnage, oui,

apprentissage du métier sur le tas plutôt qu'avec une formation spécialisée.

Le Président (M. Ouellette) : M. le

député de Mégantic.

M. Bolduc

(Mégantic) : Merci, M. le

Président. Je voudrais, Mme la ministre, vous faire état de la situation

où, aujourd'hui, on a des bâtiments

patrimoniaux et on manque de main-d'oeuvre pour les réparer. Et, dans plusieurs

cas, vous savez, la municipalité de

Saint-Sébastien, on a cinq entreprises, là, qui ont 600 employés dans le

granit. O.K.? En fait, une très vaste majorité de la population

travaille dans ces entreprises-là, et tous les étudiants qui graduent du cours

de formation trouvent le travail immédiatement.

Je peux comprendre que, quand vous dites que

86 % des gens n'ont pas besoin de formation… Il faut bien comprendre qu'il y a une

partie manuelle pour la

formation, le taillage de la pierre de façon très spécifique, et qu'il y

a une autre

partie des travailleurs des

mêmes entreprises qui travaillent avec des machineries numérisées, des

appareils de haute formation, de l'équipement

lourd, etc. Donc, je crois que de se servir d'un nombre comme 86 % n'est

pas vraiment représentatif des besoins du milieu parce que, par exemple,

les carrières, le taillage, la coupe, le polissage et toutes les parties manuelles qui constituent peut-être la

partie la plus artistique et qu'on ne peut pas automatiser, donc c'est

là qu'on retrouve ces jeunes travailleurs

là. Donc, ils ne constituent pas une masse en termes de travail, mais plutôt

une unité essentielle à travers un tout qui est l'industrie du granit.

Donc, je

voudrais, encore une fois, rappeler à Mme la ministre que ce cours de formation

là, pour le secteur de l'Estrie et toutes les carrières du Québec,

représente quelque chose de très important, puisque tous les étudiants sont

engagés et ils travaillent. Donc, est-ce qu'on pourrait avoir un peu plus de

précisions?

Le Président (M. Ouellette) : Mme la

ministre.

Mme Malavoy : Je vous remercie. Oui, j'essaie de trouver une

donnée... bon, une donnée qui indique d'abord qu'il y a peu de

personnes, effectivement, diplômées dans ce domaine-là, comme je disais tout à

l'heure. Mais ce que je comprends aussi, c'est que c'est un secteur dans lequel

le taux de chômage est élevé. Il y a très certainement une concentration là où vous êtes, là, les carrières

de granit qui sont réputées d'ailleurs, un granit de très belle qualité. Ça,

ce sont des données qui sont, je dirais,

globales, hein, un taux de chômage de 20 % pour, voyez, juste quelques

personnes, là, qui sont diplômées dans ce domaine.

Mais, au-delà

de ça... Parce que vous, votre demande est une demande par rapport à une

entreprise, par rapport à une

exploitation. Le premier problème, c'est qu'il faut que l'entreprise indique qu'elle

veut des travailleurs spécialisés. Quand, dans notre enquête, 86 %

des entreprises embauchent des gens qui n'ont pas de formation qualifiante, ça

rend difficile d'en faire une exigence pour

entrer dans ce métier-là. Là, je ne contredis pas ce que vous exprimez en

termes de besoins, de votre point de vue,

mais, dans les faits, ça semble, au total, ne pas être une voie qui embauche

beaucoup de gens, ne pas être une

voie dans laquelle on exige beaucoup de qualifications et être une voie aussi

dans laquelle... pas forcément dans votre entreprise, mais, au total, il

y a un taux de chômage important.

Une voix : ...

Mme Malavoy : Je vais vous donner un

chiffre un petit peu plus précis, là, il y avait, en taille de pierre, sept finissants en 2011, 20 % de chômage; cinq

finissants en 2010, 20 % de chômage; 11 finissants en 2009, 20 % de

chômage. Donc, vous comprenez que, du point

de vue du ministère, pour développer ce secteur-là, ce n'est pas évident. Mais

je vous redis toutefois que des

travaux se poursuivent avec la commission scolaire des Hauts-Cantons pour voir

est-ce qu'il y a des alternatives que l'on peut trouver.

Le Président (M. Ouellette) : M. le

député de Mégantic.

M. Bolduc

(Mégantic) : Merci, M. le

Président. Mme la ministre, je sais qu'il y a un autre cours de

formation de pierre qui n'est pas en relation avec les carrières et les usines

de pierre — j'espère qu'on parle bien de celle de Mégantic — qui est le cours de formation

de pierre. Puis, moi, on m'a indiqué que tous les étudiants étaient engagés.

Donc, je suis un peu confus sur les données.

Donc, je vais vérifier chez moi puis je vais m'assurer avec les entreprises de

rajuster les données puis... parce que ce n'est pas ce que moi, je vois dans ma

région. Donc, je suis un peu mêlé.

Et je vais

continuer avec un autre dossier, qui est les maisons familiales rurales. On a

une école à Saint-Romain qui, elle, a

autour de 100 étudiants, qui se spécialise dans l'industrie laitière, les

animaux à boeuf; l'acériculture, le tourisme, etc. Une école qui va très, très bien, qui reprend,

pour une vaste majorité d'étudiants, des jeunes décrocheurs du

secondaire, elle leur permet d'obtenir leur

D.E.P. Et, dans les années, ces jeunes-là, on a découvert qu'il y en a autour

de 30 % qui vont poursuivre leurs études postsecondaires.

Je fais un rappel avec ça parce que je trouve ça

fascinant de voir que des jeunes décrocheurs s'accrochent à l'intérieur de

formations très pratiques. Et non seulement ils se raccrochent, développent un

métier, ils redeviennent intéressés à poursuivre leurs études. D'ailleurs, il y

a un vins et fromages que les jeunes étudiants servent en fin de semaine dans

notre région, vous êtes invitée, Mme la ministre.

Mais moi, je

voudrais savoir, est-ce que vous croyez en la possibilité d'étendre ce genre de

formation là, qui nous aide énormément à réduire le décrochage scolaire

et à améliorer la qualité de nos étudiants dans nos milieux ruraux?

• (17 h 30) •

Le Président (M. Ouellette) : Mme la

ministre.

Malavoy : Je ne connais pas

aussi bien que vous les maisons familiales rurales, mais je sais que c'est

un modèle pédagogique qui permet à la fois

aux gens d'étudier, mais aussi de... C'est comme une formule où on

expérimente en vivant sur place, hein? Si je

comprends bien, il y a un volet hébergement. Il y a un volet pédagogique, mais

il y a un volet hébergement. Donc on

est immergé, si je puis dire, dans la réalité de ces emplois. Maintenant, je

sais qu'actuellement on est en train

de faire une évaluation du modèle pédagogique des maisons familiales rurales.

Moi, je n'ai pas vu le rapport, mais

je sais qu'il est en cours, je crois. Et c'est une chose qu'on va regarder

parce que je pense que c'est une approche qui a fait ses preuves dans d'autres pays aussi, et, donc, il y a des sources

d'inspiration qui peuvent être intéressantes. Je sais que ça a

généralement un bon effet sur la persévérance parce que, pour des jeunes qui

veulent apprendre, mais en étant dans le

milieu... Puis, dans ce domaine-là, vivre sur place, c'est extrêmement

différent, même, que de faire un stage puis de retourner ailleurs. C'est

vraiment vivre toute la réalité et, donc, c'est comme vérifier si on a la

vocation, quoi, c'est ça que je comprends, vérifier si on a cette vocation.

Alors, je

peux simplement vous dire ça : On est en évaluation du modèle, mais il n'y

a pas, je dirais, de jugement qui ait

été rendu à ce moment-ci. On continue à soutenir le volet, continue à financer.

On continue à soutenir le volet, mais, pour savoir comment on va l'étendre

et puis vers où on s'en va, je vous avoue qu'on n'a pas ces informations-là

aujourd'hui. Mais c'est dans nos cartons, là, pour faire une évaluation en

bonne et due forme.

Le Président (M. Ouellette) : M. le

député de Mégantic.

M. Bolduc

(Mégantic) : Merci, M. le

Président. Mme la ministre, est-ce qu'on pourrait avoir l'assurance que

vous allez nous faire parvenir ces

évaluations-là? Parce que chez nous, dans notre région, le comté, vous savez, c'est

tous ces étudiants-là qui vont en stage sur une base régulière chez des

employeurs, chez des... les industries agricoles. Dans l'acériculture, à ce point-ci, on est à la phase d'entaillage, donc les

jeunes sont extrêmement occupés durant leur période pratique. Et, pour le milieu, ça représente un

apport très significatif en main-d'œuvre, et aussi ça nous donne la

possibilité de renforcer notre industrie

agricole. Comme vous le savez, on a beaucoup, beaucoup de difficultés à faire

du développement et de faire du

remplacement de nos agriculteurs, qui ont la mauvaise habitude de vieillir,

comme tous nous autres. Ça fait qu'il faut bâtir une relève, puis je

crois que ces MFR là sont très importantes.

Donc, j'espère qu'on va pouvoir recevoir de la

ministre... ou, en tout cas, j'en fais la demande, que ces évaluations-là

soient faites le plus rapidement possible pour qu'on puisse savoir quel est le

futur de ces MFR là.

Le Président (M. Ouellette) : Mme la

ministre.

Malavoy : Oui. Bien,

écoutez, je peux vous assurer que, là, c'est dans un horizon de temps assez

court parce que c'est finalisé, je

crois, et il s'agit qu'on termine l'analyse à notre niveau. Mais donc, dans un

horizon assez court, vous pourrez

avoir, effectivement, l'évaluation. Et moi, je peux vous dire également que les

échos que j'ai, c'est que, dans votre région,

c'est positif. Il y a d'autres types de maisons familiales rurales qui ont des difficultés,

mais, dans votre région, ça semble être une formule qui est avérée et

qui fonctionne bien. Donc, soyez assuré qu'on pourra vous revenir avec ça dans

un horizon de temps assez court.

M. Bolduc (Mégantic) : Merci, Mme la

ministre.

Le Président (M. Ouellette) : Donc,

je comprends bien qu'il va y avoir des communications entre M. le député de

Mégantic et le bureau de la ministre dès que, l'évaluation, vous en aurez pris

connaissance, et il y aura une communication entre les deux. J'ai bien compris?

Mme Malavoy : Oui. Bien, je peux

dire précisément qu'on transmettra au député le rapport.

Président (M. Ouellette) :

Merci beaucoup, Mme la ministre. Nous partons de Mégantic et nous venons

à Berthier en traversant. M. le député de Berthier.

M. Villeneuve : Merci, M. le

Président. Et bienvenue dans le magnifique comté de Berthier. Je profite de l'occasion pour vous saluer, vous, et toute l'équipe

de la commission qui travaille et vous aide, finalement, à réaliser ce mandat qui est l'étude des crédits. Je tiens à

saluer Mme la ministre, bien sûr, et, évidemment, toute l'équipe qui, effectivement, a

travaillé, j'imagine, de façon très assidue pour, justement, arriver à fournir

l'ensemble des réponses aux questions

qui sont posées par les oppositions. Je salue, bien sûr, les députés de l'opposition

officielle. Je vous salue, ainsi que

les gens qui vous accompagnent. Et, madame de la deuxième opposition

officielle, je vous salue aussi, et les gens qui veulent bien assister à ces débats à l'Assemblée nationale et qui sont

présents dans la salle. Donc, je salue tout le monde.

M. le

Président, vous me permettrez de faire la petite histoire d'une grande

aventure. Et, je vous le dis, Mme la ministre,

j'ai l'intention, finalement, de vous demander ce que le ministère et vous-même

faites en termes d'actions au niveau

du décrochage scolaire. Mais, avant d'avoir la réponse, votre réponse, je vais

y aller d'une façon plus positive, je vais

vous parler de persévérance scolaire. Et vous savez que — Mme la ministre l'a souligné tantôt, je pense que

tout le monde l'a souligné et je tiens à le faire moi-même, moi aussi, d'ailleurs — c'est que nous sommes en pleine semaine

de la persévérance scolaire, donc les Journées de la persévérance scolaire. Et je

vous disais tantôt, M. le Président, que… Faisons la petite histoire. Parce que

vous savez qu'il y a une petite histoire pour une grande cause comme celle-là.

Mme la ministre va sûrement être heureuse de savoir — et

elle le sait probablement déjà — que

les Journées sur la persévérance scolaire

ont été mises en place en 2005, et ce fut en Montérégie. Alors depuis, depuis

ce temps-là, toutes les régions du

Québec ont emboîté le pas, et c'est toutes les régions du Québec qui... Et ça,

je prends ma source sur Google , alors, moteur de recherche, je

vous le dis tout de suite. Alors...

Une voix : Très fiable.

Villeneuve : Oui, c'est très

fiable. En général, c'est très fiable, mais j'ai contrevérifié. Voyez-vous,

j'apprends avec le temps.

Le Président (M. Ouellette) : Oui.

Je pense que c'est très important.

Villeneuve : Oui. Il faut

faire des contrevérifications avant d'affirmer des choses, M. le Président.

Donc, j'ai contrevérifié, et non

seulement c'est tout le Québec, maintenant, qui travaille à cette tâche-là de

la persévérance scolaire, il va y

avoir 3 000 activités dans les jours qui vont suivre, justement, pour

souligner et démontrer à quel point le Québec et l'ensemble des Québécois et des Québécoises ont décidé de relever ce

défi-là de la persévérance scolaire. Et ce n'est pas anodin. Ce

travail-là se fait d'une façon, je vous dirais, là, extraordinaire, il y a...

Tous les partenaires, entreprises, éducateurs, commissions scolaires, tout le

monde, mais vraiment tout le monde, les parents, bien sûr, les parents, éducatrices, tout le monde veut mettre l'épaule à

la roue, tout le monde veut s'attaquer à ce fléau qu'est le décrochage

scolaire par la persévérance scolaire.

Moi-même, Mme la ministre, j'ai eu l'occasion,

en 2012, début d'hiver 2012, de faire une tournée dans mon comté sur la persévérance scolaire. Et j'avais

demandé à certains partenaires de m'accompagner dans cette tâche-là, et

j'ai eu des réponses positives, je vous

dirais. La commission scolaire des Samares a accepté, finalement, d'embarquer

dans l'aventure avec moi et mon équipe au

bureau de comté. Et je le dis, là, de façon non partisane parce que je pense

que c'est un dossier qui, je pense, doit s'inspirer notamment de Mourir

dans la dignité. Ça doit être fait de façon non partisane, on le fait pour nos

enfants, pour nos jeunes, pour l'avenir du Québec.

• (17 h 40) •

Donc, la

commission scolaire des Samares nous a accompagnés dans cette tournée sur la

persévérance scolaire. Nous avons eu

aussi la chance d'avoir... Parce que, dans mon comté, j'ai la chance d'avoir

deux carrefours jeunesse-emploi, ils

ont... Et je vous invite à aller voir ce que font les carrefours

jeunesse-emploi au Québec, notamment dans le comté de Berthier, en Matawinie et dans d'Autray-Joliette. Allez

voir ce que les carrefours jeunesse-emploi font en termes d'actions au

niveau de la persévérance scolaire, c'est extraordinaire. Donc, ils ont accepté

d'embarquer dans l'aventure.

Et nous avons eu aussi la chance d'avoir une

chercheuse de la chaire de recherche de l'Université du Québec à Trois-Rivières — chaire

de recherche qui, justement, travaille au niveau des jeunes, donc, pour,

justement, s'assurer que les jeunes

vont persévérer dans leurs études — Mme Nadia Rousseau,

donc grande chercheuse à l'Université du Québec à Trois-Rivières, qui a

aussi accepté d'embarquer dans l'aventure.

Et nous avons donc sillonné le comté, M. le

Président, et nous avons fait des découvertes fantastiques. Non seulement dans

le comté y a-t-il des gens qui sont investis dans cette mission-là, des

organismes qui sont investis dans cette

mission-là de persévérance scolaire, mais je vous dirais que les seules

barrières qu'il y a finalement, c'est nous qui nous les mettons. Alors, il n'y a pas de barrières, il n'y a pas de limite,

l'imagination des gens est incroyable. Ils mettent en place des outils,

des programmes. Ils développent ça, évidemment, avec l'ensemble des partenaires

du milieu, et je vous garantis que les résultats sont fantastiques.

Pour la

tournée, ce que nous avons fait, début d'hiver 2012, avec les partenaires dont

j'ai fait l'énumération tantôt, nous avons pris la peine de faire aussi

de la recherche et nous avons contrevérifié nos recherches, M. le Président, pour s'apercevoir qu'il se passe des choses, mais

pas juste au Québec, mais en Ontario, en Alberta, dans les autres

provinces et à travers le monde, en Europe notamment. Il y a des belles choses

qui se passent présentement par rapport à ce... Moi, j'appelle ça un fléau, là. C'est une bataille, je pense, qu'on doit

mener tous ensemble, et on doit relever ce défi-là. Et je pense — et

je suis tout à fait convaincu — que ce qui se

fait ailleurs mérite d'être regardé. Adaptons-le, finalement, à nos

besoins à nous, à nos spécificités, hein, comme Québécois. Et je vous dirais

que même... J'ai des exemples ici, M. le

Président, là, je pense que je vais vous en nommer quelques-uns, des exemples

qui, effectivement, font école — sans jeu de

mots — font école à travers la planète, notamment en Europe.

Je vous donne

un exemple ici. À la commission scolaire du Fer, secteur Sept-Îles, alors, ils

offrent une maternelle quatre ans,

hein, et qu'ils appellent Coup de pouce. «Ce service s'adresse

à d

Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCCE 2013-02-12
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux-parlementaires commissions cce-40-1 journal-debats CCE-130212
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifierece922a6229de747e6eafaffe7ec4c6b22b663a8

Source file is stored in the law ingest library (html).